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Série : Castle
Création : 25.02.2013 à 19h08
Auteur : judy1
Statut : Terminée
« Quand un adolescent se fait assassiner au collège et que Beckett et Castle doivent mener l'enquête avec l'aide d'un ancien ami de Rick. » judy1
Cette fanfic compte déjà 25 paragraphes
Retour au collège.
Introduction.
Cette histoire se place dans la saison 5, mais avant le double épisode.
Chapitre 1 :
Castle était chez lui, dans son bureau, essayant tant bien que mal de se concentrer sur son chapitre. Gina l’avait déjà appelé 3 fois cette semaine pour avoir quelques chapitres et il était vraiment temps qu’il s’y mette. Il venait de taper 3 pages et déjà son esprit vagabondait… Repensant au dîner de la veille avec sa muse, sa partenaire… La femme de sa vie. La sonnerie de son portable le fit sursauter, il hésita à répondre, mais voyant la photo de Kate sur l’écran, il s’empressa de décrocher.
-« Bonjour petit Lieutenant. Je ne manque déjà tant que ça ? »
-« Oui tu me manques…Mais je n’ai tué personne pour autant ! Un corps au Lycée Roosevelt, tu m’y rejoins ? »
-« Mais avec plaisir… » Fit il en refermant son chapitre au plus vite.
En arrivant sur les lieux, il chercha Kate du regard parmi les groupes d’étudiants aux regards terrifiés et certains professeurs qui essayaient tant bien que mal d’apporter un peu de réconfort. Il la vit enfin, discutant avec un homme d’une cinquantaine d’années, le regard déterminé. Il s’agissait du Principal Watkins.
L’homme en question s’éloigna au moment où Rick s’avança. Kate se tourna vers son partenaire en affirmant qu’elle ne savait encore rien de la victime, mais que tout l’établissement semblait en état de choc.
Dans le couloir, un agent en uniforme les guida sur la scène de crime où Lanie les attendait. Ryan et Esposito étant déjà entrain de fouiller les alentours.
Lanie affichait un air triste et encore bien plus désespéré que d’ordinaire. Et quand ils eurent la victime sous les yeux, ils comprirent mieux les raisons de tout cet émoi.
-« Ce n’est qu’un gamin ! » Observa Castle avec peine.
-« Tommy Osborne, il venait de fêter ses 15 ans. » Affirma Ryan en arrivant, son petit bloc note en mains. « On ne sait rien d’autre pour l’instant. Personne n’a rien vu, rien entendu. »
-« Cause de la mort Lanie ? » Fit Beckett en s’approchant difficilement.
-« Il a reçu un coup de poignard. Un seul, et ça lui a été fatal. » Expliqua la légiste avec beaucoup d’émotion.
-« Mais il aurait pu sortir chercher de l’aide. On ne meurt pas sur le coup d’un seul coup de poignard ! » Objecta Castle, essayant de trouver une logique.
-« D’après les trace de sang, il à été poignardé là-bas, dans la cabine du fond. Il se serait trainé jusqu’ici et vu l’étendu de la tâche de sang, il à peut-être perdu connaissance. En tout cas, il n’est pas mort sur le coup, il a dû agoniser un petit moment. Le pauvre, c’est vraiment horrible…» Expliqua Lanie avec beaucoup d’émotion.
-« Il n’a pas essaye de joindre quelqu’un ? Tous les jeunes ont leur portable de nos jours. » Demanda Beckett, complètement bouleversée par la scène.
-« Il n’en avait pas sur lui en tout cas. Son agresseur le lui a peut-être pris ! » Conclu Lanie.
-« Une agression qui a mal tourné ? » Suggéra Castle. « Le lycée, c’est pire que la jungle… »
-« Pas sûr… » Intervient Esposito sui venait de réapparaitre. « Vous avez vu sa montre ? »
-« Il y avait de l’argent et des tickets repas dans l’une de ses poches arrières. Ce n’était pas un vol… » Intervient Lanie.
-« Merci Lanie… » Fit simplement Beckett en regardant la légiste emmener le corps.
Après le départ de Lanie et de plusieurs officiers en uniforme, Kate se tourna vers ses coéquipiers.
-« Qui a découvert le corps ? »
-« Le central à reçu un appel. » Fit Esposito. « Apparemment, la personne parlait de quelqu’un perdant beaucoup de sang dans les toilettes garçons du deuxième étage. Mais lorsque les secours sont arrivés, c’était déjà trop tard. »
-« On sais d’où vient l’appel ? »
-« Un portable avec une carte prépayée. C’est assez courant chez les ados. Mais peut-être qu’avec le numéro d’appel quelqu’un pourra nous dire à qui il appartient … » Suggéra Ryan.
-« Merci les gars… On verra ça avec le central un peu plus tard. Ryan, demandes leur l’enregistrement. Quand on trouvera peut-être quelqu’un qui reconnaitra la voix aussi. »
-« OK, j’y vais… »
-« Esposito, je sais que le directeur fait réunir les élèves dans le gymnase et que les élèves vont être renvoyé chez eux… Va juste faire un petit tour, pour t’assurer qu’aucune info ne soit révélée et pour aller voir ce qui se raconte. Quelqu’un a forcement vu quelque chose. »
-« Bien chef… Je vais me fondre dans la masse… » Fit le latino
Les deux inspecteurs partirent, laissant Beckett et Castle sur les lieux, encore sous le choc.
-« Je suppose que tu vas appeler les parents maintenant ? » Demanda Castle en fixant encore la tâche de sang sur le sol.
-« Le directeur Watkins a proposé de s’en charger. Apparemment, il connait un peu cette famille. On va rentrer au poste et … Euh… On va leur laisser quelques heures, le temps de digérer un peu la nouvelle. »
-« Alors il va falloir plus que ‘quelques heures’ !! Je n’imagine même pas qu’on puisse se remettre d’une telle chose ! » Affirma Castle en sortant de la pièce.
-« Moi non plus je préfère ne pas imaginer Castle… Mais il va quand même falloir qu’on leur parle. »
Ils rejoignirent le poste où Ryan les attendait déjà avec les enregistrements.
Chapitre 2 :
-« En fait, il y a eu deux appels au central…Venant du même numéro, à quelques minutes d’intervalles. » Expliqua Ryan en entrainant Castle et Beckett vers la salle de réunion pour leur faire écouter les enregistrements.
Sur le premier enregistrement, on n’entendait pas grand-chose, des paroles incompréhensibles d’une personne qui essayait d’appeler à l’aide… mais rien de très cohérent, jusqu’à la troisième minute où on entend une porte s'ouvrir et un petit dialogue.
-« Arrête de te foutre de moi Tommy… Je ne marche pas là, je me casse… »
-« Nooonn…B, Br…n, aide moi…pitié… »
On entendait un corps qui tombait, certainement celui de Tommy, et la communication s’arrêtait là.
-« Bon et bien, il ne reste plus qu’à retrouver ce Br…n. » Fit Castle avec un regard peu convaincu de ce qu’il venait de dire.
-« Et le second enregistrement ? » Demanda Kate après un regard désapprobateur à Castle.
-« 3 minutes et 45 secondes plus tard. » Affirma Ryan en lançant la bande une seconde fois.
-« Aidez- moi ? »
-« Restez calme jeune homme. Qui êtes vous et où vous trouvez-vous ? » Fit la voix rassurante de l’opératrice habituée de ce genre d’appel.
-« Au collège Roosevelt… »
-« Calmez-vous. Que ce passe-t-il ? »
-« Dans les toilettes… Au deuxième étage, il perd beaucoup de sang… Venez vite ! »
La conversation s’arrêta là.
-« Et c’est tout ? » Demanda Castle.
-« Visiblement celui qui a appelé les secours n’est pas l’agresseur. Mais pourquoi ne pas avoir appelé à l’aide à l’intérieur du collège ? Pourquoi appeler le 911 ? » Réfléchit Beckett.
-« Mais rien ne dit que c’est ce Br…n. On n’entend une porte s’ouvrir, un corps tomber et c’est tout. 3 minutes se sont écoulées entre les deux appels. Celui qui est entré est peut être ressortit, comme il l’a dit. Et l’agresseur, caché dans un coin de la pièce a peut être été pris de remord et a appelé à l’aide en se servant du portable de Tommy. En fait, ce n’était peut-être qu’un accident… Un jeu stupide qui à mal tourné… » Proposa Castle.
-« Oui, peut-être, mais où est ce portable ? Il n’y avait rien sur la scène de crime. Pourquoi l’avoir emporté ? Et ou est l’arme du crime ? Le couteau à été retiré du corps, pourquoi ? Si ce n’était qu’un accident, le coupable n’aurait certainement pas eut assez de sang froid pour le retirer, il serait sortit des toilettes en hurlant… » S’interrogea Beckett.
Ils continuèrent à émettre quelques hypothèses avec le peu de choses dont ils disposaient. Castle n’était pas dupe, il savait bien que Kate redoutait l’instant de se rendre chez cette mère et d’être obligé de lui poser tout un tas de questions sur son fils. Mais ça faisait partie de son job, c’était la partie qu’elle détestait le plus à chaque fois, mais un passage indispensable. Après deux grosses heures de réflexion, Beckett se décida donc à vérifier l’adresse de la victime dans le dossier.
-« Vous venez Castle ? »
Mais bien sûr qu’il allait la suivre. Comme s’il allait la laisser affronter ça toute seule. Cette enquête n’en était qu’au début et les difficultés ne faisaient que commencer. Ils arrivèrent un peu plus tard devant la maison de la victime. C’était une petite maison, sans grand luxe apparent et plutôt bien entretenue. En tout cas, le jardin lui témoignait d’une véritable passion pour les propriétaires.
