HypnoFanfics

Véritas

Série : Castle
Création : 14.10.2012 à 13h10
Auteur : madoka93 
Statut : Terminée

« Et si la vérité sortait de la bouche de Kate Beckett ? » madoka93 

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Voila je mets fin à votre calvaire enfin en partie :p

 

Chapitre 10

 

Cela faisait plus de vingt minutes que Castle et Beckett auraient dû rentrer. Je ne savais pas ce qui se passait, mais je commençais à m’inquiéter et j’en fis d’ailleurs part à mon partenaire.

« Espo, tu ne trouves pas que Castle et Beckett mettent beaucoup de temps pour rentrer, ils auraient dû revenir depuis un moment déjà. »

« En effet appelle les sur le portable de Beckett ! » Dit mon partenaire en faisant glisser son fauteuil jusqu'à moi après avoir regardé l’horloge.

« J’ai déjà essayé ça ne répond pas ! » Lui répondis-je anxieux.

« Ça ne lui ressemble pas, elle réponds toujours à nos appels » Rétorqua Esposito dans un froncement de sourcil. « Et celui de Castle ? »

« Non plus, je n’aime pas ça ! » Lui dis-je en tapotant des doigts sur mon bureau, démontrant ma préoccupation.

« Hey les gars, y a eu un accident sur un passage à niveau proche d’ici. Une voiture a été pulvérisée par un train et il semblerait que la présence de cette dernière sur la voie soit due à un choc provoqué par un 4x4. En la percutant celui-ci l’a envoyée valdinguer sur les rails. Le conducteur du 4x4 s’est sauvé ! » Lança Karposky en venant à notre rencontre.

« Et depuis quand s’occupe-t-on des délits de fuite ? » S’enquit Esposito agacé.

« Le signalement de la voiture écrasée correspond à celle de Beckett. » nous expliqua calmement Karposky.

Nous nous regardâmes avec mon ami et d’un bond nous nous levâmes, attrapant nos vestes. Putain de bordel ça ne peut pas être eux ! Non, ce n‘étaient pas eux. Tentais-je de me convaincre.

Serrant les dents, j’appuyais sur le bouton de l’ascenseur. J’avais le cœur qui battait la chamade sous l’anxiété que je ressentais. Ils ne pouvaient pas mourir, c’étaient Castle et Beckett les deux âmes sœurs indestructibles.

 

 

 

J’entendais les sifflements du train se rapprocher un peu plus, ses phares se distinguaient déjà dans l’angle. Si je ne rompais pas cette ceinture au plus vite nous allions finir en hachis en conserve.

Je m’acharnais sur cette fichue sangle de sécurité, la coupant petit à petit, si lentement que j’avais l’impression que le temps se ralentissait au fur et à mesure de ma découpe. La sueur perlait sur mon front, mon cœur battait dans ma tête me faisant voir des étoiles, nous n’avions jamais été aussi proche de la mort. Alors que ce fichu engin hurlait son approche imminente. Un hurlement râgeux sortit de ma gorge et avec toute l’énergie du désespoir, je m’acharnais sur cette ceinture lorsque ma lame se brisa à la base du manche le rendant inutilisable.

« Putain ! Bordel c’est pas vrai ! »

Nous étions maudits des dieux c’était pas possible autrement. Décidant de ne perdre aucune seconde précieuse, je pris mon glock pour pulvériser l’attache. J’aurais dû y penser plutôt, idiote que je suis. Je dégageais le bras de Castle afin de ne pas le blesser et visais donc la fermeture de cette maudite bande de maintient qui retenait mon amour et tirait mais rien ne se produisit. Je m’affolais, m’énervais tentant de tirer de nouveau mais mon arme ne voulait rien savoir, elle s’était enrayée. Pourtant, je l’entretenais toutes les semaines afin d’éviter ce genre de choses, définitivement poisseux de la vie nous étions. Je réfléchissais à la vitesse de la lumière, apercevant le train en approche. Dans 30 secondes nous serrions pulvérisés, écrasés comme des crêpes. J’observais cette fichue lanière coupée au trois quart et dans un élan désespéré, je l’attrapais à main nue tirant de chaque coté avec force, perdu pour perdu autant tout tenter, je n’aurais pas de regrets en Enfer. Par miracle elle se rompit. Sans réfléchir plus à mon exploit, j’attrapais mon partenaire par le col de sa chemise, ignorant les crissements des roues métalliques du train sur les rails alors que ce dernier tentait de freiner pour éviter la collision. Associant son sifflement morbide qui attaquait mes oreilles à la mort imminente qui nous guettait, j’ouvrais la portière et avec une force que je ne m’imaginais pas, nous propulsais hors de la voiture. La seconde d’après le train percutait avec violence ma Victoria, je pus sentir la vitesse, la force et la chaleur que dégageait ce dernier sur mes chevilles et j’en frissonnais, à une demie seconde près nous aurions finis en chair à saucisse. J’avais la tête qui tournait tant l’adrénaline était présente en moi, c’était un sentiment étrange. Soulagée à la fois qu’on soit saufs, mais terrifiée par la perspective que nous aurions pus y passer.

Nous atterrîmes avec violence sur le sol, un gémissement de douleur nous échappa suite au choc alors que les débris de mon auto retombaient ça et là sur les côtés de notre position nous évitant comme par miracle, comme si un être suprême veillait sur nous encore et toujours. Je protégeais mon partenaire le serrant fort cachant son visage dans ma poitrine lui évitant ainsi tout choc par inadvertance. Je sentis les bras de Castle m'encercler et me serrer aussi fort qu’il le pouvait à m’en faire craquer les os. Mon cœur déjà en mode super sonique s’accéléra encore plus, je fermais les yeux savourant cette étreinte. Nous étions en vie, tous les deux, le ciel était avec nous enfin, nous accordant sa grâce suprême.

Tremblante, j’entendais des gens hurler, les sirènes des secours au loin mais je les percevais comme si j’étais sous l’eau des vagues de cris, de paroles, de suppliques. Seul l’odeur et la peau chaude de mon amour me parvenait, j’étais si bien là où je me trouvais que j’aurais pu y rester jusqu'à la fin des temps enveloppée dans ses bras, savourant sa douceur et sa force. J’avais l’impression de me ramollir mais dans ses bras c’était agréable.

« J’ai souvent affaire au train mais là j’adore cette confrontation ! » Souffla Rick sans décoller sa tête d’entre mes seins.

Mes seins ? Je redressais ma tête vivement, la baissant pour voir celle béate de Castle. Levant les yeux au ciel, je ne pus retenir un sourire, toujours à faire de l’humour dans n’importe quelle situation, même les plus périlleuses. Je me laissais glisser à son niveau l’observant, il me souriait.

« Egalité, ça ne va pas, je n’ai plus d’avance sur toi ! »

Je souriais secouant la tête nous avions encore échappés au pire, tous les deux… Caressant sa joue, une envie irrésistible de l’embrasser me vint, me penchant sur lui, je fermais les yeux. Ce n’était ni le moment, ni le lieu mais l’adrénaline parlait à ma place et ces longs mois de séparation avaient eu raison de la Kate Beckett rationnelle qui gardait le contrôle d’elle-même quoi qu’il arrive. Un soupir s’échappa de la bouche de mon écrivain tandis que je sentais ses mains se resserrer dans mon dos dans une caresse. Enfin nous allions partager notre second baiser, premier vrai baiser, enfin j’allais pouvoir lui transmettre tout mon amour.

« Messieurs dames reculez s’il vous plait ! »

Je relevais brusquement la tête pour voir les secours arriver. Je regardais mon partenaire, le voyant grimacer.

« Castle ? » M’enquis je inquiète, constatant que ses yeux partaient dans un roulement inquiétant.

« J’ai la tête qui tourne ! » M’informa t-il.

Et alors que je l’appelais désespérée, ses yeux se fermèrent et sa tête partie sur le côté.

« Castle ? Castle, Non ! » Ne cessais-je de hurler.

Les secouristes me poussèrent afin de lui prodiguer les soins dont il avait besoin, j’assistais à la scène sans pouvoir bouger, j’avais l’impression d’être hors de mon corps comme si c’était ma projection astrale qui assistait à tout cela et demeurait impuissante face à la mauvaise pièce qui se jouait sur le bitume. Je sentais les larmes couler sur mes joues, j’étais terrifiée, il ne pouvait pas me laisser pas maintenant que j’avais enfin décidé de vivre notre histoire d’amour, non, il n’avait pas le droit. Je voulais le serrer dans mes bras, le couvrir de baiser, lui faire l’amour jusqu'à épuisement. Je me rendais compte que tout ce qui comptait dans ma vie, c’était lui, je n’avais besoin que de lui. Alors que les pompiers disposaient délicatement mon partenaire sur le brancard, j’accourais vers lui, poussant à mon tour un des hommes de secours, j’empoignais la chemise de Castle.

« Tu ne peux pas me laisser, tu n’as pas le droit, tu entends ? »

Le secouriste malheureux m’empoigna fermement les épaules afin que je me dégage de mon amour.

« Mademoiselle, laissez nous faire notre travail, vous nous gênez ! »

Je me retournais vers lui le toisant sévèrement le faisant déglutir puis je soupirais baissant la tête les laissant mettre Castle dans l’ambulance, que pouvais je faire d’autre qu’être totalement inutile à cet instant ?

« Votre ami a perdu connaissance parce qu’il a certainement un traumatisme crânien ou une commotion mais ses constantes sont bonnes. Ne vous inquiétez pas mademoiselle, nous allons bien prendre soin de lui ! » Me dit-il dans un sourire qui se voulait rassurant.

Il posa les yeux sur mon bras et susurra doucement comme lorsque l’on parle à un enfant qui vient de faire un cauchemar.

« Je vois que vous saignez au bras, je vais vous soigner cela »

Il me sourit puis m’invita à monter avec eux, ce que je fis après quelques hésitations. M’asseyant près du secouriste qui avait tenté de me rassurer, je fixais Castle alors qu’un des ambulanciers nettoyait la plait de son front. Tandis que celui qui avait remarqué ma blessure soignait la mienne, déchirant la manche de mon chemisier pour accéder à la plaie qu’il désinfecta. Je ne sentais pas vraiment la douleur, depuis l’inconscience de mon écrivain, j’étais déconnectée.Comme un modem mal branché mon cerveau avait du mal à envoyer les informations nécessaires aux connections.

« Bon ce n’est pas bien méchant, juste quelques points suffiront vous avez eu de la chance vraiment au vu du choc ! » Me dit-il tout sourire.

De la chance ? Je le toisais sévèrement, j’avais envie de lui faire ravaler son sourire à cet abruti.

« Oui bien sûr ! Mon ami est inconscient et est aussi pâle qu’un cadavre mais à part ça on a eu de la chance ! » Lui crachais-je hargneuse.

Le secouriste ne me répondit rien. Il me regardait d’un air désolé et je détestais ce regard compatissant. Cela ne faisait que renforcer mon inquiétude. Même si je devais reconnaître qu’en effet nous avions eu de la chance. J’avais si peur chaque jour que notre partenariat lui coûte la vie, si peur de le perdre, si peur de sombrer sans lui… encore, je le voulais près de moi chaque jour mais en même temps loin du danger, je ne savais pas vraiment où j’en étais dans cela. Être partenaire alors que nous étions si dépendant de l’autre était-il une bonne chose ? Notre amour ne nous conduirait-il pas à notre perte ? Depuis les premières secondes où j’avais posé les yeux sur lui j’avais été attirée par lui, même avant cela mais le désir et l’amour sont deux choses distinctes. Il n’y a pas d’amour sans désir mais l’inverse est possible et pendant plusieurs années, je m’étais convaincue que je n’avais qu’un futile désir pour lui alors que c’était tellement plus que cela. Au-delà de tout ce que j’avais pu ressentir et c’est bien pour cela qu’en 4 ans je n’avais rien cédé car je savais que je pouvais me brûler les ailes, en ressortir à terre rampant vers mon cœur en miettes.

Je regardais son visage, il semblait si serein, aucune mimique sur sa face, rien. Il était si blême qu’on aurait pu le croire …Je n’osais finir ma pensée et me tournais vers le secouriste avec qui j’avais fait « connaissance ». J’avais déjà remarquée cette pâleur mais j’avais impression que c’était pire encore.

« Pourquoi est-il si pâle ? » M’enquis-je inquiète sans détacher mes yeux de son visage blafard.

« Parce qu’il nous a fait une chute de tension. Il a frôlé les pâquerettes mais cela s’est stabilisé à présent malgré le fait qu’elle soit toujours assez basse, ce qui confirmerais le trauma mais rien d’alarmant pour l’instant mademoiselle. À l’hôpital ils s’occuperont bien de lui, ils feront ce qu’il y a faire. » Me rassura t-il souriant.

Alors que le dernier pompier montait dans le véhicule, je vis la voiture d’Esposito s’arrêter, juste derrière, Ryan en sortit interpellant l’homme des secours montrant sa plaque. Surpris le jeune homme toisa mon ami en fronçant les sourcils.

« Qu’y a-t-il ? Nous devons emmenez cet homme de toute urgence. Il a besoin d’examen et de soins au plus vite alors vos questions attendront lieutenant ! S’exclama-t-il agressif au fait qu’on puisse retarder l’arrivée de son patient à l’hôpital.

Kevin me regarda inquiet.

« Retrouvez moi à l’hôpital, je vous expliquerais. »

Sur ces paroles, je fis un signe de tête et le secouriste referma les portes en les claquant, il me jeta un regard de reproches puis se réinstalla à sa place. L’ambulance partit en trombe toutes sirènes hurlantes, se faufilant dans la circulation fluide de ce début de nuit. Lorsque nous arrivâmes, Rick fut rapidement prit en charge et l’attente commença et je soupirais. Étions-nous maudits, destinés à toujours traverser des épreuves comme celle-ci ? Alors que nous venions à peine de nous retrouver, qu’enfin nous évoluions... Le secouriste avec qui j’avais parlé vint à ma rencontre en me souriant.

« Ne vous inquiétez pas mademoiselle, il est entre de bonnes mains. Ils l’amènent au scanner puis le ramèneront dans une chambre. Cela devrait être assez rapide, vous pourrez le voir et rester à ses côtés ! »

Je hochais la tête, esquissant un faible sourire. Je sentis son regard sur moi, insistant mais je l’ignorais, les secondes passèrent puis après m’avoir saluée il partit. Je soupirais dépitée commençant à faire les cent pas. Pensant que je portais la poisse, toutes les personnes que j’aimais tombaient à mon contact, je devais être maudite. Je ne voyais pas d’autre explications, être aimé de moi portait malheur et vous fauchait sans que vous puissiez riposter. J’aimais ma mère à la folie et elle était morte. Royce un de mes amours était mort. Mongomery qui était comme un second père, lui aussi mort. Et pour finir l’amour de ma vie …Rick dans un état …dans quel état était-il en fait ? Je ne savais pas, j’étais terrifiée car il avait englobé mon âme, mon cœur, ma vie, il était mon tout et sans lui je n’étais plus rien. Comment en quatre ans un homme avait-il pu se rendre aussi indispensable ? Comment avait-il pu devenir mon souffle alors que je me refusais à respirer depuis plus de 13 ans ?

« Mademoiselle, venez nous allons faire vos points » déclara une infirmière en venant à moi.

Je la suivais sans discuter ni prononcer une parole. J’avais l’impression que mes jambes pesaient des tonnes, j’avais mal à la tête, mal au cœur. Je respirais difficilement, la tête me tournait. La soignante me regarda avec inquiétude.

« Mademoiselle, est ce que ça va ? » S’enquit-elle en me faisant m’asseoir.

« Oui, le contre coup, je me sens un peu nauséeuse ! » Soufflais je en fermant les yeux en tentant de refouler les larmes qui menaçaient de nouveau.

« Asseyez vous, ça va passer, le médecin va venir vous voir après mes soins, il vous donnera quelque chose pour vous détendre. » M’informa t-elle en enlevant le pansement du secouriste.

« Non je ne veux rien, je veux juste savoir comment va mon ami !» Lui dis je tandis qu’après désinfection elle appliquait sur mon bras un gel pour endormir la zone où elle allait faire mes points.

« Vous êtes certaine car vous êtes très pâle et le stress peut vous provoquer une crise d’angoisse. Je suis sûre que vous avez une migraine atroce à l’heure actuelle. » Affirma t-elle en grimaçant devant mon refus.

« Oui donnez-moi juste un antalgique et ça ira. Je veux être lucide, j’ai un chauffard à mettre sous les verrous. » Lui répondis-je hargneuse en pensant à cette personne qui avait faillit nous tuer.

« Bien comme vous voudrez détective. » soupira-t-elle dépitée « Bon seulement 4 points suffiront cela sera rapide, vous allez sentir une légère piqûre mais rien de bien méchant. » M’annonça t-elle en examinant ma blessure.

Je posais ma tête sur l’oreiller et fermais les yeux pensant à mon partenaire. Toutes mes pensées allaient vers lui encore et toujours…

« Beckett ? »

Reconnaissant la voix d’Esposito, j’ouvris les yeux. Je les vis lui et Ryan le visage déformé d’inquiétude. Me toisant la tête penchée sur moi.

« Espo ? »

Scrutant la chambre, je constatais que l’infirmière était sortit, m’étais je endormis ?

« Yo Beckett vous nous avez fichus une sacrée trouille tous les deux ! » Déclara Ryan dans un soupir de soulagement.

Je papillonnais des yeux. Fronçant les sourcils, fichue migraine.

« Castle ? » Murmurais-je avec inquiétude, sentant mon cœur battre la chamade dans l’attente d’une réponse.

« C’est bon, il va bien on a été le voir. Ils veulent le garder jusqu'à demain. Il a une légère commotion mais c’est ok, vous avez eu une sacrée veine à croire que les dieux veillent sur vous. Vous auriez pu finir en viande hachée ! » Répondit Esposito d’un ton rassurant avec un léger froncement de sourcils à l’évocation de la fin de la phrase.

Me redressant dans le lit, j’attendis que ma tête arrête de tourner puis me mis sur mes pieds. Me tournant vers mes collègues.

« J’ai dormi longtemps ? » M’enquis-je avec préoccupation.

« Deux bonnes heures apparemment ! » Me répondit Esposito en esquissant un sourire.

« Je vais voir Castle et après on file au poste pour retrouver cette ordure qui nous a percuté. » Les informais-je en enfilant ma veste, serrant les dents lorsque le cuir frôla ma blessure.

« Tu devrais rentrer te reposer Beckett, t’as une sale tête, on s’en occupe, on a déjà le signalement du véhicule, une partie de la plaque relevée par un des témoins sur place et on sait que c’était un homme assez jeune qui conduisait. » M’annonça Ryan en posant une main sur mon épaule.

« Et ça donne quoi ? » Leur demandais-je en quittant la chambre.

« Nous n’avons pas encore eu l’occasion de chercher dés que nous avons su pour vous nous sommes allés sur les lieux, on a relevé les témoignages puis nous nous sommes rendus ici » Souffla d’un bloc Esposito avançant à pas rapide devant moi évitant mon regard.

Je leur lançais un éclair noir puis soupirais devant leurs mines déconfites, je n’allais pas leur reprocher de s’inquiéter pour moi et mon romancier.

« Bon je vais allez voir Castle puis on y va ! » Assurais je dans un sourire rassurant, leur signifiant que je comprenais leur priorité même s’ils avaient perdus un temps précieux.

« Tu es sûre ? Tu ne veux pas rester avec lui, On s’en sortira tout seul ! » Me lancèrent mes amis dans un même ton.

Je souris devant leurs concordances.

« Non, je veux coffrer ce salopard moi-même, qu’il me regarde dans les yeux lorsque je lui dirais qu’il va aller en taule pour les 5 prochaines années au moins ! » Crachais-je en serrant les dents.

Je ne savais pas encore qui était ce type mais quoi qu’il en soit, je lui ferais payé cher d’avoir voulu nous tuer que cela soit volontaire ou non. Il avait envoyé mon amour à l’hôpital et ça je ne pardonnais pas quelque soit la raison de cet accident. Je me demandais si cela avait un rapport avec le dragon nous avait-il envoyé un de ses sbires afin d’en finir avec nous ? Non ce n’était pas ses méthodes, ce n’était pas assez subtil. Le dragon éliminait les gens dans l’ombre ou chargeait un sniper de le faire. Sur cette pensée, je partis en direction de la chambre de mon partenaire. Je frappais et une voix féminine me répondit. Je reconnus la voix d’Alexis et hésitais à entrer. Puis finalement me décidais enfin. Entrebâillant timidement la porte, je passais ma tête dans l’encadrement.

« Détective Beckett, je suis rassurée que vous alliez mieux, désolée de ne pas être venue vous voir mais… » S’excusa la rouquine dans un sourire penaud.

« Tu n’as pas à t’excuser Alexis, je comprend parfaitement ! » Lui répondis-je dans un sourire.

Portant mon regard sur son père endormi, je m’enquérais de son état.

« Il va bien les médecins veulent le garder pour la nuit, il est prévus qu’il sorte demain dans l’après midi ! » M’indiqua t-elle en caressant la main de son père.

Je soupirais de soulagement.

« S’est-il réveillé entre temps ? » Lui demandais-je, suivant des yeux, les tendres caresses de la fille pour son père provoquant un sourire attendri de ma part.

« Oui, il vous a réclamée, je lui ai dis que vous aviez besoin de repos afin qu’il ne s’inquiète pas, il s’est rendormi il y a peu. »

« Bien je suis rassurée, j’ai eu très peur ! » souriais-je de nouveau en hochant la tête de soulagement.

L’adolescente me regarda sans dire un mot.

« Je vous remercie, de l’avoir sorti de la voiture. Les lieutenants Esposito et Ryan m’ont dit que vous aviez sauvé mon père alors qu’il était inconscient » Me dit-elle en m’adressant un sourire radieux laissant apparaître ses jolies fossettes.

