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Jeunesse et protection des mineurs
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Série : Castle
Création : 30.11.2013 à 20h30
Auteur : Minefuji
Statut : Terminée
« Allez hop, je me lance pour une nouvelle histoire. Elle se passerait après l'épisode avec Eric Vaughn dans la saison 5. J'espère qu'elle vous plaira... » Minefuji
Cette fanfic compte déjà 26 paragraphes
Avertissement! Ce chapitre contient un passage classé S, donc les jeunes, fermez les yeux. ^^
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Chapitre un
- Castle... Demanda-t-elle en rompant leur baiser.
- Oui?
- Où est ce qu'on va, tous les deux? Lâcha-t-elle après une légère hésitation.
- Dans la chambre... suis-moi, tu vas adorer! Répondit-il en éludant sa question, avant d'ouvrir la porte de la chambre, dans laquelle il avait installé une table de massage et une quantité de bougies aux senteurs agréables.
Elle sourit doucement, incapable de briser sa joie avec ses questions. Il avait l'air tellement heureux à l'idée de lui faire plaisir. Il avait son air de gamin de neuf ans, celui qui lui plaisait tellement, même s'il l'avait souvent exaspérée lors de leur première année de partenariat. Elle le suivit dans la chambre et se laissa dorloter, profitant de ce moment à eux.
Quelques heures plus tard, l'absence de Kate à ses côtés sortit l'écrivain du sommeil. Il avisa rapidement l'heure qu'affichait le réveil, deux heures. Encore une insomnie, Kate en était souvent victime ces derniers temps. Il se leva et se rendit dans son bureau, où il la découvrit installée dans le canapé, perdue dans ses pensées.
- Hey!
- Hey! Je ne pouvais pas dormir, expliqua-t-elle en se tournant vers lui.
- L'affaire?
- Oui, entre autres choses.
- Tu sais de quoi tu as besoin? Ce dont nous avons tous les deux besoin, en fait... De longues vacances... Juste pour déconnecter nos cerveaux... Qu'en dis-tu? Le mois prochain, quand mon livre sera sorti, on prendra quelques semaines de congés et on partira dans les Hamptons, rien que nous deux.
- Ouais, ça m'a l'air super, murmura-t-elle.
- Ça le sera. Maintenant, arrête de réfléchir autant, ça rend ton front tout ridé, c'est comme si je sortait avec un Shar Pei, dit-il en venant l'embrasser sur le haut de la tête.
Elle sourit poliment, ne cessant de s'entortiller les cheveux dans les doigts.
- Alors, c'est ce qu'on fait? Sortir ensemble? Demanda-t-elle en levant les yeux vers lui.
Il prit une longue inspiration, semblant chercher ses mots.
- Sortir ensemble, être ensemble, cohabiter... Je vais te dire ce qu'on ne fait pas: dormir! Allez, reviens te coucher, termina-t-il en reprenant le chemin de sa chambre.
- Oui, j'arrive dans une minute, répondit-elle en tournant la tête pour cacher sa déception.
Il venait encore une fois d'éviter habilement la conversation. Elle laissa échapper un soupir. Elle l'aimait, plus que tout. Elle lui avait ouvert son cœur, elle savait qu'il l'aimait aussi, elle n'avait aucun doute là dessus. Il le lui avait déjà souvent prouvé, mais elle ne pouvait s'empêcher de se demander si leur relation avait un avenir, si un jour, leurs chemins ne devraient pas se séparer car ils ne regarderaient pas dans la même direction.
Peut être que cette situation lui convenait. Peut être que cette relation vécue au jour le jour, sans projet d'avenir commun, était ce qu'il voulait. Après tout, il avait déjà divorcé deux fois, il avait déjà une grande fille, il avait déjà vécu tout cela! Peut être n'avait-il plus envie de ce genre de projets. Si elle venait à désirer cette vie et qu'il n'en voulait plus, quel avenir pour leur relation?
Peut être craignait-il qu'elle le fasse encore souffrir, après tout, elle l'avait déjà beaucoup malmené, en lui mentant, en sortant avec des hommes qu'elle n'aimait pas devant lui, en le rejetant lors de ses accès de colère, en hésitant pendant une fraction de seconde, quand ce bellâtre d'Eric Vaughn s'était penché vers elle pour l'embrasser... Le spectre de Mérédith qui l'avait trompé devait encore le hanter. C'était à elle de le rassurer, c'était à elle d'être patiente, désormais.
Forte de cette nouvelle résolution, elle se leva et quitta le confort du canapé, pour rejoindre celui, bien meilleur, des bras de son écrivain.
Le lendemain matin, Rick fut le premier à se réveiller. Il sentit un poids sur sa poitrine et la douce odeur de cerise, qu'il aimait tant... Kate. Il resserra son étreinte, tandis qu'elle bougeait légèrement, se pressant plus contre lui. Il aurait voulu la garder pour toujours contre lui, il avait eu tellement peur de la perdre à cause de ce bellâtre à tête de playmobil. Il ne le supporterait pas, il en était conscient, mais il avait tellement peur de l'étouffer, de l'effrayer, elle était si indépendante...
Elle se réveilla doucement, et laissa ses doigts vagabonder sur son torse, quelques instants, dessinant des arabesques. Puis, elle caressa doucement son visage en souriant, et elle tourna son regard ensommeillé vers lui.
Ne pouvant se retenir plus, il déposa un, puis deux, puis une multitude baisers sur la bouche offerte de la détective. Elle se meula plus contre lui et soupira d'aise, lui faisant perdre la tête. Il approfondit le baiser, laissant ses mains partir à la découverte de ce corps divin. Elle ne fut pas en reste, ses baisers brûlants attisèrent le désir de son amant, qui ne tarda pas à s'unir à elle, incapable de lui résister.
Elle resserra son étreinte autour du cou de son amant et son souffle chaud dans son cou accompagné de ses gémissements de plaisir le rendirent fou.
Elle glissa ses mains dans les cheveux en bataille de son écrivain, elle adorait ça et se laissa guider par le rythme qu'il lui imposait, jusqu'au Nirvâna.
- Wah…souffla-t-elle en se laissant retomber sur l'oreiller.
- Que veux-tu, tu m'inspires, sourit-il en reprenant doucement son souffle.
Elle lui sourit et recommença à lui piquer des baisers dans le cou, s'attardant sur sa jugulaire qui battait.
- Il faut qu'on se lève avant que tu ne sois définitivement en retard au poste, murmura-t-il en jetant un coup d'œil au réveil.
Brusquement la détective redressa la tête et réalisa que l'heure était déjà bien avancée. Ils se levèrent, prenant leur douche chacun leur tour, pour éviter de déraper.
- On se rejoint en bas, dit Rick en partant.
- Oui.
Elle enfila sa tenue et fila rejoindre son amant dans la cuisine, où ils partagèrent un copieux petit déjeuner en tête à tête. Elle adorait ces moments passés ensemble, elle avait mis du temps avant d'admettre ce qu'elle éprouvait pour lui, mais elle savait que désormais rien, ni personne ne serait capable de prendre sa place dans son cœur et elle était bien décidée à profiter du bonheur qu'il lui procurait. Il plaisanta gaiement, comme à son habitude et si les événements de leur dernière enquête l'avaient troublé, il n'en montrait rien. Cependant, Kate n'était pas dupe. Elle savait qu'il cachait ses tourments derrière une attitude désinvolte, tout comme elle cachait les siens derrière son mur. Mais elle ne baisserait pas les bras et ferait tout pour les faire disparaître.
Chapitre deux.
Lorsqu'elle sortit de l'ascenseur, les regards se tournèrent vers Kate. Elle salua tout le monde d'un signe de tête et se dirigea vers son bureau.
- Salut Esposito! Ryan n'est pas là?
- Première échographie! Répondit le latino avec un léger sourire. Et Castle?
- Chez Black Pawn, la promo de son dernier livre commence bientôt!
- Ah! Il va être pris par les interview et les galas alors! Tu te sens prête à affronter ça?
- Je ne suis pas concernée et j'en suis ravie, répondit-elle en s'éloignant pour aller se servir un café.
Esposito lui adressa un sourire amical, il savait que son amie aimait sa tranquillité et son anonymat et ne partageait pas la vie mondaine de Castle. Il la suivit dans la salle de repos.
- Comment va Lanie? Reprit la détective en lui tendant une tasse.
- Elle a dit qu'elle t'appellerait pour organiser une soirée entre filles.
- Super, ça fait un moment qu'on n'est pas sorties toutes les deux, elle me manque.
- Tu lui manques aussi.
Le téléphone de Beckett se mît à sonner, elle décrocha.
- Beckett!
-...
- On arrive!
Elle raccrocha et attrapa sa veste.
- On a une nouvelle affaire, envoie un message à Castle et à Ryan!
- Bien chef! répliqua Espo légèrement sarcastique.
Ils arrivèrent sur le lieu du crime dix minutes plus tard, Kate marqua une légère pause avant de franchir le ruban jaune et s'approcha de la légiste. Ce moment la troublait toujours autant.
- Salut Lanie!
- Kate, j'allais t'appeler, mais le destin s'en est chargé.
- On croirait entendre Castle, sourit-elle, alors, qu'est ce qu'on a?
- Un jeune homme, entre vingt-cinq et trente ans, mort hier soir, aux environs de vingt-trois heures.
- Cause de la mort?
- Plaies par balle au thorax, du calibre 38, je pourrais t'en dire plus après l'autopsie.
- D'accord... Autre chose?
- Non, rien d'autre pour le moment, en ce qui concerne la victime, en tout cas. Par contre, où est ton ombre?
- Avec son éditrice et son agent, la sortie d'un livre est toujours un moment très prenant pour lui.
- Et ça va, toi?
- Oui, pourquoi?
- Castle passe tout son temps avec son ex, des fans en furie vont bientôt lui demander de signer sur leurs poitrines et toi, tu restes zen?
- J'ai confiance en Rick, sourit Kate en se tournant à nouveau vers le corps, mémorisant chaque détail de la scène de crime.
- C'est trop mignon! Ricana Lanie. Tâche quand même de marquer ton territoire.
- Pas d'identité? Demanda Kate en roulant des yeux.
- Non, il n'avait aucun papier sur lui.
- Merci Lanie.
- De rien. Tu fais quoi ce soir?
- Rien de spécial.
- On se fait une soirée entre filles alors?
- D'accord, viens chez moi vers 19 heures.
- Ça marche.
Kate jeta un dernier regard vers la victime, puis se releva et se tourna vers son équipier.
- Des indices Esposito?
- Non, c'est clean, vu le quartier, on pourrait croire à un règlement de compte entre gangs.
Cette réplique fit froid dans le dos de la détective, elle réussit cependant, en grande professionnelle, à cacher son émotion.
- On va faire du porte à porte, un 38 ça fait du bruit, quelqu'un à sûrement entendu quelque chose, dit-elle.
- Je m'en occupe, fit le latino en s'éloignant.
~~~~~~~~~~~~~
Lorsqu'ils furent de retour au poste, ils installèrent le tableau blanc et y affichèrent le peu d'éléments qu'ils avaient en leur possession, puis Kate s'assit sur son bureau et se perdit dans ses pensées. Comme pour chaque nouveau cas, son cerveau tournait à plein régime et échafaudait un plan d'action avant de donner ses instructions.
Elle jeta un coup d'œil au siège qui jouxtait son bureau, celui de Castle. Elle repensa à son insomnie et à ses craintes. Elle était tellement l'habitude de le voir tourner autour d'elle en échaffaudant des théories, que son absence lui pesait. Un café latte à la vanille surgit alors devant ses yeux, elle releva la tête et sourit.
- Tu m'as manqué ce matin, détective, murmura Castle.
Elle attrapa son breuvage préféré en le remerciant de son plus beau sourire.
- Ton rendez-vous s'est bien passé? demanda-t-elle.
- On a établi le planning de la tournée de promo, je vais bientôt être très pris par les soirées de gala et les séances de dédicaces, alors autant profiter du temps qu'il nous reste avant ça. Tu passes au loft ce soir? Demanda-t-il d'un air charmeur.
- Ce soir, je passe la soirée avec Lanie. Demain si tu veux? proposa-t-elle.
- Demain soir, d'accord, en attendant, je passerai la soirée avec Nikky Heat. Mais tu as le droit de passer après ta soirée pyjama, si tu veux, je serai ravi de combler tes moindres désirs, dit-il en jouant des sourcils.
Il avait plongé son regard dans le sien, Kate sentit le rouge lui monter aux joues et l'air vint à lui manquer, bon sang comment pouvait-il la troubler encore autant?
Le ding de l'ascenseur leur indiqua que leur moment d'intimité venait de prendre fin.
- Hey! Espo! Lança vivement Kate pour donner le change. Du nouveau?
- Ce gars passait, depuis quelques temps, ses soirées dans un bar du coin.
- Alors on a un nom?
- Ouaip! Joe Jackson, enfin, c'est celui qu'il a donné au patron du bar...
- Tu crois que c'était un faux nom?
- D'après le patron, ce type agissait bizarrement. Il fréquentait des petits voyous du coin, mais avait plus l'air d'un premier de la classe élevé dans un milieu aisé, que d'un gamin des quartiers défavorisés avec qui il trainait.
- Nous voilà bien avancés... Le patron t'a donné la description des gars qu'il fréquentait?
- Ouais, un gamin bien connu des services de police, Skills Taner. J'ai envoyé des gars le chercher, mais ça risque de prendre du temps, ce gamin est une véritable anguille.
- Bien, dit Beckett en inscrivant le nom provisoire de la victime sur le tableau. Il commence à se faire tard, alors autant rentrer...
- N'oublie pas ce que je t'ai proposé tout à l'heure, souffla Rick à l'oreille de Kate avant d'attraper son manteau.
Celle-ci eut bien du mal à cacher son trouble, décidément, il avait le pouvoir de la mettre dans des tous ses états rien qu'avec un murmure.
