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Jeunesse et protection des mineurs
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Série : Castle
Création : 25.01.2014 à 16h20
Auteur : Minefuji
Statut : Terminée
« Une idée, qui me trottait dans la tête depuis un moment : et s'ils avaient fait ça il y a quatre ans... J'espère que ça vous plaira. » Minefuji
Cette fanfic compte déjà 152 paragraphes
Chapitre vingt et un
Attention ce chapitre contient (encore !) un passage coquin ! Vous êtes prévenus. ^^
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L'affaire de l'espion britannique réglée, Beckett et Castle reprirent leur petit partenariat comme si de rien était, à cette différence près, que la jeune femme avait avoué ses sentiments et que depuis, elle rayonnait. Elle était tellement merveilleuse et attirante, que Castle ne pouvait s'empêcher de la désirer, de l'embrasser et chacun de leurs têtes à têtes se terminait irrémédiablement par de torrides ébats, ce qui expliquait pourquoi il ne lui avait toujours pas avoué ses sentiments.
- Une cow-girl de l’espace? Il n'est pas question que je me déguise et encore moins en cow-girl de l'espace!
- Pourquoi?
- D'abord, il n'y a pas de vaches dans l'espace!
- Alexis m'a déjà sorti cet argument! Mais ce déguisement est trop cool!
- Et ensuite à Halloween on doit faire peur!
- Argument déjà reçu également! Alors, en quoi vas-tu te déguiser?
- Pourquoi je me déguiserais?
- Pour venir à ma soirée!
- Je ne sais pas...
- Allez! Ça sera sympa! Fais ça pour moi, s'il te plaît.
- Ok, je verrai mais c'est bien parce que tu as dit s'il te plaît!
Il fit une petite danse devant elle tandis qu'ils entraient dans le cimetière où se trouvait la scène de crime.
- Au fait, tu portes des bretelles ?
- Oui je fais des essais de costume pour ma petite soirée d'Halloween! Ah! J’adore cette période de l’année, les feuilles qui craquent sous les pieds, l’air frais, l’odeur des citrouilles rougeoyant dans la nuit.
- J'préfère l'été, fit Beckett distraitement.
- L’été New-Yorkais et sa fournaise ?! Remarque s’il fait tellement chaud que tu ballades à moitié nue, je suis preneur !
- Dans tes rêves Castle !
- Hum, hum, alors le corps est déjà au cimetière ? On dirait que le tueur a essayé de gagner du temps! J’adore marcher dans les cimetières, toutes ces histoires mystérieuses qu’ils abritent, regarde cette pierre tombale, Elizabeth Dryden, née le 3 décembre 1962, morte le point d’interrogation, s’ils ne savent même pas quand elle est morte qui est-ce qui est enterré là ? Tu imagines, avec un peu de chance, on tombera sur un fantôme ou un feu follet!
Beckett le regarda et roula des yeux, non mais il y croyait vraiment ?
- Ne t'en fais pas! Je te protègerai, fit l'écrivain rassurant.
- Je n'ai pas peur des fantômes!
- Non?
- Nan !
- Même pas un tout petit peu?
- Même pas un tout petit peu!
- Mais les fantômes sont effrayants! A part Casper, celui-là, il est mignon, mais les autres! Ils font peur, quand même!
- Pourquoi? Il y a des gens qu'on aimerait bien revoir, même si c'était à l'état de fantôme, répondit-elle en continuant son chemin.
Un point pour elle, là! Il n'avait jamais vu ça comme ça, sans doute parce qu'il n'avait pas encore été vraiment confronté à la perte d'un être très proche.
- Castle! Fit la voix de Beckett loin devant lui.
- J'arrive!
- Où on en est les gars ? Demanda Kate en arrivant sur la scène de crime.
- Jette un coup d’œil, suggéra la légiste en saluant son amie.
- Waow ! Fit Castle en découvrant le cadavre.
- Tu rigoles, on lui a enfoncé un pieu dans le cœur ? Lança Beckett.
La victime faisait partie d'une sorte de confrérie de gens qui aimaient se grimer en vampires, l'occasion pour notre écrivain pour faire montre de son penchant pour tout ce qui présentait un aspect surnaturel. Il avait ainsi crié pour stopper Lanie qui s'apprêtait à retirer le pieu du torse de la victime.
- C’est quoi le souci ? Avait fait la légiste.
- Si c’est vraiment un vampire et que vous enlevez le pieu, il va ressusciter ! Expliqua Castle.
- S’il ressuscite, on a plus qu’à rentrer chez nous et faire nos prières ! Répliqua Lanie en retirant le pieu avec force.
Mais il s'était avéré que la victime était bel et bien un être humain et l'enquête les avait entraînés dans un New York parallèle, peuplé de personnes étranges cherchant à vivre une autre vie, loin de la cruelle réalité.
Mais le fun de cette histoire avait finalement viré au drame, révélant une femme manipulatrice et névrosée, capable des pires atrocités pour garder l'homme qu'elle pensait aimer.
- J’espère que ça ne la détruira pas, fit Castle en regardant la sœur de la victime partir en pleurant dans les bras de son père.
- Si pendant un certain temps, expliqua Beckett et puis elle se réveillera un beau jour en découvrant que ça fait partie de sa vie. Qui sait, peut-être même qu’elle deviendra écrivain ?
- Ou alors flic ! répliqua Castle en souriant.
