HypnoFanfics

Interdit aux moins de 16 ans

Suspect: Castle

Série : Castle
Création : 20.10.2012 à 16h39
Auteur : Madur 
Statut : Terminée

« Castle accusé de meurtre? Impensable, et pourtant… Le doute envahit la famille et les amis, et l'écrivain va se retrouver seul en enfer. » Madur 

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Titre: Suspect: Castle.
Auteur: Madur.
Genre: Drame, romance.
Personnages: Ceux de Castle en général.
Classification: NC-17.
Comme d'habitude: Les personnages ne m'appartiennent pas (blablabla…), je fais ça juste pour le fun.
Résumé: Castle accusé de meurtre? Impensable, et pourtant… Le doute envahit la famille et les amis, et l'écrivain va se retrouver seul en enfer.
Note: L'idée de cette fic m'est venue depuis que j'ai entendu parler de  l'épisode dans la saison 5 dont Marlowe disait que Castle serait suspect. Depuis que je l'ai commencé il y a eu d'autres spoilers, j'ai pu en intégrer certains et modifier l'histoire au fur et à mesure de la diffusion des épisodes et des révélations, pour d'autres ça n'a pas été possible. Bref c'est mon interprétation du 5x05 "Cause probable" avant sa diffusion.

Toute ressemblance avec des personnages ou des histoires réelles ne serait que pure coïncidence. 

 

**************

 

Prologue

Je suis un idiot, je suis probablement le plus grand crétin de toute l'humanité! Je ne suis qu'un rêveur qui a pris ses désirs pour la réalité. Mon monde n'existe pas, ma vie n'est qu'une illusion. Ce matin quand je me suis réveillé, je croyais encore que j'avais une famille, des amis et surtout la  plus extraordinaire des petites amies. Ce soir, allongé sur le dos à fixer le plafond, je sais que tout ça n'était pas réel. Le rideau est tombé sur ma vie et la réalité m'a heurté de plein fouet: tout est faux. Ils ont tous fait semblant, ils n'ont fait que me mentir, à chaque instant. Je suis tout seul, mais s'ils s'imaginent que je vais me laisser faire, ils rêvent.


Madur  (20.10.2012 à 16:40)

Chapitre 1

 

40 heures plus tôt

Appartement de Beckett

 

Beckett fut réveillée en sursaut par le vrombissement de son portable sur la table de nuit. Elle jeta un œil à son réveil: six heures du matin. C'était forcément  le commissariat à cette heure. Elle se leva et sortit de la chambre avec son téléphone.

 

-KB: Beckett!

-……

-KB: Ok, je serais là d'ici une demi-heure.

-…………

-KB: Non, je m'en occupe, à tout à l'heure Espo.

 

Elle raccrocha et retourna dans la chambre. La vision de son petit ami allongé sur le dos à moitié découvert fit naître une vague de chaleur dans son ventre. Elle se fustigea mentalement, pas le temps pour un câlin. Elle se rapprocha du lit et entreprit de réveiller le dormeur. Elle le secoua doucement, mais n'obtint qu'un grognement indistinct. Elle décida donc d'employer les grands moyens.

 

-KB: DEBOUT LA-DEDANS! Hurla-t-elle.

 

L'homme fit un bond et se précipita hors du lit. Mal réveillé il se prit les pieds dans les couvertures et s'étala de tout son long. Beckett partit dans un fou-rire incontrôlable.

 

-RC: Vraiment très drôle! Fit Castle, plutôt agacé par un réveil aussi brutal. Ça va te coûter cher, je te préviens.

-KB: Mais oui "chaton". Répondit Beckett entre deux éclats de rire, avant de se diriger vers la salle de bain.

-RC: Tu fais quoi là?

-KB: Je vais prendre ma douche avant d'être en retard. Tu veux bien préparer le petit-déj' pendant ce temps? Fit-elle, redevenue sérieuse. Espo a appelé, on a une affaire.

-RC: Ok. Dit Castle avant de quitter la chambre pour la cuisine, laissant Beckett aller se doucher.

 

Dix minutes plus tard, Beckett entra à son tour dans la cuisine. Castle lui fit un rapide baiser sur les lèvres avant de lui tendre un mug de café et un toast. Il partit à son tour faire sa toilette pendant que sa belle savourait sa première  gorgée de café de la journée.

 

 

 

Graybar Building

420 Lexington Avenue

35 minutes plus tard

 

-KB: Je déteste cet immeuble, ces rats sur la façade sont horribles! Fit Beckett avec une grimace de dégoût.

-RC: C'est parce que tu ne le comprends pas. Dit Castle en saluant de la main Esposito qui venait à leur rencontre.

-RC: En 1927 quand les architectes Sloan et Robertson ont fait cette façade, le Graybar Building était un point névralgique pour les activités maritimes et ferroviaires du pays. L'idée était de mettre en avant les espèces de cônes au-dessus des rats. Il s’agit d'aussières de navires avec leurs cloches qui ont pour but  d’empêcher les rats d’accéder à bord. Ceci afin de préserver les réserves de nourriture de l'équipage et de protéger la cargaison. Accessoirement, ça limitait la propagation de la peste. Expliqua l'écrivain.

-JE: Vous vous tutoyez maintenant?

-RC: Oui. Chacun de nous tutoyait déjà le reste de l'équipe. On ne se vouvoyait qu'entre nous, c'était ridicule.

-KB: Exact, c'est plus facile comme ça.

-JE: Vrai, vous êtes ridicules. Vous êtes même carrément pathétiques tous les deux!

-KB: Hein? Qu'est-ce qui te prend Esposito?

-JE: C'est bon, arrêtez de me prendre pour un idiot. Je sais pour vous deux.

-RC: Comment…

-JE: Vous êtes pas très discrets! Fit Esposito en lui coupant la parole.

-KB: Qui d'autre est au courant?

-JE: Mais tout le monde bien sûr!

-RC: Même Gates? Demanda Castle, légèrement inquiet.

-JE: Peut-être pas le "Gant de Fer". Enfin, je dis ça comme ça, j'en sais rien.

 

Beckett coupa court à cette discussion qui la mettait mal à l'aise en se dirigeant vers le hall de l'immeuble.

 

Graybar Building

Appartement 301

 

Ils pénétrèrent dans l'appartement de la victime, où ils trouvèrent les techniciens de la scientifique affairés un peu partout. Lanie, quant à elle était perchée sur un escabeau.

 

-RC: Waouh, c'est… Waouh! Fit Castle bouche bée.

-KR: J'étais sûr que ça te plairait, tout à fait le genre de truc que tu  pourrais écrire. Dit Ryan avec un grand sourire, avant de s'éloigner sous le regard agacé que lui lança Beckett.

-RC: Alors ça, c'est vraiment nouveau! Dit Castle, un regard moitié fasciné moitié horrifié braqué sur le corps mutilé attaché au plafond du salon.

-KB: Qu'est-ce que tu peux nous dire Lanie. Fit Beckett tentant d'ignorer son petit ami.

-LP: Bonjour à vous aussi. Leur répondit Lanie.

-RC: Euh… Bonjour. Dit Castle le plus gentiment possible, pour essayer de calmer la légiste.

-LP: C'est tout ce que vous avez à me dire tous les deux?

-KB: Lanie s'il te plait, c'est pas le moment, on en reparlera plus tard. Concentre-toi sur le corps. Qu'est-ce qu'on a?

-LP: Pour ça tu vas devoir attendre que mes gars la décrochent. Asséna Lanie, son regard faisant clairement comprendre aux deux tourtereaux qu'ils ne perdaient rien pour attendre.

 

Pendant que les assistants de la morgue détachaient le corps et le posaient sur la civière, Ryan et Esposito s'approchèrent de Castle et Beckett.

 

-KB: Qu'est-ce qu'on sait sur la victime?

-KR: Tess Harper, 28 ans. Elle travaillait pour une agence immobilière: " Barnes". Ils sont au  750 sur Lex.

-KB: Qui a trouvé le corps?

-JE: Sa colocataire, Elle Daniels, 30 ans, styliste chez " Levis Store". Ils sont au même endroit que l'agence immobilière. Mademoiselle Daniels rentre tout juste d'un voyage d'affaire à Paris. En arrivant, elle a eu la surprise de découvrir… ça. Dit-il avec un geste circulaire de la main, englobant la scène de crime.

-KB: Elle a pu vous apprendre quoi que ce soit sur notre victime? Demanda  Beckett en observant Lanie examiner le corps.

-KR: Pas pour le moment, elle est trop choquée pour être interrogée.

-KB: Ok. Parlez-lui dès que possible. En attendant, faites le tour du voisinage pour vérifier si quelqu'un n'aurait pas vu ou entendu quelque chose. Castle et moi, nous irons voir son patron. Et Ryan, renseigne-toi aussi pour savoir si la victime a de la famille, qu'on sache qui prévenir de son décès.

-LP: Vous devriez venir voir ça. Lança Lanie au quatuor.

 

Ils s'approchèrent tous les quatre de la légiste et du corps.

 

-KB: Qu'est-ce que tu as découvert Lanie?

-LP: La pauvre fille a été longuement torturée avant de mourir. Et ça, fit-elle en montrant deux symboles gravés sur le front, le tueur l'a fait alors qu'elle été encore en vie.

-KR: Qu'est-ce que c'est que ce machin?

-LP: Aucune idée.

-JE: Un symbole vaudou?

-RC: Non, ce sont des runes. Dit Castle en se penchant vers le corps mutilé.

-KB: Tu peux les déchiffrer?

 

Castle, montra le premier symbole fait du signe inférieur contre lequel était accolée une barre verticale.

 

-RC: Celui-ci c'est Thorn. Il est renversé, ce qui signifie que la victime n'a pas écouté les conseils d'un tiers et s'est entêté à continuer dans une voie qui lui a amené des problèmes.

 

Il montra le second symbole, une flèche, pointe vers le bas.

 

-RC: Et celui-là, c'est Tyr, encore appelé Tiwaz. Il est lui aussi renversé ce qui veut dire: infidélité.

-JE: Comment tu sais ça?

-RC: J'ai étudié les runes un temps, je voulais les utiliser pour une conspiration dans  un Derrick Storm, mais j'ai finalement laissé tomber l'idée. Fit-il en haussant les épaules.

-KB: En attendant, ça ne nous aide pas beaucoup. Il est temps d'aller voir son patron. CASTLE! Cria-t-elle, voyant que l'écrivain ne bougeait pas, le regard toujours posé sur le corps.

 

Il sursauta, semblant sortir d'une transe. Puis il la suivit hors de l'appartement sous les regards surpris de Ryan, Esposito et Lanie.


Madur  (21.10.2012 à 14:06)

Chapitre 2

 

Ils étaient dans la voiture depuis plus de vingt minutes et Beckett commençait à s'inquiéter du mutisme de son compagnon.

 

-KB: Qu'est-ce qui te tracasse? Demanda la jeune femme voyant l'expression soucieuse sur le visage de l'écrivain qui se reflétait sur la vitre passager.

-RC: Hmm.

-KB: Je vois bien que quelque chose ne va pas depuis que tu as vu ces runes sur le front de Tess Harper.

-RC: Tess c'est le diminutif de Theresa?

-KB: Je ne sais pas. Pourquoi tu me demande ça?

 

Mais Castle était de nouveau perdu dans ses pensées.

 

-KB: Tu as remarqué quelque chose dans l'appartement?

-RC: Hmm.

