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Série : Castle
Création : 28.10.2013 à 17h18
Auteur : judy1
Statut : Terminée
« La vie nous impose parfois des choix à faire... Que seriez-vous prêt à faire par amour? » judy1
Cette fanfic compte déjà 20 paragraphes
Sacrifices
Chapitre 1 :
Kate était assise dans l’herbe, les yeux ruisselants de larmes qu’elle ne parvenait pas à arrêter. Elle avait beau regarder encore et encore les lettres ainsi que les dates gravées dans la pierre, elle n’arrivait toujours pas à y croire. Elle ne comprenait toujours pas comment tout ça était possible.
Un an déjà. Un an que l’amour de sa vie était mort… Elle ne comprenait pas comment ni pourquoi. Elle passait des soirées entières assise là, devant sa tombe, se remémorant encore et encore ses deux derniers jours, les 48 heures où tout avait basculé :
Ils venaient juste de mettre le sénateur Braken derrière les barreaux. Il était accusé de trafic de drogue, mais Beckett ne désespérait pas de trouver bien plus comme chef d’accusation. Castle et elle savouraient cette victoire, tranquillement au loft en s’accordant une soirée TV avec un bon verre de vin. Elle se rappela une petite lumière passant devant ses yeux, puis sans qu’elle n’en comprenne la raison Castle s’était jeté sur elle. Une vitre se brisa et la balle se logea dans l’épaule de Rick.
Les secours avaient fait vite, les services de police et l’équipe de la scientifique aussi.
Une partie de ces 48 heures avaient été effacée de sa mémoire, ne gardant que les parties les plus traumatisantes. Elle se souvenait du trajet en ambulances, des heures d’attentes angoissantes dans ce couloir, elle revoyait encore Rick allongé sur le lit, relié aux machines et tentant de lui sourire pour lui affirmer que tout allait bien. Elle entendait encore le médecin lui assurer que l’opération s’était bien passée et qu’il pourrait rentrer chez lui d’ici quelques jours… Tout allait bien. Il plaisantait, semblait en forme… Et pourtant, au milieu de la nuit, le médecin en chef du service l’avait appelée pour lui annoncer que le cœur de son ami s’était arrêté. Le sien aussi c’était arrêté ce soir-là, c’est en pyjama qu’elle arriva à la morgue, complètement désorientée. Elle avait exigé de le voir, elle l’avait serré dans ses bras, elle l’avait supplié de se réveiller. Pendant plus d’une heure elle s’était accrochée au corps de Castle, lui hurlant son amour et l’implorant de ne pas la quitter. C’est Lanie qui l’avait raisonnée, la seule qu’elle ait accepté d’écouter. Rick Castle était mort, il n’y avait plus rien à faire.
Un an déjà… Ou seulement ! Le temps semblait tellement long, ça faisait une éternité pour elle. Mais la douleur était toujours aussi vive.
Elle était plongée dans ses douloureux souvenirs lorsqu’une main bienveillante se posa sur son épaule.
-« Mademoiselle Beckett ? » assura l’homme en souriant.
-« Encore vous ? » demanda-t-elle, sans le moindre reproche pour autant.
Elle avait reconnu cet homme à la seconde où elle l’avait vu la première fois. Il devait avoir plus de soixante-dix ans. Les cheveux blancs, une fine barbe bien entretenue et des yeux marrons, presque noirs. Son regard était toujours triste, limite usé par le temps. Elle se souvint encore lui avoir demandé pourquoi à son âge il n’était pas tranquillement à la retraite. Il lui avait simplement répondu qu’il se reposerait lorsqu’il aurait la certitude que sa mission serait une réussite. Même si elle n’avait rien comprit, elle n’avait pas cherché à en savoir d’avantage.
« Ça fait un an ! »
-« Je sais… »
-« Vous étiez là, vous êtes médecin ! Qu’est-ce qui s’est passé ? » supplia-t-elle une fois de plus, comme si cette homme détenait toutes les réponses.
-« Je l’ignore Mademoiselle. » il resta quelques secondes silencieux, respectent la douleur de cette femme. « Je vous ramène ? »
Kate leva les yeux vers lui.
-« Qu’est-ce que vous faites ici ? Pourquoi venez-vous aussi souvent ? »
-« C’était un brave homme… Il avait beaucoup d’humour. Je sais qu’il tenait à vous… Alors je fais ce qu’il m’a demandé : je veille sur vous ! » assura-t-il une fois de plus.
Comme à chaque fois, il lui donna la même réponse. Préférant rester vague sur les explications. Il finit par lui tendre la main.
La première fois qu’il fit se geste, il dû attendre plus de 10 minutes avant que Kate n’accepte son offre et se fasse raccompagner par cet inconnu. Mais aujourd’hui, ça faisait un an qu’elle le croisait régulièrement, un an qu’il restait avec elle, un an qu’il l’écoutait parler de cet homme qu’elle aimait plus que tout, un an qu’il veillait à ce qu’elle rentre chez elle saine et sauve.
Elle prit sa main et comme toujours, il l’aida à se relever et la reconduisit chez elle. Le trajet n’était pas bien long et heureusement, car un silence religieux régnait. Comme tous les soirs, ou presque, Beckett ouvrit la porte, le remercia et rentra chez elle.
L’homme dans la voiture attendit de voir les lumières de son appartement s’allumer avant de s’éloigner. La preuve qu’elle était bel et bien rentrée. Il tourna au coin de la rue et retrouva un autre véhicule à deux pâtés de maisons.
-« Tu l’a eu ? » demanda-t-il à un homme bien plus jeune que lui.
-« Sans soucis. Il se cachait derrière une autre tombe. »
-« Le même qu’au bar ? »
-« Oui, c’est lui. Mais cette fois il n’a pas eu le temps de nous fausser compagnie ! » assura-t-il.
-« Bien fiston… Il est calme ? »
-« Avec le coup qu’il a reçu sur la tête ? On fera le chemin tranquille ! » Assura-t-il avec un sourire. « Comment va-elle ? » demanda-t-il presque gêné.
-« Aussi mal qu’au premier jour ! » assura l’ainé en lui donnant une tape sur l’épaule.
Chapitre 2 :
368 jours plus tôt, salle d’interrogatoire du 16th district, service des stups’
Castle et Beckett entrèrent dans la salle d’interrogatoire, sourire aux lèvres.
-« Braken ! » jubila-t-elle.
L’inspecteur présent salua l’inspectrice.
-« Merci d’être venue Lieutenant Beckett. Il ne veut parler qu’à vous. »
-« Avez-vous des choses à avouer ? » demanda Castle en prenant place.
-« Trafic de drogue ? » assura Beckett après le départ de l’inspecteur. « Je ne pensais pas vous faire tomber pour ça, mais c’est toujours mieux que rien… Et qui sait, en fouillant un peu j’arriverais peut-être à trouver mieux ! »
-« C’est un coup monté… »
-« Tient donc, on ne me l’a jamais fait celle-là ! » ironisa-t-elle, complètement blasée. « Je me demande bien qui pourrait vous en vouloir ? »
-« Lieutenant Beckett, j’admets avoir pas mal de choses à me reprocher, et un certain nombre d’ennemis à mes trousses, mais vous croyez vraiment que je serais assez stupide pour me balader avec 50 capsules qui m’enverrais directement en prison ? »
-« Si vous nous parliez de ces ‘choses à vous reprocher’ ! » tenta Castle avec une petite dose d’humour alors que Beckett réfléchissait.
Il était vrai qu’elle était loin de porter Braken dans son cœur et qu’elle l’enverrait volontiers à la chaise électrique, mais elle devait se rendre à l’évidence : les conditions de son arrestations restaient bien vagues.
-« Qu’est-ce que vous attendez de moi ? » demanda-t-elle directement.
-« Faites-moi sortir d’ici. »
Beckett explosa de rire alors que Castle resta bouche bée devant autant de culot.
-« Et vous pensez vraiment que je vais vous aider ? » répondit Beckett en se levant, s’apprêtant à quitter la pièce.
-« Le dossier a explosé avec Maddox ! » tenta-t-il désespérément. « Si vous l’aviez lu, si vous saviez ce qu’il contenait, ce n’est pas après moi que vous chasseriez. »
Kate et Rick se regardèrent. Visiblement Braken marquait un point.
« La seule raison pour laquelle vous êtes encore en vie, c’est parce que j’étais en mesure de les maintenir tranquilles. Si vous me mettez en prison, vous signez notre arrêt de mort à tous les deux ! »
Beckett le regardait avec son regard menaçant.
-« Et vous croyez vraiment que je vais vous croire ? » dit-elle en le regardant droit dans les yeux. « La seule raison pour laquelle je suis toujours en vie, c’est que vous savez que s’il m’arriverait quelque chose, mes inspecteurs prendraient le relais et s’acharneraient contre vous jusqu’à ce que vous ayez enfin ce que vous méritiez. »
-« Vous croyez vraiment que si j’étais l’unique responsable de ce qui est arrivé à votre mère vous ne m’auriez pas déjà arrêté ? Si vous n’avez rien trouvé, c’est parce que vous ne cherchez pas au bon endroit. » assura-t-il.
-« Alors dites-moi où chercher. » nargua-t-elle.
-« Remonter à la source. Là où tout a commencé, il y a plus de 20 ans. »
-« Je ne marche pas Monsieur le Sénateur ! Vous avez été arrêté en possession de drogue devant un lycée, alors que vous faisiez des propositions indécentes à un mineur. Vous allez tomber pour ça, et je ne me gênerais pas pour venir compléter la liste des accusations. » assura Beckett avant de se relever et de quitter la pièce, sans un dernier regard pour cet homme.
-« Monsieur Castle ! » tenta Braken en attrapant le bras de Castle. « Je me suis fait piéger… Je sais que je mourrais en prison, mais je crains que je ne sois pas le seul dans la ligne de mire. Si vous me faites sortir d’ici, je peux encore tenter de les raisonner. »
-« CASTLE ! » appela Beckett.
L’écrivain obéît aux ordres. Il se dégagea de l’emprise de Braken, mais le regard qu’il lui lançait était rempli d’incompréhension.
