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Série : Castle
Création : 10.08.2012 à 16h53
Auteur : judy1
Statut : Terminée
« suite de "neuf mois".... quatre ans plus tard » judy1
Cette fanfic compte déjà 28 paragraphes
Charlie.
Introduction : 4 ans après « 9 mois »
Après une relation qui n’aura durée que 9 mois, Kate et Rick ont fini par se séparer à cause de beaucoup de non-dits, comme c’est le cas entre eux depuis qu’ils se connaissent.
Kate est partie vivre dans une autre partie de la ville et a demandé sa mutation pour travailler dans un autre commissariat. Elle vit désormais à Brooklyn et travaille pour la criminelle au 88 th.
Rick quant à lui, après avoir passé 6 mois sans revoir l’équipe du 12 th, accepta tout de même d’y retourner pour aider Ryan et Espo à résoudre une affaire très délicate. Ayant reprit goût à ce travail, Gates accepta de le prendre officiellement dans l’équipe en tant que consultant, mais posa tout un tas de limites et de règles à suivre pour l’auteur.
Bien que Beckett soit partie depuis déjà 4 ans, son poste était toujours inoccupé. Esposito et Ryan avait refusé la promotion qui leur aurait permis de l’occuper et tous les Lieutenants qui acceptaient le poste finissaient par démissionner : soit à cause des heures supplémentaires et des responsabilités que demandaient ce poste, soit à cause de l’autorité de Gates, ou simplement n’en pouvant plus de devoir supporter Castle.
Chapitre 1
Jeudi 25 mai 2017, 8 heure du matin
- « Charlie... » appela la femme qui préparait le petit déjeuné.
Le jeune garçon arriva en courant, faisant voler l’avion qu’il tenait entre les mains. Il tourna trois fois autour du divan et fit encore plusieurs fois le tour de la table avant que sa mère ne lui mette la main sur la tête pour le stopper.
-« Assieds toi et mange ! » ordonna-t-elle, avec un léger sourire tout de même.
Charlie mangeait ses céréales tout en jouant avec une figurine Spiderman qui avait été 'oubliée' sur la table.
-« S'il te plait Charlie...Manges ! J’aimerais bien ne pas être trop en retard ce matin, pour une fois ! » dit elle en soupirant tout en ouvrant le sac d'école de son fils pour y mettre son déjeuner.
- «Où est Grand-père? » demanda le petit qui préférait que ce soit lui qui l'emmène à l'école le matin. « Lui, il à le temps de jouer. » râlait Charlie.
-« Grand-père à passé la moitié de la nuit chez le vétérinaire avec Jameson. Tu te souviens, il a 'accidentellement' mangé ton stock de pâte à modeler. Alors je doute fort qu'il soit d'humeur à jouer ce matin. » dit la mère en lui jetant un regard fort soupçonneux.
-« C'est vrai. Pas fait exprès... » dit -l en la regardant avec son air innocent.
-« Charlie.... » elle le regardait avec son regard noir, lui faisant bien comprendre qu'elle n'était pas dupe. « Mais c'est pas vrai....J'avais complètement oublié que l'excursion avait été avancée...C'est Aujourd'hui...Dépêche toi, tu dois être à l'école dans ½ heure. » dit elle en partant chercher la tenue de rechange et le survêtement imperméable exigés. Lorsqu'elle revint dans la pièce principale, le petit était debout sur la table, son bol de céréale dans une main et Spiderman dans l'autre.
- « Charlie.... » hurla-t-elle.
Le garçon sursauta, renversant ses céréales, son cacao et la tasse de café de sa mère. Il y en avait partout autour de lui, un véritable cauchemar. Il s’assit en quatrième vitesse et lança Spiderman dans le divan, sachant que de toute façon il allait être confisqué.
La mère soupira en fermant les yeux une seconde, exprimant ainsi une profonde lassitude. Charlie la regardait, les yeux baissés, sachant très bien que sa mère ne tarderait pas à 'exploser'.
- « Prend ton sac, on s'en va...On va être ne retard. » Se contenta t elle de dire. « On ramassera ce soir en rentrant ! » ajouta t elle en voyant que son fils regardait le bazar qu'il avait fait.
Connaissant parfaitement la ville, la jeune femme passa par tout un tas de petites rues plus ou moins désertes pour arriver à l’heure devant l’école. Elle dû faire un énorme détour mais évita les bouchons et arriva juste au moment où le bus s’apprêtait à partir. Charlie embrassa son institutrice et s’apprêtait à monter dans le bus lorsque sa mère le retint par le bras.
-« Sois sage. Pas de bêtises ! » dit-elle fermement.
-« Ne vous inquiétez pas. Je vous assure qu’il est sage à l’école. Enfin, quand il ne met pas notre hamster dans l’aquarium de la classe voisine pour qu’il fasse connaissance avec les poissons. » expliqua l’institutrice avec un petit sourire.
-« Je suis vraiment désolé… » soupira la maman. Charlie monta dans le bus en évitant de croiser le regard de sa mère.
-« Ne vous inquiétez pas, je vous assure que ce n’est pas le pire. » répondit l’institutrice en remontant dans le bus.
La jeune femme reprit sa voiture et se dirigea vers son lieu de travail. Cette fois, elle ne pouvait plus éviter les bouchons et il y avait tellement de circulation qu’il n’y avait pas moyen de trouver un chemin plus rapide. Elle arriva donc à son travail en retard, comme presque tous les jours.
-« Lieutenant Beckett !! Quel plaisir de vous voir ce matin…1 heure de retard !! Il y aurait-il une bonne raison ? » demanda son chef, le Lieutenant Jerald.
-« Pas plus que d’habitude ! » eépliqua Kate en s’asseyant à son bureau.
Son chef d’équipe, un homme d’une soixantaine d’années, grand père de deux enfants plus ou moins de l’âge de Charlie, était sous le charme de ce petit, tant qu’il ne mettait pas trop les pieds au bureau. Le lieutenant Jerald écouta avec attention les nouvelles facéties du petit garnement et fini par exploser de rire.
-« Et tout ça en moins de 24 heures… » dit-il en riant de plus belle. « Je n’ose même pas imaginer ce qu’il t’inventera à l’adolescence. »
-« Moi non plus, je n’ose pas imaginer ! » soupira-t-elle.
Malgré toute son expérience et son grade, étant arrivée la dernière dans cette équipe, Beckett était toujours considérée comme une ‘bleue’. Elle était donc chargée du classement des dossiers, de la plupart des recherches et du travail le plus ennuyeux. Chose qui risquait fort de changer avec la retraite du Lieutenant Jerald qui approchait, son coéquipier était déjà occupé à former celui qui viendrait compléter l’équipe d’ici peu de temps.
-« Voici le Lieutenant Kate Beckett » dit il en lui présentant la jeune femme. « Règle numéro 53, si Kate téléphone un matin en disant que son fils est malade, tu inventes n’importe quoi au Capitaine, mais hors de question qu’il mette les pieds ici. La dernière fois, il nous a fallu 3 heures pour remettre tous les dossiers en ordre. » .
-« Règle 53…Dis donc, tu n’y vas pas mollo. » dit Kate à son coéquipier pour le taquiner.
-« J’en avais trouvé combien pour toi ? » demanda-t-il avec humour.
-« Je ne sais plus…Je crois que tu as arrêté de compter après le déjeuner. » répliqua-t-elle en riant.
-« Bienvenu au 88 th. » dit-elle en tendant la main au nouveau venu.
Tout le monde se mit au travail sans plus attendre. Environ 4 heures plus tard, alors que Beckett remontait des archives avec plusieurs dossiers, son supérieur la regarda à la fois tristement et très inquiet en lui disant qu’elle devait appeler l’école de son fils au plus vite.
Kate composa le numéro qu’elle connaissait par cœur à force de l’appeler, et la secrétaire lui passa directement le directeur. Elle blanchit d’un coup et s’écroula en larmes sur son bureau avant même d’avoir raccroché.
Chapitre 2.
Jeudi 25 mai 2017, 11 heure du matin
Ryan et Esposito écoutaient Lanie leur faire part de ses observations lorsque Castle arriva au musée d’art moderne.
-« Salut les gars…Alors ? Rex à fini par dévorer le gardien ? » ne comprenant pas l’allusion de Castle, ils le dévisagèrent tous les 3 comme s’il débarquait d’une autre planète. « Vous n’avez pas vu ‘une nuit au musée’ ? » fit-il déçu.
Les garçons lui adressèrent un léger sourire et Lanie se contenta de continuer à exposer les faits.
-« On voit bien qu’elle à reçu de nombreux coups, mais elle est morte d’une balle en pleine tête. Vu l’impact, je dirais qu’elle devait être à genoux ou assise et que le tireur se tenait debout, juste à côté d’elle. » Lanie fit embarquer le corps pour la morgue et laissa Castle et les enquêteurs sur les lieux du crime.
-« Des témoins ? » demanda Castle
-« Je dirais …Une bonne vingtaine. » assura Esposito.
-« Agé de 3 à 4 ans environs, et deux jeunes fille de 19 ans. Tous en état de choc. » Continua Ryan.
« Ils faisaient une sortie extrascolaire. Le musée venait d’ouvrir une exposition consacrée exclusivement aux plus petits. Ils devaient être les premiers à en bénéficier. »
-« Wah…Je savais que les écoles publique devenaient de plus en plus dangereuses, mais ces enfants sont précoces ! Infliger ça à leur gentille institutrice. » plaisanta Rick.
-« Très drôle Castle. Ces enfants viennent de ‘Brownsville Académie High School’, il parait que c’est l’une des meilleures écoles de Brooklyn. Leur devise, c’est : ’Nous sommes les meilleurs’… ! » expliqua Ryan.
Esposito et Castle se regardèrent avec un léger sourire.
-« Jenny a déjà trouvé une école pour votre petite merveille ? » demanda Esposito pour se moquer.
-« Je me rappelle qu’Alexis elle aussi était inscrite dans le meilleur établissement avant même sa naissance. » répliqua Castle avec un ton nostalgique.
-«Evite de dire ça à Jenny. S’il te plait, ne l’encourage pas ! » suppliait l’irlandais. « Les jeunes filles ont directement appelé leur directeur et maintenant, elle s’occupent des enfants en attendant que le bus envoyé par l’école arrive. Ensuite, on pourra les interroger. » soupira Ryan pour changer de sujet et en revenir à l’enquête.
-« Pourquoi personne n’est venu les aider ? Personne n’a rien vu ? » demanda Castle en inspectant les lieux à la recherche de cameras de sécurité. »
-« Cette partie du musée est réservée au groupe scolaire. Ils peuvent disposer d’un local pour y déposer leurs sacs et pour s’asseoir et parler calmement de ce qu’ils viennent de découvrir. Il n’y a pas de caméras et aucun garde n’est sensé y faire de ronde. Ils ont bien entendu un coup de feu, mais le temps de trouver d’où ça venait, tout était fini. Les ravisseurs ont dû passer par une issus de secours car aucun membre de la sécurité n’a rien vu. »
-« Les ravisseurs ? » s’interrogea Castle
-« L’une des seules choses compréhensibles que les deux jeunes filles ont affirmé, c’est que plusieurs enfants ont été enlevés. » expliqua Ryan.
-« Combien d’enfants ? » demanda Castle en prenant subitement un air bien plus sérieux.
