HypnoFanfics

Interdit aux moins de 16 ans

Suspect: Castle

Série : Castle
Création : 20.10.2012 à 16h39
Auteur : Madur 
Statut : Terminée

« Castle accusé de meurtre? Impensable, et pourtant… Le doute envahit la famille et les amis, et l'écrivain va se retrouver seul en enfer. » Madur 

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Chapitre 10

 

 

Dix minutes plus tard

 

Un ambulancier avait examiné Beckett, elle s'en tirait plutôt bien avec seulement une côte fêlée et une entaille à la joue. Dès qu'elle fut seule, Gates, Esposito et Ryan s'approchèrent avec elle de Lanie qui examinait le corps.

 

- LP: Joli carton, il n'avait pas une chance de s'en tirer. Fit la jeune légiste écœurée.

-JE: C'est vrai Beckett, un super tir groupé, enfin à part la balle dans la tête.

-KB: Je n'y suis pour rien, c'est Castle qui a tiré.

-VG: A ce propos, où est-il?

 

Beckett inquiète scruta attentivement autour d'elle. Mais elle savait déjà qu'il n'était plus là, elle ne sentait pas sa présence.

 

-KB: Je... Je n'en sais rien. Il était là, je ne l'ai pas vu partir. Fit-elle d'une voix mal assurée, sentant qu'elle avait failli à son devoir en laissant le tireur quitter la scène de crime.

-VG: Vous voulez dire qu'il a quitté les lieux?

-KB: On dirait.

 

Elle prit son portable dans sa poche et appela Castle. Elle tomba sur sa messagerie.

 

-KB: Bon sang, où es-tu passé? Rappelle-moi immédiatement!

 

Elle aurait préféré le supplier au lieu de lui donner un ordre, mais Gates ne la lâchait pas et elle devait faire son boulot. C'est alors que  Lanie prit la parole.

 

-LP: Kate? Pourquoi les tirs sont-ils tous presque à bout touchant? On dirait une exécution.

-VG: Quoi? Vous voulez dire qu'un civil a volontairement tué un homme avec l'arme de service d'un officier de police?

-KB: C'était pas n'importe quel homme, c'était un salopard de tueur à gage. Cracha Beckett rageusement. Non mais vous croyez qu'il nous aurait laissé la moindre chance? Il a essayé de nous envoyer dans le fleuve et il nous a tiré dessus.

-VG: Ce n'était pas une raison pour l'abattre comme un chien!

-KR: Sérieusement Beckett, lui un tueur à gage?

-KB: Oui, lui! Je suis aussi surprise que toi. Jamais j'aurais cru que l'un des nôtres puisse faire ça, lui moins que quiconque.

-JE: En même temps, c'est la planque idéale pour ça. Qui irait soupçonner un légiste? Personne!

-KR: Mais enfin, c'est Perlmutter quoi. Tu l'as vu, il ne peut pas être un tueur!

-KB: Parce que selon toi il y a un physique ou une personnalité type pour être un tueur? Siffla-t-elle agressive.

-KR: Non j'ai pas dit ça...

-KB: Alors tu mets ma parole en doute, c'est ça?

-KR: Non non. Je te crois. C'est juste que...

-KB: Que quoi? Cria-t-elle presque, tellement elle était énervée.

-VG: On se calme! Ryan, essayez de tracer le portable de Castle. Esposito, fouillez le véhicule pour voir si vous ne trouvez pas un indice qui expliquerait le rapport avec Tess Harper.

-KB: Castle connait celui qui a engagé Perlmutter, je suis certaine qu'il l'a identifié. Je ne sais pas comment, mais il a l'air de savoir beaucoup de choses sur tout ça. Il a demandé à Perlmutter "où il est?" avant de le tuer. Je ne l'avais jamais vu comme ça, il avait l'air tellement différent.

 

Deux 4x4 noirs, vitres teintées, s'arrêtèrent soudain près des véhicules de patrouille. Plusieurs hommes en costards en sortirent et s'éparpillèrent.

 

-VG: Qu'est-ce que c'est encore que ça?

-JE: Si vous voulez mon avis, ça sent les fédéraux ou les militaires à plein nez.

-JS: Capitaine Gates? Demanda l'un des hommes en s'adressant à Esposito.

 

Esposito pointa son doigt vers Gates avec une grimace éloquente. Le gars venait de faire une grosse bourde.

 

-VG: Je suis le capitaine Gates. Dit-elle alors que l'homme se tournait vers elle, confus. Et vous êtes?

-JS: Agent spécial Jeremy Splitz. Division A.C.T..

-VG: ACT?

-JS: Art Crime Team.

-JE: Euh, ça existe, vraiment?

-JS: Vraiment.

-VG: De quoi s'agit-il au juste.

-JS: Comme notre nom l'indique, nous traquons les trafiquants d'art.

-VG: Et je peux savoir ce que vous faites sur ma scène de crime?

-JS: Ce n'est plus votre scène de crime, ni votre enquête non plus d'ailleurs. Je prends le relais.

-VG: Je vous demande pardon?

-JS: Vous êtes dessaisie. Dit-il en lui tendant un mandat fédéral.

-VG: Quoi? Toute l'affaire Harper? Pourquoi?

-JS: Malheureusement, votre enquête est liée à une enquête fédérale ouverte depuis 1992.

-KB: Vous ne pouvez pas laisser faire ça! S'indigna Beckett.

-VG: Je n'ai pas le choix.

-JS: Si vous voulez, vous pouvez nous assister, mais que ce soit bien clair, c'est le FBI qui dirige cette enquête. Vous faites ce que je vous dis, quand je vous le dis et tout ira bien. Dans le cas contraire, vous n'aurez plus accès à rien. Vu?

-KB: Vu.

-JS: Bien, commençons. Où se trouve Monsieur Rodgers?

-VG: Qui?

-JS: Richard Rodgers.

-VG: Je ne connais personne de ce  nom.

-KB: En fait si, Chef. C'était le nom de naissance de Castle.

-KR: Non, tu déconnes? Vraiment, Castle est un pseudo?

-KB: Plus maintenant, il a fait changer son état civil il y a quelques années.

-JS: Bon alors, où est-il?

-KB: Je ne sais pas. Il était là tout à l'heure, et puis il a disparu.

-JS: Comment ça disparu?

-KB: Disparu, disparu. Il n'est plus là.

 

A cet instant, un des policiers se mit à crier.

 

-P: Par ici, on a un blessé.

 

Beckett se précipita vers lui, suivie de Ryan, Esposito, Gates et Splitz. Lanie arriva de son côté.

 

-LP: Mon dieu Castle! Fit-elle en se penchant pour examiner l'écrivain.

-KB: Qu'est-ce qu'il a Lanie?

 

Castle était dans le fossé à l'entrée du pont. Il était en position fœtale et gémissait faiblement.

 

-LP: Kate, parle-lui, je dois l'examiner.

-KB: Castle? C'est moi, il faut que tu laisses Lanie t'examiner.

 

Seul un gémissement de douleur lui répondit. Castle tremblait comme une feuille. Beckett posa sa main sur son front pour essayer de l'apaiser, comme le faisait sa mère lorsqu'elle était enfant.

 

-KB: Mon dieu Lanie, il est brûlant!

 

Lanie prit un thermomètre frontal dans sa trousse et le posa contre le front de Castle.

 

-LP: Bon sang, il a 40°C! Il faut le ramener à l'hôpital.

-RC: Non, pas l'hôpital. Dit-il d'une voix faible. Ramenez-moi au commissariat, ça va passer.

-LP: Ok, mais tu avale ça et en arrivant tu prends une douche. Fit-elle en lui tendant une pilule et une bouteille d'eau.

 

Il tremblait tellement que Lanie dut lui mettre le cachet dans la bouche et lui fit boire un peu d'eau pendant que Beckett soutenait sa tête.

 

-LP: Les gars, aidez-nous à le relever.

 

Ryan et Esposito l'attrapèrent sous les aisselles pour le redresser. Ils durent le porter jusqu'à leur voiture, il ne tenait pas sur ses jambes. Lanie récupéra une couverture et la lui mit autour des épaules. Puis, avec l'aide de Beckett, elle l'allongea sur les sièges arrière. Beckett fit le tour du véhicule pour se retrouver près de la tête de son petit ami. Elle la lui souleva doucement, puis vint s'assoir sur le siège, et la reposa délicatement sur ses genoux. Elle lui caressa tendrement les cheveux. Il était en nage, mais il tremblait un peu moins. Il poussa un nouveau gémissement quand un spasme musculaire parcouru son corps. Le médecin avait dit qu'il continuerait à en avoir durant encore quelques jours. Elle prit son cellulaire et appela Martha pour lui demander d'apporter au poste des vêtements de rechange pour Castle, en espérant que celle-ci accepte.

 

Enfin ils partirent tous vers le commissariat, escortés par les agents du FBI.


Madur  (07.11.2012 à 23:55)

Chapitre 11

 

 

Commissariat du 12ème

17H30

 

Les voitures arrivaient en vue du commissariat quand Esposito se mit à râler.

 

-JE: C'est pas vrai, qu'est-ce qu'ils font là ces charognards? Dit-il en apercevant une meute de journalistes devant le 12ème.

-KB: Passe directement par le parking du sous-sol. Répondit-elle inquiète pour l'écrivain. Elle se doutait que la présence des journalistes était due à Castle.

-JE: Accrochez-vous, le virage va être serré.

 

Le latino entra en trombe dans le parking, suivi des autres véhicules. Par miracle, les vautours ne les avaient pas remarqués. Aussitôt la voiture à l'arrêt, les gars assirent Castle le plus délicatement possible au bord du siège.

 

-KR: Lanie! Il saigne!

-KB: Quoi? Demanda-t-elle, un début de panique dans sa voix.

-LP: Fait voir.

 

La légiste s'approcha pour examiner la tête de Castle. Un filet de sang coulait le long de sa tempe droite. Gates et Splitz vinrent vers eux, alors que les autres agents fédéraux attendaient patiemment à l'écart.

 

-VG: Comment va-t-il?

-LP: C'est bizarre... Fit la légiste en fronçant les sourcils.

-KB: Qu'est-ce qu'il y a? Questionna-t-elle, n'en pouvant plus du silence de Lanie. C'est grave?

-LP: Non, non. Il a juste une entaille sur le cuir chevelu.

-JS: Alors qu'est-ce qui vous intrigue?

-LP: Il a une cicatrice à l'arrière du crâne, ça ressemble assez à l'orifice que ferait une balle en ressortant.

-KB: Hein? Où ça?

-LP: Là. Dit son amie en montrant l'arrière de la tête de l'écrivain sous la lumière de sa torche. Tu t'en étais jamais aperçue?

-KB: Non. En même temps, je ne l'ai jamais examiné minutieusement avec une lampe torche à la main.

-RC: Eh, je vous entends mesdames. Dit-il faiblement.

-LP: Alors, la belle au bois dormant, de retour parmi nous? Comment tu te sens?

-RC: J'ai déjà été mieux. J'aurais besoin de buprénorphine ou d'un truc équivalent. Fit-il en regardant la légiste dans les yeux et en insistant comme pour lui transmettre un message.

-LP: Tu veux dire que...

-RC: Oui. La coupa-t-il, voyant qu'elle avait compris.

-LP: Oh! Et comment tu sais?

-RC: C'est pas comme si c'était la première fois.

-LP: Tu dis que...

-RC: Non. Dit-il devant son air choqué. C'était pas plus volontaire que maintenant.

-LP: Je suis désolée, il n'existe pas ce genre de médicament pour ça.

-RC: J'en suis parfaitement conscient, mais il existe sûrement un médicament qui aurait en partie les mêmes effets.

