Entrez dans la grande bibliothèque d'Hypnoweb. De très nombreuses fanfics vous attendent. Bonne lecture ! - Inscris-toi gratuitement et surfe sans pub !
Série : Castle
Création : 24.12.2012 à 12h46
Auteur : judy1
Statut : Terminée
« Quand Beckett se retrouve projetée dans une adaptation du célèbre conte de Charles Dickens » judy1
Cette fanfic compte déjà 1 paragraphes
Noël passé, présent et futur.
Kate venait d’entamer son service de garde du réveillon. Elle avait eu un terrible pincement au cœur en voyant les portes de l’ascenseur se refermer sur un Castle à la mine aussi triste mais son envie de rendre justice ne lui avait jamais pesé avant ce soir, avant de voir l’homme qu’elle aimait se forcer à sourire. Une fois que tous les autres furent partis à leur tour, elle sortit le livre qu’elle avait bien l’intention de relire encore une fois. Et oui, bien qu’elle fût de garde, c’était noël pour tout le monde et même Gates ne s’attendait pas à ce que l’inspectrice fasse de la paperasse toute la nuit. Elle devait juste rester au poste, prendre les appels et gérer les urgences sans devoir ‘déranger’ trop de monde.
Elle s’installa donc le plus confortablement qu’elle pouvait sur la chaise devant son bureau et commença sa lecture. Comme tous les ans, elle avait pris son exemplaire de « Un chant de Noël ». Elle n’était pas spécialement fan de Charles Dickens mais cette histoire la ramenait dans son enfance, à l’époque où sa mère la lui racontait le soir du réveillon. Chacun avait ses traditions pour Noël, les siennes étaient toutes simples : prendre la garde du service et lire un conte qui lui rappelait de bons souvenirs.
Kate en était à la page 75, elle aimait bien ce passage. En fait, elle aurait été capable de raconter toute l’histoire de mémoire, un peu comme sa mère le faisait. Elle était tellement absorbée par le texte que, lorsqu’qu’elle sentit un frôlement sur son épaule, elle sursauta. Elle regarda incrédule l’homme déguisé en Père Noël avant d’exploser de rire.
-« Castle ! Tu es incroyable… Je croyais que tu étais avec Alexis et Martha ? »
-« Oh mais il l’est… » fit l’homme en se faisant apparaitre un café dans les mains juste en faisant un grand geste.
Alors que Beckett regardait la tasse, le costume de Père Noël s’estompa petit à petit pour laisser place à l’homme.
-« Quoi... Mais… Mais vous êtes mort ! Non, ce n’est pas possible… » bafouilla Kate en se levant et s’avançant vers l’homme. « Je rêve hein, c’est ça... Je vais me réveiller. »
-«Oui, je suis mort. D’ailleurs je vous suis infiniment reconnaissant d’avoir mis mon assassin sous les verrous. Bien que j’aie passé ces 5 dernières années à réparer mes erreurs, il me reste encore une dernière bonne action à accomplir pour mériter le repos éternel. »
Il regardait la jeune femme qui semblait complètent perdue.
-« Pour répondre à votre dernière question, oui, vous rêvez, » fit-il en regardant en direction de la chaise de Kate. « Et d’ailleurs, si je peux me permettre, vous êtes vraiment très jolie endormie comme ça mais vous allez avoir un de ces mal de dos ! »
Perplexe, Kate se retourna et ouvrit de grands yeux en se découvrant elle-même assoupie sur son bureau, la tête posée sur le livre ouvert. La jeune femme fronça les sourcils et se retourna vers Edmund Smith, son premier fantôme.
-« Vous connaissez l’histoire il me semble. Trois fantômes vont venir vous montrer à quoi ressemble Noël pour la personne que vous aimez le plus au monde. Vous êtes prête ? On peut y aller ? »
Il acheva de boire son café et lança sa tasse vide dans les airs. Elle se volatilisa par magie.
-« Je suppose que vous êtes le fantôme du passé ! C’est gentil mais je me souviens encore de mes Noëls précédents… »
L’homme ne laissa même pas Kate terminer ses protestations, il lui prit la main.
