HypnoFanfics

Interdit aux moins de 16 ans

My Hope

Série : Castle
Création : 16.11.2012 à 20h55
Auteur : Lilou004 
Statut : Abandonnée

«  Histoire AU (Alternative Universe). Kate a 19 ans, Richard 28 et Alexis 5. Ils se rencontrent par hasard quelques mois après le décès de Johanna. Ensemble, ils vont se reconstruire petit à petit… » Lilou004 

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Titre :
My Hope.

Auteur :
Lilou004.

Relecteur :
Madoka Ayukawa.

Bannière :
Lilou004.

Série :
Castle.

Genre / Pairing :
Emotion, famille, romance Castle / Beckett, angoisse, suspense (possible passage NC-17).

Personnages :
Richard Castle, Kate Beckett, Alexis Castle, Jim Beckett, Martha Rodgers, Javier Esposito, Lanie Parish, Kevin Ryan, Capitaine Roy Montgomery ainsi que de possibles personnages de mon invention…

Résumé :
Histoire AU (Alternative Universe). Kate a 19 ans, Richard 28 et Alexis 5. Ils se rencontrent par hasard quelques mois après le décès de Johanna. Ensemble, ils vont se reconstruire petit à petit…

Saison :
Aucune.

Disclamer :
Les personnages de la série Castle appartiennent aux créateurs et à la chaîne ABC sauf certains personnages que j’ai moi-même inventé.

Note de l’auteur :
Il s’agit vraiment d’une fiction dans un contexte particulier. Je suis consciente que les personnages peuvent paraître décaler par rapport à la série mais, si je voulais qu’il soit exactement pareil, je mettrai en route un épisode… Si cela ne vous plait pas, vous n’êtes en rien obligé de lire cette histoire. Bonne lecture pour les autres…

 

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Chapitre 1 : La rencontre

 

Enfin ! Enfin cette journée de réunion était terminée ! Dans quelques instants, Castle allait enfin pouvoir retrouver sa fille de cinq ans, Alexis, qui avait passé sa journée dans une salle de réunion non loin de là où il était. Mais ce qu’il n’aimait pas, c’était le fait qu’elle se trouvait avec une inconnue. En effet, son éditrice, Gina, n’avait rien trouvé de mieux pour l’obliger à être là que d’embaucher pour la durée des réunions une nounou !

-« Toc-toc ? » appela l’écrivain en passant sa tête par la porte.

-« Papa ! » s’exclama la fillette rousse en se précipitant dans ses bras.

-« Hey Pumpkin ! Tu as passé une bonne journée ma chérie ? »

-« Oh oui alors ! Mais je préfère quand je suis avec toi au parc ou qu’on fait des bricolages à la maison ensemble… »

-« Moi aussi. Allez, rentrons à la maison et passons la soirée devant un bon feu de cheminée ! »

-« A faire cuire des marshmallow ? » demanda la fillette pleine d’espoir.

-« Une tonne ! »

-« Oh non Papa ! Sinon on aura mal en ventre et on pourra pas dormir. »

-« Tu es sûre ? »

-« Papa ! »

-« Bon d’accord, » sourit Castle en ébouriffant les cheveux de sa fille. « En route mauvaise troupe ! Et n’oublie pas de bien fermer ton manteau jusqu’en haut ! Il pleut dehors ! »

Père et fille quittèrent Black Pawn bras dessus, bras dessous et prirent la direction du loft. Ils avaient en effet décidé de faire le trajet à pied qu’il pleuve qu’il neige ou qu’il vente aussi s’étaient-ils équipés en conséquence. Avec un sourire attendri, Castle observait sa fille qui sautillait joyeusement sur le trottoir déserté de toute vie. Soudain, il la vit se figer et pencher sa tête sur le côté.

-« Regarde Papa… »

Relevant son regard, il comprit rapidement ce qui avait intrigué sa fille à ce point. En effet, une frêle silhouette, une très jeune femme d’après ce qu’il voyait, se tenait sous les trombes d’eau, visiblement frigorifiée et semblait attendre quelque chose désespérément.

-« Tu crois qu’elle va bien ? »

-« Je… Je pense ma puce. Mais si elle reste comme ça, sans rien de plus sur le dos ou pour se protéger de la pluie, elle risque d’attraper la mort… »

-« Alors on peut pas la laisser comme ça ! » s’exclama Alexis en s’élançant vers la silhouette en courant.

-« Alexis ! Reviens ici ! » cria Castle en s’élançant à la poursuite de sa fille.

Mais la petite ne l’écouta pas et ne s’arrêta pas avant d’avoir rejoint la jeune femme. Elle releva son visage pour observer son aînée et lui sourit avec toute sa candeur d’enfant.

-« Bonjour. Je m’appelle Alexis. Tiens, je te prête mon parapluie. Comme ça tu n’attraperas pas la mort comme il dit Papa. »

-« Euh… Merci mais… Non merci ? » répondit la jeune femme en continuant d’observer la rue.

-« Si tu cherches un taxi, t’en trouveras jamais avec ce temps tu sais. C’est mon Papa qui le dit et il a toujours raison, » continua Alexis. « Tiens, prends mon parapluie au moins, moi j’ai une capuche… »

-« Ton papa qui a toujours raison ne t’a jamais dit que tu ne devais pas parler à des inconnus, que c’était dangereux ? »

-« D’habitude, c’est moi qui lui rappelle parce qu’il parle à tout le monde mais là, il a dit que tu attraperais la mort. Alors je suis venue te parler et tu dois vraiment prendre mon parapluie. Je ne veux pas que tu meurs parce que je trouve que tu es jolie. »

-« Tu parles ! Je ne ressemble à rien avec cette pluie, » soupira la toute jeune femme en attrapant le parapluie. « Bon, qu’est-ce que tu fabriques ?! »

-« A qui tu parles ? »

-« Alexis Castle ! » tonna la voix de Castle qui arrivait enfin à côté d’elles après avoir glissé et être tombé sur l’asphalte. « Combien de fois faut-il que je te dises de ne pas partir comme ça loin de moi ! »

-« C… Castle ? » marmonna la jeune fille en relevant son regard vers le nouvel arrivant. « Oh mon Dieu ! »

-« Euh… Excusez ma fille, elle peut se montrer très… intrépide. »

Il observa la jeune femme aux longs cheveux bruns fermer ses un long moment avant de les rouvrir timidement pour découvrir deux magnifiques perles hazel. Hypnotisé, il resta un instant sans voix à la dévisager. Elle semblait si jeune, si fragile et pourtant si déterminée qu’il eut immédiatement envie de découvrir le mystère qu’il renfermait.

-« Papa ! Elle a froid la dame ! » fit alors Alexis en secouant son père après avoir vu la jeune fille frissonner à plusieurs reprises et le faisant sortir de sa torpeur. « Faut faire quelque chose ! »

-« Ecoutez, ma fille a raison. Vous ne pouvez pas rester comme ça, sous cette pluie. Vous allez prendre froid… »

-« Je… On doit passer me chercher… Il a juste du avoir un contretemps et ne devrait plus tarder… »

-« Alors acceptez au moins que je vous offre un café ou une boisson chaude au moins. Il y a une brasserie juste en face et, si nous nous asseyons près de la fenêtre, vous pourrez guetter la personne que vous attendez… »

-« Dites oui ! S’il vous plait ! » lança alors Alexis d’une petite voix suppliante. « Pour moi... »

Castle vit de suite que le débat qui faisait rage en elle. D’un côté l’offre la tentait : un lieu chaud, une boisson fumante… Mais de l’autre elle restait sur ses gardes : elle ne connaissait ni le père ni l’enfant et, si elle lisait un tant soit peu les tabloïds, sa réputation ne plaidait pas en sa faveur…

-« S’il te plait… » insista la fillette. « Je te promets que je suis une gentille fille et mon papa il est célèbre mais c’est avant tout mon papa à moi ! Et c’est le meilleur papa du monde ! »

-« Je n’en doute pas, » marmonna tristement la jeune femme une blessure clairement visible dans ses yeux.

L’écrivain sut l’instant où sa fille parvint à briser l’armure dont la jeune femme s’entourait rien qu’à regarder son attitude corporelle.

-« Bon… D’accord… »

-« Youpi ! »

-« Mais pas plus de cinq petites minutes ! Ah ! Et je m’appelle Kate au fait, Kate Beckett. »

-« Enchanté. »

 


Lilou004  (16.11.2012 à 21:00)

Chapitre 2 : Une parenthèse salvatrice

 

Après un dernier regard dans la rue pour vérifier que son chauffeur n’arrivait pas, Beckett suivit avec un léger sourire cet homme et sa fille jusqu’au café de l’autre côté de la rue. Elle se rendait simplement compte maintenant à quel point elle était frigorifiée.

-« Allez vous assoir toutes les deux. Je m’occupe des boissons. Vous voulez manger quelque chose ? »

-« Euh… Non merci, » répondit la jeune femme en détournant son regard.

Même si elle mourrait littéralement de faim n’ayant rien eu le temps d’avaler depuis son petit déjeuner tardif, jamais elle ne se risquerait à demander à son écrivain préféré de lui acheter à manger en plus d’un café ! Car oui, elle savait parfaitement qui était Richard Castle puisque c’était ses livres qui la maintenaient en vie depuis quelques mois maintenant… La jeune femme reprit pied avec la réalité lorsqu’elle sentit une petite main se glisser dans la sienne.

-« Allez, viens Kate, ça sert à rien de rester debout et moi j’ai envie de dessiner… »

-« D’accord ma Puce, » sourit Beckett en la suivant jusqu’à une table le long de la verrière. « C’est joli ici, tu ne trouves pas ? »

-« Oh si alors et leur chocolat il est trop bon ! » fit Alexis avant de continuer, très sérieusement. « Dis, tu attends qui ? … Non parce que c’est pas cool de te laisser sous la pluie moi je trouve. »

-« Je… C’est mon… Mon père qui doit venir me chercher… »

-« Oh… Peut-être si t’appelles ta maman ? »

-« Je… Ca va pas être possible… »

-« Comme moi alors. Maman est jamais là, elle préfère sa vie à elle à moi et Papa… »

-« Alexis, » intima Castle qui avait entendu la fin de leur conversation et perçu le malaise de la jeune femme. « Je ne pense pas que Kate ait envie de connaitre les détails de notre vie. »

-« Tout va bien, ne vous en faites pas. »

-« Tenez, je vous ai pris un café latte avec une dose de vanille et un croissant au jambon. Vous aviez l’air d’avoir faim malgré vos dires… »

-« Merci, » sourit la jeune femme.

-« Vous êtes très belle quand vous souriez, vous savez ça ? »

-« Je sais qui vous êtes et je connais également votre réputation monsieur Castle. Alors inutile de jouer la flatterie, ça ne marchera pas, » répondit au tac au tac Beckett en roulant des yeux. « Mais dites-moi, que faisiez-vous par ce temps dehors ? »

-« Pourquoi voulez-vous savoir ça ? Vous faites partie de la police ? » fit l'écrivain avec humour.

-« On peut le dire oui. Je sors d'une journée de travail là. »

-« Waouh ! Avec vous les suspects doivent vite se mettre à table ! » répondit Castle la tête déjà pullulant d'images diverses et variées.

-« Oh là ! On se calme ! Je ne suis qu'officier. Je patrouille toute la journée avec mon coéquipier. Rien de glamour là-dedans. »

-« Ça veut dire quoi 'gla... Glamour' ? » demanda alors la petite voix d'Alexis.

Devant le visage curieux de la fillette, Beckett ne put retenir un éclat de rire, le premier depuis longtemps… Le premier en fait depuis ce fameux jour, quelques mois plus tôt, où son père et elle avaient trouvé l’inspecteur Raglan devant la porte de leur maison… Face à elle, la jeune femme ne remarqua pas le regard scrutateur de Castle et reporta toute son attention sur la petite rouquine à ses côtés.

-« Glamour ça veut dire… Humm… Comment expliquer ça à une toute jeune fille… Quelqu’un de glamour c’est quelqu’un qui a du charme, qui est beau… »

-« Comme Papa ? »

Après avoir jeté un rapide coup d’œil à l’écrivain en face d’elle, Beckett explosa à nouveau de rire.

-« Bah quoi ? Il est beau mon Papa ! Tu l’aimes pas ? »

-« Je n’ai pas dit ça ma Puce. C’est juste qu’on ressemble plus à des chiens mouillés qu’à des personnes glamour… »

-« Mais on ne sent pas comme des chiens mouillés ! »

-« C’est une image Alexis, » expliqua calmement Castle. « Un peu comme la princesse de ton histoire qui a des cheveux d’or. En fait, c’est juste que ses cheveux sont d’un très beau blond. Tu comprends ? »

La fillette hocha vigoureusement la tête et reporta son attention vers Beckett.