-« Aucune idée. L’une dit 3, l’autre 4… » répondit Esposito.
-« Comment elles peuvent ne pas savoir ? Il suffit de les compter, de faire l’appel…Ce n’est pas si compliqué quand même ! » s’indigna l’auteur.
-« Parce qu’elle ne connaissent pas la classe. Ce sont des stagiaires que Clara a appelée pour l’accompagner. » expliqua l’homme qui venait d’arriver. « John Parker, je suis le directeur de ‘Brownsville Académie High School’. » se présenta-t-il aux inspecteurs.
Les inspecteurs le regardaient l’air de se demander ce qu’il faisait là. Il dû lire leurs questions dans leur yeux car il ne tarda pas à leur donner les réponses.
-« Mélanie, l’une des stagiaire a appelé l’établissement après la fuite des agresseurs. C’est moi qui ai appelé la police, et je lui ai affirmé que j’arrivais tout de suite. »
Ce directeur paraissait être quelqu’un de très sûr de lui et de vraiment très raisonnable. Il ne paraissait ni impressionné ni choqué par la situation. Mais en apercevant les taches de sang sur le sol, son visage changea de couleur et il demanda où se trouvait les enfants et leurs accompagnatrices.
Sachant que les enfants étaient en sécurité, John Parker accepta de parler de la victime avec les inspecteurs. Elle s’appelait Clara Russell. Elle avait 25 ans et avait été engagée pour l’année scolaire. Comme son contrat était presque terminé, elle voulait profiter de cette excursion pour prouver ce qu’elle valait. Elle s’était arrangé avec le musée pour être la première à profiter de cette exposition, elle avait même acceptée d’avancé leur sortie de plusieurs jours pour bénéficier d’une salle où ils pourraient se réunir. Elle voulait que ce soit une excursion originale et unique.
-« Originale et unique !! Ça c’est sûr. Au moins, elle n’aura plus à se tracasser de sa réputation ! » pensa Castle à voix haute, avec beaucoup d’ironie. Le directeur de l’établissement, pas habitué à l’humour particulier de l’auteur, le dévisagea avant de se diriger vers la pièce où se trouvaient ses élèves. Il inspira profondément avant d’ouvrir la porte. Il entra, suivit des Ryan, Esposito et Castle.
Les deux stagiaires semblaient avoir repris un peu leurs esprits et faisaient de leur mieux pour occuper les enfants en attendant l’arrivée du Directeur Parker. Les enfants étaient assis en rond et parlaient de choses qu’ils aimaient pour éviter de penser au drame qui s’était déroulé presque sous leurs yeux. A l’entrée de Parker, le silence se fit et les enfants tournèrent leur regard vers lui. Beaucoup d’entre eux étaient toujours en larmes, et même Mélanie et Jessica, les deux stagiaires, avaient du mal à dissimuler leurs émotions.
Le directeur rassura les enfants avec des mots à leur porté. Il leur expliqua que la visite du musée se ferait un autre jour et qu’un bus les attendait pour retourner à l’école. Il expliqua aux enquêteurs que les enfants étaient 25 dans cette classe, normalement. Seulement il ignorait s’ils étaient tous présents au départ ce matin. Il expliqua qu’il se chargerait d’appeler les parents et qu’il leur ferait parvenir la liste des enfants enlevés dans les plus brefs délais.
Ryan et Esposito considérèrent que ce n’était pas plus mal qu’il se charge de contacter les parents et de vérifié la liste des enfants, mais ils demandèrent à ce que cette liste leur parvienne avant la fin de la journée. L’enquête devait aller vite pour avoir une chance de retrouver les enfants en vie. Ryan tendis une carte avec les coordonnées du commissariat de demanda également à pouvoir parler aux accompagnatrices avant leur départ.
Le directeur assura qu’il allait faire au plus vite et se chargea donc de rassembler les enfants présents et de le faire monter dans le car.
Les deux jeunes filles s’assirent sur une chaise et essayaient de se souvenir des événements. Elles commencèrent à raconter ce dont elles se souvenaient avant même que les enquêteurs ne posent la moindre question.
-« On venait juste d’arriver. Les enfants n’avaient même pas encore enlevé leur veste quand trois hommes sont entrés dans la pièce. L’un deux s’est avancé vers Clara et lui demanda où était Connor. » commença Mélanie avant de sangloter.
-« Elle a répondu qu’elle ne connaissait pas de Connor, qu’ils devaient faire erreur. L’un deux la tira par le bras et ils sortirent dans le couloir. » L’autre jeune fille commençait alors à pleurer elle aussi. Mélanie essaya de prendre le relais, mais elle aussi avait la gorge nouée.
-« On entendait hurler….Les coups…Les enfants pleuraient et on essayait de les garder tout près de nous. » ses larmes coulaient, elle fit une pause et continua son récit, le teint blanchâtre. « On a entendu un coup de feu…Ils sont entrés, ont regardés les enfants. Ils en ont enlevés…Je ne sais pas combien ! Tout c’est passé si vite…Je n’ai pas osé les regarder, j’avais trop peur. Ils sont partis…Je n’ai pas vu combien ils en prenaient ! » expliqua t elle en pleurant.
Les jeunes filles pleuraient toutes les deux. Il allait être impossible pour les enquêteurs d’en savoir plus. Alors ils les laissèrent rejoindre les enfants et repartir vers l’école où plusieurs médecins et psychologues appelés par le directeur, les attendait déjà.
Ryan les rassura en leur affirmant qu’elles n’auraient rien pu faire pour les empêcher d’enlever les enfants. Elles avaient fait de leur mieux pour les protéger, et ce n’était pas leur faute.
Ryan, Esposito et Castle continuèrent d’interroger le directeur du musée, les agents de sécurité qui étaient arrivés sur les lieux et ils demandèrent également à pouvoir accès aux caméras de sécurité. Si ces hommes étaient entrés dans la salle juste après eux, ils devaient les suivre. Avec un peu de chance, ils arriveraient à les retrouver sur les enregistrements.
Chapitre 3.
Ryan se chargea d’appeler les parents de Clara Russell et de leur apprendre la terrible nouvelle. Il détestait faire ce genre de chose. C’était terrible de devoir annoncer à des parents qu’ils ne reverraient jamais leur enfant. Il allait lui-même devenir papa d’ici deux mois et n’osait pas imaginer la douleur que la perte d’un enfant pouvait provoquer. Après avoir réussi à convaincre Monsieur et Madame Russell qu’il était important qu’ils viennent jusqu’au 12th, il rejoint Esposito et Castle qui s’étaient installés dans la salle de réunion pour commencer à regarder les différents enregistrements de ce matin.
-« Il y avait 5 groupes scolaires qui sont arrivés ce matin là, presque en même temps. Mais la classe de maternelle était la seule à avoir demandé un local. » Expliqua Esposito en le voyant arriver.
-« Le musée a ouvert ses portes juste après l’entrée des groupes scolaires. Je n’en reviens pas qu’il y ait autant de monde en pleine semaine ! » S’étonna Castle.
-« Ce sont des touristes pour la plupart. » répliqua Ryan en s’asseyant à côté d’eux.
Manque de chance pour les enquêteurs, le musée dispose de deux autres sorties dont l’une non surveillée car le système vidéo était en panne depuis quelques semaines et qu’aucun technicien n’était encore venu. Donc impossible de vérifier que chaque personne entrée étaient ressortie normalement. Ils se focalisèrent donc sur l’attitude des gens, essayant de voir s’ils étaient nerveux, pressés, ou cherchant quelque chose…Mais rien ne leur parut suspect. Ils y passèrent une bonne partie de la journée et ne s’arrêtèrent que lorsque les parents de la victime arrivèrent.
Ils s’installèrent dans l’une des salles de repos. Le couple s’assit sur le canapé pendant que les inspecteurs prirent place dans les fauteuils. Castle s’assit sur l’accoudoir d’un des deux fauteuils.
-« Monsieur et Madame Russell, connaissez vous un certain Connor ? » commença tout de suite Esposito.
-« Notre fille est morte et c’est tout ce que vous pensez à nous demander ? » s’offusquèrent les parents.
-« Excusez si la rapidité de mon coéquipier peut vous surprendre, mais l’agresseur de votre fille à demandé après un certain Connor. Est-ce sont petit ami ? Ce nom vous évoque-t-il quelque chose ? » demanda Ryan en essayant de faire preuve d’un peu plus de tact.
-« Non, nous ne connaissons aucun Connor. Notre fille n’avait pas de petit ami, du moins, pas à ma connaissance. »
-« Elle passait tout son temps à travailler. Clara avait son diplôme depuis 3 ans seulement, l’année dernière elle travaillait dans une école très difficile : les enfants étaient violents et les parents n’hésitaient pas à cogner sur les enseignants. Quand au directeur, il n’assumait pas du tout son rôle. Quand elle a décroché un poste à ‘Brownsville Académie High School’, elle était folle de joie. Ce n’était que pour une année, mais elle s’était promis de tout faire pour y rester. Elle travaillait jour et nuit pour proposer des leçons à la hauteur des espérances de l’école. Elle s’était donnée beaucoup de mal pour organiser cette excursion. Alors quand on l’a appelé pour décaler la date de la sortie scolaire, elle a accepté en disant qu’elle s’arrangerait. » expliqua la mère de la victime.
-« L’excursion avait été reportée ? » demanda Castle en devançant les inspecteurs.
-« Elle a été avancée. » répondit le père.
-« Avancée ? » s’interrogèrent les enquêteurs.
-« Clara avait insisté pour avoir une classe disponible sur place. Le responsable du planning du musé a téléphoné un soir en disant qu’une erreur avait été commise et que si elle désirait une classe, elle devait accepter d’avancer la sortie. Ça l’embêtait, mais elle à tout de même accepté. » continua madame Russell.
-« Pourquoi ça l’embêtait tant que ça ? » fit remarquer Esposito.
-« Parce qu’elle s’était arrangée pour qu’une de ses collègues l’accompagne, ainsi que deux parents d’élève. Mais la nouvelle date n’arrangeait aucune de ces personnes et elle à dû faire appel à des stagiaires qu’elle ne connaissait pas vraiment. »
Les inspecteurs n’apprirent pas grand-chose de plus, Clara Russell était une jeune femme dévouée à son travail. Sa vie était très simple et rien n’indiquait qu’elle pouvait s’être retrouvée mêlée à une affaire louche. Monsieur et Madame Russell repartirent chez eux après l’entretient qui ne dura pas plus d’une demi-heure.
Les enquêteurs en étaient toujours à se demander qui pouvait bien être ce Connor et pourquoi avoir enlevé des enfants. Qu’est ce que les ravisseurs voulaient exactement ? Allaient-ils se servir des enfants pour faire une sorte de chantage et demander une rançon? Qu’est ce que Clara Russell pouvait bien avoir à se reprocher ?
Il était presque 18h et le directeur de l’établissement scolaire n’avait pas encore envoyé la liste des enfants enlevés. Ils n’avaient aucune base pour commencer à travailler. Ryan et Esposito décidèrent donc de rentrer se reposer chez eux et d’arriver de très bonne heure le lendemain matin.
