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Jeunesse et protection des mineurs
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Série : Castle
Création : 25.01.2014 à 16h20
Auteur : Minefuji
Statut : Terminée
« Une idée, qui me trottait dans la tête depuis un moment : et s'ils avaient fait ça il y a quatre ans... J'espère que ça vous plaira. » Minefuji
Cette fanfic compte déjà 152 paragraphes
Chapitre cent trente et un
- On devrait peut être en parler à Gates... Suggéra Ryan.
- T'es pas un peu malade? Elle mettrait Beckett sur la touche! Grogna Esposito à voix basse.
- C'est peut être ce qu'il y aurait de mieux à faire... Regarde la! On dirait un lion en cage.
- Tu connais Beckett, elle s'emporte quand ça touche ses proches...
- Oui, mais là, elle est enceinte, c'est sans doute pas bon pour les bébés...
- Ah? Parce que tu crois que ça serait mieux pour eux, si on lui retirait l'affaire? Elle nous péterait un plomb et ferait n'importe quoi! Tu la connais! Non, là, elle se tient à carreau pour justement ne pas se faire mettre à pied et nous, on l'a à l'œil!
- Ouais... Hey, tu ne penses pas vraiment que Castle a quelque chose à voir avec ça, dis-moi?
- Non, vas-y, mec. C'est mon ami, à moi aussi! La meilleure chose que nous puissions faire, c'est de prouver que tout ça est faux!
L'irlandais hocha la tête et commença à parcourir les dossiers financiers de Castle. Quelque chose attira son attention et ses yeux s'agrandirent de stupeur.
- Hey, Javi!
Il lui montra l'écran et Esposito tomba des nues.
******************
Castle et Andréa étaient installés sur le tapis du salon, au milieu de la dînette de la petite.
- Fais voir ce que tu as préparé... Oh! Une pizza aux haricots et au chocolat... Il va falloir que je dise à ta mère de faire ses mélanges en dehors de ton champ de vision, parce que là... Euh...
- ...
- En plus c'est pour moi!? Tu veux m'empoisonner?!
- ...
- Ok! Ok! Je mange! Pas la peine de me faire ton regard qui tue!
On frappa à la porte.
- Ah! Sauvé par le gong!
Castle se leva et alla ouvrir. Esposito se tenait là, l'air grave, ainsi que Ryan et une poignée de policiers en uniforme. Kate se tenait derrière eux en regardant ses pieds.
- Whoa! Rit-il. Attendez une minute, j'ai encore oublié que j'avais prévu une fête?
- On n'est pas là pour jouer, Castle, rétorqua Esposito d'un ton solennel.
Il remit un papier à l'écrivain.
- Un mandat de perquisition?! ... Des Gants! Bon les gars, j'ai compris. Pour les empreintes digitales, Je suis désolé. J'ai compris la leçon. Vous pouvez tous rentrer chez vous.
- C'est pas une blague, bro, répondit Esposito d'un ton sec en passant devant lui pour entrer, suivi par les autres.
- Emmène-le à la cuisine, demanda Ryan.
- La cuisine?
Beckett fila vers le tapis, prit sa fille dans ses bras et l'emmena avec elle vers la cuisine où l'agent LT avait entraîné Castle. Ryan et Esposito se rendirent dans son bureau.
- Beckett ... Beckett, qu'est-ce...?
- Je ne sais pas chéri... Nous avons trouvé un bijou dans l'appartement de Tessa et nous sommes remontés jusqu'à l'homme qui l'a acheté pour elle.
- ...
- Castle, ils pensent que c'était toi.
- Qu'est-ce que tu racontes?
- Il a été acheté avec un chèque de banque pour 12 780 dollars, dit-elle en lui tendant une photo de surveillance où un homme qui lui ressemblait se tenait dans un magasin de bijoux. Plus tôt ce jour-là tu as retiré la même somme d'argent que le chèque de banque de ton compte...
- Vous avez enquêté dans mes comptes? Vous me soupçonnez ?
- Castle... Je n'ai pas...
- Kate, ce n'est pas moi! Et je ne lui ai pas acheté de bijou! Je n'ai pas utilisé de chèque de banque!
- Je sais! Mais je ne peux rien contredire! Tu vas devoir leur expliquer. Ça, le retrait, l'empreinte digitale. Tu vas devoir leur dire ce qu'il se passe...
- ...
- Beckett? Appela Ryan en lui faisant signe du bureau. Ici!
Elle se dirigea vers lui, tout en caressant les cheveux de sa fille pour la rassurer et laissa Castle debout dans la cuisine. Il jeta un œil à la photo et se déplaça pour la suivre, mais il fut arrêté par l'agent LT. Il regarda Ryan montrer quelque chose à Kate, dont le visage blêmit.
Esposito s'avança vers lui.
- Qu'est-ce que c'est? Demanda Castle. ... Les gars, qu'est-ce?... Kate!
Elle ne réagit pas, choquée.
- Richard Castle, annonça Esposito, vous êtes en état d'arrestation pour le meurtre de Tessa Horton. Tournez-vous.
- Non! Cria Kate.
Esposito se tourna vers elle.
- Pas ici! Pas devant la petite!
Esposito hocha la tête et prit doucement Castle par le bras.
- Papa!
Rick s'arrêta net et se tourna vers Andréa qui le regardait en tendant sa petite main vers lui. Il s'avança vers elle, Esposito ne l'en empêcha pas.
- Ton premier mot... Souffla-t-il ému.
- Papa, répéta la petite avant de se mettre à pleurer.
Il la prit dans ses bras et la câlina doucement.
- Tu comprends trop de choses pour ton âge, toi, murmura-t-il. Mais ne t'en fais pas, ton papa va revenir, c'est promis. En attendant, il va falloir que tu sois forte, comme ta maman.
Il l'embrassa doucement sur le haut de la tête, puis la redonna à Kate, qu'il embrassa tendrement. Elle le regarda droit dans les yeux, ils eurent une de leurs conversations silencieuses. Elle ferait tout pour le sortir de là, il le savait. Il lui sourit, puis se tourna pour rejoindre les gars qui l'attendaient.
- Vous avez le droit de garder le silence, énonça Esposito. Tout ce que vous direz pourra et sera utilisé contre vous devant un tribunal...
La porte se referma derrière eux, laissant Kate et sa fille seules et désemparées.
******************
Esposito posa le sac trouvé au loft sur la table devant Gates.
- Le sac fait partie d'un ensemble dont il est propriétaire, expliqua Esposito.
- Les fils et les crochets sont identiques à ceux utilisés pour attacher la victime. Il y avait aussi une chemise à l'intérieur qui avait des éclaboussures de sang sur elle, ajouta Ryan en remettant un dossier au capitaine.
- Le laboratoire dit qu'il correspond à celui de Tessa.
- Que dit-il? Demanda Gates.
- Il dit qu'il n'a jamais vu ça auparavant...
- Chef, il est pas un tueur, intervint Ryan.
- Alors, comment expliquez-vous tout cela?
- Beckett dit que la preuve ne fait pas toute l'histoire, qu'il y a une autre explication...
- Vous savez, je ne suis pas toujours un fan de M. Castle, expliqua le capitaine. Mais j'ai du mal à croire qu'il ait pu faire quelque chose d'aussi odieux.
- Alors que faisons-nous? Demanda Ryan.
- Notre job! Vérifiez ses e-mails, ses fichiers informatiques, et les enregistrements téléphoniques. S'il a été impliqué avec cette fille, il y a forcément une trace. Ryan, vous parlerez à sa famille. Voyez si quelqu'un d'autre a accès à son appartement.
- Bien. Et pour Beckett?
- Comment ça?
- Elle va débouler ici dans pas longtemps...
- On ne la met pas sur la touche, pas question qu'elle se mette à agir seule! Donc on la tient au courant de tout et on la laisse participer, mais quelqu'un doit rester avec elle tout le temps.
- Chef! Merci.
- Ne me remerciez pas encore, détective. Nous allons suivre les preuves, peu importe où elles nous mènent...
Moins d'une demi-heure plus tard, Kate arrivait au poste sa fille et son sac à langer sous le bras. Ryan se précipita pour l'aider.
- Qu'est ce que tu fais là! Tu veux accoucher avant l'heure ou quoi? Demanda-t-il en prenant le sac.
- Rick a besoin de moi, tu crois que je pourrais le laisser affronter ça tout seul?
- Mais et la petite...
- Je la garde avec moi, jusqu'à ce que Martha arrive. Où est-il?
- Dans la salle d'interrogatoire, Gates va l'interroger... Beckett...
- Quoi?
- Excuse-moi de te demander ça, mais... Tu étais avec lui cette nuit-là?
- ... Non, il euh ... Il avait offert un séjour en thalasso à Martha, pour que nous ayons un peu de temps tous les trois... Mais Gina a appelé... Il a dit qu'il avait besoin de temps pour écrire... Alors je suis allée passer le week-end à la cabane de mon père avec Andréa et Cosmo...
- ...
- Je peux...? Demanda-t-elle en désignant la salle d'interrogatoire.
- Ouais. Vas-y.
Kate alla dans la salle d'observation et regarda à travers la vitre.
- Papa! S'écria Andréa en le pointant du doigt.
- On va le ramener à la maison ton papa, mon trésor. Je te le promets.
Gates entra dans la salle d'interrogatoire.
- Où est Beckett?
- Dans ces circonstances, je pense qu'il est préférable que je fasse moi-même l'interrogatoire.
- Allez, capitaine. C'est fou. Je n'ai rien fait!
- Mais nous devons quand même enquêter et vous le savez. Commençons donc par votre relation avec la victime.
- Bon, je n'en ai pas.
- Et comment vos empreintes digitales sont-elles arrivées sur la scène de crime?
- Eh bien, on en a déjà discuté, la scientifique a fait une erreur.
- Ils disent qu'ils n'en ont pas fait! Castle, si vous la connaissiez...
- Je ne la connaissais pas! Répliqua Castle catégorique.
- Elle voyait quelqu'un. Quelqu'un que sa colocataire décrit comme beau et riche.
- Je suis flatté, mais ce n'était pas moi!
- Détective? Votre famille est ici, annonça un agent en tirant Kate de ses pensées.
Elle se reprit et avança avec détermination. Elle essayait d'avoir l'air confiante, pour Andréa, pour Martha et Alexis. Les deux rouquines se levèrent dès qu'elle la virent.
- Oh! Où est Richard? Demanda Martha.
- Qu'est ce qu'il se passe?
- ´ati papa!
- ...
- Elle parle?!
- Elle n'arrête pas de réclamer son père, dit Kate la voix légèrement tremblante en fermant la porte derrière elles.
Pendant ce temps Castle arpentait la salle d'interrogatoire frustré et en colère. Il pensait à Andréa et à Kate. Il voulait se réveiller de ce cauchemar et retrouver sa famille.
Son sac était posé sur la table entre lui et Gates.
- Bien sûr qu'il y a mes empreintes digitales dessus! C'est mon sac! Mais je ne mets pas ce genre de choses là-dedans!
- Alors qui?
- Qu'en est-il de Kurtzman? Nous savons qu'il était à son appartement ce soir-là. Et qu'il a menti à ce sujet.
- Kurtzman a un alibi solide.
- Quoi? Quand?
- Il y a une heure. Son avocat lui a dit de coopérer. Il se trouve qu'il a été attiré.
- Attiré?
- Par un SMS envoyé par Tessa. Seulement, ça n'était pas Tessa. Quand Kurtzman s'est présenté, Tessa lui dit qu'elle ne l'avait pas l'envoyé. Il est reparti.
- Alors pourquoi a-t-il menti à ce sujet?
- Parce qu'il a passé le reste de la soirée avec une prostituée. Et il ne voulait pas que sa femme le sache.
Castle soupira et baissa le regard.
- Alors... Qu'en pensez-vous, M. Castle? Où étiez-vous la nuit du meurtre?
- J'étais chez moi, j'écrivais.
- Et quelqu'un a-t-il pu vous y voir?
- Non, je ... J'étais seul...
Sa voix devint un murmure alors qu'il réalisait que son alibi ne l'aiderait pas.
- Donc, pour l'enregistrement, vous dites que vous n'avez pas d'alibi.
- ... Je pense que je voudrais que mon avocat maintenant.
************
- C'est de la folie! S'écria Martha. Ceci est juste de la folie!
- C'est temporaire, Martha. Nous avons seulement besoin de découvrir la vérité.
- Avez-vous remarqué quelqu'un d'inconnu dans le bâtiment récemment? Un préposé à l'entretien, un livreur? Toute personne qui aurait pu faire ça?
- Non, non, non, non. Rien, répondit Martha.
Kate soupira.
- Martha... Il faudrait que...
- Je vais m'occuper de la petite, ne t'en fais pas, mais et toi?
- Je vais bien, ne vous en faites pas.
- Tout ce stress... Ça n'est pas bon!
- Vous n'avez pas à vous inquiéter, ils ne m'ont pas retirée de l'enquête, parce que comme ça ils peuvent garder un œil sur moi, répondit Kate en désignant Ryan, qui faisait semblant de lire un dossier, à travers la fenêtre.
- Et papa? Comment va-t-il? Demanda Alexis.
- Je vous emmène auprès de lui.
L'avocat de Rick remballait ses affaires, lorsque Kate arriva.
- Hey, lui sourit-elle.
- Hey.
- Castle, je ne sais pas ce qu'il se passe, ni qui est derrière tout cela, mais je te promets que je vais comprendre.
- Je sais.
Elle se blottit contre lui, il lui caressa les cheveux tendrement.
- Comment te sens-tu? Tu sais que tu dois faire attention...
- Gates ne m'a pas mise sur la touche pour m'avoir à l'œil, tu n'as pas à t'inquiéter pour moi, ni pour les bébés...
- ...
- En attendant, tu as des visiteurs, dit-elle en se reculant pour laisser apparaître Martha, Alexis et Andréa.
- Papa! S'écria la petite en lui tendant les bras.
- Oh! Mon trésor! Ton papa va bientôt rentrer à la maison et tu pourras me préparer tes drôles de recettes... Assura-t-il à la petite qui se cala aussitôt dans ses bras.
Esposito appela discrètement Beckett qui le suivit dans une autre pièce où Ryan les attendait l'air grave. Lanie était là, elle aussi. En l'apercevant, Kate sut que l'instant était grave. Les gars l'avaient appelée pour qu'elle la soutienne.
- Quoi? Demanda-t-elle sans parvenir à cacher la panique qui s'emparait d'elle.
- Les techniciens viennent de terminer avec l'ordinateur de Castle. Certaines parties ont été effacées, tout comme celui de Tessa.
- Ils n'ont rien pu récupérer? Demanda-t-elle en s'attendant à recevoir un nouveau coup de massue.
- Ils ont trouvé un fichier qu'il a supprimé. C'était une ébauche de roman sur la façon de commettre le meurtre parfait.
- Et alors? C'est pas un secret, il n'arrête pas de dire qu'un jour il écrira le meurtre parfait!
- Beckett, le personnage s'en sort en mettant en scène une scène de crime tellement bizarre que les flics ne peuvent pas voir qu'il se cache juste sous leur nez.
- C'était comme un galop d'essai sur le papier, ajouta Esposito. Il y a même le symbole bizarre que nous avons trouvé sur le front de la victime!
Elle se pencha vers l'écran de l'ordinateur de Ryan et en lu un passage.
- C'est pas lui qui a écrit ça, affirma-t-elle.
- Ça vient de son ordinateur!
- C'est pas son style! Ça y ressemble un peu, mais...
- Kate...
- Arrête ça Javi! Je te dis que c'est pas lui!
- Nous avons trouvé autre chose, annonça Ryan. Des e-mails. Des dizaines. Entre Castle et la victime.
- Beckett. Ils avaient eu une liaison, lâcha Esposito.
- ...
- Ils ont commencé il y a environ 8 semaines d´après les e-mails, expliqua Ryan. Il l'a rencontrée après une de ses séances de dédicaces... il l'a emmenée dans un café ...
- ...
- Il lui a dit qu'il avait besoin de garder un secret parce qu'il était marié, qu'il avait une petite fille, qu'il allait bientôt être de nouveau papa.
- ...
- Et puis quand il a essayé de rompre il y a environ une semaine, elle a menacé d'aller le dire à sa femme. Il a proposé de venir à son appartement pour en parler. C'était la nuit du meurtre.
Elle écoutait Ryan lui énoncer ces horreurs, choquée. Des larmes qu'elle se forçait à retenir se formaient dans ses yeux.
- Kate... Commença Esposito ennuyé.
- Foutaises!
- Oh ma chérie, soupira Lanie désolée.
- Ne sois pas désolée Lanie! J'ai pas besoin de ça!
- Beckett, tu ne peux pas nier...
- Arrêtez! Je vous dis que ça n'est pas lui! Je le connais! Il est immature, égoïste, égocentrique, idiot parfois. Mais il n'est pas un meurtrier et il ne m'a pas trompée avec cette fille!
- Et qu'est ce Castle dit de tout ça? Demanda Lanie.
- On va l'interroger, répondit Ryan. Dès que sa famille sera repartie.
- Allez-y! Si vous avez besoin de ça pour le croire, dit Kate en prenant ses affaires.
- Où vas-tu? Demanda Ryan inquiet à l'idée qu'elle puisse faire n'importe quoi.
- Trouver comment il a été piégé!
- Attends, je viens avec toi! Lança Lanie en se précipitant à sa suite.
**********************
- Ça fait deux heures qu'on examine les moindres recoins de ces fenêtres, soupira Lanie. Il faut se rendre à l'évidence, il n'y a pas la moindre trace d'effraction.
- ...
- Kate?
- Mhm?
- T'as entendu ce que je t'ai dit? Ça ne sert à rien!
- ...
- Qu'est ce que tu fais?
- Je réfléchis...
- Je le vois bien, que tu réfléchis, mais à quoi?
- Je me demande...
Elle ne termina pas sa phrase et fila vers la porte d'entrée.
- Eh! Où vas-tu?
- À la mairie!
- À la mairie?
- Il me faut les plans de l'immeuble!
- Woaw! Kate! Il est déjà plus de vingt heures! Les bureaux sont fermés!
- ... Déjà?
- Oui! Tu devrais t'asseoir et te reposer un peu...
- Tu veux que je me repose pendant que quelqu'un essaye de piéger mon mari?!
- Je veux que tu te reposes, parce que ton mari me tuera de ses propres mains si jamais il t'arrivait quelque chose. Kate, tu es enceinte de six mois! Des jumeaux! Tu dois te ménager!
- ... T'as raison soupira-t-elle en caressant son ventre.
- Évidemment que j'ai raison! Allez, assieds-toi dans le canapé, je vais nous servir un truc à boire et de quoi grignoter.
- Merci Lanie, souffla Kate en se prenant la tête dans les mains.
- Martha et Andréa ne devraient pas être rentrées? Demanda Lanie en revenant avec des jus de fruits et des sandwiches.
- Non... J'ai préféré les envoyer dormir chez mon père... Si un malade a pu entrer ici pour déposer de fausses preuves...
- Kate...
- Ça va Lanie, je sais que ça peut arriver qu'une femme ne connaisse pas son mari et qu'un jour elle découvre qu'il menait une double vie... Mais pas lui... C'est impossible...
- Tu en es sûre?
- ... Absolument certaine.
- Bon... Alors, et toi, dis-moi. Où vas-tu dormir?
