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Série : Castle
Création : 12.12.2013 à 18h50
Auteur : judy1
Statut : Terminée
« Et si tout avait été différent… Et si Johanna Beckett n’était pas morte … Kate et Richard se seraient-ils rencontrés ? Comment ? Quelle aurait pu être leur relation ? » judy1
Cette fanfic compte déjà 32 paragraphes
Chapitre 21 :
Fin janvier. Le livre de Castle était en librairie depuis une semaine seulement et Black Pawn était déjà en rupture de stock. Il n’avait pas fait beaucoup de modifications par rapport à ce qu’il avait écrit initialement : Johanna lui avait juste demandé de ne pas mettre le passage où Kate vient le prévenir pour l’affaire Black Pawn et Jim avait été le voir pour lui parler de l’état dans lequel sa fille avait sombré pendant plusieurs semaines avant de soudainement se redresser grâce à son baiser. Rick avait alors écrit un chapitre de plus pour expliquer comment il avait vécu cette fête de Noël et ce qu’avait représenté le cadeau de Kate à ses yeux.
Kate avait aperçu ce livre et en avait entendu parler. Sa mère lui avait même fait parvenir son exemplaire un peu avant sa parution, mais, trop prise par son nouveau travail et par l’affaire Jeffrey, elle n’avait pas encore eu le temps de le lire.
La première demande d’appel de Maître Beckett avait été refusée mais elle n’avait pas perdu de temps et, quelques jours plus tard, elle introduisait une seconde demande. Elle s’attendait à un second refus et réfléchissait déjà à une autre approche pour une éventuelle troisième demande lorsque son patron, Maître Paulin, la fit venir dans son bureau.
-« Kate, assied-toi, » lui dit-il avec un ton enjoué, comme à son habitude.
Kate s’exécuta. Elle commençait à avoir l’habitude de ne pas tout comprendre à chaque fois que son patron la convoquait. Elle attendit donc qu’il commence en priant pour que ça ne prenne pas trop de temps, elle avait encore des tas de recherches à faire sur le cas Jeffrey.
-« Un juge vient d’être désigné pour l’affaire Jeffrey. »
-« L’aff…. Quoi ? J’ai réussi ? »
-« Suffisamment pour que ce gamin ait une seconde chance… Mais tu vas devoir te donner à fond si tu veux le faire libérer. »
-« Le juge est si horrible que ça ? »
-« L’une des pire que je connaisse : le juge Beckett ! »
-« QUOI ? » sursauta Kate. « Mais ce n’est pas possible ! On peut faire une réclamation… »
-« Oui, je suppose qu’on pourrait mais ça ne ferait que compromettre cette chance d’avoir droit à un appel… Tu veux vraiment risquer de tout perdre ou tu es prête à affronter ta mère ? »
Kate soupira en se prenant la tête entre les mains. Elle avait enfin la chance de prouver ce qu’elle valait, une chance de montrer ce dont elle était capable et c’est en face de sa propre mère qu’elle se retrouvait…
-« Je crois que j’ai du travail ! » soupira Kate en se levant péniblement de sa chaise.
-« La première audience est demain… Et oui, tu vas devoir te donner à fond ! » s’amusa Paulin en croisant le regard de Kate. « J’ai oublié de te dire, c’est Desmond qui représente la partie adverse. »
-« Génial, il ne manquait plus que ça ! » soupira Kate en quittant le bureau de son supérieur.
Le jury avait été choisi et la première audience arriva bien trop vite au goût de Kate. L’accusation était en train de la démolir, réfutant toutes les nouvelles pièces à conviction que Kate avançait, allant jusqu’à démolir son principal témoin en affirmant que le témoignage d’une mère ne valait rien devant un tribunal, jugeant qu’une mère ferait n’importe quoi pour sauver son enfant.
L’affaire était assez grave : Kate devait défendre un jeune homme de 19 ans qui était accusé de vol dans une boutique d’antiquités. Le vol en lui-même n’était pas très grave sauf qu’en prenant la fuite, le voleur avait été surpris par le propriétaire du magasin et lui avait lancé une statuette à la tête. L’homme avait passé trois semaines à l’hôpital et souffrait de troubles de la parole jugé irrévocables par les médecins. En étant jugé coupable du vol, il était évident que le propriétaire (ou la famille du propriétaire plus précisément) allait se retourner contre Jeffrey pour obtenir une compensation pour les blessures infligées à l’antiquaire. Nelson Jeffrey serait alors condamné à verser des sommes colossales et n’aurait certainement pas assez de sa vie pour payer sa dette.
Kate avait misé sur les témoignages de la famille de Nelson pour prouver qu’il était chez lui à l’heure du vol. Mais l’accusation n’acceptait pas le témoignage de la mère de Jeffrey. Kate, convaincue d’avoir raison et pleine d’assurance, joua le tout pour le tout.
-« Votre honneur. »
Elle regarda sa mère droit dans les yeux.
-« Si votre fille était à la place de l’accusé, mentiriez-vous à la Cour ? »
Kate continua sur sa lancée, voulant prouver au jury et à l’accusation qu’il était possible et même certain que TOUTES les mères ne mentiraient pas dans ces circonstances et que donc le témoignage pouvait être accepté.
Johanna foudroya sa fille du regard. Kate n’en avait certainement pas conscience mais ce procès la mettait dans une situation très délicate elle aussi. Non seulement elle devait juger cette affaire en s’appuyant sur les faits établis par les avocats et non sur son intuition qui lui disait que le jeune homme était innocent mais, pour la première fois, son jugement était examiné à la loupe par tous ses confrères de peur qu’elle se laisse entrainer par ses sentiments maternels vis-à-vis de l’avocat de Jeffrey.
Johanna se leva, descendit de son siège de juge et regarda sa fille droit dans les yeux pour lui répondre, non pas en tant que juge mais en tant que mère.
-« Oui Katie… Je serais capable de mentir pour te sauver ! » fut-elle obligée de reconnaitre publiquement. « Les témoignages de Monsieur et Madame Jeffrey ne seront donc pas retenus. »
Kate était médusée. Maître Desmond satisfait.
-« L’audience est ajournée et reprendra demain matin à 9 heures, » annonça la juge en reprenant sa place, faisant par la même occasion taire les murmures venant du jury.
C’était un grand moment de solitude pour Kate. Elle n’en revenait pas que sa propre mère puisse avoir contribué à la mettre six pieds sous terre. La foule était repartie à l’exception de Kate qui restait assise à sa place, la tête entre les mains. Il y avait également une poignée de journalistes qui attendaient de pouvoir interviewer Maître Beckett.
Elle n’en n’avait pas encore conscience mais ce grand moment de solitude venait de sauver la réputation de sa mère et assurer aux yeux de tous que le procès se passerait de manière équitable par une juge incorruptible.
-« Pourquoi tu as répondu ça ? » demanda Kate à sa mère lorsqu’elle la croisa dans un couloir du Palais de Justice.
-« Parce que je n’ai pas le droit de mentir Katie… Pas à la Cour, pas en plein tribunal, pas devant un jury. Tu m’aurais posé cette question à la maison, la réponse aurait été toute autre. Mais la vérité, c’est que je mentirais pour TOI. Je n’hésiterais même pas une seconde… Je suis désolée ma Chérie mais je ne pouvais pas répondre autre chose. »
Johanna embrassa sa fille sur la joue tout en lui glissant à l’oreille qu’elle était désolée mais qu’elle ne pouvait vraiment pas faire autrement. Voyant qu’un journaliste les épiait, la mère desserra son étreinte.
-« Je sais ce dont tu es capable Katie. Si ce gamin est innocent alors prouve-le-moi. Etonne-moi, je sais que tu en es capable… Mais jusqu’à maintenant, le jury ne pourrait pas faire autrement que de le nommer coupable ! » assura-t-elle avant de continuer son chemin.
Le journaliste n’en n’avait pas perdu une miette bien évidemment et le sermon de Johanna fit la Une du journal du lendemain.
C’est de cette manière que Castle apprit que Kate avait enfin trouvé un cabinet qui lui donne sa chance. Il faut dire aussi que la confrontation Beckett/Beckett avait excité la curiosité des journalistes et cette affaire, banale au départ, allait prendre un tout autre intérêt pour les New-Yorkais : la population, déjà en très grande partie convainque de l’innocence du jeune homme, ne s’intéressait plus qu’à la manière dont la petite avocate allait s’y prendre pour convaincre sa mère et tout un jury que les preuves à l’encontre de son client ne valait rien.
Chapitre 22 :
Le procès Jeffrey avançait doucement. La bataille touchait à sa fin et la seule chose que Beckett ne comprenait pas, c’était la raison pour laquelle son appel avait été accordé alors qu’aucun de ses témoignages ne semblaient vraiment convainquant.
-« La séance est reporté à demain. Desmond s’est vraiment fait mal dans les escaliers… Visiblement c’est un peu plus qu’une simple entorse ! » expliquait Kate à son client.
-« Je sais ce que c’est ! Maintenant au moins il pourra comprendre que j’étais dans l’incapacité de commettre ce vol ! » assura-t-il en riant.
Kate le dévisagea et l’éclair qui traversa son esprit dut se lire dans ses yeux.
-« C’était pour ça la visite aux urgences ! » se mit-elle à hurler.
-« Oui, » répondit Nelson Jeffrey comme si c’était une évidence.
-« Pourquoi ne suis- je pas au courant ? Et pourquoi ça n’apparaît pas dans le dossier ? » hurla Kate, mécontente d’avoir loupé un détail aussi important sur l’affaire de sa vie.
-« Maître Bancos le savait lui ! Mais il disait que ce n’était pas important la raison pour laquelle j’ai été à l’hosto ! »
-« Maître Bancos est un sombre crétin ! Bien sûr que si c’est important ! Vous y auriez été pour la varicelle ou de l’eczéma, tout le monde s’en ficherait… Mais une foulure à la cheville… »
Kate soupira tout en envoyant des textos à l’enquêteur qui travaillait avec elle. Elle lui ordonna de tout trouver sur cette visite aux urgences : le nom du médecin, son diagnostic et jusqu’à l’infirmière qui avait fait le bandage !
Lorsque sa visite fut terminée, Jeffrey se sentait mal. Il avait l’impression d’être un petit garçon de 5 ans qui venait de faire une très grosse bêtise. Il n’avait jamais entendu son avocate hausser le ton. Il ne l’avait jamais vu dans un tel état d’énervement et, le pire, c’est qu’elle était partie sans même lui adresser le moindre mot.