-« Dis… T’as quel âge toi ? Moi j’ai cinq ans, » annonça-t-elle fièrement en montrant les cinq doigts de sa main droite.

-« Pumpkin, ce n’est pas bien de demander son âge à une dame. »

-« Mais Kate est pas une dame Papa, pas comme Grams, » bouda la fillette.

-« J’ai dix-neuf ans Alexis, » sourit Beckett en accédant à sa demande, fondant littéralement devant la bouille de la petite fille. « A ton avis, tu crois qu’on peut demande son âge à ton Papa ? »

-« Bah oui ! C’est pas une dame lui ! Et puis moi je sais. Il a vingt et huit ans. C’est vieux mais il est trop bien ! J’adore quand il fait les voix des histoires pour moi… »

-« Je n’en doute pas ma Puce, je n’en doute pas. »

Pendant une bonne demi-heure, la conversation tourna autour d’Alexis. Castle remarqua bien que sa nouvelle amie jetait de fréquent regard sur la rue et que l’espoir qui brillait encore dans ses yeux quelques minutes plus tôt s’amenuisait de plus en plus.

-« Papa… » fit soudain le rouquine en se tortillant sur son siège.

-« Oui Pumpkin ? »

-« J’aurai besoin d’aller aux petits coins… »

-« Oh ! Tiens, regarde, c’est juste là. Tu veux que je t’accompagne ? »

-« Non ! Merci ! Je suis grande tu sais ! » sourit Alexis en sautant de sa chaise.

-« Bon, d’accord, mais je te regarde ! »

-« Oui Papa ! »

-« Vous avez une fille vraiment charmante, » fit remarquer Beckett une fois qu’ils furent seuls.

-« Je remercie le ciel chaque jour pour ça, » répondit rêveusement Castle avant de plonger son regard dans  celui de la jeune femme. « Il ne viendra plus, n’est-ce pas ? Celui qui devait venir vous chercher je veux dire. »

-« Non… Il a dû oublier… Encore… Mais ne vous en faites pas, je vais bien finir par trouver un taxi ! »

-« Par ce temps, vous rêvez Kate. Laissez-moi appeler une voiture pour vous. S’il vous plait. Je ne vous demande rien en échange, c’est promis. »

-« Vous avez déjà tellement fait pour moi votre fille et vous… Je ne veux pas abuser. Et puis un peu de marche n’a jamais fait de mal à personne, non ? »

-« Un peu ? Vous êtes sûre ? » questionna l’écrivain septique.

-« Bon d’accord… Beaucoup, » répondit la jeune femme en fuyant son regard. « Mais ce ne sera ni la première ni la dernière fois que ça arrive… »

Castle fronça les sourcils et posa l’une de ses mains sur celle de Beckett.

-« Kate, laissez-moi commander cette voiture pour vous… »

La bataille faisait rage au sein de la jeune femme mais, lorsqu’elle sonda le regard bleu de l’écrivain, elle ne vit que sincérité et inquiétude réelle pour elle. Cependant elle ne le connaissait pas, il pouvait être l’un de ses pervers qu’elle croisait dans son travail tous les jours ou même celui qui lui avait volé sa mère.

-« Non. Non, je ne peux pas… » répondit la jeune femme.

-« Mais vous êtes épuisée et transie de froid. Laissez-moi faire ça pour vous… Je vous jure que ce n’est pas grand-chose pour moi… »

Vexée à la fois par son insistance et par la pitié qu’elle percevait en lui, Beckett se leva, attrapa son manteau et s’apprêtait à quitter le café sans un mot de plus lorsque son regard croisa celui suppliant d’Alexis. Elle se figea alors et Castle comprit.

-« Asseyez-vous Kate, je vous commande une voiture. »

Plus capable de refuser, la jeune femme obtempéra et eut la surprise de voir la rouquine se glisser sur ses genoux et se blottir dans ses bras.

-« Tu sais, Grand-Mère elle dit qu’il faut jamais rentrer seule quand on est une dame… »

-« Ah oui ? Tu as l’air de beaucoup l’aimer dis-moi… » répondit la brunette la gorge nouée.

Face à la détresse évidente de cette toute jeune femme, Castle ne put retenir un élan de générosité et il posa de nouveau sa main sur celle de Beckett.

-« Je vais également vous laisser mon numéro. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, et par là je veux dire parler, manger un repas chaud et j’en passe, n’hésitez pas à me contacter. S’il vous plait… » souffla le jeune homme en glissant sa carte de visite dans le creux de la main de la jeune femme. « Alexis revient. Vous pouvez la surveiller pendant que je passe un coup de fil ? »

Encore abasourdie par la générosité de celui que les tabloïds considéraient comme un playboy, Beckett se contenta d’acquiescer lentement.


Lilou004  (17.11.2012 à 20:29)

Chapitre 3 : Dur retour à la réalité

 

Alors qu’elle discutait joyeusement avec Alexis depuis quelques minutes, Beckett observait discrètement l’écrivain du coin de l’œil. Il raccrocha sa communication et revint à table auprès d’elles.

-« Votre voiture sera là d’ici une petite demi-heure et vous conduira où vous le souhaitez. »

-« Je ne vous remercierai jamais assez pour ce que vous avez fait pour moi aujourd’hui… »

-« Je vous demande une chose Kate… »

-« Je croyais que vous aviez dit que vous ne me demanderiez rien, » répondit malicieusement Beckett avec un fin sourire.

-« Bon, d’accord, j’ai menti. Mais ce que je vous demande, c’est juste d’être heureuse. Quoi qu’il ait pu vous arriver, continuez à sourire et à rire un peu. Vous êtes tellement belle quand vous le faites… »

La jeune femme détourna le regard et rougit sous le compliment.

-« Je… Merci pour tout… »

Bien trop vite au goût de tout le monde, la voiture pour Beckett arriva et ils se levèrent pour enfiler leurs manteaux trempés. Alexis s’approcha alors de la jeune femme et la serra dans ses bras.

-« Je suis contente de t’avoir rencontrée Kate. »

-« Moi aussi Alexis. Tu es une charmante jeune demoiselle très bien élevée et je suis persuadée que tu fais la fierté de ceux qui t’aiment… »

-« Sauf de Maman, » marmonna alors la petite fille en baissant son visage.

-« En tout cas Alexis, » fit alors Beckett en relevant le menton de la fillette. « Si un jour moi j’ai une petite fille comme toi, je serai la plus heureuse des Mamans. Prends soin de toi et de ton Papa. »

-« Et de Grams aussi ! »

-« Mais bien sûr ! Où avais-je la tête ! Et de ta Grand-Mère aussi ! » sourit la brunette en déposant un baiser dans les cheveux flamboyants de l’enfant avant de se retourner vers la père. « Encore une fois, même si je me répète, merci. Pour tout. »

-« Prenez soin de vous Kate et, surtout, n’hésitez pas à m’appeler en cas de problème ou juste si vous avez envie de parler… »

-« On verra. Au revoir, » sourit Beckett avant de s’échapper et de disparaitre dans la voiture.

En sécurité et à l’abri dans le véhicule, la jeune femme s’autorisa à regarder ses deux nouveaux amis une dernière fois avant qu’elle ne tourne à l’angle de la rue. Elle donna son adresse et profita de la douce chaleur de l’habitacle encore un moment car elle savait que le spectacle qui devait l’attendre à son domicile serait douloureux. Elle poussa un profond soupir.

-« Nous sommes arrivés Mademoiselle, » annonça soudain la voix du chauffeur.

-« Merci, » répondit Beckett en sortant de la voiture.

Malgré la pluie battante, elle s’arrêta et observa la maison un instant. Contrairement à il y a encore quelques mois, le carré de pelouse était négligée et les fleurs disparaissaient au milieu des herbes folles. Sa mère était tellement fière de cette petite parcelle de terre qu’une boule se forma dans la gorge de la jeune fille. Prenant son courage à deux mains, elle courut jusqu’à la porte d’entrée et soupira en ouvrant la porte sans difficulté. Son père avait encore oublié de fermer alors qu’il devait être ivre mort quelque part dans la maison.

-« Papa ? » appela-t-elle en retirant sa veste dans l’entrée. « Tu es là ? »

Beckett s’avança résolument dans la maison et se figea sur le seuil du salon. Son père se trouvait avachi dans son fauteuil et ronflait. Autour de lui, reposaient une multitude de cadavres de bouteille d’alcool plus ou moins fort. Quoique, dernièrement, son père avait une préférence pour la vodka.

-« Bon, au moins, aujourd’hui, tu ne t’es pas endormi ivre mort sous la pluie au milieu des fleurs de Maman… » soupira la jeune femme en ramassant les bouteilles vides pour les jeter au vide-ordures.

Alors qu’elle était en train de vider les dernières bouteilles dans l’évier, un grognement se fit entendre. Son père se réveillait et allait bientôt réclamer sa nouvelle dose d’alcool. Beckett ferma ses yeux un instant, espérant se tromper mais un bruit de bouche pâteuse se fit entendre juste à côté de son oreille.

-« Hey ! T’es déjà rentrée ma Katie ? »

-« Ouais mais pas grâce à toi ! »

-« Ce n’est pas de ma faute si tu as fini plus tôt aujourd’hui, » sourit Jim en prenant affectueusement sa fille dans ses bras.

-« Tu es saoul Papa ! » accusa la jeune femme en se dégageant brusquement. « Et pour information, j’ai fini à l’heure mais tu étais tellement ivre mort que t’as pas vu le temps passer ! Si je n’avais rencontré un passant prévenant et sa fille, je serais toujours à l’angle de cette rue à attendre que tu daignes te rendre compte de l’heure ! »

-« Rho ! Sois pas agressive comme ça ! J’ai pas fait exprès ! »

-« Comme la dernière fois, » soupira la jeune femme. « Et la fois d’avant, et encore celle d’avant… Tu ne fais jamais exprès de toute façon ! »

Beckett prit le sac contenant toutes les bouteilles vidées dans la journée et sa veste. Elle avait besoin d’air frais et peu lui importait la pluie. Aussi rapidement qu’elle était entrée, elle rejoignit la poubelle et jeta rageusement son sac dedans, rabattant violemment le couvercle dessus.

-« Mais quand est-ce que tu comprendras que moi aussi j’ai perdu Maman ! Que moi aussi je souffre ! Et que te voir te détruire chaque jour un peu plus me détruit moi aussi ! » hurla-t-elle dans le but de se soulager.

D’un revers de la main, elle essuya les larmes qui menaçaient de déborder avant de souffler un bon coup et de retourner à l’intérieur de la maison pour découvrir son père en train de chercher frénétiquement dans les placards.

-« Je peux savoir ce que tu fais ? »

-« J’ai soif ! T’as mis où mes bouteilles ? Hein ? Tu les as mises où ? »

-« Je les ai vidées Papa ! Tu ne peux pas continuer comme ça. Maman… »

-« Laisse ta mère là où elle est ! Tu n’as pas le droit ! » vociféra Jim, crachant son haleine alcoolisée au visage de sa fille.

-« C’était ma mère Papa ! Et moi aussi je souffre de son absence ! Tu n’es pas le seul sur terre mais visiblement tu as oublié tout ce qui ne concerne pas ta petite personne ! »

Furieuse, Beckett tourna le dos à son père et courut s’enfermer dans sa chambre, donnant un tour de verrou dès la porte refermée derrière elle. Désespérée et perdue, la jeune femme se jeta sur son lit et sortit son collier de dessous son pull pour serrer dans son poing la bague de sa mère.

-« Oh Maman… Je ne sais plus quoi faire… Tu me manques tellement… »

Pendant un long moment, la jeune femme tenta de trouver des solutions à ses problèmes puis elle décida de grignoter quelque chose. Elle se leva, alla ouvrir la porte du petit frigo qu’elle s’était installé dans sa chambre et revint avec du pain et du fromage. Assise en tailleur sur son lit, elle entendit son père tempêter un moment avant de finir par sortir en claquant la porte d’entrée derrière lui.

-« Au moins je vais avoir la paix pendant quelques heures… » soupira Beckett en se mettant à l’aise.

C’est alors qu’en sortant son téléphone de sa poche, la carte de Castle tomba sur ses genoux. Se mordant la lèvre inférieure, elle décida de prendre cela comme un signe du destin et attrapa son téléphone.

« Bien rentrée. Merci encore pour aujourd’hui. Ca m’a fait plaisir de passer un moment avec votre fille et vous. KB. »

Après une dernière hésitation, la jeune femme appuya sur le bouton ‘envoyer’ avec un sourire aux lèvres et se mit à repenser à sa rencontre avec son écrivain préféré  et sa petite fille. Elle attrapa alors son dernier livre et reprit sa lecture là où elle l’avait abandonné la veille au soir, se laissant porter par les mots de son auteur préféré. Soudain, elle sursauta en entendant son portable sonner, signalant ainsi l'arrivée d'un nouveau message. Bien décidée à l'ignorer, Beckett poursuivit sa lecture quand une pensée la traversa tout à coup. Et si c'était justement son écrivain qui lui répondait... Incapable de résister plus longtemps, elle attrapa son téléphone sur sa table de chevet et alluma l'écran.