- Au poste, répondit Kate en se relevant pour s'en aller.
- Il n'en est pas question ma vieille! Tu dois dormir dans un endroit confortable!
- Lanie! Je ne pourrais pas dormir en le sachant dans cette cage à lapin!
- ... Laisse moi au moins le temps de prendre de bons oreillers et des duvets confortables, soupira la légiste.
- Des oreillers?
- Tu ne crois quand même pas que tu vas te débarrasser de moi comme ça?! Je serai ta nouvelle ombre jusqu'à ce que l'ancienne revienne!
- Merci Lanie, sourit Kate.
Chapitre cent trente deux
Seul dans sa cellule, Castle tentait de comprendre ce qu'il lui arrivait. Il ne cessait d'élaborer des théories et aucun de ses scénarios ne finissait bien. Lorsque l'angoisse montait trop, il pensait à Andréa. Cette petite bourrique avait parfaitement choisi son moment pour lâcher son premier mot. Il sourit en repensant à sa jolie frimousse, à ses mimiques si semblable à celles de sa mère. Perdu dans ses pensées, il ne remarqua pas que la porte s'ouvrait et ne se tourna pas alors qu'un individu s'approchait à pas de loup.
- On dit que les chiens peuvent sentir la peur...
Castle frissonna en reconnaissant la voix derrière lui.
- Saviez-vous que certains humains le peuvent aussi? Continua l'intrus. Vous, vous puez la peur.
D'un bond, Castle se dressa et lui fit face.
- Tyson!
- Je préfère le triple tueur... Il y a combien de temps que je vous ai laissés, vous et le lieutenant Ryan dans cette chambre d'hôtel?
- Quelqu'un! Cria Castle. Aidez-moi! Quelqu'un, j'ai besoin d'aide!
- Ils ne peuvent pas vous entendre... Ni vous voir, je le crains. Je suis beaucoup trop malin pour ça...
- C'était vous! Vous avez tué Tessa!
- Non, elle n'est pas mon genre. Je préfère les blondes, vous vous souvenez? Voici une histoire bien plus crédible : vous l'avez tuée! Après tout, vous commettez des meurtres en pensée tous les jours, pour vos livres. Il est facile d'imaginer que vous avez finalement pu franchir la ligne.
- Pourquoi faites-vous cela, Tyson?
- Quatre ans, Castle. J'ai renoncé à quatre ans de ma vie pour planifier la fuite parfaite pour que les flics arrêtent de me chercher... Pour que je puisse recommencer à tuer ... Pour que je puisse sentir la peur à nouveau... Quatre ans... Et vous avez tout gâché.
- Eh bien, si c'est la vengeance que vous voulez, pourquoi ne pas me tuer?
- Où serait le plaisir dans tout cela? Non, non, non. Il est plus amusant de vous détruire. Pourquoi pensez-vous que je vous ai laissé vivre cette nuit-là dans le motel? Les gens pensent que c'est tuer que j'aime. Mais tuer c'est juste un acte. Le plaisir est dans l'anticipation, la planification. Vous regarder vous promener avec vos filles... Ou faire l'amour à Beckett... Me tenir debout dans votre salon, être à l'intérieur de votre vie... En sachant que je vais tout vous prendre. Voilà ce que je veux!
- Vous n'irez pas loin! Rétorqua Castle rageur.
- Oh, allez! Qu'est-ce que vous allez faire? Vous allez leur dire que je suis venu ici? Vous pensez qu'ils vont croire les mensonges d'un homme désespéré?
- Beckett me croira! Affirma Rick avec conviction.
- Hmmm! C'est vrai qu'elle s'accroche la miss... Ça fait des heures qu'elle scrute le moindre recoin de ton loft pour trouver comment quelqu'un aurait pu vous piéger... Ça va être dur pour elle, je le crains...
- Pourquoi ça?
- Même si elle vous croit ...elle ne pourra pas vous sauver. Il ne reste que peu de temps. Demain, le procureur va vous inculper pour meurtre, ils vont vous envoyer dans le centre de détention central: les tombes... J'ai préparé votre venue là-bas. Vous ne passerez pas la nuit, expliqua-t-il en se retournant pour partir. Et ce sera sa punition. Croire que vous étiez innocent et ne pas être en mesure de vous sauver. Ça va la hanter pour le reste de sa vie... Avec un peu de chance, elle perdra l'enfant qu'elle porte... Et elle sombrera totalement! Votre fille grandira sans père, mais ça, vous connaissez déjà, non? Ou mieux encore, elle perdra aussi sa mère, ravagée par le chagrin et la culpabilité... Peut-être qu'elle deviendra comme vous, fascinée par la mort et qu'elle, elle passera à l'acte... Heureusement pour vous, vous serez mort.
Castle se déchaîna contre les barreaux de sa cellule.
- Je vous tuerai de mes propres mains, Tyson! Cria-t-il.
Il reçut un ricanement pour toute réponse, puis Tyson se retira et le laissa seul face à son destin et à son désespoir.
Il était toujours dans la même position, lorsque Beckett arriva. Elle remarqua aussitôt que quelque chose n'allait pas.
- Hey! Ça va?
- Kate! C'était Tyson! C'est lui qui a tué Tessa! Il m'a piégé!
- Tyson? Qu'est ce qui te fait penser ça?
- Parce qu'il est venu ici! Il y a moins d'une heure! Il est venu me narguer! Il a dit que demain je serai envoyé à la prison centrale, où il a préparé ma venue! Il veut ma mort, Kate! Parce que je lui ai fait rater son grand retour!
***************
- Nous avons visionné les vidéos de surveillance de la soirée, il n'y a aucune preuve que Jerry Tyson était ici et il n'y a aucune preuve que le système a été modifié, soupira Kate en revenant près de sa cellule.
Castle était assis les mains jointes sur ses genoux, il commençait vraiment à perdre espoir.
- Kate, je te jure qu'il était ici.
- Castle...
- Non, je sais. Ça semble fou. Une histoire désespérée d'un homme désespéré. Juste comme il voulait.
- Tu as raison, ça semble désespéré... Mais c'est la première fois que cette histoire a du sens.
Il leva les yeux, surpris.
- Tu me crois?
- Je n'ai jamais douté, sourit-elle doucement.
C'était tout ce qu'il avait besoin d'entendre. Cela lui rendit espoir. Il passa ses doigts entre les barreaux, elle saisit sa main.
- Il va me tuer, Kate. Je ne peux pas m'enfuir. Je ne peux pas cacher. Qu'est-ce que je peux faire?
- Je ne le laisserai pas faire, répondit-elle déterminée.
Il lui sourit doucement.
- Ma chérie, tu es une femme extraordinaire... Mais tu es enceinte de six mois! Que peux-tu faire face à un psychopathe?
- Douterais-tu de moi?
- Non! Bien sûr que non! Mais soyons réaliste... Il ne me reste pas beaucoup de temps!
- ...
- ... Mais, au fait, dis-moi... Tu es venue toute seule?
- Lanie m'accompagne.
- Et pourquoi elle n'est pas là?
- Elle voulait nous laisser notre intimité, pour qu'on puisse jouer à la visite conjugale.
Il pouffa de rire. Si la situation n'était pas aussi tristement désespérée, il adorerait jouer à la visite conjugale!
- Je vais parler à Gates, elle pourra peut-être convaincre le procureur...
- Si elle te croit... Soupira-t-il.
- Au fond d'elle, elle sait que tu n'as pas tué Tessa.
- Au fond peut-être, mais en surface?
- La façade ne compte pas, tu es bien placé pour le savoir!
- Tu devrais dormir un peu, tu as les traits tirés.
- J'aurai tout le temps de dormir quand je t'aurai sorti de ce piège.
******************
- Je vous le dis, c'est le Triple Killer. Strangulation, fausses pistes, fabrication de preuves ! C'est la signature de Tyson! Répéta Kate en suivant le capitaine Gates au milieu des bureaux du poste.
- Le triple tueur ciblait plusieurs victimes, toujours des femmes, jamais des hommes. Alors, pourquoi ce changement? Demanda Gates.
- La vengeance! Voilà la seule chose qui explique tout!
- Non, pas tout. Ça n'explique pas la vidéo de Castle, contra la capitaine.
- En fait ça pourrait... Intervint Esposito.
- Tyson a fait quelque chose de semblable dans le cas Russo. Il a utilisé un sosie pour les caméras pour nous mettre sur une fausse piste, expliqua Ryan.
- Chef, le procureur a déjà déposé l'accusation, insista Beckett. Ils vont l'envoyer à la prison centrale aujourd'hui. Nous savons que nous pouvons le prouver. Nous avons juste besoin de plus de temps, plaida Kate.
Gates soupira et acquiesça de la tête, la détresse de son lieutenant la touchait, mais cette affaire semblait difficile à régler.
Elle tenta sa chance et demanda un délai au bureau du procureur, en vain. Castle serait transféré dans la journée.
****************
- Qu'est-ce que c'est? Demanda Castle en prenant le plateau que lui donnait un agent en uniforme.
- Votre plateau repas, expliqua ce dernier. Sans gluten, pour votre allergie.
- Mon allergie ? ...
- Nous ne voudrions pas que vous nous fassiez un œdème de Quincke ou un truc dans le genre.
- ... Merci...
L'agent s'en alla, laissant Castle seul, son plateau dans les mains.
- ...
Un cake sans gluten? Etait-ce une idée de Tyson? Lui faire croire qu'il avait un contrat sur la tête en prison pour finalement l'empoisonner avec le denier repas du condamné?
Un muffin au chocolat... Il ne se souvenait pas que les repas en prison fussent si copieux. Il prit un morceau et le renifla. De la menthe... Et un zeste de... De cerise?! Non ! Ça ne pouvait pas être ça. Il trifouilla le cake et trouva ce qu'il venait de deviner: une clé et un bout de papier.
- Oh Kate... Souffla-t-il ému en secouant la tête.
************************
- J'ai passé un peu de temps à la prison Centrale, dit Esposito. Je les ai vu les tombes. La façon dont ils se tassent dans ces cellules... S'il a une prime sur sa tête, la détention préventive de Castle ne va pas le sauver.
- Et ça suppose que Tyson a payé un prisonnier. Peut-être un gardien, ajouta Ryan.
- Donc, nous ne pouvons pas le protéger, soupira Kate. Pas là-bas. ...Nous devons arrêter ce transfert. Nous avons besoin de preuves que le triple tueur est impliqué, dit Kate déterminée.
- Oui, mais on n'a rien.
Elle se déplaça devant le tableau blanc.
- Bon, il a eu besoin d'un accès au loft... Même si j'ai déjà tout fouillé avec Lanie, trouvez les plans du batiment pour trouver par où il aurait pu passer, puis envoyez une équipe là-bas et refouillez tout. Trouvez-moi une empreinte digitale, un micro caché, un chambranle de fenêtre cassée, n'importe quoi... Ordonna-t-elle.
- Tessa voyait quelqu'un. Si ça n'était pas Castle... Commença Ryan.
- Alors peut-être que c'était Tyson. Allez voir à son bureau. Cherchez des fichiers, des calendriers, des listes de clients. Il doit y avoir quelque chose qui la relie à lui.
Ryan hocha la tête et s'éloigna rapidement.
- Tu devrais t'asseoir, suggéra Esposito devant l'air fatigué de son amie.
- Je me reposerai quand il sera sain et sauf et de retour à la maison.
- Sois pas têtue, pense aux bébés, tu dois faire ce qu'il y a de mieux pour eux...
- Ce qu'il y a de mieux pour eux, c'est de sortir leur père de là! Cria-t-elle. Alors, je t'en prie, ne me materne pas!
- ... Désolé.
- ... Non, c'est moi, je n'aurais pas dû te crier dessus.
- Hé! Mais... Ce n’est pas L.T. là-bas? S'étonna Esposito en apercevant le flic en uniforme siroter un café dans la salle de pause. Il est censé surveiller les cellules!
- Ça va, Javi! Que veux-tu qu'il se passe?
- Tyson est passé par là cette nuit et tu me demandes ce qu'il pourrait se passer?! Dois-je te rappeler que Castle est seul et sans défense là-bas?! Je vais aller lui dire deux mots moi à ce tire-au-flanc! Grogna Esposito en s'éloignant.
Kate le tira par la manche.
- C'est moi qui lui ai dit de prendre une pause! Laisse-le tranquille!
- ... Oh non! T'as pas fait ça?
- Il avait besoin d'un bon café.
- Mais t'es malade?! Et ta carrière?
- Parce que tu crois que ce qui m'importe là, c'est ma carrière?!
- ...
- Je ne laisserai pas Tyson le tuer!
- ...
- Mais... Je ne ...
- Tu ne sais rien, ne t'en fais pas, je ne t'impliquerai pas là-dedans!
- Parce que tu crois que là c'est pour mes fesses que je me fais du souci là?!
- Eh bien c'est gentil de t'en inquiéter, mais mes fesses vont bien!
- Tu es folle?! Ça ne marchera jamais! Il ne sortira jamais d'ici sans se faire chopper!
- Tyson l'a fait.
- Parce que personne ne le cherchait. Il a eu des semaines pour tout planifier, peut-être même plus. Écoute... Je sais que tu l'aimes... Je l'aime aussi! Mais il n'y a rien que nous pouvons faire...
- Beckett? Appela Gates. Ils sont ici.
Elle désigna deux agents chargés du transfert de Castle, qui se tenaient derrière elle. Kate les accompagna en marchant le plus doucement possible. Quelques secondes de plus pourraient se révéler capitales pour Rick. Elle blêmit, quand enfin elle arriva au niveau des cellules. Castle était toujours là, debout au milieu de la sienne. Elle lui adressa un regard interrogateur, auquel il répondit par un sourire. Tremblante, elle s'avança jusqu'à la cellule, sortit ses menottes et lui prit les mains.
Elle sentit qu'il en profitait pour lui glisser un petit bout de métal dans la main, la clé qu’elle lui avait fait parvenir. Elle plongea son regard dans le sien. Il put y lire toutes ses interrogations et son désespoir. Il lui caressa doucement la main avec le pouce pour tenter de calmer ses angoisses.
- Je ne suis pas Cosmo, tu ne calmeras pas mes angoisses comme ça, souffla-t-elle agacée qu'il n'ait pas tenté sa chance.
- Je sais.
- Castle, c'est pas terminé... Je te promets que je vais te sortir de là!
- Ça va aller. Quoi qu'il arrive, ça va aller, assura-t-il.
Elle soupira et regarda ses pieds.
- Kate, insista-t-il en lui relevant le menton.
- ...
- Promets-moi de ne plus faire de bêtise!
- ...
- Pense aux enfants! Ils ont besoin de toi!
- Castle...
- Promets-le-moi!
- ... C'est promis... Souffla-t-elle.
- Décroise tes doigts! ... Et tes orteils!
- Arrête de plaisanter!
- Tu me connais, c'est mon mode de fonctionnement! Toi, tu es forte, courageuse, logique. Tu t'en sortiras, je le sais.
- Mais...
Un des agents s'avança vers eux, leur indiquant qu'il était l'heure.
- Allez, fais ton travail.
Elle lui passa les menottes doucement, caressant ses mains du bout des doigts.
- C'est beaucoup moins drôle que l'autre soir dans la chambre, sourit-il. Tu te souviens de la première fois où tu m'as menotté? Nous étions à la bibliothèque de New York.
Elle hocha la tête en silence, un léger sourire se dessina sur ses lèvres.
- Tu te rappelles comment tu étais en colère parce que je ne voulais pas arrêter d'enquêter sur cette affaire?
Elle sourit de nouveau.
- Ouais, je me souviens.
- Qu'est-ce que je ne donnerais pas pour être là maintenant, souffla-t-il.
Elle inspira un grand coup. Elle essayait de tenir le coup, de ne pas s'effondrer là, au milieu de cette cellule. Il l'embrassa doucement sur les lèvres, puis suivit l'agent en uniforme qui l'attendait. Elle se dépêcha de le rattraper, elle voulait être à ses côtés jusqu'au bout.
Ils marchèrent côte à côte en direction de l'ascenseur où les officiers qui devaient le transférer l'attendaient. Il devait faire face aux regards de tous les gens avec qui avait travaillé au cours de ces quatre dernières années.
Arrivés au bout du couloir, Gates fit un signe de la tête aux agents de transfert, qui saisirent Castle par le bras et le conduisirent dans l'ascenseur. Jusqu'au dernier moment où les portes se refermèrent sur eux, Kate ne lâcha pas Rick du regard. Lui, était étrangement calme, serein.
Une fois les portes fermées, Beckett prit une profonde inspiration et se détourna.
- Je suis désolé, dit Esposito.
- Ne sois pas désolé. J'ai pas besoin de ça. Je dois trouver ce salopard et le faire tomber, grogna-t-elle.
Ils furent arrêtés par un autre groupe d'agents près de son bureau.
- Détective Beckett?
- Quoi?
- Nous sommes là pour vous transférer vers la prison centrale... Ah euh... Richard Castle?
Kate sursauta et se tourna vers l'ascenseur. Quelqu'un venait d'enlever Castle.
Chapitre cent trente-trois
Le poste était en effervescence, tout le monde téléphonait à droite et à gauche, à la recherche de Castle.
- Les numéros sur les documents n'existent pas. C'était des imposteurs, soupira Kate.
- C'est forcément Tyson! Dit Esposito.
- Il ne laissera personne le tuer, c'est lui qui va le faire, souffla Kate qui sentait la panique grandir en elle.
- Le Procureur dit que le prisonnier s'est échappé, il a lancé un appel à toutes les patrouilles et on doit se mettre à sa recherche, annonça Gates.
Kate, choquée, en resta sans voix.
- Quoi? Ils pensent que Castle a fait le coup? S'énerva Esposito.
- Selon eux ça ne fait aucun doute! Il a des tas de relations, il connaît nos procédures, et a d'importantes ressources, expliqua Gates.
- C'est ridicule, dit Esposito.
Gates aperçut l'assistante du procureur et s'éloigna pour s'occuper d'elle, pendant que Kate réfléchissait à ses dernières paroles en marmonnant.
- C'est dingue! Prendre Castle pour un fugitif, alors qu'il est sûrement retenu en otage par un tueur en série? Râlait Esposito en se tournant vers la place où Beckett se trouvait un instant plus tôt. ... maintenant?
Mais Kate venait de se volatiliser et il en resta comme deux ronds de flan.
*******************
Kate arriva à la bibliothèque une bonne demi-heure plus tard. Elle en descendit les marches d'un pas aussi rapide que prudent. Elle s'arrêta et jeta un regard circulaire dans la salle. Elle aperçut enfin une silhouette familière assise dans un coin, son Castle. Elle lâcha un soupir de soulagement et sourit. Il la remarqua et lui sourit à son tour, alors qu'elle se précipitait vers lui aussi calmement qu'elle le pouvait. Elle se jeta dans ses bras et il l'étreignit en retour.
- Heureusement, tu vas bien! Souffla-t-elle.
- Et heureusement tu as compris mon message, répondit-il.
Elle se recula légèrement et sourit, heureuse de le voir là, en vie.
- La première fois que je t'ai menotté, tu donnerais n'importe quoi pour y retourner maintenant.
Il lui sourit.
- J'aurais pensé que tu comprendrais plus vite, la taquina-t-il.
- Je serai arrivée plus tôt, si je n'avais pas dû semer quelques flics en chemin.