Le lendemain, en arrivant dans la salle d’audience, Jeffrey fut soulagé de voir son avocate avec un grand sourire aux lèvres.
-« Maître Beckett, nous vous écoutons ! »
-« Merci votre Honneur. Mais tout d’abord, j’aimerais demander à Maître Desmond de venir me rejoindre. »
L’ancien patron de Beckett fit la grimace et regarda le juge avec incompréhension.
-« Il n’y en aura pas pour longtemps ! » insista Kate.
L’avocat de la défense s’exécuta donc, sans comprendre où Beckett voulait en venir. Il se leva et tenta de la rejoindre. Ce qu’il n’avait pas vu, c’était les petits obstacles parsemés sur le sol qui le rendait glissant, le forçait à enjamber de petits blocs… Bref, il avait à peine fait 5 pas qu’il déclara forfait, se plaignant que cette mascarade n’avait rien avoir avec l’affaire traitée et que Maître Beckett leur faisait perdre leur temps.
-« Non votre Honneur, je voulais juste insister sur le fait que mon client ne peut pas avoir commis ce vol dans la nuit du 15 au 16 septembre pour la simple et bonne raison qu’il souffrait… »
-« Il venait de passer sa journée dans un service d’urgence dans un hôpital… Oui, on sait ! » coupa Desmond, énervé. « Mais il me semble que cette question a déjà été traitée lors du précédent procès… »
-« Je ne conteste pas le fait qu’avoir passé la journée à l’hôpital ne donne pas un alibi pour le reste de la soirée. Cependant, Maître Bancos n’a pas été jusqu'au bout de sa démarche. »
Les Jurés regardaient tour à tour Maître Beckett et Maître Desmond. Leur affrontement ressemblait presque à un match de tennis, sauf que la balle était remplacé par des mots et que la défaite couterait de nombreuses années de prison pour l’accusé.
« Les blessures pour lesquelles Nelson Jeffrey a été traité ce jour-là sont similaires à celles de Maître Desmond aujourd’hui. » continua Beckett, sans se soucier des grimaces de Desmond. « Alors comment pouvez-vous imaginer que mon client puisse être entré dans cette boutique en se faufilant par une fenêtre entrouverte, qu’il ait pu saccager les lieux et se sauver en courant après avoir agressé le propriétaire alors que Maître Desmond vient lui-même de nous prouver que faire quelques enjambements est déjà intolérable. Quelle personne saine d’esprit pourrait planifier le vol d’une boutique avec une cheville immobilisée ? »
Le jury sembla la suivre dans son raisonnement logique, ce qui l’encouragea à poursuivre.Beckett fit appeler le médecin qui avait soigné Jeffrey ce jour-là et ce dernier attesta de la gravité des blessures du jeune homme à ce moment précis. Maître Desmond tenta de démonter son témoignage.
-« Nelson Jeffrey est connu des services de police pour abuser de certaines drogues. Sous l’effet d’une substance illicite, aurait-il pu perdre la motion de la douleur ? »
-« Oui, » consentit le médecin. « Certaines drogues agissent comme de puissants antidouleurs. Mais, s’il avait vraiment forcé, son état n’aurait fait qu’empirer et ses blessures auraient mis encore plus de temps à guérir. »
-« Vous l’avez revu en consultation après le 16 septembre ? »
-« Non. Cependant, s’il avait forcé sur son pied, il aurait dû revenir se faire soigner… Mais je ne l’ai jamais revu ! »
-« Il aurait très bien pu se faire soigner dans un autre hôpital n’est-ce pas ? »
-« Oui… » assura le médecin qui aurait aimé participer plus efficacement à la défense de son patient.
-« Pas d’autres questions ! » se moqua Desmond en souriant à Kate, lui prouvant ainsi qu’elle avait tort et que c’était perdu pour elle.
A ce moment, le jury était mitigé : d’un côté Beckett avait raison car Desmond ne s’était pas approché du témoin et s’était contenté de poser les questions depuis sa place, preuve de la réelle douleur. Mais d’un autre côté, avec la prise de drogue et l’adrénaline, tout devenait alors possible.
La Saint-Valentin était arrivée et Richard Castle était l’invité de toutes les émissions avec son livre « Nikki Hard » qui explosait les records de ventes.
-« Monsieur Castle, on se retrouve bien loin des histoires d’espionnage avec votre nouveau livre, à quoi doit-on ce changement de registre ? » demandait la journaliste.
-« Après avoir tué Derrick Storm, il me fallait une autre source d’inspiration… Il faut croire que mon nouveau personnage remporte plus de succès que l’ancien, » assurait un Richard Castle tout sourire.
-« Votre personnage, l’avocate, semble si réelle. Y a-t-il un rapport quelconque entre Nikki Hard et la jeune femme avec laquelle vous avez fait la Une des journaux début décembre ? »
-« Aucun commentaire ! » répondit froidement Rick, faisant disparaître le sourire de son visage.
-« La fin du roman est vraiment très triste : Rook qui fait tout pour écarter la femme qu’il aime pour la préserver des médias. Est-ce vraiment ce qui s’est passé avec votre amie ? » continuait la journaliste en mettant les pieds dans le plat.
-« Sans commentaire ! C’est juste malheureux que certains journalistes ne peuvent pas respecter la vie privée des gens, » continuait Castle, baissant les yeux pour dissimuler à tous les larmes qui menaçaient de couler.
La journaliste s’aperçut enfin que ses questions étaient maladroites et bifurqua sur autre chose.
-« Votre Ex-femme se plaignait du manque de petites attentions et de petits mots doux… Pourtant, avec ce roman plein d’amour et de tendresse, vous nous montrez un tout autre visage de Richard Castle. Qu’est-ce que vous trouvez à répondre à ça ? »
-« Que je garde les mots doux pour ceux que j’aime vraiment… Et les petites attentions, pour celles qui sont capables de les apprécier. »
-« Et bien je pense que tout est clair. Merci d’avoir accepté de venir sur notre plateau et toutes nos félicitations pour votre succès… Personnellement, j’ajouterais que je fais partie des nombreux fans qui attendent déjà la suite ! » assurait la journaliste avec un petit clin d’œil en renvoyant l’auteur en coulisse pour terminer avec un autre invité.
Cette interview de Castle passa sur plusieurs chaînes et fit un buzz incroyable dans toutes les émissions people : un Richard Castle comme personne ne l’avait jamais vu.
Kate avait fini par en entendre parler elle aussi et bien qu’elle soit surchargée par son affaire en cours, elle s’était promise de lire son fameux livre. Elle avait déjà commencé mais n’avait pas pu aller au-delà du deuxième chapitre. Castle y racontait leur rencontre et les petits moments agréables passés ensemble. Des tas de souvenirs trop douloureux pour la jeune femme qui faisait de son mieux pour oublier cette relation.
Rick, quand à lui, fut submergé de courriers de fans lui conseillant de ne pas laisser s’échapper une si belle histoire d’amour. Certains profitaient bien sûr de leur lettre pour demander à l’auteur de leur écrire une suite et de ne pas laisser le couple de héros dans une telle situation mais espéraient simplement qu’il pourrait ‘vivre’ cette suite auprès de la femme qu’il aimait.
Chapitre 23 :
Dernier jour du procès avant le verdict :
Kate n’avait plus personne à interroger. Elle était sensée faire son réquisitoire mais, pour se faire, elle s’adressa curieusement à Maître Desmond.
-« Maître Desmond ? Vous avez bien été au musée le 6 novembre de l’année dernière pour y admirer un tableau intitulé : ‘La chute d'Icare’ ? »
-« Qu’est-ce que ça vient faire ici ? » protesta-t-il sans répondre.
-« Je m’en souviens parce que je travaillais encore pour vous à cette époque. Le tableau en question a été volé quelques heures après votre visite au musée… » continua Kate sans relever à la remarque de Desmond.
-« Votre honneur… »
-« Vous avez dit, je cite : ‘Bon sang j’ai vu ce tableau il y a moins de 12 heures !’ »
-« Maître Beckett, venez en au fait ! » sermonna sa mère, en tant que juge.
-« Vous étiez dans ce musée, vous avez vu ce tableau… Et pourtant personne ne vous a accusé de l’avoir volé ! » s’amusa Kate.
-« VOTRE HONNEUR !!! » s’époumona Desmond.
Quelques fou-rire venant du jury se firent entendre.
-« Maître Beckett… Abrégez ! »
Kate se contenta de sourire. Elle savait où elle allait et elle savait qu’elle avait gagné. Elle voulait juste savourer ce petit moment.
-« Je vous présente l’inspecteur Tom Demming qui travaille à la brigade antivol. »
Un homme se leva dans l’assemblée.
« C’est grâce à lui que j’ai pu visionner l’entièreté de la vidéo de surveillance du magasin d’antiquité… Rassurez-vous Maître Desmond, je ne vais pas vous infliger les 5 heures qui précèdent le vol et l’agression. » se moqua-t-elle encore une fois ouvertement, de manière à détendre les membres du jury et attirer ainsi leur attention sur une toute autre vision des choses.
« Je vais aller directement à l’essentiel. A 19 heures 23, Nelson Jeffrey entre dans la boutique… Il est habillé d’une veste en jeans et d’un pantalon noir déchiré… Là on voit son visage, il fait face à la caméra… »
-« Bravo, vous venez de situer votre client sur les lieux du crime pour repérer les caméras et le système d’alarme… J’avais oublié que vous aimiez aider la partie adverse, » taquina Desmond.
Kate aurait pu le foudroyer du regard mais elle se contenta de lui sourire en continuant.
-« On voit clairement qu’il boîte et, là… Il trébuche, cherchant appui sur la table pour ne pas tomber… D’où les empreintes de mon client sur les lieux du crime. Et si vous regardez attentivement, »
elle fit un zoom pour montrer l’objet sous la main de son client.
« vous pouvez reconnaître la statuette utilisée par le voleur pour agresser le propriétaire des lieux plus loin dans l’ombre. Voilà comment les empreintes de Nelson Jeffrey ont atterri sur cette statuette ! »
Ensuite elle appela plusieurs jeunes au physique légèrement différent de celui de Jeffrey. Ils étaient tous habillés de la même manière et vinrent se mettre en ligne. Elle invita son client à se joindre à eux et demanda à un vigil de baisser les lumières. Les 6 jeunes hommes se mélangèrent et mirent la capuche de leur pull.