« Je suis très heureux de vous savoir à l’abri chez vous. Alexis n’a pas arrêté de parler de vous depuis votre départ. Moi aussi je suis content d’avoir fait votre connaissance et j’espère avoir l’immense privilège de vous revoir bientôt. RC »

Au moment où Beckett s’apprêtait à reposer son téléphone sur sa table de chevet, il sonna une nouvelle fois annonçant un second message de l’écrivain.

« J’espère que vous avez diné au moins car ce n’est pas un croissant au jambon qui vous fera tenir. Surtout avec votre métier… »

La jeune femme roula des yeux mais ne put empêcher l’immense sourire qui étira ses lèvres. Elle reconnaissait en effet au travers de ces quelques mots l’homme prévenant et attentionné qu’elle avait découvert un peu plus tôt dans la journée. Il n’avait décidément rien à voir avec le portrait que dressait de lui les tabloïds et cela l’intriguait… Elle tapa une réponse avant de l’envoyer rapidement de peur de faire marche arrière/

« Vous n’êtes pas mon père à ce que je sache. Mais, pour information, oui, j’ai mangé. Et vous ? »

La réponse de Castle ne se fit pas attendre.

« Je cuisine moi ! N’oubliez pas que j’ai une fille à nourrir convenablement. D’ailleurs, en parlant d’Alexis, elle me fait dire qu’elle vous fait un bisou et qu’il faut qu’on se voit à nouveau car elle vous a fait un dessin… »

Beckett décida de ne pas répondre à ce dernier message qui la mettait mal à l’aise et, après avoir enclenché son réveil pour le lendemain, elle coupa son téléphone pour ne pas être tentée de continuer une discussion avec l’écrivain.


Lilou004  (18.11.2012 à 21:03)

Chapitre 4 : Au boulot

 

Le lendemain matin fut une véritable course pour Beckett entre se préparer et ramasser un minimum l’immense bazar que son père, ivre, avait mis dans le salon la veille et pendant la nuit. Au moment où elle s’apprêtait à quitter la maison, elle se figea. Son père se trouvait là, avachi dans l’entrée, une bouteille de bourbon à moitié vide à la main.

-« Oh Papa… Tu m’auras décidément tout fait… » soupira la jeune femme en attrapant le cadavre pour le jeter.

Une fois revenue de la cuisine, elle se mit au devoir de secouer son père afin de le réveiller un minimum.

-« Papa ! Papa ! Réveille-toi ! Il est sept heures et demie et tu as encore passé la nuit par terre ! Trop saoul pour atteindre ton lit ou même le fauteuil ! Allez ! Bouge-toi un peu ! »

La seule réponse que Beckett obtint fut un grognement indistinct. Soupirant, elle attrapa son père par les aisselles et le souleva de son mieux. Malgré les protestations incompréhensibles de Jim, elle le tira jusqu’à son fauteuil et le laissa tomber dedans. Il avait beau la dégouter à cause de son attitude, il n’en restait pas moins son père et elle l’aimait. Il était la seule famille qui lui restait et elle ne voulait pas l’abandonner à son désespoir. Elle ne le ferait pas sans se battre bec et ongles ! Avec tendresse, elle remit sa tête dans l’axe de son cou et le recouvrit d’un plaid avant de jeter un rapide coup d’œil à sa montre.

-« Et merde ! Merci Papa ! Grâce à toi, je vais encore devoir courir et sauter le petit déjeuner pour avoir une petite chance d’être à l’heure… » soupira Beckett avant de se pencher pour déposer un baiser sur le front de son père.

Ce n'est qu'en arrivant au vestiaire du poste de police où elle travaillait que la jeune femme se rendit compte qu’elle n’avait toujours pas allumé son téléphone. Aussi, une fois son uniforme passé, elle le sortit et l’alluma avant de le glisser dans sa poche.

-« Yo Beckett ! Alors, prête pour une nouvelle journée en ma compagnie ? »

-« Espo, je t’ai déjà dit un millier de fois que ton côté ‘latin lover’ n’avait aucun effet sur moi, » le rembarra gentiment la jeune femme en roulant des yeux.

C’est alors que son téléphone se mit à biper encore et encore annonçant l’arrivée de plusieurs messages.

-« Oh ! Oh ! Je crois savoir pourquoi tu es encore en retard toi ? Elle s’appelle comment ta nouvelle conquête ? »

-« La ferme Espo, tu ne sais pas de quoi tu parles, » lança fermement la jeune femme en repensant à son père.

Elle n’avait parlé à personne de son problème, pas même à ses amis les plus proches, refusant de lire dans leurs yeux la même chose qu’à la mort de sa mère.

-« Bon, on nous a assigné quel secteur aujourd’hui ? »

-« Le vingt-quatrième, » répondit fièrement Esposito. « Moi je t’l’dis Beckett, ça promet ! »

-« Vas-y, annonce, combien de mains as-tu graissé cette fois pour qu’on se retrouve encore une fois avec le secteur le plus chaud ? » demanda la jeune femme exaspéré.

-« C’est pas ma faute si Lenny a encore perdu son pari, » se défendit immédiatement Esposito. « Et puis… J’adore avoir l’occasion de te voir courir dans cet uniforme qui moule tes formes à la perfection… »

-« Espo ! » menaça Beckett. « Je te conseille de faire gaffe à ce que tu dis, tu pourrais le regretter très prochainement. »

-« Comme si tu me faisais peur ! » ironisa le latino en se dirigeant vers l’ascenseur.

Beckett le retint par le bras et approcha doucement sa bouche de son oreille.

-« Tu as aucune idée de ce dont je suis capable, aucune idée… »

-« Mais bien sûr ! Allez Beckett, ramène-moi tes jolies petites fess… » commença Esposito avant de se stopper brusquement.

La jeune femme venait en effet de lui attraper son oreille entre son pouce et son index et la tordait sans pitié.

-« Mais lâche-moi ! »

-« Uniquement si tu promets d’arrêter ton rentre-dedans à deux balles ! »

-« Et ma réputa… D’accord ! D’accord ! D’accord ! Ok, j’arrête ! Promis ! »

-« Bien, et si maintenant on allait travailler ? » fit la jeune femme en disparaissant dans l’ascenseur.

Ils étaient dans la voiture de patrouille depuis une vingtaine de minutes maintenant quand Beckett sortit enfin son téléphone portable pour découvrir qu’elle avait trois messages de Castle. Elle décida de les ouvrir chronologiquement.

« Vous êtes partie ? Je vous ai fait fuir ? Alexis vous a vraiment fait un dessin... Je vous le jure. »

Beckett sourit devant l’insécurité que reflétait ce message. Cela ne ressemblait en rien à l’image de séducteur sans pitié et changeant de conquête aussi vite que de chemises. Son rôle de père attentionné lui allait d’ailleurs comme une gant et il était évident que le bonheur de sa fille était plus qu’important.

-« Tu as l’air rêveuse. C’est ton nouvel amoureux qui t’a écrit des cochonneries ? »

-« Tu veux que je m’occupe de ta seconde oreille ? »

-« Non, merci ! répondit rapidement Esposito en se couvrant l’oreille la plus proche de sa coéquipière.

-« Je vois que tu apprends vite, «  sourit la jeune femme avant de se replonger dans ses messages.

« Alexis voulait vus dire bonne nuit et je dois dire que moi aussi. Benne nuit KB. Prenez soin de vous. RC »

Beckett fronça ses sourcils en lisant ce message. L’écrivain utilisait-il sa charmante petite fille de cinq ans pour l’attirer dans ses filets ou bien leurs échanges étaient-ils basés sur une profonde et réelle sincérité ? Le souvenir des moments qu’ils avaient passé ensemble dans ce petit café ainsi que le dernier message datant de ce matin achevèrent de la convaincre.

« Je ne vous importunerai plus si c’est cela que vous souhaitez. Sachez que je ne vous voulais pas de mal. Prenez soin de vous. RC »

Seul un homme sincère pouvait accepter de se mettre en retrait alors que toutes les femmes se pavanaient à ses pieds. Ni une ni deux, Beckett se carra dans son siège et rédigea un message à destination de l’écrivain.

« Si je ne vous ai pas répondu avant c’est parce que j’avais éteint mon téléphone hier soir. Embrassez Alexis pour moi et remerciez-la pour son dessin mais laissons le destin décider de notre prochaine rencontre. KB »

La jeune femme rangea son téléphone dans sa poche et reporta son attention sur son environnement.

-« Qu’est-ce qu’on a pour le moment ? »

-« Rien. Tu peux continuer à textoter tranquille avec ton homme, tu sais. Ca ne me gêne pas. Surtout que tu es détendue comme jamais… »

-« Espo ! » fit Beckett menaçante avant de reporter son attention sur la route en enclenchant la sirène. « Espo, regarde ! Conduite dangereuse. Je crois que c’est pour nous. »

La poursuite s’engagea entre les deux véhicules et, alors que la jeune femme donnait ses informations au travers de la radio, Esposito faisait tout pour rattraper et surtout arrêter cette voiture folle. Il y parvint rapidement en bloquant la voiture entre un bus et son véhicule de patrouille. La jeune femme sortit immédiatement de voiture, la main à la ceinture, prête à sortit son arme au besoin.

-« NYPD ! Sortez les mains du véhicule lentement, » annonça la jeune officier tout à son travail.

L’automobiliste obtempéra et Beckett se présenta à sa fenêtre.

-« Papier du véhicule, assurance et permis de conduire Monsieur. »

-« Oh… Allez ma p’tite dame, soyez cool ! Ce n’était qu’un petit excès de vitesse de rien du tout ! »

-« Et c’est pour ça qu’il nous a fallu près de cinq minutes pour vous rattraper et vous obliger à vous arrêter ? Papiers s’il vous plait. »

Le contrôle se déroula sans incident et les deux policiers alignèrent le contrevenant pour conduite dangereuse. Alors qu’ils dirigeaient vers leur véhicule de patrouille, Beckett sentit son portable vibrer dans sa poche. Rien à voir son regard, Esposito roula des yeux.

-« Vas-y ! Regarde. De toute manière, on n’est pas à cinq minutes près. »

Avec un sourire de remerciement à l’intention de son partenaire, la jeune femme sortit son téléphone et ouvrit le message de son nouvel ami l’écrivain.

« Heureux de savoir que vous vous êtes reposée et que vous ne m’avez pas refermé la porte au nez. Si vous voulez embrasser Alexis, venez le faire vous-même… Nous sommes au café juste derrière vous en train de prendre notre petit déjeuner. C’est Alexis qui vous a reconnu immédiatement mais je dois dire que la tenue vous va à ravir… RC »

Beckett rougit violemment et se retourna pour rencontrer le regard bleu de l’écrivain depuis l’autre côté de la rue. Là elle se figea alors qu’Alexis lui faisait de grands signes de la main.

-« Tout va bien Beckett ? Tu les connais ? » s’enquit Esposito qui avait suivi son regard.

-« Tu me donnes une minute s’il te plait, » fit la jeune femme en s’éloignant déjà en direction de l’écrivain et de sa fille. « Hey, bonjour vous deux… Je ne m’attendais pas à vous trouver là… »

-« A vrai dire, nous non plus, » sourit Castle. « Mais je dois dire que c’est une bonne surprise. Vous êtes à croquer dans votre uniforme. »

-« Papa… » appela doucement la fillette. « J’ai pas mon dessin pour Kate… »

-« Tu peux toujours la saluer et lui faire un bisou. On trouvera bien une occasion pour le lui donner, non ? Qu’en penses-tu ? »

-« Et si on l’invitait à manger à la maison avec Grand-Mère ? » lança alors Alexis en s’approchant de Beckett pour lui faire un câlin. « Tu sais, elle est gentille Grams, un peu bizarre parfois mais gentille. »


Lilou004  (19.11.2012 à 20:43)

Chapitre 5 : Complicité naissante

 

La suggestion d’Alexis jeta un froid entre les deux adultes qui ne se quittaient pas du regard. Esposito s’était avancé derrière eux et Alexis le regarda avec curiosité.

-« T’es qui toi ? Et tu t’appelles comment ? » demanda-t-elle avec candeur. « T’es le mamoureux de Kate ? »

Cette dernière question permit à Beckett de reprendre brusquement pied avec la réalité.

-« J’aimerai bi… » commença le latino avant d’être coupé par la jeune femme.

