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Jeunesse et protection des mineurs
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Série : Castle
Création : 25.01.2014 à 16h20
Auteur : Minefuji
Statut : Terminée
« Une idée, qui me trottait dans la tête depuis un moment : et s'ils avaient fait ça il y a quatre ans... J'espère que ça vous plaira. » Minefuji
Cette fanfic compte déjà 152 paragraphes
Attention, ce chapitre comporte quelques passages un peu "kinky", alors pour ceux qui aiment ça, régalez vous, pour les p'tits jeunes revenez quand vous aurez l'âge et pour les autres, bah faites comme vous voulez! ^^
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Chapitre un.
Le soleil déclinait, les lumières des voitures de police tournoyaient dans la rue. Les policiers en uniforme faisaient entrer le suspect dans l'une d'elles.
Le lieutenant Beckett savourait ce moment, c'était son but dans la vie, arrêter les tueurs, rendre justice aux victimes et à leurs famille. Chaque coupable envoyé devant la justice représentait plus qu’une victoire, pour elle, c’était une véritable thérapie. Castle, qui venait de vivre une des expériences les plus amusantes de sa vie, s'approcha d'elle.
- Hum hum, fit-il pour attirer son attention.
- Bon, je crois que c'est fini, dit-elle en se tournant vers lui.
- On n'est pas obligés de se quitter tout de suite ! On pourrait dîner, et apprendre à se connaître.
- Pour que vous ajoutiez mon nom à la liste de vos conquêtes ?
- Je pensais plutôt au contraire.
- J'ai été ravie de vous avoir rencontré, fit-elle pour lui signifier que leur relation s’arrêtait là.
- Dommage, on se serait bien amusé !
- Vous n'avez pas idée, lui murmura-t-elle à l'oreille.
Elle lui tourna le dos et s'en alla. Castle la regardait envoûté. Elle était fière de son effet, elle venait de lui clouer le bec, ce qui n'était pas un mince exploit. Finalement cette enquête avec lui avait eu ses bons côtés, elle s'était bien amusée, même si elle ne l'avouerait pour rien au monde. Elle avait d'ailleurs eu du mal à lui dire non. Peut-être que s'il avait insisté un peu plus...
Soudain, elle sentit une main se refermer avec délicatesse sur son poignet. Elle regarda la main puis releva la tête pour croiser le regard océan de Castle. Il était merveilleusement beau, incroyablement agaçant et elle était irrésistiblement attirée par lui.
- Alors faisons ce que font les équipiers, allons boire un verre pour fêter la résolution d'une enquête difficile... Il est évident que je paie la note sans que vous ne puissiez refuser puisque je me suis lamentablement fait avoir par le suspect.
- Pourquoi pas... répondit-elle après un instant de réflexion.
- Alors, allons-y! sourit-il.
Ils se rendirent dans un bar qu'il affectionnait particulièrement pour son histoire, dont il lui fit bien évidemment le récit : le Old Haunt. Le serveur vint prendre leur commande, tandis qu'ils bavardaient gaiement.
- Alors, que faites vous d'ordinaire à la fin d'une enquête? Demanda-t-il pour engager la conversation.
- Je rentre chez moi, je lis un livre en buvant un verre de vin et en dégustant un plat chinois. Et vous? Que faites vous quand vous terminez un bouquin?
- Je sors! Je m'amuse...
- ... Et vous faites la une des tabloïdes!
- Ça vous gène?
- Vous faites ce que vous voulez de votre vie!
- On pourrait sortir un de ces soirs, j'ai des relations, je pourrais vous faire entrer dans des endroits super branchés...
- Non merci! J'aime l'anonymat!
La soirée s'était continuée ainsi entre flirt et décontraction. Ils avaient un peu abusé du champagne et ne savaient déjà plus trop ce qu'ils faisaient.
- Si nous allions marcher ? Avait proposé Rick. La nuit est magnifique!
- D'accord.
Ils avaient flâné dans les rues de New York pendant un moment, regardant les lumières des appartements s'éteindre petit à petit. Elle riait à la moindre de ses blagues, l'alcool lui faisant oublier toutes ses réticences.
C'est alors qu'une première goutte atterrit sur le nez de Kate, puis deux et finalement des trombes d'eau s'abattirent sur eux. Il enleva sa veste pour la mettre au-dessus de leurs têtes, leur offrant ainsi une protection de fortune, le temps, pour eux de trouver refuge sous le porche de l'hôtel le plus proche.
- Que diriez-vous de prendre une chambre? Proposa Rick.
Elle leva son visage vers lui en fronçant les sourcils. L'eau dégoulinait le long de ses cheveux.
- En tout bien tout honneur! Précisa-t-il. Vous êtes trempée! Et moi aussi d'ailleurs! Il nous faut une bonne douche et des vêtements secs!
Elle observa un instant la rue et le déluge qui s'y abattait. Les chances qu'ils avaient de trouver un taxi à cette heure et par ce temps étaient minces.
- D'accord, fit-elle.
Après tout, elle passait une bonne soirée en sa compagnie. Castle s'adressa au réceptionniste, qui appela un groom pour les emmener à leur chambre.
- En tout bien tout honneur, hein? Dit-elle en découvrant la suite nuptiale qu'il leur avait prise.
- Il ne restait plus que celle là, se défendit-il.
- Mais ouais, c'est ça, marmonna-t-elle.
- Vous pouvez prendre votre douche en premier, à moins que vous ne vouliez que je vienne avec vous...
Elle ne répondit pas et se rendit dans la salle de bain. Il soupira mais n'insista pas, il savait se conduire en parfait gentleman.
Il fit monter une bouteille de champagne par le service d'étage et s'en servait un verre, lorsqu'elle réapparut vêtue d'un simple peignoir, qui lui arrivait à mi-cuisses, révélant ainsi ses jambes interminables. Il renversa un peu du contenu de la coupe qu'il portait à ses lèvres, qu'il essuya maladroitement.
- On dirait que vous êtes troublé, monsieur l'écrivain, sourit-elle aguicheuse.
- À qui la faute? Bredouilla-t-il en posant son verre sur la table.
- C'est vous qui l'avez cherché, dit-elle avec un sourire mutin sur les lèvres.
Elle se mordit la lèvre inférieure et s'approcha de lui. Il reconnaissait bien là le lieutenant de police, qui voulait toujours tout contrôler. Elle avait décidé de la suite de leur soirée et il n'allait pas s'en plaindre...
Elle était maintenant si près de lui, qu'il pouvait sentir son souffle chaud contre son cou. Elle posa une main contre son torse, il passa la sienne dans ses cheveux, le long desquels l'eau ruisselait encore. Il se pencha en avant et posa ses lèvres contre les siennes. La température monta en flèche, elle ouvrit les lèvres pour lui donner accès à sa langue et il approfondit leur baiser. Il glissa une main sous son peignoir, perdant tout contrôle. Elle entoura sa nuque de ses bras et se meula contre lui. Ils n'étaient plus que deux brasiers incontrôlables. Elle commença à déboutonner la chemise de l'écrivain et la fit glisser sur ses épaules, il grogna de plaisir au creux de son cou, qu'il dévorait de baisers. Il tomba à genoux, parsemant son ventre de baisers brûlants, elle fit courir ses mains dans ses cheveux, le collant un peu plus contre son ventre.
- Détective … Souffla-t-il, sa voix tout à coup plus rauque.
Elle sourit.
- Oui ?
- On…
- Fermez-la Castle!
Il releva les yeux vers elle et posa ses mains sur ses hanches. Son nez effleura la peau fine de l'intérieur de sa cuisse. Quand ses lèvres remplacèrent son nez, elle ne put retenir un long gémissement.
Il sourit en se pressant contre elle, faisant glisser ses mains sous le galbe de ses fesses. Il attrapa du bout des dents la dentelle protégeant son intimité et tira lentement dessus.
- Castle … gémit-elle dévorée par le plaisir.
Elle replongea les mains dans la chevelure de son amant. Il continua son supplice. Sa langue s'aventura plus loin, récoltant de nouveaux gémissements.
Il se redressa et vint s'occuper de sa poitrine, soupirant contre la peau fine de son décolleté. Il embrassa tendrement ses seins tour à tour. Il allait la rendre folle.
Il se frottait contre elle, calant ses hanches contre les siennes. Elle le sentait. Son envie d'elle, sa puissance, la chaleur de son corps …
Elle fit glisser le zip de son pantalon sans hésitation, enlevant les derniers remparts entre elle et lui. Il déglutit avant de se pencher à nouveau sur ses lèvres, les effleurant tout d'abord, pour ensuite revenir à l'assaut de façon de plus en plus pressante. Quand sa langue caressa ses lèvres et que Kate les écarta, elle releva ses mains derrière sa nuque pour le serrer contre lui. Prise d'une certaine frénésie, elle le caressa sans pudeur, grognant quand il commença à jouer avec sa poitrine . Un feu d'artifice...
Il noya son visage dans les mèches brunes, parcourut l'arrondi de de son épaule du bout des lèvres, pour finalement faire courir sa bouche jusqu'à sa poitrine. Il la sentit s'arquer contre lui, venir à la rencontre de ses caresses. Ils basculèrent sur le lit.
L'une de ses mains s'aventura plus avant, effleurant ses cuisses, les écartant légèrement. Son pouce la frôla. Sa langue fouilla son nombril.
Il prit son ventre en coupe avant de souffler doucement dessus, se régalant des légers frissons qu'il faisait naître.
Il sut qu'elle avait fermé les yeux, et sans plus de préliminaires, il continua son exploration plus au sud, refermant sa bouche sur son intimité. Il sourit en sentant ses mains s'accrocher davantage à ses cheveux. Et enfin … son long cri de plaisir.
Son nom et ce doux mélange de mots et de gémissements. Il releva la tête pour l'admirer. Elle profita de cet instant pour prendre les commandes, elle le fit basculer sur le matelas et s'installa à califourchon sur lui, frottant légèrement son bassin contre le sien. Ce simple contact déclencha des réactions en chaîne.
Frissons, soupirs, grognements de plaisir...
Son regard accroché au sien, il la pénétra lentement, sensuellement, retenant son souffle. Kate se mordait les lèvres pour retenir les sons qui montaient dans sa gorge. Encore étourdie de son premier orgasme, elle sentait son corps en réclamer plus. Elle l'emprisonna avec ses jambes, l'une de ses mains accrochée à son dos, l'autre noyée dans ses cheveux.
Ils explosèrent enfin, en une parfaite synchronisation, au comble du plaisir. Elle se colla à lui, nichant son nez dans son cou. Se régalant de l'odeur de sa peau, de la douceur de ses mains. Il l'encercla de ses bras possessifs pour la nicher un peu plus contre lui. Elle se meula contre lui, mélangeant ses jambes aux siennes pour se blottir davantage au creux de ses bras, son visage contre sa peau. Et c'est ainsi que le sommeil les surprit.
Chapitre deux.
Un rayon de lumière vint chatouiller le visage de Kate, la tirant du sommeil. Elle cacha son visage sous la couette en grognant, ne voulant pas lui céder. La nuit avait été courte et visiblement bien arrosée. Maintenant ses yeux clos, elle tentait de sombrer à nouveau dans le sommeil pour retrouver le doux rêve qu’elle venait de quitter bien malgré elle.
Soudain, une main vint lui caresser doucement les fesses. Cette main... Elle avait visiblement fait des merveilles cette nuit, car elle lui laissait un souvenir impérissable. La brume se dissipa légèrement sur ses souvenirs, la nuit avait été merveilleuse. Tellement passionnée, qu'elle aurait aimé qu'elle le jour ne revienne jamais. La main continuait son œuvre, lui arrachant un soupir de satisfaction.
La main?! La main de qui? Qu'est ce qu'elle avait fait? Elle se serait crue plus raisonnable! Elle était plus raisonnable que ça d'ordinaire! Sa dernière histoire remontait à... Elle ne saurait même pas dire à combien de temps elle remontait! Mais une chose était sûre, elle n'était pas le genre de femme à coucher avec le premier homme venu! Elle ouvrit brusquement les yeux.
- Mhm... Salut! Fit la voix ensommeillée de l’homme étendu à ses côtés.
- Castle ?! Cria-t-elle en se redressant aussitôt et en remontant le drap contre sa poitrine.
- Pas si fort! On a un peu trop abusé du champagne hier soir...Grogna-t-il en portant une main à sa tête.
- Qu'est ce que vous faites chez... Attendez... On est où là? Demanda-t-elle après avoir balayé du regard la pièce où ils se trouvaient.
- Mhm... T'es dure au réveil, dit-il en ouvrant difficilement les yeux. On est à l'hôtel, le Carlton, suite nuptiale, tu remarqueras que je ne me suis pas moqué de toi!
- Suite nuptiale?! Paniqua-t-elle. On...
- Tu ne te souviens pas? Ma parole, tu ne tiens pas bien l'alcool, toi! Constata-t-il en se redressant à son tour, étant donné qu’elle ne semblait pas vouloir paresser au lit.
- Je n'ai pas l'habitude des beuveries! Alors, Castle, vous vous souvenez de ce qu'on a fait? On ne s'est quand même pas...
- Au prix où est le divorce? Rassure-toi, je n'ai pas pour habitude de me marier le premier soir! dit-il sur le ton de la plaisanterie.
- Ah oui? S’étonna-t-elle. Combien de fois avez-vous été marié?
- Deux fois.
- C'est tout?
- Quoi ce n’est pas assez pour toi? Et en ce qui te concerne ?
- Moi? Aucune. Je n’ai jamais été mariée.
- Sans blague ?
- Ouais, confirma-t-elle en attrapant sa montre posée sur la table de chevet.
- Ca t'irait comme un gant avec ton esprit de contradiction ! Tu pourrais essayer !
- Maintenant que vous en parlez... Fit-elle en se tournant vers lui, j'aimerais savoir quand vous projetez d'annoncer nos fiançailles...
- Quoi?!
- Bah... Vu qu'on a passé la nuit ensemble... Il va falloir régulariser notre situation! Expliqua-t-elle en le regardant dans les yeux.
- T'es sérieuse?! Demanda-t-il en déglutissant difficilement.
- Bien sûr! Il faut préserver mon honneur! On ne plaisante pas avec ça, ans ma famille ! D'ailleurs il faut que j'appelle mon père, il se chargera de tout organiser!
- Que...? ... Écoute, je suis flatté... Euh... Tu es une jeune femme formidable... Balbutia-t-il alors que la panique l'envahissait.
Elle le regardait droit dans les yeux, sans ciller, puis pouffa légèrement avant d'éclater de rire allègrement. Il la dévisagea un instant bouche bée, puis s'autorisa finalement à respirer de nouveau.
- Ah ! Ah ! Ah! Très drôle! Non mais vraiment!
- Vous n'avez pas simplement marché! Vous avez carrément couru! Vous êtes un grand naïf en fait! Se moqua-t-elle.
- C'est plutôt toi qui ferais croire n'importe quoi! J'ai cru que j'avais affaire à une psychopathe et que j'allais retrouver mon petit lapin dans la casserole à mon retour chez moi! Tu ferais un malheur à mes parties de poker!
- C'est ça, entre James Patterson et les autres vendeurs de best sellers ? Non merci, y a pas écrit "friquée" sur mon front !
Elle se leva, ramassa ses vêtements éparpillés ça et là dans la suite, la nuit avait été visiblement très agitée, et fila prendre une douche.
Lorsqu'elle ressortit de la salle de bains quelques temps plus tard, il avait fait monter le petit déjeuner. Il lui tendit une tasse de café, dont elle avala une gorgée d'un trait, se brûlant la bouche et la trachée, avant d'attraper sa veste.
- Tu ne restes pas?
- Écoutez monsieur Castle, dans votre monde, on peut sans doute faire la grasse matinée le jeudi et n'importe quel autre jour de la semaine, mais moi, je bosse pour vivre et je vais être en retard si je ne file pas au boulot tout de suite! Déjà que je dois passer chez moi pour me changer...
- Dommage...
- De quoi vous plaignez vous? Vous venez d'ajouter mon nom à la liste de vos conquêtes!
- Tu viens d'ajouter mon nom à la liste de tes conquêtes, précisa-t-il.
- Bon. J'ai été ravie de vous avoir rencontré.
- Moi aussi. On s'est bien amusé ! Tu avais raison! Je n'avais pas idée!
- Oh! J'allais oublier!
Elle sortit quelques billets de son portefeuille et les déposa sur la table.
- Voilà ma part, expliqua-t-elle devant son air interrogateur.
- Quoi?! Il n'en est pas question! Je ne fais jamais payer les dames!
- Ah oui? Et bien, moi, on ne m'achète pas! Je tiens trop à ma liberté! Allez! Bye Castle!
Elle attrapa sa veste, qu'elle déposa nonchalamment sur son épaule et quitta la pièce d'une démarche digne d'un top model.
Il la regarda s'en aller, subjugué par cette jeune femme fière, indépendante, terriblement mystérieuse et attirante. Son cœur bondit dans sa poitrine, il fallait qu'il résolve ce mystère! Il n'avait jamais résisté à l'appel d'une énigmeet celle-ci semblait être de taille. Un mystère à sa mesure, enfin!