-LP: Ce n'est pas vraiment mon domaine. Fit-elle hésitante.

-RC: Alors appelle le Professeur Reinhardt de l'hôpital Bellevue, il me connait.

 

Lanie s'éloigna pour téléphoner. Pendant ce temps, les gars aidèrent Castle à se mettre debout. Ils durent le maintenir fermement pour ne pas qu'il s'écroule. Ils se dirigeaient vers l'ascenseur quand Lanie les rattrapa.

 

-LP: Emmenez-le aux vestiaires. Il faut lui faire prendre une douche.

-JE: Pas question que je le foute à poil et que je le lave! Prévint le latino.

-KR: Moi non plus.

-LP: Je ne comptais pas vous le demander. Allez, emmenez-le. Castle, Reinhardt va venir nous rejoindre, ça ira?

-RC: Oui. Répondit-il en frissonnant.

 

Alors que les gars entraient dans la cabine et qu'elle se refermait, Beckett s'approcha de son amie, inquiète.

 

-KB: Qu'est-ce que tu caches?

-LP: Je ne cache rien.

-VG: Allez, crachez le morceau.

-LP: Ok. Castle est en pleine crise de manque.

-KB: Quoi? Mais comment? Pourquoi ils n'ont rien vu à l'hôpital?

-LP: Les symptômes sont pratiquement les mêmes que ceux induits par le Tryméthilamine.

-VG: Et comment Castle a-t-il su ce qu'il avait?

-LP: Vous l'avez entendu, il est déjà passé par là.

-KB: Et le gars qu'il t'a demandé d'appeler?

-LP: Le Professeur Reinhardt de l'hôpital Bellevue. C'est un psychiatre renommé. Il est spécialisé en addictologie et en Syndrome Post Traumatique. Il suit Castle depuis des années.

-VG: Des années?

-KB: Pourquoi j'ai l'impression que vous n'avez pas l'air surpris agent Splitz. Demanda-t-elle en braquant son regard sur l'agent fédéral.

-JS: Disons que pour une partie de ces informations, je suis déjà au courant. Répondit-il en les suivant dans l'ascenseur.

-VG: Vous nous expliquez?

-JS: Pas maintenant. Vous auriez un endroit pour qu'on s'installe?

-VG: La salle de conférence.

-JS: Ok. Dès que Monsieur Rodgers...

-KB: Castle!

-JS: Pardon?

-KB: Il s'appelle Castle.

-JS: D'accord. Je disais donc, dès que Monsieur Castle sera en état de nous rejoindre, nous pourrons commencer.

 

 

Commissariat du 12ème

Salle de conférence

18H30

 

Quand Castle arriva dans la salle, tous les regards se tournèrent vers lui et Beckett qui marchait à ses côtés. Il était livide et semblait souffrir. Il se dirigea vers le canapé, continuant de refuser toute aide. Il s'y effondra avant de basculer sur le côté pour s'allonger. Martha et Alexis le regardaient avec angoisse tout comme Beckett. Gates et les gars étaient soucieux alors que Splitz semblait indifférent aux souffrances de l'écrivain. Un homme d'une cinquantaine d'année frappa sur le chambranle de la porte à ce moment-là.

 

-MR: Excusez-moi. Je cherche... Oh mon dieu! Rick? Dit-il en se précipitant vers Castle. Bon sang, tu aurais dû m'appeler avant.

-RC: Mmm.

-MR: Donne ton bras. Ordonna le médecin après l'avoir examiné. Tu iras mieux dans quelques minutes.

-RC: Merci Max. Souffla l'écrivain.

-MR: L'effet va durer environ quatre heures, après ça il te faudra une autre injection. Tu es conscient que tu devrais être à l'hôpital et pas ici.

-RC: C'est important Max.

-MR: Ta vie aussi est importante.

-RC: Pas vraiment, de toute façon ça n'intéresse personne.

-MR: Oh là! Toi tu me fais une déprime. Qu'est-ce qu'il t'arrive? Quand je t'ai vu le mois dernier tu étais tellement heureux sur ton petit nuage. Que s'est-il passé?

-RC: J'ai fini par tomber de mon nuage comme tu dis.

-MR: Et?

-RC: Je me suis pris la réalité en pleine gueule pour pas changer.

-MR: Et? Demanda-t-il à nouveau.

-RC: Et comme d'habitude dans ma vie, tout est toujours à sens unique. J'en ai assez Max, je veux que tout ça s'arrête. Il avait mis son bras sur ses yeux pour échapper au regard perçant du médecin.

-MR: Allons, tu vas t'en sortir, comme d'habitude. Tenta-t-il de le rassurer. Tu gère plutôt bien le SPT, les crises de paniques et la colère, il n'y a pas de raison que ça change.

-RC: Je ne parlais pas de ça et tu le sais très bien. Fit-il désabusé.

-MR: Tu te relèveras, comme toujours. Tu es combattif.

-RC: Pas cette fois. Je ne veux pas me relever, j'ai assez donné.

-MR: Cette fois c'est bon, je t'emmène dans mon service. Allez, lève-toi.

-RC: Je ne peux pas. Je dois mettre un terme définitif à tout ça. Cette histoire dure depuis trop longtemps. Quand tout sera terminé, je te promets de venir te voir, et tu pourras faire de moi ce que tu voudras.

-MR: Est-ce que tu  seras toujours en vie quand tout sera fini?

-RC: Je ne peux pas te le promettre.

-MR: C'est pas vrai! Après tout ce que tu as enduré pour en arriver là, pour te reconstruire, tu baisse les bras, tu abandonnes le combat?

-RC: Certaines choses ne valent pas la peine qu'on se batte pour elles. Apparemment, mon existence est du nombre. Fit-il fataliste.

-MR: Bien sûr que si! Tu as une idée du nombre de gens que tu as aidé ou sauvé.

-RC: Beaucoup.

-MR: Oui, beaucoup. Tu es quelqu'un de bien Rick, à toi tout seul tu as fait la différence pour des tas de gens. Et ça, ça compte énormément.

-RC: Quelle importance, rien ne change jamais. Lanie, file-lui mon dossier et qu'on en finisse. Dit-il d'un ton las.

 

Lanie fit ce qu'il lui demandait. Reinhardt l'examina, et au fur et à mesure, l'inquiétude se refléta sur son visage.

 

-MR: Non, pas encore!

 

Un officier entra dans la pièce et s'adressa à Gates.

 

-O: Chef, il y a un ambassadeur qui veut vous voir, il dit qu'on lui a demandé de venir.

-VG: Je n'ai rien fait de tel. C'est vous? Demanda-t-elle à Splitz.

-JS: Je vous jure que non.

-RC: C'est moi qui lui ai demandé de venir. Fit-il en se redressant péniblement.

-VG: Un ambassadeur! Dit-elle en colère.

-RC: Pas n'importe lequel. Son Excellence Cristóbal de La Cantuta Hernando, ambassadeur du Pérou à New-York. Tu le connais n'est-ce pas Jeremy? Dit-il en lançant un regard meurtrier vers l'agent du FBI.

-JS: Comment tu sais ça?

-RC: Contrairement à toi, j'ai un cerveau et je m'en sers. Collins, vous voulez bien l'amener ici? Demanda-t-il à l'officier. 

 

 Ce dernier se tourna vers Gates, cherchant une confirmation.

 

-VG: Allez-y. Acquiesça-t-elle. Et vous deux vous allez avoir à nous fournir des explications. Fit-elle en regardant tour à tour Castle et Splitz. A commencer par vous agent Splitz.

-MR: Splitz? Comme Jeremy Splitz?

-RC: C'est bien lui.

-MR: Qu'est-ce qu'il fait ici?

-RC: C'est moi qui l'ai appelé.

-MR: Pourquoi?

-RC: J'avais pas le choix, le vieux serpent est à New-York.

-MR: Comment ça il est à New-York? Je croyais qu'il avait été neutralisé.

-RC: Je le croyais aussi. Mais ce n'est qu'un mensonge de plus. L'agent Splitz n'en est plus à une trahison près.

-JS: Et tu en connais un rayon en matière de trahison. N'est-ce pas Ricky?

-RC: Pas autant que toi pourriture! Mais après tout tu as agi comme n'importe quel flic. Ta loyauté va à ton clan et tant pis pour les autres. Vous les flics, vous me faites vraiment penser à une secte.

-JS: Salopard! Je te rappelle que toi aussi tu en étais un.

-RC: Bien sûr que non. Vous ne m'avez jamais laissé aucune chance. Je n'ai jamais été l'un des vôtres, j'étais juste un outil que vous avez utilisé tant que vous en aviez besoin et dont vous vous êtes débarrassé à la première occasion. Cracha-t-il avec  colère.

-JS: Tu vas pas encore revenir là-dessus! J'en ai marre de tes mensonges!

-RC: Je n'ai jamais menti moi, contrairement à toi.

-JS: Et c'est un traitre qui me dit ça!

 

Castle bondit sur lui. Il était passé derrière l'agent et lui tenais fermement le cou dans une clé du bras, l'étranglant. Deux des hommes de Splitz se précipitèrent dans la pièce pour l'aider. Ils se retrouvèrent face à l'arme de leur chef que Castle braquait sur eux.

 

-RC: Laissez tomber. Vous n'êtes ni assez intelligents, ni assez rapide pour ça. Si vous jouez aux cons, je lui brise la nuque.

 

Sur un signe de l'agent sénior, les deux hommes reculèrent.

 

-RC: J'aurais vraiment dû te faire la peau il y a vingt ans.

-JS: Et tu aurais eu droit à l'injection létale.

-RC: Non, parce que la peine de mort à New-York n'a été rétablie qu'en 1995.

 

Reinhardt décida d'intervenir en voyant que l'agent commençait à devenir bleu.

 

-MR: Lâche-le Rick. Il ne mérite pas que tu fiches ta vie en l'air pour lui.

-RC: Quelle vie?

-MR: Regarde, tu as tes amis autour de toi, tu leur fais beaucoup de peine.

-RC: Ce ne sont pas mes amis.

-MR: C'est peut-être ce que tu penses pour l'instant, mais...

-RC: Ce n'est pas ce que je pense. C'est la réalité. De toute façon à quoi je m'attendais. Mes propres parents n'ont jamais voulu de moi, qu'est-ce que je pouvais espérer de la part d'étrangers. Pourtant je demandais pas grand-chose, je me serais contenté de peu. Mais même ça c'est trop visiblement. Fit-il défaitiste.

 

Ils furent tous très peinés d'être qualifiés d'étrangers par l'écrivain. Mais voir une telle détresse chez lui leur fit encore plus mal. Reinhardt, de son côté, était très inquiet, son patient et ami avait atteint le point de rupture et il redoutait l'explosion qui ne manquerait pas de se produire bientôt. Il devait l'hospitaliser au plus tôt.

 

-MR: Richard, s'il te plait, fait ce qu'il te dit. Relâche cet homme. Je te promets, on va tout faire pour que tu nous pardonnes. Ce n'est pas ta faute, tu n'as rien fait. Mais je t'en supplie, ne gâche pas ta vie. Dit-elle en larmes.

 

Castle se calma et libéra Splitz, qui se dépêcha de s'éloigner vers ses hommes.

 

-JS: Arrêtez-le. Commanda-t-il.


Madur  (10.11.2012 à 10:02)

Chapitre 12

 

 

Commissariat du 12ème

Salle de conférence

19H00

 

La situation dégénéra rapidement. Les deux agents sortirent leurs armes.

 

-MR: Arrêtez! Rangez vos armes et sortez. Vous ne pourrez pas le neutraliser et les choses vont être hors de contrôle.

