HypnoFanfics

Interdit aux moins de 18 ans

In my veins

Série : Castle
Création : 25.01.2014 à 16h20
Auteur : Minefuji 
Statut : Terminée

« Une idée, qui me trottait dans la tête depuis un moment : et s'ils avaient fait ça il y a quatre ans... J'espère que ça vous plaira. » Minefuji 

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Chapitre cent onze

En arrivant dans le salon, Martha fut étonnée de trouver son fils seul devant un plateau d'échecs.

- Je viens d'avoir Alexis au téléphone. Je suis tellement heureuse que tu sois d'accord pour ce stage, dit-elle pour entamer la conversation.

- Parce que je suis obligé d'être d´accord. Comment as-tu pu laisser ça se produire, Mère? Comment Kate a pu laisser ça se produire?

- Oh chéri, ne sois pas stupide. Et puis, tu es juste de mauvaise humeur parce que tu as eu une prise de bec avec Katherine.

- Je ne suis pas ... Comment l'as-tu su?

Martha s'apprêtait à répondre, mais il l'interrompit.

- Non, attends. Laisse-moi deviner. Kate l'a dit à Lanie qui l'a dit à Alexis qui te l'a dit! Tu vois? Ce ... ce ... C'est ce que je craignais ! Et pour ton information, nous n'avons pas eu une prise de bec. J'ai choisi tout simplement de travailler à la maison aujourd'hui.

- Sur un cas impliquant les services secrets et des missions spéciales?

- Sérieusement? Elle en a trop dit... Il n'y a donc plus rien de sacré?

- Pas vraiment...

- Oui bien, en tout cas, je n'ai pas le droit d'en discuter.

- Oh, s'il te plaît. Est-ce que ça t'a déjà arrêté avant?

- Eh bien il est clairement temps de commencer à fixer quelques limites ici, bougonna-t-il.

- Bien... Mais aux dernières nouvelles, parler de Katherine n'est pas classé confidentiel...

- ... Je lui laisse seulement le temps de se calmer, soupira-t-il. Elle est un peu à cran ces derniers temps...

- La faute à qui?

- Ah parce que ça va être forcément de ma faute?

- Ce n'est pas ce que je voulais dire... Mais je te connais mon chéri, tu n'es pas du genre à mettre de la distance avec tes ex... Et dès que quelqu'un arrive avec des supers gadgets, tu te comportes comme un enfant dans un magasin de jouets...

- Mais je ne tromperais jamais Kate!

- Je le sais et elle le sait, mais sous ses airs de femme forte, inébranlable et indépendante, Katherine n'en reste pas moins une femme… Une femme qui aime se sentir unique aux yeux de son compagnon. Elle veut être le centre de ton intérêt...

- Mais elle est l’une des personnes les plus importantes à mes yeux avec Alexis, Andréa et toi ! Mais cette enquête est capitale, je travaille sur un code impliquant ces trois pièces d'échecs, la réponse pourrait éviter une catastrophe, Katherine devrait comprendre que certaines choses sont plus importantes que son égo...

- D'accord... Je comprends...

- Quoi? Soupira-t-il.

- Quoi quoi? Répéta Martha en feignant l’incompréhension.

- Dis ce qui te brûle les lèvres et ne nie pas, j'entends ton cerveau qui surchauffe à force de te retenir de parler!

- Rien n'est plus important qu'Andréa et toi à ses yeux… Pas même l’enquête sur le meurtre de sa mère…

Elle avait réussi, sa mère avait le don de trouver la petite phrase qui le ramenait instantanément sur terre et le faisait se sentir mal. Elle disait que c'était son rôle de mère de faire en sorte qu'il ne prenne pas la grosse tête et ne se sente pas aussi merveilleux que ses groupies et les vautours qui lui tournaient autour lui laissaient croire. Il devait reconnaître qu'elle avait toujours rempli ce rôle avec application, il était certain qu'elle y prenait un petit plaisir sadique.
Il soupira bruyamment, mission accomplie, il se sentait mal. Et plus il repensait à sa réaction devant le retour de Sophia, plus il se sentait mal.

Pendant que Castle réfléchissait à la signification du code de Blakely et discutait avec sa mère, Beckett poursuivait son enquête avec l'aide des gars, sans leur révéler ses sources.
Elle ne pût s'empêcher de regarder le siège de Castle en soupirant, ce qui n'échappa pas à Esposito.

- Beckett, ça va? Demanda-t-il.

- Ouais, pourquoi?

- Je sais pas, Castle n'est pas là, tu as l'air contrariée...

- C'est pas grave...

- Il a fait quelque chose de mal?

- Non... Il n'a rien fait... Répondit-elle d'un ton pincé.

- C'est la petite?

- Elle va bien... Je suis à cran à cause de cette enquête, c'est tout...

- Alors dépêchons-nous de boucler cette affaire! Sourit Esposito en apercevant la seule personne capable de dérider sa collègue.

Castle arrivait un échiquier sous le bras.

- Hey, commença-t-il.

- Hey! Qu'est-ce que tu fais ici? S’étonna Kate.

- J'ai trouvé quelque chose. Il s'agit de Blakely.

- Eh bien ne devrais-tu pas en parler à Sophia?

- Ça n'est pas elle ma partenaire. C'est toi...

Elle lui sourit doucement. Il lui sourit à son tour, heureux de voir qu’elle ne lui en voulait pas trop.

- Castle, je suis désolée pour tout à l'heure... Je n'aurais pas dû m'énerver...

- Et je n'aurais pas dû oublier avec qui je faisais équipe...

Il installa l'échiquier sur le bureau et commença son explication, elle écarta ses dossiers et écouta attentivement sa théorie. Ils réfléchirent à deux et trouvèrent le lieu de rendez-vous: Brooklyn Bridge Park. Ils s'y rendirent aussitôt et s'installèrent parmi les joueurs d'échecs.

- Blakely aurait dû être ici maintenant, dit Beckett après un moment d'attente silencieuse. Peut-être qu'il sait déjà qu'elle a été tuée...

- Aie l'audace de garder espoir. Je dis qu'il sera là, répondit Castle en déplaçant un pion.

- Et tu n'as pas appelé Sophia? Demanda-t-elle en bougeant son fou.

Il regarda l'échiquier et leva son regard vers elle.

- Hé! Je croyais que cette partie n'était qu'un leurre, une mise en scène! Bougonna-t-il.

- Oui, et alors?

- Et alors? Tu oses le demander après avoir fait un coup à la Kasparov?!

- On est entouré de joueurs d'échecs et on en attend un autre, ils vont se douter de quelque chose, si notre jeu n'est pas un minimum crédible...

- Un minimum crédible? Je serai mat en deux coups! Ce n’est pas un peu trop crédible ça? répliqua Rick boudeur en réfléchissant à un moyen de contrer le piège.

- Désolée, sourit-elle.

Il détestait perdre à un jeu, elle n'aimait pas tricher en le laissant gagner, c'est pourquoi ils évitaient de jouer l'un contre l'autre, à part au strip poker, car comme Martha le disait si bien, c'était le seul jeu où même quand on perd, on gagne.

- Tu sais, je dois l'admettre. Je suis effectivement un peu surprise que tu ne m'aies jamais parlé de Sophia avant, reprit-elle d'un ton qu'elle espérait détaché.

- Je ne pouvais pas. Elle est un agent actif de la CIA.

- Je vois...

- Écoute. Si tu veux, je vais répondre à n’importe quelle question que tu as sur elle.

Elle sourit. Elle voulait résister à la curiosité, après tout c'était de l'histoire ancienne, ils ne se connaissaient pas à l'époque. Elle posa son regard sur le jeu un moment, puis regarda Castle en se mordant les lèvres. Elle était trop curieuse. Elle attendit une longue seconde, puis se lança.

- D'accord... Alors à quel point vous étiez proches tous les deux?

- Il est là.

- Oh allez ! Castle, tu as dit que je pourrais te demander quoique ce soit.

- Non, sérieusement. Il est là !

Elle se retourna et aperçut Blakely qui cherchait quelqu’un en tenant un échiquier.

- Dr Blakely, dit Beckett en l’abordant.

Il prit une seconde pour répondre.

- Je crains que vous m’ayez pris pour quelqu'un d'autre.

- Non, il n'y a pas d'erreur.

Elle lui montra son badge et Blakely se rendit compte qu'il était coincé.

- Comment m'avez-vous trouvé? Demanda-t-il ?

- Grâce à Tracy. Elle est morte, annonça Kate sans détour.

Il enregistra l’information et leur annonça qu’il était temps de partir. Ils prirent la voiture de Beckett et se dirigèrent vers les docks à sa demande . Chemin faisant, il leur expliqua qu’il avait voulu faire machine arrière après avoir élaboré sa théorie pour les services secrets. Il s’était fait passer pour mort, car il savait qu’ils ne le laisseraient jamais partir. Blakely leur expliqua ce qu’était pandore, il avait dû identifier les faiblesses dans la sécurité des Etats Unis et qu’il en avait trouvé une qui pourrait entraîner une crise majeure et la fin de leur pays tel qu’ils le connaissaient.
Soudain, un groupe de pigeon effraya Blakely, qui quitta précipitamment la voiture et tenta de s’enfuir. Il fut abattu sous les yeux de Castle et Beckett.
Un SUV noir arriva derrière eux et percuta brutalement leur voiture pour les précipiter dans l’Hudson malgré les veines tentatives de Beckett pour résister. Leur voiture plongea dans le fleuve.

- Cette porte ne s'ouvre pas, constata Castle après plusieurs tentatives.
Kate était toujours aux prises avec la sienne.

- Oui, la mienne non plus, soupira-t-elle.

- Il nous faut quelque chose pour briser la vitre.

- Mon arme, proposa Beckett en fouillant sa veste... Rick ... je ne peux pas… je ne la trouve pas, elle a dû tomber quand on a été percutés… Aide-moi à la chercher.

Il détacha sa ceinture de sécurité et commença à chercher son arme. Elle essaya de se détacher à son tour, sans succès, elle recommença, en vain.

- Je suis coincée.

- Comment ça coincée?

- Je veux dire que ma ceinture est bloquée et le siège ne bouge pas.

Il arrêta de chercher l’arme et tenta de l'aider à tirer brusquement sur la ceinture de sécurité. Mais rien n’y fit.
- Il nous faudrait un couteau? Tu as un couteau?

- Ouais… Dans le coffre...

La panique commençait à se lire sur le visage de Kate. L'eau pénétrait par le plancher, tandis que la voiture s’enfonçait dans la rivière.

- Ok, écoute, se reprit-elle. Nous sommes à court de temps. J'ai besoin que tu essayes de trouver mon arme, c’est notre seule chance.

Il recommença ses recherches, cette fois plus rapidement.

- Je ne peux pas la toucher.

- Castle…

- Accroche-toi !

- Castle, il faut que tu essayes de sortir d’ici, ne t’occupe pas de moi, Andréa a besoin de toi…

- Elle a aussi besoin de toi ! Et pour sortir d’ici, j’ai besoin de ton arme, alors accroche-toi, on va s’en sortir tous les deux !

Elle hocha la tête. Il trouva sa lampe de poche, par chance, elle fonctionnait toujours. Il prit une grande respiration et plongea sous l'eau à la recherche du glock de Kate. Il aperçut l’arme sous le siège, mais elle était coincée.

Pendant qu'il tentait de l'attraper, Beckett essayait de se calmer alors que l’eau montait dangereusement dans l’habitacle.

Rick refit surface un court instant pour reprendre sa respiration et lui annoncer qu’il avait aperçu son arme. Il replongea presqu’aussitôt, laissant Kate impuissante face à ses angoisses. Elle se débattit encore un moment et faillit perdre espoir lorsqu’elle ne vit pas Rick refaire surface au bout d’un moment qu’elle jugeait beaucoup trop long. Quelque chose clochait.


Elle l’appela, avança sa main pour le chercher, mais ne rencontra que l’eau glacée. Elle l’appela une nouvelle fois, se débattit encore comme une lionne avec sa ceinture, en vain.


La lampe de poche gisait sur le plancher de la voiture qui poursuivait sa lente descente vers le fond. La voiture était presque remplie d’eau désormais et toujours aucun signe de Rick. Kate tenta une nouvelle fois de sortir. Elle manquait d’air et la porte restait désespérément coincée. Elle tenta une nouvelle fois de détacher sa ceinture, toujours rien.

Elle avait du mal à garder la tête hors de l'eau, la bulle d'air dans la partie supérieure de la voiture se réduisait rapidement. Elle prit une dernière gorgée d'air, puis reprit ses tentatives pour s’en sortir, attrapant le volant, le repoussant, en vain. Elle ne pouvait rien faire, elle était prise au piège, incapable de se sortir de là. Elle chercha de nouveau Rick, elle aurait tellement voulu le sauver. L’obscurité l’avalait doucement mais sûrement.

Soudain, huit détonnations, étouffées par l'eau, retentirent. La fenêtre arrière explosa. Une main lui attrapa le bras et l’entraina hors de la voiture. Et enfin, ils parvinrent à la surface, leurs poumons se remplissant instantanément d’air.
- Rick !
- Je sais ! Allez, viens, nage !


Ils regagnèrent la rive où ils s’écroulèrent essoufflés. Ils restèrent ainsi plusieurs minutes à savourer chaque particule d’oxygène qu’ils inspiraient. Elle ne bougeait toujours pas. La tête posée contre son torse, elle écoutait les battements du cœur de Rick. Il restait silencieux, il savait qu'elle avait besoin de ce moment. Ça la rassurait après ce qu'ils venaient de vivre.
Il espérait qu'elle ne le repousserait pas, il ne voulait pas revivre ce qu'ils avaient vécu ces dernières semaines.
- Merci...
Elle avait parlé à voix si basse qu'il avait cru que son esprit lui jouait des tours, mais elle continua sa phrase quelques instants après.
- … D'avoir été là ... De m'avoir sauvée... Merci.
- Always.


Elle eut un frisson et éternua. Il décida qu'il était temps d’appeler la cavalerie, il se releva et s’éloigna, tandis que Kate restait au bord de l’eau. Elle y était toujours lorsqu’il revint un peu plus tard dans des vêtements secs.
- Ce qu’il y a de bien, quand votre fille est sur des scènes de crime, c'est qu'elle peut vous apporter des vêtements secs. Tiens, elle en a pris aussi pour toi, dit-il en lui tendant un paquet.

Elle se retourna et lui sourit.
- Je t’ai aussi rapporté un café… ajouta-t-il. Lanie te propose de te changer dans la morgue mobile, tu devrais y aller vite, tu es gelée.


Une fois secs et remis de leurs émotions, ils se dirigèrent vers leur équipe pour reprendre l’enquête, mais c’était sans compter sur la CIA et notamment Sophia, qui démonta Castle dans les règles de l’art, avant d’emmener le duo dans leur base où elle les destitua de l’enquête après un débriefing.
- Ecoute, je suis désolé, tenta Castle.
- Tu n’as pas à t’excuser, Castle, intervint Beckett. Tu n’as rien fait de mal !
- Rien fait de mal ?! S’étrangla Sophia. Je vous avais demandé de retourner à votre enquête, pas de retrouver Blakely !
- Il était en contact avec notre victime, contra Beckett ! Nous voulions lui parler dans le cadre de notre enquête…
- Vous auriez dû nous prévenir dès que vous l’avez retrouvé !
- Vous êtes la CIA ! Vous auriez dû le retrouver avant un écrivain de polars, rétorqua Beckett.
- Et puis ma théorie était assez hasardeuse, intervint Rick, je ne voulais pas vous faire perdre du temps…

- Et là ? Par ta faute Blakely est mort ! Il nous aurait été d’une aide précieuse ! Nous sommes sur le prochain 11 septembre, ou pire encore. Ce n'est pas un de tes putains de livres, Rick. C'est la vraie vie et quand les choses vont mal, tu ne peux tout simplement pas réécrire la fin comme tu l’as fait avec nous.

Cette tirade de Sophia attira l'attention de Beckett, qui leva les yeux au ciel. Ils furent raccompagnés vers la sortie, sur ordre de Sophia et retournèrent au poste. Aucun des deux ne pipait mot. Castle était perdu dans ses pensées, Beckett ne savait pas vraiment quoi dire.

- Alors ... tu as couché avec elle…

- Ouais ... ouais. Oui, j'ai couché avec elle, répondit-il distraitement le regard toujours dans le vague.

-Il y en a eu d’autres ?

- Des femmes?

- Des muses…

- Non ... pourquoi?

L'ascenseur s'arrêta et Beckett passa devant lui pour descendre en premier.

- Je voulais juste savoir combien nous étions dans le club, c'est tout. Hé les gars, qu'est-ce que vous avez?

Ryan et Esposito se levèrent et vinrent dans leur direction, mais Castle n’était pas disposé à abandonner la conversation.

- Bon, whoa whoa whoa, lança-t-il en se plaçant devant elle. Tout d'abord, il n'y a pas de club. Et en second lieu, nous ne sommes plus sur l’affaire, si tu te souviens bien.

- J’ai encore un meurtre à résoudre.

Ryan et Esposito s’étaient arrêtés et assistaient à leurs chamailleries de loin. Elle contrait chacun des arguments de Castle, bien décidée à ne pas se laisser dicter sa conduite par Sophia Turner.
Elle exposa ses intentions, sûre d'elle, puis elle s'arrêta, se demandant pourquoi les gars étaient si loin. C’est alors, qu’elle se rendit compte que le bureau, à côté duquel elle s’était placée, n’était pas le sien. Castle et les gars se tenaient près du sien. Sans un mot, elle ravala sa fierté et se dirigea vers son bureau. Les trois hommes ne firent aucun commentaire.
Ils firent le point sur les indices qu’ils avaient trouvés, mais ils devaient bien admettre que c’était plutôt mince. Castle prit enfin la parole en pointant une nouvelle piste, les échecs se jouent à deux, donc quelqu’un devait savoir avec qui Blakely avait l’habitude de jouer.

- Je pensais que tu n’étais plus sur l’affaire? Rappela Kate d’un ton léger, heureuse qu’il soit toujours avec elle.

- Eh bien ... Tu as entendu ce qu'a dit Sophia. Je suis un jackass, immature, égocentrique et téméraire. Si tu es assez têtue pour continuer, je suis assez stupide pour le faire avec toi.

Lanie appela Beckett pour la prévenir que le corps de Blakely n’était jamais arrivé à sa morgue. Kate s’empressa de rejoindre la morgue, Castle sur ses talons.
- Ils l’ont intercepté pendant le transport, expliqua Lanie. Apparemment, ils avaient une ordonnance d'un tribunal.

Beckett se saisit du papier qu’elle lui tendait d’un geste vif, qui traduisait son agacement.

- C'est impossible. Comment pourraient-ils obtenir une ordonnance du tribunal aussi rapidement? Interrogea Castle.

- Je ne sais pas, peut-être que tu devrais demander à ta petite copine, grinça Beckett.

- Petite copine? Répéta Lanie qui ne perdait pas une occasion.

- Oui, d'accord? Nous avons couché ensemble. C'était il y a longtemps. Quel est le problème?

- Il n'y a pas de problème, siffla Beckett. Et tu l’as demandée en mariage elle aussi ?
- Tu sais que tu es vraiment mignonne quand tu es en pétard ? Enfin, je préfère quand ça n’est pas contre moi… répliqua Castle en la dévorant du regard.
Elle rougit tandis qu’il s’approchait dangereusement d’elle, mais soutint son regard.
Derrière eux Alexis s'éclaircit la gorge pour signaler sa présence. Ils reprirent contact avec la réalité.
- Il ne manquait plus que ça… Soupira Castle.
- Vous devriez peut être rentrer vous reposer, suggéra Lanie, la journée a été rude…


*****************


Ils rentrèrent tous les trois au loft. Kate restait silencieuse, alors que Rick et Alexis avaient une discussion légèrement tendue.

- Alors, tu profites bien de ton nouveau stage? Demanda-t-il.

- Eh bien, j’apprends beaucoup de choses…

- Trop, je pense, répliqua l’écrivain.

- Et dire que je pensais que les cadavres allaient être la partie la plus glauque.

- Très drôle ! Bonne nuit, grogna Castle pour la congédier.

Alexis ne fut pas découragée pour autant et continua de le suivre alors qu’il avançait dans la pièce.

- Alors, de qui parlais-tu Kate?

- Ça ne te concerne pas. Maintenant, va au lit, ordonna Rick.

- La femme sur les quais. Qui est-elle? Insista Alexis.
- Alexis, monte dans ta chambre, s’il te plait ordonna Kate en sortant son arme.

- Quoi ? S’étonna Alexis.
- S’il te plait, insista Kate dans un murmure. Prends Andréa avec toi.
- Qu’est ce qu’il se passe ? demanda Castle alors que Kate se dirigeait vers le bureau à pas de loup.
Elle lui fit signe de se taire et enleva la sécurité de son arme.
Alexis les regarda, prit sa petite sœur que Rick portait et fila discrètement à l’étage. Castle fit semblant de continuer à lui parler, pour éviter d’éveiller les soupçons si quelqu’un se trouvait chez eux, comme Kate semblait le penser.
Elle marcha jusqu’au bureau, la porte de la chambre était entrouverte. Elle y entra en braquant son arme sur l’intruse, qui était assise sur leur lit.
- De mieux en mieux ! Gronda Beckett sans pour autant abaisser son arme.
- Sophia ? S’étonna Castle en arrivant à son tour.
- Bonsoir Rick, sourit-elle. Pourrais-tu demander à ta copine de baisser son arme ?
- Sa femme, corrigea Kate d’un ton sec. Et vous feriez mieux de ne pas m’agacer, un accident est vite arrivé.

 


Minefuji  (05.09.2014 à 20:39)

Chapitre cent douze:


- Bonsoir Rick, sourit-elle. Pourrais-tu demander à ta copine de baisser son arme ?

- Sa femme, corrigea Kate d’un ton sec. Et vous feriez mieux de ne pas m’agacer, un accident est vite arrivé.

- Comment...? Qu'est-ce que tu...? Comment es-tu entrée? Demanda Rick alors que Sophia feuilletait un Derrick Storm.

- Je suis de la CIA.

- Ça ne vous donne pas le droit d'entrer chez nous sans autorisation, répondit Kate d'un ton sec.

- Ils les ont donc adaptés en romans graphiques maintenant? Demanda Sophia en ignorant les paroles de Kate.

- Ouais, euh ... Ils en ont d'abord sorti un et ça a plutôt bien marché, alors ils ont continué, répondit Castle pensif.

- Alors, tu trouves qu'elle me ressemble? Demanda Sophia en désignant un personnage de la BD.

- Oh non, Clara Strike est plus cool et n'entrerait jamais chez nous sans y être invitée, siffla Beckett agacée. Mais que voulez-vous, Rick a tendance à idéaliser les personnes qui flattent son égo...

- Hé! S'offusqua Castle.

- Ton grand ami Damian Westlake pourrit en prison pour meurtre, Élie Monroe était prête à tout pour avoir le rôle de Nikki Heat dans le film... Tu veux que je continue?

- Non ça ira... Touché... Alors... Qu… euh ... qu'est-ce que tu fais ici? Demanda-t-il en se tournant vers Sophia.

Cette dernière rit et posa le livre sur son lit avant de se lever.

- Vous continuez à chercher Gage, n'est ce pas?

- Non, nous sommes virés de l'enquête, tu te souviens? Répondit Castle.

- Bien sûr! Il est le principal suspect de mon affaire de triple meurtre, vous croyez vraiment être en mesure de m'empêcher de faire mon boulot, répondit Kate en même temps que lui.

Rick se tourna vers elle et sourit, elle était diablement sexy quand elle se battait contre des montagnes au nom de la justice pour les victimes. Elle se fichait pas mal de qui se tenait en face d’elle et de l’étendue des moyens dont elle disposait. Totalement inconsciente, mais diablement sexy.

- Mmm ... Madame Castle numéro 3 est très franche, j'aime ça, sourit Sophia. Quant à toi, tu mentais bien mieux avant...

Kate ne broncha pas, quelque chose n'allait pas avec Sophia, son instinct le lui criait ou peut être était ce sa jalousie?

- Je sais que vous suivez la piste des alias de Blakely... C'est bon, Rick. Cela ne me dérange pas, ajouta-t-elle devant son air coupable. En fait, je vous veux sur cette affaire.

- Ah oui? Et qu'est devenu le crétin immature totalement égoïste et inconscient? Grinça Beckett.

- Je sais ce que j'ai dit. Mais je sais aussi ce qui est en jeu, répondit Sophia. Vous mettre sur l'enquête tous les deux a déplu à beaucoup de personnes et après ce qu'il s'est passé avec Blakely je devais frapper un grand coup... Mais je sais que tu peux être un très bon atout...

Rick esquissa un sourire flatté et Kate leva les yeux au ciel. Sophia passa devant eux.
- Je sais que de toute façon, vous allez continuer à creuser, peu importe ce que je dis. C'est ta nature et apparemment ta charmante femme ici présente est au moins une aussi grande tête de mule que toi... Elle veut la justice à tout prix et toi... Tu dois toujours savoir comment l'histoire se termine...

Elle toucha l'écran tactile du bureau de Rick, dévoilant le tableau de l'enquête sur le tireur du cimetière et le meurtre de la mère de Kate.

- Comme avec elle... Ajouta-t-elle en guettant la réaction de Kate. Vous étiez au courant?

- Évidemment, nous enquêtons ensemble, sourit Kate. Nous n'avons pas de secret l'un pour l'autre...

Rick saisit la télécommande et éteignit l'écran.

- Vraiment? C'est impressionnant la façon dont vous avez réussi à le dresser...

