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Série : Castle
Création : 25.02.2013 à 19h08
Auteur : judy1
Statut : Terminée
« Quand un adolescent se fait assassiner au collège et que Beckett et Castle doivent mener l'enquête avec l'aide d'un ancien ami de Rick. » judy1
Cette fanfic compte déjà 25 paragraphes
Chapitre 21 :
Rick préféra ne pas relever la petite pique de Gates qu’il prit plus avec humour que comme une attaque personnelle et commença sa petite réflexion.
-« Si je ne me trompe pas, cette histoire de racket dure depuis pas mal de temps, bien avant la rentrée scolaire, n’est-ce pas ? » fit il remarquer en regardant Jean-Michel.
-« Ouais bon... Et alors ? Qu’est-ce que ça peut te faire petit Ritchy ? » voulut-il en recommençant à l’agresser.
A cette attaque, il sentit tout de suite une flopée de regards se tourner vers lui tandis que celui de Castle se changea d’un seul coup pour se charger de haine, un peu comme celui qu’il avait eu en le frappant peu de temps avant.
-« Richard. Je m’appelle Richard ! » reprit Rick avec un ton menaçant.
Thornton sentit tout de suite que le temps où il était capable de mener le petit Ritchy Rick par le bout du nez était bel et bien fini aussi battit-il en retraire en faisant un pas en arrière afin de s’adosser contre le bureau des inspecteurs pour écouter ses théories.
« Comme je le disais, cette histoire de harcèlement dure depuis plus de deux ans déjà. Et oui JM, je me suis renseigné auprès de tes collègues, ils sont vraiment très sympas et bien plus performants sans toi en fait. Seulement, comme on le sait, c’est l’attitude de son père qui a fait péter un câble à Tommy. J’en ai donc conclu qu’il n’y était pour rien avant cette rentrée scolaire. Et, comme il n’y a eu aucune guerre des gangs pour revendiquer le territoire, facile d’imaginer que le racketeur de l’année dernière est au lycée ce qui laissait le champ libre pour Tommy et sa petite bande. »
-« Et alors ! Ça nous fait une belle jambe de savoir ça… » marmonna Jean-Michel.
Une fois de plus le regard assassin de Beckett foudroya le « surveillant ».
-« Et si vous le laissiez parler 5 minutes sans l’interrompre, on pourrait peut-être comprendre nous aussi ! » fit-elle autoritaire.
Ryan et Esposito se retenaient de rire alors que, sous le regard amusé de Gates, Castle se contenta d’un petit clin d’œil à sa partenaire.
-« Alors je me suis dit : pourquoi Bryan ? Quand est-ce que tout cela a vraiment dégréné ? Comment de Tommy tout seul et mal dans ses baskets enfin bref, un garçon qui avait tout pour se révolter, on est passé à une bande de 4 gamins s’amusant à terroriser les autres ? »
-« Allez-y Monsieur Castle. Venez-en aux faits, » s’impatienta Gates.
-« Alors voila. Je sais que Tommy fréquentait Zachary Tayler l’année dernière. Ils étaient dans la même classe et partageaient un bon nombre de cours en fait. Quoi ? Ne me regardez pas comme ça, vous croyez vraiment que je suis resté 2 jours chez moi assis devant mon PC ? Pour ce qui est de Logan Cameron, j’ai dû fouiller un peu plus et aller discuter avec Madame Osborne et Julia Morgan pour avoir un complément d’informations. Et non Capitaine, vous n’aurez aucune plainte à ce sujet. Ça m’arrive de me faire discret vous savez. Bon, toujours est-il que ce ‘brave’ garçon est souvent livré à lui-même car ses parents sont… Enfin, c’est peut-être plus le problème des stups ça. Disons juste qu’en trainant dans les rues pendant les vacances d’été, Tommy et Logan se sont rencontrés et ont commencé à passer pas mal de temps ensemble alors, en retournant au collège, il me semble tout à fait normal que leur amitié a continué même s’ils ne se voyaient pas énormément étant donné que leurs options ne coïncidaient pas. »
-« Et pour Nicholas ? Il n’est même pas dans la même année ! » fit remarquer Ryan.
-« Alors lui il peut intervenir et pas moi ! » s’offusqua Jean-Michel.
-« Parce que je n’agresse personne moi ! » fit remarquer l’inspecteur sans même regarder Thornton avant de poursuivre.
-« Non… Effectivement. Nicholas est le dernier à avoir rejoint le groupe. C’était un peu leur petit protégé en fait et c’est avec lui que cette histoire de harcèlement envers Bryan a commencé. »
Beckett fronça les sourcils, essayant de comprendre et de relier les éléments entre eux.
« Avant que Nicholas ne fasse partie de leur petite bande, le racket n’était pas vraiment leur préoccupation première. Ils s’amusaient à piquer les tickets repas quand ils ne savaient pas en acheter, ils poussaient les plus petits pour avoir une meilleure place dans le bus ou à la cantine mais ça n’allait pas plus loin. C’était juste une bande de petits cons. »
-« Et c’est Becker qui les a entrainé ? » demanda Thornton en se rapprochant.
Contrairement aux autres fois, sa voix n’était pas chargée de reproches, ni d’aucun sous-entendu. Il n’avait aucune idée tordue en tête, il cherchait juste à comprendre lui aussi.
-« D’une certaine façon, oui. Il est à l’origine du harcèlement et, la petite bande ayant pris confiance en elle, de l’escalade du racket. Je vous explique : l’année dernière, une autre bande faisait la loi dans le collège. Mais les responsables sont partis au lycée laissant la place libre. »
-« C’est bon Richard, on a compris qu’il y avait un problème de racket depuis longtemps, tu es obligé de revenir sans cesse sur ça ? » fit Thornton qui n’en menait pas large de voir ses lacunes exposées de la sorte.
-« Oui, parce que c’est important pour la suite, » répondit Castle du tac au tac en prenant une feuille dans un dossier qu’il venait de prendre dans la pile de ceux qu’il avait jeté sur le bureau de Ryan en arrivant.
-« Continue Castle ! » insista Beckett.
