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Jeunesse et protection des mineurs
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Série : Castle
Création : 25.01.2014 à 16h20
Auteur : Minefuji
Statut : Terminée
« Une idée, qui me trottait dans la tête depuis un moment : et s'ils avaient fait ça il y a quatre ans... J'espère que ça vous plaira. » Minefuji
Cette fanfic compte déjà 152 paragraphes
Chapitre cent quarante et un
Le docteur Parish venait de terminer sa paperasse, elle rangea méticuleusement son dossier et avisa l'heure. Il était tout juste dix-sept heures. Elle sourit, pour une fois, elle ne serait pas en retard et ne subirait pas les foudres de son amie.
Elle enfila son manteau et son écharpe, saisit son sac et quitta la morgue. Il faisait à peine quelques degrés, la légiste se fit la réflexion qu'elle aurait facilement supporté la doudoune. Sa coquetterie la perdrait.
Heureusement, le bar où Kate lui avait donné rendez-vous n'était pas très éloigné, elle pouvait s'y rendre à pied sans risquer la pneumonie.
Sur le trottoir devant le bar, quelques accros à la nicotine affrontaient le froid en sautillant et en se frictionnant les bras. Lanie remonta son écharpe sur son nez pour ne pas être incommodée par la fumée de leurs cigarettes et se fraya un passage jusqu'à l'entrée.
Le bar était déjà bien rempli. Elle fit un rapide tour d'horizon et repéra son amie, installée à une table légèrement en retrait. Cette dernière la remarqua et lui fit un petit signe de la main.
- Salut chérie! Dit la légiste en déposant son manteau sur le dossier de sa chaise.
- Salut. Je t'ai commandé un mojito, j'espère que ça te convient.
- C'est parfait! Désolée d'être en retard.
- Ça va, ça ne fait que quelques minutes que je suis là, dit Kate en souriant à son amie.
- Tu es de bien bonne humeur, dis-moi, c'est le retour de Castle qui te rend aussi joyeuse?
- Que veux-tu, quand il n'est pas dans mes pattes, je m'ennuie. J'ai pris de mauvaises habitudes.
- Tu es heureuse, c'est l'essentiel. Alors, il joue les nounous ce soir?
- Comme souvent. Il adore être avec les petits. Parfois, je me demande s'ils n'ont pas le même âge mental...
- Ils grandiront peut être en même temps, plaisanta Lanie.
- S'il avait dû grandir, il l'aurait fait en même temps qu'Alexis.
- Comment s'est passé son retour au poste?
- Oh, il a déjà réussi à s'attirer les foudres de Gates en critiquant son goût pour une émission de télé réalité, les femmes de Wall Street.
- Gates regarde ça? S’étonna Lanie.
- Apparemment et grâce à mon cher époux, nous devons regarder cette émission nous aussi, soit disant pour tenter d'y démasquer notre assassin.
- Mmhm! chouette soirée en perspective! Se moqua la légiste.
- C'est ça rigole! Je te signale que Javier fait partie de l'équipe! Lui aussi a ces devoirs à faire.
- Oui, mais je ne suis pas mariée avec lui, je peux passer ma soirée seule chez moi! Au fait, tu n'as rien dit à Castle?
- Non, rien de rien! Mais je vais peut-être changer d'avis si tu continues à me taquiner.
- D'accord, j'arrête. Alors tu as prévu quoi pour la Saint Valentin?
- Mhm, joker!
- Oh allez, tu peux bien me le dire, je suis ta meilleure amie!
- Et tu vas devoir comprendre que j’aime que ma vie privée reste privée si tu veux le rester, bougonna Beckett.
- Les amies partagent ce genre de confidences d’ordinaire, tu sais ?
- Ouais, eh bah Rebel Beck’s n’est pas comme tout le monde.
- Ça je le sais. Et Castle, tu as une idée de ce qu’il va t’offrir ?
- Non, mais du moment que ça n’est pas un poney ou un sabre laser… Il est persuadé que son cadeau sera mieux que le mien.
- Et tu crois que c’est le cas ?
- Petite futée ! Tu crois vraiment réussir à me tirer les vers du nez comme ça ?
- J’aurais tenté ma chance comme on dit, rit la légiste.
Après avoir passé un agréable moment entre filles, Kate embrassa son amie et reprit le chemin de la maison, où Rick préparait leur soirée télé en compagnie de Martha et d’Alexis.
- Oh Richard, elles sont à couper le souffle, s’extasia Martha devant la paire de boucles d’oreilles contenue dans la boîte à bijoux qu’Alexis venait d’ouvrir.
- Beckett va les adorer, papa.
- N’est ce pas ? Elle aura du mal à rivaliser avec ça, fanfaronna Rick. C’est le risque, quand on est mariée avec le ninja du cadeau.
- Oh, tu voudrais être un vrai ninja? Réagit aussitôt Martha. Tu glisses simplement ton cadeau dans la poche de son manteau quand elle ne fait pas attention
- Oh Mère, j’adore cette idée. L'élément de surprise. La façon ninja, dit Castle admiratif en prenant son sac de pop-corn pour le transvider dans un bol. Et toi, Alexis? Des projets avec Max?
- Euh, nous allons juste nous retrouver pour étudier ensemble.
- Cela ne semble pas très spécial, s’étonna Rick.
- Eh bien, je pense que nous allons surtout nous étudier l’un l’autre, répliqua la jeune fille d’un air coquin.
Rick pâlit et se tourna vers sa mère pour changer de sujet.
- Et toi, Mère. Des plans spéciaux?
- Nous allons faire des lectures dramatiques de lettres d'amour à mon école. Tu as bien trouvé une baby-sitter ?
- Oui, ne t’en fais pas, grand-père Jim est ravi à l’idée de passer sa soirée en compagnie de la fée clochette et des crapauds ! Oh ! En parlant de théâtre, quelqu'un voudrait se joindre à Kate et moi pour une projection des "femmes de Wall Street"? Le popcorn est à volonté !
La porte du loft s’ouvrit et Kate entra.
- Bonsoir tout le monde !
- Bonsoir Kate, répondirent en chœur les deux rouquines.
- Bonsoir chérie, tu as passé une bonne soirée ?
- Très bonne, même si comme toi, Lanie n’a pas arrêté de chercher à savoir ce que j’allais t’offrir pour la Saint Valentin. Je ne vois pas pourquoi tout le monde en fait un tel fromage, c’est pas comme si c’était notre première Saint Valentin.
- Oh ! Je vois ce que tu essaies de faire !
- Qu’est ce que j’essaye de faire ? Demanda Kate en se dirigeant vers les chambres de ses enfants.
- Minimiser l’évènement pour ne pas te sentir mal si ton cadeau n’est pas aussi bien que le mien.
Beckett s’arrêta et le dévisagea.
- Et s’il est mieux?
- Mieux? S’étonna Rick, qui n’avait pas envisagé cette possibilité.
- Mmhmm, s’amusa Kate devant la mine de son mari.
- Comment pourrait-il être mieux?
- Oh, je suppose que ça dépend de ce que tu vas m’offrir, répliqua-t-elle d’un air mystérieux.
Elle s’éloigna tandis qu’il se mettait à ricaner derrière elle.
Un peu plus tard, ils se retrouvèrent avec Martha et Alexis devant un épisode des épouses de Wall Street.
- Oh bon sang, tuez-moi maintenant, soupirait Castle devant le niveau affligeant de l’épisode.
- Seigneur, pourquoi ce genre d’émission n’existait pas à mon époque ? Soupira Martha. Aucun script, en faire des tonnes et crier sur tout le monde. Le rêve !
A la fin du premier épisode, Kate souhaita bonne nuit à tout le monde et alla se coucher.
- Déjà ? S’étonna Rick. Mais tu n’as regardé qu’un seul épisode !
- Un épisode de trop ! Rectifia Kate.
- Seulement un épisode? C’est comme manger une seule chips.
- Ouais, eh bien c’est ce que je fais en général, j’en mange qu’une seule, répondit Kate en l’embrassant tendrement. Rejoins-moi quand tu auras eu ta dose…
Alexis et Martha l’imitèrent un épisode plus tard. Seul Rick, complètement absorbé par le show resta devant la télévision jusqu’au bout, au point que Kate le retrouva le lendemain matin dans la même position que celle où elle l’avait laissé la veille.
- Oh mon Dieu, c’est pas vrai Castle. Tu regardes encore?
Rick sembla sortir de son hypnose télévisuelle.
- Je ne sens plus mes fesses, bredouilla-t-il confus.
- Dommage pour toi, il est l’heure d’aller bosser ! Je prépare le café, va prendre ta douche.
Une certaine complicité naquit entre Gates et Castle autour de leur passion pour le reality show, ce qui ne surprit pas vraiment Kate, habituée à ce genre de délire de la part de son grand gamin de mari. Mais lorsque Rick commença à tourner un peu trop autour de la capitaine, elle commença à avoir des soupçons. Elle le prit à part dès qu’elle en eut l’occasion et tomba des nues lorsqu’il lui avoua sa dernière bêtise en date.
- Sérieusement Castle, à quoi tu pensais?
- Eh bien, je voulais te surprendre.
- En mettant mon cadeau dans la veste de Gates? Ok, je suis surprise !
- Mais aussi pourquoi vous portez la même veste Gates et toi ?
- Tu as écrit un mot?
- Bien sûr que j’ai écrit un mot. Je suis un écrivain.
- C’était romantique?
- Bah… C’est la Saint Valentin, alors oui, c’était romantique.
- Oh bon sang Castle !
- Relax ! On est mariés, Gates doit bien se douter que je te fais un cadeau pour la Saint Valentin !
- Je sais, mais tu oublies qu’elle nous a demandé d’être discrets et de rester professionnels au poste ! De plus, je n’ai pas vraiment envie qu’elle soit au courant des petits mots doux qu’on peut s’envoyer pour l’occasion ! … Tu as parlé de Bunny ? S’affola subitement Kate.
Castle grimaça en y réfléchissant.
- Oh mon Dieu, Castle, tu n’as quand même pas parlé de mes sous-vêtements ?!
- Je ne me souviens plus… Mais tu sais que j’aime bien te taquiner au sujet de mon petit lapin…
Kate soupira de frustration et reprit son chemin.
- Génial !
- Pourquoi tu penses je me suis acharné à essayer de le récupérer?
- Oh, ça oui, tu vas le récupérer! Dès que nous serons revenus au poste ! Mais pour le moment, nous avons un meurtre à résoudre. Peut-être le dernier avant que Gates mette un terme à notre collaboration ou que je ne demande mon changement d’affectation !
************
Ils mirent finalement la main sur un meurtrier qu’ils ne soupçonnaient pas, Ashley Robinson, fiancée de Stone Gower avec lequel elle allait faire un spin off de la série « les femmes de Wall Street ». Ashley n’avait pas supporté que son « fiancé » soit tombé amoureux d’Hannah. Jalouse, elle avait poignardé la jeune femme avec un des couteaux offerts pour son mariage.
L’affaire bouclée, Kate commençait à ranger les éléments affichés sur le tableau blanc dans un carton.
Ryan arriva près d’eux pour récupérer sa veste.
- Bon, j’y vais. Bonne Saint Valentin, lança-t-il avant de se diriger vers la sortie.
- Ah ... une fois de plus sur la brèche? Demanda Rick en se rappelant tous les appels de Jenny des derniers jours pour lui dire que les conditions étaient optimales pour mettre en œuvre leur projet de bébé.
- Euh, en fait Jenny m'a juste envoyé un texto et c’est relâche cette nuit… Enfin, Je veux dire, nous allons probablement encore euh ... vous savez, mais ce soir ça va être pour des raisons romantiques !
- Ouais, sourit Beckett.
- Comment vous avez fait vous ? Demanda Ryan après une légère hésitation. Trois bébés… Je veux dire euh… waouh !
- Une bonne grippe et une pilule défectueuse, expliqua Rick. Nos enfants ne nous ont même pas laissé le temps de planifier leur arrivée.
- Vous ne connaissez pas votre bonheur, soupira l’irlandais avant de prendre congé.
Kate aperçut Lanie, qui sortait de l’ascenseur, vêtue d’une robe rouge ultra sexy, qui laissa Castle sans voix.
- Hey Espo! Ton rendez-vous est ici ! Lança Kate tout sourire.
- Je savais qu'ils avaient des projets! Se réjouit Castle en se tournant vers Kate. Tu savais qu'ils avaient des projets et tu ne me l’as pas dit?
- Ouais, parce qu'elle m'a demandé de garder le secret. C’est vraiment important pour eux. Elle ne voulait pas que tu te moques d'eux, expliqua Beckett.
- Je ne me serais pas moqué… non, ce n’est pas vrai, rit l’écrivain. Je n’aurais pas pu m’en empêcher !
Lanie s’arrêta en face d'eux avec un grand sourire.
- Oh, se contenta de dire Castle.
- Lanie, tu es superbe, la complimenta Kate.
- C’est vrai ? Ce n’est pas trop? Demanda la légiste.
- Non, c’est peut-être un peu trop pour Castle, répondit Kate en se tournant vers son mari. Plus haut tes yeux, Chaton !
- Euh, oui !
Javier arriva et complimenta Lanie avant de lui offrir son bras pour l’emmener dans un restaurant français.
- M. Castle, fit la voix glaciale de Gates derrière eux effaçant instantanément le sourire de Castle. Mon bureau. Maintenant !
Kate blêmit tandis que Rick avançait vers le bureau de Gates en traînant les pieds.
La boîte de boucle d'oreilles ouverte se trouvait sur le bureau. Castle soupira.
- Pensiez-vous vraiment que je serais d'accord avec cela? Demanda Gates sans détours.
- Non, je pensais… Balbutia Castle.
- Qu'est-ce qui ne va pas avec vous? Je suis une femme mariée. Vous êtes marié ! S’énerva la capitaine.
- … Je ne sais pas… Il n’y avait pas de mot ?
- Parce qu’en plus vous vouliez pousser la plaisanterie en y ajoutant un mot ?! Est-ce encore une de vos idées tordues pour obtenir mes faveurs ?
-… Ouais…. C’est ça… c’est tout à fait ça… Bredouilla Rick avec une mine contrite.
- Eh bien, c’est raté. Et je suis prête à l’oublier si vous pouvez me promettre que vous cesserez vos enfantillages et qu'enfin vous me montrerez le respect que vous me devez !
- Je le ferai ! Je peux ! Je promets! Enfin... Je le ferai ! S’embrouilla Rick.
Gates ferma le couvercle des boucles d'oreilles et lui tendit la boîte, puis attrapa ses dossiers et son sac avant de quitter le poste.
Castle hocha la tête soulagé. Ça aurait pu être pire.
*************
- Elle te détestait déjà, Castle, plaisanta Kate en entrant avec lui dans leur chambre. Ça ne change pas grand-chose en somme.
- Mouais... En tout cas... Je suis désolé pour les boucles d'oreilles, soupira-t-il.
- Ouais, moi aussi. Elles étaient ... magnifiques.
- Mmmh. Je vais t’offrir quelque chose d’encore mieux, promit-il en l’étreignant tendrement. Et je vais essayer de ne pas le donner à une autre femme en premier.
- Eh bien, ce serait bien, en effet, sourit Kate.
- Ce qui me rappelle... Qu'est-ce que tu as pour moi?
Elle lui sourit et retourna vers lui en désignant la ceinture de son peignoir.
- Ouvre-le.
Un sourire coquin se dessina sur les lèvres de Castle sourit, qui tira sur le nœud, avant de faire glisser le peignoir le long des épaules de sa femme, dévoilant une magnifique guêpière noire et un porte-jarretelle assorti.
- …
- On perd ses mots monsieur l’écrivain ? Le taquina-t-elle.
- … Joyeuse saint Valentin moi-même, souffla-t-il en posant délicatement une main sur la hanche de sa femme.
Kate sourit devant son regard plein de désir, ravie de lui faire toujours autant d’effet.
- Tu avais raison, murmura-t-il contre ses lèvres. Ton cadeau est mieux que le mien !
- Bonne Saint Valentin, chuchota-t-elle en commençant à déboutonner la chemise de son homme.
Leur baiser s’intensifia et la température de la pièce grimpa en flèche.
Chapitre cent quarante-deux
3h07, il était encore trop tôt pour se lever. Les petits semblaient partis pour enfin faire une nuit complète. Cette perspective le réjouit. Depuis quelques temps, les jumeaux commençaient à faire leurs nuits, mais jamais à deux en même temps. Autant dire que cela ne changeait pas grand-chose pour leurs parents. Se réjouissant donc de cette perspective, Rick se tourna dans l’espoir de se rendormir.
4h08, l’affichage du réveil venait une nouvelle fois de changer dans la case des minutes, Rick devait se rendre à l’évidence, le sommeil ne reviendrait pas de sitôt. Il enfila son peignoir et sortit silencieusement de la chambre afin de ne pas réveiller Kate.
Il se rendit dans son bureau, s’installa dans le canapé et attrapa l’album photo posé sur le guéridon. Il le feuilleta et sourit en replongeant dans ses souvenirs.
Il était parti dans ses rêveries depuis un petit moment, lorsque les deux mains les plus douces qu’il connaissait vinrent se poser contre son torse.
- On est nostalgique ? Demanda Kate derrière lui.
- Je n’arrivais plus à dormir, les garçons m’ont habitué à leur rythme infernal.
- Tu aurais pu me réveiller, dit-elle coquine.
- Non, tu as un travail difficile, je ne voudrais pas qu’il t’arrive quelque chose parce que tu serais en manque de sommeil !
- Alexis te manque.
Il allait nier, mais renonça. Kate lisait en lui comme dans un livre ouvert, quand il s’agissait de sa fille.
- Tu verras quand ça sera ton tour, marmonna-t-il.
- Hey ! J’aime Alexis, moi aussi et je vis avec vous depuis assez longtemps, pour qu’elle me manque à moi aussi !
- Je sais, soupira-t-il, je ne voulais pas dire que son absence ne te faisait rien… C’est juste que…
- T’en fais pas, j’ai compris, sourit-elle. Je sais à quel point tu entretenais une relation fusionnelle avec Alexis…
- Pas que ma relation avec nos enfants soit moins forte !
- Je le sais bien ! Et ça n’est pas parce que nous avons trois petits loups à la maison, qu’Alexis ne te manque pas. C’est tout à fait normal ! D’ailleurs, je voulais t’en faire la surprise, mais…
- Mais ? Quelle surprise ?
Elle pouffa devant son air de gamin le matin de Noël.
- Alexis vient passer dimanche avec nous, annonça-t-elle.
- Dimanche ? Ce dimanche ? Mais quand avez-vous organisé ça ?
- Il y a deux semaines. J’avais remarqué combien son absence vous pesait à ta mère et à toi, alors je l’ai appelée du poste et on a trouvé cette date pour organiser un chouette moment en famille.
- Tu es vraiment formidable, tu le sais j’espère ?
- Tu es content ?
- Si je suis content ? Je suis aux anges, oui ! Comment te remercier ?
- Oh…Eh bien… on pourrait retourner dans notre chambre… Et profiter de la cure de sommeil de nos chers petits, répondit-elle d’un air coquin.
- J’adore cette idée…
****************
Martha retourna fièrement une crêpe sur la plaque chauffante. Kate qui venait d'installer Andréa sur sa chaise haute, découpait quelques fruits, qu'elle grignotait avec sa fille.
Rick arriva avec les garçons et reconnut aussitôt l’odeur des crêpes.
- Mère, tu cuisines? Ce doit être un rêve. Ou peut-être un cauchemar.
Kate sourit et vint l'aider à installer les garçons dans leurs transats avant de retourner à sa planche à découper.
- J'ai décidé de ne pas m'abaisser à répondre à ça, rétorqua la rouquine en déposant une assiette de pancakes sur le comptoir. Le petit déjeuner est servi!
- Mais ce sont mes crêpes spéciales! Celles que je fais pour Alexis! S’étonna l’écrivain.
- Eh bien pas si spéciales. J'ai appris à les préparer pour elle cette année. Et maintenant, c'est au tour d'Andréa d'y goûter! répondit Martha en déposant une petite assiette devant sa petite fille.
Rick en prit une bouchée.
- Eh bien, on dirait que l'élève a dépassé...
Il mâcha encore un moment tandis que Martha attendait son verdict.
- ... Les limites du supportable! Termina-t-il en grimaçant. C'est une catastrophe! Ne me dis pas que tu lui as servi ces horreurs! Mère, le maître te dispense pour toujours de pratiquer l'art de la pâte à crêpes! Quant à toi Andréa, je t'interdis de toucher à ton assiette!
- Où me suis-je trompée? soupira Martha
- Où dois-je commencer? Alexis n'est même pas ici et Andréa ne jure que par ses biscuits avec un ourson sur le paquet! Pourquoi fais-tu ça?
Martha soupira le regard au loin.
- Elle te manque... constata Rick.
- Oh. Pas à toi?
- Oui, bien sûr qu'elle me manque. Mais après tout Columbia n'est pas très loin.
- Mais, elle était le centre de nos vies depuis si longtemps et maintenant, elle est juste ... Plus là, soupira Martha en haussant les épaules. Je sais que les petits sont là et je les adore, mais Alexis me manque terriblement.
- Je sais, mais il est temps pour Alexis de suivre son propre chemin dans le monde. Mais elle reviendra, assura-t-il en souriant. Comme Simba dans le Roi Lion, c'est le cycle de la vie.
Kate toussa en manquant de s’étrangler en l’entendant jouer les blasés alors que quelques heures auparavant encore...
Martha lui tapota la joue et il sourit.
- Oh Chéri...
- Wah, Castle, on dirait que tu as adopté une attitude vraiment zen à propos d'Alexis, le taquina Kate.
- Eh bien, répondit l'écrivain en se retournant et en bombant le torse fièrement, j'ai réalisé que j'avais été parfois surprotecteur avec Alexis...
- ...
- Okay tout le temps, rectifia-t-il devant le regard de sa femme. Mais depuis qu'elle est partie à Columbia, j'ai appris à lâcher prise. Je ne l'espionne plus sur son blog, je ne demande plus à rencontrer son petit ami non plus. J'en suis venu à réaliser que comme un oiseau, Alexis doit quitter le nid. Donc, je la laisse s'envoler et s’éloigner. C'est l'acceptation.
- De l'acceptation ? Tu vas la laisser s'envoler sans savoir où elle va et être totalement d'accord avec ça?
- Ouais, mais je ne serai pas vraiment d'accord avec ça. Je ne veux pas voir où elle va, ni quels oiseaux de proies seront là-bas, ni dans quels sortes de nids...