-« Vous n’êtes pas le genre de personne à vous aimer plus que de raison ! Je ne parlais pas de VOS Noëls passés. »
Sans même avoir eu l’impression de quitter la pièce, Kate se retrouva dans un appartement qu’elle ne connaissait pas. Les lieux étaient plus que modestes et la décoration des plus rudimentaires mais des gens s’étaient donnés du mal pour en faire un endroit agréable. L’attention de Kate fut attirée par une voix qu’elle connaissait bien. Elle mit tout de même du temps à reconnaitre la femme qui s’énervait au téléphone et venait de raccrocher au nez de son correspondant. Elle avait une expression des plus contrariée sur le visage mais ses traits se détendirent quand elle entendit les pas de son fils s’approcher.
-« Oui, c’est Martha Rodgers ! » répondit Edmund Smith face au regard inquisiteur de Beckett. « Elle vient juste de refuser un rôle. Ça aurait été une très grande opportunité si elle l’avait acceptée. C’est le genre de refus qui va lui couter cher, croyez-moi. Mais… Passer Noël avec son fils, ça veux bien plus que tous les Oscars pour cette femme. »
Kate observait le jeune garçon se blottir avec tendresse dans les bras de sa mère. Il ne devait pas avoir plus de 5 ans et il était bien trop petit pour remarquer le masque que sa mère avait affiché sur son visage en l’entendant arriver.
-« Mère… Enfin tu es rentrée. Regarde, j’ai fait ça à l’école. C’est moi tout seul… C’est beau hein ? »
-« Oh oui non chéri, c’est magnifique ! » répondit la maman très tendrement en prenant le précieux bricolage des mains de son fils.
Kate explosa de rire en se disant que cette femme était vraiment la meilleure actrice qu’elle ait jamais vue.
-« Mais tu le tiens à l’envers ! » soupira l’enfant en prenant son bricolage des mains de sa maman. « Regarde, c’est un ange ! »
-« En effet… Dans ce sens-là… Ça peut être un ange ! »
Le ton employé par Martha était convainquant mais l’expression de son visage traduisait toute autre chose. Kate ne put s’empêcher le rire à nouveau devant toute la tendresse de Martha.
-« Regarde, on va le mettre là ! »
Martha avait posé l’ange sur une branche robuste du sapin faisant en sorte qu’il ne tombe pas mais pensant qu’il ne survivrait probablement pas à ce Noël. Ils passèrent ensuite à table, le repas était des plus simples : dinde à volonté, petits légumes soigneusement préparés… Le garçon se régalait avec les bons petits plats préparés par sa mère plus tôt dans la journée. Kate était en admiration devant le regard rempli d’amour et de tendresse de sa maman. Ils parlèrent de tout et de rien mais ils passèrent un excellent moment tous les deux. Une vidéo d’un célèbre ballet passait sur le petit écran et Kate repensa immédiatement à « The Nutcracker suite » en se promettant intérieurement d’écouter un moins une petite partie de cette symphonie. Elle réalisa que Castle ne lui avait pas menti : c’était un réveillon très simple mais un moment de pure magie pour un enfant de cet âge. Kate eut une impression de vertige et se cramponna au fantôme du passé.
-« Qu’est-ce qui se passe ?? Où on est cette fois ? » demanda Kate en voyant un décor bien plus luxueux et bien plus chargé s’afficher devant elle.
-« Toujours chez les Rodgers… Enfin, il me semble que c’était déjà Castle à cette époque. »
-« Ils ne peuvent pas nous voir ! » s’inquiéta Kate alors que Martha venait juste de traverser Edmund Smith.
-« Nous sommes des fantômes… » répondit-il en souriant.
-« Je ne suis pas encore morte. Alors, techniquement, je… »
-« Techniquement… Vous devriez arrêter de jouer sur les mots, c’est agaçant ! Ils ne peuvent pas nous voir, ni nous entendre. Ils peuvent juste sentir notre présence à condition qu’on le veuille vraiment, » expliqua-t-il en s’agenouillant juste à côté d’Alexis et faisant apparaitre un sucre d’orge sur la table basse du salon.
-« Pourquoi Alexis est-elle aussi triste ? » demanda Kate avec une boule au ventre en la voyant dans cet état.
Edmund, qui n’attendait que la question de Beckett pour poursuivre sa mission, fit un petit sourire tout en regardant Alexis. Il se redressa, reprit son air sérieux et s’adressa à la jeune femme.