- Rick n'est pas un chien. C'est peut être inconcevable pour vous, mais notre relation est basée sur la confiance et le respect mutuel, rétorqua la détective.
Sophia enregistra l’information silencieusement, le regard de Kate lançait des éclairs. Elle regarda Rick, qui dévorait désormais sa femme du regard. On lisait de la fierté sur son visage. Elle sourit puis changea de sujet.

- J'ai entendu que vous étiez dans la même impasse que nous avec Blakely, dit-elle en attrapant un papier caché dans son soutien-gorge. J'ai pensé que vous pourriez être en mesure d'essayer ça. C'est ce que Blakely cherchait à l'embarcadère. Nous l'avons trouvé dans un sac avec des billets d'avion, du liquide et de fausses pièces d'identité.

- Des numéros de compte bancaires, constata Rick.

- Uniquement des banques nationales et comme Blakely était un citoyen des États-Unis...

- Vous ne pouvez pas demander de mandat... continua-t-il.

- Nous y voilà, grinça Kate. Vous avec besoin de nous parce que nous, nous le pouvons! Vous êtes sacrément gonflée!

- Ces comptes peuvent renfermer des indices sur les personnes qui ont engagé Blakely. Et je suppose que Rick veux toujours savoir comment l'histoire se termine...

- Vous êtes une sacrée manipulatrice! Grogna Beckett.

- Que voulez-vous, toutes les femmes n’ont pas la même influence sur lui que vous. Il faut savoir utiliser la ruse… Et puis, nous sommes dans le même camp… Oh ! N'oubliez pas de me tenir au courant cette fois-ci, sourit Sophia.

- Ne vous avisez plus d'entrer chez nous sans notre permission, il pourrait vous arriver des bricoles, l'avertit Kate.

- C'est noté.

Elle passa devant Castle et ajouta:

- Et Rick? Essaye de ne pas te faire tuer. Je tiens toujours beaucoup à toi...

- Vous vous rappelez le chemin vers la sortie? Grogna Kate agacée. Ou vous préférez que je vous y expédie ?

- Non, merci, ça ira...

Elle s'éclipsa, Castle la regarda partir.

- Je devrais peut être postuler pour entrer au FBI...

- Quoi? S'étonna Rick.

- Je ne tiens pas la comparaison avec mon petit tableau blanc face à ses gadgets super cools...

Il sourit franchement et ne put retenir un rire.

- Je t'en prie, moque-toi de moi!

- Je ne me moque pas de toi.

- Ah non? Alors pourquoi ris-tu?

- Tu es craquante et tellement rigolote quand tu es jalouse.

- Ne m'oblige pas à te tuer.

- Si tu me tues, je ne pourrais pas t'emmener au septième ciel, dit-il en se jetant sur elle.

- Des promesses, toujours des promesses...

- Tu vas voir si je ne tiens pas mes promesses!

- Oh !... Castle !
^^!^^!^^!^^!^^!^^!^^!
Un poids atterrit sur le dos de Rick et des coups de langue baveux dans l’oreille lui indiquèrent que sa nuit de sommeil venait de prendre fin.
- Cosmo ! Grogna-t-il. Laisse-moi tranquille !
Le chien insista encore quelques minutes, jusqu’à ce qu’il s’avoua enfin vaincu et se lève.
- Ok, t’as gagné, je viens, soupira-t-il.
Une délicieuse odeur de café et de pancakes l’accueillit lorsqu’il quitta sa chambre. Kate chantonnait dans la cuisine en préparant le petit déjeuner. Elle ne portait que la chemise qu’il avait portée la veille. Il adorait lorsqu’elle faisait ça, il la trouvait merveilleusement sexy dans cette tenue. Elle ne l’entendit pas s’approcher et sursauta lorsqu’il dénuda délicatement son épaule pour y déposer un baiser.
- Hey ! Tu es bien matinal, s’étonna-t-elle. Même Andréa est encore endormie.
- Cosmo, murmura-t-il, tu as laissé la porte de la chambre ouverte…
- Oh ! Pardon… Je suis sortie un peu précipitamment…
- Ce qui explique ta tenue, dit-il d’un air coquin en passant sa main sous sa chemise.
Elle sourit et se tourna vers lui pour l’embrasser en entourant son cou avec ses bras. Il la souleva pour l’asseoir sur le plan de travail et vint s’installer entre ses jambes.
- Tu aurais pu revenir au lit, je préfère largement être réveillé par toi que par Cosmo…
- Je me suis rendue compte que j’avais faim, on a oublié de manger hier soir.
- Et tu ne peux pas vivre d’amour et d’eau fraîche ?
- Après la nuit qu’on vient de passer, j’ai besoin de recharger mes batteries.
- Et quelles batteries !
Ils se câlinèrent tendrement jusqu’à ce que les autres habitants du loft ne se réveillent et se joignent à eux pour le petit déjeuner.
Ils se rendirent ensuite au poste et reprirent l’enquête. Les gars firent le tour des parcs à la recherche de joueurs d’échecs qui connaitraient Blakely, pendant que Castle et Beckett suivaient la piste laissée par Sophia.
Ils se retrouvèrent encore dans une impasse, ils trouvèrent bien la trace des paiements pour ses travaux sur Pandore, mais les virements avaient été faits via des comptes off shore qui étaient maintenant fermés.

- Comme je le pensais, nous voilà dans une impasse, soupira Beckett.
- Comment ça ?
- C’est une impression, c’est tout…
- Là, tu en as trop dit, ou pas assez, répliqua Castle.
- Je… Cette Sophia… Il y a quelque chose qui me gène chez elle…
- On ne va pas remettre cette conversation sur le tapis… Il n’y a plus rien entre elle est moi !
- Mais c’est pas ça le problème !
- Qu’est ce que c’est alors ?
- Je ne sais pas, je ne la sens pas…

Les gars arrivèrent au même moment avec des informations plus concrètes, la piste lancée par Kate s’avérait payante. Elle garda son plaisir pour elle, mais aurait volontiers fait une petite danse de la victoire si elle n’avait pas craint que Rick n’interprète mal cette attitude puérile.
Ils trouvèrent l’adresse de Blakely grâce à son partenaire d’échecs et s’y rendirent.

Les travaux de Blakely sur Pandore y étaient exposés et le point de départ de la réaction en chaine qui devait conduire le monde à la troisième guerre mondiale était l’assassinat d’une petite fille.
- Cela ne peut pas être vrai. Personne ne peut prédire tout cela, dit Kate incrédule.

- Peut-être pas. Mais un tas de gens plus intelligents que nous pense qu'il le pouvait, répondit Castle.
- Qui est-elle? Demanda Kate en désignant la photo de la petite fille.

- Je ne sais pas. Mais elle est le papillon, le premier domino à tomber qui mène ... à la guerre.

Ils restèrent pensifs, essayant de comprendre comment une écolière pourrait conduire à la Troisième Guerre mondiale.
- Je dois les appeler, dit Castle en prenant son téléphone. Ils doivent savoir.

L’arrivée de Gage l’en empêcha, il lui ordonna de jeter son téléphone en pointant une arme sur eux. Lorsque Rick eut obéi, Gage les surprit en leur ordonnant de fuir.
Bien que surpris, Castle et Beckett obéirent lorsqu’une grenade fut jetée à travers la pièce. Gage les poussa dehors, puis les suivit en claquant la porte derrière lui. Des coups de feu pleuvaient, Castle et Beckett couraient en essayant de ne pas se faire toucher. Une autre explosion retentit. Des sirènes retentirent. Ils se tassèrent au sol, essayant de reprendre leur souffle.

- Je pensais que vous étiez le méchant, s’écria Castle.

- Si j’étais le méchant vous seriez déjà mort, répondit Gage en leur indiquant la sortie. Par ici !

- Non, ma voiture est devant, dit Kate.

- Ils surveillent votre voiture. Si vous y allez, vous allez mourir.

- Qui est là? Qui sont-ils? Demanda Rick.

- Vous voulez avoir des réponses ou vous pouvez vivre ? Demanda Gage en partant. Rick et Kate se regardèrent puis le suivirent. Ils trouvèrent refuge à l’arrière d’une camionnette.

- Nous devons appeler notre contact de la CIA. Nous devons leur dire ce qui se passe, commença Rick.

Gage pointa son fusil vers lui.
- Pas d'appels.

Kate regarda Castle. Pas d'appel.
- Où sommes-nous? Demanda Kate lorsque Gage gara le van.

- Un endroit sûr.
Gage leur expliqua qu’il avait été piégé, qu’il n’avait pas tué McGrath et Blakely, que quelqu’un voulait déclencher pandore et lui faire porter le chapeau. Il voulait connaître la cible, pour empêcher son meurtre et refusait catégoriquement qu’ils préviennent la CIA, car il soupçonnait qu’il y avait une taupe.
Le doute s’insinuait en Beckett, l’histoire de Gage se tenait et dans ce cas, quelqu’un agissait dans l’ombre. A qui faire confiance ? Qui croire ? Son instinct la poussait à croire Gage, mais elle hésitait.

Les portes arrière de la camionnette s’ouvrirent et une équipe de gars du SWAT pointa des armes à feu dans leur direction. Sophia et Danberg apparurent.

- Bonjour Thomas, sourit-elle.


Kate frissonna. Gage secoua légèrement la tête. Il était trop tard. Il était vaincu.

Sophia s’évertua à contrer tous les arguments de Kate, qui voulait que l’on vérifie l’histoire de Gage. Il n’avait pas l’air de mentir. Sophia interrogea Gage, qui continuait de raconter la même histoire.
Pendant ce temps, les techniciens tentaient de découvrir l’identité de la petite fille. Sophia retourna interroger Gage, mais ne trouva qu’un cadavre.
Un branlebas de combat se mit en place parmi les techniciens afin de trouver qui avait réussi à s’introduire dans le quartier sécurisé de la CIA pour y tuer un suspect capital.

- Wow. J'ai aucune idée de ce dont ils parlent, mais c'est très excitant, chuchota Castle à l’oreille de Kate.
Elle secoua la tête, mais ne put réprimer complètement un léger sourire amusé. Même dans les situations tendues, il gardait cette capacité d’émerveillement qu’elle trouvait adorable.
Les techniciens identifièrent l’agent Danberg, qui s’empressa de nier être la taupe. Se sentant pris au piège, il attrapa une jeune femme et pointa son arme sur sa gorge.
Il fit ouvrir l’ascenseur par son otage et s’enfuit.
Ne pouvant remettre la main sur Danberg, ils se recentrèrent sur l’identité de la petite fille qu’ils devaient sauver, il ne leur restait que peu de temps.
Castle eut alors une illumination, il attrapa la photo de la fillette et leur suggéra d’identifier les montagnes qui se trouvaient sur la photo.
- Tu es un génie, sourit Sophia.

Elle lança les recherches.
- Combien de temps cela prendra? Demanda Beckett.

- Le monde est vaste. Cela pourrait prendre jusqu’à 32 heures.

- On dirait que la nuit va être longue. Je vais nous faire quelques cafés, dit Castle en s’éloignant.

Sophia se tourna vers Kate.

- Il était toujours attentionné.

- Oui, il l’est encore.
- Alors… Vous et Rick…
- Oui, moi et Rick, répéta Kate.
- Vous allez bien ensemble.
- Vous l'aimez encore ? demanda Kate.

- Je l'aimais… avant.
- Et qu’est ce qu’il s'est passé, si ça ne vous dérange pas que je le demande?

Sophia rit et haussa les épaules.

- Eh bien, euh ... N’avez-vous jamais rencontré quelqu'un pour qui vous ressentiez cette attraction intense tout de suite? Vous savez, cette tension? Eh bien, nous avons lutté contre cette tension pendant des mois, et puis un jour, nous ne pouvions tout simplement plus lutter plus longtemps… Mais après, c’était comme si cette tension était tout ce que nous avions, vraiment, et sans elle tout ce qu’il nous restait, c’était toutes ces choses qui nous rendaient dingues. .. Je veux dire, vous savez comment il peut être.

- Ouais. Ouais, je le sais.
- Parfois, je souhaite que nous n'ayons jamais couché ensemble… Et vous ? Ça ne vous exaspère pas ?
- Non… J’adore ces aspects de sa personnalité… Mais ne le lui répétez pas surtout !
Sophia éclata de rire.
- Apparemment il a fini par trouver la femme qui lui fallait… Je suis contente pour vous.

Kate sourit, finalement Sophia n’était peut être pas la mégère qu’elle s’était imaginée…
- Même vos tasses à café ont le logo de la CIA. C'est tellement cool, dit Castle en revenant vers elles.

- Eh bien, si nous sauvons le monde peut-être je vais te laisser en garder une.

- J’aimerais passer un coup de téléphone, si ça ne vous dérange pas, dit Beckett.

- Qui voulez-vous appeler ?
- La mère de Rick, elle s’occupe de notre fille et comme nous risquons d’être là pendant un long moment…
- Vous avez une fille ?
- Ils ne sont pas très efficaces, vos services de renseignements, ne put s’empêcher de dire Kate avant de s’éloigner pour passer son appel.
- Embrasse Andréa pour moi et Cosmo aussi ! Lui demanda Rick.

************
Quelques temps plus tard, ils identifièrent la fillette et se mirent en route pour la sauver. Kate proposa d’appeler son commissariat afin d’avoir des renforts, ce que Sophia refusa, des flics se feraient descendre face à leurs adversaires. Elle leur expliqua qu’elle avait appelé une autre équipe de la CIA, qui était déjà en chemin.


Ils arrivèrent dans un parking sous terrain complètement vide. Castle et Beckett s'en étonnèrent.

- Que faisons-nous ici? Demanda-t-il.

Derrière eux, Sophia tira son arme de son étui sans qu’ils s’en aperçoivent.

- Ne devrions-nous nous dirigeons vers le hall ?

Beckett entendit un bruit suspect et réagit instantanément en dégainant son arme.

- Castle!

Il se tourna et Sophia sourit.

- Désolée.

Son collègue tira également son arme, la pointa sur eux et prit l'arme de Kate.

- Que faites-vous? Demanda Rick.

- Danberg n'était pas la taupe, n'est-ce pas? Dit Kate. C'est vous.

Castle n'arrivait pas à y croire.

- Va tuer la petite fille, ordonna Sophia. Je vais prendre soin de ces deux-là.

L'agent Corrigan sourit et s'en alla. Sophia pointait toujours son arme sur Castle.

- C'était toi tout ce temps? Dit Castle incrédule.

- Je le crains.

- Alors pourquoi nous amener ici? Pourquoi ne pas nous avoir laissés dans les locaux de la CIA?

- Parce que tu ne sais tout simplement pas arrêter. Tu dois connaître l'histoire, toute l'histoire. Si quelque chose ne correspond pas, vous ne sais tout simplement pas lâcher prise. Pourquoi penses-tu que je vous ai fait intégrer l'enquête? Je protégeais l'opération.

- Comme vous essayiez de protéger l'opération lorsque vous avez tué Blakely et McGrath? Dit Kate.

- Tu as piégé Gage.

- Pour que le papillon fonctionne, les Chinois devaient blâmer le gouvernement des États-Unis. L'opération doit remonter à la CIA, expliqua Sophia.

- Et quand tu as eu besoin de couvrir tes pistes, tu l'as tué. Alors tu as eu besoin de quelqu'un d'autre. Tu avais besoin de Danberg. Sophia. La troisième Guerre mondiale? Pourquoi? Rétorqua Castle.

- Disons simplement qu'il y a certaines personnes qui sont prêts à payer des millions pour remodeler le monde.

Elle se déplaça autour d'eux et arriva derrière eux.

- Je n'achète pas. La Sophia que je connais ne trahirait pas sur son pays. Pas pour l'argent, pas pour quoique ce soit, dit Rick qui ne parvenait toujours pas à y croire.

Elle rit et se mît parler en russe.

- Eh bien, là-dessus tu as eu tort, Rick... Cela n'a jamais été mon pays, dit-elle avant de leur ordonner en anglais de se mettre à genoux.

Kate analysait la situation, il fallait neutraliser Sophia, ça ne pouvait pas se terminer ainsi. Soudain cette dernière lui donna un coup à l'arrière des jambes pour l'envoyer au sol. Castle ne bougeait pas, il essayait toujours de comprendre.

- Vous n'allez jamais vous en sortir avec ça, dit Kate qui regrettait les occasions qu'elle avait eues de lui refaire le portrait.

- Bien sûr que si... Je vais leur dire que nous avons tout essayé pour l'arrêter et que nous avons échoué. Vous aurez été tués dans le processus, par Danberg, bien sûr. Ne vous inquiétez pas. Je vais vous faire passer pour des héros. Ton père sera très fier.

Kate observa Castle puis Sophia.

- Mon père? Répéta Rick.

- Tu ne pensais pas que tu avais gagné un accès privilégié à la CIA à l'époque grâce à ton charme?

Castle resta silencieux, l'information était de taille et lui faisait l'effet d'une bombe.

- Tu n'étais vraiment pas au courant alors? S'étonna Sophia. Je suppose que tu ne le seras jamais.

Kate profita de l'étonnement de Sophia pour lui faire un balayage qui l'envoya au sol et se jeta sur elle pour tenter de lui prendre son arme.
Les deux femmes roulèrent au sol, Kate essayait de récupérer l’arme de Sophia. Elle lui assena plusieurs coups au visage, mais Sophia était très entraînée et rendait coup pour coup. Un cri de douleur de Kate fit sortir Rick de sa torpeur, qui se jeta au secours de Kate.
Sophia assena un coup de crosse à la tempe de Rick, qui s’écroula sonné. Kate la repoussa violemment, mais Sophia retomba sans lacher son arme et la braqua aussitôt sur Kate.
- Vous aviez raison, un accident est vite arrivé, ricana-t-elle.

- Non ! Hurla Rick.

Un coup de feu retentit, mais ce fut Sophia qui tomba. Castle resta figé, il était très secoué. Danberg arriva auprès d’eux.

- Il n'y a que nous et nous n'avons plus de temps, il faut y aller.

Kate réfléchit une seconde, puis décida de faire confiance à Danberg. Elle jeta un regard à Castle, il était secoué, à la fois physiquement et psychologiquement et ne bougeait pas. Elle ne pouvait pas s’attarder. Elle s'enfuit avec Danberg, laissant Castle seul avec le corps de Sophia étendu sur le sol. Il tentait de reprendre son souffle et se calmer.
Kate et Danberg arrivèrent à temps pour empêcher le meurtre de la fillette sans que quiconque ne se rende compte de la gravité des événements.
Ils arrêtèrent Corrigan et Danberg se chargea du reste, Kate avait hâte de retrouver Rick.
- Hey… Dit-elle pour annoncer sa présence auprès de lui.
- Kate !
- On est arrivés à temps.
- Tant mieux, soupira-t-il. Je suis désolé… Je n’ai pas été très efficace…
- N’importe qui aurait été secoué…
- Tu avais raison… Quelque chose clochait avec Sophia. Je suis trop naïf…
- Hé ! Tu n’es pas à blâmer dans cette histoire !
- …
- Rick, tu es un homme merveilleux ! Tu es très généreux, c’est une grande qualité !
- Tu parles, je me fais avoir par des menteurs !
- Tu sais, une des choses que j’admire le plus chez toi, c’est cette capacité que tu as à t’ouvrir aux autres et ce même après avoir été cruellement déçu plusieurs fois…
Il lui sourit timidement.
- Tu crois qu’elle a dit la vérité ? … Pour mon père ?
- Je ne sais pas Babe…répondit-elle en venant se caler dans ses bras. Je pense que Sophia a dit beaucoup de mensonges. Ça doit être difficile... Découvrir qu'elle était un traître, surtout après avoir basé Clara Strike sur elle et tout.
Il releva la tête, pensif.
-Hmm ... bien, au début, Clara ressemblait à Sophia, mais elle a fini par être plus comme toi. Tu sais, intelligente, pugnace, gentille... Je pense que c'était toi que je cherchais à travers toutes les femmes que j’ai connues…
- Même si je n’ai pas de supers gadgets ?
- Tu n’as pas besoin de super gadgets pour être fantastique à mes yeux… À propos, tu penses que nous avons effectivement sauvé le monde?

- Je pense que nous avons sauvé la vie d'une petite fille. Et c'est assez pour moi.
Elle sourit. Castle sourit aussi, puis hocha la tête. Elle attrapa son café et se releva, Rick la suivit. Ils se dirigèrent vers la sortie côte à côte, elle lui donna un coup de hanches pour le réconforter. Il attrapa sa main et la serra, elle était là, tout irait bien.

 


Minefuji  (07.09.2014 à 21:28)

Chapitre cent treize

La lumière argentée de la lune entrait dans la chambre par les rideaux entrouverts. Le loft était silencieux. La respiration régulière de Kate à ses côtés était une douce mélodie qu'il aimait entendre. Elle avait les cheveux en désordre et un léger sourire était dessiné sur son visage. Il aimait la regarder dormir, elle était tellement belle même profondément endormie. Il avait eu tellement peur quand Sophia avait braqué son arme vers elle pour la tuer. Heureusement que Danberg était arrivé à temps... Cela s'était produit plusieurs semaines auparavant, mais cette image le hantait. Cette affaire l'avait bien secoué.
Et depuis, il la regardait dormir lorsque le sommeil se faisait capricieux. Cette vision l'apaisait et l'aidait à s'endormir.
Elle bougea dans son sommeil, laissant échapper un soupir.
- C'est flippant, marmonna-t-elle.
Il se redressa légèrement en fronçant les sourcils. Non, elle dormait encore.
- Ce qui est flippant, c'est que tu remarques que je t'observe même en dormant!
- … les dossiers aux archives... Réunion … Capitaine Gates... Laver doudou... Lanie...
- Ah, tu révises ton programme pour la journée de demain?
- ... Commander chez Hung...
- Et pour moi? Tu as prévu un truc spécial?
- Vaisselle...
- Eh! C'est pas mon tour!
- Sortir Cosmo...
- J'aurais pensé à quelque chose de plus coquin...
- Mmmmmmhhhhh....
- Ouh! Voilà un son très évocateur...
- Castle...
- Moi aussi je t'aime, sourit-il en venant se blottir contre elle.
Le sommeil l'emporta bientôt.

