Entrez dans la grande bibliothèque d'Hypnoweb. De très nombreuses fanfics vous attendent. Bonne lecture ! - Inscris-toi gratuitement et surfe sans pub !
Jeunesse et protection des mineurs
Cette fanfic est réservée aux lecteurs adultes. Elle peut contenir des passages où la violence est avérée, utiliser un langage obscène ou comporter des scènes de sexe explicites.
Ce pop-up te demande, lors de ta première connexion sur cette fanfic, de certifier que tu es âgé de plus de 18 ans pour pouvoir la lire. Si tu valides, ce pop-up n'apparaîtra plus. Si tu annules, ce pop-up réapparaîtra lors de ta prochaine visite.
Nous comptons sur ta franchise pour cliquer sur le bouton approprié :
Série : Castle
Création : 25.01.2014 à 16h20
Auteur : Minefuji
Statut : Terminée
« Une idée, qui me trottait dans la tête depuis un moment : et s'ils avaient fait ça il y a quatre ans... J'espère que ça vous plaira. » Minefuji
Cette fanfic compte déjà 152 paragraphes
Chapitre cent vingt et un :
- Où est Beckett ? Demanda Ryan en voyant Castle s'approcher d'eux d'un pas déterminé.
- Elle se repose. Qu’est-ce qu’on a ?
- Elle sait que vous êtes là? Demanda Ryan.
- Je ne pouvais pas rester au loft à attendre qu'on s'en prenne à elle.
Les gars échangèrent un regard et hochèrent la tête. Castle était au moins aussi têtu que Beckett. S'ils le renvoyaient chez lui, ils se doutaient bien qu'il mènerait sa propre croisade. Il valait mieux le garder avec eux, au moins comme ça ils l'auraient à l'œil.
- Alors?
- Notre tueur avait un porte-clés à la main qui correspond à ceux de l’entreprise de l’occasion de voiture Eastway ! Commença Ryan.
- Ça peut être n’importe quelle voiture sur plusieurs centaines !
- C'est une aiguille dans une botte de foin je sais, continua l'irlandais, mais c'est mieux que rien et en plus ils gardent une trace de tous les permis de conduire…
- On a vérifié, Eastway a loué 700 voitures mercredi dernier, ajouta Esposito.
- On pense que notre suspect a pris le nom de Cole Maddox. Il a loué la voiture à JFK ! Expliqua Ryan en affichant la photo du permis sur l’écran.
- C’est un permis de conduire du Kansas. On s’est renseigné, c’est une couverture ! Expliqua le latino.
- Il a rendu la voiture ? Demanda Castle.
- Non, mais Eastway peut suivre la trace de n’importe lequel de ses véhicules par GPS et on a localisé la voiture de Maddox dans le Lower East Side. Elle se trouve près de ce pâté de maisons, annonça Esposito !
- Qu'est-ce qu'on attend pour aller le cueillir? Demanda Castle.
- Ok. Ryan tu ne le lâches pas, ordonna Esposito. Fais-nous signe si jamais il bouge.
- Oh, oh, oh, oh, oh. Qu'est-ce que vous pensez que vous faites? Mettons une patrouille dessus, d'accord? Et emmenons une équipe avec nous!
- Toute cette histoire a commencé à cause d'une bande de flics corrompus, chuchota Esposito. Qui nous dit qu’il n'y en a pas d’autres ? On est à deux doigts d’attraper ce tueur, c’est pas moi qui vais tout gâcher en le criant sur les toits !
- Castle n'est pas flic, tu ne peux pas l'emmener avec toi! Beckett te collera une balle si jamais il lui arrive quelque chose et tu sais très bien que c'est du suicide d’y aller sans préparation ! Contra l'irlandais.
- Alors venez avec nous, suggéra Castle. On forme une bonne équipe tous les trois, on a déjà fait ça.
- Beckett était avec nous à chaque fois...
- Elle n'est pas en état, rappela l'écrivain.
- C’est trop risqué ! Protesta Ryan.
- T’inquiète mon frère, on l’aura! Promit Esposito.
- Ok, je viens avec vous, répondit l'irlandais. Je vais demander à la petite nouvelle de surveiller le signal GPS de son téléphone.
- Qui ça? Tory?
- Ouais, je crois qu'on peut lui faire confiance.
- Faisons ça.
*****************
Kate fut réveillée par les vas et viens incessants de Martha, qui faisait les cents pas dans le salon, le téléphone contre son oreille.
- Richard! Vas-tu répondre fils indigne?! Pestait Martha. Alexis aura sa remise de diplôme dans quelques heures! On ne veut pas rater son discours! Ni même toute la cérémonie !
- Martha?
- Oh, chérie, je t'ai réveillée, excuse-moi, je ne voulais pas.
- Où est Rick?
- Ça, j'aimerais bien le savoir, la cérémonie de remise des diplômes d'Alexis commence dans trois heures... Il ne répond pas au téléphone et je commence à m'inquiéter...
- Il continue l'enquête, n'est-ce pas?
- Oui et non... Il veut te protéger...
- C'est pas vrai, grogna Kate en se levant et en attrapant son téléphone. Martha, pouvez-vous surveiller Andréa?
- Euh... Oui, mais...
- Je vais le chercher, ne vous en faites pas, je serai très prudente. Si je tardais, demandez aux policiers là en bas de vous escorter jusqu'au lycée d'Alexis.
- Mais...
- Nous vous rejoindrons là-bas.
- Pas d'imprudence, Darling...
- Je vous le promets, dit Kate en composant un numéro... Allô? Tory? C'est le lieutenant Beckett, j'aurais besoin que tu localises un téléphone pour moi...
******************
Esposito courait en traversant la rue pour rejoindre Castle et Ryan sur le trottoir d’en face.
- Ça y est on le tien ! Dit Esposito avant d'entrer dans le bâtiment. Le portier de l'hôtel résidence de l’autre côté de la rue a identifié sa voiture. Et le réceptionniste confirme qu’un Mr Maddox a réservé pour un mois. Ils veulent bien nous ouvrir sa chambre !
- Castle, inutile de vous dire de rester derrière nous, rappela Ryan.
- Je n'ai pas envie que ma femme me colle une balle entre les deux yeux, leur assura Castle.
Le réceptionniste de l'hôtel les accompagna, ouvrit la porte et passa sa tête dans la chambre. Esposito le fit reculer.
- Restez pas là !
Ryan et Esposito entrèrent, armes au poing.
- RAS !
- RAS !
Castle entra alors dans la pièce à son tour. Des documents jonchaient la table.
- Les dossiers de Montgomery ! Dit-Esposito.
Ryan examinait l'ordinateur portable.
- Sa liste de contacts ! Il cherchait quoi au juste ?
- Pas quoi, qui ! Rectifia Castle en désignant un album photos. Ils ont pris son album de photo de mariage !
- Pourquoi ? Demanda Ryan.
- Pour trouver quelqu'un qu'il connaissait, répondit Castle en feuilletant l’Album.
Des X barraient les visages des photos et l’une d’elle manquait.
- Ils l’ont peut-être trouvé ! Soupira Castle effrayé.
- On s’en va! Lança Ryan en s'approchant de la porte. Je vais appeler des renforts. On va essayer de s’organiser pour la…
Il ne pût terminer sa phrase, il fut violemment projeté contre le mur et tomba assommé. Esposito se précipita sur Maddox qui venait d'arriver, mais il fut séché d'un coup puissant. Maddox braqua son arme sur Castle qui s'avançait vers lui. L'écrivain leva les mains en signe de reddition.
- T'aurais pas dû te mêler de ça...
- Qu'est-ce que j'aurais dû faire? Attendre bien gentiment que vous vous en preniez à elle?
- On s'en prendra de toute façon à elle. Ne m’oblige pas à m'en prendre à toi...
Maddox s’enfuit Castle ramassa l'arme d'Esposito et se lança à sa poursuite. Il le suivit jusque sur le toit.
L'homme se cachait, Castle s'avança lentement, à l'affût du moindre bruit. Maddox l’attrapa par derrière, il perdit son arme. Les deux hommes se battirent à mains nues, l'un animé par la rage du désespoir, l'autre par son entraînement de machine à tuer.
*************
Lorsque Kate arriva dans la chambre de Maddox, elle y trouva ses équipiers étendus sur le sol. Elle vérifia rapidement leur état et appela des renforts. Une porte claqua en haut des escaliers. Elle sortit son arme et prit la direction d’où le bruit provenait. L'absence de Castle l’inquiétait.
Sans bruit, elle arriva devant la porte qui donnait sur le toit-terrasse de l’immeuble. Elle y jeta un coup d’œil discret. Castle était aux prises avec Maddox.
Elle analysait la situation, lorsque Rick reçut un coup en plein visage, qui le projeta au sol. L’arme au poing, elle sortit de sa cachette.
- Je serais vous, je ne ferais pas un pas de plus et je poserais mon arme au sol, conseilla Maddox en tirant Rick devant lui pour s’en servir comme bouclier. À moins que vous ne vouliez que j’en finisse avec lui.
- Lui faites pas de mal, Maddox, dit Kate en déposant son arme.
Maddox était un ancien militaire, il pouvait tuer Castle à mains nues en moins d’une seconde.
- Kate... commença Rick d'un air désolé.
- Je sais... Je sais pourquoi tu as fait ça.
- C'est mignon tout plein... Mais je n'ai pas de temps à perdre, alors, maintenant poussez votre arme vers moi, ordonna Maddox.
Elle poussa l'arme du pied.
- Vous auriez dû rester bien sagement chez vous, dit-il. Ça...
Il ne pût terminer sa phrase, Castle avait projeté sa tête en arrière, lui fracturant certainement la cloison nasale. Maddox relacha sa prise, mais il se ressaisit rapidement et les deux hommes recommencèrent à se battre.
Maddox frappa Castle, qui s'écroula sonné.
- Rick! Cria Kate en se précipitant vers eux.
Elle se baissa pour récupérer son arme, mais Maddox l'envoya plus loin d'un coup de pied. N'ayant pas d'autre solution à sa portée, elle se jeta sur lui, il se défendit et la précipita au sol. Il l’attrapa par la gorge pour la mettre debout et la regarda dans les yeux. Elle étouffait mais elle ne baissa pas les yeux, elle ne lui ferait pas se plaisir. Il la renvoya violemment au sol et la regarda un instant se préparant pour la suite du combat, tandis qu’elle luttait pour respirer.
- Vous devriez vous reposer, lieutenant, vous avez une sale mine.
- Dites-moi seulement... Qui est derrière tout ça ? Demanda-t-elle en reprenant peu à peu son souffle.
- Vous perdez votre temps, lieutenant. Vous ignorez à qui vous vous en êtes prise !
- Et vous aussi ! Grogna-t-elle en se jetant sur lui.
Mais il fut plus rapide, il la rattrapa par les épaules et la poussa fortement. Elle roula et se raccrocha au rebord du toit évitant la chute de justesse.
Maddox se rapprocha d'elle et sourit:
- Au contraire… on a pris la mesure de l’adversaire !
Il quitta l'immeuble.
- Au secours! Cria Kate en s'agrippant au toit pour ne pas tomber.
Elle regarda vers le bas, il y avait au moins dix étages de vide sous ses pieds.
- C’est pas vrai ! Non, non pas comme ça !
Elle essaya de trouver un appui avec les pieds.
- Un petit effort ! Allez s’il te plait !
Elle tenta de remonter à la force de ses bras, grogna et regarda de nouveau vers le bas. Le sol semblait se déformer en dessous d'elle.
- Castle ! Murmura-t-elle désespérée.
Une de ses mains glissa, elle ne tenait plus que par le bout des doigts de la main gauche.
- Je suis désolée mon bébé, murmura-t-elle.
- Beckett ! Marmonna Rick qui reprenait doucement ses esprits.
- Castle!
- Beckett?!
- Castle, je suis là ! Je vais lâcher ! cria-t-elle alors que ses doigts commençaient à glisser. Castle!
- Accroche-toi !
Kate tentait de tenir bon, mais ses doigts glissaient encore, elle ne se retenait plus qu'avec l’extrémité des doigts.
- Non ! Castle…! Hurla-t-elle alors qu'elle lâchait prise.
- Beckett ! Cria Rick en rattrapant sa main juste avant qu’elle ne tombe. Il la hissa sur le toit et la serra dans ses bras.
- Castle... Murmura-t-elle contre lui tremblante comme une feuille.
- Je suis là, tout va bien, répétait-il pour la rassurer.
- Castle...
- Je suis désolé, je ne voulais pas…
- Je sais… Je sais…Murmura-t-elle tremblante.
- Ça va aller….
Les gars, encore légèrement sonnés, arrivèrent avec les renforts appelés par Kate.
- La cavalerie arrive une fois de plus après la bataille, plaisanta Castle.
Gates leur passa un savon dont elle avait le secret, puis appela une ambulance.
- On va bien, protestèrent les gars, inutile de nous envoyer passer des examens…
- Pas vous, c’est pour le lieutenant Beckett, répondit la capitaine.
- Mais chef, je vais bien !
- Vous êtes pâle comme un linge, Beckett, et vous tremblez comme une feuille. Alors obéissez, c’est un ordre !
- Mais…
- Je suis désolé, Kate, mais je suis d’accord avec le capitaine. Nous allons te faire examiner, répondit Castle au regard suppliant qu’elle lui adressait.
- Et la remise de diplôme d’Alexis…
- Il nous reste environ deux heures, on pourra y être si j’appelle quelqu’un. Tu passeras en priorité.
- Qu’est-ce que tu racontes ?
- Je connais un gars, qui connait un gars…
- ...
- Obéis à ton mari femme!
- Je pourrais te coller une balle rien que pour cette phrase, marmonna-t-elle.
- S'il te plait?
Incapable d’argumenter davantage, exténuée, Kate soupira et se laissa emmener à l’hôpital. La petite vie qui grandissait en elle avait la priorité sur elle et ses rétissences.
Chapitre cent vingt-deux
Imperceptiblement, l'aiguille des minutes avança. Imperceptiblement? Pas pour tout le monde. Allongée sur le brancard inconfortable au matelas recouvert d'un vinyle, qui ferait transpirer n'importe qui, Kate venait de remarquer cet infime mouvement de l'aiguille. Vingt minutes à peine que le médecin l'avait auscultée sous toutes les coutures. Vingt minutes qui lui en paraissaient dix fois plus. Elle voulait quitter cet endroit, qu'elle haïssait depuis qu'elle s'y était retrouvée avec une balle dans le cœur. Elle voulait rentrer, se blottir contre le torse de Rick et se laisser doucement glisser vers le sommeil.
- Hey! À quoi tu penses? Demanda Rick en revenant dans le box deux gobelets à la main.
- À un moyen de partir d'ici sans me faire repérer, marmonna-t-elle.
Il sourit et lui tendit un gobelet.
- C'est du chocolat, précisa-t-il, le meilleur des antidépresseurs.
- ... Sauf quand il vient du distributeur de cet hôpital, grimaça-t-elle en avalant une gorgée... Mais merci quand même.
- J'ai appelé ma mère pour la prévenir que nous étions ici...
Il s'installa sur la chaise à côté du brancard de Kate.
- On devrait partir, je ne voudrais pas que nous manquions la remise de diplôme d'Alexis...
- Le médecin va revenir d'une minute à l'autre. Nous partirons dès que nous aurons son feu vert. J'ai prévenu Alexis et elle comprend tout à fait.
- Mhmm... On dirait Perlmutter en plus vieux...
- Qui ça? Le doc?
- Bah oui, pas l'infirmière.
- Et ça t'embête?
- J'aurais préféré un jeune et beau docteur, comme celui qui m'a opérée l'année dernière... C'était quoi son nom déjà? Jess Davidsen?
- Josh Davidson, rectifia Rick en grommelant.
- Wah! Tu te souviens encore de son nom?!
- Évidemment, il t'a sauvé la vie! Mais il n'était pas si beau que ça...
- Ah non?
- Non.
- C'est normal, que tu ne le trouves pas beau, tu es un homme...
- En tant qu'auteur, je crée des personnages féminin, je te rappelle! Et donc, je suis parfaitement capable de raisonner comme une femme et d'apprécier la beauté masculine. Je t'assure que le docteur mobylette n'est pas un si bel homme que tu sembles le penser.
- "docteur mobylette"?
- Ah, tu vois? Rien que son surnom est ridicule!
- C'est toi qui viens de l'inventer!
- Mais ça lui va tellement bien.
- Alors dis-moi, monsieur le grand écrivain, quelle est la référence en matière de beauté masculine?
- Moi, dit-il en se relevant pour tourner sur lui-même les bras écartés. Grand, bien bâti, musclé mais pas trop, un sourire de tombeur, un regard océan et un très joli fessier que tu adores pétrir dans nos moments coquins... Qui pourrait rivaliser avec ça? Pas le docteur mobylette en tout cas.
Kate éclata de rire, Rick avait un don pour lui remonter le moral ou lui changer les idées. Soudain son estomac se tordît et une nouvelle vague de nausées déferla en elle. Elle attrapa le haricot que l'infirmière lui avait laissé en cas de besoin...
- Je vais finir par me vexer, grimaça Rick en la débarrassant du haricot quand elle eut terminé.
- Je ne vais pas survivre à cette grossesse, soupira Kate en se rallongeant sur le dos.
Le rideau du box s'écarta, le doc revenait enfin.
- Madame Castle, commença-t-il en regardant son dossier.
- Perlmutter, sors de ce corps, chuchota Rick en faisant une croix avec ses index.
- Je vous demande pardon?
- Rien! Bredouilla Rick en secouant les mains devant lui. Une petite plaisanterie...
- Nous ne sommes pas ici pour plaisanter, monsieur Castle!
Kate pouffa devant l'air de gamin pris en faute de son mari.
- Vous avez raison dit Castle en se redressant. Comment va-t-elle? Ou plutôt comment vont-ils?
- Eh bien... Nous devons encore faire une échographie pour en être certains, mais... Mise à part la perte de poids assez conséquente, je dirais qu'ils vont bien... Pour le moment.
- Comment ça pour le moment?! S'affola Castle. Qu'est ce qu'il se passe?
- Votre femme a de trop fortes nausées, elle a déjà perdu près de cinq kilos, ce qui chez elle est déjà beaucoup trop. Si cela continue, il y aura danger pour elle et le bébé. Nous allons donc l'installer dans une chambre, avec une perfusion et veiller à inverser sa courbe de poids.
- Vous voulez me gardez? Vous n'êtes pas sérieux? S'étouffa Kate.
- Madame Castle, je ne plaisante jamais
- Vous devriez, ça vous dériderait, vous ressemblez à un Sharpei... Désolé...
- ...
- Comment ça vous me gardez?
- Vous ne quitterez pas cet hôpital, si vous préférez, pas temps que votre problème de perte de poids ne sera pas résolu. Vous souffrez d'hyperemesis gravidarum, ce qui peut être dangereux pour vous et pour l'enfant, si on ne prend pas les mesures nécessaires.
- Mais ma belle-fille va avoir son diplôme tout à l'heure! Protesta Kate.
- Vous avez écouté ce que je viens de vous dire? Je suis sûr qu'elle comprendra, répondit sèchement le docteur.
Kate soupira bruyamment. Rick lui prit la main pour tenter de la réconforter. Un aide-soignant entra dans le box en tirant un appareil derrière lui.
- Qu'est-ce que...? Demanda Kate.
- Je vous l'ai dit, nous allons faire une échographie, répondit le médecin. Nous pourrons ainsi dater précisément le début de votre grossesse.
Le docteur déposa du gel sur le ventre de Kate et commença l'examen. L'appareil n'était pas à la pointe de la technologie et l'image ressemblait plus à un brouillard de parasites qu'à une image nette.
Il resta impassible durant tout l'examen.
- Tout va bien? Demanda Rick que ce silence prolongé inquiétait.
Le docteur continua son examen silencieusement pendant plusieurs minutes qui semblèrent une éternité pour Rick et Kate. Cette dernière serra un peu plus la main de son mari.
- Il y a un problème? Demanda Castle cachant difficilement son angoisse.
- L'un des embryons ne se développe plus.
- Une fausse couche? S'étrangla Rick horrifié à l'idée d'en être responsable.
- Est ce que c'est à cause de...
- Non, ça n'a rien à voir, c'est ce qu'on appelle la sélection naturelle, répondit le médecin. Cet embryon a cessé son développement il y a plusieurs jours déjà, regardez comme il est beaucoup plus petit que ceux de l'autre poche. Il n'était pas viable, c'est tout.
- Comment ça ceux de l'autre poche? Répéta Castle.
- Il y a trois embryons.
- Des triplés?
- Sérieusement? S'étrangla Kate tombant des nues.
- Bien sûr que je suis sérieux, madame Castle. Je suis médecin, pas comique.
- Et les deux autres ne risquent rien? Demanda Castle.
- Je ne peux rien vous garantir, mais pour l'instant ils vont très bien. L'autre poche disparaîtra complètement d'ici quelques temps. Il est bien évident que cette grossesse sera très surveillée, ajouta le médecin. Je vais vous laisser, une infirmière viendra dans un instant vous brancher une perfusion pour votre hyperemesis gravidarum, puis vous serez conduite dans votre chambre.
- Waow... Souffla Castle lorsqu'ils se retrouvèrent seuls.
- Comme tu dis...
- ... Trois bébés... Tu m'étonnes que tes nausées soient monstrueuses...
- On en a perdu un...murmura Kate la voix pleine de trémolos.
- Kate...
- Je suis désolée, souffla-t-elle en essayant de contenir ses larmes. Je sais que c'est la nature qui a fait son boulot... Mais...
- Hey! C'est normal d'être triste, tu n'as pas à t'en excuser...
- Peut-être que si j'étais allée voir le médecin plus tôt... Murmura Kate en séchant ses larmes.
- Il n'aurait rien pu faire et tu le sais très bien, alors je t'interdis de t'en vouloir, ou alors je m'en voudrais également.
- Mais tu n'y es pour rien!
- Et toi non plus, alors cesse de te culpabiliser, ça n'est pas bon pour les bébés.
- ... Tu as raison, renifla-t-elle.
- J'ai toujours raison!
Elle redressa la tête et lui adressa un regard dont elle avait le secret.
- ... Enfin... Sauf quand j'ai tort, s'empressa-t-il d'ajouter.
Elle sourit et se blottit contre lui. Ils restèrent ainsi en silence, jusqu'à l'arrivée de l'infirmière.