-« C’est le premier Noël après le divorce de ses parents. Meredith avait promis de venir mais vient de téléphoner pour annoncer que, finalement, elle ne sera pas là pour les fêtes. »
-« Oh… Pauvre chérie… » dit Kate en regardant Alexis avec tristesse. « Et où est Castle ? »
-« Dans son bureau. Il est parti hors de porté des oreilles de sa fille pour expliquer sa façon de penser à son ex-femme. »
L’homme se dirigea vers le bureau en question et fit signe à Kate de le suivre alors qu’il traversait déjà le mur. Kate le rejoint et se retrouva nez à nez avec Rick. Elle ne l’avait pas souvent vu dans cet état mais sa colère et sa peine se lisaient dans ses yeux, se voyaient dans chacune des expressions de son visage. Il finit par perdre patience après avoir fait comprendre à Meredith que ce n’était pas parce qu’ils étaient divorcés qu’elle n’avait plus certaines ‘obligations’ à respecter.
-« Alexis se faisait une joie de te voir. Elle parlait de se réveillon depuis deux semaines… Mais EXCUSE-MOI de t’avoir DERANGEE ! De toute façon, je vais être occupé moi aussi, j’ai une petite fille de 6 ans à consoler ! »
Rick raccrocha et lança son portable sur son bureau. Il en avait plus que marre de l’indifférence dont Meredith faisait preuve à l’égard de leur fille. Il en avait assez de devoir toujours réparer les pots cassés et trouver des excuses pour que leur fille n’ait aucune rancœur envers sa mère. Kate en avait les larmes aux yeux de le voir comme ça. Il avait l’air tellement malheureux qu’elle aurait aimé le prendre dans ses bras et l’embrasser pour le consoler mais elle se contenta d’esquisser un léger sourire. Rick sortit de la pièce et prit sa fille dans ses bras. Ensuite, ils se dirigèrent ensemble jusqu’au sapin où il l’avait vu accrocher une nouvelle décoration en rentrant de l’école.
-« Dis-moi jeune fille… » fit Rick en regardant sa fille très sérieusement. « Tu ne m’avais pas dit qu’on avait un invité surprise. C’est qui lui ? »
Alexis éclata de rire malgré les larmes qui débordaient toujours de ses yeux.
-« Papa… C’est mon ange de Noël. Je l’ai fait à l’école. »
Rick prit délicatement l’œuvre de sa fille et l’inspecta d’un peu plus près.
-« Wah… C’est vraiment toi qui as fait ça ? C’est magnifique… Hmm ! Ça sent le biscuit… » fit-il en posant son nez dessus.
-« C’est pas parce qu’il sent le biscuit que ça se mange. C’est pas un Cookie, ok ? Alors tu le laisses tranquille ! »
Alexis lui prit le bonhomme des mains et le replaça dans le sapin.
-« Tu as gagné, je laisse « Cookie » tranquille. »
Martha les observait tous les deux et décida de venir prêter main forte à son fils pour changer les idées d’Alexis.
-« En tout cas, ta fille est bien plus douée que toi au même âge. Au moins, son ange ressemble à un ange lui… » plaisanta Martha en faisant un petit clin d’œil à son fils.
-« Mais le mien a quand même décoré notre sapin pendant plus de 3 ans… Mais j’y pense, tu l’as vraiment fait tomber par accident ? »
La fillette s’était remise à sourire et s’amusait de cette scène entre son père et sa grand-mère. Une fois de plus Castle avait gagné. Une fois de plus il était arrivé à faire sourire son petit ange et à faire en sorte qu’elle ne maudisse jamais sa mère. Kate était admirative face à ça. Elle savait bien évidemment que Rick était un père génial mais, le voir en action dans un tel moment, elle le trouvait encore plus merveilleux.
-« Peu importe les circonstances, il s’est toujours arrangé pour que les Noëls de sa fille soient aussi magiques que ceux de son enfance… » murmura Edmund avant de s’effacer petit à petit.
Le fantôme du Noël passé venait de disparaitre et Kate regardait partout autour d’elle. Elle se retrouvait au 12th et elle se voyait toujours endormie sur sa chaise. Instinctivement, elle se massa le bas du dos en se demandant comment il était possible qu’elle ne glisse pas du fauteuil.
-« Bonjour ma Katie… »
Jim déposa un tendre baiser sur la joue de sa fille.
-« Papa… Tu me vois ? Tu es un fantôme… Oh mon Dieu… »
Kate s’inquiétait déjà qu’il puisse être arrivé quelque chose à son père aussi se dirigea-t-elle vers son propre corps pour essayer de se réveiller mais son père réussit à la calmer.
