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Série : Castle
Création : 17.11.2013 à 18h32
Auteur : balvert
Statut : Terminée
« Cet EV se passe au début de la saison 6, avant le 6x06. » balvert
Cette fanfic compte déjà 15 paragraphes
Chapitre 1
Le soleil était à peine levé sur New York. Quelques oiseaux s’élançaient dans le froid de cette matinée à la recherche de quoi nourrir leurs petits ou renforcer leur nids. Un écureuil traversa à toute vitesse Central Park avant de disparaître dans un arbre. Deux jeunes femmes d’une quarantaine d’années courraient côte à côte. Après avoir fait le tour du parc, elles firent quelques étirements puis se dirigèrent, toujours en courant, vers la sortie.
« Tu ne sais pas la dernière ! s’exclama l’une d’elle tout en tentant de récupérer son souffle.
Non ?
Lucy, tu sais la fille de la compta ?
Ouais, la blonde peroxydée qui n’a plus un seul centimètre de peau non tendu par l’acide hyaluronique ?
Eh ben elle sort avec Marc.
T’es sérieuse ! On parle bien de Marc là, le Marc du troisième ?
Ouais, le beau gosse du bureau.
Mais qu’est-ce qu’il fout avec elle ? grimaça l’autre femme, jalouse.
Aucune idée, sûrement pour le sexe.
Et ça fait longtemps ?
Deux mois appar…» commença-t-elle avant de trébucher et de tomber lourdement. Elle eut juste le temps de tendre le bras pour se rattraper et éviter de se blesser. Surprise de ne pas avoir le droit aux moqueries de son amie, elle se hissa sur son bras et s’assit. Elle l’observa quelque secondes avant de réaliser qu’elle semblait totalement paralysée par un mélange de peur et de dégoût. Elle prit alors conscience de son environnement. Elle s’agrippa à un container pour se redresser, puis se rapprocha, découvrant alors la scène qui était masquée jusqu’à maintenant.
« OH MON DIEU !!! »
****
Les rayons du soleil vinrent lui chatouiller le visage et la sortirent peu à peu d’un profond sommeil. Elle s’étira légèrement, prenant garde toutefois à ne pas réveiller l’homme qui était à ses côtés. Elle sourit en le voyant dormir, si paisible, calme et surtout terriblement sexy... Si on lui avait dit il y a cinq ans de cela qu’elle se réveillerait chaque matin à ses côtés elle aurait sûrement pris la personne pour folle. Pourtant maintenant elle n’imaginait pas sa vie autrement. Elle se redressa légèrement pour voir son réveil : 8h03. On était dimanche matin et pour une fois elle n’était pas de permanence, ce qui signifiait qu’elle allait pouvoir profiter de son écrivain toute la journée... Elle reposa sa tête sur son torse si confortable et écouta son coeur battre dans sa poitrine. Elle fut bercée par le rythme lent et régulier et commença à décrire sans s’en rendre vraiment compte de petites arabesques du bout de ses doigts sur le ventre de son homme. S’apercevant de son geste, elle sourit et décida qu’il était temps de réveiller la marmotte. Elle se décala légèrement afin de mieux pouvoir observer sa réaction, puis du bout du doigt elle redessina les contours d’un visage qu’elle connaissait par coeur. Puis elle laissa sa main s’attarder sur sa mèche de cheveux rebelle, se promener dans son cou et sur sa poitrine puis descendre le long de son torse. Elle sourit de plus belle : si l’écrivain semblait persister à dormir, certaines parties de son corps étaient bien réveillées... Bientôt sa bouche remplaça sa main, prenant le même chemin, s’attardant sur les points les plus sensibles. De sa langue elle goûta chaque parcelle de peau nue que laissait échapper le T-shirt de l’écrivain puis elle remonta vers son visage avant de l’embrasser légèrement sur les lèvres. Voyant qu’il était toujours aussi peu réactif, elle s’installa à califourchon et reprit ses caresses. Elle poussa un petit cris de surprise lorsqu’elle bascula et se retrouva coincée sous le poids de ce corps si désiré.
« Alors Lieutenant, vous savez que ce n’est pas bien d’abuser des gens pendant leur sommeil? dit-il en la regardant les yeux noirs de désir.
- Ca tombe bien, tu ne dors plus», rétorqua-t-elle avant de le faire pivoter d’un mouvement de reins et de lui bloquer les mains au-dessus de la tête.
Leurs lèvres furent attirées comme deux aimants, et sans avoir à demander l’accès, leurs langues entamèrent un balais qu’elles connaissaient bien. Les caresses se multipliaient et les souffles se faisaient de plus en plus erratiques lorsque le téléphone vint briser la magie du moment…
«Ne réponds pas, supplia presque Castle, haletant.
- Je n’en avais pas franchement l’intention», rétorqua Kate en reprenant ses caresses.
Mais son interlocuteur ne semblait pas déterminé à abandonner aussi rapidement, et le téléphone sonna de nouveau.
« Ca doit être le poste, soupira Kate. Si je ne réponds pas ils ne vont pas nous lâcher.
- Et tu vas vraiment répondre maintenant ? demanda l’écrivain surpris en voyant sa fiancée attraper son téléphone, puis décrocher tout en continuant de caresser son torse.
- Beckett, fit-elle plus sèchement qu’elle ne l’aurait voulu, tentant de camoufler sa voix rauque et haletante.
- Je dérange? demande Ryan à l’autre bout du fil.
- On est dimanche matin, à ton avis? rétorqua-t-elle, faisant les gros yeux à Castle qui reprenait ses caresses.
- Désolé, on a une affaire.
- Je ne suis pas de permanence...
- C’est Gates qui m’a dit d’appeler, tous les autres sont déjà pris…
- Bien, on arrive alors... soupira la jeune femme en raccrochant puis en notant l’adresse sur son téléphone.
- Sérieusement? On y va? demanda l’écrivain frustré.
- Oui, mais je n’ai pas dis quand nous arriverions...» rétorqua Kate dans un grand sourire avant de fondre sur ses lèvres.
Ils arrivèrent à destination une bonne heure après le coup de fil de Ryan. Beckett ne releva même pas le regard lourd de sens que lui lançait Esposito. Elle franchit les limites de la scène de crime et s’avança vers le corps. Elle fut surprise en arrivant à proximité :
«Lanie n’est pas là ?
- Eh non, il n’y a pas que vous qui soyez très occupés ce matin, rétorqua l’hispanique qui allait taper dans la main de Ryan mais se ravisa en voyant le regard noir de sa supérieure.
- Elle a appelé, elle est bloquée dans les embouteillages, apparemment il y a eu un accident qui ralentit la circulation, expliqua l’irlandais, sauvant ainsi la mise à son ami.
- Tiens, quand on parle du loup», fit Castle en voyant la camionnette de la morgue s’engouffrer dans la rue. Le médecin légiste en sortit rapidement et s’avança vers eux, contrariée.
- Je sais, je suis en retard!
- Aucun problème Lanie, ce sont des choses qui arrivent. Je vais voir ce que les gars ont pendant que tu fais tes premières observations. Suis-moi, le corps est par là.»
Elle la guida vers la victime, puis alors qu’elle repartait vers son équipe, elle vit le regard terrifié de son amie :
«Ca va Lanie ? Tu connais notre victime ? demanda-t-elle inquiète.
- Euh oui... répondit-elle sous le choc. C’est James Fox, on a fait notre internat ensemble...
- Oh, je suis désolée ! Si tu veux on peut appeler Perlmutter ?
- Non ça ira, ça faisait longtemps que je l’avais vu, je suis juste un peu surprise c’est tout. Donne moi quelques minutes et je t’en dirai un peu plus sur la cause de la mort.
- D’accord, je serai juste à côté.» répondit la jeune femme en posant une main réconfortante sur l’épaule de son amie.
C’était l’un des plus grand cauchemar de chaque flic : être appeler pour l’homicide d’un ami ou d’une personne ayant compté par le passé. Elle l’avait vécu avec Royce il y a quelques temps et savait à quel point cela pouvait s’avérer difficile de rester objectif durant l’enquête. Mais elle faisait confiance à la légiste : elle avait toujours su rester professionnelle et efficace et en temps qu’amie elle se devait de lui laisser faire l’autopsie si c’était ce qu’elle voulait. Elle s’éloigna de quelques pas pour rejoindre les gars qui n’avaient rien manqués de la scène.
«Lanie connait le type? demanda Esposito.
- Apparemment ils ont fait leur internat ensemble. Non, fit-elle en voyant l’hispanique se diriger vers elle. Laisse-lui le temps de digérer, elle a besoin d’être un moment seule. Qu’est-ce qu’on sait sur la victime?
- James Fox, 37 ans, neurochirurgien au Lenox Hill Hospital, habitant le sud de Manhattan d’après son permis de conduire, répondit Ryan en fouillant dans ses notes. Deux joggeuses ont découvert le corps près de cette benne à ordure vers 7 heures ce matin. Pour le moment l’enquête de voisinage n’a rien donnée, personne n’a vu ou entendu quoique ce soit.
- Bien, rentrez au poste et faites-moi une recherche sur ce type : famille éventuelle, problèmes avec un patient ou avec l’hôpital... Et essayez de trouver ce qu’il pouvait bien faire dans cette rue. On vous rejoint une fois que Lanie aura terminé.
- Kate ? l’appela cette dernière.
- Tu as quelque chose?
- Comme toujours j’en saurai plus après l’autopsie, mais je situe l’heure de la mort entre 2 et 4 heure ce matin. Par contre il y a quelque chose qui n’est pas logique!
- Comment ça? demanda Castle qui avait suivi sa fiancée.
- Vous voyez cette plaie à l’arrière de son crâne? Ca a dû être causé par un objet contendant et a sûrement entraîné la mort. Seulement il n’y a aucune éclaboussure de sang dans les environs et la position du corps n’est pas normale. Vu l’angle de la plaie, le tueur devait se situer derrière la victime. Comme le corps est adossé au mur de cet immeuble...
- Il a été déplacé, termina Castle.
- Exactement, répondit la métisse. Je te dirai si je trouve un indice concernant le lieu réel du crime.
- Merci Lanie. Je serai au poste !» ajouta-t-elle.
La légiste la remercia d’un léger signe de tête mais lui assura que tout allait bien. La jeune femme n’était absolument pas convaincue et bien déterminée à en connaître plus sur les liens l’unissant à sa victime, mais elle décida de lui laisser un peu de répit pour le moment.
Chapitre 2
Lorsqu’ils arrivèrent au poste, Ryan était en train d’afficher les premiers éléments sur le tableau blanc.
«Vous avez du nouveau?
- La victime était mariée à une certaine Stephenie Fox, pas d’enfants.
- Vous l’avez prévenue ?
- On allait le faire quand vous êtes arrivés, répondit Esposito.
- D’accord, on va aller la voir, elle pourra peut-être nous donner quelques pistes sérieuses. Et sinon du côté de son travail ?
- Il était le chef du service de neurologie du Lenox Hill Hospital et plutôt assez réputé dans le milieu si on en croit le doyen de l’hôpital. Il avait le taux de mortalité le plus bas de l’établissement et opérait des patients venant des quatre coins des Etats-Unis.
- Allez sur place, une telle réussite peut entraîner pas mal de jalousie de la part de ses confrères », ordonna la jeune femme avant de ramasser sa veste et de se diriger vers la sortie.
Ils entrèrent peu de temps après dans un somptueux loft sur la 59th. Très spacieux et décoré avec goût, il était doté en plus d’une vue à couper le souffle sur Central Park. La pièce principale était très lumineuse, dans les tons blanc cassé et bleu pastel, un impressionnant canapé de cuire blanc trônant à côté d’une sculpture en métal très moderne. Une table basse en verre habillée d’une belle orchidée mauve complétait le salon qui s’ouvrait sur un espace salle à manger où on trouvait une imposante table en chêne massif. Ce mariage de métal et de bois était parfaitement maîtrisé et Kate fut subjuguée après qu’une belle femme blonde aux yeux verts serrée dans un tailleur strict vienne leur ouvrir :
« Que me vaut l’honneur de cette visite Lieutenant Beckett ? puis voyant le visage fermé de la jeune femme elle ajouta la voix tremblante : Oh mon Dieu, c’est James, il lui est arrivé quelque chose c’est ça ?
- Je suis désolée Madame... Il a été assassiné cette nuit. Je vous présente toutes mes condoléances...»
Stephenie Fox s’effondra dans le canapé, une main sur sa bouche ouverte, tentant d’étouffer un cris qui ne parvenait même pas à s’échapper. Ses yeux s’embuèrent mais les larmes ne coulèrent pas. Elle passa ses mains sur son visage et tenta de reprendre contenance, encaissant le choc de la nouvelle.
«Vous savez ce qu’il s’est passé? demanda-t-elle enfin la voix tremblante.
- C’est ce que nous essayons de découvrir. Vous savez ce que votre mari pouvait faire hors de chez vous vers 2 heure du matin ?
- Il... Il faisait des recherches sur la maladie d’Alzheimer depuis un moment maintenant, et il y a deux mois environ il m’a annoncé qu’il avait fait une découverte qui allait révolutionner le combat contre cette maladie. Depuis il rentrait très tard ou partait très tôt afin de pouvoir mettre au point les derniers détails de son protocole. Il devait lancer un essai clinique prochainement et était obsédé par ses recherches. Hier soir il m’a appelé pour me dire de ne pas l’attendre, il avait rendez-vous avec les agences de santé pour la validation de son protocole et il n’avait aucune idée de la durée de l’entretien.
- Est-ce qu’il vous aurait parlé d’éventuels problèmes au travail, avec un collègue jaloux de son talent ou de ses recherches ?, demanda Castle.
- Non, tout le monde l’admirait. Les étudiants se bousculaient pour être dans son service et ses pairs rêvaient d’opérer à ses côtés… Il était quelqu’un de passionné et de passionnant. Il adorait transmettre son savoir-faire.
- Vous ne lui connaissez pas d’ennemis, des gens avec qui il aurait pu avoir des problèmes par le passé ?
