HypnoFanfics

Interdit aux moins de 16 ans

Cœurs à vif

Série : Castle
Création : 15.09.2013 à 15h57
Auteur : Minefuji 
Statut : Terminée

« Hello everybody! Après avoir lu beaucoup d'histoires des auteurs de ce site, j'ai eu moi aussi envie de prendre la plume. Je vous livre donc ici (après quelques péripéties) ma première fic.  » Minefuji 

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Chapitre onze : obsession

L'effervescence de la période des fêtes de fin d'année avait permis à Castle de ne pas penser à Kate. La troupe d'artistes, qu'il avait invitée, avait émerveillé Alexis, qui ne tarissait pas d'éloges à leur sujet. Quant à Rick, il avait appris un tas de choses démentielles, notamment avec le magicien.
Ainsi, lorsque janvier arriva, il fut ravi, de pouvoir reprendre sa vie là où il en était.
Paula avait raison, maintenant qu'il avait cédé à la tentation, il pouvait se la sortir de l'esprit. Tout rentrait dans l'ordre.
Il commença par appeler Gina, pour lui proposer de sortir avec lui, histoire de la calmer. Gina était parfaite, pour lui, sans danger pour son coeur, il l'aimait beaucoup, certes, mais cela s'arrêtait là. Une relation agréable, avec une femme d'une grande beauté, et sans risque de tomber dans une déprime infinie en cas de rupture.
Après lui avoir envoyé dix-neuf bouquets de roses et une dizaine de bijoux somptueux, elle finit par accepter de lui pardonner. Il vint donc la chercher un soir, sur les coups de vingt heures, pour l'emmener dîner. 

Le Daniel était l'un des restaurants les plus en vue et les plus onéreux de New York. Castle avait dû faire jouer ses relations afin d'y avoir une table. Confortablement installé dans un ambiance feutrée, il avait le regard posé sur la femme assise en face de lui.
Parfaitement coiffée, délicatement maquillée, les mains impécablement manucurées, Gina avait revêtu une somptueuse robe couleur chair et portait les bijoux qu'il lui avait offerts.
Elle était partie dans un grand discours que Castle n'écoutait que d'une oreille très distraite, il était capable d'anticiper au mot près tout ce qu'elle allait dire.

Il ne pût s'empêcher de repenser à sa conversation avec Kate, quelques semaines plus tôt, elle l'avait surpris lorsqu'elle avait analysé tellement finement l' histoire de son dernier roman. Il avait été subjugué par sa sincérité, par sa simplicité. Elle était à l'opposé de Gina, à l'opposé de Meredith, une bouffée d'air frais dans sa vie tellement superficielle...

- Richard! Tu es avec moi?

- Mhm? Pardon, tu disais?

- Tu vas bien? Tu es complètement ailleurs!

 - Excuse-moi! J'étais en pleine réflexion pour mon prochain roman, mentit-il.

- Je suis heureuse que tu retrouves l'inspiration, mais tu devrais profiter de cette soirée, on n'est pas bien là, tous les deux?

- Si... On est bien, soupira-t-il.

Gina sourit et repartit dans son monologue, Rick lui sourit gentiment, et commença à jouer distraitement avec le contenu de son assiette. Cette soirée allait être horriblement longue. Mais que diable faisait-il ici?

                                                  ~~~~~~~~~~~~~

Janvier.
Mauvaise période. Deux ans. Deux ans qu'elle ne vivait plus. Elle survivait. Son père se perdait dans son chagrin, il ne supportait plus de la voir, elle ressemblait trop à sa mère, lui rappelait trop ce qu'il avait perdu. La mort dans l'âme, elle passait le plus clair de son temps au poste, tandis que lui était allé s'enfermer dans sa cabane, cherchant à oublier ce triste anniversaire.
Elle se donnait corps et âme à son travail. Elle était brillante, Royce, tout comme Montgomery l'avait compris et lui donnait de précieux conseils, mais elle restait très instable émotionnellement et le capitaine le lui faisait encore souvent remarquer.

Elle repensait souvent à l'écrivain. Elle avait été si heureuse le temps d'un week-end... Le hasard leur avait permis de se rencontrer trois fois, quatre si elle comptait leur course folle, comment espérer raisonnablement qu'il les pousse encore une fois l'un vers l'autre? La probabilité qu'elle le rencontre encore une fois ainsi, dans une ville de huit millions d'habitants était vraiment trop infime.


Elle aurait pu aller à sa rencontre, après tout, elle connaissait l'adresse de son loft, mais comment réagirait-il? Il la prendrait sans doute pour une fan hystérique et aurait peur de  se retrouver harcelé par elle, craignant de retrouver son lapin blanc au fond d'une casserole, comme dans "liaison fatale"!

Peut être pourrait-elle donner un coup de pouce au destin... Peut-être qu'il s'amusait encore à pousser sa voiture au delà de la vitesse autorisée, la nuit, quand tout le monde dort ou presque... Elle pourrait "emprunter" une moto de la brigade autoroutière et guetter sa prochaine incartade... Elle s'amuserait même à lui passer les menottes... Elle pourrait faire ça oui, d'ailleurs, elle décida qu'elle le ferait dès que le temps serait plus adapté, elle le reverrait une fois, même si ce n'était pas dans ses habitudes, pour une fois, elle dérogerait à sa règle de ne pas revoir ses amants d'un soir, après tout, que risquait-elle?

                                                         ~~~~~~~~~~~~~~

Debout devant la tombe de sa mère, elle pleurait en silence, lui demandant de lui pardonner son incapacité à lui rendre justice et à sauver son père. Elle s'approcha de la pierre tombale et, du revers de la main, chassa la neige qui la recouvrait, puis elle s'accroupit, déposa le bouquet de fleurs qu'elle avait apporté et colla sa joue contre la pierre gelée. Elle resta encore un long moment là, espérant se réveiller de ce cauchemar dans lequel elle était enfermée depuis deux ans, puis quitta le cimetière, le cœur lourd.

Elle marchait dans la neige, ses pieds en s'enfonçant produisaient un crissement régulier, qui lui plaisait et l'apaisait. Il était encore assez tôt et la ville s'éveillait doucement.
Elle avait eu une autre dispute avec son père, qui venait de rentrer ce matin là. Elle avait quitté le domicile en claquant la porte, avant d'avoir pris son petit déjeuner. C'est pourquoi son estomac criait famine et qu'elle se dirigeait vers le café Starbuck qui se trouvait à proximité du poste de police.
C'était un endroit à la décoration rétro, nostalgie des années 60, on aurait pu se croire dans un épisode de la série Happy days.
Elle passa la porte et se rendit au comptoir où un homme qui lui tournait le dos était attablé.

- Un café latté sans sucre et un beignet, s'il vous plaît, demanda-t-elle au serveur qui se retourna pour préparer sa commande.

L'homme au comptoir pivota et la regarda un magnifique sourire sur le visage.

- Kate!

Elle le reconnut immédiatement et sourit légèrement:

- Monsieur Castle!

- Je t'ai déjà dit de m'appeler Rick!

- Okay. Alors, Rick? Que fais-tu debout de si bon matin? Tu es tombé du lit?

- À vrai dire... Je n'y suis pas encore allé, une soirée poker qui s'est éternisée...

- Je vois.

- Et toi? Tu vas à la fac?

- Nop!

- Pas de cours aujourd'hui?

- Je ne vais plus à la fac!

- Ah bon? Et que fais tu alors?

- Je travaille pas loin d'ici.

- Ah oui? Dans quelle branche? Tu pourrais peut être prendre ta journée et venir te reposer avec moi, dit-il charmeur.

- Je suis flic, Castle! On n'a pas assez de personnel pour que je puisse me faire porter pâle pour aller faire des galipettes, répondit elle en montrant son sac qui contenait son uniforme.

- Wahhh! Je n'aurais jamais de deviné! À te voir, j'aurais plutôt pensé que tu faisais des études de droit pour être avocate ou quelque chose comme ça.

- Eh bien, il faut croire que tu n'es pas un bon devin, je suis flic, simplement flic.

Le serveur lui rapporta sa commande, elle paya et s'apprêtait à sortir, quand Castle la rappela.

- On pourrait se revoir.

- Pourquoi?

- Passer un bon moment... Aller au ciné, au restaurant... Des choses que font les gens quand ils passent un moment ensemble...

- Je n'aime pas aller au cinéma avec quelqu'un, on est ensemble en apparence, mais finalement, on est tout seul. Je préfère le billard.

- Bon! Alors on pourrait se faire un billard!

- Je ne recoucherai pas avec toi!

- Ce n'est pas ce que j'ai demandé!

- Écoute, il faut que je parte, je vais être en retard. Au revoir, Castle, j'ai été ravie de te revoir.

Il la regarda s'éloigner, soupira et passa une main nerveuse dans ses cheveux. Pourquoi fallait-il qu'elle l'attire autant? Il avait beau se raisonner, se dire qu'il avait assez souffert dans ses relations amoureuses, qu'il adorait son célibat, que sa fille n'avait pas besoin de souffrir davantage en se liant avec une autre femme... Il ne pouvait s'empêcher de penser à Kate, à son sourire magnifique, à ses yeux merveilleux, à ce week-end magique passé à deux... Mais il ne voulait plus souffrir, Kyra et Meredith avaient trop mis son coeur à mal, et il sentait clairement que Kate ferait encore plus de dégâts.  

Il n'aurait jamais dû la revoir, mais n'avait pu s'empêcher de provoquer le hasard, en venant se percher chaque jour sur un des tabourets au comptoir de ce café, dans l'espoir un peu fou de la revoir...

Il se précipita hors du café et courut à la suite de la jeune femme. Il l'attrapa et l'entraîna dans une ruelle attenante.

- Castle! Qu'est ce qu'il te prend?

- Kate! Je n'arrête pas de penser à nous, à ce qu'on a vécu tous les deux. Le destin nous a fait nous rencontrer plusieurs fois! C'est un signe!

- Je ne crois pas au destin!

- Ah non? S'étonna-t-il en la dévisageant.

- Au père Noël non plus, d'ailleurs!

- Quoi?!  Tu es trop cartésienne, je l'avais remarqué...

Elle roula des yeux et fit mine de partir, il l'empêcha.

- Ecoute! Je sais que tu souffres, tu es perdue dans ta solitude, tout comme moi! On est deux âmes en perdition, je ne vais pas te promettre un avenir ou de grandes choses, mais passer à côté de cette attirance que l'on ressent l'un pour l'autre est stupide! Carpe Diem! Cueillons l'instant présent!

- Tu es fou!

- C'est possible. Mais ces moments là, tous les deux sur le bateau... C'était magique! On était bien... On pourrait continuer, tu ne crois pas? Je n'ai pas envie d'une relation sérieuse et apparemment, toi non plus, alors pourquoi pas? ... Juste une règle, on ne s'attache pas! On serait juste deux adultes consentants qui passeraient du bon temps ensemble!

- Ça ne va pas, non?  Lâchez-moi!!

- D'accord, mais penses-y! Je serai devant ce café ce soir à 19 heures. Rejoins-moi et vivons l'instant présent. Si tu ne viens pas, je te promets de ne plus t'embêter.

Il plongea son regard dans le sien, la regardant intensément pendant quelques minutes, puis déposa un léger baiser sur sa joue avant de partir.
Elle se tint la joue pendant une seconde, puis reprit ses esprits et se dirigea vers le 12ème Precinct.


Toute la journée, elle ne pût s'empêcher de repenser à lui, à ses pitreries, à son sourire, il était tellement craquant... Elle repensa aussi au bien être qu'elle avait ressenti dans ses bras et l'envie de retrouver cette sensation ne la quittait pas.

Vers 19 heures, ses pas la conduisirent vers le café, c'était idiot, elle le savait, mais elle avait tellement besoin de tendresse, que la simple idée que Castle veuille passer du temps avec elle, même s'il avait été clair sur les "règles" de cette aventure, lui réchauffait le cœur.

Une petite voix dans sa tête ne cessait de lui crier que c'était de la folie, que les gens raisonnables n'agissaient pas de la sorte, mais c'était plus fort qu'elle, elle avait besoin de lui.
Aussi, quand elle l'aperçut face à la devanture du café, elle accéléra le pas pour vite retrouver ses bras.
Il sourit, lorsqu'il la vit arriver et manquer plusieurs fois de glisser sur le verglas qui recouvrait le trottoir.
Il lui tendit le café brûlant qu'il venait d'acheter.

- Merci. Comment savais-tu que je viendrais?

- Je ne le savais pas.

- Alors pourquoi m'as-tu acheté un café?

- J'espérais que tu viendrais. Alors? Tu as faim?

- À vrai dire... Oui... J'ai faim!

- Parfait!

Il lui tendit le bras et héla un taxi. Elle sourit, puis se laissa entraîner par son cavalier pour la soirée.



Minefuji  (25.09.2013 à 16:24)

Chapitre douze: En tête à tête

Une vingtaine de minutes plus tard, le taxi se gara devant un grand restaurant  gastronomique, l'un des plus réputé de la ville.

- Wahhh, Castle! Je... Tu aurais dû me prévenir! Ma tenue n'est pas appropriée!

- Tu es sublime, ne t'en fais pas.

Le chef de rang s'occupa d'eux, dès qu'ils passèrent la porte.

- Monsieur Castle! Heureux de vous revoir.

- Bonsoir George, dit-il tout sourire, j'ai réservé une table pour deux.

- Si vous voulez bien me suivre.

Le restaurant était somptueux. Kate balaya la salle du regard et trouva l'endroit charmant, certainement hors de prix, mais charmant.
Elle se sentait légèrement mal à l'aise au milieu de cet endroit rempli de gens richement vêtus, mais heureusement, elle avait opté pour une jolie robe et des talons hauts, au moins, elle n'était pas en jeans et chemise.
Rick, lui, était à l'aise dans ce milieu, Kate l'admirait, il était magnifique. Même si ce n'était que pour une soirée, elle allait en profiter, après tout peu de personnes pouvaient se vanter d'avoir eu l'occasion de vivre leur fantasme avec leur idole. Une soirée, c'est ce qu'elle s'était promis, lorsqu'elle avait accepté ce rendez-vous. Juste une soirée de plus avec lui!

- Tu es sublime, répéta Rick en reculant la chaise pour l'inviter à s'asseoir

- Merci, souffla-t-elle.

Le serveur leur tendit les menus.

- Nous prendrons deux coupes de champagne pour commencer, dit Rick à celui-ci.

- Je vous apporte cela.

- Où est Alexis? Demanda Kate pour engager la conversation.

- Avec sa mère pour le week-end, à Washington.

- Sa mère vit à Washington ?

- Non, c'est une actrice, elle vit à Hollywood... Elles sont à Washington pour visiter la capitale, ce qui sous-entend une virée shoping démentielle, à mes frais, cela va de soi.

- Ça ne doit pas être évident... Ne pas voir son enfant aussi souvent qu'on le voudrait...

- J'ai la garde d'Alexis, elle passe la majeure partie de son temps avec moi. Sa mère est débordée, elle ne la voit pas souvent.

- Et comment Alexis le vit-elle?

- Bien, elle aime sa mère, mais Meredith est plutôt du genre... cinglée, donc c'est plutôt reposant pour la petite de ne pas vivre avec elle. Ça va?

- Euh... Oui... Et si on commandait? Demanda la jeune femme légèrement troublée.

Elle plongea son regard dans son menu et s'appliqua à choisir son repas.
Le serveur revint peu après et ils passèrent leur commande.

- Alors, c'est comme ça que tu noies ta solitude, demanda-t-elle, en invitant la première fille qui passe dans un des restaurants les plus chics de Manhattan?

- Je suis très sage quand Alexis est sous ma responsabilité, mais quand elle est avec sa mère ou la mienne, je dois avouer que je prends du bon temps en dépensant mon argent sans compter. Ce qui explique sans doute que je n'ai aucun mal à trouver une partenaire pour la soirée.

-  Tu es séduisant, tu n'as pas besoin d'étaler ta richesse pour séduire.

- Ça c'est toi qui le dis! J'étais loin d'avoir autant de succès avant d'être célèbre! Beaucoup de femmes sont attirées par l'argent et la célébrité. Elles veulent des bijoux, des soirées dans des grands restaurants, rencontrer des gens importants, peu importe la personne qui leur apporte ce qu'elles désirent.

- Tu crois? En tout cas, moi, je n'aime pas vraiment ce genre d'endroit, dit-elle, je ne m'y sens pas à l'aise.


- Ah non?