-« Je vais bien, rassure-toi. J’ai dû m’endormir tout comme toi, » dit il en la regardant dormir paisiblement.
Kate le regarda d’un air résigné et leva les yeux au ciel.
-« Noël présent je suppose, » soupira Kate en regardant le livre posée sous la tête de la Beckett assoupie.
-« Je vois que tu te souviens de cette histoire aussi bien que moi, » dit-il le sourire aux lèvres. « Tu es prête pour voir ce que fait Richard en ce moment ? »
En un claquement de doigts de Jim et sans attendre la réponse de Kate, ils se retrouvèrent au milieu du loft décoré avec goût : le sapin, majestueux, décoré de boules et de guirlandes, trônait au milieu de la grande pièce. De petites maisonnettes, parfois éclairées, étaient dispersées dans toute la pièce et, bien sûr, le fameux petit train qui faisait retomber Rick en enfance était en bonne place. (Bien qu’il n’ait pas besoin de ce train pour ça !)
-« C’est vraiment superbe… » fit Kate, regardant partout autour d’elle et admirant la décoration.
Elle se stoppa nette en découvrant son Castle assis devant la télévision et regardant « The Nutcracker Suite » dont il avait remis la vidéo de son enfance.
-« Où sont Martha et Alexis ? »
-« Alexis est en train d’expliquer à son petit copain pourquoi il est important qu’elle passe le réveillon avec son père et non avec lui. Tandis que Martha fait en sorte que la fête prévue à son école se déroule le mieux possible sans elle, » expliqua Jim en essayant de faire comprendre à sa file qu’une fois de plus les Castle seraient là les uns pour les autres, faisant en sorte que chacun ait un réveillon de rêve.
-« Mais il a l’air si triste… »
-« Et il le sera une bonne partie de la soirée. Même la présence de Martha et Alexis n’y changera rien du tout. »
Kate se prit la tête entre les mains et soupira.
-« Et c’est ma faute. Je ne savais pas que Noël était aussi important… »
Jim la fusilla du regard.
-« Ok, je savais. Mais j’ignorais que ça lui ferait autant de mal. Je ne pensais pas lui faire de la peine juste en refusant son invitation… »
-« Mais vous êtes ensemble maintenant. Et c’était un peu plus qu’une simple invitation pour ce soir. Je sais que, si la magie de Noël a disparu de ton cœur, c’est en grande partie de ma faute. Mais tu n’es pas obligée de faire subir ça à Rick. »
Il laissa sa fille réfléchir un instant avant de poursuivre.
-« Maintenant, j’aimerais te faire voir le Noël que vous auriez eu cette année si tu avais accepté les sentiments de Rick quand il te les a avoués. Si tu avais accepté de t’ouvrir à lui et de lui parler franchement de toutes tes craintes, de toutes tes envies. »
Kate sentit une nouvelle fois cette sensation de vertige l’envahir et, quand tout redevint net autour d’elle, elle se rendit compte que le décor était toujours le même sauf que, cette fois, des voix et des explosions de joie raisonnaient dans tout l’appartement. Martha et Alexis avaient l’air de s’amuser comme des petites filles en préparant les plateaux en cuisine. Elle se voyait également, plaisantant avec les deux rouquines. Sur le moment, elle avait envie d’aller écouter de plus près et de savoir de quoi les femmes pouvaient bien parler. Mais, en voyant Rick, elle s’arrêta et le regarda avec des petites étincelles dans les yeux. Elle ne pouvait s’empêcher de penser que cette chemise lui allait à merveille et le sourire affiché sur son visage changeait radicalement de la scène précédente à laquelle elle avait eu droit.
-« Qui c’est lui ? » demanda-t-elle en voyant le jeune homme avec lequel Rick discutait joyeusement.
-« C’est Max… Le petit ami d’Alexis. Et oui, les aveux de Katherine Beckett ont eu des répercussions sur toute la famille. »
Kate baissa la tête et se contenta de murmurer :
-« Elle a beaucoup de goût, il est vraiment canon ! »
-« Mm Mm… Il est beaucoup trop jeune pour toi jeune fille ! » fit son père sévèrement en la regardant du coin de l’œil.
-« Ne t’inquiète pas pour ça, j’ai déjà l’homme parfait, » répondit Kate en explosant de rire devant la tête ahurie de son père.
