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Jeunesse et protection des mineurs
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Série : Castle
Création : 25.01.2014 à 16h20
Auteur : Minefuji
Statut : Terminée
« Une idée, qui me trottait dans la tête depuis un moment : et s'ils avaient fait ça il y a quatre ans... J'espère que ça vous plaira. » Minefuji
Cette fanfic compte déjà 152 paragraphes
Chapitre onze.
Émergeant doucement des brumes du sommeil, Castle savourait la douce chaleur des premiers rayons du soleil qui caressaient sa peau. Il étendit un peu le bras et constata qu'il était seul dans le lit. Il se tourna sur le dos en s'étirant doucement et son regard tomba sur elle.
Silencieuse, elle terminait de se préparer. Elle ouvrit un coffre, dont elle sortit la montre de son père et la bague de sa mère. Il l'avait déjà vue se préparer plusieurs fois, toujours le même rituel. Chaque matin elle repensait à cette affreuse journée où un monstre lui avait arraché sa mère et ses perspectives d'avenir. Il aurait tellement aimé pouvoir lui apporter des réponses, comme elle s'évertuait à apporter des réponses aux familles des victimes.
- Hey! Fit-elle en s'apercevant qu'il était réveillé.
- Hey! Répondit-il sur le même ton.
- Bien dormi?
- Comme un bébé, sourit-il. Tu allais partir?
- Pas encore, j'allais me rendre au Starbuck pour ramener le petit déjeuner, expliqua-t-elle. - Tu aurais dû me réveiller, j'y serais allé...
- Tu es mon invité, je peux bien faire ça pour toi, non?
- Je suis un peu plus qu'un invité, non? Elle le regarda avec un petit sourire amusé.
- Ouais... T'es un peu plus qu'un invité...reconnut-elle en s'approchant de lui pour l'embrasser tendrement.
- J'aime mieux ça, fit-il en l'enlaçant.
Elle quitta la pièce sous le regard attendri de Castle, qui soupira d'aise. Il tourna la tête vers la table de chevet, sur laquelle se trouvait un cadre photo. Elle devait remonter au moins à une dizaine d'année. La jeune Kate Beckett y souriait entourée de ses parents. Jamais encore il ne lui avait connu ce sourire. Il garda le regard posé sur la photo un instant, puis se décida et attrapa son téléphone portable.
- Murray? Salut, c'est Castle.
- ....
- Ouais je vais bien. Dis-moi, j'aurais besoin de tes services... Quoi? Non je ne vais pas encore tuer mon personnage principal, non crois-moi celui-là, je n'ai pas l'intention de m'en débarrasser avant très longtemps et même si un jour je le mets au placard, ce sera avec une retraite paisible et dorée. Tu peux passer au loft, disons, dans deux heures? Oui? Parfait! À tout à l'heure.
Il fila sous la douche souriant comme un gamin et s'habilla. Beckett revint peu après, les bras chargé du petit déjeuner.
- Tu as l'intention de nourrir un ogre? Demanda-t-il en venant à son secours.
- Non, juste toi, sourit-elle.
- Hé! Oh! Je ne mange pas tant que ça!
- Seulement le triple de mes rations.
- C'est toi qui ne mange quasiment rien! Elle rit en installant la table du petit déjeuner.
- Tu vas passer au poste aujourd'hui, ou la paperasse te rebute toujours autant?
- Ce serait plutôt la deuxième solution! D’ailleurs, je dois passer au loft, il faut bien que j'avance dans mon roman.
- C'est vrai. Tu as bientôt terminé? Demanda-t-elle intriguée.
- Il me reste trois chapitres à revoir et ma maison d'édition aura le feu vert pour le lancer.
- C'est génial, mentit-elle angoissée à l'idée de voir leur petit partenariat se terminer.
Il ne vit pas son trouble, trop occupé à penser à son rendez-vous avec le docteur Murray. Ils quittèrent l'appartement de Beckett ensemble et se séparèrent sur le trottoir comme n'importe quel couple.
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- Une femme poignardée ? Fit Murray en découvrant la raison de l'appel de son ami. Ce n'est pas un peu banal pour toi ? Généralement, tu préfères savoir ce qui se passe quand on met une tête dans un micro-ondes.
- Oui mais cette fois, ça n’a rien de fictif, expliqua Castle en lui tendant le dossier de Johanna Beckett. La victime est la mère du lieutenant que je vois pour mon livre. L’affaire remonte à dix ans. Comme dans cette ville, c’est toi le meilleur légiste, tu peux voir ce qu’ils n’ont pas repéré.
- Tu sais que la réalité et la fiction sont différentes. Les chances de trouver un assassin après dix ans sont…
- ...infimes. Oui je sais. Mais j’apprécierais que tu jettes un coup d’œil
- Je ferais ce que je pourrais. Je ne voudrais surtout pas faire de promesses que je ne puisse tenir.
- Bien sur que non.
Il raccompagna son ami jusqu'à la porte, Martha arriva dans la pièce au moment où ils se séparaient.
- Au revoir, salua l'écrivain.
- Je t’appelle dès que possible, promis le légiste.
- Oui merci, répondit Castle en refermant la porte.
- Que faisait le docteur Mort ici ? Demanda Martha.
- Une petite consultation, répondit-il évasif.
- Selon moi, tu es en train d’enquêter sur le meurtre de la mère de Beckett...
- Faut-il toujours que tu m’espionnes Mère ?
- Oh non je n’espionnais pas. Je passais juste devant ton bureau et j’habite ici moi aussi.
- Ouais, je me rappelle...
- Sait-elle que tu mets ton nez là dedans et que tu mènes ton enquête ?
- A quoi ça sert de lui dire tant que je n’ai pas d’éléments nouveaux ?
- Eh bien, tu ne trouves pas que tu t’immisces dans sa vie privée ?
- Je ne vais pas farfouiller dans ses sous-vêtements, je mène une enquête sur le meurtre de sa mère !
- Tu déterres un peu son passé chéri, et sans sa permission. Alors, mets la au courant ou abandonnes. Tu joues à un jeu dangereux, crois-moi!
Alexis était arrivée à ce moment là, excitée comme une puce à l'idée d'aller au bal de fin d'année avec Owen, son petit ami. Le bonheur qu'il avait ressenti avait été de courte durée, sa mère lui ayant bien vite rappelé qu'il ne connaissait absolument pas ce garçon. Puis Beckett l'avait appelé pour une nouvelle affaire, elle avait bien entendu refusé de dépenser l'argent du contribuable pour mener une enquête sur cet Owen.
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- Dis, j'ai une question, je peux ? Commença-t-il alors qu'ils étaient seuls dans les locaux du prescinct.
- Depuis quand tu demandes la permission avant d'en poser une ?
- C'est à propos de ta mère, expliqua-t-il ce qui surprit la jeune femme. Tu as déjà pensé à rouvrir l'enquête?
- Mais qu'est-ce que tu fais ?
- Rien, je pense que si on travaillait ensemble...
- ... Non ! Trancha-t-elle.
- J'ai de nombreuses relations.
- Ce n'est en aucun cas ton problème Castle. Si tu touches à ce dossier, je ne veux plus te voir. Est-ce que c'est clair ?
Elle était visiblement très contrariée et il sentit que cette menace n’était pas faite en l’air comme les autres fois.
- D'accord. Pourquoi ne pas rouvrir cette enquête ?
- Pour la même raison qui empêche un ancien alcoolique de boire. Tu crois que je ne l'ai pas déjà fait, tu crois que je n'ai pas mémorisé chacune des lignes qu'il y a dans ce dossier ? Mes 3 premières années dans la police, dès que je n'étais pas de service, que j'avais un moment de libre, je me mettais à chercher un élément qu'on aurait pu manquer. Après 1 an de thérapie, j'ai compris que si je ne laissais pas tomber, ça me détruirait entièrement. Alors j'ai laissé tomber.
- Désolé, je n'étais pas au courant.
- Eh bien maintenant tu l'es, fit-elle en s'éloignant de lui comme s'il l'avait brûlée.
Une angoisse sourde s’empara de lui, il voulait lui apporter des réponses, l’aider à rendre justice à sa mère et chasser les fantômes qui la hantaient, mais il ne s’était pas imaginé que cela risquait de lui coûter sa relation avec elle. Serait-il seulement capable d’en payer le prix ?
Il s’était concentré sur l’enquête, pour ne plus y penser, peut être que Murray ne trouverait rien de concluant et qu’elle n’en saurait jamais rien. L’enquête les avait amenés à s’intéresser à la mafia et en particulier à un témoin sous protection du FBI. L’idée d’avoir à nouveau affaire à l’ex de Beckett n’enchantait guère l’écrivain.
- Si tu veux qu'un type soit loyal, ce n’est pas une bonne idée de le surnommer la balance ! fit la voix de Ryan, le sortant de ses pensées.
- D'accord, donc on commence par creuser un peu du côté de ceux qui composent cette famille, annonça Beckett.
- Ouais, et pendant qu'on y est on a qu'à se taper la tête dans les murs en béton, pour rigoler un petit peu ! Ricana l’irlandais.
- Les professionnels sont les plus durs à coincer, parce que l'anonymat de ce genre de meurtre fait que les règles de base comme le mobile ou les liens avec la victime n'existent pas, expliqua Esposito.
- On doit parler à Moran. Essayer de voir ce qu'il sait, dit-elle.
- Ouais, acquiesça le latino.
- Qu'est-ce qui vous fait croire que Dure à cuire va coopérer avec vous maintenant ? demanda Castle.
- Vous avez vos sources, j'ai les miennes ! Sourit mystérieusement Beckett.
- Ce n'est pas votre ex petit ami, monsieur FBI ?! Grand, maussade et plein de jugements, fit l’écrivain.
- Eh bien si, en fait, c'est lui, ça pose un problème ? demanda Beckett. - Ah non, pas pour moi, mais làencore, ce n'est pas avec moi qu'il aimerait se remettre en ménage, ironisa Castle.
- Tu ne vas pas recommencer avec ça, soupira Beckett.
- Tu as raison ! Je te fais confiance.
- J’aime mieux ça.
Kate attendit quelques temps à leur lieu de rendez-vous.
- Oh, quelle bonne surprise ! Fit Sorenson.
- J'espère que ce sera aussi une bonne surprise, dit-elle en lui offrant un paquet.
- Un beignet ? Je suis donc si prévisible ?
- Peut-être que je te connais trop bien ! On s'est beaucoup vus à une époque.
- Ouais, reconnut-il en lui proposant la moitié de son beignet.
- Oh, non merci. J'ai arrêté moi, j'y touche plus !
- Et comment va ton écrivain ?
- Bien… Attends ! Ce n’est pas mon écrivain !
- Pas la peine de me mentir, Kate, j’ai remarqué la manière dont tu le regardais.
- Oui… euh… Et bien… Bafouilla-t-elle.
- N’empêche que c’est un sacré numéro... Il sait à quel point tu aimes ses bouquins ?
- Il n’est pas question qu'il le sache, l’avertit-elle.
- Tu lui as dit que t'étais prête à attendre des heures pour un exemplaire en édition limitée ? Et que ses livres t'avaient aidée à surmonter le décès de ta mère ? Continua-t-il.
- Y a d'autres choses que tu dois oublier ? demanda-t-elle.
- Toi, je ne peux pas t'oublier, avoua-t-il.
- Tu as su me quitter.
- La plus grosse bêtise de ma vie…
- Will… fit-elle gênée.
- Je sais… Il te rend heureuse ?
- … Oui. Il me rend heureuse, avoua-t-elle.
- Bien. Alors Kate, c'est le moment où tu me demandes d'enfreindre les règles pour t'aider dans ton enquête ?
- Je suis vraiment aussi prévisible ?
- Ben peut-être que je te connais trop bien ! Qu'est-ce que tu veux ?
- Je veux parler à Jimmy Moran.
Sorenson avait accepté, incapable de lui refuser quoique ce soit et ils avaient eu une entrevue avec le témoin. Entrevue qui avait tourné au fiasco.
- Alors ? demanda Ryan alors qu’ils arrivaient au poste.
- Est-ce que les mots "immense désastre", ça t'évoque quelque chose ? demanda Beckett.
- Qu'est-ce qui s'est passé ? fit Esposito.
- On a effrayé le témoin clé des fédéraux à tel point qu'il ne veut plus du tout témoigner, expliqua Castle.
- Ah, c'est tout ?! Le capitaine les rejoignit à cet instant.
- Beckett, le ministre de la justice vient de m'appeler.
- Monsieur, je vais vous expliquer ce que...
- ... Non non, c'est Sorenson. En rentrant à la planque du FBI tout à l'heure avec Moran, un type est passé près d'eux et a ouvert le feu. Il était à l'arrière avec le témoin, ils ont malheureusement été touchés.
Il sembla à Kate que le sol se dérobait sous ses pas, Sorenson avait été blessé et tout était de sa faute.
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Castle observait Beckett de loin, elle semblait prête à exploser. Il ne savait pas s’il devait la laisser tranquille ou s’il devait la rejoindre. La voir aussi triste lui donnait envie de la serrer dans ses bras, de lui dire que tout cela n’était pas de sa faute, que Sorenson s’en sortirait. Mais il avait également envie de plus, avec elle il voulait toujours plus.
Elle se laissa tomber sur une chaise de la salle d’attente et se prit la tête entre les bras. Elle semblait porter tout le poids du monde sur ses épaules en cet instant. Il s’approcha doucement et posa une main amicale sur son épaule, elle ne bougea pas, mais ne le repoussa pas non plus.
- Ce n’est pas ta faute, murmura-t-il.
Elle eut un rire désabusé.
- Tu veux en parler ?
- Il n'y a aucune raison d'en parler, c'est moi qui ai fait le forcing, et c'est moi qui ai entraîné Will dans cette affaire, soupira-t-elle.
- Tu ne pouvais pas savoir que ça se finirait comme ça.
- En es-tu vraiment certain ? Parce qu'ils se sont fait attaquer en repartant du parking, dit-elle.
- Et alors ?
- Alors on nous a suivi, c'est sur. Une personne savait qu'on faisait une enquête, qu'on avait rendez-vous dans ce parking. On les a guidés jusqu'à Moran, donc oui j'aurais du le savoir ! Et si j'étais un meilleur flic, je l'aurais su.
- Tu penses que c'est ta faute ? Oui, tu as fait le forcing. Pas parce que c'est ton travail, mais parce que ça te tient à cœur. Souvent quand les gens se retrouvent face à un mur, ils laissent tomber. Pas toi. Toi, tu continues, tu ne veux pas renoncer. C'est ce qui fait que tu es extraordinaire.
Elle leva enfin son regard vers lui, les larmes ravageaient son visage.
- Je t’assure ! Tu n’es pas responsable ! Continua-t-il. Et pour paraphraser un détective que je connais, ce sont les monstres qui ont fait ça qui le sont.
Elle esquissa un sourire.
- A la bonne heure ! Triompha-t-il.
- Merci Castle, renifla-t-elle.
- Always, sourit-il.
- Ca va aller, firent les gars en arrivant. Il va s'en sortir. Beckett poussa un soupir de soulagement.
- Vous l’aimez, n’est ce pas ? demanda Castle en voyant son sourire.
- Oui, je l’aime, répondit-elle, on a vécu une belle histoire, tous les deux.
- Je vois, fit Castle en baissant la tête.
- Mais c’est du passé, ajouta-t-elle en posant la main sur son bras. Je suis passée à autre chose, désormais.
Il releva aussitôt la tête vers elle et plongea son regard dans le sien, la peur de perdre Sorenson avait fait remonter ses sentiments à la surface, mais cela ne changeait rien pour eux. Il sentit la main de sa muse se poser sur la sienne et leurs doigts s’entremêlèrent tendrement.
Leur enquête terminée, Beckett se rendit au chevet de Sorenson, tandis que Castle fut appelé par Murray.
Le légiste, qui méritait bien sa réputation, avait effectivement trouvé de nouveaux éléments. La mère du lieutenant avait été tuée par un seul coup, précis et fatal. En aucun cas cela aurait pu être l’œuvre de membres d’un gang. Le crime était ciblé. Le légiste avait également trouvé trois autres crimes assez similaires. Il avait réfléchi durant des heures à ce qu’il devait faire de ces révélations. Il avait finalement trouvé conseil auprès de sa mère, et c’est la mort dans l’âme qu’il avait rejoint sa muse pour tout lui avouer. Voir son sourire s’effacer et les larmes inonder ses si beaux yeux avait été un véritable calvaire.
Et puis, comme une sentence de mort, quatre mots : "Allez-vous en Castle."
Chapitre douze.
Tremblante de rage, Beckett se démenait face au sac de sable de la salle de sport depuis plusieurs heures. Aucun de ses collègues n'avait osé venir la déranger, étant donné l'état dans lequel elle se trouvait, tenter de lui parler pouvait s'avérer dangereux.
Esposito se tenait à l'extérieur de la salle, veillant d'un œil fraternel sur elle. Des bruits de pas dans son dos, lui indiquèrent l'arrivée de la personne qu'il avait appelée.
- Salut.
- Comment va-t-elle?
- Elle est furieuse.
