HypnoFanfics

Interdit aux moins de 18 ans

In my veins

Série : Castle
Création : 25.01.2014 à 16h20
Auteur : Minefuji 
Statut : Terminée

« Une idée, qui me trottait dans la tête depuis un moment : et s'ils avaient fait ça il y a quatre ans... J'espère que ça vous plaira. » Minefuji 

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Chapitre cent un

Castle s'éveillait doucement, quand il constata qu'il était seul dans le lit. Il se redressa immédiatement et tendit l'oreille. Il reconnut la voix douce de sa femme dans la pièce attenante à leur chambre. Il n'avait pas entendu Andréa pleurer, c'était à croire que Kate avait un radar qui lui indiquait tout signe de réveil imminent de leur fille. Depuis trois semaines qu'elles étaient revenues au loft, Kate avait toujours réussi à se lever pour elle quelle que soit l'heure et ce toujours avant que lui même ne soit réveillé par les pleurs de leur fille.
Il se leva et se dirigea vers la chambre de la petite, où il les trouva devant sa fresque.

- Hey!

- Hey! On t'a réveillé?

- Non... Mais tu aurais dû!

- Ça va, j'aime me lever tôt.

- Et la nuit, tu aimes aussi te lever la nuit?

- Pour l'instant ça ne me dérange pas, je suis encore en congé et je fais la sieste en même temps qu'elle. Quand je reprendrais le boulot, je n'hésiterai pas à te réveiller à l'aide de mes pieds glacés s'il le faut.

- Brrrr... J'espère qu'elle fera ses nuits à ce moment là! Alors, qu'est ce que vous faites?

- On admire ton chef d'œuvre, elle adore ta vache Bunny, elle sourit à chaque fois qu'elle la voit.

- Dis lui bien que c'est un lapin, grommela Rick.

- Mais si je fais ça, elle ne comprendra jamais ce qu'est une vache!

- Et bien on l'emmènera à la ferme! Un petit déjeuner, ça te dit?

- Oh oui! Je meurs de faim!

Martha et Alexis les rejoignirent pour le petit déjeuner, puis quittèrent le Loft. Rick s'éclipsa un moment pour prendre sa douche et sourit en revenant dans la cuisine.
Kate rangeait la cuisine tout en se déhanchant sur un air des red hot Chili peppers. Ignorait-elle le pouvoir qu'elle exerçait sur lui dans ces moments là ou faisait-elle cela dans le but de le provoquer?

Il s'approcha doucement et vint se coller contre son dos, lui provoquant un léger sursaut.

- Salut Beyoncé! Dit-il en l'embrassant dans le cou.

Elle se retourna et colla son bassin contre le sien en fondant sur ses lèvres.

- Je croyais qu'il était hors de question que je te touche de nouveau, la taquina-t-il.

- Si j'ai dit ça, mon cher, c'est parce qu'à cause de ton retard, je n'ai pas eu le droit à la péridurale!

- La prochaine fois, je ne partirai pas loin de toi à la veille du terme...

- Minute cowboy! La prochaine fois?

- Tu as vu notre fille? Elle est tellement jolie que ce serait dommage de ne pas lui faire une petite sœur aussi mignonne! Et puis j'aimerais bien avoir un petit garçon aussi...

- Trois enfants?! T'es sérieux?

- Avec toi je repeuplerais la terre...

- Tu sais qu'on n'est pas obligés de repeupler la terre, on peut juste… prendre du plaisir, dit-elle de son air coquin en plaquant son bassin contre le sien.

- Attends ! Tu sais que… Ahhh ! … J’adore quand tu prends les… euh… choses en main… mais… nous ne sommes pas seuls…Bafouilla-t-il alors qu’elle avait plongé sa main dans son pantalon.

- Ta mère et Alexis sont parties pendant que tu étais sous la douche… Répondit-elle en lui mordillant légèrement le lob de son oreille droite, tandis que sa main entamait un lent va et vient sur son sexe qui commençait à se sentir à l’étroit dans son pantalon.

- Et… Euh… Tu oublies Andréa…

- Elle est propre et a mangé, on a une bonne heure devant nous, annonça-t-elle en le débarrassant de son pantalon.

- Tu vas me tuer, dit-il d’une voix rauque en la hissant sur le meuble de cuisine derrière elle. Mais je mourrais volontiers dans tes bras !

- Castle…

- Oui… ?

-  Ferme-la et fais-moi crier de plaisir.

- J’adore obéir à tes ordres…

Sans attendre, il la débarrassa de son chemisier en embrassant chaque parcelle de son corps, s’étonnant de la retrouver si fine si vite après la naissance de leur fille. Il s’attaqua ensuite à son pantalon.

- Oh ! Mon copain est de retour ! S’amusa-t-il en jouant avec l’élastique de la culotte de Beckett.

- Babe, j’ai dit une heure, mais c’est seulement une estimation, alors s’il te plait, pas de digression inutile !

- D’accord ! … Et que dis-tu de cette digression la ? demanda-t-il en passant ses doigts sous l’élastique pour venir agacer son point sensible.

- Mmmhmmm, j’adore…

Il joua un petit moment de ses doigts et de sa bouche, la faisant gémir de plaisir, puis il se redressa et s’unit à elle dans une étreinte passionnée.

                                                 ****************

-  Je t'appelle plus tard. «Bye!" Termina Kate en raccrochant.

- Qui était-ce?

- Roger.

- Roger?

- Mon kiné!

-  Je pensais que tu en avais fini avec la rééducation...

- On a arrêté pendant un moment à cause de ma grossesse, mais si je veux retrouver 100% de mes capacités, il faut que je refasse quelques séances... En parlant de séance... Il est temps que je me mette en route, si je ne veux pas être en retard... Bon, je n’en ai que pour une heure, grand maximum, dit Kate en attrapant son sac à main et en embrassant Rick et leur fille.

- Prends tout ton temps ! Sourit Castle. Ça va te faire du bien de t’aérer un peu.

- Tu es sûr que ça va aller ?

- Tu oublies que je suis celui qui murmure à l’oreille des bébés ! Andréa et moi on s’est prévu un moment père-fille du tonnerre, avec marionnettes, hochets et le super CD que j’ai acheté hier. Il fait fureur dans les fiestas des crèches.

- Ok, à tout à l’heure ! Ne fais pas trop de bêtises !

- Elle n’a pas un mois, quelle bêtise voudrais-tu qu’elle fasse ?

- C’est à toi que je parlais Castle !

- Ah Ah ! Oh ! La carte de crédit est dans ma veste, dans la penderie !

- Pas besoin, j’ai la mienne !

Elle quitta le loft, il soupira et baissa son regard vers sa fille.

- Et dire que je me plaignais des dépenses exorbitantes de Gina et Meredith, et là, j’ai beau insister jour après jour, je n’arrive toujours pas à faire en sorte que ta maman considère que mon argent est aussi le sien, alors qu’elle est celle à qui je donnerais tout…

                                                           ****************

Deux femmes se promenaient dans la rue. Elles transportaient des tapis de yoga, leur cours venait  juste de se terminer.

- Alors, vous avez trouvé votre lieu ? Demanda la première.

- J'aimerais le faire dans les jardins botaniques, mais Chris pense que c'est trop cher, répondit la seconde.

- C'est votre mariage! Il est censé coûter une fortune !

- Je sais! On ne se marie qu’une seule fois!

Elles passèrent devant une boutique, au moment même où Kate en sortait. Soudain l’une des deux jeunes femmes fut éclaboussée par un liquide rouge. Surprise, elle ne réalisa pas immédiatement ce qu’il venait de se passer et se tourna vers son amie. Son cri déchira l’atmosphère. Alertée, Beckett se précipita et trouva la seconde jeune femme gisant sur le sol.

                                                           ****************

- Alors, là, on arrive à un moment capital, car, vois-tu, la meilleure des histoires peut être complètement gâchée par un dénouement raté, tout comme un navet peut devenir un best seller s’il se termine avec un dénouement génial, expliquait Castle à sa petite fille qui posait sur lui deux grands yeux étonnés. Donc, le singe…

Il attrapa la marionnette de l’animal et l’agita devant elle.

- … écarta le feuillage et dit au crocodile…

Il fut interrompu par la sonnerie du téléphone. Il décrocha après s’être excusé auprès de sa fille pour ce léger dérangement.

- Castle !

- Castle ! C’est Lanie !

- Hey ! Bonjour docteur Parrish !

- Castle… Il… C’est…

- Calme-toi, voyons, qu’est ce qu’il se passe ?

- C’est Kate… Il s’est passé quelque chose…


Minefuji  (11.07.2014 à 16:27)

Chapitre cent deux:

- C'est Kate... Il s’est passé quelque chose… Dit Lanie d'une voix angoissée.

- Kate ? Mais elle est chez la sage femme qui l’a suivie pour commencer sa rééducation…

- Je crois qu'il vaudrait mieux que tu viennes...

- Dis-moi ce qu'il se passe! Elle a eu un accident?

- Non, mais... Il y a eu un meurtre ce matin, en pleine rue... Elle y a assisté...

- Où est-elle?

- Au douzième.

- J'arrive.

Il raccrocha et se dépêcha de préparer les affaires d'Andréa. La porte du loft s'ouvrit.

- Salut papa!

- Alexis? Tu rentres déjà?

- J'ai beaucoup de temps libre depuis que j'ai validé mes acquis pour postuler à Stanford.

- Tu tombes bien! Ça te dérangerait de garder ta petite sœur?

- Tu sais bien que non!

- Merci, tu es géniale, dit-il en l'embrassant et en quittant le loft en quatrième vitesse sous le regard interdit d'Alexis.

                                                                                            ~~~~~~~~~~~~~

Les portes de l'ascenseur s'ouvrirent, Castle se précipita vers Ryan et Esposito qui s'avançaient déjà vers lui.

- Où est-elle?

- Dans la salle de repos avec Lanie, répondit Ryan.

- Qu'est ce qu'il s'est passé?

- Une femme a été abattue devant elle dans la rue, expliqua Ryan.

- Sarah Vasquez, une enseignante de maternelle de 28 ans. Elle quittait un studio de yoga avec une amie, quand elle est tombée brusquement, une balle en plein cœur, précisa Esposito.

Rick fit instantanément le lien avec la fusillade du cimetière et comprit pourquoi Lanie l'avait appelé.

- Comment va Beckett? Demanda-t-il.

- C'est elle qui a prévenu le central, elle a tout géré jusqu'à ce que la cavalerie débarque, mais... Elle est choquée. Très choquée. Elle n'a pas décroché un mot depuis qu'on est arrivés sur place.

- On le serait pour moins que ça, fit remarquer l'écrivain. Je peux la voir?

- Bien sûr! Tu connais le chemin.

Il arriva devant la salle de repos, mais n'entra pas de suite, il resta là, un instant à l'observer et ce qu'il vit lui serra le cœur. Elle était assise dans un fauteuil, le regard dans le vague, silencieuse. Elle se tenait penchée en avant, appuyant son buste contre ses avant-bras, au plus près de ses genoux. La Beyoncé radieuse et pleine de vie qu'il avait serrée passionnément dans ses bras avait totalement disparu, pour laisser place à une jeune femme apathique et recroquevillée sur elle même. Elle toucha inconsciemment sa poitrine; sans doute un rappel de sa propre fusillade... Lanie se tenait près d'elle et lui parlait doucement tout en tenant sa main. Kate ne semblait pas s'apercevoir de sa présence. Rick inspira un grand coup et s'avança dans la pièce.

- Castle! Dit Lanie en tournant la tête vers lui. Kate sortit aussitôt de sa torpeur et se redressa pour le voir.

- Hey... Murmura-t-il.

Beckett de redressa et lui sourit. Un sourire qui aurait pu faire illusion devant quelqu'un d'autre, mais pas lui. Elle se leva et vint se blottir dans ses bras. Lanie soupira de soulagement, l'état de son amie l'avait inquiétée.

- Comment vas-tu? demanda-t-il en lui caressant doucement le dos.

- Bien.

Un mensonge, il n'était pas dupe.

- Où est Andréa? Demanda-t-elle à son tour.

- Avec Alexis.

- Rentrons à la maison.

- Chérie, tu dois faire ta déposition avant, lui rappela gentiment Lanie.

- Ok... Je reviens, murmura-t-elle en quittant la pièce.

- Comment tu fais ça? Demanda Lanie.

- Fais quoi?

- Elle ne parlait pas, c'est tout juste si elle savait que j'étais là et tu arrives et Pffuiit, elle reprend du poil de la bête!

- J'aime à penser que ma présence la réconforte, mais... J'ai plus l'impression qu'elle cherche à me protéger en me cachant ce qu'elle ressent... Soupira-t-il.

Kate revint vingt minutes plus tard, elle souriait encore, elle voulait donner le change, mais il était clair que cette affaire la perturbait, heureusement qu'elle était encore en congé. Il devait l’éloigner de tout ça, la blessure était trop fraîche, elle n’était pas prête à y faire face, aussi, quand elle lui demanda de la ramener à la maison, il ne se le fit pas dire deux fois et s'empressa de l'emmener loin du poste et de cette affaire. Lanie rejoignit la morgue et put rapidement donner ses premières conclusions aux gars.

- La balle qui a tué Sarah Vasquez est un 308, plus précisément une Sierra MatchKing.

- Une balle de fusil, comprit Esposito. C’est le genre de munitions communément utilisée par les Sniper…

- Elle a été abattue à distance ? demanda Ryan. Heureusement que Beckett est en congé !

- Elle y a assisté, tu penses vraiment que ça ne la touche pas ? En plus, Beckett est loin d’être idiote, elle comprendra vite qu’il s’agit d’un sniper, dit Esposito.

- Le mieux que l’on puisse faire, c’est attraper cette ordure rapidement, pour Kate… elle est entre de bonnes mains, dit Lanie en repensant à la façon dont la seule présence de Castle l’avait sortie de sa torpeur.

- Tu as raison, souffla Ryan. Autre chose?

- Sur la base de sa blessure et de la profondeur dont elle s’est fichée dans le cadre de porte, je dirais que la balle a été tirée d’entre deux et trois cents mètres, expliqua Lanie.

- Deux cents mètres? Avons-nous une idée d'où, exactement? Interrogea Ryan.

- Apparemment, le tireur a tiré d'un de ces bâtiments, quelque part entre le 10e et le 15e étage, répondit Lanie en montrant une photo du quartier.

                                                                      ~~~~~~~~~~~~~

Il était encore tôt, Castle dormait profondément, tout comme Andréa et le reste des habitants du loft, à part Kate. Dans le calme de la nuit, Kate se tenait devant le miroir de la salle de bain, torse nu, regardant le reflet de la cicatrice sur son flan. Elle remonta la main et s’arrêta sur celle laissée par la balle, en plein milieu de sa poitrine. Elle se souvint du coup de feu et des cris de ce jour-là. Les souvenirs étaient encore douloureux. La main de Castle sur son épaule la sortit de ses pensées.

- Hey… Il est encore tôt… Tu ne devrais pas profiter du fait qu’Andréa dorme pour te reposer toi aussi ?

- Je n’avais plus sommeil…

- Tu te rappelles de la promesse que tu m’as faite au début de notre relation, quand tu étais encore la Beckett indomptable et écorchée vive ?

- De te dire quand ça n’allait pas ? Oui, je m’en souviens…

- Et tu te souviens aussi du fait que je sais quand tu ne vas pas bien…

- Elle est morte sous mes yeux, Castle… Bien sûr que je suis secouée, n’importe qui le serait…

- C’est certain, mais tout le monde n’a pas été gravement blessé par balle…

- Ecoute, je suis une grande fille, je peux gérer ça.

- C’est pour ça que tu te lèves en pleine nuit pour regarder tes cicatrices…

- Je… Je me demandais si elle avait souffert…Si elle s’était rendu compte de ce qui lui arrivait…

- Si tu veux on demandera à Lanie quand il fera jour…

- D’accord, souffla-t-elle en baissant la tête.

- Tu as souffert, toi ? Demanda-t-il en lui caressant les cheveux.

- Je me souviens d’une douleur intense, une brûlure et le manque d’air… Je suffoquais… Je ne comprenais pas ce qui m’arrivait et j’avais peur… Tellement peur…

- De quoi te souviens-tu d’autre ?

- De tout… Je me souviens de chaque seconde, répondit-elle doucement. Je me souviens que dans ce chaos, une seule chose me maintenait à flot, dans ce chaos…

- Laquelle ?

- Toi.

Que de chemin parcouru depuis trois ans, se dit-il. Au début de leur relation, elle aurait refusé de se livrer. Elle l’aurait évincé sans doute, mais là, elle acceptait sa présence.

Il se perdit dans la douceur de ses prunelles d'émeraude et se laissa emporter par ce regard de biche qui le rendait toujours fou de désir. Il l'embrassa tendrement d'abord, elle glissa ses bras autour de sa nuque et passa la langue contre ses lèvres, réclamant plus. Il ne se fit pas prier et l'embrassa fiévreusement. Elle remonta sa main contre sa joue, soupirant son envie. Son autre main vint caresser son torse, d'un geste presque timide d'abord, effleurant ses pectoraux du bout des doigts, puis de manière plus pressante lorsqu'elle descendit au niveau de sa ceinture abdominale. Il quitta alors la douceur de sa bouche pour déposer des baisers brûlants à la base de son cou. Naturellement, elle inclina la tête pour lui faciliter l'accès. Son souffle se faisait déjà haletant. Plaquant ses mains dans son dos, elle l'invita à un corps à corps sensuel, elle voulait le sentir contre elle et en elle. Brûlante de désir, elle lui murmura de l'embrasser encore. Ce qu'il fit avec dévotion, tandis que ses mains descendaient jusque sous son fessier divin. Elle laissa remonter les siennes pour venir agripper ses cheveux. Elle cacha son visage dans le creux de son cou, alors qu'il la soulevait sans peine, pour la porter jusqu'à leur lit. Il la déposa délicatement et vint la recouvrir de son corps. Il commença à bouger très lentement son bassin caressant son pubis, accroissant ainsi leurs désirs. Elle écarta les cuisses pour l'accueillir. Il poursuivit son lent mouvement et entra peu à peu en elle. Sans changer de rythme, les yeux dans les yeux, il l'emmena au septième ciel avec douceur et sensualité.

                                                            ~~~~~~~~~~~~~~~~

Martha se leva de bonne heure, aujourd'hui était un jour important pour elle et les élèves de son école de théâtre, la dernière répétition avant la première de la pièce qu'ils travaillaient depuis des semaines. Elle voulait être certaine que tout serait prêt pour ce grand moment, ce qui impliquait qu'elle aurait un million de choses à faire.

- Bonjour Martha, lança Kate en l'apercevant.

- Oh Katherine, bonjour! Déjà levée!

- Comme vous voyez! Un café et des gaufres, ça vous dit?

- Tu es adorable, trésor, mais il faut que je range mes costumes avant de partir, je n'ai pas eu le courage de le faire hier soir, je vais donc devoir courir aujourd'hui.

- Je les ai rangés, ils sont étiquetés selon ce qui était inscrit sur la feuille qui était sur la table du salon, vous n'avez plus qu'à les emmener. J'ai aussi retrouvé la veste à queue de pie que vous cherchiez, Rick vous l'avait empruntée pour raconter à Andréa une histoire dont le héros était monsieur Loyal.

- Tu es debout depuis quand? Demanda l'actrice admirative.

- Oh...euh... Je n'avais...plus sommeil...

- Eh bien...Merci...

- Café? Il vient d'être fait!

- Volontiers! À la condition que nous le prenions ensemble.

- Cela va de soi!

- Alors? La petite s'est réveillée cette nuit? Demanda l'actrice en prenant place près de sa belle-fille.

- Une seule fois, vers trois heures du matin, elle s'est encore décalée d'une heure, par rapport à la semaine dernière.

- Elle ne devrait pas tarder à faire ses nuits, à ce rythme-là! Elle doit tenir cela de toi, visiblement.

- Rick a mis du temps à faire ses nuits? Demanda Kate.

- Il était toujours affamé, il m'a réveillée chaque nuit pendant plus de huit mois! Il a fini par faire ses nuits quand je lui ai doublé sa ration du soir, contre l'avis du pédiatre.

- Rick est un solide gaillard, souligna Kate, encore aujourd'hui, il se réveille s'il n'a pas suffisamment mangé la veille.

Lorsque Castle se leva, il fut ravi de constater que Kate avait repris du poil de la bête, même si son sommeil semblait avoir été plus que perturbé. Il lui proposa de l'emmener faire un peu de shopping, histoire de lui changer les idées. Alexis garderait leur fille avec joie. Il prit soin de l'emmener loin du quartier dans lequel le drame s'était produit.

Une fois hors du taxi, il lui tendit la main pour l’aider. Non loin de là, un homme tenait un fusil, lisse et noir. Il portait des gants noirs. Il regarda à travers la lunette du fusil, à la recherche d'une cible. Une femme attendant un bus, un homme aidant une jeune femme à sortir d’un taxi, un autre homme s’agitant au téléphone… Soudain, il trouva celui qu'il cherchait, un homme dans un long manteau. Il appuya sur la gâchette et la tragédie se répéta. L’homme s’écroula, les passants autour de lui, d’abord surpris s’arrêtèrent et s’approchèrent pour l’aider et puis ce fut la panique.

                                                                  ~~~~~~~~~~~~~~~~

- La victime est Henry Wyatt, un avocat de 38 ans, expliqua Esposito.

- C’est le même tireur? Demanda Ryan.

- Ça m’en a tout l’air.

Les gars franchirent le ruban jaune pour arriver près de leur victime et furent surpris d’y trouver Castle et Beckett.

- Beckett ? Castle ? Qu’est ce que vous faites là ?

- On venait faire du shopping pour se changer les idées, répondit Castle tandis que Beckett se tenait près de Lanie et de la victime.

- Vous avez entendu quelque chose ? demanda Esposito.

- Rien du tout, répondit l’écrivain. Nous sortions du taxi, il était un peu plus loin sur le trottoir et tout à coup, il y a eu un mouvement de panique.

- C'est comme la dernière fois alors, dit le latino. Il a visé la tête cette fois. Il devient plus confiant.

- Une autre victime, au même moment de la journée, ça ressemble au sniper de Washington, dit Castle.

- Et Beckett ? demanda Ryan.

- A ton avis ? grogna Esposito, ça fait deux fois qu’elle se trouve à l’endroit où le sniper frappe ! Rien que ça, ça ferait flipper n’importe qui.

- Tu devrais t’asseoir un peu, suggéra Lanie à son amie qui tournait sur elle-même en observant les immeubles.

- C’est un sniper, n’est ce pas ? demanda Beckett en ignorant le conseil de la légiste.

- Oui…

- Est-ce que… ? Commença-t-elle sans cesser de regarder les bâtiments environnants.

Il y avait des éclairs de lumière partout, celle du soleil se reflétant dans les fenêtres.

- Tu as vu quelque chose? Demanda Castle en arrivant près d’elle.

Il se tourna pour suivre son regard. Elle regardait encore autour, à la recherche de quelque chose.

- Beckett, tu vas bien? Demanda Lanie.

La question de la légiste la ramena parmi eux.

- Ouais, j’essaye juste ... euh ... J’essaye seulement de comprendre pourquoi ces deux victimes, et pourquoi tirer ici? Répondit-elle secouée.

- ça, c’est à nous de le trouver, répondit Esposito, tu es encore en congé. Une patrouille va vous ramener chez vous et vous reposer.

- Je vais bien…

Une voiture de police s'arrêta au bord du trottoir à côté d'eux, une sirène retentit brièvement. Avant qu'elle puisse comprendre ce qu’il se passait, Beckett tomba au sol et se cacha à l’abri d’une borne à journaux.

- Je crois qu’il vaut mieux que nous rentrions, dit Castle. Esposito a raison, notre place n’est pas ici.

Elle se releva et acquiesça d’un hochement de tête. De retour au loft, Kate s’occupa de leur fille comme elle le faisait chaque jour, elle agit comme si rien ne s’était passé. Il n’osa pas lui en parler. Ils passèrent tous les trois une journée ordinaire et s’endormirent dans les bras l’un de l’autre, comme tous les jours. La seule différence étant qu’au petit matin, il se réveilla seul et qu’il ne la trouva ni dans la chambre de leur fille, ni dans la cuisine. Kate avait quitté le loft.


Minefuji  (13.07.2014 à 18:31)

Chapitre cent trois

 

- Richard, qu'est ce qu'il se passe? Demanda Martha, alors que son fils tournait en rond dans le salon.

-  Kate est partie.

- Et alors? Elle a encore le droit d'aller et venir comme bon lui semble, non?

- Tu ne comprends pas! Elle est partie!

- Vous vous êtes disputés? Demanda Martha. Ça ne doit pas être bien grave, puisqu'Andréa est là. Crois-moi, Kate n'est pas Meredith! Jamais elle n'abandonnerait votre enfant.

- Non, on ne s'est pas disputés... Mais...

- Là, il va falloir que tu m'expliques!

