HypnoFanfics

Interdit aux moins de 16 ans

You're so far away from me

Série : Castle
Création : 30.11.2013 à 20h30
Auteur : Minefuji 
Statut : Terminée

« Allez hop, je me lance pour une nouvelle histoire. Elle se passerait après l'épisode avec Eric Vaughn dans la saison 5. J'espère qu'elle vous plaira... » Minefuji 

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Chapitre onze.

Six mois plus tard...

Sa lecture terminée, le capitaine Gates signa le dossier de la dernière affaire résolue par ses hommes avant de le refermer et de le ranger soigneusement. Elle lâcha un soupir de satisfaction, elle aimait le travail rigoureux et bien fait et ne pouvait que reconnaître que le lieutenant Beckett était une perle rare, dont les dossiers étaient toujours impeccablement renseignés. Il lui arrivait souvent de se dire que la jeune femme était bien trop qualifiée pour ce travail, qu'elle aurait pu faire une carrière bien plus importante, mais apparemment, la vie en avait décidé autrement.

Après avoir terminé de ranger son bureau, Gates enfila son manteau, réajusta sa chevelure et quitta son bureau. Les locaux étaient presque déserts, les policiers de garde s'étant rassemblés dans une pièce à l'étage inférieur, afin de tromper leur ennui en attendant d'être appelés. Elle remarqua de la lumière dans la salle de repos et soupira, connaissant parfaitement l'identité de ce lieutenant qui faisait encore des heures supplémentaires.

Totalement absorbée par sa lecture, Kate n'entendit pas la porte de la salle de repos s'ouvrir et sursauta lorsque la voix de sa chef la tira de sa concentration.

- Il est largement l'heure de rentrer chez vous, Beckett. Et ce n'est pas la peine de me dire qu'il y a urgence à terminer ce dossier, je sais que vous n'avez aucun retard de paperasse!

- J'examinais un vieux dossier, répondit la jeune femme.

- Raison de plus pour rentrer chez vous, affirma la chef d'un ton péremptoire.

Kate referma son dossier et le replaça sur son bureau, avant de saluer sa supérieure et de quitter le poste. Le fond de l'air était plutôt froid, la neige ne tarderait sans doute pas à venir recouvrir les trottoirs de New York, de même que les décorations de Noël. Elle repensa avec nostalgie à son dernier Noël, elle était heureuse à l'époque et avait décidé de renouer avec cette période festive et familiale. Elle soupira avant de s'engouffrer dans sa chevrolet Impala. L'odeur du neuf envahissait encore l'habitacle, sa vieille Crown Victoria lui manquait. Elle sourit en pensant à ce qu'il dirait, que ce n'était pas trop tôt, que sa Victoria était bonne pour la casse depuis longtemps et qu'il avait parfois honte d'y faire monter des suspects. Elle essuya une larme, boucla sa ceinture et démarra.

En chemin, elle s'arrêta chez Hung à qui elle avait commandé un repas à emporter. Le vieil homme sourit en voyant la jeune femme pénétrer dans son restaurant.

- Bonsoir ma jolie, alors, vous avez attrapé des méchants aujourd'hui? Demanda-t-il.

- C'était le calme plat, uniquement de la paperasse, sourit la jeune femme.

- Les malfrats deviendraient-ils intelligents au point de ne plus oser se frotter à la meilleure détective de New York? Rit le vieux restaurateur.

- Ne soyez pas trop optimiste, monsieur Hung, je ne doute pas que demain ou dans les jours à venir, une nouvelle affaire de meurtre sera sur mon bureau.

- L'optimisme est le meilleur moyen de trouver le bonheur. Tenez, prenez un biscuit du destin, en attendant votre commande, proposa le vieil homme.

La détective attrapa un biscuit, le cassa et lut le message qu'il contenait. " Vous pouvez entreprendre et mener à bien n'importe quoi"...

- On dirait que le destin vous connait bien, sourit le vieux Hung en lui tendant le paquet contenant sa commande.

- Merci, répondit Kate en l'attrapant. À bientôt, monsieur Hung.

- À demain, mademoiselle Beckett.

Une fois chez elle, Kate fila sous la douche, puis enfila une tenue décontractée. Ensuite, elle réchauffa son plat à emporter, qu'elle picora lentement dans le canapé de son salon.

Une fois rassasiée, elle rangea les restes dans le réfrigérateur, revint sur son canapé,  attrapa le livre qu'elle avait commencé la veille et se replongea dans sa lecture. Un énorme pavé écrit par l'un des plus éminents spécialistes du droit pénal, enseignant à l'université de Stanford. Le droit pénal... Voilà une lecture des plus… étranges pour un moment de détente ! Pourquoi étudiait-elle le droit après une journée de travail bien remplie? Quelle idée de reprendre des études de droit à trente-quatre ans et avec un boulot de flic à temps plein?

Lanie serait là, elle s'empresserait de jeter son livre à la poubelle et lui reprocherait de s'enfermer dans le travail. Mais, heureusement, Kate devait à Esposito cette nouvelle soirée de répit. En effet, Lanie et lui avaient décidé de donner une nouvelle chance à leur histoire, ce qui faisait qu'ils se voyaient presque chaque soir. C'est pourquoi, la jolie métisse avait beaucoup moins de temps à consacrer à Kate et à son objectif de la remettre sur le marché des célibataires. Cette dernière en était plus que ravie.

Comme chaque nuit, le sommeil finit par avoir raison d'elle et ce fut le nez collé contre la page quatre-vingt-dix-huit qu'elle s'endormit dans une position plus qu'inconfortable.

Elle avait du mal à trouver le sommeil, mais quand elle y parvenait, elle retrouvait le bonheur. Elle revenait immanquablement à cette époque bénie où il était là, près d'elle, où son sourire venait illuminer la plus triste de ses journées.

Elle se réveilla comme chaque matin, le sourire aux lèvres, avant de constater une fois de plus que ce qui avait causé ce bonheur, n'était qu'un rêve et que la réalité revenait la frapper de plein fouet.

Elle se leva, s'étira longuement pour chasser les courbatures et commença alors, ce qui était devenu pour elle un véritable rituel: une cinquantaine de tractions, une cinquantaine d'abdominaux et pour finir des exercices d'assouplissement.

Ensuite, elle prit une longue douche bien chaude et se prépara. Elle ouvrit son armoire et attrapa machinalement un pull à col roulé et un jean, qui feraient largement l'affaire.

Puis, elle enfila la chaîne sur laquelle étaient accrochées deux bagues, celle de sa mère et celle de Castle. Elle attacha la montre de son père à son poignet ainsi que le bracelet auquel elle tenait par dessus tout et rangea son arme de service dans son étui.

Enfin, elle se dirigea vers la cuisine et réchauffa rapidement les restes des plats de chez Hung et en fit son petit déjeuner. Plus de café, désormais, elle ne pouvait plus en avaler une seule goutte. Elle attrapa ses clés, avant de sortir de son appartement pour se rendre au commissariat de 12ème.

~~~~~~~~~~~~~~~~~~

À peine fut-elle sortie de sa voiture qu'elle venait de garer, qu'une voix un peut trop familière retentit derrière elle.

- Kate attends!

Nick... Quelle plaie! Kate roula des yeux et poursuivit son chemin, comme si de rien était.

Elle avait accepté son invitation dans un moment de faiblesse, il y avait un mois de cela, un seul rendez vous, un cinéma suivi d´un restaurant et il l'avait embrassée. Elle l'avait repoussé, elle n'avait pas pu. Elle n'avait pu s'empêcher de comparer et il n'y avait pas de comparaison possible... Alors, elle l'avait planté là, et était rentrée chez elle en quatrième vitesse. Depuis, elle n'avait de cesse de l'éviter par tous les moyens.

- Kate! Répéta-il en arrivant à sa hauteur.

- Que veux-tu ? Demanda-t-elle en soupirant.

- Tu as quelque chose de prévu pour ce soir ?

Non, elle n'avait rien de prévu, mais elle n'allait certainement pas lui dire qu'elle resterait au poste jusqu'à ce que Gates ne la fiche dehors et qu'ensuite, elle se plongerait dans un livre de droit soporifique jusqu'à en tomber de sommeil dans son canapé.

- Pourquoi ?

- J'ai des places pour une pièce de théâtre... Je me suis dit que cela pourrait t'intéresser…

- Désolée mais je suis prise, mentit-elle avec aplomb.

- C'est Lanie, je suppose...

Elle lâcha un soupir bruyant et recommença sa marche.

- C'est elle qui t'a dit de rompre avec moi c'est ça ?!

- On n’a pas rompu, puisqu’on n’était pas ensemble !

Il lui passait de ces idées par la tête, comment avait-elle pu accepter cette soirée avec lui?

- Elle ne veut pas que tu me voies, c'est ça alors ?!

- Je suis une grande fille, Lanie est mon amie, pas ma tutrice, personne ne me dicte ma conduite, lâcha-t-elle exaspérée.

- Tu ne le sais peut-être pas, mais elle te jalouse!  Quand nous avons travaillé ensemble, sur le meurtre de la femme de ménage, elle m'a fait des avances… Je lui ai bien évidement répondu que tu étais la seule qui comptait à mes yeux.

Kate s'arrêta de marcher et se retourna brutalement vers lui. Comment osait-il s'en prendre à sa meilleure amie?

- Ne m'approche plus jamais, claqua-t-elle en le fusillant du regard.

Il n'osa pas insister et la laissa rejoindre le commissariat seule.

~~~~~~~~~~~~~~~~~

La journée lui parut interminable, malgré les efforts de ses collègues pour la distraire. Gates mit fin à leur supplice en les renvoyant chez eux à cinq heures.

Kate rentra chez elle comme un automate et eut la surprise de trouver la mère de Castle devant sa porte.

- Martha!? Je vous croyais en séjour de préparation à la scène avec vos élèves!

- Ils se débrouilleront bien quelques jours sans moi! J'irai les retrouver après-demain!

- Il y a un problème avec Rick?

- Trésor, c'est pour toi que je me fais du souci, regarde-toi, tu as encore perdu du poids!

- Ça va, Martha, je vais bien.

- Non, si tu allais bien, tu ne passerais pas tes soirées avec ces bouquins soporifiques! Tu es jeune! Tu as besoin de t'amuser!

- Lanie, hein?

- Et elle a eu raison! Je te laisse...quoi?...deux petites semaines et tu recommences à manger n'importe quoi et je suis sûre, à sauter des repas!

- On croirait entendre ma mère....

- Et bien considère que je suis son émissaire! Allons, viens je t'emmène dîner, je connais un petit restaurant merveilleux!

- Mais... Martha!

- Pas de mais! On y va, répliqua l'actrice en la prenant par le bras.

- Je n'ai pas le choix, n'est ce pas?

- Tu as tout compris! Sourit l'actrice.

Elles passèrent une soirée agréable, Martha était vraiment attentionnée, sa présence et son exubérance donnait à Kate du baume au coeur. L'actrice se gardait bien de parler de Rick, elle savait la jeune femme fragile émotionnellement. Elle se contentait de veiller sur Beckett comme sur son propre enfant.


Minefuji  (10.12.2013 à 18:31)

Chapitre douze.

Les cris retentissaient depuis une demi-heure déjà, soudain une porte claqua et le calme revint enfin. Ce genre de disputes était monnaie courante, ces dernières semaines et le cœur d’Alexis se serrait à chaque fois. Elle regrettait amèrement d’avoir laissé Gina s’immiscer dans leurs vies et surtout d’avoir fait fuir la seule personne qui rendrait sûrement le sourire à son père.

Elle avait pourtant cru qu’il serait heureux, avec Gina. Il la regardait amoureusement et faisait des projets avec elle. Elle redoutait tellement de revivre l’angoisse qu’elle venait de vivre, qu’elle avait choisi la sécurité, même si ça devait faire souffrir quelqu’un. Martha, lui en avait d’ailleurs fait le reproche. Mais quand elle n’avait pas vu Kate revenir au chevet de son père dans les jours qui avaient suivi, elle s’était persuadée que ce choix avait été le bon. Martha n’en avait d’ailleurs jamais reparlé.

La rouquine attendit quelques instants, puis décida de se rendre au salon. Son père était assis sur le canapé, se prenant la tête entre les mains. Il était évident qu’il n’était pas heureux, mais comment faire machine arrière ?

- Papa?... Commença Alexis...

- Hey, chérie! Dit-il en se collant immédiatement un immense sourire sur le visage.

- Ça va?

- Oh, oui, ne t'en fais pas.

- J'ai entendu, tu sais...

- Oh... La dispute... Ne t'en fais pas, elle va se calmer...

- Ça ne va pas fort... Entre vous...

- Ça, on peut le dire... Je crois que je me dirige droit vers un nouvel échec... Parfois, je me demande comment j'ai pu tenir tout ce temps avec elle.

Alexis se mordit la lèvre, comment lui parler de son divorce après tout ce temps? Il serait sans doute furieux. Ainsi, ce qui au départ avait été un confortable et rassurant mensonge, était devenu une épée de Damoclès au dessus de sa tête. Elle avait écouté Gina, qui lui promettait le bonheur et la sécurité de son père, et s'était laissée embarquer dans cette histoire. Et maintenant, elle le regrettait amèrement.

- Je vais faire un tour, annonça-t-il en se levant.

Il embrassa sa fille sur le front, attrapa son manteau et ses clés et quitta le loft à son tour.

Alexis se laissa tomber dans le canapé en soupirant. Elle n'aimait pas voir son père dans cet état, ni la tournure qu'avaient pris les événements. La porte du loft s'ouvrit de nouveau quelques temps plus tard et laissa entrer Martha.

- Alexis chérie! Bonjour! Tu vas bien?

- Grand-mère! Fit Alexis en se précipitant dans les bras de Martha.

- Ils se sont encore disputés, n'est ce pas? Soupira la matriarche.

- Il avait l'air tellement triste, je n'aime pas le voir ainsi.

- Je sais, trésor, mais c'est un grand garçon, il sait gérer sa vie privée, et s'est déjà remis de deux ruptures avec elle, donc si une nouvelle rupture est à prévoir, il s'en remettra très bien, cette fois encore.

- Tu as sans doute raison, soupira la jeune fille. Encore faudrait-il qu'il se souvienne de la première...

- J'ai toujours raison, rit la jeune femme. Et je t'avais dit de ne pas lui mentir, il fallait tout lui raconter dès le départ!

- Je sais... J'aurais dû t'écouter.

- Avec elle, il était heureux...souffla la jeune femme. Même quand ils se disputaient... Je m'en veux, grand-mère, si tu savais.

- Tu devrais peut-être lui en parler... Va la voir!

- Comment pourrait-elle me pardonner?

- Elle est capable de comprendre, tu sais. Elle est passée par bien pire, quand elle avait ton âge, dit Martha. Et de toute façon, tu lui dois des excuses.

