HypnoFanfics

Interdit aux moins de 16 ans

My Hope

Série : Castle
Création : 16.11.2012 à 20h55
Auteur : Lilou004 
Statut : Abandonnée

«  Histoire AU (Alternative Universe). Kate a 19 ans, Richard 28 et Alexis 5. Ils se rencontrent par hasard quelques mois après le décès de Johanna. Ensemble, ils vont se reconstruire petit à petit… » Lilou004 

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Chapitre 31 : Castle ? L’écrivain ?

 

Au pied de l’escalier, Beckett marqua un temps d’arrêt pour se ressaisir car la vision de Martha dans cet état l’avait grandement remuée. Elle l’avait toujours vu comme une femme forte, que rien ne pouvait ébranler malgré son excentricité artistique. Son regard se porta alors sur sa Grand-Mère et Alexis qui étaient perdues dans une grande conversation lorsqu’elle sentit deux bras puissants l’enlacer.

-« Hey… Déjà rentrée ? » marmonna dans son cou un Castle encore à moitié endormi.

-« Il est presque midi tu sais, » sourit la jeune femme en se retournant pour lui faire face. « Et toi ? Tu as récupéré de ta folle nuit d’inspiration ? »

-« Humm… Mais je dors mieux quand je t’ai dans mes bras, » répliqua le jeune homme avant de capturer les lèvres de son amie pour un baiser tendre mais rempli d’amour.

Ce fut un raclement de gorge et un gloussement qui les sortirent de leur bulle quelques minutes plus tard. Ils se retournèrent pour faire face à Nana debout, bras croisés et sourcils arqués et à Alexis qui l’imitait à la perfection sans pour autant savoir ce qui attendait le couple.

-« Et à part ça ce Rick n’est qu’un ami ? Tu te moques de moi Katie ? » demanda fermement Nana avant de dévisager un peu plus attentivement l’homme qui tenait sa petite-fille dans ses bras. « Sainte Mère de Dieu ! Mais ! Mais vous êtes Richard Castle ! L’écrivain à succès Richard Edgar Castle ? »

-« Euh… Oui ? » répondit presque timidement le jeune homme.

-« Jésus, Marie, Joseph ! Katherine Elisabeth Beckett, j’ai deux petites choses à te dire ! Et tout de suite ! »

Alexis fronça les sourcils en dévisageant Nana comme si elle était soudain une autre personne. Elle ne comprenait pas le changement d’attitude de la grand-mère de sa Maman de cœur et fut saisie d’angoisse.

-« Qu’est-ce qu’elle a fait ? Pourquoi tu la grondes Katie ? Elle a pas le droit de nous aider ? Elle va repartir avec toi ? C’est ça ? » verbalisa la fillette les larmes aux yeux. « Si c’est ça et bien je te déteste ! »

Alors qu’Alexis s’apprêtait à s’enfuir en courant vers sa chambre, Beckett la retint et se mit à sa hauteur, la prenant dans le creux de ses bras.

-« Je veux pas que tu partes Katie… Je veux pas, » pleura l’enfant en s’agrippant à son aînée comme si sa vie en dépendait.

-« Alexis, calme-toi ma Puce… Chutt… » tenta de la réconforter Beckett en la berçant doucement.

La détresse de l’enfant crevait le cœur des adultes présents mais Castle savait que la brunette saurait trouver les mots pour rassurer sa fille. En attendant, il avait une petite discussion à avoir avec la Grand-Mère de la jeune femme.

-« Nana, c’est bien ça ? » demanda l’écrivain le visage plutôt fermé.

-« Euh oui… » répondit la femme en lisant toute la protection paternelle dans les yeux de son interlocuteur. « Elisabeth Huntington, enchantée. »

-« Il y a encore quelques minutes, je vous aurais bien dit la même chose mais votre attitude a blessé ma fille à un point que je n’imaginais pas possible. »

-« Je… Je suis désolée, je ne voulais pas… C’est juste que… Que… » tenta Nana avant de regarder Alexis avec tristesse. « Si vous acceptez, j’aimerai présenter mes excuses à votre fille. »

-« Vous allez le faire oui mais j’aimerai avant que vous écoutiez ce que les tabloïds ne disent pas sur ma vie, » dit Castle en invitant Nana à le suivre dans son bureau et à s’asseoir dans l’un des fauteuils.

Il prit place sur celui qui lui faisait face et rassembla ses idées avant de redresser la tête et de plonger son regard dans celui de la Grand-Mère de Beckett.

-« Il faut que vous compreniez qu’il y a le personnage public qui fait la une des journaux et l’homme, le papa célibataire qui s’occupe d’une petite fille de cinq ans. Je me doute que vous avez vos craintes compte tenu du fait que votre petite-fille vit chez un ‘playboy’. Mais il faut que vous compreniez que, tout ce que vous voyez dans la presse, c’est le résultat des exigences de mon éditrice. Editrice qui d’ailleurs me tanne de recommencer mes sorties au plus vite mais j’ai trouvé une nouvelle sérénité auprès de Kate et je n’en ai aucune envie… »

-« Je… Je ne savais pas tout ça… »

-« C’est normal et c’est pour ça que je vous en parle. Parce qu’en temps que Grand-Mère de Kate vous rentrez dans la catégorie des gens qui comptent. Avant de rencontrer votre petite-fille, les seules personnes qui me connaissaient vraiment se résumaient à ma mère, ma fille et Paula, ma publicitaire. Depuis quelques mois, Kate est entrée dans cette catégorie. Sa présence me calme et me rend plus heureux. Plus important encore, sa présence rend ma fille, la prunelle de mes yeux, heureuse car, même si sa mère est toujours en vie, elle se désintéresse complètement d’elle. La dernière fois que mon ex-femme a débarquée, votre petite fille était présente. Meredith n’était pas venue pour sa fille mais parce qu’elle espérait autre chose de moi. Je n’en suis pas fier mais c’est la vérité et je ne vais pas l’occulter. Ce jour-là, parce que mon ex-femme manquait de respect à Kate, Alexis a décidé de lui parler à cœur ouvert. Ce qu’elle lui a dit n’était que la vérité mais Meredith l’a très mal pris. Elle a dit qu’elle avait une audition et elle est partie, comme ça, sans un baiser pour sa fille. Depuis nous n’avons pas eu une seule nouvelle de sa part et je sais que, même si elle n’en parle pas, Pumpkin en souffre. Il nous a fallu des semaines à Kate et à moi pour lui rendre sa joie de vivre. »

-« Oh mon Dieu ! Comment une mère peut-elle faire subir ça à son propre enfant ! » marmonna Nana les larmes aux yeux. « Je m’en veux tellement… Je n’aurai pas dû réagir comme ça en découvrant l’identité de ce fameux Rick dont Katie m’avait parlé… Je suis tellement désolée… »

-« Je n’en doute pas Nana. J’espère juste que vous comprendrez que je ne suis pas le même que tout ce que vous pouvez lire dans les journaux. Le bonheur de ma fille, celui de ma mère mais aussi celui de Kate m’importe plus que tout. Plus que mon propre bonheur… »

-« Vous aimez ma petite-fille, n’est-ce pas ? » fit soudain Nana en regardant le jeune homme avec un nouveau respect.

-« Euh… Je… » tenta Castle ne sachant pas quoi dire ou quoi faire. « Comment ? »

-« Vous ne m’auriez pas raconté tout ça si vous n’aviez pas aimé Katie, » affirma la grand-mère de Beckett avec un sourire attendrie. « Maintenant, si vous me le permettez, j’aimerais aller présenter mes excuses à ma petite fille et à mon arrière-petite-fille. »

L’écrivain resta à court de mots, fixant incrédule la femme qui lui faisait face.

-« Fermez votre bouche mon cher, vous allez gober une mouche si ça continue ! »

Le jeune homme obéit par réflexe et Nana ne put s’empêcher d’éclater de rire.

-« Si ma petite-fille ressemble un temps soit peu à sa mère et à moi, je pense qu’elle va bien s’amuser avec vous ! » parvint à articuler la femme d’un certain âge entre deux respirations. « Oh excusez-moi mais votre tête est trop drôle ! »

Il fallut quelques minutes à Nana pour se calmer et tout autant de temps à Castle pour se ressaisir. En une simple phrase, la Grand-Mère de Beckett les avait accueillis et intégrés dans sa famille avec une grande générosité. Il n’en revenait pas d’avoir réussi à retourner la situation en sa faveur et son cœur se gonfla de joie. Il ne restait plus maintenant qu’à rassurer Alexis ce qui prendrait sûrement un peu plus longtemps… Lorsqu’ils sortirent du bureau, ils furent touchés par la vision qui s’offrait à eux. La jeune femme avait migré vers le canapé où elle s’était assise, la fillette sur les genoux. Si cette dernière ne pleurait plus, elle restait fermement agrippée à son aînée qui continuait à la bercer doucement en chantant une douce berceuse. Assise à côté d’elles, Martha caressait avec tendresse le dos de l’enfant. Nana se stoppa soudain à trac et retint Castle par le bras.

-« Votre mère, c’est vraiment Martha Rodgers ? »

-« Euh… Oui, pourquoi ? »

-« C’est l’une de mes actrices préférées ! Je crois que je l’ai vu dans tous ses rôles ! Mon Dieu… J’ai fait souffrir la petite fille de la grande Martha Rodgers… Mon mari doit se retourner dans sa tombe. Les seules fois où je parvenais à lui faire choisir le théâtre plutôt que la pêche, c’est parce que c’était une pièce où jouait votre mère… »

-« Je suis sûre que, si vous lui demandez gentiment, elle acceptera de vous signer un autographe, » sourit Castle.

-« Avant d’oser demander quoique ce soit, j’ai des excuses à présenter à des personnes qui me sont chères, » remercia gentiment Nana avant de s’approcher presque timidement. « Katie ? Alexis ? »

Les deux interpellées relevèrent la tête et la Grand-Mère de Beckett put lire toute la détresse et les angoisses qui les habitait l’une comme l’autre. Son cœur se serra à cette vision, consciente qu’elle était à l’origine de leur état.

-« Alexis, je suis désolée de m’être fâchée contre Katie et de t’avoir fait peur. J’aurai dû discuter avant de tirer des conclusions hâtives. »

-« Nana, » intervint alors Beckett en resserrant son étreinte autour de la fillette. « Ne me demande pas de choisir entre eux et toi… S’il te plait… »

-« Je ne te demanderai jamais de choisir entre ta famille de cœur et ta famille de sang. J’ai compris en discutant avec Monsieur Castle… »

-« Je vous en prie Nana, appelez-moi Rick, » coupa gentiment l’écrivain en s’asseyant à coté de la jeune femme.

-« J’ai compris en discutant avec Rick, » reprit donc Nana en remerciant le jeune homme d’un sourire. « Que je n’avais rien à craindre de lui et que, s’il te fait un jour souffrir, ce ne sera pas volontairement. Qu’il est différent de ce que je peux lire dans les magasines. C’est quelqu’un de bien et il te fait du bien. A partir de cet instant, je serai la première à vous défendre face aux attaques. Je ne voulais pas vous faire souffrir ou vous faire peur… J’en suis désolée… »

Alexis regarda Beckett qui lui sourit tendrement avant de reporter toute son attention sur la Grand-Mère de la jeune femme.

-« Tu promets que tu vas pas partir avec Katie ? »

-« Oh non ! Je te laisse ta Maman de cœur ma Puce, » sourit avec beaucoup d’émotions Nana.

-« C’est Katie qui m’appelle ma Puce, » pouffa la fillette en essuyant ses larmes.

-« Et toi tu appelles ma petite-fille comme moi je l’appelle donc comme ça on est quitte, non ? Qu’en penses-tu ? »

-« Ca me va ! » répondit Alexis en offrant à Nana son plus beau sourire avant de se tourner vers Beckett. « Et toi Momma Katie, ça te va ? »

La brunette resta sans voix, le souffle coupé et les yeux écarquillés. Est-ce qu’Alexis venait vraiment de l’appeler « Momma » ? Si oui, comment devait-elle réagir ? Perdue, elle jeta un regard à Castle qui lui sourit avant de s’adresser à la fillette.

-« Dis-moi Pumpkin, tu peux m’expliquer pourquoi tu as ajouté ‘Momma’ devant Katie ? » demanda gentiment le jeune homme en passant une main réconfortante sur les épaules de son amie.

-« Bah parce que, comme Nana elle l’a dit, Katie c’est ma Maman de cœur. Mais j’ai déjà une Maman qui m’aime même si elle est pas parfaite alors je peux pas appeler Katie Maman. Mais j’aime bien Momma alors je l’ai appelé comme ça. » répondit tout en logique Alexis avant de demander, craintive. « Je peux, hein dit ? J’ai le droit d’appeler Katie Momma ? »

-« Moi je trouve que c’est une bonne idée Darling, » intervint Martha avec un sourire. « Kate est devenue très importante pour toi, pour nous et c’est une merveilleuse façon de lui dire que tu l’aimes comme si elle était ta Maman. Qu’en pensez-vous Nana ? »

-« Du peu que j’ai vu aujourd’hui, quoi de plus normal qu’Alexis appelle ma petite-fille Momma alors que cette dernière agit déjà comme une Maman avec elle ? » sourit la Grand-Mère de Beckett en posant une douce main sur la joue de la brunette.

Entre l’émotion qu’avait créée en elle Alexis et l’acceptation de Martha et de Nana, La jeune femme ne put retenir ses larmes. Elle se retourna vers Castle cherchant son accord ou un signe de sa part mais ce dernier était toujours sous le choc de la logique de sa fille. Il ne parvenait pas à trouver ses mots, lui qui se vantait pourtant de savoir les manier avec dextérité.

-« Tu sais, ta mère serait très fière de toi ma Chérie, » poursuivit Nana avec un triste sourire avant d’ajouter pour détendre tout le monde. « Et elle me passerait un sacré savon pour vous avoir fait souffrir avec ma réaction stupide ! »

Cette phrase eut le mérite de faire exploser Beckett de rire au travers de ses larmes.

-« Ca tu peux en être certaine ! Je l’imagine déjà parfaitement ! » dit la jeune femme avant de se tourner vers Castle qui n’avait toujours pas réagi.

La brunette ne voulait pas outrepasser ses droits vis-à-vis de la fille de l’homme qui gagnait de plus en plus son cœur. Elle avait de plus en plus de difficultés à imaginer sa vie sans lui et cela la rassurait et l’effrayait en même temps… Elle était tellement jeune encore, elle venait de fêter ses vingt ans… Mais le sourire que lui fit l’écrivain coupa là ses réflexions.

-« Je suis parfaitement d’accord avec ta logique Pumpkin, » dit Castle en se rapprochant de Beckett pour la prendre contre lui avant de déposer un tendre baiser sur ses lèvres. « Et toi ? Qu’en penses-tu ? »

-« Je… J’en serai plus qu’honorée, » répondit la jeune femme, l’émotion plus que présente dans sa voix. « Je t’aime Alexis, je t’aime très fort ! »

-« Moi aussi Momma, » répondit l’enfant en se blottissant un peu plus dans son cou.

Alors que la cellule familiale se ressourçait dans les bras les uns des autres, Martha se tourna vers Nana avec un sourire affectueux.

-« Venez, laissons-leur un moment. Vous voulez boire quelque chose ? »

-« Un thé s’il vous plait, » sourit Nana en suivant, après un dernier regard vers le trio enlacé, l’actrice dans la cuisine. « Nous n’avons pas été présentées avec tout ça. Je suis la Grand-Mère de Katie, Elisabeth Huntington. »

-« Enchantée, je suis Matha Rodgers, la mère de Richard et la grand-mère d’Alexis, » répondit avec un sourire l’actrice.

-« Oh je sais qui vous êtes ! Mon défunt mari et moi-même avons vu toute vos pièces je crois ! Vous seule aviez le pouvoir de le faire sortir de bon cœur en société avec moi ! Vous étiez pétillante dans Macbeth sans parler de votre interprétation de Titania dans Le songe d’une nuit d’été de Shakespeare ! Un véritable régal pour les yeux ! »

-« Wow ! Je suis flattée ! Mais j’espère vraiment que vous n’avez pas vu toutes les pièces que j’ai joué car certaine ne valait pas le prix d’un billet… »

-« Croyez-moi, même celle-là on les as vu ! Et puis ce n’est pas toujours du fait des acteurs que les pièces sont bancales… Les metteurs en scène et les auteurs ont une part plus ou moins grande de responsabilité. »

-« Vous êtes gentille avec moi, » sourit Martha en lui tendant une tasse fumante. « Vous souhaitez un gâteau pour accompagner votre thé ? »

-« Non merci, » répondit Nana avec un sourire. « Je peux vous poser une question ? »

-« Bien sûr ! »

-« Vous pourriez m’expliquer la pièce ‘La Souricière’ dans laquelle vous avez joué il y a quelques temps ? Je n’ai pas tout compris… »

-« Je vais vous avouer quelque chose, moi non plus ! Je n’ai jamais saisi le sens de cette pièce et encore aujourd’hui je n’y comprends rien ! » répondit la rouquine les faisant rire toutes les deux.

Les deux femmes discutèrent à bâton rompu pendant un long moment puis la famille invita Nana à déjeuner avec eux. Bien trop vite au goût de Beckett, cette dernière se prépara à partir. Après avoir salué Martha et embrassé Alexis, elle prit quelques minutes Castle à part.

-« Je vous confie ma petite-fille. Continuez à prendre bien soin d’elle Rick, elle en a plus besoin qu’elle ne veut l’admettre… »

-« Je ne trahirai pas votre confiance Nana. Et encore merci pour l’invitation à Noël, nous serons ravis de partager cette tradition avec Kate et vous. »

-« C’est un plaisir au contraire de vous avoir à la maison. Vous faites partis de la famille maintenant, » sourit Nana avant de l’embrasser. « Prenez aussi soin de vous et de votre charmante fille. »

Sur ce elle rejoignit sa petite-fille et la prit affectueusement dans ses bras.

-« Est-ce que je peux te donner un conseil ? »

-« Bien sûr ! Tu sais combien ton avis compte pour moi… »

-« Ne le laisse pas partir, » chuchota-t-elle à l’oreille de la jeune femme. « Je sais au travers de ton attitude que tu l’aimes du plus profond de ton cœur alors ne le fais pas trop attendre… Car il t’aime, ça aussi je le sais ! Sur ce, on se revoit à Noël ! Prends soin de toi ma Chérie. »

Avant même que Beckett n’ait pu répondre quoi que ce soit à sa Grand-Mère, celle-ci l’avait embrassée sur les deux joues avant de disparaitre dans l’ascenseur.


Lilou004  (09.03.2013 à 10:40)

Chapitre 32 : Sauter le pas ?

 

Pendant les quelques jours qui suivirent Beckett sembla perdue dans ses pensées mais Castle respecta son silence sachant qu’elle lui parlerait quand elle sera prête à s’ouvrir à lui. Il avait compris depuis longtemps que la jeune femme avait besoin de réfléchir tranquillement de son côté avant de s’ouvrir aux autres. Aussi restait-il en retrait, se contentant de ce qu’elle voulait bien lui offrir. Il remarqua cependant que ses baisers étaient plus appuyés et qu’elle se montrait plus câline avec lui. Sans oser se l’admettre à lui-même, un nouvel espoir gonflait son cœur. Encore une fois, après avoir couché Alexis, la brunette s’était pelotonnée dans le fauteuil de son bureau pour l’observer écrire son prochain roman.

-« Je peux savoir ce que tu trouves de si passionnant à me fixer comme ça pendant que j’écris ? » demanda soudain l’écrivain en relevant les yeux vers sa compagne.

-« C’est fascinant de voir le processus de création d’un livre… De voir l’auteur à l’œuvre… J’aime voir les expressions sur ton visage quand tu réfléchis, quand tu bloques sur quelque chose ou bien quand tu es totalement pris par l’inspiration et que tes doigts ne vont pas assez vite à ton goût, » sourit la jeune femme en le regardant tendrement.

-« Tu veux que je te fasse lire un passage ? Je sais que tu aimes lire ce que je fais alors ça ne me gêne pas… C’est comme tu veux. »

-« En fait, je dois être un peu maso mais je préfère lire une fois que ce sera fini… Tu ne m’en veux pas ? »

-« Aucun problème ! C’est comme tu veux. Mais du coup je vais essayer de t’en dire le moins possible. »

-« Merci Castle, » répondit la brunette avant de replonger dans ses réflexions.

Elle repensait à ce que Nana lui avait glissé avant de partir. Depuis plusieurs jours, elle tournait en rond entre ses envies et ses craintes et elle sentait bien qu’elle avait besoin de se confier, de parler de tout ça avec une amie. Sans un mot, elle se leva et partit en direction de leur chambre.

-« Je t’ennuie déjà ? » ironisa Castle avec un sourire taquin.

-« Comme si ça pouvait arriver ! » répondit la jeune femme en roulant des yeux avant d’ajouter malicieusement. « Enfin quoi que… Non, plus sérieusement, j’aimerai voir si Lanie peut déjeuner avec moi demain midi… »

Une fois sa conversation terminée et la curiosité de la métisse piquée au vif, Beckett se prépara pour la nuit avant de rejoindre son écrivain dans son bureau pour lui souhaiter une bonne nuit. Elle n’était couchée pas depuis dix minutes quand Castle la rejoignit. A peine se fut-il glissé sous les draps à ses côtés qu’elle se lova dans ses bras.

-« Bonne nuit Rick, » souffla la brunette avant de donner un profond baiser à l’homme qui détenait son cœur sans le savoir. « Fais de beaux rêves… »

-« Bonne nuit Kate… » répondit le jeune homme avant qu’ils ne s’endorment dans les bras l’un de l’autre.