Ryan arriva aux alentours de 6h du matin et fut suivit de près par Esposito. Ils se retrouvèrent nez à nez avec leur nouveau chef d’équipe. Ce lieutenant était arrivé au milieu de la nuit et à part le Capitaine Gates, personne n’avait encore été prévenu de sa venue. Ryan, Esposito et le nouveau lieutenant furent appelés dans le bureau de Gates dés son arrivée et la Capitaine ne mâchait pas ses mots pour dicter à l’équipes les règles et leur rappeler les enjeux de cette enquête. Car non seulement ils devaient arrêter un assassin, mais ils avaient également plusieurs enfants à retrouver avant qu’un massacre n’ait lieu.
Le travail commença dans une ambiance assez pénible. Les enquêteurs adressèrent à peine quelques mots à leur nouveau supérieur qui s’installa tout de suite au bureau qui lui était réservé et commençait déjà à prendre connaissance des quelques informations dont ils disposaient.
Castle arriva vers 7h et fut surprit de voir les inspecteurs en train de boire un café dans la salle de repos. En entrant dans le commissariat, il avait entendu une rumeur disant qu’un Lieutenant avait fait des pieds et des mains pour se retrouver sur l’affaire de l’institutrice massacrée au musée. Il n’avait pas entendu grand-chose de plus, car à chaque fois que les autres s’apercevaient de sa présence, ils changeaient de sujet ou s’en allaient parler ailleurs.
-« Déjà en pause ? Moi qui pensais avoir du travail… J’aurais pu rester au lit encore un peu tout compte fait ! » dit il avec humour.
Les deux inspecteurs se regardaient très mal à l’aise, aucun des deux n’avait envie d’être celui qui allait lui apprendre la nouvelle.
-« Alors, c’est vrai ? On a un nouveau Lieutenant ? » demanda-t-il en faisant le gamin. « Où est-il ? Quand est-il arrivé ? »
-« Il parait qu’elle est arrivée au milieu de la nuit… Et en ce moment, elle est en train de lire nos notes et d’inscrire les informations sur le tableau. » dit Ryan de plus en plus mal à l’aise.
-« Elle ? » fit Castle surprit.
Les inspecteurs lui firent comprendre de se retourner et de vérifier par lui-même. Ryan et Esposito sortirent de la pièce et se dirigeaient vers leur bureau. Esposito fut appelé par un officier venant lui apporter une enveloppe venant de ‘Brownsville Académie High School’.
Castle se retourna alors pour faire face aux bureaux et au tableau blanc dont ils se servaient pour leurs enquêtes. Il n’en revenait pas. Il écarquilla les yeux et se retrouva bouche bée. Il s’avançait des bureaux à petit pas. Il avait l’air complètement désorienté. Il ne pouvait plus la quitter du regard. Il osait à peine y croire. Elle était là, juste devant lui, faisant son travail comme si de rien n’était. Il ne pouvait s’empêcher de penser qu’elle n’avait pas changé en 4 ans, elle était toujours aussi sublime que le jour où il l’avait laissé partir.
-« Tout va bien Castle ? » demanda Ryan en le voyant s’approcher à petits pas.
-« Oui...Ne t’inquiètes pas, tout va bien… » dit il en frôlant Esposito qui lisait avec attention le contenu de l’enveloppe qui leur avait été envoyée.
Castle était furieux contre Kate. Elle était partie du jour au lendemain, sans lui laisser une chance de s’expliquer, sans essayer d’arranger les choses entre eux. Il avait passé près d’un an à attendre, à espérer qu’elle reviendrait un jour. Ça faisait plus quatre ans déjà qu’elle était partie, et là, elle revenait comme si de rien n’était.
« Beckett ! Qu’est ce que tu fais là ? » demanda t il très sèchement.
Chapitre 4.
Vendredi 26 mai 2017.
-« Beckett…. Qu’est ce que tu fais là ? »
Kate n’en croyait pas ses oreilles, elle tourna la tête et le dévisagea. Le visage de l’auteur était sévère, elle pouvait lire la colère dans ses yeux et pourtant, il n’avait rien perdu de son charme.
-« Je…. Euh » elle cherchait ses mots, n’en revenant toujours pas de se retrouver face à Richard Castle. « Je connaissais Clara. Elle était adorable, tous les enfants l’aimaient bien et … »
-« Et tu pensais qu’on ne s’en sortirait pas sans toi ! » affirma Castle pour terminer la phrase de Beckett. « Tu sais, ce n’est pas la première affaire délicate depuis ton départ. On ne t’a pas attendu pour faire notre travail jusque maintenant. » continua-t-il furieux et indigné.
-« Laisse tomber mec. Je doute que ce soit la vraie raison de son retour. » dit Esposito en la regardant droit dans les yeux. « L’école vient de nous faire parvenir la liste des enfants kidnappés hier. Il a également pensé à nous faire parvenir les photos individuelles de chacun, la photo de classe, ainsi que les coordonnées de tous les parents d’élèves de cette classe. » Esposito parlait tout en regardant Beckett d’un air furieux. Les deux autres se tournèrent alors vers elle sans trop comprendre ce que le latino voulait dire. « C’est vraiment moi qui doit leur dire ? » il s’était approché du tableau et commençait à inscrire le prénom et le nom de chaque enfant. Au moment où il allait écrire le 5ème nom, Beckett posa sa main sur la sienne.
-« S’il te plaît… Pas ça ! » supplia-t-elle. Le son de sa voix trahissait ses émotions. Elle baissa la tête tout en se mordillant les lèvres. « Mon fils fait partie des enfants enlevés. » avoua-t-elle.
-« Ton fils ? » demanda Ryan pour être certain d’avoir bien entendu.
Kate leva les yeux pour regarder Castle. Elle n’avait jamais vu ce regard là sur son visage, elle ne l’avait jamais vu autant en colère qu’à cet instant là. Rick savait que ces enfants avaient entre 3 et 4 ans, alors soit Beckett l’avait trompé, soit elle était bien partie avec au autre, comme il l’avait pensé. Il se sentait trahi par la femme dont il était complètement fou quelques années auparavant. Devant la colère de Castle, Beckett baissa les yeux.
-« Tu n’as pas mis beaucoup de temps à me remplacer dis donc ! Où alors tu es partie avec un autre, peut être que tu me trompais en fait ? Juste pour confirmation, c’était un de tes ex, ou un type que je connaissais ? » c’était évident qu’il n’avait jamais pu comprendre les raisons de son départ et qu’il avait toutes les raisons de lui en vouloir. Pourtant, il ignorait encore le pire.
-« Je ne t’ai pas quitté pour un autre, je suis partie parce que j’étais enceinte ! C’est… C’est ton fils Rick.»
Le regard de Rick changea légèrement, laissant place à la surprise, à l’incompréhension, le tout avec une toujours une grosse dose de colère.
-« Comment as-tu osé me faire ça ? Comment tu as pu me voler mon fils ? » Dit il sèchement en la regardant toujours avec colère.
-« Je ne t’ai rien prit puisque tu n’en voulais pas ! Et tu ne voulais plus de moi non plus d’ailleurs ! » Explosa Kate.
-« Comment oses-tu me dire une chose pareille ? Je n’en reviens pas que tu aies pu me cacher ça. » Kate voulut parler mais Rick haussa le ton pour lui faire comprendre qu’il ne voulait rien entendre. « C’est MON fils. J’avais le droit de savoir Kate ! Tu n’avais pas le droit de me le prendre. » hurla-t-il suffisamment fort pour que toutes les personnes présentes dans le service s’arrêtent quelques secondes, le temps de réaliser ce qui se passait. Castle adressa un dernier regard furieux à Kate avant de disparaître.
Beckett s’assit à son bureau tout en repassant dans sa tête les derniers mots de Rick. Esposito affichait les photos des enfants au tableau et ajouta le nom de Charlie Beckett à la liste des enfants enlevés. Les deux enquêteurs fixaient Beckett d’un regard plein de reproches.
-« Je sais que vous n’êtes pas ravis de me revoir. » dit elle en levant légèrement les yeux vers eux. « Si vous voulez vraiment que je me fasse virer, vous n’avez qu’à montrer cette liste à Gates quand elle reviendra, et c’est sûr qu’elle me fichera dehors en moins d’une heure. Mais ça ne m’empêchera pas de chercher mon fils et de me retrouver dans vos pieds à chaque fois que vous ferez un pas. » ajouta-t-elle avec assurance.
-« On est une équipe Beckett. Pourquoi tu ne nous a rien dit ? Tu avais peur qu’on te laisse tomber ? » demanda Esposito toujours en colère.
-« Ecoutez, je sais… » voulu- elle commencer.
-« Non Beckett, c’est toi qui vas écouter pour une fois ! » coupa Ryan. « On ne t’a jamais laissé tomber. On se fiche de savoir ce qui s’est passé avec Rick. On est une équipe, on se dit tout. Tu n’avais pas le droit de partir comme ça. » il s’approcha du tableau et effaça les noms de familles des 5 enfants pour ne pas que Gates remarque tout de suite le nom de Beckett). « Ton fils a disparu ! Ok, on t’aide à le retrouver. Mais pas de coup fourrés, pas de mensonges et tes problèmes personnels, tu les règles avec Castle ! » c’était la chef d’équipe, mais les inspecteurs ne mâchaient pas leur mots face à Beckett qui n’en menait pas large.
-« Tu l’as démoli… Castle, quand tu es partie. Il lui a fallu des mois pour revenir au poste, et plus d’un an pour pouvoir regarder ton bureau sans verser de larmes. Tu n’as pas intérêt à recommencer. » prévint Esposito avant de s’asseoir à sa place.
L’équipe, commença son travail de recherche, ils passèrent la matinée à éplucher la liste des contacts de Clara grâce à son GSM et ils examinèrent à la loupe les relevés de compte pour y trouver une dépense ou une rentrée d’argents suspecte. Rien ne leur parut suspect, et aucun Connor. Kate décida de faire une petite pause mais alla s’isoler. Elle était assise sur l’un de bancs dans les vestiaires et repensait à tout ce que Castle lui avait dit un peu plus tôt dans la matinée. Il était parti furieux et n’était toujours pas réapparu depuis. Ses pensées furent interrompues par l’arrivée de Gates qui vint s’asseoir juste à côté d’elle.
-« Retour difficile ? » demanda la supérieure pour engager la conversation.
-« Disons… Plus compliqué que je ne le pensais. » soupira Beckett. « Je ne m’attendais pas à ce que Rick fasse toujours partie de l’équipe. Je pensais qu’il serait retourné à ses livres. » expliqua-t-elle.
-« Oh… Mais il est parti ! C’est moi qui l’ai appelé pour le faire revenir. »
Kate leva les yeux et la dévisagea avec un léger sourire.
-« Ne me regardez pas comme ça. Je n’ai pas dit que je l’appréciais. C’est juste qu’il a sa manière bien à lui de raisonner, et que parfois, il peut se révéler utile. » dit elle en souriant à Kate. « Ryan et Esposito étaient sur une affaire très délicate. Le Lieutenant qui venait de prendre le commandement de cette équipe n’écoutait absolument rien : Ni eux, ni moi. Alors je l’ai viré, et j’ai appelé Castle. Ne faites pas cette tête là ! » dit elle en voyant le regard curieux de Beckett. « Je vous assure que j’ai dû le supplier de revenir. Mais le lendemain, il était là. Il a résolu l’affaire en un rien de temps : Quelques réflexions stupides à la Castle, quelques suppositions tombées de je ne sais où, et voilà, le coupable était démasqué. » expliqua Gates.