-KB: Tu crois que son meurtre est lié à un rituel quelconque, genre secte satanique ou autre?

-RC: Hmm.

-KB: Non, elle est sûrement un agent de la CIA qui collabore avec les extra-terrestres pour dominer le monde, et ils utilisent une mite géante pour traquer tous ceux qui savent. Dit-elle un sourire en coin.

-RC: Hmm.

-KB: Bon très bien, ça suffit. Fit-elle énervée.

 

Elle planta un brusque coup de frein et donna un violent coup de volant pour immobiliser la Crow Victoria le long du trottoir. Castle avait posé par réflexe ses mains sur le tableau de bord afin de ne pas heurter le pare-brise.

 

-RC: MAIS T'ES MALADE! Cria-t-il effrayé.

Voyant qu'elle avait enfin toute son attention, Beckett ignora l'insulte. Elle arrêta le moteur et se tourna vers  lui.

 

 

-KB: Parle-moi. Dis-moi ce qu'il y a. Fit-elle, lui jetant un regard inquiet.

-RC: Rien… Rien d'important.

-KB: ça l'est suffisamment pour que tu sois ailleurs depuis le début de cette enquête.

-RC: C'est rien, vraiment. C'est juste que…

-KB: Que quoi? Dit-elle, après un long silence de Castle.

-RC: Je ne sais pas. J'ai l'impression d'être passé à côté de quelque chose d'important, et je  n'arrive pas à savoir ce que c'est.

-KB: Comment ça?

-RC: C'est comme si mon subconscient me hurlait quelque chose que je n'arrive pas à entendre, comme un souvenir que j'aurais oublié. J'ai tout un tas de signaux d'alarmes qui résonnent dans ma tête sans que  je sache pourquoi, et ça m'agace.

-KB: Oh, allez. Bientôt tu vas me dire  que ton instinct de super-héros…

-RC: Je ne plaisante pas! La dernière fois que j'ai ressenti quelque chose d'aussi fort, c'était pendant ton éloge funèbre à Montgomery.

-KB: C'est comme ça que tu es le seul à avoir perçu le danger à ce moment-là?

-RC: Oui, je percevais physiquement que quelque chose n'allait pas... Je la sens pas cette affaire… Il y a comme une menace qui flotte, mais je n'arrive pas à voir d'où elle vient. Et je n'aime pas ça.

-KB: Rappelle-toi ce que tu me dis toujours quand je suis frustrée et que je m'acharne en vain. Fit-elle en lui caressant tendrement la joue avec le revers de sa main. Qu'il est inutile de forcer, qu'il faut laisser les choses se faire naturellement et que tout se mettra en place.

-RC: Je sais. Dit-il en tournant la tête pour la regarder dans les yeux.

 

Il lui mit une main sur la joue, avant de capturer ses lèvres pour un baiser léger. Beckett y répondit aussitôt en  passant ses mains derrière sa nuque. Elle lui caressa les lèvres avec sa langue, cherchant à approfondir l'échange. Castle se laissa faire et leurs langues entamèrent une danse sensuelle qui déclencha des ondes électriques partout  dans leurs corps. Quand le besoin de respirer se fit le plus fort, ils restèrent front contre front, les yeux dans les yeux, un grand sourire illuminant leur visage.

 

-RC: Je t'aime Kate.

-KB: Je sais Castle. Répondit-elle avant de se détourner pour redémarrer et insérer à nouveau la Crown Victoria au milieu du flot dense de la circulation du samedi matin.

 

Si elle avait attendu quelques secondes de plus avant de quitter le regard de son compagnon, elle aurait vu dans ses yeux la déception et une légère inquiétude. Une fois de plus, il l'avait appelé par son prénom et elle avait répondu par son nom de famille. Plus embêtant, à chaque fois qu'il lui disait qu'il l'aimait, elle répondait systématiquement "je sais" ou "moi aussi". Jamais il n'avait eu droit à un "je t'aime" venant d'elle. Au début il avait pris ça pour une forme de timidité ou de gêne, il avait trouvé ça mignon. Mais après plusieurs mois de relation, ça commençait à l'inquiéter. Il se mettait à douter. Oh, pas d'elle. Non, il doutait de lui. Etait-il à la hauteur de ce qu'elle attendait d'un homme? Correspondait-il à son idéal masculin? Il doutait, il avait peur de la perdre. De sombres pensées continuèrent à assaillir son esprit tout le long de l'interminable trajet au milieu des embouteillages.

 

 

14H30, Salle d'autopsie

 

La visite au patron de Tess Harper s'était révélée infructueuse. Ils s'étaient arrêtés en route pour manger sur le pouce et était de retour au commissariat pour rendre une petite visite à Lanie. Beckett espérait qu'elle aurait des infos permettant de faire avancer l'enquête. Mais c'était sans compter sur le caractère têtu de la légiste qui n'avait pas abandonné l'idée de tout savoir de sa relation avec l'écrivain. Elle leur sauta dessus, à peine eurent-ils franchi les portes battantes.

 

-LP: Ah, vous voilà enfin!

 

Castle et Beckett la regardèrent, mal à l'aise.

 

-KB: Euh… Lanie…

-LP: Castle, va au distributeur et ramène-nous du café. Ordonna-t-elle à l'écrivain. Il était évident qu'elle voulait un moment en tête à tête avec sa meilleure amie pour la cuisiner.

 

Castle hésita, il n'était pas sûr de vouloir laisser sa petite amie affronter seule la légiste. Il se tourna vers Beckett, attendant un signe de sa part.

 

-LP: Allez ouste, file! T'as pas besoin de sa permission, fais ce que je te dis.

 

Castle, le regard toujours braqué sur la détective, ne bougea pas. Puis Beckett fit un très léger mouvement de  tête pour lui signifier que tout irait bien. Alors seulement, l'écrivain consentit à sortir, ignorant le soupir d'agacement que poussa Lanie.

 

-LP: Allez raconte. Met-toi à table, je veux tout savoir.

-KB: Savoir quoi? Si on couche ensemble? Oui. Si c'est bien? Encore oui. Quoi d'autre?

-LP: Oh là! Sujet sensible on dirait.

-KB: Franchement, tu t'attendais à quoi?

-LP: Je sais pas. A ce que tu cries sur tous les toits que tu as mis le grappin sur un des riches célibataires les plus convoités de New-York, par exemple. Juste pour dire: il est à moi les filles, bas les pattes.

-KB: Pour faire la une de tous les tabloïdes dans l'heure qui suit, non merci!

-LP: C'est ça qui t'embête: les paparazzis?

-KB: Pas seulement, il y a Gates aussi.

-LP: Qu'est-ce que tu veux qu'elle fasse?

-KB: En profiter pour se débarrasser enfin de lui.

-LP: Et alors, c'est pas ça qui mettra fin à votre relation.

-KB: Tu ne comprends pas, j'ai besoin de lui!

-LP: Oh, allez. Tu faisais déjà ton boulot avant de le connaître, tu continueras même sans lui!

-KB: Sans lui, je n'aurais plus de boulot depuis longtemps. Soupira-t-elle.

-LP: Comment ça?

-KB: Quand je suis revenue, après la fusillade…

-LP: Oui? Fit Lanie, voyant qu'elle ne continuait pas sa phrase.

-KB: J'étais terrorisée, la peur me paralysait complètement. Je me figeais face à une arme, incapable de me maîtriser. Sans Castle, je n'aurais jamais réussi à reprendre le contrôle de ma vie.

-LP: Tu m'en avais jamais parlé. Dit-elle sur un ton de reproche.

-KB: Tu sais bien que je déteste me montrer vulnérable!

-LP: Alors, comment il est au pieu "Writer Boy"? Demanda la légiste pour alléger l'atmosphère.

-KB: Tendre, doux, attentif, à l'écoute. Mon Dieu Lanie, je n'avais jamais ressenti ça avec un homme.

-LP: Comment ça?

-KB: Il fait toujours passer mon plaisir avant le sien, ça en est parfois gênant. Même dans la vie quotidienne, il est à l'écoute de mes envies et il devance toujours mes désirs. Personne ne m'a jamais si bien comprise que lui, pas même mon père.

-LP: Eh bien dis-donc! T'es vraiment mordu de ce gars. D'ailleurs, en parlant du loup, il s'impatiente. Fit-elle en désignant Castle qui les regardait à travers la vitre de la porte.

 

Beckett lui fit signe de les rejoindre dans la salle. Il entra, un gobelet de café dans chaque main qu'il leur offrit avec un petit sourire.

 

-RC: Ces dames sont servies.

-KB: Merci Castle.

-LP: Merci.

-KB: Et si on en revenait à notre victime?

-LP: Ok. Qu'est-ce que  tu veux savoir?

-KB: Tout.

 

Lanie se dirigea vers son bureau pour y prendre son rapport.

 

-LP: Ta victime a été longuement violée…

-KB: Des traces d'ADN?

-LP: J'allais y venir. Et si tu me laissais finir mes phrases?

-KB: Pardon. Fit-elle nerveuse.

 

Castle posa doucement sa main sur son épaule. Aussitôt, elle se détendit et lui offrit un sourire auquel il répondit par un hochement de tête imperceptible. Ce petit échange arracha un immense sourire à Lanie.

 

-LP: Elle a été violée par un objet en bois d'un diamètre que j'évaluerais à environ dix centimètres et demi au vu des lésions vaginales. J'ai retrouvé un éclat de frêne dans une des blessures.

-RC: Je sais ce que l'assassin a utilisé!

-KB: Quoi?

-RC: Une batte de baseball. Leur diamètre est de 7 cm au point le plus mince et de 10,67 cm au point le plus épais. Et elles sont faites en frêne.

-LP: Effectivement, ça pourrait coller.

-KB: Tu as autre chose?

-LP: Oui. Tout son corps a été tailladé et poignardé avec un couteau dont la lame mesurait environ 17 cm. J'ai fait un moulage de la lame, un de mes assistant est en train de chercher le type d'arme correspondant. Et pour finir, sa cage thoracique a été ouverte par quelqu'un qui ne s'y connaissait pas, c'est un vrai massacre. Son meurtrier lui a ensuite arraché le cœur pour l'achever.

-KB: On l'a retrouvé sur la scène de crime?

-LP: Non, aucune trace.

-RC: Son assassin éprouvait une très grande rage envers elle.

 

 Devant le regard interrogatif des deux femmes, il enchaîna.

 

-RC: Ne me dites pas que vous n'avez rien remarqué!

-KB: Quoi?

-RC: Le viol, le cœur arraché, la signification des runes. Moi je chercherais si elle avait un ou une ex. M'est avis que la déception amoureuse fait un bon mobile.

-KB: C'est pas faux. Autre chose Lanie?

-LP: La mort se situe aux environs de 02h00 du matin, mais son calvaire a commencé au moins deux heures avant.

-RC: Bizarre que les voisins n'aient rien entendus.

-LP: Pas tant que ça. Elle avait un mouchoir profondément enfoncé dans la gorge.

-KB: Des traces sur le mouchoir?

-LP: Non, pas d'autre ADN que celui de la victime.

-KB: Ok, on te laisse. Merci Lanie.


Madur  (22.10.2012 à 21:35)

Chapitre 3

 

Commissariat du 12ème

Bureau de Beckett

16H00

 

 

Beckett et Castle allaient s'atteler à remplir le tableau blanc quand Esposito et Ryan arrivèrent.

 

-KB: Vous avez du nouveau?

-JE: Non, ça n'a rien donné.

