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Jeunesse et protection des mineurs
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Série : Castle
Création : 16.11.2012 à 20h55
Auteur : Lilou004
Statut : Abandonnée
« Histoire AU (Alternative Universe). Kate a 19 ans, Richard 28 et Alexis 5. Ils se rencontrent par hasard quelques mois après le décès de Johanna. Ensemble, ils vont se reconstruire petit à petit… » Lilou004
Cette fanfic compte déjà 43 paragraphes
Chapitre 21 : Trouver refuge
Le taxi arriva rapidement et Beckett s’y engouffra car une pluie drue commençait à tomber.
-« Je vous conduis où ma p’tite dame ? »
-« Euh… » bafouilla la jeune femme en cherchant désespérément où elle pouvait aller avant de murmurer d’une petite voix en essuyant ses larmes tant bien que mal : « 595 Broome Street s’il vous plait. »
-« C’est parti ! Et ne vous en faites pas, quoi qu’il vous arrive, tout s’arrangera très vite ! Et puis, belle comme vous êtes… Tout ira bien ! J’en suis persuadé… »
La jeune femme se mura dans le silence et laissa son regard se perdre par la fenêtre. Elle était tellement plongée dans ses tristes pensées qu’elle ne voyait pas le paysage défiler. Intrigué par son comportement et son état, le chauffeur lui jetait régulièrement des coups d’œil. Il ne comprenait pas ce qui avait bien pu arriver de si grave à une telle jeune femme.
-« Mademoiselle, nous sommes arrivés. Mademoiselle ? »
-« Oh ! Oui, pardon… Excusez-moi. Je vous dois ? »
-« Laissez, je vous l’offre, » sourit le conducteur avant de reprendre, devançant les protestations de Beckett. « Tout ce que je vous demande c’est de retrouver vite le sourire, d’accord ? »
Touchée par la sollicitude de cet inconnu, la jeune femme hocha doucement la tête en esquissant une grimace de remerciement avant d’attraper son sac et de sortir du taxi. La voiture démarra et elle se retrouva alors seule, sous la pluie, devant l’immeuble de Castle. Elle regarda un long moment la façade et l’entrée mais, au moment où le portier s’avançait pour lui ouvrir, elle s’éloigna en refermant les pans de son manteau sur elle. Perdue, ne voulant pas imposer sa présence, elle s’appuya un long moment sur le mur, tête baissée, avant de se laisser glisser à croupi son sac à ses côtés. En mettant ses mains dans ses poches pour lutter contre la pluie mais surtout le froid, elle sentit la feuille de papier qu’elle avait tenté de protéger et une nouvelle vague de larmes la submergea. Elle s’accrocha désespérément au dessin d’une main en le pressant contre elle tandis que de l’autre elle jouait avec les touches de son portable. Les minutes passèrent sans que la jeune femme ne sorte de sa léthargie.
Cinq étage plus haut, un père et sa fille jouaient au Laser Tag sous le regard amusé mais bienveillant de la grand-mère quand soudain le téléphone se mit à sonner.
-« Pouce Pumpkin ! Je dois décrocher. »
-« Mais Grand-Mère est là ! Elle peut le faire elle, » bouda la fillette en faisant valser ses longues mèches rousses.
-« Alexis a raison et puis… Ce n’est pas comme si je ne vivais pas ici, » sourit Martha en décrochant. « Allo ? »
A son grand étonnement, personne ne répondit mis à part le bruit de la pluie et celui de violents sanglots.
-« Il y a quelqu’un ? Allo ? » insista l’actrice en fronçant les sourcils en découvrant le nom de l’appelant. « Richard, je crois qu’il y a un problème, c’est Kate mais il n’y a personne au bout du fil… »
Inquiet, Richard laissa tomber son arme sur le canapé et se précipita vers sa mère pour lui prendre le combiné des mains. Il ne remarqua même pas que sa fille venait de le toucher et que sa veste s’illuminait de toutes les couleurs.
-« Youpi ! Je t’ai eu Papa ! » s’exclama Alexis avait de se stopper, ayant compris qu’il se passait quelque chose. « Grand-Mère ? »
-« Ne t’en fais pas, quoi qu’il arrive, ton papa trouvera toujours la solution… » la rassura tant bien que mal Martha en la prenant dans ses bras.
-« Kate ? Kate, répond-moi bon sang ! J’entends bien qu’il y a un problème mais si tu ne me dis rien, je ne vais pas pouvoir t’aider ! Kate ! » appela l’écrivain de plus en plus fort.
Ne sachant plus quoi faire, il regarda sa mère et sa fille et puisa en elles force et courage. Mais, au moment où il s’apprêtait à l’appeler à nouveau, il se rendit compte que la communication avait été coupée. Ni une ni deux, il recomposa immédiatement le numéro et attendit avec angoisse que la jeune femme décroche enfin.
-« Allo ? » lui parvint au bout de quatre sonneries la voix éraillée par les pleurs de Beckett.
-« Dieu soit loué ! Qu’est-ce qui se passe Kate ? »
-« Je… Rien, » répondit en hoquetant la jeune femme pour faire bonne figure.
-« Kate… Il n’y a pas ‘rien’… Parle-moi, je t’en prie… »
-« C’est… C’est mon… Mon père, » parvint non sans mal à articuler la brunette.
-« Ton père ? Ok, où es-tu que je vienne te chercher ? »
-« Mais… A-Alexis ? »
-« Mère est là. Tu es où Kate ? » insista Castle en attrapant sa veste et en se dirigeant vers la porte.
-« En bas, » souffla la jeune femme épuisée.
-« J’arrive ! » s’écria l’écrivain en jetant à sa mère le téléphone. « Parle-lui jusqu’à ce que j’arrive près d’elle ! »
Sans plus attendre, le jeune homme s’engouffra dans la cage d’escaliers, n’ayant pas la patience d’attendre l’ascenseur. Lorsqu’il déboucha dans le hall, il fut surpris de ne pas voir la jeune femme et se tourna vers le portier tout aussi surpris que lui.
-« Vous n’auriez pas vu mon ami Kate par hasard ? »
-« Il m’a semblé mais ça remonte à au moins trois-quarts d’heure… Lorsque j’ai voulu lui ouvrir, elle est partie. »
-« Par où ? »
-« Sur la droite ! » lança l’homme à l’écrivain qui s’élançait déjà à l’extérieur sous la pluie.
Castle n’avait pas fait deux pas à l’extérieur qu’il repéra la frêle silhouette de Beckett recroquevillée sur elle-même. Il s’en approcha doucement pour ne pas l’effrayer et se mit à sa hauteur. Il l’observa un moment, jusqu’à ce que la jeune femme relève enfin ses yeux vers lui. Avec un sourire rassurant, il attrapa d’une main son sac pendant qu’il glissait l’autre autour de ses épaules. Sans un mot, il l’obligea à se redresser avec lui et l’entraina jusqu’à l’ascenseur puis jusqu’au loft. Quand il poussa la porte de l’appartement quelques minutes plus tard, il remarqua tout de suite que Martha avait éloigné Alexis. Ils étaient à peine arrivés au canapé que l’aînée des rouquines revenait avec une montagne de serviettes de toilette et de couvertures.
-« Je reviens, il me manque encore une petite chose, » sourit Martha avant de poser une main chaleureuse sur la joue de Beckett. « Vous avez bien fait de venir… »
L’actrice disparut aussi vite qu’elle était apparue emportant avec elle le sac de la jeune femme. Avec beaucoup de douceur, l’écrivain déplia une immense serviette et l’enroula autour de son amie avant de la frictionner doucement. Malgré la chaleur de la pièce et les tentatives de Castle, la brunette claquait toujours autant des dents aussi l’homme passa à l’action et l’entraina vers sa chambre mais surtout vers la salle de bain attenante.
-« Prends ton temps, je ne suis pas loin. Si tu as besoin de quoi que ce soit, appelle-moi. »
Beckett hocha la tête avant de retenir le jeune homme un instant. Toujours sans un mot, elle sortit avec précaution une feuille de papier détrempé et déchiré de sa poche pour la déposer dans la paume de son ami.
-« Je vais tenter de la sauver. Je ne te promets rien mis à part que je vais faire mon possible ! Parole de scout ! » lança Castle sa main libre sur son cœur.
Quel ne fut pas sa fierté quand il vit se dessiner l’ombre d’un sourire sur le visage de la brunette alors qu’une nouvelle vague de larmes inondait ses joues.
-« Bon, trêve de plaisanteries, file sous la douche sinon tu vas attraper une pneumonie ! »
Une fois de retour dans sa chambre et assuré que l’eau coulait dans la salle de bain, Castle prit la direction de la cuisine pour s’occuper de la feuille de papier que lui avait confiée Beckett. Au moment où il comprit ce dont il s’agissait, ses yeux s’embuèrent de larmes et une boule se forma dans sa gorge.
-« Papa ? » appela alors la petite voix d’Alexis.
-« Oui Pumpkin ? » demanda l’écrivain en se ressaisissant pour sa fille.
-« Grand-Mère m’a demandé de descendre ça pour Kate, » fit la fillette en dansant d’un pied sur l’autre. « Dis… Qu’est-ce qui se passe ? »
-« Viens me voir ma Chérie, » sourit le jeune homme en la prenant dans ses bras.
-« Oh ! C’est mon dessin ? »
-« Oui. Kate m’a demandé d’essayer de le sauver car il compte beaucoup pour elle. Je ne sais pas ce qui lui est arrivé exactement mais je sais qu’elle a besoin de nous et que nous serons là pour elle, tu es d’accord avec ça ? »
-« Bah oui ! » dit la rouquine comme une évidence avant de demander avec toute l’innocence de ses cinq ans. « Dis, tu crois que, si je lui fais un autre dessin, elle ira mieux ? »
-« Ca ne peut que lui faire du bien, oui. »
-« D’accord ! Alors je file dans ma chambre pour lui en faire un super méga trop beau ! Tu prends soin d’elle hein ? Promis ? »
-« Promis, » fit l’écrivain avec un sourire alors qu’Alexis s’élançait en courant dans les escaliers. « Et sans courir ! »
-« Je cours pas Papa, je marche vite ! »
Lorsque Beckett émergea enfin de la salle de bain, elle trouva Castle assis sur son lit, son ordinateur sur les genoux en train d’écrire frénétiquement. Cependant, il s’arrêta net et releva la tête dès qu’il entendit la porte de la salle de bain.
-« Ah ! Te voilà ! Je commençais à m’inquiéter, » sourit immédiatement l’écrivain en posant ses affaires à côté de lui avant de lui faire à nouveau face, son regard au fond du sien. « Tu te sens un peu mieux ? »
La brunette hocha la tête mal à l’aise et le jeune homme se leva pour s’approcher doucement.
-« Merci, » murmura-t-elle d’une petite voix.
-« C’est normal Kate. Tu veux en parler ? »
Frissonnante, Beckett serra ses bras contre elle en haussant les épaules alors que des larmes inondaient ses yeux. Avec un sourire, Castle disparut dans son dressing et en ressortit avec un énorme pull de ski.
-« Tiens, enfile ça avant d’attraper la mort, » fit-il avant de le lui passer autour de cou.
Une fois qu’elle eut terminé de mettre le pull bien trop grand pour elle, l’écrivain passa son bras autour des épaules de son amie et la guida vers le salon où il s’assit. S’attendant à ce qu’elle mette de la distance entre eux, il fut surpris de la voir se rapprocher de lui pour s’assoir au plus près. Emu par la confiance qu’elle lui témoignait par ce geste, il lui ouvrit son bras. Elle n’attendit pas avant de venir se blottir tout contre lui, sa tête dans le creux de son cou et sa main agrippant sa chemise sèche. Ne voulant pas la brusquer, le jeune homme laissa le silence s’installer un moment avant de se décider à rompre la glace.
-« J’ai réussi à sauver le dessin d’Alexis. Il ne sera plus aussi beau mais au moins il est sec, » dit Castle avant de poursuivre devant son regard surpris. « J’ai passé sous l’air chaud du sèche cheveux et demain il suffira de le recouvrir d’une fine couche de vernis-colle. »
-« Merci. Ce dessin… Il compte beaucoup… Surtout aujourd’hui… »
-« Tu veux bien m’en parler ? Qu’est-ce qui se passe avec ton père ? »
Beckett ne répondit pas tout de suite. Elle reprit d’abord sa position initiale dans le creux du cou de son ami qui ne tarda pas à sentir l’humidité caractéristique des larmes mouillant sa chemise. Son cœur saigna pour la jeune femme et, comme il pouvait le faire avec sa fille, il se mit à lui caresser doucement ses cheveux.
-« Mon père faisait ça aussi… Avant… »
Oui, avant tout ça, avant la mort de sa mère, avant que le cœur de son père ne disparaisse, avant que l’alcool n’en prenne la place…
Chapitre 22 : Cocon
Castle sentit tout de suite que le « avant » avait toute son importance dans la phrase de Beckett mais, comme il l’avait fait lorsque la jeune femme s’était ouverte à lui à propos de sa mère, il décida de rester silencieux afin de lui laisser le temps de trouver les bons mots.
-« Quand… Quand ce policier est venu nous annoncer la mort de… De Maman, » commença doucement la brunette ravagée par la tristesse et la détresse. « Papa et moi on a été dévasté… En plus de la douleur de ne plus avoir la chance d’avoir Maman avec nous, on ne comprenait pas pourquoi… Pourquoi elle ? Pourquoi nous ? »
Se sentant vulnérable et malgré tout en sécurité, Beckett ramena ses jambes contre elle et les recouvrit à l’aide du pull avant de chercher encore un peu plus le contact avec Castle.
-« On avait tout… Et tout s’est effondré comme un château de cartes… Maman n’était plus là et tout le monde nous disait qu’il… Qu’il fallait continuer à vivre comme avant… Pour elle. Mais ils en ont de bonnes tous ! Comment on peut faire comme si alors qu’on vient de vous enlever une partie de votre cœur ? » demanda la jeune femme en se redressant pour plonger son regard dévasté dans celui de Castle. « C’était ma Maman… »
Avec énormément de tendresse, Castle posa sa main sur la joue tuméfiée de la jeune femme qui, au contact, ferma les yeux en cherchant encore plus sa chaleur. Le jeune homme lutait contre ses propres larmes dues à l’émotion qui l’avait saisi. La brunette rouvrit ses yeux et, sans se quitter du regard, un long silence s’installa entre eux.
-« Kate… Rien ne te ramènera ta mère mais penses-tu qu’elle aimerait te voir si triste ? »
La jeune femme rompit le contact visuel en penchant la tête en avant, déposant son front contre l’épaule de celui qui était devenu en quelques semaines son rock. De nouveau le silence se fit.
-« Non, » avoua-t-elle finalement dans un souffle à peine plus audible qu’un murmure. « Mais pour Papa, c’est tellement différent… »
-« Kate, est-ce ton père qui t’a fait cette marque sur la joue ? » demanda l’écrivain en l’effleurant délicatement.
-« Oui et non… C’est l’homme qu’il est devenu… »
-« Qu’entends-tu par là ? » fit alors doucement Castle en cherchant à ne pas la brusquer.
Sans un mot, Beckett reprit sa place dans le creux de ses bras. Immédiatement le jeune homme l’en enveloppa. Avec un fin soupir de bien-être, la jeune femme laissa la chaleur et la douceur de son ami l’envahir avant de se décider à parler à nouveau.
-« Chaque jour qui passe, Papa sombre un peu plus… Il… Pour oublier la douleur… La tristesse d’avoir perdu Maman, il… Il se noie dans l’alcool… Chaque jour un peu plus… Et il m’entraine avec lui... Mais ce soir… Ce soir Castle, c’était affreux… Il… Il a ravagé la maison, il… Il a détruit mon sanctuaire, mon refuge… Et il m’a brisée… »
-« Oh Kate ! Je suis persuadé que ce n’était pas son intention. Qu’au fond de lui, il t’aime et que le jour où il prendra conscience de ce qu’il a fait, il s’en voudra énormément. Tu… Tu as déjà essayé de lui parler de faire une cure pour se sevrer ? »
-« Oui mais il ne m’écoute pas… Depuis la mort de Maman, il lui en veut… D’être morte, de l’avoir laissé… Abandonné… Et maintenant… Parce que j’essaye de continuer à… A vivre même si c’est dur, il… Il m’en veut… Il a utilisé des mots tellement injustes Castle… »
-« Je n’en doute pas sinon tu ne serais pas dans cet état… » souffla le jeune homme en resserrant son étreinte autour d’elle.
-« Il… Il m’a mise dehors… Je ne savais pas où aller… Je… »
-« Tu peux rester ici autant de temps que nécessaire Kate. Tu fais partie de notre famille depuis quelques temps déjà. Et, un jour peut-être, ton père en fera lui aussi parti. »
-« Tu crois ? » demanda pleine d’espoir Beckett en relevant ses yeux brillants vers lui.