-« Non ! Même pas en rêve ! » s’exclama-t-elle en se retournant et attrapant son nez entre son pouce et son index. « Tu sais, il n’y a pas que les oreilles qui font mal, Javi… »

-« Pitié… Lâche-moi ! Tu me fais mal ! »

-« Alors arrête de dire des âneries et de draguer à outrance ! »

-« D’accord ! D’accord ! »

Alors qu’elle relâchait le nez endolori de son coéquipier, elle croisa le regard appréciateur de Castle. En effet, ce dernier aimait grandement le tempérament de feu de la jeune femme. Mais elle lui jeta alors un regard noir. Se sentant pris en faute, l’écrivain se tourna vers sa fille.

-« Alexis ! Je t’ai déjà dit de ne pas parler à des inconnus ! » gronda gentiment Castle.

-« Mais c’est pas des inconnus Papa ! C’est Kate et son ami euh… »

-« Javier, je m’appelle Javier. »

-« Et son ami Javier ! Tu vois Papa, c’est pas des inconnus ! »

-« Au secours… » ironisa Castle en regardant Beckett. « Elle est trop intelligente pour moi… »

Cette remarque fit exploser de rire la jeune femme qui se mit à la hauteur de la fillette.

-« Tu sais Alexis, ton Papa a raison. Il ne faut pas parler comme ça à des personnes que tu ne connais pas. Ca pourrait être dangereux… »

-« Mais je te connais toi maintenant et Javier il est en uniforme donc il est gentil… »

-« Tu sais ma Puce, des fois, de méchantes personnes se déguisent en policier ou en pompier pour approcher les enfants comme toi. Tu comprends pourquoi c’est important ? »

-« Oui, » répondit gravement la fillette en faisant valser sa queue de cheval rousse. « Je suis désolée Papa. Je ne le ferai plus. C’est promis. »

-« Merci Kate. »

-« De rien, maintenant, si vous voulez bien m’excuser, je dois poursuivre ma patrouille avec Espo. A bientôt ma Puce ? »

-« A bientôt Kate, » répondit la petite fille en embrassant la joue de sa nouvelle amie.

-« Au revoir, » lança Beckett en s’éloignant déjà.

Une fois dans la voiture de patrouille, elle leur adressa un dernier signe de la main avant qu'Esposito ne démarre. Ils avaient à peine tourné au coin de la rue qu'un message arriva sur le portable de la jeune femme.

« Tu n'a pa répondu à ma kestion. Tu ve pa venir mangé ? »

La jeune femme explosa de rire ce qui attira la curiosité d'Esposito.

-« Qu’est-ce qu’il y a ? »

-« Laisse tomber Espo et conduit ! Ce ne sont pas tes affaires ! »

-« Oh allez Beckett ! Tu es toujours tellement secrète que personne ne sait rien sur toi ! Ni ton adresse, ni rien d’autre sur ta famille… Allez, donne-moi ne serait-ce qu’on os à ronger ! »

-« Je trouve la comparaison plutôt au désavantage des chiens… »

-« Beckett ! » râla Esposito avant d’insister. « Allez, donne-moi quelque chose… »

-« Tu sais que si tu t’arrêtes là, je pourrais aller chez le boucher du coin pour demander un os à moelle pour toi. C’est gratuit pour les chiens… »

Le latino grogna et Beckett ne put retenir un sourire.

-« Allez, conduit et tais-toi ! »

-« Punaise ! C’est pas la mort quand même ! » soupira Esposito.

-« Un message d’Alexis, » abdiqua Beckett devant l’air désespéré de son coéquipier. « Elle insiste pour savoir si je vais venir diner avec eux un jour prochain. »

-« Dis donc, elle a l’air de t’aimer beaucoup cette petite. Ca fait longtemps que tu la connais elle et son père ? »

-« Hier. »

-« Hier ? Alors c’est lui ton mystérieux amant ? Mais il est nettement plus vieux que toi ! »

-« Ferme-là Espo ! Ca ne te regarde pas ! » répondit Beckett en roulant des yeux et attrapant son portable pour répondre à Castle.

« Et allez ! Vous passez votre portable à votre fille maintenant… »

La réponse ne tarda pas à arriver et la jeune femme ne put de rouler des yeux.

« Je vous jure que je n’y suis pour rien ! Elle m’a piqué mon portable sans que je ne m’en aperçoive ! »

« Comme si une gamine de cinq ans savait écrire ! Alexis est intelligente et très vive mais de là à écrire un message tel que celui-là… Prenez-moi pour une poire pendant que vous y êtes ! »

« Croyez-le ou non mais ma fille tient de son père… »

Beckett décida de ne pas répondre et reporta son attention sur son travail. La matinée se passa entre poursuites, arrestations et discussions sans fin avec Esposito. Ce dernier variait ses sujets entre flirt à outrance et pêche aux informations sur ce mystérieux jeune homme et sa fille. La jeune officier commençait à avoir sérieusement mal à la tête lorsqu’un nouveau message arriva.

« Vous savez, un véritable festin vous attend… »

En soupirant, la jeune femme se passa la main sur le visage.

-« C’est ton homme ? »

-« La ferme Espo ! » lâcha Beckett en tapant rapidement sa réponse : « Désolée mais je n’ai pas le temps pour ça. »

Alors qu’elle s’apprêtait à ranger son téléphone, celui-ci bipa à nouveau et la jeune femme ne put s’empêcher de regarder ce que ce nouveau message disait.

« Mais c’est Alexis qui l’a fait pour vous… »

« Ne vous servez pas de votre fille de cinq ans pour me faire venir chez vous, ça ne marchera pas. Je suis flic, n’oubliez pas. »

Malgré le ton de sa réponse, Beckett prenait beaucoup de plaisir à converser avec Castle et, même si elle n’avait aucune envie de l’avouer, depuis qu’elle l’avait rencontré, la charge de ses soucis semblait s’être allégée. Pourtant, rien n’avait changé depuis la veille : sa mère avait toujours été assassinée dans une allée, son meurtrier courrait toujours et son père n’avait toujours pas conscience de son état, de son alcoolisme puisque c’était le mot. Un voile de tristesse se posa sur son visage et Esposito le remarqua de suite.

-« Je ne sais pas ce que ton mystérieux homme t’a dit mais je préfère quand il te fais sourire… »

Beckett lui répondit par un sourire forcé de circonstance alors que son portable bipait à nouveau.

« Vous voulez qu’Alexis vous appelle pour vous dire tout ce qu’elle a préparé ? Je vous jure qu’elle a préparé un repas pour Kate ‘la gentille policière qui combat les méchants’. Vous ne voudriez pas la décevoir ? »

Ce message posa un véritable dilemme à la jeune femme qui se mordit l’ongle, le visage soucieux. Devait-elle prendre le risque de se laisser berner par Richard Castle le séducteur ou bien celui de décevoir une petite fille de cinq ans mignonne comme tout si les dires de son père s’avéraient exacts ? Elle connaissait intimement tous les tenants et les aboutissants de la déception et elle n’avait aucune envie de faire vivre cela à Alexis. Cependant, pouvait-elle attribuer suffisamment de crédit à un homme tel que Richard Castle ? Les tabloïds disaient tellement de choses sur lui… Avant même qu’elle ait pu avoir un semblant de réponse à son dilemme, son portable signala l’arrivée d’un nouveau message.

« De succulents spaghettis à la sauce tomate ! Comment oser renoncer à un tel festin ? »

Beckett se sentait perdue : devait-elle prendre le risque d’accepter ? Son esprit tournait à cent à l’heure au point qu’elle ne remarqua pas que son collègue s’était arrêté devant Chez Remy, qu’il était descendu de voiture et qu’il l’attendait.

-« Je te signale qu’on n’a qu’une heure pour déjeuner alors évite de la gâcher et bouge-toi Beckett ! »

La jeune femme obtempéra mais passa une bonne partie de l’après-midi à réfléchir et à hésiter. Vers seize heures trente, son téléphone sonna et elle décrocha sans avoir fait attention à l’identité de l’appelant.

-« Beckett. »

-« Kate ? C’est toi ? »

-« Alexis ? Tout va bien ma Puce ? »

-« Pumpkin, tu n’aurais pas vu mon tél… Alexis ! Mais qui tu appelles comme ça ? »

-« Bah Kate Papa. Pour savoir si elle vient et à quelle heure. Je veux pas rater… » répondit la voix fluette de la fillette avant de s’adresser à la jeune femme. « Je te passe Papa, je crois que j’ai fait une bêtise… »

-« Kate ? Je suis vraiment désolé. Alexis n’aurait pas dû vous déranger. J’ai compris. Bonne soirée. »

Avant que Beckett n’ait pu dire quoi que ce soit, l’écrivain avait raccroché. La jeune femme fixa un moment son téléphone avant d’envoyer un message.

« Très bien. Je viens mais, si je me rends compte que c’est votre technique pour me draguer, je vous assure que vous allez le regretter amèrement. »

La réponse ne se fit pas attendre.

« Mon nez n’a rien à craindre. Je peux vous l’assurer. On dit 20 heures. Voici l’adresse : 595 Broome Street. Le portier sera prévenu de votre arrivée et vous laissera passer sans problème. »

Beckett ne put empêcher un immense sourire de fendre son visage à l’idée de les revoir et surtout de découvrir à quoi ressemblait le lieu de vie de son écrivain préféré. Garçonnière ou maison familiale, là était la question…

-« Quelque chose me dit que, si demain tu es en retard matin au poste, c’est que tu as passé une nuit… Torride ! »

-« La ferme Espo ! »


Lilou004  (21.11.2012 à 07:30)

Chapitre 6 : Chez les Castle

 

La fin de journée se passa sur les chapeaux de roue, un suspect s’étant échappé d’un poste de police. Esposito et Beckett étaient tombés sur lui à la toute fin de leur service et l’avaient pourchassé. La course poursuite s’était terminée à pied et la jeune femme s’était retrouvée face à face avec l’individu armé d’un couteau. Une violente lutte s’était alors engagée et la jeune femme était parvenue à prendre le dessus, désarmant l’homme avant de le menotter fermement. C’est ainsi qu’ils n’arrivèrent au poste qu’à dix-neuf heures passées avec un rapport d’interpellation à rédiger.

-« File te changer et soigner ta joue, » sourit le latino impressionné par la prouesse physique de sa coéquipière. « Je te couvre. »

Lorsqu’elle ressortit des vestiaires une demi-heure plus tard lavée et en civil, elle le retrouva à leurs bureaux, lu le rapport et le signa rapidement avant de s’éclipser. Elle héla un taxi et, heureusement pour elle, en trouva un rapidement. En montant dedans, elle regarda sa montre et soupira. Il était dix-neuf heures cinquante-trois et il lui faudrait une demi-heure au bas mot pour aller directement chez Castle alors autant oublier l’idée même de faire un saut chez elle pour se changer.

-« Alors ? Elle va où la p’tite dame ? »

-« 595 Broome Street s’il vous plait. »

Pendant tout le trajet, l’anxiété de Beckett ne cessait d’augmenter. Avait-elle bien fait d’accepter ? Et sa tenue ? Elle ne ressemblait pas à grand-chose dans son jean bleu et son t-shirt blanc pour aller diner chez un écrivain célèbre… Au moins elle avait ses boots à haut talons qui la rassuraient un minimum…

-« Nous sommes arrivés ma p’tite dame, » annonça le chauffeur bien trop tôt au goût de la jeune femme. « Ca vous fait trente-huit dollars et soixante cents. »

Beckett lui tendit deux billets de vingt dollars et quitta le taxi sans attendre sa monnaie. Elle avait hâte de découvrir l’immeuble dans lequel l’écrivain résidait. Alors qu’elle observait avec attention ce qui l’entourait, un portier s’avança et ouvrit la porte.

-« Vous devez être Mademoiselle Kate ? » demanda l’homme en souriant alors qu’elle hochait doucement la tête. « Mademoiselle Alexis vous a parfaitement décrite. Si vous voulez bien me suivre, les Castle vous attendent. »

Sans un mot de plus, le portier la conduisit à l’ascenseur et, après qu’elle soit montée à l’intérieur appuya sur le chiffre cinq.

-« Vous verrez, lorsque vous serez en haut, ce sera la porte en face de vous, légèrement sur votre gauche. Bonne soirée Mademoiselle. »

-« Merci. Bonne soirée à vous aussi Monsieur, » répondit doucement la jeune femme.

Le trajet en ascenseur comme celui en voiture fut bien trop court et Beckett se retrouva rapidement devant la porte de l’écrivain, les mains moites et le cœur battant. Alors qu’elle tentait de se ressaisir, la porte s’ouvrit brusquement sur une rouquine.

