HypnoFanfics

Interdit aux moins de 16 ans

My Hope

Série : Castle
Création : 16.11.2012 à 20h55
Auteur : Lilou004 
Statut : Abandonnée

«  Histoire AU (Alternative Universe). Kate a 19 ans, Richard 28 et Alexis 5. Ils se rencontrent par hasard quelques mois après le décès de Johanna. Ensemble, ils vont se reconstruire petit à petit… » Lilou004 

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Chapitre 41 : Prise de conscience

 

Beckett marchait depuis un moment déjà dans le froid glacial de cette après-midi de décembre lorsqu’elle décida de s’arrêter dans une aire de jeux pour enfants. N’ayant pas envie de rejoindre un banc déjà occupé par des inconnus, elle prit place sur l’une des balançoires, laissant vagabonder ses pensées vers les derniers évènements de la journée.

Elle se sentait blessée par le silence de son père et encore plus par le fait qu’il se soit adressé à Castle plutôt qu’à elle… Les minutes défilèrent pendant lesquelles elle observa un père et sa fille en train de faire une balade de boules de neige sous l’œil vigilent de la mère de famille. Ils avaient l’air heureux, unis et elle se revit au même âge entourée de ses propres parents. C’est alors qu’elle réalisa soudain une chose qui ne lui avait jamais traversé l’esprit auparavant. En effet, depuis le début de sa bataille contre l’alcool, alors qu’elle lui avait promis de l’aider, elle avait toujours refusé de le voir, ne serait-ce que quelques minutes. Elle voulait se protéger certes mais elle avait dû blesser son père à agir ainsi… Elle l’avait abandonné et, même si Castle ne l’avait rencontré qu’une seule fois, ils avaient passé plusieurs moments au téléphone à discuter, l’écrivain prenant toujours des nouvelles de son état de santé et de ses progrès dans son combat face à son addiction.

-« Mon Dieu ! Qu’ai-je fait… » se lamenta la brunette les larmes aux yeux.

C’est alors qu’un ballon atterrit sur les genoux de Beckett qui referma instinctivement ses mains dessus. Regardant autour d’elle, elle remarqua rapidement un jeune garçon aux cheveux bruns coiffé comme une poignée de pétard et aux yeux bleus qui accourait vers elle l’air penaud. Immédiatement elle visualisa Castle enfant devant elle ou encore un enfant qu’ils pourraient avoir un jour ensemble dans quelques années… Une nouvelle vague d’émotion la submergea et des larmes envahirent ses yeux, l’une d’elles s’échappant contre sa volonté pour courir le long de sa joue.

-« Je suis désolé Madame. Je ne vous ai pas fait mal ? » s’inquiéta le garçon qui ne devait pas être beaucoup plus âgé qu’Alexis.

-« Non, tout va bien ne t’en fais pas, » sourit la brunette pour le rassurer.

-« Alors pourquoi tu pleures ? » demanda le nouveau venu en penchant sa tête sur le côté. « Le Père Noël n’a pas été gentil avec toi ? »

-« Ce n’est rien, ne t’en fait pas. Et le Père Noël a été plus que généreux avec moi, » ajouta la jeune femme en portant une main à son cou afin de caresser la bague de sa mère mais aussi et surtout la chaîne offerte par l’homme qui faisait battre son cœur.

-« Bah alors qu’est ce qui se passe ? »

-« Je viens juste de réaliser que j’avais fait une très grosse bêtise et que j’avais dit des choses très méchantes à quelqu’un qui ne les méritait pas… Et du coup, je ne sais pas comment me faire pardonner et ça me rend un peu triste… »

-« Faut pas être triste tu sais, » sourit l’enfant en posant sa main froide sur celle tout aussi glacée de la jeune femme. « Maman elle dit toujours qu’il faut s’excuser puis faire un bisou magique et tout ira bien après. »

-« Merci Bonhomme pour ce judicieux conseil mais dis-moi, ils sont où tes parents ? Ne me dis pas que tu es tout seul dans ce parc à parler avec des inconnus ? » s’inquiéta Beckett.

-« C’est sûr que si Maman me voyait te parler, elle me gronderait parce qu’il ne faut pas parler aux gens qu’on ne connait pas mais tu avais l’air tellement triste… »

-« Mais alors tu es seul ? »

-« Non ! Maman elle est là-bas, » dit l’enfant en désignant un banc sur lequel un couple s’embrassait passionnément, à la limite de la décence publique. « Mais elle est bien trop occupée à faire des bisous à son nouveau copain pour me surveiller… Ca arrive à chaque fois qu’elle a un nouveau ‘papa’ pour moi… »

-« Ne sois pas si amère, je suis sûre que ta Maman essaye de bien faire… »

-« Je sais mais c’est dur de la réconforter à chaque fois que mon nouveau ‘papa’ en a marre de nous et s’en va, » bougonna l’enfant.

-« Mais et ton Papa à toi ? Tu ne le vois jamais ? »

-« J’ai pas de Papa Madame, » répondit le petit garçon faisant se serrer un peu plus le nœud dans l’estomac de Beckett. « Mais c’est pas grave parce que Maman elle est géniale toute seule et puis je suis l’homme de la maison comme ça. Je peux l’aider ! »

-« Tu n’as pas envie d’avoir un Papa ? » ne put s’empêcher de demander la brunette alors que l’enfant repartait en direction de l’aire de jeux.

-« Pour être comme les autres et avoir une vraie famille si mais pas pour que Maman passe sont tout son temps à faire des bisous et plus jouer avec moi ! » répondit le petit garçon. « Et pour ta bêtise, demande pardon et fais un bisou magique ! Pour moi ça marche toujours ! »

Beckett lui adressa un sourire et un signe de la main avant de replonger dans ses pensées. Elle savait que Martha n’avait pas pu être à ce point comme la mère de ce garçonnet mais, de part les discussions qu’ils avaient eu, elle savait que la vie n’avait pas été tendre avec Castle. Son échange avec ce petit garçon aux yeux bleus et sans père tout comme l’avait été l’homme de sa vie lui avait fait comprendre à quel point l’absence de son père n’avait pas dû être de tout repos pour l’écrivain. Comment allait-elle pouvoir continuer à se regarder dans la glace alors qu’elle ne s’était pas mieux comportée que les camarades de classe ou de jeux qui avaient jalonné son enfance et son adolescence… Elle l’avait accusé de vouloir lui voler son père ! Bon sang mais où avait-elle la tête ? Comment avait-elle pu se montrer à ce point sans cœur ? Mon Dieu, l’enfance et l’adolescence de l’homme qu’elle aimait avaient été solitaires et elle, tout ce qu’elle avait trouvé à lui balancer à la figure dans son accès de colère c’était qu’il n’avait pas de père ! Elle ne valait pas mieux que les autres et la honte commença à la gagner, enserrant de sa poigne de fer son être. Elle frissonna et s’enveloppa de ses bras pour tenter de gagner un peu de chaleur… Tout au fond d’elle, elle se sentit soudainement minable : alors que son père s’était tourné vers la seule personne qui lui avait donné de vraies pistes pour s’en sortir, elle n’avait rien trouvé de mieux que de s’emporter et de frapper exactement là où elle savait que ça lui ferait mal… Elle l’avait profondément blessé, de ça elle était sûre… Comment après avoir eu un tel comportement pouvait-elle espérer qu’il lui pardonne ? Elle était consciente qu’elle ne le méritait pas après de tels propos… Une vague de fraîches larmes la submergea et cette fois-ci elle les laissa couler librement le long de ses joues.

