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Une toute autre vie...

Série : Castle
Création : 12.12.2013 à 18h50
Auteur : judy1 
Statut : Terminée

« Et si tout avait été différent… Et si Johanna Beckett n’était pas morte … Kate et Richard se seraient-ils rencontrés ? Comment ? Quelle aurait pu être leur relation ? » judy1 

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Une toute autre vie…

 

Chapitre 1 :

 

Kate se laissa tomber sur le banc du parc en soupirant.

-« PFFF… Enfin une petite pause ! »

Elle adorait ce parc. Pas uniquement parce qu’il était à deux pas de son bureau mais aussi parce que c’est dans celui-là que l’emmenait sa mère quand elle était plus petite. D’ordinaire les lieux étaient désert mais c’était le premier dimanche de beau temps depuis deux semaines, autant dire que toutes les mères du coin en profitaient pour faire prendre l’air à leurs enfants et leur permettre de défouler.

-« C’est lequel le vôtre ? » demanda l’homme assis à l’autre bout du banc après l’avoir observée une minute.

-« Hein ? » fit Kate, surprise d’entendre une personne s’adresser à elle.

Elle se redressa pour s’asseoir de manière plus civilisé avant de répondre.

« Euh… Aucun en fait ! » bafouilla-t-elle. « J’adore ce parc. Il est calme d’ordinaire et il n’est pas loin de mon bureau. »

-« Comme quoi un rayon de soleil après deux semaines de pluie peut tout changer ! » répondit l’homme. « Vous faites quoi dans la vie ? Ça doit être un super job pour pouvoir s’absenter en plein milieu de l’après-midi. »

-« Je m’ennuie à mourir… Et c’est ma pause déjeuné ! » soupira-t-elle en le regardant du coin de l’œil.

Visiblement ce type ne devait pas savoir que, dans la jungle du travail, personne ne déjeunait à midi pile.

-« Il est plus de 14 heures ! Et vous n’avez rien à manger ? » fit-il remarquer.

Elle leva les yeux au ciel an soupirant de plus belle. De toute évidence il n’allait pas la lâcher.

-« Pas faim. Et vous, il est où votre petit monstre ? » demanda-t-elle en priant pour que ça le fasse venir.

-« A la bibliothèque, » répondit-il d’un air malheureux.

-« Sérieusement ? A la bibliothèque ? Pendant les vacances de printemps ? » explosa-t-elle de rire. « Et vous vous êtes laissé avoir ? Wahh vous devez être cool comme père. Vous faites quoi dans la vie, à part vous faire avoir par votre enfant ? » demanda-t-elle d’un air hilare.

-« Vous pouvez rire tant que vous voulez, je vous assure que ma fille est VRAMENT à la bibliothèque… C’est triste hein ! » soupira-t-il. « Pour répondre à votre question, je suis écrivain. »

-« Et qu’écrivez-vous ? Des trucs connus ? »

-« Ça dépend de ce que vous lisez… » fit-il mystérieusement en haussant les sourcils.

-« Des comptes rendus d’audiences, des rapports de police… Le code pénal… » énonça-t-elle avec un sourire en coin, sachant qu’il ne s’attendait certainement pas à cette réponse.

-« Vous vous ennuyez à ce point ? » se fit-il compatissant.

Kate se mit à rire une fois de plus. Décidément cette conversation était bien plus amusante qu’elle ne l’aurait imaginé et cet homme avait l’air d’être plutôt agréable.

-« C’est mon job… Je suis avocate ! »

Il fit une grimace en déglutissant.

-« Ohh… Le genre d’avocat que ma femme paye une fortune pour devenir mon EX-femme ? »

-« Désolée pour vote femme. Non… Le genre d’avocat qui est payé une fortune pour convaincre le publique que, si un produit n’est pas aussi efficace que ce que prétend la publicité, ce n’est en aucun cas la faute de la firme qui le produit ! » expliqua-t-elle d’une voix monotone.

-« En effet… C’est passionnant ! » ironisa-t-il avec le sourire. « Maintenant je comprends pourquoi vous vous ennuyez à ce point ! »

-« Alors, qu’est-ce que vous écrivez ? » demanda Kate après une minute de silence.

-« Derrick Storm ! »

-« Richard Castle ? » s’exclama la jeune femme en ouvrant de grands yeux. « Sérieusement, vous êtes Richard Castle ?! »

-« Alors vous connaissez ? Une fan peut-être ? » demanda-t-il malicieusement avec son regard charmeur.

-« Ma mère est fan… Elle va regretter de ne pas avoir pris sa pause avec moi… » rigola-t-elle avant d’ajouter menaçante en le regardant avec des yeux noirs et en se levant . « Au fait, pour la prochaine séance de dédicace, vous n’avez pas intérêt à vous défiler… »

Il déglutit, se sentant mal tout d’un coup.

-« Vous m’avez loupé ? » demanda-t-il avec un regard de gamin.

-« On a fait la queue pendant 4 heures et il n’y avait plus que 5 personnes devant nous quand vous avez déclarez forfait en inventant une excuse complètement bidon ! » accusa-t-elle, le fusillant du regard.

-« J’avais mal au ventre… Un début de gastro sans doute, » plaida-t-il.

-« Vous n’arrêtiez pas de vous goinfrer avec les beignets ! » continua-t-elle d’accuser en l’affrontant du regard.

-« OK… J’avoue. C’est juste très ennuyant… J’adore mes fans mais rester assis pendant toute une journée à signer des autographes, ce n’est pas la partie la plus réjouissante… »

-« Ne recommencez pas ! » ordonna-t-elle en s’apprêtant à partir.

-« Attendez… Vous partez ? »

-« Ma pause est terminée, » assura-t-elle.

-« Je ne connais même pas votre nom ? »

-« Katherine Beckett, » affirma-t-elle avec assurance en lui tendant la main. « J’ai été ravie de vous rencontrer Monsieur Castle. »

La tête de l’auteur se figea d’un coup alors que, par reflexe, il serra la main de la jeune femme.

-« Beckett ? Comme le juge Beckett ? »

Kate explosa de rire une fois de plus.

-« Bon… Je vois que vous avez déjà rencontré ma mère. »

Kate s’éloigna à regret du parc et se redirigea vers son bureau tout en envoyant un SMS à sa mère pour lui expliquer qu’elle avait eu tort d’avoir laissé sa fille unique déjeuner seule et qu’elle le regretterait probablement toute sa vie.

Richard regarda cette jeune femme quitter le parc. A 7 heures ce matin-là, alors qu’en répondant au téléphone il fut assailli de reproches par Gina, il pensait que sa journée était ruinée. Mais cette jeune femme venait de lui redonner le sourire, rien qu’en passant une petite demi-heure avec lui. Il resta sur le banc, à rêver de cette jeune femme, jusqu’à ce que la sonnerie de son portable le ramène sur terre.

 


judy1  (12.12.2013 à 18:51)

Chapitre 2 :

 

Deux mois plus tard, chez Kate.

La porte d’entrée de l’appartement s’ouvrit précipitamment, tirant la jeune femme de son sommeil.

-« Katie ? Où es-tu ? »

Kate ouvrit péniblement un œil alors que sa main venait de se poser sur le réveil.

-« 5 heures du matin… Je rêve… Où veux-tu que je sois ? » marmonna-t-elle.

-« Allez, lève-toi ma chérie… On va être en retard ! »

-« Mamaaaaan ! » sermonna Kate, la voix encore pâteuse. « Il est 5 heures du matin ! »

-« Je sais… Dépêche-toi, cette fois-ci je ne vais pas le louper… » répondit Johanna, plus excitée qu’une puce.

Kate leva les yeux au ciel.

-« Mais pourquoi suis-je obligée de t’accompagner ? »

-« Parce que tu as déjeuné avec lui il y a deux mois et que tu n’as même pas pensé à lui demander un autographe pour moi. Maintenant dépêche-toi de sortir de ton lit ! » affirma Johanna en tirant la couverture d’un coup sec.

-« Premièrement, ce n’était pas un déjeuné. Juste une rencontre totalement imprévue ! Deuxièmement, imagine qu’il y ait eu un homme avec moi ! » se moqua sa fille, réalisant soudain le toupet de sa mère.

-« Dans ce cas je me serais déjà fait jeter dehors, » ironisa-t-elle avant de poursuivre d’un ton moqueur. « Et pas par lui, Luc n’oserait jamais me faire une chose pareil. Bon, je prépare du café, tu as cinq minutes pour t’habiller. »

-« Pfffffff… » souffla Kate en se levant sans aucune motivation.

Elle prit tout son temps, n’hésitant pas à prendre une bouche pour se réveiller et choisir des vêtements chauds car, même si on était au début du printemps, les matinées étaient encore très fraiches.

-« Au fait… Tu sais que tu l’as déjà rencontré ! » annonçait Kate en arrivant dans la cuisine et prenant un bol en espérant avoir droit à un petit déjeuner.

-« Mais qu’est-ce que tu fais ? Tu n’espères pas te servir quand même ? »

Kate la regarda perplexe. Bien sûr que si elle voulait manger !

-« Tu achèteras un truc en route, on s’en va… Il est déjà plus de 5 heures et demi, » annonça Johanna en lançant une veste à sa fille.

Elles étaient arrivées devant la librairie où l’écrivain devait passer la matinée à signer des autographes et ensuite lire l’un ou l’autre chapitre en début d’après-midi.

-« Wahh c’est super… Il n’y a pas grand monde devant nous ! Si on a de la chance on pourra même assister à la lecture des chapitres… Tu vois pourquoi il fallait arriver de bonne heure ? » fit Johanna à sa fille en regardant partout autour d’elle avec excitation.

-« Non… J’ai beau chercher, je ne vois toujours pas ! » marmonna Kate entre ses dents avant de poursuivre à voix haute mais toujours sans aucun enthousiasme. « Je vais me chercher un café, j’ai vu une boutique ouverte là-bas ! »

Lorsque Kate voulut retrouver s mère quelques minutes plus tard, elle eut bien du mal : la foule commençait déjà à arriver en masse.

