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Série : Castle
Création : 13.08.2013 à 20h18
Auteur : judy1
Statut : Terminée
« Suite de "La prochaine" au niveau du Caskett, mais une toute autre intrigue. » judy1
Cette fanfic compte déjà 23 paragraphes
Chapitre 11 :
Toujours légèrement endormie, Kate sentit une personne lui prendre le bébé qui dormait, blotti dans ses bras.
-« Pardon. » s’excusa Castle en voyant le regard assassin de Kate. « Je voulais juste la remettre au lit. »
-« Je vais m’en occuper… Peut-être que je trouverais ce qui lui a fait si peur. »
-« Comme tu veux. Je vais me doucher alors… Ensuite, je te rejoins au lit. » Il embrassa Kate, caressa les cheveux d’Emma et se dirigea vers la salle de bain.
En entrant dans la chambre de Kate il remarqua le lit encore fait et en conclut qu’elle s’était rendormie. Mais non, c’est debout à côté du lit à barreaux qu’il la trouva, plongée dans ses pensées tout en dévisageant Emma.
-« Ce n’est pas vraiment l’image que j’avais de Frankenstein. » dit-il en étant persuadé que Kate n’entendrait même pas, mais le regard qu’elle lui lança lui prouva tout le contraire. « Tu as trouvé ce que lui faisait si peur ? » demanda-t-il comme si de rien était pour changer de sujet.
La diversion fit sourire Kate qui lui répondit en lui montrant la fenêtre.
-« Les lumières de ‘l’Exciting Palace’ s’allument tous les soirs vers 22 heures. » affirma-t-elle à Castle
-« Et c’est ça qui a suffi à la terrifier ? »
-« Je ne vois que ça. » soupira-t-elle.
Ils restèrent un petit moment, silencieux, admirant la fillette endormie.
-« Ça n’a aucun sens ! »
Rick la regarda sans comprendre de quoi elle parlait.
-« Pourquoi l’avoir créée ? Pourquoi aller jusque-là ? Quand deux personnes désirent avoir un enfant, c’est dans le but de compléter une famille. Pour l’aimer, pour prendre soin de lui… »
-« L’homme ne cessera jamais de vouloir tout contrôler… De jouer au Tout-Puissant. »
-« C’est tellement injuste pour elle ! » soupira Kate en déposant un baiser dans les cheveux de la fillette. « Qu’est-ce qui va lui arriver si ce Professeur la retrouve ? »
-« Je n’en sais rien… Mais on va faire en sorte que ça n’arrive pas. » lui assura-t-il. « Vient dormir maintenant. »
-« On devrait peut-être rester auprès d’elle, non ? »
-« Tu as un système d’alarme hyper perfectionné et un baby phone qui serait capable de détecter une mouche alors je pense qu’on peut dormir dans la chambre d’à côté sans prendre trop de risque. » la rassura-t-il tout en l’entraînant hors de la pièce.
Le lendemain matin, il était presque l’heure pour Beckett et Castle de se rendre au bureau. Problème, Emma dormait toujours.
-« Elle est si paisible. On ne va quand même pas la réveiller ? » demanda Kate en faisant une moue mais se rendant à l’évidence qu’ils ne pouvaient pas la laisser seule.
-« Gates ne t’as toujours pas rendu ta plaque, n’est-ce pas ? » réfléchit Rick à voix haute.
-« Quoi ? Mais… »
-« Si tu n’as pas de plaque, tu n’es pas vraiment flic… Donc, techniquement, tu n’es pas obligée d’arriver au bureau à 8 heures. »
-« Je me voit très mal arriver à midi. On a une affaire à résoudre et flic ou pas flic je compte bien la mener à son terme. » assura Kate, blessée dans son amour propre que Castle lui fasse remarquer qu’elle ne faisait plus partie de la maison.
-« On ne va quand même pas attendre bêtement que Mademoiselle Emma se réveille. » rouspéta Kate.
-« Je connais une manière bien plus agréable de passer le temps… » dit-il tout en l’enlaçant et l’embrassant langoureusement.
-« On ne devrait pas faire ça devant elle ? » fit-elle remarquer tout en déboutonnant la chemise de Rick.
-« Raison de plus pour quitter cette chambre. »
Résultat, ils arrivèrent au poste à 10 heures passées.
-« Et ben… » siffla Esposito. « C’est à cette heure-ci que vous arrivez ? »
-« Mais laisse les, ce n’est pas comme si on avait une enquête en court ! » continua Ryan avec un sourire moqueur.
-« Très drôle les gars… On n’allait quand même pas la réveiller, elle dormait si bien. » expliqua Kate, les joues légèrement rosies. « Alors, vous avez du nouveau depuis hier soir ? » changea-t-elle se sujet.
-« Mouais. » fit Esposito, peu convaincu de cette explication. « Gates a l’accord des services sociaux pour que cette demoiselle reste avec nous jusqu’à la fin de l’enquête. »
-« Et pour le Professeur Gleen ? Et … Euh… LGN ? »
-« On cherche à établir un lien avec Lipman, mais rien pour l’instant.
-« Et si on lui rendait une petite visite ? » proposa Castle.
-« Si on le fait il se doutera qu’on en sait bien trop sur le projet EMMA. »
-« Vous êtes obligé de l’appeler ‘projet’ ? Je vous signale qu’elle est juste sous vos yeux et qu’elle vous entend ! »
-« Désolée Beckett… Pardon Emma. Je vais faire attention. » se reprit Ryan en se disant que Kate exagérait un peu avec cette petite.
-« Mais je pourrais y aller moi, je ne suis pas flic… » proposa Kate. « On va juste dire que je cherche une explication sur… la mort de mon Boss ! »
-« C’est risqué ! » assura Ryan.
-« Je sais. Mais s’il nous aide, ou s’il fait preuve d’un minimum de bonne volonté, on saura tout de suite qu’on fait fausse route. » expliqua Beckett pour les convaincre.
-« Et s’il est impliqué ? » interrogea Esposito pour la faire réfléchir.
-« Je l’accompagne ! » assura Castle, comme si cette perspective allait beaucoup rassurer les deux inspecteurs.
Chapitre 12 :
-« Robert Gleen s’il vous plait. » demanda Kate à la standardiste de ‘LGN entreprise’ en entrant dans leurs bureaux.
-« Deuxième sous-sol à gauche. » assura la femme en pointant un article de sa revue, comme si elle risquait de perdre le fil de son idée en si peu de temps. « Mais il est en réunion en ce moment. »
-« La réunion est terminée ! » coupa Beckett avec autorité. « Dites-lui que Kate Beckett est là. »
-« Bien Madame. » fit la femme, docile, pensant avoir de gros ennuis avec son patron si elle faisait attendre cette personne.
Rick était stupéfait du toupet et de l’assurance de Kate. Il l’avait suivi pendant plus de 5 ans et il ne l’avait que très rarement vu dans cet état.
Aux deuxièmes sous-sols, ils se retrouvèrent face à plusieurs portes closes. Rick remarqua le nom de Gleen sur l’une d’elle. Kate frappa, personne ne répondit, mais ça ne l’empêcha pas de forcer un petit peu la serrure pour entrer.
-« Tu es sûr que tu veux commencer par un petit état des lieux ? » demanda Rick en ayant peur qu’elle n’aille trop loin dès la première visite.
-« Pour qui tu me prends ? » répondit Kate, faussement outrée. « Ce n’est pas mon genre d’outrepasser mes droits. »
Rick leva les sourcils et la regarda avec un air incrédule, ce qui fit presque exploser de rire Beckett.
« Non… Tu n’es pas obligé de me répondre à ça ! » assura Kate, amusée. « On va lui laisser une chance de s’expliquer à ce professeur »
A peine eut-elle le temps de terminer sa phrase qu’un homme en blouse blanche entra et fit claquer la porte derrière lui.
-« Ne vous gênez pas surtout. » lança-t-il avec reproche, mais surpris de trouver ses visiteurs assis devant son bureau et non en train de fouiller dans ses dossiers ou pirater son PC.
-« La porte était ouverte. » mentit Kate alors que le regard de Castle suffisait à trahir ce mensonge a peine dissimulé.
-« Et si vous me disiez tout de suite ce que vous me voulez, on gagnerait du temps. » continua-t-il sur un ton sec en s’asseyant et vérifiant qu’aucun de ses tiroirs n’avaient été forcé.
-« Grégory Lipman, ça vous dit quelque chose ? » interrogea Beckett, toujours très sûre d’elle.
-« Ça devrait ? » questionna-t-il froidement tout en regardant Kate dans les yeux.
-« Vous l’avez engagé pour retrouver une certaine Marie Lipman. Vous saviez que c’était son père ? »
-« Bien sûr ! » reconnut-il sans la moindre hésitation.
-« Et ça ne vous pose pas de problème de demander un homme d’espionner sa fille ? »
-« Vous entrez par effraction et vous vous installez à votre guise dans MON bureau et c’est vous qui venez me parler de moral ! » la remit-il en place.
Castle sourit et se contenta de penser qu’il marquait un point sur ce ‘détail’.
« Vous savez ce qui est de bien avec les pères. » continua-t-il néanmoins, sans trop manifester de rancœur. « C’est qu’ils cherchent toujours à éviter les embrouilles à leurs enfants. Je savais que même s’il refusait mon offre, il ne pourrait pas s’empêcher de contacter sa fille. »
-« Il avait refusé ? » s’étonna Kate.
-« Bien sûr qu’il avait refusé ! Vous accepteriez de livrer votre enfant à une personne qui affirme avoir un compte à régler avec lui ? »
-« Non. » assura Kate en soupirant. « Mais il l’a trouvée pour vous ! Et qu’est-ce que vous lui vouliez, à sa fille ? »
-« Vous me semblez bien curieuse Mademoiselle Beckett ! »
-« Je cherche juste à comprendre les raisons pour lesquelles mon patron est mort. »
-« Dans ce cas, vous devriez aller voir avec vos anciens collègues… Ce sont eux qui sont sur l’affaire, il me semble ! » lâcha-t-il malgré lui.