Une vingtaine de minutes plus tard, Kate était installée dans une chambre individuelle.
- Tu devrais y aller, dit Kate en regardant sa montre, tu vas être en retard.
- Je reste avec toi.
- C’est la remise de diplôme d’Alexis ! Tu ne dois pas manquer ce moment !
- Mais et toi…
- Rick… Je suis une grande fille, je peux rester seule quelques heures.
- Mais si je pars, l’hôpital fermera ses portes et je ne pourrai pas revenir avant demain midi à l'heure des visites !
- C’est pas grave, je vais m’endormir très vite, de toute façon.
- Mais Maddox est toujours dans la nature…
- Et des policiers sont postés devant la porte de ma chambre, je ne risque rien ! Va assister à la remise de diplôme d’Alexis.
- ...
- Je t'en prie, fais-le pour moi.
- … D’accord… Je la filmerai pour toi.
Kate sourit lorsqu’il l’embrassa et lui souhaita une bonne nuit. Elle le regarda partir. Lorsqu’elle fut certaine qu’il ne ferait plus demi-tour, elle s'autorisa à laisser ses larmes s’échapper silencieusement.
****************
- Où est Katherine ? Demanda Martha en voyant Rick arriver seul.
Il prit Andréa dans ses bras et l’embrassa.
- A l’hôpital, ils l’ont gardée à l’issue de son check up…
- Qu’est-ce qu’elle a ?
- C’est une longue histoire, mère. Je te raconterai ça après la cérémonie.
- Elle va bien au moins ?
- Oui, elle va bien…
Martha observa son fils un instant. Quelque chose ne tournait pas rond, elle en était certaine.
Chapitre cent vingt trois
Castle et Martha écoutaient Alexis faire son discours. Ils étaient tellement fiers d'elle. Sur les genoux de son père, Andréa suçotait ses doigts sagement. Castle avait confié son téléphone à sa mère, qui filmait l'événement.
- Il y a une vérité universelle à laquelle nous sommes toutes et tous confrontés que nous le voulions ou non. Tout a toujours une fin ! ... Même si j’ai attendu ce jour avec impatience, j'ai toujours détesté les fins...le dernier jour de l'été... le dernier chapitre d'un livre génial…La séparation d’avec un ami proche ! ...Mais les fins sont inévitables ! Les feuilles tombent... On ferme le livre… On se dit au revoir… Aujourd'hui est un de ces jours là pour nous...Aujourd'hui, nous disons au revoir à tout ce qui nous était familier, à tout ce qui était confortable… Pour aller de l’avant ! Mais même si nous partons, même si ça fait mal... Il y a des personnes qui font tellement partie de nous, qu'elles nous accompagneront toujours, quoi qu’il arrive. Elles sont la terre sur laquelle nous marchons… L’étoile vers laquelle nous nous dirigeons et ses petites voix claires qui résonnent pour toujours dans notre cœur !
Le public applaudit, Rick et Alexis échangèrent un sourire, elle lui fit un petit signe de la main. Castle en avait les larmes aux yeux, il prit les petites mains d'Andréa dans les siennes et applaudit doucement.
Au même moment, Beckett, assise sur son lit, dans l'obscurité, ne dormait pas. Elle regardait par la fenêtre, la pluie qui tombait de plus en plus fort, comme pour faire écho à ce qu'elle ressentait.
*********************
- Kate n'est pas venue? S'étonna Alexis en rejoignant sa famille. Elle ne se sentait pas bien?
- Ils l'ont gardée à l'hôpital, expliqua Rick en embrassant sa fille. Bravo, mon ange, ton discours était parfait.
- Merci papa, mais pourquoi l'ont-ils gardée à l'hôpital? Il y a un problème avec le bébé?!
- Rentrons à la maison, je préfère que nous soyons au calme, pour parler de ça, répondit Rick avec un petit sourire crispé.
- Là, tu m'inquiètes, dit Alexis.
- Ne t'en fais pas, ça va...
Alexis et Martha suivirent Castle. Elles n'étaient pas dupes, elles voyaient bien que tout n'allait pas si bien que ça, mais elles respectèrent le souhait de Rick et se turent jusqu'au loft
- Hypermesis Gravidarum, annonça Castle lorsqu'ils furent installés tous les quatre sur le canapé.
- Qu'est ce que c'est que ça? Demanda Alexis.
- C'est le mot latin pour la gerbe à répétition de la femme enceinte.
- Ils l'ont gardée à cause de ses nausées!? S'étonna la plus jeune des rouquines.
- Oh, mais on ne parle plus de simples nausées, là, mais d'une version puissance dix, monstrueuse et qui peut être dangereuse pour Kate et le bébé, si elle n'est pas traitée et gardée sous surveillance.
- Pourquoi a-t-elle ça cette fois-ci, alors que pour Andréa, elle n'a presque pas eu de nausées, demanda Martha.
- Tout peut changer, d'une grossesse à l'autre, d'après le médecin, soupira Castle.
- Tu ne nous dit pas tout, n'est ce pas?
Le regard de Rick s'humidifia. Il inspira et s'essuya les yeux rapidement.
- Je devrais être avec elle... Elle est toute seule...
- Tu la verras demain dès que possible, tenta Alexis pour le rassurer. Et puis Kate est une grande fille, elle peut gérer une nuit seule à l'hôpital...
- Elle a ses faiblesses, tu sais. Même si elle les cache efficacement, sous sa coquille, c'est un vrai chamalow.
- Richard, qu'est ce qu'il se passe? Intervint Martha.
- ... On a perdu l'un des bébés, avoua-t-il dans un murmure.
- Oh mon dieu, s'étouffa Martha en plaquant ses mains sur son visage.
- C'est atroce, dit Alexis qui ne pût contenir ses larmes.
- On n'y peut rien, il a cessé de se développer, c'est comme ça, c'est la nature. Mais rassurez-vous, il en reste encore deux! Et ils vont bien.
- ...
- ...
- Des triplés? Katherine attendait des triplés?! Répéta Martha pour s'assurer qu'elle avait bien compris toutes les informations.
- Oui, ça pourrait aussi être la cause de ses méga-nausées.
- Et ceux qui restent vont bien?
- Ils vont bien, oui.
- Je comprends que tu veuilles être à ses côtés. Comment Katherine prend-elle la nouvelle?
- Bien... En apparence, mais...
- C'est Beckett... Compléta Alexis.
- C'est ça. Difficile de savoir ce qu'il se passe dans sa tête, mais tu peux être sûr que la tempête fait rage là-dedans.
- Je devrais peut être rester... Suggéra Martha.
- Non, mère. Tu dois partir avec Andréa, insista Rick. Maddox est toujours dans la nature, il faut que tu la mettes à l'abri.
- ... D'accord. Mais promets-moi de me rappeler dès que possible.
- Nous te rejoindrons dès que possible. Nous aurons besoin de vacances au calme lorsque cette histoire sera terminée. D'ailleurs, tu devrais te tenir prête, tes gardes du corps ne vont pas tarder à arriver.
Martha hocha la tête et embrassa son fils.
- Viens là mon trésor, dit-elle en prenant Andréa dans ses bras.
La petite se mit à pleurer dès qu'elle quitta les bras de son père.
- Ne t'inquiète pas ma chérie, nous allons prendre quelques vacances... La consola Martha. Ton papa et ta maman nous rejoindront très vite.
Le départ de Martha et Andréa fut difficile, mais ils ne pouvaient faire autrement.
Alexis voulut rester avec son père, mais celui-ci lui assura qu'il allait bien et qu'elle devait profiter pleinement de cette soirée. La jeune fille partit donc à contre cœur et appela Castle dès qu'elle fut arrivée à son bal de promo.
- Puisque je te dis que ça va aller, j’ai une centaine de chaines câblées, j’ai mes jeux vidéos alors vas-y éclate toi ! Et je ne m’inquièterai plus à ton sujet, jusqu’à demain midi. Moi aussi je t’aime !
Il ferma son téléphone et accrocha le pompon du costume de diplômée d’Alexis sur une lampe, en souriant. Il regarda l'une des photos de son bureau. Kate et Andréa lui souriaient. Une boule d'angoisse se forma dans sa gorge. Il soupira fortement.
Il se dirigea vers le bar et se servit un verre de whisky, puis retourna s'asseoir dans le canapé.
Il avala une gorgée, puis pencha la tête en arrière. Il n'aurait su dire combien de temps il était resté dans cette position. Ce furent quatre coups frappés contre la porte de l’appartement, qui le ramenèrent à la réalité.
Il posa son verre sur la table basse, se demandant qui pouvait bien venir le déranger à une heure aussi tardive.
Il ouvrit la porte et trouva Beckett trempée sur le paillasson.
- Kate?! Qu'est ce que tu fais-là?!
- J'n'arrivais pas à dormir, répondit-elle avec son air de petite fille qui vient demander à ses parents de la laisser dormir avec eux.
- Mais... Et l'hôpital?
- J'ai pris la poudre d'escampette.
- Avec le policier devant ta porte?!
- Pas de problème, il ne s'est même pas rendu compte que je suis partie.
- Mais... Tu ne peux pas quitter l'hôpital comme ça! Tu es en observation! Et ta perfusion?!
- Je l'ai toujours, ne t'en fais pas, dit elle en soulevant la poche de produit pour traiter sa déshydratation.
- ... Tu es trempée! Viens, on va commencer par te sécher et changer tes vêtements, soupira Rick.
Debout dans la salle de bain, Kate se laissait faire docilement. Rick l'essuyait consciencieusement et l'aidait à se débarrasser de ses vêtements mouillés. Elle le regardait en silence. Il avait l'air soucieux.
- Mais à quoi pensais-tu? Tu devais rester à l'hôpital!
- Tu es fâché?
- Oui! ... Enfin... Non... Bien sûr que non... Mais je t'ai connue plus raisonnable. Qu'est ce qu'il t'est passé par la tête?
- ... Je ne sais pas... Je voulais...
- Qu’est-ce que tu voulais?
- Toi ! Répondit-elle en se saisissant du visage de Castle pour l'embrasser.
Il se laissa faire, incapable de lui reprocher quoique ce soit. Front contre front, il restèrent silencieux une seconde, puis Kate reprit la voix tremblante:
- Je suis désolée, Castle! Je suis vraiment désolée. Je te demande pardon ! Quelques larmes ruisselaient sur son visage.
Il la serra contre lui et la berça doucement.
- Je suis tellement désolée...
- Pourquoi?
- ...
- Si c'est pour le bébé, je te le répète, ça n'est pas de ta faute.
- ...
- Ça n'est pas de ta faute, redit-il la voix étranglée par l'émotion.
- ...
Elle éclata en sanglots. Il lui caressa doucement le dos et glissa doucement jusqu'au sol.
- Pleure, tu en as le droit. Pleure aujourd'hui, car demain il faudra relever la tête et retrouver ta force pour les deux autres et pour Andréa.
- Tu vas me ramener à l'hôpital?
- Non. Pas avant demain matin et je te promets de ne plus t'y laisser toute seule.
- ... Merci, renifla-t-elle.
- Always...
Elle laissa libre cours à ses larmes, il s'autorisa également à le faire. Lorsque les larmes se tarirent enfin, il la porta jusque dans leur chambre et l'installa dans le lit. Il vint ensuite se coucher à ses côtés, elle se cala contre lui et s'endormit presqu'aussitôt.
**************
Maddox regardait une photo de Smith entouré en rouge. Smith arriva dans son bureau en regardant du courrier.
- Monsieur …Smith ? Commença Maddox assis sur son bureau.
- Qui êtes-vous? Demanda Smith.
- Ca n’a pas été simple de vous trouver ! Répondit le premier en se levant et en montrant son arme.
- Qu’est-ce que vous voulez ?
- Vous avez une information sensible sur mon employeur et dont vous vous êtes servi pour protéger le lieutenant Beckett !
- Mais... Vous oubliez… Nous avons un accord...
- Non ! C’est du chantage pur et simple. Alors vous allez me dire où vous avez mis cette information et ensuite je m’occuperai du lieutenant Beckett une bonne fois pour toute !
Chapitre cent vingt quatre
Kate se réveilla en sursaut et se redressa vivement sur son lit. Un peu trop vivement d'ailleurs, elle ne bougea plus pendant une minute, le temps que le vertige se passe. La pièce était silencieuse et baignée dans la lumière du soleil, qui caressait doucement son visage. Elle regarda autour d´elle inquiète. Un manche à balai était solidement attaché au lit, il avait servi de potence pour sa perfusion, dont la poche était vide désormais.
Elle sourit rassurée en voyant Castle arriver, deux tasses à la main. Il s'était visiblement habillé en quatrième vitesse, car les pans de sa chemise dépassaient à moitié de son pantalon.
- Je t’ai fait une infusion à la menthe poivrée, il paraît que ça soulage un peu les nausées...
- Alors ce n’était pas un rêve ?
- De quoi parles-tu?
- Des bébés... De l'hôpital... De toute cette folie...
- Non, ça c’est sûr, c’était pas un rêve ! Nous allons avoir deux bébés, ce qui semble te causer ces nausées version "Godzilla" et tu t'es bien enfuie de l'hôpital, répondit-il en s’asseyant sur le lit à ses côtés.
Elle baissa la tête un peu honteuse. Il lui donna sa tisane et caressa tendrement sa joue.
- Je suis désolée...
- Tu me l'as déjà répété une bonne centaine de fois, sourit-il.
- Cent fois, tu exagères!
- Pas du tout, tu n'as pas arrêté de le répéter, même en dormant!
- ...
- Hey, ça n'était pas de ta faute! Alors arrête de culpabiliser et puis, il nous en reste deux, nous devons penser à eux et le stress n'est pas bon pour eux.
Elle hocha la tête et esquissa un léger sourire. Elle prit la main de Rick et vint la poser sur son ventre.
- Deux bébés... Waow...
- Ça va être du sport! D'autant plus qu'Andréa n'a que six mois.
- On se débrouillera comme des chefs, tu verras, assura-t-il.
- En tout cas, on ne les appellera pas Luke et Leïa!
- Quoi!? Mais...
- Je te connais, tu es déjà en train de chercher des prénoms de jumeaux célèbres pour qu’ils aient des noms « super cool » !
- Pffff, tu es enceinte depuis à peine quelques semaines et tu me censures déjà.
- Parce que tu es insupportable quand tu as une idée farfelue en tête!
- Ok... Mais tu veux bien au moins me laisser choisir leurs surnoms prénataux?
- ... Mhmm... D'accord, mais dès la naissance, on les appellera par leurs vrais prénoms!
- Marché conclu, dit-il en lui serrant la main pour sceller leur accord. ... Alors... Dis-moi... Comment te sens-tu?
- Toujours nauséeuse, mais plutôt reposée.
- C'est déjà ça. Bon, parlons petit déjeuner...Tu le veux au lit?
- Je n'ai pas très faim...
- Ça n'est pas la question que je t'ai posée. Alors, un plateau ça te dit?
- Non, merci, soupira-t-elle. Je préfère pouvoir fuir rapidement en cas de besoin. Si j'ai un plateau sur les genoux, je risque de tout renverser.
- Comme tu voudras. Je vais te préparer ça dans la cuisine, alors... Qu'est ce qui te ferait plaisir? Des fruits? Des céréales? Des œufs?
- Oh non, pas des œufs, marmonna Kate en réprimant un haut le cœur.
- Pas d’œufs ! C'est noté. Je vais te préparer le petit déjeuner le plus digeste possible, promit-il en l'embrassant tendrement. Ensuite, nous irons à l'hôpital, où nous resterons tant que nous n'obtiendrons pas le feu vert pour ta sortie.
- Nous?
- J'ai préparé des affaires pour nous deux, il n'est pas question que je te laisse affronter ça toute seule!
- Castle...
- Oui?
- Merci, dit-elle en venant se blottir contre lui.
- Always, sourit-il.
Dans la cuisine, Kate découvrit Alexis à moitié allongée sur le comptoir de la cuisine. Elle avait l'air vraiment mal en point et marmonnait des choses incompréhensibles.
- Alexis, t’as la gueule de bois ? Remarqua-t-elle.
- Eh bien la fête organisée pour les diplômés a un peu dérapé, expliqua Rick. Alexis m’a appelée de là-bas. Je suis passé la récupérer, je ne t'ai pas réveillée parce que tu dormais encore profondément.
- Oh, ma pauvre... Compatit Kate.
- Et si je te préparais du thé ? Ça pourrait peut-être te détendre ! Suggéra Castle.
- Oh, non, non pas de thé! Gémit la rouquine.
- Pas de thé, d’accord...
- Non. Pas de thé...Ohhh...ma tête va exploser !
- De l’aspirine. T’as besoin d’aspirine ! Dit Kate en se dirigeant vers un placard.
- Oh non pas ça ! Pas d’aspirine ! dit Rick en la retenant part le bras.
- Comment ça pas d’aspirine ? Répéta Kate.
- Eh bien, c’est sa première cuite. C’est une étape importante, un genre de rite de passage. Expliqua Rick en regardant sa fille. Tu n’as pas envie de vivre l’expérience, dans sa totalité, sans avoir à passer par la case des analgésiques vendus légalement qui t’enlèveront la douleur ?
- Non ! Répondit Alexis en fronçant les sourcils devant cette idée saugrenue.
- Un rite de passage? La gueule de bois? Il n'y a vraiment que toi pour avoir de telles idées, dit Kate en secouant la tête.
- Non bon bah, prends de l’aspirine mon cœur hein, désolé !
- Aaaahhhh! Soupira Alexis qui posa sa tête dans ses bras, en soupirant fortement.
- On devrait peut être rester avec elle...
- Mhm... Oh! Non! C'était bien tenté, madame Castle, mais je ne changerai pas d'avis, on se prépare et on retourne à l'hôpital.
- Mais je vais déjà mieux!
- Et tu iras beaucoup mieux encore lorsque tu auras été chouchoutée par ton mari et surveillée par toute une équipe médicale.
- Je sais... C'est seulement que...
- Tu détestes les hôpitaux, je sais. Et je te promets que je ferai tout pour qu'ils te gardent le moins longtemps possible.
Ils prirent leur petit déjeuner en silence, puis Alexis fila se coucher.
- Cosmo est avec elle, annonça Rick en redescendant l'escalier. Tout ira bien mieux pour elle dans quelques heures.
- J'ai mis un mot sur le comptoir de la cuisine, pour lui expliquer où nous allons, annonça Kate. Elle risque de ne pas avoir les idées très claires à son réveil.
- Tu es parfaite, tu penses à tout.
On frappa à la porte au même moment. Kate sursauta.
- Ne t'inquiète pas, Maddox ne prendrait pas la peine de frapper, la rassura-t-il. Ce sont les hommes que Gates envoie pour nous escorter jusqu'à l'hôpital.
*************
- Non, mais à quoi pensiez-vous?! Demanda le médecin en lui prenant la tension.
- ...
- Vous croyez qu'on décide de garder quelqu'un sans raison?! Vous avez été imprudente! Vous n'êtes plus seule désormais! Asséna-t-il d'un ton froid et sec.
Kate rentra sa tête dans ses épaules, le sermon du médecin la touchait énormément. Elle se sentait de plus en plus mal et blanchissait à vue d'œil. Cependant le médecin ne semblait pas le remarquer et continuait sa litanie de reproches. Rick fulminait et craqua lorsque les larmes commencèrent à dévaler le long des joues de Kate.
- Non, mais vous ne voyez pas que vous aggravez les choses? Cria-t-il en s'interposant entre Kate et le docteur.
- Elle a été très imprudente hier soir en quittant l'hôpital, elle aurait pu...
- Je vous interdis de terminer votre phrase, tonna Rick en lui coupant la parole. Ma femme a des nausées qui l'affaiblissent depuis des semaines, elle a failli mourir hier à cause d'un malade qui a envoyé un tueur à gage à ses trousses et a fini la journée en apprenant que l'un des bébés qu'elle attendait avait cessé de se développer! Alors oui, elle s'est enfuie de l'hôpital, mais uniquement parce que ça lui faisait un peu trop de choses à gérer seule! Vous avez dit vous même qu'il lui fallait du calme et du repos, vous croyez que la stresser comme vous le faites est la meilleure chose à faire?
- ... Je... Non... Bafouilla le médecin... Je suis désolé... Je...
- Je veux un autre médecin, termina Rick d'un ton glacial. Peu importe le prix, je veux le meilleur médecin de cet hôpital et pas un olibrius de votre espèce!
Le médecin acquiesça silencieusement et quitta la pièce. Rick se tourna vers Kate, qui pleurait toujours silencieusement.
- Ssscchhhh.... Ça va aller, murmura-t-il. Regarde-toi, tu trembles comme une feuille.
- Je sais. Je n'arrive pas à me contrôler, renifla-t-elle.
Un autre médecin arriva peu après. Il excusa l'attitude de son collègue, attribuant sa bévue à un double service difficile qui l'avait mis sur les nerfs. Castle, poussé par Kate, finit par marmonner vaguement qu'il acceptait ses excuses.
Le praticien, après avoir ausculté Kate, déclara que les bébés allaient bien et que l'état de la jeune femme s'était légèrement amélioré. Il lui administra un léger sédatif et annonça qu'une infirmière viendrait bientôt lui administrer un nouveau traitement en intraveineuse.
Lorsque Kate fut endormie, Castle appela sa fille, pour prendre de ses nouvelles. Cette dernière se remettait doucement de sa gueule de bois et lui assura qu'elle se débrouillait parfaitement seule, qu'il ne devait surtout pas quitter le chevet de Kate.
Il n'avait pas encore posé son téléphone, que celui de Kate sonna.
- Téléphone du lieutenant Beckett, Castle à l'appareil.
- Hey Castle! Comment va Kate? Demanda Ryan.
- Ça va un peu mieux. Elle dort.
- Où êtes-vous? Je suis passé chez vous, mais personne ne m'a répondu...
- Nous sommes à l'hôpital et Alexis devait être trop profondément endormie pour pouvoir vous ouvrir...
- À l'hôpital? Elle est plus malade qu'on ne le pensait?
- Non... Ça va... C'est juste que les jumeaux lui en font voir de toutes les couleurs, voilà tout.
- Des jumeaux? ... Vous voulez dire?...
- Oui, je veux dire!
- Oh, c'est génial Castle! Je suis content pour vous!
- Merci Ryan. Alors, pourquoi appelez-vous?
- Pas au téléphone, je voulais seulement savoir où vous étiez. J'arrive!