- Tu étais suivie?
- On est mariés, ils pensent que tu t'es évadé! Tu dois bien te douter que j'étais surveillée.
- Tu les as semés alors que tu es enceinte de six mois?!
- Ça n'a pas été très facile, mais je suis entrée chez Remy's comme si j'allais déjeuner et je suis partie par la fenêtre des toilettes... Ils auraient pu la prévoir plus grande à ce propos, c'est pas pratique avec un tel ventre!
- Woah! Tu m'épateras toujours! Allez viens.
- Ouais.
Il lui saisit la main et l'invita à s'asseoir sur une chaise à la table où il s'était installé.
- Je savais que je ne pourrais pas t'appeler une fois que je serai parti.
- Castle, comment as-tu fait? Comment t'es-tu échappé?
- J'ai un très bon avocat!
- Oh! J't'en prie...
- Quelqu'un me devait une faveur. Moins tu en sauras, mieux ça sera. Et la bonne nouvelle, c'est que je suis encore en vie, dit-il en souriant.
- Oui, sauf que le procureur te prend pour un fugitif! Répliqua-t-elle. Chaque flic de New York est à ta recherche!
- Et ils ne seront pas les seuls après les infos de 17 heures. Ils surveillent déjà mon téléphone, notre appartement, mes comptes. Ce répit ne durera pas longtemps! Nous devons agir rapidement.
- J'ai toute une équipe qui étudie les plans de l'immeuble et fouille notre appartement au peigne fin, annonça-t-elle. Ryan fouille le bureau de Tessa pour trouver un lien avec Tyson.
- Ça pourrait prendre des semaines. Je pense avoir une meilleure idée. Assis dans ma cellule, je n'arrêtais pas d'y penser, comment s'y est-il pris? Comment a-t-il eu cette vidéo de moi pour l'achat de ces boucles d'oreilles? Et puis ça m'a frappé, annonça-t-il en lui donnant un magazine.
- Broadway casting?
- Quand vous voulez quelqu'un pour jouer un rôle... Vous faites un casting! Dit-il en ouvrant le magazine. Regarde cette publicité d'il y a 4 mois pour une agence de sosies de célébrités.
- Une soirée privée pour un club de lecture...
- Regarde qui ils cherchaient..
- James Patterson, Stephen King, J.K. Rowling...
- Et ... moi.
Kate n'en revenait pas, elle tenait enfin le début d'une piste dont ils avaient besoin. Castle déchira la page du magazine et ils quittèrent les lieux.
Cette piste se révéla fructueuse, ils la remontèrent jusqu'à l'acteur dont Tyson s'était servi pour la vidéo du magasin, qui leur confirma qu'il s'agissait bien de lui et qui leur donna les coordonnées de Tyson, qui s'était fait passer pour le producteur de l'émission pour laquelle il avait été dans cette bijouterie.
Ils retournèrent à la bibliothèque d'où ils appelèrent Esposito pour lui faire part de leurs avancées.
- Beckett! Bon sang, qu'est ce qu'il t'a pris de disparaître comme ça ?! Grogna Esposito. Gates va nous rendre chèvre! Elle nous avait demandé de ne te laisser seule à aucun moment!
- Je ne suis pas seule, tu pourras la rassurer.
- Quoi? Tu veux dire que Castle est avec toi?
- Espo, pas maintenant. J'ai besoin d'une adresse, s'agaça Beckett.
- Ouais. L'adresse du producteur de l'émission est un autre cul de sac et le numéro de téléphone n'est pas attribué.
- Bon, et pour de son chèque du paiement?
- Eh bien, j'ai parlé à la banque, le compte de l'entreprise qui a émis le chèque est fermé et le contact de l'entreprise, Joseph Vacher, ne semble pas exister.
- Oh si, il existe, intervint Castle, ou au moins qu'il a existé. Joseph Vacher était un tueur en série français de la fin des années 1800.
- Donc, il a le sens de l'humour, dit Esposito.
Ils parvinrent quand même à obtenir une adresse dans le bureau de Tessa, dont le soit disant Joseph Vacher était client chez Kurtzman assurances.
************
Les gars les rejoignirent devant le bâtiment en question. Il y avait de la lumière à un des étages.
- Le propriétaire dit qu'il est inoccupé depuis près d'un an, dit Ryan.
- Alors, qui est là-haut? Demanda Kate.
- Peut-être quelqu'un ou ça pourrait être juste une lumière, répondit Esposito.
Il y eut du mouvement à la fenêtre.
- Vous avez vu ça?
- Allez les gars, on y va! Lança Beckett en sortant son arme.
- Woh! Minute super flic! L'arrêta Castle. Dois-je te rappeler que tu ne rentres plus dans ton gilet par-balle?!
- Castle! C'est notre chance d'arrêter Tyson!
- Et tu vas rester sagement en arrière, dit Esposito. Castle a raison.
- Mais...
- Si tu es sage, on t'achètera une glace, plaisanta Ryan que Kate fusilla du regard.
- Allez, on n'a pas de temps à perdre! Dit Esposito en entrant dans le bâtiment.
Malheureusement l'appartement était vide.
- C'était rien. Le vent, annonça Esposito qui s'était avancé jusqu'à la fenêtre.
Beckett, qui les avait suivis, explora l'appartement.
- Les gars? Par ici, dit Beckett.
Elle dirigea le faisceau de sa lampe torche sur la table, où il y avait plein de photos de Castle, un téléphone cellulaire et des barbelés. Tout y était, tout ce que Tyson avait utilisé et exactement ce dont ils avaient besoin pour libérer Castle. Ils appelèrent aussitôt la cavalerie.
Pendant que la scientifique passait les lieux au peigne fin, Kate et Ryan expliquèrent à Gates ce qu'ils avaient découvert.
- Une fois qu'il a obtenu des empreintes de Castle dans son loft, il a utilisé des agents de liaison et de ciment de caoutchouc pour construire un modèle de son empreinte.
- Photos de surveillance, des plans architecturaux du loft... Énuméra Beckett.
- Des plans du poste, y compris les emplacements de toutes nos caméras vidéo. Il a tout orchestré, jusque dans les moindres détails, ajouta Ryan.
- Il a même impliqué Kurtzman pour faire croire que Castle couvrait ses traces.
Gates se tourna vers Castle.
- Je ne comprends pas. Pourquoi se donner autant de mal juste pour vous piéger?
- Parce que tuer est juste un acte. La préparation et la mise en scène, voilà ce qu'il aime.
Elle soupira, décidément elle ne comprendrait jamais ce genre de tordus.
- Eh bien, M. Castle. Il semblerait que vous soyez tiré d'affaire.J'ai parlé au procureur, il va abandonner tous les chefs d'accusation.
- Merci.
- Enfin pour le meurtre. Il y a toujours la question de votre évasion pendant votre transfert. Toutefois, étant données les circonstances, je suis sûr que vous pourrez réduire votre peine au temps que vous avez passé en cellule... Quant à vous, lieutenant... Vous êtes consignée à la paperasse jusqu'à votre congé maternité!
- Bien chef, marmonna Kate.
- Et pour commencer, pourquoi ne pas emmener Monsieur Castle au poste pour prendre sa déposition?
**************
Sur le chemin du poste, ils s'arrêtèrent devant un pont, dont la barrière de sécurité venait de s'abaisser.
- Tu vas bien? demanda Kate.
- Ouais. On a eu de la chance de trouver ses affaires. Ça fait bizarre.
- Ouais, eh bien, parfois on a seulement besoin de chance... Il a aucun endroit où se cacher. Nous allons le trouver.
- Merci.
- De quoi?
- D'avoir eu foi en moi. Étant donné ma réputation, mon histoire, ça aurait été très facile le la perdre quand tu as lu ces e-mails que le tueur a mis dans mon ordinateur!
- Ouais, et bien, les choses n'ont jamais été facile entre toi et moi, sourit-elle.
- Peut-être que ça n'en donne que plus de val...
Il fut coupé dans ses paroles, quand une voiture percuta l'arrière de la leur. Ils firent une embardée vers l'avant à travers la barrière de sécurité. Beckett essaya de prendre le contrôle de la voiture, qui alla s'écraser contre le côté du pont. Elle jeta un œil dans le rétroviseur et aperçut l'autre conducteur sortir.
- C'est Tyson. Baisse-toi vite! Cria-t-elle.
Ils se baissèrent et Tyson ouvrit le feu, explosant la vitre arrière. Il tira une deuxième salve, mais Kate profita de sa légère pause pour ouvrir sa porte et riposter.
Il se replia dans sa voiture, elle le canarda, brisant ses fenêtres. Elle tira encore et encore sans s'arrêter. Méthodiquement, elle enchaîna les coups de feu dans sa direction, même après qu'il se soit effondré. Lorsqu'elle s'arrêta enfin, elle fit quelques pas en avant pour s'assurer qu'il était bien mort.
Mais il ne l'était pas, il ouvrit la porte brutalement, la prenant par surprise et l'expédia au sol. Tyson balança son arme plus loin et la prit pour l'utiliser comme bouclier. Il pointa son arme sur son ventre.
- Viens ici! ... Castle! J'ai ta femme!
Gémissante, Kate ne luttait pas. Castle était encore caché dans la voiture.
- Est ce que tu regardes? Cria Tyson. Je veux que tu voies ça! Tu ne pensais tout de même pas que je vous laisserais en vie après tout ce que vous avez fait?!... Castle?! Allez viens! Je veux que tu regardes! Je veux que me regardes enlever la vie de ta chère Kate et de ton gosse!
Tyson s'avança près de la voiture de Beckett. Il jeta un œil à l'intérieur, mais Castle n'y était plus.
- Par ici! Cria Castle.
Tyson se tourna, mais il était trop tard. Castle tira une première fois, toucha Tyson, qui lâcha Beckett pour tenter de riposter, mais l'écrivain ne le laissa pas agir et enchaîna les tirs. Le psychopathe trébucha et tomba du pont dans le fleuve.
Castle se précipita pour voir s'il réapparaissait à la surface. Kate le rejoignit l'instant d'après. Elle se pencha à son tour, il y avait beaucoup de bulles et de remous, mais pas de corps.
- C'est fini... Souffla-t-elle.
Il se tourna vers elle, sa pommette était entaillée.
- Ça va? Demanda-t-il aussitôt.
- Je crois.
Elle frissonna à l'idée de ce qui aurait pu leur arriver. Il posa ses mains sur ses épaules, avant de les faire glisser le long de ses bras. Les caresses, douces au départ, se firent plus énergiques pour la réchauffer. Il enroula alors ses bras autour d'elle. Elle s'appuya contre lui et je savoura ce moment de bien être, ce sentiment de sécurité qui l'envahissait.
Ils appelèrent les secours, des plongeurs recherchèrent le corps de Tyson, pendant qu'un médecin les auscultait.
Lorsque Kate eut enfin le droit de quitter l'ambulance, elle rejoignit Castle, qui regardait les plongeurs s'affairer.
- Ils n'ont toujours pas retrouvé le corps, dit-elle.
- Ils ne le retrouveront pas. Il n'est pas mort.
- Castle, qu'est ce que tu racontes ?
- Il n'a pas fait tout ça pour moi. Il l'a fait pour lui. Les initiales JV dans l'agenda? Il est pas aussi négligent! Il voulait que nous trouvions sa planque. Il voulait que nous soyons sur ce pont. L'assassinat de Tessa, son coup monté... tout ça c'était pour amener à lui rendre le service qu'il ne pouvait pas se rendre lui même... disparaître, pour qu'il puisse recommencer à tuer.
- Tu penses qu'il aurait prévu sa fin?
- Quand on est recherché par la police, on fait comment pour que ça s'arrête? Il faut que ça soit public et définitif, expliqua-t-il en désignant les voitures de police derrière eux.
- Tu sais que c'est insensé, ce que tu dis?
- On ne le recherchera plus jamais.
- Tu lui as tiré dessus. Il est mort. C'est fini.
- Pour l'instant...
- Allez, viens, on rentre!
- Tu peux rentrer?
- Je dois rentrer! Ordre du médecin.
- Et les bébés?
- Ils vont bien. Je dois juste rester au calme et surveiller que des contractions ne surviennent pas.
- Alors, rentrons chez nous, dit-il en la prenant par le bras.
*************
Ils avançaient côte à côte dans le couloir qui les menait au loft. Perdus dans leurs pensées, ils n'avaient pas dit un mot depuis qu'ils avaient quitté le pont. Ce fut Rick, qui brisa ce silence en fanfaronnant:
- En tout cas, le premier mot de notre petite bourrique aura été Papa!
- Mhmm et elle a parfaitement choisi son moment! répondit Kate en souriant.
- Et ça ne te contrarie pas? Tu n'aurais pas aimé qu'elle dise maman d'abord?
- Pourquoi ça me contrarierait? Elle finira bien par le dire. Et puis, je suis contente de voir qu'Andréa t'adore et que tu es un super papa, même si je ça, le savais déjà.
- Moi qui pensais te taquiner un peu, marmonna Castle en sortant ses clés.
- Sérieusement? Tu te sors d'une situation désespérée et tu n'as qu'une idée en tête, me taquiner?
- Euh... Bah... Oui...Pourquoi?
Elle le plaqua contre le mur et glissa une jambe entre ses cuisses, colla son bassin contre le sien autant que son ventre rond le lui permettait et sans attendre colla ses lèvres contre sa bouche. Du bout de la langue, elle lui caressa les lèvres pour lui faire comprendre ce qu’elle attendait. Il eut à peine ouvert la bouche qu'elle s'y engouffra fougueusement.
- Woah... Souffla-t-il lorsqu'elle le laissa reprendre son souffle.
- Alors, tu as toujours envie de me taquiner?
- Oui, mais c'est plutôt ton corps, que j'ai envie de taquiner maintenant, sourit-il.
- Alors rentrons chez nous.
- Je crois que ma mère et Andréa sont rentrées, soupira-t-il.
- Je suis certaine qu'elles nous laisseront nous reposer. Allez, ne les faisons pas attendre davantage.
***************
- Hey! Lança Castle en passant la porte du loft suivi par Kate.
- Oh Richard! Enfin ce cauchemar est terminé! S'exclama Martha en se précipitant vers eux.
- Comme tu dis!
- Mais vous êtes blessés ! s’exclama Martha en remarquant les ecchymoses sur leurs visages.
- Ne vous en faites pas, Martha, la rassura Kate, c’est superficiel.
- Mais elle doit se reposer! Ordre du médecin, intervint Castle en l'emmenant vers le canapé.
- Si c'est un ordre du médecin, alors! sourit Martha. Je vais commander des plats chez le traiteur, comme ça, vous pourrez aller vous "reposer".
- Alors, ma princesse, ton papa est revenu, tu vois? dit Castle en s'approchant d'Andréa.
- ...
- Oh! Non! Tu ne vas pas recommencer! Je ne vais pas devoir retourner en prison pour entendre de nouveau le son de ta voix! Allez, sois mignonne, dis papa!
- Gun! Lança la petite en sortant l'un des pistolets à fléchettes de son père.
Kate éclata de rire et applaudit.
- 100% Beckett, sourit Castle en l'embrassant sur le front.
Chapitre cent trente-quatre
Martha passa la porte du loft et découvrit son fils à quatre pattes sous la table de la salle à manger.
- Andréa?! Où es-tu petite chipie? Andréa?
-Richard! Je suis rentrée! annonça-t-elle en se débarassant de son manteau. Tu vas pouvoir aller à ta séance de dédicace!
- ...
- Richard, je peux savoir ce que tu fais à quatre pattes sous la table?
- Je cherche Andréa! Elle a profité du moment où je lui préparais son déjeuner pour disparaître. Andréa?! Viens voir papa!
- Tu as regardé dans votre chambre?
- Non, pas encore, pourquoi?
- Parce que c'est là-bas qu'elle n'arrête pas d'aller dès qu'on a le dos tourné.
- Ah oui? ... Bon... Je vais voir.
Il trouva effectivement la petite dans sa chambre. Elle sortait du placard en tirant un bout de tissu derrière elle.
- Ah! Te voilà petite aventurière! Viens par ici, je t'ai préparé ton repas... Hé! Mais qu'est-ce que c'est que ce truc? Demanda-t-il en prenant le bout de tissu. ...
- Beau!
- Woah! Tu m'étonnes que ce soit beau! Ma puce, ce que tu viens de trouver, c'est de la bombe atomique! Jubila-t-il.
Cosmo sortit à son tour du placard affublé d'une drôle d'écharpe en plumes.
- J'aurais dû me douter que tu serais dans le coup toi aussi!
- Richard?! Qu'est-ce tu fais? Tu vas être en retard à ta séance de dédicaces et ton ex-femme va nous en faire une maladie!
- J'y vais mère! Laisse-moi juste le temps de remercier ma charmante fille pour l'arme fatale dont elle vient de me faire cadeau! Répondit-il en pliant le morceau de tissu pour le ranger dans sa poche.
- Donne! Réclama Andréa.
- Tu veux bien me le prêter ma chérie? Je te le rendrai tout à l'heure.
- Nan!
- Sois mignonne...
- À moi!
- Et si en échange, je te donnais cette magnifique lampe de poche? Regarde, ça brille!
- Nan!
- Incorruptible... Tu me rappelles de plus en plus ta mère, soupira Castle. Ce n’est pas à deux ans la période du non?
Il tenta de négocier, mais en vain. Andréa resta butée.
*****************
Quelques heures plus tard, installé en plein milieu du Supernovacon, Castle était occupé à signer des exemplaires de son nouveau roman graphique de Derrick Storm.
- Et ... Voilà pour vous! Dit Castle en rendant le livre qu'il venait de signer à l'homme qui se tenait de l'autre côté de la table et qui portait un tee-shirt estampillé " I <3 Richard Castle"
- Merci! Je suis votre plus grand fan! Dit l'homme en lui serrant la main.
- Eh bien, merci d'être venu, voilà pour vous, répondit Castle en souriant.
Lorsque l'homme se fut éloigné, il ajouta pour lui-même un : « Comment peut-on tomber si bas? »
Il ne prit pas la peine de regarder la prochaine personne en face de sa table et demanda:
- Très bien, où voulez-vous que je signe?
- Pourriez-vous signer ma poitrine? Demanda une voix faussement haut perchée.
Castle releva la tête choqué.
- Wow! Ça attire votre attention Castle! Se moqua Esposito.
- Beckett aurait-elle du souci à se faire? Ajouta Ryan en rigolant.
- Que faites-vous là, Heckle et Jeckle? Grogna Castle.
- Vous le sauriez si vous répondiez à votre téléphone, répliqua l'irlandais.
- C'est que... Je suis un peu occupé... Alors, je ne réponds qu'aux appels de Beckett. On ne sait jamais... Si elle avait subitement envie d'une séance de dédicace privée...
- Il y a eu un meurtre ici, annonça Esposito. Mais si vous préférez signer vos BD...
- Ici, à Supernovacon?
- Ouaip! Ça vous en bouche un coin, non? Demanda Esposito.
- Brillant ! se réjouit l'écrivain. Et Beckett n'est pas venue?
- Tu oublies qu'elle est coincée au poste?
- Avec Gates comme chien de garde! Ajouta Ryan.
- Ouh! Je compatis... Elle doit être tellement déçue de ne pas être ici.
- Beckett est trop sérieuse pour ce genre de trucs, rétorqua Esposito.