-« Vous me semblez bien au courant pour quelqu’un qui prétendait ne pas savoir de qui on parlait. »
-« J’aime bien me renseigner sur les gens avec qui je travaille… Et j’aime bien m’informer de ce qu’ils deviennent… Surtout quand ils disparaissent de manière aussi tragique. » s’expliqua-t-il avec un sourire ironique.
-« Qu’est-ce que vous lui vouliez, à Maria Lipman ? »
-« Elle a juste quelques petites choses qui ne lui appartenaient pas en partant. Je voulais juste récupérer ce qui m’appartient. »
-« Et qu’est-ce qui vous appartient au juste ? » poussa-t-elle le bouchon un peu loin.
-« C’est confidentiel ! »
-« Oh… Je vois. » fit-elle en se pinçant les lèvres, comprenant qu’elle y avait été un peu fort. « Je peux encore vous demander sur quoi exactement vous travailler, » se permit-elle.
-« Bien sûr, vous pouvez demander. Tout comme je peux vous répondre : ‘confidentiel’. Maintenant Mademoiselle Beckett, à moins que vous ayez récupéré votre badge au fond d’un tiroir et que vous ayez un mandat en don et due forme, je vous prierais de sortir avant que je n’appelle la sécurité. » termina-t-il avec fermeté tout en se forçant d’afficher son sourire de convenance.
-« Merci d’avoir accepté de me répondre. » affirma Kate avec le sourire et poussant le bouchon jusqu’à lui tendre la main.
Après le départ de Castle et Beckett, il fallut une dizaine de minutes à Gleen avant de réagir. Il commença par appeler la réception pour être certain que la standardiste les ait vu quitter l’immeuble, ensuite il composa un autre numéro et engagea une toute autre conversation.
-« Qu’est-ce que tu as foutu ? » aboya Gleen alors que son interlocuteur s’était contenté de décrocher.
-« Ce que vous m’avez demandé. »
-« Beckett vient juste de partir. Elle pose trop de questions… Elle en sait certainement plus que ce qu’elle veut bien me faire croire. Je le sens. »
-« Je m’occupe d’elle ? »
-« Non… Elle connait trop de monde ! Surveille là, c’est tout. » ordonna-t-il très fermement. « Et la petite ? »
-« Aucune piste. »
-« QUOI ? » hurla-t-il.
-« J’ai tout retourné chez Marie … Et le père n’avait pas l’air de savoir de quoi je parlais. »
-« Fallait insister espèce d’imbécile, au lieu de lui mettre du plomb dans la tête… Maintenant débrouille toi, mais retrouve là moi parce que sinon c’est à toi que je vais mettre du plomb dans la tête. » continua-t-il de crier avant de raccrocher.
Dans la voiture qui les ramenait au poste, Castle continuait de fixer Kate.
-« Je me trompe ou tu es heureuse de t’être fait jeter ? »
Kate affichait un sourire de victoire et restait étrangement silencieuse.
-« Tu as remarqué qu’il comptait les dossiers sur son bureau… Et comme il a vérifié qu’ils soient toujours dans le même ordre ? Ce type est mouillé jusqu’au cou, et je compte bien le prouver. »
Chapitre 13 :
En rentrant au 12th la première chose que Beckett fit fut de prendre Emma dans ses bras et de l’embrasser tout en lui demandant qui elle avait été sage.
Gates explosa de rire en voyant la scène qui la remmenait plus de 15 ans en arrière, lorsque ses filles était petites.
-« Mais bien sûr qu’elle à été sage ! » assura Esposito en retirant les boules Quies. « Enfin, quand tu es réapparu dans son champ de vision. » précisa-t-il avec humour.
-« Alors, ça a été avec Gleen ? » demanda Ryan en revenant de la scientifique.
-« Super bien ! » assura Beckett alors que Castle faillit s’étouffer à sa réponse. « Ce type était terrorisé rien que par le fait qu’on soit entré sans permission dans son bureau. » expliqua-t-elle en restant évasive. « Qu’est-ce que c’est ? » demanda-t-elle en regardant les mains de l’inspecteur.
-« Le reste du contenu de ta carte SD. Qui veut voir l’évolution de la petite Emma ? Des clichés journaliers, ainsi que l’analyse des organes principaux… »
Kate lui prit le tous des mains sans le laisser terminer, mais son regard en dit long sur son incertitude.
-« Quoi ? » demanda Beckett.
-« Tu ne devrais peut-être pas regarder les dernières images… Et ne pas lire ce que j’ai surligné en orange. »
-« Pourquoi ? »
Il hésita avant de répondre, mais savait qu’il valait mieux la préparé psychologiquement à ce qu’elle allait découvrir.
-« Ce sont… Comment dire… Euh… Les comptes rendus des expériences faites sur Emma au cours de ces 6 derniers mois. » avoua-t-il en analysant le visage de Kate qui pâlit d’un coup.
-« Merci Ryan. » répondit Kate, troublée au point de demander à Castle de s’occuper d’Emma le temps qu’elle lise ça.
-« Elle baille. Je devrais peut-être rentrer avec elle. » proposa-t-il au grand soulagement des inspecteurs Ryan et Esposito.
-« Pas de soucis… Tu as tes clés de toute façon. » affirma Kate sous le regard amusés des Bros à cette révélation.
-« Et si je t’invitais au loft pour diner ? » continua Castle qui se fichait complètement du regard des autres.
-« Qu’est-ce que tu fais de Martha ? »
-« Bah… Je ne vais pas pouvoir m’ne débarrasser tous les soirs, alors je suppose qu’elle sera là… Et si j’invitais Alexis ! » réfléchit-il à voix haute tout en installant la petite dans le maxi-cosy.
-« Vraiment Castle ? » demanda Kate en se contentant de sourire bien qu’elle ait envie de lui sauter au cou.
-« Oui, vraiment… » rassura-t-il tout en l’embrassant avant de saluer les gars, non sans rappeler à Kate qu’elle n’avait pas intérêt de faire des heures supplémentaires ce soir.
-« Wah… ça c’était vraiment trop mignon ! » assura Ryan. « Pour la peine, Jenny et moi nous chargeront de la petite pour la soirée, vous n’aurez que votre famille à gérer comme ça. »
-« Merci Ryan… C’est gentil à toi ! » le remercia Beckett en s’inquiétant du fait que Jenny ne soit pas ravie de cette initiative.
-« Elle réclame déjà le second petit Ryan… ça lui donnera déjà un petit avant-gout ! » répliqua Castle en faisant un clin d’œil à l’enquêteur. « Merci Ryan… Et déjà rien que ma mère à Alexis ça sera bien suffisant pour une seule soirée. »
Castle quittait le 12th, son portable à l’oreille, appelant sa fille pour l’inviter à diner tout en lui précisant qu’il avait quelqu’un à lui présenter et lui demandant d’arriver vers 18 heures pour l’aider dans ses préparatifs.
Environs deux heures plus tard, alors que Beckett et son équipe étaient face au tableau blanc pour faire le point, une femme les observait attentivement.
-« Madame Lipman ? » sursauta Kate en tournant la tête. « Je peux vous aider ? » demanda-t-elle en faisant en sorte que les photos du tableau soient hors de sa vue.
-« Vous aviez des questions à me poser hier… Je pense que je suis prête à vous répondre à présent. »
-« Merci d’être venue Madame Lipman. Venez par ici, nous serons plus tranquilles pour discuter. » assura Kate en la dirigeant vars une autre salle et faisant signe au garçon de l’accompagner.
-« Je vous présente toutes mes condoléances Madame. Je me doute que c’est douloureux pour vous, mais je vais essayer de ne pas vous retenir trop longtemps. Vous connaissiez les détails de la dernière enquête de votre mari ? »
-« Vous êtes Beckett n’est-ce pas ? Mon mari m’avait parlé de vous… Je ne connais pas les détails, non. Il ne me parlait jamais de son travail, mais l’autre soir il était contrarié. Il m’a expliqué qu’un homme était venu le voir à propos de Marie. Il disait qu’elle avait volé quelque-chose et qu’elle risquait d’avoir de gros ennuis. »
-« Vous saviez de quoi il s’agissait ? »
-« Non… Il n’a pas voulu me le dire, mais je sentais que c’était suffisamment grave pour qu’il la recherche. »
-« Pour qu’il la recherche ? » s’étonna Esposito. « Mais c’était votre fille ? »
-« Oui. Mais nous n’avions plus de contacts avec elle depuis plus de deux ans. »
-« Je peux vous demander qu’elles en étaient les raisons ? » demanda Kate avec tact.
-« Son travail. Nous n’étions pas d’accord pour qu’elle travaille chez ‘LGN’. Nous avions entendu tellement de choses sur ces gens… »
-« Vous saviez sur quoi elle travaillait ? » intervint Esposito.
-« Ma fille était infirmière. Il y a quelques années encore elle travaillait au service des Urgence dans un petit hôpital de Manhattan. Une nuit, un homme est arrivé, blessure par arme blanche je pense. Ils étaient en salle d’op’ mais le type n’était pas encore anesthésié. Il s’est levé d’un bond et la agressé à coups de scalpel. Ses collègues sont intervenus à temps pour la sauver, mais elle ne pouvait plus avoir d’enfant. C’était trop risqué au vu des blessures qu’elle avait eues. Depuis, elle était obsédée par ça. Elle voulait un enfant, à n’importe quel prix. Elle disait qu’un jour ça serait possible, crée un enfant… Oui, je sais ce que vous devez vous dire. »
-« On n’est pas là pour juger votre fille. » assura Kate d’une voix rassurante. « Est-ce que votre mari lui avait parlé ? » demanda-t-elle tout en savant que oui.
-« Oui. Ils se sont vus plusieurs fois. Grégory essayait de la protéger. C’est pour ça qu’il vous a demandé de la suivre ; Il avait confiance en vous. Il disait qu’il ne pouvait pas avertir la police, mais qu’avec vous elle serait en sécurité… Sauf que c’était trop tard ! » dit elle d’une voix qui trahit sa tristesse.