-« Je savais bien que j’avais entendu l’ascenseur ! Vous devez être Kate, c’est bien ça ? Oh mais je suis impolie ! Entrez et mettez-vous à l’aise. Je suis Martha, la grand-mère d’Alexis ! »

-« Kate ! » s’exclama alors la petite fille en se précipitant dans les bras de la jeune femme. « Tu es venue ! Tu vois Papa ! Elle a tenu sa promesse et elle est là ! »

-« Mère, Alexis ! Laissez donc Kate respirer un peu, » soupira Castle en s’avançant, visiblement soulagé, et murmurant à l’attention de Beckett : « Merci… »

La jeune femme fronça légèrement les sourcils avant de décider d’oublier temporairement ce message imprévu. Elle se pencha et prit Alexis dans ses bras.

-« Alors comme ça, c’est toi qui a cuisiné ma Puce ? »

-« Oui ! Enfin Papa m’a aidé mais c’est moi qui ai choisi le menu ! » répondit fièrement la fillette. « Oh ! Mais tu as quoi à la joue ? Papa, regarde ! Kate est blessée ! »

-« Mais non, ce n’est rien… » tenta la jeune officier.

-« Darling, je ne dirais pas ça ! Avez-vous au moins mis de la glace dessus et vu un médecin ? »

-« Euh… Ce n’est rien… Vraiment… »

-« Richard, va chercher à cette pauvre malheureuse un sachet avec quelques glaçons. Il n’y a rien de tel pour calmer les gonflements, » ordonna Martha en entrainant leur invitée au salon et l’obligeant à s’assoir dans le canapé.

-« Ca te fait mal Kate ? » demanda doucement Alexis en grimpant à côté de la jeune femme et avançant son petit doigt près de sa pommette blessée.

-« Non ma Puce. Je t’assure que je vais bien. »

-« Et voilà la poche de glace, » annonça Castle en s’agenouillant devant la jeune femme et positionnant délicatement le sachet sur la joue endolorie de Beckett. « Attention, ça va être froid. »

Beckett roula des yeux avant de grimacer sous la douleur. La jeune femme luttait pour refouler les larmes qui menaçaient de couler à la suite de l’accueil chaleureux dont elle avait fait l’objet. Elle n’avait pas connu ça depuis le décès de sa mère et une boule s’était formée dans sa gorge. Juste au moment où Castle remarquait ses yeux brillants, la jeune femme parvint à les refouler et afficha un sourire de circonstance. Inconsciemment, sa main joua avec la chaine qu’elle avait autour de son cou et à laquelle pendait la bague de sa mère…

-« Mère, et si toi et Alexis vous alliez vérifier que tout est prêt pendant que je regarde cette joue de plus prêt ? » proposa Castle, permettant ainsi à la jeune femme de se ressaisir pleinement.

-« Richard, tu prends bien soin d’elle, » intima Martha avant de partir avec sa petite-fille. « Lorsqu’on est une si jolie femme, on doit faire attention à sa beauté ! »

-« Ne l’écoutez pas. Vous êtes toujours en beauté et cette tenue vous va à ravir, » sourit l’écrivain en voyant le malaise de Beckett. « Ca va ? Je ne vous fais pas trop mal ? »

-« Non. Et merci… Pour tout. »

-« Je n’ai rien fait de spécial voyons, » répondit le jeune homme avant de poursuivre avec émotion. « Merci à vous d’être venue malgré tout, de… De ne pas avoir déçue Alexis… »

Beckett sourit alors qu’une petite tête rousse apparaissait dans son champ de vision.

-« Papa ? Je peux montrer à Kate ma chambre ? S’il te plait… »

-« D’accord Pumpkin mais pas plus de quelques minutes. Tu ne voudrais pas que ton diner soit trop cuit… »

-« Oh ben non alors ! Tu viens Kate ? » demanda Alexis en attrapant la main de son amie pour la tirer derrière elle à l’étage.

La jeune femme découvrit alors une vraie chambre de petite fille. Les murs étaient d’une jolie teinte pastel et les meubles de bois brut ressortaient harmonieusement. Une multitude de dessins réalisés par l’occupante des lieux étaient exposés sur tout un pan de mur autour du bureau. Sur des étagères étaient soigneusement rangés peluches, poupées et jeux en tout genre.

-« Dis donc ! Quelle belle chambre bien rangée ! »

-« Papa, il dit que c’est trop rangé mais moi je préfère comme ça, » expliqua Alexis en allant chercher une feuille de papier enroulée et maintenue par un jolie ruban rose. « Tiens, c’est pour toi. »

Beckett remercia la fillette d’un baiser et alla s’assoir sur le lit pour ouvrir son cadeau. Elle découvrit alors un magnifique dessin où figuraient trois personnages : un grand homme aux cheveux bruns et aux yeux bleus, une jeune femme aux longs cheveux bruns et aux yeux vert en tenue de policière et, entre les deux, les tenant par la main, une petite fille aux cheveux de feu.

-« Là c’est moi, là c’est toi et puis là c’est Papa. Tu aimes ? »

Le cœur de la jeune femme manqua un battement. Elle ne voulait pas donner de faux espoirs à cette charmante petite fille.

-« C’est magnifique ma Puce ! Merci, » répondit sincèrement Beckett en serrant la fillette contre son cœur. « Mais tu sais, ton Papa et moi nous ne sommes pas amoureux. Nous sommes juste des… Des amis, d’accord ? »

-« Oui mais tu vas pas le mettre à la poubelle mon dessin ? »

-« Bien sûr que non ! Pourquoi tu dis ça ? » s’offusqua la jeune femme en s’éloignant suffisamment pour plonger son regard dans celui de sa jeune amie.

-« Ma Maman, la dernière fois qu’elle est venue, je lui avais fait des dessins mais, quand elle est repartie, je… »

-« Tu ? »

-« Je les ai trouvé tout chiffonnés dans la poubelle… » finit dans un souffle la fillette alors que de grosses larmes roulaient sur ses joues.

-« Oh Alexis ! » s’exclama Beckett en la prenant dans ses bras alors que son cœur saignait pour la petite. « Ta Maman ne sait pas le bonheur qu’elle a de t’avoir… »

-« Tu sais, elle est jamais là et, quand elle vient, elle fait que du shopping et se disputer avec Papa. Tu crois que c’est ma faute ? Parce que je ne suis pas assez bien, pas assez intelligente ? »

-« Je t’interdis de dire ou même de penser ça Alexis ! Tu es la plus jolie et la plus intelligente des petites filles de cinq ans que je connaisse ! Ce n’est pas de ta faute si ton Papa et ta Maman se sont séparés et se disputent. Des fois, les Papas et les Mamans ne s’aiment plus et c’est mieux qu’ils ne vivent plus ensemble mais ils aiment toujours autant leurs enfants. »

-« Ma Maman, elle est toujours trop occupée, elle est jamais là et est toujours pressée de repartir quand elle vient… »

-« Elle ne sait pas ce qu’elle rate, » souffla la jeune femme en refoulant la vive antipathie qui montait en elle vis-à-vis de la mère d’Alexis. « Si j’avais une petite fille comme toi, je passerai tous mes moments de libres à jouer avec toi, te raconter des histoires, te coiffer… A faire tout ce que je faisais avec ma Maman à moi à ton âge… »

-« Vraiment ? »

-« Oui, vraiment, » répondit la jeune femme avec émotion. « Allez, viens. Descendons rejoindre ton père et ta grand-mère. »


Lilou004  (22.11.2012 à 16:24)

Chapitre 7 : Une soirée surprenante

 

Le diner se passa de manière très agréable et Beckett découvrit à sa grande surprise qu’elle se sentait bien au milieu des Castle. Elle retrouvait à leurs côtés les joies des diners de famille et leur convivialité qu’elle n’avait plu connu depuis le décès prématuré de sa mère quelques mois plus tôt. Pour le plus grand plaisir de la jeune femme et d’Alexis, Martha raconta plusieurs anecdotes qui mirent l’écrivain mal à l’aise mais tout cela restait bon enfant. Juste après le dessert, la mère du jeune homme s’était excusée et avait quitté le loft pour une virée dont elle seule avait le secret, laissant ainsi les ‘jeunes’ tranquille.

-« Alexis, tu veux bien me débarrasser ton assiette et monter te mettre en pyjama ? »

-« Oui Papa. Je pourrais jouer un peu après ? »

-« Si tu restes calme, d’accord. Je monterai te dire bonne nuit quand ce sera l’heure. »

-« D’accord, » sourit la fillette en obéissant rapidement suivie par les adultes qui finirent de débarrasser la table en moins de temps qu’il n’en fallait pour le dire. « Kate ? »

-« Oui ma Puce ? »

-« Tu viendras me dire bonne nuit et me lire une histoire aussi ? »

-« Euh… » fit la jeune femme un peu perdue en regardant Castle qui acquiesça avec un sourire. « Oui, si tu veux. »

-« Cool ! » s’exclama Alexis avant de disparaitre dans les escaliers.

-« Votre fille est vraiment adorable. »

-« Oui. Je ne sais pas de qui elle tient par contre entre sa mère qui ne pense qu’à sa carrière, sa grand-mère un peu loufoque et moi… »

-« Il faut croire qu’il fallait un adulte dans cette famille, » se moqua gentiment Beckett.

-« Ah ah ! Très drôle ! » répondit l’écrivain en soupirant. « Mais vous avez aussi raison… Elle peut être tellement sérieuse parfois que j’en ai peur qu’elle ne vive pas sa vie d’enfant… »

-« Ne vous en faites pas, elle a l’air tout ce qu’il y a de plus équilibré. »

-« Mais elle souffre de l’absence de sa mère et je n’y peux rien… » répondit faiblement Castle.

-« J’ai cru comprendre qu’elle ne la voyait que rarement et que ses visites ne correspondaient pas vraiment à ce qu’elle souhaitait… »

-« Vous voulez un café ? » proposa alors le jeune homme.

-« Avec plaisir. »

-« Allez vous assoir tranquillement dans le canapé, j’arrive. »

Quelques minutes plus tard, Castle retrouva Beckett et s’assit à ses côtés après lui avoir tendu une tasse pleine du liquide chaud.

-« Si je me souviens bien, celui-là devrait vous plaire. Pour en revenir à Meredith, mon ex-femme et la mère d’Alexis, je savais depuis le départ que ce n’était pas la femme de ma vie mais je voulais faire les choses bien. Du coup, quand elle a découvert qu’elle était enceinte, je l’ai épousée et j’ai fait de mon mieux. Mais elle est… Comment dire ça sans paraitre une horrible personne… Elle est égocentriste. Sa grossesse a été pour elle un cauchemar car elle ne supportait pas les changements de son corps et ensuite le bébé était trop petit, trop fragile… C’est moi qui me suis occupé d’Alexis pendant que Meredith sortait et reprenait sa vie. J’ai laissé faire jusqu’à ce qu’un jour je rentre plus tôt du parc avec Alexis qui n’avait pas encore un an et que je la retrouve au lit, dans notre lit conjugal, avec son producteur ou son réalisateur, je ne sais plus trop. Ce fut la goutte d’eau. Je l’ai mise à la porte et j’ai demandé le divorce. Enfin, je ne devrais pas vous embêter avec tout ça… Je suis désolé. »

-« Ne le soyez pas, » sourit Beckett en posant une main compatissante sur son bras.

-« Et vous ? Qu’est-ce qui se cache derrière le masque de joie de la jeune femme de dix-neuf ans sûre d’elle ? Car je sens que c’est une façade qui cache un océan de tristesse… »

Le choc se lut immédiatement sur le visage de Beckett qui se redressa avant de reculer, coupant tout contact physique avec l’écrivain. Sa respiration s’accéléra alors que des gouttes de sueur apparaissaient à la naissance de ses cheveux. Elle tenta à plusieurs reprises de parler avant de froncer ses sourcils.

-« Kate… »

Mais la jeune femme ne l’écouta pas et se leva, prête à partir, à fuir cet homme qui semblait lire en elle comme dans un livre ouvert.

-« Je… Je dois y aller. »

C’est alors qu’une petite voix s’éleva du haut de l’escalier.

-« Tu viens me coucher Kate ? Je suis fatiguée et l’heure de mon dodo est dépassée depuis longtemps… »

La jeune femme se figea. Elle regarda en haut de l’escalier puis Castle avant de poser son regard à nouveau sur Alexis, en chemise de nuit et pieds nus, son doudou serré contre elle. Son cœur fondit et un sourire apparut sur son regard.

-« J’arrive ma Puce. »

-« Kate, je… Je suis désolé. Je n’aurai pas dû… »

Mais Beckett l’ignora royalement pour monter à l’étage et rejoindre l’enfant. En soupirant, Castle se leva et suivit la jeune femme mais il sentit la jeune femme se tendre aussi décida-t-il de rester un moment en retrait. Lorsqu’il les rejoint quelques minutes plus tard, il trouva la jeune femme et la petite fille sur le lit. Beckett s’était assise contre la tête de lit et Alexis avait tout naturellement trouvé sa place, blottie dans le creux de ses bras. Le livre préféré de sa fille se trouvait entre ses mains de Beckett et sa voix mélodieuse emplissait la pièce. Tout comme sa fille, l’écrivain se sentait hypnotisé.

