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Série : Castle
Création : 02.10.2013 à 20h37
Auteur : balvert
Statut : Terminée
« Kate et Rick ne font vraiment rien comme les autres. Même le jour de leur mariage sera ... exceptionnel ! » balvert
Cette fanfic compte déjà 5 paragraphes
Chapitre 1
Son coeur battait la chamade : on y était, c’était le jour J. Il passa une chemise blanche avant d’enfiler un gilet et une veste de costume gris anthracites. Il ajusta le noeud de sa cravate et regarda son reflet dans le miroir. Il soupira. Jamais il n’avait été aussi nerveux qu’aujourd’hui. Pour ses deux précédents mariages il avait été même plutôt décontracté, lançant des plaisanteries à tout va et faisant l’enfant comme à sa grande habitude. Mais cette fois-ci c’était différent. Une boule lui nouait l’estomac. Un mélange d’impatience et d’angoisse le tiraillait : et si elle ne voulait plus? Si finalement c’était une énorme erreur et que cette histoire finirait comme les autres ? Et si le mariage était pour lui une sorte de malédiction ? Mais il savait que cette fois-ci ça n’avait rien à voir avec Mérédith ou Gina, qu’il avait épousées plus pour sauver les apparences qu’autre chose. Cette fois-ci il l’aimait, il en était sûr, il le lui avait dit, il ne pouvait envisager la vie sans elle. Et quelque part ses sentiments l’effrayaient un peu aussi.
Il ajusta une mèche rebelle et sourit. On y était, elle allait enfin devenir sa femme. Dès les premiers instants il avait su. Il avait vu derrière l’image froide et implacable de la jeune flic une femme tourmentée en proie à de nombreux démons. Il avait été troublé par son physique, certes, mais aussi et surtout par sa personnalité, si forte et à la fois si fragile. Au début il avait voulu à tous prix résoudre le mystère se cachant derrière tant de souffrance, c’était une sorte de jeu pour lui. Et puis il avait recouvrer l’inspiration grâce à elle. Au fil des enquêtes, il avait découvert son vrai visage et le jeu devint de plus en plus sérieux. Ils étaient alors devenus partenaires, chacun protégeant les arrières de l’autre, se sauvant mutuellement la vie à de nombreuses reprises et parvenant à se sortir de situations plus que délicates, comme cette fois où il avait bien cru finir comme casse-croûte d’un tigre affamé. Cette proximité du danger et de la mort les avait rapprochés, mais il y avait plus. Dès le début il y avait une sorte de lien invisible entre eux, ils étaient capables de se comprendre sans se parler, sur un simple regard. Ils étaient souvent complémentaires lors des enquêtes et un jeu de séduction s’était naturellement installé.
Seulement très vite il ne joua plus. Il avait cru la perdre à plusieurs reprises, notamment et surtout après qu’elle se soit fait tirer dessus par un sniper dans un cimetière. Il avait alors réalisé à quel point ses sentiments pour elle étaient forts et qu’il ne supporterait pas de la perdre. Et ils s’étaient battus ensembles pour qu’elle se reconstruise, et ils avaient construit ensemble cette drôle de relation, avec ses bas mais surtout ses hauts. Et il se battrait encore, contre le monde entier s’il le fallait, pour finir ses jours auprès d’elle.
«Mais regarde-toi, pas étonnant que Beckett ait craqué mon pote, fit Esposito, lançant une tape amicale sur l’épaule de l’écrivain.
- Relaxe bro’, elle ne va pas se défiler, elle t’aime autant que toi, vous formez un très beau couple, ajouta Ryan en voyant l’air sérieux de Castle.
- Je sais, je ne comprends pas pourquoi je suis aussi nerveux.
- C’est normal, et je te trouve bien calme par rapport à ce que j’ai vécu, répliqua l’irlandais en riant.
- Ah bon ?
- J’ai mis une bonne dizaine de minute à trouver puis mettre ma chemise, je n’arrivais pas à fermer les boutons tellement mes mains tremblaient. Et je ne te raconte même pas la galère pour faire le noeud de ma cravate !
- J’ai dû venir l’aider!
- A ce point, eh ben», répondit Castle en souriant à son tour.
****
Son coeur battait la chamade : on y était, c’était le jour J. Elle se regarda dans le miroir pendant que Lanie l’aidait à fermer sa robe. Elles avaient fait le tour de toutes les boutiques de New York pour la trouver. Elle n’était jamais satisfaite et avait bien cru ne jamais trouver la bonne. C’était Alexis qui avait trouvé celle-ci, lorsqu’elle avait accepté de les accompagner la dernière fois. Et elle était juste parfaite. Le haut était un bustier en dentelle fine et légèrement transparente, laissant son dos à moitié nu. Elle se poursuivait dans du satin blanc drapé descendant jusqu’à ses pieds et en une courte traîne. On aurait dit une véritable robe de princesse. Elle portait des escarpins blancs, fermés par deux lacés qui s’entrecroisaient sur le dos de son pied. Ses cheveux clairsemés de petites fleurs blanches ondulaient sur ses épaules, deux mèches bouclées encadrant son doux visage. Elle s’assit pour qu’on la maquille. Elle ferma les yeux et se laissa faire, envahie par une vague de bonheur. Martha avait tout organisé pour qu’elle soit pomponnée comme il se doit. Elle avait été vraiment adorable, tout comme Alexis et Lanie qui l’avaient aidée à se préparer. Son coeur se serra cependant. Une femme lui manquait, et encore plus à ce moment si particulier de sa vie. Elle n’était pas vraiment croyante, mais elle espérait que sa mère l’observait et assisterait à son bonheur. C’est pour ça d’ailleurs qu’elle avait voulu se marier à l’Eglise. Quelque part au fond d’elle, elle sentait que ça la rapprocherait d’elle. Elle se souvint d’une discussion qu’elles avaient eu peu de temps avant ses dix ans :
«Dis maman, comment on sait que c’est le bon?
