HypnoFanfics

Vengeance d’outre-tombe

Série : Castle
Création : 14.04.2013 à 18h47
Auteur : nanienoc 
Statut : Terminée

« 8 AUTEURS, UNE FIC:Un prisonnier et un témoin meurent au 12th, Castle ressent un sentiment étrange, qu’il ne peut définir. Ou quand le passé revient vous hanter et fait resurgir de mauvais souvenirs. » nanienoc 

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Chapitre 11 : Souvenir tragique
Auteur : Izabel65


Kate était terrorisée par l’état dans lequel, l’homme qu’elle aimait, se trouvait, le pire était arrivé. Elle lui toucha le front, il était toujours brûlant, le médecin avait dit que le médicament mettrait un petit moment avant d’agir. Il avait légèrement repris conscience pendant quelques minutes, juste assez longtemps pour répondre laconiquement aux questions du Dr Watson. Maux de tête, courbatures et fièvre étaient les seuls symptômes qu’il avait pour le moment, mais son état allait empirer Kate le savait. Il en avait été ainsi pour les autres malades dix, rien qu’à leur étage. 

Elle lui caressa le visage avec tendresse et lui murmura :

- Je t’en prie mon amour, bats-toi…pour nous…pour ta famille. Je vais te laisser un petit moment mais je te promets de revenir très vite…. Je t’aime Rick…. Reste avec moi…

La jeune femme ne put continuer, elle avait la gorge serrée, elle avait besoin de s’isoler. C’était trop dur, elle déposa un rapide baiser sur les lèvres sèches de Rick et sortit précipitamment. Elle alla s’enfermer dans une pièce d’observation et se laissant glisser le long du mur, elle fondit en larmes. Quelques secondes plus tard, de petits coups discrets contre la porte se firent entendre. Celle-ci s’ouvrit doucement et Ryan entra, il prit place à ses côtés et fit une chose, qu’il ne se serait jamais permis en temps normal. Il passa son bras autour de ses épaules pour la réconforter.

- Comment va-t-il ?
- Il dort… mais il a toujours de la fièvre.
- Ça va aller… il s’en sortira, il….
- Ne dis pas de conneries Ryan ! S’emporta-t-elle, tu sais bien qu’il n’y rien à faire ! Si certaines de ces maladies sont bénignes la plupart sont mortelles !
- Eh, je sais tout ça, j’étais là moi aussi quand le Dr Watson nous a fait son petit speech. Mais j’ai rediscuté avec lui et le Dr Darwin. Ils sont au moins sûrs qu’il ne s’agit pas du virus Ebola ni de la Dengue. 
- Tu crois que ça va me rassurer ? 
- Non mais dans beaucoup de cas les patients s’en remettent, il faut les hydrater, faire tomber la fièvre… ce genre de choses. Même si parfois les saignements peuvent être impressionnants, ça aussi ça peut être traité… tu sais je n’ai pas tout compris et encore moins retenu les noms des médicaments. La seule chose que je sais, c’est qu’ils sont plus ou moins « rassurés » car les plus touchés, comme Lewis qui saigne du nez et des muqueuses, sont stables. S’il n’y a pas d’améliorations, ça n’empire pas et ils disent que c’est bon signe… alors je veux les croire.
- Et…ils ne sauraient pas, par hasard, de quelle fièvre hémorragique il s’agit ? 
- Non, j’ai surpris une conversation entre Watson et Hammer lorsqu’ils se sont relayés pour les recherches. Ils ont parlé de virus pathogènes, de mutations, de sources modifiées…enfin rien de compréhensible pour le pauvre policier que je suis.
- Pour moi non plus….
- Chacun son job !
- Et si on faisait le nôtre ? Je te rappelle que nous avons un cadavre de plus dans cette affaire depuis ce matin. Dit-elle en se levant. 
- Pas faux, il fit de même. Tu crois que lui aussi a été empoisonné il y a plusieurs jours ? 
- Je le pense mais sans une autopsie, difficile d’en être sûr. Elle se retourna juste avant de sortir de la pièce. Au fait, merci Ryan et excuse-moi de m’être énervée contre toi. 
- Bah, c’est pas comme si je n’en avais pas l’habitude, répondit-il avec un sourire, montrant ainsi qu’il ne lui en voulait pas. 

Gates les vit discuter devant le tableau et s’approcha d’eux. A la mine défaite de Beckett, il était inutile de demander des nouvelles de l’écrivain. 

- Beckett, Ryan, que faites-vous ?
- On poursuit l’enquête chef, tout ce que l’on sait pour le moment, c’est que tous les cinq sont des amis d’enfance, que quelqu’un les tue les uns après les autres pour atteindre une 6ème personne dont on ne sait rien pour l’instant. Résuma Kate.
- Et si ce fameux RR faisait lui aussi parti de leur passé ? Un autre enfant, peut-être plus vieux ou plus jeune, supposa le capitaine.
- Possible et ils auraient été mêlés à un évènement tragique, ce qui nous confirmerait le mobile du tueur : la vengeance. Conclut Ryan. 
- Pourquoi ne pas aller interroger Frazer ?
- Il ne nous dira rien de plus… pour le moment. Mais si nous trouvons une piste j’aurais des arguments pour le faire parler.
- Je vais vous aider, il va falloir éplucher les listes de tous les élèves et relever les noms de tous ceux dont les initiales sont RR.
- Et tout ça de 80 à 83, Ryan tu vas étendre tes cherches à tous les journaux de l’époque et vois s’il y a eu des affaires de meurtres ou d’accidents mortels impliquant un ou des enfants. 
- Ça va être long, se plaignit-il pour la forme.
- Et ce n’est pas le temps qui nous manque…malheureusement. Se tournant vers Gates, vous avez des informations de l’agent Fallon ?
- Oui, mais rien de nouveau. Aucune revendication pour l’attaque et la sécurité intérieure n’a aucune piste. Ils ont trouvé une bouteille pressurisée avec un tuyau sur le toit, fixée au système de ventilation. Elle est au CDC pour analyse.
- Et avec ce qui se dit dans les journaux télévisés, comment réagissent les gens ?
- Curieusement il n’y a pas eu de mouvement de panique, certes quelques-uns sont partis mais la grande majorité des new-yorkais reste calme.
- C’est toujours ça. Et le Dr Watson ?
- Il parle de faire évacuer les malades, mais cela va prendre du temps au vu des précautions nécessaires à prendre. 

Cela faisait déjà plus de deux heures qu’ils vérifiaient les listes et les articles de presse. Kate passa à l’année 1982, et commença à lire les noms des enfants de 6ème. Le capitaine faisait de même avec l’année 1983, elles avaient relevé un total de 35 noms. À la deuxième page, Beckett souffla, elle avait besoin d’un café, elle allait se lever et leur proposer de faire une pause lorsque Ryan s’exclama :

- Je crois que j’ai quelque chose ! Il eut immédiatement toute leur attention. En janvier 1983 un jeune garçon du nom de Johnny Rocco, âgé de 11 ans, a été retrouvé noyé dans l’étang gelé d’un petit parc à environ un kilomètre de chez lui. Il serait apparemment sorti tard dans la soirée, le vendredi 21 janvier. Personne n’a pu donner d’explication sur les raisons qui l’ont poussé à quitter son domicile. La police a conclu à un accident, l’enfant n’aurait pas vu qu’il marchait sur la glace à cause de l’épaisse couche de neige qui recouvrait tout. C’est son meilleur ami qui a découvert son corps le samedi matin…
- Tu as un nom ?
- Non, ça dit juste que ce garçon avait le même âge et qu’il était dans la même classe. Et qu’il a été extrêmement choqué.
- Peut-être ce RR, suggéra Gates.
- Possible, essaie de trouver le rapport de police, je sais que ça risque d’être long mais il nous le faut. Je vais voir s’il y avait un RR dans sa classe en attendant.
- Attends ! Beaucoup de dossiers ont commencé à être numérisés, je vais peut-être l’avoir assez vite…alors le nom du détective est donné dans l’article, Tom Granger. Donne-moi cinq minutes !
- Si tu ne trouves pas, on demandera à Espo d’aller aux archives et de nous le faire passer. 
- Je l’ai ! 
- Alors le nom du gamin ?
- J’y suis…oh merde. Il n’en revenait pas.
- Quoi ? S’inquiéta Kate en voyant l’air effaré de l’irlandais. 
- Regarde. Il fit pivoter son écran.
- Oh mon Dieu, c’est pas vrai…pas lui. Elle croisa le regard de Ryan, elle était tout aussi abasourdie que lui.
- Vous connaissez ce Richard Rodgers ? De toute évidence c’est notre RR.
- C’est….Castle, répondit Kate presque dans un murmure. 
- Oui, il a changé de nom lorsqu’il a publié son premier roman, précisa Kevin en voyant l’air interrogateur de sa supérieure. 
- D’accord, voyons ce que dit ce rapport.

Tous trois se placèrent devant l’écran et commencèrent leur lecture, il était dit que le jeune Richard Rodgers, âgé de 11 ans avait retrouvé le corps de son ami, bloqué sous la glace du petit étang. Les policiers avaient été prévenus par des promeneurs qui avaient entendu des cris provenant du parc. Lorsqu’ils étaient arrivés, ils avaient trouvé le garçon tenant son ami contre lui. Il avait apparemment réussi à briser la fine couche de glace qui s’était reformée et à sortir celui-ci de l’eau.

Ils avaient tenté de l’écarter mais il avait refusé de bouger et avait carrément « piqué une crise ». Ils avaient donc appelé sa mère, Martha Rodgers, mais elle ne réussit pas à le convaincre. Il refusait obstinément de laisser son ami. Ce fut le jeune médecin légiste, le Dr Clark Murray, qui arriva à le persuader de le laisser. Ensuite le jeune garçon s’était muré dans le silence et n’avait répondu à aucune des questions posées par les policiers, curieux de connaître comment il avait pu savoir que Johnny serait là. C’est sa mère qui leur expliqua que c’était leur endroit préféré pour jouer. Ils venaient y faire du patin à glace et traversaient le parc tous les jours pour se rendre et revenir de l’école. 

L’autopsie n’avait montré aucune violence faite contre Johnny Rocco, et avait conclu à une mort accidentelle par noyade. L’enquête de la police avait démontré que le garçon devait courir au moment où il était tombé dans l’étang. Et il était bien seul, car les uniques traces de pas laissées dans la neige étaient les siennes. En remontant les traces ils étaient arrivés à un vieil immeuble qu’ils avaient inspecté. Les policiers y avaient trouvé des systèmes mécaniques, installés là dans le but d’effrayer quiconque rentrerait dans le bâtiment la nuit. Très vite en interrogeant les enfants du collège ils obtinrent le nom de cinq garçons plus âgés, Charles Daniels, James Backer, Duane Frazer, Benjamin Clark et Harry Gardner. Ils dirent qu’ils avaient bien ‘piégé’ l’immeuble mais pour faire peur aux filles. Car c’était un moyen efficace de draguer, lorsqu’elles se jetaient dans leurs bras, mortes de peur. Et non, ils n’étaient pas avec Johnny.

Le policier en charge de l’affaire, Tom Granger avait confirmé la mort accidentelle dans sa conclusion. Pour lui le jeune Rocco avait dû vouloir visiter cet immeuble et, pris de peur s’était enfui en courant dans la nuit, paniqué il n’avait pas fait attention qu’il se précipitait sur la glace. 

Kate s’appuya contre le bureau plus que secouée, elle avait beaucoup de mal à retenir ses larmes. Ryan et Gates étaient eux aussi sous le choc de ce qu’ils venaient d’apprendre. 

- Beckett, je sais que ça va être difficile, mais…
- Je dois questionner Castle, finit-elle.
- Ensuite nous nous occuperons de Frazer, il y a quelque chose qui n’est pas clair dans cette histoire. Pourquoi le tueur voudrait s’en prendre à Castle alors qu’il était le meilleur ami de Rocco, ça n’a pas de sens. 
- Je vais aller voir s’il est en mesure de parler. Voyant justement le Dr Darwin sortir du bureau, elle l’arrêta au passage. Docteur comment va-t-il ?
- Des marques de purpura ont fait leur apparition sur ses bras et son torse, mais la fièvre a un peu diminué.
- Est-ce qu’il est conscient ?
- Oui, il vient de se réveiller, si vous allez le voir ménagez-le, il est très fatigué. Mais il vous a demandée.
- Merci, je ferai attention. 

Dans le bureau, Rick, malgré son état, était soulagé. Il avait demandé des nouvelles de Kate, Ryan et Gates et avait été content d’apprendre qu’ils allaient bien. Le bruit de la porte s’ouvrant lui fit tourner la tête, il esquissa un sourire qui disparut très vite lorsqu‘il vit la mine grave de la jeune femme. Alors il comprit qu’elle savait, il allait tout lui dire, d’ailleurs c’était son intention. C’est pour cela qu’il avait prié le docteur d’aller la chercher. Kate prit une chaise, et s’installa près de lui. Il détourna les yeux quand elle lui saisit la main. 