- Vous savez ce qu'il s'est passé?
- La rencontre avec le témoin du FBI a mal tourné, Sorenson a été blessé. Elle se sent responsable, parce qu'elle a fait le forcing pour avoir ce rendez-vous...
- Mais Sorenson s'en est sorti...
- Ouais... Peut être qu'elle relâche la pression...
- Ça fait combien de temps qu'elle est là dedans?
- Plus de deux heures... Elle ne s'est pas arrêtée un seul instant, je pensais qu'elle finirait par s'écrouler.
- Je vais la voir.
- Faites attention quand même!
- Ça va, elle ne me fera pas de mal.
Elle entra dans la salle de sport, Kate n'arrêta pas son exercice, bien qu'elle ait senti la présence de son amie.
Connaissant parfaitement la jeune femme, Lanie s'installa sur un banc, pour lui signifier qu'elle était là et qu'elle ne partirait pas tant qu'elle ne serait pas sûre qu'elle allait bien.
Beckett continua à frapper le sac de toutes ses forces, jusqu'à ce que la fatigue rende ses réflexes moins alertes et que le retour du sac de frappe la percute de plein fouet et l'envoie au tapis. Elle ne se releva pas. Allongée sur le dos, les bras en croix, elle tentait de retrouver une respiration normale.
Debout près d'elle, Lanie la regarda un instant, sans sourciller, puis lui tendit une serviette éponge.
Après une seconde de réflexion, Kate l'attrapa et commença à s'essuyer le front.
- Ça va mieux? Demanda Lanie.
- Non, marmonna la détective en déposant la serviette sur son visage.
- Tu veux m'en parler? Fit la légiste en s'asseyant auprès de son amie.
- ...
- Comme tu veux, j'ai tout mon temps, je peux attendre.
- ...
Kate tira légèrement sur la serviette, de manière à faire apparaître son œil droit.
- Bois ça, ça te fera du bien, fit Lanie en lui tendant une bouteille.
Beckett obtempéra sans dire un mot, mais grimaça bien vite.
- Pouahhh... Tu veux me faire vomir?
- J'ai mis du sel dedans, ça aide à la récupération... Et ça a le mérite de te délier la langue, constata la légiste. Alors? Qu'est ce qu'il se passe?
- Castle, soupira Beckett.
- Qu'est ce qu'il a fait?
- Il a fourré son nez dans le dossier de ma mère.
- QUOI?! NON, MAIS DE QUOI IL SE MELE!? S'emporta aussitôt la métisse.
- Ouais...Je lui avais interdit d'y toucher! ...Mais pour qui il se prend?! Ajouta Beckett.
- Un gars sans limite... C'est Castle! Il nous l'a déjà prouvé à de nombreuses reprises!
- Lanie...
- Je sais. Comment l'as-tu appris?
- Il me l'a dit ce matin... J'étais à l'hôpital avec Sorenson...
- Et comment as-tu réagi?
- Je lui ai dit que je ne voulais plus le voir.
- Et pourquoi es-tu dans un tel état?
- J’n’en sais rien!
- Moi, je crois que je le sais, sourit Lanie.
- Tu n'en sais rien du tout! Claqua Beckett.
- Et toi aussi tu le sais, persista Lanie. Ce n'est pas parce que tu ne veux pas le voir que les autres ne le voient pas!
- La ferme! Fit Beckett en quittant la salle sous le regard amusé de la légiste.
~~~~~~~~~~~~~~~
Avachi dans son canapé, un verre de scotch à la main et le regard perdu dans la contemplation de ses pieds, Castle ne remarqua pas l'arrivée de sa mère dans le loft.
Cette dernière remarqua immédiatement l'air apathique de son fils et se douta de la raison de son état. Elle lui avait conseillé de révéler à Beckett, tout ce que le docteur "mort" avait trouvé au sujet du meurtre de Johanna. Apparemment, la jeune femme n'avait pas réagi positivement à son intrusion dans sa vie privée...
- Richard... Commença-t-elle doucement.
- ...
- Richard! Répéta-t-elle sur un ton plus sec.
- Mhm? Oh mère! Tu rentres tôt aujourd'hui!
- Tôt!? Il est dix-neuf heures!
- Déjà?!
- À quelle heure es-tu rentré?
- Euh... Il devait être onze heures et demie... Ou quelque chose comme ça...
- Et tu as bu combien de verres?
- Euh... En fait, c'est le premier, répondit-il en désignant son verre, qu'il avait à peine touché.
- Tu veux dire que tu es resté assis dans ce canapé à regarder tes pieds pendant presque six heures?!
- Il faut croire...
- Oh... Chéri... Elle a mal réagi?
- Elle ne veut plus me voir... Elle ne s'est même pas emportée, elle a seulement encaissé l'information, si tu l'avais vue, j'avais mal pour elle! Elle m'a écouté jusqu'au bout et m'a ordonné de sortir de sa vie.
- Trésor...
- Je pensais qu'elle serait fâchée, mais que ces nouvelles informations lui feraient plaisir! Je pensais qu'on reprendrait cette affaire ensemble... Que ça la libérerait de son passé!
- Tu savais qu'elle ne voulait pas que tu fourres ton nez là-dedans! Tu savais les risques que tu prenais en allant contre son gré.
- Mais tout ce que je voulais, c'était l'aider!
- Kate Beckett n'a pas besoin de ton aide! C'est une vraie femme et le fait que vous ayez une aventure, ne te donnait pas le droit de faire ça!
- Mais c'est toi qui m’as dit de... Eh! Comment sais-tu?!
- Oh je t'en prie! Les mères sentent ces choses là! Je le sais depuis la fin de votre première enquête et que tu as passé la nuit dehors!
- Il ne faut surtout pas en parler!
- Tu me connais!
- Justement! Ricana l'écrivain. Et si tu le savais, pourquoi m'as-tu incité à lui dire la vérité, alors que tu savais ce que ça me coûterait?!
- Et qu'est ce que ça te coûte? Une aventure sans lendemain? Ou c'est plus que ça?
- Je...
- Quoi? Je te connais bien, mon fils et la seule fois où je t'ai vu dans cet état, tu venais de perdre Kyra Blain!
- Je l'aime! Avoua Castle.
- Tu le lui as dit?
- Non...
- Pourquoi?
- Elle... Elle est si sauvage, si à fleur de peau! J'ai peur de la faire fuir...
- Quelle idée!
- Elle est insaisissable! Elle ne veut pas parler de ce qu'on vit, elle ne veut pas que les autres le sachent... Je ne sais pas vraiment sur quel pied danser, avec elle.
- Une pareille histoire risque de te briser le cœur! Il est sans doute préférable qu'elle s'arrête là.
- Mais si je ne suis pas prêt à ce que ça s'arrête? Si je ne pouvais déjà plus me passer de sa présence?
- Dans ce cas, mon fils, tu es dans un beau pétrin!
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Bob, le maire de New York, avait, une fois encore été d'une aide précieuse pour Castle en lui permettant de faire un reportage et une séance photo dans les locaux du 12th, au grand dam de Beckett.
Bouillonnant intérieurement, elle avait cependant joué le jeu et avait répondu poliment aux questions de la journaliste.
- Ravi de vous connaître ! Fit Ryan à l'adresse d'un des mannequins. Faudrait faire des photos ici plus souvent.
- Euh, pourquoi vous mettez jamais un uniforme pareil ? Demanda Esposito à Beckett qui se servait un café.
- Parce que je ne veux pas être payée en liquide ! répondit-elle provoquant l’hilarité de ses collègues.
- Salut, fit la voix de Castle, provoquant chez Beckett quelques frissons bien malgré elle.
- Oh, euh on n’a pas un truc à faire ? Lança Ryan à son collègue.
- Non.
- Si tu sais, le truc avec le gars, insista l’irlandais.
- Oh c'est vrai, le truc avec le gars !
- Oui, excusez nous hein ! Dit Ryan en entraînant Esposito.
- Je voulais que vous sachiez que je n'ai rien à voir avec tout ça. C'était une idée du magazine, et puis le maire trouvait ça bien pour l'image de la police, expliqua Castle.
- Tu n'as rien à expliquer.
- C'est vrai ?
- C'est vrai, oui. Là je m'en moque totalement. Maintenant excuse-moi, j'ai une interview à terminer Castle.
- Attends une seconde, qu'est-ce que j'ai fait de si mal ?
- La seule chose que je t’avais dit de ne pas faire.
- D'accord, de ne pas ressortir le dossier de ta mère, mais j'ai fait une découverte.
- Aucune importance, ta découverte, j'ai tourné la page depuis très longtemps maintenant. On peut reprendre l'interview, c'est bon, expliqua-t-elle à la journaliste.
- Vous allez devoir remettre ça, on a un mort, fit Esposito en les rejoignant.
- Désolée de vous abandonner Amy, dit Beckett à la journaliste.
- Oh vous voulez rire, c'est magnifique ! Voir enfin Castle en action, nos lecteurs vont être ravis !
- On ne voudrait pas décevoir vos lecteurs, n'est-ce pas lieutenant ? Sourit le capitaine devant la tête figée de Beckett.
Castle n'avait pas laissé le choix à sa muse et l'avait suivie dans sa voiture, elle ne décrocha pas un mot durant tout le trajet, elle était coriace.
- Hey ! attends, on peut en parler ? Insista-t-il alors qu'elle filait vers la scène de crime.
- Y a rien à dire de plus.
- Bon alors dites moi au moins comment me faire pardonner ?
- En me laissant un peu tranquille !
- Oui et bien j'ai essayé, et ça n'a rien fait. Et si je te payais un poney ?
- Ferme- là Castle, je vais bosser OK ?
- Castle, qu'est-ce que vous faites ici ? S'étonna Lanie en le voyant arriver derrière Beckett.
- T'en fais pas, on n’est pas réconciliés ! Cria son amie, qui s'empressa de se débarrasser de Castle en l'envoyant avec la journaliste continuer leur reportage à la morgue.
*********************
Beckett venait de sortir de l'immeuble voisin de la scène de crime, dont elle avait interrogé tous les occupants, lorsque son téléphone sonna.
- Beckett!
- Kate, c'est Lanie.
- Lanie? Qu'est ce qu'il se passe? Tu as déjà trouvé quelque chose? S'étonna Beckett.
- Non chérie, on a eu un problème sur le chemin de la morgue...
- Un problème?
- On a été braqués, ils nous ont pris le corps!
- ...
Les mots de Lanie résonnaient dans sa tête. L'angoisse lui nouait la gorge, avait-il été blessé?
- Castle va bien, fit la voix de Lanie semblant entendre les pensées de son amie.
- C'est vrai? Demanda Beckett en respirant de nouveau.
- Oui, si son cerveau est amoché, ça ne date pas de ce soir et il s'est probablement fait ça tout seul... Ça va?
- Oui, euh... Je préviens les gars et on arrive...
- Il va bien, répéta Lanie pour être certaine que l'information était bien parvenue à son amie.
- Merci Lanie.
Beckett raccrocha et parvint enfin à bouger. Elle allait prévenir les gars et retourner au poste, peut être que Castle serait encore là. Il fallait qu'elle le voie, qu'elle s'assure par elle même qu'il allait bien.
Il lui adressa un grand signe de la main, lorsqu'il la vit sortir de l'ascenseur et elle respira de nouveau normalement. Elle allait lui rendre son sourire, mais se rendit compte qu'ils étaient au poste et remit son masque de froideur.
- J’n’arrive pas à comprendre, qui volerait un macabée ? Demanda Esposito.
- Oh mais plein de monde ! Ca peut être des trafiquants d'organes, des étudiants en médecine, des satanistes, ou bien des savants fous qui veulent créer leur monstre, commença Castle.
- Ceux qui l'ont tué ont laissé des indices compromettants peut-être ? Énonça Beckett.
- C’n’est pas vendeur ! Pourquoi pas un espion ayant avalé un truc top secret, un microchip, et que l'ennemi a bien été obligé de supprimer avant que la CIA réussisse à l'attraper, échafauda l'écrivain.
- Bien que l'on apprécie tous ici vos théories incroyablement perspicaces, la petite journaliste n'est plus là, alors vous pouvez rentrer chez vous maintenant ! Dit Beckett en plantant son regard dans celui de Castle sous le regard amusé des autres.
- Rentrer ? Mais non ! Non ! Non ! Non ! Non ! Cette affaire devient très intéressante, et je suis même un témoin, contra-t-il.
- Très bien, je vous laisse bosser sur cette nouvelle enquête avec moi, si vous me promettez de me laisser tranquille quand ce sera fini et de ne plus jamais revenir ici, proposa la détective.
- D'accord. Mais je vous préviens lieutenant, je vais vous faire changer d'avis, répliqua Rick avec son sourire charmeur.
Elle était à deux doigts de l'étriper pour son arrogance ou de l'embrasser pour son sex à peal.
- Même pas en rêve ! Parvint-elle à répondre au prix d'un énorme effort de self contrôle.
- Vous verrez, promit-il. Prochaine étape, la famille de la victime ?
- T'as gagné, elle l'a repris ! Fit Ryan en tendant un billet à Esposito.
*********************
- Alors, elle t'a pardonné ? Demanda Martha alors que Castle venait de rentrer.
- Pas exactement, mais j'y travaille. Elle a toutefois accepté mon aide pour l'enquête.
- Et ben ça c'est déjà un bon début.
- C'est plus qu'un début, c'est une opportunité. Elle a construit un mur entre nous, mais moi je vais faire une porte dans ce mur. Ou poser une échelle, ou creuser un trou.
- Tu as une stratégie ?
- Me montrer aussi charmant qu'avant.
- Hm hm. Tu n'as pas de plan B ?
Martha avait raison, il aurait dû prévoir un plan B, parce que bien que Beckett ait semblé moins fâchée, bien qu'elle ait pris de gros risques pour lui sauver la vie alors qu'il était entre les mains du russe tatoué, elle ne se gêna pas pour lui rappeler que ce qu'il avait fait était une trahison et que tous ses arguments étaient vains. Tout était fini.
L'étage des bureaux était désert, mais elle était toujours là. Elle ne pouvait se résoudre à rentrer chez elle, car une fois là-bas, ça deviendrait réel. Au moment où elle quitterait son siège, leur histoire serait finie, alors elle en reculait l'échéance. Elle resterait là jusqu'à ce que sa vessie ne l'oblige à bouger. Pourquoi fallait-il qu'elle soit si entêtée? Pourquoi fallait-il qu'il fasse comme si c'était sans importance, comme si elle, elle exagérait? Pourquoi devait-il toujours tout justifier ?
Elle entendit des bruits de pas s'approcher d'elle, mais ne releva pas la tête, elle savait qui était là, elle reconnaîtrait cette présence entre mille.
- Bonsoir... Commença-t-il. Je suis désolé. J'ai mal agi envers toi, j'ai abusé de ta confiance. J'ai ouvert de vieilles blessures et je n'ai pas respecté tes souhaits. Et si jamais on doit en rester là, je tiens à ce que tu saches que... je suis vraiment, vraiment désolé.
- ...
Elle avait tourné son regard vers son dossier, ne lui adressant aucune parole. Il avait attendu quelques secondes après la fin de sa tirade, puis avait fait demi-tour et était parti le cœur lourd, jusqu'au moment où il entendit de nouveau sa merveilleuse voix.
- Castle ? On se voit demain.
Il aurait voulu bondir, comme son cœur venait de le faire à l'entente de ces mots, mais il s'abstint et se contenta de sourire doucement.
Elle tenta de reprendre son travail, mais quand au bout de dix minutes, elle constata qu'elle n'avait pas écrit plus de trois mots, elle se redressa en soupirant. Elle regarda autour d'elle, les locaux étaient déserts, tout le monde était rentré chez lui depuis bien longtemps déjà. Alors, elle décida qu'elle ferait bien d'en faire autant. Elle rassembla ses affaires et quitta le poste. Une fois sur le trottoir, elle remarqua un taxi, garé à l'angle de la rue, il semblait l'attendre. Elle s'approcha du véhicule et roula des yeux en découvrant son passager.
- Castle! Qu'est ce que tu fais encore ici? Demanda-t-elle en ouvrant la portière.
- Je t'attendais, je suis toujours partant pour le poney!
- Qu'est ce que tu cherches?! Je t'ai pardonné, tu peux continuer à venir, alors quoi?
- Je voulais t'emmener faire un tour.
- Je suis crevée, Castle.
- Je peux dormir dans ton lit? Fit-il avec son air de gamin.
- Je rentre chez moi, ramène le repas et le vin.
- Je serai là dans vingt minutes!
Vingt minutes plus tard, Beckett sortait de sa salle de bain douchée et vêtue d'une tenue décontractée. Elle alluma sa chaîne hi fi et s'installa dans son canapé, prête à se laisser bercer par la musique, quand quelques coups frappés à sa porte lui annoncèrent l'arrivée de Castle.
Elle sourit, mais s'empressa de remettre son masque de froideur en se dirigeant vers la porte. Elle fut surprise de trouver devant sa porte un jeune homme en tenue de groom, poussant devant lui un chariot digne de ceux du room service d'un hôtel cinq étoiles.
