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Come to meet your death

Série : Castle
Création : 06.12.2012 à 20h25
Auteur : FranckyDB 
Statut : Abandonnée

« Une nouvelle tueuse arrive en vile. Et surprise, vous la connaissez tous !!! » FranckyDB 

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Chapitre 1

Elle détestait les vols long courrier. Ce n’était pas tant la durée du vol qui la gênait, mais surtout le décalage horaire. Quoique dans ce sens là, il était plus supportable qu’au retour.

Comme toujours, l’aéroport John Fitzgerald Kennedy était bondé, et elle dut se frayer un passage jusqu’aux tapis pour récupérer ses bagages. Elle patienta quelques minutes avant  de voir apparaître sa grande valise de marque et son vanity case. Elle les déposa sur son chariot sur lequel elle avait déjà mis ses bagages à main. Cela fait, la jeune femme se dirigea vers les guichets de sortie. Une longue queue l’attendait.

Un quart d’heure plus tard, sa patience mise à l’épreuve, elle arriva enfin devant l’employé des douanes.

« Bonjour madame, voyage d’affaire ou de tourisme ? » demanda celui-ci en prenant les documents que lui tendait la jeune femme.

« Business, et c’est mademoiselle » rétorqua-t-elle avec un joli sourire.

« Pardon mademoiselle » rectifia-t-il en lui rendant son sourire.

Il vérifia l’authenticité du passeport et du visa, Il jeta un œil sur les feuilles jointes que la jeune femme avait préalablement remplies, et après s’être assuré que la photo correspondait bien à la personne qu’il avait en face de lui, il apposa un tampon et lui rendit les documents.

« Bon séjour à New York mademoiselle Dumont »

« Merci et bonne journée à vous »

Elle passa très rapidement la formalité de contrôle des bagages et se dirigea vers la sortie. Elle entra dans le premier taxi libre et une fois installée, elle donna le nom de son hôtel au chauffeur qui avait préalablement remisé les bagages dans le coffre.

Une fois que le véhicule eut quitté l’aéroport, elle fixa son regard sur le paysage qui défilait. Cela faisait un moment qu’elle n’avait pas remis les pieds aux USA et encore plus dans la grande pomme. Cette réflexion la conduisit naturellement à repenser à la raison de sa venue dans ce pays.

Elle était là pour un contrat très juteux !

Elle sourit. C’est la première fois qu’on lui offrait une telle somme pour tuer quelqu’un. Elle ne connaissait pas encore sa cible, mais en l’occurrence, elle devait avouer qu’elle n’en avait cure. Pour un montant pareil, elle tuerait le pape.

En fait non. Jusqu’à maintenant, elle n’avait exécuté que des méchants. Elle s’en était faite une règle. Même si elle y avait pris énormément de plaisir. Mais là, elle était prête à bafouer ses principes, car si tout se déroulait selon ses plans, ce serait son dernier contrat.

Une retraite bien méritée !

Cela faisait plus de dix ans qu’elle exerçait « ce métier », et il était temps qu’elle raccroche. A ce jour, personne n’avait encore pu identifier « Judy la Belge », mais la chance pouvait tourner, et elle ne comptait pas prendre ce risque.

Elle jeta un coup d’œil à sa montre et évalua la circulation. Elle avait un rendez-vous important et il n’était pas question d’arriver en retard. C’est sa réputation qui était en jeu.

« Vous pensez que nous pourrons atteindre mon hôtel d’ici une demi-heure ? » questionna-t-elle le chauffeur.

« Nous y serons d’ici vingt minutes au plus madame » lui répond-il avec un sourire

« C’est parfait alors » remercia-telle en décidant de ne pas le reprendre sur le titre qu’il avait employé.

Elle se remit à observer les rues bondées de la grosse pomme. Elle aimait l’ambiance de cette ville. Elle était toujours très animée, et cela quelque soit l’heure. On ne s’y ennuyait jamais.

Et puis, c’était la ville où habitait son écrivain de romans policiers préféré.

Elle avait hâte d’ailleurs de découvrir le nouveau chapitre de sa saga, et comble de bonheur, la sortie officielle devait avoir lieu cette semaine. Avec un peu de chance elle pourrait assister à une des séances de dédicaces.

Elle sourit à cette éventualité, parce qu’en plus d’aimer ses livres, elle le trouvait plutôt à son goût. C’était tout à fait son type d’hommes, et confiante en son charme, elle se voyait bien passer du bon temps avec lui. A cette idée, elle fut parcourue d’un frisson.

Elle fut ramenée à la réalité par la voix du chauffeur qui avait stoppé son véhicule.

« Vous êtes arrivée madame, et en moins de vingt minutes » lui sourit-il

« Ah, merci, c’est parfait »

Elle lui paya sa course en lui octroyant un généreux pourboire et sortit du taxi. Elle attendit que le groom de l’hôtel récupère ses bagages, et pénétra dans l’hôtel. Elle se dirigea vers la réception où un homme d’une quarantaine d’année l’accueillit avec un sourire convenu.

« Bonjour madame, soyez la bienvenue au Four seasons »

 

« Bonjour, vous devez avoir une chambre réservée au nom de MADEMOISELLE Dumont » répondit-elle en insistant bien sur la civilité.

Le réceptionniste tapa sur le clavier de son ordinateur et se tourna vers la jeune femme.

« En effet mademoiselle Dumont, vous avez bien une réservation pour la suite Manhattan ».

« C’est parfait, merci »

« Pourriez-vous me donner votre passeport et une carte de crédit ?» demanda-t-il à la jeune femme tout en appuyant sur un bouton.

Judy lui tendit les documents demandés et jeta un regard circulaire pour apprécier les lieux. C’était la première fois qu’elle descendait dans cet hôtel. Elle l’avait choisi parce qu’il était situé entre Park Avenue et Madison Avenue, à deux minutes de Central Park et des boutiques de luxe de Madison et de la 5ème avenue. De plus sa suite bénéficiait d'une vue imprenable sur Central Park. Et, le restaurant gastronomique était de renommée mondiale. En effet Joël Robuchon en est le chef.

La jeune belge récupéra sa carte de crédit que lui tendait le concierge et se tourna vers le garçon d’étage qui était arrivé entre temps et qui avait pris en charge les bagages de la jeune femme. Ensemble ils se dirigèrent vers les ascenseurs. Après quelques secondes de patience, ils pénétrèrent dans le premier qui se présenta. L’employé appuya sur le bouton de l’étage où se trouvait la suite. Arrivés à destination, ils attendirent que la porte s’efface et sortirent. La porte de la suite se trouvait face à l’ascenseur. Le garçon ouvrit celle-ci à l’aide de la carte magnétique et pénétra dans la pièce suivi de la jeune femme.

A peine franchie le seuil, Judy inspecta les lieux et admira les lignes pures et racées de la suite, ode à la sobriété et l'élégance. Pas d'imprimés fleuris, d'arabesques ou d'entrelacs mais une grande simplicité dans le choix des couleurs. Des beiges et des marrons glacés, du saumoné ou une couleur caramel et ivoire très Art Déco. Le tout jouant les contrastes entre simplicité et des détails au luxe discret mais délicieusement raffiné. Du papier mural le Corbusier, des meubles en sycomore anglais et des draps de lits du Rivot Carmegini recréait un style épuré. Elle remarqua aussi la délicatesse des jolies compositions florales, tulipes, orchidées blanches qui simples ou plus élaborées apportaient un peu de fantaisie. Posées sur une table basse, une coiffeuse ou devant le miroir de salle de bain, elles embaumaient l'air d'un parfum léger et subtil.

Satisfaite, elle pénétra plus franchement dans la pièce se débarrassa de son manteau qu’elle déposa sur un des fauteuils. Elle attendit que le garçon d’étage termine d’installer ses affaires. Celui-ci sortit de la salle de bain quelques instants plus tard.

« Puis-je faire autre chose pour vous mademoiselle » demanda-t-il alors.

« Non merci, ça ira jeune homme » lui sourit-elle en lui tendant un billet de vingt dollars.

« Merci mademoiselle, et je reste à votre service » dit-il en lui rendant son sourire et en sortant de la suite.

Une fois seule, Judy vérifia l’heure et constatant qu’elle était dans les temps se dirigea vers la salle de bain pour commencer à se préparer pour son rendez-vous.

Elle sortit une demi-heure plus tard habillée d’une robe noire à fines bretelles et laissant ses épaules dénudée. Elle avait opté pour un chignon qui laissait échapper quelques mèches. Elle s’empara d’une veste courte de la même couleur que ses chaussures rouges à hauts talons, qu’elle enfila en sortant de la suite. Elle prit l’ascenseur et d’un pas décidé, elle se rendit au bar de l’hôtel où son contact devait lui faire livrer des documents.

Comme ils en avaient convenu, elle s’installa au bar, commanda un mojito et patienta en surveillant les alentours. A l’heure dite, un jeune homme employé d’UPS se présenta dans le bar. Il se dirigea directement vers elle.

« Mademoiselle Carine Dumont ? »

« Oui, c’est moi »

« J’ai des documents à vous remettre »

« Oui merci, je les attendais »

« Veuillez signer là alors » lui dit-il en présentant son appareil et en tendant un stylet à la jeune femme.

Il lui remit alors le paquet et sortit du bar. Judy s’empara du verre que le barman lui avait servi entre temps, en but une gorgée et le reposa. Elle décacheta l’enveloppe et sortit les documents en vérifiant qu’il n’y avait personne à proximité. Une fois rassurée, elle prit connaissance du contenu. Avant de regarder les photos, elle s’attarda sur le dossier qui les accompagnait. Elle le parcourut et  fronça les sourcils à la lecture de celui-ci.

Le mode opératoire requis était des plus compliqué, mais il devait y avoir des raisons à cela. Et avec le temps elle avait appris à ne pas se poser de questions. Elle remit le dossier dans son enveloppe et s’attarda sur les deux photos. En découvrant la photo de l’homme, elle poussa un petit cri de surprise et commença à blêmir.

« Oh non, pas lui ! »


FranckyDB  (06.12.2012 à 20:27)

Chapitre 2

 

Il se réveilla en sursaut. Il était en sueur. Il venait encore une fois de faire un cauchemar. Cela faisait trois mois que nuit après nuit, il rejouait  cette horrible scène. Il revivait sans cesse le jour où sa muse avait été la cible d’un sniper. Et chaque fois, il se revoyait lui avouer ses sentiments, elle lui souriait et avec effroi, il la sentait quitter ce monde.

Dieu merci, ce n’était qu’un horrible rêve. Elle avait survécu…

Mais il était perturbé. Il n’avait plus eu de ses nouvelles depuis le jour où il était allé lui rendre visite à l’hôpital. Elle lui avait dit avoir tout oublié des événements qui avaient précédés son agression. Elle n’avait donc plus aucun souvenir de sa déclaration. Puis, Elle lui avait demandé du temps. Il avait alors accédé à sa demande, pensant la revoir quelques jours plus tard.

Mais elle ne l’avait pas recontacté…

Au début, il avait continué à aller tous les jours au 12th pour aider Ryan et Esposito à enquêter sur le tireur. Puis, il avait espacé ses visites jusqu’à ce que le nouveau capitaine lui interdise définitivement de mettre les pieds au commissariat. S’il l’avait voulu, il aurait pu plaider sa cause auprès de son ami le Maire, mais il y avait renoncé.

A quoi bon poursuivre ses investigations, alors que la principale intéressée n’en avait cure. Avec le temps, son inquiétude pour la détective s’était transformée en colère. Pourquoi se morfondre pour une femme qui ne s’en souciait guère.

Et pourtant, ses nuits étaient hantées par ces cauchemars.

Il tourna la tête sur sa droite pour lire l’heure sur son radio-réveil. Il affichait 7H37. Il ne devait pas trop tarder à se lever. Aujourd’hui, le dernier tome de sa saga allait faire sa sortie officielle.

Il avait eu du mal à le terminer. Suite à tous les événements, il avait été en manque d’inspiration. Mais il avait trouvé une belle fin. Il avait réussi à faire passer tous les sentiments qu’il avait éprouvés, et il était assez content du résultat.

Il se leva, se dirigea vers la salle de bain, fit couler l’eau dans la douche et se dévêtit. Il pénétra dans la cabine et se laissa asperger par le liquide bien chaud. Il tenta de se relaxer et de faire disparaître les contractures acquises pendant la nuit. Il ferma les yeux.

Immédiatement et contre sa volonté, ses pensées se tournèrent à nouveau vers la jeune détective. Il ne pouvait s’empêcher de s’inquiéter pour elle. Où était-elle ? Que faisait-elle en ce moment ? Pourquoi ne lui donnait-elle pas de ses nouvelles ? Et si elle était en danger et dans l’incapacité de le contacter ?

A cette idée, il se sentit envahir par l’angoisse, et son cœur ainsi que sa respiration se mirent à accélérer sans qu’il puisse les maitriser. Il appuya ses deux mains contre un des murs de la cabine. Il se força à reprendre le contrôle de ses sentiments. Il y parvint doucement et soupira pour évacuer le reste de son stress.

Il fallait qu’il arrête de penser à elle…

Il se releva, et sentant les raideurs musculaires le quittaient petit à petit, il se savonna. Après s’être rincé, il sortit en saisissant une serviette avec laquelle il s’essuya puis qu’il enroula autour de la taille.

Se passant les doigts dans les cheveux pour les remettre en place, il fit face au miroir et commença à se raser. Une fois terminé, il se brossa les dents, puis se coiffa. Il termina sa toilette en s’aspergeant de son eau de toilette.

Il sortit pour rejoindre sa chambre où après quelques minutes d’hésitation, il choisit de s’habiller d’un pantalon de complet de flanelle bleue, d’une chemise blanche et de la veste qui complétait le costume.

Satisfait du résultat, il quitta sa chambre et descendit vers la cuisine où Alexis et sa mère l’attendaient. La plus jeune des rouquines releva la tête à son arrivée et lui adressa un sourire joyeux.

« Bonjour papa, bien dormi ? »

« Très bien Pumpkin, je te remercie » lui mentit-il.

Il s’approcha de sa fille et l’embrassa sur le front en lui caressant les cheveux. Puis, Il se tourna vers sa mère et lui déposa un baiser sur la joue.

« C’est le grand jour aujourd’hui mon fils » déclara l’actrice avec un sourire crispé, « tu te sens nerveux ? »

« Non mère, contrairement à toi, je suis très serein. »

« Et bien tu devrais Richard. Tu sais le succès ça vient, ça part, j’en sais quelque chose ! » répliqua Martha.

« Oh grand-mère ! »

« Laisse faire chérie, ta grand-mère est plus nerveuse que toi et moi réunis. C’est sa façon à elle d’évacuer son stress, et de me préparer au pire. Mais tu sais mère, je suis personnellement satisfait du travail que j’ai fourni. Maintenant, si mes fans n’apprécient pas mon dernier roman, que puis-je y faire ? De toute façon c’est trop tard. Mais je te rassure, ils vont l’aimer. »

« J’espère que tu as raison mon fils » rétorqua la plus âgée des rouquines.

Castle se servit un café, prit quelques pancakes préparés par sa fille et s’installa sur le tabouret libre à côté de sa mère. Ils prirent leur petit-déjeuner en conversant avec bonne humeur.

Pendant leurs échanges, Martha ne cessait de scruter son fils. Elle n’était pas dupe. Elle était sûre qu’il avait encore passé une très mauvaise nuit, et il avait les yeux tristes et éteints. Elle en connaissait la raison et ça n’avait rien à voir avec la sortie de son dernier roman.

