HypnoFanfics

Retour au collège

Série : Castle
Création : 25.02.2013 à 19h08
Auteur : judy1 
Statut : Terminée

« Quand un adolescent se fait assassiner au collège et que Beckett et Castle doivent mener l'enquête avec l'aide d'un ancien ami de Rick. » judy1 

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Chapitre 11 :

 

Kate ouvrit les yeux.  Il faisait encore sombre, mais elle se sentait en forme. Elle regarda le réveil. Il n’était pas encore 6 heures. Elle se retourna pour s’assurer que Rick était bien là, à ses côtés, et un immense sourire étira ses lèvres. Elle appuya sa tête sur sa main et continua à le regarder dormir paisiblement. Au bout d’un moment, constatant que l’heure tournait, elle passa sa main dans ses cheveux et sur sa joue pour le réveiller tout en douceur. N’obtenant pas l’effet escompté, elle se rapprocha et l’embrassa avec beaucoup de douceur. Elle continua à l’embrasser sur les joues et dans le cou ensuite.

-« Mmmm... Je ne sais pas ce que tu essayes de faire. Mais ne t’arrêtes surtout pas. » Marmonna-t-il encore à moitié endormi.

-« J’essayais juste de te réveiller en douceur. »

-« Le réveil n’a pas encore sonné ! » Protesta-t-il.

-« Il te rappellera à l’ordre dans 5 petites minutes à peine.» Lui murmura Kate tout en lui caressant la joue.

-« Alors continue ça encore 5 minutes...»

Il passa son bras derrière elle et la fit basculer sur lui.

Bien évidemment, 5 minutes plus tard le réveil étant tombé de la table de nuit et se retrouvant sous l’un des oreillers qui  eux aussi avait fini par voler, personne ne l’entendit sonner. Et d’ailleurs personne ne s’en souciait.

 

Deux heures plus tard Beckett arriva au 12th en faisant profil bas.

-« Panne de réveil ou ‘Cocorico’ ? » Fit Ryan innocemment.

Esposito éclata de rire alors que les joues de Beckett se mirent à rosir.

-« Sans commentaire ! » Répondit-elle en s’asseyant à son bureau se retenant de rire.

-« La tête que tu viens de faire suffit à nous répondre. » S’amusa Esposito. « Et ou est Castle ? »

-« Parti cherché du café. Il arrive. »

Mais lorsque les portes de l’ascenseur s’ouvrirent, c’est Thornton qui en sortit, tout fier.

Beckett se leva en soupirant et garda les yeux rivés sur son tableau où la veille au soir ils avaient fait la liste des élèves à surveiller de près. Jean-Michel s’assit sur la chaise de Castle, et sans que personne ne lui ait rien demandé, il commença à déblatérer tout ce qu’il savait d’eux. Même si Thornton voyait Ryan prendre note de ce qu’il disait et Esposito barrer les noms des élèves les moins récalcitrants, la réaction du lieutenant Beckett l’intriguait... Pire, l’exaspérait. Elle ne l’avait même pas regardé une seconde, elle l’interrompait à tout bout de champ et n’avait pas l’air de prêter attention à ce qu’il disait. Il avait l’impression d’être invisible à ses yeux.

Il la vit enfin tourner la tête. Son regard s’émerveilla et un sourire apparu enfin.

-« Désolé. Il y avait du monde ! » S’excusa Castle en arrivant enfin.

Non, il ne rêvait pas. Ce  sourire et ce regard était bien destine à lui Richard Rodgers. Le pire crétin qu’il ai jamais rencontré. Il ne le considérait même pas comme un homme, tout juste une loque et le fait que Beckett le préfère à lui lui hérissait les poils. Il n’avait qu’une envie, prouver à quel point il pouvait être idiot et ridicule. Au fur et à mesure que Castle s’avançait de Kate, Jean-Michel tendit sa jambe, espérant qu’il s’y prenne les pieds et que le café n’arrive jamais à destination.

Evidemment que Castle se prit les pieds dans celui de Jean-Michel, mais au lieu de s’écraser sur le sol ou de renverser une fois de plus les cafés sur sa chemise, c’est Gates qu’il percuta.

La Capitaine passait juste prendre des nouvelles sur cette affaire et vérifier l’avancement de l’enquête, et sans que personne n’ai eu le temps de réagir ou de comprendre ce qui se passait, elle se retrouva à soutenir Richard Castle pour lui éviter une chute qui aurait pu lui casser le nez. Son chemisier et sa veste étaient couvert de café, elle sentait le liquide encore chaud lui brûler légèrement la peau, mais même si la situation était très embarrassante, elle avait vu la jambe de Thornton se tendre et savait que ce n’était pas un banal accident.

-« Désolé Capitaine… Je vous jure que je suis désolé, je ne l’ai pas fait exprès… » Bafouilla Castle en se relevant, cherchant à poser les deux gobelets pratiquement vides.

Les 3 inspecteurs échangèrent des regards, craignant la réaction de Gates, mais à leur grande surprise, leur supérieure devait être dans un bon jour.

-« ça va Monsieur Castle. Je me doute bien que ce n’était qu’un accident. Si vous aviez voulu le faire exprès, vous n’auriez pas sacrifié le café de Beckett. » Assura-t-elle en regardant sa veste pour évaluer l’ampleur des dégâts.

-« Je vous dédommagerais… J’irais moi-même vous chercher un nouveau chemisier si vous voulez, je suis désolé… » Continua Castle, comme s’il avait fait un bond dans le temps et se retrouvait adolescent.

-« Ce n’est pas la peine Monsieur Castle. Tout va bien ! »

-« Oh…Ritchyyy » Soupira Jean-Michel en se levant et donnant une grande tape dans le dos de Castle. « Tu n’y connais vraiment rien aux femmes. Ce qu’elles veulent, ce sont des colliers, des boucles d’oreilles, une bague… Pas juste un nouveau chemisier. » Se mit-il à rire.

-« Oh non… Il a déjà essayé ça aussi, ça n’a pas marché non plus…Pourtant, elles étaient magnifiques ces boucles d’oreilles. » Affirma Gates en souriant légèrement pour assurer à Castle et Beckett que tout allait bien, avant de retourner vers son bureau.

Kate se précipita vers Rick pour savoir s’il allait bien, pendant que celui-ci regardait le sol derrière lui, cherchant du regard ce dans quoi il aurait pu se prendre les pieds.

-« ça va Castle ? » Demanda-t-elle, anxieuse.

-« Oui, oui, tout va bien… Désolé pour ton café. » S’excusa-t-il à nouveau, montrant le gobelet vide.

-« Ce n’est pas grave, j’en prendrais un autre en route. » Assura Kate.

-« Et où est-ce que vous allez ? » Interrompit Thornton comme s’il était dans cette discussion depuis le début.

Rien que le son de sa voix suffisait à faire grincer les dents de Kate. Elle n’avait pas vu venir cet incident, mais savait qu’il en était responsable.

-« Castle et moi allons faire un petit saut au Collège. On a encore quelques questions à poser là-bas. Pendant ce temps là, vous pouvez commencer par nettoyer tout ça. » Elle regarda le café rependu sur le sol. « Et quand vous aurez fini, vous nous ferez la liste de tous les petits incidents qui se sont produits la semaine avant ce meurtre. Ça vous peut vous paraitre stupide, mais il a forcement un truc qui vous à échappé, ou que vous n’avez pas jugé important sur le moment. Mais croyez moi, un jeune garçon de 15 ans ne se fait pas poignarder comme ça, sans raison. Ça vous est peut-être égal à vous, mais moi j’ai envie de savoir ce que je peux dire à cette mère qui pleure son fils. » Fit-elle très sèchement en mettant bien en évidence une photo de Tommy et de sa mère. »

-« Beckett ? » La stoppa Ryan. « Je sais qui est la fameuse Julia, dans le dernier texto de Tommy. Il s’agit d’une jeune fille qui habite près de chez lui, mais elle n’est pas dans le même collège. Julia Morgan, voici son adresse. » Fit il en lui donnant un papier sur lequel il venait d’écrire l’adresse en vitesse.

-« Merci Ryan, on ira lui la voir quand on aura fini au collège Roosevelt. »

Une fois dans l’ascenseur, Kate glissa sa main dans celle de Rick. Quand leurs regards se croisèrent, elle lui fit un petit sourire qu’il lui rendit. Il avait beau faire comme si tout allait bien, Beckett voyait qu’il était en train de perdre pied petit à petit. Elle se sentait totalement impuissante face à ça.

-« Tu n’espères pas vraiment qu’il va nettoyer ? » Demanda Castle pour la faire émerger de ses pensées.

-« Rappelle moi un truc : c’est qui le boss dans cette équipe ? » Lança-t-elle avec un petit sourire.

-« Toi… Au travail, hein. Pas à la maison. »

Cette petite précision dite aussi précipitamment fit naitre un sourire sur le visage de Kate. Et une fois de plus il y était arrivé : changer de sujet et donner le change pour que personne ne s’inquiète pour lui.

 


judy1  (07.03.2013 à 19:23)

Chapitre 12 :

 

Au collège, en discutant avec Michael Thompson, Castle et Beckett apprirent comment il avait introduit le couteau dans l’établissement : il l’avait tout simplement mis dans la doublure de son sac, coincé entre deux morceaux de carton. Vu que l’établissement ne dispose pas de détecteur de métaux et que les surveillants se contentent d’ouvrir de temps en temps le sac de quelques élèves choisis au hasard, il avait très peu de chance de se faire prendre. D’ailleurs, Tommy et sa petite bande avaient dû le retourner entièrement avant de le trouver. Au fil de la conversation, Michael leur apprit que ce n’était pas Tommy qui avait emporté l’arme mais Nicholas. Il les avait vus se chamailler à cause de ça par la suite et le surveillant Thornton les avait convoqués dans son bureau et leur avait confisqué l’arme.

Ensuite, Rick et Kate se rendirent dans le bureau des surveillants pour avoir une petite explication. Bob, l’un d’eux, expliqua qu’en effet il avait bien vu l’arme : un couteau de chasse avec une lame bien lisse et bien aiguisé et un superbe manche en bois. Kate coupa court aux explications sur la description de l’arme et insista pour la voir. Le type chercha dans un carton remplis d’objets confisqués, il ouvrit plusieurs armoires en expliquant que Jean-Michel l’avait peut-être mise sous clé mais rien. Elle était introuvable. Elle s’abstint bien évidemment de signaler que l’arme en question était déjà au poste de police. En fait, elle aurait aimé que le couteau apporté par Bryan ne soit pas celle confisquée par Thornton. Ca n’aurait pas changé grand-chose à l’enquête mais ça aurait au moins prouvé que ce type faisait un minimum son travail. Visiblement, ce n’était pas le cas.