- Non, je ne vois pas... Ah attendez, maintenant que vous le dites, il y a cet homme avec qui il a travaillé, un certain Bob Regan. Il était infirmier et il y a trois-quatre mois James a dû le dénoncer au doyen après plusieurs incidents au bloc.
- Que s’était-il passé? s’enquit Beckett intéressée.
- Apparemment un problème avec le matériel, mais je n’ai pas tout compris. Toujours est-il que Regan a été licencié. Vous pensez que ça peut être lui qui a fait ça ?
- C’est encore trop tôt pour le dire mais on va creuser de ce côté.
- Et sinon dans votre couple ça allait comment ? demanda Castle ce qui lui attira immédiatement un regard noir de sa fiancée.
- Que voulez-vous dire?
- J’ai remarqué une valise dans la pièce d’à côté.
- Je suis avocate en droit d'affaire et je suis censée me rendre à Berlin demain pour représenter un client dans une affaire assez délicate. Et pour répondre à votre question, comme tous les couples nous connaissions des hauts et des bas, mais James et moi étions profondément amoureux, et je ne lui aurai jamais fait de mal si c’est ce que vous insinuez.
- Veuillez excuser mon partenaire pour cette question maladroite, fit Kate après avoir fusillé son compagnon du regard. Tenez, voici ma carte, appelez-moi si un détail qui pourrait nous aider dans notre enquête vous revenez.»
De leur côté Esposito et Ryan avaient déjà interrogé une bonne dizaine d'infirmières, d'internes et de médecins mais recevaient toujours le même refrain : "Le Dr Fox était admirable et l'un des meilleurs chirurgiens de sa génération, je ne vois vraiment pas qui aurait pu lui en vouloir pauvre homme !" Ils en venaient même à se demander si ce texte n'avait pas été appris pas cœur par tout l'hôpital... Ils allaient reprendre la route du poste persuadés qu'ils n'obtiendraient rien lorsque le téléphone de l'hispanique sonna :
"Esposito ?
- C'est Beckett, vous avez du nouveau ?
- Pas vraiment, je ne savais pas que les médecins pouvaient être aussi muets...
- J'ai peut-être de quoi délier les langues. As-tu entendu parlé des essais cliniques de notre victime sur la maladie d'Alzheimer ?
- Non pas du tout, mais on va se renseigner.
- D'accord et profites-en pour en savoir plus sur l'incident avec un infirmier, un certain Bob Regan survenu il y a quelques semaines. Apparemment Fox serait responsable de son licenciement."
Esposito raccrocha et fit un rapide compte-rendu des éléments nouveaux à Ryan. Puis voyant l'heure tardive ils décidèrent de se rendre à la cafétéria de l'hôpital grignoter un morceau et en profiter pour continuer les interrogatoires. Ils s'installèrent à une table un peu en retrait pour déguster leurs sandwichs et observer les potentielles sources d'informations. Esposito fixait depuis 5 bonnes minutes la même direction.
" Je te rappelle qu'on est là pour l'enquête, pas pour se rincer l’œil, le rappela à l'ordre Ryan en découvrant une belle femme blonde.
- L’un n'empêche pas l'autre, répondit l'hispanique dans un grand sourire.
- C'est vrai tu as raison, et je suis persuadé que Lanie n'y verrait pas d'inconvénients !
- Qu... Quoi ? fit-il surpris. Je suis un homme c'est normal de profiter de la vue de sublimes créatures.
- Certes mais le problème c'est que chez toi ça ne s'arrête pas là.
- Bien sûr que si !
- Bien sûr que non, draguer est une seconde nature chez toi, seulement qui te dis qu'une des filles ne te demandera pas beaucoup plus et qui te dis que tu sauras résister ?
- Tu penses sincèrement que je pourrais tromper Lanie ?
- Je ne sais pas, mais je penses que tu n'as pas le comportement d'un mec en couple.
- Écoute si ça peut te rassurer je suis peut-être un coureur de jupons mais je respecte les femmes et je n'ai jamais trompé mes petites-amies. Et je l'ai déjà perdue une fois je n'ai pas envie que ça se reproduise...
- Alors c'est du sérieux vous deux ?
- On évite de parler mariage si c'est ce que tu veux dire... Je ne sais pas ce que c'est, juste que pour le moment on est bien et c'est le plus important.
- Tant mieux alors, répondit l’irlandais, ravi, puis il ajouta : Elle t’a parlé de la victime ?
- On a pas encore eu le temps de se voir, et de toute façon je ne la forcerais pas à le faire.
- Quoi ? Le grand Javier Esposito aurait peur d’une femme ? se moqua Ryan.
- Mec, je te rappelle qu’elle a des scalpels ! Et je ne tiens pas à atterrir sur une de ses tables d’autopsie ! »
Lorsqu'ils arrivèrent au poste Beckett et Castle buvaient un café dans la salle de repos et semblaient partager une de leurs conversations silencieuses qui laissaient les deux flics perplexes. Comment pouvaient-ils se comprendre aussi facilement sans échanger le moindre mot ?
" On dérange ? demanda Esposito.
- Oui! répondirent en même temps les principaux intéressés.
- Viens, il faut laisser Papa et Maman tranquilles, fit l'hispanique en entraînant son partenaire vers leurs bureaux.
- Non c'est bon, dites-nous ce que vous avez appris ! rétorqua Kate ne relevant pas le surnom
- En fait pas grand chose de plus que vous. Fox travaillait bien sur un essai clinique mais pratiquement personne ne connaissait l'étendu de ses progrès. Apparemment il travaillait seul.
- Sur un essai de cette importance ? demanda Kate perplexe.
- Ça arrive parfois, les médecins ayant toute la renommée pour eux seuls en cas de succès... Ils ne prennent une équipe qu'ensuite pendant la mise en œuvre de l'essai.
- Et sinon concernant Bob Regan ?
- D'après une autre infirmière présente au bloc ce jour là il se serait trompé en donnant les instruments au chirurgien ce qui lui a fait perdre de précieuses secondes et qui aurait pu être fatal au patient.
- Ce sont des choses qui arrivent, on ne licencie pas quelqu'un pour ça ?! fit Castle surpris.
- Sauf que ce n'était pas la première fois. Apparemment il a multiplié les bourdes au bloc durant ce dernier mois.
Bien, il va falloir aller le voir pour en savoir plus. Et il faut se renseigner sur cet essai clinique, quelque chose n'est pas net dans tout ça... Merci les enfants, vous avez bien travaillé ! Vous pouvez rentrer, mais ne vous couchez pas trop tard, demain il y a école, ajouta la jeune femme, riant en voyant la tête de ses détectives.
Je me disais aussi, bizarre qu’elle ne relève pas...» soupira Ryan en s’éloignant.
L’après-midi était déjà bien entamée et elle savait qu’un dimanche elle n’obtiendrait pas grand chose de plus, alors elle leur permis de rentrer chez eux. Alors que Castle rassemblait ses affaires, il fut surpris de ne pas la voir en faire autant :
« Tu restes ?
- J’ai deux-trois trucs à faire, ne t’inquiète pas je serai à la maison dans pas longtemps.
- Qu’est-ce que j’aime quand tu dis « à la maison », répondit l’écrivain dans un grand sourire, avant de l’embrasser sur la joue. A tout à l’heure alors ! »
Elle attendit de le voir disparaître derrière les portes de l’ascenseur, ramassa sa veste puis prit le chemin de la sortie à son tour.
Chapitre 3
Elle se rendit à la morgue et entra sans frapper dans la salle d’autopsie, ce qui fit sursauter Lanie.
« Mon Dieu Kate, mais tu veux ma mort ? s’exclama-t-elle en ramassant le scalpel qui lui avait échappé.
- Désolée, je ne voulais pas te faire peur…
- Eh bien c’est raté !
- Tu as du nouveau ?
- Si je ne t’ai pas encore appelée c’est qu’il y a une raison… Je peux juste te confirmer que le coup porté à la tête était mortel. Par contre ce qui est étrange c’est qu’il n’y a aucune trace de sang sur ses vêtements.
- Tu veux dire que le tueur l’aurait changé après le meurtre ?
- Apparemment oui…
- Mais pourquoi ?
- Eh, moi je m’en tiens aux faits, à toi et à ton ombre d’émettre des théories. Il est où d’ailleurs ?
- A la maison, je lui ai dis que j’avais des trucs à régler avant de rentrer.
- « A la maison », c’est-y pas mignon, se moqua la légiste.
- Je te rappelle que c’est toi qui m’as poussée dans ses bras, tu devrais être contente.
- Résultat tu es fiancée, merci qui ?
- C’est vrai que je te dois beaucoup sur ce point. Tu as toujours été là pour moi, alors que je le reconnais je peux être vraiment pénible parfois…
- T’es gentille ! Je dirais agaçante, énervante, désespérante…
- C’est bon je crois que j’ai saisi Lanie, l’interrompit-elle. Tout ça pour dire que je veux être là pour toi aussi, si jamais tu en as besoin.
- Je vais bien Kate, affirma-t-elle en fixant soudainement le sol. Et je suis désolée mais j’ai une autopsie à terminer, sinon le détective qui dirige l’enquête ne sera pas contente…
- Je ne te lâcherais pas sur ce coup Lanie, je sais bien que ça ne va pas aussi bien que tu le dis ! » rétorqua Beckett en quittant la morgue, comprenant qu’elle n’obtiendrait plus rien de son amie pour le moment…
Elle arriva peu de temps ensuite au loft, et fut surprise de ne pas trouver Castle dans le salon. Puis elle entendit le bruit caractéristique des touches de clavier d’un ordinateur et se dirigea vers le bureau de l’écrivain en souriant. Il était tellement concentré, ses doigts tapant à une vitesse vertigineuse et son esprit obnubilé par la recherche de la bonne tournure de phrase qu’il ne la vit pas arriver. Elle s’approcha doucement puis passa ses bras autour de son cou et posa sa tête sur son épaule, en profitant pour lire quelques lignes des nouvelles aventures de Nikki Heat.
« Hey, déjà rentrée ? fit l’écrivain en refermant l’ordinateur, ne voulant pas qu’elle lise dans son dos.
- Je peux repartir si tu veux, répliqua-t-elle faussement vexée.
- Il n’en est pas question, rétorqua-t-il en pivotant sa chaise puis la faisant s’assoir sur ses genoux avant de l’embrasser tendrement.
- Ah, c’est nettement plus agréable comme accueil. Tu as trouvé l’inspiration apparemment ?
- Oui, une idée comme ça qui m’est venue tout à l’heure, alors j’ai profité d’être seul pour avancer un peu.
- Je vais te laisser continuer, je ne voudrai pas que tu prennes du retard à cause de moi.
- Je me ferai pardonner ce soir, promis !
- Eh, ce n’est pas parce que je suis là que tu n’as pas le droit d’écrire, c’est ton métier quand même. Par contre je ne suis pas contre le fait que tu te fasse pardonner… » répondit-elle dans un sourire aguicheur avant de quitter le bureau, d’attraper un livre au passage et de s’installer confortablement dans le canapé.
Castle revint dans le salon peu de temps après et la vit dans le canapé, le livre fermé sur ses genoux, en pleine réflexion.
« Eh, ça va ? demanda-t-il inquiet.
- Oui, je ne t’avais pas vu arriver.
- Chacun son tour, fit-il en rigolant avant de s’assoir à ses côtés. Je peux savoir ce qui te préoccupe comme ça ?
- Lanie… Elle ne m’a pas tout dit par rapport à la victime, elle n’est pas dans son état normal depuis ce matin…
- Va la voir !
- Tu crois ?
- Ca sera toujours plus utile que de te triturer les méninges toute seule sur ce canapé !
- Mais et toi ?
- Je suis un grand garçon, je peux bien passer une soirée seul. Et normalement Mère ne devrait pas tarder alors ne t’en fais pas. C’est ta meilleure amie et elle a besoin de toi alors file.
- Merci », répondit-elle en l’embrassant furtivement puis se dirigeant vers la porte.
Elle avait longuement hésité puis avait décidé de ne pas la prévenir de son arrivée et d’adopter la méthode Lanie : je ne te laisse pas le choix, ce soir c’est soirée entre filles ! Elle s’était arrêtée en chemin pour acheter du thaï, et se trouvait maintenant devant sa porte, encore incertaine de ce qu’elle allait faire mais bien déterminée à lui changer les idées. Elle frappa :
« J’arrive ! Kate ??? Qu’est-ce que tu fais là? demanda la légiste surprise.
- Je fais comme toi, j’impose une soirée filles ! rétorqua Beckett en pénétrant dans l’appartement de son amie. J’espère que tu n’as pas encore mangé, j’ai pris du thaï. Esposito n’est pas là ?
- Non, il viens de partir, j’avais envie d’être un peu seule…
- Tant mieux, je n’aurai pas besoin de le faire partir, répondit Kate, ignorant la requête à peine déguisée de son amie.
- J’avais envisagé plateau-télé ce soir…
- Mais ne change rien à tes plans, c’est parfait ! rétorqua la jeune femme en posant les plats sur la table du salon et en s’installant confortablement dans le canapé.
- Bon, je crois que je n’ai pas le choix… soupira Lanie.
- Tu as vu, c’est pénible hein, fit Kate dans un grand sourire plein de sous-entendus.
- De toute façon tu perds ton temps, je ne te dirais rien puisqu’il n’y a rien à dire !
- Ca tombe bien, je ne t’ai rien demandé ! Raviolis au poulet, porc au miel ou rouleau de printemps ? »
Elles dînèrent tout en discutant de tout et de rien, évitant soigneusement de parler de l’enquête et de James Fox. Kate réussit même à faire sourire son amie à plusieurs reprises mais elle voyait bien qu’elle était préoccupée et en proie à d’intenses réflexions.
La soirée était déjà bien entamée et la jeune flic désespérait de recevoir la moindre confidence lorsque la légiste laissa échapper tout à coup dans un soupire :
« On était fiancés …
- Pardon ? demanda Beckett qui s’attendait à tout sauf à ça.
- James et moi, on était fiancés …
- Attends, tu peux me la faire depuis le début s’il te plaît ?