-« Le premier rapport rédigé par l’équipe de surveillance date du 24 septembre. Nicholas et Bryan en étaient venus aux mains à propos d’une veste. Bryan prétendait qu’elle était à lui tandis que Nicholas affirmait l’avoir trouvée sur un banc où elle trainait depuis le matin déjà. Enfin bref, je vous épargne les détails mais c’est Bryan qui a fini par récupérer la veste en question après avoir fourni à l’un des surveillants la preuve d’achat datant de plusieurs semaines. »
-« Un coup dur pour ce Nicholas ! » fit remarquer Esposito. « Comment il a réagi ? »
-« Il n’a rien fait sur le moment, » assura Castle. « Je n’ai aucune preuve mais je pense que c’est Tommy ou l’un des deux autres qui a été le voir. Tu ne le savais probablement pas mais la victime de l’année précédente, c’était lui, Nicholas Becker. Pour s’en rendre compte, il suffisait de lire les rapports de l’an passé, de regarder ses notes…. Et de parler avec quelques élèves aussi, » admit-il avec le sourire. « Tout ça pour dire que Nicholas n’avait plus aucune envie de revivre cette expérience et que la protection des 3 autres lui assurait un excellent soutien. Et devinez qui a perdu sa veste quelques jours plus tard alors que Monsieur Becker se ventait d’en avoir une toute neuve ? Evidemment, cette fois il n’y avait aucune preuve donc ça n’a pas été plus loin que les soupçons. »
-« Donc voila comment la bande s’est formée. Comment 4 adolescents ordinaires se sont retrouvés à faire la pluie et le beau temps à l’intérieur du collège… » réfléchit Beckett à voix haute.
-« Tu as tout compris, » répondit Castle en souriant.
-« Mais Tommy voulait tout arrêter ! »
-« C’est là que les choses ont dégénérées entre eux. Lui était prêt à affronter les moqueries, les représailles mais les autres ? » continua Castle.
-« On est à la fin de l’année scolaire, ils n’auraient pas dû supporter ça bien longtemps ! » fit remarquer Ryan.
-« En fait, si… Les notes de Tommy étaient catastrophiques, il allait redoubler une fois de plus, tout comme les 3 autres. Sauf que les parents de Zachary ont déjà fait le nécessaire pour qu’il change d’établissement. Pour Nicholas, ses parents avaient déjà menacé de le mettre en pension et, grâce à ses performances en athlétisme, Logan avait déjà sa place réservée dans un lycée malgré ses résultats. A part Tommy, ils allaient tous quitter le collège. »
-« Vous pensez à un meurtre collectif ? » essaya Gates.
-« Non, ils sont bien trop bêtes pour ça. Ils se seraient déjà trahis l’un l’autre lorsqu’on les a interrogés. »
-« Alors la question est : lequel avait le plus à perdre ? » fit Beckett.
-« Ou alors… Lequel a perdu un bouton à sa veste ? » demanda Castle en montrant l’image de celui que Lanie avait trouvé dans la main de la victime. « Ça ne te rappelle rien JM ? »
-« Euh… Non… Mais peut-être que sur le site… »
-« Celui de l’école ? Oui, on peut y trouver ceci. »
Il sortit du dossier une photo du petit groupe prise de très près. Ils étaient en pleine discussion mais on pouvait très clairement voir leurs verstes et, grâce aux agrandissements que Castle avait fait faire des boutons, ils avaient la réponse sous les yeux.
-« Vous auriez pu commencer par ça Monsieur Castle ! » reprocha la Capitaine tout en prenant la photo de groupe, les agrandissements et la photo de la pièce à conviction.
-« Ça aurait été moins dôle ! » assura Castle en levant les sourcils.
L’attitude de l’écrivain fit sourire Kate. Castle avait enfin repris confiance en lui et redevenait fidèle à lui-même.
Chapitre 22 :
-« C’est bien joli tout ça mais tu n’as pas vraiment de preuves en fait ! Mise à part cette photo je veux dire. Je doute que ce soit la seule veste de ce genre dans le collège et même en ville, » fit remarquer Thornton.
-« Si on arrive à avoir cette veste, » dit Castle en montrant la photo du groupe et en pointant l’adolescent en question. « On aura la preuve qu’il y manque un bouton et on pourra demander une autorisation pour comparer l’ADN de ce jeune garçon avec celui trouvé sur la lame du couteau. En attendant les résultats, on pourra toujours discuter avec lui pour le faire avouer ! » proposa-t-il en regardant Beckett avec un léger sourire.
-« Et ben voilà Lieutenant Beckett, vous qui ne saviez pas par où commencer pour trouver de nouveaux indices, vous n’avez plus qu’à contacter Monsieur et Madame Becker et leur demander la permission de fouiller dans les affaires de leur fils ! » plaisanta Gates qui voulait absolument faire remarquer l’excellent travail de Castle. « Allez-y avec Monsieur Castle, je me charge du mandat. Messieurs, allez me chercher ce Nicholas Becker, je pense qu’il va avoir quelques explications à donner. Monsieur Thornton, si vous n’êtes pas capable de rester impartial dans cette enquête, je vous demanderais de rester assis sur cette chaise jusqu’à ce que mon équipe revienne. Je pense que vous en avez déjà fait bien assez comme ça ! » affirma-t-elle plus sur le ton d’un ordre que sur celui d’une simple demande.
Deux heures plus tard, Beckett et Castle réapparurent avec la veste de Nicholas qu’ils avaient trouvée au fond d’un placard de sa chambre. Ils étaient accompagnés de Monsieur Becker qui avait déjà prévenu un avocat. Esposito et Ryan étaient déjà rentrés depuis 10 minutes à peu près et Nicholas attendait en salle d’interrogatoire.
-« Je veux voir mon fils. Il doit y avoir une explication. Ce n’est pas possible, il ne peut pas avoir fait ça ! » explosa le père du garçon après que les inspecteurs lui ait expliqué ce dont son fils était soupçonné. « Laissez-moi lui parler ! » ordonna-t-il à Beckett. « Vous ne pouvez pas m’empêcher de le voir. »
-« Non, je ne peux pas vous en empêcher mais je vous accompagne, » insista le lieutenant tout en adressant un regard à son partenaire pour qu’il l’accompagne.