-« Il mérite tellement mieux que moi, » murmura la brunette en se prenant la tête entre ses mains. « Mais s’il refuse de me pardonner, ce qu’il serait parfaitement en droit de faire, j’aurai perdu une fois de plus plusieurs personnes que… Que j’aime de tout mon cœur… »

Brisée, Beckett laissa libre cours à son chagrin essayant de trouver un moyen de s’excuser vraiment auprès de celui qu’elle aimait de tout son cœur et de toute son âme. Elle se rendit alors compte que Nana avait raison : il n’y a pas d’âge. Quand on rencontre celui qui est notre autre moitié, notre cœur le sait et ne s’y trompe pas… Aujourd’hui, elle prit conscience qu’elle était incapable d’imaginer sa vie sans Castle, Alexis et même Martha à ses côtés. Elle espérait seulement qu’elle réussirait à trouver les bons mots pour atteindre le cœur et l’âme blessés de son écrivain. Elle savait que, sinon, elle n’aurait qu’à s’effacer même si cela lui briserait définitivement le cœur… Perdue, elle sortit soudain son téléphone de sa poche et composa de mémoire le numéro de celle qui pourrait l’aider à y voir un peu plus clair…

-« Lanie Parish, » répondit la métisse au bout de la quatrième sonnerie.

-« Lanie, c’est Kate. Je… Je te dérange ? »

-« Pas du tout Girl ! Mais dis-moi, tu as une toute petite voix ! On dirait que tu as pleuré. Tout va bien ? »

-« Pas vraiment, » répondit Beckett en prenant une profonde inspiration pour éviter de fondre à nouveau en larmes.

-« Un problème avec Alexis ? » s’inquiéta immédiatement la jeune médecin.

-« Non, tout va bien de ce côté-là Lan… Mais je crois que j’ai fait la plus grosse des bêtises de toute ma vie, » murmura la brunette.

-« Que s’est-il passé ? Tu peux parler, j’ai tout mon temps et au besoin Javi m’apportera un ravitaillement, » dit avec douceur la métisse. « A moins que tu préfères qu’on en parle en direct plutôt que par téléphone… »

-« Je ne voudrais pas te déranger plus que de raison, » souffla la jeune femme honteuse de dérager son amie en cette période de Noël.

-« Dis-moi où tu es et je te rejoins avec un café pour toi et un thé pour moi, le tout bien chaud ! Je pense que tu vas en avoir autant besoin que moi si ce n’est plus ! »

Après avoir expliqué à son amie où elle se trouvait, Beckett replongea dans ses pensées. Elle ne cessait de revivre en boucle leur affrontement encore et encore trouvant à chaque fois mille et une choses qu’elle aurait pu dire ou faire différemment. Elle ne vit pas le temps passer et, quand un café se matérialisa devant son nez, elle releva un regard surpris vers Lanie qui venait de s’assoir à ses cotés.

-« Allez, maintenant que je suis là, Dis-moi tout  Que s’est-il passé exactement avec Writer Boy pour que tu sois dans cet état ? »

-« Tu sais qu’on passait Noël avec Castle et sa famille chez ma Grand-Mère avec toute ma famille ? »

-« Bien sûr ! Il y a eu un problème ? » s’inquiéta la métisse.

-« Mis à part que, sans prévenir personne, mon père n’est pas venu alors qu’il me l’avait promis ainsi qu’à Nana, tout s’est bien passé. Ma famille les a complètement adoptés et vice versa… »

-« Alors que s’est-il passé depuis ? Si tout a été génial chez ta Grand-Mère, qu’a-t-il bien pu se passer depuis que vous êtes rentrés au loft ? » s’enquit impatiemment la jeune médecin légiste. « Surtout que, si je me souviens bien de votre programme, votre retour date de ce matin ! »

-« Alors que j’étais morte d’inquiétude pour mon père et que j’avais essayé à de multiples reprises de le contacter afin d’avoir des nouvelles et de savoir comment il allait vraiment, Castle m’a annoncé que mon père l’avait appelé et qu’il lui avait dit qu’il avait eu un moment de faiblesse et avait sombré une nouvelle fois dans l’alcool pour oublier… »

-« Ton père a un problème avec l’alcool ? »

-« Depuis que Maman est décédée, il n’a pas réussi à reprendre le dessus et il a peu à peu sombré dans l’alcool, » avoua en rougissant la brunette à son amie.

-« Hey, ce n’est pas de ta faute Kate… » tenta de la consoler Lanie en posant une main réconfortante sur son avant bras. « Tu avais toi aussi ton propre deuil à surmonter. Tu ne pouvais pas tout faire… »

-« C’est ce que j’ai appris au côté de Rick, » avoua Beckett en avalant difficilement sa salive tellement la boule était grosse dans sa gorge.

-« Donc ton père a fait un écart dans le chemin de la guérison et il a préféré appelé Castle. Où est le problème ? »

-« J’ai… J’ai très mal réagi… Je me suis sentie trahie et blessée. J’ai eu l’impression que mon père n’avait plus confiance en moi et je me suis emportée… Oh Lanie ! Ce que j’ai dit à Rick… » commença la jeune femme avant de s’arrêter, cherchant à tout pris à garder pour elle ses larmes et sa détresse.

-« Ok, calme-toi Girl et raconte-moi tout, » l’invita gentiment à se confier la métisse avant de poursuivre ayant lu la crainte et les remords dans les yeux de son amie. « Je ne suis pas là pour te juger mais pour t’écouter et pour t’aider… »

Pendant le long moment qui suivit, Beckett raconta à son amie tout ce qui s’était passé sans omettre une seule des horreurs qu’elle avait dit. Elle lui fit part aussi de ce qu’elle ressentait, bien décidé à tout dire pour trouver l’aide dont elle avait désespérément besoin. Elle laissa même quelques larmes s’échapper et Lanie vit à quel point cette dispute avait profondément atteint sa si secrète amie. Prenant une profonde inspiration, la métisse se tourna vers Beckett et l’invita à faire de même. Comme la brunette ne relevait toujours pas les yeux vers elle, elle l’obligea gentiment mais fermement à le faire en glissant un doigt sous son menton.

-« Je n’ai qu’un seul conseil à te donner : écoute ton cœur et laisse-le parler. Dis à Castle à quel point tu es désolée, à quel point tu regrettes tes mots qui ont dépassé ta pensée. »

-« Mais jamais il ne pourras me pardonner Lanie ! Tu ne comprends pas que ce que je lui ai dit était ce qui pouvait le blesser le plus ! » hoqueta la brunette.