- Tu ne m’as toujours pas dit d’où vient ta fascination pour le crime !
- Je devais avoir 5 ans, on passait les vacances d’été dans les Hamptons, commença l’écrivain. J’étais un peu livré à moi-même en ce temps-là ! Ce jour-là j’étais en train de marcher sur la plage, j’avais déjà parcouru plusieurs kilomètres, je me suis dit, il faut que je rentre et là, j’ai vu quelque chose devant moi. J’ai d’abord pensé que c’était un animal, peut-être que c’était une baleine ou bien une tortue, une otarie. Alors je m’en suis approché en courant pour savoir ce que c’était.
- C’était quoi ? demanda Beckett, suspendue à ses lèvres.
-Un petit garçon ! dit tristement Castle. De mon âge, le fils de notre gouvernante ! Ça venait certainement de se produire, l’eau n’avait pas encore effacé le sang ! La veille du drame, on jouait encore à cache-cache tous les deux !
- Et qu’est-ce qu’il lui est arrivé ?
- On ne l'a jamais su !
- Je suis désolée Castle, répondit-elle avec compassion.
Castle la regarda et lui fait un petit sourire en coin, ce qui rendit Beckett furieuse
- Tu n’as pas inventé ça ?
- C’est mon métier voyons ! répliqua l’écrivain.
- Je te promets que tu vas me le payer !
- La fête commence à 21h ! Rit Castle en partant. J’ai hâte de voir le costume que tu as choisi !
********************
- Soyez prudente, c’est une potion de mon invention, buvez-la et qui sait en qui, ou en quoi vous vous transformerez et comment tout ça va finir ! Annonça Castle à Lanie qui venait de se servir un verre.
- C’est tout à fait le genre de potion qu’il me faut ! Rit-elle en portant la coupe à ses lèvres.
- Vous en fait des soirées cool pour un poète du XIXème siècle, Mr Poe ! Lança Ryan derrière lui.
- C’est parce que je lui ai toujours dit : « Chéri, quoi que tu fasses dans la vie, fais-le en grand ou ne le fais pas du tout » ! Expliqua Martha dans son costume de Cruella.
- D’où ce chapeau colossal ! Remarqua l'écrivain.
Castle regardait autour de lui, quand Esposito l'interpela:
- Et Castle ?
- Hm ?
- Vous cherchez Beckett ?
- Non… pourquoi ?
- Elle a dit qu’elle n’était pas sûre de pouvoir venir, expliqua Ryan en mordant à belles dents dans un gâteau. Elle avait de la paperasse à finir mais il est encore tôt !
Les épaules de Castle s'affaissèrent, décidément, elle était la championne des reculades.
- Edgar ! Fit la voix de Beckett derrière lui. C’est moi que vous cherchez ?
- Mais vous êtes vous ! S'exclama-t-il déçu en la voyant arriver sans déguisement.
- Ça vous déçoit terriblement, on dirait ! Se moqua-t-elle.
- J’avais dit qu’il fallait mettre un costume pour participer et être un peu effrayante ! Bouda l'écrivain comme un gamin privé de sucreries.
- Ça n’empêche pas d’être… sexy ! Commença-t-elle en mettant la main sur la ceinture de son imperméable.
Castle la regarda faire, subjugué et Beckett ouvrit son manteau, tira sur sa ceinture et une créature en peluche surgit de son manteau, faisant sursauter Castle et rire aux éclats le reste des invités.
- Maintenant on est quittes ! Claqua Beckett.
- Vous méritez des noms d’oiseaux ! Assura l'écrivain en lui tendant son corbeau empaille en souriant.
Lanie rit de bon cœur et la soirée reprit son cours.
- Alors? Pas de déguisement? Fit Lanie en attrapant le poignet de sa meilleure amie pour l'emmener discuter un peu à l'écart.
- J'avais une vengeance à réaliser...
- En tout cas, si tu voulais attirer son attention, c'est réussi, il n'a d'yeux que pour toi, sourit la légiste.
- Tu crois?
- Il va falloir que tu penses à t'acheter des lunettes, ma vieille, ça se voit comme le nez au milieu de la figure!
Beckett sourit.
- Oh! Mais dis-moi, c'est nouveau ça!
- Quoi donc?
- Ce petit sourire quand je te parle de Castle, d'habitude tu roules des yeux!
Kate leva les yeux au ciel, ce qui fit rire son amie.
- En tout cas, ne change rien, ça te va à merveille, fit la légiste en lui caressant le bras avant de s'éloigner pour rejoindre quelqu'un qui venait de lui faire signe.
Beckett jeta un œil circulaire à la pièce et aperçut Castle qui discutait avec ses invités. Soudain un immense chapeau couvert de plume entra dans son champ de vision, la détournant de sa contemplation.
- Un verre de cocktail maison, très chère? Proposa Martha tout sourire.
- Oh, euh... Oui, merci.
- Ne vous en faites pas, on ne passe pas notre temps à nous déguiser, dans la famille... Enfin…Euh… bah moi, si en fait, reconnut Martha en repensant à son métier d’actrice.
- Pardon?
- Je vois que vous n'êtes pas très à l'aise avec les déguisements...
- Oh! Euh... Non... Enfin... Je ne fête plus Halloween depuis bien longtemps, en fait...
- Richard est un peu comme Peter Pan, il refuse de grandir, soupira Martha. J'espère que cela ne vous effraie pas de trop!