-« Je n’en reviens pas, la librairie n’ouvre que dans deux heures et la foule s’étend déjà sur l’autre rue ! » se plaignit-elle en passant devant plusieurs femmes qui la suivait du regard avec mécontentement en la voyant remonter la file et passer devant tout le monde.

-« Ahh, te voilà enfin, » dit sa mère qui s’inquiétait un peu de ne pas la voir revenir.

-« Désolée que tu te sois inquiétée mais il y a une folle là-bas qui prétendait ne pas vouloir me laisser passer. »

-« Non ? Tu es sérieuse ? » rigola-t-elle. Et comment tu as fait ? »

-« Je lui ai fait mon regard le plus noir en lui expliquant que ma mère m’avait fait lever à 5 heure du mat’ pour une stupide signature et que, si elle ne voulait pas se retrouver devant un juge, elle n’avait pas intérêt à me chauffer les oreilles. »

Johanna éclata de rire.

-« Devant un juge ? Tu n’exagères pas un peu ? »

-« Si j’avais hurlée, tu serais bien venue en courant, non ? » explosa de rire Kate à son tour.

La bonne humeur de Kate étant revenue, les deux heures passèrent plus vite qu’elle ne voulait bien l’admettre. Mais une fois que les portes de la boutique s’ouvrirent, la foule se resserra et Beckett se retrouvait coincée entre sa mère et un type qui en profitait pour la tripoter un peu trop son goût.

Elle se retint de lui coller un claque dans la figure mais, alors qu’ils se rapprochaient de l’auteur, les mains de l’homme derrière Kate se faisaient de plus en plus baladeuses, si bien que la jeune femme finit par exploser.

-« Touchez moi encore une seule fois et je vous explose la main ! » hurla-t-elle en fusillant l’homme du regard.

Johanna se retourna pour cacher son fou rire tandis que la femme qui accompagnait l’homme venait de le gifler et quittait la file en le tirant par le bras. Les éclats de voix n’avaient pas échappé à l’auteur qui remercia poliment le fan devant lui en lui tendant son exemplaire signé et se leva en se dirigeant vers Kate.

-« Katherine Beckett ? C’est bien ça ? » demanda Castle en tapant légèrement sur l’épaule de la jeune femme.

Elle se retourna, le regard toujours furieux.

-« Waouh… » fit Castle en reculant d’un pas.

Les rires de Johanna redoublèrent alors que le regard de Kate s’adoucit enfin.

-« Euh… Oui, c’est ça. Katherine Beckett, Kate… » bredouilla-t-elle.

Alors que les yeux de Castle restaient toujours fixés sur elle, Kate foudroyait du regard sa mère qui n’en pouvait plus de rire.

-« Excusez-moi… » fit Rick, confus, en constatant que son amie n’était pas venue seule.

-« Je vous présente ma mère, mais vous la connaissez déjà. »

-« Oui…Bonjour juge Beckett… Content de vous revoir. Hors d’un tribunal, je veux dire… » précisa-t-il de dire en prenant le livre qu’elle tenait en mains.

Rick sortit un stylo de la pochette de sa chemise et signa la couverture après avoir noté une dédicace à l’intérieure.

« 4 heures de file d’attente, c’est dangereux pour ceux qui se tiennent un peu trop près de votre fille :D »

-« Nous n’avons attendu que deux heures cette fois-ci ! » s’étonna Johanna avec le sourire.

-« Presque trois heures… » fit remarquer Kate, continuant de reprochant à sa mère son débarquement matinal. « Tu m’a réveillé à 5 heures ! »

Le comportement de Kate, similaire à celui d’une fillette, fit rire Rick qui, du coup, dut affronter une fois de plus le regard furieux de Kate.

-« Vous avez déjà fait fuir deux personne… » lui glissa-t-il à l’oreille en la narguant avec son air de gamin. « Faites-en encore fuir une bonne dizaine et je vous invite à diner. »

Johanna qui était proche de sa fille avait tout entendu et se demandait si ce message était un code pour eux ou bien s’il était vraiment sérieux. Etait-ce possible qu’en un seul rendez-vous improvisé ils soient devenus aussi complices ?


judy1  (13.12.2013 à 19:19)

Chapitre 3 :

 

-« Vous devriez reboutonner votre chemisier, » fit sèchement Kate à la jeune femme qui tentait de s’interposer entre elle et Richard Castle avant d’annoncer en parlant bien fort. « De toute façon, il ne signe plus sur les poitrines ! »

-« C’est vrai papa ? » demanda Alexis qui venait juste d’arriver.

Rick fut le premier surpris de cette révélation mais, devant sa fille, il était au pied du mur.

-« Euh… Oui, c’est vrai. Tu as raison, ça nuit à mon image… » balbutia-t-il.

La jeune femme au décolleté provoquant s’éloigna, furieuse, suivie par quelques-unes de ses amies. Johanna n’en pouvait plus de rire.

-« A ce rythme-là, vous n’aurez plus de lecteurs ! » explosa-t-elle, les larmes aux yeux tellement elle riait.

-« Arrête de dire n’importe quoi ! Elles ne l’ont même pas lu son bouquin, elles veulent juste qu’un type un peu charmant leur caresse la poitrine. »

-« Tu es consciente que sa fille est là ? » fit remarquer Johanna à voix basse pour que Kate modère ses propos.

-« Alors vous me trouvez charmant ? » nargua Rick avec un petit sourire en coin.

-« J’ai dit UN PEU charmant !… On devrait y aller si on veut avoir une place assise pour la lecture des chapitres, » se déroba-t-elle sous le regard amusé de sa mère.

-« Tu vas vraiment rester plus de 4 heures assise bien sagement ? » demanda sa mère, n’y croyant pas une seconde.

-« Il y a un ciné pas loin… J’irais voir un film… Peu importe le programme, ça ne peut pas être pire ! » rétorqua-t-elle, toujours de mauvaise humeur, en entrainant sa mère vers la pièce aménagée pour la séance de lecture.

Rick continua de les regarder en souriant bêtement. Alexis attendit qu’elle ait quitté leur champ de vision pour intervenir.

-« Si c’est ta nouvelle « communiquée de presse », elle fait du bon boulot ! » plaisanta-t-elle.

-« Elle ? Non… C’est la femme que j’ai rencontrée au parc. »

-« Celle qui s’ennuie à mourir ? » demanda Alexis, se souvenant encore de l’état de son père le jour de cette rencontre avant de poursuivre en faisant remarquer, admirant la longue file d’attente. « L’avocate ? Tu devrais l’engager pour ton divorce avec Gina… Elle ferait certainement mieux que Taylor ! Tu devrais te remettre aux autographes… De toute façon tu l’as entendu, elle est partie voir un film… »

Il émergea de ses pensées et se rendit compte que les fans s’impatientaient.

-« Ouiiii…. » soupira-t-il en se rasseyant à sa place. « Les autographes ! »

Il reprit sagement sa tâche, essayant tant bien que mal de se concentrer un peu mais il n’y avait rien à faire. Kate Beckett avait envahi son esprit si bien que plusieurs fans se retrouvèrent avec un exemplaire de Derrick Storm dédicace au nom de Katherine.

De son côté, Kate avait enchainée deux séances et sortit du cinéma en priant pour que le ‘Grand-Richard-Castle’ ait enfin terminé. Mais elle arriva alors qu’il était toujours en pleine lecture. Elle dérangea plusieurs personnes pour atteindre la chaise que sa mère lui avait réservée ce qui fit sourire l’écrivain qui tentait de rester concentré.

A la fin de la lecture, il se déroba poliment du journaliste qui voulait l’interroger pour rejoindre son amie.

-« Kate… » arriva-t-il essoufflé derrière elles. « Vous avez loupé ma lecture. »

-« Je vous l’ai dit, je ne suis pas fan ! » rétorqua-t-elle d’un air blasé.

-« Je vous dois un diner, » lui rappela-t-il pour la retenir encore un petit peu.

-« J’ai d’autres projets pour ce soir. »

-« Un autre soir alors ? Chinois ? Italiens ? Qu’est-ce que vous préférez ? »

-« Étonnez-moi  Monsieur Castle! » lança-t-elle avant de se sauver en attirant sa mère.

-« Richard… Ou Rick… » tenta-t-il.

Trop tard, cette fois elles étaient vraiment parties.

-« Je rêve ou tu as accepté son invitation ? » demanda Johanna une fois dans le taxi et sa fille légèrement calmée.

-« Je n’ai rien accepté du tout… »

-« Il faudra que tu m’expliques comment tu fais. »

-« Comment je fais quoi ? »

-« Lorsque j’ai rencontré Richard Castle la première fois, j’ai eu affaire à un homme arrogant, égocentrique, immature… Mais il n’a pas l’air de se comporter de la même manière en face de toi… Du moins j’espère sinon, avec ton père, on a dû louper une étape dans ton éducation. »

Kate la foudroya du regard.

-« Tu l’as rencontré lors d’une audience et tu lui as collé 70 heures de travaux d’intérêt général ! »

-« Oh… Katie ! Tu peux lui dire ce que tu veux mais je suis ta mère. Ne me fais pas croire que tu ne craques pas pour lui… Même Luc tu ne le regardes pas comme ça. »

-« Et comment je le regarde ? »

-« Comme je regarde ton père en me demandant encore ce que j’ai fait pour mériter un homme comme lui, » répondit Johanna en se plongeant dans ses souvenirs et arborant le genre de regard que détestait sa fille.

-« N’importe quoi… » bouda-t-elle.

De retour à la maison.

-« Comment c’était ? » demanda Jim en voyant enfin les deux femmes de sa vie rentrer à la maison pour un dîner en famille.

-« Très instructif, » répondit Johanna, ravie de sa journée.