-« Nous voici dans les même conditions que celles de votre agression. » dit-elle en s’adressant à la victime, le responsable du magasin d’antiquité. « Trois semaines se sont écoulées entre le moment du vol et le moment où vous avez identifié Nelson Jeffrey dans les locaux de la police. Voici 6 jeunes gens devant vous… A même distance et avec le même éclairage que dans votre boutique la nuit du 15 au 16 septembre. Pouvez-vous identifier Monsieur Nelson Jeffrey ? »
A la surprise générale, la Juge Beckett descendit de son estrade et se mit à côté de l’accusation, participant ainsi à cette petite expérience.
-« Le deux, » affirma l’antiquaire. « Ou peut-être le 4… »
-« Maître Desmond ? »
-« Le deux. Aucun doute. »
Elle évita de poser la question à sa mère mais le petit clin d’œil de celle-ci lui prouvait qu’elle avait marqué un point, sans parler des chuchotements entre les jurées. La juge rejoignit la place et le vigil ralluma les lumières.
-« Un mois après les faits, vous avez pu certifier que l’homme qui vous avait agressé était bel et bien Nelson Jeffrey, mon client. Mais alors qu’il est assis à moins de cinq mètres de vous depuis des semaines, vous êtes incapable de le reconnaître… » en conclut Kate, dévoilant son client en 6ème position et le priant de reprendre sa place.
-« Maître Desmond ? » demanda la juge.
-« Aucune objection… » soupira-t-il.
Kate mit ensuite deux clichés en évidences : l’un montrant son client dans la boutique un peu avant qu’il ne trébuche et la photo de l’agresseur prise quelques heures plus tard exactement au même endroit. Kate se servit des éléments de décoration du magasin pour faire remarquer que l’homme qui s’était introduit au milieu de la nuit était plus grand mais surtout bien plus maigre que son client.
-« Maître Desmond peut toujours invoquer le fait que mon client puisse avoir mis des chaussures à talon ou marché avec des échasses pour paraître plus grand mais, s’il connaît un moyen de perdre plus de 10 kilos en moins de 12 heures, je suis preneuse ! » se moqua-t-elle en rejoignant sa place, ne lui laissant aucune opportunité de démolir cette preuve.
-« Aucune objection… » soupira à nouveau Maître Desmond, se sentant à la foi perdu et humilié.
-« Merci beaucoup… Je suspends l’audience le temps que le jury se concerte. »
Il fallut 4 heures au jury pour revoir toutes les preuves apportées par les deux parties avant de procéder au vote. Sans surprise…
-« Monsieur Thompson, avez-vous rendu votre verdict ? » demanda la juge au responsable du jury lorsque tout le monde eut retrouvé sa place après la délibération.
-« Oui votre honneur. » l’homme regarda la juge, puis le deux avocats, chacun anxieux de connaitre l’issue de cette bataille. « Pour l’accusation d’entrée par effraction, nous déclarons Nelson Jeffrey…. Non coupable. Pour l’accusation de vol, nous déclarons l’accusé non coupable. Pour…»
Kate n’entendait plus rien… Elle regardait son client dont les larmes de soulagement inondaient le visage. Une fois que le premier juré eu fini et que la juge Beckett déclara que Monsieur Nelson Jeffrey était non coupable et libre, il sauta au cou de Kate, la remerciant encore et encore pour son travail.Quand la famille du jeune homme s’avança, il lâcha enfin Kate qui retomba assise sur sa chaise. Elle n’en croyait toujours pas ses oreilles.
-« J’ai gagné ! J’y suis vraiment arrivée… J’ai gagné ? »
-« Oui Maître Beckett, » assura Maître Paulin. « Belle bataille… Vous méritez cette victoire, d’autant plus que vous avez réussi à me convaincre de son innocence. »
-« Mais il EST innocent ! » répondit machinalement Kate, toujours sur le coup de l’émotion.
-« Oui… Il l’est, » assura Paulin en riant tout en entraînant Kate hors de la salle d’audience.
Au fond de la salle, Rick lui aussi accusait le coup. Elle y était arrivée. C’était une affaire difficile, une cause perdue et elle y était arrivée… Cette femme était tout simplement épatante.
Chapitre 24 :
Kate était enfin chez elle, tranquille, sans dossier à lire ou à compléter pour le travail. Elle venait de gagner une affaire difficile et pouvait enfin souffler.
Elle venait d’ouvrir une bouteille de vin et s’était installée dans le divan avec le dernier livre de Castle. D’ordinaire c’était dans un bon bain chaud qu’elle aimait se détendre en lisant sauf qu’elle avait déjà tenté de le lire à plusieurs reprises et qu’à chaque fois elle s’était retrouvée en pleurs, bloquée avant même la fin du chapitre 2. Une fois de plus elle était en larmes, essayant de se reprendre en maudissant Rick pour mise à distance même si elle pouvait comprendre que tous ces articles à propos d’eux deux l’avais mis dans l’embarras et avait dû nuire sérieusement à sa réputation.
Une personne frappa à la porte. Encore totalement prise par Rick, elle ouvrit la porte en s’attendant vraiment à ce que ce soit lui. Quelle ne fut pas sa déception de se trouver en face d’un inspecteur de police !
-« Euh…. »
Elle regarda partout dans le couloir, probablement encore à la recherche de Castle.
-« Demming ? C’est ça ? »
-« Vous avez une très bonne mémoire, » assura-t-il avec le sourire. « Je terminais mon service et en passant devant votre immeuble… »
-« Vous avez vu de la lumière ! » se moqua Kate.
Elle explosa de rire à sa blague qui ne sembla pas vraiment du goût de l’inspecteur.
-« Comment vous avez trouvé mon adresse ? »
-« Je suis flic, vous vous souvenez ?? Enfin bref… Vous me devez toujours un dîner pour les 5 heures de vidéo surveillance que je me suis coltiné par votre faute ! » réclama-t-il avec un petit sourire gêné.
-« C’est vrai ! » se souvint alors Kate en se baffant mentalement pour ce stupide marché. « Je vous avais promis un dîner si vous trouviez quelque chose d’intéressant… Mais ce soir, là… Euh… Ce n’est pas possible. »
-« Ohhh… Pardon ! » laissa-t-il échapper en remarquant enfin les yeux rougis de la jeune femme. « Je tombe mal… »
-« Oh… Non, » fit-elle se séchant une larme qui coulait. « Non, c’est juste que je lisais un truc triste… Ce n’est pas important. »
Elle se força à sourire pour chasser le malentendu.
-« Écoutez… Laissez-moi votre numéro. Je vous appelle. Promis, je le ferais vraiment… » insista-t-elle devant le regard que lui lançait Demming.
-« Bien. »
Demming sortit un bic de l’intérieur de sa veste, prit délicatement la main de Kate et y nota son numéro puis il s’éloigna. Kate le regarda en se disant qu’il avait tout de même un sacré culot pour venir jusque chez elle pour réclamer un dîner.
-« Bien joué Kate… Maintenant tu n’as plus qu’à dîner avec l’inspecteur je-ne-travaille-pas-pour rien ! » ironisa-t-elle avec de se mettre à ricaner toute seule. « Je pourrais aller prendre un bain et hop... Plus de numéro ! Oh… non… Il serait ben capable de revenir… Il va vraiment falloir que je m’y colle ! »
C’est en soupirant qu’elle entra le numéro dans son portable.
Deux jours plus tard, Kate avait enfin réservé une table au restaurant et prévenu l’inspecteur Demming du lieu et de la date de leur dîner, l’avertissant qu’il n’avait pas intérêt à se dérober. Le ton utilisé par l’avocate était sec, elle s’en voulut un peu par la suite, le pauvre Demming n’y pouvait rien si ce n’était pas avec lui qu’elle avait envie de dîner dans un endroit chic.
Le soir convenu, elle était à table et discutait travail avec l’inspecteur.
-« Je n’en reviens pas que l’affaire Jeffrey soit terminée… Comment son premier procès a pu aboutir sur une condamnation ? »
-« Maître Bancos s’est contenté de répéter que Jeffrey était chez lui à l’heure du crime, sans prendre la peine de s’intéresser à toutes les preuves qui pouvaient disculper son client. Le jury ne pouvait pas faire autrement devant les preuves accablantes de l’accusation, il est même possible que Maître Desmond ait vraiment réussit à faire croire au jury que ce gamin était coupable. Ma méthode de travail a été différente. Il est difficile de prouver un alibi quand il n’y a aucun témoin… Alors je me suis servie des preuves pour raconter une autre histoire, la vraie… Il faut dire que tes 5 heures de visionnages de vidéo surveillance m’ont beaucoup aidé, » affirma Kate avec le sourire pour rester polie.
Tom était en train de raconter quelque chose mais Kate ne l’écoutait plus. Elle venait d’apercevoir Castle à une table voisine. Il était de profil ce qui expliquait qu’elle ne l’ait pas remarqué jusque là. Lui non plus ne semblait pas l’avoir vue et, de toute façon, il était en charmante compagnie.
Quand Tom se rendit compte que Kate ne l’écoutait plus et que son attention était attirée par quelqu’un d’autre, il se retourna pour regarder dans la direction du regard de la jeune femme ce qui fit revenir Kate sur terre.
-« Désolée… Je pensais avoir vu un ami… J’ai dû me tromper, » s’excusa-t-elle avant de se lever de table et se diriger vers les toilettes. « Tu m’excuses ? »
Rick vit alors une personne bouger dans son champ de vision et, machinalement, il tourna la tête. Il lui fallut quelques secondes pour réaliser que la jeune femme qui lui tournait le dos était Kate mais, une fois qu’il comprit, il se leva d’un bond.
-« Excuse-moi, je reviens, » assura-t-il à la jeune femme assise en face de lui qui ne comprenait pas comment il avait pu passer d’un état de total ennui à cette surexcitation soudaine.
Ne pouvant pas entrer dans les toilettes pour femmes sans y provoquer la panique totale, il attendit patiemment que Kate ressorte.
-« Castle ? » fit-elle surprise de le croiser.
-« Euh… J’allais… »
Il pointa les toilettes pour hommes mais, vu qu’il était appuyé contre le mur, cette excuse ne tenait pas vraiment la route et Kate leva un sourcil en le sondant du regard.
-« Ok, c’est pas vrai… Je t’ai vu te lever… Enfin je n’étais pas sûr que ce soit toi… »
Kate sourit en l’entendant cafouiller de la sorte.
-« Ça te fais rire hein ?? OK… » se ressaisit-il en se rendant compte qu’il avait l’air d’un adolescent. « Tu as l’air en forme… »
-« Merci Castle… Toi aussi. Mais ton amie t’attend ! » assura Kate en voyant la jeune femme la dévisager.