-« Et s’il disait vrai ? » tenta Rick en quittant le service de stups.
-« Castle. On parle de Braken là. Tu as déjà vu un politicien dire la vérité ? Je me fiche de savoir pour quel raison il tombe, ce qui m’importe c’est qu’il se retrouve derrière les barreaux. »
-« Mais…. »
-« Ecoute Rick, J’aurais de très loin préféré qu’il soit jugé pour le meurtre de ma mère, mais je me contente de ça. Et si ça peut te rassurer, je te promets que si Braken meurt on mènera une enquête, ça te va ? » lança-t-elle pour que Castle arrête de lui casser les oreilles. Tout ce qu’elle voulait c’est que ce salaud se retrouve en prison. Une fois sous les verrous elle pourrait faire pression sur lui pour qu’il avoue enfin.
-« Très rassurant ! »
Rick continua de la suivre mais son esprit restait préoccupé par les paroles de Braken.
Deux jours plus tard, Braken avait été transféré dans un établissement pénitentiaire de très haute sécurité où il avait la chance d’avoir une cellule rien que pour lui. Pourtant, vers 22 heures, lors de sa ronde, le gardien le trouva inanimé. Le verdict fut rapide : overdose.
Au même moment, chez Castle, Rick et Kate savouraient cette victoire : Braken était en prison et y passerait certainement de longues années. Ils étaient l’un contre l’autre sur le divan, Castle regardant Kate tout en lui parlant des derniers projets d’Alexis alors que le film commençait déjà.
Il vit un faisceau de lumière rouge bouger sur le visage de Kate et s’immobiliser sur son front. Sans prendre le temps de réfléchir il bondit.
-« Couche toi. » hurla-t-il.
L’une des vitres du salon se brisa et la balle toucha Rick à l’épaule.
-« Castle ? » appela Kate, paniquée en voyant la tache de sang s’étendre.
-« Ça va aller, ce n’est que l’épaule… »
Rassurée, Beckett rampa jusqu’au mur et éteignit les lumières, prit son portable pour appeler les secours et aida Rick à se mettre hors du champ de vision du tireur.
Chapitre 3 :
Ça faisait deux jours que Castle était à l’hôpital. Esposito et Ryan avait arrêté le sniper le soir même. Il s’agissait d’un jeune homme de 25 ans, fervent partisan de Braken qui n’avait pas supporté l’idée que son leader soit en prison.
De son côté, Castle restait allongé. Entre les allées et venues des médecins, des infirmières et les visites de Beckett, il n’avait pas intérêt à faire autrement de toute manière. Pour l’instant, il était seul. Kate avait consenti à rentrer au loft pour se reposer, donc elle ne devait pas revenir avant l’heure autorisée pour les visites. Rick regardait avec envie la télécommande de la TV qui le narguait à l’autre bout de la pièce. L’infirmière la lui avait confisquée à 4 heures du matin en éteignant la télévision et ordonnant au patient de se reposer.
« A ta place je ne me lèverais pas !» assura un homme âgé, en blouse blanche.
Reconnaissant la voix de son père Castle interrompit son mouvement et resta une seconde sans réaction. Une infirmière entra à ce moment-là. Elle dévisagea l’homme en blouse blanche, donna des antis-douleurs au patient et s’assura que tout allait bien avant de repartir.
-«J’ai reçu ton message. Tu sais, tu n’étais pas obliger de prendre une balle pour me faire venir ! »
-« Tu aurais dû me le dire plus tôt.» plaisanta Rick. « J’ai besoins de ton aide. » affirma-t-il en redevenant sérieux en un quart de seconde.
-« Je t’écoute. »
-« Sans le savoir Kate a contribué à mettre en prison sa seule bouée de sauvetage. Il a tenté de l’avertir, mais elle n’a rien voulu savoir. L’homme est mort en cellule et cette balle était pour elle. »
-« Tu parles de Braken ? »
-« Tu sais quelques chose ? »
-« Tous les journaux en parle... Tu veux que je trouve qui l’a tué ? »
-« Non. Pas uniquement. Je veux savoir qui est derrière tout ça. Je veux savoir ce que cachait Braken. Si ça consterne Kate, ça a un rapport avec la mort de sa mère. Je veux savoir comment tout a commencé et tout arrêter. »
Le père de Rick écoutait avec attention, redoutant le moment où il allait enfin le dire.
« Je veux être un espion. »
-« Ce n’est pas aussi simple. Il y a énormément de dangers... Il faut se couper de tous les gens qu’on connaît. Je doute que Beckett te laisse partir ou ne te recherche pas au cas où tu disparaîtrais »
-« J’y pense depuis deux jours. Il est hors de question que je reste sans rien faire, attendant le prochain sniper. Je ne veux pas la voir mourir et savoir que je n’ai rien fait pour empêcher ça. Elle saura ou je suis... Du moins elle pensera le savoir. »
La porte s’ouvrit brusquement et un homme entra en hurlant.
-« Monsieur Caste ! Me harceler de message toutes les 5 minutes n’est pas une très bonne idée. Sauf pour atterrir sur ma table d’autopsie. »
-« En fait, c’est ce que je voudrais… Mais sans être totalement mort ! » précisa-t-il en gardant son habituel sens de l’humour.
-« Au revoir Monsieur Castle ! » Fit Perlmutter en lui tournant le dos.
-« Si vous ne m’aidez pas, c’est le corps de Beckett que vous allez retrouver sur votre table. »
Le légiste s’arrêta deux secondes, le temps de la réflexion, avant de se retourner pour faire à nouveau face à Castle.
-« Braken a essayé de l’avertir. Il est mort et au même moment un dingue nous prend pour cibles. Je ne crois pas aux coïncidences. »
-« Vous croyez aux fantômes, aux zombies, aux loups garous… »
-« Pas quand c’est la vie de Kate qui est en jeu. » affirma-t-il avec un sérieux que le légiste ne lui connaissait pas.
-« Et qu’est-ce que je suis sensé faire ? » demanda Perlmutter.
-« Mon père m’amènera à la morgue avec des documents officiels attestant de ma mort… Il va falloir me maintenir à la limite entre les deux. Veiller à ce que mon cœur batte suffisamment pour que mon cerveau ne soit pas trop endommagé mais soit suffisamment faible pour que Kate ne le remarque pas. »
-« Elle va être anéantie ! » souffla le légiste en pensant à la jeune femme. « Elle vous aime Monsieur Castle, elle sera détruite. »
-« Je sais. » avoua Castle en baissant les yeux. « Mais c’est le seul moyen. »
Après quelques précisions supplémentaires, Perlmutter repartit.
-« C’est risqué Richard ! Tu pourrais mourir avant même de quitter cet hôpital. Sans parler de ce que Kate te feras quand elle saura la vérité.»
-« Je sais qu’elle va m’en vouloir, peut-être même qu’elle ne me parlera plus jamais. Mais au moins elle sera libre. J’aurais au moins réussi ça ! Et si je meurs avant la fin de la mission, je sais que tu la termineras, pour moi. Pour Kate, je serais déjà mort de toute façon ! »
-« Je pourrais faire ça sans toi ! » tenta de raisonner le père.
-« Non… Kate le saura, elle sentira que je lui cache quelque chose. Elle voudra faire partie de l’enquête. Autant la tuer tout de suite si c’est pour faire ça ! Je suis d’accord de prendre le risque de la perdre, mais pas en restant sans rien faire à attendre les résultats. C’est à Moi de la protéger. »
La discussion entre père et fils dû s’arrêter là. La porte s’ouvrit et Kate entra, un grand sourire aux lèvres.
-« Bonjour. » fit simplement Kate en entrant dans la chambre, dérangeant Rick et un médecin qu’elle n’avait pas encore vu. « Je peux revenir plus tard si… »
-« Mais non ! » sourit l’homme en blouse blanche. « On avait terminé. N’oubliez pas Monsieur Castle réfléchissez encore... »
-« C’est tout réfléchit ! » assura Rick en l’affrontant du regard.
-« Bien… » l’homme s’éclipsa sous le regard interrogateur de Kate qui se tourna alors vers Rick.
-« Un problème ? »
-« Non… » se mit-il à rire. « C’est le chef du service. Il veut m’envoyer des kinés pour me prescrire toute une série de tests et des exercices à faire. »
-« Il a peut-être raison ! Tu devrais au moins y penser. Puis ça ne peut pas te faire de tort. »
-« Tu as raison. » concéda Castle. « Je vais y réfléchir. » lui sourit-il.
La journée se passa le plus normalement possible. Kate quitta le service vers 22 heures. Elle tombait de sommeil et Rick lui fit du chantage pour qu’elle rentre se reposer : il acceptait d’être raisonnable en éteignant la TV et promettant d’accepter la Kiné si elle rentrait et passait une bonne nuit de sommeil.
A trois heures du matin une infirmière entra dans la chambre de Rick.
-« Vous ne dormez pas ? »
-« J’ai promis d’être raisonnable ! Mais je m’ennuie à mourir. Qu’est-ce que c’est ? » demanda-t-il en la voyant sourire en lui injectant le contenu d’une seringue dans la perfusion.
-« De quoi continuer à mourir… Littéralement. » affirma-t-elle avec un grand sourire. « Je m’appelle Camille… On se revoit plus tard. Bonne chance ! »
C’est sur ces derniers mots qu’elle quitta la pièce, puis le service, aussi discrètement qu’elle était apparue.
Rick se sentit mal… Sa tête tournait, il avait des nausées. Il voulut appeler les infirmières, mais tomba du lit.
Une sonnerie d’alerte retentit dans le service. Les infirmières se précipitèrent, les médecins aussi. L’un d’eux, le plus âgé, celui qui avait un badge avec le titre de ‘Professeur en chef’ prit la situation en mains en assura qu’il faisait le nécessaire pour ce patient.
Quatre heures moins le quart, Castle était à la morgue, allongé sur la table d’autopsie. Perlmutter retirait les électrodes surveillant son rythme cardiaque.
-« Beckett arrive… » informa le père de Rick.
-« Il va bien. Tout est prêt… Priez pour que ça marche, sinon c’est elle qui nous tue. » assura le légiste, peu rassuré et incertain de la nécessité de cette épreuve.