-« Ennuyeux ! » continua de bouder Kate en allant tout droit vers la cuisine.


judy1  (14.12.2013 à 12:10)

Chapitre 4 :

 

Trois jours plus tard, Kate était au travail rêvant à toutes les manières dont elle pourrait se  débarrasser de Desmond, un avocat supérieur en ancienneté qui la prenait pour sa secrétaire et lui refilant sans cesse de petites affaires sans aucun intérêt.

-« Beckett ? »

En entendant sa voix, elle était prête à exploser mais modéra ses propos.

-« Je n’ai pas encore terminé les analyses des comptes de JMK et Associes, » lança-t-elle froidement. 

-« Ce type veut te voir. Il dit que c’est important. Tu le connais ou j’appelle la sécurité ? »

Elle releva sa tête, le regard menaçant dû à la fatigue et à l’énervement que lui provoquait Desmond.

-« Laisse-le entrer. Et ferme la porte derrière toi ! » dit-elle énigmatiquement.

Une fois qu’ils furent seuls, la porte fermée. Le regard de Kate s’adoucit et un petit sourire fit même son apparition l’espace de quelques secondes. 

-« Monsieur Castle ! En quoi puis-je vous aider ? »

-« Je vous l’ai déjà dit, je m’appelle Richard. Ou Rick pour les amis. Et je vous dois un diner, vous vous souvenez ? Enfin, je me suis dit qu’un déjeuner c’était un peu pareil. » dit-il avec malice.

-« Il est presque 14 heures ! » réagit-elle en regardant sa montre.

-« Vous preniez votre pause à la même heure l’autre jour… » sifflota-t-il, fier de lui.

-« Comment m’avez-vous trouvée ? »

Il sourit, heureux qu’elle s’intéresse à ce ‘petit’ détail.

-« Vous aviez dit que vous travaillez dans le coin lorsqu’on s’est rencontrés dans le parc. » expliqua-t-il.

-« Il y a quatre autres cabinets d’avocats dans le quartier ! » fit-elle remarquer en levant les yeux au ciel.

-« 5 en fait, si vous comptez Maitre Hendersen, mais je ne pense pas qu’il ait de collaborateurs ! »

Kate le fixa, intriguée par son assurance.

« Ne me regardez pas comme ça, j’ai passé la matinée à les appeler en demandant à parler à Maitre Beckett ! »

Kate explosa de rire.

« Il n’y a qu’ici qu’on m’a gentiment répondu que vous étiez en réunion jusque 13 heures… Et vu qu’il m’a fallu une heure pour passer la sécurité, j’en déduis que vous n’avez pas encore pris votre pause déjeuné, » affirma-t-il, tout fier de son raisonnement en posant son sac remplis de petits plats préparées. « On devrait se dépêcher de manger avant que ce ne soit froid. »

Kate sourit en rougissant légèrement, touchée par sa gentillesse.

-« Kate… » les interrompit en homme en ouvrant la porte du bureau.

L’homme d’une petite trentaine d’année et habillé d’un costume impeccable resta sans voix devant le spectacle qui s’offrait à lui.

« Je pensais qu’on déjeunerait ensemble… Pour une fois que je suis au bureau ! » dit-il avec assurance, malgré la pointe de déception dans sa voix.

Rick était prêt à remballer ses petits plats mais Kate posa sa main sur la sienne pour l’arrêter.

-« Non, pas aujourd’hui ! » se contenta-t-elle de répondre.

L’homme resta une bonne minute à la regarder, attendant visiblement une explication que Kate n’était pas prête à lui donner. Elle se contentait de le regarder fixement. Le silence commença à devenir pesant et Kate leva un sourcil l’air de dire : ‘Mais qu’est-ce que tu attends ?’. L’homme dut comprendre le message car il capitula et referma la porte en partant. Kate arbora alors un sourire victorieux.

-« Bon, qu’est-ce qu’on attend pour commencer ? »

-« Qui était-ce ? Un collègue un peu jaloux ? » plaisanta-t-il.

-« Luc Grimm… L’un de mes collègues. Mon petit ami en fait, » admit-elle en voyant le regard suspicieux de l’auteur. « Et avant que vous ne demandiez, non, rien avoir avec Jacob et Wilhelm Grimm… »

-« Je n’ai rien dit ! » se défendit-il avec un regard qui disait le contraire.

Kate éclata de rire en voyant sa tête de petit garçon pris en flagrant délit.

« Je suis désolé… Si ma visite vous cause des soucis… On peut très bien en rester là et… »

-« Ne vous en faites pas pour Luc. Il s’en remettra. Sérieusement… Il n’est jamais au bureau et parce qu’exceptionnellement il est là aujourd’hui je dois remettre à plus tard ce que j’ai prévu ? Non mais il rêve ! »

-« Sauf qu’il n’était pas vraiment prévu ce déjeuner ! » fit-il remarqué à voix basse, de peur de l’énerver d’avantage.

-« Pas grave ! » dit-elle clairement mais avec le sourire. « Je ne suis pas A LUI. Je ne suis pas SA CHOSE. »

-« Il a l’air… »

Rick sembla réfléchir au mot à utiliser.

-« Ennuyeux… Vous pouvez le dire ! »

-« Je cherchais un autre mot… »

-« Je ne suis pas certaine que vous en trouviez un, » affirma-t-elle, le regard plein de malice.

Ils éclatèrent de rire et continuèrent leur déjeuné dans la bonne humeur. Une heure plus tard, Rick repartit sous le regard assassin du fameux Luc qui était resté pour surveiller la pause de son amie.

Kate dut rester tard au bureau ce soir-là pour rattraper le retard qu’avait causé ce déjeuné improvisé. Mais elle était ravie, elle avait passé une superbe après-midi et même Desmond ne serait pas arrivé à la faire redescendre de son petit nuage.


judy1  (15.12.2013 à 18:39)

Chapitre 5 :

 

Les semaines se succédèrent à un rythme infernal pour Kate. Desmond avait été promu chef du cabinet et n’épargnait pas Kate en la surchargeant de travail. Ça allait du classement de dossiers à la défense de petits clients mais jamais rien de vraiment important.

Richard ne s’était plus rendu sur son lieu de travail pour ne pas l’embarrasser ou la mettre d’avantage en retard. Cependant ils leur arrivaient de se croiser de temps en temps dans le parc lors des pauses que s’accordait Kate.

C’est d’ailleurs en rentrant de l’une de ses pauses qu’elle avait passé en compagnie de Rick que Desmond la convoqua dans son bureau.

-« J’ai un gros problème… » commença-t-il alors qu’elle n’avait même pas encore refermé la porte.

« Qu’est-ce que j’ai encore fait… » pensa Kate en s’essayant, tirant une tête pas possible.

-« Tu connais bien Richard Castle ? » demanda-t-il de but en blanc.

-« Quoi ? Euh… »

-« C’est bien l’homme avec lequel tu passes ton temps ? »

-« Quoi ? Mais… »

-« Je me fiche de ta vie privée Kate. Tu régleras ça avec Luc… Je voulais juste savoir à quel point vous êtes proches ? »

-« C’est juste un ami, » répliqua-t-elle avec beaucoup d’assurance en pensant qu’il avait le chic pour se mêler de ce qui ne le regardait pas.

-« Bien… Alors ça ne te posera pas de problème de représenter Black Pawn. »

-« Le rapport avec Castle ? »

-« C’est lui qu’ils attaquent… Visiblement ton ‘copain’ ne respecte pas les délais et son éditrice en a assez de courir après lui. »

-« Et pourquoi moi ? » fit-elle en se demandant pourquoi soudainement elle se voyait confier une affaire aussi importante.

-« Grimm a déjà 5 affaires en cours, Tobias ne s’occupent que des divorces houleux, Anderson part en congé de maternité la semaine prochaine et je n’ai toujours pas trouvé de remplaçant… Donc il n’y a plus que toi… Alors ? »

-« Aucun problème… » affirma-t-elle, prise au piège. « Je m’en occupe. »

Elle sourit à Desmond bien qu’elle ait plutôt envie de représenter Castle.

-« Remercie Luc, c’est lui qui m’a convaincu de te laisser une chance… » lança-t-il alors que Kate quittait son bureau.

-« Ben voyons… Je ne m’en serais jamais doutée… » marmonna-t-elle entre ses dents tout en regardant le bureau de son petit-ami d’un air furax.

Elle passa le reste de l’après-midi à donner des coups de fils à gauche et à droite pour clore un maximum de rapports avant la réunion prévue avec son nouveau client.

Elle eut donc le plaisir de discuter avec l’un des responsables de la maison d’édition de l’utilité d’une telle procédure. Elle eut également l’énorme privilège de rencontrer Gina Cowell et d’écouter son monologue sur tous les manquements de l’écrivain et le fait que le livre devrait déjà être disponible sur le marché.

Elle mourrait d’envie d’aller voir Rick et d’avoir son point de vue mais elle n’avait pas le droit de faire ça. Elle devait attendre la prochaine réunion qui devait avoir lieux le lendemain. L’auteur et son avocat avait été convoqué pour essayer de négocier.

Une fois de plus elle resta très tard au bureau. Tous ses collègues étaient déjà repartis et il ne resta plus que le vigil pour lui souhaiter une bonne fin de soirée.

En sortant de l’immeuble, elle se dirigea vers la station de métro mais, au dernier moment, elle fit demi-tour et se retourna vers la route pour appeler un taxi. Elle donna l’adresse de Castle qu’elle avait trouvée dans le dossier de Black Pawn.

Elle était entrée dans l’immeuble d’un pas décidé si bien qu’elle n’eut aucun problème avec le gardien. Elle avait sonné à la porte de l’appartement de l’auteur et se sentit soudain vraiment idiote… Qu’allait-elle lui raconter ? Elle n’avait pas le droit de faire ça, c’était trahir son client en allant carrément voir la partie adverse. Elle risquait sa place… Elle s’apprêtait à repartir lorsque la porte s’ouvrit.