- Rick, regarde-moi. Sa voix était douce.
- Tu sais pour Johnny ?
- Oui, mais toi, tu avais compris pourquoi on s’en prenait à eux, tu savais que RR c’était toi ? Pourquoi tu n’as rien dit ? Répliqua-t-elle d’un ton plus dur qu’elle ne l’aurait voulu. 
- Non Kate, je te jure, je ne savais rien. Je t’en prie crois-moi, il s’agitait, sur la défensive. La mort de Daniels a réveillé des souvenirs en moi. Je savais sans savoir, je te jure, j’y comprenais rien moi-même jusqu’à dimanche matin. Il faut me croire, je ne t’ai rien caché, il parlait vite et s’énervait de plus en plus. 
- Calme-toi Rick, elle s’inquiétait pour lui et se reprocha aussitôt de lui avoir parlé si durement. Je ne demande qu’à te croire et à comprendre ce qu’il se passe et pourquoi. Alors tu vas tout me dire, mais posément, sans te presser d’accord ?
- Oui, pardonne-moi Kate…c’est de ma faute s’ils sont morts, une larme s’échappa puis une deuxième. C’est de ma faute si Johnny est mort et c’est aussi à cause de moi que les autres sont morts. 
- Eh tu n’y es pour rien, j’ai lu le rapport, c’était un accident. Et à moins que tu m’avoues avoir tué nos trois victimes, tu n’y es pour rien non plus.
- C’est… il avait la gorge tellement sèche qu’il fut pris d’une quinte de toux. 
- Tiens, bois un peu, elle porta un verre avec une paille jusqu’à sa bouche. Je ne veux plus entendre de bêtises de ce genre, on est bien d’accord ? Il acquiesça d’un faible signe de tête. Raconte-moi, prends ton temps. 
- Je…je ne t’ai pas menti en disant que je savais sans savoir et… je ne t’ai rien caché non plus, du moins rien caché d’important pour l’enquête. Je te le jure Kate, il faut me croire, il recommençait à s’exciter. 
- Chut, je te crois Rick. Elle posa sa main sur son front la fièvre était remontée et cela risquait de s’aggraver, s’il continuait à stresser. Ça va aller, mais essaie de te calmer, elle se doutait que son état ne faisait qu’accentuer ses craintes qu’elle ne le croit pas. Tu promets ? 
- Oui… ça a débuté jeudi. En apprenant le nom de la victime, j’ai eu un choc, je me suis senti….bizarre, une sensation étrange qui ne présageait rien de bon et qui, j’en étais certain, n’avait rien à voir avec le Hockey. Cette nuit-là je me suis réveillé en sursaut vers 3h00 et je n’avais que le nom de Daniels en tête. Quand… tu es venu dans mon bureau le matin, il ferma les yeux et soupira, j’ai fait semblant d’écrire. 

Malgré ses paupières baissées, Castle détourna son regard comme pour éviter de sentir celui de Kate sur lui. C’était encore plus difficile qu’il ne le pensait, il se rappela la fois où il avait sous-entendu que mentir par omission n’était pas courageux mais lâche… il avait fait exactement la même chose. L’écrivain sentit la main de la jeune femme raffermir sa prise sur la sienne, alors que de l’autre elle lui caressait la joue avec douceur.

- On peut arrêter si tu veux.
- Non, il osa de nouveau la regarder. Il faut que tu saches ce qu’il s’est passé maintenant… tant que je suis encore lucide.

Aucun des deux ne parla, c’était inutile, ils savaient ce qu’impliquaient ces quelques mots. Kate vit la lueur de désespoir dans ses yeux, malgré ses propres peurs elle lui sourit. Elle voulait lui transmettre la force de se battre car il était évident que Rick avait baissé les bras. Et ça, ce n’était pas lui, cette affaire devait vraiment l’avoir abattu pour qu’il en soit arrivé à ce point. Elle espérait que le fait de tout lui dire, l’aiderait à se reprendre. C’est d’une voix douce qu’elle l’incita à poursuivre.

- Continue.
- Lorsqu’on a trouvé le bristol… je me suis de nouveau senti mal sans en comprendre la raison. Bien sûr j’ai tout de suite pensé à mon nom, le vrai, en voyant les initiales. Mais que pouvais-je te dire. Une nouvelle quinte de toux l’interrompit.

Aussitôt Kate lui donna à boire, elle s’inquiétait, il avait les yeux brillant de fièvre et des cernes commençaient à apparaître. Elle aurait souhaité qu’il aille à l’essentiel mais elle ne pouvait se résoudre à le brusquer. Il la remercia et reprit. 

- Et puis les gars ont trouvé ce Ronald Rawson, alors je me suis dit que mon imagination me jouait un mauvais tour. Pourtant je ne me sentais pas mieux pour autant et je dois dire que pour une fois j’étais ravi que Gina me harcelle. Ça m’a permis de cacher mon trouble sous une fausse contrariété et m’a aussi donné une bonne excuse pour m’enfermer dans mon bureau ce soir-là. Il marqua une pause mais cette fois laissa son regard ancré dans celui de Kate. J’ai… j’ai vraiment essayé d’écrire mais sur mon écran ce que je voyais c’était ces deux initiales: RR. Elles m’obsédaient. C’était comme si elles me hurlaient, rappelle-toi ! Réfléchis ! Et puis c’est arrivé, j’ai eu des flashs, de vieux souvenirs de mon passé, mais ils étaient confus…il se racla la gorge, accepta une nouvelle fois l’eau que Kate lui proposa et après un soupir, continua. Enfin plus exactement, les souvenirs étaient précis mais je ne comprenais pas en quoi ils pourraient être liés à l’affaire. Et pourquoi ceux-ci précisément, je les avais enfouis si profondément en moi pour ne plus souffrir, depuis si longtemps, une larme coula suivie par d’autres.
- C’étaient des souvenirs de ton ami Johnny, n’est-ce pas ?
- Oui et d’autres. Johnny et moi étions comme des frères, inséparables et bien-sûr à la recherche de toutes sortes de mauvaises blagues à faire à nos camarades. Il planifiait et faisait le guet pendant que j’exécutais le plan. Combien de fois j’ai entendu le directeur hurler: « Richard Rodgers dans mon bureau, sur le champ ! » alors que Johnny riait aux éclats. Le moins drôle était quand ma mère arrivait suite à un coup de fil de ce dernier. Mais cela ne nous arrêtait pas… jusqu’à la blague de trop.
- Tu veux dire que tu… vous avez blessé un de vos camarades ? Ne put s’empêcher de demander Kate y voyant une raison qui expliquerait le mobile du tueur. 
- Non ! Nous n’avons jamais fait de mal à personne ! S’écria Castle malgré son état. Mais c’est pour ça que Johnny s’est noyé ce matin-là en faisant du patin à glace…
- Mais il... commença-t-elle.
- Je sais, ce n’est pas ce qu’il s’est passé. Mais c’est ce que mon subconscient a gardé comme souvenir, une protection en quelque sorte. Devançant sa question, tu comprendras tout à l’heure. Pour moi il s’était noyé en faisant du patin seul, car ma mère m’avait consigné dans ma chambre après mon énième exploit qui, la veille m’avait valu une exclusion d’une semaine du collège. J’ai peut-être choisi cette version parce que pour moi les moments où nous patinions étaient un bon souvenir, Johnny était vraiment doué et je l’admirais beaucoup. Il soupira et ferma les yeux quelques secondes avant de poursuivre. Ensuite je me suis rappelé notre déménagement et ma mère m’annonçant du même coup qu’elle allait me mettre en pension. J’étais seul, je me suis renfermé et c’est à cette période que j’ai commencé à mettre mes sentiments par écrit dans mes histoires.
- Pourquoi ne pas m’en avoir parlé le matin ? Questionna-t-elle d’une voix douce.
- Est-ce que tu vois un lien entre ce que je viens de te raconter et la mort de Daniels ? Interrogea-t-il en retour.
- Non, effectivement.
- Donc ces souvenirs au lieu de m’aider à trouver un semblant de réponse n’ont fait qu’accentuer mon trouble et ma frustration de ne pas comprendre. Mais les évènements de ce samedi se sont enchaînés si vite, l’arrivée de Backer, sa mort subite quelques instant plus tard et toujours ce bristol m’ont plongé un peu plus dans la confusion. Toute la journée j’ai cherché désespérément un lien entre eux et moi. Car j’étais sûr d’au moins une chose, ils faisaient tous les deux partie de mon passé. Et j’en ai eu confirmation lorsque vous avez découvert dans quel collège ils avaient été scolarisés. Il se remit à tousser.
- Tu peux faire une pause si tu veux. 
- Non, ça ira, j’ai presque fini. Lui assura-t-il, puis lorsque vous avez parlé de Gardner, Clark et Frazer, j’ai enfin su, ma mémoire s’est comme débloquée, du moins une partie, je me souvenais très bien de la « bande des 5 », mais toujours pas de ce que j’avais pu faire pour être lié à eux et pour qu’un tueur me considère comme son but ultime. Je savais que tu finirais par trouver mon nom dans la liste des élèves. Que tu me demanderais pourquoi je ne t’avais rien dit et que tu allais être furieuse contre moi…. Comme maintenant.
- Je ne suis pas en colère Rick, je veux juste connaître la vérité. 
- Moi aussi c’est ce que je voulais à ce moment-là. C’est pour cela que je n’ai rien dit, je voulais mettre de l’ordre dans tout ça et m’en servir lorsque nous interrogerions les 3 types le lendemain. Peut-être que s’ils pensaient que je savais quelque chose ils parleraient. 
- Mais tu ne te rappelais toujours pas de la vraie cause de la mort de ton ami.
- Non, j’ai passé la nuit à tout repasser en revue et ce n’est que lorsque je préparais le café que tout m’est revenu brusquement. J’ai eu la vision du visage de Johnny coincé sous la glace qui s’était reformée et qui me fixait sans me voir. Maintenant tu vas comprendre pourquoi je disais que j’étais fautif. Lui et moi voulions à tout prix être acceptés par la « bande des 5 », on était vraiment prêt à tout pour cela. Ils étaient populaires, tout le monde les aimait bien. Nous les avons tellement harcelés qu’ils ont fini par donner leur accord, à la condition que nous réussissions une épreuve. Ça devait se passer ce fameux vendredi soir, ils nous avaient donné rendez-vous devant cet immeuble abandonné à minuit exactement. Seulement c’est ce même jour que je suis allé dans la classe de biologie, que j’ai mis toutes les souris dans un sac pour les relâcher dans les vestiaires des filles pendant leur cours de Gym. Ce qui m’a valu l’expulsion et d’être consigné dans ma chambre pour une durée illimitée par ma mère. Johnny n’habitait que trois maisons plus loin et le soir on communiquait toujours par Talkie-Walkie avant de dormir. J’ai essayé de le convaincre de ne pas y aller seul, mais il m’a répondu qu’il devait y aller au contraire, qu’il leur dirait pourquoi je ne pouvais pas venir pour qu’ils me donnent une deuxième chance. Je lui ai fait promettre de m’appeler dès qu’il serait rentré pour me raconter. Seulement il n’en a rien fait et moi je me suis endormi. Le matin quand je me suis réveillé j’ai essayé de l’appeler en vain, j’ai pensé qu’il dormait toujours et je suis descendu prendre mon petit déjeuner, j’ai trouvé ma mère au téléphone elle paraissait bouleversée. J’ai su que c’était grave quand elle m’a serré dans ses bras et m’a dit que Mme Harper avait appelé la police parce que Johnny n’était pas là et n’avait apparemment pas dormi dans son lit, j’ai su qu’il avait dû y avoir un problème avec « l’épreuve ». 
- Pourquoi tu ne lui as rien dit ? 
- Je voulais retrouver mon ami, les explications ce seraient pour plus tard. Je suis remonté dans ma chambre j’ai enfilé ma parka par-dessus mon pyjama, mis mes boots et je suis sorti de la maison en courant. Pour aller à l’immeuble, j’ai coupé par le parc parce que c’était plus rapide. J’ai longé l’étang et c’est là que j’ai vu un cercle de glace moins dense et non recouvert de neige. Je me suis précipité en priant pour que l’idée à laquelle je venais de penser soit fausse. Mais…sa voix s’étrangla et il pleura de nouveau.

Kate quitta sa chaise et s’agenouilla près du lit, elle lui posa une main sur la joue, essuyant ses larmes du pouce alors qu’elle passait l’autre dans ses cheveux pour le calmer, comme une mère le ferait avec son enfant. Ce qui eut l’effet escompté, Castle s’apaisa enfin. 