-JS: Vous n'avez aucun ordre à donner à mes hommes!

-MR: Faites ce que je vous dis si vous ne voulez pas perdre vos plaques ou pire, vos vies.

 

Les deux fédéraux se rapprochèrent dangereusement de Castle et l'un d'eux eu la mauvaise idée d'ouvrir le feu pour le neutraliser. L'écrivain pivota avec une rapidité hallucinante et riposta. Les deux coups qu'il tira quasi simultanément attinrent leurs cibles. Les deux hommes s'effondrèrent, raides morts une balle dans la tête. Castle, indemne, braqua alors son arme sur Splitz qui avait ramassé celle d'un de ses hommes. Les deux derniers agents restés dehors se ruèrent dans la salle, arme au poing. A leur tour, Esposito, Ryan et Beckett dégainèrent et mirent en joue les agents du FBI pendant que Lanie, Martha et Alexis s'accroupissaient au sol pour se protéger. Les autres policiers de l'étage se  précipitèrent et pointèrent leurs armes dans le dos des fédéraux, tandis que l'officier Collins se jetait dans l'ascenseur avec l'ambassadeur péruvien et refermait les portes pour le mettre à l'abri.

 

Un silence de mort régnait à présent sur tout l'étage. Tous retenaient leur souffle, n'osant bouger de peur de mettre le feu aux poudres.

 

-VG: Agent Splitz! Tonna-t-elle verte de rage. Vous et vos hommes, vous allez baisser vos armes et me les remettre, ainsi que vous Monsieur Castle. Je vous les rendrais quand vous partirez. En contrepartie, mes hommes rengaineront les leurs et il n'y aura pas d'autres morts.

-JS: Pas question. Répliqua-t-il en raffermissant sa prise sur la crosse de son arme et en ne quittant pas du regard l'écrivain.

 

Reinhardt scrutait attentivement Castle, et ce qu'il voyait l'inquiétait au plus haut point. Il frottait frénétiquement son arcade sourcilière gauche avec la paume de sa main. Il s'avança prudemment pour ne pas le braquer.

 

-MR: Rick, pose ton arme et viens là. Je vais te donner un calmant. Les maux de tête sont revenus, n'est-ce pas?

-RC: Ils ne sont jamais partis.

-MR: Pourquoi n'avoir rien dit?

-RC: J'ai appris à vivre avec.

-MR: S'il te plait, baisse ton arme avant que la situation n'empire et que ça tourne au bain de sang. Tu sais comme moi qu'après tu vas t'en vouloir, alors épargne-toi ça.

-VG: Maintenant ça suffit. Dit-elle en se positionnant entre Castle et Splitz. Donnez-moi votre arme. Fit-elle en tendant la main vers l'agent.

 

C'est alors que Splitz tourna la tête et remarqua enfin la dizaine d'armes braquées sur lui et ses hommes.

 

-JS: J'arrive pas à croire que vous preniez sa défense. Il est le principal suspect de l'affaire Harper. Je vous rappelle que vous l'avez arrêté.

-VG: Nous avons démontré que les preuves avaient été manipulées.

-JS: Mais enfin, il couchait avec la victime!

-VG: Non...

-RC: JE N'AI JAMAIS COUCHE AVEC TESS HARPER. Hurla-t-il à nouveau fou de rage.

 

Reinhardt ne fut pas surpris de voir ce nouveau revirement d'humeur. Castle ne cessait d'osciller entre un profond abattement et une rage meurtrière. Le psychiatre redoutait l'étape suivante: la dissociation avec la réalité. Son ami était presque dans le même état que lors de leur première rencontre. Vingt ans d'efforts et de thérapie, réduits à néant. Cette fois, il n'était pas sûr que l'écrivain accepte de tout recommencer en sachant ce qui l'attendait. Il fut sorti de ses pensées par Gates.

 

-VG: Donnez-moi cette arme!

 

Splitz finit par céder et tendit le pistolet à Gates, tout en faisant signe à ses hommes d'en faire autant. Une fois leur capitaine en possession des armes des fédéraux, les policiers rangèrent les leurs dans leurs étuis.

 

-VG: Merci à tous. Maintenant retournez au boulot et emmenez-les. Dit-elle en désignant les corps.

 

La tension diminua d'un coup dans la pièce. Lanie, Martha et Alexis se relevèrent prudemment. Le bras droit de Castle s'abaissa brutalement et il lâcha l'arme, devenue trop lourde. Elle tomba au sol dans un grand bruit métallique avant que Gates ne se penche pour la ramasser. L'écrivain pressa ses deux mains contre ses tempes en poussant un gémissement sourd. Puis il tomba à genou, avant de basculer en avant. Reinhardt eut juste le temps de le rattraper avant qu'il ne s'écrase au sol.

 

-MR: Rendez-vous utile. Fit-il en s'adressant à Ryan et Esposito. Aidez-moi à l'allonger sur le canapé.

-AC: Il va bien? S'inquiéta l'adolescente.

-MR: Oui, il s'est juste évanoui. Mais pour le reste...

-KB: Pour le reste?

-MR: Je ne vous cache pas que c'est inquiétant. Il cumule plusieurs pathologies graves et ce depuis des années. Il semblait s'en être sorti, mais quelque chose l'a fait replonger de plus belle. Et si vous m'expliquiez ce qu'il se passe? Dit-il en fixant tour à tour les personnes présentes.

-VG: Très bien, asseyons-nous.

 

Une fois que tous, y compris Splitz encadré par les gars, eurent pris place autour de la table, Gates fit le récit des évènements depuis la découverte du corps de Tess Harper.

 

-MR: C'est pas vrai, pas encore! Fit le psychiatre catastrophé.

-VG: Pas encore quoi?

-MR: L'histoire se répète, vous aussi vous l'avez laissé tomber.

-VG: Et si à votre tour, vous nous expliquiez.

-MR: Ok, je vais vous dire ce que je peux.

 

Il se cala contre le dossier de sa chaise et, après avoir jeté un coup d'œil vers Castle, il attaqua son récit.

 

-MR: Tout commence en 1991. A l'époque, Rick était en couple avec Kyra Blaine depuis trois ans et il venait de publier son deuxième best-seller "A rose for everafter". Comme vous le savez, leur relation a pris fin de manière abrupte. A cette époque, un agent du FBI chargé de démanteler un réseau de trafic d'œuvres d'arts en provenance de pillage de sites archéologiques péruviens, est venu lui demander de l'aide. Il recrutait une équipe de consultants civils experts dans différents domaines. Il y avait, outre les fédéraux, une experte en art maya et inca, un spécialiste de la finance, un spécialiste péruvien des Huaqueros ou pilleurs de tombes si vous préférez. Et enfin Rick qui avait accepté dans l'espoir d'oublier Kyra.

-KB: Quel était son rôle?

-MR: Il avait déjà un esprit analytique hors du commun, et plus que tout, le don inné de lire les gens, de les profiler presque instantanément. C'est une connaissance commune, un policier haut gradé que je ne nommerais pas, qui a présenté Rick à l'agent Cogan. Une fois l'équipe au complet, elle comprenait six agents fédéraux et quatre civils.

-JE: C'est peu pour une enquête de ce genre.

-JS: A l'époque, il n'existait aucun service dédié au trafic d'œuvres d'arts et ce malgré que notre pays ait promulgué la loi de 1983 relative à la mise en œuvre de la Convention sur les biens culturels permettant aux États-Unis d'appliquer la Convention de 1970 et de conclure des accords bilatéraux ou multilatéraux pour soumettre à des restrictions l’importation des pièces archéologiques ou ethnologiques d’un État membre dont le pillage met en danger le patrimoine culturel de cet État. L'art n'était pas une priorité à l'époque, et ne l'est toujours pas malgré la création de la Division A.C.T. en 2004. A l'heure actuelle, nous ne sommes que 14 agents spéciaux et trois avocats généraux spéciaux.

-MR: Enfin bref, une fois les civils intégrés à l'équipe, il a fallu leur faire suivre une formation de base. Notamment en matière de lois, de techniques de combat et de maniement des armes. Après trois mois d'entrainement, l'équipe était prête et l'opération fut lancée, c'était en décembre 1991. L'équipe s'est établie à Lima dans les bureaux de ce qui était à l'époque la Garde Civile, la Police Nationale du Pérou aujourd'hui. Très vite, les difficultés ont commencées. Entre corruption et manque de coopération l'opération s'est enlisée.

-JS: Nous avons quand même identifié le chef des Huaqueros.

-MR: C'est Rick qui l'a identifié,  pas vous.

-JS: C'est pareil, nous étions une équipe.

-MR: Sans blague! Fit-il avec un rictus mauvais. Pour continuer, en février 1992, un coup de force a été décidé contre le principal entrepôt des Huaqueros. Mais l'opération a mal tournée, Cogan, un de ses agents et Rick ont été capturés. Le reste de l'unité fut décimée, seul l'agent Splitz a survécu parce qu'il n'était pas présent à ce moment-là. Les trois prisonniers ont été drogués à l'héroïne et à la cocaïne et ils ont subi d'abominables tortures physiques et mentales. Tout cela a duré une quinzaine de jours, jusqu'à ce que le maillon faible craque et raconte tout ce qu'il savait au chef des Huaqueros.

-JS: Et on sait qui était ce maillon faible. Un connard d'écrivain arrogant! Dit-il, la haine suintant par tous les pores de sa peau.

-MR: Pas du tout! Rick n'a jamais craqué. C'est votre patron, Cogan, qui a parlé.

-JS: Menteur! Fit-il en se levant pour le frapper.

 

Il fut rassit de force par Ryan et Esposito pendant que Reinhardt continuait son récit.

 

-MR: Difficile d'admettre que vous vous êtes trompés, que ce n'est pas Rick qui vous a trahi, mais bien votre idole, le si parfait agent sénior Cogan. Et pourtant, c'est la vérité. Mais pour vous comme pour vos patrons, c'était plus simple de faire de Rick le coupable. Après tout, ce n'était qu'un civil, c'était moins gênant qu'un agent du FBI. Fit-il en regardant Splitz avec agressivité.

-KB: Que s'est-il passé ensuite? Intervint-elle pour couper court à l'animosité entre les deux hommes.

-MR: Une fois qu'il a eu tout ce qu'il voulait, le chef des Huaqueros a fait exécuter ses prisonniers.

-LP: Comment? Demanda la légiste, tout en ayant déjà une idée de la réponse.

-MR: Une balle dans la tête. Ils ont utilisé des balles perforantes, qui leur ont traversé le crâne en faisant de gros dégâts. Ensuite, ils ont creusés un grand trou et les y ont enterrés.

-JS: C'est bien la preuve qu'il a trahi. Fit-il en désignant Castle du menton. Contrairement à nos agents, lui il est toujours en vie.

-MR: Il l'est, maintenant.

-LP: Vous voulez dire que... Commença la légiste, qui ne parvint pas à finir sa phrase.

-MR: Oui, il est mort. Fit-il doucement. Il a vécu une E.M.I., avant de revenir à la vie.

-VG: Une E.M.I.?

-MR: Expérience de Mort Imminente. Il était en état de mort apparente et a éprouvé le sentiment de flotter en apesanteur et hors de son corps. Il a été emporté dans un long tunnel obscur après avoir entendu une sonnerie désagréable, et il a débouché dans une chaude lumière. Il y a fait la rencontre d'un "être de lumière", cette expérience l'a radicalement transformé. Quand il a ressuscité, il s'est réveillé entouré de deux cadavres et sous une couche de terre de plus de deux mètres.

-LP: Enterré vivant. Fit-elle avec horreur.

-MR: Tout à fait. Quand il a réussi à sortir de là, après des heures à creuser à main nues, il s'est retrouvé pris dans une éruption volcanique.

