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Jeunesse et protection des mineurs
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Série : Castle
Création : 25.01.2014 à 16h20
Auteur : Minefuji
Statut : Terminée
« Une idée, qui me trottait dans la tête depuis un moment : et s'ils avaient fait ça il y a quatre ans... J'espère que ça vous plaira. » Minefuji
Cette fanfic compte déjà 152 paragraphes
Chapitre cent cinquante et un
Kate sourit en constatant que son fils venait enfin de s'endormir. Délicatement, elle déposa Johan dans son petit lit, il semblait enfin paisible. Non loin de là, Kyle dormait comme un bienheureux depuis un bon moment, tout comme sa sœur.
Elle soupira de contentement, peut-être que cette nuit serait enfin paisible et reposante. Entre les meurtres, les poussées dentaires, le premier rhume de Kyle et surtout les crises de larmes inexpliquées du soir de Johan, Rick et elle étaient épuisés
En effet, depuis quelques temps, Johan pleurait énormément le soir et seule Kate parvenait à le calmer en lui fredonnant sa chanson. Rick emmenait alors des deux autres, pour les endormir au calme. Il allait ensuite s'enfermer dans son bureau, pour se changer les idées et attendre Kate sans risquer de ruiner ses efforts pour endormir J.
Ce soir-là, Rick avait opté pour un jeu vidéo et livrait bataille avec un adversaire en ligne. Il avait branché son oreillette et commentait ses actions. Il était totalement investi dans sa partie, à tel point, qu'il en oubliait le monde extérieur.
- Maintenant, tu es mort! Tu peux le sentir... Oh, tu en veux plus? Viens le chercher mon pote. Parce que j'ai quelque chose de spécial pour toi. Jubila-t-il.
Kate arriva alors à la porte en lui tournant le dos. Elle portait uniquement une des chemises de l'écrivain.
- Moi aussi, j'ai quelque chose de spécial pour toi, dit-elle aguicheuse.
Lentement, elle tira sur un morceau de la chemise, dénudant son épaule et le haut de son bras en soupirant sensuellement.
- Ça va tu te défends, dit Castle en jetant vaguement un regard vers elle.
- Quoi? Se figea-y-elle. Castle!
Elle se tourna, offensée. Rick leva un doigt.
- Eh bien montre-toi, Patel, et bats-toi comme un homme, dit Castle dans son micro casque.
- Qui est Patel? S'agaça Kate.
Il la regarda rapidement et retourna à son jeu.
- C'est un petit indien. Ça fait des semaines qu'il me fait la misère, mais pas ce soir, parce que ce soir, je vais le démolir, répondit-il distraitement avant de reprendre sa conversation avec ledit Patel. Ça pique, n'est-ce pas?
- Ouais, un peu, murmura Kate avant de hausser le ton. Castle!
- Quoi?
- Tu veux continuer à jouer avec un enfant dans le monde imaginaire, ou... Susurra-t-elle en se déhanchant pour mieux attirer son attention... Avec moi... Dans le monde réel?
Elle termina sa question d'une voix langoureuse et dans une pose sexy.
- Euh ... Bafouilla Castle en tentant de continuer à jouer ... Je ... ooh... Je... euh ... euh ...
Elle se dégonfla aussitôt, vexée.
- Oh mon Dieu!
- Quoi?
- Oh mon Dieu, tu es en train de réfléchir!
- Non! ...
Il continua à jouer jusqu'à ce que son personnage soit abattu. Dès lors, il posa sa manette, se cala dans le canapé et répondit d'une voix plus assurée:
- Non, je n'ai pas besoin de réfléchir. Viens ici!
Il frappa ses genoux en terminant sa phrase. Elle ouvrit la bouche, puis la referma, outrée.
- Tu rigoles?
- Quoi?
- Tu sais quoi? Oublie, claqua-t-elle piquée au vif.
- Sérieusement, je suis mort pour toi! S'écria-t-il alors qu'elle quittait le bureau.
- Peu Importe.
Il se leva pour la suivre, mais son adversaire se rappela à son bon souvenir.
- Allez... quoi? Non, je ... ce n’est pas ma mère... C'est pire! Chuchota-t-il. Ouais, c'est ça, à jeudi.