Lorsqu’elle demanda qui aurait pu la prendre, il sourit en disant que la porte du local était verrouillée de 16 h jusque 8h le lendemain matin et que personne ne pouvait y entrer sans se faire remarquer puisque le bureau de la secrétaire du directeur se trouvait juste en face. Il répondit tout ça avec un sourire qui exaspéra Beckett au plus au point mais le summum de tout avait encore été lorsqu’elle lui demanda s’il avait remarqué des choses inhabituelles au cours de la semaine et qu’il se contenta de ricaner en faisant remarquer que les dossiers de comptes rendus étaient dans leurs locaux et qu’elle n’avait qu’à y jeter un coup d’œil. L’homme sortit de la pièce, prétextant avoir une ronde à faire, laissant Castle et Beckett en plan.

-« Super ! » fit Castle ironiquement.

-« Ouais… Je pense que ce type ne vaut pas beaucoup mieux que son supérieur. Ils doivent vraiment bien s’entendre… » soupira Kate en sortant de la pièce.

-« Il doivent bien s’entendre ! On n’aura qu’à demander à Jean-Michel ce qu’il a fait de l’arme. »

Il la suivit dans le couloir tout en continuant à parler, essayant de ne pas se faire percuter par un adolescent si ravi de pouvoir enfin se rendre à la cafétéria pour le déjeuner.

-« Rassure-moi ! » fit Castle en regardant Kate avec son air de chien battu. « On ne va pas y aller… »

Kate éclata de rire.

-« Mais non, on se contentera d’un sandwich. Et ensuite on ira voir Lanie, il parait qu’elle a des choses à nous montrer. »

-« Euh… » fit Castle en voyant Kate s’arrêter devant un bar. « On ne pourrait pas aller voir Lanie APRES le déjeuner ! Remarque, je n’aurai plus très faim mais, au moins, je ne me sentirai pas tout barbouillé. »

La tête qu’il faisait ressemblait à celle d’un gamin et Kate trouvait ça vraiment adorable, elle aurait aimé pouvoir jouer avec lui encore mais ce n’était pas le moment.

-« Désolée de te décevoir mais même Lanie devra attendre un peu. On nous suit depuis qu’on a quitté le collège,. » assura Kate en regardant une dernière fois dans son rétroviseur.

-« C’est peut-être Gates qui veut s’assurer qu’on ne prend pas de bon temps pendant tes heures de service, » fit-il innocemment.

-« Ou une personne qui veut nous parler. Parce que, si Gates nous faisait suivre, je doute que je puisse repérer son agent au premier feu rouge. »

Ils continuaient à parler tout en sortant de la voiture et entrant dans le bar, s’installant à une table en attendant patiemment.

-« C’est peut-être un bleu… » proposa Castle, préférant les histoires de complots que l’évidence.

-« Dans ce cas, il n’est vraiment pas très doué parce qu’on l’a interrogé il y a moins d’une heure et il n’avait rien d’un flic. »

Castle se retourna et dévisagea l’homme qui les cherchait du regard.

-« Mais c’est …. »

Il resta sans voix tandis que Kate l’invitait à s’asseoir.

-« Je m’excuse pour tout à l’heure… » fit Bob en affrontant le regard assassin de Castle. « Je ne pouvais pas vous parler comme je le voulais, Jean-Michel a beaucoup d’influence et je ne peux pas me permettre de perdre mon job. »

-« Non… Pas de soucis ! » ironisa Rick. « Une petite poursuite dans les rues de Manhattan, il n’y a rien de plus amusant. »

Beckett le regarda amusée et fit signe à leur invité pour qu’il continue.

-« Je sais où est l’arme. »

-« Moi aussi ! » répondit Castle du tac au tac, ce qui lui valut un regard noir de sa partenaire.

-« Oui, je sais… Je suis surveillant dans un collège Monsieur Castle, j’ai des oreilles qui trainent un peu partout. Je sais qu’elle est dans vos bureaux. Ce que je voulais dire, c’est que je sais comment elle est sortie de nos bureaux à nous. J’ai vu Thornton sermonner les deux garçons, j’étais là à ce moment-là. Mais il m’a fait sortir alors j’ai été me chercher un café. J’en ai profité pour parler à Anna la secrétaire et, quand je suis retourné dans notre bureau, j’ai vu Jean-Michel sortir du local. Je ne sais pas où il allait mais il tenait le couteau dans sa main, » expliqua-t-il, peu rassuré de ce qu’ils allaient en penser.

-« Pourquoi ne pas nous avoir dit ça tout à l’heure, on n’aurait gagné du temps ! » affirma Beckett en envoyant un texto.

-« Je vous l’ai dit : Thornton a beaucoup de soutien dans l’établissement. Je n’ai pas envie de perdre ma place parce qu’un petit con aura été lui répéter ce que je viens de vous dire. »

-« C’était vers quelle heure ? »

-« Moi je dirais l’heure du crime ? » fit Castle en buvant bruyamment une gorgée.

-« Non… C’était bien plus tôt… Peut-être une ou même deux heures avant. »

Beckett le remercia et Bob repartit tout aussi discrètement, laissant Castle et Beckett seuls en tête à tête.

-« Je te parie que c’est Thornton qui est derrière tout ça ! »

-« Je sais que tu ne l’aimes pas… Et moi aussi ça me plairait que ce soit lui. Mais qu’est-ce qu’il a fait pendant deux heures, une arme à la main ? Non… Il n’est pas aussi bête qu’il en a l’air. Si c’était lui, il ne se serait pas fait voir quittant le bureau … »

-« Bon… Benn il nous reste Lanie. Espérons qu’elle ait vraiment trouvé de quoi nous aider. »

-« Elle nous fait rarement venir pour rien et, quand c’est le cas, elle insiste pour que ce soit Espo qui se déplace, pas nous, » nargua-t-elle en vidant sa tasse et réglant l’addition. « Laisse, c’est moi qui t’invite aujourd’hui, » lança-t-elle avec un petit clin d’œil.

 


judy1  (08.03.2013 à 20:16)

Chapitre 13 :

 

Pendant ce temps-là au poste, les garçons continuaient leurs recherches tout en se demandant ce que Thornton faisait encore à trainer dans leurs pieds.

-« Qu’est-ce qui se passe ? Vous avez trouvé une piste ? » fit-il en voyant les inspecteurs chuchoter.

-« On se disait juste que tu avais intérêt à nettoyer le bureau de Beckett avant qu’elle ne revienne. »

-« Non mais vous plaisantez ? Est-ce que j ai une tête à faire le ménage ? Si elle veut que son bureau soit nickel, elle n’a qu’à le faire elle même. C’est elle la femme, non ? »

-« Comme tu veux. On t’aura prévenu. »

 Ryan n’insista pas. Après tout il s’en fichait complètement.

-« Au fait, si tu as envie de rester en vie jusqu’à la fin de l’enquête, évite de lui répondre ça !! » fit Esposito sur le ton de la rigolade.

-« C’est quoi ça ? » demanda soudain Jean-Michel en montrant une BD Derrick Storm.

-« L’un des derniers livres de Castle. Il le lisait l’autre jour pendant que Beckett terminait la paperasse. Il a dû l’oublier. »

-« Ce type lit ses propre bouquins !! Wahh ça lui fait au moins un lecteur ! »

Il prononça ces mots avec un tel dédain que les inspecteurs préférèrent encore ne pas y répondre et le laisser feuilleter la BD à son aise. Pendant qu’il faisait ça il n avait pas à le surveiller.

Ne comprenant toujours pas les raisons du succès de Richard Rodgers, Thornton en avait assez que tout le monde autour de lui témoigne d’autant de respect vis-à-vis de lui. Tout en feuilletant la bande dessinée, il lui vint une idée.

-« Tu aimes les jolies femmes petit Ritchy ? » se parla-t-il à lui-même en voyant le personnage de Clara. « Mais que penseraient tes petits copains s’ils savaient que tu baves devant l’inspecteur Beckett ? Ohhh… Ouiiii, tout le monde va savoir à quel point tu es dérangé petit Ritchy ! »

Jean-Michel se rendit dans les toilettes pour homme. Il savait qu’il trouverait ce qu’il cherchait là. La veille, il avait vu un magasine érotique trainer sur l’appui de fenêtre. Il ne savait pas à qui il appartenait mais désormais il aurait une page en moins. Il plia la page qu’il venait d’arracher et sortit du commissariat prétextant prendre l’air. Il revint une heure plus tard avec une photo de Beckett qu’il avait prise avec son portable à l’insu de tout le monde. Il profita que Ryan et Esposito soient dans la salle de repos à boire un café et se détendre un peu pour prendre une page blanche sur le bureau de Beckett et faire une sorte de marque page en collant en vis-à-vis la photo de Beckett et celle de la femme nue.

-« Et voila Ritchy, ils vont te détester. Et d’après ce que j’ai déjà vu du caractère de cette femme, tu n’auras plus qu’à t’exiler sur une autre planète. »

Il se dépêcha de tout ranger et glissa son petit bricolage à l’intérieur du livre de Castle. Ni vu ni connu, il rejoignit les deux inspecteurs comme s’il venait juste de remonter.

En le voyant arriver, Esposito rangea son portable. Beckett venait juste de le prévenir qu’il avait l’arme en main quelques heures seulement avant le meurtre et qu’elle comptait sur eux pour savoir ce qu’il avait bien pu en faire.

-« On se demandait un truc… » fit Ryan en tentant de paraitre tout à fait innocent. « Le couteau, tu l’as déjà vu ? Non ? »

Il changea de tête et essaya de bredouiller un truc avant de reprendre son air supérieur.

-« Qu’est-ce qui vous fait dire ça ? »

-« Jusque qu’une personne t’a vu te balader avec dans les couloirs peu de temps avant le meurtre de Tommy. Alors, tu allais où ? Au deuxième étage ? » fit le latino qui avait horreur de tourner autour du pot.

-« Alors vous croyez que c’est moi ! Que j’ai tué ce gamin ! » s’offusqua-t-il. « C’est Rodgers qui vous a dit ça ? Ce type n’est qu’un petit… »

-« Ce type est notre ami alors faites attention à ce que vous dites ! » menaça Esposito qui n’était pas dupe et savait que, si Beckett avait embarqué Castle en virée depuis ce matin, c’est qu’il devait y avoir un sérieux problème entre Thornton et l’écrivain.