Il se tourna vers sa mère et devant son air de totale incompréhension, réalisa qu'elle ne savait rien de ce qu'il se passait. Il cessa de s'agiter et vint s'asseoir auprès de Martha, afin de lui raconter ce qu'ils vivaient depuis deux jours.

*************

- Voilà, tu sais tout, soupira-t-il.

- Et tu es fâché contre elle ?

- Evidemment que je suis fâché ! Je savais qu’elle n’allait pas bien, mais elle m’avait promis de ne plus se renfermer dans sa coquille! Elle m’avait promis que nous affronterions les problèmes ensemble ! Et là, alors qu’elle devrait me faire confiance, me laisser l’aider à surmonter cette épreuve, elle prend la fuite !

- Je ne pense pas que Katherine ait pris la fuite, tempéra Martha.

- Ah non ? Où est-elle dans ce cas ? Partie chercher des croissants ? Excuse-moi, mais je n’y crois pas une seule seconde !

- Et si tu laissais tes propres angoisses d’abandon de côté pour une fois et que tu regardais cette histoire du point de vue de ta femme, peut-être y verrais-tu une marque d’amour et de dévotion, comme moi je le vois.

- Une marque d’amour et de dévotion ?

- Par deux fois, Katherine s’est trouvée à deux pas d’une victime de ce sniper ! Dois-je te rappeler ce qu’il s’est produit au cimetière lors de l’enterrement du capitaine Montgomery ?

- Bien sûr que non, comment oublier une épreuve pareille ?

- Le tireur n’a toujours pas été arrêté… Elle croit sans doute en être la cible…

- C’est impossible, Smith a un accord avec les commanditaires du meurtre de sa mère, elle ne craint plus rien tant qu’elle reste loin de cette affaire.

- Mais elle ne le sait pas, ça !

- Tu crois qu’elle pense être la cible du sniper ?

- Moi, c’est ce que je croirais !

- Mais alors pourquoi quitter le loft ? Elle est en sécurité ici !

- Mon chéri, pour un homme avec ton intelligence et ton talent d’écrivain, tu es parfois lent à la détente ! Elle pense être la cible d’un sniper, si elle restait ici, elle nous mettrait tous en grand danger ! En particulier toi et Andréa !

- Il faut que je la retrouve !

- C’est ça ! Et ne la brusque pas, elle est assez perturbée par cette affaire !

- Mère, tu es la meilleure !

- C’est ça, file ! Et n’oublie pas de revenir avant dix-huit heures, j’ai une représentation théâtrale, ce soir !

                                   ****************

- Hey ! Castle ! Tu t’es fait virer de chez toi ? Demanda Esposito en le voyant sortir de l’ascenseur.

- Vous n’avez pas vu Beckett ?

- Beckett ? Elle est en congé, elle devrait être avec toi en train de pouponner, répondit Ryan.

- Ouais, sauf que cette histoire de sniper la perturbe. Elle a quitté le loft cette nuit ou ce matin tôt, avant qu’on ne se lève.

- Pourquoi ferait-elle une chose pareille ? Elle est peut être simplement partie faire un tour ?

- Le shopping ne fait plus partie de ses distractions favorites depuis deux jours. Je pense qu’elle croit que le sniper est après elle, alors elle s’est éloignée du loft pour qu’on ne soit pas en danger, expliqua Castle.

- C’est pas impossible, réfléchit Ryan. Après tout, le seul point commun entre les victimes, pour l’instant, c’est sa présence sur les lieux.

- Nan, ce type est un pro, répliqua Esposito, il ne commettrait pas l’erreur de se tromper de cible.

- Toujours est-il, que Beckett le croit et que la connaissant, elle est sur sa piste, rappela Castle.

- Comment ? A part ce qu’elle a vu, elle n’a pas accès aux éléments de l’enquête, souligna l’irlandais.

- à moins qu’elle soit venue au poste avant nous, dit Esposito.

Ils se regardèrent un instant, se disant qu’il s’agissait là de quelque chose de très probable.

- Les caméras de surveillances, dit soudain Ryan.

- Je vais parler au gardien, ajouta Esposito.

Une heure plus tard, ils avaient la confirmation de ce qu’ils avaient imaginé, Beckett était venue vers une heure du matin, avait passé une grosse demie heure à leur étage, sans doute le temps de faire des copies du dossier. Les caméras de surveillance leur indiquèrent qu’elle s’était également rendue à la morgue, avant de filer loin du poste vers deux heures et demie du matin. Ils tentèrent de la suivre à l’aide des caméras du quartier, mais c’était sans compter sa capacité à échapper à toute surveillance, ils perdirent sa trace dès l’angle de la première rue.

- Au moins elle est prudente, soupira Castle.

- Elle n’est pas suicidaire, tout ce qu’elle veut, c’est retrouver sa famille et sa vie tranquille, dit Esposito.

- Il faut qu’on la retrouve, répondit Castle, qui n’aimait pas la savoir seule dehors à la recherche d’un sniper fou.

- Alors recherchons ce malade, dit Ryan déterminé.

- Les victimes avaient un point commun ? demanda Castle en observant le tableau blanc.

- Sarah venait de se fiancer et tout semblait aller parfaitement pour elle, personne ne semblait lui tenir rancœur pour quoi que ce soit, expliqua l’irlandais. Elle avait seulement évoqué un gars qu’elle avait vu quelques jours auparavant en sortant du yoga, mais rien de suffisamment précis pour nous donner une piste. Les habitudes de Sarah au club de Yoga étaient de notoriété publique, elle l’affichait même sur Facebook.

- Rien de commun avec Henry Wyatt, reprit Esposito, il travaillait dans un cabinet d'avocats à deux rues de là où il a été abattu. Mais selon sa secrétaire, il aimait marcher, ce qui signifie qu'il  avait une routine prévisible, tout comme Sarah Vasquez.

- Les victimes semblent choisies au hasard donc, conclut l’écrivain d’un air désappointé.

- Les victimes, oui, mais pas les lieux, fit remarquer le latino. C’est un pro et un pro reconnait toujours les lieux à l’avance. Tuer à une longue distance, ce n'est pas en sortant votre arme et en faisant feu, que vous y arriverez. Vous devez tenir compte de toutes les conditions, comme la nature de cible, le terrain et le vent. On a retrouvé un petit drapeau sur un panneau près de la scène du deuxième crime. Parfait pour mesurer le vent.

 

En vérifiant les caméras de sécurité, ils aperçurent un homme qui plaçait le drapeau deux jours auparavant. Malheureusement, il savait où se trouvaient les caméras et gardait son visage couvert. Une patrouille en uniforme trouva le lieu d’où le sniper avait tiré la seconde fois.  Ils s’y rendirent et y trouvèrent une étrange poupée de papier et la douille utilisée pour le meurtre. Esposito fit également remarquer que le sniper n’avait pas choisi le meilleur endroit, ce qui était étrange étant donné sa qualité.

Ils continuèrent leur enquête en suivant le moindre indice qui se présentait à eux. Une patrouille trouva le lieu d’où Sarah avait été tuée, une nouvelle poupée étrange fut découverte.

                        *****************

L’écrivain tenait les poupées de papiers dans ses mains. Elles avaient la même forme, mais les couleurs étaient différentes. Il les manipulait distraitement, il ne faisait aucun doute que son esprit était ailleurs.

- Vous pensez qu'elles signifient quelque chose? Demanda Ryan en arrivant à sa hauteur.

- Mhmm?

- Les poupées, vous pensez qu'elles veulent dire quelque chose.

- Oh! Euh... Sans doute, il ne les laisse pas sans raison.

- Ouais, il joue avec nous. Il vient nous narguer et doit se marrer de nous voir nous torturer l'esprit avec ces idioties, grogna Ryan.

 - Hey. On va le trouver, d'accord? Le calma Esposito. On a trouvé quelque chose dans la pièce d'où il a tué Sarah.

- Qu'est ce que c'est?

- De la moleskine. Les tireurs d'élite militaires en mettent sur les chargeurs de leurs armes pour absorber la sueur de sorte que les fusils ne glissent pas.

- S'il y a de la sueur, alors on pourra avoir de l'ADN, dit Ryan plein d'espoir.

- Ouais.

- Vous entendez ça Castle? On va le coincer ce salopard! Castle?

- Hein? Oh... Euh...

- On va la retrouver... voulut le rassurer Esposito. Beckett sait ce qu'elle fait.

- En temps ordinaire, oui! Mais là?! Elle ne va pas bien, je le sais, soupira Castle. Il faut que je la retrouve.

- Son téléphone est toujours éteint, impossible de la localiser, dit Ryan.

- Il va bientôt faire nuit... Elle a du se prendre une chambre quelque part... Supposa Esposito.

- Si son ancien appartement n'avait pas explosé, elle y serait sans doute retournée, si elle ne va pas bien, elle a du chercher un endroit rassurant, où elle se sent un peu comme chez elle, ajouta Ryan.

- C'est ça! Merci les gars, vous êtes géniaux, sourit Castle avant de quitter le poste en courant.

- T'as compris quelque chose, toi? Demanda Espo.

- Non, mais ça doit être un truc de couple... Avec Jenny aussi parfois...

- Arrête, t'en sais rien du tout!

- Quoi?


                                   *************

Il faisait sombre dans la pièce. Recroquevillée dans le canapé, Kate goba une pilule, avant de remplir de nouveau son verre qu'elle vida cul sec. La tête lui tournait un peu. Elle voulait oublier, elle voulait que les images qui défilaient dans sa tête disparaissent. La scène de la fusillade du cimetière se mélangeait avec celles des meurtres dont elle avait été le témoin. Le moindre bruit la faisait sursauter. Elle avait voulu régler cette affaire et finalement cela finissait par un énorme gâchis. Une porte claqua à l'étage en dessous, elle sursauta, poussa la table basse. Son verre s'écrasa au sol, elle trébucha, elle était complètement déboussolée. Incapable de se concentrer, elle cherchait à se sentir en sécurité. Elle était au sol, sur la pelouse, secouée sur un brancard qui filait à toute allure. Les voix de Lanie et de Castle se mélangeaient dans sa tête. Du sang, son sang partout et la voix de Castle qui la suppliait de rester en vie. Elle attrapa son arme sur le sol, sans s'apercevoir qu'elle rampait sur du verre brisé.  Elle se colla contre le mur, tenant son arme  devant elle, elle essayait de reprendre le contrôle.

- Kate!

La voix de Castle sembla la ramener à la réalité.

- Chérie, je suis là, ça va aller, dit Rick en la prenant dans ses bras.

Elle ferma les yeux, elle était en sécurité désormais. Alors les battements de son cœur se calmèrent et les flashs dans sa tête cessèrent.

- Rick?...

- Tu n'as plus rien à craindre, ça va aller.

- Je... Il veut me tuer, Rick! Tu ne dois pas rester là, je te mets en danger!

- C'est pour ça que tu es partie? Pour nous protéger?

- Ils l'ont envoyé pour finir le boulot, Rick. Il ne faut pas que tu restes près de moi, deux personnes sont mortes par ma faute!

- Personne n'est mort par ta faute, Kate. Ce sniper n'en a pas après toi. Tu n'étais tout simplement pas au bon endroit.

- Il n'en a pas après moi?

- Non.

- Je voulais... Je ne... Ça ne va pas, Castle. Je ne vais pas bien.

- Shhhh, c'est normal. Mais je suis là et on va s'en sortir ensemble, tu verras.

- ... Comment tu m'as retrouvée?

- Ryan. Il a dit que tu chercherais probablement un endroit rassurant, où tu te sentirais un peu chez toi...

- Et tu as pensé à venir ici?

- L'hôtel où on a passé notre première nuit et notre nuit de noce? Oui, je me suis dit que cet endroit devait avoir un lien affectif pour toi.

Elle sourit et se blottit dans ses bras. Il lui dit des paroles douces et réconfortantes qui l'apaisèrent si bien qu'elle finit par s'endormir.

Lorsque Kate se réveilla, elle fut étonnée de se retrouver dans leur chambre au loft. Elle se redressa et regarda autour d'elle à la recherche de ses souvenirs de la veille, mais le marteau-piqueur sous son crâne la dissuada de continuer. Elle baissa le regard sur elle, elle était en tenue de nuit et son poignet était soigneusement bandé.
Rick, pensa-t-elle en souriant. Il avait su qu'elle avait besoin de lui, il avait su la retrouver et avait su la rassurer sans jamais lui faire de reproche.
Elle quitta la tiédeur de son lit et se dirigea malgré ses jambes flageolantes vers le bureau de Rick. Elle y trouva son écrivain devant son ordinateur et leur fille sagement installée dans son transat.

- Hey! Ce sourire me manquait! Dit-il en l'apercevant.

Elle s'avança vers lui et l'embrassa tendrement.

- Comment te sens-tu?

- Un peu mieux, grâce à toi.

- Tiens, ça devrait soulager tes maux de tête, dit-il en lui tendant un verre d'eau et un cachet qu’il avait préparés sur son bureau.

Elle les prit sans chercher à comprendre comment il faisait pour deviner si bien ce dont elle avait besoin.

- Qu'est ce que tu fais? Demanda-t-elle en venant se poster derrière lui en l’enlaçant tendrement.

- Quelques recherches... Répondit-il évasif.

Derrière eux, le téléviseur était allumé sur une chaîne d'infos qui changea de sujet pour arriver à l'affaire du sniper. Rick fit un mouvement vers la télécommande, elle arrêta son geste.
- Ça va... Murmura-t-elle.

Elle voulait affronter sa peur, il la connaissait bien sa Beckett, elle ne voulait pas se sentir affaiblie.

- Qu'est ce que c'est? Demanda-t-elle en apercevant les poupées de papier près de son ordinateur.

- Le sniper les a laissées dans les endroits où il s'était posté...

- J'espère que tu n'es pas resté debout toute la nuit, dit-elle.

- Je ne pouvais pas dormir. Deux jours, deux morts. Quelqu'un quelque part se réveille, ne sachant pas qu'il va être la prochaine victime...

- Tu crois que c'est un message? Demanda Kate en observant un peu mieux les poupées.

- En tout cas, si ça a une signification, je trouverai.

- Je n'en doute pas.

- Bonjour! Dit Alexis en arrivant à son tour suivie de Martha qui tenait une tasse fumante dans ses mains.

- Vous avez décidé de prendre votre petit déjeuner ici? Demanda Martha.

- Rick fait des recherches pour aider les gars à coincer ce sniper, expliqua Kate leur signifiant ainsi que le sujet n'était pas tabou.

- Je pense que je ne vais pas aller en cours aujourd'hui, dit Alexis.

-  En fait, vous êtes toutes les deux en résidence surveillée jusqu'à ce que nous attrapions ce type, dit Castle. Vous pouponnerez Andréa comme ça.

- Ne me dis pas que tu vas y aller toi aussi Katherine, dit Martha.

- Il le faut Martha, je ne peux pas laisser la peur me dominer.

-  Mais tu es encore en congé! Protesta l'actrice.

- Je dois le faire Martha. Sans ça, je crois que je ne m'en remettrai pas.

- Ne t'en fais pas, mère, je serai toujours à ses côtés.

- Bien... Soupira Martha. Alors qu'allez-vous faire?

-  La seule chose que nous puissions faire. Essayer de comprendre pourquoi il a laissé ces fichues poupées derrière. Si seulement je pouvais comprendre de quelle  peinture ils viennent ...

- Fais-moi voir, dit Alexis en tendant la main.

- Clair-obscur.

- Tu le reconnais? s'étonna Castle.

-  C'est un style de peinture qui a été inventé pendant la Renaissance, illustré par de forts contrastes entre la lumière et l'obscurité. Nous l'avons étudié en histoire de l'art. Essaye de regarder à Caravage. Ou Peterzano.

Castle commença à pianoter sur son ordinateur.

-  Eh bien, admira Castle, ton école vaut chaque centime que j'ai payé... Hé, c'est peut-être celui-ci... Peterzano. La persécution des Rois.

Ils poursuivirent leurs investigations et découvrirent la signification des poupées.
Elles indiquaient le lieu du prochain meurtre. Henry Wyatt avait été tué sur la rue King et la poupée avait été découpée dans l'œuvre appelée "La persécution des Rois." Suivant cette logique, le troisième meurtre aurait lieu dans une rue portant le nom "Grâce ". Ils s'empressèrent de prévenir les gars et de les rejoindre.
Malheureusement, il y avait des douzaines de possibilités. Ils avaient besoin d'un autre indice. Le tueur s'en chargea, en tirant sur une troisième personne.


Kate avait tenu à se rendre sur place. Elle avançait à contre courant au milieu de la foule qui fuyait l'endroit. Castle marchait à quelques pas devant elle. Elle s'arrêta un instant, observant le haut des bâtiments à la recherche du sniper.

- Kate! Tower Grâce, indiqua Castle en se tournant vers elle. Elle se reprit et le suivit.

Une femme était emmenée par une civière lorsqu'ils entrèrent dans le bâtiment.

- Combien de personnes sont mortes? Demanda Kate en arrêtant la civière.

- Aucune, répondit l'urgentiste.

- Dieu merci, souffla Castle.

-  Ouais. Un tireur d'élite a ouvert le feu à travers une fenêtre de la salle de conférence au 15e étage, expliqua le soignant.

-  Quelqu'un d'autre est blessé? Demanda Kate.

-  Non seulement elle. Son nom est Emily Reese, il n'a tiré que sur elle.

Kate se tourna vers Emily et trouva dans son regard le reflet de sa propre peur.

- Emily, je suis le lieutenant Kate Beckett. J'ai besoin que vous me disiez ce qu'il s'est passé.

- Pourquoi moi? Qu'ai-je fait? Pourquoi quelqu'un essayait de me tuer? Se lamenta la jeune femme.

-  Emily, avez-vous remarqué quelqu'un qui vous observait ces derniers temps?

-  Quoi? Je...  Je ne sais pas, je ne sais pas, répondit Emily hystérique.

-  Nous devons l'emmener à l'hôpital, dit le brancardier.

Emily attrapa le bras de Beckett.

-  Non! Ne les laissez pas m´emmener à l'extérieur! Il est toujours là! Supplia Emily.

C'en était trop pour Kate. Elle perdit le peu de contrôle qu'elle avait.

-  Non, vous devez y aller, Emily, répondit Kate en essayant de contrôler sa propre respiration.

- S'il vous plaît ne faites pas cela! Il est toujours là. Il va me tuer!

- Ça suffit, vous devez y aller, reprit Kate. Faites-la sortir d'ici. Maintenant! Allez!

Les secouristes entraînèrent Emily en pleurs vers la porte. Kate se précipita vers une porte réservée au personnel.

- Kate! S'écria Castle en lui emboîtant le pas.

Dans le couloir désert, Kate s'arrêta, arrachant sa veste. Elle jeta son arme sur elle, ainsi que son son badge, et s'appuya contre le mur. Elle se laissa glisser au sol en   haletant cherchant son souffle entre ses sanglots. Les bras puissants de Rick l'empêchèrent de s'écrouler.

- Ça va aller, chérie, je suis là. Shhh... Calme-toi... Tu n'es pas seule.

Elle trouva le réconfort une fois de plus dans les bras de Rick. Les battements de son cœur se calmèrent et doucement, elle reprit le dessus.

De retour au poste, Castle demanda l'aide d'Esposito. Ce dernier les emmena dans une salle de stockage.

- Espo, que faisons-nous ici? Demanda Beckett.

- Je veux te montrer quelque chose, répondit le latino.

Il tira un fusil de dessous la table lentement, évaluant sa réaction. Elle était prudente, sur le qui vive.

- Qu'est-ce que c'est?

-  Il s'agit d'un fusil. Celui qui a été utilisé contre toi au cimetière.

Elle reçut difficilement l'information, mais son regard ne vacilla pas.

-  Espo, tu vas trop loin...dit-elle la voix pleine de trémolos.

Castle se plaça derrière elle, rassurant, lui indiquant qu'elle pouvait s'appuyer sur lui.

-  Tu as juste à le regarder, dit Esposito d'une voix douce.

Il se déplaça autour de la table, pour s'approcher d'elle. Elle se recula, les bras rassurants de Rick la rattrapèrent.

- Tu peux le faire Kate, murmura-t-il.

-J'ai été à ta place, Kate, dit Esposito. Je sais ce que tu vis.

Elle prit une grande respiration, en essayant de refouler les larmes qui menaçaient de couler.

-  Javi...

- Regarde-le, Beckett. C'est juste un outil. C'est un morceau d'acier. Il n'a pas de pouvoirs magiques et la personne qui a tiré, n'est pas un dieu tout-puissant. C'est  juste un gars avec un fusil. Tout comme le gars qu'on cherche en ce moment. Et comme tous les autres mauvais gars, il est bien amoché.

- Et moi aussi, avoua-t-elle difficilement.

Esposito fut un peu surpris par sa confession, mais essaya de cacher son trouble.

-  C'est ça. Et ce n'est pas grave. Tu penses que c'est une faiblesse? Fais-en une force. Ça fait partie de toi, dit-il en lui remettant l'arme.


Alors que les gars regardaient les vidéos de surveillance à la recherche du tueur, Castle resta en retrait avec Beckett. Elle tenait toujours le fusil et demeurait silencieuse.

- On peut rentrer, si tu le souhaites... Tu n'as rien à prouver.

- Et que ferai-je quand mon congé sera terminé? Je dois surmonter ça!

- Qu’est ce que tu veux faire alors ?

- Allons là où il s’est posté pour tuer Henry Wiatt.

 



En visionnant les films des caméras de surveillance, les gars trouvèrent un point commun aux victimes, elles avaient toutes fréquenté le même café peu avant leur meurtre. Ils s’y rendirent donc, dans l’espoir d’y trouver un nouvel élément.



Beckett reproduisait les mouvements du sniper avec le fusil que lui avait confié Esposito. Castle l’observait en silence.

- Pourquoi a-t-il tiré de là alors que le toit lui donnait une vue dégagée?
- Il craignait peut-être d’être vu par un hélicoptère, suggéra Castle.

Kate ne sembla pas convaincue. Elle sortit de la pièce pour se rendre sur le toit. On y accédait par une échelle à côté de la porte. Elle mit le fusil sur son dos et commença à grimper. Elle monta quelques barreaux, avant de sursauter sous le coup de la douleur alors que la cicatrice sur son côté fut tendue.

- ça va ? s’inquiéta immédiatement Castle en se précipitant pour lui éviter de tomber.

- Oui… Je sais pourquoi il n’a pas tiré du toit, annonça-t-elle en se laissant couler dans les bras de son homme. Il ne pouvait pas y accéder.

Ils rejoignirent les gars au café Primo. Ils leur expliquèrent que le gérant avait reconnu les victimes. Castle huma l’ambiance du café et observa les clients. Il comprit alors comment les victimes étaient reliées. Elles venaient toutes d’avoir des succès récents. Le tireur se sentant lésé par le monde finit par éprouver de la colère envers les clients de ce café à qui tout souriait.

Croisant cette information avec celle de Beckett, ils réussirent à mettre un nom et un visage sur le sniper. Il y avait urgence, car d’après le dernier indice qu’il avait laissé derrière lui, il s’apprêtait à faire un véritable carnage.
Grâce à l’aide précieuse de Castle et Beckett, ils découvrirent le lieu et l’identité des victimes avant que le meurtre ne se produise. Les gars s’y rendirent avec des unités d’élites, Beckett resta en retrait avec Castle. Le sniper fut repéré par Ryan, qu’il tenta de tuer, mais Esposito intervint à temps et l’abattit.


Beckett sortit du bureau de Gates et aperçut Castle,  assis dans son fauteuil, qui l’attendait.  

- Hey.

- Hey. Que fais-tu ? demanda-t-elle.

- Oh ! J’attends ma compagne, peut être que tu l’as vue… Une jolie fille, qui pense qu'elle peut sauter de grands bâtiments d'un seul bond, elle porte le poids du monde sur ses épaules, mais parvient toujours à rire à certaines de mes blagues.

- Elle ne doit pas être facile à vivre…

- La vie à ses côtés est loin d’être monotone, mais quand elle sourit, elle illumine ma journée. Ah ! et si tu la vois, dis-lui qu’elle me doit environ… une centaine de cafés.

- Merci Castle.

- Pour quoi?

- Pour m’avoir soutenue tout en me laissant l’espace dont j’avais besoin pour surmonter ça.

- Always, sourit-il en lui offrant le bras.

Elle l’attrapa en souriant et se laissa entraîner.

- Rentrons, les filles nous attendent.

- On passe prendre des plats à emporter d’abord ?

- ça devrait leur faire plaisir.

- Au fait, ta mère n’avait pas une représentation hier soir ?

- Si, je devais rentrer tôt d’ailleurs.

- Mais alors…

- Alexis. Je l’ai appelée, elle a pris le relai comme une chef !

- Elle est vraiment extra.

- Je sais.

- Comme son papa.

- Je sais.

- Et modeste, avec ça !

- Tu me connais, c’est mon deuxième prénom !

- Allez rentrons chez nous, Castle.

- Et si ce Week-end on allait dans les Hamptons ? Qu’en dis-tu ?

- J’en dis que ça serait parfait.