« Comment ont-ils su cela, ils ne sont arrivés qu’au départ de l’ambulance ? » Voulu-je savoir étonnée qu’il ait pu savoir ce genre de choses.

« C’est ce que les témoins leurs ont dit. Qu’il y avait un problème et que vous êtes restée dans le véhicule jusqu'à en sortir mon père. Que vous avez failli vous faire écraser aussi par le train » M’informa l’adolescente en frissonnant à la pensée de ce qui aurait pu nous arriver.

Je soupirais passant ma main dans mes cheveux. Je ne voulais pas qu’elle se méprenne, j’étais loin d’être une héroïne.

« Il n’y a rien d’exceptionnelle Alexis, il est mon partenaire et … » Ravalant ma salive.

Je me sentais à bout. Ces quatre mois sans lui, nos retrouvailles, nos regards, nos instants toujours interrompus, cette affaire qui m’avait bien perturbée puis l’accident et la peur de le perdre encore, je commençais sérieusement à arriver au bout de mes résistances.

« … Et je me dois de le protéger, mais en y réfléchissant bien s’il n’était pas mon partenaire, il ne serait pas dans ce lit d’hôpital. » Soufflais-je en serrant les dents pour ne pas hurler.

« Ne dites pas cela Kate. Votre partenariat avec mon père compte énormément pour lui. Vous ne devez rien vous reprocher mon père a fait un choix » Déclara doucement Alexis en me souriant. Comment pouvait-elle me sourire ainsi et être si adorable avec moi alors que son père était là dans un lit inconscient alors que j’étais responsable de sa sécurité ?

« Je dois dire que je vous en ai voulu énormément pour toutes la souffrance que vous avez provoquée chez mon père. Il a été très malheureux par votre faute et je vous ai vraiment haïs pour cela »

Ses paroles eurent pour effet de serrer mon cœur, et ma gorge se noua. J’aimais beaucoup Alexis et le fait qu’elle m’ait haïes, me faisait mal même si je comprenais aisément ses sentiments.

« Lorsque je suis arrivée à l’hôpital, j’étais furieuse, mon père avait encore risqué sa vie pour vous. Puis j’ai parlé avec le détective Esposito qui m’a tout raconté, il m’a dit que vous aviez sauvé mon père au péril de la vôtre et il m’a aussi conté ces quatre mois que vous avez vécu sans mon père et j’ai compris que vous l’aimiez vraiment. Je ne comprends juste pas pourquoi, vous n’allez pas vers lui. »

Je m’approchais de l’adolescente m’asseyant en face d’elle sur le lit de son père, l’admirant dans son sommeil profond. Il avait repris des couleurs, ce qui me rassura. Je souris en le regardant, il était si beau si paisible que j’avais envie de prendre sa main mais je ne m’en sentais pas le droit pas alors qu’il était là par ma faute.

« Pourquoi vous retenez vous toujours dans vos gestes ? Pourquoi ne pas laisser parler vos sentiments ?»

Sans me détourner du visage serein de mon partenaire, je répondis à sa fille.

« Parce que tout n’est pas si simple Alexis, parce que j’ai peur de le perdre, parce que toutes les personnes que j’aime finissent par me quitter… » Soufflais-je sentant ma gorge se serrer

Je ne pouvais dire mourir, pas à cette jeune fille qui aimait son père plus que tout au monde. Je sentis la main de la rouquine se poser sur la mienne.

« Papa ne vous quittera jamais, il vous aime… mais il serait temps qu’il ait un retour de cet amour car même si je m’aime pas penser à ça mon père reste un homme. » Me susurra t-elle avec douceur.

Je lui souris timidement, bien sûr pour l’instant il m’aimait mais s’il se lassait ? Oui c’était un homme, un bel homme qui avait du succès avec les femmes. Et si au final il se rendait compte que j’étais ennuyeuse et pire que tout s’il mourrait, je ne m’en remettrais pas. Et définitivement à mes côtés, il avait tous les risques de ne pas survivre. Je me levais en soupirant.

« Je repasserais dés que je peux, Esposito et Ryan ont des élément sur le véhicule qui nous a percutés. Nous allons les explorer tant qu’il est temps afin que la personne qui a failli nous tuer ne s’en sorte pas ainsi. » L’informais-je en posant une main sur son épaule.

« Je veille sur lui pour vous, ne vous inquiétez pas ! » Me dis t-elle en souriant.

A mon tour je lui souris et me dirigeais vers la sortie alors que j’avais ma main posée sur la poignée de la porte. Alexis m’interpella.

« Kate ? »

« Oui » Demandais-je en me retournant vers l’adolescente, surprise.

« Faites attention à vous. Vous n’êtes plus seule maintenant ! » Souffla t-elle une lueur d’inquiétude dans les yeux.

J’ouvris la bouche puis la refermais d’étonnement, touchée par les paroles de la jeune fille. J’avais bien remarqué un changement de comportement chez elle depuis que je m’étais fait tirer dessus, j’en avais été blessée car je sentais bien qu’elle me reprochait quelque chose et aujourd’hui j’avais compris ce que c’était. Elle avait peur pour son père et me reprochait sans doute mon manque d’implication dans ma relation d’avec son père. L’entendre dire ce genre de choses me réchauffait le cœur.

« Toujours Alexis, toujours » lui souris-je en ravalant ma salive.

Je sortis précipitamment refermant la porte derrière moi et m’y appuyais en soufflant bruyamment. J’avais la gorge serrée mais ne permettais à aucune larme de sortir de mes yeux, non, pas encore. Je pourrais craquer chez moi mais pas ici alors qu’il me restait encore une assassin sur route à mettre derrière les barreaux. Je me redressais donc, relevant la tête et les épaules et après un long soupire me dirigeais vers l’ascenseur.



 

 

La porte de la chambre se referma sur Kate, je la voyais fatiguée, à bout de nerfs. Elle faisait bonne figure comme toujours mais je sentais son point de rupture arriver. J’avais l’impression qu’un rien pourrait la faire craquer. Je souhaitais seulement que cela n’aurait pas une incidence sur la relation d’avec mon père. Ils s’aimaient tant et lorsque l’on aime autant une personne les dégâts qu’on peut lui causer peuvent être si importants. J’avais tellement peur pour mon dad lorsqu’il partait avec son détective préféré mais j’avais constatée lors de ces quatre longs mois, que sans elle, il n’était plus lui-même. il ne souriait plus, ne riait plus et pire, il s’était renfermé sur lui-même, s’exilant loin de grand-mère et moi. J’avais dû en ce temps le voir seulement 10 jours et il était si maussade que j’étais sortie, ne supportant pas de le voir ainsi.

Alors non, je ne voulais pas que les craintes de Kate Beckett l’éloignent encore de mon papa, plus jamais. J’en avais énormément voulu à cette femme pour toute la souffrance, qu’elle avait fait endurer à mon père, allant même jusqu'à maudire leur rencontre mais au final, elle avait été bénéfique pour lui car il avait changé pour elle. Il avait mûrit, cessé ses frasques pour la séduire. Jamais encore je n’avais vu mon père aussi amoureux d’une femme. On dit qu’on a une âme sœur en ce monde et j’étais persuadée à présent que celle de mon père était un lieutenant sexy du 12th.

Une chose était sûre, je ne laisserais plus les choses se passer comme il y a peu. Je voulais voir mon père heureux et même si une once de jalousie pointait le bout de son nez parce que je n’étais plus l’unique femme de sa vie, je devais reconnaître que je n’avais pas le droit d’être égoïste. Bientôt je serais partie de la maison et papa avait besoin que quelqu’un veille sur lui et Kate était la meilleure des candidates. Elle venait de le prouver aujourd’hui. Je savais à présent que l’intérêt de mon père passait avant le sien comme le sien à elle passait avant celui de mon père pour lui.

« Kate… »

Je tournais la tête vers mon père et constatais qu’il se réveillait.

« Papa !» Criais-je joyeusement en me jetant dans ses bras.

Il me serra en souriant.

« Doucement ma Punkin, je suis encore un peu sonné ! » M’informa t-il en grimaçant.

« Pardon papa ! » M’excusais-je en me redressant « Comment te sens-tu ? » M’enquis je préoccupée.

« Encore un peu nauséeux mais ça va ! » Me dit-il en se redressant dans une grimace.

Je le voyais détaché, il guettait la porte, je souris comprenant qui il attendait, je n’eus pas le temps de l’informer qu’il me demanda :

« Où est Kate, elle va mieux ? »

« Oui papa, elle est passée te voir mais tu dormais et tu connais Kate à peine rétablie, elle a voulu allez arrêter celui qui a fait cela apparemment elle aurait un début de piste. » Lui répondis-je en souriant.

J’avais l’impression d’avoir affaire à un adolescent amoureux qui connait ses premiers émois. Pour être passée par là dernièrement avec Ashley, je savais de quoi je parlais. Je regardais mon père lisant la déception malgré son sourire.

« Elle était vraiment inquiète pour toi papa. Elle m’a dit qu’elle avait eu très peur, je suis certaine qu’en ce moment elle pense à toi ! »

Il me regarda puis un immense sourire naquit sur ses lèvres et qu’une expression rêveuse se peignait sur son visage.

« Tu crois qu’elle pense à moi ? » s’enquit-il en reposant sa tête sur son oreiller.

« Certaine ! » Lui souriais je en levant les yeux au ciel.

Il était tellement adorable avec sa moue dubitative que je me serrais contre lui

« Je t’aime papa, de tout mon cœur ! » Lui dis je, les mots sortant de mon âme.

« Moi aussi ma chérie, plus que tout » Me répondit-il en me serrant dans ses bras.

Je souris, fermant les yeux, contente d’être malgré tout, la première femme de son cœur.

 

 

 

J’arrivais à l’entrée de l’hôpital où Espo et Ryan m’attendaient.

« Allons y les garçons ! » Esposito prit le volant tandis que Ryan me laissait la place du passager.

Aucune parole ne fut prononcée alors que nous nous dirigions vers le poste malgré le fait que je sentais que les lèvres de mon hispanique préféré le brûlaient, m’en amusant de ce fait. Arrivés à destination, nous ne perdîmes pas de temps et nous ruèrent à nos postes. Gates vint à notre rencontre et me salua dans un sourire.

« Contente que vous n’ayez rien, comment va votre ombre ? » S’enquit-elle dans un sourire narquois.

« Ils vont le garder pour la nuit pour être sûr mais il sortira demain ! » Répondis-je dans un sourire de complaisance.

« Bien bonne nouvelle, bien que je n’apprécie pas de vous voir ici. Je suppose que quoi que je dise vous ne partirez pas ! » Répliqua t-elle en me toisant un sourcil levé.

« Non sir ! » Confirmais-je en soutenant son regard sans baisser les yeux.

Elle avait beau être le capitaine depuis qu’elle avait prit son poste nous étions en perpétuelle opposition, certains disaient que nous étions identiques, pff, n’importe quoi, songeais-je en roulant mentalement des yeux.

« Bien dés que ce salaud est entre vos mains coffrez-le et confiez-le à vos collègues et rentrez chez vous » M’ordonna t-elle.

« Oui sir ! » Abdiquais-je.

« Et dites à Castle que je ne veux pas le revoir ici avant deux semaines et cela vaut pour vous aussi ! »

« Mais sir ? » Suppliais-je comme si elle venait de m’annoncer la fin du monde.

« J’ai dit deux semaines ! Si je vous vois avant je vous mets à la circulation donc après l’arrestation de ce chauffard, au repos. Vous l’avez bien mérité avec toutes les heures supplémentaires que vous avez faites. Croyez vous que la ville ait les moyens de payer deux salaires à un détective ? » Rétorqua t-elle en me lançant un regard sévère.

Je la regardais surprise. Que cherchait-elle à faire ? Je scrutais son visage neutre et décelais un léger rictus. Je comprenais enfin que sous ses airs de femme dure, elle avait un cœur. Je devais reconnaître que nous nous ressemblions au plus haut point, finalement. Je lui souris puis me dirigeais vers le bureau de mes collègues qui avaient déjà entrés les donnés qu’ils avaient.

« Alors ? » M’enquérais-je, impatiente d’en finir pour le retrouver.

« Nous avons une centaine de plaques qui commencent comme les nôtres, on a restreint avec la marque et la couleur, ça nous amènes à 30. » M’annonça Espo en grimaçant, insatisfait.

« Très bien restreignez vos recherches en contactant les garagistes. Notre homme va certainement vouloir faire réparer sa voiture rapidement afin d’effacer toutes traces. L’accident vient de se produire certes mais je pense que cet homme , au vue de la voiture, aura la possibilité de faire ça rapidement en toute discrétion. L’argent achète tout ! » Ordonnais-je en m’installant à mon poste.

« Ok Beckett mais au vue de l’heure, cela m’étonnerait que nous joignions un garage ! » Déclara Ryan.

Je regardais l’heure et en effet, il était près de 23 heures. Aucun doute qu’ils ne trouveraient personne à cette heure ci. Je soupirais avant de leur sourire.

« Oui vous avez raison rentrez chez vous. Reposez-vous bien, demain je vous veux à 8h ici, je veux ce salaud au plus vite pour lui apprendre la vie ! » Ils acquiescèrent.

« On vous dépose chez vous Beckett ? » Demanda Esposito.

Ah oui c’est vrai que je n’avais plus de voiture ma Victoria n’était plus. Ma pauvre voiture était morte au combat. Elle m’avait tant servie, je la regrettais déjà mais bientôt il faudrait que je la remplace et par un autre modèle, les Crown Victoria n’étant plus usinées de nos jours.

« Je veux bien merci ! » soupirais-je sentant la lassitude me gagnée.

Dans un nouveau soupir, je pris ma veste et quittais le poste avec mes collègues. Il était trop tard pour les visites et lorsque demain je me lèverais trop tôt pour ces dernières. Je ne savais même pas quand je le reverrais. Alexis se chargerait sûrement d’aller chercher son père à l’hôpital et moi je serais trop occupée pour aller le voir de suite. J’arrivais chez moi, remerciant Esposito, je descendis de la voiture.

« Je viens te chercher demain ? » S’enquit ce dernier.

« Non je viendrais avec ma moto ! » Affirmais-je avec enthousiasme à l’idée de prendre ma belle.

« Ok à demain alors ! »

« A demain ! » Répondis-je dans un sourire.

Je pénétrais dans l’immeuble, prenant l’ascenseur, je réfléchissais à cette journée qui avait si bien commencé. J’étais avec Castle, nous avions retrouvés John et réunis deux amoureux et alors que j’allais enfin pouvoir profiter de mon auteur adoré, lui dire tout ce que j’avais tant retenu, là encore le destin nous frappait comme deux amants maudits. Dans un râle, je rentrais dans mon appartement, laissant tomber mes affaires à l’entrée. Épuisée, je m’affalais sur le canapé. Sur le ventre les bras le long du corps, je ne parvenais plus à bouger. Mon quota de non sommeil avait atteint ses limites, je pensais à mon écrivain dormait-il à l’heure actuelle ? Rêvait-il….

Mon téléphone me sortit de mes songes ou cauchemars devrais-je dire. Je relevais la tête hébétée scrutant mon salon, je m’étais endormis comme cela tout habillée sur le canapé et mon téléphone m’informait qu’il était l’heure de se lever. Me redressant en gémissant, je fis craquer mon cou douloureux. Décidément une nuit sur le canapé n’était pas une bonne idée. Péniblement je me levais et me dirigeais vers la douche en traînant les pieds. Ces quinze jours de vacances que Gates m’avaient imposés, seraient définitivement les bienvenus. Je souris surtout si je devais être en compagnie d’un certain écrivain sexy au sourire charmeur. J’imaginais certaines choses que je ferais avec lui durant ce séjour forcé, définitivement je ne le laisserais pas en répit, je sentis mon corps s’enflammer. La douche serait froide, glacée même.

Lorsque je fus prête je partis chaussant mon portable à mon oreille après avoir composé un numéro. J’attendis quelques instants et la personne finit par décrocher.

« Kate, vous allez bien ? » Demanda mon interlocuteur, dont le ton inquiet me touchait.

« Oui Alexis, j’appelle pour prendre des nouvelles de ton père. » Lui dis-je, le sourire aux lèvres, heureuse que nos relations s’améliorent.

« Lorsque je l’ai quitté hier, il s’était de nouveau endormi mais il vous a encore réclamé ! »

Je grimaçais me sentant coupable de ne pas l’avoir vu éveillé mais je voulais attraper ce tueur sur roues.

« Les médecins lui avaient donné un calmant donc il a végété et s’est rendormi encore. Je vais allez le voir avant d’aller en cours. Je prends à 11h, puis j’irais le chercher ! » M’informa-t-elle enjouée.

Je pouvais deviner son sourire radieux, ses yeux turquoises brillant à la pensée de ramener son papa chez elle.

« Tu as mis ta grand-mère au courant ? » Demandais-je soucieuse de savoir si la matriarche des Castle savait pour sa progéniture.

« Oui mais je lui ai dit que ce n’était pas la peine de revenir de LA, papa va bien ! »

Je souris à ses paroles, oui, il allait bien, heureusement.

« Bien je vais au poste là, je viendrais voir ton père ce soir certainement préviens-le ! » Lui dis-je.

« Pas de soucis, ça m’arrange car je ne serais pas là ce soir. Je pars pour mon voyage à la recherche de fac, ça me gênait qu’il soit seul. »

Je pensais que je resterais même plus que la soirée si affinités mais me retenais bien de lui dire.

« Bien Alexis je veillerais sur ton père ne t’inquiète pas ! » Répondis je avec un sourire niais.

« Oh mais je ne m’inquiète pas à ce sujet » Répliqua la rouquine mutine.

Et sur ce, elle raccrocha me laissant pantoise. Qu’avait-elle sous entendue ? Je craignais deviner et un sourire béat naquit sur mon visage. Si j’avais la bénédiction de « l’adulte » de la famille je me ferais un plaisir de m’occuper personnellement de mon Castle. J’envisageais le viol peut-être, mais sans témoin pourrait-il porter plainte ? Même si je réfléchissais sérieusement à rompre notre partenariat, je ne pouvais me résoudre à rompre le contact. Il était mon air, ma bouée de sauvetage, mon roc et sans lui dans ma vie je perdais pied. Il n’y avait qu’à voir ces quatre mois sans sa présence près de moi, je m’étais saoulée, j’étais passé à deux doigts du viol et j’avais failli mourir d’épuisement en m’acharnant au travail pour l’oublier. Arrivant à mon box, j’ouvris la porte et m’engouffrais dedans la petite pièce.

Je souris lorsque je vis ma chérie. Mon Honda 700, j’avais fais de gros sacrifice durant quelques mois mais j’avais pu me payer ce petit bijou que j’adorais presque autant que ma regrettée Victoria morte en service. Paix en son âme. Je montais dessus enlevant la béquille après avoir chaussé mon casque et mis le contact. Les vrombissements du moteur me parcoururent l’échine, arrachant un râle de plaisir de mon être, presque aussi bon qu’un orgasme.

Je ne la prenais que rarement n’ayant pas vraiment le temps. Et la pauvre, j’aurais pensé qu’elle m’en tiendrait rigueur mais non, elle était présente, toujours là, rugissante, comme un cri de plaisir, à l’idée de circuler dans les rues de New York avec moi pour la guidée. L’avantage d’être en moto c’est que l’on peut se faufiler entre les voitures et c’est donc assez rapidement que j’arrivais au poste bien plus tôt que prévue. M’installant à mon bureau, je consultais mes mails puis allais prendre un café. Je trempais mes lèvres et grimaçais, décidément seul celui de Castle avait grâce à mes yeux à croire qu’il y ajoutait un ingrédient mystère pour le rendre si délicieux et indéfinissable. Je réfléchis en souriant…était-ce l’amour cet ingrédient merveilleux ?

« Yo Beckett ! »

Tournant la tête, je vis Esposito dans embrasure de la porte de la salle de repos. Il me sourit avant de pénétrer dans la pièce et de se servir à son tour un café.

« Des nouvelles de Castle ? »

« Eh bien pas vraiment d’après sa fille, il va bien mais je n’ai pas pu aller le voir hier les heures de visites étaient finies mais j’espère pourvoir le voir au loft ce soir ! » l’informais-je comme une confidence.

Mon collègue me sourit dans un regard entendu. Je le regardais sourcils levés dans un air détaché mais mon sourire trahissait mon état d’esprit. Je comprenais ses pensées car elles étaient miennes.

« Bien remettons nous au travail ! » Dis je afin de changer de sujet.

Nous sortîmes de la salle de repos et je constatais que Ryan était arrivé aussi.

« Bien puisse que tous le monde est là au travail »

Nous prîmes tous notre place et pendant près d’une heure et demie contactèrent les garagistes de la ville, il en ressortis que deux 4X4 était actuellement en réparation.

« Bien séparons nous, je prends le premier, allez au second celui qui a une piste contact l’autre ! » Annonçais -je

« Yo Beckett qui va venir avec toi ? » S’inquiéta Esposito

« Je vais demander au sergent Hastings, il me semble qu’elle est à son bureau, allez y ! »

Ils acquiescèrent et partirent. Quant à moi je me dirigeais vers le bureau d’Hastings qui était en train de taper un rapport. Elle était la meilleure, la seule à pouvoir me faire face, nos histoires se ressemblaient tant.

« Hastings ! »

Cette dernière releva la tête et lorsqu’elle me vit me sourit et se leva en me saluant.

« Lieutenant Beckett, contente de vous revoir, que puis je pour vous ? » Demanda-t-elle dans un sourire désarmant.