Le lendemain midi, elle abandonna Esposito pour rejoindre Lanie chez Remy. Elle avait vraiment besoin de parler de ses peurs avec celle qui était devenue en quelques semaines sa meilleure amie, sa confidente.

-« Hey Girl ! » sourit Lanie en arrivant et se glissant en face de Beckett. « Alors comment vas ? Et le boulot ? Espo n’est pas trop pénible ? »

-« Ca va bien merci, » sourit la jeune femme. « Le boulot c’est toujours pareil. On nous a astreints à une équipe de détectives ce qui est une bonne nouvelle ! Ca veut dire qu’on progresse et que notre travail est reconnu. Quand à Espo, j’aime beaucoup qu’il soit avec toi parce qu’il me laisse tranquille maintenant ! Et sinon ? Toi ? Comment vas-tu ? »

-« Ca va bien ! Tu sais pas la meilleure ? J’ai reçu une bourse d’étude au mérite ce qui fait que je n’ai plus besoin de faire autant d’heures à l’hôpital ! Je continue à travailler quand même parce que j’aime ce que je fais mais la pression est nettement moins forte ! »

-« C’est génial ! Et c’est une bourse complète ? »

-« Oui ! Pour toute la durée de mes études dans la mesure où j’obtiens de bon résultats bien sûr. Je n’en reviens pas, c’est vraiment inespéré ! »

-« Bah écoute, tu dois avoir une bonne étoile qui veille sur toi ! Et puis ça te laisse plus de temps pour étudier et pour passer avec un certain officier de police avec lequel je travaille… D’ailleurs, comment ça se passe avec lui ? »

-« Tout va bien avec Javi… Je dois avouer qu’on ne passe pas beaucoup de nuits l’un sans l’autre… Mais je ne pense pas que tu m’aies fait venir ici ce midi pour parler de moi ou de ma vie sexuelle avec ton coéquipier. Alors ? Qu’est-ce qui se passe exactement ? De quoi voulais-tu me parler ? »

-« Euh… De rien ! Enfin… »

-« Parle Girl ! » fit Lanie avec une voix digne d’un véritable interrogateur.

-« C’est euh… C’est gênant Lanie, » répondit la brunette en évitant son regard.

-« Dis donc toi ! Tu m’as fait venir ici pour parler de ce qui te tracasse car visiblement tu ne veux pas en parler à ton écrivain alors parle ma belle ! Je ne sais pas si je pourrais faire quelque chose pour toi mais je sais écouter… »

-« Si je ne veux pas en parler à Rick, c’est parce que ça le concerne… Je… » commença Beckett avant de souffler bruyamment.

-« Il y a un problème avec Castle ? »

-« Non, tout va très bien à la maison… C’est juste que, comment dire… C’est gênant Lanie… » fit la brunette mal à l’aise.

-« Prends le temps qu’il te faudra, on n’est pas pressée. Je n’ai pas cours avant seize heures et je suis sûre que Javi te couvrira au besoin ! Alors maintenant parle, ça te fera du bien ! »

Le silence s’installa et la métisse finit par le rompre, exaspérée par le mutisme de son amie.

-« Kate, je ne suis pas là pour te juger, je suis ton amie. Si tu m’as appelé c’est que tu avais besoin d’en parler alors je suis là ! Dis-moi ce qui se passe. »

-« Je me sens complètement ridicule, » soupira la jeune femme en se prenant la tête entre les mains. « J’ai l’impression d’être à nouveau une adolescente avant sa première relation sexuelle… »

-« Toi et Writer Boy ! » s’exclama bruyamment Lanie en ouvrant des yeux comme des soucoupes.

-« Moins fort, » intima la brunette en lançant à son amie un regard noir.

-« Toi et Writer Boy ! » répéta la métisse à voix basse.

-« Ne fais pas l’étonnée non plus ! Tu sais qu’on était plus proche que de simples amis ! Tu me l’as suffisamment répété depuis que je te connais. »

-« Alors tu as enfin ouvert les yeux ? Tu as compris que tu avais des sentiments pour ton écrivain ? Alléluia ! »

-« C’est compliqué Lanie… Je sais que je tiens à lui, que je l’aime même mais j’ai peur… Et si nous deux ça ne marchait pas ? Et si j’étais trop jeune pour assumer une famille ? Et si je n’étais pas celle qui lui faut, celle qui leur faut ? »

-« Si tu ne sautes pas le pas, tu ne le sauras jamais mais laisse-moi te dire une chose, tu assumes déjà un rôle de chargée de famille avec Alexis et tu le fais merveilleusement bien. Cette petite t’aime comme si tu étais ça mère ! »

-« Elle m’appelle Momma depuis quelques jours… »

-« Bah alors tu vois ! Qu’est-ce qu’il te faut de plus pour comprendre que tes peurs sont infondées ? Cette petite t’aime, son père t’aime aussi et, cerise sur le gâteau, sa grand-mère t’adore ! Alors fonce ! Qu’est ce que tu attends ? Qu’il neige en plein mois d’août ? »

Beckett resta silencieuse un moment en se mordant la lèvre inférieure, signe d’une intense réflexion. Soudain elle leva des yeux plein de larmes contenues vers Lanie.

-« Mais je n’ai que vingt ans… Et si je n’étais pas celle qu’il voulait ? Et s’il se rendait compte au final qu’une femme plus expérimentée lui donnerait plus de plaisir que moi ? Et si je me laissais aller à mes sentiments pour finalement me faire abandonner à nouveau ? Comme ma mère m’a abandonnée ou comme mon père en ce moment ? J’ai peur… Je suis terrifiée… Je ne m’en remettrais pas… »

-« Oh Kate ! » souffla Lanie en posant sa main sur celle de son amie. « Je sais que tu n’as plus ta mère et j’ai bien compris qu’il y avait un problème avec ton père mais je sens que Castle ne te fera pas de mal volontairement. Bien au contraire… »

-« Tu crois ? »

-« Oh oui ! J’en suis sûre ! Et, si les rumeurs sont exactes, je peux t’assurer qu’il ne te fera que du bien, » répondit-elle un sourire mutin sur les lèvres.

-« Lanie ! » s’offusqua Beckett en rougissant légèrement.

-« Bon ! Sur ce, je pense qu’il est l’heure pour toi de retourner au travail et, avec un peu de chance, j’aurai le temps d’embrasser Javi avant ! » dit la métisse en se levant et jetant quelques billets sur la table. « Oh ! Et Girl, quand tu auras enfin franchi le pas, je veux des détails ! »

-« Dans tes rêves Lanie ! » sourit Beckett. « Dans tes rêves ! »

-« Non Kate ! Pas dans mes rêves ! Je ne te lâcherai pas ma belle. Je veux savoir s’il est aussi bon qu’on le prétend ! » répondit la métisse avec un sourire carnassier tout en sortant du restaurant.

Les deux jeunes femmes riaient de bon cœur lorsqu’elles tombèrent sur Esposito adossé à la voiture de patrouille, bras croisés.

-« Ca va ? Tranquille ? »

-« Bien sûr Espo ! Je ne vois pas où est le problème ? » répondit Beckett en arquant un sourcil, clairement moqueuse.

-« Oh non ! Rien du tout ! Moi j’attends comme un imbécile en couvrant Madame pendant qu’elle se prend du bon temps avec ma petite-amie. Je me tape tout le travail et tout ce à quoi j’ai le droit comme remerciement c’est ça ? »

Lanie jeta un rapide coup d’œil à Beckett avant de s’avancer de manière féline vers le latino qui la regardait approcher captivé par sa démarche et ses yeux.

-« Il fallait le dire tout de suite que tu voulais une récompense, » dit sensuellement la métisse en attrapant le col de la chemise de son petit-ami pour l’attirer à elle.

-« Euh, Lan’, je suis en ser… »

Mais Esposito ne put aller plus loin car les lèvres de la métisse venaient de s’écraser sur les siennes pour un baiser passionné. Plusieurs minutes passèrent et Beckett se sentait mal à l’aise. Aussi lorsqu’elle vit les mains des deux amoureux commencer à se faire baladeuses, elle se racla bruyamment la gorge.

-« Euh… Les gars ! Ce serait dommage que je doive vous arrêter pour comportement indécent sur la voie publique… Surtout que tu es en service Espo ! »

-« Tu peux parler toi, » répondit Lanie en la regardant sans pour autant sortir des bras de son petit-ami. « Je me demande qui il faudrait arrêter si un certain écrivain était dans les parages ! »

-« Ah oui ? Ca bouge enfin avec Castle ? » fit Esposito intéressé par l’information tout en glissant sa main sous le manteau de la jeune femme à la recherche du contact de sa peau.

-« La ferme Espo et sors tes mains de là où elles sont sinon je ne vais pas avoir le choix et je vais me retrouver obligée de te passer les menottes. Ca ferait désordre, tu ne crois pas ? »

-« Oh allez ! Lâche quelque chose au moins ! N’importe quoi ! » insista le latino avec un sourire.

-« Ca, ça ne te regarde pas ! Occupe-toi de combler ma meilleure amie et de préférence dans l’un de vos appartements. Je ne voudrais pas qu’Alexis ou un enfant comme elle tombe sur vous et soit choqué à vie ! Moi, je gère ma vie privée sans toi, merci ! »

-« Non plus sérieusement, Beckett a raison… On peut pas passer l’après-midi dans les bras l’un de l’autre comme ça. D’autant que tu as cours dans une heure… »

-« Bon d’accord, » soupira la métisse en sortant à contre cœur de ses bras. « On se voit ce soir ? »

-« Bien sûr ! Je finis mon service avant la fin de ton cours. Alors je te propose de venir chez moi, je te ferai à diner… »

-« Parce que toi, Javier Esposito, tu sais cuisiner ? » s’exclama Beckett avec un sourire moqueur.

-« Mais tu ne sais pas tout de moi, ma très chère coéquipière ! Moi aussi je ne te dis pas tout… Je garde une part de mystère mais pour Lanie je ferais n’importe quoi, » dit le latino avant de réaliser ce qu’il venait de dire ce qui fit monter une légère rougeur sur ses joues.

-« Wow ! Wow ! Wow ! Le grand Esposito serait-il en train de rougir ? » dit la brunette en explosant de rire. « Je n’aurai jamais cru voir ça un jour ! »

Alors que le latino rougissait un peu plus, les deux jeunes femmes éclatèrent de rire ce qui conduit le jeune homme à leur opposer une moue boudeuse.

-« Bon allez Caliméro, » fit affectueusement la métisse en posant une main sur la joue de l’officier. « Je file sinon je vais être en retard. A ce soir Bébé. »

Après un chaste baiser à son petit-ami et une accolade à sa meilleure amie, Lanie les quitta pour aller à la fac suivre ses cours. Les deux policiers reprirent leur patrouille mais Esposito remarqua rapidement de l’esprit de sa coéquipière était ailleurs.

-« Tout va bien ? Tu as l’air nerveuse… »

-« C’est juste que j’ai hâte de rentrer à la maison… »

-« Un projet avec ton écrivain ? »

-« Peut-être… Mais il n’est pas encore au courant. Alors tu te tais et tu conduis ! »

Plus le temps passait et plus Beckett était impatiente. Elle regardait toutes les cinq minutes sa montre. Elle avait l’impression que la journée n’en finissait pas alors qu’elle n’aspirait qu’à une chose : rentrer chez elle et passer du temps avec sa nouvelle famille et plus spécifiquement avec Castle.

-« Beckett ! Arrête de jouer avec ton stylo ! Ca me tape sur les nerfs ! » s’exclama soudain Esposito en perdant patience. « Il reste encore deux heures à tuer avant de pouvoir rentrer chez nous alors, s’il te plait, essaye de te calmer… »

-« Désolée Espo, je ne m’en rends même pas compte… » soupira la brunette en rangeant son stylo dans sa poche.

-« Qu’est-ce qui te préoccupe à ce point ? Je ne t’ai jamais vu comme ça… »

-« C’est juste que je viens de réaliser quelque chose et que j’ai hâte de partager cette nouvelle avec Castle, » expliqua la jeune femme en regardant par la fenêtre.

-« Quoi que ce soit, je suis sûr que tu n’as rien à craindre. C’est un mec bien ton écrivain et il tient énormément à toi. Ca se voit comme le nez au milieu de la figure. Par contre, si un jour il te fait souffrir, il aura à faire à moi ! »

-« Merci Espo, » sourit la jeune femme.

Par la suite, ils furent appelés sur une intervention et les deux dernières heures de leur service passèrent à la vitesse de l’éclair. Impatiente de rentrer, elle se dépêcha de se changer et de rassembler ses affaires.

-« Bye Espo ! A demain ! »

-« Euh Beckett, on est de repos ce week-end ! Deux jours complets ! Alors tu viens si tu veux mais moi je compte bien en profiter pour passer ma journée au lit avec une certaine étudiante en médecine, si tu vois ce que je veux dire… »

-« C’est bon, j’ai compris ! Pas besoin de me faire un dessin, » répondit la jeune femme en riant depuis la porte d’entrée du vestiaire. « A lundi ! »

Dans le taxi qui la ramenait au loft, Beckett laissa son esprit vagabonder vers l’homme qui avait capturé son cœur sans même qu’elle ne s’en aperçoive. Mais aujourd’hui elle avait décidé de laisser ses craintes de côté pour vivre ce qu’elle avait à vivre avec lui. Restait maintenant à trouver le moyen de lui ouvrir son cœur…


Lilou004  (10.03.2013 à 17:46)

Chapitre 33 : Première fois

 

Lorsque Beckett poussa la porte d’entrée du loft, sa nervosité était à son paroxysme mais l’accueil que lui réserva Alexis lui fit oublier tout ce qui la préoccupait.

-« Oh Momma ! Tu rentres tôt ce soir ! C’est trop bien ! » s’écria la fillette en se précipitant dans ses bras. « Dis, c’est bien ce week-end où tu travailles pas ? Hein ? Je me suis pas trompée ? »

-« Non ma Puce, je suis toute à toi pour deux jours entier ! Enfin à toi et à Papa ! Alors, qu’avez-vous prévu comme programme pour nous ce week-end ? »

-« Plein de choses ! Mais je te dirai pas parce que c’est une surprise ! Pas vrai Papa ? »

-« Tu as parfaitement raison Pumpkin ! » sourit Castle en s’approchant pour déposer un tendre baiser sur les lèvres de sa compagne. « Hey ! Comment s’est passée ta journée ? »

-« Longue ! Je suis heureuse d’être à la maison ! » répondit la jeune femme en se calant contre son ami.

-« Et avec Lanie, tout s’est bien passé ? »

-« Oui, très bien. Et je peux te dire qu’Espo et elle vont finir par se faire arrêter s’ils continuent à s’embrasser comme ils le font en public ! »

-« Tu as vu leurs bisous ‘beurk’ alors ? »

-« On va dire ça comme ça ma Puce, » répondit Beckett en explosant de rire. « Dites-moi les Castle, est-ce que vous croyez que j’ai le temps de prendre un bain avant le diner ? »

-« Avec Papa, on t’a déjà préparé ton bain, » fit alors fièrement Alexis en sortant des bras de la jeune femme avant de lui attraper sa main pour la tirer vers la chambre parentale. « Viens que je te montre ! »

-« Je crois que je n’ai pas le choix que de te laisser partir, » soupira Castle en boudant gentiment.

La brunette ne put s’empêcher de sourire puis elle se pencha pour embrasser passionnément son écrivain avant que la fillette ne l’arrache de ses bras, trop impatiente pour attendre plus longtemps.

-« Vous allez pas vous mettre à faire aussi des bisous d’amour ‘beurk’ ! » s’exclama la rouquine en faisant la grimace. « Pff ! C’est trop nul ça ! »

-« On verra si tu dis la même chose dans quelques années jeune fille ! » ironisa la jeune femme en la suivant.

-« Quelques années ? » s’étouffa Castle en la dévisageant comme s’il lui était soudain poussé trois têtes. « Pas avant qu’elle ait trente ansau moins ! »

-« Mais Papa, Momma elle te fait des bisous d’amour ‘beurk’ et elle a pas trente ans ! Et puis d’ailleurs toi non plus t’as pas cet âge-là ! »

-« Ta fille n’a pas tord Richard, » intervint alors Martha qui venait d’entrer dans le loft et qui avait assisté à toute la scène. « Serais-tu prêt à attendre quoi ? Dix ans pour pouvoir embrasser à nouveau cette très chère Kate ? »

-« Oh non Mère ! Mais je vais mourir si je ne peux pas recommencer pendant autant d’années ! » s’exclama l’écrivain en posant ses deux mains sur sa poitrine et faisant une mine digne d’un grand acteur.

-« Au moins les quelques cours de comédie que je t’ai donné auront servi à quelque chose… » soupira l’actrice en éclatant de rire rapidement suivie par Alexis et Beckett.

-« Mais arrêtez de vous moquer ! Je souffre le martyr moi ! » se lamenta le jeune homme avec une tête de chien battu.

-« Alors, à quelle âge Alexis pourra commencer à faire des bisous ‘beurk’ ? » demanda malicieusement la brunette.

-« Bon d’accord… » soupira Castle de désespoir. « Elle pourra avant ses trente ans mais il faudra qu’elle soit majeure et qu’elle puisse boire de l’alcool ! »

-« Euh… Je n’ai toujours pas atteint cette limite moi… » fit la jeune femme en faisant la grimace.

-« En tout cas pas avant ses dix-huit ans ! » affirma Castle avant d’ajouter en fixant sa compagne droit dans les yeux. « Et là, tu ne peux plus rien dire ! »

En riant, Beckett se laissa entrainer dans sa chambre par la fillette qui lui montra du doigt la porte de la salle de bain avec fierté.

-« Papa il m’a aidé et, quand il a reçu le message de Javi, et ben il a tout allumé pour toi pendant que moi je mettais l’eau à couler. Alors t’as plus qu’à te laisser glisser dans la baignoire ! T’as une petite heure pour toi avant que Papa et moi on vienne te chercher pour manger ! »

-« Ca marche ! Merci ma Puce, » sourit la jeune femme en se penchant pour déposer un bisou dans les cheveux d’Alexis. « Je t’aime. »

-« Moi aussi je t’aime Momma ! » répondit la fillette avant de disparaître de la chambre en refermant la porte derrière elle.

Avec un sourire, Beckett se débarrassa de ses vêtements de travail et se dirigea nue vers la salle de bain. Lorsqu’elle en poussa la porte, elle se figea d’étonnement sur place. La pièce était comme elle aimait avec des bougies allumées et dispersées de sorte à diffuser une douce luminosité et son livre reposait à côté de la baignoire. Un fin sourire étira ses lèvres et c’est avec grand plaisir et un soupir de contentement qu’elle se laissa glisser dans l’eau délicieusement chaude du bain.

-« Parfait… » murmura-t-elle, se laissant envahir par une sensation de bien-être.

Elle attrapa son livre et se perdit dans l’intrigue policière qui la passionnait tant. Une demi-heure plus tard, elle en sortit à contrecœur mais avec pour unique but de se faire belle pour l’homme qu’elle aimait. Enveloppée dans une serviette moelleuse, elle se dirigea vers le dressing pour y chercher ses vêtements. Après de nombreuses hésitations, elle arrêta son choix sur un ensemble en fine dentelle noire qui la faisait se sentir sexy, un simple jean qui mettait ses longues jambes en valeur et une blouse de soie prune qui fait ressortir le vert de ses yeux. Le dernier cadeau de sa mère… Refusant de laisser la tristesse l’envahir, elle reprit la direction de la salle de bain pour s’habiller, se maquiller légèrement et arranger ses cheveux en laissant ses boucles naturelles. Vingt-cinq minutes plus tard, après s’être observée une dernière fois dans le miroir, elle revint dans la pièce principale où se trouvait toute la famille Castle.

-« Darling, vous êtes à tomber ce soir ! » sourit Martha en la voyant la première. « Pas que vous ne soyez pas tout le temps magnifique mais ce soir… Waouh ! »

-« Oh ! Momma comment t’es trop belle ! » s’écria Alexis en s’élançant vers elle.

Une légère teinte rosée envahit les joues de la jeune femme face aux compliments.

-« Mais tu sais, on sort pas ce soir, c’est demain soir qu’on va au restaurant… » ajouta la fillette avant de poser rapidement une main sur sa bouche et de se retourner vers son père. « Pardon Papa, j’ai dit une partie du secret… »

Mais l’écrivain était incapable de répondre quoi que ce soit depuis qu’il avait posé ses yeux sur la brunette. Sa tenue, pourtant simple et non ostentatoire, le subjuguait et lui coupait le souffle. Elle était sublime et il ne rêvait que d’une seule chose : laisser enfin parler son cœur débridé. Mais il se retenait encore, ne voulant pas brusquer celle qui faisait battre son cœur.

-« Richard ! Ferme ta bouche ! On dirait un benêt ! »

-« Mère ! » grogna Castle en sortant de sa torpeur et lui faisant de gros yeux avant de reporter son regard vers Beckett. « Mais une chose est sûre, tu es magnifique ! »

-« Merci, » souffla la jeune femme en rougissant de plus belle et s’approchant, Alexis dans ses bras, pour lui donner un tendre baiser. « Et merci à vous deux pour ce magnifique bain que vous m’avez préparé ! J’en avais grand besoin. »

-« Always… » répondit avec émotion Castle en voyant de les yeux de sa compagne quelque chose de nouveau qui lui envoya une décharge le long de sa colonne vertébrale.