-« C’est Lynn Campel, ma nouvelle éditrice. »
-« Qu’est devenue Gina ? »
-« Une longue histoire… Et toi, un nouveau petit ami ? » demanda-t-il très maladroitement.
-« Non, » soupira Kate, heureuse d’avoir décelé un fond de jalousie chez l’écrivain. « Un pari perdu. Il m’attend… Je devrais… »
-« Oui… Bien sûr ! » consentit Rick en la regardant s’éloigner.
Il la regarda rejoindre sa table et se rasseoir. Tout en soupirant il entra dans les toilettes pour homme. Là il fit couler l’eau dans l’évier et y plongea la tête.
-« Tout va bien Monsieur ? » demanda un vieil homme qui le regardait en souriant. « Votre soirée est aussi barbante que ça ? »
-« Vous n’avez même pas idée… » soupira Castle en s’essuyant avec les lingettes en papiers.
Il retourna s’asseoir, la tête toujours ruisselante.
-« Un problème de tuyauterie ? » dit Lynn en explosant de rire.
Les éclats de rire attirèrent l’attention de plusieurs personne sur eux, y compris celle de Kate qui se mordit l’intérieur de la joue pour ne pas exploser de rire à son tour.
Chapitre 25 :
La conversation de Kate et Demming devait être aussi intéressante que celle de Castle et de son éditrice : les deux amis n’arrêtaient pas d’échanger des petits regards. A chaque fois que Kate croisait le regard de Rick, elle tournait la tête en esquissant un petit sourire, se sentant ainsi découverte. Rick faisait pareil à chaque fois que Kate le surprenait à l’admirer.
Voyant que les dernières aventures de son coéquipier et que les grandes performances de la brigade antivol n’avaient pas l’air de passionner Kate, Demming se retourna en tentant de croiser le regard de celui qui accaparait toute l’attention de la jeune femme.
-« Qu’est-ce que tu cherches ? » demanda Kate en réalisant que le récit de Demming s’était arrêté et qu’il dévisageait chaque homme de chaque table.
-« Celui contre qui j’essaye en vain de me battre ! » dit-il en plaisantant.
Il se retourna et regarda Kate d’un air médusé.
-« Oh… J’ai perdu d’avance ! » annonça-t-il après avoir croisé le regard de Castle.
Kate sourit en baissant les yeux, ayant un peu honte de son attitude malgré tout. Demming se leva et Kate paniqua.
-« Où vas-tu? »
-« Lui dire deux mots, » affirma-t-il avec le sourire.
-« Quoi ? Mais …. ? Tu ne peux pas…. »
Trop tard, Tom s’avançait déjà vers la table de Castle. Il ne resta qu’une minute à lui parler, tout en restant calme. En revenant vers sa table, Demming interrompit un serveur, lui glissa quelques mots à l’oreille et revint s’asseoir, très satisfait de lui-même. Kate resta à le regarder sans comprendre.
Elle vit deux serveurs revenir avec une table. Deux autres suivirent avec nappes, serviettes et verres. Les vas-et-viens des serveurs continuèrent jusqu’à ce que la table de Kate et Demming soit prête à accueillir deux invités de plus. Un serveur invita alors Castle et son éditrice à changer de place pendant que deux autres serveurs amenaient les plats principaux des deux tables qui n’en faisant maintenant plus qu’une.
-« Bon… Maintenant que vous êtes à la même table… Je vais ENFIN pouvoir avoir ma réponse ! » soupira Lynn en regardant Castle et Beckett avec amusement. « Alors… Il en est où ce second livre des aventures de Nikki Heat ? »
-« Je ne sais pas Lynn… Pardon pour son attitude. Je vous présente Lynn Campel, mon éditrice. » présenta-t-il à Demming et à Kate.
-« Tom Demming, j’ai aidé Kate sur l’affaire Jeffrey… Elle me devait un dîner, » résuma-t-il en quelques mots. « Ce n’était pas Gina Cowell, votre ex-femme, votre éditrice ? Au fait, c’était quoi cet article sur elle ? J’avoue ne pas avoir tout compris ! »
Kate le regarda sans comprendre elle non plus. De quel article parlait-il ? Celui de Rick et Kate ou bien avait-elle loupé le scoop de l’année en boycottant la presse à scandale.
-« Moi aussi j’aimerais bien savoir ce qui lui est arrivée… Mais je ne me plains pas d’avoir hérité de Castle ! » se moqua Lynn. « Quoi que te réclamer des chapitres… Ça devient monotone de t’envoyer un mail… »
-« Vous n’avez qu’à rédiger une lettre standard et vous contenter de faire un copier-coller à chaque fois qu’il a du retard, » se moqua gentiment Kate à son tour. « Ou alors vous pouvez débarquer chez lui, gueuler un bon coup … Ou lui tirer l’oreille, ça marche aussi… »
Kate s’amusait et en profita pour joindre le geste à la parole.
-« Bon alors ? Qu’est-ce qui lui est arrivée à Gina ? » demanda-t-elle avec autorité.
-« Elle refusait de faire publier Nikki Heat et tenait même tête au directeur général pour faire publier les textes d’un certain Matthew Packs… »
Il se frotta l’oreille pour faire atténuer la douleur.
-« Elle a très mal prit le fait que Thomas me change d’éditrice et a voulu les attaquer en revenant encore une fois sur cette histoire de négociations que tu as menée, » dit-il en regardant Beckett. « Elle voulait se servir de mon livre pour prouver qu’on se connaissait, enfin bref… Le conseil d’administration en a eu marre de ses petits coups tordus. Elle a donc viré Gina et prié Matthew Packs de trouver une autre maison d’édition. »
-« Matthew Packs ? Pourquoi ce nom me dit vaguement quelque chose ? »
-« C’est le gars à qui Rick a cassé la gueule pour vous sortir du bar, » répondit Lynn sans prendre de gant avant de demander avec déception. « Elle s’est fait virer ?? C’est tout ? »
-« Elle connaissait le type avec lequel je me saoulais ? » demanda Kate qui comprenait petit à petit qu’ils ne s’étaient pas croisé dans ce bar par hasard.
-« Oui… Ils se connaissaient… Et oui. Elle s’est juste fait virer. J’ai été sympa, j’ai demandé à un ami de lui trouver un job… »
-« Mais pourquoi tu l’aides ? » l’interrompit Kate, offusquée.
-« Une petite boîte au fin fond de la Russie ! » précisa-t-il, tout sourire.
-« Elle parle couramment le Russe ? » demanda Demming, impressionné d’avance.
-« Non… Pas que je sache… Mais le temps qu’elle l’apprenne, elle ne pense pas à me casser les pieds ! » continua-t-il de rire.
Kate, Tom et Lynn se mirent à rire également en imaginant la tête qu’elle avait dû faire en se rendant compte que le job pour lequel elle venait de signer se trouvait à l’autre bout du monde.
-« J’oubliais, » réalisa Lynn en se tournant vers Kate et s’enthousiasmant. « Vous avez été géniale avec l’affaire Jeffrey. »
-« Vous avez suivi le procès ? »
-« Avec Richard, je n’ai pas eu le choix ! » expliqua-t-elle. « Si vous saviez le nombre de rendez-vous qu’il a déplacés pour assister aux audiences… »
Rick faillit s’étouffer en entendant Lynn divulguer ce qu’il comptait garder secret.
-« Ne fait pas cette tête Richard ! Elle aurait bien fini par s’en rendre compte… Tu es devenu incollable sur le sujet, » se moqua-telle.
Kate explosa de rire même si ses joues rosirent légèrement.
-« Quoi qu’il en soit, je suis ravie de rencontrer la seule femme qui ait passé une nuit dans les bras de Richard Castle sans qu’il ne se passe rien de classé X ! »
Kate ouvrit de grands yeux et se tourna vers Rick, le regard menaçant.
-« Comment ??? Qu’est-ce que tu lui as dit ??? »
Demming et Campel explosèrent de rire.
-« Il ne m’a rien dit ! » assura l’éditrice.
-« Sérieusement Kate, tu n’as pas lu son livre ? » demanda Demming en riant.
-« Je n’ai pas eu le temps ! » répondit Kate d’un ton sec en foudroyant Castle du regard.
-« Tout New-York a lu ce bouquin ! » répliqua Tom. « Comment j’aurais pu savoir que tu ne refuserais pas ce dîner si je faisais preuve d’audace ? Hein… ? J’avoue avoir bien ri avec cette scène au lit… Le gros chat !! »
Le souvenir de ce passage fit exploser de rire Tom. De son côté, Kate n’en croyait pas ses oreilles et ne comprenait rien à cette histoire de « gros chat ».
-« Ta mère m’a suggéré de ne pas parler d’une certaine visite… Et ton père m’a déconseillé de parler de cette petite ride, celle juste là quand tu bluffes ! Enfin… Il m’a bien dit deux ou trois petites choses en plus… »
-« Quoi ? Tu l’as fait lire à mes parents ? » dit-elle en tombant de haut.
-« Vous vous rattraperez en lisant la suite d’une seule traite… Richard, tu as promis toute une saga… »
-« QUOI ?? Toute une saga ?? » hurla-t-elle en imaginant ses moindres faits et gestes étalés au grand jour.
-« Un dessert ? » proposa alors un serveur en coupant court à la discussion.
-« Un couteau bien aiguisé ! » répondit Kate avec sérieux en assassinant Castle avec ses yeux.
Chapitre 26 :
-« Elle plaisante, » assura Castle en voyant la mine déconfite du serveur. « Elle prendra… »
Il examina le menu avant de reporter son attention sur le serveur.
-« La coupe de fruits maison sur lit de Champagne et pour moi, deux boules de glace vanille, sauce chocolat et crème chantilly, » assura-t-il avec le sourire en lui rendant la carte des desserts.
Tom et Lynn passèrent leur commande alors que le regard de Kate se voulait de plus en plus menaçant. Le serveur repartit en cuisine sans oser demander à Kate de lui rendre la carte des desserts.
-« J’ai horreur qu’on décide à ma place ! Tu as dû oublier de préciser ça dans ton bouquin ! »
-« Il l’a fait… C’était au début je pense ! » répondit Demming, ce qui lui valut lui aussi les foudres de Kate.
-« Le serveur n’avait pas compris que tu plaisantais… Il était prêt à avertir la CIA qu’un serial killer était dans leur établissement ! »
-« Qui t’as dit que je plaisantais ? » menaça-t-elle.
