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Série : Castle
Création : 12.12.2013 à 18h50
Auteur : judy1
Statut : Terminée
« Et si tout avait été différent… Et si Johanna Beckett n’était pas morte … Kate et Richard se seraient-ils rencontrés ? Comment ? Quelle aurait pu être leur relation ? » judy1
Cette fanfic compte déjà 32 paragraphes
Chapitre 11 :
-« Tu dois me prendre pour un radin… Toute cette histoire pour quelques billets verts ! » soupira Rick en entrant dans l’immeuble de Gina.
-« 20 millions de dollars, c’est un peu plus que quelques billets verts… Mais bon si tu en as de trop, je pourrais toujours te donner mon numéro de compte. » plaisanta-t-elle en s’approchant du gardien.
Elle se présenta très poliment et montra la photo du garçon en demandant s’il le connaissait.
-« Désolé Madame… Mais non, il n’habite pas ici. Je ne pourrais pas vous donner son nom. Par contre, avec le petit Sully ils mettent un foutoir incroyable au 5. »
-« Merci. » répondit Kate en restant polie, malgré le fait qu’il ne puisse pas les aider d’avantage.
Ils s’écartèrent un peu du gardien pour s’entretenir.
-« J’aurais dû demander au privé qui travaille avec nous de s’occuper de ça… C’est plus compliqué que je ne le pensais. » soupira Kate.
-« Pourquoi tu ne l’as pas fait ? »
-« Parce que je n’ai pas envie de devoir rendre des comptes à Desmond au cas où on se planterait. »
Rick fit une petite moue et rattrapa Kate par le bras.
-« Le 5ème, c’est l’étage de Gina et je l’ai entendu se plaindre de son petit voisin… Mais je ne connais pas son nom… »
-« Bien… Allons au 5ème. On aura peut-être de la chance. »
Ils prirent l’ascenseur et se retrouvèrent dans un couloir désert. Kate sortit la photo et regarda autour d’elle.
-« Visiblement on est au bon endroit… »
-« Gina habite par-là. » montra-t-il.
Kate s’avança et remarque les petites plaques près des portes des appartements.
-« Sully, ce n’était pas le prénom du gamin. » affirma-t-elle en frappant à la porte.
Rick revint ausitôt près d’elle, mais il n’eut pas le temps de demander quoi que ce soit que la porte s’ouvrit déjà.
-« Madame Sully ? »
La femme ne broncha pas.
« Maître Katherine Beckett, et voici Monsieur Castle. Reconnaissez-vous ce garçon ? » demanda Kate en lui montrant la photo.
-« C’est Robin ! Oh mon Dieu… Il ne lui est rien arrivé ? »
Rick et Kate échangèrent un regard.
-« Non Madame. » assura Kate d’un ton réconfortant. « Pouvons-nous parler à votre fils un moment ? »
-« C’est lui qui a pris cette photo ! » se parla-t-elle à voix haute. « Je lui ai déjà dit d’arrêter de photographier les gens… Il va avoir des problèmes ? »
-« Non… Je vous assure que nous ne sommes pas là pour lui créer le moindre problème. J’aimerais juste lui parler de cette photo… Vous pourrez rester, écouter et intervenir comme bon vous semblera. »
-« Bon… Sa semble raisonnable. » finit-elle par consentir après avoir vérifié la carte d’identité de Kate. « Entrez. »
La femme alla chercher son fils, en arrivant devant Kate et Rick, elle lui affirma qu’il n’était pas obligé de répondre et qu’il n’était même pas obligé de leur parler. Le garçon haussa les épaules en répondant à sa mère qu’il n’avait rien fait de mal.
-« C’est toi qui a pris cette photo ? » demanda Kate avec douceur.
-« Oui… Et alors ? »
-« Tu vois les deux personne là derrière ton copain ? » demanda Kate en attirant son attention sur l’arrière-plan.
-« Ouais… »
-« Tu les connais ? »
Il sembla réfléchir.
-« Elle oui. C’est Madame Cowell… Elle est vraiment chiante… »
-« Bryan ! » sermonna la mère.
-« Quoi ? C’est vrai… Elle arrête pas de râler et de crier. »
-« C’est pour ça que tu as glissé cette photo dans le courrier de Monsieur Castle ? »
La mère ouvrit de grands yeux et dévisageait son fils.
-« Oui. » avoua-t-il. « J’ai lu dans le magazine de maman qu’elle réclamait plein d’argent pour divorcer… Je ne l’aime pas et mérite rien du tout… »
Il regarda sa mère avec des yeux de chien battu, certainement pour chercher son pardon.
-« Je vais avoir des problèmes ? »
-« Non… Aucun. Je voulais encore savoir si tu connaissais l’homme avec elle. »
-« Non… Mais c’est pas vous Monsieur Castle ! »
Kate se retient de rire devant cette évidence.
-« Non, ce n’est pas lui. »
-« Je ne sais pas qui c’est non plus, mais il vient très souvent. » assura Madame Sully. « Si vous comptez vous servir de ça contre elle, je préfère affronter le juge moi-même plutôt que de vous laisser utiliser mon fils. » continua-t-elle, bien décidée a couvrir son fiston.
-« Ce n’étais pas notre attention Madame… Nous voulions juste savoir ce qu’il en était de cette relation… Vous ne serez pas obligé de témoigner, ni vous ni votre fils… On trouvera un autre moyen. » assura Kate avec le sourire.
Castle tenta de protester mais Kate lui donna un coup de coude dans les côtes tout en chuchotant : « Chuuut. »
« Merci beaucoup d’avoir répondu à nos questions. » dit-elle en serrant la main de la femme qui avait du mal à comprendre que c’était tout ce que cette avocate voulait.
La porte de l’appartement se referma derrière eux et Rick eut enfin la permission d’exploser.
-« ET C’EST TOUT ??? VOUS N’AUREZ PAS BESOIN DE TEMOIGNER !!! » continua-t-il en imitant les mimiques de Kate. « TU DECONNES LA ??? »
Kate n’écoutait même plus ses sarcasmes et c’est quand il réalisa qu’il était seul au milieu du couloir, à hurler sur lui-même, qu’il courut vers l’ascenseur. Il rattrapa Kate dans la rue, devant la porte de l’immeuble.
-« Attend…. » lui cria-t-il.
-« ça y est, tu as fini ta crise ? » dit-elle sans se retourner, en appelant déjà un taxi. « Apporte moi tes extraits de comptes et la liste détaillée de tous les objets qu’elle a pris par ‘erreur’ en quittant ton appartement. » ordonna-t-elle en montant dans le taxi.
Beckett donna l’adresse de son bureau au chauffer et partit en laissant Castle seul au milieu de la rue.
Chapitre 12 :
-« Alors ? » demanda Castle alors que Kate revenait de sa réunion privé entre le juge et Holster.
Beckett se contenta de soupirer un grand coup en se laissant tomber sur le fauteuil de son bureau.
« C’était si mauvais que ça ! » fit-il avec une mine déconfite en s’asseyant sur le siège face à Kate.
-« Le juge prend le parti de Holster. Le fait qu’il couche avec la cliente de l’autre partie ne prouve pas qu’il ne fasse pas son possible pour représenter son client… » résuma-t-elle.
-« Vous n’avez pas de code de déontologie dans cette profession ? »
-« Si… Et si n’importe quel petit avocat faisait pareil, il serait d’office rayé du barreau… Mais c’est MAITRE HOLSTER…. Jamais il ne pourrait faire une chose pareille ! » s’énerva-t-elle en prenant des mimiques qui déformaient son visage.
-« Tu ne peux pas demander à ta mère de juger mon affaire ? » demanda-t-il avec un regard enfantin.
Kate releva les yeux et le dévisagea. L’espace d’une seconde elle avait vraiment cru qu’il était sérieux.
-« Très drôle Castle ! Ma mère ne s’occupe pas des querelles entre avocats, et encore moins des affaires familiales. Son truc c’est la délinquance et les petits délits… Tu devrais le savoir ! » lança-t-elle en levant un sourcil pour le défier de trouver une réponse à ça.
-« Un point pour toi… » capitula-t-il sous le regard amusé de Kate. « Bon, je n’ai plus qu’à tirer définitivement un trait sur tout ce qu’elle m’a piqué ? »
-« Ça a vraiment autant de valeur pour toi ? » demanda Kate qui s’en voulait à elle-même de ne pas pouvoir l’aider.
-« Non… Ce ne sont que des babioles sans importances…. Mais il y a ce bracelet. » il montra l’image du bijou dans le dossier. « Je l’avais fait faire pour mère…. Une succession de plaquettes en argent. J’y avais fait graver une réplique qu’elle n’arrivait pas à retenir… Je voulais le lui offrir pour la première de son spectacle, mais c’était le mois dernier… Je pense que ça n’a plus d’importance maintenant. »
Kate le regarda avec tristesse.
« Sérieusement, qu’est-ce qu’elle veut en faire de ce bracelet ! » se mit-il à crier.
-« Je suis désolée Castle, j’aimerais pouvoir t’aider plus… »
-« Tu n’as pas à t’excuser… Je sais que tu fais ce que tu peux. » Il se calma un peu. « Holster n’a même pas évoqué ce problème lors du divorce… En fait il n’a pas dit grand-chose quand j’y songe ! »
-« Il était au courant ? »
-« Bien sûr, c’est mon avocat ! » répondit-il avec évidence. « Il ne lui a même pas voulu parler du tour qu’elle m’a fait avec Black Pawn… Maintenant je comprends pourquoi. »
Kate resta médusée devant ces révélations.
-« Pourquoi tu n’as pas commencé par ça ! » reprocha-t-elle en se levant et le poussant vers la sortie.