-« En effet tu n’y es pas aller de main morte, je ne vais pas te dire le contraire car ce serait te mentir. De même, je ne vais pas te dire que tenter de le reconquérir sera une affaire vite réglée. Tu l’as profondément blessé et il va falloir que tu retrouves le chemin de son cœur mais je suis intimement persuadée que tu sauras le faire. Et tu sais pourquoi ? »

-« Non, » répondit tristement la jeune femme.

-« Tout simplement parce que Castle et toi vous êtes les âmes sœurs. Vous regarder ensemble c’est avoir une vision de ce qu’est l’amour vrai. Mais ce n’est pas parce que vous êtes des âmes jumelles que votre vie ne sera pas jalonnée de disputes ou d’épreuves par-ci par-là… Ce qui est important c’est que vous réussissiez à vous retrouver ensuite. Et ce n’est pas en fuyant et en te cachant que vous pourrez aplanir vos différents… »

-« C’est que j’étais tellement en colère que j’avais peur de dire d’autres monstruosités que j’allais encore plus regretter ensuite, » avoua Beckett en détournant le regard.

-« Alors maintenant, ce qui est important c’est que tu y retournes et que tu ouvres le dialogue avec Castle. N’oublie pas que vous n’êtes pas que tous les deux dans cette équation, il y a aussi le cœur d’une petite fille en jeu… Une petite fille qui a déjà été abandonnée par sa mère biologique… »

-« Oh mon Dieu Alexis ! J’espère juste que nous ne l’avons pas réveillée… » fit la jeune femme mortifiée en posant sa tête sur l’épaule de son amie. « Mon Dieu mais qu’ai-je fais… J’ai… J’ai tout gâché, tout détruit… »

-« Chutt… » fit la métisse en l’enlaçant avant de se mettre à la bercer doucement alors qu’elle sentait des larmes couler le long de son cou. « Tu vas réussir à trouver les mots et tout ira bien. Je ne dis pas que ce sera facile mais je sais que tu y arriveras Girls… »

-« J’ai tellement peur de les perdre eux aussi Lanie, » sanglota la brunette ne pouvant plus se retenir. « Je ne sais pas comment je vais pouvoir continuer à vivre sans eux… Je me sens si vide… »

-« Calme-toi ma belle… Il va te falloir des forces et du courage pour te battre pour ton couple, pour ta famille même je devrais dire. »

Pendant de longues minutes, la jeune médecin légiste berça et réconforta celle qui devenait un peu plus chaque jour sa meilleure amie. Une fois cette dernière apaisée, elle lui sourit avec une immense douceur.

-« Tu veux que je te reconduise jusqu’au loft ? »

-« Non, je pense que je vais marcher. Ca va me permettre de reprendre mes esprits et de chercher les mots justes pour panser les plaies que j’ai créées dans le cœur de Rick… Mais merci d’avoir été là pour moi. »

-« Il n’y a pas de mal et, si pour x raison tu as besoin de moi, j’hésite surtout pas. A n’importe quelle heure du jour ou de la nuit. Je suis ton amie et les amis c’est fait pour être à nos côtés dans les bons comme dans les mauvais jours. »

-« Merci Lanie, » fit alors Beckett en se levant. « Je t’appelle bientôt. Promis ! »

Après avoir chaleureusement salué la métisse, la brunette reprit le chemin du loft perdue dans ses pensées, cherchant désespérément les mots qui apaiseraient le cœur tuméfié de l’homme qu’elle aimait de tout son cœur. Bien trop vite à son goût mais en même temps pas assez rapidement, la jeune femme se retrouva devant l’immeuble de l’écrivain. Elle salua le portier, heureuse de découvrir qu’elle n’avait pas été placée pendant son absence sur la liste des indésirables. Trop nerveuse pour attendre l’ascenseur, elle préféra les escaliers qui la maintenait en mouvement et arriva bien vite au cinquième étage, devant la porte marquée d’un ‘un’ derrière laquelle se trouvait le loft qu’elle partageait depuis un moment déjà avec la famille Castle. Timidement, elle sortit de la poche de sa veste son jeu de clés et pénétra dans la maison. Contrairement à son habitude, elle le déposa sur la table de l’entrée pour ne pas avoir à les rendre en main propre à l’écrivain s’il lui demandait de quitter son logement. Quoiqu’il arrive et quelque soit la décision de l’homme qu’elle aimait, elle la suivrait même si cela signifiait que son propre cœur serait anéanti à jamais. Après avoir déposé ses chaussures et sa veste dans l’entrée, elle rejoignit doucement le salon et ce qu’elle découvrit la brisa un peu plus. En effet, sur le canapé reposaient endormis Castle et Alexis dans les bras l’un de l’autre. Les traces des larmes qu’ils avaient versées étaient toujours visibles et Beckett comprit que la fillette avait assisté à toute la scène. Effondrée par cette vision et surtout par ce qu’elle signifiait, Beckett se laissa choir sur le rebord de la table basse et les regarda dormir, ses propres larmes ruisselant le long de ses joues.


Lilou004  (20.10.2013 à 16:33)

Chapitre 42 : Ambiance glaciale

 

Castle se réveilla une petite heure plus tard avec la double sensation d’un poids sur mon corps et d’un regard qui le fixait sans sourciller. Confus, il entrouvrit un œil pour découvrir sa fille endormie sur lui. C’est alors que les évènements du début d’après-midi lui revinrent brutalement en mémoire et qu’il poussa un grognement.

-« Ce n’était donc pas un rêve… »

-« Non, malheureusement, » lui répondit Beckett la voix cassée d’avoir trop pleuré et des larmes coulant toujours abondamment sur ses joues.

-« Je pensais que tu étais partie… » fit l’écrivain incrédule de la voir assise sur la table du salon à quelques dizaines de centimètre à peine de lui.

-« C’est vrai mais je suis revenue… »

-« Pourquoi ? Tu avais encore des choses à me dire par rapport à ton père ? » demanda amèrement Castle sans pour autant élevé la voix, ne souhaitant pas réveiller à nouveau sa fille.

La brunette détourna son regard afin que l’écrivain ne voit pas une nouvelle vague de larmes déferler.

-« Je te demande pardon Rick, » murmura la jeune femme une fois qu’elle fut à peu près sûre de sa voix. « Je… Je t’ai dit des horreurs que je ne pensais pas parce que j’étais en colère, parce que je me sentais blessée et abandonnée par mon père. Je n’en avais aucun droit et j’ai regretté ces paroles à peine avaient-elles franchi la barrière de mes lèvres… »

-« Ca me fait une belle jambes, » marmonna le jeune homme.

-« Je sais que je n’ai aucune excuse et que je ne mérite pas que tu m’accordes ton pardon mais je voulais t’expliquer… Enfin si tu veux bien. »

-« Et si je te dis que je n’ai pas envie d’entendre tes explications, tu vas faire quoi hein ? Me les donner quand même comme toutes les femmes ? » poursuivit aigrement Castle alors qu’Alexis montrait des signes de réveil.