Il enleva l'écouteur et se précipita pour rejoindre Beckett. Elle s'était enroulée dans un duvet et pelotonnée dans le canapé. Les lumières étaient éteinte. Il soupira, ça n'allait pas être facile, elle avait choisi l'option coquille. Il n'aimait pas du tout ça, il préférait quand elle n'y allait pas par quatre chemins et lui assénait ses reproches, même si elle était très effrayante dans ces cas-là.
-Kate...
- ...
- Tu ne me feras pas croire que tu t'es endormie en moins de dix secondes...
- ...
- La politique de l'autruche ne sert à rien.
- …
- Oh allez ! Kate ! C’est puéril ! La provoqua-t-il.
- Puéril ?! S’écria-t-elle en jaillissant de sous la couverture comme un diablotin hors de sa boîte.
Il réprima un sourire de triomphe, il ne devait pas pousser le bouchon trop loin.
- C’est toi qui ne sais pas laisser tomber un jeu vidéo quand il le faut ! S’offusqua-t-elle.
- Je suis désolé, répondit-il d’un air contrit.
Elle se dégonfla aussitôt devant sa bouille, deuxième victoire, elle fondait devant son air de gamin aussi rapidement que devant les mimiques d’Andréa.
- N’en profite pas ! Marmonna-t-elle alors qu’il esquissait un sourire.
- Je n’en profite pas ! Se reprit-il aussitôt.
- Bien ! Conclut-elle d’un air qu’elle voulait sévère.
- …
- Rick ? Qu’est-ce…
Il la regardait. Elle connaissait ce regard. Lorsque le bleu de ses yeux s’obscurcissait pour devenir noir. Noir de désir. Elle aimait ce regard. Elle l’avait découvert lors de leur première soirée en tête à tête. Bien que le personnage, qui s’était immiscé dans sa vie avec la délicatesse d’un éléphant dans un magasin de porcelaine l’horripilait par-dessus tout à cette époque, elle n’avait pu résister à ce regard. Elle ne le pouvait toujours pas. Il dégageait alors une telle animalité, une telle attraction... Elle esquissa un léger sourire, puis un plus franc, lorsqu’il se jeta sur ses lèvres avec passion.
**************
Essoufflée, un sourire de satisfaction sur les lèvres, Kate se laissa tomber sur le matelas aux côtés de Rick, qui tentait lui aussi de reprendre son souffle.
- Wah... Tu finiras par me tuer... Lâcha-t-il.
Elle pouffa, tout en laissant nonchalamment ses doigts vagabonder sur le torse de son homme.
- Je suis toujours fâchée, précisa-t-elle.
- Je suis toujours désolé, répondit-il aussitôt.
- J’espère bien, oui !
Le téléphone de Kate les interrompit. Une nouvelle affaire les attendait. Ils prirent une douche et demandèrent à Martha de garder les petits jusqu’à leur retour.
Rick profita du trajet pour s’excuser encore. Il s’appliquait toujours à trouver une explication valable à son comportement alors qu’ils sortaient de la voiture.
- Je suis désolé. Tu sais comment je deviens quand je suis pris dans mon jeu. C'est comme au hockey ... j'étais dans la zone…J'étais comme Gretzky!
- Ouais, sauf que Gretzky sait marquer, lui!
- Aïe. Ok, écoute … je suis, encore une fois, je suis vraiment très désolé. Tu me pardonnes?
Elle le regarda d’un air impassible, le voir se démener pour rattraper sa bourde était décidément trop jouissif.
- Tu sais, Castle, il n'y a encore pas si longtemps, quand je mettais une tenue sexy, j'obtenais une réponse immédiate de ta part, souligna-t-elle.
- Mais tu me fais de l'effet! Je te l’ai encore prouvé il y a moins d’une heure ! Et d’ailleurs en ce moment même…
- J'ai enfilé un col roulé!
- Et quel col roulé! C'est mon préféré!
- Te fiche pas de moi!
- Je ne me fiche pas de toi ! C’est juste que je suis en manque de sommeil, j’enchaîne les bévues quand je suis en manque de sommeil !
- Ne mets pas ça sur le dos de nos enfants, s’il te plait !
- Non ! Non !... C’est juste que… Enfin reconnais que ça n’est pas évident en ce moment…
Ils se chamaillaient encore en entrant dans le restaurant où avait eu lieu le crime.
- Quoi ? Tu penses que je te considère comme acquise?
- Je ne sais pas, Castle. Qu’est-ce que tu en penses ?