Chapitre 4 :
L’enterrement de Richard Castle fut à la mesure de sa vie : grandiose. Bien entendu l’auteur n’aurait manqué cet événement pour rien au monde. En l’espace de quelques jours, son père lui avait enseigné l’art du ‘déguisement’ et comment passer inaperçu au milieu de la foule. Il avait vu ses amis pleurer sa mort, il avait entendu les discours d’adieux des trois femmes de sa vie. Alexis, Martha et Kate avaient toutes trois pris la parole, un moment d’émotion, de l’amour à l’état pur. Il aurait aimé pouvoir se montrer, les serrer dans ses bras et les rassurer, mais il devait luter avec lui même pour ne pas verser une seule larme, pour ne pas trahir sa couverture. Il réalisait alors le mal qu’il leur faisait… Son cœur se serra, mais il ne pouvait pas faire marche arrière. A la fin de la cérémonie, il présenta ses condoléances, très respectueux des règles, et quitta les lieux au plus vite.
Le lendemain de son ‘enterrement’, il avait laissé un message très ambigüe à sa mère pour qu’elle vienne au Old Haunt. Dans le mot laissé sous la porte, il demandait à ce qu'Alexis soit présente également. Il avait signé Tom, qui était en fait le diminutif du serveur du bar, celui en qui Rick avait toute confiance.
Martha arriva en première, ne voyant pas le Barman dans la salle, elle descendit dans le bureau de son fils.
-« Richard ? » souffla-t-elle alors en le voyant assis dans un fauteuil. « Mais qu’est-ce que tout ça signifie ? » commença-t-elle à se mettre en colère en s’avançant. « Est-ce que tu as idée de … »
-« Oui mère, je sais. » affirma-t-il en se levant et s’approchant pour la serrer dans ses bras. « Je suis désolé pour ces derniers jours qui ont dû être atroce… »
-« Atroce ? » hurla-t-elle. « Mais c’était un véritable enfer oui… »
-« Mère… Laisse-moi t’expliquer. »
-« Papa… » hurla Alexis en se précipitant dans ses bras, les yeux remplis de larmes. « Oh mon Dieu… Tu es vivant… »
-« Je suppose qu’on attend Katherine pour les explications ! » supposa Martha sur le ton du reproche.
-« Elle ne viendra pas. » répondit-il aussi vite. « Cette mise en scène était pour elle… C’est elle qui doit croire à ma mort ! »
-« Oh Richard… » fit Martha en levant les bras au ciel. « Ne me dit pas que tu as peur qu’un troisième divorce … »
-« Si tu voulais rompre, il y avait plus simple… » reprocha Alexis à son tour.
-« Non, non, non… Vous n’y êtes pas. » tenta d’expliquer Rick, mais il dû hausser le ton pour que les deux rouquines arrêtent d’énumérer les plans moins tragiques qui leur venaient en tête. « STOP… ça suffit. »
Les deux femmes le regardèrent avec surprise.
« Je l’ai fait pour elle. Pour pouvoir la sauver. »
Alexis et Martha échangèrent un regard identique : trahissant leurs angoisses.
-« Mais enfin Richard, de quoi parles-tu ? »
-« De la balle qui lui était destinée. Le sniper était un amateur, ce n’était probablement qu’un avertissement. Mais il est hors de question que ça se reproduise. »
-« Papa… Tu l’as sauvée… »
-« Cette tentative de meurtre a un rapport avec Braken. Il a essayé de la prévenir. »
-« Mais il est mort ! » rétorqua Alexis avec stupéfaction.
-« Oui, le soir où Kate devait mourir. » avoua Castle. « Il savait qu’il mourrait en prison, il savait qu’on s’en prendrait à elle. »
-« Cet homme avait autant d’ennemis que de partisans, pas étonnant qu’il ait prédit sa mort… Enfin Richard, tu ne peux pas… »
-« Non Mère, ça fait trop de coïncidences, même pour moi. Braken savait beaucoup de chose sur la mort de Johanna Beckett, il faisait pression sur certaines personnes et elles l’ont envoyé se faire tuer en prison. Kate devait mourir elle aussi ce soir-là. Je veux savoir pourquoi. Je veux savoir qui est derrière tout ça. »
-« Mais qui te dis que ça à un rapport avec la mère de Beckett ? » s’affola Alexis à la pensée que son père s’engageait dans une bataille perdue d’avance.
-« Braken a demandé de l’aide à Kate. Il l’a prévenue que le dossier qui a explosé avec Maddox, celui dans lequel on pensait trouver de quoi incriminer le sénateur, contenait bien plus encore… Il ne l’a pas dit comme ça, mais ces paroles prennent du sens maintenant. » expliqua-t-il patiemment, prêt à répondre à toutes leurs questions.
-« Richard ! Katherine est anéantie… Tu ne peux pas lui faire ça…Va la voir, explique lui. » implora Martha en repensant encore à la jeune femme.
-« Je ne peux pas mère. Elle voudra enquêter, se mettre en première ligne. Je suis désolé d’avoir fait ça, je suis désolé pour ce que je lui inflige, mais la seule façon de la stopper. Je sais qu’elle est malheureuse, mais elle croit avoir le tueur de Braken, elle pense tenir le responsable de ma mort, elle n’a aucune raison de chercher plus loin. Il faut qu’elle aille aussi mal pour ne pas réfléchir d’avantage à tout ça… »
-« Elle ne te pardonnera jamais ! » soupira Martha.
-« Elle va te tuer elle-même si elle apprend ça un jour. » ajouta Alexis.
-« Si elle l’apprend, c’est que j’ai réussi… Elle sera libérée de ça. J’aurais le reste de ma vie pour me faire pardonner. »
-« Et si elle ne l’apprend pas ? » demanda Alexis, les larmes lui montant aux yeux.
Répondre à la question d’Alexis était inutile, ils savaient aussi bien l’un que l’autre ce que ça impliquaient.
-« Prenez soin d’elle. » demanda-t-il comme une énorme faveur. « Je ne serais pas loin, mais je ne pourrais pas me montrer. Mère ? Vend le loft. Achète un appartement moins luxueux mais dans un immeuble bien sécurisé. Demande à Kate de t’aider à chercher, ça l’occupera. Fait attention à toi. »
-« Et le bar ? On le vend aussi ? »
-« Non… Je vais certainement avoir besoin d’un endroit sûr pour me cacher, ou pour déposer des preuves si j’en trouve. Si vous avez besoin de quoi que ce soit… S’il y a une urgence, venez faire un tour… Je saurais que l’une de vous est passée. Alexis ! » il se tourna vers sa fille qui vint se blottir dans ses bras. « Reprend le noms de Rodgers. Continues tes études et si tu en as l’occasion, quitte New-York. »
-« Je ne quitterais pas cette ville si je sais que tu y es… Il est hors de question. »
-« Si j’échoue, vous serez en danger… »
-« On n’échouera pas fiston ! » se fit entendre une grosse voix.
Le père de Rick était resté en retrait, entre le passage secret qui menait aux égouts et le bureau. Aucunes deux ne l’avait vu.
Lorsqu’il s’avança, Martha se figea, le regarda des pieds à la tête, ne réalisant pas que l’homme qu’elle avait aimé une seule nuit, plus de 40 ans auparavant, se tenait juste devant elles.
-« Grand-père ? » demanda Alexis, par réflexe.
-« Ne lui hurles pas dessus Mère, c’est moi qui lui ai demandé de l’aide. »
-« Tu aurais pu refuser. » répondit l’actrice en regardant froidement l’homme qu’au fond d’elle-même elle aimait toujours.
-« Il ne m’a pas vraiment laissé le choix. » voulut-t-il se défendre.
-« Ton fils est aussi têtu qu’une mule ! » râla Martha, ayant peur de le perdre s’il s’engageait dans cette guerre.
-« Tu as pris soin de lui pendant 45 ans… Tu en as fait un homme extraordinaire et je te promets de te le ramener en vie. »
-« Comme tu m’avais promis de revenir après avoir traité ton petit ‘contre temps' ? » lança Martha folle de rage et d’angoisse.
-« Il est venu me chercher à Paris… Papa disait qu’il avait des tas de photos de nous. Il était là. » dit Alexis en tentant de calmer sa grand-mère et ses propres angoisses à elle. « Faites nous signe de temps en temps ! » supplia la jeune femme, se rendant à l’évidence que son père ne demandait pas la permission, mais venant juste expliquer les raisons de son départ.
-« Soyez prudents. » implora Martha en fondant en larmes en serrant son fils unique dans ses bras.
Chapitre 5 :
Cela faisait six mois que Richard Castle était mort. La seule chose qui maintenait Kate en vie était la pensée qu’il était mort en la protégeant. Elle se devait de rester en vie, même si elle n’en voyait plus vraiment les raisons. Ryan et Esposito ne la quittaient pas d’une semelle pendant leurs longues journées de travail. Lors de ses heures supplémentaires, c’est la Capitaine Gates qui restait au 12 th pour la surveiller. Lanie l’appelait tous les soirs et passait presque tous les jours à l’improviste pour la voir. Bien entendu qu’elle se rendait compte de tout ça, elle répétait souvent à Gates, lorsqu’elles étaient seules au bureau, très tard la nuit, qu’il n’y avait aucune raison qu’elle reste aussi tard. Remarque à laquelle la Capitaine répondait qu’il n’y avait aucune raison, en effet, qu’un Lieutenant reste aussi tard le soir, mais qu’il était du devoir d’un Capitaine de veiller sur ses ‘hommes’. Beckett avait fini par capituler et acceptait cette présence sans broncher. Tout comme elle se laissait volontiers envahir par Lanie, même si elle avait envie de passer ses week-ends seule. Quand à Martha et à Alexis, elles aussi veillaient à leur manière sur Kate : Martha lui avait demandée son aide pour la recherche d’un nouvel appartement, elle l’avait impliquée dans la vente du loft et l’invitait très régulièrement à diner, ou s’invitait pour boire un café, au poste parfois, quand elle savait que l’inspectrice accumulait trop d’heures. Au début, ça avait bien fait rire Ryan et Esposito de la voir débarquer tirer Kate par la main pour la faire sortir. Aujourd’hui, c’était souvent eux qui l’appelaient pour cette tâche. Alexis venait sous prétexte de lui demander des conseils en rapport avec ses études ou ses petits amis, mais ses visites se terminaient toujours par un film ou un diner en tête à tête, entre filles.
