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Véritas

Série : Castle
Création : 14.10.2012 à 13h10
Auteur : madoka93 
Statut : Terminée

« Et si la vérité sortait de la bouche de Kate Beckett ? » madoka93 

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Voila une fic terminée promis je la met jusqu'a la fin

 

Véritas



Trois jours que je la recherchais jours et nuits sans relâche. Trois jours que je ne dormais pas. Trois jours que l'angoisse de la retrouver morte faisait son cheminement dans ma tête.


Je continuais envers et contre tout ! Je ne pouvais pas abandonner, non jamais elle était tout pour moi, ma partenaire, mon amie, la femme que j'aimais, que j'adorais, je ne pouvais pas abandonner car cela voulait dire que je l'abandonnais elle. Et même si je devais retourner la planète entière, je la retrouverais. Je priais les dieux et tous les saints auxquels je n’avais jamais cru pour me la ramener en vie.


Et aujourd'hui serait sûrement ce jour où je serais exaucé car j'avais enfin une piste. J’avais prévenu Esposito et Ryan, ils allaient arriver mais moi je ne pouvais pas attendre, non, je devais y aller car chaque seconde comptait.


Alors je m'engouffrais dans cette maison délabrée dont la charpente tenait par l'opération du saint esprit

Je m'avançais dans cette demeure sombre et humide.


L'appelant aucune réponse ne se fit. Je renouvelais là encore toujours rien. C'est alors que je la vit tête baissée attachée à une chaise. Mon sang se figeait dans mes veines, elle était inerte, je déglutissais et m'approchais le cœur au bord des lèvres redoutant le pire.


« Kate ? » Appelais-je en arrivant à sa hauteur.

 

Aucune réaction, c’est le cœur battant que je prenais son pouls et après un long soupir, je relevais la tête au ciel, le remerciant silencieusement. J’entreprenais de la détacher, son corps partait en avant, je la rattrapais, la serrant contre moi.


« Je vais te sortir de là ! »

 

Un gémissement se fit entendre, puis un mouvement.


« Hummm… Cast … ? »


« Oui c’est moi je suis là ! »

 

Elle se serrait contre moi dans une étreinte de remerciement


« Comme toujours… » Me répondit-elle.


« Oui toujours Kate ! »

 

Je souriais, la prenant dans mes bras et la soulevais du sol. Elle encerclait les siens autour de mon cou, y enfouissant sa tête. J’étais un peu surpris de son attitude mais mettais ça sur le compte de la peur qu’elle avait dû vivre durant ces trois jours.


« J’ai appelé une ambulance, ils ne vont pas tarder Kate. »


« Hummm ! »

 

Son souffle sur mon cou me déstabilisait quelque peu, sa divine odeur envahissait mes narines. Je fermais les yeux, je devais me reprendre ce n’était pas le moment vraiment pas le moment de penser à ça, elle, dans mes bras, son odeur, son souffle, sa peau, ses lèvres embrassant la mienne… J’ouvrais de grands yeux ses lèvres embrassant ma peau ? Les ambulanciers arrivèrent rapidement et prirent en charge Kate. Esposito et Ryan arrivaient à leur tour, je leur faisais signe que Kate était sauve et leurs visages se détendaient. Je montais avec les soignants dans le camion et m’asseyais en face de ma partenaire laissant suffisamment de place pour que les secouristes fassent leur travail. Elle me regardait d’un air étrange, je déglutissais, non elle me dévorait des yeux. Avais-je pris mes désirs pour la réalité et rêvé ses baisers ?


Je la regardais comme hypnotisé. Puis un secouriste me cachait la vue, je soupirais passant une main lasse sur mon visage aux traits tirés. Maintenant que je l’avais retrouvée saine et sauve, la fatigue me retombait dessus comme un coup de massue. Et j'en venais même à halluciner.


L’ambulancier se rasseyait après avoir examiné Kate. Cette dernière me fixait toujours, elle m’envoyait un baiser imaginaire en me faisant un clin d’œil. J’ouvrais en grand la bouche ainsi que les yeux. Non mais qu’est-ce qu’elle était en train de faire ? La déshydratation lui atteignait le cerveau ou quoi ?


Le véhicule des urgences s’arrêtait devant le service concerné par l’état de ma partenaire. Ils la sortaient du camion et je suivais en sautant la marche courant derrière.


« Jeune femme 32 ans en déshydratation légère réagit bien aux stimulus, légèrement confuse. Pouls assez rapide, arythmie ok, Sat ok. »


« Bien amenez-la au box 10.5. »

 

 Je m’avançais mais une infirmière m’arrêta.


« Non ! Monsieur vous ne pouvez pas entrer ! »


« Mais… »

 

Je ne voulais pas la quitter, la laisser seule, pas après trois jours d’angoisse, c’était insupportable. La soignante posa une main sur mon bras.


- « On prendra bien soin d’elle, je vous promets, il ne lui arrivera rien ! »

 

Je la regardais avec un léger sourire crispé. Puis n’attendant aucune réponse de ma part elle partait. Et l’attente commençait. Je faisais les cents pas lorsqu’Esposito et Ryan arrivaient.


« Alors ? » Dirent-ils en cœur.

 

Ils se regardèrent sourcils levés. Je riais en pensant qu’eux aussi avaient dû s’entraîner pour une telle synchronisation.


« Rien j’attends, elle est déshydratée et euh… »


« Quoi ? » Demandèrent-ils à l’unisson.

 

Cette fois je riais franchement « Vous allez nous faire de la concurrence à Beckett et à moi-même ! »


Ils se regardèrent en coin puis hochèrent la tête, dépités.


« Monsieur Castle ? »

 

Je me retournais.


« Oui ! »


- « Venez votre amie vous réclame à corps et à cri » ironisait le docteur.

 

J’entrais dans la chambre quelque peu perplexe de part cette affirmation.


« Cast’ enfin tu es là ! »

 

Je regardais Esposito et Ryan, complètement soufflé par l’attitude de Kate.


« Viens vite ! »

 

J’approchais un sourire tendu sur les lèvres.


« Beckett ? Est-ce que ça va ? » M’enquérais-je de plus en plus étonné.


« Ouiiiiiiiiii car tu es là mon chéri ! »

 

J’ouvrais la bouche en grands, mes yeux suivant le mouvement. Je regardais le docteur.

 

Il se raclait la gorge « Hum, oui il semblerait que le détective Beckett soit un peu confuse. Nous lui avons fait une prise de sang mais je soupçonne fortement qu’elle ait été droguée. »

 

Je me figeais à ces paroles. Droguée ?

 

-« Mais co…comment cela droguée, elle euh… pourquoi ? »


« Je ne sais pas ce n’est pas moi le flic, une chose est sûre elle plane complètement ! » Je déglutissais. Pourquoi l’avaient ils droguée ? est ce que…


« Elle n’a pas été abusée rassurez-vous nous lui avons fait le test, elle présente juste des contusions aux poignets et une légère déshydratation rien de bien méchant ! »


« Mais quelle drogue lui a-t-on injectée ? »


« Aucune idée les analyses sont en cours, nous devrions avoir les résultats… »

 

Le médecin se stoppait brusquement. Kate s’était mise à genoux sur le lit. Lui tournant le dos, je ne l’avais pas vu de suite. Ses mains parcouraient mes épaules les caressant. Elle les faisait glisser jusqu’à mon torse.


« Castle chéri quand tu auras fini avec les guignols, tu t’occuperas un peu de moi. »

 

Mon cœur avait un raté. Elle faisait glisser ma veste le long de mes bras. Troublé je ne parvenais pas à réagir mais les regards amusés de Ryan et Esposito me faisais reprendre pied. Je me dégageais mais elle revenait à la charge collant sa poitrine contre mon dos. Elle soufflait sur l’arrière de mon oreille. Oh mon dieu, ce que c’était agréable. Je ne parvenais plus à me contrôler, elle me faisait perdre la tête. C’était donc d’une voix rauque que je l’implorais :


« Ka..ka.Kateuuuuuuuuuu arrête, je parle… Oh mon dieu ! »

 

Elle était en train de suçoter mon oreille devant tout le monde. Ce n’était pas possible qu’est-ce qu’ils lui avaient donné ? J’entendais les rires de Ryan, Esposito et du médecin. Tandis que ma muse me défaisait les premiers boutons de ma chemise.


« Bien nous allons vous laissez ». Disaient-ils en cœur.


« Mais euh vous n’allez pas me laisser seul, avec euh…elle… ! »Disais-je peu sûr de moi.

 

Ce que je vivais j’avais tellement voulu le vivre, parmi mes rêves les plus fous, mais elle était dans un état normal, pas comme ça. Je voyais la porte se refermée. Une force m’attirait en arrière. je me retrouvais plaquer contre le matelas. Kate sur moi en une fraction de seconde. Elle se penchait, je me crispais non pas comme ça ! Pourtant tout mon corps disait si, profites-en. Je fermais les yeux aussi forts que je pouvais.


« Je t’aime Rick ! »

 

Je les ouvrais surpris. Le visage de ma partenaire était à quelques centimètres du mien. Je la fixais et j’étais bouleversé. Ses yeux, mon dieu, ces derniers reflétaient une grande tendresse, de la sincérité, de l’amour…


Sans plus de préambule elle prenait possession de mes lèvres, je gémissais complètement déconnecté de toute réalité. Elle se mouvait contre moi me faisant comprendre ce qu’elle désirait. Elle exigeait l’accès à ma bouche sans sommation. Je ne parvenais pas à la repousser c’était tout ce que je voulais qu’elle se laisse aller enfin. Qu’elle m’accorde une chance, je cédais lui accordant ce qu’elle désirait et là, nos langues se rencontraient, j’avais déjà eu droit à un avant-goût de ses lèvres sucrées lors de notre baiser de diversion à ce moment aussi nos langues avaient fait connaissances enfin. Cette fois encore c’était atypique car elle n’était pas dans son état normal et alors que je la sentais se mouvoir contre mon désir naissant, sa langue livrant une bataille passionnée, je réalisais que je n’avais pas le droit de profiter d’elle, non pas comme ça, pas dans son état, je le désirais plus que tout mais je voulais qu’elle sache ce qu’elle faisait. Alors qu’elle finissait de défaire les boutons de ma chemise, je la repoussais donc me rasseyant. Elle était toujours assise sur moi. Me regardant étonnée de mon attitude. Mes mains étaient ancrées sur ses reins.


Elle me souriait ce qui me faisait fondre, son regard mon dieu, non, ne me regarde pas comme ça ! Kate se penchait sur moi de nouveau resserrant son étreinte autour de ma nuque.


« Je sais combien tu me désires pas besoin d’être devin ou flic pour savoir à la façon dont ton regard se pose sur moi à chaque seconde pour savoir que je te plais. Je l’ai toujours su je sais aussi tes sentiments… »

 

Je la regardais troublé alors que ses lèvres se rapprochaient des miennes. Les frôlant…


« Parce que je me souviens de tout ! »

 

Elle s’emparait de nouveau de ma bouche mais cette fois je la repoussais sans ménagement me levant avec elle puis l’asseyant sur le lit. Je la dévisageais, la colère montait en moi tandis que son sourire s’effaçait pour faire place à la détresse.


« Pourquoi m’as-tu mentis alors ? Pourquoi avoir dit que tu ne te souvenais pas ? »


« Je … » Commença-t-elle confuse.

 

Elle était interrompue par des coups à la porte puis le médecin entrait avec un dossier à la main.


« Bon selon les analyses, il semblerait que l’on ait fait prendre à mademoiselle Beckett du cannabis associé au thiopental sodique ! »


« Du cannabis et du sérum de vérité ? Mais pourquoi ? »


« Et bien je pense qu’ils ont voulu lui faire avouer quelque chose ! »


« Mais quoi ? »


« Hey oh, je suis docteur pas inspecteur ! Je vais la garder ici pour la nuit, elle pourra sortir demain ! Rentrez chez vous tout ira bien maintenant. »

 

Je regardais Kate qui semblait écouter la conversation d’une oreille distraite, ses traits étaient tirés. Comme si d’un coup toute la fatigue lui était tombée dessus.


« Je peux rester cette nuit ? »

 

Kate releva vivement la tête surprise.


« Oh bien ce n’est pas très réglementaire mais étant donné les circonstances et si une nuit dans l’inconfort d’un fauteuil ne vous gêne pas. Vous avez une cafétéria ouverte jusqu'à 22 heures si vous voulez ! »


« Merci ! Je verrais cela. »

 

Le médecin prenait congé nous laissant seuls de nouveau. Je soupirais me tournant vers elle, je voulais une explication mais vu son état de fatigue je ne demandais rien. Et puis je voulais qu’elle s’explique avec toute sa lucidité pas dans cet état de confusion, qui lui faisait faire et dire des choses qu’elle n’aurait jamais dites ou faites en temps normal.


« Pardon ! »

 

La voix de Kate me sortait de mes songes. Je la voyais vraiment désolée. Elle était déboussolée, angoissée par ma réaction. Quoi de plus normal ? Elle avait dû penser que je la détesterais mais ce n’était pas le cas, je l’aimais trop pour cela. Déçu non elle pourrait faire ce qu’elle voulait elle ne me décevrait jamais, je savais qu’elle devait avoir ses raisons pour son mensonge. En colère, oui un peu mais surtout blessé, oui-là était le mot qui convenait. J’étais vraiment blessé car même si je savais que ce n’était pas son intention de me faire du mal, cela était le cas. J’avais mal, car je lui avais dit je t’aime et elle avait feint de ne plus s’en souvenir que devais-je en déduire ?


Je la regardais elle s’était endormie épuisée. Je ne pouvais retenir un sourire. Elle était si belle, tel un ange mais son visage n’était pas serein. Malgré les drogues, elle avait sans doute compris que sa révélation m’avait bouleversé et se demandait à quelle sauce elle allait être mangée. Je voulais une explication assurément mais je ne me mettrais pas en colère, j’avais failli la perdre. Ces 3 jours avaient été si éprouvants pour moi comme pour elle, surtout pour elle. Je n’en rajouterais pas, je prendrais sur moi. Mais lorsqu’elle irait mieux, il faudrait qu’elle fasse face. Me penchant sur elle je caressais son visage. L’observant, l’admirant, non la contemplant. Mon cœur battant la chamade je me rapprochais un peu plus pour murmurer à son oreille.


« Dors mon ange, je te pardonne tout ! »

 

Comme si elle m’avait entendu elle se détendait instantanément. Je déposais un baiser à la commissure de ses lèvres.


« Mais sache que tôt ou tard il faudra faire face ! »


« Monsieur Castle ? »

 

Je me tournais et tombais nez à nez avec Jim Beckett. Je me levais d’un bond comme si l’assise du fauteuil était électrifiée. Il me fixait avec intensité et à ce moment j’avais l’impression que c’était Kate sous mes yeux, je déglutissais.


« Comment va ma fille ? »


« Ils la gardent pour la nuit pour plus de sûreté mais elle est juste légèrement déshydratée et… »

« Et ? »

 

Je soupirais cherchant les mots justes mais il n’y avait pas trente-six mille façons de l’annoncer.

« Et afin qu’elle évacue les drogues qu’on lui a injecté ! »

 

Je voyais le père de ma partenaire vaciller. Je le rattrapais de justesse et le faisais s’asseoir sur la chaise sur laquelle j’étais assis quelques instants plus tôt.


« Ne vous inquiétez pas tout va bien allez, elle aura tout évacué demain et pourra rentrer »

 

Le regard incrédule de monsieur Beckett se posait sur moi et je comprenais qu’à ce moment les mêmes interrogations que j’avais eues traversaient son esprit. En 3 jours elle aurait pu subir les pires sévices mais il n’en était rien et je remerciais le ciel pour ça.


« Ne vous inquiétez pas, elle n’a rien, rien du tout ! »

 

Il me regardait, soulagé et me souriait puis son attention se reportait sur son ange.


« Elle est tout ce que j’ai, après la mort de ma femme j’ai sombré mais ma fille ne m’a pas lâché sans elle je… »


« Votre fille va bien, n’y pensez pas ! » Dis-je posant une main sur son épaule, raffermissant ma prise en guise de soutien.


« Merci… »

 

Je le regardais surpris.


« Merci de l’avoir retrouvée et ramenée » Je souriais, et il ajoutait avant que je ne puisse dire quoi que ce soit « Merci d’être toujours là pour elle quoi qu’il arrive »

 

Je souriais de plus belle m’asseyant sur le lit. Las, je la regardais puis soupirais.


« Je suis son partenaire, c’est normal »


« C’est tout ce que vous êtes ? »

 

Cette question faisait son effet. Elle me bouleversait. Je fermais les yeux repensant aux mots que Kate avait prononcés. Exactement les mêmes et ma réponse fut la même :


« Je ne sais pas ce que nous sommes… »

 

Je soupirais fixant mon attention sur Kate endormie.


« Pour ma part je sais ce que je ressens pour elle … »

 

Je regardais monsieur Beckett prenant une profonde aspiration puis déclarais :


« Je l’aime… Je l’aime comme je n’ai encore jamais aimé une femme, j’aimerai pouvoir la chérir, la protéger… Mais… »


« Mais elle ne vous facilite pas vraiment la tâche ».

 

J’acquiesçais.


« Pas vraiment en effet »

 

Je soupirais de nouveau, la regardant, je ne pouvais retenir un sourire.


« Cette femme me fait tourner la tête avec elle je ne sais plus sur quel pied danser ! »

 

Je perdais mon sourire.


« Quelque fois je me demande si elle me laissera une chance un jour. J’ai beau tout faire pour lui montrer que je suis sincère, elle me repousse sans arrêt. Je fais un pas en avant elle en fait deux en arrière. Je me dis que je ne dois pas être l’homme qu’il lui faut, que les sentiments qu’elle a pour moi sont de simples sentiments d’amitié rien de plus. Plusieurs fois j’ai cru qu’ils étaient partagés mais que dois-je penser du fait qu’après lui avoir dit ce que je ressentais elle a prétendu n’en avoir aucun souvenir »

 

Jim me regardait d’un air grave, il ne disait rien comprenant que je n’avais pas fini mon monologue.

« Je l’aime sincèrement, je vous le jure. Mais que dois-je espérer d’elle au final ? Je suis en attente permanente d’un de ses sourires, d’une de ses confidences. Elle m’a fait comprendre qu’elle n’était pas prête à avoir une relation sérieuse avec moi tant que le commanditaire du meurtre de sa mère courrait toujours mais… et si on ne l’arrêtait jamais ? »

 

Je poursuivais sans m’arrêter avant de ne plus avoir le courage de poursuivre.


« Je veux construire quelque chose avec elle. Je voudrais qu’elle comprenne que quoi qu’elle fasse je serai toujours là pour elle, que je la soutiendrai. Que je serais là pour l’aider à se relever si elle tombe, mais elle ne veut pas le voir. Pendant trois longs mois elle m’a mis à l’écart de sa vie, je n’ai eu aucune nouvelle, j’aurais voulu l’aider à traverser cette difficulté mais elle n’a pas voulu de moi. Elle ne m’a pas fait assez confiance pour traverser cette épreuve… »

 

Je prenais une profonde inspiration, serrant les dents la gorge serrée.


« Je ne lui en veux pas. Qu’elle m’ait menti, je ne lui en fais aucun reproche. Qu’elle ait voulu m’éloigner d’elle je ne lui en veux plus, du moins plus du tout. Non, je n’ai aucune rancœur envers elle, je l’aime trop pour cela. Non je suis blessé, l’aimer me fait mal et parfois je me dis que je devrais partir pour ne plus souffrir mais c’est trop dur d’être loin d’elle. Pendant ces trois mois, j’ai perdu le goût de tout, j’étais l’ombre de moi-même. Tout me semblait si futile pourtant si elle n’était pas réapparue dans ma vie, je ne me serai plus manifesté. Je ne suis pas un homme qui impose ses sentiments. Même si au début je lui ai forcé la main pour être auprès d’elle, c’était pour les livres et aussi parce qu’elle me fascinait » Je souriais « Ce qui est toujours le cas d’ailleurs mais c’est tellement différent maintenant… Si elle me le demande je disparaîtrais de sa vie sans plus jamais m’imposer… »

 

Jim Beckett attendait un moment, s’assurant que j’avais fini puis prenait la parole :


« N’abandonnez pas, jamais. Même si elle vous demande de partir ne la quittez pas ! Ma fille avant la mort de ma femme respirait la joie de vivre. Elle était ouverte à tout mais était quelque peu sauvage malgré tout. »

 

Il marquait une pause.

 

« Mais après la mort de sa mère elle a dressé des barrières autour d’elle peu à peu aussi par ma faute. Ces barrières se sont transformées en mur, infranchissables. Elle n’a pas vraiment pu faire son deuil devant s’occuper de moi. Lorsqu’elle est rentrée dans la police elle a vite repris l’affaire de sa mère, s’engouffrant dedans, s’y noyant. Puis enfin elle s’est rendu compte qu’il fallait arrêter. Pourtant elle n’a pas vécu mieux pour autant. C’était un flic efficace proche de ses victimes mais aussi froide que la glace du moins en apparence »

 

Mr Beckett souriait « jusqu’à ce que vous rentriez dans sa vie, bien avant de par vos livres elle s’évadait. »


« Mais lorsque vous vous êtes imposé comme partenaire j’ai vu malgré tout ce qu’elle pouvait dire, une flamme se rallumer en elle. Puis grandir au fil des années. Vous avez sauvé ma fille, vous l’avez sortie du puits sans fond dans lequel elle avait plongé. Et même si j’étais furieux lorsque j’ai appris que vous aviez rouvert le dossier de sa mère, aujourd’hui je vous en remercie. »

 

Je l’interrompais « Pourtant tout est de ma faute, si je n’avais pas rouvert ce dossier, on ne lui aurait pas tiré dessus »


« Croyez-moi, cela se serait de nouveau imposé à elle un jour ou l’autre. Arrêtez de vous sentir coupable, vous n’êtes pas le tireur, ni le commanditaire de cette tentative de meurtre à l’encontre de ma fille »

 

Il se levait, s’approchant de moi et posait une main sur mon épaule.


« Persévérez. Je sens que vous êtes au bout du tunnel. Je sais que ma fille partage vos sentiments soyez patient, elle en vaut la peine ! »

 

Je le regardais interdit par ses paroles, puis reportant mon attention sur ma muse, je souriais.


« Oui elle en vaut la peine…»

 

Papa Beckett retirait sa main m’observait et proposait :


« Je vous paie un café ? »

 

Je souriais de plus belle.


« Avec plaisir » Répliquais-je en me levant.

 

Après un dernier regard à ma partenaire nous sortîons de la chambre.


« Vous êtes sûr de vous ? Un café dans cet hôpital est dangereux pour la santé ! »

 

Jim Beckett riait.


« Dans ce cas allons au café d’en face ! »


« C’est plus prudent en effet ! »


Alors que la porte se refermait laissant un silence paisible dans la chambre d’hôpital de Kate Beckett cette dernière ouvrait les yeux, un air de profonde réflexion peint sur le visage.

 


madoka93  (14.10.2012 à 13:11)

Alors voila bon jour pour vous car j'ai débauché plus tot (bon pour moi aussi lol) Kobalye si je suis levé si tôt c'est que je commence tres tot ! Voila tu n'auras pas le temps de me donner tes théorie farfelues mdr

 

Chapitre 2

 

Lorsque je me réveillais, c’est un violent mal de crâne qui m’accueillait, me faisant gémir de douleur. Je tournais péniblement la tête pour voir où j’étais. Mauvaise idée la douleur s’accentuait, me donnant la nausée. Je parvenais malgré tout à distinguer la pièce. Une chambre d’hôpital… Qu’est-ce que je faisais là ? Je parcourais la pièce des yeux en pivotant lentement la tête, j’étais seule.

 

Soupirant je me rappelais d’une conversation. Castle et mon père discutant de… Non en fait, j’avais dû le rêver ce moment. Puisque je me réveillais seule pas de daddy, ni de Castle à mon chevet. Juste moi me posant milles questions sur ce qu’il m’était arrivé, et le pourquoi de ma présence dans ce lit. Mais mon mal de crâne m’empêchait de réfléchir.

 

Trois petits coups se faisaient entendre puis la porte s’ouvrait sur l’objet de mes pensées.

 

«  Castle ! »

 

Il passait la tête par l’embrasure, son sourire si magnifique peint sur son beau visage. Je me baffais mentalement de pensé à lui comme cela, il était mon ami, mon partenaire rien de plus même si…

 

«  I love you kate … »

 

Je fermais les yeux chassant ce souvenir qui envahissait mes nuits, mes jours, mes pensées. Il m’aimait mais j’avais nié m’en souvenir et à présent nous étions dans l’impasse. 

 

J’entendais la voix inquiète de mon partenaire «  Kate ? Est-ce que ça va ? ».

 

Je souriais faiblement «  Oui Castle tout va bien ! »

 

 Mon ami me regardait, perplexe, mais ne dit rien. Il me tendait une pochette en papier. Je le regardais interloquée.

 

«  J’ai lu que lorsque l’on avait été droguée comme vous l’avez été, le réveil est difficile comparable à une gueule de bois, donc je suis allé chercher des antalgiques à la pharmacie pour vous soulager » M’expliquait-il un sourire radieux sur les lèvres.

 

J’ouvrais la bouche puis la refermais, profondément touchée par cette attention. Encore une ! Je le regardais verser de l’eau dans un verre puis me le tendre d’une main, le cachet dans l’autre. Je lui souriais puis prenais ce qu’il me tendait. Il me montrait aussi un sac que je reconnaissais comme étant le mien, et je l’interrogeais du regard.

 

« Je me suis permis, avec l’accord de votre père, d’aller vous chercher des affaires de rechanges ainsi que de toilettes. Vous voulez certainement prendre une douche avant que nous partions ». Il me regardait d’un drôle d’air, se raclant la gorge « Je n’ai pas fouillé rassurez-vous, j’ai pris ce qui venait, mais nous sommes d’accord que vous ne pouvez pas rentrer avec vos affaires dans l’état ou elles sont. »

 

Il ouvrait la porte du placard de la chambre et je constatais en effet que mes vêtement étaient déchirés et crasseux.

 

«  En effet,  c’était plus que nécessaire, merci ! » Lui disais-je en souriant.

 

Un silence s’installait entre nous.  Je me perdais un long moment dans ses yeux, fascinée par ce qui se passait dans son regard, puis brutalement il rompait la connexion en baissant la tête.

 

« Vous vous souvenez de quelque chose lors de votre captivité ? »

 

«  Pas vraiment… je me souviens d’être sortie de chez moi pour mon jogging matinal puis alors que je revenais de ma course, quelqu’un à surgit puis plus rien. »

 

Je scannais mon acolyte qui avait les sourcils froncés, il réfléchissait.

 

«  On vous a droguée Kate ! »

 

Je le regardais. Il avait cet air grave que je ne lui avais que rarement vu.

 

« Ils voulaient vous soutirés des informations, lesquelles, je ne sais pas, car lorsque je suis arrivé sur place vous étiez seule… » Il déglutissait  «  Inerte… J’ai cru que… » Sa voix mourait dans un râle.

 

Je comprenais où il voulait en venir et posais ma main sur la sienne «  Cast …Je vais bien maintenant grâce à vous ! »

 

Il me regardait d’un air triste qui me fendait le cœur «  Pendant 3 jours Kate… j’ai imaginé le pire, je vous ai cherché nuit et jour… »

 

Il soupirait, je le regardais troublée.

 

«  Vous souvenez vous de quelque chose d’autre avant ou après, je veux dire lorsque je vous ai retrouvé ? »

 

Il respirait bruyamment. Je comprenais que ces 3 derniers jours avaient été éprouvants pour lui. Pour ma part, je n’en avais aucuns souvenirs pour le moment, certainement à cause des drogues.

 

«  Non c’est très flou… je me rappelle vaguement que l’on me posait des questions sur je ne sais plus quoi tout en m’injectant dans les veines quelque chose, mais c’est si flou Castle »

 

 Je le regardais il semblait terriblement déçu.

 

Fronçant les sourcils, je m’enquérais «  Tout va bien, vous semblez préoccupé ? »

 

 Il semblait hésiter puis finalement me sourit «  Non  maintenant tout va bien puisse que vous êtes sauve ! »

 

Fronçant les sourcils, je me doutais qu’il y avait quelque chose d’autre, mais il ne semblait pas vouloir en dire plus. Quoiqu’il en était, il semblait terriblement déçu mais de quoi ? J’allais lui demander ce qui le préoccupait lorsqu’après avoir frappé à la porte, le médecin entrait.

 

«  Ah Détective Beckett, je vois que vous avez recouvré votre état normal »

 

J’étais surprise, interrogeant mon partenaire du regard, mais celui-ci haussait simplement les épaules. Il me cachait quelque chose j’en étais sûr.

 

«  Vous allez pouvoir sortir, je vous fais une ordonnance antidouleurs » Il se tournait vers mon partenaire « toutefois si vous voyez de nouveau un trouble du comportement se manifester ramenez-la nous. »

 

Mon écrivain acquiesçait. Puis lorsque le médecin sortait, je l’interpellais « Castle ! »

 

 Je le voyais se figé.

 

«  Qu’est-ce que j’ai fait ? Pourquoi le médecin a-t-il dit cela ? Lorsque j’étais je sous l’influence des drogues, j’ai agis bizarrement ? »

 

 Castle fermait les yeux. Il me regardait tristement et mon cœur bondissait dans ma poitrine.

 

«  Rassurez-vous Kate rien d’important ! »

 

 Fronçant les sourcils, je m’interrogeais essayant de me souvenir. A la mine déconfite de mon partenaire, je me doutais qu’il y avait plus que cela. Qu’avais-je fais sous l’influence de cette drogue qui l’avait tant bouleversé ? Il me sortait de mes songes.

 

« Bien détective, en fait votre père devait venir vous chercher mais il a eu un empêchement et il m’a demandé de le faire à sa place et comme c’est un plaisir pour moi j’ai accepté. »

 

Je le regardais avec de yeux ronds «  Mon père vous a appelé ? »

 

Il me souriait «  Oui pourquoi ? »

 

«  Depuis quand parlez-vous à mon père ? Demandais-je soupçonneuse.

 

«  Hey oh tigresse rentre tes griffes okay ?! »

 

Je le regardais interloquée, mais amusée malgré tout. C’était bien la première fois que mon père sympathisait avec un des hommes que je fréquentais !  En général, il n’acceptait aucun de mes petits amis. Je rougissais, Castle n’était pas mon petit ami…  Il me regardait d’un air rêveur puis reportant son attention sur lui, je détectais de la souffrance, de la tristesse dans son regard.

 

«  Avec votre père nous avons souvent parlé alors que… »

 

«  J’étais entre la vie et la mort »  Amorçais- je avec un faible sourire.

 

Castle grimaçait « J’aimerais ne pas me rappeler de certaine chose, l’amnésie a du bon n’est-ce pas ? »

 

Outch touché !  Il avait le mérite d’être clair ! C’était assez direct, étonnant de sa part, lui qui avait le don de tourner autour du pot. J’allais lui répondre lorsqu’il se dirigeait vers la porte :

 

«  Bien je vous attends dans le couloir, le temps que vous vous douchiez et changiez. »

 

Il me souriait mais ne me regardait pas. Bon Dieu qu’est-ce que j’avais pu faire qui le troublait ainsi et surtout pourquoi cette déception sur son visage ? Comme lorsque je lui avais mentis sur mes souvenirs de la fusillade au cimetière. Cette fois je ne me souvenais vraiment de rien ! Peut-être cela reviendrait, je l’espérais. Ne pas me souvenir me pesait, car je savais que cela était important…

 

Je me figeais un instant et si sous l’effet de cette drogue je lui avais tout déballé ? Il fallait que je sache.  Apparemment la drogue que l’on m’avait injectée avait pour but de me faire parler de quelque chose, donc si j’étais encore sous l’influence de celle-ci, j’avais très bien pu lui dire la vérité ou… Mon cœur s’accélérait.  Lui avais dit que je …Je n’osais pas y penser non, je n’étais pas prête, pas encore.

 

 Je prenais une douche qui me faisait un bien fou détendant mes muscles douloureux. Je grimaçais par moment lorsque l’eau chaude touchait certaines parties de mon corps mais cela me détendait. Après m’être séchée, j’entreprenais de m’habillée. 

 

J’ouvrais le sac que Castle m’avait apporté et me figeais.  Mon cœur fit une embardée. Il avait même pensé aux dessous. Je me sentais rougir violement, je n’aurais jamais pensé qu’il les verrait dans ces circonstances. Me mordant les lèvres j’aurais préféré de loin être présente lorsqu’il les verrait et sur moi pour tout dire. Je secouais la tête chassant mes idées salaces envers mon écrivain et sortais de la chambre après avoir rangé les lambeaux de mes vêtements dans mon sac.

 

Je constatais qu’il m’attendait patiemment devant le comptoir des admissions et sortais. Je lui faisais un petit signe de la tête en souriant puis m’approchais de la jeune femme à l’accueil.  Je lui donnais l’autorisation de sortie du médecin. Elle me souriait faussement et commençait à taper sur l’ordinateur à la recherche du dossier.

 

«  Bon Beckett le temps que vous  remplissiez les papiers, je vais à la voiture et vous y attend »

 

 J’acquiesçais, un peu surprise qu’il ne m’attende pas ici, je le regardais partir nonchalamment vers l’ascenseur. J’avais l’impression qu’il me fuyait. C’était tellement pas lui, il ne me lâchait jamais en temps normal, cela commençait à beaucoup me préoccuper.

 

«  Madame ? »

 

Je reportais mon attention sur l’hôtesse qui me donnait le bordereau de sortie à signer.  Je regardais sur ce dernier et constatais que c’était Castle qui avait signé le bordereau d’admission. Rien de bien étonnant puisse que c’était lui qui m’avait retrouvée.

 

«  Votre mari vous aimes vraiment beaucoup ! »

 

Je levais la tête brusquement, la toisant avec surprise, ne cherchant même pas à la reprendre sur son affirmation erronée, comme si cela était une évidence.

 

«  J’étais de garde cette nuit, il est resté toute la nuit à vos côtés, ce n’est que très tôt ce matin qu’il est reparti »

 

Je lui souriais sans répondre. Ainsi, il avait été présent à mes côtés toute la nuit. Je me pinçais les lèvres.