-KB: Et du côté de la colocataire?

-KR: On n'a toujours pas pu l'interroger. Le doc l'a fait hospitaliser, on ne pourra lui parler avant au moins trois jours. Pour ce qui est de la famille de la victime, on cherche encore.

-JE: Tiens, la photo de son permis de conduire.

 

Esposito tendit une photo à Beckett. Cette dernière l'aimanta sur le tableau et inscrivit son nom en dessous.

 

-RC: C'est la victime? Fit Castle surpris.

-JE: Ouais. Mignone hein? On l'aurait pas dit. Mais vu l'état dans lequel elle a été retrouvée, même sa  propre mère  ne l'aurait pas reconnu.

-KR: Eh Castle, ça va? On dirait que t'as vu un fantôme.

-RC: Excusez-moi. Dit-il,  avant de partir en courant vers les toilettes.

-JE: Qu'est-ce qui lui prend? Demanda Esposito à Beckett.

-KB: Je ne sais pas, il est bizarre depuis ce matin.

-KR: Je vais voir comment il va. Fit Ryan en partant.

 

Dix  minutes plus tard, quand Ryan et Castle revinrent, Beckett et Esposito avaient terminé de remplir le tableau avec le peu d'informations dont ils disposaient.

 

-KB: Tout va bien? Demanda-t-elle inquiète à l'écrivain.

-RC: Oui, t'en fais pas. C'est juste le chinois de midi qui passe pas, rien de grave.

-JE: Tu transpires "Bro", tu devrais rentrer t'allonger.

-KB: Il a raison, tu n'as pas l'air bien.

-RC: Non, ça ira.

-KB: Pas de discussion! Allez, je te ramène chez toi. De toute façon, on n'apprendra rien de plus aujourd'hui. Vous aussi rentrez les gars, on se revoit demain à la première heure.

-JE: Ok, à  demain.

-KR: A demain.

-RC: Et si on allait plutôt chez toi?

-KB: Impossible, je  te rappelle que tu as réservé ton week-end pour le passer avec ta fille. Elle arrive ce soir.

-RC: Ah bon?

 

Persuadée qu'il plaisantait, Beckett ouvrit la bouche pour le vanner, mais son air perdu l'alarma.

 

-KB: Tu as vraiment oublié?

-RC: Je… Il soupira de frustration, incapable d'exprimer clairement ce qu'il ressentait.

-KB: Ok. On fera un arrêt en route chez ton médecin. Fit Beckett très inquiète.

-RC: Non c'est bon. Je vais  m'allonger et rester tranquille quelques heures, ça va passer. Juré maman!

 

Mais sa plaisanterie ne détendit pas Beckett. Elle décida qu'elle resterait avec lui. Rien que de l'imaginer tout seul un instant, l'amenait au bord de la panique. Elle allait lui laisser le week-end, mais si ensuite il n'allait pas mieux, qu'il soit d'accord ou pas il verrait un médecin.

 

 

 

Loft de Castle

Lendemain matin

08H00

 

-AC: Comment va papa?

-KB: Il a l'air d'aller mieux, il s'est enfin endormi.

-MR: La nuit a été difficile?

-KB: Plutôt oui. Il n'a pas arrêté de vomir et il transpirait beaucoup. Mais le plus dur a l'air d'être passé. Je serais quand même plus rassurée s'il acceptait devoir un médecin.

-MR: Tu auras du mal à le convaincre, il déteste les docteurs.

-KB: J'avais cru remarquer. Fit-elle avec un sourire. Bon c'est pas que je vous apprécie pas, mais il faut que j'aille travailler.

-MR: Un dimanche?

-KB: Hélas, les criminels n'ont aucun respect pour le repos dominical des policiers.

-AC: Tu manges rien?

-KB: J'achèterais une viennoiserie sur le chemin. Je vous confie Rick jusqu'à ce soir, n'hésitez pas à m'appeler s'il y a quoi que ce soit.

-MR: Allez, sois sans inquiétude, on va s'occuper de lui.

 

 

 

Commissariat du 12ème

Bureau de Beckett

09H00

 

Beckett fixait intensément le tableau, une tasse de café dans la main, quand Ryan et Esposito arrivèrent.

 

-JE: Du nouveau?

-KB: Pas encore, on devrait avoir le rapport de la scientifique en fin de matinée.

-KR: Castle n'est pas là?

-KB: Non, il se repose, il a été malade toute la nuit.

-JE: Qu'en dit le médecin?

-KB: Castle refuse d'aller en consulter un.

-JE: Oh! Peut-être que tu devrais demander à  Lanie de lui rendre une petite visite.

-KB: J'y penserais.

 

A ce moment-là, le téléphone se mit à sonner sur le bureau de Ryan.

 

-KR: Ryan! Ok, merci vieux.

 

Il raccrocha et revint vers le tableau.

 

-KR: Les parents de Tess Harper sont décédés dans un accident de la route il y a trois ans et on ne lui connait pas d'autre famille.

-KB: Donc la seule personne proche c'est sa colocataire. Il faut absolument qu'on l'interroge.

-JE: Oui, mais pour ça, il faut attendre le feu vert de son médecin.

-KB: Je sais. Dit-elle en poussant un soupir de frustration.

 

Le téléphone de Beckett se mit à sonner à son tour.

 

-KB: Beckett! D'accord, on l'attend.

 

Elle se retourna vers le duo.

 

-KB: L'assistant de la morgue arrive avec le moulage de l'arme, il l'a identifié.

-JE: Waouh, ça c'est du rapide. S'exclama Esposito en voyant arriver Steven Sark.

 

Sark tendit un sachet à Beckett. A l'intérieur, il y avait un moulage en résine d'une lame de couteau.

 

-SS: Il s'agit d'un M3 Trench Knife de 1943, il a été développé pour les soldats américains pendant la seconde guerre mondiale. Fit-il sans perdre de temps en salutations inutiles. Le revêtement noir de la lame est en acier au carbone SK-5, la poignée est en cuir avec anneaux  pressés. Afin d'assurer une qualité constante, le M3 a un numéro de série individuel. Il a une  longueur totale de 29,8 cm, la lame fait 17,1 mm et il a un poids de 237 g. C'est une arme de collection, les modèles originaux sont assez rares, par contre il existe de nombreuses reproductions récentes. En tout cas le vôtre est d'origine. Si vous voulez une description plus précise, consultez internet.

-KB: Inutile, je vois très bien à quoi il ressemble.

-JE: Comment?

-KB: Castle en a un dans sa collection d'armes.

 

Sark partit comme il était arrivé, sans un mot inutile et sans les saluer.

 

 

 

Commissariat du 12ème

Bureau de Beckett

11H00

 

L'équipe était en train de faire une pause-café, quand le rapport de la scientifique fut déposé sur le bureau de Beckett. Aussitôt elle sortit de la salle de repos pour aller en prendre connaissance. La voyant blêmir,  Ryan et Esposito se précipitèrent ver elle.

 

-JE: Un problème?

-KB: Ils ont trouvé les empreintes d'un inconnu un peu partout chez la victime. Ils viennent de les identifier.

-KR: C'est plutôt une bonne nouvelle, ça veut dire qu'on a un suspect.

-KB: Ce sont celles de Castle.

-JE: Comment ça? C'est une blague?

-KB: J'aurais préféré.

-KR: Mais enfin, c'est impossible!

-JE: Sauf s'il connaissait la victime.

-KR: Dans ce cas, pourquoi n'avoir rien dit?

-JE: Qu'est-ce que j'en sais moi!

-KB: On se calme. A partir de maintenant, on marche sur des œufs. On doit suivre la procédure à la lettre si on ne veut pas que Gates nous retire cette enquête.

-JE: Et on fait quoi?

-KB: On fait notre boulot! On doit chercher s'il y a une connexion entre Castle et Tess Harper.

-KR: Et on dit quoi à Castle?

-KB: Rien pour le moment, on verra plus tard. Trouvez-moi les bandes de vidéo-surveillance du Graybar Building de ces quatre dernières semaines pour commencer.

-JE: Ok, on s'y met tout de suite.

 

Ils partirent, la laissant seule avec ses interrogations et ses peurs.


Madur  (24.10.2012 à 21:11)

Chapitre 4

 

Commissariat du 12ème

Bureau de Beckett

17H00

 

Anéantis, les trois détectives regardaient sans y croire la vidéo qui défilait pour la cinquième fois sur l'ordinateur de Ryan.

 

-KR: C'est impossible! Fit-il sous le choc.

-JE: Et  pourtant c'est vrai. Répondit Esposito avec colère.

 

Beckett, les larmes aux yeux, était incapable de prononcer ne serait-ce qu'un mot. Sur l'écran, la victime entrait dans son immeuble au bras de Castle. Le time-code indiquait que les images avaient été enregistrées l'avant-veille à 23H12. Soit moins d'une heure avant le début du calvaire mortel de Tess Harper. Sur la vidéo, l'écrivain titubait, probablement un peu saoul. Richard Castle était maintenant le principal suspect de leur enquête. D'autant plus que d'autres preuves à charge vinrent étayer un peu plus leur dossier. Un officier leur apporta le rapport sur les dernières heures de la vie de la victime.

 

-JE: Tess Harper s'est rendue dans une bijouterie: "Mike's Jewelry" au coin de la 330 Est et de la 65ème rue, il était environ 17H00. Une patrouille nous ramène la vidéo de la bijouterie. Après ça, vers 20H00, elle a diné dans un restaurant indien, le "Tamarind" sur la 22ème rue. Le réceptionniste a reconnu l'homme qui l'accompagnait, c'était Castle.

 

Un policier donna à Ryan la vidéo de la bijouterie. Il inséra immédiatement le CD dans son ordinateur pour  le lire. Et une fois de plus ils y découvrirent Tess Harper en compagnie de Castle, en train d'acheter ce qui ressemblait à un collier de diamants.

 

-KB: Ryan, appelle la bijouterie et demande ce qu'ils ont vendu à Castle et à quel prix. Fit Beckett, atterrée par l'accumulation de preuves contre son petit ami. Espo, contacte la banque de Castle et demande leur de te fournir un relevé de ses transactions pour la semaine écoulée.

 

Les deux hommes s'exécutèrent sans un mot, incapables de trouver comment la réconforter, bien trop troublés eux-mêmes.

 

-KR: Le patron de  la bijouterie est absent, il fait un séminaire sur la sécurité, il est injoignable jusqu'à mercredi. Fit Ryan, environ une demi-heure plus tard. Toutefois, l'employé confirme que Castle et Tess Harper s'y trouvaient bien vendredi. C'était la troisième fois cette semaine qu'ils y allaient, à chaque fois ils étaient reçus directement par le patron Joshua Weir, sauf vendredi où il était absent. Il ignore ce qu'ils ont achetés, mais il a retrouvé une facture au nom de Castle de soixante-trois mille dollars. Qui dépense une somme pareille pour des bijoux?

-JE: Les gens riches. Dit Esposito, écœuré. J'ai les documents de la banque, Castle a fait deux virements au profit de "Mike's Jewelry" pour un montant total de soixante-trois mille dollars. Et c'est pas tout, il a fait faire un chèque certifié d'un million et demi de dollar au nom du propriétaire Joshua Weir.

-KB: Mais enfin, qu'est-ce qu'il trafique!

-JE: Il t'en a jamais parlé?

-KB: Evidement que non.

-KR: En attendant, les preuves sont accablantes. Dit-il désolé.