- Tu as raison, soupira Alexis.

 

~~~~~~~~~~~~~~~

 

Au même moment, dans la rue, le portable de Rick sonnait.

- Castle, lança-t-il en décrochant son portable.

- Salut! C'est Paula!

- Paula! Salut!

- J'espère que tu n'as rien de prévu pour mardi prochain, parce que tu viens d'être invité pour participer à l'émission de Kristina Cottera!

- Sérieusement?

- C'est génial, ça te fera une pub d'enfer! Renchérit-elle.

- ...

- Alors? C'est d'accord? Tu as sérieusement besoin de revenir sur le devant de la scène!

- D'accord, soupira-t-il, de toute façon, j'ai sérieusement besoin de me divertir.

- Parfait! Je rappelle Cottera et j'organise tout ça! Je préviens Gina?

- Non, elle n'a pas à savoir ça, je n'ai pas de compte à lui rendre.

- Oh, y aurait-il des nuages au paradis?

- Merci Paula, répondit Castle, coupant court à la conversation.

Il raccrocha et pianota un SMS, qu'il envoya à ses amis écrivains, il avait besoin de se changer les idées et quoi de mieux qu'une bonne partie de poker pour cela?

Quelques heures plus tard, il retrouvait ses amis autour de leur table habituelle.

 

- C'est vraiment un plaisir de te retrouver parmi nous, mon vieux, dit Connelly.

- Il m'a fallut un peu de temps pour me retrouver, avoua l'écrivain en observant son jeu.

- Et tu as repris l'écriture? Demanda Patterson.

- J'essaye de m'y remettre, mais ce n'est pas évident! Mais j'ai eu une idée pour reprendre Dereck Storm.

- Ah oui? Et laquelle?

- J'ai commencé une préquelle et j'avoue que ça m'inspire bien.

- Tu vois, on t'avait dit que ce n'était pas une bonne idée de le tuer! Sourit Connelly. Te voilà obligé de prendre des chemins détournés pour le reprendre.

- Et pourquoi tu ne continues pas ta dernière série? Nikki Heat avait l'air de bien marcher, demanda Patterson.

- Je n'arrive pas à me replonger dedans... Et puis Gina disait qu’elle préférait Derreck Storm…

- Et depuis quand tu l’écoutes ? demanda Patterson.

- De toute façon, je n’arrive pas à me remettre à écrire une histoire dont je ne me souviens pas. ... L'inspiration ne revient pas, soupira Castle.

- Tu n'as qu'à retourner la voir, suggéra Connelly.

- Je te demande pardon? S'enquit Castle qui ne semblait pas comprendre de quoi parlait son ami.

- Ta muse! La femme lieutenant dont tu t'es inspiré! Expliqua le premier.

- Ma muse? Sophia n'est pas policière!

-  Non... Pas elle... Comment c'était son nom?... Tu la suivais partout... Ah mince! J'ai oublié son nom. Un sacré petit lot!

Cette conversation laissa Rick perplexe. Ainsi, il avait eu une nouvelle muse... Quelqu'un de suffisamment important pour qu'il lui ait écrit cinq romans... Mais dans ce cas, où était-elle? Et pourquoi ses proches ne lui en avaient-ils pas parlé?

En rentrant au loft, il s'enferma dans son bureau et attrapa le premier Nikki Heat. Il l'ouvrit et lut la dédicace:" à l'extraordinaire KB et aux copains du 12ème"...

Tout cela n'avait aucun sens, pourquoi ces gens à qui il avait dédicacé ce livre n'étaient-ils pas auprès de lui?

Un morceau de papier tomba du livre qu'il tenait. Il le ramassa, c'était un ticket de cinéma, pour le film " La planète interdite". Il n'avait jamais gardé de ticket de cinéma... Celui-ci avait-il une signification particulière?

Il avait beau se creuser la cervelle, ces six dernières années restaient dans le flou total. Il avait pourtant remarqué quelques changements dans ses habitudes, son goût prononcé pour le café,  par exemple et sa manie d'en préparer un machinalement, chaque matin pour Gina, alors qu'elle n'aimait que le thé.

Tout cela n'avait aucun sens!


Minefuji  (11.12.2013 à 14:34)

Chapitre treize.

Dimanche. Pas de meurtre en vue, il était donc impossible à Beckett de mettre un pied au poste, Gates avait ordonné aux policiers de garde d’en interdire l'accès à la détective et de la prévenir si elle osait y mettre un pied.

Kate en prit son parti et décida de s'occuper un maximum afin d'éviter de ruminer. Elle s'apprêtait à aller faire un footing, quand la sonnerie du téléphone retentit.

Elle décrocha et ne fut pas étonnée de découvrir l'identité de son interlocutrice. Lanie revenait une nouvelle fois à la charge, Kate fronça les sourcils, bien décidée à lui tenir tête, une fois encore.

Elle soupira en se laissant tomber son fauteuil, dans lequel elle s'enfonça, en repliant ses jambes contre elle.

- Lanie, C'est hors de question !

- Mais Kate! Tu dois te remettre en selle !

- Me remettre en selle? Je n'ai pas l'intention de faire de l'équitation!

- Ah ah! Très drôle! Tu sais très bien de quoi je parle!

- Je n'ai aucunement l'intention de lui chercher un remplaçant, je suis très bien comme je suis!

- Come on ! Girl, tu ne vas pas virer bonne sœur! Je ne te demande pas de le remplacer, juste de prendre du bon temps! Allez, ça te fera du bien!

- T'ai-je déjà dit qu'il en était hors de question ?! Soupira Kate.

- Mais il est si gentil !

La détective roula des yeux, elle ne doutait pas qu'il était gentil, Lanie avait un goût très sûr en matière d'hommes... Mais aucun ne tenait la comparaison et elle ne pouvait s'empêcher de comparer.

- Je ne veux plus avoir à faire avec un homme ! S'écria Kate, au comble de l'exaspération.

- Girl, tu as seulement trente-quatre ans…

- Je ne vois pas ce que ça peut faire, marmonna t elle.

- Tu ne vas pas finir vieille fille, quand même ?! Avec le physique que tu as, ce serait un crime! Lança la légiste, dont la voix montait à présent dans les aigus.

Kate se mît à rire de bon cœur. Elle ne comprenait pas en quoi le fait de rester célibataire était incompatible avec son physique et d'ailleurs, elle ne cherchait plus à le mettre en valeur, la seule personne aux yeux de qui elle avait voulu être belle, ne faisait plus partie de sa vie.

- Lanie, soupira-t-elle, on en a déjà parlé et puis je suis bien seule… Et maintenant, excuse-moi, mais il est temps pour moi de te laisser.

- D'accord, amuse-toi bien à courir jusqu'à en cracher tes poumons, plaisanta son amie, je te rappelle plus tard, pour reparler de ton rendez vous avec Truman.

Maligne, elle raccrocha immédiatement, ne laissant pas à Kate, le temps de répondre. Celle-ci soupira en reposant le téléphone sur la table basse. Truman... Comment Lanie pouvait avoir parmi ses contacts un gars affublé d'un prénom pareil? Et surtout, comment pouvait-elle imaginer qu'elle puisse vouloir sortir avec un type qui s'appelait ainsi? Elle avait connu un Truman à l'université, il s'agissait d'un vieux prof coincé qui avait tenté à plusieurs reprises de la convaincre de faire un séjour dans son lit. Elle frissonna à la réminiscence de ce souvenir, non, elle ne pouvait définitivement pas se résoudre à l'idée de sortir avec un Truman.

Elle s'empressa de sortir, cette conversation l'avait agacée, il fallait qu'elle se défoule.

Elle courrait à un rythme soutenu depuis maintenant plus d'une heure, sur les chemins de Central Park, ignorant le monde autour d'elle, ignorant son corps qui lui criait qu'il était grand temps qu'elle arrête de le pousser au delà de ses limites. Brusquement quelqu'un surgit devant elle et la percuta violemment. Elle se retrouva assise par terre, au milieu du chemin, massant ses fesses douloureuses et pestant contre celui, qui n'avait manifestement pas regardé où il allait. Elle se releva rapidement, exaspérée de se retrouver dans une situation aussi inconfortable que ridicule, fusillant du regard le joggeur maladroit. Elle se figea devant son charme. Il était grand musclé et il faut bien le dire, beau comme un dieu.

- Excusez-moi, Mademoiselle. Je ne faisais pas attention, j'étais tellement préoccupé  par mon temps et la musique que j'écoutais...

- Ce n'est pas grave…marmonna-t-elle, rien de cassé...

Il esquissa un sourire, révélant une dentition parfaite, dont la blancheur était si éclatante qu'elle aurait pu briller dans le noir. Le cœur de Kate fit une embardée, elle fit un effort considérable pour cacher son trouble.

- Je m'appelle Jake, dit-il en lui tendant la main.

- Kate, répondit-elle en rougissant comme une adolescente.

- Je peux vous offrir un verre, pour me faire pardonner?

- Euh... Je suis trempée de sueur, bafouilla-t-elle... Il est temps pour moi d'aller me doucher...

- Vous êtes parfaite telle que vous êtes, mais je comprends, d'ailleurs, je dois également sentir le fauve... Seriez-vous libre vendredi soir?

Kate écarquilla les yeux sous la surprise, ne sachant pas quoi répondre, il n'attendit pas sa réponse et annonça:

- Je vous attendrais chez Remy's vendredi soir à 20 heures, ça vous va? Ne dites pas non, je tiens à me faire pardonner de vous avoir percutée.

Complètement abasourdie par son aplomb, elle se contenta de hocher la tête, tandis qu'il lui souriait et lui lançait un "à vendredi, alors!" avant de reprendre sa course.

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

Quelques jours plus tard...

Les sourcils froncés, le cerveau tournant à plein régime, Kate analysait la situation, les dernières trouvailles de Lanie éclairaient son enquête sous un nouvel angle et lui permettrait bientôt de la résoudre.

- Kate ! Tu m'écoutes ?! Hurla Lanie en faisant fonctionner sa mini scie circulaire.

- Euh… Non, sursauta Beckett.

- Bon alors je répète : J'ai donné ton numéro de téléphone à Truman.

- Tu as quoi ?! S'écria la détective. Mais qu'est ce qu'il t'a pris?

- Come on girl! Tu sais très bien qu'il faut que tu te dérides un peu! Tu vas finir par te chopper un ulcère!

- Mais qu'est ce que tu as à vouloir te mêler de ma vie privée? Je suis assez grande pour me débrouiller toute seule! C'est toi qui va me faire avoir un ulcère avec tes plans foireux! Hurla Beckett en se dirigeant vers la porte.

- Kate! Supplia Lanie.

- La ferme! Fit la voix de Beckett depuis le couloir de la morgue.

Une heure plus tard, Kate ne décolérait pas. Comment Lanie avait-elle pu lui faire un coup pareil? Et si ce type était un pervers? S'il en venait à la harceler?

De retour à son bureau, elle trouva ses deux collègues plantés devant la télé. Elle jeta un œil à l'écran et se figea.

La sulfureuse Kristina Cotera recevait Castle dans son émission et nul doute, qu'elle n'hésiterait pas à en faire son quatre heures.

- Alors, Rick, quel plaisir de vous retrouver après cette absence de six mois, gloussait-elle.

- Je sais, je suis quelqu'un qu'on a du mal à oublier, répondit-il d'un air aguicheur.

Kate leva les yeux au ciel.

- À qui le dites-vous! Dites-moi, êtes-vous célibataire?

- On peut dire qu'il y a quelqu'un dans ma vie, mais notre relation est disons ... un peu tendue, en ce moment.

- Oh, alors, je pourrais espérer un dîner en tête à tête avec mon écrivain favori? Gloussa de nouveau la présentatrice, ce qui provoqua un soupir exaspéré de Kate.

 

- Que diriez-vous d'y aller vendredi soir?

Le dossier que tenait Kate atterrit violemment sur le bureau de Ryan, faisant sursauter les bros, qui bredouillèrent en apercevant leur supérieure.

- Pas la peine, les gars, je sais que votre copine vous manque, mais il y a du boulot, répondit la détective.

- Beckett... Commença Ryan.

Elle fit un vague geste de la main et se replongea dans ses dossiers. Ses deux coéquipiers firent les frais de sa mauvaise humeur durant le reste de l'après-midi et ne furent pas mécontents lorsque Gates vint ordonner à Beckett d'au moins laisser ses collègues rentrer chez eux, à défaut de le faire elle-même. Ce n'était pas parce qu'elle accumulait les heures supplémentaires au détriment de sa vie privée, qu'ils devaient eux aussi y renoncer.

Elle ne cessait de repenser à Rick, il avait l'air en pleine forme et ne pouvait que s'en réjouir. Sa rééducation avait été longue et étant donné le cirque qu'il lui avait fait quand il s'était cassé la jambe pendant leur séjour au ski, elle espérait bien qu'il en ait fait baver à cette peste de Gina. D'ailleurs, il semblait y avoir des nuages au paradis, d'après ce qu'elle avait entendu de la bouche de Rick.

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

Le vendredi soir arriva finalement, et après avoir passé la semaine à se demander si elle n'allait pas poser un lapin à ce Jake, elle estima qu'elle n'avait que ce qu'elle méritait et que ce dîner serait sa punition pour son manque de fermeté.

Une fois sortie du cabinet du docteur Burke, elle ne fit aucun détour et rentra directement chez elle, où elle passa une bonne heure à se préparer, hésitant sur le choix de sa robe.

 La plupart de ses robes était reliée à un souvenir avec lui et elle se refusait de les altérer en les mêlant à un autre homme. Cependant, elle dût reconnaître que ce Jake était plutôt sexy et qu'elle souhaitait lui plaire. Elle ne pouvait donc définitivement pas négliger sa tenue pour la soirée.

Elle trouva finalement son bonheur, une robe que Lanie lui avait fait acheter un samedi après-midi où elle avait réussi à la traîner dans les magasins.

Finalement, c'est traqueuse comme une adolescente à l'occasion de son premier rendez-vous, qu'elle entra chez Remy's. Elle balaya la salle du regard et le trouva installé à une table, au fond de la salle. Il l'aperçut et lui sourit, heureux de voir qu'elle ne lui avait pas posé de lapin.

Elle répondit à son sourire avant de le rejoindre en slalomant entre les tables.

- Bonsoir, fit-il charmeur, en se levant pour reculer la chaise en face de lui. Kate s'y assit en souriant, le remerciant de ce geste galant.

- Comment allez-vous ? Demanda-t-il pour lancer la conversation.

Kate répondit poliment, malgré le malaise qui s'emparait d'elle, finalement, les premiers rendez-vous étaient toujours difficiles pour les nerfs, quelque soit son âge.

Elle tut sa condition de flic, elle savait par expérience que les femmes qui exerçaient un métier d'homme pouvaient mettre ceux-ci mal à l'aise, aussi préférait-elle garder cette révélation pour d'éventuels autres rendez-vous.

Le dîner se passa merveilleusement bien et Jake se révéla un parfait gentleman. Elle avait le sourire aux lèvres lorsqu'elle rentra chez elle, mais ne put faire taire la petite voix dans sa tête, qui ne cessait de lui répéter: " Vous vous cachez dans des relations avec des hommes que vous n'aimez pas". Cette phrase tournait en boucle dans sa tête. Elle se laissa tomber lourdement dans son canapé, se recroquevilla sur elle même et laissa couler ses larmes. Pourquoi ne parvenait-elle pas à l'oublier? Pourquoi ne pouvait-elle pas réussir à être heureuse sans lui?


Minefuji  (12.12.2013 à 18:09)


Chapitre quatorze.

- Mais je t'assure! Ce gars n'arrêtait pas de te regarder!

Kate leva les yeux au ciel et se tourna vers Lanie, qui accélérait le pas pour rester à sa hauteur. Elle aurait pu ralentir, cela aurait aidé son amie qui était loin d'avoir la même longueur de jambes qu'elle, mais elle estima qu'il s'agissait là d'un juste retour de bâton et en profita même, pour accéder la cadence.

- Hé! Tu crois vraiment que tu vas me faire lâcher l'affaire comme ça? Demanda Lanie en accélérant le pas à son tour. On est samedi, c'est notre journée entre files, celle que tu m'as promis il y a de cela trois semaines, alors crois-moi ma belle, quand je te dis que tu vas m'avoir sur le dos pendant encore au moins trois bonnes heures!

- Je suis contente de passer du temps avec toi, Lanie, mais je t'en prie, arrête de vouloir me jeter dans les bras du premier venu!

- Mais il était franchement mignon! Et tu dois penser à prendre du bon temps!

- Lanie, quand comprendras-tu que je ne suis pas en manque ?

- Mais Honey ! Ton corps réclame sa dose de sexe ! cria-t-elle exaspérée par l'attitude de son amie, qui souffla bruyamment. Que tu le veuilles ou non, tu as des besoins! C'est comme ça!

- Merci, Lanie, mais je ne laisse pas mes hormones me dicter ma conduite, fit Kate butée.

- Il faut que tu te trouves un mec! Un qui te fasse grimper au rideau ! Insista la métisse.

- Je n'ai pas envie de grimper au rideau, grogna la détective en laissant son regard se faire happer par une affiche publicitaire, ce qui n'échappa pas à son amie.

- Alors récupère-le!

- Quoi?

- Si c'est lui que tu veux et pas un autre, récupère-le!

- De quoi tu parles?

- Tu vas continuer ce petit jeu longtemps? Parce que je suis à deux doigts de te mettre une paire de claques! Menaça la légiste. Tu n'arrêtes pas de la regarder!

- Qu'est ce que je regarde?

Lanie lui envoya une pichenette, exaspérée, avant de s'écrier:

- Cette affiche de Castle! Tu crois que je ne t'ai pas vue?

- N'importe quoi!

Lanie se contenta de lui faire son regard réprobateur, ce qui eut pour effet de faire battre en retraite son amie instantanément.

- J'avoue, il me manque.

- Et bien, qu'est ce que t'attends? Fonce!

- Non, mais tu as vu cette affiche? Il a deux bimbos accrochées à ses bras! Il n'a pas l'air de s'ennuyer! Et tu oublies cette Kristina Cottera! Et puis, il y a Gina!

- Tu sais bien que ça n'est pas sa vraie nature! C'est juste un masque qu'il enfile pour cacher sa sensibilité. Quand à son ex, il y a bien longtemps que tu aurais dû lui refaire le portrait!

- Ça pour enfiler, il doit bien les enfiler, fit-elle sarcastique sous le regard outré de sa meilleure amie.

- Katherine Beckett! Qu'est ce que c'est que ce langage?

- Oh ferme-la, bougonna Kate.

- Ça ne peut pas durer comme ça! Il est temps que tu remettes la main sur le bel écrivain, parce que j'en ai assez de te voir ainsi!

- Comment? Je ne fais plus partie de sa vie! Il est cette personne publique adulée de tous, alors que moi je ne suis qu'un flic! On n'est pas du même monde! Il est tellement inaccessible!

- Ça, ma vieille, c'est entièrement ta faute!

- Tu crois que je ne le sais pas? Répliqua Kate dont les yeux se remplissaient de larmes? Tu crois que je ne le regrette pas à chaque instant?

- Honey, soupira Lanie en voyant la détresse de son amie. Je ne voulais pas dire ça, les mots ont dépassé ma pensée.

- Laisse tomber, je n'ai pas besoin qu'on me console.

- C'est vrai! Tu as besoin d'un bon coup de pied au derrière pour te réveiller et te secouer!

Kate pouffa et essuya ses larmes. Heureusement que Lanie était là, elle ne savait pas où elle en serait si sa meilleure amie n'avait pas été là pour elle.

- Allez, viens, je te paye un verre, on doit discuter, lança Lanie en attrapant le bras de son amie.

Elles entrèrent dans un petit café et s'installèrent à une table à l'écart. Le serveur vint prendre leur commande.

- Je prendrai un thé à la bergamote, sans sucre! annonça la légiste!

- Et moi, euh... Commença Kate.

- Elle prendra un latté sans sucre, avec deux doses de vanille! Coupa Lanie sous le regard réprobateur de son amie. Quoi? Vois ça comme la première étape dans ta reconquête du bel écrivain.

Pour achever de convaincre son amie, elle extirpa une revue du fond de son sac à main et l'agita sous le nez de la détective. Castle en faisait bien évidemment la une. Kate ne pût s'empêcher de sourire devant son air fier de lui. Machinalement, elle attrapa le magazine et caressa du bout du doigt le visage de l'écrivain.

- Il a l'air d'aller bien, murmura-t-elle

Ce geste n'échappa pas à la légiste, qui remit sur le tapis le sujet qui lui tenait à cœur:

- Il est malheureux, il faut que tu reviennes dans sa vie. Il avait arrêté de faire la une des magazines à scandale, quand vous étiez ensemble.

- C'est peut-être sa vraie nature...

- Continue comme ça et je te colle une tarte, s'énerva la légiste. Tu le connais mieux que ça!

- Je croyais le connaître, mais celui que j'aimais n'existe plus!

- On n'a qu'à le faire redevenir celui que tu aimais!

- Comment?

- On va le scroodger, fit Lanie un sourire vicieux fleurissant sur ses lèvres.

- Le scroodger?

- Oui, comme dans le conte...

- Castle a plus déteint sur toi que ce que je ne pensais, soupira Kate.  Et quoi? Tu veux lui montrer ses Noëls passé, présent et à venir?

- En quelque sorte.

- Qu'est ce que tu as fumé? Demanda Kate en fronçant les sourcils.

- C'est l'idée, qu'on va utiliser, on va lui remontrer ce qui a fait qu'il est tombé amoureux de toi! Tu vas le reprendre comme consultant.

- Oh non! Avertit Kate.

- Girl! C'est une idée géniale, insista la métisse.

- Il n'en est pas question! S'écria Kate. Tu entends? Pas question! Je ne revivrai plus jamais ça! ... en aucun cas!

- Kate...

Trop tard, elle avait déjà quitté le café. Lanie soupira, elle adorait son amie, mais son entêtement l'exaspérait parfois.