Ce furent les ricanements de Ryan et Esposito qui la ramenèrent sur terre.
- Oh la ferme! Claqua-t-elle en les fusillant du regard avant de se précipiter dans l'ascenseur.
- Elle est marrante, quand elle est amoureuse, tu ne trouves pas? Lança Ryan à son collègue. Elle lui mange dans la main.
- T'es mal placé pour dire ça, sourit Esposito.
- Quoi?
Le téléphone de Ryan sonna, il s'empressa de décrocher.
- Ryan!
- ...
- Du melon? En cette saison? T'es sérieuse?
- ...
- Non, non! Pas de problème, je vais te trouver ça, fit le policier en se précipitant à son tour vers l'ascenseur.
~~~~~~~~~~~
Une fois chez elle, Kate prit une longue douche et passa une tenue décontractée avant de préparer les plats qu'elle avait pris en rentrant. À 19 heures, Lanie arriva avec une bonne bouteille de vin dans les mains.
- Salut ma belle! Tu as réussi à lâcher ton écrivain pour ta vieille copine?
- Pour toi toujours Lanie. Alors comment vas-tu?
- Très bien et je constate que tu nages dans le bonheur. Castle s'est remis de l'enlèvement d'Alexis?
- Il n'en parle pas vraiment, mais cette histoire l'a secoué.
- Et toi?
- Moi?
- Oui, toi.
- Moi, je vais bien.
- Voilà un point sur lequel tu n'as pas changé, tu gardes toujours tout pour toi.
- Je t'assure que je vais bien, pour la première fois depuis la mort de ma mère, je suis en paix.
- Tant mieux alors! Et cette histoire avec Vaughn?
Le regard noir de kate indiqua à la légiste que ce terrain était toujours glissant.
- C'est oublié, affirma Kate avec conviction. Et toi? Ça a l'air d'aller avec Esposito.
- C'est vrai, on est bien tous les deux, on sort ensemble, simplement, sans rien se promettre, ça me convient.
Cette phrase de Lanie fait écho aux doutes de Kate et le trouble de cette dernière n'échappa pas à la légiste.
- Kate, tout va bien?
- Hein? Ah, euh... Oui, oui, tout va bien!
- Tu t'inquiètes à propos de Castle? Tu sais, je plaisantais ce matin!
- Je sais! On est ensemble et tout ce passe bien... Mais on ne parle jamais de l'avenir de notre relation et ça me convient très bien pour le moment! Seulement...
- Seulement quoi?
- Et si au moment où cette conversation arrivera sur le tapis, on se rendait compte qu'on ne désire pas la même chose? Qu'est ce qu'on va devenir? Qu'est ce que je vais devenir? demanda Kate.
- Tu ne dois pas craindre quelque chose qui n'arrivera peut être pas, peut être que cette conversation sera une libération pour vous deux, suggéra Lanie.
- Cette conversation a fait imploser ta relation avec Javier, contra Kate.
- Parce que nous n'étions pas près! Et puis, on se voit encore de temps en temps!
- Et ça te convient?
- Bien sûr, parce que je ne recherche pas autre chose pour le moment et Javi non plus. Ce que vous vivez avec Castle vous appartient et c'est à vous de trouver votre chemin.
- Tu as peut être raison, soupira Kate.
- J'ai sûrement raison! Affirma Lanie, extirpant ainsi un éclat de rire de sa meilleure amie.
Elles discutèrent agréablement, pendant encore quelques temps, elles appréciaient particulièrement ces moments de complicité. Au bout de deux heures, le téléphone de Lanie retentit, elle décrocha et sourit avant de ranger son appareil et de regarder son amie avec une moue plaintive.
- Laisse moi deviner... C'était Esposito. Il t'attend?
- Il est si craquant!
- Va le rejoindre!
- Tu ne m'en veux pas?
- Mais non voyons! File! Je vais en profiter pour me coucher tôt, ça me fera du bien.
- Bonne nuit, Kate, à demain.
- Bonne nuit Lanie.
Kate resta un moment dans son canapé, pensive, puis se leva d'un bond et fila se changer. Elle attrapa ensuite son blouson et se précipita hors de son appartement, hors de question de dormir seule ce soir.
Chapitre trois.
Rick était assis tranquillement dans le canapé, pianotant fiévreusement sur les touches de son clavier. Le loft était désert, Martha ayant une représentation avec son école de théâtre. Et l’inspiration était au rendez-vous, les conditions étaient parfaitement réunies pour avancer dans son travail!
Il entendit la porte s'ouvrir au loin, mais il était bien trop pris par son écriture pour y prêter attention. La lumière s'alluma, il grogna de mécontentement.
- Désolée !
Il releva les yeux pour voir Kate sur le seuil de la porte. Elle avait cet air peu sûre d'elle, qu'il était sans doute l'une des seules personnes à connaître, avec Lanie et Jim.
- Je te dérange? demanda-t-elle en se triturant nerveusement les doigts.
- Bien sûr que non! J'accueille toujours avec grand plaisir les visiteurs qui me tirent de mon travail! Sourit-il en déposant son portable sur la table basse. Tu ne devais pas passer la soirée avec Lanie? Que s'est-il passé ?
- Rien, on a passé une bonne soirée, mais elle a été appelée et a dû partir.
- Et tu t'es dit que tu pourrais finir la soirée avec moi? Quelle bonne idée !
Il s'approcha d'elle et lui prit les mains. Rassurée, elle lui sourit et se calma instantanément.
- Tu veux qu'on regarde un film? Proposa-t-il en l'emmenant vers le canapé.
- À vrai dire, j'avais d'autres idées en tête, avoua-t-elle d'un air coquin, avant de se jeter sur ses lèvres.
Le baiser fut torride et lorsqu'elle relâcha enfin les lèvres de son écrivain, celui-ci était déjà fort dévêtu.
- Katherine Beckett, tu auras ma mort sur la conscience, soupira-t-il en cherchant à reprendre son souffle.
- Je croyais que tu voulais réaliser le moindre de mes désirs, susurra-t-elle en lui mordillant l'oreille.
- Lanie a ramené du vin, n'est ce pas?
- Oui, du rouge...ajouta-t-elle en se dirigeant vers l'équateur, parsemant son chemin de baisers brûlants.
- Rappelle-moi de la remercier, sourit l'écrivain en fermant les yeux, savourant la douceur des caresses de sa compagne.
Et là, tout s'était précipité. Il s'était relevé, faisant rouler Kate sur le canapé. Son pantalon et son chemisier avaient volé dans la pièce, puis il l'avait emportée sur son épaule, lui offrant ainsi une vue imprenable sur son fessier... Miam!
Arrivé dans la chambre, il l'avait déposée sur le lit et ses mains étaient reparties en balade, retrouvant très facilement leurs marques. De son coté, elle n'était pas en reste et fut la première à glisser une main sous son dernier vêtement et le râle qui sortit de sa gorge fut la dernière chose dont elle eut conscience...
Lorsque Rick s'éveilla, au petit jour, sa tête reposait sur la poitrine de sa compagne et ses mains la tenaient fermement. Il était évident qu'il ne pourrait jamais se passer d'elle, elle était son oxygène. Il était absolument hors de question qu'il la perde ou qu'un autre homme l'ait. Il chassa l'image de Vaughn de ses pensées et changea de position, s'allongeant à coté d'elle pour l'observer dormir.
Puis il lui embrassa le front doucement.
- Kate…
Elle grogna dans son sommeil et vint se blottir tout contre lui.
- Il va falloir se lever. Je dois aller chez Black Pauwn… Et les gars vont te chambrer, si tu arrives tard au poste.
Elle se serra plus contre lui et il l'entoura de ses bras, incapable de lui résister.
Le réveil sonna à 7h.
- Je dois y aller, chérie.
- Je sais, murmura-t-elle en souriant à l’entente de ce surnom affectueux.
Elle ne le lâchait pas… il adorait ça ! Cette femme l’avait ensorcelé.
- Je passerai te chercher ce soir, proposa-t-il, on passera notre dernière soirée tranquille ensemble.
- D’accord, soupira-t-elle en daignant se lever.
~~~~~~~~~~~~~~~
Lorsqu'elle arriva au poste, Skills Taner était déjà dans la salle d'interrogatoire. Elle attrapa son dossier et pénétra dans la salle.
- Bonjour Skills.
- Qu'est ce que vous m'voulez? Demanda le jeune garçon.
- Savoir ce que tu trafiquais avec Joe Jackson, lança Beckett sans détour.
- Je n'trafiquais rien du tout, on est potes.
- Vraiment?
- Ouais!
- Alors tu voudras peut-être nous aider à trouver qui l'a assassiné!
- Quoi? On l'a refroidi?! Merde, 'tain! C'est pas vrai! Pesta le jeune homme.
- Qu'est ce qu'il s'est passé Skills? Demanda doucement Beckett touchée par la détresse du jeune homme.
- Il voulait entrer quelque part par effraction... Je lui ai dit que c'était une connerie... Mais il voulait rien entendre... Alors je l'ai aidé...
- C'était où?
- Dans un building sur Parc Avenue... On a fait le coup il y a trois semaines...
- Quelqu'un vous a surpris?
- M'dame, je sais faire dans la discrétion, on est entré ni vu ni connu, il a fouillé des tiroirs, a pris quelques photos et on s'est tirés.
- Des photos? Vous n'avez rien volé?
- Nan! J'vous assure! Mais après Joe, il était plutôt nerveux, j'ai voulu l'aider mais il m'a dit qu'il valait mieux que je reste en dehors de ça... Je comprends pourquoi maintenant...
Beckett resta encore un moment avec Skills, qui lui indiqua l'emplacement du bâtiment qu'ils avaient visité. Elle demanda ensuite à Ryan de rechercher qui occupait les lieux.
Elle se laissa tomber sur la chaise de son bureau en se prenant la tête entre les mains, cette histoire était un vrai sac de nœuds. Une victime avec un faux nom, un cambriolage sans vol commis et un meurtre maquillé en règlement de compte entre gangs, elle allait adorer cette histoire! Elle aurait bien besoin d'une des théories farfelues de Castle en ce moment...
- Rrraaaahhh ! Lâcha-t-elle au comble de la frustration.
Une tasse de café fumant attira son attention, elle leva les yeux vers la personne qui le lui tendait et lâcha un soupir de déception en découvrant Esposito.
- Désolé! Ce n'est que moi, sourit le latino.
- Merci Espo, dit-elle en attrapant le breuvage.
- Je n'ai pas fait de petit cœur non plus, ajouta-t-il en voyant sa collègue jeter un regard dans sa tasse.
Elle lui lança un regard noir et il comprit qu'elle n’appréciait pas la plaisanterie. Ryan arriva alors, avec un air un peu ennuyé.
- Hé Ryan! Du nouveau? Demanda Beckett.
- Oui...euh... Bro, je peux te parler? Demanda l'irlandais en se tournant vers son collègue.
- Pas question! Tu iras déjeuner avec ta copine après et vous aurez tout le loisir de parler chiffons à ce moment là! Alors? Qu'est ce que tu as trouvé Ryan? Insista Beckett.
- Eh bien... Le bureau visité par notre victime...hésita le policier.
- Donne-moi ça ! S'impatienta Beckett en lui arrachant le papier qu'il tenait dans les mains.
Elle le parcourut des yeux et blêmit.
- Il était utilisé par Bracken et son équipe comme QG de campagne... Ils ont déménagé depuis, expliqua Ryan devant le regard interrogateur d’Esposito.
Ce dernier tourna la tête vers son amie, cette histoire sentait les ennuis à plein nez! Elle avait ce regard déterminé et haineux, celui qu'elle n'avait que quand il s'agissait de l'affaire de sa mère et, depuis quelques temps, quand le nom de ce sénateur arrivait sur le tapis.
- Pas un mot de ça à Gates, ni à Castle. Pour l'instant on n'a rien, inutile de les prévenir. Moins de personnes seront au courant de ça, mieux ça sera, on a intérêt à être très discret, ordonna Beckett en se tournant vers le tableau blanc.
Ryan et Esposito échangèrent un regard lourd de sens, ils n'allaient pas la lâcher d'une semelle, Beckett était complètement ingérable quand Bracken entrait dans la danse.
Le reste de la journée ne fut guère productif, sans la véritable identité de la victime, il leur était impossible d'avoir une adresse et donc de savoir pourquoi elle avait pénétré dans les bureaux de Bracken.
Les bros réussirent à convaincre Beckett de rentrer chez elle à une heure raisonnable, si elle ne voulait pas éveiller les soupçons, il valait mieux qu'elle ne passe pas la nuit sur un dossier vide.
Castle arriva alors qu'elle commençait à ranger ses affaires, elle le gratifia d'un de ses plus beaux sourires.
- Je suis content de constater que tu n'avais pas l'intention de passer la nuit ici! Dit-il en souriant.
- Tu pensais que je serais encore plongée dans mon travail ?
- Tu es toujours aussi impliquée dans ton travail, c'est ce qui fait ton charme.
- Ça a plutôt tendance à faire fuir les hommes ce genre d'attitude.
- C'est ce qui m'a attiré chez toi.
- Tu m'as manqué, souffla-t-elle.
- Toi aussi.
Il lui tendit son manteau qu'elle enfila docilement avant de se diriger vers l'ascenseur avec lui.
- On va chez moi ce soir? Demanda-t-elle.
- Avec plaisir, ma mère est au loft, on sera plus tranquilles chez toi!
Ils arrivèrent au parking, où ils s'autorisèrent un baiser prometteur pour la soirée à venir et rentrèrent directement chez Kate. Elle prit une douche bien chaude qui détendît tous les muscles de son corps, puis revêtit une tenue sexy mais décontractée en pensant à celui qui faisait battre son cœur depuis plusieurs années.
Il était entré dans sa vie comme un éléphant dans un magasin de porcelaine, bousculant tout sur son passage, détruisant toutes les barrières qu'elle avait érigées autour d'elle, afin de s'éviter de souffrir à nouveau comme elle avait souffert de la perte de sa mère. Ils avaient traversé tant d'épreuves tous les deux qu'il était devenu son phare, son refuge, sa planche de salut.