- D'accord... Nous sommes dans la chambre 308.
Un quart d'heure après, Ryan et Esposito franchissaient la porte de la chambre.
- Salut Castle !
- Salut les gars, ne faites pas trop de bruit, elle dort...
- Je ne dors pas...
- Bonjour le sédatif! Rappelle-moi de ne pas choisir cette marque si un jour j'ai besoin d'un repos efficace... Marmonna Castle.
- Qu’est-ce que vous faites là ? Demanda Kate en se redressant dans son lit.
- On doit vous parler de l’affaire! Annonça Ryan en s'avançant vers elle.
- Ryan ! Non, Ryan, j’ai lâché l'affaire. C’est fini ! L'arrêta Beckett.
- Nous savons ça... Mais... le type qui vous a balancé du toit, il est toujours dans la nature !
- Euh, Ryan… commença Castle.
- Beckett, je sais ce que vous a coûté cette affaire. Je ne vous demande pas de replonger tête baissée. Mais... On a besoin de votre aide, si on veut coincer ce type... Je veux seulement vous montrer quelque chose c’est tout, dit Ryan en sortant une photo du dossier qu'il lui montra. J’ai obtenu une copie de la photo que Maddox a prise dans l’album de mariage. Vous connaissez les types avec qui Roy marchait à l’époque. Est-ce que c’est l’un d’entre eux ?
- Je ne l’ai jamais vu de ma vie ! Répondit Kate.
- Moi si ! Intervint Castle. C’est l’homme dont je t'ai parlé. Celui qui te protège depuis la mort de Montgomery !
- Tu en es sûr ? Demanda Kate.
- Il est plus vieux aujourd’hui mais ça ne fait aucun doute !
- Je peux savoir de quoi on parle ? Interrogea Ryan.
- Quelle que soit l’information que Montgomery lui a remise, il s’en sert pour protéger Kate. Mais ils ont envoyés Maddox pour l’éliminer et récupérer le dossier. Si on ne le trouve pas avant Maddox, Kate ne seras plus jamais en sécurité !
- L’homme que Maddox recherche, énonça Esposito. C’est lui la clé. Si on le trouve, on trouve le dossier de Montgomery !
- Ce qui nous conduirait à celui qui a planifié tout ça, y compris le meurtre de ta mère! Ajouta Castle.
- Mais toutes les fois où vous lui avez parlé, il ne vous a jamais dit son nom, même un faux ? Demanda Ryan.
- Non !
- Ni où il travaillait ?
- Non !
- Où il vivait ?
- Non, non rien de tout ça. Il a appelé sur mon portable, avant-hier soir mais d’un numéro bloqué !
- Je vais vérifier vos relevés pour essayer de trouver le numéro d’où il appelait ! Lança Ryan en quittant la chambre de Kate.
- Je vais voir avec un de mes potes de l’armée, j’en apprendrai peut-être un peu plus sur Maddox, dit Esposito en prenant le même chemin que Ryan.
Castle se tourna vers Beckett, elle s’enfonça dans son oreiller et se prit la tête dans les mains. Castle s’assit à côté d’elle.
- J’étais sensée en avoir terminé avec cette histoire ! Je ne peux pas replonger là-dedans, pas maintenant ! Soupira-t-elle.
- Sauf qu’on n’a pas le choix. Si Maddox retrouve cet homme avant nous…
- Mais je sais pas comment faire! On a déjà essayé de le trouver et on a fait chou blanc !
- Mais là, on a sa photo ! Alors, je vais te dire en détail comment on fait. On découvre son identité. On a déjà fait ça et avec des indices encore plus minces. Et quand ce sera fait, on laissera cette histoire derrière nous et on ira rejoindre Andréa et ma mère pour des vacances bien méritées. Allez ! C’est un domaine dans lequel tu excelles et je ne me débrouille pas trop mal non plus, dit-il en posant la photo devant elle. Alors que sait-on ? On sait que ce type a la soixantaine, qu’il vit à New-York depuis longtemps, qu’il était ami avec Montgomery, donc il a peut-être des liens avec les forces de l’ordre !
- Il… il a l’air influent, hésita Kate. A l’aise financièrement !
- Oui c’est vrai ! Sourit Castle en tournant la photo vers lui. Je dirais même qu’à l’époque il était déjà plein aux as !
- Pourquoi tu dis ça ?
- Regarde son poignet. C’est une Nautilus 3800. Elle valait dix mille dollars quand elle est sortie en 81. Oh ! C’est l’année du mariage de Montgomery, mai 1981. A ton avis, combien de modèles de cette montre ont pu être vendu en seulement cinq mois ?
Il se précipita vers son sac et en sortit son ordinateur, qu’il connecta en wi fi avec son téléphone.
- Tu as amené ton ordinateur ?
- Je devais bien avoir de quoi m’occuper pendant que tu te reposerais !
La piste de la montre se révéla être une excellente idée, la maison mère leur apprit que seules dix-sept montres avaient été vendues durant cette période. Neuf d’entre elles avaient été offertes à l’équipe du cabinet d’avocat PPC, après leur victoire lors d’un procès contre l’industrie du tabac. Gagner un procès contre l’industrie du tabac vous fait de la publicité, avec un peu de chance, ils identifieraient ce type avant que Ryan ait tracé l’appel.
Rick était tellement enthousiaste qu’il ne remarqua pas tout de suite le malaise de Kate. Il finit par se tourner vers elle lorsqu’il se rendit compte de son silence prolongé.
- Hey ! Qu’est ce que tu as ?!
- Tu vas vouloir aller le trouver, lorsqu’on aura son adresse…
- … Non… je t’ai promis que je resterai avec toi. On peut compter sur les gars.
- Il ne leur dira rien et tu le sais… répondit-elle en baillant.
- Dors, ne t’inquiète pas, tout ira bien, dit-il en l’embrassant sur le front.
Chapitre cent vingt-cinq
Esposito observait, depuis le trottoir d’en face, un bureau de recrutement de l’armée. Des manifestants agitaient des pancartes et criaient leur aversion pour la guerre. Enfin, celui qu'il attendait apparut à la porte du bureau. L'homme rejoignit Esposito à sa voiture et le latino démarra. Ils se garèrent discrètement dans un parking souterrain.
- Je ne peux pas faire ce que tu me demandes !
- J’ai pris une balle pour toi. T’as pas oublié ? Dit Esposito.
- Je ne peux pas entrer dans les fichiers du département de la défense sans autorisation. Je perdrais absolument tout !
- Seulement si tu te fais chopper. Et ça n’arrivera pas. J’ai acheté ça chez un préteur sur gage, en liquide, expliqua le policier en sortant un ordinateur. Dès qu’on aura fini, j’efface le disque dur et je compresse le tout. Ça ne remontera jamais jusqu’à toi.
Il sortit la photo de Maddox avant de continuer.
- C’est un ancien militaire, forces spéciales ou delta force, j’en sais rien. Ce type a tiré sur une de mes amies, il a failli la tuer et il recommencera si on ne l’arrête pas. Elle est enceinte, mais ça ne l'arrêtera pas. J’ai besoin de l’identifié alors il faut que tu m’aides !
De son côté, Ryan tentait de tracer l'appel reçu par Castle. Malheureusement, il n'était pas tombé sur l'agent fédéral le plus coopératif du monde.
- Comment ça vous ne pouvez pas tracer l’appel ?s'énerva Ryan. C’est quoi c’est connerie ? Ecoutez je suis pressé, je dois savoir qui est cet homme tout de suite. C’est ça oui, oui, oui, passez-moi l’agent Hobben, d’habitude c’est avec lui que je vois ça !
********************
Castle fouilla dans son sac et en sortit une des publicités qui se mélangeait à son tas de courrier. Il retourna la carte postale du Sénateur Bracken pour noter les informations qu'il trouvait sur internet. Le sédatif semblait enfin fonctionner, Kate dormait paisiblement.
Alexis, qui s'était remise de sa gueule de bois, les avait rejoints et après un rapide débriefing de la situation, elle aidait son père dans ses recherches sur l'homme mystère.
Elle pianota sur le clavier “Pennington, PPC, tabacco lawsuit, 1981”. Une photo s’afficha sur l'écran.
- Alors voilà l’équipe des avocats de PPC qui a gagné le procès... Murmura-t-il. Mais… je ne vois pas notre homme !
- C’était une équipe de neuf hommes mais là je n’en vois que huit, fit remarquer Alexis. C’est surement l’avocat manquant..
- Ou alors il n’est même pas avocat...
- Ou alors il l’est mais il est plutôt du genre à opérer en coulisse, ce serait un conseillé comme Michael Clayton ? Suggéra Alexis.
- Chérie, cette photo a été prise il y a trente ans, on ne sait absolument pas si cet homme travaille encore dans ce cabinet, ou si il y a travaillé un jour !
Le téléphone de Beckett vibra, il décroche et mit le haut-parleur
- Castle!
- Mauvaise nouvelle, annonça Ryan. Le type qui t'a appelé l’a fait avec une puce prépayée et elle a été coupée depuis. Qui que ce soit, il couvre ses traces...
- Mais nous devons le retrouver rapidement!
- Ecoute on a émis un avis de recherche sur Maddox, on fait circuler sa photo dans tout l’état. Quelqu’un va finir par le repérer ! Et puis Espo devrait bientôt revenir, il est allé demandé de l'aide à un de ses potes...
- On peut pas s’en remettre à ça. Tu n’as rien trouvé d’autre ? Demanda Castle énervé.
- Et bien, j’ai quelque chose mais ça reste hyper vague. Le type a appelé en passant par internet au lieu de passer par le système de cellulaire normal mais il a appelé d’une zone où le signal était mauvais donc il a été dérouté sur un réseau sans fil !
- Qui dit réseau sans fil, dit adresse IP ?
- Oui et on l’a tracé... C’est même pas à New-York ! Soupira Ryan.
- Alors c’est où ?
- L’appel est passé par un réseau sans fil enregistré sous le nom de «Magellan Yacht Club» à Westport dans le Connecticut !
Alexis lança une recherche sur le web.
- C’est surement un membre du club, peut-être qu’il y aura une photo de lui quelque part sur le site !
Alexis lut les noms de la liste des avocats de PPC et trouva un nom sur la liste du club.
-Papa, regarde. Sur la liste des conseillers juridiques, maintenant regarde le comité de direction !
- Michael Smith ! C’est notre homme ! Ryan, tu peux nous trouver son adresse? Demanda Castle en se levant.
- Oui, mais je vais y aller avec Espo. Tu restes où tu es Castle! Dit Ryan.
- Il ne vous parlera pas, pas avec cette histoire de flics corrompus!
- ... Je passe vous prendre, annonça Ryan avant de raccrocher.
- Papa, tu ne vas pas y aller!
- Je serai avec Ryan, c'est sans risque.
- Mais... Et Kate, tu ne peux pas la laisser seule!
- Elle dort, elle ne s'en rendra même pas compte...
- Et si elle se réveille?
- Tu lui diras que je suis descendu déjeuner à la cafétéria.
- Elle ne gobera jamais un truc pareil...
- Tu descends d'une grande lignée d'actrices, sois convaincante, rétorqua Rick en enfilant sa veste et en quittant précipitamment la pièce.
Alexis soupira et alla s'asseoir dans le fauteuil près de la fenêtre en espérant que son père serait de retour avant le réveil de Kate.
*****************
Ryan défonça la porte d’entrée de l’appartement, et entra arme au poing, il s'avança prudemment dans la pièce. Castle le suivait. Il aperçut Smith, Maddox l'avait trouvé avant eux. Il était dans un sale état.
- Maddox l’a trouvé avant nous ! S'écria-t-il en se dirigeant vers lui.
Ryan remarqua un dossier qui se consumait dans la cheminée. Il se précipita pour tenter de le récupérer.
- Le dossier ! Castle !
- Il est toujours en vie !
Les secours appelés par Ryan arrivèrent rapidement pour emmener Smith. Rick tentait toujours de lui parler, malgré les ambulanciers qui s'activaient autour de lui.
- Monsieur Smith, vous m’entendez ?
- Désolé Monsieur, éloignez-vous !
- C’est bon, il est sous perf !
- Le dossier ?articula difficilement Smith. Elle n’est pas en sécurité...
- Attache-le !
- 86... Murmura Smith.
- 86 ? ... Ça veut dire quoi ?
- 86...
- Je ne comprends pas ce que ça veut dire ! S'affola Castle.
- Monsieur, on doit l’emmener aux urgences !
- 86, M…
- 86 ! Ça veut dire quoi ?
- On doit l’y conduire tout de suite ! Coupèrent les ambulanciers qui s'en allèrent en emmenant Smith.
- Ca veut dire quoi ? Demanda encore Castle désespéré.
- J'ai demandé une protection policière pour lui, pour nous assurer que Maddox ne revienne pas finir le travail !
- Smith vient de me donner un message. Il a dit 86 sûrement un indice pour trouver le dossier?
- On sait où il est le dossier, il est juste là réduit en cendre dans la cheminée !
- Non, Smith est trop intelligent pour en avoir gardé qu’une seule copie dans son appartement. Il est beaucoup trop prudent. C’est un code, la réponse est là quelque part !
Ils fouillèrent pendant un long moment dans les tiroirs à dossier du bureau de Smith.
- Il faut qu'on y aille, décida Ryan en repoussant le tiroir ouvert par Castle. Beckett va finir par se réveiller et si elle ne te trouve pas...
- Alexis est avec elle, elle couvrira mon absence. La réponse est forcément là quelque part ! Là-dedans ! Dit-il en rouvrant le tiroir.
- Castle ! Il n’y a plus rien à chercher, 86 pourrait désigner n’importe quoi. Tu ne fais que te raccrocher aux branches !
- Oui, oui je me raccroche aux branches, parce que si ce dossier est parti en fumée, ça veut dire qu’ils vont venir s’en prendre à elle et que je ne peux rien faire contre ça. Alors oui, s'il y a une branche qui dépasse, je ne suis pas prêt à la lâcher ! S'énerva Castle en cherchant de nouveau.
- Castle, une équipe va arriver bientôt, je leur demanderai de fouiller là-dedans, mais tu dois retourner auprès de Beckett, le raisonna Ryan.
- Ohhh… Smith possède des biens dans Manhattan Sud et celui-là est au 86 Markwell Street. C’est ça que Smith a dit. Il a dit 86 et ensuite «Ma, ma». Quelque chose qui commence par «Ma». Cet immeuble, c’est là-bas qu’est le dossier ! S'écria Castle en fermant le tiroir.
- Je te ramène à l'hôpital et j'y vais avec Esposito.
- Mais...
- Pas de mais Castle! Beckett me tuera si je te fais prendre plus de risque que je ne l'ai fait jusqu'à maintenant.
- Mais...
- Pas de mais! Tu crois qu'elle va dormir combien de temps? Pas suffisamment longtemps pour ne pas s’apercevoir de ton absence…
- Tu veux rire ? Elle est exténuée, elle va dormir pendant au moins deux jours !
- Tu es sûr que tu es marié avec elle depuis plus d’un an ? demanda Ryan. Beckett ne dort jamais beaucoup, je ne compte plus le nombre de fois où elle est arrivée au poste aux aurores quand on avait une enquête en cours.
- Oui, mais ça c’était avant ! Allez, on appelle Esposito pour lui donner l’adresse et on y va.
- Ok, mais tu endosseras l’entière responsabilité de cette histoire !
- Si ça peut te faire plaisir…
- De toute façon, Beckett te pardonne tout…
- Je suis irrésistible, sourit Castle.
- Je dirais plutôt qu’elle est vraiment très très amoureuse de toi, rectifia Ryan. Allez viens ! Avec un peu de chance, on sera de retour avant son réveil…
********************
Ryan et Castle entraient dans l’immeuble en cours de démolition.
- D’accord alors, l’immeuble a dix étages. Comment fait-on pour trouver le dossier ? Demanda Castle.
- Il a dû le mettre dans un endroit qui ne risquait pas de tomber sous les coups de l’équipe de démolition…
- Oui, ce qui nous suggère que non seulement Monsieur Smith possède l’immeuble mais qu’il en connait aussi les moindres recoins…
- Bon ! Par où on commence ?
- Par éliminer toutes les cloisons. Smith n’aurait jamais pris le risque de le cacher dans un endroit susceptible de se faire abattre, on peut aussi oublier les faux plafonds !
- Castle ! Regarde les boîtes aux lettres ! Michael Smith 523. Il ne faisait pas que posséder l’immeuble !
- Il y possédait aussi un bureau au 5ème étage !
Le cliquetis d’un pistolet qu’on arme retentit derrière eux.
- Voilà une info qui va m’être utile. Tournez-vous et mettez vos mains derrière le dos !
Ils s’exécutèrent. Maddox s’avança et prit l’arme de Ryan dans son dos.
- Vous avez convaincu Smith de vous dire où était le dossier ?
- Il m’a dit qu’il l’avait caché dans un coffre-fort de plancher mais il ne m’a pas dit où exactement. Merci d’avoir éclairci ça pour moi ! Répondit Maddox en serrant les liens en plastique aux poignets de Castle.
- Vous ne l’avez pas tué au cas où vous n’arriveriez pas à trouver le dossier …Comprit Ryan.
- Et une fois que ce sera fait. J’en finirais avec vous, votre petite copine et ensuite avec lui ! Expliqua Maddox en liant aussi les mains de Ryan.
Il les enferma dans une pièce et s’en alla à la recherche du dossier.
- On a une minute ou peut-être deux pour nous sortir de là ! Commença Castle en regardant autour de lui.
- Castle comment sont serrés tes liens. Tu peux bouger les mains ?
- Euh, non à peine !
- Tu as quelque chose qui coupe dans tes poches, genre un couteau ?
- Non !
- Un coupe-ongle ?
- Non ! Qui se balade avec un coupe-ongle ?
- C'est très utile un coupe-ongle! On a parfois un... euh... Bon... Bref … T’as des clés ?
- Non, je n’en ai pas, c’est un bip, une télécommande ! Oh y a une vis regarde. Il y a une vis, c’est parfait ça !
- C’est pas ça qui va nous aider !
- Euh, je ne suis pas d’accord. Tout ce qu’on a à faire, c’est attraper le lien et…Expliqua l’écrivain en joignant le geste à la parole, le scier ! Comme ça !
*****************
- J’arrive à peine à faire une entaille ! Gémit Castle.
- Castle j’entends des bruits de pas, il arrive ! Grouille-toi !
- Oh si je venais à mourir maintenant, Beckett me tuerait !
- … ???
- Je me comprends ! Heureusement qu’on n’a pas attendu pour se mettre ensemble, au moins j’aurais eu ces quatre merveilleuses années avec elle…
- Oui, j’aurais au moins eu la chance de rencontrer ma Jenny…
La porte s’ouvrit, ils sursautèrent aussitôt.
- Vous avez surtout eu la chance de me rencontrer, dit Esposito en entrant dans la pièce pour les libérer.
Esposito leur expliqua ce qu’il avait découvert sur Maddox. Il s’appelait en réalité Cédric Marks, après l’armée, il s’était fait engager par une boîte nommée «Arantus solutions». Une espèce de société mercenaire privée, le genre mercenaire à louer !
Ils se dirigeaient vers le bureau de Smith, quand Ryan arrêta Esposito.
- Esposito attend ! Le bureau 523 est juste là. T’as une deuxième arme ?
- Ouais !
Il lui donna son arme attachée à sa cheville.
- Génial, il y en a une pour moi ? demanda Castle.
- Tu veux dire une deuxième, deuxième arme ?
- Wah !
Ils trouvèrent Maddox dans le bureau, il essayait d’ouvrir le coffre avec un instrument et des écouteurs sur les oreilles. Esposito avançait doucement. Maddox réussit à ouvrir le coffre, il posa son arme au sol et avança la main pour prendre le dossier.
- Ne bougez pas ! Ne respirez même pas ! Menaça Esposito.Faites un seul mouvement vers votre arme et je vous fais exploser la tête !
-Très bien lieutenant, accorda Maddox en mettant une main dans sa veste. C’est vous qui menez la danse !
- Maintenant penchez-vous doucement. Et attrapez le dossier !
Maddox s’exécuta et en profita pour prendre une autre arme dans sa veste. En prenant le dossier, il actionna un engin explosif. Esposito entendit l’activation et poussa Ryan vers la sortie.
La bombe explosa. Castle et les gars se réfugièrent derrière la cloison du bureau. Lorsqu’ils revinrent à l’intérieur, il ne restait plus rien.
- Il est cuit ! Constata Esposito en désignant Maddox.
- Smith aurait pu nous prévenir ! Râla Castle. Pas un mot de ça à Beckett! Officiellement, j'attendais sagement dans la voiture!
- Beckett ne goberait jamais un truc pareil, rétorqua Esposito.
- Smith savait que Maddox débarquerait ici en premier ! dit Ryan.
- Oh non. Le Dossier ! Se lamenta l’écrivain en attrapant un morceau de papier à moitié calciné.
Ils appelèrent la cavalerie, Gates sermonna Castle et ordonna aux gars de le ramener auprès de Beckett.
- Elle dort toujours ? Chuchota Castle en passant la tête par l’ouverture de la porte de chambre de Beckett.
- Non, elle ne dort plus, répondit la voix de Kate.
Elle quitta son lit, attrapa la potence qui portait sa perfusion et s’approcha de lui. Rick se figea et commença à bafouiller. Alexis, sentant l’atmosphère devenir électrique, préféra s’éclipser.
- Kate… Je… J’ai… Euh… Que…
- Comment tu as pu me faire ça ?! Tu avais promis ! Gronda Kate en enfonçant son index dans le torse de son mari.
- Tu as repris du poil de la bête, constata Rick en se massant à l’endroit qu’elle venait de malmener. Tu es fâchée… je comprends…mais…
- Mais tu n’as pas pu t’en empêcher, n’est-ce pas ?
- Bien sûr que je n’ai pas pu m’en empêcher ! Comment veux-tu que je reste sans réaction, quand un malade menace ta vie et celle de nos enfants ! s’écria Rick. Et si c’était à refaire, je le referai ! Ne me dis pas que tu ne comprends pas ça, parce que je sais que tu aurais agi de la même façon !
- …
Elle baissa la tête en soupirant et la posa contre le torse de Rick. Elle sentit ses bras puissant l'étreindre et soupira de nouveau.
- Je ne voulais pas t’inquiéter, reprit Castle. Mais…
- Je sais… Je sais…
- Tu n’es plus fâchée ?
