HypnoFanfics

The Valentine's killer

Série : Castle
Création : 09.06.2012 à 21h42
Auteur : boones 
Statut : Abandonnée

« Un serial-killer pour la saint-valentin, Beckett qui reçoit des messages de plus en plus étranges et nos deux partenaires qui se livrent à un véritable jeu de séduction... saison 3 » boones 

COMMENTER CETTE FANFIC

Cette fanfic compte déjà 34 paragraphes

Afficher la fanfic

Chapitre 21 :

 

 

Quelle était cette agréable sensation que Kate Beckett ressentait sur sa joue ? Cette chaleur qui prenait source dans sa joue gauche et qui se diffusait dans tous son être ?

Cette si douce caresse qui lui procurait sécurité et bien être et qui n’aurait jamais du prendre fin.

Pourtant, la chaleur, la béatitude avait disparu.

La jeune femme, dont le corps était enroulé des draps, se réveilla sur ce sentiment amer de manque.

Elle chercha un instant ce qui, quelques secondes auparavant avaient fait son bonheur et, en voyant la pièce s’assombrir, elle comprit que c’était les rayons du soleil sur sa peau qui l’avait envouté tel un charme.

Mais un nuage noir, passant devant le soleil, avait volé la lumière de l’étoile et plongé le monde dans l’ombre.

 

Maintenant réveillée, Kate  se leva et enroula le pan de tissu blanc autour de tout son être, cachant sa nudité. Elle se trouvait dans la chambre d’ami du loft de son partenaire : ou plutôt, sa nouvelle chambre depuis qu’un psychopathe avait décidé d’obtenir par tous les moyens un rendez-vous privilégié avec elle pour la saint-valentin.

Et dire qu’elle pensait à ça avec dérision !

 

Alors qu’elle déambulait dans la pièce, son regard se posa sur le réveil qui la narguait en affichant « 10:40 ». Du plus loin qu’elle se souvienne, elle ne s’était jamais au grand jamais levé aussi tard de toute sa vie. Qu’avait-il bien pu lui arriver ?

Ah oui, ca lui revenait : Un malade voulait sa peau !

 

Il fallait vraiment qu’elle arrête de plaisanter avec ça. Encore la veille elle se ronger les sang, hanter par cette affaire qui la concernait en grande partie, obsédée et effrayée par ce tueur qui s’en prenait aussi à ses amis.

 

Mais depuis qu’Alexis avait affirmé avoir vu le visage du tueur, et en conséquent être capable d’en faire le portrait, Kate s’était senti soulagée. Plus que soulagée : apaisée, vide de toute inquiétude, sereine… Aucun mot ne pouvait d’écrire ce qui l’avait traversée quand elle avait entendu ces quelques mots sortir de la bouche de la jeune fille à la chevelure rousse : « Oui je l’ai vu. Je l’ai très bien vu. Je saurais le reconnaître ».

 

Elle avait juste laissé une nouvelle vague d’espoir l’envahir.

Et c’était peut-être grâce à cela qu’elle avait pu dormir si longtemps. Elle avait simplement récupéré tout son sommeil en retard, son sommeil avalé par le stress constant et la peur de ses derniers jours.

Elle n’allait donc pas se plaindre de faire une grasse matinée !

 

Maintenant, ils avaient un coup d’avance sur le tueur. Ils avaient de quoi le mettre derrière les barreaux une bonne fois pour toute. Elle allait enfin pouvoir vivre en paix !

 

Après avoir passé un T-shirt gris moulant et décolleté en « V » ainsi qu’un jean usé à la javel au niveau des genoux, elle sortit de sa chambre et se dirigea vers la cuisine, suivant la délicieuse odeur du bacon fumé et des œufs brouillés.

 

Préparé par cette douceur à ce qui l’attendait dans le cuisine, elle ne fut pas surprise de trouver une table dressé et recouverte de victuailles qui lui mirent l’eau à la bouche.

En tournant la tête, elle eut le plaisir d’apercevoir Castle, une cuillère en bois dans la main droite, une poêle dans la gauche, fredonnant un air de I’m sexy and i know it tout en ondulant du bassin, se trémoussant d’un coté de sa cuisine à l’autre. Quand il l’aperçut, les yeux écarquillés, regardant le spectacle qu’il lui offrait sans le savoir, il posa vite ses ustensiles de cuisine et sourit, gêné avant de balancer le premier mot qu’il lui vint à l’esprit:

-       Salut ! 

-       Sa…lut ! bégaya-t-elle après avoir assimilé ce qu’elle venait de voir.

 

Elle passa à coté de lui sans pouvoir détacher son regard soupçonneux de son sourire de gamin prit en flagrant délit. Elle devait avouer qu’avec cette bouille, il était assez mignon ! Et puis il y avait tout ce petit-déjeuner qu’il lui avait préparé… que devait-elle penser ? Interpréter ? Qu’est-ce que ca voulait dire ? Elle savait très bien ce que « tout ça » voulait dire, mais fidèle à elle-même,  elle refoulait cette pensée.

Quoi qu’il en soit, il s’était levé tôt, lui avait préparé un véritable festin et l’avait même attendu pour déguster ce repas. Elle lui devait bien un merci :

-       Castle… Wow ! je ne vous pensais pas être un tel cuisinier !

-       Il y a pleins de choses que vous ne savez pas à propos de moi détective Beckett !

-       Je…

 

Il l’avait déstabilisé. Un sourire apparu sur les lèvres de l’écrivain, fière de lui. Voulait-il lui faire comprendre qu’il reprenait leur petit jeu là où ils l’avaient laissé avant que leur enquête de devienne si compliqué. Heureusement pour elle, il ne lui laissa pas le temps de répondre et reprit comme si de rien n’était :

-       Je me suis dit qu’après les évènements de ses derniers jours, vous aviez bien besoins de reprendre des forces !

-       Merci. C’est vraiment gentil, répliqua-t-elle en lui offrant un magnifique sourire

-       Pas de quoi. Assez parlé ! Installez-vous et régalez-vous. Il lui recula sa chaise et l’avança au moment où elle s’asseyait, en parfait gentleman.

 

Il ne pouvait pas imaginer à quel point elle appréciait ce geste. Elle lui sourit une nouvelle fois et quand il fut assis à son tour, elle commença à manger.

Ils déjeunaient tranquillement, échangeant des banalités sur la météo, la nouvelle coiffure de Perlmuter. Le silence était également coupé par les compliments de Beckett qui avait rarement aussi bien mangé. Encore une fois, Castle lui faisait penser à sa mère. Elle aussi était un véritable cordon bleu et adorait lui préparer des petit-déjeuner royal pour ensuite les partager avec elle.

 

Elle était heureuse. Là, aujourd’hui, maintenant. Comme au temps où sa mère et elle partageait ces instants mère et fille. Elle ne remercierait jamais assez Castle qui avait réussi à lui faire revivre ce qu’elle pensait perdu à jamais. Mais vaincre l’impossible, c’était une seconde nature chez l’écrivain. Une seconde nature à laquelle elle s’était habituée, et à laquelle elle n’était plus sûre de pouvoir renoncer.

 

Son nuage de bonheur intense s’évapora quand Castle aborda le sujet de l’affaire en cours :

-       Au fait, j’ai eu l’agent Shaw au téléphone ce matin pendant que vous dormiez. Le dessinateur est passé à l’hôpital voir Alexis.  Le portrait-robot du suspect est terminé. Ma mère est restée avec Alexis. Elle devrait sortir dans deux jours d’après le médecin.

-       Bien. Kate déglutit et reposa sa fourchette. Elle avait perdue l’appétit.

-       Bref. Jordan a rentré le portrait dans la base de donnée du FBI. Il n’y a plus qu’à attendre. Les autres pistes ont été abandonnées étant donné qu’on a maintenant un visage. Il ne reste plus qu’à mettre un nom dessus !

 

Dans la bouche de Castle, tout paressait si facile.

 

-       Shaw demande simplement à ce que l’on reste dans les parages, sous la protection des deux agents du FBI qui sont postés en bas de l’immeuble. Elle a dit, et je cite « Inutile de vous faire kidnapper maintenant ! ». Elle a raison vous…, continua-t-il n’ayant pas remarqué la réaction de son amie dont le visage se fermait.

-       Stop Castle ! J’ai compris ! Je ne dois pas aller au poste aujourd’hui. Est-ce qu’on peut juste parler d’autres choses maintenant? l’interrompit-elle à bout.

-       Je suis désolée, je …

-       Ce n’est pas grave. Je… Je veux juste passer une journée sans penser à ce tueur.

 

Castle s’en voulait de ne pas avoir vu la sensibilité de Kate face à ce sujet. Il avait cruellement manqué de tact. À lui de se racheter maintenant. Et il avait une idée parfaite qui venait juste de faire irruption dans son esprit. Une idée qui, il l’espérait, allait ravir sa partenaire.

Après un « vos désirs sont des ordres » lancé sur le ton de la plaisanterie, Castle saisit le téléphone qui reposait sur le bar de la cuisine et composa le numéro qu’il connaissait par cœur. Il attendit deux tonalités, puis une voix féminine lui répondit :

-       Restaurant le Shangrila bonjour !

-       Anna ? c’est Richard Castle !

-       Ricki !!! Ca faisait longtemps dis-moi !

-       Oui ! Trop longtemps. je t’appelle pour réserver ma table habituelle pour ce midi.

-       Fidel aux habitudes hein ? Ca marche Rick ! et je suppose que vous serez deux ?

-       Oui, on sera deux, finit-il avant de raccrocher, un sourire aux lèvres alors que sa partenaire le fixait d’un regard perplexe.

Qu’avait-il encore fait ? Qui avait-il appelé ? Qui était cette… Anna ?

 

Des explications, voilà de quoi elle avait besoins !

-       Castle ?

-       Oui ? répondit-il feignant l’innocence.

-       C’était quoi ça ?

-       Je ne vous savais pas si curieuse détective!!

-       Instinct de flic ! Je sais quand on me cache quelque chose alors parlez Castle !

-       Ne prenez pas ce ton si sérieux ! Je ne suis pas votre suspect !

 

Il jouait avec elle. Elle allait jouer avec lui. Elle se leva de table, s’approcha du bar de la cuisine et saisit le couteau à rôti, récemment aiguisé qui n’attendait qu’à être prit. Elle s’approcha de Castle et d’une voix grave avec un accent russe, elle susurra à son oreille tout en pointant son arme vers le bas ventre de son partenaire :

-       Nous avons les moyens de vous faire parler !

 

Castle ne plaisantait plus le moins du monde. Il prenait très au sérieux la menace Beckett, comme toujours d’ailleurs mais particulièrement à cet instant précis ou un couteau menaçait… ses … bijoux de famille ! Il recula d’un coup, les mains en l’air, bien en évidence, secouant la tête. Il se rendait, elle avait gagné cette manche. Ce n’était que partie remise mais son instinct de survie était plus fort que sa fierté :

-       Ok ! Ok on se calme Beckett ! J’ai fait une réservation pour deux au restaurant. C’est tout ! une simple réservation pour déjeuner. Pas de quoi me découper en morceaux !

 

Kate abaissa le couteau, et éclata de rire en balançant sa tête en arrière. Elle n’avait jamais autant ri de toute sa vie, elle en était sûre. Elle ne pouvait plus s’arrêter. Et la tête de Castle, son visage recouvert d’incompréhension, son air de chiot perdu ne faisait qu’alimenter son fou rire incontrôlable.

 

Castle, après de nombreuses secondes, venait enfin de comprendre qu’elle se moquait de lui. Il se joignit à ses rires, peut-être pour paraître moins ridicule :

-       Très drôle Beckett !! Je suis mort de rire !

-       Pas autant que moi !

-       C’est ce que je vois… Il croisa les bras, boudant son amie qui pouffait de plus bel.

 

Il attendit qu’elle se calme mais il voyait bien que la situation avait de quoi être risible… et ridicule de son point de vue. Cependant, la question de Kate le prit un peu, pour ne pas dire beaucoup, au dépourvu :

-       Dans quel restaurant avez-vous réservé ?

-       Euh…

 

Si il avait pu avoir un superpouvoir en cet instant, Castle aurait choisie la capacité de disparaître, de se volatiliser. Tout le monde savait que le Shandrila était réputé pour être un restaurant chic mais surtout romantique à New-York. Situé sur Columbus Circle, il était devenu avec le temps, le point de ralliement des couples :

-       Castle ? Le nom du restaurant ?

-       Le... Le Shandrila, murmura-t-il tout bas en souriant bêtement.

-       Le Shandrila ! Le-Shan-drila ? Le restaurant le plus romantique de la ville Castle?! S’écria-t-elle en relevant son couteau vers lui, tout en lui lançant le regard le plus noir qu’elle avait en réserve.

 

Ca y est. Il avait signé son arrêt de mort

Contre toute attente, elle posa son couteau, et s’approcha doucement de lui, le regard désormais compatissant… avant de s’avancer rapidement et de lui saisir l’oreille :

-       Aïe ! Non pas mon oreille ! Je peux vous expliquer, ce n’est pas ce que vous croyez !!

-       C’est ce qu’ils disent tous !

 

Elle continua à le mener par le bout de l’oreille un moment alors que ce dernier grimaçait en déblatérant toutes sortes d’explications. Elle éclata de rire et, quand elle eut le malheur de lâcher le lobe tendre de son partenaire, il profita de sa liberté de mouvement pour se venger. Il attrapa sa partenaire par les hanches, la souleva au dessus du sol et la jeta gentiment sur le canapé avant de se lancer tel un guerrier téméraire dans une bataille de chatouille:

-       Alors comme ça Mademoiselle Beckett on se croit la plus maligne ?

 

Mais secouer par ses éclats de rires, elle ne pouvait répondre.

 

Ils continuèrent leurs chamailleries encre longtemps. Comme deux ados attardé, laissant leur part enfantine caché au fond d’eux remontés en surface et s’exprimer. Un peu d’innocence, un peu d’insouciance ne pourraient faire de mal.

 

Castle s’était promis de lui changer les idées. Comme à chaque fois quand il s’agissait de Kate, il avait tenu parole.

Et il comptait faire de cette journée, une journée mémorable, pour lui, et pour elle.

 

0o0o0o0o0o0o0o

 

-       Restaurant le Shandrila bonjour et bienvenue ! Puis-je avoir votre nom de réservation ?

-       Ricki ! hurla une voix à l’autre bout du hall d’entrée du fameux restaurant, Merci Samantha, je m’en occupe ! Continua-t-elle en s’adressant à l’hôtesse d’accueil avant de se retourner vers son ami, alors mon chou, quoi de neuf dans ton monde ?

-       Rien de spécial Anna ! Je te présente mon amie Kate Beckett, de la police de New-York.

-       Enchanté Kate, la muse c’est ça ? demanda-t-elle en tendant la main à la détective.

-       C’est ça, répondit Kate.

-       Suivez-moi, je vous emmène à votre table.

 

Elle les guida jusqu’à une petite alcôve qui renfermait une table pour deux, décoré simplement, mais avec beaucoup de style. Ils s’installèrent tandis qu’Anna s’en allait s’occuper des prochains clients.

Quand ils furent enfin seuls, Menus en main, Kate ne put s’empêcher de charrier son partenaire un peu plus :

-       Mon chou ? Qu’Allez vous commandez ?

-       C’est ça ! Moquez-vous ca vous va bien ! Mais ce matin vous ne faisiez pas la fière sur mon canapé, me suppliant d’arrêter de vous torturez !

 

Ils rirent à ce récent souvenir.

Anna revint prendre leur commande ; pavé de bœuf sauce aux poivres et purée maison pour Kate tandis que Castle opta plutôt pour un magret de canard caramélisé au miel accompagné de pomme au four.

 

Kate était vraiment heureuse de se trouver là avec Castle, heureuse qu’il l’est invité, qu’il tienne sa promesse. Elle ne l’avouerait jamais, parce qu’elle était comme ça, mais elle avait rarement rencontré un tel homme. Et si elle avait été plu ouverte, plus facile à comprendre, il aurait compris combien elle lui était reconnaissante de tout ce qu’il faisait pour elle.

 

Mais Castle le savait. Il savait bien que ce n’était pas parce que Kate ne disait rien qu’elle ne lui criait pas merci. Elle le remerciait par ses sourires sans le savoir.

Il le savait parce qu’ils étaient simplement Rick et Kate. Ils n’avaient jamais eu besoins des mots pour se parler.

 

Beckett décida que cet instant serait parfait pour terminer une discussion qu’ils avaient commencé sans ne jamais la terminer, pour répondre à une question qu’il lui avait posée, à laquelle elle n’avait jamais répondu, du moins pas par la vérité :

-       Johanna.

-       Je vous demande pardon ? Il n’était pas sûr de saisir. Pourquoi Kate lui disait ce nom, celui de sa défunte mère.

-       Mon deuxième prénom. C’est Johanna.

-       Je croyais que vous n’en aviez pas ? répondit-il se remémorant le moment où il lui avait posé cette question, à l’hôpital.

-       J’en ai bien un. Celui de ma mère. Ce n’est qu’après sa mort que je n’ai réalisé l’importance qu’avait ce nom. Et le porter aussi, d’une certaine manière, c’est lui rendre hommage, chaque jour un peu plus, c’est la garder près de moi chaque secondes.

-       Et bien, Katherine Johanna Beckett, d’après ce que je sais sur votre mère, et sur vous, je crois pouvoir dire que vous portez ce nom à merveille, di.t-il dans un sourire.

-       Merci Castle.

 

Elle baissa la tête, pas parce qu’elle était gênée, mais simplement pour savourer ce moment, partagé avec Castle, ce moment où elle s’était ouverte à lui, et où il avait été digne de sa confiance.

Alors qu’elle allai lancer une plaisanterie, pour changer de sujet et rendre la discussion plus facile, son téléphone vibra. Elle avait reçu un texto. Numéro inconnu. Par reflexe, son cœur fit un bond dans la poitrine et, s’il elle ne laissait rien paraître, elle appréhendait la lecture de ce message.

« Je sais que vous avez mon portrait.

 Si vous ne venez pas me retrouver à votre appartement dans une heure, seule, le sang coulera.

Tic-tac Kate. Leur vie tiens au fil de la pendule. »

 

Tout avait pourtant si bien commencé. Un magnifique petit-déjeuner, la perspective d’un fabuleux repas en charmante compagnie.

Mais il avait fallu qu’il recommence, ce tueur qui lui prenait sa vie, son mince espoir, son espérance, son bonheur.

Quelques mots. Il avait fallu quelques mots pour gâcher cette parfaite journée. La première journée depuis longtemps durant laquelle elle s’était sentit vivante.

 

Et le pire, si elle pouvait dire, sans ironie, était peut-être que ce message ne la menaçait pas elle, mais certainement une personne à qui elle tenait, pour laquelle elle était prête à donner sa vie. Cet être misérable le savait, il en profitait.

Que pouvait-elle faire ? Que devait-elle faire ? Le choix, elle ne l’avait pas. Elle ne l’avait même jamais eu avec lui.

 

Elle savait ce qu’elle avait à faire. Se lever, bafouiller une excuse minable à son ami et le quitter, partir vers le tueur, vers sa peur, vers sa mort surement.

Était-elle assez forte ? Peu importait, elle le ferait. Parce que comme Castle le lui avait encore rappeler à peine quelques secondes auparavant, elle était Katherine Johanna Beckett.

 

Elle s’apprêtait à partir, sans dire un mot, n’ayant pas le courage de faire face à l’homme qui la regardait avec admiration en cet instant, mais ce dernier fut plus rapide et engagea la conversation :

-       Kate ? J’aimerais vous parler de quelque chose. Juste une minute et après, on savoure ce moment comme si on je n’avais jamais rien dit, d’accord ?

 

Elle craignait le pire. Avait-il compris ?

-       De quoi voulez-vous me parler ?

-       Je veux juste m’assurer que… que vous ne partirez pas. Je sais que vous croyez devoir tous nous protéger mais ce n’est pas vrai. Ce n’est pas votre rôle, pas votre responsabilité. Nous avons désormais le portrait du tueur. On l’aura bientôt lui aussi ! Plus besoins de lui obéir ! Ni d’avoir peur de ses menaces. Tout sera bientôt comme avant. Juste pour vous dire que si vous aviez l’intention de faire quelque chose de stupide, ce n’est plus la peine. Parce que…, il déglutit, pris une inspiration, si il vous arrivait quelque chose… si… je ne me le pardonnerais pas. SI vous ne le faites pas pour vous, faites le pour vos amis, pour votre père… Pour moi parce que je t’…

-       Chut Castle. Chut. Taisez-vous. Elle lui posa un doigt sur les lèvres.

 

Elle ne voulait pas qu’il finisse sa phrase. Surtout pas. Elle savait pertinemment ce qu’il allait dire et elle ne pouvait pas l’entendre, pas maintenant, pas après ce discours alors qu’elle savait qu’elle allait bientôt ne plus le revoir. Il ne pouvait lui donner une raison de ne pas s’en aller maintenant. Il n’avait pas le droit ! Il ne pouvait lui exprimer ce qu’il ressentait, pas lui clamer son amour.

 

Si seulement il avait pu se décider à lui parler plutôt, une minute avant aurait été suffisant. Elle l’aurait rassuré, elle ne se serait pas en aller. Il lui aurait dit ce qu’elle se refusait à entendre depuis trop longtemps et…

Elle s’interdisait de spéculer sur le bonheur qu’elle AURAIT pu avoir. Parce que maintenant, elle ne l’aurait pas.

Et elle allait devoir lui mentir. Elle allait devoir lui promettre tout ce qu’il voulait entendre, tout ce qui le rassurerai, juste des mensonges.

Mais c’était pour leur bien à tous. Pour son bien à lui surtout.

 

-       Castle. Je sais qu’on lui à presque mis la main dessus alors rassurez-vous, je ne vais pas m’en aller. Et si ca ne vous déranges pas, elle serait les dents, nous finirons cette discussion quand cette affaire sera totalement bouclée. En attendant je ne vais nul part ! Sauf peut-être au toilette ! Ajouta-t-elle en rigolant, le rassurant, se rassurant.

 

Il hocha la tête, souri, rassuré en effet, mais un peu déçu qu’elle ne lui est pas laissé le temps de finir ce qu’il avait commencé. Le plus important, c’était qu’elle reste près de lui pour le moment. Bientôt, ils auraient tous le temps qu’ils voudraient pour penser, et peut-être passer aux choses sérieuses.

 

Il la regarda se lever, attrapant sa pochette. Son regard la suivit puis la laissa disparaître derrière un mur noir.

 

Quand elle fut enfin sûre qu’il avait détourné son regard, elle s’arrêta, s’adossa à ce mur d’une noirceur qui reflétait ce qu’elle ressentait, cette impression d’avoir tout perdu en l’espace d’un instant.

Elle s’autorisa alors une larme, deux, puis une infinité les rejoignirent sur la peau de Kate.

Elle l’observa un instant : Quel injustice ! Il allait lui déclarer sa flamme, son amour et elle, elle s’en allait, pour toujours.

Elle l’aimait pourtant. Mon dieu qu’elle l’aimait ! Et c’était la première fois peut-être qu’elle osait se l’avouer à elle-même. Qu’est-ce qu’il ne fallait pas vivre pour réaliser de simples sentiments.

 

Il était là, à porté de main. Elle aurait pu courir vers lui, lui hurler son amour. Elle aurait pu, oui.

Mais encore une fois, la vie lui arrachait son bonheur, sadiquement.

 

What hurts the most

Was being so close

And having so much to say

And watching you walk away

 

And never knowing

What could have been

And not seeing that loving you

Is what I was trying to do ***

 

Cette chanson, dans ce restaurant… La vie était cruelle parfois. Elle savait appuyer où sa faisait mal.

 

Réalisait-elle qu’il n’y aurait plus de eux ?

Réalisait-elle qu’elle le voyait pour la dernière fois ?

Elle imprima son visage dans sa mémoire, où il était et demeurerait gravé à jamais.

 

Trouver l’espoir, Perdre l’espoir, accepter son destin. Elle inspira. Elle expira.

Le dernier regard qu’il posa sur elle, ou plutôt le dernier qu’elle posa sur lui fut le regard le plus intense de sa vie, le plus douloureux aussi. C’était un regard qu’elle n’oublierait pas, comme la dernière scène d’un film de son film.

 

L’ombre sombre d’une femme s’effaça pour disparaître.

Elle était partie, elle ne reviendrait pas. C’était la seule certitude qu’elle avait.

 

0o0o0o0o0o0o0o0

 

Comment avait-elle fait pour avoir la force d’arriver jusqu’à chez elle ? Elle avait pleuré toutes les larmes de son corps, tentant d’expulser toute la tristesse qui la submergeait et qui se régénérait. Elle ne tenait pratiquement plus debout. Elle chancelait, gémissant la douleur qui grandissait en elle, qui menaçait de faire imploser ses entrailles, son cœur, son âme, son amour.