~~~~~~~~~~~~~~~~

- Rick, il serait temps que tu te lèves, dit la femme blonde au travers de la porte.

Il aurait bien grogné pour montrer son mécontentement, mais elle ne l'aurait pas entendu. Quant à être plus bruyant… Cela revenait à signer l'arrêt de mort de sa grasse matinée bien méritée. Il se retourna sur le dos pour fixer le plafond et savourer encore le simple fait d'être allongé.

Aussitôt, ses pensées se tournèrent vers la veille. Kristina Cottera était à la hauteur de sa réputation! La soirée avait été monumentale!

- Mum, suis fatigué… tenta-t-il vainement.

- Tu es en retard sur ton programme d'écriture! Il est grand temps que tu t'y remettes! Tu devrais déjà avoir écrit trois chapitres pour ton nouveau roman.

Ses yeux s'ouvrirent tout grand. Le programme ? Comment osait-elle lui parler travail dans le cadre de leur vie privée ? Il fronçait les sourcils passablement énervé.

- Ok, t'as gagné, dit-il enfin en sortant du lit.

- Prends une douche, je te sers un café, annonça Gina de l'autre côté de la porte.

Il obtempéra en grommelant. Mais que faisait-il encore avec elle? Il avait pourtant cru en leur couple, en leur histoire, en ses sentiments... Comment avaient-ils pu en arriver là? Comment pouvait-elle accepter de le voir s'afficher ainsi au bras d'autres femmes? Il avait cru que cela la ferait réagir, il s'était trompé, il n'était qu'un compte en banque à ses yeux.

Pourtant à son réveil, après son accident, son cœur lui hurlait qu'il était éperdument amoureux. Il avait naturellement pensé que ces sentiments étaient destinés à celle dont il se souvenait, à sa femme... Il avait été fâché d'apprendre qu'elle lui avait menti, mais quand elle lui avait expliqué qu'elle n'avait pas eu le cœur de lui dire qu'il avait oublié les six dernières années et donc leurs merveilleux instants de bonheur, il lui avait pardonné son petit mensonge. Mais alors, pourquoi en étaient-ils arrivés là? Comment leur relation si parfaite avait-elle pu devenir cette comédie digne d'un Soap?

Arrivé dans la cuisine, il trouva son petit déjeuner sur la table et sa compagne derrière le comptoir. Il s'arrêta et la regarda pendant un instant.

- Dépêche-toi, Rick, tu as du pain sur la planche, soupira-t-elle.

Les traits de l'écrivain se durcirent.

- Que se passe-t-il? Demanda-t-elle, tu es souffrant?

- Je me disais, si elle me dit une parole gentille, c'est que notre histoire a un avenir... Soupira-t-il.

- Rick...

- Un mot gentil, d'une femme pour l'homme qu'elle aime... C'est tout ce que j'attendais, mais finalement, je n'ai affaire qu'à mon éditrice, dit-il d'un ton froid.

- Rick!

- Je ne peux pas rester ici! Claqua-t-il, je vais prendre l'air.

Il attrapa son blouson et ses clés de voiture et quitta le loft en claquant la porte, laissant derrière lui une Gina abasourdie.

Une fois dehors, l'estomac de l'écrivain se rappela bruyamment à son bon souvenir. Il héla donc un taxi et donna au chauffeur l'adresse de son Starbuck préféré, un bon café et un bagel feraient l'affaire.


Minefuji  (13.12.2013 à 17:57)

Chapitre quinze.

Marchant d'un bon pas, Kate s'attirait les regards furieux des badauds qu'elle bousculait, mais elle n'y prêtait pas attention, trop absorbée par sa conversation avec Lanie et la prolifération de sentiments antagonistes que celle-ci avait déclenchée. Revoir Castle, retrouver le chemin de son cœur, cette perspective lui plaisait tellement, qu'elle aurait été prête à tout pour y parvenir. Tout... Sauf ce que Lanie avait suggéré et qui s'avérait être pourtant la seule solution. Bien qu'elle ait plutôt eu besoin d'une tisane apaisante, la seule chose que son corps lui réclamait, c'était un merveilleux latté avec deux doses de sirop de vanille. Elle prit donc la direction du Starbuck le plus proche.

Soudain, son talon aiguille s'enfonça dans le creux d'une plaque d'égouts, sa cheville vrilla et prise dans son élan, elle ne pût rétablir son équilibre, la chute était inévitable. Elle ferma les yeux, à la perspective de l'impact, qui pourtant ne vint pas. Des bruits de pas accélérés, et deux bras puissant lui permirent d'y échapper. Elle leva son regard vers son sauveur et fut happée par l'océan de celui de son sauveur. La connexion entre eux fut immédiate, comme si elle n'avait jamais été rompue. Les badauds continuaient de se croiser sur le trottoir, mais pour eux, ils étaient seuls au monde.

- Merci, bredouilla-t-elle d'une voix douce et mal assurée qui la rendait plus touchante.

- Je n'ai fait que mon devoir, répondit-il de son air charmeur, j'ai un diplôme en SDJFED.

- Qu...

- Sauvetage Des Jeunes Femmes En Détresse, précisa-t-il en jouant des sourcils.

- ...

- Vous êtes sûre que ça va? Demanda-t-il plus sérieusement.

Elle semblait désorientée. Elle posa la main contre son cœur, cherchant à en apaiser les battements qui s'affolaient à tel point que sa respiration se coupa un instant.

- Je devrais peut être vous emmener voir un médecin, s'inquiéta Castle devant le trouble de la jeune femme.

Ces paroles la ramenèrent brusquement à la réalité.

- Non! Ça va aller!

Elle tenta de se remettre sur ses pieds, mais une vive douleur irradia sa cheville et Castle n'eut que le temps de la rattraper une nouvelle fois. Il l'aida à s'asseoir sur le bord du trottoir.

- Bah voyons! Regardez-vous! Votre cheville tient à peine! Venez, je vous emmène voir un médecin!

Elle acquiesça docilement et tourna la tête vers cette satanée plaque d'égout. Elle y aperçut le morceau de talon fiché dedans. Elle le ramassa puis soupira en passant sa main dans sa chevelure ondulée.

- Il ne manquait plus que ça, soupira- t-elle.

- Une chose à la fois, annonça Rick en l'aidant à se relever.

La voix de Rick la troublait, elle inspira, tentant de contrôler ses émotions, avant de  reporter de nouveau son attention sur lui, l'écrivain détaillait son visage, un léger sourire sur les lèvres. Elle mordit les siennes tentant de résister à l'envie de l'embrasser. Il tendit la main pour prendre la sienne, elle se laissa faire, trop heureuse de passer un peu de temps avec lui.
Un taxi qu'il avait sifflé s'arrêta devant eux, ils s'y engouffrèrent et prirent le chemin d'un cabinet médical.

Ils durent patienter un long moment et Rick, qui n'avait toujours pas déjeuné, se dirigea vers le distributeur pour prendre un café.

- Oh seigneur, c’est certainement le pire café que j’ai jamais goûté ! Affirma-t-il en s'installant à ses côtés. C’est fascinant, ça fait penser à… à de l’urine de singe plus un petit mélange d’acide. Vous en voulez ?

Elle sursauta en entendant ces paroles, il prit cela pour un signe de douleur et s'inquiéta.

- Vous souffrez?

- Non... Ça va, se reprit-elle vivement.

- Mademoiselle Beckett? Demanda le médecin en arrivant dans la salle d'attente.