-« Tu me chasse ? Je suis un si mauvais client que ça ? » dit-il avec un regard désespéré.
Kate esquissa un sourire.
-« Non… Mais tu aurais dû me le dire plus tôt ! Maintenant excuse-moi mais j’ai une personne à aller voir. J’ai besoin de conseils ! » expliqua-t-elle devant le regard interrogateur de Rick.
Un peu plus tard, elle se retrouva assise au bureau de sa mère, attendant que son audience se termine.
-« Hey Katie ! » s’exclama-t-elle avec joie en la voyant. « Qu’est-ce que tu fais là ? Tu viens m’inviter à l’une de tes pauses déjeuner avec Richard Castle ? » ironisa-t-elle en chassant sa fille du fauteuil pour récupérer sa place.
-« J’ai un problème et j’ai besoin d’un conseil… »
-« Si ça concerne Castle, je te l’ai dit l’autre jour. Saute-lui dessus… Quoi ne me regarde pas comme ça, c’est bien pour lui que tu as quitté Luc… Bien que ce ne soit pas une grosse perte ! »
-« Maman… » appela Kate en roulant les yeux au ciel. « Ça concerne bien Castle… Mais ce n’est pas une histoire de cœur. »
-« C’est tout de suite beaucoup moins drôle… Mais je t’écoute quand même. »
Kate savait que malgré l’air faussement déçu de sa mère, elle avait entièrement son attention.
-« Tu connais bien Maitre Holster, n’est-ce pas ? » demanda-t-elle prudemment.
-« Oui… Il travaillait avec moi lorsque j’étais avocate. Pourquoi ? »
-« Je pense qu’il couche avec l’ex-femme de Castle et qu’il a bâclé son divorce pour qu’elle puisse avoir tout ce qu’elle veut. » résuma-t-elle d’une traite avant de reprendre sa respiration. « C’est le genre de gars à faire ça ? »
Johanne reprit son air sérieux, se gratta le cou en signe de réflexion avant de mettre sa fille en garde.
-« Taylor Holster est un super avocat… Ça c’est un fait établi. Mais son grand point faible, ce sont les femmes… Oui… Il est possible que l’ex-femme de Castle ait pu l’approcher très facilement… Mais de là à dire qu’il ait fait passé cette relation avant son travail. Tu sais, ce n’est pas le genre d’homme à tomber amoureux, il prend, il jette... »
-« Mais je sais qu’il a volontairement mis de côté les agissements de Gina… Ceux qui auraient pu être favorable à Castle. »
Elle soupira un grand, fit plusieurs grimaces en réfléchissant encore.
-« Je sais que ça ne servirait à rien de te dire de laisser tomber cette affaire… Alors je vais juste te conseiller de la jouer fine. N’essaye pas de respecter toutes les règles, Holster ne le fera pas lui… Mais j’espère pour toi que tu as raison. »
-« Et si je me trompe ? Si je n’arrive pas à le coincer ? » demanda-t-elle peu rassurée.
-« Tu n’auras plus qu’à épouser un homme riche et vivre à ses crochets. » plaisanta-t-elle en faisant de toute évidence allusion à Richard.
Kate esquissa un sourire mais leva les yeux au ciel en secouant la tête.
-« Tu es impossible Maman… » fit Kate refermant le porte du bureau de sa mère derrière elle.
Chapitre 13 :
Kate sortait du bureau de Holster. Il l’avait fait appeler pour essayer de discuter et surtout pour lui faire prendre conscience que sa petite tentative était perdue d’avance mais qu’il pourrait encore épargner sa réputation si elle faisait marche arrière. Elle quitta le bureau furieuse, si bien qu’elle faillit bousculer la femme de Taylor Holster.
-« Katie ? Katherine Beckett ? » fit la femme en la dévisageant.
Kate balbutia, incapable de prononcer deux mots compréhensibles.
« Margaret… Tu ne te souviens pas ? Ta mère et toi veniez prendre le thé chez nous à l’époque où elle travaillait encore dans ce cabinet. »
-« Ahhhh….. Oui…. » Se souvint Kate en chassant certaines images trop flippantes de sa mémoire.
Son regard balaya les alentours, cherchant vainement une échappatoire. C’est à ce moment-là qu’elle remarque le bracelet ou poignet de la femme. Une succession de petites plaquettes en argents.
-« Wahh… C’est vraiment un beau bracelet que vous avez là ! » s’étonna Kate en jouant à la femme intéressée.
-« Oui, il est vraiment magnifique. » admit-elle, très fière, en le montrant de plus près à Kate. « C’est mon Taylor qui me l’a offert pour mon anniversaire… Il a même fait graver une scène de ‘Petits et grands’, cette pièce est jouée en ce moment au… »
-« Vous devez adorer le théâtre pour qu’il y ai pensé ? »
-« J’aime bien, oui… Même si ce n’est pas ma pièce préférée… Mais ne le lui dites pas, c’est l’intention qui compte. » continua-t-elle en faisant un clin d’œil à Kate pour qu’elle garde son secret.
Kate se contenta de sourire, une lueur de victoire brillant dans ses yeux.
-« Maître Holster ? J’ai encore une requête à vous soumettre… » jubila-t-elle.
L’avocat fit entrer sa femme dans son bureau et en ressortit pour discuter avec Kate.
-« Gina vous à laisser vous servir dans son petit trésor ou vous vous êtes servi tout seul ? »
-« Vous n’avez aucune preuve de… »
-« Oh SI… J’ai la preuve que le bracelet que votre femme arbore si fièrement appartient à Richard Castle… Je pense que ça va beaucoup intéresser le juge de savoir comment un objet volé à votre client par son ex-femme est arrivé au bras de la vôtre ? »
-« Laissez-ma femme en dehors de tout ça ! » ordonna-t-il.
Mais Kate n’avait plus peur, elle avait conscience de gagner des points et la nervosité de Holster n’allait pas lui rendre service.
-« Je pourrais accompagner votre épouse à la prochaine représentation de ‘Petits et grands’, ensuite on irait boire un café et de fil en aiguille je pourrais vérifier vos déplacements avec votre épouse… Elle sait que vous n’étiez pas à Chicago comme prévu le week-end dernier ? »
-« Qu’est-ce que vous voulez ? »
-« Avouez que vous avez privilégié les avantage de Gina Cowell et non ceux de votre client ! »
-« Pas question… Je ne vais pas foutre ma carrière en l’air pour vous faire plaisir. »
-« Comme vous voudrez… Je crois que j’ai des billets à réserver pour le théâtre… C’est votre mariage que vous allez ruiner ! » se moqua-t-elle ouvertement.
Il la regarda quitter les bureaux tout en se demandant si elle oserait vraiment faire une telle chose. Il se remémora ensuite le caractère de Johanna Beckett et l’audace dont elle faisait preuve pour gagner, peu importe ce que ça coûtait à la partie adverse.
-« Beckett ??? » cria-t-il pour la retenir. « Demain… Devant le juge… Venez seule, pas la peine de m’infliger les explosions de joie de Castle. »
Holster était blême en arrivant devant sa femme qui crut qu’il faisait un malaise.
-« Je me demande si cette petite est aussi tenace que sa mère… C’était une sacrée avocate cette Johanna. » lança-t-elle une fois que son pari avait repris des couleurs.
-« Ohhh… Elle est pire encore ! Tu avais raison, j’aurais dû l’engager. Une femme comme ça, il vaut mieux l’avoir dans son équipe. »
Kate sortit de l’immeuble tout sourire. La partie n’était pas encore gagnée, Holster pouvait encore échafauder un plan douteux avant ce rendez-vous avec le juge… Elle restait donc prudente, mais elle venait de marquer des points.
C’est donc à sa grande surprise que le rendez-vous avec le juge se passa sans encombre. Holster avoua avec une facilité déconcertante le fait de ne pas avoir représenté correctement les intérêts de son client. C’était dur pour lui, il savait que le juge pouvait le suspendre ou ordonner des mesures de surveillance sur ses dossiers, mais il n’avait pas le choix étant donné que sa femme était une personnalité respectée et très actives dans beaucoup d’associations. Un divorce lui aurait couté bien plus chère que quelques mesures internes.
Après cette entrevue, elle rentra au bureau et annonça fièrement à Desmond qu’elle venait de franchir une étape importante dans la révision de la procédure de divorce de Castle.
Il ne restait plus qu’à introduire une nouvelle demande à un juge des affaires familiales pour que les conditions du divorce Castle/Cowell soient revues. Cette partie pas n’était pas la plus facile, le juge pouvait très bien refuser l’appel sans prendre la peine d’écouter le réquisitoire des avocats.
Rick n’était pas encore au courant de la bonne nouvelle. Il était convenu qu’il ne devait passer au bureau de Kate qu’en fin d’après-midi, et même s’il poireautait déjà dans le parc depuis plus de deux heures, il avait tenu bon. Il savait qu’il ne pouvait pas passer son temps avec elle et respectait son travail.
Lorsqu’il entra dans le bureau, il sonda Kate : elle semblait totalement prise par son travail. Elle tapait un mail et le son des touche du clavier lui rappelait la douce mélodie qu’il ‘jouait’ lorsque lui-même écrivait. Sauf que ces écrits à elle devaient être beaucoup moins plaisants pour ceux qui le recevait. Elle avait le regard sévère.
« Elle est encore plus belle quand elle est en colère… » pensa-t-il. « Bon sang Rick !! Mais à quoi tu penses ??? Reprend toi… »
Kate l’avait entendu arriver. Elle avait reconnu ses pas alors qu’il venait juste d’entrer dans les locaux de « Desmond et Desmond », le cabinet dans lequel elle travaillait. Elle tentait de rester concentrée sur son travail mais ne pouvait s’empêcher de se demander à quoi il pouvait bien penser ? Et ce qu’il attendait pour entrer.