 

«  Y’avait il quelqu’un d’autre avec lui ? »

 

La jeune femme me répondait en souriant.

 

«  Oui bien sûr, un homme d’une soixantaine d’années encore assez séduisant pour son âge »

 

Je la regardais éberluée. Si mon père et Castle m’avaient veillée toute la nuit, alors la conversation que j’avais entendu était réelle? Je finissais de remplir les papiers puis quittais l’hôpital. Lorsque je franchissais les portes de sortie de ce dernier, je voyais Castle en train de pianoter sur son I-Phone, appuyé contre la portière d’un taxi. Je m’approchais de lui en souriant.

 

«  Et bien vous avez peur de ne plus savoir conduire à force que ce soit moi qui tienne le volant ? »

 

Il esquissait un faible sourire qui ressemblait plus à une grimace qu’autre chose.

 

«  Pas exactement, j’ai très peu dormis en 4 jours, donc j’ai trouvé plus prudent de venir vous cherchez en taxi. Il serait dommage que je vous renvoie à l’hôpital à peine sorti » Me répondait-il en ouvrant la portière pour que je pénètre dans le véhicule.

 

Je passais devant lui et m’arrêtais à sa hauteur, fixant mon regard dans le sien.

 

«  Merci ! »

 

Il me regardait surpris.

 

«  Merci de m’avoir cherché sans relâche, je vous dois encore la vie. »

 

Il me souriait franchement cette fois «  J’ai fait ce qu’un simple partenaire ferait »

 

Je le regardais surprise par cette réplique. Il avait bien insisté sur le simple comme un reproche. Je l’observais un instant tentant de capter ses pensées mais il fuyait mon regard. Mon cœur à ce moment se serrait si fort que ma cicatrice me faisait mal, m’arrachant un gémissement à peine perceptible, mais que Castle entendait. Immédiatement il s’enquérait de mon état inquiet, me soutenant d’une main :

 

«  Kate ? Est-ce que ça va, votre cicatrice vous fait mal ? »

 

Je le regardais il avait un air grave, l’inquiétude avait remplacée la neutralité. Il prétendait être un simple partenaire pourtant son visage reflétait autre chose. Je me dégageais et m’engouffrais dans le taxi.

 

«  Ca va Castle pas besoin de vous inquiéter autant, juste pour une partenaire »

 

Je l’entendais marmonner puis il pénétrait à son tour dans le véhicule. Le trajet se faisait en silence. Je soupirais. Qu’elle idiote j’étais ! J’avais voulu le confronté et je n’avais su que le mettre en colère de nouveau. Je l’observais d’un œil, il avait les sourcils froncés et semblait réfléchir. Je me mordais les lèvres en repensant à cette supposée conversation entre lui et mon père. Et si cette dernière avait eu lieu, ce n’était pas bon signe. Apparemment il savait que je lui avais menti pour la fusillade du cimetière et sa déclaration, donc je pouvais aisément en déduire qu’il pensait que je lui mentais de nouveau. Mais cette fois c’était bien la vérité ! Je ne me souvenais de rien du moins pour l’instant.

 

Bien évidement j’étais coincée ! Comment lui faire comprendre que cette fois ce n’était pas un mensonge ? Je ne pouvais pas décemment lui dire : «  bon Castle cette fois, je dis la vérité, je ne me souviens de rien ». Perdue dans mes pensées, je ne voyais pas que nous étions arrivés. C’était la voix de mon écrivain qui me sortait de mes songes.

 

«  Beckett ? Nous sommes arrivés ! »

 

Je sursautais au ton de mon partenaire.  Il était froid et distant tout le contraire de d’habitude. Jamais, il n’avait été ainsi, sauf le jour de cette dédicace où j’étais venue le trouver après 3 mois d’absence sans nouvelle de ma part. Depuis quelques temps, il m’appelait le plus souvent par mon prénom et j’aimais cela. Castle sortait du véhicule en premier prenait mon sac et attendait que je sorte me regardant interloqué un sourcil levé. Après un long soupir de dépit, je m’exécutais, il me tendait mon sac :

 

« Bien je vais rentrer à plus tard ! »

 

Alors qu’il s’engouffrait dans le taxi, je l’interpellais. Il fallait que je le retienne que je lui dise quelque chose pour enrayé ce quiproquo malsain

 

«  Castle ! »

 

Il se retournait, me regardant surpris.

 

«  Vous ne voulez pas monter boire un café ? »

 

Il semblait peser le pour et le contre un moment puis «  Une autre fois Beckett, ces 4 nuits de non sommeil m’ont vidé. Je suis épuisé. J’ai vraiment besoin de repos ! »

 

Je me pinçais les lèvres. Encore choses inédite. Il n’avait jamais refusé une de mes invitations, quelle qu’elle soit. Qu’avais-je bien pu faire ou dire qui le touchait autant ? Et surtout pourquoi ne voulait-il pas m’en parler ? Il fermait la portière au moment où je lui demandais :

 

«  On se voit demain ? »

 

Il esquissait de nouveau ce sourire commercial qu’il réservait à ses fans puis claquait la portière. À peine 5 secondes plus tard, il était parti. Pourquoi ne m’avait-il pas sourit comme il le faisait d’habitude, de ce sourire qu’il ne réservait qu’a moi ? Pourquoi avais-je l’impression que je n’allais pas le revoir de sitôt ?

 

Les jours qui suivaient confirmaient mes impressions. Près d’une semaine s’était écoulée et je n’avais plus aucune nouvelle de mon écrivain.  A chaque fois que j’appelais au loft, c’était Alexis ou Martha qui répondaient, se confondant en excuses, ou bien mes appels étaient renvoyés sur la messagerie de son portable.

 

Après un énième appel, je jetais mon portable sur la table basse. Si monsieur voulait bouder qu’il boude. J’en avais assez de perdre mon temps. Il reviendrait vers moi quand il aurait décidé d’arrêter de faire l’enfant. Il revenait toujours… Une bride de conversation me revint : 

 

« Je l’aime sincèrement, je vous le jure mais que dois-je espérer d’elle au final ? Je suis en attente permanente d’un de ses sourires, d’une de ses confidences. Elle m’a fait comprendre qu’elle n’était pas prête à avoir une relation sérieuse avec moi  tant que le commanditaire du meurtre de sa mère courrait toujours mais… et si on ne l’arrêtait jamais ? »

 

Je sentis soudain une angoisse monter en moi. Et s’il avait renoncé et ne voulait plus me voir ? Je soupirais, non c’était impossible, il devait revenir. Une autre phrase de Castle me frappait de plein fouet :

 

« Je ne lui en veux pas… qu’elle m’ait menti, je ne lui en fais aucun reproche. Qu’elle ait voulu m’éloigner d’elle, je ne lui en veux plus, du moins plus du tout. Non, je n’ai aucune rancœur envers elle, je l’aime trop pour cela. Non je suis blessé. L’aimer me fait mal et parfois je me dis que je devrai partir pour ne plus souffrir …»

 

Non il ne devait pas renoncer ! Le mur s’effritait, il était sur le point de chuter. Il fallait qu’il persiste, je sentais que j’allais enfin trouver le chemin. J’avais déjà admis mes sentiments à moi-même lors de la prise d’otages. Il ne me restait plus qu’à vaincre ma peur. C’était le plus difficile mais avec lui j’arriverais à tout. Ensemble nous briserions ce mur mais fallait-il encore qu’il nous laisse cette chance. Mon téléphone me faisait sortir de mes songes, et sans regarder mon interlocuteur, je me jetais sur mon mobile et décrochais avec hâte :

 

«  Bonjour ma Katie comment vas-tu ? »

 

 Je soupirais de déception.

 

«  Bien papa et toi ? » Tentais-je de demander sur un ton qui se voulait enjoué.

 

 Il y avait un blanc puis mon paternel me demandait :

 

«  J’aimerais que nous dînions demain soir, juste entre père et fille ! »

 

Cette fois je souriais franchement. Un dîner avec mon père serait une bonne idée, cela me changerait les idées. 

 

«  Ça serait avec plaisir papa, à quelle heure voudrais-tu que je vienne ? »

 

«  Et bien en fait ma chérie je pensais à un dîner en ville dans cette fameuse pizzéria qui s’est ouvert sur Broadway et qui a un succès non démérité apparemment, on ne m’en a dit que du bien et je rêve de l’essayer ! »

 

Je souriais. Une pizza pour un flic quoi de plus commun ?

 

«  D’accord papa donne-moi le nom et l’adresse ! » Je prenais note de ce qu’il me dictait «  Bien à demain, je t’aime ! »

 

«  Moi aussi ma chérie, prend bien soin de toi mon ange »

 

«  Comme  toujours papa ! »

 

Je raccrochais heureuse de voir mon père et surtout de pouvoir me changer les idées, ne plus penser à lui. Mais il me restait un soir, une nuit, un matin, une après-midi avant de voir mon père et durant ces moments, je ne penserais qu’a lui, surtout que nous n’avions aucune affaire.  Je souhaitais presque qu’un meurtre soit commis pour que mon esprit soit occupé par autre chose que Richard Castle et son sourire si magnifique, ses théories fumeuses mais hilarantes, ses attentions, ses regards tendres sur moi comme si j’étais la septième merveille du monde, son inquiétude. Tout en lui me manquait. Une semaine sans lui et je devenais folle. J’étais définitivement irrécupérable.

 

 La fameuse soirée avec mon père arrivait enfin car mes jours devenaient supplices. J’étais un peu en avance et attendais devant le restaurant.  Le froid me glaçait le sang, je me secouais donc histoire de me réchauffer, frictionnant mes bras et soufflant dans mes mains.

 

«  Kate ? »

 

Je me retournais, et mon cœur cessa de battre une fraction de seconde pour repartir à la vitesse de la lumière. Devant moi se tenait l’objet de mes pensées. Richard Castle.

 

« Castle mais que faites-vous là ? »

 

Il me regardait tout aussi surpris que moi «  Euh eh bien c’est moi qui vous pose la question, j’avais rendez-vous avec Jim. »

 

Je le regardais éberluée «  Jim ? Comme Jim Beckett mon père ? »

 

Il acquiesçait «  Oui mais et vous ? »

 

Je me pinçais les lèvres réalisant que mon père nous avait tendu un piège.  Il nous avait convoqués tous les deux pour nous confrontés.  Il semblait lire dans mes pensées et souriait

 

«  Je crois que votre père nous a bien eu ! »

 

Je souriais, hochant la tête, le regardant de la tête au pied. Il était si beau dans son costume bleu nuit, pas de cravate. Simple mais d’une élégance folle.

 

«  Vous êtes magnifique ! » 

 

Je relevais la tête pour lui faire face, rougissant à ce compliment qui dans sa bouche avait l’effet d’une bombe.

 

«  Merci vous n’êtes pas mal non plus ! » Répondais-je troublée.

 

« Bien puisse qu’il semblerait que monsieur Beckett  nous ai fait faux bond et que nous sommes là, eh bien euh… » Il semblait hésité se grattant la tempe réfléchissant.

 

«  Autant allez diner tous les deux ! » Finissais-je en même temps que lui.

 

Il me souriait de ce sourire que j’aimais, celui-là même qui me faisait fondre, celui qui n’était que pour moi. Me tendant le bras, je le saisissais et nous avançâmes vers l’entrée  du restaurant. Mon partenaire en vrai gentleman m’aidait à me débarrasser de ma veste qu’il posait sur le porte manteau, puis faisait de même avec la sienne. Puis après s’être empressé de reculer mon siège pour que je m’y asseye, il l’avançait puis s’asseyait en face de moi.

 

«  Bon eh bien je ne sais pas vous mais je meurs de faim ! » Me déclarait-il sur un ton enfantin en ouvrant la carte.

 

Je souriais le regardant choisir ce qu’il voulait. Doigt posé sur ses lèvres que je rêvais de posséder à cet instant.

 

Mon écrivain me regardait surpris «  Vous ne choisissez  pas votre plat ? »

 

Troublée je bégayais «  Je… j’ai …des tagliatelles aux noix de st jaques à la crème de truffe ! »

 

«  Oh ! Excellent choix détective j’hésitais entre ça et une Calzone. Donc je prends la Calzone et vous les tagliatelles, je vous ferais goûté et vous aussi, hein ? »

 

Je le regardais, ne sachant quoi répondre. Se rendait-il compte que ce genre de choses se faisaient lorsque l’on était un couple ? Le scrutant, son sourire innocent me répondait que non.

 

«  D’accord Castle ! Mais n’en profitez pas pour tout manger ! »

 

«  Ah bah non il faut vous rengraissez un peu vous avez tant maigri depuis… »

 

 Il s’interrompait les sourcils froncés, et  je voyais une lueur de souffrance traverser son regard. Il serrait les dents sans oser me regarder. Mon cœur se serrait devant la lueur de tristesse de ses yeux.

 

«  Enfin vous avez perdu du poids, il faut bien que je vous remplume… »  Il suspendait sa phrase «  Bien euh commandons » Esquivait-il finalement, gêné.

 

Nos commandes arrivaient et je voyais mon Castle loucher sur mon assiette tandis que la sienne me paraissait des plus séduisantes. Je roulais une portion de tagliatelles puis y plantais une Saint-Jacques lui tendant la fourchette.

 

«  Allez goûter ! Vous en mourrez d’envie ! »

 

 Il me regardait, m’interrogeant du regard, puis après quelques hésitations, prenait la bouchée que je lui tendais sans prendre la fourchette se laissant donner la becquée. Je rougissais violement devant ce geste d’amoureux. Il fermait les yeux se délectant de la saveur des aliments tandis que moi, je le regardais bouche ouverte, souhaitant plus que tous coller mes lèvres sur les siennes.

 

«  Oh mon Dieu Kate c’est fantastiquement divin ! »

 

Je déglutissais. Son ton et ses paroles avaient un doubles sens. Bon sang à quoi jouait-il ? Voulait-il me rendre folle ? Je l’observais couper sa pizza, comme si de rien n’était. Il en prenait une part qu’il me tendait tout sourire. Je l’observais un moment puis copiant son attitude, je croquais dans la part, allant jusqu’à toucher ses doigts de mes lèvres. J’attrapais mon morceau en fermant les yeux passant ma langue sur mes lèvres le plus sensuellement qui soit. Je n’avais pas besoin d’ouvrir les yeux à ce moment pour voir les siens ronds comme des soucoupes. Lorsque je les rouvrais, je croisais son océan ombragé de désir. Ses deux saphirs avaient pris une teinte sombre que je lui avais déjà vue auparavant. C’était trop, je ne pouvais pas soutenir ce regard et baissais donc les yeux comme toujours.

 

Le reste du repas se déroulait sans anicroches mais je sentais son regard sur moi, insistant, j’osais le regarder et ses yeux m interrogeaient.

 

«  Kate jouons carte sur table, si je me suis isolé une semaine c’est pour analyser la situation sereinement. »

 

Mon cœur faisait une embardée.

 

«  Tu sais cela a été une torture de ne pas prendre tes appels. À chaque fois que mère ou Alexis me disaient que tu avais appelé, je voulais courir vers toi… »

 

Je remarquais que le tutoiement était venu naturellement et bizarrement cela ne me gênait pas. J’étais suspendue à ses lèvres, le cœur battant à tout rompre, redoutant la suite.

 

«  J’avais besoin de réfléchir sur nous… »

 

Je sursautais à cette réplique, n’osant pas le regarder. Je triturais mes mains, les trouvant fascinantes subitement.

 

«  J’en suis venu à la conclusion que j’adore être ton partenaire, enquêter avec toi, lorsque nous sommes sur la même longueur d’onde que nous nous comprenons sans une parole, c’est assez perturbant mais au fond combien de couple recherche ce que nous avons alors que nous n’en sommes même pas un... »

 

Mon cœur se serrait. J’avais mal, mes mains devenaient moites. J’avais du mal à respirer, je le regardais ses yeux brillaient d’une étrange lueur.

 

« Je suis patient Kate. Très patient, mais au jour d’aujourd’hui, j’aimerais savoir. Te souviens-tu de ce  qui s’est passé au cimetière, sois sincère ! »

 

Je le regardais surprise et prise au dépourvu. Je ne savais pas quoi répondre à cette question, pas maintenant. Mon Dieu Rick ne brise pas notre moment, je ne peux pas te répondre comme ça. C’est trop tôt, trop subit. Même s’il savait que je me souvenais, de tout. Avouer serait me mettre dos au mur.

 

«  Je… eh bien…je … » Je respirais bruyamment, fermant les yeux. C’était trop tôt «  Castle…je …ne… non… »

 

Il soupirait tristement puis se levait.

 

«  Bien ! A demain Beckett… » Me disait-il tristement.

 

Prenant sa veste, il se dirigeait vers le comptoir. Je  le regardais régler l’addition puis sortir. Non mon dieu pas ça ! Bordel pourquoi étais je comme cela ? Il fallait que je lui dise que oui, je me souvenais, mais que  j’avais besoin de temps. Pourquoi ne lui avais-je pas dit cela plutôt que de lui mentir encore une fois ? Comment pouvait-il me faire confiance si je lui mentais sans cesse ? Idiote, idiote, idiote ! Tu avais une occasion rêvée de tout mettre à plat et d’enfin lui dire la vérité.

 

Me levant d’un bon, j’attrapais ma veste puis courais à sa poursuite. Je devais lui dire la vérité pour ne pas le perdre. Il sortait du restaurant, j’allais l’interpeller lorsque :

 

« Rick ? »

 

Il me semblait reconnaitre cette voix, non pas elle, mon dieu. Je tournais la tête et mon sang se figeait dans mes veines, mon cœur faisait une embardée. Je me sentais défaillir. Elle était là sous mes yeux et ceux de mon partenaire, lui souriant. Le seul véritable amour de sa vie, celle qui des années plus tard le rendait encore nostalgique…

 

«  Kyra ! » L’entendais je dire un sourire radieux sur les lèvres celui-là même qu’il me réservait en temps normal.

 

 


madoka93  (15.10.2012 à 14:45)

zut mets trompé c'est vrai que j''en ai mis deux hier zut Judy pourras tu en supprimé un ?

 

 

Chapitre 3

 

J’avais sous mes yeux Kyra, plus belle que jamais, qui me souriait tendrement, mais je vis que derrière ce sourire, se cachait de la tristesse. Est-ce qu’il y avait un problème avec Greg ?

 

« Que fais-tu à New York ? Je croyais que tu avais déménagée avec Greg à San Francisco juste après votre mariage. »

 

 Elle baissait la tête en pinçant les lèvres.

 

« C’était le cas… »

 

Je souriais.

 

« Ah ! New York vous manquait trop et vous êtes revenus ? »

 

Elle prenait une profonde inspiration avant de me regarder droit dans les yeux.

 

« Non juste moi… »

 

J’ouvrais la bouche surpris tentant de trouver les mots pour la consoler mais une seule chose pouvait l’aider. Je la prenais donc dans mes bras pour la réconforter. Elle se serrait contre moi en fermant les yeux enfouissant sa tête dans mon épaule.

 

« Je suis désolé… »

 

« Ce n’est pas de ta faute Rick, son travail est semble-t-il, plus important que moi ! »

 

Elle se dégageait de mes bras pour me regarder.  Je lui caressais la joue, compatissant, lorsqu’une sorte de plainte se fit entendre derrière nous. Nous nous retournâmes pour voir Kate qui nous observait la mine défaite. Elle semblait haleter, ses yeux étaient brillants, comme si elle allait pleurer.  Je regardais Kyra, et comprenait qu’elle venait d’interpréter à sa façon notre étreinte avec mon ex petite amie. Cette dernière d’ailleurs comprenait elle aussi le malaise et se reculait de moi puis souriait à ma partenaire :

 

« Kate quelle joie de vous voir ! »

 

Elle jetait un rapide coup d’œil vers moi. Je voyais un peu de gêne et de culpabilité dans ses yeux, apparemment elle aussi se méprenait.

 

« Je suis désolée d’avoir dérangé votre rendez-vous, je vais vous laisser » Finissait mon amie.

 

Kate se reculait alors que Kyra s’approchait d’elle.

 

« Je pardon…je dois partir ! »

 

Et sur ses paroles, la détective partait en courant. Kyra me regardait, faisant de grands yeux et des signes de la tête m’incitant à lui courir après. J’en mourrais d’envie, oui, je crevais d’envie de la poursuivre, de la rattraper, de la prendre dans mes bras et de l’embrasser avec toute la passion que j’avais pour elle, mais après quoi ? Elle me repousserait encore, faisant marche arrière, niant l’évidence. J’en avais assez de tout ça, assez de courir après une chimère.

 

« Rick réveilles toi cours lui après ! » Me criait mon amie en me secouant.

 

Je la regardais, serrant les dents en tentant de contenir mon émotion.

 

« J’ai assez couru ! »

 

Mon ex me regardait surprise. Elle voulait répondre mais je la coupais tendant mon bras :

 

« Je te paie un café, je pense que tu as des choses sur le cœur, que tu souhaites partagées ! »

 

Elle ne répondit pas de suite, continuant à m’observer perplexe, puis me faisiat un sourire crispé et prenait le bras que je lui tendais.

 

***

 

Je rentrais chez moi je ne sais comment. J’étais dans un brouillard complet. Mon cœur était vide, ma tête me faisait mal, en fait tout mon être se tordait de douleur. L’un de mes pires cauchemars se réalisait. Je l’avais perdu par ma faute. A cause de mes craintes, je l’avais blessé, vexé. Et pour couronner le tout, il avait déjà trouvé une remplaçante dans son cœur. Kyra, la seule femme qu’il ait vraiment aimée avant…avant moi… J’enfouissais ma tête dans l’oreiller sentant des cris de rage qu’il ait si vite tourné la page mais aussi de tristesse, de regrets et de détresse monter du fond de mon être…

 

Je serais les poings, les paupières fermées si fortement qu’elles me faisaient souffrirent, tentant de les retenir. Les larmes, ces traîtresses qui voulaient franchir la barrière de mes yeux, finissaient par coulées. Une, puis deux, trois et sans que je m’en rende compte c’est tout un flot discontinu qui s’évacuait. Serrant les dents pour ne pas hurler, j’enfonçais un peu plus le visage dans le coussin pour étouffer mes cris. Je l’avais perdu, il avait renoncé. Tout était de ma faute, j’avais eu un avertissement, j’avais su que cette conversation avec mon père avait eu lieu mais j’avais choisi de ne pas y croire et à présent, tout était fini. Je riais intérieurement pour que cela soit fini, il aurait fallu qu’il y ait un commencement et cela jamais je ne l’avais permis.

 

La peur n’évitait pas le danger disait-on, c’était même le contraire. Mes peurs avaient eu pour effet de voir réalisés ce que je redoutais le plus. Voir l’homme que j’aimais se détourner de moi et allez vers une autre femme.

 

« Kate ? »

 

Castle ! Il était là, il m’avait retrouvé, il me prenait dans ses bras me disait que tout irait bien, qu’il allait me sortir de là. il était venu me chercher, encore une fois il m’avait sauvé la vie… Castle mon partenaire celui qui était toujours là pour assurer mes arrières pour me secourir, toujours…Son odeur, sa peau, mes lèvres l’embrassant…

 

J’entendais une musique d’où venait-elle ? Je tentais de reprendre pied mais un mal de tête terrible avait pris séjour dans mon crâne. Je gémissais, la musique devenant de plus en plus forte. Je grognais tentant de déterminer d’où venait cette mélodie agaçante. Sortant peu à peu de ma léthargie, je me rendais compte que ce son venait du réveil de mon portable. Je me redressais, me saisissais brusquement de mon cellulaire et coupais la nuisance. Me laissant retomber sur le matelas, je soupirais bruyamment mon bras cachant mes yeux. Je refaisais surface petit à petit, je m’étais endormie sans m’en rendre compte sûrement terrasser par la fatigue. J’avais rêvé de Castle venant me chercher dans cette demeure délabrée. Il m’avait détachée et prise dans ses bras. J’avais pu apprécier sa chaleur, son odeur mais aussi sa peau sous mes lèvres, comment cela était possible ? Etait-ce la réalité, un rêve, les deux mélangés ? Car ça semblait vraiment réaliste à cet instant.

 

Second soupir, je devais me lever mais je n’en avais aucune envie. Pour la première fois de ma vie, je voulais me faire porter pâle et rester chez moi, à me morfondre. Cela ne me ressemblait pas, mais depuis que je connaissais mon écrivain, j’avais fait  et dit des tas de choses qui ne me ressemblaient pas. Il m’avait changé, m’avait redonné le sourire, la vie…

 

Troisième soupir, suivit d’un gémissement de dépit lorsque mon portable se mettait à sonner. Je reconnaissais la sonnerie attribuée à Esposito, sûrement pour m’annoncer un nouveau meurtre. La fausse maladie ne serait pas pour aujourd’hui. Je décrochais dans un quatrième soupir en cinq minutes.

 

J’écoutais mon collègue d’une oreille distraite prenait un calepin poser sur ma commode, réservé aux notes urgentes de ce genre et écrivais l’adresse avant de raccrocher.  Après mon cinquième soupir, je me traînais jusqu'à la douche, me dévêtissais et entrais dans la cabine faisant couler le jet sans attendre que l’eau ne se réchauffe, je frissonnais puis me savonnais avec mon gel douche. Je l’observais fleur de cerisier du japon. ‘’Vous sentez la cerise… ‘’ Fermant les yeux je tentais de reprendre le dessus sur mes émotions, déglutissant, respirant bruyamment, je ramenais mes cheveux en arrière en les maintenant avec mes mains, penchant la tête en arrière pour que le jet frappe mon visage ainsi toutes larmes étaient balayées dans le siphon de la douche.

 

M’extirpant de la douche je me séchais rapidement puis disposais la serviette autour de moi. Me dirigeant vers le lavabo, je me brossais les dents. J’observais mon reflet je n’étais pas vraiment belle à voir. J’avais les yeux bouffis et rouges, mon teint était blafard, j’aurais très bien pu jouer un remake de la fiancé de dracula.

 

J’allais m’habillée puis me maquillais pour paraître figure humaine.  Me saisissant de mon portable je stoppais mon geste. Je l’observais longuement, devais je l’appeler ? J’avais envie de le voir mais en même temps, je ne voulais pas. Tout était si contradictoire, mon être hurlait appelles-le, dis-lui que tu es désolée, supplies-le de te laisser une seconde chance. Mais ma fierté disait, si tu l’appelles tu vas te rendre ridicule, n’as-tu pas assez souffert, laisses-le où il est avec sa Kyra. Bien sûr comme d’habitude ma fierté l’emportait malgré les regrets, malgré mon chagrin de le perdre, j’étais trop fière pour faire le premier pas.

 

J’enfouissais mon téléphone dans ma poche, prenais mes clés de voiture et sortais de mon appartement rapidement. Le trajet me semblait interminable, j’allais forcément subir l’interrogatoire des gars me demandant pourquoi je n’avais pas appelé Castle. Qu’allais-je pourvoir leur dire ? Je devais trouver quelque chose pour endormir leur vigilance et faire cesser toutes questions gênantes. Étant de vraies commères cela n’allait pas être tâche facile, surtout si je prenais en compte la pire de toute les commères, Lanie. Oui la pire de toutes, car elle visait toujours juste dans ses commérages et c’était bien ça le problème.

 

J’arrivais sur les lieux du crime, garant ma voiture derrière la morgue mobile. Je sortais de mon véhicule et me dirigeais vers le corps en enfilant mes gants sans regarder devant moi.

 

« Alors qu’est-ce qu’on a ? »

 

Lorsque je relevais la tête, je me figeais. Castle était debout devant Lanie qui examinait le corps. Qui l’avait appelé, je regardais Esposito qui me souriait :

 

« Yo lieutenant, j’ai appelé Castle pour toi, j’ai senti que tu n’étais pas très réveillée ce matin. »

 

J’ouvrais la bouche puis la refermais et instinctivement mes yeux se posèrent sur les mains de Castle et à ce moment mon cœur se serrait si fort que l’air me manquait, il n’y en avait qu’un … Un seul café…Fermant les yeux, je finissais d’enfiler mes gants, tentant de faire bonne figure et de pas laisser paraître mon trouble, ce qui n’était pas tâche facile au vu de la signification que ce seul café avait pour moi…pour nous…

 

Bien évidement malgré une reprise de moi-même assez rapide, mon attitude n’échappait pas à « miss je vois tout » qui me demandait en relevant les yeux de son cadavre :

 

« Quelque chose ne va pas ma belle ? Tu es toute pâle. »

 

Que répondre à ça ? Non ça n’allait pas, j’avais envie de hurler, de partir en courant, de fuir loin …de lui pour l’oublier.

 

« Ça va, qu’est-ce que l’on a ?» M’exclamais-je d’une voix plus aigüe que la normal.

 

Passant devant Castle je lui jetais un regard en coin puis très vite reportais mon attention sur Lanie. Lui n’avait pas dévié une seul fois ses yeux de moi, me faisant perdre mes moyens, complètement. Lanie regardait mon partenaire puis moi puis enfin les mains de Castle et je voyais une étrange lueur briller dans ses yeux.  Elle m’observait de nouveau sans rien dire, m’interrogeant du regard. Je fronçais les sourcils agacée par avance de la discussion qu’elle allait m’imposer.

 

Lanie allait commencer son rapport lorsque le téléphone de Castle sonnait. Il s’excusait, s’éloignait un peu puis décrochait. Je percevais la conversation malgré tout, serrant les dents en tentant de ne pas écouter mais comment était-ce possible alors que son interlocutrice était :

 

« Oui Kyra, je n’ai pas oublié ! »

 

Il riait. Pas d’un rire forcé mais d’un rire joyeux. Je sentais le regard de Lanie sur moi mais c’était plus fort que moi. Je devais voir sa tête, voir sa réaction face à cet appel, vérifier que son visage était aussi illuminé que le son de sa voix. Je me tournais légèrement et je voyais ce que je n’avais pas envie de voir, un sourire radieux sur sa face alors qu’il parlait à une autre femme que moi.

 

« Bien sûr…ne t’inquiète pas je serais à l’heure ! Tu le sais je ne suis jamais en retard pour dîner avec une femme sublime… »

 

De nouveau un rire, je fermais les yeux tournant la tête vers Lanie qui me regardait tristement, pas de pitié avec moi, s’il te plait Lanie…

 

« Bien ok …oui …moi aussi… à ce soir ! »

 

Moi aussi, moi aussi …je t’aime ? Non mais comment osait-il pousser le vice jusqu'à s’afficher au téléphone avec elle, devant moi ? J’avais merdé mais ce qu’il faisait c’était dégelasse, cherchait-il à mixer ce qu’il me restait du cœur qu’il avait brisé ? Ca ne lui suffisait pas de l’avoir détruit en milliards de morceaux, il voulait en faire de la marmelade ? A peine quelques secondes plus tard, Castle revenait vers nous, il s’accroupissait à son tour puis me regardait :

 

« Pardon, je sais que ce n’est pas réglementaire mais je devais prendre cet appel ! »

 

Je serais les dents, il prenait son ton mielleux avec moi, ça ne marchait pas, il ne me ferait pas craquer à coup de sourire magnifique :

 

« Si c’est pour ne pas être à 100% sur l’affaire, vous pouvez partir la rejoindre, je comprends très bien ! »

 

« Vous comprenez de travers comme d’habitude »

 

Je me tournais vers lui folle de rage.

 

« Ah oui alors qu’est-ce que je comprends de travers ? Votre petite amie qui vous téléphone sur une scène de crime, vous qui pensez à elle au lieu de l’affaire, vous qui êtes avec elle plutôt que… »

 

Je ne finissais pas ma phrase, me relevant, j’époussetais mon pantalon en pestant. Il saisissait mon bras.

 

« Plutôt que quoi, allez-y pour une fois dites le fond de votre pensez ! »

 

Je le regardais, ma respiration était irrégulière, j’étais furieuse, malheureuse, j’aurais dû lui dire plutôt qu’avec moi mais je m’entendais dire :

 

« Plutôt que rien, il n’y a rien à dire, allez la rejoindre puisse qu’elle vous manque tant ! »

 

« Oui elle au moins est franche et sincère pas comme certaine »

 

Je le regardais choquée. Je tentais de reprendre mon calme, de pondérer mes actes et paroles, mais tout mon être tremblait. J’avais du mal à respirer, je lui hurlais me dégageant :

 

« Et bien qu’est-ce que vous attendez ? Partez ! Allez la rejoindre, prenez la comme muse, faites une saga sur elle, que sais-je ! Je m’en fou mais sortez de ma vue et de ma vie, ça me fera le plus grand bien ! »

 

Je constatais que c’était la phrase de trop. Son visage s’assombrissait et je voyais la douleur traverser ses yeux. J’aurais dû enchaîner en m’excusant, mais cette fichue fierté m’en empêchait encore. Je le regardais rajuster sa veste après un moment de silence puis il sortait la phrase qui finissait de m’achever.

 

« Bien détective, ne vous inquiétez pas pour cela. Je ne vais plus m’imposer, désolé que ma présence vous pèse autant mais je peux vous jurez que vous n'aurez plus jamais ce poids insupportable sur vos épaules.  A bon entendeur, je vous souhaite une longue vie et que vous soyez enfin heureuse »

 

Et sur ces paroles qui m’arrachaient le cœur et l’âme, il partait sans un regard. Je restais là figée sur place, ne pouvant bouger d’un millimètre. Je voyais mes amis qui me regardaient sans oser dire quoique ce soit. Ils avaient assistés à la rupture de Kate Beckett et Richard Castle, la muse et son écrivain…

 

 

 


madoka93  (15.10.2012 à 14:54)

voila parce que la fic est terminée et que j'ai pitié de Kobalye

 

Chapitre 4

 

Bon sang !  Mais comment avais-je pu être aussi stupide ? Revenir vers elle encore une fois ! Qu’est-ce que j’espérais encore au juste ? Je n’avais amené qu’un seul café pour lui faire comprendre ma colère, mais je ne pouvais pas me passer de sa présence et toutes mes bonnes résolutions de la veille avaient fondues comme neige au soleil durant la nuit car le peu que j’avais pu dormir avait été pour rêver inlassablement d’elle. Par contre, elle apparemment, en avait marre. Elle ne voulait plus de moi. Pourtant j’avais cru voir de la peine hier soir lorsque Kyra était arrivée. Mais tout cela n’était que du vent. Je prenais mes désirs pour la réalité. Jamais elle ne m’aimerait, jamais nous ne serions un couple. Jamais elle ne serait…


Je me stoppais et frappais violement le mur à mes côtés. Je n’en pouvais plus. Rester près d’elle devenait un supplice. Je devais partir… Loin d’elle, de son sourire éblouissant, de ses yeux magnifiques qui se faisaient si souvent rieurs. De son odeur envoûtante, de sa peau si attirante, de sa chaleur… Si je restais près d’elle, je ne guérirais pas d’elle. Jamais.