Elle se sentait bien dans cette atmosphère. Tout le monde était souriant et les discussions toujours très aminées de Martha lui prouvait que tout était vraiment parfait.
-« Je le sais… Mais ça serait bien de le lui dire ou, au moins, de le lui faire comprendre de temps en temps, » lui glissa son père au creux de l’oreille.
C’est à ce moment-là que Kate vit son double apparaitre. Elle vit Rick se précipiter vers elle pour l’aider à porter le plateau avec les verres.
-« Ça va… Ce n’est pas lourd. Je peux au moins porter ça ! » rouspéta-t-elle.
-« Oh que non ! Tu en as déjà bien trop fait aujourd’hui. Alors à partir de maintenant, tu ne touches plus à rien et tu profites. »
Rick passa le plateau à Alexis qui se chargea de servir les invités pendant que Rick l’embrassait tendrement, caressant son petit ventre déjà bien rebondi.
-« Wah… On va avoir un bébé ! » laissa échapper Beckett dans un souffle, n’en croyant pas ses yeux.
-« Oui, vous auriez dû ! »
Kate se retourna et s’aperçut à ce moment-là que le fantôme du présent avait disparu, laissant place à une petite fille aux cheveux bruns foncé, aux yeux verts et aux traits si fins qu’elle eu l’impression de reconnaître sa mère. Elle ne devait pas avoir plus de 10 ans mais la ressemblance était tellement troublante qu’elle se mit à bafouiller.
-« Qui … Qui es-tu ? »
-« Johanna. Mais tout le monde m’appelle Jo. »
Kate n’en revenait pas. C’était donc sa mère, enfant, qui se retrouvait devant elle ?
« Johanna Castle. C’est moi qui suis dans ton ventre là… » fit remarquer la fillette alors que la pièce s’effaçait petit à petit.
-« Oh… » répondit Kate, mal à l’aise, en haussant les sourcils.
-« Je ne verrais jamais le jour, » soupira Jo.
Kate la regarda. Les mimiques de cette enfant ressemblait tellement à celles de sa mère qu’elle ne savait plus quoi dire.
-« Le côté positif, c’est que je n’aurais pas à supporter Ben ! Non sérieusement, vous étiez obligés de me faire un petit frère… Mais bon, je ne jouerais pas à ‘Angry Birds’ pour ratatiner le score de Papa… Je ne tâcherai pas le nouveau canapé ni le parquet en renversant mon kit de petit chimiste non plus !!! »
-« Super ! Comme ça, je n’aurai pas à te gronder ! » fit Kate machinalement d’un air blazer qu’elle affichait généralement quand Castle l’agaçait au plus haut point. « Et j’aurais adoré avoir un petit frère moi. Tu as de la chance. »
-« Mais OUIIII… Bien sûr ! Tu prends toujours sa décence de toute façon. Mais franchement, qu’est-ce qu’ils ont les garçons avec leur déguisement de cow-boys, de justicier… Et ils sont ridicules avec leurs sabres laser ! »
-« Tiens… Ça me rappelle quelqu’un ça ! »
Kate sourit en repensant à la première fois qu’elle était allée chez Castle.
-« Mais bon… De toute façon, je ne vais pas naître alors ce n’est pas comme si c’était important !! »
La fillette s’éloigna de Kate.
-« Je vais voir ce que Papa va devenir dans 10 ans, tu viens ? » lança-t-elle, telle une réplique miniature de l’inspectrice.
Kate lui adressa un sourire de tendresse et fit quelques pas vers elle. Alors que Beckett et sa réplique miniature étaient côte à côte, Kate réalisa qu’elle se trouvait une nouvelle fois dans un endroit qu’elle ne connaissait pas.
-« Où on est cette fois ? » demanda Kate en observant partout autour d’elle.
Un énorme sourire envahit son visage quand elle aperçut une petite tête rousse traverser la pièce. En une fraction de seconde, elle reconnu les yeux bleus de Castle et son regard enjoué de gamin attardé.
-« C’est lui Ben ? » demanda-t-elle déjà toute heureuse en s’adressant au fantôme du futur.
Mais la jeune fille lui fit signe que non.
-« Alors tu n’as rien compris des Noëls passés et présents ! » soupira-t-elle prête à s’en aller.
-« Attends, ne t’en va pas… Qu’est-ce qui se passe ? »
-« Je devais venir au monde dans deux mois… Mais ce n’est pas tout à fait le cas ! »
Jo regarda le ventre de Kate avec désespoir.