-« En tout cas, je ne sais pas ce que vous avez préparé pour le diner mais ça sent rudement bon ! » fit la jeune femme en changeant brusquement de conversation pour ne pas sauter au cou de l’homme qui lui faisait face et la dévorait littéralement du regard faisant naître au creux de son ventre toute une myriade de papillons. « Et moi, je meurs de faim ! »

En croisant le regard flamboyant que l’écrivain posait sur elle, Beckett ferma un bref instant ses yeux pour s’empêcher de penser tout haut ‘et pas seulement de nourritures…’. La rougeur de ses joues s’accentua ce qui n’échappa pas à Martha qui sourit doucement, consciente que quelque chose avait changé dans la dynamique du duo qu’elle observait depuis des mois maintenant.

-« Alors passons à table ! » sourit l’écrivain avec entrain. « Tout est prêt ! »

Tous prirent place autour de la table et dinèrent dans une ambiance familiale détendue. L’excitation à l’approche de Noël avait envahi Alexis qui babillait à n’en plus finir. De plus, Beckett venait de lui apprendre que sa famille aurait un réveillon bien différent de ce qu’elle avait l’habitude car, cette année, ils allaient aller tous ensemble chez Nana pour vivre la tradition de sa famille à elle. La fillette était en extase et essayait par tous les moyens d’obtenir plus d’information mais personne n’était disposé à les lui fournir ! Bien trop vite au goût de l’enfant il fut l’heure d’aller au lit. Elle eut beau bouder et râler, à peine eut-elle posé sa tête sur l’oreiller qu’elle s’endormit sous les regards attendris de son père et de sa compagne.

-« Merci, » souffla Castle à l’oreille de la jeune femme. « Merci de lui avoir donné cette insouciance qu’elle aurait toujours dû avoir… »

-« Non, merci à toi, à vous devrais-je dire, » répondit la jeune femme en enlaçant ses doigts avec ceux de son partenaire avant de se blottir contre lui. « Vous m’avez offert beaucoup plus que tu ne penses. »

-« Always… »

Ils observèrent Alexis un moment avant de rejoindre le rez-de-chaussée où ils furent surpris de découvrir Martha sur le point de partir.

-« Ah ! Vous voilà tous les deux ! Je vous attendais ! J’ai reçu un appel d’amis qui sont en goguette sur New York pour m’inviter à les rejoindre alors, comme vous êtes là tous les deux, je vais en profiter et les rejoindre ! Alors à demain ! » lança Martha en quittant le loft avant de se retourner vers eux avec un regard coquin en désignant leurs mains toujours enlacées. « Oh ! J’oubliai ! Vous êtes trop mignon tous les deux comme ça ! On dirait vraiment un couple marié ! Bonne nuit ! »

La porte se referma sur elle laissant les deux jeunes gens livrés à eux-mêmes et quelque peu mal à l’aise. Alors que Castle fixait la porte d’un air incrédule, Beckett ferma ses yeux et se replongea dans son monde intérieur, y puisant le courage de poursuivre ce qu’elle avait envie de faire depuis pas mal de temps sans se l’avouer. Soudain un sourire se dessina sur ses lèvres et elle se mordilla la lèvre inférieure avec malice.

-« Martha n’a pas reçu d’appel, je me trompe ? »

-« Je ne crois pas… » souffla l’écrivain en se tournant enfin vers la jeune femme. « Mais pourquoi a-t-elle fait ça ? »

-« Peut-être pour nous laisser un peu d‘intimité ? » répondit en rougissant la brunette en s’approchant de son compagnon pour se blottir dans ses bras et l’embrasser passionnément.

Le jeune homme ne se fit pas prier et, malgré la surprise de cette attaque, il ne tarda pas à répondre à son assaut avec tout autant de passion en la plaquant plus étroitement contre lui. Un gémissement s’échappa des lèvres de la jeune femme qui approfondit leur baiser en passant ses bras autour de son cou, enfouissant ses mains dans ses cheveux. Seul le manque d’air finit par les obliger à se séparer à regret mais ils restèrent front contre front, les prunelles vertes fauves dans celles bleues nuit de désir du jeune homme. Un immense sourire étira le visage de la brunette avant qu’elle n’emprisonne sa lèvre inférieure dans la prison de ses dents. Sans un mot, elle attrapa la main de son compagnon et, après avoir entrelacé ses doigts avec les siens, se recula en l’entrainant avec elle vers leur chambre. Une fois le seuil franchi, Beckett se retourna vers lui et fondit à nouveau sur ses lèvres laissant ses mains partir à l’exploration de son torse par-dessus sa chemise. Les mains de Castle ne restèrent pas inactives et passèrent rapidement sous la blouse de la jeune femme, cherchant au maximum le contact avec sa peau avant de partir à l’exploration de son cou.

-« Humm… Castle… » gémit la brunette alors que l’écrivain venait de trouver ce petit endroit si sensible derrière son oreille.

Le jeune homme profita de son avantage pour lui retirer sa blouse et la jeta sur le fauteuil non loin d’eux alors que les mains de la jeune femme s’attaquèrent aux boutons de sa chemise. Cependant elle perdit bien vite patience, se saisit des deux pans de l’étoffe et, sans le quitter une seule seconde des yeux, elle fit voler les récalcitrantes petites choses aux quatre coins de la pièce. Alors qu’elle se penchait doucement et posait enfin ses lèvres contre son torse musclé, Castle reprit contenance et la regarda avec désir mais aussi avec une certaine retenue…

-« Kate… » appela-t-il en la prenant par ses épaules pour la redresser doucement.

Il plongea ses yeux bleus dans ses prunelles hazel, elle put y lire ses doutes et ses angoisses et son cœur se gonfla d’un amour inconditionnel encore plus grand.

-« Pas que je ne sois pas… Heureux de ce qui se passe mais… Es-tu vraiment sûre que c’est ce que tu veux vraiment Kate ? Je ne veux pas te brusquer mais je ne suis pas sûr de pouvoir faire marche arrière si… »

-« Chutt… » intima la jeune femme en posant son index sur ses lèvres avec un sourire rassurant. « C’est exactement ce que je veux Rick, je n’en ai aucun doute… Sinon je ne serai pas là ni en train de faire ça… »

Sans le quitter des yeux, elle passa ses mains derrière son dos et dégrafa son soutien-gorge avant de le laisser tomber au sol sans aucune gêne.

-« Je n’ai jamais été aussi sûre qu’aujourd’hui Rick… »ajouta la brunette avec un sourire en lui prenant ses mains pour les poser résolument sur ses seins tendus de désir.

Ne pouvant se retenir plus longtemps, le jeune homme fondit sur la jeune femme pour leur plus grand plaisir à tous les deux. Rapidement le reste de leurs vêtements volèrent aux quatre points de la chambre et la pièce s’emplit de gémissements et de soupirs de plaisir. Avec une infinie tendresse, Castle souleva Beckett dans le creux de ses bras et l’allongea au milieu du lit. Il resta un instant à l’observer amoureusement avant de l’y rejoindre. Le jeune couple partit à l’exploration du corps de l’autre et bien vite ce ne fut plus assez. Après avoir échangé un puissant regard passionné et plein de tout ce qu’ils ressentaient, ils s’unirent pour ne devenir plus qu’un, cherchant tel un seul homme à atteindre l’extase. Dans un combat pour la dominance, ils franchirent ensemble les paliers du plaisir jusqu’à atteindre en même temps le plus haut des sommets.

-« Castle ! »

-« Oh God ! Kate ! »

Alors que l’écrivain se décalait sur le côté pour ne pas écraser sa compagne, cette dernière vint immédiatement se blottir dans le creux de ses bras, refusant d’être loin de lui une seule seconde de plus que nécessaire. Tous deux laissèrent leurs cœurs et leurs souffles erratiques s’apaiser doucement. La brunette en profitait pour dessiner des arabesques sur le torse de son partenaire du bout de ses doigts pendant que le jeune homme voyageait le long de son dos nus. Les minutes s’écoulèrent, apaisantes et sereines.

-« Kate ? » appela doucement Castle faisant se relever la tête de la jeune femme pour plonger son regard dans le sien.

-« Humm ? » sourit Beckett encore incapable de former une pensée cohérente.

-« Je sais que tu n’es pas prête, » poursuivit le jeune homme en caressant ses boucles dispersées. « Mais j’ai besoin que tu saches que je t’aime Kate. »

La jeune femme resta un instant sous le choc d’un tel aveu puis tenta de parler à plusieurs reprises mais aucun son ne se formait. L’écrivain y lut un début de panique aussi lui sourit-il et l’obligea à le regarder.

-« Je ne te demande pas de me répondre Kate. Le jour où tu seras prête, je serai là et je serai le plus heureux des hommes, » souffla-t-il en déposant un tendre baiser sur le bout de son nez. « En attendant, je vois chaque jour ce que tu ne me dis pas avec des mots dans chacun de tes gestes envers moi, envers Alexis et même envers Mère. Pour moi c’est la plus belle des déclarations… »

Emue, la brunette se redressa pour embrasser son compagnon avec passion avant de reprendre sa place dans ses bras, un fin sourire aux lèvres. Epuisés mais heureux, le jeune couple s’endormit rapidement du sommeil du juste…


Lilou004  (13.03.2013 à 21:23)

Chapitre 34 : Entre filles

 

Lorsque Beckett se réveilla le lendemain matin, un immense sourire étira ses lèvres au souvenir des merveilleux moments qu’elle avait vécu avec l’homme sur lequel elle reposait mais aussi à celui de sa déclaration. Elle aurait tellement aimé pouvoir se sentir libre de la lui retourner mais pour le moment elle s’en sentait juste incapable… Alors qu’un rayon de soleil venait se poser sur le visage serein de Castle, la jeune femme se fit la promesse de tout faire pour parvenir à lui dire ces petits mots porteur de tout ce qu’elle ressentait pour lui. Avec tendresse, elle déposa un baiser sur le cœur de son partenaire au moment où une tornade rousse sautait sur le lit avec entrain.

-« Momma ! Papa ! »

-« Alexis, » grogna l’écrivain en resserrant son étreinte autour de la jeune femme nue dans ses bras.

-« Allez ! Debout ! On a plein de choses à faire ! » continua la fillette en tirant sur les bras dévoilant le dos dénudé de la jeune femme ce qui la fit se figer. « Bah, Momma, il est où ton pyjama à toi ? »

-« Euh… Je… Euh… C’est… » bafouilla Beckett en rougissant furieusement, cachant son visage dans le creux du cou de son homme.

-« Pumpkin, » intervint alors le jeune homme venant au secours de sa compagne. « Et si tu montais te préparer pour aujourd’hui pendant que Momma et moi faisons de même ? »

-« D’accord ! » s’exclama Alexis en sautant du lit et courant vers la porte.

-« Et n’oublie pas de refermer la porte de notre chambre derrière toi ! » appela l’écrivain avec un sourire quand sa fille se stoppa nette pour revenir en arrière pour lui obéir.

-« A tout à l’heure ! » leur lança la fillette guillerette juste avant de disparaitre.

-« Je suis désolé Kate, » fit alors Castle alors que la jeune femme grognait contre lui.

-« Promets-moi une chose Rick, » fit alors la brunette en se redressant pour s’assoir. « La prochaine fois, on ferme la porte à clé ! Je ne veux pas revivre la gêne de ce matin ! »

Sur ce, la jeune femme se leva et, toujours en tenue d’Eve, se dirigea vers la salle de bain en roulant ses hanches de manière suggestive. Rapidement, Castle la rejoignit et ils partagèrent un agréable moment avant de se rendre dans la cuisine pour un petit déjeuner copieux en compagnie de leur fille.

-« Papa ! Papa ! Il faut qu’on se dépêche avec Momma ! C’est bientôt l’heure et tout et tout ! » fit soudain Alexis en voyant l’horloge.

-« Ne t’en fais pas Pumpkin, la voiture doit passer vous chercher dans une vingtaine de minutes maintenant et vous serez largement à l’heure pour votre matinée ‘mère-fille’ ! Promis, juré ! »

-« Et quel est le programme de cette matinée ? » demanda Beckett intriguée.

-« Je peux lui dire Papa ? Dis je peux ? »

-« Vas-y ! Je sais que tu en meurs d’envie, » sourit le jeune homme.

-« Eh bien Papa il a réservé toute une matinée au Spa ! Il a dit que c’était pour se détendre et se faire belle. Même si je pense que t’as pas besoin de te faire belle Momma parce que t’es déjà trop belle ! »

-« Mais et que va faire Papa pendant qu’on sera pas là ? » fit la jeune femme faussement inquiète.

-« Bah il se fera beau lui aussi ! Pff ! » s’écria la fillette avant de partir vers la porte d’entrée du loft pour mettre ses chaussures.

La brunette en profita pour se tourner face à son compagnon et s’installer entre ses jambes, ses bras autour de son cou.

-« Une matinée ‘mère-fille’ ? Rien que ça ? Dois-je te rappeler que je ne suis pas sa mère ? » fit sérieusement Beckett.

-« Tu n’es pas sa mère biologique mais tu es sa mère de cœur et elle ne t’appellerait pas Momma si c’était le cas. Elle mourrait d’envie de faire quelque chose de particulier avec toi, quelque chose qu’elle ne fait pas avec sa propre mère qui ne la traine que dans des virées shopping où, bien sûr, elles ne vont que dans des magasins pour adultes… »

-« Ok, alors va pour le qualificatif ‘mère-fille’ mais… As-tu prévu quelque chose pour le déjeuner et le début d’après midi ? » demanda la brunette en s’installant dans ses bras.

-« Je pensais vous retrouver pour un déjeuner tranquille avant une virée au parc mais si tu as une autre idée, pas de soucis. »

-« Mais tu vas faire quoi toi si on ne te rejoint que vers… Je sais pas… Quinze ou seize heures ? »

-« Quand j’aurais fini de prendre soin de moi, je reviendrai ici et j’écrirai un peu, ne t’en fais pas, » sourit l’écrivain avant de l’embrasser passionnément. « Maintenant file, je crois que notre fille attend sa maman avec impatience ! »

Beckett se leva et, après avoir embrassé une dernière fois Castle, elle rejoint une Alexis surexcitée à l’idée d’une matinée juste entre elles deux. Elles arrivèrent rapidement au Spa où elles furent prises en charge par deux esthéticiennes dans la salle duo. S’en suivit toute une série de soins et de massages entre fous rire et complicité.

-« Momma ? » appela la fillette alors qu’elles en étaient à la manucure-pédicure.

-« Oui ma Puce ? »

-« Tu crois qu’on pourrait se faire peindre les ongles ? »

-« Tu voudrais ? » sourit la brunette alors qu’Alexis faisait valser ses beaux cheveux en signe d’acquiescement. « Mademoiselle, pensez-vous que vous pourriez nous présenter quelques vernis dont des discrets et légers pour… Euh… »

-« Ne vous en faites pas Madame, nous avons l’habitude d’avoir des fillettes avec nous. Nous allons vous présenter ce que nous pourrions mettre sur les ongles de votre fille sans que cela ne soit trop ostentatoire. »

-« Oh, mais… »

-« Merci Madame, » coupa la rouquine en souriant. « Oh Momma ! Merci ! J’espère que Papa sera pas mécontent… »

-« Laisse-moi gérer Papa ma Puce. Et puis c’est moi qui est accepté donc, s’il est mécontent, c’est à moi qu’il devra s’en prendre, » répondit la jeune femme en faisant un clin d’œil à Alexis.

L’esthéticienne revint avec toute une palette de vernis et Beckett arrêta son choix sur un superbe rose pâle pour Alexis et un corail clair pour elle-même. C’est ainsi qu’une heure plus tard, elles sortirent toutes les deux pimpantes et détendue.

-« Tu viens Momma ? On rentre ? Je crois que Papa nous attend maintenant. »

-« En fait, notre petite sortie n’est pas encore tout à fait terminée, » répondit mystérieusement la jeune femme. « J’en ai touché deux mots à Papa ce matin et, si tu es d’accord, nous allons continuer notre journée toutes les deux. »

-« Vraiment ? » fit la voix pleine d’espoir d’Alexis.

-« Vraiment ! Allez, viens, je connais un endroit qui devrait te plaire ! »

Elles se rendirent dans le Manhattan Mall et, après un arrêt au Starbuck pour un déjeuner frugal, Beckett entraina la fillette en direction du second étage.

-« Tu veux aller chez Strawberry comme Maman ? » demanda timidement la rouquine en baissant les yeux, ayant peur de la réponse.

-« En fait, je pensais surtout aller chez Kids for less. A moins que tu n’aies une autre idée ? »

-« Tu veux faire des courses pour moi ? » s’extasia Alexis n’osant encore y croire.

-« Bien sûr ! Et puis, si tu veux, on pourrait chercher un cadeau pour Martha et Papa vu que Noël approche, qu’en penses-tu ? »

-« Oh oui alors ! »

Après avoir dévalisé la boutique de vêtements pour enfants avec pas moins de quatre nouvelles tenues pour Alexis de même qu’un nouveau manteau et une nouvelle paire de chaussures, les filles s’attaquèrent à trouver un cadeau pour Martha et Castle. Elles trouvèrent d’ailleurs rapidement leur bonheur et s’apprêtaient à repartir en direction du loft chargées comme des mules quand soudain Alexis se mit à tirer Beckett en direction du fond de la galerie commerçante.

-« Lex ! Mais attends ! Tu vas où comme ça ! »

-« On revient avec des choses pour tout le monde sauf pour toi ! C’est pas juste ! Allez ! Viens ! Je sais dans quel magasin on va trouver des choses trop belles ! Et puis comme ça tu perdras plus ton pyjama dans le lit avec Papa ! »

En rougissant légèrement, la brunette suivit la fillette jusqu’à ce qu’elle s’arrête devant le magasin de son choix.

-« Regarde comment les culottes et tout et tout elles sont trop belles ici ! Je suis sûre que tu vas trouver tout ce qu’il te faut pour dormir avec Papa, pas vrai Momma ? » fit Alexis fière d’elle alors que la jeune femme relevait les yeux pour découvrir l’enseigne de Victoria Secret.

-« Euh… Ma Puce… Tu n’es pas un peu jeune pour t’intéresser à tout ça ? » fit Beckett plus que mal à l’aise.

-« Tu rigoles ! C’est le seule magasin où je râle pas ! Dans les autres magasins, Maman m’assoit dans un coin et oublie que je suis là. En plus les vêtements il sont pas toujours beaux… Mais ici, ils sont trop beaux ! J’aime bien toucher les différents habits et les vendeuses, elles me disent rien. Même que des fois, elles prennent du temps pour me montrer de belles choses ! J’ai trop hâte d’être grande pour pouvoir en avoir des choses aussi belles… Et en plus toi t’es trop jolie Momma alors ils seront encore plus beaux sur toi ! »

La jeune femme resta sans voix, sous le choc de ce que venait de lui dévoiler Alexis du haut de ses cinq ans. Comment allait-elle expliqué ça à Castle…

-« Bon alors ! Tu viens Momma ! » appela la fillette en entrant résolument dans le magasin. « Bonjour Mesdames. Momma et moi on vient vous voir parce que Momma elle avait pas un bon pyjama et elle l’a perdu pendant la nuit ! »

-« Alexis Castle ! » gronda la brunette alors qu’elle tournait au rouge écrevisse.

-« Je pense que nous avons tout plein de choses qui pourrait plaire à ta Maman ma Chérie, » sourit une vendeuse en s’approchant alors qu’elle jetait un regard bienveillant et compréhensif à Beckett. « N’ayez pas peur et entrez voyons. Ma fille m’a plus ou moins fait la même chose au même âge alors ne vous en faites pas. »

A contre cœur, la brunette suivit donc la vendeuse qui tenait par la main Alexis au travers des rayons après avoir déposé ses paquets près de la caisse. Alors que le jeune fille leur présentait négligé après négligé pensant bien faire, Alexis elle farfouillait parmi les présentoirs du mieux qu’elle pouvait malgré sa petite taille.

-« Et que pensez-vous de celui-là ? »

-« Non ! C’est bon ! J’ai trouvé celui qui rendra Momma trop belle et qui plaira à Papa ! » fit une Alexis triomphante en se hissant sur la pointe des pieds pour sortir du présentoir une ravissante nuisette de soie blanche agrémentée d’une fine dentelle. « T’as vu Momma, y a le gilet assorti et tout et tout ! »

Beckett devait bien reconnaitre que l’ensemble était superbe et tout à fait décent pour l’image qu’elle se faisait du lieu. Elle l’étudia un instant avant de se tourner vers la vendeuse.

-« Vous auriez cet ensemble en 36 par hasard ? »

Une trentaine de minutes plus tard, les deux filles quittèrent le magasin avec un sac supplémentaire contenant l’ensemble choisi par la plus jeune mais aussi deux ensembles de sous-vêtements qui avaient tapé dans l’œil de l’aînée alors qu’elle s’était dirigée vers les cabines d’essayage. Toutes deux furent ravies de se glisser dans la voiture de service et Alexis ne tarda pas à s’endormir d’épuisement contre la jeune femme. Arrivées à la résidence, la jeune femme porta l’enfant jusqu’au loft tandis que le portier faisait monter leurs commissions.

-« Hey ! » les accueillit an souriant Castle prévenu de leur arrivée. « Oh là ! En voilà une petite fille bien fatiguée ! Tout s’est bien passé ? »

-« Parfaitement merci. Je vais aller la coucher dans son lit afin qu’elle se repose un peu vu qu’il me semble qu’une certaine personne de ma connaissance a prévu une sortie au restaurant pour ce soir… »

-« Tu veux que j’annule ? » demanda l’écrivain très sérieusement.