- Comment ça ma puce?
- Comment tu as su que papa était l’homme de ta vie?
- Tu es encore bien jeune pour penser à ce genre de chose, avait-elle répondu en riant.
- Allez maman, dis!
- Je ne sais pas exactement, on sait ce genre de choses, ça se sent, c’est comme ça.
- Mais pourquoi papa et pas un autre?
- Alors ça je ne peux vraiment pas te répondre. Tu as déjà entendu parler des âmes soeurs ?
- Oui, on raconte qu’à l’origine les êtres humains étaient composés de quatre jambes, quatre bras et deux têtes, et que par crainte qu’ils soient trop puissants on les a séparés. Du coup on passe notre vie à chercher notre moitié, notre âme soeur.
- C’est tout à fait ça, et parfois certaines personnes ont la chance de la trouver.
- Mais comment tu sais que c’est ton âme soeur?
- Je ne sais pas vraiment, la seul vue de cette personne emplis ton coeur de bonheur, être éloigné de lui est une véritable souffrance alors que chaque seconde passée ensemble est magique.
- Tu crois que je la trouverai mon âme soeur?
- J’en suis persuadée!»
Effectivement elle l’avait trouvée. Et ce qu’elle ressentait pour lui était encore bien plus fort que ce que sa mère lui avait décrit. Ils avaient beaucoup soufferts à cause de leurs sentiments refoulés et surtout à cause d’elle. Il avait raison, elle avait longtemps eu peur d’être heureuse, de construire quelque chose avec quelqu’un, peur de perdre une nouvelle fois quelqu’un qu’elle aimait. Elle avait longtemps eu peur que vivre signifiait abandonner sa mère. Mais grâce à lui elle avait compris qu’il n’en était rien et elle était bien décidée à changer la donne et commencer une nouvelle vie, à ses côtés jusqu’à la fin de ses jours. Elle le lui avait dit, elle ne se marierait qu’une fois, et ce serait avec son «one and done». Elle ne s’était pas doutée à ce moment que ce serait lui mais aujourd’hui elle en était persuadée.
Elle prit le bras de son père et avança jusqu’à l’autel. L’orgue résonnait dans l’église, et tous les regards étaient braqués vers elle. Ils avaient voulu un mariage dans l’intimité, seul leur famille et une poignée d’amis avaient été invités.
Tout le monde la regardait mais elle ne voyait qu’une personne : lui.
Tout le monde le regardait, mais il ne voyait qu’une personne : elle.
Leurs visages reflétaient leur bonheur. Jim embrassa tendrement la joue de sa fille avant de la confier à Castle : «Prenez bien soin d’elle».
Le prêtre commença son sermon : «Nous sommes unis en ce jour pour célébrer l’union entre deux êtres...» mais ils n’entendaient que la moitié des mots prononcés, enfermés dans leur bulle, l’émeraude se noyant dans l’océan. Le prêtre continua puis demanda «si quelqu’un dans cette assemblée s’oppose à cette union, qu’il parle ou bien se taise à jamais».
Les portes de l’église s’ouvrirent dans un grand fracas :
«QUE PERSONNE NE BOUGE»
Chapitre 2
Que personne ne bouge !
Cinq hommes cagoulés et armés jusqu’aux dents venaient de faire irruption dans l’église. Beckett porta machinalement la main à sa ceinture, mais ne rencontra que les plis de sa robe. Elle se fustigea intérieurement, évidemment qu’elle n’avait pas son glock sous sa robe de mariée!
Les hommes se séparèrent. Trois d’entre eux se dirigèrent rapidement vers le fond de l’église tandis que deux autres gardaient leurs armes pointées sur eux.
«Je pense que vous commettez une grave erreur, lança l’écrivain.
- Ne vous inquiétez pas Monsieur Castle, nous savons exactement ce que nous faisons, répondit un des deux guetteurs, sûrement le chef du groupe.
- Comment connaissez-vous mon nom?
- Voyons, ce n’est pas compliqué! Vous êtes une célébrité, et puis votre visage fait le tour des tabloïds depuis plusieurs semaines. Mais vous pouvez ranger votre égo, nous ne sommes pas là pour vous.
- Pour quoi alors? demanda Kate.
- Ne soyez pas impatiente, vous le saurez assez vite comme ça... En attendant on va jouer à un petit jeu : les femmes vous allez vous installer ici, tandis que les hommes vous descendez dans la chapelle.
- Vous n’êtes pas obligé de nous séparer, tenta Ryan.
- Mais vous n’avez pas le choix, ici c’est moi qui donne les ordres!
- Vous êtes dans la maison de Dieu Monsieur voyons», protesta le prêtre.
Un coup de feu retentit suivit de près par des cris et un bruit de verre : un vitrail venait d’être brisé.