-« Très bien… Alors vas-y… Qu’est-ce que tu aurais commandé si tu n’avais pas eu une envie soudaine de me tuer ? » demanda-t-il avec malice, ce qui énerva encore un peu plus Kate.
Elle reprit sa lecture de la carte des desserts et, après une minute d’hésitation, elle fit une moue de mécontentement.
-« Coupe de fruits maison sur lit de Champagne ! » avoua-t-elle à contre cœur aux trois autres qui attendaient sa réponse avec une certaine impatience.
Lynn et Tom explosèrent de rire devant le visage satisfait de Castle et la mine décomposée de Kate.
-« Tarte aux fraises meringuée ? » annonça le serveur.
Rick se pensa sorti d’affaire sauf que, quand le serveur posa sa coupe de glace devant lui, il tira la tête. Kate ne put s’empêcher de rire aux éclats.
-« Tu te rends compte que c’est le dessert à la carte pour le menu enfant ? » ne put-elle s’empêcher de s’esclaffer.
-« Je sais… Mère n’arrête pas de me dire que je suis un grand gamin ! » répondit-il du tac au tac, toujours avec cette pointe de déception qui fit rire Kate de plus belle.
Le serveur donna son dessert à Demming et s’approcha ensuite de Kate.
-« Madame ? Coupe de fruits maison ou … Couteau bien aiguisé ? »
Cette fois, même Kate se mit à rire de cette blague devant le regard sérieux du serveur.
-« Je pense que je vais prendre les fruits… Cette fois-ci du moins, » ajouta-t-elle en regardant Castle du coin de l’œil.
Le serveur s’éloigna en riant.
-« Monsieur ? » l’interpella alors Kate.
-« Vous avez changé d’avis ? » demanda-t-il malicieusement en montrant le couteau.
-« Non, » rit Kate. « Pourriez-vous nous apporter un supplément de crème chantilly ? »
-« De la crème chantilly ? » répéta le serveur, se demandant ce que cette jeune femme pourrait faire de la crème chantilly ; elle n’allait quand même pas la mélanger au champagne ?
-« S’il vous plait ? » insista Kate.
-« Bien Madame. » affirma le serveur à qui on avait appris comme règle d’or que le client était toujours Roi, peu importe la curiosité de ses goûts.
Une minute plus tard, le serveur revient avec une coupe remplie de crème chantilly faite maison qu’il présenta à la jeune femme.
-« Merci beaucoup, » fit-elle en y plongeant juste le bout de sa cuillère.
Elle goûta la crème chantilly et fit ensuite passer la coupe à Castle.
-« Arrête de bouder ! Et je suis d’accord avec ta mère, tu es pire qu’un gosse ! »
Demming se retint d’exploser de rire pour ne pas vexer l’auteur qui retrouva instantanément le sourire grâce à la chantilly. Lynn se contenta de sourire en pensant que partager le quotidien de ses deux-là devait-être tout sauf ennuyeux.
Le repas se termina dans la bonne humeur et, pour la première fois depuis des mois, Kate retrouvait sa joie de vivre. Castle ne se lassait pas de l’admirer, la trouvant de plus en plus jolie. Sans qu’ils le réalisent, ils s’étaient peu à peu rapprochés et, avec le bonheur qu’ils affichaient, ils formaient vraiment un très beau couple.
Le serveur apporta l’addition et la tendit à Demming puisque c’était lui qui avait demandé à ce que les deux tables n’en fassent qu’une seule. En voyant le montant, Kate et Lynn eurent l’impression que ses yeux allaient lui sortir de la tête, ce qui provoqua l’hilarité autour de la table.
-« C’est bon Tom… Je m’en charge, » assura Castle en riant, lui prenant la note des mains.
Soulagé, il ne pensa pas une seconde à protester.
Le temps passa trop vite pour Castle et Beckett. Lynn et Demming s’étaient déjà éclipsés, préférant passer le reste de la soirée en tête à tête. Rick et Kate voulaient que cette soirée dure une éternité. Ils s’étaient enfin retrouvés et chacun redoutait le moment où ils seraient obligés de se séparer. Et si cette séparation durait à nouveau plusieurs mois ? Et si aucun des deux n’osait faire le premier ?
-« Excusez-moi ! » les interrompit un serveur alors que Kate riait aux éclats. « Nous fermons. »
Kate et Rick se regardèrent, confus. Aucun n’avait remarqué que la salle s’était vidée petit à petit et qu’il ne restait plus qu’eux.
-« Bien sûr ! » assura Rick en se levant. « Amenez-nous l’addition pour les derniers verres que nous avons pris. »
-« Le patron vient de vider la caisse. Il a dit que c’était bon comme ça, » assura le serveur en tendant son manteau à Kate et sa veste à Rick. « Il ne restait plus que ceux-là… Je suppose donc que ce sont les vôtres ! »
-« Merci, » répondit Kate, confuse de l’heure tardive.
Ils partagèrent le même taxi pour rentrer mais, étant donné l’heure et le fait qu’aucun des deux ne voulait retenter l’expérience de la Une des magazines People, Kate descendit seule du taxi et rentra chez elle bien sagement.
Une fois seule chez elle, elle se laissa tomber sur le divan, pensant encore à cette soirée aussi surprenante qu’agréable. Elle sentit une chose dure lui faire mal au dos et, passant sa main derrière elle, ne put retenir un sourire en voyant le visage de Castle au dos du livre.
-« Serait-ce un signe ? Je sais, j’aurais dû te lire depuis un bon moment déjà… »
Elle repensa encore aux paroles de sa mère lorsqu’elle le lui avait donné.
« Lis-le… Et ne traîne pas trop ! »
Elle ignorait si sa mère l’avait lu et ne lui avait même pas posé la question, elle avait pris le livre sans rien répondre. Elle avait déjà essayé de le lire mais n’avait jamais pu aller plus loin que le deuxième chapitre. Elle ouvra une bouteille de vin, se servit un verre et monta dans sa chambre, bien décidée à aller jusqu’au bout cette fois-ci.
Elle s’endormit sans s’en rendre compte, quelque part entre le 6ème et le 7ème chapitre. En se réveillant le lendemain, elle commença par redescendre le livre et le verre vide, elle se fit un café et étala de la confiture sur quelques toasts qu’elle grignota tout en continuant sa lecture.
Chapitre 27 :
Kate termina son livre en fin d’après-midi. Elle resta un long moment à fixer les dernières lignes, les yeux rougis et gonflés par toutes les larmes versées.
C’est grâce à ce livre qu’elle se rendit compte de son importance dans la vie de l’auteur, à quel point tous ces petits moments passés ensemble étaient non seulement agréables mais aussi presque essentiels pour lui. Il voyait en Kate une amie sincère même s’il avouait presque mots pour mots que les sentiments qu’il éprouvait pour elle allait bien au-delà de l’amitié. Mais il était prêt à se taire, à les enfuir au plus profond de lui pour ne pas la perdre.
Quand elle réalisa que, la seule raison pour laquelle il lui avait demandé de s’éloigner était pour la protéger de Gina, elle eut envie de se gifler. Elle qui avait pensé qu’il s’était senti gêné d’être vue en compagnie d’une fille facile…
-« Si seulement j’avais su Castle… Je t’assure que Gina n’aurait plus eu que ses yeux pour pleurer ! » avait-elle envie de hurler.
Mais justement, Rick connaissait suffisamment Kate pour savoir qu’elle refuserait de s’écraser contre Gina. Elle voudrait sa revanche et l’emporterait certainement. Mais Gina n’avait aucune limite et cette petite guerre n’aurait jamais eu de fin.
-« Ohhh Richard… Pourquoi tu as fait ça ? » pleura-t-elle avant de se reprendre d’un coup en relevant la tête.
Cette fois, elle ne résista pas à la tentation de se mettre une claque.
-« Non mais tu te rends compte de ce que tu dis… » se hurla-t-elle dessus. « Pourquoi tu as mis autant de temps à le lire ce livre… Ça fait des mois que ta mère te l’a amené en te disant de le lire… Une semaine avant qu’il ne sorte en librairie et c’est seulement MAINTENANT que tu le lis !! »
Elle avait envie de tuer Gina pour avoir tenté de ruiner sa carrière et pour s’être servie des journalistes pour ruiner son amitié avec Castle mais elle s’en voulait encore plus d’avoir fait attendre Rick pendant des mois en n’ayant même pas le courage de lire le livre qu’il lui avait écrit.
Sans prendre le temps de refermer le livre, de ranger ses paquets de biscuits vides et sans mettre sa tasse de café dans l’évier, elle sortit de l’appartement et appela un taxi.
Elle passa tout le trajet à se demander ce qu’elle allait dire en se retrouvant face à Rick. Plongée dans ses pensées, elle ne remarqua même pas Martha qui la salua à l’entrée de l’immeuble. Devant la porte de l’appartement de l’écrivain, elle commença à être nerveuse : et si c’était trop tard ? S’il avait changé d’avis depuis qu’il avait écrit le livre ?
Lorsqu’il ouvrit la porte, elle resta quelques secondes à le dévisager avant de se jeter dans ses bras en l’embrassant. Cette fois-ci Castle ne pensa pas une seconde à la repousser. Bien au contraire, il la serrait dans ses bras tout en profitant du baiser qu’il attendait depuis si longtemps.
-« Et imagine que je ne sois pas seul ? » demanda-t-il pour la narguer une fois que leurs lèvres se séparèrent.
-« Oh… » fit-elle mal à l’aise en regardant partout autour d’elle. « Il y a quelqu’un d’autre ? Une autre femme ? »
-« Non, » lui répondit-il en riant tout en déposant un baiser au coin de ses lèvres. « Je voulais parler d’Alexis ou de mère. »
-« Oh… Je n’y avais pas pensé ! » laissa-t-elle échapper tout en se disant qu’elle serait morte de honte. « Où sont-elles ? »
-« Mère vient de partir à un rendez-vous, vous avez dû vous croiser. Quand à Alexis, elle passe le week-end chez une amie pour terminer le projet de science qu’elles doivent rendre. »
-« Ta fille est vraiment trop sérieuse ! »
-« Je sais… Même si j’ignore de qui elle peut bien tenir ça ! »
Rick allait proposer à Kate de s’installer et de discuter mais elle le retint alors qu’il allait s’éloigner. Elle se blottit dans ses bras tout en déposant de petits baisers dans son cou.