Ce soir-là était un peu particulier. On était le 1 avril et cette date réveillait en elle des souvenirs mémorables, qui pourtant réveillaient cette douleur atroce que provoquait la perte de l’être aimé. Elle arriva à rentrer seule après avoir envoyé balader Gates, fait un détour dans le commissariat pour éviter Lanie et après avoir raccroché un peu trop brutalement au nez de Martha.
-« Vous semblez bien triste ce soir ! » fit remarquer le sans-abri qui avait élu ‘domicile’ au bas de l’immeuble de Kate.
Elle ne savait pas depuis combien de temps exactement il était là. Elle n’avait jamais vraiment fait attention à lui, jusqu’à ce qu’un soir en rentrant du travail elle entende une dispute. C’était cet homme qui faisait fuir un type qui tentait de dépouiller une vieille dame. Elle se souvenait de cet événement car le sans-abri avait refusé de se faire indemniser par la vieille dame. Elle l’avait entendu dire qu’il ne cherchait pas l’aumône, qu’il voulait juste passer une nuit peinard. Kate avait souri malgré elle, c’était le genre d’humour qu’elle aimait, le genre de chose que Castle aurait pu dire. Ce soir-là elle lui avait apporté une soupe, juste par gentillesse, et depuis ce jour-là il arrivait fréquemment qu’elle lui dépose un café ou les restes de son repas du soir (presque la totalité vu le peu qu’elle mangeait.). Une certaine relation s’était alors instaurée entre eux.
-« C’est l’anniversaire de l’homme que j’aime ce soir. » répondit-elle tristement.
-« Vous devriez fêter ça avec lui alors. » dit-il avec un pincement au cœur.
-« Il est mort… » affirma Kate en versant une larme.
-« Oh… Toutes mes condoléances. »
-« Ça fait 6 mois… » se cru obligé de raconter Kate.
-« Dans ce cas, vous devriez refaire votre vie. Vous êtes encore jeune et très jolie. » fit-il remarquer en craignant la réaction de Kate.
-« Merci… Mais non, je ne pourrais pas. » affirma-t-elle avec une boule dans la gorge, pensant qu’aucun homme ne serait de taille à rivaliser avec le souvenir de Castle.
Elle se contenta de lui souhaiter une bonne nuit et entra dans l’immeuble.
Elle dû penser que ce soir-là l’univers tout entier conspirait contre sa soirée tranquille lorsqu’une jeune femme de 25 ans tout au plus faillit la bouscula en arrivant avec deux cartons superposés dans les bras.
-« Excusez-moi. J’emménage dans l’immeuble. » fit la jeune femme en parlant vite, visiblement surexcitée à l’idée de prendre son indépendance. « Je m’appelle Camille … »
Kate se contenta de prendre son courrier dans sa boite aux lettres, n’écoutant que d’une oreille la nouvelle voisine.
« Ça alors, vous habitez au 4ème. Qu’elle coïncidence, on va être voisine. » ajouta la jeune femme en attendant l’ascenseur.
-« Super… » répondit ironiquement Kate, très peu convaincue de cette bonne nouvelle. « J’espère pour vous que vous n’êtes pas du genre à mettre la musique à fond et organiser des fêtes bruyantes ! » lança-t-elle.
-« Nonnnn …. » répondit Camilla avec un sourire malicieux. « Mais ça peut se faire si vous voulez. Je vous invite quand vous voulez. »
Kate remercia intérieurement l’ascenseur pour les portes qui venaient de s’ouvrir. Elle en sortit sans vraiment se préoccuper de sa voisine, mais fit tout de même demi-tour en constatent qu’elle n’en sortait pas avec ses cartons.
-« Ils ne sont pas lourds, mais très encombrants ! » rougit la jeune femme, ravie d’obtenir un peu d’aide. « Je suis décoratrice d’intérieur… J’ai pas mal d’échantillon de … »
-« Beaucoup de bazar, comme tout le monde ! » agrégea Kate qui ne pensait qu’à s’enfermer chez elle.
-« Vous voulez que je m’occupe de refaire la déco de votre appartement ? Il parait que je suis plutôt douée et … »
-« Non merci. Mon appartement me convient comme il est. » soupira Kate. « Bonsoir ! » termina-t-elle en se dépêchant de refermer la porte de chez elle.
Après plusieurs allers retours entre le parking de l’immeuble et le quatrième étage, la dénommée Camille soupira devant la masse de cartons.
-« Bon… Allez, plus qu’à tout déballer. »
Elle commença à tout ouvrir et installa son espace de travail. Pas de tissus, ni des palettes de couleurs… Non, juste le nécessaire pour l’espionnage informatique et la surveillance.
Quatre étages plus bas, le sans abri sortit un Talkie-walkie hyper perfectionné de sous sa veste.
-« Mission rencontre accomplie ! » annonça une voix triomphante. « Elle a l’air sympa… Mais comment j’aurais fait si elle avait accepté mon offre de ‘relooking’ ? »
-« Il m’a fallu 4 ans pour entrer dans sa vie ! Je savais qu’elle n’accepterait pas. Si tu veux en faire ta nouvelle meilleure amie, va falloir être patiente Miss. » sourit Castle depuis son poste de surveillance.
-« Tout est OK ! Les mouchards sont en place.» les s’interrompit une voix plus grave, plus expérimentée. « Merci de l’avoir retenue et d’avoir détournée son attention dans le couloir. Je n’étais pas prêt. »
-« Je sais… J’ai vu la porte s’ouvrir ! » ricana la jeune femme. « Je m’occupe de tous les branchements et on saura avec précision tout ce qui se passe chez elle. »
-« A ton poste Fiston… L’attaque est pour ce soir ! Chacun a son poste… On reste en contact ! »
Cette nuit-là, Kate fut réveillée par un concert d’ambulances et de voitures de police. Elle n’eut pas le courage de sortir de chez elle. Ce n’est que le lendemain en lisant l’article ajouté en dernière minute dans le journal qu’elle apprit qu’un homme sous l’emprise de substances illicites hurlait et menaçait de tuer un sans-abri.
En lisant l’article, confortablement installée dans sa cuisine, un frisson la parcourra en pensant à l’homme en bas de son immeuble. Elle vida sa tasse d’une traite et sortit en quatrième vitesse.
L’homme auquel elle pensait était à la même place que la veille, recroquevillé sous une vieille couverture offerte par Kate.
-« Il parait que la nuit a été rude ? » demanda-t-elle en déposant un gobelet de café devant lui.
-« Ça ne peut pas être calme tous les soirs. Merci pour le café et bonne journée à vous Mademoiselle. » se contenta-t-il de répondre en faisant bonne figure pour masquer la douleur des blessures.
Chapitre 6 :
Un an après l’enterrement de Richard Castle, aucune des deux rouquines n’avait remis les pieds au Old Hunt. Ce bar avait été fermé le mois suivant la mort de son propriétaire et malgré les offres qui avaient affluées au début, Martha s’était obstinée à ne pas vendre, se confrontant même une fois à Kate qui ne comprenait pas cette décision. La porte d’entrée avait été barricadée par quelques planches, deux vitres s’étaient cassées depuis le temps, mais étrangement aucun squatteur n’osait y pénétrer.
Rick avait tenu sa promesse, il avait croisé Alexis dans une bibliothèque. Juste un regard, un petit échange de livre qui avait bouleversée la jeune femme. Martha, elle, avait reçu un colis un peu particulier. Elle avait signé le reçut du livreur sans rien remarquer. Ce n’est qu’en l’ouvrant qu’elle aperçue que l’enveloppe ne contenait qu’une vieille photo. Elle comprit immédiatement que Richard faisait des prouesses en matière de déguisement. Elle voulut le rattraper, mais sortit trop tard, il s’était évaporé.
L’enquête de Rick et son père avait démarré sur les chapeaux de roues. Castle se souvenait que Braken était tombé pour trafic de drogue et prêchait son innocence en prétendant s’être fait piéger. Il décida donc de commencer par là. De quelle drogue s’agissait-il exactement ? D’où venait-elle ? Et qui aurait eu intérêt à le tuer ?
Sur les petites capsules de drogue Castle avait remarqué une marque dorée, ressemblant à un serpent. Avec l’aide de leur génie en informatique préférée, Camille, ils étaient remontés à un gang de dealers terrifiant la ville dans les années 80-90. Le chef du gang était un certain Carlos Rodrigue, un homme dur, sans aucune pitié, n’hésitant pas à sacrifier ses hommes pour se sortir d’affaire. Cet homme avait disparu fin des années 90 et le gang s’était dissipé.
Le rapport avec Braken ? C’est sur ça que Castle, son père et la petite Camille avaient buté pendant longtemps. Et une fois de plus c’est la plus jeune des trois qui apporta la solution :
Plusieurs membres du gang des serpents dorés avaient été enlevés par les flics ripoux de l’époque. Il s’agissait d’une équipe de 3 ou 4 flics, enlevant les membres des gangs et les relâchant sur demande de rançons. Camille avait découvert que 5 membres des serpents dorés avaient été enlevés à peu de temps d’intervalle. Elle avait trouvé ça grâce aux archives de la police, aux dossiers confidentiels qui avaient été scellés par la suite : les policiers, convaincus de faire revenir le calme dans la ville, tenait une sorte de journal avec les noms des individus enlevés, le nom de leur gang et la somme demandée au leader.
Les sommes demandées pour les serpents dorés atteignaient des sommets. La première réaction de Castle quand il entendit les sommes fut d’affirmer qu’il aurait été dû se remettre à l’écriture et y passer des nuits entières pour arriver à payer leur libération.