-« Vous voulez que je vous raconte à quel point il est pitoyable… »

-« On aimerait surtout savoir ce que tu as fait de l’arme ? » interrompit Ryan.

-« Je ne sais pas… Je ne sais plus… Je suppose que je l’ai conduit dans le bureau du principal ! » essaya-t-il de se défendre. « Ce n’est pas possible que ce soit ce couteau, c’était forcément un autre… »

-« Tu ne t’en souviens plus ? » s’énerva Ryan. « Un gamin de 15 ans est mort et tu ne te souviens pas de ce que tu as fait de l’arme du crime ? Tu te fiches de nous, c’est ça ? »

-« T’énerve pas comme ça Bro, on va le garder au frais en cellule. Après tout, s’il préfère avoir affaire à Beckett, c’est son problème pas le notre. Tu crois qu’il y a encore de la place avec le toxico ? »

-« Non… Mets-le avec les mecs du gang dans la 3, ça sera bien plus drôle. »

-« Hey… »

Thornton essaya de protester mais, en deux temps trois mouvements, il se retrouva collé au mur pendant qu’Esposito lui passait les menottes. Il commençait à le trainer de force alors que Jean-Michel commençait sérieusement à paniquer.

-« Ok, c’est bon… Je vais vous l’dire… »

Esposito et Ryan échangèrent un petit sourire. Sans trop avoir compris comment, Thornton se retrouva sur la chaise du bureau de l’un des inspecteurs avec Ryan et Esposito debout devant lui qui attendaient ses explications.

-« Je l’ai rendu… A son propriétaire. »

-« A qui ? » demanda Ryan ayant peur de comprendre ce qu’il disait.

-« Je l’avais confisqué à Tommy et Nicholas un peu plus tôt. J’ai été le leur rendre. »

-« Tu as donné une arme à des gamins de 14 et 15 ans ?! » hurlèrent les inspecteurs en même temps.

-« C’était pour un flag, ils devaient le glisser dans le sac de Lloyd. C’est dans son sac qu’il devait se trouver. Je ne voulais pas… Je ne pensais pas que... »

-« Non… Ca c’est sûr, tu ne pensais pas ! Mais tu es complètement malade ! »

-« Je leur ai donné l’arme mais je ne sais pas ce qui s’est passé. Je ne sais pas qui a tué Tommy. Je m’en veux, je sais que j’ai une part de responsabilité et c’est pour ça que je veux vous aider… » sssaya-t-il d’amadouer les deux inspecteurs.

-« Vous vous rendez compte qu’on vient de perdre 3 jours pour découvrir ça alors que vous auriez dû nous le dire dès le début… » s’emporta Esposito.

Pendant que les deux inspecteurs finissaient d’interroger Thornton, Castle et Beckett arrivaient à la morgue où Lanie leur confirma que l’arme apportée par Bryan Lloyd était bien celle qui avait perforé le foie de Tommy Osborne, leur jeune victime. Elle confia qu’il y avait beaucoup de jeux d’empruntes sur le manche du couteau et qu’il était impossible de les identifier car aucune d’entre elles n’étaient reprises dans les fichiers. Mais le côté positif c’est qu’en examinant attentivement l’arme, elle avait remarqué du sang entre le manche et la lame. L’assassin avait dû se couper en poignardant Tommy. Il n’y avait pas beaucoup de sang donc la blessure ne devait pas être très profonde mais il y en avait suffisamment pour un test ADN ? Ils disposaient donc dors et déjà d’une preuve irréfutable contre le coupable. Il ne restait plus qu’à le trouver maintenant. Lanie leur montra également un bouton qu’elle avait trouvé dans la main de la victime. Elle avoua avoir été choquée par l’âge de la victime et ne pas avoir remarqué ce détail sur la scène de crime. Castle et Beckett lui assurèrent qu’ils étaient tous en état de choc à ce moment-là et que le principal avait été de s’en rendre compte avant d’arrêter un innocent.

 


judy1  (09.03.2013 à 18:26)

Chapitre 14 :

 

Castle et Beckett en avaient fini pour l’instant. Kate regarda sa montre une fois de plus, l’air bien embêtée.

-« Il y a un problème ? » demanda Castle. « Parce qu’il doit-être à peu près deux minutes de plus que la dernière fois que tu l’as regardée, » constata-t-il avec humour.

Beckett soupira en fermant les yeux avant de finir par sourire légèrement. Il était incroyable, il remarquait vraiment tout. Impossible de lui cacher quoi que ce soit.

-« Madame Morgan ne nous attend pas avant 17 heures. Ça nous laisse encore pas mal de temps. »

-« On pourrait peut-être rentrer au poste et voir ce que Ryan et Espo ont de nouveaux. Avec un peu de chance, de quoi inculper Jean-Michel… »

Malgré les circonstances, cette remarque fit sourire Kate qui lui prit la main.

-« Tu veux qu’on en parle ? » demanda-t-elle soucieuse.

-« De quoi ? » répondit Castle en continuant son petit jeu et affirmant que tout allait bien.

-« Ne joue pas à ça Castle. Je vois bien qu’il y a un problème avec Thornton. »

-« Oh… Alors c’est pour ça que tu t’es arrangée pour qu’on passe le plus de temps possible rien que tout les deux, loin du poste, aujourd’hui ? » demanda-t-il d’un air triste. « Moi qui pensais que tu voulais juste passer un peu de temps rien qu’avec moi. »

-« Si ça avait été le cas, j’aurais prit un congé ou je me serais faite porter pâle… Et une journée au lit avec toi aurait été bien plus agréable que courir après les informations. Alors, qu’est ce qui se passe avec Thornton ? »

-« Rien ! »

-« Castle, je sais qu’il y a un truc qui… »

-« Je n’ai pas envie d’en parler. Tout va bien ! Je t’assure. Ne t’en mêle pas, c’est tout ce que je te demande. Reste en dehors de cette histoire, » répondit-il assez sèchement, se forçant à faire un petit sourire à sa coéquipière.

C’est donc dans un silence pesant qu’ils rejoignirent le reste de l’équipe. Beckett en avait gros sur le cœur mais devait se rendre à l’évidence : Rick ne lui faisait pas assez confiance pour lui parler. Elle avait envie d’exploser, de lui dire les choses en face mais elle se retenait car elle savait qu’il en bavait déjà bien assez en ce moment et qu’il avait besoin de soutien et non d’une crise de sa part.

Quand elle arriva près de son bureau et vit que tout était encore recouvert de café, elle ne chercha même pas à se retenir et explosa littéralement.

-« Il me semblait avoir demandé à ce que ce soit nettoyé ! » dit-elle le plus sèchement qu’elle pouvait.

-« J’avais des trucs à faire, » répondit Thornton.

-« Des trucs comme quoi ? Vous balader avec une arme ou continuer à harceler les gens ? » dit-elle du tac au tac en s’approchant de lui.

-« Je me suis expliqué pour ce qui est de l’arme. Vous n’avez qu’à demander à vos collègues. Quant à ce qui est du harcèlement, je ne vois même pas de quoi vous parlez. »

-« Vous devriez arrêter ça avec moi. »

-« Vous n’avez aucun ordre à me donner. Je suis surveillent en chef et… »

-« Mais vous n’êtes chef de rien du tout. Dans cette équipe, c’est moi le boss. Quand je donne un ordre, vous exécutez… »

Elle le menaçait du regard mais Jean-Michel continuait à faire celui qui n’en avait rien à faire.

-« Ah oui… Et si je n’ai pas envie… » nargua-t-il.

-« Ma patience a des limites alors l’envie ferait bien de rappliquer vite fait. Ne me forcez pas à vous mettre la tête dans le sceau et à m’en servir comme d’une serpillère. Ai-je été assez claire ou est-ce que je dois vous faire une petite démonstration ? »

-« Euh… Beckett ? On peut te voir une seconde ? » s’interposa Esposito avant qu’elle ne mette ses menaces à exécution.

Ryan, Esposito, Castle et Beckett s’isolèrent dans la salle de conférence. Les deux inspecteurs expliquaient ce que Thornton leur avait répété au sujet de l’arme et, en dehors de la salle, seules les explosions de Kate étaient audibles.

-« Quoi ? Mais il est complètement malade !! Je vais le tuer… »

A la grande surprise de tous, c’est encore Castle qui intervint pour faire en sorte qu’elle se calme, lui certifiant qu’il devait y avoir une bonne raison a tout ça.

-« Un raison ? Bien évidemment qu’il y en a une : IL EST COMPLETEMENT FELE ! Ryan, trouve-moi tout ce qu’il y a à savoir sur ce type. Je veux tout savoir, de son cursus scolaire à comment il a pu arriver à se faire embaucher comme surveillant dans un collège. »

L’équipe sortait de la salle et Beckett regardait Jean-Michel avec un petit sourire. Enfin il avait fini par comprendre. Il nettoyait le sol et s’appliquait à faire disparaitre les traces de café séché. Mais alors que les inspecteurs continuaient à discuter sans vraiment prêter attention à ce qu’il faisait, il fit exprès de bousculer la bande dessinée. Le bruit attira l’attention sur lui et Beckett vint vérifier qu’il n’y ait pas fait plus de dégâts encore.

Le livre était sur le sol et, quand elle le ramassa, le marque-page tomba. Elle le prit en main et d’un seul coup son regard se changea en mitraillette. De là où ils étaient, les garçons apercevaient à peu près ce qu’il y avait sur ce marque page alors que Thornton faisait l’innocent au point de venir jeter un petit coup d’œil par-dessus l’épaule de Beckett.

-« Wah Ritchy… Tu es toujours aussi nul en bricolage mais ça… Il fallait oser tout de même, » ricana-t-il.

Le regard de Beckett suffisait à lui seul pour exprimer tout son agacement et son envie de commettre un meurtre. Elle se contenta de donner le marque-page à Castle qui resta une seconde sans rien dire, ne sachant plus où se mettre.

-« Ce n’est pas de moi ? Je t’assure… » dit-il pour s’excuser.

A ce moment-là, Beckett ne savait même plus si c’était le comportement plus que gamin de Thornton ou celui de Castle qui l’énervait le plus. Elle avait juste envie d’exploser et de leur donner une bonne paire de claques à tous les deux. À Castle pour qu’il réagisse un peu et se comporte en homme et à ce pauvre type juste pour se défouler un peu.