-« Vous l’avez vraiment supplié de revenir ? Il n’a pas dû y croire ses oreilles. » dit Kate en essayant de sourire.
-« Je ne sais pas ce qu’il a bien pu penser. Mais quelques jours après que l’enquête soit résolue j’ai appris qu’il était sensé défendre son bouquin quand je l’ai appelé. Comme il a tout laissé tomber pour venir, les critiques s’en sont données à cœur joie. C’est là que j’ai compris que vous aviez peut être raison. Qu’il n’est pas si égocentrique et idiot que le disent les journaux. Je m’en suis voulu car du coup, son livre a eu une critique des plus mauvaises et il n’a quasiment fait aucune vente. » dit elle en souriant.
-« Moi, je l’ai acheté…. Et c’est vrai qu’il était mauvais. » répondit Kate avec des larmes plein les yeux.
Devant la tristesse de Beckett, Gates voulut lui faire comprendre qu’elle était de son côté.
-« On va le retrouver. Et je suis certaine que vous trouverez le moyen d’arranger les choses avec Castle. » ce n’était plus la Capitaine qui s’adressait à son Lieutenant, mais une mère qui essayait de remonter le moral à une autre mère. Beckett la regarda surprise, alors Gates continua ses explications. « Je suis au courant pour Charlie Beckett. »
-« Et vous ne me renvoyez pas ? »
-«Rassurez vous, je l’ignorais lorsque j’ai donné mon accord pour vous laisser réintégrer l’équipe. Je l’ai appris entre temps, mais c’était trop tard, vous étiez déjà occupé à lire le rapport de Ryan. » elle laissa un petit moment avant de poursuivre. « Ma fille est plus jeune que vous, et fort heureusement pour moi, bien moins têtue. » dit elle avec un sourire. « Mais mes deux petits enfants ont à peu près le même âge que votre fils. S’ils leur arrivaient ce genre de chose, je ne pourrais pas rester assise à mon bureau à attendre bien sagement. Je pense que vous êtes la mieux placé que n’importe qui pour connaitre les enjeux de cette enquête, et je sais que vous ne ferez rien de stupide pour mettre davantage la vie de votre fils en danger. Et même si, en tant que Capitaine, je trouve que vous êtres bien trop impliquée, en tant que mère, je ne serais pas correcte envers moi-même si je vous mettais dehors. Pourtant, ça me faciliterait grandement la vie.»
Gates repartit et laissa Beckett seule encore un moment pour la laisser réfléchir au calme.
Chapitre 5.
En sortant du poste de police, Castle était plus furieux qu’il ne l’avait jamais été. Il prit sa voiture et se rendit directement chez Jim Beckett. Cet homme lui avait fait promettre d’être sincère avec sa fille et de ne jamais la faire souffrir. Comment avait il pu cautionner une telle chose ? Pourquoi ne l’avait-il jamais prévenu ?
Jim habitait dans un quartier paisible. En arrivant devant la maison, Rick ne prit pas le temps de garer sa voiture. Il s’arrêta, sortit de la voiture, claqua la portière et se dirigea vers la maison d’un pas sûr. Il sonna 1x, 2x, 3x… Puis commença à tambouriner à la porte. Pourtant, Jim ouvrit la porte à peine 2 minutes après la première sonnerie.
Lorsque Rick vit Jim, sa réaction fut immédiate : Son poing s’écrasa directement sur le nez du père de Kate.
-« Comment avez-vous osé me faire ça ? » se mit il à hurler. « Vous m’aviez fait promettre de ne jamais lui faire de mal ! Et vous, vous n’avez eu aucun scrupule. »
Jim écoutait à peine Rick, il essuyait les goutes de sang qui coulaient de son nez.
-« Entrez… » fit il en vérifiant que son nez n’était pas cassé.
-« Vous vous fichez de moi ? » fit Castle surpris, mais toujours en colère.
-« Je vous attends depuis 4 ans Monsieur Castle. Je me doutais bien que vous seriez en colère, mais je ne m’attendais pas à ce que vous ayez autant de force... Entrez ! »
Les mots de Jim apaisèrent Rick à une vitesse incroyable.
-« Pourquoi vous l’avez laissé me faire ça ? »
-« Pourquoi l’avez-vous laissé partir ? » répondit Jim
-« Vous saviez que je l’aimais, que je voulais passer le reste de ma vie avec elle. » il recommençait à hausser le ton.
-« Oui, moi je le savais. » répondit Jim très calmement. « Mais c’était à elle que vous auriez dû le dire. »
-« Pourquoi ne pas m’avoir appelé ? »
-« Kate est la seule famille qu’il me reste, je ne voulais pas la perdre. Je sais que ça n’excuse rien. » dit Jim en s’asseyant dans sur un fauteuil. « Mais vous oseriez refuser de l’aide à votre fille et la mettre dehors tout simplement parce que vous savez qu’elle est en train de faire la plus grosse bêtise de sa vie ? »
Rick ne savait plus quoi répondre. Il se contenta d’imaginer sa réaction face à Alexis dans ce genre de situation. Il était complètement perdu. Il s’assit lui aussi tout en se prenant la tête entre les mains.
-« Je pense qu’elle à fini par se rendre compte de son erreur. » dit Jim après plusieurs minutes de silence.
-« Elle aurait pu revenir ! Je n’aurais même pas posé de question. » la voix de Rick tremblait tellement l’émotion était intense.
-« Elle a dû penser que c’était trop tard ! »
-« Je l’ai attendue…Pendant des mois…Pendant plus d’un an j’ai espéré la voir revenir. » confia Castle les yeux pleins de larmes. « Pourquoi est elle partie ? »
-« C’est à Kate que vous devriez poser cette question, pas à moi. »
-« Vous la connaissez aussi bien que moi, même bien mieux encore. Vous savez qu’elle ne me répondra jamais ! Alors c’est à vous que je pose la question. Pourquoi m’a-t-elle quitté ? » Rick et Jim se regardaient droit dans les yeux.
A ce regard, Jim comprit que Castle était sincère, qu’il voulait vraiment savoir, et le coup de poing qu’il avait reçu un peu plus tôt suffisait à lui prouver que cet homme tenait encore suffisamment à sa fille pour essayer de comprendre ce qui avait bien pu leur arriver quelques années auparavant.
-« Elle venait d’apprendre qu’elle était enceinte. Elle était aussi perdue que vous en ce moment. Elle m’a expliqué que vous ne vouliez plus d’enfant, que vous ne vouliez pas fonder une famille avec elle. Je sais que c’est faux. » ajouta-t-il pour rassurer Rick. « Mais je n’ai rien pu dire pour arriver à la convaincre. Elle voulait entendre ses mots, elle avait besoin d’être rassurée, mais par TOI, pas par moi. J’ai juste réussi à la convaincre d’aller vous voir. Je n’ai aucune envie de savoir ce qui s’est passé ce jour-là, mais je ne l’ai pas revue pendant une semaine. »
Rick n’en revenait pas. Elle était partie pour ça ! A cause de cette discussion qu’ils n’avaient jamais terminée. Elle l’avait quitté parce qu’il n’avait pas prit le risque de la contredire et de lui avouer à quel point il l’aimait.
-« J’ai pensé qu’elle avait fini par se lasser de moi, de mes pitreries et que l’implications de mes parents dans le meurtre de votre femme avait juste précipité un peu les choses. Je ne pouvais pas la forcer à m’aimer, alors je l’ai laissé partir. » dit il tristement.
-« Elle n’en a jamais voulu à vos parents. Katie est têtue, mais même elle, elle a fini par comprendre que ce n’était pas vraiment leurs fautes. Je sais que ces 4 années ont été difficiles pour vous. » Castle le dévisageait. « Il n’y a qu’à voir comment vous avez massacré votre dernier Nikky Heat et ce que vous avez fait de vos deux derniers livres pour se rendre compte que vous n’allez pas bien du tout. » se justifia Jim.
-« Vous les avez lu ? Et moi qui pensais que seuls mes plus grands fans s’y étaient risqués... » fit remarquer Castle, surpris que quelqu’un ait pu acheter ces bouquins, malgré les critiques plus que dévalorisantes.
-« Bah… A part vos romans et les livres pour enfants, il n’y a pas grand-chose à lire chez ma fille. Alors quand il n’y a rien d’autre à faire et que Charlie est au lit… »
-« Charlie ? » coupa Rick. « Je ne connaissais même pas son prénom ! »
-« Elle a mis du temps à le trouver ce prénom. Elle a passé des mois à en chercher un qui aurait pu vous plaire à vous aussi. Un jour, elle a pris une feuille, elle a écrit votre nom et votre prénom et elle a essayé de trouver un prénom qui lui plaise en utilisant uniquement les lettres écrites. 10 minutes plus tard, elle a relevé la tête en disant que mon petit fils s’appellerait Charlie. »
Rick sourit rien qu’en imaginant Kate jouer au scrabble avec les lettres de son nom. Jim lui tendit une photo qu’il venait de sortir d’un tiroir. Il s’agissait de Kate et de Charlie dans les bras l’un de l’autre, faisant un magnifique sourire à l’objectif.
-« Ces 4 années ont été un enfer pour elle aussi. Charlie vous ressemble comme deux goutes d’eau, sans compter que lui aussi est très doué pour les bêtises en tout genre. Rien que l’avoir auprès d’elle tous les jours et le regarder dans les yeux doit lui faire mal au cœur. » Jim souriait rien que de penser à son petit fils et à toutes les grimaces qu’il lui était possible de faire. « Si vous l’aimez toujours, Monsieur Castle, ne la laissez pas partir à nouveau. » ajouta-t-il en reprenant un air sérieux.
Rick et Jim continuèrent à parler pendant un moment avant que l’auteur ne décide qu’il était temps pour lui de s’en aller. En repartant, il passa à côté d’un labrador beige, étendu de tout son long sur le paillasson.
-« Il n’a pas l’air en forme lui non plus. » fit il remarqué en parlant du chien.
-« C’est le chien de Katie. Il s’appelle Jameson. Il a fait une overdose de spaghettis. »
Rick se mit à genoux et caressa le chien en lui parlant.
-« Kate cuisine toujours aussi bien à ce que je vois ! »
-« C’est Charlie qui s’est occupé de lui préparer son repas… Avec la pâte à modeler ! » Expliqua Jim avec un sourire. « Une grosse indigestion, mais il va déjà beaucoup mieux. »
-« Wah… Tu dois être un sacré copain de jeu toi ! » dit il en continuant de caresser l’animal.
Rick repartit avec encore plus de doutes et de questions, mais il était bien plus apaisé à présent.
Chapitre 6.
Rick repartit de chez Jim complètement déboussolé. Il en voulait encore terriblement à Kate de lui avoir caché son fils, de l’avoir trahi, mais la colère l’avait empêché de penser que les 4 années écoulées avaient été difficiles pour elle aussi.
Il décida de rentrer chez lui, il ne voulait pas retourner au poste tout de suite, il ne voulait pas la voir pour l’instant. Il voulait être seul et continuer à réfléchir un peu. Il se servit un scotch en entrant et s’assit sur une chaise de la cuisine tout en continuant de regarder la photo que Jim lui avait donnée.
-« Richard ? Qu’est ce que tu fais ici à cette heure là ? »
-« Mère ? Et toi ? Que fais tu chez moi à cette heure-ci ? » répondit il en remettant la photo dans sa poche. « Non… Ne me dis pas ! Tout compte fait, je préfère ne pas savoir. » Il se leva et se dirigea vers son bureau, son verre de scotch à la main.