-« Laisse-lui du temps mais donne-t’en aussi car tu as besoin de te reposer et de faire ton deuil. Avoir à gérer l’alcoolisme de ton père le soir après ton travail en plus de la mort prématurée de ta mère n’a pas dû être de tout repos. Et tu es bien jeune pour faire face à tout ça… »
-« Alexis, Martha et toi m’avez beaucoup aidé tu sais… » avoua dans un souffle la jeune femme en rougissant légèrement.
-« Tu m’en vois ravi, » sourit le jeune homme en prenant le visage de Beckett dans la coupe de ses mains, résistant à l’envie irrépressible qu’il avait de l’embrasser.
Castle était conscient que ce n’était pas le moment et que sa jeune amie avait bien d’autres choses en tête à ce moment précis. L’embrasser ne ferait qu’ajouter à sa confusion aussi fut-il soulager de voir apparaitre en haut de l’escalier une petite tête rousse.
-« Papa ? » appela alors Alexis ayant compris qu’elle avait été repérée. « Je peux ou Kate a encore besoin d’un peu de temps rien qu’avec toi ? »
-« Approche ma Puce, » intervint alors la principale intéressée en se retournant vers la fillette. « Tu crois que j’aurais le droit à un câlin ? »
-« Oh oui alors ! » s’exclama avec un sourire radieux l’enfant en dévalant les escaliers pour venir se blottir dans les bras de la jeune femme.
Pendant un moment ils restèrent tous les trois dans les bras les uns des autres jusqu’à ce qu’Alexis change de position pour plonger son regard dans celui de la brunette.
-« Dis, ça va mieux maintenant ? » demanda-t-elle d’une petite voix.
-« Grâce à ton papa, à ta grand-mère et à toi, oui. Merci ma Puce. »
-« De rien Katie, » sourit Alexis avant de sortir de sa poche une feuille de papier pliée en quatre. « J’ai vu que tu avais ramené avec toi mon dessin mais il était tout mouillé… Alors je t’en ai fait un autre. Tiens. »
Beckett ouvrit délicatement la feuille et découvrit la nouvelle œuvre que la fillette avait fait pour elle. Il s’agissait d’un parc entouré d’immeuble et au milieu duquel se trouvaient quatre personnes : un homme et une femme aux cheveux bruns ainsi qu’une autre femme et une petite fille aux cheveux de feu. Le cœur de la brunette se réchauffa instantanément et elle resserra son étreinte autour de la fillette.
-« Merci ma Puce ! C’est magnifique ! »
-« Je t’aime très fort tu sais, » répondit spontanément Alexis avec un immense sourire avant de se caler un peu plus dans ses bras.
Peu de temps après, Martha les rejoignit et prépara pour tout le monde des sandwichs qu’ils dégustèrent tous les quatre au salon tout en discutant de choses et d’autres. Castle remerciait intérieurement son actrice de mère qui fit tout pour alléger l’atmosphère et détendre la jeune femme.
-« Bon ! Et si on se regardait un film ? » proposa l’aînée des rouquines en voyant sa petite-fille se frotter les yeux en étouffant un bâillement.
-« En voilà une excellente idée ! » sourit Castle en tendant le bras pour mettre en marche le lecteur DVD dans lequel il savait se trouver un film familial convenant à sa fille.
Il fallut moins de dix minutes à Beckett pour s’endormir dans le confort des bras de sa famille de cœur et Alexis ne tarda pas à la rejoindre au pays des rêves.
-« Je pense qu’on devrait faire quelque chose Richard. Vous n’allez pas rester dans ce canapé, comme ça, tous les trois cette nuit, » chuchota Martha à la fin du film. « Elles seront quand même mieux dans un lit… »
-« Tu as raison Mère… » soupira Castle en regardant deux des trois femmes les plus importantes de sa vie dormir paisiblement dans les bras l’une de l’autre. « Tu t’occupes de Pumpkin pendant que je me charge de Kate ? »
Après avoir hoché la tête et avec beaucoup de douceur, l’actrice souleva précautionneusement sa petite-fille et la porta jusqu’à son lit pendant que l’écrivain prenait délicatement la jeune femme endormie dans ses bras. Il sourit quand il la sentit se carrer au creux de son cou. Lorsqu’il arrivait au pied de l’escalier, sa mère apparut en haut des marches.
-« Richard, tout à l’heure je me suis occupée d’Alexis mais on n’a pas préparé la chambre d’amis… Tu veux que je le fasse maintenant ? »
-« Non, laisse, je vais lui laisser ma chambre et irait dormir sur le canapé. Ne t’en fais pas, » répondit l’homme en faisant déjà demi-tour. « Bonne nuit Mère. »
-« Bonne nuit mon Chéri. »
Quelques minutes plus tard, alors qu’il déposait la jeune femme au milieu du lit, cette dernière remua dans son sommeil et ronchonna.
-« Tout va bien Kate, » souffla Castle à l’oreille de la jeune femme. « Rendors-toi, tu es en sécurité… »
Alors qu’il s’éloignait doucement, Beckett le retint aussi fermement que possible malgré sa fatigue.
-« Reste… S’il te plait… »
-« Euh… Kate ? » répliqua-t-il hésitant.
-« S’il te plait… »
-« Ok. Laisse-moi le temps de passer quelque chose de plus confortable. »
Lorsqu’il se glissa sous les draps à côté de la jeune femme quelques instants plus tard, il fut agréablement surpris de la voir se blottir contre lui. Un soupir d’aise s’échappa des lèvres de la jeune femme alors que Castle l’enveloppait de ses bras. Rapidement, il la rejoignit dans le monde de Morphée.
Chapitre 23 : Lueur d’espoir
Lorsque Beckett se réveilla le lendemain matin, la première chose qu’elle ressentit fut du bien-être. Elle s’étira doucement avant de se recaler tout contre le corps de Castle. Après avoir papillonné des yeux pendant un moment, elle ouvrit ses yeux pour découvrir l’écrivain qui la regardait tendrement.
-« Bonjour, » fit alors la jeune femme en cachant temporairement son visage dans l’épaule de son compagnon.
-« Bonjour. Bien dormi ? »
-« Humm, comme je n’osais pas espérer. Et toi ? »
-« Très bonne également. »
La jeune femme se blottit à nouveau dans ses bras et savoura un long moment le bien-être qu’elle ressentait à son contact. Sans un mot, l’écrivain l‘enveloppa de ses bras, profitant de tout ce que sa compagne avait à lui offrir. Le silence s’installa sans qu’il soit le moins du monde malsain et les minutes s’égrainèrent lentement. Soudain, avec beaucoup de douceur, Beckett se redressa en s’appuyant sur son torse pour plonger son regard dans le sien. Elle se noya un long instant dans ses brunelles bleues avant de s’avancer doucement, millimètre par millimètre jusqu’à déposer un baiser d’une grande tendresse sur ses lèvres.
-« Merci… » souffla Beckett avec un immense sourire devant de l’air incrédule de son écrivain.
La jeune femme pouvait lire toute sorte d’émotions diverses et variées dans ses yeux pendant que le jeune homme restait fixement à la regarder sans bouger ni même oser respirer. L’ensemble de son corps s’était tendu et, plus les secondes passaient, plus l’angoisse se lisait dans toute sa posture. Cependant la brunette comprit ses peurs et posa doucement une main délicate sur sa joue à la barbe naissante.
-« Castle, ce baiser que je t’ai donné n’est pas seulement un geste de gratitude mais c’est encore un peu tôt, » dit-elle en penchant sa tête légèrement sur le côté.
Un immense sourire étira les lèvres de l’écrivain lorsque les paroles de la brunette atteignirent enfin son cerveau embrumé.
-« Et… Je peux euh… Moi aussi ? »
Devant le malaise évident de son ami, Beckett éclata d’un rire cristallin en se rapprochant imperceptiblement de lui.
-« Bien sûr Rick ! »
Ne se faisant pas prié, le jeune homme combla la distance entre eux et déposa tendrement ses lèvres sur celles de la jeune femme. L’un comme l’autre sentit son cœur s’accélérer à la promesse pour leur avenir que représentait ce chaste baiser. Lorsqu’ils se séparèrent, Beckett reprit sa place au creux de son cou lorsque des coups furent frappés à la porte.
-« Richard ? » appela doucement la voix de Martha. « Vous êtes réveillés ? »
-« Qui a-t-il Mère ? » soupira Castle en se redressant sur un coude alors que la jeune femme se cachait sous la couverture en grognant.
-« Je… Je ne voulais pas vous déranger mais… » dit l’actrice en ouvrant lentement la porte pour y passer une tête. « Le portable de Kate n’arrête pas de sonner… »
-« Mon Dieu ! Il est quelle heure ? » s’écria Beckett en se redressant brusquement.
-« Euh… Huit heures, pourquoi ? »
-« Et merde ! » s’exclama la jeune femme en sortant du lit à la va-vite alors que son téléphone se mettait à sonner à nouveau. « Je devrais déjà être au travail ! »
Alors qu’elle se dépêchait de rejoindre Martha, une petite boule d’énergie rousse apparut en courant et se précipita dans ses jambes.
-« Katie ! Katie ! Katie ! »
-« Hey ma Puce ! » sourit la jeune femme en oubliant temporairement son retard pour embrasser la fillette dans ses bras. « Tu as bien dormi ? »
-« Trop bien ! Tu viens ? Avec Grand-Mère, on a préparé le petit déjeuner et tout et tout pour Papa et toi. »
-« Oh ma Chérie, je suis désolée, » soupira la brunette en attrapant son portable qui venait de cesser de sonner et découvrant neuf appels en absence du latino. « Je dois travailler aujourd’hui et je suis déjà en retard. Espo m’attend et j’espère que je ne vais pas avoir trop d’ennuis… »
C’est alors que le portable se remit à sonner et, persuadée qu’il s’agissait encore de son collègue, la jeune femme décrocha sans même vérifier l’identité de l’appelant.
-« Espo je suis désolée, je ne me suis pas réveillée. Couvre-moi encore un peu, j’arrive ! »
-« Je suis heureux de voir que votre coéquipier est prêt à vous couvrir Officier Beckett. »
-« C… Capitaine ? » déglutit difficilement la jeune femme en se figeant sur place.
-« Ravi de voir que vous vous souvenez encore de nous. J’ai cru comprendre que vous avez eu une panne de réveil ? »
-« Euh… Je… En effet Monsieur… Je suis vraiment désolée. Je… J’arrive au plus vite. Dans vingt minutes, une demi-heure au plus tard… »
-« Beckett, j’ai cru comprendre que vous ne vous êtes pas ménagée ces derniers temps avec votre coéquipier, l’Officier Esposito, je ne me trompe pas ? »
-« Oui mais… Euh… Enfin c’est notre travail Monsieur. »
-« Beckett, Kate, vous avez travaillé tous les deux non stop depuis l’obtention de votre diplôme. Votre retard de ce matin me prouve que vous êtes fatiguée. Cette semaine c’est Thanksgiving donc vous et Monsieur Esposito êtes en congés jusqu’à lundi inclus. Je me suis bien fait comprendre ? »
-« Euh… Oui Monsieur et… Merci ? »
-« Prenez soin de vous, je me charge d’annoncer personnellement la nouvelle à votre coéquipier. Profitez bien de ces quelques jours et reposez-vous. »
Incrédule, la brunette raccrocha son téléphone en le regardant avec des yeux ahuris. Inquiet, Castle prit sa fille sur sa hanche et s’approcha de son amie.
-« Qu’est-ce qui se passe ? » demanda l’écrivain en posant sa main libre sur son épaule.
-« Je… Je suis en vacances jusqu’à mardi prochain… Enfin je crois ? »
Encore sous le coup de l’émotion, Beckett se laissa entrainée vers la cuisine et autour de la table. Elle venait enfin de commencer à se détendre aux côtés de cette famille, son téléphone sonna à nouveau.
-« C’est Espo… » marmonna la jeune femme en regardant Castle, perdue.
-« Réponds, » répondit comme une évidence le jeune homme.
-« Beckett. »
-« Yo ! Alors c’est toi que je dois remercier pour cette semaine de vacances ? »
-« Alors c’est vrai ? »
-« Euh… Oui, bien sûr ! Tu n’as pas eu Montgomery ? »
-« Si mais j’ai encore un peu de mal à réaliser… »
-« Je t’avoue que moi aussi. Quand le capitaine est sorti de son bureau pour me demander de l’y rejoindre, j’ai senti comme un froid… Je me suis demandé quelle connerie j’avais fait. »
-« Je veux bien te croire ! Je croyais que c’était toi qui m’appelait alors je te raconte pas la douche froide en entendant la voix du capitaine… » fit Beckett alors que l’écrivain venait se positionner derrière elle en posant ses mains sur ses épaules. « Un instant Espo. »
La jeune femme couvrit rapidement le réceptacle de son téléphone et regarda Castle avec un regard interrogatif.
-« Je me disais que, s’il n’a rien de prévu, Esposito pourrait se joindre à nous pour Thanksgiving, non ? » chuchota doucement le jeune homme.
-« Je… Tu crois ? »
-« Bien sûr ! Et si Lanie n’a rien de prévu, elle pourrait elle aussi se joindre à nous. Enfin c’est une idée… Tu fais comme tu veux. »
-« Espo, tu es toujours là ? »
-« Oui. Tout va bien ? »
-« Oui, oui. Dis, euh… Castle te propose de venir fêter avec nous Thanksgiving, un diner en toute simplicité… Enfin si tu ne fais rien bien sûr. »
-« Attends, tu es avec lui là ? C’est pour ça que tu es en retard ? Parce que tu as passé une nuit de rêve avec ton écrivain ? »
-« Espo, ce n’est pas ce que tu crois. Je… C’est compliqué mais il m’héberge pour le moment, » balbutia rapidement la jeune femme mal à l’aise avec de changer de sujet. « Alors ? Pour Thanksgiving ? Ca te dit ou pas ? »
-« Ca marche pour moi alors mais ne pense pas que je vais en rester là. Un jour ou l’autre j’aurai le fin mot de l’histoire… »
-« Oh et je pense inviter Lanie si elle est disponible… »
-« Ah oui ? » demanda innocemment le latino en oubliant aussi sec la vie privée de sa coéquipière.
-« Je t’appelle pour les détails, » répondit la jeune femme en rigolant tout en raccrochant. « Je crois que nous avons un invité très intéressé par la présence potentielle d’une certaine étudiante en médecine… »
-« Et bien il ne te reste plus qu’à appeler Lanie, » sourit Castle en s’asseyant à côté d’elle.
-« Dites-moi Darling, j’ai aperçu votre sac et laissez-moi vous dire que ce n’est pas avec ça que vous allez pouvoir vivre pendant plus de quelques jours… Peut-être devriez-vous aller récupérer vos affaires chez votre père ou bien nous pourrions allez faire un peu de shopping… »
Beckett grimaça et détourna le regard mal à l’aise en s’entourant de ses bras.
-« Qu’est-ce qui se passe Kate ? » demanda doucement l’écrivain en s’approchant d’elle pour lui donner un gentil coup d’épaule.
-« Je n’ai pas le courage d’y retourner Castle… Je ne peux pas… » murmura la jeune femme en relevant un regard baigné de larmes retenues.
-« Tu veux que j’y aille à ta place ? »
-« Tu ferais ça pour moi ? »
-« Bien sûr Kate, » répondit avec un sourire le jeune homme en posant délicatement sa main sur la joue de la jeune femme. « Dis-moi ce que tu as besoin et j’irai le chercher pour toi. »
-« Mais et si tu croises mon père ? »
-« Ne t’en fais donc pas pour ça. Je suis un grand garçon et un père aussi. Ca pourrait me servir pour lui parler. Enfin si tu es d’accord bien sûr… »
-« Si seulement il pouvait comprendre qu’il se fait du mal tout seul et qu’en s’en faisant il me fait souffrir… » soupira la jeune femme.
-« Qu’est-ce qu’il a ton Papa Katie ? » demanda alors la petite voix d’Alexis.
-« Il est malade ma Puce. Et pour le moment il ne s’en rend pas compte… »
-« J’espère qu’il guérira vite alors mais ne t’en fais pas, en attendant, Papa, Grams et moi on va bien s’occuper de toi ! Promis ! » fit avec entrain la fillette en grimpant sur ses genoux.
-« Je n’en doute pas une seule seconde, » sourit la brunette émue en serrant la rouquine contre son cœur. « Merci… »
-« Ne nous remerciez pas Kate Darling, vous nous apportez autant que nous vous apportons. Allez, finissons notre petit déjeuner avant que ça refroidisse complètement ! »
Tous les quatre s’attablèrent donc pour partager un agréable moment ensemble à rigoler et échanger des anecdotes. Martha était d’ailleurs une source intarissable entre ses expériences en tant qu’actrice et son expérience de mère.
Chapitre 24 : D’un père à un autre
Deux heures plus tard, alors qu’Alexis dessinait sur la table du salon et que Beckett lisait tranquillement assise sur le canapé à côté d’elle, Castle sortit de sa chambre avec ses affaires.