 


Minefuji  (15.07.2014 à 21:40)

Chapitre cent quatre

Le jour était encore très jeune. Deux silhouettes se tenaient tendrement enlacées sur un matelas. L'une des deux s'éveillait doucement, paisible, un joli sourire dessiné sur le visage, elle était heureuse. Les yeux toujours clos, elle laissa sa main se frayer un chemin vers le menton de l'autre, qu'elle caressait tendrement dans un léger cliquetis métallique.

- Hmmm. Ne te lève pas encore. Reste au lit, marmonna le second.

Brusquement l'autre ouvrit les yeux pour découvrir avec effroi la situation dans laquelle ils se trouvaient.

- Esposito!

La voix trop masculine de Ryan ramena brutalement le latino à la réalité. Il bondit dans un cri offusqué et fut stoppé par le lien entre leurs poignets.

- Qu'est ce que c'est que ce bordel?! Grogna-t-il.

- C'est pas toi qui as fait ça? Demanda Ryan.

- Non, mais t'es malade?

- Apparemment... Quelqu'un d'autre l'a fait pour nous, conclut l'irlandais.

Ils se retournèrent pour jeter un regard autour d'eux. La pièce était sombre et vide. Ils se tenaient assis sur un matelas au milieu de là.

- Tu reconnais cet endroit?

-  Non, mais si on le trouvait dans un livre de Castle,  c'est là que les choses se passeraient mal, remarqua Ryan.

-  Il me manque ma montre...

-  La mienne aussi. Et mon portefeuille.

-  Ainsi que mon badge et mon arme...

- Ouais, moi aussi.

- Qu'est ce que c'est que ce bordel? Pesta le latino.

-  Quelle est la dernière chose dont tu te souviennes?

- Euh... C'est assez flou.

-  Ouais. Moi aussi. Je pense qu'on nous a drogués.

-  Si je tenais le salopard qui a fait ça...

L'irlandais se retourna alors dos à son collègue et se pencha en avant.

- Soulève ma chemise.

- Ryan, mon vieux, je crois que tu es encore sous influence... Répondit Esposito choqué.

- Ça va bien, oui? Je te demande juste de regarder mon dos, il y a quelque chose qui fait mal.

- Il y a une marque d'aiguille, constata Espo.

- Nous avons bien été drogués.

- Bon... Soyons efficaces. Quelle est la dernière chose dont tu te souviennes? Demanda Esposito.

- On était tous les deux... Euh... L'endroit était minable... Un hôtel qui loue des chambres à l'heure.

- Quoi?!

- C'est l'endroit où nous étions! Tu m'as appelé et tu m'as dit de te rejoindre là-bas.

- Oh, c'est vrai... Je t'ai appelé.

-  Oui et tu m'as emmené dans une chambre et on...

- Et puis nous avons ...

Ils essaient de remplir les blancs, légèrement inquiet. Soudain, Esposito s'écria triomphalement:

- Cadavre! Nous sommes allés à aller voir un cadavre!

-  C'est ça! Un cadavre.

                                            *****************

Allongée confortablement, Kate se réveillait lentement. Elle était bien, heureuse. Rick dormait tranquillement à ses côtés. Les yeux encore clos, elle savourait le plaisir simple de caresser le menton de son homme. Un cliquetis métallique attira son attention alors qu'elle faisait doucement glisser sa main sur le torse de Rick.
Un cliquetis métallique? Son sourire s'effaça, quelque chose n'allait pas. Elle ouvrit brusquement les yeux.

- Hmmm. Ne te lève pas encore. Reste au lit, marmonna Castle toujours endormi.

-  Castle!

Il ouvrit les yeux, l'esprit encore brumeux et la regarda.

- Kate! Salut!

-  Castle, répéta-t-elle plus fermement.

- Quoi?

- C'est toi qui as fait ça?

-  Quoi? Répéta-il légèrement plus alerte maintenant, mais toujours confus.

- Arrête de dire «quoi» et réveille-toi.

-  Je ne sais pas ... C'est pas mon tour de me lever... Bredouilla-t-il en déplaçant son bras gauche avant d'être retenu par quelque chose. Oh! On est menottés... C'est coquin.

- Castle, ce n'est pas drôle.

-  Je n'ai pas dit drôle, je l'ai dit coquin.

- C'est toi qui as fait ça?

- Euh... Tu étais plus que consentante, si je me souviens bien...

- D'accord, c'est vrai, mais tu aurais pu nous détacher après...

- Hé, tu n'y as pas pensé toi non plus!

- Bon... Tu nous détaches maintenant? Je te rappelle que je reprends le boulot ce matin!

- Ok... Dit-il en se retournant alors que les menottes l'empêchèrent d'aller plus loin. Il va falloir que tu suives le mouvement.

- Au moins tu aurais pu ne pas nous menotter par la même main, soupira-t-elle.

- J'ai fait ça dans le feu de l'action...

- Donc tu n’as pas réfléchis ?

- Bah… euh… Dans ce genre de situation, c’est plutôt mon côté animal qui parle…

- Allez Tarzan, dépêche-toi !

Il chercha pendant plusieurs minutes, sans succès.

- Castle, je vais finir par être en retard, s'impatienta-t-elle

- Ne me mets pas la pression, c'est totalement contreproductif!

- Ouh, pourtant d'habitude tu es très efficace quand tu es sous pression...

- Madame est joueuse! Dit-il en se tournant vers elle pour l'enlacer.

- Castle!

Il posa un doigt sur sa bouche pour la faire taire, tandis que son autre main partait en exploration vers des régions plus tropicales.

- Retire ton doigt, râla-t-elle.

- D'accord.

- Pas celui là!

- Oh! Tu veux dire celui là? Demanda-t-il en ôtant le doigt de sa bouche.

- Tu es insupportable, grogna-t-elle en l'embrassant de façon exigeante et langoureuse.

- Là... C'est toi, qui réagis au quart de tour.

- Tu as dix minutes...

- J'adore tes défis.

                                   **************

- Bonjour les enfants! Lança Martha. Que complotez-vous là?

- On ne complote pas, soupira Kate en montrant leurs poignets menottés. On prépare seulement le café.

- C'est la dernière mode? Demanda l'actrice.

- Rick a voulu jouer avec l'un des nouveaux produits dérivés de la série des Nikki Heat.

- Ça t'amusait beaucoup toi aussi, dis-donc!

- Ouais, jusqu'à ce que tu perdes les clés!

- On en aura un double en passant chez mon éditeur, c'est pas bien grave.

- Et j'arriverai en retard au boulot! J'ai à peine le temps de prendre un café.

- Ok, je vais demander qu'on m'en amène un par coursier. Tu es contente?

- C'est la dernière fois que je te laisse essayer tes gadgets avec moi.

- C'est toi qui ne veux pas qu'on utilise tes menottes de police!

- Et ça vaut mieux, parce que tu serais capable de perdre mes clés!

- Alors, c’est moi qui conduis ? Ta voiture est vraiment trop inconfortable, alors si on doit en plus jouer les contorsionnistes…

- Non, je conduis ! On va prendre ma moto, c’est plus pratique, dit Kate en se dirigeant vers le placard de l’entrée d’où elle tira deux casques. Alors celui là, c’est le mien et celui qui donne l’air idiot à n’importe qui… c’est le tien !

Elle termina sa phrase en lui enfonçant ledit casque sur la tête avant d’éclater de rire devant l’air complètement ahuri de Castle.

- Ah ! Ah ! Ah ! Mets-le toi, puisque tu es si maline, répondit-il en échangeant les casques. … Pfff ! Même avec ça tu es mignonne… C’est pas juste…

- Allez, en selle cow-boy ! Et j’espère que ton coursier arrivera avant le capitaine Gates !

                                   ******************

- Tu sais ce que j’aime dans la vie avec toi ? Demanda Kate en montant dans l’ascenseur du 12ème ?

- Je suis un gars qui vaut le détour ?

- Tu as le don pour me mettre dans les situations les plus farfelues, dit-elle en levant leurs poignets.

-  Et toi, tu m’emmènes toujours dans les endroits les plus charmants.

- Eh oui, je suis une fille simple, Castle. Je vais là où les corps sont. En outre, pour le roi du macabre, les hôtels miteux ne sont pas la norme?

- Ah, oui. En fait, ils sont un véritable calendrier de l'avent de la grivoiserie. Derrière chaque porte une belle histoire de désespoir, la dépravation, ...

- Ou la mort.

- Ouais ! En tout cas, les congélateurs géants ne font pas partie de mes fantasmes…

Ils s'arrêtèrent net au niveau du bureau de Kate, le capitaine Gates venait de quitter son bureau et s’avançait vers eux d’un pas décidé, Lanie sur ses talons.

- Lieutenant Beckett ! Je suis contente de vous compter de nouveau parmi nous !

- Merci chef !

- Même si cela implique le retour d’un certain personnage dont je me passerais bien…

- Moi aussi je suis content de vous revoir, Capitaine Gates, sourit l’écrivain.

- Est-ce que par hasard vous avez eu des nouvelles des lieutenants Ryan et Esposito ?

- Euh, ils doivent probablement suivre une piste, supposa Kate en jetant un œil au tableau blanc qui indiquait qu’une enquête était en cours.

- Ne croyez pas que je ne sais pas ce que vous vous couvrez les uns les autres, rétorqua Gates d’un air soupçonneux.

- Nous n’avons pas encore eu le temps de prendre connaissance de l’affaire en cours, chef, répondit Beckett.

Le capitaine leur fit un résumé de l’affaire. Un inconnu avait été retrouvé mort asphyxié dans un hôtel miteux, il portait une étrange marque de piqûre dans le dos. Ses empruntes digitales avaient été brûlées. Lanie avait commencé à lui faire macérer les doigts afin de récupérer une couche interne. L’homme avait rencontré un gars aux cheveux longs qui portait une barbiche peu avant sa mort. Les gars suivaient cette piste, mais personne n’avait plus eu de leurs nouvelles depuis la veille, ce qui commençait à être inquiétant.

- Je veux que vous repreniez l’enquête, dit Gates et tenez moi au courant si vous trouvez la trace de Ryan et Esposito.

- Bien chef !

- Mais je veux savoir où vous allez si vous quittez ce poste ! Deux lieutenants dans la nature, c’est déjà bien assez !

- Bien chef !

- Oh ! Et retirez-moi ces menottes ! Les vacances sont terminées !

Beckett lança un regard de reproche à Castle, tandis que Lanie pouffait. Le capitaine se dirigea de nouveau dans son bureau et Lanie rejoignit la morgue après leur avoir dit tout ce qu’elle savait.


- Qu’est ce qu’il y avait de si spécial au sujet de notre victime pour que le tueur veuille effacer son identité? se demanda Kate.

Castle se tourna vers elle avec une théorie, mais elle ne daigna même pas le regarder.

- Ne dis pas espion.

Il se tournait vers le tableau blanc quand une autre idée lui vint à l’esprit. Il se tourna de nouveau vers elle, mais elle l’avertit avant même de l’entendre.

- Ou mafia !

- La mafia qui tue un espion ? suggéra-t-il.

Elle se tourna enfin vers lui, pour le fusiller du regard, mais elle se radoucit instantanément.

- Tes folles théories ne vont pas aider. Pas tant qu’on ne saura pas qui est ce gars !

Il examina le papier retrouvé dans la poche du mort et eut une idée.

- Beckett?

- Quoi? Répondit-elle sans lui prêter réellement attention.

- Il s'agit d'un code- barres postal. Notre victime a écrit ceci sur le dos d'une enveloppe.
- Un code-barres postal?

- Oui, ces petites marques de rayures que vous voyez sur des étiquettes de publipostage et des enveloppes. C'est une façon d'identifier exactement une adresse, à condition d’avoir la machine qui le décode. Nous le déchiffrons et nous  serons en mesure de dire exactement où notre victime était quand il a écrit cette note, expliqua-t-il fièrement.

Cet indice les mena jusqu'à une maison malheureusement vide. Mais en suivant les indices et en mettant la main sur la voiture des gars, ils finirent par mettre au jour un trafic d’animaux sauvages et protégés. Ils retrouvèrent d’ailleurs les gars juste à temps, dans une cave, en compagnie d’un tigre affamé, qui s’apprêtait à les dévorer.


                                   **************

- Menottés ensemble pendant tout ce temps, plaisanta Castle ! Je suis surpris que vous ne vous soyez pas entretués !

- C’est probablement ce qu’il se serait produit si ça avait été Beckett et toi à notre place, ricana Ryan.

- Jamais on ne se serait fait avoir de la sorte, se vanta l’écrivain.

- Non, nous on se retrouve menottés ensemble uniquement parce que Castle est trop distrait, dit Kate sarcastique.

- Ose dire que ça ne t’a pas plu, rétorqua l’écrivain.

- La prochaine fois, tache de ne pas perdre les clés, Castle.

- Et vous êtes au courant qu’on vous entend ? Demanda Ryan.

- Laisse tomber, mec, ils sont déjà sur une autre planète, dit Esposito devant la conversation muette qui s’était installée entre Castle et Beckett.


Minefuji  (18.07.2014 à 21:38)

Chapitre cent cinq

Castle venait de se préparer un café, il se retourna vers Ryan et s'écria horrifié:

- Ahhh! Que buvez-vous? Des déchets toxiques?

Ryan jeta un regard dubitatif vers sa bouteille transparente remplie d'un liquide vert.

- Nous faisons une détox! Et il a oublié sa bouteille, alors je suis venue pour la lui déposer, expliqua Jenny toute excitée.

-  Oh, il a oublié. C'est... Vous en êtes sûre?

- En fait, je ne me suis jamais senti mieux de toute ma vie, sourit l'irlandais en désignant sa bouteille. De l'eau, du jus de citron vert...pas de nourriture solide.
Jenny et moi, nous allons commencer notre mariage parfaitement nettoyés.

- On a déjà fait une semaine. Nous n'avons plus que trois jours pour terminer, jubila Jenny.

- Je ne peux même pas croire que vous allez déjà vous marier dimanche, sourit Beckett.

- Moi ce que je n’arrive pas à croire c'est qu'au bout de presque un an, tu sois toujours mariée à Castle, plaisanta Esposito.

- Hé! S'offusqua Castle.

- T'en fais pas, Castle, il est jaloux, c'est tout, le consola Kate.

-  Ils ne sont pas mignons? S'amusa Jenny. Bon, j'y vais! Ma mère est paniquée à propos du plan de tables. À bientôt!

-  Merci ma chérie. Je t'aime, sourit Ryan.

-  Je t'aime plus, répondit-elle mielleuse.

- Ce n'est pas possible, termina-t-il sur le même ton avant de l'embrasser sous les regards amusés de Castle et Beckett et celui dégouté d'Esposito.

- Je sais, je sais, je sais. Ça vous écœure, reconnut Ryan après le départ de Jenny.

- Ouais ! Eh bien, je suis impatient de rencontrer certaines des copines de Jenny. Je suis sur le point de leur montrer ce qu'il se fait de mieux en matière de New Yorkais, annonça Javier en faisant une petite danse.

-  Ah, bon. Alors, je suppose que tu ne seras pas ennuyé que Lanie vienne avec quelqu'un? Demanda Ryan.

Il eut à peine terminé sa phrase, qu'il la regretta en voyant son ami stopper sa danse et son sourire s'effacer.

- Qui? Demanda le latino.

- Euh, je ne sais pas. Elle a confirmé sa venue plus un, répondit Ryan ennuyé.

- Comment peut... Comment peut-elle être déjà avec quelqu'un? Nous avons rompu il y a à peine un mois! S'écria Esposito choqué.

-  Ne t'en fait pas, Espo, je suis sûre que les copines de Jenny vont craquer sur toi, le rassura Kate en lui souriant gentiment.

Malheureusement cela n'eut pas l'effet escompté et le latino continua de bougonner jusqu'à ce que son téléphone sonne et qu'il se détourne d'eux pour répondre.

- Avec qui va-t-elle y aller? Demanda Castle.

- Je n'en sais rien et ça ne te regarde pas, Castle, répondit Kate.

- Pourquoi ils se disputaient l’autre jour ?

- Ça non plus, ça ne te regarde pas, Castle.

- Allez, je suis sûr que tu le sais, Lanie te dit tout.

- Parce que je sais garder ses secrets.

- A moi, tu peux bien me le dire, non ?

- Non.

- Mais je suis ton mari !

- D’abord, ça ne veut pas dire que je doive te répéter les confidences de Lanie, et d’autre part, tu es incapable de garder un secret.

- C’est même pas vrai d’abord ! Je n’ai pas dit à Ryan qu’on lui offrait un week-end bien être et détente en couple pour leur mariage.

Beckett leva les yeux au ciel.

- Hey ! Merci Castle, sourit l’irlandais.

- Les gars, on a une affaire ! Annonça Esposito en revenant vers eux.

- Sauvé par le meurtre, souffla Castle alors que Kate venait de passer en mode « détective » et s’éloignait déjà.

- T’en fais pas Castle, je ne dirai rien à Jenny, dit Ryan amusé.


Le corps de la victime était étendu nu, sur un étal de fruits. Lanie était déjà sur place, occupée à examiner le corps. L’homme avait fait une chute mortelle depuis le 8ème étage d’un hôtel. Il présentait des traces de griffures dans son dos, ce qui indiquait qu’il avait certainement passé ses derniers instants dans les bras d’une femme. Ils se rendirent dans la chambre, où un baladeur jouait le Boléro de Ravel, ce qui les étonna légèrement.

- Le nom de notre victime est Michael Bailey, dit Ryan en montrant le permis de conduire qu’il venait de trouver. 28 ans et selon sa carte de visite, il est analyste chez Global Douze situé en centre-ville.

- Qui a réservé la chambre? Demanda Beckett.

- Une certaine Jane Eyre, payé avec de l'argent, pas de carte de crédit dans le fichier.

Kate roula des yeux.

- Ça suggère la préméditation, souligna Castle. Elle savait qu'elle allait le tuer, et elle a réservé la chambre de manière anonyme.

- Oui, mais alors pourquoi coucher avec lui? Pourquoi ne pas simplement le pousser par la fenêtre? Demanda Kate.

- Parce que... C’est une veuve noire, répondit l’écrivain après une courte réflexion.

- Une veuve noire ? Répéta l’irlandais.

- La créature la plus cruelle qui soit sur terre, explicita Castle. Elle attire un jeune mâle sans méfiance, le prend dans sa toile, puis, au moment où son plaisir culmine, alors qu'il atteint l'extase dans la réalisation de son destin biologique, elle ouvre ses mâchoires et le dévore vivant.

Kate secoua la tête en tentant de réprimer son sourire, tandis que Ryan, le regarda horrifié avant de se tourner vers Beckett en murmurant:

-  Je suis heureux de vivre une relation saine.

- Ouais, j'aimerais en dire autant, soupira-t-elle alors qu'elle se concentrait de nouveau sur son enquête.

- Je parie que les mâles des araignées veuves noires pensent qu'ils sont dans des relations saines, eux aussi, dit Castle pour achever Ryan.

- Eh bien, veuve noire ou pas, je pense que j'ai compris comment nous pouvons la trouver, annonça Kate en prenant un verre de vin sur lequel une empreinte était bien visible. Bingo!

De retour au poste, ils interrogèrent Holly Franklin, la jeune femme que des témoins avaient aperçue alors qu'elle s'enfuyait de la scène de crime. Celle-ci affirma qu'il s'agissait d'un accident et que dans la panique, elle avait pris la mauvaise décision.

Elle avoua également que jamais elle n'aurait fait de mal à la victime, puisqu'elle était en train de tomber amoureuse, ce que Beckett ne crut pas une seconde puisqu'elle venait tout juste de le rencontrer.

Ryan et Esposito assistaient l'interrogatoire de Holly à travers le miroir.

- Tu penses que je devrais éplucher ses relevés de téléphone? Demanda le latino.

-  Non, pas la peine! Nous savons déjà qu'elle était à l'hôtel avec la victime, répondit Ryan qui sirotait sa boisson verte en grimaçant.

- Pas elle. Lanie.

-  Quoi?

-  Je ne vais pas aller à votre mariage sans savoir qui est ce mec.

-  Jenny doit avoir les noms pour le plan de tables.  Je vais te chercher son nom.

-  Bien. Peut être que Castle réussira à tirer les vers du nez de Kate et que j'en saurai un peu plus sur leur relation...

- Aucune chance. Les filles se gardent leurs secrets les unes les autres.

- Je vais mettre un peu la pression à Castle, tu vas voir...

 

Kate et Rick poursuivirent leur enquête en rejoignant Lanie, qui confirma que ce n'était pas un accident, car elle avait retrouvé des traces d'empoisonnement dans le corps de la victime. La légiste leur apprit également que la victime avait eu des rapports sexuels avec deux femmes dans les heures qui avaient précédé sa mort.

- Au fait, Lanie, avec qui allez-vous au mariage de Ryan, demanda Castle sur le ton de la conversation.

Celle-ci lui lança un regard lourd de reproches.

- Castle, ce ne sont pas tes affaires, le reprit Kate.

- Ça te va bien de dire ça, Lanie te dit tout!

- Je suis surtout moins curieuse que toi!

- Parce que personne ne te cache des informations capitales!

- Le nom de la personne avec qui Lanie viendra au mariage de Ryan n'est pas une information capitale, Castle, rétorqua Beckett en roulant des yeux.

- Elle est grincheuse, parce qu’Andréa ne fait ses nuits que quand c’est à moi de me lever. Quand c’est au tour de maman poule que voilà, elle en profite un maximum et dort peu, expliqua-t-il à la légiste.

Kate leva les yeux au ciel en secouant la tête.

- N'empêche qu'elle a raison, ce ne sont pas vos affaires Castle, dit la légiste un peu sèchement.

- J'aurais tenté le coup, se justifia-t-il.

Le reste de la journée se passa dans une atmosphère étrange, entre les découvertes sur la vie de Casanova de la victime, les sautes d’humeur de Ryan devant tout ce qui ressemblait de près ou de loin à quelque chose de comestible, les tentatives désespérées d’Esposito auprès de toutes les représentantes de la gente féminine pour se trouver sa "plus une" et le harcèlement de Castle pour savoir les secrets de Lanie. Aussi, Beckett fut-elle ravie de voir enfin arriver le moment de quitter le poste.

                                                         ****************

Encore une heure ! Lanie n’en pouvait plus de cette journée, elle aurait bien fait avancer les aiguilles de la pendule pour pouvoir quitter la morgue. Elle tourna la tête vers son chef, qui parlait dans le vide, étant donné que tout le monde attendait la fin de cette journée. Devoir travailler avec Javier lui pesait ces derniers temps, elle voulait l’oublier et aurait préféré que cette affaire tombe sur son collègue, Perlmutter.
Heureusement, Kate avait fait en sorte de ne pas envoyer Esposito à la morgue, s’arrangeant pour être sa seule interlocutrice dans cette affaire, avec Castle, bien entendu, puisqu’il était devenu son ombre depuis cette fameuse affaire trois ans plus tôt.

Kate, heureusement qu’elle était là. Elle était pour la légiste plus qu’une simple amie, elle était sa petite sœur, sa confidente. Lanie détestait sa mère et n’avait que des frères, aussi se tournait elle vers Kate, pour se confier. Il en était de même pour la détective, n’ayant pas de frère, ni de sœur, Lanie était devenue sa confidente au fil des années. Oh, bien sûr, elle n’était pas vraiment du genre à se livrer, surtout depuis la perte de sa mère, mais Lanie pouvait se vanter d’être celle qui la connaissait le mieux, à part Castle.

Du mouvement du côté de l’ascenseur fit redescendre sur terre la légiste.

- Kate ? Tu as besoin de quelque chose ? Demanda-t-elle.

- Une soirée avec ma meilleure amie, répondit la détective. Prépare tes affaires, je t’emmène !

- Tu es adorable, mais mon service ne prend fin que dans une heure.

- Ça va, c’est pas comme si il y avait urgence vitale, plaisanta la détective, et puis ta journée a été longue, tu as largement fait tes heures !

- Qui êtes-vous ? Et qu’avez-vous fait de mon amie Kate Beckett qui préfère passer ses nuits au poste plutôt que d’attendre le lendemain pour arrêter un tueur ?

- Elle s’est mariée et a une vie de famille maintenant. Alors, tu viens ? On passera prendre le repas chez Hung en passant, c’est moi qui régale !

Lanie ne se fit pas prier davantage et fila rassembler ses affaires. Quoi de mieux qu’une soirée entre filles pour oublier son blues ?

Arrivées chez Lanie, elles s’installèrent confortablement et dinèrent en discutant de choses et d’autres, Kate évitant soigneusement le sujet qui fâche : Javier Esposito.

- Alors, comme ça Andréa ne dort pas quand c’est ton tour de te lever ? Demanda la légiste.

- Elle est enrhumée, soupira Kate, elle dort moins bien depuis quelques jours.

- Oh, j’imagine que ça ne doit pas être facile pour toi, le premier rhume de son premier enfant…Mais… Comment ça se fait qu’elle dorme bien une nuit sur deux ?

- C’est juste que je me réveille avant Castle, sourit la détective. Et il est si mignon quand il dort…

- Ma chérie, il t’a rendue complètement Gaga ! S’esclaffa la légiste.