-« Je suis désolée de vous infliger toutes ces questions. »
-« J’aimais mon mari… C’était notre unique fille. » sanglota-t-elle.
-« Votre fille unique ? » interrogea Esposito, surpris, en échangeant un regard avec Beckett.
Kate quitta la pièce en s’excusant et revint quelques secondes plus tard.
-« Vous connaissez cette femme ? » demanda Kate en lui tentant la photo de Marie et de l’autre femme qui s’était présentée comme sa sœur.
-« Non… Désolée. Je ne la connais pas. » affirma-t-elle après avoir pris son temps pour examiner la photo.
-« Et cet enfant ? » continua Kate en lui montrant une autre photo, sur son portable cette fois.
-« Votre petite fille est magnifique ! » soupira Madame Lipman, pensant certainement que Beckett lui tendait un piège. « Ses yeux ressemblent à ceux de ma Marie… » pensa-t-elle à voix haute, plongée dans ses pensées. « Mais non, je ne l’ai jamais vue non plus. » assura-t-elle.
-« Merci beaucoup pour votre aide Madame Lipman. »
La femme se leva, serra la main des enquêteurs et répéta une fois de plus qu’elle restait disponible s’ils avaient d’autres questions.
Chapitre 14 :
Au loft, en entendant le remue-ménage venant de la cuisine, Alexis sut tout de suite que son père était dans tous ses états. Elle sourit tout d’abord en voyant le désordre qui régnait dans la pièce principale et remarqua ensuite la petite fripouille, allongée sur une couverture au milieu du salon. Elle se planta devant la fillette qui se mit à gazouiller.
-« Ah Alexis… Enfin te voilà. J’ai besoin d’un petit coup de mains pour… »
-« C’est elle la personne que tu avais à nous présenter ? » l’interrompit Alexis, n’écoutant pas son père.
Rick ne répondit pas, il cherchait quelque chose dans le frigo et râlait de ne pas le trouver.
« Je n’ai rien contre le fait d’avoir une petite sœur, mais tu aurais pu me le dire avant qu’elle soit en âge d’aller à la crèche ! »
-« Quoi ? » réalisa enfin Castle en sortant la tête du frigo. « Oh… Non. Je la garde pour rendre service à des amis. » expliqua-t-il. « A le voilà enfin ce fromage. » dit-il tout heureux en sortant son butin. « Dis, tu es venue pour m’aider ou pour discuter avec Emma ? » rouspéta Rick en voyant les deux filles en pleine ‘conversation’.
-« Emma ? » fit Alexis en regardant la fillette qui lui répondit par un sourire. « Ravie de te rencontrer. Excuse-moi mais tu vois mon papa nous présente sa nouvelle copine ce soir… Et je pense qu’il est un petit peu nerveux ! » se moqua la jeune femme en entendant un verre se briser.
Pendant que père et fille préparèrent le diner, Martha entra et de nouveau Castle dû faire face aux même remarques et expliquer une fois de plus que cette petite canaille, si adorable soit-elle, n’était pas sa fille ni même la fille de la femme qu’il voulait leur présenter. Il assura ensuite que quelqu’un allait venir la rechercher et qu’ils passeraient une soirée ‘en famille’.
Les deux femmes, déjà sous le charme d’Emma, discutaient entre elles tout en s’amusant avec la fillette.
-« Oh mon Dieu… déjà 19 heures…. Elle va arriver et c’est le bordel ici ! » râlait Rick en courant dans tous les coins.
-« Et si tu allais te préparer pendant qu’on range un peu. » assura Martha en le poussant vers sa chambre.
-« Au fait, tu avais bien dit que quelqu’un passerait chercher la petite ? »
-« Oui, oui… Une personne de confiance. Je ne sais pas qui au juste, mais c’est quelqu’un que connaissez…C’est bon, j’y vais, je vous laisse…. » conclut-il sous le regard d’Alexis et les mains de sa mère qui le poussaient.
-« Mais oui, mais oui. » continua Martha en refermant la porte derrière lui. « Ouf… Enfin. » soupira Martha en revenant vers Alexis. « Alors, qu’est-ce que tu as prévu ? » demanda-t-elle à sa petite fille. « Oh non ma chérie, ne me dit pas que tu comptes être une petite fille modèle ce soir ? »
Martha n’eut pas le temps de continuer car une personne venait de frapper à la porte.
-« Ça doit être le chaperon de Mademoiselle.. » fit Alexis en ouvrant la porte tout en regardant Emma. « KATE ? » hurla la jeune femme en sautant dans les bras de son ainée, tellement heureuse de la voir. « C’est toi la personne de confiance ? » demanda-t-elle en la tirant pas la main pour la faire entrer.
-« Bbbzzzzggrrrr… » se mit à gazouiller Emma en se faisant des efforts surhumains pour arriver à se retourner et voir Kate.
-« Hey… Tu es là toi ? » Kate prit la petite dans ses bras, mettant ainsi sans le vouloir, fin à la séance de torture que s’infligeait la petite. « Tu as été sage avec Rick ? »
-« C’est un vrai petit ange ! » assura Martha en posant sa main sur l’épaule de Kate et lui souriant pour lui souhaiter la bienvenue.
-« Au fait, où il est ? » demanda Beckett en regardant partout dans la pièce.
-« Il essaye de se faire tout beau pour sa nouvelle…. » Martha s’arrêta, se demandant soudain s’il ne valait pas mieux se taire.
Le regard de Kate resta en suspens, attendant toujours la fin de cette phrase.
-« Sa… ? » insista-t-elle tout en réalisant seulement qu’elle connaissait la réponse.
-« Sa nouvelle petite amie. » soupira Alexis en venant au secours de sa grand-mère.
-« Je me trompe ou vous n’avez pas l’air ravies ? »
-« Non… » admirent les rouquines en même temps.
-« Pourquoi ? Il n’est pas heureux avec elle ? »
-« Si… Enfin, il a l’air ! » admit Martha à contrecœur.
-« C’est juste… Qu’on t’aimait bien. Vous étiez mignons tous les deux. » expliqua Alexis avec le regard d’une petite fille.
Kate n’avait jamais vu Alexis avec cette tête là et pensa qu’elle était la digne fille de son père au niveau des mimiques. Elle avait envie de la serrer dans ses bras, mais se jouer encore un peu des rouquines était plus fort que tout.
-« Ça veut dire que vous n’allez pas être sympas avec elle ? » en conclue-t-elle sans oser directement ce qu’elles mijotaient.
-« Papa me reproche très souvent d’être parfaite et de toujours chercher la petite bête. Crois-moi, il va le regretter… Je vais scruter chacun de ses mouvements, et à la première occasion, je lui balance une remarque. »
-« Alexis… Tu oserais vraiment être aussi effrontée ? »
-« Dois-je te rappeler ce qu’il a fait à Max ? Oh que oui je vais oser… » menaça-t-elle, résolue à faire fuir la nouvelle.
Kate se tourna vers Martha, essayant de trouver un peu plus de raison chez elle.
-« Ne me regarde pas comme ça… Je vais rester moi-même ! » affirma-t-elle avec un sourire qui voulait dire le contraire. « La belle-mère envahissante qui compte bien squatter chez son fils jusqu’à la fin de ses jours. » continua-t-elle avec de grands gestes théâtraux.
-« Vous allez ruiner sa soirée ! Et s’il l’aimait vraiment… Et si c’était réciproque ? » tenta-t-elle, espérant ne pas en faire trop pour se faire repérer.
-« Ça pour l’aimer… Il doit être fou d’elle. » se résolu Alexis avec tristesse. « Il a passé le journée à préparer des raviolis de poisson… Et il a recommencé 3 fois la mousse au chocolat ! Tout ça parce qu’il avait oublié d’ajouter une petite dose de café, juste comme TOI tu l’aime ! »fit remarquer Alexis avec espièglerie.
-« Quoi qu’il en soit, elle a intérêt à vraiment l’aimer si elle veut survivre à cette soirée… Et ne t’imagine pas qu’on va ranger quoi que ce soit ! » continua Martha. « Mon fils est un grand gamin insupportable et bordélique… Je ne compte pas le faire passer pour ce qu’il n’est pas. Pas ce soir en tout cas ! »
Kate jubilait. Elle avait envie de mourir de rire mais faisait des efforts incroyables pour ne pas les vexer. Et pourtant, intérieurement elle s’en voulait, elle se disait que s’il y avait vraiment eu une autre, elle aurait ramé pour passer après Kate Beckett, certainement de la même manière qu’aucun homme n’aurait pu succéder à Richard Castle.
-« Mère ? » cria Castle en passant la porte. « Tu n’as rien rangé… ? Elle va arriver et … vous avez vu vos tenues ? Vous comptez vraiment rester comme ça ? » il avait l’air tellement paniqué qu’il était passé à côté de Kate sans même s’en apercevoir.
-« Zen Castle, ce n’est qu’un diner ! » se manifesta-t-elle.
Il la regarda et lui esquissa un léger sourire. Il se retourna vers sa mère et ouvrit la bouche pour parler mais il sursauta et dévisagea Kate des pieds à la tête.
-« Kate ? Mais qu’est-ce que tu fais là… Enfin, je veux dire… Emma ! Personne n’est venu la chercher ? »
Alexis et Martha les regardaient en souriant, pensant que la suite pouvait être amusante, surtout si la nouvelle copine arrivait et voyait Beckett avec cette petite dans les bras.
-« Changement de programme ! » assura Kate amusée par le comportement de Rick. « J’ai été suivie en sortant du poste. Je me suis arrêtée pour faire le plein et diverses petites courses, m’exposant ainsi de manière plus vulnérable. Mais mon espion est resté à m’attendre, calmement. Visiblement il ne me veut pas de mal. J’ai réussi à le semer et j’ai appelé Ryan pour lui demander de rentrer chez lui au lieu de passer chercher Emma. » expliqua-t-elle.