-« Non ! Surtout pas ! » sourit Beckett avant de se pencher pour déposer un baiser sur les lèvres de son compagnon. « Je me fais une joie de ce diner tous les quatre. Laissons juste le temps à Alexis de récupérer et tout ira bien. »

Sur ce, la jeune femme monta la fillette endormie dans sa chambre et la borda dans son lit après l’avoir mise à l’aise. Quand elle redescendit, elle trouva Castle figé devant le pile de sacs que le portier venait de déposer.

-« Alors c’était ça ? Tu as entrainé ma fille dans une virée shopping ? » demanda-t-il une boule au ventre en pensant immédiatement à ce que Meredith faisait subir à leur fille.

-« Une virée shopping oui mais pas n’importe laquelle. Quand nous sommes arrivés au Mall, Alexis a semblé anxieuse jusqu’à ce qu’elle découvre que nous allions dans ce superbe magasin de vêtements pour enfants, Kids for less. Nous y avons passé plus d’une heure, » sourit Beckett en prenant deux des sacs estampillés à l’effigie du dit magasin. « Tu veux vois ce qu’on lui a trouvé de beaux ? »

-« Mais alors pourquoi y a-t-il un sac de chez Victoria Secret ? » demanda Castle en fronçant les sourcils.

-« Ca c’est ta fille qui m’y a trainé pour, et je ne fais que la citer, me trouver un pyjama que je ne perdrai plus dans le lit avec toi. »

-« Sérieusement ? »

-« Oh oui ! Je ne te raconte pas ma gêne ! Heureusement, les vendeuses semblaient avoir une certaine habitude et ont laissé couler. Enfin bref, ta fille, du haut de ses cinq ans et demi a déjà une sacré connaissance en matière de dessous féminins ! C’est elle qui a choisi mon nouveau pyjama et en plus elle est convaincue qu’il te plaira beaucoup… »

-« Oh là là ! Quelque chose me dit que Meredith est passée par là, » soupira l’écrivain en s’asseyant sur le canapé et en se prenant la tête entre ses mains.

-« Hey, ta fille reste une vraie petite fille malicieuse. Il n’y a rien de malsain, je t’en fais la promesse. La seule chose qu’elle m’a dit c’est que, quand sa mère l’entraine de force dans ses virées, c’est le seul magasin où elle prend du plaisir à découvrir les différentes matières et les ‘jolies culottes’. »

-« Ma fille va devenir une vraie petite femme si elle continue comme ça… »

-« Et c’est mal ? » demanda timidement la brunette en posant une main su le bras de son partenaire.

-« Non, bien sûr que non mais je n’ai pas envie qu’elle grandisse trop vite… C’est mon bébé, ma petite fille. Elle n’a que cinq ans tu comprends… »

-« Ne t’en fais pas, Alexis est une petite fille bien dans sa tête et dans son corps. Un petit génie en herbe même si tu veux mon avis. »

-« Tu sais, je suis en train de me dire que je pourrais la faire entrer à l’école à la rentrée de janvier, tu crois qu’elle aimerait ? »

-« Elle adorerait oui ! Elle est avare de connaissance, cherche toujours à connaitre le pourquoi du comment. L’école lui apporterait ce que nous ne pouvons pas lui apporter et en plus elle sera en contact avec d’autres enfants de son âge. »

-« Tu m’aiderais à choisir une école bien ? J’ai fait une première sélection mais je voudrais avoir ton avis comme tu connais Alexis aussi bien que moi. »

-« Pas de souci, » sourit la jeune femme en se blottissant dans ses bras.

Rapidement Beckett s’assoupit sur l’épaule de l’homme qui faisait battre son cœur et le jeune homme ne put que se sentir bien sachant que la brunette se sentait suffisamment en confiance pour s’abandonner dans ses bras m’importe quand. Il rabattit le plaid qui trainait sur le dossier derrière eux sur elle puis entreprit de regarder ce qu’elle avait acheté de beaux à sa fille.

-« Mon Dieu Kate…, » souffla-t-il ému aux larmes. « Jamais Meredith n’a offert de telles choses à sa fille… Ces vêtements sont magnifiques et adaptés à son âge. »

Il reposa avec précaution les nouveaux habits de sa fille dans le sac et resserra son étreinte autour de Beckett, heureux d’avoir trouvé une femme prête à l’accueillir lui mais aussi sa fille aussi bien que sa mère.


Lilou004  (15.03.2013 à 16:29)

Chapitre 35 : En famille

 

Une heure plus tard, Alexis se réveilla et sourit en se découvrant dans son lit. En s’étirant, elle remarqua l’heure et sauta de son lit pour courir jusqu’au bas des escaliers. Elle s’apprêtait à appeler ses parents quand elle aperçut Martha qui lui faisait signe de se taire à l’aide de son index sur sa bouche.

-« Hey Grand-Mère ! » sourit en chuchotant la fillette. « Il faut réveiller Papa et Momma sinon on va être en retard au restaurant… »

-« Je t’en fais pas ma Chérie, j’ai décalé notre réservation d’une heure pour que tout le monde puisse se reposer. Alors, c’était bien cette matinée au spa avec Kate ? » s’enquit l’actrice avec un sourire.

-« C’était trop bien Grams ! On a passé du temps rien que toutes les deux et Momma elle a même accepté qu’on se fasse toutes les deux peindre les ongles ! Regarde comme je suis belle ! » s’extasia la fillette en lui montrant ses mains.

-« Je vois ça, » fit la rouquine heureuse pour sa petite-fille. « C’est superbe ! Donc tu t’es bien amusée alors ? »

-« Oh oui ! Et tu sais, ensuite on a été au Mall et on a fait tout plein de courses pour moi ! Momma elle m’a acheté des trop beaux habits et même un nouveau manteau d’hiver ! Après on a été acheter des surprises pour Papa et toi pour Noël et, avant de rentrer j’ai entrainé Momma dans le beau magasin de culottes pour qu’on lui trouve un pyjama qui disparait pas pendant la nuit. Elle a même trouvé deux trop beaux ensembles soutien-seins et culottes ! »

-« Tout ça ! Et bien je comprends pourquoi, quand je suis rentrée, tout le monde dormait ! Par contre, ce serait bien que tu ailles ranger les cadeaux de Noël avant que ton père ait l’idée d’aller jeter un coup d’œil dans ses sacs dans l’entrée ! »

-« Tu as raison Grams ! » répondit Alexis en s’élançant vers l’entrée.

-« Hey ! » marmonna alors Beckett en se réveillant. « Tout va bien ma Puce ? Tu as bien dormi ? »

-« Oh oui alors ! Mais il faut cacher le cadeau de Papa et celui de Grams ! Faut pas qu’ils les trouvent avant le grand jour de Noël ! »

-« Et tu as parfaitement raison, » sourit la jeune femme en tentant de se redresser.

Cependant, elle ne put pas aller bien loin, l’écrivain resserrant son étreinte autour d’elle en poussant un grognement de mécontentement.

-« Castle ! » s’exclama la brunette en riant à gorge déployée. « Laisse-moi me lever ! On va finir par être en retard pour notre diner en famille ! »

-« Pas grave ! On peut reporter, » bougonna le jeune homme en refusant obstinément d’ouvrir les yeux.

-« Ah oui ? C’est dommage pourtant… J’avais dans l’idée de te montrer mon nouveau pyjama ce soir en rentrant pour qu’on le teste mais… Si on ne sort pas… »

-« Ok ! » s’exclama Castle en se lavant, manquant de faire tomber sa jeune compagne. « Bon, et si on se préparait parce que là, on est sacrément en retard ! »

-« J’adore ta motivation Richard, » sourit Martha goguenard. « Et rassure-toi, j’ai fait décaler notre réservation d’une heure quand je suis rentrée et que j’ai constaté que tout le monde dormait profondément. Je n’avais pas le cœur de vous réveiller. »

-« Mère, je t’adore ! » sourit l’écrivain en l’embrassant sur la joue. « Allez ! Hop, hop hop ! Tout le monde à la douche ! »

-« Momma, tu viens m’aider ? » demanda Alexis.

-« Je te suis ma Puce. »

Alors qu’elles montaient avec tous leurs sacs, l’actrice remarqua que son fils boudait aussi s’approcha-t-elle de lui pour poser une main sur son avant-bras.

-« Ne me dis pas que tu fais cette tête parce que tu ne vas pas pouvoir jeter un coup d’œil dans son sac Victoria Secret avant que Kate ne se décide à te montrer le contenu ? »

-« Tu me connais trop Mère ! Bon allez, rendez-vous dans une heure et tu as intérêt à être prête parce qu’on ne t’attendra pas ! »

-« Mon fils, mais comment t’ai-je élevé ! »

-« Moi aussi je t’aime Mère ! »

Une heure plus tard, les quatre membres de la famille se trouvaient devant la porte d’entrée du loft. Castle aida sa mère et Beckett à enfiler leur manteau puis la jeune femme vint en aide à Alexis. Une fois dans la voiture de ville, l’écrivain se tourna vers la brunette et sortit un bandeau noir.

-« Tu me fais confiance ? » demanda-t-il avec un sourire.

-« Tu veux me bander les yeux ? Mais pourquoi ? Nous allons juste au restaurant… Non ? »

-« Oui mais c’est une surprise… »

-« Allez Momma ! S’il te plait ! Je suis sûre que ça te plaira comme surprise ! »

-« Bon d’accord, » sourit la jeune femme en tournant le dos au jeune homme afin qu’il lui bande les yeux.

Après une vingtaine de minutes de trajet, ils arrivèrent devant le restaurant et l’écrivain guida sa compagne jusqu’à l’entrée de l’enseigne. Une fois que Martha et Alexis les eurent rejoints, le jeune homme lui retira son bandeau et la jeune femme ne put retenir une exclamation de surprise. Elle se trouvait devant le petit restaurant où ses parents avaient pour habitude de l’emmener diner à l’occasion de ses anniversaires.

-« Comment as-tu su ? » demanda la jeune femme en se retournant pour lui faire face, les larmes aux yeux et l’émotion lui étreignant la poitrine.

-« Tu te souviens l’autre jour quand je t’ai aidé à classer et à ranger les photos que tu avais en vrac dans tes boites ? Je me suis rendu compte que ce lieu revenait souvent et plus particulièrement à l’occasion de ton anniversaire, je me trompe ? »

Incapable de formuler une parole cohérente tant l’émotion la tenaillait, la jeune femme se contenta de hocher timidement la tête.

-« Et comme l’une de mes sources m’a dit que ton anniversaire était passé et que tu n’avais rien dit, je me suis engagé personnellement à t’offrir une soirée en famille et en profiter pour célébrer comme il se doit ton vingtième anniversaire même s’il est passé depuis plus d’un mois maintenant. Tu ne m’en veux pas ? »

-« Oh non Rick ! Merci ! C’est… C’est parfait ! » s’exclama la jeune femme en se jetant dans les bras de Castle alors que des larmes débordaient de ses yeux. « Merci ! Merci de me rendre mes souvenirs et de m’en créer de nouveaux ! »

-« Always… » souffla le jeune homme en rendant à sa compagne son étreinte avant de s’écarter légèrement d’elle. « Allez, viens maintenant et fais-nous découvrir cet endroit cher à ton cœur ! »

Tout sourire et après avoir essuyé ses yeux humides, Beckett entrelaça ses doigts à ceux de Castle, attrapa la main d’Alexis et pénétra dans le petit restaurant de quartier qui avait accueilli bon nombre d’évènements joyeux de son enfance et de son adolescence jusqu’au décès tragique de sa mère. Elle se retourna pour vérifier que Martha les suivait bien et c’est à ce moment-là qu’elle remarqua les paquets que son aînée portait.

-« Darling, » sourit Martha en surprenant son froncement de sourcils. « Tu croyais vraiment que nous allions fêter ton anniversaire sans t’offrir le moindre présent ? »

Une légère teinte rosée colora alors les joues de la brunette qui se cacha derrière le rideau de ses cheveux.

-« Bonsoir, la réservation au nom de Rodgers s’il vous plait. »

-« Une table pour quatre, c’est bien ça ? » demanda la jeune serveuse en dévisageant l’écrivain avec insistance.

-« En effet, » répondit ce dernier laconiquement.

-« Si vous voulez bien me suivre. »

Ils s’installèrent et commencèrent à étudier le menu sous les conseils avisés de Beckett qui connaissait la carte par cœur. Les souvenirs et les anecdotes se succédaient pour le plus grand bonheur de tous. La jeune femme se laissa complètement immerger dans cette ambiance, agréablement surprise de la sérénité qu’elle ressentait malgré l’évocation permanente de sa famille déchirée depuis près d’un an maintenant.

-« Little Katie Bear ! » s’exclama soudain un homme d’u certain âge en s’approchant de leur table avec un immense sourire.

-« Big Daddy Bear ! » répondit la brunette en se levant pour recevoir son étreinte affectueuse. « Comment vas-tu ? »

-« Bien mais c’est plutôt à toi qu’il faut demander ça… Comment ça va depuis le tragique décès de ta mère ? Et ton père, comment vit-il ça ? »

-« C’est dur, » répondit honnêtement la jeune femme des larmes dans ses yeux, refusant de se cacher face à cet homme qui la connaissait depuis sa naissance. « Papa ne va pas très bien mais il semble reprendre peu à peu le dessus. »

-« Bon. Si tu as besoin de quoi que ce soit, tu sais que je serai toujours là pour toi, hein ? »

-« Merci Big Daddy Bear, » répondit avec émotion la brunette.

-« En tout cas, tu ne sais pas le plaisir que tu me fais en revenant aujourd’hui ici. Ce soir, c’est gratuit pour vous quatre ! » s’exclama l’homme en souriant à la tablée. « Et si tu me présentais à tes amis Little Katie Bear ? »

-« Avec plaisir. Voici ma deuxième famille : Alexis et son père, Rick Castle ainsi que la mère de ce dernier Martha Rodgers. »

Big Daddy Bear s’étouffa en entendant les noms énoncés par celle qu’il avait vu grandir et qu’il considérait un peu comme sa petite-fille.

-« Comme l’actrice et… Et comme l’écrivain ? » parvint-il à articuler entre deux quintes de toux.

-« Tout à fait ! » sourit la brunette avant de se retourner vers sa famille de cœur. « Laissez-moi vous présenter Big Daddy Bear, Andrew Carpenter pour les non-initiés. »

-« Momma, » appela alors Alexis en tirant sur le gilet de Beckett.

-« Oui ma Puce ? »

-« Pourquoi il t’appelle Little Katie Bear le monsieur ? Et pourquoi tu l’appelles Big Daddy Bear ? C’est ton papa ? »

-« Non, » répondit la jeune femme en reprenant sa place à côté de la fillette. « Big Daddy n’est pas mon papa mais il me connait depuis que je suis née. C’est un peu comme un grand-père de cœur pour moi. »

-« Comme tu es ma maman de cœur ? »

-« Tu as tout compris, » sourit l’officier en ébouriffant les cheveux de l’enfant. « D’aussi loin que je me souvienne, Andrew m’a toujours appelé Little Katie Bear et, quand je devais avoir ton âge, j’ai commencé à l’appeler Big Daddy Bear. Voilà, tu connais toute l’histoire ! »

-« Et moi ? Je dois l’appeler comment alors ? »

-« Comme tu veux ma Puce, il n’y a aucune obligation. »

Alors que leurs plats arrivèrent, Andrew prit place à table avec eux et le diner continua dans ne ambiance familiale sereine. Arrivés au dessert, le propriétaire des lieux se leva et repartit en cuisine pour revenir avec un magnifique gâteau.

-« Et voici le dessert que vous avez commandé ! »

-« Un royal ? » s’exclama Beckett en ouvrant de grands yeux surpris avant de se tourner vers Castle. « Comment as-tu su ? »

-« Quand j’ai appelé pour réserver, je leur ai décrit le gâteau que je voyais sur les photos et on s’est mis d’accord sur celui-là avec la personne au bout du fil, » expliqua l’écrivain fier de lui.

-« Merci, » articula-t-elle, n’en revenant toujours pas de l’attention que son partenaire avait portée à tant de détails de sa vie d’avant.

-« Excusez-moi Andrew mais serait-il possible de mettre quelques bougies sur le gâteau, » intervint alors Martha. « Nous sommes là ce soir pour rattraper une erreur puisque Kate ne nous avait pas tenu informés de la date de son anniversaire ! »

-« J’arrive tout de suite ! »

Lorsque Big Daddy Bear revint, il rapporta un sac en plus des bougies demandées.

-« A ton anniversaire, j’avais espéré vous voir ton père et toi mais, comme ce ne fut pas le cas, j’ai conservé le cadeau que je t’avais fait avec l’espoir de pouvoir te l’offrir un jour prochain… »

Après avoir soufflé ses bougies, elle se retrouva avec quatre paquets devant elle et l’émotion la prit à la gorge, de nouvelles larmes lui montant aux yeux.

-« Bah alors Momma, tu les ouvres pas ? Tu veux pas casser les jolis papiers ? » demanda Alexis en venant se blottir dans ses bras. « Tu sais, Papa il dit toujours que c’est pas grave et que c’est ce qu’il y a dedans qui compte. Faut pas avoir peur… »

-« Tu as raison ma Puce, » se reprit Beckett en serrant l’enfant contre elle. « Tu m’aides à les ouvrir ? »

-« Vraiment ? Papa il veut jamais ! »

-« Mais c’est parce que ton père n’est parfois pas plus âgé qu’un gamin de neuf ans dans un magasin de bonbons ! »

Rapidement, les quatre présents furent déballés et la jeune femme put découvrir un magnifique ouvrage, première édition d’un roman policier qu’elle aimait particulièrement et qu’elle avait recherché avec sa mère pendant des années de la part de Big Daddy Bear, un superbe haut de soie fine ainsi qu’un pantalon beige qui allait parfaitement avec de la part de Martha, un fin bracelet en argent travaillé accompagné d’un dessin très appliqué de la part d’Alexis et, enfin, le collier et les boucles d’oreilles assorties au cadeau venant de la fillette de la part de Castle.

-« Il ne fallait pas ! C’est bien trop… »

-« Tu fais partie de la famille Kate, » sourit l’actrice en posant une main sur son avant-bras. « Et chez nous, c’est comme ça qu’on traite les membres de notre famille. Je suis persuadée que, dans quelques jours, lorsque nous passerons Noël chez Nana, nous découvrirons la générosité dont fait preuve ta famille. Laisse-nous te gâter comme il se doit, s’il te plait. »

-« D’accord, » finit par céder la brunette avec un immense sourire. « Merci pour tous ces merveilleux cadeaux ! »

La jeune femme se leva et embrassa tout le monde avec affection. La soirée se poursuivit jusque tard dans la nuit et ce n’est que lorsqu’Alexis s’endormit dans les bras de Kate qu’ils se décidèrent à rentrer au loft.

Après avoir couché la fillette dans son lit et salué Martha, le jeune couple se dirigea vers sa chambre au rez-de-chaussée. Dès que la porte se fut refermée derrière eux, Castle prit la jeune femme dans le creux de ses bras et la serra contre lui.

-« J’ai encore un petit quelque chose pour toi, » lui murmura-t-il à l’oreille la faisant se retourner pour lui faire face.

-« Ah oui ? Mais tu sais, tu n’avais pas à m’offrir quoi que ce soit… »

-« Je sais mais j’y tenais. Et pour plusieurs raisons… La première parce que tu es une femme merveilleuse, ensuite parce que tu es ma petite amie et la femme que j’aime et enfin pour tout ce que tu fais pour ma famille que ce soit Alexis ou bien Mère. Tu ne t’en rends peut-être pas compte mais Mère t’a adoptée et elle adore passer du temps avec toi… »

-« C’est réciproque tu sais. Martha ne remplacera jamais ma mère mais je sais, je sens au plus profond de moi que je peux compter sur elle en cas de besoin… »

-« Et c’est vraiment le cas, tu peux compter sur elle, sur nous tous. Always… » répondit l’écrivain avant d’embrasser sa compagne.

Il sortit alors un petit paquet rectangulaire de derrière son dos et le lui tendit avec douceur. Intriguée, Beckett le prit et le tourna dans tous les sens dans le but de deviner ce qu’il pouvait contenir.

-« Tu auras ta réponse en l’ouvrant, tu ne crois pas ? » ironisa Caste avec un fin sourire.

Sans plus attendre, la jeune femme déchira alors l’emballage et découvrit un cadre contenant une photo d’eux trois tout sourire prise lors d’une de leurs sortie au parc. Le couple encadrait Alexis qui sautait entre eux en riant aux éclats.

-« Comment ? Et qui ? » s’étonna la brunette.

-« Il y a quelques semaines, je me suis rendu compte qu’on était suivi par un photographe. J’ai toujours protégé Alexis de tout le battage médiatique donc j’ai envoyé un message à Paula pour qu’elle s’en occupe. Elle a récupéré les photos et dans le lot, il y avait celle-là. Je me suis dit que tu pourrais la garder avec toi dans ton casier au travail… »

-« Non Rick, » sourit Beckett en caressant tendrement le visage de son partenaire. « Elle ira directement sur mon bureau à côté de mes éléphants. Merci… »

La jeune femme embrassa amoureusement son écrivain avant qu’ils ne se préparent pour la nuit, la brunette enfilant comme promis la nuisette choisie avec Alexis. Cependant, malgré les espérances de la fillette en matière de tenue, le fin vêtement ne resta pas longtemps sur le corps de sa maman de cœur… Mais, heureusement pour le jeune couple, personne ne s’en rendit compte ce jour-là !


Lilou004  (23.05.2013 à 19:59)

Chapitre 36 : Agitation et cogitations

 

-« Bon alors ! On y va ? » piaffa d’impatience Alexis pour la énième fois depuis son réveil quelques heures plus tôt en ce jour du vingt-quatre décembre.