- Si, mais je t’aime et je n’ai pas envie de gâcher le temps qu’il me reste à t’en vouloir…
- Chouette, me voilà tranquille pour les soixante prochaines années au moins !
Elle lui fit un maigre sourire.
- On était si près du but, souffla-t-elle. Ce dossier nous aurait appris qui est derrière tout ça et qui a tué ma mère !
- Au moins Maddox pourra plus s’en prendre à toi !
- Ils enverront quelqu’un d’autre …
- Sauf si celui qui tire les ficelles ne sait pas que le dossier a été détruit. Il pense peut-être que ce n’est pas le cas ?
- Moi je ne parierais pas là-dessus et toi ?
- … Non, fut-il obligé d’admettre.
- Cette histoire ne se terminera donc jamais ?
Il posa le menton sur sa tête et la serra contre lui, lui promettant silencieusement que tout finirait par s’arranger.
On toqua à la porte de la chambre.
- C’est qui ? demanda Kate.
- Beckett, c’est nous, fit la voix de Ryan derrière la porte.
- Du nouveau ? demanda Castle en ouvrant la porte.
- Non, mais on a récupéré ça ! annonça-t-il en montrant un sac de preuve rempli de bouts de papiers.
- Les papiers qui étaient dans le coffre ? devina Castle.
Il acquiesça. Esposito ouvrit un sac contenant tout le matériel nécessaire pour la reconstitution des documents. Ils s’installèrent dans un coin de la chambre de Kate. L’infirmière râla un peu, mais leurs plaques et la promesse de Kate de se reposer et de laisser les trois hommes travailler seuls sans aucun remord, finirent par la convaincre.
Au bout de cinq heures de travail, Esposito commença à montrer des signes de découragement.
- Oh, ça fait 5h. Tout ce que j’ai c’est un morceau de papier de la taille d’une carte à jouer entièrement vide !
- Moi j’ai un solde de clôture ici, annonça Ryan. Je pense que c’est un relevé bancaire !
- J’ai des morceaux de papier d’une banque, dit Castle.
- Je crois que ce n’est pas qu’un simple relevé bancaire ! dit Kate en regardant les papiers trouvés par Castle et en y accolant un de ses morceaux.
- Hé ! T’étais pas sensée dormir toi ?
- Je me suis réveillée.
- Mouais… Bon… Ohh ! Ça fait partie d’un mandat à encaisser, remarqua Castle. Ça pourrait être le relevé d’un paiement ?
- Et c’est sûrement notre homme qui l’a encaissé ! répliqua Kate.
- Ce serait parfaitement logique !
- Pourquoi vous dites ça ? demanda Ryan.
- Tout a commencé quand Montgomery et ses potes, les ripoux se sont mis à enlever des mafieux pour demander des rançons ! rappela Castle.
- On sait que quelqu’un l’a découvert et a exigé une partie de cet argent ! Continua Beckett.
- Et qui que ce soit, il y a quelque chose dans ce dossier, qu’il ne veut pas qu’on apprenne ! Termina Castle.
- Et une seconde… Intervint Esposito en regardant ses papiers, là j’ai des numéros. Ça été imprimé à la machine et il y a que huit chiffres alors ce n’est pas un numéro de téléphone. Une minute…
- Oh oui c’est…se réjouit Castle.
- C’est le verso du mandat à encaisser et ces huit chiffres, 08672241, c’est le numéro de compte qui a été crédité ! Conclut le latino.
- Si on découvre à qui appartient ce compte on aura un nom ! Résuma Beckett.
- Et je sais comment on peut faire, sourit Ryan. Vous vous rappelez l’affaire sur la bombe sale ? On avait vérifié les comptes bancaires des suspects en se servant des fichiers du FBI !
- Et je me souviens encore du mot de passe ! Ajouta Esposito en tapant sur le clavier d’ordinateur de Castle. On n’est même pas certain qu’il répertoriait déjà les comptes à cette époque !
- Dis-toi que le propriétaire de ce compte a commandité le meurtre de ma mère. Vérifie !
Les secondes s’éternisaient. Rick prit la main de Kate dans la sienne.
- Le compte a été fermé il y a dix-neuf ans. Il appartenait à un type nommé William H. Bracken !
- Tu veux parler du Sénateur William Bracken ? Précisa Kate en montrant une carte de campagne du sénateur.
Les trois hommes regardaient la carte médusés.
Ils trouvèrent sa biographie sur internet, la chronologie correspondait, il avait été substitut du procureur de New-York de 1988 à 1992, l’époque où Montgomery enlevait des mafieux. Bracken avait dû l’apprendre d’une quelconque. Il savait très bien que les mafieux refuseraient de témoigner et que les flics ne seraient jamais inquiétés, donc au lieu d’une action légale, il était entré dans la danse, pour avoir sa part sous forme de mandat à encaisser. Mais quand sa carrière politique s’était envolée et qu’il était devenu sénateur, il avait dû s’assurer que le scandale ne referait jamais surface et les meurtres avaient commencé.
- D’après les rumeurs, Bracken se prépare pour l’élection présidentielle ! dit Castle.
- Il fait le grand nettoyage et tu es la suivante ! dit Esposito. On doit le faire tomber !
- Comment ? Tout ce qu’on a c’est une liste de chiffre qui n’a pas le moindre sens sauf pour nous, rétorqua Kate. On n’a absolument aucune preuve solide qu’on pourrait utiliser contre ce type !
- Euh, j’ai peut-être une bonne nouvelle à ce sujet, annonça Ryan en raccrochant son téléphone. Je viens d’apprendre que Michael Smith était sorti du bloc et qu’il est réveillé !
- Smith est la clé, il peut faire le lien avec Bracken ! Hé ! Où vas-tu demanda Castle alors que Kate ouvrait la porte.
- Je vais parler à Smith, les gars essayez de trouver un lien entre Maddox et Bracken !
- Tu sais que tu es en pyjama, accrochée à une perfusion ?
- Elle est mobile et puis il y a beaucoup de malades qui se promènent dans cet hôpital…
- En plein milieu de la nuit ?
- Tu n’auras qu’à dire que je suis somnambule et qu’il ne faut pas me réveiller.
- Personne ne croira un truc pareil !
- Sois convainquant, il parait que tu côtoies de grandes actrices…
- Touché…
Chapitre cent vingt-six
Kate passa la tête pour vérifier que le couloir était désert.
- La voie est libre, annonça-t-elle.
- Libre, libre... Il y a quand même un officier qui garde la chambre... remarqua Castle.
- Pas de problème, j'ai demandé à Ryan de faire garder Smith par Jones, il ne me refuse rien...
- Quoi? C'est qui ce Jones?
Elle lui adressa un regard énigmatique dont elle avait le secret, sourit malicieusement et se dirigea vers l'officier.
- ... Comment ça il ne te refuse rien?! Il n'a pas le droit de rien te refuser! S'étouffa Castle avant de se précipiter à la suite de sa femme.
- Salut Jones!
- Lieutenant Beckett! Vous êtes hospitalisée?! Que vous est-il arrivé?
- Une légère baisse de forme, mais ça va déjà mieux!
- Tant mieux! Je vous apporterai vos beignets préférés demain matin quand on me relèvera.
- Vous êtes adorable! Minauda Kate. On peut entrer?
- Oui, oui! Répondit le jeune homme en leur ouvrant la porte.
Rick le dévisagea en passant devant lui et se promit de tirer cette affaire au clair.
- Vous êtes en vie... Remarqua Smith.
- Bienvenue au club ! Répondit Rick sarcastiquement.
- Qu’est devenu l’autre dossier ? Demanda le premier.
- Maddox a ouvert le coffre.
- Mais on a pu en reconstituer assez pour savoir que Bracken a encaissé des mandats, annonça Kate.
- Fermez la porte ! Demanda Smith à Castle. L’ironie c’est qu’il s’est servi de cet argent pour financer sa première campagne pour le congrès !
- Nous avons besoin de le prouver. Ainsi que tout ce qu’il a pu faire d’autre ! Dit Kate sans détour.
- Il n’y a aucune preuve ! Soupira Smith.
- Vous êtes là vous. Vous pouvez témoigner ! rétorqua Beckett.
- Ça, ça n’arrivera jamais. Roy Montgomery m’a rendu un grand service un jour alors j’ai conservé ce dossier et je vous ai protégée au prix de sacrifices personnels, parce que je lui étais redevable mais vous je ne vous dois rien !
- Donc vous aller le laisser s’en tirer en sachant qu’il a commandité des meurtres ? S'énerva Kate.
- Vous ne comprenez pas lieutenant, il est protégé, intouchable. La seule chose qui vous attend c’est de vous faire tuer. Tout comme moi ! J’imagine que ma meilleure chance de survie, ça va être de … disparaitre. Et je vous suggère d’en faire autant !
- Vous êtes conscient d'en savoir beaucoup trop? Demanda Kate. Comme Roy et ma mère. Ils vous ont trouvé une fois, ils recommenceront s’en aucun souci et votre meilleure chance c’est de travailler avec moi !
Ils se regardèrent un instant, puis Smith détourna le regard.
- Je suis fatigué ! Allez-vous-en ! Marmonna-t-il.
Kate soupira et se laissa entraîner en dehors de la chambre par Rick, qui prit soin de la prendre tendrement par les épaules lorsqu'ils repassèrent devant Jones.
- Prenez soin de vous lieutenant Beckett, dit celui-ci en remarquant l'air abattu de la jeune femme.
- Merci Jones, murmura-t-elle.
Rick l'emmena prendre l'air un instant. Son téléphone sonna, il s'éloigna un peu et décrocha. Kate resta sur le trottoir perdue dans ses pensées. Elle n'avait pas bougé lorsqu'il revint près d'elle quelques minutes après.
- Oui d’accord, merci. Tenez-moi au courant si vous apprenez quoi que ce soit ! Dit-il avant de raccrocher. Bon c’était Ryan, ils n’ont pas trouvé de lien concret entre Maddox et Bracken !
- Et ils n’en trouveront aucun, il est trop prudent ! Soupira Kate.
- C’est Smith le seul lien !
- Oui mais il ne coopérera pas. Il nous l’a bien fait comprendre !
- C’est sa seule porte de sortie. Il est assez malin pour le savoir. Il a seulement besoin d’un peu d’encouragement !
- Ok !... soupira-t-elle.
Castle sourit et se dirigea avec elle vers l’entrée de l’hôpital. Ils tombèrent nez à nez avec l’officier Jones.
- Hé! Attendez, pourquoi vous n’êtes pas avec Smith ?demanda Kate.
- Le central m’a appelé et m’a dit de rentrer ! Je vais pouvoir aller vous chercher ces beignets plus vite que prévu apparemment!
Rick et Kate se précipitèrent à l’intérieur de l’hôpital aussi vite qu'ils le purent malgré l'encombrement de la potence de Kate.
Ils arrivèrent devant la chambre de Smith d'où provenait le bruit du moniteur cardiaque.
- C’est terminé, annonça le médecin en relevant le drap sur la tête de Smith.
- Une minute, attendez. Qu’est-ce qu'il s’est passé ? Demanda Kate à une infirmière qui sortait de la chambre.
- Ça ressemble à une attaque. On a fait tout ce qu’on a pu !
Rick raccompagna Kate jusqu'à sa chambre en silence. Aucun mot n'aurait pu la rassurer. Il ne trouvait déjà aucun mot pour se rassurer lui-même.
Ils allumèrent la télévision. Le sénateur Bracken y annonçait l'arrivée du Vice-Président des Etats-Unis, John Russell.
Kate mit la télévision en pause sur Bracken et reposa la télécommande. Castle, debout derrière elle, lui caressa le dos pour la réconforter.
- J’ai enfin réussi à découvrir qui est l’homme qui a fait tuer ma mère, et je ne peux rien faire contre lui ! Se désola Kate. Ryan a vérifié les vidéos des caméras de surveillance près de la chambre de Smith ?
- Oui !
- Et ? Demanda-t-elle en se tournant vers lui.
- Les caméras ont été coupées...
- D’accord ! Donc ils vont venir pour moi...
- Ryan a placé deux équipes juste devant cet hôpital, il y a deux officiers devant ta porte de chambre!
- Très bien… et demain Castle… et après demain ?
- Laisse-moi t’emmener quelque part Kate. Quelque part où tu seras en sécurité !
Elle posa sa tête que le torse de Castle et se blottit contre lui. Castle referma ses bras sur elle.
- Je ne serai plus jamais en sécurité...
Il la serra un peu plus contre lui, pour lui signifier qu'il ne la laisserait jamais partir.
- Il faut que tu te reposes, murmura-t-il.
- Je suis bien là...
Il sourit, et l'emmena jusqu'à son lit. Là, il s'installa tout contre elle. Elle l'embrassa tendrement et se lova contre lui. Ils restèrent un long moment ainsi en silence, jusqu'à ce que le sommeil les emporte.
******************
Le jour commençait à poindre, le ciel perdait ses couleurs de ténèbres pour s'envelopper d'une légère brume aux teintes orangées. Kate se tenait debout devant la fenêtre, deux photos dans les mains, elle souriait.
L'une d'elle et de sa mère, Johanna, au temps où elles étaient heureuses ensemble, où elle était encore insouciante. L'autre de Rick et Andréa, qui lui souriaient, les deux êtres qui l'avaient ramenée à la vie, qui lui avaient appris que le bonheur était encore possible, malgré la perte douloureuse de sa mère.
Le sourire de Kate s'effaça. Les images de sa mère morte, étendue dans la ruelle lui revinrent à l'esprit. Elle fouilla dans son sac, y prit la bague de sa mère ainsi que son arme. Elle regarda Castle, endormi dans son lit, puis quitta la pièce.
Un peu plus tard, Castle se réveilla en sursaut et chercha Kate dans la chambre. Elle avait détaché sa perfusion. Il se rendit dans la salle de bain, son pyjama était posé près du lavabo. Son sang se glaça, il se précipita vers le sac de Kate et le fouilla. La bague de Johanna n'y était plus... Son arme non plus.
- Oh non Kate...
On frappa trois coups à la porte de la chambre. Il alla ouvrir.
- Jones?!
- Bonjour monsieur Castle! Tenez, le lieutenant Beckett m'a demandé de vous apporter ça, dit le jeune homme en lui tendant un café d'une boutique située à plusieurs kilomètres de là .
- Jones, soupira Castle. Je ne sais pas ce que vous espérez de ma femme, mais quitter votre poste est une faute, même si c'est elle qui vous l'a demandé.
- ... Je sais, mais... Elle ne voulait pas avoir à m'assommer... Et puis, elle m'a dit qu'elle serait de retour avant votre réveil...
- Et bien c'est raté! Marmonna Castle en prenant son téléphone. Vous ne perdez rien pour attendre!
Le jeune homme soupira lorsque Castle claqua la porte devant lui. Ryan et Esposito arrivèrent peu après.
- Comment ça elle n’est pas là ? Demanda Ryan.
- Elle n’est pas là et elle ne répond pas sur son téléphone ! Répondit Castle affolé.
- Je pensais que tu l’avais placé sous protection ? Dit Esposito en s'adressant à son collègue.
- C’est ce que j’ai fait, j’ai deux équipes en bas qui l’auraient vue si elle avait quitté le bâtiment !
- Pas si elle ne voulait pas se faire voir... Et le guignol devant la porte lui mange dans la main, rétorqua Castle agacé... Où est le sénateur Bracken en ce moment ?
Ryan composa un numéro.
- Oh non, tu ne penses quand même …
- Attendez ! Oui c’est le lieutenant Kevin Ryan, numéro de plaque 42344. Localisez-moi le sénateur Bracken !... collecte des fonds au Widmark Hôtel ! Annonça-t-il aux deux autres.
- Demande si quelqu’un d’autre a voulu avoir l’information, suggéra Castle.
- Quelqu’un d’autre vous a demandé l’info ? D’accord, merci ! Termina Ryan en raccrochant. Beckett a appelée, il y a une heure !
- Elle va tuer le sénateur Bracken ! Soupira Castle. Je vais tuer ce Jones!
Beckett entra déterminée dans le hall de l’hôtel. Elle s'arrêta en voyant le service de sécurité et observa autour pour y trouver une brèche. Elle la trouva en remarquant l’officier Hastings. Elle se dirigea vers elle.
- Salut Hastings !
- Bonjour lieutenant Beckett, ils vous ont assignée à la sécurité vous aussi?
- Oui, je dois parler à quelqu’un ! Vous pensez que je peux passer le cordon ?
- Pour vous, bien sûr ! Sourit Hastings en lui ouvrant la voie après avoir jeté un regard alentours.
- Merci !
Bracken serrait des mains, se faisait applaudir et souriait à tout le monde. Kate se dirigea vers lui, elle tenait un petit objet dans la main. Bracken continuait son show devant les journalistes. Beckett se heurta à la sécurité de Bracken mais réussit à passer grâce à un sourire et quelques mots. Elle ne quittait pas sa cible du regard. Elle arriva à sa hauteur, le bouscula légèrement et glissa discrètement l'objet dans sa poche.
Castle et les gars arrivèrent, Ryan montra sa plaque à la sécurité qui les laissa entrer. Bracken qui paradait toujours entendit la sonnerie du téléphone dans sa poche. D'abord surpris, il s'excusa et s'éloigna pour prendre l'appel.
- Allo ?
- C’est Kate Beckett ! ... Je vois que vous savez qui je suis !
Bracken regarda autour de lui.
- C’est exact, je vous observe !
- Je ne sais pas du tout de quoi il s’agit mais sachez que ce genre de petit jeu ne m’intéresse pas ! répondit le sénateur.
- Pourtant il va falloir vous y intéresser !
Il se retourna et l'aperçut au téléphone sur un balcon.
- Je détiens des informations qui détruiront votre carrière et je les utiliserai, à moins que vous ne fassiez ce que je vous dis !
************
Les trois hommes arrivaient en courant dans la salle de réception, le service de sécurité les arrêta. Ryan et Esposito montrèrent leurs plaques et demandèrent où était le sénateur. Le garde du corps leur parla d'une réunion avec un donateur. Ryan voulu appeler Gates, mais Esposito et Castle l'en dissuadèrent. Kate n'avait encore rien fait, ils pouvaient encore la retrouver et la stopper.
Bracken avançait dans les cuisines de l'hôtel. Le cliquetis d'une arme à feu dont on enlève la sécurité le fit s'arrêter.
- Restez ou vous êtes ! Ordonna Beckett en le menaçant de son arme.
- Qu’est-ce que vous attendez de moi ?
- La vérité !
- Ne l’attendez jamais de la part d’un politicien, rit Bracken. En plus si vous aviez vraiment des infos vous devriez déjà la connaitre, non ?
- Roy Montgomery, Mccallister, John Raglan, ma mère, énuméra-t-elle en s'avançant un peu. Ce sont toutes les personnes que vous avez fait tuer et je veux que vous l’admettiez devant moi !
- La mort de votre mère était une tragédie et je compatis à votre douleur, du plus profond de mon cœur mais je peux pas vous donner ce que vous voulez... Répondit Bracken en s'avançant à son tour. Quand j’avais 14 ans, je suis devenu ami avec un garçon du quartier, Lamar Dokes. Il était très gentil, je l’aidais souvent à faire ses devoirs après l’école. Un jour, il n’est pas venu en classe alors je suis passé à son appartement et la porte était ouverte. Je suis entré… et… j’ai trouvé Lamar étendu sur son matelas. Il était mort, sa petite sœur était morte elle aussi et sa mère était dans la chambre des parents et elle s’était pendue. Elle avait laissé un mot, elle disait qu’elle avait perdu son boulot. Elle allait se faire expulser et moi je me suis dit, comment une femme peut-elle être désespérée au point d’être capable d’écraser des pilules, de les mettre dans du chocolat chaud et de les donner à ses enfants ?
- ...
- Et c’est à ce moment précis, que j’ai pris la décision de passer le reste de ma vie à améliorer celle de mes concitoyens et c’est ce que j’ai fait. J’ai renforcé les lois sociales afin de protéger les enfants comme Lamar. J’ai créé des emplois dans les quartiers sensibles. J’ai fait de grandes choses. Tout comme vous avez fait de grandes choses !
- A qui est-ce que vous croyez vous adresser ? S'étrangla Kate en se rapprochant de lui. Comment osez-vous essayer de vous justifier auprès de moi ?
La haine qu'elle ressentait pour lui transparaissait dans sa voix. Il déglutit.
- Vous oubliez que ma mère a été poignardée dans une ruelle, uniquement à cause de vous! Dit-elle les larmes aux yeux en haussant la voix. Elle est morte en se vidant de son sang, toute seule, sur un amas d’ordure. Alors par pitié épargnez-moi vos petits discours de campagne qui compilent les grandes choses que vous avez faites !
- Vous avez l’air un peu perturbé, vous savez, mais regardez les choses en face: vous êtes un flic en disgrâce, obsédé par la mort de sa mère, dit Bracken conscient qu'il ne parviendrait pas à l'embobiner avec ses discours de politicien. Alors que moi je suis un honnête homme qui passe son temps à aider les laissés pour compte... Voilà ce que le public voit lieutenant et à chaque fois qu’il vote pour moi, je reste humble. Je fais tout pour me rapprocher de cet idéal. Je tiens à tout prix à être cet homme-là. Et je laisserais ni vous, ni qui que ce soit d’autre se mettre sur mon chemin!
- Je ne crois pas que vous soyez en position de me menacer sénateur ! Répliqua Beckett en relevant légèrement son arme.
- Il y a quelque chose que vous n’avez pas l’air de saisir. Ce n’est pas la personne qui détient l’arme qui décide, c’est celle qui détient le pouvoir. Vous pensez vraiment que vous être cette personne ?
Elle déglutit puis baissa le regard. Il se tourna et commença à partir. Kate devait se décider rapidement.
- J’ai le dossier !
Il s’arrêta.
- Smith avait une autre copie ! Précisa-t-elle.
Bracken se retourna intrigué.
- 08672241 c’est le numéro de compte sur lequel vous déposiez les mandats à encaisser. Alors vous avez raison. C’est bien la personne qui a le pouvoir qui décide. Je pourrais me servir de cette informations et vous détruire mais après je ne donne pas cher de mon espérance de vie, dit Kate au bord des larmes. Alors voilà ce qui va se passer. L’accord que vous aviez passé avec Smith, est le nôtre dorénavant et si jamais il arrive quoi que ce soit à moi ou aux personnes qui comptent pour moi, le dossier sera rendu public, c’est bien clair ?