-« Et puisque tu n’as pas l’air de comprendre, je pense qu’il n’y aura jamais de Ben non plus bien que, entre nous, ça ne soit pas une grosse perte. »
Cette remarque aurait pu faire sourire Kate si le regard de la fillette n’avait pas été aussi triste.
-« On est chez Alexis. Et lui, c’est Alexander… Voila Papa ! »
La porte de la pièce s’ouvrit et Kate reconnut difficilement l’homme qu’elle aimait le plus. Il avait beaucoup vieillit en 10 ans seulement. Certes elle lui trouvait toujours un charme incroyable mais il semblait fâtigué, lassé, usé…
-« Qu’est ce qu’il parait vieux ! » s’exclama la fillette.
-« Johanna ! » reprit sèchement Kate déjà prise par son rôle de mère.
Cette petite remise à l’ordre fit naître un sourire sur le visage de Jo. Sa mère était-elle en train de prendre conscience de ce qu’elle avait fait ?
-« Papa... Attends, je viens t’aider. »
Alexis se précipitait déjà vers son père qui avait les bras surchargés de paquets cadeaux.
-« Le père Noël est déjà passé chez toi ? » demanda le petit Alex plus que surexcité.
-« Et oui mon grand ! Je suis toujours dans les premiers à être livré moi… » répondit Rick en passant à côté de lui pour aller déposer les paquets sous le sapin avec tous les autres.
Alexis s’approche de lui et prit un paquet prétextant l’aider.
-« Kate ne viendra pas… N’est-ce pas ? » demanda-t-elle tristement à voix basse pour qu’il soit le seul à entendre.
-« Non, » répondit-il la gorge nouée. « Elle est de garde ce soir ! »
Il se força à sourire à sa fille avant d’ajouter.
-« Elle m’a promis que c’était la dernière année… Non, ne dit rien ! Laisse-moi y croire au moins ce soir. »
Cette petite remarque de Castle fit voler en éclats le cœur de Kate. Elle s’approcha de lui, s’agenouilla à ses cotés et posa sa main sur la sienne.
Rick sursauta et leva les yeux en direction de Kate. Elle aurait pu jurer qu’il la regardait dans les yeux à cet instant précis.
-« Tout va bien Papa ? » s’inquiéta Alexis en voyant son père regarder dans le vide.
-« Ah… Euh… Oui, oui, tout va bien. J’ai juste cru sentir sa présence… »
Rick regarda tristement le paquet qu’il avait en main et le posa à ses pieds. Il se releva et se retourna pour chercher son petit fils du regard mais Kate pouvait lire dans ses yeux. Même s’il essayait de masquer sa peine et refouler sa colère, ce regard était le même que lorsqu’il avait raccroché après son coup de fil à Meredith. Kate n’en revenait pas d’être capable de faire apparaitre de tels sentiments chez cet homme dont elle était follement amoureuse.
-« Alors, ça sera comme ça pour tous les Noël ? » parvint à articuler Beckett.
-« Toi au travail et Papa avec Alexis et Grand-Mère… Et pas de petits Castle puisque tu n’as jamais eu le courage de lui dire que tu en voulais… »
-« Quoi ? Mais c’est évident que j’en veux. Je l’aime... »
-« Ah oui… Bah, ça ne se voit pas trop là ! » osa se permettre l’enfant d’un air très sévère qui fit baisser la tête à Kate. « Depuis tout le temps que tu le connais, après tout ce que vous avez vécus, si tu n’es toujours pas arrivée à lui dire un petit ‘je t’aime’, qu’est-ce qui te fait croire qu’un jour tu seras capable de lui avouer à quel point tu tiens à lui ? »
Ces paroles ne ressemblaient pas à celles d’une petite fille de 10 ans mais elles eurent le mérite de faire réfléchir Kate.
-« Mais ce n’est pas possible, regarde-le… »
Kate montrait l’homme qui regardait désespérément par la fenêtre, se demandant probablement si la femme qu’il aimait penserait au moins un peu à lui ce soir. A chaque fois qu’il faisait face à son petit fils, il mettait son masque d’homme heureux, comme elle l’avait vu faire avec Alexis, lors du Noël passé. Elle le regardait faire semblant sachant que son cœur devait être en mille morceaux. Elle se demandait comment SES actes à eux seuls avaient pu transformer la vie de toute une famille. Après avoir vu le Noël qu’ils auraient pu avoir, comment pouvait-il en être autrement.