- Donc, c'est de l'acceptation ou du déni?
- Eh bien, c'était de l'acceptation jusqu'à ce que tu commences à appliquer ta logique infernale! Bougonna l'écrivain avant de se tourner vers Andréa. Quant à toi, jeune fille, je t'interdis de grandir et de me quitter. Tu entends ? Tu ne quitteras jamais ton papa chéri.
- Veux Minou? Demanda la fillette en lui tendant son biscuit.
- Arrête de m'appeler comme ça! Grommela-t-il en lui tendant la main pour qu'elle y déposât son biscuit.
- Arrête de lui dire des trucs pareils, rétorqua Kate. D'abord, c'est moi, qui ne te quitterai jamais, Andréa quittera le nid lorsque le moment sera venu. C’est la vie, Castle, il faut t’y faire !
- Si elle ressemble à sa mère, je n’ai pas fini de me faire des cheveux blancs ! Soupira l’écrivain.
- Et quoique tu tenteras de faire contre ça, ne pourra pas l'empêcher! Répondit Kate en souriant. Parles-en à mon père, il en sait quelque chose. En plus, avec de tels propos, tu t'éloignes de l'image du papa cool que tu veux être. Regarde, elle pense déjà que tu deviens gâteux et t'offre du prémâché!
Castle observa le biscuit, qui avait désormais l'aspect d'une bouillie infâme dans sa main.
- Beurk...
- Fais pas cette tête là, il reste encore de nombreuses années avant que ça n'arrive, lui sourit Kate avant de l'embrasser tendrement sur les lèvres.
- C'est vrai ça? Demanda-t-il soudain en l'attrapant par la hanche.
- Bien sûr! Tu seras encore l'homme le plus important à ses yeux pendant encore une quinzaine d'années!
- Non, je ne parlais pas de ça.
- De quoi alors?
- Que tu ne me quitteras jamais.
- Jamais, sourit-elle.
Il fondit sur ses lèvres tout sourire. Martha s’apprêtait à leur faire remarquer qu’ils n’étaient pas seuls et qu’il y avait notamment des enfants en bas âge dans la pièce, quand le téléphone de Kate sonna pour les mener sur une nouvelle scène de crime et vers le pire cauchemar de l’écrivain.
La victime était Hasim Farouk, un étudiant saoudien, percuté par un van alors qu'il tirait sur le conducteur. Après avoir écouté les premières constatations de Lanie et fait le tour de la scène de crime, Kate envoya les gars enquêter sur la victime.
Esposito et Ryan se rendirent donc chez Hasim, où ils trouvèrent un véritable arsenal et un équipement de vidéo surveillance. Leur première idée, enfin plutôt celle de Castle, fut qu'Hasim était un terroriste ou un espion qui cachait ses activités derrière son statut d’étudiant.
Beckett, comme à son habitude, préférait étayer ses suppositions avec des preuves tangibles.
Et ils finirent par en trouver. Hasim utilisait son matériel de surveillance pour espionner Sara El-Masri, une étudiante de Columbia, fille d'un riche homme d'affaires Egyptien.
Ryan, qui épluchait les vidéos de surveillance des caméras proches de la scène de crime, en trouva une qui montrait l’enlèvement en pleine rue de Sara. Visiblement, Hasim protégeait la jeune fille.
Castle et Beckett rencontrèrent les parents de Sara, qui leur apprirent qu’Hasim était le garde du corps, qu’ils avaient engagé pour protéger la jeune fille.
Après leur entrevue avec les El Masri, Gates leur présenta l’agent Harris du FBI, qui allait avec son équipe s’occuper de l’enlèvement de Sara, tandis que l’équipe de Beckett continuerait de s’occuper du meurtre d’Hasim.
Kate retrouva Rick dans la salle de pause, le regard dans le vague, il touillait une tasse de café lentement. Cette affaire le touchait beaucoup.
- J’ai mis Ryan et Esposito sur l’emploi du temps de Sara depuis hier soir, annonça-t-elle en déposant le dossier qu’elle tenait sur le plan de travail. Je pense que si on arrivait à trouver ce qu'elle faisait dans le sud de Manhattan, ça permettrait peut-être de nous conduire jusqu’au tueur.
Il lui tendit le café sans un mot et son regard revint vers l’agent Harris, qui parlait aux El-Masri. Son comportement étrange n’échappa pas à Kate.
- ça va ?
- Oh oui. Je n’ose pas imaginer ce qu'ils sont en train d’endurer, dit-il en les désignant du regard.
- Ouais… Moi non plus, acquiesça-t-elle doucement. Tu crois que l’argent est le mobile des ravisseurs ?
- D’après Internet, El-Masri pèse plus de 300 millions de dollars.
- Ouais, mais quand même. De là à engager un gars des forces spéciales pour protéger son enfant…
- Je l’ai envisagé ! répondit-il très sérieusement.
- Je n’en doute pas, sourit-elle. Mais tu as remarqué comment il a changé de sujet quand sa femme a parlé de leurs ennemis en Egypte?
- Il ne veut tout simplement pas penser au pire. Et franchement, je ne peux pas lui en vouloir.
- Ouais… Peut-être…
- Tu verras, pour l’instant nos enfants sont jeunes, il t’est facile de savoir où ils sont à tout moment, mais tu te réveilleras un matin en te rendant compte que ce paramètre si rassurant n’existe plus !
- Hé ! Je ne suis peut-être pas la mère d’Alexis, mais je tiens à elle moi aussi !
- C’est pas pareil.
Kate, légèrement exaspérée que Castle ne la croit pas capable de comprendre ce qu’il ressentait, allait riposter quand Ryan arriva dans la pièce et l’en empêcha.
- Hey ! Je viens d’interroger Amber, la colocataire de Sara. Elle n’a pas apporté d’élément nouveau ni pour Hasim, ni pour l'enlèvement. Mais elle a dit que Sara était sortie la nuit dernière.
- Où est-elle allée? Demanda Beckett.
- Elle se souvenait juste que ça avait un rapport avec la science.
Grâce aux recherches d’Esposito, ils découvrirent que Sara s’était rendue à une conférence scientifique à l'Hôtel Beaumont. Ils décidèrent donc de s’y rendre.
Ils interrogèrent le manager, qui se souvenait avoir vu la jeune femme à la conférence du docteur Posner en compagnie d’une de ses amies. Lorsqu’il décrivit l’amie de Sara à la demande de Beckett, Castle tiqua. Les cheveux roux, peau pâle. Elle aussi très belle.
Rick demanda la permission de consulter la liste des personnes qui avaient assisté à la conférence et y trouva le nom d’Alexis, comme il s’y attendait. Il sortit son téléphone et composa le numéro de sa fille, son témoignage pourrait être précieux.
Son sang se glaça lorsque la sonnerie d’Alexis retentit derrière le comptoir non loin de là.
- Qu'est ce que c'est? Demanda Castle en désignant la boîte dans laquelle se trouvait le téléphone d’Alexis.
- Les objets perdus. Un invité a rapporté ce téléphone la nuit dernière. Il l'avait trouvé dans la rue devant l'hôtel.
- Ils l’ont enlevée elle aussi, constata Castle effaré en montrant sa photo qui apparaissait sous le nom de papa sur l’écran du téléphone.
Le cœur de Kate rata plusieurs battements. Elle était certainement aussi pâle que Rick à cet instant.
Chapitre cent quarante-trois
Kate inspira une grande bouffée d’oxygène pour reprendre pied et se tourna vers son mari. Rick semblait anéanti.
- Allons au poste, murmura-t-elle en lui prenant doucement le bras.
Il ne répondit pas et se laissa faire comme un pantin. Elle l’emmena jusqu’à sa fidèle Crown Victoria. Il s’installa et boucla sa ceinture comme un automate. Elle resta quelques minutes à l’extérieur, le temps d’appeler les gars ainsi que l'agent Harris pour les prévenir qu’Alexis avait été enlevée en même temps que Sara, puis pris place derrière son volant.
Le silence régna dans l’habitacle tout le long du trajet. Rick était trop choqué pour parler, quant à Kate, elle ne parvenait pas à trouver des mots qui auraient pu le rassurer.
A leur retour au poste, Rick fut conduit dans la pièce où ils avaient accueilli les El Masri quelques heures auparavant. Il posa ses mains à plat sur la table, rassemblant tout son courage pour affronter ce qui lui arrivait.
Kate vint s’installer près de lui et posa délicatement une main dans son dos pour lui signifier son soutien.
- M. Castle, sachez que nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir, pour vous ramener votre fille lança l’agent Harris en entrant à son tour dans la pièce.
- Je ne veux pas être manipulé, répondit froidement l’écrivain, alors passez la partie psychologie et dites-moi où vous en êtes.
L’agent Harris acquiesça et leur expliqua ce qu’ils savaient sur les circonstances de l'enlèvement d'Alexis et Sara et termina en leur annonçant que le FBI avait identifié le chauffeur.
- C’est quoi la prochaine étape ? demanda Castle en tentant de rester le plus calme possible.
- On avance sur plusieurs fronts en même temps en se concentrant sur le chauffeur, Henson. Si on le trouve, ça peut être résolu en moins de deux. On prépare aussi notre plan de communication au cas où les ravisseurs entrent en contact.
- Au cas où ? s’affola Castle en jetant un regard vers sa femme. Comment ça ?
- Nous savons que les El-Masris sont riches et vous nous avez dit Sara était la cible pas Alexis, intervint Kate.
Harris hocha la tête avant de répondre :
- M. El-Masri a admis qu'il avait des liens étroits avec l’ancien régime en Egypte. Par conséquent, il a des ennemis extrêmement puissants. Il est possible de l'enlèvement de sa fille ait été motivé par la vengeance.
- D’accord, mais qu'en est-il de ma fille? Je veux dire, si … si elle ne était pas leur cible… et qu’elle représentait une gêne ? énonça difficilement Rick tant il avait du mal à imaginer cette possibilité.
- M. Castle, vous devez rester positif. Quelles que soient leurs motivations, ils comprendront qu'elle a une valeur, répondit Harris tandis que Castle se forçait à hocher la tête. Ce que nous devons faire maintenant c’est aller chez vous et installer un système d’écoute sur votre ligne de téléphone afin que nous soyons prêts à recevoir leur appel.
Castle hocha la tête à nouveau et Harris prit congé. Kate vint se blottir contre lui.
- ça n’est pas une conduite appropriée pour le poste, murmura-t-il.
- Je m’en fiche.
Il appuya son visage dans ses cheveux.
- Je n’arrive pas à croire ce qui est en train de se passer, murmura-t-il.
- On va la trouver, Castle. Nous allons retrouver Alexis, lui assura-t-elle avant de le laisser partir.
- Comment il va ? demanda Esposito alors que Beckett revenait vers eux.
- C’est Alexis, rappela Ryan. Il doit faire naufrage. Bordel ! Moi-même je fais naufrage.
- Et toi ? Demanda Esposito en regardant sa collègue.
- C’est pas important, soupira Kate en se concentrant sur son travail pour ne pas se laisser aller. Nous devons mettre tout ça de côté et tout faire pour la retrouver. Où en sommes-nous avec la fourgonnette?
Pendant ce temps, Rick était rentré au loft. Il fit son possible pour cacher son angoisse à Andréa, qui jouait tranquillement sur le tapis du salon. Il discuta avec sa mère, qui tenta de le rassurer comme elle le pouvait, puis il alla s’enfermer dans son bureau.
En allant sur le blog de sa fille, il découvrit comment les ravisseurs avaient appris l'amitié entre Alexis et Sara. Il appela aussitôt Kate et lui dit de se connecter au blog d’Alexis pour y regarder la dernière de ses vidéos mises en ligne.
- Tu vois ? Tu regardes là ? demanda-t-il au moment où Alexis annonçait son intention de se rendre à la conférence du professeur Posner avec son amie Sara.
- Castle, si jamais les ravisseurs savait qu’Alexis et Sara étaient amies…
- Ils le savaient. Forcément! Et ils ont su que Sara irait dans cet hôtel grâce à la vidéo. Alexis l’a postée hier à 14h36. Ils ont sûrement consulté son blog !
- Très bien, j’avertis les techniciens, répondit Kate.
- Demande-leur de tracer chaque adresse IP ayant eu accès à son blog après 14h36.
- Ce qui prendra du temps si jamais les ravisseurs…
- Tu crois qu’Alexis en a du temps ? s’énerva Castle.
- Castle, écoute-moi … répondit-elle calmement
-Ne fais pas ça ! la coupa-t-il. Ne me promets que tu vas la retrouver sauf si tu le peux… parce que ... si tu ne la retrouves pas… je ne saurais jamais te le pardonner. .. Pas plus que je ne me le pardonnerai.
- …
Kate encaissa sans broncher, elle demeurait calme. Elle aurait tellement aimé être en mesure de l’aider, mais elle se sentait impuissante face à la détresse de son mari.
Ryan arriva au même instant, porteur d’une mauvaise nouvelle. Rick comprit au silence de Kate que quelque chose de grave venait de se passer. Il la supplia de lui dire ce qui arrivait. Kate ignora sa demande et raccrocha non sans lui promettre de le rappeler dès qu’elle en saurait d’avantage.
Un peu plus tard, excédé, Castle appela le poste encore et encore, jusqu’à ce qu’un officier lui avoue que l'équipe avait réussit à retrouver le van et l'endroit où il se trouvait. L'écrivain s'y rendit aussitôt, au bord de la crise de nerfs.
- Hey !
- Castle. Qu’est-ce que tu fais ici ? demanda-t-elle en se détournant d’Harris avec qui elle parlait pour venir vers lui.
- Au poste on m'a dit que vous aviez trouvé la camionnette. Pourquoi diable tu ne m’as pas appelé?
Il essaya de la pousser pour passer, mais elle l’en empêcha.
- Parce que nous ne savons pas encore ce que c’est. Castle, s’il te plaît. Tu n’as pas besoin de voir ça.
- Ce qui est dans la camionnette? Qu’est-ce que c’est ? cria-t-il en se débattant pour passer.
- Castle s’il te plait…
- Qu’est-ce qu’il y a dans la camionnette? Hurla-t-il désespéré en la bousculant.
Lanie était là, prélevant des échantillons, il se figea en voyant la mare de sang dans le van.
- Oh ! oh mon Dieu !
La légiste se retourna et le força à reculer.
- Lanie, c’est le sang de qui? Quelqu'un est mort là-dedans? Cria-t-il la voix tremblante. Lanie, est-ce que ma fille est morte là-dedans?
-Castle, on ne le sait pas, d'accord? Intervint Kate d’une voix qu’elle voulait calme. Lanie vient d'arriver.
- Quel est le groupe sanguin d'Alexis? Demanda la légiste.
- A +.
- Ok, donne-moi juste une minute.
Kate était au moins aussi terrorisée que lui, mais elle restait calme, Castle était presque hystérique. Elle ne devait pas en rajouter en montrant son désarroi. Elle l’entraina doucement à l’écart.
- Viens par là... Viens.
Il la défia un instant du regard, puis, comprenant qu’elle ne faisait pas ça contre lui, obtempéra. Elle l’entraîna loin de la camionnette. Il tentait de retenir ses larmes et tournait en rond. C’était de la torture de ne pas savoir, la minute la plus longue de son existence. Kate aurait voulu avoir le pouvoir de le calmer, trouver des paroles rassurantes comme lui savait le faire avec elle. Elle se sentait tellement impuissante.
Enfin, Lanie s’approcha d’eux.
- C’est pas le sien? Demanda-t-il la voix pleine de désespoir.
- C’est du B-. Ce n’est pas le sang d’Alexis.
Beckett soupira de soulagement.
- Dieu, merci.
- Alors elle est en vie, souffla Rick soulagé en essuyant ses larmes. Elle est ici quelque part, non? Elle doit être là quelque part ?
Il tournait en rond comme s’il pouvait l’apercevoir aux alentours.
- Elle était là, corrigea Kate. Castle, il y avait une traînée de sang qui venait de la camionnette et elle s’est arrêtée. Nous pensons que les ravisseurs ont changé de véhicule.
- A qui est le van?
- Il a été volé il y a une semaine.
- Des empreintes digitales?
- La scientifique en cherche. Ils fouillent la zone. Castle, écoute, s’il y a un indice, nous allons le trouver.
Ils réussirent à retrouver le partenaire de Roger Henson, Douglas Steven, l'homme qui conduisait le van lors de l'enlèvement. A la demande de Rick, Kate le laissa seul avec l’écrivain. Au terme de leur "entretien", Douglas leur donna l'adresse d'une ferme où pourraient se trouver les filles. Le FBI s’y rendit aussitôt, tandis que Kate et Rick attendaient au poste, angoissés à l’idée de ne pas les retrouver à temps.
Mais les filles n’étaient plus là. Seul gisait le corps de Roger Henson, tué par balle après avoir été torturé.
Anéanti d’être revenu au point de départ, Rick restait assis devant le tableau blanc. Kate vint le retrouver un café à la main. Jamais elle ne l’avait vu dans cet état.
- Il y a des signes d'espoir, Castle. Ils ont fait en sorte de ne pas les blesser. Ils veulent les garder en vie. Ça va nous donner le temps pour traquer celui qui est derrière tout ça.
- Comment? Notre principal suspect est mort. La seule chose que Stevens savait était l’endroit où se trouvait la ferme et ... nous n’avons aucune idée de qui nous recherchons.
- Le FBI fouille la ferme à la recherche de preuves. Ils prospectent toute la zone pour trouver des témoins qui auraient vu ceux qui étaient sur la propriété.
-C’est juste une autre façon de dire que nous sommes de retour à la case départ.
Elle s’approcha de lui.
- ça n’est pas la première fois. On va résoudre cette affaire, Castle. Nous allons trouver un moyen. Nous l'avons déjà fait et avec encore moins d’indices. Tu m’as dit ça un jour…
- Ouais… Dans un accès d'optimisme irrationnel.
- Tu devrais rentrer… Martha a besoin de toi… Les enfants aussi… Tu as besoin de te reposer. On n’abandonne pas ici.
- Je ne peux pas. Je suis …
Elle lui tendit un café.
- C’est un décaféiné. C’est pour la route.
Il ne la regardait pas, incapable de gérer ses émotions. Finalement, il hocha la tête et prit la tasse en murmurant un merci.
- Vous devriez rentrer vous aussi lieutenant.
Beckett se retourna vers Gates qui venait d’arriver, prête à protester.
- Votre famille a besoin de vous et vous devez prendre du repos, la coupa la capitaine. Tout le monde est sur le pont, nous vous appellerons dès qu’il y aura du nouveau.
Kate hocha la tête et se retourna vers Rick. Il avait l’air tellement abattu, que son cœur se serra.
Martha fut contente de revoir des visages familiers, même s’ils n’apportaient pas les nouvelles qu’elle espérait.
Incapable de rester inactive, Kate s’occupa des petits et leur prépara un encas, qu’ils ne seraient sans doute pas capables d’avaler.
Les heures s’égrenaient avec une lenteur insupportable. Kate venait de raccrocher son téléphone, lorsque Martha s’approcha d’elle.
- C’était Ryan, expliqua la détective avant que la rouquine ne lui pose une question. Ils n’ont rien de nouveau pour le moment…
- Tout le monde fait tout ce qu’il peut.
- Mais ça n’est pas suffisant, marmonna Kate.
- Les enfants sont endormis ? Demanda Martha pour changer de sujet.
- Oui, ils n’ont jamais été aussi faciles à coucher, à croire qu’ils ont compris que nous n’étions pas d’humeur à faire notre cinéma habituel pour les endormir.
- Les enfants comprennent plus que ce qu’on ne croit.
- Richard s’est assoupi dans le canapé, vous devriez aller vous reposer vous aussi. Je vous réveillerai si on a du nouveau.
Soudain le calme du loft fut brisé soudain par une sonnerie qui semblait venir du bureau. Il fallut une seconde à l'écrivain pour émerger et réaliser que la sonnerie venait de son téléphone. Il saisit l’appareil et se précipita vers les techniciens du FBI qui étaient encore dans le salon.
- Vous attendiez un appel sur Skype? Demanda l’un d’eux.
- Non.
Le technicien sauta sur son ordinateur et se préparera pour l'appel, avant de donner à Castle le feu vert pour répondre.
Le visage d’Alexis apparut sur l'écran.
- Alexis!
- Papa? Oh mon Dieu!
Rick soupira de soulagement, au moins, il savait qu'elle était vivante.
- J’ai essayé d'appeler le 911, mais ça ne passait pas.
- Chérie où es-tu?
- Je ne sais pas, paniqua-t-elle. Euh… Nous sommes … nous sommes dans un bâtiment. Nous étions enfermées dans une pièce, mais on s’est échappées.
- Où? Quel bâtiment? Qu’est-ce qu’il y a dehors ? Qu’est-ce que tu vois par la fenêtre?
- Rien, rien ... je ne peux pas voir à l'extérieur ... les fenêtres sont couvertes…
Tout à coup, il y eut des cris en arabe derrière la porte. La jeune fille jeta un regard par-dessus son épaule.
- Ils arrivent, chuchota-t-elle. Ils arrivent. Ils ont découvert que nous sommes parties.
- Chérie, sors de là. Sors de là tout de suite. Allez! ordonna-t-il alors qu’elle hésitait. Allez!
Elle obéit et sortit de la pièce, mais laissa tomber le téléphone.
Terriblement frustré et inquiet, Rick se tourna vers les techniciens.
- Vous pouvez dire d’où provenait l'appel?
Au bout de plusieurs minutes qui leur semblèrent interminables, ils parvinrent à localiser l’appel et n’en crurent pas leurs yeux lorsque l’écran afficha le nom de la ville de Paris.
Passé l'étonnement de leur découverte, chacun se remit au travail afin d’exploiter au mieux cette nouvelle donnée.
Les Castle retournèrent donc au poste pour retrouver l’agent Harris, qui avait déjà pris contact avec l'ambassade américaine en France.
Rick ne comprenait plus rien, ou plutôt ne voulait pas comprendre, car si les ravisseurs avaient quitté le pays avec les filles, on n'était plus dans le cadre d’une simple demande de rançon et donc la sécurité des filles était encore moins garantie.
Il attendait assis seul sur une chaise dans un des couloirs du poste, désespéré. Kate vint s'asseoir près de lui et lui tendit un café.
- Hey.
Il ne répondit pas tout de suite, elle attendit patiemment qu'il se sente prêt.