- Non. Je préfère aller chez Rémy's, déguster un bon Hamburger ou prendre une pizza dégoulinante de fromage chez Nick le fantastique, dans l'East Side  .

- Ah non, c'est "L'authentique Nick le fantastique"! Il y a aussi " Nick l'authentique" pas très loin d'ici.

- Pas fantastique?

 - Non, juste l'authentique. Il y a aussi " Le fantastique Nick l'authentique" dans la même rue.

- C'est quoi la différence?

- Aucune idée! ...

- Il faudra enquêter là-dessus!

- Absolument! Ce sera notre première enquête tous les deux! Affirma-t-il en souriant.

Elle éclata de rire, les autres clients du restaurant, légèrement outrés par son attitude trop familière, se tournèrent vers eux. Elle amena sa main devant sa bouche, comme une enfant prise en faute et jeta un regard vers Castle qui sourit.

- Ne t'en fais pas, ils n'ont pas entendu un rire aussi naturel depuis des décennies, ils sont surpris, c'est tout.

Elle sourit.

- Alors, reprit-il, dis-moi, qu'est ce que tu fais pour noyer ta solitude?

- Eh bien... Je ne cherche pas forcément à la fuir... Je passe souvent mes soirées seules...

- Que fuis-tu alors?

- C'est compliqué, fit-elle d'un ton, qui signifiait qu'elle n'avait pas l'intention d'en parler.

- Bon, alors dis-moi comment passes-tu tes soirées solitaires alors?

- Je cherche les sensations fortes! Je prends ma moto et je me laisse griser par la vitesse, par exemple.

- Tu as une moto?

- Une Softail de 94!

- Et tu te laisses griser par la vitesse?! Tu...

- Je m'amuse même avec des Ferraris rouges parfois, dit-elle en souriant.

- C'était toi?!

- Ouep!

- Sacrée course!

- Tu l'as dit!

- J'aurais adoré faire de la moto, dit-il rêveur.

- La prochaine fois, ce sera moi qui viendrai te chercher et je t'emmènerai faire un tour.

- Marché conclu!

- Alors! Dis-moi, que faisais-tu perché sur ce tabouret au Starbuck? Demanda-t-elle.

- Je te l'ai dit, je terminai ma soirée...

- À d'autres! On ne termine pas une soirée seul devant un café, on rentre chez soi! Et puis, ce Starbuck ne se situe pas du tout dans un quartier de noctambules, ni sur le chemin de ton loft! Alors? Quelle est la vraie raison?

- Tu sais que tu devrais être détective? Tu es plutôt futée!

- Ne change pas de sujet!

- Je t'attendais.

- Pardon?

- J'avais envie de te revoir. Je n'arrêtais pas de penser à nos trois rencontres dues au hasard... Je me suis dit que je pourrais lui donner un coup de pouce...

- Et pourquoi dans ce café?

- Tu avais un de leurs gobelets quand j'ai failli te renverser. Tu rentrais chez toi à pieds, j'en ai conclu que tu devais avoir un petit boulot dans les parages pour payer tes études et que j'avais une chance de te croiser dans ce café, si j'y venais tous les jours.

- Pas mal! Tu ferais un bon enquêteur...

- Ou un bon auteur de romans policiers, sourit-il.

- Ou un bon auteur de romans policiers, confirma-t-elle.

- Je peux te poser une question?

- Tu viens de le faire, mais tu peux recommencer.

- C'est toi...Il y a quelque chose que je ne comprends pas. Normalement une fille comme toi ne devrait pas être flic. C'est vrai, la plupart des femmes belles et intelligentes deviennent avocates et non pas flics. Et pourtant, Tu es flic. Pourquoi ?

- J'en sais rien Rick ! C'est toi l'écrivain, alors à toi de me le dire !

- D'accord. Je relève le défi! Tu n'as pas d'accent quand tu parles, ce qui veut dire que tu as été élevée à Manhattan dans un milieu aisé. Tu as sûrement fait tes études dans une très bonne fac. Tu étais brillante, tu avais le choix. Oui, tu avais plusieurs options plus intéressantes, socialement parlant bien sûr. Et tu as quand même choisi celle là. Ce qui veut dire, qu'il s'est passé quelque chose. Tu es meurtrie, mais ça ne te concerne pas directement. On s'en est pris à un de tes proches, quelqu'un que tu aimais.

Le visage de Beckett se décomposa à mesure que Castle exposait sa théorie. Des larmes silencieuses se formèrent dans ses magnifiques yeux marron-vert.

- Tu aurais pu vivre avec ça mais le responsable n'a jamais été arrêté. Voilà la raison pour laquelle tu es flic.

- Joli coup, souffla Beckett en refoulant ses larmes. Mais tu ne me connais pas.

- Je suis désolé. Je ne voulais pas réveiller de mauvais souvenirs.

- Non, c'est moi qui t'ai incité à jouer à ce petit jeu. Je ne pensais pas que tu serais aussi bon, c'est tout.

- Tu veux en parler?

- Non, je veux juste oublier cette histoire pour la soirée, tout du moins.

- Ça tombe bien, je ne suis pas mauvais, pour inventer des histoires, alors, quel genre t'intéresse?

Elle tourna la tête et balaya la salle du regard, puis désigna un couple du regard.

- Eux. Raconte-moi leur histoire.

- D'accord. Elle, d'abord. C'est une provinciale, venue tenter sa chance à New York, mais ça ne s'est pas vraiment passé comme elle l'espérait. Elle a d'ailleurs déjà acheté son billet retour. Elle repartira chez elle dans trois jours. Ce qu'elle n'avait pas prévu, c'est qu'elle le rencontrerait lui. Il est médecin, un brillant avenir s'offre à lui, toutes les femmes autour de lui sont sous son charme. Ils ont pris, sans  le savoir, le même métro, déposant leurs sac à dos côte à côte, et dans la cohue d'un arrêt, elle a attrapé le mauvais sac et est sortie. Lorsqu'ils se sont rendu compte de l'échange impromptu, ils ont fait connaissance de manière indirecte en examinant le contenu de leurs sacs. Son carnet de croquis, lui a indiqué qu'elle avait un don artistique certain, et le matériel bon marché a montré qu'elle n'avait pas encore rencontré le succès escompté. Et pourtant, il est subjugué par ses dessins. Son sac à lui, démontre le caractère pressé de sa vie, son carnet de rendez-vous est plein, on pourrait croire qu'il ne vit que pour son métier de médecin, qu'il s'est déshumanisé, à force de chercher à gagner la bataille pour la vie. Elle n'aime pas les médecins des grands hôpitaux.  Ils ne voient que le challenge, l'exploit, et oublient le patient. Mais elle découvre aussi la photo d'une enfant gravement malade, sur un lit d'hôpital. Il se tient à ses côtés, concerné par le sort de cet enfant. Il est différent. Ils se sont contactés, pour échanger leurs sacs et ne se sont plus quittés depuis. Ils vivent
au jour le jour, redoutant le moment où elle devra partir.

- Wahhh! Où vas-tu chercher tout ça?

- J'ai une imagination débordante!

- Et ce couple là-bas?

Les heures s'égrainèrent doucement, ils passèrent une excellente soirée en tête à tête, à flirter et à plaisanter.  Puis Rick régla la note et ils prirent la direction du port de North Cove.
Dans l'intimité du bateau de l'écrivain, ils se rapprochèrent l'un de l'autre, leurs lèvres se retrouvèrent et rapidement leurs langues entamèrent un ballet divin. Elle gémit de satisfaction et laissa ses mains audacieuses caresser les fesses de son amant, laissant la passion la dévorer toute entière.

Ils restèrent un moment blottis l'un contre l'autre, sans un mot, puis, toujours en silence, Kate se leva et enfila ses vêtements.
L'instant magique était terminé, Rick le comprit tout de suite et se leva à son tour, ramassant ses vêtements pour se rhabiller.

- Appelle moi, murmura-t-elle en lui tendant un morceau de papier, avant de quitter le bateau.

- D'accord, promit-il.


Minefuji  (26.09.2013 à 17:48)

Chapitre treize: Vague de chaleur

Février.

Haletante et couverte de sueur, Kate posa son regard sur l'homme étendu sous  elle. Elle cherchait à reprendre son souffle, après un corps à corps endiablé. Son partenaire la fixait, essoufflé, le cœur encore palpitant à cause de l'effort.

- Alors... Tu en as assez? Demanda-t-elle en souriant.

- ... Penses-tu! Je pourrais encore tenir des heures! Souffla-t-il.

- Pfff! Les hommes! Toujours prêts à vous vanter!

- C'est ce qu'on va voir!

D'un mouvement fluide et soudain, il la retourna et prit le dessus. Elle esquissa un sourire moqueur et se dégagea facilement, l'expédiant au sol sans qu'il s'en rende compte. Soudain, la  porte  s'ouvrit à la volée, les faisant sursauter.

- Fillette! Arrête de torturer ce pauvre garçon! Lança Royce, on doit aller faire notre patrouille!

- J'arrive! De toute façon, il n'en pouvait plus! Lança-t-elle en riant. Allez! À plus Espo!

Le jeune homme, toujours étendu au sol, releva difficilement la tête.

- C'est ça... À plus...

Il laissa retomber sa tête sur le tatamis en marmonnant quelque chose qui ressemblait à "dire que je croyais avoir affronté les plus grands spécialistes du
corps à corps dans les forces spéciales..."

- Ça te va bien, lança Royce, alors que Beckett le rejoignait.

- Quoi donc?

- Ce sourire. C'est nouveau! J'en venais à croire que tu ne savais que faire la tête.

- Ne dis pas n'importe quoi!

- Je t'assure! Depuis qu'on bosse ensemble, je t'ai vu être triste, concentrée, en pétard, très très en pétard, mais jamais souriante! Alors?

- Alors quoi? C'est le p´tit nouveau qui te plaît?

- Qui ça?

- Le gars que tu massacrais à l'entraînement!

- Esposito?

- Ouais, il te plaît?

- Non, on s'entend bien, c'est tout...

- C'est vrai que cette nouvelle Beckett est apparue avant son arrivée... Alors, qui est le mystérieux gars qui a chamboulé notre "officier ronchon et kamikaze"?

- Je ne suis pas ronchon et kamikaze! Et personne ne me chamboule! Siffla-t-elle.

- C'est ça! À d'autres!

- Oh! ferme-la!

                                                   ~~~~~~~~~~~~~

Un cul de sac, voilà où s'arrêtait le chemin pour lui, face à un mur. L'homme se retourna en entendant les pas de ses poursuivants se rapprocher. Il brandit son arme, il vendrait cher sa peau.
Royce arriva le premier et s'arrêta net en apercevant le canon du Smith et Wesson du fuyard.
L'homme était nerveux, très nerveux. Il fallait la jouer finement.

- Ok, écoute, on va se calmer, commença Royce, en s'approchant doucement.

L'homme tira, la balle se ficha dans le mur à quelques centimètres de la tête du policier. C'était un coup de semonce.

- N'approchez pas! Ou la prochaine est pour vous! Menaça-t-il.

Beckett, qui venait de les rejoindre, s'avança légèrement.

- Reste où tu es! Ordonna Royce, craignant qu'elle ne fasse encore un de ces trucs dingues dont elle avait le secret.

Elle ignora son instructeur et s'avança vers le suspect.

- Beckett! Avertit Royce.

Elle leva la main, lui demandant de la laisser faire, puis s'adressa au suspect.

- Allez mon gars! Tu es pris au piège, laisse-toi faire!

- Laissez-moi partir!

- Tu sais bien qu'on ne peut pas faire ça... Tiens, je te propose un marché!  Si tu poses gentiment ton arme au sol, je te montre mes nichons.

Royce et le suspect affichèrent les têtes de merlan frits qu'elle espérait, ce qui lui permit de lui décocher une droite phénoménale et ainsi de l'assommer pour le compte.

- T'as pas pu t'en empêcher, hein? Demanda Royce en souriant, tandis qu'elle menottait le suspect.

- Quoi donc?

- Désobéir à mes ordres,  prendre des risques, assommer le suspect...

- Tout ce que tu allais réussir à faire, c'était de te prendre une balle!

Il éclata de rire.

- Bien joué, fillette, fit-il en lui tapant doucement l'épaule.

                                                        ~~~~~~~~~~~~~~

Montgomery sortait de son bureau, quand il aperçut Beckett et Royce sortir de l'ascenseur en poussant un suspect devant eux. La jeune femme discutait gaiement avec son instructeur, elle semblait un peu plus paisible. Il sourit, la confier à Royce semblait porter ses fruits. Lorsqu'ils arrivèrent à sa hauteur, il remarqua l'hématome qui commençait à se former sous l'œil gauche de l'homme qu'ils escortaient. Il leva les yeux au ciel et retourna dans son bureau, ne voulant surtout pas savoir comment c'était arrivé.
Le téléphone de Beckett sonna à ce moment là.

- Décroche, je m'occupe de ce gars, dit Royce en s'éloignant.

Elle sourit et s'éloigna.

- Beckett!

- Je te dérange? Demanda Rick.

- Non, ça va!

- Tant mieux! Je me demandais si tu voulais qu'on se voie, vendredi soir.

- Vendredi? Pourquoi pas! Je passerai te prendre en moto, si tu veux, il n'y a plus de verglas!

- Cool! Tu seras dans une de ces tenues de motarde? Je rêve de te voir en cuir...

- Rêve pas trop, Castle, soupira-t-elle.

- À vendredi, alors!

- À vendredi, Castle.

                                                        ~~~~~~~~~~~~~~

Le vendredi soir suivant,  Kate vint chercher Rick avec sa moto. Elle lui tendit un casque et démarra. Il enserra ses hanches de ses mains, se collant contre son dos, quand elle accéléra franchement sur le périphérique. Elle était vraiment très douée et pilotait sa Harley avec dextérité. Il se serra un peu plus contre elle, laissant au passage sa main caresser ses courbes envoûtantes. Elle lui attrapa le poignet et vint replacer sa main contre son ventre. Il comprit le message et s'agrippa sagement.

Après leur virée sur l'interstate 287, elle emmena Rick dans un bar qu'elle connaissait bien et où elle venait souvent jouer au billard.  Ils passèrent un agréable moment, chacun évitant de penser au moment où ils devraient se quitter. Castle s'amusa à jouer les novices, profitant du fait que Kate devait se coller à lui pour lui expliquer la technique et la posture à adopter pour réussir.

- Alors là! Te voilà dans de beaux draps! Siffla la jeune femme en constatant la position des boules sur le tapis.

- Rien n'est impossible pour Richard Castle! Dit-il en jouant des sourcils.

- Si tu réussis ce coup là, je veux bien te faire un striptease!

- Défi relevé! Dit-il en se redressant d'un air sûr de lui.

En trois coups précis et exécutés avec maestria, il expédia chacune des billes restantes dans les poches prévues à cet effet, sous le regard médusé de Kate.

- Pour la suite, on va chez toi ou chez moi? Demanda-t-il d'un air plus que satisfait.

Furieuse de s'être laissée bernée de la sorte, Kate se dirigea vers le comptoir afin de régler la note en se faisant la promesse de lui faire payer cette humiliation.

- Laisse! Je vais payer! Dit-il en la rattrapant.

Elle le repoussa d'un geste ferme et lui dit en fixant son regard dans le sien:

- Je n'ai pas besoin de ton argent! Ce soir, c'est moi qui invite!

- C'est ridicule!

Au regard qu'elle lui lança, il comprit qu'il avait commis un impair et afficha un air de gamin qui vient de commettre une bêtise.

- RIDICULE? QU'EST CE QUI EST RIDICULE? MOI OU LE FAIT DE REFUSER DE PROFITER DE TON ARGENT?

- Euh... Bah...

Elle adopta une posture d'attente, tandis qu'il tentait de se dépêtrer de ce mauvais pas.

- ... C'est moi, lâcha-t-il... C'est moi qui suis ridicule... Je ne voulais pas te blesser.

Elle se radoucit et sourit, puis elle alla régler la note, avant de repasser devant lui en disant:

- Allez viens Castle! J'te dois un Striptease!

Il se mordit le poing devant la provocation, puis partit en trottinant à sa suite, un sourire coquin sur les lèvres.

                                                   ~~~~~~~~~~~~

De retour au loft de Castle, qu'Alexis avait déserté pour une soirée pyjama avec ses amies, Rick leur servit deux verres de vin rouge et en offrit un à la jeune femme.