-« Kate ? » demanda l’auteur tenant un sabre laser en plastique et habillé d’une sorte de combinaison qui émettait toute sorte de lumières.

Elle le dévisagea des pieds à la tête et fit de même avec Alexis lorsque la jeune fille apparut à son tour.

-« Vu l’heure tardive et la présence de votre porte documents, j’en déduis que ce n’est pas une visite de courtoisie… Comment vous avez eu mon adresse ? » demanda-t-il soudain.

-« Dans le dossier de mon client… »

-« Wahhh, vous avez enfin une vraie affaire ? » s’enthousiasma-t-il, content pour elle.

-« Je vous laisse… » fit Alexis en reprenant le sabre des mains de son père.

Visiblement l’adolescente avait fait le rapport plus rapidement que son père.

-« Une minute… Votre client ? J’ai des problèmes ? »

Kate fronça les sourcils. Comment pouvait-il ne pas être au courant ? Ou peut-être que le fait d’être systématiquement en retard ne constituait pas un problème pour lui.

-« Je crois que oui… » souffla Kate mal à l’aise avant d’expliquer, surprise de devoir lui annoncer ça elle-même. « Black Pawn porte plainte pour non-respect des clauses du contrat… Ne me dites pas que vous n’êtes pas au courant, vous êtes convoqué chez eux demain en fin de matinée avec votre avocat. »

-« Demain matin ? Avec mon avocat ? »

Il enleva sa combinaison de ‘combat’, devenant soudain plus sérieux.

-« Non, je ne suis au courant de rien… »

Il prit son portable et vérifia ses messages. Mais non, il n’avait rien reçu de tel.

-« Gina ! » s’exclama-t-il soudain, relevant la tête pour lire dans les yeux de Kate. « C’est elle n’est-ce pas ? »

-« Oui… » admit Kate qui ne pouvait plus se cacher derrière le secret professionnel vu qu’elle en avait déjà enfreint toutes les règles.

-« Qu’est-ce que qu’elle veut et qu’est-ce que je risque ? » demanda-t-il avec un calme olympien.

-« Elle demande votre exclusion de la maison d’édition et une forte somme d’argent pour les retards accumulés… »

-« Tout ça pour quelques chapitres… Mais qu’est-ce qu’elle croit ? Que c’est facile ? » commença-t-il à s’énerver.

-« Alors c’est vrai ? Vous êtes si en retard que ça ? »

-« Le livre devait être terminé le mois dernier… J’en suis qu’à la moitié, » avoua-t-il, conscient de ce qu’elle risquait elle aussi avec cette visite. « Si Black Pawn me laisse tomber, ça va se savoir dans le milieu. Je serais ruiné… »

-« Vous avez la nuit pour terminer votre bouquin… Mais pourquoi ? Quel intérêt de faire ça ? »

-« Vous n’êtes vraiment pas fan hein ? »

Devant son regard, il en conclut qu’elle n’avait vraiment aucune idée des motivations de Gina.

-« C’est ma femme… Enfin, bientôt mon ex-femme… Ce qu’elle veut vraiment, c’est m’humilier. Tout simplement. Comment je fais pour terminer un livre en une nuit… Je suis fini… » se lamenta-t-il.

-« Inventer n’importe quoi… Ecrivez un ou deux chapitres, apportez une trame qui prouve que vous avez des idées… »

-« Derrick Storm m’ennuie, » soupira Rick en se servant un verre et en proposant un à Kate. « Je sais d’avance comment se termine les histoires avant même de les écrire… »

-« Ecoutez Castle, » fit-elle en buvant cul sec avant de lui conseiller fermement, décidée à s’éclipser immédiatement. « Tuez le personnage, faites un brouillon des prochains chapitres, passez à toute autre chose… Je m’en fiche mais trouvez avant demain… »

-« C’est gentil à vous de prévenir Richard ! » intervint Martha en interdisant à son fils de se servir un autre verre. « Je pense que tu as trop de travail pour ça… »

-« Elle n’a pas envie de prendre le risque de perdre sa première grosse affaire, » taquina Castle avec un sourire charmeur.

-« Non Castle, c’est juste parce que je n’ai pas envie de vous voir pleurer comme une fillette, » répliqua-t-elle du tac au tac avec son sourire vicieux.


judy1  (16.12.2013 à 19:34)

Chapitre 6 :

 

A dix heures du matin, Castle était encore en pyjama, assis à son bureau devant son PC et tentant de mettre par écrit un semblant de trame qui pouvait tenir la route. Il avait travaillé toute la nuit, écrivant les chapitres 10 et 11. Mais, alors qu’il venait de commencer la trame, la phrase de Kate avait refait surface dans sa tête : « Tue ton personnage… ». Elle avait lancé ça en l’air parmi d’autres idées toutes aussi farfelues et pourtant c’est celle-là qu’il avait retenue. Inspiré, il avait laissé sa trame de côté et avait écrit le dernier chapitre. Il ne lui restait plus qu’à poursuivre l’intrigue et faire en sorte que, pour une fois, ce soit le méchant qui gagne.

-« Richard ? Mais que fais-tu encore en pyjama ? Je te rappelle que la réunion est dans moins d’une demi-heure ! » lui rappela sa mère en entrant dans le bureau.

-« Je sais… Laisse-moi terminer ce passage… Ensuite je n’ai plus qu’à relire, imprimer et… »

-« Vas prendre ta douche, » ordonna Alexis en entrant à son tour dans le bureau.

-« Tu ne devrais pas être en cours jeune fille ? »

-« Monsieur Griffin est malade. Je n’ai pas cours de la matinée… Vas te préparer, je relis. Je laisserais moins de fautes que toi, » assura-t-elle en le poussant de son fauteuil, bien décidée à prendre sa place.

 

Il était dix heures et demie. Kate était déjà dans une salle de réunion dans les locaux de Black Pawn et discutait avec Gina ainsi que Thomas Miller, l’un des responsables de la maison d’édition. Il ne manquait plus que Castle et son avocat pour commencer. Plus l’heure avançait et plus Kate désespérait de voir Rick passer cette porte. Pourtant, s’il ne venait pas, sa vie d’écrivain était terminée.

-« Bon, de toute évidence il ne viendra pas ! » assura Gina en regardant sa montre. « On devrait commencer. »

-« Bien… Commençons donc ! » soupira Thomas en regardant l’heure à son tour.

Kate soupira intérieurement. Elle ne pouvait pas laisser paraître ses émotions mais elle aurait donné n’importe quoi pour se télétransporter et secouer Rick pour qu’il s’active.

-« On vous écoute Gina, » assura le responsable de la maison d’édition.

L’éditrice ne se priva pas pour sortir le contrat initial, celui sur lequel Richard Castle assurait pouvoir envoyer régulièrement des chapitres à son éditrice et pouvoir ainsi sortir le livre avant le début des vacances d’été. Elle sortit également de nombreux mails venant de Castle et demandant à ce que les délais soient allongés puis finit son petit récapitulatif en assurant que Castle se fichait complètement de ses engagements et que, malgré ses appels à répétition, il n’était toujours pas en mesure d’assurer la parution du livre. Elle alla même jusqu’à affirmer qu’il n’avait rien envoyé depuis des lustres et qu’il était fort possible que ce roman ne voit jamais le jour.

-« Mais il me semble qu’une avance avait été faite pour ce roman ? » fit le responsable, certain de son affirmation.

-« C’est justement la raison de cette plainte. Monsieur Castle s’est fait octroyer d’avance une grosse somme d’argent pour un travail qu’il ne compte pas honorer… Il est donc juste de réclamer un remboursement… Et peut-être qu’il serait envisageable de ne plus travailler avec lui. »

Le responsable fit la grimace. Lui aussi avait révisé ses notes et il savait que le nom de Richard Castle pesait lourd pour la société. Certes ses livres paraissaient toujours avec beaucoup de retard mais ils devenaient à chaque fois des best-sellers. Sanctionner aussi durement un tel auteur serait une grosse perte pour Black Pawn. C’est pour cette raison qu’il avait programmé une entrevue : il aurait aimé pouvoir s’entretenir avec l’écrivain, lui donner une petite tape sur les doigts et pouvoir reprogrammer la sortie du prochain ‘Derrick Storm’. Mais il n’avait pas envisagé que celui-ci ne viendrait pas. Il devait donc se ranger du côté de l’éditrice et envisager de rompre tous contrats avec cet auteur.

Kate vit tout de suite que le responsable était contrarié lorsque Gina avait envisagé de renvoyer Castle. Elle ferma les yeux quelques secondes en signe de soulagement. Il y avait encore un espoir de sauver la situation malgré l’absence du principal intéressé.

-« Si Richard Castle a été payé pour un travail qu’il n’a pas fourni, pourquoi ne pas simplement demander le remboursement… »

Gina la foudroya du regard alors que Thomas esquissa un regard amusé.

-« Je ne sais pas si vous avez conscience que l’on parle de plusieurs millions là ? »

Elle déglutit. Non, bien sûr qu’elle n’en avait pas la moindre idée.

-« Justement. Devoir rembourser une telle somme devrait lui causer pas mal de dommage. Il sera obligé de se remettre à écrire pour garder son train de vie excentrique… »

-« Et, bien sûr, les éditions Black Pawn devrait lui sauver la mise alors qu’il nous fait perdre des millions à nous aussi ? » demanda ironiquement Gina, bien décidée à faire rayer Castle de la maison d’édition.

-« Sauf si vous préférez qu’une autre maison d’édition en profite ! » osa-t-elle bluffer.

-« Elle marque un point… » assura le responsable. « Si Castle sort un best-seller sans nous, ça nous coûtera bien plus chère que quelques mois de retard ! »

Il était 11 heures moins le quart quand une secrétaire frappa à la porte.

-« Monsieur Miller ! Richard Castle vient d’arriver, » fit-elle timidement.