-KR: Non? Dit-il incrédule.

-MR: Malheureusement si. Le Sabancaya, qui est toujours plus ou moins actif s'est mis à cracher des pluies de cendres. Les localités voisines du volcan ont dû être évacuées, c'est comme ça que Rick a été retrouvé, ça lui a probablement sauvé la vie. Lors de l'évacuation, il s'est retrouvé nez à nez avec le fils du chef des Huaqueros et il l'a tué en lui brisant la nuque. Ensuite, il a été rapatrié et accusé de trahison. Tout le monde lui a tourné le dos. Je l'ai rencontré quelques semaines plus tard à la demande du chef du service psychiatrique où il avait été enfermé.

-JE: Vous voulez dire qu'il a été enfermé dans un asile?


Madur  (11.11.2012 à 23:01)

Chapitre 13

 

 

Commissariat du 12ème

Salle de conférence

19H20

 

-MR: Non, il n'a pas été enfermé dans un asile. Seulement dans l'aile psychiatrique de l'hôpital Bellevue. Le Chef de service de l'époque était mon mentor et je faisais une étude du Syndrome Post Traumatique chez les soldats de retour de la première Guerre du Golfe. Il a jugé intéressant de comparer avec le SPT chez un civil, c'est comme ça que j'ai fait la connaissance de Rick. Rapidement, j'ai pu me rendre compte qu'il n'était pas atteint que de SPT, il faisait des crises de paniques et avait des accès de rage incontrôlables. Pour les crises de panique, j'ai d'abord pensé qu'il était Taphephobe...

-JE: Tafe quoi?

-MR: Taphephobe. La Taphephobie est la peur d'être enterré vivant.

-JE: Oh! Fit-il en frissonnant.

-LP: Mais ce n'est pas une phobie, puisque vous avez dit qu'il avait bel et bien été enterré vivant, c'est plutôt une terreur liée au souvenir.

-MR: Exact. Mais à l'époque je l'ignorais. Il ne  m'en a parlé que des semaines plus tard.

-LP: Et pour les accès de rage?

-MR: Il s'agit de plusieurs facteurs combinés. Bien sûr le fait d'avoir été trahi par ceux qu'il considérait comme ses collègues a joué, mais pas seulement. La balle qu'il a reçue dans la tête, si elle n'a pas été fatale, a tout de même occasionné des dommages.

-LP: De quel genre?

-MR: Il a tendance à se dissocier de la réalité. Il éprouve de grandes difficultés de concentration, il est très compliqué de capter durablement son attention.

-KR: Pourtant pour écrire il arrive bien à se concentrer. Non?

-MR: Oui, il y arrive, mais d'une manière un peu spéciale.

-KB: Spéciale?

-MR: Quand il se plonge dans l'écriture, il entre dans une sorte de transe. Tout ce qui l'entoure disparait, il en oubli même ses besoins fondamentaux, comme boire, manger ou dormir. C'est une dissociation temporaire de durée variable, et il faut éviter que cela ne devienne permanent. Cette méthode lui permet d'écrire, mais elle est totalement inapplicable à la vie courante. Il ne peut pas être dans une sorte d'univers parallèle et en même temps interagir avec le monde réel. En plus de ça, il a en quelque sorte perdu une partie de sa capacité à gérer ses émotions, ce qui a fait ressurgir une insécurité infantile.

-LP: Quelle insécurité?

-MR: Parce qu'il n'a pas eu de père, et que sa mère ne s'est jamais occupée de lui, il a grandi seul et sans amour. Depuis, il est persuadé que personne ne peut l'aimer.

-MR: J'aime mon fils et je prends soin de lui. S'insurgea Martha.

-MR: Aujourd'hui, peut-être. Mais, vous avez quand même mis plus de trente-cinq ans à vous rendre compte que vous aviez un fils. Ce genre d'attitude laisse des traces chez un enfant. Que vous cherchiez à vous rattraper, c'est très louable, mais ça n'efface pas toutes ces années d'absence. Ce n'est pas pour rien qu'il vous appelle mère, au lieu de maman et qu'il ne vous dit jamais qu'il vous aime. Malgré tout, il vous aime. Tout comme il aime son père, même s'il ne le connait pas.

 

Martha était bouleversée, et tous voyaient qu'elle faisait un très gros effort pour ne pas fondre en larme. Alexis se rapprocha d'elle et passa son bras autour de sa taille, avant déposer sa joue contre son épaule. Elle essayait de la réconforter du mieux qu'elle pouvait.

 

-KB: C'était pas très gentil. Lança-t-elle avec un regard accusateur.

-MR: Je sais, mais c'est la vérité, malheureusement. Dit-il désolé.

-MR: Ne lui en voulez pas Kate, il a raison. En tant que mère, j'ai longtemps été en dessous de tout. Heureusement, malgré ça, Richard est un homme bon.

-KB: Oui, il est merveilleux Martha. Je peux vous poser une question? Demanda-t-elle en s'adressant à  Reinhardt.

-MR: Je vous écoute détective.

-KB: Tout à l'heure, vous avez dit que pendant son E.M.I., Castle avait rencontré un "être de lumière", et que cette expérience l'avait radicalement transformé.

-MR: Oui.

-KB: De quelle manière ça l'a transformé?

-MR: Disons qu'il a du mal à prendre les choses au sérieux, pour lui pratiquement rien n'est suffisamment important pour être sérieux. En plus, il semble croire à ce qu'il appelle la magie de l'univers.

-KB: L'univers, oh oui! Et pour ce qui est d'être sérieux, ça lui arrive rarement c'est vrai. Est-ce que c'est du à quelque chose que cet "être de lumière" lui aurait dit?

-MR: Je l'ignore, il n'a jamais voulu en parler. Mais pourquoi ça vous intéresse autant?

 

Tout le monde dévisageait Beckett, attendant une réponse qui ne venait pas.

 

-RC: Parce qu'elle aussi, elle a vécu une E.M.I., et qu'elle n'en a jamais parlé à personne. Dit-il doucement.

-LP: C'est vrai?

-KB: Comment...

-RC: Comment j'ai su? Tu oubli que j'étais là dans l'ambulance. Je te tenais la main lorsque tu es morte. Après, Lanie et les ambulanciers t'ont réanimés, c'était donc logique. Et je dirais que c'est ta mère que tu as vu, et pas un "être de lumière". J'ai tort?

-KB: Non. Souffla-t-elle, les larmes aux yeux.

-RC: Désolé, j'aurais mieux fait de me taire.

 

Reinhardt s'approcha de lui pour l'examiner.

 

-MR: Comment tu te sens? Tu as toujours mal à la tête.

 

Mais Castle ne l'écoutait pas, son regard était toujours rivé sur Beckett qui avait baissé la tête. Elle refusait d'établir la connexion avec lui. Il déglutit douloureusement avant de détourner ses yeux et de les fermer à nouveau, pour que personne ne voit sa peine. Reinhardt, cependant, n'eut aucun mal à s'en apercevoir car au même moment il prenait le pouls de l'écrivain. A la manière dont son rythme cardiaque fit un bond, il n'était pas difficile d'en déceler la cause. Il allait lui redemander comment il allait quand il commença à s'agiter sérieusement.

 

-MR: Tout va bien, calme-toi.

-RC: Où est l'ambassadeur péruvien? Fit-il en s'asseyant difficilement sur le canapé.

-VG: C'est vrai ça, où est-il passé?

 

Elle se leva et sortit pour avoir la réponse. Elle revint quelques instants plus tard en compagnie du maire Weldon et d'un homme âgé.

 

-VG: Croyez bien Excellence, que je suis vraiment désolée pour cet incident.

-RW: La ville de New-York vous renouvelle également ses excuses, Votre Excellence.

-CH: Ne vous en faites pas Monsieur le Maire, je comprends.

-RW: Ah, voilà l'homme dont nous parlions. Dit-il en apercevant Castle.

 

En les voyant entrer, Castle essaya de se lever. Il dut y renoncer rapidement, ses jambes étant incapables de soutenir son poids.

 

-RW: Tout va bien Rick? Demanda-t-il en voyant l'état de l'écrivain.

-RC: Je survivrais. Répondit-il en haussant légèrement les épaules. Wuynas tardis Wiraqucha (bonjour (pm) monsieur). Dit-il en s'adressant à l'ambassadeur.

-CH: Wuynas tardis Wiraqucha. Je suis ravi de voir que vous parlez quechua Monsieur Castle.

-RC: Je me débrouille, Su Excelencia (Votre Excellence).

-CH: Alors, pourquoi vouliez-vous me voir? Questionna-t-il en prenant le siège à droite de l'écrivain, tandis que le maire prenait celui de gauche.

-RC: Je vais avoir besoin de votre aide pour retrouver un de vos concitoyens qui se trouve actuellement quelque part dans New-York.

-CH: De qui s'agit-il?

-RC: El machu amaru (le vieux serpent).

-CH: Qui?

-RC: Amaru Rinakaruta surnommé "el machu amaru". Le chef de la plus grande bande organisée de Huaqueros. Ils se font appeler "Los cazadores de tesoros", les chasseurs de trésors.

 

L'ambassadeur était devenu très pâle en entendant le nom de l'homme et de sa bande.

 

-CH: Encore un maskaq (enquêteur). Je croyais que vous étiez qilqaq (écrivain), pas wardiya (policier).

-RC: C'est le cas. Ñawpaq (autrefois) j'ai collaboré avec los federales (les fédéraux) pour faire tomber el machu amaru. Je ne m'en suis sorti que par miracle et dans l'opération, j'ai dû tuer son fils. La Guardia Civil de Lima et le FBI devaient faire en sorte de neutraliser el machu amaru. Il devait rester en prison en attendant son exécution, mais il est libre et il est à New-York pour se venger.

-CH: Vous ne pouvez pas en être sûr.

-RC: Malheureusement si. C'est lui qui a torturé et tué une jeune femme du nom de Tess Harper, parce qu'elle avait eu la force de repousser Ernesto, le haway (petit-fils) del machu amaru. Il fait des études de médecine ici, et il est aussi cinglé que son grand-père.

-KR: C'est lui le petit ami médecin?

-RC: Oui. Su Excelencia, yanapaway! (Aidez-moi!) Il a déjà essayé de me tuer à plusieurs reprises, et maintenant, ma famille est en danger. Je dois m'assurer qu'elle est qhalilla (en sécurité).

-CH: Je suis désolé, je ne pense pas pouvoir vous aider.

-RC: Mais enfin, ce n'est qu'un Suwa (voleur) de raqch'i (poteries).

-CH: Dispinsayuway (excusez-moi), mais ce n'est pas vous qui venez de dire qu'il avait essayé de vous tuer à plusieurs reprises?

-RC: Vous êtes un ambassadeur, votre pays vous protègera.

-CH: J'en doute.

-RC: Dans ce cas, je vous propose un ayni (échange de services). Votre gouvernement fait arrêter mi awqa (mon ennemi), et en contrepartie, je lui fais un don de treize millions de nuevos soles pour financer la nouvelle bibliothèque nationale.

-CH: Pardon? Fit-il en s'étouffant. Vous vous rendez compte de ce que ça représente?

-RC: Ce ne sont jamais que cinq millions de dollars.

-CH: Je ne sais pas.

-RC: Soyons clairs, je ne vous fais cette proposition que par courtoisie. Si votre gouvernement refuse, cet argent servira à déclencher et à alimenter une guerre contre los cazadores de tesoros. Que ce soit ici ou à Lima, ce sera un bain de sang et les rues ne seront plus jamais sûres. Faites preuve de qasi (sagesse), Su Excelencia, et poussez votre gouvernement à accepter mon offre.