-« Et voilà ! Ton histoire est terminée maintenant. Il faut dormir maintenant, » sourit Beckett en passant doucement une main dans les cheveux de la fillette.

-« Oh non… Je peux avoir une autre histoire ? » demanda Alexis en baillant à s’en décrocher la mâchoire.

-« Ce ne serait pas sérieux ma Puce. Et puis tu dois dormir pour être en pleine forme demain, » sourit la jeune femme en quittant doucement le lit et bordant la petite fille. « Fais de jolis rêves. »

Elle déposa un baiser dans ses cheveux et sourit alors qu’Alexis se laissait aller au sommeil. Tout doucement, elle posa une fesse sur son lit et se mit à fredonner la berceuse de son enfance : ‘Beautiful child’. A la fin de sa chanson, Beckett se rendit compte que la petite fille semblait à deux doigts de s’endormir et elle l’embrassa à nouveau sur le front.

-« A bientôt ma Puce… »

-« Tu sais Kate, » marmonna Alexis d’une voix ensommeillée. « J’aimerai bien que tu sois ma Maman à la place de la mienne… »

-« Oh non… » marmonna Castle depuis la porte sentant la tragédie arriver.

La jeune femme se figea immédiatement, comme une biche prise dans les phares d’une voiture, et elle tenta à plusieurs reprises de déglutir. La petite fille se rendit immédiatement compte que quelque chose n’allait pas et ouvrit ses petits yeux pour découvrir ceux de son aînée écarquillés de stupeur et plein de larmes.

-« Kate ? J’ai dit quelque chose de mal ? » s’enquit immédiatement Alexis en se redressant.

-« Je… Il se fait tard, je dois partir maintenant sinon je ne vais jamais pouvoir me lever demain et Esposito va passer sa journée à me chambrer, » dit Beckett de manière décousue. « Je… Au revoir ! »

Sur ce, elle quitta brusquement la pièce, bousculant au passage Castle et disparut dans les escaliers.

-« Kate ! » appela désespérément Alexis en se levant pour lui courir après, des larmes coulant le long de ses joues. « Je suis désolée ! »

Pour seule réponse, la fillette entendit le bruit de la porte d’entrée qui claquait derrière sa nouvelle amie. Perdue et ne comprenant pas ce qui se passait, elle se précipita dans les bras de son père en pleurs.

-« Je suis désolée Papa… Je ne voulais pas la faire partir… Je… »

-« Je sais Pumpkin… Je crois juste qu’elle a pris peur. Je pense qu’elle n’a pas eu une vie facile… »

-« Je suis pas assez bien ? Pas assez sage ? C’est ça ? C’est à cause de moi ? »

-« Oh non ma Chérie ! » s’exclama Castle en prenant sa fille dans ses bras pour la porter jusqu’à son lit.

Il avait mal pour sa petite fille qui souffrait déjà tellement de l’absence de Meredith même si elle n’en disait rien. Il s’assit sur son lit et la prit sur ses genoux.

-« Ce n’est en rien ta faute. Kate est une toute jeune femme. Je crois juste qu’entre ce que moi je lui ai dit et ce que toi tu lui as dit, on lui a fait peur… »

-« Mais elle va revenir ? »

-« Honnêtement, je ne sais pas. Je l’espère mais je n’en suis pas sûr. »

-« Elle va jeter mon dessin alors ? Comme Maman ? » hoqueta Alexis.

-« Chut… Calme-toi mon Cœur… » la berça doucement Castle.

Père et fille restèrent un long moment ainsi et, au moment où l’écrivain pensait sa fille endormie, elle releva son visage baigné de larmes vers lui.

-« Dis, je peux lui envoyer un message ? Je voudrai m’excuser… Je voulais pas la faire partir, je te jure… »

Sans un mot, Castle alla chercher son téléphone et le tendit à sa fille.

« Pardon Kate. Je voulè pa ke tu parte. Je le dirè plu, c’est promi. »


Lilou004  (23.11.2012 à 20:57)

Chapitre 8 : La fugue

 

Trois jours. Cela faisait trois longues journées que Beckett avait reçu ce premier message déchirant d’Alexis. Elle était bien consciente qu’elle l’avait blessée mais elle ne parvenait pas à se résoudre à répondre à leurs messages et à leurs appels répétés. Rongée par les remords, elle les lisait et les écoutait pourtant. A chaque fois, son cœur saignait un peu plus et elle se maudissait intérieurement mais elle était terrifiée. En quelques heures passées aux côtés des Castle, elle s’était énormément attachée à eux et elle était consciente que la réciproque était vraie mais elle n’avait que dix-neuf ans… Etait-elle prête à se laisser voir telle qu’elle était c’est-à-dire intimement blessée et vulnérable ? En attendant d’avoir la réponse à cette question, elle préférait ne pas leur donner de faux espoirs.

Du côté des Castle, l’écrivain avait des plus en plus de difficultés à faire sourire sa fille. Depuis le départ précipité de Beckett, Alexis avait perdu sa joie de vivre et ses cauchemars étaient revenus encore plus fort qu’après le départ de Meredith. Castle était conscient que sa nouvelle amie avait eu vis-à-vis de son enfant bien plus de gestes maternels en seulement quelques heures que sa propre mère dans toute sa vie… Aussi décida-t-il qu’il était grand temps de changer la dynamique.

-« Alors Pumpkin, qu’as-tu envie de faire aujourd’hui ? » demanda l’écrivain d’une manière enjouée à la fin du petit déjeuner.

-« Je voudrais bien aller jouer dans ma chambre Papa, » répondit comme les jours précédents Alexis. « Je vais aller m’habiller maintenant… »

-« Un instant jeune fille ! Ca fait trois jours complets que nous ne sommes pas sortis et je pense que ça ne nous ferait pas de mal. Que dirais-tu d’aller à la bibliothèque ? »

-« Si tu veux Papa, » répondit platement la fillette en rangeant son bol dans le lave-vaisselle.

-« Je t’attends dans une demi-heure habillée et prête à partir, on est d’accord ? »

-« Hum-hum… »

Castle regarda sa fille disparaitre le cœur lourd. Il sortit son téléphone de sa poche et vérifia qu’il n’avait aucun message ou appel manqué de Beckett. En soupirant, il ouvrit un message vierge et tapa :

« Je suis désolé. Que je ne vous vois plus jamais, je veux bien l’accepter. Que vous me détestiez, ok, si vous voulez. Moi je peux comprendre mais par pitié donnez au moins un signe de vie à mon Alexis. Elle se laisse complètement dépérir. Ce n’est plus ma petite boule d’énergie… RC »

Il l’envoya et fila se préparer. Une heure plus tard, père et fille arpentaient les allées de la bibliothèque. Alexis se choisit un livre et alla s’assoir dans la partie ‘lecture pour enfants’. Elle prit place sur un pouf près de la baie vitrée et fit semblant de se plonger dans sa lecture pour rassurer son père. Elle poussa un soupir de soulagement lorsqu’elle le vit enfin se détendre et sourire.

-« Pumpkin, je vais aller me chercher un livre. Tu ne bouges pas d’ici, d’accord ? »

-« Oui Papa, » répondit la fillette en croisant discrètement ses doigts dans son dos. « A tout à l’heure. »

Pendant la demi-heure qui suivit, Alexis observa avec attention un policier qui faisait la circulation dans la rue. Rassurée, elle se leva, posa son livre sur son pouf et prit la direction des ascenseurs. Pour ne pas éveiller les soupçons des bibliothécaires et du personnel de la sécurité, elle se glissa au milieu d’un groupe d’écoliers et quitta en même temps qu’eux le bâtiment. Une fois dans la rue, elle se dirigea résolument vers le policier et tira sur sa manche.

-« Je peux t’aider ? Tu es perdue ? Où sont tes parents ? » s’étonna le policier en voyant la détermination de l’enfant.

-« Tu pourrais m’emmener voir Kate s’il te plait ? »

-« Kate ? Qui est Kate ? » fit le policier en se mettant à la hauteur de la petite fille. « Et d’ailleurs, comment tu t’appelles toi ? »

-« Moi c’est Alexis et Kate c’est mon amie. Elle est policière, comme toi. »

-« Tu sais Alexis, il y a beaucoup de policiers dans la ville de New York et je suis sûr que plus d’une s’appellent Kate… Tu es toute seule ? »

-« Elle s’appelle Kate, elle a dit qu’elle avait dix-neuf ans, » dit Alexis en éludent volontairement les questions sur le fait qu’elle soit seule dans la rue. « Elle est grande, moins que Papa mais grande quand même. Elle a de beaux cheveux bruns, ils sont longs aussi et tout doux. Elle a des yeux verts. Enfin… Ils ont aussi du marron dedans mais je ne sais pas comment ça s’appelle… »

-« Eh bien dis-donc ! Tu es sacrément observatrice pour ton âge ! »

-« Merci. Oh ! Et le policier qui travaille avec Kate dans la voiture, il s’appelle Javier. Il est grand aussi et beau. Il a la peau bronzé et les yeux noirs. Par contre, il aime bien embêter Kate mais elle sait le remettre à sa place et c’est trop drôle ! »

-« Je vois. On va essayer de la trouver ta Kate parce que, visiblement, tu ne me diras rien de plus sur toi. Je me trompe ? »

Alexis rougit et baissa son visage pour se cacher derrière ses cheveux.

-« Allez, viens. On va aller jusqu’à ma voiture pour appeler le central. »

Il fallut près de quarante-cinq minutes pour trouver Beckett et conduire la fillette jusqu’au commissariat. Il remarqua cependant que la fillette perdait de son assurance et de sa superbe à mesure qu’ils approchaient. Dans l’ascenseur, Alexis lui tira à nouveau sur sa manche en se dandinant sur place.

-« Oui ? »

-« J’ai besoin d’aller faire pipi… » annonça la fillette en rougissant.

Plus que tout, elle voulait gagner quelques précieuses minutes. Avec un sourire compatissant, le policier la conduisit jusqu’aux toilettes pour femmes où il demanda à une de ses collègues de l’accompagner. Une fois la fillette de retour, il lui prit la main, lui adressa un sourire encourageant avant de la guider vers le bureau des officiers.

-« Y a-t-il une Kate Beckett ici ? »

-« Oui, c’est moi… » dit la jeune femme en se retournant avant de se figer. « Alexis ? Qu’est-ce que tu fais ici ? Et où est ton père ? »

Devant le souci plus qu’évident de la jeune femme, Alexis fondit en larmes et se recroquevilla sur elle-même. Immédiatement Beckett se leva et se précipita vers la fillette pour la prendre dans ses bras, remerciant au passage son collègue pour lui avoir amené l’enfant.

-« Avant toute chose, dis-moi que ton père sait où tu es… »

-« Je… Je me suis enfuie en cachette de la bibliothèque… » avoua Alexis d’une toute petite voix.

-« Ok. Laisse-moi attraper mon portable que je puisse prévenir ton père que tu es avec moi et ensuite on va aller discuter dans la salle de repos, d’accord ? »

Alexis hocha doucement la tête avant de l’enfouir dans le creux du cou de la jeune femme. Une fois dans la salle de repos, Beckett s’assit sur le canapé, Alexis blottie dans ses bras, tout contre elle. Elle composa alors le numéro de Castle et n’eut pas à attendre plus d’une sonnerie.

-« Castle. »

-« Hey, c’est Kate. »

-« Je… Je n’ai pas le temps là. Alexis a disparu ! D’après les images de vidéosurveillance de la bibliothèque, elle s’est enfuie de son propre chef ! La police est là et tout le monde la cherche… Je suis perdu Kate… »

-« Je sais tout ça. Alexis vient d’arriver. Elle est avec moi et elle va bien, ne vous en faites pas. »

-« Oh merci mon Dieu ! Où êtes-vous que je puisse vous rejoindre le plus rapidement possible ! »

-« Castle, calmez-vous. Elle va bien. Prevenez les collègues qui sont auprès de vous et demandez-leur de vous conduire au commissariat du 12ème. Vous n’êtes pas en état de conduire après la frayeur que vous venez d’avoir. »

-« Kate ? Merci… »

-« A tout à l’heure. Je dois discuter avec une certaine petite fille pour essayer de comprendre ce qui s’est passé dans sa petite tête pour qu’elle en arrive à une telle extrémité. »

Alors que le soulagement était évident pour Castle, un véritable dilemme habitait Beckett. En effet, elle avait conscience que la discussion à venir ne serait pas facile car elle était en grande partie responsable de la fugue d’Alexis et la culpabilité qui l’habitait était grande. Dans ses bras, Alexis laissait libre court aux larmes qu’elle retenait depuis qu’elle s’était rendue compte qu’elle faisait du mal à son père. Elle s’agrippait désespérément à la chemise de l’uniforme de la jeune femme qu’elle avait aimée dès le début. Beckett l’avait comprise instinctivement. Elle l’avait dorlotée comme une véritable maman et lui avait fait connaitre ce qu’une mère aimante signifiait. Et aujourd’hui, à cet instant précis, Alexis avait peur de la perdre et se blottir dans ses bras lui faisait du bien même si elle avait l’impression que c’était pour la dernière fois…


Lilou004  (24.11.2012 à 20:20)

Chapitre 9 : Explications

 

-« Bon, maintenant que nous sommes toutes les deux et surtout que ton père est prévenu, tu veux bien me dire ce qui s'est passé exactement pour que tu t'échappes comme ça ? » demanda Beckett en se levant pour rejoindre la machine à café.