Kyra m’avait fait promettre de parler avec Kate mais cette dernière en avait décidé autrement. Nous n’avions plus rien à nous dire, c’était fini. Réalisant ce fait, les larmes me venaient. Serrant les dents, je me mettais à courir comme mu par une impulsion. Aller loin, très loin, aussi loin d’elle que je pouvais le faire sans jamais revenir.

 

***


Bon Dieu qu’avais-je fait ? Pourquoi étais-je comme cela ? A sans cesse le repousser, alors que je l’aimais comme une folle. Je l’avais chassé de la scène de crime et de ma vie par la même occasion. Un frisson me parcourait. Repensant à ces trois mois sans lui, à sa rancœur envers moi, mais au vu des circonstances, il m’avait vite pardonnée, comme toujours. Je lui avais fait une promesse à peine dissimulée ce jour-là dans le parc, j’étais persuadée qu’il l’avait comprise. Mais comment lui en vouloir ? Je ne lui avais pas laissé beaucoup de signes d’espoir. Quelques œillades par-ci par-là, des sourires langoureux mais après rien. Je lui avais menti, bafouant ses sentiments. Bien sûr ce n’était pas mon intention mais je l’avais tellement fait souffrir. Je l’avais lu dans ses yeux ce jour-là à l’hôpital et encore aujourd’hui lors de cette soirée où il m’avait posé cette fameuse question qui tuait : « Vous souvenez-vous de la fusillade ?’’.

 

J’avais été si blessante répondant du tac au tac : « Non » et qu’il y avait certaines choses qu’il valait mieux oublier. Son regard éteint à cet instant m’avait arraché le cœur et, alors qu’il quittait la chambre sous ma demande, j’avais voulu lui hurler de rester mais je n’étais pas prête. Mais aujourd’hui si je devais faire le bilan de ma vie, je me rendais compte que j’avais tout raté. J’avais vécu une vie plate, morne, uniquement dédiée à mon travail et au meurtre de ma mère. Castle était entré dans ma vie et tout avait été chamboulé, tel un ouragan dévastateur. D’abord agacée par sa présence, elle m’était devenue indispensable. Et à présent, je l’avais chassé…


La journée touchait à sa fin et je n’avais pas une seule fois pu me concentrer sur l’enquête, trop absorbée par lui. Je devais lui parler, ravaler ma fierté et lui demander pardon. Et enfin lui dire la vérité, lui promettre qu’un jour lorsque je serais prête, il y aurait un « nous ». Déjà le fait de l’envisager était une gigantesque avancée et je sentais que bientôt, très bientôt, je serais capable de lui ouvrir mon cœur pleinement et le laisser entrer. Il lui appartenait déjà depuis longtemps mais aujourd’hui j’arrêtais de me voiler la face et affrontais mes peurs.


J’éteignais mon ordinateur, prenais ma veste et partais d’un pas décidé regardant ma montre : 20 h. J’espérais qu’il soit seul, mais, si cela n’était pas le cas, je ferais avec et j’irais même jusqu'à l’évincer, elle, Kyra, cette rivale sur le retour. Si cela pouvait ne serait-ce que me laisser une infime chance qu’il m’en laisse une nouvelle. Cela semblait sûrement égoïste : oui ça l’était. Alors que je l’avais sans cesse repoussé, maintenant qu’il se détournait de moi, je lui courrais après. C’était pathétique, certes mais je m’en fichais, je ne voulais pas le perdre.


Et puis après tout, n’était-elle pas mariée ? Que faisait-elle là à revenir sur le devant de la scène, mendiant sa place. Elle l’avait eu par le passé mais n’avait pas saisi sa chance et l’avait laissée passer. Elle le regrettait certainement et je pouvais le comprendre. Arrivée à ma voiture, je me figeais. J’étais complètement stupide : comment pouvais-je la blâmer alors que moi aussi j’avais laissée passer ma chance ? Je n’avais même jamais eu de relation amoureuse avec lui, ne lui laissant jamais l’occasion ne serait-ce que de caresser ma main ou d’avoir un geste tendre envers moi.


Le seul contact assez profond entre nous avait été ce baiser sous couverture. Il m’avait prise par surprise et je n’avais pas eu le temps d’effectuer un seul geste que ses lèvres étaient posées sur les miennes, demandant avidement une réponse que je lui donnais quelques instants plus tard. Alors que nos bouches s’éloignaient, j’exigeais un second baiser qui m’avait fait pratiquement perdre pied et, si le contexte avait été différent, je n’aurais pas pu me contrôler. Non, décidément, je ne pouvais pas le laisser sortir de ma vie. Jamais…


M’installant dans ma voiture, je démarrais en trombe direction le loft de mon écrivain, bien décidée à me faire pardonner, quoi qu’il arrive. Le chemin me paraissait interminable. Arrivée devant chez lui, je trouvais par miracle une place toute proche, à croire que le ciel était avec moi. Je souriais : étais-ce un signe de l’univers, comme le disait si souvent mon partenaire. Quoi qu’il en soit je me retrouvais rapidement devant la porte de Castle. Le gardien me connaissant bien, ne m’avait pas annoncée et cela était mieux ainsi. Rick n’aurait pas le temps de se constituer une armure face à moi lorsqu’il m’ouvrirait, je le déstabiliserais assez pour qu’il m’écoute et me pardonne, peut être…


Mais arrivée à destination, tout mon courage disparaissait et la peur m’étreignait. Et s’il ne voulait plus m’écouter ? S’il avait tiré un trait définitif sur moi ? Et pire, s’il était avec Kyra et que j’interrompais quelque chose, un moment intime ? Mon Dieu je ne le supporterais pas. Je commençais à faire les cent pas devant son loft, me rongeant les ongles, soupirant, soufflant, suant. Bon sang, jamais aucun homme ne m’avait mise dans un tel état de nervosité et d’angoisse ! J’avais l’impression d’être une ado pré pubère qui se rendait à son premier rendez-vous amoureux. La différence c’était que je n’avais jamais été nerveuse adolescente lorsque j’avais des sorties avec des garçons. J’étais très sûre de moi et de mes charmes et je n’avais jamais eu de problème pour séduire un homme.


Mais avec Castle c’était complètement différent. La donne avait changée : alors qu’avant je savais que je n’avais qu’un mot à dire pour qu’il me tombe dans les bras, aujourd’hui je n’étais plus sûre de rien. Constatant qu’une voisine m’observait depuis cinq bonnes minutes, je décidais de frapper à la porte. J’attendais quelques instants puis la porte s’ouvrait sur lui. Dire qu’il était surpris était un euphémisme. Il me toisait de haut en bas, ne semblant pas réaliser que j’étais vraiment devant lui. Ce n’était qu’au bout de longues minutes qu’il prenait la parole et j’aurais préféré qu’il reste silencieux.


« Que faites-vous là ? »

 

Son ton était froid et sec sans appel. Ce n’était pas gagné.


« Je peux entrer ? » Demandais-je avec toute l’assurance que je pouvais avoir à cet instant.

 

Il me regardait longuement puis s’écartait sans dire un mot.


« Il me semblait que nous nous étions tout dit. J’ai bien compris votre demande et la respecte. Je vais sortir de votre vie, pour toujours. »


Je soupirais. Ses mots étaient incisifs et allaient droit au but, me faisant mal. Mais je ne devais pas lui en vouloir : sa réaction était justifiée. Je regardais autour de moi et constatais qu’il y avait deux sacs de sport, une valise ainsi que sa pochette d’ordinateur portable posées près de l’entrée. J’avais eu raison : il avait l’intention de quitter la ville.


« Vous partez ? »

 

A peine avais-je posé la question que je me traitais d’idiote. Cette question était complètement stupide : évidement il partait. A croire que la nervosité me faisait dire n’importe quoi.


« Cela me semble évident non ? » Me répondait- il glacial, me tournant le dos.


« Et quand revenez-vous ? »

 

Il se retournait vivement, me toisant sévèrement.


« Il me semble que c’est une question que vous n’avez aucun droit de poser ! » Répliquait-il.


Outch, Touchée ! Je devais vraiment allez droit au but sinon, il allait finir par perdre patience. Il se servait un verre de scotch. Le buvant cul sec, s’en servant un second dans la foulée.


« Je suis désolée ! »

 

De nouveau son regard se portait sur moi, sévère. Je me rendais compte que ce simple mot ne suffirait pas, il fallait que j’ouvre mon cœur, que je lui dise la vérité.


« Je vous ai menti sur toute la ligne. Oui je me souviens de tout, de la fusillade, des cris autour de moi, de vous pencher sur moi, me suppliant de rester avec vous… » Je soufflais puis plongeant mes yeux dans les siens « Et surtout je me souviens de votre déclaration… »

 

Son regard était toujours fixé sur moi. Cette fois il était indéfinissable. Pour la première fois depuis notre rencontre, je ne parvenais pas à lire en lui. Il s’approchait de moi, posant son verre après l’avoir avalé comme le premier. Il restait silencieux. Lorsqu’il ne se trouvait plus qu’à quelques centimètres de moi, il ouvrait la bouche.


« Pourquoi me le dire maintenant ? Pourquoi ? Alors que vous m’avez demandé de quitter votre vie.»

 

Je m’approchais à mon tour, fixant son regard du mien. Mélangeant presque nos souffles. Nous faisant frissonner. Je décidais que le vouvoiement devait être proscrit pour ce que j’allais dire.


« Parce que je ne veux pas te perdre Rick. Parce que je suis une idiote qui n’est pas capable d’affronter ses sentiments.  Parce que je suis terrifiée car je n’ai aucun contrôle sur ce que je ressens pour toi et que c’est la première fois que cela m’arrive. »

 

Je constatais que mes paroles faisaient mouche et que son regard s’illuminait enfin. Mais il ne disait rien pour autant, semblant attendre autre chose.


« Je t’ai dit que je ne pourrais pas avancer dans la vie avant d’avoir résolu le meurtre de ma mère mais c’était une fausse excuse. Si je reste loin de toi, c’est pour me protéger, pour ne pas m’engager. Mais je constate que je n’ai pas le droit de te demander cela sans te donner un minimum d’espoir et je te le dis aujourd’hui : tes sentiments sont partagés. Oui, je t’aime et c’est bien là tout le problème car je ne suis pas prête. Je sais qu’à l’heure actuelle, je gâcherais tout entre nous et cela je ne peux pas me le permettre car je veux vraiment construire quelque chose avec toi. Je ne veux pas te perdre car tu m’es essentiel.  Tu as rendu ma vie plus belle, plus lumineuse alors que cette dernière était plongée dans les ténèbres jusqu'à ta venue. Je peux te promettre de tout faire pour ne pas trop te faire attendre mais par pitié Rick, ne pars pas, restes avec moi. Ne me quittes pas, ne me quittes plus. Plus jamais ! »


Après ce long monologue, je reprenais ma respiration comme si je l’avais retenue depuis le début de ma joute. Je me sentais libérer d’un poids. J’étais légère, j’étais bien mais le manque de réponse de mon partenaire commençait à m’inquiéter. Je le regardais, il était figé, aucune expression ne traversait son si beau visage. Etait-ce trop tard ? Avait-il déjà tiré un trait sur nous ? Au bout de plusieurs minutes qui me semblaient une éternité, il finissait enfin par ouvrir la bouche, un sourire magnifique sur les lèvres. Et alors qu’il allait me répondre, un bruit strident agressait mes oreilles. D’où venait-il ? Qui osait rompre ce moment magique entre nous ?


Peu à peu je sortais de ma léthargie, la brume s’effaçant. Je me réveillais dans mon lit, mon réveil hurlait de plus en plus fort. C’était l’heure de se lever. Je m’asseyais dans mon lit passant une main sur mon visage en soupirant. Encore ce rêve. Je le faisais chaque nuit depuis maintenant près de deux mois. Deux mois sans nouvelles. Deux mois sans lui. Deux mois où tout espoir de le revoir un jour avait disparu. Et comme chaque matin, je me levais le cœur en berne. J’avais voulu m’excuser, m’expliquer ce jour-là mais lorsque j’étais arrivée chez lui, sa fille m’avait appris qu’il était parti. Je lui avais demandé s’il était aux Hampton,  mais Alexis m’avait informée que non et qu’elle n’avait aucune idée de l’endroit où il était allé, que lorsqu’elle était rentrée du lycée elle avait trouvé un mot l’informant qu’il partait pour finir son roman, qu’elle ne devait pas s’inquiéter, qu’il lui donnerait des nouvelles.


Je l’avais donc appelé encore et encore tombant à chaque fois sur sa messagerie. J’étais rentrée chez moi sans savoir comment et avait pleuré toutes les larmes de mon corps. Le lendemain avait été un autre jour, la nuit m’avait redonnée espoir. Il me reviendrait comme toujours et là nous pourrions nous parler et tout reprendre à zéro. Mais au fil des jours, des semaines et maintenant des mois, toute espérance en moi s’était égrenée. Je l’avais perdu et c’est ainsi que chaque nuit, je refaisais ce rêve où je pouvais lui parler, m’expliquer et où tout s’arrangeait. J’en avais assez de me morfondre et je devais reprendre ma vie en main, je ne devais plus pleurer pour un homme qui ne voulait plus de moi, pour un homme qui était sûrement en train de vivre des instants heureux avec son ex, sans se préoccuper de moi. Alors moi aussi j’allais en profiter. Ce soir je sortirais et rencontrerais un apollon avec lequel j’oublierais cet écrivain de malheur.


Arrivée au poste la providence voulue que Lanie m’appelle pour m’annoncer que son autopsie était finie. Si ce n’était pas un signe de l’univers ! J’étais célibataire. Elle aussi. Et ce soir nous allions sortir toutes les deux ! J’étais sûre qu’elle ne serait pas contre une virée entre filles, elle qui m’en proposait tant avant Castle et même au début de notre partenariat. Je savais qu’Esposito et elle n’étaient plus ensemble, alors rien ne l’empêcherait d’accepter une soirée chasse, à la recherche de beaux mâles qui ne demanderaient qu’à satisfaire nos envies. Après tout toutes les deux avions eu le cœur brisé et il était temps de prendre la vie  en dérision et de s’amuser sans aucun engagement. Juste le plaisir, voilà plus aucune souffrance, juste la jouissance. Telle était ma décision après Richard Castle. Plus jamais je ne tomberais amoureuse. Je ne m’engagerais plus dans une seule relation sérieuse, et les hommes ne seraient que des exutoires à mes envies les plus primaires. Je changerais et me blinderais plus encore que je ne l’étais auparavant ainsi je ne souffrirais plus.


Lorsque je fus devant mon amie, elle s’enquit immédiatement de mon état. Bien sûr je lui assurais que tout allait bien et après écoute de son compte rendu, je lui demandais.


« Et si on sortait ce soir Lanie ? Toutes les deux, histoire de se changer les idées et de, qui sait, faire de nouvelles conquêtes ? »

 

Elle me regardait étonnée. Forcément, ce genre de proposition ne me ressemblait tellement pas. Je lui souriais, lui signifiant que j’étais sérieuse.


« Écoutes Kate… en d’autres circonstances, j’aurais sauté sur l’occasion de sortir avec ma meilleure amie dans une sortie chasse aux célibataires… mais là ma chérie, ça ne va pas ! Tu dois te changer les idées je te l’accorde, mais tu ne peux pas te jeter dans les bras du premier venu juste pour oublier Castle ! »

 

Je la regardais estomaquée. Comment pouvait-elle me remettre Castle sur le tapis, alors qu’il m’avait abandonnée ? Moi qui la pensait ma meilleure amie découvrais qu’elle était de son côté et prenait son parti contre moi. La vie était faite de désillusions.


« Ok Lanie pas de problèmes ! Je prendrais du bon temps sans toi. Bye ! »

 

Sur ces paroles je partais sans tenir compte des appels de mon amie.


« Kate ne fais rien que tu regretterais ! »

 

Je me stoppais et me retournais vivement « Qu’aurais-je à regretter Lanie ? Plus rien du tout …Mais ne t’inquiète pas, je ne suis pas inconsciente, je me protège toujours ! »


« Tu te protège des maladies, mais qu’en est-il des cœurs brisés Kate ? »


« Pff justement ! Sans sentiment pas de cœur brisé ! Juste mon plaisir Lanie et rien d’autre. Je vais me contenter d’assouvir un besoin naturel et basta, ciao, bye, on n’en parle plus ! »

 

Lanie ne répliquait pas mais son air meurtri me déstabilisait. Je tournais les talons pour ne pas affronter ses yeux emplis de tristesse pour moi. Je ne voulais pas de sa pitié, et surtout je ne voulais pas que ma meilleure amie me juge, je n’avais vraiment pas besoin de cela.

 

Après une journée d’investigation peu fructueuse, je rentais chez moi.  Je me déshabillais et plongeais dans un bon bain salvateur. Pour la première fois depuis longtemps aucun livre ne m’accompagnait. Seules mes pensées me tenaient compagnie. J’étais malheureuse, pensant à mon partenaire chaque jour depuis qu’il m’avait quitté et je devais l’oublier au plus vite pour ne pas devenir folle. Sortant du bain je me séchais puis m’habillais et me maquillais. Je me regardais avant de partir totalement satisfaite de ma tenue. Ce soir ils allaient tous succombés face à mes charmes. Ma soirée s’annonçait amusante. Lorsque j’arrivais au Nelson, un des clubs privés les plus sélectes de New-York, je n’avais aucun problème à entrer.  Le videur s’effaçait devant moi, un regard appréciateur dans les yeux. Je lui souriais, puis sans plus me préoccuper de ce dernier, je déambulais jusqu’au vestiaire me débarrassant de ma veste.

 

Lorsque chose fut faite, j’entrais dans le hall central, où se trouvait le bar, non loin de la piste de danse. Je commençais à me déhancher sur cette dernière, mettant en avant tous mes charmes, comme je l’avais fait ce soir-là, faisant baver littéralement Castle. Je me rappelais immédiatement à l’ordre avant de progresser vers le bar, songeant qu’un verre ou deux m’aideraient à oublier plus facilement mon ancien partenaire. Plusieurs hommes venaient à ma rencontre, me stoppant dans ma progression, mais aucun ne me plaisait et au bout d’une heure, je décidais de faire une pause. J’atteignais enfin le bar, et assoiffée, commandais une Margarita que je buvais cul sec. Le barman me regardait avec un sourire.

 

« Je te remets ça ma belle, tu sembles en avoir besoin. »

 

Je lui souriais à mon tour, séductrice.

 

« Pourquoi pas si c’est toi qui me l’offre ! »

 

« Evidemment, je n’offre des verres qu’aux bombes atomiques ! »

 

Je riais, nullement impressionnée par son numéro de barman séducteur parfaitement rodé.

 

« Merci du compliment ! » lançais-je en me saisissant du verre tout en parcourant la piste de danse à la recherche de ma prochaine victime. 

 

Je m’enfilais le second verre. Déjà la tête me tournait. J’avais l’habitude de tenir l’alcool pourtant, mais l’estomac vide, c’était fatal. Soufflant je reprenais peu à peu mes esprits et décidais de retourner danser lorsqu’un homme m’accostait.

 

« Bonsoir ! Je vous observe depuis un moment et je me demandai si je pouvais vous inviter à danser. »

 

Non sérieusement ? C’était quoi cette technique de drague pourrie ? J’allais l’envoyer sur les roses lorsque mon regard croisait le sien. Ses yeux bleus magnifiques me captivaient et je le détaillais de haut en bas. Je pouvais reconnaître une chose. S’il ne savait pas draguer, il était plus qu’attirant. J’acceptais sa proposition et nous nous mettions à danser un rock endiablé, puis les danses se succédaient ainsi que les verres. Nous parlions peu de nous, trop occupés à nous lancer des joutes ouvertement sensuelles. Il me plaisait, il était beau, ne semblait pas idiot et surtout, il me le faisait oublier un instant. Il avait tout ce que j’aimais chez un homme. La plastique de rêve et un brin d’intelligence, même si pour ce soir cela ne servirait à rien pour ce que je voulais faire avec lui. Et alors que je finissais mon énième verre de Margarita, il s’approchait, se penchant sur moi, murmurant à mon oreille tout en caressant le creux de mes reins dans un geste hautement suggestif.

 

« Et si nous allions dans un endroit plus calme ? »

 

Je le regardais alors que ses magnifiques yeux bleus s’obscurcissaient lorsqu’il me contemplait. J’avais ce que je voulais. Cette nuit me le ferait oublier. Et puis il avait les mêmes yeux que lui. Je soupirais à cette pensée, agacée, et lui décrochais mon plus beau sourire.

 

« Pourquoi pas ! » lui répondais-je.

 

Prenant la main qu’il me tendait, je descendais du tabouret quelque peu chancelante. J’étais complètement ivre, mais peu importait. Ce soir, j’oublierais Richard Castle dans les bras d’un autre.

 


madoka93  (15.10.2012 à 19:22)

voila le chapitre du jour

 

 

Chapitre 5

 

J’étais parti sans même en parler à ma fille. Je lui avais laissé un mot l’informant que je quittais la ville sans préciser l’endroit où je me rendais. Je ne voulais pas aller aux Hampton’s, non, car je savais que l’on me rechercherait là bas en premier, et je ne voulais pas être trouvé. J’avais besoin de m’éloigné et de faire le point sur ma vie. Alors je m’étais réfugié ailleurs pour l’oublier, mais deux mois s’étaient écoulés et il ne se passait pas une seule seconde sans que je ne pense à elle. Son sourire, ses magnifiques yeux verts, ses cheveux soyeux dans lesquels j’aimerais perdre mes mains, ses lèvres tentatrices sur lesquelles j’aimerais fondre, son odeur attirante dont j’aimerais me délecter jusqu'à en être enivré, sa peau douce que j’avais eu le bonheur de toucher quelques fois…

 

Chaque chose me la rappelait et c’est ainsi que depuis que je l’avais quittée, j’avais banni le café de mon existence car cela me faisait si mal. C’était notre rituel, notre bonjour, comme un baiser du matin qu’on attend lorsque l’on se lève. Chaque fois que je sentais cette odeur particulière en passant près d’une brasserie ou d’un Starbuck, cela me renvoyait à elle. Cette saveur épicée et amère à la fois, comme elle en faite, me la remémorait, et mon cœur se serrait. Et lorsque des effluves de vanille s’y ajoutaient, j’avais l’impression que mon cœur allait exploser, comme si elle était là près de moi et que j’allais pouvoir, discrètement la toucher, l’effleurer sans qu’elle ne s’en offusque, tant le geste était anodin.

 

Et que dire de cette merveilleuse odeur de cerise que je sentais parfois…A croire que Dieu là haut, s’il y en avait un, se jouait de moi pour qu’à chaque moment de la vie ordinaire, chaque chose me fasse penser à elle.  Elle dont j’avais banni le nom, ce si merveilleux nom. Durant des années je n’avais eu que le sien à la bouche mais je devais m’en guérir. Ainsi, comme dans Harry Potter son nom à elle, était comme celui de Voldemort pour le jeune magicien. Elle était devenue « celle dont on ne doit pas prononcer le nom » au risque d’en mourir.

 

Je laissais mon regard se perdre au-delà de la fenêtre, admirant l’immense forêt qui entourait la maison. Mes pensées vagabondaient encore et toujours. Je l’imaginais sur une scène de crime avec les gars, interrogeant un suspect avec la hargne qui la caractérisait tant, ou courant après un suspect avec ses talons d’au moins 50 cm facile, bon c’était un peu exagéré mais j’aurais dis facilement 10 cm, j’en étais certain.  Je souriais à cette pensée. Jamais, je n’avais compris comment elle faisait. C’était comme courir sur des échasses et malgré les situations périlleuses, elle restait toujours féminine et sexy. Peut être n’y avait-il que moi pour la voir ainsi, si désirable peu importait les situations. J’avais voulu la haïr mais tout ce que j’avais réussi à faire c’était penser à elle et l’aimer encore et toujours, j’étais un cas désespéré.

 

«  Rick ? »

 

Je sentais une main caresser mon épaule, je me retournais et souriais.

 

« Bonjour Kyra, tu as bien dormi ? »

 

Elle s’approchait et déposait un baiser sur ma joue, laissant ses lèvres traîner sur cette dernière, tout en fermant les yeux. Je la sentais frissonner.

 

« Oui à merveille, contrairement à toi il me semble ! » Me répondait-elle un voile de tristesse sur son visage.

 

Je détournais mon regard et je le fixais de nouveau vers le merveilleux paysage que j’avais sous mes yeux.

 

« Tu ne devrais pas t’inquiéter pour moi Kyra. Ce n’est pas bon pour toi dans ton état »

 

Je sentais qu’elle s’approchait mais ne bougeais pas. Elle passait une main sur ma joue pour que je la regarde.

 

« Je te sens si malheureux Rick, va la rejoindre, elle te manque tant, je me débrouillerai seule. »

 

Je l’observais un moment puis fermais les yeux, embrassant sa paume. Oui elle me manquait plus que tout mais je devais penser à Kyra et  assumer son état. Qui le ferait, sinon, à l’heure actuelle ?

 

« Non ! Vous avez besoin de moi, je ne t’abandonnerai pas dans ta condition Kyra, je te l’ai promis, j’assume mes engagements»

 

Elle me regardait et me souriait tristement puis laissait glisser sa main sur ma joue avant d’effleurer mon buste. Et sans un mot, me laissait seul. De nouveau je me replongeais dans ma distraction favorite depuis que j’étais chez Kyra et contemplais l’horizon en me demandant si celle dont je ne prononcerais plus jamais le nom, allait bien. Si elle ne risquait pas sa vie inutilement, si elle avait repris les choses comme avant, que j’ais envahi son existence. La réponse s’imposait douloureusement à moi. Oui. Elle était un roc et devait m’avoir oublié à l’heure actuelle après tout, n’avait-elle pas dit qu’elle se porterait mieux sans moi ?

 

***

 

Je sortais bras dessus bras dessous avec … je ne savais même pas comment il s’appelait, et cela m’était égal puisque je ne comptais pas le revoir après ce soir. Je riais parce que j’étais saoule mais pas suffisamment pour ne pas me rendre compte que ses blagues étaient pitoyables.

 

Il m’entraînait sur le parking dans un coin sombre plus en retrait à l’abri des regards indiscrets. Me caressant toujours le creux des reins, sa main glissait de temps à autre sur mes fesses, dans un geste qui témoignait bien de ses intentions. Je frissonnais de dégoût mais il ne s’en rendait pas compte. Son touché ne m’était pas agréable mais j’avais décidé d’oublier. Il s’arrêtait soudain, puis sans sommation ses lèvres s’écrasaient sur les miennes, exigeantes et avides. Très vite il demandait l’accès à mes profondeurs buccales mais subitement l’image triste de mon écrivain, s’imposait dans mon esprit. Je le repoussais violemment le giflant au passage.

 

« Pardon…je …non je ne peux pas… »

 

Il me toisait sévèrement et je comprenais à son expression qu’il n’en resterait pas là. Mon manque d’équilibre me faisait chanceler et je devais m’appuyer contre un muret pour ne pas tomber. Bien sûr il en profitait pour se coller à moi et me tripoter tout en voulant me forcer à l’embrasser. Il saisissait mon visage et m’imposait un baiser, me meurtrissant les lèvres, me faisant gémir de douleur. Je lui mordais la lèvre jusqu’au sang et réunissant les dernières forces qu’il me restait, je lui assenais un coup de poing sur le nez. Il hurlait en portant ses mains à son visage. Le sang jaillissait de son tarin, et la haine déformait son visage.

 

« Putain salope tu m’as pété le nez ! »

 

Profitant qu’il était plié en deux de douleur, je le contournais et tentais une fuite stratégique, car au vu de mon état, je n’étais guère à même de faire mieux que cela en matière de défense. Mais il me rattrapait par le bras et me donnait une gifle magistrale qui  me faisait perdre l’équilibre. Je me retrouvais à terre, complètement sonnée. Très vite je sentais un poids lourd sur moi puis une main se glisser sous ma jupe.

 

« Crois-tu que tu peux m’allumer comme ça avec ton beau petit cul et après me le refuser ? Non beauté, j’ai été un gentleman avec toi parce que les femmes comme toi marche qu’a ça, mais ce soir tu m’as trop excité, va falloir passer à la caisse pour m’avoir chauffé ! »

 

Il donnait un coup de rein pour me faire comprendre ce qui m’attendait et un frisson de dégoût me secouait. Le sang coulait toujours de sa face et goûtait sur mon visage. Je tentais de me dégager mais toutes tentatives étaient vaines, trop abrutie par l’alcool et encore sonnée par le coup qu’il m’avait donné, j’étais à sa merci, et il le savait.

 

«Tu es une vraie tigresse bébé mais je vais te dompter, t’en redemanderas ! »

 

***

 

Je regardais l’horloge pour la énième fois. Il était près de 23h et il me restait encore deux corps à autopsier. Sans aucuns doutes j’en avais pour la nuit mais je m’inquiétais pour Kate. Dans son état psychologique, elle ne raisonnait pas logiquement. Elle était si malheureuse que j’avais peur qu’elle fasse une bêtise. J’aurai dû accepter sa proposition pour veiller sur elle, quitte à me faire remplacer par Pelmutter.

 

Quelle amie faisais-je de la laisser allez se jeter dans la gueule des loups affamés qui ne demandaient pas mieux que de prendre dans leurs griffes une femme aussi jolie que Kate ? Connaissant son état, je savais qu’elle ne resterait pas à l’eau, et enivrée elle ne pourrait pas repousser les avances des hommes qui la désireraient. Plus j’y pensais et plus j’étais inquiète. Impossible de me concentrer dans ces conditions.  Prenant mon portable avant de changer d’avis, je composais un numéro que je connaissais par cœur pour l’avoir composé si souvent avant…

 

« Esposito ! »

 

« Javier, j’ai besoin de toi ! » Murmurais- je dans un souffle.

 

Un silence se fit entre nous puis rectifiais.

 

« Kate a besoin de toi ! »

 

Immédiatement il demandait des explications, sa voix révélant son inquiétude.

 

« J’ai peur que Kate soit dans de beaux draps ! »

 

Je lui racontais l’incident de la morgue.

 

« Tu sais où elle est ? »

 

Je répondais par l’affirmative et lui indiquais l’adresse.

 

« Je vais la chercher et la ramène par la peau des fesses, s’il le faut »

 

« Merci Javier, Merci beaucoup. » soupirais-je.

 

« Ne me remercie pas ! Elle n’est pas juste ma patronne mais avant tout une amie pour moi, une sœur. »

 

Je souriais à cette affirmation.  Il était vrai que Javier avait toujours été hyper protecteur envers Kate, la protégeant de tout même de Castle. Lorsqu’il était revenu, il avait voulu faire barrage, tout comme un grand frère le ferait.

 

« Ne sois pas trop dur avec elle, elle souffre. »

 

« Je sais, c’est plutôt avec Castle que je le serais lorsque je le retrouverais celui là. »

 

« Lui aussi souffre Javier, Kate n’est pas toute blanche. »

 

Je n’obtenais aucune réponse à cela.  Bien sûr pour lui Kate primait avant tout même si Castle était son meilleur ami. Pourtant si l’ont était vraiment juste, tout ce qui arrivait était de la faute de Kate. Elle n’avait cessée de le repousser encore et encore. Quel homme ne se lasserait pas ?

 

« Je te laisse chica, je te tiens au courant ! »

 

Et sur cette promesse il raccrochait. Je regardais le corps que j’autopsiais et recommençais mon examen, plus sereine, tout en parlant à l’homme sur ma table.

 

« Il va vraiment falloir leur dire à ces idiots que séparés, ils seront malheureux. Vraiment il faut qu’ils se rendent compte que tous les deux sont faits l’un pour l’autre. N’est ce pas ? »

 

N’attendant pas de réponse d’un mort, je poursuivais mon travail.

 

***

 

Ma colère était telle que si Castle avait été sous mes yeux, je l’aurais réduit en bouillie. Je pouvais comprendre sa lassitude depuis le temps qu’il courrait après Beckett. Il y avait de quoi être découragé, mais depuis qu’il la connaissait, il aurait dû savoir comment elle fonctionnait. Il était parti alors qu’elle commençait à s’ouvrir à lui, la laissant en complet désarroi. Je ne savais pas ce qu’il s’était passé au juste pour motiver sa décision mais quoi qu’il en soit, il n’avait pas le droit de la laisser alors qu’il avait tout fait pour se rendre indispensable auprès d’elle. Et partir avec Kyra ! Avait-il perdu la tête ? Elle était mariée et c’était son ex ! Une femme importante pour lui, je l’avais compris mais elle était son passé et Kate son futur. N’importe quel crétin aurait compris ! Mais non lui reculait alors que Beckett avançait.

 

Je ne savais pas où il se trouvait mais j’allais le découvrir. Il n’était pas aux Hampton’s mais il avait d’autres demeures, je le trouverais et lui causerais du pays. J’arrivais au club Nelson et pénétrais dans le bar. C’était noir de monde.  Autant chercher une aiguille dans une botte de foin. J’allais donc directement au bar. Quoi qu’il arrive j’étais sûr que Beckett n’était pas passée inaperçue. Sortant mon portable j’affichais une photo que j’avais prise d’elle et de Lanie.

 

« Bonsoir est-ce que vous avez vu cette femme ? »

 

Le barman se penchait pour voir la photo et me souriait.

 

« Pour sur que je l’ai vue, une poupée pareille, on la remarque dés qu’elle entre ! »

 

« Vous savez si elle est encore là ? » M’enquérais-je avec espoir.

 

« Non gars, elle vient juste de partir, tu l’as manquée de peu. »

 

Je le remerciais et faisais volte face mais alors que je m’éloignais, il m’interpellait.