-KB: Je sais. Soupira-t-elle. Je dois prévenir Gates, je n'ai plus le choix.

 

 

 

Commissariat du 12ème

Bureau de Gates

19H30

 

-VG: Donc, résumons. Quelles sont nos preuves?

-JE: D'abord les runes incisées sur le front de la victime, que Castle a identifié sans difficulté alors même que personne d'autre ne savait de quoi il s'agissait. Ensuite le couteau qui a servi à torturer et tuer la victime, Castle en possède un identique. C'est aussi lui qui a trouvé qu'une batte de base-ball avait été utilisée pour violer la victime.

-KR: Castle connaissait la victime, ils ont été vus à trois reprises cette semaine chez "Mike's Jewelry". Castle y a acheté pour plus de soixante mille dollars de bijoux.

-VG: On les a retrouvés?

-KR: Pas encore, ils n'étaient pas dans l'appartement, mais la victime a un coffre à la banque. Nous avons obtenu un mandat pour y accéder dès l'ouverture de la banque demain matin.

-JE: Nous savons aussi que la victime et Castle sont allés dans un restaurant indien, puis il l'a raccompagné chez elle dans le créneau horaire critique, et nous avons ses empreintes sur le lieu du crime.

-VG: Il n'a jamais mentionné qu'il la connaissait?

-KB: Jamais.

-VG: Quoi d'autre?

-JE: Il a fait faire un chèque certifié au nom du patron de la bijouterie, d'un montant d'un million et demi de dollars.

-VG: Quel genre de bijou vaut une somme aussi astronomique?

-KR: Et pourquoi faire le chèque au nom du bijoutier et pas à l'ordre de la boutique?

-VG: Bon ça suffit, nous en avons assez pour demander un mandat de perquisition pour le loft de Castle. Contactez le juge Markway.

-KB: Ce n'est pas une bonne idée.

-VG: Je sais que vous aimez bien Castle, mais les preuves sont accablantes.

-KB: Je ne le conteste pas, mais Castle a été l'un des nôtres ces cinq dernières années. Notre enquête doit être irréprochable si nous ne voulons pas être accusés de favoritisme.

-VG: Où voulez-vous en venir?

-KB: Je dis simplement qu'il serait préférable de faire appel à un juge qui ne soit pas un ami du principal suspect.

-VG: Oh! Toutes mes excuses détective, vous avez raison. Ryan, contactez le juge Raynolds. Et foncez chez Castle dès que vous avez le mandat.

-KR: Oui chef.

 

 

 

 

22H00, Loft de Castle

 

 

Quelqu'un frappait à la porte. Castle se leva péniblement du canapé pour aller ouvrir.

 

-RC: Aurais-je oublié que je vous avais invité? Fit-il, surpris de voir ses amis.

 

Mais leurs mines sombres le surprirent. C'est alors qu'il remarqua les trois agents en uniforme derrière eux.

 

-RC: Un problème?

 

Esposito s'avança, le forçant à reculer dans le loft. Un des agents se posta devant la porte, à l'extérieur, et un deuxième fit de même à l'intérieur. Esposito tendit un papier à Castle pendant que le troisième agent l'obligea à aller s'assoir sur le canapé. Immédiatement, Esposito se dirigea vers la chambre, tandis que Ryan allait dans le bureau vers la collection d'armes pour prendre le M3 Trench Knife.

-RC: Un mandat de perquisition? C'est une blague? Les gars? Beckett? Quelqu'un va-t-il enfin m'expliquer ce qu'il se passe!

 

Beckett s'approcha de lui et lui résuma les progrès de l'enquête durant la journée.

 

-RC: Mais c'est impossible. Fit-il abasourdi.

-KB: Qu'as-tu à dire pour ta défense?

-RC: Je n'ai rien fait de mal!

-KB: Tu es soupçonné de meurtre, et c'est tout ce que tu trouves à dire?

-RC: Mais c'est la vérité, je suis innocent!

 

Il croisa le regard plein de reproches de Beckett.

 

-RC: Tu crois quand même pas que j'ai tué cette fille?

 

Elle baissa la  tête.

 

-RC: Non, tu ne le pense pas. Constata-t-il. Non, c'est pire. Tu crois que je t'ai trompé avec elle. J'ai toujours cru que dans un couple, on faisait confiance à l'autre, qu'automatiquement on le croyait  sur parole. Ce n'est visiblement pas ton cas. Fit-il avec amertume. Je pensais bêtement que tu me connaissais suffisamment pour savoir que je ne ferais jamais ça.

-KB: Oh, je t'en prie! Ton passé parle pour toi.

 

Il ferma les yeux et serra les poings aussi fort qu'il le pu pour ne pas être tenté de la gifler tellement ses paroles le blessait. Il se sentait à nouveau nauséeux et il ressentait une vague de vertige. Beckett essaya de lui parler, mais il était incapable d'écouter. Puis, Esposito appela de la chambre. Ryan et elle allèrent aussitôt le rejoindre.

 

-KB: Qu'est-ce que tu as trouvé Espo?

 

Il leur montra un rouleau de corde.

 

-JE: Trois brins de nylon tressés ensembles, ça correspond à celle utilisé pour attacher Tess Harper au plafond de son appartement. La scientifique devra confirmer, mais je suis sûr que c'est la même.

 

Esposito tendit l'objet à Ryan. Et pendant qu'il le mettait dans un sachet de preuve, il sortit ses menottes et se dirigea vers le salon suivi de Beckett.

 

-RC: Qu'est-ce qu'il se passe? Fit-il inquiet.

-JE: Richard Castle, je vous arrête pour le meurtre de Tess Harper. Tout ce que vous direz…

 

Le reste se perdit dans le brouillard confus qu'était devenu l'esprit de l'écrivain. Il se laissa faire comme une marionnette dont on aurait coupé les fils, incapable de réagir.


Madur  (26.10.2012 à 19:19)

Chapitre 5

 

Commissariat du 12ème

Salle d'interrogatoire

23H00

 

-VG: Monsieur Castle, je ne peux pas dire que je sois ravie de vous voir.

-RC: J'en ai autant à votre service Capitaine.

-VG: Je suppose que vous savez pourquoi vous êtes là?

-RC: Je me le demande encore.

 

Beckett entra dans la salle à ce moment-là. En temps normal, Castle aurait immédiatement tourné la tête pour croiser son regard. Mais pas cette fois-là, il resta concentré sur Gates et ignora totalement la détective. Beckett tendit un rapport à Gates, et pendant qu'elle le lisait, elle en profita pour observer l'écrivain. Il avait le visage fermé, le regard fixé droit devant lui. Il n'avait  pas l'air nerveux, même si elle le trouvait très pâle.

 

-VG: Monsieur Castle, mes hommes ont trouvés chez vous la même corde qui, d'après les experts, a servi à attacher Tess Harper à son plafond. Les marques de coupe d'un des brins correspondent parfaitement avec l'entame du rouleau qui était chez vous. Comment expliquez-vous ça?

-RC: Je ne l'explique pas, je n'avais jamais vu cette corde avant sa découverte dans mon dressing.

-VG: Comme vous voudrez, parlons d'autre chose. Dit-elle en faisant signe à Beckett de prendre le relais.

-KB: Ces photos sont des captures de la bande de vidéo-surveillance du Graybar Building de ce vendredi à 23H12 très précise. Peux-tu me dire quelles sont les personnes sur cette image?

-RC: On dirait la victime.

-VG: Et vous êtes en sa compagnie peu avant qu'elle soit torturée et tuée! Niez-vous être allé chez elle?

-RC: Bien sûr que je le nie! Je n'avais jamais mis les pieds à l'intérieur du Graybar Building avant hier matin, quand je suis entré en compagnie d'Esposito et Beckett.

-VG: Dans ce cas, expliquez-moi comment il se fait que vos empreintes soient partout dans l'appartement 301?

-RC: Je n'en sais rien.

-KB: Tu as demandé à ta banque un chèque certifié d'un million et demi de dollar pour un bijoutier du nom de Joshua Weir. A quoi était destiné cet argent?

-RC: Ce chèque n'a rien à voir avec votre enquête.

-KB: Dans ce cas, dis-nous à quoi doit servir cette somme.

-RC: C'est personnel, ça ne vous regarde pas.

-VG: D'accord, passons. J'ai ici un relevé de vos comptes. Dessus figurent deux virements pour un montant total de soixante-trois mille dollars pour des achats chez "Mike's Jewelry", dont le propriétaire se trouve être Joshua Weir.

-KB: Voici  une autre photo, on te voit en compagnie de la victime chez "Mike's Jewelry" en train de lui acheter des bijoux.

-RC: Non, c'est pas ce qu'on voit, parce que je n'ai jamais acheté de bijoux à cette fille.

-VG: Donc vous reconnaissez avoir acheté des bijoux chez "Mike's Jewelry".

-RC: Une fois encore, c'est personnel et cela ne concerne pas l'enquête.

-VG: Je suis seul juge de ce qui concerne ou non l'enquête! Répondez à la question.

-RC: Je n'ai rien à dire.

-VG: Très bien, revenons à la soirée de vendredi. On vous a vu en compagnie de la victime dans un restaurant indien, le "Tamarind". Pourquoi y étiez-vous.

-RC: Je ne suis jamais allé dans ce restaurant.

-KB: Bon, très bien. Tu n'es pas allé dans ce restaurant et tu n'as pas non plus raccompagné Tess Harper chez elle. Dans ce cas, où étais-tu vendredi soir?

-RC: Je… Je crois que le moment est venu de demander mon avocat.

 

 

 

Commissariat du 12ème

Centre de détention

00H00

 

Il était enfermé dans une cellule du commissariat, attendant des nouvelles de son avocat, quand Beckett arriva en compagnie de Martha et Alexis. Quand elle croisa son regard, celui-ci était d'une telle froideur et d'une telle dureté qu'elle préféra battre en retraite et reculer de plusieurs mètres, hors de la vue de l'écrivain.

 

-MR: Non Kate, reste! Tu fais partie de la famille.

-KB: Euh…

-RC: Je veux qu'elle s'en aille! Dit-il avec colère.

 

Martha et Alexis sursautèrent devant le ton qu'il avait employé.

 

-AC: Papa?

-RC: Je ne veux plus la voir. PLUS JAMAIS! Hurla-t-il à la limite de l'hystérie.

-MR: RICHARD CASTLE! Est-ce une façon de se comporter avec sa petite amie?

-RC: CE N'EST PAS MA PETITE AMIE!

 

Il avait l'air hors de lui. Lui d'habitude si calme, si maître de lui, était totalement fou de rage. Les trois femmes eurent peur de lui pour la première fois de leur vie. Puis la peur fit place à l'inquiétude, il était blême et semblait avoir des difficultés à respirer. Martha allait lui demander s'il se sentait bien, mais son fils la devança.

 

-RC: Où est Stuart? Demanda-t-il plus calmement.

-MR: Parti pour le week-end. Je lui ai laissé un message, normalement il sera là dans quelques heures. Fit-elle désolée pour lui.

-AC: Papa? Appela-t-elle d'une toute petite voix.

-RC: Oui pumpkin. Répondit-il à nouveau maître de lui.

-AC: Pourquoi tu as trompé Kate? Tu ne l'aimes plus?

-RC: Toi aussi c'est ce que tu penses? Que je suis infidèle?

 

Alexis baissa la tête, incapable de soutenir le regard plein de colère de son père.

 

-RC: C'est aussi ton avis? Dit-il en s'adressant à sa mère.