-« Non Rik, » répondit tristement la jeune femme une boule au ventre et toujours en évitant son regard. « Je respecterai ton choix et j’attendrai que tu sois prêt à entendre ce que j’ai à te dire. »

Sans plus rien dire, l’écrivain se leva, prit délicatement sa fille dans ses bras et se dirigea vers l’escalier. Restée en bas, Beckett le regarda disparaître le cœur brisé et sa boule au ventre toujours plus importante.

-« Au moins il ne m’a pas mise à la porte… Si j’écoute ce que Lanie m’a dit tout à l’heure, c’est un bon début mais ça ne fait pas moins mal pour autant, » soupira la brunette en se levant pour rejoindre la cuisine bien décidée à s’occuper à quelque chose pour ne pas s’effondrer une nouvelle fois en larmes.

Beckett avait presque terminé sa préparation de sauce pour spaghettis lorsqu’elle vit l’écrivain redescendre. Lorsqu’il la découvrit dans la cuisine, le jeune homme haussa les épaules, secoua la tête et se rendit sans plus attendre dans son bureau. Ce n’est qu’une fois la porte refermée sur lui que la brunette laissa son désespoir la gagner une nouvelle fois. Elle eut juste le temps de mettre le feu au ralenti sous la casserole avant de courir dans la buanderie, n’ayant trouvé aucun autre refuge au cas où Alexis ou Martha ne descendent. Elle ne voulait pas les inquiéter plus qu’elle savait qu’elle allait le faire si rien ne changeait entre Castle et elle  avant le diner… Refermant la porte derrière elle, elle s’y appuya et se laissa glisser jusqu’au sol, en boule. Ses mains entourant ses genoux, elle aperçut une chemise de son écrivain et, l’attrapant, elle enfouit son visage dedans et y pleura toutes les larmes de son corps en étouffant au maximum ses sanglots.

De son côté, Castle était parvenu à atteindre son fauteuil préféré avant de s’effondrer dedans à bout de force. Lorsque la femme qu’il aimait avait quitté le loft quelques heures plus tôt, il avait vraiment cru qu’il ne la reverrait plus jamais et pourtant, à son réveil, elle était là, juste devant ses yeux ! Un instant il avait cru rêver puis les paroles qu’elle avait eu à son égard lui était revenu tel un boomerang et  son cœur s’était remis à saigner. Il avait beau voir et entendre sa détresse, il n’était pas encore prêt à l’écouter même si, au plus profond de lui, la voir les yeux rougis le tuait à petit feu. Le problème était qu’il n’était pas le seul à entrer dans l’équation. La détresse de sa fille lui avait presque fait plus de mal que sa propre souffrance face aux accusations infondées de la jeune femme. Il devait donc d’abord penser à sa fille avant de penser à ce que lui voulait. Il devait bien admettre que si le bonheur d’Alexis n’avait pas été en jeu, il aurait fondu devant ses yeux rougis par les pleurs et les larmes qui coulaient encore, complètement incontrôlées. A la voir ainsi, il n’avait eu qu’une seule envie : la prendre dans ses bras et ne plus jamais la lâcher. Il se sentait complètement perdu et ne savait plus quoi faire…

-« Pourquoi a-t-il fallu que je tombe amoureux d’elle ? » marmonna-t-il alors qu’il se figurait déjà mille et une raison pour répondre à sa question.

Il ne voulait pas qu’elle parte, il souhaitait au plus profond de lui trouver la force de lui pardonner et de rendre plus fort son couple mais il ne savait pas par où commencer exactement. Et puis il y avait toujours la question d’Alexis. Cette petite comptait plus que tout à ses yeux et il détestait par-dessus tout la voir triste et pleurer. Deux choses que la fillette avait montrées après le départ tonitruant de la jeune femme qui faisait battre son cœur… Une chose était pourtant sûre dans son cœur : si Beckett refranchissait la porte du loft pour s’enfuir à nouveau avant qu’ils aient pu discuter ensemble de leurs problèmes, c’en était fini de leur couple. Mais saurait-il vivre à nouveau sans elle ? Saurait-il rendre sa fille aussi heureuse qu’elle l’avait été ces dernières semaines ? C’est alors que de la pièce principale lui parvint des pas puis des voix chuchotant. Intrigué, il se leva et, après avoir entrebâillé la porte de son bureau, il risqua un coup d’œil dans la pièce commune. Ce qu’il découvrit lui arracha son premier sourire depuis des heures. En effet Martha et Alexis s’affairaient dans un silence relatif à finir ce que Beckett avait commencé un peu plus tôt.

-« Grams, tu crois que Papa et Momma ils vont se disputer encore longtemps ? » demanda la fillette en continuant à mettre la table sous le regard attentif de sa grand-mère.

-« Je ne sais pas ma Chérie, » répondit cette dernière en mettant les pâtes à cuire. « Tu sais, des fois, les grandes personnes se font du mal sans le vouloir et ne savent plus réparer leurs bêtises… »

-« Mais si Momma demande pardon à Papa ? Normalement, avec moi, ça et un bisou magique suffisent alors pourquoi pas pour Momma aussi ? »

-« C’est souvent plus compliquer pour les grandes personnes Alexis… »

-« Et bien moi je dis que c’est trop nul ! J’aime pas quand ils se fâchent et j’aime pas quand ils sont tristes… »

-« Mais tu sais, pour qu’ils se réconcilient, il faudrait au moins que Kate soit de retour au loft… »

-« Mais elle est revenue Momma, » répondit avec ingéniosité la plus jeune des rouquines. « Elle est de retour puisqu’elle a fait la sauce à spaghettis des Beckett et que ni Papa ni toi vous savez la faire ! »

-« Vraiment ? »

-« Oui, vraiment Mère, » intervint Castle en pénétrant plus en avant dans la pièce la mine sombre. « Mais ne me demande pas où elle est, je n’en sais rien. »

L’écrivain se mit donc à aider sa fille à mettre la table en silence sentant le regard de sa mère sur lui, qui l’étudiait avec attention. Au moment où Alexis voulut sortir les serviettes de table de leur tiroir, elle s’aperçut que le tiroir était vide.

-« Je vais en chercher des propres dans la buanderie ! » annonça-t-elle en s’élançant dans la direction indiquée.

-« Je joue pas à la petite cascadeuse ! Si tu ne parviens pas à les atteindre, tu nous appelles, d’accord ? »

-« Promis Grams ! » lança la fillette en ouvrant la porte avant de se figer, inquiète. « Momma ? Bah qu’est-ce que tu fais là toute seule ? Tu as pleuré ? »

-« Ce n’est rien ma Puce, » se força à sourire Beckett en faisant mine d’être occupée à faire une lessive. « Alors comme ça tu as besoin de serviettes ? »

-« Oui, » répondit Alexis en ne cessant de regarder sa mère de cœur. « Dis, pourquoi tu as crié comme ça après Papa tout à l’heure ? »

Fermant un instant les yeux, la jeune femme se mit à la hauteur de l’enfant et l’invita à s’approcher doucement.