-« Un peu de patience ma Puce, » sourit avec indulgence Beckett en l’entrainant vers la cuisine. « Nana ne nous attend pas avant la fin d’après-midi. Il nous faut manger et j’aimerai que tu fasses une sieste aussi pour te reposer avant ce soir. »

-« Mais je suis grande maintenant ! J’ai plus besoin de faire des siestes moi, » bouda la fillette en croisant ses petits bras sur sa poitrine. « Les siestes c’est pour les bébés ! »

-« Alexis ! Tu écoutes ce que Momma te dit et tu obéis ! La soirée va être longue et différente de ce que tu as l’habitude, » intervint Castle en les rejoignant. « Ce serait dommage que tu t’endormes au milieu et que tu ne puisses pas en profiter, non ? »

-« Pardon Momma, » s’excusa la rouquine avant de prendre place sur une chaise avec une petite mine triste. « Tu crois que le Père Noël il passera quand même, même si j’ai pas été gentille ? »

-« Ne t’en fais pas Pumpkin, le Père Noël sait très bien que les enfants sont tout excités à l’approche de son passage. Je suis sûr qu’il ne t’en tiendra pas rigueur d’autant que tu t’es excusée, » sourit l’écrivain en ébouriffant les cheveux de sa fille.

-« Oui et puis il y a toujours les cadeaux entre nous en plus des cadeaux du Père Noël, » répondit Alexis d’une voix pleine d’espoir. « Comme ça j’aurai un petit cadeau quand même… »

-« Ne t’en fais pas pour ça voyons. Ni le Père Noël ni personne ne t’a oublié, j’en suis sûre, » intervint Beckett, comprenant l’angoisse de la fillette.

-« Si… » marmonna alors l’enfant avec des larmes aux yeux. « Maman elle m’a oublié… »

-« Qu’est-ce que tu en sais Pumpkin ? » demanda alors Castle une boule au milieu de la gorge tout en prenant sa fille dans ses bras. « Rien n’est encore perdu… »

-« Tu crois ? » répondit Alexis d’une voix pleine d’espoir.

Sans rien dire et avec un sourire rassurant, l’écrivain fit à sa fille un clin d’œil qui illumina son visage d’une immense joie. Sans plus attendre, elle descendit des genoux de son père avant de courir en direction des escaliers.

-« Je vais lui faire un dessin alors pour qu’on lui envoie ! » lança avec enthousiasme la fillette. « Je reviens ! »

Une fois assurée qu’Alexis était dans sa chambre et hors de portée de voix, Beckett se rapprocha de Castle et le prit dans ses bras.

-« Tu es vraiment un super Papa, tu sais ça ? » lui souffla-t-elle à l’oreille avant de déposer un rapide baiser sur sa joue.

-« Je lui en veux tellement… A Meredith je veux dire… »

-« Je sais Rick mais tu as fait ce qu’il fallait pour que ta fille soit heureuse et ne se rende compte de rien. C’est l’essentiel. »

-« C’est dur quand même… Elle refuse de venir et, alors qu’elle avait promis d’envoyer un cadeau, elle ne l’a pas fait… Depuis quelques jours, elle ne répond même plus à mes appels ou à mes messages ! Je me sens tellement impuissant… »

-« Hey, tu as fait ce que tu as pu ! Tu as même été jusqu’à proposer d’aller à L.A. avec Alexis pour ne pas que Meredith ait à faire le voyage. Tu ne peux pas la forcer malheureusement… » soupira la jeune femme se sentant frustrée de ne pas parvenir à soulager l’homme qu’elle aimait. « Tu as fait tout ce que tu as pu et ta fille va recevoir un cadeau du Père Noël de L.A. ainsi qu’un petit quelque chose de sa mère. Pour elle ce sera magique et c’est ce qui compte… »

-« Je suis tellement content que nous t’ayons dans notre vie… Merci d’être là pour nous… »

-« Always… » répondit avec émotion Beckett.

Le jeune couple resta un long moment dans les bras l’un de l’autre jusqu’à ce que Martha ne fasse gentiment éclater leur bulle en s’attelant à la préparation du déjeuner. Ils passèrent un agréable moment tous les trois puis appelèrent Alexis pour le repas. Comme convenu, la fillette partit faire une sieste dans sa chambre immédiatement après avoir mangé pendant que les adultes préparaient les affaires à emporter.

-« Rappelle-moi encore qui il y aura ce soir et demain chez Nana ? » demanda une nouvelle fois Castle de plus en plus nerveux à l’idée de rencontrer les proches de la jeune femme.

-« Rick, tout va bien se passer… » répondit avec un roulement d’yeux la brunette en rangeant les vêtements d’Alexis dans le sac de voyage prévu par le couple. « En plus de Nana, il y aura mon père que tu as déjà rencontré, Marc, le grand frère de Maman, et sa femme Amy. Mes trois cousins seront là aussi dont certain peut-être accompagnés mais, vu que je ne les ai pas vu depuis longtemps, je ne peux pas t’en dire plus… »

-« Hey, tu n’as pas à te sentir coupable d’avoir pris de la distance, » intervint immédiatement l’écrivain en la prenant dans ses bras. « Tu ne savais pas comment faire autrement mais ce qui compte c’est qu’aujourd’hui tu reviennes vers eux. »

-« Tu me connais trop ! Ca en devient flippant par moment… » sourit la brunette. « En tout cas, Alexis aura un petit compagnon de jeux puisque mon cousin a eu un enfant quand il était au lycée et qu’il en a la garde exclusive. Il s’appelle Adam et il a sensiblement le même âge que la Puce. »

-« C’est super ça, » intervint alors Martha qui n’avait rien manqué de leur échange, elle aussi à la recherche de plus d’information. « On va pouvoir voir comment les choses se passent en prévision de son entrée à l’école en janvier. Au fait, vous avez choisi l’école dans laquelle vous allez la mettre ? »

-« Comme je n’arrête pas de le dire à votre fils Martha, je peux donner mon avis mais ce n’est pas à moi de prendre la décision finale, » soupira Beckett lasse que son compagnon ne revienne sans cesse sur le sujet.

-« C’est là que tu as tord Darling, » répondit l’actrice en s’approchant de la jeune femme pour l’inviter à s’assoir tout en gardant sa main dans la sienne. « Depuis que tu es entrée dans nos vies, tu y as pris une place très importante et mon fils te demande régulièrement ton avis pour Alexis. Que tu le veuilles ou non, tu as un rôle dans l’éducation de ma petite-fille, un rôle d’autant plus important que sa mère l’ignore et qu’elle t’appelle Momma sans que cela ne te pose de problème. »

-« Vous croyez ? » demanda la jeune femme incertaine. « Je… Je ne pensais pas que…Enfin… »

-« Est-ce que tu aimes ma petite-fille ? » demanda soudain Martha suivant son intuition.

-« Bien sûr ! » répondit immédiate la jeune femme sans réfléchir.

-« Est-ce que son avenir et son bonheur t’importent ? »

-« Comme si je pouvais répondre non, » souffla la brunette alors que le point de vu des Castle se faisait enfin clair dans son esprit. « Je… Je vois ce que vous voulez me dire… »

-« Mère ! Tu es géniale ! Ca va faire une semaine que je me bats avec elle pour qu’elle m’aide à prendre une décision et que cette tête de mule refuse de comprendre ce que j’essayais de lui dire ! »

-« Merci pour le ‘tête de mule’, » bougonna Beckett en rougissant.

-« Darling, n’en veux pas à Richard mais je dois dire que parfois il a raison… Ca ne nous empêche pas de t’aimer de tout notre cœur, » sourit la rouquine en tapotant la main de sa ‘belle-fille’.

-« Moui… » marmonna en toute mauvaise foi la jeune femme alors que Castle se penchait pour l’embrasser sur la bouche.

-« Et c’est mieux comme ça ? Je suis pardonné ? » demanda Castle en se reculant à peine.

-« Humm… Recommence un peu pour voir ? » fit malicieusement la jeune femme avant de fondre sur ses lèvres pour approfondir leur baiser jusqu’à ce que l’actrice se racle bruyamment la gorge. « Oups ! »

Le trio s’installa donc plus confortablement dans le salon et discutèrent des différentes options pour l’école d’Alexis avant d’arrêter leur choix sur une école privée non loin du poste de police où la jeune femme travaillait et qui offrait une multitude d’options pour les enfants. Castle en profita pour envoyer immédiatement un mail au directeur de l’établissement en question l’informant de leur décision d’inscrire Alexis dès la rentrée. Une fois ceci fait, tous les trois saisirent ensuite l’occasion de se reposer tranquillement en écoutant de la musique jusqu’à ce que des petits pas ne se fassent entendre à l’étage.

-« Tiens, j’en connais une qui est réveillée, » sourit l’écrivain en se levant. « Je vais en profiter pour l’aider à s’habiller pour ce soir. »

-« Déjà ? Mais quelle heure est-il ? » demanda Beckett en regardant sa montre avant de sauter sur ses pieds. « Quoi ? Il est déjà seize heures ! Rick ! Nana nous attend dans moins de deux heures et tu sais comme moi comment on circule à New York un vingt-quatre décembre au soir ! »

-« Relax ! Il ne va pas nous falloir plus de trente minutes pour nous préparer et il nous restera tout de même une heure et demie pour faire le trajet jusque chez ta grand-mère ! On ne sera pas en retard Kate ! »

-« C’est juste que je ne veux pas qu’elle ait l’impression que je viens à reculons… » souffla Beckett manifestant ainsi toute l’angoisse qu’elle avait réussi à dissimuler plus ou moins jusque là.

-« Tu veux que je commande un hélicoptère ? Comme ça, aucun risque qu’on soit en retard, » blagua Castle tout en maintenant un ton sérieux.

Le roulement d’yeux de la jeune femme et son sourire vinrent récompenser le jeune homme. En une seule phrase, il avait réussi à la détendre et à lui faire oublier ses angoisses.

-« Un peu plus sérieusement, Nana sait que tu as autant envie d’y aller qu’elle de te recevoir à ce Noël en famille. Et ce malgré l’absence de ta mère… »

-« Merci Rick, » souffla la jeune femme en se blottissant un instant dans ses bras avant de s’écarter pour se rendre rapidement dans la chambre. « Rendez-vous dans vingt-cinq minutes dans l’entrée ! Et tout le monde a intérêt à être prêt à partir ! »

-« A vos ordres Officier Beckett ! » répondit l’écrivain en se redressant d’un seul coup.

L’horloge de la voiture de service indiquait dix-sept heures cinquante-deux au moment où elle se gara devant la maison de Nana. Tout sourire, Castle se retourna vers sa compagne qui était installée à l’arrière avec sa mère et sa fille.

-« Tu vois, je te l’avais bien dit que nous serions à l’heure. »

-« Je n’aurais pas dû remettre ta parole en doute, » répondit la jeune femme en se penchant en avant pour l’embrasser. « Tout le monde est prêt ? »

-« Autant que l’on puisse l’être, » répondit avec un sourire crispée l’actrice en observant la maison à la dérobée. « En tout cas, ça a l’air charmant. »

-« Tout va bien se passer Martha, je vous le promets, » la rassura la brunette en posant une main sur la sienne.

-« Momma, on va voir Nana maintenant ? » s’impatienta Alexis.

-« Tout de suite ma Puce, » sourit Beckett en voyant sa grand-mère apparaitre sur le pas de sa porte. « Tiens regarde qui est sorti pour nous accueillir… »

-« Nana ! » s’écria la fillette en ouvrant la portière par-dessus son aînée et se précipitant pour sortir. « Nana ! Nana ! Nana ! »

Courant aussi vite qu’elle pouvait, l’enfant réduisit la distance qui la séparait de la femme sur le pas de la porte et se jeta dans ses bras.

-« Comme tu m’as manquée Nana ! »

-« Toi aussi ma Chérie ! Alors, tu es prête pour ce soir ? »

-« Oh oui alors ! En plus Momma elle m’a dit qu’elle avait un… Un petit cousin qui a le même âge que moi ? »

-« Katie ne t’a pas menti mais Adam n’est pas encore arrivé, » expliqua Nana en la serrant contre son cœur. « Mais rentre vite au chaud avant d’attraper froid ! »

Alexis obéit avec un sourire et pénétra dans la maison. Sans attendre, elle retira son bonnet, son écharpe et ses gants avant de s’attaquer à son manteau. Découvrant une patère, elle l’y accrocha avant de se débarrasser de ses chaussures. Cependant, avant d’entrée plus en avant, elle regarda ses pieds et fit la grimace.

-« Tu sais, tu peux nous rejoindre, » fit alors un homme en passant la tête dans l’entrée. « Je te promets qu’on ne mord pas. »

-« C’est pas ça Monsieur mais j’ai pas mes chaussons et Momma et Papa ils veulent pas que je marche pieds nus… »

-« Et ils ont parfaitement raison, » sourit l’homme. « Je suis Marc, l’oncle de Kate. Et toi, si je ne me trompe pas, tu dois être Alexis, c’est bien ça ? »

La fillette hocha vigoureusement la tête alors que Beckett entrait à son tour dans la maison les bras chargés de paquets.

-« Ma Puce, viens par là. J’ai apporté nos affaires et je vais te donner tes chaussons que tu puisses gambader à ton aise. »

-« D’accord Momma ! Tu veux que je vous aide Grams, Papa et toi avec les sacs ? »

-« Ne t’en fais pas pour nous, » sourit tendrement la jeune femme en lui tendant ses chaussons. « On n’en a pas pour longtemps et puis tu seras bien mieux au chaud ! D’autant que tu as déjà retiré ton manteau… »

-« Bonjour Kate, » intervint alors l’homme qui observait en silence la scène, profondément touché par ce qu’il voyait.

-« Bonjour Oncle Marc, » fit alors la jeune femme avec un sourire gêné tout en s’approchant de lui pour l’embrasser.

-« Katie, » sourit alors l’homme sentant le malaise de sa nièce tout en prenant son visage entre ses mains. « Ce qui s’est passé appartient au passé et l’essentiel c’est que tu sois là, avec nous aujourd’hui pour célébrer cette fête que ta mère aimait tant. »

-« Merci, » répondit la jeune femme, les yeux brillants de larmes contenus. « Je vais aller aider dehors. Tu veux bien t’occuper d’Alexis s’il te plait ? »

-« File et reviens-nous vite ! »

-« Promis ! » lança Beckett avec un sourire plein d’émotions avant de ressortir rapidement.

-« Allez, viens ma Chérie. Je vais te présenter à ma femme et à ma plus jeune fille. Tu vas voir, » lança-t-il en lui donnant une petite tape du bout de l’index sur le nez. « Mignonne comme tu es, je suis sûr qu’elles vont t’adorer ! »

La fillette glissa sa main dans celle de Marc et le suivit docilement dans le salon tout en jetant un coup d’œil à l’entrée de la maison afin de se rassurer.

-« Ne t’en fais pas, ta famille ne va pas tarder, » dit doucement la plus âgée des femmes assises dans la pièce en la voyant faire. « Je suis Amy, la femme de Marc et voici Amanda la plus jeune de nos enfants. »

-« Bonjour, moi c’est Alexis, » se présenta timidement l’enfant.

-« Enchantée, » dit Amanda en s’approchant pour se mettre à sa hauteur. « Alors comme ça c’est toi qui a rendu le sourire à ma cousine ? Tu dois être un peu magicienne… »

-« J’ai rien fait moi, » répondit la rouquine en fronçant ses sourcils. « Et puis je suis pas magicienne, c’est Momma qui sait faire des tours trop bien ! Tu sais qu’elle sait faire apparaitre des pièces derrière mes oreilles ? »

-« Vraiment ? » fit malicieusement la jeune femme en regardant son père avec affection sachant que ce tour leur avait été appris par feu leur grand-père lorsqu’elles étaient enfants.

-« Oh oui alors ! C’est magique ! Il y a rien et puis, tout d’un coup, en passant sa main dans mes cheveux derrière mon oreille elle en sort un penny ! Et après elle me dit que c’est pour mettre dans mon cochon ! »

-« Dans ton cochon ? »

-« Oui, c’est là que je cache mes sous mais chutt… Faut pas dire Papa il dit, » expliqua Alexis en mettant son index sur ses lèvres.

-« Qu’est-ce qu’il ne faut pas dire ? » intervint alors Castle depuis le pas de la porte du salon avec un tendre sourire à sa fille.

-« Papa ! » s’écria la fillette en se jetant dans ses bras au moment où un cri de surprise retentissait dans la pièce.

-« Oh mon Dieu ! C’est l’écrivain ! Tu sais Marc, celui qui écrit des polars ! C’est Richard Castle ! »


Lilou004  (15.09.2013 à 17:03)

Chapitre 37 : Une seule famille

 

-« Maman ! » râla Amanda en roulant des yeux en direction de sa mère. « Arrête ! Ca se fait pas ! »

-« Oui tante Amy, » sourit alors Beckett en enlaçant par derrière son écrivain qui tenait toujours sa fille dans ses bras. « Tu l’as bien reconnu et tu as déjà fait la connaissance de sa fille Alexis mais laisse-moi te présenter sa mère, Martha Rodgers. »

-« Mais… » souffla l’oncle de la jeune femme en fronçant les sourcils, l’air soucieux et préoccupé.

-« Marc, je t’arrête tout de suite, » intervint Nana en pénétrant dans la pièce. « J’ai moi aussi émis des réserves lorsque je les ai rencontrés mais je dois dire que Richard a su trouver les mots pour me rassurer et, si tu les observes interagir attentivement, tu comprendras que tu n’as pas de souci à te faire pour ta nièce. »

-« Momma ? »

-« Oui ma Puce ? »

-« J’ai… Euh… » fit Alexis gênée en faisant signe à la brunette d’approcher pour reprendre en chuchotant à son oreille. « J’ai besoin de faire pipi… »

-« Viens-là, » dit Beckett en éclatant de rire et tendant ses bras à la fillette. « Si vous voulez bien nous excuser… »

Une fois la jeune femme et l’enfant parties, Castle et Martha eurent l’impression de passer un test dont ils n’avaient pas la clé tant le regard de Marc les examinait sous toutes les coutures.

-« Ecoutez Monsieur Huntington, je sais que vous ne connaissez de moi que mon image publique et elle n’est pas flatteuse je le reconnais. Mais permettez-moi de vous prouver que je suis différent de cette façade. Je ne veux que le bonheur de votre nièce… »

Les deux hommes se jaugèrent un instant du regard jusqu’à ce que l’écrivain sente qu’il avait réussi à convaincre. La partie n’était pas encore totalement gagnée mais elle s’était au moins engagée dans la bonne voie.

-« Entrez voyons ! » fit alors Amy avec un sourire. « Vous n’allez pas rester debout sur le pas de la porte toute la soirée ! Quant à toi Marc, fais un peu confiance à ta nièce et à ta mère, elles les connaissent bien mieux que toi ! »

-« Mais la petite appelle Kate ‘Momma’ et cette dernière s’occupe d’elle comme si elle était sa mère… Et si… »

-« Je ne me suis pas rapprochée de Kate pour donner une mère à ma fille si c’est ce qui vous fait peur Monsieur Huntington. Alexis en a déjà une même si elle est loin d’être parfaite. »

La famille de Beckett put lire dans les yeux de Castle ce qu’il ne disait pas, cette blessure qu’il cachait au fond de lui et cela eut le mérite de conforter tout le monde sur le sérieux de ce jeune homme.

-« Bon et si vous nous racontiez comment ma cousine vous a rencontré parce que tout ça m’intrigue en fait, » sourit Amanda alors que tout le monde prenait place au salon sous l’impulsion de Nana.

-« Je vois que tu es toujours aussi curieuse Mandy, » fit alors Beckett en revenant dans la pièce. « Et si tu veux savoir, c’est une certaine petite fille intrépide qui est à l’origine de notre rencontre car elle voulait me prêter son parapluie. »

-« Bah oui mais t’étais toute mouillée et Papa il avait dit que t’allais attraper la mort ! J’pouvais pas te laisser comme ça moi ! Pas vrai Papa ? »

Tout le monde se mit à rire et Alexis les regarda en fronçant ses sourcils, ne comprenant pas ce qui se passait autour d’elle.

-« Bah quoi ? »

-« Rien ma Puce, » répondit la brunette en déposant un baiser dans ses cheveux. « Bon et sinon, ils sont où les retardataires ? Je croyais que tu voulais toujours que tout le monde soit à l’heure Nana… »

-« Oh là ! » leur parvint alors une voix masculine depuis l’entrée de la maison. « Mais on n’est pas encore en retard ! Il n’est que dix-sept heures cinquante-neuf Cousine ! »

-« Jack ! » s’exclama Beckett en se précipitant dans l’entrée pour se jeter dans les bras de son cousin. « Comme c’est bon de te revoir ! »

-« Pareil pour moi, » répondit ému le jeune homme.

-« Mon Dieu ! Adam ! » fit la jeune femme en sortant de ses bras pour regarder son petit cousin. « Comme tu as grandi ! »

-« Katie ! Ca faisait longtemps que t’étais pas venue nous rendre visite ! »

-« Je sais Bonhomme mais je n’étais pas encore prête à revenir. »

-« C’est vrai que tu as une fille de mon âge maintenant ? » demanda l’enfant alors que la jeune femme l’aidait à se débarrasser de son manteau.

-« Adam ! Qu’est-ce que je t’ai déjà dit ! » le réprimanda gentiment Jack.

-« Non laisse, sa question est légitime. Je vis en effet avec un très gentil monsieur qui s’appelle Rick, sa maman qui s’appelle Martha et sa fille qui s’appelle Alexis et qui a ton âge. »

-« Et Rick c’est ton amoureux ? » demanda innocemment le petit garçon alors que son père roulait des yeux, ayant profité du trajet pour rappeler à son fils de ne pas poser trop de questions.