Kate se saisit du verre et poussa son amant dans le canapé, ensuite, elle tamisa la lumière, choisit un cd et le plaça dans la chaîne Hi-fi. 
Sous le regard rayonnant et malicieux de son amant, elle commença son show, revenant vers lui en ondulant du bassin de manière sensuelle.

Suivant la musique lascive, elle commença par se débarrasser de ses chaussures, puis se jucha sur la table basse du salon. Rick déglutit, tandis qu'elle mouvait son corps de manière très sexy.
Portant son verre de vin à ses lèvres, sans arrêter sa danse, elle en prit une gorgée et commença à passer son autre main dans ses cheveux tout en fléchissant les genoux pour descendre son bassin. Puis elle se se releva de la même manière, caressant son corps et faisant grimper la température de la pièce de deux voire trois degrés. Fasciné par le spectacle, Rick remua légèrement dans le sofa, il fallait qu'il se calme!
Elle sourit, amusée de son trouble, et commença à dégrafer un à un les boutons de son chemisier.
Fermant les yeux, elle avala une nouvelle gorgée de son verre de vin. Le breuvage était exquis et commençait à sérieusement l'émoustiller. Elle rendit le verre à son amant, qui s'empressa de l'attraper sans pour autant la quitter du regard, émerveillé par le spectacle qu'elle lui offrait.
Toujours ondulant lascivement, elle fit glisser ses mains le long de son corps, puis remonta vers ses hanches, son ventre et enfin ses seins, sur lesquels elle s'attarda, rendant Castle tellement fou de désir qu'il en oublia de respirer.
Une fois sa chemise complètement ouverte, dévoilant un soutien-gorge rouge finement dentelé, elle la fit glisser le long de ses bras jusqu'à ce qu'elle tombât au sol.

Elle continua sa danse un moment, puis s'attaqua à son pantalon, qu'heureusement elle n'avait pas choisi en coupe trop ajustée. Doucement, langoureusement, elle le laissa couler le long de ses jambes interminables, en ferment les yeux, puis avança ses mains à l'intérieur de ses cuisses, remontant de ses genoux vers son intimité.
Elle ouvrit alors les yeux, pour constater l'effet produit, Castle s'était accroupi au pied de la table, près à lui sauter dessus.
Elle sourit, tandis qu'il posait ses mains sur ses jambes et remontait pour aller déposer un baiser sur son bas-ventre, juste au-dessus de l'élastique de son sous-vêtement.

- On ne touche pas, Monsieur l'écrivain! Fit-elle en le repoussant légèrement.

- Tu me rends fou!

- C'est le but, mon cher ami! Dit-elle d'un ton suave, en approchant son visage de celui de Rick, qui retint une nouvelle fois sa respiration.

Elle relança le mouvement de son bassin, et les caresses de ses mains. Le vin lui tournait légèrement la tête, elle entrait dans une sorte de transe. Le regard de Castle la consumait, elle ne pourrait pas continuer ainsi à danser devant lui très longtemps, sans lui sauter dessus.
Rick craqua le premier et se jeta sur elle, la devorant de baisers brûlants, avant de s'emparer brutalement de ses lèvres. Il laissa errer ses mains sur son corps, passant de ses seins à son bas-ventre, tandis qu'elle détachait un à un, chacun des boutons de sa chemise, déposant, au passage, une nuée de baisers passionnés sur son torse.

Incapable de le torturer plus longtemps, elle s'attaqua à la ceinture de son pantalon. Elle était habile, elle avait l'art d'éveiller son désir comme personne, le rendant fou. Il l'arrêta d'un geste de la main et lui murmura de le laisser faire.
Il embrassa d'abord son épaule, elle frissonna, puis il remonta dans son cou, jusqu'à son oreille. Ensuite, il  descendit le long de son bras, jusqu'au bout de ses doigts fins. Il effleura sa hanche du bout des lèvres et descendit le long de sa jambe pour remonter ensuite vers l’intérieur.
Elle prit son visage entre ses mains pour le faire remonter et l'attira dans un baiser passionné. Elle écarta les jambes, afin qu'il collât son bassin contre le sien, attisant un peu plus leurs désirs urgents.
Il ne la fit pas plus attendre et unit leurs corps d'un mouvement habile.

                                                       ~~~~~~~~~~~

Rick dormait paisiblement, confortablement blottie contre son torse, Kate savourait l'instant, se laissant doucement bercer par la respiration régulière de son amant. Elle leva les yeux vers le visage de l'écrivain et sourit. Doucement, elle posa ses lèvres sur les siennes en fermant les yeux, avant de quitter le lit avec l'agilité d'un félin. Elle ramassa ses vêtements à la hâte, se rhabilla et quitta le loft sans bruit.

Lorsqu'il se réveilla en sursaut, quelques heures plus tard, Rick ne put que constater son absence. Il ressentait une étrange sensation, d'un côté, il était heureux, car elle ne cherchait pas à s'immiscer dans sa vie privée, d'un autre, il aurait aimé la garder plus longtemps dans ses bras.


Minefuji  (27.09.2013 à 18:31)

chapitre quatorze : Une bêtise?

Mars.

Cela faisait deux semaines, que Kate n'avait pas de nouvelles de Castle. Elle savait que lorsqu'il avait sa fille, il sortait beaucoup moins. Elle se concentrait donc sur son travail, afin de ne pas trop penser à lui.

Son temps libre, elle le partageait entre son père, qu'elle aidait comme elle pouvait et l'étude du dossiers de sa mère, qu'elle connaissait par cœur désormais. Elle ne pouvait plus faire ça au poste, bien sûr et évitait de le faire chez elle pour ne pas blesser son père, c'est pourquoi elle se rendait le plus souvent possible à la bibliothèque, où elle passait la plupart de ses soirées.
Ainsi, un soir, la sonnerie de son mobile retentit dans sa poche. Elle décrocha.

- Beckett!

- Salut, c'est Rick Castle.

- Salut...

- On peut se voir?

- Euh... Oui, quand?

- Maintenant. Où es tu?

- Devant la bibliothèque de Manhattan.

- Ne bouge pas, j'arrive dans deux minutes, je suis en voiture.

- D'accord, je t'attends.

Elle reconnut,bientôt, la voiture de son amant et s'y engouffra, lorsque celle-ci s'arrêta devant elle. Castle redémarra immédiatement, tandis qu'elle bouclait sa ceinture.

- Tu vas bien? Demanda-t-il.

- Oui, sourit-elle, heureuse de le voir.

- Où veux-tu aller?

- Chez toi?

- C'est parti!

Ils avaient à peine franchi la porte du loft qu'ils se ruaient l'un sur l'autre. Le désir, qu'ils éprouvaient, était trop pressant. Leurs vêtements volèrent et les soupirs de bien être emplirent la pièce.
Après de torrides ébats, ils se retrouvèrent au coin cuisine, nus comme des vers, préparant un plat de pâtes. Rick en profita pour observer la jeune femme, elle semblait tellement gaie, sa joie était communicative. Il la trouvait magnifique et ne pût s'empêcher de la prendre dans ses bras, quand elle tendit vers sa bouche une cuillère de sauce, afin qu'il la goûtât. Il aurait pu la garder éternellement dans ses bras... Eternellement? Avait-il vraiment pensé cela?

                                        ^^^^^^^^^^^^^^^
Glissant doucement sa main à travers son lit, encore légèrement assoupi,  Castle soupira en constatant qu'elle n'y était déjà plus. Il aurait dû être content, le contrat était parfaitement respecté, ils se retrouvaient, ils s'aimaient et elle disparaissait. Alors pourquoi ce sentiment de vide au réveil?

Du bruit provenant de la salle de bain le fit se redresser brusquement. Il jeta un oeil à sa montre, 23h05. Il ne s'était assoupi qu'une dizaine de minutes. Elle était sous la douche! Elle n'était pas encore partie!
Un sourire satisfait se dessina sur son visage, alors qu'il se levait, pour se rendre dans la salle de bain.
Elle était là, sous la douche, lui tournant le dos. Il la rejoignit, incapable de résister à la tentation. Il lui caressa doucement l'épaule, elle tourna la tête et sourit en le voyant. Il attrapa le savon et commença à la laver en caressant chaque parcelle se son corps. Elle frémit sous ses douces caresses et commença à gémir de plaisir. Il l'embrassa dans le cou, elle savoura ses baisers avant de  l'embrasser à pleine bouche, en passant ses bras autour de son cou. Il la plaqua contre le mur et lui fit l'amour une nouvelle fois. L'amour? Qu'est-ce qui lui arrivait? Non, non, non, ce n'était qu'un lapsus!

Il la reposa doucement à terre, sans pour autant la lâcher. Elle vacilla quelque peu et se rattrapa à ses épaules. Il tendit la main et éteignit l'eau puis se décala après s'être assuré qu'elle ne tomberait pas. Elle frissonna. Il sortit de la cabine, et revint une seconde plus tard avec une serviette dans laquelle il l'enveloppa.

- Merci, dit-elle en grelottant.

Il prit une seconde serviette qu'il enroula autour de ses hanches.

- Je vais rentrer, réussit-elle à dire, alors qu'elle souhaitait tout le contraire.

Silence. Il la regardait, elle n'aurait su dire à quoi il pensait. Elle se mordit la lèvre inférieure, mal à l'aise. Elle était vraiment craquante.

- Reste.

- Quoi?

- Il n'est pas encore minuit...

- Je ne suis pas Cendrillon, répondit-elle en riant.

- Alors, reste jusqu'au matin. Ma fille est avec ma mère pour le week-end, il n'y a aucun risque.

Le cœur de Kate se serra à l'entente de cette phrase. Elle prit sur elle et ne montra rien de son trouble. Après tout, il avait été très clair dès le départ.

- D'accord, dit-elle en s'approchant de lui.

 Il l'embrassa, collant leurs bassins l'un contre l'autre, elle rompit le baiser et le regarda en souriant.

- Encore?!

Il sourit à son tour.

- Il faut croire que tu m'inspires...

Au petit matin, elle se réveilla la première et commença à se rhabiller. Elle ne pût s'empêcher de lui piquer un doux baiser sur les lèvres, le croyant endormi. Il l'attrapa par le cou, lui rendant son baiser avec passion.

- Je vais rentrer, dit-elle en s'écartant.

- Attends, je vais te raccompagner! Dit-il en se levant à son tour.

- Je ne préfère pas.

- Alors laisse-moi t'appeler un taxi, il est encore tôt et il est hors de question que tu prennes le métro à cette heure.

Elle acquiesça. Cinq minutes plus tard, un taxi l'attendait en bas de l'immeuble.

- Au revoir, Castle, souffla-t-elle en l'embrassant sur la joue.

- Au revoir, Kate. Je t'appelle bientôt.

Elle resta silencieuse, incapable de dire non. Et pourtant, elle aurait dû refuser, cette histoire devenait bien trop dangereuse pour elle. Lâchement, elle acquiesça d'un hochement de tête, puis quitta le loft.

Le taxi la déposa devant chez elle, elle voulut payer, mais le chauffeur lui annonça que monsieur Castle avait déjà largement payé la note. Cela la mit légèrement mal à l'aise.
Elle entra chez elle, se dirigea vers le salon, où elle trouva une fois de plus son père endormi, une bouteille de whisky à portée de main. Elle n'avait pas été là pour l'emmener se coucher et il avait dormi dans le canapé.

Il avait tenu quelques jours, sans craquer, pourtant. Ils avaient même recommencé à dîner tous les deux en discutant de choses et d'autres, comme avant. Ils avaient soigneusement évité de parler de sa mère, bien sûr, elle savait qu'il n'était pas près pour ça.
Un sentiment de culpabilité s'empara d'elle. Elle n'était pas rentrée la veille et il avait replongé. Tout ça était de sa faute, elle aurait dû être là pour lui.
En soupirant, elle l'aida à regagner son lit, le borda, puis fila dans sa chambre, pour se préparer.
Elle repensa à Castle, il ne fallait plus qu'elle le voie, toute cette histoire était allée beaucoup trop loin! Facile à dire... Comment allait-elle faire sans la bouffée d'oxygène que sa présence lui apportait.

                                                        ~~~~~~~~~~~
Avril.
Trois semaines! Trois semaines s'écoulèrent encore, avant que Rick n'appelât de nouveau Kate, mais elle ne lui fit aucun reproche, au contraire, elle se précipita au rendez-vous qu'il lui donna, balayant ainsi ses "bonnes" résolutions. Elle était devenue dépendante de ses baisers, de ses caresses et de la tendresse qu'il lui donnait.
Leur relation dépendait toujours du bon vouloir de Castle. Elle avait bien essayé de l'appeler une fois, mais il avait ignoré son appel et lui en avait fait le reproche lorsqu'ils s'étaient vus, expliquant que sa fille aurait pu décrocher et se faire des idées. Nouvel uppercut en plein cœur.
Jamais elle n'aurait accepté un tel comportement de la part de l'un de ses petits amis avant, mais elle se sentait si seule, si délaissée, quand il n'était pas là, et puis il n'était pas son petit ami... Une mendiante d'affection, voilà ce qu'elle était devenue. Et il était si gentil, quand ils étaient ensemble...

Ils se voyaient sur son bateau, la plupart du temps, au loft, parfois.
Entre leurs rendez-vous, elle ne pouvait s'empêcher de se maudire de tomber dans ses bras à chaque fois, alors qu'il était si distant le reste du temps. Mais c'était plus fort qu'elle, elle l'avait dans la peau et accourait dès qu'il avait un peu de temps à lui accorder. Alors elle acceptait toujours... et finit par s'habituer à cette relation étrange, basée uniquement sur le sexe et le plaisir... De toute façon, tout était de sa faute, elle n'aurait jamais dû accepter cet arrangement, elle n'aurait pas dû accepter de le revoir, elle ne se serait pas attachée.

                                                 ~~~~~~~~~~~~~~~
Mai.

Rick refermait l'écran de son ordinateur portable, il n'arrivait pas à se concentrer, il ne cessait de penser à Kate. Il s'était promis de ne plus s'attacher, il n'avait eu que des liaisons d'un soir après son divorce et cela lui convenait. Il avait pris ses habitudes avec sa fille, elle et sa mère étaient les seules femmes de sa vie, les seules qui ne le feraient pas souffrir. Il aimait cette vie sans complication.

Et elle avait déboulé dans sa vie. Elle avait réussi à tout chambouler. Il s'était cru capable de ne pas s'attacher, mais il n'avait pu s'empêcher de la rappeler. Elle lui manquait. Il avait joué avec le feu et il s'était brûlé. Il fallait qu'il cesse de la voir avant d'en souffrir.

En fin de journée, sa mère et sa fille rentrèrent,  Alexis se jeta dans ses bras.

- Tu t'es bien amusée? Demanda-t-il.

- Oui! C'était génial! Et toi? Tu ne t'es pas trop ennuyé tout seul? Fit la fillette.

- Un peu, mais je me suis enfermé dans mon bureau pour écrire, mon éditrice sera contente, répondit-il en serrant de nouveau sa fille dans ses bras.

- Tu sens la cerise papa!

Oups! Kate avait dû oublier son gel douche dans la précipitation de son départ, cette nuit là et il avait dû l'utiliser par mégarde. Enfin, c'est ce qu'il pensait.

- Oui... Je me suis trompé en faisant les courses... Mais c'est un peu trop féminin pour moi. Je vais le jeter et en acheter un autre.

- J'aime bien moi! Tu n'as qu'à me le donner!

- Euh... Oui... Pourquoi pas... Il est à toi, tu n'as qu'à aller le prendre dans ma salle de bain.

- Merci papa! Lança la fillette en se dirigeant vers la salle de bain de son père en sautillant.

Il croisa le regard de sa mère, qui lui en dit long sur ce qu'elle pensait.

- Quoi?!

- Tu pourrais éviter de donner le gel douche de tes conquêtes d'un soir à ta fille!

- Quoi?! Non! Non! Ce n'est...

- Ce n'est pas ce que je crois? Richard, je sais que tu ne passes pas les nuits, où Alexis est avec moi à écrire! Tu es un homme, tu n'as pas besoin de me cacher ça!

- Mère!

- D'ailleurs, cette inconnue au parfum de cerise, ce n'est pas la première fois qu'elle vient chez toi!

- Ne te mêle pas de ma vie privée!

- Ah! ah! Mon fils, serais-tu tombé sous son charme?

- Non! Je ne veux plus de sentiments! La mère d'Alexis et Kyra m'ont bien fait comprendre que ce genre de relations n'était pas pour moi! C'est juste...

- Juste quoi? Richard  Alexander Rodgers! Ne me dis pas que tu joues avec les sentiments d'une jeune femme!