Elle poussa la porte de chez elle, et dans une dernière pensée pour tout ce qu’elle allait perdre, elle entra.

À peine eut-elle passé la porte d’un vase en porcelaine se cassa à l’arrière de son crâne. Elle s’écroula sur le paillasson de l’entrée.

 

Un homme sortit de derrière la porte en bois e se baissa, dégageant quelques mèches brunes du front de sa douce.

Il la retourna sur le dos, passa une main sous ses genoux et l’autre derrière sa nuque endolorie d’où s’échappait un peu de sang et la souleva pour l’emporter.

Quand il passa la porte, qu’il ne prit même pas le temps de fermer, il se mit à fredonner doucement : « Oh mon amour, ma douceur de tout les jours, dans mes bras tu reposes, avec moi tu reposeras ».

 

 

0O0O0O0O0O0O0O0

 

*** :

Ce qui blesse le plus

C'est d'avoir été si proche,

Et d'avoir tellement de chose à dire

Et te regarder partir

Et ne pas savoir

Ce qui aurait pu advenir

Et ne pas voir que t'aimer

C'était ce que j'essayais de faire


boones  (23.09.2012 à 20:59)

Chapitre 22 : I’m falling to pieces

 

 

Un cœur dans une poitrine qui battait la chamade. Boom. Boom. Un rythme s’accélérant, se calant sur la cadence irrégulière des pas qui se rapprochaient.

 

Elle arrivait. Dans quelques secondes elle serait là, à portée de main, si près de lui qu’il pourrait sentir son souffle, son parfum dans les air, son odeur unique et envoutante.

Dans un instant, son rêve, son désir, son espérance… Tout exploserait face à cette femme qui le rendait dingue.

 

Qu’il avait hâte de lui caresser les cheveux, de passer ses doigts dans ses boucles fines, de coller sa peau à la sienne, de mêler son souffle au sien, de goutter ses lèvres et de lui faire goutter les siennes, de la prendre dans ses bras, de la bercer doucement en lui susurrant à l’oreille l’amour infini qu’il lui portait.

 

De l’autre coté de la porte derrière laquelle il se trouvait, une main se posa sur la poignée et poussa la porte.

Son ange entra, et demandant pardon au seigneur pour ce qu’il s’apprêtait à faire, il abattit un vase en porcelaine sur son crâne.

Elle s’effondra, comme si elle était soulagée, comme si elle n’avait attendu que ça.

 

Il se baissa doucement vers sa douce, savourant cette rencontre tant attendue. Il la retourna complètement sur le dos et de son index, il dégagea les quelques mèches brunes qui lui cachaient encore ses yeux.

 

Il n’avait jamais vu une aussi belle créature. C’était un ange, une perfection, un cadeau de la nature, un cadeau qu’elle lui offrait. Elle lui appartenait désormais.

 

Aussi glissa-t-il une main sous ses genoux et l’autre derrière sa nuque. Un liquide chaud s’en échappait mais ca ne l’affola pas. Il s’en occuperait plus tard. Il prendrait soin d’elle.

Il souleva son paquet, appréciant silencieusement les caresses des cheveux de Kate sur sa peau, qui lui procuraient d’agréables frissons.

 

Il passa la porte, sans la refermer et s’engagea dans le couloir, vers la sortie.

Il regarda le visage de cette femme un instant, et se mit à chantonné un air, une douce mélodie dédié à son amour qui reposait dans ses ailes :

« Oh mon amour, ma douceur de tous les jours, dans mes bras tu reposes, avec moi tu reposeras ».

 

0O0O0O00

 

Mais qu’est-ce qui pouvait bien prendre autant de temps ? Cela faisait déjà un bon quart d’heure que Kate s’était éclipsée aux toilettes et une dizaine de minutes que leur plats, fumant et alléchant étaient arrivés et attendaient maintenant patiemment d’être dégusté surtout qu’il ne se privait pas pour refroidir !

Castle en revenait donc à la question suivante : Que faisait sa muse dans les toilettes ?

Ils avaient pleins d’idées sur ce que l’on pouvait faire dans les toilettes mais plaisanteries et pensées douteuses mise à part, il se demandait vraiment où elle était passée. Et la patience n’était pas vraiment la plus grande de ses qualités.

 

 

L’écrivain, soupira et reposa son regard sur sa  montre puis laissa la petite aiguille trotter, faire une fois le tour du cadran mais agacé, il soupira de nouveau et quitta la table, en direction des toilettes des dames.

Il espérait franchement ne croiser personne pendant sa quête en terrain inconnue et interdit, qui plus était.

 

Il hésita devant la porte en bois qui arborait fièrement une pancarte avec une femme dessus, frappa deux coups et, devant l’absence de réponses, il entra.

Il inspecta rapidement les deux WC, vide.

Où pouvait-elle bien être ?

 

Alors qu’il allait ouvrir la porte et ressortir, une vieille dame pénétra dans la pièce. Elle lui jeta un regard suspicieux et hurla «  Voyou ! Obsédé ! ». Et Castle se retrouva vite dehors, expulsée à coup de canne.

 

Tout en se massant légèrement le bas du dos, là où la vieille dame lui avait porté des coups, il réfléchissait à l’endroit où pouvait être sa partenaire.

Lui faisait-elle une blague ? Voulait-elle jouer à cache-cache ?

 

Il regarda dans la salle mais n’aperçut nul part sa partenaire, pourtant reconnaissable entre mille. Il marcha jusqu’à l’entrée, jeta un coup d’œil partout. Il aperçut Anna qui arrivait vers lui, le questionnant du regard :

-       Anna, tu n’aurais pas vu mon ami ?

-       Pas depuis un moment. Enfin tout à l’heure, il y a peut-être dix minutes, elle est sortie dehors… Pourquoi ?

-       Elle est sortie dehors ? Mais pour quoi faire ?

-       Elle a dit qu’elle devait aller fumer une clope... mais à peine avait-elle fini sa phrase que Rick s’élançait déjà vers la sortie, Pourquoi Rick ? Qu’est-ce qu’il se passe ?

 

Il se retourna alors qu’il allait franchir la porte battante et balbutia :

-       Kate ne fume pas.

Il repartit, un sentiment nouveau naissant au creux de ses entrailles. Uns sentiment qu’il haïssait : l’inquiétude.

Kate n’était nul part. Ni dans le restaurant, ni là où il se trouvait désormais ; à l’extérieur. Et si elle n’était pas là, où pouvait-elle donc bien être ? Et pourquoi était-elle partie ?

Que de questions sans réponses qui ne faisaient qu’exacerber son angoisse.

 

Une idée lui vint alors. Il saisit son IPhone dans la poche arrière de son jean, le déverrouilla et composa le numéro de Kate, qu’il connaissait par cœur depuis le premier jour où elle le lui avait donnée.

Une sonnerie. Il expira, priant pour qu’elle réponde dans la seconde.

Deux sonneries. Son cœur loupa un battement.

Trois sonneries. Sa détresse se faisait de plus en plus pressente.

Quatre sonneries. Tous les souvenirs des bons moments passés en SA compagnie en cette si belle journée qui avait si bien commencé, tout s’envola, remplacé par la crainte la peur, l’appréhension de l’avoir perdue.

Cinq sonneries. « Bonjour vous êtes bien sur le portable de Kate Beckett, je... »

Il raccrocha.

Kate répondait toujours au téléphone. Et il sentait que quelque chose n’allait pas, que quelque chose lui était arrivé.

Il se sentait mal, mais il devait réagir rapidement.

 

Il appela alors l’agent Shaw, qui répondit avant même que la première tonalité n’ai eu totalement le temps de disparaître :

-       Shaw.

-       Oui, c’est Castle.

-       Castle ! Alors cette journée en amoureux ? demanda Jordan, le sourire dans la voix.

-       Kate a disparu...

-       Que s’est-t-il passé ? Elle avait repris tout son sérieux.

-       Nous étions au restaurant. Elle est partie aux toilettes et n’est jamais revenu. Quelqu’un l’a vue sortir dehors, seule.

-       Bien. Je fais prévenir les autres. Si elle est partie, elle est surement allée chez elle en premier. On se retrouve là-bas.

 

Elle raccrocha, laissant Castle seul avec ses démons.

Sa peur se mêlant avec sa culpabilité naissante. Elle avait disparu alors qu’ils étaient ensemble. Il n’avait pas tenu la promesse qu’il s’était faite, la promesse de la protéger.

 

Il retrouva sa voiture sur le parking de l’établissement, mit le contact et partie à vive allure vers sa nouvelle destination, avec le mince espoir qu’elle soit dans son appartement.

 

0o0o0o0o0o0o

 

Quand Castle arriva devant l’immeuble de Kate, Ryan, Esposito et Shaw était déjà là. Castle comprit, en voyant leur visage à tous que Kate n’était pas là, et qu’il y avait pire.

 

Il entra dans le bâtiment, monta les marches quatre à quatre, suivit de près par les gars et Jordan, et, quand il arriva enfin devant la porte ouverte de l’appartement de Kate, son cœur se serra un peu plus. Un ruban jaune « Police-Do not cross » qu’il avait mainte et mainte fois franchi avait été collé sur la porte.

 

Des débris de porcelaine jonchaient le sol, certain étant maculé de sang. Des taches rouges imprimaient également le sol. Un expert du FBI glissa quelques mèches de cheveux long, bruns et bouclés dans un plastique qu’il cella.

 

Alors elle s’était faite enlevé. Ce tueur avait finalement réussi à l’avoir. Il l’avait prit. Il le lui avait prit.

 

Castle était tiraillé de toute part, entre la rage d’un coté, l’inquiétude de l’autre, la culpabilité aussi, venant s’ajouter à ses sentiment qu’il aurait aimé pouvoir faire taire un instant tellement ils lui faisaient mal.

Mais quand il aperçut Mickael Wilson, l’agent du FBI chargé de la protection de Kate, parlant tranquillement avec un des ses collègues, ce fut la colère qui remporta son combat intérieur et Castle marcha droit sur l’homme avant de lui lancer son poing en plein visage, libérant son courroux :

-       Vous deviez la protéger ! Vous deviez empêcher ça ! Comment a-t-elle pu partir du restaurant sans que personne de s’en aperçoivent ? êtes-vous aveugles à ce point ? Comment a-t-elle pu disparaître sous vos yeux ?

 

Wilson se retourna au sol, surprit par la force de la frappe. Abasourdi, il ne réagissait pas. Castle l’empoigna par le col pour le relever mais Esposito qui avait assisté à la scène s’interposa et empêcha le poing de l’écrivain d’aller s’écraser dans le visage de Wilson.

 

Il les sépara, tirant Castle en arrière :

-       Eh on se calme mon pote ! Ce n’est de la faute à personne et ce n’est pas en commençant à se battre qu’on va retrouver Beckett !

 

Mais Mickael se releva et essuya son nez sanglant avec sa manche. Il s’approcha de Castle, prêt à prendre sa Revenge, à riposter :

-       Espèce de petit...

-       STOP ! hurla Shaw à l’entrée de la pièce, Vous avez quel âge ?! Castle, j’ai trouvé son téléphone, venez voir. Wilson, allez interroger vos hommes qui surveillait l’immeuble et qui filait Beckett, voir ce qu’ils ont vu.

 

Alors que Esposito allait rejoindre Castle qui avait suivit Shaw, Wilson se retourna et lança «  Quel petit con d’écrivain ».

-       He ! Si j’étais toi je ne la ramènerais pas trop parce que Castle n’a pas vraiment tort ! T’étais où toi pendant que mon amie a disparu hein ? Comment a-t-elle pu disparaître sans que personne ne la voie ?

 

0O0O0O

 

-       Qu’avez-vous trouvé ? demanda Castle, un peu calmé.

-       Son téléphone, répondit Shaw du tac-au-tac, aucun appel récent particulier. Par contre elle a reçu un SMS du tueur il y a peine une heure.

-       Attendez... Il y a une heure on était au restaurant tous les deux. Elle me l’aurait dit si elle avait reçu... un SMS. Castle avait ralentit à la fin de sa phrase, se remémorant que Kate avait effectivement reçu un message, et que c’était d’ailleurs juste après ce message qu’elle était partie « aux toilettes ».

-       Oh mon dieu mais comment j’ai pu ne pas faire le rapprochement plus tôt... Et que disait ce message.

-       Lisez par vous même. Elle lui tendit le téléphone et lui offrit un léger sourire accompagné d’un regard compatissant.

 

« Je sais que vous avez mon portrait.

 Si vous ne venez pas me retrouver à votre appartement dans une heure, seule, le sang coulera.

Tic-tac Kate. Leur vie tiens au fil de la pendule. »

 

Castle releva la tête, les yeux fermés, ne voulant pas croire ce qui s’imposait pourtant à lui.

Tout prenait un sens désormais. Tout s’expliquait.

Elle avait quitté le restaurant pour aller rejoindre le tueur, pour leur sauver la vie, une fois de plus.

 

Castle tendit le portable à Esposito qui se mit à lire avec Ryan penché au dessus de son épaule.

Il arborait le même visage que Castle, dépité, anéanti, reconnaissant d’une certaine manière.

 

Shaw récupéra l’appareil. C’était une preuve. Une preuve de leur douleur à tous :

-       Bien. Je vais signaler sa disparition et lancer les recherches. On va la retrouver. A-t-elle de la famille à prévenir ?

-       Son père, répondit Esposito face au silence de Castle qui avait perdu les mots.

-       Appelez-le. Je souhaiterai lui parler. Retournons ensuite au poste. La recherche sur le portrait de ce malade a peut-être aboutie.

 

Esposito et Ryan s’éclipsèrent, téléphone en main. Ils allaient tous faire pour leur patronne, leur amie, leur sœur d’arme, leur sœur tout court.

Shaw elle aussi allait y retourner. Beckett lui avait sauvé la vie une fois. Elle ferait pareil. Pour Kate, pour elle-même, et pour cet homme qui se tenait droit devant elle et qui semblait sur le point de mourir de douleur, de fatigue, de tristesse :

-       Castle ? Je vais tous faire pour la retrouver, je vous le promets. Et j’aurais besoins de vous. Mais pas dans cet état. Alors reposez-vous, et revenez-moi en forme, dispo et prêt à l’emploi, ajouta-t-elle avec un léger sourire, en lui tapotant gentiment l’épaule.

 

Mais Castle ne répondit pas. Il se détourna simplement, et marcha dans l’appartement, vers la chambre de sa partenaire, plonger dans les ténèbres.

Shaw le regarda partir. Elle avait de la peine pour lui, et elle le comprenait mieux que quiconque. Il fallait vraiment qu’elle retrouve le lieutenant Beckett, pour que ces deux là puisse enfin se dire tout ce qu’ils avaient sur le cœur. TOUT.

 

 

Castle entra dans la chambre, vide et referma la porte derrière lui. Il avait besoins d’un de ces moments de solitude, d’un moment seul pour faire le point, pour souffrir en silence, hurler sa peine, faire face à son pire cauchemar : ses sentiments.

 

Il prit sa tête entre ses mains et souffla un bon coup. Même le simple fait de respirer lui faisait mal.

Il se sentait vide, transparent, inexistant, meurtri, tombant en morceaux. Trahi. Il se sentait trahi.

Elle l’avait abandonné, et il l’avait abandonné aussi d’un coté. Ils s’étaient abandonnés.

 

Comment avait-elle pu partir sans lui dire au revoir ? Comment avait-elle pu le laisser après la discussion qu’il avait eue ? Comment avait-elle pu le regarder dans les yeux tout en sachant qu’elle lui mentait, qu’elle n’allait peut-être jamais le revoir ? Comment avait-elle pu l’empêcher de lui dire qu’il l’aimait alors qu’elle savait qu’elle devrait partir et que peut-être, ils n’auraient plus la chance de parler, d’être tous les deux ?

Comment, bon dieu avait-elle pu lui faire ça ? Lui faire si mal ?

 

Mais c’était Katherine Johanna Beckett. La femme qui donnait sa vie pour sauver celle des autres, qui faisait taire ses sentiments quand elle ne pouvait les supporter, qui acceptait de souffrir pour les autres.

Indépendante. Libre.

 

Il l’aimait tellement. Et sans elle à ses cotés, il n’était plus qu’une partie de lui même, plus qu’une moitié de lambeau Une moitié d’âme, une moitié d’homme. Plus d’harmonie, juste un chaos intérieur, au fond de son cœur.

Castle pensait à la théorie des âmes sœur, de Platon. Des êtres humains à l’origine composé de quatre bras, quatre jambes er d’une seule tête à deux visages mais coupé en deux par Zeus qui craignait leur pouvoir, les condamnant à passer le reste de leur vide à chercher leur moitié.

 

Il avait trouvé sa moitié, son âme sœur, le reste de lui. Mais on le lui avait repris avant qu’il n’ait le temps de réaliser la chance qu’il avait, l’amour qu’il éprouvait.

 

Une larme solitaire coula sur sa joue, rejoint par ses sœurs.

 

On le lui avait violement arraché, le murant dans un monde de noirceur.

Et celui qui avait osé aire ça, allait le regretter pour le reste de son existence. Il en faisait la promesse.

 

Il se releva du lit, une nouvelle force en lui et quitta l’appartement. Il allait retrouver Kate.

 

0o0o0o0o0o0

 

Où était-elle ? Que lui était-il arrivé ? Pourquoi avait-elle mal partout ? Pourquoi ne pouvait-elle pas bouger ? Et qu’elle était cette noirceur qui l’entourait ?

 

Kate esquissa un mouvement et gémit. Son corps était immobile, endolori. Elle essaya d’ouvrir ses yeux, toujours clos mais elle ne put que les entrouvrir. Le noir ne disparu pas pour autant. Elle se trouvait visiblement dans une pièce hermétique et plongé dans le noir.

Sa tête lui faisait un mal de chien. Comme si un concert de hard rock se jouait juste à cotés de ses oreilles.

 

La jeune femme tenta de bouger ses bras, de toucher à tâtons le sol autour d’elle mais ses mains, menottée ensemble par des liens semblait également accroché à quelque chose de plus dur, solide.

Elle était donc allongés sur le sol froid, mains et... pieds liés.

 

Kate tira de toutes ses forces sur les liens mais elle gémit de douleur avant qu’ils ne bougent d’un pouce. Elles étaient bloqués, séquestré et ne pouvait rien faire.

 

Elle se rappelait des derniers évènements, qui avaient fini par la conduire tout droit ici. Des images lui revenaient par brides. Le message du tueur, elle abandonnant Castle pour sauver la vie de ses amis, elle rentrant chez, elle, droit vers le tueur, puis le noir total qui l’avait envahit comme un soulagement à sa peine quand elle était entré dans son appartement.

 

Sa peine qui ne s’était évanoui que le temps où elle avait été inconsciente, mais qui revenait la hanter maintenant, toujours plus forte.

Elle pensait à ce qu’elle avait fait à Castle. À ce qu’elle lui faisait.

Lui pardonnerait-il de l’avoir abandonné ? Elle devait s’accrocher à cet espoir, et à celui qu’il la retrouve.

Elle s’en voulait de la peine qu’elle infligeait à tous ses amis. Mais ils comprendraient pourquoi elle avait du le faire, pourquoi elle avait tenu à le faire. Pour eux.

 

Plongé dans ses nombreuses pensées, au beau milieu de ses sentiments les plus enfouies, elle n’entendit pas tout de suite la porte s’ouvrir dans un léger grincement quelque part au-dessus d’elle. Ce fut la lumière vive qui alimenta sa migraine qui la tira dans la réalité.

 

Elle pu enfin apercevoir le décor. La porte en bois était en haut d’un escalier qui surplombait la grande pièce. Elle était très probablement dans la cave d’une maison ou dans le sous-sol d’un entrepôt.

 

Par reflexe, elle hurla à l’aide, espérant qu’un voisin, un passant, n’importe qui l’entendrait et la sortirait de l’enfer à venir.

Seul une voix grave lui répondit. Une voix connue qui lui glaça le sang, qui gela tous ses espoirs et décupla sa peur :

-       Rien ne sert de crier mon ange, c’est moi ton sauveur !

 

L’homme s’avança et commença à descendre quelques marches du vieil escalier, sortant de l’ombre pour entrer dans la lumière, dévoilant son visage pour la première fois.

 


boones  (29.09.2012 à 21:54)

Chapitre 23 : All the words I left unspoken

 

 

Kate aurait voulu crier, hurler sa peur. Mais aucun son ne sortait de sa bouche.

Elle aurait voulu être ailleurs, dans un autre enfer que le sien. Elle aurait voulu pouvoir fermer ses yeux, et, quand elle les aurait rouverts, découvrir que son cauchemar avait pris fin.

Mais elle ne pouvait rien faire de tout ça, juste observer l’homme qui s’avançait vers elle, trop près.

 

Par reflexe, effrayée, elle recula le plus possible, du moins autant que ses liens le lui permettaient. Elle se retrouva adossée à un mur froid qui lui procura quelques frissons supplémentaires.

Puisqu’elle ne pouvait bouger elle se contentait d’observer son adversaire, qui la défiait du regard tout en lui offrant un sourire « Colgate ». Cet homme... elle l’avait déjà vu. Mais où bon sang ? Elle l’ignorait et ça la mettait hors d’elle : depuis quand oubliait-elle les visages. Elle qui mettait un point d’honneur à se souvenir de tous ceux qu’elle avait mis derrière les barreaux, de toutes les victimes, de tous les hommes qu’elles avaient tué. Peut-être que quelque part au fond d’elle, elle avait le nom qui allait avec ce visage mais que son subconscient, pour la préserver, lui occultait cette information. Peut-être qu’elle n’avait tout simplement pas envie de savoir, de se souvenir.

 

L’homme, plutôt grand et svelte, avait posé ses mains sur ses hanches, montrant sa supériorité, délivrant totalement son aura qui envahissait la pièce pour étouffer Kate.

La faible luminosité ne laissait pas grande chose à voir à Kate, juste des yeux d’un bleu glacial et perçant, si bien que Kate se sentait nu devant ce regard.

Elle pouvait quand même dire que ses cheveux étaient courts, clairs et qu’il avait, comme elle l’avait prédit, moins de quarante ans. Pas de barbe, de moustache... En fait, en apparence, c’était un bel homme. En apparence...

 

Ce moment, cette rencontre, Kate s’était refusé à l’imaginer, gardant en elle le mince espoir qu’ils attraperaient ce psychopathe avant qu’il ne l’attrape elle. Espoir perdu, cause vaine. C’était elle ça.

 

L’homme, à la carrure imposante s’avança alors d’avantage comblant la distance de sécurité, le havre imaginaire de Kate. Il s’accroupit avec souplesse  à ses cotés et redressa sa tête pour poser son effrayant regard sur le visage de sa proie, terrorisée par son avenir incertain parsemé de doutes, de questions, d’appréhensions.

 

Encore ce sourire. Pourquoi souriait-il ? Parce qu’il était maintenant maître du destin de son amour ? Parce qu’il avait enfin son rêve à portée de main ?

Il entrouvrit la bouche, laissant échapper un souffle chaud à la menthe qui emplit rapidement l’air, touchant, caressant, heurtant la peau blanche de la jeune femme. Entendait-il les battements du cœur de Kate, symphonie de tambour ?

Kate comprit qu’il allait parler, et avant même que les mots sortes de sa bouche, elle se promit intérieurement de rester forte de rester elle-même, malgré sa peur, pour elle, pour les gens qu’elle aimait, surtout pour

-       Tu vois Kate, j‘ai tenu ma promesse !

 

Cette voix froide... Elle aurait aimé ne plus jamais l’entendre. Mais elle se rappela sa promesse, celé quelques secondes auparavant à peine : elle resterait forte, elle resterait elle, celle qu’elle avait toujours été :

-       Quelle promesse ?

-       On a fini par se rencontrer Kate, comme je te l’avais dis.

-       Super ! J’ai adoré cette rencontre, franchement ! Je peux retourner chez moi maintenant ?

-       Kate... Pas si tôt ! on a tellement de chose à... faire ensemble, à découvrir ensemble, à ... approfondir ensemble.

-       Et si je n’ai pas envi d’approfondir ?

-       Tu en auras envie Kate. Très vite, tu me voudras comme je te veux, comme je t’ai toujours voulu. Comme je te le l’expliquais dans mes messages, mes lettres, mes poèmes. D’ailleurs, j’espère que tu as apprécié ces preuves irréfutables de mon amour pour toi ! Tu sais maintenant combien je t’aime, combien je t’aimerai jusqu’à mn dernier souffle, combien je suis près à tout pour toi. Je veux te serrer dans mes bras, sentir ton cœur battre contre le mien, sentir ta peau effleurer la mienne, la caresser inconsciemment. Je veux respirer dans tes cheveux, goutter à ta bouche, à ton corps et te laisser partager mon bonheur. Je veux que nos cœurs battent en harmonie, qu’ils ne fassent plus qu’un vaste écho qui rythmera notre monde, notre amour.  Je veux passer mes jours à regarder dans le fond de tes yeux sublimes, et mes nuits à observer la perfection de ton corps d’ange.