Restée seule sur le canapé, Alexis se recroquevilla en boule sur elle-même dans un coin du canapé. La jeune femme la regarda et eut pitié d'elle : elle semblait si petite, perdue et terrifiée. Les larmes ne cessaient de couler le long de ses joues et elle mit son pouce dans sa bouche en quête de réconfort.

-« Ne t'en fais pas. Je me suis juste levée pour te faire un chocolat chaud. Je reviens ensuite auprès de toi et tu pourras tout me raconter. Pas de secrets, d'accord ? »

-« Hum-hum… »

Beckett fronça ses sourcils devant le manque de communication de la fillette et repensa au message que Castle du matin même. 'Elle se laisse complètement dépérir. Ce n'est plus ma petite boule d'énergie…' Il avait parfaitement raison et la jeune femme eut mal pour le père et l'enfant. Elle s'approcha et reprit place sur le canapé. Cependant, quand elle ouvrit ses bras pour que la fillette vienne s'y blottir, Alexis ne bougea pas d'un pouce. A contre cœur, la jeune femme se contenta donc de lui donner son chocolat chaud et l'observa le boire. Le silence s'installa, lourd, aussi Beckett décida-t-elle de le rompre.

-« Alexis, ma Puce, si tu as pris tous ces risques pour venir me voir, c'est que tu as des choses à me dire, non ? »

-« Est-ce que tu as jeté mon dessin ? » demanda la fillette en relevant un regard brillant de larmes vers son ainée.

-« Non ! Bien sûr que non ! » s'exclama la jeune femme alors que son cœur se serrait. « Dès que je suis rentrée chez moi l'autre soir, je l'ai accroché sur la porte de mon frigo ! »

-« Vraiment ? » demanda Alexis d'une petite voix pleine d'espoir.

-« Oui, vraiment. »

-« Alors pourquoi tu es partie comme ça ? Qu'est-ce que j'ai fait de mal ? » fit la fillette alors que sa mâchoire tremblait.

-« Je… Tu n'as rien fait de mal Alexis ! »

-« Bah si ! Parce que tu as disparu… Comme Maman… » justifia la fillette en pleurant à chaudes larmes.

Touchée par la détresse évidente de l'enfant, Beckett se leva et la prit dans ses bras avant de reprendre place sur le canapé, s'installant confortablement avec Alexis tout contre son cœur.

-« Il faut que tu comprennes quelque chose ma Puce. Ce n'est pas de ta faute si je suis partie et je suis persuadée que tu n'as rien à voir avec le départ de ta Maman. Des fois, les adultes ne savent pas faire autrement… »

-« Mais pourquoi ? » demanda la petite fille en levant des yeux perdus vers Beckett.

-« Je ne peux pas parler pour ta Maman mais, en ce qui me concerne, je suis morte de peur, » avoua la jeune femme en rougissant, n'ayant pas remarqué le porte s'entrebâiller ni la silhouette de Castle.

-« Toi ? T'as peur ? Mais tu es policière… Ca peut avoir peur un policier ? »

-« Oui, comme tu le vois. Un policier peut avoir peur et, même si on n'aime pas le dire, c'est vrai. »

-« De quoi tu as peur toi ? »

-« De… De m'attacher à toi, que tu t'attaches à moi, qu'il se passe quoi que ce soit et que l'un de nous souffre… »

-« Mais je t'aime moi. Je peux pouvoir te voir, te faire des câlins, que tu me couches le soir… »

-« Oh Alexis… » souffla Beckett en déglutissant, cherchant à faire passer le boule qui s'était formée dans sa gorge et d'empêcher ses larmes de couler. « Je… Moi aussi je… Je tiens beaucoup à toi… Tu comptes énormément mais… Et s'il m'arrivait quelque chose ? Et si… »

-« Papa il dit qu'il faut vivre pleinement et oublier les 'et si' sinon on vit plus. »

-« Mais je ne veux pas te faire souffrir Alexis… »

-« Pourtant c'est ce que tu as fait en disparaissant… Et pas que moi, Papa aussi. Je crois qu'il t'aime bien lui aussi… »

-« Je suis désolée, tellement désolée… » murmura Beckett en détournant le visage.

-« Tu sais Kate, » dit la fillette en prenant le visage de son ainée entre ses mains et l'obligeant à la regarder. « Papa il dit que tout le monde, même les grands, font des bêtises… »

-« il dit beaucoup de choses juste ton Papa dis-moi, » parvint à sourire la jeune femme que l'innocence et la candeur de l'enfant bouleversait.

-« Ouais ! C'est le meilleur Papa du monde entier ! » sourit Alexis avant de reprendre très sérieusement. « Toi aussi tu as souffert, non ? »

Ce n'était pas une question mais plutôt une affirmation et la perspicacité de l'enfant bluffa la jeune femme. Le silence se fit pendant quelques minutes avant que la plus jeune ne le brise d'une petite voix timide.

-« 'Tu avais dit 'pas de secret'… »

-« Et je vais te répondre mais laisse-moi juste le temps de chercher et surtout de trouver les mots justes. D'accord ? »

Pour marquer son assentiment, la fillette vint reprendre sa place dans ses bras, tout contre elle. Elle se laissa bercer par les battements du cœur de la jeune femme et, alors qu'elle commençait à se laisser gagner par une douce torpeur, la voix de Beckett s'éleva enfin.

-« Comme tu l'as deviné ma Puce, moi aussi je sais ce que veut dire souffrir même si je l'ai découvert à un âge bien plus avancé que toi. Il y a quelques mois, en janvier dernier en fait, ma Maman ne nous a pas rejoint mon père et moi au restaurant comme c'était prévu. On a attendu longtemps et puis on a fini par rentrer à la maison, » expliqua la jeune femme une boule dans la gorge et des larmes plein les yeux. « Un policier nous y attendait… »

-« Qu'est-ce qu'elle a eu ta Maman ? Elle va bien ? »

-« Non ma Puce, elle ne va pas bien. Sur le chemin pour nous rejoindre, elle a rencontré une méchante personne qui lui a fait beaucoup de mal et… »

-« Et ? »

-« Et elle est au ciel maintenant… »

-« Oh… » murmura Alexis en encerclant le cou de la jeune femme de ses bras et logeant sa tête dans l'espace créé. « Je suis désolée pour ta Maman Kate… Et pour toi aussi... »

-« Moi aussi ma Puce, moi aussi… »

-« Ma tu as attrapé la méchante personne, pas vrai ? »

-« Non Alexis, toujours pas, » répondit d'une voix brisée Beckett.

-« Mais… » commença la fillette avant de se reprendre. « Je suis sûre que tu y arriveras un jour. »

-« Merci, » répondit la policière en esquissant un sourire.

Le câlin s'éternisa mais aucune des deux n'avait envie d'y mettre fin.

-« Tu sais Kate, même si ta Maman n'est plus là, je suis là moi… Et Papa aussi… »

-« Merci, » ne put que répondre Beckett alors qu'une unique larme s'échappait de son œil droit.

Alors qu'elle changeait de position pour se mettre plus confortable, Alexis repéra une silhouette familière dans l'entrebâillure de la porte.

-« Papa ! » s'exclama-t-elle d'une voix enjouée en se redressant.

Beckett suivit son regard d'Alexis pour tomber sur l'écrivain qui ouvrit plus franchement la porte. Immédiatement son estomac se serra. Depuis combien de temps était-il arrivé ? Qu'avait-il entendu de leur conversation ? Mal à l'aise, elle détourna rapidement son regard et bougea légèrement pour se redonner contenance.

-« Je peux ? »

-« Bah oui ! » répondit la fillette à la place de son ainée avant de se renfrogner. « Tu vas me disputer… »

-« En même temps Pumpkin, tu m'as fait avoir la plus grande peur de toute ma vie. Je pense donc que c'est normal, non ? »

-« Si… »

-« Laisse-moi te voir, » fit alors Castle en s'approchant du canapé et se mettant à leur hauteur pour l'observer sous toutes les coutures. « Dis-moi que tu n'as rien, je t'en prie… »

-« Je te le promets Papa… Quand je suis sortie, je suis tout de suite aller voir ce policier que j'avais observé dans la rue pour être sûre que c'était pas un méchant et ensuite il m'a amené à Kate… Je suis désolée de t'avoir fait peur… J'aurai pas dû m'enfuir comme ça… »

-« En effet, » répondit l'écrivain en captant le regard humide de sa fille. « Mais j'aimerai comprendre pourquoi… Pourquoi ne m'as-tu pas demandé ? Je t'aurai conduit moi-même jusqu'ici ! »

-« J'avais peur que tu dises non… Ou que Kate s'enfuit encore en nous voyant… Je… Je me suis dit que seule, elle pouvait pas me laisser… »

-« Je… » fit Beckett en se levant et déposant Alexis sur le canapé. « Si vous voulez bien m'excuser, maintenant que vous êtes arrivé, je vais retourner à mon travail. »

Alors que la jeune femme se dirigeait vers la porte d'entrée de la salle de repos, Castle observa le visage de sa fille se décomposer et les larmes se mettre à couler le long de ses joues. En la voyant se recroqueviller sur elle-même, il se tourna dans le but de stopper la policière.

-« Kate ! Attendez ! Vous ne pouvez pas partir comme ça à nouveau, sans un mot, sans une explication ! Comme je vous l'ai dit, je peux comprendre que vous me détestiez et que vous ne souhaitiez pas me voir mais Alexis, ma fille a besoin de vous et je me battrai bec et ongles pour qu'elle soit heureuse. »

Sous le choc, Beckett s'était figée. Au travers des mots de l'écrivain, elle retrouvait son père. Enfin celui d'avant l'alcool, celui qui aurait remué ciel et terre pour son bonheur.

-« Je ne vous déteste pas, » fit doucement la jeune femme en se retournant pour leur faire face. « Mais j'ai un travail à terminer et… »

-« Ne me parler pas de votre travail quand vous n'êtes pas foutue capable de faire un bisou et de dire au revoir à une enfant de cinq ans ! Elle ne vous a rien fait ! » s'emporta le jeune homme en père protecteur.

-« Arrêtez ! Arrêtez de vous disputer ! » hurla alors Alexis avant de s'enfuir en courant de la salle de repos.

Dans sa hâte de s'enfuir, elle ne vit pas le capitaine et lui rentra dedans, manquant de tomber à la renverse. Ce dernier la rattrapa in extremis avant de se mettre à sa hauteur.

-« Bonjour. Je m'appelle Roy et toi ? »

-« A… Alex-is. » répondit en hoquetant la fillette.

-« Eh bien en voilà un gros chagrin. Qu'est-ce qui se passe ? »

-« Pourquoi Kate elle veut pas de moi parce que sa Maman elle est au ciel ? »

La question de l'enfant jeta un froid dans l'open space et Beckett ferma un instant les yeux. Castle posa une main réconfortante sur son épaule. Ce geste de soutien apporta toutes les réponses aux questions que la jeune se posait un peu plus tôt. Après avoir avalé l'énorme boule qui s'était formée à nouveau dans sa gorge, la policière s'approcha de son capitaine et de la fillette pour se mettre elle aussi à sa hauteur.

-« Ma Maman est au ciel, oui. Mais où vas-tu chercher que je ne veux pas de toi ? »

-« Tu pars sans rien dire et tu te disputes avec Papa. Comme Maman. Si ça se trouve, c'est même pas vrai que mon dessin il est sur ton frigo… » accusa Alexis en fondant un peu plus en larmes.

-« Je vais te faire une promesse Alexis. La prochaine fois qu'on se voit, j'apporterai ton dessin pour te prouver que je l'ai toujours. D'accord ? »

-« Oui mais quand ? »

-« Si vous voulez, si vous en avez envie et si vous le pouvez bien sûr, vous pourriez nous rejoindre pour diner ce soir… Enfin, je ne voudrais surtout pas imposer ma volonté bien sûr… »

-« Euh… C'est que… »

-« Beckett, » intervint Montgomery conscient du débat intérieur de la jeune femme. « Vous n'avez plus qu'un dossier en retard. Vous pouvez donc vous permettre de quitter dès seize heures. Pour une fois que vous débaucherez à une heure descente. »

-« D'accord. Je dois venir à quelle heure ? » demanda finalement la jeune femme en relevant les yeux vers Castle.