-MR: Eh bien, on ne peut pas dire que tu sois le champion de la stabilité dans tes relations. Tu as divorcé deux fois et je ne parle pas de toutes ces bimbos que tu as mis dans ton lit.

-RC: En fait, vous ne savez pas qui je suis, et vous n'en avez rien à foutre! Toutes ces années vous avez fait semblant de vous intéresser à moi, mais en réalité je ne compte pas pour vous. ALLEZ-VOUS EN, CASSEZ-VOUS, DE L'AIR. Se mit-il à vociférer en se jetant contre les barreaux de sa cellule.

 

Sa mère et sa fille reculèrent d'un bond malgré le fait qu'il soit enfermé.

 

-MR: Nous ferions mieux de partir, il a besoin de se calmer.

 

Elles s'éloignèrent vers la sortie, quand elles l'entendirent à nouveau hurler dans leur dos.

 

-RC: C'est ça, partez. ET PAS LA PEINE DE REVENIR!

 

Seul à nouveau, il fut assaillit par des idées noires. Je suis un idiot, pensa-t-il. Je suis probablement le plus grand crétin de toute l'humanité! Je ne suis qu'un rêveur qui a pris ses désirs pour la réalité. Mon monde n'existe pas, ma vie n'est qu'une illusion. Ce matin quand je me suis réveillé, je croyais encore que j'avais une famille, des amis et surtout la  plus extraordinaire des petites amies. Ce soir, allongé sur le dos à fixer le plafond, je sais que tout ça n'était pas réel. Le rideau est tombé sur ma vie et la réalité m'a heurté de plein fouet: tout est faux. Ils ont tous fait semblant, ils n'ont fait que me mentir, à chaque instant. Je suis tout seul, mais s'ils s'imaginent que je vais me laisser faire, ils rêvent.

 

 

 

Commissariat du 12ème

Centre de détention

01H45

 

Il se sentait mal, il avait des nausées. Il transpirait abondement et la lumière lui faisait mal aux yeux. Son cœur s'emballait et il avait du mal à respirer. Il fut violement parcouru de frissons.

 

-RC: Gardien! J'ai besoin de voir un médecin! Réussit-il à appeler.

-G: Ta gueule l'écrivaillon. Ici on est pas à l'hôtel. Tu verras le toubib dans la matinée comme les autres. Répondit le gardien sans prendre la peine de se déplacer.

 

Castle tomba à genou et se mit à vomir de la bile. Au bout de plusieurs minutes, tout son corps trembla de manière incontrôlable. Il se retrouva allongé par terre. Puis, les tremblements se transformèrent en spasmes musculaires douloureux. Encore une minute ou deux et il fut pris de convulsions. Le prisonnier dans la cellule d'en face cria alors pour appeler le gardien.

 

-P: A L'AIDE. IL EST EN TRAIN DE CREVER.

 

Le gardien se précipita.

 

-G: Merde, merde, merde. Fit-il en déverrouillant la cellule de Castle. Ici Jeffries, j'ai une urgence médicale à la cellule quatre. Dit-il dans sa radio.

 

Moins d'une minute plus tard, un médecin et deux infirmiers déboulaient avec un brancard. Le Docteur Loumis s'approchait de Castle pour l'examiner quand il se remit à convulser. Il lui injecta un tranquillisant. Les convulsions cessèrent rapidement, mais son corps s'arqua brutalement avant de retomber, totalement immobile.

 

-DL: Le cœur a lâché. Défibrillateur.

 

Il choqua à trois reprises son patient, sans résultat.

 

-DL: Donnez-moi une ampoule d'adrénaline.

 

Il l'injecta aussitôt directement dans le cœur de Castle.

 

-DL: Reprenez la défibrillation.

 

Pendant plus de dix minutes, le cœur de l'écrivain ne cessa de repartir pour s'arrêter presque immédiatement et ce malgré les efforts acharnés de l'équipe médicale.


Madur  (27.10.2012 à 11:32)

Chapitre 6

 

Commissariat du 12ème

Salle de conférence

08H30

 

Aucun d'entre eux n'avait dormi. Après ce qui leur avait paru une  éternité, le Docteur Loumis avait réussi à stabiliser suffisamment l'état de l'écrivain pour permettre son transfert à l'hôpital. L'équipe médicale avait interdit les visites jusqu'à nouvel ordre. Martha et Alexis, incapables de rentrer dormir au loft, avaient suivi la troupe au commissariat. Après une nuit sans avancée dans l'enquête, ils s'étaient réunis dans la salle de conférence.

 

-MR: Mon dieu Stuart! Te voilà enfin. S'exclama Martha en se précipitant vers un homme d'une soixantaine d'années.

-SW: Désolé, j'étais à Boston, je suis revenu aussi vite que possible. Comment va Richard?

-MR: Son état est stable d'après le médecin. Si rien ne se passe d'ici deux jours, il devrait s'en tirer.

-SW: Mais enfin, que s'est-il passé?

-MR: Je ne sais pas. Je ne comprends rien à tout ça.

 

Elle l'amena dans la salle et le présenta à Gates.

 

-MR: Capitaine Gates, je vous présente Stuart Williamson, l'avocat de Richard.

-VG: Soyez le bienvenu Maître.

-SW: Capitaine. Alors c'est vous et vos hommes qui harcelez mon client?

-VG: Nous ne le harcelons pas Maître, nous avons des preuves qui font de Monsieur Castle le principal suspect d'un meurtre abominable.

-SW: Je croyais que vous le connaissiez?

-VG: Comment ça?

-SW: Il travaille ici depuis cinq ans non?

-VG: Et alors?

-SW: Alors, si vous le connaissiez vraiment, vous sauriez que c'est impossible.

-VG: On voudrait bien vous croire Maître. Malheureusement, les preuves sont là.

-MR: Mais enfin…

 

Lanie fit irruption dans la salle, empêchant Martha de terminer sa phrase.

 

-LP: J'ai le rapport de l'hôpital, et c'est pas bon.

-KB: Comment ça c'est pas bon? Fit Beckett angoissée.

-LP: Castle ne devrait plus être en vie avec ce qu'il avait dans le sang.

-AC: Plus en vie?

-LP: Désolé Alexis.

-JE: Tu nous explique.

-LP: Castle avait dans le sang un mélange de Tryméthilamine et de Rohypnol.

-VG: Vous pourriez développer, que tout le monde puisse comprendre. De quoi s'agit-il exactement?

-LP: Le Tryméthilamine provoque  une sensation intense de bien être, d'exacerbation légère des perceptions, notamment visuelle. Ses effets induits sont redoutables: anxiété, dépression voire même crises de panique,  paranoïa et psychose. Les effets physiques sont omniprésents: nausée, crispations de la mâchoire et du cou, frissons, transpiration, voir hyperthermie et hypertension artérielle.  A hautes doses, il provoque une dépression respiratoire et attaque le foie. Il entraîne rapidement des convulsions puis une mort subite.

-MR: Oh mon dieu! Fit-elle, horrifiée.

-LP: Et le Rohypnol n'est pas mieux. L'un de ses effets le plus important est une amnésie antérograde. En plus de l'amnésie induite chimiquement, le Rohypnol provoque souvent une diminution de la pression artérielle, la somnolence, des troubles de la vision, des étourdissements, de la confusion, des troubles gastro-intestinaux, et une rétention urinaire.

-KR: Quelle horreur!

-KB: C'est quoi l'amnésie antérograde?

-LP: C'est une perte de la capacité à créer de nouveaux souvenirs après l'événement qui a causé l'amnésie, conduisant à une incapacité partielle ou totale de se rappeler un passé récent, toute la mémoire à long terme d'avant l'événement reste intacte. Dans ce cas, les événements qui ont eu lieu pendant que Castle était sous l'influence du Rohypnol sont oubliés. Il s'agit d'une complication importante dans la poursuite des cas d'agression sexuelle impliquant le Rohypnol, un facteur qui a fortement contribué à son inclusion dans la prévention de viol d'origine médicamenteuse et la Loi sur la répression de 1996.

-SW: Comment ces produits ce sont retrouvés dans son sang?

-LP: Par ingestion.

-VG: Serait-il  possible qu'il les ait avalés volontairement.

-LP: C'est peu vraisemblable. Il est plus probable qu'il les ait ingurgités à son insu.

-VG: D'accord, j'envoie immédiatement une équipe chez lui pour en trouver l'origine.

 

Elle se leva et passa un coup de fil.

 

-KB: Bon, ça nous dit quoi?

-KR: Que quelqu'un cherche à faire la peau à Castle. Un ami de la victime?

-LP: Qui que ce soit, il ne voulait pas seulement le tuer, il voulait aussi le faire souffrir.

-KB: D'accord, on reprend toute l'enquête depuis le début. Il y a forcément quelque chose qui nous a échappé. Qu'est-ce qu'on sait?

-JE: Sur quoi?

-KB: Commençons par le moment où Castle et Tess Harper sont arrivé au Graybar Building vendredi soir.

-KR: On les voit entrer dans l'immeuble à 23H12. A ce moment-là, Castle à l'air d'être saoul.

-MR: C'est impossible, à 19H00 quand je l'ai laissé au loft, il était tout à fit sobre.

-VG: Il a pu boire au restaurant.

-MR: Au point de tituber, ça m'étonnerait.

-LP: Oh, il n'aurait eu besoin que d'un apéritif.

-JE: Je suis pas sûr de comprendre.

-LP: Si à ce moment précis il était déjà drogué, un seul verre d'alcool aurait suffi pour en aggraver les effets.

-SW: Et donc faire croire qu'il était saoul.

-LP: Et ça n'aurait pas été le seul effet.

-SW: C'est-à-dire?

-LP: C'est-à-dire que dans ce cas de figure, Castle n'aurait pas été en mesure de torturer et de tuer Tess Harper. Il aurait été incapable du moindre mouvement.

-KB: Mais il était sur place, il n'est donc pas improbable de penser qu'il a assisté à toute la scène.

-LP: Oui, mais ça ne nous sera d'aucune utilité.

-SW: Pourquoi?

-LP: Parce qu'il ne s'en souviendra jamais si c'était le cas.

-MR: C'était trop beau.

-KB: Même si pour le moment on ne peut rien prouver, on avance. Lanie, tu as dit que sous l'effet des drogues, Castle ne pouvait pas bouger. C'est bien ça?

-LP: Oui. Où veux-tu en venir?

-KB: S'il ne pouvait plus bouger, comment est-il rentré? Nous savons avec certitude qu'il était couché à 03H30.

-VG: A 03H30, avec certitude? Je n'ai vu aucune mention de cette information dans le dossier.

 

Ils se jetèrent tous des regards gênés, à l'exception de Gates.

 

-VG: Pourquoi j'ai l'impression que vous savez tous quelque chose d'important dont je n'ai pas connaissance?

 

Nouvel échange de regards gênés qui énerva Gates.

 

-VG: Détective Beckett?

-MR: Richard était chez  sa petite amie, elle l'a rejoint à 03H30, c'est pour ça que Beckett parle de certitude. Intervint Martha pour essayer de sauver les meubles.

-VG: Sa petite amie, voyez-vous ça. Comment s'appelle-t-elle?

 

Une fois de plus, dans un bel ensemble, ils baissèrent tous le regard. Le lino de la salle de conférence étant subitement devenu la principale attraction de la matinée.

 

- VG: C'est pas bientôt fini? L'un de vous va-t-il enfin cracher le morceau?

-AC: Je ne vois pas...