-       Stop ! Pas un mot de plus... je ne veux pas entendre un traitre mot de plus...

 

Il en avait déjà trop dit. Bien trop. Elle réprimait son dégout avec beaucoup de difficulté, secouée par des haut-le-cœur, nauséeuse face à ses mots qui lui retournait les entrailles.

Comment pouvait-il dire de telle chose ? Comment pouvait-il même les penser ? Qu’était-elle réellement pour lui ? Le centre de ses pulsions, son fantasme ? Et le pire, peut-être, était le fait qu’il pensait dur comme faire chacun de ses mots, conscient de leur poids, de leur incidence. Elle aurait pu trouver ces mots d’une certaine beauté dans d’autres circonstances, prononcé par une autre personne. Elle aurait pu. Mais pas lui, avec lui, par lui. Savait-il seulement l’effet qu’il lui faisait ? La répugnance qu’il lui inspirait ? Visiblement puisqu’il reprit son petit discours, sa déclaration :

-       Kate, tu n’as plus à faire semblant. Nous sommes tout les deux, rien que tout les deux alors tu peux laisser tes sentiments s’exprimer. Tes amis ne te jugeront plus pour l’amour que tu éprouves à mon égard.

 

Kate aurait pu jouer le jeu, tenter le tout pour le tout et lui dire ce qu’il voulait entendre pour sortir d’ici. Mais ce qu’il attendait d’elle était bien plus qu’elle ne pouvait supporter. Et comme elle s’était promise de rester intègre, elle opta pour la vérité, coute que coute.

- Je n’ai jamais fait semblant, ni de vous détester, ni d’être dégouté par l’amour infecte que vous semblez ressentir. Vous avez gâché ma vie, vous vous en êtes pris à mes amis, à ceux que j’aime alors désolée de vous décevoir mais mon amour pour vous est inexistant et le resteras. L’amour, c’est à deux, ca se partage et vous et moi, on ne partagera JAMAIS RIEN !

 

Elle avait fini sa phrase en hurlant, exprimant sa haine, sa rancœur, son désespoir.

On pouvait voir de la rage dans son regard, une envie de vengeance, de meurtre dans le fond de ses pupilles dilatées.

 

Mais l’homme lui, semblait réellement choqué, comme s’il s’attendait à jouir à son tour de la déclaration de son amour.

Oui, il était outré, retourné par les mots froids et durs de la détective et comprit vite que c’était ce qu’elle ressentait vraiment qu’elle venait de lui cracher à la figure, brisant son cœur.

Sa bouche entrouverte, ses yeux grands ouverts, son regard perdu, égaré dans le fin fond de son esprit douloureux, de ses pensées emmêlées.

Son expression  qui venait de passer de la béatitude à la surprise se transforma de nouveau, cette fois ci en un masque de déception et de colère. Voilà qui leur faisait un drôle de point commun.

Il se redressa et se mit à marcher d’un pas rapide, en rond, pensif, tourmenté. Il se retourna vers, plus que jamais effrayant avant de se mettre à crier dans toute la pièce faisant sursauter Kate qui ne s’attendait pas à avoir réussi à le mettre dans une tel fureur :

-       Tu n’as pas le droit de me faire ça ! Pas après tout ce que j’ai fait pour toi, tout le mal que je me suis donné pour nous réunir, tout ce que j’ai organisé pour créer notre nid d’amour parfait ! Tu n’est qu’une belle ordure, superficielle et manipulatrice, pourri de l’intérieur comme toutes ses pétasses modernes. Tu t’es joué de moi comme une putain. Mais je vais te dire Kate, je te pardonne ! Et je te jure, je te promets que tu finiras bien par m’aimer, même si pour ça je dois te forcer un peu la main ! Tu m’aimeras parce que c’est le destin. Et j’espère pour toi que tu vas changer d’habitude et m’accepter volontairement. Je te laisse réfléchir un peu. Fais le bon choix Kate, tu ne l’auras qu’une seule fois. Parce que si je ne t’offre pas de l’amour, je t’offrirais ma haine.

 

Il se releva et partit sans un mot de plus, claqua la porte derrière lui, faisant sursauter Kate un peu plus.

Elle n’avait pas flanché, elle avait u garder la tête haute face à cet homme qu’elle méprisait au plus haut point. Mais maintenant qu’il était partit, qu’elle était seule face à elle-même, qu’est-ce qui l’empêchait de craquer ? De laisser les sanglots pointant le bout de leur nez l’envahirent et la contrôler ?

 

Traiter cet homme de lunatique aurait été un doux euphémisme. Il était passé d’un sentiment amoureux, puis à l’incompréhension la seconde suivant pour finir dans une rage folle et démesurée.

Elle était résigné : elle ne pourrait s’échapper elle allait devoir affronter ce malade.

Ses menaces raisonnaient encore dans la tête. Pour elle tout était réfléchie : elle ne se donnerait jamais volontairement à cet homme répugnant. Mais qu’allait-il se passer pour elle ? Qu’allait-il advenir de son sort ?

 

« Beckett, il n’arrive jamais rien de bon aux femmes menottés dans un sous-sol sombre et lugubre ! »

Voilà ce que Castle lui aurait dit... s’il avait été là... avec elle.

 

Castle. Elle n’avait cessé d’avoir son image en tête. Son sourire de gamin qui vous donnait envie de rire, son air désolé et sincère, ses mimiques, ses théories... Castle.

Où était-il en cet instant ? Que faisait-il ? Pensait-il à elle comme elle le faisait ? Elle l’espérait de tout son cœur.

 

Beckett s’allongea sur le sol, sur le dos, fixant le plafond plongé dans le noir, tout comme elle l’était elle aussi, en elle. Elle avait soif, faim. Elle se sentit faible, fatiguée et sans espoir. Tout ce qui lui restait à faire, c’était attendre. Attendre qu’on vienne la sauver, attendre que le tueur revienne lui demander si elle avait celé son sort, attendre que le sommeil vienne la chercher et fasse taire la douleur qui faisait saignait son cœur, la peur qui la poignardait, l’espérance qui ne voulait que disparaître. Elle devait endormir ses émotions. Elle devait survivre.

 

Elle se roula en boule, sur le flanc, lovée dans ses propres bras, faute de mieux, et ce malgré la dureté du bitume sur lequel elle reposait.

 

Elle essayait de respirer régulièrement, repoussant la larme qui ne demandait qu’à dévaler la pente. C’était si sur de résister, si facile de céder à la tentation de se laisser aller. Mais elle se le refusait, pour le moment.

 

Elle ferma un œil, puis l’autre, passant de la réalité au monde des rêves, au monde dans lequel elle voyait un homme, un homme qui occupait depuis bien longtemps ses pensées, un homme qu’elle ne voyait vraiment qu’aujourd’hui, qu’elle n’acceptait de voir qu’aujourd’hui.

C’était bien triste, parce que si elle avait pu le voir plus tôt, elle aurait pu lui dire qu’elle l’aimait. Triste parce qu’elle prenait trop tard conscience de ses sentiments. Parce qu’elle avait refusé l’évidence et qu’elle le regretterait maintenant, pour toujours.

 

Quand Morphée tendit ses bras vers elle, elle repensait à la déclaration de Castle, celle qu’elle lui avait empêché de terminer. Ca aussi elle le regrettait. Et lui aussi devait lui en vouloir de l’avoir une fois de plus repoussé.

 

Une goutte d’espoir naquit au fond de son cœur, une goutte qui devint étang, rempli par l’espoir de revoir cette homme un jour, de revoir Castle bientôt et de lui dire que son cœur lui appartenait, que c’était son « Always » et qu’elle voulait être le sien. Parce que, comme il lui avait dit un jour, c’est d’amour que les grandes histoires ont faites.


boones  (05.10.2012 à 22:03)

Chapitre 24 :

 

 

Une réelle ambiance de travail régnait au poste de police du douzième district de la police de New-York. Il n’y avait pas de place pour l’angoisse, pour l’inquiétude. Il n’y avait pas de place pour la peur, l’attente. Il n’y avait pas de place pour le doute. Juste assez de place pour l’espoir et la hargne.

Chaque personne qui investissait ses lieux n’avait qu’un but : retrouver Katherine Beckett.

Et chacun y mettait sa force, son savoir, son temps, sans rien attendre en retour, parce que c’était ça d’être solitaire, parce que Katherine Beckett aurait fait la même chose pour chacun d’entre eux.

 

C’est cette ambiance que Richard Castle trouva en arrivant à son tour. Il avait eu du mal à  se mettre debout après avoir compris le sacrifice que Kate avait fait pour leur sauver la vie à tous. Mais il le lui devait. Il le voulait.

C’était pourquoi il remerciait silencieusement, tous ceux qui se trouvaient ici.

 

Après un soupir, il s’avança dans la grande salle où l’activité dominait et rejoint L’agent Shaw qui n’eut même pas besoins de relever la tête pour comprendre qui se tenait à ses cotés. Un sourire s’étendit sur ses lèvres :

- Castle. Contente de vous voir. Vous venez nous donner un petit coup de main ?

- Exactement. Je pensais reprendre une analyse approfondie des lettres du tueur pour dégager des éléments qui vous seront nécessaires pour son profil. 

- Ça tombe bien, je travaillais justement sur le profil de ce guignol. Installez-vous là, ajouta la jeune femme en lui désignant une chaise qui n’attendait que d’être comblée.

 

Castle ne se fit pas prier et se mit au travail de suite, non sans une petite pensée pour Kate. Elle était la source de sa force.

Il reprit la première lettre, serra les dents en pensant que le seul moyen d’établir un réel profil était de se mettre dans la peau de ce psychopathe. Lui allait devoir devenir ce qu’il haïssait le plus sur cette terre.

 

« Kate, ...

 

0o0o0o0o0o0o0o

 

Ryan et Esposito ne prenaient même plus le temps de respirer. Ils étaient littéralement plongés sous un tas de paperasses, de dossiers, de papiers non-classés, de notes prises, puis gribouillées.

Ils avaient beau retourner, fouiller, épier toutes la vie des précédentes victimes. Rien. Le néant. Il n’avait strictement rien trouvé.

Ils avaient commencé ce travail pensant avoir oublié quelque chose mais si c’était le cas, ce quelque chose était drôlement bien caché !

À leurs décharges, ils ne pouvaient que constater l’absence de vie sociale de toutes ces victimes, leur absence de vie tout court. Peu voir pas de famille ou d’amis ou même de proches d’aucune sorte. Des marginales, des invisibles, des incompris.

Elles ne maquaient à personnes, c’était peut-être le pire.

C’était d’ailleurs sur ce point que le tueur c’était trompé. Kate manquerait à plus d’un.

Et c’était pour ça que les gars continuaient de chercher l’aiguille dans la botte de foin si aiguille il y avait. Parce qu’ils devaient la retrouver.

Parce que si  les rôles avaient été échangés, elle aurait fini par trouver. Oui, elle aurait trouvé alors il trouverait.

 

0o0o0o0o0o0o

 

Jordan et son équipe travaillaient également d’arrache-pied. Ses hommes essayaient de comprendre comment Kate avait pu disparaître de leur radar, pourtant surveillée par des professionnels du FBI tandis qu’elle se penchait plus précisément sur le profil de l’homme qui avait un commissariat entier et le FBI à ses trousses. D’ailleurs, elle s’en était fait la remarque : Si elle avait été à la place de ce tueur, elle aurait eu peur, elle aurait fuit, parce qu’à la seconde où certaines personnes de ce commissariat le retrouveraient... Il serait trop tard...

 

Shaw avait réussi à établir un profil assez complet. Elle était partie de celui fourni par Kate et l’avait étoffé avec toutes les informations qu’elle avait eu en sa possession, c’est à dire pas grands choses. Elle avait donc du extrapoler un peu et avait fini par avoir quelque chose de solide. Au lieu de se concentrer sur la personnalité de cet homme, elle tentait de se focaliser d’avantage sur ses agissements, sur l’endroit où il avait pu aller, sur son passé, ce qui l’avait poussé à faire ce qu’il faisait et surtout, sur ce qu’il comptait faire à présent qu’il avait eu tous ce qu’il voulait.

 

Shaw leva la tête sur le calendrier du mois qui décorait du mieux qu’il pouvait le grand mur du bureau. Demain... Demain c’était la Saint-Valentin... Que ferait cet homme demain ? Que ferait-il à Kate ? Et eux, que feraient-ils pour elle ?

Tant de questions dont les réponses lui échappaient encore. Tant de choses à terminer et si peu de temps...

 

Du calendrier, elle passa au cadran de sa montre au travers duquel elle lu l’heure : 20 heures. Le temps passait bien trop vite, surtout quand ils en avaient besoins de plus, de beaucoup plus.

C’était l’heure de faire une pause briefing, de mettre en commun ce que chacun avait trouvé... ou pas trouvé :

-       Détective Ryan et Esposito, Castle, Wilson ! Briefing dans le bureau du Capitaine Montgomery tout de suite !

 

0o0o0o

 

-       Fermez la porte derrière vous Castle lança le capitaine alors qu’il invitait les autres à prendre une place.

 

-       Oui Monsieur.

 

-       Qu’avez-vous trouvé ? soupira-t-il alors en se laissant tomber sur sa chaise qui amortit sa chute.

 

Ryan et Esposito de regardèrent rapidement et décidèrent d’un commun accord de commencer.

 

-       Nous n’avons rien trouvé d’intéressant. Ils baissaient la tête avant qu’Esposito reprennent ; Nous avons repassé au crible la vie de chaque victime, leur passé, leur entourage, le témoignage  de leur voisin. Bref, tout ce qu’on avait mais il n’y a rien là dedans qui puissent nous indiquer où est Beckett ni qui est cette homme.

-       Bien. Et vous Castle ?

-       J’ai relu et réétudier les lettres et tous les messages du tueur. Il a un certain style d’écriture. Il est cultivé, écrit bien et pèse ses mots. Rien n’est dit au hasard et je parierai qu’i imagine la réaction de ses victimes en écrivant. Il y a certaines tournures de phrase, vers de poème qui sont issu d’ouvrage peu connu réservé aux amateurs de classiques. Je crois donc ne pas trop m’avancer quand je dis qu’il a du faire des études supérieures, probablement en littérature étrangère ou dans les arts. Puis,  il est clair qu’il observait Beckett chez elle mais aussi quand elle était chez moi. Je ne peux pas vraiment en dire plus et je sais que ça ne nous avance pas mais c’est tout ce que j’ai. Il baissa la tête, prêt à perdre espoir quand une image de Kate fit irruption devant ses yeux. IL ne pouvait pas l’abandonner. Elle comptait sur lui. Il se redressa, et écouta Shaw.

-       Agent Shaw ?

-       J’ai pas mal avancé sur le profil de cet homme. Je n’ai rien à ajouter quant à sa personnalité cependant, je crois savoir pourquoi il enlève ces jeunes femmes, pourquoi si proche de la saint-valentin et pourquoi il les tue. Ce n’est qu’une hypothèse. Je pense que cet homme était très heureux avant, vraiment très heureux. Il devait avoir une petite amie, une fiancée, pas une femme, mais quelqu’un qu’il aimait vraiment beaucoup et qui partageait sa vie. Elle devait travailler dans le secteur de la justice, de la loi, dans la protection, être grande t brune... Vous voyez où je veux en venir ? Il aimait quelqu’un qui ressemble à ses victimes et maintenant il les kidnappe pour remplacer cette femme qu’il aimait tant et qu’il a perdue. Il se venge de ce monde qui lui a volé son seul, unique et éternelle amour. Et peut-être que cette femme est morte le jour de la saint-valentin ou proches de cette date. Il n’a pas pu célébrer la fête des amoureux avec elle. Ça l’a rendu dingue. Mais une fois enlevées, ces femmes lui résistes, refuse son amour et il comprend alors qu’elles ne sont pas sa femme : il les tue. Ce n’est qu’une théorie mais...

-       C’est une théorie intéressante et plausible, admira Castle, une étincelle d’espoir dans le regard, étincelle qui n’échappa à personne, Il suffit de chercher dans votre base de données tous les incidents de ces dix dernières années, prenons large, impliquant une femme non marié, la trentaine, et qui a eu lieu autour de la Saint-Valentin.

-       Oui. Mais demain, coupa Montgomery, suscitant l’incompréhension de l’écrivain.

-       Demain ? Il n’y a pas une seconde à perdre !

-       Monsieur Castle, les gens qui travaillent ici sont humains. Ca veut dire qu’ils ont des familles, des enfants à nourrir, besoins de manger, et de se reposer aussi. Je sais que le plus urgent est de retrouver Beckett mais on avancera pas si on est tous fatigué. Alors chacun va rentrer chez sois et me faire le plaisir de revenir demain matin à 200 % de sa forme. Parce que demain, on la retrouvera tous ensemble.

 

Castle comprenait. Mais lui, il ne rentrerait pas. Martha était avec Alexis à l’hôpital et toutes deux savaient ce qu’il traversait Elles avaient besoins de lui mais savaient que Kate avait encore plus besoins de son aide.

Il acquiesça et quitta a pièce sous les regards compatissant.

Sur une chaise de la salle de repos, il regardait les policiers quitter leur lieu de travail pour rentrer chez eux, retrouver la personne qu’il chérissait, chose que lui ne pouvait pas faire.

Ryan et Esposito finirent par s’en aller à leur tour, tout comme la plupart des gars du FBI.

La grande salle se retrouva bientôt plongée dans le noir quand le Capitaine partit.

Seul Castle restait dans l’immensité de cette noirceur, enveloppé dans l’ombre, seul, détruit, absent mais là tout de même.

Il était bien décidé à ne pas fermer l’œil tant que la femme qu’il aimait ne serait pas à ces cotés. Et pour ça, il devait éviter de penser parce que toutes ces pensées le faisaient souffrir, parce que dans chacune d’entre elle, il voyait Kate, il l’imaginait, il la voulait, il avait mal. Alors pour garder espoir, il devait rester éveillé et actif, loin de son esprit, loin de ses songes, dans la réalité.

Il ne voulait pas avoir l’impression de l’abandonner.

 

Il se leva, quitta la noirceur de la salle de repos pour celle de la salle de briefing qui était en fait bien allumée et occupée. Castle fut surprit de trouver Jordan Shaw, assise sur une chaise, penché sur un dossier, relisant, écrivant :

-       Shaw ? Que faites-vous là ? Vous n’êtes pas rentrées chez vous vous aussi ?

-       Castle ! Elle sursauta presque mais ne paraissait pas surprise de le trouver là. C’était Castle, prêt à tout pour Beckett. Je pourrais vous pauser la même question !

-       Oui...

-       Si vous voulez tout savoir, j’établis une liste de critères à rentrer sur la matrice de données pour être prête à faire des recherches dès demain matin. J’ai quasiment terminé. Allons dans la salle de commande, vous allez m’aider.

 

Castle sourit, la remerciant de ne pas L’abandonner non plus, de rester avec lui. Il savait qu’elle avait un mari, une petite fille et n’en appréciait que plus son sacrifice.

Cette femme lui faisait un peu penser à Kate Beckett. Elles étaient fortes, n’abandonnaient jamais, se sacrifiaient pour le bonheur des autres, donnaient leur vies à la justice...

 

La matrice allumée, Castle dictait à Shaw les éléments à entrer :

-       Période de recherche : Depuis 2000. Date : le 14 février, plus ou moins un mois

Elle entra la date, cliqua sur « valider »

-       Type : Accident , Victime : Une seule : une femme entre 25 et 35 ans non mariée, décédée, au moins 1,70 mètres, brune, Métier : justice, force de l’ordre ou protection.

Elle réduisait les recherches, petit à petit, et cliqua sur « valider »

-       Localisation : New-York.

Elle entra le nom de la ville, des dossiers disparurent. Elle cloqua sur « valider ».

À chaque clics de Jordan, à chaque fois que le champ des recherches diminuaient pour laisser la place à l’espoir qui grandissant, Castle laissait l’air entrer dans ses poumons. Parce que chacun de ces clics le rapprochaient un peu plus de Kate.

 

Ils arrivèrent finalement à la fin de la liste des critères que la jeune femme avait établie. La matrice avait rassemblé les coupures de presses, les enquêtes de polices, les archives de la ville, les registres de la morgue... tout. Elle les avait ensuite organisés par affaires.

54 affaires répondaient aux éléments de recherches.

54, c’était énorme. Mais c’était si peu. Ils venaient de passer d’impossible à probable. Ils venaient d’éclairer le chemin, l’avenir de Kate.

 

Shaw se tourna vers Castle et ils sourirent. Ils avaient avancé, ils avanceraient encore.

Sans un mot, Shaw quitta la pièce non sans avoir tapoter l’épaule de l’écrivain.

Castle se retrouva seul, encore. Il savait qu’il ne pourrait rien faire plus avant le lendemain. Il avait déjà fait beaucoup. Mais pour lui ce n’était as suffisant. Rien ne le serait tant qu’il ne tiendrait pas Kate dans ses bras, tant qu’il ne sentirait pas les battements de son cœur contre sa propre poitrine.

Il rêvait de cet instant.

 

Castle s’installa confortablement dans le siège de sa partenaire, essayant de combler ce vide.

Il se laissa aller à ses pensées. Il ne devait pas. Il n’aurait pas du. Mais il avait besoins de la voir, même si ce n’était que dans ses rêves. IL avait besoins de penser à elle, même si elle n’existait plus que dans ses pensées.

Et puis il y avait toutes ces questions qui lui traversaient l’esprit, toutes ces questions auxquelles il n’avaient pas les réponses, toutes ces question dont ils n’étaient même pas sur de vouloir entendre les réponses.

 

Que vivait Kate ?

Allait-elle bien ?

Que lui faisait cet homme ?

 

Que ressentait-elle ?

Ressentait-elle la culpabilité que lui ressentait ?

À quoi pensait-elle ?

Pensait-elle à lui comme il pensait à elle ?

Souffrait-elle autant que lui ?

Avait-elle aussi envie de hurler ?

Avait-elle aussi envie de le serrer dans ses bras ?

Rêvait-elle de lui ?

 

L’aimait-elle seulement...

 

0o0o0o0o0o0o0

 

Un bruit ! Un bruit de pas... Etait-ce dans ses rêves ? Le grincement d’une marche d’escalier... Un escalier ? Où était-elle ? Une lumière... Quelle lumière ?

Kate se réveilla en sursaut, en sueur, à bout de force et s’adossa au mur par reflexe.

Elle se souvenait maintenant. Elle, menottée, séquestrée, seule.

C’était lui qui revenait. LUI. Qui d’autre de toute manière ? Venait-on la sauver ? Elle en doutait.

Sa peur se confirma quand son ravisseur surgit de l’escalier. On ne venait pas la sauver. L’avait-elle vraiment envisagé ? Peu importait.

 

L’homme s’avança, l’air moins serein qu’à son habitude, plus... menaçant ? Plus en colère, irrité :

- As-tu réfléchi ?

Réfléchi ? De quoi parlait-il ? Elle était si fatiguée... Ses yeux se fermaient tout seuls.

-       Pardon ?

-       As-tu repensé à tes sentiments ? À ton avenir ? À ma proposition ?

-       Si j’y ai repensé ? Non je n’y ai pas repensé parce qu’il n’y a pas matière à penser. Vous n’avez pas bien saisi je crois : Je vous hais ! Et jamais, JAMAIS je ne pourrait vous aimez, même sous la contrainte. Jamais...

 

Il ne bougea pas pendant quelques secondes, seconds où elle n’ont plus n’esquissa un geste, par peur elle devait bien l’avouer.

L’homme grogna un instant et s’avança vers elle à grands pas, rapidement :

-       Qu’est-ce que vous allez me faire hein ? me frapper ? Si vous croyez que je vous aimerais vous vous faites des id...

Mais elle n’eut le temps de terminer son mot. Le bout de la rangers de l’homme venait de rentra en contact avec ses lèvres, brutalement. Si brutalement que sa tête fut projetée en arrière et qu’elle heurta dans un bruit mat le mur en béton. Elle gémis et se laissa glisser sur le sol. L’homme se préparait à repartir  l’assaut. Kate leva son bras devant son visage. Geste inutile, futile, rempli d’espoir. La pointe de cuire balaya l’avant de Kate dans un cri de douleur recouvert pas les hurlements de l’homme :

- Je t’avais prévenu Kate ! Si tu ne veux pas m’aimer, je t’y forcerais, et tu souffriras jusqu’à ce que tu changes d’avis ma belle !

 

Kate, couché sur le sol eu une vague pensée pour Alexis. Elle aussi avait vécu ce que Kate vivait maintenant.

 

Elle essaya de se relever, rassemblant le peu de force qui lui restait mais ses liens et le coup de pieds qui l’atteignit dans ses cotes pas encore totalement remises de sa précédente attaque la rallongèrent de force sur le sol. Kate gémissait. De petites plaintes qui aurait brisé le cœur à n’importe quel être humain.