- Défi accepté! Lança-t-il en se laissant tomber sur le canapé, le sourire aux lèvres.
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Assise à son bureau, Kate terminait de remplir consciencieusement le dossier de l'enquête, quand Esposito fit rouler son siège jusqu'à son bureau. Il la regarda un moment, jusqu'à ce qu'elle lève le nez de son dossier, comprenant qu'il voulait lui parler.
- Quoi?
- On ne t'a pas vue au Remy's hier soir... commença-t-il.
- J'étais fatiguée!
- Fatiguée, hein?
- Oui, fatiguée!
- C'est ça, tu n'es pas plutôt allée rejoindre l'écrivain? Sourit-il.
- Je suis rentrée chez moi, j'étais fatiguée! Répondit-elle en insistant sur chaque mot.
- Beckett! Lança Ryan en arrivant près d'eux. Le capitaine veut te voir.
- J'y vais, répondit-elle en quittant son bureau sous le regard intrigué du latino.
- Tu ne la trouves pas bizarre aujourd'hui? Demanda-t-il à son collègue.
- Non. Elle n'a pas décroché un mot, à part pour me donner des ordres et elle a consciencieusement fait sa paperasse, répondit Ryan. Aussi peu marrante que d'habitude, pourquoi?
- Pour rien... J'ai dû me faire des idées...
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- Vous avez demandé à me voir chef ? Demanda-t-Kate en prenant appui sur l'encadrement de la porte.
- Oui, je viens de raccrocher avec le bureau du maire. Et apparemment vous avez un fan !
- Un fan Monsieur ?
- Rick Castle! Répondit-il tout sourire, tandis qu'elle baissait la tête agacée. Il aurait trouvé le personnage principal de ses futurs romans, une femme lieutenant de police un peu froide mais très futée.
- C'est flatteur ? Fit-elle après réflexion.
- Je n'en suis pas si sûr, il a dit qu'il devait faire quelques recherches...
- Oh non ! Avertit-elle.
- Oh si !
- Jamais !
- Beckett, on ne m'a pas laissé...
- ... Ecoutez chef, on dirait un gamin de 9 ans dans un magasin de jouets, il est incapable de prendre quoi que ce soit au sérieux !
- Mais il nous a aidés à résoudre cette affaire, et si ça fait plaisir au maire, ça fait plaisir au commissaire. Et si ça fait plaisir au commissaire, moi ça me fait plaisir !
- Combien de temps ?! Soupira-t-elle.
- Ca dépend de lui ! Répondit le capitaine en désignant quelqu'un derrière elle.
Beckett se retourna, Castle la regardait. Il fit un petit mouvement des sourcils, le sourire aux lèvres, tandis qu'elle levait les yeux au ciel.
Elle parvint cependant à contenir sa rage, jusqu'à ce qu'ils se retrouvent seuls et à l’abri des oreilles indiscrètes dans la voiture de Beckett.
- Mais qu'est ce qu'il vous prend? Demanda-t-elle en lui assénant une pichenette sur le bras.
- Hey! Pourquoi tant de violence?! S'offusqua-t-il en se massant le haut du bras.
- Arrêtez de faire la chochotte et dites-moi à quoi vous jouez!
- Je vais faire des recherches pour mon roman! Annonça-t-il comme une évidence.
- C'est ça! À d'autres! Vous avez pourtant eu ce que vous vouliez! Alors, qu'est ce que vous faites encore là?
- Gagner ma vie, en faisant mon travail d'écrivain. Quoi? Moi aussi je travaille pour vivre! Expliqua-t-il devant son regard noir.
- Je ne recoucherai pas avec vous!
- Qui vous le demande? Certainement pas moi, parce que excusez-moi, mais je n'ai pas besoin de vous suivre pour trouver quelqu'un avec qui prendre du bon temps!
- Bien! Parfait! Cria-t-elle d'un ton sec.
- Parfait! Répéta-t-il sur le même ton.
- Et maintenant sortez de ma voiture! Ordonna-t-elle.
- À demain! Dit-il en souriant.
- RAAAAAHHHHHHH !!!!!! Explosa-t-elle en frappant son volant devant son air taquin.
Chapitre trois.
Debout près de la fenêtre d'un bureau, les bras croisés contre sa poitrine, Beckett assistait silencieuse au discours de l'avocat de la ville, qui faisait signer à Castle un contrat visant à protéger la ville de New York en cas d'incident durant ses recherches.
- Monsieur Castle, notez que s'il vous arrive quoi que ce soit, alors que vous aidez le lieutenant Beckett, vous ne pourrez pas vous retourner contre la ville. Si on vous tire dessus, vous ne pourrez pas vous retourner contre la ville ! Si vous êtes tué...
- ... Mon cadavre ne pourra pas se retourner contre la ville ! Termina Castle en souriant.
- Vos héritiers Monsieur Castle !
- Ah !
- Je peux le descendre tout de suite ou bien il faut que je le laisse signer avant ? Demanda Beckett taquine. Non?... D'accord!
- Monsieur Castle, cette décharge de responsabilités est une affaire sérieuse, j'imagine que vous aimeriez en parler avec votre avocat avant toute chose.
- Vous rigolez ?! Demanda Castle le sourire aux lèvres. Il m'interdirait de la signer ! Mais heureusement, son travail consiste à résoudre mes ennuis, pas à m'empêcher d'en avoir !
Le téléphone de Beckett sonna à ce moment là.
- Beckett ? Oui. Où ? D'accord j'arrive.
Elle raccrocha et se dirigea vers la sortie.
- Attendez, vous allez où ?! Demanda Castle en la suivant du regard.
- J'ai du boulot moi.
- On a une nouvelle affaire ?
- J'ai, une nouvelle affaire. Et vous de la paperasse, précisa-t-elle moqueuse, Hou !!
Il la regarda sortir avec un petit sourire en coin, elle aimait jouer, elle allait être servie !
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Il avait finalement réussi à se débarrasser rapidement de sa paperasse, pour la rejoindre sur l'enquête, provoquant chez elle un agacement certain. Mais elle l’avait supporté sans trop râler et ils avaient finalement bouclé leur deuxième enquête, une histoire d'amour et de trahison, qui avait conduit une jeune fille à tuer son amie accidentellement. La conversation qu'il avait eue avec Beckett à la fin de l'enquête, lui avait permis d'en apprendre un peu plus sur le mystère qui entourait la jeune femme.
Elle venait de quitter l'immeuble où travaillait la victime et regardait ses collègues en uniforme embarquer la jeune tueuse avec un pincement au coeur.
- Et voilà, vous devez être soulagée, on m'a ni tué, ni tiré dessus ! Lança Castle en la rejoignant.
- Effectivement, mais ce sera peut-être pour demain, railla-t-elle.
- Encore bravo pour avoir joué sur la solidarité féminine.
- Je n'ai joué sur rien du tout Castle. Harris devrait payer pour ce qu'il a fait mais il ne lui arrivera rien, contra-t-elle.
- Et bien pas tout à fait, je pense qu'il va au moins avoir un divorce sur le dos.
- Quoi qu'il en soit, ce sera jamais suffisant, soupira-t-elle en s'éloignant.
- Hé! Attends! On pourrait peut être prendre un verre, pour fêter la fin de cette enquête! Proposa-t-il en la rejoignant. Je crois savoir que les flics aiment se retrouver autour d'un verre à la fin d'une enquête.
- Vous regardez trop de séries policières! Affirma-t-elle.
- Alors pourquoi vos équipiers m'ont proposé de me joindre à eux?
- Je vais retourner au poste pour faire ma paperasse, vous n'avez qu'à aller au Rémy's avec eux !
- Allez! Venez! Ça sera marrant! On s'est bien amusé, la dernière fois! Non?
- Encore une allusion à cette soirée, et je vous casse les deux jambes, menaça-t-elle.
- Pourquoi ça vous dérange tellement?
- Pourquoi est ce que vous êtes encore là? Vous allez me suivre combien de temps?
- Difficile à dire, je ne peux pas prévoir l'instant où je serai frappé d'inspiration.
- Je croyais que c'était moi qui vous inspirais ?
- Oh, je te le confirme, et sur bien des plans ! Sourit-il en laissant glisser son regard sur ses fesses.
- L'inspiration pourrait vous frapper plus tôt que vous le croyez !
- Allez! Décoince-toi un peu! Tu as bien su le faire l'autre jour!
- L'autre jour, je pensais en avoir fini avec vous!
- Relax! C'est juste un verre!
- J'ai du boulot! Bonsoir Castle! Termina-t-elle si fermement qu'il n'insista pas.
- Vous venez Castle ? cria Esposito derrière lui.
- J’arrive ! répondit-il sans bouger, le regard toujours porté sur Beckett, qui montait dans sa vieille Crown Victoria.
- Ne vous en faites pas, elle finira bien par se calmer, fit Ryan qui venait de le rejoindre.
- Pardon ? fit l’écrivain.
- Beckett ! Elle finira bien par se calmer ! Elle peut être virulente sur le coup, mais ses colères ne durent pas si longtemps… Enfin… La plupart du temps.
- Vous la connaissez bien ? demanda Castle.
- Ça ne fait que quelques mois que je bosse avec elle. Javier la connait mieux ! Et je ne l’ai jamais entendu dire du mal d’elle ! Expliqua l’irlandais.
- Vous venez la prendre cette bière ? Demanda Esposito en arrivant près d’eux.
- On arrive !
Il passa une heure avec les gars, puis rentra chez lui et reprit l’écriture de son roman.
Quelques heures plus tard, il relisait ce qu'il venait d'écrire, d’un air satisfait : "Nikki avait été amoureuse, et elle avait eu le cœur brisé..."
Il s’enfonça dans son fauteuil, tout à sa réflexion. Qui avait pu être assez fou pour trahir l'amour d'une femme telle que le lieutenant Beckett? En tout cas si cela avait causé toutes ses réticenses, il lui ferait bien la tête au carré à ce gars!
~~~~~~~~~~~~~~~~~~
- Salut chérie! Fit Lanie en découvrant Kate sur le pas de sa porte.
- J'ai amené le repas! Annonça-t-elle en soulevant le paquet qu'elle amenait.
- Thaï? Demanda la légiste.
- Le petit resto, qui vient d'ouvrir en bas de chez moi, précisa la détective.
- Mhm! Voyons voir ça! Allez entre! Installe-toi! Je vais nous ouvrir une bouteille de vin.
- Merci.
- Alors? Le bel écrivain est revenu!
- Ouaip! Quel pot de colle! Soupira Kate.
- Oh sérieusement, Beckett, ne me dis pas que ça ne te fait pas plaisir! Il va t'écrire un bouquin!
- Pourquoi il fait ça?
- Arrête chérie! Tu le sais très bien! Et tu devrais en profiter, ça ne te ferait pas de mal!
- J'ai couché avec Castle, lâcha Kate abruptement.
Lanie resta bouche bée un instant, le vin qu'elle versait débordant du verre et innondant la table, tandis qu'elle digérait la bombe que son amie venait de lâcher. Mais très vite, elle se reprit et sa voix monta dans les aigus.
- Tu quoi?!! Bon sang Kate, moi qui pensais que tu ne savais plus t'amuser!
- Lanie!
- Alors? C'était comment?
- C'était... Euh... Waow... Euh... Époustouflant... Mais...
- Mais quoi?
- Qu'est ce qu'il fait encore ici? Il a eu ce qu'il voulait, non?
- Arrête de te torturer l'esprit! Profite de ta jeunesse!
- Quoi?!
- Profite! Tu viens de me dire que tu avais passé une nuit de folie avec lui!
- Mais il est si...énervant, agaçant, narcissique, égocentrique, et réellement très…
- … marrant ! Allez crois moi jeune fille, il faut t’amuser ! ça ne pourrait pas te faire de mal.
- Lanie!
- Ça va! Je ne te demande pas de l'épouser! Prends du bon temps! C'est sans doute ce qu'il veut lui aussi!
- Du bon temps, hein?
- Ça ne peut pas te faire de mal...répéta la légiste. En tout cas, moi, si j'avais un bel écrivain qui me suivait dans mon boulot, je ne me priverais pas.
- Ouais et bien en tout cas, pas un mot de tout ça à qui que ce soit!
- Tu me connais!
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- Vous êtes encore là! Soupira Beckett en découvrant Castle, le lendemain, installé sur une chaise à côté de son bureau.
- Bonjour à vous aussi, lieutenant, sourit-il, tandis qu'elle se laissait tomber sur son siège. Vous avez passé une bonne soirée?
Elle l'ignora allègrement, il n'en fut pas déstabilisé.
- C'est si difficile que ça de me résister? Murmura-t-il amusé.
- Pas du tout, Rick! Je vous l'ai dit! Il ne se passera rien de plus entre nous!
- Vous savez, je suis très patient.
- Ah oui? Vous n'avez pas idée de ma patience à moi!
- Et bien, j'ai bien envie de m'en faire une idée!
Elle se mordit la lèvre inférieure, bouillonnant intérieurement. Elle hésitait entre l'envie de le cogner et celle de l'embrasser et de retrouver toutes ces sensations de bien être qu'elle avait ressenties dans ses bras.
- Beckett! Fit la voix d'Esposito derrière eux.
- Ouais?
- On a un meurtre!
- J’arrive !
Elle se leva, enfila sa veste et fit quelques pas, avant de s’arrêter en remarquant qu’il ne la suivait pas.
- Vous venez Castle ? demanda-t-elle en se tournant vers lui.
Castle se leva et trottina vers elle, le sourire aux lèvres.
Chapitre quatre.
Ryan et Esposito sirotaient leur café devant la superbe machine à expresso que Castle venait d'offrir au commissariat, quand des éclats de voix leur parvinrent aux oreilles.
- Papa et Maman se prennent encore la tête, sourit Ryan.
- Qu'est ce qu'il a encore bien pu faire pour l'énerver cette fois? Demanda Esposito.
- Je ne sais pas, mais je la trouve beaucoup plus marrante depuis qu'elle l'a dans les pattes, ricana l'irlandais.
- Arrête, si elle t'entendait, elle t'arracherait la tête. Et puis, c'est vraiment une chouette fille, dit le latino.
- Je ne dis pas le contraire, je dis seulement que ça lui fait du bien de l'avoir dans les pattes! Ce matin je l'ai vue sourire!
Ils tournèrent la tête vers Castle et Beckett qui se chamaillaient sans se soucier de la présence de témoins de leur querelle.
- Vous avez photographié ma scène de crime! Criait Beckett.
- Mais non! Juste le tapis! Et ça nous a donné une preuve suffisante pour arrêter le suspect! Je n'ai rien fait d'illégal!
- Et appeler une prostituée pour avoir un rendez-vous? Ça n'est pas illégal ça?
- Mmmmhhh! Madame est jalouse! Ricana-t-il.
- Vous êtes incontrôlable! Il y a des règles!
- Ce qui compte, c'est le résultat, non?
- Ce qui compte c'est de ne pas permettre à un meurtrier de s'en sortir grâce à un vice de procédure! Cracha-t-elle avant de s'éloigner hors d'elle.
Castle se passa une main nerveuse dans les cheveux. Il n'avait pas voulu l'énerver, seulement lui être utile, mais apparemment, il avait un don pour la faire sortir de ses gonds.
- Café? Proposa Esposito en lui tendant une tasse.
- Merci, dit-il après un instant de réflexion.
- Elle va finir par se calmer, assura Ryan. Elle finit toujours par se calmer, enfin…
- Pourquoi elle prend tout tellement à cœur?
- Elle est comme ça, soupira Esposito.
- Il suffit d'attendre, ajouta Ryan.
- Ouais, acquiesça Castle en prenant une gorgée de son café.
Il l'observait de loin, elle venait de sortir du bureau du capitaine. Il la vit s'installer sur sa chaise devant son bureau et se relever aussitôt, comme si quelque chose venait de lui piquer les fesses. D'un geste nerveux, elle attrapa sa veste et quitta le poste. Il devait reconnaître qu'elle était plutôt rigolote quand elle s'énervait.
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- Arrête de t'agiter, tu me donnes le tournis! Se plaignit Lanie en relevant la tête de son dossier.
- Non, mais tu te rends compte? Il est si imprévisible qu'il pourrait déclencher des catastrophes! Pire! Il pourrait donner l'opportunité à des suspects de s'échapper! Pesta Kate sans cesser ses vas et viens.
- Détends-toi! Si c'était si dangereux que ça, il n'y aurait pas de consultants dans la police!
- Il n'est pas n'importe quel consultant! Il est incontrôlable! Répliqua la détective en levant les bras au ciel.
- Parles-en au capitaine, il lui rappellera les règles.
- Tu parles, il est comme les autres! Il écoute ses petites histoires et s'extasie devant sa machine à café! "Beau travail, c’est très impressionnant. Oh, vous aussi Beckett." Fit Kate en une imitation exagérée de son capitaine.
- En quoi ça te dérange que Castle soit apprécié au sein du poste?
- Quoi? Ça ne me dérange pas! Ce n’est pas ça! S'offusqua Beckett.