- Je te l’ai dis, on s’est rencontrés pendant notre internat. Il avait un an de plus et était en neurologie alors que je travaillais à la morgue. Je croisais très peu les autres internes, sauf pendant les pauses repas, mais les internes en chirurgie sont … comment dire… spéciaux… et on évitait en général de les fréquenter. Seulement il y a eu cette histoire avec ce patient…
- Que s’est-il passé ?
- James a perdu un de ses patients lors d’une opération de routine. Son résident l’avait laissé opérer et ce n’était pas la première fois, seulement le patient est mort sur la table.
- Et donc votre service a hérité du cas.
- Exact ! J’avais à peine commencé à ouvrir le corps qu’il est arrivé en furie dans le service. Il ne comprenait pas, il n’avait fait aucune erreur et pourtant ce cas pouvait bien lui coûter sa carrière car tout le monde était persuadé qu’il avait merdé. Il a commencé à nous mettre la pression pour qu’on comprenne ce qu’il s’était passé et vite.
- Je suis sûre que tu ne l’as pas laissé faire !
- Je n’avais pas autant de caractère à l’époque, mais mon résident lui a gentiment fait comprendre qu’il n’avait pas d’ordre à nous donner, et que puisqu’il n’avait pas réussit à faire son travail correctement, il serait agréable qu’il nous laisse faire le notre. Il est reparti encore plus furieux ! Il était insupportable tellement il était imbu de lui-même mais en même temps il était l’un des rares médecins à se soucier de la véritable cause de la mort de son patient. En général les chirurgiens se contentent au mieux de lire le rapport d’autopsie, mais on n’en voit pas beaucoup en bas. Et puis… il était plutôt pas mal ! ajouta-t-elle en souriant.
- Et que s’est-il passé ensuite ?
- Il est revenu le lendemain nous présenter des excuses… Puis tous les jours d’après… Au début il parlait surtout avec mon résident, bien que j’aie pratiquement menée l’autopsie seule. Puis au fil du temps il a commencé à s’intéresser à moi. Et j’avoue que je n’étais pas vraiment insensible à son charme… J’ai fait traîner l’autopsie, d’abord pour lui donner une leçon sur la façon de s’adresser aux légistes et ensuite parce que je n’avais pas envie de ne plus le voir traîner dans les parages. Mais il a continué à descendre bien après que je lui ai rendu mes conclusions !
- Et ensuite, qui a fait le premier pas ?
- Lui, et pour info il n’était pas responsable de la mort du patient, mais apparemment ce détail ne t’intéresse pas trop …
- Désolée, mais tous les trucs médicaux… grimaça Kate. Alors raconte ! la pressa-t-elle.
- Au bout de deux bonnes semaines de visites journalières il s’est enfin décidé à m’inviter à dîner. Et j’ai découvert un tout autre homme pendant cette soirée. Il pouvait être prétentieux et hautain à l’hôpital, mais là il était galant, prévenant, attentif, drôle, charmant et tellement craquant… Je n’avais pas envie que la soirée se termine, alors je l’ai invitée prendre un verre, et puis… Mon Dieu Kate c’était magique !
- Et vous alliez vous marier alors ?
- Ca faisait 8 mois qu’on était ensembles lorsqu’il m’a demandé en mariage. Il avait sorti le grand jeu : dîner dans un grand restaurant, violons et musique romantique, et il s’est agenouillé pour me faire la plus belle déclaration de toute ma vie ! J’avais l’impression de vivre un rêve éveillé, tout était comme irréel et tellement beau ! »
La voix de la légiste se brisa un instant et Kate vit ses yeux s’embuer. Il n’y avait pas besoin d’être flic pour deviner que la belle magie s’était évaporée aussi vite qu’elle était apparue… Au bout de quelques minutes Lanie reprit :
« Tout était prêt, les invités arrivés, la salle décorée, j’étais habillée, impatiente de lui dire oui… Nous avions tenu à respecter les traditions, alors nous avions dormi séparément la veille et je n’avais pas eu de nouvelles de toute la matinée. Mais je ne m’inquiétais pas outre mesure, j’avais juste encore plus hâte de le retrouver ! Seulement …
- Il n’est jamais venu… compléta Kate comprenant mieux la détresse de son amie.
- Je ne me suis jamais sentie aussi humiliée de toute ma vie… répondit-elle, une larme venant couler le long de sa joue.
- Et tu sais pourquoi ?
- Non, il a totalement disparu des écrans-radars pendant une longue année, et j’étais tellement en colère que je n’ai pas cherché à reprendre contact quand sa mère m’a prévenue de son retour. J’ai foncé tête baissée dans le travail et me suis promise de ne plus commettre la même erreur…
- C’est pour ça que tu as pété les plombs après que Jenny ait évoqué ton mariage avec Javier ?
- Je ne sais pas si je serai capable de recommencer tout ça Kate… Je veux dire j’aime bien Javier, et on passe vraiment du bon temps ensemble… Mais avec James c’était différent… Enfin lui ça ne l’a pas empêché de vivre, j’ai entendu dire qu’il était marié !
- Effectivement… grimaça Kate, puis elle posa une main réconfortante sur celle de son amie : Je suis sûre qu’il y a une explication rationnelle à tout ça.
- De toute façon c’est du passé maintenant, et vu qu’il est mort ça ne changera plus rien !
- Je te promets de trouver qui a fait ça ! Et tu devrais en parler avec Espo.
- Peut-être… De toute façon je ne sais pas où tout ça nous mènera…
- J’ai une très bonne amie à moi qui m’a dit un jour que parler du futur avec son homme n’était pas forcément une mauvaise chose, fit Kate en souriant.
- Tu sais parfois les amis disent des bêtises… répondit Lanie en haussant les épaules. Mais tu as raison, je lui dois des explications…
- Ca sera l’occasion de voir où vous en êtes, ajouta Beckett fixant le sol tout à coup, ce qui n’échappa pas à son amie.
- Hey Kate, ça va? Un problème avec Castle?
- Oh non, tout va bien rassure-toi !» répondit-elle en souriant, puis elle ajouta après quelques secondes : « Je peux te demander quelque chose? ».
Voyant l’heure tardive et sachant que son amie aurait certainement envie de se retrouver un peu seule après avoir remué un passé si douloureux, Kate prit congé non sans lui rappeler que si elle avait besoin elle serait là dans la seconde qui suivait.
En arrivant au loft, elle se dirigea le plus discrètement possible vers la chambre, essayant de ne réveiller personne. Elle enfila son pyjama puis se glissa sous les draps et se blottit contre son fiancé. Elle l’embrassa à la commissure des lèvres puis lui murmura : « Promets-moi de ne pas me planter à l’autel, parce que de toute façon je te retrouverai et te collerai un balle entre tes deux beaux yeux bleus… ». Mais il devait dormir profondément et elle n’eut pour seule réponse qu’un léger ronflement qui la fit sourire et finit par la bercer puis l’endormir.
Chapitre 4
Bob Regan avait été convoqué au poste et installé dans une des salles d’interrogatoire. Beckett et Castle l’observaient au travers de la vitre sans tain :
« Il semble plutôt nerveux pour quelqu’un qui n’a rien à se reprocher… constata Rick.
- Je trouve aussi! Bon assez patienté, il est temps d’en savoir un peu plus! ».
Kate entra dans la salle suivit de près par son ombre, s’installa le dossier ouvert devant elle, mais ne jeta pas un seul regard au suspect ni ne prononça le moindre mot. Elle voulait tirer le maximum d’informations, alors quoi de mieux que de le pousser à bout. Elle sourit légèrement lorsqu’il craqua enfin :
« Je peux savoir pourquoi je suis là ? Qu’est-ce que vous me voulez ?
- Vous savez très bien pourquoi vous êtes là… répondit Kate le fixant droit dans les yeux.
- Euh… non, fit-il en déglutissant difficilement.
- Est-ce que vous reconnaissez cette personne, demanda-t-elle en montrant la photographie de la victime.
- Quoi ? C’est encore à cause de cette histoire ?
- Vous le reconnaissez ? insista l’écrivain.
- Evidemment, c’est le salaud qui m’a fait licencier ! James Fox, lâcha-t-il la voix emplie de haine.
- Que s’est-il passé ? demanda Castle.
- J’ai merdé dans son bloc et il ne l’a pas supporté alors il a cafté et je me suis fait lourdé !
- Ca on le sait, rétorqua Kate. Ce qu’on voudrait savoir c’est ce qu’il s’est passé vers 2 heure du matin dimanche.
- Excusez-moi mais je ne vois pas de quoi vous voulez parler, fit le suspect visiblement perdu.
- James Fox a été retrouvé mort, assassiné !
- Oh… Att… Attendez vous ne croyez quand même pas que je l’ai tué ?!
- Où étiez-vous entre 2 et 4 heure du matin dimanche ? poursuivit Kate.
- Mais vous délirez complètement ma parole !
- Répondez à la question, insista Castle.
- J’étais chez moi… Seul, finit-il par avouer en grimaçant, prenant soudainement conscience qu’il n’avait pas le moindre alibi. Mais pourquoi est-ce que je l’aurai tué voyons !?
- A vous de nous le dire !
- Ecoutez, oui j’étais en colère quand je me suis fait lourder. Je ne pourrais sûrement plus jamais exercer mon métier à cause de lui alors effectivement je ne le portais pas dans mon coeur. Mais il est venu me voir il y a trois semaines et on s’est expliqués.
- Comment ça ? demanda Beckett surprise.
- Ce n’était pas la première fois qu’on travaillait ensemble, et il avait été étonné de voir à quel point je merdais en ce moment alors il voulait savoir ce qu’il se passait. Au début je lui ai dis d’aller se faire foutre mais il a insisté et ne voulait pas s’en aller sans avoir de réponse.
- Et pourquoi vous multipliez les bourdes au bloc Monsieur Regan ?
- J’ai… Quelques problèmes personnels disons…
- Bien je crois que nous avons fini, fit la jeune femme en refermant le dossier et en se levant précipitamment.
- Non attendez ! supplia le suspect mort de peur. Il y a quatre mois, ma fiancée s’est barrée avec un autre type… Et on va dire que j’ai plus ou moins repris une ancienne habitude…
- Vous vous êtes mis à boire ? demanda Castle.
- Oui… Au début quelques verres, surtout en rentrant du travail, pour oublier que je rentrais dans une maison vide. Et puis rapidement je me suis mis à vider des bouteilles entières. Je suis même arrivé complètement soûl une fois à l’hôpital. Heureusement mes collègues s’en sont aperçu et m’ont renvoyés chez moi avant que je ne cause du mal à un patient. Mais j’avais le cerveau en bouilli et je n’étais plus capable de résonner correctement, alors je comprenais les ordres à l’envers, j’oubliais le traitement de certains patients, et je devenais même agressif envers d’autres. Mais Fox au lieu de me juger et de me traiter comme le monstre que j’étais devenu m’a proposé son aide… Il m’a donné le nom d’un confrère pour gérer mon addiction avec qui il avait déjà pris rendez-vous en mon nom pour le lendemain. Alors oui je lui en ai voulu, mais personne n’avait fait ce qu’il a fait pour moi ce jour-là, jamais je ne lui aurais fait du mal ! »
Beckett et Castle lui posèrent quelques questions supplémentaires, plus pour la forme que pour le fond, puis se retrouvèrent dans la salle de repos devant un bon café. Les derniers mots de Raglan commençaient à les faire sérieusement douter de sa culpabilité…
« Tu crois toujours que c’est lui? demanda l’écrivain.
- Il n’a pas d’alibi et un mobile assez solide… Mais s’il dit vrai, le mobile ne tient plus…
- Il avait l’air vraiment sincère.
- Je vais appeler l’addictologue, on sera fixés », fit Kate en s’éloignant après avoir recherché le numéro sur son ordinateur.
Pendant qu’elle patientait, le médecin étant en consultation, Castle se plaça devant le tableau blanc et essaya de faire le lien entre les différents éléments qu’ils avaient. Mais aucune théorie plausible ou non ne lui était venue à l’esprit lorsque les gars revinrent de leur visite aux autorités de santé.
« Yo, alors ça a donné quoi l’infirmier ? demanda Esposito.
- Pas grand chose, Kate est au téléphone pour confirmer un truc mais il semblerait que ce ne soit pas notre homme… Et vous?
- Rien du tout !
- Comment ça ?
- Les agences n’avaient tout simplement jamais entendu parlé d’un essai clinique sur la maladie d’Alzheimer sous la direction du docteur Fox.
- Quoi ? fit Castle surpris. Pourtant pas mal de monde nous a parlé de ses recherches !
- C’est surtout sa femme qui les a évoquées en fait, souligna Ryan. A l’hôpital peu de personnes semblait au courant, et pour cause…
- L’addictologue confirme, il suit Regan depuis trois semaines après avoir parlé de son cas avec le docteur Fox, fit Kate en revenant devant le tableau puis enlevant la photo de Regan de la catégorie « suspects ».
- Retour à la case départ alors, grimaça Esposito.
- Je ne saisi pas un truc, pourquoi faire croire à cet essai fantôme ? demanda Castle.
- Je n’en sais pas plus… Peut-être pour la renommée ? Un neurologue travaillant sur la maladie d’Alzheimer peut attirer la confiance des patients ? proposa Beckett.
- Sauf qu’il avait une réputation dépassant les limites de cet Etat bien avant ! Pourquoi tout risquer en mentant ainsi ? »
Ils étaient tous les quatre en proie à d’intenses réflexions lorsque le téléphone de Beckett sonna :
« C’est Lanie, elle a du nouveau. Les gars, allez au domicile de Fox, trouvez moi la moindre trace de recherche ou quoique ce soit pouvant indiquer un éventuel essai, histoire de voir si cette histoire est totalement bidon ou s’il s’était juste venté trop rapidement ! »
« Salut Lanie, alors qu’as-tu pour nous ? demanda Kate en franchissant les portes de la morgue.
- Pour commencer, je te confirme la cause de la mort : le coup porté à l’arrière du crâne au niveau du pariétal a entraîné un hématome extra-dural qui lui a été fatal en quelques heures à peine.
- Une idée de l’arme du crime ?
- J’ai retrouvé de petits fragments de verre dont certains portaient des pigments bleus. En considérant la forme de la plaie je pencherais pour une boule à neige ou un presse papier.