 

L’homme, certain que Kate ne se relèverait plus, s’abaissa alors et s’approcha du visage de Kate pour lui murmurer quelques mots :

-       Je ne voulais pas te frapper, je suis désolée mon ange mais tu ne me laisses pas le choix. C’est un mal pour un bien. Tu souffres aujourd’hui mais tu seras heureuse demain, avec moi. Tu m’aimeras.

 

Il ne restait plus aucune force à Kate, juste quelques mots qui sortirent de sa bouche dans un soupir :

«  Mon cœur est déjà pris... »

 

Il retira la main qu’il avait posée sur son visage, attrapa une mèche de cheveux qu’il tira avant de lui cogner la tête contre le sol et de s’en aller, poings serrés.


boones  (19.10.2012 à 19:51)

Chapitre 25 : Aurore d’amour

 

Il devait la voir. Maintenant. Encore. Rien qu’une fois de plus. La dernière fois, avant la prochaine... Comment pouvait-il tant dépendre de cette femme ? Il ne se l’expliquait pas. Et c’était loin de lui déplaire de toute manière. Il n’avait pas ressentit ça pour quelqu’un depuis ELLE. Depuis la première femme qui lui avait fait découvrir le fleuve tumultueux et violent de l’amour, ce fleuve qui l’avait emporté sur son chemin, ce fleuve dans lequel il s’était laissé tomber, noyer. Et jamais, depuis cette femme qui lui manquait chaque seconde de son existence, il n’avait pensé retrouver un jour ce fleuve et cette force qui prend source dans votre cœur et qui vous transperce comme si l’univers existait pour que votre amour vive.

Il en était sur, c’était Kate son nouvel amour. Mais il devait savoir, oui, il devait savoir ce qu’elle ressentait. De l’amour pour sur, mais suffisamment ? Elle devait l’aimer. IL ne pourrait l’accepter autrement, pas après tout ce qu’il avait fait pour elle. Elle devait se rendre compte à son tour du lien particulier qui les unissait. Deux âmes seules, deux âmes sœurs. C’était simple mais elle semblait pourtant s’acharner à ne pas reconnaître ses sentiments pourtant évidents. Peut-être était-ce à cause de sa fierté ? De sa peur ? Peu lui importait maintenant. Elle devait choisir.

 

Il s’approcha de la porte, l’ouvrit d’un coup d’épaule, appuya sur le bouton qui alluma la vieille ampoule pendu au plafond et commença sa descente dans l’escalier qui grinçait, couinait sous chacun de ses pas.

En bas de l’escalier, il eut enfin le loisir de combler le manque qui l’habitait, le besoin incessant de la voir. Elle était si belle au réveil, apeuré, déboussolé, faible en quelque sorte. Elle était... délicieuse.

Mais lui ressentait de la colère à son égard. Il avait été trop gentil. Il devait savoir :

-       As-tu réfléchi ?

Elle ne semblait pas comprendre sa demande, trop fatiguée certainement, aussi reformula-t-il, irrité :

-       As-tu repensé à tes sentiments ? À ton avenir ? À ma proposition ?

 

Il la regardait dans les yeux, aussi put-il facilement capter la réaction de la jeune femme : elle était... surprise :

 

-       Si j’y ai repensé ? Non je n’y ai pas repensé parce qu’il n’y a pas matière à penser. Vous n’avez pas bien saisi je crois : Je vous hais ! Et jamais, JAMAIS je ne pourrait vous aimez, même sous la contrainte. Jamais...

 

Il avait mal. Savait-elle le mal qu’elle lui faisait ? Bien sur que non, et elle s’en fichait, égoïste qu’elle était, ignorante.

Il ne pouvait pas bouger, transpercé par cette douleur lancinant qui partait de son cœur pour se diffuser dans chaque parcelle de son corps tremblant.

Il la regardait juste dans les yeux. Savait-elle qu’elle avait réveillé son coté animal, violent ? Il pouvait voir dans son regard que la peur s’installait. Elle savait, oui, qu’elle n’aurait jamais du dire ça, qu’il allait mettre ses menaces à exécution.

Il grogna, se sentant déjà coupable de ce qu’il n’avait pas encore fait, coupable de céder à sa pulsion sauvage, à cette facette qu’il haïssait  mais qui faisait parti de lui, hélas.

Trop tard, il n’avait jamais su se contrôler, même par amour. D’ailleurs, n’était-ce pas l’amour qui le poussait à agir ainsi ? Quoi d’autre que la passion pouvait-être la source de sa haine ? Haine, passion, déception. Il s’avança rapidement, ne s’arrêtant pas quand elle hurla presque :

-       Qu’est-ce que vous allez me faire hein ? Me frapper ? Si vous croyez que je vous aimerais vous vous faites des id...

 

Il ne lui laissa pas le temps de finir, il en avait trop entendu. Le bout de sa rangers heurta si violement sa lèvre que son corps entier fut projeté en arrière, contre le mur dur. Elle gémissait, il jubilait.

Il jubilait de la voir glisser ainsi sur le sol, tentant de se protéger le visage avec son bras.

Mais sa chaussure de cuir ne rencontra aucune difficulté à percer ses défenses, provoquant un cri de douleur de la part de la jeune femme.

Il déchainait sa haine qui grandissait à chaque instant. Ne pouvant même plus supporter la douleur criée de sa victime, il se mit à hurler à son tour :

- Je t’avais prévenu Kate ! Si tu ne veux pas m’aimer, je t’y forcerais, et tu souffriras jusqu’à ce que tu changes d’avis ma belle !

 

Il observait sa proie, couché sur le sol, la maintenant au sol à coup de pieds bien placés dans les cotes. Ses gémissements nourrissaient ses besoins de supériorité. Les petites plaintes qui s’échappaient par à-coup de sa bouche ne l’atteignaient même pas. Il était invincible.

 

Quand il fut enfin certain qu’elle ne se relèverait plus, il se baissa doucement vers elle, retrouvant sa douceur des beaux jours. Il se pencha encore, et lui murmura quelques mots à l’oreille.

-       Je ne voulais pas te frapper, je suis désolée mon ange mais tu ne me laisses pas le choix. C’est un mal pour un bien. Tu souffres aujourd’hui mais tu seras heureuse demain, avec moi. Tu m’aimeras.

 

Sa culpabilité avait reprit le dessus. Comme à chaque fois...

 

Il fut surprit d’entendre à son tour des sons franchir la barrière des lèvres de Kate dans un souffle :

«  Mon cœur est déjà pris... »

 

Combat intérieur, invisible mais impossible, perdu d’avance. La culpabilité disparue, la rage implosa :

Il retira la main qu’il avait posée sur son visage, attrapa une mèche de cheveux qu’il tira avant de lui cogner la tête contre le sol et de s’en aller, poings serrés.

 

Il allait la faire changer d’avis, il s’en fit la promesse. Parce que demain, c’était son jour,  leur jour. Demain, c’était la Saint-Valentin, demain, le plus beau jour de sa vie.

 

Il avait d’ailleurs plains de préparatif à faire pour cette fabuleuse journée qui s’annonçait ; la robe, la musique, les repas, le discours qu’il lui avait préparé... Tant de preuve de son amour qu’elle ne pourrait plus refuser de voir. Demain, tout allait changer. Demain...

 

0o0o0o0o0o0

 

Au commissariat,

 

Castle, plongé dans ce sommeil sans rêve dominé par son inquiétude commença à émerger à l’aube, tiré dans la réalité par des bruits de pas. Les policiers partis la veille revenaient enfin faire leur travail.

 

Dès qu’il eut reprit pied avec la réalité, Castle bondit de sa chaise et fonça en salle de commande du FBI, là où la veille au soir, lui et Shaw avait finalement trouvé une piste. Toute l’équipe était déjà présente, n’attendant plus que lui pour commencer la réunion. Ils avaient simplement patienté, pour que Castle, prenne le repos dont il avait besoins :

-       Castle ! Ravi de vous voir. Je vous laisse l’honneur de faire par au autre de notre avancé, lança Shaw, sachant à quel point il voulait se rendre utile, se sentir utile.

-       Merci. Hier soir, l’Agent Shaw et moi-même avons fait une découverte. Nous avons rentré des critères de recherche dans la matrice, non concernant notre tueur mais sur l’accident qui lui a probablement enlevé la femme qu’il aimait, selon le profil de Jordan. Il se trouve que nous avons 54 résultats correspondants.

-       Excellente nouvelle ! Très bonne initiative, salua Montgomery, le sourire aux lèvres, content, comme tout les autres qui se jetaient des regards de soulagement, d’avoir enfin une piste sérieuse à explorer.

-       Bien. Nous allons former des équipes de deux, et étudier ses dossiers avec attention. Nous ne devons surtout pas laisser passer d’indice. Une copie du profil du tueur est à votre disposition, ainsi que la liste de critères que Castle et moi avons rentrer hier soir dans la matrice de données. Le but est de réduire notre champ de recherche. Il fait procéder affaire par affaire, faire des recherches complémentaires si nécessaire, et ce le plus vte possible.

-       Mais on manque de temps !

-       Je sais Castle, mais c’est le seul moyen alors au boulot !

Castle savait qu’elle avait raison, que chaque dossier en moins le rapprochait de Kate. Il devait avoir espoir. Il devait se raccrocher à cette idée, aussi mince soit elle parce qu’il n’avait que ça. Et il savait que tous les policiers ici travailleraient dur.

-       Ryan et Esposito, vous serez le premier binôme. Prenez le dossier Keller, continua la jeune femme à la crinière rousse. Castle, vous serez avec moi sur le dossier Morrison et Wilson  et Drew sur le dossier Ginger, ça vous va ?

-       À vos ordres, répondirent les deux agents du FBI alors que les autres étaient déjà partis sans se faire prier.

 

Castle et Shaw avait décidé de rester en salle de commande pour leur recherche. Il avait prit un dossier sur la pile et lisait ce qu’ils avaient sous les yeux. Shaw, une ride de concentration barrant son front, Castle, les lèvres pincées. Rien ne semblait pouvoir les perturber. Du moins jusqu’à ce que Castle réalise quel jour ils étaient aujourd’hui. Comment avait-il pu ne pas y penser plus tôt ? Il avait été tellement occupé par les recherches qu’il en avait oublié ce jour précis.

Aujourd’hui, c’était la Saint-Valentin. Aujourd’hui c’était le jour des amoureux, le jour où tout était possible, au nom de cet amour qui faisait le bonheur des gens, qui les unissait pour le meilleur et pour le pire. Alors comment se faisait-il que lui, qui ne croyait qu’en l’amour, ne pouvait pas être avec celle qui était dans ses pensées et dans son cœur ?

 

Si seulement elle savait à quel point il aurait voulu être à ses cotés, passer cette journée avec elle. Parce que cette journée n’avait aucun sens sans Kate Beckett pour la partager. Un moment, c’était tout ce qu’il voulait au fond. Un moment de cette journée censé être la leur avec Kate.

 

Et ce tueur, de la Saint-Valentin devait avoir prévu bien des choses pour Kate. S’il la touchait... Castle espérait juste qu’ils la retrouveraient à temps, avant ce soir. Ils le devaient.  Il le sentait. Il le savait. Il le voulait.

Il voulait entendre sa voix de nouveau, se plonger dans son regard encore une fois, effleurer sa peau, voir son sourire, entendre son rire...

 

Une larme roula sur sa joue, tomba sur la photo d’une jeune femme, décédée dans un accident de voiture. Il ne voulait pas perdre Kate. Il ne pouvait pas.

Shaw n’avait pas manqué la larme s’écrasant silencieusement sur le papier. Elle avait guetté le moment ou il flancherait :

-       Castle ? Tout va bien ?

-       Oui... juste une poussière dans l’œil...

 

Qui voulait-il convaincre avec ce mensonge ? Shaw, ou lui-même ?

 

Ils se replongèrent dans leur dossier respectif. Seul le travail pouvait garder Castle loin de ses noires pensées.

 

0o0o0o0o0o

 

Midi. Il était midi et il leur restait encore vingt-sept dossiers à parcourir.  Esposito, Ryan, Wilson, Castle, Shaw, Drew... Aucun d’eux n’avait levé la tête, soufflé, fait une pause depuis l’aube. Mais aucun des dossiers qu’ils avaient étudié ne semblait correspondre à l’incident qu’ils recherchaient. Ils continuaient, dossier par dossier, sans relâche.

 

Castle n’aurait su dire si à chaque dossier mis de coté il se sentait soulagé, ou si c’était la peur que la réponse qu’ils cherchaient tous ne soit pas dans les dossiers restant qui s’était emparé de son cœur et qui le pressait comme un agrume.

 

Il n’avait qu’une certitude, qu’une sensation, qu’une vérité : Si il ne retrouvait pas Kate, il n’y survivrai pas.

 

0o0o0o0o0o0o0

 

Le seul moyen qui permettait à Kate de savoir qu’elle était bien en vie était la douleur qui se faisait ressentir avant même qu’elle ne puisse esquisser le moindre mouvement.

Roulé en boule sur le sol elle ne pouvait qu’attendre. Attendre quoi ? Elle préférait ne pas se poser la question.

 

Elle était fatiguée, vidée, affamée et assoiffée. Combien de temps encore avant que son enfer se termine ? Allait-elle mourir ? Ou allait-on la sauver ?

Combien de temps encore à être la marionnette de ce monstre hanté lui-même par ses propres démons, tiraillé entre son amour et sa haine meurtrière ?

 

Un bruit au dessus de sa tête la tira de son léger sommeil et de ses pensées. C’était lui, encore, qui revenait. Mais pourquoi cette fois ci ?

Kate décida de faire semblant de dormir profondément, espérant que son ravisseur partirait et la laisserai tranquille, juste un peu.

 

Une lumière éblouissant, un pas dans l’escalier, un deuxième, puis encore un autre, jusqu’au suivant. À chaque pas dans l’escalier le cœur de Kate ratait un battement. Elle n’avait pourtant jamais été de nature peureuse. Mais cet homme, et ce qu’il pourrait lui faire... Ça oui ça l’effrayait.

 

Les pas sur le béton étaient presque inaudibles mais Kate pouvait sentir, aux vibrations qui parcouraient le sol sous elle, que l’homme était tout près d’elle.

 

Plus de pas. Était-il arrêté ? Que faisait-il ? Qu’attendait-il ? Avait-il compris qu’elle ne dormait pas ? Avait-il perçu la peur qui s’évaporait de son corps, tremblant elle en était sur.

Elle en aurait pleuré... Elle aurait pu, elle aurait du. Mais la flamme en elle était encore présente. Des souffles d’espoir la ravivaient, alors au bord de l’extinction.

 

Quand elle sentit le souffle de l’homme s’infiltrer dans son conduit auditif, elle compris qu’il s’était agenouillé dans son dos :

« Kate ? Mon amour ? Il faut se réveiller maintenant ? »

Kate ne bougeait pas, retenant même sa respiration, et un haut-le-cœur :

« Ma douce, le soleil d’un nouveau jour se lève. C’est l’aube d’un jour bien particulier aujourd’hui. C’est le premier jour de notre amour, sa célébration. C’est la Saint-Valentin ! »

 

La Saint-Valentin.

Plongée dans le noir, attachée, seule, perdue, sans aucun repère, Kate ne savait pas combien de temps s’était écoulé depuis qu’elle avait été enlevée.

Elle savait que la fête était « bientôt ». Plus que prévue apparemment.

 

Elle ne put cacher son trouble face à cette annonce. Elle gémit, inconsciemment, involontairement, douloureusement. Ce n’était plus son corps mais son cœur qui saignait.

Cet homme qui lui soufflait dans le cou de son souffle chaud et répugnant était la dernière personne avec qui Kate voulait passer cette journée si spéciale.

Elle n’était pas particulièrement partisante  de la Saint-Valentin, elle l’acceptait simplement et appréciait le moment. Mais, recluse, contrainte à rester tel un animal sur le sol, attachée tel un vulgaire sac, elle se rendait compte de bien de choses. Et aujourd’hui, jour des amoureux, elle prenait conscience d’avec qui elle voulait passer cette journée.

 

« Kate ! Je suis ravi de voir que mes douces paroles t’éveillent. ».

 

Si tu savais combien elles me donnent envie de vomir tes paroles, crétin!

Kate sourit. C’était la voix de Castle, dans sa tête. Elle imaginait ce qu’il aurait dit à sa place. Ça la soulageait, ca lui donnait l’impression de ne plus être seule, de passer cette journée avec lui finalement.

 

« Et j’ai le droit à un sourire en plus ! Tu combles le vide de mon cœur ! »

Ah... parce que monsieur a un cœur ?

«  Allez debout mon amour ! Nous avons une journée très remplie ! J’ai prévue plein de chose pour nous : Un déjeuner en tête à tête, un après midi en amoureux, un discours, un diner romantique, une dance ! »

 

Le sourire de Kate s’effaça de nouveau, pensant à ce que Castle et elle aurait pu faire ensemble en ce jour.  Et rien que l’idée de manger en face du monstre qui l’appelait « mon amour » lui donnait des frissons.

Elle continuait à le regarder d’en bas, assise maintenant mais immobile, se retenant de grimacer de dégout.

 

« Je vais te libérer de tes liens. »

Kate n’en revenait pas. Allait-il lui donner sa liberté ? Était-il naïf à ce point ?

 

Mais ses espoirs furent balayés quand l’homme dévoila dans ses mains un collier métallique qu’il lui accrocha au cou malgré ses protestations. Elle savait très bien ce que ce collier lui ferait.

 

« Voilà, comme ça je suis sur que tu ne partiras pas ! Si tu t’échappes, si tu tentes quoi que ce soit, tu sais ce qu’il se passera, n’est-ce-pas ? »

 

Les pupilles noires, dilatées de la jeune femme durent lui suffirent car il n’insista pas d’avantage. Elle avait compris. Il le savait.

 

L’homme lui ôta enfin ses menottes et tous ses liens, se releva et parti chercher un sac en plastique qu’il avait laissé en bas de l’escalier puis revint.

 

En apercevant son profil, et en s’y attardant réellement pour la première fois, l’impression de Kate se confirma : elle connaissait cet homme. Elle l’avait déjà rencontré. Sa voix, son visage, ses yeux... Elle était sûre de l’avoir déjà vu, mais différent. Où ? Quand ? Pourquoi ? Elle n’avait aucune réponse. Une fois de plus.

 

« Enlève-moi tes haillons et habille-toi. » Il lui balança le sac à ses pieds, croisa les bras sur sa poitrine. Avait-il l’intention de rester planté là et de se rincer l’œil ? Visiblement.

-       Il est hors de question que je me change devant vous ! 

-       Tu n’as pas à être pudique devant moi Katie, je veux te voir.

-       De un, je m’appelle Katherine, et de deux, moi, je n’ai pas envie que vous me voyez !

-       Ne commence pas, ne gâche pas cette journée ! Change-toi sinon je vais me servir du ravissant bijou qui orne ton magnifique et long cou !

 

Kate fulminait. Mais elle n’avait pas vraiment le choix, aussi s’exécuta-t-elle, cachant du mieux qu’elle pouvait son corps meurtri par les coups. Elle se plaça face au mur, ne lui laissant que son dos contusionné comme tableau.

Il lui avait apporté un débardeur noir moulant et décolleté et une mini-jupe rouge sang. Jamais elle n’aurait osé en temps normal porter de tels vêtements.

 

Trop concentrée sur sa tentative d’enlever son t-shirt sans douleur, chose vaine, Kate n’entendit pas l’homme s’approché derrière elle. Elle ne le comprit que en sentant une main froide se poser sur son épaule.

Elle était tétanisée.

Il commença à tracer de léger cercle en descendant le long de sa colonne vertébrale.

Kate reprit vite ses esprits, secouée de tremblements. Elle savait que ce qu’elle s’apprêtait à faire allait engendrer représailles mais elle ne pouvait simplement pas supporter ça.

Elle souffla un coup et alors que les caresses arrivaient en bas de son dos, Kate lui assena un coup de coude dans l’arrête du nez. Il grogna, ôtant ses mains du corps de Kate. Tout de suite, elle se sentit mieux. Mais elle ne s’attarda pas sur ses sensations. Elle se releva vite et se précipita vers les escaliers, espérant que la portée de la télécommande qui actionnerait son collier était faible.

Mais alors que la détective posa son pied sur la première marche, son corps se raidit et elle tomba à la renverse en hurlant. Elle n’avait jamais eu aussi mal de toute sa vie, Cette douleur, comme si des milliers d’aiguilles s’enfonçaient dans son corps, ... C’était insupportable.

Elle était paralysée. Elle voulait hurler, mais aucun son ne sortait de sa traître bouche. Même dans ses pensées c’était le chaos, la confusion totale, comme si le choque électrique qu’elle venait de recevoir avait désorganisé son esprit. Elle était dans un noir total.

 

Lui s’était relevé, imperturbable, indéchiffrable. Il s’était avancé vers Kate étalée sur le sol. Il la regardait de haut, admirant ce spectacle, qui satisfaisait une partie de ses envies, de ses besoins, qui lui permettait d’exprimer ses pulsions sadiques.

 

Une minute passa avant qu’elle ne retrouve sa voix. Elle hurlait, elle pleurait, elle n’en pouvait plus, elle craquait.

« Laissez moi partir ! Pitié !! Laissez-moi ! Je vous en supplie !

 

L’homme pencha sa tête légèrement sur le coté, puis appuya avec force sur le petit bouton rouge de la télécommande.

Kate fut prit de secousses, se tortillant sur le sol.

Il balança sa tête en arrière, jouissant de son pouvoir.

 

Cette décharge était encore pire que la première. Encore plus d’aiguilles qui la transperçaient de toute part. Elle se mordis la langue jusqu’au sens par mégarde, convulsant à cause de l’électrocution. Le goût métallique du sang se répandait déjà dans sa bouche. Elle peinait à garder les yeux ouverts. Si elle avait du décrire son état mental, elle aurait choisi le mot brumeux. Elle ne pouvait simplement plus penser clairement, être lucide. Elle avait juste cette douleur qui lui broyait ses entrailles qui la maintenait consciente.

 

Quand son instant de jubilation prit fin, l’homme rangea sa télécommande dans sa poche, alla récupérer le t-shirt et la jupe qui jonchait le sol près des chaînes de la jeune femme qui aurait sans doute préféré les garder au lieu d’avoir maintenant ce collier au tour du cou. Elle n’était plus qu’une bête.

 

Il retourna vers Kate qui ne pouvait pas bouger tant la douleur l’arrêtait. Il fini ce qu’elle avait commencer, lui ôtant son t-shirt, lui passant le débardeur noir non sens laisser ses mains caresser la douce peau de la détective.

 

Il lui enleva ensuite ses chaussures à talon, déboutonna son pantalon alors qu’elle gémissait, tentant de dégager son bassin. Il lui fit rapidement glisser son pantalon le long des jambes et lui passa la mini-jupe, n’ayant pas pour autant manqué d’admirer la dentelle des sous-vêtements de la jeune femme...

« Tu peux marcher jusqu’à l’étage ? »

 

Kate gémit, se retourna sur le ventre et essaya tant bien que mal de se mettre sur ses pieds. Mais à peine debout, elle fut prise de vertiges. Elle retomba presque au sol, à peine rattraper par l’homme qui la saisit sous les bras.

« Je m’en doutais un peu ! » marmonna-t-il plus pour lui-même que pour sa victime au bord de l’évanouissement.

 

Il la traina sur le sol jusqu’en bas des escalier puis monta à reculons, marche par marche, soutenant toujours la détective par la taille alors que ses pieds tapant contre le bois.

 

Alors que toutes ses pensées ne formaient qu’un vaste orage noir dans son esprit, une image s’imposa à Kate.

« Castle... » begaya-t-elle.


boones  (29.10.2012 à 21:27)

Il la traina sur le sol jusqu’en bas des escalier puis monta à reculons, marche par marche, soutenant toujours la détective par la taille alors que ses pieds tapait contre le bois.

Alors que toutes ses pensées ne formaient qu’un vaste orage noir dans son esprit, une image s’imposa à Kate.

« Castle... » Bégaya-t-elle.

Chapitre 26 : Zénith d’amour

 

-       Castle... Bégaya-t-elle.

 Comment prononcer ce nom pouvait-il lui faire si mal ? Où était passée la douceur d’antan qui s’emparait d’elle quand elle ne faisait que songer à son nom ?

-       Oublie-le un peu ton écrivain. Pose-toi la question Kate. Pose-toi cette question qui t’effraie tant : Il est où Castle ? Hein ? Il est où ton chevalier en armure ? Il n’est pas là ! Il n’est pas là avec toi. Moi je suis là. Alors profite de ce que tu as. Et ne me parle plus de lui. Jamais.

Il s’était arrêté un instant dans les escaliers pour lui murmurer ces mots avec haine puis était repartit, avec un sourire, comme si cet instant n’avait jamais eu lieu, happé par l’excitation de cette journée à venir.