« J’aimerais que vous m’accompagnez pour une affaire. Mon partenaire est quelque peu hors jeux aujourd’hui et je ne peux y aller seule ! »

« Bien sûr ! » Accepta-t-elle en prenant sa veste, s


madoka93  (19.10.2012 à 14:01)

comme d'habitude il m'a pas mis la fin  ça m'énerve  !

 

« Bien sûr ! » Accepta-t-elle en prenant sa veste, se levant de sa chaise.

Je la scrutais dans son uniforme d’officier.

« Changez-vous, une tenue de civils passera plus inaperçue que votre uniforme ! »

« Bien lieutenant » Accepta-t-elle sans difficultés.

« Kate ! » Dis-je

« Pardon ? » Se troubla-t-elle.

« Appelez moi Kate ! »

Souriante elle hocha la tête puis partit en direction des vestiaires. Quelques minutes plus tard elle revint en tenue de civil, fixant son holster autour de sa taille, elle y chaussa son arme puis après avoir enfilé sa veste, nous primes l’ascenseur. Un silence paisible régnait dans la cabine lorsqu’elle rompit le silence ambiant.

« Comment va monsieur Castle ? » Hasarda-t-elle timidement.

« Il a une commotion et quelques bleus rien de bien méchant, il sort cet après midi » Dis je la plus neutre possible.

« Vous devez être soulagée ! » Me déclara-t-elle avec son sourire Colgate.

« Oui bien sûr mais il va lui falloir du repos après cela ! »

La jeune femme acquiesça et nous sortîmes de l’ascenseur.

« Et vous comment allez vous ? » S’enquit-elle tournant la tête vers moi.

« Moi ? » Demandais-je surprise « Je n’ai été que légèrement blessée rien de grave ! » Lui dis-je en haussant les épaules.

« Je ne parlais pas de cela Kate. » Soupira-t-elle en me jetant un regard gêné.

Je compris où elle voulait en venir mais ne répondis pas. Que répondre à cela ? Que mon partenaire me manquait ? Que je me languissais de lui mais que pour sa santé, il valait mieux que je m’éloigne de lui ?


madoka93  (19.10.2012 à 16:21)

Cette fois je préviens j'ai coupé le chapitre en deux

 

Chapitre 11

 

Après un long soupir, j’esquivais ma réponse. Je n’avais pas envie de parler de Castle pour l’instant au risque de me brouiller l’esprit

 

« Bien, il va nous falloir une voiture ! » Dis-je en scrutant un véhicule potentiellement libre pouvant nous servir de carrosse.

 

A mon grand désarroi, il ne restait que des voitures de patrouilles. Si j’avais demandé à Hastings de se changer, ce n’était pas pour prendre une auto qui annoncerait notre arrivée à 50 mètres.

 

« Prenons ma voiture personnelle, si vous le voulez bien » Proposa Ann en la désignant du doigt.

 

« Oui merci ! » Répondis-je en lui souriant, reconnaissante qu’elle ait sauvée la situation.

 

Cette dernière prit place au volant, mit le contact puis démarra.

 

« Où allons-nous ? » S’enquit-elle en tournant la tête vers moi.

 

Je lui donnais l’adresse du garage et nous nous y rendîmes non sans mal. Il était près de midi et la circulation était dense à cette heure, les gens allant déjeunés. Cela rendait donc la circulation difficile.

 

Je regardais à travers la vitre passager en me mordant les lèvres de frustration. Être à cet endroit, me faisais bizarre. J’avais l’impression d’être à la place de Castle et je dois dire que je n’appréciais pas vraiment. Je n’aimais pas ne pas avoir une maîtrise parfaite de la situation et à cet emplacement, j’étais comme vulnérable, impuissante. Est-ce cela que mon écrivain ressentait lorsqu’il se trouvait de ce côté d’un véhicule ? En tout cas, je ne pouvais décemment pas demander à Hastings de me passer le volant, pas certaine qu’elle considère ma demande d’un bon œil. Cela donnerait l’impression que je n’avais pas confiance en elle, ce qui n’était pas le cas même si cette dernière n’était pas ma partenaire attitrée et que nous ne nous connaissions pas vraiment, nous étions faites dans le même moule toutes les deux, éprises de justice. Et puis c’était sa voiture…

 

Arrivées à destination, Hastings gara sa voiture non loin du garage et nous descendîmes du véhicule. Nous nous dirigeâmes vers l’accueil et j’appuyais sur la sonnette puis nous attendîmes que quelqu’un arrive. Nous constatâmes que ce garage était d’un grand standing, assez classieux. Nul doute qu’il recevait de riches personnes qui devaient payés assez cher leur service, au vue de la classe des lieux et de sa propreté immaculée qui normalement aurait dû être bien plus crasseux. Lors de notre attente, je jetais un coup d’œil dans l’atelier et vit un 4x4 noir sur un des rails de mécano. Deux hommes étaient en train d’enlever le restant de parechoc du véhicule. Je regardais ma partenaire d’un jour, lui faisant signe de la tête afin qu’elle détourne son attention vers ladite auto.

 

« Vous croyez que c’est elle ? » Voulu-t-elle savoir.

 

« Eh bien, elle y ressemble et le choc semble être à l’endroit où il devrait être s’il avait percuté un véhicule de plein fouet comme ma Victoria ! »

 

Au bout de quelques instants, un homme vint à notre rencontre, coupant court à nos interrogations. Vêtu d’un bleu de travail impeccable, assez curieux pour un mécanicien mais à la vue du cadre cela n’était cependant pas étonnant. L’homme enleva ses gants et nous salua, un sourire faux sur le visage.

 

« Que puis-je pour vous mesdames ? » S’enquit-il dans un ton pompeux.

 

« Détective Kate Beckett et voici le Sergent Ann Hastings, nous avons quelques questions à vous poser ! » L’informais-je en lui montrant ma plaque.

 

« Ce n’est pas vous que j’ai eu au téléphone tout à l’heure ! » constata-t-il en fronçant les sourcils, perplexe.

 

« Non un de mes collègues. Je voudrais savoir depuis quand avez-vous ce véhicule ? » Demandais-je sans détour en désignant du doigt le 4x4.

 

« Eh bien on me l’a déposé hier soir en me demandant de m’y mettre rapidement ! » Nous informa-t-il en regardant le véhicule.

 

« Qui ? » Voulu savoir ma partenaire.

 

« Une cliente. Son fils a apparemment eu un accident fâcheux et elle voulait que le véhicule soit réparé au plus vite ! »

 

« Cela ne vous a pas paru bizarre cet empressement ? Aucun constat n’a été fait ? » M’étonnais-je en le toisant sévèrement.

 

« Ben ça, j’en sais fichtrement rien du moment qu’elle me paie gracieusement. Et c’est le cas ! Elle m’a promis un bon bonus si on le faisait dans la journée ! »

 

Je regardais Hastings d’un air entendu qui semblait parfaitement capté le fil de mes pensées. Nous étions sur la bonne piste.

 

« Le nom de cette personne ! » Demandais-je de mon ton de Lieutenant de police.

 

« Ah ben désolé mais c’est confidentiel, je ne peux pas vous le dire. Elle m’a demandé d’être discret alors… » S’excusa-t-il en frottant sa nuque nerveusement.

 

« Hum… peut être qu’une descente de nos collègues de la répression des fraudes jouerait un peu sur votre loyauté, non ? » Annonça Hastings en balayant le garage des yeux.

 

Je souris en constatant qu’elle aussi avait remarqué certains éléments qui permettaient de dire que ce garage n’était pas très clean malgré son apparente bonne figure. Ce jeune sergent irait loin très certainement. L’homme devant nous blêmit. J’en profitais pour enfoncer le clou.

 

« Oui je serais curieuse de savoir ce qu’ils penseraient de vos absences de questions sur les véhicules accidentés que vous réparés. » Ajoutai-je en tapotant mes doigts sur le comptoir démontrant mon impatience.

 

Le mécano soupira, ravalant sa salive, il se pencha sur nous en signe de confidences.

 

« Ecoutez, je ne suis pas très regardant sur les circonstances mais je ne fais rien d’illégal ! J’assure juste à mes clients fortunés, la plus grande discrétion. Rien de mal à ça ! » Objecta-t-il, en s’essuyant le front.

 

Nul doute que sa nervosité cachait des choses. Peut-être que mes collègues devraient vraiment se pencher sur son cas. S’il cachait des accidents de ce genre il devait être mis hors d’état de nuire au plus vite.

 

« Non rien si ce n’est que le véhicule qui est là est très certainement impliqué dans un accident de la route qui a failli coûter la vie à deux personnes dont un lieutenant de police ! » Répondis-je sèchement, lui lançant un de mes regards les plus noirs, le faisant déglutir.

 

« Attendez ! Vous voulez dire que le propriétaire de cette voiture serait impliqué dans l’accident avec le train ? » S’exclama-t-il paniqué.

 

Notre absence de réponse en fut une. Il racla sa gorge, blêmissant un peu plus.

 

« Ecoutez, je ne veux aucun problème. Je ferais ce que vous voulez mais si ça s’ébruite, je peux mettre la clé sous la porte. » Nous supplia-t-il essuyant de nouveau son front luisant de sueur.

 

« Donnez juste le nom de ce client et laissez nos experts de la scientifique étudier le véhicule ! » Répliqua rudement ma collègue.

 

« Mais… ! » Protesta le mécano, aussi blanc qu’un cachet d’aspirine.

 

« Cela peut se faire dans la discrétion ou je peux téléphoner au juge lui demandant un mandat pour saisir ce véhicule. Cela se fera bien entendu dans la lumière… peut-être même que les journalistes seront informés qu’un des plus grands garages de New York trempe dans des affaires louches ! » assenais-je d’un ton impitoyable.

 

« Oui ces journalistes, toujours à en rajouter et à fouiner où il ne faut pas ! C’est vraiment désolant ! » Ajouta ma nouvelle amie faussement dépitée en secouant la tête.

 

Je souris, décidément cette femme m’était de plus en plus sympathique. Elle partait au quart de tour et ça me plaisait. Nous étions sur la même longueur d’onde. Nos histoires si similaires jouaient peut être en notre faveur pour ce qui était de la connexion. Nous vîmes le garagiste disparaître et nous nous jetâmes un regard complice avec Hastings, nous souriant. Il revint quelques minutes après avec un papier qu’il nous tendit.

 

« Voilà ! Surtout ne dites pas que c’est nous qui vous avons donné cette information. Notre clientèle nous fait confiance et je tiens à ce que cela reste le cas ! » Demanda l’homme, nous suppliant du regard.

 

« Bien sûr ! De votre côté ordonnez aux deux mécaniciens là-bas de cesser leurs travaux sur le véhicule ! » Ordonnais-je en dissimulant tant bien que mal le mépris que cet homme m’inspirait.

 

« Oui ! » accepta-t-il avec empressement.

 

Le chef d’atelier se tourna vers ses employés et leur cria de cesser les réparations, ce qu’ils firent sans poser plus de question. Quant à moi, je pris mon téléphone et demandais à ce que deux experts viennent étudier la voiture. Ces derniers arrivèrent vingt minutes plus tard, vêtus normalement. Ce n’est qu’en rentrant dans l’atelier qu’ils enfilèrent leurs combinaisons. La partie du garage où se trouvait le véhicule fut fermée aux regards de tous, assurant ainsi la discrétion demandée. Même si je désirais donner une leçon à cet homme peu scrupuleux, j’avais promis de ne pas faire de vague. De toute manière cela ne relevait pas de ma compétence. Mais il se pourrait qu’un malheureux lapsus s’échappe de ma bouche par inadvertance lors d’un repas entre services. Nous n’attendîmes pas que les experts aient finis et partîmes cueillir notre suspect chez lui, espérant l’y trouver.

 

 

 

 

Je m’habillais, attendant ma fille. Kate n’était pas venue me voir. J’étais un peu triste, mais elle devait avoir ses raisons. La connaissant, j’étais certain qu’elle avait déjà une piste sur celui qui nous avait percutés et qu’elle s’apprêtait à l’appréhender sous peu. Je ne donnais pas cher de sa peau, je n’aimerais pas être à sa place. Je sentais un interrogatoire musclé se profiler à l’horizon. J’avais fait la connaissance de Kate Beckett en tant que suspect et bien qu’à cette époque je l’avais pris à la franche rigolade, ses yeux froids et sévères en auraient intimidés plus d’un. Mais dès le départ il y avait eu cette complicité entre nous, ce jeu de séduction qui avait changé la donne.

 

Je souriais en repensant à ce moment, elle était si sexy lorsqu’elle était en colère. Ses yeux lançaient des éclairs et pouvaient vous foudroyés en un instant. Je m’en étais tant amusé durant ces années, mais la sachant si emportée parfois, j’espérais que pour une fois elle n’avait pas foncé tête baissée sous l’effet de la colère et qu’elle s’était faites accompagner d’un collègue, car seule, personne ne serait là pour la protéger. Je soupirais me sentant inutile. J’aurais voulu être auprès d’elle plutôt que coincé ici. En plus connaissant ma fille elle refuserait certainement que j’aille la rejoindre et puis de toute façon je devais bien rester avec elle. La pauvre avait eu très peur et ces derniers temps je n’avais pas été vraiment là pour mon bébé ou même pour qui que ce soit d’autre.

 

« Papa, tu es près ? » Entendis-je ma douce fille me demander.

 

« Oui mon ange, sortons du bagne ! » M’exclamais-je en relevant la tête pour l’observer avant de chausser mon sac sur l’épaule en lui souriant.

 

Je vis ma pumpkin lever les yeux au ciel et je souris pensant à ma muse qui faisait la même chose. Muse… J’y pensais, elle ne l’était plus officiellement et j’allais devoir faire de nouveau une conférence de presse pour annoncer le retour de Richard Castle et de ses romans de Nikki Heat basés sur sa muse Kate Beckett. J’en connaissais une qui allait sauter de joie à cette annonce, j’allais devoir l’appeler pour lui annoncer la bonne nouvelle. Depuis que j’avais fait cette annonce j’avais une dizaine d’appel par jour de Gina son mon portable me demandant quand j’allais reprendre mon écriture sans compter sur Paula qui me harcelait tout autant. Mais avant je devais parler à Kate. Je voulais savoir si elle était d’accord pour reprendre ce rôle et surtout savoir ce qu’elle avait voulu me dire avant que cette fichue voiture nous percute. J’avais l’impression qu’elle allait m’ouvrir enfin son cœur et depuis je n’arrêtais pas de penser à cela, me triturant l’esprit pour savoir ce qu’elle aurait bien pu me dire de si important.

 

« Papa, tu es avec moi … ou bien avec Kate Beckett ? » Me demanda mon enfant avec un sourire moqueur sur les lèvres.

 

Etais-je si prévisible que même ma fille lise dans mes pensées ? Que dis-je il était normal qu’elle sache ce que je ressentais à ce moment c’était ma fille.

 

« Pardon chérie, je la quitte pour toi ! Que veux-tu faire ? » M’enquis-je en la prenant dans mes bras.

 

« Rentrer au loft et rester tranquillement avec toi papa. » Affirma mon bébé.

 

« Alors j’adhère complètement ma fille ! » Lui dis-je en sortant de la chambre.

 

Nous arrivâmes au loft rapidement, je me dirigeais vers la douche, pour me laver de cette odeur d’éther que je ne parvenais à faire partir et là encore, je pensais à ma muse, à ma partenaire à ma si sublime amie… mon esprit vagabondant vers des contrées sensuelles, je l’imaginais nue, si belle, si sexy…se glissant sous le jet avec moi…m’embrassant avec passion, ses mains sur mon corps…les miennes sur le sien… Sentant tout mon être réagir, je me baffais mentalement, ce n’était décidément pas le moment de penser à des idées lubriques. Basculant le mitigeur sur eau froide, je poussais un cri, elle était glacée mais il me fallait bien cela pour refroidir mes ardeurs.

 

Frustré au possible, je sortais de ma douche, me séchant rapidement, je soupirais, il me tardait de la revoir pour lui dire encore une fois que je l’aimais, je sais que j’avais dis que je voulais que cela vienne d’abord d’elle mais passer à deux doigts de la mort encore une fois avait fait revoir mes priorités et ravaler ma fierté et puis je le savais qu’elle m’aimait avais-je besoin de l’entendre alors qu’elle me l’avait prouvé ? Depuis mon retour son changement avait été si radical, je devais bien reconnaître qu’elle m’avait démontré qu’elle tenait à moi.

 

Lorsque j’arrivais au salon ma fille était en pleine conversation téléphonique, assise sur le canapé, je l’entendais rire et se triturer les cheveux, son sourire était radieux. Fronçant les sourcils, je m’approchais et décelait quelques brèves de conversation.

 

« Oui moi aussi tu me manques Jay, oui je passe la soirée avec mon père désolée d’annuler la notre ! » Disait-elle dans un souffle son sourire disparaissant.

 

Sans conteste elle était au téléphone avec un garçon. Depuis quand avait-elle de nouveau un petit ami ?

 


madoka93  (19.10.2012 à 16:45)

suite !

 

« Merci Jay tu es adorable, je lui dirais lorsqu’il sera qui tu es ! » Disait-elle avec un nouveau sourire épanoui.

 

Qui que soit ce garçon, il rendait mon ange heureuse, je ne l’avais pas vu sourire ainsi depuis Ashley et encore, j’avais l’impression qu’elle rayonnait bien plus. Mon bébé était une nouvelle fois amoureuse, j’avais eu si peur que son expérience la bloque pour la suite de sa vie amoureuse, elle avait tant souffert de sa séparation d’avec le jeune homme.

 

« Oui il va bien mieux à présent donc ce soir je lui parlerais de nous ! » déclara Alexis avec un sourire radieux « Je suis certaine qu’il t’appréciera » Assura-t-elle.

 

C’est à ce moment que je choisis de me manifester. Je ne pouvais décemment pas espionner ma fille ainsi.

 

« Qui suis-je censé apprécier ? » M’enquis-je innocemment.

 

Je vis mon ange sursauter et se retourner. Je découvris une légère lueur de panique traverser ses yeux. Apparemment elle n’avait pas prévue de me le dire de suite dans la soirée pour son nouveau petit ami.

 

« Jay, je dois te laisser je te rappelle dans la soirée » S’excusa-t-elle en me tournant le dos.

 

« Moi aussi à demain… » souffla-t-elle en rougissant violemment avant de sourire timidement.

 

Sur ses paroles, elle raccrocha puis se tourna vers moi.

 

« Euh en fait papa, j’aurais quelqu’un à te présenter. Il s’appelle Jay et nous sommes ensemble depuis près de 5 mois. » Me dit-elle d’une traite sans me regarder.

 

« Et comment cela se fait-il que je n’ai pas été au courant plus tôt ? Bien loin de moi la pensée de me mêler de ta vie privée pumpkin mais, cela m’a l’air assez sérieux non ? Et je trouve curieux que tu ne m’en aies pas parlé avant ! » lui reprochais-je, légèrement vexé.

 

Je vis ma fille soupirer et détourner son regard du mien comme si elle était gênée, ce qui était rare, nous n’avions jamais eu de gêne entre nous. J’avais élevé mon enfant de façon à ce qu’elle me dévoile toujours ce qui la préoccupait et déjà savoir qu’elle m’avait caché, ou du moins ne m’avait pas informé de sa nouvelle relation avec ce Jay qui semblait être important pour mon bébé me blessait. Je ne voulais pas le montrer mais cette absence de complicité par rapport à d’habitude était inquiétante. Si elle commençait à ne plus me dire les choses de ce genre, qu’en serait-il lorsqu’elle aurait un problème bien plus important ? Ma fille dû sentir mon trouble car elle rompit le silence qui s’était instauré entre nous depuis quelques minutes.

 

« Papa, je n’ai pas voulu te cacher les choses, surtout le fait que j’ai rencontré un garçon qui est devenu important pour moi, mais durant ces quatre mois, tu as été tant dévasté par ta séparation d’avec Beckett, que… » Souffla mon ange en passant sa main dans ses cheveux « Et alors que cela commençait à être sérieux avec Jay, tu n’étais pas vraiment réceptif à ce bonheur alors j’ai préféré me taire. » Ajouta-t-elle d’un air désolé en baissant la tête comme si elle avait fait une bêtise !

 

Je la regardais bouche ouverte. Mes yeux me piquaient et ma gorge se serrait tant j’avais l’impression d’étouffer. Je n’avais pas été présent pour mon enfant durant ma dépression et je constatais qu’elle avait eu besoin de moi, qu’il s’était passé des choses importantes dans sa vie durant ce laps de temps et que je n’avais pas été là pour les partagés avec elle, trop égoïste, trop dans ma peine pour voir autre choses que cette dernière et j’en avais totalement oublié le reste. Le pire c’est que j’en avais délaissé la chair de ma chair, mon existence, mon enfant. Pour un père c’était impardonnable. Je devais me rattraper, être là pour elle. Je la regardais et la serrais fort dans mes bras. Elle se blottit contre moi dans un soupire de contentement, le sourire aux lèvres comme si cela avait fait des années que nous ne nous étions pas enlacés ainsi.

 

« Pardonnes-moi ma chérie. Je n’ai pas été présent pour toi, je n’ai pas été le père que tu mérites durant ces quatre mois. Je ne sais comment tu pourras me pardonner… » Lui soufflais-je dans un sanglot que je tentais de maîtriser.

 

Beckett avait beau être une des personnes les plus importantes de ma vie cela n’excusait aucunement mon manque d’attention pour ma fille. Je l’avais abandonnée et maintenant je me rendais compte des conséquences. Est-ce que cela pourrait se réparer ? Notre complicité serait-elle intacte ou brisée pour toujours ?

 

« Papa, je ne t’en veux pas, pas du tout. Tu as droit à tes faiblesses ! Même Superman a eu une mauvaise passe. Tu restes toujours le plus merveilleux des papas, n’en doutes pas. J’aurais juste voulu t’aider à surmonter ta peine mais tu ne m’as pas laissé faire. » M’annonça-t-elle dans un soupire désolé.