Gina devint blanche d’un seul coup et Kate retrouva enfin une respiration normale.

-« Faites-le entrer, qu’est-ce que vous attendez ? »

Rick entra et regarda les trois personnes présentes. Thomas Miller se forçait à afficher un regard sérère. Il le connaissait suffisamment bien pour savoir que ce n’était pas naturel. Gina était tellement pâle qu’on aurait dit qu’elle allait faire un malaise. Il avait envie de sourire à cette vision mais se retint. Par contre, il resta subjugué par Kate. Elle semblait si sérieuse bien qu’elle faisait de son mieux pour rester concentrée sur ses notes et ne pas le regarder.

-« Vous avez plus d’une demi-heure de retard Monsieur Castle. J’espère que vous avez une bonne excuse ? » demanda le responsable.

-« Je ne savais même pas que je devais venir… » assura-t-il en regardant Gina sournoisement.

-« Je t’ai envoyé un mail… » se défendit-elle.

-« Non, tu ne l’as pas fait. Mais bon, puisque je suis là, je suppose que tout va bien… »

-« Non Richard, ça ne va pas bien… Votre livre devrait déjà être en tête des ventes et il n’est même pas encore en cours d’impression. »

-« Oui Thomas, je sais… Pour ma défense je vais juste dire que j’ai d’autres soucis personnels à régler. »

Il regarda Gina une fois de plus puisqu’il parlait de son divorce et de tout ce qu’elle avait le culot de lui réclamer.

« Oui, je sais. On a tous nos petits soucis… Et d’ailleurs, je venais pour parler avec Gina de quelques modifications sur le projet initial. »

-« Bien… Alors vu qu’on est tous là, on vous écoute, » assura Thomas.

Rick fit un résumé de ce qui était déjà écrit et prouva à Miller qu’il avait bien envoyé deux chapitres supplémentaires cette nuit à l’éditrice. Il expliqua ensuite la trame de l’histoire qu’il avait en tête et, lorsqu’il aborda la fin, Gina se mit à hurler.

-« Tuer Derrick Storm ? Mais tu es malade ou quoi ? »

-« Richard, est-ce que vous vous rendez compte de ce que ça implique ? »

-« Oui, je sais… Je vais lui faire une belle mort, un peu énigmatique, de manière à pouvoir le ressusciter si l’envie me prend. Mais pour l’instant, il faut que je passe à autre chose… Je n’en peux plus de ce personnage. »

-« Richard…. Tu es vraiment stupide ! » affirma Gina, folle de rage contre l’auteur.

-« Bon puisqu’on est d’accord et que le livre pourra bel et bien paraitre, je pense qu’on peut affirmer qu’il n’y aura pas de procès… » soupira Thomas avec soulagement avant de poursuivre en lançant afin qu’il ne s’en sorte pas sans aucun dommage tout de même. « Par contre, vu le retard… On va peut-être penser à une sanction financière. »

-« Oui, je comprends ! » répondit simplement Castle, soulagé d’une certaine manière de ne pas se faire carrément virer de la maison d’édition.

-« Vous pouvez sortir Richard, on va voir ça avec notre avocate et on vous tiendra au courant… Si vous ne savez pas quoi faire en attendant, vous pouvez toujours écrire un ou deux chapitres ! » ironisa-t-il avec un léger sourire, heureux d’avoir trouvé le moyen de garder l’auteur et de faire en sorte que le bouquin sorte prochainement.


judy1  (17.12.2013 à 19:17)

Chapitre 7 :

 

Après le départ de Rick, Gina explosa.

-« Vous n’allez quand même pas le laisser s’en sortir comme ça ? Ces retards ont engendré de grosses pertes pour… »

-« Gina ? Je ne pense pas que les comptes de l’entreprise sont dans vos compétences. Je vous rappelle que votre travail consiste à recruter de nouveaux auteurs à succès et à vous assurer que ces mêmes auteurs nous livrent leurs chapitres dans les temps… Pour ce qui est de la manière dont Black Pawn fonctionne, vous n’avez pas votre mot à dire. Je vous prierais donc de sortir pour me laisser discuter avec Maître Beckett d’éventuelles mesures à prendre à l’encontre de Monsieur Castle. »

Thomas Miller avait été suffisamment sec pour que l’éditrice ne pense même pas à répliquer.

-« Désolé de vous faire perdre votre temps Maître, » fit l’homme visiblement gêné de cette situation. « Ils sont en pleine procédure de divorce et chacun essaye de marquer des points. Cette querelle aurait pu se régler sans votre présence mais, puisque vous êtes là, on va faire les choses bien… Je vous propose de prendre une petite pause et de me retrouver dans mon bureau dans une heure. Je vais revoir les conditions de son contrat, en discuter brièvement avec mes associés et ensuite j’aurais besoin de votre aide pour rédiger les documents et vous assurez que Monsieur Castle soit bien mis au courant des différentes mesures. »

-« Bien Monsieur… » consentit Kate qui se sentait de plus en plus inutile.

Au lieu de rentrer chez lui, Castle entra dans le bureau de Gina, il avait un compte à régler avec elle et peu lui importait le temps qu’il devrait attendre.

-« Richard ? » s’étonna Gina en pénétrant dans son bureau. « Je te croyais rentré chez toi. Tu n’as rien d’autre… »

-« Mais pour qui tu te prends ? » lui lança-t-il, furieux. « Tu crois vraiment que tu peux manipuler les gens comme tu veux ? Tu pensais vraiment pouvoir me faire virer de Black Pawn en piquant ta petite crise ? »

-« Ça y est, tu as fini ? Tu nous dois un livre et tu as des mois de retard ! Par contre, pour ce qui est d’encaisser l’argent, alors là… »

-« C’est toi qui a encaissé le chèque ! » lui rappela-t-il en tentant de garder son calme bien qu’il mourrait d’envie de l’étrangler. « C’était pour t’acheter ton manteau de fourrure et réserver tes vacances en Italie, tu te souviens… Bien évidemment, tu as bien dû te servir au passage parce que je doute qu’une semaine en Europe coute plus de 800 000 $. »

-« Tu m’as donné l’autorisation d’encaisser ce chèque… Je n’ai aucun compte à te rendre… »

-« Si tu l’dis… Mais ça ne te donne pas le droit de me faire passer pour un parfait crétin… Je t’assure que tu vas me payer ce petit coup en douce, je ne suis pas prêt de l’oublier ! »

Il allait passer le pas de la porte lorsqu’elle posa sa dernière question.

-« Puis-je au moins savoir qui est le traite qui a vendu la mèche ? »

-« Une personne qui, de toute évidence, a bien plus confiance en moi que ma propre femme et ne compte pas sur moi pour livrer mes sources ! »

-« Ex-femme, Richard. Ex-femme ! »

-« Ce n’est pas encore fait… Et si c’est la guerre que tu veux, tu vas l’avoir. Prépare-toi à en baver ! » lui hurla-t-il en claquant la porte.

 

Une heure plus tard, dans le bureau de Thomas Miller :

-« Une amande de 5 millions de dollars et un abaissement de ses revenus sur les ventes. Qu’en pensez-vous Maître ? Vous devez avoir l’habitude de ce genre de procédure. »

Kate faillit s’étouffer en entendant la somme réclamée par le responsable. Elle n’avait aucune idée du montant des économies de l’auteur mais, puisqu’on lui demandait son avis, ne pouvait-elle pas envisager de faire en sorte que la sanction soit moins douloureuse.

-« Je ne sais pas à combien s’élevait la somme versée à Monsieur Castle mais 5 millions me semble un peu excessif comme montant. D’autant plus qu’il vient de vous promettre le livre pour le mois prochain… A combien s’élève le bénéfice des ventes de ses bouquins sur deux mois ? »

L’homme dut vérifier les comptes sur son PC, ouvrir et fermer plusieurs dossiers, refaire encore des comptes avant d’annoncer triomphalement.

-« Les deux premiers mois sont souvent décisifs… En moyenne 2 millions. »

-« Ok… Alors je pense que ce serais plus juste de lui réclamer cette somme. Vous risquez de le faire fuir en le punissant trop sévèrement. »

-« Son retard est une sacrée perte d’argent pour l’entreprise… »

-« Oui mais son livre va paraitre… Et pourquoi ne pas faire de ce retard une publicité pour le lancement du livre ? »

-« Mouais… Ça pourrait marcher… » dit-il en faisant la moue. « Mais les frais de publicité vont lui être facturés… »

-« Et si vous diminuiez son cachet sur les ventes plutôt… »

-« 10 % de moins comme demande Gina ? Ça me semble excessif… »

-« Bien sûr que ça l’est ! » se moqua-t-elle ouvertement. « Je pensais plus à 2 ou 3 %. De cette manière, vous lui infligez une punition dont il se souviendra à long terme sans pourtant le mettre sur la paille… Ça vous assurerait et de récupérer les sommes perdues, et de garder votre auteur… Vous pourrez continuer à faire des affaires avec lui. Je pense que ça serait plus bénéfique pour Black Pawn que de le faire fuir en lui demandant des remboursements trop importants. »

Il réfléchit, ouvrit un programme et y faisant des tas de calculs pour vérifier si cette option était réalisable.

-« Mouais… Ça pourrait se faire… Mais il faudrait lui diminuer 4 % sur les ventes, et pour une période d’un an pour qu’on reste gagnant. On pourra revenir aux conditions initiales plus tard, si tous les accords sont respectés. »

-« Je vais rédiger ça, » assura Kate. « Je vous envois mon rapport par mail en fin d’après-midi et, après avoir reçu votre accord, je ferais en sorte que Monsieur Castle en reçoive directement une copie puisqu’il ne s’est pas fait représenter par son avocat. »

Beckett et Miller se quittèrent en bon terme, d’accord sur les mesures à adopter. Kate se sentait soulagée d’avoir pu plaider un minimum en la faveur de son ami en diminuant le montant des indemnités qu’il devrait rembourser. Elle n’avait aucune idée de la somme que pouvait représenter les 4 % sur les ventes mais, une chose était sûre, c’était toujours mieux que les 10 % demandé par Gina !


judy1  (18.12.2013 à 19:29)

Chapitre 8 :

 

Kate était dans son bureau. Elle avait envoyé son rapport à Thomas Miller deux jours plus tôt et se consacrait à d’autres affaires en attendant des nouvelles. Son chef était à l'entrée de la pièce, la regardant fixement et attendant qu’elle lève les yeux. Ce qu’elle n’était pas prête à faire vu qu’elle l’ignorait délibérément.