- Elle semblait avoir tellement peur. Je pouvais l'entendre dans sa voix, comme quand elle était une petite fille. Et il n'y avait rien que je pouvais faire.
- Elle n'a pas été blessée, Castle, chuchota Kate. C'est ce qui importe. C'est ce à quoi nous devons nous accrocher.
- Je veux juste qu'elle rentre à la maison.
Elle attrapa sa main pour lui signifier qu'il n'était pas seul.
- Je sais.
Il releva la tête et la regarda. Elle avait l'air fatigué et les traits tirés. Il se rendit compte que pas une fois il ne s'était demandé comment elle allait. Elle esquissa un léger sourire. Elle prenait sur elle pour ne pas lui montrer son inquiétude. Incapable de lui rendre ne serait ce qu’un semblant de sourire, il se contenta de hocher la tête avant de baisser le regard vers son café.
Il y avait des éclaboussures de mousse sur le bord de la tasse et une forme blanche improbable au milieu.
- Qu’est ce… ?
- Je me suis battue avec la machine à café…
- Et apparemment elle a gagné, dit-il en remarquant les taches sur son pull.
- Ouaip…
- Je croyais que tu savais t’en servir depuis le temps !
- Je sais m’en servir ! C’est juste que je voulais…
Elle s’arrêta dans ses explications, trouvant soudain tellement futile le besoin qu’elle avait de ne pas passer pour une handicapée de la machine à café.
- Quoi ?
- Rien. C’est stupide, souffla-t-elle.
- Rien de ce que tu fais n’est stupide. Alors, pourquoi la mousse de mon latté ressemble à un champignon atomique ?
- J’ai essayé de faire un cœur dans la mousse, lâcha-t-elle gênée.
- Oh ! … Maintenant que tu le dis… Si on tourne la tasse comme ça… Oui ! Oh oui, c’est ressemblant !
- Comment tu fais ? pouffa-t-elle en lui prenant la main.
- Quoi donc?
- Trouver la force de me faire sourire alors que tu es anéanti par l’enlèvement d’Alexis.
- C’est toi, qui me donne la force de ne pas craquer, tu encaisses mes sautes d’humeur sans broncher, tu es là pour moi, tu réconfortes ma mère… Même si je n’ai pas la force de te le montrer, chacune de tes petites attentions me va droit au cœur.
Elle lui sourit tendrement et resserra légèrement sa main autour de la sienne, comme pour lui signifier qu’elle serait toujours là pour lui.
Gates arriva au même instant pour leur annoncer que les ravisseurs avaient contacté les El Masri avec des conditions pour la libération des filles.
************
Quelques heures plus tard, les Castle et les ElMasri se tenaient avec Gates et l’agent Harris devant l’écran qui retransmettait les images de l’échange en France.
- Voilà, nous sommes en direct, annonça le technicien.
- Il y a du mouvement ? Demanda Harris.
- C’est désert jusqu'à présent.
Ils scrutèrent les images, puis aperçurent Ahmed, le beau frère de Madame ElMasri. Une camionnette blanche apparut. L’homme sortit un sac qu’il déposa devant la camionnette. Il recula rapidement avec ses mains levées. Deux hommes en noir sortirent de la camionnette, étudièrent le sac, puis forcèrent Ahmed à se mettre au sol avec les mains sur sa tête. Ils remontèrent dans la camionnette et partirent en laissant Ahmed derrière eux.
- Non, non! S’affola Madame El Masri.
- Où … où sont-ils? Où sont les filles? Demanda Castle.
Ahmed revint alors dans le champ des caméras. Il avait ses bras autour de Sara et la conduisait jusqu’à sa voiture. Mais Alexis n’était nulle part.
- Il l’a ! se réjouit ElMasri. Elle est en sécurité.
Castle scrutait encore la vidéo à la recherche d’Alexis, en vain.
- Où est Alexis?
Derrière lui, Beckett comprit qu’Alexis n’était pas là et ferma les yeux. Leur cauchemar n’était pas terminé. Personne ne trouva quoi dire.
Anéanti, Castle se laissa tomber dans un fauteuil. Il ne sut combien de temps il resta là. Ce fut Kate, qui le sortit de ses pensées en revenant près de lui.
- L’Agent Harris vient de parler avec Sara. Elle et Alexis ont été séparées après leur tentative d'évasion… C’était la dernière fois qu'elle l'a vue.
- Ils ont obtenu ce qu'ils voulaient. Elle n’a plus aucune valeur, conclut Castle abattu.
- Tu n’en sais rien…
- Ouais... Soupira-t-il.
Il restait immobile, sans espoir. Il se releva comme un automate et s’avança droit devant lui.
- Où vas-tu?
- L’annoncer à ma mère. Elle ne le sait pas encore.
- Je viens avec toi !
- Non... Je… J’ai besoin de le faire seul, expliqua-t-il en quittant la salle lentement.
Elle soupira en le regardant se diriger vers l'ascenseur. Rien de ce qu'elle pourrait lui dire ne pourrait atténuer sa peine.
Une fois dehors, Rick appela un taxi et se rendit au loft discrètement. Martha était occupée avec les petits et ne remarqua pas sa présence. Il se rendit dans son bureau, attrapa un sac, dans lequel il fourra son passeport et tout ce qu’il pensait pouvoir lui être utile.
Il ressortit aussi discrètement qu’il était entré et reprit le taxi, qui l’emmena à l’aéroport international.
Il acheta un billet dans le premier vol en direction de Paris qu’il trouva et embarqua, bien décidé à retrouver sa fille coûte que coûte.
L'hôtesse lui désigna son siège et lui proposa un rafraichissement, qu'il refusa poliment. Il s’installa près du hublot et se perdit dans ses pensées. Ce qu’il s’apprêtait à faire était de la pure folie, mais pour sa fille, il était prêt à tout.
Une canette de soda entra dans son champ de vision. Surpris, il se tourna et tomba nez à nez avec…
Chapitre Cent quarante-quatre
- ... Kate!? Qu'est-ce que tu fais ici?
- Je t'accompagne pardi!
- Mais... Comment?...
- Et bien d'abord, en prenant cet avion avec toi.
- Non, comment as-tu su que je serais ici?
- Tu as oublié que je suis flic? La filature, ça me connait. Depuis le temps, tu devrais le savoir!
- Et comment as-tu eu l'idée de me suivre?
- Écoute, je te connais. Je sais reconnaître une idée folle quand elle te passe par la tête. Je sais aussi reconnaître cet air entêté qui veut dire que quoi que je dise, tu n'en feras qu'à ta tête. Alors, à défaut de t'empêcher de faire une bêtise, j'ai décidé de t'accompagner, peut-être qu'ainsi je pourrais t'éviter d'être blessé ou pire...
- Mais...
- Et je te préviens, si tu songes à un moyen de me semer, je peux être plus collante qu'un vieux chewing-gum sous la semelle de ta chaussure!
- Je ne peux pas t'impliquer dans ce que je m'apprête à faire. Tu dois rester à New York! Et les petits, tu as pensé à eux? Ils ont besoin de toi !
- Je pense à eux ! Je ne fais que ça! J’ai appelé mon père en renfort pour ta mère. Alors pas de soucis, ils sont entre de bonnes mains. Et quand leur père décide de prendre des risques pour retrouver leur sœur, c'est mon rôle de tout faire pour le protéger et l'aider.
- Quoique je dise, je ne pourrais pas te faire changer d'avis, n'est-ce pas?
- Pire qu'un vieux chewing-gum...
- Sous la semelle de ma chaussure, termina-t-il, j'ai compris l'idée.
- Parfait! Alors, tu le veux ce soda?
- ... Merci.
- Always.
Lorsque l'avion atterrit à Paris, quelques heures plus tard, Rick appela l’un de ses amis pendant que Kate téléphonait de son côté.
- A Paris? Que diable fais-tu à Paris ? S’écria Esposito, faisant par la même occasion sursauter Ryan, qui lui demanda de mettre le haut-parleur.
- J’ai suivi Castle.
- Ok, alors qu’est-ce que Castle fait à Paris ? redemanda le latino agacé par la réponse évasive de sa collègue.
- Il pense qu'il peut trouver Alexis.
- Il se prend pour Liam Neeson maintenant? Railla Ryan.
- Liam Neeson? C’est tout juste si ce mec peut se comparer à Ashley Judd ! contredit Esposito.
- Dans l'état où il est, qui sait de quoi il est capable, soupira Beckett. Mais il dit qu'il connaît quelqu'un qui peut aider.
- Et donc tu l’as suivi, conclut le latino.
- Que voulais-tu que je fasse d’autre ? Même si je n’ai aucune autorité ici, je peux au moins faire en sorte qu’il soit un peu prudent. Lui, il agit comme un père et ... moi, je le soutiens dans ses recherches…
- Et nous, qu’est-ce qu’on fait ? Demanda Ryan. Si tu nous appelle, c’est que tu as une idée derrière la tête, non ?
- Vous, vous allez agir comme des flics, répondit-elle en prenant son ton de chef d’équipe. Vous allez demander aux fédéraux d’élargir leur recherche aux jets privés et aux vols qui étaient à destination de toute l’Europe. Et Ryan, est-ce que tu penses pouvoir prendre contact avec tes anciens collègues des stupéfiants? Peut-être qu'ils ont entendu quelque chose sur les rues à propos de Henson.
- Ouais.
- Ecoutez les gars, je ne sais pas qui Castle pense connaître, mais nous allons trouver sa fille avant qu'il ne fasse quelque chose de stupide ou pire, qu’il nous fasse tuer.
- ça marche ! Termina Esposito. Oh, et Beckett !
- Ouais ?
- Fais gaffe.
Elle les remercia de leur aide et raccrocha. Rick arriva vers elle au même instant.
- On a rendez-vous dans une demi-heure dans un café, on a juste le temps d’attraper un taxi.
- Avec qui ?
- Un ami. Il m’a aidé quand je faisais des recherches pour un Derrick Storm. Il s’appelle Gaston.
- Sérieux ?
- Quoi ?
- Tu as un ami français qui s’appelle Gaston ?
- Oui, pourquoi ?
- Je sais pas… Je trouve ça un peu étrange…
- Pas plus qu’un américain qui s’appelle Will Sorenson ou Tom Deming …
Elle secoua la tête devant sa remarque digne d’un gamin et le suivit à l’extérieur. Kate parlait couramment français, elle put donc lui servir d’interprète avec le chauffeur de taxi et ainsi lui faciliter la tâche.
Ils rencontrèrent donc le fameux Gaston, qui accepta finalement de leur permettre d’entrer en contact avec un homme mystérieux, auquel le gouvernement français faisait parfois appel pour agir dans l’ombre. Ils n’avaient plus qu’à attendre son appel.
- Tu es sûr de ce que tu fais ? Demanda Kate lorsqu’ils furent de nouveau seuls.
- Je suis prêt à tout pour retrouver Alexis, répondit-il comme une évidence.
- Mais on n’est pas dans un de tes bouquins là ! Tu vas vraiment faire confiance à un type que tu ne connais pas pour la retrouver ?
- Si le gouvernement français lui fait confiance, c’est qu’il doit être à la hauteur de ce que l’on raconte sur lui.
- On n’est pas dans un James Bond, là, Castle ! Et ton ami Gaston n’est pas M !
- Ecoute, je veux bien que tu me suives là-dedans, mais pas que tu m’empêches d’agir comme je l’entends ! J’ai été patient, j’ai fait confiance au FBI, et qu’est-ce que ça m’a apporté ? Rien ! Ou peut-être si, la perte d’un temps précieux !
- Castle, soupira Kate.
- Il s’agit de ma fille ! Ma petite fille ! Cria-t-il.
Kate soupira et baissa la tête, elle ne voulait pas qu’il leur arrive quoique ce soit et le meilleur moyen de s’en assurer était de rester à ses côtés. Son téléphone sonna. Elle décrocha aussitôt en priant pour que les bros aient avancé dans leur enquête.
- Salut Espo ! Du nouveau avec Henson ?
- Non, j’ai même pas pu lui trouver une adresse connue. Désolé.
- Comment un trafiquant de stupéfiants de niveau moyen a pu se retrouver embarqué avec des radicaux du Moyen-Orient? Soupira-t-elle. Et pour les avions, où en êtes-vous ?
- Ryan et moi avons vérifié chaque plan de vol de chaque jet privé qui est parti d'ici. Et seulement deux d'entre eux ont déposé un plan de vol pour la France. Jusqu'à présent, ils semblent tous légaux. Donc, nous allons élargir notre recherche dans la matinée.
Elle murmura un merci et soupira une nouvelle fois.
- Kate.
- Quoi?
- Comment ça va de ton côté?
- A ton avis ?
- Ouais... Je te rappelle dès qu’on trouve quelque chose.
Elle raccrocha et se passa une main dans les cheveux. Rick lui montra l’écran de son téléphone. Il venait de recevoir un message. L’homme en question venait de leur donner rendez-vous dans une église.
Ils s’y rendirent aussitôt. Rick s’installa à l’endroit indiqué, tandis que Kate, méfiante, passa en revue les lieux.
Un homme vint s’asseoir près de l’écrivain en prononçant quelques paroles d'un air énigmatique. Il se présenta sous le pseudonyme de Jacques Henri. Après un bref échange, l’homme promit de retrouver Alexis contre une grosse somme d’argent, ce que Castle s’empressa d’accepter même s’il ne pouvait avoir la garantie de la revoir en vie. Kate, méfiante, resta silencieuse et les suivit jusque dans un tunnel, où ils rencontrèrent un autre homme, qui y vivait dans une sorte de repaire souterrain et se faisait surnommer la taupe.
La taupe se mit au travail dès qu’ils lui remirent une copie de l’enregistrement de l’appel d’Alexis.
- À quand remonte la dernière fois que vous avez dormi? Leur demanda Henri
- Je ne sais pas, répondit Castle. Je vais bien.
- Non, cela va prendre un certain temps. Je vous réveillerai quand nous trouverons quelque chose, dit Henri en désignant un lit dans un coin de la pièce.
- Vas-y Castle, tu peux dormir, dit Kate. Je les surveille.
- Votre amie est très méfiante, constata Henri.
- Sa femme ! Précisa Kate. Et vous avez raison, je suis méfiante. C’est ce qui me maintient en vie dans mon métier.
- Vous avez raison, prudence est mère de sureté, répondit Henri avant de rejoindre la taupe.
- Tu pourrais faire un effort, chuchota Castle. Cet homme est notre meilleure chance de retrouver Alexis. Tu pourras médire sur lui quand nous serons de retour à la maison.
- Je te rappelle que la taupe a une ouïe digne de superman, lui rappela Kate. Ensuite, étant donné le prix que tu le payes, il devrait comprendre ma méfiance.
Il soupira et acquiesça doucement, puis alla s’étendre sur le lit à la recherche d’un peu de repos, malgré la voix pleine de terreur d’Alexis provenant de l’enregistrement que la taupe analysait.
Quelques temps plus tard, Kate réveilla doucement son mari. Henri se préparait à partir en rangeant une arme dans sa veste.
- Qu’est-ce qu’il se passe ? Ils ont trouvé quelque chose? Demanda-t-il aussitôt.
- Peut-être, murmura Kate. Ils pensent avoir localisé des bureaux qui pourraient correspondre.
Rick se leva instantanément, prêt à partir.
- Je viens ! Dit-il.
- C’est pour ça que je t’ai réveillé, sourit Kate. Henri disait que ça n’était pas nécessaire, mais…
- Votre femme est plus têtue qu’une mule, soupira Henri.
- Je sais et plus collante qu’un vieux chewing-gum, sourit l’écrivain.
Les bureaux étaient bien l’endroit où les filles avaient été séquestrées, mais il n’y avait plus personne depuis un moment. Henri se révéla utile en dénichant un mouchard et très persuasif en adressant un message aux ravisseurs, qui le rappelèrent très vite, pour lui fixer un rendez-vous pour négocier, mais sans Rick, ni Kate.
Henri partit donc seul au rendez-vous, laissant une nouvelle fois les Castle dans une attente interminable.
Kate appela Esposito pour avoir des nouvelles de leur enquête. Ce dernier lui envoya le portrait-robot d’un homme aperçu par un des voisins de Henson. Il s’agissait du même homme que celui repéré quittant la ferme où le corps d’Henson avait été retrouvé.
- Qu’est-ce que tu en penses ? demanda-t-elle à Rick après lui avoir montré le portrait-robot.
- Je ne sais pas… D'abord, il torture Henson et puis il démolit son appartement… ça pourrait être lié à une autre affaire… N’oublie pas qu’Henson était un petit trafiquant…
- Possible… Espo a dit que le disque dur d’Henson a été effacé avec du matériel de professionnel. Les techniciens font ce qu’ils peuvent, mais rien n’est certain.
- Nous aurons retrouvé Alexis avant ça, assura Castle.
- Peut-être…
- Sûrement ! Qu’est-ce que tu as avec Henri ? Il est super fort ! Tu as vu ce qu’il a fait dans ces bureaux ?!
- Je ne sais pas… Je ne le sens pas…
-Toujours aussi sceptique, marmonna-t-il.
- Est-ce que je te reproche tes automatismes de défense? râla-t-elle à son tour.
- Quels automatismes ?
- Tes traits d’esprit à la noix que tu sors à chaque fois que tu te retrouves dans une situation délicate !
- Hein ? Non mais, madame « je ne fais confiance qu’à mon arme de service », je te signale que …
La porte s’ouvrit au même instant et Henri entra. Castle se précipita vers lui.
- Était-elle là? Demanda-t-il sans préambule.
- Oui.
Il leur montra une photo d’Alexis avec un journal.
- Et elle est en sécurité, ajouta-t-il. C’est le journal d'aujourd'hui.
- Pourquoi l’ont-ils enlevée?
- C’était plus pratique. Mais ils ont accepté de la laisser partir.
- Quand?
- Plus tard dans la journée. Dans la forêt de Fontainebleau. Ça vous donnera le temps de réunir l'argent.
Rick acquiesça, tandis que Kate vérifiait la photographie pour être sûre qu’il ne s’agissait pas d’un montage.
Lorsqu’ils arrivèrent au lieu de rendez-vous, Castle sortit de la voiture avec la mallette contenant la rançon. Henri lui désignait le chemin à prendre pour aller sur le lieu de rendez-vous.
Le téléphone de Beckett sonna au même moment.
- C’est Espo, expliqua-t-elle alors que Rick et Henri la regardaient avec un air de reproche.
- Eh bien tu le rappelleras plus tard, souffla Rick énervé.
- C’est peut-être important, insista-t-elle.
- Tu n’as qu’à prendre l’appel et nous rejoindre après, grogna-t-il froidement en se mettant en chemin avec Henri.
- Espo ? Dit-elle en décrochant agacée.
- On a du nouveau !
- Je t’en prie, dépêche-toi de me dire ce que vous avez trouvé, parce qu’ici, c’est plutôt tendu.
- Ok, les techniciens ont réussi à récupérer des photos de surveillance sur le disque dur d’Henson, je te les ai envoyées. Jette un œil.
Elle ouvrit le document envoyé par son collègue et se figea en reconnaissant Alexis sur toutes les photos.
- Oh Dieu. Alexis ! Elle n’était pas au mauvais endroit au mauvais moment. C’était elle la cible !
Elle attrapa l’arme qu’elle cachait à sa cheville et se précipita dans la direction prise par Castle et Henri.
**********
- Où est Alexis? Demanda Rick. Je ne la vois pas.
Henri sortit son arme de sa veste et indiqua à Castle qu’il fallait encore avancer.
- Restez calme.
Castle hésita un instant.
- On devrait attendre Beckett…
- Elle est au téléphone, vous connaissez les femmes, si on l’attend, on risque d’être en retard.
- Non, non, non. Ce n’est pas ... Il y a quelque chose qui cloche…
- C’est lui qui cloche ! Annonça Kate en braquant son arme sur la tête d’Henri, qui lui venait de pointer la sienne sur le cou de Castle. C’était Alexis la cible, pas Sara !
- Quoi ?
- Ne bougez pas, madame, dit froidement Henri. Vous tenez à votre cher mari, il me semble.
- Vous n’êtes pas en mesure de le menacer, Henri, cracha-t-elle.
Henri lui décocha soudain un coup de pied retourné en pleine figure, digne d’un film de Bruce Lee. Elle se retrouva au sol méchamment sonnée.
- KATE ! Cria Castle en se tournant pour frapper Henri, qui braqua de nouveau son arme sous son nez.
- Je t’ai dit de rester calme ! Lui rappela-t-il avant d’ajouter en français : il est à vous, comme nous avons convenu.
- Vous m’avez vendu? Pourquoi? Demanda l’écrivain.
-J’apprécie ma vie plus que ma parole. Si j’avais su qui était votre fille, qui elle était vraiment …
- Qui elle est vraiment? … Je … je ne comprends pas.
- Je n’aurais jamais pris le travail, termina Henri tandis que deux hommes cagoulés entraînaient Castle avec eux.
- Elle n’est personne ! Protesta Castle.
- Oh ! Les arrêta Henri. Mon paiement?
Un homme masqué hocha la tête et Henri prit la mallette des mains de Castle. Les hommes cagoulés le firent avancer un peu plus loin dans la forêt, puis le poussèrent pour le faire tomber.
-WoOw! Attendez, d'accord, attendez. Juste … que voulez-vous? Demanda Castle
Un des hommes leva son arme et le visa. Rick ferma les yeux, certain que sa dernière heure était arrivée, regrettant de ne pas avoir revu sa fille et que ses derniers mots pour Beckett aient été aussi froids. Il pria pour qu’elle survive à cette journée et parvienne à retrouver Alexis.
Cinq coups de feu retentirent, des oiseaux s’envolèrent. Pourquoi entendait-il les oiseaux ?
Il ouvrit les yeux, surpris d’être toujours en vie et regarda autour de lui. Les hommes encagoulés gisaient près de lui, morts. Henri était étendu sur le sol un peu plus loin, mort lui aussi.
Il allait se précipiter vers Beckett, toujours assommée, quand un homme vêtu de noir arriva de derrière les arbres. Rick allait ramasser l’arme d’un des morts, mais l’homme lui fit signe de ne pas le faire.
- Ah, ah, ah!
Rick s’arrêta.
-Si j’avais voulu te tuer, tu serais mort, dit l’homme.
- Vous êtes le gars du dessin ! Le reconnut Castle. Vous étiez à la ferme.