- Tu devrais te méfier des apparences, vieux, sourit Castle en repensant à ce qu’Andréa avait trouvé.
- Et puis, son congé maternité commence après-demain, elle pourra y venir à ce moment-là, si elle y tient vraiment, ajouta Ryan.
Ils se dirigèrent vers la scène de crime, passant au milieu de toutes sortes de personnages et de stands de science-fiction.
- Il faut bien l'admettre, c'est l'endroit parfait pour commettre un meurtre, commentait Castle. C'est vrai quoi, vous enfilez un costume, vous éliminez votre cible et ensuite, vous vous fondez incognito dans la foule...
- On dirait que vous avez déjà réfléchi à tout ça, Castle, dit Esposito.
- Ah, je connais bien l'endroit, c'est tout. Alexis et moi, on venait ici chaque année et en costume! Vous auriez dû la voir en princesse Leïa miniature!
- Oh! Et vous étiez?
- Ah ... Darth Vader, bien sûr. Alors, qui est notre victime? Est-ce que le docteur Octopus a enfin eu Spiderman?
- Cherchez plus du côté de séries SF.
- Oh! Euh ... Un borg a été tué? Un humanoïde cyborg? Dites-moi que c'est numéro 6!
- Non. Nebula 9, dit Ryan en montrant l'entrée du vaisseau spatial en face d'eux.
- Sérieux ? Franchement, Nebula 9 ne mérite même pas de faire partie de cette convention! La série a été annulée il y a plus de dix ans, après seulement douze épisodes. Enfin, je veux dire douze épisodes de trop!
- Eh, oui... Entièrement d'accord avec toi! Ça ne vaudra jamais Blade Runner, un futur sombre et dystopique avec des répliquants sexy! Approuva Esposito alors qu'ils entraient dans le vaisseau.
- D'accord, le vaisseau est cool, reconnut l'écrivain. La série ne vaut pas un clou, mais le vaisseau est cool!
- Je pensais que tu serais fan, Castle.
- Je suis un fan de bonne science-fiction. Star Trek, Battlestar, ou encore la série créée par Joss Whedon. Mais Nebula-9? Non, non. C'est du mélodrame bidon et un jeu d'acteur catastrophique! Répondit Castle avant de se rendre compte de qui venait d'arriver derrière eux. Mais...
- ... Beckett?! Mais qu'est-ce que tu fais ici?! Demanda Esposito.
- J'en avais marre de la paperasse!
- Dis plutôt que tu mourais d'envie de venir au Supernovacon, la taquina Castle.
Elle le regarda d’un air interrogateur.
- Comment tu as fait pour échapper à la surveillance de Gates? Demanda Ryan.
- J'ai étudié les plans du poste quand il s'est retrouvé derrière les barreaux!
- Waow! On ne croirait pas qu'elle est enceinte de près de sept mois et demi! Admira l’écrivain fier.
- Après un coup pareil, Gates va te mettre en congé maternité tout de suite!
- Hey, alors qui est notre victime? Demanda-t-elle pour changer de sujet.
- Annabelle Collins, 28 ans. On dirait qu'elle a été tuée et puis placée dans cette capsule. C'est elle qui a créé cette sorte de reconstitution : «l'aventure des fans de Nebula 9"
- Hum! Effort impressionnant, mais très mauvais choix! remarqua Castle à qui Beckett adressa un regard noir.
Esposito et Ryan s'éloignèrent d'eux pour aller commencer leurs investigations. Beckett et Castle s'avancèrent vers le corps, que Perlmutter s'apprêtait à emmener.
- Perlmutter. Heureux de vous voir, lança Castle.
- Ah, si seulement le sentiment était réciproque, soupira le légiste.
- Alors, quand elle a été tuée? Demanda Kate.
- Eh bien en me basant sur la température du foie, la nuit dernière entre 22 et 23 heures. Le plus gros problème est de savoir comment elle a été tuée, dit-il en montrant la plaie avec une loupe.
Le légiste ne savait pas dire quel genre d'arme avait pu causer une telle blessure, il devrait pratiquer l'autopsie pour en savoir plus.
- Hey! Dit Ryan en revenant vers eux. Donc, je viens de finir de prendre les déclarations des témoins. Euh ... aucune de ces personnes ne connaissait la victime ou étaient ici au moment de la mort.
- Oui, eh bien, nous allons devoir trouver des témoins qui y étaient.
- Quelqu'un doit avoir vu le tueur entrant ou sortant du vaisseau la nuit dernière, supposa Castle.
- Oui, mais comment faire pour les trouver? demanda Ryan. Il y a des centaines de personnes ici.
- Tu sais quoi? Tu devrais laisser un message sur le site des fans de nébula-9, pour demander qui était ici entre 22 et 23 h la nuit dernière et leur dire qu'ils peuvent te retrouver devant le vaisseau, suggéra Kate.
Ryan lui adressa un regard moqueur.
- Le site des fans de Nebula-9?
- Ouais. J’ai entendu dire qu'ils ont un fan club très fidèle... Répondit-elle en ignorant le ton de son collègue. Est-ce que...?
Elle regardait l'homme vêtu d'un uniforme de l'espace, qui venait d'entrer dans le vaisseau.
- Gabriel Winters, alias le vrai capitaine Max Renard, expliqua Ryan. Il connaissait la victime.
- Et alors? demanda Kate en essayant de garder un air calme et détaché.
- Oh, j'ai essayé de lui parler mais il m'a dit qu'il avait besoin d'une minute pour "méditer sur la fragilité de la vie humaine".
- Eh bien, sa minute est terminée, annonça Kate en se précipitant vers lui pour l'interroger.
L'acteur à l'égo démesuré répondit à leurs questions avec théâtralité, surjouant le côté mélodramatique de la situation.
Ils quittèrent ensuite le vaisseau et interrogèrent les amis de la victime, puis Castle profita de se retrouver seul avec Kate pour la confronter.
- Wow, Davis ne plaisantait pas sur ces e-mails. Écoute ça. "Vos soi-disant webisodes profanent la mémoire de Nebula-9 et vous devriez payer le prix ultime."
- Je ne sais pas, Castle. Tu crois honnêtement qu'Annabelle a été tuée par un fan de Nebula-9 en colère? Demanda Kate dubitative.
- Je pense que si tu aimes Nebula-9, tu es assez fou pour tuer, oui.
Elle l'arrêta.
- Woah ! Pourquoi es-tu aussi critique envers cette série?
- Et toi? Pourquoi est-ce que tu es fan de cette série ringarde?
- Quoi?! Non! Pas du tout!
- Ah non? Tu as le costume dans un de tes cartons !
- Tu as fouillé dans mes cartons ?! S’étrangla Kate. Même venant de toi, c’est mesquin !
- Non ! Je n’ai pas fouillé dans tes cartons !
- Alors comment sais-tu ce qu’il y a dedans ?
- C’est Andréa, elle fouille partout et encore plus depuis qu’elle marche ! Et apparemment, elle adore passer du temps dans le placard de notre chambre, au milieu de tes vieux cartons. Cela dit en passant, tu as bien planqué le carton de ton passé de débauche en hauteur ?
- Euh… Et bien, en tout cas… Ce costume n’était pas à moi.
- À qui veux-tu que ce soit? Il venait d'un de tes vieux cartons!
-Les trucs dans ces cartons ne sont pas tous à moi! Ça devait être à la fille avec qui je partageais ma chambre universitaire!
- Menteuse! Tu n'es pas du tout crédible! Eh oui, tu as été trahie par ta propre enfant! Je sais tout de ton penchant pour cette série ignorante des lois de la physique et...
- Kate Beckett! K-Becks! Je savais que c'était toi! S'écria un homme en costume de Nebula 9 en la prenant dans ses bras.
- Oh, Henry Barnett, wow. Ça fait... Un bail! Bredouilla Kate surprise.
- Depuis notre premier semestre à Stanford, dit Henry Barnett.
- K-Becks? Répéta Castle amusé.
- Mhm...
- Euh...je ... Est-ce que nous pourrions parler plus tard? Je suis en fait ici pour le travail...
- Oh, bien sûr! Ça cela explique pourquoi tu ne portes pas ton costume de Nebula-9. Remarque, je ne pense pas que tu rentrerais encore dedans, dit Henry en montrant son ventre bien rond.
- Je croyais que c'était le costume de ta colloc'... S'amusa Castle en s'approchant d'Henry.
- Sa colloc’ ? Non, elle en a plusieurs ! K-Becks était une méga-fan. Vous auriez dû la voir en lieutenant Chloé, expliqua Henry à Castle, qui affichait un sourire satisfait. Oh, attendez ! Vous pouvez ! Tu te rappelles la photo que nous avons prise tous ensemble ? Je l'ai apportée pour la faire dédicacer !
Henry fouilla dans le dossier qu'il tenait dans ses mains, Castle était ravi. Quand enfin Henry sortit la photo pour la montrer à Beckett, Castle lui tapa sur l'épaule et demanda:
- Puis-je?
Kate paniqua à l’idée que son passé de fangirl soit dévoilé à l’être le plus taquin et le plus agaçant de la Terre, son mari.
- C’est pas une photo de malade ? demanda Henry tout sourire.
- C’est une histoire de malade, intervint Kate. Henry, tu dois me donner cette photo.
- Quoi? Pourquoi?
- C’est une enquête officielle du NYPD, dit-elle en sortant son badge. Ne m’oblige pas à le redire!
Il hocha la tête timidement, elle prit la photo et s’éloigna rapidement. Il se tourna vers Castle, un air d’incompréhension totale sur le visage.
- Merci, murmura Castle en cachant difficilement son euphorie avant de suivre Beckett.
Perlmutter avait du nouveau pour eux, ils prirent donc le chemin de la morgue, mais l’appel du légiste n’avait en rien permis de changer de sujet. Castle tenait la une casserole de taille et comptait bien l’exploiter jusqu’au bout pour faire tourner sa femme en bourrique.
- Bon, d’accord, j’étais fan de fan Nebula-9 ! Souffla Beckett excédée. Et alors, la belle affaire !
- Oh, tu étais plus qu’une simple fan ! Tu portais des costumes ! Toi ! Corrigea l’écrivain.
Elle pivota pour lui parler en face.
- Ahhhhh ! Bon, oui d’accord. J’adorais les séries SF et je mettais des costumes de geek ! Et tu sais quoi ? Je n’ai pas honte de Nebula-9, parce que malgré ce que tu penses, cette série était grandiose !
- Hmm. Je vais te dire, je vais te pardonner ton terrible manque de goût si tu... remets ton costume de Nebula-9, pour moi…
- Tu veux rire ? Regarde-moi ! Je ne rentrerais pas dedans !
- J’attendrai le temps qu’il faudra !
- Dans tes rêves.
- Alors là, tu tombes mal ! Tous mes rêves deviennent réalité !
Elle roula des yeux, exaspérée et se détourna pour aller retrouver Perlmutter.
- Perlmutter.
-Lieutenant Beckett.
- Perlmutter.
- Et le non-lieutenant Castle.
Ce dernier lui adressa un regard dubitatif.
- Alors, vous avez la cause de mort?
- Une brûlure. Une brûlure qui a pénétré dans les tissus, les muscles et les os, laissant ce trou parfaitement cylindrique, annonça le légiste.
- Quel type de brûlure fait ça? Demanda Beckett étonnée.
- Eh bien, elle a été créée par des niveaux élevés de rayonnement infrarouge. Les vaisseaux sanguins ont été cautérisées par la chaleur intense.
- Vous dites qu’elle a été tuée…
Elle ne termina pas sa phrase, incapable de croire à ce qu’elle allait dire.
- Elle a été tuée par un phaser? Demanda Castle pour qui cette éventualité était parfaitement probable.
- … Perlmutter hésita. Eh bien, ça me fait mal de le dire, mais… M. Castle a presque raison… Elle a été tuée par un faisceau laser de haute intensité.
Beckett regarda Castle, choquée.
- Un meurtre avec une arme de SF à une convention SF ! Là on frôle le sublime ! Se réjouit Castle.
- Comment est-il possible qu'elle ait été tuée par un laser? Demanda Kate alors qu’ils quittaient la morgue.
- Facile. Quelqu'un lui a tiré dessus avec un pistolet laser.
- Les pistolets laser n’existent pas, Castle.
- En fait, si. Il existe bel et bien un laser tactique expérimental qui peut perforer un tank à plus de 5 miles.
- J’ai lu un papier à ce sujet. Il est plus gros qu'un camion.
- Oui, et bien évidemment quelqu'un a construit une version portable, qui tient dans la main...
- Qui?
- Eh bien, revenons aux e-mails des fans cinglés de Nebula-9. Et quand je dis les fans cinglés, je ne parle pas de toi… Toi, tu es une vraie fan.
- Bien essayé, venant de la part du type qui a un Boba Fett grandeur nature dans sa salle de bain !
- Touché. Quoi qu'il en soit, peut-être un de ces fans cinglés furieux à cause des webisodes blasphématoires d’Annabelle, du coup, il s’est débrouillé pour fabriquer un blaster Thorien capable de fonctionner, et, afin de lui faire payer le prix ultime, il lui a tiré dessus avec l’arme utilisée par l’équipage de Nebula-9.
- Théorie intéressante, mais nous avons interrogé tous les fans enragés et ils ont tous des alibis.
- Bien. Eh bien ce n’était peut-être pas un fan cinglé… Mais le fait est, que quelqu'un a atomisé Annabelle avec une sorte de pisto laser, dit-il dans une imitation de William Shatner.
Kate essaya de cacher son amusement et répondit le plus sérieusement possible.
- Je vais téléphoner au bureau de l’ATF et voir s’ils ont entendu parler de quelqu'un possédant une ...
- Pistolaser !
-Non ! Possédant un ... laser fonctionnel. En attendant, espérons que Ryan et Esposito ont trouvé un témoin grâce au message sur le site des fans.
A leur retour au poste, Kate dû essuyer un sermont de la part de Gates, qui comprenant qu'il lui était impossible de la faire tenir en place, lui fit promettre de se contenter de rassembler des indices et de ne surtout pas courir après des suspects récalcitrants.
Ils poursuivirent donc leur enquête au milieu des fans déguisés en personnages tous plus bizarres et farfelus les uns que les autres. Rick frôla d’ailleurs la crise cardiaque en découvrant Alexis au milieu d’un groupe de filles en costumes d’Amazones super sexy.
- Oh mon Dieu! Alexis? Hurla-t-il.
- Papa? Que fais-tu ici?
Il détailla sa tenue, qui ne comportait pas beaucoup plus de tissu qu’un bikini et quelques plumes.
- Que fais-tu ici ... dans cette tenue? s'étrangla-t-il.
- Nous sommes des Havakura. C’est une tribu de femmes-tueuses, qui …
- Ne portaient pas de vêtements? Compléta Castle au bord de l’hystérie.
- Tu exagères ! Et tu me mets dans l'embarras.
- Oh, moi je t’embarrasse? Je suis celui qui est habillé, moi !
Il enleva sa veste, pour la couvrir avec, mais elle recula. Beckett l’attrapa par le bras et l’entraina plus loin.
- Papa!
- Castle. Allez viens, on y va ! Intervint Beckett.
Alexis et ses amis en profitèrent pour filer.
- Tu plaisantes j’espère? Tu as vu ce qu'elle porte?
- Ouais, c'est plutôt pas mal!
- Pas mal? Mais quel genre de belle-mère es-tu?
- Le genre qui ne la traite pas comme une gamine!
- Mais elle est à moitié nue!
- c’est pas méchant !
- Pas méchant? Comment je vais oublier cette vision ?
- Oh ! Hé ! J’aime Alexis moi aussi ! Et je t’assure que ça n’est pas grave !
- Ouais… Excuse-moi… Soupira Castle.
- Je préfère ça! Allez viens, on a une enquête en cours!
Chapitre cent trente-cinq
Kate l’entraîna vers le vaisseau de Nebula-9, espérant que l’enquête lui ferait oublier la vision de sa fille dans une tenue aussi légère.
Ils réinterrogeaient Gabriel Winters au sujet de son alibi, lorsque Castle trouva, grâce à sa manie de toucher à tout, l’arme du crime. Il avait voulu agrémenter sa théorie d’une mise en scène et avait attrapé le blaster Thorien de Gabriel pour tirer en direction du tableau de bord du vaisseau. Tous restèrent sans voix, lorsque l’opération produisit un trou semblable à celui trouvé dans la poitrine d’Annabelle.
**********
De retour au poste, Castle et Beckett regardaient Winters à travers la vitre quand Esposito entra, pour leur confirmer qu’ils avaient bel et bien mis la main sur l’arme du crime. Bien que déçue, Beckett était fermement décidée à mettre celui qui avait incarné le capitaine Max derrière les barreaux.
- Eh ben, soupira Castle, je comprends pourquoi Annabelle se sentait trahie. Certaines personnes ne sont pas faites pour diriger un vaisseau spatial.
- Tu viens de découvrir que parfois les gens ne sont pas ce qu’ils paraissent ? Demanda Beckett.
- J’espère que tu as raison en ce qui concerne Alexis… Vu ce qu’elle portait…
- Castle, c’est une femme, c’est plus une enfant !
- Une femme, qui au moment où on parle, se fait dévorer des yeux par des centaines de fans de SF en sueur au pensées lubrique ! J’te jure… J’ai envie de… tout casser ! S’énerva Castle à l’évocation de ce douloureux souvenir.
- Est-ce que je peux juste te faire remarquer que le costume qu’elle portait n’est pas si différent de celui que tu me demandes de porter? Demanda-t-elle avant de quitter la pièce.
- Ne me dis pas des trucs comme ça!... C’est tellement… déroutant !
***************
L’interrogatoire de Winters permit de dévoiler un de son côté dépravé et écœurant, mais aussi qu’il n’était pas leur tueur.
Les gars partirent donc à la recherche du petit ami mystérieux d’Annabelle, dont ils venaient de découvrir l’existence, tandis que Castle et Beckett remontaient la piste du pisto-laser jusqu’à son créateur, qui inquiéta Castle lorsqu’il leur expliqua qu’il fallait porter des protections pour l’utiliser.
- Donc, Ryan et Esposito sont en train de vérifier tous ceux qui ont obtenu un pass VIP violet, pour essayer d’identifier notre Creaver, annonça Kate en raccrochant le téléphone de son bureau. Ils devraient en savoir plus demain matin. Il s’est passé exactement ce que tu avais dit aux gars ! Le costume a permis au tueur de frapper incognito. Et bien sûr, il a choisi un Creaver, parce que ce sont les ennemis jurés de l'équipage Nebula-9.
Elle ne faisait pas attention à Castle, qui jouait avec ses doigts et touchait son visage. Quand elle le remarqua, elle arrêta de faire son sac.
- Castle?
Elle leva les sourcils en un air interrogateur, lorsqu’il leva le regard vers elle.
- Est-ce que j’ai l’air différent pour toi?
- Non, pourquoi?
- Je ressens de légers picotements… expliqua-t-il en regardant ses doigts. Quelque chose ne va pas. Je commence à muter comme Hulk ou la chose. Ou encore pire, comme le leader. Qu'est-ce qui va arriver à mes cheveux?
- Je préfère Docteur Manhattan, sourit Beckett.
Castle la regarda surpris qu’elle ne s’inquiéta pas plus.