- Salut les Castle, lança Ryan. La victime est par ici. Son nom est Arthur Felder, 54 ans. C’est un grand investisseur. Les témoins ont dit qu'il a pris une bouchée de son plat et s’est écroulé dans son assiette.
- Okay, donc ce n’était pas une réaction allergique, conclut Beckett.
Ryan hocha la tête.
Lanie approuva et leur donna ses premières constatations, qui impliquaient un empoisonnement. Ce fut alors, que Castle reconnut l’un des témoins :
- Est-ce que c’est Eric Vaughn?
- Euh, ouais. Il dînait avec la victime, expliqua Ryan. C’est l’inventeur milliardaire, non?
- Bah oui. Inventeur, innovateur, et le numéro 8 pour mon DD.
- Ton DD ? répéta Ryan.
- Dernier dîner, précisa l’écrivain. Vous et 12 personnes essentielles pour vous, réunis autour d'une table! Quelle est la mienne, me demandes-tu ? Merci de poser la question ! Alors, il y aura : Lincoln, Einstein, Ian Fleming, John Lennon, Jeanne d'Arc, Sinatra …
Il remarqua alors la mine déçue de Beckett et tenta aussitôt de réparer sa bourde :
- Et toi bien sûr !
- Trop tard, Castle, soupira-t-elle en secouant la tête avant de s’éloigner.
Ryan fit un sourire désolé, compatissant. Rick se promit de trouver le moyen de dormir tout son saoul dans les prochaines heures, afin de se rattraper auprès de son épouse, puis rejoignit Beckett, qui s’entretenait déjà avec Vaughn. Il tenta d’attirer l’attention du milliardaire, mais visiblement celui-ci était déjà sous le charme de sa femme.
Sous le charme? Non mais oh ! Bien sûr elle était tellement adorable, qu'on tombait facilement sous le charme, mais... Pour qui se prenait-il ? Un sentiment de jalousie s’empara alors de lui. Le regard de Beckett vers l’inventeur à la fin de leur entretien le glaça. Elle se tourna vers Rick lorsqu’elle sentit son regard peser sur elle.
- Quoi? Demanda-t-elle.
- On dirait que Vaughn est aussi sur ta liste, remarqua-t-il.
- Oh ! Tu en remarques des choses, quand tu fais attention, Castle, dit-elle sournoisement.
- Mais puisque je te dis que c’est à cause du manque de sommeil ! s’écria-t-il !
Elle sourit et ajouta :
- Fais pas cette tête-là ! Tu es numéro un sur ma liste, toi !
- ça y est, tu as gagné, je me sens minable, marmonna-t-il.
- C’est de bonne guerre, rétorqua-t-elle, reconnais que tu l’as bien cherché !
- Je le reconnais… Et je te promets de faire plus attention à toi.
- Allez viens Castle, allons terminer ça rapidement et nous pourrons aller nous reposer, on en a bien besoin.
Ils quittèrent le restaurant ensemble. Le lendemain, après quelques heures d’un sommeil réparateur qu’aucun enfant ne perturba, ils reprirent leur enquête. La jalousie de Castle avait disparu, Kate n’aimait que lui, il n’avait pas à en douter. Même les cris hystériques de Lanie à l’évocation du milliardaire, ne le firent pas douter.
Et cela dura, jusqu’à ce que Vaughn, désigné par l’enquête comme la véritable cible du tueur, demanda à être protégé par le lieutenant Beckett en personne et uniquement elle. Ce que le département s’empressa d’accepter pour plaire au milliardaire.
Chapitre cent cinquante-deux
Éric Vaughn ouvrit les portes de la chambre du Fairwick Hôtel, où ils devraient rester jusqu'à ce que l'enquête soit résolue. Beckett entra la première et passa l’endroit en revue.
- Wah, c'est la plus belle planque que j'ai jamais vue, dit-elle admirative.
- Eh bien, si quelqu'un essaie de vous tuer, autant que ça soit dans le luxe, n'est-ce pas? Répondit Éric le sourire aux lèvres.
Elle laissa tomber sa veste sur le canapé et continua son inspection. Il sourit, mais resta silencieux.
- Bon! Je vais travailler! Annonça-t-elle finalement en s'installant au bureau installé près de la fenêtre.