- Mais oui, c'est ça!
- Oh pitié! Arrête! Dit Kate exaspérée.
- Toi, arrête! Tu es injuste avec lui.
- Il est si...
- Craquant?
- Agaçant! Non, mais tu te rends compte? Il veut appeler son personnage "Nikki Hard"! On dirait le nom d'une prostituée! Ce qu'il veut c'est m'humilier à mort!
- Tu sais quoi? Tu devrais te détendre! Pourquoi tu ne referais pas des galipettes avec lui?
- Pas question!
- Pourquoi? T'as eu l'air d'apprécier!
- Je lui ai dit que je ne recoucherai jamais avec lui!
- Et alors? Tu ne vas pas t'embarrasser de cette promesse faite en l'air, quand même!
- Il a dit qu'il ne voulait pas de ça, qu'il pouvait avoir toutes femmes qu'il voulait!
- Oh! Je vois! Tu es vexée! Sourit Lanie.
- Pas du tout!
- Mais ouais, c'est ça!
- Tu m'énerves! Explosa Kate avant de quitter la morgue en claquant la porte.
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Après avoir évacué sa rage, Beckett retourna au poste. Etant donné l'heure avancée, elle pouvait espérer ne rencontrer personne et ranger sereinement ses affaires, mais c'était sans compter sur Castle.
- Vous êtes encore là? S'étonna-t-elle en le trouvant assis sur la chaise jouxtant son bureau, à jouer avec son portable.
- Vous êtes encore fâchée? Répondit-il sans lever les yeux.
Elle attrapa sa veste sans dire un mot et s'éloigna d'un pas rapide. Il la suivit en trottinant jusque dans l'ascenseur.
- Tu sais, que tu es drôlement mignonne quand tu es en colère... Commença-t-il une fois que les portes se furent refermées sur eux.
Elle eut une moue exaspérée. Il avança vers elle.
- Beckett...
Il s'approcha encore, ravi de la mettre mal à l'aise, il adorait voir toutes sortes d'expressions passer sur son visage, on lisait en elle à livre ouvert.
Elle le regardait s'approcher d'elle, il provoquait en elle des sentiments tellement contradictoires, qu'elle en perdait ses moyens.
- Ne fais pas comme si tu n'étais pas flattée que je m'intéresse à toi... continua-t-il.
Elle ne bougea pas d'un pouce, bouillonnant intérieurement devant une telle arrogance. Elle n'était pas flattée. Exaspérée oui ! Agacée, certainement ! Furieuse, sûrement ! Mais flattée, absolument pas !
- Ne fais pas comme si entendre l'écrivain le plus sexy de New-York te dire que tu es mignonne ne te faisait pas frissonner, murmura-t-il en avançant un peu plus vers elle.
Pas du tout, elle ne frissonnait pas, elle tremblait de fureur et se retenait de lui coller une gifle. Il fit un autre pas. Elle était adossée à la paroi, prise au piège, mais resta forte et ne cilla pas. Il murmura dans son oreille, provoquant chez elle une brusque accélération de sa respiration.
- Ne fais pas comme si tu ne me désirais pas.
Non, elle ne le désirait pas. Elle le regarda droit dans les yeux, le fusillant du regard. Il eut un petit sourire satisfait et posa ses lèvres contre les siennes. Étrangement, elle ne le repoussa pas. Pas de gifle, ni de coup de poing ou de genou. Elle aurait pourtant voulu, c’était ce que son esprit lui dictait, mais au lieu de cela, elle répondit à son baiser, son corps réagissait instinctivement à son contact. Elle était sobre, elle ne pouvait pas mettre l'ardeur avec laquelle elle l'embrassait sur le compte de l'alcool. Elle était tout simplement incapable de le repousser.
Leur baiser fut d'abord urgent, pressé, maladroit, mais finalement l'alchimie entre eux opéra et tout devint magique.
Le "ding" de l'ascenseur résonna bien trop vite au goût de Rick, qui se maudit de ne pas avoir pensé à appuyer sur le bouton stop, quand Kate reprit ses esprits et s'éloigna de lui.
- Dites un mot de ça à qui que ce soit et je vous fais une grosse tête. C'est clair? Menaça-t-elle, furieuse d’avoir cédé à ses pulsions.
Il acquiesça en silence et elle quitta le poste d'un pas rapide.
Chapitre cinq.
La pluie tombait sans discontinuer depuis plus d'une heure. L'ambiance était plus que tranquille au commissariat du 12ème. L'affaire était résolue, il ne restait plus qu'à remplir la paperasse.
Une enquête difficile pour le lieutenant Beckett, Castle n'avait pu faire autrement que de le remarquer. Elle avait pris chaque remarque faite à propos de la victime très à cœur et si elle avait eu des mitraillettes à la place des yeux, il y aurait eu un véritable carnage. Elle ne s'était pas satisfaite de leurs premières conclusions et avait voulu connaître toute l'histoire. C'est ainsi que pour la première fois, elle s'était tournée vers lui et était venue lui demander son aide. Il avait bien entendu accepté, même si ce qu'ils avaient trouvé s'était révélé être encore plus difficile à gérer. Comment reprocher à un père d'avoir craqué sous le poids de sa peine? Comment l'arracher à sa famille qui avait déjà tant souffert et retrouvait grâce à lui un semblant de joie de vivre?
Depuis, Kate avait disparu, Castle était resté avec les gars, conscient qu'il ne fallait pas trop la bousculer... Enfin pas trop souvent.
Elle s'était absentée depuis un bon moment déjà, quand il décida de se mettre à sa recherche.
Après avoir fait le tour des locaux en vain, il décida de demander à Esposito s'il avait une idée de l'endroit où elle pouvait être.
- Ne vous en faites pas pour elle, Castle, c'est une grande fille.
- Mais c'est normal qu'elle disparaisse comme ça pendant des heures? Demanda l'écrivain. Elle ne devrait pas être au travail?
- Cette fille a le plus grand nombre d'heures sup' à son compteur de tout le poste et toute sa paperasse est à jour, alors, oui, elle peut bien faire une grande pause de temps en temps.
- Mais s'il y avait une affaire...
- On l'appellerait sur son portable, elle ne l'éteint jamais, expliqua le latino.
Un éclair déchira le ciel à travers la fenêtre. Castle s'apprêtait à quitter le poste le cœur lourd de ne pas avoir pu la retrouver, quand une voix derrière lui l'interpela.
- Vous devriez aller voir sur le toit.
Il se retourna et découvrit une jeune flic en uniforme.
- Quand elle veut être seule, c'est là-bas qu'elle se rend. Surtout quand il pleut!
- Merci... Euh?...
- Hastings! Annonça la fliquette en souriant.
- Merci Hastings!
Il se rendit sur le toit de l'immeuble et y trouva Beckett. La terrasse était arrosée par une pluie torrentielle. Kate adorait ça. Ignorant le froid qui l'envahissait, elle recevait avec plaisir les torrents d'eau qui s'abattaient sur elle, comme une douche salvatrice. Rien ne pouvait la perturber, pas même les quelques éclairs qui zébraient parfois le ciel. Elle ouvrit les bras et pencha la tête en arrière, laissant la pluie inonder son visage.
Castle l'observa un instant, imaginant les tourments dans lesquels elle devait se trouver. Le décès d'un proche, son père apparemment, une enquête bâclée et un assassin dans la nature...
Il ne fallut pas longtemps pour qu'elle sente sa présence derrière elle. Elle n'avait pas besoin d'ouvrir les yeux pour savoir qui était là.
Elle aurait démonté n'importe qui se serait trouvé là à espionner son intimité, mais pas lui... Étrangement, la présence de Castle ne la dérangeait pas.
- Tu vas attraper la mort si tu restes ici! Se décida-t-il à crier afin qu'elle puisse l'entendre sous ce déluge.
Le tonnerre gronda de nouveau. Elle l'ignora, gardant les yeux fermés. Il s'approcha d'elle.
- Qu'est-ce que tu fais là ? Demanda-t-il d'une voix un peu moins forte.
- Je réfléchis, répondit-elle naturellement tandis qu'un nouvel éclair zébrait le ciel.
- Tu réfléchis? Et à quoi ? À la manière la plus rapide d'attraper une pneumonie? Demanda-t-il, un air d'incompréhension totale peint sur son visage.
- À Rien, avoua-t-elle avec un sourire moqueur.
- Tu réfléchis à rien ? Répéta-t-il, ça t'arrive? J'ai du mal à y croire.
- Oh tant de mystères chez Beckett, arriverez-vous seulement à en percer la moitié? rit-elle.
Ils étaient trempés jusqu'aux os et pourtant, il n'aurait pas voulu être ailleurs. Elle était magnifique, les cheveux plaqués contre son crâne, l'eau ruisselant le long de son menton, avant de disparaître dans sa chemise. Il aurait voulu être une de ces gouttes d'eau, qui glissaient de son front, descendait sur son nez et terminaient leur chemin sur ses lèvres.
- Embrasse-moi, lâcha-t-elle.
- Quoi?!
- Tu as très bien entendu!
- Quelqu'un pourrait nous voir...
- Qui ? Personne ne vient jamais ici, surtout par ce temps!
Une série de coups de tonnerre explosa, comme pour lui donner raison.
- Personne? Demanda-t-il en s'approchant d'elle.
- Personne affirma-t-elle, en s'approchant à son tour. Qui pourrait être assez fou pour venir sous ce déluge?
- Personne, admit-il.
Il s'approcha d'elle, glissant une main dans la cambrure de ses reins, il la sentit frissonner. Elle leva son regard vers lui, la bouche légèrement entrouverte, offerte. Il n'arrivait pas à croire ce qu'il se passait. Où était passée la Kate Beckett prête à lui arracher la tête dès qu'il la taquinait? Peut-être n'aurait-il pas dû céder à sa supplique, peut-être aurait-il dû résister et ne pas profiter de ce moment de faiblesse... Mais il était faible lui aussi.
Il se pencha doucement et posa ses lèvres sur celles de la jeune femme. Ce fut un baiser humide, lent, doux, d'abord, chacun savourant ce moment de tendresse, puis la passion vint les prendre, tandis que leurs langues se mêlaient et dansaient avec passion. Kate passa une main sur la nuque de Castle et son autre main se perdit dans ses cheveux. Il la serra encore plus contre lui, ne voulant pas rompre ce moment de béatitude. Plus rien autour d'eux n'existait, le temps s'était arrêté et les saisons se mélangeaient. Quoiqu'elle en dise, Beckett ne le détestait pas. Il y avait de la passion, du désir et même de l'amour dans ce baiser.
Kate y mit fin, bien malgré elle, elle se détacha doucement de lui, sans pour autant le lâcher.
- Merci, souffla-t-elle.
Un sourire vint éclairer son visage, puis elle s'éloigna. Il la regarda partir, puis lâcha le souffle qu'il retenait depuis un moment lorsqu'elle disparut de son champ de vision.
Il y eut un éclair, puis le tonnerre et quelque chose qui ressemblait à une petite séance de claquettes.
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Il avait trouvé de quoi se sécher sommairement et décida de prendre un café pour se réchauffer avant de rentrer chez lui. Il entra dans la salle de pause. Elle était là, une tasse brûlante entre les mains, le regard perdu dans le vague. Elle avait troqué ses vêtements trempés contre une tenue de sport aux couleurs du NYPD, au moins elle avait eu la présence d'esprit de ne pas garder ses vêtements trempés.
- Ça va? Demanda-t-il en approchant d'elle.
- Oui. C'est... Cette affaire m'a un peu secouée, c'est tout, sourit-elle en levant son regard vers lui. Vous devriez changer de vêtements...
- Je ne suis qu'un écrivain, je n'ai pas de tenue de rechange ici.
- Venez.
Elle l'entraîna dans une petite pièce attenante à la salle de sport, fouilla dans quelques placard et lui tendit une tenue similaire à la sienne.
- Ça devrait vous aller.
- Merci.
- Les douches des hommes sont par là, fit-elle en indiquant la direction de la main. Ça vous fera du bien.
Il lui aurait bien proposé de l'y accompagner, mais il ne voulait pas ruiner ce moment de paix avec une provocation de trop, aussi se contenta-t-il de la remercier d'un hochement de tête. Bien que l'eau brûlante le réchauffât agréablement, il ne s'attarda pas sous la douche, avec un peu de chance, elle ne serait pas partie quand il aurait fini. Il se dépêcha de se sécher et de se rhabiller et se précipita vers les bureaux. Il se trouva un peu bête de s'être autant pressé, quand il la découvrit tranquillement assise à son bureau, le regard posé sur un objet qu'elle tenait dans la main.
- Je te paye un verre? Proposa-t-il en arrivant à sa hauteur.
- Vous ne devez pas rentrer auprès de votre fille?
- J'ai l'impression qu'une autre personne a besoin d'un peu de compagnie. Allez, viens.
- Je peux très bien rester seule, je suis une grande fille, Castle.
- Ça je le sais bien!
Elle le regarda un instant, puis accepta finalement son invitation, quoiqu'elle en dise, cette affaire avait fait ressurgir des souvenirs douloureux et elle n'avait aucune envie de se retrouver seule à ruminer son chagrin. Il l'emmena de nouveau au Old Haunt, il avait une tendresse particulière pour ce bar et elle devait reconnaître qu'il était vraiment très cool.
Elle s'installa à une table, pendant qu'il allait chercher des boissons. Il revint quelques minutes plus tard et déposa un mojito devant elle, la tirant de ses pensées.
- Merci Castle.
- Je t'en prie. Difficile enquête, n'est ce pas?
- Aucune affaire n'est facile, mais parfois c'est plus difficile à vivre, soupira Kate en touillant machinalement son mojito.
- Oui. J'ai remarqué que celle d'aujourd'hui te tenait particulièrement à cœur.
- Merci... D'avoir accepté de m'aider à découvrir la vérité... Précisa-t-elle après quelques secondes de réflexion. J'en avais besoin.
- Parce que toi-même tu n'as pas obtenu tes réponses, quand tu as été confrontée à ce genre de drame?
- Pardon?
- À la mort de ton père...
- Quoi?
- Tu portes sa montre...
- Oh... Non... Mon père n'est pas mort, répondit-elle la gorge serrée.
- ...
Quelques minutes s'égrenèrent en silence avant qu'elle ne trouve le courage de se confier.
- Il s’agissait de ma mère. Pas de mon père... Avoua-t-elle enfin les larmes aux yeux.
Il prit une position d'écoute attentive, sans dire un mot, lui signifiant par ce simple geste, qu'elle pouvait lui faire confiance.
- Ce soir-là, j’avais prévu de dîner avec mes parents, expliqua-t-elle la gorge nouée par l'émotion. Ma mère devait nous retrouver plus tard au restaurant, mais elle n’est jamais venue. Au bout de deux heures, on est rentrés chez nous, et on a trouvé un flic qui nous attendait...Le lieutenant Raglan...Il l’avait retrouvée, on a appris qu’elle avait été poignardée.
- Un crime crapuleux ? Demanda-t-il intrigué.
- Non. Elle avait son sac à main, ses bijoux et tout son argent. Ce n’était pas non plus une agression sexuelle. Ils ont mis ça sur le compte de la violence des gangs. Elle se serait pas trouvée au bon endroit, expliqua-t-elle émue aux larmes. Comme dans le cas de Mélanie, les enquêteurs avaient leur propre version de l’affaire. Alors, ils l’ont emballé dans un joli paquet et le tueur court toujours.
- Pourquoi portes-tu la montre ? Demanda Castle en désignant son poignet.
- Mon père a été détruit. Il est sobre aujourd’hui, ça fait cinq ans! Alors ça, dit-elle en montrant la montre de son père, c’est pour la vie que j’ai contribué à sauver.
- ...
- Et ça, ajouta-t-elle en montrant la bague qui était accrochée à son cou, c’est pour la vie qu’on m’a volée... Voilà, soupira-t-elle en forçant son sourire, toute cette histoire va donner un peu plus d’épaisseur à votre Nikki Hard.
- Faut voir. Flic le jour, et call girl la nuit, c’était pas une mauvaise idée. Mais, c’est vrai qu’un lourd passé ça peut plaire aussi.
- N’allez surtout pas désorienter vos lecteurs à cause de moi, Castle, sourit-elle.
Il restèrent un petit moment à siroter leurs boissons, comme deux vieux amis.
- Tu veux aller faire un tour?
- Votre fille va s'inquiéter...
- Je vais lui envoyer un texto. Je n'aime pas te laisser seule avec le blues.
- Tu n'es pas obligé, dit-elle en penchant la tête sur le côté.
- Je sais, sourit-il. J'en ai envie!
- Merci.
- Aucun problème! J'ai un DCAD.
- Un quoi?
- Diplôme de Compagnon Anti Déprime!
Il sortit son portefeuille et paya l'addition.
- Allez! sortons d'ici!
Ils quittèrent le pub et se promenèrent un moment avant d'arriver dans Central Parc. La pluie avait cessé, mais le sol était toujours détrempé et l'endroit était plutôt désert. Ils traversèrent la pelouse en parlant distraitement de choses et d'autres.