- Oui, c'est moi!

Rick l'aida à suivre le médecin et à s'installer sur la table d'auscultation, puis retourna l'attendre dans la salle d'attente.
Elle reparut une vingtaine de minutes plus tard, marchant sur ses deux pieds.

- Je vois que ça va mieux! Sourit-il.

- Rien de bien grave, une légère foulure, le doc m'a fait un strapping, et me voilà guérie!

- Ne forcez pas trop dessus quand même! Répondit Castle.

- Non, ne vous inquiétez pas. Merci de votre aide, en tout cas, on peut dire que ma cheville a eu plus de chance que ma chaussure.

- Suivez-moi.

-  Pardon?

- Nous allons arranger ça, expliqua-t-il en l'entraînant avec lui.

- Mais pourquoi faites-vous ça? Demanda-t-elle.

- Je vous ai sauvée de l'humiliation d'embrasser le trottoir en public! Je suis responsable de vous maintenant!

Elle sourit, heureuse de retrouver son exubérance naturelle et prit la main qu'il lui tendait. Une fois dehors, ils se faufilèrent tant bien que mal à travers la foule et arrivèrent à un petit magasin de chaussures.

- Hey Pete, ça fait longtemps ! Comment vas-tu ? Lança Rick en s'approchant du comptoir derrière lequel se trouvait un vieil homme.

- Hey! Ricky! Je vais très bien, merci. Que me vaut l'honneur de ta visite?

- Eh bien, en fait, Pete, j'ai un service à te demander. Est-ce que tu pourrais réparer la chaussure de cette jeune femme ?

- Faites voir... Oh, c'est de la très bonne qualité, vous avez bon goût, mademoiselle, fit l'homme en examinant la chaussure. Ne vous inquiétez pas, elle sera comme neuve dès demain!

- Et voilà! Ce gars est formidable, vous n'y verrez que du feu! Fit l'écrivain.

- Merci, répondit la jeune femme.

- Peter, aurais-tu une paire de chaussures pour cette jeune femme? Il fait à peine deux degrés dehors! Vous ne pouvez pas rentrer sans chaussure! Expliqua-t-il en se tournant vers elle.

- Attends voir, dit le commerçant en observant ses rayonnages. Ah! Voilà, celle-ci devrait faire l'affaire.

Il tendit une paire de chaussures à Rick.

- Merci! Voilà, Cendrillon, il est l'heure d'essayer la pantoufle de vair, annonça-t-il en se tournant vers Kate.

Kate s'installa sur un tabouret et obtempéra. La taille était parfaite et les chaussures ultra confortables.

- Elles vous plaisent?

- Elles sont parfaites, sourit la jeune femme. Combien vous dois-je? Demanda-t-elle au commerçant.

- Ne vous occupez pas de ça! Je vous les offre! Elles vous vont à merveille, n'est-ce pas Peter ?

- Elle est parfaite, répondit le vieil homme.

Kate sentit le rouge envahir ses joues, elle aurait voulu pouvoir se cacher. Rick lui faisait toujours autant d'effet.

- Écoutez, vous êtes adorable, vous m'avez évité d'embrasser le trottoir, tout à l'heure et je vous en remercie, mais je ne peux pas accepter.

- Vous n'avez pas le choix, allons, venez, allons faire un tour pour les essayer. À plus tard, Peter! Termina Rick en faisant un signe de la main à son ami.

Ils sortirent rapidement du magasin après avoir pris  rendez-vous avec le vieil homme, afin de récupérer les chaussures de Kate le lendemain. Une fois dehors, Rick se tourna vers la jeune femme.

- J'allais me rendre dans un Starbuck pour prendre mon petit déjeuner, quand vous m'êtes tombée dessus. Et là, je meurs de faim. Il y a un petit restaurant sympa, pas loin d'ici. Ça vous tente?

- Non, ça va, je ne voudrais pas vous déranger davantage...

- Ça me ferait plaisir, au contraire...

Leurs regards se connectèrent, elle peut être dû lui résister, partir, l'oublier, mais elle en était incapable.

- Je... D'accord, répondit-elle tout sourire.

Elle n'avait qu'une envie, accepter, passer du temps avec lui, alors, pourquoi passer à côté de cette occasion? Le destin lui donnait l'occasion de lui parler de nouveau, alors, même si ce n'était que pour quelques heures, elle en savourerait chaque minute.

- Parfait! Allons-y! Répondit l'écrivain en lui tendant son bras.

Ils arrivèrent dans un petit bistrot sympathique, à la décoration typiquement française. C'était la première fois qu'elle y venait, aussi passa-t-elle quelques instants à admirer les lieux.

- Ça vous plaît? Demanda Rick.

- C'est magnifique...

- J'ai découvert cet endroit, il y a un mois. Les propriétaires sont charmants et ce qu'on y mange est délicieux.

- Rick! S'exclama le patron en arrivant près d'eux.

- Bonjour Paul! J'avais très envie de déguster ton magret de canard à la sauce au miel.

- Tu as frappé à la bonne porte! Venez, je vais vous installer à ma meilleure table.

Ils suivirent Paul jusqu'à leur table. Ce dernier leur donna la carte et retourna en cuisine.

- Je m'appelle Rick, commença l'écrivain.

Beckett hésita, devait-elle lui donner son véritable nom? Peut être chercherait-il à en savoir davantage... Finalement, elle opta pour l'honnêteté, la seule fois où elle ne l'avait pas été, elle avait failli le perdre pour de bon.

- Kate.

- C'est étrange... J'ai l'impression de vous avoir déjà vue quelque part... On se connait?

Ouille, terrain dangereux, elle décida d'éluder la question et répondit.

- Vous auriez pu m'oublier?

- Non, sourit-il, comment oublier des yeux pareils et ce sourire merveilleux. Mais je dois reconnaître que j'ai eu quelques problèmes de mémoire, ces derniers temps... J'ai même réussi à oublier une personne, qui devait pourtant être importante pour moi, puisque je lui ai consacré cinq romans!

- Ah oui?

- Oui. Un accident... Mais n'allons pas gâcher cette merveilleuse rencontre avec de mauvais souvenirs.

- Vous êtes un grand séducteur, n'est-ce pas?

- Je me défends pas mal, dit-il avec un sourire aux lèvres qui la fit fondre. D'ailleurs, je vois bien que je ne vous laisse pas de marbre.

Elle se contenta de se mordre la lèvre inférieure, résistant difficilement à son désir de se jeter sur lui pour l'embrasser. Il décida de relâcher la pression et plongea le nez dans la carte.

- Prenez ce que vous voulez, ne vous privez pas, c'est moi qui invite, annonça-t-il.

- Alors c'est ça? Nous allons manger des choses succulentes et boire du vin certainement hors de prix, vous allez passer le repas à me faire des compliments et vous espérez qu'en payant l'addition, vous aurez gagné le droit de coucher avec moi? Demanda-t-elle alors que l'image de la présentatrice TV gloussant sur son siège dansait devant ses yeux.

- D'accord, éclaircissons ce point! Je ne coucherai pas avec vous, affirma-t-il, jetant un blanc dans la conversation.

Elle le regardait d'un air hébété, ne sachant si elle devait s'en réjouir ou en pleurer.

- ... c'est vous qui coucherez avec moi, termina-t-il d'un air séducteur.

Elle roula des yeux et se leva, prête à quitter cet endroit, mais une main s'empara délicatement de son poignet. Elle tourna la tête vers lui et se noya dans l'océan de ses yeux.

- Non! Ne partez pas! Excusez-moi! Je plaisantais! Allons, passons seulement un moment agréable tous les deux. Tiens! Faisons comme si nous étions un déjà un couple depuis plusieurs années. On passerait un bon moment ensemble... Pas de doute sur mes intentions, puisque nous serions déjà ensemble!

Elle ferma les yeux, incapable de cacher son trouble, il s'en voulu lorsqu'il vit les larmes perler aux coins de ses yeux.

- Excusez-moi, je ne voulais pas vous faire de la peine...

- Non... Ce n'est pas votre faute...

- Je vous promets d'être sage, restez, s'il vous plaît... Votre présence m'apaise, il y a longtemps que je ne m'étais pas senti si bien avec quelqu'un.

Elle fronça les sourcils.

- Vous n'êtes pas heureux avec votre compagne...

- Vous me connaissez?

- Oui, euh... Enfin, je lis les magazines, mentit-elle avec aplomb.

- Il ne faut pas croire tout ce qui est dit dans les magazines. Alors, on se remet à table?

Elle sourit timidement et se remit à table.

- Merci, lui souffla-t-il.

- Ne me remerciez pas. J'aime aussi votre compagnie.

Ils passèrent un agréable moment en tête à tête, il n'avait pas changé, il était toujours l'homme drôle, enfantin, prévenant et adorable dont elle était éperdument tombée amoureuse, si ce n'est qu'il l'avait oubliée.

- Alors, comment s'est passée ta journée?

- Tranquillement, j'ai vu Lanie ce matin, on a fait une virée entre filles. Et toi?

- Une bonne grasse matinée...

- Après une soirée arrosée?

- Tu es au courant? S’étonna Rick soudainement inquiet en se rappelant de sa soirée avec Kristina Cottera.

- Laissez tomber, c'est une mauvaise idée, soupira Kate.

- Non, c'est juste une erreur du débutant, nous avons passé notre soirée ensemble, comme chaque jour, évidemment...

- Et ce matin, tu m'as préparé mon café, comme toujours, sourit-elle des images de merveilleux moments passés ensemble lui revenant à l'esprit. Tu as dessiné des cœurs dans la mousse, tu fais ça à chaque fois, je trouve ça mignon.

Cette fois, c'est à Rick d'être troublé, cette femme connait des choses très personnelles de lui, des choses qu’on n’apprend pas dans la presse people. Après son accident, il avait pris l'habitude de servir le café de Gina de cette façon, chaque matin, jusqu'à ce qu'il la surprenne, vidant son café dans l'évier. Elle lui avait alors expliqué, qu'elle n'aimait plus le café depuis son accident et les heures passées dans la salle d'attente, près de la machine à café de l'hôpital.

- Ça va? Demanda Kate, en le sortant de ses pensées.

- Oui... Euh... Je réfléchissais... Pour mon prochain roman, sourit-il.

- Toujours en quête du meurtre parfait? N'est ce pas?

 Il était  persuadé qu'elle le connaissait, mais pour une raison qu'il ignorait, elle s'entêtait à faire comme si ça n'était pas le cas. Une chose était sûre, elle le subjuguait, par sa beauté naturelle, bien sûr, qui ne tomberait pas sous le charme de son regard de biche et de ses merveilleux sourires? Mais il y avait quelque chose de plus, chez cette jeune femme, quelque chose de mystérieux, un côté écorchée vive, qui la sublimait.
Elle piocha innocemment dans la corbeille de pain, se moquant complètement de ce que l'on pouvait penser de cette gourmandise.

- Qui a-t-il? Demanda-t-elle tandis qu'il ne la quittait pas des yeux.

- Je me disais que vous étiez un mystère... Un mystère que je ne suis pas sûr de savoir élucider un jour...

Le morceau de pain qu'elle tenait atterrit sur la table, elle le regardait en fronçant les sourcils, plus que troublée.

- J'ai encore dit quelque chose de mal? Demanda-t-il.

- Non... Euh... Non! Excusez-moi, c'est juste que j'ai eu une semaine difficile et... Enfin bref! Excusez-moi, termina-t-elle en se reprenant.

 Le repas touchait à sa fin, il n'avait pas envie de la quitter, il voulait résoudre ce mystère, qui l'entourait. Elle insista pour payer sa part, il finit par accepter, ne voulant pas la faire fuir.


Minefuji  (14.12.2013 à 14:24)

Chapitre seize.

- Et si on allait se promener? Proposa Rick, une fois rendu sur le trottoir.

- D'accord.

Ils avaient déambulé dans les rues de New York, admirant les contenus des vitrines des magasins, entrant dans certains. Il rit en la voyant essayer plusieurs chapeaux extravagants, elle lui en mît un sur la tête et décida de le lui offrir. Il ressemblait un peu à Bogart, elle trouvait ça romantique.

- Où m'emmenez-vous? Demanda-t-il, tandis qu'elle l'entraînait en le tenant par la main.

- Dans un endroit fabuleux! Mon grand-père m'y emmenait, quand j'étais petite.

- Une boutique de magie! Wah! Génial! Hé mais je la connais! J'y venais ici quand j'avais treize ans! Cet endroit, c'était le paradis pour tous les petits garçons de mon âge! Poil à gratter, coussin péteur, vomi en plastique...

- pas seulement pour les garçons! Mon grand-père faisait de la magie en amateur et il m'emmenait ici presque tous les dimanches après-midi. Moi aussi j'étais un peu farceuse! Expliqua-t-elle en réutilisant au mot près la réplique qu'elle lui avait fait deux ans plus tôt, espérant secrètement qu'un déclic se ferait dans sa mémoire.

- Vous connaissez des tours?

- Il y en a un que j'aime bien! Avec des glaçons!

Il en eut le souffle coupé. Elle sourit, fière de son effet et entra dans la boutique. Ils s'amuseront comme des gamins en essayant différents gadgets et Rick s'acheta une baguette magique et des lunettes spéciales pour voir sous les vêtements.

- Arrêtez! Soupira Kate, tandis qu’ils quittaient la boutique.

- Je vous assure que ça marche! D'ailleurs, je vous vois toute nue, affirma-t-il en attardant son regard sur certaines parties de l'anatomie de la jeune femme.

- Ah oui? Il vous plaît mon piercing?

Deuxième provocation, décidément, cette femme était incroyablement sexy!

Ils firent un détour par un petit parc où jouaient des enfants. Il s'éclipsa un moment et revint avec un sachet fumant de petits croustillons.

- Que serait une virée en ville l'hiver, sans ces délicieux petits beignets bourrés de calories, annonça-t-il.

Elle rit et en attrapa un, tandis qu'il s'installait à ses côtés.

- J'adore ces parcs de jeux! Soupira-t-il, ça me ramène quelques années en arrière !

- Ça remonte à un peu plus loin que quelques années.

- Je ne parle pas de quand j'étais enfant, mais quand j'emmenais ma fille au parc.

- Vous emmeniez votre fille au parc ? Demanda Beckett, troublée par cette conversation, dont elle se souvenait parfaitement.

- Pouf ! Été comme hiver, on y était tous les jours. La mère d'Alexis faisait du théâtre, elle voyageait souvent. Elle m'avait donc confié la garde de notre fille. Quoi ?! S'étonna-t-il en voyant l'air surpris de la jeune femme.

- Rien, seulement je ne vous imaginais pas en papa poule ! Mentit-elle pour expliquer son étonnement.

- Les meilleurs jours de ma vie !

- C'est drôlement chouette.