- C'est ça. Ton ami, il était assez bon. Un peu hors de sa catégorie, cependant. Je ne suis pas surpris qu'il soit passé de l'autre côté. Cela dit, tu devrais écouter plus souvent ton amie, elle a du flair !
- C’est ma femme ! rectifia Castle avant de se précipiter vers elle. Oh Bon sang ! Beckett !
Chapitre cent quarante-cinq
- Beckett! Oh bon sang! S'inquiétait Castle en l'examinant sous toutes les coutures.
- Ça va, elle est seulement un peu dans les vapes, dit l'homme en s'agenouillant près d'eux.
- Un peu dans les vapes?! Vous êtes médecin?
- Non, mais...
- Mais quoi? Elle n'est pas du genre à se retrouver K.O avec un seul coup!
- Ton copain n'était pas un débutant. Avec les pompes qu'il avait au pied et la formation de commando qu'il a du recevoir... Son coup aurait pu assommer un taureau!
- Mouais ... Je ne suis pas sûr que Kate soit flattée de la comparaison...
- Ouais, et bah tu ne lui répéteras pas, répondit l'homme en ramassant les clés de la voiture sur le cadavre d'Henri.
- Vous savez ce qui se passe ici? Demanda Rick. Vous... vous savez où est ma fille?
- Écoute, on est trop exposés ici. On doit y aller. Maintenant.
Il ouvrit la porte du côté du conducteur de la voiture.
- Y aller? Qu'est-ce que vous racontez? Aller où?
- Dans un endroit sûr, installe-la à l'arrière et monte dans la voiture.
- Non, pas tant que vous ne m'aurez pas dit ce qu'il se passe.
Le téléphone de Beckett sonna. Esposito inquiet la rappelait pour avoir des nouvelles.
Hunt le lui prit des mains aussitôt.
- Hé! Protesta Castle.
- Montre-moi ton téléphone aussi.
- Euh... Pourquoi? Qu'est-ce que vous allez en faire? Demanda Castle en sortant son téléphone.
Hunt ne répondit pas et se contenta de lui prendre l'appareil, qu'il jeta en l'air avec celui de Beckett, avant de tirer dessus avec son arme.
- Mais qu'est-ce qu'il vous a pris? Des téléphones à 200$! S'écria Castle choqué.
- C'est comme ça qu'ils te suivent. Maintenant monte dans la voiture!
L'homme se retourna et s'éloigna.
- Hé, je ne monterai pas dans la voiture! Lança alors Castle sur un ton de défi.
- Oh, ne sois pas un idiot. Je suis du côté des gentils!
- Oh, vous vous attendez-moi que je vous fasse confiance? Désolé, mais mon radar à bons gars est dans les vapes!
- Tu es encore en vie, non?
- ...
- Qu'est-ce que tu vas faire? Rester ici dans les bois avec tous ces cadavres et attendre que ta copine se réveille?
- Ma femme... Rectifia Castle en marmonnant dans sa barbe.
Il tourna sur lui-même, tandis que l'homme montait dans la voiture.
- Bien! Je vais monter dans la voiture, bougonna-t-il.
Il hissa Beckett sur ses épaules et vint l’installer le plus délicatement possible à l'arrière de la voiture.
- Oh! Et étant donné ta réaction hystérique pour ton téléphone à 200$, tu devrais peut-être ramasser la mallette avec les trois millions de dollars, lança l'homme avant qu'il ne s'installe avec elle.
Après une courte hésitation, Castle retourna auprès d'Henri et lui prit la mallette des mains.
- Vous pourriez au moins me dire votre nom, marmonna Castle en s'installant.
- Hunt. Jackson Hunt.
- On dirait un nom bidon.
- Parce que c'en est un! Rit Hunt en démarrant la voiture.
Peu après, alors qu’ils roulaient encore, Kate émergea. Elle sursauta lorsqu'elle se rappela les derniers événements qu'elle avait vécus.
- Rick!
- Je suis là! Je vais bien! La rassura-t-il en posant une main sur sa joue. Comment te sens-tu?
- Où…?... Qui êtes-vous? Demanda-t-elle d'une voix menaçante en réalisant la présence de Hunt dans la voiture.
- Jackson Hunt! Enchanté!
- On dirait un nom bidon, marmonna-t-elle en fouillant ses poches.
Hunt éclata de rire.
- Vous trouvez ça drôle? Où nous emmenez-vous? Râla-t-elle de plus belle.
- Dans un endroit sûr, détendez-vous. Vous avez pris un sacré coup.
Elle se tourna vers son mari, agacée par l'attitude désinvolte de Hunt.
- Castle, qu'est-ce qu'il se passe?
- Henri nous a trahis. Après qu'il t'ait mis K.O, quatre types sont arrivés et ont voulu m'exécuter.
- QUOI?!
- Mais notre nouvel ami ici présent, les a tous abattus. Tu aurais vu ça, digne d'un roman de Fleming!
- Qui êtes-vous? Redemanda Kate en se tournant de nouveau vers Hunt.
- Relax! Je suis un ami!
- Mes amis, je les connais tous! Alors? Qui êtes-vous? Pourquoi vous nous suiviez... Mais... Attendez! Oui! Vous êtes le type de l'affichette! Vous avez torturé et tué Henson! Qu'est-ce que vous nous voulez?
- Attends, tu vas un peu vite en conclusion, là! Protesta Castle.
- Ne me dis pas que tu lui fais confiance?! Râla Kate en fouillant frénétiquement ses poches. Bon sang! Où est mon téléphone?
- Euh... Hunt l'a bousillé...
- Il a fait quoi?
- Bah... Il a pris nos téléphones, les a jetés en l'air et ... POOL! Comme le tir au pigeon.
- Comme le tir au p... Bon sang Castle! Un type débarque dans une forêt, tue cinq types avec des armes de guerre, te demande nos téléphone et tu les lui donnes?! Mais qu'est ce qui ne va pas chez toi? Tu es pathologiquement incapable de te méfier?
- Euh...Bah euh... Dit comme ça...
- Quant à vous, vous allez nous dire qui vous êtes et ce que vous nous voulez, avant que je...
Elle ne pût terminer sa phrase, assommée par un coup de taser.
- EH !!! Mais qu'est-ce qu'il vous prend?! Protesta Castle en la rattrapant.
- Elle parlait de trop.
- Beckett? Parler de trop?! Non mais vous débloquez! C'est vous qui ne nous en dites pas assez!
- Je vais tout t'expliquer quand on sera en lieu sûr. Quant à te femme... Désolé, mais elle est trop méfiante.
- Je vous jure que si elle...
- Relax, c'était juste une petite décharge. Elle fait un petit somme, c'est tout.
- ... Bon sang, dans quoi est-ce que je nous ai encore embarqués, marmonna Castle en regardant Kate.
Le visage d'Alexis s'imposa dans ses pensées, il soupira bruyamment, tandis que Hunt rentrait la voiture dans un sous-sol.
***********
Hunt fit entrer Rick et ferma la porte derrière lui. Il lui indiqua un canapé.
- Allonge-la là-dessus, elle devrait refaire surface dans une dizaine de minutes.
L'écrivain obtempéra, puis suivit Hunt dans son repaire. Il remarqua aussitôt diverses photos d'Alexis sur le mur. De nombreuses photos, depuis sa naissance à aujourd'hui.
- Où avez-vous eu cela? Demanda-t-il suspicieux.
- Ça n'est pas important. Ce qui est important, c'est que nous la récupérions.
- Je ne vous connais même pas. Pourquoi faites-vous ça?
- C'est mon travail. J'ai été envoyé pour ça.
- Par qui? El-Masri?
- Quelle est la différence?
- Vous devez me dire qui vous a engagé et pourquoi ces personnes ont pris ma fille!
Un téléphone sonna sur un meuble derrière eux.
- C'est le tien. Tu devrais peut-être répondre ?
- Comment ça le mien? Vous avez tiré dessus!
- C'est un clone. Il y a le clone de celui de ta femme à côté. C'est comme ça que je vous ai traqués. Enfin toi surtout. J'ai été surpris qu'elle te suive. Elle a un sacré tempérament ta femme... Enfin, tout ça pour dire... Ces téléphones-là sont sécurisés, contrairement aux vôtres. Réponds, c'est sûrement Martha.
Rick s'étonna qu'il connaisse le prénom de sa mère.
- Tu devrais lui faire savoir que vous êtes en sécurité, ajouta Hunt.
Rick jeta un coup d'œil au téléphone.
- Ce n’est pas ma mère. C'est un numéro local... Alexis! Réagit-il aussitôt en décrochant. Alexis?
- Je crains que non, M. Castle, dit une voix masculine à l'autre bout du fil. Mais je suis celui qui la détient. Si vous tenez à sa vie, donnez le téléphone à l'homme debout à côté de vous. Le responsable de ce bain de sang dans les bois.
Rick, bien qu'un peu hésitant, suivit les instructions.
- Ouais, lança Hunt en prenant le téléphone.
- C'est vous. Après toutes ces années, c'est finalement vous.
- Il est temps de la laisser partir, Volkov, répondit Hunt.
Après une brève conversation avec ledit Volkov, Hunt raccrocha.
- C'est après vous qu’il en a ? S'étonna Castle.
- Ouais.
- Je ne comprends pas. Qu'est-ce que cela a à voir avec Alexis? Pourquoi l'auraient-ils enlevée?
- Parce que j'ai été imprudent. Parce que d'une certaine manière, il a découvert qui elle était. Qui tu étais. Et il savait que je viendrais pour elle.
- Pourquoi? Pourquoi seriez-vous venu pour elle?
- Parce qu'elle est ma petite-fille.
Rick se figea, il ne s’attendait pas à ça.
- Richard, je suis ton père, ajouta Hunt devant l’air de totale incompréhension de Rick.
- Waow... Mon père?! Et vous me dites que vous êtes un espion?
- Un agent du renseignement, c’est le terme exact.
- Mon père est un espion, souffla Castle confus. Est-ce que ma mère le sait?
Hunt secoua la tête.
- Qu’est-ce qu’elle t’a dit à propos de moi ?
- Euh, que c’était une soirée spéciale, elle était amoureuse, quand elle s’est réveillée le lendemain matin, vous étiez parti, elle ne vous a jamais revu.
Il y eut un petit temps de silence, puis Hunt reprit :
- Ce soir-là, je venais de terminer un travail à l'ONU, ou du moins, je pensais que je l’avais terminé. Le lendemain, les choses ont dégénéré. J’ai dû quitter le pays rapidement. C’était un an avant que je puisse revenir aux Etats-Unis. C’est alors que j’ai appris pour toi.
- Vous saviez pour moi? À propos de nous? Toutes ces années et vous ne nous avez pas une fois fait savoir que vous étiez là?
- Ce que je fais implique ne pas avoir de lien, de relation avec qui que ce soit. Mais, bon, je passais de temps en temps. Nous nous sommes d’ailleurs rencontré avant.
Castle lui adressa un regard incrédule.
- Je t’assure, continua Hunt. Quand tu avais environ 10 ans. Ta mère t’a emmené à la bibliothèque. Tu cherchais un livre et je t’ai donné un exemplaire de…
-Casino Royale, termina Castle en se remémorant cette rencontre.
- Ouais.
- C’était toi?
Hunt hocha la tête et Rick sourit.
- C’est ce livre m'a donné envie d'être écrivain !
- Je n’arrivais pas à le croire quand j’ai lu ton premier roman d'espionnage.
- Tu as lu mes livres?
- Oh oui. J’ai même graissé quelques pattes à la CIA lorsque tu essayais d'avoir accès à certaines informations pour tes recherches. Je sais que ce n’est pas beaucoup, mais pendant une petite minute, j’ai eu l’impression d’être un père. J’ai toujours veillé sur toi, ta maman, Alexis et depuis peu sur Beckett et vos trois petits anges.
L’histoire de Hunt réchauffa le cœur de Rick, il semblait vraiment sincère.
- Cet homme qui a ma fille, qui est-il? Demanda Castle.
- Gregor Volkov. L'agent le plus redouté du KGB. J’ai tué sa femme Anna pendant une opération de contre-espionnage il y a douze ans, ici à Paris. La première fois qu'il s’en est pris à moi, je l’ai envoyé dans une prison tchétchène à vie. Puis il s’est échappé. Il a essayé de trouver un autre moyen de me faire sortir de ma tanière.
- Si c’était à propos d’Alexis, pourquoi aurait-il enlevé l'autre fille?
- Parce que s’il enlevait seulement Alexis, ça ne serait pas passé aux nouvelles internationales. Il avait besoin de quelqu'un de haut placé. Il avait besoin d'être sûr que j’apprendrais la nouvelle. Et maintenant, il m'a amené exactement où il veut. Si je ne me présente pas demain, il la tuera.
- Et si tu y vas ?
- Il va nous tuer tous les deux juste pour le plaisir.
Rick fit un pas en avant.
- Si tu me connais un tout petit peu, tu sais que je ferai ne importe quoi.
Hunt considérait ce que Rick venait de lui dire, quand un bruit derrière eux coupa leur conversation. Ils se tournèrent. Beckett pointait une arme sur Hunt.
- Kate !
- Où avez-vous eu cette arme ? s'étonna Hunt.
- Vous auriez dû prendre le temps de vérifier que je n’en avais pas quand vous m’avez mise K.O. Hunt.
- Je ne fais ça qu’avec mes ennemis. Je ne vous considère pas comme une ennemie, sourit Hunt.
Un sourire à la Castle. Celui qu’il lui adressait quand il avait fait n’importe quoi et qu’il cherchait à l’amadouer.
- Vous devriez, grogna-t-elle. Ecarte-toi de lui, Castle.
- Non, tu ne comprends pas, il est de notre côté ! Dit Castle en se plaçant entre elle et Hunt.
- De notre côté ?! Il m’a mis un coup de taser !
- Un léger malentendu ! Il peut nous aider à retrouver Alexis. S’il te plait chérie, baisse ton arme.
Kate mordit sa lèvre inférieure, elle pesait le pour et le contre. Elle n’avait pas du tout confiance en Hunt, contrairement à Rick. Mais il était si naïf parfois….
- S’il te plait, Kate. Fais ça pour moi.
Incapable de résister à la bouille de son écrivain, elle baissa son arme.
- Merci, soupira Hunt.
- Ne me remerciez pas, remerciez Castle, répondit-elle froidement. Je ne vous fais pas confiance… Mais lui vous fait confiance et j’ai confiance en lui…
Castle lui sourit et se retourna de nouveau vers son père.
- Alors ? Que fait-on ?
- Notre seul avantage est que Volkov ignore que je sais où il se planque. Il ne doit pas être préparé pour une attaque directe. Si je peux entrer dans son antre, je peux ramener Alexis.
- Une attaque directe? Demanda Rick.
- Woh ! Attendez ! De quoi vous parlez ?! Intervint Beckett.
- C’est notre meilleure chance. Sa meilleure chance ! répondit Hunt en montrant la photo d’Alexis. Mais nous avons besoin d'un avantage tactique. Je ne peux pas faire ça seul.
- Vous voulez attaquer ceux qui détiennent Alexis !? S’étrangla Beckett.
- Dites-moi ce dont vous avez besoin, répondit Castle.
- Castle, non ! C’est trop dangereux ! Si vous savez où elle est, il faut prévenir l’agent Harris !
- Kate, tu étais là quand il a appris qu’Alexis était en France, il leur faut deux jours pour obtenir les autorisations pour agir ici.
- Mais c’est leur Job ! Ils sont formés pour ça, protesta-t-elle.
- ALEXIS EST MA FILLE, KATE ! Gronda Castle… Alors je ferai ça avec ou sans toi.
- … Ok… soupira-t-elle.
Hunt sortit un plan d’immeuble et exposa son idée.
Un peu avant de partir, Hunt leur proposa une boisson. Kate s’endormit dans la minute qui suivit. Rick l’allongea sur le canapé et déposa une lettre auprès d’elle.
- Bon sang, elle va me faire la peau, soupira-t-il.
- C’est ton choix gamin, répondit Hunt. Tu ne voulais pas risquer qu’il lui arrive quelque chose.
- Non... Si ça tourne mal… Les petits auront besoin d’elle…
***********
Comme convenu, Rick s’introduisit dans les égouts sous la planque de Volkov et se fit repérer par ses hommes qui le conduisirent auprès d’Alexis. Ensuite, Hunt prit le relais et fit exploser le talkie-walkie que Volkov avait pris à Castle. L’écrivain utilisa la montre que lui avait confiée Hunt pour libérer Alexis et l’entrainer vers l’arrière du bâtiment en tentant d’éviter les hommes de Volkov. Deux d’entre eux se mirent en travers de leur route, Rick en assomma un, mais le deuxième pointa son arme sur eux, les stoppant dans leur fuite. L’homme allait leur tirer dessus, quand il s’écroula, mort. Rick regarda aux alentours pour comprendre ce qu’il venait de se passer, quand une voix familière cria.
- Castle, Alexis ! Par ici !
- Kate ?!
- On parlera plus tard, pour le moment, il faut courir. Viens !
Ils coururent sans s’arrêter jusqu’à l’ambassade américaine, où un soldat les introduisit à l’intérieur. Ils étaient enfin saufs, le cauchemar était terminé.
Quelques heures plus tard, ils étaient de retour au loft, où Martha, Jim et les enfants les attendaient avec un repas de fête.
- Maman a mal ? Demanda Andréa en voyant le cocard de Kate.
- C’est rien mon bébé, ça va bientôt guérir, sourit Kate en la serrant tendrement dans ses bras.
Rick regardait en souriant sa famille enfin au grand complet. Tout allait pour le mieux désormais. Enfin… Il restait quelques explications qu’il devait à Kate, car même si elle n’en avait pas encore parlé, il se doutait qu’elle n’avait pas apprécié le coup du somnifère dans son café.
Plus tard, lorsque tout le monde fut couché, il la retrouva dans leur chambre. Elle terminait de se passer de la crème sur les jambes.
- Hm… fit-il pour signifier sa présence.
Elle leva les yeux vers lui et fronça les sourcils en inspirant.
- Je suis désolé, lâcha-t-il d’un air penaud.
- De quoi ? D’avoir voulu te lancer là-dedans tout seul ou d’avoir voulu me droguer ?
- … Euh… Les deux, je pense…
- Bien !
- Tu me pardonnes ? S’étonna-t-il.
- Je sais pourquoi tu as fait ça, dit-elle en s’approchant de lui pour enrouler ses bras autour de son cou. Et je suis trop contente que tu ailles bien et qu’Alexis soit de nouveau avec nous et en pleine forme, pour te faire la tête.
- Cool, sourit-il en se penchant pour l’embrasser.
- Mais !... répondit-elle en reculant ses lèvres au dernier moment. Tu dois me promettre de ne plus jamais essayer de faire un truc pareil sans moi.
- Promis.
Elle sourit, puis s’avança pour l'embrasser, mais ce fut à lui d’empêcher leur baiser cette fois.
- Tu sais… Commença-t-il, il y a un truc qui me turlupine…
- Quoi donc ?
- Bah… Ce somnifère… Hunt m’avait assuré qu’avec une dose pareille, tu en avais pour toute la nuit, au moins !... Comment ça se fait que tu sois venue nous rejoindre à peine une heure après ?
- Oh… Je ne l’ai pas bu.
- Mais… Tu dormais ! Et ton verre était vide !
- Eh bien, je ne sais pas comment va le bégonia de ton ami Hunt, mais en ce qui me concerne, je pense que Martha serait fière de moi.
- Tu faisais semblant ?!
- MhmMh.
- … Alors ça veut dire que…
- Que je me doutais que vous voudriez me laisser de côté et je n’avais pas envie de me reprendre un coup de taser…
- … Ouais… Hunt a bien failli se prendre un coup quand il t’a fait ça, marmonna-t-il encore en colère contre son père pour ça. S’il n’avait pas été au volant à ce moment-là…
- Tu crois qu’il s’en est sorti ? ... Hunt. Tu crois qu’il a réussi à se sortir de l’attaque du repaire de Volkov ?
Rick repensa au paquet que sa mère lui avait donné à leur retour et à l’exemplaire de Casino Royale qu’il y avait trouvé.
- Oui. Je suis sûr qu’il s’en est sorti, sourit-il avant d’embrasser tendrement les lèvres de sa femme, qui bien vite fit grimper la température ambiante avec des caresses dont elle avait le secret.
Chapitre cent quarante-six
- ROHHHH, Castle t'es pas possible! Souffla Kate.
- Désolé, mais je tiens à la vie, moi!
- Alleeeeezzzz! Tu ne trouves pas ça excitant?
- Euh... Non. Pas du tout même.
- T'es pas marrant! Pour une fois que ta mère et Alexis sont parties se reposer dans les Hamptons, que Lanie garde Andréa et que mon père et ma tante Theresa ont pris les garçons pour les prochaines vingt-quatre heures!
- Désolé, mais je ne tiens pas à être la prochaine victime de ce maudit DVD.
- Sérieusement? Il y avait combien de chances pour qu'on ait le loft pour nous deux pendant vingt-quatre heures? Et tu vas gâcher cet événement aussi rare que le passage de la comète de Haley pour un stupide film?
- D'abord the Ring n'est pas un stupide film! Il est à la base d'un véritable phénomène de société! Ensuite... Non! Non! Je suis désolé, mais je dois être raisonnable si je ne veux pas être tué!
- Ok. En quoi le fait de ne pas profiter du fait que pour la première fois depuis des mois nous sommes seuls à la maison pour me faire l'amour toute la nuit, va t'empêcher de te faire sauvagement assassiner par l'esprit maudit contenu dans ce DVD?
- Je croyais que tu t'y connaissais en films d'horreur.
- Ce que je sais, c'est que c'est de la fiction.
- Facile à dire, quand on est pas frappé par une malédiction!
- Ok, alors va faire pipi sur tes mains en tournant sur toi-même qu'on en finisse une fois pour toute, comme ça tu pourras me faire trembler de plaisir! S'énerva Beckett.
- Nigel Malloy n'était pas un roi maya! C'était un tueur en série! Ce truc du pipi ne marchera pas!
- Tu ne changeras pas d'avis?
- Non madame!
- Rien de ce que je dirai ne pourra te convaincre?
- Rien de rien! C'est scientifiquement prouvé! Dans tous les films d'horreur que j'ai vus, avoir des rapports sexuels est à peu près la garantie de se faire tuer avant la fin du film! Donc, pour notre sécurité à tous les deux, nous allons rester sages pendant encore ... Euh... Trois heures et trente minutes.
- Ok, soupira-t-elle exaspérée.