Lorsqu'il se réveilla quelques heures plus tard, il était seul. Il se leva et la retrouva dans la cuisine. Elle ne l'avait pas vu arriver, aussi profita-t-il du spectacle qu'elle lui offrait. Une cuillère en bois dans la main, l'utilisant comme s'il s'agissait d'un micro, elle chantait un tube en vogue, dans un déhanché diablement sexy.
Il souriait, heureux de la voir si joyeuse. Elle commença à tourner sur elle-même et c'est là qu'elle le vit. Un sourire illumina son visage. Ce sourire, c’était le sien, elle ne l’offrait à personne d’autre, à part peut-être à Andréa. Elle lui tendit la main pour qu'il la rejoigne. Ce qu'il fit en riant.
La chanson et la danse prirent fin sur un langoureux baiser.
- Bonjour ma chère épouse, sourit-il.
- Bonjour, tu as bien dormi? Demanda-t-elle.
- À tes côtés, toujours, assura-t-il avec un sourire charmeur. ... Enfin presque toujours... Enfin... Quand tu ne ronfles pas et que tes pieds gelés restent de leur côté.
- Je ne ronfle pas !
- Comme un tromblon !
- Chameau! Dit-elle en lui donnant une tape sur l'épaule.
Ils prirent leur petit déjeuner en se chamaillant et en discutant joyeusement, puis Rick s'éclipsa en direction de son bureau. Kate n'avait pas d'affaire en ce moment et il avait bien l'intention de mettre ce temps à profit pour écrire. Enfin c'était sans compter sur sa mère, qu'il trouva dans son antre en compagnie d'un jeune homme qui prenait note de tout ce qu'elle déclamait théâtralement.
- Elle hurla en sentant brusquement la douleur déchirer ses entrailles et entrecoupée par ses halètements, une pensée la traversa: «Non! Je ne veux pas donner naissance à mon enfant au milieu d'une rame de métro dans le Bronx"... Tu as tout noté? Demanda-t-elle en se précipitant pour regarder l'écran de l'ordinateur.
- Donc, tu as réellement donné naissance à ton fils dans le métro? S'étonna le jeune homme admiratif.
- Non ... Non, non pas du tout! Et elle n'a pas non plus couru un marathon, ni arrêté un voleur alors qu'elle était enceinte de neuf mois, rectifia Rick en entrant.
- C'est ce qu'on appelle la licence dramatique, mon chéri, expliqua Martha.
- En fait, ça s'appelle une grosse exagération. La licence dramatique s'applique à l'écriture, corrigea une nouvelle fois l'écrivain.
- Et c'est ce que je fais. C'est Marcus, le jeune dramaturge fabuleux dont je t’ai parlé qui m'aide à monter mon one woman show!
- M. Castle, je suis un grand fan, dit le jeune Marcus en lui tendant la main. Le fait d'être dans ce bureau est un rêve devenu réalité.
Il serra la main de Castle.
- Pour moi aussi. Pour moi aussi. Seulement dans mes rêves, j'y suis généralement seul, répliqua Rick en grimaçant.
- Oui et nous avons senti que la force créatrice qui émane de cette pièce, fit Martha avec de grands gestes.
- Oh, c'est vrai. D'ailleurs, j'ai écrit 20 best-sellers ici!
Marcus rit nerveusement.
- Oh, c'est vrai, dit Martha en riant exagérément.
- Et j'aimerais en écrire un autre, ajouta Rick en leur laissant un blanc de plusieurs secondes afin qu'ils comprennent le message... maintenant.
- Oh, ça ne peut pas attendre chéri? Nous mettons la touche finale à l'acte 1, tu sais, celui où je surmonte les défis d'être une mère célibataire qui travaille...
- Vous savez que vous avez écrit une œuvre de fiction, non? Rit Rick en regardant Marcus.
- Castle!
Il se tourna vers la porte où Kate venait d'apparaître.
- Oui?
- Espo vient d'appeler, on a un meurtre dans Central Park, annonça-t-elle.
- Vous avez de la chance, bougonna-t-il en se tournant de nouveau vers Martha et Marcus.
Il bougonnait encore, lorsqu'ils arrivaient près de la scène de crime une bonne vingtaine de minutes plus tard.
- D'abord Alexis qui fait son stage pour Lanie... Et maintenant, ma mère qui envahit mon bureau? J´ai l'impression que toute ma vie est envahie!
- Tu t'y habitueras, Castle. Je l'ai fait, moi.
- Ce n'est pas la même chose...Répondit-il avant de se reprendre devant le regard que lui lançait Kate. Ok, c'est pareil.... Sauf que tu as eu des compensations en nature... Ose dire que tu n'as pas apprécié!
Elle roula des yeux.
-Hey Lanie, dit-elle en contournant le corps. Alors qu'est-ce qu'on a?
Lanie était accroupie à côté du corps de la femme vêtue d'un manteau rouge.
- C'est une bonne question. Je peux vous dire en me basant sur la température du corps et la lividité, que notre victime est décédée entre vingt-deux heures et minuit.
- Des marques de griffes? Remarqua Castle. Elle a été attaquée par un animal?
- Eh bien, elle fuyait quelque chose... Elle a de la boue sur ses chaussures, répondit Lanie.
- Quel animal dans Central Park pourrait griffer une personne à mort? S'étonna Beckett.
- Je ne suis même pas sûre que c'est ce qui s'est passé, dit Lanie en montrant les égratignures sur le visage de la femme. Ces lacérations sont peu profondes, non mortelles, mais je ne saurais pas exactement ce qui l'a tuée avant d'avoir ramené son corps à la morgue.
- Tu as trouvé une pièce d'identité? Demanda Kate.
- Ni sac, ni de portefeuille, nous ne savons pas qui elle est... Répondit Lanie.
- Euh...
Lanie et Kate levèrent la tête vers Castle, qui les regardait comme si la réponse était évidente. Il semblait hésiter cependant et Kate devina qu'il s'apprêtait à énoncer une de ses théories farfelues. Elle lui fit signe de la suivre un peu à l'écart.
- N'est-ce pas évident? Suis-je le seul à voir ça? Demanda-t-il excité comme un gamin.
- Quoi?
- Une cape rouge, dans les bois, l'attaque d'un animal...
Beckett n'osa pas imaginer qu'il puisse énoncer la suite comme si ça pouvait être réel et logique.
- C'est le petit Chaperon Rouge! S'exclama-t-il avec un grand sourire.
- Il l'a fait, marmonna-t-elle. Génial! Castle! Et je lance un avis de recherche pour le grand méchant loup?
- As-tu une meilleure théorie? Demanda-t-il soudain plus sérieux.
Elle n'en avait pas et elle le savait, elle grimaça agacée et choisit de l'ignorer.
- Hey Ryan? Appela-t-elle en se dirigeant vers son collègue. Tu appeler le PC pour savoir s'il y a des rapports au sujet d'un animal dangereux et agressif dans le parc?
- Comme un loup? Grand et méchant? Demanda l'irlandais.
Beckett le regarda stoïque.
- Vraiment?
Ryan pointa le corps.
- C'est exactement comme ça que je l'imaginais. C'est bizarre. Ma sœur aînée me lisait cette histoire, expliqua-t-il.
Castle acquiesça subtilement.
- Bon, quand tu auras fini de revivre tes souvenirs d'enfance, tu penseras à rechercher des témoins ou des personnes qui pourraient connaître son nom. Et je te parie que ça ne va pas être le Petit Chaperon Rouge, rétorqua Beckett en s'éloignant.
- Elle est toujours aussi terre à terre, fit remarquer Ryan à l'adresse de Castle.
- Et ce n'est pas faute de la travailler au corps là-dessus, approuva Castle.

Bien évidemment, il ne s'agissait pas du petit Chaperon rouge et d'après la sœur de la victime, il n'était pas dans ses habitudes de se déguiser.
Quelques heures plus tard, l'affaire se compliqua. Une nouvelle victime, cette fois déguisée en Blanche-Neige, une pomme à la main, fut découverte dans le même secteur. L'enquête mit au jour des retraits bancaires d'une somme précise et identique, chez chacune des victimes. Ce montant leur permit de remonter jusqu'à une troisième victime, qu'ils retrouvèrent à temps pour lui sauver la vie. Ils finirent par démasquer le maître chanteur, pensant tenir le tueur, mais grâce à un éclair de génie de Castle qui aidait sa mère à revêtir son costume pour son spectacle, ils confondirent la véritable tueuse, qui avait essayé de se faire passer pour une victime.
Leur enquête bouclée, les Castle purent rentrer au loft, où Rick disparut peu avant la seconde représentation du one woman show de Martha.
Beckett le retrouva confortablement installé dans le rocking-chair de la chambre d'Andréa. La petite était blottie dans ses bras et dormait à poings fermé, tandis qu'il lui racontait comment le grand méchant loup avait piégé le petit chaperon rouge, pour les dévorer elle et sa grand-mère.
- C'est pour mieux te manger mon enfant. À peine le loup, eut-il prononcé ces paroles, qu'il bondit hors du lit et avala le pauvre petit chaperon rouge. Tu vois? Cette petite fille aurait mieux fait d'écouter sa maman! Quoique... Ta maman à toi, n'est pas du genre à se montrer elle-même très prudente...
- Elle n'est pas un peu jeune pour ça? Demanda Beckett qui se tenait appuyée contre le chambranle de la porte en croisant les bras.
- C'est un conte pour enfant! Et puis, on n'est jamais trop jeune pour écouter de bonnes histoires. Tu aurais dû voir comme elle était captivée par l'histoire.
- Elle a quatre mois, Castle! Ce qui la captivait, c'était le son de ta voix! Tu lui lirais l'annuaire téléphonique, qu'elle serait tout aussi captivée.
- Tu sous-estimes notre fille, elle te mènera par le bout du nez dans peu de temps! Et puis, il faut bien la mettre en garde contre les grands méchants loups qui tuent les petites filles...
- Ouais, sauf dans le conte, le loup ne tue pas le Petit Chaperon Rouge. Le chasseur lui coupe le ventre et la délivre, ensuite, c’est elle, qui tue le loup!
- Oh! Quelqu'un est un fan des frères Grimm, sourit Castle en levant les yeux vers Kate.
- Oh oui. Ils n'ont pas édulcoré l'histoire. Ils ont compris que les contes de fées s'apparentent à des films d'horreur...
- Exactement. C'est pourquoi nous avons tous besoin d'eux, ils nous permettent de surmonter nos peurs primales, comme être seul dans les bois ou se faire manger par des monstres.
- On en a besoin pour grandir, soit, mais ce dont notre fille a besoin à son âge, c'est de la voix rassurante de son papa, peu importe ce qu'il raconte, lui rappela Kate. Tu peux peut-être attendre un peu pour les histoires de grand méchant loup...
- Esposito pense que les contes ne sont pas des histoires d'horreur. Selon lui, ce sont des leçons de vie. Si tu fais ce qui est bien, tu arrives à vivre heureux pour toujours.
- Ça, c'est un conte de fée, dit Beckett en prenant la petite pour la déposer dans son lit. Depuis quand tu écoutes ce que raconte Esposito ?
- Bah… si les victimes de notre affaire avaient fait ce qu'il fallait au moment de l'accident, elles n'auraient pas été victimes d'un maître chanteur et d'une psychopathe...
- Ne la sous-estime pas. Cette psychopathe aurait agi à ce moment-là. Elle ne voulait pas aller en prison à l'époque non plus... Allez, cesse de te cacher, on n'attend plus que toi.
- Et par on, tu veux dire ma mère...
- Elle est si contente que nous soyons rentrés à temps pour assister à sa représentation. Pourquoi tu ne veux pas entendre parler de ce one woman show?
- Parce qu'il réécrit l'histoire, mon histoire! Crois-moi, je l'ai vécue, je sais de quoi je parle et ma mère en fait son conte de fées personnel...
- Oh! Si je te suis bien, tu n'aimes pas que quelqu'un donne sa propre version de ta vie? Intéressant...
- Si tu penses à Nikki Hard, ça n'a pas le moindre rapport!
- En quoi est-ce différent?
- Et bien... Premièrement, je ne prétends pas que ce que j'écris est vrai!
- Mais elle non plus, Castle! Tu l'as dit toi-même, tout le monde s'invente son petit conte de fées... Pourquoi ta mère ne pourrait pas avoir le sien?
- Voudrais-tu bien arrêter de me gâcher mes bouderies avec ton bon sens et ta logique?!
- Allez, viens, ça ne peut pas être si terrible que ça...
- Vraiment? Donc, tu veux t'aventurer dans les bois sombres qui font peur?
- Ne t'inquiète pas Castle, j'ai mon arme. Je vais te protéger du grand méchant loup, sourit-elle.
- Tu pourrais utiliser ton arme sur ma mère?
Elle lui lança un regard vide.
- Je suis touché, continua-t-il, je te remercie.
Il lui prit le bras et l'entraîna vers le salon, tandis qu'elle essayait encore de comprendre qu’il venait de se passer.
Le loft n'était pas bondé, contrairement à la première représentation donnée par Martha. Seuls Marcus, Alexis, Rick et Kate étaient présents. Ces deux derniers étaient installés côte à côte, dans le canapé et, tandis que Kate écoutait Martha fascinée, Rick, lui, se tenait plus en retrait.
- C'était l'occasion d'une vie, déclamait Martha. La chance de créer le rôle de la Méchante Sorcière sur Broadway. Mais cela signifiait être loin de la maison six nuits par semaine, deux matinées ... hein. Que devais-je faire?
- ... Te rendre compte que rien de tout cela ne s'était passé, marmonna Rick, tandis que Kate lui jetait un coup d'œil.
- Francis Bacon a écrit, "celui qui a des enfants a donné des otages à la fortune", déclamait Martha. Eh bien, si j'étais un otage, mon fils Richard, lui, était mon ravisseur, mon esclavagiste...
Kate sourit. Rick était offensé.
- Hé, je suis là! Lui rappela-t-il.
- J'ai refusé le rôle. Tourné le dos à la fortune. Et c'était le meilleur choix de carrière que j'ai jamais fait, pour un rôle encore plus important de mon point de vue... Peut-être le plus grand rôle de ma vie...
Rick en était à penser au moyen le plus pratique pour en finir avec la vie, Kate écoutait toujours attentivement.
- ... Celui de mère.
- Oh... C'est adorable, sourit Beckett en se tournant vers lui.
- Mais c'est vrai que c'est adorable, s'étonna-t-il en redressant la tête.
- Chut! Fit Alexis.
- Désolé.
- Maintenant, si Richard avait seulement été capable d'embrasser le rôle de fils avec le même niveau d'engagement...
Kate ne put pas cacher son rire et le visage de Rick se décomposa de nouveau.
- Et nous voilà repartis en forêt, marmonna-t-il.

Kate se retourna et lui attrapa la main, quoiqu'il arrive à l'avenir, quelles que soient les bêtes terrifiantes qu'ils rencontreraient sur leur chemin, ils les affronteraient ensemble.


Minefuji  (20.09.2014 à 13:47)

Chapitre cent quatorze

- Bonsoir! Lança Kate en passant la porte du loft.

- Bonsoir Kate, répondit Alexis depuis la table du salon où elle était attablée. Tu veux un chocolat chaud?

- Volontiers.

La jeune fille lui donna une tasse et Kate s'assit en face d'elle.

- Toujours pas de courrier? Demanda Kate devant l'air anxieux de sa belle-fille.

- Non! Et ça me rend folle! La plupart de mes amis en ont déjà reçues plusieurs! Tu crois que c'est mauvais signe?

- Je pense que beaucoup d'universités seraient ravies d'accueillir une élève aussi brillante que toi, tu n'as pas à t'en faire...

- Mais Stanford m'a rejetée il y a quelques mois...

- Et ça s'est révélé être une bonne chose...

Alexis leva un regard interrogateur vers Kate.

- À l'époque, tu ne savais pas ce que tu voulais étudier, lui rappela Kate. Ces mois pendant lesquels tu as dû rester au lycée malgré le fait que tu aies validé la plupart de tes acquis, t'ont permis de faire tous ces stages et d'avoir une meilleure idée de ce que tu voudrais étudier.

- C'est vrai... Si j'y avais été à l'époque, j'aurais étudié l'économie et tout ce qui plaisais à Ashley...

- Mhmmm! Soupira Kate en prenant une gorgée de son chocolat. C'est probablement le meilleur chocolat chaud que j'ai jamais bu!

- Le secret, c'est double portion de chocolat et double portion de marshmallows, je tiens la recette de Papa, sourit la rouquine.

- En parlant de lui, tu sais où il est?

- Dans son bureau... Il fait semblant d'écrire.

- Je vois! Il s'ennuie toujours autant?

- Tu le connais, il se comporte comme un gamin dès qu'il ne peut pas te suivre au poste.

- Ah, mais cette fois, je ne le lui ai pas interdit, c'est lui qui n'aime pas la paperasse et comme avec ce procès que je prépare, il n'y a que ça...

- Ça ne te manque pas à toi? Le terrain, je veux dire.

- Euh, je trouve ça génial, en fait. La préparation du procès se passe très bien, je rentre à la maison à une heure décente...

- C'est vrai que c'est cool de te voir plus tôt à la maison.

Le baby phone se mît à grésiller et la petite voix d'Andréa se fit entendre.

- Ah! Quelqu'un est du même avis que moi!

Kate termina son chocolat rapidement et alla rejoindre Andréa dans sa chambre. Elle embrassa tendrement la petite, lui donna son goûter, puis la prépara pour partir en promenade.

Lorsqu'elle entra dans le bureau de Rick, Kate fut accueillie par des bruits de touches de clavier que l'on tape frénétiquement et de tirs de mitraillette et d'explosions.

- Oh! Je vois qu'on est en pleine phase créatrice, monsieur l'écrivain, le taquina-t-elle.

- Que veux-tu, ma muse passe son temps au milieu des dossiers, enfermée au poste toute la journée depuis des semaines... Rien de suffisamment palpitant pour en faire un roman.

- Tu sais, il y a un nouveau truc à la mode chez les écrivains, ça s'appelle l'imagination, tu devrais essayer.

- Ah ! Ah ! Ah! Très marrant! Je m'ennuie et quand je m'ennuie, mon imagination débordante m'inspire tout, sauf de quoi écrire un bon roman! Ce qu'il me faut, c'est de l'action, du fun, de l'aventure!

- Tu n'as pas assez d'action? Pourtant, hier soir encore et ce matin...

- Ma femme m'interdit d'utiliser ça pour mes romans.

- C'est exact, et je suis ravie que tu t'en souviennes! À part ça, je vais me promener avec Andréa et ça serait bien que tu nous accompagnes avec Cosmo, avant qu'il ne s'attaque aux coussins du canapé...

- Ce chien est inépuisable, je l'ai emmené se défouler dans le parc cet après-midi.

- Il est jeune, il finira par se calmer...

- Ouais... Encore quelques semaines et nous l'emmènerons dans les Hamptons, là, au moins, il aura de la place pour courir...

- Alors tu viens la faire cette promenade?

- Avec toi, j'irai au bout du monde!

~~~~~~~~~~~~~

Le lendemain matin, une fois Kate partie pour le poste, Castle s'enferma encore dans son bureau à la recherche de l'inspiration.
Peu de temps après, il était à sa table de travail et jouait avec une figurine de Godzilla et une poupée Barbie, mimant une scène.

- Vous êtes très belle, Nikki Heat, disait Castle d'une voix caverneuse en agitant Godzilla. C'est vraiment dommage que je doive vous tuer maintenant.

- Des hommes plus laids que vous ont déjà essayé, Drago, se répondit-il d'une voix exagérément aiguë en envoyant la main de la poupée dans la figure du monstre.

- Vous m'avez giflé, rétorqua ledit Drago. Maintenant, je vais devoir...

- Jouer avec des poupées, sérieusement? Demanda Martha en entrant dans le bureau de Castle.

Il leva les yeux vers sa mère.

- Ce sont des figurines de super héros.

- Ah?! J'aurais juré reconnaître le dinosaure et la poupée Barbier d'Andréa...

- Elle n'a pas encore six mois, elle est trop jeune pour jouer avec de toute façon... Ils m'aident à visualiser une scène pour mon prochain roman. Je dois quelques chapitres de "Frozen Heat 'à mon éditeur et je n'ai pas été capable d'écrire une page.

- Peut-être qu'une affaire avec Katherine sera en mesure de déclencher ... quelque chose.

Castle soupira lourdement.

- Elle prépare pour un dossier pour un procès... C'est paperasse sur paperasse...

- Il y a un problème entre Katherine et toi?

- Non! Non... C'est juste...

- Quoi?

- Je ne sais pas... Nos enquêtes me manquent... C'est le courrier?

- Oh, oui. Oui, répondit-elle en la lui tendant. Dieu merci, Alexis reçoit enfin des réponses des universités. Ses amis ont commencé à recevoir les leurs depuis des semaines.

Il prit la liasse de lettres et il commença à faire le tri, puis il en rangea une pile dans un tiroir de son bureau. Martha était atterrée.

- Richard Castle, je peux savoir à quoi tu joues?

- Je ne veux surtout pas qu'Alexis revive l'horreur du rejet de Stanford, alors je garde toutes les lettres. De cette façon, elle aura les bonnes nouvelles en même temps que les mauvaises.

Il la regarda fier de son idée. Martha leva les yeux au ciel.

- Richard, c'est l'idée la plus stupide que tu aies jamais eu. Alors, tu vas lui donner ces lettres avant qu'elle nous fasse une dépression nerveuse!

Elle s'apprêtait à les sortir du tiroir mais il l'arrêta.

- D'accord. Je les lui donnerai! Bien que tu doives admettre, que quand elle tourne en rond comme un lion en cage, elle est ... plutôt marrante...

- Contrairement à toi, rétorqua-t-elle. Maintenant, que vas-tu faire au sujet de ton écriture?

- Oh, je ne sais pas. J'ai juste besoin de quelque chose d'excitant... Quelque chose de nouveau. Quelque chose comme ...

Il s'arrêta en apercevant les nouvelles à la TV... Une histoire de têtes coupées.

- ... Comme plusieurs têtes?

Il monta le volume sonore, Martha profita du fait qu'il soit complètement absorbé par l'histoire narrée par la présentatrice, pour récupérer discrètement les lettres d'Alexis. Soudain, un lieutenant de police enragé entra dans le champ de la caméra pour menacer le caméraman.
Le journal télévisé s'arrêta et Castle rit.

- Oh, oh, oh ... Mère, oublie l'histoire des têtes. Je veux rencontrer ce type-là.

- Eh bien, tu as déjà une muse, mon trésor...

- Oui, mais une muse est sensée nous donner de l'inspiration et en ce moment... C'est le néant... Sa vie professionnelle est plus plate que la mienne! Dit-il en ramassant la poupée Barbie. Donc, lieutenant Nikki Heat, je vous présente le lieutenant Slaughter.

Martha leva les yeux au ciel, lorsque son fils était dans cet état, personne ne pouvait le raisonner.

~~~~~~~~~~~~~

Le détective Ethan Slaugter poussa les portes battantes et entra dans la morgue. Laura, la légiste était occupée à recoudre le corps, dont elle venait de terminer l'autopsie.

- Allez, passe aux aveux, Chérie... Je sais que tu l'as tué pour que je vienne te voir et qu'on passe du bon temps tous les deux...

Laura ne leva même pas les yeux.

- Même pas si tu étais le dernier homme sur Terre...

- Fais gaffe, j'adore les défis.

- On oublie le petit numéro du macho et je donne la cause de la mort?

Slaugter haussa les épaules.

- Laisse-moi deviner. L'empoisonnement au plomb?

- Ouais. Trois balles dans la poitrine. Très probablement mort par hémorragie en quelques minutes.

- J'ai toujours pensé que "Nid d'emmerdes" finirait de cette façon.

- "Nid d'emmerdes"? Répéta Laura avec un regard interrogateur.

- "Nid d'emmerdes", c'était son surnom dans la rue, parce qu'il attirait que des embrouilles... Tu m'as récupéré les balles?

Elle attrapa un sachet et le lui tendit.

- Ah, tu voies que tu m'aimes, c'est du gros calibre, on dirait... Sourit Slaugter en examinant le sac avant de laisser son regard dériver sur la poitrine de la légiste.

- Tu parles des balles, je suppose?

- Ouais.

- Vous n'allez pas poser des questions sur les têtes? Demanda Castle qui se tenait à la table derrière eux et soulevait le drap pour observer les têtes coupées.

- T'es qui toi? demanda Slaugter

- C'est Castle. C'est un écrivain. Et il consulte pour le 12ème, répondit Laura qui semblait clairement heureuse de ne plus être seule avec le détective.

- C'est bizarre. On voit bien qu'elles ne sont pas fraîches, elles dégagent une odeur de formol et de décomposition. A en juger par la terre dans les cheveux, je dirais que notre victime a déterré les corps et ensuite coupé les têtes.

- Non, sans déconner, Sherlock. J'ai déjà envoyé une équipe fouiller les cimetières locaux. Et de toute façon, c'est pas tes oignons, grogna Slaugter.

Castle s'approcha et lui tendit la main.

- Rick Castle. Et comme dit Laura, je travaille à la 12eme avec le détective Beckett, annonça Castle en reprenant sa main que Slaugter ignorait. Je vais être direct: j'aimerais beaucoup vous suivre pendant cette enquête. Disons seulement ... un jour ou deux.

Laura secoua la tête, mais Castle n'y fit pas attention.

- Non!

- Non?

- J'préfère avoir des morpions, plutôt qu'un écrivain qui m'suis partout.

- Oh... Ça ... C'est... D'accord et comment je pourrais vous faire changer d'avis?

Slaugter le regarda une seconde...

- Eh bien, c'est vraiment une super veste que tu as là...

Castle baissa les yeux et comprit le sous-entendu.

- Et je suis sûr qu'elle vous ira à merveille... Répondit Rick en l'enlevant pour la lui offrir.
Slaugter enleva la sienne et l'enfila.

- Alors, nous sommes d'accord?

- Non, grogna le flic en poussant Castle et en jetant un dernier regard qui se voulait charmeur à Laura. Rendez-vous plus tard, chérie.

Il sortit de la morgue. Castle le suivit.

- Vous avez dit que je pourrais vous suivre si je vous donnais mon manteau!

- Je n'ai jamais dit ça! Rétorqua Slaugter sans s'arrêter.

- C'était implicite!

- Ecoutez, je travaille seul et rien de ce que tu pourras me dire changera la donne.

Slaugter poussa la porte et sortit.

- Je suis ami avec le maire!

- Ah ouais?

- Et étant donné que je vous demande une petite faveur... ça voudra dire que je vous en devrai une en retour.

- Eh bien ... Les amis du maire sont mes amis!

Slaugter attrapa Castle par les épaules et l'entraina avec lui.

- On commence par quoi?

- Annoncer la mort de Nid d'emmerdes à son père.

Ils arrivèrent à destination sur les chapeaux de roues et s'arrêtèrent dans un grand bruit de crissements de pneus.

- Oh! oh! oh! C'était vraiment Top! Rit Castle comme un gamin. Beckett ne roule jamais sur le trottoir!

- Si tu veux traîner avec moi, on va établir quelques règles de base. Règle numéro un, tu ne dis jamais que quelque chose est «Top». T'es un adulte. Règle numéro deux, reste en dehors de mon chemin.

- C'est tout?

- Disons que c'est qu'un résumé.

Ils sortirent de la voiture est allèrent rencontrer le père de Nid d'emmerde. La manière crue dont Slaugter annonça son décès choqua Castle, mais il voulait rester sur l'affaire, aussi ferma-t-il les yeux sur cet aspect quelque peu dérangeant de la personnalité de Slaugter.
Ils suivirent ensuite le père de la victime, qui était le genre d'homme à régler ses problèmes tout seul.

- Où pensez-vous qu'il va? Demanda Rick.

- Je ne sais pas. C'est pourquoi nous le suivons.

Slaugter reçu un appel, le cimetière d'où avaient été enlevées les têtes avait été retrouvé. Le policier décida de retourner au poste afin de vérifier les bases de données pour trouver leurs identités.

Castle sortit son téléphone.

- Pourquoi attendre alors que mon équipe peut s'en occuper?

- T'as une équipe toi? Interrogea Slaugter.

- Allo? Dit Esposito en décrochant.

- Je vous envoie trois noms de personnes récemment décédés. J'ai besoin de vous pour m'en apprendre un peu plus, annonça Castle sans préambule.

- Beckett n'est sur aucune affaire en ce moment...

- Non, je suis en virée avec Slaugter de la brigade antigang, expliqua Castle en adressant un sourire confiant à Slaugter.

- Sérieusement? Ta femme est au courant de ça?

- Elle a sa vie et moi la mienne...

- Alors demandez à Slaugter. Je ne travaille pas pour vous.

- Ah! ah! Ah! Esposito, petit rigolo!

- Il est là, n'est-ce pas? Comprit le latino.

- Mmm-mm.

- Bien. Si vous voulez faire bonne impression, va falloir casquer! Des billets au premier rang pour les Knicks.