- La peau bleue… Ferait ressortir tes yeux bleus, expliqua-t-elle en souriant davantage avant de prendre son sac et de s’éloigner.
- C’est pas drôle ! Et si le tir m’avait rendu stérile ?
Elle se stoppa et se tourna vers lui.
- Sérieusement ? Tu veux plus d’enfants ? demanda-t-elle en montrant son ventre bien rond.
- Je veux pouvoir avoir le choix !
- Eh bien, je pense que ça va aller, Castle.
- Tout de même, je dois me décontaminer. Prendre une bonne douche désinfectante !
De retour au loft, Castle resta sans voix en tombant nez à nez avec Alexis, qui semblait l’attendre. Derrière eux, Kate enleva le manteau d’Andréa et s’éclipsa discrètement avec elle vers la cuisine.
- Alexis, que fais-tu ici?
- Je pensais que peut-être tu voudrais parler de ce qui est arrivé.
Il y eut un silence gêné.
- Non moi ? Pas du tout ! Et toi ?
- Non.
Elle soupira de soulagement et s’enfuit dans la minute qui suivit.
Il rejoignit Kate et Andréa, soulagé de ne pas avoir eu cette conversation gênante.
- Ça va ? Tu es calmé ? constata Kate.
- Tu avais raison, comme toujours… Alexis a grandi.
Il prit Andréa dans ses bras et l’embrassa sur le front.
- Les filles ne devraient pas grandir, soupira-t-il.
- Mon pauvre chéri ! Si ces deux-là sont des filles, dit Kate en montrant son ventre, tu n’as pas fini de te faire des cheveux !
- Mes cheveux ! s’écria-t-il en se penchant en avant pour montrer le haut de sa tête. Dis-moi, tu ne trouves pas qu’ils se raréfient ?
- Tu ne perds pas tes cheveux, Castle.
- Ok, donc si demain je me réveille chauve, tu me trouveras toujours aussi beau ?
Elle hésita et son visage se crispa légèrement.
- Oh mon Dieu, tu me trouveras laid !
- J’n’ai pas dit ça !
- Non, mais tu l’as pensé tellement fort, que j’ai pu le lire dans tes pensées !
Andréa éclata de rire devant son air paniqué.
- Oh bravo ! Même toi, tu me prendrais pour un clown si j’avais une tête de citrouille ! … Kate ? Ça va ? Demanda-t-il tandis qu’elle se tenait le ventre.
- Oui, souffla-t-elle.
- Bah voyons ! Allez, viens, tu vas t’allonger un moment sur le canapé, tu as besoin de repos.
Elle se laissa faire docilement. Il prit tout en main pour la préparation du dîner et ce fut reposée, qu’elle reprit l’enquête le lendemain matin.
Après avoir réinterrogé les proches d’Annabelle, qui auraient pu avoir un mobile sérieux en apprenant qu’elle avait décidé de vendre les droits de la série, Castle et Beckett se retrouvèrent dans le vaisseau de Nebula-9, pour faire le point.
- Faisons en sorte que l'histoire n’oublie jamais le nom de ce vaisseau : l’entreprise! Déclamait Castle en imitant le capitaine Kirk pendant que Beckett était au téléphone en souriant devant ses pitreries.
- Oui, d'accord. Merci Ryan.
Elle raccrocha, Castle se tourna vers elle.
- Alors d’après le personnel de l’hôtel, la carte magnétique d'Audrey a été utilisée à 21:48 et n'a pas été réutilisée durant le reste de la nuit.
- Eh bien, elle aurait pu laisser la porte entrouverte. Ça lui aurait donné assez de temps pour venir ici.
- Ouais, mais tout ce que nous avons, ce sont des preuves indirectes et des alibis légers. Il nous faut quelque chose de plus solide.
Elle fit une pause et regarda autour d’elle en souriant.
- Si tu savais le nombre incalculable de fois où j’ai rêvé de me retrouver ici dans ce vaisseau spatial! Ajouta-t-elle en riant.
- Des rêves coquins? Demanda-t-il en s’approchant d’elle dans une démarche charmeuse. Parce que tu sais, il n’est jamais trop tard pour réaliser ses fantasmes !
- Tu te rends compte que c’est encore une scène de crime? Sourit-t-elle.
- Oh, tu as raison… Hieurk !
- Ouais.
Elle se dirigea vers le siège central du vaisseau et s’arrêta pendant une seconde avant de se retourner vers lui.
- C’est bon ! Tu as raison, d'accord? C’était une série stupide, le summum du mélo et c’était complètement ringard! Une poignée d’élèves officiers en mission d’entrainement sur le Nebula-9 et tout à coup la terre est détruite, ce qui fait d’eux les seuls survivants de l'humanité? Je comprends parfaitement pourquoi tu détestais la série ! Mais je comprends aussi pourquoi certains l’adoraient au point de devenir de vrais fans ! Je comprends pourquoi Annabelle adorait! C’était fondé sur la difficulté de quitter son foyer pour la première fois, la recherche de son identité et l’envie d’accomplir de grandes choses ! J’adorais m’habiller comme lieutenant Chloé. Elle se moquait de ce que les autres pensaient d’elle. Et c’était loin d’être mon cas, à l’époque. Cette femme était une scientifique et une guerrière et le fait est que son apparence n’entrait pas en ligne de compte. En m’habillant comme elle, c’était comme si je pouvais être qui je voulais ! Et j’étais pas obligée de choisir. Alors, ne te moque pas, d'accord?
- D’accord, sourit-il.
- Et pour ne rien gâcher, je ne te raconte pas les jambes d’enfer que ça me faisait.
- Oh… Tu m’étonnes, je n’en doute pas – AIIIIEEEE !
- OUHHHHH !
Il retira sa main qu’il venait de poser sur l’un des panneaux lumineux du vaisseau, choqué.
- … Qu'est-ce … qui ne va pas?
- Ma main! Dit-il en la repassant au-dessus du panneau. Qu’est-ce que ça veut dire ?
Sa main se mit à briller. Kate se plia légèrement en deux, souffla un instant, puis relava la tête en souriant.
- ...Ça signifie que ... tu viens de résoudre notre affaire, grimaça-t-elle.
- … Je suis content de voir à quel point tu es solidaire, mais tu n’en fais pas un peu trop ?
- …
- Kate ? Ça va ?
- … Non… Castle… Je crois que…
- Oh là ! Soit tu t’es fait pipi dessus… soit…
- Ouais… Les bébés arrivent ! Articula-t-elle difficilement entre deux contractions.
- WOOAW ! Attends ! Viens par-là ! dit-il en se précipitant pour l’aider à s’asseoir sur le fauteuil. Depuis quand tu as des contractions ?!
- Pas longtemps ! Ça a du commencé il y a à peine une heure ! Mais c’est trop tôt ! Ils ne devraient pas arriver avant 6 semaines !
- Ouais, mais la poche des eaux est rompue, donc il n’y a plus à discuter, il faut qu’ils sortent !
- C’est trop rapide ! On n’a même pas fini leur chambre !
- Eh bien, ils sont du genre pressés ! Encore une contraction ? demanda-t-il devant une nouvelle grimace de sa femme. Wow ! il y a vraiment urgence ! Ne bouge pas, je vais voir s’il y a un médecin parmi ces fans de SF…
- Appelle un taxi, grogna Beckett entre deux nouvelles contractions.
- Ouais ! Une ambulance conviendrait davantage ! Fais le petit chien ! Rappelle-toi les cours de préparation !
- CAAASSSTTTLLLLE !
- Ouais ! Je me dépêche !
Il réussit à trouver un médecin, déguisé en Obi-Wan Kenobi, qui examina Kate et annonça qu’il était impossible de la transporter, étant donné que le premier des bébés sortait déjà la tête.
- Sérieusement ? Souffla Beckett. Je ne vais pas mettre au monde mes enfants dans un vaisseau spatial avec un vieux Jedi pour obstétricien !
- Je crois que vous n’avez pas le choix madame, annonça Obi-Wan.
- Vois le bon côté des choses, dit Castle, ce vaisseau est super cool et le doc n’est pas un creaver, ni Darth Vader !
Elle lui répondit dans un grognement, avec un regard bien noir. En moins d’une heure, Beckett et Castle tenaient leurs deux bébés dans leurs bras, deux magnifiques petits garçons en pleine forme.
- Ils sont magnifiques, dit le médecin.
- Et… Ils vont bien ? Demanda Kate, inquiète. Ils ne devaient pas naitre avant six semaines !
- On va vous emmener à l’hôpital, là-bas on va les examiner, mais je peux déjà vous dire, qu’ils vont très bien !
- Et… Ils devront aller en couveuse ?
- Pas nécessairement monsieur. Ils sont déjà bien costauds et semblent respirer facilement, les rassura le médecin Obi-Wan.
***********
- Hé, tu te rends compte que tes fils sont nés sur une scène de crime ? Demanda Rick alors qu’une ambulance les emmenait vers l’hôpital le plus proche.
- Ouais… Et toi, tu te rends compte que tes fils sont nés à bord d’un vaisseau spatial super cool ?
- Ouais, ils pourront se vanter d’avoir fait une entrée fracassante dans ce monde !
- Mis au monde par Obi-Wan Kenobi, ça non plus ce n’est pas banal.
- Il nous faut des prénoms dignes de ce nom !
- En tout cas, pas question de les appeler Anakin et Obi-wan !
- …
- Ni Qui-Gon Jinn ou Han !
- Pffff ! T’es dure ! T’avais dit que je pourrais choisir les prénoms !
- Et tu as accepté que j’aie un droit de veto !
***************
- Où sont le lieutenant Beckett et Monsieur Castle? Demanda Gates en voyant les lieutenants Ryan et Esposito revenir avec Stéphanie Fraye, l'actrice qui avait jadis joué le rôle du lieutenant Chloé, menottes aux poignets.
- Eh bien... Euh... Commença Esposito ennuyé.
- Nous avons démasqué l'assassin d'Annabelle grâce à eux, répondit Ryan en désignant l'actrice.
- Bien! Et où sont-ils? Demanda Gates.
- ... À l'hôpital, lâcha Esposito.
- Quoi?! Il est arrivé quelque chose à Beckett? S'étrangla la capitaine imaginant déjà le pire.
- En quelque sorte... Hésita le latino.
- Expliquez-vous messieurs! S'impatienta Gates.
- ... Elle a accouché!
- ...
- Le travail a commencé alors qu'ils étaient retournés sur la scène de crime pour faire le point, expliqua Ryan. On n’a pas eu le temps de l'emmener à l'hôpital, les bébés sont nés sur place.
- Et comment vont-ils?
- Bien! Ils se portent tous bien! Deux beaux garçons! Ils ont été transportés à l'hôpital il y a un peu plus d'une heure.
- Pourquoi je m'étonne, après tout, avec le père qu'ils ont, ces enfants ne peuvent rien faire normalement, soupira Gates. Bien... Bouclez-moi cette affaire, puis vous pourrez aller leur faire un petit coucou.
- Merci Chef! Dirent les bros.
*****************
- Allô! Ah! Richard, trésor! Tu penses rentrer bientôt? Demanda Martha en décrochant le téléphone.
- ...
- Ils sont nés?! Mais... C'est beaucoup trop tôt!
- ...
- Oui, il est impossible de revenir en arrière... Deux garçons! Comment vont-ils?
- ...
- Merveilleux! Et Katherine va bien?
- ...
- Tant mieux! Je vous félicite, tous les deux! Andréa ne dort pas, tu crois que nous pouvons passer embrasser ses petits frères? Elle sera contente! ... Bien! J'appelle un taxi, nous serons là dans une demi-heure.
- ...
- Tu as prévenu Alexis?! Parfait! À tout à l'heure! Dit-elle avant de raccrocher et de se tourner vers Andréa. Ma chérie, tes petits frères sont nés et visiblement, ils sont comme ton père et n'en font déjà qu'à leur tête!
***************
- Tu as réussi à prévenir tout le monde? Demanda Kate en arrêtant de contempler ses fils une seconde pour regarder Rick qui venait de passer la porte de sa chambre.
- Oui, ne sois pas étonnée de les voir débarquer dans très peu de temps! Comment te sens-tu? Pas trop fatiguée?
- Un peu.
- Ouais, c'est normal. Et les petits? Demanda-t-il en soulevant la couverture pour les trouver confortablement calés contre la poitrine de leur mère. Hé! C'est ma place là!
- Jaloux! Ils avaient un peu froid, alors on fait un câlin peau à peau. Andréa va bien?
- Oui, elle a passé sa journée à trimbaler ton vieux costume de Nebula-9!
- Elle a très bon goût!
- Mère va venir avec elle et Alexis, elles ne devraient pas tarder à arriver.
- Et toi? Comment va ta main?
- Le docteur dit que ma main va arrêter de briller dans quelques jours.
-Donc pas de pouvoirs mutants?
Il essaya à nouveau, juste pour voir, rien ne se passa.
- Non, pas cette fois. Au moins mes cheveux ne vont pas tomber et tu me trouveras toujours beau! Et toi, comment te sens-tu?
- Comme quelqu'un qui vient de mettre au monde deux beaux gaillards!
- Et par rapport à cette enquête?
- Je vais bien. Pourquoi?
- Eh bien, il est difficile de voir vos idoles tomber.
- Oh Castle, Stéphanie Frye n'a jamais été mon idole. C'était le lieutenant Chloé mon idole! Et pour moi, elle est toujours là, quelque part à combattre le mal et sauver l'humanité. Ce n’est pas une actrice à l'égo démesuré qui va changer ça! Et tu sais quoi? S'ils font un film, je serai la première à faire la queue pour le voir.
- On aura peut-être des invitations VIP pour le voir, étant donné que Kirk et Spock sont nés dans le vaisseau de Nebula-9!
- Ils ne s'appelleront ni Kirk ni Spock, ni par un quelconque prénom bizarre sorti tout droit d'une série SF!
- Et Zar? Qu'est-ce que tu en dis? C'est pas mal, non?
- C'est le fils de Spock!
La porte de la chambre s'entrouvrit discrètement.
- Vous pouvez entrer! Lança Kate.
- Alors, comment allez-vous? Demanda Martha en passant la tête par l'entre bâillement de la porte.
- Parfaitement bien, sourit Kate.
- Mama!
- Oh Trésor! C'est fou ce que tu me sembles grande tout à coup! se réjouit Kate.
- Viens là, que je te présente tes petits frères, dit Rick en la prenant dans ses bras.
Alexis et Martha contournèrent le lit, pour embrasser Kate et apercevoir les deux petits princes.
- Ils sont magnifiques! S'extasia Martha.
- Je vous présente "Veto" et "Dans tes rêves Castle" annonça Rick.
- Il veut leur donner des prénoms plus tordus les uns que les autres, expliqua Kate devant le regard interrogateur des deux rouquines. Ça, plus le fait qu'ils sont arrivés en avance, explique qu'on ne leur ait pas encore trouvé de prénoms.
- Ils vont bien, c'est l'essentiel, souligna Alexis.
Jim arriva peu après et admira fièrement ses petits-fils.
- Ta mère serait tellement fière de vous, sourit-il en embrassant sa fille sur le front. Je suis tellement fier, Kathy.
- Merci papa.
- Bon ! Tu n’as plus qu’à te retrousser les manches pour monter les meubles de leur chambre, dit Alexis en donnant une légère tape dans le dos de son père.
- Je vais recruter Ryan et Esposito.!
- Sérieusement, vous allez appeler vos enfants Ryan et Esposito ? Demandèrent les gars qui venaient d’arriver avec Lanie.
Chapitre cent trente-six
Le lendemain de la naissance, la chambre 201, dans laquelle était installée Kate n'avait déjà plus rien à voir avec une chambre d'hôpital. Rick avait couvert sa femme et ses enfants de fleurs, de peluches et de cadeaux tous plus encombrants et colorés les uns que les autres. Comme la veille, Rick était repassé au loft durant quelques heures, avant de revenir passer le reste de la journée auprès de Kate et des jumeaux. Elle pouvait ainsi se reposer sereinement, puisqu'il veillait alors sur les bébés.
- Vous allez voir comme votre maman est géniale, c'est la plus merveilleuse, la plus courageuse et la plus fascinante des femmes au monde!
L'esprit encore embrumé, Kate sourit en entendant Rick en pleine discussion avec les jumeaux. Elle entrouvrît les yeux et le découvrit installé confortablement sur le fauteuil, les petits bien calés sur ses genoux à l'aide de son coussin de maternité. Il leur parlait d'une voix douce et apaisante, que les petits, comme leur grande sœur, semblaient apprécier. Elle referma alors les yeux pour les laisser en tête à têtes.
- Bon, elle chasse les méchants, alors quand on fait des bêtises, elle fait vraiment peur. Et puis, quand elle vous attrape par le nez ou qu'elle vous tire les oreilles... Ouh là! Bref, il va falloir être sages, ou super malins pour ne pas vous faire prendre!
Elle sourit à l'évocation des souvenirs de leurs débuts, combien il avait pu l'agacer et paradoxalement, à quel point elle avait été attirée par lui. Il lui avait fallu un peu de temps pour lui faire confiance et enfin se laisser aller au bonheur, mais depuis, elle pouvait dire qu'elle était pleinement heureuse et épanouie.
Son esprit cessa de vagabonder lorsque l'un des bébés se mit à pleurer. Elle se redressa aussitôt.
- Ah bah bravo! Tu as réveillé ta maman!
- Ça va, j'ai dormi longtemps?
- Environ une heure.
- Alors j'ai assez dormi, répondit-elle en se levant pour venir chercher son fils. Viens là mon bonhomme, je vais te donner à manger... Wah! Qu'est ce qui est arrivé à tes mains?
- Euh... J'ai fini de monter leurs meubles.
- Et ce sont les outils qui ont gagné la bataille?
- Les tournevis m'ont pris en traître! Le cruciforme m'a piégé pendant que le plat me portait le coup de grâce!
Elle pouffa et retourna s'asseoir confortablement sur son lit, pour donner le biberon à son fils.
- Ton papa est décidément très maladroit et apparemment, Ryan et Esposito ne sont pas plus doués de leurs mains, étant donné qu'ils étaient censés l'aider!
- Je suis très doué de mes mains! Dois-je rappeler le nombre de fois où ces merveilles t'ont emmenée au septième ciel? Demanda-t-il en levant les mains.
- Justement, j'aimerais bien que tu ne te les abîmes pas trop!
- Tu sais, je pense avoir trouvé des prénoms pour les garçons!
- Ah oui? Demanda-t-elle légèrement inquiète.
- Oui, j'ai pensé à Kyle...
- Oh! C'est mignon!
- Ne sois pas si étonnée! Je suis capable de trouver des prénoms! J'avais un bon copain qui s'appelait Kyle, quand j'étais petit, un gamin extra!
- Alors, qu'est ce que tu en dis? Demanda-t-elle au bébé qu'elle tenait dans ses bras. Ça te plaît à toi, Kyle?
- Bien sûr que ça lui plaît! C'est la grande classe de s'appeler Kyle! Et pour son petit frère, j'avais pensé...
- À quoi?
- Et si on l'appelait Johan?
- ...
- Ça ne te convient pas?
- Tu veux les appeler J et K, n'est ce pas?
- ... Quoi?! ... Non! ... Pour qui me prends-tu?! ... Pourquoi j'irais surnommer nos enfants comme les men in Black?
- ...