- Qui te dit qu'elle est jeune? Et puis, elle est d'accord!

- Mon fils, je croyais avoir fait de toi un gentleman, mais, apparemment, je me suis trompée quelque part...

- Tu t'es trompée en me faisant croire que l'amour sincère et éternel existait en ce bas monde. J'aurais dû le savoir en fait, j'ai été élevé par une mère célibataire, après tout.

- Ces femmes t'ont salement amoché le cœur, j'aurais simplement aimé qu'à ton tour, tu ne fasses pas souffrir une autre personne.

- Qui te dit que je la fais souffrir? Je t'ai expliqué qu'on s'était mis d'accord et que tout était clair entre nous, pas d'attachement.

- Et tu crois sincèrement  cela possible? Après plus de cinq mois de relation? Oui, je sais que cela dure depuis Noël... Si tu ne t'es pas attaché comme tu dis, pourquoi la rappelles-tu? Et si elle ne s'était pas attachée, crois-tu qu'elle viendrait encore?

- ... Tu as raison. Je ne l'appellerai plus. Cette histoire est terminée!

- Tu vas quand même l'appeler pour lui dire?

- Non. Elle comprendra ça toute seule, puisque je n'appellerai plus.

- Oh! Oh!

- Oh! Oh! Quoi?

- Tu as un problème mon garçon!

- ...

Il regarda sa mère, refusant de comprendre ce qu'elle sous-entendait.

- Tu as un gros problème! affirma-t-elle.

- Je n'ai aucun problème! contra Castle.

- Tu es amoureux, Trésor! Amoureux comme un gamin!

- ... Pas du tout!

- Alors pourquoi refuses-tu de l'appeler pour mettre fin à cette histoire, dans ce cas?

- ...

                                                          ~~~~~~~~~~~~~

Ce matin là, Kate reçut un appel de son amie Lanie, qui lui proposa de déjeuner avec elle. Elle se retrouvèrent à midi dans une brasserie près du poste de police.

- Hey Honey! comment ça va? Demanda Lanie en arrivant.

- Bien.

- Dis-moi, ça fait quelques temps que je me demande...T'as changé quelque chose, tu sembles différente ?

- Non, pourquoi ?

- J’en sais rien, mais il y a quelque chose de changé ! Ton partenaire, Royce, trouve aussi que es différente...

- Tu parles de moi à Royce?!

- Ça m'arrive... Que veux tu? Tu comptes beaucoup pour nous, c'est normal qu'on veille sur toi.

- Je ne suis plus une petite fille! Je sais me débrouiller seule.

- N'empêche que tu es différente.

- Tu te fais des idées! Affirma Beckett d'un ton ferme, signifiant à son amie qu'elle ne voulait pas en parler.

- Et ton papa? Demanda Lanie en changeant de sujet.

- Il essaye de se ressaisir, il est sobre, parfois, mais ce n'est pas facile... Le mois dernier, il avait complètement replongé. Il est retourné aux réunions hier...

- Tu ne devrais pas vivre ça toute seule...

- C'est mon père, il est tout ce qu'il me reste, ne me demande pas de le faire enfermer dans un hôpital pour dépressifs!

- Kate...

- N'insiste pas! On va s'accrocher, on réussira à s'en sortir!

- À quel prix?! Tu passes ton temps à travailler et à t'occuper de lui!

- N'exagère pas! Et puis, c'est mon rôle de m'occuper de lui.

- Non! C'est son rôle de s'occuper de toi!

- Tu veux que je prenne du bon temps? Alors arrêtons de parler de mon père et profitons de ce déjeuner entre amies!

- Ok. En parlant de bon temps, je pense avoir deviné ce qui est différent chez toi.

- ...

- C’est l’amour, c’est ça ?

- Pardon ?

- Oh n’essaie pas de le nier. Je vois une lueur dans tes yeux et je connais cette lueur. Alors qui est l’heureux élu ?

-Tu ne le connais pas !

- Tu pourrais me le présenter!

- Laisse tomber Lanie, je n'ai pas envie d'en parler.

- Donc, il y a bien quelqu'un... Ça fait combien de temps?

- S'il te plaît, Lanie, soupira Kate.

Lanie abdiqua et le reste du déjeuner se passa dans la bonne humeur. Kate en fut soulagée, comment expliquer à son amie le fait qu'elle aie accepté un pareil arrangement? Lanie ne comprendrait sûrement pas. Quelle personne sensée pourrait accepter ça? Elle n'aurait jamais dû l'accepter. Elle aurait du mettre un terme à cette relation dès la fin de ce fameux week-end sur le bateau. Il était trop tard désormais. Elle maudit sa lâcheté, tandis qu'une larme traîtresse s'échappait le long de ses joues.

- Honey, ça va? Demanda Lanie.

- Ça va, murmura Kate en essuyant sa larme.

- Tu n'as pas besoin d'être forte devant moi, tu sais. Tu peux te laisser aller, dit Lanie en la prenant dans ses bras.

Kate demeura silencieuse un instant, puis accepta de se confier.


- Lanie...

- Oui, chérie?

- Je crois que j'ai fait une bêtise, annonça Kate en fondant en larmes.

- Qui n'en fait pas? Allez raconte-moi.

- Tu vas me dire que je l'ai cherché...

- Je te promets que non.

Kate raconta toute son histoire, taisant, seulement, le nom de son mystérieux amant. Lanie l'écouta attentivement et explosa à la fin de son récit.

- JE VAIS LE TUER! QUI EST-CE? DONNE-MOI SON NOM!

- Quoi? Non!

- Tu ne vas quand même pas le protéger!

- C'est ma faute! C'est moi qui ai accepté cette idée stupide!

- Et qui l'a proposée?

- Lui... Mais je n'avais qu'à pas accepter!

- Et tu le défends en plus!?

- S'il te plaît, laisse tomber...

- Que je laisse tomber?! Mais Kate! Tu dois mettre fin à cette histoire!

- Je n'aurais jamais dû t'en parler, soupira Kate, avant de se ruer hors du restaurant.

- KATE! S'écria Lanie, en se lançant à sa suite.

Malheureusement, une fois sur le trottoir, la métisse ne put que constater qu'elle avait déjà disparu.

- ARRGHH! Pourquoi a-t-il fallu qu'elle soit championne en course à pied? Pesta-t-elle.


Minefuji  (28.09.2013 à 18:59)

chapitre quinze : arrestation chaotique

Juillet.

- Par ici ! Il y en a un qui s'échappe! Hurla l'officier Johnson. Royce, Turner !

Royce et Turner échangèrent un regard, puis s'élancèrent à la poursuite du suspect.

Courant l'un à côté de l'autre, les deux hommes donnaient tout ce qu'ils avaient pour rattraper l'homme. Le suspect était plus jeune qu'eux et en bien meilleure condition physique, c'était indéniable, la distance entre lui et ses poursuivants s'agrandissait à chaque foulée.

Kate attendait dans la Crown Victoria. Sagement, comme une gamine, conséquence de son attitude incontrôlable et de sa manie d'agir sur un coup de tête. Elle avait repris ses mauvaises habitudes. Rick n'avait pas essayé de l'appeler depuis près de deux mois, c'était fini.
 Elle soupira et se mit à tapoter l'accoudoir, elle détestait ça, rester en arrière, mais elle le faisait par respect pour Royce. Elle apprenait beaucoup avec lui, il la comprenait et ne lui disait pas de laisser tomber le meurtre se sa mère, il lui disait qu'un jour, peut être, elle réussirait à trouver l'assassin, lui expliquant que la patience et la détermination seraient ses armes. Aussi, même si elle détestait être maintenue loin de l'action, elle restait tranquille. Elle savait qu'elle avait déjà fait beaucoup trop de bêtises...

- Calme-toi! C'est pas si grave, un peu humiliant, peut-être, mais pas si grave!

- Espo! Ferme-la! Bougonna-t-elle.

- Hey! J'y peux rien, moi! Tu n'avais qu'à pas foncer tête baissée dans l'atelier clandestin de ces mafieux! Tu serais morte, à l'heure actuelle, si Royce et le capitaine Montgomery n'étaient pas intervenus.

- Ils auraient peut être dû me laisser crever, soupira Kate, amère.

- Ne dis pas des choses pareilles.

- ...

- Je peux te demander quelque chose? Fit l'hispanique.

- Mhm.

- Ta copine Lanie, elle est célibataire?

- Pourquoi? Elle t'intéresse?

- Elle a de sacré atouts, sourit-il.

Elle roula des yeux et repartit dans sa contemplation de la rue.

- Oh! Allez!

- Tu n'as qu'à lui demander!

- Elle ne me calcule même pas! Tu pourrais m'arranger le coup!

- Pour me retrouver sur sa table d'autopsie? Non merci!

- S'il te plaît!

- Je veux bien te la présenter, c'est tout! Pour le reste, tu te débrouilles!

- Merci Beckett! T'es un chou!

- Tu oublies que j'ai un flingue?

- Euh! Non! excuse-moi! J'ai été trop familier.

Elle esquissa un début de sourire et tourna son regard vers la rue, rongeant son frein, elle devait se tenir tranquille!
Soudain, ses bonnes résolutions s'envolèrent, lorsqu'elle aperçut le suspect sur le point d'échapper à ses coéquipiers. Elle ne perdit pas une seconde en réflexions inutiles et sortit se la voiture l'arme au poing.

- BECKETT! ARGH! hurla Esposito, alors qu'elle venait de lui claquer la portière dans le nez.

- NYPD ! ARRÊTEZ-VOUS!

Elle pesta lorsque le suspect tourna à l'angle de la ruelle sans même ralentir, se moquant éperdument de sa sommation. Elle s'élança à sa poursuite.

- ARRÊTE! FILLETTE! RETOURNE À LA VOITURE! Hurlait Royce.

 Elle accéléra, Royce jura. Turner brandit son arme. L'homme qu'ils poursuivaient n'était plus qu'à quelques mètres d'elle. Quatre... deux … Turner tira, cherchant à stopper le fuyard, avant que cette foutue gamine ne fiche tout en l'air, encore une fois. Au même instant, Kate se jetait sur le suspect, exécutant un superbe vol plané, les précipitant, elle et le fuyard au sol. La tête de la jeune femme heurta violemment le bitume, tandis que ses collègues se jetaient sur le suspect pour le menotter.

- Tu vois? Ça ne servait à rien de t'enfuir, tu étais encerclé! Grogna Turner en reprenant son souffle.

- Ça a quand même bien failli marcher, fit remarquer Royce, sans la petite, il nous filait entre les doigts. Qu'est ce qu'il t'a pris de tirer comme ça?

Turner fit une petite grimace et poussa son suspect devant lui.

- Bien joué, fillette, dit Royce en se tournant vers Kate, qui était restée à terre. HEY! Ça va?

Elle ne répondait pas, elle avait perdu connaissance. Il se pencha sur elle, et la tourna vers lui, une vilaine blessure entaillait son front.

- BON SANG! ELLE EST TOUCHÉE! TURNER! APPELLE UNE AMBULANCE! FILLETTE! RÉPONDS-MOI!

- ... Pas la peine de hurler, Royce, je ne suis pas sourde...

- BON SANG! TU M'AS FAIT PEUR! Bouge pas, l'ambulance va arriver...

- Pas la peine... Je vais bien, répondit-elle en tentant de se relever tandis qu'il la maintenait allongée.

- Tu as perdu connaissance pendant quelques minutes, il faut te faire passer des examens à l'hôpital.

- C'est juste une bosse, fiche-moi la paix!

- La blessure saigne! Fillette, tu dois obéir, si tu ne veux pas avoir des ennuis!

Elle soupira bruyamment et lui adressa un regard noir.

- Pas la peine de me faire les gros yeux, ça ne marche pas avec moi, répondit-il en souriant.

                                              ~~~~~~~~~~~

Deux heures plus tard, Kate attendait le médecin et les résultats de ses examens. Royce lui tenait compagnie appuyé contre le mur.

- Tu peux partir, je saurai me débrouiller, lança-t-elle en posant la main sur son front, à l'endroit où un jeune médecin lui avait fait trois points de suture.

- Pour que tu puisses te faire la malle? Pas question! Ordre de Montgomery!

- ... Pffff.

- Que veux-tu, on commence à bien la connaître notre petite rebelle, qui a un don incomparable pour se mettre dans les ennuis jusqu'au cou.

Le médecin arriva, le dossier de Beckett sous le bras.

- Bon, mademoiselle Beckett, la balle a éraflé votre tête, rien de bien sérieux, par contre, vous avez également une légère commotion cérébrale. Nous allons vous garder en observation cette nuit et demain.

- PATDON?! Pas question que je reste ici! Je veux rentrer chez moi! S'agita-t-elle, se provoquant, par la même occasion, une vive douleur à la tête.

- Mademoiselle, vous ne pouvez pas rester seule, quelqu'un doit vous surveiller et nous n'avons pas pu joindre votre père, je me vois donc dans l'obligation de vous garder ici...

- Royce, supplia-t-elle en regardant son instructeur.

- Pas question que je ramène du boulot à la maison! Tu vas rester ici bien sagement et apprendre à obéir!

- Il n'est pas question que je reste ici et tu le sais Royce! Grommela-t-elle.

- Écoute, ton père n'est pas joignable et personne ne peut passer la nuit à surveiller ton état de santé, donc tu restes ici! Fin de la discussion.

Elle se pinça les lèvres, furieuse.

- Et si quelqu'un d'autre vient me chercher? Demanda-t-elle, après un instant de réflexion.

- Qui? s'enquit Royce soupçonneux.

- Personne que tu connaisses... Laissez-moi passer un coup de fil! Je l'appelle et il prendra soin de moi! Affirma-t-elle.

- Donnez-moi plutôt le nom de cette mystérieuse personne, je me charge de la contacter, proposa le médecin, qui avait été prévenu de tout ce que sa patiente était capable de faire pour arriver à ses fins.

Elle soupira et tendit son portable au médecin.

- Il s'appelle Castle... C'est le deuxième numéro de mon répertoire.

- Je vais l'appeler immédiatement.

                                                                 ~~~~~~~~~~~

Le regard perdu au loin, Rick se tenait devant la fenêtre de son bureau. La page blanche le hantait depuis deux mois. Il avait tenté de sortir, de s'amuser, pour se changer les idées, mais sans elle, tout perdait de sa saveur.
Pourrait-il la rappeler après deux mois? Certainement non. Elle l'expédierait loin d'elle! Peut-être même, qu'elle avait rencontré quelqu'un d'autre. Cette simple pensée le rendait vert de jalousie. La sonnerie de son téléphone retentit alors, le tirant de sa torpeur.

- Castle! dit Rick en décrochant.

- Excusez-moi de vous déranger, monsieur Castle, je suis le docteur Bishop de l'hôpital Saint Vincent.

- Que se passe-t-il?

- J'ai une patiente ici, du nom de Katherine Beckett, la connaissez-vous?

- Oui, que lui est-il arrivé? Elle va bien? S'affola l'écrivain immédiatement.

- Une légère commotion cérébrale, ne vous en faites pas. Elle ne veut pas rester en observation cette nuit, ce qui n'est pas du tout raisonnable. Il faudrait que quelqu'un reste avec elle, aussi, m'a-t-elle demandé de vous joindre.

- J'arrive tout de suite!

                                                      ~~~~~~~~~~~~~~

Lorsqu'il arriva dans le box indiqué par l'infirmière, qui s'occupait d'elle, elle était déjà prête à partir et lui offrit un magnifique sourire. Son coeur se calma immédiatement. Il discuta un moment avec le médecin, avant de venir la rejoindre.

- Hey! Comment te sens-tu? Demanda-t-il.

- Hey! Je vais très bien! C'est juste une bosse, ce sont mes collègues et les médecins qui en font des tonnes!

- Un peu plus qu'une bosse, tout de même! Dit-il.

- Tu ne vas pas t'y mettre toi aussi! Râla-t-elle.

Il sourit, si elle râlait, c'était qu'elle allait plutôt bien.

- Allez, viens! Monte dans ton carrosse Cendrillon! Dit-il en désignant le fauteuil roulant, qu'il venait de pousser près d'elle.

- Et puis quoi encore? J'ai une blessure à la tête! Mes jambes vont très bien!

- On se calme Calamity Jane! Je te signale que sans moi tu es coincée ici! Alors tu montes là-dedans, parce que c'est obligatoire dans cet hôpital, c'est comme ça, un point c'est tout. Tu montes ou tu restes ici.