«Je crois que je me suis mal fait comprendre, fit le tireur toujours aussi impassible. Je m’en contrefiche d’être dans un bâtiment sacré ou pas, je n’hésiterai pas à éliminer les problèmes. Alors maintenant vous allez gentiment vous séparer et arrêter de discuter»
Tout le monde s'exécuta. Castle ne put s’empêcher de jeter un regard inquiet à Kate, qui ne semblait pas beaucoup plus rassurée. Elle rejoignit les autres femmes et posa sa main sur l’épaule de Jenny qui ne pouvait lâcher Ryan des yeux et Lanie qui faisait de même avec Esposito. Mais leurs hommes disparurent rapidement, engloutis par les escaliers menant à la chapelle. Elles s’installèrent à même le sol dans un coin de la bâtisse. La jeune flic détailla le chef de leurs geôliers. Grand, de carrure plutôt imposante, elle pouvait distinguer ses muscles se dessiner sous la combinaison noire qu’il portait. La cagoule ne laissait entrevoir que sa bouche et ses yeux. Elle ne put retenir un frisson lorsqu’elle croisa son regard : ses yeux gris semblaient vides de toute émotion, reflétant la même distance par rapport aux évènements que le reste de son corps. Elle se demanda comment il pouvait rester aussi stoïque dans un moment pareil. Elle essaya de le déstabiliser :
«Vous savez que cette pièce regorge de flics ?
- Oh quelle surprise, c’est étonnant Lieutenant que vous ayez invité vos collègues à votre mariage! rétorqua-t-il froidement. A ce propos, je vous présente mes excuses d’avoir gâcher un moment si touchant... Je me rattraperai au baptême de votre enfant, enfin si vous avez le temps d’en avoir», ajouta-t-il dans un rictus qui se voulait sourire, tout en resserrant son emprise sur son arme.
D’accord, ça ne servait à rien d’aller sur ce terrain, du moins pour le moment. Il valait mieux le laisser dans son sentiment de pleine puissance et attendre. Il finirait bien par montrer une faille et elle n’aurait qu’à s’engouffrer dedans. Elle détourna le regard du chef qui ne la quitta pas des yeux et observa ses compagnes de fortune. Alexis serrait la main de Martha, tentant de se donner à toutes deux un peu de réconfort. Jenny se triturait les siennes et ne semblait pas pouvoir tenir en place. Gates semblait tout aussi frustrée de ne rien pouvoir tenter pour les sortir de là. Lanie, juste à sa gauche, semblait un peu plus calme ou du moins plus apte à cacher son trouble. Elle se tourna légèrement vers elle afin de pouvoir lui parler discrètement, leur ravisseur semblant soudain concentré sur autre chose.
«Tu as une idée de ce qu’il se passe ?
- Non pas la moindre, c’est toi la flic, répondit la métisse. Décidément ma chérie vous ne faites jamais rien comme les autres avec Castle.
- Effectivement...» soupira Kate.
Elles sursautèrent en entendant un son sourd s’échapper du fond de l’église. Ce bruit les laissa perplexes alors qu’il semblait ravir le preneur d’otages.
«Alors Lieutenant Beckett, vous n’avez toujours pas une petite idée de ce qui peut se tramer ici?
- Vu le bruit que je viens d’entendre, vous devez certainement être de ces pilleurs d’églises.
- Oh non Lieutenant, pilleur n’est vraiment pas un terme approprié. Je dirais plutôt ... collectionneur. Mais vous avez raison, un objet en particulier nous intéresse beaucoup, enfin du moins intéresse fortement mon employeur.
- Mais pourquoi avez-vous besoin de nous retenir ici? Vous feriez mieux de nous relâcher, vous seriez plus tranquilles pour emporter ce que vous voulez.
- Oh, je vous croyez plus perspicace Lieutenant ! Vous me décevez beaucoup...
- Désolée, lâcha-t-elle. Mais si vous m’expliquiez je pourrai peut-être me racheter?
- Non, vous laisser deviner est beaucoup plus amusant, et puis vous avez pas mal de temps devant vous, alors ça vous occupera!»
Ses allusions ne lui plaisait pas du tout : «vous avez pas mal de temps devant vous» : combien de temps allait-il encore les retenir ici? Il fallait avouer que son plan était plutôt intelligent. Comme le mariage venait à peine de débuter, la cérémonie devait durer encore un peu. Ce qui voulait dire qu’il n’y aurait pas d’aller et venus pendant un moment. Ils ne risquaient donc pas d’être interrompus par un quelconque gêneur. Cependant un détail la chiffonna :
«Vous avez fermé les portes de l’église?
- Non, j’ai respecté la tradition, on ne sait jamais, si quelqu’un s’opposait à votre union, répondit-il, toujours le même rictus gravé sur les lèvres.
- Mais vous ne craignez pas l’entrée d’intrus qui pourraient vous voir ?
- Avec les voitures pleines de tulles garées sur le parvis? Qui entrerait dans une église lors de la célébration d’un mariage voyons? Et puis si jamais ça se produisait, ne vous inquiétez pas pour moi, je vous l’ai déjà dis, tout est prévu.»
****
De leur côté, les hommes n’étaient pas beaucoup mieux lotis. La chapelle était plutôt sombre contrairement au reste de l’église et très mal isolée. Il y faisait assez froid alors que dehors le soleil rayonnait et qu’il ne faisait pas moins de 35° à l’ombre. Castle grelotta. Leur gardien semblait beaucoup plus nerveux que son chef. Il ne cessait de faire des allers et venus et sursautait au moindre bruit. Pourtant dès que l’écrivain tenta de lui parler, il vit instantanément le canon de son arme s’élever dans sa direction et abonna donc cette idée. Ryan et Esposito ne tenaient pas en place non plus, agacés d’être aussi impuissants. Ils pourraient facilement maîtriser l’homme qui se tenait devant eux, mais ils n’avaient aucune idée de ce qui se passait en haut. Ils avaient entendu un drôle de bruit un peu plus tôt. Peut-être un meuble que l’on déplaçait ou une porte qui se refermait lourdement. Si ça se trouvait d’autres hommes étaient arrivés, et vu leurs équipements ils n’étaient pas de taille à lutter. Il fallait qu’ils trouvent un moyen pour communiquer avec Beckett afin de se coordonner et sortir de là.