- Mademoiselle, puis-je? Demanda-t-il en désignant son salon.
Elle se poussa et le laissa entrer, trop abasourdie pour dire quoi que ce soit.
Le groom installa son chariot près de sa table, sortit du sac qu'il avait sur le dos une nappe, des chandelles, des assiettes, des verres, ainsi que des couverts, qu'il installa avec goût sur la table.
Un bruit de pas dans le couloir, incita Kate à se retourner. L'énorme bouquet de fleurs sur pattes qui apparu dans son champ de vision, lui arracha un sourire et lorsque la tête de Rick apparut au milieu d'elles avec un air désolé, elle éclata de rire.
- Qu'est ce que c'est que tout ça, Castle? Demanda-t-elle en riant.
- Un dîner pour deux, aux chandelles, je sais que j'ai mal agi et je t'en demande encore pardon...
- Tu n'avais pas besoin de faire ça, sourit-elle en s'approchant de lui pour le débarrasser de son bouquet de fleurs.
- Je sais... Mais je voulais le faire.
- Tout est prêt, monsieur Castle, fit le groom en se tournant vers eux.
- Cédric, vous êtes parfait, le remercia Castle en lui glissant un billet dans la main.
- Je passerai reprendre les affaires demain vers midi, ça ira?
- Je ... Commença Castle en se tournant vers Beckett.
- Monsieur Castle se fera un plaisir de tout vous ramener demain, je ne suis pas certaine que le boulot me laissera le loisir d'être chez moi à midi et je ne veux pas laisser à Castle l'opportunité de passer la matinée chez moi et de farfouiller dans mes trucs, répliqua le détective.
- Hey! S'offusqua l'écrivain.
- Ose prétendre que tu resterais assis sur ce canapé à attendre sagement l'arrivée de Cédric, sans toucher à quoique ce soit! Menaça-t-elle.
- Touché... Mais je te signale que j’ai déjà touché à tes … trucs…
- Et certains trucs restent top secrets, Castle. Ne l’oublie pas !
Cédric quitta l'appartement amusé par ce spectacle. Une fois qu'ils furent seuls, Rick invita Beckett à prendre place à la table et commença à servir le champagne.
- Alors?... Demanda-t-il.
- Tu n'étais vraiment pas obligé, tu sais?
- Ah non? Fit-il en s'approchant d'elle.
- Non, répondit elle en passant ses bras autour de son cou.
- Je voulais tellement que tu me pardonnes, je me suis rendu compte que j'avais vraiment agi comme un idiot et...
- Tu m'as eue sur ton bonsoir, le coupa-t-elle en posant ses lèvres contre les siennes.
- Je t'ai eue... ?
- Tu avais l'air si perdu, si peu sûr de toi... Que quand tu m'as dit bonsoir, je savais déjà que je ne pouvais que te pardonner.
- Tu es en train de me dire que j'aurais pu économiser... Aïeuuh!
- Ne ruine pas ce moment avec tes plaisanteries! Avertit-elle en lui lâchant l'oreille.
- Ok! Pardon, fit-il en se massant l’oreille.
- J'aime mieux ça, sourit-elle.
- Tu sais, j'avais prévu un plan B, si celui là n'avait pas marché, sourit-il.
Avertissement : Chapitre Kinky, classé XSSSSSSS sur l’échelle de Marlowe. Vous êtes prévenus. ^^
Les mineurs, revenez plus tard, ce qui n’aiment pas ça, ne lisez-pas, les autres, faites vous plaisir. ;)
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Chapitre treize.
- Tu sais, j'avais prévu un plan B, si celui là n'avait pas marché, sourit-il.
- Ah oui?
- Oui, un super plan, tu aurais été obligée de me pardonner avec un tel plan!
- Tu crois vraiment que tu aurais pu me faire céder à coup sûr?
- Sûr et certain!
- J'ai bien envie de te reprendre mon pardon pour voir ce fameux plan B...
- Tu l'auras voulu, lâcha-t-il en se penchant vers elle.
Il écarta le col de son chemisier et vint poser ses lèvres entre son cou et son épaule, déposant un baiser dans le creux de sa clavicule. Ses mains glissaient sur ses hanches, elle ferma les yeux et pencha un peu la tête sur le côté.
Il traça un chemin de baisers le long de son cou, son menton, pour arriver sur ses lèvres. Il mordilla doucement celle du bas, elle céda et ouvrit la bouche.
Elle ne se fit pas prier pour se laisser entraîner dans un baiser langoureux, torride, même. Les mains de l'écrivain poursuivaient leur ouvrage et s'appliquaient désormais à déboutonner son chemisier, lui arrachant des gémissements d'impatience. Elle avait envie de lui et surtout elle avait besoin de lui, avec lui, elle avait envie de se sentir vivante à nouveau. Il était une drogue, son contact, son odeur, le goût de sa peau, tout lui était vital.
Il la souleva du sol, elle enroula ses jambes autour de son bassin, se meulant davantage contre lui. Il l'emmena jusqu'à la chambre et la posa délicatement sur son lit, sans détacher son regard du sien. Il pourrait se noyer dans ses prunelles, surtout quand elles exprimaient ce qu’elles exprimaient à cet instant: du désir, voire peut être de l'amour.
Sa main remonta sur ses côtes, pour arriver sur son sein qu'il commença à caresser à travers l'étoffe fine et soyeuse de son soutien-gorge. Elle caressa tendrement la nuque de Rick et joua doucement avec ses cheveux, tandis qu'il suivait du bout des doigts la dentelle qui recouvrait son sein.
- Castle, souffla-t-elle.
- C'est marrant comme tu peux te montrer impatiente, sourit-il.
Sans le quitter des yeux, elle retira ses chaussures à l'aide de ses pieds et les envoya à l'autre bout de la pièce.
Lentement, s'amusant des soupirs d'impatience de sa muse, il fit glisser son pantalon le long de ses jambes, dévoilant les petits lapins qui ornaient sa culotte.
- Bunny a amené des copines, on dirait, sourit-il.
Elle sentit le rouge lui monter aux joues et leva les yeux au ciel.
- J'aime quand tu rougis.
Il s'empara de ses lèvres et l'entraîna dans un baiser passionné, ses mains repartant en balade sur sa poitrine.
-Tu es toujours fâchée ? Demanda-t-il en relevant légèrement la tête.
Elle hocha doucement la tête, ne voulant pas s´avouer vaincue trop vite. Il sourit de nouveau, son regard brûlant de désir, sa respiration rapide et ses joues rougies, il était évident qu'elle était encore fâchée.
Ses mains glissèrent sur son ventre musclé et atteignirent bientôt l'élastique de sa culotte. Anticipant sur la suite des événements, elle attrapa les coins de l'oreiller entre ses doigts. Il déposa quelques baisers sur son nombril, elle inspira et les muscles de son ventre se tendirent automatiquement.
- Rick... Gémit-elle.
Elle gémit encore quand le bout de ses doigts glissa vers ses cuisses et qu'elle sentit ses lèvres continuer leur chemin vers son le bas de son ventre. Il embrassa l'intérieur de sa cuisse tout en jetant un œil dans sa direction, doucement il fit passer ses pouces sous l'élastique de sa culotte de chaque côté de son bassin. Il glissa ses mains sous son fessier divin, lui intimant de relever le bassin, et fit descendre la culotte le long de ses jambes fuselées.
- Tu réclames Bunny, mais tu ne perds pas de temps pour l'envoyer voir ailleurs.
- T'en fais pas pour elle, je la garde avec moi, sourit-il en la rangeant dans la poche arrière de son jean.
Reprenant sa place dans le creux de cuisse, il recommença ses baisers. Elle dût se mordre la lèvre pour étouffer ses gémissements. Le souffle de Rick sur son entre-jambe allait la rendre folle. Il prenait un malin plaisir à la faire languir. Elle laissa échapper un léger soupir, pour lui faire comprendre que s'il n'agissait pas, elle ne répondrait plus de rien.
Elle ne put contenir son cri de plaisir lorsqu'il accéda à sa demande silencieuse. Elle agrippa les draps tandis que son sang affluait vers ses joues. Son corps s'arqua sous la vague de plaisir que la bouche de Rick lui procurait.
- Castle...
Elle ne reconnaissait même plus sa voix, qui n'était même plus un murmure. Elle voulait se fondre en lui, ne faire plus qu'un avec lui. Elle ne parvenait plus à avoir une pensée cohérente, seuls ses sens la dirigeaient, soulevant légèrement son bassin pour le rapprocher un peu plus du visage de son amant.
Elle avait presque arraché les draps lorsqu'il avait entré un doigt en elle et commencé à le mouvoir. Une vague de chaleur l'envahit, partant du bas ventre jusqu'à la racine de ses cheveux.
Tout son être n'était plus que sensations de plaisir, elle ne réfléchissait plus, plus rien n'existait en-dehors de cette chambre.
Ses gémissements répondaient à cette langue et à ce doigt qui jouaient avec elle comme un musicien avec son instrument. Quand un second doigt se joignit au premier, son corps s'arqua et ses yeux se fermèrent, elle oscillait entre l'envie de rire, de crier et de pleurer.
Et soudain elle cria son plaisir dévastée par une puissante jouissance.
Il continuait de l'embrasser tendrement, lui laissant le temps de retrouver ses esprits. Sa respiration était saccadée, ses veines palpitaient, son corps était un peu engourdi, elle ferma les yeux, cherchant à reprendre pied avec la réalité.
Rick remonta doucement le long de son ventre, vint embrasser le creux entre ses seins. Elle posa ses mains en coupe sur son visage et l'entraîna jusqu'au sien, pour l'embrasser.
- Je suis pardonné? Demanda-t-il.
Elle pencha la tête sur le côté, semblant réfléchir, puis glissa une main vers le pantalon de son amant, dans lequel il était visiblement très à l'étroit. Un sourire naquit sur son visage.
- Ton plan comporte encore quelques étapes, non?
- Gourmande, va !
Il gémit lorsqu'elle fit sauter les boutons de son jean, le libérant de sa prison de tissu. Elle sourit, amusée.
- Ne ris pas.
- Je ne ris pas, je me réjouis d'avance...
- On est très coquine, ce soir, lieutenant!
Elle posa ses mains sur les hanches de son amant et l'aida à se débarrasser de ses vêtements. Puis il se pencha de nouveau vers elle, leurs bouches se retrouvèrent, leurs corps n'étaient plus qu'envie. En une poussée magique, il unit leurs corps, tandis que leurs bouches ne se quittaient plus. La passion les emporta, elle enfonça ses ongles dans le dos de Rick emportée par le plaisir. Il saisit une de ses jambes et l'amena sur son épaule, accentuant ainsi leurs sensations et la caressa habilement. Ils furent parcourus par une immense décharge électrique lorsqu'ils atteignirent le paroxysme de leur jouissance, laissant échapper un dernier soupir. Il se laissa retomber sur elle, la tête contre sa poitrine. Elle caressait ses cheveux dans un geste d'une infinie tendresse.
- Excellent plan B, murmura-t-elle.
- Je me disais aussi qu'il était infaillible, sourit-il.
- Alors, je suis pardonné ?
- Tu es pardonné, répondit-elle en se lovant contre lui. Je devrais me fâcher plus souvent.
- C’est vrai que tu es mignonne quand tu es en pétard… Mais je préfèrerais que ce ne soit pas contre moi !
- Dans ce cas écoute-moi quand je te dis de ne pas faire certaines choses.
- J’ai compris la leçon, crois-moi !
- Parfait.
Ils se câlinèrent encore pendant quelques minutes, puis rejoignirent la pièce principale lorsque leurs estomacs se rappelèrent bruyamment à eux.
Le CD changea de morceau au moment où ils quittaient la chambre, faisant grimacer Castle.
- Pitié ne me dis pas que tu aimes cette chanson, geignit-il.
- Ne te moque pas de mes goûts musicaux Castle!
- Mais c'est si...
- Si quoi?
- Ringard! Excuse-moi du terme, mais cette chanson est pathétique!
- C'est une magnifique chanson! Bougonna-t-elle.
- Ok. Tu aimes cette chanson, mais explique-moi comment la grande Kate Beckett, la flic dure à cuire qui regarde les pires crapules de New York dans le blanc des yeux sans sourciller, peut écouter et apprécier une chanson aussi dégoulinante de mièvrerie?
- C'est une chanson très stupide... Je te l'accorde, soupira-t-elle.
- Mais? S’enquit l’écrivain étonné qu’elle lâche si rapidement prise.
- Mais elle me rappelle mon passé et me rassure, alors pour moi elle est importante et réconfortante.
- Ton passé dégouline de mièvrerie ? Je suis curieux de le connaître.
- Tu vas te moquer !
- Je te promets de ne pas le faire !
- Vraiment ?
- Parole de scout !
- Tu n’as jamais été scout ! Contra-t-elle.
- Ok. Je te promets sincèrement de ne pas me moquer, dit-il en plongeant son regard dans le sien.
Il avait l’air sincère, aussi décida-t-elle de se confier.
- Mais, quand j'étais petite, je devais avoir 6 ans, j'avais trouvé un oiseau, fragile et innocent, sur le rebord de la fenêtre. Il faisait froid, alors j'ai ouvert ma fenêtre et je l'ai recueilli. Il était blessé, sans doute qu'un chat l'avait pris en chasse. J'ai décidé de le soigner. J'ai pris une boîte, j'y ai mis un vieux Tee-shirt de mon père, pour lui faire un nid. Mes parents n'étaient pas au courant, j'ai tout fait en cachette. Je gardais de la mie de pain de mes repas pour le nourrir, j'en avais toujours plein les poches. Je l'aimais beaucoup, je l'avais appelé Manfred, ne me demande pas pourquoi, je ne m'en souviens pas. Bref, je me suis occupée de Manfred tous les jours, en secret, dans ma chambre. Mais je n'étais qu'une enfant et je ne savais pas qu'il était dangereux de donner du pain aux oiseaux, qu'il gonfle dans leur estomac... Un soir, je suis rentrée de l'école et j'ai trouvé ma mère, qui m’attendait dans le salon. Elle avait trouvé Manfred. Il était mort à cause de mon ignorance. J'ai eu tellement de chagrin, qu'on lui a organisé des funérailles dignes du super copain oiseau qu'il était. J'avais choisi cette musique avec ma mère, elle m’avait dit qu'en écoutant cette chanson, je n'oublierai jamais mon copain Manfred...
- Donc, tu aimes cette chanson parce qu'elle te rappelle Manfred?
- Non, j'aime cette chanson, parce je l'ai choisie avec ma mère, pour surmonter le premier deuil auquel j'ai été confrontée... J'entends encore ses paroles réconfortantes et ça me fait du bien, surtout quand une affaire me chamboule un peu trop.
- ...
Il ne riait plus et n'avait plus aucune envie de se moquer de sa chanson, juste celle de la serrer dans ses bras, à défaut de pouvoir lui ôter le chagrin qui rongeait son âme.
- Je suis désolée, sourit-elle, je ne voulais pas plomber l'ambiance, j'ai allumé la chaîne hi fi sans vraiment faire attention aux CD qu'elle contenait.
- Et si nous dînions? proposa-t-il en désignant les plats posés sur la table.
- Volontiers!
Ils passèrent une agréable soirée, en tête à tête, savourant le bonheur qu'ils ressentaient lorsqu'ils étaient ensemble. Ils n'en parlaient jamais.
Leur relation, faite d'agacement, de provocation, de jeux amoureux et d'ébats torrides, continuait, jour après jour. La présence de Rick auprès de Kate l'agaçait souvent, mais aussi étrange que cela pouvait lui paraître, cela l'apaisait. Avec lui, elle se sentait entière, pleine de vie, sentiment qu'elle n'avait plus éprouvé depuis longtemps, grâce à lui, elle allait mieux.
Elle le fascinait, chaque jour, qu'il passait à ses côtés, il la trouvait encore plus extraordinaire, plus merveilleuse. Aucune femme ne l'avait jamais autant inspiré, il aimait être à ses côtés et même s'ils ne parlaient jamais de ce qu'ils vivaient, même s'il ne savait pas où cela les mènerait, il ne voudrait pour rien au monde y mettre fin.
Chapitre quatorze.
La journée touchait à sa fin, de même que l’enquête de l’équipe de Beckett et les paris qui avaient été lancés à cette occasion. Castle et Beckett s’installaient au bureau de cette dernière satisfaits de ce travail bien fait.
- Ryan, tu as mis le feu ce soir! Affirma Esposito en revenant de la salle d'interrogatoire avec son coéquipier.
- Non, c'est toi qui déchires, fit Ryan.
- Bravo lieutenant. Beau travail, annonça Castle à Beckett tandis que les bros arrivaient dans la salle.
- Oui, eh bien quand on a compris que Jason était le cerveau et qu'il n'avouerait pas, c'était évident qu'il fallait faire craquer Eric, sourit Kate.
- Joli.
- Et quand vous avez passé la porte et qu'on a su que vous bluffiez tout s'est mis en place aussitôt, dit Esposito en mimant la connections avec ses doigts.
- Ah oui, c'est vrai et on avait tout compris votre manège, ajouta Ryan en souriant.