Ils entrèrent donc tous les 3 dans cette salle d’interrogatoire. Nicholas était assis sur une chaise attendant patiemment qu’une personne s’intéresse un petit peu à lui. Il n’avait pas l’air impressionné et regardait fixement la vitre teintée, essayant certainement de deviner si une personne l’épiait.
-« Il n’y a personne de l’autre côté ! » intervient Beckett pour le sortir de ses pensées.
Nicholas sursauta en entendant la voix de Beckett et se figea totalement en voyant son père entrer lui aussi. L’homme en question bouscula Beckett pour pouvoir passer devant elle et s’assit sur la chaise à côté de son fils.
-« Ce n’est pas toi. Tu n’as rien à te reprocher… Dis leur tout ce que tu sais et on sortira d’ici, » ordonna-t-il à son fils en lui prenant les mains.
Nicholas retira ses mains de celles de son père et baissa la tête, le regard toujours aussi déterminé. Cette réaction de recul n’échappa ni à Castle ni à Beckett qui s’approchèrent à leur tour et s’installèrent en face de Nicholas et de son père.
Monsieur Becker était un homme d’affaire assez important. C’était un homme réputé pour son intransigeance, sa force de caractère et sa rigueur au travail. Beckett savait donc que ce n’était pas un homme influençable, qu’il comprenait parfaitement la situation dans laquelle son enfant se trouvait et qu’il connaissait ses droits probablement aussi bien qu’elle. Elle décida néanmoins de commencer son interrogatoire sachant que dès les premières questions elle allait se faire stopper sous prétexte que leur avocat n’était toujours pas arrivé.
-« Nicholas ? » fit-elle doucement pour capter son attention. « Nous avons trouvé ceci dans ton placard. »
Elle montra la veste qui avait déjà été emballée pour éviter que cette preuve ne se retrouve ‘contaminée’.
-« Est-ce que c’est la tienne ? »
-« Vous avez fouillé dans ma chambre ! Mais de quel droit ! Papa ? » dit-il en se tournant vers son père espérant y trouver un peu de soutien.
-« Ils avaient des papiers en règle, je n’aurais pas pu les arrêter, » se défendit-il à peine. « Mais dis leur que ce n’est pas la tienne… D’où vient-elle ? A qui est-elle ? Mais réponds ! » commença-t-il à s’énerver sur son fils.
-« C’est celle de Lloyd, » avoua le jeune garçon les yeux toujours fixés sur la table.
-« Mais qu’est-ce qu’elle faisait dans ton placard ? » interrogea le père d’un ton sec.
Castle et Beckett se regardèrent avec étonnement, se demandant tout les deux si l’homme avait conscience qu’il était en train de faire leur travail au lieu de prendre la défense de son fils et de l’encourager à se taire.
-« Réponds ! » insista l’homme en haussant la voix. « Qu’est-ce que cette veste fichait dans ton placard si ce n’est pas la tienne ? C’est ce Lloyd qui t’a demandé de la prendre ? »
-« Non… C’est moi qui la lui ai prise. »
-« Tu lui as volé sa veste ? » s’estomaqua le père. « Mais qu’est-ce qui t’as pris bon sang ? Tu n’as pas assez d’argent de poche pour t’en acheter une ? » sermonna-t-il à nouveau.
-« OUI ! Oui je lui ai piqué sa veste. Et alors ? Qu’est-ce que ça peut te faire à toi ? » explosa le gamin en affrontant le regard de son père pour la première fois depuis qu’il était entré dans la pièce. « Et si tu veux savoir, j’ai également aidé Tommy, Logan et Zack à voler des devoirs, des baskets, des tickets repas, de l’argent et à en faire baver à Bryan dès qu’on le croisait… Tu veux toute la liste en détails ou ça te suffit ? »
Kate et Rick se regardèrent à nouveau comprenant qu’ils se retrouvaient bien malgré eux au beau milieu d’un règlement de compte familial où les choses risquaient de s’aggraver sérieusement si Monsieur Becker ne calmait pas le jeu. Il était évident que le fils était en train de vider son sac et qu’il risquait de dire des choses qu’il ne pourrait plus nier par la suite.
Faisant partie de la police, Beckett ne pouvait pas intervenir directement pour calmer les choses. Son job était de découvrir la vérité, quel qu’en soit le prix. Mais là, la vie d’un autre adolescent en dépendait.
-« Vous vous rendez compte que votre avocat n’est pas encore arrivés, n’est-ce pas ? » fit remarquer Castle d’un ton très détaché.
-« Ta gueule l’écrivain, on ne t’a rien demandé ! » hurla Monsieur Becker. « Mon fils était peut-être un voleur mais ce n’est pas un assassin. »
-« Depuis combien de temps vous lui avez volé sa veste ? » demanda Beckett.
-« Au début de l’année. C’étain fin septembre je pense… Un truc comme ça, » avoua le jeune garçon en regardant son père dans les yeux, comme s’il voulait lui prouver quelques chose.
-« Pourquoi tu ne la mets plus ? Pourquoi l’enfermer au fond d’un placard ? » demanda Beckett en connaissant la réponse car, non seulement il lui manquait un bouton mais également parce que les tâches de sang avait résistées au lavage qu’il avait tenté pour effacer les preuves de sa culpabilité.
Nicholas resta silencieux. Toute réponse était inutile. Les preuves parlaient d’elle-même.
-« Si c’est pour le bouton, on l’a retrouvé ! » ironisa Castle en montrant la photo prise par Lanie et montrant le bouton dans la main de la victime. « Par contre pour les tâches, c’est plutôt résistant le sang ! » voulut plaisanter l’écrivain malgré le regard foudroyant de Beckett.
-« Vous avez fini de faire le mariol ? Et toi, ne me dis pas que tu trainais avec cette bande de petits crétins ! Tu ne peux pas être assez con que pour t’amuser à terroriser un petit minable sans aucun intérêt ! »
Par cette réplique Nicholas se sentit doublement insulté même si quelques secondes plus tard l’homme s’excusa pour ces paroles. En effet, non seulement il était coupable mais également parce qu’il avait été le « minable sans aucun intérêt » l’année précédents.