-« Vu ta tête, Holster n’a pas dû te faciliter la vie ! » annonça-t-il enfin en entrant dans la pièce.
-« Tu ne crois pas si bien dire ! » se contenta-t-elle de répondre en levant les yeux vers lui.
Elle essaya de garder son sérieux, mais devant le visage de Rick elle ne résista pas longtemps et un large sourire éclaira son visage.
-« Sa suspension me donne une tonne de travail en plus mais… »
-« Sa suspension ? Tu veux dire que… Que tu as réussi ? »
-« Bien sûr que j’ai réussi Castle, tu en doutais ? » bluffa-t-elle, alors qu’elle-même se croyait perdue d’avance.
-« Pas une seconde. » dit il en l’attirant dans ses bras.
Il la serra contre lui quelques secondes avant de prendre conscience de son geste et du malaise qui venait d’envahir Kate.
« Désolé ! Je me suis laissé entrainer par l’émotion. » s’excusa-t-il, les joues rosies.
-« Pas de problème Castle…Je ne compte pas porter plainte. » se moqua-t-elle, les joues aussi rouges que cette de Rick.
Kate se rassit à son bureau et invita Castle à prendre place en face de lui.
-« Bon, maintenant qu’on n’a plus qu’à attendre qu’un juge se décide à accepter ton ‘appel’, on va établir notre stratégie… » assura Kate avec un léger sourire en sortant un bloc note et un Bic.
Chapitre 14 :
Castle et Beckett ne durent patienter que deux semaines avant qu’un juge ne se décide à les convoquer. Eux, Gina et son avocat.
Dès qu’ils entrèrent dans le bureau, Gina monopolisa la parole et accabla Castle de reproches.
-« Toujours en retard à ce que je vois… Vous vous êtes perdus dans les couloirs où vous vous êtes arrêtés dans un coin désert ? » explosa-t-elle de rire.
Rick la fusilla du regard alors que Beckett s’arrêta à sa hauteur et le fixa droit dans les yeux.
-« Troisième étage, la deuxième porte à gauche de l’ascenseur C. » affirma Beckett avec sérieux. « Vous devriez essayer avec Maître Holster ! »
Le juge se pinça les lèvres pour ne pas rire. Beckett ayant indiqué la salle de repos utilisée par les greffiers, les pires commères dans la profession.
« On peut commencer où Mademoiselle Cowell aurait-elle d’autres questions ou remarques pertinentes ! » lança Kate comme si de rien n’était.
Devant l’audace de Beckett, l’avocat de Gina resta bouche bée, ce qui agace encore plus Gina et valut à son avocat un bon coup de pied dans les mollets.
Le juge commença par résumer la situation en mettant en évidence le document rédigé et signé par Tayler Holster. Document dans lequel il expliquait entretenir une relation sexuelle avec Gina Cowell et que par conséquent son travail en avait été affecté.
Vînt ensuite les arguments de Beckett et ceux de Maître Hobbs, l’avocat de Gina.
Etant donné que tous les tords étaient de son côté, Gina ne voulait surtout pas que cette nouvelle étapes de leur divorce fasse la Une de la presse People et céda ce qu’il voulait à Castle.
Il n’y eut que 4 entretiens devant le juge avant qu’il ne rende son verdict :
-« étant donné les nouvelles pièces apportées au dossier par Maître Beckett, et le fait que vous ne pouviez en réfuter aucune. » il adressa un dernier regard en direction de Hobbs et de sa cliente. « J’ai donc revu les termes de l’arrangement. Tout d’abord, je supprime la pension alimentaire que Monsieur Castle devait verser à Mademoiselle Cowell. Mademoiselle Cowell, sans vouloir vous insulter ou vous offenser, je pense que je n’avais jamais rencontré un cas aussi sournois de corruption de magistrat. Je vous condamne à restituer à Monsieur Castle tous les objets de cette liste. Il sortit celle que Kate avait établie avec Rick et que Gina avait été contrainte de parafer pour la certifier exacte, un peu plus tôt dans les négociations. Si vous êtes dans l’incapacité de restituer certaines choses, un notaire sera désigné, par moi-même, pour en estimer leur valeur, sur base de photos et des descriptions de Monsieur Castle. » il marqua une pause et dévisagea les 4 personnes assises devant lui. « Pas d’objection ? »
-« Alors elle, elle a le droit de saboter une confrontation en couchant avec la partie adverse, mais les autres elle les fait suspendre ! » lança Gina avec haine en regardant Kate.
-« Premièrement, c’était une séance de négociation et non une confrontation… Négociation que j’ai réussie si je ne me trompe ! Et deuxièmement, Monsieur Castle n’a pas eu besoin de coucher avec moi pour me convaincre qu’il était capable de livrer ses chapitres dans le temps impartit. De plus, je ne pense pas que ça soit l’objet de cet entretien. »
Le juge se pinça les lèvres et attendit une objection de Maître Hobbs, mais elle ne vînt pas.
-« Bien… Puisqu’il n’y a pas d’objection, l’affaire est classée ! » prononça-t-il enfin, au grand soulagement de Castle.
Gina fit les gros yeux à son avocat et lui tira sur la manche pour tenter de faire une réclamation. Mais il répondit assez froidement que étant donné les circonstances, elle avait de la chance que ni Castle, ni la ‘cour’ ne porte pas plainte contre elle pour avoir menti à plusieurs reprises lors du précédent procès.
Au moment de sortir, Gina coinça Kate pour lui perler en « privé »
-« Vous vous croyez maline hein ?? Mais je sais que vous vous connaissiez déjà lors de l’entretien avec Black Pawn, je sais que vous avez fait du chantage à Taylor pour qu’il signe cette déclaration… Et je vais vous détruire… »
Kate affronta son regard et se contenta de sourire en lui répondant d’un ton très calme et très sûr :
-« Black Pawn a engagé ‘Desmond et Desmond’ pour régler un désaccord avec Monsieur Castle. Mon patron savait que je connaissais Richard et il me semble que l’accord qui a été passé satisfait pleinement la maison d’édition. Pour Maître Holster, ne vous faites pas de soucis pour lui, il ne va avoir qu’une petite tape sur les doigts, à moins que sa femme ne vienne à comprendre qu’il saute sur tout ce qui bouge… Mais là, ça ne sera pas vraiment MA faute ! Maintenant, excusez-moi, mais j’ai du travail… » assura-t-elle en poussant Gina pour forcer le passage.
-« Profites-en, ça ne durera pas ! » marmonna Gina en regardant Rick et Kate se féliciter l’un l’autre et se réjouir de leur victoire.
Gina était folle de rage, elle continuait de marmonner pour elle toute seule en les regardant s’éloigner tous les deux et partir chacun dans un taxi.
« C’est ça… Faites semblant de ne pas être ensemble…Je sais que tu couches avec elle Richard, tu crois que je n’ai pas vu ton regard chez Black Pawn ? Je vais vous détruire tous les deux ! »
Elle sortit son portable, composa un numéro et se contenta de donner l’adresse d’un petit bar et de préciser une heure. La personne qu’elle attendait ne tarda pas à arriver.
-« Gina…. » fit une voix sans enthousiasme.
-« Hey Matt …. » elle se lança dans ses bras comme s’ils étaient les meilleurs amis du monde.
-« Tu n’es pas obligé de faire tout ce cinéma. Dis-moi ce que tu veux. » dit-il en la repoussant et commandant un whisky au serveur.
-« Eliminer une rivale. Oh pour l’amour du ciel Matthew, ce n’est pas si terrible… Je ne te parle pas de l’éliminer au sens propre du terme. Tu n’as qu’à la suivre pendant quelques jours, prendre des photos d’elle et Richard, tu peux même la draguer et l’inviter boire un verre…Si elle est saoule c’est encore mieux, tu n’auras qu’à en profiter, tout ce que je veux, ce sont des photos TRES compromettantes. » expliqua-t-elle en buvant son troisième cocktail.
-« Et si je refuse ? »
-« Pas de problème… Ton livre ne verra jamais le jour et avec la réputation que je vais te faire, aucun éditeur ne voudra jamais te donner la moindre chance. »
-« Elle est jolie au moins ? » soupira-t-il, se sentant pris au piège.
-« A toi de juger. »
Elle sortit son portable et lui montra plusieurs cliches pris à son insu.
-« Tu en a en déjà des photos ! »
-« Ce ne sont pas ce genre de photos que je veux ! Ne fait pas le rigolo… »
Gina acheva son verre cul sec et repartit en laissant soin à son invité de payer la note.
Chapitre 15 :
Apres avoir savouré cette victoire au bureau avec Desmond, Luc et ses deux autres collègues qui avaient été obligé de reconnaitre publiquement qu’elle avait fait du bon travail, Kate rentra chez elle. Elle était au téléphone, en train de passer sa commande pour le diner quand une personne frappa à sa porte. Elle regarda par le judas avant d’ouvrir et fit signe d’entrer à son invite.
Rick entra, et patienta dans le salon. Il en profita bien entendu pour détailler ses lectures en inspectant les livres posés sur plusieurs étagères.
-« Voilà... Excuse-moi. Le diner sera là dans 20 minutes. Alors ? Que me vaut l’honneur de ta visite ?? Tu as encore besoin d’un avocat ? » le taquina-t-elle avec le sourire.
-« Pas que je sache !! » répondit-il avec sérieux, malgré une petite lueur d’espièglerie dans les yeux
Kate explosa de rire devant cet air de gamin qui se demande si sa dernière bêtise a été découverte.
« Je venais t’offrir ceci. » dit-il en sortant un paquet joliment emballé.