- Il n’y avait rien de tout ça sur la scène de crime, constata Castle.
- Non, et pour cause, ce n’était pas la scène de crime ! Mon intuition s’est confirmée quand j’ai repéré ceci dans la plaie, fit la légiste en leur tendant une boîte de Petri contenant de minuscules objets. Ce sont des fragments de bois, probablement provenant d’un parquet en bois massif, plutôt clair.
- La victime a donc été tuée dans une maison, s’exclama l’écrivain.
- Quelle perspicacité, se moqua Lanie, ce qui fit sourire Kate, ravie de voir son amie de nouveau assez en forme pour sortir ce genre de piques.
- Le type d’arme suggère plutôt un meurtre non prémédité. Pourtant ce qui est étrange c’est que la victime ait été changée puis déplacée… Ca ne colle pas ! réfléchit Beckett.
- Peut-être que le tueur s’est laissé emporter par la colère et puis, réalisant son geste, a décidé de se débarrasser du corps ?
- Ca je veux bien, mais pourquoi prendre le temps de changer les vêtements de Fox?
- Ne pas laisser d’ADN ?
- Tu penses sincèrement que sous le coup de la colère tu penses à ce genre de détails ?
- Mouais, pas faux… admit Castle.
- Bon les amoureux, c’est pas que vous m’ennuyez, mais il y en a qui ont du travail, alors zou, je n’ai plus rien pour vous ! » râla Lanie.
Castle partit devant, ayant peur de s’attirer les foudres de la légiste. Mais Kate se retourna juste avant de franchir la porte et murmura un léger « Ca va? » auquel la métisse répondit par un sourire et un hochement de tête. Beckett rejoignit son homme, soulagée, et heureuse d’avoir peut-être de nouvelles pistes à explorer.
Chapitre 5
Les gars revinrent bredouilles de leur fouille au domicile de James Fox. S’il faisait réellement des recherches sur la maladie d’Alzheimer, il n’y en avait aucune trace chez lui, que ce soit sur des carnets ou sur son ordinateur, rien du tout. Kate leur fit un rapide débriefing de l’interrogatoire de Regan puis ils se postèrent devant le tableau blanc, essayant d’établir des liens entre les différents éléments.
« On n’a toujours pas pu reconstituer son emploi du temps avant le meurtre, fit remarquer Beckett. S’il n’avait pas rendez-vous avec les autorités de santé, que faisait-il ?
- C’est ça ! s’exclama Castle. On sait que toute l’histoire de l’essai clinique est bidon…
- Mais alors que faisait-il de toutes les heures qu’il passait à faire ses soi-disant recherches ? compléta Kate.
- En tous cas quelque chose qu’il cachait à sa femme ! Peut-être qu’il était accro aux jeux, trempait dans une affaire louche de trafique d’organes, était devenu un espion à la solde du gouvernement traquant de dangereux criminels ou…
- Ou peut-être avait-il une maîtresse ou quelque chose de beaucoup plus courant et surtout plausible », le coupa Kate, souriant en le voyant bouder, déçu de ne pas pouvoir poursuivre ses théories farfelues. « Les gars, fouillez-moi ses relevés bancaires et téléphoniques , la moindre anomalie pourrait nous renseigner sur ses activités.
- Attendez, fit Ryan en se précipitant vers son bureau pour récupérer son bloc note. Voilà c’est ça ! ajouta-t-il en trouvant la page qui l’intéressait. Quand on a fait les recherches sur Fox j’avait déjà regardé ses comptes et j’ai relevé un petit détail qui pouvait s’avérer insignifiant à ce moment mais qui maintenant peut prendre tout son sens.
- Accouche, le pressa Esposito.
- Environ trois fois par semaine Fox effectuaient un virement, toujours du même montant, à la même personne. J’ai vérifié, il s’agit d’une compagnie de taxi.
- On sait où il allait ? demanda Kate.
- Je ne m’étais pas renseigné, mais je vais les appeler.
- D’accord, pendant ce temps on va regarder à nouveau voir s’il y a d’autres anomalies.
- J’ai une course à faire, je vais vous laisser, fit Castle en ramassant sa veste.
- Evidemment dès qu’il s’agit de paperasse c’est nettement moins drôle, se moqua la jeune femme.
- Oui, mais j’ai vraiment un truc à faire ! se défendit l’écrivain. Je ne sais pas combien de temps ça prendra, ne m’attends pas.
- D’accord, à tout à l’heure alors », répondit Beckett avant de se replonger dans les relevés de la victime sous le regard amusé d’Esposito, qui se garda bien pourtant du moindre commentaire lorsqu’il vit le regard de sa boss.
Ils épluchèrent tous les documents au peigne fin, mais en dehors des voyages en taxi rien ne semblait sortir de l’ordinaire. Voyant l’heure tardive elle décida de renvoyer les deux détectives et n’ayant pas de nouvelle de l’écrivain elle rentra également, se demandant ce qu’il pouvait bien faire.
Lorsqu'elle poussa la porte et pénétra dans le loft désert, une sensation de vide l'envahit. C'était la première fois qu'elle s'y retrouvait seule et c'était plutôt étrange. Elle posa sa veste avant d'aller se servir un verre. Elle venait de s'installer dans le canapé lorsque la porte s'ouvrit.
" Alexis ? fit-elle surprise. Tout va bien?
- Bonsoir Kate, oui oui je venais juste emprunter le fouet électrique de papa. Il n'est pas là d'ailleurs ?
- Non, il avait une course à faire, il ne devrait plus tarder je pense. Et Martha avait une soirée avec ses élèves.
- Oh, fit la rouquine en se dirigeant vers la cuisine puis fouillant dans les placards. Tiens, il n'est pas à la même place que d'habitude ?
- Non on a fait un peu de rangement la semaine dernière et on a bougé quelques trucs en faisant du tris. Tiens il est là.
- Merci...
- Qu'est-ce qu'il y a Alexis ? demanda la jeune femme en voyant l'air triste de la rouquine.
- Rien ! s'empressa-t-elle de répondre.
- Je vois bien qu'il y a quelque chose…
- C'est juste que ça fait drôle de ne pas s'y retrouver chez soi...
- Un problème avec Pi ? continue Kate.
- Pourquoi les hommes sont aussi compliqués ! soupira Alexis.
- Rassure-toi ils disent la même chose à notre sujet, répondit la jeune femme en souriant.
- Ce n’était pas censé être aussi dur ! répliqua la rouquine en prenant place sur le canapé.
- Tu sais en amour c’est toujours difficile, et ce d’autant plus que les sentiments sont forts. Mais les meilleures choses ne sont pas forcément les plus simples, et ça vaut le coup de se battre pour…
- Je ne parlais pas de Pi, tout va bien avec lui, mais papa …
- Oh, fit Kate surprise.
- Pourquoi est-ce qu’il a aussi mal réagit avec lui ? Qu’est-ce qu’il a bien pu lui faire ?
- Tu sais, les pères sont toujours sur-protecteurs quand il s’agit des petits copains… Et crois-moi je parle en connaissance de cause… ajouta-t-elle en souriant.
- C’est vrai ?, demanda Alexis intriguée.
- J’ai cru que mon premier petit ami ne quitterait pas la maison en vie !
- A ce point ? répondit la rouquine en souriant à son tour, essayant d’imaginer la scène.
- Mon père l’a mitraillé de questions durant tout le repas et ne le lâchait pas du regard, prêt à intervenir au moindre faux pas. Le pauvre, je suis sure qu’il s’en souvient encore ! » rigola Kate, soulagée en voyant que cette petite anecdote avait redonné le sourire à la jeune fille. « Je peux te poser une question Alexis ?
- Oui bien sûr !
- Ca risque d’être un peu indiscret… hésita la jeune flic.
- Dis toujours, si je pars en claquant la porte c’est que je ne voulais pas répondre, répondit-elle en souriant, gênée par le trouble évident de sa future belle-mère.
- Est-ce que ton emménagement avec Pi a quelque chose à voir avec nous, enfin je veux dire avec moi ?
- Oh ! fit la rouquine surprise.
- Tu n’es pas obligée de me répondre, tu n’as pas à te justifier devant moi, s’empressa de dire Beckett.
- Je sais, mais si tu as ce genre d’interrogation c’est que je te dois des explications… J’ai appris pour vos fiançailles grâce à un coup de fil de grand-mère. Ca faisait deux fois que j’apprenais des grands changements dans la vie de mon père autrement que par sa bouche et ça m’a blessée. Et on peut dire que j’ai été un peu jalouse de la place que tu prenais dans son coeur, comme si j’en avais moins pour moi.
- Je suis désolée que tu aies cette impression Alexis, mais tu es ce qu’il a de plus précieux au monde et crois-moi ça ça n’est pas prêt de changer.
- Je sais, je l’ai compris, sourit la rouquine. Ensuite j’ai repensé à ses deux précédents mariages, et à toute la souffrance qu’ils ont engendrés… Alors je me suis demandée si cette histoire était une bonne idée ou pas…
- Je sais que je l’ai énormément fait souffrir ces dernières années, grimaça Kate.
- C’est rien de le dire, l’interrompit la rouquine. Tu ne peux même pas imaginer à quel point j’ai pu te détester par moment !
- Sûrement pas autant que je me haïssais moi-même… Mais j’étais aveuglée par les fantômes de mon passé et je n’étais pas vraiment moi-même à cette époque. Je veux que tu saches que j’aime profondément ton père, je n’ai jamais ressenti ça avant ! Alors je ne sais pas de quoi demain sera fait, ni même si notre mariage tiendra ou pas, mais j’ai vraiment envie que notre histoire fonctionne et je vais tout faire pour ! Je ne vois plus ma vie sans lui, ni même sans toi ou Martha maintenant ! Je me doute qu’il va te falloir du temps pour accepter, mais je n’ai qu’une seule envie, rendre ton père heureux !
- Je sais, et tu le fais déjà, il a été métamorphosé depuis qu’il te connaît. Mais entre votre mariage, Paris et tout ce qu’il s’est passé cette année je crois que j’avais juste besoin de prendre un peu de distances le temps de digérer tout ça…
- Il regrette tu sais? D’avoir aussi mal traité Pi. Lui aussi a été fortement marqué par Paris, et il n’a qu’une peur, perdre sa petite fille. Et il a vu en Pi quelqu’un qui voulait t’éloigner de lui…
- Mais ça n’a jamais été son intention !
- Je sais bien, mais ton père n’a jamais été très rationnel quand il s’agit des personnes qu’il aime… Et puis comme tout parent, il n’a pas envie de voir ses enfants grandir alors ça lui a fait un choc quand tu lui as dis que tu quittais le nid.
- Tu sais que c’est lui qui devrait me dire tout ça ?
- Et il le fera, mais pour le moment il est trop blessé et son orgueil l’empêche de s’expliquer…
- Je ne voulais pas le faire souffrir, j’étais en colère et il était devenu tellement… envahissant après Paris ! Et je t’ai bien acceptée toi, alors pourquoi est-ce qu’il a eu cette réaction avec Pi ?
- Il finira par le faire, peut-être pas l’apprécier, mais il fera des efforts, rien que pour récupérer sa petit fille.
- Merci Kate, ça m’a fait du bien d’en parler, et c’est plutôt à moi de m’excuser, je n’aurais pas dû réagir ainsi et être aussi méchante avec lui… Et je ne t’en veux vraiment pas, tu n’as pas à culpabiliser de quoique ce soit, je suis même plutôt ravie que tu deviennes bientôt un membre à part entière de la famille Castle », ajouta Alexis dans un grand sourire sur la pas de la porte.
Beckett n’eut pas le temps de répondre que la jeune femme disparaissait derrière la porte du loft, la laissant à nouveau seule, mais le coeur léger. Elle était heureuse d’avoir pu parler ainsi librement à Alexis, et espérait que petit à petit ils arriveraient à former une véritable famille…
Chapitre 6 :
Lorsque Castle rentra à son tour, il sourit en voyant sa fiancée endormie dans le canapé devant la télévision allumée. Elle avait dû vouloir l’attendre malgré tout mais n’avait pas résisté à l’appel des bras de Morphée. Il resta quelques instants à l’admirer. Elle était tellement belle, paisible et sereine ! Il pourrait rester des heures entières à l’observer ainsi, ne se lassant pas de ce corps qu’il connaissait pourtant par coeur maintenant. Il étouffa un bâillement et se décida à aller au lit. Il était grand temps d’aller se reposer s’ils voulaient être opérationnels le lendemain et éviter les blagues douteuses des Bros par rapport à leur manque de sommeil… Il éteignit la télévision puis s’approcha doucement du canapé et la prit délicatement dans ses bras pour la porter jusqu’à leur chambre. Il sourit lorsqu’elle entoura instinctivement son cou de ses bras et qu’elle se blottit un peu plus contre son torse. Il la déshabilla et l’installa sous les couvertures puis alla dans la salle de bain se changer et se laver les dents. Il se glissa à son tour dans le lit en prenant milles précautions, la croyant toujours endormie, aussi fût-il surpris lorsqu’il la vit se retourner vers lui et l’embrasser.
« Je croyais que tu dormais !
- Je dormais ! Mais j’ai dû te sentir m’observer et ça m’a réveillé, répondit Kate dans un grand sourire.
- Tu faisais semblant alors !
- C’est plus drôle de se faire porter jusqu’au lit et de voir toutes les précautions que tu prends pour ne pas me réveiller, fit-elle d’un air innocent.
- Donc en fait tu as profité de ma gentillesse !
- Comme si ça te gênais de me tenir dans tes bras, dit-elle avant de l’embrasser tendrement puis de caler sa tête sur son torse où elle pouvait entendre son coeur battre régulièrement.
- Touché ! avoua-t-il en jouant avec ses cheveux, savourant ce moment.
- Je ne pensais pas que tu rentrerais aussi tard, tu étais où ? questionna Kate en étouffant un bâillement.
- J’avais une course à faire.
- Elle était bien longue ta course… Mais c’est dommage, tu as loupé Alexis.
- Quoi, elle est venue au loft ?
- Oui, t’emprunter ton fouet électrique, enfin ça c’était la version officielle… Vous devriez vous parler…
- Tu as raison, je lui dois des excuses, je me suis comporté comme un idiot…
- Ca fait du bien de mettre les choses à plat tu verras.