-CH: Pour cela, vous devez me laisser un peu de temps.

-RC: Vous avez vingt-quatre heures. Passé ce délai, si je n'ai pas de réponse, je considèrerais cela comme un refus.

-CH: Vous êtes toujours aussi dur en affaire?

-RC: Wiñay (toujours).

-CH: Ratukama (au revoir) Señor Castle. Dit-il en se levant.

-RC: Ratukama Su Excelencia. Allin samiyuq kay (bonne chance)!

-RC: A vous aussi Señor Castle, vous en aurez besoin.

-RW: Je vous raccompagne Votre Excellence. A bientôt Rick. Fit-il en lui serrant la main et en se levant à son tour.

 

Ils quittèrent la pièce tous les deux.

 

-JS: J'arrive pas à croire que tu aies menacé l'ambassadeur.

-RC: Je ne l'ai pas menacé, je lui ai proposé un arrangement lucratif.

-JS: Bien sûr que si, tu l'as menacé.

-RC: Il n'a pas eu l'air de s'en offusquer, contrairement à toi. Mais peut-être n'est-ce que de la jalousie, parce que je vais réussir là où tu as échoué.

-JS: Comment...

-RC: Tout à l'heure, quand j'ai mentionné son nom, tu as tiqué.

-JS: Comme tout le monde ici.

-RC: Pas comme tout le monde. Ils ont réagi à son titre. Fit-il en désignant les officiers de police. Toi, tu as réagi à son nom, preuve que tu le connaissais. En dehors de ceux qui l'ont déjà rencontré, personne  à New-York n'est capable de donner son nom. Il ne fait jamais parler de lui, il est très discret. Alors, pour quelle raison un agent de la Division A.C.T. rencontrerait-il l'ambassadeur péruvien, si ce n'est pour lui faire la même demande que je lui ai faite. Sous une forme différente évidemment, je sais que tu n'as pas autant de moyens que moi.

-JS: Et si on reparlait des deux agents que tu as tués. Dit-il énervé, en se tournant vers Gates.


Madur  (14.11.2012 à 20:43)

Chapitre 14

 

 

Commissariat du 12ème

Salle de conférence

20H00

 

-JS: Tu ne t'imagines quand même pas que tu peux tuer deux agents du FBI et t'en sortir.

-RC: Pourtant, c'est exactement ce qu'il va se passer.

-JS: Aucune chance, ça n'arrivera pas tant que je vivrais. Il faudra me passer sur le corps pour ça.

-RC: Oh, mais avec grand plaisir! Répliqua-t-il avec un rictus mauvais.

-VG: Assez! Agent Splitz, j'ai peur que vous n'ayez pas tout à fait saisi l'ampleur du problème. Votre agent a ouvert le feu en premier.

-JS: Eh alors, il ne faisait que neutraliser une menace.

-VG: Sauf qu'à ce moment-là, Monsieur Castle ne menaçait personne, il avait baissé son arme. Votre agent a fait un usage plus qu'excessif de la force. Il était inutile de faire feu. Monsieur Castle s'est de ce fait retrouvé en état de légitime défense.

-JS: Mais enfin, vous ne l'aimez pas et pourtant vous le protégez? Vous voyez bien que c'est un fou dangereux!

-VG: C'est vrai que je ne l'apprécie guère, il est une épine permanente dans mon pied. Mais je respecte par-dessus tout la loi et la vérité. Et la vérité ici, c'est que ce sont vos hommes qui sont en tort.

-JS: Comment osez-vous? Il n'avait pas besoin de les tuer, il l'a fait parce qu'il l'a voulu.

-RC: Non, c'était un tir réflexe. J'ai seulement riposté, je n'ai pas eu le temps de réfléchir. Si ton homme n'avait pas tiré, lui et son copain seraient toujours en vie.

-JS: Alors c'est ça, vous allez faire porter le chapeau à mes hommes?

-MR: Pas seulement. Votre attitude ouvertement hostile envers Rick, a en quelque sorte conditionnée la réaction de vos hommes. Vous êtes le premier fautif dans cet incident.

-JS: Pour ça, il faudra le prouver. Ce sera votre parole contre la mienne. Et qui pensez-vous que mes patrons vont croire, alors que deux agents sont morts?

-VG: Je ne sais pas si vous en êtes conscient, mais cette salle est sous vidéo surveillance.

-JS: Que voulez-vous dire?

-RC: Que tout a été filmé depuis le début.

-JS: Non! Fit-il désespéré.

-KR: Oh si! Et si la bande ne suffit pas, il ne manque pas de témoins pour expliquer l'incident. Je pense m'exprimer au nom de tous ici, en disant que nous sommes désolés pour la mort de vos agents. Mais ils sont responsables de cet état de fait, s'ils avaient fait leur boulot correctement, rien de tout ceci ne serait arrivé.

-JE: Sérieusement, depuis quand les agents du FBI se la joue à la façon de "l'inspecteur Harry"? Il y a des procédures claires, et vos hommes ne les ont pas respectés.

-JS: Je vais contacter le directeur du FBI à New-York, et on va voir ce qu'il en dit.

-RC: Ne te fatigues pas, je m'en occupe. Tu peux me prêter ton portable s'il te plait Max, j'ai laissé le mien au loft.

 

Reinhardt lui tendit son téléphone et Castle composa le numéro.

 

-JS: C'est du bluff, ça ne prend pas avec moi. Tu espères que je vais te dire de raccrocher et que je vais céder. Mais ça n'arrivera pas, je sais que tu ne connais pas le Directeur Collins.

-RC: Crois ce que tu veux, c'est pas mon problème. Ah, ça sonne. Ray, salut, comment va? C'est Rick Castle. Oui je sais, ça fait quoi, six mois? Comment vont Eve et les garçons. C'est super! Je suis désolé, mais je ne t'appelle pas pour ça. Je te passe le Capitaine Gates du 12ème, elle va tout t'expliquer. C'est ça, on se voit au gala, au revoir.

 

Il tendit le téléphone à Gates. Cette dernière exposa la situation à Collins. La discussion dura dix longues minutes.

 

-VG: D'accord, je vous le passe. Au revoir Directeur Collins. Agent Splitz, il veut vous parler. Dit-elle en tendant le portable à l'agent.

 

Pendant que Splitz au téléphone, blêmissait à vue d'œil, un officier entra et donna deux rapports d'autopsie à Gates. Comprenant de quoi il s'agissait, les deux agents du FBI restants revinrent dans la salle sous les regards ouvertement méfiants des inspecteurs new-yorkais. Les causes de la mort étaient sans surprises, les deux fédéraux étaient morts d'une balle dans la tête. Toutefois, un détail attira l'attention de Gates, la toxicologie de l'agent qui avait tiré révélait qu'il avait une alcoolémie supérieure au taux légal. Elle s'approcha de Splitz et fournit l'information de manière à être entendue par Collins à l'autre bout du fil. L'agent sénior était maintenant livide, visiblement les choses ne se passaient pas bien pour lui. Effondré, il repassa la communication à Gates, avant de récupérer son arme et de sortir en compagnie de ses hommes. Gates raccrocha et rendit son portable à Reinhardt avant de leur fournir des explications.

 

-VG: Vous avez beaucoup de chance cette fois-ci Monsieur Castle, mais n'espérez pas que cela se reproduise. L'agent Splitz et son équipe ont été mis à pied. Une autre unité du FBI va prendre la relève. En attendant, nous gérons la situation. Monsieur Castle, vous et votre famille vous êtes sous protection à partir de maintenant. Bon, il se fait tard, nous en avons fini pour aujourd'hui. On se retrouve ici, demain à neuf heures.

 

 

Loft de Castle

21H00

 

Castle, Alexis et Martha avaient été raccompagnés par Beckett, Ryan et Esposito qui ne les quittaient pas d'une semelle.

 

-RC: Mère, tu veux bien t'occuper de commander le diner? Fit-il en entrant dans son bureau.

-MR: D'accord. Chinois, Thaï, Italien?

-RC: Je ne sais pas, demande aux autres ce qu'ils veulent. Dit-il en refermant la porte derrière lui.

-AC: Papa? Demanda-t-elle en toquant à la porte.

-RC: Entre Pumpkin. Répondit-il d'un ton las.

-AC: Tu vas bien?

-RC: Pas vraiment non. Qu'est-ce que tu veux ma grande? Dit-il avec plus de douceur.

-AC: Je t'aime papa. Fit-elle en se pelotonnant contre lui et en l'entourant de ses bras.

-RC: Je sais petit cœur, je sais. Dit-il en lui rendant son étreinte.

 

Ils restèrent enlacés un long moment, avant qu'Alexis ne s'éloigne légèrement pour regarder son père en face.

 

-AC: Si tu savais comme je m'en veux. J'aurais dû croire en toi et te soutenir, au lieu de ça, j'ai douté. Je m'en veux tellement.  Je ne veux pas te perdre papa. Fit-elle larmoyante en se jetant à nouveau dans les bras de son père.

-RC: Chuuuut. N'aies pas peur, je suis là. Dit-il en caressant tendrement son dos pour la rassurer. Tu ne me perdras pas, je t'aimerais toujours. Tu resteras ma petite fille chérie quoi qu'il arrive.

 

Castle fit signe de les rejoindre à sa mère, qui les regardait depuis le seuil. Tous les trois se tenaient dans une étreinte serrée.

 

-RC: Toutes les deux, je veux que vous fassiez quelque chose pour moi.

-MR: Tout ce que tu veux, Richard.

-RC: Je veux que vous finissiez vos cartons ce soir. Demain je les ferais déposer à ton studio mère. Et ensuite, je veux que vous fassiez vos valises et que vous partiez loin d'ici le temps que toute cette affaire soit réglée.

-MR: Oh, Richard.

-RC: Promettez-le-moi.

-MR: D'accord.

-AC: C'est promis papa.

-RC: Merci, les filles. Dit-il soulagé.

 

Martha et Alexis quittèrent le bureau pour rejoindre leurs invités, tandis que Castle commençait à remplir des cartons.

 

-KB: Tu veux un peu d'aide?

-RC: Non merci, ça ira.

-KB: Tu dois te ménager, tu as l'air claqué. Dit-elle soucieuse.

-RC: J'aurais tout le temps pour ça plus tard.

 

Elle retourna dans le salon, inquiète pour la santé de son compagnon et se sentant impuissante. Son cerveau cherchait toujours en vain un moyen de se faire pardonner de l'homme qu'elle aimait.

 

Une demi-heure plus tard, le traiteur livra le repas. Ils mangèrent tout en discutant de banalités sans que l'écrivain ne participe à l'échange. Le repas à peine terminé, il se leva.

 

-RC: Je suppose que vous restez ici cette nuit. Fit-il aux trois policiers.

-KB: Oui,  nous sommes votre protection rapprochée.

-RC: Ok. Dans ce cas, il y a une chambre d'ami à l'étage pour l'un de vous. Un autre peut dormir sur le canapé du salon. Kate, je te laisse ma chambre, je dormirais dans mon bureau.

-KB: Pas question, tu dors dans ton lit et moi dans le bureau. Dans ton état, tu as besoin de repos dans un lit confortable et pas sur un canapé. Et ce n'est pas négociable. Dit-elle, peinée qu'il ne veuille pas dormir avec elle.

-RC: D'accord. Acquiesça-t-il, trop épuisé pour se battre contre elle.

 

Il se dirigea vers son bureau pour continuer ses cartons pendant que Ryan et Esposito jouaient à "pierre, ciseaux, papier" pour décider lequel aurait droit au lit et lequel dormirait sur le canapé.