-KB: Inutile Alexis, je vais tout lui dire, et tant pis pour les conséquences.

 

Beckett se redressa sur sa chaise et prit une grande inspiration.

 

-KB: Je suis la petite amie de Castle.

-VG: Quoi? Depuis quand?

-KB: Depuis ma suspension.

-VG: Vous avez beaucoup de chance que je ne crois pas que Monsieur Castle soit un meurtrier. Néanmoins, à partir de maintenant, c'est moi qui dirige cette enquête. Comme vous me l'avez très justement fait remarquer hier, notre enquête doit être irréprochable.

-KB: Mais…

-VG: C'est ça, ou je vous dessaisis. C'est clair détective Beckett?

-KB: Très clair.

-VG: Pour ce qui est de votre aventure avec Monsieur Castle, nous règlerons ça une fois que toute cette histoire sera terminée. Maintenant, revenons-en à l'enquête.

-SW: Vous disiez que Richard étais chez vous à 03H30 détective Beckett?

-KB: Oui, c'est l'heure à laquelle je suis rentrée. Il dormait.

-SW: A quelle heure est-il partit de chez Tess Harper?

-KR: En fait, je n'en sais rien. Je n'ai pas encore eu le temps de finir de visionner les bandes vidéo.

-VG: Alors faites-le maintenant.

 

Ryan se déplaça vers un ordinateur au fond de la pièce et attaqua le visionnage. Entre temps, un policier entra et donna un rapport à Gates.

 

-VG: La scientifique a trouvée comment Castle a avalé la drogue.

-MR: Comment?

-VG: Il y en avait dans plusieurs bouteilles  de 50 cl d'eau minérale.

-AC: Papa en emporte partout, il en a toujours une sur lui.

-SW: Mon dieu, vous en avez bu? S'inquiéta-t-il en regardant Martha et Alexis.

-MR: Non, Richard est le seul  à en boire.

-JE: Où est-ce qu'il les achète?

-MR: Elles sont livrées par "Water of life".

-JE: Donc, il a fallu s'introduire au loft pour y verser la drogue.

-KB: Pas forcément, il a suffi de se faire passer pour le livreur.

-SW: Oui, mais ça suppose que celui qui a fait ça connait bien Richard. Toutefois, ça n'explique pas comment il a fini chez vous vendredi soir et pas au loft. Votre relation est restée secrète, alors comment il a su que Richard devait coucher chez vous ce soir-là?

-LP: C'est vrai que c'est bizarre.

-KR: Peut-être pas tant que ça. Regardez un peu ce que  j'ai trouvé. Fit-il en branchant son PC sur le grand écran.

 

Ils revirent le passage de l'arrivée de Castle et Tess Harper. Plusieurs autres personnes entrèrent ensuite jusqu'à 01H30. Puis plus rien jusqu'à 02H20. Heure à laquelle Castle ressortit soutenu par un grand type avec une casquette.

 

-KR: Impossible de l'identifier, à aucun moment il ne lève la tête, on a pas son visage.

 

Sur l'écran, le mystérieux inconnu hélait un taxi et y mettait Castle avant de s'éloigner rapidement au coin de la rue. Le chauffeur du taxi sortit et ouvrir la porte arrière. Il secoua Castle, puis le fouilla. Il referma la porte arrière et se réinstalla à son volant avec un papier à la main.

 

-JE: Au moins on sait comment il a fini chez toi Beckett. Le chauffeur de taxi a trouvé ton adresse sur lui.

-VG: Bien, il est temps de réexaminer nos preuves, elles semblent sujettes à caution

-SW: J'allais justement le dire.

-VG: Ryan, allez à l'hôpital interroger la colocataire de Tess Harper.

-KR: Oui chef.

-VG: Esposito, trouvez-moi le bijoutier.

-JE: A vos ordres.

-VG: Beckett vous enquêtez dans l'immeuble de Castle sur cette histoire d'eau et aussi sur la corde. C'est tout pour le moment, on se retrouve en fin de journée pour faire le point.


Madur  (28.10.2012 à 16:32)

Chapitre 7

 

Chambre d'hôpital d'Elle Daniels

10H30

 

Le médecin avait enfin autorisé la police à parler à Elle Daniels, à condition que l'entretien soit bref et que les enquêteurs n'énervent pas sa patiente. Ryan pénétra donc seul dans la chambre.

 

-KR: Bonjour Mademoiselle Daniels, je suis le détective Ryan.

-ED: Bonjour détective.

-KR: J'aurais quelques questions à vous poser au sujet de votre colocataire. J'essayerais de faire vite, d'accord?

-ED: Oui, allez-y.

-KR: Votre voyage était prévu depuis longtemps?

-ED: Depuis plus de six mois.

-KR: Qui était au courant de votre  absence?

-ED: Plein de monde, je n'avais aucune raison de le cacher. Et puis j'étais tellement contente, imaginez: une semaine entière à Paris, la capitale de la mode!

-KR: J'imagine très bien. Fit-il avec un gentil sourire. Est-ce que Tess avait un petit ami?

-ED: Elle a rencontré un homme il y a huit mois environ. Au début c'était le paradis, tout était génial.

-KR: Mais les choses se sont gâtées.

-ED: Oui. Il y a deux mois Tess m'a dit qu'elle avait rompu.

-KR: Vous savez pourquoi?

-ED: Elle n'a rien voulu me dire. Mais comme ils cachaient leur relation, j'ai pensé qu'il devait être marié et que Tess l'avait découvert. Et c'est alors que les appels ont commencés.

-KR: Les appels?

-ED: Il ne cessait de lui téléphoner, jour et nuit.

-KR: Comment Tess a-t-elle réagi?

-ED: Elle a fait suspendre la ligne de l'appartement et elle a changé de portable. Elle a pensé que ça l'arrêterait.

-KR: Mais ça n'a pas été le cas.

-ED: Non. L'appartement a été mis à sac, sa voiture vandalisée. Et il s'est mis à la suivre partout.

-KR: Est-ce qu'elle a porté plainte pour harcèlement?

-ED: Non, elle a refusé malgré mes supplications.

-KR: Pourquoi?

-ED: Elle avait peur de lui. Elle a dit qu'il était riche et connu et qu'il avait plein de relations.

-KR: Vous a-t-elle dit son nom?

-ED: Non, elle a toujours refusé de me le dire.

-KR: Vous ne l'auriez pas aperçu, par le plus grand des hasards?

-ED: Non, désolé, je ne l'ai jamais vu. Mais quand j'ai demandé à Tess pourquoi elle était sortie avec ce dingue, sa réponse a été bizarre.

 -KR: Bizarre comment?

-ED: Elle a dit que les gens célèbres ne sont pas censés être fous. Que si on disait que le "docteur Mamour" était cinglé, personne ne voudrais le croire.

-KR: Le "docteur Mamour"?

-ED: C'est un médecin interprété par Patrick Dempsey dans la série "Grey's Anatomy". C'est le gentil docteur tout mignon.

-KR: D'accord, je vois le genre. Donc vous pensez que son ex petit ami est médecin?

-ED: Ou dans le milieu médical en tous cas.

-KR: Bien, je ne vais pas vous déranger plus longtemps. Merci de votre coopération.

-ED: Trouvez celui qui a fait ça à Tess. Un monstre pareil ne doit pas continuer à se promener dans les rues en liberté.

-KR: Nous faisons tout pour, Mademoiselle Daniels. Prenez soin de vous. Au revoir.

-ED: Au revoir détective.

 

 

Commissariat du 12ème

Salle d'interrogatoire

13H30

 

Esposito avait enfin réussi à mettre la main sur Joshua Weir le propriétaire de "Mike's Jewelry". Le séminaire sur la sécurité qu'il suivait se déroulait à Philadelphie. Il avait prévenu ses homologues sur place qui était allés le cueillir. Ils l'avaient ensuite mis dans un avion pour New-York où le détective les attendait à l'arrivée. Maintenant, il allait l'interroger avec Beckett, qui avait lourdement insisté pour être présente. Gates et Ryan se tenaient derrière le miroir sans tain, en salle d'observation.

 

-JW: Mais c'est un scandale! Comment osez-vous me traiter ainsi? S'indigna le petit homme, le visage tout rouge couvert  de sueur.

-KB: Monsieur Weir, vous êtes ici en qualité de témoin, pour le moment. Il ne tient qu'à vous pour que cela reste ainsi. La frontière est mince entre témoin et complice.

 

Le bijoutier blêmit en entendant la détective.

 

-JW: Que... Complice? Croassa-t-il. J'ai besoin d'un avocat?

-KB: Pas si vous répondez sincèrement à nos questions.

-JW: D'accord, tout ce que vous voudrez. Que voulez-vous savoir?

-JE: Richard Castle, l'écrivain, vous le connaissez?

-JW: Eh bien oui et non, je l'ai rencontré pour la première fois lundi dernier.

-KB: Pour la première fois? Vous l'avez donc rencontré plusieurs fois?

-JW: Oui, je l'ai revu mercredi et il devait repasser à la boutique vendredi. Mais cette fois-là j'étais absent.

-JE: Nous sommes au courant. Comment avez-vous fait sa connaissance?

-JW: C'est Mademoiselle Harper qui me l'a présenté.

-KB: Parlons d'elle justement. Qui est-elle pour vous?

-JW: Quoi?

-KB: Quelles sont vos relations? C'est une amie? Votre maîtresse peut-être?

-JW: Oh non, pas du tout! Elle travaille chez "Barnes".

-JE: Et?

-JW: Et quoi?

-JE: Comment connaissez-vous l'agence "Barnes"?

-JW: Un ami me l'a recommandé.

-KB: Recommandé? Pour quoi faire?

-JW: Une transaction immobilière. Quoi d'autre?

-JE: Quel genre de transaction?

-JW: Il y a deux ans, j'ai hérité d'une maison au sud de Manhattan à Tribeca. Je comptais la rénover afin de la louer, mais je n'ai jamais eu le temps de m'en occuper. Alors comme elle s'abime à rester fermé, j'ai décidé de la vendre. C'est pour ça que j'ai fait appel à l'agence "Barnes". Et c'est Tess Harper qui a été chargé de s'en occuper.

-JE: Et que  vient faire Richard Castle là-dedans?

-JW: Il cherchait à acheter une maison pour s'installer avec sa compagne. C'était un cadeau, leur première maison ensemble. C'est comme ça que lundi, ils sont venus me voir pour que je leur donne les clefs pour visiter. Ils sont repassés mercredi et Monsieur Castle a acheté la maison. Il m'a remis un chèque de banque et nous avons signé le contrat.

 

Beckett avait pâli en entendant l'explication. Il avait acheté une maison. Pour s'installer avec elle. Elle prenait conscience que pour l'écrivain, leur relation était beaucoup plus sérieuse qu'elle n'aurait jamais pu l'imaginer. Quelle idiote d'avoir cru qu'il lui était infidèle.

 

-KB: Ok, mais pourquoi sont-ils revenus vendredi? Demanda-t-elle pour lever ses derniers doutes.

-JW: Oh ça! Monsieur Castle a vu que nous fabriquons des bijoux sur demande et il nous a  passé une commande spéciale.

-JE: De quoi s'agissait-il?

-JW: D'une bague de fiançailles.

-JE: En quoi est-ce spécial?

-JW: C'est un modèle unique. Monsieur Castle nous a fait une description de ce qu'il souhaitait, et nous l'avons réalisé.

-JE: Pourquoi vous a-t-il fait deux virements?