 

Je la serrais encore plus fort dans mes bras, ne parvenant plus à contenir mes larmes.

 

« Je te promets mon ange de ne plus jamais te laisser seule. Quoi qu’il arrive je veux que tu saches que tu pourras toujours tout me dire peu importe mon état d’esprit, tu seras toujours ma priorité. » Lui dis-je en caressant sa joue.

 

Elle me sourit en me regardant avec la tendresse d’une fille qui pardonne tout à son papa, même de n’avoir pas assuré. La prenant par les épaules, je l’entraînais avec moi sur le canapé, la faisant s’asseoir à mes côtés.

 

« Alors parle-moi de ce Jay, comment est-il ? » M’enquis-je en scrutant ses réactions à l’évocation de ce prénom.

 

« Oh papa ! » Soupira-t-elle en arborant instantanément une mine radieuse et gênée qui me fit sourire « Il est merveilleux, doux tendre et en plus il est magnifique ! » S’extasia-t-elle des étoiles plein les yeux alors que son regard se perdait dans le vide, son sourire étincelant à la seule évocation de son ami.

 

« Et bien que d’adjectif pour un seul homme ! Tu devais le voir ce soir, n’est-ce pas ? » M’exclamais je avec un grand sourire heureux qu’elle ait rencontré un garçon qui la comble ainsi.

 

« Oui mais j’ai annulé pour être avec toi. Tu ne peux pas rester seul alors que tu sors de l’hôpital. » M’informa-t-elle en posant sa tête sur mon épaule.

 

Je me sentais de plus en plus égoïste. Pendant 4 mois, j’avais été absent, alors je n’avais aucun droit d’exiger de mon bébé qu’elle annule ses plans juste pour tenir compagnie à son vieux père.

 

« Tu vas rappeler ton ami et lui dire que vous vous voyez ce soir. Nous nous ferons une soirée entre père et fille plus tard mais pour l’instant, je refuse que tu annules tes projets pour moi ! » Lui rétorquais-je, en lui tentant son portable.

 

Elle le regarda d’un air dubitatif, hésitant entre son envie d’être avec moi et celle de rejoindre son chéri.

 

« Mais papa que vas-tu faire tout seul ? » S’inquiéta-t-elle.

 

« Je suis un grand garçon, je vais me faire à manger, écrire un peu et puis dodo ! » la rassurais-je, touché par sa sollicitude,.

 

 Je lui déposais un baiser sur le front, caressant ses cheveux comme je le faisais lorsqu’’elle était enfant. Elle me toisa un moment, d’un air suspicieux puis composa le numéro de son ami. Lorsqu’elle décrocha je vis un magnifique sourire naître sur ses lèvres. Elle se leva, monta les escaliers en courant annonçant au garçon qui avait ravi son cœur, qu’ils se verraient ce soir. Je la regardais faire avec le sourire, conscient que j’avais pris la bonne décision pour la première fois depuis quatre mois. J’avais l’impression de tout faire comme il fallait, aussi bien pour mon ange que pour moi. Il ne manquait plus qu’une personne pour rendre les choses parfaites… Kate Beckett.

 

 

 

 

« Comment va Shawn enfin Paul pour être précise ? » lançais-je alors qu’un nouveau silence s’installait alors que nous reprenions notre traque. 

 

« Vous vous souvenez du prénom de mon petit ami ? » S’enquit-elle étonnée en tournant la tête vers moi.

 

« Je n’oublies jamais le nom d’un suspect » Lui répondis-je avec un sourire taquin sur le visage.

 

Je la vis grimacer à ma réplique, je lui souris.

 

« Je vous taquine, je me souviens de son prénom car je suis devenue une fan de sa BD et des aventures de son l’âme solitaire ! » Répliquais je.

 

Je la vis rougir, gênée, Ann reporta son attention sur la route

 

« Nous allons nous marier dans 6 mois, il m’a fait la demande enfin… » M’informa-t-elle un sourire radieux sur le visage.

 

« La muse et le créateur réunis pour toujours, assez logique en soit ! » Dis-je dans un sourire, contente pour eux.

 

« Oui très logique en soit, n’est-ce pas ? » Rétorqua-t-elle en me lançant un regard entendu lourd de sens.

 

Je me pinçais les lèvres, cette fois c’est moi qui étais gênée. Je ne m’étais pas vraiment rendue compte de mes paroles. Torturant encore mes lèvres, je tournais la tête vers la vitre ne pouvant retenir un sourire. Je vis le reflet de ma partenaire d’un jour me regarder radieuse, nul doute que ses allusions n’étaient pas innocentes. Arrivées à destination nous sortîmes de la voiture et allâmes toquer à la porte. Nous nous reculâmes quelque peu, et j’en profitais pour observer la bâtisse. Les occupants étaient sans aucuns doutes de très riches personnes, au vue de cette imposante demeure. Nul doute qu’ils pouvaient acheter le silence de n’importe quel mécano peu scrupuleux. Après quelques instants de battement, une femme d’un certain âge, nous ouvrit. Elle devait avoir la cinquantaine et portait un tablier.

 

« Lieutenant Kate Beckett et Officier Ann Hastings, nous aimerions parler au maître des lieux ! » nous annonçais-je en lui montrant mon badge.

 

« C’est à quel sujet ? » Demanda la gouvernante en nous scrutant d’un air dubitatif.

 

« Appelez votre patronne s’il vous plait. Nous lui ferons part en personne de la raison de notre venue ! » Rétorqua Ann.

 

La servante nous toisa de haut en bas puis après un dernier regard peu amène partit chercher sa patronne, nous laissant sur le pas de la porte.

 

« Très aimable cette femme ! » Déclara Hastings.

 

« Les riches n’aiment pas qu’on viennent traîner dans leurs affaires. Je suis certaine que cette gouvernante sait pourquoi nous sommes là et que la maîtresse des lieux à dû lui donner certaines consignes. » Lui dis-je en esquissant un sourire avant d’apercevoir la gouvernante arriver avec une jeune femme blonde très élégante d’une quarantaine d’année.

 

« C’est pourquoi ?» s’enquit-elle sèchement dès qu’elle fut à notre niveau.

 

« Nous aurions quelques questions à vous poser ! » Lui dis-je en fronçant les sourcils, n’aimant pas le ton qu’elle employait.

 

« A quel sujet ? » Voulu-t-elle savoir toujours sur le même ton plein d’amabilités.

 

Je regardais sur le côté comme attirée par une présence. Et découvrait la voisine qui semblait fascinée par son courrier, qu’elle examinait depuis plus de 5 minutes.

 

« Etes-vous sûre de vouloir discuter sur le pas de votre porte madame Hopkins ? » Lui demandais-je.

 

Jetant un regard sur le côté à son tour, elle hocha la tête et nous fit rentrer. Nous la suivîmes jusqu’au salon où elle nous invita à nous asseoir. Elle alluma une cigarette puis après avoir pris quelques bouffées, nous toisa hautainement. Son air supérieur me tapait sur le système et je pris la parole dans un ton à glacer un volcan.

 

« J’aimerais savoir où est votre fils ! » déclarais-je sans ambages qui témoignait que je n’étais pas là pour prendre le thé.

 

« A l’université, il est en cours, ce qui nous coûte très cher ! » Me répondit-elle méprisante.

 

« Où était-il hier entre 18h et 18h 30 ? » Poursuivais-je en ignorant son attitude.

 

« Ici même » Attesta-t-elle sans se départir de son air assuré.

 

« Alors pourquoi des témoins l’ont-il vu sur les lieux d’un accident ? » Contredit ma collègue d’une voix aussi glaciale que la banquise.

 

Apparemment je n’étais pas la seule à ne pas apprécier la manière dont se comportait cette femme avec nous. Mais je connaissais bien les gens depuis que je faisais ce métier et c’est ce genre de personne qui était le plus transparente.

 

« Ah une erreur certainement » Inspira-t-elle en portant son regard sur un point invisible comme si nous n’étions pas présentes dans la même pièce qu’elle.

 

« Sa plaque d’immatriculation a-t-elle été relevée par erreur aussi ? Sa voiture serait impliquée dans un accident qui a failli provoquer la mort de deux personnes ! » Déclara Hastings en regardant droit dans les yeux cette femme peu coopérative, tentant de déceler la faille en elle.

 

« Cela m’étonnerait ! Sa voiture est sur le parking de l’université » Nous répondit-elle sans hésiter une seconde.

 

« Ah oui ? Alors vous allez nous expliquer pourquoi nous l’avons retrouvée dans un garage de la ville, l’avant complètement défoncé, des mécanos s’attaquant déjà aux réparations ? » M’enquérais-je en croisant mes mains sur les genoux, un sourire aux lèvres.

 

« Vous devez faire… erreur » Répliqua-t-elle en blêmissant.

 

« Je ne pense pas! La plaque d’immatriculation donne votre nom, votre adresse mais il semblerait que votre fils était au volant à ce moment ! » Ajoutais-je en regardant mes notes comme pour lui assurer que j’avais tout ce qu’il fallait pour affirmer mes dires.

 

« Comment pouvez-vous le savoir ? » Demanda madame Hopkins en écrasant sa cigarette dans le cendrier devant elle, nous soufflant sa dernière bouffée dans le visage.

 

Je fermais les yeux serrant les dents pour ne pas lui sauter à la gorge. Comprenant que j’arrivais à bout de patience, Hastings repris à ma suite.

 

« Les témoins disent que c’est un homme qui conduisait ! » révéla-t-elle en rendant son regard à cette femme méprisable.

 

« Oh eh bien les témoins se trompent, ils ont certainement mal vu ! » rétorqua celle-ci avec dédain.

 

« Très bien alors vous ne voyez aucun inconvénient à ce que nous allions interroger votre fils ? » Rétorquais je en me levant suivit par ma collègue, reprenant de l’aplomb en voyant sa mine se défaire au fur et à mesure.

 

« Mon mari est un homme puissant, faites attention détective ! Vous pourriez vous brûler les ailes. Il serait dommage que votre carrière se finisse si jeune, vous semblez si prometteuse ! » Fulmina-t-elle entre ses dents.

 

Je la toisais sévèrement, n’arrivant pas à croire ce que j’entendais. Osait-elle me menacer ? Mais j’étais contente car cela signifiait qu’elle était à point. Je m’approchais d’elle, mon visage au plus proche du sien.

 

« Faites attention à ce que vous dites. Je ne suis pas de celles qui se laissent impressionnées par l’argent. Je peux vous assurer que tout votre fric ne sauvera pas votre fils de la prison. J’en fais la promesse ! » Lui annonçais-je en me rapprochant un peu plus d’elle, lui lançant un regard de défi.

 

« Vous êtes bien présomptueuse ! Après tout il n’y a eu aucun mort, n’en faites pas une affaire personnelle. » Ricana-t-elle en se reculant.

 

« J’étais dans la voiture accidentée et mon partenaire est à l’hôpital à cause de votre fils. Alors croyez-moi, j’en fais une affaire prioritaire. » Crachais-je en avançant de nouveau, poings serrés.

 

Hastings posa une main sur mon bras et me fit reculer. Après un dernier regard assassin à cette femme, nous quittâmes la demeure de cette dernière.

 

« Je déteste les gens qui se croit supérieurs aux autres et au-dessus des lois ! » Pestais-je en claquant la portière de la voiture.

 

Je n’aimais pas perdre le contrôle de moi-même. En général, je gardais toujours mon sang froid mais cette femme avait prétendu que tant qu’il n’y avait pas de mort, les blessés ne comptaient pas, insinuant ainsi que les blessures de mon partenaire, n’étaient rien. Heureusement que Hastings était là sinon, j’aurais certainement plaqué cette pourriture contre le mur de son salon, lui brisant tous les os.

 

« Il ne nous reste plus qu’à convoquer son fils mais je sens que son avocat va pointer le bout de son nez sous peu ! » Déclara ma collègue résignée.

 

« Dans ce cas allons lui parler directement ! » Annonçais-je.

 

« En tout bien tout honneur bien sûr ! » Ajouta mon acolyte d’un jour en retrouvant le sourire.

 

Je regardais Ann et lui souris avec amusement. Décidément j’aimais son esprit vif.

 

« L’âme solitaire ne tiendrait pas compte de son avocat. Elle serait allée cueillir ce malfrat par la peau des fesses, n’est-ce pas ?» taquinais-je en donnant un coup de coude amical à la concernée à mes côtés.

 

« Oui dommage que ce justicier ait rentré son sabre dans son fourreau. » Répliqua-t-elle en riant, haussant les sourcils, les yeux emplis de malices.

 

Après un dernier regard complice, elle mit le contact et partit en direction Columbia. Cette femme ne nous avait pas dit où étudiait son fils mais j’avais vu un autocollant de l’université coller à un mur.

 

« Lieutenant Beckett, je comprends votre colère mais vous devez vous calmez. Vous n’arriverez à rien en vous énervant contre les suspects même si c’est légitime, l’homme que vous aimez est à l’hôpital par la faute de ce garçon et sa mère prend cela à la légère. A votre place je lui en aurais collé une mais il faut vous maîtriser, si vous voulez confondre ce garçon. Nous y sommes allez au bluff pour l’instant et nos preuves sont si minces. »

 

« Tu as raison, je devrais me contrôler un peu plus mais je perds tout discernement lorsqu’il s’agit de Castle ! » Soufflais-je en serrant les dents.

 

Elle me sourit, habituellement je n’aurais laissé personne me dire ce que j’avais à faire mais Ann était bien placée pour savoir ce que je pouvais ressentir dans ce genre de cas. Elle avait perdu son père dans une situation similaire à la mienne, était assoiffée de justice puis avait trouvé un être qui avait guérit son cœur, l’avait apaisé, comme Rick l’avait fait avec moi.

 

« C’est le cœur qui parle et non la raison, cela fait du bien parfois ! N’est-ce pas ? » s’enquit-elle doucement.

 

Je la regardais d’un air songeur, puis détournais la tête en esquissant un sourire. Oui le cœur parlait pour moi, pour une fois la raison avait disparue. Kate avait remplacé Beckett. Arrivant à l’université, après nous être enquit de la position d’Ethan Hopkins, nous allâmes tout droit sur le terrain de foot. Où une partie avait lieu en ce moment-même. Décidant de ne pas brusquer les choses nous attendîmes que celle-ci soit finie pour aller interroger le jeune homme aux vestiaires. Lorsque nous pénétrâmes dans la pièce, la testostérone nous frappa de plein fouet, ça sentait le mâle à plein nez. Un jeune portant seulement une serviette autour de sa taille arriva vers moi et me tourna autour en sifflant puis regarda ma partenaire et sourit.

 

« Salut les beautés vous vous êtes perdues ? Je peux vous aider à retrouver le chemin de mon lit si vous voulez ! » Nous annonça-t-il en faisant osciller ses sourcils, les yeux portés sur nos fesses.

 

Je levais les yeux au ciel ignorant cet individu grossier et balourd comme un éléphant dans un magasin de porcelaine.

 

« Comment tu joueras au foot si je te brise les deux jambes ? » Menaça mon amie se tournant vers lui, pour lui faire face.

 

Je souris en voyant le jeune homme déglutir puis partir.

 

« Je croyais que l’on devais se contrôler ? » Asticotais-je Ann en haussant les sourcils.

 

« Il n’est pas suspect lui ! » Me répondit-elle sur un ton innocent.

 

Je ris et nous nous dirigeâmes vers le vestiaire de notre suspect.

 

« Ethan Hopkins nous avons quelques questions à vous poser ! » Lui dis-je en montrant ma plaque.

 

En voyant cette dernière il nous chargea nous faisant toutes deux tombées au sol puis s’enfuit en courant. Nous relevant en grimaçant, nous nous mîmes à courir après lui.

 

« Ethan ne rendez pas la chose plus difficile ! » Criais-je.

 

Accélérant le pas, je le voyais malgré tout gagné du terrain. J’accélérais encore rageant de l’effort qu’il m’obligeait à fournir. Hastings sur les talons nous nous rapprochâmes de notre suspect, ce dernier sauta une haie, nous en fîmes de même alors que nous arrivions dans une allée, je vis du coin de l’œil que ma partenaire changeait de direction. J’accélérais encore comprenant qu’elle voulait le prendre à revers. Alors qu’il allait tourner sur la gauche il se retrouva nez à nez avec Ann qui lui assena un coup sur le nez du plat de sa main, il fit volteface vers moi avec la violence du coup, tenant son nez en sang. Sans lui laisser le temps de réagir, je le plaquais au sol. Lui faisant une clé de bras je lui passais les menottes, lui lisant ses droits. Hastings me regardait avec un grand sourire ravi.

 

Visiblement l’action était son credo. Nous étions pareilles toutes les deux. Arrivée au commissariat nous mîmes notre suspect en salle d’interrogatoire deux puis partîmes en salle d’observation. Sur le chemin de ladite salle nous rencontrâmes Esposito et Ryan qui revenaient eux aussi, les mains vides bien sûr.

 

« Cela n’a rien donné pour nous mais vous vous semblez avoir eu plus de chance. » Répliqua Esposito en tournant la tête vers la salle d’interrogatoire.

 

« Oui, on va l’observer un peu pour voir son attitude puis nous allons l’interroger ! » Dis-je en entrant dans la salle d’observation.

 

Me positionnant devant le miroir sans tain, j’observais notre individu. Nul doute qu’il cèderait vite. Il transpirait à grosses gouttes et se triturait les doigts nerveusement. Esposito me tendit le dossier de l’accident que le parcourais rapidement, constatant que la scientifique confirmait que c’était bien le véhicule qui nous avait percuté. Les preuves s’accumulaient contre lui mais je voulais ses aveux.

 

« Celui-là il ne va pas faire long feu » Déclara Ryan en souriant.

 

« Allons-y avant que son avocat rapplique. » lançais-je en me tournant vers Hastings, ignorant la remarque de Ryan.

 

Elle hocha la tête et me suivit dans la salle d’interrogatoire. J’entrais la première, ma partenaire sur les talons qui referma la porte. Notre suspect voulu se lever mais étant attaché à la chaise, il ne put que se retrouver plier en deux.

 

« Bonjour monsieur Hopkins. Nous n’avons pas eu le temps de nous présenter, je suis le détective Kate Beckett et voici l’officier Ann Hastings » L’informais-je en m’asseyant dans un synchronisme parfait d’avec ma collègue.

 

Je joignis les mains devant moi et après avoir fait une pause afin de tenter de capter le regard fuyant de notre individu, je commençais.

 

« Vous savez pourquoi vous êtes ici monsieur Hopkins ? »

 

« Ne…non je ne sais pas, je …j’ai rien fait » Balbutia-t-il en regardant derrière moi.

 

J’observais le jeune homme puis poursuivais.

 

« Oh mais je n’ai rien dit de tel mais j’aimerais savoir… où étiez-vous hier soir entre 18h et 18h30 ? » M’enquis-je un petit sourire sur le visage afin de le mettre en confiance.

 

« Je… chez moi… » Murmura-t-il dans un raclement de gorge nerveux.

 

Je regardais Hastings, je continuais, doucement.

 

« Bien, et pouvez-vous nous dire quel genre de véhicule conduisez-vous ? »

 

« Un 4x4 noir mais il est à mes parents, je le prends pour aller à l’université ! » Répondit-il osant pour la première fois me regarder dans les yeux.

 

« Bien et vous ne faites que cela avec ? » Voulut savoir mon acolyte.

 

« Bah euh…oui enfin je vais …euh aussi à des soirées avec mais hier j’étais chez moi. » Assura-t-il en baissant de nouveau le regard.

 

Nul doute qu’il mentait, sa nervosité et son regard fuyant parlait pour lui.

 

« Bien ! » Dis-je simplement.

 

J’ouvris le dossier que j’avais apporté avec moi et sortis la photo de ma Victoria accidentée.

 

« Ce lieu ne vous dit rien, cette voiture non plus donc ? » Lui demandais-je connaissant d’avance sa réponse.

 

« Non… enfin si je connais l’endroit mais la voiture… » Souffla-t-il en passant une main tremblante dans ses cheveux.

 

« En même temps vu l’état de la voiture. » Ajouta-t-il en souriant après nous avoir regardées tour à tour.

 

« Où est votre véhicule Ethan ? » Demanda sans détour Hastings.

 

« Beuh euh… sur le parking de l’université ! » Assura-t-il en perdant le sourire.

 

« Bien nous n’aurons donc aucun problème à vérifier l’état de cette dernière si nous envoyons des collègues sur place? » M’enquis-je d’une voix doucereuse.

 

Déglutissant le jeune homme passa sa main sur son visage puis semblant prit d’une illumination soudaine, nous annonça.

 

« Oh mais non j’y pense je l’ai prêtée à un ami hier ! »

 

Je regardais Ann qui haussa les sourcils, peu convaincue. Il était temps de mettre fin à cette mascarade. Sortant la photo du 4x4 accidenté, je la posais sous ses yeux. Il y avait une vue imparable sur le parechoc de ce dernier ainsi qu’un plan de la plaque d’immatriculation.

 

« Donc ce n’est pas votre véhicule ? » Demandais-je d’un ton plus dur, lassée de ce petit jeu. 

 

En le regardant droit dans les yeux j’y vis tout le trouble que mes questions, ainsi que mon regard, provoquaient en lui. Ecartant son col de sa gorge, il y passa son doigt comme s’il avait une cravate qui l’étouffait.

 

« Je si mais euh…je vous l’ai dis-je …en fait c’est pas moi qui conduisait ! » Nous révéla-t-il, balayant la pièce du regard.

 

Mensonge bien sûr. Les gens qui disent la vérité, vous regarde droit dans les yeux.

 

« Et qui donc alors ? » Voulut savoir ma partenaire.