- Et vous? Vous avec des enfants?

- Non, répondit-elle alors que ses yeux se remplissaient de larmes qu'elle essayait de chasser.

- Ça va?

- Oui, sourit-elle après avoir pris une grande inspiration.

Elle se releva du banc et commença à s'éloigner.

- Attendez! Vous êtes sûre que tout va bien?

- Oui, ça va. J'ai seulement besoin de marcher encore un peu.

Il lui prit la main, elle sourit et se colla un peu plus contre lui, tandis qu'ils reprenaient leur promenade.

Ils avaient continué au bord de l'Hudson River, regardant les lumières de la ville s'allumer peu à peu. Le fond de l'air s'était rafraîchi, elle avait éternué. Il avait enlevé sa veste pour la mettre sur ses épaules et avait appelé un taxi. Naturellement, elle s'était blottie contre lui et tout avait changé... Il avait relevé son menton et avait plongé son regard dans le sien. Elle fixait ses lèvres, sa main toujours posée sur son torse. Leurs souffles s'étaient mêlés et le temps s'était figé. Rick céda à son instinct et posa ses lèvres sur les siennes.
Le baiser d'abord tendre, devint rapidement plus fougueux. Kate, submergée par l'émotion, laissa échapper un gémissement de satisfaction, elle avait rêvé cet instant tant de fois. Sa main s'aventura dans la chevelure de son écrivain, tandis qu'elle prenait les commandes du baiser, ce qui étonna Rick, qui se laissa tout de même entraîner par le tempérament de feu de la jeune femme. Ce fut le manque d'oxygène, qui obligea cette dernière à rompre, non sans regret, le baiser.

- Waow, soupira Castle, c'était... Extraordinaire...

Elle le regarda, troublée par ses paroles, ce qu'il ne comprit pas.

- Ce... Ça ne vous a pas plu? Bredouilla-t-il, stressé comme un collégien lors de sa première expérience du genre.

Pour toute réponse, elle se jeta de nouveau sur les lèvres de l'écrivain, enserrant  son cou de ses bras.
Lorsque le taxi s'arrêta, en bas de l'immeuble de Kate, ils durent mettre fin à leurs baisers. Aucun des deux n'avait envie que ce moment s'arrête, elle retrouvait un peu de ce qu'elle avait perdu, il vivait quelque chose de tellement différent avec elle... Quelque chose d'important...

- Je n'ai pas envie de te quitter, murmura-t-il.

Elle se mordit la lèvre inférieure, elle aimerait tellement pouvoir l'emmener chez elle, mais était-ce vraiment une bonne idée? Son appartement était rempli de photos de lui, il ne comprendrait sûrement pas et la prendrait pour une folle...
Il avait fermé les yeux et posé son front contre le sien. Il ne voulait pas qu'elle fasse quoique ce soit à contre cœur.

- Emmène-moi ailleurs, dit-elle dans un souffle...