Vaughn ferma la porte et n'ajouta rien, Beckett avait la réputation d'être un bourreau de travail, la déranger en ce moment ne jouerait pas en sa faveur. Il passa donc quelques coups de fil, en attendant qu'elle fasse une pause.
Au bout d'un petit moment, Kate sortit la tête de ses dossiers, pour lui poser des questions sur un certain Sussman.
- Ce n'est pas Sussman, répondit aussitôt le milliardaire catégorique.
- Eh bien, vous l'avez congédié et il a été reconnu coupable de détournement de fonds. Ça en fait un suspect pour moi.
- Écoutez, ce type a payé pour cela. Mais j'ai mis sa mère dans un centre médicalisé. Jeff en était très reconnaissant. Ce n'est pas lui.
On frappa à la porte, Kate se redressa aussitôt, en alerte et saisit son arme.
- Vous attendez-vous quelqu'un? Demanda-t-elle.
- J'ai pris la liberté de commander au service d'étage...
Elle lui fit signe de ne pas bouger et alla vers la porte, qu'elle ouvrit brusquement. Elle ignora l'employé de l'hôtel et inspecta rapidement le couloir
- Bonsoir, madame. Puis-je entrer? Demanda le groom.
- Euh, en fait, non. Désolée, répondit-elle avant de refermer la porte.
- Hey! S'étonna Vaughn.
- Écoutez, étant donné la façon dont Felder a été tué, je préférerais que mes hommes supervisent la préparation de la nourriture, expliqua-t-elle.
Il acquiesça.
- Puis-je au moins prendre le champagne? La bouteille est hermétique, suggéra-t-il.
- Bah Euh... Oui. Ok, dit-elle après réflexion.
Il rouvrit la porte et s'excusa auprès du groom à qui il remit un billet de cent dollars, avant de prendre la bouteille et deux flûtes.
-Je vais demander à ce qu'on nous fasse venir un repas, annonça Beckett en retournant vers le bureau.
- Ça va. Nous avons l'essentiel, dit-il en levant la bouteille. Vous en voulez un verre?
- Oh non. Merci. Je suis en service, répondit-elle en rangeant son arme dans son holster.
- Vous prenez votre travail au sérieux. J'aime ça chez vous. Je me sens en sécurité.
- Vous ne devriez pas, ça n'est pas mon travail.
- Pourquoi dites-vous cela?
- Je suis flic, pas garde du corps.
- Vous êtes un excellent flic. Et pour moi, il n'y a pas vraiment de différence.
- Oh il y en a une! Essentielle, même!
- Ah bon? Laquelle.
- Un véritable garde du corps serait prêt à se faire tuer à votre place s'il le fallait vraiment.
- Et pas vous.
- Non, pas moi. J'ai un mari, des enfants. Ils sont ma priorité. C'est pour eux que je veux rester en vie et mon travail ne consiste pas à mourir à votre place, même si je ferai en sorte qu'il ne vous arrive rien sous ma protection.
- Vous voyez! Votre professionnalisme fait de vous la personne parfaite pour assurer la protection!
- Si vous le dites...
Il garda le sourire malgré le manque d'enthousiasme de la jeune femme. Il n'avait pas l'habitude de devoir sortir le grand jeu pour obtenir ce qu'il voulait. D'ordinaire, c'était les femmes qui lui faisaient des avances. Son compte en banque y était pour beaucoup et il était aussi très séduisant, ce qui ne gâchait rien... Voilà pourquoi il n'avait pas l'habitude de n'obtenir aucune réaction de la part d'une femme.
- Vous êtes trop modeste pour le reconnaître, mais vous êtes la meilleure, je le sais.
Kate leva les yeux au ciel et retourna à ses dossiers.
Vaughn entreprit de faire sauter le bouchon de la bouteille de champagne et le reçut en plein visage.
- Ow!
- Oh Bon sang! S'écria Kate en se précipitant vers lui. Est-ce que ça va?
- Oui, rit Éric, je pense que vous allez devoir me protéger de moi-même.
- C'est ça, pouffa-t-elle. Je vais aller vous chercher de la glace, d'accord?
**************
Pendant ce temps, Castle se démenait, avec l'aide des gars pour accélérer l'enquête. Il devait absolument tirer sa femme des griffes de ce bellâtre!
Ils avaient réussi à mettre la main sur celui qui avait mis la toxine dans le plat, un des serveurs du restaurant. Malheureusement, ils arrivèrent trop tard, l'homme avait déjà été assassiné par le commanditaire du meurtre.