« Je croisai le regard de l’homme que j’aimais et ce que j’y vis me bouleversa au point que j’eus beaucoup de mal à retenir mes larmes. Il y avait une telle détresse dans ses yeux devenus si sombres, je devais me montrer forte devant lui. Il souffrait déjà bien assez, aussi bien physiquement que moralement, inutile de lui donner un autre sujet d’inquiétude. Rien d’étonnant qu’avec le drame qu’il avait vécu, il ait occulté cette partie de sa vie, se forgeant un faux souvenir pour y faire face. Il avait raison, même s’il m’en avait parlé dès le début, cela n’aurait pas aidé dans l’enquête. Cependant je lui en voulais tout de même de ne pas avoir partagé son malaise avec moi, je me disais que s’il s’était ouvert à moi, j’aurais pu l’aider à gérer cette angoisse qui le tenaillait. Et il n’aurait pas attendu pour tout me dire lorsque sa mémoire lui était revenue partiellement. Seulement cette attaque inexplicable avait eu lieu et on avait tous eu d’autres préoccupations en tête. Mais c’est une discussion que nous aurions plus tard, il devait comprendre qu’il pouvait me faire confiance quel que soit son problème. Pour l’instant tout ce que je voulais c’est qu’il se batte et qu’il sache que je le croyais quand il disait qu’il voulait tout me dire. Je devais le laisser se reposer maintenant, il était fatigué et fiévreux, de plus je venais de remarquer que la poche du produit qu’on lui donnait par perfusion était vide. J’allais me lever lorsqu’il me retint par le bras »

- Non attends, j’ai….je veux te parler de ce qu’il s’est passé…
- Ce n’est pas utile Rick, nous avons le rapport de police et puis nous pouvons aller voir Mme Harper. 
- Je… voulais dire pour… moi. S’il te plait !
- D’accord, mais après je veux que tu te reposes. On est bien d’accord?
- Oui. Quand j’ai vu Johnny j’ai totalement perdu pied, tout ce dont je me souviens de ce moment précis c’est que j’ai tapé comme un fou sur la glace en l’appelant, elle s’est brisée et je l’ai sorti de là, je ne sais comment. Je sais que j’ai hurlé sur beaucoup de monde, je ne voulais pas laisser mon ami, l’abandonner encore une fois. Je me souviens avoir parlé à un homme qui m’a dit qu’il devait l’emmener mais il m’a promis qu’il prendrait bien soin de lui. Je l’ai laissé faire puis ma mère m’a ramené chez nous. Je refusais de parler, ne mangeais presque pas et je ne dormais pas beaucoup non plus, je ne pensais qu’à une seule personne Johnny, il me manquait tellement et je m’en voulais aussi. Le lundi matin, ma mère est partie à une audition je crois et m’a laissé sous la surveillance d’une baby-sitter. C’était une fille à peine plus veille que moi, elle s’est plantée devant la TV sans vraiment faire attention à moi. Alors c’est là que j’en ai profité, je suis parti en douce. J’avais entendu les adultes parler entre eux, de la mort de Johnny, de l’enquête et surtout de son enterrement. Je ne sais pas ce qu’il m’a pris, mais je voulais le revoir avant, je me suis donc rendu à la morgue. J’ai réussi à me faufiler sans que personne ne me voit. J’ai tourné un moment avant de le trouver, j’ai vu son nom sur une des portes…
- Ne me dis pas que tu l’as ouverte.
- C’est exactement ce que j’ai fait. Je me rappelle que je tremblais tellement que je n’ai pas pu attraper le drap qui le recouvrait du premier coup. Je revois encore son visage, il avait l’air de dormir tout simplement. Alors je lui ai parlé, d’abord doucement, puis tout ce dont je me souviens c’est de moi criant, de la voix d’un homme qui me paraissait familière et enfin le trou noir…
- Et ensuite.
- Je me suis réveillé dans une chambre d’hôpital…dans le service psychiatrique. Mais je n’étais pas fou !
- Eh, ça va, je te crois. Mais tu venais de perdre ton meilleur ami et c’est toi qui l’avais trouvé c’est normal d’avoir craqué. Tu n’avais que onze ans Rick, tu venais de subir une situation traumatisante. Et ça t’a aidé ?
- Peut-être, j’en sais rien en fait. Ma mère est restée avec moi tout le temps, les Harper aussi venaient me rendre visite. Le jour où j’ai pu sortir elle m’a amené sur la tombe de Johnny. Je n’ai jamais remis les pieds au collège, la suite tu la connais. Mis à part que si elle m’a mis en pension, ce n’était pas pour me punir, comme je l’ai cru à l’époque, mais pour m’éloigner le plus possible de cette ville.
- C’est fini maintenant Rick, je vais te laisser te reposer. Je repasserai plus tard, lui dit-elle en déposant un baiser sur ses lèvres. 

Alors qu’elle était déjà debout Castle l’interpella une dernière fois. 

- Tu sais Johnny et moi on se ressemblait beaucoup, je crois que c’est pour ça que l’on s’entendait si bien. Je n’avais pas de père, lui n’avait plus ses parents. Ils étaient morts dans un accident de voiture deux ans plus tôt. Il est resté un an en foyer avant d’être envoyé en famille d’accueil chez les Harper…. J’espère qu’ils se sont bien occupés de sa petite sœur…
- Attends ! Tu viens de dire que Johnny avait une sœur ?
- Oui, elle était très gentille, elle devait avoir six ou sept ans à l’époque. La pauvre après ses parents, elle perdait son frère.
- En effet, repose-toi maintenant. 

En voyant l’esquisse d’un sourire sur le visage de Rick au souvenir de la petite sœur de son ami, elle n’avait pas eu le courage de lui poser plus de questions à son sujet. Elle ne voulait pas qu’il comprenne qu’il venait certainement de lui fournir l’identité de l’assassin.


nanienoc  (24.04.2013 à 22:15)

Chapitre 12 : Nouvelles pistes
Auteur : FranckyDB

Non seulement, elle avait maintenant de fortes présomptions quant à l’identité du tueur, ou de la tueuse pour être plus exact, mais elle venait aussi d’acquérir la certitude que le fameux RR dont faisaient mention les bristols trouvés sur les victimes, ne pouvait être que Richard Rogers alias Rick Castle.

Ce simple énoncé la terrorisait…

Son partenaire, son ami, son amour était la cible d’une femme rongée par la vengeance, et cela la paralysait. Elle avait déjà perdu trop d’êtres chers à son cœur, sa mère, son capitaine et son mentor. Alors non, elle n’était pas prête à le perdre lui, l’Amour de sa vie.

Elle ne s’en remettrait pas cette fois…

Elle reprit le contrôle de ses émotions, et adoptant un visage impassible, elle lui jeta un dernier coup d’œil en lui adressant un sourire qu’elle voulut réconfortant. Elle ne voulait pas qu’il la sente angoissée, elle se devait d’être forte pour lui.

« Repose-toi maintenant, je reviendrai un peu plus tard » lui susurra-t-elle tendrement en lui caressant la joue.

« Oui…Je suis un peu fatigué... Merci de prendre soin de moi Kate, et d’être aussi patiente… Je suis désolé de ne pas t’avoir tout dit… » s’excusa-t-il d’une voix faible et hésitante.

« Rick, ne t’excuse pas » le coupa-t-elle, «  tu as subi un traumatisme à l’époque et rien encore ne laissait supposer que le faits étaient reliés à la mort de ton ami que de toute façon tu avais tout fait pour oublier. Je ne t’en veux pas, alors cesse de te culpabiliser. Tu n’es pas le meurtrier, comme tu n’es pas responsable de la mort de Johnny. Je te promets que je retrouverai celui ou celle qui a commis tous ces assassinats » ajouta-t-elle en continuant de caresser la joue de l’écrivain.

« Merci… » lui répondit-il en posant sa main sur la sienne.

« Always ».

Sur ce mot qui avait pour eux presque plus de valeur qu’un ‘je t’aime’,  ils restèrent ainsi le regard ancré dans celui de l’autre, entamant une conversation silencieuse comme seuls eux savaient le faire, les isolant du monde extérieur.

Etant la première à rompre ce contact, elle se leva en lui adressant un dernier sourire et quitta la pièce.

Une fois la porte fermée, elle chercha des yeux son supérieur et dès qu’elle l’aperçut, elle se dirigea vers elle d’un pas ferme et volontaire.

Elle était déterminée, il était urgent de mettre un terme à cette affaire en arrêtant cette psychopathe avant qu’elle ne s’en prenne à l’homme de sa vie. Elle ne la laisserait pas faire, quitte à la tuer de ses propres mains. C’est habitée de cette rage qu’elle s’approcha de son capitaine.

« Sir, j’ai de nouveaux éléments sur notre affaire » l’interpella-t-elle.

Gates fit volte face surprise par le ton énergique de sa jeune collaboratrice et d’un hochement de tête, elle invita la jeune détective à lui faire part de ses dernières découvertes. Beckett lui fit alors un récit complet des révélations de Castle sans omettre un seul détail.

« Mais pourquoi ne nous en a-t-il pas parlé plus tôt ?» questionna la métisse perplexe.

«Parce qu’en fait, ce drame a provoqué un traumatisme chez l’enfant qu’était alors Castle, et ces souvenirs sont restés enfouis  dans son subconscient. Ce n’est que récemment qu’il a réussi à faire le lien. Sa contamination a certainement aussi désinhibé cette partie de sa mémoire » l’excusa-t-elle.

« Oui, je comprends. Nous avons donc à faire à une vengeance si je vous suis bien et tous vos soupçons se portent sur la jeune sœur de l’ami de Castle. Il nous faut donc protéger notre écrivain et les deux survivants de la ‘bande des cinq’. Comme ils sont dans mon bureau je vais me charger personnellement de Castle et de Gardner. Quant à Frazer, je vais affecter un officier valide à sa protection. En ce qui vous concerne Beckett, utilisez tous les moyens à votre disposition pour poursuivre vos investigations. Je vous fais ouvrir une ligne téléphonique sur votre poste. Alors, identifiez et repérez-moi cette cinglée au plus vite ! » ordonna Gates.

 « Bien Sir ! » rétorqua la jeune femme heureuse de savoir son homme entre de bonnes mains.

Pendant que sa supérieur s’empressait de donner les ordres adéquats, Kate se dirigea vers son bureau pour relire le dossier sur cette enquête. Elle relut toutes les notes et articles concernant le décès de Johnny, mais aucune ne faisait mention de la jeune sœur de la victime. Elle les compulsa à plusieurs reprises, et elle ne trouva absolument rien.

Dépitée, elle prit quelques instants pour réfléchir aux moyens qu’elle avait pour identifier et localiser la jeune femme. Il était évident que coincée dans le commissariat, elle n’avait pas beaucoup d’options sinon faire appel à son collègue latino qui lui avait la possibilité de se rendre sur le terrain. Elle décrocha donc le combiné de son téléphone et composa le numéro d’Esposito qui décrocha au bout de deux sonneries.

« Esposito ! »

« Salut, c’est Beckett »

« Yo boss, comment allez-vous ? » demanda-t-il inquiet pour ses amis et collègues.

« Ce n’est pas facile,  mais on tient le coup Javier, et on va s’en sortir » le rassura-t-elle.

« Et comment vont les autres ?»

« Ta copine Ryan va bien, je te rassure » ironisa-t-elle pour le détendre un peu, « Mais Castle est contaminé » ajouta-t-elle la voix plus anxieuse qu’elle n’aurait voulu le faire paraitre.

« Oh, merde !!! » laissa échapper le latino que la nouvelle enrageait, « et toi, comment le vis-tu ? » la sonda-t-il après quelques secondes de silence.

« J’essaie de me concentrer sur l’affaire, et c’est pour ça que je t’appelle d’ailleurs. On a un suspect sérieux. » lui annonça-t-elle pour changer de sujet, voulant éviter de s’apitoyer sur elle-même, et surtout toujours incapable de se confier aux autres, en dehors de Castle évidemment.

Elle relata à son collègue les derniers indices qu’ils avaient découverts grâce à Castle, et lui demanda de rendre une visite aux parents d’accueil qui avait recueilli la petite fille  à l’époque et de les interroger pour savoir s’ils avaient des moyens de la localiser.

« Ok boss, j’y vais de ce pas et je te rappelle dès que je suis sorti de chez eux. Prenez soin de vous »

« Merci Espo, j’attends ton coup de fil »

Elle reposa le combiné et chercha son collègue irlandais qu’elle repéra en train de discuter avec un officier en uniforme. Elle se leva et s’approcha de lui. Ryan ayant aperçu la jeune femme se dirigeant vers lui, mit fin à sa conversation et fit les quelques pas qui le séparaient encore de Beckett.

« Hey boss, t’as besoin de moi ? » la questionna-t-il

« Oui Kevin, grâce à Castle on a de nouveaux éléments »

Elle lui fit part alors des dernières découvertes, et lui demanda de contacter Mr Milton Ballard, l’ancien directeur de l’école qu’avaient fréquentée les protagonistes de cette affaire, et s’il était toujours en vie, de l’interroger sur ses souvenirs de l’accident au cours duquel avait péri le petit Johnny Rocco. Ryan acquiesça et se dirigea vers son propre bureau pour commencer les investigations que lui avait demandées la jeune détective.

Restée seule, Kate réfléchît à ce qu’elle-même pourrait faire pour que cette enquête avance, maintenant qu’elle avait attribué des tâches à ses deux collègues et dans l’attente des résultats de leurs enquêtes.

Il était surtout urgent de s’occuper l’esprit pour ne pas se morfondre et trop penser à son écrivain pour lequel elle était très inquiète.

Elle décida alors d’aller interroger le seul survivant valide de la fameuse ‘bandes des cinq’. Elle demanda alors à l’officier en charge de sa protection de faire conduire Frazer dans une des salles d’interrogatoire.

En attendant, elle alla se préparer un café le temps que le transfert soit fait. Elle en profita pour essayer de se relaxer un peu pour se débarrasser des tensions que les derniers évènements avaient infligées à son corps. Il était important qu’elle soit en possession de tous ses moyens si elle voulait résoudre cette affaire le plus rapidement possible et pouvoir ainsi se consacrer complètement à son petit ami.

Elle se vida l’esprit, relâcha tous ses muscles, et respira profondément. Elle répéta cet exercice à plusieurs reprises. Quand elle se sentit suffisamment relaxée, elle termina sa tasse de café et se rendit à la salle d’interrogatoire où l’attendait Frazer.

Elle entra d’un pas décidé dans la pièce et prit place sur la chaise qui faisait face au quadragénaire.

« Monsieur Frazer » commença-t-elle une fois installée, « de nouveaux éléments viennent de nous être dévoilés, et nous en savons un peu plus sur les circonstances qui entourent les derniers évènements qui ont conduit à l’assassinat de vos amis Daniels, Backer et Clark »

« Ah, enfin, ce n’est pas trop tôt » s’écria-t-il sur un ton qui déplut à Beckett, mais qu’elle préféra ne pas relever.