-« Je viens de recevoir un mail de Black Pawn, » annonça-t-il sèchement pour attirer son attention.

Kate leva enfin les yeux vers lui. Il entra, ferma la porte derrière lui et s’assit en face d’elle avec un sourire narquois.

-« Quelle partie représentais-tu déjà ? » 

-« Les éditions Black Pawn, » assura-t-elle en se demandant ce qui pouvait avoir changé en deux jours.

-« Gina Cowell désapprouve totalement tes méthodes et demandait un rapport sur toi. Tu as de la chance que son supérieur ait prit ta défense en m’assurant que tu avais raison. Il préfère garder son auteur et récupérer son argent petit à petit plutôt que de tout réclamer d’un coup et le laisser partir vers une autre maison d’édition. »

Il laissa un blanc avant de poursuivre.

-« Personnellement je ne suis pas certain que c’était vraiment les intérêts de Black Pawn que tu défendais. Mais le client est satisfait... Beau travail. »

Il se leva, adorant un sourire triomphant.

-« Il n’y a pas de sentiments en affaire... Fais attention, tu n’auras peut-être pas autant de chance la prochaine fois. Tu devrais rédiger la conclusion et la faire transmettre à Richard Castle avant que quelqu’un ne change d’avis. »

-« Tu l’ignores peut-être mais Castle ne perçoit que 15% sur les ventes. Gina Cowell voulait diviser son cachet par trois ce qui l’aurait ruiné. Maintenant réfléchis deux secondes : tu serais prêt à retravailler avec quelqu’un qui n’hésite pas à te mettre sur la paille ? Si Castle quitte Black Pawn, ça leur couterait bien plus que quelque dizaines de millions de dollars. C’est Miller en personne qui me l’a confirmé. C’était la seule solution ! Et juste pour ton information, si j’avais représenté Castle, il n’aurait eu que l’amande pour les deux mois de retard. »

-« Vu comme tu as négocié l’abaissement de cette amande et l’abaissement de sa prime à 11% au lieu de 5%, je n’en doute même pas une seconde. Sérieusement Kate ! » menaça-t-il avant de quitter le bureau de Kate. « Si la totalité du conseil d’administration de Black Pawn n’avait pas approuvé l’arrangement, je n’aurais pas hésité une seconde à te virer. Et même ta mère n’aurait pas pu t’aider.»

-« Si ma solution n’avait pas été la meilleure, le conseil d’administration n’aurait pas approuvé. Maintenant excuse-moi mais j’ai du travail, » affirma-t-elle en lui refermant la porte au nez.

Elle n’avait pas répondu au sujet de sa mère mais, elle n’en revenait pas, bien qu’elle travaille dans ce cabinet depuis près de deux ans, son supérieur direct était toujours convaincu que c’était grâce à l’aide du Juge Beckett qu’elle avait obtenu sa place !

Kate ne resta pas tard au bureau ce soir-là. Elle devait passer la soirée avec Luc en tête à tête. Juste avant de partir, elle était sur le point de déposer la lettre pour Richard Castle au ‘courrier’ mais elle se ravisa, se disant que ça serait quand même plus correcte de sa part de la lui donner en mains propres. Elle appela donc un taxi pour se rendre chez l’écrivain.

-« Kate ? » s’exclama-t-il avec le sourire. « Oh… Le porte document… Maître Beckett ? »

Kate explosa de rire.

-« Oui, c’est Maître Beckett qui vient vous apporter le compte-rendu de la convocation entre vous et Black Pawn. »

-« Et vous vous déplacez en personne pour ce genre de chose ? Vous n’avez pas confiance en les services postaux ? » se moqua-t-il gentiment.

-« J’ai toute confiance en eux, » assura-t-elle avec le sourire. « Mais j’ai pensé que ça serait plus correcte de ma part de venir vous annoncer ça en personne. »

-« C’est si terrible que ça ? » demanda-t-il en l’invitant à entrer.

Elle se contenta de lui tendre l’enveloppe et de le laisser lire tranquillement son contenu.

-« Deux millions ? Mais ils sont complètement dingues… 4 % de moins sur le bénéfice des ventes ?  Ça représente des millions… Mais vous voulez me ruiner ? »

-« Si j’avais voulu vous ruiner Castle, ils auraient obtenu plus encore que 5 millions et les 10 % de votre part sur les ventes ! »

Rick la regarda sans trop comprendre.

« C’est ce que Gina proposait de vous réclamer… J’ai plaidé en votre faveur ! »

-« Vous n’étiez pas sensé représenter Black Pawn ? » intervient Alexis en passant avec les assiettes pour dresser la table.

-« Si mais ils sont d’accord avec le fait que ruiner votre père ne l’aiderait pas à leur écrire d’autres best-sellers. »

-« Non mais je vous en prie… Continuer comme si je n’étais pas là ! » râla-t-il.

-« Au lieu de bouder comme un petit garçon, tu devrais plutôt remercier ton amie… Sans elle, Gina t’aurait ruiné, » assura Martha.

-« Désolé ! » assura-t-il en lui tendant la main. « Je sais que ce n’est pas votre faute… Merci de m’avoir soutenu. »

-« De rien… Mais la prochaine fois que vous êtes invité à ce genre de petite fête, pensez à emmener votre avocat, ça aurait été plus drôle encore, » le taquina-t-elle.

-« J’y penserais… Mais là, si je ne m’occupe pas des pâtes, ça va brûler ! » fit-il remarquer en courant vers la cuisine où l’eau débordait.

-« Vous diner avec nous ? » proposa Martha alors que Kate s’en allait.

-« Euhhhh… »

Elle échangea un regard incertain vers Castle.

-« Richard en fait toujours pour un régiment. »

-« Allez, ça peut être drôle… Vous nous expliquerez la tête qu’a fait Gina ! » compléta Alexis.

-« OK… » répondit Kate en voyant Rick revenir avec une assiette et des couverts en plus.

-« Elles gagnent toujours ! » assura-t-il en posant la vaisselle sur la table et débarrassant Kate de sa veste.

Ils avaient terminé le repas et discutaient pour faire une petite pause avant le dessert lorsque le portable de Kate se mit à sonner. Elle l’ignora à deux reprises mais la personne insistait.

-« Vous pouvez répondre vous savez, » se moqua Rick avec le sourire.

-« Beckett ! »

-« Enfin… Mais où es-tu ? Je m’inquiétais moi ! »

-« Chez des amis… »

-« Mais on devait passer la soirée ensemble ! Donne-moi l’adresse, je viens te rejoindre. »

-« J’ai dû oublier… » soupira Kate. « Et non… Quand tu fais la tournée des bars avec tes amis, je ne m’incruste pas… Tu peux respecter ça au moins ? » poursuivit-elle sèchement avant de raccrocher sans même attendre sa réponse

Elle rangea son téléphone et se rassit à table.

-« Désolée… » balbutia-t-elle, mal à l’aise.

-« C’est à moi de m’excuser, vous aviez peut-être un diner plus romantique de prévu ? »

-« Ça m’étonnerait… » si mit-elle à rire.

-« Il ne vous fait jamais de petite surprise romantique ? » demanda Alexis du haut de ses 16 ans.

-« Ça dépend de ce que tu entends pas ‘romantique’ ! La dernière fois qu’on était sensé diner au resto, c’est moi qui avait réservé dans un endroit vraiment classe. Je devais passer le prendre chez lui… »

-« Ça arrive ! » interrompit Castle. « Il y a des hommes qui préférent que la femme dirige tout. »

-« Je suis arrivée en même temps que le livreur de pizzas ! »

-« OH ! » ne put retenir l’actrice alors qu’Alexis pouffait de rire.

-« Un diner pizzas devant quelques dossiers… Ça peut être romantique aussi… Vous n’avez qu’à en rapporter quelques-uns et je vous montre ! »

Kate lui sourit.

-« Je n’en doute pas une seconde… Sauf que l’urgence c’était la retransmission d’un match de base-ball. J’ai passé la soirée en tête à tête avec ma pizza pendant qu’il commentait le match au téléphone avec mon père ! »

-« Votre père doit l’adorer… Et j’en déduis que vous n’êtes pas fan de base-ball non plus… »

-« Qui pourrait lui en vouloir ! » assura Martha.

-« Il voulait peut-être se faire pardonner ? » suggéra Alexis.

-« Mon père adore parler base-ball mais, de là à dire qu’il apprécie Luc… C’est une autre histoire. Et non Alexis… Je ne pense pas que ça lui vienne à l’esprit. »

-« Pourquoi ? »

-« C’était il y a plus de 6 mois… » assura Kate en gardant le sourire.

-« Ohh… » se contenta de soupirer Martha en replongeant la tête dans son assiette.

-« Je vais… Préparer le dessert… » fit Rick en se levant de table, détestant encore un peu plus ce Luc.

A la fin de la soirée, Rick s’excusa encore de l’avoir invitée à l’improviste en ruinant les plans de son petit-ami. Kate lui assura que ce n’était pas grave et qu’elle avait passé une agréable soirée avant de lui assurer que, la prochaine fois, ce serait à son tour de l’inviter.