« Non mais Nicholas, est-ce que tu te rends compte de ce qu’il a dû endurer ce gamin ? C’est vraiment immonde ! Bon, on trouvera une solution pour lui, on arrangera ça… Mais dis-moi au moins que tu n’as pas tué ton ami… Hein… Tu n’y es pour rien ? »
-« Alors tu le défends maintenant… Lloyd ? Tu vas trouver une solution… Arranger ça ? Alors pour lui, tu vas faire quelque chose ? »
Il venait de se lever et défiait son père, probablement comme il n’avait jamais osé encore le faire.
-« Mais qu’est-ce que tu as fait pour moi ? Hein ? Est-ce qu’une seule fois tu as remarqué les marques de coups sur mes joues ? Est-ce qu’une seule fois tu m’as demandé comment je pouvais perdre mon argent de poche ? Est-ce que tu sais combien de vélos maman m’a acheté avant de finir par réaliser que j’exagérais et que, si je n’étais pas capable de prendre soins de mes affaires, je n’avais qu’à aller au collège à pieds ? »
Il laissa à peine le temps à son père de réaliser toutes ces choses avant de répondre pour lui.
-« Non… Bien sûr que non tu n’en sais rien. Tu n’es jamais là et, même quand tu es à la maison, tu ne me vois pas. Comment tu aurais pu remarquer quoi que ce soit… Tommy était là lui ! C’est lui qui m’a défendu, c’est lui qui m’a fait me sentir important ! Pour une fois j’existais, je n’étais plus celui dont tout le monde rigolait, on me respectait… Il n’avait pas le droit de tout arrêter. Je ne voulais pas… Tout allait recommencer… »
-« Quoi ? » s’inquiéta enfin le père. « De quoi tu parles ? Qu’est-ce que tu as fait ? »
-« Tommy voulait arrêter de harceler Bryan ! » commença à expliquer Beckett avec calme. « C’est pour cette raison qu’il l’a fait venir dans les toilettes. Pour lui présenter des excuses à l’abri de tous les regards.
-« Il ne pouvait me faire ça… Tout arrêter, faires des excuses… Et moi alors ? Qu’est-ce que j’allais faire ? »
-« Non… Nicholas ! » s’inquiéta son père. « Qu’est-ce qui s’est passé ? »
-« Il avait le couteau. Il voulait le mettre dans son sac à lui, se faire accuser et accepter la punition… Je voulais l’arrêter. J’ai pris le couteau… Mais je ne voulais pas, je voulais juste lui faire peur mais il a avancé et le couteau… Le sang… Je ne voulais pas le tuer, je vous assure !! » expliqua-t-il en s’effondrant sur sa chaise.
-« Si ce n’était qu’un accident, tu aurais dû venir nous raconter tout ça… Tu pouvais te dénoncer. » fit Beckett en se levant, emportant avec elle le dossier qu’elle venait de refermer.
Beckett préférait en rester là car elle avait ce qu’elle voulait. Elle connaissait la vérité, elle avait arrêté le coupable. Mais, étant donné son âge et le traumatisme qui l’avait poussé à une telle chose, elle préférait sortir de la pièce et laisser le père et l’avocat se mettre d’accord sur une éventuelle tactique de défense.
Chapitre 23 :
A partir du moment où l’avocat des Becker arriva, la discussion bascula du tout au tout. Nicholas ne pouvait pas revenir sur ses dépositions mais les questions de l’arme et de savoir comment un garçon de 14 ans avait pu se procurer un tel couteau prirent une importance capitale. Après quelques minutes de discussion entre l’avocat, Monsieur Becker et Gates, la capitaine fit venir Beckett dans son bureau pour la tenir informée des dernières décisions. Malgré les circonstances, c’est presque avec le sourire qu’elle ressortit. Elle frôla Castle en lui demandant à voix basse de la suivre. Elle se planta devant Thornton qui était toujours assis sur sa chaise et inspira un bon coup.
-« Monsieur Thornton ! Vous êtes en état d’arrestation, » affirma-t-elle avec une petite étincelle de joie dans les yeux tout en tendant les menottes à Castle.
-« Quoi ? Mais qu’est-ce que j’ai fait ? Non… » essaya-t-il de protester pendant que Rick se faisait un malin plaisir de le menotter.
-« Monsieur Becker porte plainte contre vous pour avoir fourni le couteau, l’arme du crime, à son fils. Pour le reste, ça va dépendre de l’enquête… Si ça ne tenait qu’à moi vous seriez accusé de non assistance à personne en danger, d’homicide par négligence et d’incitation au crime… J’en oublie certainement. Disons juste que vous avez de la chance que, sur ce coup-là, je n’ai pas mon mot à dire, » affirma-t-elle avec un sourire narquois. « Espo ! Lis-lui ses droits, je n’ai aucune envie de lui signaler qu’il en a mais je ne voudrais pas qu’il s’en sorte pour vice de procédure. »
-« Vous n’avez aucun droit de faire ça ! C’est de l’acharnement ! Tout ça parce que vous ne m’aimez pas mais je vous ai aidé sur cette affaire, vous devriez me remercier… » tenta-il furieux.
-« Je suis tout à fait d’accord avec lui ! » intervient Gates, stoppant Esposito qui emmenait Jean-Michel en cellule en attendant son avocat. « Lieutenant Beckett, je vous ordonne de coopérer avec le procureur sur le cas de notre ‘ami’. »
-« Je vous demande pardon ?! » se stupéfia Beckett, pensant avoir mal compris.
-« Je pense que cette histoire va se régler entre les avocats, le procureur et le juge… Je pense donc que le procureur sera ravi de savoir comment Monsieur Thornton s’y est pris pour retarder votre enquête ainsi que son comportement vis-à-vis de votre partenaire, » ordonna-t-elle en essayant de masquer son sourire. « Monsieur Thornton, j’ignore ce que le juge décidera de retenir ou non contre vous dans cette affaire mais sachez que vos supérieurs vont être mis au courant de votre attitude ainsi que de votre implication dans le meurtre d’un jeune homme. Même si la justice ne vous condamne pas, il y a très peu de chance que vous puissiez vous en sortir. Ça ne se passera pas comme avec le petit Lionel… Personne ne retirera sa plainte cette fois ! » insista Gates avant de tourner les talons et de repartir dans son bureau.
