Entrez dans la grande bibliothèque d'Hypnoweb. De très nombreuses fanfics vous attendent. Bonne lecture ! - Inscris-toi gratuitement et surfe sans pub !
Série : Castle
Création : 16.12.2012 à 22h58
Auteur : judy1
Statut : Terminée
« OS ecrit pour le concours de Noel » judy1
Cette fanfic compte déjà 1 paragraphes
La lettre
Le jeune garçon était en haut des escaliers, le regard larmoyant. Il observait la pièce. Il se souvenait encore des années précédentes, quand à cette période de l’année un majestueux sapin trônait dans le salon illuminé par des bougies. Il se souvenait avec nostalgie de l’époque où joie de vivre et fou rire étaient maîtres des lieux, de l’époque où sa mère devait les réprimander, lui et son père, pour obtenir un peu de calme. Mais les choses avaient bien changées en deux ans : plus de sapin, plus de bougies, plus de rires non plus… Il descendit les escaliers, traversa la pièce et déposa ses chaussures là où était installé le sapin habituellement.
-« Qu’est-ce que tu fais ? » demanda son père en sortant de son bureau.
-« J’ai fait ma lettre au Père Noël, alors je la dépose pour qu’il vienne la chercher. »
-« Tu ne crois pas que tu as passé l’âge de mettre tes petits souliers pour le Père Noël ? » demanda l’homme sans trop prêter attention à la réaction de son fils.
-« Je n’ai que 9 ans Papa ! » répondit tristement le jeune garçon en affrontant le regard de son père.
L’homme observa avec tristesse son fils remonter se coucher. Il regarda la lettre avec dédain. Remarquant qu’elle faisait plus d’une page, il s’avança. Intrigué sur le contenu de celle-ci, il commença à la lire.
L’équipe du Lieutenant Beckett était sur une affaire délicate. Ou plutôt, ils pataugeaient complètement dans le genre d’affaire atroce qu’aucun flic n’aimerait avoir. Surtout à l’approche des fêtes de fin d’année : un garçon de neuf ans avait été assassiné et son père était le suspect numéro un.
Père et fils vivaient seuls dans un appartement assez luxueux de Manhattan. Le père vivait très mal le fait que sa femme soit partie vivre à l’étranger avec un autre, il se retrouvait seul pour élever son enfant et les relations entre eux étaient plutôt tendues. Le fils, lui, essayait désespérément d’attirer l’attention de l’un de ses parents juste pour qu’ils se souviennent de son existence.
Malgré toutes les preuves accablantes à l’encontre du père, Castle était convaincu de son innocence et essayait par tous les moyens de convaincre sa coéquipière qu’un homme était incapable de tuer son propre enfant.
Un soir, alors qu’ils décoraient l’appartement pour Noël et qu’ils se chamaillaient à propos de tout et n’importe quoi, les choses dérapèrent complètement. Rick aurait préféré qu’elle se concentre sur les décorations et le menu du réveillon mais elle avait encore ramené des dossiers à la maison et s’apprêtait à passer la soirée à relire ses notes. Exaspéré par son entêtement et sa manie de ne jamais lâcher prise, il fit une dernière tentative.
-« Tu ne pourrais pas t’arrêter quelques heures ? Juste pour m’aider un peu… »
-« Tu n’as pas vraiment besoin de moi pour accrocher quelques guirlandes. Tu t’en sors très bien tout seul, je ne voudrais pas te gêner. »
Il posa les décorations qu’il avait en mains et s’approcha de sa femme.
-« Tu crois vraiment que cet homme est coupable ? »
-« Je ne sais pas…. Tu sais, j’ai repensé à ce que tu m’as dit. Je serais incapable de faire du mal à notre fils, alors j’ai du mal à imaginer qu’une personne puisse en arriver là. Leur relation n’était pas super mais il y a un truc qui me chiffonne et je n’arrive pas à comprendre ce que c’est. »
-« Alors tu m’écoutes de temps en temps, tu me fais confiance ? »
-« Bien sûr que je te fais confiance… Comme toujours ! Alors, tu en es où ? » demanda-t-elle en se levant et prenant les bougies pour les éparpiller dans la pièce.
-« J’ai presque fini le sapin et, si tu te charges des bougies, il ne restera plus que l’étoile à placer tout en haut. Mais la tradition veut que ce soit au plus jeune de s’en occuper. Je vais chercher… »
-« La tradition !! Mais bien sûr ! » s’écria-t-elle en lançant sur la table ce qui lui restait de bougies.