Il se tourna vers le chauffeur et donna le nom d'un hôtel prestigieux, avant d'entrelacer ses doigts avec ceux de la jeune femme.

~~~~~~~~~~~~~~~~~

Le groom ouvrit la double porte de la suite présidentielle et laissa entrer Rick et Kate. Elle ne pu s'empêcher de repenser à leur séjour dans un hôtel de ce genre lorsqu'ils pourchassaient le tueur de Royce à L.A.

- Ça vous plaît? Demanda Rick.

- Oui... Euh... On aurait pu se contenter d'un hôtel moins luxueux...

- Ailleurs, il n'y aurait pas Leland...

- Qui est Leland?

- Le gars qui réalise tous mes souhaits... Alors, où voulez-vous aller?

- Je vous demande pardon?

- Vous m'avez demandé de vous emmener ailleurs, vous ne croyiez tout de même pas que j'allais me contenter de vous emmener à l'hôtel? Ça n'est vraiment pas digne d'un gentleman... Alors, que diriez-vous de L.A? Ou pourquoi pas Barcelone, ou...

- Cosney Island...

- Sérieusement? Je vous propose de vous emmener n'importe où et vous choisissez Cosney Island...

- J'aime beaucoup cet endroit.

- Va pour Cosney Island, je vais demander à Leland de nous faire les réservations nécessaires... Disons pour quatre jours... Ça vous va?

- Vous me connaissez à peine et vous voulez passer quatre jours avec moi?

- Ça paraît fou, je sais...

- C'est complètement dingue, oui! Vous n'avez pas de travail?

- Je suis riche et libre comme l'air, je fais ce que je veux!

- Et votre compagne?

- C'est fini, j'ai cru qu'elle était celle qui me convenait, mais je me suis fourvoyé. Et vous? Vous êtes libre?

- Euh... Je dois travailler lundi...mais je suppose que je peux prendre quelques jours de congé...

- Parfait! Alors rien ne nous empêche de passer quelques jours à Cosney Island!

Elle lui avait souri, incapable de prononcer le moindre mot tant son cœur battait fort de le savoir si proche.

- Et si nous dansions? Proposa-t-il en ouvrant les bras.

- Sans musique?

- En avons-nous vraiment besoin?

Elle sourit, posa une main sur son épaule, et prit sa main, il glissa son autre main dans le dos de la jeune femme. Leurs regards se happèrent et une nouvelle fois, le monde disparut autour d'eux. Ils valsèrent et tournèrent en riant, heureux, comme des gamins. Cette nuit était la leur, les jours qui suivraient seraient les leurs. Comme un cadeau du ciel, ils étaient ensemble et c'était la seule chose qui importait. Ils s'effleuraient, se rapprochaient et commencèrent à s'effeuiller...
Il la déshabillait lentement, déposant un baiser sur chacune des parcelles de peau qu'il découvrait, tandis qu'elle déboutonnait sa chemise.
Elle eut un mouvement de recul alors qu'il découvrait ses cicatrices, il fronça les sourcils effleura délicatement chacune d'entre elles. L'effet fut immédiat, elle se détendît et reprit ses caresses. Le corps de Kate était un brasier que les mains de Rick attisaient. Son cœur s'affola. Elle lui sourit.

Il attrapa délicatement les deux bagues accrochées à la chaîne qu'elle avait autour du cou.

- Tu es une collectionneuse de demandes en mariage?

Elle sourit, en attrapa une et lui dit:

- C'était la bague de ma mère... Elle est morte il y a quatorze ans.

- Je suis désolé.

- Pourquoi? C'est toi qui l’as tuée? Demanda-t-elle sérieusement?

- Quoi? Non! Euh... bafouilla-t-il.

Elle éclata de rire, il lâcha les épaules en souriant.

- Très drôle!

- Tu crois vraiment n'importe quoi! Continua-t-elle en cherchant à retrouver son sérieux.

- D'accord, tu m'as eu. Bon et l'autre?

Le visage de la jeune femme se décomposa, il comprit que le sujet était plus que sensible et s'en voulu d'avoir abordé le sujet.

- Pardonne-moi, je ne voulais pas être indiscret.

Elle se contenta de se meuler contre lui, il l'embrassa dans le cou, ravivant le brasier de leur passion.

- Fais-moi l'amour, demanda-t-elle dans un souffle.

Il eut ce sourire,  son sourire, celui du vainqueur. Il termina de la débarrasser de ses vêtements et  la déposa nue sur le lit. Il la détailla du regard, la faisant rougir avant de faire ce qu'elle lui avait demandé.


Minefuji  (15.12.2013 à 12:17)


Chapitre dix-sept.

Nikki venait de se réveiller et se dirigeait vers la cuisine en se frottant machinalement les yeux.

- Vous êtes toujours là ? Et vous faites des pancakes ? Demanda-t-elle en le découvrant une poêle à la main.

Il retourna un pancake avant de lui répondre.

- Malheureusement vos œufs sont périmés, quant au bacon il y a quelque chose avec des poils dessus !

- La plupart du temps je me fais livrer ! Répondit Nikki,

- Oui c’est ce que je me suis dit en voyant la pyramide de boites en plastique dans votre réfrigérateur. Le café est prêt mais votre filtre est cassé. Je vous en offrirai un plus tard !

- On dirait que vous avez pensé à tout ! Sourit Nikki.

- Oh… j’allais oublier le journal ! Dit-il en claquant des doigts.

- Castle on n’a pas le temps de lire le journal, je vous rappelle qu’il y a un corps que je dois trouver ! Lança Nikki en se servant un café, tandis qu'il se dirigeait vers la porte.

- Aaah… ! C’est lui qui vous a trouvé ! Constata-t-il alors qu'un le corps sans vie  tombait à ses pieds.

Il se réveilla en sursaut et se tourna vers la jeune femme paisiblement endormie contre son torse. Que signifiait tout cela? Était-ce un souvenir? Dans ce cas pourquoi Nikki Heat, sous les traits de l'actrice choisie pour son rôle avait-elle remplacé la personne avec qui il avait vécu ce moment? Décidément son cerveau en avait pris un sacré coup, s'il se mettait à mélanger réalité et fiction! A ses côtés, Kate soupira de bien être, il tourna de nouveau la tête vers elle, elle dormait toujours.


C'était étrange, elle semblait profondément attachée à lui, comme si elle le connaissait depuis longtemps. Il aurait dû trouver ça flippant, se croire dans un remake de liaison fatale, mais bizarrement, il se sentait bien... Bien mieux qu'auprès de Gina, qu'il était sensé aimer... Au point de reprendre la vie commune !


Elle remua légèrement et le regard de l'écrivain fut attiré par la cicatrice ronde située en plein milieu de sa poitrine. Il l'avait remarquée la veille, bien entendu, mais elle avait fait ce qu'il fallait pour détourner son attention. Il ressentait quelque chose d'étrange en la regardant, comme un sentiment oppressant et une frayeur immense.
Il laissa son regard glisser sur son corps divin, elle avait une autre cicatrice sur le flanc, sans doute que son côté écorchée vive était lié à ce qui avait provoqué ces cicatrices.
Elle bougea de nouveau dans son sommeil, émettant un léger grognement.
Il s'extirpa du lit au prix d'incroyables efforts de contorsion, pour ne pas la réveiller.
Elle grogna de nouveau lorsqu'il se détacha d'elle et ouvrit les yeux instantanément.

- Je ne voulais pas te réveiller, rendors-toi, murmura-t-il.

- Non, ça va... Tu partais? Demanda-t-elle en se redressant d'un air inquiet.

- Non, j'allais seulement demander à Leland de passer prendre tes chaussures et commander notre petit déjeuner au room service.

- Pourquoi fais-tu tout ça? Tu me connais à peine...

- Je pourrais te retourner la question, tu as suivi un parfait inconnu, tu as passé la nuit avec lui... Ce n'est pas ce qu'il y a de plus prudent... Pas que je m'en plaigne! Loin de là!

- Ne t'en fais pas, je sais me défendre, répliqua-t-elle en luttant pour cacher son trouble, heureusement qu'il était occupé à consulter le menu du room service.

- Tu pratiques le self défense? Demanda Castle en composant le numéro de la réception.

- ...

N'obtenant pas de réponse, il tourna la tête vers elle et la trouva en train de se rhabiller à toute vitesse.

- Hey? Que t'arrive-t-il?

- Je m'en vais.

- Pourquoi?

- Tu as raison, c'est surréaliste, tu ne me connais pas, tu dois me prendre pour une folle furieuse, il vaut mieux que je parte.

- Non! ... D'accord, c'est surréaliste... Jamais je ne m'étais senti aussi bien avec quelqu'un que je venais de rencontrer, mais je n'ai pas dis que ça n'était pas bien! Il se passe quelque chose entre nous et je sais que toi aussi, tu le ressens!

Les larmes inondèrent le regard émeraude de la jeune femme, elle pensait pouvoir contrôler ses émotions, mais finalement elles étaient plus fortes qu'elle. Il l'observait, cherchant à comprendre la raison de cette tristesse. Elle détacha son regard de celui de l'écrivain et s'enfuit vers la porte d'entrée. Il lui attrapa délicatement le poignet. Elle se raidit. Il la lâcha.

- Reste.

Elle se tourna vers lui, il cherchait désespérément la cause du tourment de la jeune femme.

- C'est trop difficile, geignit-elle.

- Qu'est ce qui est difficile?

- Je... Tout, lâcha-t-elle désespérée.

Il la prit dans ses bras, geste qui l'apaisa instantanément, les secondes s'égrenèrent.

- Pourquoi? On n'a pas besoin de se poser des questions, on est bien ensemble... Je sais que quelque chose te rend triste et que tu ne veux pas en parler...Tu voulais partir... Tu m'as demandé de t'emmener loin... Alors partons!

- Tu n'es pas obligé de faire ça... Dit-elle en levant les yeux vers lui.

- Je sais que je ne suis pas obligé, reprit-il. Mais j’en ai envie. Je... J'ai l'impression d'être à ma place, depuis hier ! Et c’est une chose qui ne m'était pas arrivée depuis longtemps...

Elle l’observa, heureuse d'entendre ces mots. C'était tout ce qu'elle désirait, être avec lui... Les secondes s’égrenèrent de nouveau, sans qu'aucun des deux ne parle.

- Viens avec moi, murmura-t-il.

Elle baissa la tête, vaincue et se blottit contre lui, il l'enserra de ses bras, tout ce qu'il savait, c'était qu'il voulait être avec elle, aussi étrange que cela pouvait paraître.

Ils firent monter un petit déjeuner et quittèrent l'hôtel une heure plus tard. Elle insista de nouveau pour payer la moitié de la note. Ils arrivèrent à Cosney Island dans la matinée, et passèrent un long moment à se promener sur la plage, main dans la main, se bousculant de temps à autre pour faire tomber l'autre dans l'eau, courant pour s'échapper…

A quelques mètres d'eux, un homme était en train de manœuvrer un grand cerf-volant.

- C'est magnifique souffla-Kate en admirant les arabesques aériennes qu'il dessinait.

- Tu as manœuvré un cerf volant? Un aussi grand, je veux dire!

- Jamais, mais j'aurais bien aimé essayer.

Castle s'élança à la rencontre de l'homme.

- Qu'est-ce que tu fais ? Demanda Kate.

Rick lui répondit par un grand sourire et se dirigea vers l'homme.

- Excusez-moi monsieur. Cette jeune femme a toujours rêvé de manœuvrer un cerf-volant. Malheureusement, son père est mort lorsqu'elle était très jeune est n'a pas eu le temps de lui apprendre. Les boutiques sont fermées, je n'ai pas pu en trouver un. Est-ce que nous pourrions vous acheter votre magnifique cerf volant, s'il vous plait ? Votre prix sera le mien.

- Bien sûr, tenez, répondit l'homme en attrapant la liasse de billet que lui tendait l'écrivain.

Kate sourit, il se baladait toujours avec une somme d'argent faramineuse dans les poches.
Rick attrapa les commandes du cerf volant et s'amusa comme un enfant pendant quelques minutes, sous le regard amusé et heureux de Kate. Il appela Kate et lui passa les manettes, restant derrière elle pour l'aider et la guider.
Kate rayonnait, son rire cristallin réchauffait le cœur de Rick, comment pouvait-il être aussi bien avec une parfaite inconnue? Il aurait pu rester là, sur cette plage, avec elle pour le reste de sa vie. Et ce parfum de cerise... Il eut un flash, l'image de l'intérieur d'un vaisseau spatial et de jambes d'une longueur interminable. Il secoua la tête, incapable de comprendre pourquoi il pensait à ça.

Ils rentrèrent finalement à leur hôtel à la nuit tombée. Kate éternua, elle était gelée.

- Tu aurais pu me le dire, que tu avais froid! Dit Rick sur un ton de reproche, nous serions rentrés plus tôt!

- J'étais bien, sur cette plage, avec toi, je n'avais pas envie que cela se termine, avoua-t-elle avec un air enfantin, qui fit sourire son amant.

- Allons prendre une douche bien chaude, avant qu'un vilain rhume ne vienne gâcher notre séjour.

Elle l'avait suivi, sans hésitation, enlevant d'elle-même les derniers remparts entre elle et lui. Le jet de douche avait coulé sur leurs deux corps pendant qu'ils s'embrassaient avec plus de tendresse. Il l'avait savonnée avec des gestes lents et tellement sensuels. Elle s'était meulée contre lui, goûtant chaque parcelle de son corps par des baisers brûlants.
 Ils unirent leurs corps ne résistant pas à l'appel de leurs désirs et les heures qui suivirent furent magiques...

Il courait à en perdre haleine, bousculant les badauds sur son passage. Il l'appelait, elle ne décrochait pas et pourtant il y avait urgence! Il devait la prévenir!

- Allez Nikki, répondez ! Mais aller répondez ! Répétait-il en se frayant un chemin à travers la foule.

- Quoi Castle ? S'énerva-t-elle en décrochant.

- C’était pas Ben Conrad, c’est pas lui le tueur. Le tueur est toujours en vie. Le tueur est toujours en vie !

Un enregistrement de voix se fit entendre derrière elle "Au revoir Nikki ! Au revoir Nikki !"

Soudain son appartement explosa devant ses yeux. Une peur panique s'emparait de lui, tandis qu'une main chaleureuse et une voix douce l'appelait au loin.

- Rick! Rick! Réveille-toi! C'est juste un cauchemar! Rick!

Il ouvrit les yeux, on lisait la panique dans son regard. Il était totalement désorienté.

- Shhh, calme-toi, ça va, c'était seulement un mauvais rêve.

- Ça avait l'air tellement réel! Je l'appelais, je voulais qu'elle sorte de là et soudain tout a explosé!

- Qui? Demanda Kate, qui se rappelait parfaitement de ce jour où il lui avait une fois de plus sauvé la vie.

- Nikki! J'appelais Nikki.

- L'héroïne de tes livres?

- ... Ouais... Tu crois que je rêve de mes livres?

-  Tu étais Jameson?

- Non... Elle m'appelait par mon nom... Qu'est ce que ça veut dire?

- Je ne sais pas... Peut être que tu combles les trous de ta mémoire par les détails de tes livres...

- Tu crois?

- Je ne sais pas, je ne suis pas médecin.

- Non, je sais que tu exerces un métier plus dangereux.

- Comment tu sais ça?

- Tes cicatrices.

- Elles pourraient être liées à un accident, répondit-elle en ramenant le drap sur elle.

- Tu t'es fait tiré dessus, on a plus de chance que ça nous arrive si on exerce un métier dangereux, comme flic, par exemple... Et puis tu n'as pas vraiment le profil du voyou.

- Bien joué Sherlock, ton cerveau n'est pas si endommagé que ça, sourit-elle.

Il sourit à son tour, elle était tellement craquante à cet instant, qu'il ne résista pas à l'envie de lui sauter dessus.

- Tu veux voir ce qu'il y a d'autre, qui n'est pas endommagé chez moi?

- Tu m'en as déjà  montré un aperçu, mais je veux bien un autre exemple, rit-elle.

 Il embrassait chaque centimètre de sa peau. Il la sentait si impatiente, dans ses gestes et ses soupirs, qu'il en fut ravi.

- Doucement. On a tout notre temps, roucoula-t-il.

Il revint l'embrasser, avec plus de passion mais aussi de contrôle. Il tenait à profiter de l'avoir dans ses bras. Cette fois-ci, il la connaissait mieux, ayant déjà repéré quelques uns de ses points faibles et ce qu'elle aimait particulièrement.
Les doigts de Rick frôlèrent les cicatrices, qui étrangement le troublaient. Elles lui semblaient liées à un moment important de sa vie. Elle les recouvrit du mieux qu'elle pouvait.

- Laisse moi voir, s'il te plait…

- Ce n'est pas beau, dit-elle d'une petite voix.

- Qu'est ce qu'il s'est passé?

- Une balle... Un sniper...

- Et celle là?

Les larmes qui perlèrent instantanément et le trouble de la jeune femme l'invitèrent à changer de sujet.


Minefuji  (16.12.2013 à 18:37)

Chapitre Dix-huit.

Le lendemain matin, la pluie s'était invitée à leur week-end improvisé, les obligeant à rester dans leur chambre d'hôtel, ce qui ne fut pas pour leur déplaire.

- Qu'est ce que c'est? demanda Kate en sortant de la salle de bain.

- J'ai commandé une vidéo et des plateaux repas, expliqua Rick en installant la télévision devant le lit. On va se faire une petite séance cinéma, qu'est ce que tu en dis?

- Ça me paraît bien, sourit-elle. Qu'est ce que tu as choisi?

- Une série SF. Nébula 9! Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai eu une irrésistible envie de la regarder, pourtant ça n'a pas l'air d'être la meilleur du genre!

Elle le dévisagea un petit moment, comment pouvait-il lui ressortir tant de détails de leur histoire et ne pas se rappeler d'elle? Ou alors, c'était un signe annonçant une prochaine guérison, c'est en tout cas ce que son cœur voulait croire.

- C'est un très bon choix, sourit-elle en le rejoignant dans le lit.

Ils profitèrent de leur marathon Nébula 9, argumentant gentiment tout en se câlinant, jusqu’à ce qu’emportés par la passion, ils perdent totalement le fil de l’histoire…

                                                    ~~~~~~~~~~~~~~~~~~