-« Je suis désolée Castle, je suis vraiment désolée… »
-« Pourquoi ? »
-« Pour avoir mis autant de temps à comprendre… Pour ne pas avoir lu ton livre plus tôt… Si tu savais comme je t’aime. Comme tu m’as manqué… »
Une nouvelle fois, elle le regarda droit dans les yeux et l’embrassa. Le baiser était encore plus fougueux que le précédent et lorsque leurs lèvres se séparèrent, à contre cœur, Rick la serra dans ses bras. Ils restèrent un long moment comme ça, debout au milieu de la pièce, blottis dans les bras l’un de l’autre.
-« Si Alexis et Martha sont parties… Tu es tout à moi ? » demanda-t-elle malicieusement en le dévorant du regard.
-« Oui… Enfin, j’ai déjà quelques chapitres de retard et… »
-« Et Lynn t’enverra un rappel de plus… » l’arrêta-t-elle en déboutonnant sa chemise d’une main experte et assurée.
-« Ah oui, tu veux jouer à ça ? » demanda Castle en la forçant à lever les bras pour faire passer son chemisier par-dessus sa tête avant de poursuivre. Il lança le chemisier dans un coin de la pièce et prit Kate dans ses bras, la portant jusqu’à sa chambre. « Je ne suis pas certaine que tu gagnes ! Alors Maître Beckett ? Une objection ? »
-« Aucune Monsieur Castle ! » répondit-elle avec un grand sourire en l’attirant vers elle sur le lit.
La nuit fut très agitée pour Castle et Beckett mais ils finirent par s’endormir dans les bras l’un de l’autre alors que dehors le soleil commençait déjà à pointer le bout de son nez. Vu l’état dans lequel elle avait croisée Kate, Martha avait préférée passer le nuit chez son ami, se disant que soit Richard serait d’une humeur de chien, soit elle risquait de les interrompre. Lorsqu’elle entra dans l’appartement et qu’elle vit un chemisier trainer sur le sol du salon, elle le ramassa en marmonnant :
-« Pourvu que ce soit celui de Kate, pourvu que ce soit… »
Prises dans ses vieux réflexes, elle entra dans la chambre de son fils. Ce n’est qu’en voyant le dos dénudé de Kate qui dormait paisiblement dans les bras de son fils qu’elle réalisa qu’elle aurait dû s’abstenir.
-« Celui de Kate… » souffla-t-elle, soulagée, en se contentant de le déposer sur le bord du lit.
Elle referma la porte et laissa le couple se réveiller à son aise. Un peu plus tard dans la matinée, lorsqu’Alexis rentra à son tour, elle lui expliqua que son père n’était pas seul et que ce serait mieux qu’elle n’entre pas dans la chambre, lui assurant qu’elles étaient parfaitement capable de s’occuper du déjeuner.
-« Quoi ? Parce qu’en plus tu comptes l’inviter à déjeuner ? »
-« Oh Non… Castle ? Mais quelle heure est-il ? » sursauta Kate en entendant les éclats de voix.
-« J’en sais rien… Visiblement l’heure de manger puisque Mère va nous préparer le déjeuner, » répondit-il avec évidence. « Tout compte fait… »
Il se leva d’un bond.
-« JE vais préparer le déjeuner… Ça serait dommage que tu sois victime d’une intoxication alimentaire … » plaisanta-t-il en prenant sa robe de chambre.
Il rejoint sa famille dans la cuisine tout sourire.
-« Bonjour Mère, Bonjour Pumpkin. »
-« Tu comptes nous distraire pendant que ta conquête de cette nuit s’éclipse en douce ? »
-« Très drôle jeune fille… » répondit Rick.
Il se força à sourire. Il avait horreur d’entendre sa fille parler de cette manière et il espérait bien que ce ne soit pas qu’une aventure d’une nuit.
-« Par contre, j’ai une faveur à vous demander… »
Il attendit le consentement des deux rouquines avant de poursuivre.
-« On aurait dû se réveiller avant que vous ne rentriez mais, puisque vous êtes là… On aimerait que notre relation reste secrète… Du moins pour le moment ! »
Le sourire figé de Rick se détendit lorsque Kate entra discrètement dans la pièce. Alexis s’en rendit compte immédiatement et tourna la tête vers la nouvelle venue.
-« KATE ? » s’étonna-t-elle alors que Martha se contentait d’assurer qu’elle n’en dirait pas un mot à la presse ni à quiconque d’ailleurs.
Rick et Kate attendaient avec une certaine angoisse la réaction de la jeune fille.
-« Mais bien sûr que je vais me taire… Je ne suis plus un bébé tout de même ! » assura Alexis avant de demander simplement pour ne pas mettre Kate dans une situation encore plus embarrassante. « Alors Papa, qu’est-ce que tu nous prépares de bon ? »
Chapitre 28 :
4 mois que Rick et Kate filaient le parfait amour. Aucune photo d’eux n’était parue dans la presse et les seuls articles qui parlaient de Castle restaient vagues sur sa vie sentimentale. Seules Martha et Alexis étaient au courant. Même les parents de Kate ignoraient l’identité de l’homme qui rendait leur fille si heureuse. Comme tous les dimanches, Kate passait diner avec ses parents. Cette sorte de tradition assurait à Jim et Johanna de voir leur fille au moins une fois par semaine et à Kate une après-midi de répit loin de cette jungle qu’était New-York et le monde du travail.
-« Non, tu ne peux pas lui demander ça ! » s’indignait Jim.
Kate était en retrait et espionnait leur conversation, un peu comme quand elle était petite.
-« Mais pourquoi ? Je ne vois pas où est le problème… »
-« Tu plaisantes ? C’est à cause de lui qu’elle a passé des mois à déprimer ! »
-« Oui, je sais… Mais elle va beaucoup mieux. Je suis certaine qu’elle a… »
Kate sortit de sa cachette et s’amusa de la tête de ses parents, surpris sur le fait en train de parler d’elle dans son dos.
-« Si tu me disais ce que tu as à demander ? » assura Kate en se servant un verre d’eau.
-« Rien du tout ! » assura Jim en lui plaquant 3 assiettes dans les mains. « Mets donc la table. »
Kate s’exécuta et attendit dans la salle à manger que sa mère arrive pour la questionner du regard.
-« Le deuxième volume de Nikki Heat sort la semaine prochaine et ‘The Drama Book’ organise à la fois la vente et les dédicaces de l’auteur… »
-« Organiser des dédicaces lors de la sortie du livre, je trouve ça très présomptueux ! » critiqua Kate.
-« Les lecteurs attendent ce livre depuis qu’ils ont fini le précédent… C’est sûr qu’il va être génial de toute façon… Richard t’a contacté pour avoir ton avis ? » essaya de glisser Johanna pour savoir si sa fille avait renoué des liens avec l’auteur.
-« Il m’a envoyé quelques chapitres par mail… » mentit Kate avant de changer de sujet. « Alors ? Qu’est-ce que tu voulais me demander ? »
-« Je voulais juste savoir si tu m’accompagnerais… Pour la dédicace. »
Kate soupira en levant les yeux au ciel. Rien que de penser aux heures d’attente elle en avait des nausées.
-« Ok… Mais c’est moi qui tiens le bouquin ! » assura-t-elle en la fusillant du regard.
-« Tu as peur qu’une folle dégénérée le pique à ta mère ? » se moqua Jim.
-« Non, ça je m’en fiche… Mais le premier qui m’approche d’un peu trop près, je l’assomme avec ! Et je te préviens, tu ne débarques pas chez moi à 5 heures du matin ! »
-« Là je reconnais toute la délicatesse de ma fille, » continua de se moquer Jim en riant aux éclats, imaginant déjà la scène.
-« Rigole, rigole… Je t’assure qu’elle en est capable ! Ok, pas de réveil brusque à 5 heures du matin. Bon et sinon, pour changer de sujet, je ne vois vraiment pas pourquoi tu ne veux pas nous présenter ton petit ami… Ce n’est quand même pas comme si c’était le premier que tu ramenais à la maison ! » dit Johanna en en remettant une couche tout en apportant les plats.
.-« Vraiment ??? Tu ne vois pas pourquoi ?? Demande à Papa… » soupira Kate en levant les yeux au ciel.
-« Je te promet de bien me tenir cette fois… »
-« Si ça se trouve, on le connait déjà… Un de tes ex ? » tenta Johanna.
-« Je retire ce que je viens de dire… Si tu ramènes encore ce Luc ici, je te jure qu’il ne ressortira pas en un seul morceau… » siffla Jim.
-« Très drôle, vraiment très drôle ! Bon, si on mangeait ? »
Kate servit l’assiette de son père, espérant que le rôti arrive à le faire taire. Kate se força à rester zen et détendue devant ses parents qui faisaient tout ce qu’ils pouvaient pour qu’elle craque. Kate connaissait son père et l’interrogatoire plus que désagréable qu’il faisait passer à ses petits amis à chaque fois qu’elle leur en présentait un. Elle avait confiance en Castle mais elle avait honte de devoir lui infliger ça, c’est pourquoi elle repoussait les présentations le plus qu’elle pouvait.
Quelques jours plus tard, Kate qui rentrait d’une longue journée de travail fut surprise de trouver Rick assis devant la porte de son appartement, un petit sac devant lui.
-« Ta mère et ta fille t’ont mis dehors ? » s’amusa-t-elle en ouvrant la porte.
-« Si on veut… » répondit-il vaguement en entrant.
-« Tu sais que, si je t’ai donné une clé, c’était pour entrer… Pas pour faire le clochard devant chez moi, » se moqua-t-elle tout en déposant un baiser sur sa joue.
Il fit sa tête de gamin boudeur.
-« Bien que je ne me plaigne pas de te trouver devant ma porte, qu’est-ce qui se passe ? »
-« Alexis organise une soirée pyjama avec ses amies… Et Mère s’est mise en tête que l’appartement était ‘réservé aux filles’ pour le week-end, » râla-t-il en imitant les mimiques de sa mère, ce qui fit rire Kate de plus belle et lui donna l’envie d’en rajouter une couche.
-« J’adore les soirées pyjama entre filles, je devrais y aller moi aussi ! » plaisanta-t-elle.
-« Mais vas-y je t’en prie… » continua-t-il de râler en s’enfonçant dans le divan.
-« On te ferait vraiment croire n’importe quoi ! » soupira Kate en le rejoignant. « Un week end rien que toi et moi, sans les répétitions de Martha ni le va et vient de ses amies… »
-« Le rêve… » conclut Rick en prenant Kate dans ses bras et l’embrassant tendrement. « Sauf que j’ai cette lonnnnngue journée de dédicaces qui m’attend demain. » soupira-t-il pour se faire plaindre.