Martha regarda son fils avec plus d’attention, au moment même où elle était entrée dans la pièce, elle avait remarqué que quelque chose n’allait pas. Elle le suivit jusqu’au bureau et lui laissa le temps de s’asseoir.
-« Richard… »
-« Elle est revenue… » se décida-t-il enfin à avouer. « Kate ! » précisa-t-il en voyant le regard interrogateur de Martha.
-« Oh mon chéri ! » Martha passa sa main sur l’épaule de son fils pour l’assurer de son soutien.
-« Son fils a disparu ! MON fils… Notre fils. »Il ferma les yeux quelques secondes avant de continuer. « Il fait parti des enfants enlevés au musée. »
-« Mais c’est affreux ! » Martha s’assit sur le bord du bureau.
-« C’est pour son fils qu’elle est revenue. Pas pour moi ! » il sortit la photo de sa poche et la montra à sa mère. « Ils ont l’air heureux. Ils n’ont pas besoin de moi. »
Martha laissa son fils admirer la photo et s’éclipsa quelques instants. Elle revint et lui tendit un autre cliché.
-« Nous aussi, on avait l’air heureux sur cette photo. Ça ne m’empêchait pas de pleurer tous les soirs en priant pour que ton père revienne. »
-« Kate n’est pas du genre à passer ses nuits à pleurer ! »
-« Je pense qu’Alexis aurait dit la même chose de toi il y a quelques années encore. » affirma-t-elle en s’asseyant de nouveau à côté de lui.
Après le départ de Kate, Martha était partie vivre chez Bob, suite à une dispute avec son fils. Rick avait fini par pardonner à ses parents, mais il lui fallut du temps avant de renouer contact avec eux. Alexis continuait ses études à Columbia, mais avait abandonné sa chambre sur le campus. Elle était revenue vivre avec son père pour pouvoir le soutenir et l’empêcher de sombrer un peu plus.
-« Ecoute mon chéri, je ne suis pas en train de prendre la défense de Kate. Loin de là. Ça serait bien plus facile de te dire qu’elle n’a que ce qu’elle mérite et que tu n’as qu’à la laisser se débrouiller toute seule. Après tout, c’est elle qui est partie ! Mais je sais que malgré tout ce que tu peux dire, tu as encore des sentiments pour elle. Tu n’as pas encore détaché ton regard de cette photo depuis que tu es assis là, alors vas-y, aides la ! Fait le pour lui, pour toi. Et si tu arrives à parler avec Beckett et à savoir pour quelle raison elle t’a laissé, tant mieux. Mais ne laisses pas tomber ton fils ! »
Rick se contentait de regarder la photo en silence pendant que Martha le laissait réfléchir et assimiler ce qu’elle venait de dire. Elle allait sortir de la pièce quand il se décida enfin à rompre ce silence.
-« J’ai été voir Jim. Je voulais savoir comment il avait pu la laisser me faire ça sans essayer de me prévenir. » Martha fit demi-tour lentement, et revint s’asseoir sur le bord du bureau.
-« Jim est un homme patient et plein de bon sens ! C’est à se demander comment il a pu avoir une fille aussi têtue que Kate. » Pensa Martha à voix haute.
Cette petite note d’humour venant de Martha réussit à arracher un petit sourire à Rick.
« Elle est partie parce que je ne l’ai pas demandé en mariage, parce que je n’ai pas eu le courage de l’affronter en lui disant qu’elle avait tort et que je voulais des enfants, avec elle. Elle est partie à cause d’une conversation qu’on n’a jamais terminée. Elle pensait que je ne voulais pas d’elle, ni d’un bébé alors qu’elle venait de découvrir qu’elle était enceinte. Elle ne voulait rien m’imposer ! » expliqua-t-il avec tristesse.
Martha soupira tout en passant sa main dans le dos de son fils, elle ne savait vraiment pas quoi lui dire pour essayer de le réconforter.
-« Oh Richard ! »
-« Je l’ai laissé partir sans même essayer de comprendre. J’aurais dû aller la voir, j’aurais dû exiger des réponses. Mais je n’ai rien fait. » Il vida son verre de scotch tout en repensant à leur dernière entrevue. « Avec le temps, je me suis dit qu’elle était peut-être partie avec un autre. Que si elle ne revenait pas, c’est parce qu’elle était plus heureuse sans moi ! »
-« C’est ce que t’a dit Jim ? » s’étonna Martha.
-« J’était fou de rage en arrivant chez lui. Je lui ai flanqué mon poing en pleine figure avant même qu’il ne prononce le moindre mot. »
Martha n’aurait pas imaginé son fils capable d’une telle chose.
-« Il m’a dit qu’il m’attendait… Depuis 4 ans ! Tu te rends compte Mère ? Il savait que je viendrais et que je serais en colère ! »
-« Alors il ne t’en a pas trop voulu pour le coup de poing ? »
-« Non ! Il m’a invité à entrer, il m’a demandé pourquoi je n’étais pas venu plus tôt ? Pourquoi j’avais laissé Kate partir ? Ensuite, il m’a parlé d’elle, de Charlie et de l’enfer que ces dernières années avaient été. » Il regardait sa mère dans les yeux, toujours aussi perdu qu’à son arrivée. « Je ne comprends pas, pourquoi il ne m’a pas appelé ? Il m’a fait comprendre qu’il l’avait aidé pendant tout ce temps parce que c’était son rôle de père et qu’il n’aurait pas pu lui fermer la porte au nez. Mais il savait que j’étais fou d’elle, que j’aurais fait n’importe quoi, alors pourquoi il a gardé le silence ? »
Martha réfléchit quelques secondes avant de lui répondre.
-« S’il ne l’avait fait, Kate lui en aurait voulu. Est-ce que tu serais capable de trahir la confiance d’Alexis toi ? »
-« Il savait qu’elle avait tort, qu’elle faisait une énorme erreur… »
-« Oui, mais comme tu l’as dit à l’instant, il savait que tu l’aimais… C’est pour ça qu’il t’attendait. Il ne pouvait pas aller te voir sans trahir sa fille, mais peut être qu’il n’avait pas l’intention de te mentir ! »
-« Mère…. » soupira Castle en se prenant la tête. « Qu’est ce que je dois faire ? »
-« Ecoutes Richard. La priorité, c’est de retrouver Charlie. Ensuite, vous règlerez vos problèmes avec Kate ! Si son père a raison et si elle a vraiment passé 4 années aussi affreuses que les tiennes, c’est que quelque part, elle n’a jamais pu refaire sa vie. Vous étiez fou l’un de l’autre et visiblement, vous vous êtes séparés parce que vous êtes aussi bête l’un que l’autre. »
Rick releva la tête et la dévisageait.
« Vous avez gâché votre histoire parce que vous n’étiez pas capable de vous parler franchement. Peu importe les raisons qui vous poussaient à vous taire, vous vous êtes comportés comme des idiots. Mais Charlie a besoin de toi. Même si cet enfant ne te connaît pas, tu ne peux pas l’abandonner. Mets tes sentiments de côtés pour l’instant, prouves à Kate qu’elle avait tort, sors d’ici et va l’aider à le chercher. » conseilla-t-elle sur un ton qui ressemblait fort à un ordre.
Martha sortit de la pièce en se demandant si elle avait bien fait de le pousser vers Kate. Elle savait que son fils ne s’était jamais remit de son départ et qu’aujourd’hui encore, il espérait qu’elle finirait par revenir. Mais elle n’avait aucune idée de ce qu’il en était des sentiments de la jeune femme. Avait-elle réellement passé toutes ces années à regretter son choix ?
Rick resta encore un long moment à admirer la photo de Kate et Charlie. Il ouvrit le tiroir de son bureau et ressortit quelque vielles photos et continuait d’admirer Kate en se demandant comment il allait faire pour travailler à ses côtés sans finir par exploser, tellement ses sentiments étaient contradictoires.
Chapitre 7.
Pendant ce temps là, au commissariat, le travail continuait. Beckett venait de revenir dans le service et s’adressa directement aux deux inspecteurs.
-« Alors, du nouveau ? »
-« Non. Rien, absolument rien ! » répondit Ryan.
-« L’une de ses amies avait acceptée de venir. Elle vient juste de repartir en fait. Mais elle n’a jamais entendu Clara parler d’un quelconque Connor. Elle n’était pas du genre à s’attirer des ennuies et elle passait son temps à travailler dur pour garder sa place. D’après elle, Clara n’avait même pas de petit ami. » Espo lui faisait part de ses découvertes tout en vérifiant encore une fois la liste de ses contacts.
-« Tu vois, même si on n’est pas ravis de te revoir, on fait quand même notre job ! » lança Ryan l’air de rien.
Beckett savait que Ryan était rancunier et que ce n’était qu’une façade. Elle allait encore devoir passer de sales moments avant de retrouver un minimum d’harmonie dans l’équipe.
-« Tu sais… » dit Espo. « Je n’en reviens pas que tu ais fait ça à Castle ! » dit il avec reproche.
-« Je croyais que ce qui c’était passé avec Castle ne vous regardait pas ! » répliqua t elle en faisant semblant de ne pas être touchée par la remarque.
-« Sauf que c’est quand même nous qui nous sommes retrouvés sans boss dans l’équipe. Tu es partie du jour au lendemain, sans même un petit message. » Continuait le Ryan
-« Tu voulais une lettre d’adieu, ou un post-it t’aurait suffit ? » demanda Beckett qui ne voulait pas laisser transparaitre ses émotions.
Esposito dût s’en vouloir d’avoir continué le petit jeu lancé par Ryan. De plus, il remarquait bien que cette affaire devait déjà être bien assez pénible pour Beckett sans qu’en plus ils ne viennent en rajouter une couche. Il prit donc un post-it, écrivit « Adios Amigos » et le colla sur le front de son coéquipier. Beckett les observait avec nostalgie. Elle essayait de se concentrer sur Clara Russell, mais son fils continuait à envahir ses pensées. Ils devaient absolument trouver l’assassin de Clara pour espérer le retrouver en vie, et pour l’instant, sans vouloir être pessimiste, c’était plutôt mal parti.
Ryan enleva le message de son front, en fit une boulette qu’il envoya à la figure d’Esposito tout en affirmant : « Moi ce qui me surprends le plus, c’est que le mélange de leurs gênes ait pu donner un petit garçon comme tous les autres ! » Beckett, le dévisagea d’un air agacé, subitement, son regard changea, comme si elle venait d’avoir une idée de génie. Elle se leva d’un bon et se dirigea vers le tableau.
-« Tu es génial Ryan ! »
-« Tu pourrais appeler Jenny pour lui répéter ça ! » dit il en la rejoignant.
-« Jusqu’à maintenant, on c’est focalisé sur Clara Russell… » Commença Beckett
-« Peut être parce que c’est elle la victime ! » constata Esposito qui venait de les rejoindre.
-« Mais si ce n’était pas elle la victime. Regardez les enfants, ils se ressemblent tous : même âge, même couleur de cheveux, les yeux bleus… Les deux filles ont dit qu’elles n’avaient pas osé regarder ce qui se passait. Peut être qu’elles ne se sont pas rendu compte que les ravisseurs choisissaient les enfants. »
-« Mais ça à dû se passer tellement vite ! »
-« Regarde la photo de classe, ils sont 25 ! Quelle est la probabilité pour qu’en en prenant 5 au hasard, ils aient les mêmes caractéristiques. »
-« Pas beaucoup… » fit Ryan qui avait essayé de faire un rapide calcul.