« En effet, il apparait que ces meurtres trouvent leur origine dans un évènement qui remonte à l’époque où vous fréquentiez le même collège. »

«  Quoi ??? » s’étonna Frazer, «  Tout ça pour une histoire qui a lieu il y a plus de vingt cinq ans ? Et autant que je m’en souvienne, nous n’avions rien fait de très répréhensible à cette époque, en tous cas rien qui justifie le fait que l’on veuille nous trucider ! » argua-t-il

« Peut-être pas à vos yeux en effet, mais ce n’est apparemment pas ce que pense notre assassin » lui rétorqua la jeune femme, un peu agacée par le comportement de son interlocuteur, «  Mais avant de continuer, laissez-moi vous poser  une question. Connaissez-vous Johnny Rocco et Richard Rodgers ? ».

Frazer blêmit à la question comme si l’évocation de ces deux noms faisait remonter de vieux mauvais souvenirs. Il jeta un regard inquiet à la jeune détective.

« Oui, je les connais… nous étions scolarisés dans le même collège… Pourquoi ? » demanda-t-il d’un ton hésitant.

« Richard Rodgers plus connu sous le nom de Richard Castle, l‘écrivain à succès, et qui accessoirement est consultant pour le NYPD, » enchaina-t-elle sans tenir compte de la question, « vient de nous relater un évènement qui a eu lieu à cette époque et dont vous devez vous-même en avoir gardé un souvenir indélébile au vu de la réaction que vous avez eu à l’évocation de ces deux noms. Nous avons la version de Mr Castle, nous aimerions donc avoir la vôtre Mr Frazer. Que pouvez-vous me dire sur les circonstances qui ont conduit au décès du jeune Johnny Rocco ? » le questionna-t-elle d’une voix calme.

« Pourquoi cette question ? » s’affola-t-il, « Nous n’avons rien à voir avec la mort de Johnny. C’était un accident, et nous n’étions même pas là quand il a eu lieu ! » ajouta-t-il avec véhémence.

« Personne ne vous accuse de quoi que ce soit, Mr Frazer, je vous demande juste de me relater les faits tels que vous les avez vécu cette nuit-là. » le rassura la jeune détective.

Le quadragénaire rasséréné par les propos de Beckett, se relaxa et s’installa plus confortablement sur sa chaise en reposant son dos sur le dossier de son siège. Il se passa une  main dans les cheveux et ferma quelques secondes les yeux pour rassembler ses souvenirs sur cette nuit tragique. Il rouvrit les yeux et c’est d’une voix plus calme qu’il entama son récit.

« A l’époque du collège, Daniels, Backer, Clark, Gardner et moi étions considérés comme les garçons les plus populaires de l’école. On nous appelait la ‘bande des cinq’ et on régnait en maitre. Beaucoup d’adolescents voulaient faire partie de notre bande, mais nous étions assez intransigeants, et pas très enclins à agrandir notre cercle »

Frazer s’interrompit pour boire une gorgée dans le verre d’eau qui était sur la table devant lui. Il reposa son verre et continua à relater ses souvenirs.

« On avait remarqué Johnny et Ricky qui s’étaient forgés une belle réputation au sein du collège, et nous n’avons pas été surpris lorsqu’ils nous ont demandé à intégrer notre groupe. Mais fort de notre réputation, Nous avons refusé à plusieurs reprises, en nous disant que si vraiment ils avaient envie de nous rejoindre, ils insisteraient, démontrant ainsi leur opiniâtreté, et nous ne pouvions pas les accepter trop facilement non plus. A la cinquième demande, nous avons décidé de leur donner une chance, et c’est pourquoi nous leur avons demandé de subir une épreuve d’initiation et que suivant le résultat de celle-ci, on les admettrait ou pas dans notre clan. On leur fixa donc un rendez-vous pour le vendredi soir suivant à minuit exactement devant un immeuble abandonné »

Il fit une nouvelle pause dans son récit pour boire une nouvelle gorgée d’eau. Beckett le regarda faire décidant de ne pas interrompre sa narration pour ne pas le perturber. Il reposa son verre, se racla le gorge et reprit.

« Le fameux vendredi nous avons préparé une surprise pour nos deux prétendants, le but étant de s’amuser un peu en leur faisant peur. Enfin vous voyez ce genre de blagues que peuvent concocter de jeunes adolescents. A l’heure dite, on ne vit arriver que Johnny, Rick Rodgers ayant été consigné dans sa chambre par sa mère, Il avait lâché les souris  du cours de biologie dans les vestiaires des filles. Je me souviens bien de cet évènement parce que lorsqu’on nous avait relaté les faits, cela nous avait fait bien rire. C’est donc de bonne grâce que nous avons accepté de laisser un délai à Ricky, et nous avons donc demandé à Johnny de renter dans le bâtiment. »

« Dans quel état d’esprit était-il à ce moment ? » l’interrompit Kate.

« Nous l’avons trouvé très sûr de lui et prêt à subir les épreuves, même si pour le coup, il était seul à les affronter. Il est entré dans l’immeuble et pour notre part nous nous sommes aussi précipités par d’autres entrées pour activer les différents pièges. Il a passé la totalité des épreuves, mais à la fin, il s’est précipité à l’extérieur complètement effrayé. On a tenté de le rattraper mais en vain. On lui a crié qu’il avait passé l’épreuve avec succès et qu’il était admis dans notre groupe, mais nous n’avons pas eu de réponse et cette nuit-là, nous ne l’avons pas revu. Le lendemain matin, c’est en arrivant au collège que nous avons appris pour son accident. Nous avons tous été bouleversés par la nouvelle, et on a cherché Ricky pour savoir s’il avait plus d’informations, mais on ne l’a pas trouvé et on a appris par la suite que lui et sa mère avaient déménagé. Nous n’avons plus jamais entendu parler de lui après cela. »

« Vous ne vous êtes pas sentis coupables après cette histoire ? » tenta de s’enquérir la jeune femme, exaspérée de ne trouver aucun signe de remords sur le visage de son interlocuteur.

« Pourquoi aurions-nous dû nous sentir coupables, c’était un accident. Nous étions traumatisés par la perte de notre camarade, mais il n’y avait aucun lien entre l’épreuve et le fait qu’il ait traversé la glace pendant qu’il courait. » se défendit-il

« Si vous le dites » répliqua la jeune femme avec sarcasme, « une dernière question Mr Frazer, que pouvez-vous nous dire sur la petite sœur de Johnny Rocco ? »

« Je ne savais même pas qu’il avait une sœur ».

« Je vous remercie Mr Frazer, l’officier va vous ramener dans la pièce où vous êtes consignés pour votre propre sécurité » ajouta Beckett en se levant, déçue de ne pas en apprendre plus sur la jeune femme.

Elle quitta la salle d’interrogatoire et retourna à son bureau.


nanienoc  (25.04.2013 à 19:56)

Chapitre 13 : Soutien mutuel
Auteur Yasmine17


Au moment où Jim Beckett apprit la nouvelle, il courut de suite direction le loft. Il se doutait bien que ce serait difficile de gérer la situation une fois là-bas, mais il avait promis à sa fille de veiller sur Alexis et Martha. 

Arrivant au seuil de la porte, il ferma les yeux quelques secondes, se disant que c'était toujours dans des circonstances tragiques qu'il se présentait au loft. Balayant ses idées de son esprit, il inspira profondément et essaya de se montrer le plus calme et le plus rassurant possible, c'est ce que Kate aurait voulu qu'il fasse. 

"Oh Jim, entrez donc! " s'exclama la rouquine, les yeux encore bien rougis. 
"Bonsoir Martha, oui merci." 
"Je suppose qu'on vous a mis au courant? Mais dites-moi, est ce qu'ils ont du nouveau? Est-ce qu'ils vont s'en sortir? Qu'est-ce que Kate vous a dit exactement? Jim j'ai si peur! " 
"Doucement Martha, calmez-vous, je n'en sais pas plus que vous. Nous n'avons qu'à prier et attendre de leurs nouvelles. " dit Jim, essayant de garder la tête froide. "Au fait, votre petite-fille est-elle au courant?" 
"Oui elle devrait arriver d'une minute à l'autre de la fac." 

Aussitôt dit, aussitôt fait, Alexis débarqua en trombe au loft.

"Oh mon dieu grand-mère!" cria-t-elle en pleurs. "Mon Dieu, papa, j'ai tellement peur!" 
"Je sais ma chérie, nous devons nous serrer les coudes, et attendre. Jim est là pour nous soutenir." 
"Attendre? Non je n'attendrai pas une seconde de plus, appelons-les maintenant." 

En appelant la ligne mise en place pour contacter les proches, les deux rouquines tombèrent sur Kate, qui leur expliqua la situation. Plus la conversation avançait, plus le teint des deux femmes blanchissait. Lorsque vint la révélation finale, elles tombèrent des nues. Rick Castle était atteint de la fièvre hémorragique. 

"Oh non, non, non, Kate! Dis-moi qu'il va s'en sortir! Dis-moi que mon père ira bien! " 
"Alexis, chut, calme toi, je veux que tu m'écoutes attentivement. Je veux que tu te ressaisisses et que tu gardes espoir, ton père est un battant, il va s'en sortir. Je te le promets. Maintenant ce que j'ai besoin que tu fasses c'est de vous soutenir mutuellement ta grand-mère et toi, et tout ira bien. Ton père ne voudrait pas vous voir dans cet état. " 
"Mais Kate, c'est mon père, comment veux-tu que je ne le sois pas! J'ai tellement peur!" 
"Je le sais ça, Alexis, et je suis sûre qu'il serait fier de toi. Je veux que tu me promettes de faire ce que je t'ai dit, s'il te plait." 
"D'accord promis." 
"Lanie devrait vous rejoindre d'ici peu, si tu as besoin de quelqu'un à qui te confier." 
"Merci Kate, merci beaucoup." 

Alexis avait cessé de pleurer, les paroles réconfortantes de Kate lui tournant dans la tête. "Pourquoi est-ce qu'il a fallu que ça tombe de nouveau sur lui? Pourquoi toujours lui? Je suis sur le point de m'effondrer complètement, mais je dois rester forte, comme je l'ai promis à Kate, je dois tenir non seulement pour moi, mais aussi pour ma grand-mère." Cette dernière ne s'en sortait pas mieux non plus.

Martha, qui n'avait pas raté une seule miette de la conversation des jeunes femmes, sentait à son tour l'effondrement proche. "J'ai l'impression que de toutes les fois où Richard a été confronté à la mort, celle-ci soit la plus dangereuse. Enfin évidemment que lorsqu'on est en danger de mort, cela va de soi, c’est dangereux, mais il y a façon et façon. Martha, ton fils est sûrement en train de souffrir et toi tu sors des phrases à deux balles! Bon, il faut que j'arrête de divaguer, et que je reste forte pour Richard.

Jim, qui n'avait pas dit un mot depuis un bout de temps, observait la scène de loin, ces deux âmes meurtries qui essayent de garder la tête froide. "La révélation de ma Katie m'a en quelque sorte chamboulé, je n'arrête pas de penser qu'elle doit être dans un piteux état en ce moment même. À vrai dire, comment ne le serait-elle pas? C'est l'homme de sa vie, ils sont faits pour être ensemble, ça c'est évident. Rien que de penser à une éventuelle tournure tragique, j’en ai des frissons. Elle avait enfin trouvé la perle rare, pourquoi le sort s'acharnait-il toujours ainsi sur eux? Johanna, de là où tu es, j'espère que nos prières seront suffisantes pour offrir à notre fille la vie qu'elle a toujours rêvée d'avoir.

Après que chacun ait évalué la situation à sa façon, ils décidèrent tous les trois de s'asseoir pour boire quelque chose et reprendre leur calme. Trois petits coups à la porte se firent entendre.
Lanie arriva avec des muffins tout frais et 3 cafés. Après avoir enlacé les trois, elle téléphona à son tour à Kate mais sur sa ligne privée, Espo avait eu la gentillesse de lui donner le numéro. 

"Kate, dis moi que tu vas bien!"

"Moi je vais bien, mais c'est de Castle dont je m'inquiète. "

" Que disent les médecins du CDC?"

"La seule chose dont ils soient certains, c'est qu'il s'agit bien d'une fièvre hémorragique mais ils n'ont pas encore trouvé laquelle. Mon Dieu Lanie j'ai si peur de le perdre…"

"Kate, écoute moi bien, il faut leur faire confiance, je suis sûre qu'ils trouveront"

" Je sais Lanie, mais c'est pour Martha et Alexis que je m'inquiète, explique leur que toutes les fièvres hémorragiques ne sont pas mortelles. Je veux que tu ailles leur dire ça maintenant. Si cela peut aider, dis-leur que les cas les plus graves sont stables, le traitement qu'on leur donne à l'air d'empêcher la maladie de progresser"

" D'accord je m'en charge. Courage Kate, et ne t'inquiètes pas, ton homme est un battant. "

Dès qu'elle eut raccroché, Lanie s'assit auprès des deux femmes et leur expliqua que toutes les fièvres hémorragiques n'étaient pas mortelles, que leur évolution dépendait de l'état général du patient. Et Rick était un homme en bonne santé. A l'heure actuelle, le Dr. Watson avait probablement avancé dans ses recherches grâce à son laboratoire mobile et que bientôt ils sauraient de quelle souche il s'agit. Cette nouvelle sonna comme une éclaircie dans le ciel sombre des deux rouquines et eut pour effet de leur redonner un peu d'espoir. Au loft, la situation s'était donc quelque peu apaisée, chacun était assis dans un coin, perdu dans ses pensées. Puis Lanie se leva. 