« As-tu des nouvelles du lieutenant Beckett ?» demanda-t-elle à brûle pourpoint.

« N …Non…» bredouilla-t-il surpris par la question. « Et je ne compte plus en avoir. Pour être franc, c’est mieux ainsi. »

« A qui veux-tu faire croire cela Richard ? »

« Je suis d’accord avec lui, Grand-mère. Papa a pris des risques inconsidérés pour la protéger, et pour le remercier, elle ne daigne même pas lui donner de ses nouvelles. J’appréciais le lieutenant Beckett, mais là, je trouve que son comportement est inexcusable. De plus, si ça peut éviter à papa d’aller se faire tuer… » commenta Alexis une larme à l’œil.

« Eh Pumpkin, ne te fais plus de bile ! Je m’en suis sorti indemne et je ne risque plus rien. Mais par contre, je ne veux pas que tu en veuilles à Beckett.  C’est une affaire entre elle et moi, et tu n’as pas à y prendre part. »

« Et puis tu sais ma chérie, on ne sait  pas ce qui s’est réellement passé. Le détective Beckett a peut-être de très bonnes raisons pour ne pas donner de ses nouvelles. » ajouta l’actrice

« Oui, peut-être… » répondit l’adolescente peu convaincue.

« Bon, de toute façon, ça ne regarde que moi, je ne veux plus en parler et le sujet est clos»  coupa l’écrivain sur un ton plus sec qu’il ne l’aurait voulu.

« Comme tu veux mon fils, mais ne me dis pas que ça ne te préoccupe pas ! »

Castle préféra ne pas relever la dernière remarque de sa mère. Ils terminèrent leur collation en abordant d’autres sujets plus joyeux. Alexis fut la première à quitter la table pour se préparer pour sa journée. Elle fut immédiatement suivie par sa grand-mère qui avait décidé de faire le tour des librairies pour jauger du succès du dernier roman de son fils.

Quant à Rick, il demeura quelques instants de plus assis, les deux coudes appuyés sur le bar, la tête reposant entre ses mains. Il était perdu dans ses pensées. Il songeait à la discussion qu’ils avaient eue sur sa muse. Il était certes en colère contre elle, mais le fait qu’Alexis lui en veuille aussi le perturbait. La jeune détective avait été une confidente pour l’adolescente à plusieurs reprises, en offrait ainsi à sa fille, une figure maternelle qu’elle n’avait jamais trouvée chez Meredith ou même auprès de sa propre mère. C’est pourquoi il ne voulait pas que cette relation de confiance se détériore. Il devrait avoir une discussion sérieuse avec Alexis.

Finalement, sa mère avait raison. Il ne pouvait s’empêcher d’être obnubiler par la jeune détective. Dès qu’il se retrouvait seul avec ses pensées, son image apparaissait.

Elle lui manquait terriblement !

Il ressentait un terrible vide. Sans elle, il n’avait plus le goût à rien. Sans elle, il ne vivait plus. Il l’aimait comme il n’avait jamais aimé, et comme sans doute il n’en aimerait jamais une autre. Elle était l’Amour de sa vie.

Mais elle, que ressentait-elle pour lui ?

Cette question le hantait depuis qu’il avait eu le courage de lui déclarer son amour. Certes, elle l’avait oublié, mais qu’en était de ses sentiments ?

A cette question, l’image du motorcycle boy s’imposa à lui. Et si elle était vraiment amoureuse de Josh ? Son cœur se serra. Y penser, lui faisait trop mal. Il ne supportait pas la savoir dans ses bras.

Peut-être était-ce pour cela qu’elle ne lui donnait pas de nouvelles, parce qu’elle était avec lui…

Il serra les poings. Il les imaginait ensemble, dans les bras l’un de l’autre. Cette image mettait son cœur en miette. Mais que pouvait-il y faire ? Si elle l’aimait, ne devait-il pas vouloir son bonheur avant tout et s’effacer pour qu’elle soit heureuse ?

Sa raison lui dictait que c’est ce qu’il devrait faire, mais son cœur refusait à envisager cette éventualité. Il ne pourrait survivre à cela.

Il fut sortit de ses réflexions par la sonnerie de son téléphone. Il regarda qui était son correspondant et poussa un soupir de résignation.

« Castle »

« Rick, c’est Gina »

« Oui Gina, que puis-je faire pour toi ? »

« Je t’appelle juste pour te confirmer les dates des séances de dédicaces »

« Ah, oui, la corvée… »

« Rick, tu te dois un minimum à tes fans ! »

« Oui, je sais Gina, tu as raison. En plus ça me changera les idées finalement… »

« Pourquoi Rick, tu n’as pas le moral ? C’est encore ta détective qui te fait des misères ? »

« Gina, ne recommence pas avec ça ! »

« Ecoute, chaque fois que tu es dans cet état, c’est quand vous vous engueulez. Alors c’est quoi cette fois ? »

« Ben pour une fois tu te trompes. Ce ne peut pas être à cause d’elle. Ça fait trois mois que je n’ai pas vu Beckett, alors tu vois je ne risque pas de me prendre la tête avec elle ! Et puis cesse d’être jalouse. Je te rappelle que nous ne sommes plus ensemble, et qu’il n’y a jamais rien eu entre Beckett et moi. D’autant qu’elle est elle-même en couple ! »

« Rick, à qui tu veux faire croire ça ? Il n’y a peut-être rien aujourd’hui, mais ce n’est pas l’envie qui t’en manque. Mais bon, tu as raison, ça ne me regarde plus. Pour en revenir à la première séance de dédicaces, je te confirme qu’elle a lieu demain à partir de seize heures. Tu as toujours l’adresse. »

« Oui, ne t’inquiètes pas, je l’ai enregistrée sur mon Iphone. Je serai à l’heure, je te le promets »

« Tu as intérêt ! Bon, de toute façon on se voit ce soir à la soirée de lancement »

« Oui, comme prévu »

« Alors à ce soir Rick »

« A ce soir Gina »

Il raccrocha. Il mit son portable dans la poche intérieure de sa veste.

Pourquoi tout son entourage le ramenait sans cesse vers elle, alors que lui s’efforçait, sans vraiment y parvenir, à oublier sa muse. Il avait parfois l’impression qu’une force inconnue s’ingéniait à le pousser à penser à Kate. Sauf que pour lui c’était une vraie torture.

Non, il devait l’oublier !

N’est-ce pas ce qu’elle-même avait fait ? Sinon, quelle que soit la situation dans laquelle elle se trouvait, au nom de leur amitié, de leur partenariat, elle l’aurait recontacté. Elle ne l’avait pas fait. Il n’y avait donc aucune autre explication. Ella avait décidé de mettre fin à leur relation, quelle qu’elle fut.

Cette idée le rendait furieux. Par cet acte elle bafouait les trois années qu’ils avaient traversées ensemble. Elle n’avait pas le droit de faire ce genre de chose. Mais force était de constater qu’elle ne s’en souciait guère. Elle n’avait donc aucun égard pour lui. Dans un sens, il était content qu’elle ait oublié sa déclaration. Il avait évité l’humiliation gênante d’un refus.

Il était décidé, il ferait tout pour l’oublier, et pour y parvenir, il ne la reverrait plus.

Il jeta un œil sur sa montre. Il avait pris un peu de retard. Il devait se hâter s’il ne voulait pas arriver trop en retard à son rendez-vous avec Paula. Il devait la rejoindre pour mettre au point les derniers arrangements pour la soirée. Il se dirigea vers son bureau. Il récupéra quelques papiers, ressortit de la pièce et d’un pas décidé il quitta le loft.


FranckyDB  (08.12.2012 à 15:29)

Chapitre 3

Elle ouvrit la porte de son appartement. Elle était heureuse de revenir chez elle. Cela faisait plus de six semaines qu’elle n’y avait plus remis les pieds.

Après avoir quitté l’hôpital, elle avait séjourné chez son père qui avait pris soin d’elle avec amour. Il l’avait choyée comme quand elle était petite. Elle avait adoré retrouver cette complicité. Et puis, après les évènements, elle avait eu besoin de ce havre de paix qu’était le cocon familiale. Ensuite, elle était allée passer le reste de sa convalescence dans le chalet qu’avait acheté ses parents. Elle en revenait directement.

Elle déposa ses bagages à l’entrée et retira sa veste qu’elle alla pendre dans le placard. Elle ouvrit les fenêtres pour aérer un peu son appartement qui sentait un peu le renfermé. Puis elle se dirigea vers sa chambre en ayant préalablement repris sa valise qu’elle ouvrit sur son lit pour commencer à ranger ses affaires.

Tout en s’activant, elle se repassa le film des événements de ces derniers mois.

D’abord la mort de Roy Montgomery, son mentor qu’elle considérait comme un second père, et qui s’était sacrifié pour qu’elle reste en vie. Puis l’attentat dont elle avait été la victime. Cette douleur indescriptible, sa vie qui lui échappait et puis… La déclaration d’amour de son écrivain.

A ce souvenir, elle sentit un frisson lui traverser le corps…

Contrairement à ce qu’elle lui avait laissé croire, elle s’en souvenait parfaitement. Mais elle n’avait pas été capable de lui avouer, elle n’était pas encore prête à avoir cette discussion avec lui.

D’abord parce qu’elle devait faire le point sur ses propres sentiments. Et puis à cette époque, elle était en couple avec Josh. Elle ne pouvait pas, ne serait-ce que par respect pour lui, discuter d’amour avec un autre homme. Elle se devait d’abord d’éclaircir les choses avec le cardiologue.

Au moins de ce côté-là, les choses étaient réglées.

Flash back

Elle se réveilla difficilement. Elle mit quelques secondes à se remémorer l’endroit où elle se trouvait. Elle jeta un œil circulaire à sa chambre d’hôpital. Une douleur lancinante la contraignait à bouger le moins possible.

Sur ce coup, elle l’avait vraiment échappé belle !

Elle regarda toutes les fleurs qu’on lui avait fait livrer ou apporter, et s’attarda particulièrement sur celles que lui avait offertes son écrivain préféré. Elle repensa à sa visite et un détail qui lui avait échappé alors, lui revint en mémoire. Les regards plein d’animosité que Castle et Josh avaient échangés lorsque ce dernier avait quitté la chambre.  Elle n’y avait guère prêté attention alors, mais avec un peu de recul, elle ne comprenait pas ce qui avait pu se passer entre les deux hommes.

Elle fut interrompue dans ses réflexions par son père qui pénétrait dans la chambre.

« Hey ma chérie, comment te sens-tu ? » l’interrogea-t-il

« Je viens de me réveiller papa, mais je me sens encore un peu groggy » lui répondit-elle en essayant de se relever un peu dans son lit

« Tu sais ma Katie, on t’a tiré dessus. Ça va prendre encore un peu de temps avant que tu ne te rétablisses complètement » la rassura-t-il en l’aidant à arranger ses oreillers.

« Je sais papa, mais tu connais ma patience légendaire » lui sourit-elle en s’installant le plus confortablement possible.

« Oh oui, j‘imagine aisément ton état d’esprit. Dis-moi, » dit-il pour changer de sujet, « on peut dire que tu ne manques pas de fleurs. Tu comptes ouvrir une boutique ? » la nargua-t-il

« Très drôle papa ! » ria-t-elle, « D’ailleurs Castle m’a fait la même réflexion »

« Ah, il est passé te voir ? »

« Oui, juste avant que je ne m’endorme »

« Il était vraiment très inquiet dans la salle d’attente, tu sais. Il est vraiment très attaché à toi » lui fit-il remarquer en scrutant la réaction de sa fille.

Kate fut surprise par la réflexion de son père, et elle sentait bien qu’il cherchait à la sonder. Mais il n’était pas question qu’elle aborde ce sujet avec lui. Elle se composa un visage fermé pour lui répondre.

« Tu sais nous sommes partenaires, c’est normal qu’il s’inquiète pour moi. Je le serais tout autant si les rôles étaient inversés. »

Malgré l’air détaché que cherchait à adopter sa fille, Jim avait tout de même réussi à apercevoir fugitivement une petite lueur dans ses yeux, et la dernière fois qui l’avait pu la voir, c’était avant la mort de sa mère. Et sa Katie n’avait pas ce regard pour Josh. Cela ne faisait que confirmer ses soupçons.

Sa fille était amoureuse de l’écrivain !

Mais, la connaissant, réussirait-elle à l’admettre ? Arriverait-elle à surmonter ses craintes ? De ça, il en était moins sûr. Elle s’était tellement enfermée sur elle-même après la mort de Johanna. Pourtant, il serait tellement heureux qu’elle trouve enfin le bonheur ! Et il sentait que l’écrivain était certainement le seul homme à pouvoir le lui apporter. En tout cas, lui seul avait ranimé cette étincelle dans les yeux de sa fille. Rien que pour cela, il lui en était reconnaissant.

« Je suppose ma chérie. Mais dis-donc, ton petit ami et Castle n’ont pas l’air de beaucoup s’apprécier. »

« Qu’est-ce qui te faire dire ça ? » le questionna-t-elle perplexe

« Et  bien j’ai assisté à une prise de becs entre les deux hommes pendant que tu étais sur la table d’opération. Josh reprochait à Castle ton agression, en l’accusant de t’avoir poussée à enquêter sur la mort de ta mère. Ils ont failli en venir aux mains. D’ailleurs Josh a un peu bousculé la fille de Castle. J’ai dû intervenir pour les séparer ».

Alors c’était donc ça l’explication.de ce regard qu’ils avaient échangé. Beckett sentit la colère monter en elle. Mais de quel droit Josh s’immisçait-il dans sa vie professionnelle ? Et pourquoi s’en prenait-il à son partenaire ? En plus il avait bousculé Alexis. Non, mais pour qui se prenait-il ? S’il y avait un problème, elle n’avait absolument pas besoin de lui pour le résoudre.

Mais de quoi se mêlait-il à la fin ?

Jim remarqua tout de suite l’état d’esprit dans lequel se trouvait sa fille. Elle avait le regard noir qu’elle arborait quand elle était furieuse, quand on touchait à ce qu’elle avait de plus cher. S’il avait encore besoin d’une preuve de son attachement pour l’écrivain, elle était entrain de la lui donner. Il avait narré cette altercation à dessein. Il voulait jauger ses sentiments pour le cardiologue. Pour le coup, il savait.

Il adressa un sourire à sa fille.

« Oh tu sais Katie, tout le monde était inquiet pour toi, et un peu sur les nerfs. Dans ces moments là, on ne peut pas toujours se contrôler »

« Oui, mais ça n’excuse pas tout papa… » répondit-elle en essayant de réprimer sa colère. « Tu sais, tu devrais rentrer. Il se fait tard et je crois que j’ai besoin de me reposer un peu. » ajouta-t-elle pour éviter que cette conversation se prolonge.

« Tu es sûre ? Tu sais, je peux rester le temps que tu dormes, ça ne me dérange pas »

« Non, rentre, tu es fatigué. Tu as eu aussi ton lot d’émotions. Et puis ce soir, Josh doit repasser  me voir. Je ne serai donc pas seule » le rassura-t-elle en songeant déjà à la discussion qu’elle aurait avec le cardiologue et qu’elle préférait avoir en tête-à-tête.

« Bon, dans ce cas je vais te laisser te reposer. Je reviendrai demain. Si tu as besoin de quoi que ce soit, tu n’hésites pas à m’appeler quelle que soit l’heure, d’accord ? »

« Merci papa, je te le promets »

« Alors à demain ma chérie. Je t’aime » la salua-t-il en lui donnant un baiser sur le front.