-« Bah oui ! Evidemment que Papa c’est l’amoureux de Momma ! » fit alors Alexis, trop curieuse pour attendre plus longtemps dans le salon. « C’est toi Adam ? »

-« Oui, » répondit timidement l’enfant en reculant dans les jambes de son père.

-« Voyons, un grand garçon comme toi est intimidé par une nouvelle copine ? » sourit Jack en ébouriffant les cheveux de son fils avant de se tourner vers la rouquine. « Bonjour Beauté. »

-« Bonjour Monsieur ! » répondit la fillette charmeuse.

-« Et voilà l’plus beau ! » s’écria alors un nouveau jeune homme en pénétrant d’un coup dans l’entrée.

-« Ahh ! » s’écria alors Alexis apeurée en se précipitant dans les bras de Beckett avant de demander d’une petite voix. « C’est qui lui ? »

-« Ma Puce, je te présente Daniel, le dernier membre de la famille que tu ne connaissais pas encore. »

-« Hey ! Une revenante ! Comment vas-tu Cousine ? Et c’est qui cette moufflette ? »

-« Dan, ça t’arrive des fois de lire les mails qu’on t’envoie ou tu préfères bien mettre les pieds dans le plat ? » s’emporta le père d’Adam en jetant un regard noir à son frère.

-« Quoi ? Qu’est-ce que j’ai fait ? » se défendit tant bien que mal le jeune homme en faisant un pas en arrière.

-« Ca va Jack, tout va bien, » fit Beckett en posant une main sur l’avant bras de son cousin, un sourire aux lèvres.

-« Tu vas voir, » souffla alors le garçonnet à la fillette. « Oncle Daniel c’est le roi des gaffes ! Des fois, il se fait gronder mais moi je trouve que c’est trop drôle ! Tu viens, je te montre la salle de jeux ? »

-« D’accord ! » répondit Alexis avec un sourire.

-« Une minute jeune homme ! » le retint Jack. « Il me semble que tu n’as pas salué tout le monde… »

-« Oups ! »

Les deux enfants coururent dans le salon et Adam salua tout le monde puis ils disparurent en direction de la salle de jeux, laissant les adultes entre eux. Ils discutèrent de tout et de rien, faisant connaissance et se découvrant des points communs. Au bout d’un moment, Marc remarqua que sa nièce s’était mise à l’écart et observait l’interaction entre ses deux familles. Il s’approcha doucement et se posa à ses côtés sur le rebord de la fenêtre.

-« Hey, ça va toi ? »

-« Hum, » répondit la jeune femme en hochant doucement la tête.

-« Tu sais, déjà avec ta mère je savais quand ça allait pas alors essaye pas de me la faire à moi… »

-« Elle me manque… Et je ne sais pas si je me ferais un jour à son absence. »

-« Je ne vais pas te mentir Katie. Tu ne t’y feras jamais complètement mais continuer à avancer auprès de nous mais aussi et surtout auprès d’eux, » ajouta-t-il en désignant Castle et Martha. « T’aidera à vivre ta vie. Je vais te dire une chose que je ne pensais pas pouvoir te dire un jour. Après le tragique décès de Johanna, quand tu as brusquement mis un terme à tes études pour rentrer dans les forces de l’ordre, je me suis fait un sang d’encre. Tu nous évitais et je te voyais sombrer derrière tes yeux courageux, perdre cette étincelle de vie qui te caractérisait. Aujourd’hui, je la redécouvre au fond de tes yeux et je ne peux que remercier le ciel de t’avoir permis de rencontrer cette famille. Tu es épanouie et c’est ce que ma sœur, ta mère, aurait souhaité pour toi. »

-« Merci Oncle Mark, » répondit avec émotion Beckett en se blottissant dans ses bras. « Et merci de ne pas poser trop de questions même si je sais que mon métier vous fait peur mais je m’y sens bien et j’aime le faire. »

-« Et on ne t’empêchera pas de vivre cette vie qui semble te convenir ! On veut juste que tu fasses attention à toi et que tu sois heureuse, » sourit Mark en regardant vers leur famille rassemblée. « En tout cas, je crois que tu as trouvé une perle en ce jeune homme. Il est complètement différent du tableau que les médias peignent de lui. »

-« Il fait ça pour protéger sa vie privée et pour permettre à sa fille de grandir comme n’importe quelle petite fille de son âge… »

-« C’en est que plus merveilleux je trouve. Allez, file le rejoindre ! Il a l’air d’une âme en peine sans toi à ses côtés… »

Après un sourire à son oncle, Beckett rejoignit Castle qui était en grande discussion avec Jack. Elle s’installa sur l’accoudoir du canapé à côté de son écrivain qui l’enveloppa d’un bras protecteur.

-« Tout va bien ? » lui glissa-t-il à l’oreille.

-« On ne peut mieux, » répondit en souriant la jeune femme avant de l’embrasser rapidement sur les lèvres.

-« Ton bonheur fait vraiment plaisir à voir, » intervint alors Jack. « Tu sembles avoir trouvé la personne qui te convient… »

-« Et je suis sûre que tu la trouveras toi aussi ! Quelqu’un qui aimera ton fils autant que toi et qui saura vous rendre heureux. »

-« Un peu comme toi pour ton écrivain et sa fille ? »

-« La ferme Jack ! » répondit la jeune femme en rougissant furieusement.

-« Dans tous les cas Rick, merci pour la proposition pour l’école d’Adam mais tu sais, je ne voudrais vraiment pas abuser… »

-« Si je te l’ai proposé c’est que ça ne me gêne pas voyons ! On fait partie de la même famille maintenant. Je peux bien t’aider à scolariser ton fils dans un excellent établissement quand même ! Et puis ce n’est pas avec les frais d’inscription que je vais me couler financièrement ! Crois-moi ! »

-« C’est juste que je ne veux pas abuser… »

-« Tu n’abuserais pas en acceptant. Et puis ainsi nos enfants grandiraient ensemble. Ils ont le même âge et semblent bien s’entendre d’après les rires qui nous parviennent depuis la salle de jeux. Et si je te le propose, c’est que c’est vraiment de bon cœur… »

-« Mais tu crois qu’ils l’accepteraient dès la rentrée de janvier ? Ce n’est pas trop tard ? »

-« Bien sûr que non ! Nous n’avons validé l’inscription d’Alexis que ce matin. Je vais attendre le 26 pour les rappeler et leur dire qu’il y aura aussi Adam Beckett à inscrire. »

-« Merci beaucoup Rick ! » répondit Jack touché par le geste de l’écrivain.

-« Waouh ! Trop la classe ! » lança alors Daniel qui avait suivi la conversation sans rien dire. « Et à moi, tu peux me payer mes études aussi ? »

-« Dan ! » s’offusquèrent d’une même voix Beckett et son cousin.

-« Mais c’est pas possible ! Tu n’as pas pu être élevé par les mêmes parents que moi ! » continua Jack avec humeur.

-« Oh là ! Je ne disais ça que pour déconner ! » tenta de se défendre le jeune homme de dix-huit ans en tendant ses mains devant lui.

-« Pour déconner ? Tu déconnes avec des milliers de dollars toi ? »

-« Hey, » intervint alors Castle pour calmer le jeu. « L’humour peut être salvateur, j’en connais quelque chose mais, dans le contexte actuel, reconnais Daniel qu’il est quelque peu déplacé… Non ? »

-« Si, » avoua le jeune homme en rougissant. « Maman a raison, il faudrait que j’apprenne à réfléchir avant de parler. Je suis désolé Rick… »

-« Ne t’en fais pas va. Mais il faut aussi que tu comprennes quelque chose. J’ai effectivement beaucoup d’argent et, quand j’estime que donner un peu de cet argent peut vraiment faire une vraie différence dans la vie de quelqu’un, je n’hésite pas à en offrir une partie. »

-« C’est très généreux de ta part, » marmonna Dan mal à l’aise.

-« Dans le cas de ton frère, payer les frais d’inscription d’Adam à l’école signifie le soulager d’une charge financière importante pour lui qui doit déjà jongler entre ses études, son travail et l’éducation de son fils. Je sais ce que c’est d’être seul pour élever son enfant et encore, moi je n’ai pas à me soucier de mon avenir… »

-« Tu sais, » fit alors Daniel en se tournant vers son frère aîné. « Je t’admire. Je ne sais pas comment j’aurais réagi à ta place si j’étais devenu papa à dix-sept ans comme toi et qu’en plus la mère de l’enfant avait disparu de la circulation… »

-« Tu aurais fait comme moi. Et je peux t’assurer que les parents y auraient veillé. Ce n’est pas simple tous les jours mais mon fils me rend heureux. C’est mon rayon de soleil et je ne regrette rien. »

-« J’aimerais me dire que j’ai la même force que toi ou que Kate… »

-« C’est là où tu as tort Dan, » intervint alors Beckett. « Je suis persuadée que tu as cette force au fond de toi. C’est juste qu’elle n’a pas eu l’occasion de s’exprimer. Et quelque part, j’en suis heureuse car, que ce soit pour Jack ou moi, elle s’est exprimée dans la douleur… »

-« Merci Katie, » fit le jeune homme touché par les paroles de sa cousine.

Jack prit alors son frère dans ses bras et le serra contre lui. D’abord surpris, le plus jeune des deux resta les bras ballant avant de rendre son étreinte à son aîné.

-« Je sais que je te renvoie souvent dans tes quinze mètres mais je t’aime petit frère, » murmura Jack à l’oreille de Daniel afin que lui seul entende ce qu’il avait à lui dire. « Et je suis fier de toi. Tu seras un grand avocat, j’en suis persuadé. »

-« Merci, » répondit le jeune homme ému.

-« Essaye juste de rester un peu plus connecté à ta famille et ce sera parfait. Je me doute que l’université, pour toi, c’est génial. C’est synonyme de liberté et de nouvelles expériences mais ça ne dure qu’un temps. Alors que la famille, c’est pour toute la vie. »

-« Bon, les jeunes, » fit alors Nana en se levant. « C’est pas le tout mais, si on veut diner, il faudrait peut-être que vous mettiez la table ! Hop ! Hop ! Hop ! »

Tout le monde s’exécuta dans la joie et la bonne humeur et, une demi-heure plus tard, ils passèrent à table. Castle remarqua immédiatement le triste regard de sa belle qui s’arrêta un instant sur le couvert désespérément vide de Jim Beckett mais préféra ne rien dire. Il se contenta de poser sa main sur la cuisse de la jeune femme pour lui rappeler qu’elle n’était pas seule… D’un sourire, la jeune femme lui fit comprendre que ça allait et se pencha pour l‘embrasser doucement.

-« Oh ! Les amoureux ! Vous êtes gentils mais on est à table ! » fit Jack d’une fausse voix mal à l’aise. « Y’en a qui aimerait bien manger ! »

Le rire cristallin d’Alexis s’éleva alors et tous les regards se tournèrent vers elle.

-« Tu sais oncle Jack, Momma et Papa ils font ça tout le temps ! Va falloir t’y habituer ! » fit la fillette en guise d’explication. « Pas vrai Grams ? »

-« Ca c’est sûr ! » sourit l’aînée des rouquines faisant rougir furieusement le jeune couple.

Le reste du repas se passa dans la joie et la bonne humeur puis vint l’heure d’aller à la messe. Tout le monde se prépara donc et quitta la maison de Nana le cœur léger en cette nuit de Noël.


Lilou004  (22.09.2013 à 19:51)

Chapitre 38 : Je t’aime

 

Dans l’église, la famille s’installa sur un banc proche de l’autel comme Nana avait l’habitude et c’est naturellement que Castle prit place à côté de Beckett alors que la fillette s’assit sur les genoux de la jeune femme. Nana ne put s’empêcher de sourire en voyant sa petite fille glisser sa main libre dans celle de son ami, entrelaçant leurs doigts. A la fin de l’office, alors que l’ensemble de la famille reprenait la route de la maison de l’aînée des Huntington, Alexis babillait joyeusement entre ses ‘parents’ sur ce que le Père Noël pouvait bien lui avoir apporté.

-« Katie, me ferais-tu l’honneur de faire un bout de chemin avec moi ? »

-« Bien sûr Nana, » répondit la jeune femme en s’approchant de sa grand-mère et lui présentant son bras auquel son aînée s’accrocha.

Les deux femmes reprirent leur chemin tranquillement, laissant le reste de la famille les distancer légèrement. Nana observait sa petite fille avec un fin sourire.

-« Tu sais que tu ressembles énormément à ta mère… » dit-elle soudain en brisant le silence qui s’était installé.

-« Vraiment ? »

-« Oui ! Tu es aussi têtue qu’elle ! »

-« Nana ! » grogna Beckett en roulant des yeux.

-« Ca aussi elle savait le faire, » sourit la grand-mère de la jeune fille. « Et si ma Johanna avait été là, elle te l’aurait dit elle-même mais… La vie en a malheureusement décidé autrement. »

-« Elle me manque tu sais… J’aimerai pouvoir aborder avec elle tout ce qui me préoccupe. Comme avant… »

-« Elle approuverait tu sais. »

-« Approuver quoi ? » fit la jeune femme comme si elle n’avait pas compris ce que sa grand-mère essayait de lui dire.

-« Eux, » sourit Nana en montrant d’un signe de tête Castle, Alexis et Martha à quelques mètres devant elles. « Ta mère aurait approuvé ta relation avec Rick. C’est un homme bon pour toi. Sa famille est juste adorable et surtout elle est résolue à t’accueillir en son sein sans pour autant te couper de tes racines… Et la manière dont Rick te regarde… On a l’impression que tu es l’une des choses les plus précieuses pour lui ! Il te regarde avec ce petit quelque chose qu’on retrouve dans ses yeux lorsqu’il regarde sa fille ou sa mère… Comme ton père regardait ta mère aussi… »

Le silence se fit à nouveau et Elizabeth laissa à sa petite fille le temps d’enregistrer ce qu’elle venait de lui dire. Après plusieurs minutes, elle s’arrêta et la força à lui faire face.

-« Ne fuis pas tes sentiments Katie. Tu l’aimes autant que lui t’aime et tu le sais. N’aie pas peur de l’avenir et vis ta vie. C’est ce que ta mère souhaitait par-dessus tout. Que tu vives ta vie et que tu sois heureuse. »

-« Mais… »

-« Non Kate, écoute-moi jusqu’au bout s’il te plait. Tu le regardes de la même manière que ta mère regardait ton père ou que je regardais ton grand-père. Ton cœur bat pour lui et tu aimes sa fille comme si elle était la tienne. Ne laisse pas le meurtre de ta mère régir ta vie au point de mettre ton bonheur entre parenthèses… Je suis sûre qu’un jour, on trouvera celui qui nous a si tragiquement enlevé Johanna mais je ne veux pas que ce jour-là tu te dises ‘si seulement’. Vis ta vie et rends chaque jour hommage à celle trop courte de ta mère en étant heureuse. »

-« Et si je me trompais ? Et si je n’étais pas prête ? » demanda la jeune femme incertaine. « Je n’ai que vingt ans Nana ! Comment peut-on être sûre à vingt ans ? »

-« Ecoute ton cœur, lui saura te guider là où il faut. Et sache que l’âge n’a rien à voir avec tout ça. Lorsque j’ai rencontré ton grand-père, je n’avais que dix-sept ans mais j’ai su au premier regard que ce serait lui… Il semblerait juste que, comme ta mère, tu aies hérité des doutes de ton grand-père ! »

-« Pourquoi tu dis ça ? »

-« Parce que ta mère a fait tourner en bourrique ton père pendant trois longues années tout comme ton grand-père m’a fait patienter près de deux ans ! Ne commets pas la même erreur qu’eux. La vie est trop courte… »

Consciente d’avoir pas mal bousculé sa petite-fille, Nana laissa le silence s’installer et reprit le chemin de son domicile au bras de Beckett. Cette dernière était plongée dans ses pensées, les paroles de sa grand-mère tournant en boucle dans l’esprit de la jeune femme. Elle repensa à ce jour avec sa mère alors qu’elle ne devait pas être plus âgée qu’Alexis aujourd’hui. Malade, elle était restée à la maison et mère et fille étaient installées sur le canapé, un plaid en tricot de patchwork sur les genoux, devant Temptation Lane.

« Maman ? »

-« Oui ma Chérie, » sourit Johanna en caressant doucement les cheveux de sa fille.

-« Comment tu as su que Papa c’était ton amoureux pour toujours ? »

-« Je l’ai su là, tout au fond de mon cœur, » répondit rêveusement la jeune femme en posant sa main libre sur son cœur. « Mais au départ, ma tête refusait de laisser mon cœur parler. Et ton Papa a dû être très patient et persévérant pour… »

-« Ca veut dire quoi ‘persévérant’ ? » coupa la fillette en fronçant les sourcils.

-« Ca veut dire qu’il a dû essayer encore et encore et encore ! Un peu comme toi et le tricot… »

-« Pfff ! C’est trop nul le tricot ! Pourquoi Nana dit que c’est important de savoir ? Si on veut une écharpe, on n’a qu’à aller au magasin ! »

-« On en reparlera plus tard… Tu verras qu’un jour ça te servira ! »

Aujourd’hui Beckett savait pourquoi le tricot était si important. En effet, à chacune de ses peines d’adolescente, sa mère et elle avaient tricoté des carrés laines de toutes les couleurs pour en faire une immense couverture qui prenait toute son importance dans la vie de la jeune femme depuis la disparition tragique de sa mère. Mais, ce jour-là, du haut de ses cinq ans, elle n’avait pu que rouler des yeux à l’affirmation selon laquelle le tricot lui servirait un jour. Un sourire nostalgique étira alors ses lèvres, sourire que Nana ne manqua pas de remarquer.

-« Mais tu as quand même fini par écouter ton cœur ? »

-« Evidemment ! Sinon tu ne serais pas là à me poser toutes ces questions ma Chérie ! » répondit avec malice Johanna.

-« Mais alors… Il a fait comment Papa pour que t’écoutes enfin ton cœur et plus ta tête ? »

-« En fait, un jour, à force d’attention et de petits gestes, la place que ton père avait prise dans mon cœur s’est mise à gonfler, gonfler ! Elle devenait chaque jour un peu plus grande et il m’était de plus en plus difficile de ne pas la voir, de ne pas l’écouter… En plus, tu sais combien Nana est douée pour deviner les secrets ? »

-« Oh oui alors ! On peut jamais rien lui cacher à Nana ! »

-« Et bien elle a deviné ce que mon cœur me disait alors que ma tête essayait encore de le contenir. Alors elle est venue me parler pour me dire que la vie était courte, qu’il fallait que j’écoute mon cœur… »

-« Nana, elle dit toujours qu’il faut écouter son cœur ! » confirma la fillette.

-« Et elle a raison ma Chérie. Suivre mon cœur est toujours ce qui m’a rendu la plus heureuse. Si je ne l’avais pas écouté, je me serais plongée dans le travail et uniquement le travail. Je serais alors passée à côté de ton père sans le voir… Aujourd’hui je n’imagine pas ma vie sans toi et ton Papa, vous êtes les deux êtres les plus importants pour moi… »

-« Tu crois que moi aussi je rencontrerai un garçon comme Papa ? »

-« Bien sûr Katie ! Pour toutes les femmes, il y a un homme quelque part sur Terre. Des fois, on a de la chance et il est juste à côté de nous mais d’autres fois il faut le chercher un petit peu plus loin… Dans tous les cas, ce n’est pas grave. L’essentiel est de le rencontrer et surtout de le reconnaitre, d’accepter d’écouter son cœur au moment opportun… Car il faut aussi que je te dise quelque chose sur le futur homme de ta vie, il arrivera toujours au moment où tu ne l’attendras pas, au moment où ta vie sera chamboulée et compliquée mais il y aura aussi toujours quelqu’un pour te guider dans la bonne direction. »

-« Comme Nana pour toi ? »

-« Oui, comme Nana pour moi. Tu as parfaitement raison. »

-« Alors c’est toi qui me guideras comme Nana t’a guidée ? » demanda la fillette avec bonheur.

-« Moi ou quelqu’un d’autre. Ce qui compte c’est que toi ma Chérie, tu saches écouter et entendre cette personne. Ton avenir en dépendra. »

Des larmes perlèrent aux yeux de Kate et l’une d’elles s’échappa pour courir sur sa joue. Levant les yeux au ciel, elle sourit avec émotion et tendresse.

-« Tu avais raison Maman et tu sais le plus beau ? Comme pour toi, c’est Nana qui a été mon guide… Mais au fond tu dois déjà le savoir puisque tu veilles sur nous de là où tu es… » marmonna tout bas Beckett.

-« Que dis-tu Katie Bug ? » s’enquit la vieille femme.

-« Oh rien Nana, je parlais à mon cœur, » sourit la jeune femme avant de déposer un tendre baiser sur la joue de sa grand-mère. « Merci d’avoir guidé Maman quand il a fallu et d’avoir su trouver les mots pour me guider à mon tour. »

-« Je suis là pour ça, pour veiller au bien-être et au bonheur de ma famille, » sourit la vieille femme alors qu’elles pénétraient dans le jardin. « Allez, file rejoindre ton homme et sa fille ! Je suis sûre que la petite attend ton bisou du soir comme tu attendais celui de ta mère au même âge quand ton père te couchait. »

-« Bonne nuit Nana ! Et encore merci pour tout ! » sourit la jeune femme en l’embrassant avec affection avant de rejoindre la maison au pas de course.

Elle se dirigea vers la salle de jeux où les enfants avaient été installés sur des lits de fortune. Jack avait mis son fils au lit et l’embrassait tendrement en lui rappelant à quel point il l’aimait.