- Mais non, c’est juste qu’il n’y a pas de raison que nous soyons deux à être réveillés… Et puis… Ça va, on a vu le médecin, qui nous a rassurés, le plus dur ce sont les nuits, elle est gênée, alors elle se réveille souvent.

- Elle sera rapidement guérie, ne t’en fais pas, sourit la légiste.

- En tout cas, elle est moins grincheuse que Ryan, avec sa détox, il semble prêt à dévorer n’importe qui !

- Une cure de détox ?

- En vue de son mariage ! Ça fait dix jours qu’il ne boit qu’une drôle de boisson verte, il va finir par manger quelqu’un.

- Et…

- Javier ?

- …

- Pourquoi vous êtes vous séparés si vous passez votre temps à penser l’un à l’autre ?

- C’est… compliqué…

Kate éclata de rire, ce qui vexa légèrement son amie.

- Hé !

- Excuse-moi, Lanie, mais c’est trop drôle !

- Dois-je te rappeler l’état dans lequel tu te trouvais avant de rencontrer ton écrivain ? Ou comment tu étais quand tu as commencé ta drôle de relation avec lui ? Marmonna Lanie avant de rejoindre Kate dans son fou rire.

 

************

  - Bonjour, papa! Bonjour Andréa, claironna joyeusement Alexis en voyant Rick arriver avec sa petite sœur.

- Bonjour, chantonna l'écrivain en retour.

- Chéri, où est ta carte de crédit? demanda Martha qui fouillait dans son portefeuille.

Il l'embrassa sur la joue.

- Je préfère quand tu me dis bonjour d'abord.

 - Où est Katherine? Demanda-t-elle sans prêter attention à la remarque de son fils.

- Je l'ai trouvée endormie dans la chambre de la petite. Apparemment, notre petit ange ne dors pas bien quand c'est le tour de sa maman de se lever la nuit.

- Oh... Petit trésor, ton rhume te fais encore des misères, compatit Martha en prenant sa petite fille dans ses bras.

- Son rhume ne l'empêche pas de dormir, répliqua Castle. Hier, c'était mon tour et elle a passé une très bonne nuit!

- C'est surtout parce que Kate craque devant ta bouille de gamin quand tu es endormi et qu'elle se lève à ta place, le reprit Alexis.

- Quoi?!

- Ça fait quatre nuits que ta fille dort difficilement à cause de son rhume! Et si Katherine n'est pas encore debout, c'est parce que ça fait quatre nuits qu'elle s'occupe d'Andréa parce qu'elle te trouve trop mignon quand tu dors, répéta Martha.

- Non, elle a dit que quand elle aurait repris le travail, elle me réveillerait la nuit...

- Et jusqu'ici, elle n'en avait pas eu besoin parce que votre petite merveille faisait ses nuits!

- Moi qui croyais qu'elle m'épargnait parce que je lui avais promis de lui acheter un poney si elle dormait la nuit...

- Alors c'est ta réponse à tous tes problèmes avec les filles, Castle? Tu leur payes un poney? Demanda Kate qui venait d'arriver dans la pièce.

- Mais ça marche super bien! Il n'y a qu'avec toi, que ça n'a pas fonctionné!

- Que veux-tu Castle, je suis incorruptible... sourit Kate en prenant sa fille dans ses bras pour lui donner son biberon.

- Par contre, moi je ne le suis pas, affirma Martha. Alors, trésor, où est ta carte de crédit?

- Avant ça, laissez-moi vous poser deux petites questions. Si vous découvriez qu'un homme vous trompe, comment feriez-vous pour le tuer?

- Je le poignarderais! Au cœur! Répondit Martha théâtralement.

Kate et Alexis sourirent.

-  Très bien, et si tu n'as pas les épaules pour ça?

- Je l'atomise dit Alexis en mimant un pistolet avec deux doigts.

- Et si tu n'as pas les épaules pour ça non plus?

-  Qu'est ce qu'elles ont nos épaules? Demanda Martha.

-  Il y a toujours du poison, dit Alexis.

-  Vrai. Le regarder se tordre. Et souffrir, approuva l'actrice.

-  Mourir comme un sale rat! Renchérit Alexis.

- Génial! Toutes ces années à écrire sur les pires meurtriers et je n'avais aucune idée que je vivais avec deux d'entre eux, frissonna Castle.

- Et encore, tu ne sais pas ce que moi je ferais, ajouta Kate.

- Oh! Et je ne veux pas le savoir! Frissonna-t-il.

Martha et Alexis sourirent. Castle remit carte de crédit à Martha.

- En parlant de meurtre… C’est pour quoi la carte de crédit? Demanda Castle.

- Oh, nous allons faire du shopping pour choisir ma robe, répondit Alexis.

- Je croyais que tu ne venais pas au mariage de Ryan, s’étonna Castle.

- Je ne viens pas ! J’ai été invitée à un gala de charité par un charmant jeune homme, il y aura Lady Gaga.

- Un charmant jeune homme ?

- Je l’ai rencontré avec grand-mère en faisant un après-midi shopping ! Le petit fils de John Danton Farnsworth, John Danton Farnsworth III !

- Oh ! Et pourquoi te faut-il une nouvelle robe ? Qu'est-ce qui ne va pas avec celles que tu as ?

Alexis le fusilla du regard.

- Chéri. La beauté ne doit rien au hasard, intervint Martha.

- C'est pourquoi quand quelqu’un ne l’apprécie pas, on réclame vengeance! Ajouta la jeune fille en pointant son couteau à beurre vers lui.

- Je savais bien qu’Andréa aurait dû être un garçon, Marmonna Castle. Mes femmes me tueront !

- On t’a entendu Castle ! fit la voix de Kate depuis le canapé où elle donnait le biberon à sa fille.

- Et il a fallu que j’épouse Super Jaimie avec son oreille Bionique, soupira-t-il.

 

Ils reprirent leur enquête, étonnés du succès de la victime auprès de la gente féminine, quand ils découvrirent le nombre de ses conquêtes. Il s’avéra que la drague était un considéré comme un sport par la victime et ses amis. Ils furent confrontés à un dilemme, lorsqu’en feuilletant le carnet de conquêtes de la victime, Castle tomba sur Jenny. Cette découverte fut le point de départ d’une grande discussion entre Castle et Beckett, qui durait encore au moment où ils rentraient au loft.

- Non, il ne faut pas le lui dire, ils se marient dimanche, c’est une très mauvaise idée ! Disait Beckett en ouvrant la porte.

- Justement ! Je trouve que Ryan est en droit de savoir !

- Ah parce que tu aurais voulu qu’on te dise le nom de tous les gars avec qui je suis sortie juste avant qu’on se marie ?

- Tous les… ?

- Tu signais sur les poitrines de tes fans ! Tu ne vas pas me faire une scène parce que je n’étais pas vierge ! Contra Kate.

- C’est que « tous les gars », ça sous-entend des quantités ! Tu parles de combien au juste ?

- T’es en train de me demander mon score ?

- Bah… Euh… Donne-moi le tien et je te donnerai le mien !

- Ah les hommes, vous voulez tout savoir, mais on prend des risques à ce petit jeu là…

Il s’approcha d’elle et la serra dans ses bras. Elle sourit et se colla contre lui en enroulant ses bras autour de son cou, non sans jeter un coup d’œil dans la pièce pour s’assurer qu’ils étaient seuls. La bouche de Rick glissa dans le cou de Kate et vînt mordiller le lobe de son oreille. Il sourit en entendant le soupir de sa  femme contre ses cheveux, il lui faisait toujours autant d'effet que lors de leur première soirée. Il continua sa douce torture, tandis que ses mains remontèrent sous sa chemise pour venir s'occuper de ses seins.

Il adorait la sentir se laisser aller sous ses caresses, son corps soumis bougeant pour réclamer plus.

- Je saurais tes secrets, chuchota-t-il d'une voix sensuelle.

- Rick... Souffla-t-elle.

- Combien d'hommes t'ont procuré le plaisir que tu ressens sous mes caresses...

- ...Rick...

- Trois? Quatre? ... Une demi-douzaine? ... Ou carrément une douzaine?...

- Castle... Ferme-la, susurra-t-elle.

Il descendit le long de sa poitrine, défaisant un par un les boutons de sa chemise suçotant délicatement ses seins si parfaits, son ventre si désirable. Sans vraiment s’en apercevoir, Kate se retrouva à demi-nue dans les bras de Rick. Chaque baiser qu’il lui donnait, chaque caresse lui arrachait de petits gémissements. Elle avait chaud tout à coup. Il prit l'élastique de sa culotte entre ses dents et la fit glisser le long de ses cuisses, elle enfonça ses doigts dans ses cheveux, elle était à sa merci.

- ... Comment ne pas être à tes pieds... Dis-moi son nom, tu le sais, toi, n'est ce pas? murmura-t-il alors qu'il embrassait l’intérieur de ses cuisses, collant son nez contre son intimité.

- Castle, mais que tu fais ? demanda-t-elle en le repoussant brusquement.

- Zut, tu n’étais pas si « à point que » ça…

- Castle ! Gronda-t-elle en refermant sa chemise brusquement.

- Sexpionnage, expliqua-t-il maladroitement.

- Et tu espérais vraiment me corrompre ?

- Bah… Euh… Michael Bailey y arrivait bien lui !

Elle leva les yeux au ciel en soupirant.

- J’aurais dû te montrer ma tartine beurrée ?

- Tu n’as pas dû bien écouter les explications du copain de Bailey là-dessus, le coup de la tartine beurrée, c’est quand tu dragues la copine !

- Ah… Euh… Bah…

- Mais si tu mets ta curiosité maladive de côté, peut être qu’on pourra utiliser ce moment en tête à tête pour… suggéra-t-elle en laissant tomber sa chemise de manière lascive.

Elle s’agenouilla devant lui et s’attaqua à la ceinture de son pantalon sans attendre. Tout en lui déboutonnant le pantalon, elle cajola la bosse sous son caleçon, qui était déjà de belle taille. Souriante, elle tourna un regard gourmand vers son mari et murmura :

- Qu’est ce que tu en dis ? Tu préfères peut-être poursuivre ton enquête…

- Quelle enquête ? Bafouilla-t-il avant de se jeter sur elle.

                                                            ******************

Tendrement enlacés dans les bras l’un de l’autre, Rick et Kate reprenaient doucement leur souffle. Kate releva la tête vers lui et le trouva perdu dans ses pensées.

- Un penny pour tes pensées ?

- Mhm ? Je pensais au mariage de Ryan…

- Ah oui ?  Pourtant c’est quelque chose que tu connais bien.

- Justement, ça me fait tout drôle de penser que désormais je ne serai plus qu’un invité dans les mariages…

-  Et c’est un problème ?

- Tu plaisantes ? Je suis un homme heureux !

- Et Ryan aussi, c’est pour ça qu’il ne faut rien lui dire à propos du carnet de Bailey…

- Tu dis ça par solidarité féminine…

- Mais non… C’est juste que ça c’est passé au tout début de leur relation… Ils ne s’étaient peut être encore rien promis… Dois-je te rappeler ce qu’ont été nos débuts ?

- Donc, tu considères qu’on ne doit pas être forcément fidèles l’un envers l’autre au début d’une relation… C’est ça ? Tu couchais avec d’autres personnes que moi au début ?

- Mais non ! Même si tu me tapais sur les nerfs, même si notre relation était vraiment très bizarre au début, je t’assure que la seule personne qui ait eu le droit de me toucher, c’est toi.

- Tu étais déjà folle de moi, hein ? Sourit l’écrivain fier de lui.

- Ouais, tu me rendais folle… dans tous les sens du terme, rit-elle.

- Mais on a su s’apprivoiser et regarde où nous en sommes !

- Oui, ça me fait penser… dit-elle en se levant pour ramasser ses vêtements… Qu’il est temps que je file prendre une douche et me rhabiller, avant que ta mère ne revienne avec notre fille !

- Ce qui m’étonne, c’est qu’elle ne soit pas arrivée en plein milieu de nos ébats, d’ordinaire, elle a l’art d’arriver au pire moment !

Kate rit et fila sous la douche, bientôt suivie par son homme. Ils eurent à peine fermé la porte de la chambre que Martha entra dans le loft en criant :

- Les enfants ! Nous sommes rentrées !

              Le lendemain, Kate fut étonnée de se réveiller seule dans son lit. Elle jeta un oeil à sa montre et constata avec satisfaction que leur fille avait passé une bonne nuit. Elle se leva, attrapa son peignoir et se dirigea vers la chambre voisine, où elle trouva Rick, allongé sur le dos sur un matelas gonflable. La petite Andréa dormait paisiblement sur le ventre de son papa.

La détective sourit et s'éclipsa pour préparer le petit déjeuner. 

Plus tard dans la journée, Rick parla à Esposito, qui décida de parler du carnet à Ryan, au grand dam de Kate. Heureusement, Ce dernier réagit très bien étant donné que Jenny le lui avait déjà avoué et qu’à l’époque, lui non plus n’était pas irréprochable.

Le mariage se déroula donc le dimanche suivant dans la joie et la bonne humeur de tous. Même Lanie et Esposito avaient enterré la hache de guerre pour l’occasion.


Minefuji  (29.07.2014 à 21:09)

Chapitre cent six

Il devrait pleuvoir. Dans ses romans, le climat se mettait toujours au diapason des sentiments de ses personnages. La pluie pour la mélancolie, la tristesse, l'orage pour la colère, la neige pour l'indifférence et le beau temps pour la joie, le bonheur. Non, il ne devrait pas pleuvoir. Il n’était pas triste, il avait peur, il était angoissé. Quel temps devrait-il faire pour refléter sa peur?
Ce qui était sûr, c'était qu'il n'aurait pas choisi une journée ensoleillée pour ça.

Tout allait si bien, elle était heureuse, souriante. Ils étaient heureux! Et là, soit il lui avouait tout au risque de la perdre, soit il laissait les faits se dérouler et il risquait de la perdre également.
Il se passa une main sur le visage, se servit un verre de whisky et alla s'asseoir sur le canapé de son bureau. Il repensa aux derniers événements, à la joie qui inondait encore le loft deux jours plus tôt.
 Martha préparait une représentation du roi Lear dans le salon du loft avec son école de théâtre, à grand renfort d'effets spéciaux, Alexis devenait folle à force de n'avoir rien à faire depuis que Stanford l'avait refusée et Rick avait beaucoup regretté d'avoir été sérieux au point de préférer rester dans son bureau à travailler sur son prochain roman plutôt que d'accompagner Kate et leur fille pour une balade dans le parc.


Et puis Kate l'avait appelé, il y avait eu un meurtre. Ils avaient déposé leur fille à la crèche et s'étaient rendus sur le lieu du crime, pensant avoir affaire à un assassinat ordinaire, celui d'une jeune femme, Laura Cambridge, retrouvée étranglée dans une voiture...
 Mais très vite, ils avaient découvert que la voiture appartenait à la mairie et rapidement, le nom du maire, Robert Weldon était apparu dans l'équation.
Alors que Beckett abordait cette enquête comme elle l'avait toujours fait, en ne gardant à l'esprit que son objectif d'obtenir justice pour Laura, Castle, lui avait à l'esprit la réputation de son ami, qu'il ne voulait pas voir entachée par de fausses accusations.
Le capitaine Gates avait appelé Beckett dans son bureau, afin de s'assurer de l'impartialité de son lieutenant et surtout de Castle.


Lorsque Kate avait quitté le bureau de Gates, elle avait retrouvé Castle.

- Qu'est ce qu'elle voulait? Avait-t-il demandé en la suivant.

- Parler politique. Et de tes relations avec le maire, avait-elle répondu en attrapant des documents sur son bureau.

- Oh, qu'importe? Nous savons qu'il n'est pas impliqué.

Elle s'était arrêtée de fouiller dans les papiers et l'avait dévisagé incrédule.

-  Quoi? S’étonna-t-il.

- Elle a raison? Tu es de parti pris?!

-  Si je suis partial? Sais-tu pour qui Gates a voté pour à la dernière élection? Parce que je parie que ce n'était pas pour Weldon.

Elle avait roulé des yeux et était passée devant lui, préférant ne pas rentrer dans ce genre de débat.

Ils avaient ensuite fouillé dans le passé de la victime et avaient fait d'étonnantes découvertes. Alors qu'elle avait un poste de professeur dans une prestigieuse université et était promise à un brillant avenir, Laura avait tout plaqué six mois plus tôt pour un mystérieux job de nuit et pour aller vivre dans un taudis.
 Cette piste les avait menés vers une entreprise de téléphone rose. Visiblement Laura avait découvert quelque chose de très important et de très gênant  pour des personnes prêtes à tout.

Et ce soir là, il avait reçu cet appel. Martha avait été à ses côtés. Elle lui avait de nouveau conseillé de tout dire à Kate. Mais comment le pouvait-il? Comment lui annoncer qu'il lui mentait depuis des mois? Comment lui dire qu'il devait l'empêcher d'enquêter sur le meurtre de sa mère afin qu'elle reste en vie?
S'il lui faisait ces aveux, cela pourrait lui coûter une des choses les plus précieuses à ses yeux, l'amour de la femme de sa vie. Et s'il ne faisait rien, il risquait de la perdre elle et de faire de leur petite fille une orpheline.

Il regarda son verre de whisky comme s’il pouvait lui apporter des réponses. Il l’avala d’un trait avant de le lancer rageusement contre le mur derrière son bureau. Il soupira, ramassa les morceaux de verre consciencieusement puis alla se coucher. Il verrait ce qu’il convenait de faire le lendemain, après tout, la nuit porte conseil disait-on.

Le lendemain, il alla la rejoindre au poste, sans être parvenu à se décider. Il la trouva au téléphone, inconsciente encore des enjeux de cette affaire. Elle était magnifique, insouciante, joyeuse, heureuse. Il n'avait pas le cœur d'effacer cette vision idyllique.

- D'accord. ... Je patiente... Qu'est-ce que tu as dit? Demanda-t-elle en attrapant un  des fruits posés devant elle.

- ...

- Mais non, je ne suis pas en train de manger! ... D'accord. Merci.

Castle s'approcha, elle raccrocha son téléphone et l'aperçut.

- Hey Lover! Tu arrives juste à temps. Merci, dit-elle en prenant le café qu'il lui apportait. ... Qu'est-ce qui ne va pas?

-  Rien.

- Mhmm-Mhm! Je suis une spécialiste du rien! Et là, ce n'est pas rien!

- Alors, qu'est-ce qu'on a? Demanda-t-il en ignorant sa remarque pour se tourner vers le murder-board.

Elle fronça les sourcils et se promit de découvrir ce qu'était ce rien qui taraudait son mari.

- Lanie vient d'appeler. Elle a dit qu'elle a trouvé des fibres dans la bouche et l'œsophage de Laura. Le labo l'a identifié comme étant du cachemire marron clair, qui devait probablement venir de la manche de manteau de notre tueur.

-  Du cachemire marron? Donc, nous pouvons réduire la liste de nos suspects aux  hommes riches avec un goût impeccable.

 - Tu veux dire que tu es un suspect?

- J'ai plusieurs alibis dont un lieutenant de police super sexy et vraiment incorruptible.

- Tu en es sûr? Parce que s'il le fallait, je te ferais évader de prison, mon cher.

- Seulement parce que tu sais que je ne suis pas un assassin.

- Mhm... C'est possible...

- Possible?! La seule idée de ne pas rendre justice à une victime te rend malade!

- Tu m'as manqué hier soir. Tu avais dit que tu ne travaillerais pas trop tard...

- Tu dormais quand je suis venu me coucher, comment peux-tu savoir...

- Il était plus de minuit quand j'ai fermé mon livre! Alors tu vas me dire ce qui te tracasse?

- Alexis cherche de nouvelles occupations en attendant de partir pour l'université et ma mère et toute sa production du roi Lear ont investi notre salon après avoir inondé son école de théâtre, tu avais raison, rien n'était pas le mot adéquat.

Elle fit semblant de le croire et se remit au travail. Leur enquête les mena chez un agent littéraire avec qui Laura avait un contrat. Il leur révéla qu'elle s'était immergée dans le monde des travailleurs précaires pour écrire un livre là-dessus, mais qu'en faisant ses recherches, elle avait trouvé matière à écrire une histoire exceptionnelle, beaucoup plus explosive. Un scandale impliquant un New Yorkais très important, très puissant. Rick en frissonna d'effroi. Tout ça ressemblait à un cauchemar, Esposito de son côté, découvrit que Laura avait visionné tous les rushs du maire Weldon pendant des heures, confirmant ainsi l'identité du New Yorkais très puissant. Weldon avait affirmé ne pas connaître Laura et pourtant sur la vidéo d'un gala de charité, on les voyait côte à côte.

Castle blêmit.

- C'est impossible. Il a dit qu'il ne la connaissait pas.

- Castle, regarde ce que portait le maire. Il s'agit d'un manteau brun clair, et il semble en cachemire. C'est le manteau que notre tueur portait.

Castle ne voulut pas le croire. Kate avait beau tenter de le sortir de son aveuglement afin qu'il regarde les preuves de façon impartiale, rien n'y faisait.

- Kate, je connais cet homme depuis 12 ans. Il n'est pas un tueur!

-  Tu ne sais pas qui il est.

-  Si je le sais!

- Castle, il a menti en disant qu'il ne la connaissait pas!

- Il se tenait à côté d'elle. Cela ne signifie pas qu'il la connaissait. Sais-tu combien de personnes il rencontre dans une journée? Attendre qu'il se souvienne de tous, c'est comme attendre que je me souvienne tous ceux qui viennent à mes séances de dédicaces.

- Tu es partial!

- Tu as sacrément raison je suis partial. Robert Weldon est un homme bon.

-  Même les hommes bons font des erreurs. Il avait accès à cette voiture. Son assistant a dit qu'il avait quitté le gala à 21 heures. C'est pile dans notre créneau horaire pour le meurtre.

-  Très bien. Quel est son mobile?

-  Je ne sais pas. Du moins pas encore.

- Peux-tu lui  donner une chance. Parce qu'à la minute où tu te déplaces vers lui, sa carrière est finie.

Ils se turent lorsque Gates entra dans la salle de pause pour prendre son déjeuner dans le réfrigérateur. Elle se tourna vers eux.

- Alors ... Vous avez avancé?

Kate prit une grande respiration, Castle la regardait.

- Nous avons quelques pistes prometteuses. J´ai l'espoir de trouver quelque chose de concret bientôt.

-  Eh bien rien de plus sur la victime? Ses liens avec la mairie ?

Beckett s'arrêta à nouveau.

-  Non, pas encore.

-  Bien, lieutenant. Si quelque chose apparaît, faites le moi savoir, termina Gates avant de quitter la salle de pause.

- Génial! Maintenant, je suis une menteuse, dit amèrement Kate.

- Tu sais ce que je pense? Je pense qu'elle espère que c'est lui. Parce que s’il saute, je saute!

- Castle!! Tu ne peux pas ramener ça à toi! Grogna-t-elle en prenant son café pour s'éloigner.

- Où vas-tu?

- Tu as raison. Nous devons trouver le mobile de Weldon. Il n'y a aucun moyen que Gates me laisse lui demander son manteau sans ça.

-  Vraiment? C'est ce que tu veux faire?

Elle s'arrêta.

- Que veux-tu que je fasse, Castle? Je sais que c'est ton ami, mais je suis désolée. S’il a tué cette fille...

-  Il ne l'a pas fait.

-  Alors laisse-moi le prouver.

- Mais si tu n'y arrives pas...

Elle lui jeta un regard interrogateur. Elle avait cru lire de la peur dans son regard, tout ça n'était pas normal.

- Tu es sûr que ça va?

- Oui... Enfin non... C'est...

- Tu veux rentrer? Tu sais si tu ne voulais pas rester sur cette affaire parce que ton ami est impliqué, je le comprendrais...

- Tu le ferais toi?

- Quoi?

- Laisser tomber une affaire qui te tient à cœur, dans laquelle tu es trop impliquée émotionnellement?

Elle le dévisagea une nouvelle fois, cherchant à comprendre ce qui le rendait si nerveux. Il soupira et se tourna vers le murder board. Évidemment qu'elle ne le ferait pas, jamais elle ne pourrait laisser tomber l'enquête sur le meurtre de sa mère, jamais elle ne serait en sécurité. Et c'était de sa faute à lui. C'était lui qui avait rouvert l'enquête, c'était lui qui l'avait poussée dans la ligne de mire. Il devait la protéger, mais comment le pourrait-il s'il n'était plus à ses côtés chaque jour, pour chaque enquête? Devrait-il rester sagement rester à la maison comme si de rien était à attendre le coup de fil fatidique qui lui annoncerait la mort de la femme qu'il aimait, la mère de leur enfant? C'était impossible.

- Très bien, merci pour votre aide, dit Ryan en raccrochant son téléphone non loin de là.

- Rien d'autre sur cette vidéo? Demanda Beckett.

-  En fait, si. Quand on a vu Laura, elle portait un badge de bénévole pour la Fondation contre l'illettrisme, annonça Ryan en tendant une photo.