 

« Je ne…enfin je ne sais plus… » Bégaya-t-il trouvant d’un coup ses chaussures fascinantes.

 

« Comment cela vous ne savez plus ? Vous prêtez votre voiture à un ami et vous ne savez plus lequel ? » M’étonnais-je faussement.

 

« Ben euh hier, on a picolé et il m’a ramené chez moi et euh ben euh est repartit avec … » Répliqua-t-il en esquissant un sourire mal assuré.

 

« Vous savez que c’est facilement vérifiable Ethan, êtes-vous sûr de ce que vous avancez ? » L’informa Hastings en se penchant légèrement sur lui afin de l’intimidé.

 

« Je pense que vous devriez nous dire la vérité Ethan, n’aggraver pas votre cas. Vous semblez assez perturbé, libérez votre conscience. » Lui dis-je doucement en posant une main sur la sienne.

 

Il me regarda, hésitant sur la conduite à tenir. Je tentais de masquer le sourire qui naissait sur mes lèvres sentant la victoire arrivée. Il poussa un long soupir et s’adossa à sa chaise.

 

« Je… j’ai voulu me rendre de suite mais mes parents m’en ont empêchés en me disant que j’allais briser ma carrière en me dénonçant. J’étais complètement saoul, on avait beaucoup bu, j’aurais pu prendre un taxi mais comme beaucoup dans ce cas-là je me sentais capable de conduire. Je cherchais une musique sur mon poste et je n’ai vu que trop tard que le feu était rouge. Je suis passé pensant que ça glisserait mais je n’avais pas vu cette voiture. Lorsque je l’ai percuté et que j’ai vu les tonneaux qu’elle avait fait, j’ai pris peur et je me suis donc enfui. »

 

Je le regardais sévèrement, me levais. Posant une feuille de déposition sous ses yeux qu’il signa sans bronché.

 

« Faites venir votre avocat pour lui exposés les faits. Un officier va vous emmener pour passer votre coup de fil. Ensuite, il vous conduira en cellule le temps que vous soyez conduit au pénitencier. » L’informais-je en me dirigeant vers la porte suivit d’Hastings.

 

« Est-ce que les personnes de l’autres véhicule vont bien ? » m’interpela Ethan.

 

Je le toisais un moment essayant de détecter une quelconque attitude qui me démontrait qu’il jouait la comédie pour m’attendrir mais je ne vis dans ses yeux que de sincères regrets. J’esquissais un léger sourire.

 

« Oui ! » Répondis-je simplement.

 

Puis je sortis suivis de ma partenaire d’un jour. Il était près de 18 heures et je finissais de taper mon rapport sur l’arrestation de Ethan Hopkins.

 

« Lieutenant Beckett ? »

 

Je relevais la tête et vis Ann, je lui souris.

 

« Je rentre chez moi. Je tenais à vous remercier pour cette journée. J’ai adoré faire équipe avec vous ! » Me dit-elle en me tendant la main, souriante.

 

« Moi aussi, vous êtes un excellent flic, vous irez loin ! Je suis fière d’avoir été votre partenaire d’un jour ! » déclarais-je en me levant pour serrer la main tendue.

 

« Non c’est moi ! Faire équipe avec vous Kate était un de mes rêves. Vous savez vous êtes mon modèle, j’espère être aussi bonne que vous plus tard ! »

 

« Tu l’es déjà, au plaisir Ann ! » Lui répondis-je en instaurant naturellement le tutoiement entre nous.

 

« Je dirais bien au prochain partenariat mais tu n’as qu’un seul partenaire, n’est-ce pas ? Même promue, je n’aurais pas la chance de devenir ton équipière ! » Me dit-elle avec une moue taquine.

 

Non je n’avais qu’un partenaire et il s’appelait Richard Castle. J’avais bien compris que malgré la bonne entente que je pouvais avoir avec un autre collègue, il resterait quoiqu’il arrive mon courageux et intrépide acolyte.

 

« Assurément non, mais je te prendrais dans mon équipe avec plaisir ! » Lui assurais-je.

 

Dans un sourire Hastings me salua puis partie. Je me réinstallais à mon poste mettant un terme à mon rapport puis pris ma veste, décidée à aller voir mon partenaire pour m’enquérir de son état et enfin lui ouvrir mon cœur pour une fois. Je le voulais avec moi dans ma vie privée et professionnelle et j’étais bien décidée à le lui faire savoir. Prenant ma moto je n’eus aucun mal à arriver au loft rapidement. Pénétrant dans l’immeuble avec hâte je saluais le gardien d’un signe de la main. Je m’étais entre temps arrêtée au traiteur chinois afin de sustenter toute la famille Castle bien que j’espérais qu’il soit seul. Mais si tel n’était pas le cas, mes confidences attendraient le couché de la fille prodigue.

 

« Bien le bonsoir lieutenant, je suis heureux de vous revoir après tout ce temps ! » Répliqua-t-il en inclinant la tête.

 

Je lui souris et me dirigeais à grand pas vers l’ascenseur. Arrivée devant ce dernier, je constatais qu’il était à l’étage de mon écrivain. Trop impatiente pour attendre sa descente, je pris les escaliers, montant les marches 4 à 4. J’avais attendu ce moment toute la journée et rien que le fait de le revoir enfin, me donnait des ailes, et l’énergie que je croyais perdue sous la fatigue de ce long jour sans lui. Lorsque j’arrivais à son étage, j’ouvris la porte menant au couloir de ce dernier lorsque je me figeais en entendant une voix familière.

 

« Merci Rick, pour tout, je t’adore, te voir me fais tant de bien ! »

 

« Ce n’est rien Kyra c’était un plaisir ! » Répondit Castle d’une voix douce.

 

Je me penchais pour voir Kyra sur le pas de la porte de mon écrivain. Elle se mit sur la pointe des pieds attrapant les joues de Castle en coupe dans ses mains puis l’embrassa sur la bouche. Je refermais la porte choquée par cette scène. M’adossant sur le côté, je tentais de reprendre ma respiration qui se faisait chaotique. Mes mains sur ma bouche pour ne pas crier, je pensais que tout était finis entre eux, qu’il n’y avait qu’une profonde affection, une amitié sans faille mais je constatais qu’il y avait plus. Il m’avait dit je t’aime mais que cela voulait-il dire alors qu’il en embrassait une autre ? Je me mis à descendre les escaliers en courant tant j’avais besoin d’air, de réfléchir, de faire le point. Je ne comprenais rien, pourquoi était-il revenu si c’était pour être avec Kyra ?

 

Mon esprit était embrouillé, la fatigue, les émotions de ces derniers jours, encombraient ma tête, empêchant toutes idées claires d’arrivée dans mon cerveau. J’étais malheureuse, j’étais malade de le voir avec une autre. J’étais jalouse, j’étais amoureuse, désespérément amoureuse d’un homme qui semblait jouer avec mes sentiments.

 


madoka93  (19.10.2012 à 16:46)

Voici le dernier chapitre, il reste un épilogue qui conclura cette fic, je dois dire que j'ai eu un plaisir infini à l'écrire et juste pour vous rassuré, je vous réserve une fic bien pire à l'avenir !

 

Chapitre 12

 

Kyra s’éloigna finalement de moi après ce baiser qui m’avait pris par surprise. J’étais gêné par son attitude. Ce baiser était agréable mais sans sentiment amoureux, des aux revoir, voilà ce qu’il signifiait. Je n’avais rien ressenti de particulier, pas de boule à l’estomac, aucune accélération cardiaque, juste une forte gêne. Elle était une femme formidable mais une, encore plus fantastique occupait chacune de mes pensés, jours et nuits.

 

« Merci, pour tout Rick. Tu es et restera mon plus grand bonheur. Je t’ai aimé, adoré mais maintenant va la rejoindre. Elle t’attend j’en suis certaine. Ne gâches plus une seconde de vos vies. Vous êtes fait l’un pour l’autre, à toi de faire ce qu’il faut pour elle maintenant. » énonça mon amie, un sourire radieux sur le visage.

 

Je lui souris avec un mélange de reconnaissance et d’espoir et l’embrassa tendrement sur la joue. Elle avait raison et je devais rejoindre Kate et mettre un terme à cette situation qui n’avait que trop durée. Avec détermination, je prenais ma veste, fermais ma porte et d’un sourire, invitais Kyra à nous diriger vers l’ascenseur. Lorsque nous arrivâmes au rez-de chaussée, le gardien m’interpella.

 

« Oh monsieur Castle votre amie n’est pas avec vous ? »

 

« Quelle amie ? » M’enquérais-je, craignant la réponse.

 

« Cette jeune femme adorable et si jolie, le lieutenant Beckett. Elle était censée être venue vous voir, vous ne l’avez pas vu ? »

 

Mon cœur fit un bond dans ma poitrine à cette annonce. Si je ne l’avais pas vu c’est que…mon dieu, elle avait due nous voir ! Comment avait-elle interprété ce baiser ? Mal, bien sûr ! Comment l’interpréter autrement ?

 

« Vas vite éclairer ce malentendu ! » Me dit mon amie.

 

J’acquiesçais et nous nous séparâmes devant mon immeuble, moi hélant un taxi qui me mènerait vers l’amour de ma vie, elle vers le sien. Je n’aurais de cesse de la remercier d’avoir su agir comme il le fallait. Elle aurait toujours une grande place dans mon cœur bien sûr, mais ce dernier serait occupé en partie par Kate Beckett, ma muse, ma partenaire, la femme qui avait changée ma vie, celle qui m’avait redonné goût à l’écriture, celle que j’aimais plus que ma propre vie elle-même. Mais d’abord, je devais redresser la situation et rassurer Kate sur ce qu’elle avait cru voir dans ce couloir. 

 

J’allais donc chez elle, bien décidé à avoir une discussion pour mettre les choses au clair. J’avais vu l’évolution que je désirais et même si elle ne l’avait pas formulé, tous ses actes parlaient pour elle. Elle m’aimait j’en étais certain, enfin. Ma muse était amoureuse. Je souris à cette révélation. Elle ne parvenait pas à me le dire mais peu m’importait. Je l’avais assez faite courir et ce que nous avions vécu ces derniers jours me renforçait encore plus dans le fait que je devais agir. La vie était bien trop courte et il fallait savoir faire des concessions. Plus rien ne nous empêchait d’être ensemble, elle était prête et moi je l’étais depuis le premier jour. Je devais juste régler ce petit malentendu, lui faire comprendre qu’il n’y avait qu’elle et qu’aucune autre femme ne partagerait ma vie à présent.

 

Le taxi s’arrêta devant son immeuble et j’en descendis, le cœur battant la chamade à l’idée de cette confrontation. M’avançant vers son immeuble,  je levais la tête et constatais que les lumières de son appartement étaient encore allumées. Elle ne dormait toujours pas. Parfait, ainsi, je ne la réveillerais pas et elle serait plus disposée à une mise au point. Kyra avait tellement raison, lorsque l’on aime vraiment une personne on doit faire certaines choses que celle-ci est incapable de faire seule. Et Kate et moi avions toujours fonctionnés ainsi, anticipant sur les besoins de l’autre avant même qu’il ne les exprime. C’était une de nos plus grandes forces.

 

Me retrouvant devant sa porte, j’étais anxieux comme un adolescent qui va demander à la fille qu’il aime de l’accompagner au bal de promo et c’est donc fébrilement que je frappais, essuyant mes mains moites sur mon jean. Ce soir serait le soir, celui de l’évolution. J’étais anxieux, nerveux, angoissé, lorsque la porte s’ouvrit sur ma muse. À ce moment mon cœur cessa de battre un tiers de secondes pour repartir en accélérer. Mon Dieu ce qu’elle était belle ! Elle portait une tenue simple, leggings et sweet NYPD gris, ne moulant pas ses merveilleuses formes, pas sexy aux yeux des autres mais qui pour moi à cet instant éveillait un désir sans borne pour elle. J’imaginais justement toutes les sublimes courbures de son corps parfait à travers cette tenue tue l’amour qui n’assassinait rien en moi. Peu importait la tenue qu’elle arborait, ma KB restait époustouflante.

 

***

 

Musique

 

Un verre de vin à la main je m’installais sur le canapé après m’être changée. Dépitée, je soupirais. J’avais ouvert mon cœur, agis en fonction de ce que mes sentiments me dictaient, et même si je n’avais pas dévoilé les choses, je lui avais fait comprendre que j’étais prête et lui tout ce qu’il avait trouvé de mieux, c’était d’embrasser Kyra. Et elle d’ailleurs je la retenais ! Elle m’avait jeté dans les bras de Castle mais derrière mon dos en profitait pour me le voler de nouveau. Quelle femme sans scrupule ! Si elle n’avait pas été enceinte, je serais bien allé lui causer du pays. Je soupirais de nouveau, non ce n’étais pas mon genre les crises de jalousies, même si depuis que je connaissais mon écrivain, j’avais découvert ce sentiment plus d’une fois en 4 ans.

 

Je réfléchissais aux derniers jours et même à ces dernières années. Je ne comprenais rien. Tout dans l’attitude de Castle démontrait qu’il me voulait moi et personne d’autre. Ou bien durant ces quatre mois avait-il mûrie une vengeance destinée à me briser le cœur, comme j’avais brisé le sien ? Je secouais la tête me giflant mentalement, non ce n’était pas le genre de mon partenaire d’agir ainsi. Il n’était pas mesquin et n’avait aucune once de méchanceté en lui, alors quoi ? Je n’arrivais pas à comprendre ce qu’il en était, où en étions-nous ? Pour moi je n’avais plus aucun doute, il n’y avait que lui que je désirais et avec qui je voulais passer le reste de ma vie. Mais lui est ce qu’il avait des sentiments pour Kyra ? Est-ce que ces quatre mois passer à ses cotés avait réveillés cette flamme qu’il avait eue pour elle ?

 

Est-ce qu’il était trop tard pour nous ? Est-ce que le fait de me revoir avait confirmé ses sentiments pour son ex et qu’il avait choisi la jeune femme ? A cette pensée mon cœur se serra et une larme de dépit coula sur ma joue. Non c’était impossible, il m’aimait, j’en étais certaine. Il y avait une explication et il allait devoir me la donner. J’avais encore agis à la hâte mais lorsqu’il s’agissait de lui, j’étais toujours à côté de la plaque. Je ne réfléchissais plus, je réagissais. Nous avions traversé tant d’épreuve et après ces 4 mois sans lui, j’avais compris que je ne pouvais vivre sans sa présence auprès de moi. Alors non. Cette fois j’allais me battre. Enceinte ou pas Kyra allait retourner là d’où elle venait.

 

Je me levais, décidée à en découdre avec Castle et Kyra s’il le fallait. Mon écrivain ne s’en sortirait pas comme ça. Il devait s’expliquer sur ce baiser et je ne tolérais aucune échappatoire. Prenant ma veste, j’ouvris la porte brusquement et tombais nez à nez avec Castle qui sursauta, surpris par mon ouverture brutale. Il avait le poing suspendu dans le vide prêt à frapper à la porte. Je cachais un sourire. Il était venu, il était là devant moi et pas avec Kyra. Mais je recouvris rapidement ma poker face, je ne devais pas lui faciliter la tache.

 

« Vous tombez bien, j’ai des choses à vous dire entrez ! » Dis-je sur un ton froid.

 

Il me regarda, ne semblant pas vraiment surpris de ma froideur. Je dirais même qu’il en semblait heureux. Avais-je raté un épisode ? Pénétrant dans mon appartement, il me dépassa en me frôlant. Me tournant le dos, je le vis observer ma décoration, comme s’il avait tout son temps. Mais moi je voulais aller droit au but, j’en avais assez des détours.

 

« Kyra va bien ? » M’enquérais-je, hargneuse.

 

Il se retourna tandis que je me resservais un verre de vin, sans même lui en proposer un. Il me regardait, ce sourire en coin toujours peint sur le visage, ce qui commençait sérieusement à m’agacer.

 

« Je ne suis pas venu parler de Kyra, pourquoi l’intégrer dans notre conversation ? » Me dit-il dans un sourire moqueur que j’avais envie de lui faire ravaler.

 

« Je ne sais pas moi ! Elle semble proche de vous il me semble ! » Répondis-je sans le regarder.

 

Je l’entendis s’approcher et je frémis en le percevant si proche, vraiment trop proche, et je sentais toute ma volonté de lutte pour le pouvoir s’évanouir en moi.

 

« Proche de moi comme toute amie le serait, sans plus ni moins. » M’informa-t-il en s’approchant encore.

 

Mon cœur palpitait si fort dans ma poitrine que je commençais à voir des points noirs dans mon champ de vison, jamais je n’avais été si troublée qu’en cet instant.

 

« Ah oui et vous embrassez toutes vos amies sur la bouche vous ? » Lui répondis-je en me retournant vers lui.

 

Je me figeais face à notre proximité. Son souffle caressait mon visage, me faisant défaillir un peu plus. Je le pensais déjà très proche mais là, nous étions quasiment collés. Je ravalais ma salive et le toisait sévèrement, tentant de l’intimider mais lui me souriait toujours, ce qui m’agaça au plus haut point.

 

« Vous nous avez vu ? » S’enquit-il simplement comme si cela ne voulait rien dire.

 

Serrant les dents, je ne répondis rien, me contentant de lui adresser le regard le plus noir que j’avais en réserve, espérant le faire reculer alors qu’il envahissait mon espace personnel.

 

« J’en étais certain ! Vous vous êtes méprise Kate» Reprit-il devant mon absence de réponse.

 

« Ah oui ? Vous sembliez apprécier pourtant et il est difficile de se méprendre alors que votre bouche était sur la sienne ! » M’enflammais-je, ne contrôlant plus ma jalousie « alors quoi ? Vous avez trébuché et êtes tombé accidentellement sur ses lèvres ? » Lui répondis je en le bousculant afin de m’assoire sur le canapé et de m’éloigner de lui avant de craquer.

 

Je sentais son regard vrillé ma nuque, m’électrisant au passage. Quelques instants s’écoulèrent avant qu’il réapparaisse dans mon champ de vision. Il s’assit sur ma table basse face à moi.

 

« Vous êtes jalouse. » Affirma t-il comme une évidence.

 

Je le toisais furieuse, comment pouvait-il être si nonchalant ?

 

« Moi jalouse ? Vous faites ce que vous voulez de votre vie, je n’en ai rien à foutre. » Répliquais-je agressive en me levant d’un bon.

 

Son attitude me déstabilisait, je n’arrivais pas à la comprendre. Pourquoi prenait-il tout à la légère ainsi ? Il embrassait une autre femme et faisait comme si de rien était. Je le vis se lever à son tour attrapant mon poignet alors que je tentais de m’éloigner de lui. Je me retournais vivement le scrutant avec colère.

 

« Kyra ne compte pas car une seule femme compte pour moi. Ce baiser était un baiser de remerciement car enfin elle est heureuse avec Greg. Ce baiser ne voulait rien dire de plus qu’un au revoir, voire un adieu car elle n’est pas celle que je veux plus que tout au monde et ne le sera jamais. » Déclama-t-il en me couvant d’un regard passionné.

 

Je déglutis le regardant avec attention, perdant mes moyens un plus encore. Je frémis alors qu’il était si proche de moi, sa respiration soufflant de nouveau sur mon visage m’envoûtant et me donnant envie de tellement plus.

 

« Une seule femme fait battre mon cœur. Une seule femme me rend fou d’amour. La plus belle femme du monde, si magnifique, merveilleuse, extraordinaire, intelligente, drôle…Cette femme fait exploser mon cœur à chaque fois qu’elle sourit,  qu’elle rit… » Débita-t-il d’une voix douce et caressante.

 

Plus il parlait et plus il se rapprochait pour finir coller à mon corps. Encore je tremblais, j’avais chaud mon cœur était sur le point d’exploser. Il allait me rendre folle tant je le voulais, tant mon corps criait son envie de lui.

 

« Elle est aussi têtue, soupe au lait… La femme parfaite pour moi, en somme ! » Ajouta-t-il sans se départir de son sourire.

 

Je fronçais les sourcils, me reculant, le toisant sévèrement. Il me couvait de compliments puis m’insultait après ?

 

« Je ne suis pas soupe au lait ! » Crachais-je en le frappant durement sur l’épaule.

 

« Qui t’as dis que je parlais de toi ? » me répondit-il moqueur alors que je le voyais éclater de rire.

 

J’ouvris puis refermais la bouche, une colère sourde explosa en moi. Il osait plaisanter en ces instants ? S’en était trop ! J’avais trop accumulée, j’avais cru l’avoir perdu un temps et sa plaisanterie ne me faisait pas rire du tout et contre toute attente sans que je puisse me retenir, je le frappais au visage, lui assenant un coup de poing magistral qui le fit reculer. Il me regarda éberlué, ne semblant pas comprendre la raison de ce coup et sans qu’il ait le temps de réagir ou de dire quoi que se soit, je l’attrapais par le col et l’embrassais à pleine bouche. Exigeant l’accès à ses profondeurs buccales sans ménagement.

 

L’effet de surprise passée, il m’accorda l’accès à sa bouche, me serrant contre lui. J’étais en rage, j’étais amoureuse, je le voulais maintenant peu m’importait comment. Je devais le posséder maintenant même si j’aurais aimé une première fois douce et tendre. À cet instant je ne pouvais plus attendre. Devant ma passion Castle poussa des râles de plaisir tandis que j’arrachais les pans de sa chemise, cherchant toujours plus de contact. Mais alors que je me faisais toujours plus entreprenante, il me stoppa dans mon élan.

 

« Kate nous devons parler avant ! » Souffla-t-il contre mes lèvres.

 

J’étais bien consciente qu’il avait raison mais la mienne m’avait abandonnée depuis un moment. Je voulais le sentir en moi maintenant, je voulais qu’il me prouve son amour sans plus attendre, me rassurant, confirmant qu’il n’y avait que moi dans son cœur, faisant taire mes doutes pour toujours. Nous parlerions de nous plus tard. Pour l’instant, je voulais le langage du corps, je voulais notre union, enfin.