Elle souffla en roulant des yeux, mais s'assit docilement dans le fauteuil. Il s'approcha, releva  la mèche de cheveux qui cachait son pansement. Et resta un instant immobile, le regard fixé sur l'emplacement de sa blessure. Il s'en était fallu de peu. La balle l'avait éraflée, elle aurait tout aussi bien pu venir se loger en pleine tête et c'était la fin. Il frissonna à cette idée.
Assise dans son fauteuil, Beckett n'en menait pas large, non plus. Il l'avait touché, diable que cette sensation était douce! Cela lui avait tellement manqué. Elle ne devait pas craquer! Surtout ne pas craquer!

Une fois les papiers de sortie dûment remplis, ils quittèrent l'hôpital.

- Merci d'être venu me chercher, Rick. Je vais me débrouiller maintenant, annonça-t-elle en quittant son fauteuil.

- Quoi? Pas question que je te laisse seule, je suis responsable désormais!

- Eh bien ne t'en fais pas! Mon père est là.

- Pourquoi ne l'as-tu pas appelé dans ce cas?

- Il... Euh... Il n'a pas le téléphone! Mentit-elle difficilement.

- Il n'a pas...? Bon sang! Mais qu'est-ce qu'il se passe avec tes parents?

- Rien! Rien du tout!

- Kate!

- Écoute, je te remercie d'être venu me tirer des pattes de ces pots de colle, mais tu l'as dit toi-même, pas d'attachement, donc laisse-moi partir et va t'occuper de ta fille!

- MAIS C'EST PAS VRAI! CE QUE TU PEUX ÊTRE BORNÉE!

- Tu n'as pas idée! Dit-elle en se dirigeant vers la chaussée pour appeler un taxi.

- KATE! Cria-t-il en lui attrapant le bras.

D'un geste, elle le mit à terre, il en fut estomaqué et la regarda interdit.

- JE T'AI DIT DE ME LAISSER TRANQUILLE! gronda-t-elle en le regardant droit dans les yeux.

Elle avait un regard à vous glacer le sang. Rick lui attrapa la nuque et l'embrassa passionnément. Elle se laissa faire, laissant échapper quelques gémissements de plaisir, et lui rendit son baiser.
Mais, rapidement, elle mit fin au baiser, se releva et partit en courant.
Rick se prit la tête entre les mains d'un geste rageur.

                                                      ~~~~~~~~~~~~~~

Quand Kate arriva chez elle, elle trouva son père au milieu de la cuisine devant une bouteille d'alcool.

- Papa! Qu'est ce que tu fais?Tu n'avais pas touché à l'alcool depuis un mois!

- Elle avait promis! Promis d'être toujours là pour moi! Pourquoi elle est plus là?

- Papa! Ne dis pas ça! Ce n'est pas de sa faute! Tu sais bien qu'elle n'a pas voulu ça!

- ELLE N'EST PLUS LÀ! ELLE EST PARTIE! ET TOI... TOI...

 - Quoi moi?

- TU LUI RESSEMBLES TELLEMENT! ...TROP!

- Papa arrête!

- Je n'arrive pas à te regarder! À chaque fois que je te vois... Je la vois elle... Je ne supporte plus de te...

- Papa... Papa, je t'en supplie ne dis pas ça! Coupa-t-elle en le menaçant d'une voix tremblante. Ne dis pas ça, car je ne saurai pas te pardonner...

Il déglutit, ravalant les paroles qui menaçaient de sortir. Il savait qu'il ne devait même pas penser une telle chose, elle était sa petite fille, la chair de sa chair, la plus belle chose qui lui était arrivée... avec Johanna.

- Tu as raison... Pardonne-moi... Il faut que je sorte...

Devant l'attitude défaitiste de son père, la rage monta en elle. Elle attrapa la première chose qui lui tomba sous la main et l'envoya se briser contre le mur d'un geste rageur.

- TU N'AS PAS LE DROIT DE LAISSER TOMBER COMME ÇA! TU N'ES QU'UN LACHE! À MOI AUSSI, ELLE ME MANQUE! Hurla-t-elle.

- ...

Il ferma les yeux en entendant cette vérité.

- Il faut que je sorte, répéta-t-il.

Il quitta l'appartement, elle n'avait pas bougé, retenant son souffle. Lorsqu'elle entendit la porte d'entrée se fermer, elle soupira en se laissant tomber sur une chaise et laissa couler les larmes.

Elle commençait à se sentir nauséeuse,et fut saisie d'une soudaine et vive douleur à la tête. Elle aurait peut être du rester à l'hôpital. Elle posa son regard sur l'objet qu'elle venait de briser, le vase préféré de sa mère. Ramenant ses genoux contre son torse, elle y enfouit sa tête, en position fœtale et laissa son chagrin se déverser.


Quelques coups furent frappés contre la porte. Elle ne bougea pas. La personne insista encore et encore. Elle s'essuya alors les joues, et alla ouvrir, tombant nez à nez avec Rick. Elle le regardait, incapable de prononcer un mot.

- L'hôpital m'a donné ton adresse, expliqua-t-il. Et j'ai promis de te surveiller pendant vingt-quatre heures.

Elle ne dit rien et resta immobile, elle le dévisageait, se demandant pourquoi et comment il pouvait bien être là.
Comprenant qu'elle ne bougerait pas, il força le passage vers le salon et ne fit aucun commentaire concernant l'état dans lequel elle se trouvait.

- Comment te sens-tu? Tu as des maux de tête?

- Laisse tomber! Tu n'as pas à faire ça! Soupira-t-elle.

- Kate, j'ai promis de veiller sur toi.

- Mais ce n'est pas à toi de le faire!

- Peut-être, mais je remarque que tu es toute seule, où es ton père? Tu m'as menti?

- Non! ... Non! ...Il... Il est sorti.

- Quoi? Sa fille a une commotion cérébrale et il s'en va? Et ta mère?

- ...

 - Donne moi son numéro, je vais l'appeler.

- S'il te plaît, va-t-en.

- Kate...

- Rick... Je ne te demande pas grand chose... Supplia-t-elle en fermant les yeux.

- Tu es vraiment pâle! Laisse-moi t'emmener au loft, je ne te poserai pas de question, je veux seulement être sûr que tu vas bien.

- ... D'accord, souffla-t-elle, incapable de lutter.


Minefuji  (29.09.2013 à 18:09)

Chapitre seize : Confidences

- Tu es seul? Demanda-t-elle tandis qu'il ouvrait la porte du loft.

- Oui. Meredith a un peu de temps à accorder à sa fille. Pas de tournage.

- Alexis doit être contente.

- Oui. Elle a un peu râlé, parce qu'elle voulait lire quelques livres ce week-end. J'ai  dû l'obliger un peu et finalement elle a accepté d'aller au parc d'attraction avec sa mère.

- Tu as bien fait. C'est important de passer du temps avec ses proches.

- Tu es proche de ta mère?

- On avait dit pas de question.

- Tu as raison. Excuse-moi... Je peux quand même te poser des questions sur ta santé? Je suis censé veiller sur toi!

- Mouais...

- Comment te sens-tu?

 - Bien.

- Ok. Et maintenant, tu me donnes une réponse honnête.

- J'ai un peu mal à la tête, avoua-elle, en roulant des yeux.

- Ce qui veut dire une douleur plutôt intense, traduit-il en fronçant les sourcils. Je vais te préparer les cachets prescrits par l'hôpital.

- Comment ...? demanda-t-elle, alors qu'il attrapait un verre dans un des placards de la cuisine.

- En venant chez toi, j'ai pris le temps de m'arrêter à la pharmacie. Tiens.

Elle prit docilement le cachet et le verre d'eau, qu'il lui tendit.

- Bien et maintenant, tu vas me faire le plaisir de te reposer!

- Quoi?

- Ordre du médecin! Du repos, du repos et encore du repos! Viens, je vais t'installer dans la chambre d'amis.

                                               ~~~~~~~~~

Vingt minutes plus tard, confortablement allongée dans des draps de satin, Kate soupirait. Elle ne parvenait pas à trouver le sommeil. Il était là, à l'étage juste en dessous.
Et elle?Que faisait-elle ici? Pourquoi l'avait-elle appelé? Pour sortir de l'hôpital? Ou avait-elle profité de l'occasion pour l'appeler lui? Elle voulait le revoir et savait qu'il n'allait pas hésiter à venir. Il avait toujours été tellement gentil avec elle. Il lui avait tellement manqué... 

C'était ça! Il lui avait horriblement manqué! Mais alors? Que diable faisait-elle là, seule dans cette chambre d'amis, alors qu'elle serait tellement mieux dans ses bras? Elle quitta son lit et rejoignit le salon. Il était là, pianotant sur son clavier.

- Hey! Lança-t-il en la voyant arriver. Quelque chose ne va pas?

- Tout va bien. Ne t'en fais pas, dit-elle en s'approchant de lui.

Elle s'installa près de lui, ferma son ordinateur portable et le déposa sur la table basse. Puis, elle déposa quelques baisers sur sa joue en laissant sa main courir dans les cheveux de son écrivain.

- Fais-moi l'amour, Rick.

- Ce n'est pas raisonnable... Tu...

Elle ne lui laissa pas le temps de finir sa phrase, se jetant sur ses lèvres avec avidité et déboutonnant sa chemise.

- Tu ... ne dois ... pas ... t'agiter..., bafouillait Rick, tandis qu'elle parsemait son torse de petits baisers tous plus doux et plus tendres que les autres.

- On n'a qu'à faire ça doucement, pour une fois, souffla-t-elle, tandis qu'elle commençait à s'attaquer à sa ceinture.

- Kate!... Qu'est ce que tu fais?

- À ton avis? Répondit-elle, en souriant malicieusement.

 - Tu vas me faire mourir... Mais qu'est ce qu'il te prend ?

- J'ai envie de toi.

C'était si bon ! Il s'empara de ses lèvres et l'embrassa avec passion laissant ses mains vagabonder sur elle. Deux mois qu'elle lui manquait! Au prix d'un effort surhumain, il s'écarta légèrement, la respiration courte. Il déglutit et se perdit quelques secondes dans la contemplation de son décolleté.

- Rick…

Il l'embrassa de nouveau, le corps en feu. Glissant sa main entre ses jambes, il l'entendit bientôt gémir.
Elle sourit victorieusement et continua de l'effeuiller alors qu'il la soulevait pour l'emmener vers sa chambre.

                                                       ^^^^^^^^^^^^^^^

Ils étaient couchés l'un à côté de l'autre. Du bout des doigts, elle traçait des courbes et des cercles sur le torse de son amant. Aucun des deux n'osait parler. Rick attrapa la télécommande de la chaîne hi fi et lança un CD.
Ils restèrent un moment comme ça, l'appareil égrainant les chansons les unes après les autres, jusqu'à ce que Rick entende un léger reniflement. Il tourna la tête vers elle. Des larmes silencieuses ravageaient son visage et noyaient le drap.

- Hey! Qu'est-ce qu'il t'arrive?

Elle chassa ses larmes d'un revers de la main, tout en se redressant. Elle était assise au bord du lit, désormais et lui tournait le dos, mais il devina qu'elle pleurait encore.

- Kate... Insista-t-il doucement.

Elle inspira, cherchant à reprendre le contrôle de ses émotions.

-  J'adore cette chanson... Murmura-t-elle.

- Vraiment? Dit-il étonné. Et c'est pour ça que tu pleures comme une madeleine? On aurait plutôt cru le contraire! Je pensais que tu la trouvais tellement dégoulinante et mielleuse que ça te faisait pleurer!

Elle pouffa et commença à en fredonner les paroles. Elle chantait merveilleusement bien. Rick l'écouta sans dire un mot, il trouvait cet instant magique. La chanson se termina et le CD également. Ils restèrent un moment silencieux, perdus dans leurs pensées. C'est lui qui rompit cette douce quiétude.

- Alors... Tu aimes vraiment cette chanson, hein?

- Oui... au moins autant que je la déteste...

Il fronça les sourcils, attendant quelques explications.

- J'avais seize ans, quand elle est sortie. Ma mère, était une grande fan, elle avait acheté le CD et la passait en boucle. À la longue, j'en pouvais plus! Mais pas elle... Elle, elle l'écoutait et la chantait sans arrêt. Parfois, quand je rentrais et que j'entendais cette chanson, je ressortais aussitôt. C'en était presque un jeu pour elle, elle adorait quand je me mettais en pétard.

Il sourit, imaginant l'ado rebelle qu'elle avait dû être.

- Et maintenant, tu l'adores, parce qu'à force de l'entendre, tu as été endoctrinée par le message subliminal qu'elle contient?

Elle pouffa de nouveau, il avait l'art de la faire rire, même quand elle était au fond du désespoir.

- Maintenant je l'adore parce que...

Elle cligna des yeux retenant une nouvelle vague de larmes, avant de continuer:

- ... Parce que quand je l'entends, j'ai l'impression qu'elle est là, dans la cuisine en train de faire un gâteau ou dans le bureau à étudier un dossier... Elle est là, tout près de moi.

Il posa une main amicale sur son épaule, cherchant à la réconforter. Elle le laissa faire. Avec lui, elle pouvait baisser les armes, il ne la jugeait pas.

- Que s'est-il passé? Demanda-t-il doucement.

Elle baissa les yeux sur ses mains, redoublant d'effort pour oser délivrer ce secret qu'elle gardait enfoui en elle, depuis tant de temps.

- Elle a été assassinée... Il y a deux ans et demi.  Ce soir-là, j’avais prévu de dîner avec mes parents. Ma mère devait nous retrouver plus tard au restaurant, mais elle n’est jamais venue... Au bout de deux heures, on est rentrés chez nous, et on a trouvé un flic qui nous attendait... Le lieutenant Raglan. Il l’avait retrouvée... on a appris qu’elle avait été poignardée.

- Un crime crapuleux ?

Elle inspira, cherchant le courage de continuer.

- ... Non. Elle avait son sac à main, ses bijoux et tout son argent... Ce n’était pas non plus une agression sexuelle. Ils ont mis ça sur le compte de la violence des gangs. Elle se serait pas trouvée au bon endroit...Alors, ils l’ont emballé dans un joli paquet et le tueur court toujours.

- C'est pour ça que tu es entrée dans la police?

- Je trouverai qui a fait ça. C'est cette idée qui me permet de continuer. Et en attendant, je veux faire en sorte que ce qui est arrivé à ma famille, n'arrive pas aux autres...

- Ton père est d'accord avec ça? S'étonna-t-il.

- Mon père a été détruit. Il ne sait plus qui je suis, la plupart du temps... Avoua-t-elle, les larmes se remettant à couler.

Il la regardait, silencieux, admirant son courage. Elle vint se blottir contre son torse. Il l'enserra de ses bras. Il n'avait pas besoin de faire plus pour l'apaiser. Elle se laissa bercer par les battements de son cœur et s'endormit.
Il la déposa sur l'oreiller, remonta la couverture sur elle, puis alla chercher son ordinateur et s'installa près d'elle.

Au bout d'une vingtaine de minutes, elle commença à s'agiter.

- NYPD!... Arrêtez-vous!

Il tourna la tête.

- Tu parles dans ton sommeil!? Trop cool!

- Cool...

- Et en plus tu réponds!? C'est dément! Alors? Ton dessert préféré?

- La tarte au pêches.

- Ta série préférée?

- Temptation Lane.

Il redressa la tête, sa bouche formant un o parfait.

- Sérieusement?! Wahhh! Je viens de te découvrir une sacrée casserole!

- Quel est ton plus gros fantasme?

- Menottes.

- Oh! Sado Maso! J'adore! Mon mot de secours c'est pomme! Répondit-il d'un air coquin.

- Ne me quitte pas, soupira-t-elle.

- Si seulement ça pouvait être à moi que tu disais ça...

Il se pencha vers elle, le visage à deux centimètres du sien.

- Tu es tellement belle... Il doit sûrement y avoir quelqu'un que tu aimes... Alors... Dis-moi... Qui est l'élu de ton cœur?

Deux billes vertes le fixèrent soudain, il l'avait réveillée.

- À quoi tu joues?

- Euh... À rien... Bafouilla-t-il en se redressant soudain, comme s'il s'était brûlé.

- Je t'interdis d'essayer tes trucs farfelus sur moi!

- Mes trucs farfelus?!

- T'essayais de m'hypnotiser ou un truc du genre?

- T'hypnotiser?... Euh... Bah... Euh... Oui! C'est ça! J'ai vu un type faire ça  à la télé, c'était dingue!

- T'es vraiment un grand gamin! Tu sais ça?