-« Au fait Castle ! »

-« Rick… Ou Richard… Enfin, il n’y a plus le MONSIEUR alors je suppose que c’est un progrès. »

-« Castle ! C’est très bien Castle. Et vous avez intérêt à finir ce bouquin dans les temps car il n’y a pas que votre carrière qui soit en jeu. »

-« Sérieusement ? »

Il n’avait pas pensé une seconde que s’opposer à Gina puisse lui causer des problèmes à elle aussi.

« Je ne vous décevrez pas Kate. »


judy1  (19.12.2013 à 19:43)

Chapitre 9 :

 

Cela faisait plus d’une heure 20 que Kate était assise à la table du restaurant, attendant une personne qui visiblement avait oublié le rendez-vous. Elle en avait assez de supporter le serveur qui lui faisait du charmes et plus que marre de l’empathie de la femme de la table voisine.

-« Pauvre jeune femme… Elle était déjà là quand nous sommes arrivés et elle est toujours seule ! » se lamentait la femme âgée, pour la troisième fois.

Kate inspira un grand coup en se rappelant les sermons de son père : « Mais pourquoi tu perds ton temps avec lui ? »

Elle sortit son portable et vérifia pour la énième fois ses messages. Toujours rien. Elle chercha un numéro dans la liste des contacts et appela.

-« OUI ? » fit l’homme à l’autre bout en criant.

-« Où es-tu ? » demanda Kate comme si de rien n’était.

-« Chez moi… » répondit-il.

Soit il avait sacrément baissé le son de la stéréo, soit il était sorti du Pub.

-« Je suis fatigué… Je me repose… Pourquoi ? »

-« Pour rien ! » soupira-t-elle avec déception. « Repose-toi bien. »

Elle raccrocha et regarda partout autour d’elle. Le serveur avait un grand sourire, il devait se dire que c’était l’occasion de retenter sa chance. La femme à la table voisine la regardait avec compassion mais ne fit aucun commentaire.

Tout le monde avait compris bien avant elle qu’elle s’était fait poser un lapin mais elle ne voulait pas s’humilier d’avantage en se levant. Elle fit un rapide tour de son répertoire.

-« Non… John vient de se marier, je doute que sa femme comprenne qu’il s’absente au milieu de la soirée pour une collègue… Marion ?? Non, pour un simple diner entre fille, je ne serais pas resté à attendre aussi longtemps… Simon ? Ohhh nonnn… Il va me falloir des siècles pour qu’il me lâche… Castle ? »

Elle sourit. Bien sûr qu’elle voulait l’appeler… Mais elle hésitait car, même s’ils étaient amis, ils ne se connaissaient que depuis quelques mois.

-« Castle.  »

-« Hey… Bonsoir. Je vous dérange ? »

-« Maître Beckett ? Non, vous ne me dérangez jamais ! Aurais-je d’autres problèmes ? »

-« Non… » se mit-elle à rire. « C’est moi qui ai besoin d’un coup de mains. »

-« Vous vous êtes fait arrêter pour proxénétisme ? » se moqua-t-il.

-« Très drôle Castle… Non, j’avais rendez-vous avec Luc pour ce qui aurait dû être notre second anniversaire… Mais il ne viendra pas… J’en ai marre que le serveur me fasse les yeux doux et que mes voisins de table s’apitoient sur mon sort… Je n’ai aucune envie de me lever et partir seule. »

-« Dites-moi où vous êtes et je viens vous rejoindre. »

-« Le ’21 Club’, sur la 52ème. »

-« Wah… Laissez-moi le temps de me changer, je doute que le caleçon soit une tenue acceptée dans cet établissement, » plaisanta-t-il en choisissant déjà sa chemise.

-« Prenez votre temps… Je ne suis plus à ça prêt ! »

Elle raccrocha après l’avoir remercié et attendit en refusant une fois de plus le verre que le serveur lui proposait. Une demi-heure plus tard, une jolie rose blanche se planta devant ses yeux. Elle remonta jusqu’au visage de celui qui la lui offrait et découvrit un Castle rayonnant.

-« Désolé pour le retard… » prit-il sur lui en parlant suffisamment fort pour que les tables voisines entendent.

Kate accepta la rose en souriant. Elle le remercia discrètement et il s’assit en lui faisait un petit clin d’œil.

-« Vous avez choisi ? » demanda sèchement le serveur en lançant presque le menu à Rick.

-« Elle est arrivée avec un peu d’avance pour étudier le menu, je lui fais confiance, » répondit-il avec un sérieux implacable avant de poursuivre en s’adressant à Kate. « Nous allons prendre ? »

 -« Euhhh… »

Elle rouvrit le menu qui lui avait été confié presque deux heures plus tôt et choisit un plat de poisson accompagné de petits légumes. Rick leva les yeux au ciel, regrettant certainement de lui avoir laissé le choix.

-« Faites pas cette tête, vous choisirez le dessert ! » lui lança-t-elle avec humour quand elle vit la tête qu’il faisait à l’arrivée des assiettes.

-« Puisqu’on dine en tête à tête… On pourrait peut-être se tutoyer ? » demanda-t-il discrètement en avançant sa tête, prétextant sentir le vin.

-« On pourrait… » lui assura-t-elle en s’avançant de la même manière.

La soirée continua dans la bonne humeur bien que le serveur se montra des plus désagréables et reprocha de manière très explicite le fait que ce soit Kate qui paye l’addition et non son partenaire. Rick resta très courtois et se contenta de lui répliquer que lui payait l’hôtel pour la nuit. Kate éclata de rire alors que le serveur repartit furieux en marmonnant tout un tas d’injures.

Ils partagèrent le même taxi pour rentrer. Rick fit déposer Kate devant son immeuble. Il sortit de la voiture tout en demandant au chauffeur de l’attendre quelques minutes.

-« Je vous proposerais bien de venir boire un verre… » fit Kate en rougissant légèrement. « Mais je pense avoir déjà bien abusé de votre temps. »

-« On ne se tutoies plus ? » fit-il remarquer avec une petite pointe de déception. « Je refuserais l’offre mais uniquement pour préserver votre réputation… Les paparazzis sont partout. »

-« Merci d’être venu à mon secours… Bonne soirée Castle. »

-« Il n’y a pas de quoi… C’est ça être amis. Et j’ai passé une super soirée. »

-« A bientôt ? » lança Kate alors que Rick remontait dans le taxi.

-« A bientôt, » assura-t-il.

 

Kate rentra donc seule dans son appartement. Elle soupira, se servit un verre, ramassa en soupirant à nouveau le pull que Luc avait laissé trainer sur le fauteuil, fit basculer quelques cadres pour ne pas voir les photos et monta se coucher. Elle essaya de s’endormir mais rien n’y fit. Elle avait comme une boule à l’estomac, une petite chose qui la tracassait mais qu’elle n’arrivait pas à identifier. Elle se releva alors et fit le tour de l’appartement en faisant un peu de rangement. Elle mit des tas d’objets dans une boite en carton et, au moment où elle manquait de place, elle se rendit compte que tout ce qu’elle mettait de côté appartenait à son petit ami. Elle se mit à rire aux éclats, sortit de son appartement pour descendre à la buanderie afin de trouver d’autres cartons puis remonta et continua le tour de son appartement. Elle s’en donnait à cœur joie. Il était presque deux heures du matin quand elle retourna dans sa chambre, elle changea les draps du lit, se recoucha et s’endormit presque aussitôt.

Ce furent les éclats de voix de son petit voisin de 7 ans qui la réveillèrent en sursaut. Elle aurait pu être furieuse en se faisant réveiller de la sorte mais elle se souvient avoir croisé le petit et sa mère la veille : il était hyper excité à l’idée de fêter son anniversaire et, visiblement, il ne s’était guère calmé ! Elle prit une bouche, s’habilla de manière plus décontractée que pour le travail, déjeuna et sortit en emportant les trois cartons d’objets en tout genre et le grand sac de sport qu’elle avait rempli avec les habits de Luc. Elle savait qu’il était maniaque et qu’il piquait une crise pour le moindre faux-plis. C’est précisément pour cette raison qu’elle s’était fait plaisir en lançant toutes ses affaires et les aplatissant au maximum pour que tout tienne dans un seul sac. A 9 heures pile elle était devant la porte de l’appartement de Luc. Elle dut frapper à plusieurs reprises avant qu’il ne se décide à ouvrir.

-« Kate ? » fit-il surpris, alors qu’il arrivait à peine à ouvrir les yeux. « Tu as oublié ta clé ? »

-« Tiens, je te la rends, » affirma-t-elle en laissant tomber en même temps le sac de sport.

-« Mais ?? »

L’esprit encore embrumé par l’alcool, il lui fallut quelques secondes pour comprendre.

-« Quoi ?? Tu me largues ? »

-« On était sensé diner ensemble hier … Mais tu as dû oublier, une fois de plus. »

-« Et c’est pour ça que tu me jettes ? Juste parce que j’ai oublié un diner ? » demanda-t-il, la nouvelle l’ayant aidé à dessouler.

-« Non Luc… Ce n’est pas juste à cause de ce diner… C’est pour tout le reste : j’en ai marre que tu te mêles sans cesse de ce que je fais, marre de passer après ton travail, tes amis… Même le base-ball passe avant moi. J’en ai marre de t’attendre ! » expliqua-t-elle patiemment.

-« Ce n’est pas plutôt une excuse pour t’envoyer en l’air avec ton petit écrivain ? Ne te fais pas d’illusion, il veut juste te mettre dans son lit… »

-« Ça n’à rien avoir avec Richard. Je ne compte pas te le cacher parce que je n’ai rien fait de mal : c’est avec lui que j’ai passé la soirée d’hier. Il est venu me sauver de l’humiliation en plein restaurant… Et quand bien même ses intentions seraient justes de me mettre dans son lit, au moins, à lui, ça lui traverse l’esprit ! » fit-elle remarquer en se retenant de lui rire au nez avant de continuer sur sa lancé, se moquant ouvertement de lui. « J’ai déposé 3 autres cartons au gardien de l’immeuble, tu devrais te dépêcher de les récupérer avant qu’il n’affiche les photos de tes soirées ‘entre-amis’ dans le couloir. »

Elle en resta là, préférant ne rien ajouter qu’elle pourrait par la suite regretter. Elle ne voulait pas se disputer avec lui, elle voulait juste retrouver sa liberté.


judy1  (20.12.2013 à 19:14)

Chapitre 10 :

 

Une journée bien calme s’annonçait pour Kate. Desmond avait enfin trouvé une remplaçante pour le congé de maternité de leur collègue. Kate pouvait alors respirer un peu, son supérieur avait un nouveau souffre-douleur. Elle pouvait donc s’accorder une petite pause et lire un article de ' People et compagnie.'