«Si tu as une de tes idées de génie, c’est maintenant bro’, lança Esposito.
- Fermez-là ! ordonna l’homme cagoulé en se rapprochant dangereusement du latino.
- Eh, calmez-vous, on essaye juste de faire passer le temps! répliqua Castle.
- J’ai dis la ferme, donc tu la boucles ou je te fais exploser la cervelle, menaça-t-il en posant le canon de son arme contre la tempe de l’écrivain.
- Richard, ne jouez pas au héros s’il vous-plaît, pas aujourd’hui», supplia Jim Beckett.
Castle le regarda, et voyant la réelle détresse dans son regard, il hocha doucement la tête pour le rassurer. Jamais il ne l’avait vu aussi apeuré. Et il savait que ce n’était pas pour sa vie qu’il craignait le plus, mais pour celle de sa fille dont il avait été séparé. L’écrivain soupira. Même le jour qui était censé être le plus beau de leur vie se transformait en véritable cauchemar ... Il fallait qu’il sorte de là pour voir ce qu’il se passait là-haut. Les trois femmes de sa vie s’y trouvaient, et il crevait de ne pas savoir comment elles allaient. Il attendit que leur garde s’éloigne un peu puis il se pencha légèrement vers le prêtre :
«Est-ce qu’il y a une sortie ici ?
- Non, il y en avait une, mais elle a été condamnée il y a peu, nous devons entamer des travaux de rénovations dans quelques temps alors nous sécurisons les lieux...
- Le seul accès est l’escalier que nous avons pris ?
- Non, il y a cette porte ici au fond.
- Où est-ce qu’elle donne?
- Derrière l’autel.
- Et donc à l’opposé de là où se trouvent les femmes, conclut Castle.
- Tu as un plan ? demanda Ryan.
- Je crois que oui.»
Chapitre 3
«Chef, la statue est déplacée, on a bientôt fini, hurla une voix provenant du fond du bâtiment.
- Parfait, répondit l’intéressé en jetant un oeil à sa montre, dans les temps. Alors Lieutenant, toujours pas d’idée sur l’objet de notre petite visite?
- D’après votre collègue vous êtes venus pour une statue... Je ne savais pas qu’il y en avait ici qui valait la peine d’une telle organisation.
- Moi non plus, à vrai dire les sculptures ne sont pas mon domaine de prédilection, je fais plutôt dans l’orfèvrerie normalement, mais disons qu’un million de dollars ça motive.
- Un million pour une statue ?
- Il paraît qu’elle est d’une valeur inestimable. Il s’agit d’une statue de Marie et du Christ, taillée dans du chêne massif du 17ème siècle, importée de France il y a une cinquantaine d’années. Elle est encore en excellent état et n’a pas souffert de la Révolution, ce qui est plutôt rare. De plus elle est l’une des dernières pièces d’un artiste renommé de l’époque.
- Une pièce en chêne ça ne doit pas être évident à transporter? s’enquit Beckett, plus pour le faire parler et trouver ce qui pourrait le déstabiliser que par intérêt réel des détails techniques. Pour cela il vous fallait du temps, d’où la prise d’otage.
- Ah, mais voilà qui est beaucoup mieux Lieutenant. Effectivement, ce n’est pas une tâche facile, d’autant plus qu’elle repose sur un socle en bronze. Mes hommes l’ont détachée de ce socle et à l’aide de poulies et autres sont en train de la charrier sur un plateau qu’ils feront ensuite rouler jusqu’à notre camion.
- Vous devez être entraînés pour y parvenir aussi rapidement, non?
- Bien essayé, mais vous pouvez me faire parler tant que vous voudrez, vous n’obtiendrez rien de moi.»
Cet homme était décidément perspicace et intelligent. Ca n’allait pas être facile de tourner la situation à son avantage. Surtout qu’un étrange sentiment s’était emparé d’elle depuis quelques instants. Elle ne pensait pas qu’un homme aussi minutieux laisserait autant de témoins derrière lui. Surtout après avoir pris autant de liberté en lui parlant. Elle pourrait aisément reconnaître sa voix et peut-être même son regard si jamais il était déjà fiché. Tout ceci ne pouvait conduire qu’à une seule conclusion : cette église serait certainement leur tombeau à tous...
****
«Alors Castle ? insista Ryan.
- Je vais avoir besoin de vous sur ce coup.
- Bien sûr bro’ !
- Alors voilà ce qu’on va faire. Je vais attirer l’attention de notre garde, pendant ce temps vous trouverez un moyen de le neutraliser en faisant attention qu’il n’avertisse pas ses complices.
- Ca ne devrait pas être bien difficile, il a l’air d’un bleu, remarqua Esposito en le regardant, posté au niveau des escaliers, ne remarquant même pas qu’ils désobéissaient à ses ordres.
- Méfiez-vous quand même, on ne sait jamais, intervint Jim.
- Ne vous inquiétez pas Monsieur Beckett, on sera prudent, répondit Ryan.
- Bien, une fois qu’il ne posera plus problème, je vais monter en éclaireur voir ce qu’il se passe là-haut.
- Hors de question que tu y ailles, tu ne vas sûrement pas risquer de te faire descendre le jour de ton mariage !, protesta Ryan.
- Et toi mon frère tu viens d’être papa, donc j’irai, répliqua le latino.
- Vous avez des gens qui vous aiment, j’ai vu comment la jeune métisse vous regardait. Je connais ces lieux mieux que personne, alors j’ouvrirai la voie, fit le prêtre.
- Vous n’êtes pas obligé de faire ça!