- Tu plaisantes ? Ricana Beckett.
- C'était ça l'important. C'était que vous ne sachiez rien c'est ça qui a marché, appuya Castle.
- Quoi qu'il en soit on s'en tape parce que … on a gagné le pari, rit Esposito en serrant la main de son coéquipier.
- Quoi ? Comment ça ? S'offusqua Castle.
- Le nôtre a avoué, expliqua Esposito.
- Grâce à nous, oui ! Puisqu'on l'y a poussé, contra Beckett.
- Oui, et après ? C'est comme en jouant au foot, vous marquez dans vos buts et on marque le point, intervint Ryan.
- Au foot ! Ah oui, t'as rien trouvé de mieux ? Demanda Kate.
- Je trouve ça bien, Fit Esposito.
- Parlons plutôt base-ball parce que cette équipe a tout de suite éjecté la balle, suggéra Castle.
- Oui, mais normalement c'est notre équipe qui tenait la batte, répondit Ryan.
- Non, rêve pas, dit Kate en attrapant son manteau.
Castle et elle commencèrent à partir, suivis par Ryan et Esposito.
- Votre équipe n'était pas sur le terrain. Elle a eu peur de descendre du bus, ricana Castle, ce qui fit rire Beckett.
- Castle, notre équipe conduisait le bus, renchérit Esposito.
- Ha ! Ha ! oui. Prenons la formule 1 : notre voiture franchit la ligne et la votre s'écrase contre un mur, continua Castle.
- Une magnifique nuit de pleine lune ! Ajouta Beckett.
Ils argumentaient encore lorsqu'ils arrivèrent au bar. Ils commandèrent des bières au comptoir et allèrent s'installer à une table dans le fond.
- Arrêtez! Notre suspect a avoué, on a gagné le pari!
- Ryan! Il a avoué grâce à nous! Vous avez perdu! Répéta Beckett pour la cinquantième fois.
- On savait ce que vous aviez en tête, dit Esposito, vous avez perdu, reconnaissez-le!
- Et si on réglait ça au billard? Proposa Castle en attrapant une queue.
- Bonne idée! Dit Esposito en s'approchant du billard. Je suis un champion au billard.
- L'équipe perdante devra payer la tournée, proposa Ryan.
- Arrête, il est plein aux as, ça n’est pas un gage pour lui! Grogna le latino.
- Ok, alors les perdants devront passer le week-end attachés avec des menottes, suggéra Castle.
- Ça pourrait être marrant, fit Espo, enfin, si c'est vous qui perdez.
- Beckett finirait par le tuer, ajouta Ryan.
- L'équipe perdante devra se charger de la paperasse pendant un mois, lança Beckett.
- Tu as raté ta vocation! C'est un gage de maîtresse d'école, ricana Espo.
- Ok, alors l'équipe perdante sera au service de l'équipe gagnante pendant deux semaines et ne devra jamais rechigner, corrigea-t-elle en plongeant son regard dans celui d'Esposito.
- Pffff! On vous en ferait trop baver, vous crieriez "pitié" avant la fin de la première journée, dit-il moqueur.
- Quoi? T'as la trouille? Demanda-t-elle.
- Ça marche! Topa le latino sans la quitter du regard.
- Ah ! Ah ! Alors prêts à perdre ? Ricana Ryan à l'intention de Castle et Becket.
- Qui te dit qu'on va perdre ? demande Kate en haussant un sourcil.
- C'est évident, non ? Tu es une fille, il n'est pas flic... On a passé tout notre temps libre à jouer au billard depuis qu'on est entré à l'académie, c'est une deuxième nature chez nous, expliqua l'irlandais.
- Qu'est ce que c'est que ces préjugés à la noix? Demanda la détective.
- Sérieusement, Beckett, vous n'avez pas vraiment le profil de champions de billard, argumenta Esposito. Et Castle? Il passe son temps à jouer au poker.
- Vous savez jouer, Castle ? Demanda-t-elle en se tournant vers l'écrivain.
- Bah... Pas vraiment... Une fois au lycée... On aurait peut être dû parier sur une partie de fléchettes...
Kate roula des yeux exaspérée.
- Et c'est vous qui avez proposé le billard! Qu'est ce qui vous est passé par la tête?
- Je me suis dit que vous seriez drôlement plus sexy au billard, fit-il, tandis que les bros jubilaient à l'idée d'une victoire facile.
- Si vous le dites, soupira-t-elle. Je vous préviens, si on perd, je vous fais une grosse tête! Qui commence ?
- Les perdants d'abord, suggéra Ryan.
- Ah ! Ah! Très drôle! fit Castle en grimaçant exagérément.
- Ryan face à Castle d'abord, trancha Beckett, je me chargerais d'Esposito ensuite.
Rick s'approcha du râtelier et prit une queue puis revint près de la table en roulant des mécaniques sous le regard amusé des bros.
- J'ai hâte de voir ça, dit Esposito avec un sourire amusé.
- Honneur au perdant, annonça Ryan avec son sourire en coin. Comme ça vous pourrez jouer un peu avant que je vous mette la pâté.
- Ne les écoutez pas Castle et concentrez-vous, conseilla Beckett.
- Il peut invoquer les dieux du billard, plutôt! Ricanèrent les gars.
- Puisque vous insistez, je vais ouvrir le jeu, répliqua Castle en ouvrant le jeu et en envoyant directement trois boules dans les poches.
- Bien joué! Fit Beckett.
- La chance du débutant, ricana Ryan.
- Je suis un génie, dit Castle en prenant une pose qu'il avait certainement vue dans un film.
- Castle! Avertit Beckett, la partie ne fait que commencer!
- Oui! Se reprit-il. La 4 dans le coin gauche!
- T'as vu ça? Elle le mène à la baguette, dit Ryan à Esposito.
- Ouais, c'est bizarre, d'habitude il n'en fait qu'à sa tête, remarqua le latino.
- Les gars! On joue ou on parle? Vous voulez peut être abandonner, proposa Beckett.
- Et manquer l'occasion de vous diriger? Jamais, répondit Ryan.
Castle se débrouilla assez bien et empêcha l'irlandais de creuser l'écart. Tout ce jouerait donc entre Beckett et Esposito.
- Honneur aux filles, fit l'hispanique sûr de lui.
- Monsieur est grand seigneur, constata Kate en démarrant brillamment la manche.
Elle enchaîna les coups, empochant les billes qui lui étaient dévolues, sans commettre la moindre faute. Esposito ne pouvait qu'admirer sa dextérité.
- Et la huit dans le coin gauche, annonça-t-elle enfin.
Elle se prépara et réussit à faire disparaître la huit dans la poche désirée, après lui avoir fait percuter trois bandes.
- Et voilà. Merci de m'avoir laissée commencer Esposito. Sans ça, je n'aurais pas pu t'écraser! Fanfaronna Kate.
- Comment t'as fait ça ? S’étonna Ryan.
- Tout est question de physique et de mathématiques, expliqua Kate avec un petit sourire supérieur, je n'ai pas beaucoup de mérite...
- Où t'as appris à jouer ? interrogea Esposito.
- A l'université.
- Ah ouais? On apprend ça à Stanford?
- J'avais un petit ami physicien.
- Il n'avait rien de mieux à faire ce rigolo?
- C'était un génie, il avait trouvé le billard pour décompresser.
- Et bien, la prochaine fois je te prendrai dans mon équipe, soupira Ryan.
- C'est ça, en attendant, vous êtes à notre botte pour deux semaines, sourit Castle. Je ne sais pas vous, Beckett, mais moi je prendrais bien une bière.
- En tout cas, je n'aurais pas tout perdu, lança Esposito en se levant, la vue était agréable.
- La vue? Répéta-t-elle.
- La vue, fit-il en descendant son regard vers le bas de son dos avec un petit sourire.
- Pervers! Le fusilla-t-elle du regard comprenant soudain l'allusion du latino.
- Je vous l'avais dit que le billard vous rendrait plus sexy, ajouta Castle.
Kate les fusilla de nouveau du regard, rougissant comme une enfant. Ils partirent dans un immense fou-rire.
- Ça vous va pas mal le rouge, fit Ryan taquin.
- Faites attention les gars, n'oubliez pas que vous êtes mes larbins pendant deux semaines.
- Ça ne nous changera pas de l'ordinaire, fit remarquer Esposito.
- Ça c'est ce que tu crois...
La soirée avait été agréable et bientôt l'heure de se séparer arriva. Chacun allait prendre le chemin de son logement. Castle devait rejoindre le loft où l'attendaient sa mère et sa fille et regrettait de ne pouvoir l'embrasser pour lui dire bonne nuit.
Il se contenta de l'accolade qu'elle lui donna, comme aux gars et lorsqu'il sentit son souffle contre son cou, il comprit qu'elle était aussi frustrée que lui.
- Depuis quand vous vous faites des câlins comme ça? demanda Esposito intrigué.
- C'était une simple accolade entre amis, répondit Castle de manière évasive.
- C'est ça, oui... on va vous croire, rétorqua Ryan.
- T'as raison, c'était plus que ça, commença Beckett surprenant ainsi son écrivain, c'était une accolade entre vainqueurs!
Ils éclatèrent de rire devant l'air renfrogné des gars, qui abdiquèrent et rentrèrent chez eux.
Chapitre quinze.
Castle observait sa muse, intrigué, inquiet même. Quelque chose n’allait pas et il n’arrivait pas à savoir quoi. Le meurtre sur lequel ils enquêtaient les avait amenés dans le monde de la mode et du mannequinat, peut-être s’était-elle sentie mal à l’aise dans ce milieu, ou alors elle était jalouse de ce jeune mannequin qui lui avait donné son numéro ?
Il pensait pourtant la connaître un peu mieux que ça, mais là, il devait reconnaître que si elle voulait vraiment cacher ses sentiments, elle y parvenait complètement. Finalement, il décida d’en avoir le cœur net et mit les pieds dans le plat :
- Pourquoi tu es en pétard ?
- Je ne suis pas en pétard, répondit-elle étonnée.
- Mais tu as l'air en pétard.
- Et ben ce n’est pas le cas, affirma-t-elle.
- Mais si tu étais en pétard, tu me le dirais ?
- Ce n'est pas le cas ! Répéta-t-elle agacée.
- Mais tu me le dirais ?
- Ca n'a pas d'importance, parce que je ne suis pas en pétard ! Termina-t-elle en appuyant chaque mot qu'elle prononçait.
Deux heures plus tard, cette conversation tournait en boucle dans la tête de Castle. Il avait beau essayer de la croire, lorsqu'il l'observait, il ne pouvait qu'arriver toujours à cette même conclusion: elle était bel et bien en pétard!
Il analysait donc les derniers événements, à la recherche de ce qu'il avait bien pu faire pour l'énerver. Ça ne pouvait quand même pas être ce mannequin tout juste sorti de l’enfance qui l’avait mise dans un état pareil ? D‘accord, il s’était laissé draguer et avait apprécié le fait de lui plaire, mais à ses yeux, il n’y en avait qu’une et il pensait qu’elle avait au moins compris ça.
Finalement, le temps clément d'automne lui donna une idée. Il s'éclipsa quelques temps, sans que sa muse s'en aperçoive, et revint une heure plus tard. Il la trouva en pleine réflexion devant le murder-board.
Esposito arrivait à sa hauteur.
- Beckett ?
- Oui?
- On a vérifié le casier de Wyatt Monroe, rien d'important, mais on a appris que son appartement était à deux pas du centre d'art, et la fenêtre de son salon donne sur la fontaine où Jenna a été tuée.
- Il vit à côté de la scène de crime.
- On a aussi vérifié l'alibi qu'il nous avait donné, et tout le monde dit qu'il avait quitté la fête de Zac Posen vers 23h30, ajouta Ryan en arrivant.
- Il nous a dit l'avoir quittée à 3h du matin, dit Castle en les rejoignant.
- Et cerise sur le gâteau, on a parlé aux invités de Teddy Farrow, et ils nous ont dit qu'ils l'avait vu débarquer vers minuit.
- Donc il nous a menti, conclut Beckett.
- Et si on faisait une pause déjeuner, suggéra Castle, nous pourrions continuer cette enquête l'estomac plein, nous serions plus efficaces.
- Pas faim, marmonna Beckett.
- Dans ce cas, ayez pitié des gars, proposa Castle, ils vont finir par manger le mobilier, si on ne les laisse pas se nourrir.
- D'accord, soupira Beckett, soyez de retour dans une heure.
- Merci, firent les bros en se précipitant pour sortir avant qu'elle ne change d'avis.
Beckett ajouta les derniers éléments sur le tableau, puis se tourna vers Castle, dont elle venait de remarquer la présence.
- Tu n'es pas parti avec les gars?
- Non, je t'attends.
- Je n'ai pas faim, ça n'est pas la peine...
- En fait, j'ai prévu notre pique-nique... Il fait beau, nous pourrions au moins nous détendre à Central Parc une petite heure...
Elle le regarda un instant, fronçant les sourcils et mordillant sa lèvre inférieure en signe d'une intense réflexion.
- D'accord, dit-elle finalement. J'espère que tu as pensé à prendre quelques fruits.
- Je suis allé sur le marché, j'ai dévalisé l'étal du primeur!
- Parfait! Allons-y! Sourit-elle.
Les promeneurs et les amoureux étaient assez nombreux à profiter d'une des dernières belles journées avant l'arrivée de l'hiver New Yorkais et de son froid mordant.
Ils se trouvèrent un endroit à l'écart du monde et décidèrent de s'y installer. Rick étendit la nappe dans l'herbe et y déposa le panier qu'il avait amené. Beckett le regardait silencieusement, il aurait aimé avoir des pouvoirs de jedi pour lire ses pensées. C'était bien la première fois qu'une femme représentait un tel mystère pour lui.
Finalement, elle s'étira et se pencha en arrière pour s'installer sur ses avant-bras et profiter du bien que lui faisaient les rayons du soleil sur son visage. Lorsqu'il eut fini de tout installer, il se tourna vers elle et se décida à déranger son petit moment de félicité.
- Alors?... Tu vas bien?
- Pourquoi est ce que ça n'irait pas? Demande-t-elle en attrapant un grain de raisin.
- Je ne sais pas, moi... C'est toi qui es en pétard! C’est à cause de ce mannequin ? Rina ? Il n’y a rien entre elle et moi et il n’y aura jamais rien !
- Je sais.
- C’était flatteur, mais… Attends ? Tu sais ?
- Ouais.
- Alors… Qu’est ce qui ne va pas ? demanda-t-il perdu.
- Rien. Ça va.
- Non, ça ne va pas ! Tu es en pétard, je le vois bien !
- Encore ça ? Puisque je te dis que je ne suis pas en pétard! Insista-t-elle excédée.
- Oh! Je vois, c'est ta mauvaise période!
- Ma mauvaise période?
- Tu sais... Ta période de... Enfin... Ta période de... Euh...
- Mes menstruations, tu veux dire?
- Oui... Euh... Cette période vous rend irascible ...
- Vous?
- Bah... Oui... Vous... Les femmes...
Elle éclata de rire.
- Castle! Comment peux-tu vivre entouré de femmes et encore réagir en adolescent attardé à ce sujet?
- Euh... Bah... Bof... Alors? C'est ça?
- Nan!
- Non? Pourtant, ça devrait être en ce moment... Non?
- Tu calcules mon cycle?! Releva-t-elle ahurie.
- Quoi?! Non! Se défendit-il alors qu’un voyant rouge et une sirène s’étaient allumés dans son cerveau.
- J'espère bien!
- Alors... Tu es enceinte?
Elle recracha l'eau qu'elle venait de porter à sa bouche. Il lui tendit une serviette, sans la lâcher du regard. Elle l'observa et comprit qu'il était sérieux.
- Qu'est ce qui te fait croire ça?
- Bah... On n'a pas toujours été très prudents et puis... Ça devrait être ta période...
- Je ne suis pas enceinte! Affirma-t-elle.
- Comment en es-tu si sûre?
- J'en suis sûre, parce que j'ai été prudente, moi! Je prends la pilule!
- Et c'est sûr?
- Parfaitement sûr!
- Et ta période alors?
- Oh pitié! Fit-elle en se levant.
- Qu'est ce qu'il te prend?
- Tu me fais venir ici pour un pique-nique, un moment agréable et tu le transformes en une espèce d'interrogatoire bizarre et malsain!
- Qu'est ce que ça a de malsain?!
- Je ne sais pas, on croirait que tu penses que je voudrais te piéger!
- Excuse-moi, mais ça n'est pas impossible, les personnes comme moi sont des cibles de choix.
Il ne vit pas le coup arriver et se retrouva les quatre fers en l'air, lorsqu'elle le poussa assez violemment.
- COMMENT PEUX-TU CROIRE QUE JE TE FERAIS UN COUP PAREIL?
- Ok, là, tu es bel et bien en pétard, constata-t-il en se relevant.
- ÉVIDEMMENT QUE JE SUIS EN PÉTARD! JE NE VEUX PAS D'ENFANT! JE NE VEUX MÊME PAS D'UNE RELATION SÉRIEUSE! COMMENT PEUX-TU T'INSPIRER DE MOI POUR ÉCRIRE UN BOUQUIN ET ME CONNAÎTRE AUSSI MAL? Hurla-t-elle hors d'elle.