Beckett regarda Martha dans les yeux et comprit qu'elle savait. Elle sourit, les mères n'étaient pas dupes... Johanna aussi avait ce don pois toujours savoir ce qu'il se passait dans le cœur de sa fille...
- Ça fait partie de son charme, sourit la détective.
- À la bonne heure! Enfin quelqu'un que ce côté gamin n'horripile pas, se réjouit Martha un peu trop brusquement.
Beckett eut un léger mouvement de recul, qui n'échappa pas à Castle, qui arrivait déjà pour la délivrer d'une de ces conversations inquisitrices dont sa mère avait le secret.
- Mère, pourquoi ennuies-tu mon invitée?
- Je ne l'ennuie pas, je discute!
- Et si tu allais voir comment se porte Alexis? Elle avait le blues depuis la mort d'Oedipe...
L'actrice s'éloigna rapidement et Castle se rapprocha de sa muse.
- Ma mère est un peu excentrique, mais je te protégerai toujours d'elle, ne t'en fais pas, commença Castle.
- Et qui me protégera de toi? Demanda Beckett. Après-tout telle mère tel fils, non?
- Ouch! T'es dure!
Lorsque la fête se termina et que la plupart des invités rejoignirent leurs pénates, Beckett aida Castle, Martha et Alexis à remettre un peu d'ordre dans le loft, et accepta l’invitation à passer la nuit au loft de son écrivain.
Dès qu’ils se retrouvèrent seuls, Castle se glissa derrière sa muse et commença à l’embrasser dans le cou, mais Beckett n’était pas de cet avis et s’écarta de lui.
- Qu’est ce qu’il te prend ?
- Je t’ai promis que tu me le paierais, fit-elle en s’éloignant un peu plus.
- Quoi ? Tu comptes me refaire la grève du sexe ? T’as pas autre chose ?
- J’ai une arme bien plus efficace dans ma manche, sourit-elle mystérieusement.
- Ah ! Ah ! Tu ne m’auras pas, je suis une tombe, je ne livrerai pas mes secrets, même sous la torture !
- Tu en es certain ? demanda-t-elle en lui attrapant vigoureusement le nez.
- AAAAAÏÏÏÏÏÏËEEEE ! POMME ! POMME ! POMME !
- Alors ? Tu vas me dire la vérité ?
- Et puis quoi encore ? Sourit-il.
Elle voulut lui reprendre le nez, mais il esquiva son geste.
- Ne crois pas que tu m’auras comme ça ! Rit-il.
- Ça c’est ce que tu crois, répondit-elle en le menottant d’un geste habille au lit.
- Hey ! Où est ce que tu les avais planquées ? demanda-t-il en tentant de se détacher.
- A l’endroit où j’avais planqué celles-ci, expliqua-t-elle rieuse en lui attachant son autre main au lit.
- Ok, tu es très douée, mais ce n’est pas parce que je suis attaché au lit, que je vais te livrer mes secrets.
- Alors, tu ne m'as toujours pas dit d'où te venait ton attirance pour le macabre, commença Beckett en ignorant les paroles de Rick.
- Ça ne marchera pas et de toute façon ça n’est pas très intéressant, répliqua-t-il.
- Laisse-moi en juger par moi-même, fit-elle en détachant doucement la ceinture de Rick. Pourquoi ne veux-tu pas me livrer tes secrets?
- Mais qu’est ce que tu fais ?
- Ça, ça me regarde… répliqua-t-elle en faisant glisser la fermeture éclair de son pantalon.
Ses gestes étaient lents, précis et le mettaient au supplice. Elle le déshabilla consciencieusement, ne lui laissant que sa chemise. Il tira sur ses bras, mais ne parvint pas à libérer ses poignets. Chaque effleurement de sa belle sur sa peau le faisait frissonner et trembler.
- Kaaaaaate !
Pour toute réponse, elle déboutonna sa chemise avec une lenteur effrayante.
- Qu’est ce que tu fais ?
- Tu as voulu jouer, non ?
Elle venait continuait ses caresses expertes, s’attardant sur ses points sensibles, qu’elle connaissait parfaitement. Elle admirait les frissons qui parcouraient la peau de son amant sous l’effet de quelques effleurements. Elle rapprocha alors ses lèvres du ventre de son amant, le parsemant de baisers brûlant, se délectant des gémissements de son écrivain. Il était complètement à sa merci, elle décrivit de petits cercles avec sa langue et descendit doucement vers son aine, évitant soigneusement sa virilité frémissante de désir. Rick était au bord de la rupture, elle était sur la bonne voie.
- Oh bon sang ! murmura-t-il pantelant.
Elle continua sa douce torture pendant un bon moment et finalement, elle parvint à ses fins.
- C’est bon ! Je vais tout te raconter, souffla-t-il, mais pitié, arrête cette torture !
- Raconte !
- Détache-moi d’abord !
- Pas question, sourit-elle.
- Ok, ok… Quand j’étais petit… je… j’étais plutôt chétif… pas le plus doué en sport, ni pour les études… Je n’avais pas beaucoup d’amis… J’étais très seul… Je voulais, je rêvais de me faire des amis…Alors, j’ai commencé à faire le pitre et quand j’ai vu que les autres rigolaient, j’ai continué, jusqu’à ce que ça devienne une seconde nature… ça m’a valu d’être renvoyé de pas mal des établissements scolaires que j’ai fréquentés. Et puis, un jour, j’ai découvert que j’étais très doué pour raconter des histoires, plus elles étaient glauques et effrayantes, plus ça plaisait à mes camarades… C’est comme ça que j’ai commencé ma fascination pour les meurtriers…
Elle sourit.