-JW: Pour toute commande spéciale, nous exigeons un acompte de vingt-cinq mille dollars, le reste étant payable à la livraison du bijou.

-JE: Du bijou? Il n'y en avait qu'un?

-JW: Oui, juste la bague.

-JE: Soixante-trois mille dollars pour une bague?

-JW: Pas n'importe qu'elle bague! Un anneau en or  avec des diamants, surmonté du symbole de l'éternité fait en rubis et émeraudes. Et il y a un message gravé à l'intérieur de l'anneau.

-JE: Vous n'auriez pas une photo par hasard?

-JW: Pas sur moi, mais je peux demander à un de mes employés de vous l'envoyer  par mail.

-JE: Faites donc. Lui dit-il en lui tendant une carte de visite.

 

Joshua Weir prit aussitôt son portable et appela sa boutique.

 

-JW: Voilà c'est fait, vous devriez la recevoir en ce moment même.

-KB: Vous avez parlé d'un message gravé. Que dit-il?

-JW: "Always, 09 mars 2009".

 

Beckett étouffa un sanglot. Heureusement pour elle, l'arrivée de Ryan fit diversion. Il lui tendit une photo. Elle y jeta un œil et s'enfuit en courant de la pièce sous le regard étonné du bijoutier et ceux navrés de ses deux amis.

 

-JE: Une dernière question. Sur cette photo, on voit un collier. Fit-il en lui montrant.

-JW: En effet. Mademoiselle Harper nous l'avait confié pour une de ses clientes, le fermoir était cassé, nous l'avons réparé.

-JE: Merci Monsieur Weir, vous pouvez partir.

-JW: Je peux connaitre la raison de tout ceci?

-JE: Tess Harper a été assassiné chez elle dans la nuit de vendredi à samedi.

-JW: Mon dieu, quelle horreur!


Madur  (30.10.2012 à 18:52)

Chapitre 8

 

 

Une semaine plus tard

Loft de Castle

15H00

 

L'enquête était au point mort, aucune trace de l'ex petit ami de la victime. Même les investigations menées par Beckett dans l'immeuble de Castle n'avaient rien donné de concret. L'eau avait  été livrée par l'employé habituel et le gardien n'avait remarqué personne de suspect. Castle était sorti de l'hôpital la veille, c'est pourquoi Gates avait décidé d'organiser une réunion pour faire le tour de l'enquête. Beckett fut donc chargée d'aller le chercher et de l'escorter jusqu'au commissariat. Arrivée devant la porte de l'appartement, elle sonna et fut accueilli par une Martha à la mine sombre.

 

-KB: Quelque chose ne va pas? Demanda-t-elle aussitôt, inquiète pour son compagnon.

-MR: Richard a décidé de mettre un peu d'ordre.

 

Beckett haussa un sourcil, surprise par le ton très sérieux de la comédienne. Elle allait demander des explications quand elle aperçut Alexis, Gina et Paula dans le salon. Ce fut plus fort qu'elle, elle ressentit une grande colère en voyant les deux femmes aux côtés d'Alexis et eut beaucoup de mal à le cacher. Regardant la jeune fille, elle vit qu'elle semblait gênée, mal à l'aise, et elle se demanda pourquoi. C'est alors qu'elle entendit des éclats de voix provenant du bureau de Castle. Elle reconnut sans mal le timbre aigu, limite hystérique de Meredith. Qu'est-ce que  la mère d'Alexis faisait là?

 

-MC: Tu n'es pas sérieux? Tu n'as pas le droit de faire ça.

-RC: Oh si j'ai le droit. Pourquoi devrais-je continuer à te verser une pension alimentaire? Tu  m'as fait cocu, tu t'es enfuie avec ton amant et tu m'as envoyé les papiers du divorce par courrier, tu n'as même pas eu le courage de me regarder en face.

-MC: Je te préviens, je vais demander la garde d'Alexis.

-RC: Elle est majeure, imbécile! Tu ne peux pas demander sa garde.

-MC: C'est ma fille! Fit-elle théâtralement.

-RC: Il est bien temps de t'en rendre compte! Où étais-tu quand elle avait les coliques du nourrisson, quand elle a fait sa première dent? Quand elle a fait ses premiers pas, qu'elle a dit son premier mot?  Quand elle se réveillait en pleurs après un cauchemar, quand elle était malade? Quand elle est rentrée pour la première fois à l'école, quand elle a reçu son premier prix? Quand elle a subit son premier échec? Quand elle a vécu son premier amour, sa première rupture? Hein, tu étais où?

-MC: Oh ça va, on le sait que tu es un père parfait!

-RC: Non je ne suis pas un père parfait, je suis probablement le pire père possible pour un enfant. Fit-il tristement. Mais moi au moins, je ne l'ai pas abandonné. J'ai essayé de faire du mieux que je pouvais. Même si je ne suis pas à la hauteur, au moins j'étais là.

-MC: Epargne-moi le mélo!

-RC: Pour toutes ces raisons, je n'ai aucune obligation de te verser une pension alimentaire. Je l'ai fait parce que je suis gentil, et que je savais que sans ça tu ne pourrais pas t'en sortir. Mais c'est terminé, tu n'auras plus un centime.

-MC: Comment ça je ne pourrais pas m'en sortir? J'ai une carrière, je n'ai pas eu besoin de toi pour ça.

-RC: Redescend sur terre! Tu es la plus mauvaise comédienne de tous les temps.

-MC: J'ai déroché de nombreux rôles, preuve que je ne suis pas si mauvaise que ça. Dit-elle piquée au vif.

-RC: Tu ne les as eu que parce que j'ai financé ces films et que j'ai exigé qu'on te donne le premier rôle!

-MC: Menteur! Siffla-t-elle.

-RC: C'est la vérité, demande à qui tu voudras. Tu es la pire actrice que j'ai jamais vu, ton seul talent, c'est de savoir écarter les cuisses! Asséna-t-il méchamment.

-MC: Salopard. Vociféra-t-elle en levant la main pour le gifler.

 

Castle stoppa son geste sans mal et la repoussa violement.

 

-MC: Enfoiré, ça va te coûter un maximum!

-RC: Rien du tout. Répondit-il très calme. Si tu tentes quoi que ce soit, je te mettrais sur la paille, et tu finiras ta vie à faire la manche sous un pont! Dit-il glacial.

 

Folle de rage, Meredith se précipita hors de l'appartement. Juste derrière elle, Stuart Williamson sortit du bureau.

 

-SW: Gina?

 

La blonde le suivit dans le bureau.

 

-KB: Qu'est-ce qu'il se passe?

-AC: Papa a dit qu'il avait décidé de mettre de l'ordre dans sa vie. Je ne l'ai jamais vu aussi en colère. Dit-elle malheureuse.

-MR: Il est surtout blessé, et il souffre. Fit-elle tristement.

 

Pendant ce temps dans le bureau, si le ton était plus calme qu'avec Meredith, l'échange n'était pas plus cordial.

 

-GC: Tu veux arrêter de verser la pension? Vas-y, je n'ai pas besoin de ça pour vivre. J'ai un vrai boulot, moi!

-RC: Tu ne bosses avec Black Pawn que parce que tu es mon éditrice. Et à ce sujet, je mets fin à ton contrat. J'avais signé pour trois livres supplémentaires, ils sont écris! J'ai refusé l'offre de Black Pawn pour une nouvelle série de Nikki Heat. Ton contrat arrivant à échéance en même temps, j'ai décidé de ne pas le renouveler. Dorénavant, je me passerais de tes services.

-GC: Après tout ce que Black Pawn et moi nous avons fait pour toi, tu pars à la concurrence?

-RC: Je ne pars pas à la concurrence, il n'y aura pas d'autre Nikki Heat. "Frozen Heat" est le dernier de la série.

-GC: Dans ce cas, rien ne m'empêche de faire appel à un autre auteur pour continuer la série. Après tout, tu n'es pas le seul écrivain à New-York.

-RC: Tu crois vraiment que je vais te laisser faire?

-GC: Et qu'est-ce que tu peux faire? Tu vas tuer tous les écrivains de cette planète pour empêcher ça? Fit-elle narquoise.

-RC: Rien d'aussi stupide. J'ai déposé un brevet de propriété intellectuelle sur les noms de mes personnages y compris Storm au cas où.

-GC: Quoi? T'as pas osé?

-RC: Oh si!

-GC: Stuart?

-SW: Il l'a fait. Confirma-t-il.

-GC: Espèce de connard ingrat. Je te préviens, je vais lâcher une meute d'avocat après toi.

-RC: Des menaces, toujours des menaces. Tu n'en as pas marre? Envoie tes avocats, je vais me faire un plaisir de te ruiner. Dit-il avec une dureté incroyable dans la voix.

 

Gina n'en revenait pas. Qu'était-il advenu de l'homme doux et gentil avec qui elle avait partagé sa vie? Résignée, sachant qu'elle n'était pas de taille à lutter contre le monstre d'insensibilité qui lui faisait face, elle quitta à son tour le loft.

 

-SW: Paula?

-PH: Souhaitez-moi bonne chance les filles. Dit-elle crânement aux trois femmes dans le salon. En vérité, elle n'était pas aussi sereine que ça, ayant déjà une idée de ce qui l'attendait.

 

Elle entra à son tour dans l'antre de l'écrivain, pendant que Beckett, Martha et Alexis se regardaient gênées. Alexis était au bord des larmes et, instinctivement, Beckett posa sa main sur la sienne pour l'apaiser et la rassurer. Pourtant, elle-même n'était pas aussi calme qu'il y paraissait. Elle était inquiète de voir le comportement de Castle. Martha avait raison, il était blessé. En étant honnête, elle savait que c'était de leur faute, qu'aucun d'eux ne lui avaient laissé le bénéfice du doute, qu'ils avaient tous pensé qu'il était infidèle. Elle comprenait que ce soit dur à encaisser pour lui. Depuis qu'elle savait pour la maison et la bague, elle cherchait désespérément un moyen de s'excuser. Malheureusement, aucune des idées qui lui venaient n'était à la hauteur de la souffrance qu'elle lui avait infligée. Après un soupir de frustration, elle se concentra à nouveau sur ce qu'il se passait dans le bureau.

 

-PH: Qui tu vas prendre comme nouvel agent?

-RC: Personne.

-PH: Ne me dis pas que tu vas t'occuper toi-même de ta carrière? Dit-elle incrédule.

-RC: Non, bien sûr que non.

-PH: Explique-moi, parce que je suis perdue là.

-RC: Je mets un terme à ma carrière d'écrivain.

-PH: Encore!

-RC: Non pas encore. Je le fais réellement, et rien ni personne ne me fera changer d'avis cette fois. Je n'écrirais plus jamais une ligne! Fit-il déterminé.

-PH: Et tu vas faire quoi si tu n'écris plus?

-RC: Rien pour le moment. Je me pencherais sur la question une fois ma convalescence terminé.

-PH: Je vois. Il n'y a plus rien à dire, n'est-ce pas?

-RC: Non.

-PH: Tu es vraiment un crétin! Lança-t-elle énervée pas le gaspillage d'un si grand talent.

 

Elle quitta ensuite le loft, sans se retourner.

 

-SW: Martha, Alexis?

 

Les deux rousses se levèrent et allèrent vers lui.

 

-SW: Je suis désolé. S'excusa-t-il gêné en s'effaçant pour les laisser entrer.