D’où l’argent pouvait-il venir ? C’est de là que tout était parti. A partir de cette simple réflexion que tout s’accéléra :
Camille se mit à chercher dans les archives des services bancaires pour trouver toutes les grosses transactions d’argent de cette époque. Et bingo. Une firme avait mystérieusement fait de gros transferts d’argent. Les dates de ces transferts correspondaient avec celles des rançons.
Le petit indice qui les guida à Braken était le numéro de compte utilisé par le sénateur pour réceptionner l’argent des rançons avec lequel il faisait chanter les flics. La première fois que ce compte avait été utilisé, c’était pour les transferts entre la firme qui payait pour les serpents dorés et le compte d’un certain Miguel Rodrigue.
A partir de là, il n’y avait plus qu’à faire des recherches sur cette firme en question et établir leur lien avec le trafic de drogue. Lorsqu’ils apprirent que la firme n’était autre que l’un des plus gros laboratoire pharmaceutique, le rapport avec le trafic s’était éclaircit d’un coup.
Le laboratoire pharmaceutique se débarrassait de ses excédents de production en approvisionnant le marché noir. Tout le monde y était gagnant. La firme ne dépensait pas de grosse somme pour faire détruire les médicaments défectueux (au contraire, elle en gagnait) et les dealers s’approvisionnaient directement à la source, réduisant ainsi le coup de leur matière première.
Il leur restait à trouver ce fameux Etienne Rodrigue et le lien entre les serpents dorés, la firme pharmaceutique et Braken. Comment ces personnes s’étaient-elles rencontrées ? Et pourquoi ce compte était-il au nom de Braken ?
Rick et son père n’avaient pas encore trouvé ça. Ils avaient réussi à s’infiltrer dans le laboratoire en prétendant être des contrôleurs venants inspecter les lieux. Ils avaient pris des échantillons, bien observés les lieux, et y étaient retournés pendant la nuit, sachant que les lieux seraient déserts. Camille s’était occupée de court-circuiter les vidéos de surveillance et avait neutralisé le système d’alarme. Rick et son père n’avaient plus qu’à s’introduire dans les locaux et chercher les zones protégées habituellement par des codes de sécurité.
Ils n’avaient trouvé aucune preuve de l’implication dans le trafic de drogue, mais par contre ce laboratoire ne respectait pas les normes en vigueurs, et ce dans de nombreux domaines. Le père et le fils s’étaient contentés d’envoyer un courrier avec des photos compromettantes aux autorités supervisant la fabrication et la distribution des médicaments.
La firme pharmaceutique avait eu de très gros problèmes dès les semaines suivantes. Toutes les autorités concernées dans la fabrication de médicaments avaient envoyé des experts et le laboratoire se trouvait désormais entre les mains des experts.
C’est à ce moment-là que les tentatives de meurtres avaient repris sur Kate. Il n’y avait rien eu pendant des mois et subitement Castle surprenait un type armant une bombe dans l’appartement de Kate. Le père de Castle avait réussi à désamorcer la bombe et tout était nickel pour le retour de Beckett, elle ne s’était jamais aperçue de rien, mais l’homme en question avait préféré se suicider plutôt que de répondre à leurs questions.
Rick savait qu’il avait fait une erreur en s'en prenant à la firme et non au responsable directement. Kate se trouvait de nouveau en première ligne. Le trafic de drogue devait être au ralentit, ou même stoppé à cause de la surveillance du laboratoire qui fournissait les dealers. Les responsables avaient dû penser que Beckett était derrière tout ça. A part elle, qui d’autre aurait pu fouiner aussi loin ?
Depuis 6 mois les attaques contre Kate se succédaient. En général Castle et son père arrivaient à faire en sorte que l’inspectrice ne s’en rende même pas compte. Il arrivait de temps en temps qu’elle soit blessée, mais de manière tellement minime que ça passait pour de simples petits accidents.
Ils n’arrivaient pas à savoir si le gang des serpents doré avait repris ou si l’un de ses anciens membres reprenait le trafic. Ils n’arrivaient pas à établir le lien entre les petits délinquants qui étaient envoyés pour éliminer Kate. Pour la plupart, il s’agissait de type sans expérience, n’appartenant pas à une bande mais acceptant des missions à gauche ou à droite. D’où la difficulté pour obtenir l’identité du commanditaire.
Mais il était hors de question qu’ils s’arrêtent là pour autant, ils touchaient au but, ils le savaient. Le trafic était mort et les responsables tenaient Kate pour responsable. Il ne restait plus qu’à trouver leurs véritables identités.
Chapitre 7 :
Encore une très longue journée qui se terminait pour Beckett. Il était près de 20 heures 30, Gates l’avait presque chassé du commissariat en lui disant :
« Dorénavant, tant que votre équipe n’a pas d’enquête en cours je ne veux plus vous voir au bureau après 19 heures. J’aimerais bien rentrer de temps en temps, MOI. Alors dehors Mademoiselle Beckett. Rentrez chez vous ! » avait-elle ordonné sèchement.
Kate n’avait pas eu d’autres choix que de rentrer. Elle était donc passée en coup de vent prendre des nouvelles d’Alexis. En attendant sa commande dans un petit resto grec elle avait téléphoné à Martha. Elle fut presque surprise lorsque le serveur apporta son diner à emporter. Elle le remercia pour sa rapidité et raccrocha à Martha. Lorsqu’elle vit qu’elle venait de passer 37 minutes au téléphone, un fou rire nerveux s’empara d’elle.
Elle rentra diner au calme chez elle car non seulement elle détestait se retrouver seule à une table d’un restaurant, mais elle ne supportait que difficilement le bruit ambiant.
Elle avait réussi à trouver une place pas trop loin pour se garer. Elle avait renoncé à sa place dans le parking de l’immeuble à cause de sa voisine qui monopolisait systématiquement sa place. Elle s’était promis qu’un de ces jours elle ferait jouer ses connaissances et demanderait à un agent de lui foutre la trouille. Elle préférait nep as le faire elle-même pour éviter d’avoir toutes sortes de réclamations et de demande d’interventions. Bref, elle arrivait devant son immeuble, très contrariée, râlant à voix basse.
-« Oh… De mauvaise humeur ce soir ! » fit remarquer le sans-abri qui avait toujours un petit mot pour elle, quelle que soit l’heure à laquelle elle rentrait.
-« Un squatteur monopolise ma place de parking… Elle m’énerve cette fille ! » continua-t-elle de râler rien qu’en repensant à cette Camille.
Sous son déguisement, Rick se forçait de ne pas rire. Bien sûr que c’était fait exprès, si Kate utilisait le parking de l’immeuble, il ne la verrait pas tous les jours.
Le portable de Kate sonna.
-« Beckett. » répondit-elle après avoir vérifié le numéro.
« Un corps au 205 sur la E 22 Street. » La voix d’Esposito était suffisamment forte pour que même Castle entende sans que le haut-parleur du portable ne soit enclenché.
A cette adresse Beckett retint sa respiration.
Elle devait y aller, c’était son job. Mais pourquoi fallait-il que ce genre de chose tombe toujours sur elle ? Encore plus contrariée, elle tendit son diner au clochard.
« Tenez… Tout compte fait je ne vais pas rentrer très tôt ce soir. Bon appétit. » lui sourit-elle tout de même. Elle ne savait pas pourquoi, mais la présence de cet homme avait le don de la rassurer.
Rick attendit qu’elle soit hors de portée de sa vue avant de sortir son Talkie-walkie.
-« On a un problème ! Un corps au Old Haunt. Père je croyais que j’avais été suffisamment clair : PAS DE CADAVRE ! » sermonna-t-il en remettant la couverture offerte des mois plus tôt par Kate dans un petit sac à dos.
« Il était en vie quand je l’ai laissé. Il n’avait qu’à se détacher quitter les lieux par la porte de derrière, comme toujours. » assura l’ainé pour se justifier.
-« Il faut que j’y aille… » pesta Castle.
« C’est de la folie, reste tranquille ! »
-« Je sais… Mais j’ai laissé des tas de choses que Kate ne doit pas voir… Sans compter toutes les preuves qu’on détient… »
« Le but était qu’elle les trouve, non ? »
-« Non, pas tant que je serais vivant…Pas comme ça ! »
« De toute façon, c’est dans la réserve de Beau James. Qui va aller chercher là-bas ? »
-« Kate connait le Old Haunt aussi bien que toi et moi…C’est trop risqué, faut que j’y aille ! »
Il arrêta la conversation là, éteignant son talkie pour être certain d’avoir le dernier mot.
« Rick ? Rick ? RICHARD ? » appela le père. « Mais ce n’est pas vrai, ce gosse est aussi têtu que sa mère ! » s’emporta-t-il en lançant le verre qu’il tenait à ce moment-là. « Camille ? » tenta-t-il.
« Chef ? » répondit la jeune femme.
« On a un problème, rejoins moi à deux rues du Old Haunt. » ordonna-t-il avant de couper lui aussi son talkie.
Kate prit une grande inspiration avant de rentrer dans le bar. Elle n’y avait pas remis les pieds depuis qu’elle avait vidé les lieux avec l’aide de Martha et d’Alexis. Pourtant, ce bar semblait toujours aussi magique, malgré la poussière et le manque de lumière.
-« Qu’est-ce qu’on a ? » demanda Kate en tentant de rester professionnelle en arrivant auprès de Lanie.
-« C’est quoi encore cette blessure sur ta main ? » répondit la légiste avec reproche.
-« Rien de grave, une petite éraflure. » essaya-t-elle de se défiler, mais sous le regard peu convaincu de son amie, elle fut obligée de s’expliquer d’avantage. « J’étais dans un bar, l’autre soir, et un type s’en est pris à celui qui était assis à côté de moi…. Quoi ? » demanda-t-elle sous le regard désespéré de Lanie.
-« Tu devrais peut-être arrêter de trainer dans les bars non fréquentables, passé une certaines heures. »
-« Il était à peine 22 heures et ce n’était pas le genre de bar que tu prétends… Mais pourquoi je me justifie moi ? »
Cette petite remarque à elle-même fit exploser de rire Lanie.
« Bon alors, sérieusement, qu’est-ce qu’on a ? » reprit Kate.