- Oui, on a déjà dû me le dire, une ou deux fois.

Elle rit, se leva d'un bond et s'étira.

- Bon! Il est temps que je rentre! Il commence à se faire tard.

- Quoi? Tu ne vas pas t'en aller!

- Ta fille va bientôt rentrer.

- Mais le docteur a dit de te surveiller pendant vingt quatre heures!

- C'est bon Castle! Je n'ai même plus mal à la tête!

- Mais...

- Quoi? Tu ne veux plus que ça reste secret?

- Hein?... Si!  Bien sûr! Mais je ne veux pas qu'il t'arrive quelque chose!

- Mon père doit être rentré maintenant.

- Tu ne me feras pas le coup deux fois!

- Je dois m'assurer qu'il va bien!

- Et qui va s'assurer que toi tu vas bien?

- Tu es gentil, Castle, mais ça va! Ne t'en fais pas!

La porte d'entrée claqua au même moment.

- Papa! Je suis rentrée! Fit la petite voix d'Alexis depuis le salon.

- Bon! Plan B! Tu es venue me... Euh...

- ...

- Habillons nous d'abord!

Il enfila ses vêtements à la vitesse de l'éclair et fila rejoindre sa fille au salon.

- Papa!

- Hey! Mon ange! Tu t'es bien amusée? Ta maman n'est pas là?

- Elle n'avait pas le temps de monter, elle a dit qu'on l'attendait à L.A. pour une audition. Et toi? Tu es tout seul?

À ce moment là, il aperçut la silhouette de Kate qui se faufilait vers la porte d'entrée. Il hésita à la rappeler, mais après tout, elle avait l'air d'aller bien et lui avait répété que son père serait chez elle. Lâchement, il préféra la laisser partir, plutôt que d'avoir à expliquer à sa fille qu'il voyait quelqu'un. Il ne voulait pas qu'elle espère quelque chose qui n'arriverait sans doute pas. La porte d'entrée se referma doucement, Beckett venait de quitter le loft.

- Oui, répondit-il, je suis tout seul. J'allais d'ailleurs continuer mon roman, mais comme tu es revenue plus tôt, on pourrait se faire une partie de Lazer game...

- Oh! Oui!!!! Je vais chercher les équipements.

                                            ~~~~~~~~~~

Une demie heure plus tard, Kate reçut un appel.

- Beckett!

- C'est moi! Ça va?

- Oui, Rick, je vais bien.

- Ton père est rentré?

- Oui, mentit-elle avec aplomb.

- C'est sûr?

- Tu sous-entends que je mens?

- Bah... Ce ne serait pas la première fois.

- C'est gentil de t'inquiéter, mais je vais bien.

- Promis?

- Promis.

- Je te rappelle bientôt.

- Promis? lâcha-t-elle malgré elle.

- ...

- Excuse-moi... Je n'aurais pas dû... Paniqua-t-elle à l'idée de l'avoir effrayé.

- Non! Non! Ne t'excuse pas! Je t'appellerai très vite, c'est promis.

- Merci. À bientôt Castle.

- À bientôt, Kate.

Elle raccrocha en souriant. Il l'avait appelée! Et il avait promis de la rappeler! Ces deux mois sans lui avaient été trop difficiles, elle avait décidé d'accepter ce qu'il lui donnait, elle ne pouvait plus se passer de lui, elle était prête à tout accepter pour lui...


Minefuji  (30.09.2013 à 18:14)

Chapitre dix-sept : La fin ?

Août.

Le jour était levé depuis plusieurs heures déjà, un rayon de soleil filtrait à travers les rideaux et venait ondoyer sur le torse de Rick, profondément endormi.

À ses côtés, Kate s'éveillait doucement en souriant béatement. Doucement, elle caressait le torse de son écrivain, elle ne rêvait pas, il l'appelait tous les jours depuis qu'elle avait été blessée. Il prenait de ses nouvelles, même s'ils ne se voyaient pas. Elle se sentait tellement bien, heureuse, même. Oui, c'était ça, elle était heureuse.


Ils avaient fait l'amour passionnément et s'étaient endormis dans les bras l'un de l'autre. C'était la première fois, depuis leurs retrouvailles, qu'il ne mettait pas le réveil pour être certain qu'elle soit partie à l'aube et qu'ainsi leur relation restât secrète.
Elle se surprit à espérer que tout cela n'était plus seulement basé sur le sexe, qu'il y avait plus.

À son tour, il ouvrit les yeux. Il était bien. Il sentait la chaleur du corps de Kate contre le sien et sa main qui le caressait doucement, tendrement. Il tourna la tête vers elle et son regard croisa celui de la jeune femme. Elle était si belle.


- Hey, murmura-t-elle.

- Hey.

Il posa ses lèvres contre les siennes, elle lui rendit immédiatement son baiser. Rapidement, la passion s'empara d'eux, les caresses se firent plus sensuelles et leur désir plus pressant. Ils avaient l'impression de ne jamais être rassasiés l'un de l'autre, qu'ils pourraient s'aimer ainsi, durant la vie entière.

 

Kate se laissa retomber sur l'oreiller un magnifique sourire dessiné sur le visage. Rick vint se coller à elle, pour son plus grand bonheur et elle se blottit contre lui. 

 - Que j'aime ce genre de réveil!

- Tu es tellement désirable!

Relevant la tête, elle l'admira un instant, il la faisait toujours autant craquer, peut être même plus encore, qu'avant. Elle lui piqua naturellement un baiser sur les lèvres et laissa sa main vagabonder dans ses cheveux. Les moments câlins se faisaient plus nombreux désormais.

- Bien dormi? demanda-t-il.

- Comme un loir, il y avait longtemps que je n'avais pas dormi aussi longtemps, soupira-t-elle d'aise.

- Pourquoi dis-tu ça? Il est quelle heure?

- Bientôt dix heures, mais ne t'en fais pas, on est dimanche!

Il se redressa si brutalement, qu'elle fut projetée en bas du lit. La douleur qu'elle ressentit en tombant, ne fut rien comparée à celle de son cœur, quand il se mit à crier:

- BON SANG KATE! TU AURAIS DÛ ME RÉVEILLER! MA MÈRE VA ARRIVER AVEC ALEXIS, DANS MOINS D'UNE HEURE! DÉPÊCHE-TOI DE T'HABILLER!

Il fila hors de la chambre, laissant derrière lui, la jeune femme choquée, tremblante et au bord des larmes. Elle inspira un grand coup, pour faire taire la douleur de son cœur et ravaler les larmes qui menaçaient d'échapper à ses beaux yeux verts.
Elle se rhabilla en vitesse, grimaçant de douleur à cause du bras, qu'elle s'était retourné en tombant et sortit de la chambre.

Rick était dans la cuisine, il lui avait préparé une tasse de café et la lui tendit lorsqu'elle arriva.

- Non merci! Fit-elle amère.

- Kate!

Il lui attrapa le poignet, conscient d'avoir mal réagi.

- Lâche-moi, tu veux bien?

- Écoute...

- Pas la peine! J'ai bien compris! Je suis bien pour baiser, mais pas pour rencontrer ta famille.

- Ne parle pas comme ça!

- Pourquoi? Ça te choque? C'est pourtant ce qu'on est, non? Des partenaires de baise!

- On était d'accords pour que ça reste secret!

- Dans ce cas, il fallait mettre le réveil ou m'appeler un taxi juste après, comme tu sais si bien le faire!

- Kate...

- Te fatigue pas! Je m'en vais!

Elle quitta le loft en claquant la porte. Rick soupira, puis d'un geste rageur expédia la tasse de café, qu'il tenait toujours, dans l'évier.

                                                           ~~~~~~~~~~~

L'esprit encore embrumé et trainant les pieds, Lanie pestait contre la personne qui venait tambouriner à sa porte à 10 h 30, un dimanche matin. Elle avait passé une bonne partie de la nuit en boîte, et aurait apprécié pouvoir dormir tout son saoul. Seulement, quand elle ouvrit la porte et découvrit son amie dans un état lamentable, toute sa colère s'envola, pour laisser place à de l'inquiétude.

- Chérie! Qu'est ce qu'il t'arrive?

- Oh... Lanie!

Kate se jeta dans les bras de son amie et éclata en sanglots. La métisse ferma la porte et emmena son amie sur le canapé.
Kate pleura un bon moment. Patiente, Lanie la laissa évacuer toute sa peine.
Lorsqu'enfin, Kate se calma, elle lui demanda de lui expliquer ce qu'il se passait.
La jeune femme lui raconta tout, de la période où il n'appelait plus,de leurs retrouvailles après sa blessure, jusqu'à l'épisode catastrophique de la matinée.

- Qu'est ce qu'il m'arrive Lanie? Pourquoi est ce que je n'arrive pas à rester loin de lui?

- Oh, Honey, tu es amoureuse...

Kate se tut devant cette vérité, qu'elle ne voulait pas entendre, mais que son cœur lui criait depuis si longtemps.

- Qu'est ce que je vais faire?

- Ce qui est sûr, c'est que tu ne peux pas continuer ainsi. Parle-lui, ça s'arrangera peut être.

- Mais s'il me rejette...

- Tu seras fixée et tu pourras passer à autre chose. Kate, tu es une jeune femme merveilleuse! Tu mérites quelqu'un qui t'aime vraiment!

- ...

- Allez, viens, on va se faire un super petit déjeuner "spécial cœur en peine".

Elle tendit la main à Kate pour l'aider à s'extirper de son vieux canapé trop mou, et s'inquiéta en la voyant grimacer de douleur.

- Qu'est ce que tu as?

- Rien.

- Kate! C'est à moi que tu parles! Je suis ton amie et je commence à bien te connaître!

- Je suis tombée, je me suis fait un peu mal à l'épaule, soupira-t-elle, rien de bien méchant.

- Arrête de le protéger!

- Qui ça?

- Tu sais très bien qui! 

- Je ne le protège pas! Et puis ça n'était pas vraiment sa faute, c'était un accident.

- En tout cas, il n'a pas intérêt de recommencer, s'il ne veut pas finir sur ma table d'autopsie!

- Tu n'as pas besoin de me protéger, tu oublies que j'ai un flingue, plaisanta Kate.

- Allez, laisse-moi examiner ça!

Après avoir examiné l'épaule de son amie, Lanie lui fit un strapping en croix et lui donna un léger antalgique.

- Tu as de la chance, ce n'est qu'une légère entorse, il faudra juste que tu évites de trop solliciter ton bras pendant quelques jours.

Kate opina doucement et Lanie l'entraîna vers sa cuisine pour prendre le petit déjeuner. C'est alors que du bruit provenant de la chambre mît, à Kate, la puce à l'oreille.


- Tu n'es pas seule?

- Ne t'en fais pas pour ça, il comprendra.

- Il?... Je crois que je ferai bien de vous laisser tranquille...

- Hey! Salut Beckett! Qu'est ce qui t'amène de si bon matin? lança joyeusement son collègue en apparaissant torse nu.

- Espo!? ... Wah... euh... excusez-moi, je vais partir, dit-elle en se précipitant vers le porte d'entrée.

- Kate! Cria Lanie ses tasses à la main, Javier rattrape-la!

- T'es marrante, toi!

- Fais-le, c'est tout!

Sous le regard menaçant de Lanie, Esposito, se précipita à son tour hors de l'appartement, en vain. Kate s'était déjà envolée très loin. Il soupira et retourna chez Lanie, craignant un peu la réaction de la légiste.

                                              ~~~~~~~~~~~~~~

De retour chez elle, Kate retrouva son père, il était sobre et sourit en l'apercevant. 

- Katie? Qu'est ce que tu as? Demanda celui-ci, lorsqu'elle se précipita dans ses bras sans un mot.

- Katie! Parle-moi, supplia-t-il en voyant la détresse de sa fille. Que t'arrive-t-il?

- Rien... Je suis malheureuse... C'est tout.

Doucement, il lui l'enserra de ses bras et lui caressa les cheveux, comme lorsque petite fille, elle rentrait avec un genou écorché et qu'un simple câlin suffisait à la réconforter.

- Ça va aller, Katie, murmura-t-il. Laisse-toi aller, je vais prendre le relais, c'est à moi d'être fort désormais.

                                                  ~~~~~~~~~~~
Quelques jours plus tard.

Affalé dans le fauteuil de son bureau, Rick soupira. Il avait tenté d'appeler Kate plusieurs fois, sans succès. Elle était fâchée. Il pouvait difficilement la blâmer. Il n'avait pas été correct avec elle. Attrapant son portable, il appela une nouvelle fois.

- Beckett! Fit la jeune femme en attrapant son téléphone.

- C'est moi!

- ...

- Salut!

- Salut! soupira-t-elle en regrettant de ne pas avoir pris le temps de vérifier le nom affiché sur l'écran de son téléphone avant de décrocher.

- Tu m'as l'air essoufflée.

- Je suis à l'entraînement au combat.

- Ah! Et tu finis bientôt? Je pourrais passer te prendre...

- Non... Merci... Je vais bientôt passer des tests, il faut que je m'entraîne, fit-elle d'un ton sec.

- Tu ne vas pas y passer la nuit!

- Je finirai tard. Et puis, j'ai besoin d'être un peu seule.

- ... D'accord... Je comprends, fit-il déçu de ce refus.

Il raccrocha en soupirant. Elle avait refusé, jamais elle ne l'avait repoussé, avant. D'accord, il avait mal agi, elle était fâchée, mais elle aurait pu venir le voir, ils en auraient parlé...

Il se passait quelque chose. Quelque chose qu'il n'aimait pas du tout. Il fallait qu'il en aie le cœur net.

- Qui c'était?

- Personne, répondit-elle.

- Personne?

- Ça ne te regarde pas! Alors, mêle-toi de tes affaires!

- Ok! On y retourne?

- Ouais.

Elle revint sur le tatamis et reprit le combat. Elle s'entraînait avec Esposito de façon régulière, maintenant. Il avait deux ans de plus qu'elle et se comportait avec elle comme l'aurait fait un grand frère. Ils travaillaient souvent ensemble, elle appréciait sa compagnie et il était un excellent sparing partner!

Ils s'entraînèrent jusqu'à épuisement, avant de quitter la salle de sport en discutant joyeusement.
Il la serra dans ses bras pour lui souhaiter une bonne nuit, avant de s'en aller.
Puis, elle prit le chemin de chez elle et s'arrêta net. Castle était là. Il avait la mine sombre.

- Qu'est ce que tu fais là? Je t'ai dit que je ne voulais pas te voir ce soir.

- Je sais, oui. Il est pas mal, je comprends pourquoi ton entraînement était si important, dit-il d'un ton glacial.

- Qui?

- Le gars, là-bas, celui que tu serrais dans tes bras!

- Javier? C'est mon partenaire d'entraînement!

- Plus que ça, si j'en crois ce que j'ai vu...

- Quoi?! On s'entraînait! Ne me dis pas que... Oh, mais oui, c'est ça! Tu es jaloux!

- Quoi? N'importe quoi!

- Si! Tu es jaloux! Affirma-t-elle en souriant.

- Je ne suis pas jaloux! J'aimerais juste que tu ne vois personne d'autre que moi, tant que durera notre petit arrangement, dit-il cruellement.

Un bel uppercut en plein cœur, celui-là!

- Traite-moi de pute, tant que tu y es! Cracha-t-elle vexée.

Elle réajusta son sac sur son épaule et partit d'un pas rapide. Il était allé trop loin. Il la rattrapa par le bras.

- LÂCHE-MOI! Cria-t-elle en se dégageant.

- Je suis désolé! Ce n'est pas ce que j'ai voulu dire!

- Si ! C'est exactement ce que tu as voulu dire! Je ne suis qu'une prostituée à tes yeux!

- Ne sois pas vulgaire!

- Quoi? On peut le vivre, mais pas le dire? Tu es pathétique!

- Mais enfin qu'est-ce qu'il te prend?!

- J'en ai marre! Voilà ce que j'ai!

- Et alors tu vas voir ailleurs, c'est ça?!

CLAC. La gifle était partie sans prévenir. Il vit la colère dans ses yeux, mais aussi la tristesse. Il l'avait blessée, encore une fois.

- SORS DE MA VIE! Cracha-t-elle avant de s'enfuir en courant.

De rage, il expédia un coup de pied dans  l'horodateur le plus proche, se provoquant une vive douleur, qu'il tenta de dissiper en sautillant sur place.