Kate aurait aimé pouvoir lui parler du vide, qu'elle ressentait, de sa solitude...Mais elle ne s'en sentait pas capable. Elle n'en parlait à personne, pas même à Lanie, qui lisait pourtant en elle comme dans un livre ouvert.
Ils s'installèrent sur une balançoire, elle se balança un peu, sans dire un mot.
- Alors? Tu te sens un peu mieux? Commença-t-il.
- Oui ! Ça va mieux. Merci Castle, sourit-elle.
- Bien!
Ils restèrent un moment là, silencieux, puis vaincus par le froid, ils décidèrent de rentrer.
Elle appela un taxi et lui proposa de le déposer en chemin. Il voulut payer la course, mais elle refusa.
- Ta liberté! J'oubliais! Sourit-il.
- Bonne nuit Castle.
- Bonne nuit Beckett, dit-il en lui piquant un baiser sur les lèvres.
Elle le dévisagea un instant, il s'amusa encore des différentes expressions qui se succédaient sur son visage et soudain fut surpris de la voir plaquer ses lèvres contre les siennes. S'en suivit un baiser passionné, fougueux, urgent, désespéré, triste.
Ce fut le raclement de gorge du chauffeur qui les ramena sur terre. Elle lui tendit quelques billets et se laissa entraîner hors du taxi par la main de Castle.
Il la guidait jusque chez lui, elle eut un mouvement d'hésitation devant sa porte.
- Ta mère et ta fille?
- Mère est partie il y a deux jours, en charmante compagnie en me disant qu'elle ne rentrerait pas avant demain. Quant à Alexis, elle a ses cours demain, elle doit dormir à poings fermés à cette heure-ci.
- ...
- Elle est un million de fois plus raisonnable que moi, à ce niveau-là. C'est à se demander si elle a vraiment hérité de mes gènes! Ajouta-t-il devant la mine sceptique de Beckett.
Elle resta un instant bouche bée devant le loft de Castle, incapable de s'habituer à la taille impressionnante du loft de l'écrivain dans lequel elle était pourtant déjà venue la veille.
- Je sais, c'est pas mal, hein ? Sourit Castle en bombant le torse.
Elle hocha la tête.
- J'ai l'impression de pénétrer dans le repaire de Batman.
- Fan de Batman, ça m’étonne pas de toi !
- Pourquoi ?
- Tu as la même histoire. C’est à cause de la perte d’un être cher que tu luttes contre le mal.
- Oui, sauf que le justicier multimillionnaire, c’est vous, pas moi!
Il rit et l'attira contre lui, plongeant son regard dans le sien. Ce fut encore elle qui fit le premier pas, rapprochant leurs lèvres, mêlant leurs souffles, frissonnant à la perspective de ce qui allait se passer inéluctablement.
Elle l'embrassa avec fougue, il lui rendit son baiser avec autant d'enthousiasme. Leurs mains partant à la rencontre du corps de l'autre, fiévreusement. Leur étreinte était sauvage, passionnée, insatiable. Ils avaient besoin de sentir, de toucher, ils voulaient toujours plus. Cheveux, cou, dos, hanches, poitrine, ventre, cuisses. Il prit ses fesses dans ses mains, elle donna une légère impulsion et entoura sa taille de ses jambes de déesse.
Il la plaqua contre le mur et ses lèvres chaudes s'emparèrent de sa bouche à nouveau. Elle pouvait sentir son désir contre son bassin et ne se gênait pas pour l'attiser en se frottant un peu plus contre lui. Il délaissa sa bouche et déposa quelques baisers sur la joue, sa mâchoire et finalement cet endroit si sensible au creux de son cou.
- Tu es si belle, j'ai tellement envie de toi, murmura-t-il contre son oreille.
Ses mots provoquèrent une sorte de transe, chez elle, elle sentait son désir la brûler. Il embrassait son cou à l'endroit le plus doux, là où ça la faisait fondre. Il la mordilla un peu, avant de relever la tête, pour la regarder dans les yeux.
- Tu sens la cerise, constata-t-il d'une voix rauque.
Elle le regarda à son tour, ne comprenant pas vraiment sa réaction. Sa bouche ouverte par l'étonnement était irrésistible, il fondit sur elle.
- J'adore la cerise, précisa-t-il alors qu'il lui mordillait la lèvre inférieure, attisant le feu en elle, provoquant des gémissements tous plus doux les uns que les autres.
D'un geste habile, il la débarrassa de son soutien-gorge, sans cesser de l'embrasser. Elle haleta lorsqu'il prit un de ses seins dans sa main, tandis que sa jumelle se frayait un chemin dans son pantalon, pour atteindre ses si jolies fesses.
- Castle... Gémit-elle, le désir lui faisant tourner la tête.
- Un peu de patience, lieutenant, sussura-t-il en la posant délicatement sur le sol pour la débarrasser de ses vêtements devenus trop gênants.
Il s'accroupit et fit descendre son pantalon le long de ses jambes interminables et sourit en découvrant un petit lapin sur le devant de sa culotte. Elle rougit instantanément tandis qu'il le caressait du bout du pouce.
- Au revoir Bunny, rit-il en faisant glisser le sous-vêtement qui alla rejoindre le reste des vêtements de la détective.
Il embrassait l'intérieur de ses cuisses, remontant vers son intimité avec une lenteur toute calculée, il la pouvait sentir trembler d'impatience. Elle agrippa ses cheveux, il sentit ses doigts se crisper d'impatience sur son cuir chevelu. Elle se cambra lorsqu'il introduit un doigt en elle, les sensations de plaisir qu'il provoquait en elle lui firent rater quelques respirations. Il la fit gémir de nouveau lorsqu'un deuxième doigt vint rejoindre le premier, ne tardant pas à provoquer un orgasme qui la laissa pantelante.
Il se releva, parsemant son ventre, sa poitrine et son cou de baisers brûlants.
Elle s'accrocha à son cou et le débarrassa de son pantalon d'un habile mouvement des jambes digne d'une contorsionniste. Il en était encore à se demander comment elle avait réalisé un tel prodige, quand, impatiente, elle vint s'empaler sur son sexe fièrement dressé.
Elle l'embrassa langoureusement pour le sortir de ses pensées, il répondit à son baiser et lui donna l'orgasme le plus intense de toute sa vie.
Elle reprenait doucement ses esprits les bras serrés autour de ses épaules, le nez enfoui dans son cou. Il replaça délicatement ses mains sous ses fesses et l'emmena dans sa chambre.
Elle aimait cette sensation de bien être qu'il lui procurait. À son contact, elle se sentait renaître, bien sûr jamais elle ne le lui avouerait. Il était dangereux, bien trop dangereux, mais comme les papillons de nuit ne peuvent s'empêcher de s'approcher de la lumière, elle se sentait irrémédiablement attirée par lui, au risque de s'y brûler les ailes.
Chapitre six.
Lorsqu'il se réveilla le lendemain, Rick était seul. Aucune trace ne révélait le passage de Beckett. Il aurait très bien pu avoir rêvé cette nuit. Il revêtit rapidement quelques vêtements et se précipita dans le salon. Personne. Elle avait filé.
- Bonjour! Fit la voix de Martha qui venait de pénétrer dans le loft.
Il se retourna encore un peu déboussolé.
- Bonjour mère.
- Bonjour grand-mère! Fit Alexis en descendant les escaliers. Alors? Comment s'est passé ton séjour en charmante compagnie?
- Merveilleusement amusant! Fit l'actrice en embrassant sa petite fille.
- Tu as pris ton petit déjeuner?
- Pas encore, prenons-le ensemble ! Que veux-tu Richard? Du café? Du thé?
- Hein? Demanda Castle perdu dans ses pensées.
- Café ou thé? Répéta Alexis.
- Oh! Euh... Café...
- Tu t'es bien levé de bonne heure! Constata Martha. Tu as été appelé pour une nouvelle affaire?
- ... Pardon? Fit Castle une nouvelle fois distrait.
- Ça ne te va pas de te lever avant huit heures! Tu es encore tout endormi! Sourit Martha.
- Euh...
- Bois ça! Ça devrait te réveiller, dit Alexis en lui tendant une tasse de café.
- Merci chérie.
- Tu vas encore aller au poste aujourd'hui? Demanda sa fille.
- Oui... J'irai après le déjeuner, sans doute. Je pense écrire un peu ce matin.
- Tu devrais terminer de te réveiller avant ça, sourit la jeune fille, tu risques d'écrire n'importe quoi, comme la fois où tu avais affublé Derreck Storm de patins à réacteurs.
- Ils étaient super cool ces patins!
- Et totalement improbables, on se serait crus dans un épisode de l'inspecteur Gadget! Heureusement que j'avais relu ta prose avant que tu ne l'envoies à ton éditeur!
- Ouais... T'as raison, je vais prendre un café très serré. Un double!
~~~~~~~~~~~~~~~
Lorsqu'il arriva au poste en début d'après-midi, Castle ne savait pas trop sur quel pied danser. Elle avait filé sans un mot après leur nuit qui avait été encore une fois magique... Comment allait-elle l'accueillir aujourd'hui? Tendrement? Ou lui arracherait-elle les yeux pour avoir profité d'un de ses moments de faiblesse? Sa théorie s'avérait exacte, coucher avec une personne avec qui on travaille rendait les choses bizarres à chaque fois !
Il fut étonné de ne pas trouver Beckett à son bureau et d'être accueilli par Ryan et Esposito.
- Salut Castle! La nuit fut agitée? Ricana l'irlandais.
- C'était qui? Quelqu'un qu'on connait? Un top model ou une actrice? Renchérit le latino.
- Je suis un gentleman les gars, aussi par respect du souhait de la dame, je tairais son nom, répondit l'écrivain.
- Oh allez Castle, ayez pitié de nous autres pauvres flics, qui ne connaîtrons jamais le grand frisson de la vie des people.
- Tout ce que je peux dire, c'est que c'était extraordinaire! Sourit Castle. Au fait, où est Beckett?
- En salle de sport, contrairement à vous, sa soirée a dû être calme, vu qu'elle était au boulot à tout juste sept heures du matin! Répondit l'irlandais.
- T'as un problème avec les gens qui se lèvent tôt Ryan? Fit la voix de Beckett derrière eux.
Les trois hommes se retournèrent et se retrouvèrent face à elle. Elle était toute en sueur et diablement sexy avec sa serviette éponge autour du cou.
- Lieutenant Beckett! Ravi de vous voir, chantonna Castle.
- Salut Castle, fit-elle d'un ton sec en le fusillant du regard. Alors les gars, vous n'avez rien d'autre à faire que de cancaner avec votre copine?
- Bah...euh... En fait...non, bredouilla Ryan.
- Sur ton bureau, il y a une pile de paperasse qui n'attend que vous! Termina Beckett avec un petit sourire en coin.
Ils obtempérèrent en soupirant sous le regard amusé de Beckett, ce qui rassura légèrement Castle sur l'humeur du lieutenant.
- Je ne t'ai pas entendue partir ce matin, chuchota Castle lorsqu'ils furent seuls.
- Je suis partie très tôt. Je ne voulais pas risquer de croiser ta mère ou ta fille.
- Oui, ça valait mieux, sourit-il incapable de cerner Beckett.
D'ordinaire, les femmes étaient ravies d'afficher leur relation avec lui et il avait d'ailleurs du mal à faire en sorte qu'elles gardent les pieds sur terre, mais là, il devait reconnaître que Kate Beckett l'étonnait encore beaucoup.
- Donc ça va? Demanda-t-il incertain.
- Oui! Ça va! Ça va même très bien! Affirma-t-elle, avant de se diriger vers la salle de repos.
Il la suivit, convaincu du contraire.
- Pourquoi me mens-tu ? Demanda-t-il en venant à son secours alors qu'elle se débattait avec la machine à café.
- Je ne mens pas, répondit-elle légèrement déconcertée.
- Si, tu mens. Tu ne vas pas bien, Beckett. Je le vois!
- Ah oui? Et qui es-tu pour dire ça, Castle ? S'énerva-t-elle légèrement. Je vais bien et je pense que je le sais mieux que toi!
Elle mentait, elle en était consciente, mais l'idée qu'il puisse lire à livre ouvert en elle, l'affolait.
- Alors pourquoi venir aussi tôt au poste pour faire de la paperasse? Pourquoi passer ta pause déjeuner à t'épuiser contre un sac de sable?
- Pourquoi ça t’intéresse? Tu ne me connais pas! Claqua-t-elle.
- Bien sûr que ça m'intéresse! Je ne suis pas insensible! S'offusqua Castle.
- D'accord! Tu as raison. Soupira-t-elle. Je ne vais pas bien. Cette affaire a fait ressurgir des choses douloureuses... Mais ça va passer. Ça passe toujours.
Il lui tendit un café, il aurait voulu la prendre dans ses bras, la réconforter, mais ils étaient au poste et il ne doutait pas qu'elle lui arracherait les yeux s'il osait le faire.
- Tu pourras toujours me parler. Murmura-t-il.
- Pour que tu obtiennes encore plus d'infos à utiliser pour votre bouquin? Non merci! Répondit-elle sarcastique... Mais merci quand même.
Il sourit. Il avait décidément bien fait de choisir de lui dédier un bouquin, elle était digne d'être une héroïne de roman! Forte, têtue, sensible, charismatique, diablement sexy et un tantinet garce.
À la fin de la journée, alors qu'il s'apprêtait à lui dire au revoir, elle le surprit une nouvelle fois.
- Je vais prendre des plats à emporter et les déguster toute seule devant ma télé. Ça te dit?
Elle voulait sans doute lui parler, elle faisait le premier pas, comment aurait-il pu refuser? Il accepta sans se faire prier et la suivit chez elle.
Seulement, elle ne voulait pas parler. Elle déposa ses sacs dans la cuisine, puis revint vers lui et l'embrassa à pleine bouche.
- On ne parle pas ? Demanda-t-il entre deux baisers.
- Non.
Elle l'embrassa de nouveau, glissant ses mains dans ses cheveux avec empressement. Il se laissa aisément entraîner dans le brasier qu'elle déclenchait. Elle l'attira dans sa chambre, il la fit tomber sur le lit. Elle roula et d'un mouvement habile se retrouva à califourchon sur lui. Il caressait son corps, tandis qu'elle partait de nouveau à l'assaut de sa bouche. Elle lui retira sa chemise, embrassant son cou puis descendant sur son torse. Il glissa ses mains sous son chemisier, avant de le déboutonner et de l'en débarrasser. Très vite, ils se retrouvèrent nus, il dévorait son corps de baisers, la faisant gémir sous ses caresses lorsque ses mains se perdirent dans des régions plus intimes.
Comme les autres fois, ils parvinrent à l'extase en une parfaite synchronisation.
oOoOoOoOoOoOo
Un peu plus tard, confortablement installés dans le canapé dans des tenues très légères, ils savouraient les plats qu'ils avaient achetés en chemin. Ils discutaient agréablement et légèrement. Elle ne parlait toujours pas de ce qu'il s'était passé entre eux, mais comme c'était elle qui en avait été l'instigatrice et qu'elle ne promettait pas que ça ne se reproduirait plus, il aimait à penser qu'il y avait là du progrès.
- Je peux te poser une question? Demanda-t-il soudain.
- Tu peux même recommencer, répondit-elle malicieuse.
- Tu promets que tu répondras ?
- Oui.
- En disant la vérité?
- Je m'y efforcerai.
- Pourquoi tu veux que personne ne sache ?
Elle soupira, joua un instant avec sa fourchette dans la boîte de son repas, puis se lança:
- La police de New York n'aime pas les histoires de coucheries entre collègues... Elle a une politique très stricte à ce sujet.
- Oui, mais je ne suis pas ton collègue! Contra-t-il aussitôt.
- C'est vrai, dit-elle en inspirant.
- Alors? On pourrait ne plus se cacher, non? Pour le poste, rassure-toi, je saurai me tenir!
- Je ... Je ne sais pas, fit-elle en prenant une nouvelle grande respiration. On est bien comme ça, non?
- Alors c'est non, c'est ça ? Tu es en pleine crise et tu te sers de moi pour apaiser tes tourments ! Conclut-il en se levant visiblement désappointé.
- Castle! ... Je suis désolée! Dit-elle en se levant à son tour.
- Pas autant que moi! Répondit-il amer. Je me demande ce que j'espérais en venant ici.
Il récupéra ses vêtements et quitta l'appartement de la détective, qui soupira en entendant la porte claquer.
Mécaniquement elle ramassa les restes du repas, nettoya les verres et les couverts, ramassa ses vêtements, refit son lit et prit sa douche. Lorsqu'elle n'eut plus rien à faire, elle suffoqua. Elle se précipita à la fenêtre, qu'elle ouvrit en grand à la recherche d’oxygène. L'air froid de la nuit fit son œuvre, sa respiration se calma un peu, mais les larmes ne tardèrent pas à arriver.
" Qu'est ce que je dois faire? Aide-moi maman..." Murmura-t-elle en baissant la tête, vaincue.