Du bruit à la porte de sa chambre lui indiqua l'arrivée de Castle et la sortit de ses songes.
- Le repas est prêt! Annonça-t-il.
- ...
- Hey! Fit Castle tandis que sa muse venait se blottir contre lui. Je t'ai tant manqué que ça?
- Je crois, oui, répondit Beckett en rougissant.
Elle ressemblait à une petite fille quand elle avait cet air là et Castle savait qu'il était le seul à qui elle se montrait sous ce jour là et en ressentait une immense fierté.
Il prit son visage en coupe pour l'embrasser tendrement. Rapidement, le baiser gagna en intensité et leurs vêtements furent de trop. Les soupirs de satisfaction emplirent la pièce et les deux amants glissèrent rapidement dans un monde où ils n’étaient plus que tous les deux et où ils se suffisaient l'un à l'autre.
Quelques temps plus tard, tendrement blottie contre l'épaule de son homme, Kate savourait ce moment de bien être. Finalement, Rick brisa la quiétude du moment.
- Et si on mangeait? Je commence à avoir faim.
- Oui, j'entends ton estomac crier famine, sourit-elle.
- Que veux-tu ? Je ne suis pas un petit modèle, moi, il faut nourrir la machine.
- Je ne suis pas petite!
- Non, mais tu es si fine qu'un rien te remplit l'estomac, on pourrait te croire si fragile en te voyant comme ça... Je veux dire si... frêle...
- Je ne suis ni frêle, ni fragile!
- Oh, ça je le sais! Tu es forte, Kate Beckett.
Ils quittèrent la chambre et dînèrent en tête à tête, savourant ce moment d'intimité. A la fin de la soirée, ils s'endormirent tendrement lovés l'un contre l'autre, heureux simplement d'être ensemble.
Chapitre quatre.
Lorsque le réveil sonna le lendemain, Kate grogna et remonta la couette sur sa tête.
- Ce n'est pas parce que tu te caches que la réalité va disparaitre, sourit Castle. Allez c'est l'heure de se lever...
La tête de Beckett réapparut instantanément.
- Wah! Tu as l'air bien content de l'entendre sonner ce fichu réveil, remarqua Kate soupçonneuse. C'est de retrouver tes fans et leurs poitrines généreuses qui te rend si joyeux?
- Quoi?! ...Non!... Bredouilla Rick craignant d'avoir commis un impair.
Kate explosa de rire devant sa mine affolée. Il se calma aussitôt, réalisant qu'elle venait encore de le faire marcher et qu'il avait carrément couru!
- Vilaine! Tu pourrais me soutenir au lieu de me torturer! Bougonna-t-il.
- Allons Castle, c'est le boulot, tu as des devoirs envers tes fans, lança-t-elle en se levant.
- Viens avec moi! Je me sentirai tellement seul!
- Je bosse, tu le sais bien!
- Tu pourrais prendre des vacances !
- Ah non ! Si je prends des vacances, je veux les passer en tête à tête avec toi! Pas au milieu de tes fans!
- Tu es pourtant une de mes plus grandes fans, et une fan digne de ce nom suivrait son idole partout, dit-il en la suivant jusque dans la salle de bain.
- Castle! Contra-t-elle exaspérée en se glissant sous la douche.
- Ok, soupira-t-il, Je comprends, mais tu vas me manquer.
- Tu seras tellement pris que tu ne verras pas le temps passer! Et puis... On se téléphonera chaque soir!
- Tu as raison. Bon! Et si nous profitions de notre dernière matinée? Proposa-t-il en entrant à son tour sous la douche.
- Et que proposes-tu?
- Et si je commençais par te savonner le dos?
- Mhhmmm ! Voilà, charmant programme!
- Et ensuite... Ajouta-t-il en l'embrassant dans le cou... Ensuite...
- Vous perdez vos mots monsieur l'écrivain, répondit-elle en basculant la tête en arrière pour lui faciliter l'accès.
- Je n'y peux rien, ma muse est capricieuse, susurra-t-il.
- Je vais t'inspirer autre chose qu'un polar, monsieur Castle.
- Tu ne me laisseras jamais écrire ce que tu m'inspires en ce moment...
- C'est vrai... Et n'oublie pas... que j'ai ... un flingue.
Il rit et la serra un peu plus contre lui. Elle le couvrit de baisers et bien vite l'atmosphère s'embrasa...
Ils prirent ensuite, leur petit déjeuner tranquillement et quand elle s'apprêta à partir travailler, elle l'embrassa tendrement avant de le quitter à regret.
- Je t'appelle ce soir, dit-il en souriant.
- J'y compte bien! Et à ton retour, j'espère avoir une séance de dédicaces en privé.
- Je serai tout à toi, affirma-t-il.
Elle ferma la porte du loft derrière elle et alors qu'un sentiment de solitude et d'abandon s'insinuait en lui, il se dirigea vers son bureau afin de prendre ses bagages.
La journée passa rapidement pour Kate, plongée dans sa recherche d'identité. Le fichier dentaire et les empruntes n'ayant rien donné, Lanie ne put lui être d'un grand secours. Beckett envoya donc les bros interroger les clients du bar, espérant que l'un d'eux puisse les renseigner sur l'endroit où la victime vivait. Pendant ce temps, elle commença à éplucher les dossiers des personnes signalées disparues récemment.
En fin de journée, ils n’en étaient toujours nulle part, ce qui agaçait grandement la détective.
- Beckett, tu ferais mieux de rentrer, suggéra Esposito en approchant du bureau de sa collègue.
- Je vais rester encore un peu... Rentre, toi et dis à Ryan d'en faire autant.
- Et qu'est ce que tu espères trouver en restant, à part de la fatigue et des soupçons de Gates?
L'argument fit mouche, il était hors de question que le capitaine se doute de quelque chose et lui retire l'enquête. Elle se leva et attrapa sa veste.
- Tu as raison! Rentrons!
De retour chez elle, Kate s'installa tranquillement dans son canapé avec un magazine, la journée avait été ennuyeuse sans les pitreries de son écrivain. Lorsque son téléphone sonna, elle sourit en voyant le nom de Rick s'afficher.
- Hey! Fit-elle en décrochant. Tu as fait bon voyage?
- Oui, ça va, et toi, ta journée fut bonne?
- Frustrante, on ne sait toujours pas qui est notre victime, donc on n'avance pas ! Et toi? Tu as une séance ce soir?
- Oui, on a une soirée de promo, je finirai tard.
- Hou! Là ! Je penserai à toi en me prélassant dans mon bain avec un bon roman.
- Ah oui? Quel roman?
- Un polar, j'ai réussi à avoir un exemplaire avant sa sortie, je suis en bons termes avec l'écrivain.
- Tu veux dire que tu couches avec?
- Oui, on peut dire ça...
- Mmmhhh ! Lucky Guy! Bon, je dois te laisser, je t'appelle demain soir!
- D'accord! Ne signe pas sur trop de poitrines!
- Pfff ! Jalouse, va!
- Oui, et n'oublie pas, j'ai un flingue!
- Non! Ça je ne l'oublie pas!
- Bonne nuit Castle.
- Bonne nuit Kate.
Il raccrocha, un sourire accroché sur ses lèvres, elle était merveilleuse. C’est alors que Gina arriva derrière lui.
- Rick!
- Gina, que veux-tu?
- Il est temps de se rendre à la soirée! Tes fans t'attendent.
- J'arrive.
- N'oublie pas, tu dois vendre tes bouquins et pour ça, il faut que tu sois gentil avec tes fans.
- Mais je suis toujours gentil, par contre, ne compte pas sur moi pour draguer ou me laisser draguer, c'est fini tout ça!
- Alors tu vas annoncer ta liaison avec Beckett?
- Quoi?! Non! Pas question! Il s'agit de ma vie privée et je tiens à ce qu'elle reste privée!
- Alors il va falloir faire un effort, si tu es trop distant ça va paraître suspect.
- J'aviserai le moment venu, allons-y!
Lorsqu'ils arrivèrent dans la salle de réception de l'hôtel, les flashes des journalistes fusèrent et l'excitation des fans augmenta. Rick sourit, serra des mains et signa des autographes. Tout se passa pour le mieux. Certaines fans lui demandèrent de signer sur leur poitrine, mais il se contenta de décliner gentiment en leur proposant de leur dédicacer un livre ou une photographie.
La soirée se passa agréablement et vers une heure du matin, il pût enfin quitter la réception et rejoindre sa chambre d'hôtel. Il vérifia ses messages sur son smart phone et sourit en voyant que Kate lui en avait laissé un.
" Je vais me coucher. Bonne nuit Castle.
Tendrement Kate."
Il lui répondit par un petit message plein de tendresse et se coucha à son tour.
Le lendemain matin, les bros trouvèrent Kate devant le tableau blanc, lorsqu'ils arrivèrent. Elle avait ajouté des éléments et passait en revue chacun d'entre eux. Elle était tellement concentrée, qu'elle ne les entendit pas arriver.
- Du nouveau? Demanda Esposito en la faisant sursauter.
- Quoi?! Euh oui, j'ai le nom de notre victime, il s'appelle John Bowers.
- Ne me dis pas que tu as passé la nuit ici! Je croyais que tu devais rentrer sagement chez toi, fit Javier sur un ton de reproche.
- Mais je suis rentrée! J'ai trouvé en lisant ceci, expliqua-t-elle en lui tendant le magazine qu'elle lisait la veille.
- Un magazine? Castle doit vraiment te manquer, tu vas te mettre au tricot aussi?
- Il est bien ce magazine! Jenny adore les tests de personnalité qu'ils proposent, annonça distraitement Ryan que son partenaire dévisageait désormais. Quoi?! Ils ont des articles super intéressants!
- C'est pas bientôt fini, vous deux? Râla Kate.
- Ok, qu'est ce que tu as trouvé? Demanda Esposito en feuilletant la revue.
- Page 23! Ils disent que la rubrique de Bowers sur les ballades atypiques est suspendue pour une durée indéterminée, car son auteur a pris un congé d'une durée indéterminée.
- Et qu'est ce qui te fait dire que c'est notre victime? Demanda Esposito.
- Regarde la photo! C'est lui!
- Tu crois qu'il aurait vu quelque chose qu'il n'aurait pas dû voir et qu'on l'a éliminé? Demanda Ryan.
- Je n'en sais rien, en tout cas, il cherchait quelque chose et ça ne concernait pas les ballades touristiques. Maintenant qu'on a un nom, je vais appeler le magazine pour en savoir un peu plus. Vous deux, faites le tour des hôtels et tâchez de trouver celui où Bowers était descendu, le magazine n'est pas publié à New York, donc il n'habitait certainement pas ici.
- Ça va nous prendre un temps fou! Marmonna Esposito.
- T'as mieux à faire peut être? Contra Beckett d'un ton sec.
Ils s'éloignèrent rapidement, Beckett ne semblait pas à prendre avec des pincettes.
- Et ben! Ça promet! Castle n'est parti que depuis hier! Siffla Ryan.
- Il est parti pour combien de temps, rappelle-moi?
- Trois semaines, je pense.
- Tu l'as dit, ça promet!
L'appel au magazine confirma à Kate que Bowers n'était pas à New York pour le boulot, il avait expliqué avoir besoin de faire un break, ces derniers mois n'ayant pas été faciles, pour lui, sur le plan personnel. Elle contacta ensuite sa famille, pour leur annoncer la triste nouvelle. Et les reçut quelques heures plus tard.
Bowers était un fils aimant et attentionné et rien dans sa vie ne laissait présager qu'il aurait pu avoir une fin aussi violente.
- Mme Bowers, j'ai cru comprendre que votre fils avait eu des problèmes personnels, de quoi s'agissait-il? Demanda doucement Beckett.
- Il voulait nous présenter quelqu'un, il avait l'air très heureux... Mais cette jeune femme a eu un accident de voiture, elle a été tuée sur le coup... C'était il y a trois mois... Elle s'appelait Emily... Je ne l'ai jamais rencontrée, sanglota la mère de la victime.
- Merci, madame Bowers, termina Beckett.
Son téléphone sonna à ce moment là.
- Beckett!
- C'est Ryan! On a trouvé son hôtel! Et sa chambre a été visitée.
- Ok. Envoie-moi l'adresse, j'arrive!
Arrivée sur place, Beckett ne pût que constater les dégâts, l'appartement était sens dessus dessous. La scientifique était sur place et répertoriait chaque indice.
- Vous avez trouvé quelque chose? Demanda-t-elle en s'approchant de ses collègues.
- Il ne reste pas grand chose, qui que soit la personne qui est venue ici, elle a fait le ménage!
- Drôle de définition du mot ménage, fit Beckett en jetant un regard au capharnaüm qui régnait dans la pièce. On va interroger le personnel de l'hôtel sur ses allées et venues, on apprendra peut être pourquoi il a choisi de prendre des vacances dans cet hôtel miteux.
- Ça marche!
Chapitre cinq.
Incapable de rester inactive, Kate faisait des tractions dans son appartement, quand son téléphone sonna sur la table basse du salon. Elle le saisit à la hâte et décrocha :
- Bonjour Kate !
- Lanie…
- Cache ta joie !
Elle grimaça et s'assit sur son canapé, Rick devait être très occupé et n'avait certainement pas le temps de l'appeler tous les soirs, mais trois jours sans nouvelles et cette enquête qui tournait en rond avaient eu raison de sa patience.
- Alors comment ça va sans ton écrivain? Tu ne te sens pas trop seule? Demanda la légiste.
- Ça va...
- Tu t'épuises en faisant du sport, n'est ce pas?
- Sans commentaire, grommela Kate.
- Je me disais bien que tu devais avoir besoin de te changer les idées. On se refait une soirée entre filles étant donné que tu es célibataire en ce moment?
- Pourquoi pas...
- Parfait, je passe chez toi dans une demi-heure.