Castle arrêta son faux rire, il considéra la proposition, puis se tourna vers la fenêtre pour répondre.

- Ça marche.

- Oh, et euh ... Votre pote Slaughter? Il a une sacrée réputation à l'antigang. Son surnom est le faiseur de veuves. Ses trois derniers partenaires ont été tués dans l'exercice de leurs fonctions. Dois-je vous rappeler que Beckett est comme une sœur pour moi? Vous n'avez pas intérêt à la rendre malheureuse avec vos bêtises.

Pour la première fois, Castle se rendit compte qu'il avait peut-être eu une mauvaise idée. Il ne répondit rien et raccrocha.

Alors qu'ils planquaient près d'un bar, Castle décida de mettre le sujet sur le tapis.

- Alors ... ils vous appellent le faiseur de veuves?

- Hé, c'est pas de ma faute, s'ils ne cessent de me coller avec des idiots! Grogna Slaugter. En parlant de partenaires, j'ai vu des photos de la tienne. C'est une bombe atomique!

- Hey!

- Tu te la tapes, non?

- Quoi? ! Lança Castle offensé. Non!

- Non? C'est quoi ton problème ? S'étonna Slaugter en jetant un œil vers le bas ventre de l'écrivain.

- Il n'y a rien qui cloche chez moi! Nous sommes mariés!

- Bah alors tu te la tapes...

- Euh... Bah... Ouais...

- T'es un petit veinard... Une femme comme ça...

- Eh, oh!

La conversation s'arrêta là, le père de nid d'emmerdes venait d'entrer dans un bar, il y allait y avoir de l'action.

- T'es enfouraillé? Demanda Slaugter.

- Enfouraillé? Non, je ne suis pas un flic. Sur mon gilet, il y a écrit écrivain!

- Règle numéro trois, tu traines avec moi, tu es toujours enfouraillé, rétorqua Slaugter en donnant un pistolet à Castle. Allez!

Castle regarda le pistolet, un peu étonné. Slaugter se dirigeait déjà vers le bar. Il se précipita pour le rattraper.

- Hé! Hé! Qu'en est-il des règlements? Demanda l'écrivain.

- T'as signé une décharge, n'est-ce pas? Bon, tu passes devant, je passe par l'arrière.

- Whoa, whoa, whoa, whoa. Ne devrions-nous appeler des renforts?

- Quoi? T'as aussi une jupe avec écrivain marqué dessus?

- Non...

- Allez! Donne-moi 10 secondes et entre dans le bar, en criant "NYPD".

Slaugter s'éloigna vers l'arrière du bâtiment. Castle jeta des coups d'œil alentours, le regarda partir, puis s'avança vers la porte avant. Il prit une seconde pour se préparer mentalement avant de pousser la porte et entrer.

- New York de police! Enquêteur civil associé! Personne ne bouge!

Il leva son arme sur Brian, le père de nid d'emmerdes et pendant une seconde, personne ne bougea. Mais cela ne dura pas et une véritable tempête s'éleva dans le bar. Castle fut poussé par les gens qui se précipitaient vers la sortie. Brian ne bougea pas de sa place. Il menaçait toujours un homme avec son arme.

- Lâchez votre arme, sac à merde!

Brian tourna son pistolet vers Castle.

- Comment tu m'as appelé?

- Euh... sac à merde...