"Lanie s'il te plait, reste avec nous." 
"Tu crois vraiment que j'allais partir?" 
"J'espérais que non." 
"J'allais juste me débarbouiller un peu le visage, vous devriez faire de même." 
"Entendu. Alors tu restes Lanie?" 
"Oui ma chérie, je reste." 


nanienoc  (26.04.2013 à 20:39)

Chapitre 14 : Nouvelle donne
Auteur : judy1


Esposito mit une heure et demie pour arriver à Bellport, une petite ville en dehors de New-York. Il lui fallut 10 minutes de plus pour trouver la maison des Harper, et encore 20 de plus pour que les occupants reviennent de leur promenade. Il se maudit d’être parti dans la précipitation et de ne pas avoir précisé l’heure exacte de son arrivée au couple. Bien que ces braves gens, septuagénaires, n’aient pas l’air de se soucier du temps qui passe.

-« Monsieur et Madame Harper ? Je suis l’inspecteur Esposito, je vous ai appelé un peu plus tôt dans la journée… » Se présenta le latino, espérant qu’ils n’aient pas la mémoire en piteux état.
-« Mais bien-sûr jeune homme. Entrez… » Fit Monsieur Harper, l’invitant à le suivre à l’intérieur de la maison.
-« Nous avions juste oublié l’heure à laquelle vous deviez arriver… » Précisa Madame Harper en lui tendant une tasse de thé.

Esposito n’eut pas l’impolitesse de refuser, mais se demanda pourquoi ce genre de chose tombait toujours sur lui. Si Ryan avait été là, il se serait fait un plaisir de boire le contenu de cette tasse.

-« Je n’avais pas précisé d’heure. » Affirma l’inspecteur tout en posant sa tasse sur la table basse, après avoir fait une grimace malgré lui en avalant la première gorgée. « Si j’ai fait une si longue route, c’est que j’aimerais vous parler de… » Il prit une grande inspiration, redoutant un peu la réaction de ces gens. Au vu de leur âge, il n’avait pas envie que l’un d’eux ne fasse un malaise. « Je suis venu vous parler de l’accident qui a causé la mort de Johnny Rocco. Je sais que ça doit être difficile… »
-« Ça fait bien longtemps Monsieur… Esposito ? C’est ça ? Mon épouse et moi-même avons eu beaucoup de mal à nous en remettre. On aimerait pouvoir le laisser reposer en paix. »
-« Je comprends Monsieur Harper. Et croyez-moi que si ce n’était pas important, je ne me serais pas permis de venir vous importuner. Mais il se trouve que plusieurs meurtres ont été commis à New-York, et après avoir mené notre enquête, nous nous sommes rendu compte que chacun de ces hommes connaissait Johnny… Alors si nous pouvions en savoir un peu plus sur lui… » Expliqua Esposito, essayant de ne pas révéler les soupçons qu’ils avaient déjà sur la petite sœur de ce dernier.
-« Mais… C’était il y a si longtemps ! » Soupira Madame Harper en se prenant la tête entre les mains.
-« Je comprends Madame Harper… Mais nous pensons que plusieurs vies sont en dangers, dont celles d’un bon nombre de policiers. » Insista-t-il.
-« Qu’est-ce que vous voulez savoir ? » Se résolut enfin l’un des deux, après plusieurs secondes lourdes de silence.

Esposito soupira de bien-être, il avait enfin une chance d’être utile pour aider ses coéquipiers.

-« Johnny et sa sœur Julia avaient été placés chez nous par les services sociaux. Leurs parents étaient morts lors d’un accident de voiture et ils n’avaient plus de famille proche. Ils étaient chez nous depuis un an… Avant ce terrible accident. Je suppose que c’est de ça que vous vouliez nous parler ! » Commença Madame Harper, la gorge nouée par l’émotion.
-« Nous n’avons pas vu Johnny sortir cette nuit-là, nous n’avons rien entendu. Ce n’est que le lendemain que nous avons vu que son lit était vide. Nous l’avons cherché dans toute la maison, nous avons crié dans tout le voisinage avant d’appeler chez plusieurs de ses amis pour savoir s’il était chez eux. Personne ne savait où il était alors nous avons appelé la police. » Continua l’homme de la maison.
-« C’est la police qui l’a retrouvé ? » Demanda innocemment Esposito pour avoir en savoir un peu plus.
-« Non ! C’était encore bien pire… C’est un de ses amis qui l’a retrouvé. Son meilleur ami pour être exacte… On ne sait toujours pas pour quelle raison, mais Johnny s’était rendu près de l’étang dans le parc, là où lui et son ami avait l’habitude de se réunir. Il a dû tomber dans l’eau et s’est retrouvé coincé sous la glace…»
-« Je suis désolé de remuer tous ces mauvais souvenirs, mais vous souvenez-vous de son nom ? » Coupa Esposito, voulant confirmation de ce qu’il savait déjà.
-« Bien-sûr, comment oublier ce genre de chose. » Répondit la vieille femme en se levant pour aller chercher un cadre sur une armoire. « Il s’appelait Richard Rodgers. C’est celui de droite. » Précisa-t-elle en tendant la photo au policier.

Même si elle ne lui avait pas précisé, Esposito l’aurait reconnu sans hésiter une seconde. Les deux enfants souriaient sur cette photo, ils avaient l’air très complices, ça se voyait rien qu’en les regardant tous les deux.

« Le pauvre garçon. » Continua-t-elle, sortant Esposito de sa rêverie. « Il a essayé de le sauver. Ce petit Rick était un héros, mais il est arrivé trop tard pour notre Johnny. »
-« Le petit Rick était en état de choc quand les secours sont arrivés sur place. Il était complètement bouleversé ce pauvre gamin, j’espère qu’il a réussi à s’en remettre. Tout ce qu’on peut vous dire sur lui c’est qu’il vivait avec sa mère et que …Oui, ça devait être trois semaines après la mort de Johnny, ils ont déménagé. On ne les a plus jamais revus. » Compléta Monsieur Harper, voyant que sa femme n’arriverait pas à continuer tellement l’émotion était intense. « Le mort de Johnny a été une tragédie pour notre famille. On les aimait ces enfants, comme si c’était les nôtres. D’ailleurs nous avions lancé une demande d’adoption. Johnny se faisait une joie de pouvoir devenir un Harper, mais il n’aura jamais eu cette chance. »
-« Vous avez bien dit qu’il avait une petite sœur n’est-ce pas ? » Demanda enfin Esposito. Sa mission arrivait à son but, c’était pour ça qu’il était venu.
-« Julia, oui. Nous avons poursuivi les démarches d’adoption pour elle. » Confirma Monsieur Harper.
-« Vous pourriez me donner son adresse, ou un endroit où je pourrais la trouver facilement, j’aimerais pouvoir lui parler à elle aussi. » Demanda Esposito en sortant son carnet de note.

N’entendant aucune réponse à sa question, il releva la tête et constata que les larmes que Madame Harper retenait depuis le début, dévalaient sur son visage. Il sentit que cette question était celle de trop et se sentit vraiment misérable de leur faire endurer une telle épreuve.

-« Excusez-nous Monsieur. Nous ne pouvons pas vous aider. Ça fait près de dix ans que nous n’avons plus de nouvelles de notre fille, Julia. » Expliqua L’homme, pendant que sa femme s’éclipsait pour revenir quelques secondes plus tard avec un mouchoir à la main.

Une minute de silence s’installa. Esposito avait envie de poser plus de questions, mais la douleur du couple était tellement touchante qu’une part de lui n’avait pas envie d’insister plus.

-« Après la mort de son frère, Julia a changé. Elle est devenue dure, secrète et se renfermait sur elle-même, alors qu’avant cette tragédie c’était une petite fille joyeuse et pleine de vie. »
-« C’est un peu comme si nous avions perdu nos deux enfants ce jour-là ! » Enchérit la femme en continuant de sangloter. « Julia était convaincue que la mort de son frère n’était pas un accident. Elle était persuadée que si Richard a été le premier à trouver son frère, c’est qu’il devait y être pour quelque chose. »
-« Elle pensait que Rick était responsable de sa mort ? » S’étonna le latino, se retenant d’appeler son ami ‘Castle’.
-« Elle ne l’a jamais formulé de cette manière, en tout cas pas devant nous. Mais elle nous en a voulu d’avoir déménagé nous aussi et de ne pas être restés dans la maison de son frère, comme elle disait. Elle avait du mal à comprendre qu’on s’éloignait pour avancer, mais qu’on ne pourrait jamais l’oublier. »
-« Plus les années passaient et plus sa rancœur s’intensifiait vis-à-vis de nous, et probablement aussi envers celui qu’elle considérait comme responsable de la mort de Johnny. C’est pour ces raisons qu’elle est partie. Elle nous reprochait de tout faire pour oublier Johnny et de laisser le coupable de sa mort s’en sortir aussi facilement. C’est à peu près les mots qu’elle a prononcés avant de claquer la porte il y a dix ans, et on n’a plus jamais eu de ses nouvelles. » Termina Monsieur Harper.

La discussion s’arrêta là. Madame Harper était en larmes et son mari tentait tant bien que mal de la réconforter. Esposito se leva et leur tendit la main. Il les remercia pour cet accueil, pour les informations qu’ils lui avaient données et s’excusa d’avoir eu à leur poser ces questions.
En ressortant de la maison, il remonta dans sa voiture et appela directement Beckett, lui révélant que leurs soupçons venaient de se confirmer : Julia tenait bel et bien Castle pour responsable de la mort de son frère et que pour la retrouver, il fallait rechercher une ‘Julia Harper’ et non ‘Julia Rocco’.


nanienoc  (27.04.2013 à 22:09)

Chapitre 15 : Danger imminent
Auteur : chris65

Kate venait de raccrocher son téléphone, et prenait quelques secondes pour souffler et remettre en ordre toutes les informations qu’Espo venait de lui apprendre. 

Après l’avoir observée, et s’approchant doucement, Ryan s’assit près d’elle et l’interrogea d’un regard compatissant. 

-Espo sort de chez les Harper, et j’ai bien peur que nous soyons dans le vrai. Sa petite sœur cultive sa haine et sa rancœur depuis cette tragédie. Elle en veut à Rick, elle le tient pour responsable de la mort de Johnny et même ses parents n’ont pu lui faire entendre raison. 
-Ses parents ? La coupa Ryan, mais ils sont morts ? 
-Ses parents biologiques, oui ! Mais ce que nous ignorions c’est que les Harper ont finalisé les procédures d’adoption qu’ils avaient commencés avant la mort du petit, et qu’ils sont légalement devenus les parents de Julia depuis janvier 1983. Voilà pourquoi nous n’avions plus de traces de la petite, car elle a finalement changé de nom, deux semaines seulement après la mort de son frère. Vois donc ce que tu peux trouver sur Julia Harper, née Rocco, Ok ? Lança-t-elle avant de se lever, repartant vers son homme. 
-Ok je m’en charge tout de suite 
-Et Ryan ?? Reprit-elle 
-Oui ?? 
-Fais vite d’accord, lui répondit-elle le regard suppliant. 

Acquiesçant à sa requête, il s’installa à son bureau et commença ses recherches. 

A quelques pas de là, la haine au bord des yeux, Julia les regardait, son sourire n’était plus tout à fait le même que celui qu’elle arborait depuis quelques heures. Après avoir surpris une partie de leur conversation, elle savait que ça n’était plus qu’une question de temps, qu’elle serait découverte. La réputation de Ryan n’était plus à démontrer et son acharnement à vouloir sauver sa famille de cœur se lisait sur son visage. 
Elle avait besoin de s’isoler, de réfléchir, de trouver une solution pour que ces années de préparation pour faire aboutir sa vengeance n’aient pas servi à rien, il fallait que son plan fonctionne, elle le devait à son frère. Elle prit le chemin des toilettes en espérant pouvoir y être tranquille quelques instants afin d’élaborer une éventuelle parade. 

Kate de son côté, entra dans l’espace confiné où se trouvait Rick, l’observa, et comme à chaque fois depuis qu’il avait montré les premiers signes de contamination, une angoisse s’empara de son cœur et une boule lui enserra les tripes à un point qu’elle n’avait jamais ressenti jusqu’à aujourd’hui. Elle s’approcha près du médecin qui lui prodiguait quelques soins et patienta le temps qu’il finisse. Elle le regardait, il semblait si faible, si effrayé, tellement perdu. 
Lorsque l’homme en combinaison bleu partit vers Lewis, elle s’installa au chevet de son partenaire, et enveloppa sa main dans les siennes. Ce contact le fit sursauter.

-Chut Castle, calme-toi, je suis là, lui dit-elle encore surprise de sa réaction. 
-Pardonne-moi, pardonne-moi, je ne voulais pas, crois-moi, j’aurais dû…
-Tu n’as pas à t’excus… tenta-t-elle mais lorsqu’elle sentit Rick resserrer l’emprise sur ses mains elle s’arrêta. 
-Non, tu ne comprends pas, j’aurais dû t’empêcher d’y aller, tu ne devais pas y aller tout seul, c’est ma faute, Johnny, tu es mort par ma faute, répétait-il encore et encore, tout en sanglotant.

Kate ne savait plus quoi penser ! La prenait-il vraiment pour son ami d’enfance ? 