Une larme solitaire coula sur sa joue tandis qu'elle scellait ce pacte avec le diable qui lui retournait l'estomac.
- Est-ce que j’ai été assez clair ? Redemanda-t-elle.
- Oui !
- Et une dernière petite chose. Si vous pensez savoir qui je suis, si vous pensez me connaitre, je vous conseille de revoir vos positions et dites-vous bien que vous n’avez pas la moindre idée de ce dont je suis capable, ni jusqu’où je suis prête à aller. C’est terminé, j’en ai assez d’avoir peur ! Maintenant c’est votre tour !
Elle s'était approchée tout près de lui et le défiait du regard. Brusquement, elle le frappa à la joue avec son arme, il se plia en deux sous l’impact.
- Ça va vous laisser une vilaine cicatrice. Chaque fois que vous la verrez dans une glace, pensez à moi ! Lui murmura-t-elle à l'oreille. Je...
Elle fut interrompue par une violente nausée. Elle porta la main à la bouche tout en essayant de ne pas vomir sur les chaussures du sénateur qui se relevait doucement en se frottant la joue... Oh... Et puis après tout... Ça apporterait la touche finale. Elle inspira un grand coup, bien décidée à ne pas lui laisser son ADN sur place, se retourna et laissa Bracken derrière elle au prix d'un effort surhumain de self contrôle.
Castle et les gars arrivèrent en courant dans la cuisine et tombèrent sur elle. Castle vit l’arme dans sa main et blêmit.
- Oh Kate, c’est pas vrai ! Qu’est-ce que tu… S’interrompit en voyant Bracken au loin.
- On a passé un genre d’accord ! Répondit-elle en rangeant son arme.
- Et pour ta mère ? Demanda Esposito.
- Je lui rendrai justice… mais pas aujourd’hui ! Et en attendant… je la rendrai pour les autres ! Sourit-elle en regardant Castle qui lui rendit son sourire.
– Ça va, Kate ? Demanda Ryan.
Elle haussa un sourcil, surprise qu’il puisse poser cette question, un nouveau haut de cœur la secoua.
– Tu devrais t’asseoir ou boire un verre d’eau…
Rien que l’idée de boire quelque chose entraina une autre vague de nausée.
– On retourne sagement à l'hôpital, dit Castle. Et on attend notre autorisation de sortie.
De retour dans sa chambre, Kate se tournait et se retournait dans son lit. Rick avait insisté pour qu'elle se repose, mais le sommeil ne venait pas.
- Castle... Chuchota-t-elle.
Il leva son regard vers elle, posa le livre qu'il lisait et se précipita vers elle.
- Ça ne va pas?
- Si, ça va très bien, sourit-elle.
- Bah alors?
- J'arrive pas à dormir... Expliqua-elle en posant ses mains sur sa chemise pour commencer à en défaire les boutons.
- Ah, ça tombe bien, répliqua-t-il en se laissant faire. Moi non plus !
- Ah vraiment ? Ouais! Alors qu’est-ce que tu proposes pour me distraire en attendant qu'on me laisse enfin partir ?
- Euh, j’en sais rien ! On pourrait lire ? Ou regarder la télé ? Qu'est-ce que tu en dis? La taquina-t-il.
- Oui on pourrait faire ça ! Sourit-elle en s'avançant vers lui pour l'embrasser.
- Oui !
Il sourit et se pencha pour l’embrasser, mais s’interrompit brusquement.
- Quoi?
- Je ne sais pas si c'est raisonnable...
- Castle! Fais-moi l'amour tout de suite, où j'emmène Bunny faire la connaissance de Jones!
- Quoi?!
- T'as très bien entendu!
- Wah! Les hormones à la puissance 2!
Elle se jeta sur lui, il se laissa faire et rapidement gagné par la fougue de sa femme, Castle balaya ses angoisses et devint beaucoup plus entreprenant.
- Tu veux bien m'expliquer ce qu'il y a entre ce Jones et toi? demanda-t-il en relevant la tête.
- J'ai coffré l'assassin de sa soeur, c'était ma première affaire à la criminelle... Ils aller la classer quand je suis arrivée... J'ai demandé à y jeter un oeil et j'ai trouvé un détail qui a permis de remonter à son assassin. Depuis, Jones est entré dans la police et il me montre sa reconnaissance en faisant tout ce que je veux...
- Comment ça se fait que je ne l'ai jamais croisé? s'étonna Castle.
- Je ne profite pas de la situation.
- Ah?...
- Bon, tu repasses à l'action ou je dois continuer toute seule?
- ...
Elle pouffa devant son air surpris et reprit la direction des opérations. La température grimpa en flèche entre les deux amants, qui furent rapidement nus. Soudain, ils entendirent des voix de l'autre côté de la porte, Kate expédia Castle en bas du lit et d'un mouvement rapide, attrapa son pyjama.
- Oh c’est pas vrai ! Marmonna Rick en se massant les fesses.
- Cache-toi! Dit-elle.
- Pardon ? Grogna-t-il.
- Cache-toi !
- T’es sérieuse ?
- Dans la salle de bain !
- Non je vais pas dans la salle de bain !
- Tu es à poil! Tu vas dans la salle de bain ! S'énerva Kate.
- Mais on est mariés, je te rappelle, marmonna-t-il en enfilant son caleçon.
- Va t'habiller dans la salle de bain et quand tu seras décent, tu pourras revenir! Je ne veux pas que l'infirmière se rince l'œil!
- Ah parce que le médecin a le droit de se rincer l'œil lui? Bougonna-t-il en filant dans la salle de bain ses vêtements sous le bras.
- Bonjour madame! Dit l'infirmière en entrant dans la chambre... Oh, vous avez trop chaud?
- Un peu, oui, rougit Kate en terminant d'enfiler son pyjama.
La soignante tourna la tête en entendant un grand bruit dans la salle de bain, suivi des jurons de Castle.
- Oh!... Et bien je constate que vous avez repris des forces, sourit-elle.
Kate rougit jusqu'aux cheveux.
- Nous allons vous refaire quelques examens et si tout va bien, le docteur viendra signer votre feuille de sortie.
- Merci, j’ai hâte de rentrer à la maison !
Chapitre cent vingt-sept
Debout devant sa penderie, Kate se regardait dans le miroir pour mettre sa chemise en ordre. Castle arriva et lui donna son chocolat.
- Et celle-là, qu’est-ce que t’en dis ? Demanda Kate.
- Hum, sexy !
- Sexy ? Qu’est-ce que tu veux dire par sexy?
- Et bien, euh, euh et bien sexy ! Sexy, c’est sexy quoi !
- Oh Castle, je cherche une tenue dans laquelle je rentre encore, pas une tenue sexy!
- Oui et bien tu rentres encore dans celle-ci! Et dans celle d'avant aussi!
- Quand tu dis sexy, ça veut dire que ma poitrine ressort tellement qu'on ne voit plus qu'elle!
- Et je trouve ça diablement sexy!
- Pffff ! Je suis tout juste enceinte de deux mois, je ne vais quand même pas devoir déjà mettre des vêtements de grossesse...
- Tu attends nos jumeaux, ils prennent plus de place qu'Andréa qui était toute seule, c'est normal.
- Ils ne sont pas dans ma poitrine! Grommela Kate en enlevant sa chemise.
- Et puis, tu n'as pas à rougir, tu es la plus sexy des futures mamans.
- Ah non? Je te signale que je bosse au milieu de policiers, des hommes en grande majorité. Tu crois que tu supporteras de les voir se me reluquer toute la journée? Bon et celle-là ? Demanda-t-elle en enfilant une autre chemise.
- Oh non! Dit-il en s'approchant du placard pour en sortir une tunique plus ample.
Elle sourit devant son accès de jalousie et enfila la tunique, qui convenait parfaitement.
- Tu vois que quand tu veux...
Il la prit par la taille pour la rapprocher de lui. Le téléphone sonna.
- Et si on choisissait ton pantalon maintenant? Suggéra-t-il d'un air coquin. Il ne te serre pas un peu trop celui-là?
- Oh, il y a eu un meurtre à Manhattan ! Dit Kate en regardant son téléphone.
- Je sens que tu vas le garder ce pantalon !
Elle l'embrassa tendrement sur les lèvres et murmura un Wahh de contentement en se dirigeant vers la porte.
- C'est moi qui conduis!
- Pas question, c'est ma voiture!
- Pffff ! Tu n'es vraiment pas prêteuse!
Kate déposa Rick au Starbuck et alla garer la voiture. Elle arriva près de la scène de crime et fut accueillie pas Esposito.
- Castle n'est pas là?
- Il fait la queue au Starbuck. Alors qui est notre victime ?
- Une célébrité locale. Le gardien du parc l’a trouvée derrière le bassin de cette fontaine ce matin. Elle présentait la météo sur WHNY, Mandy Michaels !
- Bonjour Lanie, lança Kate en arrivant près du corps.
- Bon retour parmi nous ! Lança Lanie.
- Merci !
- Bonjour tout le monde! Lança Castle en arrivant un café à la main.
- Bonjour Castle!
- Salut Castle, dit Esposito. La victime va te plaire, vieux. C'est une célébrité locale, Mandy Michaels!
- Vous êtes sûrs ?
- Ouais !
- Oh non, je la regardais tous les soirs. Elle avait de splendides…
Beckett lui lança son regard noir, il se reprit:
- ... Prévisions ! Quoi en tant qu'homme j’appréciais ses atouts!
Beckett leva les yeux au ciel.
- Quoi? Tu crois que les gens la regardaient pour savoir le temps qu’il allait faire ?
- Castle, où est son café ? S'étonna Lanie.
- Euh... Pas de café pour elle, ordre du doc!
- Ah? Tu es encore sous traitement? Pourtant tu as l'air en pleine forme... Je dirais même que tu resplendis. T'as changé quelque chose?
- Non, pourquoi ?
- J’en sais rien, mais il y a quelque chose de changé !
- Elle a eu une légère augmentation mammaire... Aoutch!
- Ça t'apprendra à dire n'importe quoi!
- C'est pas n'importe quoi!
- ... Non! S'écria Lanie!
- Si... Sourit Kate. Des jumeaux !
- Des jumeaux ?... Répéta Lanie. Eh bien Castle !
- Au début il y en avait trois !
- Oh… Je suis désolée ma chérie…
- Ne t’en fais pas Lanie… ça va maintenant…
- C'est pour ça que tu étais si malade?!
- Oui, mais j'ai un traitement qui semble assez efficace, j'ai moins de nausées et j'arrive à manger un peu.
- Toutes les deux heures, comme les bébés!
- Oh! Je suis contente! Mais pourquoi tu ne m'as rien dit?
- Nous sommes allés rejoindre Martha et Andréa dès ma sortie de l'hôpital et puis je pensais que les gars te l'auraient dit...
- Non, pour une fois ces deux commères ont tenu leurs langues.
- Hé!
- Qui est ce qui fait des commérages là?!
- Comment elle est morte ? Demanda Kate en changeant de sujet.
- Une seule blessure par balle. Les voisins ont signalé le coup de feu vers 22h28 ! Dit Esposito.
- Ce que corrobore la lividité cadavérique. Il y a aussi des traces de lutte, des contusions sur l’épaule, et son chemisier est déchiré ! Expliqua Lanie.
- On n’a retrouvé ni portefeuille, ni sac, ni téléphone !
- A première vue, un vol qui a mal tourné ! Conclut Castle.
- Les experts sont en train de faire sonner son portable, dit le latino. Je vais voir où ils en sont!
- Salut! Alors d’après le producteur de la chaine, Mandy Michaels a été vue la dernière fois par son équipe de tournage en train de présenter la météo à l’hôpital des enfants à 21h30 ! Dit Ryan en arrivant.
- C’est vingt blocs plus loin !
- Ouais et son appartement est dans l’autre direction !
- Qu’est-ce qu’elle pouvait faire dans le parc une heure après ?
- Bon le portable de Mandy est allumé, son signal GPS mène à un immeuble du Lower East Side !
- Et au meurtrier !
- Les gars vous y allez pendant que Castle et moi on va contacter sa famille !
- Pourquoi nous?
- Ouais, j'ai pas eu le temps de prendre mon petit déjeuner...
- Vous y allez… tout de suite, ok ? Gates m'autorise à venir sur la scène de crime, pas jusqu’à l’appartement d’un suspect ! Et je n’ai pas envie d’aller contre ses ordres, elle me coincerait au poste pour les six prochains mois !
Ils hochèrent la tête avec une synchronisation parfaite et partirent ensemble.
Les gars revinrent au poste avec un premier suspect, Jonathan Goodheart, un vrai fêlé. D’après son casier, il avait déjà été condamné pour harcèlement et exhibition sexuelle. Mais il s'avéra qu'il avait seulement ramassé le sac de la victime dans une poubelle. Il l'avait pris parce qu'il était doux et qu'il aimait les choses douces.
Tout portait pourtant à croire qu'il s'agissait d'un vol à main armée, mais Lanie leur assura que le chemisier avait été déchiré après le coup de feu et que les contusions étaient post mortem. Le meurtre avait été maquillé pour faire croire à un vol, mais le véritable mobile n'était pas cela.
Leur enquête les conduisit donc dans les studios de WHNY, où les coups bas étaient monnaie courante. Leur première suspecte fut l’autre présentatrice, Rebeca Golfstream, les deux femmes se disputaient régulièrement et en étaient venues aux mains la veille.
Alors qu'ils menaient leur enquête en interrogeant différentes personnes sur place, et que Beckett attirait le regard plein de convoitise de Chip, le commentateur sportif, les gars, de leur côté, vérifiaient l'alibi de Rebeca.
Rick jouait au présentateur météo sur les écrans verts, quand le téléphone de Kate sonna.
- Rebecca disait la vérité sur l’endroit où elle se trouvait. Elle a payé un taxi avec une carte de crédit et le chauffeur l’a laissée à son appartement avant que Mandy ne soit tuée! Annonça Esposito.
- D’accord, alors vérifie les caméras de surveillance pour trouver ce SUV gris dont Rebeca a parlé. Si on a de la chance… sourit-elle en voyant Castle faire la météo ... on peut avoir sa plaque.
Castle mima un bonhomme qui marche dans les rues avec sa main sur l’écran, la faisant sourire de plus belle.
- Sinon... tu as mis la main sur les relevés des appels pour voir si elle en a passé ce soir-là? Demanda-t-elle en se reconcentrant sur sa conversation.
- Salut Kripton ! Sourit Castle en imitant Superman qui survolerait la ville.
- Richard, Richard Castle ! S'exclama une voix féminine.
- Kristina ! Répliqua Castle surpris. Oh, oh, depuis combien de temps je ne vous ai pas vu?
Beckett se retourna en entendant Castle minauder avec la nouvelle arrivante.
- Depuis que je vous ai interviewé sur le tapis rouge. Vous m’avez promis de venir dans mon émission!
- Euh… hésita Kate qui ne suivait plus du tout sa conversation téléphonique.
- Mais oui c’est vrai !
- Fred Willard a annulé pour ce soir, je n’ai pas d’invité, c’est le destin !
- Il faut que j’y aille à plus tard ! Dit Kate en raccrochant.
- Ce soir, mais euh…
- 21h et pas question de me dire non !
- Bon alors ce sera oui !
- Parfait, à tout à l’heure Ricky ! Dit Kristina en s'éloignant avec déhanché provocateur.
Elle sourit faussement à Beckett en la croisant.
- A tout à l’heure ! Lui répondit Castle en riant avant de s'adresser à Beckett. C’est la journaliste qui couvre les divertissements. Euh ... comment dire mon agent n’arrête pas de me harceler pour que je fasse la promo de «Vague de Froid» alors…
- Ce n’est pas elle qui fait parfois ces reportages en bikini ?
- Oh oui, j’avoue que je n’avais jamais fait attention !
- Tu veux le redire pour que ce soit plus convainquant ?
- Non, c’est bon !
Elle secoua la tête et lui exposa ce qu'Esposito lui avait appris, notamment que Mandy avait reçu plusieurs appels d'un téléphone portable jetable, dont le dernier appel qu'elle avait reçu avant de mourir.
Les maquilleuses leur parlèrent de son mystérieux amant, le numéro 17 d'une équipe locale de basket. Ils découvrirent bien vite que ce dernier possédait un SUV gris.
Beckett chargea les gars d'aller le chercher. Ils durent d'ailleurs payer de leur personne pour le ramener et revinrent chacun avec un œil au beurre noir.
L'interrogatoire de Reggie Black les mena vers un autre employé de WHNY
- C’est possible cette histoire de simples amis ? Demanda Kate en sirotant son infusion.
- Oui, pourquoi pas ?
- C’est possible mais c’est peu probable ! Regarde-nous... Tu as tenté de coucher avec moi dès le départ...
- Quoi ?
- Hum, hum !
- Je dirais plutôt que c’est toi qui as tout fait pour coucher avec moi ! Et tu as parfaitement réussi ton coup d’ailleurs, répondit rêveusement Castle.
- C’est toi qui m’as attirée dans cet hôtel ! Contra Beckett. Je n’ai rien fait du tout !
- Tu ne t’habillais pas comme ça pour Esposito! Et ce déhanché... Répondit Castle rêveur en buvant une gorgée de café.
- … !
- Qu’est-ce qui a pour moi ? Demanda Esposito.
- Rien d’important !
- Non rien !
Esposito les regarda d'un air suspicieux avant de leur annoncer que l'alibi du basketteur était valable.
Tandis qu'ils poursuivaient leur enquête sur les relations de la victime avec ses collègues de WHNY et sur ses recherches, Castle fut appelé par les maquilleurs, pour son passage sur le plateau de Kristina Cottera.
- Oh, oh et il va où le beau gosse ? Il est 20h30, il va y avoir l’émission de Kristina et il faut que je vous maquille ! Dit Bernie, la maquilleuse en le rattrapant alors qu'il partait.
- Euh… !
- Ça va, c’est bon je m'occupe d'interroger le pilote de l'hélicoptère, assura Kate!
- Allez hop …
- Ne résous pas l’affaire sans moi !
- On ne traine pas ! Dit Bernie en entraînant Castle.
Kate se sentit un peu abandonnée et eut un pincement au cœur. Elle se hâta d'aller interroger le pilote, ainsi elle rejoindrait vite Castle.
De retour dans le studio, Kate s’arrêta devant un écran qui diffusait l’émission de Kristina et Castle.
- Oh c’est bien la dernière fois que j’ai pris mon ordinateur portable dans un café ! Riait Castle.
Beckett sourit et haussa les sourcils, il ne pouvait pas s'empêcher de faire le pitre.
- Oh ! Richard Castle, vous êtes un auteur de best-seller extrêmement séduisant, je suis sûre que toutes les femmes doivent se jeter à vos pieds en permanence ?
Beckett leva les yeux au ciel.
- Que voulez-vous ? Chacun sa croix comme on dit !
- Ohhhh !
- C’est ça joue nous ton numéro de martyr ! Sourit Kate en s’éloignant de quelques pas dans le couloir.
- Un homme sollicité comme vous... Cela ne rend pas votre femme jalouse ?
Beckett tourna la tête et revint vers l'écran.
- Euh, euh… Et bien... Je, je, euh, euh, non... Elle me fait entièrement confiance... Du moins je le pense...
- Vous le pensez ou vous en êtes sûr?
- Non, j'en suis sûr! Ma femme me fait entièrement confiance!
- Parfait ! Parce qu’il y a une question que je souhaitais vous poser. Voulez-vous dîner avec moi demain soir ?
- Oh, euh… Ouaahhh, ouaahh ! Je suis vraiment flatté...
- Mais je dois décliner ! Souffla Kate en regardant intensément l'écran.
- Allez Castle dans trois secondes il y a une page de publicité ! Insista Kristina.
- Euh, je…
- T’attends quoi pour l’envoyer sur les roses? Hé! Oh!…
- Il nous faut une réponse! Allons, vous venez de nous dire que votre femme vous faisait entièrement confiance, ajouta la présentatrice.
- Hey bien, je, je… Euh…
- Non ! marmonna Beckett devant l'écran.
- Euh en fait… J’en serai ravi ! rit Castle.
- Et bien voilà qui est parfait ! «Vague de froid» est disponible en librairie. Tout de suite, on retrouve Richard Castle après la page de publicité !
Castle riait nerveusement, tandis que la pub envahissait l’écran et que Beckett fulminait. Elle était encore furieuse, lorsqu’ils arrivaient au poste.
- Mais non c’est pas n’importe quoi ! Je ne pouvais pas laisser croire que tu ne me faisais pas confiance et que j’étais une proie facile pour les croqueuses d’hommes ?
- Ah parce que là, tu ne viens pas de leur envoyer un message disant « invitez-moi à dîner mesdames, ma femme vous laisse le champ libre » ?
- Personne ne croira jamais ça ! C’est un dîner en tout bien tout honneur !
- Hé Castle ! lança Esposito en passant. Joli coup de filet ! Kristina ! Chapeau !
- Alors ? demanda Beckett en croisant les bras.
- Euh…
- Ah ! Tu vois ? Il va vraiment falloir que tu penses à réfléchir avant de parler !
- Tu aimerais passer pour une jalouse qui ne me fait pas confiance ?
- Castle ! j’ai douze messages de Chip, le commentateur sportif, je ne vais pas accepter un rendez-vous avec lui uniquement pour prouver que tu me fais confiance !
- J’étais pas au courant !
- Monsieur croit que c’est le moment de jouer la carte de la jalousie ?
- D’accord je ferais n’importe quoi pour me faire pardonner !
- Annule ton rendez-vous !
- J’ai dit oui devant tout New York ! Je vais passer pour quoi si j’annule ?
- Pour un homme qui tient beaucoup plus à son mariage qu’à ce que les New Yorkais peuvent penser.
- Touché.
Le lendemain, ils s’intéressèrent à l’enquête que menait Mandy, en parallèle de son métier de présentatrice. La jeune femme avait découvert qu’il y avait, dans l’atmosphère, un taux anormalement élevé de styrène, un composé organique dangereux qui pouvait provoquer de graves problèmes respiratoires, tels que l’asthme.
Le nouveau suspect devint donc le propriétaire d’une usine de moquettes, George Cazuli. Ils découvrirent également que Mandy avait un partenaire et s’étonnèrent qu’il n’ait pas réagi à l’annonce de son meurtre.