Slaugter arriva et Castle eut droit à une belle bagarre avec un gros dur, qu'il finit par mettre au tapis, non sans avoir reçu plusieurs sacrés coups lui-même.

~~~~~~~~~~~~~

Beckett préparait paperasse, lorsque Ryan s'approcha d'elle.

- Il paraît que Castle fait des recherches avec un autre flic?

- Qu'est-ce que c'est que cette histoire?

- T'es pas au courant? Il serait avec un gars de l'antigang.

- Non... Qu'est ce qui lui est encore passé par la tête?

- Eh bien, je suis sûr que c'est juste une passade. Tu sais... Castle. Il a probablement entendu parler des têtes coupées...

- L'affaire des têtes coupées? Pourquoi ça ne m'étonne même pas? Râla-t-elle en se débattant avec une agrafeuse. Tu sais où il est?

- Je vais faire localiser le GPS de son téléphone, si tu veux... Répondit l'irlandais en lui tendant une autre agrafeuse.

Alors qu'elle agrafait enfin ses feuilles avec succès, les portes de l'ascenseur. s'ouvrirent. Castle et Slaugter entrèrent avec deux hommes, menottes aux poignets. Beckett s'arrêta pour regarder son mari parader fièrement dans la pièce, comme s'il était un flic. Elle remarqua son nez ensanglanté et se précipita vers lui.

- Mettez-le au frais pour moi, demanda Slaugter à un flic en uniforme. Où es la salle d'interrogatoire?

- Première porte, juste là, pointa Castle.

Slaugter entraîna le deuxième suspect avec lui vers la salle d'interrogatoire et jeta un œil aux fesses de Beckett au passage. Le sang de Castle ne fit qu'un tour, il bouscula Slaugter, qui leva les bras en rigolant.

- Du calme, Sherlock! Je jetais seulement un coup d'œil...

- Qu'est-ce qui s'est passé? Demanda Kate en examinant le visage de Rick.

- Tu aurais dû voir ça! Slaughter a choppé l'un des deux gars, mais l'autre gars a essayé de s'échapper, alors j'ai dû lui botter le cul, fanfaronna Castle en enlevant les mèches ensanglantées qu'il avait dans le nez.

- Tu as fait quoi? Tu plaisantes j'espère? Tu es un écrivain, Castle, pas un flic!

- Hey, je peux me débrouiller tout seul, mais te ne m'as jamais donné ma chance.

- Oui, parce que je essaie de ne pas de te faire tuer! Et je peux savoir ce qu'il fait dans notre salle d'interrogatoire?

- Je l'ai invité...

- Castle, tu ne peux pas faire ça!

- Je ne pensais pas que ça te dérangerait... Et de toute façon, les types comme Slaughter voguent d'un poste à un autre un peu comme des... Des nomades, arpentant les rues de New York, tartant les truands et bottant les séants... Expliqua Castle rêveur. Bon d'accord, ce n’est pas très original, mais le personnage est tellement génial! Il va vraiment m'aider à donner du piquant au prochain Nikki Heat!

- Oui, bien sûr. Si tu vis assez longtemps pour l'écrire, répondit froidement Kate les bras croisés.

- Ok. Tu es fâchée...

- Fâchée?! Bien sûr que je suis fâchée! Tu fais n'importe quoi, Castle! Tu as pensé à Andréa et à Alexis? Tu veux qu'elles perdent leur père?! Et Martha?! Il n'est pas question qu'elle perde son fils! Alors tu vas bien sagement rentrer à la maison pour faire ton travail! Écrivain!

- Tu n'as pas à me dire ce que je dois faire! Je suis un adulte, je sais ce que je fais et je suis aussi prudent que tu l'es toi!

- Moi, je suis flic! J'ai une plaque! Pas toi!

- Et tu es une mère! Contra-t-il.

- C'est pour ça que tu fais ça? Pour que je quitte mon job?!

- Non! Ça n'est pas ce que j'ai voulu dire... Bafouilla-t-il.

- Alors qu'est-ce que tu as voulu dire?

- Je veux dire que je ne t'empêche pas de faire ton boulot, alors ne m'empêche pas de faire le mien!

- Traîner avec l'antigang, c'est ton boulot?! S'étouffa-t-elle.

- Je fais des recherches pour mon travail! J'écris des polars je te rappelle!

- Arrête, l'histoire des recherches ça ne prend pas! On sait tous que c'était une excuse pour me suivre! Répliqua-t-elle en roulant des yeux.

- Ne sois pas si prétentieuse, j'ai toujours fait des recherches!

- Tu sais quoi? Fais ce que tu veux, puisque c'est toujours comme ça que ça se termine!

- Bien!

- Bien! Cria-t-elle à son tour avant de s'éloigner vers son bureau furieuse.


Minefuji  (21.09.2014 à 19:53)

 

Chapitre cent quinze

Castle, passablement énervé lui aussi, regagna la salle d'interrogatoire, où Slaugter interrogeait l'un des suspects.
Après avoir joué les gros durs face à ce dernier, Castle emmena Slaugter dans la salle de pause où il prépara du café.

- Comment Nid d'emmerdes a pu penser que couper les têtes de cadavres lui permettrait de revenir en bons termes avec les Westies? Demanda Castle en préparant un breuvage dont il avait le secret.

- Il n'était pas bien malin, pas la peine de se prendre le chou à chercher le mobile, répliqua Slaugter.

- Cappuccino?

L'écrivain lui tendait une tasse de café, Slaugter fit la grimace.

- Règle numéro quatre, constata Castle en baissant la tête.

Un officier en uniforme apporta un dossier à Castle.

- Oh. Parfait. Merci, merci beaucoup, dit ce dernier.

L'officier ne bougea pas, il semblait attendre quelque chose.

- Esposito a dit que vous auriez quelque chose pour lui...

Castle regarda par la fenêtre de la salle de pause. Esposito mimait un lancer au panier qu'il transforma maladroitement en une chasse à la mouche lorsqu'il aperçut Slaugter.

-Que lui dire? ... Dites-lui que c'est en chemin, répondit Castle.

Le dossier les mit sur la piste d'un gang jamaïcain en guerre contre les westies. Slaugter décida d'aller voir un de ses indics, Castle le suivit heureux comme un gamin dans un magasin de jouets, sans se préoccuper de Beckett, qui était retournée au milieu de ses dossiers et l'observait de loin.

- Alors, ça a bardé avec ta femme, n'est-ce pas? Demanda Slaugter lorsqu'ils arrivèrent à destination.

- Ouais... Comment le savez-vous?

- Sherlock, pas besoin de sortir d'une grande école pour savoir qui porte la culotte dans ton couple!

- Quoi?!

- T'es à ses pieds comme un petit chien! Alors elle se croit autorisée à te dicter ta conduite!

- Elle ne me dicte pas ma conduite, la preuve, elle ne voulait pas que je vous suive et je suis quand même là!

- Ouais, c'est pas mal, mais t'es le genre de gars à revenir ce soir, la queue entre les jambes avec un bouquet de fleurs pour te faire pardonner...

- Et c'est pas bien?

- Je te le dis, Sherlock, tu devrais te la jouer homme des cavernes avec elle. Montre-lui ce que c'est qu'un homme, un vrai! C'est une fougueuse, il faut la dompter.

- Homme des cavernes?

- Mm-hmm.

- Oh, est-ce que c'est ce que vous faisiez avec Laura quand nous étions à la morgue?

- Je ne faisais que lui montrer un peu d'attention comme ça. Pour lui faire plaisir... Tu sais qui me fait craquer? Cette nouvelle petite rousse super chaude, qui a commencé à travailler à la morgue, dit-il alors que le visage de Castle se décomposait. J'sais même pas si elle est majeure.

- Une rouquine?

- Ouais.

- Environ 1 m65? Yeux bleus? Stagiaire?

- Ouais. Tu la connais?

- C'est ma fille!

- Sérieusement? Cette fille a un de ces culs à...

Il ne put finir pas sa phrase, Castle venait de lui écraser son poing dans la figure. Il fut tellement pris par surprise qu'il tomba à la renverse sur la voiture. Rick le laissa se relever et se prépara à un combat.

- Hey! Détends-toi Sherlock. Je te fais marcher...

Castle se détendît un peu, mais resta prudent.

- Bien. Tant que les limites concernant ma fille restent claires...

- Ouais. T'as un sacré punch, pour un écrivain.

Ils se regardèrent un moment, puis un mouvement attira l'attention de Slaugter derrière Castle. Il repéra un homme se promenant dans la rue.

- Il y a mon gars.

L'homme disparut par une porte. Castle s'apprêta à suivre Slaugter l'intérieur quand il fut repoussé.

- Non, non, non. Tu restes ici. Tu montes la garde.

Slaugter entra. Castle resta à l'extérieur, il se pencha distraitement vers les vitres, puis retourna à son poste. Une voiture s'arrêta près de lui. Il y avait deux hommes à l'intérieur, des jamaïcains. Ils observèrent Castle, et semblèrent décider qu'il n'était pas une menace, parce qu'ils restèrent en voiture. Soudain, deux coups de feu et des cris retentirent à l'intérieur du bâtiment. Castle sursauta et Slaugter sortit tranquillement.

- Vous allez bien?

- J'ai un nom.

Slaugter accéléra et se précipita vers la voiture.

- Qu'est ce qui s'est passé? Vous l'avez tué?

- Vaut mieux pas que tu le saches. Si on te demande, on n'est jamais venu ici!

Castle ne savait pas ce que cela signifiait, mais cela ne pouvait pas être bon. Il monta dans la voiture et Slaugter démarra en trombe.

De retour au poste, Castle observait Slaugter depuis la fenêtre de la salle de pause. Il ne vit pas Esposito arriver.

- Qu'est-ce que vous faites?

-Ahhhh! S'écria Castle en sursautant.

- Vous allez bien?

- Ce type est cinglé!

- Ouais, je sais. J'ai essayé de vous le dire.

- Non, il est cinglé!

- Qu'est-ce qu'il a fait?

Castle ne répondit pas. Il se retourna pour regarder Slaugter, qui apparut soudain derrière la vitre et lui jeta un regard menaçant.

- Je ne peux pas parler maintenant, répondit faiblement l'écrivain en se retournant vers Esposito.

Il quitta la salle de pause pour aller retrouver Slaugter avec la démarche d'un condamné à mort.

- Je veux ces billets! Lui rappela Esposito.

Castle l'ignora et se dirigea vers l'abattoir.

- Hey, lança-t-il.

- Quoi de neuf? Qu'est-ce que tu racontes?

- Nous sommes ... oh, nous sommes ... rien, dit Castle en haussant les épaules. Je veux dire, évidemment pas rien. Nous parlions. Mais ce n’était pas vraiment... Important... C'était plus du blabla... ... Enfin... Il faut que j'aille aux toilettes.

Slaugter le regarda comme s'il était fou. Il attendit une seconde, puis le suivit. La porte de l'ascenseur s'ouvrit. L'indic de Slaugter entra et passa devant Castle pour aller serrer la main de Slaugter.

- Hey !

- Que se passe-t-il? Je pensais que vous l'aviez tué? S'étonna Castle.

L'homme eut l'air surpris.

- T'aurais dû voir ta tête quand je suis sorti de là-bas! Dit Slaugter mort de rire.

L'autre homme se mit à rire, aussi.

- Ce n'est pas drôle! ... Ce n'est pas drôle!

- Oh, non. C'est hilarant! Continua Slaugter.

Comprenant qu'il s'était fait avoir en beauté, Castle se mît rire lui aussi, mais plutôt jaune.
Un peu plus loin, Ryan avait cessé de travailler et l'observait.

- Regarde-les, dit-il amer, il rit, ils agissent comme si le poste leur appartenait! Je vais leur dire quelque chose...

- Non, répondit Kate. Ce n'est pas la peine.

Il soupira, il les regardait toujours.

- J'ai l'impression qu'il nous trompe...

- Mais non... Il est juste ... En manque d'inspiration, répondit amèrement Beckett.

- Hmm... Donc tu le laisses faire? Tu ne vas rien lui dire?

- J'ai essayé! Mais il ne veut rien entendre, il trouve qu'il est assez grand pour se débrouiller tout seul!

- Mais Slaugter...

- Je sais Ryan. Mais s'il veut changer d'air à ce point, je ne peux pas l'en empêcher.

Castle continua donc son chemin de nomade de la justice auprès de Slaugter, menaçant de compacter des témoins récalcitrants. Les méthodes du lieutenant commençaient vraiment à le déranger, mais il était trop fier pour faire machine arrière ou pour appeler Beckett.
Il était dans une impasse et les gars ne se gênaient pas pour lui faire comprendre qu'il agissait comme le dernier des crétins, lorsqu'il les appela pour avoir des renseignements sur un troisième gang.

- Bien. Nous aurons les résultats dans la matinée, sourit Slaugter alors que Castle venait de demander aux gars de faire une recherche pour eux. Ce soir, on va fêter ça!

- Fêter quoi?

- T'as survécu à ta première journée de travail avec moi, rit Slaugter.

Castle rit jaune.

- Pourquoi vous avez déjà eu un partenaire qui n'y a pas survécu?

Slaugter leva deux doigts et l'écrivain déglutit difficilement.

- Vous savez, je serais ravi de ... euh ... Faire la fête, mais...

- Mais quoi? Bobonne t'a ordonné de rentrer avant le couvre-feu?

- Euh... Non... Mais ... rien. Mais rien. Voyons, ricana Castle... Nous allons le faire! Euh... Fêter ça...Quel est le pire qui puisse arriver?
Slaugter sourit et passa la quatrième.
Au loft, Kate terminait de ranger la cuisine. Martha avait remarqué ses coups d'œil fréquents vers la pendule.

- Il va finir par rentrer, il le fait toujours.

- Je sais, soupira Kate.

- Darling, qu'est ce qu'il se passe?

- Si je le savais, Rick a décidé de suivre un flic de l'antigang sans m'en parler...

- Et tu es en colère.

- Non.

Martha la dévisagea un instant, en effet, son comportement suggérait le contraire.

- Oui, d'accord? C'est vrai, oui, je suis en colère! Je ne sais pas ce qui lui a pris.

- Tu lui en as parlé?

- Oui. Et il a dit "Tout va bien… Je suis capable de me débrouiller seul… Je fais des recherches pour mon prochain roman", dit-elle en imitant Castle.

- Mon fils agit comme le dernier des idiots quand il s'ennuie.

- Il agit comme le dernier des crétins parce qu'il s'ennuie?! S'étouffa Beckett.

- Ça lui ressemble assez...

- Je croyais que ce qu'on avait lui suffisait... Je croyais qu'il était heureux... Murmura Beckett.

- Oh Katherine, Darling, ne crois surtout pas que c'est de ta faute! Richard t'aime, il aime la vie qu'il a avec toi, Andréa et Alexis...

- Alors pourquoi ne veut-il pas m'écouter? Pourquoi s'entête-t-il? Qu'est-ce que j'ai fait?

- Oh chérie... Je connais mon fils depuis bien longtemps maintenant et je peux te dire qu'il ne supporte pas qu'on lui interdise de faire quelque chose. Plus on essaye de le raisonner, plus il s'entête dans ses bêtises. Crois-moi, on s'y est toutes cassé les dents! Enfin... Euh... Je ne veux pas dire que ta relation avec lui ait quoique ce soit à voir avec celles qu'il avait avec ses ex... Enfin... Euh... Il vaudrait mieux que je m'arrête, parce que je m'enfonce! Oh je t'en prie, arrête-moi!

- ...

- Qu'est-ce que tu as? Que signifie cet air diabolique qui se dessine sur ton visage?

- Merci Martha, dit Kate en prenant la rouquine dans ses bras.

- Je t'en prie... Répondit Martha qui ne comprenait pas grand-chose, mis à part que son nigaud de fils allait voir ce qu'il allait voir.

Martha alla finalement se coucher, rassurée au sujet de sa belle-fille. Kate prit un livre et s'installa dans le canapé. Plongée dans son roman, elle ne vit pas le temps passer, décidément cet auteur avait le don de la transporter. Soudain, un bruit de clé maladroitement enfoncée dans la serrure la fit sursauter. Elle jeta un œil à la pendule, trois heures du matin. Il y en avait un qui aurait du mal à émerger dans quelques heures.
Elle se leva, déposa son livre sur la table basse et se dirigea vers la porte afin d'aider son mari qui se débattait avec la serrure. Il devait être dans un bel état.

- Merrrccciii porrrrte.... Genntillle.... Ohhhhh... Kaaattieee.... Bafouilla-t-il surpris de voir la porte s'ouvrir seule et de trouver sa femme derrière.

- Eh bien, il faut vraiment que tu sois bien parti pour m'appeler Katie, dit Kate en l'aidant à s'appuyer sur elle pour avancer jusqu'au canapé.

- Je sssssuis passs ssssssaoul!

- Non, juste un peu joyeux, aller viens... Bon sang que tu es lourd!

- Je ssssuis un ggggéant!

- C'est ça, souffla Kate en l'aidant à s'allonger sur le canapé.

- T'es mmignonnnnnee...quand t'es fffacheee....

- Je ne suis pas fâchée, répondit-elle en lui ôtant ses chaussures.

- Ah nnnnnon?

- Non.

- Sssssslaugter a dit que tu sssserais... Ffffff...

- Et bah il s'est trompé, rétorqua-t-elle en lui défaisant sa ceinture.

- ...

Elle le regarda, il s'était endormi et commençait déjà à ronfler comme un sonneur. Elle secoua la tête, l'installa du mieux qu'elle put, déposa une couverture sur lui et alla se coucher.

Quelques heures plus tard, il fut réveillé en fanfare par les cris de joie d'Alexis et Martha. Il grogna et essaya de se lever, mais une horde de chevaux sauvages semblait galoper à l'intérieur de son crâne. Au milieu du brouillard dans lequel il se trouvait, il aperçut un verre d'eau et une aspirine, ainsi qu'un Thermos. Il se jeta sur l'aspirine salvatrice, avant de se saisir du thermos dans lequel il trouva un café bien noir et bien serré.

- Qu'est ce qu'il se passe? Demanda-t-il l'esprit un peu plus clair.

- Papa, j'en ai reçu! Je suis admise! S'écria Alexis.

- Oh ... où? Marmonna-t-il en portant la main à son crâne.

- Presque partout, jusqu'à présent, répondit Martha.

- Oxford, Princeton, Sarah Lawrence, énuméra Alexis surexcitée.

Son mal de tête empêcha Rick d'être heureux pour elle.

- C'est très bien, chérie. Je savais que ça allait s'arranger...

- Vraiment?

- Ouais.

- Alors, pourquoi as-tu caché mes lettres ?

- Quoi?

- Allez, papa. Je sais lire un cachet de la poste. Certaines d'entre elles sont arrivées la semaine dernière, lui dit-elle en lui frappant doucement la tête avec les lettres.

- Oh, gémit-il. Je suis désolé. Chérie, je voulais juste essayer de te protéger.

- J'ai 18 ans maintenant. Tu dois me faire confiance, je peux prendre soin de moi...

- Je sais et tu prends très bien soin de moi aussi, dit-il en désignant le café et l'aspirine.

- Détrompe-toi, c'est à Kate que tu dois ça, elle te l'a préparé avant de partir travailler.

- ...

- Tu peux te sentir minable, rentrer dans un tel état! Le sermonna Alexis.

- Kate était fâchée?

- En tout cas, pour quelqu'un de fâchée, elle n'a fait que penser à toi! Elle t'a attendu hier soir et ce matin, elle a tout préparé pour que tu te sentes un peu mieux malgré la gueule de bois.

- ...

La conversation qu'il avait eue avec Alexis tournait en boucle dans l'esprit de Castle. Il devait reconnaître qu'il agissait comme un véritable idiot et que Slaugter n'était pas aussi cool qu'il l'avait pensé, mais ce qu'il le tracassait le plus, c'était l'attitude de Beckett. Pourquoi était-elle aussi patiente avec lui? Pourquoi n'avait-elle pas hurlé lorsqu'il était rentré ivre au beau milieu de la nuit? Et surtout pourquoi avait-elle pris soin de lui, alors que la gueule de bois carabinée aurait été la moindre des punitions qu'il méritait.

- T'as une sale tête, Sherlock, dit Slaugter en lui tendant une gourde. Ça a bardé à la maison?

- Justement non, c'est ça qui est bizarre...

- De quoi tu te plains alors? Tu devrais être content. Ta femme a enfin compris qui était l'homme.

- Elle n'est pas le genre de femme à comprendre "qui est l'homme"! Non... Et si ça voulait dire qu'elle n'en a rien à faire de ce qui peut m'arriver? Et si elle en avait assez de mes bêtises et...

- Tu te poses trop de questions, bois ça, ça te remettra la tête à l'endroit.

- Non merci... Ce qu'il me faut, c'est une machine à remonter le temps... Quoi qu'il en soit, où allons-nous?

Castle regretta amèrement d'avoir quitté le loft ce matin-là, lorsque Slaugter l'entraîna au beau milieu d'un gang de mexicains très dangereux. Sans l'intervention in extrémis des gars, il se serait fait tuer. De retour au poste, ces derniers, le sermonnèrent gentiment alors que Beckett restait introuvable.
Ce fut en traînant les pieds qu'il rejoignit Slaugter pour une nouvelle virée musclée. Il regrettait amèrement les choix qu'il avait faits ces derniers jours.
Aussi lorsque le lieutenant de l'antigang usa de la force contre un gamin et influença son témoignage afin d'incriminer le redoutable chef des mexicains qu'il rêvait de mettre derrière les barreaux, Castle reprit son indépendance.

- Qu'est-ce que vous faites? Demanda-t-il en rattrapant Slaugter qui quittait la salle d'interrogatoire.

- Je résous cette affaire. J'ai un mandat d'arrêt contre Vallès qui me brûle les doigts.

- Vous avez influencé le témoignage de cet enfant!

- Nah, nah. Je lui ai rafraîchi la mémoire.

- Vraiment? Parce que vu la façon dont il en parlait, il n'a même pas dû assister au meurtre.

Slaugter s'arrêta et posa une main sur la poitrine de l'écrivain.

- Hey! T’imagine pas le nombre de personnes que Vallès a envoyé à la morgue: des femmes, des enfants, des flics. J'ai une chance de le faire tomber et je vais la saisir, alors à toi de me dire si t'es partant ou si tu l'es pas?

- Ça sera sans moi, répondit fermement Castle.

- ..., c'est trop bête...J'avais de grands espoirs pour toi, Sherlock. Jamais je n’aurais pensé que tu me laisserais tomber comme ça...

Il s'éloigna et laissa Castle seul au milieu du couloir, qui se retourna et trouva Ryan et Esposito qui partaient.

- Hey, les gars... J'ai besoin d'aide.

- Désolé Castle, on doit choper un tueur, chantonna Ryan.

- Allez voir Beckett, marmonna Esposito en passant près de lui.

Castle soupira et se dirigea timidement vers l'endroit où Kate travaillait. Il ne savait pas comment se comporter, mais la justice était en jeu, aussi ravala-t-il sa fierté et s'approcha-t-il d'elle.

- Salut. Comment ça va?

- C'est plutôt à toi qu'il faut demander ça, Castle. Moi je n'ai pas fait d'excès hier soir...

- Ouais... D'ailleurs, à ce propos, je voulais te remercier pour...

- Laisse tomber, Castle. Qu'est-ce que tu veux?

Elle n'avait même pas levé les yeux de son travail. Elle semblait vraiment se moquer de ce qui lui arrivait.

- Slaugter est allé trop loin...

- Eh bien ce n'est pas son train-train quotidien? Sans parler de tarter des truands et botter des séants?

- Il a fait pression sur un gosse pour qu'il fasse un faux témoignage pour qu'il puisse arrêter Vallès.

- Donc, tu voudrais que je répare les dégâts?

- Tu as parfaitement le droit d'être en colère. Tu m'as averti pour Slaugter et je ne t'ai pas écoutée...

- Je ne suis pas en colère.

- Non?

- Non. Tu es un adulte et comme tu me l'as parfaitement démontré ces derniers jours, tu es tout à fait capable de prendre soin de toi... Tu n'as pas besoin de moi, j'ai compris le message...

- J'essaie juste d’arranger les choses...

- Ce n'est pas mon affaire, Castle, soupira-t-elle en passant devant lui pour aller jusqu'à son bureau où elle ramassa un dossier. Et même si je voulais t'aider, nous avons des règles strictes en matière d'interférence dans l'enquête d'un autre flic.

- Je ne te demande pas de le faire pour moi. Je te demande de le faire pour que le véritable assassin ne s'en tire pas comme ça...

Elle ferma le dossier, qu'elle lisait et se tourna vers lui.

- Qu'est-ce qui te fait penser que je vais céder à cette tentative de manipulation flagrante?

- Parce que c'est vrai!

Elle secoua la tête et lui tendit le dossier.

- Qu'est-ce que c'est ça? Demanda-t-il en l'ouvrant.

Un cliché pris par une caméra de trafic de voitures montrant la voiture de Vallès à 10 blocs du cimetière en s'éloignant du viaduc où nid d'emmerde a été tué.

Castle releva la tête sous le choc.

- 23h57. Nid d'emmerdes a été tué après minuit. Cela montre que Vallès n'aurait pas pu le tuer. Dit-il avant de s'arrêter pour la regarder. Tu as fait ça pour moi?

Elle ne dit rien, se contentant de le regarder.

- Pendant tout ce temps, tu me couvrais?

- J'avais demandé à Ryan de lancer une recherche sur les caméras de surveillance, alors qu'il cherchait une plaque...

Castle se sentit honteux.

- Ce n'est pas une preuve irréfutable, Castle, d'accord? On ne peut même pas voir le visage de Vallès sur cette photo. Ça ne suffit pas pour faire changer d'avis à Slaugter, sauf si tu as quelque chose d'autre...

Castle s'arrêta, pensif. Son visage s'éclaira et il posa le dossier avant de fouiller dans la poche de sa veste et d'en tirer une carte.

- Il y a encore une chose qui n'a pas de sens. Il s'agit d'une carte de la zone où a eu lieu le meurtre. Là c'est le cimetière, et là le pont. Mais pour l'atteindre, Nid d'emmerdes a dû escalader un grillage de deux mètres de haut. Pourquoi le faire quand il y a une station de métro un pâté de maisons? Pourquoi se cacher quand vous pouvez vous enfuir?

- On peut peut-être le découvrir... Suggéra Kate.

Castle et Beckett arrivèrent sur les lieux du crime, il faisait sombre, elle prit sa lampe torche. Alors qu'ils analysaient les lieux et que Kate donnait sa vision des choses, une voiture arriva en trombe. Slaugter en sortit furieux comme un diable sortant de sa boîte.

- Oh, non pas lui, marmonna Castle.

- Eh bien! T'imagine ma surprise quand je suis arrivé au poste avec mon tueur et que j'ai entendu dire que tu fouinais sur ma scène de crime! Gronda le lieutenant.

- Ok, écoutez. Je peux expliquer... Commença Castle.

- Te fatigue pas toi! Grogna-t-il à l'encontre de Castle avant de se tourner vers Beckett. Lui, il ne sait pas qu'il y a des règles mais toi oui!

- Ce que je sais, c'est que vous vous avez fait pression sur un gosse de 18 ans pour avoir ses aveux, riposta Kate.

- Oh, j'ai forcé la main de personne! Ce gosse travaille pour un type qui a semé un tas de cadavres derrière lui depuis le Rio Grande. Si on le fait pas tomber pour ça, l'hécatombe va continuer.

Beckett ne recula pas.

- On a une photo où on voit le 4x4 de Vallès s'éloigner du lieu du crime avant que le meurtre ne soit commis, appuya Castle.

- Ouais, et alors? On peut voir son visage dans la voiture?

- ... Pas exactement.

- Et si son avocat tombe sur cette photo, vous lui aurez donné un doute raisonnable. Et Vales va s'en tirer.

- C'est peut-être ce qu'il mérite...

- Ce qu'il mérite c'est d'être écartelé vivant, mais la loi me l'interdit. En revanche, ce que je peux faire, c'est l'envoyer pourrir en prison pour le reste de sa vie. Alors est ce que tu vas me laisser faire mon boulot où est ce que je vais devoir rédiger contre toi pour être intervenue dans mon enquête? Menaça Slaugter en se tournant vers
Beckett, qui ne broncha pas.

- Vous faites ce que vous avez à faire, Slaugter. Et je ferai pareil, rétorqua-t-elle sans baisser les yeux.

Il resta bouche bée devant l'aplomb de Beckett, puis éclata de rire.

- Waow! Sensationnel! Il se retourna et marcha vers sa voiture pour partir. Waow!

- Merci, souffla Castle.

- On a environ une heure pour trouver qui a vraiment tué nid d'emmerdes avant que je sois appelée par le chef de la police...

- Que peut-il faire contre toi?

- Eh bien, le meilleur des cas, il me suspendra.

- Et dans le pire des cas?

Elle ne répondit pas, et se contenta de lui donner un regard désabusé avant de s'éloigner.

- Merde, soupira Castle.

Heureusement, leur duo était le meilleur, lorsqu'il s'agissait de démasquer les assassins, ce qu'ils firent en moins d'une heure. Nid d'emmerdes avait été assassiné par son propre père. Slaugter fut bien obligé d'admettre l'évidence et de renoncer à l'arrestation de Vallès.

- Eh bien, au moins vous obtenez finalement une condamnation pour Brian. Ça fait un sacré lot de consolation, remarqua Castle.

- Mais Vallès court toujours... Soupira Slaugter.

Le malfrat passa devant eux avec son avocat, libéré, il se pavanait dans le poste. Beckett se décolla du mur et s'avança vers eux.

- Maître! Puis-je parler à votre client une seconde?

- Elle veut probablement un autographe, ricana Vallès.

Un sourire machiavélique se dessina sur le visage de Kate.
- Vous faites le fier... C'est logique...Vous venez d'éviter une condamnation pour meurtre... Vous allez probablement sortir avec votre petite bande ce soir pour célébrer ça et vous avez raison. Profitez-en. Mais demain matin, je veux que vous dégagiez de ma ville.

- Ouais, mais je me plais ici, sourit Vallès.

- Peut-être maintenant. Mais dès demain, vous allez vous rendre compte à quel point vivre à New York peut s'avérer difficile quand toutes les forces de police se décident à se mettre sur votre dos et que 30 000 flics se réveillent le matin avec un seul et unique but: faire de votre vie un enfer sur terre...

Vallès la jaugea, mais resta silencieux.

- Maître, vous pouvez l'emmener, termina Beckett.

Castle et Slaugter l'observaient de loin. L'écrivain se sentait fier et impressionné.

- Oh, c'était trop sexy, sourit Slaugter. Castle lui lança un regard méchant.

- Quoi? Tu vas me frapper pour ça aussi?

- Moi? Non. Elle, elle le fera, si elle vous entend!

Slaugter se tourna rapidement et envoya un violent coup de poing dans l'estomac de Castle, qui se plia en deux en gémissant. Slaugter le tira brusquement vers le haut.

- Ça, c'était pour ne pas m'avoir soutenu! Grogna le lieutenant. Oh, et si jamais je vois un personnage dans un de tes romans qui me ressemble, t'auras affaire à moi! Donc, je te vois à l'audience mardi, non?

- Oui, c'est ça, gémit Castle le souffle coupé.

- Excellent! J'adore ton style! Sourit Slaugter en lui donnant une tape dans le dos et s'éloigna, croisant Beckett. Poupée! Si jamais tu te lasses de Sherlock et que tu veuilles un rencard qui se termine par une nuit torride après une bagarre d'ivrognes... Tu sais où me trouver!

Kate se détourna.

- Oui, et ça n'arrivera jamais! Répondit-elle en levant les yeux au ciel.

Castle était toujours plié en deux, cherchant son souffle.

- Qu'est ce qui n'arrivera jamais? Te lasser de moi ou une nuit avec lui?

- Ça...

- En tout cas... Merci beaucoup pour ton aide.

- Pas de problème, Castle... Pour le meilleur et pour le pire, marmonna-t-elle.

Elle lui donna un dernier regard et s'éloigna. Il se redressa et la rattrapa.

- Hey!

- Quoi?

- Bah... Je souffre! Tu ne devrais pas me réconforter?

- Je croyais que tu savais t'occuper de toi tout seul...

- '...' Je vois... Tu es en pétard...

- Je ne suis pas en pétard, dit-elle en reprenant son chemin.

- Je suis désolé! Je reconnais que je me suis comporté comme un imbécile.
Elle s’arrêta et se tourna vers lui.

- Tu n'as pas à t'excuser, Castle. J'ai compris le message, tu es un grand garçon qui n'a pas besoin qu'on s'inquiète pour lui...
Elle se dirigea vers l’ascenseur, dont les portes venaient de s’ouvrir et s’y engouffra. Il réalisa un peu tard qu’elle ne l’attendrait pas.

- Quoi?! Non! J'ai besoin... Je ... J'aime bien quand tu t'inquiètes pour moi!

- Je rentre à la maison, évite de rentrer dans le même état qu'hier soir, Babe.

- Hey!

Les portes de l'ascenseur se refermèrent sur elle avant qu'il n'ait eu le temps d'y entrer.
Il appuya sur le bouton de rappel comme un désespéré. Les gars arrivèrent au même moment.

- Alors Castle, votre copain vous a abandonné? Demanda Ryan.

- Qu'est-ce qui vous arrive, vous avez l'air en panique, ajouta Esposito.

- Si je panique? Bien sûr que je panique! Beckett est partie sans moi! L'autre taré m'a durement frappé et elle ne m'a même pas consolé!

- J'croyais que vous étiez trop grand pour qu'on veille sur vous, s'amusa Ryan.

- Après votre crise d'adolescent attardé, elle a compris le message, ajouta Esposito.

- Et puis, c'est pas comme si elle n'avait pas un bébé à chouchouter à la maison...

- Mais...

- T'as voulu qu'elle voie l'homme des cavernes qui sommeillait en toi? T'as gagné, vieux, rigola Esposito en lui donnant une claque amicale dans le dos.

- Mais... Non!

- Va falloir sortir le grand jeu pour rattraper ça, Castle!

- Beckett est assez têtue...

- C'est ça... Vous allez voir... Ce que vous allez voir, répondit Castle.

- Qu'est-ce que vous allez faire?

- Me montrer aussi charmant que possible!

De retour au loft, il trouva Alexis et Kate sur le canapé, discutant des choix qui s'offraient à la jeune fille. Il s’arrêta un instant pour admirer leur complicité.

- Je ne sais pas quoi faire, Kate. Stanford a toujours été mon premier choix, mais et si leur premier refus était un signe? Si je devais être mieux ailleurs?

- Tu penses que tu serais mieux ailleurs? Demanda Kate.

- Je ne sais pas. Qu'en penses-tu?

- Écoute ton cœur, tu ne peux pas te tromper, répondit Kate.

Castle sourit, c'était exactement ce qu'il lui aurait répondu. Il s'approcha discrètement et fit apparaître un bouquet de fleurs devant sa femme. Elle sourit doucement.

- Merci.

- J'ai également ramené de la glace... Ton parfum préféré.

- C'est gentil. Oh! Tu as vu l'heure? Je vais préparer le repas.

- Laisse! Je m'en occupe! Je vais également te faire couler un bain. Tu n'as qu'à te détendre et profiter! Dit Castle avant de s'éloigner vers la salle de bain.

- Et bien! Il est aux petits soins, remarqua Alexis. Vous vous êtes disputés?

- Même pas! Il s'est tout simplement rendu compte qu'il s'était comporté comme un parfait idiot.

- Tu ne lui as fait aucun reproche?

- Non, aucun.

- C'est impressionnant, sourit Alexis.

- Ça va être amusant de le voir tout faire pour éviter de me contrarier, sourit Kate.


Minefuji  (24.09.2014 à 22:49)

Chapitre cent seize

La chambre était plongée dans la pénombre. Kate dormait profondément. Rick, lui, était éveillé. Il la regardait, l'admirait.
Il avait poussé le bouchon trop loin et le regrettait amèrement. Oh bien sûr elle l'aimait toujours, il en était certain, mais...
Il ne pouvait pas s'empêcher de croire qu'il avait brisé quelque chose entre eux.
Il voulait à tout prix la réparer, il voulait qu'elle lui pardonne son attitude de crétin immature.
Cela faisait plusieurs jours déjà qu'il faisait tout pour ça, fleurs, massages, dîners romantiques... Il faisait preuve de beaucoup de romantisme et d'imagination, beaucoup de femmes auraient déjà craqué, mais pas elle. Kate Beckett était une tête de mule, peut être la plus grande tête de mule qui soit!
Ce soir-là, il lui avait demandé de lui pardonner, mais elle s'obstinait à lui répondre qu'elle n'avait rien à lui pardonner, qu'elle avait compris le message et qu'elle ne le maternerait plus. Mais il voulait qu'elle le materne! Il ne voulait surtout pas qu'elle cesse de le materner!
Des frissons parcoururent le corps de Kate qui grogna légèrement. Rick s'empressa de remonter sur elle la couette sur elle. Machinalement, elle vint se coller contre lui sans se réveiller. Il sourit, la serra dans ses bras. Elle se colla davantage contre son corps, passa sa jambe par dessus ses cuisses et posa son visage sur son torse. Était-elle toujours endormie? Il n'aurait su le dire. D'un geste, il s'arrangea pour qu'elle se couche complètement sur lui. Il lui caressa doucement le dos. Elle enfouit son visage dans son cou et l'embrassa.

- Je ne voulais pas te réveiller..., s'excusa-t-il.

Elle le fit taire en s'emparant de sa bouche. Il essaya de placer une parole, mais sa belle ne semblait pas vouloir discuter et s'appliquait déjà à le rendre fou avec ses caresses et ses baisers.

- ... Tu ne dormais déjà plus... N'est ce pas?

- Babe, il faut vraiment que tu apprennes à te taire, murmura-t-elle fermement.

- D'accord...

Elle reprit ses baisers et ses caresses. Il commença à faire bouger lentement son bassin contre celui de Kate, qui soupirait de contentement. Elle plongea son regard dans le sien, le défiant de résister plus longtemps qu'elle à la vague de plaisir qui montait en eux.
Il releva le défi et ses mains partirent en expédition vers des contrées qu'il savait sensibles à l'extrême.

- Ahhhhhh! Tu triches! Riposta-t-elle la voix montant dans les aigus.

- Tous les coups sont permis à ce petit jeu, sourit-il en jouant des sourcils.

- Ok, dit-elle en se laissant glisser le long du torse de son homme pour se diriger vers les tropiques.

- Oh ! oh ! oh ! oh ! oh! Tu veux jouer? Tu vas voir!

Il roula sur le matelas pour se retrouver sur elle. S'en suivi un duel de caresses et de baisers qu'aucun des deux ne gagna, mais qui les entraîna au nirvâna.

Au petit matin, la chambre ressemblait à un champ de bataille. Les draps sens dessus dessous, la table de chevet renversée et les corps des deux amants endormis et tendrement enlacés sur le sol, témoignaient de la nuit qu'ils venaient de passer.
Rick se réveilla le premier, embrassa tendrement Kate et la replaça délicatement dans le lit, veillant à ce qu'elle ne prenne pas froid lorsqu'elle quitterait la chaleur de ses bras, puis il quitta la chambre pour aller préparer le petit déjeuner.

- Bonjour Trésor! Lança Martha avec sa grandiloquence habituelle.

- Bonjour mère, répondit-il en l'embrassant.

- Tu as l'air de bonne humeur, c'est que tout va bien avec Katherine...

- J'aimerais pouvoir t'affirmer que oui, mais malheureusement, je ne suis pas dans sa tête, dit-il en sortant divers ingrédients et ustensiles des placards.

- Pourquoi penses-tu que ça ne va pas? Elle m'a l'air tout à fait heureuse...

- Oui, mais je la soupçonne d'être la meilleure actrice qui soit au monde et pourtant j'ai de grands points de comparaison...

- Ah! Ah! Et pourquoi penses-tu que quelque chose cloche?

- Elle ne m'a fait aucun reproche pour cette histoire avec Slaugter, j'ai tout fait pour qu'elle me pardonne, mais elle s'entête à me dire que tout va bien et qu'elle n'a rien à me pardonner...

- Peut être qu'elle ne joue pas la comédie... Comme tu viens de le dire, tu as passé suffisamment de temps à mes côtés pour distinguer une interprétation et la vérité.

- Mais il faut que ça soit une interprétation!

- Et pourquoi ça?

- Parce que si elle ne m'en veut pas d'avoir agit comme un crétin, alors ça veut dire...

- Qu'est ce que ça voudrait dire?

- ... ça voudrait dire qu'elle ne s'inquiéterait plus de ce qu'il pourrait m'arriver... Ça voudrait dire que j'aurais tout gâché...

- Oh, tu ne crois pas que tu en fais un peu trop? Katherine t'aime, tu n'as pas à en douter!

- Oui, mais si j'avais brisé ce lien si spécial entre nous? Si...

- Et si tu avais réfléchi avant de te lancer dans cette histoire?

- Je sais, je suis un parfait idiot. Je n'ai plus qu'à continuer à tout faire pour éviter de la contrarier et pour me montrer aussi charmant que possible... Et quoi de mieux pour commencer la journée qu'une bonne guimauvelette?

- Tu veux la rendre malade, c'est ça?

- Kate adore la guimauvelette.

- Tu vois, vous avez toujours ce lien si spécial entre vous! Vous êtes les deux seules personnes au monde à savoir avaler cette horreur!

- Bonjour... Lança la voix ensommeillée de Kate.

- Hey! Salut! Ouh là! Ça n'a pas l'air d'être la grande forme! Remarqua immédiatement Rick.

- Je manque de sommeil, c'est tout.

- C'est vrai que tu es fatiguée ces derniers temps, tu devrais peut être prendre quelques jours de repos, dit Martha en embrassant sa belle fille. Tu as une famille désormais...

- Je demanderai à Gates ma journée, si aucune affaire ne se présente, sourit Kate en s'installant au comptoir de la cuisine.

- Excellente idée! Tiens, je t'ai préparé un café et une guimauvelette. Tu te sentiras tout de suite beaucoup mieux, répondit Rick en lui tendant une tasse et une assiette.

- Merci.

Du bruit à l'étage fit sursauter Castle, qui s'empara du pistolet-Laser qu'il gardait à portée de main.

- Tu es en pleine partie avec Alexis? L'interrogea Martha. Elle n'est pas sensée choisir son université?

- Pffff, elle a voulu me faire croire qu'elle avait passé l'âge d'y jouer, mais je n'y crois pas, rétorqua l'écrivain en se glissant discrètement près de l'escalier.

- Trésor, elle a grandi, elle n'a peut être vraiment plus envie de jouer, tenta Martha.

- Non, elle ne peut pas arrêter, c'est tout simplement impossible.

- Richard, c'est juste un jeu...

- Non, ça ne l'est pas. C'est une tradition familiale ancestrale que nous honorons depuis qu'Alexis a eu l'âge de poser son petit doigt sur une gâchette. Le premier à mille points gagne. Et nous sommes tout près. On a passé sa période préadolescente à coup de pistolet Laser, alors non, ça ne peut pas s'arrêter.

- Elle a grandi, lui rappela Martha.

- Eh bien, elle n'est pas obligée. Regarde-moi...

Kate se leva précipitamment et quitta la pièce sous les regards étonnés de Martha et Rick.

- Elle est malade?

- Ta guimauvelette rendrait malade n'importe qui, fit remarquer la rouquine.

- N'exagère pas, Kate en mange souvent...

- Salut papa!

- Salut Alexis... Tu pars?

- Oui, j'ai rendez-vous avec des amis pour parler des universités.

- Mais et notre partie?

- Papa, ne fais pas l'enfant!

- Mange au moins quelque chose avant de partir... J'ai préparé le petit déjeuner.

- Non merci, on a prévu de se retrouver dans un Starbuck... À ce soir!

- À ce soir... Marmonna Rick.

- Ne fais pas cette tête là, chéri, dit Martha pour le consoler, ça n'est pas comme si elle était déjà en route pour Stanford ou Oxford. Oh... Oh...

- Quoi oh oh?

- La date des œufs est dépassée, constata Martha qui avait commencé à ranger la cuisine.

- Quoi?

- Il faut les jeter.

- Dépassée de combien?

- Deux ou trois jours, c'est pas grave.

- Tu dis ça parce que tu n'en as pas mangé, j'ai fait la guimauvelette de Kate avec!

- C'est pas bien grave, on peut les consommer plusieurs jours après la date, ne t'en fais pas.

- Tu as vu comment elle est partie précipitamment? Elle est peut être déjà malade!

- Ce qui est fort peu probable, il faut plusieurs heures avant de voir les une symptômes d'une intoxication alimentaire.

Kate revint sur ces entrefaites, elle était habillée et prête à partir.

- Tu t'en vas? S'étonna Castle.

- C'était le poste, on a une affaire!

- Tu es partie précipitamment parce que tu avais reçu un appel?

- Oui, mon téléphone était resté dans la chambre. Tu m'accompagnes?

- Oui! Bien sûr!

Ils embrassèrent Martha et Andréa, firent une caresse à Cosmo et quittèrent le loft.

 

Esposito les attendait à l'entrée du bâtiment où se trouvait la scène de crime. Il leur montra le chemin vers l'endroit où se trouvait la victime, dans le parking souterrain, en bougonnant.

- Tu as dit que tu n'aimais pas le café... Répliqua Kate lorsqu'il lui reprocha de ne pas avoir pensé à lui lors de leur passage au Starbuck.

- J'aime les lattes à la vanille, répliqua le latino.

- Tiens, tu n'as qu'à prendre le mien, je n'y ai pas touché, proposa la détective.

- Tu lui donnes ton café? Tu vas bien? Demanda Castle.

- J'ai déjà pris un café à la maison.

- Depuis quand te contentes-tu d'une seule tasse? Tu es une véritable cafetière d'habitude!

Kate leva les yeux au ciel et tendit son gobelet à Esposito.

- Merci! Sourit le latino. Bon, alors, notre victime est David Locke, 29 ans. Il était un trader pour un bureau de change à l'étage. Apparemment, il arrivait au travail quand c'est arrivé. Son corps a été retrouvé par son patron à environ 7 heures ce matin.
Ils avancèrent à la rencontre de Perlmutter qui examinait déjà le corps.

- Ah, nos héros intrépides sont arrivés... Et Castle.

- Ah, Perlmutter. Quand j'écrirai mes mémoires, je chérirai ces moments spéciaux que nous avons partagés.

Kate eut un haut le cœur en découvrant le corps.

- Ça va Beckett? Demanda Esposito.

- Oui... Enfin... Non.... Excusez-moi.

Elle se précipita loin de là sous le regard inquiet de Rick, qui repensait à l'épisode des œufs.

- C'est vrai qu'il est plutôt amoché, dit Esposito en se tournant vers la victime.

- Il semble qu'il a été attaqué par un agresseur inconnu. L'heure du décès est estimée à environ quatre heures, expliqua le légiste.

- Cause de la mort? Demanda Castle.

Perlmutter l'ignora et se tourna vers Esposito pour répondre.

- Eh bien, probablement un traumatisme fermé à la tête à l'endroit où il a cogné le béton.

- Porte-monnaie et de l'argent? Demanda Beckett qui venait de revenir.

- Ça va? Demanda Rick.

- Oui, oui, c'est passé...

- Son porte feuille est encore intact, répondit Esposito. Ça n'était certainement pas une agression.

- Sauvagement battu à 4h du matin, il doit y avoir un mobile.

- Est-ce que c'est une marque de morsure sur son bras? Demanda Kate qui était penchée sur le corps.

- Ce n'est pas seulement une marque de morsure. Regardez la peau. Vous voyez comment elle a été déchiquetée? Le tueur s'est acharné sur lui et l'a secoué comme un Pitbull cherchant à avoir sa dose de chair fraîche! Expliqua Perlmutter en mimant la scène.

- Merci, le coupa Beckett, dont le teint virait au vert. Je pense que nous avons compris. Autre chose?

- Juste ça, répondit Esposito en tendant un sachet de preuve. C'était, … euh…, bref, on l'a trouvé dans la main de la victime sur. Il a probablement été arraché la chemise du tueur au cours de la lutte.

- C'est une manchette en dentelles, expliqua Rick après avoir examiné le sac. Cousue à la main, boutons de nacre, je dirais que c'était vers ... 1870.

Kate et Perlmutter le dévisagèrent.

- J'ai fait beaucoup de recherches sur l'époque. J´étais en train d'écrire un livre. Une comédie sur la guerre civile... Il s’avéra que... Ça n'était pas si drôle...

- Qui aurait battu à mort un gars vêtu d'une chemise ancienne de cent cinquante ans? Demanda Esposito.

- La véritable question est, pourquoi a-t-il été attaqué ici sur son lieu de travail?

Ils interrogèrent le patron de la victime, qui les dirigea vers un autre employé, rival de David Lock. Il était mécontent parce que la promotion qu'il espérait obtenir avait été donnée à David.
Castle et Beckett se rendirent à l'appartement du suspect afin de l'interroger.

- C'est génial, cette affaire qui était pleine de promesses retombe comme un soufflé.

Kate s'arrêta et le regarda en fronçant les sourcils.

- Oui, il y avait tous ces indices qui laissent présager une histoire géniale: des traces de morsures sauvages, des vêtements du 19ème... Expliqua-t-il devant son air interrogateur. Ça aurait pu être un véritable casse tête et au lieu de ça, nous allons seulement arrêter un employé mécontent...

- Et ça te réjouit? D'habitude tu préfères les cas plus tordus...

- ça me réjouit, parce qu'ainsi, tu pourras rentrer te reposer plus vite...

- C'est gentil de te préoccuper de ma santé, Castle, mais je t'assure que je vais bien, répondit-elle en martelant la porte. Charlie Coleman! NYPD! Ouvrez!

- Restez à l'écart! Ça n'est pas sûr! Les avertit Charlie qui semblait affolé.

- Recule, marmonna Beckett en sortant son arme.

- C'est pour votre propre bien! N'entrez pas! Reprit Charlie.

Elle ne l'écouta pas et donna un coup de pied dans la porte, qui s'ouvrit.

- Vous ne pouvez pas venir ici!

- C'est bon, Charlie, tenta Castle.

- Charlie, vous allez bien? Demanda Kate sans baisser son arme.

- Non, non, non. Restez en arrière. Éloignez-vous de moi!

- Écoutez, nous devons juste vous poser quelques questions, expliqua Kate.

- Vous devez partir! Vous devez partir maintenant! Ce n'est pas sûr, répéta Charlie qui était enchainé au radiateur.

- Détendez-vous, Charlie. Détendez-vous. Nous sommes des flics enfin elle, expliqua Castle alors que Kate lui lançait son fameux regard.

Charlie se détendit légèrement et ils purent l'interroger à peu près normalement lorsqu'il cessa de demander à Kate de lui tirer dessus. Il leur expliqua qu'il avait croisé la victime dans le parking, en quittant le travail très tôt le matin. Ils s'étaient simplement salués, car ils ne s'entendaient pas très bien. Ce fut alors que David s'était figé en disant: «qu'est-ce que c'est que ça? ».
Charlie arrêta son récit et tira sur la chaîne le retenant au radiateur.

- Et… Qu'est-ce que c'était? Demanda Castle intrigué.

- Je ne pouvais pas le dire au début parce que cette chose était sur nous.

- Attendez, vous avez été attaqué aussi? Demanda Kate.

- Ouais, mais c'était surtout après David. Je veux dire, c'était .... ça s’acharnait sur lui. Je lui ai donné un coup de coude dans la tête, mais ça ne l'a même pas ralenti!

- Bon, qu'est-ce que vous entendez par ça? S'impatientait légèrement Castle.

- J'ai appelé le 911, ils ne me croyaient pas. Personne ne me croit.

- Dites-nous ce que vous avez vu, insista Beckett.

Charlie s'arrêta et les regarda.

- Tant que vous promettez que vous me croirez...

- Oui, très bien. Je promets, répondit Kate.

Il saisit sa main elle sursauta.

- Promettez que vous allez utiliser votre arme sur moi quand je commencerai à me transformer.

- Vous transformer? Répéta Beckett en reprenant sa main.

- Ouais.

- Que voulez-vous dire pas vous transformer?

- La chose qui m'a mordu... Qui a tué David, expliqua Charlie en tirant la manche de sa chemise pour montrer les marques de morsure... C'était un zombie.

- Un zombie ...? Répéta Kate tombant des nues.

- Ah ben ça, lança Castle tandis que Kate secouait la tête.

Ils rentrèrent au poste, où ils écoutèrent l'enregistrement de l'appel de Charlie au 911.
Castle coupa la lecture et se tourna vers Kate.

- Charlie a appelé les secours juste après l'attaque. Tu trouves qu'il simule?

- On dirait que Charlie fait une crise psychotique, répondit-elle. Sa culpabilité l'a peut être fait basculer et il invente une histoire où des zombies tuent David et pas lui...

- Oui, tu as raison, ça expliquerait le fait qu'il y ait véritablement de la terreur dans sa voix.

- Tu ne crois pas à l'histoire de Charlie ? s'étonna Kate.

- Non! Bien sûr que non! C'est toi qui a raison! Je pense comme toi qu'il s'en est persuadé à cause de son basculement psychotique lié à sa culpabilité...

Elle le dévisagea un instant.

- Tu dis ça pour me faire plaisir, n'est ce pas?

- Quoi?! Non, bien sûr que non! Je reconnais seulement que cette histoire inventée par Charlie ne tient pas debout. Toutes les preuves soulignent le fait que Charlie Coleman est notre tueur. Bon! Affaire classée, allez viens, rentrons, je vais te chouchouter!

- Castle! Arrête ça s'il te plaît.

- Arrêter quoi?

- De ne pas être toi!

- ...

- Babe, il faut qu'on parle...

Elle l'invita à s'asseoir avec elle près de son bureau.

- Tu veux bien faire, je comprends, mais je ne veux pas que tu changes pour me faire plaisir, commença-t-elle.

- Je ne ...

- Castle! Une histoire de zombie! Dans ton état normal, tu ferais tout pour abonder dans le sens de l'histoire de Charlie, tu passerais ton temps à me contredire et à tout faire pour me faire tourner bourrique.

- Mais...

- Je sais pourquoi tu fais ça. Tu t'en veux à cause de cette histoire avec Slaugter...

- Kate, je suis allé trop loin et je m'en veux tellement de t'avoir blessée...

- Rick... Tu passes ton temps à repousser les limites, notre relation s'est construite comme ça. C'est l'une des raisons pour lesquelles je t'aime...

- Mais... J'ai agi comme un parfait crétin et ... Je voudrais tellement que tu me pardonnes, je me sens si mal...

- Si tu te sens mal, c'est seulement parce que tu n'arrives pas à te pardonner toi-même.

- ...

- Bien sûr que je t'en voulais pour ce que tu as fais, pour ne pas avoir mesuré les risques et les conséquences de tes agissements, mais je n'ai pas réagi, parce que je voulais que tu le fasses toi-même. Je voulais que tu prennes conscience que tu ne pouvais plus agir de façon inconsidérée désormais. Tu n'es plus seul à subir les conséquences de tes actes.

- Tu étais furieuse?

- Et pas qu'un peu!

- Tu as eu peur pour moi?

- Je ne supporterais pas qu'il t'arrive quelque chose.

- Tu veux toujours me materner?

- Je ne suis pas ta mère! ... Mais ça a été dur de ne pas te chouchouter après que Slaugter t'a mis ce coup de poing.

- Donc tu m'aimes toujours?! Je n'ai pas brisé ce lien particulier entre nous?

- Ce lien est plus solide que la plus solide des chaînes, je t'aime de toute mon âme.

Il se jeta sur elle et l'embrassa avec passion, elle eut bien du mal à le repousser.

- On est au poste!

- Oh... Pardon...

- On devrait peut être rentrer... Les gars peuvent boucler cette enquête sans nous... Suggéra Beckett...

- ... Bah... Il y a tout de même cette histoire de zombie, murmura Castle l'œil brillant à l'idée de tout ce que cette histoire promettait.

Kate leva les yeux au ciel et sourit. Esposito arriva alors avec un dossier dans les mains.
La scientifique apportait la preuve de l'innocence de Charlie. La morsure sur son bras correspondait à celle sur la victime et ne pouvait avoir été faite par Charlie

- Permettez-moi de m'assurer que je comprends, l'interrompit Castle, comme ça je pourrais savourer pleinement ce moment. Vous dites que cette preuve démontre que Charlie et la victime ont tous les deux été mordus par un être encore inconnu?

- C'est ce que je viens de dire, marmonna Esposito agacé.

- Peut-être même une créature... Écervelée... Ayant été zombifiée?

- Castle! Intervint Kate en roulant des yeux, arrête! Ça n'existe pas les zombies!

Il s’arrêta net et se tourna vers elle. Elle avait bien du mal à garder son sérieux en lui faisant les gros yeux. Il sourit rassuré, elle voulait jouer elle aussi.
Ryan les appela pour visionner une vidéo datant apparemment de l'heure du crime, qu'il avait trouvée. On y voyait un type étrange vêtu d'un costume ancien auquel il manquait une manchette. Un taxi manqua de le renverser et il ne réagissait même pas. Ryan manipula la vidéo pour la montrer sous un autre angle, où le visage de l'homme était plus visible. Et là, apparut sous leurs regards médusés, un zombie.
Ryan mit le film en pause. Castle était ravi, Beckett avait le teint de plus en plus verdâtre et Esposito s’était figé.

- Mes amis, dit Castle en montrant le visage de l'homme sur l'écran. Ça, c'est un zombie!

Il quitta la salle de travail, laissant derrière lui les trois policiers toujours figés sur l'écran et annonça bien fort à tout le poste :" Notre tueur est un zombie!"

Il tapa dans la main d'une femme qui passa sur son chemin, fier de son effet, avant d'être bousculé par Beckett, qui se précipitait vers les toilettes.

- Qu'est ce qu'elle a? Demandèrent les gars en s'approchant de Castle.

- Peut être qu'elle aussi se transforme en zombie, suggéra Ryan.

- N’importe quoi Ryan, grogna le latino en jetant un regard affligé à son collègue.

- En tout cas, elle en attrape le teint, grimaça Castle se sentant coupable.

 


Minefuji  (01.10.2014 à 17:24)

Chapitre cent dix-sept

- On devrait peut-être aller voir un médecin, suggéra Castle qui se tenait dans l'encadrement de la porte de la salle de bain.

- Mais non... Ça va, marmonna Kate.

- Tu t'es regardée dans le miroir? Parce que là, tu n'es pas crédible!

- C'est rien.

- Rien? C'est la troisième fois de la soirée que tu vomis!

- J'ai sans doute mangé quelque chose qui ne passe pas, répondit Kate. Et comme disais ma mère, il faut seulement que ça sorte.

- Tu me rappelles la profession qu'exerçait ta maman? Pas que je veuille lui manquer de respect, mais le cursus médical dans les études de droit est plutôt succinct...

- Ma mère était une maman, Castle. Les mamans soignent tellement de petits bobos, qu'elles finissent par devenir de parfaites assistantes médicales à domicile.

- D'accord, soupira Castle en quittant la pièce. Je te prépare une boisson?

- Un verre d'eau, s'il te plaît.

- Katherine est malade? Demanda Martha en voyant son fils revenir dans la cuisine.

- Elle est tellement verte, qu'on pourrait la confondre avec notre suspect.

- Votre suspect?

- Un zombie.

- Oh!

- C'est ma faute, j'aurais dû vérifier la date des œufs...

- Tu es peut être responsable, mais pour une autre raison...

- Il y avait d'autres aliments périmés dans le réfrigérateur? S'affola Castle en se précipitant vers l'appareil.

- Richard, je ne parlais pas d'intoxication alimentaire...

- Tu crois que ce sont des nausées matinales? Demanda Castle en ressortant aussitôt sa tête du réfrigérateur.

- Dans nausées matinales, il y a matinales, Castle! Il est presque vingt heures, intervint Kate qui revenait des toilettes. Je ne suis pas enceinte.

- Qu'en sais-tu? Techniquement c'est possible... Tu as fait un test?

- ...

- Ah! Tu vois?

- Tu élimines un peu trop vite la guimauvelette de l'affaire, Castle, rétorqua Kate.

- La guimauvelette!? S'offusqua Castle.

- Je suis flic Castle, c'est mon métier de savoir ce qu'on veut me cacher et puis j'ai trouvé la boîte d'œufs dans la poubelle.

- Touché, admis Castle. Mais à ton tour, admets que l'autre option est possible...

- ... Je ne suis pas enceinte, Castle! Andréa à tout juste six mois!

- Ma grand-tante Célia a eu deux enfants nés à seulement dix mois d'intervalle, fit remarquer Martha.

- ... Je ne suis pas enceinte. C'est la guimauvelette! Asséna Kate avant de quitter la pièce.

- Il lui faut un peu de temps pour se faire à l'idée, assura Castle un grand sourire dessiné sur le visage.

- Ne t'emballe pas trop vite, tu l'as peut être vraiment empoisonnée avec ta mixture avariée.

- Merci mère, grommela Rick, j'ai toujours apprécié le fait que tu m'aides consciencieusement à garder les pieds sur terre...

- Je t'en prie, c'est mon rôle de mère.

Le lendemain matin, Castle retrouva de nouveau Kate penchée au dessus des toilettes.

- Là, tu ne peux pas nier que ce sont des nausées matinales, remarqua-t-il.