Lorsque Rick se réveilla le lendemain matin, le sourire aux lèvres, son corps était tout ankylosé, il profita un instant de cet état de bien être, avant de se décider à ouvrir les yeux. C'est alors que son cœur s'affola. Le lit était vide, il se redressa soudain et balaya la chambre du regard. Les vêtements de la jeune femme avaient disparu. Il aurait aimé croire qu'elle allait revenir, mais quand il aperçut un gobelet en carton et des beignets sur la table près de la fenêtre, il sut qu'elle ne reviendrait pas. Il se laissa tomber sur son oreiller, tentant de chasser la peine qu'il ressentait, puis se décida à se lever.
Le café était encore fumant. Elle ne devait pas être partie depuis très longtemps. Il trouva un message sur la table. Il s'en saisit et le lut rapidement.

" Un appel pour le boulot m'oblige à rentrer à New York. Je n'ai pas eu le cœur de te réveiller. Merci pour ce merveilleux week-end. Appelle-moi, je serai heureuse de faire un nouveau marathon Nébula 9 avec toi, sans déraper à la fin du deuxième épisode cette fois!  Kate."

Il soupira de soulagement. Elle avait été appelée pour le boulot, mais n'avait pas fui. Elle voulait le revoir et lui avait laissé son numéro. Il se leva, fila sous la douche après avoir pris son petit déjeuner, puis rangea ses affaires. Il jeta un œil à sa montre, neuf heures trente, le temps de faire la route jusque New York, Gina serait au bureau.

Il inspecta une dernière fois la chambre, pour être sûr de ne rien oublier. C'est alors qu'il découvrit quelque chose sous le lit. Une photo, elle devait appartenir à Kate et avait dû tomber sans qu'elle s'en aperçoive... Il la ramassa et y jeta un œil. L'air lui manqua tout à coup, elle était là, souriante, blottie contre lui. Kate, la jeune femme avec qui, il venait de passer un merveilleux week-end souriait à pleine dents, en le serrant dans ses bras. Ainsi ce qu'il avait ressenti ce week-end était réel, il connaissait la jeune femme, elle faisait partie de sa vie avant. Il ne comprenait plus rien. Pourquoi l'avait-elle quitté? Pourquoi ne lui avait-elle rien dit lorsqu'ils s'étaient retrouvés? Elle l'aurait abandonné au moment où il avait besoin d'elle et maintenant qu'il allait mieux, elle espérait retrouver le chemin de son cœur?
Une vague de colère grandit en lui, comment avait-il pu être aussi naïf?

                                                   ~~~~~~~~~~~~~~~~

Kate arrivait près de la scène de crime, dont elle reconnut immédiatement le quartier, pour y être venue deux jours plus tôt avec Castle. Elle marqua un temps d'arrêt devant la bande jaune à l’entrée du bâtiment. Comme à chaque fois, ce moment la ramenait quatorze ans en arrière, au moment du meurtre de sa mère, mais désormais, cela la ramenait aussi à l'époque où Castle arrivait à son tour en lui tendant un gobelet rempli de son breuvage préféré. Elle soupira et se décida à franchir le ruban. Ryan se tourna vers elle à ce moment là.

- Salut Beckett!

- Salut Ryan! Où est le corps?

- Près du comptoir, répondit-il en désignant le fond de la pièce.

Kate traversa le petit bistrot, dont la décoration française resterait à jamais gravée dans son esprit. Elle s'approcha de l'endroit désigné par son collègue et y trouva Lanie penchée au dessus du corps d'une jeune femme.

- Salut Lanie! Qu'est ce qu'on a? Demanda-t-elle troublée.

- Ce que tu vas avoir, c'est une bonne paire de baffes! Claqua la légiste furieuse.

- Qu'est ce qu'il te prend? S'étonna Kate en s'accroupissant pour être à la hauteur de son amie.

- Ce qu'il me prend?!! Non, mais tu te fiches de moi ? Tu me plantes dans ce café samedi après-midi, je t'ai cherchée partout pendant deux jours et tu me demandes ce qu'il me prend? S'énerva Lanie.

- Oh! Fit Beckett dont la bouche formait un o parfait.

- Oh!?! C'est tout ce que tu trouves à me dire? Il y a des claques qui se perdent!

- Écoute, je suis désolée, je ne pensais pas que tu t'inquiéterais. Et si on faisait notre boulot, là? Proposa Kate en tournant son regard vers la victime.

Son cœur rata un battement lorsqu'elle reconnut la serveuse qui s'était occupée d'elle et de Castle.

- Ça va? Demanda Lanie alors que la détective était plus pâle que celui de la victime.

- Oui... C'est juste que je la connais... Je suis déjà venue déjeuner ici... Elle s'était occupée de ma table...

- Elle s'appelle Abigail Stuart. Elle a été agressée et étranglée.

- On l'a violée?

- Oui, je t'en dirais plus quand j'aurais fait toutes les analyses. Le violeur à aussi laissé un souvenir: une rose jaune.

- Une plumeria? Constata Beckett en se saisissant de la fleur. Le tueur serait un amoureux éconduit?

- Tu t'y connais en fleurs, dis-moi! En tout cas, il a une drôle de vision du romantisme! En plus il est plutôt pingre, elle est fausse!

- Heure de la mort?

- Je dirais entre une heure et demie et deux heures du matin. Elle devait faire la fermeture hier soir.

- Ok. Merci Lanie.

- Ne me remercie pas! Je n'en ai pas fini avec toi! Contra la légiste.

La détective se contenta de s'éloigner en levant les yeux au ciel. Elle retrouva Esposito non loin de là.

- L'engueulade n'a pas été trop rude? Demanda-t-il en souriant.

- Elle a été remise à plus tard, je n'ai pas fini d'en entendre parler, soupira Beckett.

- Elle s'inquiète pour toi. Tu n'as pas idée de l'état dans lequel elle était ce week-end!

- Tu as quelque chose sur la victime? Demanda Beckett pour couper court à la conversation.

- Elle bossait ici depuis six mois. Le patron en était content, elle était agréable avec les clients, toujours ponctuelle, elle ne rechignait pas sur les heures sup, une vraie perle.

- D'accord... Essaie de savoir s'il n'y avait pas un client un peu trop collant ou envahissant.

- Ça roule.

- Abi! C'est pas vrai! Dites-moi qu'elle va bien! Lança une voix à l'entrée du troquet.

Beckett se retourna et aperçut une jeune femme qui se débattait entre deux policiers.

- Laissez-la passer, je m'en occupe, dit-elle.

La jeune femme se calma en croisant le regard de la détective, ses collègues étaient toujours stupéfaits de la voir réussir à faire ça. Kate emmena la jeune femme à une table et la fit s'asseoir.
Lanie arriva derrière Javier, qui observait la scène, médusé.

- Comment elle fait ça? Demanda la légiste.

- Castle appelait ça le super pouvoir de Beckett, elle arrive à calmer les proches des victimes rien qu'en les regardant.

- Vous êtes une proche d'Abigail? Demanda doucement Beckett en s'asseyant en face de la jeune femme.

- Je suis sa sœur, sanglota la jeune femme. Qu'est ce qu'il s'est passé?

- Elle a été agressée... On l'a étranglée.

- Elle a...

- Oui, elle a été violée...

-  Oh mon dieu! Qui a pu faire cela?

- Votre sœur avait-elle un petit ami ou avait-elle rompu avec quelqu'un ces derniers temps? Demanda la détective.

- Non... Euh... C'est son petit copain qui l'avait quittée, pour une autre... Mais ça remonte à l'année dernière.

- Comment s'appelait-il?

- Will Mac Guire... Il bossait comme coursier dans une compagnie du Lower East Side.

- Merci beaucoup, mademoiselle...

- Vous allez le trouver? Celui qui a fait ça?

- Je vous promets de tout faire pour l'arrêter, répondit Beckett.

Puis elle se leva et rejoignit ses collègues.

- Ryan, interroge les amies d'Abigail, essaie de savoir si son ex ou un nouveau petit  ami ne se faisait pas un peu trop pressant auprès de la victime.

- D'accord, fit le détective en sortant son carnet.

La voix de Lanie retentit derrière Beckett, qui se massait doucement les tempes.

- Ne crois pas que tu vas échapper à notre discussion parce qu'on a une nouvelle affaire! Je t'attends chez moi ce soir à 19 heures!

- Lanie! Soupira Beckett.

- Ne me Lanie pas! Si tu as la flemme, c'est moi qui passerai chez toi à 19 heures! Et tu as intérêt à être là, parce que je doute que ton voisin apprécie de m'entendre à nouveau tambouriner à ta porte pendant des heures!

- Ok, répondit Kate en roulant des yeux. Apporte le repas!

- À ce soir, ma belle!

                                                           ~~~~~~~~~~~~~~

Lorsqu'elle vit son fils entrer dans le loft, Martha sut immédiatement que quelque chose n'allait pas. Rick s'avança vers elle, le visage fermé.

- Richard! Commença-t-elle.

- ...

- Trésor, est-ce que tout va bien?

- Je viens de découvrir que je vivais dans le mensonge, alors, non, tout ne va pas bien, mère...

- Oh, fit Martha, comprenant tout de suite de quoi il en retournait.

- Tu la connais, n'est ce pas, continua-t-il en exhibant la photographie qu'il avait trouvée.

L'actrice ferma les yeux et soupira, avant d’inviter son fils à venir s'assoir avec elle dans le canapé.

- Oui, je la connais.

- Il s'agit de celle qui a inspiré mes romans, Kate Beckett, c'est ça?

- Oui.

- Pourquoi? Pourquoi m'avoir caché son existence?

- C'est une longue histoire, soupira Martha.

- J'ai tout mon temps, je ne suis pas tenu par un emploi du temps déclara-t-il d'un ton signifiant que sa mère ne pourrait pas échapper à cette conversation.

- Je ne sais pas par où commencer...

- Par le début, ça serait pas mal... Nous étions ensemble?

- Oui, répondit Martha dans un souffle. Tu la suivais dans ses enquêtes depuis près de cinq ans, vous vous étiez longtemps tourné autour et au bout de quatre ans, vous vous êtes enfin trouvés.

- On avait l'air heureux, dit-il en observant la photo sur laquelle ils rayonnaient.

- Vous l'étiez! Vous étiez pleins d'incertitudes, de peurs, mais vous l'étiez... Et puis, il y a eu cette enquête...

L'actrice marqua une pause, les larmes remplissant son regard. Rick aurait pu faire un geste pour la réconforter, mais la colère qu'il ressentait l'en empêchait. Une part de lui trouvait normal de la laisser souffrir, puisqu'elle lui avait caché pendant des mois une part importante de sa vie.

- ... Ça a mal tourné, tu as été gravement blessé. Tu es resté inconscient pendant des jours, on a eu peur de te perdre à plusieurs reprises.

- Elle n'était pas là? Elle n'est pas restée auprès de moi pendant cette épreuve? Demanda-t-il en désignant l'image de Beckett.

- Si! Elle était là, elle est restée à ton chevet jours et nuits!

- Alors que s'est-il passé?

- Tu as fais un arrêt cardiaque, les médecins ont mis un long moment pour te ramener... Ça nous a paru interminable... Alexis... La tenait pour responsable, elle lui a dit des horreurs...

- Des horreurs?!

- C'était terrible, tu connais ta fille... Quand tu t'es réveillé, on a découvert, que tu avais tout oublié des sept dernières années de ta vie, tu avais même oublié ton divorce avec Gina!

Rick devait reconnaître que les jours qui avaient suivi son réveil étaient très confus pour lui, il ne se souvenait pas de grand chose et si Kate avait été là, il l'avait oublié.

- J'ai divorcé?! S'écria-t-il. Et vous avez laissé Gina prétendre le contraire ?!

- Euh... Oui, elle semblait ravie de te retrouver, et tu semblais heureux avec elle. Et quand Katherine a voulu te faire comprendre que Gina te mentait tu as fais un malaise, alors Alexis a décidé qu'on ne te dirait plus un mot à ce sujet. La pauvre était dans un tel état d'angoisse qu'on n'a pas eu le cœur de la contrarier. En plus, tu étais tellement affaibli, on ne voulait pas risquer de te causer le moindre choc...

- À ce moment là, je veux bien comprendre, mais pendant six mois?! Je suis remis de mes blessures!

- J'ai eu beau tenter de raisonner Alexis, elle ne voulait rien entendre! Et puis Gina lui faisait un véritable lavage de cerveau!

- Et Kate, pourquoi est-elle partie? Si elle m'aimait autant, elle aurait dû rester!

- Elle se sentait coupable de ce qui t'était arrivé.

- Alors elle a décidé de m'abandonner? C'est l'histoire la plus stupide que j'ai jamais entendue!

- Non ! Ne crois surtout pas ça !

- Alors raconte-moi ! Insista-t-il.


Minefuji  (17.12.2013 à 19:30)

Chapitre dix-neuf.

Nerveuse comme jamais, Alexis arrivait au douzième. Lorsque les portes de l'ascenseur s'ouvrirent, elle s'avança dans le couloir et balaya les locaux du regard, à la recherche de Beckett.
Elle avait tenté de venir la voir chez elle, pendant le week-end, mais la détective était absente. Elle avait donc finit par se décider à venir au poste, puisqu'elle était certaine de l'y trouver. Quelques instants plus tard, Kate apparut devant elle.

- Alexis? S'étonna-t-elle.

- Bonjour, Kate, je peux te parler? Demanda-t-elle nerveuse.

- Qu'est ce que tu veux? Demanda Kate froidement.

- Écoute, je sais que tu es fâchée et tu en as complètement le droit. Mais s'il te plaît, laisse-moi une chance!

- Parce que tu m’en as laissée une toi ?

- …

- Allons dans la salle de repos, soupira la jeune femme, devant le regard déconfit de la jeune femme, beaucoup trop semblable à celui de son père à son goût.

- Merci.

La rouquine suivit la détective, passant devant le bureau de cette dernière. Son regard s'attarda sur les livres et les brochures qui trônaient dessus.

- Tu veux changer de métier? Demanda-t-elle en désignant les énormes livres de droit et les brochures du FBI.

- Ça m'a traversé l'esprit, répondit Kate évasive.

- C'est à cause de moi?

Kate la regarda droit dans les yeux, elle avait bien envie de répondre oui, de faire en sorte qu'elle se sente coupable, qu'elle soit rongée par les remords, mais elle n'en fit rien.

- Non.

- Kate... Commença Alexis. J'ai été horrible avec toi. Je t'ai empêchée d'être auprès de mon père.

- ...

- Je savais qu'il t'aimait, je n'aurais jamais dû m'immiscer entre vous.

- Ça c'est certain, marmonna Kate.

Kate restait sur la défensive et même si elle n'accablerait pas Alexis de reproches, elle n'allait pas pour autant lui faciliter la tâche.

- J'avais toujours cette angoisse qu'il lui arrive quelque chose, depuis qu'il te suivait et là mon pire cauchemar s'était réalisé. J'ai mal réagi, j'en voulais à la terre entière et c'est toi qui en as fait les frais.

- ...

Elle ne répondit pas, se contentant de la regarder, sans ciller. Elle était vraiment très impressionnante, pas étonnant qu'elle parvienne à faire craquer les pires crapules.

- Je te demande pardon, termina Alexis. Et je comprendrais que tu ne me pardonnes pas, mais je t'en prie, ne fais pas comme moi, pense d'abord à mon père. Il a besoin de toi.

Kate attrapa la main de la rouquine et l'invita à s'asseoir près d'elle sur le canapé trop mou de la salle de repos.

- Ça va Alexis, je ne t'en veux pas...

- C'est vrai? S'étonna la rouquine.

- C'est vrai. Ton père était entre la vie et la mort, tu étais au summum de l'angoisse. On ne fait pas attention à ce qu'on dit, dans ces cas là et tant pis si on blesse quelqu'un.

- Mais à cause de moi, tu n'es pas revenue auprès de lui, tu es sortie de sa vie et...
Si je n'avais pas décidé de laisser Gina faire...

- Personne n'aurait pu m'empêcher d'être près de Rick, je t'assure. Même pas toi !

- Alors... Pourquoi?... Tu as décidé de l'abandonner? Tu veux vraiment quitter New York?

- Si j'en étais capable, je l'aurais fait depuis longtemps, affirma la détective.

Le téléphone de Kate sonna à ce moment là. Elle s'excusa et prit l'appel...

- Je vais devoir te laisser, expliqua-t-elle. Ryan a quelque chose pour moi au sujet de notre affaire en cours.

- D'accord. Merci de m'avoir écouté, Kate... Fit Alexis en reprenant le chemin de la sortie.

- Oh !  Alexis!

- Oui?

- Même si ce que tu m'as dit m'a fait mal, ça n'était pas de ta faute, si je ne suis pas revenue auprès de lui. Par contre, il va falloir que tu parles à ton père, même si ça risque d'être difficile, dit Kate avant de partir.

- Oui... Je sais, murmura la rouquine.

Alexis la regarda s'éloigner, ne comprenant pas ce qui avait bien pu se passer. Si Kate n'avait pas disparu à cause d'elle, alors pourquoi?

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

Au même moment, au loft, assis sur le canapé de son salon, le regard plongé dans celui de sa mère, Castle attendait ses explications. Celle-ci prit une grande inspiration et se lança.

- D'accord, soupira Martha. Tu venais de faire ce malaise, Gina et Alexis étaient allées te voir, dès que le médecin en avait donné l'autorisation. Kate était seule et désemparée. Tu ne t'en souviens pas, mais sa mère à été assassinée quand elle était une toute jeune femme, alors l'idée que tu puisses ne pas t'en remettre lui était insupportable. Je suis allée la rejoindre, pour la réconforter. Je lui ai demandé d'être patiente, que bientôt, tu irais mieux...

Rick l’écouta attentivement, se laissant transporter six mois dans le passé par le récit de Martha…

                                                        ***********************

Le regard fixé sur la pendule, Martha n’écoutait que d'une oreille distraite la conversation entre Alexis et Gina. Rick souriait doucement en écoutant sa femme et sa fille faire de grands projets pour le jour où il pourrait quitter l'hôpital.

- Grand-mère qu'est ce qu'il t'arrive? Demanda soudain La jeune rouquine devant le mutisme de son aînée.

- Pardon? Sursauta Martha.

- Qu'est ce que tu as? Reprit Alexis.

- Il est six heures.

- Et alors? Demanda Gina.

- Et alors? Elle a accepté de rentrer se reposer, mais a promis de revenir très vite et ça fait plus de six heures, qu'elle est partie!