-« Pourquoi ? » demanda-t-il comme si ça le contrariait vraiment que la fillette reste avec eux.
-« Parce que je pense que notre petit interrogatoire de ce matin à fait peur à ce Professeur Gleen. Apparemment il me surveille et je sais qu’il est déjà bien renseigné sur notre équipe. Alors s’il voit l’un d’entre nous avec une petite fille… »
-« Il en déduira tout de suite que c’est Emma. » soupira Castle en comprenant le raisonnement de sa partenaire.
-« On va donc devoir s’arranger pour l’avoir constamment sous les yeux sans jamais qu’aucun de nous ne soit vu avec elle. »
-« Je sens que ça va être simple ! » marmonna-t-il.
-« Mais puisque tu es là Katherine, ça te dis de diner avec nous ? » proposa Martha avec le sourire. « Je suis certaine que tu en as préparé des tonnes, alors une personne de plus ou de moins… Puis ça ne va pas déranger ta copine ! »
Alexis et Kate pouffèrent de rire alors que Rick regardait sa mère avec désespoir.
-« Mais bien sûr ! Un diner entre ma petite amie, mon ex et ma mère qui est folle à lier, quoi de plus naturel ! » soupira-t-il.
-« Tu te rends compte qu’il n’y a pas de ‘nouvelle’ petite amie ? » lui glissa Kate très discrètement.
-« Ça t’aurais plu de diner avec Meredith ou Gina lors de notre premier vrai rendez-vous ? » lui répondit-il du tac au tac.
-« Je suis armée Castle, ne me tente pas ! » lança-t- elle en l’embrassant tendrement sous le regard de Martha et Alexis qui soupirèrent de soulagement.
-« Vous auriez pu nous le dire quand même… ! » soupira Alexis.
-« Et depuis combien de temps se cache-t-il dans ton placard ? » demanda Martha en emmenant Kate par le bras.
-« Depuis que je suis revenue m’installer à New-York, il u a un peu près un mois. »
La soirée fut très agréable et passa trop vite au gout de tout le monde, y compris pour Emma qui ne se lassait pas de passer de bras en bras.
Chapitre 15 :
Le lendemain matin, en ouvrant les yeux, Rick se sentit heureux de voir Kate, toujours blottie dans ses bras. Il éteignit le réveil avant qu’il ne sonne et c’est à coup de bisous qu’il réveilla sa belle.
-« Mm… Emma réclame encore ? »
-« Non pas cette fois, mais il est presque 7 heures. »
-« Cette nuit à vraiment été trop courte ! »
-« J’aurais aimé qu’elle dure bien plus longtemps encore. » assura Rick en la dévorant des yeux.
-« Allez dépêche-toi de te préparer au lieu de dire des bêtises… Demming sera là dans moins de 20 minutes. Tu as vraiment envie qu’il me voit en petite tenue ? » la narguait-elle pour qu’il s’active un peu.
-« Demming ? Je ne comprends toujours pas pourquoi c’est à lui que tu as demandé de l’aide ! » rouspéta Rick en se levant.
Il lui donna un coup de mains pour préparer Emma et ils en étaient toujours à se chamailler sur les raisons pour lesquelles elle avait demandé à Demming de venir quand Kate lui répondit assez sèchement, agacée de cette jalousie sans raison d’être.
-« Parce qu’il ne fait pas partie de la criminelle, parce qu’il me doit un service et parce que j’avais envie de lui gâcher sa journée de repos ! Ça te va comme ça ? » explosa-t-elle en descendant les escaliers.
-« Alors tu savais que j’étais en repos ! » intervint Demming en dévisageant Beckett qui était toujours en chemise de nuit hyper courte. « Wah… J’avais oublié que tu étais aussi canon ! »
-« Hey ! » le ramena à l’ordre Castle.
-« Calme toi mec, je l’ai déjà vu plus dénudée que ça ! » se moqua l’inspecteur.
-« OK ? C’est bon les gars, … Vous compterez vos scores une autre fois. » intervint Kate avant que cette discussion ne dégénère. « Demming. Tu fais les détours que tu veux je m’en fiche, mais tu n’as pas intérêt à t’arrêter pour acheter des Donuts parce que s’il arrive quoi que ce soit à cette petite princesse je t’assure que je t’étouffe avec ton badge ! » ordonna-t-elle tout en lui donnant Emma et embrassant la fillette.
-« Toujours aussi délicate ce que je vois. Ne t’inquiète pas, on se retrouve au poste dans une demi-heure… » assura-t-il en quittant le loft.
-« Je le trouve sympa moi… En plus il est super mignon ! » nargua Alexis pur ennuyer son père. « Tu penses qu’il est libre ? »
-« Je n’en sais rien Alexis… Je peux me renseigner si tu veux ! » éclata-t-elle de rire sous le regard furieux de Rick.
-« Toi… » il pointa Alexis. « N’y pense même pas. « Toi… » il regarda sa mère. « Pas de commentaire. « Et toi… hey… Tu pourrais m’attendre ! » se plaignit-il en la rejoignant dans la chambre.
-« On n’a qu’une demi-heure Castle alors retire tes mains. » ordonna-elle en lui tendant une chemise pour qu’il s’habille.
En arrivant au 12th, Beckett arracha presque Emma es mains de Demming en le remerciant à peine d’un petit sourire pour son aide et s’adressa aux garçons :
-« Mon itinéraire d’hier soir ainsi que le nom de la pompe à essence et des deux magasins où je me suis arrêtée. J’ai été suivit dès que ma voiture a quitté le poste et je veux tout savoir sur celui que j’ai largué au croisement de Malcom X Boulevard et de la 125 rue.
Toute l’équipe se mit aussitôt au travail : Ryan et Esposito partirent chercher les vidéos surveillances concernées par le trajet de Beckett. Castle s’assit sur sa chaise et se mit à relire toutes les déclarations faites par les différentes personnes qu’ils avaient déjà interrogées. Beckett était assise sur son fauteuil, à son bureau. Elle avait enlevé ses chaussures et mis ses pieds sur les cuisses de Rick, de manière à ce qu’Emma soit confortablement installée sur les jambes de Kate, tout en lui faisant face. C’est de cette manière qu’elle travaillait, relisant encore et encore les notes à propos de l’enquête et dialoguant avec Rick pour essayer de trouver de nouvelles pistes.
-« Wah ! Elle tient son biberon toute seule ? » s’exclama Ryan avant de remarquer le bâillement de Beckett. « Emma aurait-elle été infernale ce soir ? » se moqua-t-il.
-« C’est très pratique à 2 heures du matin ! » assura Kate.
-« Emma ? » répondit Castle avec un naturel déconcertant. « Non… Elle a été très sage ELLE ! »
-« Castle ! » le reprit Kate avec fermeté, avant de sourire en rougissant légèrement.
-« Je vais faire comme si je n’avais pas entendu. Donc pour la voiture qui te suivait, c’est un 4X4 rouge, modèle assez classique… Mais on a la plaque. » affirma-t-il triomphant.
-« Et donc son propriétaire ! » assura Castle.
-« Oui… Et devinez ? » taquina Esposito.
Beckett fronça les sourcils, lui assurant qu’elle n’était pas vraiment d’humeur à jouer aux devinettes.
-« Véhicule enregistré au nom de Paula Franklin ! »
-« Elle pourra toujours dire qu’on le lui a emprunté cette nuit. »
-« ça j’en doute. » assura-t-il en montrant la photo de son permis de conduire qu’il avait fait imprimer. « Vous la reconnaissez ? »
-« Pourquoi est-ce qu’une femme qui se fait passer pour la petite sœur imaginaire de notre victime se met-elle soudainement à me suivre ? » demanda Beckett tout en réfléchissant.
-« Elle voulait l’adresse de ton coiffeur ! » suggéra Castle avec son air enfantin.
Beckett le regarda avec agacement avant de lever les yeux au ciel.
-« Faites là venir… Je pense que j’ai quelques questions à lui poser. »
-« Et la petite ? » s’inquiéta aussitôt Esposito.
-« On va la garder ici… On a l’avantage de savoir ce qu’ils cherchent. S’ils veulent la récupérer, ils vont devoir venir la chercher ici, dans les locaux de la police ! » s’amusa Kate.
Pour l’arrivée de leur invitée, Kate avait demandé à Castle de rester avec Emma dans la salle de repos tout en s’arrangeant être bien visible.
Esposito escortait la dénommée Paula Franklin qui faillit percuter Kate, tellement son regard était scotché sur la petite avec laquelle Castle jouait bruyamment.
-« Madame Franklin ? » appela Beckett pour ramener le regard de sa suspecte vers elle.
La femme tourna la tête et déglutit en voyant le visage sévère de l’inspectrice.
« Dans la 1 ! » informa-t-elle Esposito qui escorta la femme en salle d’interrogatoire.
-« Puis-je au moins savoir si je dois appeler mon avocat ? »
-« Ça dépend de ce que vous avez à vous reprocher ! » répondit Kate avec un petit sourire. « C’est bien votre véhicule, » demanda-t-elle en mettant un cliché tiré d’une vidéo-surveillance.
-« Oui… Il semblerait. » reconnut-elle.
-« Et sur celle-là on voit clairement que c’est vous au volant ! »
-« Et alors, c’est un crime de conduire sa voiture ? » voulut-elle jouer.
-« Non… Mais suivre un officier de police pendant plus de 10 kilomètres, ça devient louche ! » assura Kate en la regardant droit dans les yeux. « Pour qui travaillez-vous ? Qu’est-ce que vous vouliez ? »
-« Je ne vois pas de quoi vous parlez ! » répondit-elle froidement. « Je suis juste passé faire le plein avant de rentrer chez moi… Comment aurais-je pu savoir que vous étiez là ? »
-« Je suppose que travailler dans la police doit me rendre un peu parano par moment. Excusez-nous du dérangement. »
-« Je peux partir ? » demanda-t-elle avec surprise.
-« Bien sûr ! » répondit Kate en se levant et allant elle-même ouvrir la porte.