- Ces gens ont violé mon église, il faut que je fasse quelque chose pour empêcher ça. Et puis je suis vieux et sans famille, personne ne me regrettera à part peut-être quelques fidèles paroissiens.
- Comme vous voudrez alors, mais je me tiendrai juste derrière vous, répondit Esposito.
- Bien. Une fois là-haut, il faut absolument que l’on repère les quatre hommes. Normalement il y en a un avec les femmes au niveau du transept, les autres doivent être derrière le choeur.
- Et ensuite on fait quoi? Ils sont armés, pas nous.
- Il faut qu’on arrive à les prendre par surprise. Je ne sais pas ce qu’ils font exactement, mais le bruit qu’on a entendu tout à l’heure indique sûrement qu’ils sont plutôt occupés. Je pense à du pillage par exemple. Ce qui veut dire qu’au moins deux voir trois des hommes ont dû troquer leurs armes pour des outils. Il faut qu’on les neutralise en premier et on pourra libérer les femmes ensuite.
- C’est plutôt risqué votre plan, constata Jim.
- Je sais, mais je ne supporterais pas une seconde de plus coincé ici.
- Moi non plus, répondit-il.
- Bien, vous êtes prêts? puis voyant que tous hochaient la tête : Monsieur, hey monsieur !
- Mais vous êtes bouchés ou quoi, je vous ai dit de la fermer !! hurla-t-il pointant sur arme sur lui, tournant le dos aux autres détenus.
- Eh, tout doux, ne vous inquiétez pas, je vous ai bien compris! Ca serait sympa de baisser ce... truc, fit l’écrivain. Non? Bon comme vous voudrez, mais j’avais juste une petite question en fait.
- Dites toujours ? répondit l’homme, méfiant.
- Voilà, euh... Ca fait quelques heures que je suis enfermé dans ce costume, et avec toutes les émotions du mariage et puis... de cette délicieuse surprise... il faudrait que... enfin vous voyez quoi...
- Euh non, je ne vois pas, répondit l’homme, plutôt perplexe.
- Il faut qu’il aille au petit coin» expliqua Esposito, qui venait d’arriver par derrière, avant de taper dans son bras ce qui lui fit lâcher son arme tandis que Ryan le bâillonnait avec sa cravate. Il attrapa celle du latino et lui serra fermement les mains dans son dos, puis le fit s’assoir dans un coin et fit de même avec la cravate de Castle et ses jambes. Pas très habituelle comme méthode, mais efficace. Après avoir échangé un regard entendu, ils se dirigèrent tous à la suite du prêtre et montèrent les escaliers avec grande prudence. A quelques marches de la sortie, le prêtre leur fit signe d’attendre là, le temps qu’il s’assure que la voie était libre. Il fit quelques pas, puis indiqua à Esposito qu’ils pouvaient le rejoindre. Ils se massèrent tous derrière les colonnes entourant le coeur.
****
De là où elles se trouvaient, les femmes ne pouvaient pas voir leurs sauveteurs cachés au fond de l’église. Les traits étaient de plus en plus tirés par la fatigue et l’angoisse. Kate avait perdu toute notion du temps et ignorait depuis combien de temps ils étaient retenus prisonniers. Elle continuait de chercher un moyen de les sortir de là, mais l’homme qui les surveillait ne les lâchait pas du regard, ce qui empêchait toute tentative de communication. Il semblait être à l’affut du moindre mouvement suspect, et elle n’avait pas vraiment envie de lui donner une occasion de prouver son adresse avec les armes à feu.
Elle avait beau réfléchir, elle restait persuadée que quelque chose lui échappait. Quelque chose ne collait pas dans ce qui se déroulait devant elle. Pourquoi avoir choisit de frapper pendant un mariage, alors que l’église était extrêmement peu fréquentée en semaine? Il aurait suffit de poster des gens à l’entrée afin de réguler l’accès, en inventant n’importe quel prétexte. Pourquoi attendre que l’église soit autant fréquentée? Son sang se glaça dans ses veines :
«Vous n’êtes pas là que pour la statue n’est-ce pas?»
Chapitre 4
«Vous n’êtes pas là que pour la statue, vous êtes là pour l’un d’entre nous?
- Ah, voilà, enfin Lieutenant! Vous avez mis exactement 2 heures 32 minutes et 12 secondes à découvrir le pourquoi du comment. Allez, vous y êtes presque, à vous de me dire ce qui m’intéresse tant dans cette église!
- Vous avez tout préparé méticuleusement depuis le départ. Chaque minute de votre plan est rodée comme du papier à musique. Le fait que vous ayez choisit de frapper pendant mon mariage ne peut donc signifier qu’une seule chose : vous êtes là pour quelqu’un qui est présent. Vous l’avez dis vous-même, nous faisons la une des tabloïds ces derniers temps. Mais comment avez-vous su que nous nous marierons ici? Le lieu avait été tenu secret afin d’éviter la présence de la presse!
- Je ne révèle jamais mes sources voyons! Mais continuez, ça commence à être intéressant.
- Vous ne pouviez pas savoir qui nous allions inviter, où alors votre informateur est très bien renseigné. Mais vous avez fait plusieurs fois référence au mariage, vous vous êtes même excusé de le perturber : vous êtes donc là soit pour Castle, soit pour moi. Vous êtes resté avec les femmes et vous avez dit à plusieurs reprises que je vous décevez, et sous-entendu que d’habitude je me révélais plus perspicace : vous êtes donc là pour moi.
- Ah, enfin je vous retrouve Lieutenant, fit-il en applaudissant, un large sourire fendant sa bouche.
- J’en déduis que je vous ai déjà croisé?
- Quoi, vous ne savez pas qui je suis?
- Non, avoua-t-elle, sincère.