- De qui parles-tu demanda Rick, que les antidouleurs rendaient un peu vaseux.

- Du docteur Stuart! Dit Gina en coupant la chique à Martha, qui la fusillait du regard.

- Je vais voir ce qu'il y a, annonça Martha en sortant de la chambre.

Gina la suivit de près et l'apostropha dans le couloir.

- Qu'est ce qu'il vous prend? Laissez-la là où elle est!

- Tiens? Vous savez de qui je parle, maintenant? Interrogea Martha. Que cela vous plaise ou non, je vais la voir! Je ne suis pas du tout d'accord avec ce que vous essayez de faire! C'est inadmissible et je peux vous assurer que Richard sera dans une colère noire quand il l'apprendra.

- S'il l'apprend un jour! Il y a plus de chances qu'il ne retrouve jamais la mémoire!

- Dans ce cas, je lui raconterai tout!

- Il aurait fallu le lui dire tout de suite! Désormais, chaque jour qui passera vous impliquera dans cette histoire, à tel point que faire machine arrière vous sera impossible, annonça Gina en affichant un sourire victorieux.

- Alors je le ferai dès mon retour! Contra Martha avant de prendre la direction de la sortie.

Elle appela un taxi, s'y engouffra et lui donna l'adresse de Kate. Peu après, elle était devant la porte de son appartement. Elle sonna et attendit quelques instants, puis sonna de nouveau.
Elle s'apprêtait à sonner une troisième fois, lorsqu'elle entendit du bruit derrière la porte, qui s'ouvrit lentement.
La silhouette de Kate apparut devant elle, le teint diaphane, le front perlé de sueur.

- Oh bonjour Martha, murmura-t-elle.

- Bon sang Kate! Dans quel état es-tu!

 - Ça ne va pas fort... Souffla-t-elle.

- Tu es livide! Viens, je t'emmène voir un médecin!

Une violente douleur cloua Kate sur place, qui se plia en deux et ferma les yeux pour tenter de la contrôler. Angoissée et impuissante, Martha l'aida à se rendre sur le canapé. D'un geste maternel, elle lui replaça une mèche derrière son oreille, constatant au passage les sueurs froides dont la jeune femme était victime.

- J'appelle une ambulance, dans ton état, tu ne parviendrais même pas à atteindre l'ascenseur, dit Martha en attrapant le téléphone.

Quelqu'un frappa à la porte à ce moment là.

- Je vais ouvrir, fit Martha.

- Martha?! S'étonna Lanie en découvrant l'identité de la personne qui venait de lui ouvrir.

- Docteur Parrish vous tombez on ne peut mieux!

- Qu'est ce qu'il se passe? Kate ne va pas bien?

- Elle est livide et a de violentes douleurs abdominales! Je m'apprêtais à appeler une ambulance.

Lanie se précipita vers Kate, qui semblait rêvasser dans le canapé.

- Honey! Qu'est ce qu'il t'arrive?

- Ça va... Marmonna Kate dans un état second, avant de s'effondrer au sol.

- Kate! Kate! Cria Lanie en la replaçant sur le dos.

Elle lui prit le pouls, tout en continuant de lui parler.

- Les secours arrivent, annonça Martha en revenant près d'elles. Qu'est ce qu'elle a? C'est grave?

- Oui. Elle est en état de choc. Bon sang, Kate! Quand te décideras-tu à t'occuper de toi? Pesta Lanie en auscultant sa meilleure amie.

Les ambulanciers arrivèrent rapidement et prirent le relais. Ils installèrent Kate sur un brancard et placèrent un masque respiratoire sur son visage.

- Sa pression artérielle baisse! Pas de temps à perdre, sinon elle va y rester, annonça l'un d'eux.

Ils emmenèrent le brancard jusqu'à l'ambulance et filèrent jusqu'à l'hôpital le plus proche, toutes sirènes hurlantes.

Dans la salle d'attente, Martha tournait en rond, tandis que Lanie expliquait à Jim, qui venait d'arriver, que sa fille avait été emmenée en chirurgie. Les heures leur parurent interminables et lorsque le chirurgien arriva vers eux, il trouva trois piles électriques.

- L'opération s'est bien passée, annonça-t-il pour mettre un terme à leur angoisse.

Ils soupirèrent soulagés, se prenant mutuellement dans les bras les uns des autres, avant de se tourner à nouveau vers le médecin.

- Que lui est-il arrivé? Demanda Jim.

- Votre fille était enceinte, commença le chirurgien.

- Quoi? Enceinte?! Heu... Attendez... Était?

- Oui, enceinte, mais cette grossesse ne s'est pas développée au bon endroit. Elle faisait une grossesse extra-utérine, c'est ce qui explique ses douleurs.

Jim et Martha encaissèrent la nouvelle, tandis que Lanie, qui savait déjà de quoi il retournait, soupirait.

- Lorsqu'elle est arrivée, continua le chirurgien, sa tension était en chute libre. Une fois au bloc, on a eu la confirmation de ce que nous redoutions, la trompe de Fallope était rompue et l'hémorragie interne était énorme. On a dû procéder à l'ablation de la trompe et la transfuser.

- Elle...? Commença Jim.

- Elle est sauvée, rassurez-vous, elle est en salle de réveil, pour l'instant, mais nous l'installerons bientôt dans une chambre.

- Elle ne pourra plus avoir d'enfant? Demanda Jim, inquiet à l'idée de devoir annoncer ça en plus de la perte de son bébé.

- Si, ça sera plus difficile, mais c'est tout à fait possible, expliqua le médecin. Et dans ce cas, sa grossesse sera seulement surveillée de très près.

                                                           *********************

- Une grossesse extra-utérine? S'exclama Rick, interrompant le récit de Martha. Elle a failli mourir!

- Ce sont malheureusement des choses qui arrivent, dit doucement Martha.

- Sauf que j'aurais dû être là, pour elle. Elle a vécu ça toute seule! Se lamenta-t-il en passant une main sur son visage.

- Elle n'était pas seule. J'étais auprès d'elle, comme son père et Lanie, ainsi que ses collègues. Nous nous sommes relayés à son chevet, elle n'a pas été seule, à aucun moment.

- Et je ne t'en remercierai jamais assez, mère. Comment a-t-elle pris la nouvelle?

Les yeux de Martha s'embuèrent de nouveau, l'idée de faire souffrir son fils un peu plus n'était pas aisée à accepter.

- Elle a sombré. J'ai passé la plupart de mon temps libre à la soutenir. Avec l’aide de son père et de ses collègues, elle a finalement réussi à refaire surface. Même le capitaine Gates à été formidable, avec elle. Cela fait seulement un mois qu'elle a repris le travail à temps complet.

Rick serra les poings de rage, puis se leva. Il attrapa son blouson.

- Où vas-tu? Demanda Martha.

- Reprendre ma vie en mains! Répondit-il avant de quitter le loft en claquant la porte.

 

 

 


Minefuji  (18.12.2013 à 16:26)

Chapitre vingt

Assise à son bureau, Gina terminait de remplir quelques papiers, quand la porte s'ouvrit à la volée, la faisant sursauter.
Rick apparut le regard noir, il s'approcha de son bureau sans dire un mot.

- Richard!? S'étonna Gina. Où étais-tu passé? Je me suis inquiétée!

- Il faut qu'on parle! Annonça-t-il sans détour.

- Ça pouvait attendre qu'on soit à la maison, non? Répondit-elle innocemment.

- Non, pour la simple et bonne raison que tu n'y viendras plus!

- Je te demande pardon? Fit-elle en écarquillant les yeux.

- TU TE RENDS COMPTE DE CE QUE TU AS OSÉ ME FAIRE?!!! Tonna Castle hors de lui.

- Je ne ... Bafouilla-t-elle tremblante devant la colère de l'écrivain qui était vraiment très impressionnant.

- ARRETE TON CINÉMA! TU AS PROFITÉ DE MON AMNÉSIE POUR REPRENDRE UNE PLACE QUI N'ÉTAIT PLUS LA TIENNE DEPUIS DES ANNÉES, POUR ÉVINCER LA PERSONNE QUE J'AIMAIS EN MANIPULANT MA FILLE! ET TU VOUDRAIS QUE J'ACCEPTE ÇA?

- De qui parles-tu ? De la femme dont tu ne te rappelais même pas ? Elle ne devait pas être si importante que ça ! C’est de moi dont tu te souvenais et de notre mariage ! répliqua-t-elle sournoisement.

- Et tu t’es dit naturellement que ça voulait dire que tu pouvais revenir dans ma vie ! Tu n’as pas jugé utile de me dire, lors de nos disputes quotidiennes, que nous avions divorcé ?

- Mais je t’aime !

- A d’autres ! C’est mon compte en banque que tu aimes, pas moi ! D’ailleurs j’aimerais que tu me rembourses tout ce que tu m’as extorqué pendant ces six derniers mois ! C’est auprès d’elle que j’aurais dû être ! Tu m’as volé six mois de ma vie !

- Alors c’est ça ! Tu l’as revue ! Elle t’a fait croire n’importe quoi ! Elle a dû pleurnicher et te dire que j’étais la méchante dans l’histoire… Cette  sale petite pimbêche !

- JE T’INTERDIS DE PARLER DE LA FEMME QUE J’AIME DE LA SORTE ! Hurla Rick en envoyant valser le bureau de Gina et tout ce qu’il y avait dessus à travers la pièce.


- Attends! Qui te tenait la main pendant ta rééducation?! Qui était là pour toi? Moi! Et tu veux me quitter pour retrouver quelqu'un qui n'a pas eu le courage de rester et a fui à la première occasion?!

- Oh, j'ai cru comprendre que tu ne l'avais pas épargnée et que tu avais bien manipulé Alexis pour qu'elle en rajoute une couche!

- J'ai fait ça pour ton bien! C'est de sa faute si tu t'es retrouvé entre la vie et la mort!

- TU N'AVAIS PAS LE DROIT DE DÉCIDER À MA PLACE!

Il avait crié, le visage tordu par la colère. Elle ne se démonta pas pour autant et cracha une nouvelle fois son venin.

- Si elle t'aimait comme elle le disait, rien n'aurait pu l'empêcher de rester auprès de toi! Sois content, cet accident t'aura permis de la démasquer! Cette garce n'était intéressée que par ton nom et ton argent!

Elle ne vit pas arriver la gifle magistrale qui s'abattit si violemment sur sa joue qu'elle en tituba.

- NE PARLE PLUS JAMAIS D'ELLE DE LA SORTE! À CAUSE DE TOI, JE N'AI PAS PU ETRE AVEC ELLE AU MOMENT OÙ ELLE AVAIT LE PLUS BESOIN DE MOI! SACHE QUE JE NE TE LE PARDONNERAI JAMAIS! JE NE VEUX PLUS JAMAIS TE VOIR! Cracha-t-il, hors de lui.

- Quoi?! Non! Tu ne peux pas... Bredouilla-t-elle en se tenant la joue.

- Je vais me gêner! Ricana-t-il. Tu n'as plus rien à me dire désormais!  D'ailleurs, tu ferais bien de te préparer à accueillir les déménageurs! Je les ai fait venir au loft, ma mère doit se faire un plaisir de leur désigner tes affaires à l'heure actuelle.

- QUOI?!!!

- Ne fais pas l'étonnée, s'il te plaît. Je ne veux plus jamais entendre parler de toi. D'ailleurs, mon avocat et Paula prendront rendez-vous avec toi pour t'informer de la fin de mon contrat avec Black Pauwn.

- Tu n'as pas le droit...

- Oh et j'allais oublier, je porte plainte contre toi pour abus de faiblesse et mise en danger de la vie d'autrui et aussi extorsion ! Tu reconnaîtras que tu l'as bien cherché.

- ...

Elle encaissa sans un mot, se contentant de se mordre la lèvre inférieure, tandis qu'il quittait la pièce en claquant la porte. Elle avait joué et perdu.
Elle se laissa tomber dans son fauteuil, elle ne pouvait que constater le désastre, perdre Rick était une chose, mais perdre Castle pour Black Pauwn risquait de mettre un sacré coup à sa maison d'édition...

                                             ~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

Un peu plus tard, Rick arriva devant les locaux du douzième, il s'arrêta un instant. Sa mémoire pleine de trous était toujours au point mort. Il pénétra dans l'ascenseur, croisant quelques policiers en uniforme, qui le saluaient amicalement, à qui  il répondait poliment. Chemin faisant, il repensait à ce que sa mère lui avait raconté. Ainsi, il avait bien passé cinq années de sa vie à la suivre. Il ne pouvait qu'être d'accord avec son ancien lui, elle en valait la peine.
En sortant de l'ascenseur, il fut accueilli par deux lieutenants qui semblaient bien le connaître.

- Yo Castle! De retour parmi nous? Lança Esposito.

- ...

- Tu ne te souviens pas de nous, hein?

- Non... J'en suis désolé, s'excusa Castle.

- T'en fais pas pour ça, tu es en vie et c'est l'essentiel, répondit Ryan.

- Où...?

- Tu cherches Beckett? Elle est allée rencontrer un lieutenant du 16ème pour notre enquête en cours et ensuite, elle devait se rendre à un rendez-vous, dit Esposito en devançant la question de l'écrivain.

- Ah, fit Castle légèrement déçu. Quand revient-elle?

- En général, elle ne revient pas.

- En général?

- Oui, c'est un rendez-vous hebdomadaire.

- Quel genre de rendez-vous? S'enquit l'écrivain.

- Alors ça... C'est classé top secret! Je crois que seul le capitaine Gates est au courant, répondit Ryan.

- Je vois... Alors comme ça, vous êtes sur une enquête?

- Ouaip. Une gentille serveuse, violée, puis étranglée, expliqua l'irlandais.

Rick observait le tableau blanc sur lequel les différents éléments de l’enquête étaient rassemblés, il semblait comme hypnotisé.

- Ça te rappelle quelque chose? Demanda Esposito.

- Non... Rien du tout, soupira Castle. Mais... Cette serveuse, je la connais...

- Ah oui ?

- Oui, j’ai déjeuné dans le restaurant où elle travaillait samedi, les propriétaires sont des gens fort sympathiques.

- Tiens, c’est marrant ! Beckett y a déjeuné samedi aussi, lança innocemment Ryan.

- Ah oui ? On s’est peut-être croisés là-bas, alors, répondit Castle sur le même ton.

Il discuta encore quelques temps avec les gars, qu'il trouvait vraiment très sympathiques, puis quitta le poste.

                                         ~~~~~~~~~~~~~~~~

À son retour chez elle, Kate ne fut pas surprise de trouver Lanie devant sa porte.

- Ça fait longtemps que tu es là? Demanda-t-elle en ouvrant la porte.

-  Non, je viens juste d'arriver. Comment s'est passé ton rendez-vous?

- Bien.

Lanie se contenta de cette réponse succincte, Kate n'était pas une grande bavarde et elle avait l'intention de la cuisiner sur un tout autre sujet.

- Alors? Où étais-tu pendant deux jours?

- Promets-moi de ne pas t'énerver.

- Ça ça dépendra de ce que tu vas me dire!

- Lanie... Soupira Beckett.

- Ne me Lanie pas! ... Bon d'accord, je ne vais pas m'énerver, promit la légiste en voyant son amie se refermer sur elle-même.

- J'étais avec Castle, lâcha la détective.

- QUOI?!!!! MAIS C'EST GÉNIAL!!!! TU ES ALLÉE LE VOIR!? S'écria Lanie comme une hystérique.

- Non, je l'ai rencontré par hasard, il m'a aidée, on a déjeuné ensemble et on a fini l'après-midi à se balader tous les deux.

- Mais...

- Laisse-moi finir! On ne voulait pas se quitter, ni l'un, ni l'autre, alors on est allé à l'hôtel et le lendemain, on est parti pour Cosney Island.

- Il se souvient?

- Non, toujours pas, soupira la détective.

- Tu lui as dit?

- Non plus. On a passé le week-end ensemble, comme deux inconnus qui ont un coup de foudre.

- Kate, fit Lanie sur un ton de reproche. Ne me dis pas que tu l'as laissé filer!

- C'est moi, qui ai filé, ce matin, dès qu'Esposito m'a envoyé le message pour la serveuse...

- Ma parole, tu es la fille la plus nouille que je connaisse, en matière de relation amoureuse! S'écria Lanie.

- Qu'est ce que tu voulais que je lui dise? Au fait, on se connait, on sortait ensemble avant ton accident, excuse-moi si je suis sortie de ta vie au moment où tu avais le plus besoin de moi!

- Tu aurais pu tout lui raconter!

- Je ne peux pas faire ça, souffla Kate abattue.

- Honey... Fit la métisse en prenant son amie dans ses bras.

La sonnette retentit, mettant fin à leur étreinte.

- Tu attendais quelqu'un? Demanda Lanie.

- Non, personne, répondit Kate en se saisissant de son arme de service.

- Regarde qui c'est, avant de tirer, conseilla la légiste, ce qui fit sourire son amie.

Kate vérifia l'identité de son visiteur avant d'ouvrir la porte. Son cœur rata plusieurs battements lorsqu'elle reconnut Castle.
Elle ouvrit la porte et marqua un temps d'arrêt.

- Je te dérange? Demanda-t-il.

- Non... Je t'en prie, entre!

Il arriva dans le salon où il trouva Lanie, qui le dévisageait.

- Euh…bonsoir, bredouilla-t-il.

- Bonsoir, répondit-elle poliment en constatant qu'il était toujours aussi craquant.

- Rick, je te présente Lanie, ma meilleure amie.

- Je suis sensé vous connaître, donc.

Kate tourna vivement la tête vers lui.

- Tu es au courant?

- Depuis aujourd'hui, ma mère m'a tout raconté... Enfin, je crois.

-  Je vais vous laisser, sourit Lanie. On se voit demain ma belle!

- À demain, Lanie! Répondit Kate, en essayant de garder son sérieux tandis que Lanie lui faisait des gestes plus ou moins discrets tout en articulant silencieusement « C’est ta chance, ne le laisse plus filer et saute-lui dessus ! »

- Bonne soirée Lanie ! Ajouta Kate en insistant sur chaque mot et en la raccompagnant à la porte.

Lorsque la métisse eut quitté l'appartement, Kate se tourna vers Rick. Il avait le visage fermé, elle était incapable de deviner ses pensées.

- Donc, tu sais... Commença-t-elle en s'approchant de lui.

- Oui, je sais.

Elle s'arrêta à quelques pas de lui, il la regardait tellement intensément. Il s'avança vers elle. Elle se sentit se rapetisser à mesure qu'il s'approchait d'elle, à ce moment là, le mot puissant prenait encore plus de sens.
Ils se regardaient les yeux dans les yeux. Il était impressionnant assurément. Elle recula et se retrouva adossée contre le mur. Toujours sans un mot, il posa sa main droite à côté de sa tête. Elle pouvait aisément sentir son odeur et n'avait qu'une envie, se jeter sur lui. Ce dont elle s'abstint devant son regard noir. Il n'était visiblement pas content.

- Il faut qu'on parle, dit-il.

- Oui, c'est aussi ce que je crois, répondit Kate, dont la voix était ferme, plus qu'elle ne s'y serait attendue.


Minefuji  (19.12.2013 à 18:49)

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