- Vous avez discuté toutes les deux ?
- Oui ! fit Kate en souriant.
- Et je peux savoir de quoi ?
- Tu ne veux pas me dire en quoi consistait ta course, alors non, répondit la jeune femme avec un petit sourire espiègle.
- Quoi, mais c’est pas juste !! s’exclama-t-il déçu.
- Mais la vie est injuste mon chéri ! Bon, dors maintenant, sinon j’en connais deux qui ne vont pas nous louper demain…
- Tu as raison, bonne nuit, fit-il en l’embrassant.
- Bonne nuit, répondit-elle en se blottissant d’avantage contre lui, la tête toujours posée sur sa poitrine, décidément bien plus confortable que son oreiller.
- Tu es sûre que tu ne veux pas me raconter ? tenta une nouvelle fois l’écrivain.
- Castle ! Maintenant tu dors ou je vais dans la chambre d’amis ! »
Cette dernière phrase eut l’effet escompté et ils finirent par s’endormir enfin, lovés l’un contre l’autre.
Le lendemain matin, et comme pratiquement tous les jours d’ailleurs, elle se réveilla avant que le réveil ne sonne. Elle était pratiquement entièrement allongée sur Castle, ce qui la fit sourire. Elle prit milles précautions pour se lever, le laissant profiter de quelques minutes de sommeil supplémentaires et se dirigea vers la cuisine pour préparer le petit déjeuner. Elle s’attela à la préparation d’oeufs brouillés tandis que le café coulait. Puis elle servit deux assiettes et deux tasses, tentant de dessiner un coeur comme il le faisait, mais abandonnant rapidement, n’ayant pas la patience requise. Au moment où elle terminait ses préparatifs et qu’elle allait aller le réveiller, elle le vit émerger de la chambre, les cheveux en bataille, la marque de l’oreiller lui barrant la moitié du visage et baillant tout ce qu’il savait.
« Hey, fit-il en se rapprochant pour l’embrasser. Ouah, tu as eu le temps de tout préparer? Ca fait longtemps que tu es levée ?
- Une petite demi-heure seulement. Bien dormis ?
- Trop court… soupira-t-il.
- T’es vraiment une marmotte, c’est pas possible !
- Tout monde n’a pas la capacité de ne dormir que trois heures par nuit et d’être en forme le lendemain ! rétorqua-t-il ce qui fit sourire la jeune femme.
- Bon aller, dépêche-toi, sinon on va finir par être en retard ! »
Ils arrivèrent en avance au poste, comme souvent… Ils s’installèrent devant le tableau blanc afin de récapituler les éléments de l’enquête puis Kate s’intéressa à la note laissée par Ryan sur son bureau :
« 307, 7th Avenue, Sam’s Park, lut Kate. Apparemment c’est l’adresse où se rendait James Fox plusieurs fois par semaine et ce serait un parking.
- Un parking ? Qu’est-ce qu’il viendrait y faire ?
- En général on y gare une voiture non ? se moqua la jeune flic.
- Oui, je sais, mais pourquoi garer sa voiture aussi loin de chez lui et de son lieu de travail ? Ce serait quand même plus simple de se garer à côté de chez soi, ça éviterai de prendre le taxi à chaque fois que tu veux utiliser ton véhicule ! remarqua Castle.
- Effectivement… S’il y laisse sa voiture régulièrement il doit sûrement payer un abonnement, mais on n’en a trouvé aucune trace dans ses relevés de compte bancaire …
- Il faut qu’on trouve ce véhicule, peut-être qu’il y aura des réponses à nos questions.
- Et tu comptes t’y prendre comment ? Je doute qu’il soit à son nom, alors comment trouver le modèle ou la plaque d’immatriculation ?
- On sait à quelle heure il prenait le taxi, vu que pour ça on a les payements. Je pense qu’il devait se rendre au parking aux moments où il disait travailler sur son étude, donc il partait sûrement à chaque fois de l’hôpital. De plus sa femme n’aurait pas compris pourquoi il quittait la maison en taxi. Il suffit de calculer le temps que met le taxi pour faire la distance Lenox-Sam’s Park puis regarder les bandes des caméras de surveillance correspondant à ces plages horaires. Le véhicule qui reviendra le plus souvent sera celui qu’on cherche, expliqua Castle, fier de lui.
- Ou bien tu visionnes des heures de vidéos jusqu’à ce que tu voies un conducteur ressemblant à la victime, fit Ryan arrivant avec plusieurs feuilles en main dont une photographie qu’il accrocha sur le tableau. Fox avait une Chevrolet, modèle Malibu, grise, avec pour immatriculation AWN-4138 à New York. Elle est au nom d’Amanda Davis, la mère de James, décédée il y a deux ans.
- Ca fait longtemps que tu es là ? demanda Kate impressionnée par le travail du détective.
- Environ trois heures, Jenny angoisse à cause du bébé, du coup elle me fait stresser aussi et je fais des cauchemars plutôt étranges…
- Vous avez vu le médecin récemment ? Un problème avec le bébé pour qu’elle soit comme ça ?
- On l’a vu il y a deux semaines et tout va bien, normalement elle devrait accoucher d’ici 3-4 semaines. Mais depuis quelques jours elle fait un rêve récurrent où elle se voit avoir un accident et perdre le bébé, alors elle s’est mis en tête que c’était peut-être un rêve prémonitoire et a peur du moindre évènement sortant un peu de l’ordinaire.
- Je suis sûre que ça ira et que tu trouveras les mots pour la rassurer, fit Kate. Et bravo, tu as fait du bon travail ! »
Beckett et Castle prirent la route en direction du parking. Ryan et Esposito les suivaient de près, ils n’avaient aucune idée de la taille des lieux et auraient sûrement besoin de renfort pour trouver la voiture. La jeune femme fit une première halte à l’entrée où se trouvait le gardien qui lui confirma que James Fox était un habitué. Puis ils se répartirent les tâches, le premier couple commençant les fouilles au niveau -4 tandis que l’autre partait du niveau 0. Ils arpentèrent méthodiquement les multiples allées du parking, scrutant attentivement les voitures à la recherche de celle de la victime. Cela faisait pratiquement deux heures qu’ils étaient là lorsque Castle fit signe à Kate de venir le rejoindre. On aurait dit un gamin tout excité devant la découverte des cadeaux aux pieds du sapin de Noël.
« Je l’ai trouvée ! AWN-4138, c’est celle-là !
- Effectivement », fit Kate en souriant devant le comportement de son fiancé.
Elle appela ses collègues qui étaient encore deux niveaux au-dessus d’eux puis fit le tour de la voiture, attentive au moindre détail louche. Puis elle se servit du pass qu’on lui avait fournit pour ouvrir la portière du côté conducteur et s’installa derrière le volant. Elle rabattit le pare-soleil mais ne trouva rien. Castle monta à son tour et ouvrit la boîte à gants. Il en ressortit un dossier plutôt épais ainsi que de nombreuses feuilles volantes.
« Qu’est-ce que c’est que ça ? demanda Kate.
- Je ne sais pas, on dirait du charabia médical. Il y a des tonnes d’analyses, des comptes-rendus de différents médecins, d’autres documents incompréhensibles…
- Peut-être qu’il faisait finalement bel et bien des recherches sur la maladie d’Alzheimer ?
- Ca m’étonnerait. Regarde, fit l’écrivain en lui indiquant le haut d’une des analyses sanguines.
- C’était lui le patient !
- Oui, et d’après ceci il était atteint d’une leucémie, et pour être plus précis d’une leucémie myéloïde chronique, déchiffra-t-il sur un des comptes-rendus.
- C’est ça qu’il cachait à sa femme, sa maladie ! Mais pourquoi ?
- Aucune idée, peut-être pour la préserver ?
- On va apporter tout ça à Lanie, elle pourra peut-être nous en dire plus. Une seconde, donne-moi ça ! » dit Kate en lui arrachant le dossier des mains. Elle tourna fébrilement les pages à la recherche de l’information qui viendrai confirmer sa théorie. « Oh mon Dieu, lâcha-t-elle après plusieurs secondes.
- Quoi, qu’est-ce qu’il y a ?, demanda Castle surpris et inquiet devant l’air sérieux de sa compagne.
- Il faut que j’ailles voir Lanie, rentre avec les gars au poste, voyez si vous pouvez trouver des informations supplémentaires, rien que sur la façon dont il pouvait payer son carburant. Je t’expliquerai, ne t’inquiètes pas, ajouta-t-elle avant de se précipiter vers la sortie, alors que Ryan et Esposito arrivaient le souffle court.
- Où va-t-elle ? demanda l’hispanique.
- Vérifier une intuition », répondit l’écrivain perplexe.
« Lanie !!! hurla Kate en entrant dans la morgue, ce qui fit une fois de plus sursauter la légiste.
- Sérieusement Girl il va falloir que tu arrêtes avec ces entrées fracassantes ou je vais finir par faire une crise cardiaque !
- Je sais… Je sais ce qu’il s’est passé… Pour James… fit-elle, essayant de récupérer son souffle.
- Oh vous avez trouvé son meurtrier ?
- Non pas encore.
- Mais alors ? demanda Lanie perplexe.
- Je crois que je sais pourquoi il n’est pas venu à votre mariage !
- Tu sais que c’est moi normalement qui fait parler les morts ? rétorqua la légiste, essayant de cacher son trouble mais finissant tout de même par s’assoir, consciente que ce qui allait suivre aller bouleverser pas mal de choses.
- Et moi je fais parler les preuves. On a trouvé ça pendant notre enquête, répondit Beckett en lui tendant le dossier.
- C’est le dossier médical de James ? remarqua la métisse surprise.
- Oui, et regarde la première page, ce sont des analyses qui datent de 1998. Il était malade Lanie, c’est pour ça qu’il est parti ! ajouta-t-elle voyant son amie blanchir à vue d’oeil au fil de sa lecture.
- Mon Dieu, lâcha-t-elle enfin, reposant le dossier d’une main tremblante. Une leucémie… Mais pourquoi est-ce qu’il ne me l’a pas dit? Je suis médecin, j’aurai pu lui apporter mon soutien et on aurait traversé ça ensemble !
- Malheureusement ça tu ne le sauras jamais, mais je suppose qu’il n’a pas voulu te faire souffrir en t’imposant la maladie. Je ne suis pas médecin, mais je sais qu’une leucémie est une pathologie plutôt lourde, et que les traitements n’étaient pas aussi efficaces à l’époque que maintenant. Il a peut-être préféré que tu le considères comme le dernier des salauds plutôt que de souffrir de sa mort, la page étant plus facile à tourner dans le premier cas…
- Pourtant ça ne l’a pas empêché de se marier la seconde fois…
- Je sais que c’est une maigre consolation, mais elle n’est pas au courant non plus.
- Qu’est-ce qui te fait dire ça ?
- On a trouvé ce dossier dans une voiture située dans un parking sous-terrain à plusieurs blocs de leur domicile. Elle n’apparaît sur aucun de ses comptes et on a eu du mal à la repérer, alors je suis pratiquement sûre que sa femme ignorait tout de son existence.
- Oh…
- Attends, s’il était malade il devait suivre une sorte de traitement non ?
- Oui, en général pour la leucémie il y a des chimios.
- Est-ce qu’il en est question dans le dossier ?
- Il a fait des séances pendant plusieurs années, mais depuis quelques mois il participe à un essai thérapeutique.
- Un essai ?
- Il a été inclut comme patient pour tester un nouveau traitement expérimental qui permettrait de diminuer les séances de chimiothérapies tout en luttant efficacement contre l’anémie et la neutropénie liés à la maladie. D’ailleurs ses dernières analyses sont plutôt bonnes, les taux d’hématies et de granulocytes sont proches de la normale !
- Il devait se rendre dans un lieu particulier je suppose pour prendre son traitement non ?
- Effectivement, il allait dans une clinique privée tous les lundis.
- Génial, on sait ce qu’il faisait maintenant, du moins en partie ! Merci Lanie !
- Kate attends, l’interpella la légiste alors qu’elle était sur le point de quitter la morgue. Merci, j’apprécie ce que tu as fait pour moi.
- C’est normal, sourit Kate.
- Eh! J’ai failli oublié, j’ai ce que tu m’as demandé. »
Chapitre 7 :
Kate profita d’être seule dans l’ascenseur pour se recomposer son masque d’impassibilité, mais elle avait du mal à cacher son trouble… Elle inspira un bon coup, cacha ce que Lanie lui avait donné sous le dossier de Fox, puis prit la direction de son bureau d’un pas décidé lorsque les portes s’ouvrirent. Elle profita que les gars soient dans la salle de repos pour dissimuler l’enveloppe dans un de ses tiroirs puis les rejoignit.
« Hey, vous avez du nouveau ?
- Rien du tout, grimaça Castle.
- On a examiné une fois de plus ses comptes mais on n’a rien trouvé qui se rapporte de près ou de loin à cette voiture.
- On a demandé l’accès aux comptes d’Amanda Davis, après tout la voiture est encore à son nom, peut-être que James s’en servait encore.
- Bonne idée, les comptes étant communs avec sa femme ça lui permettait de ne pas éveiller ses soupçons. J’ai été plus chanceuse que vous apparemment ! fit Kate en s’emparant de la tasse de café tendue par son homme puis se dirigeant vers le tableau blanc pour inscrire les nouveaux éléments. Je pense que Castle vous a mis au courant, mais dans la voiture se trouvait le dossier médicale de Fox. Après confirmation par Lanie, il était bien atteint d’une leucémie, et, chose très intéressante, suivait un protocole expérimentale depuis presqu’un an. Il allait tous les lundis au Midtown Medical Group sur Madison Avenue.
- Voilà qui explique ses absences !
- Une partie seulement, remarqua Castle, car à en croire Madame Fox il découchait plusieurs fois par semaine…
- On va se rendre sur place, on pourra peut-être en apprendre davantage » fit Kate en attrapant sa veste, rapidement suivie de son fiancé.