- Faites un petit effort voyons. Vous avez de la chance, je ne vous éliminerai que lorsque vous aurez deviné mon identité. Mais attention, si jamais vous êtes trop longue, je commencerai pas tuer vos gentilles amies, rétorqua-t-il en visant Alexis.
- NON ! hurla Kate. Si vous touchez à un seul de leurs cheveux, je vous promets...
- De quoi? Faire de ma vie un enfer? Ca vous avez déjà réussi! Mais c’est mon jeu, alors cette fois-ci on joue selon mes règles.
- Donnez-moi un indice alors!
- Je vous en ai donné plein. A vous de jouer.»
Les yeux gris de l’homme étaient maintenant emplis de haine. Tout portait à croire qu’il ne bluffait pas, et qu’il fallait qu’elle trouve rapidement qui il pouvait bien être. L’arme pointait toujours dans la direction de la jeune rouquine. Beckett tenta de la rassurer d’un regard, mais elle était elle-même morte de peur. Elle se concentra sur le regard de leur ravisseur. Elle l’avait déjà croisé, oui mais où ? Apparemment elle avait fait de sa vie un enfer : ce peut-il qu’il fut un suspect ou le coupable d’une enquête? Elle fit abstraction de tout ce qu’il se passait autour d’elle et se concentra d’avantage, tentant de fouiller au plus profond de sa mémoire. Il avait parlé de cambriolages, de bijoux. Elle avait enquêté sur plusieurs cambriolages qui avaient mal tournés au cours de sa carrière... Elle le détailla : il était toujours aussi impassible, comme si tout cela ne l’atteignait pas, comme si tout n’était qu’un jeu. Un jeu ! C’est ça! Il avait souvent évoqué le monde du jeu. Et le lien entre cambriolage et jeu c’était :
«Le Resorts World Casino ! C’était vous !, s’exclama-t-elle soudain, faisant sursauter toute l’assemblée. Alors que la sécurité était maximale dans la salle des jeux, il y avait une faille au niveau des appartements. Vous aviez détourné adroitement les systèmes et vous aviez dérobés pour plusieurs millions de bijoux aux riches clients de passage. Seulement vous n’aviez pas prévu qu’une femme de ménage ferait du zèle en retournant dans une chambre sur un caprice d’un client et elle vous a surpris. Vous étiez tellement sûr de vous que vous n’aviez même pas pris la peine de porter une cagoule. Elle aurait donc pu facilement vous identifier et posait ainsi un réel problème. Sans vraiment réfléchir vous avez fait ce que vous faites toujours : régler le problème. On l’a retrouvée égorgée dans une des chambres que vous aviez visitée. Le soucis c’est qu’elle vous avez retardé, et votre timing n’était plus respecté. Votre plan a eu un tout petit accroc, et c’est ce qui vous a trahi. Le vigile a remarqué que quelque chose clochait dans les images qu’il recevait, et a relancé les caméras. Il a ainsi pu obtenir une image de vous juste au moment où vous quittiez le bâtiment.
- Bravo Lieutenant, finalement vous n’avez pas trop perdu la main, fit-il en s’inclinant avec respect, remettant son arme le long de son corps, ce qui provoqua un soupire de soulagement chez toutes les jeunes femmes. C’était vous qui aviez émis cette théorie à l’époque, alors que vous faisiez vos premiers pas à la criminelle et que vous n’étiez encore qu’une bleue. Sans vous personne n’aurait pu retrouver ma trace.
- La victime s’appelait Maria Davis, elle avait un bébé d’à peine deux ans, répondit-elle, fouillant toujours dans sa mémoire pour trouver le nom de ce salaud. C’était la première fois que je devais annoncer le décès à la famille...
- Si elle ne s’était pas pointée dans cette foutue chambre, je n’aurai jamais eu besoin de la tuer, et je serai en train de me la couler douce sur une île déserte, souffla-t-il.
- Seulement vous avez écopé de 20 ans de prisons, pour meurtre et vol, James Moore.
- Mesdames, vous pouvez remercier votre amie, je n’aurais pas à vous coller une balle dans la tête, elle vient de gagner la partie, lança-t-il visiblement satisfait du nom qu’elle venait de prononcer. Effectivement j’ai pris 20 ans grâce à vous, mais je suis sorti plus tôt pour bonne conduite.
- Bien, maintenant que le jeu est terminé, vous allez les laisser partir n’est-ce pas? C’est moi que vous voulez, les autres ne vous sont d’aucune utilité, tenta la jeune femme.
- Ah mais attention, ne confondez pas tout!
- Comment ça?
- La partie est terminée, mais le jeu continu, expliqua-t-il dans un rire mauvais.
- Je ne comprends pas, vous avez dis que si je trouvez votre identité... protesta Kate.
- Je ne collerai pas une balle dans la tête de vos amies et je tiens parole.
- Mais alors?
- Ce fut un réel plaisir de vous revoir. Et toutes mes félicitations, dommage que vous n’ayez pas eu le temps d’échanger les alliances. Je vais devoir vous quitter, les affaires m’appellent, mais j’ai un petit cadeau pour me faire pardonner. J’espère que vous aimez les feux d’artifice!»
Kate eu à peine le temps de réaliser ce qu’il venait de dire qu’il disparaissait déjà. Tout sembla tourner au ralentit à partir de ce moment. Elle hurla qu’il y avait une bombe et qu’ils devaient sortir de là. Jenny, Martha, Alexis et Lanie se ruèrent vers la porte. Kate se retourna vers Gates, ne comprenant pas pourquoi elle ne bougeait pas, puis regarda dans la même direction qu’elle et se figea. De cette place elle voyait l’endroit où devait se trouver la statue quelques instants plus tôt. Elle avait été remplacée par un empilement d’explosifs qui devaient être assez puissant pour faire sauter toute l’église et même quelques bâtiments aux alentours. Mais ce n’est pas ça qui lui glaça le sang.