-« Madame Osborne ? Je suis le Lieutenant Beckett, et voici Monsieur Castle. Nous enquêtons sur… »
-« C’est bon, vous pouvez entrer. » Coupa-t-elle. « Mais ne prononcez pas ce mot. S’il vous plait, c’est déjà assez pénible comme ça. »
-« Je suis sincèrement désolée, Madame Osborne, je vous présente toutes mes condoléances… »
-« Mais vous êtes obligée de faire votre travail… » Coupa-t-elle à nouveau, visiblement déjà lassée des formules de politesse.
Castle ne releva même pas, il se contentait d’imaginer ce que cette femme endurait en ce moment. Sa colère était tout à fait légitime et personne ne pouvait lui en vouloir. Kate se contenta de prendre une grande inspiration, pensant qu’elle aimerait déjà en avoir fini.
Entre l’entrée et le salon, Madame Osborne dû se rendre compte de son attitude agressive et s’excusa en les invitant à s’asseoir.
-« Nous savons que vous traverser des moments très pénibles, nous pouvons comprendre. » Fit simplement Castle en prenant place sur le canapé face à cette femme.
-« Madame Osborne, je suis obligée de vous le demander… Est-ce que votre fils avait des problèmes à l’école ? Est-ce qu’il vous avait parlé de certaines personnes lui voulant du mal ? »
-« Non… » Elle essuya une larme sur sa joue. « Ce n’était pas le plus brillant des élèves, mais il faisait de son mieux. Pour ce qui est de ces ennemis… Je n’en sais rien… Il ne me racontait pas grand choses vous savez… Je crois qu’il m’en voulait toujours ! »
-« Pourquoi vous en voulait-il ? » Demanda Beckett.
-« Il y a 8 mois, j’ai mis son père à la porte. J’en avais assez des coups, des humiliations… J’ai demandé le divorce et obtenue une injonction d’éloignement… »
-« Et il la respecte ? » Fit Castle surpris.
-« Un soir, il était complètement défoncé à je ne sais quoi, il est entré en enfonçant la porte. Il a cassé tout ce qu’il pouvait à l’intérieur de la maison. Quand la police est arrivée, il a hurlé que de toute façon il n’en avait rien à faire de moi, de Tommy… Qu’il n’en voulait pas de cet enfant… Enfin, c’est depuis ce moment là que Tommy a changé. » Expliqua-t-elle, la gorge nouée et les mains tremblantes.
-« Comment ça, changé ? » Interrogea Beckett en veillant à ne pas paraitre trop brusque.
-« Ses notes ont dégringolées, ses amies se sont faits de moins en moins présents, j’étais convoquée à tout bout de champs chez le principal et il ne me parlait presque plus. »
Beckett et Castle baissèrent la tête devant la détresse de cette mère qui avait tout perdu.
-« Est-ce qu’on pourrait voir sa chambre ? »
-« Et fouiller dans ses affaires… Allez-y, je vous en prie… Je n’ai rien à cacher vous savez ! » Une fois de plus, c’était la colère qui parlait pour elle. « Je suis désolée, excusez-moi. Vous ne faites que votre travail. » S’excusa-t-elle en les guidant.
Une demi-heure plus tard, Beckett et Castle ressortirent de la chambre avec une caisse remplie de bric-à-brac. Ils auraient très bien pu passer à côté et ne pas la remarquer, pensant juste à un fouillis d’adolescent, mais la boite en question avait été dissimulée tout au fond su placard, à l’intérieur même de la cloison qui séparait la chambre de la salle de bain.
-« Madame Osborne ? » Fit Kate en déposant doucement la boite sur la table basse du salon. « Est-ce que tout ceci appartenait à Tommy ? »
La mère approcha doucement, mais au vu du contenu, elle fronça les sourcils, ses yeux se remplirent de larmes…
-« Oh non Tommy ! Tu m’avais promis que ce n’était pas toi… » Souffla-t-elle sous le choc de cette découverte.
Madame Osborne passa l’heure suivant à expliquer que les convocations dans le bureau du directeur visaient à démasquer les membres d’un petit gang de racketters sévissant dans l’établissement. Que le butin n’était pas extraordinaire : il ne s’agissait que de tickets repas, des sommes d’argent dérisoires. Mais en fait, ça allait jusqu’aux baskettes dernière mode qui étaient en évidence dans la boite, à la montre qu’elle reconnue dans ses effets personnels, aux canifs, bracelets et autres bibelots en tout genre contenus dans cette boite.
Chapitre 3 :
Toute l’équipe était devant le tableau blanc. En deux jours, ils avaient réussi à retrouver pas mal de propriétaires des objets rackettés et les langues se déliaient tout doucement. Beckett et Castle avaient parlé avec une jeune fille qui achetait systématiquement le triple de tickets repas pour être certaine d’en avoir assez pour la semaine. Ryan avait dû consoler un garçon de 12 ans en lui expliquant qu’il ne risquait aucunes représailles s’il osait dire quoi que ce soit, mais ça n’avait rien changé, le gamin était resté muet et était parti tout en regardant partout autour de lui, comme si les murs avaient des yeux et des oreilles. Le seul à voir de la chance fut Esposito qui fut accueilli en héros en ramenant les baskettes à leurs propriétaires.
D’ordinaires, tous ces objets auraient été gardés comme pièces a convictions, mais Beckett réussit à convaincre Gates en affirmant qu’ils n’avaient rien avoir avec le meurtre et qu’en trouvant leurs propriétaires, ils obtiendraient des informations sur les complices de Tommy et ses petites victimes préférées, s’il en avait du moins. Et ils avaient eu de la chance. La victime préférée de Tommy était Bryan Lloyd, un garçon de 12 ans à peine. D’après plusieurs témoins, Tommy ne ratait pas une occasion de l’humilier. Ils avaient également les noms de 3 des ses ‘amis’ : Nicholas Becker, Zachary Tayler et Logan Cameron.
-« Et ben voila… On n’a plus qu’à convoquer tout ce petit monde, faire la liste des gamins qu’ils passaient le plus souvent à tabac et on aura notre coupable ! Super. L’affaire est réglée »
Le sarcasme de Castle surprit toute l’équipe, Beckett en première. Certes Castle était capable de se comporter comme le pire des crétins, mais jamais encore il n’avait fait preuve d’autant de dédain pour une victime.
-« Ok Castle, on a compris. Tommy Osborne n’était pas un gentil garçon et il a fait beaucoup de mal autour de lui. Mais il ne méritait peut-être pas de mourir pour autant. Alors oui, on va les interroger, on va continuer à faire notre job. » Assura Beckett en le regardant sévèrement.
Elle n’arrivait pas à le comprendre. Pourquoi s’emportait-il tout d’un coup ? Sa réflexion fut interrompue par le un officié.
-« Lieutenant Beckett ? Ce jeune homme demande à voir. Vous le connaissez ? »
Kate se contenta de lui répondre en regardant l’une des photos affichées à son tableau. Ce jeune garçon n’était autre que Bryan Lloyd. Il n’avait que 12 ans et paraissait à la fois apeuré, triste et déterminé. C’était un mélange étrange qui déstabilisa Beckett pendant un instant.
-« Merci, on s’en occupe. » Affirma-t-elle en faisant comprendre à l’officier qu’il pouvait les laisser. « Que puis-je faire pour toi ? » demanda-t-elle alors que Ryan et Esposito se contentaient d’observer la scène de leur bureau et que Castle lui apportait déjà un chocolat chaud. Le garçon tremblait pas partout et faisait peine à voir en fait.
Il refusa la tasse que lui tendait Castle.
-« C’est gentil, mais je ne la mérite pas. » Dit-il à voix basse, les yeux rivés sur le sol.
-« Ce n’est qu’un chocolat chaud ! » Fit Castle en levant les sourcils et dévisageant Beckett pour savoir ce qu’il avait fait de mal.
Lentement, comme s’il réfléchissait encore à ce qu’il s’apprêtait à faire, le garçon sortit un couteau ensanglanté de sa poche. Ryan et Esposito se levèrent immédiatement alors que Castle cherchait à poser la tasse.
-« C’est moi. » Affirma Bryan en posant délicatement l’arme sur le bureau de l’inspectrice. Il déglutit, voulu affronter le regard de Beckett, mais il baissa les yeux aussi vite. « J’ai tué Tommy… C’est moi ! »
10 minutes plus tard, le garçon se retrouva en salle d’interrogatoire, attendant que le lieutenant Beckett ait convoqué ses parents.
L’inspectrice fini par ouvrir la porte et laissa les parents du garçon entrer.
-« Tu n’as pas pu faire ça Bryan… Ce n’est pas vrai hein ? » Supplia la mère alors que le père se contentait de le regarder avec les yeux remplis de larmes.
-« Ils ne sont pas obligé d’entendre ça ? » Demanda le garçon en regardant Beckett. « Faites les sortir, et je vous raconterais. »
Les parents essayèrent de discuter, ils lui demandèrent d’attendre qu’un avocat arrive, mais rien n’y fit. Ce gamin devait être encore plus têtu que Beckett.
Kate fit sortir les parents et les guida dans la pièce d’à côté, d’où ils pouvaient suivre l’interrogatoire, accompagné du capitaine Gates pour superviser le travail de l’inspectrice. Et c’est accompagnée de Castle qu’elle revint s’asseoir face au garçon.
-« Tu devrais enlever ta veste, tu seras plus à l’aise pour discuter. » Fit remarque Beckett, pensant juste détendre un peu l’atmosphère.
Mais Bryan se cramponna à son manteau, comme si sa vie en dépendait.
-« Bon ? Si tu veux mourir de chaud, je ne vais pas t’en empêcher. »
-« Alors, raconte-nous… Comment tu as fait pour planter un couteau dans le ventre d’un type qui fait deux fois ta taille ? » Demanda Castle avec tellement d’ironie que sa question ressemblait plus à une devinette.
Kate le dévisagea et leva les yeux au ciel.