-« J’ignorais que tu lisais ce genre de torchon ? » se moqua Luc en constatant qu’il l’avait fait sursauter. « La presse se régale avec le divorce de ton petit ami. » 

-« Ce n’est pas mon petit ami. » se justifia-t-elle une fois de plus. «Qu’est-ce que tu veux ? » demanda-t-elle sèchement pour qu’il abrège sa visite. 

-« M’excuser. »

-« De quoi ? » demanda-t-elle, surprise qu’il connaisse se mot.

-« Ça fait presque deux semaines que tu m’as largué... Et hier soir j’ai été fêter la promotion de Marco... Non je sais tu ne le connais pas... Toujours est-il que c’est en me réveillant ce matin que j’ai réalisé que même si on avait encore été ensemble j’y serais allé, sans toi puisque c’était entre mecs. J’ai réalisé que tu ne connaissais aucun de mes amis puisque je ne t’en ai jamais présenté aucun.... Je me suis vraiment comporté comme un idiot avec toi et j’en suis désolé. » 

-« Ça ne changera rien au fait que ce soit fini ! »

-«Je sais... Je ne venais pas implorer ton pardon, je voulais que tu saches que j’avais fini par comprendre ... La seule chose que j’ai du mal à te pardonner, c’est l’état dans lequel j’ai retrouvé mes chemises. »

Kate explosa de rire en  se souvenant le bien que ça lui avait fait de les rouler en boules avant de les jeter dans un sac de sport.

« Je vous laisse. » termina-t-il alors que Castle venait de frapper timidement à la porte.

-« Je dérange peut-être ? » demanda Castle alors que Luc était déjà parti.

-« Non… Il venait juste m’expliquer qu’il a enfin compris pourquoi il s’est fait larguer. » affirma-t-elle avec le sourire. « Que me vaut l’honneur de ta visite ? Il est encore un peu tôt pour la pause déjeuner. » elle regarda sa montre. « Déjà 16 heures ? Non, il est trop tard en fait ! »

Rick ne put s’empêcher de sourire, même si sa remarque voulait dire qu’une fois de plus elle n’avait pas pris le temps de manger.

-« Tu n’as pas besoin de cacher ton magazine, c’est pour ça que je viens te voir. »

Kate le ressortit avec malaise.

-« Tu veux vraiment stopper la procédure de divorce alors ? C’est à Gina que tu devrais en parler, pas à moi. »

-« Quoi ? »

Kate lui tendit le magazine en l’ouvrant à la bonne page.

-« N’importe quoi… » souffla-t-il après avoir survolé l’article. « Je ne compte pas revenir sur cette décision. Gina est moi c’est fini… En fait je ne suis même pas sûr que ça ait commencé… »

-« Alors où est le problème ? » demanda Beckett en croisant les bras sur son bureau, signe qu’elle l’écoutait avec attention.

-« 20 millions de dollars et la pension alimentaire qu’elle réclame alors qu’elle gagne déjà sa vie grâce à moi. » affirma-t-il en s’asseyant.

-« Je ne comprends toujours pas pourquoi tu viens me voir MOI alors que tu as le meilleur avocat de la ville ? D’ailleurs je ne comprends pas non plus comment Gina a pu obtenir tout ça en sachant que Maître Holster te représentait ! »

-« J’ai la réponse à ça… » dit il en sortant une enveloppe de sa poche. « Quelqu’un la glissée dans mon courrier. » expliqua-t-il en la lui tendant.

-« Pas de cachet de la poste, pas de nom… » affirma-t-elle en inspectant l’enveloppe avant de l’ouvrir. « Il est mignon ce petit… » sourit-elle en regardant le cliché. «  Toi à 10 ans ou une de tes ex qui réclame un test de paternité ? » se moqua-t-elle puisqu’elle ne comprenait toujours pas le rapport avec le divorce de Castle.

-« Aucun des deux ! » répondit-il en faisant la moue. « Regarde l’arrière-plan ! »

-« C’est Gina !! » elle rapprocha la photo de ses yeux pour mieux voir. « Même si c’est un peu flou, on la reconnait, mais c’est qui le gars avec elle ? »

-« Pas la peine de t’abîmer les yeux, j’ai fait faire un agrandissement… » assura-t-il en sortant une autre photo.

-« Mais c’est… Maître Holster ! » s’exclama-t-elle avec une certaine excitation. « Pardon… » se reprit-elle. « Il n’était pas sensé TE représenter ? »

-« Si ! Et vu la manière dont Gina se pend à son coup, je doute que sa visite ait un rapport avec les papiers qu’il devait lui faire signer… D’ailleurs je les attends toujours. »

-« Ok… » inspira Kate en tentant de rassembler ses esprits. « Donc … Ton ex-femme sort avec ton avocat…. Wah ! » éclata-t-elle d’un rire nerveux.  « Excuse-moi, c’est juste… »

-« Non, tu as le droit de rire… Je trouverais ça probablement très drôle moi aussi si ça ne me faisait pas perdre plusieurs dizaines de millions. »

-« Mais ta photo prouve juste qu’ils ont une liaison… Pas qu’il ait saboté ta défense ! »

Il la regarda en arquant les sourcils.

-« Et c’est toi qui me dit ça ! Sérieusement, si on ne s’était pas rencontrés dans ce parc… Tu aurais négocié de la même manière avec Black Pawn ? »

-« Heuuu… Non » avoua Kate. « J’aurais réclamé encore bien plus que Gina… Je t’aurais enterré ! »

-« Et on ne sort même pas ensemble… Alors tu crois vraiment qu’il a fait de son mieux pour défendre MES intérêts ? »

-« Tayler Holster à une sacré réputation, ça va être difficile de s’attaquer à lui… Il a beaucoup d’amis, y compris parmi les juges. »

-« Ça ne lui donne pas le droit de bousiller mon divorce en accordant tout ce qu’elle veut à mon ex-femme… »

-« C’est Tobias le spécialiste des divorces dans ce cabinet, tu devrais peut-être voir avec lui ? »

-« Et me faire rouler une seconde fois par un avocat qu’elle mettra dans son lit ? Non merci. »

-« Je doute qu’il soit son genre… » fit-elle d’un air dégouté en regardant vers le couloir.

Un homme, chauve, bien portant, inspectait d’un peu trop prêt les sandwichs posés sur le chariot. Sandwichs qui devaient certainement servir d’en-cas pour la réunion de ce soir.

-« La prochaine fois que tu apportes des sandwiches de ton bureau, je fais une grève de la faim ! » affirma-t-il alors que le dénommé Tobias venait d’éternuer au-dessus du plateau ‘repas’ « Non, je ne pense pas qu’elle irait jusque-là… Mais ça ne change rien… C’est toi que je veux. » affirma-t-il.

-« Ok… Tu me permets quand même de vois ça avec lui ? »

-« Bien sûr ! »

Kate se leva et appela l’autre avocat qui se joignit à eux. Rick réexpliqua son histoire et attendit que l’avocat finisse de réfléchir.

-« Cette photo ne prouve pas grand-chose… Holster va vous démolir si vous basez votre plainte là-dessus… Trouvez du concret… D’autres choses bien plus explicites qu’un arrière-plan un peu flou. Revenez me voir quand vous aurez trouvé ! » conclut-il en se levant.

-« Je suppose que ça ne t’intéresse pas… Je comprends, ne t’inquiète pas. » fit-il, la mine déconfite, en se levant à son tour.

-« Castle ? »

Il se retourna.

-« Apporte-moi tes extraits de comptes ? »

-« Pourquoi ? Tu veux calculer les honoraires que tu vas me demander en fonction de ce que Gina va me piquer ? » se lamenta-t-il.

Kate soupira en levant les yeux au ciel. Elle quitta son fauteuil et s’avança vers Rick en le regardant droit dans les yeux avec un petit regard malicieux.

-« Gina Cowell s’est bien vanté la semaine dernière de se servir plus que généreusement de ta carte de crédit, y compris pour ses petites sorties extra-conjugales ? »

-« C’est marqué comme ça dans ta revue ? » il prit le magazine et chercha la page.

-« Pas tout à fait… Mais pour une femme, c’est ce que ça voulait dire… » rit elle en le voyant chercher le texte. « Avec tes relevés de compte, je peux savoir où elle est allée… »

-« Et si on sait où elle a été, on peut trouver des gens qui l’ont vue… »

-« Et donc savoir avec QUI elle était. »

Castle et Beckett échangèrent un regard, heureux d’être sur la même longueur d’onde.

-« A propos de gens qui l’ont vue… Tu sais qui est ce gamin ? » demanda-t-elle en pointant la photo.

-« Non… Mais je sais où elle a été prise. C’est le couloir de l’immeuble où a emménagée Gina… J’en suis certain parce que j’ai dû y aller à plusieurs reprises pour récupérer les petites choses qu’elle avait prises ‘par mégarde’. »

-« Bien… On va retrouver ce gamin et lui poser quelques questions. »

-« T’aurais dû être flic ? » se moqua-t-il devant son enthousiasme.

-« Moques toi encore une fois et je laisse Gina gagner ! » menaça-t-elle en passant devant lui pour quitter le bureau.


judy1  (21.12.2013 à 20:07)

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