-« Tu sors Papa ? »
-« Oui Pumpkin. Je vais m’occuper de récupérer les affaires de Kate chez elle. Je serai de retour pour déjeuner je pense, » répondit l’écrivain en ébouriffant les cheveux de sa fille. « Kate, je peux te parler un instant ? »
La brunette se leva et rejoignit près de la porte d’entrée du loft avec un fin sourire.
-« Ca va aller ? Je sais que Mère peut être assez… Envahissante par moment et je ne voudrais pas que tu te sentes mal à l’aise ou… »
-« Castle, » dit la jeune femme en le réduisant au silence en posant rapidement son index sur ses lèvres. « Tout va bien se passer ici. C’est plus pour toi que je m’inquiète. Si tu rencontres mon père… »
-« Tout se passera bien. Fais-moi confiance Kate… »
-« C’est en la réaction de mon père que je n’ai pas confiance, » soupira la brunette en fouillant dans sa poche. « Tiens, voilà ma clé pour entrer. Et n’hésite pas à m’appeler en cas de besoin. »
-« Ca marche, » sourit le jeune homme en déposant un tendre baiser sur les lèvres de sa compagnie.
Beckett rougit légèrement avant de lui retourner son baiser, l’émotion palpable entre eux. C’était en effet leur premier baiser en dehors de l’espace protégé de leur chambre.
-« A tout à l’heure, » souffla le jeune homme avant de se détourner.
Alors qu’il refermait la porte derrière lui, il entendit sa fille glousser.
-« Papa il t’a fait un bisou d’amour ! »
-« Euh… Un bisou d’amour ? »
-« Bah oui ! Un bisou d’amoureux ! Sur la bouche ! » expliqua Alexis avant de plaquer sa main sur sa bouche pour étouffer un nouveau gloussement.
-« Dis donc jeune demoiselle ! Serais-tu en train de te moquer de moi ? »
S’en suivit des bruits de cavalcades et de fous rires. Le cœur léger, l’écrivain partit en direction de la banlieue où Beckett avait grandi. Quarante-cinq minutes plus tard, il se garait devant une belle maison dans un quartier résidentiel agréable. Cependant il s’inquiéta rapidement lorsqu’il se rendit compte de l’état du jardin et surtout que la porte était grande ouverte. Il sortit de son véhicule et, ramassant plusieurs cadavres de bouteilles d’alcool au passage, se dirigea vers la porte d’entrée.
-« Il y a quelqu’un ? » appela-t-il depuis le pas de la porte. « Monsieur Beckett ? Vous êtes là ? »
Inquiet pour le père de son amie, il pénétra doucement dans la maison et se figea. L’entrée était dévastée. Des meubles et des babioles avaient été détruits et les fragments jonchaient le sol. Dans toutes les pièces qu’il découvrait, c’était le même spectacle de désolation qui témoignait de la violence de ce que Beckett avait vécu la veille.
-« Mon Dieu… C’est pire que tout ce que j’avais imaginé… » murmura le jeune homme ébahi avant de poursuivre d’une voix forte. « Monsieur Beckett ? Vous êtes là ? Je suis un ami de votre fille Kate… »
Suivant les indications fournies par la jeune femme, il avança dans la maison jusqu’à la porte défoncée qui marquait l’entrée de la chambre de la brunette.
-« Katie ? C’est toi ? » fit une voix enrouée pleine d’espoir.
-« Monsieur Beckett ? » demanda Castle en passant sa tête par la porte avant d’enjamber les décombres de ce qui fut une porte.
Encore une fois, l’écrivain ne s’attendait pas à ce qu’il découvrit. Une étagère et l’ensemble de son contenu se trouvaient éparpillés sur le sol. Le lit était cassé au niveau de son pied et, assis sur ce qu’il restait du meuble, se trouvait un homme effondré. Il ne ressemblait d’ailleurs plus à un être humain… Il était avachi dans sa propre déchéance. Les cheveux hirsutes, une barbe de trois jours, les yeux jaunis par trop d’alcool, cet homme paraissait plus vieux que son âge. Sa peine et son désarroi profond pouvaient se lire dans chacun de ses traits mais il n’en avait cure. Lorsqu’il releva ses yeux sur le nouvel arrivant, ses sourcils se froncèrent et tout son corps se tendit.
-« Que… Qui êtes-vous ? Et que faites-vous chez moi ? »
Sa voix pâteuse trahissait son addiction mais Castle fut soulagé de le découvrir sobre. Peut-être allait-il pouvoir discuter avec lui et lui faire entendre la voix de sa fille… C’est donc plein d’espoir qu’il aborda cette conversation.
-« Je suis un ami de votre fille et elle m’a demandé de venir chercher ses affaires. Après que vous l’ayez mise à la porte hier, elle… »
-« Je… Je l’ai mise à la porte hier ? » s’exclama Jim en ouvrant de grands yeux.
-« Oui Monsieur, » répondit avec empathie Castle en s’asseyant à ses côtés. « De quoi vous souvenez vous exactement ? »
-« Je… Je ne sais pas… C’est flou… Je ne me souviens même pas de l’avoir vu… »
La culpabilité transparaissait dans chacun des très de Jim. A chaque seconde qui passait, il découvrait un peu plus de l’énormité qu’il faisait vivre à sa fille et il se sentait misérable, moins que rien au fond de lui.
-« D’après ce qu’elle m’a dit, quand elle est arrivée, vous l’attendiez et vous vous êtes montré violent vis-à-vis d’elle. »
-« Violent ? Comment ça ? » s’inquiéta l’homme terrifié par ce qu’il découvrait. « Je ne l’ai pas frappée quand même ? »
L’écrivain se sentit mal à l’aise et détourna un instant le regard ce qui n’échappa pas à Jim. Ce dernier s’effondra un peu plus sur lui-même, honteux.
-« Comment ai-je pu faire ça ? Je n’avais jamais levé la main sur elle avant… »
Décidé à taper fort afin de faire entendre raison au père de Beckett, Castle prit le parti d’enfoncer le clou. Au fond de lui, il fallait qu’il fasse mouche pour permettre à cet homme de se reconstruire et à une fille de retrouver l’amour de son père.
-« Monsieur, votre fille m’a expliqué la perte tragique de votre femme et je me doute que vous souffrez de son absence. Mais aujourd’hui, vous avez un problème. Un problème qui fait souffrir votre fille et qui ne vous aide pas à faire le deuil de votre épouse… »
-« Comment pouvez-vous savoir tout ça ? Et… Vous avez l’air de bien connaitre ma Katie… Elle doit me détester… Elle va bien ? »
-« Kate va aussi bien que possible. Elle est en sécurité chez moi avec ma mère et ma fille. Je vous promets que nous prendrons soin d’elle mais il faut que vous vous repreniez. Elle vous aime et elle n’attend qu’une seule chose : que son père revienne… Pas l’ombre de vous-même que vous êtes devenu. »
-« Mais ça fait tellement mal… » s’effondra Jim. « Je ne sais pas comment faire sans… Sans cette merde ! »
Jim montra avec dédain les bouteilles d’alcool vides. Il semblait révolté contre lui-même et contre son attitude. Tout dans son attitude montrait à quel point il se dégoutait lui-même.
-« Vous pourriez peut-être aller chercher de l’aide ? » tenta l’écrivain avec compassion. « Si vous voulez, je peux vous aider mais il faudrait que vous, vous en ayez envie. Si la démarche ne vient pas de vous, ça ne marchera pas… »
-« Je veux m’en sortir… » répondit vivement l’homme en redressant brusquement la tête vers son visiteur avant de tourner son visage vers la photo des temps heureux de sa famille. « Pour moi mais aussi pour ma fille et pour Johanna… »
-« Alors, si vous le permettez, je vais appeler un ami. Comme ça vous pourriez discuter ensemble pendant que j’emballe les affaires de votre fille. »
-« Pourquoi faites-vous ça ? Je ne vous connais même pas et, malgré tout ce que je fais subir à ma fille, comment pouvez-vous me montrer tant de respect ? » fit Jim dévasté par l’image qu’il renvoyait de lui-même tout en dévisageant le jeune homme.
-« Je suis persuadé que derrière l’homme à terre qui me fait face aujourd’hui se cache quelqu’un de bon. Sinon, comment auriez-vous pu élever une fille telle que la vôtre. »
-« Vous semblez beaucoup l’aimer… »
-« Kate nous a apporté énormément à ma fille Alexis et moi-même et j’essaye de le lui rendre autant que je peux. Mais je ne vais pas vous mentir, votre fille a pris une place extrêmement importante dans mon cœur. Je… »
-« J’ai compris fiston, » intervint le père de Beckett en posant une main sur le bras de l’écrivain.
Ce qu’il lisait dans les yeux de l’écrivain lui réchauffa un peu le cœur. Au moins, avec ce jeune homme, sa fille était entre de bonnes mains. Elle serait beaucoup mieux qu’avec lui, en tout cas tant qu’il n’avait pas réglé son problème…
-« Tout ce que je vous demande c’est de prendre soin d’elle pendant que moi je ne le peux pas… De faire en sorte qu’elle soit heureuse… Elle le mérite tellement… Tout ce que j’espère c’est qu’un jour elle me pardonnera… »
-« Votre fille vous aime Monsieur Beckett, soyez-en certain. Elle ne souhaite qu’une seule chose : que vous acceptiez le fait que vous avez un problème et que vous alliez mieux. Même si elle ne le dit pas, elle a besoin de vous, elle aura toujours besoin de vous dans sa vie. Vous êtes son père. »
-« Vous… Vous croyez que vous pourriez appeler votre ami pour que je lui parle ? » demanda alors vaillamment le plus âgé des deux hommes des larmes plein les yeux.
Avec un sourire bienveillant, le jeune homme sortit son portable et composa rapidement un numéro. Il fallut moins de deux sonneries pour que son interlocuteur décroche.
-« Allo ? »
-« Andy ? C’est Rick, Rick Castle. »
-« Hey ! Que me vaut cet honneur ? Et surtout comment vas-tu depuis la dernière fois ? »
-« Ca va merci, » répondit le jeune homme en regardant Jim qui tremblait à côté de lui. « Je me permettais de t’appeler car le père d’une de mes amies aimerait te parler. Je pense vraiment que tu peux l’aider. Tu serais partant ? »
-« Bien sûr mais dis-moi, elle doit être spéciale cette amie pour que tu fasses appel à moi… »
-« Bon, je te passe Monsieur Beckett, » éluda volontairement l’écrivain. « A bientôt Andy ! »
-« Ciao Rickie ! »
-« Tenez, c’est pour vous. Il s’agit du docteur Andrew Jefferson. C’est l’un de mes amis et un excellent médecin spécialisé dans les addictions. Je vais vous laisser, » dit le jeune homme en se dirigeant déjà vers la sortie.
-« Attendez ! Si vous souhaitez faire les bagages de ma fille, il serait plus judicieux que ce soit moi qui m’éclipse et non le contraire. Prenez tout ce qui lui sera nécessaire et, si vous avez besoin de quoique ce soit, sacs, cartons… Tout ce qui pourrait vous être nécessaire se trouve dans le garage. »
Avec un signe de la tête en guise de remerciement, Castle regarda Jim partir en priant pour que tout ce passe bien. Si quelqu’un pouvait aider le père de son ami, c’était bien Andy. Lui au moins pouvait comprendre ce part quoi ses patients passaient ayant lui-même eu des problèmes avec l’alcool et la drogue pendant ses études de médecine. Lorsque le père de Beckett le rejoignit une bonne demi-heure plus tard, l’écrivain finissait d’emballer les livres de la jeune femme. Il remarqua tout de suite que son aîné semblait profondément secoué par sa discussion avec Andy.
-« Je peux vous aider ? » demanda Jim d’une voix incertaine. « J’ai besoin de m’occuper, de me changer les idées… »
-« Bien sûr, » répondit avec un sourire le jeune homme. « Si ça ne vous dérange pas, je me suis dit que Kate serait plus à l’aise au milieu de son propre univers et donc que j’allais prendre tout ce que je trouverai dans sa chambre… »
-« Vous avez parfaitement raison. Ce sont ses trésors comme Jo avait l’habitude de le dire… »
Les deux hommes travaillèrent de concert en silence pendant un peu plus d’une heure encore avant que Castle ne se redresse, satisfait.
-« Bon et bien il ne reste plus qu’à tout charger dans la voiture maintenant… »
-« Vous veillerez sur elle, hein ? » fit alors la voix émue et inquiète de Jim. « Vous me le promettez ? »
-« Je vous en fais le serment Monsieur Beckett. »
-« Appelez-moi Jim, » sourit l’aîné avant de froncer ses sourcils. « Mon Dieu, je me rends compte que je vous confie ma fille et que je ne sais rien de vous… »
-« Reprenons depuis le début alors. Monsieur Beckett, Jim, je suis Rick Castle, un ami de votre fille. »
-« C’est moi ou votre nom me dit quelque chose ? … »
-« C’est possible… J’ai vendu quelques livres… Je suis écrivain. »
-« Vous êtes l’auteur de romans policiers Richard Castle ? Oh mon Dieu ! Ma femme… Elle était une inconditionnelle de vos livres et elle a entrainé notre fille dans leur lecture. »
-« Et elles… Enfin… Ca leur plaisait ? »
-« Oh oui alors ! Elles étaient capables de passer des heures sous la pluie pour avoir votre dernier livre signé ! Lorsque votre dernier livre est sorti, ma Johanna nous avait déjà été arrachée et… »
Des larmes remplirent les yeux de Jim alors qu’il luttait pour continuer, la voix chargée d’émotions.
-« Et ma Katie, elle s’est levée à cinq heures du matin pour pouvoir avoir votre autographe avant d’aller à ses cours… Vos livres la rapprochent de sa mère… Merci pour tout ce que vous faites pour nous. »
Sans rien dire de plus, Castle et Jim se mirent à charger la voiture en silence, chacun perdu dans ses propres pensés. Au moment de se séparer, l’écrivain se retourna vers le père de son amie et lui tendit sa carte.
-« Si vous avez besoin de quoique ce soit, n’hésitez pas à faire appel à moi. Prenez soin de vous et à bientôt. »
-« Merci pour votre aide fiston. »
L’écrivain monta en voiture et, après un dernier regard à son aîné, il reprit la route en direction de son loft où sa famille l’attendait.
Chapitre 25 : Installation
Au retour de Castle au loft, ils avaient déjeuné tous les quatre avant qu’aider du portier ils ne ramènent l’ensemble des affaires de Beckett dans l’appartement.
-« Euh… Castle ? » s’étonna la jeune femme en découvrant l’amoncellement de cartons et de sacs. « Tu es sûr qu’il n’y a que le strict nécessaire ? »
-« Ton père et moi nous sommes dit que tu serais mieux au milieux de tout ce qui t’est cher… »
-« Tu as rencontré mon père ? » s’exclama la jeune femme immédiatement inquiète. « Co… Comment va-t-il ? »
-« Ce n’est pas terrible mais je crois qu’il vient enfin de prendre conscience de son état… Quand il a réalisé ce qu’il t’avait fait hier et qu’il t’avait mise à la porte, il s’est complètement effondré. »
-« Oh mon Dieu ! Je ne veux pas le perdre Rick, je ne pourrais pas… Pas après Maman… » craqua la jeune femme. « Tu crois qu’il ne vaudrait pas mieux que je rentre pour l’aider ? »
-« Ne t’en fais pas Kate, » répondit Castle en la prenant dans ses bras. « Ton père a discuté avec l’un de mes amis qui est spécialisé dans les addictions et notamment l’alcoolisme. Il est entre de bonnes mains et a mon numéro en cas de problème. »
-« Je ne te remercierai jamais assez… » murmura Beckett en enfouissant son visage dans le creux du cou de son écrivain et l’enlaçant de ses bras.
Ils se perdirent dans les bras l’un de l’autre pendant un long moment, y cherchant le réconfort et la chaleur dont ils avaient besoin. En effet, sa rencontre avec le père de la jeune femme avait ébranlé l’écrivain au plus profond de lui-même. De son côté, évoquer son père et son problème avait ramené la brunette à sa confrontation de la veille avec ce dernier. Ni l’un ni l’autre ne remarqua qu’une petite curieuse était en train d’ouvrir un à un les cartons de Beckett pour fouiller dedans.
-« Oh Katie ! Tu as tous les livres de Papa dans tes affaires ! » s’exclama soudain Alexis faisant éclater la bulle qui entourait le couple.
-« Dis donc Pumpkin, ne t’ai-je déjà pas signalé que c’était mal de fouiller ? »
-« Pardon Papa, pardon Katie… C’est juste que… » fit la fillette en baissant la tête avant de s’arrêter brusquement, mal à l’aise.
-« Mon petit doigt me dit que tu étais curieuse de découvrir mon univers, je me trompe ? » demanda Beckett en sortant des bras de son ami pour se mettre à la hauteur de l’enfant.
Timidement Alexis vit voler ses beaux cheveux roux en signe de dénégation. Son aînée l’avait percée à jour et elle avait peur d’être grondée.