« Moi aussi je t’aime papa. A demain »

Jim quitta la chambre en se retournant une dernière fois et lui adressa un dernier sourire que la jeune femme lui retourna. Une fois seule, elle se cala un peu plus dans les oreillers sentant la fatigue l’envahir. Il ne fallut que quelques secondes pour qu’elle sombre dans un sommeil agité.

Elle se réveilla plus de deux heures plus tard. Elle sut tout de suite qu’elle n’était pas seule. Sa main droite était emprisonnée dans celles d’un autre. Elle ouvrit les yeux sur son petit ami qui lui souriait.

« Hey Kate, bien dormi ?»

« Mouais… » lui répondit-elle en se relevant doucement et en retirant brusquement sa main.

Ce geste n’échappa pas au cardiologue. Il fronça les yeux perplexes et scruta le visage fermé de la jeune femme pour essayer d’y déceler le moindre sentiment, mais en vain.

« Quelque chose ne va pas Kate ? » questionna-t-il perplexe.

« Non, effectivement ça ne va pas ! » rétorqua-t-elle froidement.

« Tu veux que j’appelle un médecin ? » lui proposa-t-il glacé par le ton employé par sa petite amie.

« Tu es toi-même médecin, si je ne me trompe, et ce n’est pas de mes douleurs dont je veux me plaindre »

Le jeune homme recula sous le choc de cette phrase accompagnée du regard noir de la détective. Il sentit à ce moment-là que la discussion qui allait suivre serait rude, même s’il ne connaissait toujours pas le motif du grief que sa bien-aimée avait à son encontre. Il décida d’employer le même ton qu’elle.

« Tu peux m’expliquer pourquoi tu me parles sur ce ton ? Qu’ai-je donc fait de si terrible pour mériter un tel courroux ? »

« Tu n’en as aucune idée ? »

« Non, aucune… »

« Tu n’aurais pas, par exemple, agressé Castle ? »

Voilà donc la raison du conflit pensa-t-il. C’est encore cet écrivaillon qui se mettait en travers de sa route.

« Tiens, pourquoi ne suis-je pas étonné ? Et pourquoi le sujet récurrent de nos disputes, c’est toujours Castle ? Ton cher écrivain serait-il venu pleurer dans tes jupes par hasard ? » ironisa-t-il

La jeune femme sentit sa colère monter d’un cran. Comment osait-il lui reprocher de se quereller  régulièrement à cause de Castle, alors que c’était lui qui revenait sans cesse sur le sujet, lui reprochant la proximité qu’elle avait avec son partenaire. Et puis elle détestait quand il arborait ce sourire moqueur.

« Tu ne manques pas d’air toi au moins ! Qui remet sans arrêt ce sujet sur la table ? Toi ou moi ? Mais là n’est pas le problème. Tu aurais eu une altercation avec Esposito ou Ryan, c’eût été la même chose. Et pour ton information, ce n’est pas Castle qui m’en a parlé, mais mon père. »

« Ah, j’aurai cru… »

« Qu’est-ce que tu aurais cru ?» le coupa-t-elle « Qu’il vienne se plaindre de ton comportement ? Contrairement à toi, ce n’est pas son genre. Mais assez parlé de lui. De quel droit te mêles-tu de ma vie professionnelle ? Qui t’a permis d’intervenir dans celle-ci ? Me suis-je, ne serait-ce qu’une seule fois, immiscée dans la tienne ? Non. Alors je te prierai d’en faire de même ! Tu ne connais pas les tenants et les aboutissants de cette enquête. Alors comment peux-tu te permettre de juger !»

« Mais Kate, c’est quand même Castle qui t’a poussé à rouvrir le dossier de ta mère ! Sans cela, tu ne serais pas allongée dans ce lit d’hôpital »

« Je te signale que suis entrée dans la police pour justement pouvoir résoudre le meurtre de ma mère. Ensuite, j’ai abandonné l’enquête faute de nouveaux éléments. Et puis c’est vrai que c’est Castle qui a trouvé de nouvelles preuves, et je lui en suis reconnaissante. Mais ce que tu ne sais pas, c’est, qu’il y a quelques jours, il est venu chez moi pour me supplier d’arrêter. Et, si tu peux encore me parler, c’est parce qu’au péril de sa vie, il s’est jeté sur moi au moment du tir. C’est grâce à lui si la balle n’a pas traversé mon cœur. Donc, tu vois, tu ne sais rien et tu juges. Tu devrais plutôt lui en être reconnaissant ! »

Le cardiologue se sentit tout d’un coup tout penaud. Il est vrai qu’il n’était pas au courant de tous ces éléments, et qu’il avait agi dans la précipitation. Mais sa petite amie avait raison. Quant il s’agissait de l’écrivain, il ne se maitrisait pas. Il était jaloux de cet homme, et il savait pourquoi.

« Bon, tu as raison, j’aurais dû me contrôler. Mais Kate tu étais entre la vie et la mort, j’étais furieux et j’avais trop peur de te perdre. Alors je m’en suis pris au premier venu, c’est vrai… »

« Et comme par hasard, c’est tombé sur Castle ! En plus tu t’en es pris à lui devant sa fille, en la bousculant même.»

« Oui, et j’en suis navré. Comme je te le disais, je ne me suis pas contrôlé, mort de peur de te perdre. Kate, je t’aime et je t’en prie, mets ça sur le comportement d’un homme follement amoureux qui était sur le point de perdre la femme à qui il tient le plus au monde. Alors, pardonne-moi. Et je te promets que j’irai m’excuser auprès de Castle et de sa fille.»

Kate se calma à ses paroles. Il est vrai, comme le disait son père, que cet événement avait été douloureux pour tout le monde, et que dans ces cas-là, les sentiments étaient exacerbés. Elle pouvait donc comprendre et pardonner son geste. Mais au fond d’elle-même, elle savait que c’était plus compliqué que ça.

Son partenaire lui avait avoué ses sentiments…

Et le moins qu’on puisse dire, c’est que ça la troublait. Oh, elle n’était pas dupe. Elle savait que leur relation allait au-delà de l’amitié ou du partenariat. Mais le fait qu’il énonce les trois mots à haute voix, ça avait été une surprise pour elle. Très agréable certes, mais troublante.

Et puis, s’il n’avait prononcé ces mots que sur le coup de l’émotion, de la peur de la perdre. Pouvait-elle vraiment apporter du crédit à une déclaration faite dans de telles conditions ?

Non, elle ne pouvait douter de sa sincérité, ses yeux parlaient pour lui, et ses mots étaient venus du cœur, elle en était sûre. Et elle devait se l’avouer, elle en était heureuse.

Mais était-elle prête à ça ?

Elle ne savait pas répondre à cette question. Elle avait surtout très peur. Une crainte irraisonnée quant à l’avenir d’une relation avec son écrivain. Elle ne pouvait oublier le passé sulfureux de celui-ci, même s’il est vrai qu’il avait beaucoup changé. Alors oui, elle était effrayée à l’idée de s’engager avec lui et de le perdre.

Elle n’y survivrait pas…

En même temps, elle savait qu’elle risquait la même chose en ne répondant pas à ses avances. Elle ne savait vraiment plus où elle en était. Elle était perdue.

Mais une chose était sûr, elle l’aimait.

Et un jour ou l’autre, elle serait amenée à faire face à ses sentiments. Mais d’abord, elle se devait d’être franche et sincère avec Josh.

« Ecoute, je peux comprendre ton comportement. Et je connais tes sentiments pour moi, les mêmes qui t’ont guidés à cette attitude. Mais Josh, à la lumière des récents événements, je me dois d’être honnête avec toi, et ces sentiments sont  loin d’être partagés. Laisse-moi m’exprimer jusqu’au bout s’il te plait » l’interrompit-elle voyant qu’il voulait intervenir. « J’ai vraiment beaucoup d’affection pour toi. Tu es un homme formidable, plus que séduisant et vraiment très attachant. Mais je ne t’aime pas comme toi tu m’aimes. Et si tu es honnête avec toi-même, tu le sais aussi bien que moi. Alors, il est temps que nous mettions fin à notre relation. Tu mérites de trouver une femme qui te rendra l’amour que tu lui porteras. Mais cette femme ce ne peut pas être moi. Je suis désolée de te faire autant de peine, ce n’est pas ce que je voulais »

Josh était abasourdi par la déclaration de la jeune femme. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il ne s’était pas préparé à ça. Oh, il n’avait pas été dupe, il avait bien senti que ses sentiments n’étaient pas complètement partagés. Mais il avait voulu croire qu’avec le temps, elle aurait appris à l’aimer comme lui l’aimait. Pourtant, elle avait raison. Ces derniers temps, il l’avait sentie s’éloigner. Il avait mis cela sur le compte d’une surcharge de travail, mais en fait il s’était volontairement masqué la vérité, peur de l’affronter. Et là, il n’avait plus le choix. Il sentit son cœur partir en miette.

« Mais Kate, tu ne peux pas bazarder notre relation comme ça. Je t’aime et je ne suis pas prêt à laisser tomber. Tu apprendras à m’aimer, je te le promets. »

« Non Josh, c’est fini et j’aimerais que tu l’acceptes même si c’est difficile pour toi. Je ne pourrais jamais t’aimer, j’en suis sûre maintenant. »

« Oui, parce qu’en fait tu es amoureuse d’un autre homme. Tu crois que je n’ai jamais vu les regards que vous vous échangiez Castle et toi. Ce regard que tu n’as jamais eu pour moi, Kate !  En fait tu t’es jouée de moi ! » s’emporta Josh se sentant envahir par une fureur incontrôlable.

« Non Josh, je ne me suis jamais jouée de toi, et j’ai cru en notre relation. J’ai voulu lui donner une chance. Mais ce fut vain. Et arrête de toujours tout ramener à Castle. C’est entre toi et moi. Je suis désolée de te faire autant de peine, mais je dois être honnête avec toi et avec moi-même aussi. J’espère qu’un jour tu ne m’en porteras plus rigueur et que tu comprendras que c’était la meilleure décision à prendre. Et, même si ça peut faire cliché, j’espère sincèrement que nous pourrons rester amis.»

Le cardiologue toujours sous le coup de l’émotion, réfléchissait aux paroles de la jeune femme. Il devait se rendre à l’évidence et accepter l’inéluctable. Inconsciemment, il avait craint ce moment. Mais il se devait d’être lucide. Il ne pouvait continuer à avoir une relation avec une femme qui ne partageait pas ses sentiments. Certes il était encore jeune, mais il devait quand même songer à construire sa vie. Et visiblement, il ne pourrait le faire avec la jeune détective. Alors, même si cela lui faisait mal, il devait accepter la réalité. Par contre, toujours soucieux du bonheur de celle qui allait devenir son ex, et même si cela le rendait fou de jalousie, il devait lui faire prendre conscience de ses sentiments pour l’écrivain.

« Je n’y suis pas prêt pour l’instant. Mais pourquoi pas plus tard. Ecoutes, c’est vrai que je suis triste, car je t’aime vraiment. Je crois en ce que tu dis. J’ai confiance en toi. Et si tes sentiments pour moi sont ceux que tu me décris, alors tu as raison, il vaut mieux qu’on se sépare. Mais il y a une seule chose dont je voudrais que tu prennes conscience. Tu es amoureuse de Castle, comme lui l’est de toi. J’ai refusé de le voir, mais c’est tellement flagrant. Alors oui, je suis prêt à m’effacer, car je ne désire qu’une seule chose, ton bonheur.  Mais toi, acceptes de faire face à tes sentiments Kate. Avant que nous nous quittions, fais-moi au moins cette promesse. Ne passes pas à côté du bonheur qui te tend les bras. »

« Tu es vraiment un type bien Josh. Je ne te méritais pas. Mais ok, je te promets au moins d’y réfléchir. » répondit-elle surprise qu’il lui tienne un tel discours.

« Merci Kate, tu te le dois à toi-même. Bon, si tu veux bien, je vais te laisser. J’ai un cœur à  panser. Je ne pense pas que je pourrais revenir te voir. Ce serait trop dur dans l’immédiat. J’espère que tu peux le comprendre. »

« Bien-sûr Josh, je le comprends très bien. Prends soin de toi. »

« Merci Kate. Je te souhaite un prompt rétablissement. A un de ces jours » termina-t-il en se levant, et lui donnant un baiser sur le front.

« Oui, Josh, j’espère sincèrement qu’on se reverra un jour » le salua-t-elle à son tour avec un sourire triste

Le cardiologue quitta la chambre sans se retourner abandonnant à jamais la femme qu’il aimait. Kate le regarda partir le cœur lourd. Elle savait la peine qu’elle venait de lui causer. Mais avait-elle le choix ? Non, elle savait qu’elle avait prise la bonne décision.

Elle n’eut plus l’occasion de revoir le cardiologue.

Fin du flash back

Elle eut un pincement au cœur en repensant à ce moment difficile. Elle lui avait fait de la peine et s’en voulait encore. Mais c’est ce qu’elle avait de mieux à faire.

Elle termina de ranger ses affaires. Elle regarda l’heure sur son radio-réveil qui indiquait 11H32. Elle décida de commander une pizza pour son déjeuner. Elle retourna dans son séjour, attrapa son portable et appela son fournisseur habituel. Une fois la commande passée, elle raccrocha et s’installa dans son sofa.

Il lui restait maintenant quelques épreuves difficiles à passer.

La première serait de retourner au 12th. Elle n’y avait pas remis les pieds depuis son agression. Et elle avait un peu peur de ce qui l’attendait. D’abord elle aurait à s’habituer à l’absence de Roy Montgomery. Et cela, elle aurait du mal à s’y faire. Elle aurait de plus à apprendre à travailler avec un autre capitaine. Ce serait certainement cela le plus difficile, car personne n’arriverait à remplacer son mentor et protecteur.

La seconde, et celle qu’elle appréhendait le plus, reprendre contact avec Castle.  Elle ne lui avait pas donné de nouvelles depuis trois mois. Certes, elle lui avait demandé de lui laisser du temps, mais elle n’était pas sûre qu’il s’attendait à attendre si longtemps.

Elle n’avait pensé qu’à lui pendant cette période. Il lui avait manqué tellement. Chaque jour, elle se demandait ce qu’il faisait, s’il pensait à elle. A plusieurs reprises, elle avait pris son portable pour l’appeler, mais y avait finalement renoncé. A chaque fois, la peur l’avait arrêtée.

Elle avait eu le temps de réfléchir à ses sentiments. Elle était sûre de l’aimer. Elle ne pouvait plus se passer de lui. Elle n’avait pas encore complètement vaincue ses craintes. Mais elle y travaillait.

Son manque de lui était trop fort. Il fallait qu’elle le revoie. Et quelle meilleure occasion que la soirée organisée pour le lancement de son dernier roman. Il lui avait envoyé une invitation. Elle avait été surprise de la recevoir, mais tellement heureuse.

Alors elle avait décidé qu’elle s’y rendrait. Elle ne pouvait plus attendre. Il était temps de lui faire face.

Elle fut interrompue dans ses réflexions par la sonnerie de la porte d’entrée.


FranckyDB  (13.12.2012 à 18:40)

Chapitre 4

Il arriva aux alentours de 19H00 dans la salle de réception du Ritz Carlton Central Park, où se tenait la soirée de lancement du dernier opus de sa saga. Sa mère et sa fille à chaque bras, il fut accueilli par les crépitements de flashs des paparazzis et journalistes présents à la cérémonie. Il leur adressa un sourire commercial convenu. Quiconque le connaissant un peu, aurait remarqué son regard terne.