 

« Si j’étais toi, je me magnerais. Elle est repartie avec un tocard. Si tu veux mon avis saoule comme elle est, elle ne va pas se rendre compte de grand-chose. Elle l’a dragué toute la soirée mais ça ressemblait plus à un exutoire. J’en ai vu des nanas comme elle défiler et ça ne finit jamais bien pour elle. Ça se voit qu’elle a un mec à oublier mais elle risque de le payer cher. »

 

J’hochais la tête et quittais le club en courant. Si ce mec était si entreprenant que cela, il devait avoir voulu commencer les préliminaires sans tarder. Je regardais donc sur le parking mais les voitures me gênaient pour voir correctement alors, m’obligeant à faire le tour des lieux pour voir si je les trouvais.

 

« Bon si j’étais un pervers qui voulait profiter de ma proie en toute quiétude où irais-je ? » M’interrogeais-je.

 

Scrutant les alentours mon regard se portait vers un bosquet près d’un muret et mon instinct me disait que s’ils devaient être quelque part, c’était là. Je me rapprochais et entendais des bruits de lutte. Aussi vite que je le pouvais, je me précipitais et ce que je découvrais me mettait le sang en ébullition, et ma colère montait d’un coup. Ce bâtard avait relevé la jupe de Kate et tentait de lui enlever son dessous, le pantalon et le caleçon aux chevilles. Il lui parsemait le visage de baiser en lui maintenant difficilement les poignets au-dessus de la tête. Elle se débattait mais ses gestes étaient maladroits et lents. Elle était ivre et cela rendait ses gestes assez désordonnés. Et lui profitait au maximum de la situation, tout en tentant de la maîtriser.

 

Je me précipitais sur cette pourriture et le dégageais de Beckett. Le soulevant du sol, je le propulsais en arrière. Il atterrissait lourdement sur le bitume un peu plus loin. J’entendais un craquement, sûrement un os mais je n’en avais cure. Je m’approchais de lui alors qu’il était sonné. J’étais arrivé à temps mais il avait posé ses sales pattes sur elle. Ma colère était telle que je voulais le tuer. Je le saisissais par le col et le décollais du sol. Je lisais dans ses yeux la peur, la terreur même, ce qui me réjouissait au plus haut point. Je souriais en constatant que Beckett lui avait pété le nez malgré tout.

 

« Si elle se débat, c’est qu’elle ne veut pas alors retires toi ! »

 

Et sur ces paroles je lui assenais un violent coup de tête qui lui arrachait un hurlement de douleur. Son nez déjà cassé devait le faire souffrir et la douleur insoutenable pour lui était jouissive pour moi. Les mecs comme lui méritaient de crever dans le caniveau. Je lui assenais un ou deux coups de poing histoire de lui faire comprendre de ne jamais plus recommencer. Le relâchant, je le regardais s’affaler au sol comme le déchet qu’il était et prévenais le central d’envoyer des gars l’embarquer. Il passerait la nuit au poste et je m’occuperais de lui demain. Mais pour le moment, Beckett était ma priorité. J’accourais vers elle et l’aidais à se lever. Son front saignait et j’appliquais délicatement un mouchoir dessus. Elle me regardait, me souriant.

 

« Espo… tu es là… ? »

 

Puis elle s’évanouissait, m’obligeant à  la soutenir. Etant inconsciente je la portais et la déposais dans ma voiture direction son appartement. Je ne lui ferais pas de reproches, mais cette nuit je serais à ses côtés comme un grand frère se devait de le faire. Je la protégerais envers et contre tous. Veillant sur son sommeil. Elle avait beau être ma supérieur une amitié réelle et sincère s’était instaurée entre nous et même si au début je l’avais un peu draguée, je m’étais vite rendu compte qu’elle n’était pas qu’une femme sublime. Non au-delà de son physique de rêve, elle avait gagnée mon respect en me prouvant qu’elle était efficace, bien plus que certains hommes. Elle avait prouvée sa valeur de part sa force et son intelligence.

 

Elle se montrait intransigeante avec les suspects, leurs arrachant des aveux sans difficultés. Elle était née pour être flic, et au-delà de sa beauté froide, un cœur chaleureux battait. Elle était toujours là pour ses collègues, s’inquiétant pour nous. Kate ne montrait jamais ses sentiments mais je savais qu’au-delà de la femme forte, il y avait une âme blessée. Etre une femme dans un milieu d’homme n’était pas si simple mais elle arrivait à dominer ce monde de testostérones en puissance, qui lorsque vous êtes une belle femme est encore plus dure, ne vous prenant pas au sérieux. Mais sa compétence avait fait taire les mauvaises langues. Et à partir de ce moment, j’avais reconnu son statut de supérieure, car elle l’était.

 

J’arrivais chez elle, me stationnant devant, en double file. Je cherchais dans son sac, ses clés et son boîtier de commande pour son parking souterrain. Lorsque je les trouvais, j’actionnais le portail puis m’engouffrais dans le dit parking. Me garant à la place de Beckett, je la détachais puis faisais le tour et la prenais dans mes bras. Un gémissement sortait de sa bouche, me faisant instinctivement resserrer mon étreinte autour d’elle. Elle se blottissait un peu plus contre moi, et je l’entendais murmurer.

 

« Castle…»

 

Je sentais mon cou s’humidifier, me faisant serrer les dents.

 

« Je te le ramènerai par la peau des fesses, s’il le faut. »

 

Arrivé devant sa porte, j’entreprenais de l’ouvrir, lorsqu’une voix m’interpellait.

 

« Lieutenant Esposito »

 

Je me retournais et voyais le père de Beckett. Il me dévisageait surpris. Son regard était glacial et accusateur, et je comprenais qu’il devait mal interpréter la situation en suivant son regard braqué sur  Kate et  je pouvais comprendre la méprise.

 

« Ne vous méprenez pas, ce n’est pas ce que vous croyez ! mais euh… en fait Beckett avait euh… »

 

Comment dire à un père que sa fille s’était saoulée, avait draguée un inconnu et lorsqu’elle avait repoussé ce dernier, il avait voulu la violer ? Cela était peut être un peu trop violent pour un homme qui n’avait que sa fille qui était ce qu’il avait de plus précieux au monde. Il s’approchait de moi. Sans un mot il me prenait les clés et ouvrait la porte de l’appartement de sa fille.

 

« Déposez-la dans sa chambre, je vous prie ! »

 

J’acquiesçais et allongeais Kate sur son lit. Je l’observais attentivement, me reprochant de ne pas avoir remarqué plus tôt qu’elle avait les traits tirés et torturés. Je détestais la voir ainsi, malheureuse, surtout à cause d’une bêtise.

 

« Je vais rester avec elle, ne vous inquiétez pas. Je vous remercie d’avoir été là pour elle. »

 

« Oh ben non ce n’est rien, elle a fait une petite chute de tension et euh… »

 

Jim Beckett m’interrompait.

 

« Je crois savoir ce qu’il s’est passé. Je vous suis reconnaissant.  Merci d’être un ami fidèle pour ma fille. »

 

Je lui souriais puis regardais Kate et avouais, un peu gêné.

 

« Elle est de la famille et dans une famille, on se sert les coudes. »

 

Il me regardait et avec un grand sourire puis posait une main sur mon épaule.

 

« Merci fils. Je prends le relais, vas te reposer, il est tard et demain, tu dois travailler, n’est-ce pas ? »

 

J’hochais la tête et après un dernier regard à Kate, je quittais sa chambre puis son appartement, serein, elle était entre de bonnes mains.

 

J’allais rejoindre Lanie. Nous n’étions plus ensemble et même plutôt en froid mais il y avait des situations où l’on devait oublier les différents pour faire face. Ce qu’il se passait entre Castle et  Beckett me faisait penser à ce qu’il s’était passé avec Lanie. Je savais que j’étais injuste envers Castle, mais je reportais ma propre frustration et ma propre colère sur lui. Et puis même si Kate avait mal agi, il n’aurait pas dû partir, abandonner. S’il l’aimait, il aurait dû se battre, comme j’aurais dû le faire avec Lanie. Alors qu’il le veuille ou non, j’allais le retrouver et l’obliger à revenir, même si pour cela j’étais obligé de jouer des poings.

 

Parce que j’avais peut-être de nombreux tords dans ma rupture avec Lanie, mais je n’étais pas parti. Et ce soir j’étais certain qu’elle avait besoin de moi.  Même si elle travaillait, je me devais de la rassurer, d’être là pour elle. De lui faire comprendre que quoi qu’il arrive, je serais un soutien pour elle.

 

***

 

Après que l’ami de ma fille soit parti j’entreprenais de la dévêtir. Elle se réveillait à cet instant et avait un geste de recul envers moi. Elle tremblait et semblait effrayée. Elle se regardait puis me regardait, ne semblant pas réaliser où elle se trouvait. Sa respiration était saccadée et bruyante. Je n’avais pas de mal à imaginer ce qui avait pu se passer et remerciais une fois de plus Esposito d’être venu au secours de ma fille.

 

« Papa ? » soufflait-elle finalement lorsqu’elle parvenait enfin à retrouver un semblant de contrôle.

 

« Oui c’est moi ma chérie, tout va bien tu es en sécurité maintenant »

 

Elle me regardait avec incompréhension, puis de nouveau son regard se posait sur son corps à moitié dénudé, et les tremblements s’intensifiaient. Les larmes lui venaient aux yeux et honteuse, elle détournait le regard.

 

« Mon Dieu papa, c’est affreux je… »

 

« Le lieutenant Esposito est venu te chercher ma chérie ! »

 

Elle prenait une profonde inspiration en fermant fortement les yeux. Le soulagement se peignait sur son visage, et elle me regardait de nouveau.  Ses yeux brillaient de tristesse et de remords, et mon cœur se brisait pour elle.

 

« Il m’a quittée papa ! » murmurait-elle si bas et dans un sanglot douloureux que j’avais du mal à la comprendre.

 

Je la serrais contre moi, la berçant tout en lui caressant les cheveux comme lorsqu’elle était enfant et avait fait un cauchemar.

 

« Je le sais mon ange, mais il reviendra ma chérie, comme toujours ! »

 

« Je ne pense pas papa, pas cette fois, je lui ai fait trop de mal. Pourquoi toutes les personnes que j’aime me quittent, papa ? Pourquoi je les perds toutes ? D’abord maman, puis Royce, ensuite Montgomery et maintenant Castle. Pourquoi, j’ai si mal, papa ? »

 

Je la regardais douloureusement. Elle retenait ses larmes comme lorsqu’elle était petite fille et que, terrifiée par ses rêves, elle se réveillait en criant et que j’allais la consoler avec sa mère. Elle ne pleurait pas, jamais, en disant que c’était un signe de faiblesse. Mais aujourd’hui, elle ne pouvait retenir ses pleurs et éclatait en sanglots dans mes bras, laissant sa fierté de côté, affichant ses faiblesses ouvertement. Elle pleurait comme jamais elle n’avait pleuré, du moins devant moi. Ou l’avait-elle fait, mais j’étais trop saoul à l’époque du décès de sa mère pour m’en rappeler.

 

Je comprenais sa détresse. Perdre Castle était ce qu’elle craignait le plus, et voilà que son cauchemar devenait réalité. Mon bébé souffrait et je devais tout faire pour que cela cesse. Mon ange était malheureuse et cela tout père se refusait à l’accepter. Il devait revenir et ne plus jamais la laisser, parce qu’elle ne pourrait pas surmonter cette perte. Je savais qu’il l’aimait plus que tout. Ne s’était-il pas mis en première ligne pour empêcher un autre tire au cimetière, risquant à son tour d’être blessé ou pire encore. Il la suivait depuis plus de quatre ans, avait écrit 3 romans dont le dernier était une véritable déclaration d’amour à ma fille. Alors, oui, je ne le laisserais pas la quitter. Je ne laisserais pas leur histoire d’amour étouffer dans l’œuf. Une si belle romance méritait de naître. Il leur fallait juste un peu d’aide.

 

Castle représentait le bonheur de ma fille. Il lui avait redonné le sourire et sa joie de vivre. Castle était sa lumière dans les ténèbres. Son phare dans la tempête. Elle avait besoin de lui, comme de l’air que l’on respire. Mon bébé pleurait d’amour. Son cœur était brisé, son âme meurtrie, et elle vivait la pire des souffrances. J’en avais moi-même fait l’expérience. Perdre l’être aimé m’avais détruit et encore aujourd’hui, pas un seul jour ne se passait sans que je ne pense à ma Johanna. Mais pour elle, tout était encore possible, elle pouvait le reconquérir, le faire revenir, le revoir car Dieu merci même s’il était parti, il était encore en vie. Et cela était une chose essentielle. Ne jamais perdre de temps, la vie était trop précieuse pour les hésitations.

 

Après une demi-heure, elle finissait par s’endormir, épuisée. Je l’allongeais et finissais de la dévêtir avant d’attraper un immense T-shirt qui traînait sur une chaise et de lui enfiler en guise de pyjama. Je remontais ensuite la couette sur elle, la bordant comme je le faisais lorsqu’elle était petite, puis déposais un baiser sur son front.

 

« Dors mon ange, papa est là…tout ira bien, je te le promets… »

 

Oui tout irait bien car je ferais tout pour retrouver Castle et le faire revenir vers ma fille.

 

 


madoka93  (16.10.2012 à 15:58)

voila chapitre du jour à vous de jouer je veux tout pleins de commentaire :p

 

Chapitre 6

 

Je me réveillais dans un gémissement. Tout le carnaval de Rio faisait la fête dans ma tête et la fanfare de New York s’était également invitée aux festivités. Et alors que j’entreprenais de me lever une nausée m’enserrait le cœur, un relent d’alcool me venait dans la bouche et je me précipitais aux toilettes pour décharger mon estomac des excès de la nuit.

 

Je me relevais fébrile et tremblante. Regardant ma tenue, je constatais que j’étais en long tee-shirt. Qui m’avait changée ? Et comment étais-je rentrée chez moi ? Une bribe de souvenir me revenait en mémoire. Cet homme sur moi, tentant de … non, mon Dieu est ce que… ?

 

La nausée revenait et de nouveau je rencontrais la cuvette des WC pour me soulager. Puis je me relevais chancelante. M’aspergeant d’eau froide, je tentais de rassembler mes souvenirs. Si cet homme avait abusé de moi, comment étais-je rentrée et pourquoi étais-je chez moi et pas à l’hôpital ? Dans l’état dans lequel j’étais, j’aurais été incapable de pouvoir rentrer seule ! Ou bien l’avais-je ramené chez moi ? Non c’était impossible, je l’avais repoussé ! Alors quoi ?

 

Le visage inquiet d’Esposito apparaissait soudainement sous mes yeux. Il était venu me chercher et m’avait sauvé de ce salaud. Donc j’en déduisais qu’il m’avait ramenée chez moi et couchée ? Non, là encore, ça n’allait pas. S’il m’avait couchée, il n’aurait pas osé me dévêtir. Qui dans ce cas ? J’avais un blanc d’un coup. Je revoyais Esposito me prendre dans ses bras puis il m’avait conduit, certainement jusqu'à chez moi.

 

Ensuite il m’avait de nouveau prise dans ses bras, me sortant de la voiture. J’avais le souvenir d’avoir pensé vainement que c’était Castle, mais que serait-il venu faire ici après deux mois d’absence sans aucune nouvelle ? Il se contrefichait de ce qui pouvait bien m’arriver.

 

Je me traînais jusqu'à la douche. J’avais besoin de me vider la tête, peut être alors, arriverais-je à me rappeler. Et tandis que le jet brûlant touchait ma peau, je poussais un soupir de contentement. Cela avait pour effet de soulager momentanément la migraine.

 

Je réfléchissais à ma soirée d’hier. J’avais été pitoyable de me mettre si minable pour un homme. Sans Esposito à l’heure actuelle je ne sais pas ce qui serait advenu de moi.  J’en frissonnais de dégoût. En fait si, pas besoin d’être voyante pour savoir quel sort cette pourriture comptait me réserver.

 

Il fallait que je me reprenne en main et au plus vite. Que dirait papa, s’il me voyait ainsi ?

 

Papa ? Oh mon dieu ! Mais oui ! C’était lui qui m’avait dévêtue et couchée. Il m’avait aussi veillée. On avait parlé de Castle et il m’avait dit qu’il reviendrait. J’étais perplexe mais j’espérais au plus profond de mon être qu’il avait raison et alors ce jour là, je me lancerais dans l’aventure et nous laisserais une chance. Oui, je ne ferais pas la même erreur. Lorsqu’il me reviendrait s’il le faisait un jour, je lui dirais toute la vérité. Je lui ouvrirais mon cœur et affronterais mes peurs. Le perdre était trop dur et j’avais enfin ouvert les yeux.

 

Je sortais finalement de la douche. J’avais décidé que je devais faire le premier pas. Le manque était trop grand et je ne pouvais pas attendre qu’il revienne car s’il ne le faisait pas alors je le perdrais. Je devais garder en tête qu’il y avait Kyra. Elle était revenue et il pourrait très bien se consoler avec elle. Deux mois étaient passés. Et s’il était trop tard ? S’il m’avait déjà remplacée dans son cœur ?

 

Je chassais cette idée. Kyra était mariée et même si elle avait refait surface dans la vie de Castle cela ne voulait pas forcement dire qu’elle voulait le reconquérir. Et si c’était le cas, alors je ne la laisserais pas faire. J’avais décidée de me battre pour lui. Il le méritait et surtout notre amour en valait la peine.

 

Nous étions dimanche et je n’allais pas travailler et heureusement car vu que j’avais un orchestre en pleine représentation dans ma tête c’était le bonheur de ne pas devoir aller au travail. J’allais devoir prendre une aspirine et de toute urgence.

 

Je descendais donc dans mon salon afin de prendre le cachet miracle et y trouvais mon père qui lisait le journal en buvant un café.

 

« Papa mais que fais tu là ? »

 

Il me regardait puis se levait. Sans me répondre il venait m’embrasser.

 

« Tu avais besoin de ton père cette nuit ma chérie. »

 

Je le toisais puis souriait le serrant dans mes bras.

 

« Merci papa. »

 

Il me caressait la joue, puis d’un signe de la tête, me montrait une assiette de gaufres ainsi qu’une tasse de café accompagnée d’un verre d’eau dans lequel je devinais une aspirine dissoute. Je regardais mon père qui s’affairait à la cuisine.

 

« Ton café doit être froid. Je vais t’en refaire. Bois ton aspirine et mange, ça va faire passer la nausée. »

 

Sans détacher mon regard de mon père je m’approchais de lui.  Mes yeux se posèrent sur ses épaules larges et rassurantes, celles sur lesquels je m’endormais enfant, lorsqu’il me portait sur son dos. Ces épaules si apaisantes que j’aimais tant. Posant mes mains sur ses omoplates, je callais ma tête entre elles deux. Fermant les yeux, je savourais la chaleur de mon père.

 

Nous ne prononcions aucun mot. Mon paternel ne faisait aucun commentaire sur ma soirée. Non, nous savourions juste l’instant entre un père et une fille.

 

« Mon ange ton café est prêt. Va manger, tu en as besoin. Tu as tant maigrie ces temps ci. »

 

Je me détachais de papa.

 

« Oui papa ! » Disais- je en souriant.

 

Me dirigeant vers la table basse, je me saisissais de mon verre que je buvais d’une traite. Grimaçant au goût, je prenais une gaufre que je mangeais rapidement pour faire passer cette saveur particulière que j’avais dans la bouche dû au médicament et c’était à ce moment que je me rendais compte que j’étais affamée. Je ne me rappelais même plus quand j’avais fait un repas normal depuis le départ de Castle.

 

En général, c’était lui qui veillait à mon alimentation me rabattant continuellement les oreilles, comme quoi je devais faire attention à moi et que je n’avais pas besoin de sauté des repas. Je souriais, car à chaque fois il parvenait à ses fins et me faisait manger. Il me reprochait de lui faire prendre du poids car il se sentait obligé de m’accompagner pour m’inciter à me nourrir et moi, je lui disais que dans ce cas, il lui fallait faire du sport.

 

« Pourquoi souris-tu comme cela ma chérie ? » S’enquérait mon père en s’asseyant à mes côtés.

 

« Je pense à Castle. Il est toujours à me tanner pour que je me nourrisse correctement et il… »

 

Je m’interrompais, mon sourire s’estompait puis un silence se faisait. De longues minutes passaient ainsi.

 

« Appel le mon ange, ce n’est pas toujours à l’homme de faire le premier pas. »

 

« Mais s’il ne voulait pas me parler papa ? »

 

« Ne lui laisses pas le choix ma chérie ! »

 

Je regardais mon père pensive puis prenais mon téléphone et activais la fonction masquage du numéro. Mon père se levait en souriant, m’embrassait puis prenait sa veste.

 

« J’espère revoir Castle très bientôt Kate, il me plait bien ce type ! » Je souris.

 

« Toi ? Aimer un homme qui me tourne autour ? » souriais-je, secrètement ravie d’avoir l’approbation paternelle.

 

« Oui que veux-tu ! Ça doit être l’âge qui me ramolli ! »

 

« Merci encore papa, je t’aime ! Tu es le plus formidable des pères ! » Riais-je.

 

« Hahaha, j’en prends note ! Pense donc à mon cadeau d’anniversaire alors ! »

 

De nouveau je partais dans un éclat de rire et tandis que mon père quittait mon appartement, je lançais l’appel. Le cœur battant à tout rompre, j’attendais qu’il décroche. Comment m’accueillerait-il ? Serait-il gêné ? Attendait-il cet appel depuis longtemps et serait-il emballer ? Me rejetterait-il en me disant que tout était fini ? Les secondes passaient, angoissantes. Notre avenir se jouait sur un coup de fil.

 

Enfin on décrochait. Un sourire béat naissait sur mes lèvres.

 

« Allo ! »

 

Cette voix ! Elle m’avait tant manquée. Le cœur au bord des lèvres, la gorge serrée, je ne parvenais pas à articuler une seule parole. L’émotion était trop forte. Ça ne me ressemblait tellement pas d’agir ainsi. J’étais nerveuse, anxieuse et excitée à la fois.  Tous les symptômes d’une adolescente amoureuse qui appelait son petit ami après leur premier rendez-vous.

 

« Allo ? Il y a quelqu’un ou vous êtes partie faire un tennis le temps que je décroche ? »

 

Je riais, cachant le combiné pour qu’il n’entende pas ma voix. Pas tout de suite. Je voulais m’amuser un peu, l’agacer, même si je savais qu’avec Richard Castle c’était difficile de l’agacer. Par contre lui maîtrisait parfaitement l’art de l’agacement.

 

« Bon, si vous n’avez rien à dire, je vais raccrocher, alors décidez vous ! »

 

Bon je pense que j’avais réussi malgré tout à l’embêter un peu, et cela m’avait laissé le temps de réfléchir à ce que j’allais lui dire. J’ouvrais la bouche lorsque j’entendais une voix féminine en fond sonore. Mon cœur faisait un bond hors de ma poitrine. Cela confirmait mes pires craintes. Il était avec elle.

 

« Rick, je suis prêtes nous pouvons y aller.»

 

Je laissais ma main glissée le long de mon corps, poussant un long gémissement plaintif. Machinalement, je coupais la communication et lâchais le téléphone. Tout était fini. Je l’avais perdu. Deux mois qu’il avait disparu, deux mois qu’il était avec elle. Pas besoin d’être devin pour s’imaginer qu’ils ne s’étaient pas regardés dans le blanc des yeux durant ces 60 jours. La dernière fois qu’elle était réapparue dans sa vie, ils s’étaient embrassés alors qu’elle allait se mariée. Qu’est ce qui l’empêchait d’être infidèle à son époux ? Et il semblait qu’elle l’avait quitté, sinon que serait-elle venue faire à New York ? Pas besoin de réfléchir bien longtemps pour constater qu’elle avait encore des sentiments pour Rick. il suffisait de voir la façon dont elle le regardait.

 

Me laissant tomber au sol, j’enfouissais mon visage dans mes genoux. J’étais out.  Kate Beckett 0/ Kyra Blaine 5, voire dix coups d’avance, sans mauvais jeu de mots. Comment pouvais-je rivaliser avec une femme qui avouait ses sentiments et lui donnait ce dont il avait besoin, ce que tout homme voulait ? De la tendresse, de l’amour mais aussi et surtout du sexe. Bien sûr je savais bien que pour Castle avec Kyra, il n’y avait pas que cela. Il faudrait être aveugle pour ne pas voir qu’il l’avait aimé et apparemment, il avait encore des sentiments pour elle.

 

Mais pour moi qu’en était-il ? Je soupirais puis tournais ma tête vers ma table basse. Mes yeux se portaient sur le journal que mon père lisait lorsque j’étais descendue. Mon attention était attirée par une photo. Pas n’importe laquelle, une photo de Castle accompagnée d’un article.

 

« Richard Castle le roi du macabre convoque une conférence de presse ce soir suite à la sortie de Frozen Heat, la semaine prochaine. Il a déclaré qu’il avait une annonce importante à faire.

 

Cette annonce aurait-elle un rapport avec sa séparation d’avec sa muse Kate Beckett, lieutenant de police qui a inspirée, la célèbre Nikki Heat ?

 

Car en effet nous avons appris de source sûre que l’écrivain aurait quitté les locaux du 12 th pour ne plus y revenir. Nous savons aussi qu’il est introuvable et que même sa fille et sa mère ne savent où le trouver et n’ont de contact qu’avec son portable. Il semblerait que monsieur l’auteur de Best seller se terre, tel un ermite depuis deux mois déjà.

 

Les peines de cœur sont parfois difficiles à soignez me direz-vous. »

 

Je relisais plusieurs fois de suite l’article. Comment avait-il su qu’il était parti ? Qui était ces sources soit disant sûres ? Et surtout comment savait-il que Rick ne donnait pas de nouvelles ? Je savais qu’Alexis et Martha faisaient barrages aux journalistes, ne dévoilant rien. Ces chiens galeux étaient à l’affût du moindre ragot et avec cet article, je n’avais pas fini d’être importunée. Je regardais de nouveau la photo de Castle. Il était souriant comme toujours mais je sentais dans ses yeux quelque chose de différent, l’étincelle n’y était plus. Cette lueur de malice que j’aimais tant avait disparue. Caressant la photo je posais de nouveau ma tête sur mes genoux.

 

« Les peines de cœur sont parfois difficiles à soignez me direz-vous. »

 

S’il n’arrivait pas à m’oublier pourquoi ne revenait-il pas dans ce cas ?

 

***

 

« Bon désolé, mais je dois y aller quand vous serez décidé vous me rappellerez »

 

J’entendais un silence puis un gémissement, et enfin plus rien, seulement la tonalité. Mon cœur faisait un bond dans ma poitrine.

 

« Kate ? »

 

Bon sang non ça ne pouvait pas être elle. Elle ne m’aurait pas appelé en inconnu et aurait parlée. Elle … et si elle avait eu peur que je ne décroche pas comme les nombreuses fois ou elle m’avait appelé ? Mais pourquoi ne m’avait elle rien dit ? Avait-elle entendu Kyra en fond et cela l’aurait-il dissuadée ? Et si ce n’était pas elle dans ce cas pourquoi raccrocher ? Mais de toute manière, elle m’avait fait comprendre qu’il n’y aurait jamais rien alors si elle était bien au bout du fil pourquoi s’offusquer d’entendre Kyra ?

 

Sa voix… mon dieu j’aurais aimé l’entendre encore… Je secouais la tête. Non, c’était sûrement un plaisantin. Kate Beckett ne revenait jamais en arrière et ne faisait jamais le premier pas…Bien sûr que si elle le faisait. Elle l’avait fait après ces trois mois de silence. C’était elle qui était revenue. Mais pourquoi n’avoir prononcé aucune parole alors ? Pourquoi raccrocher ? Non ce n’était pas son genre. Je prenais mes désirs pour la réalité. Si cela avait été elle cela aurait tout changé, cela aurait voulu dire que je comptais un peu pour elle, et que même après deux mois elle pensait toujours à moi. Mais c’était trop beau pour être vrai, oui …mon rêve serait réalité…

 

Voila. Deux mois sans prononcer son prénom et il n’avait fallu qu’une fois pour partir en élucubrations et penser qu’elle était là, à l’autre bout du fil. Pourquoi m’aurait-elle appelé ? Elle ne me voulait plus dans sa vie.

 

«  Rick, tu viens on va rater l’avion ? »

 

Je regardais Kyra qui me dévisageait de façon interrogative.

 

« J’arrive »

 

Je prenais mon sac et le mettais sur mes épaules. Deux mois, deux mois que je n’avais pas remis les pieds à New York. Deux mois à San Francisco chez Kyra, du moins, l’appartement qu’elle avait louée le temps que son divorce soit prononcé. J’avais de multiples demeures bien sûr, mais ma place était auprès d’elle. Elle attendait un bébé et je devais assumer, oui qui le ferait sinon, Greg ? Il ne pensait qu’a son travail.

 

Dans le taxi qui nous menait à l’aéroport, Kyra recevait un appel. Je comprenais très vite à son air contrarié qui était son interlocuteur et peu de temps après j’en avais confirmation.

 

« Je ne reviendrai pas. Je demande le divorce. Tu es marié à ton travail et je ne suis pas adepte du ménage à trois. Tu préfères ton travail à moi…nous…donc signes les papiers et remaries-toi avec ton patron ! » Un silence se faisait puis elle reprenait « Non Greg tu ne vis que pour ton travail j’en ai assez des promesses, signes les papiers. » Répétait-elle.

 

Elle raccrochait puis tournait la tête vers la fenêtre, mais je voyais une larme couler sur son visage angélique et sans réfléchir, je la prenais dans mes bras.

 

« Tout ira bien Kyra, je te le promets »

 

Elle enfouissait son visage dans mon cou, l’embrassant :

 

«  Kyra… »

 

« Pourquoi t’ais-je laissé me quitter Rick … toi l’homme parfait… »

 

Je soupirais de tristesse. Je voyais l’une des femmes que j’avais aimées le plus au monde, si malheureuse. Que devais-je faire ?  Elle m’embrassait avec l’énergie du désespoir. Je ne répondais pas de suite à son baiser. Fermant les yeux, je voyais ma muse, celle que j’aimais tant. Repoussant mon amie, je lui disais :

 

« Kyra, ne nous faisons pas plus de mal, que nous ne nous en sommes déjà fait. Ma chérie, je t’ai aimée et toi aussi, mais nous nous fourvoierions en revenant sur le passé » lui soufflais-je en l’embrassant tendrement sur le front « Tu aimes Greg et moi j’aime Kate. Tous deux nous rejette mais est ce une raison pour se consoler mutuellement par dépit ? »

 

Je soupirais caressant le visage baigné de larmes de l’ex-femme de ma vie.

 

« Je t’ai aimée Kyra plus que ma vie et je pense que toi aussi tu m’as aimé, mais je ne peux mentir. Elle m’obsède et je ne sais pas si je parviendrais à l’oublier un jour. Mais quoiqu’il en soit, toi tu as encore une chance de tout reconstruire avec Greg. Greg et toi vous vous aimez. Vous êtes unis, vous avez cet enfant qui vous lie, la plus belle preuve d’amour au monde ne gâchez pas tout. »

 

Elle me regardait surprise par ma déclaration.

 

« Rick… mais si je retourne avec Greg, tu seras seul. »

 

Je lui souriais et l’embrassais tendrement du bout des lèvres.

 

« Je ne serais pas seul, Kyra, j’ai ma fille, ma mère… »

 

« Mais pas Kate ! »

 

Je la regardais, résigné.

 

« Kate Beckett n’appartient à personne, Kate Beckett n’a besoin de personne »

 

« En es-tu sûr Rick ? » me demandait-elle en me toisant d’un air sceptique.

 

Je ne répondais pas.

 

« Et toi Ricky as-tu besoin de Kate Beckett ? »

 

Heureusement pour moi, nous arrivions à l’aéroport et je sortais de la voiture sans répondre à cette épineuse question. 

 

« J’aimerais que tu m’accompagnes durant cette conférence de presse Kyra, voila ce dont j’ai besoin. Après je t’ordonne d’aller retrouver ton homme, le vrai pas le substitut »

 

Elle me souriait et acquiesçait. Je me sentais un peu coupable de la monopolisée ainsi ? Mais je ne me sentais pas la force d’affronter la meute seul. Et même si elle restait en retrait, elle serait là, derrière moi.

 

J’appréhendais car ce que j’allais annoncer ce soir allait changer ma vie et alors que j’embarquais pour New York, je me demandais si je faisais le bon choix. Mais au fond quel choix avais-je ? Nikki avait choisi sa vie et Rook devait l’accepter.

 

***

 

Je ne saurais dire combien de temps j’étais restée là assisse comme cela par terre. J’avais tant pleurée que plus une seule larme ne pouvait sortir de mes yeux. Je fixais la photo de mon écrivain. La tête posée sur mes genoux, mes bras de chaque côté de mon corps. Mes doigts caressaient l’image de mon amour perdu lorsque la sonnette de mon appartement retentissait. Qui venait m’importunée ? je n’avais envie de voir personne, pas dans mon état. J’étais Kate Beckett la femme forte qui résistait à tout. Pas la pauvre Katie qui se mourrait d’amour.

 

Malheureusement pour moi la personne qui s’acharnait comme une cinglée sur ma sonnette, en avait décidée autrement. Je me levais avec lourdeur en râlant.

 

« C’est bon j’arrive ! Pas besoin de s’exciter sur cette pauvre sonnette ! »

 

J’ouvrais la porte à la volée et me retrouvais nez à nez avec :

 

« Lanie, Que fais tu là ? »

 

Mon amie me toisait d’un de ses regards noirs qui me faisait déglutir.

 

« Je viens vérifier si mon amie n’a pas décidée de, de nouveau, mettre sa vie et sa chasteté en danger ! »

 

Je soupirais de résignation. Évidement Esposito lui avait raconté, et je soupçonnais même Lanie de l’avoir envoyé.  Qui d’autre l’aurait fait ? Elle était la seule à savoir où je me trouvais. Je l’en remerciais sans elle… mon Dieu je ne voulais pas y penser, c’était trop affreux.

 

« Lanie je… »

 

Elle levait la main pour me faire taire.

 

« Je ne veux rien entendre Kate, on doit discuter et sérieusement ! » Disait-elle en pénétrant dans mon appartement.

 

 Elle allait jusqu’au salon, restait un moment figée, puis se retournait en me regardant droit dans les yeux.