-« Tout à l’heure, j’ai fait une grosse bêtise. Je me sentais mal dans mon cœur et, pour aller mieux, j’ai dit de très vilaines choses à ton Papa. Maintenant je ne peux faire qu’une seule chose : attendre que ton Papa veuille bien écouter ce que je veux lui dire et attendre sa décision… »

-« Tu es désolée ? »

-« Oh tu ne peux pas imaginer à quel point ! Et je ferais tout pour me faire pardonner par ton Papa mais je ne peux que me fier à son choix… Tu comprends ? » demanda la brunette espérant qu’elle serait comprise.

-« Oui Momma, » sourit tristement Alexis en se blottissant dans les bras de celle qu’elle aimait comme une mère. « J’espère juste que je pourrais toujours te voir parce que moi je t’aime de tout mon cœur. Je veux pas que ça fasse comme avec Maman. »

-« Moi aussi je t’aime de tout mon cœur ma Puce et, même si je ne l’ai pas montré, loin de là, j’aime aussi ton Papa très très fort. »

-« Plus fort que moi ? »

-« Différemment mais vous avez ton père et toi une place toute particulière pour moi, » affirma la jeune femme avec à nouveau les larmes aux yeux. « File apporter les serviettes à table maintenant, je vous y rejoins dans un instant. »

-« D’accord, » répondit Alexis avec un sourire, enfin rassurée.

Castle qui avait suivi toute la conversation depuis le couloir s’éclipsa avant que sa fille ne le voit et ne lui demande ce qu’il faisait là. Il ne voulait pas que Beckett sache qu’il avait entendu ce qu’elle avait dit à la fillette. Comme promis, la brunette rejoignit les Castle dans la salle à manger où elle fut accueillie par le silence, l’indifférence de son homme et la chaleur de Martha. Du fond de son cœur, elle remercia l’actrice d’être présente et d’animer la conversation car ses efforts donnaient un semblant de normalité à la petite fille. Elle se rappelait de ce genre de repas lorsqu’elle était petite et comment ces moments difficiles lui étaient pénibles. Aussi fit-elle tout ce qu’elle pouvait pour donner le change et égayé au plus le repas. A plusieurs reprises, la jeune femme jeta des regards implorants à Castle afin qu’il prenne un minimum part aux échanges, ne serait-ce ceux qui étaient relatifs à sa fille et à sa mère mais rien n’y faisait. Castle ne desserra pas les dents et, une fois le diner terminé, il se leva et s’excusa.

-« J’ai des chapitres à terminer, » donna-t-il comme vague explication. « Et comme la deadline arrive, je dois impérativement terminer mon manuscrit sinon Gina va se mettre à me harceler à nouveau. »

-« Kate, ça te dérangerait de finir de tout ranger ? J’aimerai finir ce que j’avais commencé à faire avant le déjeuner… »

-« Bien sûr Martha, » sourit tristement la jeune femme. « Ne vous en faites pas pour ça. Et toi jeune fille, que dirais-tu d’aller te mettre en pyjama ? Je monte te coucher dès que j’ai fini. »

-« D’accord Momma, » s’écria Alexis en s’élançant vers l’escalier avant d’être stoppée nette dans sa course par la voix de Beckett.

-« Et n’oublie pas d’aller souhaiter une bonne nuit à ton père ! »

La fillette lui obéit avant de monter se préparer pour la nuit laissant Beckett dans la cuisine. De son côté, Martha se dirigea discrètement vers la buanderie et se mit à fouiller se demandant ce que la brunette avait réussi à cacher à sa petite-fille. Elle ne tarda pas à trouver la chemise de son fils trempé par les larmes de la jeune femme.

-« Bon et bien maintenant il ne pourra pas me dire que je n’ai pas de preuve… »

Sans plus attendre, l’actrice roula en boule la chemise de son fils et se dirigea discrètement vers le bureau.

-« Arrête de faire semblant d’écrire, je suis persuadée que personne n’a cru à ton histoire mais tout le monde a été assez généreux pour ne pas te le faire remarquer. »

-« C’est trop aimable à toi Mère ! Que puis-je faire pour toi ? »

-« Tiens ! Regarde ça ! » dit Martha en balançant sa chemise à son fils. « Tu te demandes peut-être ce que Kate faisait enfermée dans la buanderie… »

-« Bah quoi, c’est ma chemise… Et alors ? »

-« Tu ne remarques pas quelque chose, non ? Ta chemise est parfaitement normale pour ne sortir que du fond du panier à linge sale ? »

-« Le linge sale tu dis ? Mais elle est mouillée… »

-« Dois-je te rappeler que ma chambre se trouve juste au dessus de la buanderie ? Kate a passé plus d’une heure à pleurer comme une âme en peine enfermée toute seule là-bas ? »

-« Mais pourquoi ? »

-« Peut-être pour ne pas qu’Alexis soit trop perturbée par votre dispute ! Un peu comme elle a fait à table contrairement à toi ! Je me suis demandé qui des deux avait le bonheur de ma petite fille le plus à cœur ce soir au diner et j’ai le regret de te dire que tout le monde y a fait attention sauf toi mon fils ! Sur ce, bonne nuit ! »

Sans plus attendre, l’actrice quitta le bureau et, après avoir souhaité une bonne nuit à Kate, monta dans sa chambre en espérant que son fils allait enfin ouvrir les yeux et voir à quel point cette jeune femme était faite pour lui. De son côté, Castle resta figer à fixer sa chemise mouillée des larmes de sa compagne. Son cœur et sa tête se livraient toujours le même duel. Epuisé, il se leva bien décidé à aller se coucher de bonne heure mais se figea sur le pas de la porte de sa chambre : Beckett s’y trouvait. Cette dernière se pétrifia en sentant sa présence dans son dos.

-« Ne… Ne t’en fais pas, » dit soudain avec une immense tristesse la brunette sans le regarder. « Je ne suis venue ici que pour prendre quelques affaires. Je ne pensais pas t’y croiser vu que tu dois écrire… »

-« J’y arrive pas et tu sais, tu peux dormir ici si tu veux, je m’en fiche. »

La jeune femme ferma les yeux et accusa le coup. Elle savait qu’elle ne méritait pas un autre traitement pour ce qu’elle avait fait mais elle ne pouvait s’empêcher d’avoir terriblement mal. Déjà en pyjama et saisissant l’opportunité qui lui était donnée après une rapide réflexion, elle grimpa dans le lit et veilla bien à respecter sa place dans le lit, pour ne pas qu’il se sente envahi. Elle ne voulait surtout pas qu’il croit qu’elle le fuyait encore, elle voulait à tout prix conserver une chance de reconstruire son couple. Ayant pris ses affaires de nuit, Castle se dirigea vers la salle de bain dont il referma sa porte afin de se préparer pour la nuit. Le cœur de Beckett saigna un peu plus, c’était la première fois qu’il s’enfermait pour se changer…

-« Si tu savais comme j’aimerai pouvoir revenir en arrière et effacer toutes ces choses horribles que je t’ai dites… » murmura la brunette en direction de la porte alors qu’une larme rebelle s’échappait.