Kate la regarda entrer dans l’ascenseur et se tourna vers Ryan.
-« Le traceur est en place ! On saura tout du moindre de ses déplacements. »
Chapitre 16 :
Sans grande surprise, Paula Franklin les mena directement dans les bureaux de ‘LGN Entreprise’. Elle venait juste de quitter le laboratoire de Gleen que déjà deux inspecteurs en uniformes l’escortaient vers le 12th.
-« C’est une honte… Je vais me plaindre à vos supérieurs… Où est mon avocat ? » menaçait le professeur en suivant les officiers qui l’escortait en salle d’interrogatoire.
De son bureau Kate souriait.
-« Tu n’as pas peur que Gates intervienne ? » souffla Castle en surveillant l’ascenseur, comme si le retour de la Capitaine était imminent.
-« Relax Castle, Gates déjeune avec le Chef des inspecteurs… Je sens que ça va prendre du temps ! »
Elle fit un petit clin d’œil à Castle et se dirigea vers la salle d’interrogatoire.
-« Pourquoi un avocat ? Vous en avez besoin ? » s’amusa Kate en refermant la porte.
-« Qu’est-ce que vous voulez ? Je ne dirais rien tant que mon avocat ne sera pas là ! »
-« Comme vous voudrez… » assura Kate avec le sourire. « Je vais prendre ça comme un début d’aveux ! »
Elle se fit un plaisir de le faire attendre en attendant que son avocat ne trouve un moment de libre à leur accorder.
-« Puis-je savoir de quoi mon client est-il accusé ? » aboya-t-il sur Kate dès qu’elle passa la porte.
-« De rien du tout ! » assura Kate avec le sourire. « Mais il vous a réclamé avant même d’entendre ce qu’on lui voulait. Bon, on peut commencer ? » s’impatienta Kate en soupirant. « Alors Monsieur Gleen, que pouvez-vous nous dire à propos de Mademoiselle Paula Franklin ? »
-« Pas grand-chose… C’est l’une de mes employés. »
-« Et c’est pour me suivre que vous la payez ? Ou pour d’autres services aussi ? »
-« Quoi ? » il regarda son avocat qui haussa les épaules. « Je ne vois pas ce que vous voulez dire… » s’entêta-t-il. « C’est l’une de mes assistante. C’est tout ! »
-« Bien…Et dans quoi vous assiste-t-elle au juste ? »
-« Vous n’êtes pas obligé de répondre ! » suggéra l’avocat.
-« Votre client n’est accusé de rien du tout Maitre… Je mène une enquête et pose juste quelques questions. »
-« Dans ce cas, pourquoi l’avoir fait venir en le faisant escorter ? »
-« Parce que la dernière fois que je suis allé lui poser quelques questions, il m’a mis à la porte de son bureau… Je voulais juste qu’il coopère un peu plus cette fois. Et mes agents n’ont pas employé la force que je sache. » expliqua Kate tout en restant maitre de la situation. « Et cette enfant ? » elle montra une photo d’Emma. « Qu’est-ce que vous pouvez m’en dire ? »
-« C’est confidentiel ! » assura Gleen sans consulter son avocat.
-« Comme vous voudrez… Dans ce cas Maitre, je vais inculper votre client pour refus d’obtempérer lors d’une enquête sur un homicide… Les détails sont bien entendu : ‘confidentiels’. » S’amusa Kate en se levant, toujours un grand sourire aux lèvres.
-« Une minute… » rattrapa l’avocat tout en glissant quelques mots à l’oreille de son client.
-« Emma 48 ! »
Kate se rassit, le visage sévère.
-« 48 ? » répéta-t-elle. « Parce qu’il y en a d’autre ? »
-« Non… C’est le seul prototype viable. »
-« Prototype viable ! » répéta Kate en déglutissant, se retenant de lui foutre une bonne paire de claque. « On parle d’un bébé là, pas d’une expérience ! »
-« Je suis désolé Mademoiselle Beckett, mais on ne parle pas de la même chose. Emma n’est pas un bébé… C’est juste un résultat scientifique ! »
Kate se mordait l’intérieur de la joue pour ne pas exploser et fixait un point sur le mur pour refreiner cette envie de meurtre.
« Je disais donc que les premières expériences n’ont pas abouties : Le fœtus mourrait au bout d’une semaine. On a réussi à en maintenir un en gestation pendant 35 semaines… Mais il était tellement difforme qu’il n’a pas survécu aux premières expériences. »
-« Merci… Je n’avais pas vraiment envie d’avoir un résumé des 47 autres ! » affirma-t-elle en se concentrant sur la photo d’Emma pour ne plus penser à son envie soudaine de vomir.
-« Pourquoi vous être vous obstiné si les expérience ne marchaient pas… Pourquoi chercher à créer un enfant ? »
--« Mais vous ne comprenez pas ? »
« Non. » pensa Kate, c’est certain qu’elle ne comprenait pas du tout.
« Mais c’est l’avenir ! Pouvoir créer des individus d’une intelligence supérieure et en faire de grands médecins… Programmer des individus pour qu’ils soient à la fois forts et courageux pour les armés… »
Kate n’en croyait pas ses oreilles, cet interrogatoire venait de perdre tout intérêt pour elle.
« Après votre visite d’hier, je savais que vous en saviez plus que ce que vous disiez… Alors, où est-elle ? »
-« C’est moi qui pose les questions Monsieur Gleen. » assura Kate en reprenant la situation en mains. « Pourquoi m’avoir fait suivre ? Pourquoi vouloir à ce point récupérer la petite ? Et pourquoi avoir tué Marie et Grégory Lipman ? »
-« Lieutenant Beckett ! » s’offensa l’avocat.
-« J’avoue vous avoir fait suivre. Mais uniquement pour retrouver mon expérience. C’est un prototype inestimable et je n’ai pas encore fini de l’étudier… J’ai encore tellement de tests à lui faire… Enfin bref. Pour ce qui est des meurtres, ce n’est pas mon domaine. Maintenant si vous n’avez plus de questions, je vais récupérer ce qui m’appartient. » dit il en se levant.
Une personne frappa à la porte qui s’ouvrit avant que Kate n’ait eu le temps de répondre.
-« Beckett ? Je peux te voir une seconde ? » demanda Esposito en insistant du regard.
Kate sortit et referma la porte derrière elle.
-« Qu’est-ce qu’il peut y avoir de si urgent ? »
-« Un homme qui prétend être le père d’Emma… Je fais quoi ? »
Kate prit deux secondes, le temps de réfléchir.
-« Appel le labo… J’ai besoin d’un test ADN de toute urgence. Ensuite tu préviens ce rigolo qu’il ne va pas récupérer son ‘expérience’ tout de suite. »
-« Tu me laisse Gleen ? » demanda-t-il pour vérification.
-« Si je retourne dans cette pièce, je pense que je le démonte ! Je m’occupe du père… Tu t’occupes de … de ce grand malade ! »
Chapitre 17 :
-« Excusez-nous de vous avoir fait attendre. » Fit Beckett qui avait confié Emma à Ryan tout en tirant Castle par la manche de sa chemise sans avoir pris le temps de lui dire quoi que ce soit. « Lieutenant Kate Beckett et voici mon partenaire, Richard Castle. »
-« Bonjour, Léo Millas. J’étais le petit ami de Marie Lipman ; je suis le père d’Emma. On m’a dit qu’elle était avec vous. » se présenta-t-il en tendant la main à Kate.
-« Et qui vous a dit ça ? » demanda-t-elle, suspecte.
-« L’une des voisines. »
-« Excusez-moi de paraître aussi directe, mais votre petite amie et vote fille ont ‘disparues’ depuis près de 5 jours… Et vous arrivez seulement ! »
Un agent du Labo venait de repérer Beckett qui lui montra l’homme à qui il devait faire le prélèvement.
-« Il y en a pour deux secondes. » Assura Kate. « Simple mesure de vérification. Ouvrez la bouche ! »
-« Je travaille en Europe… » expliqua-t-il une fois le bâton retiré. « Et si je ne m’étais pas inquiété plus tôt de ne pas avoir de leur nouvelles, je ne serais toujours pas au courant ! Vous pouvez vérifier. » assura-t-il en sortant plusieurs documents de son sac. « J’ai mon passeport… Le certificat de naissance d’Emma… Et même plusieurs photos d’elles et de nous. »
Kate fronça les sourcils et inspecta le tout avec minutie.
-« Madame Lipman ne nous avait pas dit que sa fille avait un petit ami. Et nous n’avons pas trouvé de trace d’Emma dans les registres… Sans parler du fait que son état de santé nécessite des soins médicaux …. »
-« Je sais ce que vous devez penser Lieutenant… Il y a une explication : Agnès, la mère de Marie me déteste, vous comprenez ce que c’est les belles-mères. »
-« La mienne est adorable ! » ne put s’empêcher de souffler Kate.
-« Le mienne est insupportable, elle pense que je suis un bon a rien. Vous savez, si Marie ne parlait plus à ses parents depuis trois ans, il y avait une raison ! Et pas uniquement celle de son travail. Croyez-moi. Maintenant, pour Emma, si vous n’avez pas trouvé l’état civile, c’est parce qu’elle est née en Roumanie et qu’au point de vue administratif elle était toujours censée y être. »
-« Alors qu’est-ce qu’elle faisait à New-York ? Et qui est Gleen ? » lui demanda-t-elle sournoisement.
-« Oh… Vous êtes au courant pour Gleen ! C’est grâce à lui qu’on est arrivé à avoir notre petite Emma. Elle et Marie attendaient que j’ai suffisamment d’argent pour être suivie médicalement par un bon médecin. »
Kate ne savait plus trop qui croire là… D’un côté elle avait un scientifique complètement barge qui considérait cette petite comme un rat de laboratoire et d’un autre un parfait inconnu qui prétendait être le père modèle de l’année. Kate vit la porte de la salle d’interrogatoire s’ouvrir et se dit que la confrontation entre les deux hommes tombait bien.