-Et maintenant ils vont tous mourir à cause de moi, reprit-il de plus belle. A cause de ce que j’ai fait, tu vois, je suis le mal incarné, je ne cause que le malheur autour de moi, je ne mérite plus de vivre, Johnny, viens me chercher avant que je ne les noie tous, avant que je ne la tue elle. Je te donne ma vie en échange de la sienne, laisse-la vivre, d’accord ? Ne me la prend pas, laisse-la respirer, hoquetait-il, il faut briser la glace !!! Aide-moi Johnnyyyyyy … Aide-moi à sauver Kateeee. Je suis le seul responsable, arrête de tuer les autres, c’est moi que tu cherches, seulement moi…

Il délirait complètement, la fièvre faisant ressurgir ses traumatismes passés, il s’agitait de plus en plus, et ne supportant plus de le voir ainsi, Kate le prit dans ses bras, et comme elle aurait pu le faire avec un enfant, le berça calmement mais fermement en lui murmurant sans cesse : 

-Chut, je suis là, tu ne me perdras pas, tu ne me perdras pas, chut, Rick tu m’as sauvée, chut je suis bien là. 

Déversant sa peine sur la tenue de sa partenaire, Castle semblait néanmoins se calmer contre sa poitrine. 
Tout en oscillant tranquillement elle repensait aux paroles prononcées par Castle, comment un enfant peut-il grandir avec un tel fardeau, comment avait-il pu vivre en s’incriminant de cette responsabilité, il avait certainement dû faire un énorme travail sur lui-même afin d’occulter au plus profond de son âme ce douloureux souvenir jusqu’à l’oublier complètement. 

Son regard, qui jusque-là était perdu dans un coin de ce dispensaire de fortune, fut attiré par un brusque mouvement près du lit de Gardner, et lorsque revenant à la réalité, elle croisa celui du médecin, elle stoppa tout mouvement. Inquiète, elle le dévisageait, l’interrogeant silencieusement, mais lorsqu’elle le vit fermer les yeux l’air abasourdi, elle comprit. 

L’étau se refermait inexorablement sur Castle et malgré leurs efforts, ses anciens camarades tombaient les uns après les autres. 

Avec la levée de ce nouveau corps, les esprits commençaient à s’échauffer, la peur se lisait sur chaque visage, et bien qu’entraînés à la gestion des situations de crise, les agents du 12th n’en craignaient pas moins pour leur vie. Tous commençaient à exposer leurs craintes ouvertement et en quelques minutes seulement, l’atmosphère se compliqua très sérieusement. Gates se décida à intervenir en leur expliquant que de céder à leur propre panique ne les feraient pas avancer, et tant bien que mal, recadra ses troupes affaiblies tant physiquement que psychologiquement.

Une fois le corps de Gardner installé dans ce qui ressemblait désormais à une fosse commune, Kate s’en alla vers le médecin et se risqua à lui demander son avis sur ce nouveau décès. Mais malgré la situation, ce dernier eut bien du mal à définir les causes de la mort. La fièvre hémorragique ne lui semblait pas être l’ultime explication.


nanienoc  (28.04.2013 à 19:56)

Chapitre 16: La dernière chance
Auteur : Madur

Au milieu de toute cette agitation engendrée par ce nouveau décès, Ryan tentait vainement d'attirer discrètement l'attention de son boss et de son capitaine. Il n'arrivait toujours pas à croire ce qu'il venait de découvrir, comme si la situation n'était pas déjà assez critique. Son regard se porta machinalement vers le bureau de Gates et il vit Castle, allongé et à nouveau inconscient, cela lui provoqua un pincement au cœur. Il était suffisamment lucide pour comprendre que la survie de son ami pourrait dépendre de ses découvertes, aussi reprit-il ses tentatives pour attirer les regards de Beckett et Gates vers lui. Après environ cinq bonnes minutes, Beckett le remarqua enfin et elle se pencha vers son capitaine pour lui parler à l'oreille. Quelques instants plus tard, les deux femmes s'approchaient du jeune homme.

 

-Qu'est-ce qu'il y a Ryan? Demanda Beckett.

-Vous ne croirez jamais ce que je viens de découvrir, moi-même j'ai du mal à l'avaler.

-Ryan? Questionna Beckett, inquiète en remarquant la fureur dans le regard de son collègue.

-Jamais je n'aurais imaginé une seule seconde que l'un des nôtres puisse faire un truc comme ça.

-Et si vous vous calmiez et que vous nous expliquiez tout ça clairement. Intervint Gates, impatiente.

-Pardon capitaine. Comme vous le savez, Beckett m'a demandé de faire des recherches sur une certaine Julia Harper, la sœur de Johnny Rocco et notre principale suspecte dans ce que j'appellerai "l'affaire du tueur au bristol".

-Ryan! Le réprimanda Beckett. Décidément, l'irlandais fréquentait Castle d'un peu trop près. Ce dernier déteignait sur lui, voilà qu'il se mettait à donner des surnoms aux tueurs.

-Désolé. Enfin bref j'ai retrouvé Julia Harper.

-Et c'est ça que nous devons avoir du mal à croire? Le ton sarcastique du capitaine montrait qu'elle commençait à s'énerver.

-Euh…non. Fit Ryan gêné.

-Accouche! Ordonna Beckett.

-Julia Harper, après avoir quitté ses parents adoptifs il y a environ dix ans, a disparu dans la nature.

-Tu te fiches de nous? Explosa Beckett.

-Pas du tout. Dit-il contrit. Laisse-moi continuer, tu ne seras pas déçue.

-Ok, vas-y, mais abrège.

-Bon, je disais donc qu'il semblait n'y avoir aucune trace de Julia Harper. J'ai donc accédé au jugement de l'adoption par les Harper, c'est comme ça que j'ai obtenu plein d'informations sur Julia Harper, notamment les neuf chiffres de son SSN (Social Security Number, le numéro de Sécurité Sociale). Grâce à ça, j'ai accédé aux fichiers de l'état Civil et j'ai découvert qu'elle s'était mariée en mille neuf cent quatre-vingt-quinze. Une fois que j'ai eu son nom de femme mariée, j'ai appris qu'elle avait intégré l'école de police l'année suivante et qu'elle en est sortie diplômée.

-Attend, tu es en train de nous dire que notre suspecte principale est du NYPD?

-Oui.

-Où est-elle affectée? Demanda Gates.

-Ici.

-Comment ça ici? La capitaine n'était pas sûre de bien comprendre.

-Elle fait présentement partie des effectifs du Douzième.

-Oh mon dieu! Fit Beckett choquée.

-Ce n'est pas tout, son époux s'appelle David Reynolds, c'est un petit génie de l'informatique.

-En quoi est-ce pertinent? Fit Gates perdue.

-Julia Reynolds! Dit Beckett en devenant livide.

-Tout à fait. Répondit Ryan.

-Bon sang! Dit Gates en blêmissant et en serrant les poings de colère. Elle l'a fait juste sous mon nez!

-Quoi? Demandèrent à l'unisson Beckett et Ryan.

-Gardner, elle l'a tué alors que j'étais dans la pièce en train de parler avec le Docteur Watson.

-Comment ça? Questionna Beckett.

-Il y a environ une demi-heure, elle est venue dans mon bureau pour voir son coéquipier, soi-disant pour lui remonter le moral. Elle a profité que Watson et moi étions en train de discuter pour tuer Gardner. Je ne me suis pas méfiée, je n'ai rien vu. Elle m'a bien eu la sale garce. Fit Gates folle de rage.

-Nous nous sommes tous faits avoir. Dit Beckett.

-N'empêche, elle a quand même eu beaucoup de chance. Sans cette alerte elle aurait probablement mis des mois avant d'atteindre toutes ses victimes. Réfléchit tout haut Ryan.

-La chance n'a rien à voir là-dedans. C'est trop gros pour être une coïncidence, je suis sûre que c'est à Reynolds que nous devons cette quarantaine. Elle a tout manigancé depuis le début, elle a eu des années pour y penser et mettre au point cette machination. Contra Beckett.

-Mais bien sûr! Fit Gates. Reynolds et son équipier ont démantelé un trafic d'êtres humains. La plupart des victimes venaient du Darfour et quand les camions qui les transportaient ont été interceptés, la plupart d'entre eux étaient porteurs d'une maladie, je ne me rappelle plus laquelle.

-Combien de victimes ont survécus? Osa demander Beckett.

-Seulement trente pour cent. Oh! Reynolds a été contaminée, mais comme elle a été soignée tout de suite, elle s'en est tirée.

-Pas la peine de se demander où elle a trouvé la souche qu'elle a introduite dans le système de ventilation. Il faudrait en informer Watson, ça pourrait accélérer la mise en place des soins. Dit Ryan.

-Je m'en charge. Fit Gates. Vous deux, neutralisez-moi cette cinglée! Soyez discrets, je ne veux pas aggraver l'inquiétude de tout le monde, il ne nous manquerait plus qu'un mouvement de panique vienne rendre la situation invivable.

 

Pendant ce temps, le lieutenant Reynolds observait l'inquiétude, voire la panique, chez ses collègues. Bien que son visage reste neutre, elle se réjouissait de la réussite de son plan, plus que deux hommes à tuer et sa vengeance serait complète. Johnny obtiendrait enfin justice quand ses assassins auraient tous payé pour sa mort. Elle fronça les sourcils, son regard venait de se poser sur un petit groupe qui se tenait à l'écart. Elle identifia sans mal les personnes: son capitaine, la copine de Rodgers et un de ses deux larbins. Contrairement aux autres policiers, ces trois-là, au lieu d'être inquiets, avaient surtout l'air déterminés. Pas besoin d'être devin pour comprendre qu'ils étaient remontés jusqu'à elle. Jamais elle n'aurait imaginé qu'ils aboutiraient si vite, mais pas question de les laisser foutre en l'air son plan si bien conçu. Oh non, elle ne les laisserait pas lui voler sa vengeance. Elle décida de forcer les choses, c'était risqué, voire suicidaire. Tant pis, rien ni personne ne l'arrêterait!

Elle sortit son arme de service de son étui et se dirigea droit vers Frazer qui se tenait devant le distributeur de boissons. Elle enfonça l'arme dans ses côtes.

 

-Tu la ferme et tu viens avec moi. Si tu joues au con je te descends tout de suite. Si tu as compris, fait un signe de tête.

 

Frazer hocha la tête, incapable de se rebeller, tellement il paniquait. Elle avança dans l'open space et aussitôt Beckett et Ryan la repérèrent. Elle leva son arme et la posa sur la tempe de Frazer.

 

-Personne ne bouge ou je lui fais sauter la tête. Vous deux, écartez-vous!

 

Beckett et Ryan se déplacèrent pour lui laisser le passage. Reynolds se dirigea vers le bureau de Gates sous les regards de tous les policiers présents. Ils guettaient ses moindres faits et gestes, attendant qu'elle fasse une erreur qui leur permettrait de l'abattre. Mais la jeune femme savait ce qu'elle faisait et elle resta calme et concentrée. Elle pénétra dans le bureau à reculons, se servant de son otage comme bouclier. Elle referma la porte et la verrouilla.

 

-Descend les stores! Ordonna-t-elle sans cesser de scruter les policiers à l'extérieur, son arme toujours pointée sur Frazer.

 

L'homme fit ce qu'elle lui demandait, et quand tous les stores furent descendus, empêchant de voir dans le bureau, elle le lâcha enfin.

 

-Assieds-toi là. Dit-elle en désignant le sol à côté du lit de Castle.

 

Une fois encore, Frazer obéit sans opposer de résistance. Dès qu'il fut assis, elle lui menotta les mains dans le dos.

 

Dans la salle, tous les valides s'étaient rassemblés devant la porte, prêts à intervenir. Mais ils ne voyaient pas ce qu'il se passait à l'intérieur, seules de vagues ombres étaient visibles à l'autre bout du bureau.

 

Gates se sentait doublement coupable. D'une part, c'était elle qui avait accepté que Reynolds intègre son unité, d'autre part elle s'était laissé berner par la jeune femme. Du coup elle avait tué en toute impunité dans son commissariat et maintenant, elle menaçait la vie d'un de ses hommes. Oui, Castle était l'un des leurs, même si jamais personne ne réussirait à le lui faire avouer, elle le considérait comme un membre à part entière de l'équipe de Beckett. Elle était parfaitement consciente de l'utilité de l'écrivain pour la résolution des enquêtes, et si elle se montrait si dure avec lui c'était parce que savoir qu'un civil non armé participait à des interventions risquées lui procurait nombre de cauchemars. Elle jeta un regard vers Beckett. Celle-ci ne laissait rien paraître, pourtant Gates, parfaitement au courant de sa relation avec Castle, savait qu'elle devait être terrifiée au fond d'elle.

 

Ryan s'en voulait d'avoir tant attendu pour informer Beckett et Gates de ses découvertes. Si au lieu d'essayer d'être discret, il était allé les voir directement et leur avait tout dit, ils auraient pu neutraliser Reynolds plus rapidement. Et elle n'aurait pas pris Frazer en otage. Maintenant, ils ne pouvaient pas voir ce qu'elle faisait, mais certainement qu'elle allait tuer Frazer et surtout Castle. A cette pensée, le jeune policier eut les larmes aux yeux. Si Castle mourrait, jamais Beckett ne s'en remettrait et elle lui en voudrait jusqu'à la fin des temps, à moins qu'elle ne le descende purement et simplement. Il croisa le regard de la jeune femme et exprima silencieusement une excuse avec ses lèvres.