Après avoir fait quelques détours à cause d’un embouteillage monstrueux qui bouchait toute la circulation, ils arrivèrent enfin à destination. Ils pénétrèrent dans un bâtiment extrêmement moderne, les murs blancs recouverts de portraits de médecins ou de diverses affiches ventant les mérites de l’établissement. D’après son dossier, Fox était suivit par un certain Dr Jacob. Après s’être renseignés à l’accueil et cru se perdre dans un dédale de couloirs, ils arrivèrent devant son cabinet. Son assistante leur demanda de patienter car elle était en pleine consultation. Ils s’installèrent donc dans les fauteuils peu confortables de la salle d’attente et prirent leur mal en patience. Sur la porte verte du cabinet on pouvait lire en lettre d’or « Dr Jacob, oncologie ». La salle était plutôt classique, plusieurs chaises positionnées contre les murs entouraient une petite table où se trouvaient divers magazines et dans un coin il y avait plusieurs jeux pour aider les touts petits à patienter sagement. Le coeur de Kate se serra en voyant les visages marqués par la maladie, l’angoisse et la fatigue autour d’elle. Castle n’était pas beaucoup plus à l’aise, aussi fut-il ravit lorsqu’il vit la porte s’ouvrir. Elle laissa passer une femme d’une quarantaine d’année, au look impeccable sans être strict ou prétentieux, ses cheveux blonds relevés en un chignon stylisé, le visage doux et souriant, aussi chaleureuse que le service le lui permettait. Elle serra la main de son patient puis, après un regard vers sa secrétaire, leur fit signe d’entrer.
« Bonjour Docteur, Lieutenant Beckett, NYPD, et voici Monsieur Castle. Je vous remercie de nous accorder un peu de votre temps, ça ne sera pas long.
- Je vous en prie, c’est à quel sujet ? demanda-t-elle poliment.
- Nous enquêtons sur le meurtre de James Fox.
- Oh mon Dieu, il a été assassiné ? fit-elle surprise.
- Dans la nuit de dimanche à lundi. On essaye de reconstituer les différentes pièces du puzzle et il s’avère qu’il vous rendait visite régulièrement ?
- Effectivement, tous les lundis environ.
- On a retrouvé son dossier médical, il était atteint d’une leucémie c’est bien ça ?
- Oui, répondit-elle après quelques secondes d’hésitation, ne voulant pas trahir le secret médical.
- Et il participait à un essai thérapeutique c’est exact ?
- Excusez-moi mais je ne vois pas en quoi ça concerne votre enquête ?
- Est-ce que le Docteur Fox a déjà expliqué pourquoi il cachait sa maladie à sa femme ?
- Non et je l’ignorais. Je ne le suis que depuis quelques mois, c’est moi qui dirige c’est étude, et il était un patient idéal pour cet essai. Il a connu une longue période de recul de la maladie, mais a fait une rechute il y a un an environ. Il a entendu parler de l’essai dans la littérature scientifique et m’a contactée pour en faire partie.
- Est-ce qu’il vous aurait parlé d’un quelconque problème ?
- Non, pas que je me souvienne. Mais il y avait ce patient, Patrick High, ils avaient l’air assez proches tous les deux, vous devriez lui parler, il en saura sûrement plus que moi.
- Vous savez où on peut le trouver ?
- Demandez à ma secrétaire, elle doit avoir ses coordonnées.
- D’accord, encore merci Docteur, si jamais quelque chose vous revenez, voici ma carte » fit Kate avant de prendre congé.
Ils s’empressèrent de rejoindre le poste, ravis de quitter cette ambiance pesante, mais déçus de ne pas avoir trouvé grand chose à se mettre sous la dent. Beckett tenta de joindre Patrick High à plusieurs reprises mais tomba systématiquement sur son répondeur. Elle lui laissa un message lui demandant de la rappeler le plus rapidement possible puis se plaça à nouveau devant le tableau blanc, tandis que Castle revenait avec deux tasses de café. Son regard balayait les informations, essayant d’établir des liens entre les différents éléments qui lui permettrait de trouver une nouvelle piste. Mais elle avait beaucoup de mal à réfléchir, trop préoccupée par les informations que lui avait donné Lanie… Elle soupira, ce qui fit réagir son fiancé :
« Eh, on va trouver ne t’inquiètes pas !
- Oh, oui, je sais, répondit-elle en souriant, reprenant ses esprits.
- Zut, téléphone », dit l’écrivain en décrochant tout en s’éloignant de quelques pas. Il revint quelques minutes plus tard : « Je suis désolé, c’était Gina, elle veut qu’on se voit à propos du prochain Nikki Heat…
- Oh, amuse-toi bien alors, se moqua-t-elle.
- Toi aussi ! » rétorqua-t-il dans un grand sourire ravageur avant de s’éloigner vers l’ascenseur. Les portes étaient déjà refermées depuis un moment lorsque Esposito arriva et remarqua que Kate continuait de fixer cette direction :
« Hey, ça va ? demanda-t-il inquiet.
- Hein ? Euh oui, répondit-elle en reconnectant avec la réalité. Ce sont les relevés de la mère de la victime ? fit-elle en désignant les feuilles qu’il tenait.
- Oui, on vient de nous les faxer. On a tous les documents concernant ces cinq dernières années.
- Ok, on va se répartir les taches, ça ira plus vite. » ordonna-t-elle en attrapant les feuillets correspondant à l’année 2011 puis commençant sa lecture.
Ils épluchèrent attentivement les documents, surlignant les passages susceptibles d’intérêts, faisant parfois quelques recherches supplémentaires, et prenant des notes minutieuses. Au bout d’une bonne heure, ils se retrouvèrent devant le tableau pour faire un point.
« D’après ce que j’ai pu voir, Amanda Davis a acheté la Malibu en 2010, mais s’en servait très peu si on en croit les fréquences des pleins de carburant, commença Ryan.
- Et ton intuition s’est révélée exacte, poursuivit Esposito. Elle est décédée en 2011 et pourtant le compte est resté actif jusqu’à il y a une semaine.
- Une semaine ? Tu sais quand exactement ? demanda Kate.
- Apparemment il a été clôturé vendredi dernier.
- Deux jours avant la mort de Fox… remarqua la jeune femme, annotant cette nouvelle information sur le tableau.
- Tu penses que ça a un lien avec le meurtre ?
- Je ne sais pas, peut-être, en tous cas je trouve ça louche. Pourquoi avoir gardé un compte qu’il cachait à sa femme et se servir d’une voiture pour aller à des rendez-vous médicaux qu’il gardait secret également… Et surtout pourquoi avoir fermé ce fameux compte deux jours avant sa mort ?
- Peut-être qu’il avait finalement trouvé le courage d’en parler à sa femme ? suggéra Ryan.
- Je penses qu’il va falloir qu’on la voit de nouveaux, il y a pas mal d’éléments à éclaircir… »
Elle essaya de la contacter, mais tomba sur son répondeur, puis se rappela qu’elle devait être en déplacement en Europe. Elle n’obtiendrait donc pas de réponses à ses questions ce soir. Elle renvoya les gars chez eux, puis, après avoir mis à jour le rapport concernant l’enquête, décida de rentrer à son tour.
Quand elle poussa la porte du loft, elle vit son écrivain s'affairer dans la cuisine. Elle sourit en le voyant chantonner tout en lui mijotant un bon petit plat. Elle s'approcha discrètement puis l'enlaça.
"Hey, fit-il avant de se retourner pour l'embrasser. Oh tu as une toute petite mine, ça va ?
Ce n'est rien, la fatigue due à l'enquête sûrement, s’empressa-t-elle de répondre.
- Dans ce cas va t'assoir je m'occupe de tout,» puis voyant qu'elle allait protester : «et tu n'as pas le choix!"
Elle soupira puis s'exécuta. Il était tellement mignon quand il était aux petits soins comme ça ! Mais elle était beaucoup trop préoccupée pour savourer pleinement le moment... Il fallait qu'elle lui en parle mais elle ne savait vraiment pas comment s'y prendre. Elle avait tellement peur de sa réaction... Elle soupira une nouvelle fois puis se lança :
"Castle ?
- Quelques secondes et c'est prêt !
- Castle je...
- Tu vas te régaler !
- RICK !!», appela-t-elle plus fort tout en se levant pour enfin attirer son attention, ce qui fonctionna puisqu'il la fixa d'un air surpris. «Je... Je suis enceinte !»
- Tu... Tu quoi ? demanda l'écrivain abasourdi.
- Je suis enceinte de 5 semaines...
- Je vais être papa !!!» s'exclama-t-il alors en se précipitant vers elle, la prenant dans ses bras et la faisant tournoyer dans les air. «On va avoir un bébé ! Une mini Beckett ou un mini moi! Il faut qu'on fasse des travaux et puis il faut faire une grande fête pour annoncer la nouvelle! Je vais appeler le Old Haunt! Je...» Il s'arrêta net en voyant le visage fermé de sa fiancée. «Qu'est-ce qu'il se passe Kate ?» demanda-t-il soudain inquiet.
Chapitre 8
"Il y a un problème avec le bébé ? demanda-t-il en plongeant son regard dans le sien comme si la réponse à sa soudaine inquiétude s'y trouvait.
- Non, enfin c'est encore trop tôt pour le savoir et je n'ai pas encore vu le médecin...
- Mais alors ?" Castle était de plus en plus perdu et cherchait désespérément à accrocher le regard de sa fiancée qui persistait à l'éviter. Elle se dégagea doucement de ses bras et s'éloigna de quelques pas, lui tournant le dos.
"Tu n'en veux pas c'est ça ? demanda-t-il la gorge se serrant par l'émotion.
- C'est trop tôt Rick, je ne suis pas prête ! lâcha-t-elle enfin en se tournant vers lui, son cœur se liquéfiant en lisant la déception sur le visage de son homme.
- Ça fait plus d'un an qu'on est ensemble, cinq ans qu’on se connait et on va se marier ! Qu'est ce qu'il te faut de plus ? Je ne suis pas assez bien pour être le père de ton enfant c'est ça ? s'emporta l'écrivain se laissant submerger par un flot d'émotions contradictoires.
- Ne dis pas des choses pareilles !, répondit Kate en se rapprochant puis l'enlaçant. Si j'ai des enfants un jour ce sera avec toi et personne d'autre, je sais que tu seras un père génial ! Ce n'est pas toi le problème ...
- Viens», fit-il en s’asseyant, la laissant prendre place à ses côtés, se contentant de serrer sa main dans la sienne afin de lui laisser l’espace dont elle avait besoin. «Qu'est-ce qui ne va pas Kate ?"
Elle ne répondit pas tout de suite, jouant avec son pouce sur le dos de la main de son futur mari. Elle semblait à la fois perdue et plongée dans une intense réflexion. Aucun des deux ne saurait dire combien de temps ils restèrent ainsi, lui croyant qu'il n'aurait jamais de réponse, elle cherchant les mots justes pour décrire ce qu'elle ressentait. Elle soupira puis décida de commencer par le début, fixant désespérément ses pieds comme s’ils possédaient un quelconque pouvoir magique lui permettant de rassembler son courage.
"Au début de la semaine j'ai commencé à m'inquiéter, j'avais du retard dans mes règles ce qui ne m'étais jamais arrivé. J'ai d'abord pensé que ce n'était rien étant donné que je prends la pilule, et qu'elles allaient arriver un peu plus tard que d’habitude. Quand je suis allée voir Lanie pour en savoir plus sur sa relation avec Fox, je lui ai confié mon inquiétude. Elle m'a fait une prise de sang pour qu'on soit rapidement fixé. Elle m'a donné les résultats ce matin...» Kate fit une pause, essayant de lutter contre les émotions qui affluaient.
«Tu n'es pas obligée de tout me dire, fit Castle en serrant un peu plus fort la main de sa belle.
- Si, bien sûr que si, c'est ton enfant aussi, tu as le droit de savoir et je vais t'expliquer ! C’est juste que je cherche mes mots... Quand Lanie m'a annoncé la nouvelle, j'ai soudain été envahie par la peur. J'aurai dû être heureuse mais non, j'étais paralysée...» Elle essuya une larme solitaire qui coulait le long de sa joue et reprit. «Les mots de Lanie résonnaient dans ma tête et une seule image s'imposait, revenant en boucle devant mes yeux : celle de l'officier Raglan annonçant la mort de ma mère...
- Kate, commença Castle comprenant d'où venait le malaise de sa compagne.
- Je ne veux pas que mon enfant vive ce que j'ai vécu Rick...
- Kate, tu ne peux pas t'empêcher de vivre pour ta mère !
- Ce n'est pas ça, mais je fais un métier dangereux, je risque de mourir à chaque fois que je vais sur le terrain! Je ne veux pas que mon enfant grandisse sans sa mère !
- Kate, regarde-moi ! Kate ?» Il glissa un doigt sous son menton et l’obligea doucement à lever la tête vers lui puis plongea son regard dans le sien essayant d'y faire passer le plus d'amour possible pour la rassurer. «Je suis d'accord tu fais un métier dangereux, je ne compte même plus le nombre de fois où on a faillit y rester... Mais la vie veut que tu puisse disparaître à chaque instant ! Un boulanger peut très bien mourir en traversant la rue, un dentiste en faisant une mauvaise chute au ski, un photographe d'un cancer... Personne n'est à l'abri ! Alors oui il y a des métiers plus risqués que d'autres mais personne ne peut échapper à la mort, c'est comme ça ! Mais tu ne peux pas vivre avec cette épée de damoclès au-dessus de ta tête ! Etant donné que tu peux disparaître du jour au lendemain, il faut que tu profites des cadeaux que t’offre la vie !
- Tu as sûrement raison... soupira-t-elle en venant de blottir contre son torse. Castle passa son bras autour de ses épaules et embrassa sa tempe.
- J'ai toujours raison !
- Ça permet-moi d'en douter!» répondit-elle en souriant légèrement. Encore une fois il trouvait les mots justes pour apaiser ses craintes...
« Prends le temps qu'il te faudra mais je veux que tu saches que quelque soit ta décision je la respecterai et je ne t'en voudrai pas !"