-« Dis donc Ritchy, ta maman ne t’a jamais appris à respecter un peu les femmes… Ou alors il y a certaines petites choses de la vie dont elle devrait te parler… »

Il continuait de se moquer malgré le fait que Kate était en train de le fusiller du regard.

« En parlant de ta mère justement… Elle joue toujours dans ces pièces où même le metteur en scène a bien du mal à y comprendre quelque chose ? Je l’ai adoré dans ce rôle de prostitué… Tiens, c’était pour quelle pièce ça déjà… Je ne sais plus mais ça lui allait drôlement bien… »

Beckett n’en revenait pas qu’il ose parler de cette façon de Martha et encore moins que Castle reste là sans rien dire. Elle était prête à bondir alors que Thornton continuait son petit manège.

« Maintenant que tu travailles avec la police, tu dois savoir pas mal de petites choses sur les lois… Dis-moi, une pute qui tombe enceinte, c’est un accident de travail ? »

 Il laissa quelques secondes, le temps que les autres assimilent ce qu’il venait de dire.

-« Je te demanderais bien d’aller demander à ta mère mais ça pourrait sembler déplacé ! »

Alors qu’elle serrait les poings très forts et grinçait des dents, elle vit Castle se jeter sur lui et lever le poing.

-« Ohhh Ritchyyyy... Tu comptes me frapper ? Tu veux qu’on aille régler ça dehors, comme au bon vieux temps ? Tu pourras nous dire si la boue a toujours le même gout comme ça. »

-« Monsieur Castle ! Rentrez chez vous ! » hurla Gates qui venait de sortir de son bureau. « Beckett, vous ne deviez pas allez voir Madame Morgan ?  Au boulot, » ordonna-t-elle alors que Castle quittait l’étage sans même adresser un regard en derrière.


judy1  (10.03.2013 à 19:12)

Chapitre 15 :

 

Beckett s’approcha de Thornton avec le regard le plus noir qu’elle n’ait jamais eu. A mesure qu’elle avançait, Jean-Michel reculait, paralysé par ce regard. Il n’arrivait même plus à réfléchir. Il buta contre une chaise et tomba assis sur celle-ci. Il déglutit, se forçant à reprendre le dessus.

-« Alors c’est à vous de défendre son honneur ? Il n’est pas encore assez grand pour ça ? »

-« Là, c’est juste celui de Martha que je vais défendre : si vous osez recommencer ce genre d’insinuations, priez pour qu’il y ait encore une chaise derrière vous et non un vide de plusieurs étages. Pour ce qui est de Castle, je viens de lui promettre de rester en dehors de ça mais si ce n’était pas le cas, soyez assuré que vous seriez déjà allongé à terre me suppliant de ne pas trop vous amocher pour que votre mère puisse au moins venir vous reconnaître. »

Le visage de Beckett n’était plus qu’à quelques centimètres de celui de Jean-Michel et quand elle se redressa et qu’elle regarda autour d’elle, elle eut l’impression que le temps venait de s’arrêter. Personne n’osait bouger et tout le monde la regardait, prenant soudainement conscience que s’en prendre à Castle n’était pas vraiment une bonne idée pour rester en bon termes avec elle. Sans rien dire, elle s’approcha de sa chaise et reprit sa veste.

-« Je vais chez les Morgan. Espo, tu viens avec moi. Ryan, fais ce que je t’ai demandé. »

Dans le parking, Esposito se dirigea vers sa voiture, en attendant une réaction de sa coéquipière.

-« Qu’est-ce que tu fais ? On ne va pas y aller à deux voitures ! » fit-elle sèchement, toujours énervée par ce qui venait de se passer.

-« Non. MOI je vais chez les Morgan, Toi tu vas voir Castle. OK ? »

Les larmes lui montèrent aux yeux devant ce petit geste d’attention de la part de l’inspecteur. Elle s’excusa pour lui avoir parlé sur ce ton et le remercia.

-« Moi aussi j’ai envie de botter les fesses de ce type. Mais on va commencer par s’occuper de Castle et régler cette affaire au plus vite, » assura-t-il en montant dans sa voiture.

Lorsque Beckett frappa à la porte du loft, elle dut insister et attendre pas mal de temps avant que quelqu’un ne lui ouvre. La porte s’ouvrit enfin mais Castle était déjà au salon, comme s’il avait juste ouvert la porte pour qu’elle arrête d’insister mais sans vraiment vouloir la laisser entrer pour autant. Il tournait en rond pour tenter de se calmer.

-« Qu’est-ce que tu veux ? » demanda-t-il assez sèchement. « Tu n’as pas du travail ? »

-« Arrête Castle ! » fit-elle en s’approchant de lui, tentant de lui prendre les mains.

-« Je suis désolé ! »

-« S’il te plait, arrête de t’excuser. »

-« Ce n’est pas moi... Le collage, je t’assure que jamais je n’aurais osé… »

-« Je sais ! » fit-elle en explosant de rire. « Ça fait un moment déjà que tu n’as plus besoin de coller ma photo à côté d’une femme nue pour imaginer ce qu’il y a sous mes vêtements, » assura-t-elle avec un sourire.

-« Il me suffit de fermer les yeux en fait, » répondit-il faisant enfin un léger sourire.

Kate le regarda droit dans les yeux. Elle pouvait y lire toute sa peine, toutes ses angoisses. Elle tenta de le rassurer en passant sa main sur sa joue.

-« Je sais ce que tu as dû endurer… Enfin, j’imagine. Mais tu n’es pas seul. On est là, on a tous compris ce qui se passait. On est tous prêt à te soutenir. Mais c’est à toi de réagir ! »

Son regard se durcit, il repoussa la main de Kate et s’éloigna pour regarder par la fenêtre.

-« Alors tout le monde sait… Tout le monde sait que je ne suis qu’un type trop con qui se laisse marcher dessus trop facilement… »

-« Personne ne pense ça Castle, personne ! »

-« Ah oui ? Pourtant c’est bien les mots que tu as TOI-MEME employés pour parler de Bryan ! » fit-il remarquer en se retournant et la fixant droit dans les yeux.

-« Je ne parlais pas de toi… Je ne savais pas… »

-« Mais ça ne change rien ! » coupa-t-il. « Tu parlais de Bryan, d’un gamin de 12 ans qui se fait harceler sans oser réagir. J’ai plus de 40 ans et je n’ose pas lever le petit doigt. Alors tu vois, je préfère encore ne même pas imaginer ce que tu peux penser de moi en ce moment. »

Elle se rapprocha de lui et tenta de le prendre dans ses bras mais il recula.

-« S’il te plait Castle… Parle-moi… » supplia-t-elle.

-« Pourquoi ? Tu veux que je t’énumère le nombre de fois où il m’a cassé la figure ? Tu veux que je te raconte comment il s’y prenait pour me trainer dans les WC et me mettre la tête dans la cuvette ? Tu veux la liste de toutes les choses que j’avais l’habitude de recevoir en pleine tête ? Oh tu as le choix tu sais : ballons, cannettes pleines hein je te rassure, livres, crayons… Oh et cette cicatrice, » dit-il en lui montrant son front. « Tu veux toujours savoir d’où elle vient ? Tu risques de trouver ça beaucoup moins sexy après… »

-« Rick… » souffla Kate émue de le voir dans un tel état.

-« Rick ? » reprit-il. « Ce n’est même plus Castle ? »

-« Quoi ? »

Beckett ne comprenait pas ce qu’elle avait dit de mal. Rick ou Castle, qu’est-ce que ça pouvait bien faire ?

-« Je comprendrais que tu t’en ailles toi aussi tu sais. Qui voudrait d’un type aussi misérable ? »

Elle essaya de s’approcher de lui mais il la repoussa. Il n’osait même plus la regarder dans les yeux.

-« Je ne comptais pas m’en aller. Je n’ai pas pensé une seconde à te laisser tomber… Mais, si tu n’as même pas assez confiance en moi pour te livrer, pour me raconter tout ça, tu penses vraiment que notre couple peut survivre ? »

Elle prononçait ces mots à contrecœur, elle n’arrivait pas à comprendre comment ce Thornton avait pu le détruire en quelques jours seulement. Comment il avait pu sombrer aussi rapidement sans que personne n’ait rien vu venir.

-« Ouais…Tu as raison ! C’est peut-être mieux comme ça de toute façon. Je ne t’en veux pas tu sais, je comprends parfaitement, » dit-il en entrant dans son bureau et fermant la porte au nez de Kate.

Beckett resta debout au milieu de la pièce. Elle n’arrivait toujours pas à en croire ses oreilles. Elle ne savait même plus comment la discussion avait pu déraper à ce point-là. Elle ferma les yeux et baissa la tête, retenant tant bien que mal les larmes qui menaçaient de couler. Elle ne voulait pas le laisser tomber et il était hors de question qu’il pense une telle chose. Elle réfléchit un instant à la manière de lui faire comprendre qu’elle serait toujours là pour lui, qu’il pouvait avoir confiance en elle en toute circonstance. Elle se dirigea vers la cuisine et lui prépara un café qu’elle saupoudra de noix de muscade. Elle prit un stylo, un morceau de papier et lui laissa un petit mot.

« Rick, Castle…

Peu importe le nom que j’utilise, ça ne change rien à mes sentiments pour toi. Je tiens à toi et il est hors de question que tu traverses cette épreuve seul. Et même si aujourd’hui tu me mets à la porte en refusant de me parler, je serai toujours là pour toi… Quand tu auras envie de te confier, je t’écouterai. En attendant, je me contenterai de venir te préparer un café comme tu l’aimes avec un peu de noix de muscade pour te donner un coup de fouet et te permettre d’affronter ça. »

Elle se contenta de signer de ‘Kate’. Elle aurait aimé ajouter un ‘I love You’ mais préférait lui dire en face. Il dessina juste un petit cœur à côté de son nom avant de poser la tasse sur le petit mot, bien en évidence sur l’ilot de la cuisine.

Elle rejoignit sa voiture, toujours dans cette sorte d’état de choc, en espérant que les choses seraient encore rattrapables quand Castle se déciderait à sortir de son bureau.

 


judy1  (11.03.2013 à 18:56)

Chapitre 16 :

 

Beckett arriva chez les Morgan et se présenta à la femme qui lui ouvrit la porte. Elle commença par rassurer celle-ci en lui expliquant de l’officier qui parlait avec sa fille en ce moment était bien son collègue et qu’elle lui avait juste demandé de commencer sans elle car elle avait un problème urgent à résoudre.

-« Tout va bien ? » demanda Esposito en s’inquiétant de la voir de retour aussi rapidement.