Elle ouvrit sa penderie, attrapa quelques vêtements et alla s'enfermer dans la salle de bain. Persuadé, qu'elle avait capitulé et qu'elle était allée enfiler un pyjama, Rick repris son verre de whisky et jeta un œil à sa vidéothèque. Ce soir, ça serait soirée cinéma devant un bon vieux Star Wars ou un épisode du seigneur des anneaux, en tout cas, rien qui puisse l'inciter à dévier de sa résolution.
Il venait de préparer un énorme saladier de pop corn, quand elle sortit de la salle de bain et passa devant lui. Il en resta bouche bée.
- Qu'est ce... Que... Je peux savoir ce que tu fais?
- Oh oui. Je sors! répondit-elle d'un ton qui montrait qu'elle était encore énervée.
- Tu sors?
- Oui, j'ai besoin de m'aérer un peu...
- Dans cette tenue?!
- Oui. Qu'est ce qu'elle a ma tenue?
Il posa son regard sur les jambes de sa femme, puis le remonta le long de sa silhouette. Elle avait passé sa petite robe noire ultra moulante, dont le bas correspondait au haut de ses cuisses et mettait tellement bien en valeur ses si jolies fesses.
Elle était tellement sexy dans cette robe, qu'une vision des sous-vêtements qu'elle devait cacher lui envahit soudain l'esprit à tel point qu'il se sentit tout à coup très à l'étroit dans son pantalon.
- Ah bah... Euh... Là... C'est pas seulement t'aérer que tu vas faire... Tu vas être comment dire... Il va y avoir de sacrés... Courants d'air! bafouilla-t-il en désignant le peu de tissu qui couvrait son corps parfait.
Elle sourit et afficha un air mutin.
- Que veux-tu? Mon mari veut se la jouer soirée pépère devant un DVD, alors je vais tromper mon ennui dans un de ces endroits piquants que je connais.
- Un endroit... Pi... Piquant?
- Oui. Mais ne t'en fais pas, comme Cendrillon, je serai de retour pour minuit! Promit-elle en posant la main sur la poignée de la porte d'entrée. Quand tu seras enfin décidé à...
Elle ne pût terminer sa phrase, Rick avait lâché son saladier pour se précipiter vers elle et la plaquer contre la porte. Il lui attrapa les mains et vint les placer au dessus de leurs têtes, tandis qu'il collait son bassin contre le sien. Surprise et ravie de sentir contre elle la très jolie bosse que cachait son pantalon, elle ne dit rien, mais planta son regard dans le sien. Un regard plein de défi. Il connaissait bien ce regard, elle le mettait au défi de lui résister. Elle avait placé la barre très haute et elle le savait. Un haut niveau de difficulté. D'autant qu'elle avait très certainement senti l'effet qu'elle lui faisait à cet instant précis.
- Qu'est ce qu'il t'arrive? Demanda-t-elle enfin.
- Ne sors pas.
Il déglutit difficilement, ce qui n'échappa pas à Kate.
- Je vais seulement boire un verre avec Lanie, pas m'envoyer en l'air avec le premier venu, crut-elle bon de préciser.
- Ta tenue...
Elle sourit tandis qu'il posait son front contre le sien dans une vaine tentative de contrôler le désir qui s'emparait de lui.
- ... Elle me rend fou, termina-t-il dans un souffle en enfouissant son nez dans son cou.
- C'est le but mon cher mari, rit-elle.
Il voulait se contrôler. Il devait se contrôler encore pendant quelques heures. Mais l'imaginer là dehors, dans cette tenue, avec tous ces hommes, qui ne se gêneraient pas pour se régaler du spectacle... Il ne bougeait plus, le nez calé dans son cou, il s'enivrait de son odeur.
- Castle? Murmura-t-elle alors qu'il ne bougeait toujours pas.
- J’ai envie de toi... Murmura-t-il... Ton corps, ta bouche... Ta chaleur...
Elle ferma les yeux et enfouit à son tour son visage contre lui.
- ... Tes cris... ton odeur... J'ai envie te t'embrasser partout... Tu me rends fou...
- Alors... Qu'est ce que tu attends? Murmura-t-elle.
- Minuit.
Elle le repoussa si violemment, qu'il en tomba à la renverse et quitta le loft en claquant la porte de rage.
- Mon vieux Ricky, il y a des fois où je te filerais des baffes, marmonna-t-il en se relevant pour se précipiter à sa suite.
- KATE! Cria-t-il alors que les portes de l'ascenseur venaient de se refermer.
Il se précipita dans les escaliers, qu'il dévala plus vite qu'il ne l'avait jamais fait. Lorsque les portes de l'ascenseur se rouvrirent au rez de chaussée, Kate n'eut pas le temps de quitter la cabine, qu'elle se retrouva plaquée contre la paroi du fond, les lèvres de son mari dévorant les siennes avec une passion enfiévrée.
Elle couina de plaisir sous l'assaut et enroula ses bras autour de son cou, tandis qu'il la soulevait avec force. Elle enroula ses jambes autour de son bassin et resserra ses cuisses contre ses hanches. Il fit quelques pas avec elle dans les bras, jusqu'aux boutons de l'ascenseur pour le faire remonter.
Sans quitter ses lèvres, il passa ses mains sous sa robe. Elle posa son dos contre la cabine, pour avoir un appui et tira sur la chemise de son homme pour la faire sortir de son pantalon. Leurs mains se frayaient des passages dans des râles d'impatience. Celle-ci grandissait encore, tandis que l'ascenseur ralentissait. Sans rompre leur baiser, il sortit de la cabine, la porta jusqu'à la porte et s'arrêta soudain. Elle râla tandis qu'il la posait sur le sol.
- Qu'est ce qu'il te prend?! S'écria-t-elle au comble de la frustration.
- J'ai claqué la porte.
- Et alors?
- Et alors, j'ai laissé la clé à l'intérieur. On ne peut pas rentrer chez nous!
Elle éclata de rire devant son air penaud.
- Tu trouves ça drôle? Rétorqua-t-il en se dandinant. Mon caleçon va avoir une belle auréole!
Elle l'embrassa et fit apparaître une clé devant ses yeux.
- Heureusement que je pense à tout, dit-elle en se tournant pour glisser la clé dans la serrure.
Il en profita pour glisser une main sur ses fesses, elle tourna la tête, lui sourit et dégrafa son pantalon de sa main libre, avant de la glisser sous son caleçon.
Elle ouvrit la porte à l'aveugle, il l'entraîna aussitôt à l'intérieur.
La porte était à peine refermée, que la chemise de Castle tombait déjà au sol, suivi de près par la robe de Kate.
Dans son empressement, il lui arracha quasiment sa culotte.
- Mince Bunny, s'arrêta-t-il en entendant le craquement du tissu qui se déchire.
- C'était pas Bunny, c'était ma culotte en dentelle noire.
- On s'en fiche alors, sourit-il en se jetant voracement sur ses lèvres empaumant de ses mains les fesses de sa femme.
Elle éclata de rire, avant de faire un sort au pantalon et au caleçon de son homme, qui était encore beaucoup trop habillé à son goût.
Elle s'arrêta, revenant soudain à la réalité et plongea son regard dans celui de Rick.
- Il n'est pas minuit, lui rappela-t-elle.
- Alors je mourrai de plaisir dans tes bras.
- Vraiment? Tu es prêt à prendre le risque?
- Te faire crier ta jouissance sera mon acte d'héroïsme ultime, murmura-t-il en l'embrassant goulûment.
Elle recula en l'entraînant avec elle jusqu'à la chambre. Dès que le lit fut en vue, il la poussa dessus et s'allongea sur elle.
Elle glissa une main entre eux, jusqu'à atteindre son entrejambe et le masturba lentement. Il ferma les yeux et colla sa joue contre la sienne, se laissant entraîner dans l'exquise douceur de ses caresses. Sentant qu'il ne tiendrait pas très longtemps avec un tel traitement, il cacha son visage dans son cou, dont il suçota tendrement chaque parcelle tandis qu'il attrapait ses mains pour les ramener de chaque côté de sa tête. Enfin, il se fraya un chemin en elle. Elle se courba brusquement, tirant sa tête en arrière et hurlant son plaisir.
Il se redressa légèrement étonné de ce qu'il se passait sous ses yeux et l'admira alors qu'elle atteignait les hauteurs de son plaisir.
- Ça va? Demanda-t-il un sourire plein de fierté sur les lèvres.
- Ça va très bien, t'arrête pas, murmura-t-elle la voix étranglée par le plaisir.
Il accéda à sa demande, lui saisit les cuisses, les releva à la verticale et reprit ses mouvements à un rythme plus soutenu. Ils gémirent leur plaisir en chœur, leur jouissance fut si intense, qu'ils perdirent pied et s'écroulèrent sur le lit transpirants, essoufflés, mais comblés.
***************
À quelques rues de là, dans un petit bar à la mode, Lanie termina son cocktail et sortit son téléphone pour composer un numéro.
- Esposito!
- C'est Lanie. Est-ce que tu es toujours libre ce soir?
- Euh... Oui, mais je croyais que tu passais la soirée avec Beckett, c'est pour ça que tu as décliné mon invitation il y a une heure.
- Je sais, mais ça fait trois quarts d'heure que je poireaute ici toute seule. Elle doit avoir trouvé un moyen d'enlever cette idée stupide de DVD tueur de l'esprit de son andouille de mari.
- Donne-moi dix minutes et je viens te chercher Chicka!
- Tu es le meilleur, gloussa la métisse.
Chapitre cent quarante sept
Un murmure vint interrompre le silence la nuit. Immédiatement, Beckett, malgré le fait qu'elle était encore largement dans les limbes du sommeil, tendit l'oreille l'instinct du flic rejoignant celui de la mère. Rien. Le silence se remit à planer de nouveau. Seul un léger bruit de respirations troublait la quiétude des lieux. Avait-elle rêvé?
Un second murmure. Non, elle n'avait pas rêvé. Cette certitude acheva de la réveiller. Elle ouvrit un œil, décidée à trouver d'où provenait ce murmure qui l'avait réveillée. Elle voulu se redresser, mais un bras autour de sa taille l'en empêcha. Rick, paisiblement endormi à ses côtés, ne semblait pas perturbé par le bruit qu'elle avait entendu et s'était contenté de se tourner vers elle pour se blottir contre sa moitié.
- Jordan, marmonna-t-il.
Oh. Ça n'était pas un des enfants, qui l'avait tirée de son sommeil, c'était lui. Il parlait encore une fois en dormant. Elle secoua la tête amusée et se contenta de se recoucher, rassurée.
***********
- Jordan mwrfmwnm...
C'en était trop. Quatorze fois! C'était la quatorzième fois qu'il répétait ce prénom en à peine une heure. De quoi la rendre folle.
Kate soupira. Elle jeta un œil au réveil. Il était à peine quatre heures du matin et visiblement elle n'était pas près de retrouver le sommeil. A côté d'elle, Rick dormait paisiblement, si on passait le fait qu'il ne cessait de répéter le même prénom depuis une heure. Qui c'était cette Jordan d'abord? Sans doute un nouveau personnage pour son prochain roman. Quand il avait écrit le dernier opus en date de sa saga, il n'avait pas arrêté de répéter le nom du tueur, ce qui lui en avait bien entendu gâché la lecture.
Elle se tourna en soupirant et tenta de se rendormir avec un peu de chance, Rick arrêterait de parler.
Moins de trois minutes plus tard, elle l'entendit marmonner une nouvelle fois, son sang ne fit qu'un tour, elle le secoua vigoureusement.
- Castle!
- Mmmmmhh...grogna-t-il
- Castle! Insista la jeune femme d'une voix un peu plus forte
- « Quoi ? » répondit-il de sa voix encore toute endormie. C'est mon tour de donner le biberon?
- Euh...
Il se redressa un peu et la fixa, les yeux à moitié ouverts. Elle se trouvait soudain ridicule de s’être emportée pour si peu et de l’avoir réveillé.
- Alors? Qui est réveillé?
- Euh... Bah aucun des enfants.
- Ah? Fausse alerte, alors, sourit-il.
- Oui… Fausse alerte.
Il remarqua immédiatement que quelque chose clochait.
- Qu'est ce qu'il y a?
- Euh... Non rien... C'est rien. Rendors-toi!
- Ah… Mhmmm ! C'est que soudain, j'aurais bien envie d'une petite douceur, moi!
- Tu as faim?
- Bah... En fait, ce n'est de ce genre de douceurs que je parle, sourit-il en se tournant vers elle pour l'embrasser mais elle se recula.
- Quoi? Qu'est-ce qu'il y a? Je...? S'étonna-t-il en se mettant une main devant la bouche.
- Non, euh... Ce n'est rien, se reprit-elle en passant ses bras autour de son cou.
- Oh non! Je suis un expert en rien. Et ça! Ce n'est pas rien! Dit-il en se reculant à son tour.
- Bon, d'accord, souffla-t-elle. Tu sais que tu parles dans ton sommeil, parfois?
- Oh oui. J'ai encore balancé des spoilers?
- Euh non... En fait... Tu as dit un nom.
- Ooh, grimaça-t-il. Et ce n’était pas le tien, je suppose.
- Non.
- Eh bien, tu ne devrais pas y faire attention, c'est juste un nom prononcé une fois! Ça n'est pas important!
- Pas une fois, Castle! Quatorze fois! Et le nom était Jordan. Tu l'as dit et répété maintes et maintes fois. Je n'en pouvais plus, c'est pour ça que je t'ai réveillé! Alors? Qui est Jordan?
- ... Je n'en ai aucune idée, répondit-il après une hésitation.
- C'est une femme?
- Non! Ce n'est rien, dit-il en se rallongeant pour se rendormir.
- Castle! Je sais ce que ça veut dire "rien", je le dis souvent moi même et là ce ne est pas rien! Insista-t-elle en se mettant à genoux dans le lit.
- Si, ça l'est. En plus, la plupart du temps je dis n'importe quoi! Pourquoi serait-ce différent quand je suis endormi?
- Parce que je te connais bien et que je vois bien que ça te tracasse! Alors? Qui est Jordan? Ta maîtresse?
- Ma m...? Parce que tu crois que j'ai encore de l'énergie pour une autre femme?!
Elle sourit en repensant à leurs prouesses au lit, qui n'avaient pas perdu en instensité par rapport à leurs débuts et s'installa à califourchon sur lui.
- Non... D'ailleurs...
Elle ondula légèrement son bassin contre le sien. Il ferma les yeux et déglutit en essayant de se contrôler.
Le sourire de Kate s'agrandit devant la bouille qu'il faisait. Elle connaissait ses points faibles et n’allait pas le rater. Elle posa son front contre le sien et murmura:
- Tu devrais m'avouer ton secret, tu te sentirais tellement mieux après...
- Il n'y a rien à dire, déglutit-il difficilement.
- Castle, je te connais par cœur...
- Je sais ce que tu essayes de faire et ça ne marchera pas,
Couché bonhomme, pensa-il, c'est une ruse pour nous faire parler. Pense à Gates, pense au capitaine Gates. Ouah! Ça marche. Voyons, oh oui, la tête du capitaine Gates quand j'ai renversé mon café sur son tailleur le jour où elle devait rencontrer le maire! Ouais! C'est rudement efficace!
- Castle! Gronda Kate, qu'est ce que tu fais?
- Je pense à Gates, répondit-il machinalement.
- Pardon?
- ... Oups... J'ai parlé à voix haute?
Kate soupira exaspérée, attrapa son oreiller et quitta la chambre.
- Où tu vas?
- Dormir sur le canapé! Répondit-elle d'un ton sec.
- Mais...
- Pas la peine! Je ne reviendrais pas dans cette chambre, tant que tu auras des secrets pour moi!
- Mais, Kate! Ça n'est rien du tout! Je t'assure!
- Si ça n'est pas important pourquoi tu ne veux pas m'en parler?!
- ...
- Bonne nuit, Castle.
Elle referma la porte d'un geste sec. Il se laissa retomber sur son oreiller en soupirant.
*****************
Le lendemain, ils furent appelés pour une enquête. Un pâtissier, Jimmy Whelan avait été assassiné et son corps avait été retrouvé dans un mélange de chocolat.
En fouillant la pâtisserie, Esposito avait trouvé une mallette contenant 50 000 dollars dans le bureau de la victime, mais son employé n’avait pas pu leur dire à quoi cet argent correspondait. Très vite, ils avaient fait le lien entre Whelan et la mafia irlandaise de New York. Pendant leurs premières investigations, Kate avait interrogé une femme qui avait rencontré Whelan, Siobhan O'Doul.
Après leur entretien, cette dernière était tombée sur Ryan dans les locaux du Prescinct, et s’était jetée sur lui pour l'embrasser devant tout le monde, dont Jenny, la femme de Ryan, qui venait lui apporter son déjeuner.
Siobhan avant alors giflé Ryan deux fois, en découvrant qu'il était non seulement marié, mais policier de surcroit.
Kevin avait alors du leur raconter son passé aux stup´, notamment l'époque où il avait infiltré la mafia irlandaise. C'était à cette époque, qu'il avait rencontré Siobhan.
La jeune femme avait beaucoup compté pour lui, aussi, lorsque le FBI lui avait demandé de continuer son travail d’informateur au péril de sa vie, Ryan avait voulu lui venir en aide. Il avait donc repris son identité de Fenton O'Connell afin de capturer Bobby S et récupérer « sa Bible », qui contenait de quoi faire tomber le réseau tout entier.
Kate profita de cette enquête pleine de secrets pour torturer son époux et le convaincre de cracher le morceau à propos de Jordan. Mais il s'entêtait à changer de sujet à chaque fois, ce qui avait le don de la mettre hors d'elle.
L'enquête bouclée, chacun rentra chez lui, enfin presque.
Lanie venait de mettre de l'ordre dans ses dossiers et s'apprêtait à quitter la morgue, quand elle tomba nez à nez avec Beckett.
- Kate?! Qu'est ce que tu fais ici?
- J'ai attendu la fin de ton service... On peut parler?
- Qu'est ce qu'il a fait?
- Qui ça?
- Castle, évidemment! Il n'y a que lui, qui te met dans un état pareil!
Kate baissa la tête et sourit tristement.
- Rien. Il n'a rien fait.
- Allons chez Remy's, je meurs de faim. Tu m'expliqueras ce que ton cher mari n'a pas fait devant un bon hamburger!
Kate hocha la tête et son amie l'entraîna rapidement vers l'un de leurs restaurants favoris. Elles trouvèrent une place un peu en retrait dans la salle et passèrent leur commande auprès du serveur sans même regarder la carte, qu'elles connaissaient par cœur.
- Alors, commença Lanie sans tourner autour du pot, si tu me disais ce qu'il se passe. Il y aurait des nuages au paradis?
- Non... Tout va bien. On est heureux!
- Alors pourquoi es-tu assise là devant moi?
- ... J'en sais rien, souffla Kate.
- Kate, dis-moi ce qui te tracasse, insista gentiment Lanie.
- Castle a un secret...
- Et alors, on en a tous.
- Je sais, mais celui-là est particulier... Quand je lui en ai parlé, il a éludé la question. Il dit que ça n'est rien, mais je sais très bien que c'est faux. Je voudrais passer à autre chose...
- Mais tu sens que c'est quelque chose d'important pour lui et tu te sens mise à l'écart, termina Lanie.
- C'est ça. Je sais que ça n'a rien à voir avec moi, que ça ne remet pas en cause l'amour qu'il a pour moi, mais... Est-ce que j'exagère? Est ce que ça fait de moi une mauvaise épouse?
- Bien sûr que non. Tu l'aimes et c'est naturel de vouloir savoir ce qui l'angoisse, répondit Lanie. Fais-lui confiance, laisse lui un peu de temps, il finira par te parler.
Kate sourit, Lanie savait toujours trouver les mots pour la rassurer.
- Merci Lanie.
- Je t'en prie, tu sais bien que tu peux toujours compter sur moi pour parler de ce qui te tracasse.
- Et on peut dire que je ne suis pas la personne la plus simple qui soit.
- C'est ce qui te rend humaine, ma grande.
Une bonne heure plus tard, leur repas terminé, les deux amies se dirent au revoir et regagnèrent chacune leur chez-elle.
Rick attendait Kate, il était inquiet. Elle lui avait dit de ne pas l'attendre, de passer prendre les petits et de rentrer à la maison. Il avait tenté de protester, mais elle avait insisté en lui rappelant que c'était son tour de sortir Cosmo. Depuis, il était rentré, avait promené le chien, donné le bain aux trois petits et préparé le dîner. Et depuis que les enfants dormaient, il tournait en rond. Cosmo vint déposer sa gamelle à ses pieds et s'assit poliment.
- Désolé mon vieux, j'ai oublié ton repas. Je vais arranger ça.
Il ramassa la gamelle et se dirigea vers le placard, où était entreposé leur stock de croquettes. Il remplit copieusement la gamelle sous le regard attentif de Cosmo, qui n'avait pas bougé d'une oreille.
Un bruit de clés dans la serrure se fit entendre au moment où il revenait avec la gamelle.
- Kate! S'écria-t-il de soulagement, lorsqu'elle passa enfin la porte du loft.
- ... Je t'avais dit de ne pas m'attendre, lui rappela-t-elle en remarquant qu'il avait dressé la table pour eux deux.
- Oh... Euh... Ne t'en fais pas pour ça! Je n'ai pas très faim de toute façon, répondit-il en déposant le bol pour venir l'accueillir.
Elle s'avança vers lui et l'embrassa tendrement.
- ... Tu n'es pas fâchée? S'étonna-t-il.
- Depuis cinq ans qu'on se connait, tu ne sais toujours pas reconnaître quand je suis vraiment fâchée?
- Euh... Bah...
- Je ne suis pas fâchée, précisa-t-elle devant son air incertain. Un peu chagrinée, tout au plus.
- Mais... Pourquoi n'es-tu pas rentrée avec nous alors?
- J'avais besoin de réfléchir, c'est tout.
- Tu avais besoin de réfléchir?
- Oui, ça m’arrive parfois, tu le sais.
Il prit une grande inspiration, conscient de ce qui la turlupinait.
- Euh ... écoute, Kate. À propos de Jordan...
- C’est bon ! Si tu ne veux pas m'en parler, je n’insisterai plus !
- Non, je veux t’en parler... Mais qu'adviendra-t-il si tu n’aimais pas ce que tu allais découvrir?
- Qu’adviendra-t-il si tu ne me le dis pas ?
Il hocha la tête et chercha les mots adéquats.
- La Jordan Motor Company a fabriqué des voitures de 1916 à 1931.