-« Kate…C’est noël ! Cette situation est déjà bien assez pénible pour cet homme, ce n’est peut-être pas la peine d’insister sur le respect de croyances de chacun. »
-« Un noël épouvantable pour lui ! Raison de plus pour ne pas le laisser en prison. Je sais qui est le meurtrier. Appelle Matha pour garder Andy et rejoins-moi à l’adresse des Musad. Je me charge des renforts.
Lorsque Rick Castle arriva sur les lieux une heure plus tard, Esposito l’écarta tout de suite pour lui épargner l’atrocité de la scène. L’écrivain mit du temps à comprendre ce qui se passait.
Kate avait découvert que le petit Yasin était mort à cause d’une tradition qui avait mal tournée, une sorte d’initiation. C’était la gardienne de l’enfant, une fervente catholique qui prétendait sauver le jeune garçon en le baptisant. Elle lui avait administré une sorte de tranquillisant pour qu’il ne résiste pas mais le dosage n’était pas assez fort et, quand il avait voulu se débattre, elle l’avait poussé si violemment que la tête du garçon avait heurté la table basse. Yasin mourut quelques heures plus tard d’une lésion cérébrale.
Kate avait réussi, elle avait classé cette affaire. Le meurtrier était démasqué mais à quel prix ? La seule erreur du Lieutenant Beckett était d’avoir mal évalué le danger. Elle était entrée seule, pensant que ses collègues ne tarderaient pas, mais il leur fallut plus de temps que prévu pour arriver. Kate avait démasqué la coupable, un innocent ne passerait pas sa vie en prison mais noël allait devenir épouvantable pour beaucoup de monde. Elle avait essayé de calmer la femme. Celle-ci était terrorisée à l’idée de passer sa vie en prison, elle lui planta une seringue dans le bras. Sauf que cette fois il s’agissait du produit pur et que l’inspectrice fit une overdose avant même que les secours n’arrivent.
Je sais que cette lettre n’est pas réglementaire et que te laisser ma commande le 23 décembre n’est pas très sympa mais, cette année, je ne veux pas de jouets. J’en ai déjà bien plus qu’il n’en faut.
Je me souviens encore de cette soirée où papa suppliait maman pour qu’elle arrête de penser à son travail mais elle était trop têtue. J’étais assis sur la première marche des escaliers, tout en haut, et je les écoutais me demandant si un jour il arriverait à lui faire entendre raison. Elle avait tout lâché précipitamment et s’apprêtait à quitter le loft. En prenant son portable sur l’ilot de la cuisine, elle m’aperçut et, au lieu de me gronder et de me renvoyer dans ma chambre, elle me fit un grand sourire et m’envoya un baiser. Cette image est la dernière que je garde de ma maman.
Si je te raconte cette histoire, c’est pour que tu comprennes que ma maman était quelqu’un de vraiment formidable. Quand j’étais petit et qu’elle me racontait des histoires la veille de noël, elle me disait que, quand on avait un miracle à demander, c’était à toi qu’il fallait s’adresser. Alors Cher Père Noël, la seule chose que je veux, c’est ma maman.
Elle me manque. Je pense à elle tous les jours et j’ai l’impression d’être le seul à me souvenir d’elle. J’aimerais qu’elle revienne, qu’elle soit fière de moi, que papa redevienne joyeux comme avant… J’aimerais juste pouvoir être un petit garçon de 9 ans.
Andrew Castle
Lorsqu’il arriva au dernier mot, Rick ne put plus retenir les larmes de ses yeux. Il passa un bon moment à pleurer en se rendant compte du mal qu’il faisait à son fils, à celui de Kate… Il n’avait aucune idée de la manière dont son fils était arrivé à en savoir autant sur les détails de cette affaire mais il s’en voulut de ne jamais avoir eu de courage d’en parler avec lui. Rick mit du temps à se ressaisir et, malgré l’heure tardive, il appela Jim. Il l’invita à diner et à passer le réveillon de noël avec eux. Il lui demanda également d’apporter toutes les photos de Kate qu’il possédait, tous les petits souvenirs qu’il gardait de son enfance.
Rick passa le reste de la soirée à appeler Lanie, Esposito et Ryan pour les inviter eux aussi. Il envoya un SMS à Alexis pour lui rappeler qu’elle n’avait pas intérêt à être en retard et que les cadeaux devaient être sous le sapin avant 8 heures. Tous avaient déjà des projets pour le réveillon mais redonner le sourire à un enfant, le soir de noël, qui aurait osé refuser ? Jenny appela sa famille pour les prévenir du changement de programme, Lanie et Esposito faisaient une croix sur leur réveillon en tête à tête et Jim prévint ses amis de son désistement. Étant donné les circonstances, personne n’allait leur en vouloir.