- Bon, d'accord, je reconnais que je trouve ça super cool, mais si j'ai pensé à Johan, c'est parce que c'est un dérivé de celui de ta mère... Un peu comme Alexis est un dérivé de mon deuxième prénom...
- ...
- Je sais que ta maman te manque beaucoup et plus particulièrement aux étapes importantes de ta vie... Mais si ça ne te convient pas, on peut chercher un autre prénom!
- ... Non... C'est parfait... Murmura-t-elle émue aux larmes.
- Alors c'est décidé! Ces petits s'appellent désormais J et K! Enfin... Johan et Kyle! Se rattrapa-t-il instantanément alors que Kate roulait déjà des yeux.
- Ton papa est un malin, dit-elle au bébé qui engloutissait le contenu de son biberon à une vitesse impressionnante, il savait que j'adorerais ces prénoms, même si je sentais venir l'entourloupe... Alors, il va falloir vous y faire... Bienvenue au monde, petit Kyle...
- Et bienvenue à toi aussi, petit Johan, dit Castle en embrassant tendrement le bébé qu'il tenait dans ses bras.
Il vint s'assoir aux côtés de Kate, leurs regards s'ancrèrent comme souvent entre eux, les mots n'étaient pas nécessaires.
Ils étaient heureux, épuisés par les récents événements, mais heureux et c'était là l'essentiel.
Attention, ce chapitre contient un petit passage réservé à un public averti... ^^
Chapitre cent trente-sept
La neige recouvrait les rues de New York, rendant Castle fou de joie à l'idée de passer un Noël blanc, ce qui, selon ses dire, le rendait encore plus magique.
- Ah ha! Je l'ai trouvé! S'écria l'écrivain en brandissant un ange en plâtre.
Il se tenait au milieu des décorations de Noël, qui jonchaient le sol du salon, lui même enrubanné de quelques guirlandes clinquantes.
- Papa, tu devrais jeter ça. C'est moche!
- Ton petit ange en pâte à sel? Jamais de la vie! Tu as fait ça pour moi en primaire avec tes petites mains potelées! Et dans quelques années, je compte bien en avoir trois autres!
Elle soupira, lui prit l'ornement des mains et l'accrocha sur le sapin.
- Chéri, pourrais-tu me racheter une bouteille supplémentaire d'aquavit pour notre vin chaud? Demanda Martha en lui montrant une bouteille vide.
- Une bouteille supplémentaire d'un alcool à 40°? Tu n'as pas modifié notre recette spéciale?
- Non, non, non. Je devais en faire beaucoup plus pour en emmener avec moi pour ma tournée de chants de Noël. Oh, ne t'inquiète pas, je partirai après le dîner de Noël. Ça ne te dérange pas, n'est ce pas?
- Mais c'est la veille de Noël! Le moment où nous ouvrons les cadeaux! Protesta Castle.
- Peut-être que nous pourrions les ouvrir le matin, suggéra Alexis.
- Dans la matinée? Se moqua Rick. Le matin c'est pour les chaussettes de Noël!
- Eh bien, je pense... Commença doucement Martha pour ne pas le brusquer, je pense qu' Alexis est en train de dire est qu'elle a d'autres projets...
- Juste avec quelques amis! Précisa la jeune fille en secouant la tête.
- Quels amis? Demanda Rick dont la voix partait déjà dans les aigus. Quels plans? Qu'en est-il de notre tradition familiale?
- Papa, je pense que tu en fais un peu trop, dit Alexis.
- C'est vrai ça! Je suis sûre que Katherine serait contente que vous terminiez la soirée à cinq, avec les petits et toi, ajouta Martha.
- Mais...
Il sentit qu'on tirait sur son pantalon et baissa le regard vers Andréa qui montrait les jumeaux de son petit doigt potelé.
- Beau!
Les bébés étaient couverts de guirlandes et de décorations en tous genres.
- Wow! C'est toi qui a fait ça?
- Mhm! Beau!
- C'est vrai qu'ils sont beaux, mon trésor, mais on ne décore pas les gens avec des guirlandes de Noël et encore moins tes petits frères!
La petite lui adressa un regard noir lorsqu'il voulu les enlever.
- Chérie, je suis désolé, mais tes frères ne sont pas des sapins de Noël!
- Tu t'es regardé avant de lui dire ça? Demanda Alexis en désignant celles qu'il avait autour du cou.
- Touché...
Il profita du fait qu'Andréa s'était focalisée sur la ville et le train électrique posé sur la table, pour libérer ses fils.
- Katherine devrait être rentrée de sa rééducation maintenant, non?
- Elle en profite peut être pour se balader, répondit l'écrivain, elle est toujours un peu nostalgique à cette période de l'année.
- Maman! S'écria Andréa en attrapant le téléphone de Rick qui venait de se mettre à sonner.
- Oh, et bien quand on parle du loup... Salut femme de ma vie! Ça a été ta séance?
- ...
- Parfait! Donc tu rentres dans peu de temps!
- ...
- Comment ça non?
- ...
- TU AS TUÉ LE PÈRE NOËL?!
- ...
- Excuse-moi de ne pas garder mon calme quand on m'annonce que le père Noël est mort!
- ...
- Oui, elle est là, elle démonte consciencieusement mon train électrique... Pourquoi tu... Oh! Oui! Je vois! Pardon Andréa chérie... Papa a dit n'importe quoi, le père Noël va très bien!
- ...
- Oui... Soupira-t-il. D'accord... Ne tarde pas de trop quand même. Et demande à Ryan et Esposito de te ramener ensuite, tu ne trouveras pas facilement un taxi de libre ce soir...
- Qu'est ce qu'il se passe? Demanda Martha devant l'air abattu de son fils.
- Kate est passée par Central Parc après son rendez-vous chez le kiné. Elle a eu tout juste le temps de s'écarter du chemin pour éviter de recevoir un père Noël sur la tête.
- Attends... Tu veux dire que...
- Hé oui, le père Noël est mort... Ce réveillon s'annonce vraiment horrible, soupira Castle.
- Et elle va bien?
- Qui ça?
- Katherine! Ta femme grand nigaud! Elle aurait pu y rester!
- Ah! Oui... Oui, elle va bien... Elle devait faire sa déposition avant de pouvoir rentrer...
- Eh bien vivement qu'elle rentre, elle aura vite fait d'effacer cet air triste de ton visage, sourit Martha.
- Alexis nous abandonne pour le réveillon et tu voudrais que je sois heureux?
- Alexis a grandi! Elle a d'autres projets et c'est normal! Ce qui n'est pas normal, c'est que tu te sentes abandonné alors que tu passeras la soirée avec ton épouse et tes enfants!
- ... Tu as raison...
- Comme toujours!
***************
Kate rentra deux heures plus tard et remarqua tout de suite qu'il était contrarié.
- Hey Lover! Je suis enfin rentrée!
- ...
- Ça ne va pas?
- Hm! Si! Bien sûr ça va! Qu'est ce qui te fais penser que ça ne va pas?
- Voyons? ... Tu es assis tout seul dans le canapé, dans le noir... Ça me semble être des indices solides!
- Tu devrais entrer dans la police! Tu ferais un fin limier!
- Les enfants sont au lit?
- Oui, ils dorment à poings fermés! Comme des bienheureux!
- Oh! Alors on a au moins deux bonnes heures devant nous! On devrait en profiter, dit-elle en venant s'installer sur ses genoux et en enroulant ses bras autour de son cou.
- Mhmm... Je ne sais pas... Je n'ai pas vraiment la tête à ça...
- Dois je te rappeler les deux règles d'or des parents des jeunes enfants?
- Quelles règles d'or?
- Quand les bébés dorment, les parents dorment, et c'est la première règle, ou font l'amour et là, c'est la deuxième règle! Dit-elle en l'embrassant sur les lèvres.
- Kate... Je n'ai pas la tête à ça...
- Tu veux dormir?
- Non...
- Alors quoi?
- Alexis veut sortir avec ses copines...
- Et alors?
- Le soir du réveillon! Elle veut sortir avec ses copines!
- C'est une grande fille! C'est normal qu'elle n'ait plus envie de passer la soirée avec nous...
- Mais c'est le soir de Noël!
- Ok, soupira Kate. Soit tu restes là, assis sur ce canapé à t'apitoyer sur ton sort pour rien, parce que tu ne pourras pas changer le fait qu'Alexis est une adulte désormais et qu'elle a une vie privée dont tu n'es plus le centre...
Elle se leva et recula de quelques pas.
- ... Mrfff...
- Soit... Ajouta-t-elle en enlevant un par un chacun de ses vêtements, tu te souviens que tu as une femme, dont tu es le centre de la vie, qui t'attend dans ton lit complètement nue et chaude comme la braise...
Elle avait accaparé l'attention de Rick dès qu'elle avait enlevé le premier bouton de son chemisier. Son corps ainsi exposé lui faisait toujours autant d'effet. Il sourit doucement.
Son regard ainsi posé sur elle, lui faisait toujours autant d'effet.
Elle rougit légèrement. Elle rougissait toujours lorsqu'elle prenait les devants, il était le seul à déclencher de telles pulsions chez elle. Il se leva et s’avança vers elle sans un mot. Les mots étaient inutiles. Il s'arrêta près d'elle, face à elle, mais légèrement sur son côté droit. Il posa délicatement la main sur son sexe, le caressant doucement de ses mains expertes. Elle ne bougeait pas et plongeait son regard dans le sien. La bouche légèrement entrouverte, elle brûlait d'impatience. Il adorait la voir ainsi, frémissante, haletante. Sa bouche était tellement tentante, il avait du mal à se maîtriser, lorsqu'elle le regardait ainsi.
Il posa alors ses lèvres contre les siennes, doucement d'abord, avant de se laisser emporter par la frénésie qu'elle déclenchait en lui.
Le cœur palpitant, elle se colla contre lui et s'attaqua à la boucle de sa ceinture. Elle sourit en sentant son sexe se gonfler d'impatience.
Il passa les mains derrière ses fesses et la souleva pour l'emporter dans leur chambre.
Son corps sur le sien, ses mains sur elle, ses caresses partout sur son corps, il la rendait folle de plaisir, comme à chaque fois. Puis elle sentit la sueur recouvrir son ventre et l'orgasme monter, violent, puissant.
Ses baisers le rendaient fou, ses caresses, ses joues rougissantes, ses seins frémissants, elle le rendait fou, fou d'amour et de désir, sa femme, l'amour de sa vie.
Il se laissa retomber sur le matelas, pantelant, heureux. Elle vint se blottir contre lui, il l'entoura de ses bras et ce fut ainsi qu'ils s'endormirent heureux.
****************
Kate terminait de donner son repas à Andréa, lorsqu'Alexis et Rick, de retour de leur shopping de Noël, passèrent la porte, les bras chargés de paquets. Ils étaient en pleine conversation, aussi assista-t-elle silencieusement à la scène.
- Ce que je veux dire, c'est que c'est déjà assez dramatique que Père Noël ait été assassiné! Ce sera le premier réveillon de Noël en 18 ans, que nous ne passerons pas ensemble. Ça crée un précédent sinistre!
- Papa, tu dramatises!
- Mais tu peux les voir quand tu veux tes copines! Geignit Rick.
- Et, si il ne s'agissait que d'une seule personne? Demanda Alexis après une légère hésitation. Et ce n'était pas vraiment juste un ami?
- Oh... Oh, un nouveau petit ami... Bien. Eh bien, est-ce que ce "pas juste un ami au singulier" a un nom?
- C'est Max.
- Max.
- Je l'ai rencontré à un concours de mauvaise poésie juste avant Thanksgiving, expliqua Alexis.
- Je vois. Eh bien, viens avec lui! J'adorerais rencontrer un mauvais poète.
- Rencontrer mon père la veille de Noël?
- Ouais.
- Ça, c'est beaucoup trop de pression!
- Quelle pression? Manger, boire, et être heureux? Ce sera...
- Max va à Londres avec sa famille le jour de Noël. Je ne vais pas le voir avant la rentrée! Nous voulons juste faire du patin à glace dans le parc.
- Oui, bien sûr. Bien sûr. Vas-y... Amusez vous bien... Soupira Castle.
Elle rit et l'embrassa sur la joue.
- Oh! Et ne t'inquiètes pas. Je serai à la maison et dans mon lit avant la venue du Père Noël! Assura-t-elle avant de quitter la pièce.
Le sourire de Rick diminua légèrement. Il s'assit dans le canapé, attrapa le téléphone portable sur le guéridon en soupirant. Deux bras chaleureux vinrent l'étreindre derrière lui.
- Castle! Le père Noël n'est pas mort! Murmura Kate contre son oreille.Je n'arrive pas à croire que je viens de prononcer cette phrase! C'était juste un type qui gagnait sa vie en se déguisant en père Noël!
- On dirait le vrai pourtant! Marmonna-t-il le regard fixé sur la photo affichée sur le téléphone de Kate. Je n'en reviens pas que tu aies photographié une scène de crime!
- Je suis flic, j'ai le droit! Et puis je n'avais pas envie de t'entendre te plaindre d'avoir loupé un truc pareil!
- C'est gentil! Toi au moins, tu penses à moi.
- Tu ne crois pas que tu exagères? Alexis a bien le droit de passer la soirée avec son copain, elle est adulte!
- Je n'exagère pas! C'est une nuit dans l'année! Est-ce trop demander de s'en tenir au programme?
- Eh bien peut-être ton programme devrait évoluer un peu.
- Il évolue! Cette année encore, on a deux bouts de chou en plus, non?
- Oui et à ce propos... Tu ne trouves pas qu'on est un peu à l'étroit ici, maintenant?
- Quoi?!
- Les bébés dorment ensemble, on n'a même plus de chambre d'amis... Et puis...
- Tu voudrais qu'on déménage? Que j'abandonne mon loft?! Mais... C'est ma tanière!
- Je dis juste qu'on pourrait commencer à regarder un peu ce qu'il y a sur le marché... Trouver notre tanière...
- Alexis m'abandonne, le père Noël est assassiné et tu me demandes de quitter ma tanière?! Ça fait beaucoup pour un seul homme...
- C'était pas le père Noël! Désolée de te l'apprendre chéri, mais il n'existe pas!
- Plus maintenant...
- Tu n'aimerais pas qu'on ait un peu plus d'intimité?
- ... Si bien sûr... Mais ce loft...
- Je ne te demande pas de le vendre! Juste qu'on se trouve un chez nous... J'ai quelques économies de côté et...
- Ce n'est pas une question d'argent...
- Écoute on n'est pas obligés de se précipiter... On peut y aller doucement...dit elle en venant enrouler ses bras autour de son cou pour l'embrasser.
- ... D'accord... On peut commencer à y penser...
- Bien! C'est une première étape, sourit-elle en l'embrassant. Et pour le réveillon, je pense que les enfants dormiront lorsque Martha et Alexis quitteront le loft... Alors on pourrait se prévoir un truc tous les deux...
- Un truc?
- Oui, on pourrait se faire un marathon de films de Noël ou... Un autre genre de marathon... Qui fait que la vie est belle...
- Toi, tu sais me prendre par les sentiments, sourit-il en l'embrassant tendrement.
... Je vais dire à ma mère et à Alexis que la tradition change et que désormais, on attendra le matin de Noël pour déballer les cadeaux!
- Il y a quand même un cadeau que tu auras le droit de déballer après la buche, précisa-t-elle en se mordillant de façon très sensuelle la lèvre inférieure.
- J'adore la façon dont tu modifies ma tradition de Noël, sourit-il.
- Toi aussi, tu as bouleversé ma tradition de Noël...
- Ah oui?
- Oui... Avant de te rencontrer, Noël signifiait pour moi une grande période de tristesse. Chaque hiver, dès les premiers frimas, je me retrouvais de nouveau là-bas, dans cette ruelle. C'était le 9 janvier, on n'avait toujours pas rangé nos décorations de Noël... Et au moment où mon père et moi l'avons fait, c'était comme si nous rangions Noël pour toujours. Nous n'avons pas rouvert les boîtes depuis. Alors
chaque année mon père s'enfermait dans sa cabane et moi, je restais au poste, montant la garde pour ceux qui célébraient Noël dans leurs maisons... C'était ma tradition... Et puis tu es arrivé dans ma vie et tu m'as rendu Noël...
- Et j'en suis bien content!
- Ouais, moi aussi, souffla-t-elle en se blottissant contre lui.
- Ce Noël sera parfait, sourit-il. J'aime beaucoup notre nouvelle tradition...
- Moi aussi.
Chapitre cent trente-huit
La journée était déjà bien entamée et malgré le froid, le soleil brillait à l'extérieur.
Dans la pièce principale du loft, chacun vaquait à ses occupations. Kate, dans la cuisine remplissait un sac isotherme avec tout ce qu'il fallait pour faire un bon goûter. Rick s'occupait d'Alexis, qui était revenue de l'université pour soigner sa mononucléose et Andréa trottinait jusqu'à la cuisine en traînant son manteau.
- Viens ici, trésor, je vais t'aider à enfiler ton manteau, dit Martha en se baissant pour être à la hauteur de sa petite fille. Alors, tu vas te promener?
- Mhm! Maman!
- Cette petite est très douée pour faire des déductions, sourit fièrement Castle. Sa maman qui prépare un sac à goûter égale une balade dans le parc!
- Ton chien aussi, fit remarquer Martha en désignant Cosmo qui arrivait en tenant sa laisse dans sa gueule.
- On aurait peut être dû l'appeler Sherlock...
Alexis cracha dans le gobelet que Rick tenait en grimaçant.
- Ta gorge va un peu mieux?
- Pourquoi est-ce que j'ai cette mononucléose? Soupira-t-elle en se laissant retomber sur le canapé.
- Eh bien, on n'appelle pas ça la maladie du baiser pour rien... Je suppose que toi et Max... Je vais arrêter là!
- Je pense que c'est préférable, grogna Alexis en hochant la tête sèchement.
- Je vais te faire du thé, dit-il en s'avançant vers la cuisine où Kate terminait de préparer son sac.
- Tiens! J'en ai préparé une tasse, dit-elle, et avec une double dose de miel!
- Merci, tu es parfaite! Ça va lui remonter le moral, Alexis était censé aller à Paris avec sa mère...
- Ça n'est que partie remise... Sa fièvre est tombée?
- Pas vraiment... Je suis désolé de ne pas t'accompagner... Tu vas t'en sortir?
- Ça va, Kyle et Johan ne bougent pas encore de la poussette, Cosmo ne lâche pas Andréa d'une semelle et elle est toujours très sage quand on va au parc. Occupe-toi d'Alexis, je gère et puis Lanie va nous rejoindre là-bas.
- Merci. Je trouverai un moyen de me rattraper, tu peux compter là-dessus, promit-il d'un air coquin.
La sonnette retentit et Martha alla ouvrir.
- Si tu pensais qu'il vaut mieux pour les enfants que vous vous installiez à l'hôtel, je comprendrais, tu sais?
- Ça va, le pédiatre a dit qu'Alexis était contagieuse depuis plusieurs semaines déjà, alors aller à l'hôtel ne changerait rien et puis c'est une maladie qui se transmet essentiellement par la salive, alors...
- Richard, appela Martha.
Cependant ce dernier, trop absorbé par la contemplation de son épouse, ne l'écoutait pas.
- Richaaaaarrrrd, insista Martha..
- Quoaahah? Chantonna-t-il en se tournant vers Martha.