-« Tu es venu pour avouer, alors raconte nous ce qui s’est passé. »
-« Il regarda la table, comme si les réponse qu’il devait donner étaient inscrite sur un antisèche à peine visible. Il déglutit, et commença enfin :
-« Ce matin, dans le couloir, il m’a lancé une boulle de papier en pleine tête. Oh rassurez-vous, j’ai l’habitude… » Il sourit, regardant Beckett droit dans les yeux, toujours aussi déterminé. « Mais cette fois il y avait un message sur la feuille. Il voulait que je le rejoigne dans les WC du deuxième, vers 10 heures. Et c’est ce que j’ai fait. J’y suis allé. Il était fier de lui parce qu’il avait pique ce couteau à Mike. » Il fixa l’objet posé sur la table, dans un sachet plastic. « Il voulait que je lui serve de cible... Je me suis défendu. Ça a été très vite. Je lui ai prit le couteau des mains et je lui ai planté dans le ventre. Voilà… Il n’y a rien d’autre à dire. » Expliqua-t-il.
-« Et pour le coup de fil au 911 ? » Demanda Castle peu convaincu de cette version.
-« Je suis sorti de la pièce, je l’ai laissé là… Puis je suis revenu pour admirer le spectacle. Il était toujours vivant, il appelait de l’aide. Quand il s’est écroulé, j’ai pris son portable et j’ai appelé les secours, mais je savais que ça serait trop tard ! » Affirma-t-il.
Beckett avait des aveux cohérents, un coupable qui se dénonce sans vraiment vouloir passer pour la victime et en montrant le minimum de remord… ça aurait pu être parfait, mais ça lui semblait trop bien, trop facile… Elle avait juste une petite voix qui lui disait que ce n’était pas aussi simple que ça. Mais la déposition du garçon était signée, et l’enquête était close.
Chapitre 4 :
Beckett venait juste de sortir de la salle d’interrogatoire, Castle voulu la suivre mais elle lui demanda de rester avec lui jusqu’à ce qu’elle revienne avec les parents de ce gamin.
-« Alors elle ose te laisser seul avec un tueur ! » Fit le garçon en jouant les durs.
Castle tournait le dos au gamin, il leva les sourcils et le dévisagea.
-« Je suis en mission baby-sitting. » Répondit-il en s’asseyant en face de lui.
Un blanc s’installa entre eux, ils se contentaient de se regarder l’un l’autre, essayant de deviner les pensées de l’autre. Pendant ce temps là, de l’autre côté du miroir, le capitaine Gates discutait avec les parents de Bryan Lloyd. Ils tentaient de faire valoir que rien de tout ce que leur fils venait de dire n’avait de sens, que ces aveux n’avaient pas de valeur tant que leur avocat n’était pas arrivé et que Bryan ne lui avait pas parlé.
Beckett entra dans la pièce avec la déposition de Bryan entre les mains et Ryan fit également entrer Maitre James, l’avocat des Lloyd. La pièce devenant subitement très étroite pour tout ce petit monde, Gates proposa d’aller dans la salle de réunion pour mettre les choses à plat avant que Bryan, ses parents et leur avocat puissent s’entretenir. Mais en voyant celui qu’elle prenait pour un officier continuer à parler avec son fils, Madame Lloyd se manifesta.
-« Il n’a pas le droit de faire ça … Faites le sortir. » Ordonna-t-elle paniquée.
-« Votre fils vient d’avouer un meurtre, que craignez-vous de plus ? » Demanda Beckett en se demandant ce que Castle était en train de faire.
-« Il n’est pas policier ! » Fit remarquer Gates. « Peu importe ce que votre fils lui racontera, ça n’aura pas la moindre importance.
Cependant, ils restèrent tous les 5 à regarder Castle s’approcher de Bryan de lui entrouvrir sa veste.
-« Tu croyais vraiment que quelqu’un allait croire ton petit numéro ? » Fit-il en faisant apparaitre un tee-shirt tâché. « Laisse-moi deviner… Tu t’es fait agresser par les boulettes sauces tomates ce midi ? » Plaisanta-t-il.
-« Vous vous croyez drôle ? Vous n’avez aucune idée de ce dont vous parlez. »
Bryan referma sa veste et resta une seconde à regarder Castle avec des yeux menaçants
-« Tu ne me fais pas peur tu sais… Le regard de Beckett est bien pire que le tien ! Alors, puisqu’on n’est rien que nous deux et que je ne te crois pas une seconde… Pourquoi tu avoues un meurtre que tu n’as pas commis ? »
-« Mais qui te dis que je ne l’ai pas tué ? » Répondit Bryan en affrontant Castle du regard.
-« Mais bon sang Bryan, arrête tes conneries.. » Jura le père du garçon de l’autre côté de la vitre.
-« Alors vous vous faisiez le méchant flic et lui le bon ??? C’est ça… » Demanda l’avocat, ne comprenant pas de quel côté étaient les enquêteurs.
-« Il n’est pas flic, mais ça lui arrive d’être utile… » Répliqua Beckett en faisant de grands yeux à Gates signifiant qu’elle ne comprenait pas plus qu’eux ce qu’il faisait.
-« Parce qu’un gamin qui perd une bataille contre le déjeuner ne peut pas gagner une guerre contre un type qui fait deux fois sa taille… »
-« Vous devriez réviser vos leçon. Vous connaissez David et Goliath ? » Ironisa Bryan.
-« OK… Ecoute… » Il approcha sa chaise du jeune garçon et s’assit du même coté de la table, juste à côté de lui. « On sait ce que Tommy te faisait subir, on sait que tu le détestais et peut-être bien que tu voulais sa mort… Mais je sais que tu en es incapable, ta version des faits ne colle pas avec ce qui s’est passé, ça n’a aucun sens ! »
-« C’est pas tout à fait ce que votre collègue a l’air de penser, elle. » Il croisa les bras, visiblement très fier de lui.
-« Elle doit-être en manque de café pour croire un truc aussi minable » Dans la salle d’à côté, Beckett le foudroya du regard, ce qui étira un sourire à Gates. Mais c’est surtout le fait qu’il mène un interrogatoire en utilisant un autre point de vue qui joua en sa faveur.
« Mais crois-moi, quand elle aura bu sa tasse et qu’elle sera devant son tableau blanc à essayer de comprendre comment tout ça est possible, elle viendra te poser les mêmes questions… Alors on va gagner un peu de temps… » Castle prit l’arme sur la table, mais la laissa dans le sachet pour ne pas se faire tirer les oreilles par Beckett. Il se leva et défia Bryan. « Tommy n’était pas si grand que moi, mais tu peux te mettre sur la pointe des pieds si tu veux » Nargua-t-il. « Alors viens, montre moi comment tu as fait pour lui prendre ce couteau des mains… Allez debout ! » L’encouragea-t-il.
Bryan, qui s’était levé, se rassit. Il posa des bras sur la table et demanda son avocat.
-« Pourquoi tu te dénonces, puisque de toute évidence tu n’as rien fait ? C’est ta dernière chance Bryan…Si Beckett passe cette porte et que tu maintiens cette version, je ne pourrais plus rien faire pour t’aider. »
-« Je suis mineur…Je ne vais pas passer ma vie en prison. Je ne risque pas grand-chose. »
-« Pas grand choses ? Mais tu crois encore au Père Noël toi…Tu es peut-être très intelligeant, mais visiblement tu ignores que les assassins, qu’ils soient mineurs de plus de 11ans ou majeurs, sont jugés de la même manière. Alors je vais te dire ce qui t’attend : Dans le meilleur des cas, tu vas aller en maison de redressement. Avec un peu de chance, ton avocat ne sera pas si nul et à la majorité, tu iras dans un centre de détention pas trop strict. Tu n’as que 12 ans et tu vas passer le reste de ta vie derrière des barreaux…Tu as tué un homme, un être vivant. Ce n’est pas tout à fait pareil que de piquer une sucette dans l’épicerie du coin. Tu ne vas pas t’en sortir avec seulement des excuses à présenter. »
Castle le laissa réfléchir, au regard du garçon, il comprit qu’il avait marqué un point. Il attendait juste que ce gamin retrouve un petit peu de raison.
-« Je ne veux pas y retourner, vous ne comprenez pas… Les insultes, les regards de pitiés des autres… Vous savez ce que c’est que de passer 3 heures à faire un devoir pour se le faire arracher du sac par Tommy et le voir le vendre pour 20$. Devoir raconter n’importe quoi à votre mère pour expliquer pourquoi vous avez besoin de 3 tee-shirts par jour et de nouvelles affaires de sports toutes les semaines ! »
Bryan en avait les larmes aux yeux de raconter toutes ces choses. Mais Castle touchait au but.
-« Tu peux changer d’école, oublier tout ça. Tu n’es pas obligé de te sacrifier pour prouver que tu existes. »
« Je n’y retournerais pas. Plus jamais… »
-« Même avec des circonstances atténuantes, tu ne t’en sortiras pas. Et en maison de redressement, c’est bien plus que des insultes et des regards de pitiés que tu auras à affronter. » Insista Castle.
-« Je serais des leurs. Personne ne me fera rien. J’aurais tué quelqu’un. »
-« Tu n’as pas besoin de ça pour te faire respecter. Si tu avais assez de rage pour tuer quelqu’un, tu aurais explosé bien avant d’en arrivé là… Et rien de tout ça ne serait arrivé. »
-« Je ne l’ai pas tué. Ce n’est pas moi qui lui ai planté le couteau, mais j’admire celui qui l’a fait. » Avoua-t-il les yeux remplis de larmes après plusieurs minutes d’hésitation.
-« Ca ne fait pas de toi un coupable… »
-« Je suis arrivé au moment où Tommy téléphonait. Il avait du sang partout. Il me suppliait de l’aider. Je suis parti... Je n’ai rien fait. Si je l’avais aidé, les secours seraient arrivés plus tôt et il aurait pu être sauvé… Alors tu vois, c’est quand même ma faute. »
-« Qu’est ce que tu as fait en partant ? » Demanda Castle qui connaissait déjà la réponse.