-« Super ! » répondit elle en soupirant. « Bonjours Julia, je suis le Lieutenant Beckett. Je suis désolée pour votre ami Tommy. On fait tout notre possible pour arrêter celui qui lui a fait ça. »

-« Mais comme je l’ai dit à Monsieur Esposito, je ne vois pas ce que je peux faire pour vous. On ne se voyait pas si souvent que ça. »

-« Pourtant il vous a appelé la semaine dernière ! Il vous a envoyé un texto en vous demandant de le retrouver… »

La voix de Kate s’était adoucie car elle ne voulait pas que cette jeune fille se sente agressée. Elle avait besoin de son aide pour comprendre quel genre de garçon il était vraiment en dehors du collège.

-« Il n’était pas aussi méchant que tout le monde le dit. »

Elle marqua une pause, se retenant de pleurer devant eux.

-« Il m’a dit ce qu’il faisait… Il m’a raconté pour le racket, pour ce qu’il faisait à ce pauvre… Euh, je ne sais même plus son nom. Mais il n’était pas comme ça, je vous assure que c’était quelqu’un de bien. »

-« Pourquoi il voulait vous voir ? » demanda Kate doucement.

-« Son père l’a appelé, il s’est excusé. Tommy se sentait mal à cause de ce qu’il faisait au collège. Il voulait tout arrêter mais ne savait pas comment faire. Il avait peur des autres. Pas des représailles, ça il était prêt à les affronter mais de ses amis… Ceux de son groupe. »

-« Et son père ? Il l’a vu ? Vous savez ce qui s’est passé ? »

-« Oui, ils se sont vus mais Tommy ne m’a pas raconté tout dans les détails. Il m’a juste dit qu’il s’était excusé, qu’il essayait de s’en sortir, qu’il lui avait fait comprendre que ce qu’il faisait n’était pas bien et que ça ne lui ressemblait pas… Il lui a demandé d’arrêter. Je n’en sais pas plus. Je suis désolée. »

-« Vous nous avez déjà bien aidé en fait. Merci. »

Beckett se leva et fit comprendre à Esposito que l’entretien était terminé.

Au poste, Gates se planta devant Ryan et déposa un dossier juste sous ses yeux.

-« Les recherches que Beckett vous a demandé de faire ! J’y avais déjà pensé. »

Ryan releva la tête, surpris d’une telle démarche de la part de la Capitaine.

-« Merci, » se contenta-t-il d’ajouter.

-« Qu’est ce qu’il fait encore là lui ? » demanda-t-elle en regardant Jean-Michel des pieds à la tête.

-« Beckett je suppose ! Il a envie de savoir ce qu’elle va découvrir chez les Morgan… Enfin, avec lui, on ne sait jamais. »

-« Surveillez-le de près, je n’aime pas son attitude envers l’un de mes agents. »

Ryan se contenta de lui sourire en faisant un signe affirmatif de la tête. Il passa donc son temps à lire les infos transmises par Gates en attendant le retour du reste de l’équipe. Il fut un peu déçu de voir Esposito et Beckett revenir sans Castle mais, après tout, c’était compréhensible. Il ne posa aucune question à ce sujet et voulut commencer son résumé mais Beckett l’interrompit en foudroyant Thornton.

-« Qu’est-ce que vous faites encore ici ? Vous n’avez pas fini votre journée vous ? » demanda-t-elle sur un ton de reproches.

-« Vous avez découvert des choses intéressantes ? » questionna l’homme en ignorant la remarque.

-« Oui, des tas. Ryan, trouve-moi un numéro inhabituel sur le portable de Tommy. Un appel reçu la semaine dernière il me semble. Tu me trouves l’adresse et tu y vas. »

-« Et je suis censé y trouver quoi ? Ou qui ? »

-« Tu comprendras quand tu seras sur place ! » préféra-t-elle répondre en restant le plus évasive possible.

-« Et nous ? » demanda Jean-Michel.

-« VOUS ? Vous rentrez chez vous. Esposito et moi, on continue. »

-« Vous ne rentrez jamais chez vous ? C’est votre petit ami qui doit être content… » fit Thornton avec un petit sourire moqueur. « Oh, désolé, vous n’en avez peut-être pas ! »

-«  Oh si j’en ai un. C’est même un homme tout ce qu’il y a de plus charmant : il est drôle, intelligeant, gentil, sensible, attentionné… Enfin… Tout un tas de qualités que vous ne devez même pas comprendre ! » assura-t-elle d’un ton très sec.

-« Une petite lavette quoi… Encore un que vous menez à la baguette, » ricana-t-il. « Vous savez… Si vous voulez un homme, un vrai, je suis là. »

-« Non merci. Vous voyez, même si je ne suis pas certaine qu’en ce moment on soit toujours ensemble, vous êtes le dernier homme avec lequel j’aurais envie de me consoler. »

-« Bon, ben si vous voulez juste une partie de jambe en l’air avec un homme qui assure vraiment, je suis là aussi. »

Ryan et Esposito virent le regard de Beckett changer, elle s’approche de Ryan.

-« C’est le cadeau de Tim ? » demanda-t-elle en essayant de garder un semblant de calme.

-« Oui, » fit Ryan sans trop comprendre. « Une véritable batte des Yankees. Toute neuve, j’ai même réussi à avoir l’autographe de… »

Il ne termina pas sa phrase car, de toute façon, Kate n’écoutait plus. Elle venait de se saisir de la batte de base-ball. D’un geste brusque, elle fit voler la pile de dossiers qui était en attente sur son bureau. Elle s’approcha ensuite de Jean-Michel.

-« Ca, c’est pour avoir bousillé mon couple ! »

Elle frappa de toute ses forces, lui explosant certainement une ou deux côtes. Thornton était déjà plié en deux mais Beckett n’était toujours pas calmée. Elle s’approcha de lui et continua de s’acharner avec un coup de genoux entre les jambes.

-« Pour ce qui est de la partie de jambes en l’air, je pense que vous allez être indisponible pour un bon bout de temps. En tout cas, c’est gentil de vous soucier de ma libido mais, rassurez-vous, il assure ! Et certainement encore bien mieux que vous ne pourrez jamais l’imaginer ! »

Jean-Michel tomba à genoux, essayant de ne pas s’évanouir tellement la douleur était intense.

-« Désolée pour la batte, elle n’est plus tout à fait neuve ! » fit-elle calmement en la rendant à Ryan qui ne savait pas quoi répondre.

Elle quitta le poste sans se retourner alors que tout le monde la suivait du regard. Gates était sortie de son bureau et se trouvait aux côtés des deux inspecteurs.

-« La prochaine fois que j’exagère en titillant Castle, rappelez-moi cet épisode ! » fit-elle en s’adressant à Esposito. « Monsieur Thornton ? »

-« Mm » gémit-il, se demandant si quelqu’un allait enfin se rendre compte qu’il souffrait atrocement.

-« Quand vous aurez fini de vous trainer sur le sol, vous me rangerez ce foutoir avant de rentrer chez vous, » fit-elle autoritairement.

-« Mm Mm… » répondit-il en les voyant s’éloigner.

-« Tim va être déçu de ne pas avoir une batte toute neuve ! » fit remarquer Esposito en entrant dans l’ascenseur avec son collègue.

-« Parce que tu crois vraiment que je vais expliquer à un gosse de 8 ans comment on explose un gars en un seul coup ?! » répondit-il avec encore sous le choc de la scène à laquelle ils venaient d’assister. « Tu crois que c’est vrai ? Que c’est fini entre Castle et Beckett ? » demanda-t-il inquiet.

-« T’as vu la rage de Beckett ? Tu crois vraiment qu’elle va laisser tomber Castle ? Je te parie qu’en ce moment elle est chez lui en train de lui tirer les vers du nez… » assura le latino.

-« Au moins, elle n’a plus de batte de base-ball ! » plaisanta-t-il.


judy1  (12.03.2013 à 19:06)

Chapitre 17 :

 

Beckett était en larmes avant même d’arriver à sa voiture. Elle n’en revenait pas de ce qu’elle venait de faire Elle n’en revenait pas non plus que ça puisse être fini avec Castle, que ce type ait pu détruire en quelques jours ce qu’ils avaient mis 4 ans à construire. Elle avait envie d’aller chez lui, de lui parler, de le prendre dans ses bras mais il lui avait fait comprendre qu’il avait besoin d’espace. Et elle pouvait au moins respecter ça et le laisser réfléchir même si elle n’en n’avait aucune envie.

Elle était montée dans sa voiture et, sans trop s’en rendre compte, elle se retrouva garer devant l’immeuble de Rick. Il y avait de la lumière au loft mais elle resta dans la voiture à se demander ce qu’il pouvait bien faire en ce moment. Un instant plus tard, elle essuya les larmes de ses yeux et se remit en route pour rentrer chez elle.

Elle se gara à sa place et descendit de sa voiture n’ayant cependant aucune envie de rentrer chez elle. Elle prit les escaliers pour monter jusqu’à son étage ainsi, le temps qu’elle passait à se défouler sur les étages, elle ne tournait pas en rond chez elle à se demander où elle en était avec Castle.

Lorsqu’elle arriva enfin à son étage, elle vit du bout du couloir une personne attendre devant sa porte. La personne en question se releva alors que Beckett dut faire quelques pas avant de reconnaitre la silhouette de Castle. Un immense sourire illumina son visage et elle se précipita dans ses bras, manquant presque de le faire tomber.

-« Wah…Je t’ai manqué à ce point ? »

Elle s’écarta doucement, juste le strict nécessaire pour pouvoir le regarder dans les yeux. Elle passa délicatement sa main sur la joue de Rick, essuyant une larme au passage. Malgré les yeux rougis de Kate, Rick sentit son soulagement et la douceur dont elle faisait preuve à son égard lui assurait de la sincérité de ses sentiments.

-« Merci pour le café, » fit-il pour sortir de ce silence.

-« Il devait être froid quand tu t’es décidé à sortir de ta cachette. »

-« Il était bon quand même, » assura-t-il en la serrant dans ses bras. « On peux entrer pour discuter ou je dois vraiment te dire ces choses très gênantes au milieu du couloir ? » demanda-il en déposant un baiser dans son cou.

-« J’avais tellement peur de t’avoir perdu, que tout soit fini entre nous… » avoua Kate en l’embrassant tendrement.