 

« Jusqu'à présent je n’ai rien dis mais là, la situation est trop grave. Je ne te ferais pas la morale, je pense que tu as compris. »

 

Elle me regardait avec insistance attendant une parole de ma part, mais j’en étais incapable Je passais devant elle allant dans ma cuisine, je me servais un café :

 

« Assieds-toi Lanie, veux tu boire quelque chose ? »

 

Mon amie m’observait puis, semblant comprendre que j’avais besoin de temps pour trouver mes mots, s’asseyait.

 

« Un thé, merci. »

 

Je m’afférais à préparer la boisson chaude de mon amie tout en réfléchissant à ce que j’allais lui dire. Je lui devais d’être sincère. Je lui devais bien ça.  Elle m’avait sauvée de la pire chose qui puisse arriver à une femme en envoyant Esposito à mon secours. D’ailleurs pour lui aussi j’allais devoir m’expliquer.

 

Après un long soupir je rejoignais ma meilleure amie et m’asseyais à ses côtés. Je n’osais pas la regarder, j’avais l’impression de passer en conseil de discipline. J’étais nerveuse et un long silence se faisait. Mais Lanie ne prenait à aucun moment la parole, me laissant le temps, et je l’en remerciais. M’abreuvant de ma boisson favorite, je prenais enfin la parole.

 

«Je te dois des excuses Lanie. Je n’ai pas été la meilleure des amies récemment. Je t’ai causé du tracas et je m’en excuse. »

 

Ma métisse favorite me regardait sévèrement, puis son regard s’attendrissait et elle posait une main sur mon genou.

 

« Les amis sont là pour les bons et les mauvais côtés sweatheart. »

 

Je la regardais en lui souriant puis détournais les yeux, gênée.

 

« Je ne me reconnais plus Lanie. Je me perds sans lui. »

 

Mon amie me regardait et sans un mot me prenait dans ses bras. Je fermais les yeux et la serrait fort. Elle ne disait rien mais c’était ce que je voulais. Je ne voulais pas de sa pitié. Je ne voulais pas me sentir faible.

 

Lentement je me dégageais. Je poussais un soupir à fendre l’âme et ma légiste me prenait la main. Toujours sans prononcer une parole, elle me regardait et je lui souriais tristement. Je ne savais pas quoi lui dire. Le dialogue n’était pas vraiment mon fort et elle le savait car elle prenait la parole.

 

« Il faut te ressaisir Kate, je sais que c’est dur, qu’il te manque mais te morfondre ne te le ramènera pas. »

 

Je détournais le regard, fixant un point invisible.

 

« Je le sais Lanie et crois-moi, mon expérience d’hier me l’a fait réaliser, mais chaque chose me le rappelle. »

 

Mon amie me faisait tourner la tête vers elle, en posant une main sur ma joue.

 

« Tu es une battante Kate. Tu m’as toujours impressionnée par ta force et baisser les bras ce n’est pas toi. Si tu l’aimes bats-toi pour lui. Ce n’est pas toujours à l’homme de faire le premier pas, appel-le et demande lui un rendez-vous. » Les paroles de mon amie firent écho à celles de mon père

 

« J’ai déjà appelé Lanie et il n’est pas seul…Il est avec Kyra… »

 

A cette annonce mon amie ouvrait de grands yeux. Un silence se faisait entre nous. Puis elle reprenait la parole.

 

« Des fois les choses ne sont pas ce qu’elles paraissent, Kate, lui as-tu parlé ? Non je sais que non, elle était avec lui et alors, qu’est ce que cela prouve ? »

 

Je la regardais quelque peu surprise.

 

« Il va revenir sur New York pour sa conférence de presse ai-je appris. Va t’expliquer avec lui ! Tu en auras le cœur net. Et s’il est bien en couple avec Kyra et bien tu seras fixée. Mais si ce n’est pas le cas ma chérie, ouvres lui ton cœur. Il mérite que tu te battes pour lui. Pendant plus de 4 ans il t’a suivi comme ton ombre. Il était là pour toi, il était ton partenaire et ton meilleur ami. Je pense que par respect pour ce que vous avez vécu, tu dois aller au delà des apparences et tenter de comprendre et peut-être recoller les morceaux. »

 

Je réfléchissais puis la regardais, un sourire apparaissait sur son visage, que je lui rendais. Puis je regardais l’heure. Me levant je regardais ma meilleure amie.

 

« Bien sa conférence est à 20h ce soir. Je pense que nous avons le temps d’aller faire quelques emplettes pour que je me montre à mon avantage face à lui »

 

Lanie se levait à son tour, toujours aussi souriante.

 

« Go Kate Beckett, allons trouver de quoi faire tourner la tête d’un certain écrivain ! »

 

Je riais, prenais ma veste et mes clés et nous partions en ville. Bien qu’étant dimanche, nous vivions à New York, et bon nombre de magasins étaient ouverts. Après avoir fait plusieurs magasins différents, je trouvais enfin mon bonheur. Une robe bleue nuit, simple mais classe.  Bien entendu depuis la fusillade, j’avais banni les décolletés plongeants, mais elle avait un col en V qui s’arrêtait juste à la naissance de ma cicatrice. J’achetais un châle en soie pour compléter la robe ainsi que les chaussures assortis.

 

Bien sûr Lanie exigeait que je l’essai pour voir ce que cela donnait et donc après l’avoir enfilée, je sortais timidement de la cabine, si peu sûre de ma féminité depuis cet été sanglant.

 

« Mon Dieu Kate Beckett tu es superbe ! Je défis Castle de te résister ce soir ! Quelque chose me dit que ta soirée va finir dans un lit »

 

Roulant des yeux, je la réprimandais « Lanie, nous n’en sommes pas là ! J’y vais habiller ainsi car après la conférence, il y a un dînée et si je dois l’accompagner, je veux lui faire honneur en tant que muse. »

 

« Oui bien sur ! Mais tu ne serais pas contre un after ! »Me répondait-elle, taquine.

 

« Lanie ! » M’offusquais-je, faussement.

 

Mon amie riait. Je lui lançais un regard noir mais ne pouvais retenir un sourire. Je ne savais pas ce qu’allait donner ces retrouvailles mais j’espérais qu’elles se finissent bien. Même si je ne me sentais pas forcément prête à franchir le pas pour l’instant, je voulais avancer et pour cela ce soir, je mettrais tous les atouts que j’avais pour le convaincre de me laisser une dernière chance.

 

Il était près de 19 heures et j’étais fin prête. M’observant dans la glace, je souriais.  Je n’étais pas si mal que cela finalement. Était-ce parce que j’allais le retrouver ?  Mais ce soir je me trouvais jolie et cela ne m’était pas arrivé depuis longtemps. Après quelques minutes de contemplation narcissique je me décidais à quitter mon appartement.

 

J’espérais beaucoup de cette rencontre. J’allais faire ce que je ne faisais jamais. Me remettre en question, avancer et affronter mes peurs. Et plus je me rapprochais du lieu de la conférence et plus mon cœur battait la chamade. J’avais les mains moites et ma respiration était quelque peu difficile. J’avais l’impression qu’arrivée devant lui, je ferais une crise de panique. Ca ne me ressemblait tellement pas ce manque d’assurance.

 

Plus de deux mois que je ne l’avais pas revu. Deux mois à ne penser qu’a lui, deux mois… une éternité sans lui. J’étais anxieuse.  J’espérais tant de cette entrevue !  Je m’en remettrais difficilement s’il me repoussait.  Je l’aimais, j’en étais certaine. Je l’avais toujours su mais entre savoir et accepter, il y avait un pas de géant.

 

Mais ce soir, je lui dirais. Oui ce soir je lui dirais combien il était important pour moi. Je secouais la tête, complètement fleur bleue, tellement pas moi. Arrivée à destination je ne trouvais bien évidement aucune place pour me garer. Peu importait, j’abusais de mon statut de flic et me garait sur un emplacement de livraison.

 

Il était presque 20h. J’avais dû traverser la ville pour le rejoindre et cela m’avait pris un temps fou et donc j’étais limite niveau timing. Pas le temps de chercher une place réglementaire. M’engouffrant dans le bâtiment, je me faufilais à travers la foule afin de pouvoir voir l’estrade qui était encore vide. Un bataillon de journalistes était juste devant cette dernière prêt à bombarder de photo Castle. Après quelques minutes d’attente, Gina montait sur le devant de la scène.

 

« Bonsoir Mesdames et Messieurs. Richard vous a convoqués ce soir pour faire une annonce. Il vient juste d’arriver, je vous demande donc quelques instants le temps qu’il se prépare. »

 

Les flashs d’appareils photos fusaient pour immortaliser l’intervention de la rédactrice de Black Pawn. Puis après encore quelques minutes qui me semblaient interminables, il apparaissait enfin, le visage fermé et sérieux. Je ne lui voyais que rarement ce visage et mon cœur s’emballait. Il était magnifique, tel que dans mon souvenir à une exception près. Sa lueur enfantine, avait disparue de son regard. Ce dernier était sombre et éteint. Mon cœur se serrait à cette vue. Étais-je responsable de cette tristesse qui emplissait ses yeux ?

 

Fixée sur lui je le suivais du regard.  Il montait sur l’estrade d’un pas lent et nonchalant comme si ce qu’il allait annoncer lui coûtait. Et là mon instinct me soufflait que ce qu’il allait dire, allait faire l’effet d’une bombe. Mon écrivain prenait enfin la parole se raclant la gorge.

 

« Amis de la presse et fans bien le bonsoir. Si je vous ai convoqués ce soir c’est parce que j’ai une annonce importante à vous faire. »

 

Je l’observais attentivement, il avait le regard fuyant et semblait nerveux. Je déglutissais anxieusement de peur de comprendre ce qu’il allait annoncer.

 

« Il y a cela quatre ans j’ai tué Derrick Storm car je m’en lassais. J’avais perdu le goût de l’écriture, jusqu'à ma rencontre avec une personne qui a changée ma vie. Elle m’a beaucoup apporté et grâce à elle, j’ai évolué et je l’en remercie pour cela. »

 

Je ravalais ma salive difficilement. Je sentais que la suite de ce discours n’allait pas me plaire. Mon cœur battait à tout rompre.

 

« Mais voila chaque chose à une fin et j’annonce aujourd’hui que les aventures de Nikki Heat s’arrêtent avec cet ultime tome. J’ai adoré écrire ce personnage formidable et c’est avec nostalgie que je la quitte. »

 

Mon Dieu non, il ne pouvait pas faire cela ! En renonçant à Nikki il renonçait à moi…à nous. Il prenait une grande aspiration et poursuivait

 

« Je vous informe aussi que je vais faire une pause dans l’écriture pour une durée indéterminée. J’ai besoin de réfléchir à mon devenir d’écrivain. »

 

Cette seconde déclaration avait pour effet de me scotcher sur place. Je n’étais pas la seule, un long silence se faisait avant que les journalistes ne reprennent leurs esprits et le bombardent de flashs et de questions. 

 

« Monsieur Castle est-ce que cette décision soudaine a une relation avec votre brouille d’avec le détective Kate Beckett, votre muse ? »

 

Je le voyais contrarié et je l’étais aussi. Je n’aimais pas que ma vie soit mise sous les projecteurs. Comment avaient-ils su que nous nous étions disputés ?

 

« Ca, je dirais que ça ne vous regarde aucunement. »

 

Bien dit ! Pour qui se prenait-il ce journaliste avec ses questions indiscrètes ? Mais je devais reconnaître que je voulais connaître la réponse moi aussi, bien que le doute n’était pas vraiment permis.

 

« Monsieur Castle qu’en dit votre muse, lui en avez-vous parlé ? » se penchant en avant pour bien être entendu.

 

Il fit face à la foule.

 

« Il n’y a plus de muse ! »

 

J’ouvrais les yeux et la bouche en grands me reculant comme s’il m’avait frappée. J’haletais, non c’était impossible ! Par pitié c’était un cauchemar ! Il ne pouvait pas me faire ça, nous faire cela. J’étais sa muse, il me l’avait répété mille fois et même si je n’avais pas aimé ce statut au départ, je savais que cela signifiait quelque chose de particulier.  J’étais spéciale à ses yeux.  J’étais sa muse, sa partenaire et s’il renonçait à cela, cela voulait dire que pour lui je n’étais plus rien.

 

Au bord de la crise de nerf, je reprenais péniblement ma respiration lorsque celle-ci se coupait plus douloureusement encore que la première fois. Mon attention avait été fixée sur mon écrivain et je ne l’avais donc par remarquée.  Mais en arrière plan, juste derrière Castle, se tenait mon pire cauchemar, Kyra.

 

Elle restait immobile et couvait Castle du regard. Elle était encore amoureuse, j’en étais certaine et alors que les gens se bousculaient autour de mon ex-partenaire pour le mitrailler de photos, quelqu’un bousculait Kyra et le geste de réflexe qu’elle eu me fit l’effet d’une bombe. On m’aurait tiré une balle en plein cœur que je n’aurais pas eu plus mal à cet instant.

 

Elle avait protégée son ventre, ce que faisait toute femme lorsqu’elle était enceinte, signe instinctif et inconscient. Je regardais Castle qui descendait de l’estrade. Il encerclait les épaules de son amie, petite amie plutôt. Mon Dieu c’en était trop. Il fallait que je sorte d’ici, je ne pouvais plus respirer, j’avais envie de hurler.

 

Tournant les talons, je parvenais à m’extirper de la foule qui s’agglutinait autour d’eux. J’avais la tête qui tournait et des papillons devant les yeux. De l’air. Il me fallait de l’air. Ravalant mes larmes, je quittais la salle, le cœur explosé de chagrin.  J’avais perdu. Kate Beckett était out. Je n’avais plus aucune chance de le reconquérir. À quoi cela aurait-il servi alors que lui avait tracé un trait sur nous.

 

Il n’avait pas perdu de temps. J’avais été une idiote. Je n’étais rien de plus pour lui qu’une distraction comme une autre. L’état de Kyra le prouvait. S’il m’avait aimé autant qu’il l’avait prétendu, il n’aurait pas couché et mis enceinte une autre femme.

 

Richard Castle était à présent banni de mon existence et de mon cœur. Du moins m’en convainquais-je pour oublier cette souffrance qui me coupait le souffle…


madoka93  (17.10.2012 à 12:13)

voila bon je suis une gentille fille mais n'aller pas me taper après !

 

Chapitre 7

 

Voila c’était fait. En disant adieu à Nikki Heat, je le faisais officiellement avec Kate Beckett. J’allais pouvoir l’oubliée, passer à autre chose, vivre ma vie sans elle…

 

Je soupirais et descendais l’estrade. Souriant tristement à Kyra, je posais une main sur ses épaules mais subitement, mon cœur se serrait, j’étouffais. Je me retournais brusquement comme mu par une intuition  . Je sentais sa présence mais c’était impossible. Je regardais la foule, les flashs m’aveuglaient et j’avais du mal à voir. Mais malgré tout, il me semblait voir disparaître au loin une silhouette bien connue mais j’étais si loin et avec tous ses flashs, je parvenais à peine à voir correctement, pourtant, elle semblait si similaire.

 

Mais comment était ce possible ? Elle ne pouvait pas être là ! Non, c’était impossible, je rêvais éveillé, c’était trop beau. Les flashs continuaient de m’agresser visuellement mais moi j’avais toujours mon regard fixé sur cette porte. Soupirant, je me détournais à contre cœur, pourquoi s’imaginer des choses ? Je savais très bien qu’en pensant que Kate était venue me voir, je me faisais du mal, pourquoi persister ainsi cela me faisait souffrir inutilement.

 

Pendant quatre ans, j’avais mûri l’espoir qu’elle vienne à moi et elle ne l’avait jamais fait, pourquoi le ferait-elle à présent ? Alors qu’en plus, elle m’avait rayé de sa vie, j’étais un crétin fini, irrécupérable, prenant mes désirs pour la réalité.

 

Kyra posait une main sur mon bras.

 

« Rick est ce que ça va ? »

 

Je regardais mon amie, que pouvais-je lui répondre ?

 

« Non, ça ne va pas mais que puis-je y faire ? » Répliquais-je plus brutalement que je ne l’aurais voulu.

 

« Revenir en arrière, tout annulé, allez la voir, la prendre dans tes bras et lui dire combien tu l’aimes. » répliquait Kyra sans même prendre le temps de la réflexion.  

 

Je toisais Kyra comme si elle était devenue folle puis alors que je m’engouffrais dans la limousine, j’éclatais de rire, d’un rire nerveux, un rire qui se transformait en larmes. Je ne parvenais plus à les arrêter. Durant deux mois, j’avais tenu le coup mais là, c’était comme si je réalisais enfin, que tout espoir avec Kate était définitivement perdu.

 

Je sentais des bras m’encercler et la voix douce et rassurante de ma belle amie me parvenait. J’entendais sa voix mais ne percevait pas ses paroles, j’étais à bout, le néant m’accueillait des ses bras apocalyptiques et je tombais dedans sans pouvoir me retenir au bord.

 

***

 

Alors que j’assistais en direct à la télévision, à l’annonce de l’arrêt de Nikki Heat, je regardais Lanie qui avait les yeux fixés sur l’écran. Une main sur sa bouche pour arrêter un cri qui allait en sortir.

 

« Javie, mon Dieu Kate… est partie à la conférence, pour se réconcilier avec Castle ! »

 

Je la regardais surpris. Puis réagissant à la vitesse du son je prenais ma veste.

 

« Viens avec moi, je te dépose chez elle et vais rechercher Castle avant qu’il ne reparte. »

 

Lanie acquiesçait puis prenait sa veste à son tour et m’emboîtait le pas. Nous devions faire vite car sinon, il risquait d’être trop tard. J’avais bien remarqué cette femme, l’ex de Castle, je ne savais pas trop ce qu’elle faisait là mais il était repartit avec elle. Pourtant n’était-elle pas mariée ?

 

« Bon sang Castle qu’est ce que tu fous, abrutis ? » Pestais-je en entrant dans ma voiture.

 

« Je suis sûre que ce n’est pas ce que l’on croit » Rétorquait Lanie.

 

Si ce n’était pas ce que l’on croyait qu’est-ce que c’était alors ? Deux amis qui se soutiennent mutuellement ?

 

« Qu’est ce qu’il fout avec son ex alors ? Plutôt que d’être auprès de Kate ? »

 

« Tu oublies peut être qu’elle l’a chassé il y a deux mois ! Le pauvre s’est ramassé des râteaux plus d’une fois, il en a peut être assez de souffrir. J’adore Kate mais des fois, je ne la comprends pas. » S’emportait mon ex.

 

« Je croyais que c’était ta meilleure amie et c’est comme ça que tu la soutiens ? »

 

« Oui meilleure amie et même au-delà mais est-ce que ça veut dire que je suis obligée de toujours lui donner raison ? Javi, tu joues les grands frères protecteurs mais tu refuses d’admettre que Kate a une grande part de responsabilités dans tout cela. Je le répète, elle n’est pas toute blanche ! »

 

Je ne répondais rien. Bien sûr elle avait raison mais depuis que Castle était entré dans l’existence de Kate, il lui avait redonné le goût à la vie et le sourire. Il n’avait pas le droit de l’abandonner quoi qu’il arrive, il était responsable d’elle maintenant. Il était son roc et la laisser revenait à la trahir, elle l’avait repoussé de nombreuses fois, certes, le blessant certainement mais il n’avait qu’à partir avant qu’il ne soit trop tard, avant de se rendre indispensable pour elle. Je me savais injuste envers lui mais je n’y pouvais rien. Kate était comme une petite sœur pour moi et en tant que grand frère, je me devais de la protégée quoiqu’elle fasse. J’allais allez chercher Castle par la peau des fesses et le ramènerais à Beckett, quitte à les attachés l’un à l’autre, ils devraient s’expliquer.

 

Un amour comme le leur ne méritait pas d’être gâché pour une question de fierté ou même pour autre chose. De nos jours il était si rare de trouver quelqu’un qui vous correspondait autant. Eux, ils s’étaient trouvés, ils étaient faits l’un pour l’autre et les voir s’entre déchirés, c’était insoutenable. Ils ne devaient pas être comme ces amants maudits qui se retrouvaient séparés à cause du sort ou parce qu’ils ne se comprenaient pas. C’était trop bête alors que chacun finissaient les phrases de l’autre, qu’ils étaient toujours sur la même longueur d’onde, calquant leurs gestes et pas dans une harmonie parfaite sans même sans s’en rendre compte. Ils n’étaient même pas capables de se dévoiler leur amour mutuel, comme s’ils ne s’en rendaient pas compte alors que cela crevait les yeux qu’ils étaient fous l’un de l’autre.

 

Rien qu’avec la tension sexuelle qu’il y avait entre eux on aurait pu alimenter toute la ville de New York pour une année entière. Et si ce n’était que cela encore mais il y avait tellement plus. Plus je pensais à ce gâchis et plus j’étais énervé, pas un pour rattraper l’autre, ils méritaient tous deux des baffes. Le silence s’était installé entre Lanie et moi-même. Nos rapports s’étaient fortement améliorés certes mais il y avait encore des tensions. Je ne voulais pas gâcher notre temps, je l’aimais toujours, je n’avais jamais cessé de penser à elle depuis notre rupture même si j’avais fais mine de m’intéresser à d’autres femmes aucune n’avait grâce à mes yeux.

 

Je voulais tout arranger entre nous. Essayer de reprendre là où nous nous étions arrêté et la situation de Kate et Rick avait facilitée les choses. Seul point positif à cette histoire, je dirais. Le dialogue s’était de nouveau instauré entre nous sans que nous hurlions sur l’autre des horreurs. Je pensais bien que plus tard lorsque tout serait arrangé entre Castle et Beckett, j’inviterais Lanie à dîner et tenterais de recoller les morceaux de notre amour. Car après tout ne disait-on pas qu’il faut savoir balayé devant sa porte ? Arriver devant l’immeuble de ma collègue, je regardais Lanie, nos regards s’ancrèrent l’un à l’autre. Nous communiquions ainsi, j’aimais cela, le silence valait mieux que certains mots mais à contre cœur je détournais les yeux.

 

« Vas, elle a besoin de toi ! »

 

« Javi ne soit pas trop dur avec lui, il souffre autant qu’elle. »

 

« Je le sais ça Lanie mais si je dois user de violences pour le faire revenir alors je n’hésiterais pas une seconde. »

 

Ma chica bella souriait puis contre toute attente, elle se penchait sur moi et embrassait ma joue, juste à la commissure de mes lèvres. Fermant les yeux je savourais cet instant de bonheur.

 

« Vas, fais vite …bébé… »

 

Je souriais comme un dingue à cette appellation et regardais ma belle sortir de la voiture. Lorsqu’elle avait pénétré l’immeuble de Beckett, je démarrais en trombe. Je devais faire vite avant que Castle ne reprenne son Jet privé pour je ne sais quelle destination. Mais le temps jouait contre moi. Je devais d’abord passer sur le lieu de conférence pour savoir où le Jet de Castle l’attendait car j’étais persuadé qu’il repartirait ce soir. Il n’en faisait aucun doute, le connaissant, il voudrait fuir loin pour que personne ne vienne le faire changer d’avis. Lorsqu’il serait partit, il me serait bien plus difficile de le retrouver, ne pouvant inciter le tour opérateur à me donner sa destination, s’il ne le voulait pas.

 

Me garant dans un crissement de pneu devant la salle, je sortais de la voiture en courant. J’eus affaire au portier qui voulait m’empêcher de passer. Lorsque je montrais ma plaque, il fut subitement plus coopératif et s’écartait. J’espérais que cela marcherait aussi bien pour la suite. Je m’engouffrais dans l’ascenseur menant à la salle de conférence. Lorsque je fus arrivé à destination je vis Paula l’agent de Castle en pleine conversation avec Gina sa rédactrice, je les interpellais.

 

« Mesdames ? »

 

Elles se retournèrent dans une totale harmonie, ce qui me fit sourire.

 

« Où est Castle ? » Demandais-je sans détour.

 

« Parti ! » Me répondit Paula sans réflexion.

 

« Où ?»

 

« Ah l’aéroport Jefferson, sur une piste réservé aux avions privés mais cela m’étonnerait que vous arriviez à temps, cela fait plus de 35 minutes qu’ils sont partis, ils doivent déjà être arrivés ! »

 

« On verra, je dois parler à Castle de tout urgence, savez vous où il va ? »

 

« Non il a refusé de nous le dire, ce qui est ennuyeux.  Il n’en fait qu’a sa tête ! Il stop la saga Heat, son plus grand succès et en plus a décidé d’arrêter d’écrire ! Je lui laisse, 6 mois de pause mais après il devra reprendre. J’en ai assez des états d’âmes de Richard Castle. » Maugréa Conwell.

 

« En plus de cela, il fait courir le bruit qu’il n’y a plus de muse ! Nous courrons au scandale, les tabloïds vont s’en donner à cœur joie ! » Ajouta l’agent de Castle.

 

« Ecoutez mesdames, je n’ai pas le temps d’écouter vos élucubrations égoïstes, je vous laisses ! »

 

Et sur ce, je regagnais ma voiture en courant, enclenchant le gyrophare. Je devais arriver avant qu’il ne quitte New York, sinon c’était foutu. Appuyant sur le champignon, j’arrivais à destination en moins de temps qu’il ne fallait pour le dire. Stationnant ma voiture sans même faire attention à l’emplacement, j’en sortais au pas de course Passant l’entrée sans problème, je me dirigeais vers l’embarcadère mais une hôtesse me stoppait.

 

« Vous ne pouvez pas passer monsieur, l’embarquement est fini. »

 

« Je ne veux pas prendre l’avion, juste empêcher un jet de partir. » Dis-je en montrant ma plaque.

 

« Désolée mais le seul jet en partance ce soir, vient de décoller ! »

 

« Merde, putain ! Sa destination ? »

 

« Je ne peux vous le dire, cela reste confidentielle. »

 

« Vous avez vu ma plaque ? Rien de confidentielle pour le NYPD. » Tentais-je de la convaincre.

 

« Désolée inspecteur mais nous tenons à garder la confidentialité de nos transactions, monsieur Castle a expressément demandé à ce que sa destination ne soit pas divulguée afin d’être tranquille. »

 

« Je dois savoir où il se rend ! » Insistais-je, suppliant presque comme dernier recours.

 

« Dans ce cas là, il vous faudra un mandat détective ! »

 

Je rageais, la toisant sévèrement, je fis demi tour avec hâte. Arriver à ma voiture, je vis la fourrière qui l’emmenait. Manquait plus que cela.

 

« Hey c’est ma voiture ! »

 

Mais le conducteur de la dépanneuse ne m’entendait pas.

 

« Police arrêtez ! » Criais je en courant derrière le véhicule.

 

Mais ma voix était couverte par le bruit de ce dernier. Il avait prit trop de vitesse et je ne pouvais pas le rattraper.

 

« Bordel Castle, je vais te tuer ! Lorsque je te retrouverais, je te pends par la peau des fesses ! » Hurlais-je en tapant rageusement du pied dans un pylône.

 

***

 

Lorsque j’arrivais devant la porte de mon amie, je frappais trois petits coups. J’attendais un long moment puis réitérait l’action, toujours rien.

 

« Katherine Beckett, si tu n’ouvres pas cette porte dans la seconde, je la défonce ! » J’attendais quelques instants, toujours rien. « Très bien t’en pis pour toi » Tentais-je sachant très bien que je ne pourrais pas défoncer une porte blindé d’un coup d’épaule mais j’espérais que mon amie pour ma santé physique, ouvrirait « Je vais la défoncer cette porte ! »

 

Pas de réponse.

 

« Bon d’accord ça va barder je te le ga… »

 

« Lanie ? »

 

Je me retournais et voyais mon amie qui se tenait derrière moi dans le couloir.

 

« Qu’est-ce que tu fais là ? Pourquoi tu hurles dans le couloir ? » M’interrogea-elle en ouvrant la porte de son appartement.

 

Bien alors que répondre à ça ? Que je pensais qu’elle ne voulait pas m’ouvrir alors qu’elle n’était même pas chez elle ? J’avais juste l’air d’une imbécile pour ne pas avoir envisagé cette éventualité.

 

« Bon…euh… rien, rien, alors tu m’invites à entrer ? » Lui demandais-je avec un sourire.

 

« Cela aurait été avec joie Lanie mais je suis épuisée, désolée ! » Me répondait-elle sur le pas de la porte me bloquant l’accès de son appartement. Un sourire timide sur le visage.

 

Je la regardais un long moment puis explosais « Ecoutes bien sweatheart, j’ai acceptée beaucoup de choses venant de toi parce que tu es ma meilleure amie et que je t’adore. J’ai acceptée ces trois mois sans nouvelle, ce temps dont tu avais besoin pour te remettre, je te l’ai accordé. J’ai aussi acceptée que tu reviennes à New York sans avertir personne même pas ta meilleure amie. Parce que je te connais et que je sais, que tu n’es pas une femme expansive qui s’apitoie sur son sort. Que tu n’aimes pas paraître faible mais là ma cocotte, je n’accepterai pas ça ! Je suis censée être toujours là pour toi mais jamais tu ne me laisses jouer mon rôle. Pourtant toi tu as été là lorsque j’ai rompu avec Javi ! Je t’ai acceptée à mes côtés car j’avais besoin de ta présence mais toi de ton côté, tu ne veux pas que dois-je en déduire, Kate ? »

 

Je voyais mon amie soupirer, dépitée. Je pouvais lire toute cette tristesse qu’elle avait en elle. Je me sentais coupable de lui déballer mon sac maintenant mais il était hors de question que je lui permette encore une fois de se renfermer sur elle-même. Elle avait fait tant de progrès pour s’ouvrir aux autres depuis que Castle était entré dans sa vie et aujourd’hui encore plus en réalisant son amour pour l’écrivain.

 

« Je t’assures que je ne te laisserais pas replonger dans ton monde, te renfermer sur toi-même et occulter toutes les autres choses magnifiques qui s’offrent à toi ! »

 

Fixant mon regard d’encre dans celui de jade de mon amie, je lui faisais comprendre que j’étais là pour elle, qu’elle n’avait pas à vivre encore une fois les épreuves seule, que je ne la jugerais jamais et qu’elle pouvais se laisser aller. Je ne pourrais dire combien de temps nous nous observâmes ainsi mais toujours est-il que Kate s’approcha de moi lentement et sans un mot se blottit contre moi, cachant son visage dans mon cou et quelques secondes plus tard, je sentis son corps se raidir et elle fut prise de soubresauts.

 

Alors je fis ce que toute amie se devait de faire. Je la serrais dans mes bras aussi fort que je le pouvais, refermant la porte du pied. A cet instant les paroles étaient inutiles, voire même de trop. Seul le silence pouvait faire son office sur Kate qui déversait enfin son chagrin.

 

***

 

Dix jours que Rick avait annoncé la fin de Nikki Heat. Dix jours qu’il avait déclaré ne plus avoir de muse et dix jours où il ne sortait plus, ne s’alimentait presque plus, dormait peu.  Il s’était muré dans le silence. J’avais essayé à maintes reprises de lui redonner le goût aux choses, mais cela n’était pas aisé. Ce jour là encore une fois, il avait refusé mon aide.

 

« Kyra, je t’assure que je vais bien ! J’ai juste besoin de réfléchir et seul de préférence. Je sais que c’est un peu déplacé de ma part de te dire cela alors que tu m’accueilles chez toi mais j’en ai besoin. Je ne me laisses pas dépérir rassure toi ! »

 

Je le toisais levant un sourcil peu convaincu.

 

« Non bien sûr, quelle idée ! Tu ne manges presque plus rien, ne sort plus, ne ris plus, ne parle plus ! Rick, je ne t’ai jamais vu ainsi. Il faut te reprendre, tu sombres petit à petit dans la dépression. »

 

Il se mit à rire d’un rire sonore et forcé. Je le regardais, il faisait vraiment peur, ses traits étaient tirés, des cernes sombres ne quittaient plus son visage et surtout son air négligé paraissait lui donner dix ans de plus. Il riait encore et encore sans raison aucune, à croire qu’il sombrait dans la folie.

 

« Je ne déprime pas du tout tu vois, et puis pour ce qui est de mon alimentation, perdre un peu de poids ne me fera pas de mal ! » Ajouta-t-il en tâtant son ventre.

 

Je soupirais, secouant la tête.

 

« Rick tu sais que ça ne marche pas avec moi. Tu ne réfléchis pas, tu rumines ! Tu penses à elle, je le sais. Elle te manque, je le sais, à chaque instant et ne me dis pas le contraire car je t’entends la nuit l’appeler ! »

 

Très vite il perdit son sourire puis il se leva d’un bon comme pris de folie. Je me reculais. Alors qu’il pointait un doigt inquisiteur sur moi.

 

« Avant de te préoccuper de MES problèmes préoccupes toi des TIENS ! Tu n’as même pas appelé Greg et tu me donnes des conseils. Permets-moi de te rire au nez. C’est assez ironique de ta part, alors que moi, je t’entends pleurer chaque nuit, alors balaye devant ta porte avant de le faire devant celle des autres. »

 

Sur ce, il monta à l’étage et redescendit quelques instants plus tard avec son sac, sur l’épaule. Se dirigeant vers la porte, il me lança avant de partir.

 

« Je vais te laisser, je ne t’embêterais plus ! » Se retournant vers moi « Appel Greg, sinon je le fais, je serais toujours là pour toi, pour le bébé s’il le faut mais toi ne donne pas de conseil que tu ne suis pas ! Alors fais ce que ton cœur te dicte mais arrêtes de t’occuper de mes problèmes pour ne pas affronter les tiens ! »

 

Je le regardais partir refermant la porte lentement. Les larmes coulaient de mes yeux sans que je puisse les arrêter. Il avait raison. Même si je m’inquiétais pour lui, j’accaparais sa détresse pour ne pas penser à la mienne. M’asseyant sur le canapé, je soufflais un bon coup et après avoir pleurer toutes les larmes de mon corps, je pris le téléphone, composant un numéro de téléphone que je n’avais pas composé depuis près de trois mois.

 

« Allo ? » Entendis-je une voix à l’autre bout du fil.

 

Je souris, j’aimais tant cette voix.

 

« Allo Greg, c’est moi, nous devons parler ! »

 

Rick avait raison je devais régler mes problèmes avant de m’occuper des siens.