-« Un peu tôt pour Noel, un peu tard pour mon anniversaire... ! »
-« J’ai loupé ton anniversaire ? » râla-t-il sur lui-même. »
-« C’est en quel honneur ? »
-«Ouvres, tu verras. Sérieusement ? C’était quand ton anniversaire ? »
-« La semaine dernière... Mais je plaisantais Castle... Comment aurais-tu pu le savoir puisque je ne te l’avais pas dit ! » le rassura-t-elle en déballant le paquet.
-« Derrick Storm ? » s’étonna Kate en découvrant l’exemplaire.
-« Je sais que vous n’êtes pas fan… D’ailleurs ça se voit à votre collection ! » se moqua-t-il en passant son doigt sur la collection au complet des Derrick Storm qui remplissait l’étagère.
Kate leva les yeux au ciel et ne put s’empêcher de sourire.
-« C’est à l’école de droit qu’on vous apprend à mentir aussi bien ? Parce que je vous assure que je vous croyais ? » s’amusa-t-il, fier d’être parmi ses auteurs préféré.
-« Je te rappelle que ma mère était avocate avant d’être juge… C’est inné ! » affirma-t-elle avec sérieux.
Rick explosa de rire en imaginant la petite Kate, inventant des mensonges gros comme une maison devant sa mère qui l’aurait aussitôt assassiné du regard.
-« En parlant de Noël, tu as quelques chose de prévu ? »
-« Je suis fille unique Castle ! Je pense que si je leur faussais compagnie, ils le remarqueraient très vite… »
-« Evidemment. » répondit Rick avec une pointe de déception. « Ahhh la tradition… »
-« Merci de proposer, ça me touche vraiment. » avoua Kate, émue malgré elle de cette invitation à peine masquée.
-« Ma mère et ma fille t’ont vraiment appréciés…Alors si tu n’avais eu de prévus…. Ça aurait été dommage que tu passes Noël seule…. » balbutia-t-il comme un adolescent. « Alors, c’est quoi la tradition chez les Beckett ? » se reprit-il.
-« Diner gigantesque, enfin, juste mes parents et moi… Mais disons que mes parents voient toujours très grands… Ensuite, quand j’étais petite, ma mère et moi nous nous installions devant la cheminée et elle me racontait une histoire ne Noël. C’était toujours la même, je l’adorais et les illustrations étaient vraiment superbes. » se souvient-elle avec nostalgie.
-« Qu’est-ce qui a changé ? Mise à part le fait que tu aies grandie ? »
-« Une année, ma mère a voulu faire refaire son bureau et pour éviter que certains objets de valeur soient abimés, elle les a mis dans des cartons et les a montés au grenier. »
-« Le grenier est aussi grand que ça pour que vous ne l’ayez pas encore retrouvé ? » se moqua-t-il légèrement. »
-« Ce que ma mère ignorait c’est que mon père venait de ranger le grenier et qu’il avait entassé des tas de trucs à jeter dans un coin… »
-« Ohhh… » compris Rick aussitôt. « Il a du s’en vouloir ? »
-« Il s’en excuse encore alors que ça fait plus de 15 ans… » précisa-t-elle avec un petit sourire. « Il a pu remplacer les cadre, les photos… Mais pas les documents confidentiels ni ce livre… C’était un cadeau que ma mère avait reçu de sa grand-mère et je pense que c’est lus ce souvenir qui faisait toute la magie du livre pour elle. »
-« Il n’aurait jamais pu remplacer ça… » admit Rick, suivant le raisonnement de Kate. « Et toi, tu n’as jamais pensé le retrouver pour toi-même. »
-« Si, j’ai essayé. J’ai été une librairie très réputée avec tous les renseignements qu’il fallait et j’ai précisé que je voulais l’ancienne édition, avec les dessins en noir et blanc… Mais dans l’édition la plus ancienne que le libraire a pu me trouver, les dessins avaient été maladroitement repassés au feutre et mis en couleur… C’était vraiment atroce. Alors je l’ai revendu, sans les dessins de mon enfance, l’histoire n’avait plus la même valeur»
-« C’est quoi comme histoire ? » demanda Castle avec intérêt, et voyant l’émotion dans le regard de son amie.
-« Je ne suis pas certaine du titre. Ça doit être ‘Rikiki’, c’est un conte Canadien. Ça raconte la visite d’un elfe à un paysan, le soir de Noël. Il lui joue quelques tours pour que finalement le paysan se rende compte que sa vie n’est pas si mal que ça… » elle fit une petite pause. « Quoi ? Ne me regarde pas comme ça ? » se mit elle a rire, gênée du regard que Rick affichait.
-« Mais je ne me moque pas. C’est génial…Enfin, la tradition, pas que ton père l’ait accidentellement détruit. »
Kate se mit à rire.
-« Et chez les Castle, comment ça se passe ? » s’informa-t-elle à son tour.
-« Quand j’étais petit, ma mère essayait toujours de trouver le temps de nous préparer un repas digne de ce nom, avec nos moyens… Et puis, quand elle a enfin réalisé qu’elle ne savait pas cuisiner, Dieu merci son travail de comédienne commençait à être reconnu et alors c’était la baby-sitter qui s’en occupait. »
Kate ne s’en rendait pas compte, mais elle le dévorait du regard. Elle adorait l’entendre raconter des histoires et pour une fois qu’il parlait un peu de lui, elle savourait ce moment.
« Depuis j’ai grandi… Et aujourd’hui, c’est moi qui passe la journée devant les fourneaux pour que tout soit prêt au moment de diner… Puis on ouvre les cadeaux avant d’aller sagement se reposer. Le lendemain matin, on peut découvrir ce que Papa Noël a mis dans les chaussettes. » expliqua-t-il avec l’enthousiasme d’un gamin de 9 ans.
-« Wahhh… ça à l’air vraiment bien. »
-« Ça l’est…. » assura-t-il avant que le livreur ne les interrompe. « Je vais te laisser. » affirma-t-il une fois que le livreur soit repartit.
-« Tu plaisante j’espère… Comme tu étais là, j’ai commandé pour toi aussi. » répondit Kate en revenant de la cuisine avec deux verres de vin.
-« Tu es géniale… » fit Castle en s’asseyant volontiers à table.
Une fois de plus, ils passèrent une agréable soirée. Ils continuèrent à parler de Noel puis bifurquèrent sur le prochain roman de Castle. Kate explosa quand il lui apprit qu’il comptait raconter l’histoire d’une formidable avocate et de sa rencontre avec un auteur complètement en panne d’inspiration.
-« Tu n’as pas intérêt ! » menaça-t-elle en pointant le couteau vers lui.
Rick déglutit, avant de se rappeler qu’elle ne lui ferait jamais de mal.
-« Mais c’est une idée géniale… »
-« C’est une idée complètement STUPIDE, ça n’intéressera personne. »
-« Parfait… Dans ce cas je peux l’écrire, si personne ne le lit ! » répliqua-r-il aussitôt pour lui clouer le bec. « Je m’occupe du dessert, je sais où est la glace. » affirma-t-il en se levant et débarrassant la table.
Elle le regardait envahir sa cuisine comme s’il était chez lui. D’un côté elle était flattée d’être sa nouvelle muse, mais d’un autre côté, elle détestait parler de sa vie privée, alors la voir ainsi étalée dans un roman…
-« Alors, je peux ? » demanda-t-il en revenant avec deux énormes coupes de glace et la bombe de crème chantilly. « Il n’y en a plus… » s’exclama-t-il après avoir fait sortir une ration de crème fraiche déjà amplement suffisante.
-« Tu en as assez ! Et pour le livre, je peux vraiment dire non ? »
-« Non, j’ai déjà écrit les premiers chapitres… Tu veux les lire ? »
-« Non merci… » assura-t-elle en le foudroyant du regard tout en piquant un peu de crème fraiche dans sa coupe.
Chapitre 16 :
C’était la soirée de promotion du dernier Derrick Storm. Castle détestait ça : il y avait des journalistes partout, des fans hystériques qui le harcelait pour avoir un autographe sur la poitrine, bien qu’il ne fasse plus ce genre de chose depuis un moment déjà… Bref, il s’ennuyait à mourir et rêvait de rentrer chez lui.
Il regardait Gina, c’était elle qui avait tout organisé. Elle discutait avec une critique littéraire tout en répondant à des textos. Il espérait pouvoir profiter de l’occasion pour se sauver en douce, mais elle le rattrapa.
-« Où tu vas ? » demanda-t-elle sèchement.
-« Il est plus de minuit… Je rentre chez moi ! »
-« Tu plaisantes j’espère… Je viens de parler avec le patron d’un petit bar … Il est d’accord pour qu’on aille finir la soirée chez lui, et lui faire un peu de pub au passage. »
-« Et ben vous finirez sans moi. »
-« Je te rappelle que le contrat stipule bien que tu dois assurer TOUTES les soirées de promotion, ainsi que les séances de dédicaces organisées par ton éditrice, c’est-à-dire Moi. Alors ce soir, tu fais ce que je te dis… Et tu n’as pas le choix ! » fit-elle en l’embarquant presque de force dans la limousine.
Kate, elle, s’était laissé embarquer dans une petite fête par une amie.
-« Allez Katie… Juste un verre chez Jack’s avec Mike et Simon… S’il te plait. » insista l’amie de Kate.
-« Ok, mais je te préviens que si Simon m’approche de trop prêt, je l’étrangle. »
L’amie de Kate se mit à rire de bon cœur, ravie d’avoir réussi à l’attirer hors de chez elle pour une soirée.
Une fois dans le bar, comme elle l’avait pensé, le dénommé Simon ne la quittait pas d’une semelle. Elle finit par lui lancer son verre à la figure avant de le gifler. La réaction était un peu excessive, elle voulait bien se l’avouer à elle-même, mais elle n’avait aucune envie que ce pot de colle la suive pendant toute une semaine comme lors de leur dernière sortie.