 

Ils passèrent finalement la porte de ce qui était bien une cave. Kate malgré ses yeux à demi clos, put enfin découvrir le reste de la demeure qui était désormais sa prison. Son enfer.

L’homme la déposa sur le divan avec plus d’égard que quelques minutes auparavant. Elle put enfin se reposer, sans craindre de nouvel assaut. Elle commençait à comprendre le fonctionnement de son ravisseur. Une seconde la haine, celle d’après la douceur. Une seconde de rage, une seconde d’amour. Seconde après seconde. Au goutte à goutte. Il n’était pas schizophrène mais semblait partagé entre deux sentiments qu’il ne contrôlait pas, deux comportement distincts et contradictoires.

 

La douleur du à son électrocution récente commençait enfin à disparaître. Elle avait bien encore quelques picotements dans les doigts mais rien de comparable à la douleur qu’elle avait ressentit en tombant sur le sol, prise de convulsions.

Elle préférait ne plus y penser, pour se concentrer plutôt sur un plan d’évasion. Parce que si ce collier autour du coup l’avait un peu « refroidie » sur cette idée, elle était toujours d’actualité. Le moins de temps elle restait chez ce fou, le mieux elle se porterait.

Elle s’assit sur le divan. Les rayons du soleil se posèrent sur son visage. Elle n’avait jamais trouvé cela aussi... vivifiant.  Elle observa alors plus attentivement les lieux. L’homme finissait d’assaisonner un plat qu’il porta à table avant de l’inviter à le rejoindre, un immense sourire sur les lèvres.

 

Elle se releva, chancela un moment mais réussi finalement à faire les quelques pas qui la séparait de lui et de sa table, dressée pour deux. Deus set de table rouge vif, des pétales de roses déposé délicatement sur la nappe blanche neige et douce comme de la soie, une bouteille de vin grand cru millésime. Romantique.

En gentleman, il lui tira sa chaise et la ré-avança alors qu’elle s’asseyait. Cet homme savait surprendre les femmes, par forcement dans le bon sens cela dit.

Il s’assit à son tour, en face d’elle, la contempla un instant puis détourna à contre cour son regard pour lui servir du vin.

Il leva alors son propre verre, l’invitant silencieusement à faire de même, puis ils trinquèrent.

« À l’amour, aux âmes sœurs, faites pour se rencontrer. À ce jour qui nous unie, nous, disciple de cet amour. À cette force mystérieuse qui fais notre bonheur. »

 

C’était beau. Mais pas dans de tel circonstance, pas avec tant de sous-entendu. Elle aurait voulu lui dire que l’amour n’existait pas être deux être si l’un deux n’aimait pas l’autre. Mais à quoi bon ? Pour avoir une autre décharge en réponse ?

Elle se contenta de lever son verre pour le porter à ses lèvres et se délecter comme elle le pouvait, malgré le gout du sang qui persistait dans sa bouche, de ce nectar bordeaux qu’elle appréciait.

 

Il n’avait dis mot pour le moment, se contentant de la regarder en apéritif. Elle était tout ce dont il avait besoins après tout. Elle l’enivrait et le nourrissait plus que la nourriture elle-même. Elle alimentait ses sentiments.

 

Après un bon verre de vin rouge de bourgogne, il se leva pour apporter l’entrée. Une poêlé de coquilles Saint-Jacques marinés.

Rien que l’odeur rendit Kate nauséeuse. Elle adorait pourtant les coquilles Saint-Jacques.

Mais elle ressentait une profonde douleur aux entrailles, comme si sa faim se manifestait maintenant, avec cette odeur alléchante qui pénétrait dans ses narines.

 

L’homme ne remarqua pas son trouble, aussi il la servit copieusement, fière de sa cuisine.

Kate regardait les morceaux blancs trempant dans la sauce. Elle était dégoutée. Elle n’y arriverait pas. Pourtant, dieu savait combien elle était affamée. Mais elle ne pouvait simplement pas ingéré... ça.

Elle releva la tête et grimaça.

-       Quelque chose ne va pas Kate ? Vous n’êtes pas allergique au moins ? Ou peut-être que vous n’aimez pas ? J’ai pourtant essayé d’être le plus classique possible mais... Je suis désolé.

Kate pencha la tête sur le coté, n’en revenant pas de ce qu’elle entendait : il se souciait maintenant d’elle et semblait préoccupé par ce qu’elle voulait, pensait, aimait. Il semblait... vraiment.... désolée...

-       Non, ce n’est pas ça... c’est juste que... je ne peux rien avaler. Je suis désolée.

Pourquoi s’excusait-elle ? Elle n’en avait rien à faire de le blesser.

 

-       Il va pourtant falloir manger ! Tu dois te nourrir pour être en forme pour notre journée. Allez, mange !

 

N’ayant pas vraiment le choix, ni l’envie d’aller plus loin, elle porta la fourchette à sa bouche.

 

0o0o0o0o0o0o0o

 

Au commissariat,

 

Une quinzaine de dossiers. Juste une quinzaine mais encore une quinzaine. Une quinzaine de trop. Ils étaient si près du but. Si près de Kate.

Castle ouvrait un dossier, prenait une bouffée d’air, le refermait, se retenait de respirer jusqu’à l’ouverture de la prochaine affaire. Pourquoi avait-il cette drôle de sensation ? Pourquoi avait-il l’impression qu’ils faisaient fausse route, et qu’au bout de ces quinze dossiers, il n’y aurait rien ?

 

Il avait besoins de la voir.

Castle referma un instant le dossier qu’il avait sous les yeux. Il sortit son portable de la poche interne de sa veste. Il ouvrit une photo, après avoir parcourue rapidement sa pellicule.

Ses cheveux longs, brun bouclé qui tombait sur ses épaules, libre comme elle. Ses yeux, grand qui vous happe au premier regard et qui ne vous lâche plus. Et son sourire. Jamais une femme ne lui avait offert un tel sourire. Immense. Inoubliable.

 

Il aurait pu lui offrir quelque chose d’inoubliable lui aussi, s’il avait été ensemble aujourd’hui, et pas l’un avec un fou, l’autre avec un cœur en sursis.

Il aurait pu lui donner une journée mémorable, lui montrer un coté romantique qu’elle ne connaissait qu’en surface, lui montrer l’amour qu’elle méritait.

 

Il y avait pensé à cet Saint-Valentin, tant pensé, qu’il en avait encore plus mal. Il avait prévu, avant toute cette sordide histoire, de passer ce moment avec Kate, de lui avouer son amour.

Perdu dans la profondeur de cette photo, Castle ferma les yeux et laissa son esprit l’emmené loin, si loin... mais plus près d’elle.

 

Le vent soufflait sur son visage, tout doucement. Un vent frais, venu du nord qui lui glaçait la peau. Cette ambiance de calme et de sérénité était accentuée par le doux frétillement des feuilles secouées par la brise. Le silence était à son comble et personne – pas même les oiseaux qui dansaient dans l’immensité du ciel noir – ne venaient le briser.

 

Sur le toit de cet immeuble New-Yorkais, face à cette vue dégagée sur central Park, tout paraissait possible à Richard Castle. Il ne s’était jamais sentit aussi libre. Libre comme cette force qui faisait valser les fleurs.

 

Le bruit métallique de la porte qui menait à ce petit bout de paradis le sortit de ses paisibles pensées.

Il se retourna et son regard se posa immédiatement sur la créature qui venait de surgir.

Le vent soulevait ses cheveux longs qui caressaient alors son visage avec tant de douceur.

Il s’approcha d’elle, pour l’accueillir :

-       Bienvenue détective Beckett.

-       Castle... Qu’est-ce-que...

Elle s’avança au bord du toit de l’immeuble, dépourvu de garde-fou. Subjuguée par la vue, elle avait perdu ses mots et se fichait maintenant complètement de savoir pourquoi Castle l’avait fait venir ici à une heure pareil alors que la journée de travail était fini depuis longtemps, et surtout étant donné qu’aujourd’hui était la Saint-Valentin. Elle aurait pensé qu’il aurait rencard avec une de ses conquêtes dans un restaurant chic.

Peu importait. La beauté de cet endroit dissipait toute sa curiosité.

Elle tourna son regard à demi vers l’écrivain, apercevant les lumières qui maintenait la ville dans un éveil constant s’enflammer dans les yeux de l’homme.

 

Quand Kate réussit enfin à dériver son regard de cet incroyable paysage, elle put voir la petite table en bois recouverte de cette nappe blanche et dressée pour deux. Dans les assiettes, un délicieux magret de canard fumant reposait sur son lit de caramel et de miel de châtaigne. Une alléchante purée faite maison entourait la viande rosée cuite à la perfection. Une bouteille de Bergerac dominait fièrement le diner préparé.... avec amour.

 

Sans un mot de plus – car il n’y avait rien à dire – ils s’installèrent à table, partageant le même sourire.

Kate ne posa pas de question quant à la raison de ce festin, de sa présence ici avec lui dans cet univers de merveille. Elle était heureuse. Il était heureux. Que demander de plus ?

 

-       Alors Castle dite-moi, comment avez vous découvert cette endroit magique? demanda la jeune femme en désignant les environs d’un tour de fourchette dans les airs.

-       Pendant l’écriture de mon premier roman, qui fut d’ailleurs mon premier best-seller, souligna-t-il d’un haussement de sourcil adorable qui fit rire Kate, je me baladais en bas dans cette rue, rentrant chez moi quand j’ai découvert par terre un rouge-gorge, mal en point. J’ai alors levé la tête et j’ai vu cette arbre là-bas. Je me suis dit qu’il devait y avoir un nid au dessus du vide, quelque part dans les branches de ce chêne et que ce petit oiseau en était tombé. Je l’ai prit dans ma veste, je suis rentrée dans le bâtiment et je suis arrivée devant la porte par laquelle vous êtes entré. Jamais je n’aurais pensé que je tomberai amoureux.... de la vue, sourit-il en regardant Beckett qui buvait chacun de ses mots droit dans les yeux. Depuis je viens là dès que j’ai envie de réfléchir, dès que j’ai besoins d’inspiration. Ici tout est plus simple. 

Il aurait voulu lui dire que c’était ici qu’il avait écrit la plus grande partie des scènes d’amour de Nikki Heat. Non pas parce qu’il avait besoins d’inspiration, juste parce que cet endroit était son havre de paix.

-       Je n’y avais jamais emmené personne avant ce soir, ajouta-t-il en posant ses couverts sur le bords de l’assiette blanche.

Kate releva la tête, abandonnant une tranche de magret pourtant exquis. Avait-elle bien entendu :

-       Je... Pourquoi ?

-       Parce que avant ce soir je... parce que comme je te l’ai dit Kate, je viens ici quand j’ai besoins de réfléchir. Et je me suis rendu-compte de beaucoup de chose ici. Si je t’ai amené ici ce soir c’est parce que je voulais que tu viennes avec moi dans ce havre de paix, dans mon havre. Je voulais que tu découvres une partie de moi que tu ne connaissais pas. Avant ce soir, aucune femme n’avait été assez importante pour que je la laisse entrer ici. Mais ça, c’était avant de te rencontrer Kate. Et aujourd’hui, je sais une chose : je t’aime, et je te veux ici avec moi.

Kate ne répondit pas. Elle ne pouvait pas. Les mots qui s’étaient échappés de la bouche de l’écrivain résonnaient encore dans la tête, comme un soupir inépuisable. Elle regardait simplement Castle, testant d’un regard sa sincérité, s’assurant que tout cela était bien vrai.

 

Castle, qui ne s’attendait visiblement pas à recevoir de réponse, même s’il n’aurait pas craché dessus, se leva de sa chaise et invita Kate à faire de même.

Il la prit par la main et l’accompagna de l’autre coté du toit, partie de se paradis qu’elle n’avait pas encore exploré.

La tenant par les épaules, il la positionna face au vide, à quelque pas seulement de ce gouffre sombre et resta derrière elle, laissant son souffle chaud caresser le cou de la jeune femme qui était perdu dans la beauté d’une vue imprenable.

 

Au loin s’étendait l’autoroute qui permettait de quitter la ville en direction du New-Jersey. Des dizaine, non, des centaines de voitures roulaient tout allure sur la voie rapide, et phares allumés, elles ne formaient plus qu’un serpent de lumière sillonnant le béton en quête de l’horizon.

 

Envouté, peut-être même contrôlée par les émotions qui s’emparaient de son cœur face à cette vue, Kate se retourna vivement et plongea sur les lèvres de Rick.

 

Elle n’avait pas réfléchie, elle l‘avait fait spontanément, même si au font, celle faisait des années qu’elle y songeait, qu’elle aurait du le faire.

 

Castle approfondie ce baiser, celant leur lèvre dans un pacte éternelle d’amour. Leurs douces lèvres se frôlaient, se mordaient, se dévoraient.

Échanger ce baiser, c’était une déclaration d’amour en soi, c’était la clarification de leurs sentiments. C’était un pur bonheur.

 

Lèvre contre lèvre, poitrine battante contre poitrine battante, peau contre peau, front contre front. Ils étaient les pièces d’un puzzle qui s’achevait enfin.

Castle, plongé dans la chevelure ambrée de la jeune femme - qui écoutait attentivement les martèlements d’un cœur battant pour elle- reniflait le doux parfum de la vie, de l’amour.

Il aurait voulu que cet instant ne prenne jamais fin, trouvé la télécommande de la vie tant convoitée de tous et appuyer, sans retour possible sur « pause ».

« Mais la vie nous rattrape toujours » lui chuchota une petite voix douce et mélancolique.

 

Castle !

Caste ! Une voix ? Une voix qui l’appelait ? Qui ? Où ? Comment ? Il releva vivement la tête, cherchant sur ce toit la personne qui criait son nom. Mais ils étaient seuls.

Castle !

Castle ! Encore son nom ? Il se décrocha de Kate, brisant leur étreinte à contre cœur mais tellement surpris.

Castle !

Castle ! Que se passait-il ? Tout cet univers parfait, ce paradis sur le toit... tout tremblait autour de lui. Tout menaçait d’exploser.

CASTLE !

Castle ! L’instant d’avant, il tenait Kate dans ses bras, l’embrassait, réalisant un rêve qu’il pensait impossible et la seconde suivante, son monde se brisait comme du verre, Kate disparu, s’évaporant, comme un nuage, une illusion. Le miroir de ses désirs venait d’imploser, brisé par cette voix qui le ramena dans la dure réalité.

 

En sursaut, en sueur, Castle se réveilla. Couché sur la table en bois, les joues rougies par l’impression des feuilles de papier sur sa peau.

En voyant Shaw devant lui qui l’appelait et tous ses dossiers sur la table de bois, Castle comprit : Il avait rêvé. Tout, n’avait été qu’un rêve. Un rêve merveilleux, une chute douloureuse. Il aurait aimé rester dans ce songe.

Et cette douleur dans sa poitrine, il l’avait identifié sans grand mal : il avait le cœur brisé.

 

0o0o0o0o0o0

 

Kate avait finalement réussi à retrouver un peu d’appétit et même à apprécier ce repas... en ce qui concernait la cuisine, pas la compagnie.

Ils avaient clôturé ce déjeuner par quelques cuillérées d’une tarte aux pommes à la cannelle, avant que l’homme ne l’emmène visiter sa serre.

 

Il s’approcha d’un massif épineux de fleurs aux pétales rouges absolument parfaites.

« Des roses rouges », pensa Beckett.

Avec une paire de ciseaux, il coupa les tiges d’une treizaine de roses.

À ces gestes, on pouvait en déduire qu’il s’agissait d’un expert en la matière. D’ailleurs, beaucoup de plantes avaient leur place dans cette serre bien entretenue. Kate en reconnaissait certaines, rencontré lors de ses voyages en Asie ou en Océanie, tel que cet énorme Baobab qui dominait la pièce et dont les étonnantes racines menaçaient de s’étendre encore.

 

L’homme avait capté son regard émerveillé qu’elle n’avait réussi à cacher totalement sous son masque d’insensible :

- Impressionnant n’est-ce-pas ?

Surprise, elle mis quelques seconde à répondre :

-       Oui, assez.

-       Et bien, tu n’es pas très bavarde...

-       Vous voulez discuter ? Très bien : Pourquoi ?

-       Pourquoi quoi ?

-       Pourquoi vous faites tout ça ? Que vous est-t-il arrivé ? Elle laissa quelque seconde avant de reprendre : Que lui est-il arrivé ?

 

Avant de passez à table, Kate avait eu le temps d’admirer le peu de photos encadré qui reposait, poussiéreuse, sur une étagère. Sur chacun d’entre elle, il y avait un couple, ou une femme seule. Une très belle femme, brune, aux cheveux long et aux yeux verts. En fait, Kate devait bien l’avouer : elles se ressemblaient beaucoup.

 

L’homme avait perdu son sourire et un air triste était venu voilé son visage et assombrir son regard qui pourtant pétillait de mille étincelles l’instant précédent. Mais il ne semblait pour autant être en colère contre Kate. Il allait répondre, elle le voyait. Il était juste triste et essayait d’exprimer par des mots ses sentiments :

-       Je l’aimais tu sais. Je l’aimais comme un fou, comme jamais je n’avais aimé. Elle m’a fait découvrir un monde que je ne connaissais pas. Elle a su mettre de la couleur là où je ne voyais qu’en noir et blanc. Elle m’a apprit à penser avec mon cœur, à espérer de la vie. Je vivais avec elle dans le monde réel, dans celui des sentiments, et de l’illusion. Elle était partout. Elle était tout. Mais... son regard s’assombrit un peu plus, et les yeux humides, il finit par reprendre, mais cette vie que j’avais tant aimée me la reprise. Un soir, on sortait tout les deux de l’hôpital où on travaillait. On est passé prendre Sophie, notre petite fille. Elle était si jeune. À une intersection, un pick-up noir a grillé le feu et nous a percuté. Elles sont toutes les deux mortes sur le coup. Moi.... moi j’ai survécu. Moi... J’aurais préféré mourir avec elle. Cela aurait été une belle fin. J’aurais pu l’accepter. Mais il a fallu que je me retrouve tout seul, comme avant que je la rencontre. On m’a enlevé la lumière, me condamnant à la noirceur.

 

Dans d’autres circonstances, et si Kate ne l’avait pas autant détesté, elle aurait pu être émue. Elle savait ce que c’était de perdre quelqu’un. Elle savait ce que c’était quand on vous arrache quelqu’un que vous aimez. Et lui avait non seulement perdu sa femme, mais aussi sa fille, le fruit de leur amour, la combustion de leur sentiments. Elle comprenait sa douleur, elle comprenait son chagrin. Elle avait le même au fond d’elle depuis que sa mère était « partie ».

 

« Un soir, on sortait tout les deux de l’hôpital où on travaillait »

Cette phrase, pourtant anodine surgit comme une alarme dans l’esprit de Kate se répétant à l’infini, comme si son esprit se repassait la conversation qu’elle venait d’avoir en boucle pour y trouver l’anomalie.

 

Kate se souvenait enfin de qui était cet homme. Elle se souvenait où elle l’avait vu, et avec qui.

Comment était-ce possible ? Comment pouvait-il être là ?  Ça ne pouvait pas être lui !

Et pourtant... C’était bien lui, elle en était presque sûre maintenant.

Elle ne l’avait pas reconnu, à cause de ses cheveux bien plus court et châtain, de ses lentilles de contact. C’était lui, mais il était différent, dans le regard, dans l’attitude.

- Adam...

 


boones  (02.11.2012 à 21:12)

Chapitre 27 : Crépuscule d’amour :

  

Un réveil mouvementé, une ambiance... électrique, un déjeuner en tête-à-tête, une ballade fleuries de découvertes et de surprises : Kate était fatiguée. Vraiment, elle n’en pouvait plus. Elle avait eut son lot d’adrénaline, de drame, de peur et de colère pour toute une vie. Elle voulait juste que cette journée s’arrête. Elle voulait dormir, rêver, s’évader. Simplement être ailleurs, simplement... Était-ce trop demander ?

 

Malheureusement pour elle, son ravisseur en avait décidé autrement. Il lui avait même prévu une soirée de Saint-Valentin bien chargée. Après l’avoir envoyée se laver et se changer dans la salle d’eau, il lui avait tendu un tablier, l’incitant silencieusement mais explicitement à faire la cuisine pour leur « diner en amoureux », avait-il lancé en souriant à pleines dents.

 

Comme le lui avait une fois montré sa mère, véritable déesse du fourneau, Kate coupait en rondelles les légumes qui reposaient sur une planchette de bois. Plongée dans ses pensées, ce simple geste était devenu machinal.

Les yeux perdus dans le vide, Kate se repassait pour la millième fois les évènements de cet après-midi.

 

Adam Mercer. Comment ? Pourquoi ? Encore des questions, toujours sans réponses. Pourquoi changer les bonnes habitudes ?

Elle ne comprenait juste pas comment le tueur de ces trois jeunes femmes, le psychopathe qui la harcelait, l’homme qui lui volait sa vie pouvait être Adam, en apparence si gentil, doux et généreux.

 

Au début, Kate n’avait pas voulu croire que c’était lui. Elle avait du se rendre à l’évidence, reconnaissant sa voix, et ses caractéristiques physiques.

Puis, se souvenant du portrait robot d’Alexis qu’elle avait entraperçu, ses doutes s’étaient envolés pour laisser place à cette vérité choquante. Adam. C’était Adam.

Elle lui avait dit, il n’avait pas nié, juste souri avant de poursuivre la visite de sa serre comme si de rien était.

 

C’était une des raisons, des nombreuses raisons qui faisaient que Kate voulait effacer cette journée.

Immergée trop profondément surement dans son esprit, Kate ne remarqua pas qu’elle arrivait à la fin de l’aubergine qu’elle tranchait. Ce fut la douleur qui la traversa quand le couteau entailla sa chair qui la ramena brutalement, trop peut-être, à la réalité :

-       Aïe !

 

Sursautant légèrement, Adam se retourna vers la jeune femme qui s’enroulait le doigt dans un torchon :

-       Kate ? Tu t’es coupée ?

Quelle perspicacité !

-       Montre-moi, ajouta-t-il en tendant sa main vers elle.

 

D’abord hésitante, elle finit par se résigner et ôta le pan de tissu pour dévoiler la coupure.

-       C’est superficiel. Ne bouge pas Katie je vais chercher un pansement.

 

La voix douce avec laquelle il avait prononcé ses quelques mots surprit Kate un peu plus, lui confirmant par ailleurs d’avantage la folie de cet homme.

Il revint rapidement pour panser Kate avant de se remettre au travail. Il tenait vraiment à ce que tout soit prêt et parfait pour ce soir, son soir, leur soir.

 

0o0o0o0o0o0o

 

-       Encore un peu de vin ma chérie ?

Kate souffla bruyamment, passant une fois de plus sur le « ma chérie » et tendit son verre, faignant son sourire. Elle n’avait aucune envie d’être là, de partager ce repas avec Adam. Mais elle n’avait pas le choix, risquant de se prendre quelques volts de plus. Elle était forte, pas invincible...

 

Mais si Kate rêvait à chaque seconde un peu plus d’être à l’autre bout de la terre, elle avait une question sans réponse qu’elle devait poser à Adam. Une chose qu’elle ne parvenait pas à éclaircir et qui lui pesait sur le cœur. Prenant son courage à deux mains, elle se lança, posant ses couverts à droit de son assiette :

-       Pourquoi ? Pourquoi vous faites cela à Castle ?

-       Castle. Toujours Castle. Encore Castle. Il soupira, et s’arrêta à son tour de manger, regardant Kate droit dans les yeux.

-       Il est votre ami, alors pourquoi lui faire ça ? Pourquoi me faire ça ?

-       Il n’est pas mon ami. Il ne le sera jamais et je crois même qu’il ne l’a jamais été. Dis-moi Kate, dirais-tu d’une personne qu’elle est ton ami si pour elle tu n’existe pas, si elle t’oublie, si elle n’est pas là pour toi quand tu as besoins d’elle, si elle ne prétend être ton ami que pour t’exploiter ? Je ne pense pas.

-       Castle n’est pas comme ça ! Il tarie d’éloges sur vous, sur ce que vous avez fait pour sa fille. Il vous admire et vous est très reconnaissant. Quand il parle de vous, il le fait comme un ami !

-       Alors où était-il quand j’ai perdu ma femme et ma fille ? Où était-il quand j’ai plongé dans une dépression, seul ? Où était-il quand je sombrais, privé de tout ce qui faisait ma vie? Dis-moi ! Il n’était même pas au courant qu’elles étaient mortes parce qu’il n’a jamais pris de nouvel de moi ou de ma famille. Je ne suis qu’un contact pour lui. Il est bien trop occupé avec toi, sa nouvelle muse et avc son nouveau job, ses nouveaux amis du commissariat et sa nouvelle vie pour se souvenir des gens qui était là pour lui avant.

-       C’est donc à ça que vous vous livrez ? Une vengeance ?