-« Je suis désolé… Non, laisse-moi m’excuser encore une fois, » fit il en déposant un doigt sur les lèvres de Kate qui s’apprêtait à protester. « Je suis désolé de t’avoir rejetée tout à l’heure. Je m’excuse de t’avoir mise à la porte… Je sais que je peux te faire confiance, je n’en n’ai jamais douté, je t’assure. Mais je me suis senti tellement humilié, j’avais peur… J’ai encore peur je dois avouer mais je sais que tu es là et je veux partager ça avec toi, même si j’en ai vraiment honte. »

Kate ouvrit la porte de son appartement et entraina Rick en le tenant par la main. Rick la laissa poser ses affaires et la suivit dans la cuisine. Elle cherchait le menu d’un petit resto sympa qui livrait à domicile et débouchait déjà une bouteille de vin. Il se plaça derrière elle et la serra dans ses bras.

-« Moi aussi j’ai faim, je vote pour chinois ! »

-« Ok » fit-elle en se retournant. « Mais avant tu me racontes… »

Rick la tira par la main, l’entrainant vers le canapé.

-« On devrait s’asseoir, ça risque d’être long… Je ne sais même pas par quoi commencer ! »

-« Par le début… Pourquoi toi ? Comment tout ça a commencé ? »

Elle lui laissa le temps de réfléchir. Les minutes passèrent mais elle savait qu’il cherchait juste ses mots, une manière de commencer et qu’il ne cherchait pas à se dérober.

-« Je pense que ça a commencé dès le premier jour. Quand j’ai dû rendre ma fiche d’identité à notre professeur principal. Quand il m’a fait remarquer que je n’avais rien indiqué pour mon père alors qu’un grand garçon comme moi devait au moins connaitre son prénom ! Je cite hein, ce genre de réflexion reste gravée. »

-« Oh… Castle. Mais Thornton est bien plus vieux que toi, il ne devait pas être dans ta classe, si ? »

-« Non, il n’était pas dans ma classe mais, à ce moment-là, je me suis senti si vulnérable, j’avais l’impression de n’être rien du tout. C’est mon voisin de classe qui m’a fait sourire en me disant que de grands garçons comme nous n’oseraient certainement jamais sortir avec une perruque aussi flagrante. Je me souviens avoir explosé de rire, un peu comme toi en ce moment, » expliqua Rick avec un petit sourire.

-« Mais le rapport avec Thornton ? » insista Beckett un peu perdue.

-« La semaine suivante, j’ai vu ce garçon se faire coincer la tête dans son casier par autre qui faisait deux fois sa taille. Je me suis dit qu’il m’avait sauvé la mise avec ce prof. Alors je lui devais bien un petit coup de main. Je me suis mis entre eux et j’ai défié Jean-Michel. Je l’ai regardé dans les yeux et je lui ai dit d’aller voir ailleurs. Qu’il ne s’en prenne plus à lui. »

-« Wah, c’était drôlement courageux ça, » remarqua Kate avec un sourire admiratif.

-« C’était surtout très stupide ! Il s’est avancé encore plus près de moi, jusqu’à ce que je recule d’un pas et que ma tête heurte la porte du casier. Il m’a dit : ok, on va lui foutre la paix à ton petit copain. »

-« Tu n’aurais pas dû reculer… » soupira Kate e lui caressant la joue.

-« Non… Je n’aurais pas dû intervenir tout court ! » fit-il remarquer avec son regard de gamin désespéré. « A partir de ce moment-là, je ne pouvais plus avancer dans un couloir sans recevoir un objet quelconque en pleine tête. Je ne pouvais pas sortir d’une classe sans que JM ou un de ses copains ne m’accompagne. »

-« Je suis désolée… »

-« Pourquoi ? Tu n’y es pour rien ! »

-« Pour l’avoir inclus à l’enquête. Pour ne pas avoir remarqué plus tôt que tu allais aussi mal. Mais pourquoi ne m’as-tu rien dit ? Pourquoi n’en as-tu jamais parlé à cette époque ? … Oui, j’ai parlé à Martha ! » avoua Kate devant de regard de son partenaire.

-« Je l’ai fait. J’ai été voir l’adjoint du principal. Il m’a écouté et ensuite on a été voir Thornton et ses amis. Il leur a fait la leçon et m’a donné une grande tape dans le dos en me disant de régler ça avec eux… La tape dans le dos m’a surpris et je suis tombé dans une flaque. »

Kate se retint de rire en imaginant la scène.

« Non… Tu as le droit de rire. C’est vrai qu’en y repensant c’était plutôt drôle. Mais autant te dire qu’après ça, les tapes dans le dos, j’en ai eu un bon nombre… Jamais je n’aurais osé en parler à Mère. J’avais trop honte, surtout après le coup du principal adjoint. Comment je pouvais lui dire ça ! Que j’étais incapable de me défendre tout seul…Tu as entendu ses allusions à propos d’elle ? C’était bien pire encore à l’époque. Comment lui raconter ça sans lui faire de peine… C’était moi l’homme de la maison, c’était à moi de la défendre. C’était à moi de régler ça ! »

-« Tu n’étais pas l’homme de la maison Castle ! Tu n’étais qu’un petit garçon de 11 ans qui avait besoin de repères. »

Elle prit ses mains dans les siennes et le regarda avec une tendresse incroyable. Elle savait que l’absence de son père l’avait marqué mais jamais elle n’aurait pensé que ça avait engendré un tel désastre.

-« El la cicatrice ? »

-« Je dois vraiment te raconter ça ? » supplia-t-il.

-« Tu préfères me raconter comment il te mettait la tête dans les toilettes ? »

-« OK… Dans ce cas, je choisis la cicatrice ! »

Il chercha ses mots pendant quelques secondes avant de commencer.

-« On n’était en retenu. Après avoir reçu une raclée, je me suis révolté et je lui en ai collé une dans les dents… Sauf que le directeur passait par là et, qu’en plus de nous sermonner devant nos parents, il nous a condamnés à passer une semaine de retenu dans la même pièce. »

-« Une semaine pour une petite bagarre ? Il était dur ! »

-« Ouais… Sauf qu’après deux jours la prof qui devait nous surveiller en avait déjà marre. Elle est arrivée avec des copies à corriger, des feuilles à classer et tout son petit nécessaire de travail… Après une heure, elle est partie faire des photocopies… »

-« Et ? » s’impatienta Kate.

-« Tu es sûre que tu veux savoir ? »

-« CASTLE ! Qu’est-ce qui s’est passé ? »

-« Il farfouillait dans les affaires de la prof, se moquait des notes des élèves, changeait les 3 en 8… Enfin des trucs comme ça. Au bout d’un moment, il m’a appelé. Je l’ai vu avec une agrafeuse à la main, je me souviens d’un choc contre ma tête et… Et je me suis réveillé dans un lit d’hôpital. »

-« Non mais c’est vraiment un grand malade ce type ! » s’emporta la jeune femme en passant un doigt sur la cicatrice de son homme.

-« C’est tout de suite bien moins cool que d’imaginer que je me suis fait ça en jouant les super héros auprès d’une fille… »

Kate mit sa jalousie de côté pour lui répondre par un sourire.

-« En tout cas, je trouve toujours que ça te donne un petit air sexy. Et tu n’as pas à avoir honte de ton passé. Après tout, tout ça est arrivé parce que tu as voulu jouer les héros justement. »

Elle lui fit un petit clin d’œil avant de se rapprocher et de déposer un tendre baiser sur ses lèvres.

-« Je t’aime Rick. Tu es un héro à mes yeux et ce n’est pas ce Thornton qui viendra y changer quoi que ce soit. »

-« Je rêve ou je viens d’avoir droit à un ‘je t’aime’ ? » demanda-t-il malicieusement. « Je dois vraiment avoir une tête épouvantable ! »

-« Castle ! » dit Beckett en explosant de rire. « J’ai cru te perdre tout à l’heure. Alors oui, je veux que tu le saches, que tu l’entendes : je t’aime. »

Ils passèrent encore une bonne heure dans les bras l’un de l’autre à discuter de leur adolescence et se racontant des petits secrets qu’aucun d’eux n’avaient encore jamais osé avouer. En entendant le ventre de Kate crier famine, Rick se leva et revint s’asseoir avec un menu dans une main et son portable dans l’autre. Ils dinèrent en continuant à discuter et finirent par s’endormir dans les bras l’un de l’autre après que Castle lui ait prouvé une fois de plus que même au lit il était imbattable.

 


judy1  (13.03.2013 à 19:07)

Chapitre 18 :

 

Lorsque Kate se réveilla le lendemain matin, le lit était vide à côté d’elle. Elle soupira, pensant que Castle était parti tôt ce matin pour ne pas l’accompagner au travail et ne pas avoir d’autres explications embarrassantes à lui donner mais, lorsqu’elle sortit de sa chambre et vit son écrivain lui préparant un petit déjeuner, le sourire lui revint. Elle descendit les escaliers à toute vitesse pour se précipiter dans ses bras.

-« Je croyais que tu étais parti ! » fit-elle doucement en déposant un baiser sur ses lèvres.

-« Mais non ! Je n’allais pas prendre le risque de te perdre encore… » répondit-il en lui caressant la joue avant de l’embrasser passionnément. « Tu devrais aller te préparer pendant que je termine ton petit déjeuner, » ajouta-t-il avec le sourire.

Elle prit une rapide douche et se prépara avant de redescendre. Ils prirent leur petit déjeuner ensemble mais, au moment de partir, elle le sentit réticent.

-« Qu’est-ce qui se passe ? » demanda-t-elle en connaissant déjà la réponse.

-« C’est juste que… Que je me disais que vous n’aviez pas vraiment besoin de moi en ce moment. »

Kate leva les sourcils, se demandant depuis quand ils n’avaient pas besoin de lui sur une enquête.

« Bon, c’est vrai ! Je n’ai aucune envie de croiser Thornton ! Tu dois vraiment me prendre pour un lâche, » baissa-t-il la tête.

Elle passa sa main sous son menton pour lui faire relever la tête et le regarda droit dans les yeux.

-« Jamais je ne penserai une telle chose et jamais je ne me permettrai de te juger. Je peux comprendre que tu aies peur. Cet homme t’a fait vivre un véritable enfer mais tu n’as plus 11 ans, tu as le droit de te défendre. Tu n’es plus seul à présent et on est tous derrière toi pour te soutenir. Mais si tu préfères attendre que cette enquête soit résolue pour revenir, je comprendrais et je respecterais ta décision, » assura-t-elle.