-« Si tu as envie, tu pourrais m’aider à tout sortir et à tout ranger, qu’en penses-tu ? » proposa alors la brunette avec un sourire en relevant le menton de l’enfant.
-« Vraiment ? » s’enthousiasma Alexis d’une voix pleine de joie. « Oh Papa ! Je peux dis ? »
-« Bien sûr Pumpkin. Mais il ne faudra pas embêter Kate, d’accord ? »
-« Promis ! Allez viens Katie ! Il va falloir faire de la place dans la chambre de Papa pour toi et pousser un ou deux de ses trucs trop pas beau pour y mettre les tiens ! »
Beckett et Castle se figèrent sur place, les yeux écarquillés et le cœur battant sous le regard goguenard de Martha qui n’avait rien manqué de l’échange. Ni l’un ni l’autre n’avait vu venir ce qui venait de se passer et ne savait comment réagir. S’apercevant que les adultes ne la suivait pas, Alexis s’arrêta pour leur faire face, ses petits points sur les hanches.
-« Bah alors, vous venez ou quoi ? Il faut installer Katie ! »
Cependant, aucun des deux ne parvenait à articuler un mot malgré plusieurs vaines tentatives aussi Martha vint à leur secours.
-« Dis-moi ma Belle, qu’est-ce qui te fait penser que Richard et Kate vont partager la même chambre ? Il y a toujours la chambre d’amis, non ? »
-« Bah oui mais Katie c’est plus qu’une amie ! »
-« Comment ça ? » insista l’actrice.
-« Bah Papa et elle, ils se sont des bisous d’amoureux et ils se prennent dans les bras et, en plus, ce matin, Katie elle dormait tout contre Papa, comme des za… Des zamoureux ! La chambre d’amis c’est pour les amis qu’on aime bien mais pas qu’on aime d’amour ! »
Une légère teinte rosée avait pris possession des joues du couple et, alors qu’ils dansaient d’un pied sur l’autre, ils tentaient d’assimiler la logique imparable de l’enfant de cinq ans qui leur faisait face. Castle déglutit difficilement, ferma les yeux et attendit, intimement persuadé que les dires de sa fille allaient faire définitivement fuir Beckett. De son côté, la brunette passait de l’un à l’autre cherchant à faire le tri dans le tumulte d’émotions qui venait de l’assaillir. En voyant les traits tendus par l’attente de l’écrivain, son cœur se gonfla et toutes ses craintes s’envolèrent. Timidement, elle s’approcha du jeune homme et prit tendrement ses mains dans les siennes.
-« Regarde-moi… » souffla-t-elle pour que seul lui l’entende. « S’il te plait Castle… »
Lentement, ayant peur de ce qui l’attendait, l’écrivain obtempéra.
-« Il n’y a pas de mal à dormir dans le même lit qu’un ami, » murmura la jeune femme en rougissant alors que le visage du jeune homme se décomposait à vu d’œil. « Rick, chaque chose en son temps, d’accord ? »
-« Promis ? » demanda timidement l’écrivain.
-« Promis, » répondit la jeune femme en déposant un tendre baiser sur les lèvres de son compagnon.
-« Bon alors ? Vous faites quoi ? J’attends moi ! » intervint alors Alexis avec impatience.
-« On arrive Pumpkin, on arrive ! »
Pendant les trois heures qui suivirent, Castle vida une partie de son dressing pour permettre à la jeune femme d’y ranger ses affaires pendant que Martha libérait des espaces sur les étagères pour les nombreux livres de Beckett. Alexis prenait un immense plaisir à poser mille et une questions sur les babioles et affaires de la brunette.
-« Dis Katie, pourquoi tu ranges les livres de Papa sur l’étagère ? On les a déjà tous tu sais… »
-« Viens-là ma Puce, » sourit alors tristement la jeune femme en s’asseyant sur le lit et prenant l’enfant sur ses genoux. « Ces livres sont très précieux pour moi car ce sont des souvenirs de moments partagés avec ma mère… Elle adorait les livres de ton père et, à chaque sortie de l’un de ses livres, on allait ensemble se le faire dédicacer. »
-« Oh… Je suis désolée Katie de t’avoir fait penser à ta Maman, » murmura la fillette en se blottissant dans ses bras en voyant les larmes qui avaient élues domicile dans ses yeux.
-« Tu n’as pas à être désolée Alexis. Je me rends compte que ça me fait du bien d’évoquer avec vous des souvenirs heureux avec ma mère. Alors merci, » sourit Beckett avant de plonger son regard dans celui de Castle. « Et merci aussi à toi. »
-« Always… »
Un bien-être immense gonfla le cœur de la jeune femme et le reste de la journée se déroula dans une ambiance familiale et bon enfant. Au moment de se coucher cependant, le couple se figea, mal à l’aise.
-« Oh allez les enfants ! Ce n’est pas comme si vous n’aviez pas déjà dormi dans les bras l’un de l’autre avant ! » sourit Martha avant de se diriger vers les escaliers. « Sur ce, bonne nuit et à demain ! J’ai besoin de mes chères nuits de sommeil pour avoir ce teint radieux ! »
Sa tirade eut le mérite de détendre l’atmosphère puisque le couple explosa de rire.
-« J’adore ta mère ! C’est vraiment une actrice née ! »
-« A qui le dis-tu ! » dit Castle en retrouvant son sérieux.
Ils se regardèrent soudain à nouveau intimidés et échangèrent un fin sourire.
-« Tu sais, elle est peut-être extravagante mais elle a raison. Et puis ce n’est pas comme si tu n’avais pas confiance en moi… Je me trompe ? »
-« Allons nous coucher Castle, » sourit la jeune femme en donnant à l’écrivain un coup d’épaule.
A peine arrivés dans la chambre, la brunette prit la salle de bain pour se préparer rapidement. Lorsqu’elle sortit une dizaine de minutes plus tard, l’écrivain prit le relais. Lorsqu’il sortit une bonne demi-heure plus tard, il sourit en trouvant la jeune femme assise contre la tête de lit, pelotonné sous les couvertures, l’un de ses livres entre ses mains.
-« Tu lis quelque chose d’intéressant ? » lança Castle goguenard en bombant le torse.
-« Non ! Je lisais juste un truc au hasard en attendant que tu te décides à revenir ! » ironisa Beckett.
-« Mais ce quelque chose est MON livre ! » se vanta l’écrivain.
-« Renferme ton égo Castle et viens te coucher ! Tu es pire qu’une fille dans la salle de bain ! Je peux savoir ce que tu fais pour passer autant de temps à te pomponner ? »
-« Je ne voulais pas que tu te sentes mal à mes côtés… Ce n’est pas de ma faute ! »
-« Mais quel métrosexuel tu fais ! » sourit la brunette en étouffant un bâillement. « Bon, maintenant que tu es prêt, on va pouvoir se coucher ? »
-« J’arrive ! » s’exclama le jeune homme en sautant sur le lit.
-« Mon Dieu ! Tu es pire qu’un gosse ! » s’exclama Beckett en roulant des yeux.
Cependant la jeune femme ne parvenait pas complètement à cacher le fin sourire qui étirait ses lèvres. Lentement, elle posa son livre sur la table de nuit, éteignit la lumière et se carra sous les couvertures. Castle l’imita et ils se retrouvèrent rapidement l’un à côté de l’autre, dans le noir, faisant tout pour ne pas se toucher. Les minutes s’égrainèrent, longues et silencieuse, sans que ni l’un ni l’autre ne parvienne à se détendre suffisamment pour espérer dormir quand soudain l’écrivain poussa un profond soupir.
-« Kate ? »
-« J’essaye de dormir Castle, » ironisa la jeune femme en se tournant tout de même sur le côté pour lui faire face. « Qu’est-ce qu’il y a ? »
-« Tu veux la vérité ? » demanda l’écrivain en imitant la position de la jeune femme. « Je crois que je ne vais pas réussir à dormir… »
-« Comment ça ? »
-« Te savoir à côté de moi et tout faire pour ne pas te toucher ou te gêner, je ne vais pas pouvoir… Tu crois qu’on peut devenir accro à la chaleur de l’autre en une seule nuit ? »
-« Arrête de dire des bêtises ! » répliqua la brunette en rougissant furieusement.
La jeune femme en effet ressentait exactement la même chose que son compagnon mais aurait préféré mourir plutôt que de l’avouer à haute voix.
-« Je peux te demander une faveur ? »
-« Demande toujours, ça ne coute rien… »
-« Je peux te prendre dans mes bras ? Je sais, je sais, c’est pas ce que nous avions… »
-« Tu parles trop, » sourit la jeune femme en imaginant le visage embarrassé de l’écrivain.
Sans un mot de plus, elle s’approcha doucement et vint se blottir dans le creux de ses bras. Il ne leur fallut pas plus de quelques minutes pour s’endormir profondément.
Chapitre 26 : Préparatifs
Pendant les quatre jours qui suivirent, Beckett et Castle trouvèrent leur rythme dans la maison. La jeune femme s’ouvrait petit à petit et se détendait au contact de sa nouvelle famille. L’écrivain lui découvrait un fonctionnement à deux, partageait avec sa compagne ses tâches, notamment parentales. Alexis s’épanouissait, savourant à leur juste valeur les moments privilégiés qu’elle passait avec la brunette. Martha quant à elle observait les interactions croissantes entre les habitants du loft en prenant sa place au sein de la famille, place qui lui avait été refusée du temps de Meredith.
Trop vite au goût de la jeune femme, la journée de Thanksgiving arriva. En se réveillant ce matin-là dans les bras de Castle, Beckett sentit son cœur s’alourdir. C’était la première des fêtes de fin d’année qu’elle allait vivre depuis le décès de sa mère et elle n’avait eu aucune nouvelle de son père depuis qu’elle avait ramené ses affaires au loft. Même pas un message… Rien. Et ce silence commençait à l’inquiéter même si elle n’osait pas en parler.
-« Qu’est-ce qui te travaille comme ça de si bon matin ? » marmonna la voix encore pleine de sommeil de l’écrivain alors que sa main caressait doucement son dos.
-« Rien du tout, » éluda la jeune femme tentant de cacher son malaise.
-« Kate, je t’entends penser d’ici ! Tu sais que tu peux me parler… »
-« C’est juste que… » fit Beckett avant de soupirer bruyamment. « Je m’inquiète pour mon père. Tu… Tu as eu de ses nouvelles toi par hasard ? »
-« Non et, si j’en avais eu, je te l’aurais dit car je sais que c’est important pour toi. Tu sais, tu peux essayer de l’appeler, lui laisser un message… Si tu veux, tu peux même lui proposer de se joindre à nous ce soir. »
-« Non ! » s’exclama la brunette en se redressant pour le regarder dans les yeux. « Même si ce serait rassurant de le voir, je ne me sens pas encore prête à lui faire face. Ca m’attriste mais j’ai… J’ai peur de lui Castle et il va me falloir un peu de temps pour que je panse mes blessures. En plus, je ne veux pas risquer qu’il fasse du mal à Alexis. Je m’en voudrais si c’était le cas. »
-« C’est parfaitement compréhensible Kate et tu n’as pas à avoir honte ou te sentir mal à l’aise parce que c’est ce que tu ressens. »
-« Comment tu le sais ? Comment tu peux savoir ce que je ressens au plus profond de moi ? »
-« Je tiens à toi Kate et, pour moi, ça veut dire faire attention aux sentiments profonds de la personne… » expliqua Castle avec un sourire. « Appelle-le ou envoie-lui un message, je suis sûr que ça te rassurera et que ça lui fera plaisir. »
Une heure plus tard, après s’être préparée pour leur journée « cuisine » et avoir partagé un petit déjeuner avec les trois membres de la famille Castle, Beckett s’isola dans le bureau de l’écrivain et, après de longues minutes d’hésitation, composa le numéro de téléphone de son père.
-« Allo ? » répondit Jim timidement au bout de la seconde sonnerie.
-« … »
-« Kate, c’est toi ? »
-« Oui Papa, c’est moi. Je… Comment vas-tu ? »
-« Ecoute, je fais aller. Grâce à ton ami, j’ai pris conscience que j’avais un gros problème et je n’en suis pas fier. D’autant que c’est toi qui en a le plus souffert… Je… Je suis vraiment désolée Kate. Si seulement tu savais à quel point… »
-« Je n’en doute pas Papa mais… Il va me falloir du temps… Du temps et… Et des preuves. Je suis désolée… »
-« Prends tout le temps qui te faudra ma Chérie. Je n’en demande pas plus. Je sais que je t’ai fait énormément souffrir et pas uniquement ce fameux soir où je t’ai mise à la porte… Tu sais, je vais voir un médecin, un ami de ton écrivain. Il m’aide à comprendre pourquoi j’en suis arrivé à ce stade et, grâce à son aide, je n’ai pas bu une seule goutte depuis que tu es partie. Ce n’est pas simple, il y a des effets de manque qui se font sentir mais chaque heure est une petite victoire. »
-« Je suis fière de toi Papa et des efforts que tu fais pour aller mieux. Ca me fait du bien de te parler, tu me manques tellement… »
-« Toi aussi tu me manques mais je pense que, malheureusement, tu es mieux là où tu es en ce moment … Tu remercieras encore Monsieur Castle pour moi, » fit Jim la voix pleine d’une émotion contenue. « Et sinon, comment vas-tu ? Et… Et ton travail ? »
-« Je vais bien. Je reprends des forces et je profite de quelques jours de vacances. »
-« C’est bien ça. Ca va te faire du bien, » sourit Jim heureux pour sa fille.
-« Papa, qu’est-ce que tu vas faire ce soir ? C’est Thanksgiving mais… »
-« Ne t’en fais pas pour moi. Je ne serai pas seul. J’ai accepté la proposition du docteur de me joindre à la soirée de Thanksgiving qu’il organise dans son centre de désintoxication. »
-« Papa, il va falloir que je te laisse, » coupa soudain Beckett sentant sa gorge nouée et l’émotion la gagner de plus en plus. « Castle et sa famille m’attendent pour commencer la préparation du diner de ce soir. Je… Je te rappellerai. »
Sans attendre la réponse de son père, la jeune femme raccrocha et s’assit, se sentant vider par sa conversation ainsi que tout ce que son père venait de lui apprendre. Elle ne s’autorisait pas encore à espérer mais déjà la voix de son père lui avait semblée plus alerte malgré sa fatigue évidente… Alors qu’elle était perdue dans ses pensées, elle sentit une petite main se poser sur son bras.
-« Ca va Katie ? »
-« Mieux maintenant que tu es là, » sourit la brunette en prenant la fillette dans ses bras. « Tu as besoin de quelque chose ? »
-« Tu m’avais dit qu’on fera ensemble le dessert de ce soir. On peut le faire maintenant pendant que Papa et Grams préparent la dinde et tout et tout ? »
-« Bien sûr ma Puce ! »
Ce simple échange avec la fillette avait réussi à changer les idées de la jeune femme et à lui redonner le sourire. Sans plus attendre, elle attrapa la fillette et, en se levant, la fit basculer par-dessus son épaule lui arrachant un cri de surprise.
-« Kate ! Pose-moi ! » s’exclama Alexis en rigolant et en gigotant pour se dégager.
Mais Beckett n’en avait cure et continuait son chemin en direction de la cuisine.
-« Alors c’est comme ça que le dessert va se faire ? » demanda l’écrivain en observant avec douceur et plaisir l’interaction entre sa fille et son amie.
-« Mais bien sûr Castle ! Qu’est-ce que tu crois ? » répondit avec aplomb la jeune femme en déposant l’enfant sur le comptoir. « Un bon dessert de Thanksgiving ne peut pas se préparer sans un peu de bonne humeur et de joie ! C’est ce que ma mère disait toujours. »
-« Alors moi je suis prête ! J’ai bien rigolé donc je suis opérationnelle pour faire le plus beau et bon dessert de Thanksgiving que les Castle ont jamais connu ! » s’enthousiasma Alexis avec un immense sourire. « Pas vrai Katie ? »
-« Tu as parfaitement raison ma Puce ! »
-« Attention Pumpkin, cette année ce n’est pas juste un dessert ‘Castle’ ! C’est un dessert ‘Beckett-Castle’ ! Il ne faudrait pas donner à notre Kate la fausse impression qu’elle ne fait pas partie de notre famille ! »
-« Oh oui Papa ! Tu as parfaitement raison ! » répondit la fillette en rougissant légèrement avant de se tourner vers son amie avec, clairement, une idée en tête. « Dis Katie, puisque tu es un membre à part entière de notre famille maintenant, pourquoi on ne suivrait pas une recette Beckett ? Ce serait normal, non ? »
-« Je trouve que c’est une excellente idée, » sourit la brunette émue aux larmes. « Et si tu venais m’aider à choisir dans mon livre de recettes ? »
-« Oh oui alors ! » sourit Alexis en sautant dans les bras de la jeune femme qui repartit en direction des étagères à côté du bureau.
Les deux filles s’assirent à table et commencèrent à explorer le superbe ouvrage de recettes que la jeune femme venait de récupérer.
-« Comment il est trop beau… » murmura la fillette n’osant pas le toucher.