Kate était assise au bout du bar. Laura, son amie, était dans les toilettes pour homme à sermonner le dit Simon qui avait pourtant juré de se tenir convenablement… Bref, Kate était seule et c’est le moment que choisi un homme pour s’approcher d’elle, un verre de Gin à la main.
-« Wah… J’aime les femmes avec du caractère. » affirma-t-il en plaçant le verre sous son nez.
-« Qui vous dit que je ne vais pas vous le jeter à la figure ? » lança-t-elle sèchement, toujours énervée.
-« C’est un risque que j’accepte de prendre. »
Il commanda un autre verre au Barman et se le jeta lui-même au visage.
Kate le regarda, perplexe, avant d’exploser de rire.
« Vous aurez ça en moins à faire. » expliqua-t-il en lui tendant la main. « Matthew Packs » se présenta-t-il. « Matt, pour les intimes. »
-« Kate Beckett. » se présenta Kate en acceptant la poignée de main, et le verre.
Le temps que Laura revienne, Kate et Matt étaient déjà en pleine conversation. Et comme le courant avait l’air de passer entre eux, l’amie de Kate les laissa tranquilles et resta en retrait.
Le temps passa, les verres se succédèrent, et bien que Laura ait déjà essayé de s’incruster à plusieurs reprises, rien n’y faisait : Kate continuait de boire et s’enivrait sans s’en rendre compte.
-« Kate. » fit Laura après avoir pu entraîner son amie dans les toilettes pour femmes. « Il est tard, on devrait rentrer. »
-« Mais non, il est à peine… Minuit et demie, déjà ! » s’étonna-t-elle en regardant sa montre. « Ok, rentre si tu veux, pour une fois que je m’amuse. »
-« Tu n’es pas vraiment en état de rentrer seule… »
-« Très bien, je demanderais à un taxi de me ramener… Encore mieux, je me ferais inviter chez Matt ! » affirma Kate en lui plaquant son sac entre les mains. « Je suis une grande fille. » affirma Kate en quittant les toilettes.
Pendant que les filles discutaient, Matthew avait versé pour la seconde fois une petite poudre ‘magique’ dans le verre de Kate et avait envoyé un texto à sa complice.
« Chez Jack’s, sur Madison Avenue, je m’occupe de Beckett. »
Vingt minutes plus tard, Gina, Castle et plusieurs journalistes et fêtards franchissaient la porte.
Matt avait entraîné Kate sur la piste de danse. La musique d’ambiance n’était pas spécialement entraînante, mais étant donné l’état dans lequel était Kate, elle aurait dansé même s’il n’y avait pas eu de musique.
En entrant dans le bar, Rick remarque tout de suite Kate qui dansait avec un type qu’il ne connaissait pas. Il les regardait du coin de l’œil et n’approuvait pas du tout la manière dont le gars tripotait son amie. Il s’était déjà levé à deux reprises pour les interrompre, mais à chaque fois une personne l’en avait empêché. La première fois s’était un journaliste qui voulait lui poser des tas de questions, la seconde, c’était Gina pour lui dire que le serveur voulait son pourboire. Mais cette fois-ci, plus rien ne l’empêcherait d’atteindre son but. Matt avait presque les mains sur les seins de Kate quand Rick intervint.
-« Enlever vos mains ! » ordonna-t-il très sèchement.
-« Quoi ? Mais de quoi vous vous mêlez vous ? » se moqua Matt en déshabillant presque Kate au milieu de la piste de danse.
-« C’est mon amie. Elle est ivre. Alors ôtez vos mains. » demanda Castle une seconde fois, toujours aussi sèchement.
-« Ah oui… Vous êtes jaloux de ne pas pouvoir en faire autant ? » continua de se moquer Matt avec un sourire qui mettait Rick hors de lui.
Les journalistes présents n’en perdaient pas une miette. L’un deux avait même activé la fonction ‘caméra’ de son appareil. Aucun doute que cet incident allait faire la Une de toute la presse à scandale.
Quelques altercations plus tard, Rick finit par frapper Matt d’un bon coup de poing en pleine figure avant de rattraper Kate qui menaçait de s’écrouler, complètement ivre.
-« Allez Kate… On s’en va, je te ramène chez toi. »
Matt ne riposta pas, il était toujours à terre quand Kate et Rick quittaient le bar. Mais le coup de poing de Castle avait suffit pour déclencher une bagarre générale entre les derniers poivrots qui étaient au comptoir.
Le gérant du bar fut obligé de faire intervenir la police pour les calmer. Et bien que plusieurs journalistes s’étaient lancés à la poursuite de Castle pour leur article, ils en restait encore un ou deux pour attester du chaos que le couple avait laissé derrière lui.
Gina jubilait en remerciant son ami Matt pour sa participation.
« Katherine Beckett, tu as osé te mesuré à moi… Je vais te détruire ! » assura Gina en quittant le bar, devant les regards interrogateurs de quelques officiers de police.
Chapitre 17 :
Dans le taxi, à l’abri des regards indiscrets, Rick tentait de faire reprendre conscience à Kate. Il venait de donner l’adresse de la jeune femme au chauffeur, mais ce n’est qu’une fois arrivé devant l’immeuble qu’il se rendit compte que Kate ne savait même pas où étaient ses clés. Il demanda donc au chauffeur de les reconduire chez lui en lui donnant une toute autre adresse. C’est avec ce changement d’itinéraire que l’auteur se rendit compte que deux voitures et une moto les suivaient.
-« Ce n’est pas vrai… Quelle bande de rapaces… Ils ne peuvent pas nous lâcher une minute ! » marmonna-t-il.
Il enleva sa veste tant bien que mal et la prêta à Kate pour qu’elle ne prenne pas froid. Il fit de son mieux pour sortir du taxi, pestant contre les journalistes qui mitraillaient Kate.
En entrant au loft, il bénit le fait que sa fille soit une adolescente modèle. Au moins il n’aurait aucune explication embarrassante à donner dans l’immédiat.
Kate se débarrassa maladroitement de la veste qui tomba sur le sol alors qu’elle voulait la poser sur le dossier de la chaise. Rick l’aida à marcher jusqu’aux escaliers pour la guider jusqu’à la chambre d’amis, mais une fois devant les marches, il dut se rendre à l’évidence : Jamais Kate n’arriverait à monter.
-« Bon… Tu n’auras qu’à dormir dans ma chambre. » souffla-t-il, en traversant le salon. « Rassure-moi, tu te souviens de ce que tu as faits de tes papiers et de tes clés ? » demanda-t-il, profitant d’une lueur de présence dans les yeux de Kate.
-« Laura… Amie… » parvint-elle à articuler.
-« Bon, on l’appellera demain cette Laura… Pourvu qu’elle n’ait pas fini la soirée dans le même état que toi ! » plaisanta-t-il en retirant les chaussures de Kate.
La jeune femme était en train de retirer son chemisier, mais Rick la stoppa, assurant qu’elle pouvait dormir habiller pour cette fois.
Il avait réagi de la sorte, se doutant de l’embarras qu’elle aurait le lendemain en se réveillant dans d’autres vêtements, et des problèmes que cela pourrait engendrer pour lui si elle se mettait en tête qu’il avait profité de la situation.
Kate ne contesta pas, elle se contenta de se coucher, mais s’accrocha au bras de Rick alors qu’il espérait s’éclipser en douce.
-« Ne me laisse pas… Il me fait les gros yeux ! »
-« Qui ça ? » demanda Castle en regardant partout autour de lui.
-« Le gros chat, là-bas… » assura-t-elle en montrant un tableau.
Rick se mit à rire en regardant le tableau. Kate devait-être dans un sacré état pour confondre un chat et un lion. Il se pinça les lèvres et se retourna vers Kate en tentant de reprendre son sérieux.
-« Linus n’a jamais mordu personne… » assura-t-il alors que Kate déposait des petits baisers sur sa chemise.
Il la repoussa à contre cœur, bien résigné à se comporté en parfait Gentlemen.
-« Tu ne m’aimes pas, c’est ça ? » fit Kate en se retournant d’un coup, boudant comme une petite fille gâtée.
-« Si je ne t’aimais pas Kate, j’aurais été le premier à profiter de la situation. »
-« Reste. » supplia-t-elle en le regardant désespérée.
-« OK. » consentit-il. « Mais plus de petits bisous… Plus de mains baladeuses, tu restes sage. » fit-il en la fixant de son regard sévère.
-« Sage ! »
Rick se coucha alors contre Kate qui vint se coller tout contre lui en déposant quelques baisers dans son cou.
-« Tu ne peux pas t’en empêcher hein ? » se moqua-t-il.
-« Je t’aime… » marmonna-t-elle, à moitié endormie.
-« Moi aussi je t’aime Kate. » répondit-il en déposant un baiser dans ses cheveux.
Kate ouvrit les yeux, réveillée par un mal de tête atroce. Petit à petit, elle regarda partout autour d’elle.
-« Oh mon Dieu… Mais où est-ce que je suis moi ? »
Elle se découvrit légèrement, juste pour vérifier si elle était toujours habillée ou non.
« J’ai toujours mes habits d’hier… C’est déjà ça. » soupira-t-elle en se tenant la tête. « Bon, courage… Va affronter le propriétaire des lieux et assumer ta soirée ! » se motiva-t-elle en ouvrant la porte de la chambre.
Martha fut la première à la voir émerger et fit signe à son fils que leur invitée était enfin debout.
-« Bonjour Princesse au bois dormant ! Bien dormis ? »
-« Pas si fort ! » répondit Kate en se tenant la tête et en faisant la grimace.
-« Papa à préparer un risotto pour le déjeuner. » assura Alexis, enthousiaste à l’idée de se régaler.