-       Pourquoi croyez-vous que vous êtes une de mes conquêtes ? Je voulais faire comprendre à Rick le mal qu’il m’avait fait, le mal que j’avais ressentit en perdant l’amour de ma vie et mon bébé. Puis je vous ai vu, partout dans les journaux de cette ville, dans les livres de Castle... Je suis tombé amoureux de vous. J’avais enfin la chance d’avoir quelque chose que Rick n’avais pas. Je pouvais enfin lui enlever quelque chose qui comptait. Toi.

 

Kate était estomaquée, retournée par ce qu’elle venait d’entendre. Pourquoi Adam ressentait-il tant le besoins de se venger ? Comment pouvait-il vivre avec tant de haine ? Comment la vie pouvait-elle à ce point briser un homme ?

 

Elle pensait aussi à Castle, ne pouvant s’empêcher de réfléchir aux paroles d’Adam sur l’amitié qui l’avait lié à l’écrivain. Elle connaissait Castle, elle savait que parfois, il oubliait un peu ses amis comme cette fois où il était parti dans les Hampton sans jamais lui téléphoner. Mais l’homme décrit par Ada ne pouvait être totalement Castle. Elle ne pouvait le croire. Il avait été là pour elle, et il serait encore là pour elle. Toujours. Il lui avait promis. Elle le croyait. Elle voulait le croire. Elle en avait besoins.

 

Encore une fois, comme si la discussion n’avait jamais eu lieu, ils reprirent leur repas, passant bientôt au dessert : Deux magnifiques Fontainebleaux frais et recouverts de coulis de framboise, versé avec précision en spirale sur la montagne de mousse blanche.

 

Alors qu’elle finissait enfin de débarrasser la table, Adam s’approcha d’elle, portant délicatement dans ses bras, une longue robe noir. Kate s’arrêta net, s’imaginant déjà ce qui allait suivre, l’appréhendant.

-       Mets la robe, je vais finir de ranger. Un ton sans appel, ferme, presque menaçant, ne laissant aucune place à une réponse, quelle qu’elle soit.

 

À contre cœur, nauséeuse, Kate s’exécuta. Elle rageait. Depuis quand se laissait-elle dicter ses actes ? Depuis quand avait-elle vendu sa liberté ? Depuis quand obéissait-elle contre sa volonté ?

 

Cachant son corps du mieux qu’elle pouvait, elle se changea rapidement, enfilant la robe noir qu’elle aurait, en d’autres circonstances, adoré porter.

À bustier parsemé de paillettes toutes plus brillantes les unes que les autres, la robe s’arrêtait aux pieds de Kate, légèrement fendu le long de sa cuisse droite, laissant apparaître sa peau claire.

Les cheveux de Kate, libre de toute attache, retombaient sur ses épaules en cascades de boucles parfaitement dessinées.

 

Adam, la bouche entrouverte, immobile, tétanisé, était subjugué par la vue de cet ange, son ange. Oui, pour une fois, il avait quelque chose que Rick voulait et qu’il n’avait pas. Katherine Beckett.

 

Il saisit le polaroïd poussiéreux qu’il avait rangé sous la table de salon et s’approcha à petit pas de la jeune femme, comme s’il ne voulait pas effrayé cet animal sauvage, farouche : sa proie.

Elle ne bougeait pas, le fixait juste, lui et son appareil photo, ayant trop peur de comprendre ce qu’il avait en tête.

 

Après un fugace sourire, il commença à la prendre en photo, d’abord de loin, avant de se concentrer sur son visage, lui intimant strictement de na pas bouger, de ne pas même le regarder. Il captura sa bouche, son regard, ses longues jambes ainsi que la descente de son cou.

-       C’est Castle qui sera ravi de voir ces photos.

Il continua de lui tourner autour, photographiant même la naissance de ses seins.

-       Aller Katie chérie, tu vas me prendre amoureusement dans tes bras et m’offrir le plus beau de tes sourires ! Comme ça Castle va voir que tu vas bien et que tu es heureuse sans lui !

Il se positionna aux cotés de Kate, tenant d’une main le polaroïd pointé sur leur buste, de l’autre Kate par la taille.

C’en était trop pour Kate. Elle ne pouvait supporter de faire ça, elle ne pouvait s’y résoudre. Elle ne pouvait pas lui faire ça... Pas à lui. Pas une telle chose.

-       Hors de question. J’ai accepté de joué le jeu toute la journée mais ça... non !

-       Kate, Kate, Kate... Ce que tu n’as as compris c’est que je ne te laisse pas le choix. Soit tu fais ce que je te dis avec convictions, soit tu gouttes une fois de plus à la douleur que ce collier peut t’offrir. Allez. Montres à ton écrivain qui es réellement sa muse !

 

Doucement, la main de Kate prit la taille de l’homme, le serrant contre lui malgré les frissons qui la traversaient et la bile qui envahissait sa bouche, tellement écœurée.

Les petites larmes qui coulaient sur ses joues pâles n’étaient pas des larmes de tristesse mais des larmes de désespoir.

 

Elle était vide. Elle détestait ce qu’elle faisait. Et elle se détestait, elle, pour ce qu’elle lui faisait. Elle était un monstre, rien d’autre.

 

Elle adopta un sourire forcé mais très crédible, laissant apparaitre le blanc éclatant de ses dents. Elle riait presque. Il prit la photo.

Le léger clic qui déclencha l’appareil acheva Kate. Elle put enfin laisser les larmes dévaler en torrent son visage crispé par cette douleur insoutenable qui l’étouffait. Elle gémit, dans un faible souffle. Elle ne sentait plus son corps, juste cette souffrance, ce supplice.

Elle aurait du refuser. Elle aurait préféré prendre une autre décharge plutôt que de faire souffrir Castle.

La douleur physique aurait été moins lancinante que ce qu’elle ressentait maintenant, largement plus supportable. Elle aurait pu gérer cette douleur. Elle aurait fini par s’effacer avec le temps.

Alors que ce qu’elle venait de faire, et ses sensations qui écrasaient son cœur, elle ne pourrait pas les oublier. Jamais.

 

-       Viens par ici ma douce. Je vais sécher tes larmes. Je vais te faire oublier cet homme. Vois comme il te fait souffrir, vois comme il te fais mal ! Viens danser avec moi ! Continua-t-il lors que les premières notes d’un slow se faisaient entendre.

 

Du désespoir naquit la colère. Enfin.

-       Non.

-       Pardon ?

-       Non. Je ne danserai pas. Stop. J’arrête de céder à vos caprices, à vos moindres désirs. C’est fini Adam. Je n’en peux plus. Vous ne semblez pas comprendre l’évidence : je ne vous aimes pas. Il n’y a aucun amour entre nous, juste votre folie. Et ce n’est pas un repas en tête-à-tête, une belle robe et une ballade dans votre jardin qui va changer quoi que ce soit.

-       Danse !

-       Non...

 

Kate s’attendait à cette douleur, même si elle l’avait imaginé, ou plutôt espéré bien moins puissante. Cette décharge la brûlait de l’intérieur, comme si son corps venait d’entrer en ébullition. C’était différent des fois précédentes, peut-être parce que cette fois, Adam restait appuyé sur le bouton, n’arrivant pas à enlever son pouce de la languette de plastique rouge, envahit par cette colère qui muterait en culpabilité quand il se rendrait compte de ce qu’il faisait. Il n’était simplement plus lui même.

 

Kate, arcboutée sur le sol qui venait de l’accueillir, gémissait doucement, privée une fois de plus de sa voix. À la commissure de ses lèvres, une écume blanche mousseuse apparaissait, coulant ensuite sur son menton.

Dans une secousse elle se mordit une fois de plus la langue, goutant son sang. Ses doigts crispés, ses bras tendus, sa poitrine se soulevant au rythme saccadé de son cœur restaient les derniers signes de sa conscience. Ses yeux, écarquillés, semblaient figés vers le ciel.

Elle cherchait son souffle, de l’air pour vivre encore un peu, survivre une seconde de plus. Mais ses poumons, paralysés par ce choc, ne remplissaient plus leur travail.

Une larme coula lentement vers la tempe de la jeune femme. Cette larme, image de sa détresse, de sa souffrance et de sa peur était son salut. Elle déclencha chez Adam une réaction inattendue. Elle dévoila son humanité, cacher derrière ce faciès de haine.

Il relâcha la pression de son pouce sur la télécommande et la laissa tomber au sol, prenant conscience de l’état de Kate, totalement immobile, masque de douleur imprimé sur son visage.

 

Il s’approcha d’elle, s’accroupit près de son flanc droit et d’une main, qu’il hésita à lui poser sur l’épaule tant il craignait de lui faire mal, il la secoua doucement.

-       Kate ? Kate ?

 

Il la prit alors sous les bras, la redressant tout en la maintenant contre lui, poitrine contre poitrine, et, en sentant des battements, faibles, il se sentit soulagé.

Il avança d’un pas, d’un autre sur le coté, d’un autre encore, avant de reproduire le même schéma à reculons, se calquant sur le lent rythme du slow qui passait toujours dans la pièce.

 

Un observateur extérieur aurait trouvé cette scène touchante, celle d’un homme portant dans ses bras sa femme, la conduisant dans ses pas de danse, sa tête posée sur la poitrine de son homme.

La réalité était tout autre. Kate à peine consciente n’avait d’autre choix que celui de subir, impuissante, incapable de résister à ce jeu de marionnettes.

 

Adam sourit, la portant toujours. S’il elle ne pouvait danser avec lui, alors il danserait pour eux deux. C’était sa l’amour. Vivre pour deux.

 

Il la guida pendant la totalité des dix minutes que durèrent le slow, fredonnant même l’air de la chanson, un sourire imprenable sur ses lèvres, savourant se moment. Son moment.

 

Si le désavantage de ce collier qu’elle portrait autour du coup était de causer une atroce douleur lors d’une décharge, capable de mettre  terre le plus costaud des adversaires, il comportait quand même quelques avantages : l’effet était assez court, engourdissant simplement les muscles. La douleur s’évaporait déjà.

Alors qu’Adam s’approchait de ses enceintes pour les éteindre, lâchant légèrement son emprise sur le corps de Kate, elle se laissa tomber de tout son poids au sol, feignant l’évanouissement.

 

Adam la rattrapa de justesse, la prenant telle une princesse, une main sous ses genoux, une caressant sa nuque dénudée.

Elle avait besoins d’une bonne nuit de sommeil.

 

En haut de l’escalier menant au sous-sol, Kate passa à l’action, assenant à son ravisseur un puissant coup de tête dans le nez.

La réaction d’Adam fut immédiate et attendue. Il lâcha Kate, portant ses mains à son nez sanglants et probablement cassé.

 

Elle ne demanda pas son reste et détala, avec la force qui lui restait, espérant atteindre la porte d’entrée rapidement, pour quitter cet enfer et se trouvé hors de champs d’action de la télécommande qui actionnait son collier.

 

Mais Kate avait sous-estimé son ennemi, vite remit de son attaque.

Alors qu’elle allait poser son pied sur le pas de la porte, elle fut stoppée par une nouvelle décharge, courte mais incroyablement efficace. En tombant, elle se cogna sur une vieille console en chêne brut. Sonnée, elle ne put qu’attendre qu’Adam arrive et penche son visage au dessus d’elle, la regardant une fois de plus de haut, étalant sa supériorité. Il rangea sa précieuse télécommande et saisit Kate par les pieds, la trainant sur le sol tel un vulgaire sac jusqu’au sommet des escaliers... où il continua sa course sans hésiter. Kate buta sur chacune des marches qui lui tapaient l’arrière du crâne dans un bruit sourd, contusionnant aussi son dos déjà meurtri.

Mais rien ne semblait pouvoir arrêter Adam cette fois. Pas même les larmes qui s’échappaient des larmes de Kate tant elle se forçait à faire taire la douleur qui hurlait en elle.

 

Arrivé en bas des escaliers, à la fin du supplice de Kate, le jeune homme ne prit même pas la peine de l’attacher. Pas besoins.

Il la traina jusqu’à un coin de la pièce avant de s’éloigner un peu, tournant en rond. Kate comprit alors qu’il essayait de se contrôler, de ne pas céder une fois encore le contrôle à ses sentiments, ses pulsions, son besoin de domination et de violence.

 

Mais elle avait été trop loin pour lui. Il devait la punir.

Il s’avança alors vers elle, malgré ses suppliques pour le ramener à son humanité, ses prières qui restèrent de simples murmures chuchotés dans l’air.

 

Il lui prit la tête entre les deux mains, hurlant dans ses oreilles ce qu’il avait sur le cœur :

-       Pourquoi Kate ? Pourquoi ? Pourquoi tu ne comprends pas ? Pourquoi tu ne me comprends pas ? Tu vas m’aimer ! Tu vas m’aimer !

 

Il continua de répéter ses derniers mots, jusqu’à l’essoufflement, secouant la tête de la jeune femme au bord de la nausée avant de se mettre à la frapper de son poing, visant tantôt ses pommettes déjà bleues, tantôt son abdomen. Il ne mesurait pas sa force. Il ne la mesurait pas et l’inévitable arriva. Un coup un peu trop fort projeta la tête de Kate contre le mur de crépis. Instantanément, elle perdit connaissance.

 

Adam se releva, ayant perdu toute la folie violente et destructrice, ayant cédé à ses pulsions. Et voilà qu’il s’en voulait de nouveau. Tellement.

Et cette culpabilité ne faisait que s’accroitre face au corps de la jeune femme, face contre terre, inerte.

Il grimaçait, exprimant son regret, puis sa panique quand malgré tous ses efforts pour la réveiller, et même avec ses compétences de médecin, il resta inanimé.

 

Il hurla ; son désespoir, son remord, son impuissance, sa déception. Un grognement presque animal s’échappait en continue de ses lèvres.

« Elle l’a mérité » se disait-il pour apaiser sa conscience.

Cette phrase, répété en boucle finissait par se perdre.

 

Dans le creux de la main d’Adam, une bague reposait, une bague magnifique, simple mais orné d’un petit diamant. Cette bague, qu’il avait choisie avec tout son amour était la bague de fiançailles  qu’il avait prévu de passer au doigt de Kate. Il aurait fait sa demande à la fin de leur dance, elle aurait accepté et pour la première fois depuis la mort de sa femme, il ne se serait plus sentit seul.

 

Mais il ne lui avait pas demandé, elle n’avait pas dit oui, et il se sentait plus seul que jamais. Il se sentait seul, et vide, vide d’amour, et triste aussi, triste d’amour. Pourquoi lui n’avait-il pas le droit à cet amour, à ce cadeau. Pourquoi ne pouvait-il pas, à son tour, être heureux et partager son bonheur et aimer tout simplement. Il voulait aimé, il pouvait aimé il le savait. Il ne demandait qu’une chose : qu’on le laisse aimer. Juste encore une fois. Juste une simple fois, aimer, être aimé, dire « je t’aime » et entendre en réponse un autre « je t’aime ».

 

0o0o0o0o0o

 

Au commissariat, dans une salle de repos,

 

Depuis son rêve, car il s’agissait finalement bien d’un rêve, Castle n’arrivait plus à penser clairement. Une buée, une vapeur, embrumait son esprit taché d’ombre.

C’était le soir, la fin de ce jour qu’il croyait magique, la fin d’un rêve, de son rêve, et la dernière bouffée de son espoir consommé.

 

Malgré tous leurs efforts, ils n’avaient pas réussi à beaucoup avancer, laissant encore un tas de dossiers à étudier, un tas de suspect potentiel. Si bien sur le tueur était quelque part dans ses dossiers, ce dont doutait de plus en plus l’écrivain.

 

Tout ça pour en arrivait là où était Castle, face à cette dure pensé qu’il ne pouvait plus quitter : C’était la fin de cette foutue journée et ils n’avaient pas retrouvé Kate.

Il n’avait pas retrouvé Kate.

Il n’avait pas tenu la promesse qu’il s’était faite, qu’il lui avait faite. Il devait être toujours là pour elle. Il avait échoué.

 

Il se sentait mal, si mal. Comme s’il l’avait trahi. Et il l’avait fait, d’une certaine manière.

Sans espoir, il se laissait tomber dans la noirceur.

 

Exténué, il finit par être emporter dans son sommeil, arrêtant les larmes qui dévalaient la pente de son visage fermé.

Il ne pouvait plus résister. Car ce jour, encore, il l’avait passé sans elle. C’était... un jour de trop sans elle, c’était LE jour qu’il aurait du passer à ses cotés.

 

Mais il était loin d’elle, de son regard, de son sourire, de son cœur, d’elle. Loin d’elle. Loin de tout maintenant.

 

0o0o0o0o0o0o

 

Un corps sur le sol froid et dur, une silhouette immobile plongé dans le noir, une ombre seul. Un visage paisible.

La jeune femme rêvait.

 

Immergée dans son esprit, déconnectée complètement de toute forme de réalité, privée de ses sens, elle rêvait simplement.

Elle essayait de trouver son chemin au milieu du brouillard ambiant. Horizon obscurci, sans lumière.

 

Elle ne voyait rien. Elle était dans un rêve où il n’y avait rien. Juste du noir. Du noir partout.

Aucun son ne lui parvenait et elle ne sentait rien non plus.

Était-elle morte ? Où était-elle ?

 

Puis le paysage s’illumina, et des voix surgirent du néant, des voix qui criaient un nom.

Son nom ?

Des voix qui lui semblaient familières. Lui semblaient.

Et voilà que des visages se joignaient à cet étrange spectacle.

Un homme, hispanique, cheveux noir et court, souriant à un autre homme, blanc, habillé d’un costume trois pièces. À leur cotés se tenait une jeune femme en tenue unie bleu. Ils semblaient tous la connaître, mais elle ne les connaissait pas.

Puis ils disparurent, comme ils étaient apparu quelques secondes plus tôt : dans le néant.

Un homme, un nouveau visage apparu alors. Il était beau, avec son sourire charmeur, et son regard qui vous disait « Je te vois ». C’était comme si d’un regard, il avait tout compris d’elle, comme s’il la connaissait par cœur, comme s’ils étaient censés partager quelque chose de spécial, de différent. Elle ne savait rien de lui. Pourtant, elle ressentait beaucoup de chose en le voyant.

 

Mais qui était-il seulement ?


boones  (11.11.2012 à 21:11)

Chapitre 28 : Le souvenir des sentiments

 

 

Quand vous avez oublié chaque seconde de votre vie, chaque visage, chaque sensation, tout.

Quand vous n’existez plus que dans les souvenirs des autres, dans leurs esprits, leurs pensées. Quand vous n’êtes plus que cellules.

Oui, quand vous en êtes là, alors, là, et seulement maintenant, il ne vous reste plus qu’une seule chose, vos sentiments.

 

Adam posa sa main sur la poignée de la porte. Tambour battant dans sa poitrine, il l’ouvrit et s’engagea, après avoir rapidement allumé la lumière, dans l’escalier de son sous-sol. Il y faisait froid et humide.

 

Il lui restait quatre marches d’escalier avant de pouvoir voir Kate. Quatre marches. Et la seule qu’il espérait voir dans quatre marches, c’était une jeune femme réveillée, et en parfaite santé.

C’était son souhait aujourd’hui. Dans trois marches. Deux... Une...

Mais il ne suffisait pas simplement de le souhaiter pour que cela arrive. Et comme il le craignait, Kate reposait toujours inconsciente sur le sol. Elle n’avait bougé d’un millimètre. Son visage, légèrement poussiéreux témoignait de son immobilité.

 

Il s’accroupit à ses cotés et doucement, lui secoua l’épaule.

Avant hier, il lui avait versé un seau d’eau dessus pour la réveiller.

Hier, il l’avait supplié.

Aujourd’hui, il se contentait de lui tapoter le bras et de la secouer.

Elle ne se réveillait pas.

 

En tant que médecin, il l’avait même examiné. Il se doutait bien que le coup qu’elle avait prit à la tête était responsable de son état d’inconscience prolongé. Mais dans des cas pareil, de traumatisme crânien léger, les patients se réveillait rapidement.

Mais pas elle. Et il commençait vraiment à s’inquiéter.

Il avait observé des mouvements rapides de ses yeux qui faisaient trembler ses paupières closes. Elle semblait simplement plongée dans un sommeil mouvementé.

« Et on se réveil toujours du sommeil ! » pensa-t-il pour se rassurer tandis qu’il se demandait s’il n’était pas allé trop loin.

Cela faisait quand même deux jours qu’elle dormait. Deux jours qu’elle avait subit sa colère et les conséquences qui avaient suivit.

 

Condamné à attendre qu’elle émerge, résigné, il se releva et s’éloigna et regagna son monde de lumière, replongeant le monde de la pauvre jeune femme dans le noir, la laissant dans cette froideur et cette humidité qui le dérangeait.

 

 

Allongée sur le sol dur en béton, Kate ne bougeait pas ; expirant et inspirant simplement. Vivant simplement. Survivant simplement. Plongée au plus profond de ses pensées, elle n’avait plus conscience du monde qui l’entourait, ni du temps qui passait, plus conscience de rien. La seule réalité qui persistait pour elle, c’était celle que constituait son rêve. Quel Paradoxe ! D’ailleurs, rêvait-elle vraiment ?

 

Dans son étrange monde elle alternait entre des phases où elle ne voyait que du noir et des phases où elle ne voyait qu’une lumière blanche puissante sans être pour autant aveuglante.

Durant les courtes phases de noirceur, elle se roulait en boule sur le sol noir pour garder sa chaleur aspirée par l’obscurité.

Et quand la lumière chassait l’ombre, elle s’ouvrait de nouveau, elle se laissait envahir par cette chaleur lumineuse. Elle y rencontrait pleins de gens. Ou plutôt, elle les observait de loin. C’était toujours les mêmes femmes, et les mêmes hommes.

Ils apparaissaient, sortis de nul part.

Puis ils lui disaient quelques mots, toujours les même.

Le latinos disait « Pourquoi crois-tu qu’il te suit partout ? Ses recherches ? Il en a assez pour écrire cinquante bouquins ! » (224)

Le petit gars blanc aux cheveux court ricanait en se moquant : « Fan du genre hein ? C’est pour ça que tu rougis ?! » (101)

La femme en pyjama de médecin bleu parlait d’une voix douce mais sûre : « C’est pas normal, prendre un verre avec moi après le boulot au lieu d’aller t’envoyer en l’air avec le bel écrivain… » (104)

Que voulaient-dire ces phrases ? Que signifiaient-elles pour eux ? Ou pour elle ?

 

Enfin, ils souriaient et repartaient comme il était venu, dans le néant, dans l’inexistant. Quoiqu’elle était mal placée pour parler de ce qui n’existait pas.

Elle ne savait pas où elle était, ce qu’elle faisait là et ne connaissait aucun des visages qu’elle voyait. Elle était perdue, perdue et seule. Une âme errante entre la nuit et le jour. Une âme perdue dans l’inconnu...

 

Mais quand l’homme venait, celui au sourire qui vous arrache un sourire, au regard qui vous attire et lit en vous, à la voix qui vous envoute et vous caresse, cet homme arrivait à la rassurer, à la tirer du gouffre sans fond dans lequel elle sombrait malgré elle.

En le voyant, elle se sentait submergé par un flot de sensations étranges ; des picotements dans la poitrine alors que son cœur entrait dans une dance rythmée, dans un tango.

Elle ne ressentait pas de sentiment de familiarité, pas plus qu’avec les autres mais son instinct lui disait qu’elle le connaissait et elle ne doutait pas qu’il l’a connaissait aussi.

Il y avait quelque chose dans son regard. Cette lueur quand il posait ses yeux azur sur elle peut-être ? Ou son sourire quand il la voyait ?

Ils devaient partager quelque chose de fort, pour pouvoir lire dans l’un dans l’autre si facilement, pour que même perdue, elle éprouve tant pour lui. Mais quoi, elle n’aurait su le dire. Elle s’en fichait. Elle n’avait pas besoins de mettre de noms sur ses sentiments. Pas pour le moment. Tout ce qui comptait, c’était qu’il lui apportait encore plus de lumière, de chaleur, et même un soupçon de bonheur.

 

Lui aussi lui parlait, et, si elle ne comprenait pas ce que les autres lui disait, les mots qui sortait de cette sage bouche prenaient tous leur sens. Comme si elle les connaissait par cœur ses mots, comme s’ils étaient encrés au plus profond de son âme. Et, au milieu du chaos qui formait son univers, ces simples lettres qui se suivaient étaient sa constante, la corde qui la maintenait au dessus du vide.

 

« I hope they make it ! »

 

Mais lui aussi, comme les autres, finissait pas disparaître, la laissant seul avec ses démons. Elle lui en voulait pour ça.

On lui donnait un peu de lumière avant de la jeter dans un océan noir et profond où, ne sachant pas nager, elle battait des bras avant de sombrer. On la laissait gouter à l’espoir, on la laissait respirer avant de tout lui reprendre. On la tuait.