****
Le spectacle qui se déroulait devant eux les pétrifia littéralement. Les trois hommes semblaient avoir disparus, et à la vraisemblable place d’une statue dont on distinguait encore le socle se trouvait un enchevêtrement de fils et d’explosifs. Une minuterie affichait un décompte peu rassurant : 59 secondes, 58, 57, 56... Il fallait agir vite, ils étaient trop loin de la sortie, ils n’auraient pas le temps de la rejoindre. Castle s’avança de quelques pas, fit signe à ses compagnons de fortune de se mettre à couvert et regarda dans la direction des femmes. Elles étaient au niveau de la porte, prêtes à sortir, sauf Gates et Kate. Il vit qu’elle le regardait. Alors il lui sourit, peut-être pour la dernière fois, et avança d’un pas décidé vers la bombe.
CASTLE NON !!!
Chapitre 5
Bip, Bip, Bip, Bip.
Il entrouvrit lentement les yeux, n’ayant aucune idée de l’endroit où il se trouvait. Une douleur irradiant son bras droit le fit grimacer de douleur. Il tenta de se remémorer les évènements, mais c’était le trou noir. Il regarda à sa droite, mais ne rencontra qu’une chaise vide. Alors il sentit une pression dans sa main gauche, celle d’une main qu’il reconnaitrait entre des milliers, et il sentit surtout un doux parfum, celui de cerise. Il se retourna :
«Eh, tu es réveillé, lui fit Kate venant s’assoir à ses côtés. Elle avait troqué sa jolie robe pour une tenue plus confortable.
- Qu’est-ce qu’il s’est passé?
- Tu as voulu jouer au héros et tu nous a fait une belle frayeur... Tu ne te souviens pas?
- La dernière chose dont je me souvienne c’est d’être dans une église, à côté d’une ... bombe.
- Tu as cherché à la désactiver, mais tu ne t’y connais pas plus que la dernière fois, alors tu as décidé d’arracher tous les fils, à nouveau...
- Et ça a explosé ? Comment vont les autres? demanda l’écrivain inquiet.
- Oh non, rassure-toi, tu es devenu un pro du désamorçage de bombes, tu as désactivée avec succès ton troisième engin explosif!
- Mais alors qu’est-ce que je fais à l’hôpital?
- Et bien disons que... Les fils t’ont opposés un peu de résistance puis sont venus d’un seul coup, ce qui t’as déséquilibré. En tombant tu as voulu te rattraper avec ton bras, mais tu as dû mal le positionner et tu t’en sors avec une vilaine fracture. Ils ont dû t’opérer, tu devrais garder une broche quelques temps.
- Pas vraiment glorieux tout ça...
- On va retenir que tu nous as sauvé la vie à tous, le reste n’est que détail, fit Kate en souriant, caressant tendrement le visage de son homme.
- Je suis désolé, pour le mariage, je voulais que ce soit exceptionnel, mais là c’est raté...
- Ce n’est pas de ta faute! Et ça l’a été, exceptionnel, qui a le droit à une prise d’otage ce jour là, ajouta-t-elle en riant.
- C’est vrai, répondit-il riant à son tour. Tu sais pourquoi ils étaient là ?
- Ils étaient venus voler une statue, apparemment de grande valeur.
- Mais pourquoi poser une bombe alors?
- Ils étaient également venus pour moi...
- Quoi ? demanda Castle surpris.
- Le chef de la bande est James Moore, l’un des premiers criminels que j’ai mis en prison. Il avait tué une jeune femme lors du cambriolage d’un casino.
- Et ils sont passés où?
- Ils ont pris la fuite peu de temps avant ta remarquable intervention. Seulement, dans son plan si minutieux, Moore n’avait pas prévu qu’il y aurait un embouteillage monstre à cause d’un accident de voiture. Pendant que j’appelai les secours, Gates a appelé le poste, et nos hommes ont réussi à les retrouver. A l’heure qu’il est ils croupissent en prison en attendant leur jugement. Et on a également retrouvé votre gardien, rappelle moi de ne jamais t’offrir de cravate, vu dans quel état elles ont fini...
- Il aura réussit à tout gâché, on n’a même pas eu le temps d’échanger les alliances !
- Attends, ne bouge pas je reviens.»
Elle disparut dans le couloir laissant un Castle un peu perdu. Elle revint rapidement :
« Richard Edgar Alexander Rodgers Castle voulez-vous prendre Katherine Houghton Beckett comme épouse, et promettez-vous de lui rester fidèle dans le bonheur ou dans les épreuves, dans la santé et dans la maladie, pour l’aimer tous les jours de votre vie?
- Tu as fait venir le prêtre à l’hôpital ?!, demanda Castle surpris en voyant celui qui avait participé activement à leur libération entrer dans sa chambre, la Bible entre ses mains.
- Tous les invités sont restés, le mariage n’était pas terminé, se justifia Kate en souriant. Mais tu dois répondre maintenant.
- Oui ! répondit-il alors en regardant tout à tour le prêtre et la jeune femme, caressant du bout de son pouce le dos de sa main qui n’avait pas quitté la sienne depuis son réveil.
- Katherine Houghton Beckett voulez vous prendre Richard Edgar Alexander Rodgers Castle comme époux et promettez-vous de lui rester fidèle dans le bonheur ou dans les épreuves, dans la santé et dans la maladie, pour l’aimer tous les jours de votre vie?
- Oui, répondit-elle dans un grand sourire.