-« C’est assez mince quand même comme description : un garçon aux cheveux bruns et aux yeux bleus. »
-« Peut être que c’est tout ce dont les ravisseurs disposaient. Peut être qu’ils ne savant pas grand-chose mis à part son prénom et une vague description. Ils n’ont peut-être pas eu le temps de bien l’observer plus tôt ! » réfléchit Beckett.
-« Le problème, c’est qu’il n’y a aucun Connor dans cette classe ! » fit remarquer Esposito.
-« C’est parce qu’il nous manque une
partie de l’histoire ! » dit Ryan en reprenant l’expression préférée de Castle.
-« L’excursion avait été avancée. Il est possible que ce ne soit pas cette classe qui était visée. » reflechissait Ryan.
Beckett soupira en fermant les yeux, espérant qu’en les ouvrants à nouveau, elle se rendrait compte que ce n’est qu’un cauchemar. Malheureusement, elle était bien de retour au 12th, debout devant un tableau blanc sur lequel était inscrit le prénom de son fils, juste à côté de sa photo.
-« On va devoir éplucher toutes les naissances d’il y à 4 ans pour trouver ce Connor ? » risqua de demander Esposito qui n’osait même pas imaginer la tonne de données que ça pouvait représenter.
-« Non ! » fit Beckett en se ressaisissant. « Contactes le musée pour savoir si d’autres classes de maternelle étaient prévue à cette date. Si une école avait annulé au dernier moment ou avait elle aussi demandé la même date. » Ordonna-t-elle a Esposito. « Ryan, demandes à la sécurité du musée les raisons pour lesquelles une des sortie du musée n’était pas sous surveillance vidéo. Contacte la société qui devait assurer les réparations et débrouilles toi pour savoir pourquoi personne n’y est allé ! » Elle soupira et se laissa tomber sur sa chaise pendant que les garçons commençaient déjà à passer leurs coups de fils.
Elle leur laissa le temps d’inscrire les renseignements qu’on leur donnait avant d’expliquer la suite des opérations.
-« Comme Ryan l’a souligné, il nous manque une partie de l’histoire. Il va falloir fouiller dans la vie des 5 enfants, tout savoir sur leur famille. Quand quelqu’un s’en prend à un enfant aussi jeune, c’est souvent pour régler un problème personnel avec l’un des parents. Alors je veux tout savoir ! »
Les garçons se regardèrent un moment avant de comprendre ce qu’elle leur demandait.
-« De TOUTES les familles ? » demanda Esposito pour avoir quelques précisions.
-« Oui, de TOUTES les familles de ces 5 enfants. Moi y compris ! » précisa-t-elle, comprenant très bien ce que les garçons voulaient dire. Elle se leva, prit les renseignements qu’ils venaient juste d’obtenir et retourna à sa place. « Moi je m’occupe de ça, et vous…Vous fouinez dans ma vie ! » Ryan et Esposito la dévisageaient l’air abasourdi. « Je viens de vous donner la permission de fouiller dans ma vie privée, vous devriez en profiter au lieu de me regarder bêtement. Autant commencer par moi. Comme ça, vous saurez tout ce que vous voulez et on pourra se concentrer sur les autres familles ! »
Les garçons laissèrent donc Beckett se charger de passer tous les appels et de vérifier elle-même ce qu’elle leur avait demandé quelques minutes plus tôt. Le directeur du musée faisait preuve de beaucoup de coopération, il envoya par mail la liste de tous les groupes scolaires prévus ce jour-là, ainsi que les coordonnées des différentes écoles dont il était question. Aucune école n’avait annulée de visite, et Clara s’était vraiment donné beaucoup de mal pour organiser cette excursion.
Beckett put parler à l’organisateur qui avait été en contact avec l’institutrice, et il assura qu’elle avait fait en sorte que tout soit prévu pour ses élèves, que rien ne devait être laissé au hasard. Elle ne méritait pas que cette sortie se transforme en quelque chose d’aussi horrible. Quand à la société qui devait réparer le système de surveillance du musée, le technicien qui était sensé s’en charger avait eu un accident de travail et les missions qui lui avaient été transmises n’avaient pas encore été redistribuées à d’autres employés car la société manquait de personnel. C’était donc un énorme coup de malchance.
Ryan et Esposito s’étaient répartis les tâches pour ne pas se marcher sur les pieds et réunir un maximum d’informations en très peu de temps. Ryan se chargea des relevés de comptes, des appels téléphoniques. Il se chargea aussi d’aller voir Lanie pour discuter de Beckett et de la vie qu’elle menait.
Esposito rendit au 88th pour parler avec le Capitaine Jerald, ainsi qu’avec les coéquipiers de Beckett. Vu qu’il était dans Brooklyn, il en profita pour se rendre à l’adresse de Kate, il fut surpris de constater que le train de vie de sa supérieur avait bien changé. Elle avait choisit un immeuble surveillé par un gardien, dans un quartier avec suffisamment de commerce pour que l’un d’entre eux au moins puisse fournir des enregistrements de caméra de surveillance en cas de problèmes. Cette femme était exceptionnelle, elle pensait vraiment à tout, et rien ne devait sembler de trop pour protéger son fils. Il se présenta au gardien et lui posa tout un tas de questions sur Beckett et Charlie. Il demanda à visiter son appartement. L’homme fit patienter Esposito le temps de téléphoner à Kate pour vérifier les dires de l’inspecteur. Beckett était stupéfaite que le latino puisse se permettre une telle chose, mais donna son accord. Après tout, elle n’avait rien à cacher, elle voulait juste récupérer son fils.
De retour au 12th, les deux inspecteurs continuèrent à passer quelques appels, notamment à Jim Beckett, ainsi qu’à quelques amis de Kate.
3 heures plus tard, les garçons se plantèrent devant le bureau de Beckett en lui demandant de les suivre car ils avaient besoin de lui poser quelques questions pour s’assurer que rien ne leur échappe.
Chapitre 8.
Beckett protesta en voyant que les garçons se dirigeaient vers l’une des salles d’interrogatoire.
-« Non… Sérieusement ! Vous plaisantez là ? »
-« Jones et son équipe réquisitionne la salle de conférence pour faire le point sur leur enquête. La salle de repos la plus confortable est occupée par Karpowski. On pourrait te questionner ici, devant tout le monde ! Après tout, tu n’as rien à cacher, n’est ce pas ? Tiens, il ne manquerait plus que Castle arrive pour que ce soit parfait ! » ironisa Ryan.
Beckett se dirigea alors tout droit vers la salle d’interrogatoire et s’assit sagement en lançant des regards noirs aux enquêteurs.
-« Qu’est ce que vous avez bien pu découvrir qui nécessite autant de mystères ? »
Les deux garçons s’assirent face à elle et chacun posa devant lui le résultat de leurs quelques heures de recherche.
-« Rassure toi, après ce qu’il a apprit tout à l’heure, Castle n’est certainement pas prêt de revenir. On est entre nous. » expliqua Esposito.
-« Qui est le père de Charlie ? » demanda Ryan comme s’il ignorait la réponse.
Beckett le regarda en soupirant.
-« C’est pour l’enquête… » justifia Esposito.
-« Castle ! » répondit elle agacée. « Est-ce que j’en suis sûre ? Oui, je l’aimais et je ne l’ai jamais trompé ! » elle essayait de répondre le plus rapidement possible pour en avoir vite fini et pouvoir continuer les recherches
-« On a essayé de savoir si tu avais un petit ami, ou un homme qui aurait voulu s’imposer un peu plus, mais on a rien trouvé ! »
-« Normal, il n’y a rien à trouver ! Quoi ? Ne me dévisagez pas comme ça. Vous croyez que j’ai envie que mon fils découvre un homme différent chaque matin dans mon lit ? » affirma t elle. Elle était en train de penser qu’après Castle, aucun autre homme n’aurait pu faire le poids. « Maintenant que vous savez ce qui VOUS intéresse le plus, vous avez d’autres questions, où c’était vraiment tout ce que vous vouliez savoir ? »
-« Ok… Puisque tu y tiens. Parlons de ton travail. » Proposa Esposito.
-« Je travaille à la criminelle, au 88 th. Je fais exactement le même travail. Vous n’avez qu’à vérifier ! »
-« Rassures toi, c’est ce que j’ai fait. D’ailleurs il est vraiment trop sympa le Lieutenant Jerald. Il dit que la seule chose qu’il pourrait te reprocher, est d’arriver systématiquement en retard. Mise à part ça, leur café est dégueux ! » Dit il en faisant une grimace.
-« Tu as été trouver mon boss ? » demanda-t-elle surprise du culot dont il avait fait preuve.
-« J’allais me gêner ! Faudra que tu m’expliques comment l’un des meilleurs lieutenants de la ville se retrouve à aller chercher les dossiers et servir le café !» exagéra-t-il pour la provoquer.
-« Parce que ça paie les factures… Que je peux arriver en retard TOUS les matins sans avoir trop de problèmes et que je quitte le bureau à 18h pile, tous les soirs pour retrouver mon fils ! » commença-t-elle à s’énerver.
Esposito fit mine de rien et continua tout naturellement.
-« Après je suis passé chez toi, mais ça, tu le sais déjà ! J’ai vu ton gardien t’appeler. Dis donc, c’est le bordel chez toi ! Ta femme de ménage est en vacances ou elle a démissionné ? »
-« Je ne crois pas qu’elle ait les moyens de se payer une femme de ménage ! » coupa Ryan. « Ton salaire à considérablement baissé ou un enfant a suffit pour te ruiner ? »
-« Disons que… Beaucoup de choses ont changé! » dit-elle sans plus d’explications.
-« Quand cette affaire sera close, tu m’expliqueras comment tu fais pour prévoir et payer le matin les pizzas que tu commande pour le soir ! » continua Ryan en se moquant.
-« Super… Puisque vous vous êtes bien amusé à démonter ma vie, vous devez certainement savoir que même Lanie m’en veut d’avoir fait souffrir Castle, bien qu’elle soit toujours présente pour moi. Que bien qu’il ne m’ait jamais fait de reproche, mon père préférerait rester au lit le matin et pouvoir passer des soirées relax sans garder son petit fils ! Mise à part ça, vous avez des choses qui pourraient expliquer pourquoi un malade a enlevé mon petit garçon de 3 ans et demi ? » Kate posa sa main sur sa tête. Elle retenait ses larmes en constatant que sa vie était un véritable désastre.
-« D’après ta sécurité sociale, tu leur dois plus de 5000 $ ? Tu n’aurais pas emprunté de l’argent à des gens pas très fréquentables ? Parce que je ne sais pas trop comment tu comptes payer, mais tu es loin de disposer pas d’une telle somme ! »
-« Tu sais, dans n’importe quelle affaire de ce genre, on soupçonnerait l’un des parents d’avoir fait enlever leur enfant et de demander une rançon à l’autre… Après tout, Castle a les moyens. Même si ces derniers bouquins ne se sont pas bien vendus, 5000 $, ce n’est pas ce qui le ruinerait ! » soupçonna Esposito.