-« Je ne sais pas si tu te souviens, mais un jour, tu m’as demandé pourquoi j’étais devenu écrivain… »

-« A cause de Thornton ? »

-« Il y a longtemps, un peu avant que je ne le rencontre, j’ai croisé un homme génial dans une bibliothèque. Il m’a conseillé un livre vraiment super et j’ai su que c’est ce que je voulais faire moi aussi, écrire. Mais si mon chemin n’avais pas croisé celui de Thornton, je ne pense pas que j’aurais pu imaginer des choses aussi sombres. A chaque fois que j’écrivais, ça me permettait de m’évader, de changer d’univers. Mais j’étais tellement blessé à l’intérieur que je ne pouvais pas m’empêcher de faire souffrir mes victimes et d’un côté je les enviais. Peu importe à quel point je les faisais souffrir, elle ne vivait ça qu’une seule fois. »

Le sourire de Beckett s’effaça et elle fronça les sourcils, ayant peur de comprendre ce qu’il était en train de lui dire.

-« A une certaine époque, j’aurais aimé être à leur place. J’aurais préféré mourir plutôt que de devoir retourner au collège encore et encore et affronter JM et sa petite bande. »

-« Tu n’as jamais demandé à changer d’école ? »

-« A ce moment-là non. J’étais pris dans un engrenage dont je n’arrivais pas à sortir. C’est Mère qui m’a fait changer d’établissement scolaire. C’est probablement ce qui m’a sauvé. Mais le mal était fait et, peu importe l’école dans laquelle j’allais, j’avais l’impression que tout ça était écrit sur mon front. A chaque fois qu’une personne s’approchait de moi, je ripostais avec violence. J’avais trop peur que tout ça recommence. Je me suis fait virer de 5 collèges avant que je ne comprenne que ça ne servait à rien. Ma dernière année, je ne suis efforcé de passer inaperçu. J’avais l’impression d’être un fantôme : personne ne me parlait, personne ne me regardait, les autres se contentaient de me frôler dans les couloirs. Je me disais souvent que si je disparaissais de la surface de la terre, la seule personne qui s’en rendrait compte était le surveillant qui prenait les présences. Et encore, ça n’aurait été qu’un nom sur une liste. Ce n’est qu’un peu plus tard, au lycée, que j’ai rencontré Damian et que je me suis laissé approcher. Peu à peu je suis arrivé à lui faire suffisamment confiance pour le laisser lire ce que j’écrivais. »

-« En tout cas, si tu disparaissais de la surface de la terre, je m’en rendrais compte à la minute près. Je t’assure que je comprends que tu n’aies pas envie de revivre ça. Tu peux rester ici tout le temps que tu voudras… Mais tu vas me manquer… Oh mon Dieu, je ne pensais jamais t’avouer ça un jour. »

-« Que je vais te manquer ? » demanda Rick tout fier.

-« Le café va me manquer… » essaya-t-elle de se rattraper avec humour.

-« Trop tard Lieutenant, je sais que tu m’aimes, » dit-il avec un sourire malicieux en l’embrassant une fois de plus. « Mais non, je ne vais pas rester ici. Je vais rentrer chez moi et écrire un peu. Faut vraiment que je m’y mette si je ne veux pas que Gina me harcelle elle aussi. »

Kate esquissa un léger sourire face à l’humour dont il arrivait encore à faire preuve malgré les circonstances. Elle le regarda sortir de l’appartement et dut se résoudre à se rendre seule au travail.

En arrivant au 12th, elle remarqua le regard inquiet de ses coéquipiers en la voyant arriver seule. Cette attention délicate lui fit chaud au cœur et elle préféra les rassurer tout de suite.

-« Castle est chez lui. Ça va aller. Il a juste pas mal de retard avec ses chapitres. »

Le temps qu’elle s’installe à son bureau, elle vit Thornton sortir de l’ascenseur et débarquer avec deux cafés à la main. Les 3 inspecteurs échangèrent un regard.

-« Tu crois vraiment qu’il va oser, » pouffa Esposito.

-« Je n’ai plus de batte de base-ball aujourd’hui, il s’en sortira peut-être mieux, » répliqua Ryan sur le ton de la plaisanterie.

-« Ce n’est pas grave, j’ai toujours mon arme de service pour me défouler ! » assura Beckett avec un regard noir.

Comme ils l’avaient prédit, Jean-Michel s’avança près du bureau de Beckett et y déposa un café.

-« Pour me faire pardonner ! » fit-il avec un grand sourire charmeur. « J’ai cru comprendre que vous aimiez le café. »

-« Pas celui-là ! » fit Beckett en prenant le gobelet et le laissant tomber directement dans la corbeille à papier. « Et si vous n’avez pas envie de passer votre journée aux urgences, ne me tentez surtout pas. Je n’ai pas besoin d’une batte de base-ball pour vous fêler d’autres côtes. Même si ça m’éviterait juste de ne pas me salir les mains ! »

Elle le contourna et se planta devant Esposito et Ryan.

-« Dites-moi que vous avez appris des choses intéressantes qu’on puisse vite classer cette affaire ! »


judy1  (14.03.2013 à 19:07)

Chapitre 19 :

 

Ça faisait deux jours maintenant que Castle n’était pas revenu au poste. L’équipe continuait à enquêter mais ils n’avançaient pas très vite.

Ryan avait réussi à localiser l’appel du père de Tommy et avait été lui rendre une petite visite. Il n’avait pas appris grand-chose de plus : le père était dévasté par la mort de son fils. Il avait avoué à l’inspecteur qu’il l’avait suivi à plusieurs reprises et qu’il l’avait vu menacer le pauvre Bryan et faire pression sur d’autres élèves. Le pauvre homme s’en voulait, il se sentait responsable de la descente aux enfers de son fils. C’est lui qui lui avait servi de modèle, lui qui lui avait appris la violence… Il avait décidé de changer. Il avait téléphoné à son fils pour s’excuser et, lorsqu’ils s’étaient rencontrés, il lui avait bien dit à quel point il regrettait. Ils avaient passé un deal : lui arrêtait l’alcool et évitait les bars tandis que son fils arrêtait de s’en prendre aux autres au collège. Tommy lui avait promis de tout arrêter et il avait été jusqu’à affirmer qu’il présenterait des excuses à Bryan, pas publiquement mais il le ferait quand même.

De leur côté, Esposito et Beckett avaient creusé la piste des amis de Tommy bien qu’avec Thornton au poste, les couloirs du collège étaient, à en croire les rumeurs, un peu plus calmes. Visiblement Bob et les autres faisaient du bien meilleur travail sans leur supérieur dans les pieds. Cependant, malgré le fait que le racket et le harcèlement de Bryan ne soient plus qu’un mauvais souvenir, les 3 amis de Tommy Osborne continuaient tout de même à parader et essayaient sans cesse d’impressionner les plus jeunes.

Pour ce qui en était sur l’enquête menée en douce à propos de Jean-Michel Thornton, ils avaient appris que, s’il s’était retrouvé au collège en même temps que Castle malgré leur 8 années d’écart, c’était uniquement parce que JM avait approfondie presque chaque année de cours élémentaires et qu’il en était à se deuxième tentative pour terminer le collège et espérer entrer dans un lycée pas trop misérable. Il n’avait aucune formation d’éducateur. Il avait décroché son premier job grâce à un ami qui l’avait laissé tenter sa chance et, par la suite, il avait obtenu des emplois grâce à cette expérience et à sa bonne réputation. Pour ce qui est du grade de « chef », il n’était dû qu’à ses année de travail et non à ses qualifications, ni à une quelconque formation et encore moins à des résultats satisfaisants. Kate demanda à Ryan de contacter ses employeurs précédents et d’insister pour obtenir les raisons plus exactes de ses revoies et démissions car, pour changer d’employeurs aussi souvent, il devait certainement y avoir un truc louche.

Les recherches continuaient donc sans les théories farfelues de Castle, bien que ce dernier soit tenu au courant de l’avancement de l’enquête par Beckett qui rentrait tous les soirs au loft avec une petite pile de dossiers. Ils travaillaient ensemble depuis plus de 4 ans et, même si elle refusait toujours de lui avouer, son aide lui était bien plus précieuse que celle de n’importe qui. Il avait une manière tout à fait particulière de réfléchir et elle adorait cette manie de s’acharner sur les petits détails.

En attendant le moment béni où sa montre indiquait enfin la fin de son service, Beckett passait donc ses journées à se prendre la tête avec Thornton qui n’en ratait pas une pour faire remarquer les absences à répétition de Castle, leur glissant de temps en temps l’une ou l’autre des anecdotes de leur adolescence qu’il était le seul à trouver drôle. Cette fois-ci, il était en train d’expliquer comment le petit Ritchy s’était retrouvé au milieu des vestiaires uniquement vêtu de son slip et obligé de traverser tout le collège pour retrouver ses affaires.

-« Merci Jean-Michel mais tout le monde s’en fiche ici. On a du travail je vous rappelle, » soupira Beckett en continuant à taper sur son clavier, cherchant désespérément quelques informations supplémentaires sur les élèves.

-« Vous n’êtes vraiment pas drôle vous savez ! Vous devriez vous détendre de temps en temps… » fit-il en s’installant sur la chaise de Castle, la dévisageant avec ce qu’elle aurait pu prendre pour un regard charmeur si elle n’avait pas été sur les nerfs.

-« On me l’a déjà dit, oui. Mais ça ne ferait pas avancé mon enquête plus vite ! » répondit Beckett sans lui prêter plus d’attention.

-« Vous devriez faire comme moi et vous libérer un peu. La vie est belle, profitez-en un peu. »

-« Et faire copain-copain avec les criminels ? Désolée, je ne suis pas certaine que je pourrais encore dormir la nuit. Et vous, pas de problème de ce côté-là ? » rétorqua-t-elle comme si de rien n’était.

Le regard amoureux de Jean-Michel disparut et la colère commençait déjà à bouillir en lui. Il donna un coup sur le bureau de Beckett espérant la faire sursauter et se leva pour affirmer sa supériorité.

-« Ok, j’ai peut-être laissé faire quelques petites choses pas très nettes ! Ok, j’ai commis pas mal d’erreurs ! Mais de quel droit vous osez me juger ? » dit-il d’un ton menaçant.

-« Vous êtes payé pour faire régner l’ordre dans un collège et protéger l’intérêt de TOUS les étudiants et non favoriser la délinquance juvénile en transformant des adolescents en meurtrier, » rétorqua Beckett en se levant à son tour.

Thornton était fou de rage qu’une personne lui tienne tête. Il la regardait avec une telle haine que tous les regards se braquèrent vers eux, se demandant comment l’affrontement allait se terminer cette fois.