 

« Je ne veux pas ! Je veux te faire l’amour maintenant, que tu m’aimes, je veux être à toi ! » Soupirais-je m’étonnant moi-même par mes paroles.

 

« Kate, je ne veux pas que tu regrettes, ne me repousses plus, j’en mourrais ! » M’annonça-t-il dans un soupir, la voix tremblante d’émotions.

 

Je le fis taire par un second baiser fougueux qui eut raison de ses protestations et avec satisfaction, je constatais qu’à son tour il m’effeuillait avec passion, participant ardemment à notre baiser. J’’étais sincère, je ne voulais plus jamais reculer, je comprenais ses craintes mais plus jamais je ne voulais qu’une autre femme ne le touche, il était à moi pour toujours. Jamais encore je n’avais eu un tel sentiment de possession envers un homme, j’avais l’impression d’être une autre dans ses bras.

 

« Oh mon dieu Kate, je … » souffla-t-il entre deux baisers.

 

De nouveau mes lèvres s’aplatirent sur les siennes. Je ne voulais aucun mot pour l’instant seulement notre union dont j’avais rêvé depuis tant d’années. Je l’aimais, j’étais folle de lui et je voulais le posséder maintenant au risque d’en mourir dans le cas contraire. J’étais haletante, mon esprit était brouillé par le désir, seule une brume l’envahissait. Il me souleva et mes jambes s’ancrèrent sur ses hanches. Il embrassa la peau de mon cou la happant, m’arrachant des soupirs de plaisirs, je m’accrochais à lui tentant de ne pas perdre la tête mais ses caresses sur mon corps, ses baisers brûlants de passion me faisaient déconnectée de toute réalité. Il m’aurait posée au sol à cet instant que je serais tombée telle une poupée de chiffon.

 

M’allongeant avec délicatesse sur mon lit, il continua l’exploration de ma peau de ses lèvres, me brûlant au passage. Chaque partie empruntée était en feu. Je ne pouvais plus subir cette douce torture, s’en était trop. J’allais mourir sous ses baisers, sous cette fougueuse tendresse qui me rendait folle. Il s’arrêta sur ma cicatrice et l’observa un moment. Je le vis serré les dents alors qu’une main tremblante se posait sur ma blessure cicatrisée en apparence. Ses yeux étaient luisants alors qu’il effectuait de petit cercle avec ses doigts sur l’impact de la balle. Je voyais l’émotion l’étreindre, le submerger mais aussi la colère. Pourquoi alors que nous étions sur le point de nous unir ?

 

« Rick qu’y a-t-il ? » Demandais-je confuse en caressant sa joue.

 

« Cet homme celui qui t’as tiré dessus… Je pourrais le tuer Kate, j’ai failli te perdre à cause de lui. J’ai tant de haine en moi. J’ai failli te perdre Kate… ! » Répéta t-il les lèvres pincées.

 

Il serrait les poings si fort que ses jointures en étaient blanches, des larmes menaçaient de couler de ses yeux. Il les retenait tant bien que mal et je soupirais, le forçant à me regarder.

 

« Rick je suis en vie. Je suis là en vie dans tes bras. Ne pense pas à cela, pas maintenant, plus jamais en fait. » Le suppliais-je en collant mon front sur le sien, et prenant sa main, je la posais sur ma cicatrice « Elle fait partie de moi maintenant pour me rappeler que je ne dois pas oublier le danger que représente l’affaire de ma mère mais surtout pour me rappeler que je dois vivre. Pas seulement pour résoudre son meurtre mais aussi parce qu’il y a des gens qui m’aiment et que j’aime. Et si aujourd’hui mon cœur bat si fort, c’est parce que tu l’as fait revivre avec tout l’amour que tu me porte » Déclamais-je avec passion.

 

Son front toujours contre le mien, il avait fermé les yeux, semblant boire chacune de mes paroles, et je réalisais qu’il attendait que je m’ouvre à lui ainsi depuis si longtemps qu’il devait avoir du mal à croire ce qu’il entendait. Mais je voulais qu’il en soit persuadé, qu’il sache que c’était réel, et que plus jamais je ne fuirais mes sentiments. Et surtout, je ne voulais pas qu’il commette la même erreur que moi en s’enlisant dans une vengeance qui le détruirait à petit feu. Je voulais qu’il reste cet homme merveilleux qui avait su guérir les blessures de mon cœur. 

 

« Je ne veux pas que tu sois régis par la vengeance mon amour. J’ai vécu cela durant 13 années et cela m’a bouffé de l’intérieur et j’ai failli perdre une des seule personnes qui compte pour moi. » Le priais-je avec ferveur.

 

« Kate…Je t’aime tant, je ne veux pas te perdre… » Murmura-t-il en rouvrant les yeux qu’il plongea dans les miens.

 

« Tu ne me perdras pas…jamais » Lui susurrais-je en l’embrassant encore et encore « Sauf si tu ne me fais pas l’amour maintenant, là c’est moi qui te tuerais » Ajoutais-je afin de détendre l’atmosphère.

 

Il rit et m’embrassa avec fougue, me pressant contre lui comme s’il craignait de me voir disparaître. Nos langues s’entremêlèrent dans une lutte de pouvoir, nos gémissements se firent sonores, alors que nos bassins se frottaient l’un contre.

 

« Rick, maintenant ! » grondais-je en me pressant contre lui.

 

Il me regarda de ses beaux yeux ombragés et nous unit d’un coup de rein. Je me cambrais, fermant les yeux de jouissance. Mon cœur ne supporterait pas cette union, j’en étais sûre tant c’était merveilleux, au-delà de tout ce que j’avais vécu. Et alors qu’il ne bougeait pas, voulant que je m’habitue à lui, je le fis basculer sous moi, lui intimant un rythme soutenu, le faisant râler de plaisir. Nous nous embrassions avec passion, amour et désir. J’étais au septième ciel sans même l’avoir encore atteint. Notre échange était vigoureux, violent presque à la mesure de ces années de frustration.

 

Mais cela ne voulait pas dire que nous n’avions aucune passion ou amour bien au contraire. celle-ci dominait au point que j’oubliais mon nom, où je me trouvais, ma vie, dans ses bras j’oubliais tout. Je n’étais que Kate, prise par le plaisir intense que l’amour de sa vie lui procurait, un plaisir que jamais je n’avais encore vécu. Un plaisir qui m’irradiait le corps alors qu’il n’était pas encore à son apogée. Cela dépassait toutes les expériences que j’avais pu avoir. Et malgré l’intensité de notre union, nous anticipions les besoins de l’autres, comme toujours en osmose, nos regards ne se quittant pas, communiquant ainsi.

 

Rick m’embrassa, faisant taire un cri qui sortait de ma bouche lorsque mon moment arriva puis en absorba un autre plus intense encore dans sa bouche lorsque lui aussi arriva au nirvana, emplissant mon être de lui, réchauffant mon corps mon âme et mon cœur. Je retombais sur lui pantelante, nos corps toujours raccordés. Je voulais profiter de sa présence en moi, je ne voulais plus me séparer de lui, le serrant fort comme si ma vie en dépendait. Je tremblais d’extase, submergée encore par ce plaisir que je n’avais jamais connu. Rick m’enveloppa entièrement de ses bras ne tentant aucun geste pour changer nos positions. Il enfouit sa tête dans mes cheveux, les humant.

 

« Ce que j’aime cette odeur se dégageant de toi, elle me rend fou ! » murmura-t-il d’une voix sourde qui me fit tressaillir de plaisir.

 

Je le scrutais en rejetant la tête en arrière, et  il releva la sienne pour me faire face. Je regardais dans ses yeux et ces derniers ne reflétaient que de l’amour, un amour sans borne, un amour égal au mien. Je caressais sa joue, heureuse.

 

« Tu sais que j’ai tellement rêvé de pouvoir enfouir mon visage dans tes cheveux de pouvoir les caresser, de perdre mes mains dedans. » M’informa-t-il en plongeant de nouveau son visage dans ma chevelure ainsi que ses mains comme pour appuyer ses dires.

 

Je souris en le serrant contre moi caressant son dos en me faisant rouler sur le côté, sans me décoller de lui.

 

« Je…je …Rick, il y a tellement de choses que je voudrais te dire mais je ne sais pas comment faire ! » avouais-je en me mordillant doucement la lèvre.

 

Il se redressa me faisant face de nouveau caressant ma joue, comme pour m’apaiser. Il me sourit et mon cœur s’emballa. Dieu que j’aimais lorsque qu’il me souriait ainsi, ce sourire qu’il n’adressait à personne d’autre qu’à moi.

 

« Je crois que la position dans laquelle nous nous trouvons peut t’aider non ? » répliqua-t-il en oscillant les sourcils, reluquant ouvertement ma poitrine.

 

 J’ouvris la bouche puis la refermais, sidérée par son audace. Mais en effet, il était à moitié sur moi, nu comme un vers, une main sur un de mes seins. Cela devrait effectivement faciliter le dialogue entre nous. Je l’observais attentivement alors qu’il me regardait d’un air amusé. Je me mis à rire, ne pouvant me retenir, enfouissant mon visage dans son cou, mes mains sur son torse. La situation était comique alors que je me retrouvais en tenue d’Eve dans ses bras, j’étais gênée de parler de mes sentiments. J’étais décidément irrécupérable, un cas désespéré. Il me serra contre lui, embrassant mon front, et je pouvais sentir son sourire contre celui-ci. Mon amour prit la parole à ma place et j’en fus soulagée.

 

« Kate, je ne te demande rien. C’est à moi de te dire encore une fois. Je t’aime. Aucune autre n’a rivalisée avec toi. Durant ces quatre années toutes les femmes que j’ai pu côtoyer, n’étaient rien Kate, elles n’étaient pas toi. » Déclara-t-il avec tant de ferveur que je sentis les larmes envahir mes yeux.

 

Je me redressais, et le regardais avec adoration, touchée parce qu’il venait de dire car c’est ce que je ressentais moi aussi. Je m’étais complu dans des relations amoureuses avec des hommes que je n’aimais pas. Il avait tellement raison ce jour là lorsqu’il me l’avait dit.

 

« Rick, tu avais tellement raison ce soir-là à mon appartement. Je me suis fourvoyée, et si je t’ai repoussé, si je t’ai dis de quitter ma vie à ce moment, c’est que tes mots m’avaient tellement blessée » Lui appris-je dans une grimace en me remémorant ce souvenir douloureux.

 

Je vis une lueur de tristesse traverser son regard et il baissa les yeux, fuyant mon regard, et je sentis la culpabilité m’envahir.

 

« Pardon Kate, je ne voulais pas te faire du mal, je suis tellement désolé… » Murmura t-il tristement.

 

Je le toisais, gagnée par la surprise. Il se reprochait mon manque de lucidité et de bonne foi ? Mais non ! Pourquoi ? Il n’y était pour rien, j’étais la seule fautive. Je lui pris le visage entre mes mains et l’embrassais avec passion. Il me répondit avec autant de ferveur, et ce n’est qu’a bout de souffle que nous nous séparâmes

 

« Rien n’est de ta faute Rick. C’est moi qui ait tout bloqué entre nous, moi qui par ma peur stupide nous ait privé de bonheur. J’ai su lorsque je t’ai rencontré qu’il me serait difficile de te résister, je ne voulais pas être une énième conquête dans ton catalogue bien fourni déjà ! » Objectais-je avec force, afin de le convaincre.

 

« Mais ce ‘était pas le cas Kate ! » M’interrompit mon compagnon avec véhémence.

 

« Avoue que si je ne t’avais pas dis non, ta fascination envers moi n’aurait pas été aussi grande. Le fait que je me refuse à toi était un chalenge pour toi non ? » Déclarais-je taquine.

 

Il me regarda puis baissa la tête, ne me répondant pas. Il se défit de mes bras et s’assit dans le lit. N’osant plus me regarder, il détourna la tête afin que je ne vois pas son visage. L’avais-je blessé de part mes paroles ?

 

« Oui, j’ai été attiré par toi parce que tu me résistais certes mais pas seulement. Tu me fascinais tant ! » Souffla t-il en me tournant le dos.

 

Je l’observais, alors qu’il ne disait plus rien, semblant réfléchir aux mots qu’il allait employer. Il me regarda de ses yeux azurs emplis d’expressions. Je m’assis à mon tour attendant la suite, ancrant mon regard dans le sien.

 

« Kate jamais je n’ai pensé que tu pourrais être un trophée. Dès que mes yeux se sont posées sur toi, j’ai flashé sur ta beauté froide. Bien sûr, je te désirais, je voulais te mettre dans mon lit. Je ne te connaissais pas, tu étais si belle, si sexy, si désirable ! » poursuivit-il dans un froncement de sourcils inquiet.

 

Il me regarda alors que je l’écoutais avec attention suspendue à ses lèvres. Pour l’instant rien ne me convainquait qu’il avait voulu autre choses que mon corps, et je commençais à sentir l’angoisse m’envahir. Il fallait qu’il s’y prenne autrement s’il voulait me convaincre, mais je me taisais ne voulant pas l’interrompre dans sa confession.

 

« Mais j’ai appris à te connaître et je suis tombé dans tes filets. Lorsque je m’en suis rendu compte, il était trop tard, j’étais fichu. J’ai voulu faire un pas vers toi mais tu avais Demming et comment rivaliser face à un mec comme lui, flic, beau gosse moi je n’avais pas grand-chose de comparable. Je me suis accroché mais j’ai compris que c’était peine perdue, alors il y a eu Gina, de nouveau dans ma vie, elle m’a fait oublier un temps, jusqu’à ce que je te revois et en une fraction de seconde je suis retombé, piégé.  J’avais peur, je ne savais pas quoi faire. Aucune femme n’avait eu une telle emprise sur moi pas même Kyra. » Débita-il d’une traite comme si les mots avaient été trop longtemps retenues.

 

Il marqua une longue pause durant laquelle mon cœur faisait des bons car je me souvenais parfaitement de son départ avec son éditrice, de ce que j’avais ressentis à ce moment.  Mon cœur avait été brisé en mille morceaux, et je n’avais pas vu à l’époque que la réaction de mon écrivain était une réaction d’auto défense afin de ne pas souffrir.  Et l’idée me fit mal. Il s’était protégé de moi, du mal que j’aurais pu lui faire et tout était ma faute. Je soupirais bruyamment à cette détestable pensée.

 

« Puis le pire est arrivé pour moi, Josh ! Mais comment pourrais-je te reprocher d’avoir tourné la page sur nous ? Après tout j’étais parti avec Gina. J’ai fais une erreur, je me suis servis d’elle pour t’oublier, cela à fait illusion un temps comme je te le disais. Jusqu’à ce que je te revois, et j’ai replongé comme si je ne t’avais jamais quittée. Mes sentiments grandissaient chaque jour, bien plus fort qu’ils ne l’étaient encore. Et toi tu n’en avais que pour Josh. »

 

Le cœur serré, je réalisais à quel point nous nous étions fait mutuellement souffrir sans même en prendre conscience, trop englués dans notre propre détresse pour prendre en compte celle de l’autre. Nous avions été si déterminés à nous protéger et à dissimuler nos sentiments, que chacun de nous était passé à côté de l’évidence. Tant de temps perdu me rendait malade. La voix rauque et chargée de remords de Rick me ramena à son long monologue. 

 

« Je me suis rendu compte que mon couple avec Gina n’était qu’une mascarade. Je me suis sentis si minable mon dieu ; car pour elle, c’était vrai. Mais bien vite, elle a comprit qu’il n’y avait que toi, je l’ai souvent quittée pour te rejoindre comme un homme le ferait avec sa maîtresse et cela à souvent été source de conflit entre nous, pour finir par éclater et j’ai décidé de ne plus tricher en rompant avec elle. J’ai fait face à mes sentiments mais toi, toi tu étais toujours avec Josh et mon cœur.... »

 

Je sursautais tant cette fin de phrase avait un ton de reproche mais son regard envers moi, contredisait ses dires. Il me regardait si tendrement que mon cœur fondit en une fraction de seconde. Comment n’avais-je pas remarqué cette tendresse à chaque fois qu’il me regardait ? Comment avais-je pu tenir si longtemps sans me dématérialiser sous ses yeux emplis d’amour ?

 

« Josh… » Je soupirais. « J’ai eu énormément d’affection pour lui mais il était une erreur lui aussi. Lorsque je m’en suis rendue compte, il était trop tard, je ne savais plus comment faire pour revenir en arrière. Je t’ai souvent vu malheureux, comme cette fois ou tu as quitté le commissariat après notre expérience dans la chambre froide. J’ai vu que tu voulais me parler mais que l’arrivée de Josh t’as arrêté. Cette fois je l’ai maudit car j’avais pressenti une invitation que j’aurai acceptée, mais tu es parti. » Lui annonçais-je en posant ma main sur son genou qu’il prit à l’instant même où je le touchais, comme s’il avait tout autant que moi besoin de ce contact.

 

« Comment aurais je pu rester alors qu’il arrivait pour te prendre dans ses bras, m’indiquant que je n’étais rien d’autre que le type amoureux d’une femme qui était prise ! » S’emporta mon amant.

 

Je le regardais alors qu’il se levait sous l’effet de la colère.  La panique m’envahit en le voyant s’éloigner de moi. Non, pas encore ! Je le rattrapais, le faisant se rasseoir à mes côtés, et me collais à lui, poitrine contre dos. Mes bras l’encerclèrent, reposant sur son torse, et je posais ma tête entre ses omoplates.

 

« Je sais tout le mal que je t’ai fait mais comment évoluer si nous ne faisons pas table rase du passé ? Tu as fais des erreurs, j’en ai faites, nous nous sommes fait souffrir mutuellement car comme on dit plus l’amour est grand, plus il est dévastateur et entre nous c’est le tsunami ! » Hurlais-je presque pour le retenir.

 

 Je le fit retourner, à genoux sur le lit, je lui faisais face me mettant à nue dans le sens propre comme au figuré, devrais-je dire.

 

« Je t’aime Richard Castle plus que tout au monde. Tu m’as redonnée la vie que j’avais perdue et plus jamais tu entends plus jamais, je ne te laisserais en sortir. Il va falloir me supporter. » Lui assurais-je, un sourire espiègle sur le visage.

 

Je vis sa mine s’illuminer, et il prit mes mains que j’avais posées sur son buste et en embrassa les paumes.

 

« Ca ! Ça ne va pas être bien difficile pour moi. Je ne peux plus me passer de toi depuis bien longtemps déjà mais toi arriveras-tu as supporté un gamin tel que moi ? » S’enquit-il dans un regard facétieux.

 

Je ris en me jetant dans ses bras. J’étais si heureuse en cet instant précis. Ma place était là auprès de lui. Ses bras étaient fait pour me serrer, ses lèvres pour m’embrasser, son souffle pour effleurer ma peau, ses mains pour me caresser. Nous étions fait pour l’autre sans aucun doute, il était mon Yang, j’étais son Ying. L’attirant à moi je le fis s’allonger, et il se laissa faire, docile, le sourire aux lèvres tandis que je parcourais son corps des miennes.

 

« Il est temps de cesser de parler et de rattraper 4 longues années de frustrations, tu ne crois pas ? » Demandais-je mutine.

 

Alors que je happais son cou sentant son pouls s’accélérer sous mes assauts, il gémit, m’attirant toujours plus près de lui.

 

« Je n’aurais rien d’autre à ajouter détective vous êtes la maîtresse de mon corps, je suis à vous entièrement ! » soupira-t-il d’une voix gutturale. 

 

Je souris à cette affirmation et sans plus de préambule pris sauvagement possession de ses lèvres. Me positionnant à califourchon sur lui, je jouais avec son envie, accentuant la mienne par la même occasion dans un frottement vif. Il grogna alors que mes mouvements se faisaient plus explicites.

 

« Kate… mon dieu ! » exulta-t-il en se cambrant à ma rencontre.

 

« Juste Kate pour toi chaton ! » M’amusais-je à lui dire.

 

Il rit, se crispant de plaisir alors que je continuais ma douce torture. Il grogna à nouveau me suppliant de mettre fin à ce doux supplice. Je souris à ses complaintes, satisfaite de l’effet que je pouvais avoir sur lui. Mais cette fois je voulais que les choses se fassent en douceur alors je stoppais mon exploration, décidant de jouer autrement avec lui. L’embrassant avec douceur, j’étirais sa lèvre inférieure, l’empêchant d’approfondir notre baiser. Les râles de mon partenaire me firent sourirent de nouveau.

 

« Kate arrêtes ça… » M’informa-t-il en essayant d’attraper mes lèvres que je lui refusais.

 

Je jouais avec ses nerfs, et j’adorais ça. Il se plaignit encore quelques fois puis à bout de patience me fit basculer sous lui.  M’immobilisant les bras, il me regarda avec une telle intensité que mon cœur fit un bond hors de ma poitrine et sans que j’ai le temps de reprendre mon souffle, il ravagea mes lèvres avec fougue et passion, me maintenant de ses bras puissants. Notre échange était vif, sauvage, passionné et amoureux, ce que nous représentions l’un pour l’autre et malgré notre désir assouvi il y a peu, nous avions soif de l’autre. Je me demandais si nous parviendrions à être rassasiées de nous. Toujours est-il qu’en cet instant, je le voulais encore au plus vite, je sentais bien que pour lui c’était pareil. Il tremblait de désir pour moi alors que ses lèvres inondaient mon corps de part et d’autre laissant un brasier ardent sur leur passage.

 

« Rick s’il te plait ! » Le suppliais-je en encerclant sa taille de mes jambes.

 

Avec provocation, bien décidée à le faire céder, j’effectuais plusieurs mouvements des hanches, entrechoquant nos bassins, l’invitant à nous unirent.