Il s'arrêta net en apercevant Meredith, qui se tenait dans l'embrasure de la porte.
- Ton ex-femme est ici!
Meredith haussa les épaules avec un sourire. Elle entra et remit son sac à Martha qui leva les yeux au ciel.
- Meredith? S'étonna Castle.
- Maman?
- Bonjour Chaton.
- Euh, wah! Que fais-tu ici? Bafouilla Castle.
- Alexis, oh, mon pauvre bébé.
Tout le monde se regarda ahuri de la voir débarquer au loft. Rick s'avança et prit en charge ses bagages déposés dans l'entrée.
- Tu n'es pas censée être à Paris? S'étonna Alexis.
- Jamais sans ma fille. Et puisque tu ne peux pas aller à Paris, j´ai fait venir Paris à toi: des pâtisseries françaises et Drôle de frimousse! Annonça Meredith en envahissant le loft à la manière d'une tempête tropicale. On profitera de tout ça pendant que je te remettrai sur pieds!
Meredith leva les yeux vers Beckett en souriant. Les yeux de Beckett se plissèrent avant de se tourner vers Rick. La situation était franchement inconfortable.
- Meredith?!... Comment...? Pourquoi...? Pourquoi tant de bagages?
Meredith se tourna vers lui et sourit.
- Oh...
Les yeux de Beckett s'élargirent, elle n'était pas sûre de croire à ce qui était en train de se produire.
***************
- Attends! Kate!
- ...
- Bon sang ce qu'elle peut être bornée! Pesta-t-il alors qu'elle arrivait de l'autre côté de l'avenue. Comment fait-elle pour être aussi rapide avec une poussette triple et un chien?
Sans prendre le temps de vérifier la couleur du bonhomme lumineux devant le passage protégé, il traversa en courant, provoquant une nuée de Klaxons et de crissements de pneus. Il s'excusa platement et termina sa traversée comme il put.
- Kate! Cria-t-il de nouveau alors qu'elle allait entrer dans Central Parc.
Elle soupira et s'arrêta pour l'attendre.
- Je ne peux pas croire que tu as réellement laissé ton ex-femme rester au loft! Tu ne trouves pas qu'il est déjà suffisamment peuplé comme ça?
- Qu'est ce que je devais faire, l'envoyer dans un hôtel?
- Oui!
- ...
- Ecoute, je comprends qu'elle ait envie de s'occuper d'Alexis... Mais en restant chez nous?
- Ok, attends! Attends! . Je me suis tourné vers toi, j'ai dit "est-ce que tu es d'accord? " Et tu as dit oui!
- Qu'est ce que je pouvais dire d'autre? Tout le monde me regardait! Je ne suis pas censée être la méchante dans cette histoire! Ça c'est ton rôle! En plus, je t'ai fait mon regard!
- Quel regard?
- Mon regard! Le regard qui tue! S'il te plait ne me fais pas comme si tu ne connaissais pas mon regard qui tue! Ça fait quatre ans que je te le fais au moins deux fois par semaine!
- Je croyais que c'était un tic! D'ailleurs, Andréa l'a attrapé!
- C'est pas un tic! Et chez elle non plus! Elle le fait à bon escient à chaque fois! Grogna-t-elle. Et tu sais quoi? Je n'ai pas envie de parler de ça maintenant.
Elle s'éloigna de lui et se dirigea vers Lanie qui arrivait un peu plus loin. Rick soupira et la suivit peu après.
- Bonjour, Lanie, soupira Kate d'un ton agacé.
- Woaw! Toi, tu as ta voix des mauvais jours! Qu'est-ce qui ne va pas?
- Les hommes ne comprennent rien.
- Les hommes? Ou tout simplement Castle? Demanda Lanie en jetant un regard rempli de reproches à Rick qui fit une moue d'enfant que l'on gronde.
Kate détacha Andréa de sa poussette et lui donna un ballon. La petite sourit, le prit et commença à le promener dans la pelouse. Elle détacha ensuite Cosmo, qui s'empressa de rejoindre Andréa.
- Ok! J'ai compris, je suis vraiment désolé pour cette histoire avec Meredith! Lâcha Rick. Je vais arranger les choses!
Kate le considéra et toute sa colère s'envola. Elle savait qu'il ne l'avait pas fait intentionnellement, qu'il était seulement trop gentil et trop faible devant les femmes.
Elle esquissa un léger sourire auquel il répondit en l'étreignant avec un long soupir de soulagement.
- Ne t'en fais pas, je gère! Promit-il en jouant des épaules pour imiter un macho avant de reprendre le chemin du loft.
- Et si tu m'expliquais maintenant? Demanda Lanie en plaçant les mains sur ses hanches pour se donner un air impressionnant.
Kate lui fit un résumé de la situation et fut surprise par la colère de son amie.
- Non, tu dois t'en occuper! C'est de Meredith dont nous parlons! La brioche au beurre avec laquelle Castle couchait à chaque fois qu'elle revenait en ville!
- Lanie! C'est de l'histoire ancienne tout ça! Castle et moi sommes mariés et parents! Je lui fais confiance. Il ne va pas avoir des relations sexuelles avec elle.
- Vous avez trois enfants en bas âge! Beaucoup de couples ont la libido en berne dans ces cas là!
- Merci de t'inquiéter de notre libido, mais elle va très bien! Je t'assure!
- Très bien. Disons que ce n'est pas une question de sexe. C'est une question de limites! Meredith essaye de marquer son territoire. Tu ne peux pas la laisser aller et venir à sa guise!
- Mais il est dans une situation délicate... Alexis est malade..
- Peu importe! C'est une guerre, jeune fille. Et devine qui perd?
- Je ne sais pas, soupira Kate... Peut-être que tu as raison...
- Peut-être que je me trompe? Bien sûr que j'ai raison!
- Ouais....
Andréa revint vers elles et offrit à sa mère un bâton qu'elle avait ramassé près d'un buisson. Kate lui sourit.
- Oh, merci mon bébé!
- Tourne!
Kate agita le bâton sous les yeux émerveillés de sa fille, qui battait des mains.
- Euh... Tu m'expliques? Demanda Lanie.
- C'est une baguette magique.
- Une baguette magique?
- Elle fait apparaître le goûter! Dit Kate en ouvrant le sac qu'elle avait emporté.
- Castle a sacrément déteint sur toi, si tu veux mon avis!
- Tu trouves?
- Ouais, la Kate Beckett que j'ai rencontrée il y a plus de dix ans maintenant n'aurait jamais utilisé un bâton pour en faire une baguette magique!
- Ça amuse Andréa, dit Kate en souriant à sa fille. Et Castle aussi.
- Pourquoi ça ne m'étonne pas? Rit la légiste. En tout cas, tu rayonnes et ça, c'est le plus important. Tu devrais peut être l'utiliser pour faire disparaître la brioche au beurre, si tu veux mon avis!
- Ça serait bien, oui, rit la détective.
La poussette s'agita légèrement et des grognements s'en échappèrent.
- Ah! On se réveille on dirait! Constata Lanie.
- Seize heures pile! Ces gamins sont mieux réglés que des horloges! Tu veux bien donner un des biberons?
- Je suis là pour ça, répondit la légiste en s'approchant de la poussette pour prendre un des bébés. Viens par ici mon cœur! Oh! Mais c'est que tu as pris du poids depuis la dernière fois!
- Ils vont être au moins aussi grands que leur père! Regarde-moi ces gaillards!
Pendant ce temps, Rick était revenu au loft et tentait de parler à Meredith, qu'il trouva dans la cuisine.
- Salut toi. Vous avez déjà fini votre promenade?
- Euh, non. Pas encore. Comment va Alexis?
- Elle dort. Mais je vais la réveiller avec un peu de soupe. Tu en veux?
- Oh, euh ... non merci... Euh... Hésita-t-il. Écoute, Meredith, que tu restes dormir ici...
- Merci encore, Richard! Tu ne peux pas savoir ce que cela signifie pour moi! Le coupa-t-elle.
Pris au dépourvu, il resta muet un instant, cherchant le meilleur moyen de lui annoncer ce qu'il avait à lui dire.
- Ouais. C'est juste que... Kate et moi...
- Vous êtes merveilleux. C'est si rafraîchissant de voir comment vous vous sentez en sécurité dans votre couple! Tu sais, la plupart des femmes ne seraient pas d'accord de voir débarquer l'ex-femme de leur mari, mais pas Kate Beckett. Elle comprend!
- Oui, Kate comprend... Marmonna Rick. Hum, Meredith, comment te dire? Euh...
- Je sais! Le coupa-t-elle une nouvelle fois. Et ... Ce n'est pas facile pour moi de l'admettre. Je ne suis pas la meilleure des mères. J'ai tellement manqué de choses dans la vie de notre fille. Et le fait que vous me permettiez d'être ici maintenant, pour Alexis pendant sa convalescence..., Richard, je ne vais jamais l'oublier!
Elle tapota la joue de Rick et attrapa le plateau de soupe. Elle avait sorti le grand jeu pour cette performance et y ajouta la touche finale en essuyant une larme avant de se diriger vers les escaliers.
- Et Kate non plus, marmonna-t-il dépité.
Kate et les enfants rentrèrent une heure plus tard. Andréa se précipita vers son père pour lui donner un caillou qu'elle avait ramené pour lui.
- Hey! Ma princesse! Alors, elle était bien cette balade?
- Mhm!
- C'est pour moi? Qu'est ce que c'est?
- Pipite!
- Une pépite?! Wah! Nous voilà riches! Tu vas la ranger dans notre coffre à trésors?
Il la regarda s'éloigner en direction de sa chambre, tandis que Kate venait s'asseoir dans le canapé près de lui.
- Eh bien?
- Eh bien quoi?
Elle soupira.
- Oh, ça! Je travaille encore dessus! Et les petits?
- Ils ont goûté et pris l'air, ils dorment tranquillement.
- Tant mieux...
- ...
- ...
- Tu n'as pas réussi à lui dire, n'est ce pas?
- Non... Mais je te jure que j'ai essayé! Mais elle m'a coupé la parole à chaque fois et elle était tellement contente de s'occuper d'Alexis! Que j'ai pas pu lui dire!
- Rick! Souffla Kate. Il va vraiment falloir que tu deviennes plus ferme avec les femmes! Enfin les autres, hein, pas moi! Pas la peine d'essayer de me tenir tête, tu perdrais ton temps!
- Cela va sans dire!
- Alors? Quel est ton plan d'action?
- Et bien... Tu vas être heureuse d'apprendre que ce soir nous allons nous prélasser dans l'immense jacuzzi du Four Seasons où je viens de nous réserver la suite Ambassadeur, annonça-t-il fièrement. Il y aura des nounous qualifiées pour s'occuper de notre progéniture, pendant que nous dégusterons des fraises et que nous boirons le meilleur champagne en nous faisant masser!
- Pourquoi est ce qu'on ferait ça? Demanda Kate.
- Parce que notre loft subit une invasion de rouquines et qu'Alexis est contagieuse. Donc je me suis dit pourquoi ne pas aller nous amuser et nous détendre?
Elle soupira, déçue qu'il ait opté pour la facilité.
- Non.
- Non quoi?
- Nous n'irons pas au Four Seasons. Ça fait déjà plusieurs jours qu'Alexis est contagieuse! Si quelqu'un doit être envoyé à l'hôtel, c'est Meredith!
- J'ai essayé! Ça... Mais ça signifie beaucoup pour elle, d'être là pour Alexis et ... Ça me semblait cruel de la chasser et l'envoyer dans un hôtel.
- Vraiment? Parce que tu viens d'essayer de faire avec les enfants et moi!
Château se redressa rapidement.
- Non! Mais c'est pas...
- Mais rien! Allez debout Chaton. On a un lit d´appoint à installer!
- Quoi?
- On ne va pas la faire dormir dans le canapé! Cosmo dort déjà dans le salon. Et tu sais combien il aime se vautrer dans le canapé quand on a le dos tourné.
- On va l'installer où alors?
- J'avais pensé à la chambre des jumeaux, elle est grande et leurs berceaux ne prennent pas toute la place...
- Mais ils se réveillent encore deux fois par nuit et comme ils se décalent la plupart du temps, ça fait quatre fois! Elle ne va pas passer une bonne nuit!
- Exactement!
- ... Oh! ... Je vois! ... C'est perfide! ... Wah! Brillant! Tellement brillant! ... Mais...
- Oui, tu as raison, c'est pas sympa pour Kyle et Johan... Alors on la met où?
- Bah... On n'a pas vraiment le choix...
- L'hôtel! Se réjouit Kate.
- Non... La chambre d'Alexis.
- Pffff... Ok, mais on lui met les vieux draps qui grattent! Pas question qu'elle se sente trop bien chez nous!
Il hocha la tête. Elle quitta la pièce, il avala sa salive en notant qu'il ferait bien de ne jamais être dans la ligne de mire de sa femme, puis la suivit.
****************
Kate préparait le café quand Meredith descendit les escaliers, vêtue seulement d'un tee shirt et d'une culotte. Elle n'avait pas l'air au mieux de sa forme, ce qui amusa Kate.
- Oh, ça sent drôlement bon. Puis-je en avoir une tasse? Demanda-t-elle en prenant la tasse que Kate venait de remplir.
- Euh... Cette tasse était pour Castle... Mais oui, servez-vous!
- Alors, comment va Alexis?
- Elle dort. Elle est toujours endormie. Je l'aime, mais avec sa mono elle est un peu barbante.
- Hmm. Bien dormi?
- Euh... Oui... Vos enfants sont adorables! Répondit Meredith avec un sourire forcé.
- Oui... Adorables... Désolée pour les pleurs cette nuit, Andréa fait des grosses dents et les jumeaux mangent encore chacun deux fois par nuit...
- Quand Alexis était petite, j'étais souvent partie sur un tournage à L.A., je n'ai pas vraiment connu ça avec elle... Enfin, ça n'est pas grave! C'est juste pour quelques nuits. Peut-être que la nuit prochaine ils ne se réveilleront pas... Vous avez des somnifères?
- Je... Pardon? ... Euh...Vous savez, vous devriez peut-être mettre enfiler un pantalon, dit Kate en apercevant Rick sortir de la chambre à coucher.
- Pourquoi? C'est pas comme si j'allais sortir... Répondit Meredith en saupoudrant son café.
- Oh! Hey, vous êtes déjà levées! Constata Rick avec prudence. Qu'est-ce qu'il se passe? Woaw! Meredith, tu as une sale tête!
- Une sale tête?! Qu'est ce que tu entends par là?
- Euh... Eh bien... Euh... Tu as une sale tête... Quoi! Tiens, prends un peu de noix de muscade dans ton café, dit Rick en saupoudrant une nouvelle fois le café qu'elle tenait.
- C'est pas vrai! C'est à ce point là? S'affola Meredith.
- La noix de muscade? Demanda Kate qui ne comprenait pas leurs sous-entendus.
- Chaque fois que je passait des nuits blanches pour écrire, Meredith répandait de la noix de muscade dans mon café. Ça me donnait un coup de fouet supplémentaire, expliqua Rick alors que Meredith se tapotait les joues d'un air désespéré.
- Oh! C'est vrai que vous avez l'air fatigué. Vous voulez un jus d'orange frais aussi? Demanda Kate. Ça vous donnerait un autre coup de fouet...
- Euh, non. Merci. Je pense que je l'ai eu assez de coups de fouet pour ce matin. Je vais... Voir Alexis...
- Bon! Moi, je vais courir un peu, annonça Kate avec un petit sourire satisfait. Cosmo?! Viens mon chien, on va courir!
Rick sourit à son tour, persuadé qu'elle remerciait intérieurement la poussée dentaire d'Andréa et les fringales nocturnes des garçons.
Lorsqu'elle revint une heure après, Kate découvrit Meredith, Alexis, Rick et Martha dans le salon.
- Tu es sûre que c'est bien normal que je parte sans toi? Demanda Meredith.
- C'est pas parce que je suis malade, que tu devrais toi aussi manquer tes vacances! Je veux que tu y ailles!
- Nous le voulons tous! Affirma Martha.
- Qu'est ce qu'il se passe? Demanda Kate.
- Je me sens tellement coupable que maman manque ses vacances parce que je suis malade, expliqua Alexis, je lui ai dit de profiter de Paris pour nous deux.
Kate sourit devant les mimiques des trois Rodgers pour pousser Meredith à partir.
- Oh... Et bien... Bon voyage, Meredith! Sourit Kate.
Après des au revoir chaleureux, Meredith quitta le loft pour le plus grand bonheur de tous.
Rick soupira de soulagement quand la porte se referma derrière Meredith.
- Ouf! Sauvés...
- En tout cas, la prochaine fois tu diras non à Meredith! L'avertit Kate.
- La prochaine fois je lui dirai non! Promit-il.
- Et si nous trinquions? Proposa Martha.
- Bonne idée! Approuvèrent les trois autres.
- Minou!
Ils se tournèrent, Andréa arrivait derrière eux et tendait les bras vers Rick.
- Minou!
- On a un chat? S'étonna Martha en regardant dans les coins.
- Tu ne trouves pas que ce loft est déjà assez peuplé? Demanda Rick.
- Mais alors qui est ce Minou? Une nouvelle peluche?
- C'est moi qu'elle appelle comme ça? Interrogea Rick alors qu'Andréa lui faisait un gros câlin. Pourquoi?
Kate explosa de rire.
- On dirait bien, mon chaton!
- Minou! Répéta la petite en caressant la joue de son père.
- Non, moi c'est papa!
- Minou!
- Meredith... Grogna Rick.
- Ah! Cette petite a le sens de l'humour! Remarqua Martha hilare.
- Mouais...
Chapitre cent trente-neuf
La journée ne semblait pas vouloir se terminer. Kate, qui avait retrouvé le chemin du poste depuis une semaine, venait de jeter une fois de plus un œil à sa montre. La troisième fois en moins de quatre minutes. Castle lui manquait. Ses enfants lui manquaient. Seule Martha, qui préparait bruyamment la mise en scène de la prochaine pièce qu'elle voulait monter avec ses élèves dans le salon du loft, ne lui manquait pas vraiment.
L'aiguille des minutes avança légèrement. Kate soupira et retourna à la paperasse de sa première enquête depuis son retour.
Elle sursauta lorsqu'une tasse de café fumant apparut devant elle. Elle se tourna et tomba nez à nez avec Esposito.
- ... Merci...
- De rien, répondit celui-ci. Je ne suis pas ton mari, mais tu ne trouves pas que je suis plus beau que lui?
Elle fronça les sourcils ne comprenant pas où il voulait en venir.
- Bah quoi, c'est vrai! Je suis plus musclé, plus bronzé... Commença Esposito en prenant la pose pour appuyer ses propos.
- ... Plus petit et moins marrant! Compléta Kevin en arrivant à son tour. Laisse tomber, vieux, t'es pas Castle.
- Je peux savoir à quoi vous jouez? Demanda Beckett en buvant une gorgée de café en grimaçant.
- Tu vois? Même son café, tu ne sais pas le choisir! Sourit l'irlandais.
- Les gars! Souffla Kate exaspérée.
- Excuse-nous, on essayait seulement de te faire sourire, dit Esposito.
- Ouais, tu n'es pas super rigolote depuis ton retour... Ajouta Ryan.
- Je ne suis pas là pour vous amuser, je suis là pour la justice! Grogna Beckett.