Castle se retourna et soupira. Une preuve de plus contre Weldon.

-  Elle était membre du personnel de la charité du maire, expliqua Ryan.

- Cela ne signifie pas qu'il la connaissait, tenta Castle.

Kate soupira.

-  Ryan? Tu es avec moi. Castle, je suis désolée, mais tu ne peux pas être objectif sur cette affaire, je vais devoir continuer seule.

Ryan sembla désolé pour Castle. Rick haussa les épaules, lui signifiant qu'il n'avait pas à l'être, il n'y était pour rien. Kate s'éloigna, Ryan la suivit en lui jetant un dernier regard désolé.  Rick soupira.

Malheureusement pour Kate, tous les éléments pointaient dans une seule et même direction: le maire Weldon. Il détournait l'argent de son propre organisme de bienfaisance. Quelqu'un devait avoir parlé à Laura à ce sujet lors d'une de ses séances et elle avait décidé d'enquêter. Un mobile parfait pour Weldon. Elle jeta un œil en direction du bureau de Gates et soupira.

- Tu vas lui dire? Demanda Esposito qui avait suivi son regard.

- Je dois le faire, souffla-t-elle.

Esposito n'était pas très heureux, mais il hocha la tête.

-  Cela va détruire Weldon, vous savez, dit Ryan.

-  Ouais, je sais.

-  Et quand il sautera,  la première chose qu'elle va faire, c'est de se débarrasser de Castle, ajouta-t-il.

- Je sais.

Elle prit une seconde, mais quel que soit le coût personnel, elle devait faire son travail. Elle se leva lentement et se dirigea vers le bureau de Gates, la mort dans l'âme. Celle-ci lui suggéra de convaincre Weldon de lui confier son manteau mais que s'il ne coopérait pas, elle devrait faire son travail, quel qu'en soit le prix. Elle acquiesça et quitta le bureau de Gates.
Castle l'attendait près de l'ascenseur.

- Tu vas voir Weldon? Demanda-t-i.

-  Oui.

- J'aimerais venir avec toi. Je pense que je peux aider.

Kate soupira. Il lui faisait de la peine, mais elle devait lui dire non.

- Je ne pense pas que tu le peux.

-  J'ai entendu ce que tu as dit. Je l'ai fait. Et je pense que je peux être un atout précieux. Je joue au poker avec lui. Je ne peux dire quand il bluffe.

Elle regarda ses chaussures.

-  Et qu'en sera-t-il si je dois lui forcer la main? Tu penses encore être un atout, alors?

- Ecoute, je ne pense pas qu'il l'a tuée, répondit-il après une seconde. Mais s'il l'a fait, je veux savoir. Cela me rend objectif, non?

Elle réfléchit une seconde, puis hocha la tête légèrement. Elle fit un pas vers l'ascenseur et il la suivit.

Malheureusement cette entrevue n'arrangea rien du tout, Weldon refusa de donner son manteau, se disant victime d'une conspiration. Ce qui provoqua un nouveau désaccord entre Castle et Beckett.

- Eh bien, il a une bonne raison de ne pas remettre son manteau, dit l'écrivain.

-  Oui, la culpabilité.

-  La conspiration. Est-ce si farfelu? Peut-être que Laura l'a découvert et a essayé de l'avertir.

-  Ou peut-être qu'elle et Weldon ont parlé. Elle l'a confronté avec ce qu'elle savait et il l'a tuée.

-  Hmm. Je crois plutôt au complot. Je veux dire, je connais Weldon.

-  Et Weldon te connaît. Complots, intrigues... C'est ton gagne-pain. C'est exactement le genre d'histoire que tu souhaites entendre.

-  Excuse-moi ? Est-ce que tu suggères qu'il s'est joué de moi?

 - Je suggère qu’il faudrait que tu en considères la possibilité. J'ai une procédure à suivre, expliqua-t-elle devant son haussement de sourcils. Il n'a pas voulu nous donner son manteau, je vais devoir obtenir une ordonnance du tribunal.

-  Whoa. Ecoute, une fois qu’on saura que le NYPD a assigné ses vêtements dans le cadre d'une enquête sur un détournement de fonds et un meurtre, sa carrière sera terminée.

-  Pas s'il est innocent.

- Tu plaisantes j'espère? Kate, c'est de la politique. La perception est la réalité. Il ne sera pas question de vérité.

-  Que dois-je faire, Rick? Je ne peux pas arrêter d'être flic parce que c'est gênant.

- Non, non, non, seulement... Tu peux attendre. Non? Quelque chose d'autre. Une autre preuve...

- Pour que celle-ci disparaisse? Tu penses que je ne sais pas ce qui est en jeu ici? Penses-tu que je veux vraiment faire ça?

-  J'aimerais que tu ne le fasses pas.

-  Je n'ai pas le choix.

Elle le regarda une fois de plus, puis s'éloigna le laissant dans le hall. Cette fois ils ne pouvaient pas se mettre d'accord.

Rick rentra seul. Il prit Andréa dans ses bras et la câlina. La petite lui adressa son plus beau sourire. Il lui envia son innocence. Martha les trouva peu après devant la télévision. Weldon donnait une conférence de presse, clamant son innocence et sa confiance dans l'avenir.

Rick regarda sa mère et éteignit le poste.

- Tu le crois encore? Demanda-t-elle.

- Oui.

- Tu as déjà été dans cette situation avant, avec un ami. Tu as cru Damian Westlake. Et il pourrit en prison pour meurtre.

-  Damian et moi étions amis d'enfance. Mes sentiments me faisaient croire en lui.
Mon expérience me dit que Weldon est innocent. Mon expérience me dit qu'il y a quelque chose qui cloche avec cette histoire.

- Katherine est en danger? Demanda l'actrice en tendant les bras pour prendre sa petite fille.

- Tant que Weldon restera en place, je resterai en place. Mais s'il saute... La voie sera libre et ils s'en prendront à elle...

- Dans ce cas, peut-être il est temps de téléphoner à un ami.

Il la regarda, puis attrapa son téléphone.


*************


- Bonsoir Martha, lança Kate en rentrant.

- Bonsoir Darling.

- Comment tu vas toi, demanda Kate en embrassant sa fille. Tu as été sage?

- Très sage, comme toujours.

- Rick est dans son bureau?

- Non, il est sorti. Un problème? Demanda Martha devant le soupir de sa brue.

- Disons que cette affaire est compliquée...

- Tu le connais, il est têtu quand il s'agit de ses amis...

- Non, c'est plus que ça... Je ne sais pas ce qui le tracasse, mais c'est plus grave que l’idée de ne plus pouvoir me suivre pour ses romans… Il est très ami avec le maire, mais… Je suis sûre qu’il y a plus…

- Tu ne crois quand même pas qu’il y a une autre femme, s’alarma Martha sachant que le passé sulfureux de son fils ne jouerait pas en sa faveur.

- Quoi ?! Non, pas du tout ! J’ai confiance en Castle, je sais qu’il m’aime ! C’est juste que…

- Qu’est ce qui te tracasse alors ?

- J’aurais aimé qu’il ait confiance en moi, soupira-t-elle les larmes aux yeux. J’aurais aimé qu’il soit capable de tout me confier. Je pensais être plus importante que ça à ses yeux.

- Richard t’aime, ne pense jamais le contraire ! Répondit Martha avec fermeté. Tu le rends heureux comme aucune autre ne l’a fait avant toi.

- Vous avez raison, Martha… Je dois me faire des idées.

- A la bonne heure ! J’aime mieux ça ! Sourit Martha en se promettant de botter les fesses de son garnement à la première occasion. Je vais mettre le diner à réchauffer pendant que tu t’occupes de cette jolie princesse et ensuite nous dinerons, qu’en dis-tu ? Richard reviendra peut-être à temps pour se joindre à nous.

- Merci Martha, sourit Kate avant de tourner le regard vers sa fille. Qu’est ce que tu en dis Andy, je t’emmène prendre un bon bain ?

Une demi-heure plus tard, Martha et Kate dinaient en tête à tête, Rick n’étant toujours pas rentré.

Il était très tard, ou plutôt très tôt quand il franchit la porte du loft. Il ne s’attendait pas à trouver Kate assise à la table près de la fenêtre en train d’éplucher des documents. Il s’approcha timidement d’elle.

- On t’a gardé une assiette, dit-elle sans relever la tête. Elle est dans le frigo, tu n’as qu’à la réchauffer.

- Merci, murmura-t-il toujours aussi ennuyé. Qu’est ce que tu fais ?

- Je cherche un élément qui pourrait appuyer la théorie du complot, soupira-t-elle le nez toujours fourré dans ses dossiers.

- Donc… Tu me crois ? Demanda-t-il avec étonnement.

Elle releva la tête vers lui et l’invita à s’asseoir près d’elle.

- J'ai rencontré Weldon quelques fois avant ça. Je l'aimais bien. J’ai vu les informations à la télé…Et je suis désolée de ce qui lui arrive.
- Tu n’es pas responsable du brasier dans lequel il se trouve…

- Non, mais je l’ai arrosé d’essence…

- …

- Ecoute… Je ne vais pas m’excuser d’avoir fait mon travail…

- Et je ne te le demande pas !

Elle sourit.

- En tout cas, ça fait des heures que je passe en revue tous ces documents et je n’ai rien trouvé, soupira-t-elle. S’il s’agit d’un complot, il est parfaitement monté.

- J’ai eu une révélation, pendant que j’étais parti, commença-t-il sans prêter attention au regard incrédule qu’elle lui adressait. Pendant tout ce temps nous avons cherché des preuves alors que nous aurions simplement dû écouter. Tout a commencé quand Laura a dit à Edgar Navarro qu’elle avait entendu quelque chose sur un appel, quelque chose qu'elle n’aurait pas dû entendre. Nous, les auteurs, nous appelons cela l’élément déclencheur. Qui lui a parlé, tout ce qu'elle a entendu, c'est ce qui a conduit à son meurtre.

- Et alors ? Quelle importance ? Je veux dire, le disque dur a été volé, l'enregistrement a disparu. Nous ne saurons jamais ce qu’il y avait dans cet appel.

- Non, mais nous pourrions savoir de qui elle l'a entendu. Tu te rappelles comment Laura s'est endormie en regardant ces rushs à Gotham 11?

- Mmhmm.

- Elle fermait les yeux. Elle ne regardait pas les bandes. Elle les écoutait.

- Tu dis qu’elle essayait d’identifier la voix de son interlocuteur?

Ils ne perdirent pas de temps, se rendirent à l’agence de téléphone rose où travaillait Laura.  Ils firent écourter les bandes à Sarah, la standardiste, elle reconnut la voix de Jordan Norris, l’assistant de Weldon.
Norris fut arrêté, sa culpabilité dans le meurtre fut rapidement établie, mais ils ne purent l’interroger sur le commanditaire de ce complot, un avocat lui fut assigné mystérieusement et l’affaire fut classée.

 Castle fut soulagé, il s’était empressé de rejoindre son ami afin de lui faire part du dénouement heureux de cette affaire. Kate, par contre avait un sentiment d’amertume et rangeait tristement la photo de Laura dans une boite à archive.

- Il semble que notre maire sera encore là demain, dit Gates en la rejoignant. Il semble que la justice a prévalu.

- Pas pour Laura Cambridge, dit Kate d’une petite voix.

- Nous avons chargé M. Norris, il sera jugé. C'est quelque chose.

- Jordan Norris est un pion. Je veux que les gens qui le contrôlent.

Castle, qui venait d’arriver, s'arrêta dans le couloir et les observa.

- Oh, c'est une longue partie, Kate. Il faut avancer pion après pion, répondit la capitaine en lui tendant un effaceur de tableau. Kate le prit et commença à effacer le tableau doucement en demandant à Laura de lui pardonner.

Elle sentit la présence de Castle derrière elle.

- Comment va Bob ?

- Bien… Enfin autant que possible… Il abandonne ses plans…

- Mais pourquoi ? …  Il a été disculpé de toutes les charges.

- Il dit qu’il ne peut plus être candidat au poste de gouverneur dans deux ans ni celui de président dans six. Son rêve un peu fou est terminé.

- Mais il est innocent ! s’écria la détective.

- Un peu trop innocent. Apparemment, il y a des gens qui contrôlent ce qui se passe dans la ville et au-delà. Il n’a pas voulu joué, alors ils l'ont fait sortir de la partie.

- Et que va-t-il faire alors ? demanda tristement Beckett.

- Maire de la plus grande ville sur Terre est une fonction qui lui convient parfaitement.

- Alors… Ils ont réussi… Laura est morte, son véritable assassin est dans la nature et Weldon est quand même out, dit-elle amère.

- Il reste au poste de maire et c’est ce qui compte, crois-moi.

Elle releva la tête vers lui et il comprit à son regard qu’elle n’était pas satisfaite de sa réponse.

- Rentrons chez nous, tu veux ? proposa-t-il en lui offrant son bras.

Elle regarda son bras, semblant peser le pour et le contre, mais ne le prit pas. Elle plongea son regard dans le sien et prit une inspiration avant de se lancer.

- Castle… Quelque chose te tracasse, pas la peine de le nier, je te connais, je le sens.

- Non, tu te fais des idées, cette histoire m’a perturbé, c’est tout.

- Je ne prétends pas savoir quoi, mais je sais que tu me caches quelque chose, asséna-t-elle. Alors ? Qu’est ce qu’il se passe ?

- …

Elle attendit un long moment l’aveu qui ne vint pas. Il vit les larmes se former dans ses yeux, ça lui fendit le cœur.

- J’aurais aimé que tu me fasses suffisamment confiance pour me le dire, termina-t-elle la voix pleine de trémolos avant de se diriger vers la sortie en passant devant lui.

Il serra les poings rageusement, ferma les yeux avant de se retourner vers elle et de s’écrier :

- Si je te le dis, je risque de te perdre !


Minefuji  (31.07.2014 à 18:20)

Chapitre cent sept

- Si je te le dis, je risque de te perdre !

- Et si tu ne me dis rien, comment veux-tu que notre couple fonctionne? Répondit-elle sur le même ton.

Il regarda ses chaussures un instant et se passa une main nerveuse dans les cheveux.

- Castle tu me fais peur.

- Je n'ai jamais voulu te cacher quoi que ce soit... Ça c'est fait comme ça...

- Tu m'as trompée? Tu as une maîtresse?

- Quoi? Non! Bien sur que non!

- Alors qu'est ce que c'est? Tu as tué quelqu'un?

- Non! Les seuls meurtres que j'ai commis se sont produits sur le papier, tu le sais!

- Alors je ne vois pas ce que tu as bien pu faire de si terrible pour que tu penses que ça remettrait en cause mes sentiments pour toi!

- C'est une longue histoire... Soupira-t-il.

- J’ai tout mon temps. Il n'y a personne dans la salle de repos, on peut s'y installer, suggéra-t-elle.

Il hocha la tête et la suivit. Elle s'installa dans l'un des fauteuils, il prit celui d'à côté, collant ses genoux contre les siens.

- Avant de tout te dire, il faut que tu saches que je t'aime et que jamais je ne ferais quelque chose qui ne soit pas dans ton intérêt...

- Castle, je le sais et tu sais que je t'aime…

- Ça ne rend pas les choses plus faciles pour autant... Soupira-t-il en jouant nerveusement avec ses doigts. Je ne sais pas par où commencer...

- Je sais que ça a un rapport avec le maire, dit-elle en lui prenant les mains pour l'aider. Tu avais peur qu'il perde sa place...

- S'il l'avait perdue, j'aurais perdu le droit de t'accompagner dans tes enquêtes...

- Castle, j'adore notre partenariat, mais ce n'est pas comme si notre relation se limitait à ça. Nous sommes mariés, nous avons un bébé, nous aurions simplement eu la vie de tous les couples normaux, qui se quittent le matin et se retrouvent le soir…  
- Si je ne suis plus à tes côtés pour veiller sur toi, il t'arrivera malheur... Ils enverront quelqu'un... Ils...

- Mais qu’est-ce qu'il te prend ? Demanda Kate qui ne comprenait plus rien.

- Tant que je serai près de toi, ils ne feront rien, ils te laisseront en vie...

- Mais de quoi tu parles? Qui ça ils?

Il la regarda dans les yeux, elle lâcha ses mains et se redressa tandis qu'elle faisait le lien avec la tentative de meurtre dont elle avait été victime.

- Ça remonte au printemps dernier, tu l'as compris... Avant que Montgomery aille dans ce hangar, il a envoyé un paquet à une personne… un ami en qui il avait confiance. Ce paquet contenait une information qui met en péril la personne qui est derrière le meurtre de ta mère. Montgomery voulait te protéger, mais le paquet n’est pas arrivé à temps et on t´a prise pour cible à ses funérailles. L’ami de Montgomery a pu conclure un accord avec eux. S’ils te laissaient tranquille, le paquet et l’information qu’il contenait ne reverraient jamais la lumière du jour. Ils ont accepté mais à une seule condition que tu ne les inquiètes plus. C'est la raison pour laquelle tu es en vie Kate, tu ne les inquiétais plus !

- Comment tu sais tout ça ?

- Pour que ça marche quelqu’un devait s’assurer que tu ne poursuivais pas l’enquête...

- Tu n’es pas là-dedans ? S'étrangla-t-elle.

- Je voulais te protéger avant tout !

Sous le choc, Kate se leva et s'éloigna de lui. Elle s'arrêta, et se tourna pour lui faire face.

- En omettant de me dire la vérité sur une des choses qui me touchent le plus dans ma vie ?

- C’était uniquement pour te protéger !

- Je suis assez grande pour le faire toute seule! S'écria-t-elle en colère. Ce que je voulais c’était une piste et tu me l’as cachée pendant six mois! Qui est cet homme ? Comment l’as-tu trouvée ?

- Ce n’est qu’une voix au téléphone. Ce n’est… ce n’est qu’une ombre dans un parking !

- Tu l’as rencontré? S'énerva-t-elle. Comment peux-tu être sûr qu’il n’a pas commandité le meurtre de ma mère? Qu'il n'est pas impliqué? Et comment as-tu pu me faire ça?

- Parce que je t'aime !

- Et tu me le prouves en te mettant dans la lunette du viseur!? Et s'il t'avait tué! Qu'est ce que je devenais? Et Andréa ? Tu as pensé à elle?

- Bien sûr que j'ai pensé à elle!

- J’ai du mal à y croire ! Tu me dis ça maintenant, alors que tu viens de prendre des risques inconsidérés sans m'en parler! Tu as trahi ma confiance!

- Kate, écoute-moi…

- Que je t'écoute ? L'interrompit-elle en colère. Pourquoi veux-tu que je t'écoute ? Explique-moi comment je pourrais croire un instant ce que tu pourrais me dire ?

- Comment tu pourrais ? ...  D'accord, tu es en colère...

- Oh que oui, je suis en colère, je suis même sacrément en colère!

- Écoute, je t'aime et si ça compte un tant soit peu...

- Si tes sentiments comptent un tant soit peu ? Et qu’est ce tu as fait des miens quand tu as conclu un accord pour moi comme si j'étais une enfant. Alors qu’il s’agissait de ma vie ! La mienne ! Tu n’avais pas le droit de faire ce choix ! Tu aurais dû m'en parler!

- Si tu poursuis tes recherches, ce seront eux qui feront un choix. Ils enverront quelqu’un pour te tuer ! Qu’est ce que je devais faire ? Décliner son offre et attendre qu’ils te tuent ?!

Elle ferma les yeux pour tenter de contenir la colère qui grandissait en elle.

- Il faut que je sorte d’ici, souffla-t-elle les yeux remplis de larmes. Je ne peux pas rester ici plus longtemps.

Elle quitta le poste, il n’essaya pas de la retenir, il devait la laisser digérer les informations en paix. Il soupira, se leva, attrapa son manteau et quitta le poste le cœur lourd.

Lorsqu’il rentra, Martha sut immédiatement que quelque chose clochait.

- Richard ? Où est Katherine ?

- Je lui ai tout dit.

- Oh ! Et Comment a-t-elle réagit ?

- Pas très bien… Elle a dit qu’elle avait besoin d’air…

- Tu crois qu’elle veut te quitter ?

- Je ne sais pas… Elle était très en colère, c’est certain…

- Laisse-lui un peu de temps...

- Je ne peux rien faire d’autre de toute façon, soupira-t-il.

Il se rendit dans le salon, Andréa dormait dans son transat. Il ramassa la petite couverture tombée au sol et la reposa délicatement sur elle. Ce faisant, il fit tomber son hochet, le bruit la réveilla et la fit pleurer.

- Bravo, c’est ma journée ! D’abord ta mère et maintenant c’est toi que je fais pleurer !

Il la prit délicatement dans ses bras elle se nicha contre lui et se calma aussitôt.

- Si seulement ca pouvait être aussi facile avec ta mère, soupira-t-il.

L’ambiance fut morose et silencieuse au loft durant toute la soirée. Rick avait appelé Lanie et Jim, mais aucun des deux n’avait vu Kate. Martha avait réussi à le convaincre de se joindre à elle et Alexis pour le dîner, mais il avait l’estomac noué. Il les assura qu’il allait bien et qu’elles pouvaient aller se coucher sans se faire de soucis.

La nuit était bien entamée, lorsque le bruit des clés dans la serrure le fit sursauter. Il se leva du canapé et sourit timidement en la voyant.

- Il faut qu’on parle, commença-t-elle.

Il hocha la tête et se crispa légèrement tandis qu’elle s’approchait de lui. Elle remarqua à quel point il était tendu.

- Castle, je t’aime, commença-t-elle, mais on ne peut pas continuer comme ça…

- Kate, je…

- Je t’en prie, laisse-moi finir !

Il leva les yeux au plafond, inspira et hocha la tête près à entendre la sentence.

- Tu as pris trop de risques en gardant pour toi cet accord avec l’ami de Montgomery. Tu as voulu me protéger, j’en suis consciente et je sais pourquoi tu as fait ça...

- Tu ne veux pas me quitter ?! S’étonna-t-il en relâchant la respiration qu’il avait retenue depuis plusieurs minutes.

- Quoi ?! Non, bien sûr que non ! Je t’aime profondément, tu es mon mari, le père de ma fille et la plus belle chose qui me soit arrivée dans la vie, il n’est pas question que je te quitte !

Il soupira de soulagement et se jeta sur elle pour la serrer très fort dans ses bras et l’embrasser fougueusement. Elle répondit à son baiser avant de le repousser légèrement.

- Alors… Qu’est ce qui ne peut plus continuer comme ça ? Demanda-t-il en se rappelant ses paroles.

- Je ne veux plus que tu me suives dans mes enquêtes, c’est trop dangereux.

- Quoi ? Mais… Est-ce que tu as entendu ce que je t’ai dit ? C’est ma présence à tes côtés qui te protège, si je ne suis pas là, ils s’en prendront à toi !

- Ah oui ? Et bien je les attends ! Ils ont envoyés Coonan et il je l’ai tué. Ils ont envoyé Lockwood, et Lockwood a été tué ! Alors que moi je suis toujours là, Castle et je suis prête !

- Tu es prête? A quoi à mourir pour ta cause ? Ce n'est plus une enquête sur un homicide, c’est une guerre qu’ils t’ont déclarée !

- Il est hors de question que tu sois impliqué là-dedans ! Tu n’es pas flic ! C’est moi qui le suis. Je n’ai pas envie de mourir et d’ailleurs, je n’ai aucune piste, mais je doute que la personne qui est derrière tout ça soit quelqu’un en qui on peut avoir confiance.

- Mais Kate …

- Tout ce que tu pourrais dire ne servirait à rien, Castle, ma décision est prise. Si ce type te rappelle, tu n’auras qu’à lui dire que tu dois t’occuper de notre fille et que je t’ai promis de laisser cette affaire de côté, d’accord ? Je suis prudente, les gars veilleront sur moi et toi, tu restes sagement loin de tout ça.

Il acquiesça, conscient que rien ne pourrait la faire changer d’avis et heureux qu’elle ne lui en tienne pas rigueur.

- Notre partenariat ne va pas te manquer ?

- Si, énormément.

- …

- Vois le bon côté des choses, tu auras plus de temps à passer avec Andréa, plus de temps pour écrire… Et le soir venu, on pourra se raconter notre journée comme la plupart des autres couples…

- Je pourrais encore échafauder des théories avec toi ?

- Bien sûr !

- Et tu m’appelleras toutes les heures pour me dire que tu vas bien ?

- Deux appels par jour et on déjeunera ensemble le midi, ça te va ?

- … Je suppose que oui…

Elle l’embrassa tendrement.

- Et si on allait dans notre chambre, histoire de compléter cette réconciliation ? Proposa-t-elle d’un air coquin.

- Prépare-toi à ne pas fermer l’œil de la nuit madame Castle.

- Je ne veux pas de promesses, monsieur mon mari ! Je veux des actes !

- Accroche-toi à ta culotte, Bunny, ça va trembler ! Rugit-il en la soulevant pour l’emporter sur son épaule.

- J’aime quand tu joues à l’homme des cavernes, dit Kate hilare.

- Tais-toi, femme ! On a assez parlé pour la soirée ! 