Elle ne sut quoi répondre mais fut touchée par ses mots. Elle l'embrassa tendrement puis se blottit d'avantage contre lui. Elle se sentait en sécurité dans ses bras et n'avait pas envie de les quitter... Ils restèrent ainsi un long moment puis Castle, en essayant de changer de position, s'aperçut qu'elle s'était endormie. Il se dégagea doucement veillant à ne pas la réveiller puis la porta jusqu'à leur chambre. Il l'allongea délicatement, hésita puis lui retira son jean afin qu'elle soit plus confortable. Il se changea et se coucha à son tour, souriant en la sentant se blottir d'instinct contre lui.
Elle se réveilla vers 4 heure le lendemain matin. Son sommeil avait été peuplé de rêves plus étranges les uns que les autres et elle avait l'impression de ne pas avoir fermé l'œil de la nuit. Elle se tourna vers Castle qui dormait paisiblement. Elle sourit puis se leva, sa nuit était définitivement terminée... Elle enfila un jogging et un gilet de son homme, se prépara un café et se réfugia sur le toit du loft. Elle avait besoin de réfléchir et d'être seule un moment.
Elle s'adossa à un muret à distance raisonnable du bord, mais assez près pour qu'elle puisse voir les rues de New York se réveiller. Ses deux mains entouraient la tasse, profitant de la chaleur qu’il s’en dégageait. Il faisait plutôt doux pour un mois d’octobre mais une légère fumée s’échappait du liquide brûlant.
Elle observa le spectacle qui se jouait devant elle. Les travailleurs les plus matinaux étaient déjà loin de chez eux. La circulation était encore fluide à cette heure et les trottoirs peu encombrés. Elle fixa l'horizon et admira la ville. Son regard balaya les multiples immeubles et s'arrêta sur l'Empire State Building. Il trônait majestueusement sur la Grosse Pomme, si fier et si calme. Rien ne semblait pouvoir l'atteindre. Elle l'envia quelques instants... Il ne semblait pas connaître la peur lui... Elle soupira et resserra les pans du gilet tout en savourant le parfum de son homme qui s'en dégageait. Elle posa sa tasse vide à côté d’elle puis joua machinalement avec sa bague de fiançailles.
Elle l'avait fait souffrir, encore une fois... Elle avait vu son regard se voiler et son visage se fermer... Il avait été tellement heureux en apprenant la nouvelle et elle avait tout anéanti en ne prononçant que quelques mots... Et pourtant il avait préféré cacher sa peine pour faire passer son intérêt en premier, comme toujours... Il avait trouvé les mots pour la rassurer et était même prêt à renoncer à la paternité si c'était ce qu'elle voulait... Elle ne le méritait vraiment pas... Elle passait son temps à le faire souffrir à cause de ses maudites craintes ! Elle se détestait d'être aussi égoïste, mais c'était plus fort qu'elle...
Elle en avait rêvé de ce bébé pourtant ! Elle avait toujours aimé s'occuper des enfants et avait un très bon contact avec eux. Depuis qu'elle était en âge d'y penser elle rêvait du jour où elle rencontrerait l'homme de sa vie et qu'ils fondraient une famille. Et maintenant que ce jour était enfin arrivé elle voulait fuir une nouvelle fois!
Elle ne se rendit compte qu'elle pleurait que lorsqu'une larme coulant le long de son cou la fit frissonner. Elle essuya ses joues et ses yeux puis regarda le ciel :
"Aide-moi maman ! Que dois-je faire ? J'en ai envie de cet enfant, c'est le plus beau cadeau que Rick pouvait me faire. Mais... je suis terrifiée ! Et si je n'étais pas capable de l'élever ? Si je n'étais pas capable d'être là pour lui, de l'aider à affronter la vie ? Et si je n'étais pas faite pour être mère? Tu me manques… J’aimerai tant que tu sois là, j’ai besoin de toi ! Aide-moi maman…"
Ses larmes coulaient abondemment maintenant mais elle ne tenta pas de les contenir.
Elle ne saurait dire combien de temps elle était restée ainsi mais elle se calma petit à petit. Plus aucune larme ne franchissait la barrière de ses yeux lorsque le soleil embrasa l’horizon et qu'elle sentit une présence à ses côtés. Elle n’eut pas besoin de se retourner pour savoir qui c’était et elle se blottit contre lui alors qu'il s'installait à sa gauche.
"Hey, ça fait longtemps que tu es là ? demanda l'écrivain la voix encore enrouée de sommeil. Lorsqu’elle se tourna vers lui il vit qu’elle avait pleuré mais ne dit rien.
- Je ne sais pas, je n'ai pas fait attention, répondit-elle soulagée que sa voix ne trahisse pas son chagrin. Comment tu as su que j'étais là ?
- Les draps froids à côté de moi m'ont réveillés et ne voyant personne dans le loft j'ai pensé que tu avais eu besoin de te réfugier ici pour faire le point."
Elle ne répondit pas, le regard toujours fixé sur l'horizon. Ils restèrent ainsi un long moment, profitant simplement du lever du soleil blottis l'un contre l'autre. Castle jouait distraitement avec une des mèches de sa belle alors que cette dernière entremêlait ses doigts aux siens.
L'Empire State Building semblait enflammé par les rayons du soleil. Mais très vite il perdit ses couleurs et redevint paisible. Les rues se réveillaient et peu à peu New York reprit vie. Une sirène d'ambulance hurla sur leur gauche tandis qu'un début d'embouteillage se formait déjà et que les klaxons d’automobilistes peu patients s’élevaient vers eux.
Kate se tourna vers Castle et l’observa. Il ne disait rien mais elle voyait que ses paroles de la veille l’avaient profondément meurtri. Elle caressa tendrement son visage puis, même si elle n’était pas encore tout à faire sûre de sa décision, elle se lança :
"Est-ce que tu m'aimes ?
- C'est quoi cette question ? demanda l'écrivain en rigolant. Mais devant l'air sérieux de la jeune femme il répondit : Bien sûr que je t'aime, tu n'as même pas idée à quel point ! Tu es la chose avec Alexis qui me soit arrivée de mieux dans la vie ! Jamais je n'aurai pensé rencontrer une femme aussi merveilleuse, courageuse, belle et forte que toi ! Le jour où tu es venue au loft après notre dispute j'ai eu l'impression de naître une seconde fois, comme si toute ma vie j'avais attendu ce moment. Chaque seconde à tes côtés a une vraie saveur de paradis ! Alors oui je t'aime profondément, de tout mon cœur et de tout mon être!"
Elle fondit sur ses lèvres le cœur gros de cette déclaration. Elle l'embrassa passionnément et ils ne se séparèrent que lorsque l'air vint à leur manquer. Ils restèrent front contre front reprenant leur souffle. Puis Kate reprit la parole.
" Je suis désolée... Laisse-moi finir, fit-elle en voyant qu'il allait l'interrompre. Je suis vraiment désolée, une fois encore je me suis laissée envahir par mes craintes et mes doutes et je t'ai fait souffrir... Moi aussi je t'aime comme jamais je n’ai aimé quelqu’un avant. Et je veux fonder une famille avec toi et personne d'autre. Mais je suis morte de peur, je suis effrayée de ne pas être à la hauteur...
- On a survécu à un tigre, deux bombes et à une invasion de zombies, ce n'est pas un enfant qui va nous faire peur ! fit l'écrivain en rigolant, soulagé en voyant Kate sourire à son tour. C'est normal d'avoir peur, tu vas donner la vie ce n'est pas anodin ! Mais tu verras qu'avoir un enfant est la plus belle chose au monde et je suis sûre que malgré ce que tu penses tu feras une excellente mère.
- Tu crois ?
- J'en suis persuadé !"
Elle sourit, murmura un "je t'aime tellement" puis emprisonna à nouveau ses lèves dans un baiser plus tendre et doux que le premier. Rapidement leurs langues se redécouvrirent, jouèrent ensemble, aucun des deux ne cherchant à prendre le dessus, uniquement à prouver à l'autre l'étendu de ses sentiments. Ils restèrent enlacés un moment puis Castle voyant Beckett frissonner décréta qu'il était temps de rentrer.
Chapitre 9
Une fois au loft, Kate alla prendre une douche pendant que Castle préparait le petit déjeuner. Lorsqu’elle redescendit changée, elle s’arrêta et l’observa un moment. Elle ne savait pas encore si elle avait fait le bon choix et elle était toujours morte de peur mais elle savait qu’elle ne serait pas seule et c’était le plus important. Il avait raison, un enfant était une chose merveilleuse et il serait un père génial, alors elle ne devait pas être aussi négative. Elle s’approcha et l’enlaça alors qu’il s’évertuait à faire cuire des pancakes. Elle posa sa tête sur son épaule et lui murmura un «merci» en l’embrassant sur la joue. Il sourit, posa sa spatule et se retourna rapidement puis la bloqua contre le plan de travail. Elle laissa échapper un petit cris de surprise puis passa ses bras autour du cou de son homme avant de l’embrasser. Le baiser devint vite passionné, chacun évacuant le trop-plein d’émotions de ces dernières heures. Il passa ses mains sous ses fesses et la souleva pour la faire assoir. Elle enroula ses jambes dans son dos afin de l’attirer un peu plus vers elle et ses mains partirent à l’aventure sous son T-shirt.
Et le téléphone sonna ...
« Décidément, on ne peut pas être tranquille 5 minutes ? ragea Castle.
Beckett, répondit-elle après l’avoir embrassé pour s’excuser. D’accord on arrive...
Bon pas de câlin ce matin alors... bouda l’écrivain.
Non, désolée, mais on se rattrapera ce soir», rétorqua-t-elle dans un clin d’oeil suggestif.
Dans l’ascenseur, alors qu’ils étaient tous les deux en train de se remémorer les différents éléments de l’enquête pour se concentrer, Kate se tourna soudainement vers Rick et lui demanda, sérieuse :
« Je sais que je t’en demande peut-être beaucoup, mais est-ce qu’on pourrait attendre un peu avant de parler aux autres du bébé ?
- D’accord, fit Castle légèrement déçu de ne pas pouvoir crier sa joie sur tous les toits.
- J’aimerai être sûre que tout va bien, on leur en parlera après la première échographie ?
- Comme tu voudras ! répondit-il comprenant l’inquiétude que cachait cette demande.
- Merci !
- Always » dit-il en souriant. Kate eut juste le temps de lui voler un rapide baiser avant que les portes ne s’ouvrent et qu’ils pénètrent dans l’open space où les membres de la criminelle s’activaient sur divers affaires.
Elle posa ses affaires puis se dirigea vers une salle de détente où l’attendait Patrick High. Il avait eu son message un peu plus tôt dans la matinée et s’était rendu au poste pour répondre à ses questions.
« Bonjour Monsieur High, Lieutenant Beckett et voici Monsieur Castle. Merci de vous être déplacé.
- Je vous en pris, le Détective Esposito m’a expliqué ce qu’il s’était passé pour James… Vous avez une idée de l’identité du salaud qui a fait ça ?
- On y travaille et vous allez peut-être pouvoir nous aider. Pour commencer pouvez-vous nous expliquer quelles étaient vos relations avec la victime ?
- Nous participions au même essai thérapeutique contre la leucémie. On s’est rencontrés au début de l’étude, lors des entretiens individuels avec les médecins. Il y a eu un problème avec nos convocations et on s’est retrouvés tous les deux à attendre pendant deux heures dans une toute petite salle d’attente assez austère. On a engagé naturellement la discussion et on s’est tout de suite bien entendu. On se retrouvaient ensuite à chaque fois à la clinique pour prendre nos traitements. Ca faisait du bien d’avoir une épaule sur laquelle se reposer pour traverser cette épreuve. James était atteint depuis plusieurs années et faisait une rechute depuis un an, moi j’ai été diagnostiqué il y a à peine un an. Il m’a aidé à accepter la maladie. Au début on faisait des paris débiles pour savoir si on avait eu le vrai traitement ou seulement le placébo, mais au fil du temps on est devenu assez proches. Je n’en reviens pas qu’il soit mort… fini-t-il par dire, la voix se brisant par le chagrin.
- Est-ce qu’il vous aurait parlé d’un quelconque problème dans sa vie privée ou au travail ? demanda Castle.
- En dehors de sa femme, tout allait bien.
- Comment-ça « en dehors de sa femme » ?
- Ca ne m’étonne même pas qu’elle ne vous en ait pas parlé… Il était sur le point de lancer une procédure de divorce.
- Oh ! fit en coeur le jeune couple, puis Beckett demanda : Avez-vous une idée de la raison de ce divorce ?
- Sûrement à cause de Maddy ! rétorqua High comme s’il énonçait une évidence.
- Et qui est Maddy ?
- Maddy Brown, la petite amie de James.
- Attendez… Vous voulez dire que la victime avait une maîtresse !
- Oh oui !
- Que pouvez-vous nous dire sur elle ?
- Je ne l’ai vue qu’une seule fois, elle a débarqué à la clinique furax, James ne lui ayant pas parlé de sa maladie. Tout ce que je sais c’est qu’il en était raide dingue et qu’il était prêt à décrocher la lune pour ses beaux yeux. »
Dans la voiture qui les ramenaient au poste, Beckett et Castle réfléchissaient silencieusement. Puis l’écrivain se lança :
« Pourquoi je n’y ai pas pensé plus tôt à la maîtresse, ça explique parfaitement ses absences répétées !
- Je te rappelle qu’on a évoqué l’idée, mais il n’y avait aucun indice permettant de confirmer cette hypothèse. Rien dans ses comptes ou son comportement ne laissait supposer son existence, en dehors bien sûr de son emploi du temps étrange.
- Tu crois que cette Maddy était au courant qu’il était marié ?
- Aucune idée, mais en tous cas il était sur le point de quitter sa femme pour elle, ça a de quoi agacer…
- Tu crois que c’est Stephenie qui a fait le coup ?
- Un neurochirurgien ça gagne pas mal d’argent, et d’après ce qu’on a vu je ne pense pas qu’elle soit prête à renoncer à son train de vie aussi facilement.
- Mais elle est avocate, elle connait sûrement un moyen légal de récupérer de l’argent lors du divorce ! Et puis elle a un alibi non ?