Madur  (18.11.2012 à 15:07)

Chapitre 15

 

 

Loft de Castle

Lendemain matin

10H00

 

Le moment de dire adieu à son ancienne vie était venu, Castle faisait un dernier tour du loft afin de s'assurer qu'il ne reste aucun effet personnel. Il inspectait l'étage avec Alexis et sa mère, se replongeant dans ses souvenirs.

 

-AC: Cet  endroit va beaucoup me manquer. Dit-elle tristement.

-RC: Je sais, à moi aussi.

-AC: Alors pourquoi le vendre?

-RC: C'était pour m'installer avec Kate, dans une maison où aucun élément de nos passés respectifs ne serait venu jeter une ombre sur nos vies.

-AC: Dans ce cas, pourquoi ne pas conserver la maison de Tribeca?

-RC: Parce que je l'avais acheté pour y vivre avec Kate, et que jamais je ne pourrai y habiter sans elle.

-MR: Vous ne vous êtes pas encore parlé tous les deux?

-RC: Non, je sais ce que tu vas dire mère. Fit-il en levant la main pour l'empêcher de continuer. Je lui parlerai, je te le promets. Nous aurons une discussion, dès que toute cette histoire sera terminée.

-MR: Pourquoi attendre si longtemps?

-RC: Parce que je suis encore bien trop en colère et que ça tournerait inévitablement en dispute. Et puis, je ne sais toujours pas quoi faire vis à vis d'elle.

-MR: Comment ça?

-RC: Est-ce que tous ces efforts durant ces années ont servis à quelque chose? Je n'en  suis pas si sûr, pas plus que je ne sais si nous avons encore un avenir ensemble.

-MR: Oh Richard! Ne tarde pas trop à lui dire ce que tu ressens, sinon elle risque de se renfermer sur elle-même, et là tu l'auras définitivement perdu.

-RC: Je sais mère. Bon, vous n'avez rien oublié?

-AC: Non papa.

-MR: Non Richard.

-RC: Bien, alors il ne me reste plus qu'à faire un tour en bas, et ce sera fini.

 

Ils redescendirent tous les trois dans le salon où les attendaient les inspecteurs.

 

-MR: Ce n'est pas tout, mais Alexis et moi, nous devons y aller si nous ne voulons pas manquer l'avion pour Paris.

-RC: Prenez bien soin de vous. Dit-il en les enlaçant.

-AC: Je t'aime papa.

-RC: Moi aussi je t'aime petit cœur.

 

Alexis s'éloigna pour dire au revoir à Beckett, Esposito et Ryan.

 

-MR: Je te dois des excuses. Souffla-t-elle afin que seul son fils l'entende.

-RC: Pour quelle raison?

-MR: Oh, il y en a tellement. Pour douter de toi, ne pas t'avoir soutenu. Enfin bref, pour être une très mauvaise mère. Je n'ai jamais été bonne pour ça.

-RC: Parfois, tu ne te débrouilles pas si mal.

-MR: Tu es gentil. Fit-elle en l'enveloppant d'un regard plein d'amour. Je veux que tu me fasses une promesse Richard.

-RC: Laquelle?

-MR: Celle de rester en vie.

-RC: Promis mère. Dit-il en la serrant contre lui.

-MR: Et parle-lui.

 

Ils se séparèrent. Les deux rouquines prirent leurs valises et quittèrent le loft, pour rejoindre le parking où les attendait le véhicule de police banalisé qui devait les conduire à La Guardia. Castle de son côté, termina son inspection par son bureau. C'était étrange de voir la bibliothèque vide, ou de ne plus voir sa collection de machine à écrire. Il sortit enfin, avec une immense tristesse dans le regard.

 

-RC: On peut y aller. Dit-il aux trois policiers.

 

Ryan s'empara de la valise de l'écrivain et il sortit en éclaireur avec Esposito. Tous les deux avaient revêtus leurs gilets pare-balles et branchés leurs oreillettes. Beckett et Castle s'équiperaient plus tard afin de rester discrets. L'écrivain verrouilla pour la dernière fois la porte du loft et rejoignit Beckett près de l'ascenseur. Pas un mot ne fut échangé durant le trajet. Arrivés dans le hall, Beckett se positionna entre Castle et la sortie. Ce dernier se dirigea vers le concierge et lui remit les trois trousseaux de clés de l'appartement avant de lui faire ses adieux. Il regagna l'ascenseur, suivit de Beckett. Durant la descente jusqu'au parking sous-terrain où ils devaient retrouver Ryan et Esposito, l'écrivain et sa muse enfilèrent à leur tour leurs gilets pare-balles et allumèrent leurs oreillettes. Le silence était si pesant dans la cabine, qu'ils furent soulagés d'arriver à destination. Ils embarquèrent tous dans un 4x4, Esposito au volant avec Ryan à ses côtés, et Beckett avec Castle à l'arrière. Le latino manœuvra pour quitter le parking.

 

 

4x4 de la police

Vingt minutes plus tard

 

Castle était au téléphone avec Alexis, qui lui confirmait que Martha et elle étaient bien arrivées et qu'elles attendaient leur avion en compagnie de deux policiers plutôt mignons. Il raccrochait, quand brusquement, Esposito tourna brutalement à gauche, projetant l'écrivain contre Beckett.

 

-KB: Un problème Espo?

-JE: On a deux vans qui nous collent aux basques.

-KB: C'est le FBI, tu crois?

-RC: Huaqueros. Intervint l'écrivain.

-KB: Ryan, appelle Gates et préviens-la.

-JE: On n'arrivera pas au poste, ils se rapprochent.

-RC: Dirige-toi vers les docks, cherche un entrepôt avec un lapin bleu sur la façade.

-KR: Un lapin bleu?

-RC: Ne pose pas de questions! Dit-il en composant un numéro sur son portable. Allô Jerry? C'est Castle. J'ai un service à te demander. Tu as toujours les décors de l'attraction sur "French Connection"? Très bien, combien de temps il te faut pour les mettre en place? Ok, fais-le. Et ensuite, je veux que toi et tes gars vous fichiez le camp. Non, c'est pas pour un film. Oui, une opération de police. Merci Jerry, je te revaudrai ça.

-KB: Qu'est-ce que tu complotes?

-RC: Esposito, il faut que tu fasses des détours, on ne doit pas arriver avant une demi-heure. Débrouille-toi quand même pour que ça soit pas trop flagrant.

-JE: Ben voyons, rien de plus facile, surtout en les tenant à distance.

 

 

Entrepôt JM & Son

11H30

 

Ils étaient en position dans l'entrepôt, attendant de pied ferme les Huaqueros. Les renforts étaient en route, mais il leur faudrait encore une bonne quinzaine de minutes pour arriver, et d'ici là, les choses seraient très compliquées pour le quatuor. Ryan, Esposito et Beckett s'étaient déployés dans l'entrepôt, bien à l'abri derrière des caisses. Castle, quant à lui, se trouvait sur une passerelle en hauteur, surplombant la scène, prêt à guider les policiers.

 

Tout à coup, le rideau de fer fut défoncé par l'un des vans, et les Huaqueros se ruèrent à l'intérieur en projetant une pluie de balles avec leurs kalachnikovs. Les trois policiers se gardèrent de riposter, cela n'aurait servi qu'à révéler leurs positions. Les Huaqueros s'éparpillèrent, et la guerre commença véritablement. Malgré qu'ils ne soient que trois contre une quinzaine d'ennemis, les policiers s'en sortaient très bien, notamment grâce à Castle, qui de sa position localisait sans mal les péruviens. Il était passé en mode dissociation, et plus rien, hormis la scène qui se déroulait sous lui, n'existait. Cela faisait de lui une vigie redoutable mais, ça le rendait aussi très vulnérable, car inconscient de ce qui l'entourait.

 

-RC: Espo, derrière toi!

 

Esposito eut juste le temps de se retourner et de tirer dans la foulée, abattant un ennemi qui l'avait pris à revers sans qu'il le voie. Il leva le bras pour remercier Castle quand, tout à coup, il aperçut un homme se dirigeant droit vers l'écrivain.

 

-JE:CASTLE!

 

Trop tard, l'homme avait déjà fait feu et le latino vit son ami s'effondrer. L'homme se mit alors à arroser les positions des policiers, les clouant sur place et permettant ainsi aux Huaqueros de les encercler. Mais, contre toute attente, Castle n'était pas mort. Son gilet pare-balles l'avait protégé, il s'en tirait avec des hématomes et resta confus un moment. Après environ une minute, qui parut une éternité aux policiers piégés, l'écrivain retrouva toute sa lucidité. Il agrippa le tueur par derrière, resserrant son bras autour de son cou. Laissant tomber son arme dans le vide, l'homme se débattit furieusement, et Castle compris qu'il risquait de lâcher prise à tout moment. Il enroula alors ses jambes autour de la taille de son adversaire, pour l'empêcher de se libérer. Ses muscles se tétanisaient sous l'effort, mais malgré cela il ne desserra pas sa prise. Pendant que la fusillade faisait à nouveau rage au sol, l'écrivain entraina son ennemi vers le néant. Tel un boa s'enroulant autour de sa proie pour l'étouffer, Castle, dans une étreinte mortelle, privait petit à petit son adversaire d'oxygène, jusqu'à ce que son cœur cesse de battre.

 

Après avoir relâché l'homme, il resta un long moment allongé sur le dos, immobile, incapable du moindre mouvement, tellement ses muscles le faisaient souffrir. Il retrouva enfin suffisamment de mobilité, pour pouvoir basculer sur le côté et observer l'entrepôt en contre-bas. Il repéra el machu amaru, le vieux serpent s'était glissé sur le flanc de Beckett et elle ne l'avait pas vu. Castle voulut la prévenir avec son micro, mais il s'aperçut qu'il ne l'avait plus. Il avait dû le perdre dans la bagarre, et il n'était nulle part en vue. Rien qu'à l'idée de ce que le chef des Huaqueros pourrait faire à sa muse s'il réussissait à la prendre, il en eut la nausée. Hors de question de le laisser poser ses sales pattes sur le corps de la jeune femme, il devait trouver une solution. Il ne pouvait abattre ce salop, Beckett n'avait pas voulu lui donner d'arme et celle de son adversaire se trouvait quelque part sur le sol de l'entrepôt. Il se rendit compte alors que le vieux serpent se trouvait presque en-dessous de la passerelle, un peu plus loin. Il rampa jusque-là, et dans un ultime effort, il réussit à se mettre debout et à enjamber la rambarde de la passerelle. Il ne lui restait plus qu'à sauter sur le chef des Huaqueros. Au bord de l'évanouissement, il bascula en avant et tomba de tout son poids sur son ennemi juré.


Madur  (20.11.2012 à 00:33)

Chapitre 16

 

 

Entrepôt JM & Son

11H50

 

Ryan avait vu Castle prêt à sauter dans le vide et il s'était demandé si l'écrivain ne faisait pas un crise de folie. Ce ne fut qu'ensuite, qu'il repéra l'homme sur la droite de Beckett. Il n'eut pas le temps de la prévenir, déjà Castle heurtait de plein fouet le Huaquero. Il observa l'endroit aussi longtemps qu'il put, mais il ne vit aucun des deux hommes se relever. Il décida de ne rien dire à la jeune femme, ce n'était pas le moment de la déconcentrer. Il fut à nouveau pris dans la fusillade et le sort de l'écrivain dut passer au second plan.

 

C'est alors qu'une unité du SWAT investit les lieux, prenant à revers les péruviens. Le combat redoubla d'intensité, les sept derniers Huaqueros se battaient avec acharnement. Toutefois, ils ne purent rien faire, coincés entre Beckett et son équipe d'un côté, et le SWAT de l'autre qui leur bloquait la sortie, ils finirent par succomber un à un. Tout à coup, un silence assourdissant régna dans l'entrepôt, prenant par surprise les policiers.