-« Un homme, la quarantaine, vu son état général je dirais qu’il s’est trompé de bar ! » voulut-elle plaisanter, mais Kate lui adressa un regard noir.
« OK… Désolée pour cette note d’humour. » s’excusa-t-elle tout de suite. « Il est mort d’une balle dans la tête il y a moins d’une heure, mais semble avoir été passé à tabac avant : ses doigts ont été explosés, sa jambe elle aussi semble en avoir pris un sacré coup et regarde son visage… » dit-elle en tournant la tête de la victime.
-« Tu sais ce qui a pu provoquer ces entailles ? »
-« ça peut être n’importe quoi : la bague de son agresseur, une barre de fer, un gant spécial… Les gangs ne manquent pas d’imaginations en général quand il s’agit de torture. »
-« Tu penses que c’est un règlement de compte ? »
-« Ça en a tout l’ai en tout cas. » affirma la légiste.
-« Merci Lanie. » elle se retourna alors vers ses inspecteurs qui revenaient de l’extérieur. « La porte était ouverte ? »
-« Non, ce sont les agents qui ont dégagé l’entrée après avoir reçu l’appel de détresse. »
-« Qui les a prévenus ? »
-« Aucune idée, mais on a demandé les enregistrements au central. » merci les gars. « Autre chose ? »
-« Un habitant du quartiers dit avoir vu deux types entrer par la porte de derrière dans la journée. Un autre prétend avoir entendu des cris, il assume le fait de ne pas y avoir été mais assure qu’il n’a pas entendu de coup de feu. »
-« Dans la journée ? » demanda Kate pour avoir plus de précision.
-« Oui, il prétend que c’était pendant la promenade de son chien, celle de 15 heures. »
-« Il est plus de 21 heures et Lanie situe la mort à moins d’une heure… Qu’est-ce qu’il a fait pendant tout ce temps ? »
-« Fouillez les alentours, retournez les poubelles et interrogez les gens qui semblent trop curieux. Au boulot. » ordonna-t-elle à nouveau.
Pendant que les inspecteurs repartaient sur le terrain, Kate s’aventura un peu plus à l’intérieur du bar. Ses yeux se chargèrent de larmes au moment où elle s’apprêtait à descendre dans le bureau de Rick, mais il fallait qu’elle y aille, c’était son job.
Une fois dans la pièce, elle remarqua tout de suite que les étagères menant à la réserve du ‘Beau James’ avaient été bougées, les marques sur le sol en témoignaient. Elle était sur le point de les pousser lorsque la voix de Ryan la surpris.
-« Beckett… Faut que tu viennes. On un chopé un gars qui sortait d’une bouche d’égouts… »
-« Embarquez-le, je vous rejoints au poste. » annonça Kate.
Elle savait que le sous-terrain menait aux égouts, et si un homme en était sorti, c’est que la cache du Beau James n’était pas restée secrète pour tout le monde. Elle prit le temps d’y faire un tour. La pièce semblait avoir été plus que visitée ces derniers temps. Il y avait même des couvertures et ce qui ressemblait à un petit coin cuisine improvisée.
Un peu plus tard, en arrivant au 12th, Espo et Ryan l’attendait avec impatience.
-« Où est-il ? » demanda-t-elle en parlant de l’homme qui avait tenté de s’échapper.
-« Salle 2… » répondit Esposito. « Mais attend… »
Trop tard, Beckett venait d’ouvrir la porte d’un geste brusque pour surprendre l’homme en question.
Elle resta sans voix, fixant ce type, la bouche ouverte. Elle resta comme ça pendant plusieurs secondes avant de refermer la porte.
-« Ça va ? » lui demanda Ryan.
-« Oui. » souffla-t-elle en reprenant doucement ses esprits. « Castle est mort… Ça ne peut pas être lui… C’est juste quelqu’un qui lui ressemble… » se raisonna-t-elle. « Qui est-ce ? »
-« Il dit s’appeler Richard Castle ! » avoua Ryan en surveillant la réaction de Beckett.
-« OK… » soupira-t-elle. « Appelle le labo, je vais avoir besoin d’un test ADN. »
Chapitre 8 :
-« Qui êtes-vous ? » demanda sèchement Kate alors qu’elle était assise depuis 30 secondes et qu’elle fixait Castle d’un regard noir.
-« Richard Edgar Alexander Rodgers Castle. » répondit-il avec un petit sourire narquois.
-« Ne jouez pas à ce petit jeu avec moi. » conseilla fortement Kate. « Vous avez été vu quittant les lieux d’un crime, alors je vous conseille de coopérer. »
-« Qui vous dit que je quittais le Old Haunt ? »
Kate sourit. Un petit sourire moqueur.
-« Vous venez de vous trahir… Et je suis certaine qu’on va y retrouver vos empruntes un peu partout. »
-« Bien sûr ! » avoua-t-il comme s’il s’agissait d’une évidence. « J’en suis le propriétaire. »
Kate explosa, elle fit voler la table sur le côté. Elle attrapa l’homme par le col de la chemise et le plaqua d’un geste contre le mur.
« Je ne sais pas qui vous êtes, ni même ce que vous cherchez, mais arrêtez ce petit jeu avec moi. » continua-t-elle d’une voix sévère. « Qui êtes-vous ? »
-« Richard Castle… Mais il fut un temps où tu m’appelais Baby. » répondit-il avec assurance.
Beckett sentit la rage lui monter, elle lui donna un violent coup de poing. Elle y mit toute la force qu’elle pouvait, si bien que quelques gouttes de sang ne tardèrent pas à s’écouler de son nez. »
Rick se souvenait de la douceur de ses mains, de ses caresses, du regard qu’elle avait quand elle le regardait auparavant. Sa Kate, celle qu’il aimait, n’avait rien avoir avec le Lieutenant Beckett qui se tenait face à lui.
« Qu’est-ce que vous faisiez dans les égouts ? D’où veniez-vous exactement. »
-« Je vérifiais que la croyance populaire des Crocodiles n’était vraiment qu’une croyance populaire. » se moqua-t-il. « Tu remarqueras que je n’ai pas parlé de CHUD cette fois-ci » ajouta-t-il en gardant son petit sourire enfantin.
-« Richard Castle est mort ! Et vous allez payer pour avoir osé prendre son nom. » affirma-t-elle en se forçant de garder la voix claire.
Elle était prête à quitter la pièce. Elle avait déjà entrouverte la porte. Elle avait envie de pleurer, de maltraiter ce type jusqu’à ce qu’il s’écroule… Elle avait tout simplement besoin de se calmer.
-« Après qu’on ait fait l’amour, la première fois, tu as fondu en larmes en m’expliquant comment tu avais mis la vie d’Espo en danger et forcé Ryan à te trahir. Tu t’en veux encore d’ailleurs. Pour notre premier Noël, tu avais dit pas de cadeau… Et je n’aurais pas dû t’écouter cette fois-là! Tu sais à quel point j’ai aimé ton cadeau d’anniversaire, mais je ne t’ai jamais dit que celui de la St Valentin était celui que je préférais… Et de très loin. »
Kate s’était arrêté, la main toujours sur la poignée de la porte, elle ne savait plus si elle voulait détruire cet homme ou lui sauter dans les bras. Elle se retourna lentement, le regard noir malgré les larmes.
« Comment je pourrais savoir ça si ce n’était pas moi ? » se contenta-t-il de demander, comme si ça ne pouvait faire aucun doute pour Kate.
Elle s’avança doucement de lui, le regard menaçant. Par réflexe il recula d’un pas, s’écrasant contre le mur de la pièce.
-« Je ne sais pas comment vous pouvez savoir tout ça. Je ne sais pas qui vous êtes. Je n’ai aucune idée de ce que vous faites, mais sachez que je vais le découvrir. Et ce jour-là, priez pour ne pas croisez mon chemin. Encore une chose Monsieur le petit Mariol. » menaça-t-elle en prenant une photo dans son dossier. « Si vous osez ternir sa réputation, si vous osez traîner le nom de Richard Castle dans la boue, je vous jure que ce que vous avez fait subir à votre ami au Old Haunt ne sera qu’une partie de rigolade, comparé à ce que je vous ferais. » pour lui prouver qu’elle ne plaisantait pas, ou simplement pour effacer ce petit sourire sur le visage de l’homme, elle lui donna un bon coup de genoux dans l’estomac.
-« Beckett ? » interrompit Ryan. « La scientifique est là pour le prélèvement. »
-« Laisse-moi encore 5 minutes et il n’aura même pas besoin de sortir les aiguilles pour la prise de sang ! » lança-t-elle en continuant d’affronter le suspect du regard.
-« Lieutenant Beckett ! » sermonna la voix de Gates, de l’autre côté de la vitre sans teint.
-« Qui que vous soyez, vous n’aurez toujours pas la chance que la Capitaine intervienne au bon moment. » rétorqua-t-elle avec un petit sourire diabolique.
Rick était à genoux. Le visage en sang. Il passa sa main sur son nez qui était sans doute cassé. Il s’était laissé capturer bêtement par Esposito. En fait il n’avait pas trop eu le choix : Soit c’était lui, soit c’était la petite Camille. Il ne fallait pas se fier à cette tête d’ange, elle était recherchée dans 3 autres états déjà et Castle savait que Beckett la livrerait sans problème, ruinant sans le savoir tous les efforts de Rick et de son père.
-« Tout va bien Monsieur ? » demanda le jeune homme qui devait lui faire sa prise de sang.
-« Oui, oui. Je pense que c’est mérité de toute façon. Faites ce que vous avez à faire et n’essayez pas de sympathiser si vous ne voulez pas vous retrouver dans le même état. » dit-il pour abréger et faire en sorte qu’il se taise et fasse au plus vite.
Quelques heures plus tard, Castle était toujours dans la salle d’interrogatoire. Un officier lui avait apporté un verre d’eau et depuis il n’avait plus revu personne.
De l’autre côté de la vitre sans teint, Kate ne le lâchait pas des yeux. Elle n’en revenait, était-ce vraiment lui ? Etait-ce vraiment possible ?
-« Les résultats sont là. » annonça la Capitaine.
Kate la regarda et déglutit, attendant nerveusement le verdict.