 

***

 

Voila maintenant quinze jours que la conférence avait eu lieu annonçant définitivement la fin de ce que nous étions avec Castle. Lanie avait été d’un grand secours, j’avais pu me laissée aller avec elle et cela ne m’était jamais arrivé auparavant, du moins avec une autre personne que mon père ou Castle mais ce dernier avait abattu tellement de barrières en moi, que j’en avais été fragilisée. Je ne dirais pas que c’était un mal mais j’étais plus vulnérable encore et je détestais cela.

 

Mes collègues aussi me soutenaient comme ils le pouvaient, pourtant je ne leur rendais pas la chose facile. J’étais malheureuse sans « lui ». Il me manquait affreusement et plus le temps passait et plus le vide se faisait en moi et malgré toute l’aide de mes amis, mon père et de mon psy, je sentais que je n’arrivais pas à remonter la pente. Je me réfugiais comme à mon habitude dans le travail pour ne plus penser à rien, allant jusqu'à l’épuisement.

 

Je voyais bien que j’inquiétais toutes les personnes proches de moi, pourtant j’essayais au maximum de faire bonne figure mais je n’y parvenais pas toujours apparemment. On disait qu’on pouvait se mourir d’amour. J’avais pu le constaté avec mon père qui avait sombré dans l’alcool et le chagrin à la mort de ma mère. Et je le constatais par moi-même aujourd’hui. Cela faisait si mal, bien plus qu’une balle en pleine poitrine. Car la souffrance me rattrapait partout, peu importe ce que je faisais. Tout me ramenait à lui, toutes les choses anodines et surtout le café, l’odeur qui me parvenait à ce moment même.

 

Plonger dans mes pensés, je ne vis pas tout de suite que mon collègue m’observait.  Il avait posé une tasse de café sous mes yeux. Je levais la tête et vis Ryan me sourire timidement. Que ce soit Ryan ou Esposito, ils étaient si adorables. Je ne pouvais décidément pas leur dire que ce breuvage n’avait plus aucune saveur pour moi que seul celui de Castle m’apportait réconfort et je ne me délectais plus de savourer cette boisson sans lui.

 

« J’ai pensé que cela te ferais du bien ! Tu n’es pas encore rentré chez toi n’est ce pas ? ».

 

« J’avais de la paperasse en retard ! » soupirais-je.

 

« Comme toujours, tu te fiches de moi Beckett ? »

 

Je le toisais sévèrement. C’était la première fois qu’il osait me parler ainsi ! Pour qui se prenait-il ? Ok, il était mon ami, d’accord, il s’inquiétait pour moi mais il ne devait pas oublier que j’étais sa supérieure. J’allais répliquer lorsque Gates m’interpella.

 

« Beckett dans mon bureau ! »

 

Je regardais Ryan, lui lançant des éclairs noirs avec mes yeux qui le fit déglutir, puis m’élançais vers le bureau du capitaine, frappais puis entrait.

 

« Vous vouliez me voir ? »

 

« Oui, asseyez-vous ! »

 

Je la regardais, intriguée, puis obtempérais.

 

« J’ai constatée que ces 15 derniers jours vous avez fait plus d’heures supplémentaires que tout le precint réuni donc je vous donne une semaine de congés, et ce n’est pas négociable, je ne veux plus vous voir ici. »

 

« Mais ? » Tentais-je de m’opposer.

 

« Pas de mais, dégagez maintenant et ne revenez que dans une semaine en forme avec les idées clairs ! »

 

Je la toisais sévèrement, avec haine même. Serrant les dents, je me levais et me dirigeais vers la porte. J’avais une main sur la poignée lorsqu’elle m’interpellait :

 

« On ne résous pas tout en se plongeant dans le travail, il faut savoir faire face à sa détresse, vous le savez très bien. »

 

Me crispant à cette affirmation, je restais un moment figée, puis sans rien dire je quittais le bureau de Gates. De quoi se mêlait-elle celle-là ? Si je voulais des vacances j’étais capable de les demander moi-même. Prenant ma veste posée sur le dossier de ma chaise, je partais rageuse, appelant l’ascenseur, sous le regard étonné de Ryan. Je m’y engouffrais bousculant Esposito au passage. Il fit un pas de côté me regardant un peu surpris par mon attitude.

 

« Yo Beckett où tu vas ? »

 

Je ne lui répondis rien et vis les portes de la cabine se refermer sur mes deux amis, qui se regardaient tristement. Voila encore de la pitié ! J’en avais assez que tout le monde me regarde ainsi, semblais-je si pitoyable que cela que même Iron me prennes en pitié ? Fallait que je me ressaisisse car je détestais cela. Je n’avais pas besoin de pitié, je n’avais pas besoin que l’on me plaigne. J’en avais vu d’autre et bien pire, ce n’était pas une vulgaire peine de cœur qui allait me bouffer la vie. Aucun homme ne méritait que je m’apitoie sur moi-même, même pour Richard Castle.

 

J’arrivais chez moi en un temps record. Furieuse, j’allais devoir évacuer mes nerfs sur quelque chose ou j’allais exploser. Me mettant en tenue de sport, je partais courir durant deux bonnes heures, tentant d’évacuer cette tension en moi, cette colère mais surtout cette détresse. Comment allais-je tenir sans exutoire ? J’étais privée d’échappatoire et j’allais devoir faire face. Je rentrais chez moi épuisée mais ce n’était pas encore suffisant, non, me vider la tête… me vider de lui.

 

Alors j’allais me défouler sur mon sac de frappe, encore et encore jusqu'à en tomber au sol. Mes muscles me brûlaient, j’avais du mal à respirer tant par mon effort que par ce poids qui m’enserrait le cœur chaque seconde un peu plus. Des larmes que je pensais taries depuis longtemps pour avoir tant pleurer, firent de nouveaux leur apparition. Je les essuyais rageusement. Je détestais être ainsi, faible et si niaise que je pleurais pour un oui ou pour un non. Je ne me reconnaissais plus, comme si une nouvelle partie de moi était partie avec Rick.

 

J’allais succomber à la fatigue, lorsque des coups de sonnettes se firent entendre. Qui pouvait encore venir m’importuner ? Je n’avais envie de voir personne. Je voulais juste dormir, là, à même le sol sans bouger. Dormir pour ne plus penser. Dormir pour oublier tout.

 

De nouveau on sonna avec plus d’insistance et je compris que la personne derrière la porte ne me laisserait pas tranquille tant que je ne l’aurais pas envoyé balader. Alors je me levais dans un gémissement de douleur. Me traînant jusqu'à la porte, je l’ouvris à la volée, prête à incendier l’opportun, lorsque je me figeais, ouvrant la bouche et les yeux en grand, je perdis mes mots.

 

« Pardon de vous déranger Lieutenant Beckett mais il devient urgent que nous parlions toutes les deux ! »

 

Au bout de quelques instants je me remis de ma surprise. Clignant des yeux, je balbutiais :

 

« Kyra ? Euh…oui…En… Entrez ! »

 

Elle me sourit timidement et pénétra dans mon appartement. Je la regardais s’avancer au milieu du salon, sans vraiment réaliser, que faisait-elle là ? Venait-elle m’annoncer sa grossesse pour être certaine que je ne tenterais pas de revenir vers Castle, s’assurer que je n’étais pas un obstacle entre elle et mon ancien partenaire ?

 

Les questions se bousculaient dans ma tête sans trouver de réponse. Je la regardais, elle semblait radieuse mais préoccupée, qu’avait-elle de si important à me dire pour qu’elle ait fait le déplacement ?

 


madoka93  (17.10.2012 à 17:52)

Voici donc le chapitre 8 de Véritas, ne m'en voulez pas à la fin faut bien vous donner l'envie de lire la suite. Dans ce chapitre il y a une pov narrative où j'ai intégré une chanson il est essentiel de lire avec voila !

 

Chapitre 8

 

Je l’avais enfin retrouvé ! Après une enquête menée dans le dos de Beckett mes recherches avaient payées, et bien qu’il bougeait régulièrement depuis quelques jours comme s’il ne voulait pas qu’on le retrouve, j’avais enfin découvert sa planque. Ayant d’abord suivis la piste Kyra, je m’étais rendu compte que cette dernière n’était pas chez elle et Castle non plus. Puis finalement abusant de mon statut de flic, j’avais réussi à le localiser grâce à la puce de son portable. Il connaissait nos méthodes d’investigations et laissait éteint la plupart de temps son mobile. Mais il l’avait allumé, il y a deux heures pour appeler sa fille. C’est ainsi que j’avais pu constater qu’il était de retour à New York et qu’il se cachait dans un hôtel. Le Sleep Inn au 134 de la 22ème rue à Brooklyn. Il me facilitait vraiment la tâche ainsi pas besoin de prendre quelques jours seulement quelques heures me suffirait. Sachant qu’à cette heure-ci du soir, la circulation était fluide, il me faudrait donc seulement une vingtaine de minutes pour rejoindre cet abrutis.

 

Je me dirigeais donc vers cet hôtel, bien décidé à le ramener par la peau des fesses. Il allait en prendre pour son grade ! Les 300 dollars que m’avait coûtés la récupération de ma voiture ainsi que l’amende m’avait rendue plus qu’irritable, par-dessus cela, l’état dans lequel Beckett était par sa faute n’arrangeait rien, bien qu’elle en soit en partie responsable, il n’avait pas agi comme un homme en fuyant. C’est remonté à bloc que j’arrivais devant cet hôtel modeste mais pas miteux loin de là, réserver à la classe moyenne, tout le contraire  de Castle. J’étais même surpris qu’il n’ait pas choisis un de ces grands palaces. Là encore, il avait été malin, et avait brouillé les pistes. J’arrivais à l’accueil et demandais sa chambre montrant ma plaque pour inciter le réceptionniste à me donner le numéro de la chambre de l’écrivain.

 

« Désolé monsieur mais nous n’avons aucun monsieur Castle dans notre hôtel. » Me répondit le réceptionniste dans un sourire désolé.

 

« Je sais qu’il est là, ne me mentez pas ! » lançais sur un ton autoritaire.

 

Le jeune homme tourna son écran vers moi, comme pour me montrer sa bonne foi.

 

« Regardez par vous-même détective, je n’ai personne à ce nom. »

 

Je scrutais l’écran et constatais qu’en effet aucun Richard Castle ne figurait sur le registre. Soupirant, j’allais détacher les yeux de l’écran lorsqu’un nom attira mon attention.

 

« Lui là, il est dans sa chambre ? » m’enquis-je en pointant l’écran du doigt.

 

Le réceptionniste se retourna, regardant le tableau réservé aux clés des chambres.

 

« Oui monsieur Rodgers est bien dans sa chambre, dois-je vous annoncé ? » demanda le jeune homme de la réception.

 

« Non, laissez, je vais m’annoncer par moi-même ! » souriais-je d’un air sadique.

 

Et sur cette réplique je partais vers l’ascenseur dans lequel je m’engouffrais, impatient. Bientôt, j’allais avoir une explication avec mon ami, il ne pourrait pas se défiler.

 

***

 

Parler à ma fille chérie m’avait fait un bien fou, et m’avait redonné le sourire. Je m’asseyais dans le fauteuil qui se trouvait près de la fenêtre de ma chambre d’hôtel. Je l’avais choisi simple sans fioriture, et j’étais persuadé que personne ne viendrait me chercher ici et encore moins les journalistes qui me cataloguaient comme un coureur de jupons qui flambait sa vie par les deux bouts depuis qu’il avait quitté sa muse alors jamais ils ne viendraient me chercher ici. Je pris mon ordinateur ouvrant une fenêtre world. J’avais envie d’écrire mais en dehors de Nikki Heat rien ne me venait. Je ne pensais qu’à elle à chaque fois que j’avais une idée, elle ressemblait à l’histoire de Nikki. Chaque personnage que je pouvais créer que ce soit féminin ou masculin prenait les traits de mon héroïne et de Rook…moi donc. Je n’avais
plus aucune inspiration en dehors d’elle.

 

Soupirant je fermais la fenêtre fixant mon écran. « you should be writing ». Ecrire, si seulement je le pouvais, je n’y arrivais pas…plus… sans elle… Plus d’une vingtaine de best sellers, vingt-deux pour être exact avant de rencontrer Kate Beckett et depuis, j’en avais écrit trois autres plus un qui venait de sortir. Et maintenant sans elle, je n’étais plus bon à rien, j’avais dit adieu à Nikki mais n’arrivais pas à l’oublier… Elle… Ma Nikki…Kate … ma muse…mon amour.

 

Sans m’en rendre compte j’étais allez dans mon dossier d’images pour regarder les photos que j’avais prise d’elle à son insu. Je souris, si elle m’avait pris sur le fait, il était sûr que soit elle réduisait mon I Phone en miettes, soit c’était ma tête qu’elle explosait. Option à choisir, je tenais décidément moins à mon portable qu’à ma tête. Un fou rire me prit imaginant la sienne à ce moment, une main sur les hanches, pointant son index sur mon torse, me hurlant dessus, me demandant quel était mon problème. J’observais l’image si parfaite de ma muse…non…ex muse à l’écran et mon sourire se fana. Mon problème était mon amour pour elle, mon problème était que sans elle, je n’étais plus rien, mon problème était qu’elle m’avait chassé de sa vie et que j’allais devoir apprendre à vivre avec ce fait.

 

Caressant l’écran je fermais les yeux imaginant que c’était sa peau… Presque quatre mois avaient passés et pourtant chaque nuit, chaque jour, chaque minute, je pensais à elle. Comment faire pour l’oublier ? Je commençais à penser qu’une lobotomie me serait utile, ainsi elle sortirait de ma tête pour toujours. Je regardais son visage illuminé, elle souriait, si belle…

 

Un bruit à ma porte me fit sortir de ma rêverie. Reprenant mes esprits, je me rendais compte que l’on frappait. Fronçant les sourcils, j’allais ouvrir. Je n’eus pas le temps de voir à quoi ressemblait mon visiteur que je reçu un poing en pleine figure, me projetant au sol. J’atterris assez brusquement sur ce dernier, gémissant sous le choc. Je levais les yeux, essuyant le sang qui coulait de mes narines, regardant la personne face à moi, pour constater qu’il s’agissait d’Esposito. Et alors que je me relevais, il m’assena un autre coup qui me fit reculer puis sans que je puisse répliquer, il m’en colla un autre. Je voulais bien croire que ma disparition l’avait atteint mais là d’était trop. J’encaissais, mais je n’étais pas un punching-ball et alors qu’il allait porté la prochaine estocade, je le parais et portais le mien. Nous les enchaînâmes jusqu'à nous retrouver chacun à terre.

 

« T’es mort Castle… j’ai porté le dernier coup ! » S’exclama Esposito en s’essuyant le nez.

 

Je le regardais incrédule puis face à sa tête ensanglantée, je me mis à rire.

 

« T’as vu ta tronche ? On dirait que tu t’es pris un train en pleine face et tu prétends que c’est toi qui à gagné ? »

 

Mon ami me regarda surpris puis éclata de rire à son tour.

 

« Hey Bro, tu t’es pris le même train que moi alors ! » M’informa-t-il en se relevant péniblement.

 

Je tentais de me lever à mon tour, tant bien que mal. Le latino me tendit la main pour m’aider.

 

« C’est plus de ton âge Castle ! » me nargua-t-il alors que je grimaçais de douleur.

 

Je lui lançais un regard noir mais pris sa main tendue. Il me hissa afin que je me retrouve sur mes deux pieds. En effet tout cela n’était plus de mon âge. Le fou rire passé, nous nous regardâmes et notre sourire disparu pour faire place à une mine sérieuse. Un silence lourd s’instaura. Je baissais les yeux devant le regard noir de mon ami.  Il était en colère, je l’avais bien vu mais pourquoi ? Parce que je n’avais pas donné de nouvelles ? Mais il devait bien comprendre pourquoi ! Kate m’avait banni de sa vie. Il pouvait bien comprendre que cela faisait trop mal d’appeler. Même encore maintenant, la plaie était toujours ouverte, béante je dirais même. Le contacter lui ou même Ryan était très dure car j’aurais eu envie de les voir et j’aurais été tenter de la voir elle aussi, d’être de nouveau près d’elle mais, elle ne voulait plus de moi.

 

Finalement au bout de quelques minutes Javier rompit le silence pesant.

 

« Qu’est-ce que tu fous bro ? »

 

Sa question me perturba. Comment ça qu’est-ce que je foutais ? Ici au lieu d’être au loft ? Mon arrêt de la série Nikki heat ? Mon absence de nouvelles ?

 

« Pourquoi tu te caches » Ajouta Esposito voyant ma confusion.

 

Je pris une profonde inspiration en passant ma main sur mon visage, comme pour clarifier mes pensées si confuses.

 

« Je ne veux pas être enquiquiné par les journalistes et… » Lui tournant le dos, je me dirigeais vers la fenêtre « Et j’ai besoin de réfléchir à ma vie pour ça je ne dois subir aucune nuisance extérieure. »

 

J’entendis le latino s’approcher, il se mit à mes côtés.

 

« Sympa pour les nuisances, je vois que notre amitié compte pour toi ! » Lâcha-t-il amèrement en me regardant.

 

Je tournais la tête vers lui.

 

« Tu sais très bien ce que je veux dire Javi, j’ai besoin d’être éloigné de tout ça pour… »

 

Ne finissant pas ma phrase, je retournais mon attention sur la fenêtre, posant un bras replier sur la vitre, je posais ma tête sur celui-ci.

 

« J’ai besoin de faire le vide dans ma tête, mon cœur pour l’oublier. »

 

Seul le silence me répondit. Je jetais un regard à mon ami qui observait la rue à travers les carreaux, la mâchoire serrée. De nouveau plus aucun son ne sortit de nos bouches. Puis là encore c’est Esposito qui rompit le malaise en prenant la parole.

 

« Tu comprends vraiment rien ! Je te croyais intelligent Castle mais apparemment il ne faut pas se fier aux apparences ! »

 

Tournant la tête vers lui, je le toisais sourcils froncés.

 

« Quoi ? Ce n’est pas moi qui ai tiré un trait sur notre partenariat ! C’est elle, elle m’a chassée ! » Hurlais-je, sentant la colère m’envahir.

 

« Je croyais que tu étais celui qui la connaissait le mieux ! Mais il faut croire que là encore, je me trompais. » Rétorqua dit-il avec nonchalance.

 

« Quoi ? Bordel, je ne connais rien d’elle en fait parce qu’elle ne m’ouvre pas son cœur. » Ripostais-je hargneux.

 

« Si y’a bien quelqu’un à qui elle s’ouvre, c’est toi ! Je l’ai connue avant toi et elle n’était pas aussi ouverte, si souriante, elle était introvertie et très solitaire et maintenant elle est tout autre. Mais on ne peut pas changer entièrement et elle garde un point enfermé au fond d’elle. Tu as abattue les murs Castle mais malgré tout chassez le naturel, il revient au galop. Tu ne peux pas lui demander de changer complètement pour toi ça ne serait plus elle. Elle a beaucoup souffert à la mort de sa mère et tu ne pourras jamais lui enlevé cette peur de perdre l’être aimé. Dois-je te rappeler que le sort, s’est encore joué d’elle il n’y a pas si longtemps ? Royce son ex-partenaire celui qui lui a tout appris puis Mongomery, puis ce type qui lui a tiré dessus et qui a failli la tuer ! »

 

Je le scrutais son visage reflétait la tristesse, la colère mais aussi l’inquiétude. Il semblait essoufflé, ses poings étaient serrés au possible et à un moment je cru qu’il allait m’en remettre une mais il n’en fit rien, soufflant bruyamment.

 

« Depuis le début j’ai su que vous seriez fait pour être ensemble. Il fallait être aveugle pour ne pas le remarquer. Vous êtes liés, chacun a besoin de l’autre pour vivre. » Reprit-il plus posément.

 

Me collant dos à la vitre les mains dans les poches, je baissais la tête.

 

« Je ne sais pas Espo… Je pense qu’elle peut très bien se passer de moi. La preuve, elle n’a pas appelé depuis ces quatre mois. »

 

« Déjà c’est faux. Elle l’a fait mais toi tu étais dans ton petit monde et tu ne répondais à personne, puis toi, l’as-tu appelés alors quoi ? Tu te passes bien d’elle aussi ? »

 

Il me scruta de la tête aux pieds, et je baissais la tête alors que le souvenir de ce coup de fil et de ce cri revenait me hanter. Alors c’était bien elle…

 

« Vu l’état dans lequel je te trouve, je dirais que non ! » assena-t-il d’un ton tranchant.

 

Je le regardais d’un air sévère tentant de l’intimider mais il n’était pas plus impressionné que cela. Soupirant, je commençais à faire les cent pas.

 

« Evidement que sans elle, je ne suis pas bien ! Je n’arrive plus à écrire, chaque chose que je fais ou que je vois me la rappelle ! Oui sans elle, je ne vis pas mais que puis-je y faire ? C’est elle qui a choisi ! D’abord en me mentant, puis en me repoussant encore une fois !»

 

« As-tu écoutez ce que je t’ai dit ? Aucun de vous ne pouvez vivre sans l’autre, ce qui veut dire que elle non plus ne vis plus sans toi ! Je la vois sombrer, jour après jour bro et ce n’est pas beau à voir. Elle se renferme et devient taciturne comme avant mais en pire. Elle déconne à fond Castle. Elle s’est saoulée un soir et a fait une mauvaise rencontre. Elle était si saoule qu’elle était incapable de se défendre. Si je n’étais pas intervenu, elle se serait faite vio…. »

 

Mon ami s’interrompit, mais j’avais compris.  J’ouvris la bouche en blêmissant.

 

« Comment cela ? Qu’est-ce que tu veux dire ? » Demandais je, la panique m’envahissant, sentant mon cœur exploser à l’idée qu’il soit arrivé quelque chose à Kate.

 

« Rien bro ! » Répondit-il en baissant la tête.

 

Je m’approchais de lui et le saisissais par le bras, le forçant à me regarder.

 

« Qu’est ce qui s’est passé Javier, tu dois me le dire, est ce que… elle … elle est blessée ? Est ce qu’elle va bien ? Est-ce que ce bâtard lui a fait du mal ? Il l’a touché, dis le moi ? »

 

L’absence de réponse du lieutenant me fit bondir. Je le secouais, complètement fou d’inquiétude. J’avais l’impression de perdre la tête à cet instant. J’avais envie de tuer ce salopard de mes propres mains.

 

« Réponds-moi bordel comment va-t-elle ? »

 

Le latino se dégagea de mon emprise. Se reculant, il me toisa sévèrement.

 

« Elle va mal, très mal. Et non, il ne lui a rien fait pour la simple et bonne raison que je lui ai refait le portrait façon puzzle, mais je dirais que le seul bâtard à lui faire du mal c’est toi ! »

 

Je le regardais choqué. Je le vis se diriger vers la porte et alors qu’il avait une main posée sur la poignée, il ajouta :

 

« Ne laisses pas passé une femme comme elle. Ne renonce pas à ce bonheur. Elle t’aime et ne sera heureuse que lorsque tu seras à ses côtés. Et c’est valable pour toi aussi ! Regarde-toi, quatre mois que tu es loin d’elle mais rien n’a changer. Tu l’aimes toujours autant alors ne fais pas le con Castle. Prends la nuit pour réfléchir s’il le faut mais prend la bonne décision. »

 

Il entrebâilla la porte puis passa le seuil. Je baissais la tête réfléchissant à ce qu’il venait de me dire. Devais je revenir au risque de voir mon cœur à nouveau piétiner ?

 

« Et au fait Bro ! »

 

Je relevais la tête, le regardant un peu surpris pas son changement de ton.

 

« Tu me dois 300 dollars ! »

 

Et sur cette dernière parole que je ne compris pas, il claqua la porte. J’ouvris la bouche puis la refermais en me passant une main sur le visage. J’allais avoir une nuit assez longue. J’avais entendu mon ami. Mais étais-je capable de revenir vers elle ? Une chose était sûre, je ferais certainement le premier pas mais elle devrait faire le second et ce même si je ne lui rendais pas la tâche facile. Cette fois, un simple sourire et de vagues promesses ne me suffiraient pas. Je voulais tout ou rien.

 

***

 

« Je peux vous offrir quelque chose à boire ? » Demandais-je plus par politesse que par envie.

 

Déjà que le fait de la voir ici, chez moi, dans mon salon, me donnait la nausée alors me rendre aimable me coûtait.  Elle dut sentir que la proposition ne venait pas du cœur car elle me répondit en souriant timidement.

 

« Non je vous remercie. »

 

Je me sentais un peu coupable de la traiter si froidement mais je ne parvenais pas à être plus chaleureuse. Elle était mariée et pourtant couchait avec un autre homme, tombant enceinte de lui. Je n’avais pas pour habitude de juger les gens en général mais l’homme qu’elle avait pris entre ses filets était le mien. Je secouais la tête c’était quoi ces pensées ? Castle ne m’appartenait pas ! Castle était libre… Castle appartenait à une autre que moi qui se tenait juste là sous mes yeux, réalisais-je tristement. Sans que je puisse me l’expliquer une colère sourde monta en moi et je lui demandais sans détour.

 

« Qu’êtes-vous venue faire ici, chez moi ? »

 

J’insistais bien sur le « chez moi » pour lui faire comprendre qu’elle était loin d’être la bienvenue. Mon ton aurait pu refroidir un volcan, le gelant en une seconde. Elle grimaça puis tenta de sourire. Se dirigeant vers mon sofa, elle le désigna.

 

« Puis je m’asseoir ? » S’enquit-elle.

 

« Faite ! » Répondis-je avec la même intonation sibérienne.

 

Elle s’assit en soupirant tandis que je restais debout les bras croisés sur ma poitrine en une position clairement hostile.

 

« Vous ne croyez pas que vous seriez mieux assise pour discuter » Proposa Kyra.

 

« Je suis bien debout ! » Répondis-je sèchement.

 

Je la vis soupirer avec un petit sourire narquois qui m’agaça, se foutait-elle de moi ?

 

« Bien, je suis venue vous voir car je dois vous parler de Rick ! »

 

Mon cœur se serra à l’annonciation du prénom de mon ex partenaire, ami et… Et quoi ex amour ? Non il l’était toujours.

 

« Que voulez-vous me dire ? Que vous êtes heureuse avec lui ? Que vous allez avoir un enfant ensemble et que vous voulez vous assurer que je n’entraverais pas votre chemin ? Rassurez-vous, je n’en ferais rien, j’ai compris, il est à vous ! » Crachais-je, sentant ma gorge se nouer à l’énonciation de ce fait.

 

La jeune femme me regarda incrédule face à ma tirade. Un long silence se fit puis elle éclata de rire. Je la regardais avec des yeux ronds ne comprenant pas son hilarité. Qu’y avait-il de marrant dans ce que je venais de dire ? Je dirais même que c’était le contraire.

 

« Je ne vois pas ce qu’il y a de drôle, ou alors il faut partager la blague ! » Rétorquais-je, acide, agressive je dirais même.

 

J’attendis qu’elle ait finit son petit trip hilarant, ce qui dura deux bonnes minutes. Je commençais à sérieusement perdre patience. Serrant les dents, je me dirigeais vers la porte et l’ouvrit.

 

« Bien rit ? Maintenant vous pouvez me laisser, je suis contente d’avoir égayé votre journée à présent veuillez me laisser ! » Criais je presque mon point de rupture atteignant son apogée.

 

Je la vis reprendre ses esprits et tenter de calmer ses gloussements pénibles puis me regarder en essuyant ses larmes.

 

« Je ne suis pas venue me foutre de vous, je vous assure mais votre remarque m’a fait tellement rire ! »

 

« Je ne vois pas ce qu’il y’a de drôle la dedans ! » Crachais-je de plus en plus excédée.

 

« Eh bien peut être comprendrez-vous mieux, si je vous explique, asseyez-vous s’il vous plait ! » Me demanda-t-elle avec son sourire qui me tapait sur le système.

 

Non mais en plus elle me donnait des ordres chez moi ! Pour qui se prenait-elle ? J’avais des envies de meurtres et en y réfléchissant bien, je me disais que peut être Lanie m’aiderait à camoufler le corps, le rendant introuvable.

 

« J’attends ! » Tonnais-je, retrouvant la position que j’avais adoptée initialement.

 

« Comme vous voudrez ! » Répliqua-t-elle sur un ton neutre « Tout d’abord je dois vous expliquer tout, pourquoi Rick et moi sommes ensemble, ou du moins l’étions. »

 

Mon cœur fit un bond dans ma poitrine à cette annonce. Je me réjouissais malgré moi, mais très vite je réalisais qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas. Ils n’étaient plus ensemble ? J’avais du mal à croire qu’un homme comme Castle puisse fuir ses responsabilités. Ce n’était pas lui alors quoi ? Pourquoi avaient ils rompus ?

 

« Il m’a quitté, il y a peu après une dispute à votre sujet et je ne sais pas où il se trouve. » m’expliqua-t-elle, comme si elle avait perçu mes interrogations. 

 

Une dispute à mon sujet mais pourquoi ? En quoi avais-je pu influencer leur histoire au point que Castle l’abandonne dans son état ? Un éclair de lucidité traversa mon esprit. Il me semblait comprendre à présent, elle était venue me voir pour que je le retrouve.

 

« Vous êtes venue me voir pour que je le retrouve ? » Enonçais-je, faisant écho à mes pensées.

 

« Oui et non je suis venue surtout pour vous ouvrir les yeux, Rick est fou de vous, durant ces quatre mois, il a sombré. Il est devenu un autre homme. Morne taciturne ne souriant jamais, et ne s’alimentant que de loin en loin. Ça m’a fait très mal de le voir ainsi. J’ai fait ce que j’ai pu Kate, mais je n’ai pas réussi à lui rendre sa bonne humeur car je ne suis pas la bonne personne pour ça. »

 

« Pourtant il me semble que vous avez dû à un moment ou un autre savoir le consoler au vu de votre état ! » Répondis-je amèrement, ne croyant pas une seconde que Castle puisse avoir des sentiments si forts pour moi, faisant sourire Kyra.

 

« Je crois que vous vous méprenez lieutenant. L’enfant que je porte n’est pas de Rick mais de Greg. Nous nous sommes disputés avec mon mari et je suis partie et comme toujours Rick a su être un véritable ami. Durant ces quatre mois passé ensemble, il ne s’est jamais rien passé entre nous, il a été là pour moi, comme je l’ai été pour lui »

 

Je la regardais estomaquée que venait-elle de me dire ? Je ne pouvais pas croire que Castle ait passé 4 mois avec son ex petite amie pour laquelle il a toujours eu des sentiments forts et qu’il ne se soit rien passé ! De plus Kyra était une magnifique jeune femme, alors vraiment je n’y croyais pas.

 

« Je vous sens perplexe mais je peux vous l’assurer. Nous n’avons rien fait de plus que parler. Rick n’avait qu’une seule femme en tête et c’est vous. Il a beaucoup souffert Kate et même encore aujourd’hui je suis certaine qu’il souffre toujours de votre séparation. Il ne parvient pas à vous oublier, probablement parce qu’il ne le veut pas.»

 

J’ouvris la bouche puis la refermais, ne sachant pas quoi dire à cela. Je soupirais passant une main sur mon visage en m’asseyant.

 

« S’il souffre de notre séparation, pourquoi ne m’appelle-t-il pas ? Pourquoi ne revient-il pas ? Pourquoi reste-t-il loin de moi ? »

 

« Parce que vous le lui avez demandé et qu’il respecte votre volonté, justement parce qu’il vous aime. J’ai fait la même chose que vous. Je lui ai demandé du temps, un peu de distance. Notre amour était magique et passionné. Jamais aucun homme ne m’avait apporté ce qu’il m’a apporté. Mais tant d’amour étouffe parfois, et nous étions si jeunes. Rick se donne entièrement et sans faux semblant, s’il vous dit je t’aime ce ne sont pas des paroles en l’air. Cela peut faire peur mais vous savez Kate, aujourd’hui même si je suis folle amoureuse de mon mari, je n’ai jamais oublié Rick. Parfois je regrette tant de l’avoir quitté. Si je pouvais revenir en arrière… »

 

Je scrutais le visage de Kyra, il reflétait une certaine nostalgie mais j’y voyais des regrets aussi, et ma méfiance refit instantanément surface.

 

« Ne faites pas la même erreur que moi, ne le laissez pas s’éloigner pour toujours, vous le regretteriez toute votre vie. »

 

Je baissais la tête sans lui répondre. Pourquoi me disait-elle tout cela ? En quoi cela la regardait-elle ? Et surtout, elle disait aimer son mari, mais avait passé quatre mois avec Rick, seule avec lui. Je voulais bien croire que son enfant était de Greg mais alors pourquoi n’était-elle pas avec lui ? Juste pour une dispute ? Je constatais aussi qu’elle partageait avec Rick, des sentiments forts qui les avaient unis, et les unissaient toujours. Je ne pouvais pas m‘empêcher d’être jalouse même après son monologue pour me convaincre. Savoir que Rick avait autant de tendresse pour une autre femme, ne me plaisait pas.

 

« Cessez de vous poser des questions Kate, foncez, la vie est si courte ! » Ajouta la jeune femme comme si elle avait vu le doute s’immiscer en moi.

 

« C’est de vous dont il est fou amoureux pas de moi ! Alors ne pensez pas à ce qui nous unis lui et moi c’est du passé. Nous n’avons plus qu’une profonde affection l’un pour l’autre, je dirais comme des frères et sœur. Mon mari est le seul pour moi comme vous êtes la seule pour lui ! » Conclut-elle pour me convaincre, lisant en moi comme dans un livre ouvert.

 

Elle posa une main sur la mienne, et je levais les yeux vers elle, pour constater qu’elle me souriait. Comme toujours ma méfiance et mes doutes resurgirent. Je dégageais ma main, me levant.