Minefuji  (01.10.2013 à 18:46)

Chapitre dix-huit : la retrouver

De retour chez lui, Rick était passablement énervé. Il se servit un verre de whisky en but une gorgée, pour finalement envoyer son verre s'éclater contre le mur face à lui.

- Et bien! En voilà un attitude! Qu'est ce qu'il t'arrive? Demanda Martha en arrivant dans la pièce.

- Rien.

- Je vois.

- Tu ne vois rien du tout! Grommela Rick.

- C'est elle, n'est-ce pas?

- Mais de qui parles-tu?

- La mystérieuse femme au parfum de cerise. Il n'y a qu'elle qui puisse te mettre dans un état pareil.

- Comment peux-tu le savoir? Tu ne la connais même pas!

- Je sais que cela fait environ huit mois, que votre étrange relation a commencé et que depuis cette époque, je t'ai vu heureux, épanoui, triste, enthousiaste, énervé, en colère et apathique comme jamais. Elle seule parvient à te faire passer d'un extrême à l'autre.

- J'ai tout gâché, de toute façon, lâcha-t-il en se prenant la tête dans les mains.

- Et si tu me racontais?

- Tu ne comprendrais pas.

- Essaye toujours.

Il soupira et raconta toute son histoire, que Martha ponctua, tour à tour de sourires attendris, de soupirs exaspérés et d'expirations offusquées.

- Richard Castle, tu es un idiot! Conclut-elle à la fin de son récit.

- Merci, mère, tu m'aides beaucoup, soupira Castle.

- Et que vas-tu faire, maintenant?

- Elle ne veut plus entendre parler de moi, que veux-tu que je fasse?

- C'est normal, qu'elle ne veuille plus te voir! Tu lui dois de plates excuses!

- Tu as sans doute raison.

- Bien sûr, que j'ai raison! Je suis ta mère! Plaisanta-t-elle.

Il roula des yeux, exaspéré.

- Ne fais pas cette tête là! Ça va s'arranger!

- Et si elle refusait de m'écouter?  Et si elle n'acceptait pas mes excuses?

- Tu ne sauras qu'en essayant.

- Mais...

- Richard, tu as joué à un petit jeu dangereux, il faut en assumer les conséquences, répliqua sagement Martha.

- Mais je l'aime...

Il s'arrêta soudain, surpris par la vérité, qu'il venait de lâcher.

- Je sais, chéri.

Le lendemain, Castle se rendit au poste et demanda à voir Kate, on lui répondit qu'elle était sur le terrain et qu'il devrait repasser plus tard. Il eut la même réponse les jours suivants, il était clair qu'elle l'évitait, et d'ailleurs, elle rejetait tous ses appels.
Il reprit alors ses anciennes tentatives pour provoquer le destin, se perchant quotidiennement sur le tabouret au comptoir du Starbuck, en vain.

                                                  ~~~~~~~~~~~~~~

De son côté, Kate reprit ses habitudes, passant tout son temps entre son travail et son père, à cette exception près, que Jim remontait la pente.
Il avait décidé de reprendre peu à peu sa vie en main et surtout de se faire pardonner d'avoir abandonné sa fille.
Ces derniers jours passés avec son père, avaient redonné, à Kate, du baume au cœur. Tout n'était pas réglé, loin de là, mais il faisait des efforts et elle ne doutait pas qu'ils parviendraient à s'en sortir tous les deux.
 Il lui avait offert sa montre, en lui disant que si elle n'avait pas été là, il serait probablement mort de chagrin, que grâce à son soutien, il avait retrouvé la force de continuer sans Johanna.
Elle repensa à Rick, il avait essayé de la joindre plusieurs fois... Elle allait sans doute devoir avoir avec lui cette conversation, qu'elle redoutait tant... Cette histoire serait bel et bien finie.

                                                          ~~~~~~~~~~~~~~


- Tu ne rentres pas chez toi, fillette? Demanda Royce en la trouvant attablée dans la salle de repos.

- Si, je termine ça...

- Et c'est quoi? Ça? Pas le dossier de ta mère? Tu sais que le capitaine ne veut pas te voir t'approcher des archives!

- Je sais et ne t'inquiète pas, il y a longtemps que j'ai mémorisé chaque ligne de ce dossier, plus la peine de me rendre aux archives...

- Et tu travailles dessus?

- Pas au poste! Non! En fait, j'étudie...

- Tu étudies?

- Je voudrais passer détective... Je vais passer les tests bientôt.

- Déjà? Tu es encore bien jeune pour ça...

- Il n'y a pas d'âge minimum requis, juste des compétences. C'est toi et le capitaine Montgomery qui m'avez dit que j'en étais capable.

- Parce que ça t'arrive de nous écouter? La taquina-t-il.

- Je vous écoute toujours.

Elle avait l'air si déterminée, que ça le fit sourire. Bientôt, elle volerait de ses propres ailes, cela ne faisait aucun doute. Leurs chemins se sépareraient alors. Il en ressentit un pincement au cœur, mais ne pût s'empêcher d'être fier de ce qu'elle promettait de devenir. Elle avait déjà tellement progressé en quelques mois.

- Ne tarde pas trop pour rentrer chez toi tout de même! Dit-il avant de partir.

- Ne t'inquiète pas, je range et je file.

- Bonne nuit, fillette.

- Bonne nuit, Royce.


Une petite heure plus tard, elle gara sa Crown Victoria au coin de son immeuble. Il faisait encore jour, malgré l'heure assez tardive. Elle s'extirpa de son véhicule et après s'être étirée,  se dirigea vers son bâtiment.

Son attention fut attirée par des cris venant de la rue adjacente. Elle se précipita et se dirigea vers l'endroit d'où venaient les cris et les gémissements, probablement ceux d'une femme.

- NYPD! Cria-t-elle en pointant son arme sur les silhouettes qui se tenaient devant elle.

Elle soupira, il s'agissait probablement d'un junkie, qui essayait de voler une vieille dame... De faibles sanglots lui répondirent, elle fit encore quelques pas, l'une des silhouettes prit la fuite dans la ruelle attenante. C'était  une impasse, le voyou ne s'en sortirait pas comme ça. Elle le prit en chasse.

« Arrêtez-vous ! » ordonna-t-elle. « Arrêtez-vous ou je tire ! »

L'homme lui envoya le sac à main, qu'il tenait, en pleine figure, puis la bouscula assez violemment, avant de s'enfuir.
Légèrement sonnée, Beckett se redressa en pestant.

- Vous allez bien? Demanda une voix près d'elle.

C'était la victime de l'agression, qui posait sur elle un regard bienveillant. Kate releva la tête vers elle. La dame, une rouquine d'une soixantaine d'années, lui souriait.

- Ce serait plutôt à moi de vous demander ça, c'est vous qu'il a agressée.

- J'ai eu peur, c'est certain, mais il n'a fait que me prendre mon sac,  c'est vous qui avez pris un coup...

Kate porta machinalement la main derrière sa tête.

- Oui... Euh... Je me suis cognée en tombant.

- Vous allez avoir une belle bosse! Dit Martha en souriant, alors qu'elle examinait sa tête.

- Au moins, j'ai pu récupérer votre sac, dit la policière en le lui tendant.

- Merci! Le sac à main d'une femme contient toute sa vie et avec les années, le mien commence à être bien rempli! Je me nomme Martha Rodgers!

- Beckett!... Kate Beckett, répondit la jeune femme en se relevant. Je vous ramène chez vous, ou quelque part d'autre?

- Chez mon fils, il est absent en ce moment, il m'a laissé les clés, c'est à deux pas d'ici...

- D'accord. Venez, ma voiture n'est pas loin...

Lorsqu'elles arrivèrent dans l'immeuble indiqué par Martha, Kate sentit l'angoisse monter et quand elle se trouva devant la porte qu'elle connaissait si bien, son visage se décomposa.

- Tout va bien? Demanda Martha.

- Oui... Euh... Excusez-moi, mais je viens de me souvenir que j'avais quelque chose à faire, je vais rentrer chez moi. Au revoir Martha!

- C'est vous, n'est ce pas?

- Je vous demande pardon?

- J'ai reconnu votre parfum de cerise. Vous êtes la mystérieuse jeune femme que voit mon fils, n'est ce pas?

- Ne lui dites pas que vous m'avez vue, s'il vous plaît! Supplia-t-elle.

- Calmez-vous, Richard est dans les Hamptons. Il voulait être au calme pour écrire. Laissez-moi vous offrir un verre.

Kate accepta l'invitation de la vieille dame. Elles passèrent une agréable soirée. Martha lui raconta nombre d'anecdotes sur son fils. Kate lui parla un peu d'elle, de son travail dans la police. Le courant passait très bien entre elles et Martha comprit pourquoi son fils était tombé sous son charme. Katherine était adorable.

Elles se revirent une autre fois, quelques jours plus tard, Martha ayant invité la jeune femme à une de ses représentations.

- C'était une excellente pièce, Martha! Fit la jeune femme en souriant, tandis qu'elles approchaient de la porte du loft. Et vous étiez merveilleuse!

- Merci Darling!

- Mère? Que fais-tu sur le palier?

Kate se figea en entendant la voix qu'elle connaissait si bien. Elle tourna la tête, Rick se tenait là devant elle, toujours aussi beau, merveilleusement irrésistible.

- Kate? Que fais-tu avec ma mère?

- ...

Elle fit volte face et partit en courant.

- Qu'est ce que tu attends? Demanda Martha. Rattrape-la!

Il hésita un instant, puis s'élança dans la direction prise par la jeune femme.
Il la retrouva dans la rue, elle s'apprêtait à monter dans sa voiture.

- Kate! Attends! Cria-t-il.

Elle baissa la tête en soupirant.

- Tu vas bien? Demanda-t-il.

- Ça t'intéresse?

- Bien sûr que ça m'intéresse! Je me fais du soucis pour toi!

Elle soupira et laissa échapper un rire amer.

- Quoi? Tu ne me crois pas?

- Tu t'inquiètes pour moi ou pour ta partenaire de baise?

- Ne parle pas comme ça!

- Pourquoi? C'est la vérité! Je ne suis bonne qu'à ça! Tu ne m'appelles que pour ça!

- On avait des règles!

- Fous-moi la paix avec tes règles!

- Kate, supplia-t-il en lui prenant le bras.

- Quoi encore?! Je t'en prie! Laisse-moi tranquille!

- Tu as raison! J'ai été nul, mais on était bien tous les deux!

-  Ah oui? Tu m'as traitée comme une moins que rien! Juste bonne à assouvir tes besoins! Crache-t-elle.

Il plaqua ses lèvres contre les siennes, l'entraînant dans un baiser langoureux, le genre de baiser, qui lui faisait perdre tous ses moyens. Au prix d'un énorme effort de self contrôle, elle posa une main sur sa poitrine et le repoussa doucement.

- Je ne veux plus de ça, souffla-t-elle.

-  J'ai tellement envie de toi, murmura-t-il en glissant sa main sur la joue de la jeune femme.

- On ne peut pas, Rick, annonça-t-elle enfin.

 - Kate! Tu ne vois pas que l'Univers veut que nous soyons ensemble? Pourquoi crois-tu qu'il t'a fait croiser la route de ma mère?

- Je ne crois pas à l'Univers, ni au destin! Lança-t-elle en le repoussant plus durement. Je ne veux plus être… ça... Ta partenaire de baise...

- Mais on était bien!

- TU ES BOUCHÉ OU QUOI? JE NE VEUX PLUS ÊTRE TA POUPÉE GONFLABLE! ALORS LAISSE-MOI PARTIR! JE NE VAIS PAS TE LAISSER ME PIÉTINER LE CŒUR D'AVANTAGE! Hurla-t-elle.

- On avait dit pas d'attachement! Protesta-t-il!

- Paie-toi une prostituée! Excuse-moi d'être un être humain et d'avoir un cœur! Je n'y peux rien, moi, si je suis tombée éperduement amoureuse de toi! Hurla-t-elle, furieuse, tandis qu'elle s'engouffrait dans sa voiture et démarrait sur les chapeaux de roue.

Le regard fixé sur l'endroit où sa voiture avait disparu, Castle souriait, il avait eu sa réponse.

                                            ~~~~~~~~~~~~~~

Un mois plus tard.
Fraîchement nommée détective, Kate prenait ses marques dans son nouveau rôle et avec sa nouvelle équipe. Enfin, elle allait pouvoir s'occuper des homicides, obtenir justice pour les victimes et aider les familles à retrouver la paix.
Elle n'avait pas eu de nouvelles de Castle. C'était mieux ainsi, il ne pouvait lui donner ce qu'elle voulait. Heureusement, son père tenait sa promesse et la soutenait beaucoup.
Lanie et Maddy organisaient des sorties entre filles, toutes plus originales les unes que les autres, égayant ainsi son quotidien. Elle ne sombrerait pas.  Elle n'était plus seule, désormais.

En arrivant au poste, ce matin là, Beckett fut appelée par le Capitaine.

- Vous avez demandé à me voir chef ? Demanda-t-elle en pénétrant dans son bureau.

- Oui, je viens de raccrocher avec le bureau du maire. Et apparemment vous avez un fan !

- Un fan Monsieur ?

- Rick Castle.

Elle baissa la tête en soupirant, il était plutôt borné.

- Il aurait trouvé le personnage principal de ses futurs romans,continua Montgomery,  une femme lieutenant de police un peu froide mais très futée.

- C'est flatteur ? Demanda-t-elle après réflexion.

- J'en suis pas si sûr, il a dit qu'il devait faire quelques recherches...

- ... Oh non !

- Oh si !

- Jamais !

- Beckett, on ne m'a pas laissé...

- ... Ecoutez chef, je le connais, il touche à tout, il est incontrôlable! Il va se comporter comme un gamin de 9 ans dans un magasin de jouets, il est incapable de prendre quoi que ce soit au sérieux !

- Mais ça fait plaisir au maire, et si ça fait plaisir au maire, ça fait plaisir au commissaire. Et si ça fait plaisir au commissaire, moi ça me fait plaisir !

- Combien de temps ?! Soupira-t-elle.

Montgomery regarda derrière elle et ajouta:


- Ca dépend de lui !

Beckett se retourna, Castle la regardait. Il joua des sourcils, d'un air coquin, le sourire aux lèvres. Elle roula des yeux exaspérée.


Minefuji  (02.10.2013 à 17:30)

Chapitre dix-neuf: Partenariat

Plongée dans la lecture de son rapport, Kate sentait le regard de Rick posé sur elle.
Que cherchait-il? Exaspérée, elle finit par lever la tête vers lui. Il la regardait en souriant.

- Quoi?!

- Rien du tout ! ...Euh... en fait si. J'ai remarqué que tu fronçais les sourcils quand tu réfléchissais. C'est trognon ! Enfin, pas si tu jouais au poker, ça serait mortel, mais sinon c'est craquant !

- Qu'est ce que tu fais là?

- Je suis là pour toi.

- Pour moi? S'exclama-t-elle un peu plus fort.

- Tu voulais plus, je vais te dédier un roman.

- Je...!?

Elle regarda autour d'elle, tous les regards curieux étaient tournés vers eux.

- Sortons! Fit-elle, en se levant.

Affichant toujours un grand sourire satisfait, il la suivit en trottinant. Une fois dehors, elle explosa:

- Qu'est ce que c'est que cette histoire de roman?!

- Tu voulais plus, je t'offre plus!

- JE NE T'AI JAMAIS DEMANDÉ UN ROMAN, NI QUOIQUE CE SOIT DE MATÉRIEL! JE VOULAIS SEULEMENT QUE TU M'AIMES!

Son sourire s'agrandit.

- Mais arrête de te moquer de moi!

- Je ne me moque pas de toi! J'ai bien réfléchi à ce que nous vivions tous les deux, au bien être, que je ressentais quand tu étais près de moi et au sentiment de vide, que j'éprouvais quand tu n'étais pas là... Si je suis là, c'est pour te voir et te promettre d'être là pour toi chaque jour, parce que je crois que tu es la personne… la plus remarquable … la plus frustrante … exaltante … et la plus exaspérante que j'ai jamais connu. Et je t'aime !

Elle avait écouté sa tirade d'un bout à l'autre sans dire un mot, n'en croyant pas ses oreilles. Il l'aimait, il était venu pour elle. Son cœur bondissait dans sa poitrine, elle était dingue de cet homme et l'entendre lui déclarer son amour lui réchauffa le cœur instantanément. Un magnifique sourire éclaira son visage, tandis qu'elle lui sautait au cou et le couvrait de baisers.

- On va établir certaines règles, dit-il en s'écartant légèrement.