Rapidement, elle l’essuya ne souhaitant pas que son écrivain ne la voit et se carra un peu plus dans le lit, cherchant la chaleur qu’elle ne trouverait pas malgré leur présence à tous les deux. Quand Castle sortit de la salle de bain, en plus de son traditionnel t-shirt, il avait passé un pantalon de pyjama. Beckett soupira mais ne dit rien. Le jeune homme ouvrit les couvertures de son côté du lit et s’y installa. Après les avoir rabattu sur lui, il se tourna sur le côté, dos à elle et éteignit sa lumière.

-« Bonne nuit Rick, » souffla malgré tout la jeune femme.

Comme il ne lui dit rien, elle éteignit sa propre lumière et se mit à fixer le plafond sur lequel les lumières de la ville se reflétaient à travers les volets non complètement fermés. Les heures passaient sans que Beckett ne parvienne à fermer l’œil ne serait-ce que plus de quelques minutes d’affilées. Poussant un nouveau soupir, elle se leva doucement du lit, vit qu’il n’était pas encore cinq heures du matin et, sans réveiller, son écrivain la brunette décida de sortir de la chambre. Sans plus attendre, elle attrapa la robe de chambre de l’homme qu’elle aimait au plus haut point et quitta le loft pour se rendre sur le toit de l’immeuble, ses clés dans sa poche. Elle s’assit sur le rebord du bâtiment et, remontant ses jambes contre elle, Beckett observa le soleil se lever sur les toits new-yorkais laissant son esprit vagabonder sur les derniers évènements. Comment pourrait-il lui pardonner de telles paroles ? Comment pourrait-il avoir encore envie de faire sa vie avec elle ? Comment pourrait-il même encore lui faire la moindre confiance pour l’éducation de sa fille Alexis ? Il méritait tellement mieux qu’une imbécile qui, blessée dans son orgueil, était capable de lui sortir les pires situations…

Beckett ne sut pas combien de temps elle resta comme ça, assise sur le rebord du toit, complètement perdue dans ses pensées mais elle se décida finalement à retourner dans le loft. Elle se dirigea alors vers la cuisine, bien décidée à faire du café tout en réfléchissant de nouveau à comment elle allait pouvoir faire amande honorable auprès de l’homme qu’elle aimait de tout son cœur.


Lilou004  (22.10.2013 à 11:07)

Chapitre 43 : Reconstruire son couple

 

Lorsque Castle entra dans la cuisine, il fut surpris d’y trouver Beckett, assise sur le plan de travail, ses longues jambes fuselées se balançant lentement dans le vide. Sans un mot mais avec un air désolé, la brunette lui tendit une tasse de café fait à son goût. Le jeune homme dévisagea la tasse pendant un long moment, hésitant à la prendre avant de le faire puis de reculer pour s’adosser à l’évier.

-« Je suis désolée, » murmura la jeune femme en penchant sa tête en avant, se cachant derrière le rideau de ses longs cheveux soigneux. « Je t’ai dit des horreurs que tu ne méritais pas. Si tu savais à quel point j’aimerai pouvoir revenir en arrière et réagir autrement… De manière plus réfléchie, plus adulte aussi… Maman aurait honte de moi si elle était toujours parmi nous… »

Beckett releva alors son visage et chercha les yeux de son partenaire mais ce dernier fixait un point devant lui sur le sol. Rien n’était gagné pour l’instant et le cœur de la jeune femme était toujours aussi lourd. On dit que la nuit porte conseil mais elle finissait par en douter tellement l’homme face à elle semblait fermé…

-« Tout au fond de moi, je ne voulais pas te blesser, » commença la brunette alors que Castle relevait enfin son regard dubitatif vers elle. « J’avais mal au plus profond de mon cœur et, quelque part, sans vraiment en être consciente, je voulais que tu souffres autant que moi. Et ce même si te voir souffrir est la dernière chose que je souhaite pour toi et ta famille… Je sais, c’est complètement paradoxal… »

Etudiant attentivement son regard, l’écrivain put y lire toute la sincérité de ses paroles pour le moins confuses. Mais lui comprenait, il comprenait ce qu’elle essayait de lui dire et ça le touchait d’autant qu’il voyait à quel point elle souffrait elle aussi de la situation. C’est alors que sa conversation de la veille au soir avec sa mère lui revint en mémoire ainsi que la chemise trempée des larmes de la jeune femme.

-« Je n’aurais jamais dû te dire de telles choses. C’était méchant… Méchant et gratuit… »

Castle plongea alors son regard dans celui de la jeune femme et ils ne se lâchèrent plus pendant un long moment.

-« C’est aussi ma faute… J’aurais dû t’appeler quand j’avais ton père au téléphone et te le passer. Je… »

-« Peut-être Rick, » le coupa Beckett. « Mais il n’empêche ! Je n’aurai jamais dû te dire de telles horreurs. Tu ne les méritais pas. Pas plus hier que n’importe quel autre jour. Je… Je sais que je ne mérite pas ton pardon et que mes excuses ne valent pas grand-chose mais… »

La brunette ne put aller plus loin tant l’émotion était forte en elle. D’un geste, elle détourna son regard afin que son écrivain ne puisse voir ses yeux débordant de larmes ainsi que les quelques récalcitrantes qui s’échappaient.

-« Je n’ai jamais pensé ça de toi Rick… » souffla-t-elle au bout d’un long moment.

-« C’est difficile à croire, »fit amèrement Castle en posant sa tasse à café vide à côté de lui sur le plan de travail.

-« La partie de moi qui t’a lancé ces accusations, c’est celle d’avant… Celle qui ne voyait en toi que ce que les tabloïds veuillent bien montrer, celle qui se bornait à la personne publique… D’un autre côté, la nouvelle moi, celle qui connait et aime celui que tu es vraiment, le père et le fils attentifs, celle-là a saigné un peu plus à chacun des mots qui sortaient de ma bouche… Je suis terrifiée par l’intensité de ce que nous partageons si rapidement Rick… »

Le silence se fit entre eux pendant de longues minutes.

-« Moi aussi j’ai peur Kate. J’ai déjà échoué lors d’un mariage et je suis pétrifié à l’idée de recommencer… » avoua-t-il après un moment. « J’ai peur de faire quelque chose qui fasse que ce que nous avons se termine… J’ai peur de te pousser trop vite et trop loin et que tu prennes la fuite… Alors je me restreins autant que je peux et j’essaye de suivre ce que tu es prête à m’offrir… »

-« Mais je t’aime Rick ! Même si je… »

-« Oublie un instant les paroles qui ont été dites hier et dis-moi ce que tu voulais me dire s’il te plait Kate… » implora l’écrivain en se redressant de toute sa taille.