- Oui, elle était au téléphone avec son client allemand de 1h30 à 2h45, soit pile dans le créneau du meurtre… »
A peine arrivés au poste, Kate, aidée de Ryan et d’Esposito fouillèrent le passé de cette Maddy Brown de fond en comble, tandis que Castle s’attelait à ravitailler tout ce petit monde en café. L’écrivain s’installa ensuite sur sa chaise attitrée puis se prêta à son jeu favori, observer sa muse. Mais elle était tellement concentrée qu’elle ne fit pas attention à lui, alors il détourna son regard qui se porta sur un stylo traînant sur le bureau. Il s’en empara et se lança le défi de réussir à le faire tourner entre ses doigts le plus rapidement possible. Ca faisait au moins une bonne dizaine de fois déjà que l’objet tombait lamentablement lorsque Kate leva la tête et lança : « Au lieu de faire le pitre, si tu te rendais utile pour une fois? » en lui tendant un petit paquet de feuilles. Elle sourit en le voyant bouder, feignant d’être vexé par ses propos. « Un vrai môme », soupira-t-elle. Puis elle passa sa main sur son ventre : « Si tu es comme lui ça promet… ». Castle qui n’avait rien loupé de la scène sourit à son tour, puis s’empressa de se plonger dans les documents lorsqu’il la vit relever la tête.
Au bout d’une bonne heure de recherches et de plusieurs tasses de café, Beckett décida de faire le point sur leurs découvertes. Elle s’approcha du tableau, inscrit le nom de Maddy Brown en-dessous de la photographie qu’elle venait d’y accrocher puis se tourna vers son équipe :
« Alors, qu’est-ce qu’on a ?
- Maddy Brown, 39 ans, travaille à la mairie de New York comme secrétaire.
- Pas mariée, pas d’enfant, a un petit appartement dans l’est de Manhattan.
- Elle a perdu son père quand elle avait trois ans, lors d’un accident de voiture dont sa mère est sortie grièvement blessée. Elle est restée lourdement handicapée, et est décédée il y a deux ans. Elle a élevé seule ses deux filles, Maddy et sa grande soeur Anne, qui travaille dans les énergies renouvelables.
- J’ai réussi à joindre son supérieur, il ne m’en a dis que du bien, toujours ponctuelle, aimable, efficace, il n’a jamais eu à se plaindre d’elle.
- Ok, convoquez-la pour qu’on en sache plus, ordonna Kate.
- C’est là qu’il y a un problème …
- Comment ça ?
- Elle a prit un vol pour la côte ouest ce dimanche à 4h du matin, et est injoignable…
- Si on ajoute le temps qu’il faut pour le passage de la sécurité et l’embarquement, elle n’a pas pu commettre le meurtre non plus, nota Castle.
- Ok, alors récapitulons. On a deux suspectes, avec deux alibis, qui se sont toutes les deux envolées et qu’on ne peux pas interroger… », soupira Kate, se passant la main dans les cheveux.
Gates qui avait observé la scène depuis son bureau s’approcha en voyant la détresse de son détective : « Un problème Beckett ? ». Ils lui firent un rapide résumé de la situation.
« Stephenie Fox est censée rentrer demain soir d’Allemagne d’après son cabinet, précisa Ryan.
- D’accord, je veux une équipe là-bas pour la cueillir à son arrivée. En attendant, contactez la police de Sacramento, qu’ils localisent Maddy Brown et si possible nous l’expédient à New York.
- Bien Sir. »
Chapitre 10 :
Après avoir passé plusieurs coups de téléphone afin de mettre en place les différents éléments pour ramener les deux suspectes au poste, ils n’eurent rien d’autre à faire qu’attendre. Ils firent dans un premier temps quelques recherches supplémentaires afin d’avoir des éléments de pression lors des interrogatoires, puis remplirent les rapports en retard. Castle s’ennuyait tellement qu’il finit même par aider sa muse. Kate détestait être dans cette situation. Elle sentait que Stephenie ou Maddy détenaient la clef de toute l’histoire, mais elle était bloquée et ne pouvait rien faire. Frustrée, elle se leva et se dirigea vers la salle de repos pour se préparer un bon café. Rick la suivit, sentant que quelque chose n’allait pas. La voyant se servir la n-ième tasse depuis le début de la journée, il regarda autour d’eux afin de s’assurer qu’ils étaient seuls puis se pencha vers elle :
« Tu sais que ce n’est pas très bon pour Junior tout ce café ?
- Junior ? Sérieusement? répondit-elle en fronçant les sourcils et reposant sa tasse.
- C’est un prénom comme un autre ! se défendit Castle.
- Et ben ça ne sera pas celui de notre fils ! Et puis c’est peut-être une fille ?
- Dans ce cas on peut l’appeler Grace, Penelope, Rosa…
- Ok, je sais ce que t’offres à Noël : un guide des prénoms… se moqua la jeune femme.
- Quoi, t’aimes pas ? » bouda l’écrivain. Kate sourit, elle avait très bien compris son petit manège et l’en remercia mentalement, une fois de plus il avait réussi à rendre ce moment difficile plus agréable. Et il était tellement mignon quand il faisait cette bouille ! Par contre pour ce qui concernait le choix du prénom, la bataille s’annonçait rude… Castle suivit sa fiancée qui retournait à son bureau, sans tasse de café, tout en l’ignorant.
« Tu n’aimes pas ? C’était joli pourtant ! insista-t-il.
- Qu’est-ce qui était joli ? demanda Esposito.
- Rien », répondirent-ils en coeur.
Ils continuèrent la paperasse pendant un moment encore, puis au moment où Kate allait les renvoyer chez eux, le téléphone de Ryan sonna. En voyant le nom de son interlocuteur, il s’éloigna discrètement vers la salle de repos. Ils eurent juste le temps de l’entendre décrocher sur un « Oui mon coeur ». Beckett sourit en entendant ses mots. Elle avait toujours trouvé qu’ils formaient un très joli couple, et avait été ravie en apprenant la grossesse de Jenny. Elle se souvenait encore de la demande en mariage de Ryan. Il leur avait demandé conseils, puis finalement avait laissé parlé son coeur et lui avait fait une magnifique déclaration au beau milieu du 12th. Ce fut un moment très émouvant ! Elle observa son ami, qui commençait à s’agiter dans la salle. Elle eut un mauvais pressentiment : un problème avec Jenny ? Puis elle le vit raccrocher, perdu, et se diriger sans un mot vers la sortie. Elle eut juste le temps de l’interpeller et de le faire redescendre sur terre :
« Un problème Ryan ?
- C’est Jenny, elle a perdu les eaux ! » Il semblait totalement paniqué, ne savait plus où il habitait ni ce qu’il devait faire.
« Va la retrouver, je pense qu’elle va avoir besoin de toi ! » Puis elle ajouta à l’intention de ses deux comparses après qu’il eut disparu derrière les portes de l’ascenseur : « Vous ferriez mieux de l’accompagner, sa veste est encore là et je vois ses clefs de voiture qui en dépassent…
- Il est dans un sale état le pauvre Kévin, se moqua Castle.
- On t’y verra toi », rétorqua Kate, réalisant soudain qu’elle venait de gaffer, espérant qu’Esposito se méprenne sur ses propos. Aussi s’empressa-t-elle de les mettre à la porte : « Filez, je ne suis même pas sûre qu’il se souvienne de son nom ! Je préviens Gates et je vous rejoins. » Elle n’eut pas le temps d’atteindre son bureau qu’elle la vit s’avancer vers elle :
- Un problème avec Ryan ?
- Sa femme a perdu les eaux, et comme il était totalement paniqué j’ai demandé à Esposito et Castle de l’accompagner.
- Vous avez bien fait, fit Gates, amusée de voir la solidarité qui régnait dans cette équipe. Du nouveau concernant l’enquête ?
- Stephenie Fox arrive demain par le vol de 16h32 à JFK. Une équipe est prévenue et l’attendra près du terminal.
- Et pour Maddy Brown ?
- La police de Sacramento a réussi à la joindre, elle sait qu’elle doit se rendre de toute urgence à New York, mais ils sont restés vagues quand aux raisons. Un Marshall l’accompagne et elle devrait être à JFK également, vers 16h17.
- J’espère que vous réussirez à tirer tout ça au clair. En attendant vous pouvez rentrer chez vous, vous n’obtiendrez rien de nouveau en restant ici, alors autant en profiter pour vous reposer. Et tenez-moi au courant pour le petit Ryan !
- Oui Sir, » répondit-elle en souriant.
Kate attrapa ses affaires puis se dirigea vers la sortie. A peine était-elle dans sa Crown Victoria que son téléphone sonna. Elle décrocha par automatisme, sans prêter attention à son interlocuteur :
« Beckett.
- C’est moi, tu es toujours au poste ? fit la voix de son écrivain à l’autre bout du fil.
- Je viens d’en partir, pourquoi ? Comment va Jenny ?
- On vient d’arriver et Ryan est parti la rejoindre en salle de travail. Avant de nous rejoindre, pourrais-tu passer par le loft ?
- Pourquoi ?
- On va dire que notre irlandais préféré s’est laissé submergé par l’émotion, ou plutôt qu’elle est venue se répandre sur ma chemise…
- Oh, grimaça Kate. Je passe t’en prendre une et j’arrive »
Elle se gara peu de temps après devant le loft, salua le concierge, puis monta rapidement les escaliers. Elle n’avait pas eu envie d’attendre l’ascenseur, et un peu d’exercice ne lui ferait pas de mal, surtout vu les kilos qu’elle s’apprêtait à prendre, à cause de… Junior. Kate grimaça, non définitivement, il faut qu’ils trouvent autre chose. Elle pensa prendre une douche et se changer avant de les rejoindre à l’hôpital, mais elle eut pitié de Castle, alors elle se dirigea directement vers leur chambre et ouvrit la buanderie. Elle mit quelques secondes à se décider, puis jeta son dévolu sur une de ses chemises préférées, de la même couleur que les yeux de son homme. Soudain, elle entendit un craquement derrière elle. Elle se stoppa, et écouta attentivement si le bruit se répétait, puis elle se retourna, dégainant par la même occasion son arme de service toujours accrochée à sa ceinture.
« Martha ! s’exclama-t-elle.
- Mon Dieu Katherine, range-moi ça, il ne faut pas me faire des frayeurs pareilles, je ne suis plus toute jeune tu sais ! fit l’actrice dans de grands gestes théâtraux.
- Je suis désolée, je ne savais pas que tu étais là, s’excusa la jeune femme en rangeant son arme.
- Ce n’est pas grave. Où est Richard ?
- A l’hôpital. Avec Jenny et Ryan, s’empressa-t-elle d’ajouter devant l’air inquiet de sa future belle-mère. Elle est en train d’accoucher, et Ryan a eu du mal à contenir ses émotions, alors je dois ramener ça à Rick, expliqua-t-elle en désignant la chemise.
- Oh, je vois. Les hommes, ils font les durs mais dès qu’on leur parle d’accouchement ils deviennent de vraies poules mouillées ! s’amusa-t-elle. Et toi, c’est pour quand ?
- Comment-ça ?
- De combien est-tu enceinte ? fit-elle comme si la question était évidente.
- Co… Comment es-tu au courant ? demanda la jeune femme surprise.
- Instinct maternel ! répondit l’actrice en souriant, puis devant l’air perplexe de la flic elle ajouta : Bon et puis j’ai peut-être un peu écouté aux portes aussi… J’allais rentrer quand je t’ai entendu le lui annoncer, alors j’ai fait demi-tour, vous laissant profiter de ce moment. Alors, c’est pour quand ?
- Je suis enceinte de six semaines.
- C’est merveilleux Darling, je vais être à nouveau grand-mère !, s’exclama-t-elle en la prenant dans ses bras. Il y a un problème ? demanda-t-elle en sentant la jeune femme se raidir.
- Non, non, pas du tout.
- Ne joue pas à ce petit jeu avec moi Katherine, il n’y a pas que mon fils qui vois quand ça ne va pas, et là il y a quelque chose qui cloche !
- C’est vraiment flippant cette façon que vous avez à lire en moi tous les deux », soupira Kate en s’asseyant au bord du lit.
Martha s’assit à ses côtés, lui laissant un peu de temps, puis voyant qu’elle ne dirait sûrement rien, elle se lança :
« Quand je me suis aperçue que j’attendais Richard, j’ai cru que ma vie entière venait de s’effondrer. Ma carrière était ce qu’il y avait de plus important pour moi, et ce bébé venait remettre en cause tous mes projets. Mais j’étais surtout terrorisée ! J’allais devoir élever toute seule un petit être si fragile, dans un monde sans pitié, en étais-je capable? A l’époque l’avortement était encore tabou, et de toute façon une part de moi avait vraiment envie de cet enfant. C’était peut-être naïf, mais je pensais qu’il me permettrait de garder une sorte de lien avec son père. Et puis un certain 1er Avril, un petit homme a pointé le bout de son nez, et ce fut sans doute le plus beau jour de ma vie. Il était là, tellement petit et fragile, à me contempler de ses beaux yeux bleus ! Je savais que ça n’allait pas être chose facile, mais je me devais de me battre pour lui. Et même si je sais que je n’ai pas toujours été une très bonne mère, il s’en est plutôt bien sorti dans la vie non ?
- Oui, répondit Kate en souriant, émue devant le récit de son ainée.
- C’est normal que tu aies peur Katherine, quelque part heureusement même, ça signifie que tu accordes déjà beaucoup d’importance à ce petit bonhomme ! Mais je suis persuadée que Richard et toi vous serrez des parents admirables pour lui ! Vous vous tromperez sûrement, ce ne sera pas facile, mais vous lui apporterez ce qu’il y a de plus important : l’amour.
- Merci…
- Bon, maintenant file, ton fiancé baigne dans le vomi de Ryan, je pense qu’il attend cette chemise avec impatience ! »
Kate quitta le loft un peu chamboulée encore par les paroles de Martha. Elle était touchée qu’elle se soit confiée ainsi, mais l’était encore davantage par le message qui se cachait derrière. Elle venait de lui faire clairement comprendre qu’elle serait là pour elle, pour répondre à ses interrogations et ses inquiétudes, et ça lui faisait chaud au coeur !
« Tu vas voir, tu as une famille vraiment géniale ! » murmura-t-elle en posant sa main sur son ventre.