- D'accord, je fais venir le repas. À tout à l'heure Lanie.
- A tout à l'heure, ma grande!
Lorsque Lanie arriva à l'heure convenue chez Kate, un paquet provenant du restaurant italien qu'elle adorait trônait sur la table basse.
- Wahhh! Tu as commandé chez Luidgi?
- Bah, tu es ma meilleure amie, non? Tu mérites le meilleur.
- C'est sympa! Allez, je vais nous servir un verre de vin, pour accompagner tes plats et ensuite on pourrait aller danser!
- Ce soir ? Mais je croyais qu'on pourrait rester ici... Tranquillement...
-Mais non ! Allez Kate ! C'est samedi soir! Décoince-toi un peu !
- QUOI? Mais je ne suis pas coincée! S'offusqua la détective.
- Alors, on y va? Tu as sérieusement besoin de te défouler !
- Ok ! Va pour la boîte de nuit! Céda Kate.
- Génial!
Elles quittèrent l'appartement une heure plus tard et se rendirent dans un bar sympathique qui possédait une piste de danse et diffusait le genre de musique qu'elles appréciaient. Une fois là-bas, Kate relâcha toute la pression emmagasinée par l'enquête et l'absence de son amant et ne quitta presque pas la piste de danse sauf pour boire un verre.
Évidemment de nombreux regards, masculins pour la plupart, se posèrent sur elle. Certains audacieux lui proposèrent de danser avec elle, ce qu'elle acceptait, pour une seule et unique danse, et elle se débarrassa d'un seul regard les gros lourdauds.
Lorsqu'elles décidèrent de s'accorder une pause, Kate et Lanie s'installèrent au bar pour boire un verre.
- Salut beauté, murmura un grand blond sûr de lui en se collant à Kate.
- Salut, marmonna Kate en fusillant Lanie du regard tandis que celle-ci se mettait à pouffer.
-Ça te dit une petite danse ? Continua le blond sans faire attention à Lanie.
- Non! Merci! Souffla Kate.
- Allez! Sois pas farouche!
- Je vous répète que non, vous pouvez dégager!
- Je suis sûr que tu en meurs d'envie !
- C'est ça! Dans tes rêves mon gars! J'ai un petit ami, je suis comblée à ce niveau là et je suis venue passer une soirée sympa entre filles. Alors, à moins de renoncer à une certaine partie de ton anatomie, tu peux débarrasser le plancher!
- Si j'étais ton petit copain, je ne te laisserais pas sortir sans moi! Même pour une soirée entre filles, commenta le boulet.
- Ce qui prouve que lui, contrairement à vous, il est sûr de lui et respecte les femmes! Et maintenant, ajouta-t- elle en sortant un objet de sa poche, vous dégagez ou je vous coffre pour harcèlement!
- Quoi? Tu rigoles?
- J'ai l'air de plaisanter?
- J'ai compris! Fit-il en levant les bras. Bon bah, bonne soirée les filles !
-Ouais c'est ça ! répondit Kate très énervée, tandis que Lanie s'écroulait de rire.
Beckett recommanda un verre quand Lanie lui dit joyeusement :
- Alors, comme ça tu es comblée au niveau petit copain?
- Oh ça va! Bougonna Beckett en avalant son verre d'une traite.
-C'est quand même dommage que les gars ne soient pas là ! Soupira Lanie.
-Les gars ou Esposito ?
- Oh ça va tu m'as comprise !
- Oui ! Mais j'aimerais que tu avoues ! S'il te plait ! Rien qu'une fois ! Insista Beckett devant la gêne évidente de sa meilleure amie.
-J'aime bien Javier ! Répondit-elle blasée. Et toi? C'est du sérieux avec ton écrivain, on dirait.
- Je suis bien avec lui...
- Katherine Beckett!
- Ok, j'adore passer du temps avec lui, ce qu'on vit est merveilleux et je suis complètement dingue de lui!
- C'est drôlement chouette! Sourit Lanie.
- Ouais... C'est chouette...
- Mais?
- ... mais j'ai peur que ce soit éphémère !
- Pourquoi ?
- Il est différent en ce moment, il est plus calme... Il est attentionné ! Et c'est génial! Mais il est loin et seul en ce moment, il y a toutes ces femmes prêtes à tout pour le réconforter !
- Tu crois qu'il te trompe?
- NON! Bien sûr que non! Mais... Qu'est ce qu'il en sera dans un an? Et s’il finissait par en avoir assez de moi?
- Kate...! Kate... ! … Kate... ! Castle t'adore ! Tu crois vraiment qu'il va préférer toutes ces greluches à toi ?
- Bah oui ! dit-elle avec hésitation.
- Eh bien, tu es peut être très perspicace pour tes enquêtes, mais pas en ce qui le concerne ! T'es vraiment nouille, quand tu t'y mets! Parles-en avec lui !
- Ouais... Tu as raison... Mais pour l'instant, on ne parle plus des gars ! C'est notre soirée !
Elles retournèrent sur la piste de danse pour ne la quitter qu'au moment de la fermeture.
De retour chez elle, Kate s'écroula sur son lit. Et ce fut la sonnerie du téléphone la réveilla brutalement une demi-heure plus tard.
- Beckett, lâcha-t-elle d'une voix pâteuse en décrochant.
- KATE! TU VAS BIEN?
Elle éloigna le téléphone de son oreille en grimaçant.
- Castle?
- Ça fait des heures que j'essaye de te joindre! J'étais inquiet!
- Okay... Euh... Je vais bien... J'étais sortie avec Lanie...
- Ah... Excuse-moi, j'avais oublié...
- Tu n'avais pas oublié, je ne te l'ai pas dit.
- Ah bon? Pourquoi?
- Castle! Je suis une grande fille! Et puis ça s'est décidé à la dernière minute... Tu es en colère?
- Non! ... C'est juste...
- Bon, Castle, il faut que tu te calmes! Tu te doutes bien que je ne passe pas mes soirées à attendre ton coup de fil!
- Oui... Euh... Excuse-moi... Je me fais des films!
- Et il n'y a pas de quoi! Rappelle-toi! C'est pas parce qu'on agit en célibataire qu'on va regarder ailleurs!
- Tu as raison... J'ai paniqué...
- Et il n'y avait pas de quoi!
- ...
- Sérieusement Castle? Tu doutes de moi?!
- Non! Non! Tu as raison! Excuse-moi! Tu me manques, j'en deviens fou.
- Je sais... Tu me manques aussi... Ryan et Esposito en font les frais, d'ailleurs.
- Ne les malmène pas trop! Ils seraient capables de me réclamer la Ferrari en compensation!
- Je vais essayer de me calmer, rit-elle.
- Rick?! Fit une voix derrière lui.
- C'est Gina, expliqua-t-il, j'aurais dû mettre des somnifères dans son verre, pour qu'elle me fiche la paix.
- Ne me dis pas qu'elle veut te parler affaires, là?! Il est trois heures du matin!
- À ton avis, pourquoi j'ai divorcé?
- Bonne nuit, Rick, dit-elle en riant.
- Oui... Bonne nuit Kate!
Lorsqu'il arriva au poste, le lendemain matin, Esposito est étonné de voir que Kate est déjà là. Elle avait une pile de dossiers posée sur son bureau et les étudiait un par un. Il fit un détour par la salle de repos et lui prépara un latté, avant de la rejoindre. L'odeur de son breuvage favori lui fit relever la tête.
- Je ne pensais pas te voir ce matin, dit-il en lui tendant la tasse qu'il apportait.
- Merci, répondit-elle en attrapant sa tasse. Et pourquoi je ne serais pas venue?
- Parce que Lanie, avec qui tu as passé la soirée est encore profondément endormie, donc soit tu es insomniaque, soit Lanie me cache quelque chose...
- Tu as des doutes?
- Je ne sais pas trop... On se voit, on s'amuse bien... Mais je ne sais toujours pas si on est devenu un couple ou si c'est juste quelques galipettes de temps en temps...
- Vous avez un sérieux problème de communication, tous les deux! Constata Kate. Ne t'en fais pas, j'ai bien passé la soirée avec Lanie et elle ne voit personne d'autre que toi!
- Donc tu n'as dormi que cinq heures cette nuit!
- Trois... Ça fait deux heures que je suis là...
- Castle ne va pas être content, de savoir que tu ne prends pas soin de toi.
- Si tu lui dis, je te casse les jambes, menaça Kate très sérieusement. Je vais bien, pas besoin de l'embêter avec ça!
- Ok! Soupira Esposito, conscient que la seule personne capable de la convaincre de prendre du recul n'était pas là. Alors, si tu me disais quelle idée t'a tirée du lit aux aurores un samedi matin.
- On n'a toujours pas trouvé ce que cherchait Bowers et il n'y avait rien dans sa vie qui puisse expliquer pourquoi il est entré par effraction au QG de Bracken, alors je pense qu'il faut remonter plus loin... Bowers avait une petite amie, qui s'est tuée dans un accident de la route il y a trois mois, on va chercher dans cette direction, ça n'a peut être rien à voir, mais c'est ce qui l'a poussé à prendre un congé, alors vérifions!
- Donc ces dossiers sont ceux...
- Des accidents de la route! Je crois que j'ai trouvé qui était la petite amie de Bowers... Emily Fuller! Sa voiture a fini dans l'Hudson River, il y a trois mois, elle est morte sur le coup, nuque brisée. On va éplucher sa vie et voir ce que ça donne.
- D'accord.
Chapitre six.
La tête posée sur son oreiller, un grand sourire éclairant son visage, Kate savourait ce moment avec son écrivain.
- Oh Castle! J'aimerais qu'on puisse rester comme ça toute la matinée...
- Ouais... Dans d'autres positions... Répondit Castle heureux de passer un moment avec elle.
- Tu sais quelle est ma position préférée? Demanda-t-elle d'un air coquin, aiguisant la curiosité de son amant.
- ".."
- En personne!
- Ouais... C'est la mienne aussi...soupira-t-il en replaçant son écran de smart phone à l'endroit.
On frappa à la porte de la chambre de Rick.
- Ça doit être Gina, soupira Rick.
- Elle ne te lâche pas, hein?
- Une vraie sangsue!
- Rick! Appela Gina en frappant de nouveau contre la porte.
- Je vais te laisser, de toute façon, il faut que j'aille au poste, annonça Beckett.
- Tu ne vas pas aller bosser un dimanche!
- J'ai une enquête en cours. Et apparemment, on a besoin de toi, dit Beckett tandis que Gina insistait lourdement.
- Non, reste! Elle finira par se fatiguer!
- À plus tard, Rick, fit-elle en riant.
- Ouais, à plus tard, fit Rick en constatant que Kate avait raccroché.
Il se dirigea en grommelant vers la porte et ouvrit celle-ci si soudainement que Gina, déséquilibrée, lui tomba dans les bras. Un flash l'éblouit et l'empêcha de voir le visage du paparazzi qui s'éloignait déjà en courant.
- Ah Bravo! Pesta Rick en lâchant Gina.
- Ça va, c'est pas si grave, fit celle-ci en réajustant sa tenue.
- Évidemment! Tu es célibataire! Tu t'en moques!
- Officiellement toi aussi!
- Nous tenons à ce que notre histoire reste secrète afin de pouvoir continuer à enquêter ensemble! Et je te signale que tu y trouves aussi ton intérêt!
- Oh je t'en prie, Rick! Tu n'as pas besoin de la suivre pour écrire tes bouquins!
- Bon. Qu'est ce que tu voulais?
- Christina Cottera aimerait te recevoir dans son émission... Je lui dis que c'est d'accord?
- Je n'ai pas vraiment envie de la revoir, répondit Rick en se remémorant le soir où Beckett l'avait surpris avec la poitrine de la présentatrice collée à sa figure.
- Elle ne te fera pas d'avance, elle a compris! Ajouta Gina devant son hésitation.
- Et ça ne pouvait pas attendre? J'étais au téléphone!
- L'émission commence dans quatre heures, le temps de te préparer, de déjeuner, de se rendre au studio et de passer au maquillage, il était grand temps de te prévenir! Et puis, tu peux bien te passer de ta petite copine pendant quelques jours...
- Ne te mêles pas de ma vie privée!
- Oh! Je t'en prie! Qu'est ce que tu fiches avec elle? Vous n'êtes pas du même monde!
- Étant donné que mes deux mariages avec des femmes de mon "monde" ont tourné au fiasco, je pense pouvoir affirmer que tu n'y connais rien!
- Alors c'est du sérieux? S'étonna Gina.
- Je n'ai jamais été aussi sérieux de ma vie, affirma Rick.
Gina bredouilla qu'elle sortait pour lui laisser le temps de se préparer et sortit. Elle ne laissa échapper une larme qu'une fois dans le couloir, elle n'aurait jamais pensé qu'il aimât cette policière sincèrement. Et pourtant elle devait se rendre à l'évidence, il était on ne peut plus sérieux.
De son côté, Beckett épluchait méthodiquement la vie d'Emily Fuller et ce qu'elle découvrait la mettait hors d'elle. Son appartement avait été nettoyé de manière experte, ce qui signifiait qu'elle avait soit affaire à une si grande maniaque que ça en était maladif, soit des pros l'avaient fouillé et complètement nettoyé.
L'accident également était plus que douteux, perte de contrôle de son véhicule dans une ligne droite, une aile froissée aurait dû laisser à penser qu'elle avait été poussée, mais les experts avaient noté qu'elle datait d'un accident antérieur...
- Yo! Beckett!
- Esposito!? Qu'est ce que tu fais là?
- Le gardien m'a appelé pour me dire qu'il t'avait vu arriver. Je suis venu voir ce que tu faisais au poste un dimanche...
- Tu me fais surveiller!? S'énerva instantanément Beckett.
- Calme-toi! Je me fais du soucis pour toi, c'est tout!
- Je n'ai pas besoin que tu t'inquiètes pour moi! Je vais bien! Enragea la détective.
- C'est pour ça que tu viens bosser le dimanche!