 

« Non Kate, je veux m’unir à toi au plus vite mais je veux t’aimer comme il se doit pas comme un sauvage qui n’est régit que par ses pulsions primales » Me murmura t-il à l’oreille en embrassant le derrière de cette dernière m’arrachant un grognement de contentement.

 

Je gémissais en fermant les yeux tandis qu’il déposait de multiples baisers sur mon visage, mon front, mes yeux, mon nez, mes joues, mon menton et enfin mes lèvres. Cette douceur me faisait défaillir, mon cœur battait à une vitesse folle. J’avais la tête qui tournait à nouveau, et me demandais si ce se serait ainsi à chacune de nos étreintes. Est-ce qu’à chaque fois que nous ferions l’amour j’aurais cette impression de mourir d’envie et de plaisir pour renaître dans la volupté et l’allégresse ? Ses lèvres parcouraient ma peau réchauffant mon corps un peu plus à chaque baisers. Il ne laissait aucun sentier de côté, explorant tout de mon être et alors qu’il conquérait un territoire des plus intimes de sa langue, j’hurlais d’extase. Me cambrant, j’agrippais les draps, les tirant pour me contenir. Mon cœur battait si vite que je sentais les pulsations dans ma tête. Mon Dieu, d’une seule caresse, il m’avait fait connaître le nirvana.

 

« Rick … » Soufflais-je haletante alors qu’il m’embrassait me faisant partager une part de moi inconnue à ce jour.

 

Jamais je n’avais été aussi intime avec un homme, ne permettant à quiconque de me dominer ainsi.

 

« Fais-moi l’amour maintenant ! » Gémissais-je en le serrant un peu plus contre moi.

 

« Je viens de le faire Kate… » Rétorqua t-il en m’embrassant de nouveau.

 

« Pas comme ça, je veux aussi que tu prennes du plaisir » Lui dis-je en stoppant notre baiser.

 

Il me regarda droit dans les yeux, un sourire magnifique sur le visage tout en me caressant la joue dans une tendresse qui me bouleversa un peu plus.

 

« Mais j’en ai pris Kate à travers toi ! » Répliqua-t-il sincèrement.

 

Je fus touchée par ces mots. Encore une fois, il faisait passer mes intérêts avant les siens mais cette fois il en était hors de question. Nous partagerions le septième ciel ensemble. Passant une jambe sur une de ses hanches, je le fis basculer sous moi afin de me retrouver à califourchon sur lui.

 

« À mon tour monsieur Castle. » Ronronnais-je me passant la langue sur mes lèvres d’envie.

 

Sur ces mots je lui procurais le même supplice extatique qu’il m’avait octroyé puis nous nous unîmes de nouveau. L’échange fut long et passionnel, nous nous prouvions notre amour encore et encore, jusqu'à ce que l’épuisement ait raison de nous et que Morphée nous enveloppe de ses bras protecteurs et nous emmènes au pays des rêves merveilleux.

 

Les rayons du soleil perçaient à travers les volets, m’éveillant ainsi. J’étirais mon corps endolori et rencontrais une résistance autour de ma taille. Je souris comme une niaise en me souvenant de la folle nuit que j’avais passée. Je n’avais pas beaucoup dormi, et j’étais encore épuisée mais ne ressentais aucun méfait de cela. Non, j’étais bien, plus que cela même. Je tournais la tête pour regarder mon bel endormi. Il était paisible, un léger sourire sur les lèvres, souvenir certainement de notre nuit de plaisir. Je me tournais lentement vers lui pour lui faire face et détaillais chaque parcelle de son visage magnifique, comment avais-je pus nous refuser ce bonheur durant quatre ans ? Comment avais-je pus me lever chaque matin sans lui ?

 

De ma longue contemplation, je ne parvins pas à me retenir et je caressais sa face, épousant chaque creux, plat, de celle-ci. Il n’était pas de ces standards de beauté mais il était tellement plus sublime, plus vrai, son visage reflétait la vie, le vécu. Je m’arrêtais sur sa cicatrice celle qu’il avait au front. Je m’étais toujours demandé ce qui avait pu lui arriver. Un accident ? Une chute ? Une bagarre ? Bien que j’envisageais la dernière option comme peu probable, je me souvenais qu’il m’avait dit être en rébellion adolescent et qu’il s’était arrangé pour se faire virer de tous les lycée, instituts ou autres dans lesquels sa mère l’avait inscrit. Alors finalement ce n’était pas si inconcevable que cela.

 

Un gémissement se fit entendre, et je stoppais mes caresses pour regarder mon amour s’éveiller. Ses paupières tressautèrent annonçant la fin du sommeil. Un râle s’échappa de sa gorge me faisant rire. Puis un sourire étira les lèvres de mon écrivain.

 

« Quelle douce mélodie à mes oreilles, le matin à mon réveil » Soupira t-il.

 

Je souris déposant mes lèvres sur les siennes, incapable de résister plus longtemps alors que j’en pourrais d’envie depuis mon réveil. Il me répondit faiblement encore endormi, contrairement à une certaine part de lui.

 

« Monsieur Castle vous êtes un homme plein de contradictions ! » Susurrai-je taquine.

 

« Que voulez vous détective, j’aime entretenir le mystère. » Souffla sensuellement mon écrivain à mon oreille y déposant un léger baiser qui me fit frémir.

 

Je me mordis les lèvres en me rapprochant de son corps si tentant et je me positionnais à califourchon sur lui. Me faisant féline, je me frottais à lui comme un chat le ferait.

 

« Hum trop de mystère tue le my


madoka93  (19.10.2012 à 19:00)

voiia la fin !

 

Epilogue

 

Je n’eus pas le temps de dire ou de faire quoi que ce soit que mon père était déjà au milieu du salon. Il semblait énervé et agacé, et je me demandais bien ce qui avait pu le mettre dans un tel état. Il trépignait et s’agitait dans tous les sens, et l’espace d’un instant je me demandai s’il n’avait pas renoué avec d’anciens démons. Mais je chassai bien vite cette pensée, sachant qu’il ne me ferait jamais subir ça une seconde fois. Mais dans ce cas que lui arrivait-il ? Il croisa les mains dans son dos, soupira puis après un long silence, se tourna vers moi, un air déterminé sur le visage.

 

« Ma fille, je t’aime de tout mon cœur, vraiment, je te chéris plus que tout ! » M’annonça-t-il en me fixant droit dans les yeux, une lueur particulière au fond de ceux-ci.

 

« Moi aussi papa je t’aime » Balbutiai-je un peu troublée qu’il me dise cela comme ça.

 

Je commençais à m’inquiéter, que voulait-il me dire qui nécessite tant de détour ?

 

« Mais faut arrêter un peu ! » Trancha-t-il les sourcils froncés sans quitter mon regard.

 

« Pardon ? » M’enquis-je confuse, ne comprenant vraiment pas où il voulait en venir, qu’avais-je fais qui puisse le mettre dans un tel état ?

 

« Je sais à quel point tu es fière et veux te montrer forte ! » Continua-t-il en s’approchant de moi.

 

J’ouvris puis refermai la bouche, semblant comprendre où il voulait en venir.

 

« Papa » Tentai-je de l’interrompre.

 

« N’interromps pas ton père ! » Me reprocha-t-il avec véhémence, levant la main pour m’imposer le silence.

 

Je me mordais la lèvre pour ne pas rire, la situation était des plus cocasses.

 

« Je te vois malheureuse depuis 4 mois maintenant, et ça suffit ! » Débita mon paternel en faisant les cent pas dans mon salon.

 

« Ta mère n’aurait pas voulu te voir malheureuse, elle aurait voulu que tu puisses trouver le bonheur, même si elle n’est plus là pour le voir ! » Ajouta-t-il les yeux brillants comme à chaque fois qu’il évoquait ma mère.

 

Je le regardais déambuler en levant les bras au ciel, exaspéré. Encore une fois je tentai de l’interrompre.

 

« Papa » Soufflai-je avec un sourire moqueur qu’il ne vit pas.

 

« Il faut parfois savoir courber l’échine et ravaler sa fierté pour connaître le bonheur ! » Continua-t-il comme s’il n’entendait pas mes protestations.

 

« Papa ! » Insistai-je encore en soupirant.

 

« J’ai l’impression de voir ta mère ! Elle aussi s’est voilée la face durant plusieurs années avant de céder mais tu sais ça été dur pour tous les deux ! » Continua-t-il comme si je n’avais pas ouvert la bouche.

 

Je l’observai, il était si adorable lorsqu’il parlait de ma mère. Malgré toutes ces années sans elle, il l’aimait toujours autant. Cela me pinça le cœur, je devais lui faire savoir à quel point j’étais heureuse à présent.

 

« Papa… » Murmurai-je tentant de lui couper la parole.

 

Il se retourna vers moi, approcha à grand pas, et me saisit par les épaules en me secouant.

 

« Pas de papa qui tienne ! Tu vas te doucher, t’habiller et allez voir Castle. Je sais qu’il est de retour à New York alors saisis l’occasion d’être enfin heureuse. » M’ordonna-t-il en m’entraînant vers ma chambre.

 

Bien sûr il ne m’écoutait pas, pensant que j’allais protester et encore me défiler. J’allais lui dire qu’avec Castle nous avions franchi le cap lorsqu’une voix se fit entendre. Le ton de sa voix me fit me mordre les lèvres.

 

« Kaaaaaaaaaaaaate, qu’est-ce que tu fais ? Viens me réchauffer, j’ai froid dans le… » Commença Castle avant de se stopper net en nous avisant, mon père et moi.

 

Je vis son teint passer du rose au blanc, pour finir par gris, et encore une fois je me retins de rire. Mon père avisa mon partenaire vêtu d’un simple caleçon puis moi-même portant la chemise de celui-ci. Apparemment, trop préoccupé par sa joute, il n’avait pas remarqué ma tenue. Il reporta son attention sur mon écrivain puis de nouveau sur moi, et un éclair de compréhension traversa ses yeux. Un long silence gênant s’en suivit, tant personne n’osait piper mot. Rick me lançait des regards paniqués, mais pour ma part j’étais plutôt amusée, même s’il était assez embarrassant de se faire surprendre dans une tenue assez peu équivoque par son paternel. J’avais l’impression de redevenir une adolescente à ce moment précis. Mon père toussota, reculant vers la porte d’entrée, arborant un sourire crispé et un regard fuyant. Nul doute que ce qu’il venait de voir le traumatiserait sûrement pour un moment.

 

« Oh… » Fut tout ce qui parvint à sortir de la bouche de mon père « Ah !» Voulut-il continuer après s’être raclé la gorge « Bien, bon… » Bafouilla-t-il de nouveau, incapable de former une phrase cohérente.

 

Pour la première fois de ma vie je voyais mon père perdre ses mots. Lui qui voulait me convaincre de laisser une chance à Castle, il ne s’attendait sûrement pas à constater par lui-même que je la lui avais accordé. Il nous observa tour à tour puis tourna la poignée.

 

« Bien… bon… Je vais vous … euh vous…hum hum…laisser… » Balbutia-t-il troublé.

 

Sur ces paroles, il ressortit aussi rapidement qu’il était entré en claquant la porte. Pauvre papa, pas sûr qu’il s’en remette un jour ! Un second silence se fit durant lequel Castle et moi-même fixions la porte puis, nous tournâmes la tête simultanément vers l’autre et après un autre blanc, nous pouffâmes de rire. Je me jetai dans les bras de mon amant en me blottissant contre lui, tentant de calmer mon fou rire, en vain.

 

« C’est vraiment gênant ! » Hoqueta Rick en me serrant dans ses bras.

 

« Oui, complètement ! » Affirmai-je en soufflant pour reprendre ma respiration, essuyant mes larmes.

 

« Tu crois que ton père va vouloir me tuer ? » S’enquit-il en se détachant de moi afin de me regarder.

 

Je l’observais un moment sans lui répondre. Il avait vraiment l’air inquiet, c’était amusant qu’à son âge, il ait encore peur du père de sa petite amie…hum petite amie, j’aimais ce qualificatif me désignant par rapport à mon partenaire.

 

« Pourquoi parce que tu couches avec sa fille ? » demandai-je en souriant devant sa mine déconfite.

 

Il hocha la tête en grimaçant, comme s’il s’imaginait les tortures que mon père pourrait lui infliger. Il est vrai que jusqu’à présent, il n’avait pas vraiment apprécié les hommes qui avaient traversés ma vie, Josh en particulier. Je n’en avais jamais vraiment su la cause. Peut-être juste parce qu’il était mon petit ami et qu’en tant que papa, il devait tenir un rôle de bourreau face à mes boy-friends. Pourtant, aujourd’hui j’avais pu constater que c’était lui qui voulait que je sois en couple avec Castle. Cela m’étonnait vraiment, mais pour la première fois mon père acceptait un de mes prétendants me poussant même dans ses bras.

 

« Je t’assure pour un père c’est la pire des choses de prendre son enfant en flagrant délit de bécotages, et nos tenues laissent imaginer le pire ! Si je surprenais Alexis, je ne m’en remettrais pas ! » Articula-t-il difficilement en grimaçant de plus belle, certainement à l’idée de trouver sa fille dans une tenue similaire à la nôtre.

 

Je me retins de rire, il était si mignon lorsqu’il faisait sa mine de cocker battu.

 

« J’ai 33 ans Rick ! J’ai déjà eu des petits amis, mon père est au courant que j’ai vu le loup depuis longtemps ! » Affirmai-je taquine en caressant son torse.

 

« Alors ça, s’il te plait évite ! Car là c’est le pire pour moi de t’imaginer avec les autres ! » S’écria-t-il en se bouchant les oreilles, marmonnant pour ne pas entendre ce que j’allais dire.

 

Je pouffai de rire à nouveau face à son comportement enfantin. Il boudait encore, et je ne pouvais m’empêcher de le trouver adorable.

 

« Tu ne vas pas être jaloux de mes ex, quand même ! » Me moquai-je gentiment

 

« Je ne sais pas, tu es bien jalouse des miennes ! » Me rétorqua-t-il en me regardant en coin.

 

« N’importe quoi ! » Niai-je fermement.

 

Je croisai les bras, contrariée qu’il m’ait percée à jour. Évidemment que j’étais jalouse de ses ex ! Je les avais toutes rencontrées et deux faisaient partie de sa vie encore aujourd’hui. Il avait même remis le couvert avec l’une d’elles en partant avec elle aux Hampton’s et se vantait de coucher avec l’autre dès qu’elle se trouvait à New York, alors oui j’étais plus que jalouse.

 

« Ah la menteuse ! » Railla-t-il en me tirant la langue, ricanant comme un gamin.

 

Je levai les yeux au ciel tentant de contenir le sourire qui s’imposait sur mes lèvres.

 

« Castle ! » Grondai-je, voulant me rendre menaçante.

 

« Oui chérie ? » Susurra-t-il en se rapprochant de moi.

 

« La ferme ! » Crachai-je, en lui lançant un regard noir.

 

« D’accord chérie ! » Répondit-il simplement d’une voix moqueuse.

 

Je le regardai attentivement et constatai qu’il observait le plafond en sifflotant, les yeux rieurs et les bras croisés dans le dos. Je n’y croyais pas, il était en train de se foutre de moi et je détestais ça. Je le frappai à l’épaule.

 

« Ahhhhhhhhhhhhhhhhh ! Espèce de brute ! Tu es violente, je vais porter plainte chez hommes battus ! » Se plaignit-il en frottant son épaule, feignant la larme à l’œil.

 

« Ca n’existe pas ! » Répliquai-je en secouant la tête, un vrai gamin, je suis amoureuse d’un gamin.

 

« Ben je vais créer une association pour les hommes comme moi brutalisés par leur femme ! » Déclara-t-il en gémissant exagérément.

 

Je me figeai à cette phrase. Il ne s’était pas rendu compte de ce qu’il disait. C’était sorti naturellement.

 

« Quoi ? » demanda-t-il en me toisant avec surprise face à mon soudain mutisme.

 

« Rien ! » Souriais-je en me blottissant contre lui et immédiatement il me serra dans ses bras.

 

Même s’il était bien trop tôt pour penser à être sa femme, même si toutes mes peurs n’étaient pas évacuées à ce jour, et que je n’étais pas entièrement prête pour cette grande aventure qu’est le mariage, j’aimais l’idée de devenir madame Castle, enfin Rodgers.

 

 

***

 

 

Cela faisait deux semaines que Castle et moi étions un couple et le moins qu’on puisse dire c’est que c’était fusionnel et passionnel. Chaque jour était nouveau, mon petit ami ne manquait pas de m’étonner au gré des journées et je dois avouer que j’adorais ça. Nous nous disputions, bien sûr, nous étions si différents que parfois cela coinçait, mais jamais bien longtemps et les réconciliations étaient toujours au summum du plaisir et de la communion pour chacun de nous.

 

Aujourd’hui était le jour où je devais revenir au poste, j’avais voulu prendre des congés pour enfin profiter de ma vie avec mon homme et je devais reconnaître que je ne regrettais pas ma décision et pour la première fois de ma vie, je n’avais pas envie de retourner travailler. Je sentais déjà que la journée serait longue à ses côtés, nous étions d’accord de ne rien laisser paraître pour l’instant donc nous ne devions en aucun cas avoir pour l’autre un quelconque geste d’affection mais cela serait difficile pour moi tant j’avais besoin de son contact. Alors que je n’avais jamais été quelqu’un qui aimait les câlins et les marques de tendresse à tout bout de champ avec lui c’était tellement différent, je le voulais chaque seconde dans mes bras. J’avais l’impression d’être une toxicomane en attente de sa dose d’héroïne. J’étais une autre avec lui, épanouie et amoureuse. J’aimais même lorsqu’il avait des petits mots doux pour moi, bien qu’il les évitât, cela lui échappait parfois, et j’appréciais, même si je ne le laissais pas paraître.

 

Je regardais l’horloge, il était près de 13 heures et il n’était toujours pas là. Il m’avait dit hier après notre câlin ne pas pouvoir rester, qu’il devait écrire car au petit matin il devait rendre son roman à Gina et que définitivement avec moi à ses côtés, il ne serait pas concentré. Je commençais à douter, s’il devait la voir à l’aube pourquoi n’était-il toujours pas là ? Secouant la tête je me repris, je devais lui faire confiance. Il ne pouvait rien faire de mal après que nous ayons fait l’amour plus d’une fois cette nuit. Comment pourrait-il allez vers une autre ? Pourtant j’étais anxieuse, mes vieux démons persistaient et j’avais trouvé son regard fuyant lors de son excuse pour me quitter dans la nuit. Mon instinct de flic me disait qu’il y avait anguille sous roche. Et savoir qu’il allait voir son éditrice me contrariait. Gina, celle-là, je m’en serais bien passé comme ex. Elle était encore accrochée à lui, il aurait fallu être aveugle pour ne pas le voir. Mais lui avait rompu avec elle pour moi, parce qu’il m’aimait, j’avais pourtant peur qu’elle fasse tout pour l’éloigner de moi, même s’il m’aimait, j’étais terrifiée à l’idée de le perdre. Encore et toujours ces craintes stupides qui revenaient sans cesse malgré tous les efforts de Castle pour me prouver son amour, ainsi que mes tentatives à étouffer ces angoisses.

 

La sonnerie du téléphone me sortit de mes songes, je regardais l’écran avisant l’appelant et décrochai tout sourire.

 

« Vous êtes en retard monsieur Castle, je n’ai pas toute la journée ! » Lui reprochai-je sans pouvoir m’en empêcher malgré mon contentement d’entendre sa voix.

 

« Pardon Kate, un petit contretemps, je suis en bas, descends ! » Demanda t-il.

 

« Comment ça monte, toi ! C’est toi qui es en retard et c’est moi qui devrais me plier à vos volontés M. Castle ? » Rétorquai-je suspicieuse.

 

« S’il te plait Kate, je m’excuse, viens ! » Me supplia-t-il et je pouvais parfaitement imaginer son regard de cocker malheureux.

 

J’abdiquai devant son ton implorant mais je n’aimais pas vraiment obéir à un homme, même le mien surtout qu’il avait passé sa matinée avec une autre femme, celle que je détestais sans pouvoir le dire. Oui comment demander à Rick de rompre tous liens avec son éditrice, c’était impossible. Et terriblement égoïste et me montrer si jalouse, était juste tout ce que je détestais chez un homme, alors agir de la même façon, jamais même si je mourrais d’envie de causer entre quatre yeux avec cette femme. J’étais jalouse et en colère qu’il m’ait laissée au milieu de la nuit pour elle après nos ébats magiques… J’arrivai au pied de l’escalier et découvris qu’il m’attendait juste à l’entrée, bloquant la sortie. Il me souriait de ce sourire qui me faisait chavirer et je sentais toute colère fondre comme neige au soleil.

 

« Kate ! » M’appela-t-il doucement en posant une main tendre sur ma joue.

 

« Quoi ? » Lui répondis-je agressivement sans pouvoir me contrôler.

 

Le moins que je puisse dire c’est qu’avec lui mes émotions faisaient le yoyo. D’abord surpris par mon ton, il me sourit, me prenant la main.

 

« Ferme les yeux mon amour ! » Supplia-t-il niaisement.

 

Je n’aimais pas son ton comme s’il voulait m’amadouer après une bêtise.

 

« Castle ! » Bougonnai-je.

 

« Kate mon amour laisse ta méfiance de côté, s’il te plait ! » m’implora-t-il avec un sourire penaud.

 

Je finis par baisser les armes et fermai les yeux. Il me guida jusque dans la rue puis me lâcha la main. Je fronçai les sourcils mais gardais les yeux clos.

 

« Tu peux les ouvrir ! » M’informa-t-il joyeusement.