- Ce n’était pas si difficile que ça, dit-elle en le détachant avant de s’emparer de ses lèvres et de l’entrainer dans des ébats torrides.
Chapitre Vingt-deux
- Beckett est déjà là ! S’étonna Ryan en arrivant près du bureau de son partenaire.
- Ouaip, elle est encore arrivée avant tout le monde, répondit Esposito. Elle a terminé la paperasse de l’affaire d’Hayley Blue.
- Déjà ? Ce n’était pourtant pas urgent ! Il y aurait de l’eau dans le gaz avec Castle ?
- Je n’ sais pas… Elle a l’air plutôt de bonne humeur…
- Salut les gars ! Déjà en train de bavasser ? Fit la voix de Castle derrière eux.
- Hey ! Castle ! Qu’est ce qu’il se passe avec Beckett ? S’enquit Esposito.
- Rien ! Tout va bien avec Beckett… Enfin, je crois, s’inquiéta l’écrivain.
- Rien ? Alors pourquoi est-elle arrivée aux aurores pour faire de la paperasse ? demanda Ryan.
- J’n’en sais rien ! On ne s’est pas disputés, si c’est ce que vous sous-entendez…
- Vous avez bien dû faire un truc, elle n’arrivait plus aussi tôt depuis que vous étiez ensemble…
- Hé Oh ! Vous n’êtes pas sensés être au courant ! avertit Castle.
- Oh ça va ! Pourquoi tant de mystères ?
- Elle ne veut pas l’annoncer, c’est comme ça, c’est tout !
- Et ça vous suffit ?
- Oui ! Bien sûr que ça me suffit ! répondit Castle un peu trop fortement pour que cela sonne vrai.
- Elle est dans la salle de repos, dit Ryan alors que Castle tournait la tête dans tous les sens à la recherche de Beckett.
- Merci, fit-il en se précipitant à l’endroit indiqué.
Elle venait de se servir un café et regardait piteusement le résultat de ses efforts, elle n’était pas douée avec cette machine. Il sourit et se précipita à son secours.
- Attends ! Je vais te montrer !
- Ah ! Salut Castle !
Il attrapa une tasse et lui prépara son latté avec Maestria, elle le regarda faire en souriant, le dévorant littéralement des yeux. Il se tourna vers elle et lui tendit son café. Son sourire illumina son visage. Apparemment, tout allait bien, les bros s’étaient fourvoyés.
- Alors ça va ? demanda-t-il.
- Oui, ça va ! Pourquoi demandes-tu ça ? répondit-elle étonnée.
- Bah… Il parait que tu es arrivée avant tout le monde ce matin et il n’y avait que de la paperasse au menu !
- Oh ! Et tu t’es inquiété ! Ne t’en fais pas ! Tout va bien !
- Alors si tout va bien, pourquoi est ce que tu es venue ici aussi tôt pour faire de la paperasse ?
- Tu sais que tu es mignon quand tu t’inquiètes ?
- Tu sais que tu es agaçante quand tu réponds à une question par une autre question ?
- Ok. Si tu veux tout savoir, je me sentais seule et je tournais en rond dans mon lit, alors je suis venue au boulot. En fait, je fais ça à chaque fois que tu ne dors pas avec moi…
- Oh ! Euh… Je suis désolé, Alexis avait besoin de moi et…
- Hey ! C’est cool ! Je vais bien ! Ta fille a besoin de toi et c’est normal, je ne voudrais surtout pas que tu passes moins de temps avec elle parce que tu me vois…
- Mais…
- Castle ! Tu es adorable, mais ça n’est pas parce que je suis une insomniaque accro au boulot que tu dois penser que c’est de ta faute ! Je vais bien, je suis heureuse !
- Promis ? Tu me le dirais si ça n’allait pas ?
- Oui, je te le dirais, c’est promis !
- Ok… Cool !
- Au fait… Comment va Alexis? La mort d’Hayley Blue l’a particulièrement touchée…
- C'est dur de perdre une idole, mais elle s'en remettra, sourit Castle heureux de l’intérêt que Kate portait à sa fille.
- Sans doute… Et puis elle est bien entourée, sourit Beckett. Son papa veille.
- Skye aussi s'en remettra, elle va faire une tournée en hommage à Hayley! Annonça-t-il.
- Je ne sais pas...
- Qu'est ce que tu ne sais pas?
- Et bien si le fait de chanter les chansons de sa sœur et de rencontrer ses fans, va véritablement aider Skye.
- Pourquoi?
- Parce que ça ne va pas l'aider à oublier sa peine, ça va la lui rappeler en permanence! Tu sais, on pense que ça nous aide, qu’on en a besoin… Mais finalement ça nous détruit complètement.
- C'est pour ça que tu ne veux pas reprendre l'enquête sur le meurtre de ta mère? Demanda-t-il.
- ...
- Je suis désolé... Il y a des fois où je devrais apprendre à tenir ma langue...