-« Tiens, prends-le et explore-le. »
-« Vraiment ? Tu n’as pas peur que je l’abime ? »
-« Bien sûr que non ! Un livre de recettes c’est fait pour être exploré encore et encore ! » sourit Beckett en passant un main rassurante dans les beaux cheveux roux de l’enfant. « Pourquoi tu me demandes ça ? »
-« Parce que Maman elle me gronde quand je touche à ses affaires… » souffla la fillette en évitant les regards des trois adultes.
La brunette déglutit face à la détresse de cette petite fille qui avait pris une place très importante dans son cœur. Elle resserra son étreinte autour des épaules de l’enfant tout en jetant un coup d’œil à Castle qu’elle n’avait jamais vu aussi tendue depuis qu’elle le connaissait.
-« Ma Puce, regarde-moi s’il te plait, » fit alors la jeune femme en relevant le menton de l’enfant. « Ta Maman n’aime peut-être pas que tu touches à tes affaires mais moi je n’y vois aucun inconvénient dans la mesure où tu les respectes. Et je sais qu’avec toi ce ne sera pas un problème. »
-« Merci Katie. Je t’aime très fort tu sais, » répondit Alexis en entourant le cou de son ainée de ses petits bras pour la serrer fort.
-« Bon, ce n’est pas tout mais il me semble qu’on a un dessert à préparer, non ? »
-« Bah si ! » répondit la fillette avec un immense sourire en reportant son attention sur le livre de recettes de Beckett.
Alors qu’elles feuilletaient les pages, Martha posa une main sur l’épaule de son fils encore bouleversé par ce qu’il venait d’apprendre de la bouche de sa fille.
-« Mère, comment une femme peut être aussi désintéressée de la vie de son propre enfant ? » souffla Castle la voix déformée par l’émotion. « Elle ne la voit presque jamais et elle arrive encore à la faire souffrir… Comment est-ce possible ? »
-« Certaines femmes n’ont pas la fibre maternelle Richard et tu n’y peux rien. L’essentiel aujourd’hui c’est qu’elle trouve auprès de toi, de moi mais aussi de Kate tout ce dont elle a besoin pour grandir et s’épanouir. »
-« C’est vrai qu’elle est plus ouverte depuis que nous avons rencontré Kate. Ca me réchauffe le cœur. »
-« Tu sais Darling, tu es très doué à écouter les autres mais ce serait peut-être bien aussi que tu parles à quelqu’un de ce que tu ressens au plus profond de toi... C’est important aussi. »
Avant que Castle ne puisse répondre à sa mère, son attention fut attirée par la petite voix de sa fille.
-« Dis-moi Katie, comment tu l’as eu ce livre ? J’aimerai bien en avoir moi aussi un aussi beau que le tien… »
-« Quand j’avais ton âge, un jour ma mère est arrivée avec ce superbe livre. A l’époque, il était vierge de tout contenu et, au fil des ans, nous l’avons rempli et enrichi. »
-« Waouh ! Comment t’as eu trop de la chance de faire ça avec ta Maman ! Moi, la mienne elle m’aime pas… »
-« Alexis, regarde-moi ma Puce. Je suis sûr d’une chose et c’est que ta Maman t’aime à sa manière. »
-« Tu crois ? » demanda timidement Alexis avant de se tourner vers son père et sa grand-mère.
-« Kate a raison Pumpkin, » sourit Castle en donnant le change. « Ta Maman elle t’aime à sa manière mais elle t’aime. »
Alors que la fillette retournait à l’exploration du livre, l’écrivain sourit à la brunette et articula un « merci » plein de gratitude et de reconnaissance.
-« Dis-moi ma Puce, » fit alors la jeune femme en reportant son attention sur la fillette. « Est-ce que tu aimerais qu’on te commence un livre de recettes rien qu’à toi ? On pourrait y mettre comme première recette celle que nous allons faire aujourd’hui… »
-« Vraiment ? » répondit Alexis pleine d’espoir.
-« Oui, vraiment. Et je suis persuadée qu’on pourrait trouver un livre vierge aussi beau que celui là. Qu’en penses-tu ? »
-« Oh oui alors ! Ce serait tellement bien ! »
-« Et je crois que j’ai ce qu’il vous faut. Je reviens, » intervint avec un immense sourire l’écrivain, le cœur réchauffé par la scène dont il venait d’être témoin.
Quelques minutes plus tard, le jeune homme revint avec un magnifique livre relié.
-« Je voulais te l’offrir à ton prochain anniversaire mais je pense que c’est exactement le bon moment pour te le donner, » sourit Castle en le tendant à sa fille.
-« Oh Papa ! C’est trop beau ! Merci ! Regarde Katie, regarde comment c’est trop beau ! Tu m’aideras à faire mon livre de recettes ? »
-« Bien sûr ma Puce. Allez, viens, il serait temps qu’on se mette au travail ! Le dessert ne va pas se faire en un claquement de doigts ! »
Castle retourna auprès de Martha pour la préparation du diner pendant que les filles se décidaient sur un dessert et s’attelaient à la tâche avec attention, Beckett expliquant pas à pas les étapes à Alexis. Pendant toute la matinée, Beckett et les Castle cuisinèrent dans la joie et la bonne humeur. A midi, le dessert était terminé et reposait dans le réfrigérateur aussi les filles décidèrent de commencer le livre de recettes de la fillette. Trois heures plus tard, tout le monde avait accompli ce qu’il avait à faire et, ensemble, ils se mirent à préparer la table pour le diner du soir.
-« Moi je dis qu’il manque quelque chose, » affirma Martha pour la troisième fois.
-« Ok Mère, fais comme tu veux ! » soupira Castle fatigué par sa journée.
L’actrice s’activa et, en deux temps trois mouvements, elle ajouta sa touche personnelle à la table qu’elle transforma en véritable œuvre d’art. Peu de temps après, tout le monde partit dans sa chambre pour se reposer un peu et se préparer pour la soirée.
Chapitre 27 : Thanksgiving
Au moment où Martha et Alexis redescendaient dans le salon, la sonnette de la porte d’entrée retentit.
-« J’y vais ! » s’écria Alexis en se précipitant déjà vers la porte.
-« Une minute jeune fille ! » intervint alors l’actrice. « Tu n’ouvres pas la porte d’entrée sans moi ! Tu ne sais pas qui est derrière la porte. »
-« Bah si on sait qui c’est ! C’est Lanie et Javi ! On n’attend personne d’autre pour ce soir ! »
-« Il n’empêche, ça peut être dangereux pour une petite fille aussi jolie que toi d’ouvrir la porte sans savoir, » expliqua calmement l’aînée des rouquines avant d’accueillir leurs visiteurs. « Bonjour vous deux ! Je vois que vous n’êtes pas venus les mains vides ? Il ne fallait pas voyons ! »
-« Bonjour Martha ! Hey Alexis, » sourit Lanie. « Vous savez ce n’est qu’un simple bouquet de fleurs. On se devait bien de faire ça après votre gentille invitation. »
Les deux jeunes gens pénétrèrent dans le loft et le latino poussa un long sifflement.
-« Mazette ! La classe ! »
-« Espo ! Ca se fait pas, » souffla la métisse en lui donnant un coup de coude dans les côtes.
Leur échange fit éclater de rire l’actrice.
-« Allez, entrez ! Ne faites pas de manière ! Ici on est entre amis ! Alors faites comme chez vous pendant que je mets ces superbes fleurs dans un vase. »
-« Votre fils et Kate ne sont pas là ? » s’enquit Lanie en regardant attentivement autour d’elle tout en quittant son manteau.
-« Ils sont pas encore revenus de se faire beau, » pouffa la fillette en regardant attentivement la métisse. « Comment t’es trop belle ! Pas vrai Javi ? »
-« Je n’ai jamais dit le contraire, » répondit le latino appréciateur faisant rougir l’étudiante en médecine. « Pas vrai Chica ? »
-« Chica ? Ca veut dire quoi Chica ? » demanda la voix fluette d’Alexis. « Et puis comment ça se fait que tu as déjà vu la tenue de Lanie toi ? »
Avant que quiconque n’ait le temps de lui répondre, la métisse aperçut Castle qui sortait de sa chambre suivi de Beckett. Ils semblaient perdus dans un débat animé, ne se rendant même pas compte de l’arrivée de leurs invités. Ils s’arrêtèrent pour que la jeune femme puisse aider l’écrivain à fermer les petits boutons du col de sa chemise.
-« Arrête donc de bouger ! Je n’y arrive pas ! »
-« Katherine Beckett ! Je rêve où tu viens de sortir de la même chambre que ton écrivain ! » s’écria Lanie en ouvrant des yeux comme des soucoupes. « Pincez-moi, je dois être en train de rêver ! »
Avec un sourire taquin, Esposito obéit à la jeune femme et lui pinça le bras, lui arrachant un cri de surprise et de douleur.
-« Aïe ! Mais t’es fou toi ! » s’écria la métisse en le tapant légèrement.
-« Mais je n’ai fait que faire ce que tu as demandé moi… » répliqua le latino avec un faux air contrit.
C’est alors qu’Alexis tira sur la manche de Lanie avec un air d’incompréhension sur le visage.
-« Il est où le problème ? Pourquoi tu cries parce que Papa et Katie ils sont dans la même chambre ? C’est normal tu sais… Bah oui, ils se font déjà des bisous d’amoureux tout le temps ! »
-« J’aime ma fille, j’aime ma fille, j’aime ma fille… » marmonna tel un mantra Castle suffisamment bas pour que seule Beckett ne l’entende.
-« Ah oui ? Voilà donc qui est intéressant… » sourit Lanie avant de se tourner vers son amie. « Girl, je sens qu’une conversation entre filles s’impose… »
-« Mais avant tout, moi j’ai faim ! » intervint alors Martha sentant le malaise de ses ‘enfants’. « Que pensez-vous de passer à table ? Tout est prêt ! »
-« Et c’est moi et Katie qui avons fait le dessert ! » annonça fièrement la fillette.
-« Alors il me tarde de le gouter, » sourit Esposito en prenant l’enfant dans ses bras. « Je ne savais pas que tu pouvais cuisiner Beckett ! »
-« Mais il y a plein de choses que tu ne sais pas sur moi Espo… Tu pourrais être surpris ! »
Tout le monde passa à table et Martha, en matriarche, apporta la dinde farcie et la sauce aux canneberges pendant que son fils s’occupait de la purée de patates douces et du pain de maïs maison.
-« Oh mon Dieu ! » s’exclama Esposito avec un sourire en voyant les énormes plats arriver. « Mais il y en a pour un véritable régiment ! Vous êtes sûr que nous ne sommes que six à table ? »
-« Bah oui ! Tout le monde est là ! Il manque que le Papa de Katie mais il est malade Papa il m’a dit. »
-« Ah oui ? C’est grave ? » s’inquiéta immédiatement Lanie avant de voir les larmes contenus dans les yeux de son amie et ses traits tirés. « Je… Kate ? »
La jeune femme se leva brusquement et s’enfuie en direction de la chambre.
-« J’ai dit une bêtise ? » fit la fillette en levant des yeux inquiets vers son père.
-« Ne t’en fais pas Pumpkin, je vais aller lui parler. »
-« Dis-lui que je suis désolée… Je ne voulais pas la faire pleurer… »
-« Ne t’en fais pas, le message sera transmis. Je reviens tout de suite mais faites-moi plaisir, ne laissez pas ce festin refroidir ! »
Castle trouva Beckett sur le lit, roulée en boule en position fœtale. Sa détresse était évidente et l’écrivain s’approcha doucement, s’asseyant sur le rebord du lit pour passer une main dans ses cheveux.
-« Hey… »
-« Je suis désolée… »
-« Ne t’en fais pas, » sourit le jeune homme en la prenant dans ses bras. « C’est normal qu’il te manque et que tu n’es pas envie d’en parler. »
-« Ma mère me manque tellement Castle, tellement… Et l’absence de Papa… Je me sens seule et abandonnée… » sanglota la brunette dans le creux de son cou.
-« Tu n’es pas seule Kate. On est là nous et on sera toujours là… Alexis s’inquiète d’avoir dit une bêtise tu sais… Elle m’a demandé de te dire qu’elle s’excuse. »
-« Mais elle n’y est pour rien ! C’est moi qui… »
-« Chut, » souffla l’écrivain en posant son index sur les lèvres de la jeune femme. « Avec tout ce qui t’arrive depuis quelques jours, c’est normal que tu craques. Maintenant sèche tes larmes et reviens avec nous, d’accord ? »
Beckett hocha la tête et lui fit un timide sourire.
-« Merci. Pour tout. »
La jeune femme sortit du lit et se dirigea vers la salle de bain. Lorsqu’elle en ressortit quelques minutes plus tard après s’être refait une beauté, elle fut surprise de voir que le jeune homme l’avait attendue.
-« Il ne fallait pas tu sais… »
-« Je sais, mais je n’avais pas envie. Tu te sens mieux ? »
-« Oui merci, » répondit Beckett en se blottissant dans ses bras avant de se diriger vers la sortie.
-« Dis-moi Kate, Lanie va encore te charrier si on arrive à table bras-dessus bras-dessous… Ca ne te dérange pas ? »
-« Castle, j’ai… » soupira la jeune femme en fermant ses yeux. « Même si je déteste avoir à l’avouer, j’ai besoin de ton soutien et de ta chaleur. Alors en route ! »
Le couple rejoignit leur famille et amis à table. A peine Alexis les vit-elle qu’elle se précipita dans les bras de Beckett.
-« Je suis désolée Katie. Je ne voulais pas te rendre triste… Pourtant je devrais savoir ce que c’est de pas avoir quelqu’un qu’on aime à la maison pour une fête. Moi j’ai pas ma Maman mais toi tu n’as ni ta Maman ni ton Papa… Je suis tellement désolée… »
-« Tout va bien ma Puce, ne t’en fais pas. Je vais bien. C’est moi qui suis désolée d’être partie comme ça, » sourit la jeune femme en se réinstallant à table. « Je suis désolée les gars pour ce qui vient de se passer… »
-« Ne t’en fais pas Beckett. On est tes amis. Si tu veux, on en parle. Sinon, eh bien on patiente, » la rassura Esposito. « Bon et si on attaquait ce véritable festin ! »
-« En voilà une excellente idée ! Mais il ne faut pas oublié de garder une petite place pour le dessert ! Ce serait dommage quand on sait qu’il a été fait avec amour par Alexis ! »
-« Et Katie aussi ! On a fait la recette des Beckett en plus, pas la recette des Castle alors elle doit être trop bonne ! »
Le babillage de la fillette détendit tout le monde et le diner se poursuivit dans la joie et la bonne humeur. Chacun y alla de son anecdote, de son souvenir de Thanksgiving.
-« Non mais sérieusement ! Je vous jure ! » poursuivit Eposito en pouffant de rire avec les autres. « Ce jour-là, avec mes potes de l’armée, on avait squatté chez ma tante pour regarder le match à la télé et je n’ai pas tout compris. Je me suis retrouvé les quatre fers en l’air ! »
-« T’avais trop bu, c’est pas possible ! »
-« Même pas ! C’est ça le pire dans cette histoire ! J’avais pris quoi ? Une bière, deux au maximum ! Et puis j’allais pas me prendre une cuite avec Tante Abi à la maison ! »
-« Le pire que Mère est jamais fait, » intervint alors Castle avec un sourire. « C’est quand je devais avoir… Je ne sais plus exactement… Six ou sept ans. »
-« Oh Richard ! Non ! Je t’en prie ! »
-« Quoi ? Qu’est-ce que vous avez fait Martha ? » sourit Beckett en se tournant vers l’actrice alors qu’Alexis prenait place sur ses genoux.
-« Je… Oh Richard… Pourquoi ressortir cette histoire ? »
-« Parce que c’est trop drôle Mère ! Donc, cette année-là, ses obligations lui permettaient de passer les fêtes avec moi car elle était entre deux représentations. Et un soir, en rentrant de l’école, j’ai trouvé la table de fête prête et garnie et ma mère qui ne comprenait pas pourquoi je n’avais pas profité de ma journée de vacances… »
-« Attends, Thanksgiving a toujours été un jour férié, » fit Lanie en fronçant les sourcils. « Comment pouvais-tu être à l’école ce jour-là ? »
-« C’est bien là le problème ! Je m’étais trompée d’une semaine ! Nous n’étions que le troisième jeudi de novembre ! »
Le fou-rire repartit de plus belle jusqu’à ce que l’actrice ne reprenne suffisamment de sérieux pour continuer.
-« Tu sais Darling, tu peux toujours te moquer de moi mais ce n’est pas moi qui est fait évacuer un immeuble pour alerte incendie à cause d’une dinde carbonisée ! »
-« Une dinde carbonisée ? »
-« Ce n’est pas de ma faute ! J’ai eu de l’inspiration juste après avoir mis la dinde au four et, quand je suis ressorti de mon bureau pour m’occuper de la fin de diner, et bien la fumée du four a déclenché les détecteurs… Tout le monde a dû être évacué car les pompiers voulaient vérifier. J’ai eu beau essayé de leur expliquer, ils n’ont pas voulu me croire jusqu’à ce qu’ils pénètrent dans mon appartement… »
-« Rho la honte ! » se moqua gentiment Beckett en posant une main sur l’avant bras de l’écrivain.