-« Je vais porter plainte moi aussi. Vos hommes m’ont agressé à plusieurs reprises, j’ai des témoins qui ont vu le Lieutenant Beckett me fracasser les côtes avec une batte de base-ball et Richard m’a quasiment déboité la mâchoire… Et maintenant vous vous acharnez pour démolir ma vie… »
-« Mais je vous en prie Monsieur Thornton, portez plainte. Euh… Jones ? » fit Gates en arrêtant un agent. « Vous étiez là tout à l’heure ? Il parait que Castle a cassé la figure à cet homme, vous êtes au courant ? »
-« Non Capitaine. » répondit l’homme sans la moindre hésitation. « Je n’ai rien vu… »
-« Votre attention s’il vous plait… » cria la Capitaine. « Ce monsieur prétend s’être fait agresser dans nos locaux. Si quelqu’un a la moindre information à donner, qu’il le fasse savoir maintenant. »
Thornton, Beckett, Castle et Gates passèrent l’ensemble de l’étage en revue. Certains agents se mirent à parler à voix basse, d’autres se remirent au travail dès la fin de l’annonce du capitaine mais personne ne se fit connaitre.
-« Je pense qu’une fois de plus ça risque d’être votre parole contre celles de tout un service de police. Je vous conseille de réfléchir avant de porter plainte. »
Esposito entraina Thornton jusqu’aux cellules en attendant son avocat pendant que Beckett se rasseyait à son bureau.
-« Avec une batte de base-ball ? Wahhh, tu l’as pas loupé ! »
-« Mm… »répondit Beckett en continuant de taper son rapport. « Et encore, tu n’es pas au courant de tout, » sourit-elle.
-« Rappelle-moi de ne jamais te pousser à bout ! » soupira Castle en s’enfonçant sur sa chaise.
-« C’est quoi cette histoire de Lionel ?? »
-« En fouillant dans son passé, on a non seulement découvert qu’il n’avait aucune formation pour ce job mais qu’en plus il avait déjà été arrêté pour harcèlement et mise en danger d’autrui il y a quelques années. »
-« Et comment ça se fait qu’il soit toujours en liberté ? Et surveillant en chef en plus ? »
-« Le petit Lionel en question avait du mal à supporter toute la pression qui pesait sur lui à cause de cette histoire alors les parents ont pensé en premier lieu à leur fils et à son bien-être. Ils ont retiré leur plainte et sont partis vivre ailleurs pour que leur fils puisse se reconstruire loin de tout ça. »
-« Wah… Ca se sont de supers parents. Donc en fait, si j’ai bien compris, JM a échappé à la justice une première fois uniquement parce que des parents ont préféré soutenir leur enfant plutôt que de l’entrainer dans un esprit de vengeance. »
-« Oui. Mais cette fois un jeune garçon est mort, un autre va passer sa vie en prison, sans parler de Bryan Lloyd et… Et de mon petit-ami, » fit-elle remarquer en le regardant avec tendresse.
-« Excusez-moi de vous interrompre mais… » voulut commencer l’homme qui se tenait devant eux.
Il s’agissait d’un homme d’une bonne quarantaine d’années habillé d’un costume et d’une assurance qui attira la méfiance de Beckett.
-« Hey Paul… » fit Rick en sautant presque de sa chaise et serrant la main de cet inconnu que Kate inspectait des pieds à la tête.
-« Ne me dis pas que c’est encore un de tes amis du collège ? » ironisa Beckett.
-« Si mais c’est un gentil lui… » assura Castle en le faisant asseoir à sa place.
-« Alors Rick, qu’est-ce que je peux faire pour toi ? Il est où ce petit protégé dont tu m’as parlé ? »
-« J’aimerais que tu lui trouves une place dans ton établissement et… Ses parents et lui arriveront dans moins d’une demi-heure, » Fit-il en regardant sa montre.
-« Juste le temps de discuter des points de détails… »
-« Tu as tout compris… » assura Castle tout excité en prenant une chaise.
-« Je peux savoir de quoi vous parler ? » s’inquiéta Beckett, se demandant quelle bêtise elle aurait encore à couvrir.
-« Excuse-moi, je te présente Paul Skinner, le directeur de ‘Browning School’. Je lui ai expliqué la situation de Bryan et lui ai demandé s’il pouvait l’accueillir dans son établissement. C’est tout près de chez eux, les Lloyd seront certainement ravis. »
-« Euh…. Castle ! »
Beckett referma le fichier dans lequel elle travaillait, se pinça les lèvres tout en se demandant comment s’expliquer.
-« Je suis certaine que les Lloyd seraient heureux que leur fils puissent intégrer cette école… Mais euh… Je ne sais pas si tu sais mais tout le monde n’a pas le même compte en banque que toi… »
Elle termina sa phrase sur une petite grimace, se demandant comment l’écrivain allait réagir à cette remarque.
-« Notre établissement dispose d’un système de bourses d’étude. Et d’après les résultats scolaires de l’année précédente de Bryan, il n’y aura probablement aucun problème pour que ce jeune homme en bénéficie dès la rentrée scolaire. »
-« Et en attendant ? » demanda Beckett.
-« En attendant septembre, je prends en charge son inscription ainsi que les frais de scolarité pour les mois qu’il reste. »
-« Wah… C’est vraiment généreux ça. Mais s’ils refusent ? »
-« Encore faudrait-il qu’ils le sachent… » s’amusa Castle en prenant le dossier d’inscription des mains de Paul.
Beckett les laissa tous les deux et partit en souriant vers la salle de repos.
Chapitre 24 :
Rick, son ami le principal Skinner ainsi que Bryan Lloyd et ses parents avaient migrés vers la salle de conférence pour avoir plus de place et être plus à l’aise afin de trouver un terrain d’entente. Beckett était restée en dehors de cette histoire et se contentait de les observer de son bureau.
-« En le voyant comme ça, je pense que j’ai compris pourquoi vous avez fini par craquer. »
En entendant la voix de la capitaine, Kate détourna les yeux et se remit à taper son rapport pour le terminer rapidement.
« Il a vraiment un très joli petit… »
La capitaine ne termina pas sa phrase que Beckett la fusillait déjà du regard.
-« Même si vous n’avez pas de batte de base-ball à porté de main, je crois que je vais me taire, » affirma-t-elle en riant.