Il n’était là que parce qu’il n’avait pas le choix, mais le cœur n’y était pas. Il ressentait encore ce sentiment de vide. Il n’avait plus goût à rien. Il savait mettre un mot, voire un nom sur ce manque, Kate Beckett. Pourtant, il avait décidé de l’oublier, la colère  toujours présente en lui. Mais cette sensation ne le quittait pas et par le fait, transcendait sa rancœur.

Or il n’avait pas vraiment le choix. Comme elle l’avait apparemment fait, il devait mettre une croix sur leur relation, quelle qu’elle fut.

La plus âgée des rouquines le ramena à la réalité en le tirant par le bras, pour commencer à descendre les marches.

Il s’arrêta quelques minutes au bas des escaliers pour laisser aux photographes le temps de faire leur travail, puis, une fois qu’il eut estimé que cela suffisait, il s’avança dans la salle, toujours accompagné par les deux femmes de sa vie. Il y avait déjà un monde fou, et se dirigeant vers Gina et Paula qu’il avait repérées près du bar, il se fraya un passage en saluant les nombreux invités qui s’empressaient pour le congratuler.

Au bout de quelques minutes, il réussit enfin à rejoindre son agent et son éditrice  qui l’attendaient avec un énorme sourire.

« Bonsoir mesdames, vous avez l’air ravi de me voir » dit-il en leur rendant leur sourire. « Qu’est-ce qui vous rend si heureuse ? »

« Les ventes de ton dernier roman ont explosé mon cher Rick » lui répondit Gina rayonnante, « Jamais un de tes livres n’avait atteint un tel record. Nous en sommes à nous demander si nous n’allons pas être obligés de réimprimer de nouveaux exemplaires beaucoup plus rapidement que nous l’avions imaginé ! Si ton roman s’écoule sur le même rythme qu’aujourd’hui, nous serons très rapidement en rupture de stock.»

« Oh, papa c’est fantastique !» s’exclama Alexis heureuse pour son paternel

« Oui, c’est en effet une bonne nouvelle » commenta l’actrice pas encore encline à se laisser aller à une joie qu’elle jugeait prématurée, « mais attendons quand même les critiques avant de se réjouir totalement »

« Je te reconnais bien là Mère ! » rétorqua l’écrivain, « mais permets-moi de goûter déjà à ce premier succès si tu le veux bien. »

« Soyez rassurée Martha, nous avons aussi reçu les premières critiques » renchérit Paula en sortant une liasse de papiers de son sac à main. « Je ne vous lirai que celle du New York Times. Michiko Kakutani* me l’a envoyée en exclusivité. Elle écrit, je cite : Jamais un roman policier n’a atteint un tel degré de perfection, que ce soit dans le style, le suspens ou dans les émotions. Richard Castle, dans le dernier opus de sa saga sur Nikki Heat, parvient  à nous transporter dans son univers en nous donnant l’impression d’en être les acteurs, et non plus les simples lecteurs. Il a réussi le tour de force de nous faire sublimer nos propres sentiments. C’est sans conteste le meilleur roman policier de ce siècle.’ Voilà pour l’essentiel, et les autres critiques sont de la même trempe » rajouta l’agent en montrant les autres feuillets à son auditoire.

 « Oh Richard, c’est extraordinaire ! » s’exclama la plus âgée des rouquines la larme à l’œil, en s’approchant de son fils pour le serrer dans ses bras, et se sentant enfin libérée da tout le stress qui l’avait habité toute la journée.

« Je suis très fière de toi papa » se réjouit à son tour Alexis émue, en venant prendre la place de sa grand-mère dans las bras de son père.

« Merci Mère, et merci à toi aussi mon ange » leur répondit Castle, en déposant un baiser sur le haut de la tête de sa fille. « J’avoue que je suis très honoré mais surpris par une telle critique, surtout venant de Michiko. Elle n’est pas tendre généralement, même si elle est très juste dans ses analyses. »

« Elle a toujours été gentille avec toi, Rick. Elle n’a eu que des critiques sympathiques pour tes autres romans. Mais là, c’est vrai que de telles louanges sont assez rares de sa part, ce qui leurs donnent plus de valeur. En tout cas, je peux te dire que mon patron est aux anges. Il se frottait les mains quand je lui ai fait part de cette critique » se réjouit Gina.

« Ça je veux bien te croire Gina, et j’imagine que tu partages cette joie. Tu as les yeux qui s’allument comme des dollars… » la nargua l’écrivain.

« Oh eh Rick, tu vas en être le premier bénéficiaire, si je ne me trompe ! » répliqua l’éditrice un peu vexée par la remarque de son ex-mari.

« Bon, ça suffit vous deux ! Vous vous chamaillerez un autre jour. Ce soir, on est là pour fêter ton succès, Rick ! » les réprimanda Paula.

« Oui, tu as raison, et je me dois à mes… »

Il fut interrompu par un brouhaha insistant provenant de l’entrée de la salle. Dans un ensemble parfait, ils tournèrent tous la tête vers la source de ce vacarme.

Kate Beckett venait de faire son apparition en haut des escaliers.

Les photographes ayant reconnu la muse de l’écrivain à son entrée dans l’hôtel, l’avaient apostrophée en scandant son nom. C’est ce tumulte qui avait attiré l’attention des convives et de nos cinq interlocuteurs.

Castle était comme statufié par l’événement. Il n’arrivait pas à croire qu’il l’avait là, sous les yeux. Elle, Kate Beckett, sa partenaire, sa muse, l’amour de sa vie. C’est vrai qu’il lui avait envoyé une invitation, mais il n’avait jamais osé espérer qu’elle viendrait.

Et pourtant, elle était bien là…

Il ne pouvait détacher les yeux de la jeune femme. Elle était habillée d’une robe fourreau corsetée blanche, dont la longue jupe en plissée soleil lui tombait sur les pieds, laissant ses frêles épaules dénudées, et le tout mettant en valeur ses courbes voluptueuses. Elle était coiffée d’un chignon qui laissait échapper quelques boucles rebelles. Son maquillage était des plus légers, et mettait en exergue ses lèvres et ses yeux émeraudes.

Il eut le souffle coupé par la beauté de la jeune détective. Il ne se lassait pas de la regarder. Elle était là devant lui, encore plus belle que dans son souvenir. En plus, ce qui le rassurait, elle semblait s’être complètement remise de son agression.

Elle était radieuse, rayonnante…

Cette réflexion réveilla en lui son sentiment de colère. Apparemment, il n’y avait que lui qui avait souffert de la séparation. Elle, à l’évidence, ne semblait pas du tout affectée.

Ses pires frayeurs remontèrent alors à la surface. Elle semblait si heureuse, qu’il n’y avait qu’une seule explication plausible.

Elle avait trouvé le bonheur…

Et force était de constater que ce n’était pas dans ses bras. Son pire cauchemar était maintenant une réalité. Elle était bel et bien amoureuse du cardiologue. Son cœur se vrilla à cette idée. Un profond désespoir l’envahit. Il devint blême. Pendant un moment, il crut qu’il allait défaillir.

Mais dans un effort de volonté, il se reprit. Il était hors de question qu’il laisse transparaître ses sentiments En aucun cas, il ne se montrerait faible devant elle. Puisque ne pas le voir pendant ces trois derniers mois la laissait indifférente, et qu’elle faisait peu de cas de leur amitié ou de leur partenariat, il ne lui ferait pas le plaisir de se montrer affecté par la situation.

Sur le coup, il se sentit pour le moins ridicule. Il avait osé croire qu’elle aurait pu partager ses sentiments, qu’au moins elle attachait de l’importance à leur collaboration. Mais à l’évidence, il était le seul à y croire.

Il fut alors envahi par une rage indescriptible. Il était furieux. Il était furieux contre lui-même pour avoir été aussi  naïf. Furieux contre elle pour faire si peu de cas da leur partenariat. Et bien soit, lui aussi jouerait les indifférents.

Une question le taraudait tout de même.

Pourquoi était-elle venue à cette soirée ?

En effet, la jeune détective n’était pas du genre à aimer être sous les feux de la rampe. Au contraire, elle détestait ça. Pourtant, elle avait bien dû s’imaginer qu’en se montrant à la cérémonie, elle ne pourrait pas y échapper. Il ne voulait pas croire non plus qu’elle soit venue pour le narguer ou lui  jeter son bonheur en plein visage. Ce n’était pas dans son caractère, et il était sûr qu’elle était incapable d’agir ainsi.

Alors, pourquoi était-elle là ?

C’est alors que le regard de l’écrivain se porta sur un quatuor de personnes qu’il reconnut immédiatement. Il ne les avait pas encore remarquées depuis son arrivée, mais il est vrai qu’ils avaient été invités aussi. En effet les deux compères et collègues, Javier Esposito et Kevin Ryan, accompagnés de la légiste, le docteur Lanie Parish, et de Jenny la fiancée de l’irlandais, semblaient attendre la jeune femme au bas de l’escalier, les yeux tournés vers elle.

C’était donc cela l’explication. La jeune femme avait dû se laisser convaincre par sa meilleure amie et ses acolytes de venir les rejoindre. Elle n’était donc là que pour eux.

Martha avait observé les réactions de son fils à l’apparition de Kate. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle avait vu passer différentes émotions sur le visage et regard de sa progéniture. Elle y avait lu l’admiration, puis l’amour. Mais ce sentiment avait été très vite suivi par du désespoir. A ce moment-là, Elle l’avait vu pâlir, et elle s’était inquiétée, car elle avait cru qu’il allait faire un malaise.

Et puis, aussi soudainement, son visage avait repris des couleurs et s’était complètement fermé. Son regard était devenu dur et froid.

Elle n’avait pas besoin d’être devin pour comprendre ce que ressentait son fils. C’est vrai, qu’elle-même avait été surprise par l’arrivée de la jeune femme. Mais contrairement à son fils, elle y voyait une lueur d’espoir. Elle était sûre que Richard se méprenait sur les raisons de sa présence. Elle le connaissait. Il était parfois capable de se torturer inutilement, et de voir le mal là où il n’y avait aucune raison de le faire.

Comment pouvait-il être aussi perspicace dans l’analyse des émotions des autres quand ils étaient extérieurs à lui, et si peu à même de reconnaître les sentiments que les personnes, qui lui étaient chères, éprouvaient pour lui. En fait, elle connaissait la réponse. Il n’avait absolument pas confiance en lui.

Elle ne pouvait pas le laisser se fourvoyer à nouveau. Elle aurait une discussion sérieuse avec son fils.

Quant à Kate, malgré les apparences, elle n’en menait pas large.

En premier lieu, elle devait faire face avec de grands sourires à cette meute de journalistes. Et Dieu sait combien elle avait horreur de ça. Elle ne supportait pas de se retrouver sur les devants de la scène. Mais elle se devait de faire bonne figure pour son écrivain.

Ensuite, son émoi était évidemment lié à lui.

Elle allait le revoir…

Mais elle était partagée entre deux sentiments bien distincts.

D’un côté, un vrai bonheur de pouvoir à nouveau plonger dans son regard lagon, de sentir son odeur bien à lui, de rire, même sous couvert, de ses blagues. Elle adorait aussi quand il se confiait à elle pour tout ce qui concernait sa famille. Que ce soient les déboires qu’il rencontrait avec son adolescente de fille ou les extravagances de son actrice de mère. Cela lui donnait l’impression de faire un peu partie de la famille.

En clair, Il lui avait manqué.

Par contre, elle appréhendait aussi grandement cette rencontre.

Comment lui, avait-il vécu cette séparation ?

Si elle était vraiment honnête avec elle-même, elle craignait fortement sa réaction. Au cours de ces trois années passées à ses côtés sur des enquêtes, elle avait appris à bien le connaitre. Et c’est à la lumière de cette expérience, que ses craintes étaient exacerbées. Elle savait aujourd’hui quelle était la nature de ses sentiments pour elle, et à l’évidence, il avait dû très mal vivre de ne pas avoir de ses nouvelles. Elle espérait tout de même qu’il lui laisserait le temps de s’expliquer.

Elle n’était pas encore prête à lui dévoiler ses propres sentiments, mais elle lui demanderait de lui laisser du temps. Il lui fallait encore abattre les quelques murs restant qu’elle avait bâtis autour de son cœur, après la mort de sa mère. Mais pour cela, elle aurait besoin de lui. Voilà ce qu’elle allait lui dire, en espérant qu’il ne soit pas trop tard.

Cette éventualité la fit frissonner d’effroi.

Elle fut rappelée à la réalité par les paparazzis qui scandaient son nom.

Elle commença à descendre lentement en jetant un coup d’œil circulaire sur la salle tentant de repérer des têtes connues, et évidemment, particulièrement celle de l’homme de ses pensées. Pourtant la première qu’elle repéra, fut celle de son collègue irlandais. Elle reconnut immédiatement  les personnes qui l’accompagnaient et qui lui adressaient un énorme sourire. Enfin sauf Lanie, qui ne la regardait pas en fait. Cette attitude intrigua la jeune femme.

Mais elle ne s’attarda pas à cela. Elle règlerait ce problème, si problème il y avait, en son temps. Là, elle était trop impatiente, mais à la fois très effrayée, de le revoir. Elle scruta plus intensément la foule de convives et c’est près du bar qu’elle trouva son bonheur.

Elle fut comme attirée par un regard bleu lagon qui la scrutait. Un frisson traversa alors son corps. Lui seul pouvait  provoquer ce genre de sensation sur son anatomie. Il était là, aussi beau que dans son imagination. Il était habillé d’un complet gris anthracite avec de fines rayures bleues imprimées dans le tissu. Il arborait une chemise de la couleur de ses yeux. Une pochette bordeaux complétait le tout. Il avait le teint hâlé, certainement acquis lors d’un récent séjour dans sa villa des Hampton.

Par contre, elle remarqua que ses traits étaient tirés, accentués par des cernes sous les yeux. Elle en fut chagrinée. Le connaissant, elle redoutait d’être la cause de ses probables insomnies, et un sentiment de culpabilité l’envahit alors. Ce n’est pas ce qu’elle avait voulu.

Elle ancra ses yeux dans les siens, et comme à chaque fois, l’univers autour d’eux disparut, les enfermant dans une bulle qui les isolait du reste du monde. Ils n’entendaient plus le bruit des discussions des invités, ni même la musique ambiante. En fait, dans ces moments-là, plus rien n’avait d’importance, seuls eux deux existaient.

Castle se laissa transporter dans cet univers parallèle. A cet instant, il oublia tout ce qui n’était pas elle. Ses peurs, ses rancœurs avaient fait place à un seul sentiment, son amour pour elle.

Kate quant à elle, elle se laissait irradier par un sentiment de plénitude, pour ne pas dire de béatitude, que le regard de son partenaire lui procurait. A cet instant, elle oublia tout ce qui n’était pas lui. Un seul sentiment dominait et transcendait les autres, son amour pour lui.

Malgré la distance qui les séparait, chacun pouvait percevoir les battements de cœur de l’autre. Ils battaient à l’unisson.

Ce moment de pure magie fut interrompue par le bruit d’un verre qui venait de se fracasser sur le parquet.

Alors, à son corps défendant, Rick sentit ses angoisses et sa colère refaire surface. Pourtant, Il avait aimé ce qu’il avait lu dans les yeux de sa muse. Il pensait y avoir décelé de l’amour et de la joie de le revoir. Mais il ne faisait pas confiance en son jugement. Il manquait d’objectivité quand il s’agissait d’elle, et avait tendance à analyser les sentiments de la jeune femme à travers le prisme des siens.