-« Ohhh… » soupira-t-elle, écœurée à l’idée de devoir manger.
-« Rassure-toi, ça sera aspirine pour toi. » assura Rick en la regardant s’asseoir.
-« Merci…. Mais qu’est-ce qui s’est passé ? Comment j’ai atterrie chez toi ? »
-« Tu ne te souviens vraiment de rien ? » demanda Martha.
-« J’espère que tu te souviens de ‘Laura’, il parait que c’est elle qui a ton sac ! » se moqua Rick.
-« Oui… Oh mon Dieu… » soupira à nouveau Kate pour supporter le marteau-piqueur qui faisait rage dans sa tête.
Quelques secondes plus tard elle releva la tête et dévora Rick des yeux. Le petit ‘Moi aussi je t’aime Kate’ de Castle venait de raisonner dans sa tête. Elle ne se souvenait de rien d’autre, mais les derniers mots de Rick étaient restés quelque part dans sa mémoire.
Après le déjeuner, Martha et Alexis s’éclipsèrent pour les laisser en tête à tête. Rick expliqua à Kate ce qui s’était passé à son arrivé dans le bar et la raison pour laquelle elle s’était réveillée dans son lit. Il parla aussi des journalistes et de l’éventualité d’apparaître en première pages des journaux dans les jours suivants.
-« Je suis vraiment désolée Castle ! » s’excusa-t-elle, confuse.
Il se contenta de lui tendre le téléphone pour qu’elle puisse appeler son amie et récupérer ses affaires.
En rentrant chez elle, Kate vérifia ses messages sur son portable. Elle mourrait d’envie de se cacher sous sa couette et d’y rester jusqu’à ce que les journalistes trouvent une nouvelle proie, mais l’image de son père apparu dans sa tête.
-« OH MON DIEU…. IL VA ME TUER ! » se mit-elle à hurler en bondissant d’un coup.
Elle se rhabilla en quatrième vitesse et fonça chez ses parents. Elle ne voulait surtout pas qu’ils apprennent ça en lisant une revue chez le dentiste. Ou pire encore, que ce soit la voisine qui vienne se moquer en apportant tous les articles détaillant sa soirée.
Bien qu’elle ait 29 ans, elle se prit un sermon mémorable de la part de ses parents, mais ceux-ci assuraient qu’ils resteraient à ses côtés et l’aideraient à traverser cette épreuve la tête heute.
Chapitre 18 :
Deux jours plus tard, ce que Kate redoutait était arrivé : elle ne pouvait plus regarder un kiosque à journaux sans croiser son propre visage ou la photo de Castle cognant un type. Elle avait vraiment honte. Mais le pire restait à venir.
Castle était invité sur un plateau télé pour parler de son nouveau livre et affronter les critiques mais Rick n’eut même pas le temps d’énoncer le titre du livre que déjà la discussion déviait sur cette fameuse soirée et l’amie en question qu’il défendait avec autant d’acharnement. Et la question qui brûlait les lèvres du présentateur était bien entendu de savoir comment s’était passé cette nuit que la jeune femme avait passé chez lui. Avec assurance, le présentateur montrait plusieurs clichés de Kate sortant de l’immeuble où résidait l’écrivain. L’un des autres invités de l’émission fit la remarque que les vêtements de la jeune femme n’étaient pas les mêmes que ceux de la veille à son arrivée.
L’auteur utilisa tout son temps de parole pour se justifier et protéger la réputation de Kate en assurant que les vêtements qu’elle portait avaient été prêtés par sa fille mais, bien entendu, personne n’accorda de crédit à cette version, préférant prétendre qu’il s’agissait simplement de vêtements laissés lors d’une précédente soirée bien arrosée.
Devant son écran, Kate était morte de honte. Elle s’en voulait pour cette soirée, elle s’en voulait d’avoir embarqué Castle dans cette histoire. Elle éteignit la télévision et passa le reste de la soirée au fond de son lit.
Castle rentra chez lui dans un état de nerfs impossible à calmer. Il répondit si sèchement à sa mère que celle-ci préféra sortir et le laisser seul. Il se servit un verre de whisky et se laissa tomber dans un fauteuil.
Plus il réfléchissait à cette histoire, plus il trouvait ça louche. Combien de chance avait-il de tomber sur Kate lors de sa soirée de promotion ? Quel était le pourcentage de chance pour que Kate soit ivre et dans les bras d’un autre ? C’est Gina qui l’avait embarqué dans cet endroit… Et si c’était elle qui avait organisé tout ça ? Plus il y réfléchissait et plus ça lui semblait logique, en plus elle n’avait fait aucun démenti pour préserver sa réputation. Kate avait osé s’opposer à elle en prenant sa défense et c’était sa manière de le lui faire payer. Il en était certain.
Ce soir-là, Rick prit une décision difficile et c’est le cœur lourd, les yeux remplis de larmes qu’il se coucha.
Le lendemain en arrivant au travail, Kate fut tout de suite interpellée par Desmond. Il l’invita dans son bureau et la fit asseoir.
-« Je suppose que tu sais pourquoi je te fais venir ? » dit-il très froidement.
-« Euh… Non, pas vraiment ! » répondit Kate en se demandant quelle erreur elle pouvait avoir fait en remplissant les dossiers ces derniers jours.
Desmond posa toute une pile de magazine sur le bureau.
-« Je regardais mon émission préférée hier soir et devine qui est ENCORE venue me gâcher mon plaisir ? »
Kate déglutit. Visiblement ils avaient regardé la même émission.
-« Alors faire la Une des magazines ne te suffit plus maintenant ! Sérieusement, ta petite aventure fait trop de bruit et je ne compte pas attendre qu’elle nuise à NOTRE réputation avant d’agir. Tu es virée ! »
-« Quoi ? Mais…. »
-« Il n’y a pas ‘mais’. Tu veux t’envoyer en l’air avec Castle, faire la tournée des bars et te comporter comme une pute, très bien… Mais ce genre d’attitude ne cadre pas avec les valeurs de ‘Desmond et Desmond’, donc tu t’en vas. Tu as 20 minutes pour vider ton bureau, » annonça-t-il en lui ouvrant déjà la porte, signe que l’entretien était terminé.
Kate rassemblait ses affaires dans le carton fourmi généreusement par l’entreprise. Luc attendait à la porte, plusieurs dossiers entre les mains.
-« Tu vas devoir te trouver un autre gratte papiers ! » annonça Beckett, espérant trouver un peu de réconfort chez son collègue.
-« Je sais… Je te croyais déjà partie. J’apportais MES dossiers. Le chauffage de mon bureau est en panne alors je vais m’installer ici… » répondit-il avec embarras.
-« Oh… Pas de problème… J’ai terminé de toute façon, » affirma-t-elle en emportant tout le petit matériel de bureau et s’envoyant un mail avec des informations compromettantes sur le personnel de ce cabinet.
Elle termina en effaçant plusieurs logiciels pour rendre le PC inutilisable avant de l’éteindre, de manière à ce que Luc mette du temps avant de s’en rendre compte.
Elle envoya un texto à sa mère qui lui répondit la seconde suivante en lui donnant rendez-vous dans un salon de thé.
-« Tu peux les attaquer en justice… Desmond n’a pas le droit de faire ça, » conseilla la juge.
-« Je sais maman… » soupira Kate en sirotant son café. « Mais je m’en fiche… Desmond est un abruti et, de toute façon, je pensais à démissionner… Il m’a juste prise de court. »
-« Katie… » réconforta la mère en caressant la main de sa fille avec son index. « Tu mérites bien mieux que Desmond, tu mérites bien mieux que ce que raconte la presse… Ne te laisse pas démolir par les journalistes. »
-« Je sais… Il ne s’est rien passé avec Castle tu sais… Je m’en veux pour ça, je n’aurais pas dû l’entrainer dans cette histoire. »
-« C’est à lui que tu dois dire ça, pas à moi… Mais c’est triste qu’il ne se soit rien passé ! » nargua-t-elle avec un petit sourire amusé.
-« Maman… »
Kate leva les yeux au ciel et sourit malgré elle.
-« Je t’assure que je n’étais pas en état ! » se moqua-t-elle d’elle-même.
-« Ne t’inquiète pas pour Castle. Sa réputation en a vu d’autre. Et puis son livre se vend quand même, même si la presse parle plus de votre nuit d’amour que de la mort de Derrick Storm. »
En arrivant chez elle le soir, Kate eut la surprise de découvrir Rick assis devant sa porte.
-« Castle ? Tu veux entrer ? » proposa-t-elle en ouvrant la porte.
-« C’est gentil… Mais non… » balbutia-t-il, mal à l’aise. « Je crois que c’est mieux qu’on reste dehors. »
-« Oh… » fit Kate, sachant que s’ils avaient été ensemble, ça aurait pu ressembler à une annonce de séparation. « Je suis désolée pour ces articles… Pour ton émission d’hier aussi… Je suis vraiment… »
-« Je sais Kate, » assura-t-il en lui prenant les mains. « Je ne t’en veux pas. Ce n’est pas ta faute… C’est la mienne et c’est à moi de m’excuser. »
Kate fronçait les sourcils, elle ne comprenait pas vraiment comment ça aurait pu être de SA faute à lui mais il ne lui laissa pas le temps de demander quoi que ce soit.
-« Je me rend bien compte que ma présence perturbe ta vie. Ta réputation en a pris un sacré coup en quelques jours à peine… Il n’est pas question que ça se reproduise… C’est pour ça qu’on devrait arrêter de se voir. »
-« Mais on n’a rien fait de mal ! » protesta Kate, les larmes inondant ses yeux.