- Ça va Castle... C’est moi qui ai lancé le sujet en quelque sorte… Si je suis entrée dans la police, c'était pour elle... Je voulais savoir, je ne supportais pas l'idée que son assassin courre toujours... Alors j'ai tout plaqué... Mes études, mon avenir, mes rêves, et je me suis jetée à corps perdu dans cette affaire, j'y passais chaque minute de mon temps libre. Ça m'a pris trois ans pour réaliser que ça ne permettait pas de me sentir mieux, mais que ça m'enfonçait dans ma douleur et mon désespoir. Il m'a fallu un an de thérapie encore pour accepter de lâcher prise et comprendre que vivre dans le passé ne vous aide pas à aller mieux, bien au contraire.
- Tu aurais pu quitter la police...
- J'aurais pu, oui... Mais j'ai croisé la route du capitaine Montgomery et il m'a ouvert les yeux. Il m'a aidé à comprendre que je pouvais aider les gens à qui on avait arraché un proche comme à moi... Alors c'est devenu mon but dans la vie, ne pas laisser un crime impuni, éviter aux familles des victimes de vivre ce que moi-même j'avais vécu.
- Tu as tout de Batman! Tu ne voudrais pas qu'on ajoute des super gadgets à ta voiture? Ou mieux! Tu ne voudrais pas que je t'en offre une autre? Parce que ta Crown Victoria, là, excuse-moi, mais c'est une épave!
- Ne critique pas ma voiture Castle ou je ne te permettrai plus jamais d'y monter!
- Tu parles d'une punition!
- Alors vous êtes réconciliés ? lança Esposito en entrant malgré les gestes désespérés de Castle pour qu’il se taise. Ça va être la fête ce soir !
- Quoi ? fit Beckett en le dévisageant.
- Euh… Rien… J’n’ai rien dit ! Tenta-t-il de se rattraper tandis que Beckett dévisageait Castle dont la mine contrite valait tous les aveux.
- Tu leur as parlé de… nous ? Souffla-t-elle hors d’elle.
- Euh… Pas vraiment… Ils ont deviné tout seul, bafouilla Castle.
- Alors il vient ce café ? demanda Ryan en arrivant à son tour. Wow !
Il recula d’un pas devant le regard noir de Beckett.
- Calme-toi, Beckett ! C’est nous… On est flics… C’est normal qu’on vous ait grillés… Bredouillait Esposito en reculant à son tour.
- Je t’assure que je ne m’en suis pas vanté, ajoutait Castle les mains levées en signe de reddition.
- On ne le répètera pas, assurait l’irlandais.
Un silence glacial s’installa dans la pièce et au bout de quelques minutes la détective réprima difficilement un rictus, avant d’éclater d’un rire franc et éclatant.
- Ah ! Vous êtes impayables les gars, vous plongez tellement facilement ! fit-elle en quittant la pièce hilare.
- Elle n’était pas fâchée ?! S’étonna Ryan.
- Comment elle nous a eus ! ajouta Esposito.
- Cette fille a des pouvoirs de sorcière, grommela Castle.
- Comment vous avez pu vous faire avoir Castle ? demanda le latino.
- Quoi ? Vous vous êtes fais avoir aussi ! Contra l’écrivain.
- Mais nous, on n’est pas son p’tit ami, remarqua l’irlandais.
- Exactement, fit Esposito… Vous ne faites pas la différence entre une vraie situation dangereuse et une blague ?
- Quoi ?
- Hou ! Là ! Dangereux ! fit Ryan en s’approchant de Castle.
- C’est radioactif ! Ajouta Esposito en s’avançant également vers lui.
- …
Castle les regarda tour à tour incapable d’argumenter, puis fila en vitesse, sans demander son reste.
**********************
- Castle ! Je peux savoir ce que c’est que tout ça ?
- Des fleurs !
- Une boutique de fleurs plutôt ! Tu as décidé de transformer mon salon en serre ?
- Je me suis peut-être laissé emporté, reconnut-il avec son air de gamin.
- Ok, soupira-t-elle. Qu’est ce qu’il se passe ?
- Tu ne vas pas te fâcher ?
- Tu m’as trompée ?
- Non !
- Tu as tué quelqu’un ?
- Non !
- Tu as farfouillé dans mes affaires ?
- Non !
- Alors je ne me fâcherai pas, sourit-elle.
- C’est un truc que les gars ont dit…
- Les gars ?...
- Tout à l’heure, au poste… J’ai vraiment cru que tu étais en colère… Ils ont dit que c’était quelque chose que j’aurais dû voir ! Que si je ne parvenais pas à reconnaître les signaux que tu envoyais… Que…
- Castle ! Dit-elle en posant un doigt sur sa bouche pour le faire taire. Ce ne sont que deux idiots qui savent à peine se comporter en petits amis plus de trois semaines, surtout Espo !
- Mais, quand même ! Je devrais te connaître mieux que ça !
- Je ne suis pas quelqu’un qu’on cerne facilement… Mes propres parents se sont faits avoir plus d’une fois ! Tu es la personne qui me connait le mieux ou qui me cerne le mieux tout du moins ! Jamais personne n’était encore parvenu à lire aussi facilement en moi et je dois reconnaître que ça me fait flipper parfois…
- C’est vrai ?
- Ouais, mais je t’interdis de répéter ça à qui que ce soit ! l’avertit-elle.
- Message reçu !