Son visage se ferma et ses yeux se durcirent laissant transparaître toute la rancœur qu’il avait emmagasinée ces dernières semaines. Il hocha la tête légèrement pour la saluer et détourna son regard en se dirigeant vers un des ses invités qu’il n’avait pas encore vu.

Kate fut terrassée par ce regard plein d’animosité et de reproches que lui avait lancé l’écrivain. Son sang se glaça dans ses veines et elle chancela, se rattrapant de justesse à la rambarde sur laquelle elle avait posé sa main gauche. Elle s’était attendue à une réception  plutôt fraîche de la part de Castle, mais certainement pas aussi glaciale. Pendant leur échange de regard, elle y avait pourtant trouvé l’expression de son amour pour elle. Mais finalement ce sentiment avait été fugace. Sa rancœur avait vite refait surface.

Elle reprit ses esprits et continua à descendre les marches en arborant un sourire forcé. Et elle se dirigea d’un pas qu’elle voulait assuré vers ses amis et collègues, et au vu de la tête de son amie légiste, une autre bataille l’attendait.

Celle-ci, elle était presque sûre de la gagner, même si cela ne se ferait pas simplement.

Par contre, l’autre, celle qui allait engager sa vie sentimentale, elle était loin de pouvoir en prédire l’issue.

Et si elle l’avait perdu à jamais…


FranckyDB  (24.12.2012 à 13:49)

Chapitre 5

Kate s’approcha du quatuor en masquant par un sourire, le trouble que cette éventualité avait jeté en elle. Elle ne pourrait se résoudre à cette extrémité, elle se battrait, et ne s’avouerait pas vaincue. Elle savait qu’elle aurait à batailler pour se faire pardonner.

Mais elle n’avait pas le choix, c’était son bonheur potentiel qui était en jeu, et maintenant qu’elle osait entrevoir ne serait-ce qu’une petite opportunité pour qu’elle puisse l’atteindre, elle ne saurait renoncer.

Et c’est avec lui qu’elle voulait être, même si pour l’instant, elle n’était encore prête à lui avouer. Mais, à travers la réaction dont venait de faire montre l’écrivain, elle venait de comprendre qu’elle ne pourrait pas le faire attendre trop longtemps non plus, sa patience ayant apparemment déjà été mise à rude épreuve. Elle espérait juste qu’il n’avait pas encore jeté l’éponge.

Elle sortit de ses réflexions quand elle arriva à hauteur de ses collègues. Le latino et l’irlandais l’accueillirent avec chaleur. Jenny se contenta de lui sourire. Quant à Lanie, elle détourna la tête à son arrivée.

« Hey Boss, ravi de vous revoir ! » s’exclama en premier Ryan, « vous avez l’air en pleine forme ! »

« C’est vrai que vous semblez rétablie Beckett » renchérit Esposito.

« Contente de vous retrouver, Kate » ajouta Jenny

Avant de leur répondre, la jeune femme adressa un regard à sa meilleure amie, espérant une réaction de celle-ci. Mais la métisse ne daignait même pas la regarder. Un peu déçue, elle décida de n’en faire aucun cas pour le moment, et ignorant la légiste. Elle adressa un sourire de remerciement aux trois autres.

« Merci les gars et merci aussi à vous Jenny. Je suis moi-même très heureuse de vous revoir. »

Lanie, n’ayant pas été citée, et s’offusquant du dédain apparent que son attitude provoquait chez son amie, attitude qu’elle avait adoptée pour éveiller la culpabilité  de la jeune femme, se retourna en toisant Beckett de ses yeux noirs.

C’était la seconde fois en quelques minutes, que la détective se faisait foudroyer du regard. Même si le trouble qu’il déclenchait n’était en aucune mesure comparable à celui provoqué par la réaction de Castle, Kate se sentit tout de même triste et décontenancée par le comportement de la métisse. C’est vrai qu’elle ne lui avait pas non plus donné de ses nouvelles ces trois derniers mois, mais elle pensait qu’elle au moins aurait compris. Force était de constater que ce n’était pas le cas.

« Bon, comme je me sens de trop, je vais me chercher à boire et à manger. » s’exclama la légiste sur un ton glacial, «  Tu veux que je te rapporte quelque chose Bébé ? » demanda-t-elle avec une voix plus douce au latino.

Kate tenta d’adoucir la rancœur de sa meilleure amie, en lui jetant un regard bienveillant, mais ce fut en vain. Cette dernière détourna les yeux avec dédain, et se tourna vers son petit ami pour attendre sa réponse.

« Non, vas-y, je te rejoins » lui répondit Javier en lui faisant les gros yeux, voulant monter ainsi sa désapprobation quant au comportement de sa compagne.

Celle-ci leva les yeux au ciel. Elle n’en avait rien à faire des reproches de son homme. Elle se sentait blessée, et elle comptait bien le faire comprendre à la jeune détective. Elle se détourna de ses amis.

« Lanie… » tenta de la retenir  Beckett.

Mais celle-ci sembla l’ignorer et continua à s’éloigner du groupe pour se diriger vers le bar. Kate voulut la suivre, mais fut retenue par le bras.

« Laissez-la partir Boss, le temps que la colère retombe… » intervint Esposito.

« Mais… » essaya d’argumenter la jeune femme.

Sur le regard insistant et implorant de son collègue, elle renonça finalement à poursuivre la légiste. Elle tenterait d’avoir une discussion avec elle plus tard.

Elle soupira intérieurement, cette soirée s’annonçait difficile.

Elle était venue pour revoir toutes les personnes qu’elle aimait, et le moins qu’on puisse dire, c’est que deux d’entre eux, et celles à laquelle elle tenait le plus,  lui avaient réservé un accueil plutôt glacial. Elle s’était attendue à la réaction de Rick, même si celle-ci avait été pire que prévue, mais elle n’avait pas anticipé celle de sa meilleure amie.

Plus elle avançait dans cette soirée, plus elle se sentait envahir par le désespoir.

Elle se donna une gifle mentale, et se ressaisit. La tâche serait certes ardue, mais elle avait déjà eu à affronter des situations plus difficiles que celle-ci, et elle n’allait pas déposer les armes aussi facilement. Elle les affronterait l’un après l’autre avec courage. Elle jeta un rapide coup d’œil aux deux personnes qui étaient au centre de ses préoccupations, puis se tourna vers ses deux collègues.

En plus, finalement,  elle avait quelques questions à poser aux deux compères.

« Alors les gars comment est l’ambiance au 12th ? Et comment est le nouveau capitaine ? » les interrogea-t-elle en leur adressant un sourire.

« Bah, ce n’est pas la même chose sans vous et sans le capitaine Montgomery » répondit en premier Ryan, l’air morose en prononçant le nom de leur ancien responsable.

« Oui, j’imagine… » susurra Kate elle-même perturbée par cette évocation, « rien ne sera jamais pareil sans lui… »

« Non, c’est sûr… » ajouta l’hispanique lui aussi gagné par l’amertume.

Les trois policiers eurent simultanément le regard triste et absent, se replongeant dans leurs souvenirs, se remémorant les bons moments qu’ils avaient passés avec leur capitaine trop prématurément disparu.

Jenny les observa compatissant à la douleur qu’à cet instant, ses trois compagnons partageaient. Elle n’avait pas eu le temps de bien connaître cet homme, mais elle avait toujours été impressionnée par le respect que lui vouaient les policiers du 12th, et particulièrement ces trois-là. Il avait été plus qu’un patron pour eux.

« Et alors, qui l’a remplacé à la tête du commissariat ? » demanda Kate qui fut la première à sortir  de ses rêveries.

« Elle s’appelle Victoria Gates, » répondit le latino, « et elle nous vient des affaires internes. »

« Vous imaginez la réputation qu’elle traine avec elle » ajouta l’irlandais, « on la surnomme d’ailleurs Iron Gates, et le peu qu’on a vu, elle le mérite amplement »

« Ben, ça promet ! Et où en êtes-vous dans l’enquête sur le sniper qui m’a tiré dessus ? » les questionna-t-elle en bafouillant les derniers mots comme si elle avait du mal à les prononcer.

Les deux hommes semblèrent tout d’un coup mal à l’aise. Ils se regardèrent pour savoir lequel d’entre eux aurait le courage de lui répondre. La jeune femme  remarqua le trouble qu’avait provoqué sa question, et devina tout de suite qu’elle n’allait pas aimer la réponse. Elle connaissait ses deux acolytes et quand ils avaient ce genre de comportement devant elle, c’est qu’ils avaient une mauvaise nouvelle à lui annoncer. Impatiente et énervée par leur attitude, elle  les bouscula un peu.

« Bon les gars, ma question était simple, non ! Alors, j’attends » les houspilla-t-elle.

« L’affaire… est classée… en attendant de nouvelles preuves… » bredouilla Ryan prenant son courage à deux mains et s’attendant à recevoir les foudres de la jeune détective.

« QUOI ???? » hurla la jeune femme si fort que les convives à proximité se retournèrent sur le quatuor. « Vous vous foutez de moi !!! » ajouta-t-elle en baissant d’un ton, remarquant qu’elle avait attiré involontairement l’attention, « il suffit que je sois absente pour que vous soyez incapable de mener une investigation ! » les réprimanda-t-elle  toujours avec une voix dure.

« Vous êtes injuste Beckett !» rétorqua Esposito furieux de se faire réprimander de la sorte, « on a tout fait avec l’aide de Castle pour avancer sur cette affaire, mais à un moment on a été coincé, et on ne pouvait continuer sans faire ressortir le passé de Montgomery, c’est ce que vous vouliez ? »

« Non, bien sûr que non ! » répondit la jeune femme se calmant un peu. « Avec Castle tu disais ? » demanda-t-elle curieuse.

Elle était tout d’un coup très intéressée de connaître le niveau d’implication de l’écrivain. Elle se doutait qu’après son agression, il avait continué à travailler sur l’enquête, mais elle avait hâte d’apprendre combien de temps il s’était investi. Comme-ci le fait de le savoir pourrait la rassurer, lui confirmer à quel point il tenait encore à elle. Kate avait besoin de se raccrocher au moindre détail qui lui permettait de continuer à espérer. Elle avait besoin de ça pour se donner du courage pour l’affronter.

« Oui, il a travaillé avec nous tant qu’il a pu… » Précisa l’irlandais

« Comment ça ? » l’interrompit Beckett inquiète à ce que cette réponse pouvait impliquer, « qu’est-ce qui l’a empêché de continuer ? »

« Gates, » répliqua Javier. « Quand elle a décidé de mettre l’affaire en suspens, elle a interdit à Castle de remettre les pieds au commissariat, prétextant que ce n’était pas un cirque, et qu’elle n’avait pas besoin, je cite ‘d’un écrivain de pacotille dans les pattes pour faire avancer les enquêtes’. Depuis, il n’y est plus revenu, mais nous avons continué quand même nos investigations avec son aide, sur notre temps libre » expliqua le latino.

A cette nouvelle, Kate ne put retenir le sourire qui s’afficha sur ses lèvres, et ses trois compagnons purent noter aussi une lueur briller au fond des yeux de la jeune femme. Elle ne retenait qu’une seule chose de ce qu’avait dit l’hispanique, c’est que Rick avait passé beaucoup de temps à investiguer sur son affaire. Et pour elle cela ne pouvait avoir qu’une seule signification.

Il avait pensé à elle…

Pour la première fois de la soirée, elle avait une vraie raison d’espérer, il avait pensé à elle comme elle-même n’avait cessé de le faire à son sujet pendant ses trois mois d’absence. Elle sentit alors une partie du poids qui pesait sur son cœur s’envolait. Elle se sentit plus légère, pas totalement libérée bien sûr, mais tout de même un peu soulagée. Certes le plus dur restait à faire, elle devait encore l’affronter, mais maintenant elle le ferait avec cette certitude, il tenait encore à elle.

« Et on a trouvé quelques éléments supplémentaires » indiqua Kevin sortant la jeune détective de ses réflexions.

« C’est Castle qui a conservé le dossier » ajouta Esposito.

« Comment ça ? » s’inquiéta Beckett.

« On ne pouvait pas laisser ces informations à portée de mains de Gates ! » répondit Ryan.

« Oui, je comprends… » Approuva Kate.

« Mais dites-moi au fait, Castle ne vous en a rien dit ?» questionna Kevin, un peu surpris qu’elle ne soit pas au courant de ces événements.

« Non, mais c’est normal, puisque nous n’avons pas été en contact ces derniers temps » rétorqua-t-elle un peu perturbée par la question.

« Ah… » S’étonna le latino de la réponse de sa supérieure.

« Et vous revenez quand ? » demanda l’irlandais pour parler d’autre chose sentant un malaise s’installer.

« Demain matin » répondit Kate remerciant mentalement Ryan d’avoir dévié la conversation, ne voulant pas s’étaler sur ce sujet délicat avec ses collègues.

« Mais je croyais que vous ne deviez rentrer que la semaine prochaine ?» s’enquit le latino surpris.

« Oui, mais j’ai eu l’autorisation des médecins, je suis apte à reprendre. Finies les vacances, les gars !» ironisa-t-elle.

« Ouais, dites plutôt que vous vous ennuyiez de nous ! » renchérit Esposito.

« Si ça peut vous faire plaisir… » Leur sourit-elle.

Elle était effectivement ravie de revenir travailler et de les retrouver, ils étaient sa deuxième famille mais ça, elle n’était pas prête à leur dire.

Elle jeta un coup d’œil circulaire et son regard fut attiré par Martha qui l’observait avec un sourire qui apparemment lui était destiné. Elle lui retourna.

« Bon, je vais vous laisser, il faut que j’aille saluer la mère et la fille de Castle, on se voit plus tard » s’excusa-t-elle.

Elle quitta alors ses compagnons et se dirigea vers l’actrice qui avait remarqué que la jeune détective venait la rejoindre.

La rouquine était confortablement installée dans un fauteuil, un verre de vin de champagne à la main. Sa petite fille était assise sur le fauteuil voisin au sien et semblait absorbée par la lecture d’un classique de la littérature américaine.

A l’approche de la jeune femme, la plus âgée se leva pour l’accueillir, arborant un énorme sourire, semblant être ravie de la revoir.

La comédienne alla à la rencontre de la jeune femme, lui prit ses deux mains et lui déposa un baiser sur la joue. Puis toujours en conservant les deux mains de Kate dans les siennes, elle s’écarta en la détaillant des pieds à la tête.

 « Bonsoir Kate, vous avez l’air resplendissante et je vous trouve ravissante dans cette superbe Robe ma chère, elle vous sied à ravir. Et laissez-moi vous dire que vous avez fait une entrée très remarquable et remarquée. Je suis enchantée de vous revoir. Vous nous avez beaucoup manqué. En tout cas vous semblez complètement rétablie et j’en suis rassurée» la complimenta l’actrice.

Beckett fut très surprise d’un tel accueil, surtout en repensant à celui que lui avait réservé son fils. Au moins, elle ne semblait pas lui reprocher l’état d’humeur dans lequel se trouvait celui-ci. Elle en fut heureuse, elle appréciait énormément cette femme qui lui avait toujours témoigné une certaine affection. Elle lui rendit son sourire.

« Bonsoir et merci pour le compliment Martha. Vous me flattez. Mais laissez-moi vous féliciter aussi pour votre mise, vous êtes vraiment splendide, comme d’habitude. Je suis moi-même très contente de vous revoir, vous aussi vous m’avez manquée. »

L’actrice libéra les mains de Beckett, et la remercia d’un hochement de tête et d’un sourire. La détective adressa alors un regard  à la plus jeune des rouquines. Celle-ci n’avait pas quitté son livre des yeux et semblait ignorer la jeune femme. Kate fut surprise de ce comportement, mais peut-être était-elle si absorbée par sa lecture, qu’elle n’avait pas noté sa présence.