- J’ai un truc qui devrait vous intéresser ! Annonça Ryan. On a pu perquisitionner le bureau de Cazuli et on a trouvé le dossier que Mandy lui avait laissé. Dans ces documents, il y avait cette photo de leur cheminée !
Il leur montra la photo.
- On dirait que ça été pris à hauteur d’homme ! remarqua Castle.
- Exactement ! Sauf que le time code indique que cette photo a été prise mardi à 17h47, d’après la position du soleil les experts ont confirmé la date et l’heure ! ajouta Ryan.
- Et alors ? Demanda Esposito.
- A moins que Mandy ait pu être à deux endroits en même temps, elle n’a pas pu prendre cette photo. Elle était en direct à 17h47 ! Expliqua Beckett.
- Alors qui la prise ? Demanda Esposito.
- Elle avait un partenaire ! Dit Castle.
- C’est pour ça que Mandy a dit à Cazuli, «qu’ils allaient le balancer», compléta Beckett.
- Si elle avait un partenaire, pourquoi il n’a pas bronché ?
- Peut-être qu’il a peur de Cazuli ? Suggéra Castle.
- Il a peut-être des infos sur lui qui permettaient de le coincer? Supposa Ryan.
- Vous vous commandez à diner et vous bossez là-dessus ! dit Beckett.
- Et vous ? demanda Ryan étonné que Beckett ne reste pas avec eux.
- Castle a rendez-vous avec Kristina ce soir, expliqua Beckett. Je vais lui faire comprendre que si je fais confiance à mon mari, je ne suis pas stupide au point de la laisser en profiter pour lui mettre son bikini sous le nez.
- Et tu n’imagines pas à quel point je t’en suis reconnaissant, dit Castle.
- C’est pas un peu exagéré ? demanda Ryan.
- Tu rigoles ? C’est Kristina Coterra ! Rétorqua Esposito. Si elle la laisse seule avec Castle, elle va en faire qu’une bouchée !
********
Castle terminait de se préparer, il prit ses clés dans son bureau et pianota sur son téléphone en entrant dans le salon avant de le ranger dans la poche arrière de son jean.
- Qu’est-ce que tu fais ? demanda-t-il suffisamment fort pour être entendu de l’autre pièce.
- Je termine l’histoire d’Andréa et je la mets au lit. J’arrive !
- D’accord.
On sonna à la porte.
- C’est sûrement la copine d’Alexis ! Au moins la babysitter est ponctuelle, dit-il en allant ouvrir la porte.
- Surprise ! Lança Kristina en montrant une bouteille de champagne.
- Euuh, vous, qu… qu… qu’est-ce … c’est pas au restaurant qu’on avait rendez-vous ? Demanda Castle en se disant que cette situation avait un goût de déjà-vu.
- Je sais mais c’est tellement plus romantique comme ça. Vous… moi, dit-elle en montrant un sac. Quelques huitres !
- Oh vous avez des huitres dans votre sac ! Ricana Castle en se reculant.
- Faisons-nous plaisir. J’ai aussi des fraises nappées de chocolat ! Dit Kristina en s’avançant vers la cuisine en se déhanchant.
- Quelle bonne idée ! Intervint Beckett. J’espère que vous en avez prévu suffisamment pour trois !
Kristina s’arrêta instantanément choquée.
- Euh, je, je… Permettez-moi de vous présenter ma femme, qui n’est pas jalouse du tout, sourit Castle.
Une demi-heure plus tard, Kristina, Castle et Beckett terminaient les huitres en riant.
- Ah ! Ah ! Comme je vous comprends, disait Kristina hilare en regardant Beckett. Aucun homme ne m’a jamais dit non jusqu’à maintenant, enfin si… un seul !
- Vraiment ? S’étonna Beckett en regardant Castle du coin de l’œil. Ça a l’air très intéressant comme histoire. J’aimerais savoir comment il a fait pour… s’échapper ?
- Je vous assure que ça n’avait rien à voir avec moi ! Affirma Kristina en buvant son verre de champagne d’un trait.
Finalement, ce petit dîner eut un bénéfice certain, il leur permit de mettre la main sur l’assassin de Mandy. Le seul homme qui ait réussi à résister à la miss Cottera, car il était homosexuel : Miles Haxton.
Miles avait tué Mandy parce qu’elle avait découvert l’histoire qu’il avait attendue toute sa vie. Une histoire si énorme qu’elle devait être vérifiée ce qui demandait des semaines voire des mois ! Mais avec tous ces enfants malades, Mandy ne voulait pas attendre et elle avait décidé de contacter l’agence de protection de l’environnement ! Ce qui faisait perdre l’exclusivité à Miles, qui lui voulait profiter de l’occasion pour percer dans son métier.
L’affaire bouclée, Beckett et Castle purent enfin rentrer chez eux et profiter d’une soirée de repos bien méritée.
Chapitre cent vingt-huit
- Et ensuite vient le dénouement, termina Castle en donnant à Andréa la dernière cuillerée de son petit pot. Tu vois, mon cœur, il est important de structurer une histoire ou ses propos.
- ...
- En parlant de propos, quand est-ce que tu vas te décider à parler? Si tu hésites encore pour le choix de ton premier mot, permets-moi de te suggérer " Papa". Classique, certes, mais ça me ferait tellement plaisir.
- ...
- Il y aura bien un moment où tu seras obligée de parler, tu sais? Tu as beau être une véritable tête de mule comme ta mère, tu ne gagneras pas cette partie-là, tu finiras par m'adresser la parole!
- ...
- Les filles qui n'ont rien à dire, ça n'existe pas!
Alexis descendit les escaliers, un carton dans les bras. Castle descendit Andréa de sa chaise haute et la déposa sur le tapis.
-Un dernier carton et je suis prête pour l’université ! Souffla Alexis en posant le carton sur la pile.
- Mon ange, c’est un peu exagéré ! Tu sais que tu n’es absolument pas obligée d’emporter toutes ces choses dans ta chambre, dit Castle en prenant une médaille dans un carton pour la lui montrer. Tiens comme ce truc-là, c’est quoi ?
- Hum, tu te souviens pas ? Répliqua Alexis en prenant la médaille. Je voulais faire du vélo sans les petites roues, comme les grands, et j’ai réussi. Du coup tu m’as offert cette grosse médaille !
- Oh, alors ça c’est vraiment un adorable souvenir… dit Castle attendri en la lui prenant des mains alors qu’elle allait la mettre autour de son cou, mais ta chambre est loin d’être immense, tu ne vas jamais pouvoir tout prendre !
- Ne l’écoute pas chérie. On a tous besoin de nos affaires ! Lança Martha depuis les escaliers.
- Tu vois?!
- Ma petite fille rentre à l’université ! Dit Castle avec nostalgie.
- J’ai l’impression que c’était hier que tu regardais sous son lit chaque soir pour lui dire que les monstres n’existent pas ! Dit Martha.
- J’ai menti, les monstres existent, ce sont les garçons dans les chambres d’étudiant ! Dit Castle.
- T'en fais pas Castle, ils ne peuvent pas faire pire que ce que tu as toi-même fait! Dit Kate en arrivant prête pour aller travailler.
- C'est justement ce qui m'inquiète!
Kate enroula ses bras autour du cou de Rick et l'embrassa tendrement.
- C'est ta fille! Elle sait parfaitement gérer les énergumènes dans ton genre!
Il sourit et l'embrassa à son tour, oubliant le monde autour d'eux.
- Hé! Vous savez que vous n'êtes pas seul! Leur rappela Alexis.
- Désolé, répondit Rick en s'éloignant à regret des lèvres de sa femme. Les hormones...
- C'est pas Kate qui est sensée avoir les hormones en vrac? Plaisanta Alexis.
- Tu n'es pas sensée faire du tri dans tes cartons?
- Castle, ce sont ses cartons, rappela Kate.
- Mais regarde-moi ça! C’est ridicule, elle a des cartons et des cartons remplis et apparemment tout est important !
- On a tous besoin de nos affaires Castle. J’ai plein de cartons moi aussi, tu vois c’est réconfortant, ça me rappelle mon passé !
- Ton passé de débauche ?
- J’en ai également un carton !
Castle la regarda en souriant, intrigué.
- Par contre Alexis, excuse-moi, mais il y a une petite chose que je vais retirer de tes cartons, annonça Kate en se penchant au-dessus de l'un deux.
- Qu'est-ce que c'est?
- Ça! Dit Kate en sortant Andréa d'un carton.
- La chipie! Je viens de la poser sur le tapis!
- Depuis qu'elle a compris comment se déplacer à quatre pattes, il faut toujours l'avoir à l'œil, dit Martha.
- Il n'est pas question que tu ailles à l'université avant de nombreuses années jeune fille! Dit Rick en la prenant dans ses bras.
- Oh allez, vous pouvez bien me la laisser, vous allez en avoir deux autres! Plaisanta Alexis.
- Et là où il y a Andréa, dit Kate en se penchant au-dessus d'un autre carton, ... Il y a ...
Elle se recula légèrement et une énorme boule de poils jaillit du carton.
- Cosmo! S'écrièrent Castle et Alexis en même temps.
- Alexis, je crois que tu as intérêt à fermer tes cartons, si tu ne veux pas emmener un passager clandestin, dit Kate en caressant Cosmo. Oui... T'es un bon chien!
- Un bon chien?
- Il ne quitte pas Andréa d'une semelle, c'est ce qu'on appelle un bon chien.
- Il n'est pas censé l'empêcher de faire des bêtises, plutôt que la suivre dans ses explorations ?
Le téléphone de Kate sonna.
- Il y a eu un meurtre en ville! Annonça-t-elle.
- En route pour l’aventure ! Lança Castle en soulevant Andréa. Enfin… La crèche pour toi...
***********
Ils se rendirent rapidement sur la scène de crime, où une jeune femme, Wendy Dupré, avait agonisé tellement longtemps, qu'elle avait eu le temps de laisser un message avec son sang. Elle était arrivée la veille avec 4000 dollars et un message de menaces de la part du patron du restaurant dans lequel elle travaillait. Ils interrogèrent l'homme qui reconnut l'avoir menacée, mais nia l'avoir tuée.
- La compagnie ferroviaire confirme que Pratt a acheté un billet hier mais ils ne peuvent pas dire dans quel train il est monté donc on revérifie son alibi ! Annonça Beckett.
- Il faut aussi vérifier cette histoire de steaks, ajouta Castle. Ça ne peut pas être les meilleurs de la ville !
Beckett choisit d'ignorer sa remarque.
- Quoi qu’il en soit même s’il a tué Wendy ça n'explique pas, sa mystérieuse urgence, le vol d’argent et le voyage à l’improviste à New-York...
- Pourquoi elle a écrit ces trois lettres ? On n’écrit pas un message avec son propre sang pour rien. Il y a certainement une raison ! Plus de tisane, tu en reveux ? Demanda-t-il alors que Beckett attrapait sa tasse vide.
- Oui, attends je vais aller en chercher ! Répondit-elle en prenant aussi la tasse de Castle avant de partir.
- Oh… merci ! Lui sourit-il.
Il s'avança vers le tableau en réfléchissant à voix haute:
- ... Hum ! «Liste d’Idée à Exprimer» ? «Littérature Ironique par Excellence» ? «Liaison Idéale Eternelle» ? Oh, ai-je réellement dit ça ? Je déraille totalement !
Le téléphone de Beckett sonna, il s'assit sur la chaise de sa femme et décrocha.
- Bureau du lieutenant Beckett !
- Castle? Tu n'as toujours pas compris que tu n'as pas le droit de répondre au téléphone?
- Si je l’ai !
- Oh et depuis quand ?
- Je suis son mari!
- Ça ne veut pas dire qu'elle te laisse utiliser son téléphone professionnel!
- Mais … est-ce que je peux faire quelque chose pour toi ?
- Oui prends des notes, une empreinte partielle sur la douille, aucune correspondance dans le fichier ni avec monsieur Pratt. Mais j’ai trouvé des traces ADN. Tu notes ?
- ... Oui !
- Castle ?
- Oui attends ! Dit-il en sortant de ses rêveries pour fouiller dans les tiroirs.
Il sortit de l'un d'eux un petit bonhomme en bois, un sourire enfantin se dessina instantanément sur son visage. Sourire qui s'effaça lorsqu'il aperçut Beckett qui revenait de la salle de repos avec ses deux tasses et le fusillait du regard.
- C’est mon téléphone !
- Ohhh… Tu as des problèmes ! constata Lanie.
- J’ai pas de problème ! Répondit-il en se pressant de raccrocher. Lanie a une empreinte partielle, elle ne correspond pas à Pratt, ce n’est donc pas notre homme !
- Qui t’a dit que tu pouvais répondre à mon téléphone ? Et pourquoi est tu en train de fouiller dans mes tiroirs, hein ? Demanda-t-elle en posant ses deux tasses et en lui prenant le bonhomme en bois des mains.
- Je cherchais un bout de papier !
- Oui sûrement ! Touche pas à mes trucs Castle !
- Sérieusement ? Dois-je te rappeler qu'hier soir encore j'ai touché à … tes trucs !
- Oui bien certain de mes trucs, sont encore privés !
- Oh j’y suis… un ex-petit ami a fait ça pour toi ?
- Non !
- Vraiment ? Parce que ça va hein, je ne serais pas jaloux ! ... Bon d’accord, peut-être bien légèrement jaloux... Pas un ex-petit ami ?
- Hum, hum ! Répondit-elle en hochant négativement la tête.
- Ça vient d’une enquête, c’est un souvenir du premier meurtrier que tu as pu arrêter ?
- Je te l’ai dit Castle, répéta-t-elle en se penchant vers lui pour récupérer sa tasse et lui murmurer à l’oreille. C’est privé !
- Peut-être la victime d’un meurtre dans un congrès de bonhomme en bois ?
- Vraiment ? Quoi t’as rien de mieux à me proposer ?
- Défi accepté !
- Pourquoi tu ne veux pas passer ton temps à quelque chose de plus productif?
- Comme quoi?
- Comme... Boucler rapidement cette enquête pour rentrer tôt ce soir...
- Oh... Bouclons vite cette enquête!
Ryan arriva au moment où les deux amoureux se dévoraient du regard.
- Bon !
Beckett et Castle se tournèrent vers lui gênés.
- Rien dans ses comptes n’explique pourquoi Wendy avait besoin de quatre mille dollars en liquide mais j’ai peut-être trouvé pourquoi elle était en ville. Elle a utilisé sa carte de crédit pour aller en taxi jusqu’au croisement de la 8ème et Market hier ! Annonça Ryan qui ne s'était aperçu de rien.
- Le jour de sa mort !
- J’ai parlé au chauffeur, Wendy a pris sa carte disant qu’elle l’appellerait pour qu’il la ramène au même endroit aujourd’hui !
- Je parie que c’est là-bas qu’on trouvera nos réponses !
Ils se rendirent à l'adresse indiquée où se trouvait un entrepôt de stockage. Le message sanglant de la victime indiquait le numéro d'un box qu'elle envisageait d'acheter. Persuadé qu'il contenait un indice capital, Castle participa aux enchères avec un peu trop d'euphorie, au point que Kate dût marchander avec un certain Big Percy et lui promettre que Castle donnerait le prénom de sa mère à un de ses prochains personnages.
- Trois mille six cent dollars, qui dit mieux ? Personne, trois mille six cent une fois, trois mille six cent deux fois, c’est votre dernière chance d’enchérir ? Adjugé à se beau gosse pour trois mille six cent dollars, merci infiniment !
- Comment as-tu su que ça allait marcher ? demanda Kate après le coup de bluff que venait de faire Castle pour remporter la vente.
- Et bien en champion émérite de poker, j’étudie le langage corporel de l’adversaire. J’ai vu très facilement que…
- T’en avais absolument aucune idée?
- Aucune !
- Félicitation, dit Big Percy en posant ses mains sur les épaules de Castle, tous ces trucs sont à vous !
- Oui merci !
- Ah euh, ma mère s’appelle … Eunice ! Excusez-moi ! Précisa Big Percy avant de partir.
- Eunice ! Marmonna Castle.
- Désolée.
- Je devrais choisir les prénoms de jumeaux pour ça!
- Sans que j'aie le droit à un veto? Pas question! Protesta Kate.
- Allez, quoi, Alexis n'a pas eu à se plaindre de son prénom!
- Parce qu'elle est une fille! Sinon elle aurait eu le prénom du chien!
- Il ne s'en plaint pas non plus!
- Je veux un droit de veto sur chacune de tes propositions, c'est mon dernier mot!
- Tu es un requin en affaires... Marmonna-t-il en tendant sa main pour conclure le pacte.
Elle sourit et lui serra la main.
*************
- Quoi vous avez réellement acheté tout ça ? S'étonna Esposito en voyant Castle pousser un sommier avec l'aide d'un agent.
- Tout ça cher ami, va nous permettre de résoudre cette enquête ! Merci sergent, dit Rick avant de s'adresser à Beckett. Tu me seras tellement redevable pour ça !
- Castle, je ne sais pas si le département va être en mesure de te rembourser...
- Ce n’est pas le genre de dette dont je parle ! Dit-il en lui adressant un sourire coquin.
Beckett lui sourit et s’arrête net, mal à l’aise, en entendant Ryan.
- Au sujet du proprio du box 317 Johan Fleming, l’adresse est bidon, le nom est bidon, ce gars n’existe pas !
- Alors à qui appartiennent ces trucs ? Demanda Beckett.
- La réponse est devant nous, expliqua Rick en entrant dans la salle de réunion où il venait de déposer le contenu du box. Ces trucs vont nous dire qui il est. Il y a une série de cartes … un fan de géographie apparemment, il aime voyager !
- C’est peut-être un routier ? suggéra Ryan.
- Ah vous voyez on progresse ! Se réjouit Castle.
Gates arriva alors qu’ils farfouillaient dans tout ce bazar. Elle vit immédiatement rouge et dirigea sa colère sur Castle, qu’elle imaginait bien comme l’instigateur de tout ça. Cependant, elle se calma instantanément lorsqu’elle aperçut l’affreuse poupée que tenait Castle. Ce dernier s’empressa de la lui offrir, ravi de voir enfin la redoutable « Iron Gates » changer d’avis à son sujet.
Une fois qu’ils eurent découvert la véritable identité du propriétaire du box, l’enquête prit une toute autre dimension.
En effet, le box avait été loué par le frère jumeau de la victime, Wendel Dupré, lui-même victime d’un assassinat maquillé en accident. Ils se concentrèrent donc sur ce que Wendel faisait peu avant sa mort, notamment son travail comme chauffeur pour une riche mondaine, Angélica Henley. Cette dernière leur apprit que la police la police l’avait soupçonné d’avoir volé un bracelet serti de diamants roses, d’une valeur de quatre millions de dollars. Persuadé que Wendel avait effectivement volé le bracelet et l’avait caché dans le bazar qu’il venait d’acheter, Castle était fou de joie. Mais il devrait attendre le lendemain pour le vérifier, Alexis l’attendait pour dîner et rien, pas même une chasse au trésor ne pouvait lui faire manquer ce rendez-vous privilégié.
***************
Castle entra dans le salon et aperçut les boites d'Alexis empilées dans l’entrée.
- Oh ! Oh-oh !
Alexis était assise sur le canapé. Elle le regarda puis se reconcentra sur la cuillère qu'elle tournait dans son bol.
- Hop ! Lança l'écrivain en se cachant derrière les boites et faisant semblant de réapparaitre plus loin. Whoo !
Andréa, qui jouait sur le tapis éclata de rire et frappa dans ses mains.
- Qu’est-ce qui vous rend si euphorique ? Demanda tristement Alexis.
- Si tu arrives à faire parler ta petite sœur, ce sera un grand exploit! Quant à moi, et bien, un bracelet de quatre millions de dollars traine au beau milieu des biens que j’ai raflé aux enchères, expliqua Castle en s’asseyant à côté d’Alexis. Je suis riche, ou encore plus riche !
- Jusqu’à ce que Beckett te le reprenne pour le rendre à son véritable propriétaire ! Rétorqua la rouquine.
- Oui mais même ça ne pourrait gâcher ma journée, parce que ce soir c’est ma soirée spéciale veille de départ à l’université avec ma fille ! Dit-il en souriant.
- A propos de ça, est-ce qu’on peut annuler ?
- Quoi, oh, quoi ? Mais pourquoi ?
Alexis se contenta de hausser les épaules d'un air triste.
- Ca fait des mois qu’on a prévu ça. Tu sais à quel point c’est difficile, même pour moi, d’avoir une réservation… se plaignit Castle.
- Si c’est ta réservation qui t’inquiète tellement, va diner là-bas avec Kate ! S'écria Alexis en lui mettant son bol dans les mains avant de se lever du canapé pour partir.
- Euh, Alexis… c’est pas… ce n’est pas… pas ce que je voulais dire !
Alexis claqua la porte, il soupira et se rassît sur le canapé. Andréa s'approcha de lui et lui tendit son doudou.
- Tu ne parles pas beaucoup, mais tu comprends tout, toi! Soupira-t-il en la prenant dans ses bras. Viens là ma chérie... Papa a besoin d'un câlin.
Peu après, la porte du loft s'ouvrit et Kate rentra.
- Bon, j'ai briefé les policiers de garde au poste ce soir, ils vont être particulièrement vigilants cette nuit. On ne sait jamais, peut-être que le meurtrier de Wendel et Wendy va tenter de récupérer le bracelet cette nuit.
- ...
- Hey! Tout va bien? S'étonna-t-elle devant la mine déconfite de son mari. Je croyais que tu devais aller dîner avec Alexis.
- Elle a claqué la porte en disant que si je tenais tant que ça à ce dîner, je n'avais qu'à y aller avec toi... Soupira Castle. Je crois qu'elle est en pétard contre toi.
- En pétard contre moi ? Pourquoi ?
- Je ne sais pas… C’est peut-être parce que nous avons construit notre famille…
- Mais elle en fait partie ! Elle le sait ! Pourquoi est-ce que ça n’irait plus maintenant ? Ça n’a pas de sens !
- Je pense qu’elle a l’impression d’être remplacée... Peut-être est-ce à cause des bébés qui arrivent... Ce qui est bizarre parce qu’elle n’a pas fait ça à la naissance d'Andréa... Trois c'est peut-être trop pour elle...
- Elle semblait ravie à l'idée d'avoir des frères ou sœurs, pourtant.