-« Je sais… Mais c’est mieux. Je ne veux pas te créer d’autres problèmes. Je suis désolé pour tout Kate. »
Il l’embrassa sur la joue et partit sans se retourner. Kate resta un moment sur le pas de la porte, refoulant les larmes qui menaçaient de couler, mais c’est le visage inondé de larmes qu’elle se retourna en espérant le rattraper. Mais c’était trop tard. Richard Castle était déjà dans le taxi qui devait le ramener chez lui.
Chapitre 19 :
Les semaines passèrent et se ressemblaient pour Castle et Beckett. La rupture avec Rick avait été la goutte d’eau qui avait fait déborder le vase pour Kate. Elle était dans un état de semi-dépression : elle restait enfermée chez elle, refusait de sortir avec ses amies et passait des journées entières à lire les livres de Castle qu’elle connaissait par cœur.
Rick non plus ne sortait pas de chez lui… En fait, il passait ses journées et des nuits entières devant son PC à écrire des chapitres que ni Martha ni Alexis n’avaient le droit de lire.
Le soir du 24 décembre était arrivé et Jim redoutait le pire : il détestait voir sa fille malheureuse et, en cette période de l’année, le seul cadeau qu’il aurait aimé commander au Père Noël aurait été un sérum d’oubli pour donner à sa fille, histoire qu’elle puisse sourire à nouveau. Malheureusement, le Père Noël n’était pas magicien et il se doutait bien qu’aucun cadeau ne pourrait faire de tels miracles.
-« Katie ne vient pas ? » demanda-t-il à sa femme qui se préparait dans la salle de bain.
-« Si, si. Elle sera juste un peu en retard. Elle avait une course à faire… » expliqua Johanna qui avait oublié de transmettre le message puis demandant en faisant référence à la personne qui avait sonné à la porte quelques minutes plus tôt. « C’était qui ? »
-« Monsieur Richard Castle en personne… Il avait quelques cadeaux à déposer sous le sapin, » répondit Jim à sa femme qui le dévisageait.
Johanna ne savait pas exactement ce qui s’était passé entre sa fille et Richard mais elle savait qu’il était en partie responsable de l’état végétatif dans lequel Kate était depuis plusieurs semaines.
Devant la maison, Kate arriva et gara sa voiture à côté de celle qu’elle pensait être à leurs visiteurs. Elle se demandait qui ses parents pouvaient bien avoir invité sans lui en parler, certainement de peur qu’elle ne reste chez elle. Elle sortit de la voiture, quelques paquets cadeaux en mains et se retrouva face à Rick.
-« Castle ? » se contenta-t-elle de demander, surprise mais ravie de le voir.
-« Euh… Je… J’ai juste apporté quelques petits cadeaux… Pas grand-chose ! » se défendit-il en bafouillant.
Il avait fait le plus vite qu’il pouvait, il craignait de se retrouver face à elle. D’un côté, il était heureux de la voir mais, de l’autre, il avait envie de la serrer dans ses bras et de ne plus jamais la laisser partir.
Ils restèrent un moment à se regarder dans les yeux. Kate qui connaissait ses parents par cœur et l’ensemble des traditions de la maison leva la tête, sachant et espérant qu’ils aient pensé au gui.
-« La tradition ! » affirma Rick en lisant dans ses pensées.
-« La tradition… » répéta Kate en attendant que Rick s’approche d’elle.
Kate perdit totalement pied au moment où ses lèvres touchèrent celles de Rick et le petit baiser de ‘tradition’ se transforma rapidement en baiser passionné.
-« Désolée ! » s’excusa-t-elle lorsqu’elle réalisa ce qu’elle venait de faire.
-« Pas de problème… Je ne compte pas porter plainte ! » s’amusa-t-il en reprenant la phrase qu’elle avait utilisée lorsqu’il s’était laissé emporter par l’émotion et qu’il l’avait serrée dans ses bras. « Et puis… C’était loin d’être désagréable. »
Il sourit avant de s’avancer vers sa voiture.
-« Castle ? » appela-t-elle doucement.
Il se retourna et la dévisagea.
-« Joyeux Noël. »
-« Joyeux Noël Kate, » répéta-t-il avec un petit sourire aux lèvres.
Kate entra dans la maison, sourire aux lèvres, et embrassa ses parents comme elle ne l’avait plus fait depuis des années.
-« Le Père Noël aurait-il trouvé ce sérum d’oubli ? » demanda Jim à voix basse en regardant sa fille déposer les paquets sous le sapin.
-« D’une certaine manière… » répondit Johanna qui avait surpris le baiser en regardant par la fenêtre.
Elle s’était inquiétée de ne pas entendre Kate entrer alors qu’elle était certaine d’avoir reconnu sa voiture. Elle avait écarté le rideau pour voir ce qui pouvait la retenir, ne s’attendant pas à ce que Castle soit toujours là.
-« Juste un ami hein ? » taquina-t-elle sa fille en l’embrassant à son tour.
-« Oui maman, juste un ami ! » affirma-t-elle en soupirant.
-« Si tu l’dis… » se contenta-t-elle d’ajouter, peu convaincue de cette affirmation.
La soirée se passa dans la bonne humeur entre des parents heureux de pouvoir profiter de la présence de leur unique enfant et une Kate qui avait enfin retrouvé le sourire.
Minuit arriva très vite et la distribution de cadeaux commença.
Jim était aux anges devant l’abonnement pour le reste de la saison de Base-ball que sa fille avait réussi à lui obtenir. Il s’agissait de places très bien placées pour des matchs importants.
Johanna avait reçu une nuisette (de la part de son mari), ce qui fit exploser de rire Kate lorsqu’elle l’avait vue rougir.
-« Non maman… Ne te sens surtout pas obligée de l’essayer tout de suite… Attends au moins que je sois couchée, » se moqua-t-elle en essuyant les larmes qui coulaient tellement elle riait avant de poursuivre, toujours en riant et lui apportant le cadeau qu’elle lui avait choisi. « Je ne veux même pas savoir ce que tu as offert à papa mais, si j’ai un petit frère dans 9 mois, j’aurais tout compris ! Désolée, j’ai eu moins d’inspiration que papa. »
Johanna fut émue de découvrir un petit coffret en bois contenant différents bricolages faits par Kate quand elle était enfant.
-« Mais où as tu… Comment ??? Je croyais que ton père les avais jetés ? »
-« Vous n’allez pas encore revenir sur cette histoire ? » rouspéta Jim.
-« Pas ce soir, non ! » assura Kate. « Ceux-là viennent de chez grand-mère. Tu ne te souviens peut-être pas mais on faisait tellement de ces trucs hideux qu’il n’y avait plus assez de place dans la cuisine pour les exposer. Du coup, c’est chez grand-mère que tu entreposais certaines ‘œuvres’ ! Elle est ravie de se joindre à moi pour ton cadeau. »
-« Ne te moques pas de ces petits trésors…. J’espère que tu comprendras un jour à quel point ça a de la valeur ! » affirma Johanna en s’émerveillant devant un collier de macaronis.
-« Ne m’en veux pas mais je préfère ceux en pierres précieuses ! » se moqua à nouveau Kate en distribuant les paquets déposés par Castle.
Jim explosa à nouveau de joie et interdit à ses deux femmes de s’approcher du gant de base-ball qu’il venait de recevoir : il était dédicacé par son équipé préférée au grand complet !
-« Je sens que je vais le faire enfermer dans une vitrine… Wahhh il est génial ce Castle !! »
Kate regarda sa mère ouvrir son paquet.
-« Un livre ? Wahh… Quelle imagination pour un auteur ! » se moqua Kate.
Ce que la jeune femme n’avait pas vu, c’était la dédicace sur la première page.
« Une ébauche de mon prochain livre. J’ai besoin de votre avis afin d’être certain que Kate ne m’en veille pas trop si j’arrive à le faire publier !
Amicalement.
Rick Castle. »
Johanna ne répondit pas à la remarque de sa fille. Elle était touchée de la délicatesse de l’auteur. En plus, se faire offrir un livre avant même sa parution, ce n’était pas banal.
Kate, elle, resta avec son paquet en mains et ne savait plus quoi dire. Même sans être présent, il avait réussi à la clouer sur place. L’emballage était défait et Kate était en larmes devant le livre qu’elle n’osait même pas ouvrir.
Jim avait vu une carte tomber et la ramassa pour la tendre à sa fille. Comme il n’obtint pas de réponse, il se permit de la lire.
« Je ne suis pas certain que ce soit l’histoire de ton enfance et encore moins l’édition originale… Mais au moins j’aurais essayé. J’espère juste que les dessins seront moins moches que ceux de l’édition que tu avais réussi à obtenir.
Joyeux Noël
Castle.
Johanna s’assit à côté de sa fille et, sans ajouter un seul mot, elle la serra dans ses bras comme quand Kate était petite. Elle prit le précieusement le livre sur ses genoux et commença la lecture. Bien que Kate ait près de 30 ans, elle la laissa faire. Kate tournait les pages au rythme de la lecture et redécouvrait les illustrations avec beaucoup de nostalgie.
A la fin de l’histoire Kate sortit prendre l’air. Elle avait besoin d’être seule pour réfléchir. Comment Castle pouvait-il lui offrir un tel cadeau après lui avoir demandé de s’éloigner ? Il s’avait que ce livre avait de l’importance pour elle et il avait dû lui falloir du temps pour en retrouver un exemplaire, ça prouvait qu’il tenait à elle… Au moins autant qu’elle tenait à lui.
En déballant les cadeaux avec sa famille, Rick reconnut tout de suite l’écriture de Kate sur l’une des étiquettes. Il le garda pour la fin et fut dans le même état que Kate lorsqu’il découvrit son présent : le paquet ouvert sur ses genoux incapable de prononcer le moindre mot.