 

Je m’exécutai et ce que je vis me subjugua, mon écrivain se tenait tout sourire à côté d’une crown Victoria, copie identique de la mienne.

 

« Tadam ! Voici votre nouveau carrosse princesse ! » Me dit-il radieux.

 

« Castle mais qu’est ce que c’est que cela ? » M’enquis-je en m’approchant, effleurant la carrosserie qui brillait tant que j’en étais presque éblouie.

 

« Ta voiture, ta Victoria, juste en pleine forme ! » m’informa-t-il sans se départir de son sourire.

 

Je regardais une crow victoria noire qui semblait flambant neuve alors que je pensais cela impossible. Elles n’existaient plus et encore moins en noire puisque c’était un modèle hors série. En général, elles étaient blanches comme les voitures de patrouilles.

 

« Mais… » Bégayai-je, émue.

 

Je ne savais que dire devant tant de prévenance. Rick savait se montrer imprévisible mais là, il dépassait tout. Comment avait-il fait pour en trouver une dans un état aussi impeccable et noire de surcroît ?

 

« Kate cette voiture est à toi. J’ai tout fait pour qu’elle soit à toi ! » Me dit-il en s’approchant de moi avec un sourire d’une tendresse bouleversante.

 

Mon regard ne cessait de passer de cette voiture à mon partenaire, et je devais reconnaître que je me sentais un peu perdue. Comment avait-il pu remettre en état ma voiture ? Elle était irrécupérable après sa rencontre d’avec le train. Mais dans ce cas comment avait-il accompli un tel miracle ? Etait-il possible qu’il soit parvenu à dénicher un modèle semblable à ma Victoria ?

 

« Bien je dois t’avouer que ce n’est pas vraiment ta Victoria mais une de ses consœurs ! » Rigola-t-il en me faisant un clin d’œil, comme s’il avait suivi le cours de mes pensées.

 

« Comment as-tu fais pour en trouver une comme la mienne ? Ils n’en fabriquent plus ! Ils ont arrêté d’en construire depuis un moment déjà et même pour les voitures de patrouille cette série à été arrêtée il y a peu ! » Demandai-je en couvant du regard cette voiture ressemblant tant à la mienne.

 

« Hé Hé, on va dire que je l’ai achetée à un collectionneur de voiture de police. J’ai bataillé sévère pour l’avoir, parce qu’il ne voulait pas la vendre. Mais heureusement pour moi, il a une femme fan de mes livres à qui j’ai promis, une avant-première sur le prochain Nikki Heat dédicacé, et je l’ai aussi invitée pour l’avant première du film de Heat Wave. J’ai ajouté un petit pécule pour compenser la perte, et je l’ai eu ! » Fanfaronna-t-il fièrement.

 

« En noir c’est encore plus dur ! » Affirmai-je, impressionnée.

 

« Ah bah ça juste un détail ! » lança-t-il en haussant les épaules avec désinvolture.

 

Je l’observais avec émotion. Il souriait, content de lui, et je ne pus m’empêcher de sourire à mon tour devant son air joyeux, tant il était craquant. Je soupirais en secouant la tête et reportais mon regard sur ma nouvelle voiture. Combien cela lui avait-il coûté pour trouver une Victoria identique à la mienne ? Il semblait dire qu’il n’avait pas eu grand-chose à faire, à donner, juste un peu de sa personne mais je me disais qu’en plus de tout cela, il avait dû vraiment faire flamber sa carte bleue. Ce modèle était devenu rare, et coûtait une petite fortune, j’en savais quelque chose pour en avoir possédé un moi-même. Alors il ne me ferait pas croire qu’il avait acquis cette voiture pour une bouchée de pain. Et cela, juste pour me faire plaisir, c’était vraiment trop !

 

« Castle c’est vraiment trop je ne peux pas accepter un tel cadeau, cela a dû te coûter un bras ! » Articulai-je toujours bouleversée par un tel cadeau.

 

« Quelle importance si je peux te faire plaisir et je sais que c’est le cas alors laisse-toi aller ma KB » protesta-t-il en fronçant les sourcils.

 

Il s’approcha de moi, me prenant dans ses bras pour m’embrasser. Je ne me faisais pas prier, me laissant faire. Il m’avait tant manqué après son départ au milieu de la nuit, et après un tel présent, je ne pouvais que le remercier encore et encore. Décidément il était l’homme le plus avenant que j’ai rencontré, il ne pouvait pas me faire plus plaisir.  Après un tendre et doux baiser nous nous séparâmes. Il me caressa la joue en souriant.

 

« Elle te plait ? » murmura-t-il en collant son front contre le mien.

 

Je le regardai, portai mon regard sur la voiture puis sur lui de nouveau. Je remarquai une tache noire au niveau de son oreille, et réalisai enfin qu’il avait aussi les traits tirés et les yeux rouges. Je fronçai les sourcils, intriguée, puis compris. Cette nuit, il n’avait pas écrit, il n’était pas parti rejoindre Gina au petit matin après m’avoir quittée, mais avait passé le reste de sa nuit, ainsi que sa matinée à repeindre cette voiture qu’il m’offrait. Juste pour me faire plaisir. Cet homme était merveilleux. Il avait le don de penser à la moindre chose qui pourrait me rendre heureuse, me toucher jusqu'au plus profond de mon être comme cette fois où il avait fait réparer la montre de mon père, me prouvant par ce geste combien il me comprenait et faisait attention à moi. À ce moment là j’avais été si émue que j’avais eu envie de l’embrasser mais la Kate Beckett de l’époque n’était décidément pas prête pour ça. Mais aujourd’hui je ne demandais que cela.

 

« Kate ? Ca ne te plait pas…Je peux la redonner …Je… » Bredouilla t-il incertain.

 

Ne le laissant pas finir sa phrase, je lui sautai au cou et l’embrassai avec fougue. Il perdit l’équilibre et nous tombâmes tout deux à terre.

 

« Si tu fais ça, je te tire une balle entre les deux yeux, Castle ! C’est ma voiture à présent ! » Lui murmurai-je mes lèvres contre les siennes, le faisant rire.

 

Il me serra fort dans ses bras et je fermai les yeux en soupirant de bien-être. Nous restâmes un moment ainsi enlacés, assis sur le trottoir. Les gens passaient et nous regardaient avec surprise mais curieusement, je n’en avais que faire. Ils pouvaient bien dire ou penser ce qu’ils voulaient, j’étais tellement bien contre lui que plus rien ne comptait pour moi.

 

« Bien qu’avoir une femme superbe dans mes bras, me faisant un gros câlin sur le trottoir, me flatte et me plaise, sans parler du fait que cela me mette dans tous mes états, je pense que nous devrions y aller ma KB. Tu vas être en retard pour ton retour au poste. C’est bien 14 heures que tu dois revenir non ? » Soupira-t-il au bout de ce qui me parut être une éternité.

 

« Hum, hum ! » Soufflais-je en me serrant un peu plus contre lui, peu désireuse de quitter le refuge de ses bras.

 

J’adorais lorsqu’il m’appelait ainsi. KB. Ce n’était que des initiales, mais cela venait de lui et uniquement de lui. Personne ne m’avait surnommée ainsi avant, c’était son truc à lui, juste pour moi. Il caressa mes cheveux, les embrassant puis nous fit lever.

 

« Allons combattre les méchants dans votre superbe Victoria, détective Beckett ! » me lança-t-il d’un ton taquin.

 

Je lui souris avant de l’embrasser tendrement, puis me décollai de lui à regret. Posant une main sur sa joue, je la caressai, faisant passer dans ce geste le flot de sentiments explosifs qu’il éveillait en moi.

 

« Merci, Rick, c’est le plus beau cadeau que tu pouvais me faire ! » Le remerciai-je avec toute la gratitude que je pouvais avoir en moi.

 

« Toujours Kate. Je te l’ai promis, je serai toujours là pour toi quoi qu’il arrive ! » Répliqua-t-il en me serrant dans ses bras, embrassant ma tempe.

 

 

***

 

 

Après une longue étreinte nous nous séparâmes enfin. Je lui souris puis nous nous installâmes donc. Elle à la place du conducteur, et moi passager comme toujours. Je me calai dans le siège tout sourire, et la regardai. Haussant les sourcils, je les fis osciller malicieusement, comme un gamin qui venait de faire une bonne plaisanterie. Elle me toisa en fronçant les sourcils, se demandant sûrement ce que je mijotais. J’attendais qu’elle ait mis le contact puis appuyai sur un bouton et les sièges se mirent à vibrer.

 

« C’est quoi, ça ! » Demanda t-elle en baissant la tête au niveau du siège en le regardant, étonnée.

 

« Des sièges massant ma chérie, Je les ai fait placer spécialement pour toi ! » Lui dis-je fier de moi.

 

« Pour toi, tu veux dire ! » Répliqua-t-elle en me regardant sévèrement.

 

Je souris devant son air dubitatif. J’aimais lui faire tourner la tête. Depuis je la connaissais c’était devenu mon passe-temps préféré.

 

« Bon oui d’accord. Mais il faut bien que je me fasse un peu plaisir aussi ! Mes petites fesses sont délicates, je te l’ai déjà dis ! » Me plaignis-je en soulevant mon derrière pour appuyer mes dires.

 

« Ah ok … Donc…Ce seront les sièges qui masseront tes petites fesses délicates… Je n’aurais pas à m’en charger comme cela ! » Me répondit ma muse avec un sourire mutin et un regard malicieux.

 

J’ouvris puis fermai la bouche, n’arrivant pas à y croire. Que venait-elle de me dire ? Qu’elle avait eu l’intention de masser mes fesses ?

 

« Vraiment dommage… J’avais tant d’idées en tête suite à ce massage… » Ajouta-t-elle les yeux rêveurs à l’évocation de ses intentions à l’égard de mes fesses et de ce qui en découlerait.

 

Je la regardai avec des yeux ronds, la bouche grande ouverte, ce qui la fit rire aux éclats.

 

« Si tu commences à me teaser comme ça ma chérie, je ne pense pas que tu finiras la journée ! » Lui dis-je en posant une main sur son genou, la remontant jusqu’au haut de sa cuisse.

 

Elle frémit, se mordant la lèvre inférieure à mon contact, mais comme bien souvent, elle reprit vite le contrôle de ses émotions, et contre-attaqua. Et c’était une des choses que j’aimais le plus dans notre relation.

 

« Hum… Je demande à voir monsieur Castle ! » Répliqua-t-elle en imitant mon geste, ce qui me fit déglutir difficilement lorsqu’elle arriva un peu plus haut que je n’avais osé le faire.

 

Elle tourna la tête en se passant la langue sur le pourtour de ses lèvres, et me fit un clin d’œil aguicheur, m’allumant ouvertement avec une attitude provocante qui me rendrait certainement fou si elle persistait ainsi.

 

« Kate Beckett, vous êtes une diablesse ! » Proclamai-je en secouant la tête dans un long soupir de frustration.

 

Elle rit de nouveau tandis que je souriais. Ce que j’aimais ce son provenant d’elle. Pour moi c’était la plus belle de toutes les mélodies que de l’entendre rire. Nous arrivâmes au poste, et Kate gara sa voiture à son emplacement puis nous sortîmes de celle-ci. Elle l’observa un moment avec adoration, et fierté. Je souriais de nouveau devant le bonheur qu’elle affichait. Décidément cette nuit blanche à repeindre ce véhicule en valait la peine au vu du visage rayonnant de ma belle. Je savais que sa Victoria avec une signification particulière pour elle, voilà pourquoi j’avais mis tant de cœur à la lui remplacer dans la mesure du possible. Je ne pouvais pas lui rendre ou la faire réparer comme je l’avais fait pour la montre de son père, mais au moins je pouvais lui offrir sa jumelle pour compenser cette perte douloureuse.

 

« Tu viens Castle ? » me demanda ma muse en se tournant vers moi, toujours avec ce sourire radieux qui me faisait défaillir.

 

« Où tu veux Kate ! » Lui répondis-je en trottinant jusqu'à elle comme un enfant qui rejoindrait une camarade de jeu.

 

Elle leva les yeux au ciel comme exaspérée, mais le magnifique rictus de contentement qui ne la quittait pas depuis tout à l’heure contredisait son attitude. Sans être prétentieux, j’étais heureux d’être responsable de ce bonheur qu’elle ne pouvait dissimuler. Durant ces deux semaines, elle ne l’avait pas souvent perdu, sauf durant nos petites disputes. Mais même avec cela, ces 15 jours avaient été le paradis sur terre. Nos brouilles agrémentant notre Eden de piment. J’étais enfin avec ma muse et je ne pouvais pas être plus heureux que cela aujourd’hui. J’avais tant rêvé l’avoir dans mes bras, pouvoir l’embrasser, la toucher, la caresser, lui faire l’amour et lui dire combien je l’aimais que maintenant que ce rêvé était devenu réalité, il était hors de question que je la laisse quitter ma vie, et je mettrais tout en œuvre pour la garder près de moi. Sur ces réflexions, nous pénétrâmes dans le bâtiment et je me dirigeai naturellement vers l’ascenseur, mais elle me retint par le bras.

 

« Non Rick prenons les escaliers ! » Me dit-elle en souriant, me désignant du menton la porte qui menait à ce dit escalier.

 

« Hein mais pourquoi ? » Demandai-je surpris, ne comprenant pas ce choix.

 

« Tu verras, fais-moi confiance à ton tour ! » Me répondit-elle, énigmatique, une étrange lueur dans les yeux.

 

« Bien ! » Acceptai-je sans plus de discussion.

 

Je la suivais donc pour prendre les escaliers, mais je me demandais bien pourquoi elle voulait les emprunter aujourd’hui, alors qu’en 4 ans jamais elle ne l’avait fait. Me trouvait-elle trop gros et voulait-elle me faire faire de l’exercice ? Moi qui pensais avoir perdu assez de calories avec elle en 15 jours. Je souriais comme un idiot en repensant à ces deux semaines fantastiques et des idées peu catholiques naquirent dans ma tête alors que j’avais une vue magnifique sur le derrière de ma si belle muse. Je soupirai en regardant ma montre pour constater qu’il me restait encore plus de 6 heures avant de me retrouver seul avec elle. Cela allait être long, surtout que j’imaginais bien que ma partenaire ne me faciliterait pas les choses, mettant à rude épreuve ma patience et le contrôle de moi-même.

 

Nous arrivions à mi-parcours lorsqu’elle s’arrêta soudainement. Toujours plongé dans mes pensés lubriques en admirant la vue qu’elle m’offrait, je ne vis pas à temps qu’elle s’était stoppée et la percutai. Elle se retourna vers moi en souriant puis sans que j’aie le temps d’esquisser un geste, elle me plaqua contre le mur et fondit sur mes lèvres, me donnant un baiser fougueux. Nos langues se rencontrèrent pour un ballet endiablé. Je gémissais dans sa bouche, et elle enfouit ses mains dans mes cheveux se collant à moi, et je me sentis défaillir. Heureusement que j’étais appuyé contre le mur sinon sans conteste, je serais tombé à terre tant mes jambes tremblaient d’extase. A bout de souffle, elle se décolla de moi, m’observa un moment en se mordant les lèvres puis partit comme si de rien n’était continuant son ascension en se déhanchant, faisant outrageusement onduler son fessier de rêve sans se retourner, mais je pouvais deviner son fabuleux sourire sur son visage d’ange.

 

Au moins maintenant comprenais-je pourquoi elle avait préféré prendre les escaliers. Aucune chance que nous soyons interrompus tant ceux-ci étaient peu utilisés, contrairement à l’ascenseur. Décidément j’étais fou de cette femme et de sa façon de voir les choses. Je soufflais bruyamment tentant de reprendre mes esprits mais j’avais la tête qui tournait, définitivement je préférais prendre les escaliers. Et j’avais bien l’intention de les utiliser le plus souvent possible à présent. Je courrais après elle afin de la rattraper et alors qu’elle allait ouvrir la porte menant au 4ème, je l’interrompais et la plaquai à mon tour contre la porte, la faisant se refermer. Je lui donnai un baiser tout aussi fougueux que le sien, caressant ses cheveux soyeux d’une main et laissant glisser mes doigts le long de sa colonne vertébrale, lui arrachant un gémissement de plaisir, la laissant pantelante. Je la poussai et ouvris la porte, non sans garder un sourire satisfait de mettre une femme comme Kate Beckett dans un état pareil.

 

« Quand je dis que vous ne durerez pas la journée miss Beckett ! » Ricanai-je alors que j’entendais un long râle sortir de sa bouche.

 

Et sur ce je rejoignis la criminelle. Bien vite elle me rattrapa arrivant par derrière, elle se hissa à mon oreille, me faisant frissonner de par son souffle.

 

« Que le jeu commence alors. Je ne perdrai pas, monsieur Castle vous êtes un homme d’ores et déjà fichu ! » Me susurra-t-elle sensuellement.

 

Je me crispai au son de sa voix suave. Elle passa devant moi, me laissant figé sur place. Cette femme aurait ma mort sur la conscience, j’en étais sûr et certain. Ce n’est que la voix de Lanie qui me sortit de ma torpeur de sensualité, lorsqu’elle nous interpella.

 

« Comment se fait-il que vous preniez les escaliers ? » S’étonna-t-elle en levant les sourcils, surprise.

 

« L’ascenseur est en panne » L’informa ma muse le plus naturellement du monde sans la moindre hésitation ou battement de cil face à son mensonge.

 

« Ah bon ? Je l’ai bien pris y a 5 minutes pour monter de la morgue à ici » Affirma la jeune légiste, suspicieuse.

 

« Et bien entre temps, il est tombé en panne » Rétorqua ma partenaire du tac au tac.

 

J’étais vraiment en admiration face à sa facilité à mentir sans se départir de son assurance. Elle était vraiment une joueuse de poker et un flic redoutable, j’en avais encore la confirmation sous les yeux à cet instant. Si je n’avais pas su réellement la raison de sa montée des marches, je l’aurais volontiers cru sans hésiter.

 

Lanie nous regarda d’un air suspicieux puis le ding de l’ascenseur nous fit tourner la tête. Esposito et Ryan revenaient certainement du déjeuner, ils nous regardèrent en souriant.

 

« Ah voila le retour des héros ! » S’exclamèrent-ils en s’approchant de nous.

 

Je regardais Lanie m’attendant à un interrogatoire en règle. Elle n’avait encore rien dit mais ses yeux en disaient long. Elle nous scruta tour à tour avec un grand sourire puis s’adressa à sa meilleure amie après l’avoir observer longuement.

 

« Hum… vous avez changé de rouge à lèvres Miss Beckett ? » Demanda la belle métisse à son amie.

 

« Non Lanie, je n’en porte pas aujourd’hui ! » Lui répondit-elle, un peu surprise par sa question.

 

« Et bien vos lèvres sont bien pulpeuses et rosies pourtant, étonnant pour une personne qui ne porte pas de rouge à lèvres ! » Répliqua-t-elle, un sourire en coin sur le visage.

 

J’ouvris puis fermai la bouche en regardant ma petite amie qui rougissait, n’osant pas me regarder. Lanie se tourna vers moi et son sourire s’élargit encore. Haussant un sourcil, l’œil malicieux, elle me dit d’une voix mutine.

 

« Et vous monsieur Castle vous vous êtes coiffé avec les pieds du réveil ? »

 

Je ravalai ma salive ouvrant les yeux comme des soucoupes. La légiste ne lui laissa pas le temps de répondre mais ajouta avec malice.

 

« Toi va falloir qu’on se parle, je sens que tu as des choses à me raconter ma belle ! »

 

Je regardai Kate, qui pour toute réponse lui sourit. Nul doute que nous étions déjà démasqués aux yeux de Lanie, œil de lynx. La question était de savoir combien de temps mettraient les gars pour s’en rendre compte eux aussi, au vu de leur tête ahurie, ça mettrait bien plus de temps pour eux de découvrir notre secret. Mais nous devrions nous montrer plus discrets, car pour l’instant c’était loin d’être le cas et notre petit jeu de tease n’arrangerait rien. Je regardais Kate qui me souriait tout en ordonnant aux gars de se mettre au travail. Elle passa devant moi me jetant un regard de braise avant de me frôler de sa hanche. Au final rien ne changeait vraiment de d’habitude si ce n’est que nous avions juste passé une étape dans notre jeu de séduction.

 

Nous nous étions toujours allumés ouvertement tous les deux, alors le fait que nous soyons en couple n’y changeait rien, si ce n’était que cela ajoutait un peu plus de piment entre nous. Et surtout je m’amusais d’ores et déjà à échafauder des plans pour rendre ma muse folle. Et ce n’était pas les gars qui allaient mettre un frein à cela, bien au contraire. Leur ignorance était encore plus jouissive pour moi et pour elle aussi j’en étais certain au vu des regards qu’elle me lançait discrètement. Nous partagions un secret, notre secret à nous. Une relation cachée de tous comme dans les romans, nous étions des amoureux secrets.

 

Je vis Kate se lever et se diriger d’un pas léger et sensuel vers la salle des archives, non sans m’avoir jeté un regard entendu. Je déglutis, cette femme aurait ma peau, mais mourir de ses mains n’était pas si tragique finalement…

 

Je soupirais me levant à mon tour mais contre toute attente j’allais voir les gars, entamant une discussion avec eux, si y’en avait un qui craquerait, ce ne serait pas moi, du moins, je ferais tout pour mais je savais bien que la lutte serait sans merci.

 

Je vis du coin de l’œil, ma diablesse se retourner pour me regarder discuter avec Esposito et Ryan. Elle ouvrit de grands yeux et se mordit les lèvres en souriant puis se retournant dans un geste gracieux, elle se déhancha jusqu'à la salle des archives, Castle 1/ Beckett 0 mais je sentais bien que très bientôt nous serrions ex æquo, c’était le jeu, c’était simplement nous…


madoka93  (19.10.2012 à 20:10)

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