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Castle erra un long moment dans les rues de la grosse pomme, avant de rentrer chez lui. Beckett était en train de le rendre fou. Comment pouvait-elle être si merveilleuse dans l'intimité de leurs ébats et si distante le reste du temps? Elle le faisait osciller entre l'envie de passer tout son temps avec elle et celle de la fuir comme la peste. Cette femme était dangereuse... Plus dangereuse que toutes ses ex réunies! Il fallait qu'il prenne de la distance, émotionnellement tout du moins!
Il finit cependant par se calmer et par rentrer chez lui. Il pensait retrouver sa fille adorée et passer un bon moment avec elle, ou encore sa mère et ses excentricités, ce qui lui changerait les idées. Ce qui était sûr, c'est qu'il ne s'attendait pas à y trouver son ex-femme de retour de Los Angeles.
- Bonsoir Chaton! Dit-elle mielleuse en le voyant passer la porte.
- Meredith?! Qu'est ce que tu fais ici?! Bafouilla-t-il.
- J'avais envie de passer du temps avec Alexis, mais elle est sortie, elle fait une soirée pyjama avec des amies. Alors je me suis dit qu'on pourrait passer une soirée ensemble, en souvenir du bon vieux temps, sourit-elle.
- Le bon vieux temps, hein? Répéta Castle.
- Tu me fais entrer? Je meurs de faim!
- Meredith, tu aurais pu aller à l'hô...
- Oui je sais, le coupa-t-elle en se jetant à son cou, mais en m'installant chez toi, je me suis dit que je serai certaine de passer un maximum de temps avec Alexis!
- Quelle logique implacable...soupira-t-il, étant donné qu'elle dort chez son amie.
- Allez chaton, on va parler du bon vieux temps, ça sera amusant.
Il la regarda un instant puis décida qu'ainsi au moins, il ne ruminerait pas ses soucis.
- Entre, je m'occupe de tes valises.
- Toujours serviable, tu es adorable! Merci chaton.
Chapitre un tout petit peu coquin, chez Marlow se serait classé s, mais bon...
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Chapitre sept.
Castle préparait le petit déjeuner, quand Meredith revint de la chambre d'amis dans une tenue très très légère.
- Qu'est ce qu'il te prend? Demanda Castle en se reculant tandis qu'elle se collait à lui.
- De quoi tu parles?
- De ta tenue voyons! Tu es en culotte!
- Tu ne t'en plains pas d'habitude...
- Ah oui? Bah aujourd'hui, je préfèrerais que tu porte un pantalon! Bafouilla-t-il alors qu'elle se collait contre lui.
- Qu'est ce qu'il t'arrive? D'habitude tu n'es pas contre une petite séance de de corps à corps avec moi, dit-elle en faisant glisser sa main du haut de sa poitrine vers son ventre. Tu es souffrant? Hier soir déjà, tu as filé te coucher sans même prendre de dessert...
- Rien! Je n'avais pas très...faim, répondit-il précipitamment en retirant la main de son ex-femme de son bas-ventre.
- Tu es avec quelqu'un?
- Non! Euh... Pas vraiment!... Euh...
- Tu n'es pas très clair!
- C'est compliqué, soupira-t-il.
- Je n'aime pas les histoires compliquées, tu ne les aimes pas non plus d'habitude! Remarqua-t-elle en s'emparant de ses lèvres.
- Tu as raison... Je n'aime pas ça... d'habitude... Dit-il entre ses baisers. AHHH!!!! Mais qu'est ce que tu fais?
- Quelque chose que tu aimes, sourit-elle. Tu te rappelles Paris? Et Hawaii? Le yankee stadium!
- Et les montagnes rocheuses!... Ouhhhh... Me...Mere...Meredith... Arrête-ça!
- Mykonos et Coney Island... et ensuite Staten Island, susurrait-elle en défaisant un à un les boutons de sa chemise.
- Et les montgolfières... Déglutit-il difficilement en essayant de garder sa chemise.
- Sans oublier le concours canin, c’était vraiment… continua-t-elle en ignorant ses gestes défensifs.
- Et la ... nuit où on a conçu Alexis, termina-t-il en tombant à la renverse sur la table du salon.
- Qu’est-ce qu’on a pu s’éclater tous les deux, rit-elle en se jetant à nouveau sur lui.
- Ça c'est sûr!... Mais...
Il avait réussi à lui attraper les mains et à l'éloigner un peu de lui.
- C’est à se demander pourquoi on a divorcé, dit-elle en ignorant le fait qu'il venait pour la première fois, depuis qu'elle le connaissait, de la repousser.
- T’as raison c’est vrai. Si je me souviens bien, tu m’as trompé avec ton réalisateur, t’as quitté la vile pour Malibu et c’est toi qui a demandé le divorce. On aurait pu surmonter tout ça.
-Justement! Je reviens en ville ! Annonça-t-elle triomphale.
-Tu veux dire à New-York ? Fit-il en déglutissant encore une fois difficilement.
- Oui, ça me manque. Alexis me manque beaucoup et toi aussi tu me manques !
Minauda-t-elle.
- Ah bon, mais euh, t’as pensé à ta carrière ?
- Oh tu sais Los Angeles, c’est plus ce que c’était. Et à Hollywood y a plus de rôle intéressant pour une actrice de ma trempe. J’ai besoin de changement. Oui, pourquoi pas Broadway, le théâtre, y a que ça de vrai.
- Une minute, temps mort, pause. D’accord, une seconde. Meredith est-ce que t’es vraiment sûre d’y avoir bien réfléchi ?
- Oh oui, évidemment. Toi, moi et Alexis, tous les trois dans la même ville. Ce sera comme à la grande époque.
- Euh oui, d’accord… Répondit Castle l'air ennuyé.
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L'appel d'Esposito pour une nouvelle affaire lui avait permis d'échapper à son ex femme, mais maintenant qu'il était dans le taxi qui l'amenait sur le lieu du crime, il se demandait si celui-ci ne le conduisait pas à l'échafaud.
Il se demandait encore comment il allait pouvoir aborder Beckett après ce qu'il s'était passé entre eux. Il avait été tellement en colère contre elle, qu'il l'avait quittée sans même écouter ses excuses. Il reconnut sa silhouette de loin, elle était déambulait sur la scène de crime, extrêmement concentrée, mémorisant chaque détail.
Il repensait aux événements de la matinée,debout devant la victime, écoutant très distraitement ce que Beckett et les gars disaient.
- La victime est un afro-américain d’une vingtaine d’année présentant de multiples blessures à l’arme blanche, ainsi que des contusions sur les bras et le torse. Le corps a été découvert par un sans-abri, expliqua Esposito.
- Cet homme a été battu. Peut-être même torturé, ajouta Beckett.
Elle était fatiguée, la nuit avait été courte et tourmentée pour elle. Elle jeta un coup d'œil à l'écrivain, il avait l'air à des milliers de kilomètres de là. Elle s'en voulut d'être la cause de son air si tourmenté et se promit de s'excuser à la première occasion.
- Ca ressemble à un meurtre rituel, remarqua Ryan.
Elle hocha la tête et profita de l'occasion pour sortir l'écrivain de sa rêverie.
- Qu’est-ce que vous en dites ? Demanda Beckett. Castle !
- Hm ?
- Ça va ?
- Mon ex-femme, revient en ville, elle veut reprendre la vie commune. Elle s'est littéralement jetée sur moi, ce matin, avoua-t-il en éveillant l'intérêt de Ryan et Esposito, tanis que Beckett se figeait.
- Ma première, ex-femme, Meredith, la mère d’Alexis, précisa-t-il. Vous savez ce que ça représente, pour moi ? Ca veut dire qu’elle va faire de ma vie un véritable enfer sur terre, ce sera le supplice de la brioche au beurre.
- La brioche au beurre ? Répéta Ryan.
- Oui, vous savez le plaisir coupable qu’on s’autorise une ou deux fois par an alors qu’on sait très bien que c’est pas bon pour nous. Et une brioche au beurre tous les jours… grimaça l'écrivain.
- Castle ! L'interrompit fermement Beckett excédée.
- Quoi ?
- On est sur une scène de crime devant un cadavre. Un peu de respect.
- Là je pense qu’il n'entend plus rien.
- Dans ce cas n’oubliez pas pourquoi vous êtes ici.
- Oui.
oOoOoOoOoOoOo
En grande professionnelle, Beckett ne laissa rien paraître de son courroux pendant l'enquête, mais elle ne décolérait pas. Aussi, ce fut Lanie, qui, en parfaite meilleure amie, en fit les frais.
- Tu vas enfin me dire ce qu'il se passe? Demanda-t-elle alors que Kate faisait de nouveau les cents pas devant elle.
- Il veut se remettre avec son ex! Explosa la détective.
- Qui? Castle?
- Évidemment Castle! Qui d'autre?
- Je croyais qu'il n'y avait rien entre vous! Dit la légiste sans cesser de remplir son dossier.
- On a recouché ensemble... Deux fois, avoua Kate.
Le stylo de Lanie fit une grande embardée, ruinant son travail avec une énorme trace bleue. Pour la deuxième fois en peu de temps, Kate venait de clouer le bec de sa meilleure amie, fait rarissime ordinairement. La métisse la dévisageait bouche bée, se demandant ce qui arrivait à la jeune femme qu'elle pensait bien connaître.
- Quoi?! S'étrangla-t-elle.
- Tu as bien entendu!
- Quand?
- Hier soir.
- Et il veut se remettre avec son ex?! Non mais qu'est ce qui ne va pas chez lui?
- Il est parti fâché... Et puis techniquement... On n'est pas ensemble...
- Explique-toi, parce que là, je n'y comprends plus rien!
Alors elle lui raconta tout, leur relation étrange, combien il l'agaçait, combien elle le désirait. Ses moments de faiblesse, le réconfort qu'il lui apportait et puis leur dernière conversation... La demande qu'il avait formulée et son incapacité à répondre à ses attentes... Et finalement, son départ... Il avait l'air tellement fâché.
- Alors là, ma grande... Il va falloir que tu décides ce que tu veux vraiment!
- Ce que je veux vraiment?
- Exactement! Tu veux l'écrivain?
- Je ne sais pas... Tu sais... Les gars comme Castle, il débarquent et chamboulent tout sur leur passage... Vous vous sentez à nouveau en vie, mais en fin de compte, vous savez qu'ils vous quitteront. Pourquoi prendre le risque?
- Parce qu'on ne commande pas ses sentiments ! Et que ça vaut la peine d'essayer.
- ...
- Allez ma grande, c'est pas si grave que ça, tenta Lanie pour la rassurer.
- Et s'il décidait de se remettre avec son ex? Elle est chez lui en ce moment... Et puis, il était vraiment très en colère hier...
- Alors il va falloir que tu te bouges, termina la légiste.
~~~~~~~~~~~~~~~~~~
C'est donc dans une ambiance tendue qu'ils poursuivirent leur enquête. Meredith avait débarqué au poste, accompagnée d'Alexis, montrant à tous combien elle faisait partie de la vie de Rick.
Même si son intervention leur avait permis d'avancer dans leur enquête, cela avait agacé la détective au plus haut point. Et quand la rouquine avait fourré sa langue dans la bouche de l'écrivain pour lui dire au revoir, ce fut un petit éléphant en porcelaine qui ornait le bureau de Beckett, qui en fit les frais et vint s'écraser sur le sol dans un fracas sinistre.
Finalement, Castle, n'en pouvant plus de cette tension entre eux, brisa la glace lorsqu'ils se retrouvèrent seuls dans la voiture de Beckett.
- À propos de Meredith...
- Ça va Castle, vous n'avez pas à vous justifier!
- Ah non? S'étonna-t-il.
- Non. Nous ne sommes pas un couple, donc... Vous n'avez pas de compte à me rendre!
- Dans ce cas, pourquoi es-tu en pétard? Demanda-t-il d'un ton amer, blessé par cette remarque.
- Je ne suis pas en pétard! Affirma-t-elle agacée.
- Oh si! Tu es en pétard! Alors quoi? Qu'est ce qui te gènes? Tu l'as dit toi-même, nous ne sommes pas un couple.
- À part traiter votre ex-femme de brioche au beurre?
- Holà! là, crois-moi, si tu me trouves envahissant et incontrôlable, dis-toi qu’elle est mille fois pire !
- Alors, vous allez vous remettre ensemble? Demanda-t-elle d'un ton qu'elle voulait détaché.
- Je n'ai pas vraiment mon mot à dire avec elle, mais je trouverai bien un moyen de la faire partir.
- Vous avez pensé à Alexis? Et si sa maman lui manquait, ce serait peut-être une bonne idée si elle venait revivre à New-York !
- Mais oui, c’est ça. Un jour, quand Alexis avait neuf ans, Meredith est passée la chercher pour l’emmener déjeuner.
- Et alors ?
- A Paris ! A Paris, et après elle fait comme si y avait rien d’anormal. Cette fille est complètement givrée !
- Si elle est folle, pourquoi vous l'avez embrassée à pleine bouche ce matin ? J'ai bien cru que vous feriez ça sur place!
- Tu ne le sais peut-être pas, mais avec les tarées comme elle, le sexe c’est tout simplement monumental, plaisanta-t-il.
- Y a que ça qui vous intéresse, constata-t-elle froidement.
- Si seulement tu savais... !
- Bon! Alors amusez-vous bien, moi, j'ai du travail! À plus Chaton! Fit-elle en sortant de la voiture qu'elle venait de garer.
- Ne crois pas que tu vas me semer comme ça! Je t'accompagne! Affirma-t-il en souriant.
Elle était jalouse! Cela signifiait que leur aventure ne la laissait pas de marbre, il y avait de l'espoir. Regonflé à bloc par cette perspective, il ouvrit la portière et la rejoignit en chantonnant.
- Castle! Grogna-t-elle.
- Tu es grincheuse quand tu n'as pas eu ton goûter! Tu veux que je t'offre un Donut? Taquina-t-il.
- La ferme chaton!
~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
L'enquête s'était bouclée sur une fusillade épique, qui s'était bien terminée grâce à Castle et sa débrouillardise. Baylor, le suspect, s'en sortirait et paierait pour ses crimes.
Beckett savourait le simple fait d'être en vie... Grâce à lui. Il était incontrôlable et excité comme un gamin, mais elle lui devait la vie. Elle le vit s'approcher d'elle, une coupe de champagne à la main.
- Baylor va s’en sortir. Ça va Castle ? Demanda-t-elle, consciente que ce genre d'évènements au cours d'une enquête vous secouait même le plus endurci des flics.
- Ma première fusillade ! Sourit-il.
- Non, votre dernière fusillade ! Affirma-t-elle.
- Ne soyez pas pessimiste, je trouve que je m’en suis plutôt bien sorti.
- Ouais, vous m’avez peut-être sauvé la vie, accorda-t-elle.
- Comment ça peut-être ? Y a pas l’ombre d’un doute, je vous l’ai sauvée et vous savez ce que ça veut dire ! Vous m’êtes redevable.
- Vous voulez quoi en échange ?
- Je peux vous demander tout ce que je veux ! Fit-il en s'approchant d'elle, tel un prédateur s'approchant de sa proie à pas de velours, s'amusant de l'état dans lequel ça la mettait encore. Et vous savez ce que je veux, n’est-ce pas lieutenant ? Vous savez très bien ce que je veux ! Assez rigolé maintenant, il n’y a qu’une chose que je veux par-dessus tout.
Elle le regardait s'approcher intriguée par ce qu'il allait lui demander, impatiente même. Il pourrait l'embrasser ici, devant tout le monde, elle le laisserait faire... Bon, elle lui briserait sans doute les deux jambes quand son esprit reprendrait le dessus, mais là, c'était uniquement son corps, qui la dirigeait et tout ce qu'il voulait, c'était retrouver les sensations que seul l'écrivain savait faire naître en elle.
Il était tout proche désormais, son parfum à la cerise l'enivrait de nouveau.
- Vous ne devez plus jamais m’appeler chaton ! Lui chuchota-t-il à l'oreille avant de s'éloigner.
Elle sourit en levant les yeux au ciel et le rattrapa.
- Castle!
- Oui?
- Ça vous dit... De venir prendre un verre chez moi?... Notre enquête est finie... Alors...
- Je ne sais pas... Il ne vaut peut être mieux pas... Soupira Castle, toujours ennuyé par leur dernière soirée en tête à tête.
- Je comprends... Fit-elle en baissant la tête.
Il alla rejoindre les autres policiers, la laissant seule avec ses remords. Elle n'insista pas, consciente de l'avoir blessé, se maudissant de ne pas être comme toutes ces femmes qui gravitaient autour de lui. Elle s'empressa de faire taire ses émotions et reprit son travail en grande professionnelle.
Chapitre huit.
Attablé au comptoir du bar, Castle avait le regard perdu dans la contemplation du liquide ambré, que contenait son verre. Autour de lui, les habitués, des flics pour la plupart, les gars disputaient une partie de fléchettes à laquelle il n'avait pas voulu prendre part. Il repensait à l'invitation de Beckett et à son petit air triste lorsqu'il l'avait déclinée. Il avait voulu se protéger, pas la blesser, ou alors était-ce inconscient ? Il avait souffert alors il avait voulu qu'elle souffre aussi et maintenant il se sentait mal.