-« NON MAIS CA NE VA PAS ! Tu déconne là ? Tu crois vraiment que j’aurais pu faire enlever mon fils, ainsi que ses copains pour que Castle paye mes factures ! » dit elle en hurlant, à bout de nerfs. « Si j’avais fait une telle chose, pourquoi j’aurais enlevé les 4 autres ? Pourquoi ‘Connor’ ? Il s’appelle Charlie, je te rappelle ! Et pourquoi faire partie de l’enquête et essayer de le retrouver en vie ? »
-« Pour brouiller les pistes. » affirma naturellement Ryan.
-« D’après ton boss, ton gardien d’immeuble et à en juger par le désordre de ton appart’, ton fils est du genre plutôt remuant. Tu sais, le genre de garçon que tu préfères voir chez les autres. Je me souviens encore d’une affaire où des parents nous avaient laissé leur fille pendant plusieurs jours afin de terminer tranquillement leurs vacances. Quelques jours de calme, plus 5000 $ de Castle, ça pourrait être un excellent motif. » continuait le Latino.
-« Je n’en reviens pas que vous puissiez penser une telle chose ! » dit Beckett complètement abasourdie que ses collègues puissent imaginer un tel scenario. « Seulement, vous oubliez un détail dans cette superbe théorie : Castle ignorait qu’il avait un fils. » affirma-t-elle les yeux pleins de larmes. Elle se leva, mais resta à la même place. « Ecoutez, je sais que j’ai fait beaucoup de mal à Castle. Vous pensez ce que vous voulez de moi ! Et Charlie est loin d’être le genre de petit garçon bien sage qui s’occupe calmement sans même qu’on le remarque, si tu me donnes ton carnet de notes, je te le remplis avec tout un tas de bêtises qu’il est capable de t’inventer en même pas une après midi ! Mais c’est MON fils. Et si quelqu’un me téléphonait là tout de suite, en me disant qu’il va bien et que je peux aller le chercher. Même à l’autre bout du monde, je ne mettrais pas 3 jours pour y aller ! » Elle s’arrêta quelques secondes avant de
continuer. « Tu veux savoir comment je vais rembourser ma sécurité sociale, très bien. J’ai vendu ma guitare, c’est une James Goodall. Neuve, elle vaut plus de 7000 $, j’en ai obtenu 2 700. J’ai également vendu mon home cinéma aux enchères, et un livre dédicacé de Castle que j’ai mis en vente devrait me rapporter plus de 1200 $. Je n’ai jamais rien demandé à Rick, et je ne comptais pas commencer aujourd’hui ! »
-« 1200 $ pour un bouquin dédicacé ? J’en connais un qui va avoir la grosse tête ! » fit Ryan en regardant Esposito.
-« C’est une édition limitée, il est plutôt en mauvais état, mais la dédicace est sympa et originale ! » répondit Kate, en pensant à la valeur sentimentale que représentait cet ouvrage. « Elle écrivit sur le bloc note de Ryan le nom des sites où trouver les objets en questions. « L’argent ne devrait plus tarder à arriver sur mon compte, tu n’auras qu’à vérifier ! »
Beckett n’en pouvait plus de cet interrogatoire, elle s’était dirigée vers la porte, l’avait entrouverte et s’apprêtait à sortir, mais elle se retourna légèrement pour leur faire face une dernière fois.
-« Je sais que je ne suis pas prête de revoir mon fils ! Ou peut être un week-end sur deux, si j’arrive à trouver un bon avocat. Mais je préfèrerais le savoir avec son père, plutôt que de l’imaginer avec un malade capable de battre une femme et de lui tirer une balle en pleine tête. »
Kate partit de la pièce et sortit prendre l’air. Elle savait qu’en tant que flics, ils étaient obligés de vérifier toutes les hypothèses, mais elle pensait que celle-là, ils l’auraient éliminée d’office.
Les garçons s’en voulaient d’avoir été aussi loin et de ne pas avoir fait preuve de plus de tac vis-à-vis de leur coéquipière. Peut-être étaient-ils encore furieux de la manière dont elle était partie ? Peut-être voulaient-ils lui prouver qu’eux aussi étaient capables de faire craquer n’importe qui, tout en restant décontractés et sûrs d’eux. Mais en la voyant dans cet état, ils ne pouvaient s’empêcher de se dire qu’ils y avaient été un peu fort tout de même.
De l’autre côté du miroir sans teint, Castle était lui aussi dans un drôle d’état. Il était arrivé au moment où Esposito commençait l’interrogatoire en disant que l’auteur ne serait pas prêt de réapparaitre et qu’elle pouvait parler librement. Il était donc là depuis le début. Il put donc constater que Jim ne lui avait pas menti : la vie de Beckett était loin d’être un conte de fée. Il avait eu les larmes aux yeux à plusieurs reprises, mais les dernières phrases de Kate l’avaient complètement achevé.
Chapitre 9.
Beckett était sortie s’aérer un peu après cet interrogatoire. Castle sortit de la pièce d’où ils les avaient observés et s’approcha de Ryan et d’Esposito, qui étaient retournés à leur bureau.
-« Kate est malade ? » demanda-t-il inquiet.
-« Non, rassures toi, ils sont en bonne santé tous les deux. Seulement, apparemment, Charlie a subi plusieurs tests médicaux avant de trouver un virus... Il n’y a pas trop de détails. » Expliqua Ryan. « Rassures toi, il n’a rien de grave, c’est justement pour ça que la mutuelle s’est retournée contre Beckett. Une partie des examens qu’il à subi étaient destinés à déceler une maladie qui en fait est héréditaire. Vu que tout était négatif, la mutuelle a estimé qu’elle aurait dû se renseigner auprès de ses proches avant de dépenser l’argent public. Donc il lui réclame l’argent qu’ils ont versé. »
-« Tu pourrais me trouver le numéro de compte de… ?»
Il n’eut même pas le temps de terminer sa phrase que Ryan lui tendait déjà un bout de papier avec le numéro de compte de la sécurité sociale de Beckett, ainsi que les références de la facture.
-« Je suis si prévisible que ça ? »
-« Disons qu’on te connait bien ! » affirma Esposito. « On espérait que tu arrives à temps pour assister à l’interrogatoire. Ça t’a plu ? »
Castle se contenta de lui adresser un petit sourire et de s’installer au bureau de Beckett.
Lorsque celle-ci remonta, elle accepta les excuses des garçons qui affirmaient qu’ils n’avait fait que leur travail. Elle leur répondit qu’elle ne leur en voulait pas et s’approcha de Castle qui avait l’air fort occupé. Ryan et Esposito préférèrent s’éclipser discrètement.
-« Qu’est ce que tu fais ? » demanda-t-elle en le regardant se servir de son PC comme si c’était le sien.
-« Je paye une facture. » répondit il en terminant l’opération.
-« Tu n’es pas sensé faire ça chez toi ? »
-« Et c’est la femme qui paye ses pizzas en arrivant au bureau le matin qui me dit ça ! »
Kate le dévisagea en ouvrant des grands yeux. Soit les garçons lui avait répété tout ce qui avait été dit, soit il était derrière le miroir à écouter.
-« Rassures toi, ils ignoraient que j’étais là ! »
Beckett se sentait vraiment honteuse. Elle ne savait pas s’il avait été présent depuis le début et s’il était resté jusqu’à la fin, mais c’était terriblement gênant tout de même. Elle préféra ne pas poser la question et s’approcha du tableau, où elle remarqua qu’Esposito avait déjà noté que rien de suspect n’apparaissait dans la vie des Beckett. Castle se leva et s’approcha de Kate en lui tendant un papier qu’il venait de faire imprimer. Beckett le regarda d’un air suspicieux, lu le document et le dévisagea.
-« Rick ! Tu n’étais pas obligé… Enfin, c’est gentil, mais... »
-« Il n’y a pas de mais ! 5000 $ ne vont pas me ruiner tu sais. »
-« Rick... J’aurais trouvé l’argent. »
-« Je sais… Tu ne m’aurais jamais rien demandé. Tu ne m’as jamais rien demandé, et c’est probablement pour ça que j’aurais été jusqu’à décrocher la lune pour toi ! » Beckett regardait le tableau et n’osait pas affronter son regard. « J’avais envie de cette vie là, Kate. J’avais envie de fonder une famille avec toi. J’aurais été fou de joie d’apprendre que tu étais enceinte. Je sais qu’on avait beaucoup de problèmes, mais on aurait réussi à surmonter tout ça ! »
Kate le dévisageait. Elle n’en croyait pas ses oreilles. Ils étaient au plein milieu de commissariat, mais elle s’en fichait complètement. Elle était bien trop inquiète pour son fils pour se préoccuper de ce que pouvaient penser les autres.
-« Pourquoi tu ne m’as pas dit tout ça il y a 4 ans… ? Pourquoi ? »
-« Parce que tu ne m’as pas laissé le temps de parler. Parce que tu as décidé que la conversation était terminée, sans même que je n’ai eu l’occasion de dire quoi que ce soit. Je sentais que tu n’allais pas bien, mais je ne voulais pas t’affronter. J’avais peur de te perdre. J’avais peur ne pas être à la hauteur, de ne pas te rendre assez heureuse.» expliqua Castle avec une larme au coin de l’œil.
En entendant ça, Kate s’en voulait encore plus de la minière dont ça s’était terminé entre eux. A cet instant précis, elle aurait aimé pouvoir retourner 4 ans en arrière et parler avec Rick au lieu de gâcher la plus belle histoire d’amour qu’elle n’ait jamais eu.
-« Beckett… Euh ! Excusez-moi de vous déranger. » dit timidement Ryan. Il se souvenait encore de la dernière fois qu’il avait osé les interrompre et du carnage que ça avait été. « Du renfort… » dit-il en faisant signe à Beckett de regarder derrière lui.
-« Lieutenant Beckett ! Ça alors. Te voilà chef d’équipe. »
-« Chef ? Mais qu’est ce que vous faites là ? » demanda-t-elle surprise.
-« Je prend ma retraite le mois prochain. Il est hors de question que l’une de mes enquêtrices soit obligée de se débrouiller avec une telle affaire. Rassures toi, il y a plein d’autre policier au 88 th, ils peuvent bien se passer de nous pendant quelques jours. » affirma-t-il en lui faisant un clin d’œil. Il montra les inspecteurs Clarck et Hodgins qui complétaient l’équipe. En un rien de temps, les deux autres inspecteurs empruntèrent la table de la salle de repos, ainsi que 3 chaises et arrivèrent à tout caser dans leur espace de travail.
-« Alors Chef ! Quel est le programme ? » dit il en s’asseyant et attendant les ordres.
-« Lieutenant Jerald » fit Gates de son air autoritaire et contrariée en arrivant derrière lui. « Tu peux m’expliquer pourquoi c’est ton Capitaine qui m’avertit que tu vas venir envahir mon service ? » visiblement, elle attendait des explications.
-« Je savais que tu n’apprécierais pas ! Mais j’ai tout fais dans les règles. Tu devrais être fière de moi ! » dit il avec un léger sourire. Ne craignant visiblement pas Iron Gates.
-« Je t’ai envoyé Beckett il y a 4 ans, c’était pour que tu la surveilles. Pas pour que tu prennes ses mauvaises manières ! »
Kate baissa les yeux et toute l’équipe se retenait de rire. Même Castle préféra garder de silence et ne pas se faire remarquer.
-« Bah… Je la surveille là ! » dit il avec un air enfantin que Beckett connaissait chez Castle, mais qu’elle n’aurait jamais imaginé chez son supérieur.