- Deux personnes sont mortes! Certainement assassinées par ce qu'elles ont vu ou appris quelque chose de compromettant et tu voudrais que je ne m'en préoccupe pas? Hurla Beckett.
- Mais calme-toi! Je n'ai pas dit ça! Je trouve simplement que tu oublies de penser à toi, dans cette histoire!
- Je vais bien!
- C'est pas vrai et tu le sais! Alors sois raisonnable et rentre chez toi, ou j'appelle Gates et Castle.
Le regard noir qu'elle lui lança, lui fit froid dans le dos, mais il le soutint avec détermination. Elle était en proie à une intense réflexion, sans doute pour savoir ce qu'elle ferait de lui, le remercier d'être son garde-fou ou lui éclater la tête. Soudain son visage se tordît et une grimace de douleur vint remplacer son masque de colère.
- Beckett, ça va?
- Oui, grinça-t-elle.
- Ça n'en n'a pas l'air.
- C'est rien, c'est sans doute une colique néphrétique... J'en ai déjà eu...
- Je vais te ramener chez toi et tu vas te reposer, l'enquête peut attendre demain.
Il l'entraîna vers la sortie, ne lui laissant pas le choix, elle se laissa faire docilement. De retour chez elle, elle prit un comprimé et se coucha immédiatement. Une semaine sans Castle et son corps lui reprochait déjà de ne pas se ménager, ça promettait.
Elle fut réveillée deux heures plus tard, par le bruit de la sonnette et découvrit Martha sur le pas de sa porte.
- Martha?!
- Je suis venue voir comment tu allais, Darling, ton collègue m'a appris que tu ne te sentais pas bien.
- Ça va mieux, Martha! Je n'ai plus aucune douleur, répondit Beckett en se promettant de faire une tête au carré à Esposito le lendemain.
- C'est bien vrai? Demanda Martha en posant la main sur le front de la jeune femme. Tu n'as pas de fièvre, mais tu es quand même un peu pâlotte.
Ce geste maternel de Martha troubla Kate, la dernière personne à l'avoir fait pour elle, était sa mère, qui aurait également déboulé chez elle, si elle avait encore été de ce monde.
- Katherine, tout va bien? Demanda Martha, la tirant ainsi de ses souvenirs.
- Je vous assure que tout va bien.
- Parfait. Allez va te remettre dans le canapé, je vais prendre soin de toi.
- Martha, je vous assure que tout va bien!
- Alors, dans ce cas, je vais te tenir compagnie, je suis seule au loft et je m'ennuie comme un rat mort! On pourrait se faire un bon film, toutes les deux!
- D'accord, fit Beckett, incapable de résister à l'ouragan Martha.
L'actrice sortit un DVD de son sac et le plaça dans le lecteur de l'ordinateur de Kate, puis vint rejoindre celle-ci dans le canapé. Au bout d'une demi-heure, la jeune femme dormait à poings fermés. Martha déposa une couverture sur elle et reporta son attention sur le film.
Lorsque Rick appela un peu plus tard, il fut surpris d'entendre sa mère décrocher.
- Mère? Qu'est ce que tu fais avec le portable de Beckett.
- Je suis venue tromper mon ennui avec elle.
- Et pourquoi ce n'est pas elle qui décroche son téléphone?
- Elle s'est endormie.
- Elle est malade?
- Non, seulement épuisée.
- Je vais rentrer, elle fait n'importe quoi!
- Mais non! Tu la connais, elle ne sait pas s'arrêter quand elle est sur une enquête, mais ne t'en fais pas ses collègues veillent au grain.
- Heureusement qu'ils sont là. Et toi aussi.
- Nous tenons beaucoup à elle, c'est normal.
Le lendemain, Kate arriva au poste en pleine forme et reprit son enquête plus déterminée que jamais. Elle remarqua cependant que les regards de ses collègues se posaient sur elle, quand elle avait le dos tourné.
Elle fit semblant de ne pas y prêter attention, mais finit quand même par mettre les pieds dans le plat en surprenant le regard compatissant de Karpowski tourné dans sa direction.
- Hé! Karpowski! Qu'est ce qu'il se passe?
- Rien!
- Ne me mens pas! J'ai horreur de ça!
- Tu n'as pas lu les magazines, ce matin?
- Non, pourquoi, je devrais?
- Il y a un article sur Castle, dedans, bredouilla la policière.
- Ah oui? C'est chouette, montre-moi ça!
Karpowski lui tendit son magazine et s'éloigna rapidement. Kate roula des yeux en découvrant la une.
" Richard Castle se serait remis en couple avec son éditrice et ex-femme Gina ..."
La photo qui l'accompagnait montrait l'éditrice dans les bras de l'écrivain, qui sortait visiblement de son lit.
Ryan arriva à ce moment là et s'inquiéta en reconnaissant le magazine que tenait sa supérieure.
- Beckett, commença-t-il hésitant.
- Ça va Ryan! Répondit-elle en jetant le magazine à la poubelle.
- Tu sais, il ne s'est sans doute rien passé...
- Je sais qu'il ne s'est rien passé, j'ai confiance en lui, affirma Kate en affichant un sourire rassurant.
- Vraiment?! S'étonna Ryan.
- Vraiment.
- Waw, admira Ryan.
- Gina n'arrête pas de lui tourner autour, ça ne veut pas dire qu'il est d'accord avec ça. Et ce magazine n'est qu'un torchon, qui ne vérifie même pas ses infos, c'est bien connu. Allez, viens, on a du boulot.
- Où va-t-on?
- Au QG de Bracken! Emily bossait là-bas avant d'avoir son "accident".
- Quoi? Mais tu débloques! On ne peut pas l'accuser sans preuve!
- Qui a dit que j'allais l'accuser? Je vais seulement lui poser quelques questions.
- Si tu te plantes c'est la fin de ta carrière!
- Libre à toi de rester là, moi, je vais enquêter.
- Laisse-moi au moins en parler à Gates!
- Fais comme tu veux, je pars! Répondit-elle en attrapant sa veste avant de s'engouffrer dans l'ascenseur.
Ryan poussa un gros soupir et la rattrapa après une légère hésitation.
˜˜˜˜˜˜˜˜˜˜˜˜˜˜˜˜˜˜˜˜˜˜˜˜
Sortant d’une réunion avec ses conseillers, le sénateur Bracken marqua un temps d’arrêt en apercevant le lieutenant Beckett. Elle se tenait contre un mur, bras croisés et le fixait d’un air déterminé. Décidément cette jeune femme n’était pas banale et sa détermination forçait l’admiration. Enfin, il l’aurait admirée si elle n’avait pas décidé de vouer sa vie à détruire la sienne…
Chapitre sept.
- Lieutenant Beckett, fit le sénateur Bracken en s'approchant d'elle.
Il la regardait du haut de son mètre quatre-vingt-huit, elle ne cilla pas et soutint son regard, pourtant, il était impressionnant! Elle pouvait sentir le stress de Ryan, qui se tenait à ses côtés et espérait qu'il ne craquerait pas.
- Sénateur. J'aurais quelques questions à vous poser à propos de l'une de vos collaboratrices, commença Beckett. Auriez-vous quelques instants à m'accorder en privé?
Elle semblait tellement déterminée, qu'il jugea bon de lui accorder ce qu'elle demandait, il la savait capable de tout et n'avait pas du tout envie qu'un scandale ne vienne contrecarrer ses plans.
Ils s'installèrent donc dans un petit salon, non loin de là. Beckett sortit la photo d'Emily de son dossier et la présenta à son ennemi.
- Je connais cette personne, en effet, elle faisait le secrétariat dans notre QG de campagne. Une jeune femme très compétente, très agréable, toujours souriante... Son décès dans ce tragique accident nous a tous bouleversés...
Beckett ne l'avait pas lâché du regard, elle bouillonnait intérieurement, mais n'en laissait rien paraître, telle une experte du poker. Elle resta un instant silencieuse, puis décida de mettre les pieds dans le plat.
- Sérieusement? Vous et moi savons très bien que ça n'avait rien à voir avec un accident! Elle a été assassinée et les preuves ont été effacées de manière méthodique! D'ailleurs, son petit ami l'avait découvert et c'est pour cela que lui aussi a été assassiné.
Ryan était tellement mal à l'aise, qu'il n'arrivait pas à rester tranquille sur sa chaise et ne cessait de trépigner.
- Vous dépassez les bornes, détective, je sais que j'ai une dette envers vous, mais je ne tolèrerai pas de telles accusations.
- Vous me devez la vérité, sénateur Bracken! Avez-vous quelque chose à voir avec ces deux affaires?
- Si je vous disais non, me croiriez-vous?
- Soyez convainquant. Ce qui m'intéresse, c'est la vérité et la justice, rien d'autre. Je ne suis pas là pour entendre vos discours de politicien.
- Je ne sais pas ce qui est arrivé à Emily, ni à son petit ami. Tout ce que je peux vous dire, c'est qu'ils ne se sont pas mis en travers de mon chemin.
Sa réponse, bien que cynique, avait le mérite de paraître suffisamment honnête à Beckett, pour qu'elle le croie.
- Vous ne verrez donc pas d'inconvénient à ce que j'interroge vos collaborateurs, afin de découvrir ce qui est arrivé à ces deux malheureux jeunes gens?
- J’ai l’impression que vous ne me laissez pas la choix.
- En effet.
- Vous n’êtes pas très prudente…
- C’est une menace ?
- Non, je ne pense pas qu’il y aura de problème… Tant que vous resterez dans les limites de vos prérogatives, je veux dire, répondit-il en souriant froidement. Maintenant, excusez-moi, mais j'ai des obligations...
Il se leva et quitta la pièce. Ryan s'avachit dans son fauteuil en soupirant.
- On t'a déjà dit que tu étais complètement fêlée?
- C'est possible... Mais au moins, maintenant on va pouvoir avancer dans l'enquête et trouver notre tueur, déclara-t-elle d'un air triomphant. Et qui sait? Peut être que je pourrais faire d'une pierre deux coups!
Ryan roula des yeux et suivit sa collègue, il avait hâte que Castle rentre au bercail, il aimait de moins en moins la tournure que prenait cette enquête.
Esposito, prévenu par Ryan, arriva une demi-heure plus tard. Kate était en pleine conversation avec une jeune femme, qui avait bien connu Emily.
- Pourquoi tu l'as laissée venir parler à Bracken? Demanda-t-il à son coéquipier sur un ton de reproche.
- Elle a disjoncté! Elle m'écoutait à peine et se fichait complètement de ce que j'avais à lui dire!
- Qu'est ce qu'il s'est passé avec Bracken? Se radoucit Esposito, conscient que Beckett était ingérable quand elle se mettait en tête de faire tomber son pire ennemi.
- Elle lui a carrément demandé s'il avait tué Fuller et Bowers. C'était flippant de les voir face à face.
- Comment ça se fait qu'il ne vous ait pas flanqués à la porte?
- Il a dit qu'il n'avait rien à voir là dedans et l'a laissée mener son enquête, dans les limites du raisonnable.
- On ne la quitte pas d'une semelle! Cette histoire sent les ennuis à plein nez!
- Je préviens Castle, annonça Ryan, il faut qu'il la raisonne.
- Ok, mais pas un mot à Gates, Beckett risquerait de nous péter une durite pour de bon.
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- Merci beaucoup Mélanie, votre témoignage va m'être d'une aide précieuse, fit Beckett en serrant la main de l'amie d'Emily.
Son téléphone sonna à ce moment là.
- Hey! Castle! Je te manquais? Dit-elle d'un ton joyeux.
- Beckett à quoi tu joues?
- De quoi tu parles?
- De Bracken! Pourquoi m'as-tu caché que son nom était apparu dans l'enquête?
- C'est Ryan qui a cafté? Pesta Beckett.
- Réponds à ma question! Gronda Castle.
- Ça va ne t'inquiète pas! Je gère!
- Non tu ne gères pas! Tu perds tout sens commun dès qu'il s'agit de lui! S'énerva Castle.
- Castle! Je te dis que ça va! Occupe-toi de gérer ton ex-femme et ses pulsions, lâcha-t-elle énervée.
Voilà, c'était dit, la bombe était lâchée. Bravo, elle qui ne voulait pas douter de lui, bonjour la confiance!
- Il ne s'est rien passé avec Gina! Contra Rick rouge de colère.
- Je le sais bien! C'est pas ça le problème! Soupira-t-elle.
- Alors quel est le problème?
- Il n'y a aucun problème... Écoute, je ne voulais pas t'inquiéter avec cette histoire, souffla-t-elle.
- Et bien tu es loin du compte! Comment veux-tu que je ne m'inquiète pas quand tu me caches des trucs pareils!? Je croyais que notre relation comptait pour toi, mais apparemment, je me trompais! Tu me laisses en dehors de ta vie, cette enquête est plus importante que moi! Tonna Castle.
Cette réplique lui fit l'effet d'un coup de poignard dans le ventre. Comment pouvait-il douter une seconde de ses sentiments pour lui, alors qu'il était la personne la plus importante à ses yeux.
- Kate? Tu es toujours là? Demanda Castle devant le silence de sa muse.
- Ça va, murmura-t-elle en tentant de cacher les trémolos de sa voix.
- Non, ça ne va pas... Évidemment, que ça ne va pas... Excuse-moi, mes paroles ont dépassé ma pensée.
- ...
- J'arrive, annonça-t-il en raccrochant.
Il fallut une bonne vingtaine de minutes à Kate, pour retrouver un semblant de calme. Heureusement, personne ne vint dans la pièce où elle s'était réfugiée pour lutter contre les larmes et la tristesse intense qu'elle ressentait.
Lorsqu'elle reparut devant eux, les bros se gardèrent bien de faire le moindre commentaire. Elle ne leur adressa pas non plus la parole et quitta le bâtiment.
- Beckett où vas-tu? Demanda Esposito en lui courant après.
- Je rentre au poste. Il faut que je parle à Gates.