-« Mais c’est vrai qu’il est trop mignon ! » répondit Kate en le dévorant des yeux.
-« Très généreux en tout cas ! C’est admirable ce qu’il fait pour Bryan ! »
-« Il a beau passer la moitié du temps à faire le guignol, c’est vraiment quelqu’un d’extra, » répondit Beckett avec un petit sourire en le regardant sortir de la pièce et serrer la main des Lloyd et de son ami avant que tout ce petit monde ne reparte.
-« Vous parliez de moi ? » les interrompit Castle avec une mine réjouie.
-« Tu n’es pas le centre du monde tu sais… » répliqua Beckett en se remettant à écrire pendant que le Capitaine se levait.
-« Monsieur Castle ! » fit Gates d’un ton sévère. « Faites-moi le plaisir de ne jamais vous inscrire pour les examens d’entrée dans la police. »
-« Pourquoi ? Je suis plutôt bon, non ? » fit l’écrivain se sentant blessé par cette remarque.
-« Justement… Vous seriez capable de les réussir et je devrais vous virer tous les deux ! Le règlement est très clair au sujet des relations entre coéquipiers, » assura-t-elle en les regardant à tour de rôle avant de continuer en reprenant sa voix sévère. « Lieutenant Beckett ! En tant que femme, je suis ravie que vous ayez trouvé un juste milieu entre votre travail et votre vie personnelle. Par contre, en tant que supérieure, il y a certains détails que je préférerais ignorer. Même si, personnellement, je suis ravie de savoir que Monsieur Castle est capable de vous combler dans bien des domaines. »
Kate pouffa de rire tandis que Gates regardait Rick des pieds à la tête avec un regard envieux. Ce dernier déglutit et afficha un regard de détresse, ce qui fit redoubler les rires des deux femmes.
-« Je viens de me sentir violé rien qu’avec son regard ! Qu’est-ce que tu lui as dit ? »
-« Pas grand-chose Monsieur Castle ! J’avais juste envie de vous faire marcher un peu… » répondit Gates. « En tout cas, quand on voit comment vous vous défendez l’un l’autre, je ne donne pas cher de la peau de celui qui s’en prendrait à vos enfants… D’ailleurs, je devrais peut-être arrêter de vous charrier aussi souvent ! »
-« Vous allez vraiment arrêter ? » fit Castle à la fois surpris et heureux.
-« Non… Je plaisantais, c’est moi le Boss ! Elle n’oserait pas me frapper ! On vous ferait vraiment croire n’importe quoi… » répondit Gates en s’en allant.
Castle et Beckett la regardèrent s’éloigner, attendant qu’elle ne puisse pas entendre la suite pour continuer.
-« Merci de m’avoir soutenu, défendu et… Et ce, même si je me suis comporté comme un gamin de 11 ans ! » dit-il tout en s’asseyant.
-« Always, » répondit-elle avec un grand sourire en posant ses mains sur les siennes.
-« Je peux te poser une question ? » fit Castle après que Kate se soit remise au travail depuis plusieurs minutes.
-« Tu viens de le faire… » répondit-elle machinalement sous le regard amusé de Ryan et Esposito.
-« C’est peut-être moi qui ai été trop laxiste avec Alexis ou qui suis un peu trop protecteur… Mais… Mais si notre enfant commettait un meurtre ou un truc aussi grave… Tu le forcerais à avouer ? »
Beckett interrompit son travail et le regarda perplexe.
-« On n’a pas d’enfant Castle ! » répondit-elle sèchement.
Les Bros explosèrent de rire à la réponse de Kate.
-« Ouhh Castle… C’est un rappel à l’ordre ça ! » se moqua Esposito.
-« Vous n’avez rien d’autre à faire ? » lança Kate aux garçons avant de se rapprocher de Castle pour que leur discussion soit un peu plus privée. « Alors, même en imaginant qu’on ait un jour des enfants, je n’imagine même pas que l’un d’eux puisse faire une chose aussi atroce. Et si ça arrivait… »
Un énorme blanc se fit entre eux. En fait Kate avait beau faire des efforts et y réfléchir vraiment, elle ne pouvait même pas imaginer ce qu’elle ferait. Elle se laissa tomber en arrière sur son fauteuil avant de reprendre la conversation normalement sans tenir compte du regard des autres.
-« En fait, je ne pense pas qu’un petit mélange de nous serait capable de faire du mal à quelqu’un sans raison… Alors, je pense que j’agirais comme ta mère l’a fait : je pousserais une sacrée gueulante et secouerais quelques personnes avant que tout ça ne dégénère… » affirma-t-elle en croisant les bras.
-« Et ben moi je n’aimerai pas être celui-là ! Rien qu’à voir comment tu as explosé les côtes de Thornton pour quelques petites remarques… Je n’ose pas imaginer ce qu’à vous deux vous feriez pour protéger ‘Little Castle’. Hé Ryan, tu serais prêt à cacher un cadavre ? » lança Esposito alors que Castle et Beckett se regardaient en souriant.
-« Et toi ? Qu’est-ce que tu ferais ? » demanda-t-elle à son tour en fixant son petit-ami dans les yeux.
-« Je te couvrirais en te servant d’alibi ! » répliqua Castle d’un naturel incroyable.
-« Très drôle Castle ! Vraiment très drôle. »
-« Et au cas où Messieurs Ryan et Esposito ne seraient pas très doués, la paperasse, ça s’égare vite ! » intervint Gates en déposant d’autres dossiers sur le bureau de Beckett. « Rassurez-vous, pas d’heure supp’ ce soir, ça attendra demain. »
-« Vous seriez prête à couvrir un meurtre pour nous protéger et défendre un petit Castle ? » demanda Rick avec son regard de gamin.
-« Ne me forcez pas à regretter d’avoir pris votre défense contre Jean-Michel Thornton, Monsieur Castle ! » affirma-t-elle en le foudroyant du regard.
Kate esquissa un petit sourire en voyant son partenaire changer de tête. Elle savait que ce n’était que des paroles et que, quoi qu’elle puisse dire, Gates le considérait comme faisant partie de SON équipe.