- Ouais, mais quand Castle est là, tu souris beaucoup plus et ça nous rend le boulot plus agréable! Répondit Esposito. Au fait, il revient quand?
- Dans une semaine, quand les jumeaux auront leurs places à la crèche du poste, expliqua Kate.
- Trois mômes! Soit vous êtes admirables, soit vous êtes inconscients, lança Esposito en secouant la tête.
- Surtout s'ils ressemblent à leur père, ricana Ryan.
- Je serais fière qu'ils lui ressemblent, rétorqua la détective, il est malin, débrouillard...
- ...Intenable ! Intervint Esposito.
- ... Beau et grand, rétorqua Kate.
- ...Touche à tout! Contra le latino.
- ... Fascinant! Répliqua Beckett.
- ... Imprévisible !
- ... Surprenant !
- Laisse tomber, Bro, intervint Ryan, tu n'auras pas le dernier mot avec elle.
- Vous n'avez pas de la paperasse à terminer? Râla Beckett en désignant la pile de dossiers qui jonchait le bureau du latino.
Ils bougonnèrent pour la forme et se remirent à la tâche.
Le reste de la journée fut aussi ennuyeux que son début, aussi, lorsqu'elle referma le dossier sur lequel elle travaillait, Kate s'étira longuement, soulagée de voir enfin arriver le moment de retrouver ses pénates.
- On va pouvoir rentrer tôt encore ce soir, sourit Ryan en la voyant ranger ses affaires avec empressement.
- Ouais!
- Et Castle? Il s'en sort seul avec les trois petits?
- Avec eux dans les pattes, au moins je suis sûre qu'il ne fait pas de bêtises! Plaisanta Kate. Bon, je rentre!
- Passe une bonne soirée! Sourit l'irlandais.
- Ouais ! Avec un peu de chance, les criminels nous laisserons tranquilles, rétorqua la détective en leur adressant un signe de la main pour leur dire au revoir.
Lorsqu'elle passa la porte du loft, quelques temps plus tard, Kate trouva Rick déguisé en princesse sirotant un thé imaginaire qu'Andréa venait de lui servir. Les jumeaux, affublés eux aussi de coiffes de princesse suçaient leurs doigts de pieds en un parfait synchronisme.
- Hey! Lança Kate un sourire radieux sur les lèvres. Vous avez l'air de bien vous amuser!
- La fée Clochette nous a invitées pour le goûter, sourit Castle en levant son assiette remplie de gâteaux et tartelettes en bois. Tu veux te joindre à nous?
- Avec plaisir, répondit Kate en embrassant tendrement sa petite fée et ses trois princesses.
- Alors il faut que tu revêtes la tenue adéquate, répliqua Rick en sortant un diadème du coffre à jouets.
- C'est nouveau tout ça, constata Kate en découvrant tous les accessoires que contenait le coffre.
- On s'est arrêtés au magasin de jouets pendant notre promenade. Pourquoi me regardes-tu comme ça?
- Je trouve que le diadème ne te va pas mal...
- Oui je sais, un rien m'habille. Tu veux que je le mette dans notre coffre à jouets ?
- Euh… Non… Merci ! Ça ira !
- Ouais, t'as raison...
Ils passèrent la soirée ainsi, tranquillement et furent rejoints un peu plus tard par Martha, qui fut elle aussi ravie de se déguiser pour l'occasion.
************
Le lendemain, alors que les premiers rayons du soleil pénétraient dans la pièce, le réveil se mit à inonder la chambre avec la mélodie en vogue du moment, qui n'était pas la plus douce pour se réveiller. Après avoir laissé tomber lourdement sa main sur l'objet perturbateur pour l'éteindre, Kate s'étira dans son lit en grognant et en se demandant comment elle allait résister à cette journée avec uniquement quatre heures de sommeil.
Elle se tourna et sourit en se retrouvant nez à nez avec son époux. Rien ne semblait pouvoir perturber son sommeil.
Elle tendit le cou, frotta son nez contre sa barbe naissante et sourit de nouveau en déposant un baiser sur sa mâchoire.
- Te lève pas, marmonna-t-il dans un demi sommeil.
- Désolée mon cœur, mais il faut que j’aille au poste.
Il s’assit si brusquement, qu’elle manqua de tomber à la renverse.
- Une nouvelle affaire ?
- Oui et tu le sais, puisque j’ai été appelée cette nuit, lui rappela-t-elle.
- Ah oui ?
- Apparemment, tu n’étais pas vraiment réveillé, constata-t-elle en enroulant ses bras autour de son cou.
- Mhm… J’aimerais t’accompagner… marmonna-t-il.
- Encore un peu de patience, le consola-t-elle en frottant son nez contre le sien. Dans une semaine, tu pourras revenir avec moi.
- Mouais… Alors, dis-moi ? Cette affaire ? C’était horrible ?
- Je ne sais pas…
- Tu ne sais pas ?
- Non, le corps était déjà emballé quand je suis arrivée et Lanie m’a vivement déconseillé d’y jeter un œil. Le corps était carbonisé.
- Woah ! A ce point-là ? Vous n’avez pas idée de qui est la victime, alors ?
- Elle avait un implant en titane, Lanie devrait avoir son identité dans la matinée.
- MINOU !
- Ah ! Ta fille te réclame.
- Tu crois qu’un jour elle recommencera à m’appeler Papa ?
- Pas tant que ça l’amusera et elle adore t’embêter !
- Ouais, la digne fille de sa mère, soupira-t-il en sortant du lit.
- Que veux-tu, tu es tellement facile à taquiner, sourit Kate. Et à propos de ton autre fille, comment ça se passe avec son copain ?
- Oh, ce n’est pas sérieux !
- Qu'est-ce qui te rend si sûr qu’Alexis n’est pas sérieuse au sujet de ce type?
- Eh bien, je ne l'ai pas rencontré, ni approuvé, alors ça ne peut pas être sérieux. Tous ses prétendants doivent être approuvés et intimidés par moi personnellement avant qu'ils puissent être pris en considération pour le statut officiel de petit ami.
Elle leva les yeux au ciel et l’embrassa rapidement avant de filer sous la douche. Lorsqu’elle en sortit, Rick et Andréa l’attendaient dans la cuisine devant un bon petit déjeuner.
- Wah ! Vous êtes merveilleux !
- Maman !
- J et K jouent les marmottes, alors ce matin, ce sera juste nous trois !
- Arrête de les appeler comme ça ! Le sermonna-t-elle. Martha n’est pas là ?
- Elle est déjà partie à son école de théâtre, sa troupe a une représentation à préparer pour dans deux semaines, tu te souviens ?
- Comment oublier ses répétitions dans notre salon ?... grimaça Kate. Alors, ça veut dire qu’on va souvent se retrouver à cinq alors ?
- Pour les deux semaines à venir, oui !
- Wah !
- En parlant de notre vie à cinq, je pense avoir trouvé une solution à notre problème de logement !
- Ah oui ?
- Oui ! L’étage inférieur du bâtiment se libère, il y a de quoi y faire un petit loft pour ma mère et Alexis. On aurait deux baby-sitters sous la main et plus d’intimité pour nous.
- Génial !
Le téléphone de Kate sonna au même instant. Elle lut rapidement son message.
- C'est Lanie. Elle a l'identité de notre victime!
- Et tu dois partir... Compléta Rick déçu.
- J'ai tout de même le temps de prendre mon petit déjeuner, dit-elle en venant prendre place à côté de lui.
- J'aime quand tu prends le temps de vivre, sourit-il.
- Ça, c'est depuis toi, répondit-elle en l'embrassant tendrement.
Après un petit déjeuner rapide, mais agréable et suffisamment copieux, Kate quitta le loft le cœur léger. Avec cette nouvelle affaire, son esprit serait occupé et ses journées lui sembleraient moins longues. Ce qu’elle ne savait pas encore, c’est qu’en pensant cela, elle était largement en-dessous de la vérité, car cette affaire allait véritablement lui torturer l’esprit.
Chapitre cent quarante
Lorsque Kate arriva au poste, elle commença à mettre en place le murder board en attendant Ryan et Esposito.
- Vous êtes passés à la morgue? Demanda-t-elle lorsqu'ils franchirent les portes de l'ascenseur.
- Oui, répondit Ryan.
- L'implant dentaire appartenait à Mélanie Rogers, 27 ans, expliqua Esposito tandis que Ryan affichait sa photo. Elle vivait dans le New Jersey près de l'Université Rutgers, où elle était ingénieur dans le design respectueux de l'environnement. Elle était très bien vue et appréciée. Personne ne sait qui aurait pu lui faire cela.
- Qu'est-ce qu'un ingénieur du New Jersey faisait dans un baril à Manhattan? S’étonna Kate.
- Je ne sais pas, répondit Ryan mais il se passait quelque chose de louche avec elle. J'ai jeté un œil à ses appels téléphoniques d'hier. Elle a passé une demi-douzaine d'appels au même numéro en 20 minutes.
- Un petit ami? Demanda Kate.
- Peut-être. Son indicatif est le 202, mais il est répertorié comme bloqué.
- Qui que ce soit, il nous faut un mandat sur ce numéro de téléphone, dit Kate.
- Elle a passé un autre appel après, vers 16 heures. Et puis après plus rien, ajouta Esposito.
- Qui a-t-elle appelé?
- Sa demi-sœur, Julie. Je l'ai appelée, elle était sa seule famille. Elle travaille comme agent de crédit dans Midtown.
- Amenez-la, ordonna Kate. Elle pourrait être en mesure de nous éclairer.
L’entrevue avec Julie fut instructive. Apparemment, Mélanie entretenait une relation secrète, visiblement avec un homme marié et en écoutant le message qu’elle avait laissé sur la boîte vocale de sa demi-sœur, ils assistèrent à son meurtre. Kate y décela même le cliquetis métallique d'un zippo.
Ils suivirent donc la piste de l'amant mystérieux et tombèrent des nues en découvrant qu'il s'agissait du sénateur William Bracken.
*******************
Kate se tenait devant le miroir des toilettes pour dames et observait son reflet. Enfin! Le moment qu'elle attendait depuis tant d'années était enfin arrivé. Elle avait enfin l'occasion de rendre justice à sa mère... Bracken venait de commettre le faux pas, qui causerait sa perte. Il venait d'entrer dans son rayon d’action, elle allait pouvoir le faire payer.
À cette idée, elle sentit son cœur cogner de plus en plus fort dans sa poitrine. Elle prit une grande inspiration et souffla lentement. Il fallait qu'elle se calme.
Elle se passa une nouvelle fois de l'eau sur le visage, puis reprit une grande inspiration. Bracken était un gros poisson, elle n'avait pas droit à l'erreur et ne devait pas laisser ses émotions la diriger. Elle avait d'ailleurs envoyé les gars pour l'interroger, pas question de lui mettre la puce à l'oreille! Elle avait une longueur d’avance sur son pire ennemi et comptait bien la conserver le plus longtemps possible.
Malheureusement, les événements ne prirent pas la tournure espérée. Bracken ne tarda pas à reconnaître les gars et à appeler ses avocats.
Pire encore, ils découvrirent que non seulement, Bracken n'était pas le meurtrier, mais qu'en plus, il était la cible. Kate avait bien eu le face à face qu'elle espérait, mais pas dans les circonstances dont elle avait rêvé.
Elle avait cependant réussi à garder son calme et à rester professionnelle lors de l’entrevue avec le sénateur.
Ce fut ainsi qu'au lieu de rentrer chez elle et de profiter de moments privilégiés en famille, Kate se retrouva à passer la soirée au poste, à s'user la rétine en lisant les centaines de lettres de menaces reçues par son pire ennemi.
Au bout de plusieurs heures, alors que ses yeux lui piquaient et qu’elle avait du mal à ne pas s'endormir, Kate tomba sur ce qu'elle cherchait. L'écriture correspondait parfaitement à celle trouvée dans le carnet du tueur. Elle attrapa l'enveloppe qui la contenait, il n'y avait pas d'adresse, pas de nom, uniquement un cachet de la poste du New Jersey.
L’idée qui venait de lui effleurer l'esprit la fit frissonner. Et si cette lettre pouvait les mener à celui qui menaçait la vie du sénateur honni n’était jamais trouvée ?
Signaler sa trouvaille, signifiait donner à Bracken l'occasion de s'en sortir une fois encore. Où trouverait-elle le courage de faire son devoir en sauvant la vie de son ennemi juré?
Il avait tué sa mère, le capitaine Montgomery et avait tenté de la tuer alors qu’elle attendait Andréa.
Pourrait-elle encore se regarder dans la glace si elle le laissait mourir? Pourrait-elle encore mériter les compliments de Castle sur sa force de caractère, sur son intégrité?
Faire disparaître cette preuve semblait si facile... Il suffirait de laisser cette personne aller au bout de sa vengeance et...
Elle se rassît et se prit la tête en soupirant. Il lui semblait que cette fois il n'y avait pas de bon choix...
******************
Lorsqu’elle passa la porte du loft, Rick et les enfants dormaient. Elle passa embrasser chacun de leurs bambins, puis se rendit dans sa chambre. Elle regarda Castle, qui dormait paisiblement, sourit et se glissa dans le lit pour se blottir contre lui.
- Alors? Tu as déjà oublié ta bonne résolution? Marmonna-t-il à moitié endormi.
- ... Je ne voulais pas te réveiller.
- Je ne dors que d’un œil quand tes pieds glacés ne sont pas dans le lit, plaisanta-t-il. Il est tard, ton enquête est difficile?
- Oui... Euh... C’est surtout que je n'ai pas vu passer l'heure...
- Tu es sûre que ça va? Demanda-t-il en se redressant étonné.
- Oui... Pourquoi ça n'irait pas?
- Parce qu'en temps normal, j'aurais eu droit à une réplique cinglante du genre " J'ai un travail, moi, je ne peux pas faire ce que je veux quand je veux"...
- C’est vrai ça ! Alors, parle-moi de ta journée, encore un goûter de princesses chez la fée clochette ?
- Non, un séjour à l’hôpital, visiblement mon troisième orteil avait besoin d’une opération d’urgence, mais le docteur Andy m’a fait un gros pansement et m’a fait boire du sirop.
- Le sirop guérit tout, sourit Kate.
- Ouais, d’ailleurs, j’aurais bien besoin de goûter ton sirop pour être sûr d’être complètement rétabli.
Kate éclata de rire tandis que Rick, parfaitement réveillé la plaquait contre le matelas et se jetait passionnément sur ses lèvres.
**************
Debout devant la fenêtre du salon, perdue dans ses pensées, Kate n’entendit pas Rick arriver près d’elle. Il se colla contre son dos et l’entoura de ses bras.
- Et si tu me disais ce qui te tracasse, murmura-t-il en embrassant sa chevelure.
- Quelle heure est-il ?
- Presque six heures du matin. Tu as battu le record de Kyle. Alors ? Qu’est-ce qu’il t’arrive ? Ne me dis pas que tu es victime d’une poussée dentaire toi aussi.
Elle sourit et se tourna pour lui faire face. Il avait le droit de savoir, ils s’étaient promis de tout se dire. Elle lui relata toute l’affaire ainsi que le dilemme qui la tourmentait.
- Et qu’as-tu fait de la lettre ? Demanda-t-il inquiet.
- J’ai appelé les gars et je la leur ai confiée.
- Wah !
- Je sais, j’ai eu très envie de la brûler.
- Qu’est ce qui t’a fait changer d’avis ?
- Une des photos sur mon bureau. Celle que tu as prise au parc le mois dernier.
- Celle d’Andréa et toi ?
- Oui.
Lorsque Jim avait vu cette photo, il avait été bouleversé tant elle lui avait rappelé une photo qu'il avait prise près de trente ans auparavant. Il la leur avait alors montrée et effectivement, on aurait pu croire qu'il s'agissait de la même photo. Kate était devenue le portrait de sa mère, tout comme Andréa était la réplique parfaite de la petite Kate.
- Seule la vérité comptait pour elle...souffla Kate. J’ai compris qu’il suffisait que je suive la ligne de conduite qu'elle s'était fixée, qu’il était inutile que je me torture l’esprit. Seule la vérité compte, peu importe la personne à défendre. Si je ne recherche que la vérité je n'aurais aucun regret, même si cela signifie protéger Bracken.
Rick ne répondit rien, il se contenta de la regarder dans les yeux, un petit sourire empli de fierté sur les lèvres. Il se pencha vers elle et l’embrassa tendrement.
- Tu es merveilleuse, dit-il en la serrant contre lui.
- C’est toi qui me rends meilleure.
Elle profita des bras de son homme pendant encore plusieurs minutes, puis lorsqu’elle fut regonflée à bloc, elle prit un rapide petit déjeuner et repartit au travail.
Ils arrêtèrent McManus, l’auteur des lettres de menaces. Tout semblait le désigner comme coupable, l’affaire était bouclée pour les services de police, ainsi que pour l’équipe de Bracken, mais plusieurs détails firent douter Kate de sa culpabilité.
Pour elle, McManus avait été piégé. Elle fit part de ses doutes à Rick lorsqu’elle rentra chez eux ce soir-là. Castle ne trouva rien pour contrer sa théorie, mais comme il le lui expliqua, il ne s’agissait que d’une théorie. Si elle agissait et qu’elle se trompait, cela signerait la fin de sa carrière. Le sénateur Bracken devait donner une conférence à l'hôtel Widmark et ne supporterait pas que quelqu’un vienne l’en empêcher.
Courageusement, Kate fit part de sa théorie aux autorités et exigea l’évacuation de l'hôtel pour chercher une bombe que le vrai tueur y aurait cachée.
Malheureusement, la fouille s'avéra infructueuse et Bracken, fou de colère, lui promit de détruire sa carrière.
Comme il retournait vers sa voiture, Kate soupira, ne comprenant pas où elle avait pu se tromper. Rick, qui l’avait accompagnée, ne savait quoi dire devant ce fiasco. Ce fut alors que le cliquetis d’un zippo parvint aux oreilles de Kate, qui se précipita vers le sénateur et lui sauva la vie au moment où la bombe explosa.
*****************
- Tu sais, même si je ne peux qu’admirer la force de caractère dont tu as encore fait preuve dans cette affaire, je dois te faire part de quelques remontrances, dit Rick en caressant le dos de Kate, qui était allongée contre lui.
Celle-ci releva la tête étonnée.
- Ne fais pas cette tête-là, tu sais que tu as pris de gros risques en te jetant sur lui alors que la bombe allait exploser ! Continua-t-il.
- J’aurais dû le laisser mourir sciemment ?
- Moi je l’aurais fait.
- Rick…
- Je sais. Tu n’as pas pu t’en empêcher, c’est ton côté Saint Bernard.
- Tu trouves que je ressemble à un Saint Bernard ?
- En moins poilu, je te l’accorde.
- Hé ! Protesta-t-elle.
- Ne retournez pas la situation, Madame Castle ! Vous avez été imprudente ! Mon cœur a raté plusieurs battements quand cette bombe a explosé !
- Je suis désolée, dit-elle d’une petite voix en embrassant son torse.
- Je suis très fâché, tu ne m’auras pas comme ça !
- Et comme ça ? Demanda-t-elle en disparaissant sous la couette.
- Ohhhhh ! Non ! non ! non ! Vous ne m’aurez pas comme ça non plus!
- …
- Arrrrfffff… Comment résister ? Tu auras ma mort sur la conscience… Gémit-il.