- Quoi ?! Firent les bros de concert avant de se précipiter à la suite de leur amie.
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Gina entra dans la chambre de Rick telle une furie et le découvrit en train de boucler son sac.
- On m'a dit que tu faisais tes bagages! Tu n'es pas sérieux?!
- Bien sûr que si! La femme que j'aime a besoin de moi, il est hors de question que je n'aille pas la rejoindre.
- Mais tu ne peux pas faire ça! Et tes fans!?
-Ils comprendront.
- Et les contrats publicitaires?!
- Ils peuvent attendre, on reporte simplement.
- Mais je ne suis pas d'accord avec ça! Tu ne peux pas me mettre dans une telle situation pour cette femme!
- Cette femme, comme tu dis, s’appelle Kate et elle est la plus belle chose qui me soit arrivée dans la vie, avec Alexis. Il n'est pas question que je la fasse passer après mon ex femme et ses caprices. Sur ce, on se téléphone dans la semaine, termina-t-il en attrapant la poignée de son sac et en quittant la pièce.
- Rick ! Cria Gina en s’élançant à sa suite. Je t’interdis de quitter cet hôtel ! Tu es sous contrat !
Il s’arrêta net et se tourna vers elle, il la regardait d’un air furieux.
- Mon contrat stipule que je suis libre d’écourter ces tournées publicitaires quand bon me semble. Il est pour moi primordial que je rejoigne ma compagne, qui a besoin de moi et rien de ce que tu pourras dire ne me fera changer d’avis. Libre à toi, après ça de refuser de m’éditer, j’ai suffisamment de notoriété pour trouver facilement un autre éditeur.
- Alors c’est ça ? Elle t’appelle et tu rappliques, comme un toutou ? Elle te manipule !
- S’il y a bien une personne qui n’a jamais cherché à me manipuler ou à me soutirer de l’argent, c’est bien elle ! Tu devrais en prendre de la graine.
- Richard !
- Au revoir Gina.
˜˜˜˜˜˜˜˜˜˜˜
Kate était enfermée avec Gates depuis un bon moment. Esposito et Ryan attendaient avec anxiété de la voir sortir de là.
- Pourquoi a-t-elle voulu parler à Gates ? demanda Ryan perplexe.
- Je n’en sais rien… Tu crois que Bracken l’a menacée ?
- Non, j’étais avec elle tout le temps de leur entretien…
- Et Castle, comment il a réagi quand tu l’as appelé ?
- Il est tombé des nues, elle lui a complètement caché cette histoire avec Bracken.
- ça promet encore des tensions, tout ça, soupira Espo.
Beckett sortit à ce moment là du bureau du capitaine, suivie par cette dernière. Ce fut d’ailleurs elle, qui prit la parole.
- Messieurs, le lieutenant Beckett vient de m’informer des derniers avancements de l’enquête. Il va falloir agir prudemment, mais je veux que vous épluchiez la vie de monsieur Manning. S’il a quelque chose à voir avec la mort de la petite amie de Bowers, il n’a certainement pas dû apprécier de voir Bowers fouiller dans ses affaires.
- Manning ? s’étonna Ryan.
- Le conseiller du sénateur Bracken. Apparemment il trafiquait quelque chose de louche et Emily l’aurait surpris, expliqua Gates. Je veux coincer ce fumier, mais il nous faut des preuves solides, inutile de vous préciser qu’il ne doit pas se douter qu’on le soupçonne.
Ryan et Esposito s’approchèrent du bureau de Beckett, qui pianotait fiévreusement sur son clavier d’ordinateur.
- Tu ne poursuis plus Bracken ?
- Je cherche l’assassin de Bowers et Fuller, pas celui de ma mère. Enfin, pas pour le moment, expliqua-t-elle sans lever les yeux vers eux.
- Qu’est ce qui t’a fait pencher pour Manning ? demanda l’irlandais.
- Pendant que tu jouais les rapporteurs, je faisais mon boulot et j’interrogeais les gens qui connaissaient Emily !
- Beckett…
- Ca va… je sais pourquoi tu as fais ça, marmonna-t-elle.
- Castle t’a appelée ?
Elle se contenta de hocher la tête, pour répondre.
- Et ? S’enquit Esposito.
Le regard que lui jeta son amie suffit à lui faire comprendre que l’orage grondait entre les deux tourtereaux.
Lorsqu’elle quitta le poste, quelques heures plus tard, elle aperçut la silhouette de Rick près de sa voiture. Elle fit quelques pas hésitants dans sa direction, se demandant ce qu’elle pourrait bien dire pour sa défense. Il se contenta d’ouvrir les bras en lui souriant doucement. Son cœur bondit dans sa poitrine et elle se précipita dans les bras de son amour. Plus rien ne pouvait la troubler désormais, il était là.
Chapitre un peu chaud et coquin ^^! Vous êtes prévenus...
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Chapitre huit.
Rick fut plaqué contre les parois de l'ascenseur qui les menait à l'appartement de Beckett. Elle avait plaqué ses lèvres contre les siennes et sa langue entraînait la sienne dans un ballet sensuel. Lorsqu'ils arrivèrent à l'étage où elle habitait, elle avait déjà sérieusement commencé à le déshabiller, sa chemise était grande ouverte et complètement sortie de son pantalon. Il parvint à rompre leur baiser au prix d'un gros effort de self contrôle.
- On devrait peut être attendre d'être entré dans ton appartement, on risque d'être accusé d'attentat à la pudeur si on continue ici.
Elle attrapa ses clés et se dépêcha d'ouvrir la porte, qu'il referma doucement derrière eux.
Elle le plaqua contre la porte, bien décidée à reprendre ce qu'elle avait commencé.
Il glissa une main dans le pantalon de sa belle, appréciant la douceur de ses fesses, il plaqua alors son bassin contre le sien, réveillant un peu plus son désir si cela était possible. Elle soupira de désir et de frustration sous ses caresses expertes et entama de légers mouvements du bassin contre lui, madame désirait plus...
Elle reprit la direction des opérations, faisant voler leurs vêtements avec une impatience qui le fit sourire.
Alors il avait reposé ses mains sur son dos, puis sur son ventre, elle se laissa faire. Puis il enfonça un doigt en elle, lui arrachant un feulement rauque de surprise, la faisant gémir de plaisir lorsqu'il commença à bouger. Elle plongea son regard dans le sien, noir de désir, remarquant une nouvelle fois à quel point il était beau. Il s'empara de sa bouche offerte et l'entraîna dans un baiser passionné. Sa respiration était désordonnée, elle était incapable de trouver son souffle, mais la seule chose qui lui importait, était de s'unir à lui, de ne faire plus qu'un avec celui pour qui son cœur battait.
Il la souleva et sans réfléchir elle noua ses jambes autour de sa taille, enfouissant sa tête contre son cou, auquel elle s'agrippait comme une désespérée. Ses mains la soutenaient par les fesses tandis qu'il s'enfonçait en elle. Elle gémît une nouvelle fois et repartit à la recherche de ses lèvres, qu'elle ravagea de baisers fiévreux.
Ils parvinrent à l'orgasme en même temps, et restèrent un long moment tendrement enlacés dans les bras l'un de l'autre. L'émeraude et l'océan de leurs regards ne se quittant pas, tandis qu'ils tentaient de retrouver une respiration normale.
- Je suis contente que tu sois revenu, murmura-t-elle au creux de son oreille.
- Tu m'as manquée toi aussi, sourit-il.
Ils commandèrent leur repas et filèrent sous la douche, qu'ils quittèrent une demie heure plus tard, afin d'être habillés quand le livreur arriverait.
Ils s'installèrent l'un contre l'autre dans le canapé voulant garder un contact physique entre eux.
-Tu sais quoi ? Lui demanda-t-il en prenant une bouchée.
- Non…
- Jamais plus, je n'accepterai de partir aussi longtemps...
Elle lui sourit, les larmes aux yeux, émue par cette promesse. Il posa une main sur la joue de la jeune femme, elle savoura ce contact en fermant les yeux. Il décida de remettre leur "discussion" au lendemain. Elle semblait si fatiguée, qu'il ne voulait pas risquer de lui provoquer une nouvelle insomnie.
- Tu vas devoir repartir, n'est ce pas?
- Je ne repartirai que lorsque je serai sûr que tu n'as plus besoin de moi, répondit-il rassurant.
- Alors, tu n'es pas prêt de repartir, fit-elle en s'asseyant sur lui.
- Ne me laisse pas repartir, chuchota Rick entre deux baisers.
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Kate se réveilla et s'étira doucement, elle se sentait merveilleusement bien. Un rayon de soleil vint lui chatouiller le nez, lui indiquant que l'heure de retourner au boulot approchait, mais malgré cela, elle remonta le drap sur elle, et se retourna pour se caler contre le torse chaud qui se trouvait à côté d'elle. A moitié endormie et les yeux toujours fermés, elle passa sa main sur celui-ci, tout en respirant l'enivrante odeur de son homme, qui lui avait tant manquée. Elle se serra encore plus contre lui, caressant son torse musclé et imberbe, appréciant la douceur de sa peau qui glissait sous ses doigts.
Castle se tourna vers Kate. Seuls un morceau d'épaule nue et quelques mèches dorées dépassaient de la couette. Elle ne dormait plus, mais s'obstinait à rester pelotonnée sous la couette. Il attendit encore quelques minutes, avant de se décider à perturber ce moment privilégié.
- Kate...
Elle posa son nez contre le torse de Rick et respira profondément son odeur. Il sentait si bon.
- Je sais que tu es réveillée.
Il posa ses mains sur elle, la faisant frissonner de plaisir et fit glisser le drap.
- Il faut qu'on parle, annonça-t-il.
Elle ouvrit les yeux et s'assit face à lui en tailleur, l'étonnant une fois de plus par sa force de caractère.
- Je t'écoute.
- Qu'est ce qui t'a pris de foncer tête baissée comme ça, sans me prévenir? Je croyais que tu avais décidé de nous faire passer avant le meurtre de ta mère, je croyais que tu serais plus prudente, désormais!
- Je suis désolée... Je n'aurais pas dû garder ça secret... Soupira-t-elle.
- Tu es comme ça... Tu ne laisses pas entrer les gens... J'ai dû griffer et érafler chaque centimètre.
- Castle... Je
- Tu n'es plus seule désormais! Tu ne peux pas foncer dans la gueule du loup comme ça!
- Castle, soupira-t-elle.
- S'il t'arrivait quelque chose, qu'est ce que je deviendrais?
- Mais...
- S'il te plaît, laisse-moi finir... J'ai beaucoup réfléchi à notre relation, ce que nous avions, où nous allions... J'ai décidé que je voulais plus... On mérite tous les deux plus...
Elle leva les yeux au ciel et fila s'enfermer dans la salle de bain.
- Hé! Où vas-tu?
- Il est hors de question que tu rompes avec moi alors que je suis complètement nue! Lança-t-elle à travers la porte.
- Quoi?
- Je refuse de me faire plaquer en tenue d'Ève!
- Tu veux me quitter?
- Non, toi, tu veux me quitter!
- Je n'ai jamais eu l'intention de te quitter!
- Ah non? S'étonna-t-elle en ouvrant soudainement la porte.
- Non! Pourquoi tu croyais ça?!
- Bah... Tu étais en colère... Et puis... Il y a cette histoire avec Gina...
- Tu as cru ce torchon?! Il n'y a rien entre Gina et moi! C'est toi que j'aime! S'énerva Rick.
Un large sourire s'afficha sur le visage de la détective.
- Tu m'aimes?
- Comme un fou. Tu le sais!
Elle se jeta à son cou et l'embrassa passionnément. Il mît fin au baiser après quelques instant.
- Sérieusement, comment as-tu pu croire que je voulais te quitter après la nuit dernière?
- Bah... Avoue que ça aurait pu être une dernière partie de plaisir avant de me dire adieu, tu m'as déjà raconté des histoires plus sordides...
- On devrait jouer au strip poker plus souvent, tu crois vraiment n'importe quoi!
- Alors pourquoi avais-tu l'air si sérieux?
- En fait...J'avais deux choses à te demander.
- Je t'écoute.
- J'aimerais que tu me promettes de ne plus jamais me cacher des choses pareilles et que tu sois plus prudente à l'avenir.
- Tu sais, cette affaire était très...
- Promets le, c'est tout, je sais bien que je ne pourrais jamais t'empêcher de prendre tes affaires à cœur. C'est ce qui fait que tu es toi! C'est ce qui m'a attiré chez toi... Je me dis juste que si tu me le promets, tu auras toujours cette promesse dans un coin de ta tête et qu'ainsi, tu te rappelleras que ta vie vaut plus que la justice.
- Ok... Tu as raison. Je te promets d'essayer d'être plus prudente, sourit-elle en l'embrassant tendrement.
- Attends... Il y a autre chose, dit-il en la repoussant doucement.
- Quoi?
- Euh... Une minute, fit-il en réalisant qu'il était à moitié nu.
Il fila se rhabiller et revint un instant plus tard devant elle. Il mît un genou au sol et sortit une bague de sa poche.
- Katherine Houghton Beckett, veux-tu m'épouser?
- 0...0
Elle porta les mains à ses lèvres, surprise, que dire abasourdie par la soudaineté de cette demande.
- Kate? Fit Castle inquiet du silence de sa belle.
- Waw euh... Tu me fais ta demande?
- Ok, tu es surprise...
- Tu es sérieux?!
- Je n'ai jamais été plus sérieux qu'en ce moment!
- ...
- Alors? Qu'est ce que tu en dis? Demanda Castle nerveux.
- J'en dis que tu n'aurais pas dû te rhabiller, dit-elle en se jetant sur lui.
- C'est un oui? Demanda Rick en reprenant son souffle après le baiser torride qu'elle venait de lui donner.
- Oui, Richard Alexander Rodgers Castle, je veux t'épouser, répondit elle en plongeant son regard dans le sien.