-« Je suis dans ce poste depuis plus d’un an et j’entends souvent les agents parler du ‘Old Haunt’. Ca vous intéresserait d’aller boire un verre ? » proposa la Capitaine en regardant les inspecteurs. « Il parait que le patron du bar est un ami de la maison et que tous les flics y sont les bienvenus, peu importe leur grade. Je vous y attends dans une heure. »
Elle repartit vers son bureau, ne laissant pas le temps aux inspecteurs de protester.
-« On n’a pas vraiment le choix hein ? » demanda Ryan bien que connaissant parfaitement la réponse.
-« Moi je ne louperais ça pour rien au monde ! » intervint Esposito. « J’ai trop hâte de voir la tête qu’elle va faire quand le serveur appellera Castle ‘patron’ ! Tu vas vraiment la laisser payer l’addition ? »
-« Bien sûr que non… Je vais être gentil et bien élevé. Juste au cas où un de nos enfants déraperait, » précisa-t-il en regardant Kate.
Les 3 inspecteurs éclatèrent de rire et terminèrent la journée dans la bonne humeur.
Une heure plus tard, Rick, Beckett, Esposito et Ryan entrèrent dans le bar où la Capitaine les attendait. Ils se dirigèrent donc vers elle et s’assirent à la même table.
-« La même chose que d’habitude ? » demanda le serveur en s’approchant.
-« Je ne sais pas ce qu’ils prennent les autres fois mais aujourd’hui c’est champagne ! » commanda Gates.
-« Je suis désolé. Il n’y en a plus. »
-« Quoi ? » fit Castle en se retournant. « Tu plaisantes ? »
-« Personne ne vient ici pour boire du Champagne. Alors on n’en a jamais beaucoup en réserve et les étudiants de l’autre soir ont tout vidé. On a passé la commande mais ce n’est toujours pas arrivé, » se justifia le serveur très mal à l’aise devant le patron.
-« J’ai pris le pouvoir sur mon passé, on a classé cette affaire… On a bien droit à du champagne ! » fit Castle en se levant mais faisant tout de même un petit sourire au serveur pour lui assurer qu’il n’avait rien à craindre.
-« Où va-t-il ? » s’estomaqua Gates qui ne s’attendait pas à cette réaction.
-« Bah chercher une bouteille ! » répondit Ryan comme si la réponse allait de soit.
Kate se leva à son tour et suivit son petit-ami dans la cave.
-« J’arrive pas à y croire ! Il a raison en plus… » fit Castle devant les casiers vides avant de se retourner pour découvrir Beckett derrière lui. « Mais qu’est-ce que tu fais là ? »
-« Je dois te dire un truc. »
-« Ça ne pouvait pas attendre ? » fit-il avec un air malicieux.
-« J’attends déjà depuis une semaine… » avoua Kate en se rapprochant doucement de lui. « Quand tu parlais de nos enfants tout à l’heure… Dis-moi que tu es prêt… » fit-elle avec une petite pointe d’incertitude dans la voix.
Elle se mordait la lèvre inférieure, laissant à Castle le soin d’imaginer la suite de son idée.
-« C’est vrai ? »
Il ouvrit de grands yeux et la regarda sans trop savoir quoi dire de plus. Kate se contenta de sourire en lui caressant la joue.
-« On va avoir un bébé ? Pour de vrai ? »
Kate éclata de rire avec une étincelle de bonheur dans les yeux tandis que Castle fondit sur ses lèvres pour l’embrasser passionnément.
-« Dans ce cas, j’ai ce qu’il nous faut dans mon bureau ! Une bouteille d’exception que je gardais pour une grande occasion. »
Ils remontèrent près des autres et la tête de Gates se décomposa quand Castle planta une bouteille hors de prix sur la table.
-« Ne faites pas cette tête-là Capitaine, le premier verre sera pour moi. Au fait Espo ? Quand tu parlais de cacher un corps, c’est toujours ok ? »
-« Vous avez tué le serveur ? » plaisanta Ryan.
-« Non… C’est juste pour savoir comment on va élever notre enfant ! » répondit Beckett du tac au tac en arrivant avec les flutes et un verre de jus d’orange.
-« Oh mon Dieu… Nonnn ! » s’exclama Gates. « Un Castle en plus à surveiller ! »
-« Mais celui-là sera dressé dès la naissance ! » ajouta Beckett avec un tendre sourire.
-« Hey je suis là vous savez ! » fit Castle en servant les coupes.
Epilogue : 18 mois plus tard.
L’équipe de Beckett était installée autour de bureau de Kate. Il n’y avait pas d’enquête en cours et ils n’avaient presque plus de paperasse à faire alors ils s’accordaient une petite pause. Ryan et Esposito s’étaient invités à la discussion de Castle et Beckett qui n’arrivaient pas à se décider à propos de la couleur de la chambre du bébé. Esposito ayant pris partie pour Beckett et Ryan s’étant rangé du côté de Castle, le problème ne risquait pas vraiment de s’arranger.
-« Ouais ! » fit le latino en décrochant le téléphone. « Ok on arrive ! Désolé les amoureux, on vous laisse. Un cadavre sur Madison Avenue. »
-« Mais je peux venir moi ! » fit Castle d’un air désespéré. « C’est elle qui est enceinte de 4 mois, pas moi ! »
-« Et la faute à qui ! » l’interrompit Kate en le foudroyant du regard. « Tu restes là et tu m’aides à finir de tout classer pour l’affaire ‘Butler’ car on va avoir de nouveaux rapports à remplir. Sans parler des recherches passionnantes… » ironisa-t-elle en lui tendant un dossier.
-« C’est l’avantage d’avoir une femme comme Boss ! Nous on fait les trucs cool pendant qu’elle est confinée au poste pour ne pas se mettre en danger, » jubila Ryan en prenant sa veste.
-« C’est ça, fais le malin… Tu ne perds rien pour attendre ! N’oublie pas qu’une grossesse ça ne dure que 9 mois ! »
-« Mais vous pouvez faire autant de petit Castle que vous voulez, ça ne nous dérange absolument pas ! » ajouta Esposito en donnant une tape amicale à Castle.
Les deux enquêteurs quittèrent le service sous les foudres de Beckett alors que Castle leur jetait un regard envieux. Comme il n’avait vraiment pas envie de bosser, il prétexta un appel urgent.