-« C’est bien lui. » soupira la Capitaine. « Aussi incroyable que ça puisse paraître, cet homme est bel et bien Richard Castle. » affirma-t-elle en tendant la feuille à Kate, au cas où elle voudrait le vérifier de ses yeux.
Beckett resta silencieuse en observant Castle, se demandant comment il avait pu lui faire ça, comment il avait pu disparaître pendant toute une année en abandonna sa mère, sa fille et la femme qui l’aimait ?
« Il y avait d’autres empruntes au Old Haunt. Certaines sont fichées, d’autres non… Et rien ne prouve qu’elles aient un rapport avec votre enquête. Mais il y a pire, Lanie a retrouvé la trace du pouce de Castle sur le cou de la victime. »
-« Alors il fait partie de ça… » souffla Kate en le regardant avec tristesse.
-« Vous le croyez vraiment capable de tuer un homme ? »
Kate réfléchit.
-« Vous m’auriez posée cette question hier encore, je vous aurais juré avec certitude que JAMAIS il n’aurait été capable d’une telle chose. »
-« Et aujourd’hui, qu’est-ce qui a changé ? »
-« Je n’aurais jamais pensé que l’homme pour qui j’aurais donné ma vie pourrait me trahir de cette manière. » dit-elle tristement et quittant la pièce pour réapparaître dans la salle d’interrogatoire.
Le second round commençait.
Chapitre 9 :
Kate s’était rassise face à Castle, le fusillant du regard tout en restant silencieuse.
-« Tu n’as le droit de me garder que 24 heures… Pas que ça me déplaise que tu me regardes, mais si tu pouvais y mettre un peu moins d’agressivité. »
-« Tu es censé être mort Castle. Je peux te garder ici jusqu’à la fin des temps si je veux. Je vois mal un homme qui a organisé sa propre mort porter plainte. »
-« Touché. » admit-il.
Elle continua à le regarder sévèrement, guettant ses moindres gestes. Mais il se contentait d’attendre la suite patiemment. -« Qu’est-ce qui ce passe ? » se décida-t-elle à demander.
-« Je quittais mon bar et Ryan m’a confondu avec un dangereux criminel. » nargua-t-il.
-« Si tu étais simplement passé par la porte il n’y aurait pas eu de méprise. » se moqua-t-elle à son tour.
-« Ça aurait été moins drôle. » il ouvrit de grands yeux et haussa les sourcils.
-« Sauf que ça ne fait rire que toi. Tes empruntes sont partout dans le bar. » reprocha-t-elle, faisant abstraction du fait qu’il était sensé être 6 pieds sous terre.
-« Normal c’est le mien. » coupa Castle avec assurance.
-« Sur le cou de la victime ? » compléta Kate.
-« Oh… »
-« Oui, ‘Oh’ ! » fit-elle, toujours aussi froide. Elle marqua une pause. « Comment un homme qui as tout ce qu’il veut peut décider de tout quitter et disparaître sur un coup de tête ? Qu’est-ce qui se passe Castle ? Qu’a bien pu faire ce type pour que tu le maltraites de cette façon. » elle posa une photo de la scène de crime devant ses yeux. « Qu’est qu’il a bien pu faire pour mériter une balle dans la tête ? »
-« Alors tu me crois assez bête pour tuer un type chez moi et rester à côté de lui jusqu’à ce que la police arrive. Tout ça pour me sauver par un passage secret que tu es l’une des seules à connaître ? »
Beckett soupira… Il marquait un point sur ce coup là.
-« Alors qu’est-ce que tu faisais là-bas ? Tu passais boire un verre ? Et comment l’empreinte de ton pouce a atterrit sur la victime si tu ne l’as jamais rencontrée ? »
Jusque-là Kate était restée étrangement calme. Elle était froide et essayait de maintenir une barrière entre ce que dictait son cœur et sa raison. Elle avait espéré que Rick lui parlerait, mais de toute évidence, il la menait en bateau. Elle inspira un grand coup.
« BON SANG RICHARD ! » hurla-t-elle. « TU COMPTES ME DIRE CE QUI SA PASSE ? J’ESSAYE DE T’AIDER LA… » continua-t-elle explosant de colère.
Le petit sourire de Castle disparut, il venait de comprendre qu’il avait dépassé les bornes.
-« Est-ce que tu as tué ce type ? » demanda-t-elle en indiquant la victime sur la photo.
-« Non. » répondit-il avec sérieux. « J’avoue l’avoir enlevé, j’avoue avoir participé à sa torture, mais je ne l’ai pas tué. Il était vivant quand je suis reparti. »
-« Pourquoi le torturer ? » demanda-t-elle, toujours froidement, profitant qu’il coopère enfin.
-« Je voulais savoir qui l’avait engagé. » répondit-il en restant vague.
-« Quel était son job ? »
-« Tuer les gens que j’aime. » il regarda Beckett droit dans les yeux en répondant, ce qui la déstabilisa. Elle baissa les yeux, comme si elle relisait une note de son dossier.
-« Personne de ta famille n’est mort à ce que je sache ! » remarqua-t-elle à voix basse.
-« C’est parce que je veille sur vous. » Assura-t-il.
Kate ne répondit pas. Elle se contenta de garder les yeux baissés et de continuer comme.
-« Tu as eu ta réponse ? »
-« Non… Mais je ne l’ai pas tué pour autant. »
-« Tu vas me faire croire que tu es reparti ? Et où es-tu allé ? Des témoins ? »
Il l’imagina s’interroger elle-même, mais se pinça les lèvres pour ne pas exploser de rire. Il avait déjà bien assez de problèmes comme ça et Kate n’était pas d’humeur à plaisanter.
-« Je suis bien reparti. J’ai un témoin, mais tu ne me croirais sans doute pas. Alors pour répondre à ta question, je vais juste dire que tu es rentrée tôt ce soir… Plus tôt que d’habitude en tout cas. Tu comptais manger grec mais tu as été rappelée alors que tu discutais avec le sans-abri. Tu lui as donné ton repas et tu es partie. » il l’observait, elle semblait perdue. « Ça te va comme alibis, ou tu veux aussi que je te dise précisément combien de temps tu es restée au téléphone avec ma mère ? »
Kate ne comprenait plus rien. Il semblait l’épier, mais comment se faisait-il qu’elle ne l’ai pas remarqué ?
-« OK, donc tu me suivais… Si tu étais devant chez moi quand je suis rentrée, … »
-« Je ne pouvais pas être au Old Haunt en train de tuer ce type. » termina-t-il sa phrase, le regard sérieux.
-« Tu aurais pu demander à un complice de s’en charger ? » lança-t-elle froidement.
-« Dans ce cas, pourquoi j’y serais retourné ? » demanda-t-il avec évidence.
-« Je n’en sais rien moi… Pourquoi tu étais là-bas ? »
Il semblait réfléchir.
« La vérité Castle. Tu m’as suivie toute la soirée, alors pourquoi avoir été sur ma scène de crime ? »
-« J’ai entendu l’adresse, au téléphone. » précisa-t-il alors qu’elle fronçait le regard en se demandant comment c’était possible. « J’ai entendu et reconnu l’adresse, j’y suis allé pour vérifier l’identité de la victime. »
Il semblait sincère et Beckett ne savait plus où elle en était.
« Je t’assure que cet homme ne devait pas mourir. Je l’ai frappé, je lui ai écrasé les doigts avec une pince qui ressemble à un casse noisettes, je lui ai explosé le genou…. Et encore bien d’autres choses… Mais je ne l’ai pas tué. Il respirait quand je suis parti. Ce n’est pas moi qui aie abrégé ses souffrances. »
-« Et pourquoi devrai- je te croire ? » demanda-t-elle en le regardant droit dans les yeux.
Cette remarque blessa l’amour propre de Castle, mais il continua comme si de rien n’était. Il méritait cette indifférence dans sa voix, dans son regard, mais ça faisait mal quand même.
-« J’ai menti et trompé beaucoup de monde. J’ai violé des tas de règles et bafoué pas mal de lois, mais je ne suis pas un assassin ! »
-« Si tu le dis ! » rétorqua-t-elle en rassemblant les pages de son dossier. « L’enquête nous le dira. En attendant je te garde ici. Et ne crois pas t’en tirer aussi facilement… Tu me dois des explications ! » assura-t-elle en le regardant avec colère.
Elle claqua des doigts et Esposito apparu aussitôt. (Il était évident que Gates et les gars étaient dans l’autre pièce.)
-« Mets-le en cellule… Au moins on saura où il est. » se moqua-t-elle en se levant.
L’inspecteur était mal à l’aise. Castle était son ami et lui non plus ne comprenait pas le comportement de ce dernier.
Richard Castle ne resta pas longtemps en prison. Vers deux heures du matin, son père apparu en tenu d’inspecteur de police.
-« Père ? »
-« Allez, sors de là fils… » lui sourit-il en ouvrant la porte avec un pass. « Camille s’occupe du système de surveillance, mais dépêche-toi quand même. »
-« Kate sait que je suis en vie… Je ne vais pas pouvoir l’arrêter cette fois. Je lui donne juste de quoi comprendre. » expliqua-t-il en déposant une capsule des serpents dorés avec une petite note lui indiquant de commencer à creuser par là.
Le lendemain matin, en passant dans le hall de son immeuble, l’attention de Kate fut attirée par la couverture pliée et déposée sur les boites aux lettres. Il s’agissait de celle qu’elle avait offerte au sans-abri quelques mois plus tôt. Une enveloppe avec son prénom y était accrochée.
« Je ne t’ai jamais abandonnée. J’étais là, tous les jours. Je t’aime. »
La lettre n’était pas signée, mais elle n’avait pas besoin de l’être. Kate avait tout de suite reconnu l’écriture.
En arrivant au poste, elle savait déjà que la cellule dans laquelle elle avait laissé Castle la veille était vide. Elle commença donc sa journée par sermonner les hommes qui était de garde cette nuit-là.
Chapitre 10 :
10 heures du matin, Beckett et son équipe planchaient déjà sur le gang des serpents dorés et essayaient de trouver Castle en partant de là, mais étant donné que ce gang avait disparu fin des années 90’, c’était le calme plat.