-« Ouais ! » s'exclama Alexis en se jetant dans les bras de Beckett un sourire radieux aux lèvres. « Merci ! Merci Kate ! »

-« Si vous terminez à seize heures, à quelle heure pouvez-vous nous retrouver au loft ? Dix-huit ? Dix-neuf heures ? Prenez votre temps mais n'arrivez pas après vingt heures s'il vous plait. Alexis a mal dormi ces derniers jours… »

-« Comptez sur moi, » lui répondit-elle avec un sourire tout aussi radieux que celui d'Alexis, contente d'avoir pu remonter le moral d'une adorable petite fille.


Lilou004  (25.11.2012 à 18:18)

Chapitre 10 : Se confier

 

A seize heures tapante, Montgomery se trouvait devant le bureau de Beckett, bras croisés et tapant du bien.

-« Monsieur ? »

-« Il me semble que vous avez mieux à faire Officier Beckett. Je ne veux plus vous voir avant demain huit heures, le début de votre service ! Pas deux heures avant ! »

-« Mais… »

-« Pas de mais ! Déguerpissez d'ici avant que je ne vous colle une mise à pied pour désobéissance à un ordre direct ! »

-« Bien monsieur, » répondit rapidement la jeune femme en récupérant ses affaires et disparaissant dans les vestiaires non sans râler ce qui fit sourire le capitaine.

Quarante minutes plus tard, elle pénétrait chez elle pour découvrir la maison vide. Elle alla à la cuisine et prépara un rapide repas pour son père qu'elle laissa dans le micro-onde puis dans sa chambre prendre sa douche. Une fois sortie de la salle de bain, elle se planta devant son armoire. Elle hésita longuement avant de faire simple : un jean noir avec une tunique turquoise. Elle attrapa son sac, y glissa le dessin d'Alexis qu'elle avait récupéré sur le frigo de sa chambre et laissa un mot à son père avant de partir en direction de SoHo. Une quarantaine de minutes plus tard, la jeune femme se retrouvait comme quelques jours plus tôt devant la porte de l'écrivain. Après avoir soufflé un bon coup, elle frappa deux petits coups et ne put empêcher un immense sourire d'illuminer son visage en entendant ce qui se passait à l'intérieur.

-« Elle est là ! Papa ! Kate est là ! » s'exclamait joyeusement Alexis.

-« Une minute Pumpkin ! N'ouvre pas la porte sans, » commença Castle avant de s'arrêter car la porte d'entrée était grande ouverte sur une Beckett souriante. « Moi… »

-« Mais c'est Kate Papa ! » soupira la fillette avant de se jeter dans les bras de leur visiteuse. « Tu es venue ! Tu as tenu ta promesse ! »

-« Et oui ma Puce, » sourit la jeune femme en caressant les cheveux de la petite fille. « Et si tu me laisses entrer, je pourrais te faire un vrai câlin ! »

Ni une ni deux, Alexis relâcha la jeune femme et courut à l'intérieur de la maison sous les sourires des deux adultes. Castle s'approcha et, après avoir refermé la porte derrière elle, lui adressa un regard reconnaissant.

-« Je peux vous débarrasser ? »

-« Avec plaisir, » répondit Beckett en lui tendant son manteau. « Je suis désolée que mon attitude ait conduit Alexis à faire une fugue… »

-« C'est à moi de vous remercier d'être là pour elle ce soir. Ca compte beaucoup pour elle. »

-« Pour moi aussi… » répondit Beckett en luttant pour maintenir son émotion en elle en sortant le dessin de la petite fille de son sac. « Tiens, regarde Alexis ce que j'ai récupéré chez moi. »

-« Tu l'as gardé ! » s'écria Alexis en se précipitant dans les bras de son ainée, manquant de la faire tomber à la renverse. « Merci ! Merci Kate ! »

-« De rien ma Puce, » sourit la jeune femme émue par l'élan de la fillette. « Alors, qu'allons-nous manger de bon ce soir ? »

-« Je sais pas… C'est Grand-Mère qui cuisine, » grimaça la petite fille. « J'espère que tu as le ventre bien accroché… On va encore devoir commander… Pff… »

-« Oh voyons ! Ce ne doit pas être si grave que ça, non ? » dit Beckett en jetant un regard à Castle qui semblait désespéré.

-« Tu rigoles ! Je suis sûre que toi tu pourrais faire mieux ! La dernière fois, Papa il a dû acheter un nouveau four ! »

-« Vraiment ? » s'étonna la jeune femme.

-« Oui vraiment, » intervint l'écrivain. « J'ai bien essayé de la dissuader de cuisiner ce soir de peur de vous faire définitivement fuir mais rien n'y a fait… Je suis vraiment désolé… »

-« Mais je sais ! Et si Kate nous faisait un diner elle ? »

-« Ne les écoutez pas Darling ! Je ne suis pas une grande cuisinière mais ça reste mangeable ! » intervint Martha en arrivant vers eux avec son habituelle bonne humeur. « Et pour le four, ce n'était qu'un accident ! Ce n'est pas de ma faute si je n'ai pas vu que le plat que j'avais utilisé n'allait pas dans le four et qu'il a explosé en cours de cuisson… »

-« J'espère juste que ce ne sera pas mortel… » soupira Castle. « Je me souviens d'un certain gâteau… »

-« Et bien, puisque c'est comme ça, tu te débrouilles avec la cuisine ! Alexis et moi allons monter dans nos chambres ! » fit théâtralement Martha en jetant son tablier à son fils.

-« Mais Grand-Mère… »

-« Je te promets que ta Kate sera là à notre retour Alexis. Elle ne peut pas partir alors qu'elle t'a promis de diner au loft ! » sourit la plus âgée des rouquine en entrainant sa petite fille à l'étage. « Amusez-vous bien les jeunes ! »

Castle était conscient que sa mère leur offrait l'opportunité de discuter ensemble et l'en remerciait du fond de son cœur. Il se tourna vers la jeune femme avec un sourire contrit.

-« Je vais vous aider, » sourit la jeune femme en le suivant dans la cuisine.

-« Vous n'êtes pas obligée vous savez. Mais merci. »

-« Arrêtez de me remercier à tout bout de champ, » répliqua Beckett avant de murmurer. « Je ne fais rien que je n'ai pas envie de faire vous savez… »

Ils travaillèrent en silence et de concert pendant un long moment à tenter de sauver les préparatifs de Martha avant que Beckett ne roule des yeux.

-« Quoi ? »

-« Rien, » s'empressa de répondre Castle avec un sourire sans pour autant détourner son regard.

Le silence se fit entre eux pendant un long moment. La jeune femme sentait le regard de son écrivain préféré sur elle en permanence et trouvait ça effrayant même si son regard appréciateur la flattait. Cependant, elle était consciente de se qui se passait dans l'esprit du jeune homme.

-« A quel point vous avez entendu ma conversation avec votre fille tout à l'heure ? » demanda Beckett d'une petite voix.

-« Je… Je suis désolé Kate. Je n'aurai pas dû je sais mais… Je ne voulais pas briser ce que se passait entre ma fille et vous… »

-« Vous auriez pu vous effacer… » fit remarquer la jeune femme sans pour autant que son ton ne montre le moindre signe de reproche.

-« C'est vrai. J'aurai pu… » répondit-il en baissant la tête.

La mine que tira Castle fit fondre intérieurement Beckett mais elle se fustigea pour ne pas le montrer. A nouveau le silence se fit mais l'esprit de la jeune flic tournait à cent à l'heure.

-« Ce jour-là, mon monde s'est effondré, » commença doucement la jeune femme sans lever ses yeux de sa tâche. « Quand l'inspecteur Raglan nous a annoncé pour Maman, c'est comme si le sol se dérobait sous mes pieds. »

Ses dernières paroles moururent sur ses lèvres, le décès de sa mère encore tellement récent. Elle n'en avait pas véritablement parlé jusqu'à présent et certainement pas avec son père qui était ivre du matin au soir depuis qu'elle était rentrée… Beckett sentait le regard de Castle sur elle mais il restait silencieux, lui laissant le temps de se reprendre et de parler quand elle s'en sentirait capable. La jeune femme l'en remerciait intérieurement tout en tentant de reprendre un minimum de contrôle d'elle-même. Tremblante, ses sentiments à fleur de peau comme à chaque fois qu'elle parlait de sa mère, elle se forçait respirer calmement et à compartimenter ses émotions. Elle ne pouvait, ne voulait pas se laisser aller. Elle ne voulait pas se montrer faible mais, même si elle n'avait jamais été femme à se confier, cet homme à ses côtés savait déjà tout ce qu'il y avait à savoir alors autant continuer à en parler avec lui. Avec une lenteur contrôlée et afin de ne pas laisser percevoir son trouble, elle posa les ustensiles qu'elle avait en mains. L'écrivain qui n'avait toujours pas esquissé le moindre geste éteignit les plaques de cuisson et alla s'asseoir sur l'un des tabourets posant ses avant-bras sur le comptoir, les mains jointes en signe d'écoute. Il attendait simplement qu'elle se reprenne. Mal à l'aise, Beckett se tourna dos au plan de travail, s'appuyant dessus à l'aide de ses mains. Raide, mâchoires serrées et dans une position évidente de défense et de protection d'elle-même, elle poussa un long soupir.

-« Comme je l'ai dit à Alexis, elle venait nous rejoindre au restaurant mon père et moi mais elle n'est jamais arrivée, » reprit la jeune femme sans croiser son regard. « Ca devait être notre dernière soirée ensemble avant mon retour à l'université. Elle était en retard mais elle était en chemin. La police a retrouvé son corps entre la maison et le restaurant donc il ne pouvait pas en être autrement… »

Alors que son cœur saignait pour la jeune femme en face de lui, Castle restait silencieux et observait avec énormément de respect cette toute jeune personne si digne dans sa douleur et si déterminée à ne pas la montrer en restant forte coute que coute. Alors qu'il pensait qu'elle n'allait plus rien dire, Beckett reprit la parole, maitrisant une fois de plus les tremblements de sa voix.

-« Son agresseur, un individu encore aujourd'hui non identifié, l'a attaquée et poignardée à de nombreuses reprises avant de l'abandonner sur un tas d'ordures, dans une allée malodorante. C'était le neuf janvier dernier… »

Le silence se fit à nouveau. Beckett était surprise que Castle ne l'ait pas interrompu une seule fois. Cependant elle lui en était reconnaissante. De son côté, l'intuition de Caslte lui soufflait aussi qu'il y avait plus mais il était content qu'une femme telle que Beckett se confie à lui aussi décida-t-il de ne pas pousser sa chance. Pendant un très long moment, ni l'un ni l'autre ne dirent un mot.

-« Quoi ? »

-« Mais je n'ai rien dit, » se défendit le jeune homme.

-« Je vous entends penser jusqu'ici Castle ! Qu'est-ce qui tourne ainsi dans votre tête d'écrivain.

-« Vous avez parlé d'université mais… Vous êtes flics… »

-« Qu'est-ce qui s'est passé ? » demanda Beckett en déglutissant avant de poursuivre. « J'y suis retournée mais j'avais perdu le goût aux études. Je ne pensais qu'à mon père et à ma mère… Et à cet assassin qui courrait toujours… Alors après un semestre, je suis rentrée et, contre l'avis de mon père, je suis rentrée à l'académie. C'était il y a trois mois. Après mes huit semaines de formation et l'obtention de mon diplôme, j'ai commencé les patrouilles. »

Un immense respect pour la jeune femme enfla dans le cœur de l'écrivain. Ils échangèrent un regard lourd de sens et un sourire vint illuminer leur visage.

-« Papa, c'est quand qu'on mange ? J'ai faim moi, » les interrompit Alexis en dévalant les escaliers suivie par Martha.

-« Ce ne devrait plus tarder à être prêt. Et si tu mettais la table pendant que j'apporte la dernière touche à notre diner ? » dit Castle en se levant pour reprendre sa cuisson.

-« D'accord ! » sourit la fillette avant de s'arrêter auprès de Beckett. « Oh ! Kate, tiens, je t'ai fait un autre dessin… Pour à ton travail… »

-« Merci ma Puce ! » dit Beckett en récupérant l'œuvre d'art de l'enfant. « C'est superbe ! Merci. Tu veux bien aller le ranger dans mon sac avec l'autre que je ne l'oubli pas ? Comme ça, je vais pouvoir continuer à aider ton Papa avec le repas. »

Le reste de la soirée se passa merveilleusement bien. Après un diner plein de malice et d'anecdotes, ils couchèrent Alexis avant de regarder un film avec Martha. Il était près de minuit lorsque la jeune femme quitta le domicile de l'écrivain pour rentrer chez elle.


Lilou004  (26.11.2012 à 20:18)

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