Ils interrogèrent alors le chef cuisinier à propos du serveur, pour savoir s'il avait constaté quelque chose d'inhabituel chez lui. Apparemment, l'homme était arrivé en retard, chose qui n'arrivait jamais, car c'était une cause de renvoi. Mais le chef n'avait pas eu le courage de le renvoyer. Il avait l'air tellement effrayé ce jour-là, qu'il s'était contenté de lui demander de faire en sorte que cela ne se reproduise plus.
**************
- Voilà, annonça Beckett en posant une serviette remplie de glace sur le front de Vaughn. Ça devrait arrêter le gonflement.
- La bosse oui, mais, euh, pas ma honte, marmonna-t-il.
- On connait tous des moments de honte, sourit-elle, fort heureusement, ça ne nous tue pas.
Il la regarda et sourit :
- Vous savez, vu la façon dont vous me soignez, vous auriez pu être un bon médecin.
- Moi? Non ! Non! Mes talents en la matière se limitent à ceux d'une maman dont la petite fille adore explorer de nouvelles aventures et se fait une nouvelle bosse ou un nouveau bleu chaque jour... Un peu comme son père, d'ailleurs. Mais non, la médecine ne m'attirait pas. Avocate, peut-être... C'est la voie que j'avais choisie... J'aurais pu vous défendre contre le bouchon.
- Mais au lieu de ça, vous êtes devenu un flic, dit-il après un temps de réflexion. Pourquoi?
- Euh, un de mes proches a été tué et ça ... a changé ma vision des choses. Ça m'a changée.
- Mmm. Vous savez, j'étais censé devenir architecte. Non, sérieusement, ajouta-y-il devant son regard dubitatif. Mais ma sœur est morte quand j'étais au collège. Une malformation cardiaque. Donc, j'ai abandonné mes études et j'ai inventé une nouvelle valve cardiaque. C'était mon premier brevet. C'est incroyable comment le destin peut changer notre vie, n'est-ce pas.
- Je vais retourner au travail, dit-elle Kate mal à l'aise après un moment de silence.
- Prenez au moins un verre de champagne!
- ...
- Je veux dire... j'ai souffert pour l'ouvrir, après tout, argumenta-t-il croyant qu'elle hésitait.
- Je ... Euh... Non merci.
- Allez! Tenez, dit-il en lui servant un verre quand même.
Elle soupira en prenant le verre qu'il lui tendait.
- Vous n'aimez pas qu'on vous dise non, n'est-ce pas?
- C'est surtout que je n'en ai pas l'habitude, dit-il avec un sourire charmeur.
- Eh bien voilà votre première leçon, dit-elle agacée en posant son verre sur la table basse, avec moi, non, ça veut dire non!
Elle retourna vers le bureau.
- Kate! Ne vous fâchez pas pour ça...
- Oh! Rassurez-vous, je ne me fâche pas pour ça!
- Mais vous êtes fâchée.
- Écoutez, je ne sais pas qui vous a dit que ma présence à vos côtés serait la meilleure des protections, mais c'est faux! Mon travail consiste à mener l'enquête, à poursuivre et à arrêter les tueurs, pas à rester là à attendre qu'il tente de nouveau de s'en prendre à vous, pour espérer réussir à l'en empêcher! De plus, quand j'enquête, je peux rentrer chez moi le soir!
- ...
Un peu plus tard, les gars débarquèrent au Fairwick pour montrer la photo du moment où quelqu’un avait remis la toxine au serveur. L’homme était de dos, ce qui ne facilitait pas son identification. Ils demandèrent donc à Vaughn s’il n’avait pas une idée sur son identité.
- Ecoutez, j’aimerais pouvoir vous aider, mais ... je ne le connais pas, s’excusa Vaughn.
Beckett soupira, elle allait être coincée là pendant encore un long moment. Elle demanda à Ryan de revoir la vidéo, il devait bien y avoir quelque chose qui pourrait les aider à comprendre qui il était. Elle remarqua alors Castle, qui passait en revue l’endroit. Elle le vit hausser un sourcil en découvrant les deux verres de champagne sur la table basse. Il entra ensuite dans la chambre à coucher. Elle s’excusa auprès de Vaughn et Ryan et le suivit dans la chambre.