 

Beckett fronça les sourcils, ne comprenant pas de quoi son subordonné pouvait s'excuser. Mais très vite, elle l'oublia pour replonger dans ses pensées. Elles étaient, sans surprise, toutes dirigées vers son compagnon, son âme sœur: Rick. Elle était morte de trouille de le perdre maintenant qu'ils étaient enfin ensembles. Jamais elle n'aurait la force de continuer sans lui, et comment pourrait-elle regarder Martha et Alexis en face. C'était son boulot de le protéger, et elle avait failli, elle avait lamentablement échoué. Non, se morigéna-t-elle! Rick était en vie et elle ferait tout ce qui était en son pouvoir pour qu'il le reste. Malheureusement, elle avait beau retourner le problème dans tous les sens, elle ne voyait pas de solution. Reynolds se tenait trop loin dans le bureau et la visibilité était trop limitée pour pouvoir lui tirer dessus. Elle ne pouvait qu'espérer que Castle ou Lewis reprenne conscience et trouve le moyen de la neutraliser. Autant dire qu'elle espérait un miracle.


nanienoc  (30.04.2013 à 19:48)

Chapitre 17 : Vérités
Auteur Izabel65


Castle, somnolant se demandait bien ce qui pouvait être la cause de ces cris et de cette soudaine agitation dans la pièce. Il ouvrit les yeux et la première personne qu’il vit, fut Frazer assis sur le sol à ses pieds. Il était terrorisé et gardait la tête baissée, l’écrivain était perdu, que faisait-il là ? Il tourna légèrement la tête et la vit, elle était là, debout, le fixant d’un regard empli de haine. L’esprit embrouillé par son état, Rick n’arrivait pas à comprendre ce que faisait Reynolds avec cet air mauvais et son arme de service à la main. 

- Lieu…lieutenant…que….

Mais il ne continua pas, il venait de remarquer un détail chez la jeune femme, ses yeux à la forme si particulière. Il n’avait connu qu’une seule personne avec un tel regard : Johnny. Alors les pièces du puzzle s’emboîtèrent les unes aux autres et la conclusion qui s’imposa l’effraya. Elle afficha un sourire satisfait en voyant qu’il venait enfin de comprendre. 

- Oui Ricky, c’est bien moi.
- Julia ?... c’est toi qui a…? Pourquoi ? 
- Pourquoi ! Tu demandes pourquoi ! Hurla-t-elle. Tu as tué mon frère ! 

De l’autre côté des parois vitrées, la tension était à son comble, tous les policiers avaient compris qu’il ne faudrait pas grand-chose pour que Reynolds abatte froidement ses deux otages. Dans le silence de mort qui régnait la voix de Gates fit l’effet d’un coup de canon.

- Nous devons intervenir Beckett. 
- Non chef ! Protesta aussitôt celle-ci.
- Elle est hystérique et va totalement perdre le contrôle. Si Castle ou Frazer lui disent ne serait-ce qu’un mot qu’elle ne veut pas entendre, elle les tuera dans la seconde. Insista sa supérieure.
- Justement chef, si nous essayons de la neutraliser maintenant, c’est encore plus risqué. Elle est sur ses gardes, énervée, nous devons attendre qu’elle baisse sa garde. 
- Mais comment ? Son unique but est de tuer ces hommes.
- À cause de l’histoire, répondit Kate dans un murmure et, précisa-t-elle devant l’air interrogateur du capitaine. Elle va leur raconter comment elle les a traqués, leur faire comprendre qu’elle a été la plus forte qu’ils vont payer pour leur crime. 
- D’après ce que l’on vient d’entendre, ce n’est apparemment pas son intention.
- Peut-être pas pour le moment en effet, mais faites confiance à Rick. Elle se rendit compte trop tard qu’elle venait d’appeler l’écrivain par son prénom, mais continua. Il sait qu’elle ne pourra pas s’en tirer que nous sommes là, prêts à intervenir mais il sait également que leur meilleure chance de s’en sortir est de la faire parler pour gagner du temps, de la distraire. 
- Très bien, nous allons attendre. Après tout Mr Castle a fait preuve de sang-froid lors de cette prise d’otage à la banque.
- Merci chef. 

Les deux femmes reportèrent leur attention vers le bureau, Beckett avait sans doute raison car Reynolds semblait moins agitée. Cependant elle était placée de telle manière qu’elle pouvait à la fois surveiller la porte et les deux hommes.

A l’intérieur du bureau, le silence avait remplacé les cris, Castle cherchait désespérément un moyen de retarder l’échéance de leur mort. Peut-être se jeter sur Julia pour donner à Kate, Ryan et aux autres policiers le temps d’agir ? Mais pour cela il devait se lever, du moins commencer par s’asseoir. Bien que les médicaments que lui avait donnés le Dr Darwin l’aient aidé à reprendre ses esprits il n’en était pas moins affaibli. Il n’y avait pas une seule partie de son corps qui ne le faisait pas souffrir, sans parler de son mal de tête qui lui donnait l’impression que son cerveau allait exploser à chacun de ses mouvements, aussi infime soit-il. 

Julia l’observa sans rien dire alors que d’une main il s’accrochait au bord du bureau et que de l’autre il prenait appui sur le lit. Tirant sur un bras et poussant de l’autre Castle réussit à se redresser et à s’asseoir. Elle souriait au moindre de ses gémissements voire de ses cris étouffés tellement l’effort qu’il fournissait était douloureux. Il la regardait, elle le dévisageait, il avait le teint cireux, les lèvres sèches et coupées par endroit, les yeux rougis enfoncés dans leurs orbites, impression accentuée par les cernes noires qui les entouraient. Sa respiration était forte et saccadée, pourtant c’est lui qui parla en premier. 

- C’ét…c’était un…accident… un stupide accident...
- C’est faux ! Cria-t-elle, avant de poursuivre d’une voix sifflante, et tu le sais très bien ! Je n’ai rien pu faire à l’époque car j’étais trop jeune, tout ce que je savais c’est que l’on m’avait pris mon frère, que les flics n’ont arrêté personne ! Et qu’a fait son meilleur ami ? Celui que Johnny aimait comme un frère ? Il a fui, comme le coupable qu’il était ! Elle pleurait sans même s’en rendre compte. Tu n’es qu’un lâche ! Tu as préféré partir et abandonner ton acte monstrueux dans un simple trou sombre et froid ! Mais tu vas payer ! Et toi aussi Frazer ! Comme les autres !
- Écoute…..moi….tu ne sais…pas ce…
- Oh si je sais ! Mais pas grâce aux Harper ! Même eux ont fini par abandonner Johnny, en quittant sa maison ! J’ai essayé de savoir, je leur ai posé des tas de questions mais ils refusaient d’en parler. Alors j’ai attendu, lorsque j’en fus capable, j’ai retrouvé les articles qui parlaient du soi-disant accident de mon frère. Puis à l’adolescence j’ai enfin pu faire une demande pour lire le dossier classé, elle insista sur le mot et tu sais ce que j’ai trouvé dans les deux cas ? 
- Non…
- Le nom du meurtrier de mon frère et de ses complices ! Dit-elle d’une voix haineuse. Toi et la «fameuse » bande des 5. 
- Je ne…l’ai pas tué…ni les autres.
- Ah oui ? Alors comment se fait-il qu’en apprenant sa disparition tu n’aies rien dit, au lieu de ça tu t’es précipité exactement là où tu savais que tu trouverais son corps. Oh ! Et bien vu ton mutisme soudain dû au choc, bien pratique pour ne pas répondre aux questions des flics. Déjà à l’époque tu savais comment commettre un crime sans être inquiété, pas étonnant que les assassins dans tes romans donnent autant de fil à retordre à la police…mais tu vois ici c’est comme dans tes livres, les méchants sont toujours punis à la fin. 

Elle se plaça bien en face à lui et commença à lever lentement son arme. Rick savait que le moment fatidique était proche, il regarda tour à tour Julia et Duane Frazer qui était resté silencieux mais le fixait, le suppliant du regard de trouver quelque chose, comme s’il pouvait faire un miracle. Il n’en voulait pas à la jeune femme, il la plaignait, elle aussi avait subi un traumatisme et le manque de réponses à toutes les questions qu’elle se posait lui avait fait mal interpréter les articles et le rapport. Il lui fallait donner un nom à sa douleur et à sa peine…elle en avait trouvé six. 

Castle savait que si Kate et les autres devaient intervenir c’était maintenant ou jamais et, il avait un plan. Sans s’en apercevoir la jeune femme s’était mise de biais par rapport à la porte et ne pouvait donc pas aussi bien surveiller ses arrières. Seulement ce n’était pas suffisant, en cas d’assaut direct elle avait largement le temps de les tuer tous les deux. Et de toute évidence, elle se moquait de ce qu’il pourrait lui arriver. Tout comme elle, il n’avait plus rien à perdre, après tout si Julia ne le tuait pas la fièvre hémorragique le ferait certainement. Alors il joua sa dernière carte et s’adressa à elle en l’appelant par le surnom qu’ils lui avaient donné.

- Lila… en souvenir de Johnny… je t’en prie, écoute au moins ma version, il la vit hésiter. S’il te plait. 
- Pour que tu puisses encore raconter des mensonges ?
- Tu veux savoir pourquoi je savais où il était ou pas ?
- Vas-y. Je suis curieuse de savoir ce que tu vas inventer. 
- Je ne savais pas qu’il était dans le parc, mais je savais qu’il s’était rendu dans la vieille maison…parce que… j’aurai dû être… avec lui. Parler l’épuisait, il avait la gorge sèche, mais il poursuivit. On devait s’y rendre tous les deux…pour passer un test…préparé par les 5. Je…je n’ai pas…pu y aller, j’ai tenté de le…dissuader d’y aller seul... mais il ne m’a pas…écouté. 

Il fut prit d’une quinte de toux qui l’empêcha de poursuivre alors Frazer prit le relais. 

- C’est la vérité, Rick était puni. Johnny est venu seul, il a passé le test et à la fin on s’est tous jetés sur lui avec des masques de monstre. Il a eu la trouille et il est parti en courant vers le parc, c’était un acci….
- La ferme ! Hurla-t-elle en le frappant au visage avec son arme. 

Le coup fut si violent qu’il bascula sur le côté, à moitié sonné, mais ce geste avait encore fait changer Julia de position. Cela n’échappa pas à Castle ni aux policiers. 

Gates s’approcha de Beckett. 

- Il va être temps d’intervenir cette fois, vous aviez raison Kate, votre petit ami a réussi à détourner son attention. Dit-elle avec un sourire entendu. Préparez-vous, c’est Ryan et vous qui allez donner l’assaut. 
- Je… heu… oui chef. Bafouilla-t-elle, prise au dépourvu pas les propos de son capitaine.

Mais ce n’était pas le moment de se poser la question de savoir comment Gates avait deviné pour eux. Elle allait appeler Ryan lorsqu’un mouvement dans le bureau attira son attention. Une personne essayait de se mettre debout en prenant appui sur le bureau. Son cœur s’emballa, elle sut tout de suite de qui il s’agissait et ce qu’elle comptait faire « Mon Dieu Rick, non je t’en prie ne fais pas ça » pensa-t-elle aussitôt. 

- Ryan ! Bouge-toi !
- Quant à vous tous, mettez-la en joue mais ne tirez que si la cible est dégagée. Lança Gates aux autres policiers.

Aussi discrètement et rapidement que possible Beckett et Ryan allèrent prendre position de chaque côté de la porte.

Dans le bureau, Julia regardait sans sourciller Castle faire des efforts surhumains, au vu de son état, pour se lever. Que lui avait-il dit déjà avant de lui demander la permission de se mettre debout ? Ah oui, qu’il n’avait pas tué Johnny de ses propres mains, mais qu’elle avait raison, qu’il était bien responsable de sa mort, s’il avait été là peut-être qu’il aurait pu le sauver ou qu’il serait mort avec lui. Alors oui, pour cela il méritait certainement de mourir, mais il préférait le faire debout. Elle lui avait accordé ce dernier souhait de condamné avec un rire sarcastique. Après tout, pourquoi pas ? Assis, debout ou couché, le résultat serait le même. 

Castle versait des larmes de douleur, son corps entier protestait contre l’effort qu’il lui demandait de fournir. Il serrait les dents pour ne pas crier, sa vue était trouble et il avait bien du mal à distinguer ce qui se trouvait sur le bureau. Ses membres tremblaient tellement qu’il doutait d’arriver à ses fins. Enfin il vit un objet qui pourrait convenir pour faire ce qu’il avait prévu. Son plan était suicidaire, mais il ne pouvait s’empêcher de penser que malgré sa situation tragique, il lui restait un petit espoir. Sa confiance en Kate était sans limite, il était sûr qu’elle était prête à agir à la moindre opportunité, et cette occasion il comptait bien la lui fournir. N’était-il pas son « acolyte courageux » ? 

Il y était presque, encore un petit effort et tout se terminerait d’une façon ou d’une autre. Arc-bouté contre le meuble, il fit mine de vouloir se redresser, mais plia les bras pour faire basculer son corps en avant, s’effondrant ainsi sur le bureau. 

- Allez ! Debout Ricky ! Te tirer dans le dos ne me gênerait pas mais je préfère que tu voies ta mort en face ! L’invectiva Julia.

Castle ne prit même pas la peine de répondre, totalement concentré sur l’action à venir. En tombant il avait replié son bras sous lui, maintenant dans sa main droite il tenait l’agrafeuse qu’il voulait envoyer sur la jeune femme. Il espérait ainsi la surprendre et avoir le temps de se jeter sur elle. Rassemblant ses dernières forces il réussit enfin à se mettre debout, mais ses jambes menaçaient de flancher à chaque seconde alors le plus rapidement qu’il put il se retourna tout en lançant l’objet vers Julia. 

À partir de là tout se passa très vite, surprise, cette dernière tira par réflexe et eut juste le temps de s’écarter pour éviter Castle qui tomba par terre. Dans le même temps elle entendit un craquement et un claquement, elle pivota rapidement en hurlant, elle avait baissé sa garde. Elle leva son arme vers Beckett et Ryan qui venaient d’entrer après avoir défoncé la porte, mais n’eut pas le temps de faire feu car une perche à perfusion vint lui percuter l’avant-bras, suffisamment fort pour la déstabiliser. 