-« Je t’aime comme ma mère aimait mon père et comme ma grand-mère aime toujours mon grand-père malgré le fait qu’il nous ai quitté depuis des années maintenant… Je t’aime de tout mon cœur et, si tu dois ne jamais me pardonner ce qui s’est passé hier, je respecterai ton choix mais mon cœur restera pris à tout jamais… C’est ce que j’ai réalisé ces dernières heures… »

Touché par la sincérité des mots de la jeune femme, Castle s’avança doucement, réduisant lentement la distance entre eux.

-« Je peux te poser une question ? » demanda l’écrivain alors que sa compagne évitait son regard, mal à l’aise après une telle déclaration. « Pourquoi es-tu allée pleurer dans la buanderie hier ? Tu étais pourtant seule dans la cuisine… »

-« Je me suis dit qu’Alexis pouvait arriver à n’importe quel moment et qu’elle avait suffisamment souffert avec la scène dont elle avait été témoin… Je ne voulais surtout pas qu’elle me voit pleurer en plus de tout… » expliqua Beckett avant de se redresser pour le regarder dans les yeux cette fois. « C’est comme au diner d’hier soir. Je voulais qu’il paraisse à ta fille le plus naturel possible malgré les circonstances. Je me suis rappelée à quel point enfant je détestais ces repas où mes parents ne se parlaient pas… Et je dois dire que, si Martha a été d’une aide précieuse, tu ne nous as pas facilité la tâche… »

-« Je t’en voulais encore tellement Kate… D’un côté, je mourrais d’envie de te pardonner et de l’autre j’avais envie de te faire payer pour la douleur que tu m’avais affligée. »

-« Et maintenant ? » murmura la jeune femme ayant peur de la réponse.

-« Maintenant je vois que je t’ai fait autant voire plus souffrir que toi en te traitant avec distance et froideur… Et que par-dessus tout je t’aime de tout mon cœur…. »

-« Oh moi aussi je t’aime Rick ! » s’exclama la brunette sentant enfin l’espoir s’insinuer dans son cœur.

-« Je le sais, » souffla Castle en comblant la distance qui le séparait de celle qui l’aimait et prenant son visage dans la coupe de ses mains. « Je t’aime et je te promets qu’à l’avenir je t’appellerai dès qu’il sera question de ton père. »

-« Tu n’as pas besoin Rick, j’ai parfaitement confiance en toi. C’est juste que j’ai été blessé qu’il se soit adressé à toi plutôt qu’à moi sa fille… Mais je dois avouer que c’est toi qui lui a apporté ce dont il avait besoin : le nom d’un médecin pour l’aider… C’est logique en fait qu’il t’ait appelé. »

L’écrivain combla alors la distance qui les séparait et déposa un doux baiser sur les lèvres de la jeune femme.

-« Tu m’as tellement manquée… » souffla le jeune homme contre la bouche de la femme de sa vie. « Oh Dieu que c’est bon de pouvoir enfin te serrer dans mes bras… »

-« J’ai cru que plus jamais tu ne voudrais de moi, » avoua Beckett en se blottissant au plus près de lui et l’enroulant de ses longues jambes.

Ils s’écartèrent un instant l’un de l’autre et se échangèrent un magnifique sourire plein de joie, de bonheur mais aussi de reconnaissance.

-« Je ne te promets pas qu’on ne se disputera plus jamais Rick mais je te promets une chose. Je ferai toujours en sorte d’atténuer les conséquences pour Alexis et trouver les mots pour apaiser nos différents. »

-« Je pense que, de nous deux, tu es la plus réfléchie et cette dispute l’a prouvé… »

-« Si j’avais été la plu réfléchie des deux comme tu le dis si bien, je ne t’aurai pas dit ces horreurs… »

-« Et si on tirait un trait sur hier ? Tu t’es excusée pour tes paroles blessantes et j’en ai fait de même pour mon comportement. »

Pour la première fois de la journée, Beckett sourit d’un vrai sourire qui atteignit ses yeux avant de se blottir un peu plus dans ses bras. Castle l’accueillit avec joie contre lui avant de lui jeter un regard malicieux.

-« Tu as fini ton café ? »

-« Oui pourquoi ? » demanda la brunette ne comprenant pas où il voulait en venir. « Ahhh ! Mais qu’est-ce que tu fais ! »

Le jeune homme avait en effet soulevé sa compagne dans le creux de ses bras et la tenait fermement alors que cette dernière s’accrochait littéralement à lui. Ils quittèrent ainsi la cuisine pour le salon.

-« J’ai besoin de te sentir dans mes bras, de savoir que tu es vraiment là, que je ne t’ai pas perdu pour toujours comme dans mes cauchemars cette nuit… Mais, comme Alexis ne devrait pas tarder à se lever, je ne peux pas d’emmener dans notre chambre au risque d’être interrompus… »

-« Le canapé c’est pas mal aussi pour se blottir dans les bras l’un de l’autre, » sourit la jeune femme en prenant position contre lui.

Le couple resta de longues minutes ainsi, sans bouger, à savourer le plaisir d’être avec l’autre, auprès de l’autre. Ils ne purent dire depuis combien de temps ils étaient dans cette position quand ils entendirent de petits pas en provenance de l’escalier.

-« Papa ? Momma ? Vous êtes là ? »

-« Oui Pumpkin, » sourit Castle en sortant la tête du canapé pour faire signe à sa fille d’approcher.

La fillette lui obéit timidement et cela fendit le cœur des deux adultes. En une soirée, leur petite citrouille avait perdu une bonne partie de son entrain et de sa joie de vivre. Ils se regardèrent un instant et conclurent d’un même accord que c’était de leur mission de faire en sorte de faire revenir leur joyeuse petite fille.

-Momma ? »

-« Oui ma Puce ? »

-« Tu as dit pardon à Papa ? »

-« En effet, » sourit la jeune femme en se blottissant un peu plus dans le cou de son homme. « Je lui ai demandé pardon. »

-« Et il t’a fait le bisou qui guérit tout ? »

-« Oui Pumpkin, je lui ai fait le bisou qui guérit tout, » affirma l’écrivain en souriant à son tour à sa fille et ouvrant son bras libre pour l’inviter à s’approcher.

-« Je peux voir ? » osa demander la fillette qui avait passé une nuit agitée et qui avait vu Beckett s’éclipser au petit matin.

En effet, alors qu’elle revenait des toilettes, la fillette avait entendu des bruits de pas au rez-de-chaussée et avait vu sa mère sortir en catimini du loft. Cela n’avait fait qu’accentuer ses angoisses mais elle n’avait rien dit et avait préféré retourner dans sa chambre. Aussi avait-elle par-dessus tout besoin de preuves… Mais le couple s’exécuta avec plaisir. Sans plus attendre, Castle se pencha sur sa belle et l’embrassa à pleine bouche, chacun cherchant à approfondir leur baiser jusqu’à ce qu’une petite voix ne le ramène à la réalité.