- On dirait que vous vous amusez bien, dit-il dans détour.
- Castle, soupira Beckett.
- Tu as pris quel pyjama? Celui en flanelle ou le petit shorty?
- Castle, on dirait mon père quand il me conduisait en colonie de vacances, s’indigna Kate.
- Ils servaient du champagne dans ton camp de vacances ?
- J’ai refusé ! Mais il est comme toi, incapable d’entendre un refus ! Castle ! Tu crois que je voulais être ici ?
- Tu n’as pas l’air de passer un si mauvais moment que ça, remarqua-t-il en désignant le luxe de la pièce et la bouteille de champagne.
- Tu sais que je préfèrerais être avec toi !
- Ah oui ? Eh bien, alors, peut-être que je devrais rester. Nous pourrions le protéger ensemble.
- Non, je ne te laisserai pas faire. Je ne vais pas te laisser transformer cette enquête en une sorte de duel tordu ! Alors ne rends les choses plus difficiles qu’elles ne le sont, s’il te plait.
- Bien. Mais seulement parce que tu as dit « s’il te plaît », répondit-il sur un ton mi- agacé mi- amusé.
Il repartit donc avec les gars, bien décidé à ne pas la laisser trop de temps avec ce séducteur.
Mais malgré tous leurs efforts, à l’heure de rentrer chez eux, le tueur était toujours dans la nature et Beckett toujours au Fairwick avec Vaughn.
- Bon, papa, sur la boîte, ils disent que ces infusions aux herbes ont des vertus apaisantes, dit Alexis à son père, qui coupait des pommes avec rage. Quoi qu'il en soit, c’est un thé calmant. Et tu as besoin de te calmer !
Elle lui versa une tasse de thé et le regarda, mais il ne cessa pas le massacre des pommes.
- Comment suis-je censé me calmer? C’est Eric Vaughn !
- Papa, Kate est folle de toi. Fais lui donc un peu confiance ! Ce n’est pas très différent de la fois où elle protégeait le sénateur Bracken.
- Oui tu as raison, répliqua-t-il sarcastique. Oh, sauf pour le fait que quand c’était Bracken, ils ne faisaient pas une soirée pyjama à l'hôtel Fairwick ! Et avouons-le. Comparé à Bracken, Eric Vaughn est comme George Clooney.
- Oh non. Eric Vaughn est beaucoup plus sexy que Clooney, dit Martha en arrivant dans la cuisine.
Castle grimaça, tandis qu’Alexis lui envoyait un regard plein de reproches.
- Quoi? S’étonna Martha. Il l’est.
- Oui, et Kate le protège au Fairwick au moment où nous parlons, indiqua Castle.
- Oups.
- J’étais justement en train de rappeler à papa que Kate est très professionnelle. Et totalement engagée dans leur mariage !
- Mais si tu avais vu la manière dont ce Vaughn la dévorait du regard, tu comprendrais pourquoi l’idée que ma femme passe la soirée seule avec lui me hérisse le poil, grinça Castle.
- Ah ça, je suis persuadée qu’en ce moment Eric Vaughn doit s’amuser comme un fou, dit Martha.
- Comment cela? Blêmit Castle.
- Va faire un tour dans la chambre des garçons, tu comprendras.
Ne comprenant pas bien où sa mère voulait en venir, Castle posa son couteau et le reste de sa pomme et se dirigea vers la chambre de ses fils. Il était encore derrière la porte, quand il reconnut la voix de Kate, qui fredonnait la chanson de Johan.
Il passa la tête par l’entrebâillement de la porte et sourit en découvrant l’adorable spectacle qui se déroulait sous ses yeux.
Assise entre les deux lits de ses petits frères, Andréa tenait le téléphone en se balançant doucement au rythme de la berceuse. Kyle dormait déjà comme un bienheureux et Johan, tétant tranquillement son pouce, ne tarderait pas à le rejoindre au pays des songes.
Castle se retira discrètement en souriant. Il n’avait pas le droit de douter de Kate, même si elle se trouvait en compagnie d’un redoutable séducteur. Il s’était vraiment comporté comme un idiot.
- Alors ? Rassuré ? Sourit Martha en le voyant revenir vers elle bien plus serein.
- Vous avez raison toutes les deux, Vaughn n’a aucune chance avec Kate. J’ai réagi bêtement.
- Humainement, corrigea Alexis.