-« Comme si la grande Katherine Beckett n’avait jamais fait de bêtises ! »
-« Euh… Joker ! »
-« Oh allez ! Raconte ! » insista gentiment Lanie.
-« Je ne suis pas sûre que ce soit une histoire pour les oreilles innocentes d’Alexis, » tenta la jeune femme.
-« Pff, tu sais, avec Papa, j’en ai entendu tout plein des bêtises ! Alors une de plus ou une de moins ! Et puis je suis sûre que c’est moins pire pour toi que pour Papa ! »
-« Que tu penses ma Puce, que tu penses… Enfin bref, je devais avoir 16 ans et mes parents devaient sortir avec des amis cette année-là pour Thanksgiving. J’avais donc la maison pour moi et, du coup, j’en avais profité pour inviter mon petit copain du moment. Sauf que le jour-même mes parents ont vu leur soirée annulée et que moi j’ai oublié de prévenir mon copain… Je ne vous raconte pas quand il a débarqué et qu’il est tombé sur mon père… »
-« Et qu’est-ce qui s’est passé pour lui ? » s’enquit Esposito en riant.
-« Il est reparti fissa le pauvre et n’a plus jamais voulu me parler ensuite ! Quand à moi j’ai eu le droit à un cours sur la sexualité et ses risques avant d’être privée de sortie pendant un mois entier ! »
-« Et toi Lanie ? T’as fait quoi comme bêtise quand tu étais petite ? » s’enquit alors Alexis.
-« Moi ? Mais j’ai toujours été une petite fille modèle voyons… » tenta d’éluder la métisse.
-« Dans tes rêves oui ! Je n’y crois pas ! » répliqua Esposito.
-« Bon, d’accord… » soupira la jeune femme. « Je devais avoir neuf ou dix ans quand c’est arrivé. Le soir de Thanksgiving, nous avions une importante représentation de danse et j’avais le rôle principal. Le directeur du ballet m’avait bien dit de faire très attention mais j’avais tous mes cousins et cousines à la maison et je ne voulais pas avoir l’air d’une poule mouillée… Alors j’ai tout fait comme eux sauf que… »
-« Oui ? »
-« Sauf que je suis tombée et que je me suis cassée le bras ! Résultat, six semaines de plâtre, pas de représentation pour moi et une sacrée soufflante par ma mère et mon directeur de ballet ! Je peux vous assurer que je me souviens de ce soir de fête… »
Ils continuèrent ainsi à discuter joyeusement autour de la table et du dessert jusqu’à ce qu’Alexis ne se mette à bâiller à s’en décrocher la mâchoire.
-« Bon et bien je pense qu’on va vous laisser tous les quatre, » fit immédiatement le latino en se levant et commençant à rassembler les assiettes. « Je dépose tout ça dans la cuisine ? »
-« Espo, je ne pense pas que ce soit très sérieux que Lanie et toi repreniez la route ce soir. On a pas mal bu et je ne voudrai pas que vous ayez un accident… »
-« Oh ne vous en fait pas, nous allons prendre un taxi au pire… »
-« Que nenni ! » intervint Martha. « La chambre d’amis est prête ! Le lit comme la chauffeuse ! Il ne reste qu’à l’ouvrir. Alors autant que vous en profitiez ! Pas de discutions les jeunes ! Vous restez ici, c’est plus sûr ! Sur ce, moi je vous laisse car je veux avoir ma peau de bébé demain matin ! »
Alors que Martha disparaissait à l’étage, Castle, Esposito et Lanie débarrassèrent la table pendant qu’Alexis s’installait sur le canapé, sur les genoux de Beckett pour écouter une histoire.
Chapitre 28 : Discussions
-« Fin. Et voilà ma Puce, l’histoire est terminée, » sourit Beckett en refermant le livre. « Ca t’a plu ? »
-« Oui Katie, merci de me l’avoir faite découvrir, » sourit Alexis en se blottissant un peu plus dans ses bras. « Tu veux bien me mettre dans mon lit et me border ? »
-« Bien sûr ! Mais avant je voudrais que tu ailles te mettre en pyjama et te brosser les dents. Quand tu seras prête, tu redescends nous dire bonne nuit ? »
-« D’accord ! » s’exclama la fillette en disparaissant dans les escaliers.
Quelques minutes plus tard, Castle redescendit après avoir montré à Lanie et Esposito la chambre d’amis et ouvert la chauffeuse.
-« Ca va ? Tu n’es pas trop fatiguée ? » demanda l’écrivain en la prenant dans ses bras.
-« Non… Aussi surprenant que ça puisse paraître, je me sens bien, » sourit la brunette en déposant un tendre baiser sur les lèvres du jeune homme. « Merci. »
-« Always. »
Alors qu’ils savouraient en silence un moment à deux, ils se retournèrent vers l’escalier au son d’une cavalcade.
-« Alexis ! Je t’ai déjà dit cent fois de ne pas courir dans les escaliers ! Tu pourrais te recasser la jambe ! » réprimanda doucement Castle inquiet pour sa fille.
-« Mais c’est pas ma faute Papa ! C’est Lanie et Javi ! »
-« Tu peux m’expliquer la relation entre toi dévalant les escaliers à une vitesse folle et nos amis à l’étage ? » s’étonna l’écrivain.
-« Ils se font des bisous d’amoureux eux aussi ! Et c’est plus beurk que quand c’est Katie et toi ! » s’écria l’enfant surexcitée.
-« Lanie et Espo se font des bisous d’amoureux ? » demanda Beckett estomaquée.
-« Oui et c’est beurk ! » insista Alexis en fronçant le nez.
-« Mais dis-moi, comment ça se fait que tu les aies vu Pumpkin ? Tu n’es pas rentrée dans leur chambre quand même ? »
-« Bah non ! Ils faisaient leurs bisous d’amoureux dans le couloir ! Ils m’ont même pas vu ! »
-« Mais on t’a très bien entendu le dire à ton père et à Kate, » répliqua Esposito en rougissant légèrement alors qu’il redescendait suivi d’une Lanie tout aussi embarrassée que lui.
-« Alors comme ça vous vous faites des bisous d’amoureux ? » les taquina gentiment Beckett en s’adossant à Castle et croisant ses bras sur sa poitrine.
-« Tu peux parler toi, » répondit au tac au tac Lanie en la dévisageant de manière narquoise. « Il me semble bien avoir entendu une certaine petite fille dire que nos baisers d’amoureux étaient plus ‘beurk’ que les vôtres ! Alors, tu m’expliques ? »
-« Peut-être… Mais avant j’ai promis à ma Puce d’aller la border dans son lit ! » éluda la brunette en attrapant Alexis dans ses bras.
-« Bonne nuit tout le monde ! A demain matin ! »
-« T’es qu’une froussarde Kate Beckett ! » lança derrière elle Lanie. « Mais ne crois pas que nous en ayons terminé ma belle ! Je veux des détails ! »
Alors que la brunette bordait tendrement la fillette dans son lit, elle remarqua l’air songeur de l’enfant.
-« Qu’est-ce qu’il y a ma Puce ? » demanda doucement la jeune femme en passant une main dans les cheveux de la rouquine. « Quelque chose te tracasse ? »
-« Dis, tu vas pas avoir de problème avec Lanie à cause de ce que j’ai dit tout à l’heure ? »
-« Bien sûr que non ! C’est mon amie et je ne suis pas plus fâchée contre elle qu’elle ne l’est contre moi. Ne t’en fais pas… » répondit la brunette en serrant contre elle Alexis. « Je me trompe ou quelque chose d’autre te tracasse ? »
-« C’est… C’est juste que… » fit l’enfant avant de relever ses yeux pour les plonger dans ceux de son aînée. « Est-ce que c’est mal de t’aimer plus que Maman ? Je veux dire… Elle est jamais là et, quand elle est là, elle fait pas toutes ces choses que tu fais avec moi… Elle me brosse pas les cheveux, me fait pas de câlin, me lit pas d’histoires… Elle… Elle pense qu’à elle et si son téléphone sonne, c’est comme si j’étais plus là… »
-« Tu ne m’aimes pas plus que ta Maman ma Puce, tu m’aimes différemment, à ta manière. Et tu ne dois pas oublier qu’elle aussi elle t’aime, » répondit Beckett la gorge nouée par l’émotion et les yeux brillants. « Allez, dors maintenant et surtout fait de beaux rêves. A demain. »
Elle se pencha au dessus d’Alexis et déposa un tendre baiser sur son front avant de lui sourire avec douceur puis de se retourner pour sortir de la chambre. Elle découvrit alors Castle appuyer sur le chambranle. Au moment où elle passait à leur hauteur, l’écrivain posa une main sur son bras.
-« Attends-moi… S’il te plait… »
Beckett hocha doucement la tête et attendit Castle dans le couloir pendant qu’il souhaitait une bonne nuit à sa fille. Il revint quelques minutes plus tard en souriant.
-« Elle s’est déjà endormie, » dit le jeune homme en s’approchant doucement de la jeune femme. « Merci pour ce que tu fais pour elle. Ca compte énormément pour elle et pour moi aussi. »
-« Castle, je… Je ne me sens pas prête… En tout cas pas pour ce rôle qu’Alexis veut me donner… Je... »
-« Respire calmement Kate et regarde-moi attentivement. Ma fille t’aime et elle ne demande rien de plus que l’attention que tu lui donnes naturellement aujourd’hui. Il ne faut pas que ça te fasse peur… »
-« Mais si je la perds elle-aussi ? » murmura la brunette.
-« Quoi qu’il arrive entre nous, je ne te priverai jamais de voir ma fille. Tu lui as donné un sourire et une joie de vivre que je ne lui avais jamais connus auparavant. »
-« Vraiment ? »
-« Vraiment, » répondit Castle en ouvrant ses bras dans lesquels Beckett vint se blottir. « Bon et si on rejoignait les autres en bas ? »
Alors qu’ils arrivaient dans le salon, Lanie se leva et attrapa le bras de son amie.
-« Toi, moi, n’importe où dans cette maison mais il me semble qu’on a une petite discussion à avoir sur des bisous d’amoureux… »
-« Tu peux parler toi ! T’avais même pas le numéro d’Espo ! »
-« Beaucoup de choses peuvent se passer en quatre jours pour moi aussi tu sais… » répondit la métisse mystérieusement. « Bon, les gars, c’est pas que vous nous dérangez là mais presque ! Vous n’avez pas quelque chose à faire ? »
-« Je rêve ! Je me fais virer de mon propre salon ? »
-« Tu as tout compris Writer-Boy ! Allez ! Du balai ! »
-« Lanie ! »
-« Quoi ? Tu veux qu’ils entendent tout ? »
Devant l’air décomposé de Beckett, Castle se tourna vers son acolyte masculin avec un air contrit.
-« Bon et bien je crois qu’on n’a pas le choix… Ca te dit de découvrir mon bureau et surtout ma réserve personnelle ? J’ai un ou deux petits chefs d’œuvre cacher dans ma réserve secrète… »
-« Avec grand plaisir ! » fit la latino en suivant l’écrivain. « Et puis… Les conversations de nana, très peu pour moi ! »
Une fois la porte refermée derrière les garçons, Beckett et Lanie s’installèrent avec un verre de vin sur le canapé.
-« Alors Girl ? » demanda la métisse au bout de quelques secondes.
-« Même pas en rêve Lanie ! Si tu veux la moindre explication, il va falloir te mettre à table avant ! Tu m’expliques comment, en quatre jours, tu es passée au stade des sessions de making-out avec mon coéquipier ? » demanda la jeune femme en fixant son amie d’un regard perçant.
-« T’es flics ou quoi ? »
-« Très drôle… » ironisa Beckett avant d’arquer un sourcil.
Quelques minutes passèrent en silence avant que Lanie ne craque en rougissant légèrement.
-« Quelques heures après que tu m’aies appelée pour m’inviter, juste avant la fin de mon service, j’ai vu arriver Javi aux urgences en tenant avec beaucoup de tendresse une belle femme d’un certain âge qui souffrait énormément. Je les ai donc installés en salle d’examen et ai eu la surprise de découvrir qu’il s’agissait de sa tante, celle dont il nous a parlé ce soir. Les médecins se sont rapidement occupés d’elle et elle a dû partir au bloc pour un problème d’éclatement d’un kyste ovarien. Comme mon service était terminé, je suis restée avec lui à attendre des nouvelles. »
-« Mais dis-moi, elle va bien ? La tante d’Espo je veux dire. »
-« Oui, ne t’en fais pas. L’opération a été un succès et elle se remet doucement. »
-« Mon Dieu ! Espo voulait peut-être rester avec elle ce soir… Il fallait qu’il le dise… »
-« D’après ce que j’ai compris, Madame Esposito préférait ne pas changer ses plans. Elle est rentrée chez elle hier et ses amies de l’Eglise venaient pour passer la fête de Thanksgiving aujourd’hui avec elle comme convenu. »
-« Bon, tant mieux alors. Mais cela ne me dit pas comment Espo et toi vous avez fini en couple car ne me dis pas le contraire, Alexis a affirmé que vos baisers d’amoureux étaient beurk ! »
Les deux jeunes femmes éclatèrent de rire.
-« Elle est top cette petite n’empêche ! » fit Lanie une fois qu’elle eut repris son sérieux.
-« Et elle a pas sa langue dans sa poche, crois-moi ! »
-« Enfin bref, je suis restée avec lui, nous avons beaucoup discuté et, une chose en entrainant une autre, je me suis endormie la tête sur son épaule et ma main dans la sienne… Lorsque je me suis réveillée un peu plus tard, Javi s’était aussi assoupi et je me sentais bien. Je n’avais pas envie de bouger mais le médecin est arrivé pour nous dire que Madame Esposito venait de sortir de chirurgie et que tout s’était bien passé. J’ai donc laissé Javi la rejoindre après avoir discrètement glissé un petit papier dans sa poche avec mon numéro. »
-« Et vu comment Espo semblait intéressé quand je l’ai eu au téléphone, je parie qu’il t’a très vite rappelé, » sourit Beckett.
-« J’étais arrivée chez moi depuis une demi-heure quand il a appelé. Il voulait me remercier pour être resté à ses côtés pendant l’intervention et l’avoir soutenu. Il venait de quitter sa tante et n’avait pas envie de rentrer seul chez lui alors je lui ai proposé d’aller boire un verre ensemble. Ce soir-là, quand on a enfin pris conscience de l’heure, on s’est rendu compte qu’il était deux heures du matin et que le bar allait fermer… »
-« Rassure-moi, tu ne bossais pas le lendemain ? »
-« J’avais juste quatre heures cours le matin mais je peux te dire que ça a été dur… Pas sûr que j’ai vraiment tout suivi, » sourit la jeune femme. « Mais, quand je suis sortie de l’amphi, Javi était là avec notre déjeuner et toute ma fatigue s’est envolé. Nous avons passé le reste de la journée ensemble et, après avoir rendu visite à sa tante, nous sommes allés diner chez moi. Le lendemain matin, on se réveillait enlacés sur le canapé avec la télévision encore allumée… »
-« Et ? »
-« Il est encore plus sexy au réveil ! Depuis, on ne s’est plus vraiment quitté en dehors de mon travail ou de mes cours. Et je peux te dire qu’il est sacrément endurant ! C’est le pied total ! » affirma avec un grand sourire la métisse. « Bon et sinon ? Et toi ? Tu en es où exactement avec ton écrivain ? Parce que la dernière fois que j’ai mis les pieds dans le plat, c’était pour t’entendre me dire que vous n’étiez que des amis et qu’il n’y avait rien entre vous et que je devais me mêler de mes affaires ! Or, j’arrive ce soir et j’apprends qu’en plus de vivre avec lui, tu partages sa chambre et donc son lit, vous vous faites des bisous d’amoureux et tu t’occupes de sa fille comme si elle était la chair de ta chair ! Alors ?... »
-« Même si je ne suis pas encore tout à fait prête, » avoua Beckett en rougissant légèrement. « Je sais qu’il y a quelque chose de très fort entre Castle et moi… Et pas seulement parce qu’il m’aide avec mes problèmes, non. Je sais au plus profond de moi que je peux lui faire confiance et avec lui je me sens plus légère… Plus libre… Et pourtant j’ai plus de responsabilités. Il n’est pas seul, il y a Martha et surtout Alexis qui entrent en jeu… »
-« Quelque chose semble te préoccuper, je me trompe ? » demanda doucement Lanie alors que la brunette lui répondait en secouant négativement la tête. « Tu veux en parler ? »
-« C’est… C’est Alexis… Elle s’attache de plus en plus à moi et je ne sais pas comment réagir. Elle m’a demandé ce soir si c’était grave qu’elle m’aime plus que sa propre mère… Mais moi je n’ai que vingt ans ! Je ne suis pas prête à être mère ! »
-« Oh là ! Du calme Girl ! Respire doucement… Voilà. Je vais juste te poser une question, d’accord ? Est-ce que le temps que tu passes avec cette petite tête rousse te pèse ? Est-ce que tu préfèrerais être ailleurs plutôt qu’avec elle ? »
-« Bien sûr que non Lanie ! » s’offusqua immédiatement la jeune femme. « Au contraire, tous ces moments me sont précieux… »
-« Alors, quelque part, tu assumes déjà parfaitement ce rôle qu’Alexis est prête à te donner… »
-« Mais et si Rick et moi ça ne marchait pas ? Et si… »
-« De deux choses l’une, ton écrivain il ne veut qu’une chose et c’est le bonheur de sa fille. Alors, crois-moi, même si ça devait ne pas marcher entre lui et toi, il ferait tout pour le bonheur de sa citrouille. Ensuite, ce n’est pas avec des ‘et si’ que tu vivras ta vie pleinement… Alors fonce ! Tu n’as rien à perdre ! »
-« Je… Je vais y réfléchir… Laisse-moi un peu de temps, ok ? »
-« Pas de soucis Girl ! Bon allez, et si on libérait nos deux exilés ? »
Après avoir rangé leurs verres à la cuisine, les deux femmes se dirigèrent vers le bureau où ils trouvèrent les deux hommes en grande discussion. Chacune d’entre elles retrouva les bras de sa moitié et ils restèrent encore une petite heure à discuter de tout et de rien avant de se séparer pour une bonne nuit réparatrice.