~~~~~~~~~~~~~~~~~
La matinée était bien entamée, lorsque Rick émergea de nouveau. Kate n’était plus à ses côtés. Il trouva la jeune femme dans la cuisine, elle venait d’avaler un comprimé. Il fronça les sourcils et s’approcha d’elle.
- Tu ne te sens pas bien ?
- Hey ! Je n’avais pas le cœur de te réveiller, répondit-elle en éludant la question.
- Kate, soupira-t-il agacé, tu viens d’avaler un comprimé, qu’est ce qu’il se passe ?
- J’ai quelques maux de ventre, c’est tout. Ça va passer.
- Tu as vu un médecin ?
- J’en parlerai à Lanie tout à l’heure, qu’est ce que tu dirais d’aller déjeuner chez Rémy’s avant que j’aille au poste ?
- Lanie est légiste, on va aller voir quelqu’un qui s’occupe des vivants. Tu as déjà manqué la matinée au travail, je ne pense pas que Gates t’en veuille de prendre le reste de ta journée pour aller chez le médecin.
- On a une grosse affaire sur les bras, les gars ont certainement besoin de moi, même s’ils ne m’ont pas appelée.
- Kate !
- Ok, que dis-tu de ça ? Je prends rendez-vous pour ce soir chez le docteur Lawson et on va déjeuner chez Rémy’s, ensuite on passera au poste, avant d’aller voir le médecin. Ça te va ?
- Ok.
Quelqu’un frappa à la porte de l’appartement à ce moment là.
- ça doit être les gars, annonça Kate. Tu vois qu’il faut que j’aille bosser.
- Personne n’est indispensable, grommela Rick.
Chapitre neuf.
Kate s'approcha de la porte en riant, Rick avait cet air de gamin contrarié parce qu'on lui refusait un bonbon, qu'elle aimait tant. Peut-être avait-il raison, peut être qu'il était temps qu'elle lève le pied. Elle avait hâte de boucler cette enquête et de prendre des vacances avec Rick. Peut-être qu'elle pourrait même l'accompagner pour qu'il finisse sereinement cette tournée de promo... Discrètement, bien entendu, il était hors de question qu'elle soit la cible des paparazzi.
Elle allait poser la main sur la poignée de la porte, quand celle-ci s'ouvrit à la volée, la projetant violemment au sol. Un homme se jeta sur elle et pointa le canon glacé de son arme contre sa tempe.
- Où est-elle? Demanda-t-il.
- Je ne vois pas de quoi vous voulez parler, grogna Kate, sonnée.
- La clé! Où est-elle?
Castle averti pas l'entrée fracassante de l'homme, se précipita sur lui, faisant voler l'arme de l'intrus jusque sous le meuble. Leur combat fut acharné, mais l'homme était surentraîné et projeta Castle au sol. Il sentit le goût métallique du sang dans sa bouche. L'homme s'apprêtait à le frapper une nouvelle fois, lorsque Kate se précipita sur lui, s'agrippant à son dos. Il se débattait, cherchant à se défaire de l'emprise de la jeune femme, mais elle était tenace. Il la cogna plusieurs fois contre les murs, avant de la sentir faiblir. Dans un mouvement digne des arts martiaux dont il semblait expert, il l'expédia à travers la pièce. Elle termina son vol plané contre le plan de travail de sa cuisine.
Castle, qui venait de se relever péniblement, se jeta tête baissée sur leur agresseur. Kate, qui se redressait en prenant appui sur la table, n'eut que le temps de les voir passer à travers la fenêtre du salon et basculer dans le vide.
- NNNOOOONNNN!!!! Hurla-t-elle comme une désespérée.
Elle se précipita hors de l'appartement, dévalant les escaliers à une vitesse vertigineuse.
Arrivée sur le trottoir, elle se fraya un passage à travers les badauds qui s'agglutinaient autour du lieu de l'accident.
Son cœur rata plusieurs battements lorsqu'elle découvrit le corps de Rick sur celui de son agresseur. Ils avaient atterri sur sa Crown Victoria, qui était désormais bonne pour la casse. D'une main tremblante, elle prit le pouls de son écrivain. Elle poussa un léger soupir de soulagement en sentant la faible pulsation sous ses doigts, il était vivant.
- Appelez les secours! Cria-t-elle aux témoins de la scène. Faites vite!
Un jeune homme sortit son portable et composa le numéro d'urgence. Elle se tourna à nouveau vers Rick, posa délicatement sa main contre sa joue.
- Reste avec moi, Rick. Ne me laisse pas, supplia-t-elle. Reste avec moi! Je t'en prie, j'ai besoin de toi!
Les secours arrivèrent quelques minutes plus tard, Ryan et Esposito dûrent s'occuper de Kate, qui ne lâchait pas la main de Rick.
- Kate, laisse les secouristes faire leur travail, disait Esposito en la prenant doucement par les épaules.
- Castle... Castle... Ne cessait-elle de répéter comme une litanie.
- Il est solide, il va s'en sortir, fit l'hispanique en la serrant dans ses bras.
Ryan enrageait, il prit la direction des opérations de police, se promettant de coffrer les responsables de ce drame.
Les ambulanciers placèrent Rick sur une civière, et proposèrent d'emmener Beckett avec eux. Elle fit un signe de tête à Javier, lui signifiant qu'elle allait aussi bien que possible, il n'en cru rien, mais la laissa monter dans l'ambulance avec Castle, puis alla rejoindre Lanie, qui venait d'arriver avec le camion de la morgue.
- Javier! Où est Kate?
- Avec Castle dans l'ambulance...
- Comment est elle?
- À ton avis? Il vaudrait mieux que tu ailles avec elle.
- Je sais, Perlmutter va s'occuper du corps. Je t'appelle plus tard.
- Ouais. Dis à Beckett qu'on va coincer le salaud qui est derrière tout ça.
Lanie grimpa dans l'ambulance et ce qu'elle découvrit lui fendît le cœur, Kate, le visage tuméfié caressait doucement les cheveux de Rick, étendu sur la civière.
- Qu'est ce que vous en pensez? Demanda-t-elle au médecin, qui surveillait les constantes de l'écrivain.
- Il a fait une sacrée chute! Mais la voiture et le corps de son agresseur l'ont amortie. C'est pourquoi il est toujours en vie.
Lanie tourna la tête vers Kate, tandis que l'ambulance filait toutes sirènes hurlantes vers l'hôpital le plus proche. Elle ne pouvait rien faire pour aider Castle, mais pouvait soutenir son amie.
- Je vais bien, Lanie, marmonna Kate tandis que la légiste soulevait une mèche de cheveux, découvrant une plaie qui saignait.
- Il faut quand même soigner ça. Il te faudra sans doute deux ou trois points!
- Il y a des compresses et de quoi désinfecter derrière vous, indiqua le médecin.
Lanie s'appliqua à nettoyer les plaies de son amie, qui ne pipait mot. Elle pouvait sentir les tremblements de son corps et cela ne la rassurait pas.
- Tu es d'une pâleur à faire peur.
- C'est Castle qui a besoin de soin, pas moi.
- On arrive à l'hôpital, chérie, les médecins vont bien s'occuper de lui, laisse-moi m'occuper de toi.
- Je ne veux pas le perdre, Lanie, murmura-t-elle à voix basse.
- Il est solide, il va s'en sortir...
- Lanie! Fit Kate en la regardant droit dans les yeux. Ne me mens pas! Tu sais très bien que c'est grave.
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Une heure plus tard, Kate et Lanie étaient dans la salle d'attente de l'hôpital. Une équipe médicale avait emmené Rick dans une salle d'examens et la seule personne qui vint leur parler fut une secrétaire qui voulait remplir le dossier d'admission de Castle.
Alexis et Martha arrivèrent peu après, suivies de près par Gina.
- Où est mon père? Demanda Alexis affolée.
- Il est avec les médecins, commença Kate.
Alexis se tourna vers elle et la fusilla du regard.
- Tout ça c'est votre faute! Hurla Alexis en bousculant la jeune femme.
- Alexis! S'interposa Martha.
- C'est de sa faute! Il devait être avec Gina! C'est parce qu'elle l'a appelé qu'il est revenu à New York! Elle l'a mis en danger!
- Alexis n'a pas tord, dit Gina. Il avait une séance de dédicaces, normalement ce matin!
- Gina mêlez vous de vos affaires! Grinça Martha.
- Le jour où il vous a rencontré, il aurait mieux fait de se casser une jambe! Cracha Alexis, le visage déformé par la rage. Tout ce que vous lui avez apporté ce sont des ennuis!
- Alexis! Ce n'est pas le moment ni l'endroit pour ce genre de reproches! Fit Martha en prenant sa petite fille dans ses bras, tu sais bien que Katherine n'a pas voulu ce qui est arrivé.
- Laissez, elle a raison, Martha, souffla Beckett, tout ça c'est de ma faute.
L'actrice fusilla Gina du regard, tandis que Kate se laissait tomber dans un fauteuil, anéantie.
Une horde de journalistes ayant eu vent de l'affaire arriva dans le hall d'entrée. L'éditrice sourit et se dirigea vers eux, prête à donner une conférence de presse.
Bien qu'excédée par son attitude, Lanie ne dit rien, sa priorité restait son amie.
Celle-ci semblait en proie à une intense réflexion. Soudain, elle se leva et se mît à faire les cents pas en se passant la main dans les cheveux.
- Kate... Ça va? Demanda Lanie.
- Il a dit "où est la clé?" Qu'est ce que ça peut bien vouloir dire?
- De quoi parles-tu?
- Du type qui nous a agressé! Il voulait une clé!
- Les gars s'occupent de l'enquête, tu leur en parleras tout à l'heure... Tu ne devrais pas t'agiter comme ça! Ce type ne t'a pas ménagée!
- Excuse-moi, mais je ne peux pas rester là sans rien faire, je n'arrête pas de le revoir pointer son arme sur moi et Rick se battre avec lui.
Ryan arriva peu après, pour prendre la déposition de Kate. Elle lui raconta aisément chaque détail, tant le souvenir de cet événement tournait en boucle devant ses yeux.
- Tu sais de quoi il voulait parler? Cette clé...
- Non...
Elle eut soudain la nausée et eut bien du mal à rester assise.
- Ça va Beckett? S'inquiéta Ryan.
Elle leva vers lui un regard perdu.
- Oui... Ça va, répondit-elle d'une voix tremblante.
- On va trouver qui a envoyé ce gorille, promit Ryan.
Elle se contenta de hocher la tête d'un air absent. Il la laissa seule et rejoignit Lanie.
- Ne la laisse pas seule, murmura-t-il.
- Je sais. Il faut que Castle s'en sorte, parce que sinon, je ne sais pas ce qu'il adviendra d'elle!
Les médecins vinrent leur parler une heure plus tard, leur expliquant que les heures qui suivraient, seraient décisives, que Castle avait plusieurs fractures et que sa blessure la plus inquiétante était celle qu'il avait à la tête.
Alexis demanda s'il aurait des séquelles, le médecin répondit qu'il faudrait attendre son réveil pour en savoir plus. Lorsqu'il autorisa deux personnes à se rendre au chevet de Rick, Alexis insista pour que sa grand-mère l'accompagnât , évinçant ainsi Beckett, qui ne chercha pas à discuter. Cependant, elle refusa de quitter l'hôpital à l'heure de la fin des visites. Personne ne pût l'en dissuader. Quelqu'un avait voulu les assassiner, il était hors de question que quelqu'un d'autre qu'elle veillât sur lui.
Lorsqu'elle entra dans la chambre de Rick, son cœur se serra, le voir étendu sur ce lit, pâle comme la mort, relié à toutes ces machines bruyantes, était insupportable.
Elle eut une sensation de vertige, comme si le sol se dérobait sous ses pieds et s'appuya sur le lit pour ne pas tomber. D'un geste mal assuré, elle prit la main de Rick dans la sienne et s'installa à ses côtés, lui caressant doucement les cheveux.
- Me laisse pas... Murmura-t-elle.
~~~~~~~~~~~~~~~~~
Assise dans la salle d'attente de l'hôpital, Kate, plus fatiguée que jamais, lisait d'un air absent le rapport que Ryan et Esposito lui avaient ramené. Un gobelet de café froid dans une main, elle soupira longuement en relisant le témoignage de Mélanie, l'amie d'Emily Fuller. Elle venait d'être retrouvée sans vie, dans son appartement, dévasté par son assassin, qui cherchait visiblement quelque chose.
Elle fit un effort de mémoire, cherchant le moindre détail de son entrevue avec Mélanie, qui pourrait expliquer son assassinat et la tentative de meurtre dont elle et malheureusement par la même occasion, Castle avaient été victimes. Cela faisait trois jours qu'il était en soins intensifs, il avait fait plusieurs arrêts cardiaques, dont le dernier remontait à la nuit précédente.
Une main amicale se posa sur son épaule. Elle releva la tête et son regard croisa celui de Martha.
- Katherine, chérie, vous avez une tête à faire peur.
- Martha! Des nouvelles de Rick? S'enquit la détective en se redressant.
- Toujours pareil. On attend son réveil, soupira l'actrice.
- Je suis désolée Martha, fit-elle en baissant la tête.
- Ça suffit avec ça! Vous n'y êtes pour rien! Richard n'en a toujours fait qu'à sa tête, et s'il était avec vous ce matin là, c'est parce qu'il en avait décidé ainsi!
- Mais c'est à cause de moi, s'il est revenu, si j'avais été plus prudente...
- Avec des si, on referait le monde, fit Martha d'un air théâtral.
- ...
Kate avait baissé la tête, incapable de regarder en face cette mère, dont le fils unique était entre la vie et la mort par sa faute.
- Alexis vous a dit des horreurs...
- Ne vous inquiétez pas pour ça, Martha, quand ma mère est morte, j'ai été bien plus odieuse, croyez-moi! Elle souffre, c'est normal.
- Et Gina? Vous savez qu'elle est en train de raconter n'importe quoi à la presse? Elle joue à l'amante éplorée qui veille sur Richard!