« Bonsoir Alexis » tenta-t-elle

« Bonsoir Détective Beckett…» lui répondit l’adolescente sans lever la tête sur un ton glacial.

Kate fut abasourdie et décontenancée par l’accueil de la jeune fille, et cela lui fit l’effet d’une douche écossaise. Elle ne s’attendait vraiment pas à ça de sa part. Et pour le coup, elle ne savait plus comment elle devait réagir. Elle était un peu perdue et désolée, voire affectée par le comportement de la jeune rouquine.

La seule raison qui pouvait expliquer cette attitude à son encontre, ne pouvait être qu’une rancœur induite par l’état d’esprit de son père. Et, le moins qu’on puisse dire, cela ne la rassurait pas du tout. Car si la jeune fille était affectée à ce point, cela n’impliquait qu’une seule chose, c’est que Castle devait être dans un état d’humeur pitoyable.

Parviendrait-elle à lui faire oublier cette colère ?

Elle n’avait pas le choix, mais la tâche lui apparaissait de plus en plus ardue. Quant à l’adolescente, elle hésitait sur le comportement qu’elle devait adopter. Elle se tourna alors vers la comédienne, cherchant dans ses yeux une aide providentielle.

Martha était très mécontente de l’attitude de sa petite fille, et elle était décidée à lui en faire le reproche dès qu’elle en aurait l’occasion. Pourtant, même son père lui avait interdit de se mêler de ses différends avec la jeune détective. Mais force était de constater qu’elle avait décidé de n’en faire qu’à sa tête. Elle pouvait se montrer aussi têtue que son père quand elle le voulait.

La rouquine revint vers Kate et vit le regard implorant qu’elle lui jetait. Elle fut navrée pour la jeune femme, qui avait déjà subi deux affronts dans la soirée. Elle avait évidemment noté le comportement de son fils qu’elle avait désapprouvé. Elle avait tenté de le lui faire comprendre, mais celui-ci s’était éloigné avant qu’elle ne parvienne à lui en parler. Elle avait aussi constaté le froid qui semblait régner entre la détective et le médecin légiste, en assistant de loin à la scène qui s’était déroulée entre les deux femmes.

Et là, Alexis en rajoutait une couche.

Elle prit Beckett par le bras et s’éloignèrent de la jeune fille. Quand elle estima être suffisamment loin pour ne pas être entendue par Alexis, elle s’arrêta et se tourna vers la policière.

« Kate, ne vous formalisez pas du comportement de ma petite-fille. Elle a vu son père très chamboulé ces derniers mois, et vous savez à quel point ils sont fusionnels tous les deux ! Dès que l’un d’entre eux est perturbé, l’autre en est affecté immédiatement. » Expliqua la comédienne.

« Pourquoi, Castle a eu des soucis pendant mon absence ? » questionna la jeune détective innocemment, cherchant par la même à faire parler la mère de son partenaire.

« Ne jouez pas à ça avec moi, ma chère ! Vous savez très bien pourquoi Richard a été perturbé pendant ces trois derniers mois. C’est parce que vous ne lui avez donné aucune nouvelle. J’ai bien vu votre réaction quand il vous a lancé ce regard à votre arrivée. Et vous n’avez pas été totalement surprise, n’est-ce pas ? Vous vous attendiez à cet accueil, même si vous ne vous étiez pas préparée à ce qu’elle soit aussi dure » la rabroua la rouquine.

Beckett était partagée entre deux sentiments après cette déclaration, la joie et la culpabilité. La joie de savoir que son écrivain s’était langui d’elle, la culpabilité de l’avoir plongé dans le désarroi pour ne pas lui avoir donné de ses nouvelles pendant sa période de convalescence. Ce n’est pas ce qu’elle avait voulu, mais à cette époque, elle ne se sentait pas encore capable de lui parler.

Elle avait dû se reconstruire.

Ella avait eu d’abord à se remettre de son agression, et cela aussi bien au niveau physique que psychologique. Sa rééducation avait été certes longue et difficile, mais elle s’y était attelée avec ferveur, et finalement, elle avait réussi à retrouver sa forme athlétique, plus rapidement d’ailleurs que ne l’avaient prévu son médecin et son kiné.

Pour ce qui était de son mental, elle savait que le chemin qui lui restait à parcourir pour guérir du traumatisme provoqué par cet attentat, était encore long. C’est pour cela qu’elle consultait un psy.

Et puis, il y avait la déclaration d’amour de Castle. Elle avait eu besoin de faire le point sur ses propres sentiments. Elle avait certes réglé le problème Josh, mais là encore, la jeune femme avait dû assumer cette séparation, même si elle venait de son fait. Elle avait fait du mal au cardiologue, et cela l’avait tout de même perturbé.

Elle avait enfin admis son amour pour l’écrivain.

Mais tout cela conjugué l’avait mis dans un état de fragilité qu’elle ne voulait pas dévoiler à son entourage, et certainement pas à son partenaire.

Oh il lui avait manqué, encore plus qu’il ne pourrait l’imaginer, et elle avait failli l’appeler à plusieurs reprises. Mais la peur qu’il la voit dans l’état dans lequel elle se trouvait à cette époque, l’en avait dissuadé.

« Oh Martha, ce n’est pas ce que je voulais… »

« Kate, ne vous excusez pas, je le sais très bien, ne vous inquiétez pas pour moi. Je sais par quoi vous êtes passée, et vous aviez besoin de vous retrouver. Je vous comprends parfaitement. Ce n’est pas avec moi que vous devez vous expliquer, moi je suis de votre côté. C’est Richard et votre amie qu’il faut convaincre maintenant. Et si je peux vous aider… » la rassura l’actrice

« Merci Martha, j’apprécie votre aide. Mais c’est à moi seule d’affronter ces deux-là !»

« Oui, je sais ! Quant à Alexis, réglez le problème avec son père et les choses s’arrangeront d’elle-même. Vous ne pourrez certes pas faire l’économie d’une mise au point avec elle, mais ce ne sera pas le plus difficile à accomplir. En tout cas je veux que sachiez que je serai toujours là pour vous Kate »

« Et j’apprécie à sa juste valeur » la remercia la jeune femme.

Elle se sentait rassérénée par ce soutien inespéré. Et au vu de ce qui lui restait à faire, elle se sentait du coup moins isolée. Même si elle devait les affronter seule, savoir qu’elle avait l’appui de la mère de l’écrivain, lui donnait du baume au cœur.

Elle jeta un coup d’œil circulaire dans la salle de réception et repéra sa meilleure amie. Il était temps de se mettre à l’ouvrage et de partir à la reconquête.

Elle salua la comédienne en lui désignant la légiste pour lui faire comprendre qu’elle allait accomplir sa première mission. La rouquine lui fit un signe d’acquiescement accompagné d’un sourire d’encouragement.

La jeune femme se dirigea d’un pas décidé vers la métisse qui se tenait seule près du bar un verre à la main. Cette dernière n’avait pas remarqué sa meilleure amie approcher et elle fut surprise de la découvrir à ses côtés quand elle sentit une main se poser sur son épaule.

« Lanie, tu ne crois pas qu’il serait temps que l’on ait une discussion toutes les deux ? »

La jeune métisse la regarda froidement, l’avisant avec dédain puis dans un soupir convint qu’elles devaient parler, mettre les choses à plat car son amie lui manquait. Mais elle ne pouvait pas pardonner comme cela alors que 3 mois étaient passés sans qu’elle n’ait aucune nouvelle d’elle …


FranckyDB  (16.02.2013 à 13:07)

Chapitre 6

« Oui, tu as raison, il est vraiment temps qu’on parle… Dommage que cela ne vienne qu’après trois mois de silence ! » exprima la légiste avec un ton qui ne laissait aucune place au doute quant à son ressentiment.

Kate ne se laissa pas décontenancer par la répartie de son amie, elle l’avait anticipée.

« Lanie, plus qu’une autre, je pensais que toi au moins tu étais en mesure de comprendre. Force est de constater que je me suis trompée, et j’avoue que je suis un peu déçue par ton comportement ».

Elle avait décidé de contre-attaquer, pour montrer à la métisse, qu’elle aussi avait matière à lui en vouloir.

« Quoi !!! » s’énerva la jeune mulâtre, « tu te fous de moi !!! Comment veux-tu que je puisse connaître ton état d’esprit si nous n’avons aucun contact ? Je sais être perspicace quand il s’agit de tes sentiments, mais cela demande un minimum d’échanges. Et en trois mois, nada !!! Là, Tu es vraiment très injuste ! Moi qui croyais que tu venais t’excuser de ce silence… Je suis vraiment trop bête… » rétorqua-t-elle avec virulence.

Elle commença à s’éloigner de la jeune détective pour lui signifier que cette conversation n’avait finalement plus aucun intérêt, au vu des sentiments qu’exprimait la jeune femme. Mais Kate d’un geste vif, attrapa le bras de sa meilleure amie et la  retourna sans ménagement.

« Je croyais qu’entre de vraies amies, il n’était pas nécessaire de parler pour se comprendre. Me serais-je fourvoyée ? » lui lança-t-elle avec un soupir de déception.

Cette réaction désarçonna Lanie, qui de toute évidence, ne s’était pas attendue à un tel comportement de la part de Beckett. Elle la scruta, et ce qu’elle lut dans ses yeux la perturba plus qu’elle ne l’aurait voulu. Elle vit à quel point Kate était désappointée.

Elle n’était pas dupe, toute cette tristesse, elle n’en était pas seule responsable.

Elle avait été le témoin attentif de la scène entre Castle et la jeune femme à son arrivée à la réception. Elle avait noté à quel point Kate avait été affectée par le comportement de l’écrivain. Même si elle pouvait comprendre les raisons qui avaient poussé Rick à adopter cette attitude, et malgré son ressentiment envers la jeune détective, d’ailleurs pour les mêmes motifs, elle devait avouer qu’elle avait été chamboulée de voir son amie aussi perturbée.

Ce qui, pour elle, en disait long sur les sentiments que la jeune femme éprouvait pour son partenaire.

 

Non qu’elle en doutait, elle l’avait toujours su. Il suffisait d’observer les regards échangés entre ces deux-là, pour en être convaincue. Mais, ce qu’elle avait vu à ce moment-là dans les yeux de Beckett, était du désarroi. Et cela ne pouvait s’expliquer que d’une seule façon.

Kate avait enfin accepté de faire face à ses sentiments.

Elle en était heureuse pour son amie. Elle méritait de connaître le bonheur après toutes les épreuves qu’elle avait dues endurer. Certes, elle avait fréquenté des hommes avec lesquels elle avait connu quelques moments de plaisir, mais aucun n’a su la rendre vraiment heureuse. Un seul lui a rendue le sourire. Un seul l’a percée à jour. Un seul a réussi lui réapprendre à vivre.

Celui-là même qui était à l’origine de la tristesse qu’elle lisait à cet instant dans les yeux de sa jeune amie.

Alors, elle ne voulait pas être la cause d’un surcroit de mélancolie. D’autant qu’elle devait l’admettre, Kate avait raison. Entre de vraies amies, nulle parole n’est nécessaire pour se comprendre. Si elle était honnête avec elle-même, elle avait même déjà compris les raisons du silence de la détective.

Elle éprouvait pour la jeune femme une réelle affection, et la considérait comme sa jeune sœur. Elle lui avait vraiment manquée, et c’est sans nul doute cette absence qui avait généré cette rancœur.

Elle sourit à la jeune femme et s’approcha d’elle pour la serrer dans ses bras.

« Oh Girl, tu as raison. C’est qu’en fait, tu m’as tellement manquée… » s’excusa-t-elle en desserrant un peu son étreinte.

« Sois en sûre, toi aussi tu m’as manquée. Mais tu as aussi en partie raison, je n’aurais pas dû attendre aussi longtemps avant de reprendre contact avec toi » s’excusa à son tour Kate, soulagée mais aussi surprise par la réaction de Lanie.

« Tu aurais pu au moins me dire que tu comptais venir ce soir ! » ironisa la légiste

« Où aurait été l’effet de surprise ? »

« Ça pour une surprise, c’était une surprise ! » répliqua la métisse, « mais je ne crois pas avoir été celle qui l’a été le plus, si j’en crois la réaction d’un certain écrivain… »

A ces mots, le visage de Beckett se referma, et Lanie put à nouveau lire le désappointement dans les yeux de la jeune femme.

« Non, tu as raison, il n’a pas eu l’air de goûter à ma surprise » réussit-elle à murmurer non sans peine.

« Oh Sweetie, à quoi pouvais-tu t’attendre après trois mois de silence ? Mais tu verras, tout comme moi, il te pardonnera »

« Non Lanie, je crains que cela ne soit une tâche plus ardue. Tu as vu sa réaction, il m’a tout simplement ignoré. »

« Alors, nous n’avons pas assisté à la même scène. Tout le monde a été le témoin de votre échange de regard, et ce n’est pas du désintérêt que j’ai personnellement lu dans ses yeux. Si tu es honnête avec toi-même, tu sais que j’ai raison »

« Je veux l’espérer, mais j’y ai aussi lu une telle colère, que je ne sais pas s’il réussira à me pardonner ce silence »

« Pourquoi avoir attendu si longtemps alors ? »

« Je n’étais tout simplement pas prête »

« Prête à quoi, ma belle ? »

« Lanie, dois-je vraiment te le dire… »

« Cela signifierait-il que tu as enfin accepté de faire face à tes propres sentiments ?» questionna la légiste même si elle connaissait déjà la réponse.

« Tu n’as pas changé, tu es toujours aussi intraitable ! » ironisa la jeune détective

« Ce n’est pas pour ça que tu m’apprécies ? »

« Si, peut-être… »

« Alors ? Tu n’as toujours pas répondu à ma question ! » la taquina la métisse

« Parce que tu connais déjà la réponse, n’est-ce pas ? »

« Je veux l’entendre de ta bouche ! »

« Tu ne me laissera pas tranquille tant que je ne l’aurais pas dit ! »

« Tu vois que tu me connais bien ! »

« Oui, trop bien, tu es sans concession. Et comme je ne veux pas être persécutée, je l’avoue. » concéda la jeune détective

«  Et tu avoues quoi en fait ? »

« Tu es impossible Lanie ! »

« Je sais, mais je veux l’entendre, cela fait trop longtemps que j’attends ça… »

« Bon, d’accord !!! Je suis amoureuse de Castle, ça va, t’es contente ? » céda la jeune femme.

« ALLELUIA !!!! » s’exclama la légiste, « Enfin, il était temps !!! »

« Chuuut !!! » s’empressa de répliquer la jeune femme pour tenter d’endiguer l’enthousiasme de sa meilleure amie, qui avait attiré l’attention sur elles, «  tu ne peux pas être plus discrète, on nous regarde !!! »

« Oh, excuse-moi Girl, mais je suis tellement contente pour toi… » s’excusa la métisse.

« Oui, ça j’ai vu… » remarqua Kate, « et merci. Mais, pour le moment, il n’y a pas de quoi se réjouir. Je ne suis pas sûre que le principal intéressé soit aussi enthousiaste que toi… » ajouta-t-elle en redevenant subitement sérieuse et inquiète.

« Oh Sweetie, il est amoureux de toi, n’en doutes pas… »

« Oui, ça je le sais, mais… »

« Comment ça tu le sais ! » la coupa la légiste.

« Euh… » bafouilla son amie.