Chapitre 29 : Désagréable surprise
Castle et Beckett étaient confortablement installés dans les bras l’un de l’autre et dormaient du sommeil du juste quand ils furent réveillés en sursaut par un poids leur sautant dessus.
-« Chaton ! » s’écria une voix mielleuse un peu trop aigüe au goût de la brunette.
Les instincts de flics de la jeune femme sonnaient toutes les alarmes. Elle ne connaissait pas cette voix et se souvenait parfaitement avoir vu son ami verrouiller la porte d’entrée du loft avant qu’ils aillent se coucher. Elle se redressa alors brusquement et, d’une clé de judo, envoya valser l’intruse au sol avant de l’immobiliser. De son côté, l’écrivain avait juste eu le temps de trouver à tâtons l’interrupteur et d’allumer la lumière.
-« Meredith ? Je peux savoir ce que tu fais là à… » commença le jeune homme avant de se retourner pour déchiffrer l’heure. « A cinq heures du matin ? »
-« Je venais te voir Chaton, » minauda la rouquine avant se poursuivre plus sèchement. « D’ailleurs, tu pourrais dire à ton garde du corps de me relâcher ? Je suis ta femme quand même… »
-« Mon EX-femme, » répliqua Castle en insistant lourdement sur le ‘ex’ dans ex-femme.
Mal à l’aise, Beckett libéra la jeune femme qui n’était autre que la mère d’Alexis et se redressa, ne sachant pas du tout quoi faire ni où se mettre. Alors qu’elle commençait à se reculer, l’écrivain la rattrapa et l’obligea gentiment à reprendre place à ses côté, tout contre lui.
-« Ce n’est qu’un détail Ricky ! C’est pas ça qui nous arrêtera pour… Enfin tu sais, pour se donner du plaisir… »
Le ton employé et la suggestion à peine déguisée de Meredith glacèrent le sang de la brunette ce que Castle ne manqua pas de remarquer immédiatement.
-« Nous avons peut-être eu quelques rencontres depuis notre divorce mais une chose est sûre, je ne referai plus cette erreur ! Sais-tu combien de jours j’ai mis à réconforter Alexis à la suite de ta dernière visite ? Une semaine avant de revoir un timide sourire qui atteigne enfin ses yeux ! Et elle n’a que cinq ans ! »
-« Euh Rick, » intervint alors Beckett en utilisant volontairement son prénom alors qu’elle sentait la fureur poindre en lui. « Pourrions-nous poursuivre cette conversation en dehors de notre chambre ? »
-« Votre chambre ? Non mais elle rêve la jeunette-là ! » s’esclaffa la rouquine en dévisageant de la tête au pied sa rivale. « Comme si Ricky allait ouvrir sa porte à… A une adolescente à peine sortie de ses boutons ! »
-« DEHORS ! SORS IMMEDIATEMENT DE CETTE CHAMBRE ET DE CETTE MAISON ! » hurla l’écrivain en sortant de ses gongs.
Meredith ouvrit de grands yeux estomaqués devant la fureur à peine contenue de son ex-mari. Sans plus attendre, elle battit en retraite dans le salon mais s’assit sur le canapé, prenant délibérément ses aises. Dans la chambre, Beckett s’était retournée pour faire face à Castle avant de le prendre dans ses bras et de le serrer contre lui.
-« Ca va aller mais essaye de rester calme… Pour le bien d’Alexis. Même si je n’apprécie pas sa présence et surtout son débarquement dans notre chambre et surtout dans notre lit, elle reste la mère de ta fille… »
-« Tu as raison mais je ne supporte vraiment pas ses insinuations. J’ai certes commis l’erreur de la laisser continuer à partager mon lit de temps en temps, ce dont je ne suis pas très fier d’ailleurs, mais elle n’avait pas le droit de parler de toi comme ça… » marmonna le jeune homme en enfouissant son visage dans le cou de la jeune femme. « Une chose cependant me ravit… C’est comment tu défends ‘notre’ chambre. J’aime beaucoup l’idée… »
-« Castle ! » s’exclama la jeune femme en roulant des yeux et se reculant pour lui frapper gentiment le bras. « Et si au lieu de dire des âneries, nous allions vérifier que ton ex-femme est bien repartie ? »
-« Tu en doutes ? Quoique… La connaissant… »
-« Je suis même persuadée qu’elle est toujours là car je n’ai pas entendu le ‘clic’ caractéristique de la porte d’entrée… »
-« Je vais faire un malheur, » grogna Castle en attrapant la brunette par la main pour la tirer derrière lui.
-« Calme-toi, » souffla Beckett en lui serrant brièvement la main.
Lorsqu’ils arrivèrent dans le salon, l’intuition de l’officier se confirma et le couple ouvrit de grands yeux exorbités devant la montagne de valises qui encombraient l’entrée.
-« Je peux savoir ce que tu fais encore là ? »
-« Comme si tu allais vraiment me mettre à la porte ! J’attends juste que tu aies viré ta dernière conquête pour pouvoir rejoindre notre lit… » répondit Meredith comme si c’était tout à fait normal.
-« Et bien tu vas pouvoir attendre longtemps parce que Kate vit ici, avec Mère, Alexis et moi ! » répondit sèchement Castle. « Et ne pense même pas à la chambre d’amis ! Elle est occupée ! »
-« Je vais te croire Chaton… » minauda Meredith en se dirigeant déjà vers l’escalier. « A tout à l’heure. »
-« Si elle réveille Espo et Lanie de la même manière que nous, je ne donne pas cher de sa peau, » marmonna Beckett avec un fin sourire.
-« Oh non Pitié ! Dites-moi que je rêve ! » leur parvint alors du haut de l’escalier la voix désabusée de l’actrice. « Meredith ! Quel déplaisir de vous voir ici ! Je comprends mieux l’origine du hurlement qui m’a sortie de mon sommeil réparateur… »
-« Bonjour Martha, je vois que vous n’avez pas changée… » ironisa l’ex-femme de Castle, l’animosité entre les deux femmes plus que présente.
-« Il y a un problème ? » fit alors Esposito en apparaissant aux côtés de la plus âgée des rouquines et dévisageant la nouvelle venue. « Non parce que je vous signale qu’il n’est que cinq heures du matin et qu’on s’est couché bien tard… Lanie et moi on aurait bien aimé pouvoir dormir encore quelques heures. Enfin je dis ça… »
-« Il y en a encore beaucoup comme ça ? » fit Meredith en se retournant vers Castle.
-« Juste ta fille si tu te souviens encore d’elle et Lanie, la meilleure amie de Kate que voilà d’ailleurs. »
En effet la jeune métisse venait d’apparaitre dans la cuisine à la plus grande surprise de tous mais personne ne releva en présence de l’ex-femme de Castle.
-« Mais comme l’a si bien dit Espo, on aimerait bien dormir alors tu connais le chemin de la sortie ! Et n’oublie pas tes affaires, ce n’est pas une bagagerie ici ! »
-« Tu me fous vraiment à la porte ? » fit Meredith estomaquée alors que sa voix atteignait des sommets.
-« Je vois que tu as enfin compris, » répondit Castle avec pragmatisme. « Je ne t’empêche pas de revenir à une heure décente pour voir ta fille un peu mais pas avant onze heures, merci. »
Sur ce, il attrapa Beckett par la taille et resserra son étreinte autour d’elle.
-« Tu connais la sortie ! Oh et je te conseille de ne plus jamais soudoyer le portier de nuit pour avoir accès au loft quand tu le décides. Et dès tout à l’heure, l’ensemble des serrures du loft seront changées. Sur ce, à plus tard pour le bien d’Alexis. »
Furieuse, Meredith attrapa tant bien que mal sa montagne de valises qu’elle traina vers la sortie sans que personne ne lui vienne en aide. Dès que la porte se fut refermée sur elle, Beckett se tourna vers Lanie avec un regard scrutateur.
-« Tu peux m’expliquer ce que tu faisais là toi ? »
-« J’avais soif et je venais d’arriver dans la cuisine quand l’autre folle a débarqué, sans vouloir t’offenser Castle ! »
-« Oh non ! Tu peux dire ce que tu veux ! C’est un véritable dragon mon ex-femme ! » soupira le jeune homme soudain abattu.
-« Allez, viens. Retournons-nous coucher Castle, » intervint Beckett en passant une main délicate sur ses traits tirés. « Un peu de sommeil supplémentaire ne nous fera pas de mal. »
-« Dans ‘votre’ chambre ? » fit alors Lanie avec un sourire mutin. « Oui Kate, j’ai tout entendu dans les moindres détails… Et je dois dire que, pour quelqu'un qui a du mal à trouver sa place exacte dans sa nouvelle famille et qui ne se croit pas prête, je te trouve bien possessive ! Sur ce, bonne fin de nuit et à tout à l’heure ! »
Tout le monde s’éclipsa laissant Beckett complètement figée sur place, la remarque de son amie tournant en boucle dans sa tête et Castle à ses côtés pour la soutenir.
-« Ca va ? »
-« Tu sais, Lanie n’a pas tord au fond… Mais j’ai vraiment besoin de temps, d’accord ? »
-« Prends tout le temps qui te sera nécessaire. Je veux que tu te sentes en sécurité et en adéquation avec tes sentiments. Allez, allons nous reposer maintenant. »
A onze heures précises, la sonnette de la porte d’entrée retentit et Castle soupira bruyamment. Beckett qui se trouvait à côté de lui dans la cuisine où ils préparaient un repas frugal lui adressa un sourire compatissant avant qu’il ne se dirige vers la porte d’entrée.
-« Meredith. Je vois que tu m’as écouté. »
-« Oui, je viens pour passer un peu de temps avec ma fille puisque je suis devenue une persona non grata dans la propre maison de mon mari. »
-« Ex-mari Meredith, ex-mari ! Quand à Alexis, elle ne s’est toujours pas levée mais je ne pense pas que ça devrait tarder vu l’heure. »
-« Je peux toujours aller la réveiller, » tenta Meredith en se dirigeant déjà vers l’escalier.
-« Ni pense même pas ! Elle a besoin de sommeil et elle se réveillera en temps utiles ! De plus, la dernière fois que tu l’as ‘réveillée’, tu lui as fait peur ! » dit l’écrivain en l’entrainant vers la cuisine. « Tu veux quelque chose à boire ? Un café peut-être ? »
-« Euh… Non merci, » répondit la rouquine surprise de découvrir Beckett toujours présente et préparant à manger comme si c’était la chose la plus normale qui soit. « Je vois que ta boutonneuse est toujours là… Tu me déçois Chaton. »
-« Elle s’appelle Kate et c’est ma compagne ! Alors si tu veux pouvoir venir dans cette maison pour voir ta fille, je te prie de montrer un peu de respect envers tous ses habitants ! » répliqua fermement Castle le visage fermé avant de voir Alexis apparaitre en haut de l’escalier, encore à moitié endormie. « Hey Pumpkin ! »
-« Alexis ! » s’extasia Meredith en se retournant vers l’enfant avant de froncer les sourcils. « Mais tu n’es ni habillée ni coiffée ! Il est tard pourtant… »
Beckett eut mal pour la petite fille qui se renfrogna un instant avant de lui adresser ainsi qu’à son père un magnifique sourire. Sans un mot, elle s’élança du haut de l’escalier, ignora sa mère et se jeta dans les bras de la brunette.
-« Katie ! Comment ça sent trop bon ce que tu nous fais à manger ! »
-« Aurais-tu faim par hasard ? » sourit la jeune femme attendrie alors que la fillette enfouissait son visage dans son cou.
-« Oh oui alors ! » répondit avec enthousiasme Alexis avant de se redresser, soudain très sérieuse. « Dis Katie, il faut pas que tu écoutes les méchancetés de Maman. Moi je t’aime comme tu es. »
L’émotion noua la gorge de la brunette et des larmes lui montèrent aux yeux alors qu’elle jetait un rapide coup d’œil à Castle pour s’assurer qu’elle n’outrepassait pas ses droits.
-« Je… Moi aussi je t’aime très fort ma Puce, » répondit la jeune femme alors qu’une larme silencieuse coulait le long de sa joue.
C’était la première fois qu’elle disait « je t’aime » depuis le décès brutal de sa mère mais l’expression de pur joie sur le visage d’Alexis lui confirma qu’elle avait bien fait de lui ouvrir son cœur. Même si elle avait toujours ses craintes, elle se sentait heureuse et libre. Cependant, lorsqu’elle croisa le regard haineux de Meredith, son cœur manqua un battement.
-« Dois-je vous rappeler qu’Alexis est MA fille ! » fit la rouquine de manière véhémente.
-« Papa, tu permets ? » intervint alors la fillette en empêchant son père de formuler le fond de sa pensée tout en sortant des bras de Beckett. « J’aimerai expliquer à Maman ce que je ressens avec mes mots… S’il te plait… »
-« D’accord Pumpkin. Si tu veux, vous pouvez même aller dans le bureau. »
-« Non merci Papa. Je pense que Katie et toi vous devez aussi entendre ce que j’ai à dire à Maman comme ça elle pourra pas dire que c’est pas vrai, que j’ai jamais dit ça, » expliqua la petite fille en entrainant sa mère par la main pour l’assoir sur le canapé.
Alors que Castle et Beckett s’installaient en face sur un fauteuil, Alexis s’assit sur la table basse et regarda sa mère avec attention. La fureur de cette dernière était toujours clairement visible mais elle était pour le moment soufflée par l’audace de sa fille.
-« Il faut que tu comprennes un chose Maman. Je sais très bien que, quand tu te décides à venir pour me voir, c’est que tu as quelque chose à demander à Papa. Et si pendant que tu es là, il se passe quoi que ce soit, tu m’oublies et tu t’en vas presque sans un mot. Tu étais pas là quand je me suis cassée la jambe et t’es la seule à pas avoir écrit sur mon plâtre. Tu passes jamais du temps avec moi et quand t’es là, tu m’écoutes pas. Papa et Katie, eux ils sont là tout le temps. Et même si Katie elle a un travail prenant, elle prend le temps de passer du temps avec moi. »
-« Parce qu’elle travaille ? Et elle fait quoi exactement ? Poufiasse professionnelle ? »
-« T’as pas le droit de parler de Katie comme ça ! » s’emporta Alexis en dévisageant avec dédain sa mère. « J’ai peut-être cinq ans mais je sais que t’as fait pleurer Papa déjà et que tu m’as aussi fait pleurer. Je t’aime Maman mais, des fois, tu fais plus de mal que de bien ! »
-« Mais je suis ta mère ! » s’estomaqua Meredith en dévisageant sa fille.
-« Eh bien des fois je préfèrerais que tu ne viennes pas ou que tu repartes plus tôt. Des fois j’aimerais avoir une autre Maman, une qui m’aime plus que son travail, une qui me fasse passer avant. Une Maman qui s’intéresse à moi tout simplement. Une Maman un peu comme Katie quoi ! Elle garde mes dessins elle, elle me lit des histoires pour m’endormir… Elle m’aime. »
-« Et bien, puisque tu préfères quand je suis pas là, je pense que je vais partir, » se vexa la rouquine en se levant sans un regard à sa fille. « Heureusement pour moi, je ne suis pas venue pour rien. J’ai une audition cet après-midi ! »
Aussi rapidement qu’elle était entrée dans leur bulle, Meredith en sortit et, malgré les nombreux messages que Castle lui laissa, elle ne donna aucun signe de vie. Peu de temps après son départ, Lanie et Esposito préférèrent rentrer chez eux afin de laisser au couple l’espace pour réconforter une Alexis inconsolable.