Minefuji  (02.08.2014 à 20:33)

Chapitre cent huit

- Boutons? Répéta Castle qui préparait une pizza.
Alexis hocha la tête.
- Tu as une amie qui s'appelle Bouton? Une amie humaine ? Demanda Castle qui préparait le petit déjeuner.
- Sa maman l'appelait comme ça quand elle était petite et c'est resté... Expliqua la jeune fille.
- Elle doit lui en vouloir, rit l'écrivain.
- Boutons et moi, on n'a pas été acceptées à Stanford. En fait, on a souvent postulé dans les mêmes écoles, alors on a projeté de visiter des campus ensemble ce week-end. On part faire une petite virée.
Cette dernière phrase attira l'attention de Castle.
- Whoa, whoa. Très bien, alors où vas-tu dormir? Qui prend le volant? Qui va chaperonner? Demanda Castle alerté.
Alexis le regarda innocemment.
- Nous allons prendre ta Ferrari et aller retrouver des mecs qu'on a connus sur un site de rencontres, répondit-elle avant de reprendre un air sérieux.
- Pas cool, grogna-t-il.
- Chéri, ne sois pas aussi rabat-joie. Je suis sûr que la mère de Bouton va les accompagner, Tempéra Martha.
- Exact et elle est très responsable! Confirma Alexis.
- Ouais, sauf quand il s'agit de choisir des surnoms, bien sûr.
- Écoute, si tu veux, je dirai à Mme Douton que tu voudrais lui parler un peu, plaida Alexis.
- Ouais, je pense que ce serait bien... Répliqua-t-il avant de s'arrêter intégrant ce qu'Alexis venait de dire... Son nom de famille est Douton? Son nom est Bouton Douton?
- C'est fâcheux, c'est certain, grimaça Martha.
- Qu'est-ce qu'il y a de mal à cela? Demanda Alexis.
- Oh, allez. Ce serait comme de m'appeler épagneul ou linceul ou rince l'œil Castle... Allo? Plaisanta l'écrivain en prenant son téléphone qui venait de sonner.... Non, je faisais juste une mise au point...
- ...
- S'il te plaît ne m'appelle pas comme ça, marmonna-t-il en se retournant vexé.
- ...
- Quoi? Mais le dîner sera bientôt prêt!
- ...
- J'arrive.
- ...
- Oh allez! Ce n’est vraiment pas cool! Je te promets d'être sage.
- ...
- Mais... Elle a raccroché, soupira-t-il.
- Katherine a une enquête? Devina Martha.
- Ouais... Elle nous dit de ne pas l'attendre pour dîner, elle rentrera tard.
- Ne fais pas cette tête là, papa, cette situation est aussi dure pour Kate que pour toi.
- Oui, sauf qu'elle s'amuse avec des cadavres et des meurtriers, elle...
- Et si tu accompagnais Alexis ce week-end, ça te sortirait de ton ennui...
- Ouais, ça serait chouette! Approuva Alexis.
- Dois-je te rappeler que je dois garder Andréa?
- Je suis certaine que Katherine ne verrait aucun inconvénient à ce que tu l'emmènes avec vous... Et puis ça t'empêcherait de te montrer trop envahissant avec Alexis...
- Ça te ferait le plus grand bien, ajouta la jeune fille.
- Non... J'ai un rendez-vous demain...
- Un rendez-vous? Avec qui?
- Euh... Un type qui bosse au cadastre...
- Qu'est ce que tu veux faire au cadastre? Demanda Martha soupçonneuse.
- Je voudrais étudier les plans du... Enfin étudier les plans d'un bâtiment pour mon prochain roman...
- Pour ton prochain roman? S'étonna Alexis.
- C'est pas vrai! S'indigna Martha.
- Quoi?
- Tu n'as pas osé!
- Quoi?
- Tu cherches les plans du poste pour entrer en douce?
- Non!
- Richard!
- D'accord... D'accord... Mais ça fait des mois que je suis coincé ici, gémit l'écrivain.
- D'abord, ça ne fait pas des mois, ça fait seulement cinq jours. Et puis tu n'es pas coincé ici, tu ne dois simplement plus la suivre dans ses enquêtes.
- Occupe-toi de tes affaires, veux-tu?
- Tu sais pourquoi Katherine fait ça, elle sera furieuse si elle l'apprend.
- Eh bien elle ne l'apprendra pas, n'est ce pas, et puis... Si elle me demande de comprendre ses raisons, elle devrait pouvoir comprendre les miennes...
- Tu n'as pas intérêt à aller en douce au poste, crois-moi, l'avertit Martha.
- Mais c'est là qu'est ma place...
- Ta place est ici, devant ton ordinateur, contra Alexis. Papa, tu es écrivain, pas flic, Kate a raison.
Devant les regards réprobateurs de sa mère et de sa fille, Rick se sentit obligé d'abdiquer. Il décida de se tenir tranquille, du moins pendant quelques temps.
- Une balade au parc demain, ça te dit Andréa? Suggéra-t-il en regardant sa fille installée confortablement dans son transat en suçotant tranquillement ses doigts.
- Je préfère ça, dit Martha soulagée.
- Et moi donc, je vais pouvoir partir l'esprit tranquille, sourit Alexis.

~~~~~~~~~~~~~~~

Arrivée sur le lieu du crime, Kate rejoignit ses collègues pour réunir au plus vite un maximum d'informations sur le crime. Elle avait hâte de rentrer chez elle, imaginer la bouille déçue de son mari lui crevait le cœur.
- La victime est Francisco Pilar, annonça Esposito. Nous l'avons trouvé ici dans sa loge. Il avait toujours de l'argent sur lui, ainsi que son portefeuille, son téléphone et une sorte de carte-magnétique.
- On connait la cause du décès? Demanda Kate.
- Yep. Quelqu'un a mis une laisse autour du cou et a tiré très fort, répondit Lanie qui était accroupie près du corps. Mais... Où est ton ombre?
- À la maison, il s'occupe d'Andréa.
- La petite est malade?
- Non.
Lanie fronça les sourcils, Kate évita son regard inquisiteur et poursuivit:
- Tu as une idée de quand le meurtre a eu lieu?
- J'ai établi un créneau horaire... Répondit Esposito en coupant la parole à Lanie.
- Excuse-moi. Tu fais mon travail maintenant? Je ne savais pas que tu avais fait médecine. Mais allez-y, Docteur Esposito.
Kate sourit légèrement, avec un peu de chance les problèmes personnels de la légiste l’empêcheraient de la harceler à propos de Castle.
- D'accord. Le dernier gars à avoir vu Francisco vivant a quitté cette salle à 17h15, pour aller chercher à manger. Et M. Green l'a trouvé comme ça 20 minutes plus tard.
- Bien. Merci, répondit Kate en observant le petit sourire de Lanie fière d'avoir pris Esposito au dépourvu.
Elle s'éloigna et interrogea les personnes présentent. Francisco Pilar était un célèbre dresseur de chiens. Il avait jugé une compétition canine juste avant d'être assassiné. Dans ce milieu, les rivalités faisaient rage entre les propriétaires des concurrents, les suspects étaient donc nombreux.

- Où est Castle? Chuchota Lanie en attrapant Esposito par le bras.
- J'en sais rien, ça fait cinq jours qu'elle vient seule au poste et le sujet est tabou.
- Ne la laissez pas seule, je ne sais pas ce qu'il s'est passé entre eux, mais je connais son tempérament et son entêtement et n'aime pas du tout ça.
- Elle n'a pas l'air furax, pourtant...
- Tu as mis combien de temps à remarquer qu'elle sortait avec Castle au début?
- Euh...
- C'est ce que je disais, elle est championne quand il s'agit de masquer ses émotions, donc, on la garde à l'œil tant qu'on en sait pas plus.

~~~~~~~~~~~~~~~
Les premiers rayons du soleil filtraient à peine à travers les rideaux de la chambre. Kate était est allongée sur le dos, un bras reposant sur son ventre. Elle dormait. Il la regardait attendri par son charme naturel. Elle était belle, il ne se lassait pas de la regarder.
Elle laissa échapper un léger soupir de contentement, il laissa son esprit vagabonder se demandant à quoi elle pouvait bien rêver. Doucement, il effleura sa joue du bout des doigts. Nouveau soupir de bien être. Il se pencha vers elle pour l'embrasser doucement.
- Mhm...
Il murmura à son oreille, lui mordit doucement le lobe.
- Salut...
Elle poussa un léger grognement. Il sourit contre sa peau, s'enivrant de son parfum délicat de cerise. Elle bougea légèrement quand il lui caressa la cuisse.
- J'ai sommeil... Marmonna-t-elle d'une voix pâteuse.
Les mains de Castle glissèrent par-dessus sa petite culotte puis passèrent sous son tee-shirt. Elle eut un léger frisson et laissa échapper un nouveau soupir. Il sourit, la victoire était toute proche. Il s'allongea contre elle et embrassa son épaule.
- Tu ne veux pas me laisser dormir...
- Tu es trop tentante... Chuchota-t-il en posant ses lèvres contre les siennes.
Elle ne put réprimer le sourire qui fleurit sur ses lèvres et rendit les armes, elle n'avait jamais su lui résister. C'était à chaque fois perdu d'avance. Elle entrouvrît les lèvres le laissant approfondir le baiser. Dans un mouvement fluide, elle roula sur le matelas et l'entraîna avec elle, se retrouvant à califourchon sur lui. Elle frotta son bassin contre le sien. Il se laissa aller à cette chaleur enivrante qui montait en lui et ferma les yeux. Il aurait voulu que ce moment dure pour l'éternité. Il avait besoin d'elle, de sa présence.
- J'ai envie de toi, murmura-t-il contre son cou.
- Je sais, rit-elle.
Il aimait son rire, il aimait se réveiller auprès d'elle jour après jour. Ils firent l'amour passionnément. Leurs corps s'enlacèrent encore et encore au milieu des draps de satin. C'était doux et tendre. Ils se connaissaient par cœur et savaient exactement ce qui comblait l'autre.
- Je t'aime Rick, souffla-t-elle contre son torse.
Il sourit. Elle resta un moment là, allongée contre le cœur de son écrivain, se laissant bercer par les mouvements de la respiration de l'homme qu'elle aimait. Il ne disait rien, profitant du bonheur présent.
Finalement, il se dégagea de la douce étreinte et s'assit. Elle se redressa et le regarda. Il enfila son caleçon et se leva.
- Hey? Ça va? Demanda-t-elle.
- Oui. Pourquoi ça n'irait pas?
- Parce que je te connais et que je sais quand ça ne tourne pas rond là-dedans, dit-elle en désignant son crâne.
- Tu dis souvent que ça ne tourne pas rond là-dedans.
- Pas comme ça. D'habitude, c'est parce que tu m'as sorti une de tes théories farfelues. Là, c'est autre chose qui cloche...
- Bah... Tu me manques, soupira-t-il.
- On vit ensemble je te rappelle!
- Tu sais très bien de quoi je parle.
- Ça fait moins d'une semaine que tu ne viens plus travailler avec moi et nous déjeunons ensemble tous les jours!
- Je m'ennuie!
- Tu es sensé t'occuper de tes filles!
- Alexis est partie avec son amie au surnom douteux et Andréa passe énormément de temps à dormir...
- Tu as aussi un métier, je te rappelle!
- J'ai dix chapitres d'avance sur le planning!
- Alors amuse-toi!
- Tu sais ce qui m'amuserait? Une bonne petite enquête!
- Non! On en a déjà discuté!
- Je n'appellerais pas ça une discussion...
- Ne fais pas l'enfant, on déjeune ensemble chaque midi.
- Oui, mais tu es rentrée tard hier soir...
- J'ai fait au plus vite, mais quand je suis rentrée, tu dormais déjà.
- Tu ne trouves pas que la punition à assez duré?
- Tu n'es pas puni et tu le sais... Je fais ça pour...
- Je sais pourquoi tu fais ça et c'est exactement pour ça que je ne suis pas tranquille...
- Tu sais quoi? Dit-elle pour éviter le sujet qui finirait à coup sûr en dispute. J'ai une mission pour toi.
- Une mission?
- Oui, une mission! Elle est dans le salon.
- Dans le salon?
- Oui, va voir.
Elle sourit en le voyant se précipiter dans le salon comme un gamin le matin de Noël et ne fut pas étonnée de l'entendre s'écrier joyeusement:
- Un chien! Wah! Viens là toi! Oh… Oui, tu es beau!
- On a eu une nouvelle affaire hier... Expliqua-t-elle en arrivant dans le salon. Royal a assisté au meurtre de son maître. Il fallait que quelqu'un s'en occupe... Son maître n'avait pas de famille. Je n'ai pas eu le cœur d'appeler le chenil...
- Le chenil? Tu as bien fait, il aurait été malheureux au chenil, répondit Rick alors que Royal lui léchait le visage.
- Ouais, il est adorable.
- Et donc tu voudrais...?
- J'aimerais que tu t'occupes de lui jusqu'à ce qu'on ait bouclé l'enquête. Ça devrait t'occuper un peu...
- D'accord... Je vais m'occuper de lui... Mais ça ne veut pas dire que je suis d'accord avec cette situation...
- Bon, je vais prendre mon petit déjeuner, tu m'accompagnes?
- Tu crois qu'il aime la guimauvelette?
- Qui n'aime pas la guimauvelette! Tu m'en fais une?
- Ah! Je reconnais bien là ma petite femme!

Kate reprit donc le chemin du poste, persuadée que la garde du chien et de leur fille occuperait son cher mari pour la journée. Elle avait déjà assez à faire avec la gestion de Kay Capuccio et de son entourage de starlette, bien qu'Esposito se fasse un devoir de s'occuper personnellement de Kay. Heureusement que Lanie n'était pas passée au poste, car bien que sa relation avec Esposito soit officiellement terminée, Kate n'ignorait pas que son amie avait encore des sentiments pour le latino, même si elle ne voulait pas le reconnaître.
De retour au loft, ce soir là, elle fut accueillie par des rires et une tornade poilue manqua de la bousculer.
- Eh bien, on s'amuse bien ici à ce que je vois...
- Ce chien est génial! Il est super gentil et Andréa l'adore! On devrait le garder!
- Andréa, hein? Sourit Kate en s'approchant de lui pour l'embrasser. Vous vous êtes bien amusés?
- On est allé faire quelques emplettes, on a trouvé monsieur Squikie, expliqua-t-il en montrant un jouet grinçant. Et puis il a mangé le faux-filet, que je n'ai pas pu finir...
- Tu lui as donné de la viande?
- Ouais. Mais ne t'en fais pas, on a également fait du sport, on a joué à "va chercher" dans le couloir et puis on a regardé Chihuahua de Beverly Hills. Il a adoré!
- Et je parie que tu l'as laissé monter sur le canapé, non?
- Hum ...
- C'est pas grave. Tu peux être le plus sympa, je serai la rabat-joie! C'est compris? Lança-telle à l’attention du chien. Je ne te laisserai pas remettre tes poils sur le canapé!
- Dis... Euh... J'ai réfléchi à notre petite discussion de ce matin...
- Oh non, tu ne vas pas remettre ça sur le tapis, dit Kate en levant les yeux au ciel...
- Tu as pris cette décision de manière unilatérale, je n'ai pas eu mon mot à dire, ça n'est pas très juste!
- Castle!
- La décision devrait être impartiale! Tirons ça à pile ou face! Dit-il en cherchant une pièce dans sa poche.
- Je préfère "Pierre feuille ciseaux"...
- Eh bien, je ne voudrais pas que tu sois désavantagée... Je suis plutôt bon dans ce domaine... Rit-il.
- Oh, allez, Castle. Allons-y, sourit-elle.
- Bien. Juste pour que tu le saches... Il y a une stratégie pour ce jeu que...
Ils commencèrent leur duel, Beckett battit le papier de Castle avec ses ciseaux.
- Deux sur trois? Annonça Castle.
- Mmhmm.
Ils recommencèrent, la pierre de Beckett surpassant les ciseaux de Castle.
- Trois sur cinq, dit-il frustré.
- Bien sûr.
Ils jetèrent de nouveau leur choix, Castle, de nouveau battu se frotta le visage avec la main. Elle l'embrassa tendrement pour le consoler.
- C'était bien tenté, sourit-elle.
- Mouais...

Le lendemain, après plusieurs rebondissements dans leur enquête, Beckett et son équipe démasquèrent Reggie, le compagnon de Kay Capuccio qui craignait que Francisco ne découvre ses liens avec des trafiquants de drogue.
Castle arriva au poste en compagnie de Royal au moment où Reggie tentait de s'enfuir. Il lâcha le chien contre le fuyard et permit son arrestation.
Malheureusement pour lui, Kate ne le laissa pas revenir au poste, elle lui reprocha même d'être venu sans l'avoir prévenue. Et comble de malchance, Royal tomba sous le charme de Kay Capuccio qui décida de l'adopter. Castle retourna donc au loft déçu.

- Nous revoilà en tête à tête ma chérie, soupira-t-il en câlinant Andréa. Toi au moins, tu ne m'abandonnes pas... Je sais, je l'aimais bien moi aussi cette boule de poils...
La porte d'entrée s'ouvrit. Il se retourna et sourit en voyant Kate entrer.
- Hey! Tu rentres tôt!
- J'ai emmené ma paperasse, je la remplirai ici. Je me suis dit que tu serais content que je rentre de bonne heure...
- C'est gentil...
- Tu l'aimais bien ce chien, non?
- Ouais...
- Tu ne préférerais pas avoir un chiot? Tu pourrais lui choisir son nom... Lui apprendre des tours...
- Ouais... Ça serait sympa...
- Alors, tu devrais aller voir à la porte, il y a quelqu'un qui aimerait faire ta connaissance...
- Sérieusement?
- Considère ça comme ton cadeau d'anniversaire...
Il sauta de joie et se précipita dans l'entrée où un magnifique chiot l'attendait.
- Oh que tu es mignon, toi! Viens par ici... Regarde Andréa, on a un nouveau compagnon! Tu veux lui choisir un nom?
- Je crois que tu peux choisir tout seul, si tu attends que notre fille te donne son avis, ce chien n'aura pas de nom avant longtemps!
- Mhm... Tu as raison... Que dirais-tu de Sherlock?
- Pourquoi pas Cosmo, tu aimes beaucoup ce prénom, je crois, suggéra Kate.
- Oui, mais c'est le prénom pour notre fils!
- Y a pas moyen Castle! Du moins si tu veux que je sois la mère de ton futur fils...
- Pffff... Je pourrais te convaincre...
- Même pas en rêve, si tu veux de ce prénom, ça sera pour le chien!
- Mhmm... Qu'est ce que tu en dis Cosmo?
Le chiot lui lécha le visage.
- Je crois qu'il aime bien, constata Kate.
- Mais, il n'y a pas des règles normalement pour le nom des chiens? Il n'y a pas une lettre attribuée chaque année?
- Depuis quand tu tiens compte des règles?
- Touché... Va pour Cosmo, alors.
- Tiens, j'ai ramené ça aussi, dit-elle en lui tendant une laisse. Va falloir le sortir régulièrement et lui apprendre la propreté!

 

 


Minefuji  (08.08.2014 à 20:30)

Chapitre cent neuf

- Qu'est ce qu'il se passe avec Castle?

- Qu'est ce qu'il se passe avec Espo?

- Je ne suis pas mariée avec Javier, c'est quoi ton excuse?

- Il n'est pas flic...

- Sérieusement? C'est pas ce qui l'a empêché de te suivre pendant quatre ans, alors? Qu'est ce qu'il se passe?

- Que penses-tu de ce foulard? Il est joli, non?

- Arrête ça tout de suite ou je te colle une tarte! Alors qu'est ce qu'il se passe?

- Il irait bien avec mon manteau rouge... Andréa a pris celui que je mettais d'habitude pour en faire son doudou...

- Katherine Beckett! Je sais qu'il s'est passé quelque chose!

- Je croyais que tu voulais faire du shopping!

- Je croyais que nous étions amies.

- Lanie, soupira Kate.

- Bon, d'accord... Tu as vu tout le cinéma qu'il a fait avec Kay Capuccio? Javier Esposito n'est clairement pas prêt à aller plus loin dans une relation!

- Et c'est ce que tu voulais?... Aller plus loin? Je croyais que le mariage te filait des boutons!

- Touchée... Enfin bref, on n'est pas du tout prêts!

- Donc tu n'es pas trop déçue?

- Non... On a essayé et c'est ce qui compte et puis, ça n'exclue pas les galipettes de temps en temps, sourit Lanie.

Kate sourit à son tour tout en se dirigeant vers la caisse, contente de sa trouvaille.

Satisfaites de leurs achats, les deux amies quittèrent le magasin et se rendirent vers un café sympathique où elle s'installèrent dans un coin tranquille pour discuter.

- Alors, commença Lanie. Je t'ai tout dit, à ton tour maintenant. Pourquoi ton mari est relégué au loft?

- Si je te le dis, tu promets de n'en parler à personne?

- Tu me fais peur là! Qu'est ce que tu as fait?

- Lanie!

- D'accord, d'accord, c'est promis, alors?

Kate raconta toute l'histoire à son amie ainsi que sa décision de l'éloigner du danger.

- Ils en ont toujours après toi?! S'étrangla la légiste.

- Du calme! Apparemment le plan de Montgomery fonctionne, j'ai vérifié personne ne me suit.

- Et donc, tu restes bien sagement en dehors de tout ça?

- ...

- Kate!

- On ne peut pas vivre éternellement avec une épée de Damoclès au dessus de la tête... Alors, oui je reste bien sage pour l'instant, mais je te promets que si je trouvais un indice qui me mette sur sa piste, alors...

- Tu te rends compte que tu fais exactement ce que tu ne veux pas que Castle fasse?

- Lanie ne commence pas...

- Tu as peur de le perdre et lui? Tu penses un peu à ce qu'il ressent? Et ta fille? Tu sais ce que ça fait de perdre sa mère, tu veux lui faire vivre ça?

- Tu crois que je n'y ai pas pensé?

- Tu étais déjà grande quand ta mère est morte, Kate! Ta fille risque de ne pas avoir "cette chance" si tu t'entêtes!

Leurs téléphones sonnèrent en même temps, coupant court à leur conversation. Une nouvelle affaire les appelait. Elles payèrent l'addition et sortirent du café. Kate appela Castle pour le prévenir avant de se rendre sur le lieu du crime, elle savait qu'il ne serait pas content d'apprendre qu'elle ne serait pas là une bonne partie du week-end et soupira à l'idée que le sujet serait encore une cause de dispute entre eux.


- Qu'est ce qu'on a? Demanda Kate en arrivant près de Lanie.

- Stan Banks, annonça la légiste accroupie près du corps. Une seule balle au sternum. J'estime l'heure de la mort entre 6 et 8 heures ce matin. On dirait qu'il a essayé de se défendre avec cette barre de métal, de toute évidence cela n'a pas fonctionné.

- Un vol qui a mal tourné? Demanda Kate.

- Eh bien, il avait encore son portefeuille, son portable, et une clé de sa chambre, alors... Répliqua Esposito.

- Ses poches ont été retournées, le tueur cherchait quelque chose, mais on ne sait pas quoi, dit Ryan.

- C'est bizarre... Approuva Beckett pensive.

- Ce qui est bizarre, c'est ce que fait cette boule de poils sur ma scène de crime, répliqua Lanie en désignant quelque chose derrière Beckett.

- Hey! Qu'est ce qu'il fait là, lui? S'étonna Ryan. Attrape-le Javier!

- T'es marrant toi! Râla Esposito.

Kate se retourna et ouvrit de grands yeux.

- Cosmo!?

- Tu le connais? Demanda Ryan en désignant le chiot qui venait de se redresser en s'accrochant aux mollets de Kate.

- Ouais... C'est notre chien... Castle! Où es-tu? Cria Kate en balayant la pièce du regard.

Rick apparut derrière elle en affichant un air innocent.

- Ça c'est une sacré coïncidence! On se promenait dans le quartier et soudain il s'est échappé, il a dû reconnaître ton odeur... C'est un sacré bon chien!

- C'est ça... Marmonna Kate. Et qu'as-tu fait d'Andréa?

- Elle est avec ma mère, elle dormait tellement bien, je n'ai pas eu le cœur de la réveiller pour l'emmener en balade...

- Encore heureux, une balade sur une scène de crime!

- Wah! Tu parles d'une tranche de l'histoire. Le Pennybaker club... Tu sais, pendant dans les années 40 tous les grands ont joué ici. Si ces murs pouvaient parler, tu n'imagines pas les histoires qu'ils raconteraient.

- C'est ça, change de sujet... En tout cas, moi la seule histoire qui m'intéresse, c'est celle de Stan Banks...

- Mhm... Je vais voir ce que je peux faire pour ça... Dit-il en s'éloignant pour faire le tour des lieux.

Kate roula des yeux et retourna s'accroupir près du corps.

- Alors? Demanda Lanie, tout va bien entre Castle et toi?

- Ouep.

- Il va rester avec nous sur l'enquête?

- Nope! Je le laisse seulement s'amuser dans ce lieu chargé d'histoire, avec un peu de chance, je trouverai de quoi l'occuper...