 

La dernière personne qui venait la voir avant qu’elle ne replonge dans le monde de ténèbres était cette drôle de petite fille. Comme l’homme qui venait tout juste de la quitter, cette petite fille disait quelque chose à Kate. Elle était presque sûre de l’avoir croisé quelque part. Mais qui était-elle ?

Son visage angélique encadré par ses longs cheveux bruns et bouclés dont quelques mèches étaient ramenées derrière ses oreilles était lumineux. Sa peau était pâle, elle souriait. Ses yeux émeraude semblaient capables de tout voir.

 

Elle respirait la joie et chantonnait un air sur un couplet : « 

 

Petite étoile dans le ciel

Brille de mille feux

Qui, au fond de mes yeux

Forme un arc-en-ciel

 

Petite étoile solitaire

Si loin, loin de sa terre

Au milieu des tiens

Tu ne te souviens »

 

Qu’est-ce que ça voulait dire ? Qu’était-elle censée comprendre ? Qu’elle était perdue dans un univers ? Qu’elle était perdue en elle ? Ça elle se savait déjà.

 

Puis la petite fille grandissait et devenait femme. Agée d’une vingtaine d’année, elle avait drôlement changé. Pas tant physiquement bien qu’elle soit passée par les âges. Mais elle semblait avoir perdu quelque chose en route, le long du chemin pavé de sa vie.

Son sourire, sa joie de vivre avaient disparu, tout comme la lumière qui émanait jadis de son corps.

Voutée, la tête baissée, laissant ses longs cheveux cacher son visage elle restait immobile. Peut-être était-ce ce qu’elle voulait, se cacher ?

Tristesse. C’était le seul sentiment qu’elle laissait transparaitre. La tristesse dans ses larmes. Et si on la connaissait bien, on pouvait voir de la rage au fond de ses prunelles. De la hargne à l’état pur.

 

Et tout ce que cette jeune femme ressentait, Kate le ressentait aussi. C’est comme ça qu’elle comprit. Cette fille, cette femme, c’était elle. Cette tristesse, ce désespoir, c’était elle. Ce corps, c’était elle. C’était elle.

Pourquoi tait-elle détruite ? Elle l’ignorait.

 

«  Petite étoile dans le ciel

Ta lumière s’éteint

Et loin des tiens

Tu ne te souviens

Où est l’arc-en-ciel ?

Tu te fanes mon étoile

Mon astre, ma comète

Tombe dans ma toile !

Mais je te tiens... ! »      Un souffle. Cette dernière parole n’était qu’un souffle.

 

« Mais je te tiens... Toujours !

 

...Je t’aime » disait la voix rassurante et douce d’une maman à la petite fille couchée dans son lit, les yeux clos.

 

Kate était remplie des émotions de ces trois femmes, qui ne faisaient qu’amplifier ce qu’elle ressentait déjà. Et ça lui faisait si mal. Son cœur n’était pas assez grand pour tant de sensations.

 

Souffrance ? Ses yeux. Ses yeux la piquaient. Elle allait laisser les larmes s’échapper, elle allait lever le barrage, elle allait céder elle le savait. Pourtant elle résistait, vraiment, elle essayait de toutes ses forces. Elle ne savait pas pourquoi elle résistait, pourquoi elle voulait s’accrocher mais elle se battait contre ses sentiments les plus noirs, contre ses sentiments les plus forts.

 

But the weep flows
And the pain grows
And the dark rises
While the light dies

 

La larme ?

Les larmes. Les larmes coulaient sur ses joues et entrainaient tout sur leur passage, creusant des sillons pour dévaler encore plus vite cette pente de peau douce.

Ça devait sortir. Oui, tout devait sortir.

 

Et la lumière disparu.

Et le noir s’installa, reprenant ses droits.

 

0o0o0o0o0o0o

 

Au commissariat

 

Un coup de feu ? Des coups de feu ! Le corps d’une femme criblé de balles. Elle chancèle, regarde le monde surprise. Voit-elle sa vie défiler devant ses yeux ? Ou se demande-t-elle simplement ce qui lui arrive ?

Elle titube encore un peu avant que ses muscles, traitres, ne la lâche. Et elle tombe alors sur le sol qui la ramasse sans douceur et qui est témoin, silencieux témoin, de cette scène où la vie quitte un corps... pour l’éternité.

 

Il se précipite vers elle, courant, volant, pour arriver à temps, arriver avant que le dernier soupir ne s’échappe de la bouche de la pauvre victime.

Il y arrive, et s’agenouille à ses cotés, gémissant sa douleur, gémissant son nom à la mort, suppliant la faucheuse de passer son chemin mais la mort n’attend pas, elle prend et ne rend pas :

-Kate !! Kate reste avec moi, Kate...

Ses propres larmes coulent sur le visage de la femme, glissant de sa peau tirée à la sienne gagnée par la lividité.

Il la prend dans ses bras, caresse chaque parcelle de sa peau, rassurée de sentir encore la chaleur.

Mais difficilement elle parvient à prononcer son prénom avant que la lueur brillante dans ses yeux ne s’éteigne et disparaisse.

Il hurle, crie, gémit, pleure, hurle encore, et laisse tomber sa tête sur la poitrine désormais immobile de la femme qu’il aime. Il n’avait pas eu le temps de lui dire qu’il l’aimait. Pas eu le temps.

-       Kate....

 

Castle se réveilla d’un bond, se redressant malgré lui sur sa chaise. Une chaise ? Oui, il était sur une chaise... Mais où ? Il ‘en fichait éperdument.

Qu’il soit là, ou ailleurs, ici, ou pas, ça ne changeait rien à son impuissance. Même dans ses cauchemars à répétitions il ne pouvait pas la sauver. Inutile. Incapable. Vide.

Dormir ne lui faisait pas du bien, ses rêves le torturaient.

 

Il avait toujours aussi mal. Pas plus mal, non, parce qu’il ne pouvait pas avoir plus mal que maintenant. Il était écartelé, poignardé, meurtri, piétiné. Et tellement plus encore.

Tout ce qu’il voulait, c’était elle, c’était Kate.

Où était-elle ? Où ? Trop loin c’était sûr. Loin parce qu’il avait l’impression de mourir à chaque seconde qu’il ne passait pas à ses cotés.

 

Et ça faisait deux jours. Quarante-huit heures, deux mille huit cent quatre-vingts minutes, et cent soixante douze mille huit cents secondes. Cent soixante douze mille huit cents secondes à souffrir, à mourir. Et c’était bien trop de secondes !

 

Deux jours oui depuis qu’il avait eu confirmation de ses pires craintes. Comme prévu, ils étaient arrivés au bout de leur pile de dossier et aucun de ces suspects n’étaient le meurtrier. Pourquoi ? Pourquoi n’avaient-ils rien trouvé ? Comment était-ce possible ?

 

Il fut tiré de ses questions sans réponses par un bruit. Il ne tourna pas la tête vers la porte de la salle de repos. Il se fichait bien de savoir qui venait voir s’il allait bien et s’il n’était pas encore complètement rongé par ses sentiments.

 

Esposito se tenait dans l’embrasure de la porte, observant son ami se laisser aller sur sa chaise. Il avait de la peine pour lui. Lui aussi s’inquiétait pour Kate, son ami, sa sœur presque mais tenait bon. Castle, s’était différent. Parce que Castle, sans Beckett, Esposito ne savait pas à quoi ça rimait.

Alors comment devait-il s’y prendre pour lui annoncer une telle chose ? Comme trouver les mots, les bons mots pour atténuer la douleur de la découverte ?

Il n’avait pas le choix :

-       Castle... venez-voir.

-       Non. Oubliez-moi.

 

Il ne voulait ni se lever, ni faire un pas en avant. Devant la réaction de l’écrivain, Esposito n’eut pas d’autre choix que de lui annoncer la couleur :

-       On a des nouvelles de Kate.

 

Castle sauta sur ses deux pieds qui le portèrent avec difficulté mais fidélité. Il se rua hors de la pièce, se précipitant vers la salle de commande du FBI alors que son cœur battait à nouveau la chamade, réveillé par l’espoir.

Il avait bondit si vite qu’Esposito, surpris, n’avait pas eu le temps de finir sa phrase. Il n’avait pas voulu donner cet espoir à son ami. Parce qu’il n’y avait pas d’espoir. Pas vraiment.

Il l’appela, le priant de l’attendre mais Castle n’écoutait plus.

Quand le latinos arriva à sa destination, c’était trop tard.

Il tomba sur l’écrivain et eu juste le temps de le voir arracher une photo des mains de l’agent Shaw qui baissa les yeux, compatissante, désolée. Castle regardait le rectangle de papier glace qu’il tenait entre ses doigts tremblants, anéanti.

 

 

Kate, souriante, dans cette longue robe noire qui dessinait ces formes à la perfection, tenait par la taille un homme. Son cavalier. La tête de l’homme était bien sûr noircie, brûlée certainement. La date sur la photo ne mentait pas : elle avait été prise deux jours auparavant... le jour de la Saint-Valentin. Ce jour durant lequel Castle n’avait cessé de chercher, de LA chercher, de se faire un sang d’encre pour elle.

Pourquoi ?

Elle avait l’air heureuse. Elle avait l’air bien. Elle riait presque. Son sourire était sincère.

Shaw tenait dans sa main l’enveloppe qui avait du contenir la photo. Il lui prit aussi, et découvrit alors les autres photographies.

 

Kate. Kate. Et encore Kate. Kate de près. Kate de loin. Le visage, le dos, les jambes, le buste, jusqu’à la naissance de ses seins.

 

Et là, le grand écrivain, le maitre des mots, le capitaine de l’histoire ne comprenait plus ce qu’il se passait. Il ne comprenait plus ses sentiments. Il n’arrivait plus à ordonner les images dans sa tête.

 

Il n’avait pas mal. Non, il ne sentait juste plus rien.  Il avait les yeux humides, mais il ne s’en rendait presque pas compte.  Il ne voulait pas craquer.

 

But the weep flows
And the pain grows
And the dark rises
While the light dies

 

Il se posait des questions, plein de questions, trop de questions. Pourquoi ce sourire plaqué sur son visage ? Pourquoi cette étrange lueur dans les yeux ? Avait-elle cette lumière lorsqu’elle lui parlait ? Tourbillon dans sa tête. Emotions, trop d’émotions. Il ne comprenait pas, il ne voulait pas comprendre. Impossible. Improbable. Ce n’était pas elle. Il ne voulait pas y croire. Il n’y croyait pas. Les larmes envahissaient maintenant ses yeux. La douleur envahissait son cœur, son corps. La femme, cette femme, il l’aime. Il la connaissait mieux qu’il ne se connaissait lui-même. Elle ne ressemblait pas à ce qu’il connaissait d’elle. Il avait mal, tellement mal. Il se laissa aller. Les perles qui s’échappaient de ses yeux se transformèrent en ruisseaux puis en rivières. Il n’avait jamais autant pleuré. Des larmes de peine. Des larmes de douleur. Il sentait qu’on l’observait mais il s’en moquait. Il ne savait plus quoi penser. L’obscurité l’envahissait. La lumière mourrait. Ce qui le faisait tenir venait de s’évanouir, de partir. Il ne savait plus quoi faire. Il l’aimait sans aucun doute. Mais elle avait l’air si bien avec cet homme. Qu’est-ce qu’il avait mal ! Obligé de s’asseoir. Plié en deux. Tenté de contenir la douleur. Douleur trop forte. Elle le rongeait, le brisait, le frappait, pour le laisser, oublié. Ecrasé, détruit. Il voulait renoncer. Il tenait bon. La lumière jaillissait. L’obscurité l’envahissait. Lumière éteinte, disparue. Renoncement.

 

Ses collègues le regardaient, impuissants. Que fallait-il faire ? Que fallait-il faire pour l’aider ? Que fallait-il faire pour le sortir de là ?

 


boones  (25.11.2012 à 18:16)

Chapitre 29 : Wherever I am, Wherever I go :

Le temps. C'était une question de temps. Oui, depuis combien de secondes, de minutes, d'heures, de jours était-elle plongée dans ce rêve sans fin ni couleur, sans goût ni odeur, dans cette enfer irréelle mais bien trop réel pour destructeur...

Du blanc, du noir, des flashs, des chutes, des cris, des larmes, entre deux mondes, elle flottait.

L'homme rassurant n'était venu la revoir qu'une fois, lui hurlant de fuir avant d'être engloutit lui aussi dans le tourbillon des ses illusions.

Kate se croyait perdue dans le néant, à jamais. Aussi ne comprit-elle pas immédiatement ce qu'il lui arrivait quand elle fut aveuglée par une lumière jaunâtre, assommée par une douleur atroce, plaquée au sol par une étrange force, puis soulevée par une surface dure. Tout tournait autour d'elle, comme si les lois de la physique n'étaient plus. Et pourtant, elle comprit bien vite qu'elle venait de retrouver le monde de la réalité.

Elle voyait, sentait, ressentait, bougeait, gémissait et entendait. Elle était vivante. Où ? Quand ? Comment ?... Qui ?

Des interrogations qui furent avalées par un trou noir, vide et sans fond, laissé par sa mémoire qui avait... disparue sans laisser de trace !

Elle ouvrit les yeux, assez pour voir qu'elle était allongée sur un sol gris. Elle les ferma tant la lumière lui tapait le crâne.

Une sensation bizarre la traversa, et quand elle rouvrit les yeux, elle se trouvait à genoux, en plein milieu d'une rue déserte, presque nue, et complètement seule.

Elle pensait pourtant avoir cessé de rêver. Elle en avait même été sûre.

Une seconde elle se tenait sur le sol miteux d'une cave immonde, la suivante dans une allée lugubre, sombre et peu rassurante.

Où était l'homme qui était penché sur elle à son réveil et qui l'avait regardé comme un prédateur prêt à bondir sur sa pauvre proie sans défense.

Et comment avait-elle pu arriver là ? Il devait y avoir une explication... mais qui lui échappait totalement pour le moment.

Kate se leva, hésitante dans ses mouvements mais déterminée à tenir sur ses deux jambes. Elle regarda un peu autour d'elle, découvrant cet environnement nouveau et potentiellement hostile, gênée par l'obscurité pesante. Elle se trouvait dans une ruelle, dépourvu de végétation, de voiture, ou de tout autre élément indiquant une présence humaine. Un lampadaire au bout de l'avenue tentait de lutter contre l'ombre mais il clignota encore quelques instants avant d'abandonner son règne. Une bourrasque puissante gela la peau de la jeune femme et plaqua quelques mèches de cheveux collées par le sang séché sur son visage. Elle leva les mains devant son visage pour tenter de s'en protéger mais apprécia finalement le contact de l'air frais sur son visage. Elle ne l'avait pas ressentit depuis... depuis trop longtemps. C'était vivifiant, et dieu savait combien elle avait besoin de se sentir vivante. On lui caressait le visage, avec plus de douceur qu'elle n'en avait eu du plus loin qu'elle s'en souvenait.

Ces sensations, c'était si précieux pour elle, si réconfortant.

Le sort s'acharnait sur elle: son court moment de repos fut brisé par un hurlement bestial qui déchira le silence et fit frissonner le corps de Kate.

- KAAAAAAAATEEEEE !

Cette voix... Elle la reconnaissait... Reconnaissait ? Comment était- ce po...

Kate se sentit perdre pied doucement, concentrée sur cette voix qui fit jaillir dans son esprit pleins d'images

Il lui prit la tête entre les deux mains, hurlant dans ses oreilles ce qu'il avait sur le cœur :

Pourquoi Kate ? Pourquoi ? Pourquoi tu ne comprends pas ? Pourquoi tu ne me comprends pas ? Tu vas m'aimer ! Tu vas m'aimer !

Il ne mesurait pas sa force. Il ne la mesurait pas et l'inévitable arriva. Un coup un peu trop fort projeta la tête de Kate contre le mur de crépis. Instantanément, elle perdit connaissance.

Venait-elle d'avoir... un souvenir ? Mais qu'était-ce vraiment un souvenir pour elle?

Elle ne s'accorda pas le temps de la réflexion, consciente de la menace que représentait l'homme titulaire de cette voix. S'il lui mettait la main dessus, elle ne se relèverait pas. Pas cette fois.

Elle se retourna vivement, apercevant une silhouette non loin qui se précipitait dans sa direction. Elle recula de quelques pas, pas encore sûr de ce qu'elle devait faire, bloquée par une peur renaissante.

Que faire ? Où aller ?

Elle se retourna et se mit à courir, voyant que son poursuivant accélérait. Quelles chances avaient-elles de lui échapper, elle, oiseau blessé tombé de son nid ?

Elle ne voulait pas de réponse.

La plante de ses pieds s'écorchait à chaque foulée, ses côtes criaient de douleur, mais elle tenait bon, poussée par son angoisse.

Son souffle n'avait plus rien de régulier, la sueur coulait sur son front plus vite que les gouttes de pluie qui les avaient rejoint, elle serrait les dents, retenant les cris qu'elle aurait sinon poussé à la nuit. Arrivée au bout de la rue, elle tourna à gauche. Pourquoi à gauche ?

Elle ne se posa pas la question, continuant de clopiner pour échapper à cet homme qui l'effrayait avec ses hurlements monstrueux. Et entre deux de ces plaintes animales, quand il rendait voix au silence, elle pouvait entendre le bruit de ses pas qui se rapprochaient, accélérant la cadence déjà effrénée des battements de son cœur.

Elle prit encore à gauche, puis à droite, à droite, tout droit... droite... non... gauche... tourner...Courir...fuir...respirer...

... par touts les moyens... à tous prix...

Elle devait s'arrêter, elle n'en pouvait plus. Elle profita du peu d'avance qu'elle avait pour se trouver un endroit sûr où il ne la trouverait pas. Elle était au milieu d'un carrefour désert, ou seul un feu de signalisation qui passait au rouge animait la scène. Son regard fut attiré par une voiture garée le long du trottoir une rue plus loin. Elle rassembla alors les dernières forces qui lui restaient et couru quelques centaines de mètres jusqu'à la dite voiture, eut juste le temps de glisser au sol sous le bas de caisse du véhicule avant que l'ombre de l'homme n'entre dans son champ de vision. Elle osait à peine respirer, retenant du mieux qu'elle le pouvait son souffle qui n'était plus que brume en s'échappant de ses lèvres. Le sang battant le rythme de son cœur dans ses tympans, elle ne s'entendait pas respirer. La vue dégagée, elle avait tout le loisir d'observer le prédateur qui la cherchait, vraiment tel une bête, vif dans ses gestes, comme si ses pulsions violentes le contrôlaient et qu'il devait assouvir son besoin maintenant, dans cette rue, avec elle. Elle réprima une grimace de dégout.

Il tourna vivement la tête vers elle, la pencha sur le coté avant d'avancer rapidement dans sa direction.

Il ne pouvait pas l'avoir vu... c'était impossible. Et pourtant, son pas était sûre, précipitée. Plus de doutes possible.

Son souffle reprit sa dance effréné et après un quart de seconde d'indécision, elle roula sur le bitume en dehors de sa cachette, se releva tant bien que mal et s'élança en avant, toujours plus loin, toujours plus vite. Elle gémissait tout son désespoir, toute sa douleur. Elle voulait en sortir, elle le voulait tant mais le souffle chaud qu'elle pouvait presque sentir le long de sa colonne dénudée écrasait son espoir.

Il tendit le bras vers elle.

Elle sentit ses doigts l'effleurer.

Il sauta presque pour l'atteindre.

Elle se sentir tomber en arrière.

Il l'avait enfin.

Elle s'était faite avoir finalement.

Il tenta de lui assener un coup de poing mais celui-ci rencontra douloureusement le goudron. Kate avait réussi à se décaler juste assez pour éviter la première attaque.

Elle n'eut pas autant de chance la seconde fois et ne put qu'encaisser le coup qui lui fendit la lèvre inférieure mal cicatrisée. Son cri fut couvert par un rugissement.

Elle profita de l'instant de jubilation de son assaillant pour le griffer au visage et, alors qu'il portait ses mains à son visage, elle le repoussa et eut enfin assez d'espace pour se relever et prendre la tangente. Elle ne demanda pas son reste, ne se retourna pas pour voir ce que faisait son adversaire, priant simplement pour qu'il ne se relève pas.

Mais l'unique coup qu'elle lui avait porté, comme elle s'en doutait, et le craignait, n'avait pas été suffisant pour le mettre à terre définitivement. Et avec autant de hargne dont elle faisait preuve pour lui échapper, il continua sa poursuite après un juron étouffé.

Ils arrivaient à une nouvelle intersection, mais celle-ci, dont des sons de pneus s'usant sur l'asphalte, paraissait animée par la circulation.

Effrayée par ses bruits qu'elle avait du mal à identifier, elle se sentait encore plus perdue et déstabilisée. Elle traversa la route, klaxonnée par un taxi jaune qui pila devant elle, manquant de peu de l'écraser. Elle avait eut une chance incroyable, une chance que l'homme qu'elle fuyait comme la peste n'eut pas. Comme elle, il ne regarda pas avant de traverser et le 4x4 qui passait à se moment là n'arriva pas à l'éviter, le percutant de plein fouet. Malgré la faible vélocité de l'auto, il fut projeté quelques mètres plus loin.

Kate, témoin de la scène hurla, portant ses mains à sa bouche, les pupilles dilatées à l'extrême, choquée par la violence du choc et le bruit émit.

Comme si son cerveau ne pouvait supporter ce nouveau choc, cette violence, ce traumatisme, il enfouit ses derniers souvenirs au fond de l'inconscient de la jeune femme. Tout était flou pour elle. Elle avait trop vu, trop vécu pour pouvoir le supporter. Alors elle effaçait ce qu'elle ne pouvait gérer. C'était peut-êre mieux comme ça...

Elle détala, se souvenant de ce que l'homme de son rêve lui avait dit, tombant sur ses genoux, les écorchant, avant de se relever malgré la douleur pour mettre un pied devant l'autre, répétant ce mouvement à l'infini...

Elle trottina encore une vingtaine de minutes avant de s'arrêter, vidée. Elle reprit un pas plus lent marchant simplement. Mais vers où ?

Elle n'avait plus vraiment conscience de la douleur, de la fatigue, du bruit suscité par les gémissements qui s'échappaient malgré elle de ses traitres lèvres sanguinolentes.

Elle avançait, n'était-ce pas suffisant?

Elle marchait dans la rue depuis des heures maintenant. « Errait » aurait peut-être été plus approprié. Oui, elle errait, sans but, juste pour fuir, pour s'éloigner. Mais fuir quoi, elle ne s'en rappelait plus vraiment, elle devait juste fuir, le plus loin possible.

Elle regardait ses pieds, dépourvu de chaussures, n'ayant même plus la force de soulever sa tête si lourde en cet instant. Elle ne sentait plus ses pieds, couvert uniquement d'une couche de saleté, entaillé par endroit, meurtries par d'autre.

Elle repensait à la nuit qu'elle venait de vivre, à cette horrible nuit, en essayant de se rappeler ce qu'il s'était passé… sans résultat.

Sur le sol, la pluie s'écrasait violement, mouillant le corps de la jeune femme. Les larmes sur ses joues glissaient jusqu'à sa bouche. La douleur, la tristesse et le désespoir imprimaient le visage de cette pauvre créature.

Sa peau était couverte de marques marron pour la plupart, probablement de la terre. Mais des traces bleutées décoraient aussi l'épiderme : des bleus, de différentes tailles, témoignaient de la violence qu'avait subit cette femme, à l'apparence si frêle.

Ses bras, parsemés d'entailles, balançaient le long de son corps, inerte. Le sang séché sur son visage lui donnait un caractère presque animal, sauvage.

Elle avançait toujours dans les rues de New-York, tournait une fois à gauche, puis la suivante à droite, laissant son subconscient la guider.

Chacun de ses pas était douloureux.

Une bourrasque souffla brusquement et souleva ses cheveux, laissant apparaître ce qui aurait pu être un beau visage s'il n'avait pas été autant tuméfié. Le vent cessa finalement et son visage fut de nouveau caché par ses cheveux, mêlés au sang qui coulait de sa tempe.

La nuit noire l'entourait totalement de ses grands bras. Seule la lumière laissait transparaître la petite lueur dans les yeux de l'animal blessé : l'espoir. C'est dans cette lueur qu'elle puisait sa hargne, la force qui lui permettait de mettre un pied devant l'autre et d'avancer.

Elle ne se souvenait pas de grand chose, de presque rien en fait. Tout était flou. Mais elle avait ce visage en tête, ce visage qui l'obsédait, ce visage sur lequel elle ne pouvait mettre aucun nom, ce visage sur lequel elle ne pouvait mettre qu'un sentiment : l' amour.

Marchant, trébuchant, piétinant, et marchant encore, elle finit par arriver en bas d'un immeuble imposant qui, étrangement, ne lui semblait pas inconnu. À bout de force, elle se décida à pousser la porte, pénétrant dans le hall d'entrée luxueux.