- C’est ça Jordan ? S’étonna Kate. C’est ça ton grand secret ? Une marque de voitures qui n’existe plus ?
- En quelque sorte. Ça remonte à mes années de pensionnat. Pendant mon premier semestre, je risquais de ne pas le valider, il me fallait un A sur ma dissertation...
- Donc, tu as écrit sur cette société de voitures?
- … Quelqu'un d'autre l’a fait. Et je l’ai payé 250 dollars, avoua-t-il.
Il n’était pas fier et ça se lisait sur son visage.
- Mais tu n’étais qu’un gamin ! En quoi cela changerait le regard que j’ai sur l’adulte que tu es aujourd'hui?
- Parce que ça a changé celui que j’ai sur moi ! Le professeur a lu ma dissertation à la classe entière en en soulignant toutes les qualités et j’ai été applaudi. C’était la première fois qu’on me faisait honneur et ... c’était pour un faux ! J’étais un tricheur ! C’est à cause de ça, que j’ai appris à écrire. J’ai écrit et écrit, en essayant d'être aussi bien que ce que tout le monde pensait que j’étais, pour essayer de gagner ces applaudissements. Aujourd’hui, j’essaie encore.
- Tu avais raison, Castle, répondit Kate, ça change la façon dont je te vois.
Son visage se décomposa aussitôt, elle sourit et décida de ne pas le torturer plus longtemps.
- ça me fait t’aimer encore plus.
Il releva la tête et sourit tristement, elle se pencha et l’embrassa tendrement, enroulant ses bras autour de son cou. Elle se colla un peu plus contre lui, tandis qu'elle approfondissait leur baiser.
- Les enfants sont endormis ? Demanda-t-elle entre deux baisers.
- De vraies marmottes…
- Ta mère ? S’enquit-elle en faisant sortir la chemise de son pantalon.
- En tournée dans les Hamptons avec ses élèves pour tout le week-end, répondit-il en glissant ses mains sous le chemisier de sa muse.
- Alexis ? Haleta-t-elle en déboutonnant son pantalon.
- Dans sa chambre à Columbia, les partiels approchent, gémit-il alors que la main de Kate s’aventurait dans son caleçon.
- Parfait… Gémit-elle à son tour.
Il empauma ses fesses, elle enroula ses jambes dans son dos tandis qu’il la soulevait.
Un grand bruit de vaisselle qui se fracasse sur le sol les coupa dans leur élan. Ils tournèrent leurs têtes vers la table où Castle avait déposé la gamelle du chien a côté d'une assiette de poulet froid. Le chien avait apparemment fait son choix.
- COSMO ! crièrent-ils en chœur.
Le chapardeur s’aplatit sur le sol en couvrant sa tête avec ses pattes.
- Qu’est ce qu’il lui a pris ? S’étonna Beckett, il ne fait pas ça d’habitude.
- Oups, marmonna Castle.
- Quoi oups ?
- C’est ma faute, j’ai oublié de lui donner son plat de croquette. Je l’avais posé sur la table, quand tu es rentrée…
Chapitre cent quarante-huit
Kate planta ses bâtons dans la neige et admira le paysage. Elle ne s'en lassait pas, ce petit séjour à la neige lui faisait un bien fou. L'idéal pour recharger ses batteries.
Elle adorait contempler les montagnes enneigées et ne perdait pas une occasion de le faire, même si cela lui valait quelques critiques de la part du grand gamin attardé, qui l'accompagnait. De la neige s'écrasant sur ses jambes, la tira de sa rêverie.
- Wouhou! Alors, madame Castle, on bivouaque? Lança Rick qui venait de s’arrêter à un mètre d’elle dans un magnifique dérapage contrôlé.
Elle roula des yeux agacée. Il ne pouvait pas s'empêcher de la taquiner. Elle aurait dû s'en douter pourtant quand il lui avait fait la surprise de ces vacances au ski en famille. Elle le connaissait bien, elle aurait dû voir le coup venir. Avec lui, tout finissait par tourner en compétition et démonstration de force. Comme un paon, il adorait faire la roue, c'était dans sa nature.
Elle avait pourtant tenté de lui expliquer qu'elle n'avait pas envie de dévaler les pistes à la vitesse d'un cheval au galop, que pour l'elle l'important c'était le voyage, pas le fait d'être la première en bas. Mais pour l'éternel gamin qu'il était, ce genre d'aspiration n'était pas recevable, seuls les vieux et les faibles préféraient la balade aux sensations grisantes de la vitesse et de la victoire. Rien ne valait mieux qu'une bonne montée d'adrénaline...
- Je prends mon temps, se contenta-t-elle de répondre devant son air fier de lui.
- Ça, c'est ce que disent ceux qui ne parviennent pas à suivre le rythme pour se consoler, railla Rick. Tu n'en es qu'à la moitié de la piste, alors que je viens de la dévaler et que j'ai eu en plus le temps de prendre les remontées mécaniques pour te rejoindre ici!
- Je t'avais dit que je voulais prendre quelques photos! souffla-t-elle.
- Tu dois admettre ta défaite, c'est la loi du sport! En tant que représentante de la loi, tu ne peux pas te déshonorer en ne la respectant pas!
Kate lâcha un énorme soupir, reprit ses bâtons et s'élança sur la piste.
- Tu penses pouvoir me distancer? Ah! Double Ah! Je suis plus rapide qu’une fusée et j'arriverais à la terrasse du bar des pistes avant toi! Ton vin chaud sera même déjà servi, fanfaronna l'écrivain en chaussant son masque.
Mais il ne la rattrapa pas. Piquée au vif, Kate lui fit une descente digne de Lindsey Vonn, voire même d’Hermann Maier!
- T'es content? Grinça-t-elle quand il arriva près d'elle.
- Meuh non! C'était de la triche! Tu es partie avant! Je veux ma revanche! Bougonna l'écrivain.
- Nan! Il est l'heure de rentrer au chalet. Alexis et Martha nous attendent pour prendre le relais auprès des petits et j'ai promis à Andréa de faire un bonhomme de neige avec elle.
- Rien qu'une descente! Ça ne prendra que cinq minutes!
- Quinze avec le télésiège! Désolée mon chéri, on remettra ça demain.
- Demain ça sera l'épreuve de free-style! Protesta-t-il.
- L'épreuve de free-style? Alors c'est ça? Tu as transformé nos vacances au ski en un remake des jeux olympiques?!
- Bah oui. Pas toi?
- Bien sûr que non! Ce sont des vacances Castle! C'est fait pour se reposer! Qu'est ce que tu as prévu pour notre séjour à Bora Bora? Une épreuve de triathlon?!
- ... C'est une idée... Non, je voyais plutôt ça version Survivor...
Elle marmonna quelques mots, dont il saisit « incorrigible gamin » et prit la direction de leur chalet.
Après un agréable déjeuner en famille, Alexis partit à son tour faire quelques descentes avec quelques amis, tandis que Martha opta pour une balade en raquettes.
Kate emmitoufla Andréa pour leur opération bonhomme de neige et Rick, qui avait quelques chapitres de retard pour son éditeur, s'installa avec son ordinateur à côté des jumeaux pour écrire.
************
Andréa battait des mains de contentement, Kate venait de hisser une grosse boule de neige sur le corps de leur bonhomme de neige.
- Bien! On va le décorer maintenant, tu vas chercher le chapeau et la carotte, ma puce?
- Ouiiii!
Andréa courut aussi vite que le lui permettaient ses petites jambes, heureusement que les accessoires n'étaient pas loin.
Une boule de neige s’écrasa dans le dos de Kate, alors qu'elle dessinait la bouche du bonhomme de neige. Elle se tourna pour trouver le coupable :
- Qui a fait ça ? demanda-t-elle alors qu’elle ne voyait personne aux alentours.
- Minou !
- Minou ? Ce n’est pas possible Trésor, Minou est avec Kyle et Johan, dans le chalet.
- Si ! Minou ! Là !
Le regard de Kate se dirigea vers l’abri à buches, d’où dépassait légèrement le bonnet de Castle. Elle forma aussitôt et discrètement une boule de neige, tout en faisant mine de retourner à la fabrication du bonhomme.
Un instant plus tard, Rick sortit doucement la tête de sa cachette et reçut la boule en plein sur le nez. Satisfaite du crunch que fit la boule en s’écrasant, Kate sourit et retourna à son bonhomme.
Une autre boule de neige s’écrasa peu après contre son cou dénudé. Elle pesta contre elle-même, pourquoi avait-elle choisi de relever ses cheveux ? Elle fabriqua rapidement une nouvelle boule et se retourna pour la lancer sur Rick. Il s’était avancé et ne se cachait plus, il attendait sa réaction. Elle lança son missile sur lui de toutes ses forces et éclata de rire quand la neige s’écrasa une nouvelle fois en plein milieu de son visage.
- Tu n'aurais pas dû… Lui annonça-t-il.
Elle éclata de rire et s’éloigna rapidement. Il la suivit en la bombardant de plusieurs boules. Elle voulut lui rendre la pareille et se baissa pour ramasser de la neige, il en profita pour la plaquer au sol à la manière d’un joueur de football américain.
Ils se regardèrent pendant un instant et alors qu’elle croyait qu’il se penchait pour l’embrasser, il écrasa une belle poignée de neige sur son visage en criant « vengeance ! ». Kate toussait et secouait la tête, tandis qu’il riait aux éclats. Soudain, son rire se changea en cri et sa voix partit largement dans les aigus.
- Vilain Minou ! Le gronda la petite Andréa, qui venait de lui inonder le cou de neige.
- Trahi par sa propre enfant, grommela l’écrivain.
- C’est toi qui a lancé les hostilités, rit Kate. Et comment ça se fait d’ailleurs que tu sois dehors ?
- Les garçons se sont endormis ! J’avais envie de m’amuser moi aussi !
- Alors terminons ce bonhomme, sourit Kate. Il est bientôt l’heure pour notre petite justicière de faire la sieste, elle aussi.
- Oh ! Et après on pourra jouer tous les deux ? Se réjouit l’écrivain.
- Tu as tout compris !
Il se releva, prit sa fille dans ses bras et aida Kate à se relever.
- Allons terminer ce bonhomme ! Ta maman a envie de faire une partie de scrabble !
- Une partie de scrabble? C'est comme ça que tu appelles nos petites parties de jeu?
- Quoi? ça n'est pas à ça que tu voulais jouer?
- Méfie-toi, gros malin, je risquerais de te prendre au mot.
- On oublie le scrabble, se rattrapa-t-il aussitôt.
******************
Le lendemain matin, comme promis, Rick se lança dans le free-style, bien décidé à démontrer l’étendue de ses talents à sa chère épouse. Il avait troqué les skis pour le snowboard et s’échauffait tranquillement les articulations.
- Non, t’es pas sérieux ? S’étrangla Kate en découvrant la piste aménagée de diverses rampes et tremplins ainsi que les acrobaties que les petits jeunes faisaient.
- Relax ! Tu ne me crois pas capable de faire ça ?
- C’est pas ça… mais… Tu es sûr que c'est... raisonnable ?
- Femme de peu de foi ! Tais-toi et admire ton homme à l’œuvre ! Je vais commencer tranquillement avec un tail-grap !
- Castle !
- ça va ! Je suis capable de faire cette figure les yeux fermés ! assura-t-il avant de s’élancer vers le tremplin de neige.
Kate le regarda faire, angoissée. Il arriva au bout du tremplin, s’envola dans les airs, attrapa sa planche et… finit par atterrir dans un craquement sinistre en hurlant de douleur et en jurant. Kate se précipita vers lui et grimaça devant le masque de douleur qu’il affichait désormais. Elle appela aussitôt les secours.
Ce fut ainsi que leur super séjour au ski en famille se termina à l’hôpital. Rotule cassée. Heureusement, il échappait à l’intervention chirurgicale, mais sa jambe devrait être immobilisée par une attelle pendant un mois.
Ce fut donc avec une ordonnance d’antalgiques, un fauteuil roulant et une paire de béquilles que Castle revint de leur petit séjour. Ils durent également annuler leur séjour à Bora Bora prévu pour son anniversaire.
Il passa les premiers jours à regarder des DVD et à se faire dorlotter par les femmes de sa vie. Mais au bout d’une semaine, il s’ennuyait déjà tellement, qu’il en devenait insupportable. Alexis passait d’ailleurs un peu moins souvent au loft, prétextant des partiels à réviser.
Kate préparait le repas dans la cuisine, quand Martha quitta le bureau excédée.
- ça ne va pas ? Demanda-t-elle lorsque la rouquine prit place sur un tabouret en pestant contre son fils.
- Je crois que je commence à avoir des envies de meurtre!
- Il n’aime pas être coincé dans ce fauteuil, l’excusa Kate. Il s’ennuie, il ne peut pas s’adonner à son sport favori : toucher à tout.
- Je sais bien, mais si nous devons supporter ses jérémiades pendant encore trois semaines, je crois que je vais devenir folle !
- Il râle encore parce que je lui ai dit que le laser game à béquilles ça n'était pas possible, même contre des enfants ?
- Tous les jours, il trouve une nouvelle raison de se plaindre, aujourd’hui le laser-game, hier le stage de pilotage… Demain, il aura une autre idée farfelue que nous devrons lui refuser, soupira Martha. Pourquoi il ne peut pas avoir des idées réalisables de temps en temps?
- S'il devenait raisonnable, il ne serait plus lui-même, rit Kate. Mais vous savez, toute cette histoire m’a donné une idée pour son anniversaire...
- Ah? Une idée qui pourrait lui rendre le sourire?
- Oui, mais je vais avoir besoin d’aide…
- Oh ! Chérie, tu piques ma curiosité ! Raconte-moi tout !
- Alors, voilà, commença Kate à voix basse en surveillant la porte du bureau pour être sûre que Rick ne surprenne pas leur conversation. L’idée serait de lui faire un remake de « fenêtre sur cour » et de l’occuper avec un meurtre impossible à résoudre.
- Oh ! L’idée est alléchante, mais comment vas-tu t'y prendre ? Nous n'allons tout de même pas nous présenter dans un des appartements en face et demander à ses propriétaires si nous pouvons y simuler un meurtre !
- Bah si, en quelque sorte, regardez le journal des petites annonces, l’appartement situé juste en face est à louer.
- Dis-moi ce qu’il faut faire, dit Martha les yeux pétillants de malice.
- D’abord, il nous faudrait un scénario, j’ai plusieurs idées, mais rien de tel qu’une professionnelle de la mise en scène pour les mettre en ordre.
- Ma chère, je suis à ton entière disposition ! Et pour les comédiens, j'ai tout ce qu'il nous faut!
- Merci Martha, il faudrait que nous puissions commencer un peu avant son anniversaire, vous pensez qu’on pourra être prêtes ?
- Oh oui ! Mes élèves sont très doués, tu sais?
- Parfait! Je me charge de demander l'aide des gars.
Ainsi fut fait et la semaine suivante, leur mise en scène pouvait commencer.
Kate terminait les derniers préparatifs pour partir au travail, les jumeaux étaient dans leurs cosy et Andréa attendait sagement, son doudou à la main que sa maman soit prête. Rick, gêné par son attelle, essayait en gémissant d’atteindre son pied qui le démangeait.
- Tu y es presque, Castle. Encore à peine deux semaines, dit Kate en l’embrassant sur la joue.
- ça fait déjà deux semaines que ça dure. Deux semaines, c’est une éternité.
Elle se pencha et lui gratta le pied.
- ça gratte Minou ? Demanda Andréa en imitant sa mère.
- Merci Trésor, tu prends soin de ton papa, tu es adorable, sourit Castle.
- Ouais, eh bien, peut-être que la prochaine fois que nous irons skier, tu te la raconteras moins, le sermonna Kate.
- Je ne me la racontais pas ! Protesta-t-il avant de se raviser devant le regard qu’elle lui lançait. Ok, je me la racontais un peu, mais je t’assure que je peux faire un tail-grab les yeux fermés ! Et sans me casser la rotule.
- Mmhmm.
- Eh bien, moi, je suis en congé, anonça Martha. Le réseau de téléphone portable ne passe pas là où je serai, donc si je ne t’appelle pas pour ton anniversaire, ça ne sera pas parce que j’aurai oublié.
- Je ne penserai pas que ça sera parce que tu auras oublié, sourit Castle, je penserai que c’est parce que tu auras fait d'autres plans.
Le visage de l’actrice se décomposa.
- Attends une minute ! Vous étiez censés partir à Bora Bora cette semaine !
- Non, tu as raison. Amuse-toi bien à ton séjour pendant l’anniversaire de ton fils unique.
- C’est un séjour bien-être et SPA, chéri, rétorqua-t-elle en le fusillant du regard, pas remord et culpabilité !
Elle embrassa tout le monde, attrapa son sac de voyage et se dirigea vers la porte d’entrée.
- Katherine, il est tout à toi. Rendez-vous dans une semaine !
- Bye ! soupira Rick.
- Oh, allez Castle, le consola Kate en lui faisant un câlin. Arrête de te lamenter. Je vais nous trouver une baby-sitteret nous faire une réservation dans un endroit sympa pour ton anniversaire.
- Aussi bien que Bora Bora?
Elle grimaça. La tâche serait ardue.
- Mmm.
- Oh! Katherine, ton escorte est arrivée! Lança Martha depuis la porte d’entrée où se tenaient Ryan et Esposito.
- Oh, génial.
- Une escorte? S’étonna Rick.
- Ouais. On a un meurtre ! Il me fallait des bras pour déposer tout ce petit monde à la crèche, alors j’ai demandé aux gars de venir nous chercher et puis ça me laissait du temps pour préparer ton petit déjeuner.
- Je manque une autre affaire? S’écria Rick en se tournant vers les gars. Oh ! Non! Allez! Emmenez-moi avec vous!
- Non! Pas tant que tu n’iras pas mieux! Rétorqua fermement Beckett.
- Castle. Comment va ton genou? Demanda Ryan pour changer de sujet.
- Ce n’est pas tant le genou, c’est surtout que je m'ennuie !
- Je pensais que les écrivains aimaient être seuls, s’étonna Esposito.
- Ouais, si je pouvais écrire. Mais les antalgiques me font un peu délirer. La nuit dernière, j’ai utilisé le mot «spéculer» trois fois dans la même phrase.
Ryan remarqua une paire de jumelles sur la table. Il les ramassa.
- Wah ! Tu dois sacrément t’ennuyer, tu te la joues «Fenêtre sur cour» ! dit-il en les utilisant pour épier l'immeuble d'en face.
- Alexis me les a offertes pour me faire une blague pour me remonter le moral. Mais non… Je n’ai pas encore sombré dans le voyeurisme.
- Tu rates quelque chose, répondit Ryan en sifflant d’admiration.
- Quoi? fais voir, dit Espo en lui arrachant les jumelles des mains.
- Mec, elle était sur le point de retirer sa serviette !
Beckett mit rapidement le holà et ils partirent pour le poste, laissant Castle seul au milieu du salon. Il trompa son ennui avec son hélicoptère télécommandé, jusqu’au moment où il en perdit le contrôle. L’appareil s’écrasa contre le bras d'un fauteuil et se brisa. Un véritable carnage. Retour à la case ennui ferme !
Son regard tomba alors sur la paire de jumelles. Après tout… ça pouvait être amusant.
Après quelques menus réglages, il put observer les habitants de l’immeuble d’en face. Un couple avec des ordinateurs portables, qu’il imagina écrivains. Il s’intéressa à une autre fenêtre. Une femme de ménage ouvrait discrètement un tiroir pour en sortir une liasse de billets. Il vaudrait mieux que ça soit pour soigner un enfant malade, songea-t-il avant de changer une nouvelle fois de cible.
Il trouva son intérêt à la troisième fenêtre, où un couple d’amoureux s’apprêtait à prendre du bon temps. Rick gloussa et décida de les laisser tranquilles pour faire ce qu'ils s'aprêtaient à faire.
Il allait jeter son dévolu sur un autre étage, quand un homme, visiblement celui qui vivait là de façon légitime, entra dans l’appartement. Imaginant déjà un spectacle croustillant, Rick se réjouit et s’enfonça dans son dossier, comme au cinéma.
La jeune femme alertée par le bruit de la porte, cacha son amant et se rhabilla pour accueillir amoureusement son conjoint. Lorsque ce dernier se rendit à la salle de bain, elle en profita pour pousser son amant, à moitié nu, hors de l’appartement.
Castle, que le spectacle amusait décidément beaucoup, continua son espionnage pendant un petit moment. Il vit l’homme rejoindre sa femme, discuter tranquillement avec elle, puis se diriger vers le placard pour se changer et trouver le chapeau de l’amant.
- Oh. Oh, quelqu'un va devoir s’expliquer, commenta-t-il impatient de voir la suite.
Chapitre cent quarante-neuf
Le divertissement apporté par la scène de ménage ne dura pas et bien vite Castle s'ennuya de nouveau comme un rat mort.
Il eut soudain une idée. Son anniversaire approchait. Kate avait dû lui préparer un cadeau. Où pouvait-il bien être?
Au poste? Non, si les gars venaient à le découvrir, elle se ferait gentiment taquiner pendant des jours, voire des mois s'il s'agissait d'un cadeau coquin! Non, décidément, Kate était bien trop secrète pour cacher son cadeau au poste!
Alors où? Dans sa voiture? Peu probable. Elle était bien placée pour savoir que les vols de voitures étaient monnaie courante à New-York. Elle ne prendrait pas le risque de perdre son cadeau, ça ruinerait son anniversaire.
Rick en conclut donc que sa surprise devait se trouver dans le loft. Kate devait certainement avoir profité de son hospitalisation pour le cacher tranquillement. Alors... Par où commencer? Sa table de chevet! Il se rendit dans leur chambre et ouvrit le tiroir de la table de chevet de Kate et y découvrit un petit paquet rectangulaire.
- Trop facile! Marmonna-t-il déçu que sa nouvelle distraction prenne aussi vite fin.
Curieux, il se saisit du paquet.
- En tout cas, ça n'est pas un sabre-laser... Dit-il en ouvrant délicatement le paquet.
Il contenait une boîte à bijou toute en longueur mais bien trop légère pour contenir une montre. Il ouvrit la boîte et découvrit qu'elle était vide. Étonné, il la secoua et un petit morceau de papier tomba sur ses genoux. Il le déplia et reconnut aussitôt l'écriture de Kate.
" Sérieux? Tu fouilles dans mon tiroir?"