 

« Pourquoi me dites-vous tout ça ? Nous ne nous connaissons pas, nous ne sommes pas amies ! Qu’est-ce que vous recherchez au juste ? »

 

« Le bonheur de Rick. » me répondit-elle simplement « Je sais que je lui ai fait beaucoup de mal en le quittant, et je cherche à me rattraper en faisant en sorte que vous soyez réunis. Je sais qu’il ne sera heureux qu’avec vous et si vous êtes sincère avec vous-même vous savez aussi que le seul homme que vous voulez c’est lui. Je l’ai vu dès l’instant même où je vous ai rencontré, ça crève tellement les yeux que vous êtes fait l’un pour l’autre. D’ailleurs déjà à l’époque, j’avais tenté de vous le faire comprendre, mais en vain apparemment. »

 

Je fronçais les sourcils en pensant à la première fois que j’avais rencontré Kyra, lors de cette affaire de meurtre à son mariage. Castle et moi étions proches certes, mais pas autant que maintenant et pourtant, elle me disait que l’on voyait déjà ce lien si fort entre nous ? Alors qu’à cette époque moi-même, je ne savais pas ce que je ressentais pour lui. Et ses mots me revinrent en mémoire, comme un lointain écho « il est tout à vous ». J’avais fait semblant de ne pas voir où elle voulait en venir, mais à présent, je réalisais que j’aurais mieux fait d’écouter mon cœur, nous n’en serions pas là aujourd’hui si je l’avais fait. 

 

Mais je devais reconnaître qu’elle avait eu raison. Castle était le seul homme que je voulais dans ma vie. Nous avions perdu quatre ans de notre existence à nous tourner autour alors que nous aurions pu être ensemble depuis un long moment. Mais au final ce jeu du chat et de la souris, n’avait-il pas renforcé ce lien fort entre nous ? Car au début nous étions très attirés l’un par l’autre, mais n’étais-ce pas simplement du désir ? Et si nous avions cédé y aurait-il eu cette connexion entre nous ? Est-ce que aujourd’hui nous serions encore ensemble ou bien séparés ?

 

Kyra se dirigeait vers la porte en me saluant lorsque je l’interpellais.

 

« Kyra ! »

 

Elle se retourna.

 

« Merci ! »

 

« Ne me remerciez pas Kate. Rick est un homme merveilleux et il mérite d’être heureux et vous êtes son bonheur. Prenez bien soin de lui. » me sourit-elle.

 

« Je vous le promets » Répondis-je en lui souriant sincèrement, accompagnant mon invitée surprise jusqu'à la porte.

 

Le sourire aux lèvres je refermais cette dernière. M’appuyant dessus, je soupirais. La nuit serait longue. Je n’étais pas une femme extravertie et même si je voulais évoluer, cela serait difficile pour moi. Malgré tout l’amour que j’avais pour mon partenaire, je n’avais aucune idée de la façon de l’aborder, de prendre contact avec lui pour renouer des liens. Je sentais que cela serait difficile mais je l’aimais plus que tout et j’étais bien décidée à le reconquérir quoiqu’il en coûte.

 

La nuit porte conseil dit-on mais et s’il était trop tard ? De nouveau les doutes s’immiscèrent en moi mais je luttais contre eux, je me devais d’avancer enfin.

 

***

 

 It will rain

 

Ils le savaient maintenant, étaient sûrs que leurs vies ne pouvaient se faire sans l’autre. Mais comment revenir en arrière après 4 mois de séparation ? Chacun évoluait séparément en ce soir du mois de mai. Tous deux à la fenêtre de sa chambre d’hôtel pour l’un et pour l’autre à celle de son appartement. Tous deux buvant un café, pensant à l’autre, un sourire naissant sur leurs visages. Se remémorant leur rencontre explosive, leurs joutes, leurs moments de tendresse, leurs regards, leurs aventures, tous ce qui faisait qu’ils étaient eux aujourd’hui. Tout ce qui faisait que leur amour avait grandi au fil des années pour finalement devenir indestructible.

 

Tous deux la tête poser sur la vitre, ils regardaient leur reflet, imaginant celui de l’autre à leur côtés, caressant le carreau comme si cela était le visage de l’autre, fermant les yeux sous l’intensité du moment. Tous deux se délectaient de la douceur de cette chanson diffusée à la radio. Bruno Mars parlait pour eux :

 

Cause there'll be no sunlight

If I lose you, baby

There'll be no clear skies

If I lose you, baby

Just like the clouds, my eyes will do the same

If you walk away, everyday it'll rain, rain, rain-ai-ai-ain

 

Oui sans l’autre chaque jour n’était fait que de pluie. Le soleil disparaissait pour ne plus revenir. Seuls les nuages étaient visibles, plus rien n’avait de saveur s’ils se perdaient. Leurs vies demeuraient un jour éternel sans lumière. Cette chanson retranscrivait tellement ce qu’ils ressentaient en ce moment. Leurs vies étaient liées et ne pouvaient évoluées qu’en présence de l’autre.

 

Lentement tous deux s’éloignèrent de la fenêtre tournant le dos à cette dernière. Déposant leur tasse à café sur leur comptoir, ils se dirigèrent vers leur lit respectif, leurs pensées allant vers l’autre. Ils se glissèrent sous la couette éteignant la lumière. Et comme s’ils avaient partagés les mêmes draps.

 

« Bonne nuit Kate ! »

 

« Bonne nuit Rick ! »

 

Et c’est ainsi que tous deux s’endormirent sous cette douce mélodie qui se finissait, berçant leurs rêves emplis de l’autre.

 

***

 

Je me réveillais le sourire aux lèvres. J’avais rêvé que mon partenaire revenait au poste avec son sourire charmeur, ses yeux pétillants de malice, m’apportant mon café comme toujours. Je l’avais remercié, plongeant mes yeux dans les siens si magnifiques et nous nous étions enfin tout dit, c’était un merveilleux rêve. C’est donc au meilleur de ma forme que je me levais. Allant me doucher à la vitesse grand V, je m’habillais et me maquillais. Après m’être assurée que j’étais à mon avantage, j’avalais mon café et partais sur les chapeaux de roues.  J’avais comme une intuition tenace qu’il allait revenir, que j’allais le revoir enfin.

 

Je ne mis pas longtemps pour arriver au commissariat. Au vu de l’heure matinale, la circulation était fluide. J’arrivais donc dans les premières au 12th. Ne sachant pas quoi faire en attendant, n’arrivant pas à me concentrer sur mon travail, je décidais d’aller à la salle de sport pour me défouler. Me mettant en tenue, j’allais taper dans le sac de frappe me défoulant pour faire tomber la pression. Cela eu l’effet escompté et au bout d’une heure et demie, j’étais complètement détendue. Après une bonne douche bien méritée, je me rhabillais, me maquillais de nouveau et retournais à mon bureau espérant y voir un café fumant accompagné d’un beau male aux yeux bleus mais tout ce que je vis fut le vide.

 

Mes collègues étaient arrivés et ils me saluèrent. Je leur rendis la pareille et m’assis, déçue. Un soupire m’échappa, et dépitée je regardais ma montre. Il était 9 heures du matin après tout il n’était pas si tard que ça et je savais que mon écrivain n’était pas un lève tôt surtout s’il avait écrit toute la nuit. C’est sur cette touche d’espoir que je me mis à ma paperasse en retard, oubliant un temps l’heure.

 

« Yo ! Beckett tu ne vas pas déjeuner ? Il est déjà midi et demi. » M’appela Esposito, me tirant de mon occupation.

 

Je levais la tête surprise, et regarda l’horloge. En effet l’heure du déjeuner était déjà là et … et lui non. Comment avais-je pu être assez idiote pour penser qu’un rêve pouvait se réaliser ? Il n’y avait que dans les films et dans les livres que les histoires d’amour se finissaient bien.

 

« Je …non plus tard, je n’ai pas vraiment faim pour instant ! » soupirais-je en reportant mon attention sur mes dossiers.

 

Mes deux collègues se regardèrent tristement puis après un coup d’œil compatissant envers moi, ils prirent l’ascenseur. Je soupirais, me passant la main sur la nuque. Une pause s’imposait. J’allais donc me servir un café. Alors que je m’en préparais un, sur la machine que Castle nous avait offert, me remémorant encore ces instants que nous avions eu autour de mon nectar préféré, une voix interrompit mes pensées.

 

« Toujours aussi accro à la caféine à ce que je vois ! »

 

Mon cœur se figea, ma respiration s’accéléra à l’entente de cette voix. Mon dieu cette voix que j’avais rêvée réentendre depuis quatre mois. Tremblante je me retournais le sourire aux lèvres pour tomber sur le regard bleuté de mon partenaire, mon amour, il était là juste devant moi, un petit sourire peint sur les lèvres celui qu’il avait eu à la fin de notre première enquête lorsqu’il était revenu au poste s’imposant à moi comme partenaire.

 

Il ne disait rien, attendant une parole, un geste de ma part que j’étais incapable de lui donner. Mais pour ma part, mon sourire disparut bien vite en constatant que contrairement à mon rêve ses mains étaient dans ses poches et non occupées à tenir deux cafés. Cet état de fait me coupa mon entrain. J’étais si heureuse de le revoir mais là, cette absence de café voulait-elle dire que c’était trop tard ? Au vu de la portée qu’avait cette symbolique entre nous, je m’inquiétais sérieusement.

 

 


madoka93  (18.10.2012 à 13:48)

voila pour mamie ! J'ai l'ame charitable !

 

Chapitre 9 :

 

Je le regardais sans trouver quoi dire, lui me souriait de ce sourire que j’aimais tant. Je ne savais pas comment je devais interpréter cette absence de café mais pour la première fois de ma vie, je décidais de le prendre de façon positive. Avant notre séparation, il était venu sur le lieu du crime avec un seul café, le fait de n’en avoir aucun, signifiait-il qu’il attendait quelque chose de moi ? Un signe de ma part qui lui prouverait qu’après qu’il est fait le premier pas, il attendait que je fasse le second ? Je serais prête à faire tous les autres s’il le fallait. Juste pour qu’il reste près de moi et ne me quitte plus jamais. Je lui souris enfin, puis me tournais vers la machine à café. Prenant une autre tasse, je la posais sous les becs verseurs et appuyais sur le bouton marche, regardant le précieux liquide noir couler dans la tasse. J’osais une œillade vers mon écrivain, qui me dévisageait toujours, ce sourire sur les lèvres. Il ne disait rien mais les paroles étaient superflues. Nos retrouvailles étaient quelques peu atypiques mais ce silence n’était pas gênant, il me permettait de me reprendre. Ce silence parlait pour nous, nous apaisant après cette si longue séparation.

 

Après avoir vu la dernière goûte de café tombée dans la tasse, je pris cette dernière, et me tournant vers Castle je lui tendis en souriant. Il fut quelque peu surpris, je ne lui avais offert que très rarement le café, trouvant la chose trop intime de ma part. Je savais très bien ce que cette petite attention voulait dire pour lui lorsque qu’il m’en apportait chaque matin comme s’il m’amenait le café au lit après une nuit d’amour ou une tendresse partagée. Donc par ce geste, ne trouvant pas les mots pour lui dire ce que je ressentais, je lui montrais que pour moi aussi cela était important. Chose anodine pour les autres, essentielle pour nous. Un baiser du matin pour se dire bonjour et montrer à l’autre qu’on pense à lui. Nos regards s’étaient accrochés, comme avant. Cela m’avait tant manqué ces instants ! J’étais heureuse. Quatre mois de séparation et c’était comme si nous ne nous étions jamais quittés. Du moins en apparence.

 

Il tendit la main pour attraper la tasse et nos doigts se frôlèrent, je ne lâchais pas le récipient savourant son touché. Nos yeux tombèrent sur nos doigts l’un sur l’autre puis de nouveau nos regards se fondirent entre eux. Mon cœur battait la chamade, j’étais complètement déconnectée du monde extérieur, sur un nuage. A présent le contact était devenu caresse. J’ouvris la bouche comme en manque d’air tandis que les doigts de Rick glissaient sur la tranche de ma main comme s’il avait voulu la prendre. Il me souriait tendrement, mon cœur explosait littéralement en de milliers de particules. J’avais froid et chaud en même temps, je sentais mes mains moites, j’avais l’impression de voir des étoiles devant mes yeux tant mon rythme cardiaque était rapide. Je n’osais rien dire ou faire qu’il pourrait mal interpréter et qui le ferait encore fuir loin de moi. Mais j’avais peur qu’il prenne mon silence comme de la gêne.

 

« Castle je… » Commençais-je d’une voix hésitante.

 

Je ne pus finir ma phrase qu’Esposito entrait dans la pièce. Mon écrivain se saisit de la tasse si rapidement qu’il répandit du café sur sa chemise.

 

« Zut ! Heureusement qu’elle est noire ! » Ralla t-il.

 

« Waa t’es de retour bro ! » S’exclama mon collègue en donnant une forte tape dans le dos de Castle qui lui fit de nouveau renverser de son breuvage, au sol cette fois.

 

Je maudissais Esposito à cet instant. Je ne savais pas quand je retrouverais le courage de lui dire tout ce que j’avais sur le cœur. Je ne savais pas trop comment faire lorsqu’il s’agissait de parler de sentiments et j’avais peur d’être maladroite, tout était si compliqué entre nous. Nous nous regardâmes avec Rick. J’étais gênée mal à l’aise alors qu’Esposito nous regardait.

 

« J’ai interrompu vos retrouvailles désolé ! » S’excusa t-il d’une mine contrite.

 

« C’est bon gars ! » déclara Castle en tournant la tête vers lui.

 

C’est à cet instant que je remarquais une marque bleutée au niveau de la pommette de mon partenaire. Je regardais machinalement Javier et constatais que sa lèvre était fendue.

 

« Qu’est-ce qui vous est arrivé, tous les deux ? » m’enquérais-je en fronçant les sourcils. 

 

Les deux concernés me regardèrent puis partirent dans un rire.

 

« Rien juste un train !» déclara Caste en donnant un coup de coude au latino.

 

J’haussais les sourcils ne comprenant pas la blague. Avais-je raté un épisode ? Ryan entra à son tour dans la pièce, interrompant l’hilarité des deux comparses.

 

« Oh Castle quelle bonne surprise, enfin de retour parmi nous ? »

 

« Oui disons que je me suis rendu compte que je ne pouvais pas me passer de Nikki. Rien d’autre ne vient à part elle lorsque je veux écrire. Donc faut que je me rende à l’évidence que je ne peux rester loin d’elle. » Déclara mon romancier favori en me regardant avec un sourire radieux.

 

Son regard n’avait pas quitté le mien alors qu’il avait dit cela et mon cœur faisait des bons de joie dans ma poitrine. Rien n’était perdu, nous avions encore une chance. Il fallait seulement que je parvienne à la saisir.

 

« Ah ben alors finalement, tu continues la série Nikki Heat? » Demanda l’irlandais de l’équipe.

 

« Oui j’ai décidé de laisser une seconde chance à Nikki, à elle d’agir en conséquences pour me prouver que je n’ai pas tort de la lui laisser. »

 

Un silence s’installa dans la pièce. Nous nous regardions avec Castle oubliant nos amis. Ses mots envahissaient ma tête et mon cœur. Je ne pus retenir un sourire qu’il me rendit accompagné d’un regard empli de tendresse. J’avais compris le message, j’agirais comme il le faudrait mais je devais lui demander un peu de temps pour arriver à faire les choses sans gâcher cette chance qu’il m’accordait. Je n’étais pas une spécialiste des sentiments donc je ne savais pas vraiment comment m’y prendre.

 

« Je suis certaine que Nikki ne vous décevra plus, il faut juste lui laisser le temps ! »

 

Le sourire qu’il me fit, réchauffa tout mon corps et mon cœur. Je me retenais pour ne pas lui sauter au cou et l’embrasser à pleine bouche. Il m’accordait du temps, il avait compris. J’allais le séduire. Cette fois c’était à moi de lui prouver mon amour par des attentions, des paroles ou des gestes. Il méritait que je me batte pour lui. Nous nous perdîmes encore dans les yeux de l’autre, lorsqu’un raclement de gorge se fit entendre.

 

« On a une affaire. Lanie nous attends, elle est déjà sur place ! » Nous informa Esposito.

 

« Ok, nous arrivons ! » approuvais-je en rompant le lien. 

 

Je me tournais vers Castle le voyant finir son café. Il ferma les yeux esquissant un léger sourire.

 

« Délicieux ! » soupira-t-il en rouvrant les yeux pour m’observer.

 

Je lui souris levant les yeux au ciel, dieu ce qu’il m’avait manqué. Il déposa sa tasse dans l’évier et me suivit au pas de course. Arrivant à ma hauteur, nos épaules se touchèrent et ensemble nous entrâmes dans l’ascenseur dans une parfaite harmonie. Je tournais la tête vers lui, et constatais qu’il me regardait toujours en souriant, sourire que je lui rendis sans hésitation. J’étais heureuse, il était là à mes côtés cherchant un contact comme toujours, un contact furtif mais contact quand même. Sa chaleur se diffusait en moi, comme un courant électrique qui réchauffait mon corps et mon cœur. Et ce dernier battait la chamade jouant une partition de rock endiablée. Etre à ses côtés me rendait folle. Nous arrivâmes à ma voiture et Castle s’installa côté passager et fit la grimace.

 

« Bouh, elle, elle ne m’a pas manqué du tout ! » grogna-t-il en grimaçant de plus belle. 

 

Je le regardais un sourire sur les lèvres. Se rendait-il compte de ce qu’il venait de dévoiler à demi-mot ? Au vu de son air détaché, je constatais que non, ce qui était encore mieux. Cela voulait dire qu’il pensait vraiment ce qu’il disait et que je lui avais manqué. Mordant mes lèvres je mis le contact.

 

« Arrêtez de vous plaindre, elle est très bien ma Victoria, je n’en changerais pour rien au monde ! » déclarais-je fermement.

 

Je vis Castle me dévisager d’une mine perplexe, grimaçant de dégoût. Il haussa les sourcils, ce qui me fis de nouveau sourire.

 

« Pourquoi ? C’est la première voiture que vous avez eu ? » S’enquit-il subitement passionné par l’histoire de mon auto.

 

« Oui et non. C’est la première voiture que j’ai eu en tant que lieutenant ! » Lui répondis-je avec un sourire nostalgique en repensant à nos premières années avec ma Victoria.

 

Il ouvrit de grands yeux, me toisant avec un air exagérément surpris. Je roulais des yeux tout en gardant le sourire devant son air théâtral.

 

« Quoiiiiiiiiiiiii ! Mais alors c’est une antiquité ! » S’exclama t-il.

 

« Arrêtez de critiquer ma Victoria, je l’aime moi ! » M’insurgeais-je devant les critiques de « mon » Castle.

 

« Oh mais vous en parler comme si c’était un proche ! » Se moqua-t-il en rigolant.

 

« Eh vous êtes bien content qu’elle trimballe vos b…vos fesses ! » ripostais-je avant de m’interrompre. 

 

J’allais dire belles fesses mais je trouvais cela un peu trop pour l’instant sachant que nous venions tout juste de nos retrouver et que rien n’était mis à plat entre nous encore. Même si nos joutes verbales demeuraient inchangées pour mon plus grand bonheur.

 

« Oui ben mes fesses sont mises à rude épreuves sur ce siège. J’ai l’impression d’être assis sur la ferraille sans la rembourrure ! Vous savez mes fesses son délicates, elles ont besoin de douceur. »

 

Je le regardais pinçant mes lèvres. De la douceur…hum intéressant. Des idées lubriques me traversèrent l’esprit, torturant mes lèvres de plus belle. Je le vis me regarder, il souriait, lisait-il dans mes pensées à cet instant ? Son air satisfait semblait m’informer que oui. Je rougis, détournant la tête troublée, laissant planer un léger sourire sur mon visage. Nous arrivâmes sur les lieux du crime. Lanie examinait le corps comme nous en avait informé Esposito, tandis que ce dernier et son acolyte de toujours frappaient aux portes des voisins afin de les interroger sur d’éventuelles bruits ou attitudes suspects. La scientifique s’affairait déjà à récolter les preuves éventuelles et des agents étaient postés à l’entrée de l’appartement ainsi qu’à chaque sorties de l’immeuble, empêchant ainsi quiconque d’entrer ou sortir de la bâtisse.

 

Nous approchâmes de notre légiste qui releva la tête à notre arrivée. Immédiatement elle avisa la présence de Castle derrière moi et un sourire éclaira son visage. Elle me fit un clin d’œil assez suggestif, auquel je répondis par un à mon tour, levant les yeux au ciel.

 

« Hey Lanie comment allez-vous ? » s’enquit joyeusement Castle.

 

 Mon amie se redressa, toisa mon partenaire puis esquissa un petit rictus et lui répondit taquine :

 

« Bien et vous ? Vos vacances ne vous ont pas été très profitable apparemment, vous avez mauvaise mine et vous avez perdu du poids ! Remarquez cela ce n’est pas forcément un mal ! »

 

Il ouvrit puis referma la bouche, me regarda puis reporta son attention sur mon amie. Je retenais un ricanement mais je le regardais avec attention et constatais que Lanie avait raison. Castle avait les traits tirés, des cernes encerclaient ses yeux et ses joues semblaient plus creusées qu’à leur habitude. Oui il n’avait pas bonne mine, nul doute que notre séparation avait eu un effet sur lui. Cette constatation m’arracha un petit sourire malgré moi. Je ne voulais pas me réjouir de savoir que lui aussi avait été aussi malheureux que moi mais au final cela prouvait qu’il ne pouvait pas se passer de ma présence lui non plus et cela me comblait au plus haut point, j’avais tout de mon côté pour réussir à le séduire. Il fallait juste que j’agisse comme il le fallait. Je voulais prendre mon temps autant pour moi, que pour lui. Je l’aimais je ne voulais pas qu’il en doute une seconde.

 

« Je vois que vous avez retrouvez un vieil ami, les retrouvailles ont été chaleureuse d’après ce que je peux voir. » déclara Lanie en se penchant dans un sourire et en avisant la pommette de mon partenaire. 

 

Je vis mon écrivain grimacer puis lancer un regard furtif à Esposito. Et c’est à cet instant que je compris. Mon collègue et mon partenaire s’étaient battus mais pourquoi ? J’allais devoir avoir une conversation avec Castle pour savoir la raison de cette bagarre.

 

« Moi aussi c’est un plaisir de vous revoir doc ! » Lui répondit ironiquement mon romancier ce qui fit sourire notre amie.

 

« Bon alors qu’est-ce que l’on a ? » Demandais-je, changeant de sujet sans transition.

 

Je m’accroupissais pour voir le corps plus en détails. C’était une jeune femme blonde, très mince, je dirais même maigre, assez coquette. Une fille propre sur elle comme l’on dit.

 

« Alyssa Summers 29 ans tuée par balle. J’ai repéré deux impacts, un en plein cœur et un autre au niveau du foie. Aucun doute que notre tueur ne voulait laisser aucune chance de survie à notre victime. »Nous informâmes Lanie en désignant les blessures avec son stylo.

 

Castle s’approcha et se pencha au-dessus de moi afin de mieux voir ce que nous montrais notre légiste. Sa veste frôla mon dos et je frémis, frémissement qui n’échappa pas à ma meilleure amie qui sourit amusée par le trouble qu’éveillait le simple contact d’une veste sur mon dos. Je levais les yeux au ciel.

 

« J’ai fait prélever le sang sur les murs pour analyse mais il n’y a aucun doute que c’est celui d’Alyssa » poursuivit Lanie en reprenant son sérieux.

 

Je regardais les parois et constatais que deux pans étaient recouverts de sang, ce qui m’interpella.

 

« Elle aurait bougé pour tenter de s’enfuir tu crois ? D’où la projection de sang sur deux pans de mur ? »

 

« Je ne sais pas certainement mais ce qui est curieux c’est qu’il y en a vraiment beaucoup » Répondit la légiste.

 

« Pourquoi une balle dans le foie ? Le cœur suffisait à la tuer et cela empêchait tout risque de fuite ! » S’enquit mon écrivain.

 

« Peut être à cause de ça » Répondit Lanie en soulevant la manche de la victime.

 

On pouvait y voir des traces de piqûres de seringues. Je regardais mon amie, surprise. Cette femme n’avait pas le profil d’une femme qui se drogue mais avec mon métier j’avais appris à ne pas me fier au apparence.

 

« Tu penses que cela à un rapport avec la drogue, ça serait pour cela qu’elle aurait été tuée ? » Demandais-je à Lanie.

 

« Hey ce n’est pas mon boulot à moi de te dire cela, ça c’est ton boulot ! » riposta-t-elle dans un haussement d’épaules. 

 

Elle se redressa et je suivis son exemple. Castle fut surpris dans mon mouvement et je percutais sa poitrine de mon épaule. Machinalement il posa ses mains sur mes bras comme pour me retenir, m’arrachant un second frémissement en moins de deux minutes. Je sentais sa chaleur se diffuser dans mon corps et son souffle sur ma nuque, m’électrisa. Je devais me dégager de lui au plus vite sinon j’allais perdre tous mes moyens mais je ne pouvais pas, mon corps s’y refusait. Un gloussement me fit redescendre de mon nuage et mon partenaire qui semblait être dans le même état que moi, reprit ses esprits et me lâcha tout en reculant d’un pas. Je me positionnais sur le côté pour le regarder et je vis tout le trouble que cette étreinte accidentelle lui avait provoqué. Nul doute n’était permis que le mien devait être tout aussi visible. Nous nous observâmes un moment un sourire tendre sur les lèvres. Nous étions comme déconnectés de la réalité comme souvent lorsque nous avions nos moments. Un raclement de gorge se fit entendre, nous refaisant revenir sur terre.

 

« Bien étant de trop comme souvent avec vous deux, je m’en vais faire mon autopsie, ne faites pas ce que je ne ferais pas les enfants ! » Nous lança-t-elle en partant, me faisant rougir en pensant à ce que je ferais bien à cet instant.

 

Je m’élançais donc dans le salon à la recherche d’indice à mon tour lorsque Ryan et Esposito vinrent à notre rencontre.

 

« Alors qu’a donné les interrogatoires des voisins ? » Demandais-je

 

« Eh bien nous n’avons pas encore finis ! » Me répondit Ryan.

 

« Que faites-vous là alors ? » M’enquis-je irritée qu’ils me stoppent dans mon élan.

 

Je voulais résoudre cette affaire au plus vite afin de mettre les choses au clair avec mon partenaire.

 

« Eh bien il y a une jeune femme ici qui désire entrer. Elle prétend qu’elle habite ici ! »

 

« Faites la venir, nous allons l’interroger ! » décidais-je finalement.

 

Les deux compères s’éclipsèrent pour revenir quelques instants plus tard avec une jeune femme au visage paniqué, au bord de l’hystérie. Elle était assez grande, brune aux yeux bleus, longiforme et assez jolie mais à cet instant ses traits étaient déformés par l’inquiétude et la détresse.

 

« Que s’est-il passé qui est mort ? » Hurla t-elle.

 

Elle respirait difficilement, je la sentais sur le point de tomber dans les pommes. Je la fis donc s’asseoir tandis que Castle lui apportait un verre d’eau.

 

« Calmer vous, tenez buvez ! » Lui dit-il avec douceur me faisant sourire.

 

J’aimais son côté avenant avec les gens même si je préférais égoïstement qu’il ne garde ses attentions que pour moi. Après qu’elle ait bu une longue gorgée et souffler un bon coup, je lui posais donc la question qui me taraudait depuis 5 minutes.

 

« Vous avez demandé qui était mort Alyssa n’était pas la seule colocataire à vivre avec vous ? »

 

« John… » Souffla t-elle retenant un sanglot alors que ses yeux se perdaient dans le vide. 

 

Je compris que cet homme était important pour elle, rien qu’à la façon de prononcer son nom.

 

« Est-ce votre petit ami ?  » L’interrogeais-je prudemment, ne voulant pas la brusquée.

 

« Non, non, nous sommes amis, même si je sais qu’il aimerai plus…Mais je me suis refusée à lui. Il m’a avoué ses sentiments mais je ne lui ai jamais répondu en retour. » Me répondit-elle en me regardant alors que son regard se voilait.

 

Fronçant les sourcils je regardais mon partenaire qui me fixait sans dire un mot. Cette histoire me faisait étrangement penser à la nôtre.

 

« Savez-vous où il peut se trouver en ce moment ? » Demanda Rick constatant mon silence après l’annonce de cette femme au sujet de ce colocataire.

 

« Je ne sais pas après son aveu et mon rejet, il est partit. Cela fait trois jours que je ne l’ai pas vu. » Nous informa-t-elle dans un sanglot.

 

« Est-ce lui ? » Gémit-elle.

 

« Non votre colocataire Alyssa. Savez-vous si elle avait des ennemis ? Des gens qui auraient pu vouloir sa mort ? » Demandais-je doucement.

 

« Alyssa était une fille géniale, jusqu'à ce qu’elle tombe dans la drogue. John et moi avons essayés de l’en sortir mais elle a refusé notre aide. Elle s’est mise à fréquenter les mauvaises personnes depuis quelques temps. Je ne sais pas ce qu’il lui ait arrivée, mais nous nous connaissions depuis notre plus tendre enfance, elle, John et moi. Nous avons décidés de venir à New York pour nos études, puis lorsque nous avons trouvez du travail dans nos domaines, nous avons décidés de continuer à vivre ensemble comme une vraie famille » Elle prit une longue inspiration. « Mais aujourd’hui il n’y a plus de famille, Alyssa est morte et John a disparu, je n’ai plus rien. » Conclut-elle en éclatant en sanglots.

 

Je regardais mon partenaire qui semblait tout aussi touché que moi. Qu’était-il arrivé à John ? Etait-il revenu pour parler à Angela et avait trouvé Alyssa ? S’était-il disputé au sujet de leur amie et cela avait-il mal tourné ou l’avait-il retrouvé en train de se droguée et avait-il voulu l’en empêchée ? Avait-elle sortit une arme et cela s’était retourné contre elle ? Non ce n’était pas logique si cela avait été un accident, il n’y aurait qu’un seul coup de feu. Hors il était certain que l’on avait voulu la faire souffrir. J’étais certaine que la balle dans le foie était destinée à la faire agoniser juste avant de l’achever mais pourquoi ? Esposito et Ryan interrompirent mes pensées.

 

« Yo Beckett on a interrogé les voisins et il semblerait que leur voisin soit revenu aujourd’hui mais qu’ils ne l’aient pas vu repartir. »

 

« Il se serait échappé par la fenêtre après avoir tué Alyssa ? » Avança Castle.

 

Angéla se leva violemment et toisa sévèrement mon partenaire presque avec haine.

 

« Johnny n’est pas un assassin ! C’est l’homme le plus gentil et merveilleux qu’il soit. Jamais il n’aurait fait de mal à Alyssa, il l’aimait comme une sœur ! » Lâcha-t-elle d’une traite.

 

Castle et moi nous nous regardâmes peu convaincus. Il était notre principal suspect, les voisins l’avaient vu revenir et peu de temps après Alyssa était morte toutes les preuves étaient contre lui.

 

« Dites-moi que faisait Alyssa dans la vie ? Avez-vous son emploi du temps ? » M’enquis-je.

 

« Oui, elle était assistante médicale dans une clinique vétérinaire. Elle commençait tous les matins à 8h et finissait à 20h. Elle rentrait pour manger les midis mais pas aujourd’hui. Ce qui m’étonnes c’est qu’elle n’aurait pas dû être encore rentrée au moment où… enfin…elle… enfin elle revenait toujours vers les 21 heures transport oblige.» Nous informa-t-elle dans un souffle, hésitante.

 

« Savez-vous pourquoi elle est rentrée plus tôt exceptionnellement aujourd’hui ? » Demanda mon partenaire.

 

« Je n’en ai aucune idée. Alyssa était devenue très secrète depuis qu’elle se droguait. » Avoua-t-elle dépitée.

 

« Savez-vous par hasard qui la fournissait ? » M’enquérais-je.

 

« Non. J’ai juste vu une fois un homme qui l’attendait en bas de l’immeuble. Il y a eu une altercation,  et elle est remontée en pleurs. Lorsque je lui ai demandé ce qu’il y avait elle m’a répondu que cela n’était pas mes affaires et s’est enfermée dans sa chambre. » Nous informa-t-elle les yeux perdus dans le vide.

 

« Cela est arrivé il y a combien de temps ? » Demanda Castle qui s’était rapproché de la jeune femme pour attirer son attention sur nous.

 

« Deux jours je dirais ! » nous annonça cette dernière en relevant la tête.

 

« Pourriez-vous le décrire ? » voulus-je savoir avec espoir.

 

« Pas vraiment en détail. De là où j’étais, je voyais simplement qu’il était assez bien habillé, brun à la peau mate, assez grand et baraquée mais je ne pourrais vous en dire plus. » Nous dit-elle désolée de ne pouvoir nous décrire plus précisément l’homme avec lequel, s’était disputée notre victime.

 

« Avez-vous un endroit où allez Angela, un ami, un parent ? » m’enquis-je.

 

« Je …j’ai une collègue qui sera sûrement d’accord pour m’héberger pour quelques jours et puis je ne pense pas pouvoir revenir dans cet appartement où ma meilleure amie a été tuée, ma sœur de cœur et où l’homme que …enfin mon meilleur ami a disparu. »

 

Nous acquiesçâmes. J’ordonnais à deux agents d’escorter Angela chez cette collègue aussi bien pour sa sécurité que pour savoir où elle serait car même si son anéantissement paraissait vrai, j’avais eu affaire à assez d’individus pour savoir qu’un meurtrier savait parfaitement jouer la comédie et simuler la détresse. Nous retournâmes au poste afin de rassembler toutes les informations, nous devions primo retrouver qui fournissait Alyssa car il était suspect numéro un, et secundo retrouver John également suspect. Je sentais que cette enquête allait être pénible, aussi bien physiquement que moralement.

 

Arrivés au commissariat nous ne perdîmes pas de temps et disposions photos et preuves, je traçais une ligne temporelle et commençais à écrire l’emploi du temps de la victime. Puis disposais tous les éléments que nous avions. J’avais récupérée une photo de John Stevens à son appartement et la disposais dans les colonnes des suspects. Puis écrivais à côté « Homme mystérieux, brun, classieux, portoricain, métisse, italien, Arabe ? » Est-il le dealer. Je collais ensuite une photo d’Angela Sorens sous laquelle j’inscrivais colocataire et amie de la victime possibilité de conflits au sujet de la drogue ou amoureux.

 

« Amoureux, comment cela ? Vous suspectez un crime passionnel ? » S’enquit Castle.

 

« Ne négligeons aucune piste Castle. Ils étaient amis d’enfance, toujours là pour l’autre, cela crée des liens. Un homme pour deux femmes. Un homme amoureux d’une des deux et l’autre restant sur la touche. » Soupirais-je doucement.

 

Je vis Castle grimacer, il se frotta la joue.

 

« Mais dans ce cas cela devrait être John ou Angéla les victimes. » Dit-il en me faisant face.