Esposito avait juste discuté avec un de ses amis des stups qui lui avait affirmé que ces capsules n’avaient jamais vraiment disparues. Elles étaient devenues rares, mais il suffisait de connaître les ‘bons’ endroits pour s’en procurer facilement. Il avait également découvert qu’un indic avait été envoyé en mission au sein de ce gang, mais avait dû être retiré de toute urgence avant que le leader ne puisse être identifié. Ce type, un certain Carlos Rodrigue donnait ses ordre via Miguel Rodrigue, l’un des autres membres, mais personne ne l’avait jamais vu. Et ce Miguel n’avait rien d’un leader, il était à peine capable de respirer tout seul sans en demander la permission.
-« Bon et bien nous voilà bien avancés ! » pestait Kate, se laissant tomber contre le dossier de son fauteuil.
-« Si Castle nous a laissés cet indice, c’est que c’était important pour lui. » affirma Esposito en prenant la défense de l’auteur.
-« Ou peut-être juste pour nous faire perdre du temps ! » soupira Beckett.
-« Je ne crois pas non… » les coupa Ryan en revenant des archives. « Vous vous souvenez pour quelle raison Braken s’est fait chopper ? » demanda-t-il tout fier.
-« Trafic de drogue ! » répondirent-ils en cœur.
-« Et maintenant devinez qu’elle sorte de drogue était en sa possession ? »
-« Celle des serpents dorés ? » fit Beckett en se remettant assise, retrouvant soudain de l’intérêt pour cette histoire.
L’inspecteur afficha un très large sourire, signe de bonne réponse.
-« Il disait savoir fait piéger… Enfin, ils disent tous ça ! »
-« De toute façon il est mort en prison, on ne saura jamais… » voulut terminer Kate.
-« Encore une chose… Est-ce que tu sais quel jour exactement il est mort ? » demanda Ryan avec malice.
-« Quelle importance ? Et quel rapport avec notre enquête ? »
-« C’est important. » assura-t-il. « Enfin, pas pour élucider le meurtre du Old Haunt, mais pour retrouver Castle et comprendre ce qu’il fait, ça l’est. »
-« Ok, je t’écoute… » soupira Kate. « Pourquoi Monsieur j’ai-tout-ce que-je-veux se fait-il passer pour mort ? »
-« J’espère pour toi que ça va être convainquant ! » lui glissa précautionneusement son collègue à l’oreille.
-« Ça va l’être. » assura-t-il avec certitude. « Parce que Braken est mort le 28 Octobre. Son corps a été retrouvé pendant la ronde de 22 heures… La précédente étant à 18, il est donc mort pendant ce laps de temps.
-« 28 Octobre ? C’est la date où le sniper a touché Castle. » sursauta Kate.
-« Il était 22 heures 08 exactement quand tu as appelé les secours. J’ai vérifié ! Tu crois aux coïncidences ? »
-« Braken avait prédit sa mort. Il disait que j’allais mourir moi aussi… » se remémora Kate à voix haute.
-« Il avait tellement d’ennemis que c’était facile à imaginer ! » assura Esposito. « Mais c’est une drôle de coïncidence tout de même. Castle peut avoir cru Braken ? » demanda le latino en se tournant vers Kate.
-« C’est Castle ! Bien sûr qu’il l’a cru… Mais pourquoi disparaître ? » affirma-t-elle sous un ton de reproche en pensant à Castle.
-« Il voulait peut-être enquêter de son côté. » voulut atténuer Ryan.
-« Il est assez stupide pour faire ça ! » assura Kate en soupirant. « Mais il n’avait pas besoin de se faire passer pour mort pour autant ! »
-« Mouais… » admit Ryan en faisant la moue. « Faudra lui demander plus de détail pour connaître la suite ! » dit-il en laissant tomber son dossier sur le bureau de Kate.
-« En tout cas ça ne nous dit pas qui a tué Mario Lopez, le type du Old Haunt ! » reprit Kate en essayant de sortir Castle de son esprit.
-« Lieutenant Beckett ? » interrompit un homme en uniforme. « Ce Monsieur désire vous parler, il dit que c’est à propos du meurtre au Old Haunt. »
-« Merci Jones. » remercia Beckett en invitant l’homme à s’asseoir. « Vous avez été témoin de la scène ? » demanda-t-elle alors que l’homme en question avait préféré rester debout.
-« C’est moi. C’est moi qui ai tué l’homme. » affirma-t-il.
Kate, Ryan et Esposito se regardèrent l’un l’autre. Beckett finit par réagir et demander à Ryan de l’escorter en salle d’interrogatoire.
-« Tu le crois ? » demanda Esposito en regardant l’homme suivre docilement Ryan.
-« Ça ne coûte rien d’écouter sa version, de toute façon on n’en est nulle part dans cette affaire ! » fit Kate en se levant.
-« Votre nom ? » demanda Beckett en s’asseyant.
-« Samuel Lindan. »
-« Comment connaissiez-vous Mario Lopez ? »
-« Qui ? »
Beckett le regarda perplexe et soupira.
« Oui, bien sûr, c’était son nom… Je ne le connaissais pas. »
Kate se serait crue dans une toute autre dimension. Et commençait à penser qu’elle perdait son temps.
-« Pourquoi le tuer alors ? »
-« Parce que je me suis trompé de gars. »
Kate ne put s’empêcher d’exploser de rire. Il lui fallut un petit moment pour se reprendre.
« Excusez-moi, mais on ne me l’a encore jamais fait celle-là. » elle tenta de reprendre son sérieux, mais cet homme était tellement sûr de lui que la tâche n’était pas facile. « Qui vouliez-vous tuer ? »
-« Je ne sais pas son nom à lui non plus… » avoua-t-il. « Mais je l’ai vu entrer dans le bar un peu plus tôt dans la journée…Alors quand j’ai vu un gars assis sur une chaise, je pensais que c’était lui, ça semblait logique. »
-« Vous pouvez me le décrire ? Celui que vous vouliez tuer. »
-« La cinquantaine. 1 M 80 à peu près. Cheveux courts, bruns-grisonnants ; il a un épi comme ça » mima-t-il avec ses cheveux. « Les yeux bleus. Il a une petite cicatrice là. » dit-il en montrant son front, entre les deux yeux.
-« C’est une description plutôt précise pour un type que vous ne connaissez pas. »
-« C’est parce que j’ai eu le temps de l’observer quand il me menaçait. »
-« Vous avez porté plainte ? Pour quelle raison vous menaçait-il ? » demanda Kate avec attention.
L’homme paru hésiter, il n’avait pas l’air certain de ce qu’il pouvait dire.
« Vous venez avouer un meurtre Monsieur Lindan. Qu’est ce qui pourrait vous apporter plus d’ennuis ? Pourquoi vous menaçait-il ? » redemanda Kate avec plus d’insistance dans la voix.
-« Parce que j’étais sur le point de vous tuer. »
-« C’est cet homme qui vous a demandé de venir me raconter n’importe quoi ? » demanda Kate, le ton complètement indifférent en montrant une photo personnelle de Castle en fouillant dans son IPhone.
L’homme semblait paniquer en voyant le regard de Castle. Pourtant il n’avait rien de terrifiant sur cette photo, bien au contraire, il souriait à Kate.
-« Oh… Mon Dieu… Vous le connaissez bien ? C’est lui… Je ne mens pas… Ce soir-là je vous attendais à votre étage. J’étais caché derrière la porte des escaliers. Je vous ai suivi un moment et ensuite une personne m’a attiré dans un appartement. Il m’a roué de coups et une fois que j’ai été à terre, incapable de bouger il m’a assuré que si je continuais à vous suivre il me tuerait. »
-« Et vous l’avez cru ? » soupira-t-elle.
-« Il m’a soulevé en m’attirant par l’épaule et m’a porté jusqu’à la cage d’escaliers de laquelle il m’a lancé en me disant que ce n’était qu’un avertissement. »
-« Le type qui est reparti avec la jambe brisée ? C’était vous ? » s’estomaqua Kate.
-« J’avais 3 cotés cassées et deux dents en moins également… » compléta-t-il en ouvrant la bouche pour lui montrer.
-« Pourquoi deviez-vous me tuer ? Qui vous a engagé ? »
-« J’ai perdu mon job il y a quelques mois… Je traînais dans les bars et j’ai rencontré des types avec lesquels j’ai fait quelques vols… Je voulais faire partie de leur bande mais ils m’ont ri au nez… »
-« Quels vols ? Quelle bande ? »
-« Non… Je vais avoir de gros ennuis… »
-« Vous en avez déjà… Alors continuez votre histoire. Si vous êtes convainquant, je ferais peut-être en sorte de vous aider. »
-« Des cambriolages… Les LIKERS. »
Kate lui tendit une page vierge et un stylo. Le gars comprit immédiatement le message et se mit à y inscrire plusieurs adresses et 3 noms.
-« C’est pour eux que vous deviez me tuer ? » demanda-t-elle sans vraiment y croire.
-« J’en sais rien… Ils se sont moqués de moi… J’ai fait capoter la dernière ‘visite’. Ils m’ont laissé en plan. Deux jours plus tard un type que je ne connaissais pas est venu me voir en me disant que si je voulais faire partie de LIKERS je ne devais pas rater ma cible. Il m’a donné une adresse et une photo de vous, avec votre tête comme cible. » il fouilla dans la poche intérieure de sa veste en en sortit la photo qui avait l’air d’avoir été manipulée un grand nombre de fois.
-« Cet homme, vous pourriez le reconnaître ? En faire un portrait-robot ? »
-« Je ne l’ai vu que deux fois…Il faisait sombre. Mise à part le fait qu’il soit asiatique, je ne suis pas certain de vous aider. »
-« Et ben vous allez quand même essayé. » dit elle en se levant.
En sortant de la salle d’interrogatoire, elle donna la liste à Ryan en lui demandant de se renseigner. Elle chargea Espo de se renseigner sur les ‘LIKERS’ et demanda à un dessinateur de venir. En attendant des résultats, elle fouilla un peu dans les bases de donnés en tapant le nom de ‘Samuel Lindan’.