Il se dirigea ensuite vers la chambre d’ami. Il ouvrit le placard et en sortit un carton qu’il avait refermé deux ans plus tôt. Devant le regard de Kate qui souriait, il versa encore quelques larmes. Il ressortit chaque cadre, chaque photo et les dispersa dans la pièce principale de l’appartement. Il ne dormit que quelques heures car il voulait que tout soit prêt pour le réveil de son fils. Il se leva à 7 heures, la veille de noël, et continua de déranger tous les gens qu’il connaissait. Il lui fallut plus d’une heure pour qu’une de ses relations lui apporte un sapin. Certes, il n’était pas aussi grand ni aussi beau que les années précédentes mais ça suffirait largement. Alexis arriva juste à temps pour l’aider à le décorer avec tout ce qu’il avait été récupérer au grenier.
C’est avec plaisir que Martha et Alexis se proposèrent pour aller faire les courses et de rapporter le nécessaire à la préparation du repas.
Il était à peu près 10 heures lorsque le petit Andrew Castle se décida à montrer le bout de son nez. En arrivant en bas des escaliers, il admira l’ensemble de la pièce et resta bouche bée devant le spectacle qui s’offrait à lui.
-« Et bien jeune homme ! C’est à cette heure-ci que tu te lèves ? » demanda Rick avec humour, en lui faisant un petit clin d’œil.
Le jeune garçon ne savait plus quoi dire. Le sapin était décoré et brillait de mille feux grâce aux jeux de lumières dorées et aux reflets des boules. Les cadeaux n’étaient pas très nombreux mais il s’en fichait, son père venait de lui offrir le plus beau. Rick avait été jusqu’à disperser les bougies comme le faisait Kate. Sans parler de toutes les photos de famille qui avaient repris leurs places initiales.
Les yeux était fixés sur la dernière photo de sa mère. Andrew ne remarqua pas son père s’approcher et ne réalisa pas tout de suite qu’il le serrait dans ses bras.
-« Pardon… Pardon Andy ! Je suis désolé, » pleurait Rick en serrant son fils contre lui. « Ce n’était pas à toi d’être le plus ‘fort’. Je n’aurais jamais dû réagir comme ça. Je suis fier de toi mon bonhomme, tout comme ta maman l’a toujours été. »
Rick et Andrew se retrouvèrent assis contre un mur, dans les bras l’un de l’autre. Pour la première fois en deux ans Rick osa se mettre à pleurer devant son fils.
-« Elle me manque Papa… » fit Andrew en prenant le cadre le plus proche.
-« A moi aussi mon chéri…Elle me manque ! » répondit Rick en serrant son fils encore plus fort.
Les retrouvailles entre père et fils étaient émouvantes et ne s’arrêtèrent qu’au retour des deux femmes de la maison.
Le soir venu, tout était prêt. Martha et Alexis s’étaient occupées de décorer et de dresser la table tandis que les hommes avaient passé la journée en cuisine.
Les invités arrivèrent les uns après les autres et chacun déposa les cadeaux qu’il avait amenés. Esposito en profita pour piquer un sucre d’orge accroché au sapin mais Lanie lui fit les gros yeux et il s’empressa de le remettre en place, ce qui fit rire tout le monde.
Andrew se jeta littéralement sur les albums photos que son grand-père avait apportés avec lui. Jim ne résista pas longtemps à l’envie de raconter ses souvenirs et ne se priva pas non plus pour les anecdotes les plus drôles et les bêtises les plus embarrassantes de sa fille. Lanie s’y mit à son tour et bientôt l’apéritif de noël se transforma en une véritable compétition pour savoir qui d’eux arriverait à se remémorer le souvenir le plus embarrassant qui lui aurait valu un regard assassin de la principale intéressée.
Lors du repas, Père et Fils étaient assis l’un en face de l’autre, chacun à un bout de la table. Malgré les légumes un peu fades, la dinde trop cuite et les biscuits secs un peu trop secs, Rick pouvait lire la fierté et les remerciements dans les yeux de son fils. Ce n’était peut-être pas le noël en famille dont il avait rêvé mais il venait de lui prouver que Kate Beckett était toujours bien présente, dans le cœur de chacun, et que rien ni personne pourrait jamais leur enlever ça.
Rick le regarda en souriant, les yeux remplis de tendresse. Une discussion qu’il avait eue avec Kate lui revint subitement en mémoire. Les mots, prononcés des années plus tôt, raisonnaient encore dans sa tête :
« Même dans les pires jours, il y a toujours une possibilité de joie »