Elle fut aussitôt maîtrisée par les deux policiers qui la plaquèrent au sol sans ménagement. Beckett remercia Lewis d’un signe de tête, malgré son état il avait trouvé la force de faire basculer sa perche sur son ancienne coéquipière. Non sans mal, ils relevèrent Julia qui gesticulait, en ne cessant pas de hurler qu’ils devaient payer pour la mort de son frère. Ryan la confia aux deux policiers qui venaient d’entrer à la suite de Gates. C’était la confusion la plus totale et dans le feu de l’action Kate n’avait pas encore réalisé que c’était terminé. Puis son esprit fit le lien : coup de feu et Rick. Paniquée elle se précipita vers lui. 

Étendu à plat ventre sur le sol, il ne bougeait pas et lorsqu’elle vit le sang juste à côté de lui, le sien se glaça dans ses veines. Elle le retourna en criant. 

- Non Rick ! Je t’en prie, ne me fais pas ça ! 

Elle chercha aussitôt où il avait été touché, mais elle ne voyait rien. Elle ne comprenait pas, et commençait à paniquer lorsque Ryan lui posa une main sur l’épaule tout en lui disant : 

- Ce n’est pas son sang Kate.
- Mais…
- C’est celui de Frazer, c’est lui qui a reçu la balle. Le sang a coulé de sa blessure à la jambe, dit-il posément. 

Kate tourna la tête vers l’homme pour vérifier les dires de Kevin, effectivement ce dernier avait son pantalon couvert de sang au niveau de la cuisse. Un des policiers lui avait ôté les menottes et le docteur Darwin était déjà près de lui. C’est alors qu’elle prit conscience de la présence du docteur Hammer à ses côtés. Il lui demanda doucement de s’écarter afin qu’il puisse s’occuper de Castle. Elle hocha la tête en signe d’assentiment et se leva. Ryan aida le toubib à remettre l’écrivain sur son lit puis il s’écarta à son tour, se tenant près de Beckett. 

- Bon travail tous les trois, félicita Gates.
- Merci capitaine, heureusement que Lewis était là. Répondit Beckett d’une voix où l’on notait le soulagement.
- Je ne parlais pas du lieutenant Lewis, il faut croire que même en n’étant pas au mieux de sa forme votre partenaire est efficace. Sourit sa supérieure.
- A ce propos chef…je voudrais…
- Ne vous fatiguez pas Beckett, je me moque de la nature de votre relation tant que cela ne perturbe en rien votre façon de travailler. 
- Merci capitaine. Comment va-t-il ? Demanda-t-elle au Dr Hammer qui venait de se relever. 
- Monsieur Caste a besoin de repos, son état est stable. Nous devrions tous sortir afin de laisser les malades dormir. Je crois qu’ils ont eu assez de distraction pour aujourd’hui. 
- Et pour Frazer ? Dit Gates à l’attention du Dr Darwin.
- Pour l’instant je l’ai stabilisé mais il faudrait extraire la balle au plus vite et pour cela il faudrait l’hospitaliser et vu la situation, c’est impossible. 
- Peut-être pas, lança la voix du Dr Watson. 

Tous se tournèrent vers le nouveau venu et il leur fallut quelques secondes pour réaliser qu’il avait ouvert le haut de sa combinaison, le casque pendant dans son dos. 

- Venez, j’ai de bonnes nouvelles à vous annoncer. 

Deux minutes plus tard ils étaient tous regroupés autour du médecin. 

- Grâce à ce que vous m’avez dit un peu plus tôt capitaine, j’ai refait des tests en conséquence. Vous aviez raison, la personne qui a diffusé le virus dans le commissariat s’est servi de sang contaminé. 
- Vous avez donc trouvé de quoi il s’agit ? Questionna Ryan. 
- Effectivement, il s’agit de la fièvre jaune. Cette fièvre hémorragique est bien mortelle au même titre que ses consœurs, mais la condition physique du malade est pour beaucoup dans son rétablissement ou non. Mais ici nous avons affaire à des policiers qui s’entraînent régulièrement donc à moins que l’un d’eux n’ait une maladie à risque, avec des soins appropriés ils devraient guérir. De plus c’est une forme modifiée du virus qui les a contaminés, ce qui leur donne une chance supplémentaire. 
- Et maintenant, vous allez faire quoi ? 
- J’ai annoncé la nouvelle à mes confrères dans les autres services ainsi qu’à l’agent Fallon. Les hôpitaux ont été prévenus et se préparent à accueillir les malades. Les autres seront aussi hospitalisés et mis en observation pour deux petits jours seulement. Vous allez bientôt retrouver vos familles, conclut-il avec un large sourire.

Ce fut une explosion de joie dans tout le commissariat, certains pleuraient mais cette fois de soulagement. Kate alla prendre place à son bureau et décrochant le combiné du téléphone composa le numéro du loft. Elle aussi pleurait, l’homme de sa vie allait vivre et recommencerait à la faire tourner en bourrique avec ses théories farfelues. 

- Alexis ?
- Kate ? Que se passe-t-il, ça va ? S’inquiéta la jeune fille en entendant les sanglots de Beckett.
- Oui…oui, ça va même très bien, ton père va s’en sortir ! Un cri de joie lui vrilla le tympan. 
- C’est…vrai ?
- Oui ma chérie c’est vrai. Les malades vont être transportés dans les hôpitaux, je te rappellerai dès que je saurais où ton père sera amené. 
- D’accord ! Je vais prévenir les autres ! 

Elle sourit, heureuse d’avoir été l’annonciatrice d’une bonne nouvelle. La joie d’Alexis lui réchauffait le cœur. Une tasse de café apparut sous son nez. 

- Tiens, et ne t’en fais pas bientôt ton livreur favori reprendra du service.
- Merci Ryan, elle se leva, vas-y appelle Jenny.


nanienoc  (01.05.2013 à 19:56)

Chapitre 18 : Fin d’alerte
Auteur : Milka

La nouvelle avait été un grand soulagement pour tout le monde. Les sourires naissaient à nouveau sur les visages de chacun et l’espoir reprenait le dessus sur la peur et l’angoisse qui avaient envahies tout le commissariat depuis la mise en quarantaine. En plus d’avoir soulagé tout le monde, cette nouvelle avait permis de mettre fin à l’état d’alerte sanitaire et lever ainsi la quarantaine. Ils étaient enfin libres et pourraient bientôt quitter le commissariat afin d’être dirigés vers les établissements hospitaliers qui attendaient leur arrivée. Sachant qu’ils allaient bientôt être transférés à l’hôpital, ils s’entraidèrent pour que tous les occupants du poste de police, y compris les moins malades, soient emmenés le plus rapidement et le plus efficacement possible.

Par mesure de précaution, les médecins avaient décidé que tout le monde devrait faire un séjour de vingt-quatre à quarante-huit heures à l’hôpital. Ils voulaient s’assurer qu’aucun nouveau symptôme ne se manifeste et qu’aucune nouvelle victime de la fièvre ne soit déclarée avant de pouvoir tous les laisser quitter les lieux et retrouver leurs domiciles et leurs familles.

Castle avait été installé dans une chambre, seul. Kate avait alors immédiatement prévenu Martha et Alexis du lieu et du numéro de chambre où leur père et fils se reposait afin que ces dernières viennent se rassurer et être présentes aux côtés de Rick. Lorsque la Détective avait parlé aux médecins, ils lui avaient fait part de leur confiance en son bon rétablissement. Il fallait simplement qu’il reprenne des forces, et seul le repos pouvait permettre cela. Les médecins le laissèrent donc dormir et c’est seulement deux jours après son admission qu’il émergea de son sommeil réparateur et se réveilla. Kate, qui n’avait pas quitté sa chambre depuis qu’il y avait été installé, afficha un vrai sourire de bonheur et de joie… Le premier depuis un certain nombre de jours maintenant... Enfin son homme ouvrait les yeux et paraissait en meilleure forme. Elle avait attendu cette minute, où elle verrait le bleu de ses yeux, avec impatience. Et à l’instant même où l’azur entra en contact avec l’émeraude, une vague de bonheur et de soulagement enivra le cœur de Kate.

-« Castle ? Je suis là… » Fit-elle en lui serrant doucement la main pour qu’il sente sa présence et qu'il comprenne qu’il n’était pas tout seul et que le cauchemar était enfin fini, qu’il était en sécurité…
-« Kate ? » Demanda-t-il d’une voix encore pleine de sommeil…
-« Oui Rick. C’est fini, tout est fini… Comment tu te sens ? »
-« Ça va… Mais j’ai connu mieux… »
-« Le médecin a dit que ton état s’améliorait de jour en jour. Il faut juste que tu sois patient et que tu te reposes correctement pour retrouver toutes tes forces. » Lui expliqua-t-elle en caressant sa joue tendrement.
-« Julia ? »
-« On l’a arrêtée… Elle ne pourra plus jamais vous faire de mal... »
-« Comment elle a … » Commença à demander Castle qui était encore un peu limité par son souffle court et la toux qui l’empêchaient de s’exprimer correctement.
-« Elle avait tout préparé… Un plan de vengeance parfaitement organisé… Elle s’est inspirée du trafic d’êtres humains pour mettre en place son exécution… Puis grâce à la fièvre hémorragique qu’elle avait déjà contractée, elle avait trouvé l’arme parfaite pour tous vous réunir au même endroit et faciliter son plan d’attaque… Pour nous intoxiquer, elle a volé des tubes de prélèvements sanguins contenant la fièvre jaune et les a transformés en gaz pour pouvoir les répandre dans tout le commissariat… »
-« Par le conduit d’aération ? »
-« Oui, elle nous a tous piégé… »
-« Et ensuite ? »
-« Elle a tué Clark en l’empoissonnant avec du curare qu’elle a versé directement dans son café au commissariat. Elle a exécuté son coup à la perfection… Qui se serait méfié d’un flic en uniforme ? »
-« Comment vous avez su que c’était elle ? »
-« C’est Ryan… Je lui ai demandé de faire des recherches sur la sœur de Johnny et donc de retrouver les traces de Julia Harper… Après plusieurs minutes de recherches et ne trouvant rien au nom de Harper, il a finalement découvert qu’elle s’était mariée avec un certain David Reynolds et qu’après son mariage elle avait intégré l’école de police… À partir de là nous avons fait le rapprochement avec Julia Reynolds… Mais il était trop tard… Elle aussi avait compris qu’on était sur sa piste et qu’on avait tout découvert… Alors elle a pris les devants et s’est servi de Frazer comme otage et bouclier contre nous pour finalement s’enfermer dans le bureau afin d’en finir avec vous deux et ainsi terminer son plan… »
-« C’est fini alors ? »
-« Oui c’est fini, on a réuni toutes les preuves nécessaires et elle a tout avoué… Tu es sain et sauf. » Rassura Kate.
-« Kate… Je tiens à m’excuser… »
-« Pourquoi ? »
-« Pour t’avoir caché la vérité et surtout les doutes que j’ai eus au début de l’enquête… J’aurais dû t’en parler... Peut-être que les choses auraient été différentes… Je suis vraiment désolé… »
-« Ne le sois pas ! Rick… Je comprends parfaitement que tu aies refoulé tous ces souvenirs au fond de toi après ce qu'il t’est arrivé… et que lorsqu’ils sont réapparus avec cette enquête, tu as essayé tout seul de les comprendre et de les analyser… »
-« Oui, mais j’aurais dû t’en parler. Ne pas garder ça pour moi… Si je t’avais parlé des sentiments bizarres que j’ai ressentis au cours de l’enquête, peut-être que Clark ne serait pas mort, peut-être que… »
-« Stop ! Arrête, tu n’y es pour rien ! La seule responsable, la seule coupable de ces meurtres, c’est Julia ! Je ne veux pas que tu te sentes fautif pour ce qui est arrivé ! Comment pourrais-tu l’être ? Tu es celui qui a perdu son meilleur ami et qui a tout fait pour le sauver… Contrairement à ce que Julia pouvait croire, tu n’es en aucun cas responsable de sa mort… C’était un simple accident, personne n’aurait pu le prévoir et surtout pas toi. »
-« Je sais, mais il n’empêche que je suis désolé Kate. Je te promets une chose, à partir de maintenant, plus de secret entre nous ! On se dit tout, nos ressentis, nos peurs, nos angoisses… On partage tout ! D’accord ? »
-« Je te pardonne le fait que tu ne te sois pas ouvert à moi lorsque tu avais des doutes, et j’espère que la prochaine fois tu n’oublieras pas que quoiqu’il arrive et que peu importe le souvenir qui remonte à la surface, je serais toujours là pour toi ! »
-« Toujours. » Répondit-il en écho avant que leurs lèvres n'entrent en contact pour un baiser rempli d’amour et de tendresse.

Ils allaient approfondir leur baiser lorsque deux petits coups furent frappés à la porte. Après l’accord de l’écrivain pour laisser entrer le perturbateur, trois têtes firent leur apparition. Il s’agissait de Martha, Alexis et Jim, tous les trois venus voir Rick et prendre de ses nouvelles. Castle les rassura sur son état de santé ainsi que sur l’histoire qui était venue le hanter lors de cette enquête. Puis tous les cinq profitèrent, comme une vraie famille, de ce moment ensemble et mirent cette malheureuse histoire de côté pour se concentrer uniquement sur le futur. Un futur tous ensemble, sans secrets mais rempli d’amour et de confiance…

FIN


judy1  (02.05.2013 à 20:08)

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