-« Quand j’ai refermé la porte, je m’attendais à entendre leur rires, leurs insultes… Mais il n’y avait rien du tout. Alors j’ai fait marche arrière, je suis retourné dans les toilettes. Il était là, à terre. Ses yeux était grands ouverts et il y avait du sang partout. Il n’arrivait même plus à parler, ses lèvres continuaient à bouger, mais il n’y avait plus aucun son. » Bryan était en larmes en racontant se souvenir qu’il aurait préférer oublier. « J’ai pris son portable, je suis sorti en courant. Je savais qu’il n’y aurait personne dans le local du club d’échec. C’est là que je me suis réfugié pour appeler les secours. »
Castle sortit un paquet de mouchoirs en papiers de sa poche et laissa l’adolescent reprendre ses esprits. Au moins cette fois il avait vraiment tout avoué.
-« Et l’arme ? Comment tu l’as eu ? »
-« Elle était dans mon casier ce matin … »
Dans la salle d’à côté. Tous se regardaient bouche bée par la prestation de Rick. Personne ne savait quoi dire et Beckett fut la première à réagir. Elle tendit à l’avocat les aveux que Bryan avait signés un peu plus tôt.
-« Bon…Et ben je pense que finalement ça ne me sera plus utile. »
Elle sortit de la pièce en les laissant tous les 4 se débrouiller avec la paperasse que les déclarations précédentes allaient engendrer et ouvrit la porte de la salle d’interrogatoire.
Les regards de Castle et Bryan se focalisèrent tout de suite sur elle.
-« Bryan Lloyd ? » Demanda-t-elle, comme s’il était possible qu’il ait quitté la pièce entre temps. « Vous allez avoir quelques explications à fournir à vos parents et à votre avocat, et j’ai encore quelques questions à vous poser avant que vous ne partiez. Mais je vais d’abord allez boire un café. Il semblerait que je vais en avoir besoin. » Affirma-t-elle en lançant un regard assassin à Castle.
-« Je suis libre ? » Demanda le garçon en reniflant. « Mais…J’ai signé… »
-« Mais vous venez d’avouer le contraire pourtant. Et cette version là était bien plus convaincante. »
Beckett ressortit de la pièce tout en foudroyant Castle une fois de plus.
-« Wah… Alors ça c’est un super regard ! » Admira le garçon, soudain soulagé que quelqu’un le prenne au sérieux.
Chapitre 5 :
-« Ne me dit pas que tu m’en veux d’avoir eu raison ! » Fit Castle en apportant une tasse de café à Kate qui regardait le tableau avec un regard furieux.
-« Mais non voyons. J’adore me faire passer pour une cruche devant Gates. » S’emporta-t-elle en lui arrachant la tasse des mains. « Tu aurais au mois pu me mettre au courant. Et comment tu savais qu’il n’y était pour rien ? » Demanda-t-elle, toujours aussi énervée.
-« Parce que c’est une victime… »
-« Non Castle. La victime, c’est celui qui est sur la table d’autopsie de Lanie. Lui, ce n’est qu’un pauvre gamin qui est trop con pour se laisser marcher dessus… » S’emporta Beckett.
Castle la foudroya du regard et baissa les yeux.
« Excuse-moi Castle. Je sais que Tommy Osborne n’était pas un saint. Que Bryan Lloyd devait être mort de peur face à lui, mais ce n’est pas pour ça qu’il est innocent. »
-« Pourtant Castle à raison ! » Intervint Ryan avec un rapport entre les mains. « En regardant dans le casier scolaire de Bryan, je viens de voir qu’il était en entretient avec le conseillé d’orientation au moment du crime. Apparemment, il en est ressorti à 10h05. » Expliqua l’inspecteur en lisant le rapport qu’il venait d’imprimer.
-« Merci Ryan… Au moins un qui respecte les règles ! » Fit-elle en adressant un regard à Castle qui préféra l’ignorer.
-« Donc en fait voila. Il sort du bureau avec… euh » Il jeta un coup d’œil rapide sur la feuille de Ryan. « Le professeur Miller, il a une envie pressente et court au toilettes les plus proches, et là, boum, il tombe sur Tommy qui se vide de son sang… » Récapitula-t-il pendant que Kate notait l’entretien de Bryan sur la chronologie.
-« Bon, et ben voila. Ça en fait un de moins à suspecter… » Fit ironiquement Beckett. « Il ne reste plus que quoi…500 élèves ? »
-« 583 exactement ! » Reprit Esposito en arrivant tout fier.
Ryan et Castle lui firent signe d’arrêter de faire le malin, que Beckett n’était pas du tout d’humeur à plaisanter.
-« Super… se reprit Beckett en soupirant. « Commençons par savoir comment l’arme à pu entrer dans l’établissement. Comment ce couteau à fait pour passer le portail de sécurité ? » Réfléchit Kate à voix haute.
-« Parce qu’en fait il n’y en a pas dans cet établissement. » Intervint Esposito. « Et oui, c’est probablement l’un des seul… Mais c’est un établissement privé, de très bonne réputation. Le directeur voulait miser sur une surveillance bien plus ‘proche’ des élèves. C’est peut-être l’un de seul établissement misant encore sur les surveillants scolaire. »
Les 3 membres de l’équipe le dévisagèrent, se demandant chacun s’ils avaient bien compris.
« Oui… Ne me regardez pas comme ça. Vous vous souvenez, les types qui passe leur temps à circuler dans les couloirs, se mêlant de toutes les discussions un peu houleuses et séparant les voyous qui se tapent dessus dans un coin de la cour. Ils sont 5 à se relayer. D’après le Principal Watkins, le responsable de cette petite équipe est quelqu’un de très compétent qui connait tous les petits secrets des élèves. » Expliqua l’inspecteur devant les têtes peu convaincues de ses coéquipiers.
-« Oui, bien sûr… Un type super qui laisse les plus jeunes se faires racketter… Wahhh, ça c’est du bon boulot, y a pas à dire ! » Fit remarquer Castle ironiquement.
Beckett ignora la réplique de Castle, préférant penser qu’il devait manquer de sommeil plutôt que de vouloir imaginer qu’il puisse vraiment penser une seconde ce qu’il laissait sous-entendre.
-« Il se fait tard, et on n’aura rien de nouveau aujourd’hui. Les élèves et les professeurs sont sous le choc. Lanie n’a rien de nouveau à nous apprendre et aucune piste à exploiter. On va rentrer se reposer et on fait le point demain à la première heure. Esposito, avant de partir, essaye de joindre ce responsable si qualifies. S’il connait vraiment tous les petits secrets de chacun, on va avoir besoin de son aide. »
Ils quittèrent donc le 12th de bonne heure pour une fois, malgré le fait qu’une affaire soit en cours. Mais chacun avait bien besoin de se détendre après une telle journée.
Au loft, Kate parlait toujours de cette enquête alors que Rick aurait préférer pouvoir vraiment se détendre un peu. La discussion entre eux fini par s’envenimer. Rick continuait à parler de Tommy, la victime, comme du pire criminel alors qu’elle lui trouvait des excuses en évoquant sa vie de famille difficile.
-« Je ne sais pas ce qui se passe Castle. Mais je me vois mal allez dire à une mère, une femme qui a perdu son enfant que sa mort n’est pas une grosse perte et que trouver son assassin n’a aucun intérêt. » Comme Castle ne su plus rien répondre, il laissa Kate continuer son petit monologue. « Je pense que je devrais rentrer chez moi. Je n’ai aucune envie qu’on se dispute et encore moins à propos du travail. » Elle déposa un petit baiser sur les lèvres de Rick et tenta une fois de plus de lire dans ses yeux. Elle prit sa veste, son sac et rentra chez elle.
Castle passa la soirée à réfléchir en repensant à son attitude et fini par comprendre qu’il avait dépassé les bornes. Certes, cette affaire lui rappelait sa propre expérience du Collège. Mais il se raisonna en se disant que tout ça était loin derrière lui. Que ce n’était qu’une affaire comme les autres et que plus vite elle serait résolue, plus vite il pourrait à nouveau oublier.
Le lendemain matin, ce sont les rayons du soleil qui le tirèrent du lit. Il commença par s’en vouloir de ne pas encore être au commissariat à côté de Kate et le reste de l’équipe, et après une douche rapide, il se mit en route faisant un petit détour pour apporter un café tout chaud à sa coéquipière afin de se faire pardonner de son retard.
Mais à peine fut-il sorti de l’ascenseur qu’il resta figé sur place en voyant l’homme parler avec Beckett. Les années avaient passées, mais il se souvenait encore de ce visage, de cette coiffure qui était déjà démodée à cette époque, des lunettes qui lui donnait l’air d’un intello et ce sourire qui faisait craquer les filles. Ce type avait l’apparence de quelqu’un de respectable, comme à cette époque, mais c’était le diable en personne. Il ferma les yeux une seconde pour se donner le courage d’avancer, il déglutit avant de prendre une profonde inspiration. Et enfin il se remit en marche.
« Allez Rick ! C’était il y a longtemps, avec les années il bien dû changer. Et avec un peu de chance il ne se souviendra plus de toi…Avec beaucoup de chance, c’est peut-être juste quelqu’un qui lui ressemble. » S’encouragea-t-il à voix basse.
Il arriva face à Kate et lui tendit son café, se forçant à lui rendre son sourire. Il était juste à côté de l’homme qu’il préférait ignorer et priait pour passer inaperçu.
-« Hey Castle. » Fit Kate avec un sourire radieux. « Je te présente le surveillant en chef du collège Roosevelt, Jean-Michel Thornton. »
Castle blanchit d’un coup tendis que l’homme se tourna vers lui.
-« OHH !! » S’exclama-t-il, visiblement très heureux de cette rencontre. « Ça alors ! Ritchy Rick ? Qu’elle heureuse surprise. » Fit-il en lui donnant une sacré tape dans le dos
Sous l’effet de la surprise, Rick serra légèrement le gobelet, ce qui fit sauter le couvercle, et avec le mouvement du corps provoqué par la tape dans le dos, le café se répandit sur sa chemise.