Comme brûlé, il referma aussitôt la boîte et la remit à sa place. Comment avait-elle deviné qu'il chercherait son cadeau? ...
Elle le connaissait décidément trop bien! Il retourna donc au salon, bien décidé à se tenir à carreaux... À ne plus chercher son cadeau, tout du moins.
Qu'est-ce qu'elle avait bien pu lui offrir? Elle avait le don pour lui faire des cadeaux originaux, qui montraient à quel point elle l'aimait. En temps normal, jamais elle n'aurait l'idée de lui offrir un sabre laser, mais là, il était blessé et malheureux. Elle devait avoir choisi un cadeau qui lui remonterait le moral à coup sûr. Et quoi de mieux qu'un sabre laser pour ça? Oh oui! Elle avait certainement choisi un sabre laser!
Où l'aurait-elle caché? Ça prend de la place ce genre de chose. Il fallait un endroit spacieux où elle était sûre qu'il n'irait pas mettre son nez... Le placard à balais! Il avait déjà bien du mal à faire le ménage en temps normal, alors coincé dans ce fauteuil... Oui! Il en était certain! Son sabre laser se trouvait là. Il ouvrit donc le placard.
Il était là! Le long paquet cylindrique, qui contenait son cadeau. Excité comme un gamin le matin de Noël, il ouvrit le paquet. Vide. Il s'était encore fait avoir. Comme pour le premier, il y trouva un petit mot de Kate.
" Arrête de chercher ton cadeau! Laisse-toi surprendre!"
Déçu et un peu vexé, il retourna à son ennui. Il s'ennuyait tellement, qu'il décida de passer à la loupe tout ce qui lui tombait sous la main.
*************
Au poste, Kate discutait de l'avancée de leur enquête avec les gars, quand son téléphone sonna.
- Hey, Castle!se réjouit-elle.
- Où es-tu?
Il s'ennuyait, elle le sut rien qu'à l'intonation de sa voix.
- Je suis ... au travail. Pourquoi?
- Tu avais dit que tu apporterais le dîner, rappela-t-il de manière détachée en jouant avec sa loupe.
Ryan et Esposito arrêtèrent de travailler, plus intéressés par la conversation téléphonique de Beckett.
- Oui, sur le chemin pour rentrer, après avoir récupéré les enfants...
- Alors, quand pars-tu?
- Bientôt.
- Quand bientôt?
- Dans ... une demi-heure? Répondit-elle après une brève hésitation.
- Bien!
Il raccrocha.
Kate regarda les gars, qui lui souriaient un brin moqueurs.
- La ferme! Lâcha-t-elle gênée.
Au loft, Rick reposa sa loupe en soupirant. Coincé dans ce fauteuil, il ne pouvait même pas se préparer un sandwich. Un sandwich ? Mais oui ! Dans ces conditions, quelle meilleure cachette qu’un des placards de la cuisine pour cacher son cadeau ?
- AH ! AH ! Se réjouit-il en découvrant un paquet cadeau dans un des placards du haut. Désolé ma chérie ! Je suis bien trop fort pour toi !
Mais au lieu de son cadeau, il découvrit un nouveau message de Beckett dans le paquet.
« Touche pas à mes trucs Castle ! C’est privé ! »
- Sérieux ? Tu oublies que je touche régulièrement à « tes trucs » ?
Après avoir ri tout seul de sa plaisanterie, il soupira en rappelant qu’il était tout seul et se redirigea vers la fenêtre. Il reprit ses jumelles, peut-être qu'il trouverait de quoi se distraire en attendant le retour de sa tribu et donc de l’animation du loft.
Il retrouva le couple qu’il avait espionné un peu plus tôt. L’ambiance n’avait pas l’air d’être au beau fixe. Castle se mit à rire en devinant l’arrivée de l’inévitable rupture. Malheureusement pour la jeune femme, la dispute tourna mal, l’homme saisit un couteau dans la cuisine et se dirigea vers la chambre.
Rick, affolé, essaya de distinguer quelque chose, mais les stores étaient baissés dans la pièce. La seule image qu’il distingua, fut celle des stores écrasés par un corps qui tombe, du moins, c’est ce qu’il imagina.
Il s’empressa de téléphoner à Beckett pour la prévenir. Celle-ci débarqua avec ses collègues. Les gars allèrent vérifier dans l’appartement d’en face. Depuis le loft, Kate et Rick observèrent la scène. Visiblement, ils ne trouvèrent rien de probant, puisqu’ils serrèrent la main de l’homme et repartirent.
- Ecoutez, je sais ce que j’ai vu ! dit Castle après que les gars leur aient fait leur rapport. Il a pris un couteau et l'a suivie dans la chambre à coucher.
- J’ai regardé dans la chambre à coucher. Tout allait bien. Pas de sang, pas de corps. Je le jure, répondit Ryan.
- Avez-vous regardé sous le lit? Dans le placard?
- Castle, le gars était détendu et entièrement coopératif ! répondit Ryan. Il nous a laissé fouiller sans mandat.
- Donc, il a probablement caché le corps ! protesta Castle. Et s’il était tout à fait calme, ça pourrait être un psychopathe.
- Qu’est-ce qu’il a dit à propos de la jeune femme? Demanda Kate.
- Il a admis qu'ils s’étaient disputés, dit Esposito. Ils ont rompu, et elle est partie.
- Pas possible. Je l'aurais vue ! Contra l’écrivain.
- Alors ... Tu regardais tout le temps? Demanda le latino.
- Je … eh bien pas tout le temps… J’ai dû…
- Alors ... elle aurait pu partir sans que tu la voies, n’est-ce pas?
- C’est possible, mais …
- Parce qu'il l'a appelée, ajouta aussitôt Esposito. Il m’a passé le téléphone. Je lui ai parlé. Elle a confirmé son histoire. Elle était dans la voiture sur le chemin de la maison de sa mère à Philadelphie.
- Bien ! Se réjouit Beckett, merci les gars.
Ils hochèrent la tête et quittèrent le loft. Castle soupira lourdement.
- Je ne suis pas fou, marmonna-t-il.
- Non, mais tu as une imagination débordante, répondit Kate d’une voix douce en lui caressant le cou. Et tu es coincé ici depuis deux semaines… Pourquoi est-ce que tu regardais par la fenêtre de toute façon?
- J'étais…
- Tu t’ennuyais ? Donc, tu as vu ce que tu voulais voir?
- …
- Quand est-ce que tu as pris tes antalgiques ?
- Je… Ce n’était pas une hallucination !
- Allons, Castle. Tu es ici avec une jambe cassée et des jumelles, à assister à un remake de « Fenêtres sur cour »... Quelles sont les chances?
- Infinitésimales, répondit tristement Castle.
- Bien. Je vais aller chercher les enfants, puis je nous ferai un dîner et on se mettra au lit.
Il ne bougea pas. Elle lui donna un baiser sur la tête et quitta le loft à son tour. Il se repassa mentalement le film des derniers événements jusqu’à ce qu’elle revienne. Il ne pouvait pas avoir halluciné. Le macabre le fascinait, certes, mais pas à ce point !
Alors ? Comment expliquer que les gars n’aient rien trouvé ? Qui était cette femme à qui Esposito avait parlé au téléphone ? Pourquoi Kate ne voulait pas le croire ? Où diable avait-elle caché son cadeau et comment avait-elle deviné à quels endroits il chercherait ? Quand George Lukas se déciderait-il à filmer la suite de Star Wars ? Où se cachait Big foot ? Qu’en était-il du trésor des Francs-maçons ? Qu’est-ce que le gouvernement cachait dans la zone 51 ?
- WOW ! Ces fichus antalgiques me font vraiment délirer ! marmonna-t-il.
- Minou ! Il se tourna et sourit en voyant Andréa courir vers lui.
- Hey ! Salut Trésor ! Tu m’as manqué ! dit-il en la hissant sur ses genoux.
- Tiens !
- Qu’est-ce que c’est ? Un bonbon ?
- Pour toi ! Ton bobo…
- Oh ! C’est pour me consoler ? Tu es adorable !
- Tu me lis ? Demanda-t-elle en montrant la bibliothèque.
- Ah bah non, c’était pour me soudoyer, constata-t-il en l’emmenant vers la bibliothèque pour qu’elle choisisse un livre.
Lorsqu’il eut finit sa lecture, Kate les appela pour dîner. Pendant tout le repas, il ne cessa de tourner la tête vers la fenêtre, ne répondant que très distraitement à sa femme.
- On pourrait peut-être aller dans les Hamptons ce week-end, l’air de l’océan te ferait du bien… Castle ?
- Mhm… Ouais… Bien sûr !
- Et on pourrait en profiter pour refaire toute la déco du salon.
- … Ouais…ouais, bien sûr…
- C’est cool ! On pourrait même confier la tâche à ta mère, elle s’ennuyait un peu ces derniers temps, les travaux dans son futur logement prennent du retard, ça la mine. Elle sera contente, si on lui donne le feu vert pour s’occuper de la nouvelle déco de la maison des Hamptons.
- Mhm Mhm.
- Super ! Je l’appelle tout de suite !
- Qu’est-ce que tu fais ? Demanda-t-il soudain.
- J’appelle ta mère pour lui dire que tu es d’accord pour qu’elle s’occupe de la nouvelle déco du salon de la maison des Hamptons.
- QUOI ? !!!s'étrangla-t-il.
- Tu viens de me dire que tu étais d’accord !
- J’ai fait quoi ?!!! Non ! Non ! Non ! Je… Kate éclata de rire devant son air affolé.
- Calme-toi, je plaisantais, c’est tout ce que j’ai trouvé pour attirer ton attention !
- … Oh… Excuse-moi… Je…
- Tu ne peux pas t’empêcher de penser à cette histoire, termina Beckett.
- Ouais…
- Et si… Commença-t-elle en s’installant sur lui et en enroulant ses bras autour de son cou… Je te changeais les idées…
- Tu te penses capable de faire ça ?
- Je peux essayer en tous cas, répondit-elle en parsemant son visage de doux baisers.
- … Je suis d’accord, déglutit-il entre deux baisers… Au lit les enfants! Papa veut jouer avec Maman!
************
Kate réussit effectivement à lui changer les idées, mais pas à l’endormir. Sans cesse, son esprit revenait à l’appartement d’en face. Il devait trouver une preuve de ce qu’il avançait. Un crime avait été commis et son auteur ne devait pas rester impuni. Il se releva donc discrètement et retourna s’installer devant la fenêtre, où Kate le trouva endormi le lendemain matin.
- Sérieusement? Lança-t-elle suffisamment fort pour le réveiller. Il sursauta et tourna la tête vers elle, comme un enfant pris en faute.
- Oh ! Je peux expliquer.
- J’aimerais bien, oui, répondit-elle exaspérée en se dirigeant vers la cuisine pour préparer le café.
- Écoute, il allait et venait dans son appartement et il regardait vers la chambre à coucher. Et puis il a dormi sur le canapé. Pourquoi dormir sur le canapé quand vous avez un très bon lit dans la chambre?
- Je pourrais te poser la même question.
- Je vais te dire pourquoi. Parce qu'il y avait un cadavre dans la chambre. Ryan et Esposito ne l’ont pas trouvé parce qu'il a caché!
- Tu sais quoi? Tu es obsédé par ça parce que tu n’as rien d'autre à faire, soupira-t-elle en lui tendant une tasse de café, qu’il prit d’un air bougon. Pourquoi ne viendrais-tu pas au poste avec moi, te concentrer sur une véritable affaire, au lieu de perdre ton temps sur un meurtre imaginaire ?
- Eh bien en fait, je pensais essayer d’écrire aujourd'hui, se défila-t-il.
- Ok, acquiesça-t-elle en se penchant sur lui pour lui faire un câlin, tant que le verbe écrire ne se transforme pas en espionner tes voisins par la fenêtre.
-Non! Marmonna-t-il en regardant par la fenêtre. Ce serait immoral et intrusif.
- Ouais, comme si tu ne l’avais jamais fait avant.
Elle termina de se préparer et de préparer les petits avant de quitter le loft pour se rendre au poste. Castle se remit aussitôt devant la fenêtre, bien décidé à démontrer qu’il disait vrai. L’homme avait vraiment un comportement suspect. Il avait acheté de la corde et une bâche. Pourquoi aurait-il besoin d’une bâche, si ce n’est pour se débarrasser discrètement d’un cadavre ? Castle appela Beckett, lorsqu’il vit l’homme se laver les mains. Elles étaient pleines de sang. Beckett, le sermonna, il n’avait pas à l’appeler pour si peu. Le rouge sur ses mains aurait pu être de la peinture, du jus de betteraves ou encore du jus de tomates. La fille était vivante, il n’y avait pas eu de meurtre.
Elle finit par se radoucir. Elle savait qu’il s’ennuyait et qu’elle lui manquait, mais il ne devait pas inventer n’importe quoi pour la faire revenir à la maison. Ces derniers arguments le vexèrent. Il se fâcha et lui assura qu’elle pouvait retourner au poste l’esprit tranquille. Il allait bien merci. Elle retourna donc travailler, un peu inquiète. Sa réaction l’avait troublée. Et s’il venait à faire une bêtise ?
La nuit suivante, il reprit sa surveillance et surprit l’homme en train de trainer un lourd tapis en dehors de l’appartement. Il voulut le filmer pour avoir une preuve de ses dires, mais dans sa précipitation, il fit tomber son téléphone et rata son flagrant délit.
Le lendemain matin, il ne dit rien à Kate. Il ne voulait pas l’entendre une nouvelle fois dire qu’il ne s’agissait là que du fruit de son imagination et des antalgiques.
Alexis vint lui tenir compagnie dans la journée et tenta de le raisonner, mais se retrouva très vite embarquée dans cette histoire d’espionnage des voisins devant un énorme bol de popcorn. Dans l’après-midi, l’homme quitta l’appartement après avoir passé plus de deux heures dans la chambre, certainement à effacer toutes les traces du meurtre et après avoir passé des cartes de crédit à la déchiqueteuse. Ils remarquèrent le sac à main de la jeune femme. S’ils avaient rompu, elle ne serait certainement pas partie sans son sac à main. Alexis voulut appeler Beckett, mais comme celle-ci l’avait prévu, Castle décida de prendre les choses en mains et de se rendre dans l’appartement pour récupérer des preuves.
Discrètement, Alexis envoya un message à Martha, qui organisa la suite des opérations. Ainsi, lorsque poussé pas sa curiosité exacerbée, Rick entra dans la chambre, l’actrice donna le signal à son élève de revenir dans l’appartement et de simuler une conversation téléphonique qui intriguerait son fils depuis sa cachette sous le lit.
« Ouais… Non, je gère pour l'instant mais je ne peux pas le laisser là pour toujours….Non, je pensais au bateau de Jimmy… Pendant qu'il est au travail… Il ne le saura jamais. »
Avec l’aide d’Alexis, Castle profita d’un moment où l’homme s’était enfermé dans la salle de bain pour récupérer le sac de la déchiqueteuse et revenir au loft.
- Attends, tu as fait quoi? Demanda Kate lorsqu’il lui expliqua ce qu’il avait trouvé.
- Et toi tu l'as aidé ? Ajouta-t-elle à l’attention d’Alexis.
- D'accord, mais ce n’est pas ce que nous avons fait, l’important. C’est ce qu'il a fait. Et regarde ça. Je n’ai pas été en mesure de reconstituer les cartes de crédit, mais j’ai trouvé ça dans le sac.
- Une facture de garde-meubles. Et alors?
- Pas n’importe quel garde-meubles ! Celui-ci est ouvert 24 heures sur 24 !
- Et regarde à quelle heure il a loué le box, ajouta Alexis.
- 03h43.
- Cette nuit, à trois heures, je l’ai vu trainer un tapis hors de son appartement. Tu sais ce qui rentre facilement dans un tapis?
- Un corps ! Répondit Alexis.
- C’est là qu'il cache le corps jusqu'à ce qu'il trouve ce qu'il doit faire pour s’en débarrasser !
- Ou le tapis appartient à sa petite amie qui lui a demandé de le garder jusqu'à ce qu'elle soit prête pour le récupérer, rétorqua Kate, qui avait bien du mal à conserver son sérieux devant l’air exaspéré de Castle.
- Très bien, alors explique l'eau de Javel. La peinture. Et je l'ai entendu dire: «Je ne peux pas le garder là pour toujours» ! Insista-t-il.
- Papa, regarde. Quelqu'un arrive ! Dit Alexis, qui avait repris place devant la fenêtre.
L’amant d’Emily venait d’arriver.
- C’est lui ! S’écria Castle. C’est le gars avec qui elle avait une liaison ! Il est à sa recherche. Il veut savoir où elle est !
L’amant voulut entrer, mais Michaël le repoussa.
- Si tu pars maintenant, tu peux l'attraper, dit Castle en se tournant vers Kate. Tu peux aller lui demander où elle est.
- Castle, soupira Kate.
- Si elle est vraiment partie rendre visite à sa mère, l'homme avec qui elle entretenait une liaison et qui a causé la séparation, ne devrait-il pas être le premier à le savoir?
Kate fit mine d’être convaincue et quitta le loft. Dans l’ascenseur, Martha, qui suivait le déroulement des événements du loft grâce à une caméra habilement cachée, l’appela pour lui donner quelques conseils.
- C’est bon Martha, j’interroge des gens tous les jours, je n’ai qu’à faire comme d’habitude.
- Il faut être convaincante, Trésor ! Agir normalement lorsqu’on joue un rôle, est plus difficile qu’il n’y paraît ! Et n’oublie pas que Richard est malin et qu’il sait reconnaître une interprétation peu inspirée !
- Je ferai de mon mieux, Martha, c’est promis.
Elle raccrocha, quitta l’immeuble, traversa la rue et rattrapa l’amant. Castle et Alexis les observaient par la fenêtre. L’écrivain fut convaincu par leur petite scène et attendait son rapport avec impatience.
- Donc, son nom est Brent Lansky, annonça Beckett à son retour. Lui et Emily ont suivi des cours ensemble. Il lui a envoyé un texto il y a quelques jours, mais jusqu'à présent il n'a eu aucune réponse.
- Qu'en est-il de ses parents? Demanda Alexis.
- Ryan les a contactés, mais ils n’ont pas de nouvelles d'elle, non plus.
- Donc, les médicaments ne me rendent pas fou?
- Ecoute, commença Beckett d’une voix douce. Je sais que cela semble suspect, mais sans un corps ou un signalement de personne disparue, je ne peux rien faire.
- Eh bien, pendant que tu ne peux rien faire, il se débarrasse des preuves ! Mais heureusement, je sais ce qu'il a fait… répliqua Castle en cherchant la facture dans sa veste… avec le corps. Il est dans le garde-meubles !
- Tu parles d'une fouille illégale, souligna Kate en prenant la facture.
- Si c’est toi qui le fais, c’est une perquisition illégale, si c’est moi qui le fais… C’est juste illégal !
Kate protesta, rappelant les ennuis qu’ils risquaient, mais accepta de se laisser entraîner. Castle coupa le cadenas et ouvrit le box. Le tapis était là. Kate dut l’aider à dérouler le tapis, qui ne cachait aucun corps. Il lui demanda alors de fouiller les sacs, qui ne renfermaient pas plus le corps.
Leur aventure illégale se termina avec l’arrivée d’un gardien et un sérieux savon dont Gates avait le secret. Rick était tout penaud. Les gars le chambrèrent gentiment. Il ne décrocha pas un mot de tout le trajet jusque chez Jim pour déposer les petits et jusqu’au loft. Là, ils se préparèrent pour leur soirée au restaurant tout aussi silencieusement.
Kate commençait à se demander si elle n’était pas allée trop loin dans sa supercherie. Finalement, alors qu’il avait repris sa place devant la fenêtre en soupirant, il se décida à reconnaître avoir eu tort.
- Eh bien, je ne dis pas ça souvent, mais je suis désolé. Désolé de t’avoir causé des ennuis, désolé d’avoir perdu la tête.
En face, Michaël venait de sortir une cannette de soda du placard.
- Tu sais quoi, Castle? Ça va, répondit Kate soucieuse de ne pas trop le malmener. Ton imagination débordante nous a permis de livrer beaucoup de personnes à la justice. En fait, c’est une des choses que j’aime chez toi.
Il tourna son fauteuil roulant et la vit pour la première fois de la soirée. Elle avait revêtu une magnifique robe marron, qui mettait parfaitement sa silhouette en valeur. Sublime, fut le seul mot, qui lui vint à l’esprit.
- Wahhh… Et ... wow. Joyeux anniversaire pour moi, souffla-t-il.
Elle sourit et tourna sur elle-même, pour lui montrer sa tenue sous toutes les coutures.
- Si c’est ça mon cadeau, j’ai hâte de le déballer, se réjouit-il.
- Plus tard. Pour le moment, nous allons simplement oublier le meurtre, aller dîner, célébrer ton anniversaire, revenir, et faire plein de bêtises, promit-elle d’un air coquin.
- ça me semble parfait.
- Ok, alors la voiture sera là d’ici quinze minutes. Tu veux boire quelque chose de frais en attendant ?
Comme elle s’y attendait, il tilta sur le mot frais et fit le rapprochement avec le dernier indice qu’elle lui avait laissé.
- Quelque chose de frais !
- Quoi?
- Il vient de prendre un soda dans le placard !
- Et alors?
- Alors, pourquoi la prendre dans le placard, quand on peut en prendre une fraîche dans le réfrigérateur? Pourquoi ne pas prendre de glace ...?
- Oh non ! Soupira Kate.
- Elle est dans le réfrigérateur ! Ces plateaux en plastique dans le placard, ce ne sont pas des plateaux en plastique, ce sont les étagères du réfrigérateur ! S’écria-t-il en se tournant de nouveau vers la fenêtre.
- Castle !
- Je ne sais pas à qui Gates, a parlé au téléphone, mais ce n’était pas Emily ! Emily est dans ce réfrigérateur !
- Elle n’est pas dans cet appartement! Rétorqua sèchement Kate. Elle n’est pas dans le frigo! Il n’y a pas de cadavre !
- Si il y en a un !
- Castle, tu viens de me faire des excuses !
- Je les annule ! Je les reprends. Elle est dans le réfrigérateur ! S’entêta Rick.
- Tu sais quoi? Descendons et allons simplement attendre pour le chauffeur en bas. Elle se plaça derrière lui pour l’entrainer loin de la fenêtre mais il bloqua les roues du fauteuil.
- Je n’irai nulle part tant que je n’aurai pas vu ce qu’il y a dans ce réfrigérateur.