~~~~~~~~

- Je serai toi, j'éviterais la salle de bain, annonça Castle en arrivant près de sa mère dans la cuisine.

- Qu'est ce qu'il t'es arrivé?

- C'est de la mousse à raser... Kate est légèrement susceptible...

- On l'est tous, quand on est malade, tu devrais la ménager, conseilla Martha.

- Je sais... Mais elle est tellement marrante quand elle est en pétard...

- Elle va quand même aller travailler?

- On a une affaire en cours, tu peux être sûre qu'elle va y aller, répondit Castle en souriant.

- Eh bien, ça a plutôt l'air de te réjouir, dis-moi, remarqua Martha. Tu ne devrais pas plutôt lui conseiller de se reposer?

- Avec mon passif, je ne peux pas vraiment me permettre de lui faire une scène parce qu'elle ne se ménage pas! Et en plus de ça, notre nouvelle affaire est plutôt géniale. Je n'ai qu'un mot pour toi, Mère... Zombie.

- J'ai mis trop de maquillage?

- Tu es ravissante. Je parle de notre victime massacrée par un affreux mort-vivant, donc je veux dire littéralement : ... un zombie! Des caméras de surveillance l'ont filmé dans toute sa gloire de putréfaction.

Martha sourit et profita de l'occasion pour l'attirer près de l'i pad posé sur la table du salon. Rick s'étonna d'y retrouver un capteur de son jeu de laser. Ce fut alors qu'Alexis descendit en rappel de l'étage supérieur et marqua un nouveau point dans leur duel ancestral.

- Ah ah ah! Tu as été dupé par ma petite mise en scène l'autre jour et maintenant tu es tombé droit dans mon piège! Lança Alexis dans un rire diabolique.

- Vous allez payer chèrement pour votre trahison, répliqua Castle avant de se tourner vers Martha. Et toi mère, pour m'avoir attirée ici!

- Pourquoi, je ne vois pas ce que tu veux dire, répondit l'actrice d'un air innocent.

- Ah. Tu es bien ma fille, sourit fièrement l'écrivain.

Alexis rit et se décrocha de sa corde d'escalade.

- Alors, c'est quoi cette histoire de zombie? Demanda-t-elle.

- C'est Kate, qui a décidé de se rendre encore plus désirable en en devenant un, répondit Castle.

- Oh! Ça c'est pas très sympa. Pauvre Katherine, dit Martha compatissante.

- Qu'est ce que c'est que cette histoire? Demanda Alexis.

- Ton père se moque de Katherine qui est assez malade depuis hier.

- C'est pas sympa, approuva Alexis. Tu pourrais compatire et être aux petits soins pour elle au lieu de la comparer à un zombie.

- Mais je suis aux petits soins! C'est juste que je trouve que son teint verdâtre suit parfaitement avec notre nouvelle enquête où le tueur est un zombie!

- Un zombie?!

- Ouais! C'est trop cool, non?

- Tu sais que si Kate est malade, tu devrais peut être y aller molo avec tes histoires de zombie... Elle n'a sans doute pas l'énergie pour supporter tes excentricités.

- Surtout que c'est toi, qui est responsable de son état, sourit Martha.

- Son état? Elle est...? Commença Alexis.

- Pas du tout! Répondit Kate en arrivant dans la pièce en tenue de sport. C'est la guimauvelette de ton père, qui est responsable de ça.

- Meuh non! Où vas-tu? Demanda Rick.

- Courir dans le parc avec Cosmo.

- T'es sérieuse? Avec ce zombie qui erre dans New York?

- Il n'y a pas de zombie! Et je t'interdis de dire qu'il y en a un qui se tient devant toi en ce moment, avertit-elle alors que Rick ouvrait la bouche pour répondre.

- D'accord... Murmura-t-il.

 

Lorsqu'ils arrivèrent au poste, deux heures plus tard, Ryan leur annonça que Charlie refusait de quitter le poste, tant que le zombie serait dans la nature.

- Il ne partira pas? répéta Beckett.

- Charlie est plutôt convaincu par toute cette histoire de zombie.

- Ouais, mais c'est juste ... c'est ridicule.

- Vraiment? Intervint Castle. Charlie n'a pas eu tort jusque-là. Peut-être que notre tueur est le patient zéro, qu'il erre en ce moment dans les rues de New York, montant une armée de morts-vivants.

- Castle, ce que nous recherchons n'est pas un zombie, mais un criminel très intelligent qui a tué David Locke et il est en train de faire passer notre seul témoin pour un fou. Il s'est aussi habillé avec un costume et du maquillage pour cacher son identité.

- Sauf s'il n'est ni maquillé, ni costumé ... Répliqua l'écrivain.

Kate lui jeta son regard, peut être qu'elle aurait dû le faire mariner un peu plus longtemps...

- Moi je trouve qu'il a l'air d'être un vrai zombie, tenta Ryan.

Kate déplaça son regard vers Ryan.

- Un vrai zombie? Répéta Esposito. Je suis gêné pour toi, vieux.

Ryan haussa les épaules et Esposito s'éloigna.

- D'accord, soupira Beckett, dans ce cas explique-moi pourquoi un zombie s'en prendrait à un trader, à 4h du matin, dans un parking?

Le regard de Ryan passa de Beckett à Castle.

- Ça c'est facile, dit Castle en regardant l'irlandais avant de se tourner vers Beckett. Plus la victime est intelligente, plus le cerveau est goûtu.

Kate roula des yeux et passa devant eux.

- Donc, revenons-en aux faits, qu'est-ce que tu as trouvé avec l'enquête de voisinage? Demanda Kate à Esposito.

- Nada. Il n'y a qu'à New York qu'un gars peut se déguiser en zombie et se balader dans la rue sans se faire remarquer.

- J'ai trouvé un trou énorme dans la chronologie précédent le meurtre, annonça Ryan.

- Comment ça?

- Eh bien, selon le portier, la victime est sortie de son appartement à 2h du matin et il n'est jamais revenu.

- Il a été tué à 4h du matin. Alors que faisait-il pendant ces 2 heures?

- Aucune idée, mais il était en voiture. Sa carte de crédit montre qu'il a fait le plein sur Houston à 02h44, répondit Ryan.

- Bon, essayons de voir où il allait. Une personne aurait pu le suivre dans le parking, lança Kate.

- Ou un zombie, compléta Castle.

- Je vais vous dire où il allait, répondit Esposito. Plan cul! Les gars du labo ont récupéré un texto qu'il a envoyé à une fille le soir de sa mort. Il voulait un rencard avec elle.

Castle essaya de prendre un air choqué.

- Et elle a un nom? Demanda Kate.

- Greta Mastroianni!

L'interrogatoire de Greta leur donna un suspect avec un bon mobile: son fiancé, qui avait découvert cette liaison peu avant le meurtre.
Ils interrogèrent donc ce nouveau suspect, mais il s'avéra qu'il avait un solide alibi. Ce qui ennuya profondément Kate.

- L'alibi de Tom tient la route, soupira-t-elle après vérification. Il était à la bibliothèque de la fac entre 3 et 6 heures, soupira Kate. Je pensais vraiment que c'était notre homme. Ce n'est pas comme si David Locke avait d'autres ennemis... On a déjà confirmé ça avec ses amis et collègues.

- Et pour ses amis et des collègues morts récemment? Demanda Castle.

Elle le fusilla du regard.

- D'accord. Bon, quel que soit ou qui que ce soit, peut-on au moins admettre qu'il ressemble à un zombie, s'habille comme un zombie et agit comme un zombie?

- Et ça nous aide comment?

- Pour l'instant on recherche un mobile classique, mais notre tueur n'est pas guidé par la vengeance, la cupidité, ou le pouvoir. Non, pas s'il pense qu'il est un zombie.

- Donc, si je suis ta pensée, son mobile serait un besoin primitif de tuer?

Castle hocha la tête.

- Peu importe la victime, il tue au hasard? Continua Kate.

- Précisément.

- Alors, comment proposes-tu de trouver un tel meurtrier dans une ville de 8 millions d´habitants?

Ryan s'approcha et suggéra de chercher dans les endroits où la victime s'était rendue au cours des deux heures durant lesquelles elle avait disparue, en l'occurrence, une usine fermée depuis un an.

- En route, Castle! Lança Kate en attrapant sa veste.

Beckett et Castle sortaient du bâtiment désaffecté. Il faisait sombre et l'endroit semblait désert.

- Eh bien, on sait maintenant qu'il s'agit bien d'une usine abandonnée, située dans un coin perdu...

Un bruit étrange attira l'attention de Castle. L'allée était effrayante.

- Ton imagination prend le dessus, Castle? S'amusa Kate.

- Non, bien sûr que non. J'aurais aimé plus de résultats, c'est tout...

Il regardait autour de lui, essayant de donner un sens à chaque bruit qu'il entendait.

- La chose que je ne comprends pas, c'est pourquoi un trader comme David Locke est venu ici... Réfléchit Kate en ignorant les sursauts de Rick à chaque son. Ça n'a tout simplement pas de sens.

- Sauf s'il avait un côté obscur qu'on ignorait....

- Comme quoi?

- Selon moi, les gens normaux ne viennent pas dans des endroits comme celui-là à deux heures du matin. En fait, je pense que j'en ai assez vu, pas toi?

Kate s'arrêta.

- Une minute. Tu as entendu ça?

- Je ne vais pas me faire avoir, ricana-t-il.

Il commença à marcher à nouveau, mais elle attrapa son bras.

- Non, non, non. Je suis sérieuse. Écoute.

- ... Des bruits de pas?

- Ouais.

Elle écouta plus attentivement.

- Beaucoup même...

À ce moment là, une femme arriva en courant et en hurlant. Castle sursauta une nouvelle fois.

- Ils sont après nous! Ils sont après nous!

Elle ne s'arrêta pas et passa juste devant eux.

- Quoi? Qui? Demanda Rick.

Un homme passa à son tour devant eux, en criant lui aussi:

- Ils arrivent! Ne restez pas là! Courrez!

- Qu'est-ce qui se passe? Demanda Kate.

Ils se tournèrent vers l'endroit d'où les gens venaient, mais ils ne pouvaient pas voir ce qui les effrayait à ce point. Castle se figea soudain, un groupe de zombies se dirigeait tout droit vers eux. Kate se plaça devant lui et sortit son arme.

- C'est... c'est un... c'est une horde de zombies.

- Les zombies n'existent pas, lui rappela Kate.

- Pas besoin de te dire de viser la tête.

Elle tint sa position. Castle regarda derrière eux, un autre groupe de zombies s'approchait d'eux par derrière aussi désormais.

- Kate! Derrière nous. Nous sommes encerclés. Oh mon Dieu, oh mon Dieu, regarde ça! Tu n'as pas assez de balles.

Elle regarda autour d'eux. Il avait raison, ils étaient entourés et les zombies se rapprochaient.

- C'est l'apocalypse des zombies! Cria Castle.

Kate ne savait plus que penser c'était la confusion complète et les zombies se rapprochaient d'eux.

- Passe derrière moi, dit courageusement Castle. Nous allons devoir nous battre pour s'en sortir... Euh ... Bon... Eh bien... Ça c'est pas cool du tout!

- Ça ne peut pas être réel! Se reprit Kate en levant son arme un peu plus haut. Eh! Je suis de la police! Ne bougez plus! Maintenant!

Les zombies s'approchèrent encore de Castle, assez près pour le toucher.

- Et arrêter de faire semblant d'être des zombies! ajouta Beckett haut d'une façon qu'elle espérait convaincante.

La horde de zombies ralentit légèrement. Le zombie qui menait l'assaut redressa.

- Hé, hé, hé, hé. Relax. On est que des zombies en chasse ici!

Kate abaissa son arme légèrement et Castle se tourna vers lui.

- Vous êtes quoi?

- Des zombies en chasse. C'est comme un jeu de rôle grandeur nature. Nous nous habillons comme des zombies et nous chassons les normaux.

Castle regarda derrière lui et vit la femme et l'homme qui avaient fui devant eux plus tôt.