- D'accord, je suis désolé... J'ai été nul... S'excusa-t-il en tendant la main vers elle.
- Si tu en as assez de moi, ne te gènes pas... Soupira-t-elle la tête baissée retrouvant brusquement son calme.
- Ne crois surtout pas ça... Je... J'ai paniqué, je ne suis qu'un imbécile... Tu me pardonnes?
- Je ne sais pas…
- Oh je t’en prie Kate ! Paniqua-t-il, je suis le dernier des idiots, je ne sais pas ce qu’il m’a pris…
Elle le regardait avec un petit sourire en coin, il réalisa soudain qu’elle se payait sa tête.
- Toi, tu veux que je me fasse pardonner…
- Ton plan B était divin, répondit-elle son petit sourire fleurissant pour finalement éclairer son visage.
- Tu n’as pas besoin d’être fâchée pour que je sorte le plan B, tu sais, il te suffit de demander, répondit-il en l’embrassant tendrement.
Ils étaient revenus à leur pique-nique plus sereinement et durent finalement retourner au poste en courant, lorsqu’ils s’aperçurent qu’ils avaient largement dépassé le temps qu’elle avait octroyé aux gars.
Ces derniers les attendaient d’ailleurs de pied ferme et ne manquèrent pas de les asticoter à ce sujet.
- Alors ? Comment s’est passé ce déjeuner ? demanda Esposito d’un air soupçonneux.
- Parce que pendant que vous déjeuniez en vous regardant dans le blanc des yeux, nous, on bossait et on a avancé sur l’enquête, ajouta Ryan en souriant devant l’air coupable de l’écrivain.
- Mais nous travaillions ! Mentit Beckett avec un tel aplomb que même Castle aurait pu y croire. On est allé voir Monroe, mais il n’était pas chez lui, alors on est revenus ici pour voir où vous en étiez et pour appeler son entourage, pour savoir où il a l’habitude de déjeuner et tenter de le retrouver et vous alors ? Vous avez trouvé quelque chose ?
Les gars semblèrent trouver cette explication suffisante et exposèrent leurs avancées. Castle, quant à lui n’avait pas quitté Beckett des yeux, il n’en revenait pas de sa capacité à mentir et se demandait s’il devait s’en réjouir ou flipper. Une partie de lui trouvait ce super pouvoir vraiment trop cool, mais une autre part de lui se demandait s’il arriverait un jour à la cerner complètement.
Ils poursuivirent et bouclèrent leur enquête rapidement. Le mari avait fini par tout avouer, le stratagème de Beckett ayant parfaitement fonctionné.
- Le menacer de lui passer un enregistrement qu’on n’avait même pas, c'était super risqué comme bluff, vous ne trouvez pas ? Demanda Castle.
- Non, je vous avais bien dit qu'il y avait aucun risque. Il était fou amoureux de sa femme. Revivre son meurtre aurait été trop dur, expliqua-t-elle.
- Et en ce qui concerne Sierra et Wyatt Monroe ? Ils vont s'en sortir comme ça ? Où est la justice là dedans? S'offusqua l'écrivain.
- Figure-toi que j'ai parlé à Teddy Farrow ce matin. Maintenant qu'il sait ce que ces deux crapules ont fait à Jenna, il va lancer une campagne très différente. Dont le seul but sera de les mettre au tricard pour qu'ils ne bossent plus jamais.
- Oh, une justice immanente alors. Eh bien, en tant qu'écrivain, je dirais que ça me convient.
- J'aurais aimé que ça me convienne moi aussi. J'aurais bien aimé avoir un sentiment de victoire. Dis-moi ce que ferait Nikki Hard après une mauvaise journée.
- Elle rentrerait chez elle, se servirait un verre, ferait couler un bon bain chaud, et lirait un bouquin.
- Oh, dommage, je n’ai pas de bon bouquin.
- Je t’aurais bien filé "Vague de chaleur" mais mon éditeur veut éviter les fuites.
- Alors pourquoi cette journaliste a eu le privilège de le lire ?
- Non ça ce n’est pas pareil, ça c'est de la promo, tu sais pour faire parler du bouquin avant sa... Une petite minute, quoi ?! Alors, c'est parce que je lui ai fait lire avant toi que tu étais en pétard contre moi ?!
- C'est moi la muse d'accord, alors c'est moi qui aurait du lire ton bouquin avant elle.
- Pourquoi ne pas l'avoir dit plus tôt ?
- Pourquoi ne pas m'en avoir donné un ?
- Tu n’avais qu'à demander !
- Tu n’avais qu'à y penser tout seul !
- ... Tu l'auras demain matin!
- Génial!
- Génial! Répéta-t-il en partant.
Elle sourit, puis alluma son ordinateur. Une photo d'elle jeune prenant la pose apparut en fond d'écran.
- Vous êtes canon lieutenant Beckett ! Sourit Esposito assis au bureau de Ryan.
- Comment vous l'avez eu ? Demanda-t-elle.
- On est flics non ? Fit Ryan.
- On a appelé votre père, expliqua le latino.
- D'accord, d'accord, les gars c'était très marrant. Seulement j'avais 17 ans, et je pensais que le mannequinat me rapporterait un peu plus d'argent que bosser dans un resto.
- Hm, bien sûr, sourit Esposito.
- C'était juste un été compris ? Alors oubliez ça. Et si vous en parlez à Castle, je vous promets que je vous tue, c'est clair ?! Menaça-t-elle, tandis que les gars jubilaient.
- Je ne sais pas… c’est un sacré secret, lança Ryan distraitement. On n’est pas vraiment très doués pour ça, nous…
Beckett se mordit la lèvre inférieure en fusillant l’irlandais du regard, bluffait-il ou avait-il de sérieux doutes sur ce qu’il se passait entre Castle et elle ? Ils allaient devoir être plus discrets…
Attention ! Chapitre un peu (assez) osé (ça va devenir une habitude. XD) Vous êtes prévenus ! ^^
A ne pas mettre entre toutes les mains !
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Chapitre seize.
Étendue confortablement sur son canapé, Beckett savourait le bonheur simple procuré par une soirée tranquille et reposante après avoir bouclé une enquête. Un verre de vin apparut dans son champ de vision.
- Oh, c'est gentil!
- Alors tu l'as lu ?
- Quoi ?
- Mon roman.
- Quel roman ? Oh, ton roman ! "Vague de chaleur" !
- N'espère pas me refaire le coup!
- Quel coup?
- Ne fais pas l'innocente, tu essayes encore de me pousser à bout mais ça ne marche pas.
- Ah oui ? J'ai l'impression que c'est tout le contraire ! Sourit-elle.
- Tu as osé me harceler pour en avoir une copie ! J'ai du déployer des trésors de persuasion pour que mon éditeur n'envoie pas un garde armé jusqu'aux dents pour te surveiller pendant ta lecture! Alors tu me dois au moins un avis sincère sur mon livre!
- Tu as mis une scène de sexe, dans ton bouquin! Claqua-t-elle d’un ton sec.
- Plutôt torride, je sais, sourit-il en jouant avec ses sourcils.
- Et comme tu cries à qui veut l'entendre que je t'ai inspiré Nikki Hard, ils vont croire que nous avons couché ensemble! Grogna-t-elle.
- Et alors? C'est vrai!
- Ça n’est pas une raison pour l’étaler sur la place publique !
- Mais qu’est ce qu’il y a de mal à ça ?
- Je ne suis pas prête à ce que tout le monde le sache !
- Dis plutôt que tu ne veux pas que notre relation évolue !
- Quoi ?
- Tu me l’as clairement crié lors de notre pique-nique ! Tu ne veux même pas d’une relation sérieuse !
Il avait haussé le ton, il était visiblement en colère. Elle se figea, consciente que ce qu’elle lui imposait était totalement injuste. Elle était incapable de lui donner plus pour le moment, mais c'était tout à fait compréhensible qu’il ne s’en satisfasse plus. Il la vit se décomposer, elle paniquait, il n’avait pas voulu la blesser, mais cette phrase ne cessait de lui revenir à l’esprit. Il fallait qu’il la rassure. Il se calma aussitôt et la prit dans ses bras. Elle se détendit instantanément.
- Désolé, je me suis emporté, soupira-t-il.
- C’est moi, qui suis désolée, je ne te mérite pas.
- Ne pense surtout pas ça ! dit-il en prenant son visage entre ses mains. Je t’ai dit qu’on irait à ton rythme, je ne reviendrai pas là-dessus.
- Merci Castle, souffla-t-elle.
- Always…
Elle sourit à l’entente de la promesse, qu’il venait de lui faire avec ce simple mot et se meula contre lui. Le bruit régulier des battements de son cœur la rassurait.
- Tu m’en veux toujours pour la page 105 ?
- Je ne t’en veux pas! C’est seulement que je n’aime pas l’idée que tu t'inspires de ce que nous faisons en privé dans ton bouquin! C'est privé!
- Relax! Les gens savent que c'est juste une histoire! Ce que nous vivons est tellement génial que ça serait dommage de ne pas s’en inspirer.
- Quand même ! Je ne veux pas que Nikki et Rook couchent ensemble ! Ils pourraient simplement se tourner autour.
- Personne ne se passionnerait pour une histoire pareille ! rétorqua-t-il. Et puis le livre est déjà écrit !
- Tu peux encore le modifier !
- Pas question ! C’est moi l’écrivain ! C’est mon histoire !
- Parfait ! Je ne coucherai plus avec toi, tant que tu n’auras pas retiré ce passage! Bouda-t-elle.
- Paroles, paroles! Tu ne tiendrais même pas une semaine! Rigola-t-il.
- Tu paries?
- Plutôt deux fois qu'une!
- Tu ne tiendrais pas une semaine! Assura-t-elle.
- Toi! Tu me supplieras avant la fin de la semaine!
- C'est ce qu'on va voir!
- Pffff! Tu es folle de mon corps! Rigola-t-il.
- Dans tes rêves, Castle!
Elle se pencha vers lui, en disant ça, son souffle venant lui chatouiller la joue, pour mieux se faire désirer. Il déglutit difficilement, luttant pour ne pas la prendre dans ses bras et l'embrasser. Elle sourit en constatant son trouble, cela le rendait encore plus désirable. Elle voulait le rendre fou et savait comment s'y prendre. Elle se colla à lui, laissant ses mains vagabonder contre son torse. Il bafouilla quelques mots si incompréhensibles, qu'elle crut qu'il faisait le wookie. Il était à point, alors pour lui donner le coup de grâce, elle colla son bassin contre le sien et sourit de plus belle en constatant victorieuse la bosse de son pantalon.
Elle crut avoir gagné en voyant son regard assombri de désir, lorsque ses mains se posèrent sur ses épaules. Mais à son grand étonnement, il la repoussa fermement, attrapa sa veste et quitta son appartement en courant.
Elle resta un moment stoïque à regarder la porte par laquelle il avait disparu, espérant sans doute le voir revenir d'une minute à l'autre. Mais non, il ne revint pas. Elle grogna sa frustration, il serait coriace.
Soupirant et pestant, elle se dirigea vers sa salle de bain, se déshabilla à la hâte et entra dans la douche, qu'elle régla sur froid avant de s'y glisser. Il lui fallait au moins ça, pour calmer ses ardeurs. Sa première douche froide d'une longue série.
De retour au loft, Rick se précipita lui aussi dans sa salle de bain pour prendre une douche froide.
Leur petit jeu dura plusieurs jours, chacun essayant de faire craquer l'autre. Les douches froides devenant une habitude pour eux.
XDXDXDXDXD
Ils étaient assis l'un en face de l'autre dans la salle de pause, lorsque Ryan arriva suivi d'Esposito.
- On peut se joindre à vous? Demanda le latino en découvrant les plats à emportés étalés sur la table.
- Castle en a pris dix fois trop, ne vous gênez pas, lança Kate avant de manger une croquette au fromage.
Elle avait un sourire espiègle et fit un clin d'œil à Rick, tandis qu'elle passait sa langue sur ses lèvres pour essuyer la sauce qui s'y était déposée.
Surpris, Castle voulut lui dire quelque chose mais il se retint lorsqu'elle attrapa un glaçon dans son verre pour le sucer doucement. Abasourdit l'écrivain se tourna vers Ryan qui avait le nez plongé dans la boîte de porc au caramel.
- Pas de nouvelle enquête en vue? demanda-t-il pour oublier la langue de sa muse qui s’amusait avec le glaçon.
- Non, c'est le calme plat, que de la paperasse, fit l'irlandais la bouche pleine sans lever le regard de sa boîte.
Esposito, qui tentait lui aussi d’ignorer la détective, prit part à la conversation, Rick également, mais il n'était plus vraiment attentif.
En face de lui, Kate continuait son petit manège et léchait avec délectation une pêche juteuse. Elle ne semblait pas lui prêter attention, mais lorsqu'il se risqua à tourner de nouveau la tête dans sa direction, il vit l'index de sa muse qui glissait lentement dans sa bouche, ainsi que son air mutin, presque innocent lorsqu'elle s'attarda sur la base de son ongle.
Il baissa les yeux dans sa boîte de nouilles sautées quasiment vide pour cacher son embarras. Elle était redoutable!
Il engloutit une grosse bouchée et se tourna de nouveau vers les gars qui parlaient visiblement de sport. Il s'efforçait de ne pas rougir, mais c'était peine perdue. Il sentit soudain contre sa cheville, le pied de Kate, qui remontait doucement son bas de pantalon. Il se tourna à nouveau vers elle, mais cette fois elle le regardait avec un léger sourire. Il avala et lui sourit aussi, puis hocha la tête lorsqu'Esposito lui dit qu'il comptait aller voir le prochain match de basket des Knicks, qui rencontraient les Bulls.
Il sentit le pied de sa muse s'écarter l'espace d'un instant avant de sentir le bout de ses orteils passer sous le tissu de son pantalon et enfin le contact de son collant en nylon contre sa peau. Elle avait retiré ses talons hauts… Il étouffa un hoquet de surprise lorsque son pied remonta encore plus haut, le chatouillant quand elle effleura son mollet et il lui jeta un regard de biais. Elle avait terminé sa pêche et s'attaquait au raisin, détachant les grains de la grappe avec sa langue, comme si de rien n'était. Il décida de l'ignorer, même si le sourire qu'il avait sur les lèvres lui donnait l'air complètement idiot.
- Je peux vous avoir des places dit-il à Ryan alors que le pied de Kate redescendait sur sa cheville.
- C'est vrai?
- On pourrait se faire une soirée entre mecs, ça serait une bonne idée, souffla Rick avant de porter son gobelet à ses lèvres.
Kate avait retiré son pied, mais étrangement, il eut le sentiment qu'il n'était pas tiré d'affaire pour autant. Il se concentra sur Ryan qui lui commençait à planifier leur soirée, mais tout ce que son cerveau enregistra, ce fut le pied de Beckett, qui revint à la charge, plus haut, caressant l'intérieur sa cuisse. Il se servit distraitement un autre verre, ne réfléchissant ni au weekend, ni au sport, ni même à son sourire niais.
Il avait soif, sa gorge était plus sèche que le Sahara, il attrapa la bouteille d'eau et remplit son verre. Il avala de travers lorsque le pied de sa belle glissa jusqu'à son entrejambe. Il toussa doucement dans son verre puis plus fort.
Esposito se tourna vers lui avec étonnement. Rick frappa sa poitrine pour faire passer sa toux, sans doute un peu trop fort pour que cela paraisse naturel, mais les bros se contentèrent de hausser un sourcil avant de reprendre leur conversation, après tout, il s'agissait de Castle. L'écrivain avait parfois de drôles de réactions.
Rick en profita pour rabattre discrètement le pan de sa veste sur ses jambes afin de cacher le pied de Kate qui continuait encore et toujours plus lascivement de frotter son érection grandissante. Il reprit une grande gorgée de sa boisson et toussa de nouveau.
- Doucement mec, ce n’est pas du Whisky ! » S’exclama Esposito moqueur.
- Ça va Castle ? L’interrogea Kate avec des yeux innocents, à ce moment là, il dût faire un effort surhumain pour se retenir d'enjamber la table et lui sauter dessus.
Il toussa encore un peu pour la forme et aussi pour justifier la teinte de son visage certainement cramoisie avant de hocher de la tête. Il tenta un regard suppliant dans sa direction, mais apparemment sa muse s'amusait comme une folle et comptait bien continuer.
- Beckett, le chef voudrait te voir! Il demande si tu as terminé ton rapport! Fit Karpowski en apparaissant à la porte de la salle de pause.
- Je dois passer voir Lanie pour le compléter, répondit-elle doucement en se servant du jus de fruits.
Elle appuya un peu plus ses orteils contre le tissu déjà tendu du pantalon de son écrivain. Tout en le regardant par-dessus son verre. Il retint sa respiration une ou deux secondes et s'efforça d'afficher un air normal, décontracté… Ce qui eut évidemment l'effet totalement inverse.