- Hey Castle ça va? Demanda Esposito en s'asseyant près de lui.
- Ouais...
- Une dispute avec Beckett?
- Non... Non pas vraiment...
- Ne vous en faites pas! Fit Ryan qui arrivait à son tour. Cette fille est explosive, mais ça a un avantage, on sait toujours quand quelque chose cloche.
- Ouais, on sait quand ça ne va pas, mais on ne sait pas forcément ce qui ne va pas, soupira Castle.
- Hey! Commença Esposito en posant une main sur l'épaule de l'écrivain, Beckett est mon amie. Je sais qu'elle est compliquée, qu'elle n'est pas du genre causeur, mais elle est vraiment super. Alors un conseil, ne tentez rien, si vous n'êtes pas prêt à assumer!
- Assumer quoi? S'étonna l'écrivain.
- Tout! Répliqua Esposito d'un air mystérieux.
- Absolument tout! Ajouta l'irlandais tout aussi mystérieux devant le regard inquiet de Castle.
~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
En arrivant au poste, en milieu d'après-midi, Rick tomba sur les gars, qui lisaient des magazines.
- Et bien! Je vois que vous croulez sous le boulot! Dit-il.
- Pas d'affaire, donc on attend, répondit Ryan.
- Vous n'avez pas des dossiers à remplir dans ces cas-là?
- Normalement oui, mais une insomniaque a déjà tout fait, expliqua Esposito en désignant le bureau de Beckett, sur lequel trônait une immense pile de dossiers.
Castle se tourna vers l'endroit indiqué.
- Le gardien ne l'a pas vue partir hier soir et ne l'a pas non plus vue arriver, ajouta Ryan. Elle a presque vidé le stock de café de la salle de repos!
- Qu'est ce qu'il s'est passé? Demanda Esposito.
- Rien, mentit Castle sans quitter le bureau de sa muse des yeux.
Lorsqu'elle sortit de la salle de repos, après avoir bu une énième tasse de café, Kate le trouva assis près de son bureau, jouant sur ton téléphone. Elle n'avait pas dormi et cette journée, plus qu'ennuyeuse avait achevé de l'épuiser, mais elle n'en laissait rien paraître, tout comme elle ne laisserait rien paraître de la peine qu'elle ressentait de le savoir fâché contre elle.
- Salut Castle! Dit-elle en s'installant et en ouvrant l'un de ses dossiers.
- Salut lieutenant Beckett, répondit-il, sans lever les yeux de son téléphone.
- Vous savez que la paperasse fait partie intégrante du boulot de flic? Fit-elle pour engager la conversation.
- Évidemment pourquoi?
- Parce que bizarrement on ne vous voit pas beaucoup les jours de paperasse!
- Bah... La paperasse, c'est un peu mon métier, rien de dépaysant ou d'amusant là-dedans.
- C'est pour ça que vous n'arrivez qu'à la fin de journée?
- J'aime bien aller boire un verre avec les gars dans un de ces bars à flics, répliqua-t-il.
- Alors? Comment ça se passe avec votre ex femme? Demanda-t-elle d'un air détaché alors que la façon dont il avait décliné son invitation la veille ne quittait pas son esprit.
- Meredith est repartie pour Los Angeles. Elle a obtenu un rôle dans un film.
- Oh! Je vois. Vous devez être soulagé.
- Si je suis soulagé? Évidemment que je suis soulagé! La brioche au beurre n'est vraiment pas ce qu'il me faut!
- Ah? Et qu'est ce qu'il vous faut? Demanda-t-elle intriguée.
- Un plat beaucoup plus épicé...surprenant... À la fois sucré et salé...brûlant et glacé... Expliqua-t-il d'une voix envoûtante en se rapprochant d'elle.
Elle sourit pour la première fois de la journée. Leurs regards s'accrochèrent et ne se quittèrent plus, comme si cette discussion silencieuse parlait plus que des mots.
- Qu'est ce que tu crois qu'il se passe entre ces deux-là? Demanda Esposito à Ryan en les observant de loin.
- J'sais pas... Tu veux qu'on enquête? Proposa l'irlandais.
- Ouais, on va les avoir à l'œil, sourit le latino en croquant dans son beignet à pleines dents.
- Quand vous aurez fini de commérer, vous pourrez peut-être vous remettre au travail! Fit la voix du capitaine derrière eux.
Ils sursautèrent de concert et se tournèrent vers ce-dernier en bafouillant.
- Chef... Ce n’est pas ce que vous croyez!
- Bien sûr que si! Allez remplir votre paperasse! Ordonna le capitaine.
- C'est que Beckett a déjà tout mis à jour... On n'a plus rien à faire... Bredouilla Ryan.
- Elle a bossé toute la nuit! Expliqua Esposito.
- Alors fichez-la dehors, qu'elle aille se reposer! Et débarrassez-vous de Castle tant que vous y êtes, il a tendance à distraire tout le monde.
- Bien chef! Firent les deux lieutenants.
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- Je n'arrive pas à croire que le capitaine m'ait fichue dehors! Pesta Beckett dans l'ascenseur.
- Apparemment tu manques de sommeil, il ne veut pas que tu tombes malade, il s'inquiète de la santé de ses lieutenants, c'est un bon chef, répliqua Castle.
- Je n'ai pas sommeil, grogna la détective.
- Pas étonnant avec tout le café que tu as ingurgité!
Elle soupira bruyamment, incapable de pousser la mauvaise fois jusqu'à dire que ça n'était pas vrai.
- Je te ramène chez toi, dit-il en la poussant gentiment, une main posée dans le creux de ses reins.
- Ma voiture est sur le parking! Marmonna-t-elle alors qu'il l'entraînait sur le trottoir et hélait un taxi.
- Tu n'es pas en état de conduire, tu la récupéreras demain.
- Je suis tout à fait capable de rentrer en voiture! Contra-t-elle en se tournant vers lui.
- Si tu l'étais, je ne serai pas capable de t'entraîner dans ce taxi contre ton gré!
- …
Les embouteillages, dus à l'heure de pointe, avaient considérablement allongé la durée du trajet. Pour passer le temps, Castle s'amusait à imaginer la vie des passants, tandis que Beckett s'amusait à contrer ses arguments avec sa logique implacable.
- Arrête de ruiner mon histoire avec ta logique! Râla-t-il
- Non, mais franchement, un super voleur recruté par les services secrets afin de voler les secrets enfouis dans le subconscient des gens pendant qu'ils rêvent? Qui pourrait avaler une histoire pareille?
- Tous ceux qui ont cru à Chucky, la poupée tueuse ou encore à Christine, la voiture malveillante qui tue les personnes qui veulent la séparer de son propriétaire...
- Ok, alors, dis-moi Stephen, cette vieille dame là-bas, qui est-elle? Demanda-t-elle en se penchant vers la fenêtre pour la montrer du doigt.
- Euh... Fit-il un peu troublé par le fait que la poitrine de la jeune femme était désormais collée contre son bras.
Elle tourna la tête vers lui et rougit en se rendant compte de ce qu'elle venait de faire. Elle se rassît correctement, mais demeura tout de même très proche de lui. Il sourit et commença son récit.
- Elle rentre chez elle après avoir fait son marché. Comme chaque jour, elle est passée par le parc et a jeté du vieux pain aux pigeons et comme chaque jour, elle va ouvrir sa boîte aux lettres en espérant y trouver une lettre...
Il racontait son histoire depuis un bon moment, lorsqu'il s'arrêta, étonné de ne pas l'avoir entendue affirmer qu'il était impossible que cette vieille dame puisse être un chef maçonnique. Il tourna la tête vers elle et la découvrit paisiblement endormie contre son épaule. Délicatement, il la prit dans ses bras et savoura le simple plaisir de la tenir contre lui.
Lorsque le taxi s'arrêta à l'adresse de Beckett, il lui caressa doucement la joue, pour la réveiller.
- Pas maintenant... Grogna-t-elle.
- Tu seras mieux dans ton lit, lui chuchota-t-il à l'oreille.
- Mmmhmm? Quoi?
- Tu seras mieux dans ton lit pour dormir, répéta-t-il.
Elle ouvrit les yeux et se redressa vivement pour se reconnecter à la réalité.
- Ça va? Demanda-t-il devant son air perdu.
- ... Oui... Je... C'était un rêve... Bredouilla-t-elle.
Il tendit quelques billets au chauffeur, sans qu'elle réagisse, signe qu'elle était encore entre deux mondes et la raccompagna jusque chez elle. Elle ouvrit la porte de son appartement et le laissa y pénétrer.
- Je te sers un verre ? Proposa-t-elle.
- Je devrais peut-être te laisser te reposer...
- Je ne vais pas me rendormir tout de suite, mon sommeil est passé.
- Dans ce cas...
Elle sourit et se dirigea vers la cuisine, tandis qu'il faisait quelques pas dans le salon. Elle le rejoignit quelques minutes plus tard et lui tendit un verre de vin, qu'il accepta avant de s'installer sur son canapé.
- Je sais que je t'ai froissé l'autre soir... Commença-t-elle.
- ...
Il ne sut quoi répondre, il avait été furieux contre elle, c'était certain... Il avait même pensé à s'éloigner d'elle... Mais il n'avait pas pu s'empêcher de revenir au poste. Il n'était pas encore certain de ce qu'il voulait, mais c'était plus fort que lui, elle l'avait ensorcelé.
Elle posa son verre sur la table basse, s'installa à califourchon sur lui et commença à couvrir son visage de baisers.
- Tu me pardonnes ? Demanda-t-elle avec une moue enfantine.
Elle parsemait son visage de baisers tous plus doux les uns que les autres, son front, sa mâchoire, ses joues... Quand elle approcha ses lèvres des siennes, il eut un léger mouvement de recul. Alors, elle se contenta d'embrasser la commissure des ses lèvre et murmura:
- S'il te plait ?
Il leva son regard vers le sien, elle attendait sa réaction sans bouger. S’il refusait, elle le laisserait partir sans rien dire et refermerait la toute petite porte qu’elle lui avait ouverte. Elle avait ce regard, celui auquel il ne savait pas résister.
- D'accord... Soupira-t-il, on fera comme tu veux.
Elle sourit et l'embrassa de nouveau, effleurant ses lèvres du bout de la langue. Il ouvrit la bouche la laissant entraîner la sienne dans un ballet langoureux. Ses mains se hasardèrent sous son chemisier, la faisant frissonner de bien être.
Ils se laissèrent entraîner par leur désir et leur besoin de contact. Les caresses qu'il lui prodiguait, la tendresse et la douceur dont il faisait preuve, les sensations qu'il faisait naître en elle, remplissaient le vide en elle, faisaient fondre la glace qui régnait dans ses veines. Elle se sentait bien dans ses bras, à sa place.
~~~~~~~~~~~~~~~
Ils étaient enlacés dans son lit, silencieux, mais heureux. Elle ne disait rien, il ne demanda rien. Elle était tellement secrète, sauvage presque, qu'il craignait de la faire fuir en la pressant.
Finalement, il se décida à briser la quiétude du moment.
- Tu sais quoi?
- Non, quoi? Demanda-t-elle en relevant la tête.
- On est chez toi!
- Tu devrais être enquêteur, quel sens de l'observation! Ricana-t-elle.
- Tu sais ce que ça veut dire?
- Non, qu'est ce que ça veut dire?
- Demain matin, tu ne pourras pas partir avant moi!
Elle rit avant de se blottir un peu plus contre lui, elle aimait la perspective de rester avec lui le lendemain matin et de faire une grasse matinée dans ses bras.
- Peut être que je n'en ai pas envie, souffla-t-elle.
Il sourit et resserra son étreinte, elle était adorable, quand elle lâchait prise.
Chapitre neuf.
La sonnerie du portable de Beckett les sortit du sommeil au petit jour. Beckett sortit prestement du lit après avoir répondu à l'appel d'Esposito.
- Qu'est ce qu'il se passe? Grogna Castle en cachant son visage sous l'oreiller.
- Un meurtre, désolée Castle, la grasse matinée sera pour une autre fois! Dit-elle en attrapant quelques vêtements dans sa commode.
- Une autre fois? Sourit-il en se redressant subitement. Donc...
- Écoute Castle, fit-elle en s'asseyant à ses côtés dans le lit. Je sais que je ne suis pas la personne la plus facile à vivre... Mais...
Elle soupira, incapable de mettre des mots sur ce qu'elle éprouvait. Il vint à son secours et lui prit les mains.
- Ça va, je comprends. Prenons le temps, apprenons à nous connaître et avançons pas à pas, dit-il.
Un sourire éclaira son visage, un magnifique sourire. Elle lui piqua un baiser sur les lèvres avant de se rendre sous la douche.
- Bunny sera de sortie? Lança-t-il joyeusement.
- Il faudra être sage pour le savoir monsieur l'écrivain, rit-elle en fermant la porte de la salle de bain.
Il sourit et s'habilla avant d'aller dans la cuisine pour préparer un bon petit déjeuner, mais fut déçu en ouvrant le réfrigérateur.
- Tu fais des pancakes ? S'étonna Beckett en arrivant dix minutes plus tard.
- Malheureusement tes œufs sont périmés, quant au bacon il y a quelque chose avec des poils dessus ! Expliqua-t-il en retournant un pancake.
- La plupart du temps je me fais livrer !
- Oui c’est ce que je me suis dit en voyant la pyramide de boites en plastique dans ton réfrigérateur. Le café est prêt mais le filtre est cassé. Je t'en offrirai un plus tard !
- On dirait que tu as pensé à tout...
- Oh… j’allais oublier le journal ! Fit-il en claquant des doigts.
- Castle on n’a pas le temps de lire le journal, je te rappelle que les gars nous ont appelés pour un meurtre...
- Ok. Tiens, prends au moins un pancake et un café.
- Merci Castle.
Beckett arriva vingt minutes plus tard, seule, sur la scène de crime. Castle était repassé chez lui pour se changer et arriverait plus tard. Le crime était sordide, une femme faisant partie du gratin de New York avait été assassinée pendant le cambriolage de sa demeure et avait terminé dans son coffre-fort.
- Combien d’os ils ont dû briser pour mettre son corps là-dedans ? Demanda Ryan en regardant la victime.
- Je pourrais vous dire ça une fois au labo, répondit Lanie.
Ryan éternua.
- Ne contaminez pas ma scène de crime ! Râla la légiste.
- Désolé, s'excusa Ryan. Ces plumes c’est l’enfer.
Beckett rejoignit Lanie à ce moment-là pour avoir ses premières constatations.
- Les traces de sang indiquent une blessure par balle, à bout portant de toute évidence, expliqua Lanie.
- On sent encore la poudre d’ici, remarqua la détective.
- Si vous le dîtes je veux bien vous croire, dit Ryan en se mouchant.
- Où est Castle? Demanda Lanie à Beckett en aparté.
- Euh... Il devrait arriver répondit-elle vaguement.
- Et ça va?
- Oui, sourit son amie, ça va.
- Oh ils l’ont tuée et placée dans le coffre, fit la voix de Castle derrière elles.
Ryan éternua.
- À vos souhaits, dit Castle.
- À tes souhaits, fit Beckett en même temps.
- Prem’s ! Lança Castle.
- C’est quoi son problème ? Demanda Beckett.
- Les plumes, il est allergique, expliqua Esposito.
- Excusez-moi lieutenant, dit Castle, mais comme j’ai dit prem’s avant vous, vous ne devez pas parler sans mon autorisation.
Ryan éternua à nouveau.
- À tes souhaits! Prem’s inversé! Lança Beckett en souriant.
- Non, j’ai… Non, ça ne compte pas ! Bouda Castle.
- Bouclez-là, je l’ai dit avant vous. Merci Ryan, sourit Beckett.
~~~~~~~~~~~~~~~
La détresse de la fille de la victime faisait écho à celle de Beckett, aussi la détective prit-elle cette affaire très à cœur. Castle le remarqua et tenta d'en savoir un peu plus sur le mystère Beckett, en vain. La miss l'avait vu arriver avec ses gros sabots et l'avait gentiment remis à sa place.
- Eh Freud, je sais ce que tu fais ! Tu essayes de me faire parler de ma mère pour avoir du croustillant et plus de piment pour ta fiction !
- Piment ? Tu crois que je veux du piment ? Je voudrais que tu saches que le grand guide des romans, pas un quelconque guide de petits bouquins à l'eau de rose hein, le Grand Guide des Romans...
- ... hm hm ?
- A dit que Derrick Storm était la réponse essentielle...
- ... oui j'ai lu ce passage. Reconnais que le rédacteur a un peu exagéré à ce moment là ! Alors combien tu l'as payé pour ça ?
- Je lui ai offert un truc vraiment bien mais ce n’est pas le sujet. Et donc tu lis le Grand Guide des Romans?
- Oh, tant de mystères et de secrets chez Beckett ! Arriveras-tu à en percer la moitié ?! Demanda-t-elle alors que les portes de l'ascenseur se refermaient sur eux.