-« Toujours aussi maladroit à ce que je vois.. » Ricana-t-il.
-« Jean-Michel va rester avec nous et nous apporter son aide sur cette enquête. » Affirma Kate avec plein d’enthousiasme.
Castle leva les yeux au ciel, se demandant ce qu’il avait pu faire pour mériter ça. Se rendant compte que Beckett et Thornton le dévisageaient, il marmonna un truc incompréhensible et s’éloigna.
-« Super… Ouais, c’est génial ! » Soupira-t-il en regagnant sa chaise.
Chapitre 6 :
Rick était déjà assis sur sa chaise depuis un bon moment, il n’arrivait pas encore à en croire ses yeux et ses oreilles. Ce type était surveillant en chef, responsable de la sécurité et du bien être de près de 600 élèves.
-« Comment il a pu devenir éducateur ? Surveillant ? Lui… ? » Fit Castle à voix haute. Toujours complètement plongé dans ses pensés, il n’avait pas vu les autres membres de l’équipe s’approcher du tableau.
-« Qu’est ce que tu veux Ritchy, c’est là vie ! Tout le monde ne peut pas devenir livreur de café pour le plus jolie Lieutenant de la ville… » Répondit Jean-Michel en faisant sursauter Rick.
Le type dévorait Kate du regard et Rick n’appréciait pas du tout cette attitude, il aurait vraiment aimé pouvoir lui donner un coup de pied dans le tibia mais la réplique de Kate suffit à faire comprendre à ce brave homme que son petit numéro de charme était inutile.
-« Castle n’est pas livreur, il fait des recherches ! » Répondit Beckett d’un ton assez sec, prenant la défense de son petit ami.
-« Des recherches ? » Pouffa Jean-Michel. « Et qu’est ce qu’il espère trouver au juste ? » Demanda-t-il en continuant à se moquer.
-« Il est écrivain… » Répliqua Esposito, pensant lui aussi prendre la défense de son ami.
-« Je ne savais même pas qu’il savait lire… Et il écrit quoi ? Des trucs connus ? » Continua Thornton toujours en se moquant.
Castle se leva, ignorant la remarque de son ami et préféra couper court à cette discussion pour se concentrer sur l’enquête. Plus vite elle serait résolue, plus vite il s’en irait.
-« Rassure-toi J-M, des trucs sans intérêt. Alors… Euh, qui d’autre aurait pu en vouloir à Tommy Osborne au point de le tuer ? » Fit Castle en enlevant la photo de Bryan de la colonne ‘suspect’. « Qu’est ce qu’on sait au juste des ses amis : Nicholas Becker, Zachary Tayler et Logan Cameron. Si on en croit les rumeurs, ils font bien partie de la même bande ? Non ? »
-« Il ne faut pas toujours croire les rumeurs Ritchy. Tommy était un peu paumé en se moment… Nico et Zach sont de braves gamins quand à Logan Cameron, lui, c’est vraiment un petit crétin, mais bon… Quelques heures de colle et les travaux d’intérêt généraux finiront bien par le remettre dans le bon chemin. Moi je vous l’dit, vous avez tort d’éloigner Bryan des suspects… Il en voulait à mort à Tommy, je l’ai entendu dire qu’il allait finir par regretter, qu’il se vengerait… Voila, c’est fait. Ne cherchez pas plus loin. » Fit il très fier en buvant le café de Rick sous le regard estomaqué des autres. « Oh… Désolé, c’était le tien peut-être ? » Demanda-t-il en lui faisant son sourire machiavélique.
-« Mais non, » Répondit Castle ironiquement. « Je vais chercher du café et celui qui le veut se sert… »
-« Mais Bryan avait un alibi. Il était avec le professeur Miller au moment où Tommy se faisait assassiner. Est-ce qu’il y avait d’autres étudiants qui lui en voulaient au point de se venger de proférer des menaces contre lui ? » Fit Ryan.
-« Je vais aller vous chercher les derniers comptes rendus qu’on est obligé de remplir en cas de plaintes ou d’incidents. Vous verrez par vous-même, Tommy n’était pas un mauvais garçon. »
-« Comme si quelqu’un allait dénoncer un harceleur ! » Soupira Castle.
Jean-Michel se retourna et le foudroya du regard. Il s’avance de lui et le menaça en pointant son doigt sur son torse.
-« TOI … Je ne sais pas ce que tu essayes de faire, mais je fais bien mon job OK ! Si tu as u problème, tu viens me le dire en face et tu arrêtes avec tes insinuations. »
Jean-Michel Thornton s’éloigna, et tendis que les portes de l’ascenseur se referaient sur lui, les 3 inspecteurs dévisagèrent Rick.
-« Tout va bien Castle ? » Demanda Beckett, de plus en plus soucieuse.
-« Mais oui, ne t’inquiète pas… Les anciens amis du collège… Tu sais ce que c’est ! » Se déroba l’auteur avant de retourner son attention sur le tableau. « Bon, alors, en attendant que ‘super surveillant’ revienne, qu’est ce qu’on fait ? » Demanda l’auteur pour détourner les regards qui le dévisageaient toujours.
-« Euh…Ouais, on sait tous ce que c’est les pots du collège ! » Fit Esposito peu convaincu de ça. « Pour ce qui est de l’enquête, tout ceux qui ont eu affaire à cette petite bande affirme bien que c’était Tommy le leader, que les autres ne faisaient que suivre… »
-« Mais Thornton prétend que personne ne se plaignait de lui. » Intervient Beckett.
-« Si quelqu’un te rackettait, tu irais vraiment cafter à une personne qui ne te croirait pas ? » Fit remarquer Castle en levant les sourcils.
-« Si quelqu’un essayait, je lui donnerais l’envie d’arrêter. Genre, coup de pieds bien placé, engueulades publiques, représailles très personnelles… Je t’assure que personne n’a jamais essayé de me casser les pieds… Enfin, à part toi ! » Répliqua-t-elle avec un petite sourire en coin.
-« Je ne sais pas pourquoi, mais ça sent le vécu tout ça ! » Ironisa Ryan en apportant toutes les notes qu’ils avaient récoltées en retrouvant les propriétaires des objets se trouvant dans le carton conservé précieusement dans la chambre de Tommy.
-« Castle à raison. On va commencer à chercher du coté des copains de Tommy. Ryan, trouve-moi leur casier scolaire, je veux savoir s’ils sont vraiment aussi nuls que ça. Espo, je sais que Monsieur Thornton est sensé nous apporter tout ce dont on a besoin, je doute qu’il soit vraiment très impartiale. Dés qu’il revient avec ces petites fiches, tu l’envoi où tu veux et tu me décortiques tout ça. Castle, tu viens avec moi, on va aller leur poser nous même quelques petites questions. »
Ryan se mit de suite au travail en cherchant une trace des garçons en questions sur le site de l’école. Ensuite, il pirata leur système pour entrer dans leur base de données et avoir accès aux informations plus personnelles.
Espo n’eut pas vraiment le temps de se reposer car leur aide pour cette enquête venait déjà de revenir avec tout un carton remplis de paperasse à éplucher.
-« Ce ne sont QUE les rapports qui concerne Tommy ? » Demanda-t-il en soupirant.
-« Non, bien sûr que non… Ceux de Tommy sont au dessus, mais comme je l’ai dit il n’y a rien de bien grave. Par contre, j’ai pensé que ça vous aiderait de connaitre ce qui se passe aussi avec les autres élèves. Je vous l’ai dit, Tommy était … »
-« Oui, on a compris. Vous l’aimiez bien et vous fermiez les yeux sur son petit trafic. » Pensa l’enquêteur.
Esposito vit le regard de Thornton se poser sur lui et essayer de lire dans son regard. Il se contenta de le remercier pour son aide et lui demanda de l’accompagner pour les compléments d’informations dont il pourrait avoir besoin.
Chapitre 7 :
Pendant que Ryan fouinait dans les archives du collège et qu’Esposito et Thornton faisaient connaissance, Beckett et Castle avait été trouver le directeur de l’établissement et avait demandé à pouvoir rencontrer certains élèves en particuliers. Le directeur avait accepté et les avait fait conduire dans une classe déserte, leur assurant que les élèvent arriveraient dans peu de temps.
Castle et Beckett s’installèrent donc dans le local. Ils n’eurent pas plus de 10 minutes à attendre avant que les 3 garçons les rejoignent.
-« Qu’est ce qu’on nous reproche encore cette fois ? » Demanda Nicholas Becker en voyant les deux inspecteurs les inviter à s’asseoir.
-« ça dépend. De quoi vous vous sentez coupable ? » Répliqua Beckett avec un petit sourire.
Constatant que rien ne le leur était reproché, les garçons se mirent à sourire et s’installèrent sur 3 chaises, montrant bien qu’ils n’avaient pas peur d’eux. Logan Cameron s’installa carrément en posant les pieds sur le banc Tandis que Zachary Tayler sortait son portable et répondait à un appel visiblement très urgent.
Beckett soupira, donna un grand coup de pied dans le banc pour le faire reculer, se qui fit tomber Logan de sa chaise et confisqua le téléphone de Zachary.
-« Lieutenant Beckett, NYPD. Qui que vous soyez, votre petite discussion avec Monsieur Tayler devra attendre. Pour l’instant, j’ai quelques questions à lui poser à propos d’un homicide. »
Elle raccrocha au nez du correspondant et lança le portable au fond de la corbeille à papier.
-« Ta baby-sitter rappellera plus tard ! Et quand Monsieur Cameron aura repris place sur sa chaise, on pourra peut-être commencer. » Elle haussa les sourcils en regardant le jeune garçon de 14 ans, toujours assis par terre, n’en revenant pas qu’une personne ait osé lui faire face.
-« Et lui ? » Demanda Nicholas en montrant Castle du doigt. « Il n’a pas droit à la parole ? C’est votre petit toutou peut-être ? »
-« C’est mon garde du corps ! » Répliqua Beckett du tac au tac.