-Ouais… Peut-être… En tous les cas, je vais devoir m’excuser auprès de Kate pour mon comportement.
Rassuré, Castle lut une histoire à Andréa avant de le mettre au lit, puis dîna avec sa mère et Alexis, qui l’inondèrent de suggestions sur la meilleure manière de se faire pardonner.
Il réfléchissait à l’enquête, lorsqu’il reçut un appel alarmant d’Esposito. Il y avait eu une fusillade au Fairwick et une ambulance avait été appelée. Il sauta aussitôt dans ses chaussures, enfila sa veste et quitta le loft après avoir prévenu Martha et Alexis.
Lorsqu’il arriva dans la chambre d’hôtel, la scientifique passait déjà la pièce au peigne fin. Il déboula dans la pièce complètement affolé.
- Kate !
- Hey, Castle ! Je vais bien, répondit-elle en le prenant dans ses bras.
Il hocha la tête, rassuré.
- Tant mieux, soupira-t-il. Pourquoi une ambulance ? Vaughn a été touché ?
- Euh… Non.
- Bon, rassurez-vous lieutenant, dit un urgentiste en arrivant près d’eux. C’est une légère luxation de la clavicule. Il sera immobilisé quelques temps, mais il s’en remettra.
- Vaughn a une luxation de la clavicule ? S’étonna Castle.
- Son super garde du corps ici présent n’a pas su maitriser sa force, plaisanta Ryan en arrivant près d’eux à son tour.
- C’est toi qui l’as blessé ? S’étonna Castle en regardant sa femme.
- … Ouaip, répondit-elle gênée. On dirait bien.
- Fais pas cette tête-là, dit Ryan. Tu y es peut-être allée un peu fort en le plaquant au sol, mais monsieur Vaughn a dit que tu lui as sauvé la vie et qu’il t’en est très reconnaissant.
- … Ouais. Bon, je crois que je peux quitter cette planque, monsieur Vaughn va certainement être emmené dans un autre endroit beaucoup mieux sécurisé, soupira Beckett.
- Ouais, approuva Ryan. Gates a demandé qu’on le ramène au poste. Elle veut qu’il reste là-bas jusqu’à ce qu’on trouve une autre planque plus sûre.
- De préférence sans fenêtres par lesquelles les snipers peuvent tirer, dit Kate.
- Apparemment, il a tiré depuis l’immeuble d’en face. Les flics en uniforme enquêtent là-bas, mais pour l’instant on n’en sait pas plus.
- Je ne comprends pas. Comment savait-il que Vaughn était ici? Demanda Castle.
- Eh bien peut-être qu'il nous espionne depuis que Vaughn a survécu à l'attaque au restaurant, supposa Kate.
- Hey Beckett, répliqua Ryan. Je déteste faire ça, mais j’aurai besoin de prendre ta déposition.
- Non, c’est normal, dit-elle en haussant les épaules.
- Alors ... où te tenais-tu quand le premier coup a été tiré?
Elle hésita un instant, puis se déplaça jusqu’à l’endroit où elle se tenait alors.
- Euh, j’étais ... juste ici, dit-elle consciente que rien n’échapperait à Castle.
- Ah ok. Et où était Vaughn? Demanda Ryan en prenant des notes.
- Juste là.
- Ok…Dit Ryan en se plaçant à l'endroit qu’elle avait indiqué. Ici…
Il leva alors les yeux et se rendit compte qu'il se trouvait vraiment très près de Beckett. Il recula un peu et regarda vers le trou dans la fenêtre.
- Pourquoi il se tenait si près? Demanda Rick suspiscieux.
- …
- Je ne comprends pas… Le…
Il se tourna vers le scientifique, qui installait un laser à l’impact dans le mur pour retracer la trajectoire de la balle.
- … Attendez une minute. S’il se tenait là, dit Castle en passant sa main dans le rayon, la balle serait allée droit dans sa tête. Comment c’est possible ?
- Eh bien, avant le premier tir, Vaughn a trébuché, expliqua Kate.
Ryan hocha la tête et prit note, mais Rick n’était pas convaincu.
- Il a trébuché ? Répéta-t-il et Beckett acquiesça. Les enfants et les personnes âgées trébuchent. Comment a-t-il pu trébucher?
- Je ne sais pas. Mais il a trébuché, répondit Kate.