-« Qu’est-ce que vous faites là ? » lui hurla ce Léo dès qu’il vit Gleen. « Où est Emma ? Qu’est-ce que vous avez fait ? Vous deviez nous laisser tranquilles, vous l’aviez promis à Marie…. » s’emportait-il alors que Ryan devait le retenir pour ne pas qu’il frappe l’autre homme.
-« Effectivement Monsieur Millas ! C’est avec Marie que j’ai fait ce marché. Mais elle n’est plus là à présent ! » ricana-t-il.
-« Emma est ma fille, vous ne pourrez pas me l’enlever… Comment osez-vous ? »
-« C’est ce que nous verrons ! A bientôt Monsieur Millas. » partit le professeur Gleen alors que son avocat faisait tout ce qu’il pouvait pour le traîner vers la sortie.
Kate restait à les observer, se demandant ce que signifiait cette histoire et quel pouvait bien en être le fin mot. Elle se frotta les yeux avec son pouce et son index, comme si ça pouvait suffire à tout résoudre.
-« Monsieur Millas ? » le rappela-t-elle. « Vous devez comprendre que nous devons procéder à quelques vérifications avant de vous confier cette enfant. »
-« Bien sûr, je comprends ! Que voulez-vous savoir ? »
Il passa deux heures à attendre dans une salle inconfortable pendant que Kate passait toute sa vie à la loupe. Elle commença par vérifier ses comptes, chargea Ryan de contacter son patron à l’autre bout du monde et Esposito appelait les aéroports pour vérifier qu’il y ait vraiment eut un vol récent pour la Roumanie. Castle, lui, avait juste pour consigne de s’occuper d’Emma et de l’emmener hors du poste sans pour autant trop s’exposer.
-« Un vol en direction de Bucarest a atterri il y a 4 heures à JFK… Son histoire ce tient ! » assura Esposito.
-« Il était sur la liste des voyageurs ? Tu as vu les vidéos de surveillance de JFK ? » demanda Kate, persuadée que ça ne pouvait pas être vrai.
-« La liste est incomplète pour l’instant… Il me manque encore les 24 noms et prénoms des personnes ayant embarqués en dernière minutes. Pour les vidéos, oui… On le voit clairement reprendre sa valise. »
-« Regarde ça ! » fit Ryan en réduisant momentanément la page sur laquelle Beckett travaillait à son PC. Il tapa une adresse dans un moteur de recherche et arriva sur la page d’accueil d’une entreprise de fabrication de meubles.
« Il est responsable marketing… Et d’après ce que je comprends il s’occupe essentiellement des relations avec les USA. Son job a l’air assez intéressant pour être bien payé. »
-« Depuis quand tu parles le Roumain ? » ironisa Kate pour le faire marcher.
-« Très drôle… Vive Google. » admit-il en souriant. « Toujours est-il que là aussi tout semble vrai. »
-« Tu as parlé à un responsable ? »
-« Je ne parle pas très couramment le Roumain… et la seule chose qu’on ait pu me répondre pour que je comprenne était de retéléphoner plus tard, visiblement leur correspondant américain est en déplacement ! » assura-t-il en regardant en direction de Léo Millas.
-« Tu dois te rendre à l’évidence Kate… Cette petite à un père ! » lui fit remarquer Esposito en posant sa main sur l’épaule de sa coéquipière, sachant que cette vérité devait faire mal à admettre.
-« Il reste le test ADN ! »
-« Les résultats sont là Mademoiselle Beckett ! » assura Gates avec autorité. « Ils sont là depuis plus d’une demi-heure déjà ! » sermonna-t-elle. « Vous n’avez pas le droit de continuer à enquêter sans raison sur cet homme. Rendez-lui sa fille. C’est un ordre. »
Kate soupira et n’eut pas d’autre choix que d’appeler Castle.
Elle attendit Rick et Emma en bas de l’immeuble, dans l’entrée. C’est là, à l’abri des regards indiscrets des autres qu’elle fit ses au-revoir à la fillette assurant que tout allait bien se passer et que Gates en personne s’occuperait de toute les formalités.
Comme personne ne revit Kate après le départ d’Emma et de Léo Millas, Castle en conclut qu’elle était rentrée chez elle. Et comme de fait, c’est assise sur un tabouret, à côté du petit lit à barreau dans la chambre de Maxime, qu’il la trouva, passant sa main sur les draps froids, les yeux remplis de larmes.
-« Elle est avec son père, Kate. Tout va bien pour elle maintenant. » assura-t-il en la serrant dans ses bras.
-« Je sais… Mais c’était bien. » affirma-t-elle en se relevant, se retournant pour lui faire face.
-« Cette petite est extraordinaire ! » assura Castle avec un sourire.
-« J’en ai marre de pleurer ! J’ai envie d’être pressée de rentrer le soir, au point de râler plus qu’Espo au sujet des heures sup’. J’ai envie de vous entendre rire alors que je n’ai même pas encore ouvert la porte de l’appartement. J’ai envie de cette vie-là… J’ai envie d’un bébé. »
-« Et on en aura. » assura-t-il en l’embrassant tendrement. « Tu étais géniale en ‘maman’. C’était incroyable de vous entendre ‘parler’ maquillage à 4 heures du matin dans la salle de bain ! »
-« On ne parlait pas maquillage… Je lui expliquais juste qu’elle devait te laisser dormir parce que tu es trop grognon le matin. » Rick prit se regard enfantin qui faisait mourir de rire Kate. « En attendant, on a toujours deux meurtres à résoudre ! » affirma-t-elle avant de jeter un dernier coup d’œil à la chambre.
-« Ouais…. » soupira Rick. « On a encore des tas d’heures supplémentaires en vue ! »
Chapitre 18 :
Il était 7 heures du matin. Le soleil l’avait tiré de son sommeil. Il n’avait pas entendu de réveil sonner et le lit était déjà froid à côté de lui. Il se leva donc péniblement, s’attendant à trouver Kate allongée dans la chambre de leur fils. Mais là aussi tout était calme. Il appela alors le 12th, déjà prêt à lui faire toute une scène pour ne pas l’avoir réveillé, mais Ryan lui affirma que bien qu’il venait d’arriver, il n’y avait aucune trace de Beckett au poste. Il s’habilla, prit sa veste, le plaid qui était sur le canapé et sortit.
Il savait qu’il la trouverait là. Il était au bout de l’allée et elle assise, recroquevillée contrer la pierre de marbre, et pourtant il savait que c’était elle.
-« Hey.» annonça-t-il en posant la couverture sur ses épaules. « Depuis combien de temps tu es la ? » il s’assit lui aussi.
-« Il faisait noir quand je suis arrivée ! » répondit-elle en se blottissant contre lui.
Elle sentit une larme couler sur sa joue. Elle était triste, mais elle avait déjà passé tellement de temps à pleurer qu’elle sut que ce n’était pas l’une des siennes. Elle leva les yeux et regarda Rick faire de son mieux pour ne pas éclater en sanglots.
-« Tu n’as pas besoin de faire semblant. Pas avec moi ! » assura-t-elle en déposant un baiser sur ses lèvres et essuyant sa joue.
Castle s’effondra dans ses bras et ils restèrent un moment dans cette position.
-« Ça aurait été un petit gars génial. » dit-il entre deux sanglots « avec mon charme et tes yeux, personne n’aurait pu lui résister.»
-« Il avait ton nez.» assura Kate avec un petit sourire, bien que ses yeux soient inondés de larmes.
-« Il aurait été mignon quand même ! » se moqua-t-il de lui-même. « Tu as passe la nuit à jouer avec les cailloux, ou tu viens vraiment aussi souvent ? » demanda-t-il en comptant les petits cœurs, se sentant honteux de ne pas trouver le courage de venir plus souvent.
-« Un à chaque fois que je viens... Il a fait trop bon ses derniers jours. Il n'y a plus de place ! » expliqua-t-elle en se pinçant les lèvres.
Elle venait juste de se lever, après avoir dit cette phrase, et le vent se leva. Pas longtemps, juste pour faire trembler les feuilles des arbres et balayer le sol.
-« J’en connais un qui réclame son petit cœur ! »
Kate esquissa un sourire, s'agenouilla et prit une poignée de cailloux.
-« Aucun problème. » assura-t-elle. « On y va ? »
-« Je te ramené au loft ? »
-« Au 12th. On a toujours deux meurtres à élucider, tu te souviens ? Et puis ...Si Ryan et Espo y arrivent sans moi, Gates ne me rendra jamais ma plaque. »
Castle ne put s’empêcher de sourire à cette remarque, gardant pour lui le fait qu’elle n’avait qu’à demander.
-« Je n’arrive pas à me sortir cette petite Emma de la tête. » dit-elle en chemin, brisant ainsi un silence pesant.
-« Elle est avec son père… Tout va bien maintenant. » tenta Castle.
-« Elle n’avait pas l’air heureuse de le voir. Elle ne lui a même pas tendu les bras. »
-« Elle est encore petite, et elle ne l’avait certainement pas vu depuis des semaines. C’est normal ! »
-« Peut-être ! » admit-elle en soupirant. « N’empêche, il n’a pas demandé comment elle allait… » continua-t-elle de s’entêter contre lui.
-« Il devait être trop occupé à gonfler son CV pour t’impressionner et être sûr que tu lui rende sa fille… Ça m’étonne que tu n’aies pas été jusqu’à prendre ses empruntes ! » plaisanta-t-il.
-« Gates est arrivée trop tôt pour ça ! » répondit-elle très sérieusement. « Elle n’a pas voulu ! » dit-elle avant d’exploser de rire en voyant la tête de Rick.
-« De toute façon, il aurait pu faire n’importe quoi il ne serait pas arrivé à te convaincre. » reprocha Castle avec tendresse.
-« Parce qu’il te paraissait clean ce mec ? » s’étonna-t-elle en commençant à hausser le ton.
-« Non. » admit-il avec un sourire en coin. « Mais je ne l’ai vu que quelques minutes… Et je ne me prétends pas impartial. » se défendit-il avec un sourire narquois.