- Je vous déclare alors unis par les liens sacrés du mariage.»
Tous les invités passèrent la porte à ce moment, applaudissant et célébrant cette fin heureuse. Alexis s’approcha d’eux et leur tandis les alliances. Après les avoir passé au doigt de l’autre, ils s’embrassèrent tendrement, célébrant la vie, leur nouvelle vie. Esposito et Ryan s’emparèrent de deux petits sacs qui contenaient du riz et en jetèrent dans toute la pièce sous les rires de l’assemblée en criant «vive les mariés» à tue-tête. Certains membres de personnel médical passant dans le couloir se joignirent à la fête et les jeunes époux reçurent des félicitations de gens qu’ils ne connaissaient même pas.
Cependant il était tard et ils devaient faire un peu trop de bruit, car une infirmière vint leur demander de quitter la chambre du malade afin de ne pas troubler le repos des autres patients. Les jeunes mariés retrouvèrent enfin un peu d’intimité.
«Je ne pensais pas passer ma nuit de noce à l’hôpital, fit Kate en riant, s’allongeant à ses côtés et se blottissant contre le torse de son mari.
- Moi non plus, répondit-il en passant son bras valide autour de ses épaules et l’attirant à lui pour un nouveau baiser. En tous cas, Madame Castle, je vous trouve très en beauté ce soir.
- Vous n’êtes pas mal non plus Monsieur Castle.
- Sérieusement? En tenu d’hôpital ?
- Ca te donne un petit côté sexy... répondit-elle dans un clin d’oeil avant de capturer ses lèvres dans un baiser qui ne tarda pas à être approfondi.
Ils durent attendre le lendemain matin pour que Castle puisse sortir. Ils purent enfin célébrer leur mariage comme il se devait au Old Haunt en présence de tous leurs amis et du prêtre, Castle ayant insisté pour qu’il soit présent. Jenny avait même emmené leur petit bout de chou quelques heures afin de le faire participer à la fête.
Alors que les conversations battaient leur plein, Jim Beckett tapa légèrement du bout de son couteau sur son verre afin d’attirer l’attention. Tout le monde se tut et l’observa, Kate la première, surprise. Il se leva, prit son inspiration puis commença :
« Je voudrais porter un toast à nos jeunes mariés. Je ne suis pas vraiment doué pour les longs discours, mais je vais essayer quand même. Katie, ma chérie, ma puce, mon bébé, oui même si tu viens de te marier tu restes mon bébé !, ajouta-t-il en voyant sa fille lever les yeux au ciel. Alors Katie, mon grand bébé, je me souviens de chacune des merveilleuses secondes que nous avons partagées. De ta naissance, tes premiers pas, tes premiers mots, ton premier jours à la crèche où tu étais l’une des rares à ne pas pleurer, déjà du caractère, de ton premier jour d’école, de ton premier petit copain, que je ne pouvais pas encadrer, de ta sortie de l’école de police, si fière et de tas d’autres moments qui ont tant sublimés ma vie et celle de ta mère! Elle aurait été tellement fière de toi aujourd’hui, tu es si belle et si rayonnante de bonheur, fit-il, souriant en la voyant se blottir dans les bras de son écrivain.
«Aujourd’hui mon bébé a bien grandit, il est sur le point d’entamer une nouvelle vie auprès de celui qu’il a choisit et je te souhaite tout le bonheur possible! Tu es devenue une femme extraordinaire, tous tes amis sont là pour en témoigner, et ce malgré ce que nous avons, mais surtout ce que tu as traversé. Je ne te remercierai jamais assez d’avoir su prendre soin de moi au moment où un père aurait dû prendre soin de son enfant, et de me permettre d’assister à ce genre d’évènements, puis il se tourna vers Castle :
«Je voulais vous remercier également Richard, d’avoir redonné à ma fille ce si joli sourire que je n’avais plus vu depuis des années. Je vous ai demandé de prendre bien soin d’elle à l’église, mais je n’ai aucun doute là-dessus. Et puis de toute façon, il n’y a pas que ma fille qui sache se défendre, ajouta-t-il ce qui déclencha des rires dans l’assemblée. Enfin tout ça pour dire que je suis très fier de toi ma Katie, même si je crois l’avoir déjà dis, et que tu ne peux pas imaginer à quel point je t’aime et je suis heureux en ce merveilleux jour.
«Vous venez de vous marier pour le meilleur et pour le pire, vu la cérémonie j’espère sincèrement qu’il ne vous reste plus que le meilleur devant vous! Je vous souhaite de vivre heureux et de profiter de chaque instant que la vie vous offrira...».
Il allait se rassoir mais la jeune femme se précipita dans ses bras, émue devant ce si beau discours. L’assemblée n’était pas beaucoup plus fière malgré les nombreux applaudissements, Martha essuya même discrètement une petite larme. Puis pour détendre l’atmosphère qui s’était soudain chargée d’émotion, elle se leva et dans de grands gestes cria : «Champagne pour tout le monde, je crois qu’on va en avoir besoin!». Cette phrase eut l’effet escompté, les conversations reprenant de chaque côtés de la table. Kate embrassa tendrement la joue de son père, lui murmurant un «je t’aime aussi papa», puis vint rejoindre son homme et se mêla aux festivités.
Ils dansèrent, rirent, chantèrent même lors d’un karaoké plutôt laborieux, jusqu’au bout de la nuit.
A cause du bras de l’écrivain, les jeunes mariés avaient dû repousser leur lune de miel, mais cela ne les empêcha pas de passer enfin une nuit de noce digne de ce nom, sans se douter que dans neuf mois un petit être viendrait bouleverser leur univers...
FIN