- Tu joues à un petit jeu dangereux... Si tu veux un bon conseil...

- Je n'ai pas besoin de bon conseil, je sais ce que je fais!

- Tu sais que tu m'agaces franchement là?

- Mhm-mhm...

- C'est ça, fais ta maligne...

Kate ne répondit pas et alla retrouver Castle accroupi derrière le bar.

- Tu cherches une boisson, Castle? Parce que je suis sûre que le bar est fermé.

- En fait, je cherchais une idée, dit-il en faisant apparaître sa tête pour la regarder. Et grâce à Cosmo, je pense avoir trouvé une. Le squat d'un sans-abri et étant donné que c'est le journal d'aujourd'hui. Il était ici ce matin.

- Grâce à Cosmo? Ce chiot sait à peine réclamer pour sortir...

- Ce chien est un fin limier! Regarde comment il a réussi à te retrouver...

- C'était donc ça... Vous n'êtes pas arrivés ici par hasard, n'est ce pas?

- Bah... Euh... Ça fait partie de son éducation... D'ailleurs, tu devrais lui donner la friandise qui est dans ta poche...

- Castle!

- Je t'en prie, ne dis rien, je n'ai pas envie de me disputer...

- Fallait pas venir dans ce cas...

- Alors c'est ma faute, hein?

- C'est toi qui ne respecte pas les règles...

- Règles que tu as édictées de façon tyrannique!

- Je suis un tyran?!

- ... Oui! Parfaitement!

- Parfait! Tu sais quoi? Fais ce que tu veux, puisque ça se finit toujours comme ça! S'énerva-t-elle avant de s'éloigner énervée.

- T'en fais pas Cosmo, elle va se calmer...

Seulement l'ambiance resta glaciale et devant l'énervement de Kate, Rick décida de se faire discret et jeta son dévolu sur un curieux document retrouvé dans les affaires de Stan. Il s'agissait d'un journal datant de 1947, celui de Joe Flynn, un détective privé qui recherchait une jeune femme, Vera Mulqueen, qui portait un bijou très précieux. Le bijou en question, le papillon bleu, appartenait à un mafieux de l'époque, très connu et très redouté.

- Bon, je crois qu'on en a assez fait pour aujourd'hui, dit Esposito en regardant sa montre.

- Oh là! Grimaça Ryan en jetant un coup d'œil à la pendule. Pas terrible pour un samedi soir, Jenny ne va pas apprécier...

- À un de ces jours, Castle! Lança Esposito à l'écrivain plongé dans sa lecture.

- Vous partez déjà?

- Déjà? Il est plus de 20 heures! C'est déjà bien trop tard pour un samedi soir, rétorqua Ryan.

- Si tard!? Wah, je n'ai pas vu le temps passer... Où est Beckett?

- Aucune idée... Elle ne doit pas être bien loin, sa veste est toujours là...

- Hé, où est ton chien? J'espère qu'il n'est pas en train de ronger les fauteuils de la salle de repos, dit Esposito.

- Cosmo? Oh bon sang, où est ce qu'il est passé celui là? S'affola Castle en cherchant dans tous les sens.

- Il est là Castle.

- Kate!

- Je l'ai emmené faire un tour... Tu étais tellement absorbé par ta lecture, que tu ne l'a même pas remarqué...

- Ah... Euh...

- Allez, viens, il est temps de rentrer...

- Ouais.

Le chemin du retour se fit dans le calme, seuls les halètements de Cosmo troublaient le silence dans l'habitacle.
Quand ils rentrèrent, Andréa dormait paisiblement dans les bras de sa grand-mère. Celle-ci leur annonça que leur dîner les attendait dans le réfrigérateur avant de partir coucher la petite.

- Tu ne dînes pas avec nous? Demanda Castle.

- Non, j'ai quelque chose de prévu ce soir, alors ne m'attendez pas et soyez sages... Enfin pas trop, sourit Martha en les embrassant.

- Alexis est dans sa chambre?

- Soirée avec des copines, elle passe la nuit chez Paige, bonne soirée!

- Bonne soirée...

Martha quitta le loft, qui fut aussitôt plongé dans le silence. Rick se tourna et soupira en constatant que Kate s'affairait déjà dans la cuisine. Il se rendit dans le salon le cœur lourd et s'installa dans le canapé avec le journal du privé.

- Qu'est ce que tu lis?

Il sursauta, elle sourit légèrement.

- Tu n'as pas la conscience tranquille Castle?

- Euh, ce journal était dans les affaires de Stan, il date des années 40 et appartenait à un détective privé... Écoute ça, dit-il en commençant à lire: "Habituellement, les clientes se transforment toutes en fontaines quand je leur montre des photos de leurs maris pris en flagrant délit, mais pas cette femme là. Elle, elle voulait lui rendre la monnaie de sa pièce... Alors, le pire c'était quoi? La faire payer en nature ou lui facturer le tout?

- Classe!

- Tu trouves? Ce type écrit exactement comme le héros d'un roman de Raymond Chandler. Je me demande pourquoi Stan avait ce journal...

- Tu sais que tu n'aurais pas dû prendre ce livre?

- Bah, il pourrait nous aider à savoir ce que Stan cherchait...

- Dis plutôt que tu veux le lire parce que tu le trouves cool.

- Ouais... Mais ça peut aider aussi...

- Castle, commença-t-elle d'un air ennuyé.

- On va encore se disputer?

- ...

- Tu vas encore me reprocher...

Il laissa sa phrase en suspend, la gorge nouée. Kate était butée, il le savait, mais il ne voulait pas renoncer, il devait être à ses côtés pour son bien.

- Kate...

- J'ai l'impression que nous avons déjà vécu cette situation...

- Écoute, je...

- C'était une mauvaise idée, le coupa-t-elle.

- Quoi?

Il avait haussé le ton, il n'avait pu s'en empêcher. Elle le prenait vraiment pour un gamin sans cervelle? Croyait-elle vraiment qu'il se mettrait délibérément en danger? Qu'il ne pensait pas à elle, à leur famille? Elle remarqua aussitôt que son cerveau en ébullition se faisait déjà tout un film. Elle lui prit la main et s'empressa de le détromper.

- J'ai eu une mauvaise idée! J'ai eu peur et j'ai cru que t'éloigner du poste et de ces enquêtes te protégerait, mais je n'avais pas le droit de faire ça... Je te demande pardon.

- Tu...? Wah... Quel revirement de situation...

- Lanie m'a ouvert les yeux... Je faisais exactement ce que je te reprochais. Je voulais te protéger contre ton gré, je n'avais pas le droit de faire ça...

- Rappelle-moi d'envoyer un cadeau à Lanie! Donc, tu es d'accord pour que je revienne au poste?

- Non... Mais je n'ai pas le droit de t'en empêcher...

- Kate, je sais que je ne suis pas flic, mais reconnais qu'on forme une bonne équipe!

- Je ne dis pas le contraire...

- Je ne vais pas nier le fait qu'on s'est déjà retrouvés plusieurs fois dans des situations délicates, mais on s'en est toujours sortis tous les deux et je ne me débrouille pas trop mal pour quelqu'un qui n'est pas flic, je t'ai sauvé la vie plusieurs fois!

- ...

Elle avait baissé la tête, vaincue. Il posa une main sur sa joue, elle releva les yeux vers lui. Il pu voir à quel point elle était perdue.

- Je ne vais pas mourir Kate, murmura-t-il.

- Ne fais pas de promesse que tu ne peux pas tenir, souffla-t-elle.

- D'accord, je rectifie: je ne veux pas mourir Kate, je te promets d'être le plus prudent des consultants que tu aies jamais eu... Et le plus charmant aussi, ajouta-t-il heureux de lui arracher un sourire.

- J'ai si peur de te perdre, Babe, que de savoir que… cette histoire ne finira jamais...

Sa voix se brisa et elle se blottit contre lui. Il la serra très fort contre lui pour la rassurer.

- On y arrivera Kate. On mettra en prison celui qui est derrière tout ça, je te le promets, mais nous ferons ça ensemble, d'accord? Plus de cachoteries.

- D'accord, murmura-t-elle d'une toute petite voix.

Il remonta une de ses main le long de son dos et vint lui masser doucement les cheveux pour la détendre. Elle ferma les yeux, il déposa un baiser sur le haut de son crâne.

- Tu ne pourras pas te débarrasser de moi aussi facilement, plaisanta-t-il.

- Tu sais être la personne la plus immature, agaçante, et la plus bornée que je connaisse quand tu as une idée en tête… répliqua-t-elle en levant la tête pour le regarder dans les yeux.

- ...

- Mais tu es aussi l'homme le plus attentionné et le plus merveilleux que je connaisse. Je t'aime Castle.

Il se pencha vers elle pour l'embrasser tendrement. C'était un baiser très sage, pas un baiser plein de passion, non, un baiser dans lequel il avait mis tout son amour pour elle.

~~~~~~~~~~~~

Quand Kate se réveilla le lendemain, elle était seule dans le lit. Elle profita du fait qu'Andréa dorme encore tranquillement pour prendre une bonne douche bien chaude et relaxante. La nuit avait été agitée, ses muscles endoloris se rappelaient à son bon souvenir. Elle se sécha rapidement et fila préparer le biberon de sa fille. Elle avisa l'heure, il était encore relativement tôt, mais après avoir dormi près de douze heures, elle se doutait qu'Andréa se réveillerait bientôt.
Elle jeta un œil dans le bureau de Rick et le trouva occupé à pianoter sur internet. Le journal du privé était ouvert à côté de lui.

- Le papillon bleu! Le voilà! S'exclama-t-il soudain en relevant la tête. Il est magnifique! Ça ne m'étonnes pas que Stan Banks ait été tué pour ça! Oh! Bonjour madame Castle!

- Sérieusement? Tu t'es levé à quelle heure pour lire ton bouquin?

- Oh, il est génial ce journal! Et grâce à lui, je suis sûr qu'on résoudra cette affaire!

- Ah oui?

- Oui, je sais déjà ce que c'est que ce papillon bleu, c'est un collier. Un bijou en forme de papillon entièrement en diamants bleus, il vaut environ un million de dollars, facile.

- Donc, Stan était sur une chasse au trésor?

- Exactement. J'ai fait un peu de recherche. Il s'avère que le papillon bleu a disparu dans les années 40. Et selon la rumeur, il serait caché quelque part dans le Pennybaker Club. Si Banks l'a trouvé, un collier de millions de dollars! Tu parles d'un motif pour l'assassiner...Quoi qu'il en soit, après quelques recherches sur le net, il apparaît qu'il serait soi-disant maudit et aurait à un moment appartenu à la maîtresse d'un officier SS. Après la guerre, il finit entre les mains du boss de la mafia Tom Dempsey, qui possédait le club. C'est pourquoi nous devons y retourner...

- Ah bon?

- Ouais. Tu te souviens de la tige verte, que nous avons trouvé dans la main de Stan? Apparemment le bureau en bas de Dempsey a été peint en vert. Stan a du passer là-bas. Toujours selon le journal, le papillon bleu a été conservé dans le coffre-fort secret, dans le bureau de Dempsey. Il est très possible que nous ayons manqué quelque chose. Nous n'avons pas vraiment regardé là-bas.

- Ok... Et si tu m'expliquais tout ça devant un bon petit déjeuner? 

Ils s'installent confortablement avec un plateau repas dans le salon et Castle commença son récit.


- Alors, Joe a dit à Sally qu'il a trouvé sa sœur là bas, au Pennybaker Club.

- Et Sally n'est pas allée parler à sa sœur?

- Eh bien, non. D'après Joe, Sally, était une oie blanche à peine sortie de sa campagne, elle était un peu nerveuse à l'idée d'avoir à traiter avec des gangsters, alors il lui a proposé d'y retourner pour prendre contact avec Vera.

- Ce qu'il fait totalement désintéressé...

- Eh bien mets toi un peu à sa place, il est littéralement fou de Vera. Je veux dire, elle était magnifique. Alors il dit à Sally, qu'il va au moins la rencontrer en secret. Sally l'approuve, mais encore une fois, elle a insisté sur le fait que Joe ne dise pas à Vera que sa petite sœur la cherche toujours à cause de ses problèmes familiaux...
Bref, cela fait donc 5 jours que Joe a rencontré Vera. Et c'est déjà le grand amour...

- Après seulement 5 jours? C'est une blague?

- Oh à l'époque, on ne perdait pas de temps quand on s'aimait... Et soit dit en passant, c'est pas au bout de trois jours qu'on a fini dans le même lit?

- C'était seulement sexuel, on n'était pas amoureux!

- Pffff, tu étais folle de moi! Mais je te pardonne ton manque de discernement!
Bref, ces deux là s'aimaient tellement, qu'ils risquèrent leurs vies... Dit rêveusement Castle.

- La terre appelle Castle! Eh oh?

- Oui... Euh, ça s'est passé dans les coulisses... Ils volaient un moment d'intimité, ce qui était dangereux parce qu'elle appartenait à Dempsey. Ils se regardèrent dans les yeux, et Kate a enfin pu l'embrasser...

- Tu viens de dire Kate? Rigola Beckett... T'es en train de nous imaginer sous les traits de ce privé et de cette danseuse?

- Oh... Euh... Ça te dit un petit jeu de rôle? Ça pourrait pimenter nos câlins...

- Si on les pimente plus, les pompiers devront intervenir!

- Ouais... Bref, ils étaient sur le point de s'embrasser quand les gorilles de Dempsey sont arrivés prêts à lui refaire le portrait encore une fois, mais Betsy les a sauvés en embrassant Flynn pour le faire passer pour son petit ami. Les deux gorilles sont repartis et Betsy a mis Vera en garde. Mais la danseuse voyait la vie en rose avec Flynn. Enfin seuls, Vera et Joe ont décidé de partir loin, mais il leur fallait de l'argent, alors, ils ont décidé d'emmener le papillon avec eux. Le seul problème, c'était que quand elle le portait, elle avait toujours les deux gorilles collés aux basques. Et quand elle ne le portait pas, Dempsey le cachait dans un coffre fort secret.

- Et alors?

- Et ... c'est tout. Ce sont les toutes dernières phrases du journal, répondit Rick amusé.

- Comment ça c'est tout? Dis-moi ce que deviennent Joe et sa copine, je veux savoir!

- Je ne sais pas, dit Rick en haussant les épaules.

- Mais pourquoi tu me racontes une histoire dont tu ne connais pas la fin?

- Si tu voulais un début, un milieu et une fin, j'aurais pu te lire un de mes 27 romans.

Kate gémit et roula des yeux.

- Bon, alors on n'a plus qu'à aller chercher ce coffre-fort secret...

Ils terminèrent leur petit déjeuner et s'occupèrent de leur fille, avant de la confier à sa grande sœur pour reprendre l'enquête.
En suivant les indices et les témoignages des différents protagonistes, ils trouvèrent non seulement le meurtrier de Stan, mais aussi la fin de l'histoire de Joe et Vera et le papillon bleu.

- Alors, tu vois qu'on fait une parfaite équipe tous les deux, conclut Castle alors qu'ils étaient de retour au loft et s'installaient confortablement dans le canapé avec leur fille. Non seulement on a résolu ton affaire, mais aussi un double meurtre datant des années 40!

- Ouais... Et avec toi, je dois reconnaître que c'est plus marrant, sourit Kate.

- Le fun l'histoire et la logique, c'est notre botte secrète! Aucune affaire ne nous résiste, sourit l'écrivain...

- Mais plus de secret entre nous et plus de prise de risques inconsidérées, on est d'accord?

- On est d'accord.

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Minefuji  (11.08.2014 à 21:14)

Chapitre cent dix:

Rick se réveilla seul. Inquiet de ne pas voir sa compagne dans son lit à une heure aussi matinale, il décida de se lever. Il commença par se rendre dans la chambre d'Andréa, peut-être qu'une poussée dentaire avait perturbé son sommeil... Mais non, la petite dormait paisiblement allongée sur le dos. Il sourit en remarquant qu'elle dormait dans la même position que sa mère...

Il quitta la pièce discrètement et continua ses recherches, dans la cuisine, le salon, il la trouva finalement dans son bureau. Elle était assise dessus et regardait fixement l'écran plat sur lequel étaient affichés les éléments sur le tireur du cimetière.

- Hey... Ça va?

Elle hocha simplement la tête.

- Encore un cauchemar?

Deuxième hochement de tête. Il s'approcha et vint s'asseoir près d'elle, elle se cala contre lui.

- On va le trouver et cette histoire ne sera plus qu'un mauvais souvenir, assura-t-il en embrassant le haut de sa tête.

Elle se tourna vers lui et sourit.

- Je vais bien.
- Je sais ce que cette affaire représente pour toi, tu n’es pas obligée de faire semblant avec moi, tu sais…
- Rick, je vais bien, je t’assure ! Bien sûr que cette affaire me tiens à cœur et ça sera le cas tant que je ne l’aurais pas bouclée, mais il y a une chose que j’ai apprise grâce à toi…
- Ah oui ?
- Oui. Même si cette affaire est importante, je ne dois pas y sacrifier ma vie ou mon bonheur. Andréa et toi êtes plus importants qu’elle.
Il sourit et se pencha vers elle pour l’embrasser. Ils sursautèrent lorsqu'un bruit retentit dans la cuisine. Ils se précipitèrent pour trouver leur boule de poils au milieu des déchets, la poubelle renversée à ses côtés.

- Cosmo! Dit Beckett sur un ton de reproche.

- Ce chien est un goinfre!

- Tu sais bien ce qu'on dit... Tel maître, tel chien...

- Ah ! Ah! Hilarant, madame Castle ! Il n'est pas question que je nettoie!

- Je vais nous faire du café, sourit-elle.

- Je vais nettoyer... Bafouilla-t-il ennuyé lorsque Cosmo vint déposer une boîte de conserve à ses pieds avant de se planter fièrement devant lui.

- Ça a des inconvénients d'être le plus sympa, remarqua Beckett moqueuse.

- Tu peux parler, rétorqua l’écrivain. Tu as beau lui faire les gros yeux, je sais que tu craques toi aussi devant sa bonne bouille...

- Quoi?!

- Ose nier ! Je sais que tu lui donnes des friandises en cachette!

- N'importe quoi!

- L'autre jour, il a fait tomber le sachet que tu caches dans ton sac.

- Cafteur! Grogna Beckett en regardant Cosmo.

Alexis se leva deux heures plus tard. Rick jouait avec Andréa et Cosmo dormait à ses pieds. Elle embrassa son père et sa petite sœur, gratouilla le chiot entre les oreilles et alla se servir un petit déjeuner.

- Kate n'est pas là?

- Elle est partie au poste après être allée promener Cosmo et s'être occupée d'Andréa.

- Depuis quand est elle levée?

- Trop longtemps! Mais et toi, dis-moi, tu es rentrée tard hier soir, non?

- Pas tant que ça... Au fait, j'ai trouvé un nouveau stage!

- Encore?!

- Qu'est ce qu'il y a de mal à ça?

- Rien... Il n'y a rien de mal... C'est juste que... On ne se voit presque plus!

- N'exagère pas! Et puis, ça te prépare à ce qu'il va se passer dans quelques mois, quand je partirai pour l'université.

- Mouais... Rappelle-moi les sujets douloureux...

- Tu ne devais pas aller au poste avec Kate?

- Elle n'a pas d'affaire, seulement de la paperasse...

- Et donc tu n'y vas pas? Après tout le cinéma que tu lui as fait pour avoir le droit d'y retourner? Tu ne trouves pas que tu exagères?

- Non! Elle a l'habitude!

- ...

- Tu crois que j'exagère?

- ...

- Je prépare Andréa et Cosmo et je file!

- C'est ça!

- Oh, mais dis-moi, serais-tu en train de me mettre à la porte?

- Moi? Mais non, jamais je ne ferais ça, voyons! Répondit Alexis en l'embrassant sur la joue.

~~~~~~~~~~~~~~

- Hé! Salut Castle! Vous venez nous aider pour la paperasse? Demanda Esposito alors que l'écrivain arrivait avec Cosmo, qui se précipita en salle de repos.

- On va appeler ça une visite de courtoisie... Où est Beckett?

- En salle de repos, indiqua le latino, elle a besoin de sa dose de caféine! Dis donc, ton chien a plus de flair que toi!

- Merci! Je crois plutôt qu'il est plus gourmand que moi! Répondit Castle en se dirigeant vers la salle de repos

Il y trouva Kate qui cajolait Cosmo.

- Je vais finir par être jaloux de lui!

- Oh, qu'est ce qu'il y a Castle? Tu veux que je te gratouille toi aussi? S'amusa Beckett.

- Euh... Je ne répondrai pas à cette question...

- Ton esprit mal tourné a encore perverti mes paroles?

- Jamais!

- Tu veux un café? Proposa-t-elle.

- Volontiers.

- Alors? Tu es venu vérifier qu'il n'y avait pas d'affaire en cours?

- Quoi?! Non, je te fais confiance, je sais que tu ne me mettras plus à l'écart.

- Alors? Quel bon vent t'amène? Parce que ce matin, j'ai bien compris que tu n'avais pas envie de venir faire de la paperasse avec moi.

- Alexis... Elle m'a pratiquement mis à la porte!

- Oh! Je vois! Vous avez parlé de son stage...

- Elle en a encore un nouveau! Elle les enchaîne, j'ai l'impression de ne plus la voir!

- Elle a grandi, Castle! Bientôt elle ira à l'université et là tout changera, autant t'y habituer tout de suite...

- Ouais... C'est ce qu'elle m'a dit... Mais attends... Tu es au courant pour son nouveau stage?!

- Elle m'en a parlé, oui...

- Pourquoi elle t'en a parlé à toi et pas à moi?

- J'en sais rien... Peut-être parce que je suis plus détachée que toi... Pourquoi tu es si énervé?

- En fait, ce n'est pas le stage le problème. C'est le fait que maintenant, elle en a trois!

- Ouais, eh bien on ne sait jamais, Castle. C'est peut-être celui qui vous rapprochera d'une certaine manière...

- J'en doute. Le mieux que je peux espérer maintenant, c'est qu'elle apprenne à devenir moins performante.

- Ouais, eh bien, je suis sûr que tu seras en mesure de lui donner quelques conseils.

- Ah! Ah! Et qu'est ce que c'est?

- Ça, je n'ai pas le droit de t'en parler, c'est elle qui le fera.

- La confiance règne...

- Ne le prends pas mal... Tu sais bien que si c'était important elle te l'aurait déjà dit!

Il soupira, déçu.

- Je vais demander à Gates de m'accorder quelques heures et on ira chercher Andréa pour une balade dans le parc, ça te changera les idées.

- Mais et ta paperasse?

- J'ai déjà bien avancé et je reviendrai terminer tout à l'heure.

- Tu es géniale.

Ils quittèrent le poste et passèrent un agréable moment en famille, s'émerveillant des progrès de leur fille et des tours que Cosmo avait appris.
Kate retourna au poste en milieu d'après-midi, tandis que Rick rentrait avec Andréa et Cosmo.

Quelques heures plus tard, Castle était dans la cuisine et préparait le dîner. Andréa, confortablement installée dans son transat, le regardait faire en riant de ses fantaisies.

- Regarde cette dextérité et cette précision dans la découpe, c'est la marque des grands cuisiniers!

- Dah!

- Oui, tu as raison, ton papa est génial!

Martha entra au même moment.

- Oh, j'ai eu la classe la plus exquise ce soir. Mes élèves sont en train de répéter la scène de boxe de «Qui a peur de Virginia Woolf».

- Je suis juste content qu'ils utilisent ton studio et pas mon salon, répliqua Rick.

Martha rit, embrassa sa petite fille et jeta un œil à ce qu'il préparait:

- Oh ... Tu me fais tes fabuleuses pâtes à la carbonara ! Il ne fallait pas te donner cette peine.

- Je ne l'ai pas fait. En fait, c'est pour Alexis... Elle a été un peu occupée ces derniers temps. Je pensais que ce serait bien qu'on se retrouve un peu tous les deux... Donc, j'ai préparé son plat préféré, et ensuite on puis une projection de Saw 4.

- Katherine n'est pas là?

- Une soirée entre filles avec Lanie.

- Et Andréa?

- Une bonne histoire et elle ira rejoindre les bras de Morphée avant notre séance de cinéma.

- Ah... Je déteste te dire ça, mon chéri, mais Alexis ne sera pas là.

- Qu'est ce que tu veux dire? Où peut-elle être?

- Elle commence un nouveau stage.

- Oui, elle me l'a dit... Mais il est 21 heures. Quel genre de passion veut-elle de trouver à cette heure de la nuit? Demanda-t-il en regardant sa montre.

- Euh ...

Le téléphone de Castle sonna, Martha y vit une belle diversion et s'empressa de le prendre.

- Ah ! Ah! Là. C'est ta moitié!

Il vérifia l'appel entrant et fit signe à sa mère qu'il n'en a pas fini avec elle.

- Ne change pas de sujet. Qu'est-ce que c'est que ce stage, exactement?

- Richard, Alexis m'a fait jurer de garder le secret.

- Oui, mais je suis son père...