Ce n’est qu’en fin de matinée qu’ils arrivèrent au poste. Une petite surprise les attendant déjà :
Demming, assis sur la chaise de Kate, s'impatientant devant une tasse de café encore tout chaud.
-« Il attend depuis un quart d’heure. » assura Esposito comme si Demming n’entendait pas.
-« Et aucun de vous deux n'a pensé à lui demander ce qu’il voulait ? » continua Kate, de la même manière.
-« C’est pour toi qu'il a amené un café, pas pour nous ! » répondit Ryan, faisant ainsi comprendre que c’est à elle qu’il voulait parler.
-« Elle en a déjà eu deux ! » marmonna Castle, jaloux.
Kate se planta devant Demming, prit sa tasse et en bu une gorgée.
-« Tu t’es perdu ? » lui demanda-t-elle.
-« Il parait que tu connais ce type. » il montra une photo de suspect. « Il dit qu’il a passé toute la fin d’après-midi ici, dans vos locaux. Tu confirmes ? »
-« Oui. Je confirme pourquoi ? Qu’est-ce que tu lui veux ? »
-« Qu’est-ce qu’il faisait ici ? C’est l’un de tes suspects ? »
-« Non, c’est le père de la petite Emma. Il venait rechercher sa fille. »
Il explosa de rire, sous le regard de Kate qui devenait de plus en plus menaçant.
-« OK. Dis-moi ce que tu sais ! » ordonna-t-elle.
-« Il s’appelle Steve Haas, c’est un voleur de bijoux et d’œuvres d’arts…. Enfin, jusqu'à maintenant il se contentait de tableaux et sculptures ! Je savais que c’était un beau parleur, mais je n’imaginais pas qu’il puisse être convainquant à ce point-là. »
Il avait à peine finit de prononcer son nom qu’Esposito cherchait déjà un complément d’infos dans leurs fichiers alors que Ryan recherchait la page internet de l’entreprise dans laquelle il était censé travailler la veille.
-« Vols, faux et usage de faux, abus de confiance…. Ce type mérite un oscar ! »
-« Il n’y a plus rien… Il a disparu ! » s’étonna Ryan en montrant la page des employés de l’entreprise. »
-« C’est mon poing dans la figure qu’il mérite. Ryan, appelle cette entreprise et reste en communication jusqu’à ce que quelqu’un te réponde dans une langue que tu connais. »
-« A l’autre bout du monde…. ? » fit Ryan en déglutissant, pensant à la note qu’allait recevoir la ville.
-« Retrouvez-moi ce type ! » ordonna-t-elle en criant, furieuse.
-« Il est dans mon service, sous la garde d’un officier… » lui murmura Demming avec le sourire.
Elle le dévisagea sévèrement et quitta le service de la criminelle d’un pas décidé.
Chapitre 19 :
-« Où est-il ? » arriva Kate en hurlant, deux étages plus bas, au service des vols.
-« Dans les toilettes pour homme ! » répondit un agent tout penaud, en voyant Demming arriver derrière Beckett.
Elle entra, fusilla du regard les deux inspecteurs qui s’y trouvaient, de manière à ce qu’ils sortent sans rien demander. Kate ferma la porte à clé derrière eux, histoire d’être certaine que personne ne vienne les déranger.
-« Laissez-les ! » ordonna Demming à l’officier qui avait déjà la main sur la poignée pour entrer. « Il n’y a aucune issue de toute manière, il faudra bien qu’ils sortent à un moment ou à un autre. »
-« Je la connais de réputation, il est hors de question que je me retrouve à couvrir une bavure ! » paniqua l’homme en uniforme.
-« Alors va distraire le Capitaine Montrose le temps que Beckett s’occupe de ce gars ! » fit-il restant planté devant la porte.
-« Wah… Je savais que vous aviez craqué sur ma fille, mais pas à ce point-là… Tu veux que je te fasse la même ? » Se mit à rire Steve Haas en regardant Kate.
-« Où est-elle ? » demanda Beckett alors qu’elle se trouvait à quelques pas de l’homme.
-« J’en sais rien moi… Vos amis sont venus me chercher alors que j’étais au travail. »
-« Ne vous foutez pas de moi Haas, ça suffit. Vous avez été pris la main dans le sac chez les Travis ! Je me fiche du vol des bijoux… Pourquoi êtes-vous venu récupérer Emma ? »
-« C’est ma fille… » se moqua-t-il avec le sourire.
Agacée et sachant qu’elle n’avait pas beaucoup de temps devant elle avant que le Capitaine de Demming ne fasse sauter la serrure, elle accéléra sa procédure, sortit son arme et le visa.
-« Je vais vous le répéter une dernière fois ! » assura-t-elle avec calme et fermeté. « Où est Emma ? » répéta-t-elle en insistant sur chaque mot.
-« Vous n’oseriez pas tirer, pas dans un commissariat ! » ricana-t-il e avançant d’un pas.
-« Je ne suis pas flic… Mais ceux qui sont là dehors, se sont mes amis… Personne ne va venir vous aider ! » Kate tira. La balle effleura l’épaule du type, déchirant la chemise et laissant apparaître une petite trace de sang.
-« Putain, connasse !!! » jura Steve avant de se prendre l’épaule.
-« Tu as de la chance, la balle est dans le mur derrière toi… » assura Kate en le fixant d’un regard noir. »
-« J’en n’ai rien à foutre de cette petite… C’est Marie qui voulait un môme à tout prix, j’en voulais pas moi. »
-« Alors répond à mes questions. » elle s’était avancée et avait placé le canon de son arme sur l’entrejambe de Haas. « A cette distance il y a peu de chance que je rate mon coup… Où est Emma ? Et pourquoi es-tu venu la chercher ? »
Il déglutit tout en regardant la porte espérant qu’un agent vienne à son secours. La porte resta close alors que Beckett insista un peu plus avec son arme.
-« OK… J’avoue. Mais retirez ce truc. »
Kate retira son arme de cet endroit sensible, mais la garda en main, lui précisant qu’il n’avait pas intérêt à la balader cette fois parce qu’il n’aurait pas d’autre chance.
« Marie voulait un bébé… J’ai accepté de donner mon sperme… Mais ça fait un an qu’on a rompu. Je ne savais même pas que j’avais une fille. Et c’est ce type…Son patron. Il est venu me voir il y a quelques jours, il m’a donné 300 000 $ dollars pour vous baratiner. Il m’a dit ce que je devais vous dire et que mes arrières étaient déjà couverts, que j’aurais aucun problème. Alors j’ai sauté sur l’occase moi. Me foutre de la gueule des flics avec un job où tout est déjà planifié ! »
-« C’est cet homme ? » demanda Kate en lui montrant la photo sur son portable.
-« Je devais juste lui donner mon passeport et me faire passer pour un passager à l’aéroport… et puis venir réciter mon texte dans vos locaux. »
-« Où est-ce qu’il l’a emmenée ? »
-« J’en sais rien ! »
-« Tu as intérêt à réfléchir, tu as 5 secondes pour te souvenir… 3…4… » annonçait Kate tout en regardant ses ongles, sa patience ayant déjà largement atteins son seuil de tolérance.
-« C’est bon, c’est bon… attendez… Il a passé un appel… Je ne sais pas à qui… Il a dit qu’il arrivait et qu’elle devait préparer le labo… Je vous jure… je ne sais pas… »
Steve paniquait et visiblement il n’en savait pas plus. Kate l’attrapa fermement par la chemise, ouvrit la porte et se retrouva nez à nez avec les Capitaine Montrose et Gates.
-« Il a des aveux à faire. » lança-t-elle en poussant Haas dans les bras de Demming.
Curieusement, le gars avait l’air heureux de se retrouver entre les mains des flics.
-« Lieutenant Beckett ! » commença Gates de sa voix sévère.
-« Vous n’avez aucun ordre à me donner, je ne suis pas flic ! » lança-t-elle, furieuse, à la figure de Gates. « Laissez-moi encore une heure et ensuite vous pourrez m’inculper de ce que vous voudrez si ça vous chante ! » annonça Kate sans lui laisser le temps d’en ajouter plus. Elle était déjà au téléphone avec Ryan pour lui demander de localiser le traceur sous la voiture de Paula Franklin.
Castle avait attendu derrière la porte avec Demming, priant pour que Kate ne fasse rien qu’elle puisse regretter plus tard. Il l’avait rarement vu dans un tel état. Il venait également de voir la prise de bec avec Gates. Jamais elle ne lui avait tenu tête de cette manière. Bien évidemment il la suivit, n’osant pas imaginer ce qu’elle était capable de faire à celui qui avait osé s’en prendre à Emma.
Kate n’avait pas encore démarré sa voiture que déjà Ryan appelait avec la localisation de Paula et certainement celle du professeur Gleen et d’Emma.
-« On ne devrait pas demander un mandat ? » se permit Castle, peu rassuré, mais n’y croyant pas une seconde.
-« Regarde-moi bien Castle… » affirma-t-elle en le regardant dans les yeux. « Je ne suis pas flic, je n’en ai pas besoin… Ce type va regretter de s’être mis sur mon chemin, crois-moi ! »
Elle démarra et sortit du garage à toute vitesse, alors qu’au service de la criminelle Ryan et Esposito trépignaient d’impatience en attendant Gates et la permission de se lancer à la poursuite de Gleen.
-« Tout était prévu ! » s’énerva Kate tout en conduisant de manière très agressive. « Il nous a fait remettre des documents sans importance pour qu’on s’intéresse à l’affaire. Il savait qu’on avait la petite ! S’il nous a fait suivre, c’était juste pour en être sûr. Il avait tout prévu, il savait qu’on arrêterait Paula, il savait qu’on le convoquerait et même ce petit numéro dans nos locaux avec Haas était prévus. »
-« Mais comment il a fait… Et pourquoi ? »
-« Marie voulait certainement protéger Emma. J’ignore s’il y avait un arrangement entre eux, mais si c’est le cas, il n’a pas dû en respecter tous les termes … »
-« Et le détective, il devait être au courant… »
-« Quand une fille a besoin d’aide et qu’elle est désespérée, c’est vers son père qu’elle se tourne. Il en savait trop… ! On n’y est… » assura Kate.