 

« Pas si cela a mal tourné et que l’un des deux a tués Alyssa et que l’autre le couvre. »

 

« Vous pensez que John aurait tué Alyssa, qu’il se serait sauvé et que Angéla sait où il se trouve mais qu’elle le couvre par amour, c’est un peu tiré par les cheveux. »

 

« Vous ne savez pas ce qu’une femme est capable de faire pour l’homme qu’elle aime Castle ! »

 

Je le regardais avec intensité, ne quittant pas ses yeux. Je voulais lui faire passer le message. Cette affaire était idéale pour cela. Nous avions encore une de ces conversations silencieuses où seuls nous comptions, où nous nous comprenions, où nos âmes communiquaient entre elles.

 

« Beckett on a du nouveau. Une voisine aurait vu notre monsieur Classe arpenter pendant plusieurs jours autour de l’immeuble, elle est avec le dessinateur ! »

 

Je détournais la tête vers mon collègue revenant sur la planète terre en soupirant.

 

« Bien dès que le portrait est finis passez le à l’identification. »

 

Esposito acquiesça et partit me laissant seule avec Castle.

 

« Une théorie Castle ? » Demandais-je dans un sourire espiègle.

 

Je le vis se diriger vers la salle de repos je le suivais, il se prépara un café. Je soufflais en constatant qu’il ne préparait qu’un seul café. Je soupirais en me détournant vers l’ancienne machine lorsque je vis une tasse apparaître sous mes yeux. Je le regardais, il me souriait, de ce sourire qu’il avait si souvent pour moi et mon cœur se gonflait d’espoirs. Et alors qu’il prenait une tasse pour lui je lui arrachais des mains lui donnant un coup d’épaule pour qu’il se pousse. Je posais la tasse sous le bec verseur et lui préparais le café comme il l’aimait. J’observais le nectar brun couler tandis que je sentais son regard fixé sur moi. Il s’était tellement rapproché que je sentais la chaleur de sa peau se diffuser sur la mienne me faisant frissonnée. Je lui tendis sa tasse qu’il prit non sans effleurer mes doigts d’une caresse. Il porta le récipient à ses lèvres sans quitter mon regard, j’étais hypnotisée et mon corps était inexorablement attiré par celui de mon partenaire. Je déglutis sentant une chaleur familière montée en moi.

 

« Beckett, Lanie a fini à du nouveau elle vous attend ! » Nous informa Esposito qui se figea après coup devant notre proximité.

 

Il adressa un regard d’excuse à Castle puis s’enfuit. Il faisait bien de fuir ! Deux fois qu’il cassait notre moment. J’allais finir par croire qu’il le faisait exprès. J’avais des envies meurtres à ce moment. Nous prîmes l’ascenseur afin de rejoindre la morgue.  Un silence de mort régnait dans la cabine sans vouloir faire de mauvais jeu de mot, Castle regardait ses pieds tandis que j’observais un point imaginaire. J’avais l’impression que nous étions deux adolescents devant leur premier émoi amoureux, ne sachant comment faire avec l’autre. Et c’était tellement cela ! Nous étions deux ados attardés amoureux ne sachant exprimés nos sentiments.

 

Nous arrivâmes dans la morgue de notre amie qui semblait finir de recoudre la victime. Notre amie nous observa avec un sourire entendu. Elle me fit un clin d’œil et adressa un regard équivoque à mon partenaire qui haussa les sourcils en me regardant. Je soulevais les épaules en signe d’incompréhension mais je comprenais tellement ce que voulait dire mon amie.

 

« Alors qu’as-tu Lanie ? »

 

« Bien il semblerait que notre jeune amie se soit injectée une forte dose d’héroïne avant de mourir. J’ai retrouvé aussi des empreintes de pouces sur ses bras qui sont partis pour analyse. Je confirme qu’on a d’abord tiré une balle dans son foie puis plus d’une heure plus tard en plein cœur ce qui lui a laissé le temps de bien souffrir. Elle a perdu beaucoup de sang mais surtout elle a vraiment souffert. L’homme qui lui a fait cela voulait la torturée sans aucun doute. »

 

« Pourquoi ? » Demandai-je.

 

Un silence se fit puis dans un ensemble parfait je me retournais vers Castle.

 

« La drogue ! » Dîmes-nous au même instant.

 

Nous nous observâmes avec un sourire complice et tendre. J’aimais tant ces instants avec lui, mon corps planait, j’avais l’impression d’être sur un nuage de félicité. Je me mordais les lèvres tentant de maîtriser mon envie de lui. Son regard était si intense que je me sentais défaillir. Il trahissait la même pensée que la mienne.

 

« Y’a des hôtels pour cela ! » nous fit remarquer Lanie. 

 

Nous sursautâmes regardant Lanie qui nous toisait un sourcil levé, un air mutin sur le visage. Je lui adressais un regard noir puis sortis de la morgue suivit par mon acolyte.

 

« Bien maintenant on fait quoi ? » S’enquit mon partenaire.

 

« Rentrons chez nous nous n’en apprendrons pas plus ce soir. Les analyses ADN n’arriveront que dans 3 jours et nous n’aurons le portrait-robot de notre troisième suspect que demain. Donc le repos est de mise. » Déclarais-je en me retournant, me pinçant les lèvres pour retenir mes pensées, jugeant qu’il était encore trop tôt pour me laisser aller. 

 

Je vis que Castle semblait déçu. Je savais qu’il aurait voulu passer la soirée avec moi mais je n’étais pas encore prête pour cela. Je savais que seule avec lui, je craquerais et je ne voulais pas tout gâcher.

 

Le lendemain nous avions notre portrait-robot, ce qui nous permis d’enquêter longuement sans pouvoir retrouver cet homme. Nous étions dans l’impasse pour le moment aucune trace de vie de John Gordon, ni de ce fameux dealer. Je commençais à me demander s’il existait. Nous avions été au travail d’Alyssa afin de parler à son patron et il s’avérait qu’il était partit en déplacement pour l’étranger.

 

Quatre jours étaient passés et nous n’avions aucune piste, rien. Aucun dealer ne correspondait à notre portrait-robot. John demeurait introuvable et notre enquête demeurait au point mort. Encore et toujours, je désespérais.

 

« C’est désespérant à croire que notre homme mystère et ce John sont des fantômes. » Se plaignit Castle tandis que je faisais nos cafés.

 

Il m’observait avec un sourire tandis que je m’appliquais à la tâche. Je le regardais et lui souris. Depuis plusieurs jours je lui faisais son café, lui faisant comprendre que j’étais prête que je ne voulais que lui. Je savais qu’il comprenait mais il ne manifestait aucune réaction, rien qui me donnait espoir… Sauf ses regards que je surprenais lorsqu’il pensait que je ne le voyais pas. Il m’observait en secret et semblait apprécier mes attentions. Il avait beau feindre l’indifférence, je savais qu’il appréciait. Mais je ne parvenais pas à savoir ce qu’il voulait vraiment. Mon téléphone me sortit de mes pensées. Je regardais mon écran et vis qu’il s’agissait de Lanie.

 

« Lanie du nouveau ? » m’enquis-je en décrochant.

 

« Oui les résultats ADN sur les prélèvements de sang sont arrivés et tu devrais venir me voir. »

 

« Très bien j’arrive » approuvais-je en mettant un terme à la communication ;

 

Je prenais le chemin de l’ascenseur avec mon écrivain. Il me souriait comme toujours mais quelque chose avait changé en lui, je ne saurais dire quoi.

 

« Kate ! » m’appela-t-il au moment où les portes se refermaient sur nous, nous isolant du reste du monde. 

 

L’intensité de son regard me transperçait de toutes parts. Heureusement j’étais appuyée contre la paroi, sinon je serais tombée comme une marionnette désarticulée. Il s’approcha inexorablement encore plus, nos souffles se mélangeaient, je le regardais avec envie et attente. Il semblait décidé enfin. Il était si proche que mon cœur martelait dans ma poitrine, mes paupières s’affaissaient d’elles même.

 

« Oui ? »Murmurais je dans un souffle entrouvrant les lèvres par avance.

 

Je sentis son souffle chaud sur celles-ci et mon cœur s’emballa. Malheureusement, le ding de l’ascenseur nous sortit de nos rêveries. Il se redressa, je le vis troubler. Il détourna les yeux puis sortit de la cabine comme s’il avait le diable aux fesses. Je soupirais de dépit la lutte se ferait sans merci, mais je ne renoncerais pas. Sortant à mon tour, je rejoignais Castle qui m’attendait à l’entrée de la salle d’autopsie. Je lui fis un sourire en coin, haussant les sourcils, lui faisant comprendre qu’il ne perdait rien pour attendre. J’entendis un léger râle qui me satisfaisait pleinement. Un sourire s’ancra sur mon visage sans que je ne puisse l’effacer en entrant dans l’espace de travail de ma meilleure amie.

 

« Oh dis donc ma belle, c’est quoi ce sourire ? Une soirée fille s’impose-t-elle ? » S’exclama-t-elle instantanément.

 

« Pas encore Lanie ! » Lançais-je en roulant des yeux sans me départir de mon sourire.

 

Je lançais regard entendu en direction de Rick qui ne semblait pas comprendre l’échange verbal qui se déroulait sous ses yeux.

 

« Je veux tous les détails Sweetheart ! » gloussa Lanie en me faisant un clin d’œil. 

 

Je ne répondis rien toisant ma légiste avec un air mutin. Toutes deux nous regardâmes Castle qui semblait complètement largué. Rick fronça les sourcils me lançant un air interrogateur en quête de réponses. Décidément les hommes ne voyaient pas plus loin que le bout de leur nez.

 

« Alors qu’est-ce qu’ont données les analyses ADN ? » M’enquis-je voulant détourner la conversation qui déviait sur une pente sableuse.

 

« Eh bien je dirais qu’il y a deux ADN sur ces murs. Celui de la victime et celui d’un homme. » Nous informa Lanie sur un ton neutre « Et, au vu de la quantité de sang perdu, si cet homme n’est pas soigné rapidement, il mourra certainement. Je dirais donc que nous avons une seconde victime potentielle. »

 

Je regardais mon partenaire et nous pensâmes la même chose.

 

« John ! » Soufflâmes-nous en même temps.

 

« Qui d’autre ? » Ajoutais-je dans un murmure.

 

Nous avions un suspect en moins. La liste se resserrait sur deux personnes, Angéla et ce dealer. Pour l’instant nous n’avions qu’Angéla sous la main nous allions devoir l’interroger, tandis que les gars appelleraient tous les hôpitaux de la ville pour voir si un blessé par balle n’avait pas été admis ces jours-ci et qui correspondrait à John. Nous saluâmes Lanie et nous dirigeâmes vers l’ascenseur. Nous nous y engouffrâmes et durant notre ascension je pensais, non j’espérais sincèrement qu’il soit en vie et qu’Angéla soit innocente. Ainsi peut être auraient-ils une chance de se retrouver tous les deux.

 

Je regardais Castle dont le visage était grave. Il tourna la tête vers moi et nous nous observâmes un moment. Décidément cette affaire ressemblait de plus en plus à notre vie que s’en était troublant. Tant de temps gâché alors qu’ils auraient pu être heureux. J’avais l’impression de voir une mauvaise pièce de notre vie se dérouler sous nos yeux. J’espérais seulement une tout autre fin pour nous. Comme s’il avait lu dans mes pensées Castle s’approcha de moi me collant presque.

 

« Toutes les histoires d’amour ne finissent pas forcément mal, il faut simplement laisser parler son cœur. » me chuchota Castle dans l’oreille.

 

Je retins mon souffle et tournais mon visage vers le sien. Nous étions encore une fois si près l’un de l’autre que j’avais la tête qui tournait. Mais encore une fois, nous fûmes interrompus par l’ouverture des portes de l’ascenseur sur le 4ème étage. Nous nous séparâmes rapidement. Etions nous maudit pour être toujours déranger au meilleur moment ? J’avais l’impression de vivre encore et encore les mêmes scènes. Castle et Beckett les rois des occasions manquées ! Une à l’allez une autre au retour. J’allais finir par prendre les escaliers.

 

Deux heures plus tard nous étions dans la salle d’observation. Nous avions fait venir Angéla Sorens, notre principale suspecte à l’heure actuelle. Si au départ John Gordon était dans notre ligne de mire, les résultats du labo démontraient clairement qu’après analyse ADN le sang retrouvé sur la scène de crime en plus de celui de la victime était celui d’un homme. Nous avions envoyé la scientifique prélever des cheveux sur la brosse à cheveux de notre disparu pour faire une comparaison mais il était quasi sûr qu’il s’agissait de celui de John. J’avais demandé des résultats en urgences faisant jouer mes liens particuliers avec « mon ami le juge »

 

Nous entrâmes avec Castle dans la salle d’interrogatoire et lorsque mes yeux tombèrent sur le visage d’Angéla, je me figeais. J’avais l’impression qu’elle avait pris dix ans en cinq jours. Ses traits étaient tirés, ses yeux rougis et ses joues creusées comme si elle ne s’était pas alimentée depuis ce laps de temps où son ami avait disparu et à ce moment je compris que cette femme ne pouvait être coupable du moins pour ce qui était de la disparition de John. Oui, cette femme était amoureuse, je l’avais bien compris, malgré ce qu’elle avait pu en dire. Et encore une fois elle me faisait penser à moi, à fuir ses sentiments et à s’en rendre compte lorsqu’il était trop tard. Je regardais mon partenaire qui la toisait d’un air inquiet. Il se tourna vers moi et je compris que lui aussi pensait la même chose que moi.

 

Malgré cela nous devions l’interroger pour essayer de trouver une piste qui nous mènerait à John et au tueur. Le plus dur allait être de lui apprendre que parmi le sang qui se trouvait dans l’appartement, il y avait très certainement celui de son amour. Je regardais Castle puisant le courage nécessaire, si cela avait été lui et qu’on m’annonçait qu’il était certainement grièvement blessé, je ne m’en remettrais certainement pas. Il me prit la main la serrant fort dans la sienne, me donnant le sourire le plus tendre qu’il soit et après un soupire d’aise, je m’avançais, vers la jeune femme, Castle sur les talons. Nous nous assîmes face à Angela.

 

« Angéla, nous devons vous parler ! » Dis-je en la regardant dans les yeux.

 

« Vous avez retrouvé Johnny ? » S’enquit elle les yeux emplis d’espoir.

 

Je prenais une profonde inspiration, je sentis la ch


madoka93  (18.10.2012 à 14:51)

Autan pour moi le chapitre étant trop long il n'a pas mis la fin et j'ai pas vu, donc suite et fin du chapitre

 

Malgré cela nous devions l’interroger pour essayer de trouver une piste qui nous mènerait à John et au tueur. Le plus dur allait être de lui apprendre que parmi le sang qui se trouvait dans l’appartement, il y avait très certainement celui de son amour. Je regardais Castle puisant le courage nécessaire, si cela avait été lui et qu’on m’annonçait qu’il était certainement grièvement blessé, je ne m’en remettrais certainement pas. Il me prit la main la serrant fort dans la sienne, me donnant le sourire le plus tendre qu’il soit et après un soupire d’aise, je m’avançais, vers la jeune femme, Castle sur les talons. Nous nous assîmes face à Angela.

 

« Angéla, nous devons vous parler ! » Dis-je en la regardant dans les yeux.

 

« Vous avez retrouvé Johnny ? » S’enquit elle les yeux emplis d’espoir.

 

Je prenais une profonde inspiration, je sentis la chaleur de la main de Castle contre la mienne, rassurante, apaisante.

 

« Malheureusement non Angéla ! » la détrompais-je doucement.

 

Je vis un voile de tristesse passer dans ses yeux, elle baissa la tête et à cet instant je décidais de ne rien lui dire. Après tout nous n’étions pas certains à 100 % que ce sang venait de lui.

 

« Mais pour faciliter nos recherches nous aurions besoin de renseignements supplémentaires. » déclarais-je donc sous le sourire approbateur de Castle. 

 

Je posais la photo de notre principal suspect sous ses yeux, scrutant attentivement la moindre de ses réactions.

 

« Cet homme est-il celui que vous avez vu en bas de votre immeuble 2 jours avant le meurtre de votre amie ? »

 

« Je…Je ne saurais dire. Il était assez loin, il semble avoir la même corpulence mais je ne peux être catégorique. » bredouilla-t-elle en fronçant les sourcils.

 

 Je soupirais, dépitée. Regardant Castle, je me demandais si nous allions en venir à bout de cette affaire.

 

« Par contre sa tête me dit quelque chose. Je ne sais pas, Je n’arrive pas à me rappeler mais je l’ai déjà vu, j’en suis certaine. » Elle semblait réfléchir intensément puis au bout d’une minute laissa ses épaules retombées « Ça m’agace mais vraiment, je n’arrive pas à me souvenir. »

 

Je vis Castle se lever. Il fit le tour de la table et vint se poster près d’Angela. Je l’observais faire, éberluée. Que faisait-il ?

 

« Fermez les yeux. Soufflez, puis concentrez-vous sur une chose agréable, quelque chose qui vous fait du bien ! » Déclara-t-il en posant une main sur celle d’Angela.

 

La jeune femme l’observa incrédule puis après moult hésitations, s’exécuta.

 

« Pensez encore à cette chose qui vous apaise, ne pensez qu’à elle. Fixée votre attention sur cette chose. » poursuivit-il d’une voix douce et apaisante, presque hypnotique.

 

J’observais Castle avec attention. Il était sérieux mais son visage n’était que douceur. Il détachait ses mots lentement, laissant le temps à Angela de faire ce qu’il lui demandait.

 

« Johnny… » murmura-t-elle en se détendant à cette seule évocation.

 

« Ne pensez qu’a lui. Maintenant faites le vide. Cet homme vous le connaissez, vous l’avez déjà vu mais où ? » l’encouragea Castle sans se départir de son calme.

 

Angéla fronça les sourcils puis se détendit au bout de quelques secondes.

 

« Cet homme je l’ai rencontré, Alyssa me l’a présenté, oui, c’est… » Elle ouvrit les yeux « Cet homme c’est son patron. » Nous révéla-t-elle.

 

Sous le choc nous échangeâmes un regard perplexe.

 

« Etes-vous sur de cela ? » M’enquis-je pour écarter tous doutes.

 

« Maintenant sûre et certaine oui ! » approuva-t-elle vivement sans la moindre hésitation.

 

« Bien, vous pouvez rentrer chez vous Angéla, du moins chez votre amie. » déclarais-je en me levant, suivit par Castle avec qui j’échangeais un regard.

 

« Et John ? Dites-moi qu’il est vivant ! Je vous en prie, dites-moi que vous allez me le ramener ! » Hurla t’elle en se levant d’un bond, me saisissant par la veste afin de m’attirer à elle.

 

Ses yeux étaient emplis de détresse et de désarroi. Je déglutis devant cet air qui me brisait le cœur. Je ne savais pas quoi dire, je ne pouvais pas lui promettre l’impossible, sachant qu’il y avait probablement 100% des chances que les résultats ADN confirment que le second sang retrouver sur les lieux du crime soit le sien, malgré le faites que je voulais me convaincre du contraire plus tôt. Mais comment lui répondre cela sans lui briser le cœur ? Je sentis une main se poser sur mon avant-bras puis une autre sur celle d’Angéla. Je tournais la tête et vis Castle qui faisait lâcher prise à la jeune femme. Il lui murmura quelques mots que je n’entendis pas malgré notre proximité et elle finit par laisser ses bras retomber le long de son corps puis elle se blottit contre lui en larmes. Il me regarda peiné par la tristesse profonde de cette femme qui avait perdu son amour. Non, décidément, je ne laisserais pas la pièce de ma vie se jouer ainsi sans vouloir en changer un acte.

 

La suite s’enchaîna très vite. Nous arrêtâmes le patron d’Alyssa qui miraculeusement était revenu tout chez lui lorsque nous allâmes le cueillir. Bien vite, il avoua qu’il avait tué Alyssa car elle lui avait volé de la drogue qui venait elle-même d’un gang qui avait appris qu’il se l’était fait volé et avait ordonné de la retrouver par tous les moyens. Lorsque nous lui avions demandé pourquoi il trafiquait de l’héroïne alors qu’il avait tout à perdre en faisant cela, à commencer par son entreprise qu’il avait montée de ses mains, ce dernier nous avait révélé que cette dernière coulait et qu’il avait un amoncellement de dettes qu’il ne parvenait plus à payer jusqu'à ce qu’il commence son trafique qui était vite devenu prolifique dans son milieu de gens aisés qui ne voulaient pas entacher leur réputation en allant dans les bas quartiers pour s’approvisionnés.

 

Tout cela pour une affaire de drogue. Si banal en soit, même dans les milieux huppés personne n’était à l’abri de sombrer. Alyssa en était la preuve.

 

Jimmy Kerber, le patron d’Alyssa, nous avait aussi appris que John était rentré alors qu’il effaçait les traces de son passage chez eux et que voyant son amie morte, il avait bien entendu compris. Il avait voulu appeler la police mais Jimmy lui avait tiré dessus à deux reprises. Il avait perdu beaucoup de sang mais avait eu la force de sauter par la fenêtre. Lorsque notre assassin s’était penché pour voir son point de chute, il avait constaté qu’il avait atterrit dans une remorque de transport de draps et serviettes d’hôpitaux destinés à être nettoyés. Le camion était partit avec son nouveau chargement sans se rendre compte qu’il avait une marchandise supplémentaire. Mais quoi qu’il arrive il était certain qu’au déchargement, ils avaient dû trouver le corps de John. Hors aucun signalement n’avait été fait. Esposito et Ryan avaient fait tous les hôpitaux des alentours et étaient rentrés bredouille, où pouvait être John ?

 

Trois jours après nous recevions les analyses ADN qui confirmaient bien évidement que la seconde victime était bien le 3ème locataire mais toujours pas de corps. Nous avions cherchés partout, lancés un avis de recherche qui n’avait rien donné. Personne n’avait vu ou trouver notre ami. J’étais dépitée, je me servais mon huitième café de la journée. J’étais épuisée, je n’avais pas vraiment pu dormir depuis le début de cette affaire et pour couronner le tout je n’avais pas eu le temps de parler à Castle. Après un énième soupir, je portais ma tasse à mes lèvres lorsqu’un cri me fit sursauter. Je me retournais et tombais nez à nez avec un Castle surexcité.

 

« Je l’ai retrouvé ! » clama-t-il triomphalement.

 

Mon cerveau embrumé mit quelque temps à comprendre. J’ouvris de grands yeux et avant que je n’eut le temps de prononcer une parole, un journal apparaissait sous mes yeux. J’y lisais qu’un jeune homme avait été retrouvé dans une remorque d’une des usines de nettoyage de linges. Il était dans le coma mais ses jours n’étaient plus en danger. N’ayant aucun papier, ils ne pouvaient l’identifier. Pas étonnant que nous n’ayons rien trouvé ! Notre jeune ami avait atterrit à Green South Bay bien loin de nos contrées. Nous avions fait les usines aux alentours de Manhattan mais n’avions pas pensés à aller au-delà. Comment se faisait-il qu’il se retrouvait à plus de 60 km de chez lui ? Les hôpitaux allaient cherchés bien loin pour traiter leurs linges ! Et surtout, je me fustigeais de ne pas avoir pensé à demander à tous les hôpitaux s’ils avaient affaires à des sociétés privés aux abords de New York. Comment y penser alors qu’il y avait des usines si proches ? Peut-être le traitement du linge sale était-il moins onéreux lorsque l’on s’éloignait de Manhattan.

 

Toujours est-il que je me demandais comment notre victime avait pu survivre durant plus d’une heure de transport en perdant tout son sang. Je regardais Castle avec un sourire d’admiration, il avait encore résolue notre énigme. Il était fantastique. Sans que je puisse me retenir, je lui sautais dans les bras dans un élan irrépressible de joie.

 

« Castle vous êtes génial ! » m’exclamais-je en riant de soulagement en songeant que nous allions enfin pouvoir boucler cette affaire. 

 

Je sentis ses bras m’enserrer dans une étreinte puissante, enfouissant sa tête dans mon cou. Je frémis à son souffle sur ma peau, humant mes cheveux. Mon dieu ce que j’étais bien là où j’étais, j’y serais resté une éternité.

 

« Depuis le temps que je vous le dit que je suis fantastique ! » me taquina-t-il sans quitter mon cou.

 

Je souris fermant les yeux, je ne voulais pas me détacher de lui mais je le devais. Pourtant être dans ses bras était si bon. A regret je me décollais de lui sans m’éloigner pour autant et l’observais. Ses yeux avaient une étrange lueur, mon cœur battait à une vitesse folle et d’après ce que je constatais au vu de la main que j’avais sur son torse, le sien aussi s’emballait. J’observais ses lèvres tentatrices, mordillant les miennes, hypnotisée. Un raclement de gorge se fit entendre et nous nous séparâmes rapidement. Karpowsky passa sans rien dire entre nous afin de se servir un café. Lorsque la chose fut faite elle nous salua puis repartie comme si de rien n’était. Je soupirais, regardant Castle. Un silence se fit puis nous nous mîmes à rire, sans pouvoir contrôler notre hilarité. Décidément, un sort était jeté sur nous. Alors qu’ Esposito et Ryan n’étaient pas là pour nous interrompre, Karpowsky se chargeait de cela.

 

Après avoir avertis Angela et passés la chercher, nous nous mîmes en route. Ce n’était plus notre affaire certes mais je voulais tellement qu’ils se retrouvent au plus vite. Arrivés à l’hôpital, je présentais ma plaque. J’avais au préalable prévenu le directeur qui en avait informé son personnel soignant. Devant la chambre, Angela posa une main sur la poignée mais ne l’abaissa pas.

 

« Et s’il ne se réveillait jamais, si son coma était irréversible ? » Souffla-t-elle une larme solitaire coulant sur sa joue.

 

« Dites-lui Angéla, dites-lui combien vous l’aimez pour le faire revenir. Dites-lui que sans lui vous n’êtes plus rien, qu’il est votre univers. » L’encourageais-je en posant une main réconfortante sur son épaule. 

 

Lorsque j’eus finis ma phrase je tournais la tête vers mon partenaire qui ne disait rien. Il me regardait semblant retenir son souffle. Je voulais qu’il comprenne que c’est ce que je ressentais pour lui. Angela me sourit avec reconnaissance et pénétra dans la chambre. Elle ne la referma pas, ce qui nous permis d’entendre ce qui se disait. J’avais eu une vue sur son ami allongé, branché de partout. Et mon cœur se serra encore plus imaginant mon Castle à sa place. Un soupir m’échappa et je m’assis sur une des chaises près de la porte suivit par Castle. Nous entendîmes la jeune femme parler à son ami.

 

« Hey ! Johnny, je t’ai cherché partout, tu avais disparu… »

 

Un raclement de chaise nous indiqua qu’elle prenait une chaise pour s’asseoir.

 

« Tu sais Alyssa est morte notre petite sœur, elle me manque tant… »

 

Je baissais la tête.

 

« Mais pas autant que tu me manques…Johnny cette semaine a été la pire de toutes ma vie. Chaque nuit j’ai fait des cauchemars, te voyant mort baigné dans ton sang. Cette détective… je sais qu’elle m’a caché que dans notre appartement, il y avait ton sang. »

 

Je relevais la tête regardant Castle. Elle savait mais n’avait rien dit. Pas besoin de chercher loin pour en connaître la raison. Admettre que son ami était grièvement blessé, c’était envisager sa mort inacceptable en soit.

 

« Je suis désolée, je t’ai mentis ! »

 

Mon cœur se suspendit, je n’osais plus regarder mon partenaire.

 

« Je t’aime si tu savais comme je t’aime. Je t’ai toujours aimé depuis le premier jour, lorsque tu es venu à mon secours lorsque nous avions huit ans et que tu t’ais battu contre ce molosse de Jeffrey Coubiak. Tu t’es pris une sacrée racler ce jour-là, mais tu étais mon héros à toujours venir à mon secours. C’est à cet instant que j’ai su que je pourrais toujours compter sur toi, oui toujours. »

 

Je relevais la tête de nouveau regardant Castle. Nous communiquâmes ainsi. Toujours était notre je t’aime, toujours c’était nous.

 

« J’avais si peur de perdre ce que nous avions. Cette amitié si forte. J’ai eu peur que cela ne marche pas. J’ai eu peur de te perdre. J’ai eu peur de ne plus rien contrôler. »

 

Je me figeais. Mes mots sortaient de sa bouche. C’était tellement ce que je ressentais que s’en était troublant. J’entendis des sanglots qui m’arrachèrent le cœur.

 

« Tu dois me revenir car sans toi, je ne suis plus rien. Je t’en supplie mon amour, reviens-moi. Je te promets d’accepter mes sentiments. De ne plus jamais les fuir. Je ferais de toi l’homme le plus heureux du monde… mais… mais tu dois me revenir pour que … que nous vivions notre histoire. Je t’en supplie, je ferais tout pour toi mais reviens-moi. »

 

Je soufflais pour reprendre contenance. Je n’en pouvais plus. C’était insupportable d’écouter cela, une larme coula sur ma joue. Je sentis la main de Castle sur cette dernière. Je le regardais, il me sourit essuyant l’eau salé de mes yeux. Je les fermais savourant cette caresse. Lorsque je perçus un gémissement.

 

« John ? »

 

Puis un second.

 

« Mon dieu mon amour, c’est ça réveille-toi ! »

 

Je vis la lumière au-dessus de la porte s’allumer et une horde d’infirmières arriva.

 

« Il se réveille, il se réveille ! »

 

Un immense sourire illumina nos visages. Nous pouvions les laisser seuls. Ils allaient être réunis. Je voulais l’interroger mais cela attendrait son retour à Manhattan. Pour l’instant, ils allaient se retrouver enfin. Castle me sourit me montrant le chemin.  Je lui rendis son sourire et avançais, frissonnant lorsque sa main se posa au creux de mes reins. Cette affaire avait été une épreuve pour moi mais surtout, j’avais réalisé que nous n’avions que peu de temps sur cette terre. La vie était courte et je pouvais perdre Castle à tout moment comme pour Angela. Je pouvais me réveiller un matin et réaliser que l’homme que j’aimais, n’était plus, ou du moins risquer de le perdre à nouveau par mon inaction. Elle avait eu la chance de le retrouver, il était passé si près de la mort. Et alors que nous rentrions chez nous, je réfléchissais. Ce soir serait notre soir, j’allais lui dire combien je l’aimais.

 

Pour ma part, je l’avais perdu une fois. Il était revenu, nous nous étions rapprochés encore plus depuis et ces derniers jours avaient été révélateurs. Il me laissait une chance mais je devais me dévoiler, je l’avais bien compris. Mais étant ce que j’étais, et malgré mon désir d’avancer, cela n’était pas une chose aisée pour moi, l’handicapée du cœur. Peut-être était-ce pour cela que j’étais sortie avec Josh. Je pensais qu’en bon chirurgien qu’il était, il saurait y faire mais bien sûr, seul Castle savait comment s’y prend avec mon organe défaillant. Avant cette affaire, je pensais avoir du temps car il m’en avait accordé mais avec la disparition de ce jeune homme, la détresse de sa compagne qui avait nié jusqu'à présent son amour pour lui me rappelait que mon partenaire n’était pas éternel et qu’il pouvait lui arriver quelque chose à tout moment sans que je lui ai fait part de mes sentiments.

 

C’est alors que je tournais la tête vers lui. Mon cœur fit une embardée. Il me regardait de ce regard qu’il avait toujours pour moi, du moins avant notre dispute. Celui qui me disait, tu es la plus belle chose que Dieu ai créée, je suis fou de toi. Cet air m’encourageait à me dévoiler.

 

« Castle il faut que je vous dise que… » Commençais-je, prenant mon courage à deux mains. 

 

Je me stoppais dans ma lancée, ouvrant les yeux en grand. Un énorme 4x4 surgit de nulle part percuta avec violence le côté passager. Ma voiture qui ne faisait pas le poids contre ce mastodonte, fit plusieurs tonneaux avant de s’immobilisée. J’étais sonnée mais consciente, un miracle au vue du choc violent. Je tournais la tête vers Castle et mon cœur se figea. Sa tête retombait sur son buste et un filet de sang coulait de son front. Je me détachais et me jetais sur lui le secouant avec force.

 

« Castle, Castle, réveillez-vous ! »

 

Mes cris raisonnaient dans l’habitacle mais aucune réponse ne me vint. Les larmes me montèrent aux yeux, et je regardais autour de moi. Le véhicule responsable de notre accident avait bien entendu disparu, mais ce qui me préoccupait encore plus c’est que nous avions été projetés sur un chemin de fer et je constatais avec effroi que l’alarme avertissant le passage du train retentissait. Je voyais les barrières s’affaissées et la panique m’envahit.  Je voulus défaire la ceinture de mon partenaire mais elle était coincée.

 

« Putain merde Castle ! Ne me fais pas ça réveille-toi ! » criais-je en sentant la panique m’envahir. 

 

Je m’acharnais sur cette fichue ceinture de sécurité qui ne voulait rien entendre. Je perçus un mouvement. Mon amour reprenait ses esprit enfin.

 

« Kate… pars, je ne veux pas que tu meurs…laisses moi… » murmura-t-il à peine conscient. 

 

Je scrutais mon écrivain qui me souriait de ce sourire tendre et affectueux.

 

« Ferme là Castle ! Jamais tu m’entends ? On sort de cette voiture ensemble ou pas du tout ! Plus jamais je ne te laisserais me quitter ! » le rabrouais-je furieusement.

 

La colère montait en moi mais surtout la panique. Tandis que je prenais mon canif pour couper la ceinture de Castle, commençant ma découpe pour libérer mon ami, j'entendis le train siffler sinistrement, avertissant de son approche imminente, annonçant la fin de nos vies par la même occasion.

 

« Kate ! » m’appela faiblement Castle.

 

Je regardais mon partenaire pendant que je m’acharnais à découper cette fichue ceinture. Son air intense me coupa dans mon élan. Je l’observais, bouche entrouverte, le cœur battant.

 

« Je t’aime… » Me susurra-t-il en souriant.

 

Non pas encore ! Pas comme ça ! Je refusais d’entendre cela alors que nous allions mourir. C’était de nouveau confrontés à la mort que nos sentiments se dévoilaient.

 

 


madoka93  (18.10.2012 à 18:56)

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