- Quoi? Tu vas rester ici et attendre qu’il l'ouvre? S’estomaqua Kate.
- S’il le faut, oui !
Elle soupira et se dirigea vers la porte.
- Où vas-tu?
- Castle ! dit-elle exaspérée, j’ai fait des projets pour toi, je me suis faite belle pour toi ! Et je ne vais pas te laisser ruiner cette nuit.
- Alors que vas-tu faire?
Elle revint sur ses pas et planta son regard dans le sien.
- Je vais aller là-bas et ouvrir ce réfrigérateur ! Et alors toi et moi, nous irons dîner et nous ne parlerons plus jamais de cette histoire.
- Non, ne le fais pas ça ! C’est trop dangereux !
- Pas aussi dangereux que moi, si tu ruines mes plans.
- Et s’il ne te laisse pas entrer?
- Regarde-moi. Il va me laisser entrer, rétorqua-t-elle sûre d’elle avant de s’éloigner de nouveau pour quitter le loft.
- Pas s’il y a un corps à l'intérieur, tenta-t-il avant qu’elle ne franchisse le seuil.
- Il n'y a pas de corps là-dedans!
Il la regarda traverser la rue, arriver sur le palier de l’appartement de Michaël, toquer à la porte et lui tirer la langue en signe d’agacement. Michaël ouvrit la porte et Beckett lui parla avec une attitude un peu aguicheuse et entra dans l’appartement. Elle désigna le réfrigérateur d’un geste et essaya de s’en approcher, mais Michaël lui barra la route.
- Oh ... non ... Beckett ! S’inquiéta Castle.
- Katherine, Darling ! Pour l’amour du ciel, ne vous débattez pas trop fougueusement ! S’écria Martha depuis la chambre. N’oubliez pas que Michaël doit avoir le dessus !
-Si je me laisse faire, Rick verra que c’est du cinéma, grogna Kate en se débattant vigoureusement.
En face, Rick s’affolait et s’agitait sur son fauteuil. Michaël la retenait par les épaules et connaissant sa femme, il ne l’imaginait pas repartir tranquillement en s’excusant pour sa méprise. Il s’alarma totalement lorsque Michaël, ceinturant fermement Kate attrapa un couteau.
- Beckett! Non! Hurla Rick.
- Rideau ! S’écria Martha.
Les lumières s’éteignirent et l’appartement fut plongé dans le noir.
Castle, pris de panique, saisit son téléphone et appela les gars pour leur demander de sonner la cavalerie. Le temps qu’il attrape ses béquilles et qu’il arrive dans la rue, les voitures de police débarquaient dans la rue toutes sirènes hurlantes. Il suivit les gars jusqu’à l’appartement.
Ryan tambourina à la porte de Michaël en criant « Police de New York ! Ouvrez ! »
Avec Esposito, ils défoncèrent la porte à coups de pieds.
- Beckett! Cria Castle en se précipitant dans l’appartement.
- Beckett! Crièrent les gars à leur tour.
Il y eut un petit moment de silence, puis la lumière fut. Kate se tenait devant lui, saine et sauve et souriante, au milieu de leur famille et de leurs amis. Ils crièrent tous « surprise » et applaudirent.
- Joyeux anniversaire! Lança Kate.
Petit à petit, Rick analysa la situation. Michael et Brent jouaient avec le fameux chapeau en souriant. Emily apparut à la porte de la chambre à coucher.
- C’était faux? Murmura-t-il.
Tous se mirent à l’observer avec inquiétude.
- Rien n’était réel ? Tu… Tu m’as laissé penser que j’étais fou? Tu m’as laissé croire que tu allais mourir ?
Elle posa le verre de champagne qu'elle comptait lui donner et commença à bafouiller. Elle n’était plus sûre que son idée fût si bonne que ça.
- Mais Castle, tu étais… Tu semblais tellement t’ennuyer pendant des deux dernières semaines coincé à la maison, sans aucune affaire à résoudre et j’ai vu que cet appartement était à louer et je… j’ai juste …Je pensais que … je …
- Richard ... Soupira Martha.
- Non, non ... C’est... commença-t-il sous le regard inquiet des convives… sans aucun doute ... le plus beau cadeau d'anniversaire de toute ma vie!
Soulagés, tous les invités soupirèrent. Kate et Martha s’enlacèrent, heureuses qu’il le prenne si bien. Kate et Martha lui expliquèrent les détails de leur mise en scène et toutes les personnes qui les avaient aidées, depuis Alexis, jusqu’au capitaine Gates, qui leva son verre avec un petit sourire sadique, en passant par les élèves de l’école de Martha.
Rick ne pouvait détacher son regard de Kate, ému de ce qu’elle avait fait pour lui. Elle lui rendit son sourire et lui tendit sa coupe de champagne en lui souhaitant un joyeux anniversaire. Ils s’embrassèrent tendrement.
- Minou ! S’écria Andréa en sortant de la chambre suivie par Jim et Tante Theresa, qui portaient Kyle et Johan.
- Hey ! Trésor ! Se réjouit-il en la soulevant de terre. Vous êtes venus fêter mon anniversaire ?
- Chocolat ! S’écria la petite en montrant le gâteau. Souffle !
La soirée se passa à merveille, pleine de rires et d’émotions. Kate eut même une illumination pour son enquête en cours et arrêta les coupables dès le lendemain matin.
Chapitre cent cinquante
Kate sentit d'abord une légère brise, qui vint lui chatouiller le visage et devina la lumière des premiers rayons du soleil à travers ses paupières encore clauses. Elle ne réagit pas instantanément à ces éléments inhabituels.
Des piaillements discrets, le bruissement des feuilles et l'odeur de humus l'interpelèrent soudain. Était-elle encore en train de rêver ou bien s'était-elle encore laissée entraîner dans un des délires de Rick?
Elle tenta de sortir des limbes du sommeil et ouvrit difficilement les yeux.
Elle se sentait terriblement fatiguée, elle avait soif et son corps ankylosé lui faisait mal à peu près partout.
Après que ses yeux se furent habitués à la lumière du jour, elle regarda autour d'elle. Elle était en pleine forêt. Il s'agissait donc de la deuxième hypothèse,ça n'était pas un rêve. Un craquement de branche retentit derrière elle, elle sursauta et se retourna. Rick était allongé à moins d'un mètre d'elle. Elle tenta de remettre son esprit encore engourdi en marche. Comment diable s'étaient-ils retrouvés là?
- Rick? Appela-t-elle soudainement inquiète.
- Il est trop tôt, marmonna-t-il. Reste encore allongée.
- Castle!
Il ouvrit un œil et demanda.
- T'es sûre que c'est mon tour d'y aller?
- De quoi tu parles?
- Bah des enfants, lequel est réveillé?
- Toi, réveille-toi! On est où?
- Comment ça on est où? Demanda-t-il en émergeant finalement. ...
- ...
- Qu'est ce qu'on fait ici?
- C'est moi qui ai posé la question en premier!
Il fronça les sourcils, réfléchissant à la question.
- Bigfoot! Lacha-t-il finalement comme frappé par un éclair de génie.
- On... Mais oui! Tu as eu cette idée délirante de partir en expédition sur les traces de l'homme singe! Se rappela Kate.
- Délirante, délirante... Tu m'as suivi, je te le rappelle! Marmonna Castle.
- Pour éviter qu'il ne t'arrive quelque chose! Rétorqua-t-elle aussitôt.
- Ouais, et bien c'est plutôt raté, grimaça-t-il alors qu'il ressentit un violent élancement dans la cheville.
- Tu as encore mal?
- Je t'avais dit que j'avais entendu ma cheville craquer en tombant dans ce piège.
- Le piège! C'est vrai! On était coincé au fond de ce trou! Comment on en est sorti?
****************
Plusieurs heures plus tôt.
- Vous me rappelez ce qu'on fait là? Grommela Beckett en écartant d'un geste rageur les fines branches épineuses qui lui barraient le chemin.
- Tu t'es encore laissée embarquer par ton mari dans une histoire tordue, marmonna Ryan.
- Hey! Je vous rappelle que je suis là! Intervint l'écrivain.
L'irlandais tira sur sa chemise accrochée dans les broussailles.
- Et zut...! Elle est déchirée, Jenny va me passer un de ces savons!
- Il te fait vraiment faire n'importe quoi, remarqua à son tour Esposito en écartant quelques branches gênantes, explorer cette forêt pour trouver le Bigfoot! Ça lui arrive d'être sérieux?
- He Ho! Vous savez que je vous entends?
- C'est ce Kurt! Bougonna Kate. Quand il lui a raconté qu'en se cachant dans cette forêt, il n'avait pas été seul, Castle est reparti dans son idée de le trouver.
- Et tu n'as pas réussi à le dissuader? Je croyais que tu avais des armes de persuasion massive, sourit Ryan.
- ça je te le confirme, ricana Castle.
- Quand Castle a une idée de bêtise en tête, rien, ni personne ne peux l'en empêcher. Tout ce que je peux faire, c'est le suivre et essayer de limiter les dégâts, grogna Beckett en tirant sur une énorme branche.
- Ouais, eh bah si tu veux mon avis, tu es trop souple avec lui, rétorqua Esposito.
- ça pour être souple, elle est souple! Si tu voyais jusqu'où elle peut lever la... affirma Castle avant de s'arrêter brutalement devant le regard noir de sa femme.
- Castle!
- Pour ma défense, vous aviez l'air d'avoir totalement oublié ma présence! J'ai cru être devenu invisible!
- Tu n'étais pas censé retrouver Cosmo?
- Il m'a semé. Il a certainement flairé une piste. Je suis revenu chercher votre aide.
Elle le fusilla du regard.
- Pourquoi tu ne lui lances pas ce genre de regard, quand il décide de faire n'importe quoi, comme partir à la chasse au yéti? demanda Esposito.
-Bigfoot! Corrigea Castle. Et ça, c'est parce qu'elle adore partir à l'aventure avec moi!
- C'est du pareil au même, grommela le latino.
- Techniquement, le yéti serait dans la région de l'Himalaya, intervint Ryan.
- Je suis fier de toi, Ryan! Sourit Castle.
- Ne le soutient pas Ryan! Gronda Esposito. C'est de sa faute si on se retrouve coincé dans cette forêt un samedi après-midi!
- C'est vrai, se rappela l'irlandais. J'avais promis à Jenny qu'on se ferait une petite soirée romantique ce soir.
- Dites donc les deux râleurs, je peux savoir pourquoi vous êtes venus, si cette expédition vous ennuyait autant? demanda Beckett.
- On ne pensait pas que la voiture de Castle finirait dans le décor! répondit Ryan.
- Et puis il nous a promis sa Ferrari!
- Ne vous plaignez pas alors! rétorqua Beckett. Venez plutôt par ici, on va essayer de la pousser pour la ramener sur le chemin.
Ils se mirent à pousser le véhicule à quatre, mais il était vraiment bien coincé et malgré leurs efforts, ils ne parvinrent pas à le dégager.
- C'est mort, souffla Esposito. Il faut appeler une dépanneuse.
Castle acquiesça et prit son téléphone.
- Est ce que l'un de vous a du réseau? demanda-t-il après avoir déplacé son téléphone dans tous les sens à la recherche des précieuses petites barres de réseau.
Chacun sortit son téléphone, mais au bout de plusieurs minutes d'acrobaties sur les différents rochers à proximité, ils durent se rendre à l'évidence, leurs téléphones portables ne leur seraient d'aucune utilité.
- Qu'est-ce qu'on fait? demanda Ryan.
- Qu'est-ce que tu veux qu'on fasse? rétorqua Esposito agacé, on repart à pieds.
- Espo a raison, dit Beckett. On n'a pas de temps à perdre!
- QUOI? S'étouffa Castle, on laisse tomber l'expédition?
- OUI! Répondirent les trois autres de concert.
- Et Cosmo?
- C'est vrai, soupira Beckett. Il faut le retrouver. Pourquoi faut-il que ce chien ressemble autant à son maître?
- C'est toujours un plaisir de se faire un nouveau copain, répliqua Castle. Je ne vois pas ce qu'il y a de mal à ça.
- Bigfoot, un copain? Qu'est ce qui ne va pas chez toi, vieux? Râla le latino. Un homme singe à la force démesurée, ça n'a rien d'un copain!
- Je croyais que tu ne croyais pas à "ces histoires pour gamins attardés" se moqua Castle.
- Je n'y crois pas, ça n'est pas moi, qui ait cru apercevoir l'homme singe à travers les feuillages, ce qui nous a valu de nous retrouver dans le décor!
- Va falloir faire vérifier ta vue, Castle!
- C'était lui! Je l'ai vu comme je te vois, Ryan!
- En route les commères, on a quelques kilomètres à parcourir avant de retrouver la civilisation! lança Beckett.
- Attends! Prenons au moins nos affaires dans le coffre dit l'écrivain.
- Il a raison, ça peut servir, approuva Ryan.
- D'accord, soupira Beckett. Mais on laisse tout l'attirail vidéo. Inutile de trop se charger.
Ainsi fut fait.
**************
- COSMO ! Cria Beckett en s’enfonçant dans les bois.
- On devrait peut-être se séparer, suggéra Ryan. Espo et moi, on va suivre le sentier pour trouver de l’aide, pendant que Castle et toi, vous continuez à chercher votre chien.
- Ryan, tu n’y penses pas ! S’écria Castle.
- Bah si pourquoi ?
- Dans tous les films d’horreur, les meurtres s’enchaînent dès lors que les gens se séparent!
- Ah parce qu’on est dans un film d’horreur maintenant ? S’étonna Esposito.
- On n’est pas dans un film d’horreur ! Interjeta Beckett.
- Désolé de vous le faire remarquer, mais le décor dans lequel nous nous trouvons ressemble à celui du projet Blair Witch ! Souligna Castle.
- Je croyais que c’était Bigfoot, qui se cachait dans ces bois, rappela Esposito.
- Lui et peut être un serial Killer complètement fou, acquiesça Castle.
- Tous les serials killers ne sont pas fous ? demanda Ryan.
- Sociopathes c’est certain, mais il y a une certaine logique chez eux. Une logique macabre, certes, mais une logique quand même ! C’est de l’or en barres pour les écrivains de polars.
- Non, mais c’est pas bientôt fini ? S’énerva Beckett. On retrouve Cosmo et on rentre ! C’est compris ?
**************
Quelques heures plus tard, en pleine forêt…
- AH OUH WAHHHHWAAHHHH OURRRR !!!!
- Castle ! Ne fais pas le Wookie ! S’agaça Beckett en levant les yeux au ciel.
- C’est pas le Wookie ! Je ne sais pas faire le Wookie. C'est Alexis, qui le fait super bien !
- Regarde plutôt où tu mets les pieds, je n’ai pas envie de tomber de nouveau dans un trou géant.
- Un trou géant ? Répéta Ryan.
- On est tombé dans un piège pour Bigfoot quand on cherchait la scène de crime, expliqua Rick. Beckett a dû me grimper dessus pour en sortir.
- Vous en faites des choses, quand vous partez en mission, sourit Ryan.
- Tu n’as pas idée. Elle adore me grimper dessus, toutes les occasions sont bonnes.
- Tiens donc !
- Non mais vous n’avez pas bientôt fini ? S’énerva Beckett.
Elle avait l’air tellement furieux, que les trois hommes reculèrent de quelques pas.
- Ouh… Je connais ce regard, chuchota Castle à l’attention des deux autres. Maman Beckett ne supporte plus la séparation, il faut la ramener auprès de ses petits si on veut éviter la catastrophe.
- COSMO ! SI TU NE VIENS PAS ICI TOUT DE SUITE, JE TE PROMETS QUE JE TE LAISSE ICI AVEC LE COPAIN IMAGINAIRE DE CASTLE !
- WOUF !
- Cosmo ! S’étonnèrent les trois hommes en le voyant débouler d’un buisson.
- Quand je vous disais que tout le monde craignait maman Beckett, murmura Castle. Même le chien obéit au doigt et à l’œil en entendant ce timbre de voix si particulier.
- Au lieu de dire des bêtises, sors ta lampe de poche, Castle. Il commence à faire sombre, répliqua Kate en attachant la laisse au collier du chien.
- On a passé des heures à courir après ce cabot, inutile de vous dire qu’on ne trouvera pas de dépanneuse à cette heure-ci ! Marmonna Esposito.
- Euh… Vous vous souvenez du chemin qu’on a pris en venant ? Demanda Ryan en dirigeant le faisceau de sa lampe vers un embranchement de chemins.
- C’est simple, il suffit de suivre les bouts de tissu orange que j’ai attachés sur les branches, expliqua Castle.
- Wah ! Mais c’est que ça t’arrive d’avoir de bonnes idées ! Siffla Esposito.
- J’ai toujours de bonnes idées !
- Comme la fois où vous avez fini dans un congélateur géant ? Demanda Ryan.
- Ou celle où vous vous êtes retrouvés au fond de l’Hudson ? Renchérit Esposito.
- … Ok, je reconnais que parfois je m’emporte un peu… mais…
- Il y a aussi ce séjour à Paris !
- C’était pour Alexis !
Il y eut soudain un craquement bizarre.
- C’était quoi ça ? Demanda Ryan.
- Notre super nouveau copain, sourit Castle.
- Tu veux bien arrêter avec ça ? Râla Beckett.
- Tu préfères la version du sérial Killer ?
- Je préfère la version de cette histoire où je ne passe pas une partie de mon week-end en pleine forêt à suivre les idées farfelues de mon mari !
- ça venait de par-là, indiqua Castle en suivant la direction qu’il montrait du doigt.
- Non ! Castle ! On arrête ça ! On rentre ! S’écria Beckett en lâchant la laisse de Cosmo pour tenter de le rattraper.
- AHHHHHHH !!!
…
- Vous allez bien ? Demanda Esposito en se penchant au-dessus du trou dans lequel les Castle étaient tombés.
- ARRRGGHH…
- Castle ? Ça va ?
- ARRRGHH, je crois que je me suis abimé la cheville, grimaça-t-il. Je l'ai sentie craquer!
- Vous allez réussir à remonter ? Demanda Ryan.
- Je ne pense pas que Castle soit en état de faire des acrobaties, constata Beckett. Il va falloir que vous alliez nous chercher de l’aide. Emmenez le chien avec vous !
- Ok. Ne bougez pas, on revient ! Cria Ryan.
- Sérieux ? Tu crois qu’ils vont bouger de là ? Le railla Esposito.
- Les gars ! Souffla Beckett.
- Euh… Ouais ! Oh ! Euh ! Tenez, si vous avez une petite faim ! Dit Esposito en leur lançant deux barres de céréales.
- Euh… Merci…
Les gars s’éloignèrent et les Castle se retrouvèrent seuls. Beckett soigna la cheville de Castle comme elle put avec la trousse de secours qu’ils avaient emmenée.
- Voilà ! Je ne pense pas que ça soit cassé, dit-elle lorsqu’elle eut terminé.
- Merci.
- Tu as mal ?
- C’est supportable.
Elle s’agenouilla et regarda vers le ciel. La nuit venait de tomber.
- Ils vont bien, dit Castle en devinant ses pensées.
- Andréa ne s’endort pas sans son doudou…
- Mr Bunny est avec elle, je l’ai mis dans son sac avant de l’emmener chez Lanie.
- Et Kyle ? Il aime entendre sa chanson quand il prend son bain !
- C’est pourquoi je t’ai enregistrée l’autre soir quand tu la lui chantais. Ma mère en a une copie. Et je lui ai donné un de tes foulards, pour que Johan se calme avec ton odeur.
- On dirait que tu as pensé à tout, sourit-elle.
- Oui, sauf que je m’imaginais t’emmener dans un endroit un peu plus romantique après cette expédition.
- Hum… Un tête à tête au clair de lune, je trouve ça romantique, sourit-elle en venant se caler contre lui.
Ils passèrent un agréable moment, leurs enfants revenant régulièrement dans leurs sujets de conversation et finirent par s’endormir ainsi, confortablement calés l’un contre l’autre.
*****************
- Donc on s’est endormis dans ce trou ! se rappela Castle.
- Alors comment ça se fait qu’on n’y soit plus ? demanda Kate.
- Je n’en sais rien ! La seule chose dont je sois sûr, c’est qu’il est impossible que j’en sois sorti tout seul !
- … Attends une minute… Dit Beckett en se relevant.
- Quoi ?
- C’est bien ce que je pensais ! On est revenus près du sentier ! Ta voiture est juste là ! Et… Je le crois pas !
- Quoi ?!
- Elle n’est plus bloquée ! Quelqu’un l’a remise sur le sentier !
- Quoi ?!
- Arrête de dire quoi et regarde !
- … Ça alors !
- Qui a bien pu faire un truc pareil ?
- Je ne vois qu’un Sasquatch à la force herculéenne, qui aurait pu faire ça !
- …
- Il nous est venu en aide en nous sortant de ce piège et en décoinçant notre voiture !
- Ne dis pas n’importe quoi !
- Tu vois une meilleure explication ?
- … Les gars ! Ils ont dû revenir et nous ont sorti de ce piège !
- Et ils seraient repartis en nous laissant endormis au milieu des bois ?
- …
- Ah ! Pour une fois, c’est ta théorie, qui est la plus farfelue et la mienne, la plus raisonnable, triompha Castle.
- Monte dans la voiture ! Marmonna Beckett.
Ils reprirent la voiture et s’empressèrent de reprendre le chemin de la maison.
- On leur dira un jour ? Demanda Ryan en sortant de sa cachette.
- Tu plaisantes ? Tu as vu la tête de Beckett ? Je veux en profiter à chaque fois que Castle évoquera cette histoire de Bigfoot, rigola Esposito.
- T’as raison ! La voix de la raison en proie au doute face à la légende du Bigfoot, c’est trop marrant !
- Au fait, je n’ai pas vu le dépanneur arriver, tu me diras combien tu as payé pour qu’il sorte la voiture de là ?
- Quel dépanneur ?
- Celui que tu as appelé pendant que je suis allé chercher ma voiture !
- Je n’ai pas appelé de dépanneur, je pensais que tu le ferais en chemin !
- …
Le latino dévisagea son partenaire, avant de se mettre à rire.
- Ah Ah Ah ! C’était bien tenté, mais je ne marche pas !
- Mais je t’assure ! J’appelais Jenny, pour lui dire de ne pas s’inquiéter ! Tu sais combien de temps dure ce genre de coup de fil!
- …
Ryan dut se mordre l’intérieur de la joue pour garder son sérieux, mais la tête que faisait Esposito en valait la peine.