 

Martha lui posa gentiment la main sur l'épaule, lui signifiant qu'elle ne lui en voulait pas. Puis, elle se prépara à affronter son fils.

 

-MR: Tu n'as pas été très tendre avec Meredith, Gina et Paula. Fit-elle remarquer.

-RC: J'ai été bien trop gentil pendant trop longtemps. Répliqua-t-il froidement.

-MR: Qu'est-ce que tu nous veux? Demanda-t-elle évitant de l'énerver un peu plus.

-RC: Vous dire que toutes les deux, vous avez trois jours pour boucler vos valises.

-MR: Mais Richard, je ne peux pas, j'ai des obligations envers mes élèves! Je ne peux pas partir en voyage comme ça.

-AC: Moi non plus. Je ne peux pas me permettre de manquer les cours à la fac.

-RC: Je ne vous propose pas de vous emmener en voyage. Je veux que vous quittiez le loft, définitivement. Dit-il dans une terrifiante indifférence.

-AC: Qu...Quoi? Demanda-t-elle sous le choc.

-MR: Tu veux nous mettre à la rue? Fit-elle, refusant d'y croire.

-RC: Vous ne serez pas à la rue! Alexis a sa chambre d'étudiante et toi tu as un studio au-dessus de ton école.

-MR: Il n'est pas question que je déménage! Oh non, je ne m'en irais pas.

-AC: Moi non plus. C'est chez moi ici.

-RC: Plus maintenant. Fit-il durement. Je vous aurais prévenu, ne venez pas vous plaindre quand les flics viendront vous expulser.

-MR: Tu oserais? Demanda-t-elle indignée.

-RC: Pas moi, le nouveau propriétaire. Il emménage ce week-end.

-AC: Tu as vendu l'appartement? Dit-elle bouleversée.

-RC: Pas seulement l'appartement. La maison des Hamptons, celle de Tribeca, le cratère sur lune, les voitures, les tableaux, les œuvres d'art, les meubles. Tout! Je ne conserve que quelques effets personnels.

 

Livide, Martha s'effondra dans un fauteuil. Alexis, toujours debout à côté d'elle, pleurait à chaudes larmes, tandis que Williamson peiné pour elles ne savait quoi faire. Castle lui, ne montrait aucune émotion. Il se leva et se dirigea vers la porte de son bureau.

 

-RC: Trois jours. Rappela-t-il en franchissant le seuil. Puis son regard se posa sur Beckett, abasourdie par la scène à laquelle elle venait d'assister. Nous pouvons y aller détective. Gates n'apprécierait pas que nous arrivions en retard.


Madur  (01.11.2012 à 15:02)

Chapitre 9

 

Un peu plus tard

Voiture de Beckett


Un silence très pesant régnait dans l'habitacle. Beckett ne cessait de jeter des coups d'œil, à la dérobée, à son compagnon. Elle voyait de temps en temps un rictus de douleur déformer ses traits et s'inquiétait pour lui, mais elle n'osait lui parler. Elle voyait bien qu'il était toujours très en colère et après les évènements dont elle avait été témoin au loft, elle préférait lui laisser le temps de se reprendre. Elle ne voulait pas se disputer avec lui, elle voulait lui parler calmement pour lui expliquer ses peurs, pour s'excuser.

 

De son côté, Castle tentait tant bien que mal, de contrôler la rage qui bouillonnait en lui. Il avait d'autant plus de mal à la canaliser, que celle-ci s'accompagnait de sentiments de panique et d'urgence. Il n'avait pas voulu parler comme ça à sa mère et à son petit trésor, mais il était si en colère qu'il s'y était mal pris. De plus, il avait tellement peur pour elles, qu'il n'avait pas eu d'autre choix que de les éloigner de lui. Vu la tournure des choses, il n'était pas sûr de pouvoir se fier à quiconque. Certains pouvaient se laisser facilement acheter, quant aux autres, il n'était pas très difficile de faire pression sur eux en les menaçants eux ou leur famille. C'est pourquoi, il les avait éloignées et pris dans le même temps des mesures pour les faire protéger malgré ce qu'elles lui avaient fait. Il était pleinement conscient qu'elles n'étaient pas de taille à se défendre. Pas plus que Beckett, ou Ryan, ou Esposito, ou Lanie, ou encore Gates. En fait personne, parmi ceux qui étaient mêlés à toute cette histoire, n'était capable de se défendre efficacement contre une pareille menace. Il était le seul à la hauteur pour pouvoir y faire face, il était entrainé pour ça, ce qui n'était pas le cas des autres.

 

Il y a vingt ans, il avait bêtement cru les promesses qui lui avaient été faites. Il s'était cru en sécurité, et voilà que maintenant, à cause de lui, tout son entourage était en danger. Et malgré la rancœur qu'il ressentait toujours envers eux, il ne pouvait se dérober, c'était son devoir d'affronter cette menace surgi de son passé. Finalement, heureusement que son ennemi était si arrogant, qu'il avait voulu le faire souffrir en le faisant assister à la mort de Tess Harper. Parce que oui, il était persuadé qu'il y avait assisté, même s'il ne pouvait s'en souvenir clairement. Durant les quelques heures qu'il avait passé dans le coma, une image était venue tourner en boucle dans son esprit, s'associant aux images de son passé. A son réveil, il connaissait le nom de son adversaire, que pourtant il croyait mort, ou du moins hors d'état de nuire. Depuis quand ce salopard était-il dans le pays?

 

Bizarrement, penser à ses vieux démons calma la rage qui l'habitait. Il devait impérativement garder le contrôle de ses émotions pour être efficace, car il était déjà handicapé par son état physique. Il devait exploiter au maximum son génie pour combattre, et ne recourir à la force physique qu'en cas d'absolu nécessité. Il était parfaitement maître de lui à présent et il savait qu'il le resterait jusqu'au bout. Le prédateur en lui, venait à nouveau de se libérer après plus de vingt ans. Il était temps que la peur change de camp, le moment était venu pour lui de se mettre en chasse. Il était à nouveau totalement lui, et plus dangereux que jamais. Il ne laisserait aucune chance à son ennemi.

 

Brusquement, il fut sorti de ses pensées par la sensation d'un danger imminent. Il tourna la tête à droite, puis à gauche. Ne voyant rien de suspect, il regarda dans le rétroviseur.

 

-RC: Nom de dieu! Jura-t-il.

-KB: Quoi? Demanda Beckett surprise alors qu'elle engageait la voiture sur un pont.

-RC: ATTENTION! Hurla-t-il voyant des phares se rapprocher rapidement, trop rapidement, derrière eux.

 

A ce moment-là Beckett comprit ce qu'il se passait et elle se cramponna de toutes ses forces au volant, tentant désespérément de garder le contrôle de la voiture, alors qu'un 4x4 les percutait violemment par l'arrière. Voyant que Beckett gardait la maîtrise de son véhicule, l'autre conducteur les dépassa et tenta de les pousser contre la rambarde du pont. Tout le côté droit de la Crown Victoria s'illumina d'étincelles lorsque la carrosserie frotta contre la glissière. Beckett braqua brutalement à gauche, rendant la politesse à l'autre chauffeur. Celui-ci freina au maximum pour se dégager, il en profita au passage pour leur tirer dessus, faisant exploser le pare-brise arrière.

 

Revenant à la charge, il les dépassa par la droite et les poussa à nouveau contre les rambardes métalliques. Beckett décida d'immobiliser son véhicule, prenant au dépourvu le chauffard qui s'arrêta à son tour quelques mètres plus loin. Elle jaillit de l'habitacle, Glock au poing et se rapprocha prudemment de l'autre voiture. Quand elle fut à portée, elle fit feu pour faire exploser la vitre teintée, puis ouvrit brutalement la portière. Personne! Brusquement la portière arrière fut poussée et vint la percuter violemment. Elle chuta lourdement au sol et son arme fut projetée à plusieurs mètres de là. Groggy, elle ne parvenait plus à bouger et sa vision se troublait. Mais elle était toujours en mesure d'entendre ce qui se passait autour d'elle.

 

-X: C'est ça la si coriace tigresse du 12ème? Persifla-t-il.

-KB: Vous? Fit-elle sous le choc, reconnaissant  sa voix. Pourquoi?

-X: Pour l'argent bien sûr.

-KB: Non. Gémit-elle.

-X: Où tu te caches l'écrivain? Fit l'homme. Allez, montre-toi minable. Sinon j'éclabousse l'asphalte avec la cervelle de ta muse.

 

N'ayant aucune réponse, il s'approcha du véhicule de Beckett et vit qu'il n'y avait personne à l'intérieur.

 

-X: Fini de jouer Castle! Dit-il en revenant vers Beckett. Il pointa son arme vers elle.

-RC: C'est toi le minable. Claqua la voix de Castle dans l'obscurité.

 

L'homme tourna sur lui-même, pointant son arme droit devant, cherchant à localiser la position de l'écrivain. Il ne le vit nulle part. La voix de Castle résonna à nouveau.

 

-RC: Pauvre imbécile, tu ne sais pas dans quoi tu as mis les pieds.

 

L'homme commençait à être inquiet, les choses ne tournaient pas comme il l'avait prévu. Il s'adossa à son 4x4 pour protéger ses arrières et garder un œil sur la détective en même temps. Celle-ci, toujours sonnée, restait allongée par terre. Brusquement, son cou fut pris dans un étau et l'homme lâcha son arme, essayant vainement de se dégager pour respirer.

 

-RC: Où se cache-t-il? Questionna l'écrivain d'un ton neutre, comme s'il parlait de la pluie et du beau temps.

 

La peur gagna l'homme, il n'arrivait pas à se défaire de la prise de Castle et commençait à étouffer.

 

-X: Je ne sais pas. Fit-il d'une voix à peine audible.

 

La panique croissait au fur et à mesure que l'air lui manquait. C'était impossible, il ne pouvait pas mourir là, comme ça. Pas tué par un crétin de scribouillard.

 

-RC: Dommage pour toi, ça aurait pu te sauver la vie.

 

Tout à coup, il relâcha sa prise. Il sauta du toit du 4x4 où il était allongé pour se positionner face à l'homme.

 

-RC: C'est le moment de faire ta prière. Tu as une dernière volonté? Demanda-t-il sans émotion. Non? Alors finissons-en.

 

Il avait le Glock de Beckett dans sa main. Il tira trois fois dans la poitrine de l'homme qui s'effondra au sol. Il l'acheva d'une balle dans la tête.

 

-RC: Puisse l'âme de tes victimes avoir pitié de la tienne. Dit-il froidement, en guise d'oraison funèbre pour le tueur à gage.

 

Puis il se dirigea vers la détective qui essayait de se relever. Il l'aida et la conduisit vers sa voiture, la faisant assoir sur le capot. Il lui prit son téléphone portable et appela Gates pour la prévenir.

 

Beckett toujours un peu dans les vapes, avait du mal à croire ce qu'il venait  de se passer. D'abord, elle ne parvenait pas à encaisser l'identité de leur agresseur. Comment était-ce possible? Comment avait-il pu trahir à ce point? Et Castle, pourquoi l'avait-il abattu aussi froidement alors qu'il aurait pu simplement le neutraliser? En parlant de lui, il semblait en savoir beaucoup plus sur cette affaire qu'il ne voulait bien le dire. Elle allait le questionner à ce sujet lorsque les secours arrivèrent  enfin.


Madur  (05.11.2012 à 08:35)

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choup37, Hier à 12:26

Nouveaux sondages sur kaamelott et Doctor Who

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