- Quoi?! Fit-elle en le fusillant du regard.

- Je t'interdis de me quitter, sourit-il.

Elle sourit à son tour, dieu qu'il aimait son sourire!

- Ok, alors, est-ce qu’on peut repartir de zéro et décider qu’à partir de maintenant on a le droit de s'attacher chaque jour un peu plus?

- D’accord, oui je peux faire ça !

- Ok, en plus j’ai une arme et t’as pas vraiment le choix !

- Il est évident que j’ai pas le choix !

Elle rit, il lui sourit et se penchèrent pour s'embrasser tendrement.

Le lieutenant Baker, qui dirigeait l'équipe, dont Beckett faisait partie, sortit à ce moment là et l'appela, les faisant sursauter.

- Beckett! Briefe ton observateur et rejoignez nous à l'angle de la 30ème et de la 11ème, on a un meurtre!

- On a un meurtre! C'est trop cool!

- Ce qui est cool, c'est qu'il ne nous aie pas surpris en train de nous embrasser, parce que maire ou pas, le Capitaine t'aurait viré du poste et tu aurais pu dire adieu à ta nouvelle héroïne.

- Impossible! Qu'est ce que je ferai sans elle?

- Tu continuerais ta saga Dereck Storm.

- Impossible.

- Pourquoi?

- Je l'ai tué.

- Tu as tué Dereck Storm?!

- Oui, une balle en pleine tête, une vraie boucherie, la balle l'a défiguré! Aïeuh! Cria-t-il alors que Kate venait de lui frapper le bras. Pourquoi t'as fait ça?

- Ça t'apprendra à me spoiler!

- Mmhm! Je savais que tu étais une fan! Je suis irrésistible!

- Dépêche-toi de monter dans la voiture, au lieu de raconter des âneries! Soupira Beckett en ouvrant la portière passager.

- Je peux conduire?

- Nan!

- T'es pas drôle!

- C'est toi qui a voulu me suivre pour tes recherches! Celui qui suit l'autre ne conduit pas.

- Mais qu'est ce que c'est que cette règle à la noix?

- Tu veux me suivre? Ok, mais à ma façon et selon mes règles!

- Tyran! Marmonna-t-il.

- Je t'ai entendu!

                                       ~~~~~~~~~~~~~~~~

 Lorsqu'ils arrivèrent sur le lieu du crime, Lanie était déjà penchée sur le corps et le cordon de sécurité était déjà placé. Kate se figea un instant devant la corde en plastique jaune.

- Ça va? Demanda Castle qui avait remarqué son trouble.

- Oui, ça va... Dit-elle en passant la corde, pour rejoindre Lanie.

Cette dernière sourit en voyant son amie arriver, suivie par l'écrivain.

- Salut Lanie!

- Bonjour, Kate! Tu me présentes?

- Ah, euh... Oui, Voici Richard Castle. Castle, Voici Lanie Parrish.

- Richard Castle, l'écrivain ?

- En personne, fit celui-ci en lui tendant la main.

- J'adore vos bouquins, vous savez que vous avez un vrai don pour décrire la mort ! Répondit la légiste en lui serrant la main.

- On peut bosser ou vous nous faites une soirée lecture? Demanda Kate agacée.

- Excusez-la, elle est un peu jalouse, sourit l'écrivain.

- Je ne suis pas jalouse! Siffla Beckett. Bon quelle est la cause de la mort?

- Ça me paraît évident, dit un jeune policier en arrivant près d'eux, elle s'est jetée du troisième étage, c'est un suicide.

- C'est pas un suicide! Firent Castle et Beckett en chœur.

Le bleu les regarda stupéfait, tandis que Lanie chuchotait quelque chose qui ressemblait à "qu'ils sont mignons", sous le regard assassin de Kate.

- Il n'y a pas assez de hauteur, expliqua Castle, ça l'aurait seulement estropiée.

-  Castle! Le reprit Beckett. Tu es là pour observer, pas pour nous exposer tes théories!

- Je n'ai rien dit!

- Bien! Bon alors Lanie?

- Voilà, voilà! Elle s'appelait Paidge Masterson, elle était avocate. Elle ne s'est pas suicidée, puisqu'elle était morte avant d'être balancée du troisième étage. Elle a reçu des coups, dont un à la tête, avec un objet contondant, qui lui a été fatal.

- Pourquoi la balancer par la fenêtre, si elle était déjà morte avant? Ça nous a permis de découvrir le corps tout de suite...Demanda Beckett.

- Ça, c'est ton boulot, ma grande, répliqua la légiste.

- Peut être que le tueur voulait être sûr qu'elle soit morte, suggéra Castle.

- Ou alors, il espérait qu'on ne fouille pas son appartement, puisque le lieu du crime semble être dans la rue... Réfléchit à haute voix Beckett.

- Si c'est le cas, il est vraiment naïf, remarqua Castle.

- Tous les tueurs ne sont pas des flèches, il y en a pas mal, qui  ne réfléchissent pas plus loin que le bout de leur nez, tellement ils sont paniqués par les conséquences de leur geste.

- Mmouais, ça se tient...

 

Kate, toujours suivie par Castle, fut chargée d'interroger le voisinage et les proches de la victime.
Ils compulsèrent bon nombre d'informations, et lorsque Castle revint les bras chargés de paquets contenant leurs repas, il la trouva assise devant un tableau blanc, sur lequel elle avait commencé à placer des photos et noter les éléments qu'ils avaient en leur possession.

- Qu'est ce que c'est?

- Un tableau que j'ai trouvé près de la salle des archives. J'y ai inscrit tout ce que nous avions, ça m'aide à y voir clair.

- C'est une super idée! Dit-il en sortant son calepin, tandis qu'elle roulait des yeux.

                                                      ~~~~~~~~~~~~~~

Quelques heures plus tard, une jeune femme sortit de l'ascenseur dans une panique totale. Elle était la fille de la victime et hurlait des choses incohérentes. Des policiers en uniforme ainsi que le lieutenant Baker tentèrent de la calmer, en vain. Beckett observait la scène en silence, Rick remarqua tout de suite le trouble de sa petite amie. Petite amie? Cette pensée le fit sourire comme un collégien.

Finalement, Kate s'avança vers la jeune femme, leurs regards se croisèrent et cette dernière se calma. La détective l'entraîna dans une des salles de repos et commença à lui parler doucement. Rick ne perdait pas une miette du spectacle, il était comme hypnotisé. Montgomery s'approcha de lui.

- Elle était à sa place, il y a presque trois ans. Elle était dans une telle rage... Elle nous a retourné le poste!

- Ça ne va pas l'aider... Faire ce boulot, je veux dire. Ça ne va pas lui faire oublier sa peine, ça va la raviver en permanence! Soupira Castle.

- Elle n'arrêtera pas quoi qu'on lui dise de toute façon.

Après sa discussion avec Beckett, la jeune femme quitta le poste, apaisée. Elle avait pu apporter des informations précieuses, si bien qu'au soir de cette première journée d'enquête, plusieurs suspects étaient dans la ligne de mire.
Un mari menacé de divorce, le client de la victime que cette dernière tentait de convaincre de plaider coupable, et la victime de ce client, qui ne voulait surtout pas le voir sortir de prison.

Vers 19 heures, alors que toute l'équipe était rentrée chez elle, Beckett était toujours devant le tableau blanc. Castle vint s'asseoir à ses côtés.

- Tu ne devrais pas rentrer et t'occuper de ta fille? Demanda-t-elle.

- Si, mais la personne que j'ai promis de lui présenter ce soir n'est toujours pas décidée à quitter son travail.

- ...

- C'est trop précipité? S'affola-t-il devant son air étonné.

- Non! Enfin... Si, peut être... Tu es sûr que c'est ce que tu veux?

- Je suis certain de ne plus vouloir craindre l'arrivée de ma fille quand je serai avec toi! Notre dernière expérience du genre m'a bien fait comprendre la leçon!


Minefuji  (03.10.2013 à 18:23)

Chapitre vingt : Plaisantin ou crétin?

La tête posée sur les bras, Alexis regardait sa grand-mère dresser la table, quand elle lâcha un gros soupir.

- Qu'est ce que tu as trésor? Demanda Martha en tournant la tête vers elle.

- Rien.

- On ne soupire pas comme ça pour rien, tu sais que tu peux tout me raconter.

- C'est cette femme que papa veut nous présenter...

- Tu as peur qu'elle prenne ta place dans son cœur?

- Quoi? Non, personne ne prendra jamais ma place, dans son cœur, papa me l'a toujours dit.

-  Alors qu'y a-t-il?

- Je ne sais pas... J'aimais bien, moi, quand il était avec Kate, je suis triste qu'il ne l'aime plus.

Martha regarda sa petite fille abasourdie.

-  Comment sais-tu qu'il était avec elle?

-  Papa n'est pas discret! Je sais qu'il l'a revue, il avait une photo d'elle dans son téléphone et il la regardait à chaque fois qu'il se croyait seul. J'aimais bien quand il faisait ça, il avait l'air heureux. Et maintenant qu'il n'est plus avec elle, il veut me présenter quelqu'un, j'ai peur qu'il fasse une bêtise.

- Trésor, tu n'as pas encore huit ans, laisse ces histoires aux grandes personnes. Ton père est assez grand pour gérer ça tout seul.

La porte du loft s'ouvrit à cet instant.

- Bonsoir! Comment vont les rouquines de ma vie?

-  Papa! S'écria Alexis en lui sautant dans les bras. Tu ne devais pas rentrer plus tôt?

- Si! Mais il a fallu que je convainque une certaine personne, que même Batman s'arrêtait pour aller dîner et dormir de temps en temps.

-  Qui?

- Laisse-moi te la présenter...

Kate entra à son tour, légèrement intimidée. Elle n'eut pas le temps de dire quoi que ce soit que deux tornades rousses lui sautaient au cou, l'entraînant dans une ronde euphorique.

- Et bien, je crois que c'est ce qu'on appelle être accueillie de manière enthousiaste, dit Rick en piochant dans l'assiette s'amuse-gueules que Martha avait préparée sur le comptoir.

- J'avais tellement peur que Papa aie fait une bêtise en te quittant, dit Alexis à Kate, tandis que Castle manquait de s'étouffer.

- Tu?... Comment...? Bafouilla Castle.

- J'ai vu que tu avais une photo d'elle dans ton portable, expliqua la petite.

- Cette petite finira détective, dit Martha.

- Et bien, avec Kate, elles feront la paire! Vous avez devant vous la plus jeune femme de la police de New York à devenir lieutenant! Annonça fièrement Castle.

- T'avais besoin de dire ça? Demanda Kate qui n'aimait décidément pas être ainsi mise en avant.

- Ne soyez pas modeste! Vous le méritez, dit Martha à son tour. Eh bien! Mon cher Richard, te voilà entre de bonnes mains! Entre Kate et ta fille, tu devrais te tenir à carreaux! Je vais pouvoir me prendre des vacances!

- Et si on se mettait à table? Suggéra Alexis, j'ai faim, moi!

- Ok! Allons y petite ogresse! Fit Castle en la prenant dans ses bras.

La soirée fut délicieuse et rappela à Kate de merveilleux moments, du temps où sa mère était encore en vie, du temps où sa famille vivait heureuse. Elle regarda Rick, qui plaisantait avec sa mère et sa fille, il l'aimait, il était revenu pour elle.
Elle sourit, appréciant chaque minute passée avec eux, heureuse, enfin.

                                      ~~~~~~~~~~~~~

Deux jours plus tard, l'enquête avait bien avancé. Grâce à une théorie farfelue de l'écrivain, les enquêteurs avaient redirigé leurs investigations du côté de la pègre locale et notamment sur le chef de gang qui avait remplacé le client de la victime, quand celui-ci avait été mis derrière les barreaux.
C'est ainsi que grâce à quelques indics, l'équipe du lieutenant Baker se préparait à donner l'assaut dans la planque du chef de gang.

-Reste ici! Ordonna Kate à Rick, alors qu'elle s'apprêtait à sortir de la voiture.

- Parole de scout !

Elle rejoignit ses équipiers, qui l'attendaient pour donner l'assaut. Dès qu'ils eurent disparu par la porte du bâtiment, Castle s'empressa de sortir du véhicule.

Les coups de feu résonnèrent dans tout le bâtiment, pendant une bonne dizaine de minutes, puis le calme revint.

- C'est bon! Je crois qu'ils ont leur compte! Annonça Baker, tandis qu'il maîtrisait le suspect principal. Bouclez-moi tout ce petit monde!

- Wahhh! C'est trop cool! Lança Castle en entrant à son tour.

- Je n'ai jamais été scout, ajouta-t-il pour expliquer sa présence à Beckett qui venait de se tourner en reconnaissant la voix de son homme.

Elle le fusilla du regard et son cœur rata plusieurs battements, lorsqu'elle vit l'un des malfrats pointer son arme sur lui. Elle tira en même temps, atteignant le type en plein cœur.
Elle rangea son arme, et s'approcha de Castle, étendu au sol, inerte.

- Non... Non... Non pas ça! Murmura-t-elle au bord des larmes.

Ses équipiers se tournèrent en l'entendant supplier Castle de rester en vie. Le spectacle était poignant, Beckett, penchée au dessus de lui, le dos courbé, ses longs cheveux tombant en cascade sur le torse de l'écrivain, elle lui caressait doucement les cheveux.
C'est alors que Castle releva la tête et l'embrassa amoureusement. Elle se dégagea de son étreinte, le traita de crétin et s'enfuit en courant.

- Je plaisantait! Cria Castle en se relevant doucement.

- Faut être idiot pour plaisanter avec ça face à Beckett, dit Esposito en lui tendant la main pour l'aider à se relever.

- Elle est si fâchée que ça?

- T'as intérêt à faire profil bas, vieux. Je croyais que tu connaissais son histoire!

- Oh! ...

- Comme tu dis! Allez les gars, on rentre! Termina Esposito en faisant signe aux autres officiers en uniforme d'embarquer les suspects.


Beckett attendait dans sa voiture, Castle y entra penaud, elle ne décrocha pas un mot. Le silence régna jusqu'au poste, un silence pesant et tendu.
Arrivé au poste, ils entrèrent dans l'ascenseur toujours sans une parole. Soudain Rick se retrouva projeté contre la paroi.

- NE ME REFAIS PLUS JAMAIS UN COUP PAREIL!!!!! Explosa Beckett.

- Je suis désolé.

- TU ES DÉSOLÉ?! ET ALEXIS? TU AS PENSÉ À ELLE QUAND TU AS DÉCIDÉ DE JOUER LES GROS MALINS?

- Alexis? Qu'est ce qu'elle vient faire là-dedans?

- QU'EST CE QU'ELLE SERAIT DEVENUE S'IL T'ÉTAIT ARRIVÉ QUELQUE CHOSE? ET MARTHA? Et moi? Termina-t-elle en posant sa tête contre le torse de Rick, anéantie à l'idée qu'elle aurait pu le perdre.

- Je suis désolé, bredouilla-t-il, réalisant soudain la fragilité de sa petite amie et la stupidité de ses actes. Ça ne se reproduira plus.

Le téléphone de Castle sonna à ce moment là.

- Castle!

- Rick, c'est Paula! Qu'est ce que tu fabriques?

- Comment ça qu'est ce que je fabrique?

- Tu as oublié que tu devais présenter ton nouveau bouquin? La séance de lecture et de dédicace?

- Oh purée! J'ai oublié!

- Tu as oublié!? Tu as intérêt à vite ramener tes fesses ici!

- J'arrive! Dit-il en raccrochant.

- C'était Paula, mon agent expliqua-t-il en caressant le dos de Beckett toujours blottie contre lui.

- Je sais. Tu veux que je te dépose?

- C'est pas de refus.

Dans la voiture de Beckett.

- Ca va mieux ? Demanda Rick.

-  Oui, Mais ne me refais jamais un coup pareil! C'est compris ?

- Eh, je suis un plaisantin, pas un crétin !

- Je savais pas qu’il y avait une différence. Dis-moi... Cette femme lieutenant, dans ton histoire, à quel point va-t-elle me ressembler ?

- Eh bien, elle est pas trop maligne, mais assez garce.

-  Très bien, c’est une réponse de plaisantin ou de crétin ?

- Là, je dirais de crétin. Non sincèrement, tu n’as pas à t'inquiéter, elle sera vraiment, vraiment très maligne. Vraiment très habile, très envoutante, extrêmement compétente… et assez garce !

- Castle !

- Moi aussi, je t'aime.


Minefuji  (04.10.2013 à 19:36)

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