-« C’est Mère. Rassure-toi, Liz va bien. C’est juste qu’elle ne trouve pas le stock de couches. » Ajouta-t-il en s’éloignant du champ de vision de Kate.
Il venait de trouver refuge dans la salle de réunion où Jones, Lewis et Karpowski examinaient le nouveau matériel de bureau que le service venait juste de recevoir.
En sentant une présence derrière elle, Beckett se retourna. Quand elle découvrit Jean-Michel Thornton qui attendait, les bras croisés, qu’elle le remarque, elle se releva d’un bond.
-« J’espère que ça vous a bien fait marrer de me pourrir la vie jusqu’en prison ! »
-« Vous ne pouvez même pas imaginer à quel point ! » répondit-elle avec un sourire aux lèvres.
-« Est-ce que vous savez ce que j’ai dû endurer à cause de vos petites manigances… » demanda-t-il sur un ton furieux.
-« Oui, j’en ai une petite idée. Mais voyez-vous, 18 mois de prison ça me semblait vraiment trop peu alors je me suis juste arrangée pour pimenter quelque peu les choses, » avoua-t-elle avec le sourire.
-« Vous savez ce que j’ai pu ressentir ? J’ai tout perdu : j’ai dû vendre ma maison pour payer mon avocat, j’ai perdu mon job et, avec le casier que j’ai grâce à vous, je ne risque pas d’en retrouver un… Vous savez ce que c’est de tout perdre ? » dit-il en s’avançant, menaçant.
-« Et vous, est-ce que vous vous rendez compte que, par VOTRE faute, un gosse de 15 ans est mort ? Qu’un autre va passer sa vie derrière les barreaux ? Sans parler de tous ceux que vous avez détruits en restant les bras croisés à admirer le spectacle. Vous y avez pensé à eux ? A leurs familles ? 18 mois pour avoir gâché autant de vies, ce n’est rien du tout. Mais, savoir que vous allez galérer pendant le reste de vos jours pour survivre, vous n’imaginez pas le bien que ça peut me faire. Ah et autre chose encore, vous ne devriez pas menacer un Lieutenant de police à l’intérieur d’un commissariat, » répondit-elle sur le même ton de colère.
-« Vos petits copains ne seront pas toujours là pour vous défendre ! Faites bien attention où vous mettez les pieds, » continua-t-il tout en se retournant pour partir.
Il tomba alors nez-à-nez avec Castle qui tenait une agrafeuse dans une main et un coupe papier hyper pointu dans l’autre.
-« Un problème ? » fit-il en regardant Thornton droit dans les yeux avec une lueur menaçante dans le regard.
Sous l’effet de la colère, sa cicatrice ressortait encore un peu plus qu’à l’ordinaire. Il avait vraiment l’air d’un tueur en série dans cet état. Castle avança encore d’un pas, forçant Jean-Michel à reculer.
-« Mais moi, je serai toujours là ! Je te conseille de t’en aller et de ne plus JAMAIS approcher ma famille ou n’importe lequel de mes amis. »
Thornton se retrouvait bloqué contre un mur, impossible pour lui de reculer plus. Rick ouvrit l’agrafeuse pointant les deux petites pointes de métal sur la tempe de Jean-Michel, juste à l’endroit où lui-même avait cette vilaine cicatrice.
« J’ai vraiment envie d’essayer mais ça serait dommage d’abîmer du nouveau matériel… »
Kate était médusée. Elle ne l’avait jamais vu avec autant de haine dans les yeux, même le jour où il avait déboité la mâchoire de ce type.
De son bureau, Gates observait les choses tout en se demandant si elle devait intervenir ou laisser Castle se charger de ça tout seul. Elle savait que, si elle intervenait, ça allait lui casser toute crédibilité. Mais, d’un autre côté, elle n’avait aucune envie d’avoir une telle bavure à dissimuler, même si elle se sentait prête à le faire.
-« Tu as 5 secondes pour dégager avant que je ne change d’avis ! 5, 4… »
Jean-Michel n’attendit même pas de tout comprendre pour détaler comme un lapin et, bien que Castle ait arrêté le décompte, Thornton continuait encore et encore d’appuyer sur le bouton de l’ascenseur comme si ça allait le faire venir plus tôt. Castle posa le matériel de bureau et s’avança doucement de Jean-Michel. Au moment où les portes s’ouvrirent, il reprit le décompte.
-« 0… »
Il le poussa dans l’ascenseur et fit l’aller-retour jusqu’au rez-de-chaussée pour ‘raccompagner’ son ami. Lorsque Castle réapparut, Kate remarqua tout de suite ses mains rougies mais ne posa pas la moindre question. Tout comme personne n’osa demander d’où provenait les quelques goutes de sang à l’intérieur de l’ascenseur. Rick s’était assis calmement sur sa chaise à côté de Kate et examinait l’agrafeuse en la retournant dans tous les sens.
-« Une dizaine d’agrafes dans la figure, tu crois que ça fait mal ? » demanda-t-il comme si de rien n’était.
Beckett releva la tête de son rapport et le regarda en levant les sourcils, se demandant s’il était sérieux ou s’il faisait juste l’idiot pour décompresser.
-« J’aurais dû essayer ! JM aurait pu me répondre. » »
-« Je t’aurais empêché d’aller jusque là ! » intervint Kate avant que l’imagination de l’auteur ne s’emballe.
-« Sérieusement ? Tu aurais pris sa défense ? » s’étonna Rick.
-« Non, je n’aurais pas pris sa défense ! C’est juste que je préfère que nos enfants te voient jouer avec tes nouveaux gadgets à la maison et pas derrière des barreaux ! » répliqua-t-elle en reprenant sa lecture.
La discussion entre Castle et Beckett fut interrompue par Ryan et Esposito qui venaient juste de revenir.
-« Vous avez loupé un truc de dingue, c’était incroyable ! » fit Ryan en écrivant le nom de la victime sur le tableau.
-« Ça ne peut pas être pire que Castle avec une agrafeuse ! » fit remarquer Kate en se levant pour regarder les photos de la scène de crime sur le portable d’Esposito.
Les deux inspecteurs dévisagèrent Castle alors que celui-ci faisait sa tête de gamin pris sur le fait en reposant son engin de torture sur le bureau de sa coéquipière.
Fin…