Chapitre vingt-trois
Trois mois plus tard, Beckett et Castle continuaient leur petit partenariat bien tranquillement. Martha, qui s’était inscrite sur les réseaux sociaux avait renoué avec son amour de jeunesse, Chet et passait moins de temps au loft. Beckett y passait donc plus régulièrement afin de retrouver Castle qui lui passait la plupart de ses soirées avec sa fille. Bien entendu, elle arrivait tard et partait tôt afin de ne pas éveiller les soupçons de la jeune fille.
L'écrivain était très occupé par son projet de nouveau roman et recherchait l'authenticité à tout prix, ce qui valait à sa muse un bon nombre de demandes toutes plus farfelues les unes que les autres.
- Non! Il n'en n'est pas question! Refusa Beckett en arrivant devant le bâtiment du 12th.
- Allez! C'est pour mes recherches! Insista Castle derrière elle.
- Et alors? Demanda-t-elle en saluant l’agent en faction qui ne pouvait s’empêcher de sourire en les voyant se chamailler.
Il avait l’habitude d’être le témoin des petites querelles entre l’écrivain et sa muse, mais ce spectacle l’amusait toujours autant, Castle ayant une imagination débordante quand il s’agissait d’agacer la détective.
- Et alors j'aimerais savoir comment Nikki se sortirait d'une telle situation!
- Castle! Pour la dix millième fois! Je ne suis pas Nikki! Soupira-t-elle en pénétrant dans l’ascenseur.
- Tu es celle qui s'en approche le plus, quand même!
- Dans tes rêves, oui! Tu ne vas pas me scotcher à une chaise pour voir comment je vais m'en sortir!
- Tu ne te plaignais pas l'autre soir...
- C'était des foulards, pas du scotch et j'étais dans un lit, pas sur une chaise! Et puis je croyais t'avoir déjà dit de ne pas utiliser ce qu'on fait en privé pour tes bouquins!
- Rahhh! T'es dure! Comment je vais faire moi?
- Mets toi dans la peau de Nikki, après tout... C'est toi l'écrivain! Fit-elle en lui piquant un baiser sur les lèvres pour clore le sujet.
Les portes de l’ascenseur s’ouvrirent dans la seconde qui suivit.
- On aurait pu nous voir ! murmura-t-il en la suivant.
- Je croyais que tu aimais vivre dangereusement Castle, sourit-elle avant de se diriger vers son bureau où les gars les attendaient avec les dernières avancées de leur enquête en cours.
- Pas si ça doit me priver de notre petit partenariat...
- Relax, personne ne nous a vus et puis Montgomery est très compréhensif, il serait même du genre à me pousser dans tes bras.
- Ah oui?
- Ouaip, il ferait des économies d'heures sup'.
- Quel pragmatisme effrayant!
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C'est ainsi que quelques jours plus tard, Martha trouva sa petite fille en train d'attacher son fils sur une chaise avec du gros ruban adhésif.
- Fais plusieurs tours n'aie pas peur de serrer! Dit Castle.
- Je peux savoir ce que vous êtes en train de fabriquer? Demanda sa mère.
- On fait des recherches, Beckett n'a pas voulu m'aider, donc je m'y colle.
- Dans son prochain chapitre papa va scotcher Nikki Hard, mais il ne sait pas encore comment la sortir de là, expliqua Alexis.
- Alors le meilleur moyen de le savoir c'est d'entrer dans la peau de mon personnage, puisque Beckett n'a rien voulu savoir quand je lui ai demandé de jouer Nikki.
- On se demande bien pourquoi, soupira Martha devant l'immaturité de son fils. Sinon y a un truc pas mal pour les écrivains ca s'appelle l'imagination!
- Mais je veux que ce soit authentique… Attache-moi les mains! Le mieux ça aurait été que Beckett le fasse, mais elle est plus têtue qu'une mule!
- Papa, ce n’est pas comme ça qu'elle va se décider à se projeter dans l'avenir avec toi!
- Quoi? Comment tu sais...?
- Que tu as une liaison avec elle? Oh je t'en prie, ça n'est pas parce qu'elle file discrètement aux aurores que je ne sais pas ce qu'il se passe entre vous! Vous êtes parfois un peu bruyants!
- Pitié ne répète pas ça à Beckett!... Ou alors si ! Dis le lui ! Elle restera jusqu’au matin comme ça ! A moins que ça ne te dérange? demanda-t-il soudainement inquiet.
- Elle est super! Et puis tu as l'air heureux avec elle, alors je suis heureuse! répondit la jeune fille en souriant.
- Bon ! Alexis dépêche toi d'attacher ton père sinon on va être en retard! fit MArtha. Oh je n'arrive pas à croire que je viens de dire cela!
- Où est ce que vous allez?
- Grand-mère a une répétition, alors je vais aller voir ce que ça donne!
- Ce n’est pas plutôt le livreur du 2ème acte que tu veux voir? Demanda Martha.
- Hum!... Fit Alexis avec un petit sourire espiègle. C'est assez serré?
- C'est parfait, dit Castle.
- T'es vraiment sûr pour la bouche?
- Tu as entendu ce que j'ai dit, authentique!
- Comment as-tu pu demander une chose pareille à Beckett? Fit Martha. Parfois je me demande qui t'a éduqué!
- Si tu savais les idées loufoques qu'elle a parfois et moi je ne rechigne jamais!
- Oh Papa! Je t'en prie, il y a des trucs que je ne veux surtout pas savoir! répliqua Alexis.