-« A ce propos, il y a de forte chance que ma mère débarque de très bonne heure. Alors tu restes sagement au lit et tu attends qu’on parte. »
-« Quoi ? Je vais devoir me planquer sous ton lit ? »
Kate explosa de rire.
-« Je ne t’en demande pas autant… De toute façon je ne suis pas certaine que tu saches t’y glisser ! » taquina-t-elle en caressant son ventre. « Non, tu restes sagement dans le lit et tu ne sors que lorsque tu entends la porte de l’appartement claquer après notre départ. C’est compris ? »
-« Tu as peur que ta mère me condamne aux travaux d’intérêt général à vie pour avoir osé coucher avec sa fille ? » plaisanta-t-il.
-« Si seulement ce n’était que ça… ! » souffla Kate en pensant à son père.
Chapitre 29 :
-« Katie… Tu es là ? »
-« Mmmmmmm….. » laissa échapper Castle en se retournant.
-« Quoi ? Mais quelle heure est-il ? » demanda Kate en se redressant d’un bond dans son lit.
-« Je prépare du café… Du pain grillé… Mais tu le lèves hein ? Sinon je viens te chercher…. » s’amusa Johanna en préparant déjà la cafetière.
-« A peine 5 heures et demie… » répondit un Castle tout endormi.
-« Oh… Non…. » soupira Kate en se recouchant et se cachant la tête avec son oreiller pour ne pas entendre le raffut de sa mère dans la cuisine.
-« Ce n’est pas vrai ça… Tu n’as même pas d’œuf ?? Mais qui donc t’a élevé ? »
-« Qu’est-ce que tu fais ? » paniqua Kate en réalisant que Rick venait de se lever.
-« Dédicacer le livre de ta mère avant qu’elle te rende complètement dingue ! »
-« Elle ne l’a pas encore… Elle comptait l’acheter en le faisant dédicacer ! » assura Kate pour qu’il change d’avis.
-« Je t’emprunte celui que tu as piqué dans mon bureau alors… » la taquina-t-il.
-« Et… » protesta-telle en se remettant assise sur le lit. « Je n’ai pas encore fini de le lire ! »
-« Menteuse ! » répondit-il en déposant un baiser sur son front. « Tu l’as lu pendant que je l’écrivais. Recouche-toi, je reviens. »
-« Tu devais rester sagement au lit à attendre… » rappela Kate d’un ton aussi paniqué que formel.
-« Je suis incapable de rester sage ! » répondit-il avec malice. « Ne t’inquiète pas comme ça… Qu’est-ce que tu veux que ta mère me fasse ? »
Kate leva les yeux au ciel en pensant à tout un tas de choses que l’auteur ne pouvait même pas imaginer.
-«Je t’aurais prévenu ! » soupira Kate, résolue à voir son secret révélé. « Rick ?? » fit Kate d’une voix très sensuelle.
-« Oui… » fit-il sur le même ton.
-« Mets un caleçon, si tu ne veut pas que ma mère te tue ! » suggéra-t-elle en se recouchant.
Rick baissa la tête pour se regarder.
-« Bien vu… »
Il sortit de la chambre et referma doucement la porte derrière lui avant de se diriger vers la bibliothèque de Kate.
-« Ah Katie…. Tu veux du beurre ou… »
Johanna s’était arrêté au plein milieu de sa phrase en réalisant que Richard Castle se promenait en caleçon juste sous ses yeux.
-« Pas de beurre sur ses toasts, juste un peu de confiture… Mais bien raclée. Pour le café, moi ça sera noir… Pour Kate, c’est compliqué. Elle se servira elle-même, » répondit-il tout en s’installant à la table de la cuisine et inscrivant un petit mot dans le livre.
-« Vanille, sucre et pas de crème… Je sais ! » marmonna Johanna en regardant l’auteur des pieds à la tête.
-« Kate vous offre son exemplaire, je lui en donnerai un autre ! » expliqua-t-il en lui tendant le second volume de Nikki Heat. « Excusez-moi mais j’ai une longue journée qui m’attend. J’aimerais me reposer encore une ou deux heures… Oui, plutôt deux. »
Sur ce, Castle se leva et, après avoir salué Johanna, retourna dans la chambre de Kate. Une fois la porte refermée sur lui, Johanna resta un moment debout au milieu de la cuisine à se demander si elle s’était endormie en attendant sa fille ou si Richard Castle en personne venait de lui expliquer comment préparer un petit déjeuner à sa fille. Elle regarda le livre ouvert sans trop réaliser encore que tout était bien réel. Elle s’approcha et lut la note :
« Kate apprécierait certainement d’avantage son petit déjeuner si vous le lui apportiez après 8 heures. En attendant, vous pouvez commencer à lire.
Amicalement.
Rick Castle. »
« A 8 heures ? Il croit vraiment que je vais faire ça tous les week-ends ? » bougonna Johanna en se parlant à elle-même.
Machinalement, elle commença la lecture. Elle en était déjà au chapitre 5 lorsque Kate sortit de sa chambre.
-« Café ? » demanda Johanna en tendant une tasse à sa fille.
-« Merci… » répondit Kate, prudemment, en attendant la suite.
-« C’était Castle ? Ou bien un de ses sosies ? Si c’est le cas, il vient de bousiller ton bouquin ! »
Kate se contenta de sourire en lisant le petit mot de Rick.
-« Il est sous la douche… Il devrait arriver. Dans une tenue un peu plus décente cette fois ! » assura Kate avec un regard vicieux.
-« Ça ne m’a pas trop dérangé… Il est loin d’être désagréable à regarder ! »
-« MAMAN ! »
-« Quoi ? Tu ne comptes pas répéter ça à ton père hein ?? »
-« Non… Mais évite de trop le regarder, » menaça Kate.
-« Ohh… Ma fille est jalouse. Une grande première ça ! » assura Johanna en souriant.
-« Bonjour toi, » fit Rick en déposant un baiser sur le front de Kate. « Madame Beckett. »
-« Monsieur Castle ! » répondit Johanna d’un air amusé. « Puis-je me permettre de vous dire que j’adore votre caleçon Snoopy ? »
Kate se pinça les lèvres pour ne pas rire. Rick resta une seconde à réfléchir ce qu’il pouvait répondre à ça sans avoir l’air trop idiot.
-« Merci… » se contenta-t-il de dire tout en se servant un café avant d’ajouter. « Un cadeau de votre fille… »
-« Je préfère ne pas savoir ! Enfin, je le saurais peut-être en continuant ma lecture… Au fait, vous avez raison, elle a vraiment assuré avec le procès Jeffrey. »
-« Vous avez déjà commencé à lire ? »
-« Je n’avais pas grand-chose d’autre à faire en attendant que vous vous leviez. »
-« On ne va pas passer 5 heures dans une file d’attente hein ? Tu l’as eu ton autographe, » dit Kate en espérant fort ne pas se tromper et suppliant sa mère du regard.
-« Non ma Katie, je vais t’épargner ça… Mon Dieu, quand ton père va savoir ça ! »
-« Quoi ? » commença à paniquer Kate. « Tu ne vas pas lui dire ? »
-« Pourquoi tu ne veux pas me présenter ? Tes parents ne vont pas me mordre ! Ça c’est bien passé avec ta mère… Je suis certain que ça se passera aussi bien avec ton père. »
-« Je ne le parierais pas à ta place ! »
-« Tu exagères Katie… » plaida Johanna avant d’assurer avec enthousiasme. « On pourrait faire ça ce soir. Un dîner à 4 ! »
-« Ça me va ! Je fais ma journée de dédicaces et je vous rejoins ici vers 19 heures, 20 heures tout au plus. Ça va être génial ! » assura Castle avant de terminer en embrassant Kate. « Je vous laisse, je file. »
Beckett se leva alors d’un bond pour le rejoindre dans l’entrée.
-« Tu es sérieux là ? Tu veux vraiment rencontrer mon père ? Tu ne sais pas à quoi tu t’attends là… »
-« Arrête Kate… Tout va bien. Je suis un grand garçon, » plaisanta-t-il. « Sérieusement, je l’ai déjà vu et il n’a pas l’air bien méchant… »
-« Il va te poser des tas de questions embarrassantes, te tendre 10 milles pièges… »
-« Et me foutre une sacrée trouille pour s’assurer que je traite sa fille avec tout le respect qu’elle mérite. »
-« Je suis sérieuse Castle ! »
-« Moi aussi. Tu sais, je fais pareil avec les petits amis d’Alexis, » la rassura-t-il en la serrant dans ses bras.
-« Alexis a 16 ans… Moi, j’en ai presque 30 ! » fit-elle remarquer en se tapant la tête sur l’épaule de Rick.
-« Un père reste un père…Regarde-moi bien Kate. »
Il attendit qu’elle lève les yeux.
-« Je t’aime et je n’ai pas peur d’affronter ton père… Alors profites-en pour passer une après-midi avec ta mère, faites des tas de trucs de filles… Et on se retrouve ce soir, » continua-t-il avant de l’embrasser avec tendresse.
Castle partit en faisant un dernier petit geste de la main à Johanna. Il était partit depuis plus de deux minutes et Kate était toujours debout devant la porte d’entrée.
-« Rassure-toi… Je suis certaine que même ton père ne pourrait pas le faire fuir. »
Kate se retourna et la dévisagea, cherchant du soutien dans le regard de sa mère.
-« Et si tu allais te préparer ? Je t’emmène faire les boutiques. Ensuite on préparera le repas de ce soir. »
-« Ok, » répondit Kate sans aucune motivation.
-« Je serais toi, je me dépêcherais… Parce que tout le temps que tu passeras sous la douche, je serais au téléphone avec ton père… Ça serait dommage qu’un certain nom ne m’échappe… » se moqua-t-elle.
-« Tu n’as pas intérêt ! Je suis là dans 5 minutes. »
Chapitre 30 :
Johanna et Kate avait passé trois heures à faire les boutiques avant d’aller manger un sandwich et boire un café dans un petit snack. Elle profita de cette petite pause pour envoyer quelques textos à son amoureux, sous le regard amusé de sa mère.
-« Et il a combien de temps pour te répondre avant que tu ne l’appelles ? » se moqua-t-elle.
-« Ah ah ah… Il n’est pas obligé de répondre. Je voulais juste lui dire qu’il pouvait encore changer d’avis pour le dîner. »
-« Et tu as besoin de 3 textos pour ça ? »
-« Les deux autres, euh… Tu ne veux pas savoir ! »
Johanna faillit recracher son caché en riant. Et les deux femmes continuèrent d’échanger de petits secrets avant de décider ensemble du menu de ce soir avant de se remettre en route pour acheter tous le nécessaire avant de se mettre au fourneau.