Ils étaient dans un coin paumé, entourés d’entrepôts et d’immeuble à l’abandon.
-« On attend les renforts ? » demanda-t-il en connaissant la réponse, juste pour gagner quelques secondes.
-« Tu attends si tu veux, moi j’y vais… »
Il y avait des lumières au deuxième étage de l’immeuble le moins détérioré. En y entrant, elle passa juste à côté de la voiture de Paula, ce qui la conforta dans son idée.
Chapitre 20 :
Il est évident que Kate n’attendit pas les secours, ni même que Castle se décide. Elle monta les deux étages au pas de courses et se trouva bien vite devant la porte d’un bureau.
« Directeur Général Edouard Joris…. Si je ne suis pas là, revenez plus tard ! »
-« Pardon Monsieur Joris… mais il y a urgence ! » ironisa Beckett en poussant la porte sous laquelle la lumière était visible.
Kate observa la pièce : Le professeur Gleen et son assistance Paula se trouvaient derrière un tableau de commande. Paula tenait une sorte de bloc note, sur laquelle elle notait les résultats. Emma était couchée, attachée sur une table qui ressemblait à la table d’autopsie de Lanie.
-« Allez, on recommence… » assura Gleen en poussant sur un bouton.
-« Non….ça suffit ! » hurla Kate alors qu’une lumière aveuglante était projetée sur la petite.
-« Mademoiselle Beckett… » sourit Le professeur. « Vos réactions sont encore plus rapides que celle de la petite. »
Kate s’approcha d’Emma, prête à lui retirer les électrodes et les perfusions.
-« Vous ne devriez pas faire ça ! Non seulement vous pourriez la tuer en lui retirant cette sonde qui est directement reliée à son cœur, mais en plus il me suffit d’appuyer sur un seul bouton pour l’achever… » se moqua-t-il alors que Kate regarda le petite d’un air terrifié. « Paula… Vas faire un petit tour. Son petit-ami ne doit pas être loin. Trouves-le… Et fait en ce que tu veux ! » dit il avec le même sourire que le Joker dans Batman.
La femme quitta la pièce en expliquant qu’elle n’allait faire qu’une bouchée de ce petit écrivain.
-« Votre arme ! » demanda Gleen en menaçant d’appuyer sur un bouton. « Posez la sur le sol et faites la glisser jusqu’ici… Ou alors, dites adieu à votre petite protégée. » s’amusa-t-il.
Kate s’exécuta, se trouvant ainsi démunie face à ce malade qui était aux commandes.
-« Ah… Elle se calme enfin, on va pouvoir reprendre. » assura le professeur en analysant les constantes de celle qui lui servait de rat de laboratoire.
-« Non… Non, arrêtez ! Elle a le cœur fragile, vous allez la tuer. » supplia Kate.
La lumière se ralluma, aveuglant également Beckett et cette fois-ci la lumière fut suivit d’une décharge électrique pour Emma.
-« STOPPPPPP…. » Kate se précipita sur Gleen, lui donnant un coup de poing en pleine figure, suivit d’un coup de pied dans l’estomac qui l’envoya au tapis. Il s’empara alors de l’arme sur le sol et le pointa en direction de Beckett.
-« Reculez maintenant. Je n’ai pas encore terminé… Oh ! Je ne vous ai même pas expliqué en quoi consiste ce test. Vous voyez, je test son intelligence de cet enfant en me servant des réflexes de Pavlov. Je voulais savoir si cette petite était capable d’associer la lumière avec la douleur… Et si c’était le cas, combien de temps lui faudrait-il pour oublier la douleur… Je n’en suis qu’à la première partie, et visiblement, elle se souvenait. » éclata-t-il de rire.
-« Son cœur est fragile… Vous allez la tuer ! » répéta Kate, comme si cette éventualité allait vraiment faire peur à son adversaire.
-« Marie aussi me disait ça… ! Elle n’aurait pas dû s’y attacher. Je l’avais prévenue. Quelle petite idiote… Comme si j’allais lui laisser le temps de contacter la presse. »
Gleen avait la main posée sur le bouton. Il lui suffisait d’appuyer pour provoquer une peur panique chez Emma.
-« Ne faites pas ça et lâchez cette arme ! »
La voix de Castle, calme et ferme, fut un soulagement total pour Kate. Personne ne l’avait vu arriver. Même Beckett, le regard passant d’Emma au professeur ne l’avait pas vu, c’était un peu comme s’il venait de nul part.
-« Monsieur Castle… Où est donc cette chère Paula ? » demanda-t-il en relevant ses mains, les mettant ainsi en évidence.
Rick n’était pas armé, mais une simple barre en fer, posée derrière le crane de Gleen, faisait le même effet pour l’instant.
-« Votre collaboratrice est indisponible pour l’instant… Elle a fait une petite chute dans les escaliers… Elle n’a rien de grave, rassurez-vous, mais j’en ai profité pour l’assommer et la ligoter à la rampe. » expliqua-t-il, triomphant. « Maintenant, débranchez Emma. » ordonna-t-il en prenant un ton vraiment plus sérieux.
Pensant vraiment avoir une arme derrière la tête, il fit mine de s’exécuter. Castle en profita pour récupérer l’arme au passage. Au moment de débrancher Emma, Gleen fit un mouvement trop brusque. Il y eut un court-circuit entre les électrodes qu’il tenait en main et se prit un vilain coup de jus, jusqu’à ce que Beckett éteigne le panneau de commandes. Même si elle aurait préféré intensifier le voltage.
-« C’est ce qui s’appelle ‘se griller tout seul’ ! » ironisa Castle en rejoignant Kate auprès d’Emma.
-« Emma… Oh mon Dieu Emma ! » s’affolait Kate en la prenant dans ses bras. « Ça va aller ma puce, ça va aller. » pleurait-elle en sentant des bras l’éloigner.
-« C’est moi Kate. » assura Lanie avec calme. « Je m’en occupe, l’ambulance est en route. » continua la légiste qui passait dans le service de la criminelle au moment où Esposito et Ryan partaient. Elle les avait harcelé pour les suivre et avait visiblement bien fait.
-« Beau boulot mec ! » assura Ryan en montrant Paula Franklin les menottes aux poignets. « Il parait que c’est ton œuvre ! »
Esposito venait de donner quelques claques à Gleen pour lui faire reprendre conscience et lui lire ces droits.
-« Vous n’avez pas le droit d’être ici… Vous n’avez aucune preuve ! Cette femme est complètement folle… » affirmait-il en pointant Kate de son index. « Elle n’est pas flic… Vous n’avez pas le droit. »
-« Elle non, mais nous si. » assura Esposito en serrant les menottes le plus possible. « Au fait Castle… Merci pour l’appel. » il montra son portable. « Grace à lui on a tout entendu. Vous êtes en état d’arrestation Professeur Gleen… »
Rick et Kate étaient dans les bras l’un de l’autre, regardant Lanie achevée de retirer les électrodes et les perfusions d’Emma. A leur arrivé, les secours prirent le relais et emmenèrent la petite sous le regard terrifiés de Castle et Beckett.
Au poste, Gates entra dans la salle d’interrogatoire, seule face à Paula Franklin qui semblait plus impressionnable de Gleen.
-« Je vous conseille de vous mettre à table » commença-t-elle sans prendre de gants. « Parce que quand Gleen aura passé un marché, vous mettant les deux meurtres sur le dos, vous n’aurez plus aucune chance. »
-« Il ne passera pas de marché, il ne coopérera JAMAIS. Vous n’avez rien du tout, à part une petite conversation téléphonique prise hors de son concept. »
-« Bien, puisque vous le prenez comme ça… On va vous libérer. Vous patienterez un bon moment dans nos locaux, la paperasse ça prend du temps vous savez. Et là non plus je ne donne pas chère de votre peau si Beckett débarque… La petite Emma est dans un état critique et je n’aimerais pas être à votre place si vous croiser cette femme. »
-« Vous êtes ça supérieure, c’est à vous de gérer ça ! » commença-t-elle à paniquer.
-« Mademoiselle Beckett ne fait plus partie de la police, alors vous voyez, je n’ai plus vraiment d’ordre à lui donner. Et le commissariat est un lieu public, elle a été consultante sur l’affaire, donc je ne peux pas totalement lui en interdire l’accès. » bluffa-t-elle, un grand sourire aux lèvres, se levant ouvrant la porte.
-« Restez… Je vais vous raconter. »
Gates fit mine de réfléchir avant de se ré assoir ou non. Elle se maîtrisa comme elle put pour afficher un visage neutre et prit la déposition avec tout le sérieux qu’exigeait sa fonction.
Paula expliqua toute l’histoire à partir du moment où Marie Lipman avait décidé de s’enfuir avec Emma, menaçant de contacter la presse s’ils ne les laissaient pas tranquilles. Marie avait disparu en changeant de nom, mais Gleen avait trop peur que l’histoire soit dévoilée au grand public, alors il lui avait demandé de récupérer Emma tout en s’assurant que personne ne la recherche jamais.
A l’hôpital, Kate et Rick attendaient toujours des nouvelles. Un médecin était juste venu les avertir que la situation était critique, demandant l’autorisation de pratiquer l’opération au cœur malgré la précarité de son état général. Étant donné le stress et les chocs qu’elle avait reçu, c’était sa seule chance de s’en sortir.
Ils étaient assis, l’un contre l’autre, le visage grave, lorsque Madame Lipman apparue au bout du couloir.
-« Qu’est-ce qu’elle fait là ? » demanda Rick.
-« C’est moi qui l’ai appelée. » confia Kate. « Son mari et sa fille son morts pour avoir protégée Emma. C’est la seule famille qui lui reste. Elle avait au moins le droit de le savoir. » continua-t-elle tout en se levant, prête à lui expliquer la situation plus en détail.