- Désolé, parfois j'oublie ton âge...
- Fais-moi un signe si ça va ! C'est bon on peut y aller...et ...on fera peut être les magasins après! Alors.... Je peux n'est ce pas? Demanda Alexis en lui prenant plusieurs billets dans son portefeuille.
- Hummm!
- Tu n'aurais plus aucun respect pour moi si je ne l'avais pas fait! Amuses-toi bien et .... Bonne chance!
- C'est fou je ne sais vraiment pas de qui elle peut tenir ça, c'est une énigme! remarqua Martha.
- Salut papa!
- Adios!
Elles quittèrent le loft, laissant Castle seul et attaché sur sa chaise. Son téléphone sonna à ce moment là et afficha la photo de Beckett.
~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
Pendant que notre écrivain se démenait comme un beau diable pour se libérer de son ruban adhésif, Beckett et son équipe avaient été appelés sur une scène de crime dans un hôtel où un mariage était organisé et où séjournaient les familles et les invités des futurs mariés. La victime était une demoiselle d'honneur, Sophie Renson, sauvagement étranglée et cachée dans une armoire. Elle avait été trouvée par la mariée un peu plus tôt.
- Salut Lanie, fit Beckett en s'approchant du corps.
- Ton ombre n'est pas avec toi? Demanda la légiste.
- Non, il doit être occupé à faire un truc dingue, parce qu'il ne répond pas à mes appels.
Lanie sourit et donna ses premières constatations à la détective, qui donna ensuite ses instructions à Esposito avant de rejoindre Ryan dans le couloir.
- Où est Castle ? Demanda celui-ci.
- Je n'en sais rien! Le meurtre d'une demoiselle d'honneur ne trouve peut être par grâce a ces yeux, fit la détective légèrement inquiète que son amant n'ait pas répondu immédiatement à son appel.
- C'est le mot mariage ça l'a sûrement refroidit, plaisanta l'irlandais.
- Commençons sans lui, fit-elle en ignorant le commentaire de son collègue.
********************
Beckett eut le temps d'interroger les mariés avant que Castle n'arrive, une bonne heure plus tard. Il rencontra d'abord les gars au rez-de-chaussée.
- Ho! Un revenant! Lança Ryan.
- On a failli lancer un avis de recherche... Ajouta Esposito moqueur.
- Oui! Je n'arrivais pas à me détacher du boulot! Expliqua l'écrivain. C'est par ou la scène de crime?
- C'était au sixième répondit Esposito.
- merci!
- Heu! Castle? C'est du scotch sur votre pantalon?
- Hop! Fit-il en retirant le résidu de papier collant de son pantalon. Oui! Et du solide!
- Tu crois que c’est un jeu entre eux ? demanda Ryan à son collègue.
- J’ préfère pas savoir !
- Ouais t’as raison, moi non plus !
- Alors comme ça une demoiselle d'honneur! Qu'est ce qui s'est passé elle a fait une crise cardiaque en voyant sa robe? Demanda l'écrivain lorsque les gars le rattrapèrent.
- Elles ne sont pas si moches! Je trouve ça pas mal la mousseline mauve... fit Ryan
- La mousseline mauve! T'es pas sérieux? Demanda Esposito.
- Bah ! J’ai des frangines et t'aurais vu leurs robes s'était catastrophique!
- Les robes des demoiselles d'honneur sont censées être moches, expliqua l’écrivain.
- Ah bon pourquoi?
- Pour ne pas faire de concurrence à la mariée ce jour là, fit Beckett en arrivant.
- Ah? Vous voyez toutes les femmes ont déjà imaginées au moins une fois le jour de leur mariage même Kate Beckett, osez dire que vous n'avez jamais découpé la photo d'une robe de mariée ?
- Je n'ai jamais découpé la photo d'une robe de mariée ! Dit-elle en le regardant droit dans les yeux.
- Menteuse! Elle ment! Affirma Castle. Et je sais quand elle ment!
- Vous en êtes sûr? demanda Ryan en souriant.
- Euh... Pas à tous les coups, mais...
- Bah alors vous ne savez pas!
Ils entrèrent dans la suite nuptiale
- Alors qui est la malheureuse mariée ? Demanda Castle.
- Heu ! Attendez une seconde ... Elle s'appelle !... fit Ryan en consultant ses notes.
- Kyra! S’exclama Castle en apercevant la mariée.
Beckett releva instantanément la tête alertée par le ton employé par son amant.
- Rick! Rick Castle! Fit la mariée en se tournant vers lui.
- Vous vous connaissez? Demanda Beckett suspicieuse.
- Ça c'était le moins qu'on puisse dire ! Croyez-moi! Répondit-il sans quitter la dénommée Kyra des yeux, ce qui agaça légèrement la détective.
Mais elle était professionnelle jusqu’au bout des ongles et laissa ses sentiments de côté, enfin, elle décida de s’y efforcer tout du moins.
- J'ai lu quelque part que tu travaillais avec la police mais j'aurais jamais imaginé que je tomberais sur toi! ... Enfin ... Je... ça fait combien de temps? Demanda Kyra qui semblait trop heureuse de retrouver Castle au goût de la détective.
- Trop longtemps! Affirma l’écrivain qui semblait avoir complètement occulté la présence de sa muse.
- T'as pas changé, t'es reste le même! Sourit la mariée.