Jim arriva chez sa fille un peu avant 19 heures, fin prêt à en faire baver au nouveau venu.
-« Wah… Ma fille qui a dressée la table avec une nappe et des serviettes… » se moqua-t-il en pensant que ce type devait vraiment être spécial pour qu’elle se donne tout ce mal.
-« Ne te moques pas s’il te plaît… Il compte beaucoup pour elle. » lui glissa sa femme pour éviter une crise de nerfs à sa fille.
-« Ok… Changeons de sujet. Il y avait du monde aux dédicaces de Castle ? » demanda-t-il en chipant un bout de tomate dans le plat, ce qui agaça Kate qui lui donna un coup de cuillère sur les doigts.
-« On n’y a pas été tout compte fait… »
-« Le livre est là ! »
Johanna s’empressa de le lui reprendre des mains pour ne pas qu’il lise le mot à l’intérieur et lui assura que devant la foule, elles avaient laissé tomber l’idée de s’approcher de l’auteur.
Kate entendit la porte de l’appartement s’ouvrir. Sous le regard étonné de son père, elle lui plaqua dans les mains la cuillère et le plat de tomates pour retrouver celui qu’elle aimait.
-« Je suppose qu’il est arrivé… Je vais enfin savoir qui c’est. »
-« Retourne toi. » lui dit doucement Johanna en reprenant le plat et la cuillère.
Jim n’en croyait pas ses yeux : Richard n’avait pas encore eu le temps de poser sa veste que Kate lui avait déjà sauté dans les bras pour l’embrasser.
-« Richard ? » lança-t-il à voix haute avec un ton plus sec qu’il n’aurait voulu.
Rick recula de deux pas, ce qui fit exploser de rire Kate.
-« Même pas peur hein ? » se moqua-t-elle en lui prenant sa veste en l’invitant à entrer.
-« Ok… Mais juste un petit peu. » marmonna-t-il en affichant un sourire forcé.
-« Vous vous connaissez, pas besoin de présentation. » fit remarquer Kate en passant devant son père et invitant ses parents à les rejoindre au salon.
-« Depuis quand tu sais ? » glissa Jim toute regardant sa fille se blottir dans les bras de Rick.
-« Depuis que Richard est sorti de la chambre de ta fille en caleçon pour me dédicacer mon livre. Depuis 6 heures du matin. »
-« Il était 5 heures et demi et c’était MON livre. » rectifia Kate.
-« Ne râle pas, je t’en ai amené un autre. » dit Rick en lui tendant un autre exemplaire et lui faisant un baiser sur la joue, comme pour s’excuser.
-« Et qui me dit que tu ne vas pas soudainement décider de l’offrir à mon père ! »
-« Pas avec le mot que j’y ai inscrit. » avoua-t-il en se pinçant les lèvres.
Kate ouvrit le livre et lu en silence.
« Juste au cas où mes livres n’auraient pas encore su te l’assurer : Je t’aime.
Castle »
Kate sourit en embrassa Rick.
-« Si vous nous laissiez quelques minutes. Vous n’avez pas des trucs à préparer à la cuisine ? »
-« PAPA ! Tu n’as pas intérêt de … »
-« Allez viens ma chérie… Il ne va pas le manger. » temporisa Johanna en tirant sa fille par le bras.
-« Je vous jure que c’est la dernière fois que je vous présente quelqu’un. » assura Kate en foudroyant son père du regard.
-« Mais on l’espère ma chérie. » se moqua Johanna avec un petit clin d’œil.
Kate soupira et leva les yeux au ciel en comprenant le jeu de mot de sa mère.
Jim regarda sa fille et sa femme avec tendresse, avant de reporter son regard sur Rick.
-« Votre fille est vraiment formidable… » assura Castle, espérant détendre l’atmosphère qui s’était soudainement alourdie.
Il déglutit en voyant le regard sévère de Jim l’examiner des pieds à la tête.
-« Je vous en ai vraiment voulu vous savez ! » commença Jim, d’un air grave. « Quand vous avez été la voir pour lui demander de rester en retrait… Elle venait de se faire licencier… »
-« Je l’ignorait… Je voulais… »
-« Je sais ce que vous vouliez faire Monsieur Castle. Je l’ai su en lisant votre livre. Mais ma fille, elle, l’ignorait jusqu’il y a peu. Vous lui avez brisé le cœur. » continua-t-il, toujours d’un ton sec.
Rick se contentait d’écouter, il s’en voulait bien sûr, mais sur le moment il ne pensait pas lui-même en souffrirait autant.
-« J’avais envie de vous tuer… Enfin, un bon coup de poing aurait pu suffire. Vous avez eu de la chance que Johanna me l’interdise ! »
Jim se moqua de lui-même.
-« Ne refaite plus JAMAIS ça Monsieur Castle. Ne lui brisez plus JAMAIS le cœur. Parce que même Johanna ne saurait pas me retenir. »
-« Je ne compte pas retenter cette expérience moi non plus. » assura Rick.
-« Le pire, c’est que même en ayant lu le livre, j’aurais continué à vous en vouloir si je ne vous avais pas vu vous effondrer en pleine interview … »
-« C’était pathétique ! »
-« Oui, peut-être… Mais j’ai trouvé ça mignon moi, surtout en sachant que c’était pour ma fille. »
-« Je l’aime vraiment et je vous assure que je n’ai jamais voulu lui faire de mal. Je ne savais pas que mes sentiments étaient partagés. »
-« Ma fille est une femme très compliquée… ça je vous l’accorde. Mais puisqu’on est sur la même longueur d’onde, je peux vous demander une faveur, Richard ? »
-« Bien sûr. »
Jim regarda vers la cuisine et admira les deux femmes : Johanna essayant vainement de calmer leur fille en assurant que tout allait bien.
-« Faites-moi des petits-enfants qui vont la rendre dingue ! »
Rick en resta sans voix. Avait-il bien entendu ?
La tête de Castle fit rire Jim qui le tapa amicalement dans le dos.
Machinalement, Rick se retourna pour regarder vers la cuisine. Lorsque ses yeux se posèrent sur Kate, il la dévora littéralement du regard.
-« Ça sera avec grand plaisir ! » laissa-t-il échapper.
Dans la cuisine, Kate se rongeait les ongles.
-« Tu vois, tout se passe bien… Ils rigolent ! » assura Johanna.
-« Non… Avec papa, c’est louche… Tiens. » elle lui tendit un plateau. « Vas leur porter ça. »
-« Tu exagères Katie… » soupira Johanna en sortant de la cuisine.
Lorsqu’elle revint près de Kate, elle l’assaillit de Questions.
-« Du calme… Je t’assure que tout se passe bien. D’ailleurs ils sont entrain de comparer leurs techniques pour accueillir les petits amis de leur fille. »
-« Oh non… Alexis va me détester ! » soupira Kate en se prenant la tête entre les mains.
-« C’est Richard qui donne des leçons à ton père… Jusqu'au cas où il ne serait pas le dernier. » se mit elle à rire. « Il est vraiment capable d’accueillir un garçon avec une tête ensanglantée et une tronçonneuse ? »
Kate la fixa une seconde tout en imaginant la scène. Elle ferma les yeux une seconde avant de soupirer :
-« Pauvre Alexis ! Oui, il en est capable. » assura-t-elle.
-« Allez, viens. On se joint à eux. » assura Johanna en donnant quelques plats de toasts à sa fille.
Chacune des femmes retrouva les bras de son chéri et la soirée s’annonçait bien moins dramatique que ce que Kate l’avait imaginé.
-« Bon, puisque Jim a fini de vous traumatiser, puis-je vous demander si le chapitre 9 fait partie des choses vécues ? » demanda Johanna avec un regard vicieux.
-« Qu’est-ce qu’il se passe dans ce chapitre ? » demanda Jim avec une certaine réticence.
-« Une scène vraiment très chaude entre Rook et Nikki… Au plein milieu de la cuisine. »
-« Merci de cette précision… » soupira Jim, agacé d’avoir ce genre de détail sur la vie intime de sa fille.
-« Non… Je dois avouer que j’ai écrit se passage avant d’avoir la chance de tester. »
-« CASTLE ! » le foudroya Kate, outrée.
-« Quoi ? On est ensemble depuis plus de 4 mois, tu ne vas pas leur faire croire qu’on passe nos nuits à jouer au Monopoly ? » demanda-t-il avec évidence.
Johanna explosa de rire à cette image, alors que Jim et Kate n’avaient pas l’air d’apprécier cette note d’humour.
-« Rien avoir avec la réalité alors ? » insista Johanna, légèrement déçue.
-« Non… Rien du tout !! »
-« Super… » fit Beckett avec ironie. « Si on passait à table ? » tenta-t-elle de changer de sujet.
-« Nikki est vraiment trop sage ! » glissa Rick à l’intention de Johanna qui explosa de rire.
-« Merci Richard, mais je pense qu’on va se passer des règles que vous établissez pour vos parties de ‘Monopoly’ » temporisa Jim en assassinant Rick d’un regard digne de ceux de sa fille en pensant que bien qu’il lui avait demandé de lui donner des petits enfants, il ne voulait pas pour autant en connaître les secrets de fabrication.
Le dîner se passa sans encombre, avec encore un ou deux moments assez gênant pour Kate, mais Castle acceptait de jouer le jeu et gardait son sens de l’humour à toute épreuve.
Au moment de partir Jim serra la main de Rick en affirmant qu’il avait été ravi de faire sa connaissance.
-« Richard, prenez soins de ma fille. Et n’oubliez pas votre promesse ! » s’amusa –t-il pour narguer sa fille.
Kate les dévisagea tous les deux, inquiéte de savoir ce qu’il avait pu lui demander.
-« Bon Monopoly. » se contenta d’ajouter Johanna en embrassant sa fille.
-« Qu’est-ce que tu lui as promis ? » s’inquiéta Kate une fois que ses parents furent partis.
-« Ne t’inquiéta pas, tout va bien. » la rassura-t-il.
-« Mon père n’a pas l’habitude de laisser tomber… J’espère pour toi que tu comptes tenir ta promesse, sinon tu vas en entendre parler pendant longtemps. »
-« Je n’en entendrais pas parler pendant bien longtemps… » nargua-t-il. « Je compte bien honorer cette promesse, et très rapidement. » ajouta-t-il en soulevant Kate et la portant jusqu’à la chambre.