-« Noël a toujours été une période pleine d’espoir pour Castle. Ce n’est pas possible qu’il puisse être aussi triste, année après année ? » essaya de raisonner Kate, comme si c’était la petite fille qui avait le pouvoir de changer les choses.
-« Pourtant, c’est ce qui pourrait bien arriver… Un jour, quelqu’un m’a dit : ‘Rien n’est écrit. Le futur se construit avec nos actes passés. Le présent, lui, nous permet juste de le modifier un peu…’ Alors, si tu ne veux pas de ce Noël là pour lui, il ne tient qu’à toi de changer le Noël de ce soir ! »
Kate resta sans voix devant la citation que sa mère avait inscrite sur la première page du livre de Dickens. Elle était là, ne sachant plus quoi penser, ne sachant même plus où elle était. Elle entendait au loin une voix l’appeler. Elle reprit peu à peu conscience pour se rendre compte qu’elle était assise à son bureau, les yeux grands ouverts.
-« Beckett ? Tout va bien ? » s’inquiétait l’inspectrice qui était en face d’elle ;
-« Euh…Oui. Enfin, je crois. »
Karpowski lui tendit une bouteille d’eau.
-« Qu’est ce que tu fais là ? » demanda Kate essayant de reprendre ses esprits.
-« Mes projets pour le réveillon viennent de tomber à l’eau. Alors je me suis dit qu’au lieu de rester seule chez moi, je pourrais venir te tenir compagnie. A moins que… Que tu n’aies envie d’aller rejoindre Castle ! » fit-elle malicieusement.
Kate la foudroya du regard et s’apprêtait à protester.
-« Oh, allez, arrête ! Tout le monde sait que vous êtes ensemble ! Va le rejoindre, je reste là, » affirma-t-elle en lui faisant un clin d’œil lourd de sous-entendus.
Kate répondit à son offre par un grand sourire et ne se fit pas prier pour sortir du commissariat à toute vitesse et foncer chez Castle. Avant même d’avoir frappé à la porte, celle-ci s’ouvrit et Kate se retrouva face à Rick.
-« J’allais justement te voir, » dit-il avec un sourire, sa veste sur le bras.
-« Je venais te voir, » répondit Kate trop contente de le voir.
Ils se regardèrent un instant, heureux de se retrouver l’un en face de l’autre. La jeune femme expliqua que l’une de ses collèges assurait la garde au poste et qu’elle était donc libre.
-« Et qu’en est-il de ta tradition familiale ? » demanda-t-elle sachant à quel point c’était important à ses yeux.
-« Je pensais qu’il était temps pour une nouvelle tradition, » affirma-t-il sous-entendant que le plus important en ce jour était d’être avec les personnes qui comptaient à ses yeux.
-« Moi aussi, » répondit Kate pour le plus grand bonheur de Rick.
Martha interrompit ce moment d’émotion pour faire remarquer à son fils qu’il serait plus poli de l’inviter à entrer. Alexis, amusée par le comportement de son père, ne put s’empêcher de sourire tout en levant les yeux au ciel.
Kate entra avec joie et admira une fois de plus cette décoration. Bien sûr, elle l’avait déjà vue mais, cette fois, elle se trouvait en face de l’homme qu’elle aimait pour reconnaitre que c’était magnifique. Ils échangèrent un baiser plein de douceur et de tendresse.
Elle lui souhaita un joyeux Noël auquel il répondit par :
-« Je ne t’ai rien acheté. »
Bien que cela fût convenu entre eux, la jeune femme fut surprise que, pour une fois, il se soit décidé à l’écouter. Mais elle s’en moquait au fond. Passer Noël avec l’homme de sa vie, voir le bonheur dans ses yeux, c’était bien plus beau que tous les cadeaux. Kate embrassa Martha et Alexis mais, avant même qu’ils ne se réinstallent tous à table, Rick autorisa sa fille à retrouver son petit ami. Alexis, surprise, mit une ou deux secondes avant de réaliser puis elle se dépêcha de prendre sa veste et de quitter le loft avant que son père ne change d’avis. Castle ne put s’empêcher de lui proposer de revenir avec Max, précisant qu’étant donné que c’était Noël, il serait raisonnable, cette fois. Environ une heure plus tard, alors qu’ils n’avaient pas encore terminé de manger vu qu’ils profitaient d’avantage du bonheur de se retrouver en ‘famille’, la porte du loft s’ouvrit à nouveau sur Alexis, un peu gênée, entrant au bras de son nouveau petit ami. Kate et Martha regardèrent Rick se lever de table et échangèrent un regard amusé.