- Ce qui est sûr, c'est qu'elle n'avait jamais fait ça ni avec Gina, ni avec les centaines de filles hyper sexy avec lequel j’ai fait plein...
- C’est bon j’ai aucune envie d’entendre ça ! L’arrêta Kate.
- C’est vrai !
- Alors tu penses que je devrais aller lui parler ?
- Non, non, non, elle pourrait te dévorer, c’est à moi de régler ça !
- Et tu ne t’es pas dit qu'elle a peut-être juste un peu le cafard à l'idée de quitter le nid familial?
- Non! Elle était ravie à l'idée de partir pour l'université! Et puis ce n’est pas comme si elle partait à l'autre bout du pays!
- Mais elle ne sera plus à la maison... C'est un moment délicat, sa vie va changer.
- Tu crois que c'est ça qui la chagrine?
- C'est sans doute plus probable que ta thèse farfelue selon laquelle elle nous ferait une crise à cause des bébés!
- T'as peut être raison...
- J'ai certainement raison! Elle a sans doute envie de diner en famille ce soir, je vais nous préparer un repas spécial pour l’occasion ! dit-elle en ouvrant le réfrigérateur.
- Quelle bonne idée! Se réjouit Rick en reportant son attention sur Andréa. À toi maintenant, réglons ce problème de langage...
- Quel problème? S'inquiéta Kate en stoppant le découpage de tomates qu'elle venait de commencer.
- Elle ne parle pas!
- À neuf mois, c'est normal, non?
- Alexis maîtrisait déjà cinq mots à son âge! Et dedans, il y avait le plus important de tous : papa!
- Ne la compare pas à sa sœur, tous les enfants sont différents!
- C'est une Castle! Les Castle sont doués pour parler.
- Elle est à moitié Beckett! Dois-je te rappeler que les Beckett ne sont pas les plus grands des bavards?!
- Ne me dis pas que tu vas être aussi difficile à cerner que ta mère... Ou pire grand-père Jim?! Marmonna Castle en regardant Andréa dans les yeux.
La petite soutint son regard sans un mot, ses yeux reflétaient déjà une grande part de mystère.
- Oh bon sang! S'écria Rick.
- Quoi?! Sursauta Kate qui était repartie à la préparation de sa salade.
- C'est une Beckett! Elle vient de me fusiller du regard.
- Ça t'apprendra à vouloir la faire parler! Il y a des choses qu'on aime garder pour nous!
- Comme ton mystérieux bonhomme de bois?
- Parfaitement!
- Cela dit, j’ai réussi à bien progresser sur ma théorie du bonhomme en bois !
- Vraiment ?
- Ouais, à l’époque où tu n’étais qu’un jeune officier, tu as risqué ta vie au milieu de la circulation pour sauver une vieille bohémienne !
- Un bohémienne ?
- Non, non, non une vieille bohémienne. Alors pour te remercier elle t’a offert un talisman et elle t’a dit que tant que tu le garderais, aucun danger ne pourrait s’abattre sur toi !
- Aucun danger ne pourrait s’abattre sur moi ?
- Tu as l’air d’aller bien ! Lui répondit-il en souriant.
- Et si tu m'aidais à mettre la table, plutôt que de dire des bêtises.
- Je ne dis jamais de bêtises!
- ...
- Bon, d'accord, peut-être un peu...
- ...
- Ok! La plupart du temps! Oh bon sang, comment je vais faire avec deux Beckett à la maison?!
- Bientôt quatre!
- Non, ces deux-là seront de purs Castle! Répliqua-t-il en désignant le petit ventre de sa femme.
- Ça c'est ce que tu crois, sourit Kate. Les Beck's auront ta peau mon chéri!
Alexis accepta de les rejoindre lorsque le dîner fut prêt. L'initiative de Kate s'avéra excellente et le repas se passa très agréablement. Castle put constater qu'il n'y avait chez Alexis aucune jalousie ni colère envers Kate, elles étaient même très complices. La jeune fille avait simplement le blues de quitter sa famille, même pour aller vivre à seulement huit kilomètres de là.
Le lendemain, Rick et Martha l'accompagnèrent à sa chambre d'étudiante. Après des au revoir déchirants et une inspection du dessous du lit de la jeune fille, Castle eut une illumination quant à l'endroit où Wendel aurait pu cacher un indice pour sa sœur. Il se précipita au poste.
- Je sais où c’est ! Annonça-t-il en sortant de l’ascenseur comme un diable de sa boite.
- Où est quoi ? Demanda Kate étonnée de le voir débarquer si tôt.
- Je ne sais pas ce que c’est, seulement où c’est. Ce que Wendell a volé n’avait de la valeur que pour lui et sa sœur jumelle, donc il le cacherait dans la seule planque où elle seule irait regarder, expliqua-t-il en entrant dans le bureau de Gates. Wendy et Wendell, des jumeaux comme l’une des Gemini qui était dans le box, c’est là-dedans !
Il prit la poupée et la jeta au sol où elle se fracassa.
- Castle ! S'écria Kate horrifiée.
- C’est vide ? C’est pas possible ! Dit-il déçu.
Le cri d’hystérie de Gates retentit derrière eux.
- OOOOOOHHHHHHH!!!!!!
- Chef respirez !
- Mais pour l’amour du ciel, vous êtes devenu dingue ! Hurla Gates.
- J’ai cru… bafouilla Castle.
- Vous avez cru quoi, monsieur Castle ?
- J’ai seulement cru que Wendell avait caché ce qu’il avait volé…
- Ce n’était pas celle de Wendell, c’était la mienne, hurla Gates. Je l’ai apportée de chez moi ce matin !
- Très bien autant pour moi ! S'excusa-t-il alors que Gates le regardait sévèrement. Attendez ça veut dire que…
Il se tourna chercha une seconde et attrapa l’autre poupée.
- Ah! La voilà ! Dit-il en la jetant à terre.
- Non, non, non, non, non, non ! Cria Gates qui frôlait la crise de nerfs.
- Ahh ! S'étouffa Kate persuadée que Castle venait de signer son arrêt de mort.
La poupée se cassa, une clé USB et un œil de verre se trouvaient parmi les débris.
- Ça je ne m’y attendais pas ! Dit Castle surpris.
Cette découverte permit de mettre la main sur le meurtrier de Wendel, Wendy et de leurs parents, Kirby, le majordome de Madame Henley.
- Kirby a fait des aveux complets. Il a lu un article sur une agression dans cette station de métro et a décidé de tuer Wendell là-bas, parce qu’il savait que les caméras ne fonctionnaient pas ! Annonça Beckett.
- Mais la preuve que Wendell avait volée était toujours quelque part, continua Castle. C’est du moins ce que pensait sa sœur Wendy quand elle a commencé à s’intéresser aux entrepôts. Kirby l’a suivie à son hôtel et l’a tuée !
- Misérable pourriture ! Grogna Gates en regardant Castle.
- Je vous demande pardon ? Paniqua l’écrivain.
- Il a tué toute leur famille ! Expliqua la capitaine soulageant ainsi Beckett et Castle. Beau boulot lieutenant !
- Merci !
Castle tenta un sourire, mais Gates le fusilla du regard et fila dans son bureau.
- Et elle recommence à me détester !
- Ses poupées Gemini comptaient visiblement beaucoup pour elle !
- Je me demande quelle est leur histoire...
- Et l’histoire de ces trucs-là ? Dit Kate en désignant les affaires de Wendel. Qu’est-ce que tu vas faire de tout ça?
- Je vais donner l’équipement d’escalade à Javier et ensuite donner tout le reste je pense. Ça a atteint son objectif, apporter la justice à cette famille mais ça montre bien que chaque personne ou objet à une histoire, y compris ton petit bonhomme là-dedans ! Dit-il en tapant du doigt sur le bureau.
- Alors… demanda-t-elle en sortant le bonhomme en bois pour le poser sur le bureau. Tu veux retenter ta chance ?
- En fait non ! J’ai repensé à ce que tu as dit et tu as raison. Ce n’est parce que toi et moi, nous sommes mariés, que ça me donne le droit de fouiner donc quand tu seras prête, raconte-moi !
Elle sourit et plongea son regard dans le sien.
- Cosney Island ! Lâcha-t-elle.
Castle posa son coude sur le bureau et se positionna pour écouter son récit.
- ... On a, on a donné une réception à la maison après l’enterrement de ma mère et… c’était triste… j’étais triste et mon père m’a prise par la main et il a dit «Allons-nous en d’ici Katie» ! On a pris le métro et on s’est retrouvé à Cosney Island. On s’est baladé sur cette plage, on s’amusait, on portait encore nos habits d’enterrement et le meilleur moment c’est quand on a fait ça. Ce petit bonhomme en bois avec de la ficelle et des branches trouvés sur la plage !
- Est-ce que ça fait de cette journée, un bon ou un mauvais souvenir ?
- Les deux ! Ils me rappellent que même dans les pires journées, on peut éprouver une grande joie !
- Joli !
Elle sourit, rangea ses affaires et se leva. Il lui offrit son bras, qu'elle prit en souriant.
De retour au loft, l'absence d'Alexis le frappa de plein fouet. Quelques cartons étaient finalement restés à la maison... Il s'en approcha en prit la médaille d'Alexis. Kate lui caressa doucement le dos, l'embrassa et s'occupa de sortir André de son cosy.
- Ma petite fille ! Murmura-t-il perdu dans ses rêveries.
Il sentit une légère pression contre son mollet, il se tourna et découvrit Andréa qui prenait appui sur lui pour se hisser sur ses jambes.
- Oh non! Non! Non! Dit-il en la prenant dans ses bras. Ne grandis pas trop vite! Tu ne quitteras pas cette maison avant tes trente ans au moins!
- Le déménagement d’Alexis m’a fait réfléchir et après plusieurs heures de réflexion, j’ai pris une décision ! Dit Martha qui descendait les escaliers.
- Ah vraiment ?
- Oui ! J’ai décidé, avec toute la bonté que me caractérise, de continuer à vivre ici !
- Gratuitement !
- Non je t’en prie ne m’interromps pas, je vais continuer à vivre ici... Il y a Andréa, les jumeaux qui arrivent, vous allez avoir besoin d'aide...
- Tu proposes de faire du babysitting pour nous? Tu sors tous les soirs ou presque!
- Je tiens à vous laisser votre intimité !
- Oh, quelle délicate attention, Mère ! Et donc, tu ferais ça pour nous mère ?
- Et bien, une mère sait se sacrifier ! Dit-elle en mettant les mains sur les joues de son fils.
- Merveilleux… Marmonna-t-il en rejoignant Kate qui avait suivi la conversation.
- Tu sais Castle, avec l’arrivée des jumeaux, on va peut-être devoir songer à se trouver un logement plus adapté pour nous… chuchota-t-elle.
- Oh ! Et on demanderait à ma mère de se sacrifier pour rester vivre ici, sourit l’écrivain.
- Ça serait dommage de se séparer de cet endroit définitivement !
- En attendant, et si on demandait à ma mère de remplir son rôle de babysitter?
- Oh! Tu as une idée en tête?
- Tu as une dette à me rembourser au nom de la police de New York, je te rappelle...
- C'est vrai! Martha! appela-t-elle en s'éloignant.
Un petit séjour dans les Hamptons, ça vous dit? Je n'ai pas eu envie de modifier cet épisode, il est très bien comme il est, surtout qu'ils sont mariés et que tout le monde le sait. J'ai donc choisi de vous raconter ce que Marlowe n'a pas osé vous raconter... ^^ Chapitre chaud bouillant donc! Les petits jeunes et ce que ce genre de scène n'interessent pas, passez votre chemin, rendez-vous au chapitre cent trente. Pour les autres, petits coquins ;), j'espère que ça vous plaira. ^^ Enjoy!
===============================================================================
Chapitre cent vingt neuf
- ...
- Tête de mule! Grogna Rick en regardant Andréa droit dans les yeux.
- ...
- Tu es encore en train de harceler cette pauvre enfant? Demanda Martha en entrant dans le bureau de Rick.
- Dix mois, presque onze, mère! Et toujours pas un mot!
- Beaucoup d'enfants de son âge ne parlent pas, ça n'a rien d'alarmant!
- Elle se moque de moi! Regarde son air là! On dirait sa mère quand elle me mène en bateau!
- Elle est trop jeune pour avoir de telles intentions. Il fait t'y faire trésor, ta fille n'est pas une bavarde.
- Hey! Vous faites une réunion secrète? Demanda Alexis en arrivant dans le bureau.
- Ton père harcèle ta petite sœur.
- C'est plutôt elle qui me torture, elle ne m'adresse pas la parole!
- Elle ne parle à personne, elle ne fait pas ça pour t'ennuyer, dit Alexis.
- Tu es injuste avec elle, Trésor, elle t'adore.
- Et si il y avait un problème? Paniqua Castle. Et si elle ne parlait jamais!
- Le pédiatre l'aurait remarqué!
- Grand-mère a raison! Tu te fais des idées. Andréa va très bien, elle est très éveillée. Elle finira par parler. En attendant, dois-je te rappeler que tu as rendez-vous avec Kate?
- C'est vrai, dit Castle en embrassant Andréa. Fais-moi plaisir mon ange, attends mon retour pour dire ton premier mot!
Il confia Andréa à sa mère, attrapa son sac de voyage et sortit de son bureau. Martha et Alexis le suivirent en piaillant.
- N'est ce pas excitant?
-C'est juste un week-end, Mère, ça n'est ni le premier, ni le dernier!
- Papa, ça fait des lustres que vous n'avez pas eu un vrai week-end romantique avec Kate et quand les jumeaux seront là, vous aurez encore plus de mal à trouver des occasions pour en refaire! C'est important!
- Bon, eh bien, pas de pression! Répondit Rick en jetant un œil à sa montre. Il est maintenant 16h30. Si personne ne se fait assassiner avant 17 heures, nous serons libres comme l'air!
Il posa son sac sur le comptoir, se retourna et sursauta quand il se rendit compte que sa mère et ses filles étaient juste derrière lui.
- Alors, qu'est-ce que tu as prévu?demanda Martha.
- ... qu'est-ce que tu veux dire?
- Tu n'as pas de plan? S'inquiéta Alexis.
- Le plan est de ne rien faire. Juste nous détendre... Dit-il en souriant.
- Richard... Déplora Martha.
- C'est pas un plan ça! Les femmes n'aiment pas quand les hommes n'ont pas de plan, expliqua Alexis. Hé, je suis à l'université maintenant, lui rappela-t-elle devant son regard incrédule, je vis dans le monde. De plus, je lis beaucoup de magazines. Pas de plan, c'est vraiment mauvais.
- Ça n'est pas un premier rendez-vous! Kate et moi sommes mariés!
- Et c'est à cause de réactions pareilles que le nombre de divorces est si élevé! Rétorqua Alexis.
- Elle a raison! Ça n'est pas parce qu'elle porte une alliance, qu'il faut que tu cesses de la surprendre! L'ennui, c'est la mort du couple! Un homme me dit: «Qu'est-ce qu'on va faire pour le dîner", ... il est mort pour moi!
- Bien! Je vais faire des réservations, sourit Castle dont la bonne humeur était inébranlable.
- Un endroit romantique! Conseilla Alexis.
- Bien sûr!
Il attrapa son sac et se dirigea vers la porte.
- Et chic. Parce que Kate Beckett est femme de grande classe! Précisa Martha qui le suivait toujours.
- D'accord!
- Sous les étoiles, ça serait bien!
- Ooh, et tu sais ce que vous pourriez faire sous les étoiles... ajouta Martha.
Il se dépêcha de franchir la porte avec ses doigts dans ses oreilles.
- 'Kay! Lalalalalalala! Il y a une enfant ici! Chanta-t-il pour ne rien entendre de plus.
Enfin, la porte se referma derrière lui.
*****************
Après un week-end mouvementé, Castle et Beckett s'apprêtaient enfin à profiter de leur dernière nuit dans les Hamptons. Rick allumait des bougies aux quatre coins de la chambre pour créer une atmosphère romantique.
- Un cadavre dans la piscine, un trafic de methamphetamine, des mafieux ... Est-ce que c'est ça que tu appelles un week-end romantique? Demanda Kate étendue sur le lit.
- Je te rappelle que c'est un meurtre qui nous a fait nous rencontrer.
- C'est vrai... Mais maintenant que cette histoire est terminée... On va enfin pouvoir se détendre, dit-elle en s'étirant langoureusement.
- Tu sais ce qui est cool? Demanda Rick sans se retourner.
- Ce que je m'apprête à te faire? Chuchota Kate en se mordillant le bout du doigt d'un air aguicheur.
- Cette histoire m'a donné une super idée pour un livre!
- Oh, Hamptons Vice? Donc tu étais sérieux à ce sujet, hein?
- Eh bien, je l'ai déjà l'histoire. C'est la partie la plus difficile et ...
Il venait de se retourner et resta sans voix devant le spectacle qu'elle lui offrait.
- Et... Est ce que tu as déjà la fin? Demanda-t-elle en enlevant sa nuisette.
- Oh, et bien ... J'ai... Euh... quelques idées, mais ... euh ... je suis ouvert aux suggestions... Répondit-il en faisant le tour du lit pour la rejoindre.
Il se pencha vers elle pour l'embrasser, elle l'attira sur le matelas et d'un mouvement agile, elle s'installa à califourchon sur lui.
- Que dis-tu de ça? Proposa-t-elle en plaçant son bassin de manière à le rendre fou de désir. Le week-end n'avait pas tourné exactement comme détective Heat l'avait imaginé, mais maintenant rien ... pas même un autre meurtre sur la plage, ne pourrait l'empêcher d'obtenir... exactement ce qu'elle désirait le plus.
Elle se pencha pour l'embrasser.
- Hmm ... C'est bon...
Elle rit contre ses lèvres avant de l'embrasser à nouveau.
- J'aurais des droits d'auteur pour ça? Demanda-t-elle en relevant la tête.
- Faut voir...
Il la tira vers lui et l'entraîna dans un autre baiser.
- ... Si tu es gentille… continua-t-il...
Elle redressa la tête et le regarda en prenant un air coquin.
- Ca veut dire quoi « être gentille » pour toi ? minauda-t-elle à mi-voix.
- Je ne sais pas… montre-moi !
Elle glissa ses doigts le long de son cou, il frissonna tant ses caresses étaient douces. Elle traça un chemin le long de ses épaules, fit le tour de ses mamelons puis sa bouche remplaça ses doigts. Elle les embrassa, les lécha, les mordilla, tandis que ses mains caressaient chaque parcelle de son corps qu'elles pouvaient atteindre.
Elle sourit lorsqu'elle atteint son sexe. Il était déjà gonflé par son désir. Son corps répondait toujours instantanément à ses caresses. Elle abandonna alors ses caresses et le prit en bouche.
Il gémit de surprise et de plaisir, surélevant son bassin à son contact. Elle adorait le sentir prendre plus de vigueur dans sa bouche. Elle accentua le rythme de ses aller et venues. Rick ferma les yeux tant son plaisir était intense. Il perdait pied, il glissa ses mains dans sa chevelure ondulée.
- Oh Kate...
Elle le sentit se tendre et savoura sa première victoire. Lorsqu'il sentit l'orgasme monter en lui, il l'attrapa et la fit basculer pour inverser leurs positions.
Elle se lécha les lèvres avec gourmandise, il fondit sur elles avidement.
- Alors, tu trouves que j'ai été assez gentille ? Demanda-t-elle entre deux baisers?
- Adorable... Remarquable... Incroyable…
- Tu vas me faire la liste des adjectifs en -able?
- Euh... Non... J'en éviterai certains, comme effroyable... Épouvantable... Exécrable...
- Rick!
- Oui?
- Ferme-la et emmène moi au septième ciel.
- Mhmmm... Tu es redoutable, sourit-il.
- Castle!
- Envisageable!
Il plongea son regard dans le sien.
- Rickmmmmhhhmmm… murmura-t-elle, en sentant ses doigts s'aventurer entre ses cuisses.
- Excitable...
Elle ouvrit les yeux, excédée par son petit jeu idiot, tenta d'échapper à ses doigts, mais gémit lorsqu'elle les sentit s'attarder sur son clitoris.
- Hmm… Rick... tes doigts…
- Liquéfiable...
Elle haletait sous ses caresses intimes, la bouche ouverte, offerte, il s'approcha d'elle, l'effleura avec de légers baisers, puis avec le bout de sa langue, jusqu'à ce qu'elle crie sa jouissance en s'arc-boutant pour mieux s'offrir.
- Désirable... Murmura-t-il avant de l'embrasser fiévreusement.
Ses mains parcouraient son corps, il ne cessait de l'embrasser. Son petit ventre légèrement arrondi, ses seins, son cou... Il dosait si savamment ses caresses que Kate ne tarda pas à se perdre dans un tourbillon d'émotions, des papillons et une douce chaleur envahissant son bas ventre.
Elle sentit le sexe dur de Rick caresser son entre jambe. Par de petits mouvements lascifs, il l'excitait sans jamais tenter de la pénétrer.
N'en pouvant plus, elle tordit son corps et releva les jambes pour s’offrir davantage.
Elle crispa ses doigts contre le dos de son mari, soupira d’envie et d’impatience. Il glissa alors en elle, mettant fin à cette douce torture dans un cri de jouissance.
Lorsqu'il fut profondément en elle, il s’allongea sur elle et ondula son bassin délicatement. Elle glissa une main dans la chevelure de Rick et de son autre main, lui pressa les fesses pour lui réclamer plus de vigueur. Il accéléra la cadence, il allait jouir, il sentait l'orgasme le gagner. Elle resserra ses cuisses autour de ses hanches, pour elle aussi, la petite mort était proche.
Rick accéléra encore le rythme, avant de se figer, tout comme sa muse, dans un soupir bruyant.
Ils restèrent longtemps sans bouger à chercher leur souffle, leurs corps collés l'un contre l'autre, leurs lèvres l'une contre l'autre, les jambes emmêlées.
Puis Rick se laissa rouler sur le matelas, épuisé, les bras en croix.
- Une fin pareille va tuer mes lecteurs... Souffla-t-il.
- Je t'ai déjà dit que pour tes scènes de sexe, tu devrais utiliser ton imagination, lui rappela-t-elle.
- Mais tu voulais des droits d'auteur...
- Seulement pour le petit passage que je t'ai dit tout à l'heure...
- D'accord.
Il posa une main sur le ventre arrondi de Kate.
- J'espère qu'on ne les a pas trop secoués...