- Tu me connais, quand je commence quelque chose, j'aime le terminer dans les règles de l’art. Je tiens à ce que tout soit parfait, dit-elle à Karpowski avec un petit sourire et Rick dût se concentrer pour ne pas gémir.
Elle allait le regretter… Il avait très bien compris le message, une heure...Il allait jouer lui aussi, et prendre son temps… Finalement cette journée paperasse n'allait pas être complètement ennuyeuse...
Il entendit vaguement les bros qui le remerciaient pour le repas et quittèrent la pièce en même temps que Karpowski. Il avait plongé son regard dans celui de sa muse, essayant de lui faire comprendre ce qu'il avait en tête.
Elle dût saisir parfaitement ce qu'il prévoyait parce qu'elle sourit de plus belle. Maintenant qu'ils étaient seuls, il se risqua à passer une main sous la table et effleura sa cheville. Avec une dernière caresse, elle fit glisser son pied sur sa cuisse et il lâcha sa cheville. Lentement elle descendit sur sa jambe jusqu'à ce qu'il ne sente plus son contact et elle remit sa chaussure. Avec un sourire satisfait, elle se leva et se pencha devant lui pour attraper une pomme.
- Bon j'y vais. A plus Castle!
Rick la regarda sortir de la salle et se leva à son tour, avec un peu de chance sa veste cacherait les dégâts, et de toute façon il était hors de question d'attendre patiemment qu'il se calme. Il se sentait revenir plus de vingt ans en arrière, lorsqu'il avait toutes les peines du monde à gérer son "sale gosse"...
La suite du petit jeu coquin du Caskett, chapitre donc classé NC 17 ou M, bref pas tout public. ^^
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Chapitre dix-sept.
Bien entendu il ne s'était pas retrouvé seul avec elle de la journée. Elle avait marqué le premier point et comptait bien conserver son avance.
Après tout, il ne pouvait pas lui en vouloir, c'était de bonne guerre. Comme il avait parié qu'elle ne tiendrait pas une semaine sans coucher avec lui. C'était sa façon à elle de mettre toutes les chances de son coté, parce qu'elle savait que s'ils gardaient leurs habitudes, il la tenterait, la rendrait folle et elle aurait perdu dès l'instant où leurs regards se seraient croisés. Il était irrésistible.
Bien évidemment il avait essayé de la coincer, en se rendant à la morgue, il pensait qu'il aurait l'occasion de se rapprocher d'elle, il lui aurait murmuré des petits mots doux, en lui caressant les cheveux et aurait rapidement réussi à la faire chavirer. Mais un importun avait pris l'ascenseur avec eux, grâce à Beckett, qui avait retenu la cabine et elle avait disparu plus vite qu'un champion de cent mètres dès qu’ils étaient arrivés à destination. Il était donc sorti de l'ascenseur plus frustré que jamais.
Il avait donc décidé de la laisser un peu tranquille. Il n'abandonnait pas, mais il voulait qu'elle baisse sa garde, pour mieux gagner. Ce pari était stupide, mais il était hors de question qu'il le perde, il gagnait toujours et ça n'était pas maintenant que ça aller changer.
Il voulait absolument gagner, même si à cause de ce pari, il en était réduit à l'état pitoyable d'un adolescent obsédé par sa libido.
Il attendit donc patiemment le moment opportun et fut récompensé de sa patience le lendemain.
La journée touchait à sa fin et le commissariat se vidait peu à peu. Beckett lui avait souhaité une bonne nuit et s'était rendue dans la salle de sport. Il s'était installé sur sa chaise fétiche et avait commencé à jouer sur son nouveau smartphone.
Il avait attendu une heure, que l'endroit devienne presque désert et s'était à son tour rendu à la salle de sport.
Elle lui tournait le dos et ne semblait pas l’avoir entendu arriver, alors tout doucement il s'approcha et l'observa un peu mieux. Elle était échevelée et couverte de sueur et s'appliquait désormais à faire quelques étirements. Elle était assise à même le sol, penchée en avant et baissait légèrement la tête, dévoilant sa nuque sans retenue. Elle attrapa sa serviette d'un geste sec en grimaçant et essuya la sueur qui perlait sur son front. Il se retint de rire en pensant qu'elle était peut-être aussi frustrée que lui.
Une idée qu'il pensait lumineuse germa alors dans son esprit, il s'approcha et vint s'asseoir derrière elle. Elle tourna la tête et l'observa un instant semblant se demander depuis combien de temps il était là. Il lui sourit en jouant des sourcils elle roula les yeux avant de se tourner à nouveau et de reprendre ses étirements. Il leva doucement la main.
- Quoi que tu fasses, ça ne marchera pas! Annonça-t-elle.
- Qu'est ce que tu en sais? Lui souffla-t-il à l'oreille.
- Tu sais je trouve ça vraiment drôle que de nous deux, ce soit toi qui en souffre le plus... Sourit-elle en tournant la tête vers lui.
- Sorcière, grogna-t-il, piqué au vif.
Il tenta de l'embrasser mais elle esquiva rapidement. Elle était décidée à ne pas lui faciliter la tâche, mais il n'en attendait pas moins d'elle, elle était un adversaire à sa mesure! Il eut un sourire malicieux et décida de jouer le jeu lui aussi. Il se rapprocha d'elle jusqu'à ce que son bassin entre en contact avec le bas de son dos. Il se pencha vers elle par-dessus son épaule comme s'il allait l'embrasser, mais s'écarta au dernier moment, écarta les mèches de son cou et l'embrassa derrière l'oreille. Il la sentit se tendre et il devina qu'elle avait fermé les yeux. Il continua sa douce torture et glissa une main sous son vêtement. Elle le regarda du coin de l'œil et il réprima difficilement un sourire, il dût même se mordre l'intérieur de la joue pour ne pas éclater de rire devant son regard méfiant. Elle ne voulait pas perdre et ne lâcherait rien.
Il embrassa la base de son cou et fit délicatement glisser la bretelle de son maillot, déposant plusieurs baisers sur son épaule. Il ne faisait que l’effleurer du bout des lèvres, mais c’était suffisant pour l’électriser. Elle résista du mieux qu'elle pût, mais lorsque la main de l'écrivain vint caresser son ventre, elle bascula en arrière et son dos vint s'écraser contre lui, tandis que sa nuque s'appuyait sur son épaule. Il en profita pour glisser sa main dans son leggings, caressant doucement le tissu de sa culotte et sourit en reconnaissant son petit lapin fétiche.
- Tu es fan de ce lapin, à ce que je vois, tu dois l’avoir dans au moins trois couleurs différentes, sourit-il.
- Quatre, dit-elle dans un souffle, se contrôlant difficilement.
- Salut Bunny, sourit-il en caressant le dessin sur le sous-vêtement.
- C'est déloyal… finit-elle par murmurer, tandis qu'il déposait toujours de tendres baisers dans son cou, qu'il savait très sensible à ce genre de caresses.
- C'est toi qui a lancé les hostilités hier dans la salle de repos, lui dit-il au creux de l'oreille.
Une main toujours dans son leggings, il posa son autre main sur son ventre et doucement, la remonta sur ses côtes jusque sous son soutien-gorge dont il dessina les contours du bout des doigts. Elle eut un frisson quand il déplaça ses lèvres sur son épaule et fit glisser la bretelle de sa brassière. Son corps avait prit le contrôle de tout, et doucement elle plaça ses mains sur les siennes non pas pour les retenir, mais plutôt pour les guider. Elle entraina ses doigts sur son sein et il la vit se mordre la lèvre.
Elle avait penché sa tête sur le côté et il en profita pour goûter à nouveau à son cou. Elle avait les yeux fermés mais sa bouche était entrouverte et la voir dans cet état à cause d'une simple caresse après des jours sans l'avoir touchée était pour lui un spectacle fascinant. Il joua une ou deux interminables secondes avec l'élastique de sa culotte et puis se décida à y glisser sa main. Elle eut un frisson sous ces caresses intimes et gémit une nouvelle fois et plus fort quand il appuya son geste. Sa respiration s'emballa progressivement et très vite sa poitrine se souleva en rythme avec lui.
Elle se pinça la lèvre pour empêcher un autre gémissement, sentir son souffle dans son cou la rendait folle.
Après quelques instants il enfonça enfin un doigt en elle, elle en gémit son nom. Il entreprit un long va et vient avec son majeur. Il recommença à lui embrasser l'oreille, la faisant frissonner, et ferma les yeux à son tour. Il aimait la mélodie qu'elle lui jouait. Il voulait l'entendre, encore et encore…
Il entra un deuxième doigt et elle cria. Un cri qui aurait pu faire rougir quiconque présent au poste, un cri de plaisir. Naturellement son corps se cambra et ses hanches suivirent son rythme. Elle accompagnait chacune de ses expirations par un soupir et alors qu'il sentait son corps se tendre, elle leva une main la passa dans ses cheveux. Il accéléra le va et vient de ses doigts tout en déposant une série de baisers sur la peau tendue de son cou, et soudain il stoppa son geste.
Elle tourna alors la tête vers lui, et il sut tout de suite qu'il avait gagné. Elle avait les yeux brillants et se jeta avidement sur ses lèvres, pour l'entraîner dans un baiser fougueux.
- J'ai gagné, lui dit-il avec un sourire triomphant.
- Et alors ? Répondit-elle en se jetant sur lui et en s'attaquant directement à sa ceinture. Il voulu s'écarter mais elle lui mordit la lèvre, le forçant à ne pas bouger et d'un geste elle sortit sa chemise de son pantalon. Il était piégé. Elle sourit en sentant l'état dans lequel il était, mais lorsque qu'elle voulu passer sa main dans son pantalon, il se réveilla et lui attrapa les mains.
- Qu'est-ce que tu fais ? demanda-t-elle alors qu'il la rhabillait.
- C'est que j'ai envie de gagner mon pari, moi, sourit-il, tu devras me supplier.
- Dans tes rêves Castle !
D'un geste rageur, elle le poussa, l'envoyant au sol, puis quitta la pièce énervée.
- Hey! Où vas-tu? Cria-t-il en se redressant.
- Finir ce que tu as commencé ! Claqua-t-elle en entrant dans les sanitaires pour femmes.
- Quoi!? Tu ne peux pas me faire ça, c'est un coup bas, de la triche! Hurla-t-il.
Elle ne répondit pas et ne revint pas non plus. Il jeta un œil à son pantalon et soupira.
- Je suis encore bon pour la douche froide, moi!
~~~~~~~~~~~~
Quelques jours plus tard, le bruit de la sonnette, sur laquelle quelqu'un s'était visiblement endormi, réveilla Castle en sursaut. Il se leva difficilement, sa tête lui faisait horriblement mal et l'obsédé de la sonnette, qui insistait lourdement n'aidait pas sa douleur à disparaître. Il frissonna et éternua plusieurs fois, un rhume pour sa soirée de promo à l'occasion de la sortie de Vague de Chaleur, ça n'était pas la meilleure chose qui pouvait lui arriver. Il sortit de sa chambre tel un zombie, en grognant.
- Oui, c’est bon, j’arrive.
Il ouvrit la porte et tomba sur Paula, son agent.
- C’est un vrai truc de dingue, tu ne vas jamais le croire! Fit-elle en entrant sans qu'il l'y ait invitée.
- Paula ?
- C’est tellement incroyable que tu ne pourras pas le croire! Continua-t-elle
- Je peux savoir ce que tu fais là ? Demanda Castle.
- Même moi je n’arrive pas à le croire.
- Croire quoi ?
- Ah non je ne peux rien dire.
- J’ai compris je dors encore, je suis en plein rêve. Je suis en train de rêver que mon agent débarque en furie chez moi, à 7h du matin alors qu’elle n’a rien à me dire.
- D’accord, pour l’instant il n’y a rien d’officiel, mais sache mon cher, que c’est toi qui est en tête de leur liste et la désolée, je ne peux vraiment pas t’en dire plus.
- Je nous fais du café, comme ça on pourra s’assoir pour continuer à ne rien se dire.
- Je peux te donner un indice, un énorme éditeur va commander trois romans sur son personnage principal mais avec un nouvel auteur et ils veulent que ce soit toi.
- « Vague de chaleur » sort dans moins d’une semaine, c’est toi qui a organisé la soirée de lancement prévu lundi soir, j’essaie de lancer mon propre personnage, pourquoi j’irais écrire les histoires d’un autre ?
Il éternua plusieurs fois.
- Wow! T'as une salle tête! T'as intérêt à soigner ce rhume rapidement! Dit-elle avant de reprendre sur le sujet de sa venue au loft. Comment tu as fait pour tomber malade par un si beau temps ?
- J’ai pris froid, expliqua-t-il en repensant au nombre incalculable de douches froides qu’il avait prises moins d’une semaine.
- Et si je te disais que le personnage en question, est un certain espion d’origine britannique, reprit Paula excitée comme une puce.
- Comment ça tu veux parler de… fit l’écrivain soudainement très intéressé.
- Chut, ne le dis pas, ça va te porter la poisse! Avertit son agent.
- C’est grâce à lui si je suis devenu écrivain !
- Je sais, oui.
- C’est l’espion le plus cool qui ait jamais existé !
- Oui tu l’as dit.
- Il a toujours des super gadgets, les plus belles filles…
- Et il rapporte un tas de fric. Tu ne peux même pas imaginer !
- Ils veulent que je leur écrive trois nouveaux bouquins ?
Il éternua de nouveau et se moucha. Son téléphone sonna.
- Exactement. Maintenant tu vas répondre s’il te plaît parce que les appels en absence ça me donne la nausée.
- Oh c’est Beckett, il y a sûrement eu un nouveau meurtre... Je la rappellerai. Est-ce qu’il y a d’autres choses que tu ne peux pas me dire ? Fit Castle après avoir jeté un œil à son portable.
~~~~~~~~~~
Au même moment, Beckett arrivait sur la scène de crime et sortait de sa voiture.
- Bonjour messieurs ! Qu’est-ce que vous avez pour nous ? Demanda-t-elle à un agent en uniforme, avant d'éternuer.
- Ça va lieutenant?
- Ça va, oui! Alors?
- Une femme de type européen, la petite trentaine, pas de sac à main et aucun papier.
- Où est-elle ?
- Ce sont des employés de la ville qui l'ont trouvée en voulant vérifier une bouche d’égout.
Beckett et les gars regardèrent dans la bouche d’égout et aperçurent le corps, qui gisait dans la boue.
- Je suis prête à parier qu’elle n’a pas glissé !
Elle éternua trois fois de suite, sous les yeux de ses collègues qui l'observaient d'un œil inquiet.
- Ça va Beckett? Demanda Ryan.
- Mais oui, c'est juste un rhume!
- Il ne faut pas plaisanter avec les rhumes, dit Esposito.
- Puisque je vous dis que ça va, grogna la détective. Au boulot les gars!
Castle arriva plus tard, alors que Perlmutter venait de quitter la scène de crime avec le corps.
- Ah, regardez qui voilà ! Lança Ryan.
- Regardez qui nous fait l’honneur de sa présence ! Railla Esposito.
Castle arriva à leur hauteur et se mit à éternuer à plusieurs reprises. Les gars le fixèrent d'un air étonné. Lorsque Beckett éternua à son tour, ils tournèrent la tête vers elle en tiquant.
- On vous prépare deux grogs pour la pause déjeuner? Proposa Ryan en souriant.
- Et pour les couvertures? Il vous en faut deux ou une seule suffira? Ricana Esposito.
- Les gars, au boulot! Râla Beckett en éternuant de nouveau.
- Vous devriez peut-être arrêter de vous allumer sans arrêt, suggéra le latino.
- Pardon ? fit Beckett étonnée.
- Au poste en plus ! Vous êtes de grands malades, dans votre genre, ricana Ryan.
Les gars s'éloignèrent en ricanant, Castle se rapprocha de sa muse, qui éternuait encore.
- Ça va? Demanda-t-il.
- Bravo ! Ils ont découvert le pot aux roses par ta faute, grommela Beckett.
- Ma faute ?! Qui est-ce qui m’a allumé devant eux ? Répliqua Castle.
- Bien sûr que c'est ta faute ! Qui a eu l’idée de ce pari stupide ?
- Et qui a eu l’idée saugrenue de faire la grève du sexe pour que je modifie mon bouquin ? S’énerva-t-il.
- Et qui a eu l’idée saugrenue de s’inspirer de nos ébats pour son foutu bouquin ? S’écria-t-elle.
- … Oui, je reconnais que j’aurais dû t’en parler avant, se calma-t-il légèrement.
- Et je reconnais que je me suis peut-être un peu emballée, se calma-t-elle à son tour. Il faut qu'on arrête ce stupide pari! Avec toutes ces douches froides nos systèmes immunitaires se sont affaiblis et tu as attrapé un bon rhume, que tu m'as passé!
- Je suis d'accord, on arrête le par... QUOI? C'est toi qui me l'as refilé ce rhume! Contra-t-il en réalisant ce qu'elle venait de dire.
- C'était ton idée! Et si tu m'avais laissée tranquille, on n’aurait pas pris froid! Reprit-elle de plus belle.
- N'importe quoi! Qui a commencé à tricher pour gagner, me condamnant à prendre douche froide sur douche froide ?