-« On règlera ça à la maison. En attendant, c’est Beckett qui dirige l’enquête, alors tu vas devoir te plier à ses ordres. » dit elle en repartant furieuse vers son bureau.
Tous dévisagèrent le lieutenant Jerald qui leur assura avec le sourire qu’elle s’en remettrait. Qu’elle était probablement juste furieuse qu’il ne lui ait rien dit ce matin au petit déjeuner.
-« Bah quoi ? Vous ignoriez qu’elle aussi avait une vie privée ? Je vous assure que sous ses airs rudes, c’est une femme exceptionnelle. » dit il complètement sous le charme de son épouse, avant de se rendre compte que tous les autres faisaient une drôle de tête. « Bon… Chef… Il est presque 16 heures. Qu’est ce qu’on fait ? » demanda-t-il un peu mal à l’aise.
-« Il reste encore la vie de 4 familles à fouiller… Sans compter qu’on est sûr de rien, alors il faudrait continuer à fouiller sur Clara Russell. On va se répartir le travail pour aller plus vite. Demain matin, on appellera les parents de chaque enfant et on les interrogera séparément après avoir fait une petite réunion pour partager nos informations et réfléchir ensemble. »
Ils se mirent immédiatement au travail. Castle se chargea d’emprunter deux PC aux collègues du service pour qu’ils puissent tous avoir accès aux données de la police. Ensuite, il se chargea des sandwichs (car tous étaient conscients qu’ils ne rentreraient pas à l’heure ce soir là). Il revint avec également suffisamment de café pour chacun. Il déposa devant Beckett celui à la vanille et posa les autres devant les inspecteurs.
-« Règle 55. » commença l’inspecteur Hodgins. « Ne JAMAIS apporter de café à Beckett, sauf si tu veux la voir pleurer pendant le reste de la journée ! » récita-t-il.
Ryan et Espo se cachèrent pour ne pas rire. Castle affichait un léger sourire en pensant qu’il avait dû manquer à Beckett bien plus qu’elle ne voulait l’admettre. Beckett fusilla du regard, le jeune inspecteur qui baissa la tête, ne sachant plus où se mettre. Clarck et Jerald se contentèrent d’admirer l’autorité de Beckett en tant que chef d’équipe.
-« Visiblement, cette règle n’est pas valable pour tous le monde ! » avoua Hodgins à voix basse, osant à peine regarder sa supérieure.
-« Rassurez moi, toutes vos règles ne me concerne pas ? » changea-t-elle de sujet.
Les deux plus jeunes inspecteurs du 88th se regardèrent avec un petit sourire.
-« Mais non… Il n’y en n’a qu’une vingtaine qui ne concerne que toi ! » affirma Clarck en buvant une gorgé de son café.
Malgré les circonstances dramatiques de cette enquête, ils étaient parvenus à arracher quelques petits sourires à Beckett et continuèrent les recherches dans une ambiance sereine et bien moins tendue.
Chapitre 10.
Il était presque 21 heures lorsque Beckett renvoya les membres de son équipe.
-« Quoi ? Mais on est loin d’avoir fini ! » protesta Ryan.
-« Vous êtes arrivé à 6 heures ce matin. Il est déjà très tard. Sans compter qu’on ne va plus se permettre de déranger des gens à cette heure-ci pour leur poser une question ou l’autre sur leur employé, leur ami ou leur voisin. On n’obtiendra rien de plus ce soir. Autant rentrer chez vous ! »
En tant que maman, elle mourait d’envie de leur dire de rester et de continuer à fouiller jusqu’à ce qu’un truc bizarre apparaisse, toute la nuit s’il le fallait, et encore les jours suivants, mais c’était la chef d’équipe, et elle se devait d’agir en tant que telle. Elle ne pouvait pas les forcer à rester de service tout le temps que nécessitait cette enquête.
-« Il vous a fallu plus de 3 heures à vous deux pour découvrir quelques petites choses sur moi, et vous aviez l’avantage de savoir où je travaille et vous saviez que mon père ne se priverait pas de vous parler… Je n’ose même pas imaginer ce que Lanie a pu vous raconter elle aussi ! Enfin bref, je sais qu’on ne résoudra pas cette histoire ce soir. Alors rentrez chez vous. C’est un ordre. » essaya de raisonner Beckett devant l’équipe au grand complet qui était prête à passer une nuit blanche au poste.
Jerald n’en revenait pas lui-même de cet ordre. Beckett faisait preuve d’un incroyable self contrôle pour être capable de prendre ce genre de décision. Il n’était pas du tout certain que dans une situation similaire, il aurait été capable de prendre autant de recul. Ils rentrèrent donc tous chez eux pour profiter de quelques heures de repos bien mérités.
Une demi-heure pus tard, Beckett pensait être seule dans le service, toujours face au tableau. Elle n’arrivait pas à détacher son regard de la photo de Charlie. Elle ignorait combien de cliché le photographe avait dû prendre pour arriver à avoir une photo aussi parfaite, mais en tout cas, c’était vraiment réussit. L’une des seules photos où il prenait la pose, sans faire ni grimace ni pitrerie.
-« Il me ressemble ? » demanda Castle qui cherchait à en savoir un peu plus sur son fils.
-« Il a une imagination débordante. Il adore faire le pitre et faire rire les autres. Il a un don extraordinaire pour les bêtises et pour me mettre en pétard… » sa gorge se noua, elle baissa les yeux un instant. « Il est fan de Superman. Il adore les avions aussi… » elle plongea ses yeux dans le regard de Castle. « Il a tes yeux, ton regard… Certaines de tes petites mimiques aussi. Oui, il te ressemble vraiment beaucoup. » affirma-t-elle, des larmes plein les yeux.
-« Toi aussi, tu devrais rentrer et te reposer un peu. » conseille Rick qui était resté uniquement pour s’assurer qu’elle ne passe pas une deuxième nuit blanche. C’était elle la chef d’équipe. Ils avaient besoin qu’elle soit en forme pour mener l’enquête.
Elle ne répondit pas tout de suite, ses yeux étaient envahis de larmes et elle se sentait incapable de sortir le moindre son de sa bouche. Il fallut un peu de patience à Castle avant d’entendre une réponse.
-« Je ne peux pas rentrer chez moi Rick ! » arriva-t-elle à peine à articuler. Il n’ajouta rien de plus. Il la connaissait suffisamment bien pour espérer que d’elle-même, elle se livre un peu plus. « Ce matin, je me suis fâchée, je lui ai crié dessus ! » continua-t-elle. « Il était debout sur la table, il jouait à je ne sais pas quoi… J’ai crié et il a sursauté, renversant ses céréales, son chocolat chaud ainsi que mon café…. Il y en a partout ! » dit elle en laissant une larme couler sur sa joue.
Castle ne savait pas quoi répondre. Voir Kate dans cet état lui faisait mal au cœur. Même s’il lui en voulait toujours de l’avoir privé de son fils, ils partageaient la même souffrance, ils étaient là pour les même raisons : retrouver Charlie.
-« Est-ce que tu veux que je demande à Maria d’aller chez toi ? » fut la seule chose qu’il trouva à dire. Beckett le regarda surprise de cette proposition : Castle lui proposait de lui envoyer sa femme de ménage, mais les céréales et le chocolat renversé n’étaient pas vraiment le problème.
-« Non, ça ira. » répondit elle simplement en voyant son regard à la fois perdu et sérieux.
Ils étaient toujours debout, côte à côte, devant le tableau blanc. Une longue minute de silence s’écoula avant que Beckett ne se décide à continuer.
-« Je ne veux pas rentrer ! Je ne veux pas enjamber tous les jouets qui traînent, je ne supporterais pas de passer devant sa chambre en me disant que je ne sais même pas où il est… Que je suis incapable de retrouver mon fils… Je ne sais même pas s’il va bien ! » Kate fondit en larmes rien qu’en imaginant le pire.
Malgré les sentiments contradictoires qui se bousculaient toujours dans sa tête, Rick ne se posa aucune question et réagit naturellement en la prenant dans ses bras. Il la serrait tout contre lui pendant qu’elle pleurait, la tête enfouie dans son cou. Lorsqu’elle reprit un peu ses esprits et se rendit compte de la situation, elle s’écarta, s’excusa et s’assit à son bureau.
-« Excuses-moi. Tu es la dernière personne auprès de laquelle je devrais me plaindre ! »
Rick s’assit sur la chaise à côté du bureau de la jeune femme, comme il le faisait autrefois. Il l’observa un instant avant de plonger sa main dans l’une de ses poches et de poser une clé sur le bureau de Kate. Elle reconnut immédiatement le porte clé en forme de cœur. Elle savait que c’était la clé qu’elle avait posée sur l’ilot de la cuisine, quelques années auparavant.
-« Rick… Non ! » soupira-t-elle.
-« Tu fais comme tu veux. Tu peux passer la nuit dans les fauteuils de la salle de repos, louer une chambre dans un motel où passer la nuit chez ton père… Mais si tu ne sais pas où aller … » il fit glisser la clé sur le bureau pour l’approcher de Beckett.
« Je t’offre juste un endroit un peu plus calme pour te reposer et essayer de penser à autre chose, ne serait ce que quelques minutes. »
Il parlait calmement et la regardait, visiblement très touchée par cette attention, elle ne savait pas quoi faire. Il la laissa réfléchir un peu avant de continuer.
« Mère a emménagée avec Bob. Alexis passe la plus grande partie de ses soirées et de ses nuits à réviser avec son ami ; et non, je ne veux pas savoir ce qu’ils révisent au juste ! » précisa-t-il pour alléger l’ambiance. « J’avais annulé une partie de poker, mais je crois que je vais quand même y aller, pour essayer de me changer les idées. Je crois que j’ai besoin de faire le vide ! Donc, si tu acceptes, tu seras tranquille. » assura-t-il avec un petit sourire.
-« Rick ! » tenta-t-elle de protester.
-« Si je suis revenu tout à l’heure, c’est pour l’enquête… Pour retrouver mon fils… Le notre ! Je te propose ça sans aucune arrière pensée. Tu fais comme tu veux ! »
Il prit sa veste, qui était sur une autre chaise, et partit sans se retourner. Après son départ, Kate tenta de s’installer dans la salle de repos, mais elle ne cessait de penser à Charlie… A Rick… A la vie qu’ils auraient pu avoir, qu’ils auraient dû avoir ! Elle n’avait pas envie de se réfugier chez son père. Elle n’avait pas envie de lui avouer qu’ils n’avaient toujours aucune piste. Elle n’avait pas non plus envie d’entamer une interminable discussion à propos de Richard Castle.
Elle avait renvoyé tous les autres se reposer et se changer les idées. Elle savait que la meilleure chose à faire pour l’instant était de se reposer pour pouvoir poursuivre l’enquête dans de bonnes conditions. C’est pour cette raison, qu’après avoir pesé le pour et le contre pendant près d’une heure, elle se releva du fauteuil plus qu’inconfortable, et se dirigea vers son bureau où elle prit la clé laissée par Castle. Elle ne comptait pas s’incruster, juste s’étendre quelques heures dans la chambre d’ami. Elle pensait qu’elle pourrait entrer sans faire de bruit, monter se reposer et s’en aller de très bonne heure dès le lendemain, sans même que personne ne s’aperçoive de rien.