Castle s’était avancé du garçon, et lui fit son regard le plus menaçant pour le défier, de toute sa hauteur.
-« C’est impoli de montrer de doigt. » Il lui donna une pichenette sur l’index en question.
-« Aîeee… » S’exclama le garçon, plus sous le coup de la surprise que de la douleur en elle-même.
-« Répond à la dame ! » Insista Castle d’un ton sec.
-« Mais elle n’a rien demandé encore… » Protesta-t-il en se plaignant, continua à masser son doigt comme s’il avait vraiment eu mal.
-« C’est bon ? Vous avez fini votre petit numéro les gros durs ? On peut commencer ? » Demanda Beckett. « Qu’est ce que vous faisiez avec Tommy Osborne ? »
-« On jouait au cartes et on révisait nos leçons ! » Lança Logan avec un grand sourire.
-« Ahh oui ? Bah ça explique pourquoi vous êtes tous les 4 en-dessous de la moyenne ! » Fit remarquer Castle, tout en à fait ironiquement.
-« Alors vous ne profitiez pas des tickets dîner ni du petit supplément d’argent de poche ? » Interrogea Beckett.
Castle s’avança de Nicholas. Il avait remarqué la gourmette qu’il portait au poignet. Ça ressemblait à un truc de fille, pas le genre de chose qu’afficherait un gros dur, si ce n’est pour rappeler les autres à l’ordre.
-« Mélanie ? Ton deuxième prénom je suppose ? »
Les deux autres garçons pouffèrent de rire, ce qui déplut fortement à Nicholas qui leur lança un regard terrifiant.
-« Elle l’a perdu tout à l’heure, dans le couloir. Je voulais le lui rendre, mais vous êtes arrivés. »
Castle détacha délicatement la gourmette tout en le regardant dans les yeux.
-« On le lui rendra pour toi. » Assura-t-il avec un grand sourire.
-« OK… C’est vrai ! » Fit Zachary qui venait de comprendre que plus vite ils avoueraient, plus vite ça serait fini. « Oui Tommy s’amusait à faucher quelques petit trucs, oui il faisait trembler Bryan a chaque fois qu’il le croisait dans les couloirs et oui on en a profité nous aussi. Voila, vous êtes contente ? On peut y aller maintenant ? » Fit il en se levant.
-« Une minute ! » Intervint Castle en faisant pression sur l’épaule du garçon pour qu’il se rasseye. « Je ne pense pas qu’elle ait fini de poser ses questions. »
Sous le sourire de Kate, Zachary n’eut d’autre choix que de se rasseoir.
-« Est-ce que quelqu’un d’autre que Bryan avait des raisons d’en vouloir à Tommy ? »
Ils firent signe que non de ta tête, mais aucun d’eux n’avait l’air d’en être certain.
-« Ecoutez. » Fit Nicholas après plusieurs secondes se silence. « Tommy piquait toujours plein de trucs à tout le monde. Comment on peut savoir qui lui en voulait…Un peu tout le monde et n’importe qui… »
-« Alors ça c’est une réponse qui va bien nous aider ! » Ironisa Castle.
-« Et l’arme ? D’où il venait ce couteau ? »
-« C’était à Mike. Michael Thompson. » Précisa Logan. « Il nous en voulait parce qu’on lui avait pris ses baskets la semaine dernière. »
Beckett et Castle échangèrent un regard en entendant le « on » mais ne relevèrent pas pour autant. Ils laissaient le soin au garçon de continuer son histoire.
« C’était mardi je crois, il est arrivé tout fier en se ventant à tout le monde qu’on n’arriverait plus à l’approcher, qu’il avait ce qu’il fallait pour se défendre. Ça faisait bien marrer Tommy, il a juste dit que ça serait trop cool de lui piquer son jouet et de lui montrer qui était les maitres. Alors c’est ce qu’on a fait… »
-« Et qui a gardé l’arme ensuite ? » Demanda Beckett.
-« Tommy » Répondit Nicholas. « C’est Tommy qui l’a prise avec lui. »
-« C’est bon, vous pouvez partir. Je n’ai plus besoin de vous pour l’instant. » Fit Beckett en leur ouvrant la porte.
Castle les regarda sortir et au moment où il se trouva seul avec Kate, il se rebella.
-« C’est tout ? Ils ont admis faire partie d’une bande de racketteurs, harceler les autres… Et c’est tout ? » S’emporta-t-il.
-« J’enquête sur un meurtre Castle ! Je ne suis pas là pour faire la lois dans les couloirs de ce collège, si je ne me trompe c’est le boulot de ton copain JM ça ! »
-« Bah ouais… Comma si c’était lui qui allait faire quelque chose ! » Marmonna Castle en la suivant de le couloir.
Ils étaient à la recherche de ce Michael Thompson quand ils tombèrent sur Nicholas, Logan et Zachary en train de s’en prendre une fois de plus à Bryan. Beckett les fusilla du regard tandis que Castle s’approcha, poussant légèrement l’un d’eux pour arriver tout près de leur victime préférée. Il arracha des mains la copie que Logan venait de lui subtiliser et la lui rendi avec un sourire tout en l’accompagnant en classe.
De là où elle était, Beckett voyait la rage dans les yeux des trois garçons qui venaient de se faire humilier et ne pu s’empêcher de penser que leur vengeance allait être bien pénible pour Bryan.
-« Quand on sera au poste, rappelle-moi d’appeler un ami… Faut vraiment qu’il change d’école s’il veut s’en sortir ! » Affirma Castle en passant à côté de Beckett.
Kate le regarda rejoindre leur véhicule tout en continuant de s’interroger sur le comportement plus qu’étrange de son partenaire. Elle avait une petite idée de ce qui se passait, mais si ses craintes étaient fondées, cette enquête allait être une véritable torture.
Chapitre 8 :
En sortant de l’ascenseur du 12th, Beckett et Castle échangèrent un regard de surprise en voyant Esposito, Ryan et Thornton dans la salle de repos, installés comme des pachas sur les chaises.
-« Ils ne devraient pas être en train de bosser eux ? » S’interrogea Beckett à voix haute.
-« Avec Jean-Michel, ils ont dû trouver une astuce pour ne rien faire. »
Une fois de plus, Beckett laissa passer cette réflexion comme si de rien n’était, mais pensant qu’une petite discussion devenait indispensable.
-« Je peux savoir ce que vous faites ? » Demanda Kate en surprenant ses coéquipiers en pleine compétition de lancé de noyaux de cerises.
-« Bah on vous attendait. » Fit Jean-Michel en la regardant avec le sourire. « Ritchy s’est encore perdu dans les couloirs ou vous avez pris votre pause déjeuner avant de revenir ? »
Ryan et Esposito ramassèrent les queues de cerises qui étaient éparpillées sur la table, ramassèrent les noyaux qui avaient échappés à la poubelle alors que Beckett les regardait s’activer comme des ados pris sur le fait. Elle ne faisait plus attention à Jean-Michel ni à Rick jusqu’à ce qu’il se prenne un noyau en plaine tête.
-« Désolé ! » Fit JM avec un sourire peu convainquant. « Ta chemise… Je l’ai confondue avec la poubelle. Elle est immonde ! » Ricana-t-il.
Castle le regarda en soupirant. Certes ce n’était qu’un noyau. Ce n’était rien du tout comparé aux ballons de basket, aux boulettes de papiers et cannettes dont il avait fini par s’habituer à l’adolescence, mais le fait que ce type n’ai pas changé et qu’ils se retrouvent à devoir faire équipe le désespérait au plus haut point.
Beckett laissa les 4 garçons se débrouiller entre eux et repartie vers son bureau où la rejoignirent les deux inspecteurs. Ryan commença par faire la liste des cours dans lesquels les 4 garçons étaient en difficultés, c'est-à-dire un peu près tous avant de lui montrer plusieurs photos émanant du site de l’école où on les voyait clairement. Il continua en expliquant qu’il avait ensuite puisé le reste des infos en se servant des réseaux sociaux et des commentaires des ados entre eux. D’après les rumeurs, même si Tommy était le chef de la bande, les trois autres faisaient pression sur lui pour continuer de harceler le pauvre Bryan alors que lui-même avait affirmé qu’il avait envie de changer.
Esposito lui coupa la parole en prétendant que ce Bryan n’était pas aussi innocent que ce qu’il voulait faire penser. Plusieurs dossiers rédigés par l’équipe de Thornton insinuaient que c’était lui le racketteur du collège, qu’il avait une dent contre Tommy depuis le début de l’année scolaire et qu’il le provoquait continuellement.
-« Mais c’est n’importe quoi ! » S’estomaqua Castle en entendant de telles accusations contre son petit protégé. « C’était lui la victime, lui qui devait encaisser les coups... »
-« Arrête tes conneries Ritchy ! » L’interrompit Jean-Michel en parlant plus fort que lui. « Tu est trop naïf, on te ferait croire tout ce qu’on veut. Tu n’as vraiment pas changé tu sais, tu t’es fait avoir toi aussi, c’est tout. » Affirma-t-il en passant tellement près de lui que Castle dû faire un pas en arrière pour ne pas se faire marcher sur les pieds.
Une fois de plus Beckett regarda cette scène sans rien dire, se contentant de boire une gorgée du café que Rick venait juste de déposer sur son bureau.
-« Croyez moi, c’est Bryan Lloyd qui cherchait des ennuis à Tommy Osborne, et non l’inverse. »
-« C’est quand même incroyable qu’un gamin de 12 ans qui débarque au collège s’en prenne à un gars qui fait deux fois sa taille et qui doit déjà avoir une super réputation. » Fit remarquer Castle
Thornton s’approcha de lui et le menaça du regard.