- En tout cas ce virus vient de toi! Je ne suis jamais malade d'habitude!
- Quelle mauvaise foi! Tu es insupportable !
- Aaatchaaa !
- Tiens!
- Qu'est ce que c'est?
- Un médicament contre le rhume, je suis passé par la pharmacie en venant.
- … Merci Castle, dit-elle en se radoucissant.
- Always ! Ça va te faire du bien, tu verras.
- Viens chez moi ce soir, je nous ferai un bon grog…
- On partagera la bouillotte?
Chapitre dix-huit.
Les bras en croix, étendu sur le lit, Rick attendait que sa respiration reprenne un rythme normal. Machinalement, il tourna le regard vers le réveil, 7h12, il allait falloir penser à se lever. Son rhume semblait aller mieux, il n'avait plus de douleur. La tête de Beckett sortit soudain de sous la couette et ses lèvres vinrent se poser sur les siennes. Il sourit.
- Je pourrais m'habituer à ce genre de réveil, tu sais.
- Il fallait bien que je m'assure que tu étais entièrement rétabli... Sourit-elle mutine.
- Ce qui est sûr, c'est que toi, tu vas mieux! Consciencieuse jusqu'au bout, madame l'infirmière, tu as peut-être raté ta vocation...
- Tu serais d'accord pour que je soigne tous les patients de cette façon?
- Nan! Surtout pas! Répondit-il en la plaquant sur le matelas.
- Je me disais aussi, rit-elle, tandis qu’il dévorait son cou de baisers.
Elle lui en piqua un sur les lèvres, frotta son nez sur sa barbe naissante, se leva, s'étira et quitta la pièce.
- Qu'est ce que tu fais?
- Il faut bien que je retourne au boulot, déjà que j'ai manqué hier!
Il s'empressa de la rejoindre sous la douche, attrapa le gel douche parfumé à la cerise et entreprit de la savonner. Ses mains couraient sur le corps de la jeune femme, qui se laissa faire docilement et en profita pour se coller à lui.
Ses mains glissaient agréablement sur son corps de déesse, la savonnant entièrement. Elle attrapa à son tour un flacon de gel douche et entrepris de le laver à son tour. Rapidement la température monta en flèche et ils ne quittèrent la salle de bain que quarante minutes plus tard.
Beckett arriva donc au poste avec une bonne heure de retard et Castle la rejoignit vingt minutes plus tard. Il se rendit dans la salle de repos où il retrouva les gars.
- Salut Castle ! Alors et ce rhume ?
- Guéri ! Rien de tel qu’un bon grog et une bouillotte pour vous remettre sur pied ! fit-il en attrapant deux tasses pour son café et celui de sa belle.
- Beckett vous a bien soigné ? demanda Ryan.
- Beckett ? Pourquoi me demandez-vous ça ?
- Arrêtez Castle, on sait, répliqua Esposito en souriant.
- Qu’est ce que vous savez ? fit l’écrivain surpris.
- Vous et Beckett, continua l’irlandais.
- Il n’y a rien entre Beckett et moi !
- Castle… c’est nous ! On n’est pas nés de la dernière pluie… Fit Esposito.
- Beckett qui mange d’une façon qui aurait fait rougir ma mère, vous deux qui attrapez un rhume en même temps…
- Ça ne prouve rien du tout !
- Allez Castle ! Des détails ! Insista Ryan.
- Il n’y a rien à dire ! s’écria l’écrivain.
- Il n’y a rien à dire ? Alors pourquoi vous sentez la cerise ? Ricana Esposito.
- Je… ? Commença l’écrivain en humant son odeur corporelle nerveusement.
- Bingo ! Rit le latino.
- C’n’est pas tout ça, mais on a du boulot nous, fit Ryan en quittant la pièce suivi d’Esposito, qui était hilare.
- Pas un mot de tout ça à Beckett ! Paniqua l’écrivain.
- Ne vous en faites pas Castle, votre secret est bien gardé avec nous, annonça Ryan en souriant.
- Au fait, on pourrait avoir votre Ferrari à prêter ? demanda Esposito. Pendant … disons…une semaine ?... Chacun !
- Bande de rapaces ! Ça marche, grogna Castle.
Il apporta un café à sa muse, qui l’entraîna dans une chasse au papier de bonbon dont Perlmutter avait trouvé un exemplaire sur la victime de l’égout.
De retour au commissariat, alors que Castle attirait une nouvelle fois l'attention sur lui en dévoilant toutes les babioles qu'il avait tenu à acheter au cours de leur enquête pour trouver le magasin qui vendait la mystérieuse confiserie, Beckett faisait son compte-rendu au capitaine. Ce dernier, à cette occasion, lâcha une parole qui fit réagir instantanément la détective.
- S'il parle de chasse à l’emballage de bonbon dans son prochain bouquin, l’intrigue sera peut-être moins macabre.
- Quoi ? Réagit-elle instantanément en rattrapant son patron. Chef, chef, son prochain bouquin ? Il écrit une autre histoire sur Nikki Hard ? Notre accord portait sur un seul roman alors en fait je pensais…
- En avoir fini ? Castle est un très bon ami du maire alors s’il veut écrire un autre livre sur vous, il va falloir…
- Chef, je ne suis pas Nikki Hard, d’accord ?
- Peu importe, disons que monsieur le maire souhaite votre entière coopération, sourit le capitaine.
Elle se tourna vers Castle, cachant son sourire derrière son masque de froideur. Il allait écrire d'autres livres, il allait rester auprès d'elle. Cette simple pensée lui réchauffait le cœur. Mais lorsqu'elle lui en toucha deux mots quelques heures plus tard, elle déchanta instantanément.
- Je peux te poser une question, Castle ?
- Inutile, la réponse est : tenue de cocktail exigée et si tu n’arrives pas à choisir tu n'as qu’à te demander ce que porterait Nikki Hard ! Répondit-il sans attendre sa question.
- Quand comptais-tu me parler de l’autre bouquin ?
- Oh ! Tu es au courant ?
- Alors c’est vrai ? Demanda-t-elle en réprimant un sourire.
- Pour l’instant, il n’y a rien d’officiel !
- Tu ne t'es pas dit que j'aurais aimé que tu m'en parles?
- Je pensais que tu serais soulagée de l’apprendre !
- Soulagée? S’étonna-t-elle.
- Tu n'as pas l’air de te rendre compte que si jamais j’écris l’histoire de cet… espion Britannique, ma carrière passerait dans une autre dimension !
- Moi je te parle de Nikki Hard !
- Oh !
- Comment ça un espion Britannique ? Réalisa-t-elle soudain. Est-ce que tu vas… ?
- S’ils me font une offre officielle mais ce n’est pas sûr ! Répondit-il.
Son cœur rata quelques battements, ainsi il envisageait de mettre Nikki Hard au placard et elle aussi, par la même occasion.
- Oui et s’ils te la font ? Parvint-elle à articuler en cachant son désarroi.
- Et bien, à mon avis j’étudierais sérieusement la question mais je te l’ai dit, je pensais que tu serais vraiment soulagée !
- Je le suis ! Enfin je le serais, s’ils te font une offre officielle ! Affirma-t-elle avec le peu d'assurance qu'il lui restait.
*******************
Ils continuèrent leur enquête comme si de rien était. Elle avait l'air tellement sereine, qu'il en eut mal au cœur, ainsi la perspective de ne plus l'avoir à ses côtés jour après jour ne semblait pas l'affecter. Elle ne ressentait rien de ce qu'il pouvait ressentir pour elle. Ce n'était qu'une histoire sans lendemain dont elle tournerait facilement la page. Cette idée le conforta dans l'idée qu'il devrait accepter cette proposition et s'éloigner d'elle au plus vite, avant de souffrir.
Beckett, quant à elle, ne pouvait s'empêcher de s'en vouloir, elle avait toujours su que Castle était le genre d'homme dont elle devait se méfier, un de ceux qui vous jettent pour filer vers de nouveaux horizons et vous brisent le cœur sans scrupule.
Elle s'évertuait à ne rien montrer, mais intérieurement, son cœur hurlait.
Chapitre dix-neuf.
La soirée de lancement de Vague de chaleur venait d'ouvrir ses portes. Castle avançait sur le tapis rouge, accompagné des femmes de sa vie, Martha et Alexis, à ses bras. Les photographes les mitraillaient, faisant crépiter les flashs.
Une serveuse s’approcha, Castle se saisit de deux coupes de champagne et en offrit une à Martha. Non loin de là, Ryan et Esposito sirotaient leurs boissons.
- Alors c’est ça la vie qu’on n’aura jamais ? Fit Esposito en regardant Castle faire son show et signer un autographe sur la poitrine d'une femme.
- Ouais. Beckett n'est pas là? C'est bizarre quand même.
- Tu la connais, elle n'aime pas être l'objet de toutes les attentions, répondit le latino.
- Je pensais qu'elle viendrait au moins pour lui, soupira l'irlandais en désignant Castle du regard.
- Elle n'a peut être pas envie de le voir signer les poitrines de ces nanas! Et puis, elle lui a peut être dit de venir lui faire une petite séance de dédicaces en privé après la soirée, fit Esposito en riant.
Martha et Alexis s'étaient installées à une table, pendant que Rick faisait des mondanités.
- C’n’est pas génial, fit Alexis, toi tu refais l’actrice, moi j’ai des super notes et papa a terminé un autre bouquin !
- Profites en bien trésor, parce que crois-en mon expérience, toutes les bonnes choses ont une fin! Soupira l'actrice.
Castle jeta un œil alentours et vint s'asseoir près d'elles en soupirant.
- Ça ne va pas trésor? Demanda Martha.
- Si... J'aurais simplement aimé qu'elle vienne...
- Pourquoi ne viendrait-elle pas?
- Elle sait pour l'autre bouquin.
- Oh! Et comment l'a-t-elle pris?
- Trop bien! Elle avait même l'air soulagée! Ça me fait du mal de l'admettre, mais notre bref partenariat n'aura pas compté pour elle, je me suis fait avoir comme un gamin...
- Trésor, si cela avait aussi peu compté pour elle, elle serait venue.
- Je ne te suis pas, dit-il en attendant que sa mère lui livre un des mystères du fonctionnement de la psychologie féminine.
- Tu ne t'es pas dit que la perspective de te voir partir vers de nouveaux horizons pouvait la troubler au point qu'elle ne puisse pas venir te faire ses adieux? Tu ne crois pas qu'elle aurait pu de nouveau enfouir ses sentiments au plus profond d'elle même?
- J'aimerais que tu aies raison, soupira l'écrivain.
- Tu savais que tu prenais un risque avec cette relation, mais tu as eu le courage de la vivre, tu n’auras aucun regret et c’est déjà ça.
- Mais c’est douloureux.
- Eh oui, l’amour c’est douloureux, mais ça en vaut la peine.
- Rappelle-moi ça quand je serai au fond du gouffre, soupira Castle en plongeant dans sa coupe de champagne.
**********************
Un peu plus tôt, dans son appartement, Beckett broyait du noir assise sur son canapé. Elle entortillait machinalement une mèche de ses cheveux autour de son index et relisait pour la dixième fois de suite la même phrase du roman qu'elle avait choisi dans sa bibliothèque. Ce n’était pas que cette phrase fut si compliquée, mais son esprit était tellement loin de là, qu'il n'arrivait pas à assimiler la moindre information que ses yeux tentaient de lui envoyer. Toutes ses pensées étaient tournées vers lui... Uniquement lui. Il était un romancier adulé, égocentrique, gamin, gaffeur et diablement séduisant.
Ils étaient les exacts opposés et pourtant tout en lui l'attirait. Elle venait de vivre une année merveilleuse à ses côtés, elle avait été flattée qu'il s'intéresse à elle, mais elle s'était également sentie piégée. Il avait toutes ces femmes plus belles les unes que les autres à ses pieds, il gravitait dans un monde tellement différent du sien, elle avait peur de la comparaison. Elle n'était pas assez bien pour lui...
Elle trainait sa souffrance liée à la mort de sa mère comme un fardeau, un fardeau trop lourd pour une histoire d'amour. Sorenson l'avait abandonnée pour une proposition de travail plus intéressante... Et maintenant, c'était au tour de Castle de la quitter pour un personnage mille fois plus intéressant que Nikki Hard.
Elle s'allongea sur le dos et contempla le plafond, inutile de faire semblant de lire, elle n'avait que lui en tête. Arriverait-elle à se passer de lui? Elle en doutait sérieusement, il lui faudrait faire preuve d'une volonté farouche pour reprendre la vie qui était la sienne avant lui. Son cœur se serra devant l'évidence de ses sentiments.
À l'instant même où cette révélation s'imposait à elle, quelqu'un frappa à sa porte. Elle se leva en soupirant, effaça d'un geste rapide la larme, qui avait réussi à passer la barrière de sa volonté et se dirigea vers la porte d’entrée bien décidée à envoyer balader l’importun.
- Tu ne devais pas aller à la soirée de lancement du bouquin de Castle? Demanda Lanie en entrant.
- Si... Soupira Beckett en refermant la porte derrière son amie.
- Alors qu'est ce que tu fais dans ce survêtement? Tu devrais être en train de te préparer à partir, non? Tu es en retard!
- Je n'ai pas le courage d'y aller.
- Ok, qu'est ce qu'il se passe? Demanda Lanie en s'installant sur le canapé et en invitant son amie à en faire autant. La détective sembla hésiter un instant, puis céda et vint s'assoir près de la métisse.
- Il va écrire d'autres bouquins, lâcha-t-elle.
- Et ça t'embête? Je croyais que tu t'étais habituée à l'idée s'être sa muse, fit la métisse en fronçant les sourcils.
- Il va écrire les histoires d'un espion britannique, précisa Beckett.
- Oh! Fit la légiste dont les lèvres formaient un o parfait.
- Qu'est ce que j'espérais? Qu'il allait me suivre indéfiniment? Demanda la détective en se levant fouillant sa chevelure d'une main nerveuse.
- Tu devrais peut être lui en parler, suggéra Lanie.
- Pour lui dire quoi? Que je n'ai pas envie de le voir partir? Je ne sais même pas ce que je veux!
- Ce serait peut être l'occasion d'y réfléchir...
- J'y ai réfléchi!
- Et?
- Et je ne suis pas prête!
- Pas prête à quoi?
- Pas prête à m'engager, pas prête à aller plus loin que ce qu'on vit, pas...
- De quoi as-tu peur?
- ... De perdre ce qu'on a?
- Et qu'est ce que vous avez franchement?
- ...
- Exactement! Tant que vous n'en parlerez pas franchement, vous n'aurez rien! Trancha Lanie. Et puis, peut être que ce n'est pas non plus ce qu'il recherche... aller plus loin, s’engager… Je te rappelle qu’il a déjà deux divorces à son compteur !
- Mais si c’était ce qu’il désirait ? Je n’ai pas le droit de lui imposer ça ! C’est trop égoïste ! Je ne suis qu’un monstre d’égoïsme, soupira-t-elle finalement dans un souffle.
- Tu n’es pas égoïste, puisque tu penses à son bien être, contra la légiste. Tu n’es pas prête, à la bonne heure, tu en as parfaitement le droit ! Mais il a aussi le droit de décider lui-même si ça lui convient ou pas !
- Qu'est ce que je dois faire alors ?
- Tu dois aller te mettre en tenue et filer à cette soirée, tu lui dois au moins ça!
- Tu as sans doute raison, soupira Beckett.
- Évidemment que j'ai raison! Sourit Lanie ravie d’avoir réussi à convaincre son amie de se rendre à cette soirée.
~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
- Regardez, c’est Nikki Hard ! S'écria quelqu'un derrière Castle.
Celui-ci se retourna et l'aperçut. Elle faisait son entrée sur le tapis rouge. Les photographes la mitraillaient. On pouvait lire son agacement dans son regard, ce qui fit sourire l'écrivain. Elle refusait la lumière et pourtant elle l'attirait naturellement, elle avait ce charme naturel qui faisait qu'elle touchait chaque personne dont elle croisait la route. Elle était une étoile qui s'ignorait, attirant les regards sans le vouloir.
Il la vit s'approcher du capitaine Montgomery et discuter avec lui, avant de s'approcher d'un présentoir sur lequel son roman était exposé. Il fut interrompu dans sa contemplation par son agent.
- Alors c’est elle ? Demanda-t-elle.
- Oui, c’est elle ! Acquiesça Castle.
- Tu lui as écrit une véritable déclaration d’amour ! Une nuit torride à Ibiza et moi j’ai le droit à quoi ? Un tout petit chapitre dans « Tempête d’automne » !
- Un chapitre chaud comme la braise ! Fit-il remarquer.
- Tu lui as écrit un roman entier, ça doit vraiment être une fille très spéciale ! Constata-t-elle devant son sourire. Je peux te poser une petite question ? Quand elle te laisse un message, tu la rappelles ?
- Ouais.
- Evidemment que tu la rappelles parce qu’elle compte beaucoup pour toi et parce que tu es poli !
- Paula, je t’ai toujours rappelé, arrêtes ! S'offusqua Castle.