L'ascenseur se bloqua au bout de quelques secondes. Beckett levait la tête à la recherche de la cause de cet arrêt inattendu, quand les mains de Castle se posèrent sur elle.
- Castle? Mais qu'est ce que tu fais?
- J'avais un petit lapin étant enfant, je ne manquais pas une occasion de lui faire des caresses, dit-il en glissant une main dans le pantalon de sa muse,
- Bas les pattes, on a une enquête à mener, répondit-elle en appuyant sur le bouton pour faire redémarrer l'ascenseur. Je t’ai demandé d’être sage !
- J’avais oublié, répliqua-t-il en levant les mains.
- Tache de t’en souvenir, parce que je pourrais encore avoir envie de te mettre une balle entre les deux yeux.
- C’est noté !
*****************
L’enquête avançait difficilement et chaque piste qu’ils suivaient les menait à une impasse, ce qui agaçait fortement Beckett. Elle avait d’ailleurs disparu, lorsque le meilleur suspect qu'elle avait trouvé s'était révélé innocent du crime. Même si elle était persuadée qu'il en savait plus que ce qu'il voulait bien dire, elle ne pourrait le garder en prison bien longtemps.
Rick l'avait retrouvée au stand de tir, elle passait ses nerfs en vidant le chargeur de son glock sur des cibles en papier.
- Surveille bien ces silhouettes, elles sont un peu sournoises et perfides ! La provoqua-t-il en arrivant.
- S'il te plaît, boucle-la, j'essaie de me concentrer !
- Quand je suis à bout, je n'ai que des balles antistress en mousse et des pornos.
- Castle...
- C'est très clair, je comprends, tu as promis à cette fille de retrouver le meurtrier de sa mère. Il ne faut pas être Freud pour savoir pourquoi ! Mais tu vas prendre pas mal de culs de sac avant de sortir du labyrinthe !
- Alors bien que j'apprécie tes petites analyses et tes aphorismes, j'ai juste besoin de ça, dit-elle en se remettant à tirer sur la cible.
- Ce ne serait pas plus stimulant si les cibles n'étaient pas aussi statiques ? Hurla Castle.
- D'accord Castle. Montre-moi tes talents !
- Wouh ! Wow ! Fit Castle en sautant partout.
- A toi! C'est pas un duel Scaramouche ! Là, face à la cible, expliqua-t-elle en le prenant à la taille pour le bouger. Voilà, écarte encore les pieds. Très bien, maintiens ton poing droit dans ta paume gauche.
Le tir partit et atterrit loin de la cible.
- Oups! Tiré trop tôt, s'excusa-t-il
- Tant pis ! On peut très bien juste se faire un câlin ! Provoqua Beckett en souriant.
- Oh ! oh ! oh ! C’est très drôle ! Et avec un petit sourire, génial !
Il se tourna complètement vers elle, elle recula légèrement. Il posa son arme et avança, elle se retrouva coincée contre la paroi qui séparait les emplacements.
- Castle, qu'est ce que tu fais?
- Je veux mon câlin, sourit-il.
- Arrête ça! On est au poste!
- Il n'y a personne et personne n'osera venir vu l'état dans lequel tu étais avant d'entrer ici.
- L'état dans lequel j'étais?
- Furax, en pétard, des mitraillettes à la place des yeux, en mode guerrière...
- Ça va ! J'ai compris! Pourquoi tu es entré alors, si c'était si dangereux?
- Bunny me manquait.
- Arrête avec ça! Grogna-t-elle tandis qu’il s’approchait un peu plus.
Elle avait souhaité qu'il vienne à son secours, qu'il chasse ses démons comme il savait si bien le faire, même si elle n'était pas encore capable de le lui avouer, elle avait besoin de lui. Elle le trouvait beau, là tout de suite penché vers elle et son odeur la rendait folle, elle perdait le peu d'esprit qu'il lui restait et il le savait. Il le savait et il en profitait le bougre... Bon sang, voilà qu'elle se transformait en une groupie, elle n'avait plus qu'à intégrer son fan club... Elle était Kate Beckett, lieutenant à la criminelle, celle qui remettait à leur place les plus grands voyous de New York sans sourciller et voilà qu'elle était sous le charme de l'un des plus grands playboys de la ville !!! Qu'est ce qu'elle allait devenir ?
- C'est pas si grave que ça…
- Pardon ?
- Tu demandais ce que tu allais devenir…
- J'ai parlé à voix haute ? demanda-t-elle en rougissant.
- Oui, dit-il amusé. Dois-je comprendre que tu ne parlais pas de l'affaire ?
- …
- Beckett, à quoi pensais-tu? Lui murmura-t-il les yeux dans les yeux. A moi ? A mes baisers ?
- Le monde ne tourne pas autour de toi, Castle, répliqua-t-elle d'une voix qu'elle voulait ferme, consciente qu'il l'avait vu frémir à l'évocation de ses baisers.
Elle aurait dû protester davantage, mais ses lèvres étaient déjà sur les siennes et déjà, elle soupirait d'aise en glissant ses bras autour de son cou. Il la serra encore plus contre lui, rendant le baiser plus intense si c'était possible. Ses mains lui caressaient le dos, s'attardant sur ses reins, sa taille…
Il la transportait au paradis, lui faisait perdre tout contrôle. Tout ça était dangereux, elle n'était pas prête. Elle le repoussait doucement alors que ses lèvres partaient en vadrouille dans son cou.
- D'accord... On reprend notre leçon? Demanda-t-il.
Elle hocha la tête en signe d'acquiescement, il reprit l'arme, se remit en position et tira, cette fois, il atteignit la feuille.
- C'est... mieux.
- Je voulais te demander si tu pouvais me confier les photos de tous les biens qui ont été volés.
- Des photos des bijoux volés ? Pourquoi ?
- Pour trouver quelque chose qui pourrait te mettre sur une piste. Oh, ça c'est douloureux ! S'écria-t-il alors qu'il venait de tirer dans l'entrejambe de la cible.
- Ecoute-moi, tu en mets une seule des 3 prochaines dans le rond central et je te donne tous les dossiers !
- C'est vrai ?
- Oui.
Castle tira alors sans hésiter 3 fois d'affilée dans le rond central. Beckett blêmit.
- Tu es vraiment un bon professeur ! Assura-t-il en piquant un baiser sur ses lèvres tandis qu'elle enrageait.
*****************
Il l'avait encore faite sortir de ses gonds en amenant un voleur sur sa scène de crime. Mais paradoxalement, là où elle aurait consciencieusement démoli quiconque aurait agit de la sorte, lui, elle se contentait de lui faire les gros yeux, riant intérieurement de ses initiatives farfelues.
Cependant, là, elle ne riait plus, il avait poussé la plaisanterie un peu trop loin! Fraîchement sortie de sa douche, Kate se démenait avec les robes de soirée de sa penderie. Elle aurait l'air ridicule devant tout le gratin de New York!
Assise sur le lit de sa meilleure amie, Lanie essayait de ne pas exploser de rire, tant le spectacle qui se déroulait devant ses yeux.
- Mais enfin, pourquoi es-tu aussi nerveuse? Ce n'est qu'une enquête sous couverture, soupira la légiste.
- Au bras de Castle, avec des tas de journalistes, des gens de la haute, et tout le gratin de New York! De quoi je vais avoir l'air? Demanda Beckett en plaçant une robe devant elle.
- Non non ! Celle là, tu peux la donner aux bonnes œuvres, affirma Lanie.
Beckett en plaça une autre devant elle.
- Waouh, super brillant !
- La vendeuse a dit que le fluo, c'est tendance ! Expliqua la détective avec une moue dubitative.
- Oui, elle tenait à toucher sa commission.
- Trop entraîneuse ? Demanda Kate en montrant une troisième robe à son amie qui hocha la tête. Oh... Tu sais ce qu'il essaie de faire ?! Ce qu'il veut c'est m'humilier à mort !
- Pourquoi ferait-il ça? Je croyais que ça allait plutôt bien entre vous, non?
- Parce qu'il passe son temps à me provoquer, à se moquer de moi et que ça l'amuse de me mettre en pétard! Souffla Beckett hors d'elle.
La sonnette retentit au même moment.
- Va ouvrir s'il te plaît, demanda-elle au comble du désespoir.
- Très bien, mais faut pas en profiter pour mettre ta vieille robe de bal, lança Lanie tandis que Kate grognait de frustration.
- Qui c'était ?
- Une livraison.
- De qui ?
- Ah, voyons ça. "Bi, bidiba, bidibouh" lut-elle sur la carte.
- Cendrillon ! Ca vient de lui ! Râla Beckett.
- Oh je t'en prie, c'est qu'une robe ! Bon, ouvre-moi cette boîte en vitesse !
-Oh, je savais qu'il était arrogant, mais ça, oui ça franchement, c'est vraiment...Oh...
- Alors là, il ne s'est pas moqué de toi, tu seras splendide!
- Mais qu'est ce qu'il cherche à la fin?
- Arrête, il est tout simplement gentil! Ne sois pas si méfiante!
Elle avait revêtu la robe offerte par Castle et avait fait sensation en entrant au Waldorf au bras de Castle. Bien qu'elle ait été en service durant la soirée, elle en avait apprécié chaque minute, quoiqu'elle en ait dit à Castle. Elle n'avait pas l'intention de lui ouvrir son cœur... Pas maintenant en tout cas! Elle n'était pas prête pour ça.
Et puis l'heure de la vente aux enchères était arrivée et elle avait adoré voir la tête de Castle quand sa mère avait proposé un de ses romans dédicacé avec une soirée de rêve avec lui en prime. Bon, elle avait tout de même tiqué sur la soirée en tête à tête, mais son orgueil l'avait empêchée de le montrer.
- Ecoute, j'ai les moyens, lui avait-il dit soudain. Vas-y, tu payes... et je te rembourse après !
- Non, ça c'est hors de question ! avait-elle répondu le sourire aux lèvres.
- S'il te plaît, ne me laisse pas dans cette panade!
- Qu'est ce que j'y gagnerai?
- Ce que tu voudras! Assura-t-il!
- Ce que je voudrais Mhm?!
- Tout !
- Ok… Dans ce cas… accepta-t-elle, trouvant là une bonne excuse pour empêcher quiconque d’avoir l’occasion de passer une soirée en tête à tête avec lui.
Mais l'enquête l'avait rappelée à son bon souvenir et ce fut l'arrestation de Paul Reynolds, qui tira finalement Castle de ce mauvais pas.
Kate s'avançait vers la salle d'interrogatoire pour interroger le suspect, quand elle se sentit brusquement attirée dans une salle de repos. Deux bras puissants l'encerclèrent, son premier réflexe fut de pester, mais une main se posa sur sa bouche, ce fut alors, qu'elle entendit une voix, qu'elle ne reconnaissait que trop, lui dire tout doucement à l’oreille :
- Remets ta tenue de soirée, lorsque tu seras de retour à ton appartement, je me ferai un plaisir de partir à la recherche de ta plaque...
- Bon dieu, Castle! Ça ne va pas? On pourrait nous voir! Lâcha-t-elle quand il ôta la main de sa bouche.
- J'ai fermé les jalousies, rigola-t-il.
- J'ai un suspect à interroger! Dit-elle fermement en réajustant sa tenue pour sortir.
- On n'en a pas fini, détective, roucoula-t-il.
- Ne sois pas trop gourmand, l'avertit-elle.
- Oh, allez Beckett ! Donne-moi au moins un baiser!
Elle sembla considérer sa demande, puis lui piqua un baiser sur la joue avant de quitter la pièce. Il posa sa main à l'endroit où ses lèvres s'étaient posées et sourit.
*****************
Reynolds donna facilement son boss, Castle avait tout fait pour rester sagement dans la voiture, mais avait bien failli se faire tuer par le suspect. Heureusement, Beckett et les gars étaient intervenus à temps et il s'en tirait avec un simple coup au visage.
- Pananana nanananana Pananana nana...
- Castle!
- Oui désolé.
- Arrête de bouger trente secondes! J'essaye de poser la poche de glace!
Il ne disait plus rien, mais elle sentit sa main qui se glissait sous sa chemise...
- Castle!
- D'accord, j'arrête!... Je pourrais avoir un baiser qui guérit?
- Tu auras plus que ça, murmura-t-elle, mais tant qu'on sera au poste, tu devras te contenter de la poche de glace.
- Génial... Pananana...
- Castle!
- Ok.
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- Nous avons de la visite! Lança Martha en faisant entrer Beckett dans le loft.
- Oh, superbe le cocard ! Fit la détective en voyant Castle.
- Oui c'est vrai, mon infirmière laisse à désirer... ricana-t-il.
- Il fallait la laisser vous soigner!
- Allez venez vous asseoir ! Sourit-il.
- Oh non, je viens seulement rendre le collier de votre mère.
- Vous m'avez sauvé la vie, alors je tiens à vous faire une omelette.
- Non merci, je dois y aller.
- Allez, allez vous asseoir là bas Kate, et racontez-nous la soirée d'hier. Nous n'avons entendu que sa version ! Insista Martha.
- Très bien. Oh, je commence par le tapis rouge, peut-être ?
- Oui, s'il vous plaît, fit Alexis.
- Alors...
Elle commença son récit, elle aurait pu être écrivain, tant elle le rendait vivant. Rick l'écoutait heureux qu'elle soit entrée dans sa vie. La voir comme ça, discutant gaiement avec sa mère et sa fille, sonnait comme une évidence, elle était à sa place.
Un petit passage un peu osé, vous êtes prévenus. ^^
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Chapitre dix.
- Suite ! fit Beckett d’une voix triomphante.
- C’est pas possible d’avoir une chance pareille ! Râla Castle en jetant sa paire de dames et sa paire de 9 sur le bureau de Beckett.
- C’est comme ça Castle ! Tu es fini ! Envoie ton dernier carambar et tes dragibus !
- Tu ne perds rien pour attendre, dit l’écrivain en reprenant le jeu de cartes.
- Ah non ! On avait dit que c’était la dernière main de la soirée ! Protesta la détective.
- Je ne m’avoue pas vaincu !
- Arrête, tu ne vas pas recommencer! Soupira Beckett.
- Je veux me refaire! Il me reste encore une fraise tagada, deux crocodiles et une banane!
- Castle! Il est tard, je suis fatiguée!
- Je ne me déclarerai pas vaincu tant qu'il me restera des bonbons en caisse! Bouda Castle.
- Ok, tu sais quoi? T'as gagné, voilà tes gains, dit-elle en poussant tous ses bonbons vers lui.
- Quoi? Non! Je refuse également une victoire par forfait!
- Alors quoi? Tu vas me forcer à jouer? J'en ai assez! Ça fait des heures qu'on joue et moi je suis fatiguée! Elle attrapa son manteau et se dirigea vers l'ascenseur en l'enfilant.
- Ok! T'as gagné! Soupira-t-il en attrapant sa veste à son tour.
- Fais pas cette tête là Castle, ça restera entre nous, sourit-elle.
- Peut être qu'on pourrait jouer à un autre jeu, dit-il en s'approchant dangereusement d'elle.
- Qu'est ce que tu as avec les ascenseurs? Demanda-t-elle en posant ses mains sur son torse pour l'empêcher d'avancer davantage.
- Je ne sais pas... Peut être que c'est l'intimité du lieu... Le confinement... Le fait que je ne l'ai jamais fait dans un ascenseur... Ou tout simplement parce que j'adore te goûter, sourit-il en posant ses lèvres sur les siennes.
- Dans ce cas, sourit-elle à son tour, va embrasser ta fille et rejoins-moi chez moi dans une heure.
- Ne t’endors pas avant mon arrivée cette fois-ci !
- Hé ! La dernière fois je t’ai attendu plus de trois heures ! Même le film était terminé et c’était Titanic ! rétorqua Beckett.
- Ma mère avait ramené la moitié de New York dans mon loft ! Il m’a fallu le temps de mettre tout ce petit monde à la porte.
- Alors ne me reproche pas de m’être endormie, j’étais debout depuis cinq heures du matin.
- Une heure ! Pas plus, termina Castle en l’embrassant tendrement juste avant que les portes de l’ascenseur ne s’ouvrent.
˜˜˜˜˜˜˜˜˜˜˜˜
Ils avaient trouvé une petite routine, Castle partageait son temps entre sa famille et Beckett, se retrouvant deux à trois soirs par semaine à l’appartement de Beckett. Cependant ils ne parlaient pas vraiment de leur relation, et ne lui donnaient toujours pas d’appellation officielle. Kate restait toujours très réservée sur ce qu’elle ressentait et Castle préférait la laisser aller à son rythme.
Cependant, un événement vint perturber la quiétude de leur relation. Un dimanche matin, ils avaient été appelés pour une nouvelle affaire, Rick avait fait un détour par un Starbucks afin de prendre un petit déjeuner pour deux se doutant bien que Kate n’aurait pas pris le temps de prendre le sien.
- Bonjour ! Un grand café au lait sans mousse avec 2 doses de sirop vanillé sans sucre et un beignet aux pommes ! annonça-t-il en lui tendant son gobelet.