- Ouais, ouais, on les attrape, on les transforme et ils deviennent des zombies, aussi. Regardez, si c'est parce que nous n'avons pas eu un permis...

- Non, ce n'est pas... Vous venez tous avec moi. Maintenant! Ordonna Kate en réprimant un haut le cœur.

Le groupe de zombies gémit.

- Comment se fait-il que je ne sois pas au courant? S'offusqua Castle en se dirigeant vers l'un des zombies. C'est exceptionnel. Vous faites ça vous même?

Le zombie hocha la tête et Castle commença à inspecter son maquillage. Beckett fit un bruit dégoûté et se détourna.

- Hiiiiiieeeeeeerkkkkk! Geignirent les zombies tandis qu'elle déversait le contenu de son estomac à leurs pieds.

- Ouh là... Dit Castle en se tournant vers elle. Bon... Les gars... Soyez gentils... Rendez vous au douzième poste de police, on vous rejoint dès que possible.

                                       **********

Des policiers interrogeaient des zombies éparpillés dans chaque coin du poste. Castle observait avec amusement ce tableau plus que cocasse.

- Être un fan de l'univers zombie, je comprends. Mais de là à vouloir être un zombie? Regarde ce gars-là. Qui voudrait vivre dans un tel état de délabrement? Être un vampire, ça, je comprends. C'est la voie romantique vers l'immortalité...

Beckett n'écoutait pas vraiment ce qu'il disait. À moitié pliée en deux, elle fixait un point dans le mur devant elle pour essayer de contenir ses nausées, avant de jeter un nouveau regard vers les zombies à la recherche d'un qui corresponde au tueur.

- En parlant de monstres, aucun de ces zombies correspond à la photo de notre tueur... Marmonna-t-elle.

- Peut-être qu'il essaie un nouveau look... Comment tu fais pour remarquer ça alors que tu fixes le mur depuis qu'on est rentré?

- Castle... Soupira Kate.

- Tu veux rentrer?

- Non, je veux attraper ce tueur...

- On va l'avoir, assura Castle. ... Dis-moi, si tu pouvais être n'importe quelle créature surnaturelle, laquelle serais-tu?

- Van Helsing, sans aucun doute, répondit Kate.

- Le chasseur de monstres... Logique.

- Ouais et si le monstre que nous chassons se trouve dans cette salle, je l'attraperai. Crois-moi, affirma-t-elle avant de se précipiter vers les toilettes.

Durant l'interrogatoire des organisateurs de la chasse des zombies, Kate avait presqu'autant de mal à se concentrer que le "zombie" visiblement sous influence. Ils sortirent tout de même de la salle d'interrogatoire avec un nom à mettre sur le visage du tueur.
Les gars allèrent l'arrêter, permettant ainsi à Kate de se reposer un peu et Castle alla à la pharmacie chercher un remède contre ses nausées.

- Hey! Lança Castle pour s'annoncer en entrant dans la salle de repos où il trouva Kate étendue sur le canapé, un bras replié sur ses yeux.

Elle enleva son bras et tourna la tête vers lui.

- Tu as pu te reposer?

- Mhmm.

- Tiens, dit-il en lui tendant un paquet. Le pharmacien a dit que ça devrait te soulager.

- Merci.

- Et j'ai acheté ça, aussi.

- Un test de grossesse?

- Je sais bien que tu n'y croies pas, mais...

- D'accord... On le fera ce soir.

- Il paraît que c'est plus efficace le matin.

- On le fera demain matin dans ce cas...

- Kate...

- Oui?

- ... Non... Non... Rien...

Le portable de Kate annonça un message.

- Qu'est ce qu'il se passe? Demanda Castle.

- Notre tueur... Il est mort.

- Normal, c'est un zombie!

- ...

- Désolé, ça m'a échappé...


Ils se rendirent donc à la morgue où Perlmutter s'apprêtait à commencer l'autopsie.

- Avons-nous la cause du décès? Demanda Kate.

- Je suppose que par «nous», vous parlez de moi. J'aurai des réponses après l'avoir découpé, répondit le légiste.

- Charmant.

- Nous sommes tous de la viande, Castle. Il faut vous y faire... Ce que je peux vous dire, c'est que ses dents correspondent aux marques de morsure et le sang sur ses vêtements provenaient de la victime. Kyle Jennings est votre tueur.

- Mais la question est, qui l'a tué? Compléta Beckett.

- N'est-ce pas toujours la question? Demanda Perlmutter en préparant une seringue qu'il s'apprêtait à enfoncer dans le bras de Kyle lorsque Castle l'arrêta.

- Ah ...

- Qu'est ce qu'il y a Castle?

- Non, je me ... demandais. Avant que cet homme ne meurt, il se comportait exactement comme un zombie. Est-il possible de déterminer s'il... En était bien... un?

Kate secoua la tête.

- Pourquoi... pourquoi est-il dans ma morgue? Râla Perlmutter. Il n'y a pas de zombies, Castle. Il s'agit d'un homme. Il était vivant, et maintenant c'est un homme mort. Fin de l'histoire!

Mais lorsque le légiste enfonça l'aiguille dans le bras de Kyle et que celui-ci ouvrit les yeux et sauta de la table, Castle se dit que sa question n'était pas si dénuée de sens que ça.
Kate sortit son arme et se précipita à la poursuite du zombie, criant à Castle d'appeler des renforts.

- Comment... , comment puis-je -?

- Faites le 9

- 9 ... Euh... Y at-il un code de police pour zombie en cavale?

 

De retour au poste, Ryan bougonnait, affirmant que Kyle était mort, tandis qu'Esposito le taquinait gentiment.

- Je vous le dis, ce gars était mort.

- Rappelle-moi de ne jamais m'étouffer devant toi, railla Espo.

- Hey! Tu as vérifié aussi. Tout comme les ambulanciers.

- Whoa, vous les gars. Je suis sûr qu'il y a une explication médicale, intervint Kate.

- Oh ... il y a une explication, répliqua Castle.

- Autre que celle-là, contra Beckett.

- Tu étais là. Tu l'as vu! Il est revenu d'entre les morts!

- Il n'est pas revenu d'entre les morts, Castle, puisqu'il n'était pas mort!

- C'était un zombie! Et je n'en reviens toujours pas que tu te sois précipitée à sa poursuite sans réfléchir.

- Je ne crois pas aux zombies, Castle et c'est pas un gars déguisé qui va me faire peur!

- C'est pas un zombie, Castle, appuya Esposito. C'est juste un meurtrier.

- Eh bien, quel était son mobile, détective Esposito? Demanda Castle.

- ...

- Kyle vendait des assurances, expliqua l'écrivain. Il n'avait pas de casier judiciaire, il n'y a aucune preuve qu'il connaissait notre victime.

- C'est un tueur humain, avec un mobile humain, dit Beckett.

- Ou bien, c'est un tueur zombie avec un mobile zombie.

Kate lui adressa un regard incrédule et lui donna une tape sur la tête avant d'aller répondre au téléphone.

Castle se pencha vers Ryan et chuchota :

- Cerveaux savoureux...

- Dites, Castle, vous y croyez vraiment à tous ces trucs de zombies? demanda Ryan. Parce que je jurerais sur la tête de Jenny que Kyle Jennings était mort.

Castle lui tapa sur l'épaule.

- Non, vous savez en quoi je crois? Demanda Castle. Faire tourner Beckett en bourrique.

Ryan sourit et Castle reçut un projectile en pleine tête.

- Eh bien, elle est à cran, constata Ryan en regardant dans la direction d'où venait le projectile.

- Les hormones.

- Ce ne sont pas les hormones! Ce sont les bactéries! Grommela Kate en revenant vers eux.

- Alors il vaudrait mieux aller voir un docteur, parce qu'au rythme où tu te vides, ça dépasse la simple intoxication alimentaire...

- Et bien sûr ça serait mieux si je me vidais en attendant un enfant?

- Non... Tu as raison... Mais ça serait plus prudent de savoir pourquoi tu es malade comme ça.

- Eh bien on verra ça demain matin. En attendant, Kyle est réveillé.


L'entretien avec Kyle fut difficile, il ne ressemblait pas vraiment à un tueur sociopathe et n’avait aucun mobile pour le meurtre. Mais l’arrivée de Perlmutter permit d’éclairer l’affaire sous un jour nouveau, lorsqu’il leur rapporta qu’il avait retrouvé des traces de scopolamine dans le sang de Kyle.
Ce produit aurait pu faire de lui l’arme idéale pour quelqu’un qui voudrait commettre un meurtre sans se salir les mains. Ils revinrent donc sur la trace du seul suspect ayant un mobile valable : le petit ami de Greta Mastroianni. Malheureusement celui-ci était coriace et ils ne parvinrent pas à établir des preuves solides pour étayer leurs accusations.
Assis sur le bureau de Beckett, les Castle regardaient le murder board.

- Il a raison. Nous n'avons rien, soupira Kate.

- Rien est un mot un peu fort, non ?

- La seule personne qui peut relier Tom au meurtre est Kyle et il ne se souvient de rien. Et en plus de tout cela, les preuves démontrent que seul Kyle a commis l'assassinat.

- Eh bien, quand tu le dis comme ça ... oui, ça parait un peu sombre… Mais c’est parce que tu es malade, donc je te pardonne.

- Peut-être c’en est un... Ce que craignent tous les flics de la criminelle… Le meurtre parfait.

-Non. Ce n'est pas le crime parfait. Ça ne peut pas l’être.

- ça arrive.

- Pas pour moi. Non, sauf si c’est moi qui l’écris. Il nous manque quelque chose.

Castle réfléchit un instant et suggéra une mise en scène pour attaquer le fiancé de côté.
La mise en scène qu’il proposa fonctionna parfaitement et finalement, ils obtinrent des aveux après une performance mémorable de Castle en zombie.
L’affaire bouclée et le méchant derrière les barreaux, monsieur et madame Castle rentrèrent chez eux. Kate, épuisée, s’endormit rapidement.
Elle se réveilla assez tôt le lendemain et déballa le test qu’elle gardait dans son sac à main depuis la veille. Une fois son affaire faite, elle rejoignit Castle dans le lit.
- Tu l’as fait ? demanda-t-il encore ensommeillé.
- Oui. Il faut attendre un peu.
- Ça n’a pas l’air de t’emballer.
- …
- Tu ne serais pas heureuse d’avoir un autre enfant ?
- …Et si quelque chose n’allait pas ?
- A cause de tes nausées ? Ça arrive à beaucoup de femmes, tu sais.
- …
- Kate…
Elle sourit doucement.
- Je sais… mais je me sens tellement mal, que je n’arrive pas à me dire que mon état est lié au bonheur que ça serait d’être une nouvelle fois maman.


Minefuji  (03.10.2014 à 21:29)

Chapitre cent dix-huit

- Je sais… mais je me sens tellement mal, que je n’arrive pas à me dire que mon état est lié au bonheur que ça serait d’être une nouvelle fois maman.

Rick posa tendrement sa main contre la joue de Kate.

- Tu te sens si mal que ça?

- Quand tu dis que je ressemble à un zombie...

- À ce point là?

- Je ne voulais pas t'inquiéter, mais ...

- Je t'aiderai à surmonter l'épreuve des nausées.

- Je sais que tu le feras, sourit faiblement Kate.

- Je crois que le temps d'attente est terminé, annonça Rick en jetant un œil à sa montre. Ne bouge pas, je vais le chercher.

- Tu vas regarder avant moi!

- Je te promets que je ne regarderai pas avant d'être revenu à tes côtés.

Il quitta la pièce. Kate posa une main sur son ventre et sourit. L'idée commençait à faire son chemin et même si elle trouvait que c'était encore un peu tôt, elle était heureuse.
Un grand bruit dans la salle de bain la fit sursauter. Elle leva les yeux au ciel. Rick avait encore dû céder à la curiosité.
La porte de la salle de bain s'ouvrit à la volée et un tourbillon de poils passa en trombe devant elle.

- Cosmo! Cria Rick. Méchant chien! Reviens ici tout de suite!

- Qu'est ce qu'il se passe? Lui demanda Kate alors qu'il se précipitait hors de la salle de bain.

- C'est Cosmo! Il a pris le test!

- Quoi!?

- Ton test! Il a dû penser que je voulais jouer, il l'a attrapé avant moi et il est parti!

- Non, mais c'est pas vrai, il n'y a qu'avec toi que ce genre de trucs arrive!

- Je vais le récupérer, ne t'en fais pas.

- J'y compte bien! Je n'ai plus envie de faire pipi là, alors si tu veux savoir, il va falloir payer de ta personne.

- Payer de ma personne?

- Ton chien est devenu une boule de muscles de vingt-cinq kilos. Tu as déjà essayé de lui prendre un jouet?

- Non... Quand il veut jouer, il le dépose à mes pieds.

- Et quand tu veux jouer avec lui, cette grosse bourrique garde jalousement son jouet.

- Ne t'en fais pas, je suis le DG !
- … ?
- Dog Whisperer! Assura Rick en se dirigeant vers le salon.

- C'est ça... Oh... Je n'imagine pas l'état dans lequel on va retrouver ce test, soupira Kate.


Deux passages au dessus de la cuvette plus tard, Kate était installée dans le canapé avec Andréa.
Rick se tenait à quatre pattes, une friandise à la main et tentait de distraire Cosmo afin de récupérer le test.

- Tu le trouves marrant ton papa? Oui, moi aussi je le trouve marrant, chuchotait Kate en cajolant sa fille.
- Je croyais que tu étais le DG ? Se moqua Kate.
- Ce chien est sourd ! Allez Cosmo, sois gentil, donne le moi… Non, je ne veux pas de ta balle…

Alexis arriva à ce moment là et rit devant le spectacle qu'offrait son père.

- Qu'est ce qu'il a encore fait?

- Il a manqué de vélocité face à Cosmo. Il essaye de récupérer un objet important.

- Ouch! Et ça fait longtemps qu'il a commencé ce duel avec Cosmo?

- Ça fait un bon moment, oui, mais ça fait rire Andréa...

- Si ça fait rire la puce alors... Sourit Alexis.

- Et toi, dis-moi, tu as pris une décision? Demanda Kate en invitant Alexis à s'asseoir auprès d'elle.

- J'ai choisi d'écouter mon cœur, j'irai à Columbia.

- Oh, c'est un choix risqué, tu ne voulais pas t'éloigner pour avoir ton indépendance? Demanda Kate en montrant Rick du regard.

- Je lui en ai parlé longuement et il a promis de faire des efforts et de ne pas débarquer sur le campus trop souvent.

- Je veillerai à ce qu'il tienne sa promesse dans ce cas, promis Kate. Et toi, promets de venir nous voir régulièrement.

- C'est promis.

- Ah! Ah! Ahhhh! Tu es tombé dans mon piège, Cosmo! S'écria Rick en brandissant fièrement le test.

- Wouf!

- Pas la peine de râler, mon vieux, tu t'es fait avoir, répliqua l'écrivain.

- Qu'est ce que c'est? Demanda Alexis. Non... Ne me dis pas que c'est...

- ... Mon test de grossesse, c'est bien ça, répondit Kate.

- Alors?... Quel est le résultat?

- ...

- C'est négatif? C'est ça? Demanda Kate déçue.

- Non...

- C'est positif! Se réjouit Alexis.

- Non plus...

- Quoi?!

- Bah... Cosmo l'a tellement mordillé qu'il est illisible.

- Beurk, grimaça Alexis.

Kate lui mit Andréa dans les bras et se précipita hors de la pièce.

- Pffff... Il va falloir attendre demain matin pour être fixé, marmonna Rick.

- Ouais, bah en attendant, tu devrais aller t'occuper de Kate, suggéra Alexis.

- Tu as raison! Je vais lui apporter ses médicaments.

**************

Le soleil commençait tout juste à pointer à travers les fenêtres du loft. Il était tôt, mais Alexis était déjà attablée et entourée de piles de livres et griffonnait un morceau de papier.

- Soit c'est le rêve le plus banal que j'ai jamais fait, dit Rick en s'asseyant en face d'elle, soit tu ne pouvais pas dormir non plus.

- Des rêves comme ça, moi j’appelle ça des cauchemars ! Soupira la jeune fille. Et toi? C'est quoi ton excuse?

- Aucune. Je n'arrivais plus à dormir et Kate est impossible à réveiller...

- Ses nausées l'épuisent, laisse-la se reposer.

- Ouais, mais j'ai tellement hâte qu'elle fasse le test...

- C'est de ta faute, si vous n'avez pas eu le résultat hier matin, alors un peu de patience!

- Tu as raison. C’est ton discours de remise de diplôme qui te tourmente ?

- C'est l’occasion de dire quelque chose d'important, qui vaut la peine ! Je ne veux pas le bâcler et je sens que je n’ai rien à dire !

- Oui, peut-être comparé aux textes sacrés qui ont marqué l’histoire du genre humain... ou au discours de Churchill à Harrow ou à celui de Steve Jobs à Stanford, reconnut-il en regardant les livres qu'Alexis avait posés sur la table. Euh... Tu devrais peut-être prendre des modèles de discours moins impressionnant, comme ceux dans « N’oublie jamais » ou « Twilight » !

- Ca ne devrait pas être si difficile ! Soupira Alexis.

- Euh tu sais, les choses qui valent le plus la peine dans la vie sont souvent celle qui donnent le plus de fil à retordre. Par exemple...

- Salut vous deux... Dit la voix ensommeillée de Kate.

- Wohh! C'est ce qu'on appelle être connectés, dit Castle en prenant sa femme dans ses bras pour l'embrasser.

- On a une affaire, annonça Kate.

- Euh... Tu n'as pas envie de faire pipi avant? Demanda Rick.

Kate sourit et leva sa main droite devant lui, pour lui montrer l'objet qu'elle tenait.

- Tu as fait le test?

- Oui.

- Et tu as regardé le résultat?

- Pas encore, je voulais le faire avec toi.

- Alors qu'attendons-nous?

Elle tourna l'objet dans sa main, dévoilant ainsi le résultat.

- ...

- Alors? Demanda Alexis au bout d'un silence qu'elle jugeait beaucoup trop long.

- Tu vas avoir un petit frère... Murmura Rick la voix pleine de trémolos.

- ... Ou une petite sœur, continua Kate.

- Oh, non, ça va être un garçon cette fois ci, il faut rétablir l'équilibre!

- C'est génial! Félicitation à tous les deux! S'écria Alexis. J'ai bien fait de choisir Columbia, je pourrais venir le voir dès qu'il pointera le bout de son nez.


Minefuji  (04.10.2014 à 20:26)

Chapitre cent dix-neuf


Suspendue au dessus du vide, se raccrochant à la vie à la seule force de ses bras, Kate se battait pour remonter sur le toit, en vain. Elle regarda devant elle, puis jeta un œil vers le bas. Il y avait au moins dix étages... Et un sol en béton pour la réceptionner. Elle tenta de bouger, de trouver un rebord, de se hisser, mais elle glissa à nouveau et lâcha une main. Sa vieille blessure se rappelait encore à son bon souvenir... Une voix résonna au loin, sa voix.
- Kate!
- Rick! Je suis ici!
Sa voix était étouffée par l'effort qu'elle faisait pour ne pas lâcher.
- Kate, tiens bon!
Sa main glissa et lâcha le bord.
- Non!!!!!!

                                                               ~~~~~~~~~~~~~~~~~~~


Trois jours plus tôt


- Bien sûr, que tu ne comprends pas pourquoi elle prend son discours de fin d'études au sérieux. Tu devais faire partie de ceux qui ne portaient qu’un caleçon sous leur toge !
- C'est insultant! S'offusqua Castle. Si tu veux le savoir, j'étais nu en dessous!
- Oh, je suis désolé. Je me suis trompée.
- Alors, monsieur le père de la diplômée as-tu finalement réussi à te décider sur la façon dont tu vas noyer ton chagrin? Sourit Kate.
- Oh oui, j'ai déjà un plan pour noyer mes peines, après la cérémonie. Ma mère s'en va dans les Hamptons, Alexis sera à sa fête toute la nuit. Et après avoir réussi à endormir notre cher petit ange avec une sélection spéciale gros dodo à poings fermés, je vais m'enfermer dans ma chambre avec ma femme et le meilleur champagne qu'on puisse trouver et lui faire l'amour toute la nuit... Enfin... Si elle quitte les toilettes suffisamment longtemps.
- Mhmm! Charmant programme! Mais tu devrais éliminer le champagne, n'oublie pas que nous sommes enceinte!
- Je boirai pour nous deux.
- Une coupe, pas plus. Je n’ai pas envie que tu ronfles comme un sonneur et que tu ne tiennes pas ta promesse.
Elle sourit et reprit son chemin vers la scène de crime, tandis qu'il l'admirait rêveusement.
- Alors tu viens ? Demanda-t-elle en se retournant.
- Oh oui, je te suis ! Répondit-il en souriant et la rejoignant.
- Salut, lança Esposito qui se tenait devant le corps.
- Qu’est-ce qu’on a ? Demanda Beckett.
- Un latino, 25, 30 ans, un chauffeur de taxi a repéré son corps il y a, à peu près une heure et a appelé la police ! Expliqua Esposito.
- Et on a une identité ?
- Non, rien dans ses poches, on vérifie ses empreintes, d’après la traînée de sang derrière lui, on lui a tiré dessus avant qu’il entre dans la ruelle !
Lanie était déjà là et examinait le corps, qu'ils avaient déplacé sur une civière.
- Salut Lanie!
- Salut ma grande! Dis donc, il va falloir que tu penses à aller voir un médecin, tu as une sale mine!
- C'est ce que je me tue à lui dire, dit Castle.
- Ça va... Soupira Kate en adressant un regard agacé à Rick.
- Tu devrais l'écouter de temps en temps, conseilla la légiste. Tu as perdu combien?
La remarque de Lanie interpella Rick qui observa Kate.
- C'est vrai ça, tu as perdu du poids...
- Ça arrive, rétorqua Kate agacée d'être ainsi passée au scanner.
- Combien tu as perdu? Insista Lanie.
- Oui, combien? Appuya Rick.
- J'n’en sais rien! Vous savez que je ne passe pas mon temps à me peser!
- On vérifiera ça ce soir, assura Rick à la légiste.
- Et si elle a perdu, ce que je crois, plus de trois kilos, promets-moi de la traîner chez le médecin.
- C'est promis!
- Bon, et si on revenait à notre victime? Demanda Kate agacée.
- On lui a tiré dessus dans l'épaule avec ce qui ressemble à un 357, mais le coup mortel a été tiré à bout portant à la façon d’une exécution avec un 9 mm, expliqua Lanie, qui ne voulait pas braquer son amie.
Elle pointa vers le trou de balle dans le front.
- Deux armes, donc peut-être deux tireur ? Suggéra Kate. La scientifique a pu remonter jusqu’à l’origine de la traînée de sang ?
- Elle commence au coin de la ruelle, mais on ne sait pas où la fusillade a eu lieu, on cherche encore ! Répondit Esposito.
Kate regarde autour de lui.
- C’est un quartier mal famé. Une agression qui a mal tournée peut-être?
- C’est possible, admit Lanie. Les traces sur son épaule indiquent qu’il portait quelque chose de lourd. Je dirais dans les treize kilos au moins... Je vois même des traces lambeaux de peau sous ses ongles, je pourrais en extraire l’ADN mais j’en saurai beaucoup plus une fois que je l’aurai autopsié !
- Euh... ses poches sont peut-être vides, mais on dirait qu'il avait quelque chose dans sa chaussure ! Remarqua Castle.
Beckett souleva le bas du pantalon et trouva une pochette en cuir avec des outils en métal.
- Des crochets ?
- Et les crochets servent à quel genre de personne habituellement ? Demanda Castle.

L'enquête commença comme n'importe quelle enquête : interroger le voisinage, les proches de la victime, rechercher les personnes susceptibles de lui en vouloir suffisamment pour le tuer. En tant qu'ancien membre du gang des Casadores, Orlando Costas ne manquait pas d'ennemis.
Ils interrogèrent sa petite amie, qui leur affirma qu'il s'était rangé et cherchait du travail depuis qu'il avait quitté l'armée.
La voiture d'Orlando fut retrouvée à deux blocs de la ruelle où ils avaient trouvé son corps. Beckett et son équipe allèrent donc l'analyser.

- On est à deux blocs de la ruelle, dit Esposito en ouvrant la portière de la voiture, il y a des traces de sang sur la portière. C’est bien sa voiture !
- On lui a tiré dessus et ensuite il est venu ici. Pourquoi il n’est pas allé chez lui ou aux urgences ? Demanda Castle.
- Il avait rendez-vous avec quelqu’un dans cette ruelle ! Supposa Kate.
Esposito fouillait sous la banquette et trouva un téléphone.
-Un téléphone et il a appelé quelqu’un à 4h47, juste avant de mourir !
- Trouve-moi qui il a appelé ! Dit Kate.
- D’accord !
Ryan, qui fouillait l’arrière du véhicule trouva une arme à feu.
- Beckett, une arme à feu... c'est un 38. Et il n'y a pas longtemps qu’il a servi !
- Donc il y a eu échange de coup de feu et il a été blessé à l’épaule ! Conclut Castle.
- On risque de trouver un autre corps à l’endroit de la fusillade ! Dit Beckett.
- Je sais d’où il vient, d’après son GPS ! Annonça Esposito.
- D'Où ? Demanda Castle.
- 299, 1re Avenue !
- Et il y a quelque chose de spécial là-bas ? S'enquit l'écrivain.
- ... La maison du capitaine Montgomery ! Répondit Beckett qui venait de blanchir.
Ryan et Esposito se regardaient effrayés.