Elle tenait encore debout, mais menaçait de sombrer d'une seconde à l'autre, exténuée. Elle failli rebrousser chemin en voyant l'écriteau « En panne » sur l'ascenseur. Mais si près du but, quel but ?, elle ne pouvait renoncer. Aussi posa-t-elle son pied sur la première marche, tira sur la rambarde pour se hisser sur la deuxième, ne voyant pas le sang qu'elle laissait dans son sillage, gémissant à chaque mouvement qui nécessitait de la force, force qu'elle n'avait pas, qu'elle n'avait plus.

Elle arriva finalement devant une porte, la regarda, puis passa à la suivante. Mais aucun sentiment ne la traversait. Elle arriva à la dernière porte de l'étage et là, un nouveau flot d'images s'empara de son esprit.

Elle arriva enfin au bon étage, puis devant la porte d'entrée de l'appartement de Castle. Elle savait qu'il était le seul à pouvoir l'aider. Sur cette pensée, elle toqua à la porte oubliant la présence de la sonnette. Quatre coups lui parurent suffisants. La porte s'ouvrit sur l'homme.

C'était donc la bonne porte. Mais la porte de qui ? De celui qui pourrait l'aider elle l'espérait, parce que dans son absence de souvenir, il n'y avait que lui qu'elle voyait.

Elle chercha du regard le bouton de la sonnette mais dans ce noir absolu qui l'entourait, elle ne la trouva pas. Elle dut se résigner à frapper de sa main.

Un coup.

Elle gémit, laissa une première trace de sang sur le bois dur, se plantant de multiples échardes dans les paumes de ses mains.

Elle attendit un instant et, devant l'absence de réponse, elle frappa de nouveau.

Toujours aucun bruit.

Elle frappa, une fois, deux fois, trois, ...

Elle n'était pas arrivée jusqu'ici, elle n'avait pas traversé tout ça, elle n'avait pas vécu l'enfer pour se retrouver face à une porte muette.

Face à son impuissance, elle hurla son désespoir et se mit à marteler comme une forcenée contre la porte, alors que ses larmes de douleurs se mêlaient aux larmes de fatigues. Elle se laissa glisser le long du mur :

« Pitié... s'il vous plait... Je vous en prie...»

C'était une plainte, mais aussi une supplique, une imploration de la part d'une créature de la terre, seule contre toutes, une parmi des milliards.


boones  (25.12.2012 à 10:59)

Chapitre 30 : Une âme errante, une âme perdue

Son univers n'était rien. Sans souvenir, elle n'était personne. Pourtant, face à cette porte immobile, face à ce silence complet, elle avait l'impression que son monde se fissurait, qu'elle venait de perdre quelque chose.

Qu'avait-elle fait pour mériter une telle solitude ? Oui, elle était toute seule, agenouillée sur le sol de marbre froid, la tête baissé, signe de son désespoir, signe de son abandon.

À quoi bon ?

Une larme s'écrasa sur le sol sans un bruit, puis une goutte de sang l'embrassa.

Cruauté. Même ses larmes et son sang arrivaient à trouver réconfort.

« Pitié... ». Ses suppliques se perdaient dans le calme de la nuit, et, même si quelqu'un l'avait entendu, il n'aurait pas compris ses paroles, hachées par des gémissements. Mais personnes n'étaient là, et personne ne viendrait pour elle.

Elle finit par le comprendre, roulée en boule, adossée à la porte. Elle finit par l'accepter, cette solitude, ce vide, ce manque, cette déception. La douleur n'en était pas moins difficile pour autant.

Résignée, elle se leva finalement, s'aidant du mur. Difficilement, elle fit quelques pas mal assurés vers les escaliers et entreprit la descente... vers l'inconnu.

Elle ignorait la douleur qui traversait ses jambes quand elle passait de marches en marches.

Elle arriva en bas de l'escalier, sans savoir vraiment comment puis poussa la porte de sortie pour se retrouver de nouveau à l'air libre.

Oui elle était libre, mais à quoi bon... Elle ne savait que faire de sa liberté.

-----------

L'écrivain arracha une photo des mains de l'agent Shaw qui baissa les yeux, compatissante, désolée. Castle regardait le rectangle de papier glace qu'il tenait entre ses doigts tremblants, anéanti.

Kate, souriante, dans cette longue robe noire qui dessinait ces formes à la perfection, tenait par la taille un homme. Son cavalier. La tête de l'homme était bien sûr noircie, brûlée certainement

La pire des douleurs n'est pas d'avoir si mal au cœur qu'on voudrait se l'arracher, mais de ne plus rien ressentir.

Castle l'avait découvert en même tant que cette photo qu'il tenait encore entre ses doigts.

Après une dizaine de minutes qu'il avait passé à contempler cette photo sous le silence de ses amis, il était partit, en courant, sans un mot.

Air. Il avait eu besoin d'air. Et d'espace.

Après avoir tambouriné contre les murs de l'ascenseur tant il se sentait oppressé, il avait atteint l'extérieur, enfin.

Et il avait inspiré, un air plus pur, et expiré.

Tellement d'images se bousculaient dans sa tête, des images qu'il aurait voulu effacer à jamais, des images qu'il aurait aimé ne jamais avoir vu. C'était trop tard malheureusement. Il avait vu ces photos, et ne pourrait jamais les oublier.

Il regarda sa montre et, face à l'heure tardive, il prit le chemin de chez lui. Sa voiture ? Il la récupérerait plus tard. Il voulait juste marcher. Ca l'avait toujours réussi, cette marche nocturne qu'il effectuait souvent, pour se retrouver avec lui-même, et avec cette solitude qui lui manquait tant parfois. Juste quelques pas pour réfléchir, repenser, peindre ces idées noires en blanc.

Mais il n'avait jamais eu à faire à une telle douleur, à une telle incompréhension. Comment gérer ça ?

Il sortit la photo de sa poche et la porta difficilement devant son regard, sachant pertinemment que les apparences sont souvent trompeuses.

Dieu que son cœur battait fort, à lui en déchirer la poitrine...

Pourquoi déjà s'infligeait-il cela ?

Pour comprendre. Pour trouver. Trouver cette vérité qui se cachait derrière cette photo. Parce qu'il voyait, il ne pouvait l'accepter comme étant réel. Il y avait forcement une explication. Et lui, écrivain de renom, allait la trouver, pas plus tard qu'en cette soirée... humide.

Oui, quelques gouttes coulant sur son front venait de lui apprendre qu'un orage faisait rage.

« Parfait » se dit-il.

Et il se mit en route, cauchemar en main, tête baissée, prêt -enfin- à découvrir la vérité.

------------

Un pas. Mettre le pied gauche devant le droit, avancer, mettre le pied droit devant le gauche, avancer, encore. Un deuxième pas, pousser sur la jambe arrière, rester debout, recommencer.

Marcher.

Pourquoi ? Pourquoi marcher si on ne sait pas où aller ? Pourquoi faire tant d'efforts pour rien ?

Kate n'en savait rien, mais elle refusait de s'arrêter, n'aurait-ce été que pour reprendre une pause, elle refusait d'abandonner, même si elle ne savait pas quoi, parce que se laisser tomber sur le sol pour l'inonder de ses larmes n'aurait rien changé : elle n'aurait pas plus su où aller, que faire, qui elle était elle n'aurait pas plus trouver les milles réponses à ses milles et une question.

Voilà pourquoi elle continuait d'errer dans la rue vers l'inconnu, sans but, dans la nuit que lui offrait cette ville, les bras ballants le long du corps.

Vide comme une coquille. N'était-ce pas ce qu'elle était ? Une coquille ? Une coquille inutile puisqu'elle n'avait rien à abriter. Une coquille vide. Mais une coquille.

Pourtant, ses pensées bouillonnaient dans son crâne. Elle repensait à l'homme en qui elle avait eu confiance. Il l'avait sauvé, guidé jusqu'à lui, et abandonné. Il l'avait fait espéré, à tort. Il l'avait délaissé, rendu à sa solitude. Elle lui en voulait tant... Elle avait besoin de lui en vouloir, elle avait besoin de se trouver un responsable à sa situation. Et la seule personne qu'elle connaissait, c'était lui. Cet homme là. Elle l'aimait et le détestait à la fois. Elle voulait le trouver, mais ne plus jamais le voir.

--------------------

Castle continuait sa marche dans les rues sombres de la ville bruyante en direction de son loft. Comme il l'avait espéré, marcher lui faisait un bien fou. Il en oubliait presque la raison de cette marche, la raison de sa douleur, la quête de vérité.

Il avait pourtant toujours la photo qui passait d'une main à l'autre.

Pourquoi ? Pourquoi cette photo ?

S'il avait du écrire cette histoire, le tueur l'aurait envoyé pour faire passer un message, pour faire souffrir quelqu'un : lui en l'occurrence.

Peut-être était-ce ce qu'il s'était passé en fin de compte ?

Oui mais Kate alors ? Pourquoi ce sourire ? Pourquoi cette étincelle dans ses yeux ? Cette joie sur son visage ?

Castle avait tellement du mal à rester rationnel qu'il posait à chaque fois ces questions à l'écrivain en lui, se demandant comment lui aurait écrit cette histoire.

Et s'il avait du écrire cette partie, alors le tueur aurait forcé sa victime à faire comme si tout allait bien, à simuler le bonheur parfait en sa compagnie pour augmenter la douleur de celui qui allait recevoir les photos.

Et Katherine Beckett était plutôt douée pour cacher ses sentiments et les remplacer par un masque.

Et dieu savait combien lui en souffrait...

Mais pourquoi le tueur voulait le faire souffrir ? Pourquoi cherchait-il à le rendre jaloux, à la faire douter ?

Par jalousie propre ? Par pur sadisme ?

Mais cette histoire qu'il se racontait, il l'avait écrite, dans sa tête, il l'avait construite. Elle restait une théorie.

Peut-être était-ce juste un conte qu'il se racontait pour effacer sa douleur ? Ou peut-être était-ce la vérité ?

Il aimait penser que jamais au grand jamais Kate Beckett ne lui aurait fait une telle chose, mais une partie de lui, infime mais suffisante, ne pouvait refouler le doute qui l'habitait.

Et cette incertitude insistante lui pesait sur le coeur, coeur que même l'air frais inspiré lors de cette randonnée nocturne ne pouvait apaiser.

---------------------

Kate se tenait face à un panneau. A gauche ? Central Park, à droite ? Time Square.

Elle prit à gauche, dans un hasard total.

Cette simple rencontre avec un panneau de signalisation n'avait fait qu'augmenter son malaise déjà difficile à supporter et avait fait ressurgir l'éternelle question qu'était: Où aller ?

Personne ne pouvait se mettre à sa place et tenter de la comprendre.

Elle, ne savait pas ce que voulais dire « hier », ni ce qu'était aujourd'hui ou de quoi serait fait demain.

Pourtant elle continuait d'avancer, au pas.

Elle s'enfonça un peu plus dans une ruelle puis repris à gauche quand elle en sortit. Elle s'engagea alors dans une rue plus large, bien qu'aussi sombre. Au loin, droit devant elle, une silhouette semblait marcher dans sa direction.

--------------------------

Kate... Elle lui manquait tant. Il aurait donné tout l'or du monde pour ne la tenir dans ses bras qu'une seconde...

Juste sentir sa peau douce sous ses doigts, l'effleurer un instant. Et déposer délicatement son regard dans le sien émeraude.

Puis passer ses bras puissant dans son dos et l'approcher vers lui, la serrer fort, simplement pour s'assurer qu'elle était vivante.

Oui, il aurait tant aimé pouvoir faire tous cela, mais ca sonnait plus comme un songe, un fantasme, que comme la réalité.

Et ça le rendait malade. Malade d'amour...

Plonge dans ses pensées, il prit instinctivement le bon chemin à l'intersection que se présentait devant lui. Il leva la tête, pour vérifier quand même qu'il ne s'était pas trompé. Au loin, il aperçut une silhouette courbé et chancelante.

Mais qui pouvait bien se promener dans la rue à cette heure avancée de la nuit, pour ne pas dire du matin.

« Surement une veille dame... » Pensa-t-il sans s'y attarder d'avantage. Et puis il était à New-York, la ville qui ne dort jamais vraiment !

Il rabaissa sa tête, se laissant retomber dans le gouffre que formait son esprit tourmenté.

----------------------

Si l'homme était la somme des choses qu'il avait vécues, alors... alors Kate n'avait aucune existence.

Immergée dans ses réflexions philosophiques, Kate ne vit pas tout de suite l'ombre qui avançait à la rencontre de la sienne. Elle était bien trop occupée à essayer de se définir, à essayer de comprendre sa condition, à essayer de trouver quelle direction elle allait prendre au bout de cette rue qui lui paraissait interminable maintenant.

Si Kate avait perdue tout ce qui faisait sa vie, elle avait en revanche conservé son instinct et ses reflexes d'origines inconnues. Elle leva la tête, se sentant observé tout à coup. Mais il y avait juste cet homme – d'après sa taille et sa carrure- loin à l'autre extrémité de la ruelle, la tête baissé, les bras le long du corps.

Alors qu'elle allait baisser la tête à son tour, imitant l'inconnu, il leva la tête vers elle, rapidement, comme s'il l'avait surpris à le regarder comme elle l'avait cru elle aussi un instant auparavant.

La jeune femme fut traversée d'une drôle de sensation. Une sensation de déjà-vu. Ce qui était très étrange vu qu'elle n'avait aucun souvenir. Sauf...

L'homme avait du ressentir quelque chose lui aussi, parce qu'il s'arrêta net et se redressa, lui portant alors toute son attention.

Ils étaient là, l'un en face de l'autre, immobiles, séparés d'un peu plus de cents mètres, mais invisible l'un pour l'autre tant la nuit happait la lumière. Ils ne pouvaient voir de l'autre que l'allure, la démarche.

Cette sensation de déjà-vu se dit plus forte. Kate sentait que d'autres images arrivaient : un nouveau souvenir ?

« Beckett releva la tête et laissa son regard parcourir la pièce et se poser sur l'écrivain. Elle l'observa un moment, un long moment. Plusieurs secondes, minutes peut-être.

Il jouait avec son téléphone et souriait parfois. Il devait jouer à « Angry Birds », ce jeu qu'il adorait temps parce que « tirer sur des cochons vert avec des oiseaux c'est poilant » lui avait-il expliqué un jour avant de la laisser jouer. »

Cette silhouette... Cette façon de se déplacer... Cet homme... C'était... impossible, ca ne pouvait pas être cet homme !

---------------------

Il sortit bien vite de son esprit. Quelqu'un l'observait. Mais qui ? Il n'y avait que la vieille dame au bout de la rue qui... le regardait ?

La vieille dame... Il regarda plus attentivement, longuement, pour enfin comprendre qu'il s'agissait en fait d'une jeune femme courbée.

Cette sensation qui venait de s'installer en lui, cette sensation qu'il se passait quelque chose, cette sensation étrange qu'il avait souvent : cette sensation de familiarité.

Cette jeune femme... cette jeune femme lui faisait penser à quelqu'un... à quelqu'un qu'il aurait tellement voulu voir ici. Oui, il aurait tant aimé que cette femme en face de lui soit Kate.

Mais, ca ne pouvait pas être elle. C'était impossible. Il devait s'imaginer que c'était elle, pour satisfaire inconsciemment le désir qu'il avait de la revoir, ce désir qui le rongeait de l'intérieur et qui finirait par le tuer.

Et pourtant...

Ils s'étaient tous les deux stoppés et fixaient l'autre, dans l'attente d'une réaction.

Pensait-elle à la même chose que lui ?

Elle fit un pas en avant, comme poussée par une force nouvelle.

Il fit de même, en réponse à ce premier pas.

Il ne s'était pas rendu compte, mais son cœur battait pour la fanfare dans sa poitrine. Le sang pulsait dans ses tempes. Sa bouche était sèche, ses mains moites, son front humidifié par la sueur qui apparaissait par gouttelette malgré le froid ambiant.

-------

Ce souvenir la poussa littéralement en avant. Elle fut étonnée que l'homme en face autant.

Voulait-il lui faire comprendre quelque chose ?

Elle en était sûr maintenant : cet homme, c'était l'homme de ses pensées, celui chez qui elle était allé frappé, celui qui n'était pas là, celui qu'elle cherchait, celui qu'elle avait détesté, celui qu'elle aimait même si elle ne le connaissait pas, celui qui constituait son seul souvenir.

Elle ne croyait pas en l'impossible, et même si elle ne savait pas qui elle était, elle était persuadée de ne jamais y avoir cru. Mais cette rencontre, dans cette ruelle précise, à cet instant donné... elle était bien obligée d'y croire.

Elle fit un autre pas.

Sa poitrine se soulevait de plus en plus vite, son souffle se pressait. Allait-il faire un pas ?

Il devait le faire... il lui devait bien ça ! Après avoir pensé être seule au monde, pensé qu'on l'avait abandonné, elle l'avait retrouvé.

« Aller avance... » se surprit-elle à chuchoter.

Comme s'il avait entendu son souhait, il avança. Mais il lui offrit bien plus qu'un simple pas dans une allée. Il hurla un nom, un nom qui, elle l'avait comprit, était le sien : «

- Kate ? »

-------------------

Elle venait d'avancer d'un pas encore. Lui était tétanisé. Et perdu. Complètement perdu. Il était le premier à faire des théories improbables lors de ses enquêtes, à croire en l'impossible.

Mais Kate dans cette ruelle, face à lui, si près mais si loin à la fois ? Pouvait-il vraiment nier ce qu'il voyait, et ce qu'il ressentait ? Il voulait tant y croire ! Pourtant, une partie de lui le refusait, pour le protéger de la déception peut-être.

Que devait-il faire alors ? Un pas en avant, ou un en arrière ?

Tout son être lui criait d'avancer. Il fit taire sa raison et déplaça doucement son pied au sol, pour le mettre devant l'autre. Il balança le poids de son corps sur sa jambe avant : Il avait fait un pas.

Mais si cela semblait suffisant pour elle, ca ne l'était pas pour lui. Il ne pouvait continuer ce petit jeu : il devait savoir, il en avait besoin.

Il cria son nom : «

- Kate ! »

L'attente. C'était le plus dur. Cette attente de réaction qui ne durait que quelques secondes mais qui paraissaient être une éternité.

Mais elle finit par se déplacer. Elle ne fit pas un pas en avant, ni un en arrière. Non, elle se mit à courir vers lui.

Elle avait réagit à l'entente de son prénom. Elle s'élançait vers lui.

Alors il s'élança vers elle, sans se poser plus de questions, juste parce que chaque partie de son corps lui hurlait de le faire.

De loin, la scène ressemblait à un duel entre deux chevaliers en armures. Deux chevaliers, chacun à un bout d'une grande arène, sur leur fidèle monture, pieux de bois en main, près à cavaler vers l'un vers l'autre pour un combat à mort.

Mais eux n'étaient pas deux cavaliers en guerre dans une arène : ils étaient deux êtres réunit par le destin -de quoi d'autre pouvait-il s'agir ?- dans une rue qui courrait pour se réunir, enfin. Oui, ils étaient simplement deux âmes en quêtes l'une de l'autre, qui avaient finalement réussi, par ils ne savaient quel miracle, à se retrouver. Ils étaient deux âmes : Une âme errante, et une âme perdue.

Deux entités qui volaient l'un vers l'autre, comblant la distance devenue insupportable qui les séparait. Ils se rapprochaient. Plus que quelques mètres de frontière, qu'ils franchirent presque entièrement.

A un mètre à peine l'un de l'autre, ils s'arrêtèrent.

Essoufflée, souffrante.

Essoufflé, épuisé.

Apaisée.

Apaisé.

Pourquoi alors ne parcouraient-ils pas le pas qui les opposait ?

Ils se regardaient, émeraude dans saphir, prunelles dans perles, océan dans océan, larme dans larme : les yeux dans les yeux, inséparables.

Des étincelles pétillaient dans leur regard profond.

Pendant un long moment, ils continuèrent leur échange silencieux, immobile.

Puis l'homme leva doucement sa main vers le visage de la jeune femme qui n'esquissa aucun mouvement. Délicatement, il effleura son visage, caressant sa peau...

Elle était là devant lui. Juste là, à portée de main. Elle n'était pas en grande forme mais elle était là, vivante.

Différente. Elle était différente aussi. Elle avait quelque chose de plus... plus animale. En elle. Et son regard... On aurait dit qu'elle le voyait pour la première fois.

Elle apprécia tant cette simple caresse. Il était là, devant elle, si près. Il ne l'avait pas abandonné finalement. Il était là. Pour elle. Elle n'était plus seule et ne le serait plus désormais. Son cauchemar était fini. Ses questions allaient trouver leurs réponses. Enfin.

Elle leva sa main à son tour, partant à la découverte de se corps qu'elle voyait maintenant pour de vrai.

Il était comme elle l'avait vu.

Quand enfin l'atmosphère de rencontre se dissipa, Castle reprit totalement conscience de la réalité. Il était tellement heureux de la revoir qu'il en avait presque oublié son état, vite considéré.

Elle avait du sang partout et semblait sur le point de tomber. Il ôta sa veste et la lui posa sur le dos. Elle sursauta un instant sous son contact mais apprécia la chaleur que lui procura le vêtement :

- Kate, vous allez bien ? Que s'est-il passer ?

Mais la jeune femme avait bien d'autres questions en tête que les deux qu'on venait de lui poser. Elle voulait savoir qui était cet homme, pourquoi elle l'avait vu dans ses rêves, pourquoi il la connaissait et surtout, qui était-elle ?

- Je... ne sais pas... Mais...

- Comment ça vous ne savez-pas ? Mais quoi ?

- Qui êtes-vous ?

Un univers se fissura. L'instant de bonheur que Castle venait de vivre et qui était l'un des plus beau de sa vie, cet instant qui lui avait fait croire que rien n'était impossible venait de se briser en un milliard de petits morceaux.

Kate ne le reconnaissait pas...


boones  (06.01.2013 à 20:43)

Activité récente
Dernières audiences
Logo de la chaîne M6

NCIS, S23E03
Samedi 6 juin à 21:10
0.85m / 5.6% (Part)

Logo de la chaîne France 2

Haute saison, S01E04
Vendredi 5 juin à 22:00
2.82m / 20.3% (Part)

Logo de la chaîne France 2

Haute saison, S01E03
Vendredi 5 juin à 21:10
3.25m / 20.6% (Part)

Logo de la chaîne France 3

Un si grand Soleil, S08E199
Vendredi 5 juin à 20:40
1.47m / 9.7% (Part)

Logo de la chaîne TF1

Demain nous appartient, S09E200
Vendredi 5 juin à 19:15
1.86m / 15.6% (Part)

Logo de la chaîne TF1

Demain nous appartient, S09E199
Jeudi 4 juin à 19:15
2.08m / 15.0% (Part)

Logo de la chaîne TF1

Grey's Anatomy, S22E16
Mercredi 3 juin à 22:00
1.49m / 10.1% (Part)

Logo de la chaîne France 2

L'or bleu, S01E06
Mercredi 3 juin à 22:00
2.29m / 15.0% (Part)

Toutes les audiences

Actualités
Joshua Jackson rejoint la saison 3 de Your Friends & Neighbors

Joshua Jackson rejoint la saison 3 de Your Friends & Neighbors
Après The Affair et plus récemment Doctor Odyssey, Joshua Jackson s'offre un nouveau projet télévisé...

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs anglophones

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs anglophones
Plusieurs nouvelles séries sont à découvrir cette semaine du côté des diffuseurs anglophones....

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs francophones

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs francophones
Les diffuseurs francophones européens vous proposent une dizaine de nouvelles fictions. Lesquelles...

La Petite Maison dans la Prairie a recruté Nellie Oleson et deux personnages emblématiques

La Petite Maison dans la Prairie a recruté Nellie Oleson et deux personnages emblématiques
Alors que la saison 1 du reboot de La Petite Maison dans la Prairie n'arrivera sur Netflix que le 9...

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs francophones

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs francophones
Sept séries sont à découvrir cette semaine du côté des diffuseurs francophones. Allez-vous regarder...

HypnoRooms

ShanInXYZ, 01.06.2026 à 20:39

Nouveau mois sur les quartiers Cat's Eyes et Doctor Who, n'hésitez pas à passer

CastleBeck, 02.06.2026 à 11:38

Bannières et thème en vote, si vous avez 30 secondes pour cliquer. Merci.

choup37, Avant-hier à 12:26

Nouveaux sondages sur kaamelott et Doctor Who

ShanInXYZ, Hier à 02:07

Nouveau sondage sur le quartier Cat's Eyes, pas besoin de connaître la série

Luna25, Hier à 08:58

Nouveau mois sur les quartiers Legends of Tomorrow, Reign et Supernatural, n'hésitez pas à passer !

Viens chatter !

Newsletter

Les nouveautés des séries et de notre site une fois par mois dans ta boîte mail ?

Inscris-toi maintenant

Sondage

Un peu d’amour dans un monde de brutes. Parmi ces couples, lequel aviez-vous vu venir dès le départ ?

Plus d'infos / Commenter

Total : 58 votes
Tous les sondages