- Ils ne sont pas là où tu t'es aventuré Castle. Tout ce qu'ils auront compris, c'est que leur maman se sent très très bien, sourit-elle en joignant sa main à la sienne.
- Et si leur maman se sent bien, alors eux aussi se sentent bien...
- Exactement!
- Mes amours, vous pouvez compter sur votre papa, chuchota-t-il contre le ventre de Kate. Je ferai tout ce qu'il faudra pour que votre maman se sente toujours très très bien.
Il posa sa tête contre le ventre de Kate, elle lui caressa tendrement les cheveux, jusqu'à ce que Morphée vienne les emporter de ses bras divins.
Chapitre cent trente
Castle sortit de son bureau en criant et en brandissant une épée. Alexis sursauta.
- Oh! C'est toi! S'étonna-t-il.
- Ça va pas de surgir comme ça avec une épée à la main? Et si ça avait été Kate? Tu penses aux bébés?
- Je ne fais que ça! Ça ne pouvait pas être Kate, elle est allée passer le week-end chez Jim avec Andréa.
- Vous vous êtes disputés?
- Non, mais il fallait que j'écrive, Gina me harcelait littéralement... Alors...
- Alors tu lui as demandé de partir?!
- Quoi?! Non! Bien sûr que non! Son père allait dans sa cabane, elle a proposé d'aller y passer le week-end avec lui et d'emmener Andréa et Cosmo, le grand air leur fera du bien.
- Ah! Je préfère ça... Et pour grand-mère? Comment t'en es-tu débarrassé?
- Week end en thalasso.
- Diabolique! Donc, tu as passé le week-end seul ? Je comprends mieux cette sortie théâtrale, dit-elle en désignant son épée.
- Bah... J'ai entendu un bruissement.
- Et tu allais combattre l'intrus avec ça?
- Cela pourrait être très ... Dit-il en ramassant son panier à linge pour lui assener quelques coups d'épée, se coupant au passage. Aïeuhhh!
- Que fais-tu ici? Demanda-t-il en grimaçant de douleur. Je pensais que tu ne viendrais pas avant le week-end prochain...
- Je devais faire la lessive. Je suis à court de vêtements.
- Déjà? Cela ne fait que deux semaines. Non pas que je ne suis pas très heureux de te voir, mais ils n'ont pas des machines à laver sur le campus?
- Elles ne sont pas aussi cool, répondit la rouquine en haussant les épaules.
- Et par cool, tu veux dire gratuites.
- Bien vu!
Il ouvrit le réfrigérateur.
- Ah! Euh, il va falloir te racheter du jus d'orange...
Il secoua la brique vide.
- Merci.
Il décida de se rabattre sur le congélateur, mais elle l'arrêta.
- Oh, et euh ... J'ai aussi fini la crème glacée ...
- Et ... Ça fait combien de temps que tu es là?
- Dix minutes?
- Sensationnel. Eh bien, pendant que tu es ici, que dirais-tu d'un tournoi Guitar Hero? Je viens d'écrire tous le week-end. Je pourrais prendre une pause, proposa-t-il en utilisant la brique vide comme guitare.
- Oh, en fait, je dois y aller, répondit-elle en vérifiant sa montre. Je vais rencontrer des amis pour une session d'étude et je suis déjà en retard.
Elle se dirigea vers la porte.
- Ah ... que fais-tu de ta lessive?
Elle s'arrêta et se tourna pour lui faire face.
- Ça va. Je viendrai la chercher plus tard, dit-elle en ouvrant la porte. Bye papa!
- Bye... Soupira-t-il légèrement confus.
Il alla dans son bureau et sortit son attirail de Guitar Hero. Il s' attaquait à un morceau de Carlos Santana, quand la porte du loft se rouvrit, une demi-heure plus tard.
Cosmo lui sauta dessus pour lui faire la fête. Il caressa rapidement la tête du chien puis se tourna vers les nouvelles arrivantes.
- Alors? Demanda-t-il en venant vers elle. Comment s’est passé votre petit séjour à la cabane de grand-père Jim ?
- Bien ! On s’est bien amusé, mais tu nous as beaucoup manqué, répondit Kate en l’embrassant.
- Oh, vous aussi vous m’avez manqué ! Viens par-là ma princesse ! Sourit Castle en prenant Andréa dans ses bras.
- …
- Toujours aussi bavarde, toi ! Une vraie Beckett.
- Arrête avec ça ! On n’est pas obligé de tout le temps parler !
- Tout le temps ?! Elle ne parle jamais !
- Elle le fera, un jour. Bon à part ça ? Tu as réussi à écrire ce week-end ?
- Avec le loft vide et surtout ma mère loin d’ici? Est-ce que tu plaisantes? Deux chapitres, mais je dois réécrire la scène du crime. Pour le moment, elle n’est pas captivante.
- Et tu cherchais l’inspiration auprès de ce bon vieux Santana ?
- Non ! Euh… Alexis est passée tout à l’heure et… j’ai eu soudainement envie de jouer un peu…
- Elle est passée ? C’est chouette, ça ! Tu devais être content !
- Faire sa lessive et vider mon frigo ! Elle n’est pas restée plus de dix minutes et j’ai loupé les neuf premières !
- Eh bien, au moins elle est rentrée, non? Dit Kate.
- Oui, j´aurais seulement préféré que ça soit pour autre chose que pour la lessive et le frigo. Mes filles me snobent...
- Arrête avec ça, tes filles t'adorent. Et moi aussi, je t’adore, le consola Kate en passant ses bras autour de son cou pour l’embrasser.
Ils furent interrompus par la sonnerie du téléphone.
- Ah ! Il y a eu un meurtre en ville, annonça Kate en vérifiant ses messages. Peut-être que tu trouveras l’inspiration pour ta scène de crime !
********************
La scène de crime était plutôt choquante, digne d'un des romans de Castle. La victime avait apparemment été étranglée puis son corps avait été accroché au plafond avec du fil barbelé et un signe étrange avait été gravé au rasoir sur son front. Cette vision leur coûterait sans doute plusieurs nuits sans sommeil.
Il n'y avait cependant aucune trace d'effraction ni de lutte, ce qui laissait à penser que la victime connaissait son agresseur.
Ils interrogèrent sa colocataire, qui leur décrivit la jeune femme comme une grande timide et un bourreau de travail, qui ne sortait pas beaucoup et n’avait pas beaucoup d’amis, ni de petit ami. Elle avait pourtant commencé à fréquenter quelqu’un six semaines auparavant. Mais elle agissait comme s’il s’agissait d’un grand secret. L’homme, qui était sans doute marié, lui faisait vivre un véritable conte de fée. Il lui offrait des bijoux, l’invitait à dîner dans des endroits très chics et la traitait comme personne ne l’avait fait auparavant.
Alors qu’ils cherchaient l’identité du mystérieux amant, Lanie souleva quelques points troublants dans cette affaire : la victime ne s’était pas défendue, car elle avait été droguée et son assassin avait pris soin de porter des gants. Il savait parfaitement ce qu’il faisait et avait minutieusement prémédité son acte.
De retour au poste, Castle prépara un chocolat chaud pour sa muse. Elle s’était installée à son bureau et lisait un dossier.
- Meurtre rituel, il y prend du plaisir, il a soigné la scène de crime… énuméra-t-elle.
- Toutes les caractéristiques d'un tueur en série.
- Oui, mais je n’ai jamais vu ce mode opératoire…
- Son disque dur a été effacé, on n’a aucune trace de cet amant mystérieux… expliqua Ryan en arrivant dans la pièce.
- Donc, nous sommes de retour à la case départ, constata Castle.
- Pas nécessairement, répliqua Kate. Euh, la colocataire de Tessa a dit qu'il lui a donné quelques bijoux. Peut-être qu'il a laissé une empreinte digitale sur l’un d’eux…
- Je vais retourner chez elle, voir ce que je peux trouver, dit Ryan.
Kate hocha la tête et il partit.
- Les bijoux. Je n'y aurais jamais pensé, reprit Castle admiratif.
- Dois-je te rappeler que ce sera mon anniversaire bientôt? Demanda-t-elle sournoisement en touillant son chocolat.
- Pourquoi détective Beckett, serait-ce là une allusion?
- C'est possible, monsieur Castle...
- Quelle honte! La taquina-t-il.
- Devoir rappeler à son mari la date de son anniversaire? Tu as raison, quelle honte! Surtout qu'il n'oublie jamais rien!
- Mais ! S’offusqua Castle. Qui fête les anniversaires de ...
- Yo Beckett. Tu as une seconde? Intervint Esposito en arrivant dans la pièce. J’ai quelque chose à te dire.
Elle le suivit en souriant devant la bouille renfrognée de son mari. Le latino ferma la porte derrière eux.
- Bon, alors. Quoi de neuf?
- Nous avons reçu le rapport de la scientifique... annonça Esposito.
- Mmhmm.
- L'intérieur de l'appartement de Tessa a été nettoyé.
- Ouais, eh bien, nous nous attendions à cela.
- Oui, mais nous ne nous attendions pas à ça: les gars de la scientifique ont pu trouver des empreintes sur la poignée de porte à l'extérieur et autour de l'encadrement de la porte. Et ils en ont trouvé qui ne correspondaient pas Tessa, ni à sa colocataire… Mais elles correspondaient à quelqu'un d'autre dans le fichier.
- Bon! qui?
Il ouvrit le dossier et le lui remit.
- Richard Castle.
Elle étudia le rapport une seconde, confuse.
- Ouais … euh … ça ne peut ne pas être vrai. Tu sais quoi? C'était... C'était probablement juste un accident. Il les a sans doute touchés en chemin avant de mettre ses gants.
Elle lui rendit le dossier et se leva pour quitter la salle.
- Ouais, ça pourrait l'expliquer. Sauf que la scientifique les a recueillies avant que vous ne soyez arrivés.
- ...
Elle n'avait pas d'explication pour ça et tourna son regard vers Rick par la fenêtre. Esposito appela Castle et lui expliqua la situation.
- En êtes-vous sûr? Demanda-t-il.
- Regarde par toi-même, bro, dit Esposito en lui donnant le fichier.
- Castle, réfléchis, demanda Kate. Est-il possible que tu aies touché la poignée de porte ou le cadre?
- c'était ouvert quand je suis arrivé, mais je suppose que c'est ce qu'il s'est passé, répondit Rick après une courte réflexion.
- Êtiez-vous déjà allé dans ce bâtiment avant? Demanda Esposito.
- Pas avant aujourd'hui.
- Qu'en est-il de la victime? Êtes-vous sûr que vous ne la connaissez pas?
- Javi! Intervint Beckett.
- Quoi? Tu sais que je dois demander.
Elle lui adressa un regard noir.
- Non, c'est simple, d'accord? Il a touché la porte quand il est entré. La scientifique a dû se tromper dans les délais. Voilà la seule explication.
- À moins que j’aie un jumeau maléfique, chuchota Castle.
- Les jumeaux ne possèdent pas les mêmes empreintes digitales. C'est une erreur courante. C'était vous, dit Esposito.
- Ouais, je sais. Je plaisantais.
- Une scène de crime contaminée, ce n'est pas une blague, répondit Esposito agacé avant de se tourner vers Beckett. Je vais arranger ça avec la scientifique. Et vous Castle, vous regarderez où vous mettez vos mains la prochaine fois, d'accord?
- Désolé.
- Sois prudent, lui ajouta gentiment Kate lorsqu'Esposito eut quitté la pièce.
- Ouais. Ouais.
Pendant ce temps, Ryan, qui était retourné à l'appartement de la victime, avait trouvé de quoi faire avancer l'enquête. L'un des voisins avait aperçu un homme devant chez Tessa le soir du meurtre, il allait pouvoir leur en faire un portrait-robot. Quant aux bijoux, le mystérieux amant de Tessa avait repris ceux qu'il lui avait offerts comme s'il savait que la police les chercherait. Cependant, un agent trouva une boucle d'oreille en fouillant dans le canapé.
Grâce au portrait-robot, ils arrêtèrent le patron de Tessa, Lloyd Kurtzman, PDG de Kurtzman Insurance Brokerage. Beau, riche et marié, tout comme l'amant mystérieux de Tessa.
Castle et Beckett le regardaient depuis la salle d'observation. Il avait demandé à voir son avocat.
- Il ne parle pas, constata Beckett.
- Je suppose que la confession était trop espérer. Une histoire qui pourrait expliquer tout cela, répliqua Castle.
- Oui, nous avons des équipes à son domicile et son bureau. Nous en saurons plus après la recherche, mais Esposito a parlé à sa femme. Elle a dit qu'il n'était pas rentré à la maison ce soir-là... Il travaillait tard.
- Je devine qu'il n'était pas au travail.
- Non.
Ils le regardèrent à travers la vitre un instant de plus.
- Je me demande s'il y en a eu d'autres, dit Castle pensif. Ou si elle a été la première... Ce que sa présence lumineuse a réveillé en lui.
- ...
- Quel est le problème?
- c'est ... euh ... juste, que la scène du crime...
- Qu'est-ce qu'elle a?
- L’homme qui a tué Tessa... il était méticuleux. Mais lorsque nous avons interrogé Kurtzman il était complètement paumé.
- Alors?
- Donc, s'il a beaucoup réfléchi avant de la tuer, pourquoi ne pas s'être pas préparé un alibi?
- Peut-être parce qu'il était si méticuleux, qu'il ne pensait pas se faire attraper?
- ...
- Tu n'es pas convaincue?
- Non... Il y a un truc qui cloche...
- Et bien nous le découvrirons demain. Il est temps pour toi d'aller te reposer.
- Je vais bien!
- Mais tu dois penser aux bébés! N'oublie pas ce que le docteur a dit au sujet des grossesses multiples...
- Je sais. Mais je t'assure qu'ils vont bien.
- Et j'aimerais que ça reste le cas pendant encore au moins huit semaines! Donc retour au loft, madame Castle.
Elle ne se fit pas prier davantage, la fatigue commençait à se faire sentir et elle savait que Gates l'avait à l'œil.
- Tu n'auras qu'à t'installer confortablement dans le canapé, je m'occupe de tout. Qu'est ce qui te ferait plaisir pour le dîner?
- une salade d'oranges aux échalotes et un grand bol de cornichons!
- ...
- Tu n'es pas obligé de manger la même chose que moi, tu sais?
- Je sais. J'y ai renoncé depuis ta période où tu alternais les sandwiches au melon tartiné de beurre de cacahuète avec des guimauvelettes aux champignons, dit-il en frissonnant à l'évocation de ce souvenir.
- C'est plus fort que moi!
- Tant que ça ne te rend pas malade... Ensuite je te masserai les pieds, tu es restée beaucoup debout aujourd'hui.
- J'aurais droit à un massage intégral?
- Tu ne perds pas le Nord, toi! Madame est exigeante!
- C'est de ta faute, il ne fallait pas m'habituer à ce genre de petites attentions.
- Je ne suis pas certain que le plus grand plaisir soit pour toi...
*************************
Une délicieuse odeur de fraises se dégageait des bougies et envahissait doucement la chambre. Elle adorait l'odeur de la fraise, c'était, avec la cerise, son parfum préféré. Elle se laissait enivrer par cette odeur.
Étendue sur le ventre, complètement nue, les bras repliés sous sa tête, Kate s'abandonnait à la douceur des mains expertes de Rick. Sa respiration était tranquille, apaisée. Toute la tension accumulée durant la journée semblait s'être envolée, comme par magie. Elle savourait la sensation des doigts de son amant sur sa peau. Rick prolongea ses caresses jusque sur ses fesses et s'y attarda avec plaisir avant de s'occuper de ses jambes. Ses mains glissaient le long de ses cuisses. Il les délaissa un instant pour reprendre un peu d'huile.
- Ça va?
- Mhmmm...Parfaitement...
- Et les bébés?
- Ils gigotent un peu... Ça n'a pas l'air de leur déplaire.
- Grâce aux coussins, s'ils étaient écrasés, ils te le feraient payer, je sens encore le coup qu'ils m'ont donné quand je t'ai serrée dans mes bras ce matin.
Avec une infinie douceur, il reprit son massage, descendant vers ses mollets, pour enfin atteindre ses pieds. Avec de légères pressions, il lui prodigua une sensation de bien-être infinie. Il savourait la vue de son corps toujours parfait malgré ses presque six mois de grossesse. Ses mains voyagèrent doucement entre ses hanches, ses reins et ses fesses, avant de glisser de chaque côté de ses cuisses et de redescendre lentement… La respiration de Kate s’accéléra légèrement.
Il prit tour à tour son pied gauche puis son pied droit, la massant avec passion.
Puis elle le sentit s'agiter derrière elle, mais garda les yeux fermés. Lorsque ses mains revinrent sur ses cuisses, elle comprit la cause de cette agitation.
- Tu t'es déshabillé?
- J'avais un peu chaud...
- J'espère que tu as pensé à fermer la porte à clé...Le week-end en Thalasso de ta mère prenait fin ce soir...
- Tout est sous contrôle mon amour...
- Tout? Je n'en suis pas certaine, murmura-t-elle en sentant une certaine partie de l'anatomie de son mari durcir contre ses fesses.
- Il n'est jamais sage quand tu es dans les parages.
- Mes pensées ne sont pas très sages non plus...
- J'aime quand tu es coquine, sourit-il en continuant son massage.
Ses caresses étaient de plus en plus sensuelles. De plus en plus ciblées. Elle avait très chaud. Il ne quittait plus ses fesses désormais, il les vénérait. Cette zone était très érogène chez elle et il le savait. Doucement, il lui écarta les cuisses et insinua un doigt en elle. Elle frémit de plaisir. Il se réjouit de la sentir aussi excitée.
Elle se contracta légèrement pour mieux sentir ses caresses en elle. Avec une infinie douceur, il l'aida à se tourner sur le dos et s'allongea sur elle. Il approcha ses lèvres des siennes. Leurs langues se mêlèrent dans un ballet sensuel. Il embrassait merveilleusement.
Ils n'avaient plus conscience du monde autour d'eux désormais, ils étaient dans leur bulle et se consumaient de plaisir. Sans cesser de l'embrasser, il la pénétra et entama des mouvements de bassin. Elle enroula ses bras autour de son cou et plongea son regard dans le sien. Il put y lire tout l'amour qu'elle ressentait. Il l'embrassa de nouveau, renforçant ses va et viens. Lorsqu'il la sentit perdre pied, il se mit à lui suçoter ses lèvres et le bout de sa langue alors qu’elle criait son orgasme en tordant son corps pour mieux s’offrir encore.
***************
- Hey! Vous êtes là? S'étonna Esposito en trouvant Kate qui réfléchissait devant le tableau blanc.
- Hey. Je bosse ici, je te rappelle.
- Où est ton ombre ?
- Il s’occupe d’Andréa… Qu'avez-vous trouvé?
- Eh bien, on cherche encore... Mais jusqu'à présent, il n'y a rien dans sa maison ou son bureau qui relie Kurtzman à l'assassinat.
- Avez-vous vérifié ses emails?
- Oui, il n'y a pas de suppressions mystérieuses de son disque dur, aucune activité inhabituelle. Rien dans ses relevés téléphoniques.
- Bon, eh bien, ça n'est pas une surprise. Je veux dire, s’il a déjà fait ça avant, il sait brouiller les pistes. Qu'en est-il son dossier de maison de correction?
- Quelques bagarres, il a volé la voiture d'un voisin. Rien qui explique cela.
- Alors tout ce que nous avons c'est le témoignage du voisin? Ça ne suffit pas à faire une affaire.
- Je pense avoir trouvé quelque chose qui peut vous aider, annonça Ryan en arrivant à son tour. Quelque chose que Kurtzman a peut-être manqué.
Il lui tendit un sac avec la boucle d'oreille qu'il avait trouvée chez la victime.
- Une boucle d'oreille en diamant?
- Nous l'avons trouvée dans le canapé. La scientifique n'a pas pu y trouver d'empreinte, mais c'est une création unique signée Erica Courtney.
- Et tu sais ça ... comment? Grimaça Esposito.
- Je l'ai reconnue. En me souvenant de quand Jenny et moi nous cherchions nos alliances... Quoi qu'il en soit, j´ai appelé la salle d'exposition. Ils ont confirmé que c'était l'une des leurs.
- Et ils ont un dossier de la personne à qui ils l'ont vendue?
- Ouais, j'ai vérifié le nom et l'adresse. Mais ils sont tous les deux faux.
- Et pour la carte de crédit? Demanda Esposito.
- L'acheteur a payé avec un chèque de banque.
- Nous n’avons donc aucun indice sur lui ou pour tracer le paiement... Soupira Beckett.
- Non, mais le magasin utilise des caméras de surveillance et ils nous ont envoyé les bandes.
Ils se rendirent dans la salle informatique pour visionner la bande et tombèrent des nues lorsque le suspect apparut sur l'écran.
- Regardez sa taille, sa corpulence, la couleur de ses cheveux. C’est pas Kurtzman, dit Esposito... C’est… Castle?!
**************
- Il y a une autre explication, s'énerva Kate alors que les gars lui disaient de faire face à l'évidence.
Elle était agitée et refusait de croire qu'il s'agissait là de Castle.
- Mais regarde! C'est lui, il a acheté ce bijou! Insista Esposito.
- Non! C'est quelqu'un d'autre! Quelqu'un qui ressemble à Castle!
- Nous avons trouvé ses empreintes sur les lieux du crime. Nous avons une vidéo qui le montre en train d'acheter un bijou pour notre victime! Ça ne peut pas être une coïncidence!
- Javi, qu'est-ce que tu insinues? Que Castle est un tueur?
- Whoa, whoa, whoa ! Non, non, non. Personne ne dit cela, intervint Ryan. Tout ce qu'il a dit, c’est que si c'était quelqu'un d'autre, nous enquêterions sur lui!
- Vous voulez enquêter sur mon mari?! S’étouffa Kate. Il ne connaissait pas cette fille! Il ne ferait jamais un truc pareil!
- Beckett... C'est ton mari... Tu es trop...
- Ne commence pas avec ça, Javi! Castle n'est pas suspect!
- Nous pourrions commencer par regarder dans ses comptes. Voir s'il y a une activité inhabituelle à l'époque de l'achat, suggéra Ryan.
- ...
- Tu sais qu’on doit le faire, Kate. On doit tirer cette histoire au clair.
- Faites ce que vous avez à faire, soupira Kate à contre cœur. Mais il n’en saura jamais rien !