Sans s’en rendre compte, Kate venait de révéler son secret. Et connaissant sa meilleure amie, celle-ci ne la lâcherait pas tant qu’elle ne lui avouerait pas tout.

Elle se sentait un peu coupable, car la première personne à laquelle elle voulait avouer ce secret, n’était autre que celui-là même qui avait prononcé les trois mots. L’homme qui occupait ses moindres pensées. Et là, elle avait l’impression de le trahir un peu.

 «Saura-t-il comprendre mes raisons ? »  tenta-t-elle pour éluder la question.

Mais c’était sans compter sur l’opiniâtreté de la métisse.

« Tu te fous de moi là !!! » s’énerva-t-elle, » je t’ai posée une question. Comment es-tu si sûre de son amour ? »

« Lanie, ce n’est pas ce dont tu essaies de me convaincre depuis des années ? Je l’ai donc admis » esquiva-t-elle dans une nouvelle tentative pour essayer de préserver son secret.

« Et d’un seul coup, tu l’aurais admis !!! Kate, tu oublies que je te connais bien, et là tu me caches quelque chose, j’en suis sûre… »

« Non, pendant ces trois mois de retraite, j’ai repensé à tout ce que tu avais dit, et cela a suffi à me convaincre que tu avais raison… »

« Mouais, je ne suis pas très convaincue par cet argument. Mais bon, à l’évidence, tu ne m’en diras pas plus, alors, pour l’instant, je vais me contenter de ça » concéda Lanie.

« Je t’assure qu’il n’y a pas plus que ça », la rassura Kate, soulagée d’avoir pu préserver son secret.

« Si tu le dis… » rétorqua la légiste avec une petite moue dubitative.

« Mais comme je le disais, le plus dur reste à faire… » enchaina Kate, heureuse de pouvoir changer de conversation.

« Oui, mais ne tarde pas trop pour le faire, ou tu risques de le regretter » lui conseilla la métisse.

La jeune détective savait que son amie avait raison, mais la crainte de la réaction de son partenaire la paralysait.

Pour autant, avait-elle vraiment le choix ?

Kate jeta un coup d’œil circulaire à la recherche de son partenaire, et le repéra près du bar, en pleine discussion avec une jeune femme, très jolie de surcroît, qui semblait passionnée et subjuguée par ce que semblait lui raconter l’écrivain.

Cette vision arracha une grimace de désapprobation à Kate, qui sentait monter en elle un sentiment de jalousie qui n’échappa pas à sa meilleure amie. Pointant son regard dans la direction de la scène qui retenait l’attention de Beckett, elle comprit immédiatement ce qui avait provoqué cette réaction chez la jeune détective. Elle s’approcha d’elle et posa une main qu’elle voulait rassurante sur l’épaule de son amie.

« Kate, il est temps que tu ailles le voir et que vous ayez une explication, tu ne crois pas ? »

« Il semble bien trop occupé pour cela ! » répliqua-t-elle avec un ton plus sec qu’elle n’aurait voulu laisser transparaître devant la métisse.

« Kate, ne laisse pas un sentiment fugace de jalousie te dicter ta conduite. Il ne ressent rien pour elle. C’est de toi dont il est amoureux, et sa conduite de tout à l’heure le démontre si besoin il s’en fallait. Alors prends ton courage à deux mains, va le voir et dis-lui tout ce que tu m’as dit. Je suis sûre qu’il n’attend que ça. »

« Tu crois, mon absence n’a pas l’air de lui peser autant que cela, à voir comment il se pavane devant cette Bimbo ! »

« Kate, ne sois pas injuste, il est ici pour la promotion de son bouquin. Il est obligé d’être courtois avec ses fans. Alors arrête un peu tes simagrées et va le voir. Tout de suite !!! » la rabroua sa meilleure amie en la poussant dans le dos pour l’inciter par le geste à suivre son injonction.

Se tournant vers la légiste et lui adressant une grimace de désapprobation, elle se résigna bon gré mal gré, à se diriger vers l’homme qui provoquait en elle, tant de sentiments contradictoires.

Dire qu’elle redoutait ce moment, serait faire un euphémisme. Elle était terrorisée. Mais en même temps, pouvoir se replonger ne serait-ce que quelques secondes, dans ses yeux lagons, lui procurait un plaisir que seul lui pouvait provoquer chez elle.

Oui, encore une fois, il lui inspirait des sentiments bien contradictoires…

Plus elle s’approchait de lui, plus son angoisse, mais aussi son excitation, s’accentuaient. Non, elle n’en menait pas large, c’est le moins qu’on puisse dire. Et pourtant Lanie avait raison, elle ne pouvait repousser ce moment. Elle ne pouvait pas prendre le risque de le voir s’éloigner, ou laisser toutes ces Bimbos lui tourner autour.

Non, elle ne pouvait pas se permettre de le perdre, elle ne s’en remettrait pas…

Alors, forte de cette résolution, c’est d’un pas plus décidé qu’elle arriva à la hauteur de son écrivain.

Celui-ci, absorbé par la conversation qu’il avait entamée avec la jeune femme qui se tenait devant lui, ne remarqua pas tout de suite la présence de Kate, ce qui énerva la détective. Mais cela n’affecta pas pour autant sa détermination, et d’un geste qu’elle aurait voulu moins vif, elle agrippa le bras de Rick pour attirer son attention.

D’abord surpris, Castle se retourna pour faire face à la personne qui cherchait  à le distraire de cette belle jeune fille, et quand son regard croisa celui de sa partenaire, il fut immédiatement décontenancé.

Il connaissait très bien ce regard, et encore une fois il se laissa submerger par la profondeur de ce vert émeraude. Encore une fois, il se noya dans ces yeux qu’il aimait tant. Encore une fois, le monde extérieur s’effaça. Plus rien d’autre n’existait.

Kate, était dans le même état de stase que l’écrivain, et ne pouvait détacher ses yeux de ceux lagons de l’homme qu’elle aimait. Oui, s’il lui fallait encore une preuve de son amour pour lui, à cet instant, face à lui, perdue dans son regard azur, elle n’avait plus aucun doute. Cet homme lui inspirait un sentiment qu’elle n’avait jamais ressenti avec aucun autre.

Ils étaient là, déconnectés du monde, dans leur bulle, dans un univers qui n’appartenait qu’à eux seuls.

Elle pouvait lire en lui comme dans un livre ouvert, et  à ce moment précis, elle sut.

Il lui avait certes déjà avoué alors qu’il la croyait au seuil d’une mort certaine, mais là, ce qu’elle voyait ne souffrait aucun doute. Elle lisait tout l’amour qu’il éprouvait pour elle. Et si cela était encore possible à cet instant, son extase monta d’un cran pour atteindre des sommets qu’elle n’avait jamais atteint.

Elle était au summum du bonheur absolu…

Il pouvait lire en elle comme dans un livre ouvert, et  à ce moment précis, Il sut.

D’un coup, tous les doutes accumulés ces derniers mois s’envolèrent pour ne laisser place qu’à la béatitude. Il lisait tout l’amour qu’elle éprouvait pour lui. Et tout comme elle, il se laissa emporter par une extase qui l’emmena au sommet de la plénitude.

Il était au summum du bonheur absolu…

Le temps n’avait plus prise sur eux, et pourtant celui-ci décida de reprendre son emprise sur ces deux êtres par l’intermédiaire de la jeune Bimbo qui avait capté un temps l’attention de l’écrivain, et qui se sentant tout d’un coup délaissée, cette intruse l’ayant détournée d’elle, décida de se rappeler au bon souvenir du jeune homme.

« Rick, vous m’aviez promis de m’offrir un verre de champagne ! » les interrompit-elle avec affront.

Cela produisit l’effet escompté et ramena les deux partenaires à une réalité à laquelle ils avaient pu échapper un temps. Kate se tourna vers l’importune lui adressant un regard noir pour lui signifier toute son irritation.

Rick, gêné par cette intervention, se tourna à son tour vers la jeune femme, et s’adressa à elle avec un sourire forcé.

« Chère amie, laissez-moi vous présenter le Détective Kate Beckett. Kate je vous présente heu… »

« Melinda » s’interposa vivement la jeune donzelle, vexée que Rick ait pu oublier son prénom, alors que cela parut amuser Beckett.

« Oui, Melinda… » reprit l’écrivain avec un sourire convenu.

« Je suis désolée Melinda, mais Monsieur Castle et moi-même avons à nous entretenir, alors allez chercher un autre gentleman pour vous faire offrir à boire… » s’interposa Kate tout en prenant le bras de son partenaire, le conduisant  loin de cette jeune ingénue qui resta bouche bée devant l’aplomb de la détective.

D’abord surpris par l’attitude de la jeune femme, Castle ne put réprimer un sourire de satisfaction, mais se dépêcha de l’effacer pour le dissimuler à sa jeune amie.

Malgré ce merveilleux moment qu’il venait de vivre avec Kate, et ce qu’il avait pu deviner de ses sentiments, il n’était pas encore enclin à lui pardonner son silence de trois mois. D’autant que beaucoup de questions restaient en suspens, dont une qui le préoccupait particulièrement.

Qu’en était-il de ses relations avec motorcycle boy ?

Rien que de penser à cela, il sentait son cœur se vrillait, et il ne pouvait s’empêcher de se faire envahir à nouveau par ses doutes.

Kate quant à elle, toujours nimbée dans son extase, malgré l’interruption de la Bimbo, était loin d’imaginer l’état d’esprit dans lequel se trouvait son compagnon. Cet intermède avait eu le pouvoir de renforcer ses convictions, et forte de cela, elle était plus que déterminée de mettre les choses au point avec son partenaire.

Se trouvant suffisamment loin de tout opportun, elle s’arrêta et se tourna vers l’écrivain. Celui-ci lui fit face, mais fit le nécessaire pour trouver une position qui lui permettait d’éviter de la regarder droit dans les yeux. Il savait pertinemment que si elle pouvait lire dans son regard, il n’aurait plus aucun contrôle, et il était déterminé à ne pas lui faciliter la tâche.

Elle fut d’abord un peu décontenancée par cette attitude, mais interpréta très vite les raisons qui le poussaient à agir de la sorte. Elle ne put réprimer un sourire qu’elle effaça le plus rapidement possible, mais pour son malheur, cela n’échappa pas à l’écrivain.

Il était clair maintenant pour chacun d’entre eux, qu’ils étaient sur le point d’engager une bataille dont l’issue était loin d’être prévisible, et qui pourtant allait certainement engager leur avenir…

Fallait-il d’ailleurs qu’il y ait un vainqueur ? Certaines victoires peuvent avoir parfois un goût très amer…


FranckyDB  (28.12.2013 à 20:57)

Chapitre 7

Judy se réveilla en sursaut. Une petite musique répétitive et persistante lui agressait les oreilles. Elle mit quelques secondes avant d’en déterminer la source. Elle tendit son bras droit, et récupéra son Smartphone dernier cri pour stopper la rengaine qu’il lui jouait. Il faudrait qu’elle pense à changer ce son. Mais force était de constater qu’il était efficace, cela avait tout de même réussi à la sortir de son sommeil.

Pourtant elle avait passé une nuit horrible, et n ‘avait réussi à s’endormir qu’au petit matin.

Elle était obsédée par le contrat qu’on lui avait demandé d’exécuter…

Mais elle refusait d’y repenser pour le moment, ça l’avait déjà empêchée de dormir. Elle avait une longue journée devant elle, et surtout, un après-midi excitant…

Elle s’étira péniblement pour tenter de dégourdir ses muscles, et s’extirpa du lit. Elle fouilla dans les tiroirs de la commode où elle avait rangé ses vêtements, et en extrait un pantalon de jogging, un tee-shirt et un sweat. Elle ressentait le besoin d’un peu d’exercices pour enrayer la tension acquise ces dernières vingt quatre heures. C’était aussi son remède pour se relaxer d’une nuit agitée.

Une fois habillée, elle sortit et rejoignit la salle de Gym située au sous-sol. Elle y passa une bonne heure, et c’est détendue, du moins autant qu’elle pouvait l’être compte tenu des circonstances, qu’elle remonta dans sa chambre.

Une fois entrée, elle se défit de ses vêtements trempés de sueur, enfila sa robe de chambre et se dirigea vers la salle-de-bain pour se faire couler un bain bien chaud.

Cela fait, elle retourna dans la chambre pour appeler le room-service afin de se commander un bon petit-déjeuner, qu’elle demanda qu’on lui apporte dans une heure, le temps de son bain.

Elle retourna dans la salle-de-bain, se dévêtit complètement et entra dans l’énorme baignoire, dans laquelle elle avait préalablement déversé tous les sels qu’elle avait trouvés. Elle s’allongea, s’installa confortablement, et laissa son esprit voyager.

Depuis qu’elle avait pris connaissance du dossier qu’elle avait reçu la veille,  elle ne pouvait s’empêcher de repenser à la cible désignée. Certes, son activité professionnelle, comme elle s’amusait à la nommer, réclamait sang-froid et  absence de conscience, mais là…

Pourtant, avait-elle le choix ?

Elle avait accepté ce contrat, et la déontologie qu’elle se forçait d’appliquer, même si cela pouvait prêter à rire vu l’objectif de ses missions, ne lui permettait pas de renoncer. D’autant que le montant des honoraires, là encore une expression qu’elle avait décidé d’employer pour parler de ses gages, lui permettrait de mettre fin à cette carrière.

Sauf que, jusqu’à ce jour, elle n’avait exécuté que des truands, ou pire…

Et là, on lui demandait de trucider une personne clean. Mais ce qui la dérangeait encore plus, c’est le mode opératoire qu’on lui imposait.

Non seulement elle le trouvait pour le moins exubérant, mais cela impliquait surtout qu’elle adopte des méthodes qu’elle répugnait.

Tout cela la mettait mal à l’aise…

Elle préféra mettre fin à ses noires pensées, et se lava. Une fois  terminé, elle s’extirpa de la baignoire, récupéra deux serviettes, une qu’elle noua autour de son corps, l’autre qu’elle utilisa pour sécher ses cheveux courts, tout en se dirigeant vers la chambre.

Elle ouvrit la porte de l’immense dressing que la chambre possédait, et choisit sa tenue pour son rendez-vous de la matinée.

Elle avait repriscontact avec une amie New-yorkaise, française d’origine, et en qui elle avait une totale confiance. Au vu de ce qu’on lui demandait, un peu d’aide lui semblait nécessaire. Et même si son commanditaire lui avait proposé de lui apporter le soutien humain et logistique dont elle pourrait avoir besoin, elle préférait être autonome, et choisir elle-même les femmes ou les hommes qui auraient à l’accompagner dans ses missions.

Surtout, elle avait besoin de travailler en confiance, avec des gens qu’elle connaissait bien. Et comme elle voulait préserver son anonymat, Il n’était pas question qu’elle découvre son identité à de parfaits inconnus, même ses commanditaires ne l’avaient jamais vue.

Elle finissait de s’habiller quand on frappa à sa porte. Elle ouvrit au garçon d’étage qui lui livrait son petit-déjeuner. Elle le fit entrer,  et lui indiqua qu’elle désirait prendre sa collation sur la superbe terrasse qui donnait sur Central Park. Elle le laissa installer le tout, et une fois qu’il eut terminé, elle lui octroya un généreux pourboire, ce qui déclencha un chaleureux sourire chez le jeune homme ; Elle lui rendit son sourire et le raccompagna à la porte de sa chambre.