Chapitre 30 : Nana
Après la visite surprise de Meredith, il fallut beaucoup de patience à Castle et Beckett pour redonner à Alexis son sourire et sa confiance en elle mais leurs efforts ne furent pas vains. Peu à peu, la fillette avait repris le dessus. La brunette y était pour beaucoup car, même si elle avait repris le travail et ne pouvait pas être présente tous les jours à l’heure du coucher, elle veillait à toujours appeler pour lui souhaiter une bonne nuit et lui rappeler qu’elle l’aimait très fort. Le cœur de l’écrivain fondait de plus en plus pour cette jeune femme au grand cœur mais il savait et respectait son besoin de prendre les choses comme elles venaient. Il était content avec ce qu’il avait : des baisers de moins en moins timides et presque toutes ses nuits dans ses bras quand son travail ne la retenait pas au poste. Un soir, alors que Noël approchait à grands pas, le jeune homme retrouva son amie perdue dans ses pensées, le regard dans le vide. Il s’approcha doucement et la prit dans ses bras par derrière.
-« Tu veux en parler ? » proposa doucement Castle alors que la brunette se laissait aller contre lui.
-« Ma Grand-Mère m’a appelé aujourd’hui alors que j’étais au travail… Elle a essayé d’appeler à la maison à plusieurs reprises mais personne n’a répondu et elle s’inquiétait. Elle veut que… Elle voudrait que je sois là pour Noël, » répondit Beckett en se retournant pour faire face à son ami.
-« Et ça pose un problème ? »
-« C’est mon premier noël sans Maman et je ne suis pas sûre de réussir à faire face à tout le monde… Je… Je me suis éloignée d’eux parce qu’ils me rappelaient trop l’absence de ma mère et que ça me faisait tellement mal… » expliqua la jeune femme les larmes aux yeux. « Et puis j’ai promis à Alexis d’être là… J’ai même posé quelques jours. »
-« Vraiment ? » fit l’écrivain étonné par la nouvelle.
-« C’est important pour Alexis alors oui, j’ai vraiment demandé trois jours, du vingt-quatre au vingt-six décembre. Par contre, ça veut dire que je travaillerai pour le nouvel an. »
-« Ce n’est pas bien grave. Noël est bien plus important dans l’esprit d’un enfant. Mais pour en revenir à ta Grand-Mère, tu pourrais partager ton temps entre ta tradition familiale et nous, non ? »
-« C’est que Nana veut que je vienne comme d’habitude… »
-« Et c’est quoi ‘comme d’habitude’ ? » s’enquit Castle toujours heureux d’en apprendre plus sur celle qui lui volait petit à petit son cœur.
-« Avec mes parents, on arrivait toujours chez Nana dès le vingt-quatre au soir. On y retrouvait toute la famille : oncle, tante, cousins et cousine… On dinait tous ensemble puis on allait à la messe de minuit en famille. Après, on ouvrait un cadeau chacun avant de se coucher pour la plus courte nuit de notre année, » sourit rêveusement la jeune femme. « Et le vingt-cinq au matin, on réveillait tous les adules dès que le jour pointait pour ouvrir le reste des cadeaux avant de passer une super journée tous ensemble… »
-« Ca a l’air magique comme tradition ! Je n’ai jamais connu quelque chose comme ça. Toute mon enfance, ça a été juste Mère et moi et maintenant c’est Alexis, Mère et moi… »
Alors qu’elle entendait l’envie poindre dans la voix de l’écrivain, une idée germa en elle mais pour cela il fallait qu’elle prenne son courage à deux mains pour aller voir sa grand-mère.
-« Nana m’a demandé si on pouvait aller boire un verre ensemble… Je pense que je vais accepter mais… Tu crois que je dois lui dire pour Papa ? »
-« C’est à toi de décider ce que tu veux lui dire ou pas mais je pense qu’elle doit déjà se faire pas mal de soucis. N’oublie pas qu’elle a tenté de vous joindre chez vous et qu’elle n’a eu aucune réponse… »
-« Ca m’inquiète que Papa n’ait pas répondu… Tu crois que… »
-« Si tu veux, on peut appeler mon ami pour avoir de ses nouvelles ou bien tu peux appeler ton père toi-même… C’est comme tu veux. »
-« Pour le moment je veux juste que tu me serres dans tes bras, » répondit Beckett en posant son visage sur l’épaule de Castle et l’enlaçant de ses bras.
Le couple se perdit un long moment dans les bras l’un de l’autre avant de rejoindre leur chambre pour une nuit de sommeil bien méritée. Deux jours plus tard, alors qu’elle était en repos, Beckett attendait nerveusement l’arrivée de sa grand-mère dans un salon de thé de Manhattan. Elle était perdue dans ses pensées quand elle sentit une main bienveillante se poser sur son épaule.
-« Katie ? »
-« Nana ! » sourit la jeune femme en se levant pour l’embrasser affectueusement. « Comment vas-tu ? Tu n’as pas eu trop de mal à trouver ? »
-« Je vais bien merci, » répondit la nouvelle venue en prenant place en face de sa petite-fille. « Et tu sais, j’avais l’habitude de retrouver ta mère ici de temps en temps pour un moment rien qu’à nous deux alors aucun problème de ce côté. »
-« Vraiment ? » répondit la brunette les yeux pétillants, heureuse d’en apprendre un peu plus sur sa mère..
-« Oui vraiment. Et je peux te dire qu’elle serait heureuse aujourd’hui que nous soyons ici ensemble… Comment vas-tu ? Je veux dire vraiment, pas juste la réponse officielle comme quoi tout va bien mais la vérité. »
-« Honnêtement, ce n’est pas facile tous les jours et il ne se passe pas un jour sans que Maman ne me manque mais j’ai trouvé un nouvel équilibre et j’apprends à être heureuse sans elle. »
-« Ta sérénité fait plaisir à voir Katie. Et à la maison, tout va bien ? J’ai essayé de vous joindre à plusieurs reprises mais je n’ai eu aucune réponse. Je dois dire que je commençais sérieusement à m’inquiéter… »
-« Nana, » fit alors Beckett mal à l’aise. « Il faut que je te dise… Papa ne va pas bien du tout. Il a un problème avec… Avec l’alcool et… »
-« Oh mon Dieu Kate ! Mais pourquoi ne m’as-tu rien dit ? » s’inquiéta immédiatement la femme d’un certain âge. « J’aurai pu t’aider ! »
-« Je pensais que je m’en sortirais mais… Tout a changé il y a quelques semaines. Papa m’a mise à la porte et… »
-« Quoi ? Mais tu vis où alors ? Ne me dis pas que tu es dans un hôtel minable ? Tu sais que tu peux toujours venir à la maison… »
-« Je sais Nana mais, en fait, j’ai trouvé refuge auprès de gens qui m’aident à reprendre une vie un peu plus normal. Ils sont géniaux avec moi, tu ne peux pas imaginer ! Je me sens libérée auprès d’eux et en plus ils m’aident avec Papa. »
-« Jim est conscient de son problème ? »
-« Oui et, grâce à Rick, il reçoit l’aide dont il a besoin. Je l’ai eu au téléphone à Thanksgiving et deux fois depuis mais j’ai encore besoin de temps avant de le revoir… Je ne me sens pas encore tout à fait prête pour ça… »
-« Et si je l’invite à Noël, tu y verrais un inconvénient ? Je n’ai pas envie de changer les habitudes sous prétexte que ma Johanna n’est pas là… Tu comprends ? »
-« Je comprends parfaitement Nana mais promets-moi une chose… Tu pourrais faire en sorte qu’il n’y ait pas trop de tentation pour Papa ? Je sais qu’il fait vraiment de gros efforts pour s’en sortir et j’ai envie, j’ai besoin d’y croire… J’ai besoin de retrouver mon père… »
-« Je comprends tout à fait ma Chérie, » répondit avec émotion Nana en prenant le visage de sa petite-fille dans la coupe de sa main. « Mais dis-moi, parle-moi un peu de ces ‘gens’ qui semblent si chers à ton cœur… »
-« Rick est un peu plus âgé que moi. Il vit avec sa mère Martha et sa fille Alexis et, depuis quelques semaines, je vis avec eux aussi. Je les ai rencontrés un jour, par hasard, alors que j’attendais Papa sous la pluie. Un jour où Papa m’avait encore oubliée. Ils m’ont offert une parenthèse salvatrice et une profonde amitié s’est développée entre nous. Ils ont eux aussi leurs blessures et j’aime assez l’idée qu’on s’aide mutuellement à les soigner. Quand avec Papa ça a dégénéré, je n’ai pensé qu’à lui et je crois que j’ai bien fait. »
-« Ils ont l’air d’avoir pris une grande place dans ton cœur dis-moi, » sourit Nana ayant bien remarqué les étoiles dans les yeux de sa petite-fille. « Et mon petit doigt me dit que ce Rick est un peu plus qu’un simple ami… Je me trompe ? »
La légère rougeur sur les joues de Beckett répondit pour elle.
-« Tu me fais penser à ta mère quand elle a rencontré ton père… Essaye juste de ne pas le faire mariner autant que ma Johanna l’a fait avec Jim… »
-« Je ne sais pas encore si je suis tout à fait prête Nana… Je suis bien avec eux, en sécurité, mais je n’ai que vingt ans… Comment à vingt ans on peut prendre les bonnes décisions pour son avenir ? Comment on peut savoir qu’on est prêt à prendre la responsabilité du bonheur d’une petite fille de cinq ans ? Et si mes décisions la faisaient souffrir autant que celles de sa propre mère ? »
-« Tu as déjà les préoccupations d’une maman tu sais en recherchant le bonheur de cette enfant. Je serai curieuse de la rencontrer cette petite… »
-« Il y aurait une solution, » répondit malicieusement Beckett faisant sourire sa grand-mère. « Rick, Alexis et Martha n’ont jamais connu de Noël en famille car ils ne sont que tous les trois… Ils n’ont pas de famille. Je me demandais si… Enfin… »
-« S’ils pouvaient se joindre à nous pour Noël ? » termina à sa place Nana. « Mais bien sûr ma Chérie ! Au contraire ! Avec eux, auprès d’eux, tu guéris doucement mais sûrement de la disparition tragique de ta mère. La moindre des choses que je peux faire pour les remercier c’est de les inviter à partager notre tradition ! »
-« Nana, tu lui feras pas passer un interrogatoire hein ? Je n’ai pas envie que tu le fasses fuir car je tiens à lui, je tiens à eux. »
-« C’est mon rôle aujourd’hui de prendre soin de toi et de veiller à ton bien-être. Katie, promets-moi juste une chose… »
-« Oui Nana, dis-moi. »
-« Promets-moi que tu fais attention à toi, que tu manges suffisamment, que tu dors comme il faut… J’ai déjà perdu ma fille, je n’ai pas envie de perdre ma petite-fille. Et avec ton métier… »
-« Je prends soin de moi Nana et je compte bien vivre encore longtemps. Ne serait-ce que pour trouver ce… Ce monstre qui a fait ça à Maman ! »
-« Pense aussi à ta vie Katie. Elle mérite d’être vécue pour toi et non pour venger la mort de ta mère… »
Alors que la jeune femme s’apprêtait à répondre, son téléphone l’interrompit. L’image de Rick et Alexis enlacés apparut sur l’écran de même qu’un tendre sourire sur les lèvres de la jeune femme.
-« Tu m’excuses un instant, » dit Beckett à l’attention de sa grand-mère et décrocha. « Hey ! Que me vaut l’honneur de t’entendre avant ce soir Castle ? Il me semble que tu devais dormir ce matin après la nuit que tu as passé à écrire… »
-« Coucou Katie… C’est pas Papa, c’est moi. »
-« Alexis ? Tout va bien ma Puce ? Il est où Papa ? »
-« Il dort toujours alors j’ai pris son téléphone… Dis, tu rentres bientôt ou pas encore ? » demanda la fillette avec une petite voix timide.
-« Je suis toujours au salon de thé avec ma Grand-Mère, pourquoi ? Il y a un problème ? » s’inquiéta immédiatement la jeune femme.
-« C’est Grams… Elle vient de rentrer et elle pleure… Je suis inquiète et elle, elle veut pas que j’aille dans sa chambre pour lui faire un câlin et elle veut pas que je réveille Papa… Je sais pas quoi faire. Tu… Tu pourrais rentrer ? »
-« J’arrive ma Puce ! » dit Beckett en jetant un billet sur la table, attrapant son manteau et faisant un rapide geste d’au revoir à sa grand-mère. « Je prends un taxi et dans une demi-heure maximum je serai à la maison. Promis. »
Alors qu’elle se glissait sur la banquette d’un taxi, Beckett eut la surprise de voir Nana prendre place à côté d’elle.
-« Je crois que je vais rencontrer ta nouvelle famille un peu plus tôt que prévu, » souffla Nana alors que sa petite-fille donnait rapidement l’adresse au chauffeur tout en continuant à rassurer la fillette.
Comme prévu, elles arrivèrent une demi-heure plus tard au loft et la mère de Johanna resta un moment sans voix devant le luxe de l’endroit où vivait maintenant sa petite-fille. Cependant elle recentra son attention sur le moment présent quand la brunette glissa la clé dans la serrure. Elle vit alors une petite tête rousse se précipiter vers elles et se jeter dans les bras de Beckett.
-« Oh comment je suis trop contente que tu sois là maintenant Katie ! » s’exclama la fillette en se blottissant contre elle.
-« Hey ma Puce ! Papa dort toujours ? »
-« Oui. Et Grams m’a fait promettre de pas le réveiller alors je l’ai pas fait… Mais Katie… Grand-Mère elle pleure toujours, elle s’arrête pas… Qu’est-ce qu’elle a ? C’est grave ? »
-« Je te propose une chose. Moi je vais voir ce qui se passe avec Martha et toi tu vas faire connaissance avec ma Nana, qu’en penses-tu ? »
Alexis jaugea un instant la nouvelle venue avant de lui sourire en hochant la tête.
-« D’accord Katie, » dit la fillette en tendant sa main en direction de Nana. « Je m’appelle Alexis, Alexis Castle et toi ? »
-« Elisabeth, Elisabeth Huntington mais tout le monde m’appelle Nana, » répondit la vieille femme en souriant. « Je suis ravie de te rencontrer ! Tu es une charmante jeune fille et très polie avec tout ça ! Et si tu me montrais ce que tu faisais de beaux pendant que Katie va voir ta Grand-Mère ? »
-« D’accord, » répliqua l’enfant en quittant les bras rassurant de Beckett pour glisser sa main dans celle de Nana.
-« Merci, » souffla la jeune femme en disparaissant à l’étage laissant sa grand-mère avec celle qu’elle aimait comme sa fille pour s’occuper de Martha.
Après avoir soufflé un bon coup, la brunette frappa doucement mais fermement à la porte de la rouquine mais n’eut comme réponse que les sanglots étouffés de l’actrice. Inquiète, elle poussa la porte et pénétra dans la pièce.
-« Martha ? » appela Beckett en s’asseyant sur le rebord du lit et posant une main rassurante sur le dos de l’actrice.
-« Kate ? Mais qu’est-ce que tu fais là ? » s’exclama l’actrice en se redressant et essuyant ses yeux à la va-vite. « Je… Je te croyais avec ta grand-mère… »
-« Alexis m’a appelé car elle était très inquiète. Maintenant, vous voulez bien m’expliquer ce qui vous a mise dans cet état ? »
-« Le passé qui m’est revenu comme un véritable boomerang en pleine face au moment où je ne m’y attendais pas… J’ai donné le change tant que j’ai pu mais maintenant… J’en peux plus… »
-« Est-ce que ça a quelque chose à voir avec le père de Rick ? » demanda doucement la jeune femme saisie d’une intuition.
-« Comment ? »
-« N’oubliez pas que je suis flic Martha ! Et puis ça fait quelques semaines que je vis avec vous… Je vois des choses… Si vous voulez en parler, je suis là. D’accord ? »
-« Merci Darling… Je vais aller me refaire une beauté puis rassurer Alexis, je crois que je lui ai fait une belle frayeur… »
-« L’essentiel c’est qu’elle ait su vers qui se tourner. »
-« Et je ne te remercierai jamais assez pour tout ce que tu fais pour elle et pour mon fils. Je suis heureuse qu’Alexis ait trouvé en toi une mère digne de ce nom… »
-« Arrêtez de dire des âneries Martha et refaites-vous une beauté, » rougit la jeune femme mal à l’aise. « Vous avez une petite fille à rassurer et ma grand-mère à rencontrer… »
-« Ta grand-mère est là ? »
-« J’étais avec elle quand j’ai reçu l’appel d’Alexis, » expliqua Beckett avant de se diriger vers la porte de la chambre. « Vous nous rejoignez en bas ? »
-« J’arrive, » sourit Martha avant d’ajouter, reconnaissante. « Et merci. »
La brunette fit un geste l’air de dire ‘ce n’est rien’ avant de disparaître du champ de vision de l’actrice pour rejoindre le rez-de-chaussée.