-« Je suis venu de mon plein gré pour vous apporter mon aide. Vous devriez être reconnaissante espèce de petite… »

Jean-Michel n’eut pas le temps de finir sa phrase. Castle qui passait juste rapporter les dossiers que Kate avait oubliés ce matin au loft venait de sortir de l’ascenseur. De là où il était, il n’entendait pas les mots mais il voyait bien Thornton la regarder avec haine et la menacer en pointant son index sur elle à chacune de ses paroles.

Castle accéléra le pas. Que Thornton s’en prenne à lui, il avait l’habitude mais il n’avait pas le droit de s’en prendre à elle. Il bouscula une personne en se dirigeant vers le bureau de Kate et, après avoir plaqué les dossiers sur le bureau de Ryan, il attrapa Jean-Michel par l’épaule.

Thornton avait à peine eu le temps de se retourner et de voir qui se permettait de l’interrompre qu’il reçut une sacré droite qui aurait pu lui déboiter la mâchoire. Sans qu’il ait eu le temps de relever la tête pour voir son agresseur, il sentit ses pieds quitter le sol et se sentit fermement maintenu contre une cloison. Son agresseur m’avait pas desserré son étreinte. Il sentit cependant que la pression se faisait plus au niveau du cou à présent et, sans trop que personne n’ait pu comprendre ou remarquer d’où Castle sortait le coupe papier qu’il avait en main, il le planta dans la cloison, à quelques millimètres seulement de la tête de Thornton.

-« Si tu oses encore une seule fois poser tes yeux sur elle, la menacer ou avoir des propos déplacés, je te jure que, peu importe ce que j’aurai sous la main à ce moment-là, ce n’est pas dans le mur que je le planterai… Ne t’approche plus jamais d’elle ! »

Les mots de Rick étaient très clairs et prononcés dans un moment de rage mais sans la moindre hésitation et avec une telle assurance que même Kate restait à observer la scène en retenant sa respiration.

Rick lâcha Jean-Michel qui mit un certain temps à se rendre compte que c’était Richard Rodgers qui venait de lui donner la plus grosse correction de sa vie. Il en avait les jambes qui tremblaient et se contentait de le regarder. Mais Richard avait déjà tourné les talons. Sans rien dire de plus, et sans regarder personne, il s’apprêtait à repartir d’un pas tout aussi décidé que celui qu’il avait eu en sortant de l’ascenseur.


judy1  (15.03.2013 à 19:12)

Chapitre 20 :

 

Beckett commençait à réaliser ce qui venait de se passer et elle se précipita vers Castle. Il était hors de question qu’elle le laisse partir comme ça, il serait encore capable de s’en vouloir pour avoir réagi. Sans prononcer le moindre mot, elle lui prit la main et l’attira vers la salle de repos. Kate commença par fusiller les deux agents qui s’y trouvaient et qui, comprenant très vite qu’ils dérangeaient, sortirent de la pièce en se cachant derrière leur tasse. Toujours sans rien dire, elle referma la porte et se tourna vers Rick qui ne savait toujours pas s’il allait de faire engueuler ou pas. Mais, dès qu’ils furent seuls et coupés du reste du monde, un sourire illumina le visage de Kate qui se précipita dans les bras de Castle.

Légèrement rassuré, il ferma les yeux et la serra dans ses bras. Elle prit son visage entre ses mains et, tout en continuant à sourire, elle rapprocha lentement ses lèvres des siennes.

-« Tu te rends compte que ce n’est pas parce que la porte est fermée que personne ne nous voit ! » ironisa-t-il avec son sourire de gamin. « Gates va nous voir. »

-« Je m’en fiche Rick. Je t’aime et je suis fière de toi, » répondit-elle sans pour autant détacher ses lèvres des siennes.

Castle céda à la tentation et le baiser devint rapidement très passionné. Se rappelant qu’ils n’étaient pas tout à fait seuls, ils stoppèrent leur baiser mais restèrent dans les bras l’un de l’autre.

-« Je n’en reviens pas que tu aies fait ça ! » laissa échapper Beckett.

-« J’ai cassé la gueule à un type et toi tu es fière ! Je n’aurais pas cru que tu étais ce genre de femme. »

Kate éclata de rire et le regarda dans les yeux tout en lui caressant la joue.

-« Je croyais qu’on devait rester discret ! » fit remarquer l’écrivain une fois de plus pour être certain qu’elle se rendait bien compte qu’elle était probablement en train de bousiller sa carrière en s’affichant de la sorte avec lui.

-« Je sais. Et je m’en fiche ! Gates peut en penser ce qu’elle veut, ça m’est égal. Tu comptes bien plus que mon job à mes yeux. »

Pour le lui prouver, elle déposa une fois de plus un baiser sur ses lèvres tout en jetant un œil par la vitre, constatant que, comme ils le pensaient, tous les regards étaient braqués vers eux.

-« Tu as bluffé tout le monde tu sais. Depuis près d’une semaine ce type te traite comme une loque sans que tu ne réagisses et là, tu le vois s’en prendre à moi et… Wahhh, tu lui voles dans les plumes ! C’était remarquable tu sais ! »

-« Je ne permettrai jamais à personne de te faire du mal, et surtout pas Jean-Michel. Et merci de ne pas t’en être mêlée et de m’avoir laissé faire ça moi-même. Je me doute qu’il n’en restera pas là, il pourrait même porter plainte… Mais qu’est-ce que ça soulage ! » fit-il en serrant Kate dans ses bras et déposant des baisers dans son cou.

-« Je pense que tu vas en entendre parler alors je préfère te le dire moi-même… »

Rick s’éloigna un peu, le strict minimum afin de pouvoir la regarder dans les yeux. Que pouvait-elle bien avoir de si gênant à avouer ?

« Je n’ai pas su garder mon calme. J’attendais juste que tu sois parti pour les remarques les plus virulentes… Et euh… Pour lui exploser deux côtes, » avoua-t-elle, craignant qu’il le prenne mal.

-« Alors tu prends ma défense ? » s’étonna-t-il.

-« Tu crois vraiment qu’un petit crétin peut venir et balancer tout un tas de trucs sur toi et sur Martha ? »

-« Mais pour tout ce dont il s’est venté à mon sujet, je suis certain que c’était vrai. Il n’avait pas besoin d’exagérer les choses pour me faire passer pour un idiot ! »

-« Personne ne te considère comme un idiot, » assura Kate une fois de plus. « Toutes ces petites histoires me donnaient encore plus envie de lui en foutre une ! Je t’assure que, si je ne m’étais pas retenue, je l’aurais déjà démoli… »

-« Merci de m’avoir laissé se privilège ! » répondit-il avec un léger sourire. « Je peux te poser une dernière question ? » continua-t-il en prenant son petit air de gamin.

-« Quoi ? » demanda Kate en fronçant les sourcils.

-« Maintenant qu’on est ici depuis plusieurs minutes à discuter en étant enlacés dans les bras l’un de l’autre, comment on fait pour sortir de la pièce sans se sentir gênés devant les regards des autres ? Non pas que je sois embarrassé d’être vu avec toi… » assura-t-il, faisant allusion à l’une de ses remarques.

-« Euh… » réfléchit-elle. « Bah… On va faire comme d’habitude ! »

Elle prit deux tasses à café et les remplit avant d’en tendre une à Rick.

-« Agis normalement… Enfin, si c’est possible ! » le taquina-t-elle gentiment avec le sourire.

Alors que Beckett et Castle s’enfermaient dans la salle de repos, Thornton reprenait peu à peu ses esprits. Il regarda avec dégout Beckett s’élancer vers Rodgers et l’embrasser.

-« Non ! Ce n’est pas possible ! C’est lui son petit ami ? » fit-il en questionnant Esposito du regard. « Mais qu’est-ce qu’elle peut bien lui trouver à ce minable ? »

-« Je dirais son charme, son humour et qui sait, la réputation que lui donnent les magazines people est peut-être fondée : il est peut-être vraiment exceptionnel… » s’amusa Gates.

-« La presse people ? Non sérieusement ? Il est vraiment connu ? »

-« Oui. Et si vous lisiez autre chose que des bandes dessinées pourries, vous l’auriez peut-être remarqué. Castle est l’un des auteurs de romans policiers le plus lu et le plus apprécié. Surtout auprès des femmes… Mais dites donc Capitaine, je ne savais pas vous étiez fan ? »

-« NON…. » assura-t-elle sèchement. « J’aime la presse people, c’est tout ! »

Pendant qu’Esposito et Gates discutaient, la Capitaine fit semblant de ne pas apercevoir les différents officiers qui n’attendaient qu’une réaction de l’auteur pour lui prouver leur soutien. En l’espace de quelques minutes seulement Thornton s’était déjà pris trois tapes dans le dos, sans compter un nombre important de boulettes de papiers qui venaient des 4 coins de la pièce. Résigné à affronter ça mais se croyant malgré tout plus fort que Ritchy Rick, il voulut s’asseoir. Sauf qu’au dernier moment, alors que ses fesses allaient se poser sur la chaise, Gates la lui subtilisa.

-« Désolée, je vais en avoir besoin en salle de réunion. Ohh… Vous vouliez vous asseoir ? » demanda-t-elle innocemment en le regardant s’étaler sur le sol.

C’est ce moment que choisirent Castle et Beckett pour sortir de leur petite cachette. Kate se retint d’exploser de rire, se contentant d’échanger un regard complice avec Rick.

-« Qu’est-ce qu’il fait à terre lui ? » demanda-t-elle en regardant les deux inspecteurs.

Ils hésitèrent un instant avant de répondre, se retenant eux-même de rire.

-« Il a glissé Chef ! » fit Ryan en essayant de rester sérieux.

-« Oh… Ok ! » se contenta de répondre Beckett en passant à côté de lui comme si tout était normal. « Bon, où on en était ? » demanda-t-elle en regardant désespérément le tableau tout en se blottissant dans les bras de Rick qui venait de se placer juste à côté de lui. « Dis-moi que tu ne passais pas juste par hasard pour ramener les dossiers… Tu dois bien avoir une petite théorie ? 

Elle le regarda du coin de l’œil, peu convaincue d’avoir une réponse à sa demande.

-« Bah en fait… Oui, j’en ai une, » répondit-il en déposant un baiser dans les cheveux de Kate, dans un geste qui leur semblait si naturel à eux deux.

-« Une qui ne va pas nous donner mal à la tête Monsieur Castle ? » insista Gates qui passait par là pour vérifier que tout allait bien.

-« Merci de votre confiance Capitaine, » ironisa Castle en soupirant.


judy1  (16.03.2013 à 19:08)

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