 

-VG: Tout le monde va bien? Demanda Gates.

 

Beckett, Esposito et Ryan quittèrent leurs positions pour la rejoindre.

 

-JE: Je vais bien.

-KR: Moi aussi.

-KB: Juste une égratignure. Fit-elle en essuyant un filet de sang sur son bras.

-VG: Très bien, faites-vous examiner par un médecin et ensuite je veux des explications. Où se trouve votre ombre Beckett?

-KB: Castle? Interrogea-t-elle dans son micro.

-KR: Il ne peut pas te répondre.

-KB: Pourquoi?

-KR: Tout à l'heure, je l'ai vu sauter sur un Huaquero qui te mettait en joue.

-KB: Sauter? Tu veux dire de là-haut? Demanda-t-elle en désignant la passerelle.

-KR: C'est là qu'il était, tu le sais.

-KB: Mais pourquoi il ne m'a pas prévenu?

-KR: Son micro ne marchait peut-être plus.

-JE: Ou alors, il l'a perdu en se battant contre l'autre type.

-KB: Quel autre type?

-JE: Un des péruviens était monté sur la passerelle pour nous canarder et il est tombé sur Castle. Il lui a tiré dessus, et j'ai bien cru qu'il l'avait tué. Mais Castle s'est relevé et il a neutralisé cette pourriture.

-KB: Et vous attendiez quoi pour me le dire?

-JE: C'est ce qu'on est en train de faire.

-KB: Ryan, tu peux localiser où Castle a sauté?

-KR: Oui, c'est par-là.

 

Il avança vers le fond de l'entrepôt, puis contourna une pile de caisses effondrée. Beckett, Esposito et Gates lui emboîtèrent le pas. Ils trouvèrent l'écrivain allongé sur le dos d'un homme, une énorme flaque de sang sous eux. Beckett s'était figée, incapable du moindre mouvement, ayant peur de s'approcher pour vérifier s'il était vivant. Ryan et Esposito échangèrent un regard, puis s'avancèrent. Esposito tâta le cou de Castle à la recherche de son pouls.

 

-JE: Il est en vie. Dit-il soulagé.

-KR: Celui-là est mort. Fit-il en parlant du Huaquero.

 

Esposito allait retourner l'écrivain lorsque Gates l'en empêcha.

 

-VG: Ne le touchez pas!  S'il a sauté de là-haut, il a peut-être des lésions à la colonne vertébrale. Il vaut mieux laisser faire les secours.

-JE: Ok, vous avez raison.

-VG: Je vais les chercher.

 

Gates s'éloigna. Beckett en profita pour prendre la main de son petit-ami, sa chaleur la rassura un peu. Les ambulanciers furent là très vite et ils éloignèrent les policiers pour s'occuper du blessé.  Ils défirent le gilet pare-balles de l'écrivain sans le bouger, la partie avant restant entre les deux corps. Puis, ils lui mirent une minerve avant d'immobiliser son dos et de le retourner pour le dégager du cadavre. Ils le déposèrent sur une civière pour l'examiner plus en détail. Quand ils ouvrirent sa chemise, ils remarquèrent un très gros hématome violacé au niveau du sternum, laissant craindre une fracture. Heureusement, il n'en était rien. Se demandant ce qui avait provoqué la blessure, ils se retournèrent vers le corps du péruvien. Celui-ci, sous le poids de Castle, s'était affalé sur une caisse en bois. Sous la force combinée des deux hommes, la caisse avait cédée. Elle était remplie de pieds de micro, et le Huaquero s'était empalé sur l'un d'eux. La tige métallique l'avait tué instantanément en le traversant de part en part, percutant du même coup le thorax de Castle. Ce dernier ne s'en était tiré que parce qu'il portait son gilet pare-balles, empêchant ainsi le pied du micro de s'enfoncer dans son corps. L'écrivain reprit conscience à ce moment-là.

 

-A: Comment vous sentez-vous? Demanda l'un des ambulanciers.

-RC: J'ai...du mal...a...respirer.

-A: C'est normal, vous avez un vilain hématome au sternum. Je vais vous faire une injection de morphine et on vous mettra le masque à oxygène.

 

Quand ce fut fait, ils l'amenèrent vers l'ambulance pour le conduire à l'hôpital.

 

 

Commissariat du 12ème

Bureau de Gates

Le lendemain 09H15

 

Castle avait quitté l'hôpital, contre avis médical, pour assister à la dernière réunion sur l'affaire. Il en ressortait que les dirigeants péruviens n'avaient émis aucune protestation quant à la mort de leurs ressortissants. Ils étaient bien trop contents d'être débarrassés del machu amaru et de ses principaux lieutenants sans avoir eu à se mouiller. Le Directeur Collins avait, de son côté, totalement blanchi l'écrivain, y compris pour les accusations de trahisons datant de 1992. Pour sa part, la ville de New-York passait l'éponge sur la mort de Perlmutter. Les preuves, trouvées dans une cache secrète au domicile du légiste, permettraient de résoudre de nombreux meurtres et d'en faire emprisonner les commanditaires. La réunion terminée, Gates avait demandé à Castle et Beckett de la suivre dans son bureau.

 

-VG: Vous savez pourquoi vous êtes là?

-KB: Je pense que oui. Répondit-elle, mal à l'aise.

-VG: Tous les deux, vous êtes conscients que cette situation ne peut durer, et que je dois y mettre fin.

-RC: Ne vous fatiguez pas! Le problème n'existe plus.

-VG: Expliquez-vous!

-RC: Comme vous le savez, je n'ai aucun statut officiel ici, et ayant mis un terme à ma carrière d'écrivain, je n'ai plus de raisons de venir au commissariat.

-VG: Vous arrêtez d'écrire?

-RC: Oui,  le communiqué officiel doit paraître en ce moment même. Fit-il en regardant sa montre. Réjouissez-vous, vous êtes définitivement débarrassée de moi.

-VG: Dans ce cas, je n'ai plus rien à ajouter. Beckett, à partir de maintenant, vous ferez équipe avec Karpowski.

-KB: Mais...

-VG: Ce sera tout, sortez!

 

Ils quittèrent en silence le bureau de Gates. Beckett, furieuse de se voir imposer une équipière, se dirigea vers la salle de repos pour se calmer. Castle la suivit sans un mot et referma la porte derrière eux.

 

-RC: Il faut qu'on parle.

-KB: Pas maintenant Castle!

-RC: Si, maintenant! Nous avons déjà trop attendus.

-KB: Ok, je suis désolée, ça te va?

-RC: Non.

-KB: Je suis vraiment, totalement et définitivement désolée.

-RC: Je regrette, mais être désolée ne suffira pas cette fois.

-KB: Alors qu'est-ce que tu attends de moi? Fit-elle énervée.

-RC: Je ne sais pas, je ne sais plus. Existe-t-il encore un nous, d'ailleurs, y en a-t-il jamais eu un? J'ai besoin de temps pour digérer tout ça, pour savoir quelle orientation donner à ma vie. Je repars de zéro et je  ne suis pas certain d'avoir envie de tout recommencer. Mais une chose est sûre, ça doit changer, je ne peux pas continuer comme ça.

-KB: Alors on fait quoi?

-RC: Je l'ignore. J'ai besoin de quelques jours pour réfléchir avant de te donner une réponse.

-KB: Combien de jours?

-RC: Rassure-toi, je ne vais pas mettre trois mois. Nous sommes mercredi, alors disons vendredi prochain, dans dix jours, au plus tard.

-KB: D'accord.

-RC: Je dois y aller, à vendredi.

 

Il partit sans même esquisser un geste vers elle, de peur de succomber à son envie de l'embrasser.

 

 

Appartement de Beckett

Quatre jours plus tard

07H30

 

Il n'avait pas tenu les dix jours qu'il lui avait demandés, ça en faisait à peine quatre et il n'en pouvait déjà plus. Il avait trop besoin d'elle, aussi, avant d'être hospitalisé dans le service du Professeur Reinhardt, il avait décidé d'aller la voir pour la demander en mariage. Il était nerveux avec son bouquet de roses à la main, quand le taxi le déposa non loin de chez Beckett. Il s'apprêtait à traverser la rue lorsqu'il se figea. Son cœur rata plusieurs battements et une douleur fulgurante lui traversa la poitrine. Beckett était sur le trottoir, au pied de son immeuble, en train d'embrasser Josh. La main de Castle se crispa sur le bouquet, il ne sentit pas les épines lui entailler la paume. Il tituba un instant, avant de se reprendre et de disparaître au coin de la rue. Il jeta les roses dans la première poubelle venue et héla un taxi.

 

Dix minutes plus tard, il avait regagné sa chambre d'hôtel. Il avait appelé Reinhardt en arrivant pour lui dire qu'il refusait le traitement, puis il avait contacté son avocat pour modifier son testament. Il avait besoin de parler à sa fille, mais il savait qu'à cette heure-là, elle était en cours. Aussi, décida-t-il d'appeler sa mère. Il tomba sur son répondeur, et lui laissa un message.

 

-RC: ...Embrasse Alexis pour moi. Au revoir, je t'aime maman. Dit-il dans un sanglot avant de raccrocher.

 

Quelques heures plus tard, quand Martha prit connaissance du message, affolée, elle se mit à la recherche de son fils. Mais ce dernier était introuvable, et il le resterait longtemps.


Madur  (21.11.2012 à 20:55)

Epilogue

 

 

Martha, agacée par la sonnerie du téléphone, se leva en s'excusant. Elle décrocha, bien décidée à envoyer promener le gêneur, pour retourner au plus vite dans le salon.

 

-MR: Allô! Aboya-t-elle, histoire de faire comprendre à son interlocuteur qu'il avait tout intérêt à écourter la conversation.

-RC: Bonjour mère. Dit-il doucement.

-MR: Richard? Fit-elle surprise.

-RC: Oui mère, c'est bien moi.

-MR: Oh mon dieu!

 

Elle était sous le choc. Huit mois qu'elle n'avait plus de nouvelles de son fils, qu'elle le croyait mort et tout d'un coup, voilà qu'il lui téléphonait!

 

-RC: Mère? Tout va bien? Demanda-t-il, inquiet qu'elle fasse un malaise.

-MR: Oui. Dit-elle d'une voix rendue rauque par l'émotion. Je suis contente de savoir que tu es toujours en vie.

-RC: Pardon mère. Je sais que j'aurai du appeler avant, mais je devais d'abord reprendre ma vie en main.

-MR: Et tu as réussi?

-RC: En partie. En fait, je t'appelais parce que je serais de retour en ville demain et je voudrai savoir si je pouvais passer vous rendre visite  à Alexis et à toi.

-MR: Je..........................

-RC: Tu sais, je comprendrai que vous refusiez et je ne vous en voudrai pas. Fit-il après un très long silence de l'actrice.

-MR: ..........................

-RC: Je suis désolé, c'était une mauvaise idée, je m'y prends au dernier moment et vous avez sûrement des choses de prévues. Ce n'est pas grave, on se verra une autre fois. Au revoir mère, dis bonjour à Alexis de ma part.

-MR: NON! S'il te plait, ne raccroche pas. Le supplia-t-elle. Je... C'est d'accord, c'est juste que... nous ne serons pas seules. Il y a des personnes que nous voudrions te présenter.

-RC: D'accord.

-MR: Et si tu venais manger avec nous?

-RC: Je regrette, je ne pourrais pas, je ne serai pas à New-York avant quinze heures.

-MR: Oh! Dans ce cas viens dès que tu peux.