-« Et si tu as le moindre problème, tu te souviens où je dors avec oncle Dan ? »

-« Oui Papa. Ne t’en fais pas, je connais la maison de Nana. Et si Alexis elle a un problème, je peux l’aider aussi. »

-« Je suis fier de toi mon fils, » fit avec émotion Jack en embrassant une seconde fois le front de son garçon et vérifiant que ses couvertures l’enveloppaient bien.

-« Katie ? » appela alors Adam. « Pourquoi ta fille elle appelle Papa Oncle Jack et moi je t’appelle juste Katie ? »

-« Je ne sais pas mon grand… C’est comme ça, » répondit à court de mot la brunette en regardant son cousin.

-« Bah moi je préfèrerai vous appeler tante Katie et oncle Rick… Comme pour oncle Dan et tante Mandy, » expliqua le garçon en rougissant.

-« Momma, il fallait que je demande l’autorisation pour appeler Jack ‘oncle Jack’ ? » demanda alors Alexis d’une petite voix pensant avoir fait une bêtise.

-« Bien sûr que non ma Puce, » sourit Beckett en passant sa main dans les cheveux de la fillette avant de la prendre dans ses bras sentant son malaise. « C’est sorti de ton cœur et je trouve ça magnifique. Tout comme je trouve la question d’Adam légitime. Personnellement, je ne vois pas pourquoi je l’en empêcherais. Je serais même honorée de recevoir ce titre tout comme le jour où tu m’as appelée ‘Momma’ pour la toute première fois. »

-« Katie a raison, » sourit Jack en regardant son fils. « Je trouve même que c’est une excellente idée et puis, ce sera d’autant plus simple qu’à la rentrée de janvier, tu seras dans la même école que ta cousine ! »

-« Vraiment ? » s’exclamèrent d’une même voix ravie les deux enfants.

-« Joyeux Noël ! »

Une demi-heure plus tard, Beckett et Castle se retrouvaient dans la chambre qui avait été celle de Johanna enfant et dans laquelle la jeune femme n’avait pas remis les pieds depuis son décès.

-« Ca va aller ? » s’enquit le jeune homme en la prenant dans ses bras par derrière.

-« Oui… Ca fait juste drôle d’être là sans elle… Il y a un an, elle était là, à rire avec nous et maintenant je suis toute seule… Même Papa n’est pas là… »

-« Tu veux que je te laisse un petit moment seule ? »

-« Non Rick, je t’en prie, reste, » répondit la jeune femme en se blottissant un peu plus dans ses bras. « Nana a raison tu sais… »

-« A propos de quoi ? » fit Castle plein de curiosité.

-« Tu es bon pour moi… Tu parviens à apaiser mes craintes et à me faire entrevoir un futur que je pensais ne plus jamais pouvoir vivre. Si tu savais la place que tu as pris dans ma vie, dans mon cœur… »

-« Tu as pris exactement la même place dans mon cœur Kate. Et je peux même avancer que tu as également pris une place équivalente dans celui d’Alexis… »

-« Et des fois ça me terrifie, » avoua Beckett en se retournant pour lui faire face. « Mais d’un autre côté, ça me rassure aussi. »

Castle se pencha alors et vola un tendre baiser à la jeune femme qui ne tarda pas à l’approfondir. Les minutes s’égrainèrent et leurs mains s’étaient faufilées sous leurs vêtements pour caresser directement la peau de l’être aimé. Soudain Beckett sembla reprendre conscience de la situation et s’éloigna à contrecœur de son partenaire qui grogna son mécontentement.

-« Pas ici Rick… On ne peut pas… »

-« Mais si on est discret ? » tenta le jeune homme plein d’espoir.

-« Là n’est pas le principal problème, » sourit la jeune femme. « Dans quelques heures, moins de cinq je dirais, une petite tornade rousse va venir nous secouer pour aller ouvrir les cadeaux que le Père Noël lui a apporté de beau… »

-« On dormira mieux la nuit prochaine, » fit valoir l’écrivain malicieusement en reprenant quelques caresses qu’il savait irrésistibles pour sa moitié.

-« Alors avant toutes choses, j’aimerai t’offrir l’un de tes cadeaux ici, dans l’intimité de notre chambre… »

-« Mais je n’ai rien pour toi Kate, » paniqua Castle.

-« Tu m’as déjà offert tant de choses Rick que je n’ai besoin de rien, » affirma la jeune femme en caressant les contours du visage de l’homme qui faisait battre son cœur. « Nana m’a rappelé ce soir une conversation que j’avais eu enfant avec Maman et ça m’a permis d’ouvrir les yeux, de réaliser quelque chose d’important… »

-« Et qu’est-ce donc ? » demanda l’écrivain en la voyant se mordiller la lèvre de nervosité.

-« Tout simplement à quel point je t’aime et que te le dire était aussi important que te le montrer, » souffla avec une immense émotion la brunette sans le quitter du regard.

-« J’aurai pu vivre une vie sans que tu ne prononces ces mots mais je me rends compte aujourd’hui à quel point mon cœur les attendait malgré tout. Je t’aime tellement Kate ! »

-« Et moi aussi Rick. Je t’aime ! Je t’aime ! Je t’aime ! » s’enthousiasma Beckett alors que Castle la faisait tournoyer autour de lui. « Je n’en reviens pas comme il est facile de prononcer ces mots quand ils correspondent exactement à ce que le cœur ressent ! »

Cette nuit-là, malgré tous les motifs que la jeune femme avait énuméré plus tôt, le couple célébra avec enthousiasme son amour l’un pour l’autre tout en contenant leurs ardeurs vocales. Ce n’est que passées deux heures et demie du matin, qu’ils finirent par s’endormir confortablement installés dans les bras de l’être aimé, leurs pyjamas sagement remis en place et un sourire satisfait affiché sur leurs visages. Même s’ils étaient conscients que leur repos allait être très limité, rien ne pouvait entacher leur bonheur d’aimer et d’avoir la certitude d’être aimé en retour.


Lilou004  (28.09.2013 à 21:30)

Chapitre 39 : Noël, ensemble ?

 

-« Papa ! Momma ! Réveillez-vous ! » s’exclama Alexis en sautant sur le lit de ses parents avec enthousiasme. « C’est Noël et le Père Noël est passé ! Vite ! Réveillez-vous ! Il y a plein de cadeaux et j’ai même vu mon nom sur quelques uns ! »

-« Moins fort Pumpkin, » grogna Castle en plaquant sa fille sur le lit entre Beckett et lui. « Et il me semble que nous vous avions demandé d’être sage ce matin Adam et toi. Je me trompe ? »

-« Mais Papa, on a été sage ! Ca fait très très longtemps qu’on est réveillé et on a même pas touché aux paquets ! » expliqua la fillette en insistant sur les ‘très’ comme pour signifier l’exploit que cela représentait. « Et Adam il a dit que son papa lui avait fait promettre d’attendre jusqu’à ce que la petite aiguille soit sur le chiffre cinq ou après ! 

-« Et la petite aiguille est sur quel chiffre ? » s’enquit la brunette avec un sourire indulgent en direction de la rouquine en se souvenant de sa propre enfance et de sa propre impatience à ouvrir ses cadeaux même si elle ne croyait plus au Père-Noël depuis l’âge de trois ans.

-« On a voulu être très gentil pour que le Père-Noël il s’en souvienne pour l’année prochaine et on a attendu bien plus longtemps que promis à Oncle Jack ! La petite aiguille est sur le six et la grande aiguille, elle est presque sur le trois ! »

-« Vous êtes des anges ! » sourit la jeune femme en embrassant la fillette. « Et si tu allais réveiller Grand-Mère et Nana avec Adam maintenant ? Papa et moi vous rejoignons dans le salon dans quelques minutes… »

-« D’accord Momma ! A tout de suite ! » lança la fillette avant d’ajouter en descendant du lit. « Mais vous faites vite hein ! »

Alexis partit aussi rapidement qu’elle était arrivée et Castle ne perdit pas une seule seconde pour reprendre Beckett dans ses bras.

-« Désolé pour ce réveil en fanfare… » marmonna l’écrivain en étouffant un bâillement.

-« Tu ne vas pas t’excuser à chaque fois que ta fille décidera de jouer les réveils matins ! Je t’aime comme tu es et c’est la même chose pour ta fille : je l’aime comme elle est, ni plus ni moins. C’est une magnifique enfant intrépide et c’est tant mieux ! Elle est pleine de vie. »

-« Wow ! Tu deviens sacrément douée avec les mots, » sourit le jeune homme en la serrant un peu plus contre lui.

-« Ce doit être la proximité quotidienne d’un certain auteur de talent… » minauda la jeune femme avec un fin sourire. « Tu as bien dormi ? »

-« Assez peu mais merveilleusement bien ! J’ai fait un rêve merveilleux ! La femme que j’aime m’y déclarait son amour pour moi… »

-« Si c’était un rêve alors j’ai fait le même Rick. Je t’aime, » déclara à nouveau Beckett sûre d’elle avant d’embrasser son partenaire.

-« Moi aussi je t’aime Kate, » répondit Castle au moment où leurs lèvres se séparaient, l’air leur manquant. « Mais nous ferions mieux de nous lever rapidement avant que le sommeil ne nous rattrape à nouveau… »

-« Tu as raison, » répondit la jeune femme en sortant rapidement du lit pour se diriger vers le sac contenant leurs affaires.

Elle enfila un pull, en tendit un à son partenaire et prit celui d’Alexis puis ensemble, main dans la main, ils rejoignirent le salon et le sapin illuminé devant lequel reposait une montagne de cadeaux de toutes tailles et de toutes couleurs.

-« C’est magnifique ! » souffla Castle heureux d’avoir pensé à prendre son appareil-photos. « Alors ? Quelle est la tradition pour ce matin ? »

-« Adam et Alexis vont s’atteler à distribuer les présents à tout le monde. Ceux des absents seront mis de côtés et, une fois que chacun aura à ses pieds tout ce qui lui revient, on se mettra à ouvrir les cadeaux. »

-« Tu es en train de me dire qu’il va falloir attendre encore pour découvrir ce que le Père-Noël nous a apporté ? » bougonna l’écrivain en faisant une tête d’enfant puni. « Mais c’est terrible ! Ca fait un an qu’on attend patiemment ! »

-« Justement, tu n’es plus à une minute près, non ? »

-« Si tu le dis… » répondit Castle avec un air enfantin triste et étouffant un bâillement.

-« Je vois que certain ne se sont pas couché de bonnes heures, » taquina gentiment Daniel en pénétrant dans la pièce en même temps que Jack et Amanda.

-« Tais-toi ! » le réprimanda sa sœur en roulant des yeux. « On en reparlera le jour où tu amèneras ta futur femme pour passer les fêtes de fin d’années chez Nana ! »

-« Comme si, après la journée d’hier, ils avaient pu faire quoi que ce soit ! Vous avez vu comme nous étions tous épuisés en rentrant hier soir de la messe ? »

-« Et si vous arrêtiez tous de parler qu’on puisse ouvrir les cadeaux, » dit Adam d’une voix forte en soupirant, faisant se retourner l’ensemble des cousins vers lui, Alexis, Martha et Nana.

-« Je pense qu’Adam a raison, » sourit Nana en adressant un sourire à sa petite-fille et à celui qui serait un jour prochain, elle n’en avait aucun doute, son mari. « Et si nous nous installions comme d’habitude ? Martha, venez-vous assoir à mes côtés. Cette place est désespérément vide depuis le décès de mon époux. »

-« Avec plaisir, » répondit l’actrice en saluant ses enfants d’un signe de la main.

Plusieurs photos traditionnelles furent prises de l’arbre puis des enfants devant l’arbre et la distribution commença dans la joie et la bonne humeur. Au fur et à mesure que les paquets disparaissaient, Beckett ne pouvait s’empêcher de regarder la pile grandissante pour son père toujours absent. Elle espérait de tout son cœur qu’il se montrerait pour le déjeuner car son inquiétude ne cessait de grandir. C’est alors qu’elle sentit une petite main se poser sur sa cuisse.

-« Oui ma Puce ? »

-« Je le mets où ce cadeau ? Il est pour Maman… »

Un silence imposant se fit et la jeune femme eut l’impression que tout le monde pouvait entendre son cœur battre à une allure folle. Elle réalisa un peu tard que, lorsqu’ils avaient chargé le coffre de la voiture avec les cadeaux du Père-Noël et les cadeaux ‘entre nous’, ils avaient oublié de retirer ceux de Meredith pour les installer au pied du sapin du loft !

-« Et si tu les mettais en pile à côté des cadeaux pour Jim, le père de Kate, » proposa Nana sentant le malaise de sa petite-fille et de son petit-ami.

-« D’accord ! Mais je me demande comment le Père-Noël il a su qu’on serait là pour mettre les cadeaux de Maman aussi… »

-« Tu sais Pumpkin, le Père-Noël est un peu magicien. Quand il a vu qu’on était tous là et qu’il n’y avait personne au loft, il a dû se dire que ce serait plus simple pour nous de déposer chez Nana les cadeaux New-Yorkais de Maman. »

-« Ah oui ! Tu as raison. Il est fort quand même le Père-Noël ! » approuva la rouquine avant de reprendre la distribution des cadeaux, satisfaite de l’explication de son père.

Rapidement, il fut enfin l’heure de passer à la découverte et des bruits de papier déchiré se firent entendre de tous les côtés dans la pièce.

-« Oh mon Dieu ! » s’exclama soudain Beckett en découvrant un magnifique collier long et fin avant de se tourner vers son petit-ami.

-« Je me suis dit que, comme ça, tu pourrais porter au quotidien la bague qui te vient de ta mère… Je vois bien à quel point elle est importante pour toi et je sais que tu as peur de la perdre parce que l’attache de ton collier actuel est cassée alors… »

-« Oh Rick ! » s’exclama la jeune femme en se jetant dans ses bras, les larmes aux yeux et l’émotion dans la voix. « Si tu savais comme je t’aime ! »

-« Ce n’est pas grand-chose tu sais… » fit l’écrivain humblement en s’écartant légèrement pour effleurer sa nuque du doigt. « Tu permets ? »

-« Avec plaisir. »

Toute la famille regarda avec une immense émotion Castle retirer avec douceur la chaine abimée du cou de la brunette, récupérer la bague de Johanna pour la glisser sur la toute nouvelle chaine qu’il remit autour du cou de Beckett.

-« Voilà, comme ça tu ne risques plus de perdre ce précieux souvenir de ta mère trop tôt disparue quand tu cours après un suspect… »

-« Merci Rick, » répondit dans un souffle la jeune femme avant de fondre sur ses lèvres pour un baiser passionné qui les laissa tous les deux à bout de souffle.

-« Quand je te disais que Rick est exactement ce dont notre Katie a besoin et que ta sœur approuverait si elle était encore parmi nous, » chuchota Nana à l’oreille de son fils.

-« Tu as raison Maman. Rick est vraiment quelqu’un de généreux. Il est tellement différent de son personnage public que ça en est impressionnant ! »

La matinée avançait dans l’esprit familial et bon enfant de Noël. Cependant, peu de temps après le déjeuner, Castle remarqua que Beckett s’était à nouveau mise à l’écart. Elle semblait soucieuse, encore plus préoccupée qu’au petit déjeuner. ! Il s’avança doucement et se posa contre le rebord de la fenêtre, juste à côté d’elle mais sans pour autant la toucher de peur qu’elle le repousse.

-« Hey… »

-« Hey, » dit la jeune femme en jouant avec son collier.

-« Ca va ? »

-« Bof, » avoua la brunette en se tournant pour lui faire face et qu’ainsi il puisse voir ses yeux, le miroir de son âme comme il disait avec ses mots d’écrivain.

-« Ton père ? » osa poursuivre Castle.

Tant qu’elle répondait, il se disait qu’il ne dépassait pas les bornes et ne l’envahissait pas trop.

-« Tu crois qu’il lui est arrivé quelque chose ? Tu crois qu’il… Qu’il a replongé ? » finit par demander Beckett les larmes aux yeux.

-« Tu as essayé de le joindre ? » demanda l’écrivain pour confirmation car il l’avait vu s’éclipser trois fois depuis le début de la journée.

-« Oui mais il ne répond pas. J’ai fini par lui laisser un message pour lui souhaiter un joyeux Noël et pour lui dire que j’espérais qu’il n’était pas seul en cette première fête de fin d’année sans Maman… »

-« Tu lui as dit les bons mots, » la rassura le jeune homme en lui caressant la joue du bout de son index.

-« J’ai tellement peur d’avoir espéré pour rien Castle, » avoua la jeune femme en se blottissant dans les bras de son partenaire entre autre pour cacher ses larmes à sa famille et ne pas inquiéter les enfants. « Je veux tellement retrouver cet homme qu’il était avant et dont j’étais si fière… »

-« Laisse-lui un peu de temps… Il reviendra. »

-« Comment tu peux en être si sûr alors qu’il n’a même pas prévenu pour dire qu’il ne venait pas, alors qu’il ne répond pas à mes appels, alors qu’il est sûrement en train de cuver son alcool dans son coin ? »

-« Parce que, quand je lui ai parlé, j’ai vu un père qui voulait se reconstruire pas seulement pour lui mais aussi pour sa fille et en mémoire de sa femme. »

-« Oh Rick… Pourquoi a-t-il fallu qu’il me fasse ça maintenant ? C’est le premier Noël sans Maman et, à cause de lui, je le passe aussi sans mon père ! »

-« Je comprends que tu lui en veuilles ma Chérie mais il n’est peut-être pas aussi fort que toi. Il a peut-être l’impression d’être seul face à son deuil alors que tu es entourée par tout un tas de gens : ta famille et ma famille entre autre… »

-« Il me manque tellement tu sais… » soupira la jeune femme en se tournant vers le sapin. « Tu vois l’étoile là, sur le manteau de la cheminée ? »

-« Oui… Pourquoi n’est-elle pas en haut du sapin d’ailleurs ? »

-« Tout simplement parce que la tradition veut que ce soit Papa, Maman et moi qui l’accrochions… Chaque enfant de la famille a un symbole qu’il accroche à l’arbre avec ses parents depuis qu’il est petit. Jack, c’est le bougeoir avec sa bougie à l’ancienne dessus. Mandy c’est le Père-Noël et Dan c’est le Bonhomme de Neige. Quand Adam est né, Nana lui a offert un petit bonhomme en Pain d’Epice et elle vient d’offrir à Alexis un Flocon de Neige… La tradition se poursuit… »

-« Alors c’était ça la signification de la photo que Nana a prise quand j’ai porté Alexis pour qu’elle le mette dans le sapin ? »

-« Tu as tout compris. A chaque Noël où Alexis sera présente, son Flocon sera sorti. »

-« Tout comme Nana t’a sorti ton étoile… »

-« Oui… »

-« Mais pourquoi ne l’as-tu pas accrochée au sapin ? » demanda l’écrivain un peu perdu et trouvant cette tradition magnifique.

-« Toute seule, je ne me suis pas sentie la force de le faire… » avoua la jeune femme les larmes aux yeux.

-« Mais tu n’es pas seule Kate ! Regarde, » dit Castle en l’attirant par la main vers le manteau de la cheminée et faisant signe à Alexis de s’approcher. « On est là nous. Même si on ne pourra jamais remplacer tes parents, nous sommes ta famille. Pumpkin, tu veux bien donner à Kate son étoile qu’elle puisse enfin l’accrocher en haut du sapin ? »

Avec enthousiasme et joie, la fillette s’exécuta et tendit le précieux ornement de verre à Beckett avec une grande solennité.

-« Tiens Momma. Il faut le mettre le plus haut possible parce que Nana elle dit que c’est l’étoile qui a guidé les Bergers et les Rois Mages. Si tu la mets bien haut dans l’arbre, peut-être qu’elle réussira à guider ton Papa à toi aussi jusqu’ici, » fit Alexis ayant bien compris la tristesse de son aînée.

-« Merci ma Puce, » répondit Beckett en se mettant à genoux pour recevoir son ornement des mains de celle qu’elle considérait comme sa propre fille.

-« Je t’aime très très fort Momma, » fit la fillette en se blottissant dans les bras de Beckett avant de lui souffler à l’oreille pour qu’elle seule l’entende. « Tu sais, peut-être que ton Papa c’est comme ce que tu m’as expliqué avec ma Maman. Il t’aime à sa manière… Mais tu nous as nous : Papa, Grams, Nana, moi et aussi tous tes cousins et Adam et Marc et Amy aussi ! Comme moi je t’ai toi… »

-« Merci Alexis, » souffla la brunette alors qu’une larme s’échappait pour couler sur sa joue. « Moi aussi je t’aime très très fort ma Puce. »

En se relevant, elle garda la rouquine dans ses bras et se cala dans les bras de Castle pour puiser en lui la force qui lui manquait. C’est tous les trois ensembles qu’ils accrochèrent l’étoile à sa place, tout en haut de la plus haute branche du sapin.

-« Voilà ! Comme ça ton Papa il sera guidé vers toi, » affirma Alexis en faisant un bisou sonore à celle qu’elle aimait comme une mère.

La scène n’avait pas échappé à Nana qui prit une photo pour immortaliser l’instant. La fin de la matinée se passa sans plus aucun incident et l’esprit de Noël reprit ses droits dans la maison de Nana. Tout le monde s’installa autour de la table familiale pour partager tous ensembles un véritable festin. Beckett prenait sur elle afin de ne pas laisser paraitre son malaise face aux deux places vides qui matérialisait clairement l’absence de ses parents. Cependant Castle avait appris à la connaître maintenant sous ses plus sombres aspects. Il avait donc pleinement conscience du mur qu’elle avait érigé entre elle et sa famille afin de les préserver de sa souffrance. Sans un mot ni un regard, il posa délicatement sa main sur sa cuisse sous la table et ne la lâcha plus du reste de la journée. Ainsi la jeune femme pouvait se reposer à tout instant sur lui en cas de besoin.