- Ah ah ah ah ! Mes lèvres sont scellées, répondit l'actrice en mimant le verrouillage de ses lèvres.

- Tant pis pour toi, tu ne pourras pas les utiliser pas pour manger mes pâtes à la carbonara, dit-il en soulevant le couvercle pour envoyer l'odeur vers elle.

- Très bien. Eh bien, laisse-moi te dire ceci: ce stage a mon approbation personnelle, avoua-t-elle pour le rassurer.

Il remit le couvercle sur les pâtes en marmonnant:

- Cela ne fait pas me sentir mieux... Marmonna-t-il.

~~~~~~~~~~~~

Kate passa le prendre au loft peu après. Ils arrivèrent sur la scène de crime où Esposito leur présenta la victime.

- Les voisins ont entendu une lutte infernale et alors notre victime a atterri ici après une chute depuis le quatrième étage.

- Était-ce son appartement? Demanda Kate.

- Nous vérifions, mais ça n'en a pas l'air. Les locataires ne le connaissent pas et il n'a pas de pièce d'identité.

- Pas d'identité, mais beaucoup de causes de décès, annonça Lanie.

- Vous voulez dire, autre que la gravité? Demanda Castle étonné.

- Oh oui ! Vous voyez cette blessure par balle? Indiqua-t-elle à l'aide du faisceau de sa lampe de poche.

- Donc, il a été abattu avant de tomber, dit Beckett.

- Et poignardé!

- Abattu et poignardé? Répéta Beckett.

- Et étranglé. Et il a un bout de crayon coincé sur le côté de son cou, termina la légiste.

- Ah. Voilà qui donne un nouveau sens au terme «acharnement», conclut l'écrivain.

Esposito lui fit un clin d'œil admiratif pour son trait d’esprit.

- Quelqu'un a-t-il vu son agresseur? demanda Beckett.

- Euh, nous vérifions avec les témoins, mais je me dis que notre suspect s'est éclipsé hors du bâtiment pendant la confusion.

Kate remercia ses collègues et s'éloigna pour analyser les environs. Castle la suivait quand il croisa Alexis en tenue de médecin légiste.
- Alexis?!

- Hé papa...

- Que fais-tu ici? C'est ça ton nouveau stage? S'étrangla Castle.

- le Dr Parrish a accepté de me laisser la suivre. Je pensais que si j´allais à l'école de médecine cela me donnerait une meilleure compréhension de la médecine légale. J'ai appris tellement de choses en seulement deux jours.

- Ma chérie ... pourquoi ne me l'as-tu pas dit? Demanda l'écrivain avec un rire forcé pour cacher son mécontentement.

- Je suppose que j'avais peur que tu y opposes ton veto, parce qu'en quelque sorte j'envahirais ton territoire ou ...

- Quoi? Répliqua Castle dont la voix montait dangereusement dans les aigus. C'est fou ça... Pourquoi je penserais une chose pareille? C'est super...

- Ouais.

- C'est que je ne sais pas si tu devrais être exposée à des scènes de crime et des cadavres... Tenta-t-il vainement.

- Oh, je suis déjà habituée. Je trouve ça dégueux et cool à la fois!

- Je t'ai entendue et je suis entièrement d'accord avec toi, dit Lanie en arrivant près d'eux.

- Je comprends enfin pourquoi tu es là dedans, papa. Maintenant, je suis dedans, aussi, sourit Alexis en se tournant pour continuer avec ce qu'elle faisait avant.

- C'est génial, marmonna Castle en se forçant à sourire.

 

- Génial! Gronda-t-il de nouveau en rejoignant Kate qui examinait le sol avec sa lampe de poche. Mes mondes entrent en collision.

- Tu veux parler d'Alexis?

- Et tu étais au courant! Comment as-tu pu me cacher ça?!

- Allez, Castle. Tu disais tout le temps que tu voulais trouver un moyen de passer plus de temps avec elle.

- Pas comme ça! C'est mon truc! C'est notre truc! C'est une violation de la loi de séparation de l'église et de l'Etat! Ce serait comme si j'allais donner des cours dans son lycée!

- Je pense vraiment que tu exagères.

- Moi j'exagère?! Et si ça bouleversait la synergie délicate de notre partenariat. Si ça portait atteinte à notre cohésion? Et puis dois-je te rappeler que tu ne voulais pas que je te suive parce que tu trouvais ça trop dangereux! Ça n'est pas grave que ma fille soit exposée au danger?!

- Elle est avec Lanie, Castle! Elle va passer ses journées dans une morgue surveillée par des policiers et dans laquelle le bruit des aiguilles se déplaçant dans le cadran de l'horloge est l’une des plus grandes animations de la journée! Que veux-tu qu'il lui arrive?!

- Ah oui?! Et la fois où la morgue mobile a été prise d'assaut pour voler un cadavre?! Tu trouves toujours ça sans danger?!

Beckett respira fortement.

- Ah! Tu vois?! Problème majeur!

- Non pas ça... Répondit-elle en désignant une trace de sang au sol.

- C'est beaucoup de sang... constata-t-il.

Ils remontèrent la piste du fuyard et, à leur grand étonnement, le retrouvèrent facilement, l'homme ne semblait pas vouloir leur échapper. Il ne se montra toutefois pas coopératif et leur assura que la victime n'existait pas et que tout ce qu'ils avaient contre lui disparaîtrait rapidement.
Et cela s'avéra exact. Alors qu'ils se rendaient dans la salle d'autopsie où se trouvait la victime, Lanie leur annonça que malgré ce que les marques d'anciennes blessures dignes d'un grand bandit, l'homme n'était pas fiché et ne semblait pas exister. Comble du comble, lorsqu’ils entrèrent dans la salle d’autopsie, ils trouvèrent la table vide, le mort s'était volatilisé. Alexis en fut toute retournée et Castle eut beau tenter de la rassurer, elle ne s'en sentait pas moins fautive.
Kate, quant à elle était furieuse contre leur suspect. Elle se précipita au poste pour l’interroger sur cette étrange disparition, et, quand elle découvrit qu'il s'était évadé, elle passa en mode badass, à tel point que Castle préféra se cacher au loft dès qu'il en reçut l'autorisation.

Le lendemain matin, Alexis vint le trouver dans son bureau.

- Hé papa. Tu es rentré tard hier!

- Ce n'est pas par choix, crois-moi! Notre suspect s'est pris pour Houdini alors ils ont verrouillé l'ensemble du poste. Mais le mystérieux, le tueur d'acier, du nom de Thomas Gage, avait disparu depuis longtemps. Beckett et Gates étaient furax!

- Kate est restée au poste?

- Tu parles! Elle est passée en mode badass, je suis rentré me planquer avant qu'elle ne passe ses nerfs sur moi. Je n’ai pas envie qu'elle ressorte certaines vieilles casseroles contre moi! Alors je reste sagement ici, le temps que l’orage passe et j'en profite pour prendre des notes sur cette affaire, c'est de l'or pour mon prochain livre !

- Attends, le gars qui a lancé John Doe par la fenêtre, il s'est échappé? Reprit Alexis.

- Mhm-Mhm! Mais seulement après avoir orchestré le vol du corps de John Doe à la morgue. C'est génial n'est ce pas?

- Pas si génial si c'est à cause de vous qu'il a pu le faire! Marmonna-t-elle.

- Oh, chérie, ce n'est pas de ta faute, la rassura l'écrivain.

- J'étais avec le corps! Mais un ami m'a appelée. Je me suis éloignée pour répondre. Je n'ai pas...

- Écoute-moi. Je suis content que tu n'aies pas été là. Parce que le genre de personne qui a pris le corps de John Doe est le genre de personne qui ne réfléchit pas deux fois avant de blesser les personnes qui se trouvent sur leur chemin.

- Pourtant, je pensais qu'en travaillant avec le Dr Parrish, il n'y aurait aucune chance que je puisse faire une erreur qui aurait une incidence sur le patient. Je veux dire, comment le pourrais-je, ils sont déjà morts? Mais finalement, j'ai trouvé un moyen...

- Tu sais, chérie...Si ce stage n'est pas le bon, je suis sûr que Lanie comprendrait.

- Non! Le Dr Parrish m'a donné cette opportunité et je veux aller jusqu'au bout! Affirma-t-elle ragaillardie.

- Ouais... Soupira Castle déçu. Bon... Il est temps que j'aille rejoindre ma tigresse avant que la soupape n'explose...

Il s'arrêta en chemin pour prendre leurs traditionnels cafés, par prudence, il opta pour un déca pour Beckett.

Après avoir étudié les vidéos des caméras de surveillance, ils découvrirent que Cage s'était laissé arrêter volontairement afin de pouvoir accéder aux banques de données de la police. Ils trouvèrent le nom et l'adresse de la personne qu'il recherchait et Castle et Beckett s'empressèrent de s'y rendre. Malheureusement, Tracy McGrath avait déjà été assassinée et alors qu'ils s'étaient séparés pour fouiller la maison, de mystérieux hommes armés les menottèrent et leur glissèrent à chacun un sac sur la tête avant de les enlever.


On leur retira les sacs lorsqu'ils arrivèrent dans un ascenseur. Ils regardèrent alentours, en essayant de se repérer.

- Tu vas bien? Demanda Beckett.

-Ouais. Et toi?

Il hocha la tête, puis se tourna vers le mystérieux agent derrière eux.

- Qui êtes-vous?

- Où diable nous emmenez-vous? S'énerva Beckett.

- Où que ce soit, c'est loin sous terre... Constata Castle en observant les signaux lumineux de la cabine.

- Quel est cet endroit? Demanda Kate lorsque l'ascenseur ouvrit ses portes sur une salle pleine de matériel de haute technologie.

- Euh ... euh ... je ne sais pas. Je n'ai aucune idée, bredouilla Rick.

- Rick Castle qui en perd ses mots! S'exclama une femme en arrivant sous le regard ahuri de Castle. Ce doit être une première pour toi!

- Sophia Turner... répondit-il en lui adressant un regard admiratif.

Kate les dévisagea, elle ne comprenait plus rien. Elle voulait savoir comment Rick la connaissait et ce qu'ils faisaient ici, mais son mari restait comme hypnotisé par la nouvelle arrivante. Elle lui envoya un coup de pied discret mais efficace. Il grimaça.

- Bonjour, Rick. Bienvenue à la CIA, sourit Sophia.

Il sourit tendrement. Cette fois, Kate lui donna un coup de coude dans les côtes.

- Ça va? demanda Sophia alors qu'il grognait une nouvelle fois.

- Oui, euh... Je me suis cogné...

Ils furent conduits dans un bureau où ils patientèrent un moment.

- Un siège souterrain secret? On se croirait dans James Bond!

- Castle, arrête d'éviter la question. Qui est Sophia Turner? Que sais-tu d'elle? Gronda Beckett que la situation n'amusait pas du tout.

- Ah ... c'est une ... longue histoire.

- Eh bien, je vais prendre la version courte, souffla Kate.

Les portes s'ouvrirent et Sophia arriva avec deux cafés.

- Laisse-moi lui raconter... Tiens, je t'ai fait du café, dit-elle en l'offrant à Castle sous le regard agacé de Kate.

- Qu'est-ce que ça fait? 12 ans?

- 11 et un demi, rectifia l'écrivain.

Elle tendit le deuxième café à Kate qui roula des yeux, incapable de cacher son agacement.

- Rick et moi, nous nous sommes rencontrés quand il commençait tout juste à faire des recherches sur son premier Derrick Storm. Il voulait faire une étude approfondie et personnelle sur la vie d'une femme agent de la CIA. Alors je me suis prêtée au jeu…

Castle plongea le nez dans son café, sachant que Kate n'apprécierait pas cette révélation.

- Vous êtes Clara Strike? La Clara Strike des livres Derrick Storm? S'étonna Beckett.

- Je ne dirais pas que je suis Clara Strike, mais j'aime l'idée d'avoir inspiré Rick d'une certaine manière, sourit Sophia en lançant un doux regard à Castle.

- Eh bien, c'est juste fascinant! Siffla Beckett en fusillant Castle qui n'avait d'yeux que pour Sophia. Ah au fait, moi, c'est Nikki Heat! La flic à la dent dure!

Rick manqua de s'étrangler avec son café.

- Ah oui! Tes nouveaux romans! Tu as l'air en forme, dit Sophia à l'écrivain.

- Toi aussi...

Nouveaux regards de merlans frits, Beckett commençait à se dire qu'elle aurait vraiment mieux fait de rentrer se mettre au lit quand on l'avait appelée pour cette affaire.

- Bon, alors je déteste interrompre vos charmantes retrouvailles, grogna-t-elle, mais étant donné que nous sommes retenus illégalement... Enfin, j´aurais dû dire je!

- Ce n'est pas une détention. C'est un débriefing, approuvé par le NYPD. N'hésitez pas à appeler Ted McQuinn.

- Le chef de la police?

- Il m'a assuré que vous nous donneriez votre pleine coopération. J'ai besoin de savoir tout ce que vous savez à propos de Thomas Gage.

- Non, pas avant que vous ne me disiez ce qui se passe ici, grogna la détective.

Le regard de Sophia passa de Beckett à Castle, puis revint sur Beckett. Elle avait un petit sourire amusé.

- Trop de caféine, expliqua Castle qui reçut un nouveau coup de coude dans les côtes.

- Très bien, mais cela implique de vous donner des informations hautement confidentielles concernant la sécurité nationale. Et si vous veniez à les révéler à quiconque, ça serait considéré comme un crime de trahison contre les Etats-Unis d'Amérique punissable par la mort. Alors, vous voulez encore savoir?

- Un peu que je veux grogna de nouveau Beckett qui refusait de se laisser intimider par le rang de Sophia Turner.

Sophia leur expliqua alors qu'ils avaient engagé Thomas Gage dans une unité des Navy seals en 1997, pour en faire un super agent. Malheureusement, l'homme les avait trahis et d'après leurs informations, Gage essaierait de déclencher une catastrophe qui mettrait en péril la sécurité des États Unis. La victime qui était passée par la fenêtre était un agent de la CIA, c'est pourquoi ils avaient dû voler son corps à la morgue, afin de ne pas avoir les services de police dans les pattes.
Ils étaient également remontés jusqu'à Tracy McGrath, mais ignoraient également pourquoi Gage l'avait tuée.

Le téléphone de Beckett sonna.

- C'est bon, vous pouvez répondre...

- J'allais me gêner, grinça Beckett.

- Pourriez-vous mettre le haut-parleur?

Kate frissonna de rage devant la commande voilée comme une demande polie, mais obtempéra.
- Espo, tu es sur haut-parleur, avertit-elle.

- Ouais. Donc, euh ... Il paraît que vous êtes sur une sorte de mission spéciale. Qu'est-ce que c'est ?

- C'est une longue histoire, dit Beckett après une légère hésitation. Qu'est-ce que tu as sur Tracy McGrath?

- C'est peut être rien, mais elle quitté son travail hier pendant deux heures. Il y a une note dans son agenda, mais il y a juste marqué "Pandore".

- Je te rappelle, dit Kate avant de raccrocher et de se tourner vers Sophia et son collègue. Ça veut dire quoi Pandore?

- Selon la rumeur, Pandore est le nom de code de la mission de Gage, ce qui signifie que Tracy McGrath est liée à elle.

- Maintenant, vous deux, vous en savez autant que nous. Vous avez fait un travail impressionnant sur cette affaire. Je veux que vous dirigiez les recherches concernant Thomas Gage, dit Sophia.

- Sophia! Tenta Danberg, son collègue, pour l'en dissuader.

- Martin, nous sommes au pied du mur. La CIA est interdite d'enquête sur le territoire.

- C'est pas justement le boulot du FBI? Demanda Beckett.

-Thomas Gage est un tueur à gages. Nous ne savons pas pour qui il travaille ni jusqu'où ça peut remonter. Tout ce que je vous demande, c'est de continuer votre enquête et nous vous donnerons toutes les informations que nous recevrons sur lui.

Beckett ne fut pas convaincue.

- Et où est le piège?

- Que vous faites la même chose pour nous, répondit Sophia sans relever les œillades meurtrières de Beckett, et que ne vous ne le disiez qu'à moi. Cela doit rester entre nous. Nos techniciens ont téléchargé des icônes sur vos deux téléphones pour vous connecter à ma ligne directe. Vous avez vu ce dont Gage est capable. Il est l'un de nos agents les plus dangereux et peut importe ce qu'il a prévu de faire, je ne doute pas qu'il est près à tout pour arriver à ses fins.

Castle accepta volontiers d'aider son ancienne muse et ne laissa pas le temps à Kate de s'y opposer.

Une fois de retour à la surface de la terre et dans la voiture de Beckett, ils prirent le chemin du poste. Castle ne cessait de se réjouir, tandis que Kate boudait.

- Sais-tu ce que cela signifie? Nous sommes des espions. C'est comme être dans un film de Jason Bourne, sauf qu'ici, il est le méchant et la CIA sont les gentils.

- Alors ça... Ça reste à prouver, marmonna Kate.

- Ooh, il faut que je jette un petit coup d'œil aux icônes qu'ils ont mis sur nos téléphones, jubila Rick en cherchant son téléphone dans sa poche.

Il regarda les deux appareils. Sur le sien, un énorme bouton Panique s'affichait, tandis que sur celui de Beckett il y avait le logo de la CIA.

- Hey! Pourquoi le mien c'est un bouton panique?

- Apparemment elle te connaît vraiment bien, dit Kate d'un ton pincé.

- Bien. Tu es en pétard.

- Je ne suis pas en pétard.

- Alors qu'est ce qu'il se passe?

- Je suis ... juste un peu mal à l'aise avec la nouvelle chaîne de commandement... Je n'aime pas avoir des secrets de les personnes avec qui je bosse...

- Tu es sûre que ce n'est pas à propos de Sophia? Parce que j'ai bien cru que tu allais lui sauter à la gorge! ... Après m'avoir d'abord étranglé moi!

- Non, pourquoi?

- Oh, je ne sais pas. Peut-être parce que je me suis inspiré d'elle pour un personnage?

- Oh, ne sois pas Vaniteux, Castle. Ce n'est pas non plus l'honneur du siècle...

- Tant mieux! Parce que Sophia est de notre côté. Nous sommes dans la même équipe.

- Et la tu n'as pas peur que ça déstabilise notre délicate synergie et que ça bouleverse notre «cohésion" ? Demanda-t-elle sarcastique.

- Hé, je suis prêt à faire ce sacrifice dans l'intérêt de la sécurité nationale.

Elle le regarda, consciente qu'il avait raison, mais c'était difficile pour elle de l'admettre.

- Ouais, eh bien, je suppose que je le suis aussi... Soupira-t-elle.

Il sourit et se tourna vers le pare-brise. Kate hésita légèrement, puis se lança:

- C'est juste, que j'ai été un peu surprise de découvrir que tu avais ... Fais des recherches avec quelqu'un d'autre.

Il inspira. Il avait raison, elle était en pétard à cause se Sophia.

- Écoute... Ça n'a jamais été comme ce qu'il y a entre nous... Je l'ai seulement suivie pendant un petit moment pour... donner de l'authenticité à Clara Strike. C'était une toute petite parenthèse, il y a longtemps... Et en plus, Nikki Heat est un personnage beaucoup plus nuancée, bien plus complexe que Clara. Je t'assure, je suis sérieux! Et je suis un écrivain beaucoup plus expérimenté... Plus mature...

Elle lui jeta un regard incrédule.

- Enfin au moins un des deux...

- Donc tu l'as suivie combien de temps ?

Sa question le prit au dépourvu, il savait qu'elle n'allait pas aimer la réponse. Il se tourna vers la fenêtre, cachant son visage coupable.

La voiture de Beckett pila à un feu vert, engendrant une nuée de Klaxons de la part des automobilistes mécontents.

- Un an? C'est ce que tu appelles une toute petite parenthèse?

- J'étais jeune et elle avait beaucoup à m'apprendre, s'excusa-t-il. Euh... Tu devrais rouler avant qu'on ne se fasse descendre par un automobiliste en pétard...

- Tu ne devrais te soucier que de ma colère!

- Et je m'en soucie! Je t'assure!

- Ouais, je parie qu'elle t'a appris beaucoup de choses!

- Sur le monde obscur de l'espionnage, bien entendu! Précisa-t-il.

- Permets-moi de te poser une question. Combien de femmes as-tu pratiquement harcelées au nom de la recherche?

Nouvelle nuée de Klaxons.

- Est-ce que c'est une question piège?

- Tu sais quoi? Je ne veux même pas le savoir! Grogna-t-elle avant de démarrer au rouge, manquant de créer un carambolage monstre.

Gates tenta de savoir ce qu'il se passait, mais Kate l'envoya poliment paître, de même que les gars, qui bougonnèrent ouvertement.

La poursuite de l'enquête les amena devant la voiture de Tracy MacGrath, dans un parking peu fréquenté. Ils trouvèrent une valise dans le coffre. Castle arrêta Kate au moment où elle s'apprêtait à l'ouvrir.

- Whoa, whoa, whoa, whoa. Attends une minute, attends une minute. Nous ne savons pas ce qu'il y a dedans.

- Ouais, eh bien, il n'y a qu'un moyen de le savoir, répondit-elle en se penchant pour l'ouvrir.

- Oui, mais ça pourrait être Pandore... Comme dans ... la boîte de Pandore. Comme dans, « ouvrez-la et ça pourrait déclencher une vague irrésistible de mal. »

- Castle, c'est un mythe!

- C'était métaphoriquement parlant. Gage prévoit un événement catastrophique, non? Alors que faire si elle contient un dispositif nucléaire qui se déclenche lorsque vous l'ouvrez.

- Et le point zéro serait un parking dans le New Jersey? J'en doute.

- Euh... Tu...
Il s’arrêta, elle ne l’écoutait plus. Elle ouvrit délicatement les verrous, il gémit et se prépara à ce quelque chose se passe, mais rien ne se passa.

- C'est un téléphone portable de qualité militaire et un brouilleur. C'est de l'équipement d'espionnage.

- Tracy est venue ici pour passer un appel téléphonique et je te parie que le dernier numéro composé est encore dans le téléphone.

Gage arriva et les empêcha de vérifier les suppositions de Kate. Il les désarma et prit leurs téléphones, avant de les enfermer dans le coffre. La situation semblait désespérée, personne ne les trouverait ici avant longtemps. Castle tenta de rassurer Kate en lui disant qu'il fallait garder espoir, mais cela lui mît la puce à l'oreille et l'énerva encore plus.

- Tu as appuyé sur le bouton de panique, c'est pas vrai!

- Eh bien, si jamais il y avait un moment pour paniquer, je pense que ce que c'est celui là!

Elle se moqua de lui.

- Tu devrais me remercier!

- Non! Je ne vais pas être sauvée par ta petite copine! Bouge un peu... Dit-elle en se tortillant...

- Mais qu'est-ce ce qu'il te prend!?

- J'ai besoin de ce qu'il y a là-dessous...

- Hey! Hey! Que fais-tu?

- Je l'ai!

- Quoi?

Elle attrapa l'objet qu'elle convoitait au prix de multiples contorsions.

- Ça! Dit-elle en brandissant une clé à pneu. Dis-moi si j'y suis...

- À gauche.

- Bien.

- Pousse...

- J'y suis presque...
- N’en profite pas quand même !
Elle grogna et trifouilla encore la serrure pendant une seconde et le coffre s'ouvrit automatiquement.

- Oui.

- Joli! Admira Rick.

Leur joie fut de courte durée, leur regard croisa celui de l'agent Jones qui les attendait avec deux sacs.
De retour à la CIA, l'équipe de Sophia, sous le regard surexcité et admiratif de Castle, réussit à retrouver la trace de l'appel passé par MacGrath. Son interlocuteur, qui était sensé être mort, lui donnait un message codé pour lui indiquer le lieu de leur rendez-vous. Sophia décida qu’il était temps pour eux de retourner à la surface, ils ne pouvaient avoir accès à la suite de son enquête. Elle renvoya donc Castle et Beckett à la surface.

- Tu sais ce que je pense? Demanda Castle une fois dans l'ascenseur. Je pense que nous devrions casser ce code d'échecs.

- La CIA peut le décoder, Castle.

- Avec leurs antécédents? Je n'en suis pas si sûr, dit-il en jetant un regard à l'agent Jones derrière eux. Ecoute, nous déchiffrons ce code, et nous sauvons ce pays d'un événement cataclysmique sans nom.

- Écoute, si tu veux courir après Blakely, ne te gènes pas. Je suis flic à la criminelle. Je dois trouver Thomas Gage et je ne peux pas le faire en me préoccupant de l’enquête de Sophia Turner.

- Que veux-tu dire?

- Il a tué deux personnes, Castle. Penses-tu qu'elle s'en soucie? Non! Elle a tout un programme différent.

- Ouais, comme sauver le monde. Nous sommes tous dans la même équipe ici.

- Non, tu es dans son équipe. Parce que vue la façon dont tu la regardes, tu n'es sûrement pas dans la mienne! Claqua-t-elle furieusement.

L'agent Jones leur tendit les sacs, Beckett roula des yeux et enfila le sien en grommelant.

 


Minefuji  (03.09.2014 à 20:22)

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