-« Un bracelet ? Elle n’a pas trouvé mieux ? » s’étonna Alexis en venant voir ce qui pouvait faire taire l’excitation de son père.
-« Elle n’aurait pas pu trouver mieux ! » compléta Rick, ému. « C’est le bracelet que j’avais fait faire pour ta grand-mère mais Gina l’avait emporté quand elle est partie. C’est l’une des seules choses qu’elle n’avait pas pu me rendre et Kate savait que ce bracelet était important pour moi. J’ignore comment elle a bien pu faire pour le récupérer. »
Il se leva et le mit au poignet de sa mère.
-« Mais c’est TON cadeau ! » protesta-t-elle.
-« Non… C’est pour toi que je l’avais fait faire… C’est pour cette raison qu’il était si précieux pour moi. »
-« Kate est vraiment la meilleure… » assura Alexis. « Non seulement elle a gagné ton divorce mais en plus Gina a dû tout te rendre… Tu as tout gagné ! »
-« C’est ce que je croyais… Mais en fait non. Gina a réussi à me faire perdre une personne qui comptait vraiment pour moi… Je voulais gagner, je voulais enterrer Gina… Kate a réussi, c’est juste que je ne m’attendais pas à ce que ça me coûte aussi chère ! » expliqua Rick, la voix triste.
Chapitre 20 :
Une fois que Johanna plongea dans le bouquin de Castle, elle n’en émergea qu’après avoir tourné la dernière page.
-« Quoi… ? Mais elle est où la suite ? »
Elle retourna le livre dans tous les sens, comme s’il pouvait y avoir quelques chapitres cachés quelque part. Jim, confortablement installé dans le fauteuil d’à côté, la regarda avec amusement.
-« Ça ne peut pas finir comme ça ! Il faut une suite… C’est trop triste ! »
-« Il voulait ton avis ! Bah voilà, tu sais quoi lui dire maintenant ! » s’amusa-t-il. « C’était si bien que ça ? »
-« Tu n’imagines même pas. 380 pages de déclarations d’amour… C’était le meilleur livre romantique que j’ai jamais lu ! »
-« Je croyais que c’était les histoires d’espionnage son truc ! »
-« Visiblement ta fille lui a inspiré un tout autre style ! »
-« Et il a besoin de 380 pages pour aligner 3 mots : I love You ? »
-« Non… » soupira Johanna en se disant que son mari était encore pire que sa fille. « Les 380 pages, c’est pour que ta fille le comprenne ! » ajouta-t-elle en posant le livre.
-« Dans ce cas, je crois que tu as raison ! Il va lui falloir un autre tome, » se moqua Jim en replongeant dans la page sportive.
-« Tu devrais le lire… Tu apprendrais des tas de choses sur ta fille, » lança Johanna en sachant que sa curiosité serait piquée au vif.
-« Le genre de choses qu’un père ne veut surtout pas savoir ? »
-« D’après Richard, le moment le plus ‘chaud’ a été quand il a dû la repousser pendant qu’elle était ivre. »
-« Il l’a vraiment repoussée ? » demanda Jim en prenant le livre.
Le père était soulagé de le savoir mais, en lisant, l’homme se demandait comment il avait pu la repousser.
Jim plongea à son tour dans le livre et n’en releva la tête que deux jours plus tard en affirmant qu’il aurait fallu bien plus qu’une potion magique pour lui rendre le sourire.
Kate avait envoyé quelques CV entre Noël et le nouvel an. Elle n’avait pas encore reçu beaucoup de réponses mais ne désespérait pas. C’est d’ailleurs pour cette raison que, la semaine suivant le 1er janvier, elle alla d’elle-même se présenter là où elle n’avait pas eu de réponse : certains responsables refusèrent catégoriquement de lui parler tandis que d’autres ne se cachèrent pas pour lui rappeler que, par sa faute, l’un des plus grands avocats de la ville se retrouvait rayé du Barreau.
Malgré tous ces refus, elle restait motivée. Elle avait tout de même réussi à obtenir un entretien, elle devait juste attendre 11 heures que le responsable du cabinet arrive pour prendre la décision finale.
Elle se rendit donc à son entretien et patienta, encore et encore… Elle resta trois heures dans une salle d’attente avant de décider qu’elle en avait assez !
-« Si Maître Paulin ne voulait pas me voir, il aurait pu me renvoyer sans me faire poireauter pendant 3 heures ! » jura-t-elle à haute voix en sortant du cabinet d’avocats.
-« Excusez-moi ? » fit l’homme qu’elle venait de bousculer en sortant. « Vous m’attendiez ? On avait rendez-vous ? »
-« Oui… Kate Beckett, » se présenta-t-elle. « Mais je comprends. Vous auriez juste dû me renvoyer plus tôt au lieu de… »
-« Beckett ?? Comme le juge Beckett ?? »
-« Oui, c’est ma mère, » souffla Kate, peu convaincue que ça l’aide vraiment.
-« Cool, j’ai hâte de vous voir en face l’une de l’autre, » jubila-t-il. « Toutes mes excuses… Venez, entrez… Je ne savais pas que vous étiez là… »
Il la fit entrer dans son bureau et lui serra la main.
-« Une minute… Vous avez bien dit que vous attendiez depuis 3 heures ? »
Il regarda sa montre qui indiquait 14 heures.
-« Jeanne ? Allez nous chercher deux plats du jour chez ‘Arthur’. Vous aimez les pâtes j’espère ? » demanda-t-il à Kate tout en la faisant asseoir.
Kate le regardait sans comprendre. Elle ne maitrisait plus rien de ce qui se passait autour d’elle et se sentait complètement dépassée.
-« Vous avez entendu parler de l’affaire Jeffrey ? » demanda-t-il en sortant un fin dossier.
-« Euh… Vaguement, » mentit Kate alors.
Johanna faisait partie de la grande partie de la population qui croyait en l’innocence de ce jeune homme et ne comprenait pas comment un juge avait pu le condamner.
-« L’une de mes amie fait partie de son groupe de soutien et m’a suppliée de revoir son cas. Elle espère que je puisse convaincre un juge de revoir cette affaire… »
Le déjeuner venait d’arriver et Paulin insistait pour que Kate mange tout en l’écoutant.
-« Par où je commence ? » demanda l’avocat expérimenté à Kate.
Kate déglutit mais ne comprenait toujours pas. Est-ce que c’était sa manière à lui de faire passer un entretien ? Y avait-il vraiment une bonne réponse à cette question ? Où était le piège ? Elle prit le temps de réfléchir avant de répondre et en profita pour déguster cette lasagne au saumon.
-« Pour commencer… Je vous conseillerais de vous entretenir avec votre client ! »
Paulin releva la tête, s’essuya la bouche et regarda fixement Kate. Visiblement il attendait une explication.
-« Sans vouloir vous offenser, vous ne semblez pas convaincu vous-même de son innocence alors, avec tout le respect que je vous dois, je ne vois pas comment vous pourriez convaincre un juge, un jury ou qui que ce soit de son innocence. Dans un premier temps, je vous conseillerais donc de vous entretenir avec votre client et de mettre les choses au clair : s’il est innocent, vous trouverez le moyen de le prouver. S’il est coupable, au mieux vous arriverez à réduire sa peine. »
Il la regarda et esquissa un sourire.
-« Mademoiselle Beckett, c’est la chose la plus sensée qu’on m’ait dite à ce sujet… »
Il piqua un morceau de lasagne et la mit en bouche.
-« Vous avez raison… Je le pense coupable et je ne vois pas comment prouver le contraire… »
Paulin continuait à manger tout en parlant, il était du genre pressé.
« Je sais que c’est très grossier… J’ai un client qui attend, » expliqua-t-il pour justifier le fait de parler en mangeant. « Je vais organiser un rendez-vous avec Jeffrey… Vous vous occuperez de cette affaire. »
L’assiette était vide.
-« Vous le pensez innocent ? Prouvez-le ! »
Il se leva, ouvrit un tiroir, en ressortit un classeur, chercha des documents et vérifia son portable. Kate le regardait toujours sans comprendre.
-« J’ai votre numéro ? »
-« Euhh… Oui, sur mon CV ! »
-« Bien… Je vous appelle dès que j’ai du nouveau… »
Kate ouvrit de grands yeux et Paulin dut percevoir cette hésitation.
-« Vous m’engager ? » demanda enfin Kate, incertaine de la réponse.
-« Bien sûr que je vous engage… » assura l’avocat.
-« Mais… Holster et… »
-« Holster est un fumier et je ne vous cacherais pas que le voir hors circuit me facilite la vie sur plusieurs affaires… Je sais ce que vous avez fait et il faut du courage pour ça… Je sais aussi pour Black Pawn… Oui, je suis un ami de Thomas Miller et j’ai été bluffé par votre négociation. »
-« Je connais Richard Castle ! » avoua Kate à voix basse.
-« J’ai cru comprendre, » s’amusa-t-il. « Mais vu la manière dont vous avez envoyé Holster et Cowell dans les cordes lors du divorce, je pense que vous avez fait au mieux pour les deux parties dans l’affaire Black Pawn et j’admire votre sens de la justice. Maintenant si vous voulez bien m’excuser, je dois vraiment y aller ! » affirma-t-il en regardant son portable qui sonnait pour la troisième fois.
Kate n’en revenait pas : elle avait un travail et un patron qui visiblement l’appréciait. Ce n’était qu’un petit cabinet d’avocats sans aucunes prétentions, le genre d’avocats qu’engagent les gens sans trop de moyens… Le genre d’avocats qui se démènent pour prouver ce en quoi il croit et non ceux payés une fortune pour détruire les autres. A bien y réfléchir, c’était le genre de job dont elle rêvait… Sauf au niveau de la paie peut-être…