-« Beurk ! C’est pas un bisou qui guérit tout ça ! C’est un bisou ‘beurk’ ! Mais tante Lanie elle dit que les bisous ‘beurk’ chez les Papas et les Mamans c’est les bisous qui conduisent au bébé ! »

-« Pourquoi est-ce que ça ne m’étonne même pas de Lanie ça… » marmonna dans le cou de l’écrivain la jeune femme avant de poursuivre à l’intension de l’enfant. « Alors ça veut dire que Tante Lanie et Oncle Javi ils sont décidés à faire des bébés ? »

-« Bah non ! Ce sont pas des Papa et des Maman eux ! Pas comme toi et Papa ! » répliqua avec sa logique d’enfant Alexis. « Dites, ça veut dire que maintenant que vous êtes plus fâchés, je vais avoir un petit frère ou une petite sœur ? »

-« Peut-être un jour, » répondit l’écrivain avant de poursuivre à l’intension de sa compagne qui s’était figée contre lui. « J’étais sérieux tout à l’heure quand je te disais que je voulais une vie avec toi, une vie auprès de toi… Je veux tout avec toi : vie commune, mariage, enfants… Je veux tout ! Mais je conçois que tu es jeune. Nous irons donc à ton rythme… »

-« Moi aussi, au plus profond de moi, j’en ai envie, » avoua dans un souple la brunette. « Même si ça me fait peur, je veux tout avec toi et Alexis et Martha aussi car elles font parties de toi, de l’homme que j’ai appris à connaitre… »

-« Et donc ? Je mens quand je dis à notre fille que peut-être un jour nous lui donnerons un petit frère ou une petite sœur ? » demanda le cœur battant Castle en fixant celle qu’il aimait de tout son être.

-« Tu as raison, un jour peut-être mais laisse-nous devenir une famille tous les trois ensemble avant de penser à l’agrandir, d’accord ? » fit Beckett en regardant successivement le père et la fille.

-« Et avec Grams et ton Papa aussi quand il sera guéri, non ? » demanda avec enthousiasme Alexis les yeux pétillant de malice.

-« Oui, tu as raison. Grams et mon père font aussi partis de notre famille tout comme Nana et tous les autres membres de ma famille que nous avons rencontrés lors des derniers jours. »

La fillette s’élança alors dans une véritable farandole qui fit sourire les deux adultes qui ne se quittaient pas. Après leurs angoisses de ses dernières heures, ils avaient besoin de ce contact physique de tous les instants. C’est dans les bras l’un de l’autre qu’ils accueillirent au milieu d’eux leur petite citrouille préférée.

-« Je préfère quand vous vous disputez pas… » murmura l’enfant en se calant.au milieu d’eux.

-« Tu veux que je te dise un secret ? » demanda avec un tendre sourire Beckett alors que la fillette acquiesçait avec entrain. « Moi aussi je préfère quand Papa et moi on ne se dispute pas… »

-« Eh bien dans ces cas-là, je peux affirmer que nous sommes tous les trois d’accord, » confirma Castle en resserrant son étreinte autour des deux femmes.

Le reste de la journée se passa de manière douce et sereine. Le jeune couple quittait peu ou pas les bras de l’être aimé. Alexis virevoltait autour d’eux tout en découvrant les différents jouets qu’elle avait reçu et Martha savourait la paix retrouvée. Pendant la sieste de leur fille, les deux jeunes gens abordèrent calmement la situation délicate de Jim. Beaucoup de choses furent dites mais elles permirent à Beckett de mieux comprendre et donc de mieux appréhender les difficultés que pouvait rencontrer son père. Castle l’invita à discuter avec son ami médecin spécialiste des addictions et la brunette apprit plein de choses. Il fut convenu d’un rendez-vous pour le lendemain, en présence de Jim. Cependant, afin de ne pas risquer de braquer ce dernier, il fut décidé que c’est Adam lui-même qui se chargerait de l’inviter à se joindre à eux. La jeune femme eut l’impression que la journée était passée à une allure folle et elle fut reconnaissante à l’actrice de se porter volontaire pour coucher sa petite-fille.

-« Et si nous rejoignions nous aussi notre lit, » proposa avec un tendre sourire Castle alors qu’il caressait voluptueusement le dos accessible de sa compagne sous son t-shirt.

-« Je crois que c’est une excellente idée étant donné que la nuit dernière n’a pas été des plus reposantes… Pour moi tout au moins… »

-« Crois-moi, j’ai passé plus de temps réveillé à faire semblant de dormir qu’à vraiment dormir… » avoua le jeune homme dans un souffle.

-« Quelque part, cela me rassure, » fit malicieusement Beckett en retirant d’un geste la chemise de son homme à la recherche du contact charnel.

Quand enfin les mains de la brunette entrèrent en contact avec son torse puissant, un sourire éclatant apparut sur leur visage à tous les deux et la jeune femme se pencha pour déposer un doux baiser sur le cœur de celui qui faisait battre le sien à la chamade.

-« Je t’aime Rick, » souffla-t-elle alors que ses mains partaient à l’exploration de son corps.

-« Kate, » grogna l’écrivain en se levant, l’entrainant dans ses bras alors que la jeune femme ne cessait ses démonstrations d’affection. « Je pense qu’il va falloir déplacer ses tendres explorations vers un endroit un peu plus privé… »

-« Tu as raison, » murmura dans un souffla la brunette. « Je ne voudrais pas traumatiser ta mère ou ta fille… Mais dépêche-toi ! J’ai hâte que nous nous entrainions à créer ce petit frère ou cette petite sœur qu’Alexis désire tant avoir… »

-« Humm… J’aime ton esprit, » répondit l’écrivain en s’attaquant doucement mais sûrement à son point le plus sensible derrière son oreille dans la nuque.

Après avoir refermé la porte de leur chambre derrière eux et avoir donné un tour de clé, Castle jeta littéralement Beckett sur le lit la faisant éclater de rire.

-« Je préfère ce genre de coucher à celui d’hier, » sourit la jeune femme alors que son homme s’attaquait à ses vêtements. « Serais-tu un peu impatient ? »

-« Autant que toi ma Chérie, » répondit l’écrivain alors que sa compagne parvenait à lui retirer sa chemise d’un geste fluide. « Et on dirait que tu es bien plus douée que moi avec ces choses… »

-« Chuttt… Tu parles trop mon amour, » fit Beckett en reprenant le dessus d’une prise de jambes.

Rapidement ils se laissèrent gagner par leur passion.  A grand renfort de caresses et de démonstrations d’amour, ils atteignirent à plusieurs reprises le paroxysme du plaisir. Ce n’est qu’après de multiples moments de complicité et que très tard dans la nuit que Castle quitta un instant leur lit pour déverrouiller la porte. Après avoir enfilé un caleçon, il se glissa à nouveau entre les draps au côté de la femme de sa vie qui venait juste de remettre sa chemise de nuit. Dans les bras l’un de l’autre, heureux et repus, ils rejoignirent Morphée pour quelques petites heures salvatrices.


Lilou004  (29.11.2013 à 20:56)

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