-« Qu’est ce que tu veux Ritchy Rick, les temps changent…De nos jours il faut savoir se méfier de tout le monde. »
-« Je voulais juste dire que c’est quand même incroyable qu’il s’en soit pris directement à Tommy, le leader d’une bande de petits crétins… »
-« TOMMY N’ÉTAIT PAS UN LEADER. » S’énerva Jean-Michel en appuyant sur chacune des syllabes, de sorte que Rick finisse par s’imprégner du message. « Je ne sais pas en quelle langue il faut te parler toi, mais visiblement, tu as toujours beaucoup de mal à comprendre les choses. »
-« C’est bon, on a comprit. » S’interposa fermement Beckett, faisant reculer Thornton et faire en sorte qu’il se calme un peu. « Castle, tu n’avais pas un coup de fil hyper important à passer tout à l’heure ? » Demanda-t-elle en lui faisant de gros yeux.
Castle regardait son « ami » du collège avec dédain et fini par tourner le regard, comprenant qu’il valait peut-être mieux qu’il aille faire un petit tour ailleurs le temps que chacun retrouve un peu ses esprits.
Jean-Michel regarda Rick quitter le service et une fois que les portes de l’ascenseur se refermèrent sur lui, il se tourna avec un grand sourire vers les trois inspecteurs.
-« Enfin ! On va pourvoir travailler maintenant. Il n’y a pas à dire, il vous obéit au doigt et à l’œil. Vous l’avez vraiment bien dressé. » Il fit un clin d’œil à Kate avant d’ajouter : « Vous avez raison d’être de mon côté, celui des gagnants. »
-« Je suis du côté de la loi, moi. Et puisqu’on y est, je vous rappelle qu’on n’est plus au collège, alors vos petites plaisanterie et blagues douteuses, on va s’en passer. Ryan, trouve moi le portable de Tommy Osborne, je veux savoir qui était ces amis et à qui il téléphonait le plus. Espo, retourne au collège et trouve la propiétaire de ça. » Elle lui donna la gourmette que Castle avait enlevée du poignet de Nicholas Becker un peu plus tôt dans la journée.
-« Une femme de caractère… Oh, j’aime ça ! » Se réjouit-t-il en la dévorant du regard. « Vous pourriez me menotter ou me fouetter où et quand vous voulez ! » Continua-t-il de taquiner, faisant allusion à des jeux plutôt coquins.
-« Je ne vais pas tarder à vous prendre aux mots si vous continuez ce petit jeu avec Rick. Vous devriez arrêter, vous risqueriez d’avoir de gros ennuis. » Conseilla Kate avec une pointe de menace dans la voix.
-« Oh… Alors il a besoin d’une femme pour prendre sa défense maintenant ! Je me demande bien comment il a fait pour vous charmer, mais ne vous perdez pas dans ses yeux bleus, ce type n’est pas ce qu’il semble être, c’est un bon à rien, un perdant… »
Kate préféra encore s’éloigner et passer ses nerfs sur la machine à café plutôt que continuer à écouter ce type descendre son petit ami. Elle ne savait pas exactement ce qui se passait entre eux et quelles avaient été leurs relations, mais le comportement de Rick ne laissait rien présager de bon.
Elle était assise, se tenant la tête entre les mains et se changeant es idées lorsque Gates arriva dans la salle de repos.
-« Un problème Lieutenant ? » Demanda-t-elle avec autorité en se servant une tasse de café.
-« On est vraiment obligé de supporter ce type toute l’enquête ? » Demanda-t-elle en regardant vers Thornton qui distrayait Ryan avec ses pitreries.
-« Il a accès à des informations classées tops secrètes par le collège, il connait chacun des élèves sans compter que sa présence à l’air de vous compliquer la vie… Alors OUI ! » Répliqua Gates avec un grand sourire.
Kate soupira et resta un instant à réfléchir a ce qu’elle pourrait faire pour avoir le fin mot de ce qui se passait sous ses yeux entre Castle et se sois-disant « ami ».
Chapitre 9 :
Après avoir hésité un bon moment, elle se décida à appeler Martha pour lui donner rendez-vous afin de boire un café et de discuter à l’abri des regards indiscrets. Beckett s’absenta donc prétextant avoir un témoin à voir et insistant pour y aller seule.
-« Kate ! Qu’est ce qui se passe ? » questionna Martha très tendue en arrivant dans le petit resto où Kate l’attendait. « Richard est rentré dans un état pitoyable, je ne l’avais pas vu comme ça depuis des années. Vous vous êtes disputés ? »
-« Non… Non, enfin je ne crois pas ! » fit Kate en laissant le temps à Martha de s’asseoir. « On est sur une affaire un peu spéciale en ce moment, et il m’inquiète… Je vous ai fait venir ici parce que je n’ai pas envie qu’il entende notre discussion. »
Elle hésita quelques secondes avant de poursuivre. Elle ne savait pas vraiment par où commencer et la peur que ces craintes soient confirmées l’envahissait.
-« Est-ce que le nom de Jean-Michel Thornton vous dit quelque chose ? »
-« Je suis désolée Kate. Non, ça ne me dit rien, du moins, pas pour l’instant, » répondit la rouquine après un instant de réflexion. « Mais je ne comprends pas, c’est votre victime ? » demanda la rouquine inquiète, tout en commandant son café au serveur venant prendre sa commande.
-« Non, en fait ce n’est ni la victime ni un suspect. Cet homme est censé nous aider dans l’enquête mais à chaque fois que Castle et ce type se croisent, c’est comme s’il y avait des étincelles entre eux. Je n’ai jamais vu quelqu’un se comporter de cette façon avec Rick et je ne l’ai jamais vu non plus réagir comme ça vis-à-vis de certaines personnes. Même avec l’enquête, il y a un truc qui le chiffonne, il est vraiment bizarre mais il continue… »
-« Comme si de rien n’était ! » continua Martha qui se revoyait soudain revenir plus de 30 ans en arrière.
-« Oui... » souffla Kate. « Martha, je sais que tout ça est très loin mais ils se sont rencontrés au collège. Vous êtes sûre de ne jamais avoir entendu ce nom : Jean-Michel Thornton ? » insista Beckett avec beaucoup d’angoisse dans la voix et dans les yeux.
-« Ohh… Le collège ! » laissa échapper Martha avec une certaine tristesse.
Sous le regard à la fois inquiet et curieux de Kate, Martha but quelques gorgées de café tout en réfléchissant à la façon de lui expliquer les choses.
-« C’était une époque difficile pour Richard… »
Martha baissa les yeux, ne comprenant pas elle-même ce qui s’était passé à cette époque, les choses étaient assez compliquées. Mais la détresse dans les yeux de Kate la poussait à continuer.
-« Comme tout les enfants de son âge, il était impatient de grandir, de changer d’école, d’entrer au collège. Mais après une semaine déjà, cette joie de vivre s’était envolée. Il était triste et il a commencé à être distant. À chaque fois que j’essayais de lui parler, il me regardait avec un grand sourire en me disant que tout allait bien. Mais les larmes au fond de ses yeux, c’est une chose qu’on ne peut pas cacher à une maman… Sur le moment, je me suis dit que certains de ses amis devaient lui manquer, que peut-être l’absence de son père lui pesait un peu face aux autres et à toutes leurs histoires. Alors j’ai laissé tomber… Je n’en suis pas fière mais je pensais sincèrement que ça allait lui passer et que tout rentrerait dans l’ordre. »
-« Mais ça n’a pas été le cas ? N’est-ce pas ? » demanda Kate d’une voix douce, connaissant déjà la réponse.
-« Oh non, rien ne s’est arrangé. Je sais que j’ai eu tort de baisser les bras mais je ne savais pas quoi faire. Richard rentrait de plus en plus triste, parfois avec des vêtements tâchés, voire même déchirés et je pense que c’est même arrivé une fois ou deux qu’il rentre carrément en caleçon… »
Martha en avait les larmes aux yeux. Se replonger dans ses souvenirs était difficile et, bien que s’imaginer le petit Richard Rodgers devant rentrer chez lui en sous-vêtement aurait pu la faire exploser de rire, Kate esquissa juste un petit sourire, fermant les yeux en se disant que c’était encore pire que ce qu’elle imaginait.
-« Vous n’avez pas été voir le principal ou bien chercher à savoir ? » questionna Beckett, faisant attention à l’intonation de sa voix pour que cette remarque ne ressemble pas à un quelconque reproche.
-« Oh si… J’ai été voir le principal comme n’importe quelle mère le ferait. J’ai exigé des explications. Je suis même restée une bonne partie de la journée à observer ce qui se passait dans les couloirs, » raconta Martha en souriant, se remémorant l’embarras causé à son fils.
-« Et ? Les choses se sont calmées ? »
-« Non… Ca a été pire que tout ensuite. Le soir même, ses livres scolaires étaient juste bons à allumer un feu, enfin… Ce qu’il en restait devrais-je plutôt dire. Ensuite, il avait besoin de nouvelles affaires de sport à tout bout de champ, ses chemises disparaissaient de son placard à vu d’œil et ses chaussures se trouaient toutes seules, même quelques heures seulement après leur achat. Mais tout ça n’était que matériel, je m’en fichais, c’était pour lui que je m’inquiétais, » raconta-t-elle.
-« Et qu’est-ce que vous avez fait ? »
-« Je l’ai emmené voir un psy, j’ai pensé qu’à lui au moins il parlerait… »
-« Et il lui a parlé ? » interrompit Kate, peu convaincue.
-« Tu connais Richard ! Il s’asseyait sur le fauteuil, face au psy et attendait que l’heure passe. Il ressortait de là sans avoir ouvert la bouche une seule fois… »
Kate se mit à sourire pour la première fois depuis que Martha était arrivée. Elle ne se moquait pas de Castle. C'est l’entêtement de ce petit garçon qui la faisait rire car, aujourd’hui, c’était cette même personne qui l’accusait d’avoir un caractère de cochon et d’être trop têtue.