Personne n'avait été blessé chez les Montgomery, au grand soulagement de tous. Seule Evelyne avait été présente cette nuit là, elle avait blessé Orlando avec l'arme de Roy. Elle leur expliqua qu'il était seul et qu'il prenait des dossiers dans la petite armoire de rangement ainsi que l’ancien ordinateur portable de Roy dans son sac à dos.
- C’était les dossiers de Montgomery qu’il voulait, pas les objets de valeur, ni l’argent liquide, dit Esposito lorsqu'ils revinrent au poste. Maintenant notre voleur est mort et les dossiers qu’il a pris ont disparu !
- Pas de conclusion hâtive ! Dit Castle.
Beckett écrivait sous la photo de Montgomery « Effraction chez Montgomery, Pourquoi ? »
- Qu’est-ce que ça pourrait être d’autre ? Tout le monde croit que Montgomery est mort après avoir fait justice lui-même en tuant un tueur de flic. On est les seuls à savoir dans quoi il était réellement impliqué et qu’il avait aussi un lien avec la mort de votre mère, dit Esposito en se tournant vers Kate. Ça ne peut pas être une coïncidence !
- Reprends les antécédents de la victime, Montgomery a peut-être été lié à l’une de ses arrestations et trouve moi le nom de celui qu’Orlando a appelé avant de mourir ! Ordonna Kate avant de quitter les lieux. Castle était inquiet, il la suivit jusque dans la salle de repos. Elle se passa une main nerveuse dans les cheveux.
- Dis-moi quelque chose de rassurant !
- Il y a des milliers de vols avec effraction à New York !
Elle sourit légèrement et s’avança vers lui. Il ouvrit les bras et elle vint se blottir contre lui.
- J’ai l’impression que celui-là est différent ! Murmura-t-elle.
- C’n’est pas parce que tu en as l’impression que c’est le cas. Montgomery a travaillé sur des centaines d’affaires, ce cambriolage n’a peut-être aucun rapport avec le meurtre de ta mère !
- Alors pourquoi le voleur a été abattu ? Montgomery a dit que les gens avec lesquels il était impliqué dans cette affaire voulaient me tuer parce que je m’approchais trop près d’eux, alors il a donné sa vie pour sauver la mienne mais ils ont essayés quand même... Tu m'as dit que Smith me protégeait... Mais... Et s'il échouait? Et s'ils venaient pour me tuer?
- Ça n'arrivera pas, Kate... Je te le promets.
- Je ne veux pas replonger là-dedans, Rick. Pas maintenant.
- Je sais... Allez, viens, je te ramène à la maison...
Elle se laissa docilement guider jusqu'à la sortie, elle était épuisée.

                                                           **************


Rick observait le dossier Johanna Beckett sur son écran. Marthe entra dans le bureau.
- Trésor, tu vas bien?
- Tout allait si bien pour elle, pour nous. Elle s'est remise de sa blessure, on a une adorable petite fille, bébé numéro 2 est en route... Et voilà que cette affaire revient !
- Tu es vraiment certain que c'est lié à la mort de sa mère ?
- Pourvu que ce ne soit pas le cas ! L’ami de Montgomery a été clair, si elle reprend l’enquête sur le meurtre de sa mère, ils s’en prendront à nouveau à elle. Je ne les laisserai pas faire !
- Je sais ! Mais je suis certaine qu'elle ne la reprendra pas.
- Mais eux l'ont-ils compris? Et si cette histoire nous tombait dessus parce que la personne derrière tout ça voulait faire le ménage?
- Ton imagination est trop fertile, tu passes ton temps à imaginer des personnages tous plus sombres et plus tordus les uns que les autres. Nous ne sommes pas dans un de tes livres ici...
- Dans un de mes livres, je serais certain que tout irait bien...


                                                                    ****************


Le jour se levait à peine. Kate observait la petite Andréa qui dormait du sommeil de l'innocence et de l'insouciance. Rick entra dans la chambre avec des cafés, Beckett lui sourit et prit le sien.
- C'est un déca.
- Merci.
- Tu as dormi ?
- Pas beaucoup !
- Les nausées?
- Entre autres choses.
- Hey!
- Mhm?
- Tu n'es pas seule. Je suis là.
- Je sais.
Elle sourit et se pelotonna contre lui.
- On n'est pas obligés d'aller au poste, Gates comprendrait.
- Je peux gérer, se reprit-elle... Smith nous protège et rien ne dit que cette affaire est liée au meurtre de ma mère.
- Kate...
- Je vais boucler cette affaire et ensuite nous partirons dans les Hamptons, je prendrai des congés et nous nous reposerons en famille.
- D'accord.
            

                                                         **************


Ryan et Esposito étaient déjà au travail, lorsqu'ils arrivèrent au poste. Cette affaire les inquiétait eux aussi.
- Du nouveau sur la victime ? Demanda Kate.
- On a revérifié ses antécédents. Montgomery n'avait pas de lien avec ses arrestations, le cambriolage n’avait pas de motivation personnelle, expliqua Esposito ennuyé.
Kate lui sourit doucement pour le rassurer.
- Et cet appel qu’il a passé avant de mourir ? Demanda Castle.
- A un portable prépayé, pas de propriétaire ! Répondit le latino.
- Salut ! Lança Ryan en arrivant près d'eux. On s’est peut-être trompé sur le cambriolage chez Montgomery ! ... Des témoins ont vu un homme de type hispanique fuir la ruelle dans une berline d’un modèle récent. Apparemment, il avait un tatouage d’un gang sur son cou : un lion au milieu d’un C !
- Casadores ? Demanda Kate.
- Le gang auquel la victime avait appartenu ! Confirma Ryan.
- Une histoire de Gang ! Dit Kate en soupirant de soulagement.
- Si c’est bien ce type qui était dans l’allée, il y a des chances qu’il ait tué Orlando ! Reconnut Esposito.
- Est-ce qu’on a sa plaque ? Demanda Kate.
- Euh, non mais d’après la brigade spécialisée dans la lutte contre les gangs, la voiture appartient à Vicente Delgado, dit Ryan en lui donnant la fiche du suspect. Un caïd des Casadores. Et ce n’est pas tout, son cousin Diego Gutierrez s’est fait chopper par Montgomery pour un double homicide en 95 ! Ses avocats ont formés un pourvoi pour qu’il ait un nouveau procès, un mois après la mort du capitaine !
- Trouvez-le ! ordonna Kate déterminée.
Les gars hochèrent la tête et quittèrent le poste.
- Une histoire de gangs. C'est plutôt rassurant, non? Répéta Rick en prenant la main de Kate dans la sienne.
- Oui, murmura Kate.
- Tu devrais t'asseoir, je vais te chercher quelque chose à manger.
- Non, merci. Je n'ai pas faim.
- Mais tu vas manger, tu ne dois pas perdre trop de poids.
- D'accord, soupira Kate. Mais un fruit alors, je ne me sens pas capable d'avaler quoique ce soit d'autre.
- Je vais te trouver les meilleurs fruits de New York. Et en attendant, toi, tu restes tranquille, tu n'as qu'à...
- ... Tu n'es pas un peu mal placé pour me donner des leçons de prudence?
- ... Touché... Je sais très bien que de nous deux, tu es la plus à même de veiller sur notre nouveaux trésor...
- Heureuse que tu le reconnaisses, sourit Kate.
- Je serai revenu avant que tu aies le temps de t'apercevoir de mon départ!


                                                        ****************


Les gars ramenèrent Vicente Delgado chez qui, ils avaient trouvé un 9mm qui aurait pu tuer Costas. Kate se contenta d'assister à l'interrogatoire de Delgado depuis la salle d'observation. C'est là que Castle la retrouva.
- Tu ne mènes pas l'interrogatoire? Demanda-t-il en lui tendant une barquette de mûres et de framboises.
- Se précipiter aux toilettes pour vomir pendant l'interrogatoire, ça ne fait pas sérieux. Et puis les gars s'en sortent très bien sans moi.
- Il a avoué?
- Pas encore, il répète qu'il est innocent et qu'il n'a pas eu de contact avec Costas depuis qu'il a trahi les Casadores. Mais on a retrouvé un 9mm chez lui ainsi qu'un portable prépayé...
- Il va craquer, assura Rick.
- Lieutenant Beckett? Demanda un officier en uniforme qui tenait un dossier.
- Oui?
- Les résultats du labo.
- Merci, répondit Kate en se saisissant du dossier.
Elle commença à le lire et blêmit. Rick se précipita vers elle et l'aida à s'asseoir.
- C‘était pas lui... Murmura-t-elle la respiration devenant difficile.
- Qu’est-ce que tu veux dire pas, « C'était pas lui » ? Demanda Rick inquiet.
- J'ai besoin d'air, dit-elle en quittant la pièce.

 


Minefuji  (05.10.2014 à 17:31)

Chapitre cent-vingt:


Il la suivit jusqu'au couloir où se situaient les distributeurs. Elle s'appuya contre le mur et se laissa glisser jusqu'au sol. C'était un cauchemar, elle allait de réveiller, il fallait qu'elle se réveille. Son ventre se crispa et la nausée la submergea. Rick attrapa la poubelle et se précipita vers elle. Il lui caressa doucement le dos tandis qu'elle se vidait dans la poubelle.
Lorsque les nausées cessèrent, il lui donna une bouteille d'eau et resta silencieux, attendant qu'elle parle.


- Les lambeaux de peau que Lanie a récupérés sous les ongles d’Orlando... Commença-t-elle après quelques minutes. Le labo a comparé l’ADN à celui de Vicente... il ne correspond pas.


- C'est une impasse, donc?


- Oui... Mais il correspond à celui qu’on a trouvé sur une autre affaire criminelle...


- Oh, c’est mieux que rien ça. Qu’est-ce que c’était ? Se réjouit Rick.


- Une tentative de meurtre !... Celle dont j'étais la cible, annonça Kate plus pâle que jamais.


- C'est peut être une erreur, tenta Rick qui ne voulait pas y croire lui non plus.


- Le test ADN est formel. L’homme qui a tué Orlando Costas dans cette ruelle est le même qui m'a mis une balle dans le cœur !


La peur se lisait désormais sur le visage de Castle. Il devenait aussi pâle que Kate.
- Hey!... Qu'est ce qu'il se passe? Demanda Ryan en arrivant près d'eux suivi d'Esposito.


Castle leur exposa les résultats du labo que Kate venait de recevoir. Le silence s'installa dans le couloir.


- Aucune piste pendant onze mois et maintenant ça ! Gates est au courant ? Demanda-t-elle aux gars.


- Non ! Bien sûr que non! Assura Esposito.


Kate se leva.


- Où vas-tu? Demanda Rick.


- Lui dire.


- Mais si elle apprend qu’il y a un lien avec toi, elle t’enlèvera directement l’affaire ! Protesta Esposito.


- Mais bien sûr qu'elle doit me l'enlever! Répondit Beckett. Ils ont déjà essayé de me tuer une fois, si je continue… Je ne peux pas me permettre de prendre ce risque.


- Tu es certaine? Demanda Esposito.


- Sûre et certaine. Je veux la justice, mais pas à ce prix. J'ai trop à perdre aujourd'hui.


Rick sourit, il était extrêmement fier de sa femme.


- Les gars? Ajouta-t-elle en se retournant.


- Ouais?


- Je compte sur vous.


- On aura ce salopard, c'est promis, répondit Esposito.


Comme attendu, Gates retira lui l'affaire. Elle suggéra à Beckett d'en profiter pour se reposer, étant donné la tête de déterrée qu'affichait la jeune femme.
Elle envoya une équipe au pied de l'immeuble des Castle, afin d'assurer sa protection.


- Je suis très fier de toi, dit Rick lorsqu'ils franchirent le seuil du loft.


Elle essuya les larmes qui perlaient dans ses yeux d'un geste rapide. Il l'attira contre lui pour la réconforter, mais elle le repoussa doucement.


- Qu'est ce que tu as?


- Il me reste une chose à faire, murmura-t-elle en prenant son téléphone. Si je ne le fais pas tout de suite, je risque de ne plus en avoir la force.


Elle choisit un numéro dans son répertoire et lança l'appel.


- Allô Martha?


- ...


- Oui, j'aurais besoin que vous me rendiez un service...

 

                                                          ************


Déterminés à attraper le sniper de Beckett quel qu’en soit le prix, les gars décidèrent de réinterroger Delgado.
- Entre les stupéfiants et les armes qu’on a trouvées chez vous, j’ai de quoi vous mettre à l’ombre pendant cinq ans. Cinq années de votre vie ! Annonça Esposito à Delgado en ouvrant la cellule pour entrer et s'asseoir sur le banc. Ça en vaut vraiment la peine ?


- ...


- Je sais que vous n'avez pas tué Orlando. Mais il vous a téléphoné, vous lui avez parlé deux minutes, et vous étiez dans la ruelle. Pourquoi ? Il y a que vous et moi ici, pas de caméras, aucun micro, personne ne nous écoute. Je peux lever toutes les charges contre vous et vous rendre cinq ans de votre vie, mais il faut me dire tout ce que vous savez !


Delgado se redressa et vint s'asseoir près de lui.
- Orlando m’a appelé la semaine dernière, pour se plaindre que « les temps étaient durs». Je lui ai dit que je pouvais lui trouver du boulot. Mais il savait que s'il revenait chez les Casadores, il ne pourrait pas en repartir. Lui tout ce qu’il voulait c’était que je lui prête du blé, en souvenir du bon vieux temps!


- C’est ce que vous avez fait ? Demanda Esposito.


- Non, il m’a supplié, d’après lui, il pourrait me rembourser. Il était sur un truc énorme qui lui rapporterait un paquet !


- Il a dit ce que c’était?


- Non, rien, mais ce matin, mon téléphone a sonné. C’était lui. Il était en panique, tout était allé de travers et il voulait le tuer !


- Qui ça « il » ?


- Je sais pas. Mais il avait les jetons !


- Pourquoi vous ?


- Pour que je le protège. Il m’a juré que si je l’aidais, il reviendrait. Il savait que c’était le prix à payer. Je lui ai dit où on pouvait se voir mais le temps que je me pointe, il était déjà raide !


- C’est vous qui aviez choisi la ruelle ?


- Exact !


- Personne d’autre ne le savait ?


- Non !


- Vous avez vu quelque chose ?


- Un blanc, assez grand. Je l’ai aperçu avant qu’il disparaisse dans la nuit.

Le détective quitta la cellule de Delgado et rejoignit Ryan devant le murder-board.
- Il devait avoir mis le téléphone d’Orlando sur écoute pour pouvoir arriver là-bas en premier ! Supposa Ryan. Mais pourquoi l’avoir choisi lui pour faire le boulot ?


- Parce qu’il avait besoin d’argent ! Répondit Esposito.


- Mais comment il le savait ? Et son passé, comment ils l’ont appris ?


- Sûrement par l’armée, Orlando devait connaitre le mec qui l’a mis sur le coup !


- C'est une piste à suivre, répondit Ryan en allant récupérer un dossier sur son bureau. Tiens, ce sont les relevés bancaires d’Orlando. Apparemment il avait un gros découvert jusqu’à ce qu’on lui vire dix mille dollars la semaine dernière !


- On ne peut pas identifier la source, je parie ?


Ryan hocha la tête.
- Donc, ça ne donnera rien...


- Le virement non, mais les retraits peuvent nous mettre sur la voie ! Marisol a aussitôt pris l’argent pour payer les factures !


- Si Marisol était au courant pour l'argent…


- ... Elle savait dans quoi son copain avait trempé ! Termina Ryan.


- Elle nous a menti !


- Non seulement elle nous a menti, mais en plus elle a soldé leurs comptes il y a une heure !


- Elle cherche à s’enfuir…


Les gars quittèrent le poste bien décidés à rattraper Marisol et à résoudre cette affaire. Beckett était leur amie, ils ne laisseraient personne s'en prendre de nouveau à elle.

                                              *******************

- Comment va Kate? Demanda Rick alors que Martha entrait dans son bureau.


- Elle tient le coup... Tu la connais... Elle est avec la petite...


- Ouais... Qu'est ce qu'elle t'a demandé?


- D'emmener Andréa dans les Hamptons avec moi. Nous partirons juste après la remise de diplôme d’Alexis. Deux gardes du corps en qui elle a toute confiance nous accompagneront.


- Elle met notre fille à l'abri...


- Elle aimerait que tu viennes avec nous, mais elle sait que tu n'accepteras jamais.


- Au moins on ne se disputera pas...


Le téléphone de Rick sonna.
- Bonjour !


- Je pense que vous savez pourquoi j’appelle, Mr Castle ! Dit la voix de Monsieur Smith.


- C'est vous! Dieu Merci ! Répondit Castle en se levant de son bureau. Alors qu’est ce qui se passe ? Pourquoi ont-ils cambriolé Montgomery ?


- Pour ne pas laisser de trace, probablement. Pour être sûr que Montgomery n’avait gardé aucun élément à charge contre eux. Tant que Beckett ne reprendra pas ses investigations, nous aurons encore toutes les cartes en mains !


- Elle a renoncé! Elle n'est plus sur l'affaire!


- Dans ce cas, ça devrait bien se passer.


- Comment ça devrait?


- Si ces personnes étaient honnêtes, elles n'auraient pas autant de sang sur les mains, monsieur Castle.


- Non, non, non! Je ne peux me contenter du conditionnel! Beckett se tient loin de cette affaire, je ne veux pas qu'on s'en prenne à elle!


- Je fais mon possible monsieur Castle.


Smith raccrocha. Rick jeta son téléphone sur son bureau en fulminant.
- Calme-toi, chéri.


- Que je me calme?! Que je me calme?! Kate est malade, enceinte et un malade menace sa vie! Comment veux-tu que je me calme?!


- Comment, je ne sais pas, mais tu dois y parvenir, parce que Katherine n'a pas besoin de plus de stress.


- Tu as raison... Soupira Rick en reprenant son téléphone.


- Qui appelles-tu?


- Les gars. Je dois me tenir au courant de l'avancée de leur enquête, si je veux pouvoir la protéger. Et inutile de te préciser qu'elle ne doit rien savoir de tout ça.


- Je serai muette comme une carpe.


- Tu n’essayes pas de me raisonner ? S’étonna Castle.


- Trésor, je t’aime, bien sûr que je préfèrerais que tu ne prennes aucun risque… Mais sais de quoi ces gens sont capables et je comprends pourquoi tu fais ça. Promets-moi seulement d’être prudent.


- C’est promis, mère.


Il sélectionna le numéro de Ryan et lança l’appel.
- ... Ryan? Oui, où en êtes vous?


- On a réinterrogé Marisol. Apparemment, elle nous avait menti.


- Et qu'est ce que ça a donné?


- Orlando lui a parlé de quelqu'un qu'il avait connu à l’armée, quelqu'un de dangereux, qui lui proposait un travail. C’était beaucoup d'argent pour un travail facile et ils en avaient besoin ! … C'était juste pour une seule fois.


- C’était quoi ce travail facile ?


- J'y viens, répondit Ryan. Ils voulaient des dossiers qui se trouvaient dans la maison d’un policier qui était mort.


- Quels genres de dossiers ?


- N’importe. Tous ceux qu'il trouverait !


- Et elle sait comment s’appelait ce gars de l’armée ?


- Non et elle ne l'a pas rencontré, il laissait des messages à Orlando dans leur boite aux lettres. Il lui donnait rendez-vous quelque part avec un langage codé, mais un jour, elle a vu où son mari le retrouvait. Dans une église sur State Street.

- Vous êtes allés dans cette église?


- On a rencontré le prêtre. Il a vu Orlando mercredi vers 15h. Il y a une caméra dans l'église. On a récupéré les enregistrements. On y voit Orlando avec notre homme mystère. Espo va interroger l'armée, s’ils se sont rencontrés là-bas, un ancien frère d’arme d’Orlando pourrait l’identifier…


- Non ! L'interrompit Castle. On ne sait pas qui est impliqué, ni jusqu’à quel niveau. Dès que vous aurez montré cette photo, ils seront mis au courant. Notre homme va disparaître et on ne le reverra plus. Il faut qu’on se débrouille par nous même !


- Castle, c'est impossible ! Répliqua Ryan. Tout ce qu’on a c’est son visage, sans nom, sans identité, on ne peut pas le retrouver !


- Alors il faut trouver un moyen ! Je ne les laisserai pas s'en prendre à Beckett.


- Nous non plus, Castle, mais comment enquêter si on ne peut pas enquêter ?


- On trouve un moyen ! Répéta l'écrivain.

                                                                  ****************

Dans la chambre d'Andréa, Kate regardait sa fille dormir. Des souvenirs douloureux tournaient en boucle dans son esprit.
"Vous avez réveillé le dragon et il est beaucoup plus gros que tout ce que vous pouvez imaginer !"
"- Kate !" " On est en train de la perdre ! Ne meure pas ! " " Elle perd connaissance !" " Je vais retrouver votre employeur ! "
"C’est lui qui va te retrouver et tu lui échappera pas !"
"Je sais pas comment, mais il a appris ce qu’on avait fait !" "J'ai commis une énorme erreur."
"Qui vous a engagé pour la tuer ?
- Oubliez ! Vous ne les coincerez jamais !"

La tête lui tournait, elle suffoquait. Sa vue commençait à se brouiller. Elle prit appui sur le mur, fixa un point devant elle et se concentra sur sa respiration. Elle devait retrouver son calme. Elle hyper-ventilait. Il fallait qu'elle se calme, sa respiration devenait erratique. Elle voulu appeler Rick, mais aucun son ne sortait de sa bouche.
Elle commençait à tanguer dangereusement, elle se laissa glisser jusqu'au sol, au moins elle ne tomberait pas.


La porte s'ouvrit et Cosmo entra dans la chambre. Il s'approcha d'elle et lui lécha la main. Grâce à lui, elle retrouva un peu de lucidité et inspira calmement une fois, puis expira lentement. Elle recommença plusieurs fois, chaque bouffée d'oxygène soulageait ses poumons en feu. Cosmo se colla contre elle. Elle sourit et le caressa doucement.

- Merci Cosmo, souffla-t-elle.


A son contact, elle se détendait doucement. L'animal se leva, lui lécha le visage, puis quitta la chambre. Elle l'entendit revenir quelques minutes plus tard.


- Je viens, je viens! Tu peux lâcher mon pantalon? Tu as une idée du prix qu'il m'a coûté? Tu n'as pas assez de paquets de biscuits pour me rembourser.


- Castle? Murmura Kate.


- Hey! Qu'est ce que tu fais par terre? Demanda Rick en se précipitant vers elle.


- Une légère crise de panique, avoua Kate penaude.


Il s'approcha d'elle et posa doucement la main contre sa joue. Elle pouvait lire l'inquiétude sur son visage. Elle tenta un timide sourire pour le rassurer.
- Ça va mieux.


- Tu sais que tu n'es pas crédible?


Elle pouffa légèrement et se blottit contre lui. Il la serra contre lui. Ils restèrent plusieurs minutes dans cette position.


- Et là? Tu te sens mieux? Demanda Rick.


- Oui, grâce à Cosmo.


- Hé, t'es pas sensée répondre que c'est grâce à moi? Tu es dans mes bras, je te rappelle.


- C'est Cosmo qui a calmé ma crise.


- Mais c'est toujours moi ton préféré, n'est ce pas?


- T'es bête, rit-elle en le tapant gentiment.


- J'aime t'entendre rire.


- ...


- Allez, viens, tu seras mieux dans le canapé que sur le sol, dit-il en l'aidant à se relever.


- Rick...


- Oui?


- Merci.


- Always.

                                                             **********************


Il avait réussi à lui faire avaler quelque chose, il avait dû y aller au chantage affectif, mais seul le résultat importait. Elle s'était ensuite blottie contre lui. Ils avaient discuté longuement, essayant de se rassurer mutuellement et elle avait fini par s'endormir. Il la regardait dormir, se promettant de tout faire pour la protéger.


- Ça va papa ? Demanda Alexis qui arrivait derrière lui.


- Oui, ça va, répondit-il en se tournant vers elle. Et ton discours, comment ça avance?


- J'ai lu ou parcouru tous les discours de remise de diplôme jamais écrits. J’ai pioché dedans les meilleurs conseils et je les ai mis dans le mien, ensuite j’ai lu tout haut pour voir ce que ça donnait. Et tu sais ce que ça donnait ? Du blabla ridicule ! J’ai seulement dix-huit ans. Comment je peux prétendre savoir quelque chose ?


Il la serra contre lui tendrement.
- Chérie, tout ce que tu sais aujourd’hui, tout ce que tu sauras demain, c’est ce qui est vrai pour toi!


- Tout ce que je sais, c’est que tout change, soupira-t-elle contre l’épaule de Castle. Que tout va devenir différent ! J’ai peur tu sais !


- Mais de quoi ? Demanda-t-il en la repoussant pour la regarder en face.


- D’aller de l’avant ! Avoua-t-elle les larmes aux yeux.


- Écris là-dessus ! Suggéra-t-il en l’embrassant sur le front avant de la reprendre dans ses bras. Ça me semble juste !


Alexis acquiesça.
- ... Papa? Tu es sûr que ça va?


- Oui, chérie. Ne t'en fais pas.


Alexis se dirigea vers les escaliers. Il la regarda un instant, puis se tourna de nouveau vers Kate. Elle lui en voudrait certainement, mais il ne pouvait pas rester là à attendre que le dragon s'en prenne à elle. Il devait agir. Il déposa un dernier baiser sur le front de sa femme, jeta un dernier regard à Andréa, qui dormait toujours dans la pièce à côté et quitta le loft.


Minefuji  (06.10.2014 à 17:23)

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