- Un contrat pour trois livres et je n’arrive même pas à t’avoir en ligne pour te dire, que t’as une offre officielle !tempêta Paula.
- Ils m’ont fait…
- Oui !
- Ils veulent vraiment que ce soit moi ?
- Oui, alors c’est bon je leur dis que tu es d’accord ?
- Je ne peux pas te donner de réponse aussi rapidement et… en plus je ne sais même pas si je suis prêt à laisser tomber Nikki Hard.
- La Nikki du roman ou la Nikki en chair et en os, que tu ne peux pas t’empêcher de dévorer des yeux?
- Celle du roman, et je ne la dévore pas des yeux ! répond-il en regardant Beckett intensément.
- Ouais, bien sûr ! Tu couches avec elle ?
- Non ! Mentit Castle avec toute la conviction dont il était capable.
- Alors qu’est-ce que tu attends pour le faire ? Cèdes à la tentation pour te la sortir de la tête et ensuite passe au bureau pour signer ton contrat, d’accord ?
Elle partit, laissant Castle les yeux rivés sur Beckett, qui ouvrait le livre pour en lire la dédicace. Si seulement c'était si simple! si seulement il pouvait se la sortir de la tête...
Il arriva derrière elle pendant qu’elle lisait :
- Salut ! Merci d'être venue.
- Salut…je …heu …, bredouilla-t-elle surprise en refermant le livre avant de le tendre à Castle qui le prend. J’étais juste en train de lire la dédicace et merci, c’est très gentil !
- Je le pense, tu es extraordinaire.
Ils se regardèrent un instant, elle lui sourit.
- Je suis content que tu sois venue, sourit-il.
- Remercie Lanie... - Pourquoi Lanie?
- Je ne suis pas fan des adieux, je ne voulais pas venir.
- Des adieux?
- Ton prochain roman... Tu sais cet espion Britannique, dont il ne faut surtout pas dire le nom ?
- Ah oui?! L’offre officielle est arrivée !
- Waow ! Félicitations ! fit-elle la gorge serrée.
- Je n’ai pas encore dit oui.
- Mais tu vas accepter, n’est-ce pas ?
- Tu penses que je devrais ?
- Oui, enfin… C'est ce que tu veux, non? C'est une formidable opportunité.
- Tu ne m’en voudrais pas?... de ne pas écrire un autre Nikki Hard ?
- Pourquoi est-ce que je t'en voudrais ? Je ne t'ai pas demandé d’écrire le premier! Rit-elle.
- Tu sais la plupart des gens seraient flattés qu’un écrivain décide de s’inspirer de leur vie pour un roman ! Répondit-il piqué au vif.
- Flattés ?! S'offusqua-t-elle.
- Ouais !
- Tu n’as aucune idée de tout ce que j’ai pu subir comme désagréments et de ce que m'a coûté cette histoire de Nikki Hard !
- Quelle horreur, j’en suis navré ! Se moqua-t-il.
- Arrête un peu ton cinéma, je te demande juste… de... de faire ce que tu veux, puisque c’est tout le temps comme ça que ça se finit !
- Dans ce cas c’est réglé ! Répondit-il avec colère.
- Parfait !
- Je vais accepter leur offre !
- Super !
- Amuse-toi bien !
- Je vais me gêner !
- De toute façon ça tombe bien, parce que le personnage de Nikki Hard n’était pas assez riche pour un deuxième roman !
- Elle est assez riche pour toute une saga ! Il lui faut juste un meilleur écrivain !
- Parfait !
- Parfait !
Ils partirent chacun de leur côté. La soirée continua sur sa lancée, Castle faisait son show. Kate se tenait en retrait, discutant distraitement avec d'autres invités. Elle ne pouvait s'empêcher de jeter des regards vers l'écrivain.
Un an... Cela faisait un an qu'il la suivait quotidiennement et que leur relation étrange avait commencé. Elle ne voulait pas qu'il parte, elle ne voulait pas se retrouver seule à nouveau, face au vide, mais elle était incapable de lui avouer. Elle avala sa coupe de champagne d'un trait et d'un geste rageur, puis décida de rentrer chez elle, le voir si proche et si lointain à la fois, devenait trop difficile.Elle s'arrêta sur le bord du trottoir et se hissa sur la pointe des pieds à la recherche d'un taxi.
Il l'avait suivie, sans qu'elle s'en aperçoive. Il l'avait observée discrètement après leur dispute et n'avait pas aimé ce qu'il avait vu. Elle faisait la fière et gardait la tête haute, mais il avait remarqué ses gestes nerveux. Il commençait à la connaître suffisamment, pour reconnaître les signes d'une grande détresse, quand elle luttait pour cacher sa peine. Il l'avait poussée un peu trop, il avait voulu la faire réagir, mais c'était encore trop tôt et il l'avait blessée.
Attention, Bunny est de sortie dans ce chapitre ! (Comprenez que le chapitre est classé M ou NC 17 ou SSSSSSS sur l’échelle de Marlowe) Les petits jeunes et ceux qui n’aiment pas ça, revenez demain, ça devrait être plus calme. Pour les autres, enjoy ! ^^
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Chapitre vingt
De retour chez elle, Kate erra comme un automate sans vraiment savoir ce qu’elle cherchait. Elle tomba sur une chemise de Rick, qu’il avait oubliée sur son lit. Elle l’attrapa la porta contre son visage à la recherche de l’odeur de l’écrivain. Cela suffit à faire venir les larmes.
Elle s'installa sur le rebord de la fenêtre, rapprocha ses genoux contre sa poitrine et laissa son regard se perdre dans la contemplation des lumières de la ville. Ses larmes n'arrêtaient pas de couler. Elle l’avait perdu et c’était entièrement sa faute. Au bout d'un moment, les larmes finirent par s'estomper, elle se calma un peu, mais demeura blottie contre la froideur de la fenêtre.
Elle serra la chemise contre elle et inhala profondément son odeur. Les larmes se remirent à couler. Elle essayait de respirer autant qu'elle le pouvait cette odeur résiduelle, elle voulait à tout prix s'accrocher à cette dernière part de lui, maintenant qu'il était sorti de sa vie… par sa faute…
Elle ne sut pas combien de temps elle resta assise là. Les sanglots s’étaient arrêtés, mais les larmes ne s’étaient pas taries. Elle ne voulait pas bouger de là, elle ne s’en sentait pas capable.
Elle aurait dû lui dire, lui dire qu’elle voulait qu’il reste auprès d’elle, qu’elle avait besoin de lui, de sa présence, qu’il la rendait vivante… Mais elle n’en avait pas eu le courage et maintenant, il était trop tard.
Elle ne l'entendit pas arriver. Il resta un moment à l’observer silencieusement. Finalement, il se rapprocha d'elle et écarta ses cheveux de son visage. Elle leva son regard rougi vers lui, ne comprenant pas comment il pouvait être là.
- Un jour j'ai fait des recherches avec un cambrioleur, expliqua-t-il. Aucune serrure ne me résiste.
- ...
- Non, sérieusement, tu as oublié de fermer ta porte à clé, tu devais vraiment avoir l'esprit ailleurs!
Elle ne dit rien, son expression le fit pour elle. Elle se colla à lui et enfouit son visage contre son torse. Il ne dit rien, se contentant de caresser doucement ses cheveux. Elle fut prise de tremblements, sa détresse lui creva le cœur.
- C'est dur, soupira-t-elle finalement.
Il continuait de la serrer contre lui et de l’écouter, sans un mot, elle ne se livrait que très rarement.
- C'est comme si j'avais perdu quelque chose, continua-t-elle... Une chose que je n'ai jamais eue...
Elle avait du mal à gérer ses émotions ce soir-là, les larmes glissèrent le long de ses joues, sans qu'elle parvienne à les retenir.
- Et que je ne pourrai jamais avoir, termina-t-elle avec des trémolos dans la voix.
Elle inspira difficilement. Ses larmes coulaient abondamment, maintenant. Il lui caressa doucement le dos, lui signifiant qu'il était là pour elle. Elle ferma les yeux et se laissa bercer doucement.
- Je ne veux pas que tu partes, Castle, souffla-t-elle. Je ne veux pas que tu me laisses seule.
- Alors je ne partirai pas, répondit-il comme une évidence.
Elle se recula légèrement et plongea son regard dans le sien, elle était partagée entre la joie et l’incompréhension, elle ne voulait pas qu’il sacrifie son avenir avec cet espion britannique pour elle.
- Je peux rester dans ta vie sans te suivre au poste tous les jours, continua-t-il pour répondre à son air interrogateur. J’ai pas mal de temps libre, je pourrais toujours être là pour toi, on pourra continuer notre aventure à ton rythme.
- Pourquoi ferais-tu ça ?
- Parce que moi non plus, je n’ai pas envie de te quitter.
Elle se jeta sur ses lèvres avec un magnifique sourire et passa ses bras de chaque côté de son cou, heureuse. Il se laissa entrainer par la fougue de la jeune femme, répondant à ses baisers avec autant de passion qu’elle. Leurs gestes étaient hâtifs, passionnés, désordonnés. Il lui arracha ses vêtements plus qu’il ne les lui enleva, elle éclata de rire lorsqu’elle sentit la fermeture de sa robe s’ouvrir dans un craquement sinistre et qu’il se confondit en excuses, lui promettant de lui en acheter une bonne douzaine d’autres. Elle le fit taire en posant un doigt sur la bouche et lui murmura :
- Fais-moi l’amour, Rick. Fais-moi me sentir vivante.
- Bye-bye Bunny ! Avait-il lancé d’une voix rendue rauque par son désir, avant de la plaquer contre le mur et de la pénétrer vigoureusement, lui arrachant un petit cri de surprise.
Il adorait voir ses yeux agrandis par la surprise et son magnifique sourire fleurir sur ses lèvres. Elle était splendide, elle enroula ses jambes autour de sa taille, lui permettant de s’enfoncer encore plus profondément en elle.
Elle s’agrippa à ses épaules et cala sa tête contre son oreille, laissant libre cours à ses cris de plaisir. Il semblait au moins aussi impatient qu’elle, peut-être avait-il eu aussi peur qu’elle à l’idée que leur aventure arrive à son terme.
Il accéléra le rythme, la jouissance ultime était proche, il tourna la tête et vint s’emparer de ses lèvres eu moment où l’extase les prit tous les deux.
Elle peina à reprendre son souffle, elle se cala contre lui, posa sa tête contre son épaule et la magie opéra, elle se calma doucement. Il déposa une multitude de baisers dans son cou et remonta lentement ses mains le long de son dos. Elle releva son visage et leurs lèvres se rejoignirent.
*********************
Lorsqu’il se réveilla, il la trouva tendrement lovée contre lui, la nuit avait été plus qu’agitée et c’est seulement au petit matin, qu’ils s’étaient laissés emporter par le sommeil. Il sentit les doigts de sa muse courir le long de son torse, elle aussi était réveillée.
- Tu m’as manqué, murmura-t-elle.
- On n’a pas été séparé très longtemps, pourtant, à peine vingt-quatre heures !
- Les vingt-quatre heures les plus difficiles pour moi depuis bien longtemps, avoua-t-elle dans un murmure.
Il l'attira contre lui et la serra doucement dans ses bras.
- Toi aussi, tu m'as manquée, souffla-t-il en l’embrassant sur la tête.
- Je suis désolé!
- Je suis désolée!
Ils rirent, ils venaient encore de dire les mêmes paroles en même temps.
- Tu vas me manquer... Avoua-t-elle.
- Quoi?
- Quand tu écriras ce nouveau roman, tu n'auras plus besoin de venir au poste pour m'observer...
- Ah... Ça va me manquer aussi...
- Mais c'est comme ça... Et pour ton nouveau bouquin, je sais que tu feras ça très bien !
- On se verra chaque jour, promit-il.
- J'espère bien!
Elle se leva soudainement, s’enroula dans le drap et se dirigea vers la porte.
- Hé ! Où vas-tu ?
- Téléphoner !
- Quoi ?! Tu peux faire ça plus tard !
- Et pourquoi j’attendrais ?
- Parce qu’on avait un moment câlin et que je ne comptais pas m’arrêter là ! répliqua-t-il le sourire aux lèvres.
- Minute monsieur l’impatient ! Si j’ai envie d’appeler ma meilleure amie pour lui dire que je suis amoureuse, j’en ai parfaitement le droit !
Il en fut tellement abasourdi qu’il en tomba du lit dans un grand boum. Elle se retourna surprise.
- Qu’est ce qu’il t’arrive ?
Il se releva aussitôt, se précipita vers elle et lui attrapa la main.
- Qu’est ce que tu viens de dire ?
- Je te demandais ce qu’il t’arrivait, tu t’es pris les pieds dans la couette ?
- Non ! Non ! Juste avant ! Qu’est ce que tu as dit ?
- Que j’allais appeler ma copine, qu’est ce que tu as ? Je n’en aurai pas pour des heures, rassure-toi !
- Pas ça ! Beckett ! Tu as dit que tu étais amoureuse, murmura-t-il.
Waow, elle n’avait pas dit ça tout haut, quand même ? Vu sa tête, oui. Il allait falloir qu’elle perde cette habitude de penser à haute voix ! Et si ça le faisait fuir ? Elle commença à paniquer.
- J’ai dit ça… comme ça !...Enfin… Ne t’en fais pas !... Je ne te demande pas de changement ! Bafouilla-t-elle en panique totale. C’est pas grave !... Je… Je ne veux pas que tu te sentes piégé…
Il posa un doigt sur sa bouche en souriant.
- Katherine Beckett, il y a des fois où tu dis vraiment n’importe quoi !
- C’est que tu avais l’air si sérieux ! J’ai cru…
- Surpris ! J’étais surpris ! Certainement pas fâché, je ne serai jamais fâché par ces paroles sortant de ta bouche ! Et puis, tu sais…
Ce fut au tour de la détective de poser un doigt sur la bouche de son amant.
- Non ! Ne dis rien ! Je ne veux pas l’entendre !
- Quoi ?
- Je ne veux pas que tu dises que tu as des sentiments pour moi parce que je viens de te le dire ! Je trouve ça insipide… Tu sais… Je t’aime… Moi aussi !
- Et quand est ce que je suis en droit de le dire ? Demanda-t-il amusé par cette réaction étrange de sa muse.
- En tout cas pas après l’amour ! On est pris dans l’euphorie du moment, on peut croire que c’est une parole en l’air…
- Ça va être pratique, ça, dis-moi avec le nombre de fois où on…
- Andouille !
- Tu es vraiment compliquée dans ton genre, tu le sais ça ?
- Excusez-moi monsieur le grand écrivain de troubler votre petite vie tranquille, fit-elle boudeuse.
- Ma vie a plus de saveur depuis que tu la perturbes, sourit-il en l’embrassant.
Le téléphone de Castle sonna à cet instant, il se tendit légèrement en voyant qui l’appelait :
- c’est mon agent !
Le téléphone de Kate sonna également :
- Oh c’est le poste. Ecoute... Tu devrais répondre !
- Oui !
Ils décrochèrent en même temps.
- Beckett !
- Salut Paula, ah vraiment ? Il couvrit le téléphone et s’adressa à Beckett. Premier jour de sortie et « Vague de chaleur » casse déjà la baraque !
-Oh, le capitaine Montgomery veut me parler ! répondit-elle en levant le pouce.
- Les critiques ont adoré !
- Ouais !! fait-elle en serrant le poing en l’air...Oui capitaine !
- Si je suis intéressé pour faire… trois autres livres… avec Nikki Hard ?
- Oui je sais bien que cette année monsieur le Maire risque d’avoir une réélection difficile !
- Une minute, une minute tu m’as dit combien ?
- Non je serais vraiment ravie d’aider notre département, dites moi ce que je dois faire ?
- Non, non, on oublie l’autre offre, à ce prix-là je pourrais faire une douzaine de Nikki Heat !
- Il veut que je fasse quoi ?
- Le seul petit problème, c’est qu’elle m’a donné son accord que pour un seul roman …
- Trois autres bouquins ? Mais ça va prendre des siècles !
- Tu en as déjà parlé au Maire ?!
- Je vais te faire ta fête ! lança-t-elle à Castle qui sourit jusqu’aux oreilles... Non, non, non, non, chef, ce n’est pas à vous que j’étais en train de parler, je…
- D’accord !
- Pas la peine de me remercier chef, je suis ravie d’aider Monsieur le Maire, c’est un honneur ! fit-elle en souriant.
- Heu oui, écoute… excuse-moi... mais là je vais devoir te laisser Paula ! Alors je te rappelle d’accord, je te rappelle ! Il raccroche. Je te jure que je n’ai absolument rien à voir avec ce coup de fil !
- C'est ça... Oui.
- Je t'assure! Ne te fâche pas!
- Il va falloir que tu te fasses sérieusement pardonner! Dit-elle en l'aguichant. Je t’ai promis de te faire ta fête…
- Ahhh oui?.... Bégaya-t-il tandis qu'elle le poussait vers le lit
Ses mains empoignèrent ses hanches et elle se retrouva à califourchon sur lui, laissant ses doigts se perdre dans ses cheveux. Ils rapprochèrent leurs lèvres et s'abandonnèrent à la passion.