- Castle tu lis dans mes pensées ! Mais comment ça se fait que tu sois là ? On est dimanche !
- C'est Montgomery qui m'a demandé de venir tout de suite, ça doit être épouvantable ! sourit-il comme un gamin le matin de Noël.
- Essaye de ne pas trop montrer ta joie sur les scènes de crime, fit-elle.
- C’n’est pas parce que quelqu'un est mort qu'il faut ronchonner comme un vieux tromblon !
- Tu veux voir ce que ça donne quand je ronchonne vraiment ? C'est quoi cette couverture pour ton livre ?
- Mon dernier roman ? Mais on ne peut l'avoir que... Beckett reprit son chemin gênée d’avoir laissé échappé une information qu’elle voulait garder secrète.
-Tu t’es inscrite sur mon site ! C’est pas vrai ! Attends ! Tu es "Castle Mon Amour 1212" ? "Castle Pour Toujours 45" ? demanda-t-il alors qu’ils entraient dans l’immeuble.
-Tu te rends compte que ça devrait te faire peur toutes ces fans anonymes et complètement cinglées?
- Comme toi ?
- C'était simplement de la curiosité professionnelle, rien d'autre !
- Alors que dis-tu de cette couverture avec Nikki, c'est charmant tout plein non ?
- Charmant tout plein ?! Sur la photo, elle est nue !
- Euh, inexact. Elle a un revolver. Placé là où il faut.
- Tu aurais pu me demander mon avis !
- Tu veux rire ? Tu m’aurais fait chanter pour que je la change ! Je ne veux pas ça!
- Tu préfères donc les représailles ? demanda-t-elle en passant devant le policier qui gardait l’entrée.
- Des représailles ? S’inquiéta l’écrivain avant d’être bloqué par le policier.
- Pas de café ici monsieur.
˜˜˜˜˜˜˜˜˜˜˜˜
- Alors qu'est-ce qu'il y a ? Demanda Beckett en rejoignant le capitaine Montgomery.
- Les parents d'Angela Candela, 2 ans, ont reporté sa disparition à 10 heures ce matin, expliqua son supérieur.
- Où est-ce qu'ils ont trouvé son corps ? interrogea la détective.
- La petite a été enlevée, le père était en train de peindre dans une autre pièce.
- Ca s'est produit ici même ? demanda Castle en les rejoignant.
- Si c'est un enlèvement et non un meurtre, pourquoi m'avoir convoquée ? fit Beckett.
- Les fédéraux ont demandé que vous fassiez partie de l'équipe, expliqua le capitaine.
- Les fédéraux ? répéta Castle.
- Les enlèvements d'enfants relèvent de leurs compétences, lui dit la détective.
- Et moi, pourquoi je suis là ? S’enquit Castle.
- Parce que j'aime ennuyer le FBI, et parce que vous voyez un peu plus loin que le bout de votre nez, dit Montgomery en souriant.
- Qui est l'agent spécial chargé de l'enquête ? - Beckett, ce n’est pas... Commença le capitaine.
- Qui ? Insista-t-elle.
- Sorenson, avoua-t-il.
- C'est qui Sorenson ? demanda Castle inquiet devant le regard consterné de sa muse.
- Je croyais qu'il était parti, fit-elle.
- A Boston ? Il n’y est plus, il est là, dit son supérieur en désignant un agent du regard.
- C'est qui Sorenson ? redemanda Castle agacé de se sentir hors du coup.
- Ça ne sera pas un problème j'espère, on est tous des professionnels, n'est-ce pas ? demanda Montgomery.
- Pas moi, alors dites moi, c'est qui Sorenson ? insista l’écrivain.
- Ce ne sera pas un problème, termina Beckett.
Elle avait rejoint ledit Sorenson et Castle sentit immédiatement qu’il n’allait pas aimer ce type, qu’il trouvait trop beau pour être honnête.
- Salut Kate, fit l’agent avec un sourire charmeur que Castle se serait bien fait un plaisir d’édenter.
- Salut Will, t'es revenu depuis combien de temps ? demanda Beckett.
- Quelques mois.
- Un problème à Boston ?
- Non, il ne s'y passe pas grand chose. Ça a l'air d'aller…
- Merci, c'est la grande forme. Euh, agent Sorenson, voici Richard Castle.
- Le fameux romancier.
- Homme de plume et du monde, sourit faussement Castle.
- Le capitaine Montgomery m'a mis au courant de votre arrangement, ça me pose aucun souci à condition que ça n'interfère pas avec l'enquête.
- Vous en faites pas pour moi, je suis muet comme une carpe, fit l’écrivain en muselant le monstre qui rugissait au fond de ses entrailles et qui se serait fait un plaisir de démolir ce bellâtre. Enfin, il ne devait pas l’avoir muselé suffisamment, puisque Beckett se sentit obligée de lui fournir quelques explications lorsqu’ils se retrouvèrent dans l’ascenseur.
- 6 mois.
- Quoi 6 mois ? sourit Castle devant son aveux.
- Notre histoire a duré 6 mois. - Je ne t’avais rien demandé.
- Oui, je sais, mais, tu l'as pensé très fort.
- Des fois, j'ai l'impression d'être un jedi ! Et votre rencontre ? demanda-t-il alors qu’ils sortaient de l’ascenseur.
- Un enlèvement, un garçon de 6 ans.
- Comment ça s'est terminé ?
- On a eu le type, expliqua-t-elle avant de rejoindre les gars.
- Wow ! Fit Castle en reculant après avoir aperçu Ryan. Pardon, c'est votre cravate, elle m'a pris par surprise !
- Ok ! Allez-y, faites vous plaisir ! C'est un cadeau de ma petite amie, expliqua l’irlandais tandis que Beckett et Esposito riaient.
- Ta petite amie ?
- Ca fait deux semaines qu'on est ensemble, dit Ryan.
- Wouh ! fit Kate admirative.
- Deux semaines, c'est les noces de papier ou de soie ? demanda Esposito.
- Euh, moi je dirais les noces de petit toutou, taquina Castle.
Ils reprirent leur enquête sérieusement, la vie d’une petite fille était en jeu et il n’y avait rien de plus important. Castle fit tout son possible pour se rendre utile, il n’avait qu’une envie, que cette enquête se termine avant que Beckett ne retombe sous le charme de monsieur FBI. Il n’avait d’ailleurs pas perdu une seule occasion de montrer à ce dernier qu’il ne le laisserait pas empiéter sur son territoire. Il avait eu sa chance avec Beckett, il l’avait laissée passée, il n’avait plus qu’à circuler. Leurs querelles avaient d’ailleurs passablement énervée Beckett, qui explosa :
- Oh, ça suffit vous deux, pourquoi ne pas baisser vos pantalons et faire la comparaison, qu'on en finisse !
- Moi, je suis partant ! avait proposé l’écrivain.
- Vous avez tous les deux raison, il est surement pas l'auteur du coup mais le problème quand il s'agit d'un enfant, c'est qu'on doit être surs à cent pourcents. Ce qu'on croit savoir, il faut le remettre en question. Ryan, Esposito, vous le gardez au frais tant qu'on ne sait pas ce qu'il a fait ce matin à la seconde près. Will et moi, on retourne chez les parents pour enquêter sur leur entourage.
- Et moi, qu'est-ce que je fais ? demanda Castle.
- Rentrez chez vous, dit Beckett en s’approchant de lui, énervée.
- D'accord. Mais en cas de besoin, je suis là. Même pour discuter.
Beckett le regarda s’en aller, le cœur serré, il était là, elle le savait, lui seul avait cette capacité à apaiser ses tourments. Mais elle ne pouvait pas laisser des querelles d’égos gêner l’enquête, la petite Angela avait passait en premier.
Mais Castle était revenu dans la course, grâce à Martha et à sa théorie des petits pois et les avait surpris, elle était appuyée sur le chambranle de la porte et Sorenson l’embrassait tendrement. Il aurait pu le tuer sur place, mais il avait revêtu son masque d’impassibilité, mais ne s’était pas gêné pour les interrompre.
- Je croyais que les flics et les fédéraux ne pouvaient pas se voir, c'est vrai qu'on appelle New-York la ville qui ne dort jamais, mais maintenant je sais pourquoi !
- On était juste... commença Beckett.
- ... deux adultes consentants, je ne juge personne, fit-il comme si de rien était, ce qui embêta la détective.
Un autre homme l’embrassait et il s’en fichait ?! Elle comptait si peu pour lui ?
- Je croyais vous avoir dit de rentrer chez vous ! dit-elle sèchement.
- Je suis rentré chez moi, seulement ma mère m'a ouvert les yeux sur l'enquête, expliqua-t-il.
- Vous habitez avec maman ? Ricana Sorenson.
- Oui, comme un vrai petit pois ! expliqua Castle en ignorant la provocation de l’agent. Ce qu'on a oublié c'est qu'Angela a été adoptée.
- Et alors ?
- Alors, avant de remettre son bébé à ses futurs parents adoptifs, la mère biologique a un droit d'accès aux informations les concernant, notamment leurs capacités à élever l'enfant. - Leurs ressources financières...
- On ne va pas gâcher un temps précieux parce qu’Hercule Poirot s'est soudain réincarné.
- C'est censé être une insulte ? Hercule Poirot a résolu toutes ses enquêtes, lui ! D'accord, alors écoutez, et en plus je vous cite, quand il s'agit d'un enfant on doit être surs à cent pourcents. Ce qu'on croit savoir, il faut le remettre en question, rappela Castle.
Ainsi, il avait pu faire son retour dans l’enquête. Mais depuis, il était énervé, plus qu'énervé, même. Pourquoi cette enquête leur était-elle tombée dessus? Beckett travaillait pour la police de New York! La criminelle! Elle ne s'occupait pas des enlèvements d'enfants!
Plus le temps passait et plus il comprenait pourquoi les flics n'aimaient pas les fédéraux! Il détestait les fédéraux à cet instant présent! Et ce Sorenson était numéro un sur sa liste de personnages à tuer dans son prochain roman. Nul doute qu'il souffrirait atrocement!
Comment avait-il osé embrasser Beckett?! Et comment avait elle pu le laisser faire?! Il était son ex, il l'avait abandonnée pour un travail, il avait eu sa chance et l'avait laissée filer. Il n'avait vraiment plus le droit de prétendre à gagner ses faveurs!
Cependant, il n’avait rien dit durant l'enquête. Beckett était à fleur de peau avec cette affaire d'enlèvement qui lui rappelait de mauvais souvenirs. Ce fut donc avec rage, qu'il la bloqua, dans un débarras sombre au fond d'un couloir vide, une fois que la petite avait été retrouvée.
- Tu sors avec Sorenson ? Murmura-t-il haineusement. Elle le regarda droit dans les yeux, aussi fixement que lui.
- En quoi ça te regarde? demanda-t-elle agacée.
Elle commençait à s'éloigner, quand il la rattrapa par le bras et la força à se tourner.
- Tu te moques de moi ?
- Non, affirma-t-elle en se débarrassant de lui pour s'éloigner de nouveau, autant que l’étroitesse de ce débarras le lui permettait.
- C'est quoi ton problème, Beckett ? Enragea-t-il en la suivant.
- Je n'ai aucun problème! Répliqua-t-elle en se retournant pour lui faire face.
- Oh, vraiment ? Tu couches avec moi, mais tu vas retourner avec l’autre là ?
- Tu as oublié ta brioche au beurre?
- Ma brioche au b...? Répéta-t-il en comprenant soudain où elle voulait en venir.
- On ne s'est rien promis! Si je veux sortir avec Sorenson, je suis en droit de le faire! Mais ne t'en fais pas, notre petit jeu s'arrêtera là!
- Bien! Sors avec lui! Sois heureuse!
Il se pencha vers elle et posa ses lèvres contre les siennes, l'entraînant dans un baiser doux, tendre, aimant.
- Souviens-toi seulement de ça, murmura-t-il en rompant le baiser, avant de s'éloigner.
Elle lui attrapa le bras et le força à se retourner, puis, sans préambule, plaqua ses lèvres contre les siennes. Son baiser à elle était plus brutal, plus passionné. Il y répondit après quelques secondes, avec autant de fougue, la plaquant contre le mur. Collant leurs bassins, dévoilant l'effet qu'elle lui faisait.
- Je ne sors pas avec Sorenson, avoua-t-elle entre deux baisers.
- Ah non?...
- Non. C'est lui qui m'a embrassée... Une seule fois... Sourit-elle.
- Ah oui ?
- Oui. Tu es le seul.
- Le seul quoi ?
- Le seul que je veux embrasser, le seul que je veux avoir à mes côtés… Le seul avec qui je veux faire un bout de chemin et voir où ça nous mène… avoua-t-elle en rougissant.
- Je croyais qu’on ne s’était rien promis, dit-il en répétant ses paroles.
- Je croyais que tu me faisais confiance, j’étais fâchée que ça ne soit pas le cas. Il a tout juste posé ses lèvres sur les miennes, j’étais surprise… Je n’ai pas eu le temps de le repousser, tu étais déjà là.
- Oh…
Il sembla réfléchir un instant.
- C'est un type bien. Mais, ça n'aurait pas fonctionné, sourit Castle contre ses lèvres.
- Sans blague ?
- C'est sûr. Bel homme, la mâchoire carrée, droit dans ses bottes, murmura-t-il en embrassant doucement son oreille.
- Et c'est pas bien tout ça ?
- C'est toi en masculin ! Le Yin a besoin du Yang, pas d'un autre Yin ! Yin-Yang, c'est l'harmonie; yin-yin c'est... le nom d'un panda !
- D'autres maximes, Obi-Wan ? Demanda-t-elle alors que les lèvres de l'écrivain s'approchaient des siennes.
- Non... Je n'ai... Plus vraiment... Envie... De parler, répondit-il tout en déposant de tendres baisers sur le visage de Beckett.
Il l'embrassa de plus belle, sa rage s'étant muée en une sorte de désir incontrôlable. Leurs mains parcouraient l'autre avec ferveur. Cheveux, visage, poitrine, hanches. Bientôt, le chemisier de Kate glissa hors de son pantalon, elle sentait les mains chaudes de Rick sur son ventre, ses côtes, son dos. Elle se délectait de ses caresses, de sa peau si douce. Elle fit glisser ses mains sur le visage de son amant, sentant la peau tendre presque piquante d'une légère barbe qui commençait à pousser.
Plus rien n'existait en dehors de son désir de lui, elle en oubliait même qu'elle était au poste. Il commença à défaire quelques boutons de son chemisier et plaça ses lèvres sur son cou.
- Castle, gémit-elle en penchant la tête pour lui faciliter l'accès. Encouragé par ses gémissements, il suçota son cou, tandis que ses mains déboutonnaient activement son jean.
- Rick... Murmura-t-elle en se laissant envahir par le plaisir. Ses mains se frayèrent un chemin dans son pantalon, ses doigts jouaient avec sa culotte, puis glissèrent à l'intérieur.
- Mais enfin où est passé Beckett?! Fit la voix forte d'Esposito qui passait dans le couloir.
Ils se figèrent, retenant leurs respirations. Ils étaient si proches l'un de l'autre, que Castle pouvait aisément s'enivrer de son parfum de cerise.
- Qu'est ce que tu crois qu'elle ferait ici? Demanda la voix de Ryan. Il n'y a qu'un débarras où les agents d'entretien stockent leur matériel et leurs produits... Si tu veux mon avis, elle est rentrée chez elle pour se reposer.
- Il est à peine dix-sept heures! C'est de Beckett, qu'on parle là! Contra Esposito.
- Il y a un début à tout. Qui aurait pu croire qu'elle finirait par supporter la présence quotidienne de Castle dans ses pattes? Et si tu veux mon avis, on devrait en profiter pour rentrer chez nous, nous aussi!
- Ouais, t'as raison! Quand le chat n'est pas là...
Castle dut retenir Kate, qui était déjà prête à sortir du placard pour sermonner ses deux collègues. Il patienta quelques instants, afin d'être certain que les deux lieutenants soient répartis, puis retira sa main de la bouche de Beckett.
- J’y crois pas! Quels tire-au-flanc! Grommela-t-elle en posant la main sur la poignée de la porte du placard.
-Tu devrais peut être réajuster ta tenue, suggéra Castle.
Elle baissa les yeux sur sa chemise ouverte et son pantalon déboutonné et rougit, ça avait fortement dérapé, cette fois. Elle effleura, du bout des doigts, l'endroit de son cou que Castle avait suçoté quelques minutes auparavant.
- Ça va laisser une marque. Je suis bonne pour porter des cols roulés et de foulards pendant plusieurs jours, remarqua-t-elle. Ils se regardèrent dans les yeux, puis éclatèrent de rire.
- Je vais y retourner, fit Kate après avoir remis de l’ordre dans sa tenue. Attends quelques temps, avant de sortir d'ici.
- Quoi?! Tu veux que je reste ici?! Mais je vais m'ennuyer, moi!
- T'as ton téléphone?! Tu n'as qu'à jouer un peu! Fit-elle en quittant la pièce.
- sorcière! Grommela-t-il en sortant son portable.