L’après-midi se passa calmement. Les deux plus jeunes ‘cousins’ découvraient leurs nouveaux jeux dans la salle qui était réservés aux enfants chez Nana tandis que les adultes discutaient de tout et de rien. Pour le plus grand bonheur des personnes présentes autour de la table basse du salon, Beckett s’assit au creux des genoux en tailleur de Castle et se laissa complètement aller contre lui. Elle semblait enfin se détendre un peu. Tout le monde riait, racontant anecdotes sur anecdotes. Personne n’y échappa, des espiègleries de Dan à celles de Castle en passant par Marc à leur âge.

En début de soirée, Jack et le jeune couple couchèrent leurs enfants qui, après une très courte nuit et une journée chargée d’émotions sans la moindre sieste, s’endormirent sitôt leurs têtes posées sur l’oreiller. Les jeunes adultes ne tardèrent pas à les suivre un à un pour un sommeil bien mérité. Dan et Mandy étaient déjà couchés depuis quelques temps quand Beckett et son écrivain se levèrent à leur tour.

-« Bonne nuit Nana et encore merci pour tout, » murmura la brunette à l’oreille de sa grand-mère une fois que Castle était monté.

-« Merci à toi d’être venue et de nous avoir permis de rencontrer l’autre moitié de ta famille. Ce sont des gens bien et ils te rendent heureuse. C’est tout ce que nous voulions pour toi. C’est aussi ce que ta mère aurait voulu, » dit Nana en serrant sa petite fille contre son cœur avant de poursuivre en éclatant d’un rire cristallin avec un clin d’œil bien senti à l’attention de celle qu’elle chérissait tant. « Allez, file le rejoindre pour te reposer. Vous en avez tous les deux grandement besoin ! Ce matin ton Rick et toi m’avez rappelé tes parents il y a quelques années mais ne t’en fais pas. Je garderai ton secret comme j’ai gardé celui de ta mère… »

-« Merci Grand-Mère ! Pour tout ! » s’exclama Beckett rougissante en courant rejoindre Castle dans la chambre de sa mère.

Ce soir-là, une fois Jack monté à son tour, seuls restèrent à veiller Nana, Martha, Marc et Amy. Tout en discutant, ils finirent de ranger la maison avant de préparer leur dernier petit-déjeuner festif. Il était prêt de minuit lorsque toutes les lumières de la maison furent enfin éteintes à l’exception de la veilleuse près de la porte.

-« Qu’est-ce donc ? » avait demandé Martha à Nana sur le chemin de sa chambre.

-« Une lumière d’espoir pour Jim… Je l’ai allumée le soir où j’ai appris son état actuel et elle restera allumée ici tant que ce dernier n’aura pas retrouvé le chemin de la vie. Bonne nuit Martha et surtout reposez-vous bien. »

-« Vous aussi Nana, vous aussi. A demain matin ou devrais-je plutôt dire à tout à l’heure, » sourit l’actrice avant de disparaître pour la nuit.


Lilou004  (30.09.2013 à 15:48)

Chapitre 40 : Mais c’est mon père !

 

Ce n’est qu’en fin de matinée, après un dernier moment en famille, que les Castle et Beckett rentrèrent au loft chargés de nouveaux souvenirs et de nouvelles traditions. Une fois que chacun eut rangé les présents qu’il avait reçus là où ils l’avaient décidé, la brunette tenta une nouvelle fois d’appeler son père.

-« Tout va bien Momma ? » demanda Alexis en la voyant sortir du bureau de son père un pli soucieux sur le front.

-« Oui ma Puce ne t’en fait donc pas… » tenta de la rassurer la jeune femme en la prenant dans ses bras.

-« C’est ton Papa ? Hein ? C’est bien ça ? » questionna à nouveau la fillette, très perspicace avant de poursuivre n’obtenant pas de réponse. « Tu sais, moi aussi j’ai compris que le cadeau de Maman c’est Papa en fait qui me l’avait fait… Pas Maman. »

-« Mais comment tu… »

-« Maman ne pouvait pas savoir que j’aimais à ce point ce jeu et que je rêvais de l’avoir à Noël à moins qu’elle ait parlé avec Papa ou toi. Mais j’ai entendu Papa te dire qu’elle ne répondait plus à ses appels ou ses messages. Alors elle a fait comment ? »

Beckett ne sut quoi répondre à l’enfant devant elle et jeta un regard désespéré à Castle qui avait tout entendu.

-« Je sais bien tout au fond là, » reprit la fillette en montrant son cœur. « Que c’est Papa qui a été l’acheter et qui l’a emballé comme si c’était Maman qui l’avait fait. Il a même reproduit les emballages tout ratés de Maman mais j’ai quand même compris… »

-« Pourquoi n’as-tu rien dit Pumpkin, » demanda avec émotion Castle qui s’était approché, le cœur déchiré par ce qu’il venait d’entendre.

-« Parce que je voulais pas que tu sois triste et je voulais qu’on vivre vraiment Noël comme chez Momma... Tu comprends ? »

-« Oui je comprends, » répondit l’écrivain, la gorge nouée, en prenant sa fille des bras de sa compagne pour la serrer tout contre lui. « Oh Alexis ! Si tu savais comme je t’aime… »

-« Moi aussi Papa je t’aime. Et j’aime Momma aussi de tout mon cœur. Mais elle, elle a le cœur tout triste et j’ai envie de lui faire un câlin pour la réconforter. Comme tu es en train de le faire avec moi. »

Avec un sourire à sa fille, l’écrivain s’approcha de celle qu’il aimait et la serra fort dans ses bras. Il la sentit se détendre au fur et à mesure qu’Alexis prenait part à l’étreinte, trouvant naturellement sa place entre eux deux.

-« Momma ? C’est ton Papa qui t’inquiète dis ? » s’éleva la petite voix insistante de la rouquine au bout d’un long moment.

-« Oui c’est mon Papa… Il avait dit à Nana qu’il viendrait et il ne s’est pas montré alors je suis inquiète, » expliqua la brunette avec un sourire triste.

-« Tu as essayé de lui téléphoner et de lui laisser un message ? »

-« Oui ma Puce mais il ne répond ni à l’un ni à l’autre… Je réessayerai plus tard. Et si tu me montrais un peu ce que tu as reçu de beau chez Nana parce qu’on n’a pas vraiment eu le temps de tout voir tellement tu étais tout le temps avec Adam. »  

-« Dites, » fait alors Alexis, changeant ainsi de sujet. « C’est vraiment vrai qu’Adam il va aller dans la même école que moi en janvier aussi ? »

-« Oui, je viens de confirmer votre inscription à tous les deux pour la rentrée. Le directeur vous attend avec impatience. Il a dit qu’il allait me faxer dans la journée la liste des fournitures dont vous aurez besoin tous les deux ainsi que vos uniformes et les lieux où nous pouvons les acheter. »

-« Trop super ! » s’enthousiasma la fillette.

Ils découvraient tous les trois les jouets et autres présents qu’Alexis avait reçus pour Noël quand soudain le portable de Castle se mit à sonner. Après avoir regardé le numéro de l’appelant qu’il ne reconnut pas, il décida de laisser ses femmes entre elles sans les déranger et s’enferma donc dans son bureau. Lorsqu’il revint une bonne demi-heure plus tard, il était plus que préoccupé par la nature de son appel mais préféra ne rien dire pour le moment quand il trouva les trois femmes de sa vie occupées à préparer un repas léger après ces deux jours de festins chez Nana.

-« Tout va bien Richard ? » demanda Martha en fronçant ses sourcils.

-« Oui, oui Mère. Ca va aller ne t’en fais pas, » dit l’écrivain avec un sourire qui n’atteignit pas ses yeux et ne parvint pas à donner le change. « Que nous avez-vous préparé de bon ? »

-« Rien de bien pantagruélique après notre séjour chez Nana. Juste un peu de jambon blanc avec une simple purée de pommes de terre, » répondit Beckett.

-« Et je suis persuadé que ce sera parfait car préparé avec amour, » sourit le jeune homme en enlaçant sa compagne de ses bras.

-« Flatteur va ! » se moqua gentiment la jeune femme avant de lui murmurer au creux de l’oreille. « Tu me diras ce qui te tracasse à ce point ? »

-« Promis ! »

La famille passa à table et, peu de temps après avoir fini le dessert, Martha s’excusa sous le prétexte qu’elle avait un script à apprendre pour la semaine prochaine. De son côté, après avoir remarqué qu’Alexis bâillait à s’en décrocher la mâchoire, Beckett monta la fillette dans sa chambre et la coucha pour une sieste bien méritée. Elle sourit quand, à peine l’enfant eut-elle posée sa tête sur l’oreiller, qu’elle s’endormit du sommeil du juste.

-« Repose-toi bien ma Puce, » lui murmura la brunette dans ses cheveux après y avoir déposé un tendre baiser.

Lorsqu’elle redescendit dans le salon, la jeune femme trouva sa moitié assis sur le canapé, son visage entre ses mains. Il semblait complètement perdu dans ses pensées et ne la remarqua même pas lorsqu’elle prit place à ses côtés.

-« Oh tu es de retour ! » sourit Castle lorsque Beckett posa une main sur son épaule. « Je ne t’avais pas entendu… Alexis n’a pas fait d’histoire ? »

-« Non, elle était épuisée et s’est endormie de suite, » répondit la jeune femme. « Mais dis-moi, c’était quoi ce coup de fil tout à l’heure pour qu’il te préoccupe autant ? »

-« Kate, cet appel c’était… C’était Jim… »

-« Mon père ? » demanda la jeune femme avant de poursuivre Castle ayant acquiescé doucement. « Mais pourquoi Papa t’a-t-il appelé plutôt que moi ? »

-« Je… » commença Castle avant de plonger un instant dans ses pensées.

-« Castle, » se présenta l’écrivain en décrochant son téléphone une fois la porte de son bureau refermée derrière lui.

-« Vous êtes bien Rick ? L’amie de ma fille Kate ? » demanda une voix triste et légèrement pâteuse à l’autre bout du fils.

-« Jim ? C’est bien vous ? Tout va bien ? Kate est très inquiète vous savez… »

-« Je… Je sais, » avoua l’homme alors que son chagrin se faisait clairement entendre. « C’est juste que… J’ai tellement honte, si vous saviez… »

-« Honte ? Mais pourquoi ? » demanda le jeune homme inquiet pour le père de son amie. « Que se passe-t-il ? »

-« Je suis allée sur la tombe de ma Johanna à la veille de tous vous retrouver chez Nana, sa mère, et… Oh mon Dieu Rick, je m’en veux tellement… Je ne mérite pas l’amour de ma fille ni celui de personne… »

Jim finit sa phrase dans un sanglot mais Castle décida de ne rien dire et de lui laisser le temps de mettre des mots sur ce qui le préoccupait tant au point d’appeler l’ami de sa fille plutôt que cette dernière. Il sentait que ce qu’il allait entendre n’allait pas être tendre mais il fallait que l’homme à l’autre bout du fil les formulent.

-« Je ne suis qu’un minable ! Quand je suis rentré, j’étais tellement malheureux qu’au lieu d’appeler quelqu’un, ma fille par exemple, j’ai été m’acheter une bouteille de vodka. Je voulais juste boire un verre pour oublier à quel point Johanna me manquait, à quel point c’était dur de continuer sans elle à mes côtés chaque jour… Juste oublier qu’une fois de plus j’allais rentrer dans un lit froid et qu’il allait le rester toute la nuit… Et puis, sans m’en rendre vraiment compte, j’avais descendu la bouteille et je me retrouvais au magasin pour en racheter d’autres… J’ai descendu tout ce que j’ai pu jusqu’à ne plus me souvenir de rien Rick, même plus de mon propre nom… Comme je suis pathétique… »

A présent, il était clair que des larmes coulaient sur le visage de Jim qui mettait des mots sur sa déchéance. Castle était conscient que ce n’était pas quelque chose de simple et mesurait le chemin déjà parcouru par le père de celle qu’il aimait. Soudain la voix cassée s’éleva à nouveau, presque timidement.

-« Lorsque j’ai enfin refait surface, nous étions le vingt-cinq décembre au matin et la maison ne ressemblait à nouveau plus à rien. Quant à moi, j’étais à moitié nu par terre au milieu de mon salon, mes jambes reposant sur mon fauteuil et une gueule de bois comme je n’avais pas eu depuis votre visite… Oh j’ai tellement honte… Je vous jure que je ne voulais pas ça ! Je pensais qu’un verre ne ferait pas de mal mais je me trompais… Je vais encore une fois décevoir ma fille, une fois de plus… Quand j’y pense, je me dis que c’’est moi qui aurais dû être assassiné, pas ma Johanna… »

-« Oh Jim… Avez-vous téléphoné à Andy ? »

-« Castle ? Pourquoi mon père t’a-t-il appelé plutôt que moi ? Qu’est-ce qui se passe ? » le secoua gentiment mais énergiquement Beckett, inquiète de son silence.

-« Il m’a appelé moi parce qu’il ne sait pas comment te parler… Comment t’annoncer qu’il allait te décevoir une nouvelle fois, qu’il avait échoué. »

-« Il a bu, c’est bien ça ? » demanda tristement la jeune femme une énorme boule au milieu de la gorge et connaissant déjà instinctivement la réponse.

-« Oui, » répondit Castle ne voulant pas la laisser mariner.

-« Mais pourquoi ? Il semblait réussir cette fois ! Il semblait tellement tenir que moi j’y ai cru ! »

-« Il m’a dit que c’est d’avoir été sur la tombe de ta mère qui l’a chamboulé. Il pensait qu’un verre pourrait l’aider à se sentir un peu mieux et qu’il pourrait s’arrêter ensuite mais… »

-« Mais le verre s’est transformé en bouteilles au pluriel, » compléta amèrement la brunette entre rage et désespoir. « Mais pourquoi ne m’a-t-il pas appelé s’il se sentait si mal ? Moi je me suis bien réfugié dans tes bras après avoir été voir Maman ! »

-« La grande différence entre lui et toi Kate c’est que, quand il rentre chez lui, il est seul face à ses démons… Il n’a pas su trouver le chemin adéquat… »

-« Mais pourquoi prends-tu sa défense alors que… Alors qu’il a une fois de plus choisit l’alcool à la discussion ? » s’exclama Beckett en s’écartant de son partenaire. « Il a toutes les excuses de la terre selon toi ? C’est ça ? »

-« Je n’ai jamais dit ça Kate, bien au contraire ! Mais à la différence de la première fois où je l’ai rencontré, il sait à quel point ce qu’il a fait te blesse et il s’en veut ! »

-« Ca me fait une belle jambe tiens ! Mon père a honte de noyer son chagrin dans une bouteille de vodka ou d’un autre alcool fort du même genre ! Mais qu’est-ce que ça change pour moi ? Hein ? Je deviens quoi moi dans l’histoire ? Et mon chagrin à moi ? »

-« Je sais bien que ça n’excuse rien mais nous sommes là pour l’aider et, au moins aujourd’hui, il demande de l’aide… »

-« Je n’ai pas osé l’appeler… Le doc avait placé tellement d’espoir en moi que je vais le décevoir… » expliqua timidement Jim.

-« Mais il connait parfaitement ce qu’est l’addiction et lui seul pourra vous aider vraiment ! C’est important ! Surtout si vous voulez toujours vous en sortir… »

-« Je veux retrouver le respect ma fille et la place qui est la mienne à ses côtés ainsi que de rendre ma femme fière de moi de là où elle est mais comment faire ? Comment faire si à chaque fois que j’avance dans la bonne direction, je me laisse rattraper par mes démons ? Ce n’était qu’une simple visite à la sépulture de ma femme bien-aimée et ce n’était pas la première depuis que j’étais sobre ! Alors pourquoi ? Pourquoi aujourd’hui alors que j’allais enfin revoir ma Katie… » demanda l’homme, sa souffrance évidente dans sa voix.

-« Peut-être parce que Noël comporte une signification particulière pour votre fille et vous, » proposa Castle afin de le guider dans la bonne direction. « Kate m’a dit que lorsque votre femme avait été assassinée vous n’aviez pas encore défait vos décorations de Noël et que les ranger lui avait donné l’impression qu’il n’y aurait plus jamais de Noël… »

-« C’était tellement dur, » soupira Jim dans un souffle.

-« Pour Kate aussi ça a été dur. Nous en avons énormément parlé ensemble avant que je ne sorte les décorations au loft. Ce jour-là, elle ne voulait pas être présente donc nous avions convenu de faire ça un après-midi avec ma Mère et ma fille. Cependant, son chef les avait renvoyés chez eux, son partenaire sur le terrain et elle, car ils avaient été témoins de quelque chose de grave… Quand elle est arrivée, elle s’est figée, complètement tétanisée par ses souvenirs tragiques… »

-« Comment elle a fait pour… Pour parvenir à traverser cette période ? »

-« Je me suis approché d’elle et l’ai prise dans mes bras avant de l’inviter à regarder la joie que ma fille de cinq ans prenait et là, elle s’est mise à me raconter ses souvenirs heureux de Noël avec vous et votre femme mais aussi avec Nana, son oncle, sa tante et ses cousins… »

-« Ma fille est tellement plus forte que moi… »

-« Vous avez cette force en vous également Jim. Il vous faut juste un peu d’aide pour en trouver la source en vous. »

-« Vous avez une telle foi en moi. Pourtant je ne mérite rien de tout ça ! » fit le père de Beckett furieux contre lui-même.

-« Vous la méritez tout simplement parce que vous m’avez appelé, parce que vous avez accepté que, seul, vous n’y arrivez pas et que vous avez besoin d’aide… Mais pourquoi moi et pas Andy ? » questionna Castle ne voulant rien épargner à son interlocuteur pour que ce dernier puisse vraiment guérir.

-« Mais pourquoi la demande-t-il à toi cette aide ? Tu n’es rien pour lui alors que moi je suis sa fille ! Sa chair et son sang ! C’est moi qui devrais l’aider, pas toi ! » s’écria Beckett en se levant pour faire les cent pas.

-« Kate… »

-« Non Castle ! Il n’y a pas de Kate qui compte ! Je suis sa fille bon sang ! SA FILLE ! Pourquoi est-ce si compliqué de me demander de l’aide à moi plutôt qu’à toi, un parfait étranger qu’il n’a vu qu’une fois ? »

La fureur bouillonnait dans le cœur de la jeune femme qui ne comprenait pas l’attitude de son père.

-« Je ne suis pas assez bien pour lui ? C’est ça ? Ou peut-être aurait-il préféré un fils pour pouvoir parler plus ‘virilement’ ? » ironisa amèrement la jeune femme avant de poursuivre, intrigué par quelque chose qui avait été dite plus tôt. « Et puis, s’il s’est vraiment réveillé le vingt-cinq au matin, il pouvait toujours se joindre à nous pour le déjeuner chez Nana, non ? C’était trop lui demander ? »

-« Ton père avait honte et il était conscient qu’il allait te décevoir Kate. De plus, il ne savait pas comment expliquer aux gens qui lui sont cher qu’il a un problème et, alors que ça allait mieux, qu’il a eu une faiblesse et qu’il a replongé. Il a beau essayer de se justifier, il sait au fond de lui qu’il n’a aucune excuse… »

-« Mais quelle chance j’ai ! Je suis entourée d’un faible et d’un Monsieur j’essaye de sauver l’humanité ! » ragea Beckett, ses mots dépassant ses pensées mais le cœur trop lourd pour vraiment s’en rendre compte. « Et je fais quoi moi dans tout ça ? Je suis juste un pantin qu’on déplace en fonction des besoins de chacun ? »

-« Personne n’a jamais dit ça Kate, » s’énerva à son tour l’écrivain en se levant pour faire face à celle qu’il aimait. « Que ce soit ton père ou moi, nous tenons à toi et l’un comme l’autre nous essayons de faire ce qui nous semble le mieux pour que tu souffres le moins ! »

-« Mais Castle c’est MA VIE et c’est MON PERE ! Je sais que tu n’as pas de père mais ce n’est pas une raison pour me prendre le mien ! »

Sur ce, Beckett quitta le loft après avoir juste pris le temps d’attraper une veste légère et claqua la porte derrière elle laissant Castle désemparé et profondément blessé par les parole de la jeune femme. Alors qu’il reprenait place sur le canapé, sa tête entre ses mains, une petite voix lui parvint du haut de l’escalier.

-« Elle est partie pour toujours Momma ? » fit Alexis en tentant de retenir ses sanglots.

-« Oh Pumpkin ! Tu es là depuis longtemps ? » demanda l’écrivain en se levant pour réceptionner sa fille en larmes.

-« Vous avez… Crié tellement f-f-fort que… Que je me suis réveillée, » hoqueta la rouquine en enfouissant son petit visage dans le cou de son père. « Elle nous… Z’aime plus ? »

-« Oh je suis sûr que si, » répondit Castle en priant fort pour que ce soit vrai. « Dès fois, quand on est très en colère et très blessé on dit des choses qu’on ne pense pas… »

-« Bah c’est t-trop nul, » affirma l’enfant alors que son père s’installait avec elle sur le canapé.

-« Je suis d’accord avec toi… »

Epuisée par ses pleurs, Alexis finit par s’endormir sur le ventre de son père qui ne tarda pas à la rejoindre, espérant de tout cœur que tout ce qui venait de se passer n’était qu’un mauvais rêve.


Lilou004  (18.10.2013 à 11:12)

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