-« Sois le bienvenu Max, » fit Rick en tendant la main au nouvel invité de ce soir.
Troublée par le fait que le ‘Max’ d’Alexis soit exactement le même que celui de son rêve, Kate préféra se raisonner en se disant qu’elle avait dû les apercevoir malgré elle et mettre ses craintes de côté pour continuer à savourer ce moment de magie.
Epilogue :
Un an plus tard, alors que Rick et Kate accrochaient au sapin les toutes dernières décorations qu’Alexis venait juste de ramener de son voyage en France, Martha ouvrait la porte à Jim dont les bras étaient chargés de cadeaux.
-« Alors c’était vrai ! Tu es encore là… » dit-il en s’adressant à sa fille tout en l’embrassant. « Moi qui avais déjà prévu de passer le réveillon à la maternité. »
-« Et ben non… Tu vois, ce petit est déjà comme son père ! Il n’en fait qu’à sa tête, » répondit Kate avec le sourire.
-« J’ai entendu tu sais ! » fit remarquer Castle d’un air boudeur.
-« Mais j’espère bien… » affirma Kate malicieusement un énorme sourire sur le visage. « Bon, puisque tout le monde est là, je vais servir l’apéritif. »
-« En tout cas, si vous avez une fille aussi têtue que sa mère, c’est toi que je plains ! » répliqua Jim souriant à son beau-fils.
Pendant que tout le reste de la famille se moquait gentiment du couple en se demandant comment ils avaient pu se rendre si souvent chez le gynécologue pour les visites de routine en résistant à la tentation de l’inonder de questions. En fait, mis à part l’état de santé du bébé, le couple ne s’était préoccupé de rien d’autre et ne voulait surtout rien savoir. Le médecin, amusé par leur attitude, avait donc décidé de jouer leur petit jeu en ne leur montrant que le strict minimum lors des échographies et ne les avait pas du tout préparé à ce qui les attendait mais il savait que cette nouvelle serait accueillie avec bonheur.
-« Et comment vous allez faire pour le prénom ? » demanda Jim une nouvelle fois. « Vous avez choisi un prénom mixte ? »
-« On a décidé de choisir lorsqu’il ou elle sera là ! » répondit joyeusement Kate de la cuisine.
-« S’ils mettent autant de temps à se décider pour un prénom que pour le menu de ce soir ! Ça risque d’être problématique… » répliqua Martha au tac au tac.
L’ensemble des personnes présentes éclatèrent de rire, y compris les futurs parents. A la cuisine, Kate terminait de remplir les verres tandis qu’un visage se dessina dans l’un d’entre eux. Kate fronça les sourcils et regarda plus attentivement, croyant rêver. C’était le visage de la petite fille, le fantôme du Noël futur dans le rêve qu’elle avait fait l’année précédente. La fillette lui sourit et, alors que ses yeux se mirent à virer au bleu et que ses cheveux s’éclaircirent en se bouclant légèrement, elle entendit sa petite voix lui murmurer :
-« Tu es prête ? »
Au fur et à mesure que le visage de la fillette disparaissait, Kate sentait son ventre se crisper, cette première contraction devint si intense que la poche des eaux se rompit.
-« Castle ! » cria Kate légèrement paniquée depuis la cuisine.
Le lendemain matin, Kate était dans son lit parlant doucement à sa fille.
-« Je suis désolée pour Benjamin… Mais oui, on était obligé de te faire un petit frère, » expliqua Kate en regardant le petit garçon dormir paisiblement dans le berceau à côté d’elle.
Elle déposa un petit baiser sur le bout de son nez.
-« Tu verras, tu t’habitueras aux sabres lasers et aux pitreries en tout genre. Mais essaye de ne pas trop ridiculiser ton père, ‘Angry Birds’ et lui, c’est une longue histoire… »
-« Hey. Boujour vous trois, » fit Castle plus heureux que jamais en entrouvrant la porte de la chambre. « Ça vous dit un peu de visite ? ».
Il eut à peine terminé la phrase que toute la famille envahit la pièce, apportant les cadeaux qui étaient encore sous le sapin la veille au soir.
FIN !