- Qu'elle fasse ce qu'elle veut, je m'en moque, Martha. Tout ce qui m'importe, c'est que Rick se réveille et trouver celui qui lui a fait ça.
- Vous êtes-vous reposée au moins? Cela fait trois jours, qu'il est ici et je suis sûre que vous n'êtes pas sortie de cet hôpital!
- Ça va, mentit Kate.
- Et Lanie? Où est-elle?
- Elle devrait arriver. Elle devait passer chez moi, pour me ramener un autre sac avec des affaires.
Alexis arriva, accompagnée de Gina et passa devant Kate sans lui adresser un regard. Martha soupira devant l'entêtement de sa petite fille. La détective lui adressa un sourire rassurant et l'invita à les accompagner.
Lanie arriva peu après, avec le sac de Kate.
- Je t'ai également ramené ta veste, annonça-t-elle, je me suis dit que tu aimerais peut-être aller prendre l'air.
- Merci Lanie, fit Kate en attrapant sa veste.
Un petit objet tomba de l'une de ses poches. Kate le ramassa.
- Qu'est ce que c'est? Demanda la légiste.
- Une clé USB... C'est bizarre.
- Elle n'est pas à toi?
- Non, j'utilise un disque dur externe, pour sauvegarder mes données.
- Alors d'où vient-elle?
- Mélanie.
- Quoi?
- J'avais cette veste quand je l'ai interrogée. Je l'avais posée sur le fauteuil près de Mélanie. Elle a dû la glisser dans ma veste sans que je m'en aperçoive...
- Tu crois que ça a un rapport avec son meurtre?
- Et avec notre agression, le gars cherchait une clé. Bon sang! Si ça se trouve, j'avais de quoi empêcher ça et je ne l'avais pas remarqué!
- Du calme! Personne ne passe son temps les mains dans les poches! Ça n'est pas ta faute, tout ça!
- J'appelle les gars, il faut qu'ils m'apportent un ordinateur!
Chapitre dix.
Les bros arrivèrent rapidement, suite à l'appel de Kate. La découverte de la clé avait donné un coup d'accélérateur inattendu à la résolution de l'enquête.
- Du nouveau? Demanda Ryan en donnant une sacoche contenant un ordinateur portable à sa supérieure.
- Peut être. On le saura en examinant le contenu de cette clé, expliqua Beckett.
- D'où vient-elle s'étonna Esposito.
- Je pense que Mélanie l'a glissée dans ma veste, quand je l'ai interrogée.
- Pourquoi aurait-elle fait ça? S'étonna Esposito.
- Peut être qu'elle craignait les mouchards, supposa Beckett en insérant la clé dans l'ordinateur. Alors... Voyons voir...
- Qu'est ce que c'est que tout ça?! Fit Ryan.
- Apparemment, ce sont des pages de comptes… Il y aussi des listings… Apparemment, il s’agit du travail d'Emily... Elle avait compulsé des documents très compromettants...
- Compromettants pour qui? Demanda Esposito.
- Manning! Annonça Kate, ce gars est un véritable ripou.
- Il fait la paire avec Bracken, alors, fit Ryan sarcastique.
- On va préparer du café, analyser tout ça et préparer un mandat d'arrêt, annonça Beckett. On ne doit pas se planter. Emily est morte pour avoir rassemblé tout ça, son amie et son petit ami ont été tués pour en avoir eu connaissance et Castle est aux soins intensifs parce que Mélanie a cherché à me donner toutes ces preuves.
- Vous allez vous reposer, lieutenant, fit la voix de Gates derrière eux.
- Chef! S'offusqua Beckett en se relevant précipitamment.
- Vous êtes épuisée, lieutenant, fit la capitaine en levant les mains pour signifier à la jeune femme qu'elle n'était en aucun cas son ennemie. Je vais m'occuper de ça avec vos collègues, ne vous en faites pas.
- Mais...
- Discute pas, Honey, tu es au bout du rouleau, insista Lanie.
Devant les regards déterminés et inquiets de ses amis, Kate abdiqua et accepta de s'allonger dans le fauteuil de la chambre de Rick. Le bip régulier des machines la berça et finit par l'entraîner dans les bras de Morphée.
˜˜˜˜˜˜˜˜˜˜˜˜˜˜˜˜˜˜˜
Le lendemain, grâce au travail de sa chef et de ses collègues, Kate put arrêter Manning. Il avait blêmi en la voyant arriver en compagnie de ses collègues et avait cherché à s'enfuir. Les gars l'avaient poursuivi, et s'étaient bien gardés d'être délicats. Ainsi, c'est avec deux coquards et la lèvre sanguinolente qu'il était arrivé au poste.
- Il est très maladroit, expliqua Esposito devant le regard interrogateur de Gates.
- Il est tombé dans les escaliers, ajouta Ryan, je lui avais dit de faire ses lacets!
Kate l'avait ensuite interrogé, elle avait rarement été aussi froide et impitoyable, même son avocat en avait perdu ses moyens. De l'autre côté du miroir sans tain, les bros n'auraient pas été étonnés de le voir mouiller son caleçon, surtout lorsque Gates était arrivée et en avait rajouté une couche.
Kate aurait cru que cela aurait soulagé sa peine, mais il n'en fut rien. Elle lui avait fait tout avouer, après des heures d'interrogatoire, l'enquête était bouclée, et pourtant, sa douleur était toujours aussi vive et son cœur toujours aussi vide.
Elle revenait vers son bureau, quand Ryan l'interpela.
- Beckett! C'est la mère de Castle au téléphone! Il se réveille!
- Je t'emmène, dit Esposito en la voyant vaciller.
Ils arrivèrent à l'hôpital en un temps record, grâce aux sirènes, qui leur évitèrent les embouteillages.
Alexis, Martha et Gina étaient déjà là. Le médecin baissa les stores, afin de tamiser la lumière, pour qu'elle n'agresse pas les yeux de Rick.
Il plissa les paupières et déglutit difficilement.
- Papa! S'écria Alexis soulagée.
- Hey... Mon cœur... T'as grandi...
La rouquine sourit, son père ne pouvait s'empêcher de plaisanter, même sur un lit d'hôpital.
- Doucement monsieur Castle! Fit le médecin, ne vous agitez pas de trop, vous avez plusieurs fractures!
- Mère...
- Je suis là, trésor, tout va bien, rassure-toi.
- On peut dire que tu as fait peur à tes fans, sourit Gina.
- Rick Castle est comme Derreck Storm... sourit-il. Rien ne peut le détruire...
Kate releva vivement la tête à l'entente de ses paroles, qui interpelèrent également les trois autres.
- Il me faudra quand même un délai pour finir "tombe la neige", ajouta-t-il d'une voix faible.
Le médecin, devant les visages décontenancés des femmes qui l'entouraient, décida de poser quelques questions à son patient.
- Monsieur Castle, savez-vous pourquoi vous êtes ici?
- J'étais en vacances avec ma femme...J'ai insisté pour faire mon baptême de l'air en ULM... Elle m'avait pourtant prévenu que c'était dangereux... J'ai eu un accident, c'est ça?
Kate vacilla, qu'est ce que c'était que cette histoire? Le médecin leur demanda de quitter la chambre de Rick, afin de pouvoir l'examiner.
Lorsqu'il reparut devant elles, une demi-heure plus tard, il avait l'air soucieux.
- Comment va-t-il, docteur? Demanda aussitôt Martha.
- Il est désorienté, fatigué, mais ça va. Physiquement, du moins.
- Comment ça? Fit Alexis.
- Il croit que nous sommes en 2007. Qui est Gina?
- C'est moi, fit la blonde en bousculant légèrement, mais sûrement Kate au passage.
- Il vous demande.
- J'y vais tout de suite, déclara-t-elle en se dirigeant vers la porte de la chambre de l'écrivain.
- Il a oublié six ans de sa vie?! Repris Alexis qui voulait être sûre d'avoir compris ce que venait de leur annoncer le médecin.
- Oui.
- Et quand sa mémoire reviendra-t-elle demanda Martha qui voyait Kate se décomposer peu à peu.
- Peut être dans une heure, un jour, une semaine... Peut être jamais, soupira le médecin.
- Jamais!? Mais c'est impossible! On devrait lui expliquer, il comprendrait! Répliqua Martha.
- Il est trop faible, pour l'instant, n'oubliez pas qu'il a fait plusieurs arrêts cardiaques! On doit le ménager!
- On peut retourner auprès de lui? Demanda Alexis.
- Oui, mais n'oubliez pas, ménagez le!
- Sans problème, docteur.
Martha s'approcha de Kate et la prit dans ses bras. La jeune femme semblait anéantie.
- Il retrouvera la mémoire, assura-t-elle.
Kate se contenta de hocher la tête, incapable de dire quoi que ce soit, tant sa peine était intense. L'actrice resserra son étreinte, elle pouvait sentir les tremblements de la jeune femme, dont la santé commençait à l'inquiéter.
- Vous devriez rentrer vous reposer, Richard ne sera pas content de retrouver un zombie quand il se souviendra.
- Oui, je vais rentrer, murmura la détective.
Elle se releva doucement et entra dans la chambre de Rick, afin de prendre ses affaires. Il souriait en tenant la main d'Alexis. Gina était à sa place et lui caressait les cheveux. Il tourna la tête vers elle, au moment où elle entra dans la pièce.
- Bonjour? Vous êtes une infirmière?
- Non...euh... Je...
- C'est la policière chargée de l'enquête sur ton accident, chéri. Elle a pris ma déposition, affirma Gina sans aucune difficulté.
- ...
Trop fatiguée et estomaquée devant l’opportunisme de Gina pour répliquer, Kate se contenta de prendre son sac et de faire demi tour.
- J'espère que je pourrai vous aider, quand vous viendrez prendre ma déposition, lança Rick à son intention.
- Je reviendrai chaque jour, jusqu'à ce que vous soyez capable de faire votre déposition, dit Kate en jetant un regard mauvais à Gina.
Elle avait à peine fait quelques pas dans le couloir, que la voix de Gina résonna derrière elle.
- Kate!
- Gina! Répliqua la détective d'un air agacé.
- Ce ne sera pas la peine de revenir.
- Et pourquoi ça? Demanda Kate outrée une nouvelle fois par l'audace de la blonde.
- Vous ne faites plus partie de la vie de Rick, désormais, c'est l'occasion de mettre fin à cette mascarade.
- Mascarade?! J'aime Rick! Et il m'aime! Il me l'a prouvé de toutes les manières possibles et j'ai bien l'intention de faire partie de sa vie! Son amnésie est temporaire et lorsqu'il recouvrira la mémoire, je pense qu'il ne se gênera pas pour vous faire ravaler votre bulletin de naissance!
- Allons, voyons! Combien d'amnésiques retrouvent la mémoire? Rick ne se souvient que de l'époque où nous étions mariés et je n'ai pas l'intention de lui rappeler notre divorce. D'ailleurs, je crois qu'Alexis sera heureuse de savoir qu'il ne risquera plus sa vie avec vous.
- Le mot important dans votre phrase, c'est "étions"! Votre mariage appartient au passé! Rick ne vous aime pas!
- Ce n'est pas ce que ses yeux disaient tout à l'heure. Écoutez, ce petit jeu de flic à bien failli lui coûter la vie et pas qu'une fois, alors, soyez raisonnable et si vous l'aimez, comme vous dites, laissez le oublier tout ça et vivre en sécurité.
- Vous êtes une grande malade, si vous croyez qu'il vous pardonnera ce mensonge! dit Kate en la regardant droit dans les yeux.
- Peut être, mais pour Richard, aujourd'hui, c'est moi sa femme. Au revoir, Katherine.
- On se voit demain, promit Kate avant de reprendre son chemin.
- C'est ça!
~~~~~~~~~~~~
Comme promis, Kate revint le lendemain et le surlendemain, Rick, croyant qu'elle s'occupait de son accident, lui raconta en détail ce dont il se souvenait.
- Ça ne vous étonne pas que votre fille soit si grande? Demanda Kate en attrapant sa bouteille d'eau. Excusez-moi, il faut que je boive, il fait toujours une de ces chaleurs dans les hôpitaux.
- Faites comme chez vous, répondit Rick, ce qui fit penser à Kate que si elle le prenait au mot, elle se jetterait sur ses lèvres sans sommation.
- Gina m'a dit que mon coma avait duré six ans, continua Rick. J'ai du mal à croire que j'ai perdu toutes ces années.
Kate cracha la gorgée d'eau qu'elle venait de prendre, comment Gina pouvait oser dire de telles choses?
- Vous allez bien? Demanda Rick, tandis que Kate épongeait les dégâts.
- Euh... Oui... Alors c'est ce qu'elle vous a dit? Que votre coma avait duré six ans?
- Heureusement, elle a veillé sur Alexis comme sur sa propre fille. C'est vraiment quelqu'un de bien!
- Monsieur Castle, commença Kate, consciente de la bombe qu'elle s'apprêtait à lâcher.
- Oui?
- Vous n'avez pas passé six ans dans le coma! Votre accident remonte à cinq jours!
- Vous dites n'importe quoi! Gina ne m'aurait pas menti! Dit-il incrédule.
- C'est pourtant la vérité! Votre femme vous a menti!
- Qu'est ce que vous cherchez à faire? S'énerva Rick, provoquant un emballement des machines qui le surveillaient.
Une équipe médicale arriva aussitôt, écartant Kate du chevet de Castle, elle se retrouva dans le couloir, livide. C’est Martha qui vint la sortir de sa torpeur quelques temps après.
- Kate ?
La détective leva son visage vers la rouquine.
- Je suis désolée, Martha.
- Il va bien. Le médecin lui a donné un léger sédatif pour le calmer.
- Je n’ai pas supporté d’entendre les mensonges de Gina.
- Je vais m’occuper de la remettre à sa place, ne vous inquiétez pas. Mais, je vais vous demander également d’y aller progressivement avec Richard. Je sais que c’est difficile, mais il faut vraiment que nous le ménagions.
- Je sais, merci Martha.