-« Oui, je connais Richard ! » fit-elle en souriant. « Et comment les choses ont évolué ? Ne me dites pas qu’il a vécu ça pendant 3 ans ? »
-« Non… Après plus de 7 mois, il est rentré avec un œil au beurre noir. Ensuite, ça a été la boue tous les soirs ou presque qu’il n’arrivait pas à essuyer complètement de sa joue avant de rentrer et, pour terminer, ce sont les traces de poings sur son torse qui m’ont fait craquer… J’ai pris le téléphone, j’ai engueulé le principal et promit à mon fils qu’il ne remettrait plus les pieds dans cet établissement. J’ai passé des tas d’appel avant de trouver un établissement qui acceptait de le prendre si près de la fin de l’année scolaire. »
-« Et c’est ce qui l’a sauvé ! » fit Kate avec soulagement, comprenant maintenant la raison pour laquelle il savait que Bryan ne s’en sortirait pas s’il restait dans ce collège.
-« Je pensais qu’il irait mieux. Mais ça a été difficile pour lui d’arriver à tourner la page. Il n’a jamais voulu me raconter ce qu’il avait vécu et toutes les choses atroces qu’il avait dû supporter mais ça l’avait démoli. J’ai perdu mon petit garçon en quelques mois à peine. Il était toujours aussi triste, il n’avait aucun ami et passait son temps à se faire mettre à la porte. Je ne sais même plus combien de collèges il a pu faire avant d’entrer au lycée. »
-« Et là, il a rencontré Damien qui l’a pris sous son aile et tout s’est arrangé… »
-« C’était un assassin ! » fit remarquer Martha avec un sourire, malgré les larmes au bord de ses yeux.
-« Oui, » répondit Kate en posant ses mains sur celle de Martha. « Mais il a pris soin de votre petit garçon et lui a permis de remonter la pente. Maintenant je comprends mieux pourquoi Castle n’arrivait pas à le croire coupable, c’était un héro un ses yeux. »
Les deux femmes passèrent encore un petit moment à parler mais avaient juste changé de sujet afin d’éviter de sombrer dans un état proche de celui dans lequel Castle s’était enfermé. Kate promit à Martha de faire tout son possible pour épauler son fils et faire ne sorte qu’il surmonte cette épreuve sans revivre des moments aussi pénibles qu’à l’époque du collège.
Chapitre 10 :
Beckett était assise à son bureau mais son esprit était encore avec Martha dans ce petit resto. Elle n’en revenait pas de ce qu’elle venait d’apprendre. Certes, elle avait des soupçons mais ce que Martha lui avait décrit était encore pire que tout ce qu’elle avait imaginé. De là où elle était, elle voyait Jean-Michel discuter et rire avec Ryan et Esposito. Comment ce type pouvait se faire passer pour un homme bien, drôle et irréprochable alors qu’il s’amusait à détruire l’un des leurs. Car, même si Martha ne lui avait pas affirmé l’identité du harceleur auquel Richard avait eu affaire, le comportement de celui-ci et celui de Thornton étaient assez clairs pour qu’il n’y ait pas le moindre doute.
-« Hey ! » fit Esposito en s’asseyant sur la chaise de Rick. « Il est vraiment trop génial ce mec. Castle devait vraiment bien rigoler avec un pot comme ça ! »
-« Euhhh… Non ! Je ne pense pas ! » répondit-elle assez sèchement sans relever ses yeux des notes dans lesquelles elle venait subitement de se plonger. « Alors, qu’est-ce qu’il y avait d’intéressant dans ces dossiers ? » demanda-t-elle en faisant allusion aux comptes rendus rédigés par l’équipe de Thornton.
-« Pas grand-chose sur Tommy Osborne… Mais par contre, ça ne va pas plaire à Castle… Où il est d’ailleurs ? » demanda le latino tout en regardant autour de lui.
-« Il est rentré chez lui. Une poussée d’inspiration ou un truc dans le genre. Bon et alors, ils racontaient quoi, ces comptes rendus ? » s’impatienta-t-elle.
-« Il n’y avait pas grand-chose à propos de Tommy. A en croire ses dossiers, ce gamin était tout ce qu’il y avait de meilleur : toujours là quand il fallait pour dénoncer les autres, toujours présent pour apaiser ou stopper les bagarres… »
-« Ne me dis pas que c’était le petit rapporteur du super surveillant Thornton ? »
Beckett leva enfin les yeux pour regarder Esposito.
-« Bah… Si. Ça en a tout l’air en tout cas, » admit l’enquêteur en baissant les yeux face au regard assassin de Beckett.
-« Et bah, pas étonnant qu’il ait eu carte blanche pour ses petits coups tordus ! » soupira Kate en regardant Jean-Michel s’avancer vers eux.
-« Alors ? Il est où le p’tit Ritchy Rick ? Il en met du temps pour passer un appel ! » fit-il ironiquement.
-« Il avait mal à la tête, il est rentré chez lui pour se reposer, » répondit Beckett sans réfléchir.
-« Oh… Il est parti faire la sieste en fait ! » se moqua-t-il.
-« Expliquez-moi une chose, Monsieur Thornton. Puisque vous êtes ici avec nous depuis hier déjà, qui s’occuper de surveiller les couloirs du collège et vos petits élèves ? » demanda Beckett avec une pointe de sarcasme dans la voix.
-« Rassurez-vous petit Lieutenant, je ne suis pas seul à arpenter les couloirs et à veiller sur ces élèves… Alors je peux rester et vous apporter mon aide autant que vous voudrez ! C’est génial non ? »
-« Super… » répondit Beckett sans trop d’enthousiasme.
-« Enfin, il est 16 heures donc j’ai fini ma journée ! Mais je reviens demain pour vous aider, » affirma-t-il avec un grand sourire.
Beckett et Esposito le regardèrent quitter le service. Quand il eut disparu dans l’ascenseur, Beckett soupira, se sentant soulagée d’un fardeau.
-« Qu’est-ce qui se passe avec Thornton ? » demanda Ryan en la dévisageant.
-« Rien ! » essaya-t-elle pour couper court la conversation.
-« On a l’air si idiots que ça ? On voit bien qu’il y a un truc qui cloche. Tu nous dis ce que c’est ou on doit mener une enquête pour le découvrir ? » insista Esposito.
-« Désolée les gars. Je vous expliquerai un peu plus tard, promis. En attendant, on n’a pas fini notre journée nous ! Alors je vous écoute, qu’est-ce que vous avez appris avant que ’monsieur rigolo’ vous raconte les derniers potins. »
Ils passèrent les deux heures suivantes à décortiquer les nouvelles informations : Ryan commença par faire la liste des derniers appels et des textos les plus récents de la victime tandis qu’Esposito faisait la liste des délits auxquels Tommy Osborne n’était que cité en tant que témoins.
-« C’est incroyable, ce garçon avait le don d’être toujours au bon endroit au bon moment ! » ironisa Beckett.
Mais elle se rendit vite compte que toute la rancœur qu’elle éprouvait envers Thornton était en train de se répercuter sur l’affaire.
-« Excusez-moi. Euh… Pour aujourd’hui, on va se contenter de dresser la liste des amis de Tommy et de tous ceux qui auraient pu avoir une dent contre lui à cause d’une querelle ou de n’importe quelle accusation non fondée. On s’arrêtera là pour ce soir et demain on essayera d’en savoir un peu plus sur ces élèves en particulier. »
Après avoir dressé une liste d’une trentaine de noms, les trois inspecteurs prirent leurs affaires et rentrèrent chez eux pour une bonne soirée de détente.
Kate était dans sa voiture. Elle venait juste de se garer à sa place de parking sous l’immeuble de Castle mais elle n’était pas sûre de savoir comment il allait l’accueillir ce soir. Elle ne savait pas non plus comment se comporter avec lui : devait-elle lui dire ce qu’elle savait ? Ou le laisser gérer cette histoire tout seul ?
Elle dut rester un bon moment à réfléchir, si bien qu’un voisin de Castle la voyant assise sans bouger à l’intérieur du véhicule la fit sursauter en frappant doucement à la vitre.
-« Tout va bien ? Oh désolé, je ne voulais pas vous effrayer. Vous ne vous souvenez peut-être pas de moi mais je suis Tim, Timothy Jones, » fit l’homme embarrassé de l’avoir faite sursauter.
Beckett sortit de sa voiture et rendit son sourire à cet homme qu’elle avait déjà rencontré à plusieurs reprises dans le couloir.
-« L’appartement 3. Oui, je me souviens. Encore désolée pour l’autre soir ! » fit elle encore légèrement gênée.
-« Pas de problème… Je sais ce que c’est, » affirma-t-il avec un grand sourire.
Sur ce, Beckett monta au loft. Elle ouvrit doucement la porte et resta un moment à le regarder cuisiner. Il ne l’avait pas entendu rentrer, il devait être plongé dans ses souvenirs ou peut-être réfléchissait-il au chapitre qu’il était censé avoir fini d’écrire. Mais toujours est-il qu’elle ne se laissait pas de l’admirer.
Il se retourna et la vit l’observer avec un regard rempli de tendresse. Le genre de regard qu’elle ne pouvait pas afficher au 12th mais qui le faisait fondre. Il se demandait à quoi elle pouvait bien penser à ce moment précis mais savait très bien que, même s’il le lui demandait, elle ne lui répondrait pas.
-« Tu comptes rester dans l’entrée et m’observer toute la soirée ou tu préfères entrer… Si tu voulais, tu pourrais même m’aider à mettre la table, » plaisanta-t-il tout en continuant de couper les tomates pour les ajouter à la salade.
Elle s’avança doucement, affichant un très large sourire. Elle posa sa veste sur le dossier d’une chaise et se mit derrière lui, l’enlaçant tendrement.
-« Alors là, tu rêves… » murmura-t-elle en déposant des baisers dans son cou.
Il se retourna et la regarda dans les yeux. Il vit immédiatement que quelque chose avait changé mais n’arrivait pas à savoir si ça la rendait triste ou si elle était simplement très fatiguée.
-« Tout va bien ? » demanda-t-il en écartant une de ces mèches rebelles et caressant sa joue au passage.
-« Oui, » souffla-t-elle avant d’ajouter en se callant tout contre lui et le serrant dans ses bras. « Tout va très bien. »