-RC: Seize heures, ça ira?

-MR: Parfait Richard.

-RC: Alors à demain?

-MR: A demain. Confirma-t-elle.

 

Il mit fin à l'appel. Martha resta devant le téléphone, de longues minutes, plongée dans ses pensées. Elle était à la fois heureuse et angoissée de revoir son fils. Elle tenait à connaître les raisons de son départ des mois plus tôt, alors que tout semblait s'arranger pour lui. Elle ne comprenait pas, et elle n'était pas la seule, même si elle se doutait que ça avait forcément quelque chose à voir avec Beckett. Quelques jours après la fuite de son fils, c'était le terme approprié, elle était allée voir la détective pour lui demander des explications. Une chose entrainant l'autre, elles s'étaient violement disputées et elle avait fini par gifler Beckett avant de quitter le commissariat. Elle craignait la réaction de son fils à cet incident, lui qui prenait toujours la défense de la jeune femme malgré tout ce qu'elle lui avait fait endurer. C'est toujours perdue dans ses réflexions qu'elle regagna le salon.

 

 

Appartement de Martha

Le lendemain

16H15

 

Finalement, Martha folle de joie de revoir son fils, avait organisé une grande fête de bienvenue à laquelle elle avait convié les anciens collègues de Castle. Elle avait même fait l'effort d'inviter Beckett, malgré le différend entre elles. Les conversations étaient plutôt molles, tout le monde ne cessant de jeter des coups d'œil vers le hall. Martha était inquiète, son fils avait déjà un quart d'heure de retard. Enfin, la sonnette retentit et Martha se précipita vers la porte, suivie de près par Alexis. Tous les regards étaient braqués vers l'entrée.

 

Ils eurent beaucoup de mal à reconnaître l'homme qui franchit le seuil. Les cheveux coupés en brosse, un bouc tout autour de la bouche, il avait visiblement perdu beaucoup de poids. Alexis et Martha n'osèrent pas le prendre dans leurs bras, visiblement mal à l'aise. Ils s'avancèrent tous les trois dans le salon pour que tout le monde puisse venir saluer le revenant. Castle commença par étreindre sa fille.

 

-RC: Tu m'as tellement manqué. Fit-il en la serrant très fort contre lui.

-AC: Toi aussi tu m'as beaucoup manqué papa. Répondit-elle dans un sanglot.

 

Ils restèrent ainsi, immobiles, un long moment, que personne n'osa troubler.

 

-AC: Qu'est-ce que c'est? Demanda Alexis en sentant une bosse sur le flanc gauche de son père.

 

Elle écarta les pans de sa veste et dévoila à tous une arme dans son holster.

 

-AC: Pourquoi tu es armé?

-RC: C'est pour le boulot. Je te raconterai plus tard.

 

Martha s'approcha enfin et son fils l'enlaça à son tour.

 

-RC: Bonjour mère.

-MR: Richard. Souffla-t-elle émue.

 

Elle se reprit très vite et se détacha de lui pour le laisser avec ses amis.

 

-JE: Salut "Bro"! T'en as mis du temps pour te pointer!

-KR: Ouais, qu'est-ce que tu foutais? Tout le monde était inquiet pour toi. Dit-il en jetant un regard explicite vers Beckett.

-RC: Moi aussi je tiens beaucoup à vous les gars. Fit-il en leur serrant la main.

 

Martha et Alexis s'approchèrent alors de lui avec deux hommes, un jeune et un autre plus âgé,  pendant que Lanie et Beckett restaient dans leur coin, jetant des regards glaciaux vers Castle.

 

-MR: Richard, j'aimerai te présenter quelqu'un.

-RC: Inutile mère. Bonjour, vous êtes John Milton, la dernière conquête de ma mère, si je ne m'abuse?

-JM: C'est exact. Nous nous connaissons?

-RC: Pas encore! Et vous jeune homme, vous devez être Colin Davies, le fiancé d'Alexis?

-CD: Euh, oui Monsieur. Dit-il troublé par le regard pénétrant que lui lançait le père de sa promise.

-AC: Comment tu les connais?

-RC: Ce n'est pas parce que je n'étais pas là, que je n'ai pas continué à veiller sur vous deux. Fit-il avec un regard plein de tendresse.

 

Lanie se décida enfin à venir le saluer.

 

-LP: Castle! Dit-elle avec froideur.

-RC: Lanie. Répondit-il en lui souriant gentiment. Ne fais pas ta mauvaise tête, tu ne connais qu'une version de l'histoire. Ajouta-t-il sérieux.

 

La légiste jeta un regard interrogateur à son amie avant de répondre à Castle.

 

-LP: Ok, je veux bien te laisser le bénéfice du doute. Fit-elle. De toute façon, ça ne me regarde pas.

 

Castle fit alors face à Beckett. Tout le monde retint son souffle dans l'attente de la confrontation.

 

-KB: Tu as du culot de te pointer comme une fleur, après être parti comme un voleur, il y a huit mois. Attaqua-t-elle d'entrée.

-RC: Comment va Josh? Répondit-il agressif.

 

Folle de rage, elle fit mine de sortir son arme pour l'intimider. Castle dégaina à la vitesse de l'éclair et pointa son Sig Sauer vers son front.

 

-RC: Ne sois pas stupide, je t'aurai descendue avant même que tu n'aies réussi à sortir ton Glock de son étui.

-JE: Oh là, on se calme! Tenta d'intervenir le latino.

-RC: Reste en dehors de ça Espo. Fit-il sans bouger d'un pouce.

 

Comprenant que les choses allaient trop loin, Beckett souffla un bon coup pour se calmer avant d'ôter sa main de la crosse de son pistolet et de la lever en l'air, en guise d'apaisement. Castle rengaina son arme, mais sa main resta contre elle. Tout le monde poussa un grand soupir de soulagement.

 

-KB: Tu as une idée de ce que ça coûte de pointer une arme sur un officier de police?

-RC: Beaucoup moins que de menacer un agent fédéral, détective.

-KB: Un agent fédéral?

-RC: Agent spécial du B.A.U., détaché à la division de New-York à partir d'aujourd'hui. Répondit-il en sortant son badge.

-AC: B.A.U.? Interrogea-t-elle.

-RC: Behavioral Analysis Unit. C'est une unité d'analyse comportementale dont la mission est de fournir l'appui investigateur et opérationnel basé sur le comportement en appliquant l'expérience, la recherche et la formation de cas aux crimes complexes, impliquant typiquement des actes ou des menaces de violence.

-AC: Tu es une sorte de profiler? Fit-elle abasourdie.

-RC: Exactement.

-JE: Ben ça alors! Dit-il impressionné.

-KR: Qui l'eut cru, hein? On avait un profiler avec nous et on s'en est pas aperçu. Merde, t'aurais pu le dire, ça nous aurait été utile.

-RC: Je l'ai fait, plusieurs fois, mais aucun de vous ne m'a jamais pris au sérieux.

-JE: Ouais, t'as pas tort "Man".

-MR: Vous deux, vous devriez peut-être vous expliquer une bonne fois pour toute, qu'on en finisse pour de bon. Intervint l'actrice en s'adressant à Beckett et Castle.

-LP: Oui, il serait plus que temps. Renchérit-elle.

-AC: On devrait peut-être leur laisser un peu d'intimité. Proposa la jeune fille.

-RC: Inutile. Je n'ai rien à cacher moi.

-KB: Oh mais moi non plus! S'énerva-t-elle.

 

Ils s'éloignèrent tous le plus possible, afin de leur  laisser un peu d'espace.

 

-KB: Tu vas enfin me dire pour quelle raison tu es parti? Et cette allusion à Josh tout à l'heure, c'était pourquoi?

-RC: A l'époque, je t'ai demandé de me laisser dix jours. Tu t'en souviens?

-KB: Evidement! Je te les ai accordé, alors où est le problème?

-RC: Je n'ai pas réussi à tenir aussi longtemps. Au bout de quatre jours, j'ai craqué et j'ai décidé de venir te voir pour te demander en mariage. J'avais même acheté une douzaine de roses rouges, et la bague était dans ma poche.

-KB: Alors pourquoi tu n'es pas venu?

-RC: Oh mais je suis venu! Je voulais te faire la surprise. Tu parles, c'est moi qui ai été étonné pour le coup! Fit-il avec amertume.

-KB: Je ne comprends pas de quoi tu parles. Dit-elle agacée.

-RC: Je parle de toi embrassant Josh au pied de ton immeuble! Crachat-il, un rictus de douleur déformant ses traits.

-KB: Oh mon dieu! C'était ce jour-là?

 

Ce fut au tour de Castle de la regarder avec incompréhension.

 

-KB: Mais pourquoi tu n'es pas venu nous voir? Enchaîna-t-elle atterrée.

-RC: Tu trouves que c'était pas assez humiliant et douloureux comme ça?

-KB: Idiot! Si tu étais venu, tu aurais su que je n'embrassais pas Josh. C'est lui qui m'embrassait, il voulait qu'on se remette ensemble. J'ai été tellement surprise, que je n'ai pas réagi sur le coup. Mais j'ai quand même fini par le repousser.

-RC: Pourquoi?

-KB: Mais parce que je t'aime imbécile!

 

Enfin, elle avait eu la force de le lui dire. Tout à coup, elle se sentit soulagée d'un énorme poids.

 

-KB: C'est pour ça que tu t'es enfui?

-RC: Je ne pouvais pas supporter de te perdre, sans toi, je me sens incomplet. Je t'aime Kate, de tout mon cœur, de toute mon âme, et vivre sans toi est un enfer insupportable. Dit-il les larmes aux yeux.

-KB: Tout ce temps perdu pour rien. Fit-elle tristement. Moi aussi je t'aime de tout mon cœur et de toute mon âme Rick.

 

Ils se jetèrent l'un contre l'autre et leurs bouches avides se trouvèrent, avant que leurs langues n'entament une danse sensuelle qui les fit gémir.

 

-AC: Hum! Il y a des hôtels pour ça!

 

Rick et Kate se séparèrent à regret, mais leurs yeux restèrent connectés. Chacun d'eux essayait de faire passer dans son regard, tout l'amour qu'il éprouvait pour l'autre.

 

-RC: Et si on reprenait là où on s'est arrêté?

-KB: Ce qui veut dire?

-RC: Veux-tu m'épouser? Demanda-t-il en mettant  un genou à terre.

-KB: Tu n'as même pas de bague! Fit-elle, malicieuse.

-RC: Si justement.

 

Il sortit la chaîne qu'il portait autour du cou. Au bout pendait la fameuse bague, qui lui avait valu tant d'ennuis. Il croisa le regard de Kate, et lorsque celle-ci acquiesça, il libéra l'anneau pour le lui glisser à l'annulaire gauche.

 

-RC: Always? Murmura-t-il.

-KB: Always.

 

FIN


Madur  (23.11.2012 à 21:29)

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Vendredi 5 juin à 22:00
2.82m / 20.3% (Part)

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Haute saison, S01E03
Vendredi 5 juin à 21:10
3.25m / 20.6% (Part)

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Un si grand Soleil, S08E199
Vendredi 5 juin à 20:40
1.47m / 9.7% (Part)

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Demain nous appartient, S09E200
Vendredi 5 juin à 19:15
1.86m / 15.6% (Part)

Logo de la chaîne TF1

Demain nous appartient, S09E199
Jeudi 4 juin à 19:15
2.08m / 15.0% (Part)

Logo de la chaîne TF1

Grey's Anatomy, S22E16
Mercredi 3 juin à 22:00
1.49m / 10.1% (Part)

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L'or bleu, S01E06
Mercredi 3 juin à 22:00
2.29m / 15.0% (Part)

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