Elle retourna sur la terrasse, profitant du soleil qui régnait sur la grande pomme, et savoura les mets qu’on lui avait servis. Une fois rassasiée, elle vérifia sa montre pour constater qu’il était temps qu’elle se rende à son rendez-vous. Elle se leva et se dirigea pour la troisième fois de la journée vers la salle-de-bain, où elle se lava rapidement les dents, se maquilla légèrement et recoiffa ses courts cheveux.

Elle en ressortit cinq minutes plus tard, enfila son manteau, récupéra son sac à main puis sa carte magnétique, et sortit de sa luxueuse chambre.

Elle appela l’ascenseur qui arriva à son étage quelques secondes plus tard. Celui-ci était déjà occupé par un couple âgé. Elle les salua en leur souriant, et pénétra dans la cabine. Elle n’eut pas à indiquer son étage de destination, le bouton de celui-ci ayant été préalablement sélectionné.

Arrivée au rez-de-chaussée, elle sortit de la cage en souhaitant une bonne journée au vieux couple, et se dirigea vers la sortie de l’hôtel.

A cette heure de la journée, la ville était en pleine effervescence, et dès que Judy mit un pied à l’extérieur, les bruits de la cité envahirent immédiatement ses oreilles. Elle avait l’habitude de ces grandes métropoles, et n’y prêta donc guère attention. D’un pas décidé, elle prit la direction de central Park, lieu de son rendez-vous.

Elle avait volontairement choisi un endroit fortement fréquenté, où sa rencontre passerait inaperçue et n’éveillerait pas les soupçons. Non qu’elle pensait être surveillée, mais elle s’entourait toujours de précautions. Et même si cela pouvait s’apparenter à de la paranoïa, elle préférait agir avec un surcroît de vigilance, c’était sa survie qui était en jeu.

Et puis dans ce genre de métier, rien ne devait être laissé au hasard…

Comme elle aimait à le dire, en détournant un vieil adage, « mieux vaut prévenir que mourir ».

Elle arriva à destination et s’assit sur un banc visiblement déjà occupé par une jeune femme blonde, qui semblait absorbée par le livre qu’elle avait en main.

Judy sourit quand elle reconnut le dernier tome de la saga Nikki Heat. Elle avait réussi en s’en procurer un exemplaire la veille, et elle l’avait littéralement dévoré en une soirée. C’était certainement un des meilleurs romans policiers qu’elle n’ait jamais lu.

D’ailleurs les critiques avaient été dithyrambiques.

« Ce livre est passionnant, n’est-ce pas ?» s’aventura-t-elle à demander à la jeune femme tellement passionnée par sa lecture qu’elle n’avait pas noté sa présence.

Elle leva la tête de son ouvrage et adressa un large sourire à la jeune belge.

« Ce n’est rien de le dire. Je l’ai entamé ce matin, et je n’arrive pas en m’en détacher » lui répondit la jolie blonde, « mais je crois savoir, que c’est aussi ton auteur préféré, ma chère Judy », ajouta-t-elle.

« Tu te souviens de cela, ma petite Milka ? Toi qui ne te rappelles même plus de mon numéro de téléphone !» la railla son amie en se levant pour la serrer dans ses bras.

« Toi en tout cas, tu n’as pas oublié le mien apparemment. Dommage que tu ne l’utilises que quand tu as besoin d’un service, » lui reprocha la jeune blonde avec la même ironie, « Mais moi aussi je suis contente de te revoir » continua-t-elle en serrant fermement Judy dans ses bras.

« Tu es injuste, je t’ai appelée il y a deux mois ! Et je te ferais remarquer, que c’est toujours moi qui prends contact avec toi. Mais je suis ravie de pouvoir te voir enfin, et même si c’est en prétextant un besoin de soutien » s’offusqua la tueuse en mettant fin à son étreinte.

« Je sais, et j’en suis moi aussi très heureuse ».

« Tu as pris les précautions d’usage ? »

« Tu sais bien que oui, tu me connais, je ne prendrais aucun risque, surtout quand il s’agit de toi » reprocha la jeune blonde, un peu vexée par la question de son amie.

« Tu sais à quel point je suis obsédée par ces détails, alors ne t’en offusques pas, c’est une question de survie » s’excusa la jeune belge.

« Oui, je sais, tu as raison. Mais sois en sûre, tout est clean. Bon, maintenant, si tu m’invitais à déjeuner. J’ai pris soin de réserver dans un restaurant hyper sympa que je fréquente régulièrement, et dont je connais les propriétaires. Ils ont une pièce privée où on pourra discuter de ton contrat en toute discrétion. » crut bon d’ajouter la new-yorkaise d’adoption.

« Ok, alors je te suis »

La jeune blonde prit le bras de son amie et elles se dirigèrent bras dessus, bras dessous vers la sortie du parc. Elles hélèrent un taxi. Un fois installées dans le véhicule, la plus jeune des blondes indiqua l’adresse du restaurant. Elles y arrivèrent en vingt minutes. Judy régla le taxi et rejoignit sa jeune amie qui l’attendait déjà à l’entrée d’un établissement qui effectivement, était des plus discrets.

Elles pénétrèrent dans le local, et Judy fut surprise de découvrir une salle décorée avec goût. Apparemment, il ne fallait pas se fier à la devanture, elle masquait un endroit qui semblait très prisé, toutes les tables étaient occupées.

Une femme, dans la cinquantaine, un sourire large sur les lèvres, et qui d’emblée inspirait une grande sympathie, s’approcha des jeunes femmes et prit Milka dans ses bras pour la saluer.

« Bonjour jeune fille, ravie de te voir parmi nous aujourd’hui ! »

« Merci Iza, j’ai toujours plaisir à venir me restaurer chez toi, surtout quand on reçoit un tel accueil. Mais laisse-moi te présenter une grande amie qui, comme nous, vient d’Europe »

« Ah, enchantée Mademoiselle, et vous venez d’où ? »

« Je suis française, et je viens de Paris » répondit Judy ne voulant pas révéler sa véritable identité, et appelez-moi Carine je vous en prie »

« Oh Paris, j’adore, et je suis ravie d’accueillir une compatriote ma chère Carine. Je suis originaire de Limoges pour ma part » répondit la dénommée Iza en français.

« Ah, je connais très bien cette ville pour y avoir séjourné à plusieurs reprises. J’ai eu à traiter quelques dossiers pour une grande entreprise de la région », informa la jeune belge dans la même langue.

« Vous voulez certainement parler de la société Legrand j’imagine »

« C’est cela en effet, vous connaissez ? »

« Quand on a vécu à Limoges, on ne connaît que ça. En tout cas, soyez la bienvenue dans mon établissement Carine. »

« Merci Madame pour cet accueil »

« Il n’y a pas de madame qui tienne quand on est une amie de Milka, appelez-moi Iza. »

« Alors merci Iza » rectifia la jeune belge.

« Bon, je vous ai réservé un endroit isolé, comme tu me l’avais demandée Milka, je vais vous y conduire », ajouta la quinquagénaire en leur indiquant le chemin.

Elle les mena à une petite salle fermée qui se révéla être charmante et cosy. Une table préalablement dressée  et deux chaises trônaient au centre de la pièce, le tout arrangé avec un goût certain.

Iza invita les deux jeunes femmes à y pénétrer et à s’installer.

« Prenez vos aises, je reviendrai prendre la commande plus tard » leur indiqua la propriétaire.

« Ce n’est pas la peine », la stoppa Milka, « tu nous sers mon menu habituel, ce sera parfait. Je suis sûre que cela conviendra à mon amie », précisa-t-elle.

« Comme vous voudrez alors, le menu habituel de mademoiselle », rétorqua Iza en quittant la pièce en fermant derrière elle.

« Alors tu vois, nous ne serons pas dérangées ici, et personne pour surprendre notre conversation », déclara la plus jeune des blondes.

« Oui, cet endroit est parfait et l’accueil est des plus sympathique » confirma la jeune belge.

« Iza est comme une mère pour moi. Mais dis-moi, pourquoi lui as-tu caché ta véritable identité ? On peut lui faire confiance tu sais… »

« C’est un réflexe de survie, je ne la connais pas. Je préfère être toujours sur mes gardes. En plus, moins de gens connaissent mon vrai nom, moins ils sont susceptibles de le révéler », se défendit Judy.

« Tu as certainement raison, tu es dans ce métier depuis plus longtemps que moi. »

« Oui, et si tu comptes profiter de ta vieillesse, tu ferais mieux de t’appliquer les mêmes règles. »

La jeune new-yorkaise approuva d’un hochement de tête en s’emparant de la carafe d’eau qui se trouvait au centre de la table, et remplit deux verres.

« Bon, si on parlait de ce qui t’amène ici… », proposa Milka.

Judy passa les deux heures du déjeuner à expliquer à sa jeune amie les tenants et les aboutissants de son contrat, et du mode opératoire imposé par le commanditaire. Elles mirent au point les modalités de l’intervention de la plus jeune des blondes, puis une fois leur plan mis au point, elles profitèrent pleinement du repas que la propriétaire du restaurant leur avait servi, et du bon moment qu’elles passaient ensemble, jouissant de cet instant de répit avant que les choses ne deviennent sérieuses.

Judy avait vu sa jeune complice tiquait quand elle avait découvert la cible. Pourtant la jeune femme n’avait fait aucune remarque. Au moins, avait-elle, semble-t-il, moins de scrupules qu’elle. Par contre, tout comme elle quand elle avait découvert le dossier la veille au soir, elle avait fait montre de réserve quant au mode opératoire demandé, mais elle avait tout de même accepté de le respecter, à la lumière des explications complémentaires que lui avait apportées la jeune belge.

Une fois leur café consommé, Judy paya l’addition et les deux jeunes femmes quittèrent le restaurant. Elles hélèrent chacun un taxi et après avoir convenu de se rappeler le soir même pour faire le point sur les dispositions prises, elles prirent chacune une direction opposée.

Judy une fois montée dans le véhicule, donna l’adresse de sa prochaine destination au chauffeur.

Même si elle avait énormément apprécié le moment passé avec sa jeune complice, qu’elle considérait un peu comme sa petite sœur, et cela malgré l’objet de cette rencontre, elle éprouvait une véritable excitation à la pensée de son programme de l’après-midi.

Pourtant, elle ne réussissait pas à se départir du nœud d’angoisse qui la tiraillait depuis la veille, et qui était la cause de son insomnie.

Elle passa le temps du parcours à s’imprégner de tous les détails qu’elle avait mis au point pour l’accomplissement de sa tâche, et surtout ceux qu’elle n’avait pas pu dévoiler à Milka. Non qu’elle n’avait pas confiance en elle, bien au contraire, elle lui confierait sa vie sans hésitation, mais la complexité de cette affaire lui imposait des règles particulières. Et dans ce contexte très spécifique, elle devait aussi penser à protéger sa jeune amie.

Elle avait eu rarement à gérer des contrats aussi dangereux, et surtout, les personnalités impliquées dans cette histoire, la pousser à redoubler de prudence.

C’est pourquoi, elle n’avait dévoilé que la moitié du plan à la jeune blonde. Pour le reste, elle devrait assumer seule les risques encourus. Elle n’avait pas peur pour elle-même, mais elle refusait de mettre la vie de Milka en danger, elle ne pourrait se le pardonner.

Elle avait tout planifié dans les moindres détails, mais elle savait que tout plan peut avoir un accroc. Alors moins elle impliquait de gens, moins elle prenait de risque, et surtout moins elle en faisait prendre aux autres. D’autant, que beaucoup trop de personnes à son goût, étaient déjà impliquées.

Perdue dans ses pensées, c’est le chauffeur qui la ramena à la réalité en l’informant qu’elle était arrivée à destination. Elle lui paya la course en lui octroyant un bon pourboire, et sortit du taxi.

Une fois sur le trottoir, elle jeta un coup d’œil circulaire pour repérer l’établissement qu’elle recherchait. Quand elle vit une longue file de personnes patientant à l’entrée de l’un d’entre eux, elle sut qu’elle l’avait trouvé.

Elle se dirigea vers le bâtiment désigné, et rejoignit la longue queue qui s’était formée, prenant son mal en patience.

Elle était prête à faire ce sacrifice, si c’était pour rencontrer le beau Rick Castle et se faire dédicacer son dernier roman.

Mais il y avait tellement plus derrière tout cela…

Elle patienta une bonne heure avant de pouvoir approcher son écrivain préféré, et quand finalement elle réussit à atteindre la table qui lui avait été réservée, elle afficha un sourire charmeur en lui tendant son exemplaire.

« Bonjour Monsieur Castle, je m’appelle Carine Dumont, je suis française et je viens de loin pour me faire dédicacer le dernier opus de votre saga. » annonça-t-elle d’un ton suave.

Rick qui avait d’abord levé la tête en affichant le sourire commercial dédié à ses fans, fut cependant subjugué quand il croisa le regard émeraude de la jeune femme qui se tenait devant lui. Bien que ces yeux lui en rappellent d’autres, il leur trouva une profondeur qui le troubla. Ajoutez à cela une voix sensuelle, ce charme typiquement français, et notre cher écrivain se retrouva muet, du moins pendant quelques secondes.

Cette réaction n’avait pas échappé à notre jeune belge, qui accentua son sourire, ce qui produisit l’effet escompté sur notre Castle.

« Je me suis pourtant exprimé en anglais, monsieur Castle, ai-je un si mauvais accent que cela ? » le railla-t-elle.

Cette nouvelle intervention de la jeune femme, avec toujours autant de sensualité d’ailleurs, ramena notre écrivain sur terre.

« Non, mademoiselle Dumont… »

« Appelez-moi Carine, je vous en prie… » le coupa-t-elle.

« Bien, alors non Carine, votre accent est excellent » corrigea-t-il, « mais j’avoue que j’ai été surpris d’apprendre qu’on puisse venir de si loin pour obtenir une de mes dédicaces », mentit-il sans vergogne.

« A dire vrai, je suis ici pour le business, et j ai été forte heureuse que cela coïncide avec la sortie de votre dernier roman. C’est un pur hasard »

« Alors, laissez-moi vous dire que le hasard fait bien les choses, s’il nous a permis de nous rencontrer » admit-il

« Vous m’en voyez ravie, monsieur Castle »

« Appelez-moi Rick, je vous en prie… »

« Très bien Rick » murmura-t-elle avec un sourire entendu.

Cette femme impressionnait Castle, c’est le moins qu’on puisse dire. Il se dégageait d’elle une aura indéfinissable, qui à la fois le subjuguait, mais qui l’intriguait en même temps. Elle lui inspirait un sentiment mitigé, mais il était incapable de détacher ses yeux des siens. C’est encore une fois une de ses interventions qui le ramena à la réalité

« Vous devriez me dédicacer mon exemplaire Rick, je sens qu’on s’impatiente derrière moi » le railla-t-elle, fière de l’effet qu’elle sentait avoir provoqué chez lui.

« Oui, vous avez raison » s’excusa-t-il en écrivant quelques mots sur la première page intérieure du livre.

Une fois qu’il eut terminé, il tendit l’ouvrage à la jeune femme en lui adressant un sourire sincère cette fois. La jeune belge récupéra son roman le remercia chaleureusement en lui resservant son sourire entendu, le salua et quitta la librairie.

Rick fixa encore son attention sur elle le temps qu’il la perde de vue, et c’est une nouvelle fan impatiente qui le ramena à la réalité.

Une fois sortie de l’établissement, Judy ouvrit son livre pour consulter la dédicace de Castle. Un sourire de contentement s’afficha alors sur ses lèvres.

C’est rassérénée qu’elle prit la direction de son hôtel.

Le plan était en marche…


FranckyDB  (29.12.2013 à 20:26)

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