Ryan hocha à nouveau la tête et griffonna de nouveau son calepin.
- Alors il a trébuché pile au bon moment pour éviter d'être abattu par un assassin à travers une fenêtre ? Personne n’a autant de chance. Qu'est-ce qu’il s’est passé ici, Kate? Demanda Rick d’un ton qui signifiait qu’il ne tolèrerait pas de détour.
Kate prit alors une grande inspiration.
- Il a voulu m’embrasser, d'accord Castle?
- Il a quoi?
- Je pense que j’ai tout ce qu'il faut ici, dit Ryan avant de fuir les lieux.
- Ecoute, je ne vais pas te mentir. Je venais de téléphoner aux enfants, il m’a parlé d’eux, il disait que j’étais une maman formidable et qu’il admirait ma façon de gérer le travail et la vie de famille, et puis il a voulu m’embrasser… Et c’est là que… je lui ai démis l’épaule…
- Tu lui as… ? répéta Castle en réprimant un fou rire.
- Je l’ai attrapé le col et je lui ai fait une prise de self défense…
- Oh ! Ce qui explique pourquoi il n’est pas mort, comprit Castle avant d’éclater franchement de rire.
- C’est pas drôle ! Je devais le protéger et j’ai failli l’envoyer à l’hôpital !
- Si ! C’est très drôle ! Et puis, il l’a bien cherché, répondit Rick mort de rire.
- Castle !
- Oh, tu sais que je t’adore, toi, dit-il en la serrant dans ses bras.
Ils reprirent leur enquête le lendemain et après avoir soupçonné Vaughn d’avoir lui-même manigancé toute cette histoire pour cacher le fait que sa société Mexisolar était complètement bidon, ils démasquèrent finalement l’un des collaborateurs du milliardaire, qui avait voulu cacher ses erreurs dans la gestion de la société.
Après le départ d’Eric Vaughn et les papiers de cette enquête terminés et archivés, les Castle purent rentrer chez eux pour un week-end de repos bien mérité.
- Où sont Martha et les enfants ? demanda Kate en découvrant le loft beaucoup trop silencieux.
- Dans notre maison des Hamptons, avec ton père, pour tout le week-end.
- Sérieux ?
- Tout à fait sérieux ! Ils vont gérer nos trois bouts de choux avec l’aide d’Alexis pendant les deux prochains jours, pour que nous puissions prendre un peu de repos.
- Wah !
- Comme tu dis ! Allez, maintenant ferme les yeux et suis moi.
Elle obéit et il l’entraina vers son bureau.
- Qu’est-ce que tu fais, Castle ? J’avais très très envie de me prélasser sur le canapé avec un bon verre de vin…
- Il y a quelque chose que je dois faire. Quelque chose que tu dois voir.
Elle ouvrit les yeux et il prit le cordon d'alimentation de sa Xbox et une paire de ciseaux.
- Attends ! Non !
Il ignora son cri et coupa quand même le cordon.
- Cas… Je n’ai pas dit que je ne voulais plus que tu joues à ton jeu !
- Non, je sais. J’en ai d’autres ! C’est juste symbolique. Mais tu avais raison. Je t’ai considérée comme acquise. Et même si j’étais en manque de sommeil, je n’ai aucune excuse. Alors, ça ne se reproduira plus. Ce soir, c’est tout pour moi.
- ça ne devrait pas être tout pour moi ? S’étonna-t-elle.
-Non. Parce que ce soir, c’est moi, qui vais profiter de ton merveilleux corps encore et encore en te faisant un massage intégral et très romantique, expliqua-t-il en cliquant sur une télécommande et en poussant la porte de leur chambre à coucher entièrement décorée de pétales de rose et de bougies parfumées.
Stupéfaite, elle se jeta sur ses lèvres et l’embrassa amoureusement.
- Alors… ?
- Alors quoi ? S’étonna-t-il.
- Alors tu es heureux avec moi ?
Il sourit et hocha la tête.
- On dirait que je ne suis pas le seul idiot de notre couple.
- …
- Je t’aime Katherine Hougton Beckett Castle et rien ne changera jamais ça.
Elle sourit et l’embrassa.
- On est deux idiots alors.
- Ouais, deux idiots qui vivront heureux tous les deux jusqu’à la fin de leurs jours, approuva-t-il en la soulevant pour l’entraîner dans la chambre.
FIN