-Et toi t'es encore plus belle qu'avant!
Non loin de là, Beckett roulait des yeux, non mais il ne se rendait même plus compte de sa présence dans la pièce! Elle réprima une envie subite de l'attraper par l'oreille pour lui rappeler sa présence, chose qui ne se faisait pas quand on était une personne équilibrée et sûre de son couple, mais quand même, ça le ramènerait sur terre immédiatement.
- Rick Castle a toujours eu l'art des compliments! Fit la voix de Kyra. Oh !... C'est dingue c'est tellement irréel tu te rends compte c'est le jour de mon mariage et toi!...Tu apparais... !
Eh ben là c'était le bouquet! Encore une qui croyait aux signes du cosmos! Le meurtre de la demoiselle d'honneur se serait produit pour les réunir? N'importe quoi! Beckett commença à présenter quelques signes d'agitation, et dû se mordre fermement la langue pour ne pas sortir une réplique cinglante. Mon dieu qu'il était parfois difficile de rester polie.
Un message de Lanie s'afficha sur son portable, voilà une bonne occasion de séparer ces deux là qui se dévoraient du regard... Flippant!
- Castle, Lanie a quelque chose à nous montrer! Dit-elle en se rapprochant de lui.
- Je vous rejoins plus tard! Répondit-il sans quitter Kyra des yeux.
Le cœur de Kate se serra, et ce qu'elle aperçut dans le regard de l'écrivain l'ennuya au plus haut point. De la tendresse, de l'amour... Il ne regardait pas son ex femme de cette façon.
****************************
- Comment ça se passe dans la suite nuptiale? Demanda la légiste. Ce n’est pas vraiment ce qu'ils avaient prévu!
- Sans compter l'invité surprise! Grogna Beckett.
- ...?
- Apparemment Castle connaît très bien la mariée ! Expliqua Beckett devant l'air interrogateur de son amie.
- Une connaissance, une ex ou un plan cul? Demanda Lanie.
- Oh! Je ne sais pas vraiment, un peu des trois apparemment. En tout cas, je peux t’affirmer qu'elle a l'air d’être importante pour lui.
- Si elle était si importante, il serait encore avec elle…
- Sauf si c’était elle qui était partie, soupira Beckett.
- Et comment ça va toi? Demanda Lanie qui avait remarqué l’état de nerfs de son amie.
- Bien! Mentit-elle d’une façon très peu convaincante. Je ne suis que le plan cul, après tout. Pourquoi ça n'irait pas?
- Arrête! Tu n'en es plus là et tu le sais très bien, répliqua la métisse.
- Peut-être que lui, il en est encore là, soupira Beckett. Tu m'appelles après l'autopsie?
- Kate! Fit Lanie en regardant son amie quitter la pièce.
- A plus tard ! Cria Beckett depuis le couloir.
***********************
- Alors tu peux me dire ce qu'est devenue la fille qui traitait le mariage d'institution préhistorique? Demanda Castle tout sourire.
- Elle a mûri, répondit Kyra.
- Hum! Et elle a rencontré un mec sérieux qui fait que bosser! Sans jamais s'amuser!
- Non il sait s'amuser quand il faut!
- C'est un sacré veinard!
- Sauf aujourd'hui ! C'était sensé être le plus beau jour de notre vie! Au final quelqu'un a été tué! Soupira-t-elle.
- Je suis désolé....
- Chérie! Fit le marié en arrivant.
- Greg ! Je te présente : Rick Castle!
- Rick Castle!...ton ex? Demanda l'homme en regardant la main de Rick posée sur l'épaule dénudée de sa future femme.
- Ho ! Oui ... Fit l'écrivain en ôtant subitement sa main. Enfin non! Ravi de faire votre connaissance!
Les deux hommes se toisèrent dans un duel silencieux.
- Rick travaille, avec la police maintenant, expliqua Kyra.
Beckett rejoignit Castle peu après, alors que Kyra s'éloignait de lui avec son futur époux. Elle avait au moins ça pour elle, elle était amoureuse d'un autre... Restait à espérer qu'elle l'était suffisamment pour ne pas retourner vers Castle. Elle observa un instant son écrivain, on aurait dit qu'il venait de croiser un fantôme... Un fantôme qui avait énormément compté pour lui.
- On dirait que c'est quelqu'un de vraiment spécial pour toi, dit-elle pour engager la conversation.
- C'est la seule qui m'a plaqué, répondit-il sans la quitter des yeux.
Ainsi il n'en avait pas fini avec elle, si elle ne l'avait pas quittée, il aurait peut être fait sa vie avec elle...
Et si elle non plus n'en avait pas fini avec lui? S'ils se rendaient compte qu'ils avaient fait une erreur et qu'ils décidaient de se remettre ensemble? Que deviendrait-elle?
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Les gars interrogèrent chacun des invités, mais mener une enquête avec plus d’une centaine de témoins potentiels relevait de la chasse à l’aiguille dans une botte de foin. Ils remarquèrent néanmoins la disparition d'un témoins, un certain Mike et Castle s’avéra encore une fois très utile en mettant la main sur les minis caméras qui avaient été mises à disposition des invités.
Ils visisionnèrent donc le film de la soirée et trouvèrent un suspect, au moins ils tenaient un début de piste. La victime avait pris contact avec un dealer que Ryan connaissait
Beckett envoya les gars le cueillir pour l'amener au poste, pendant qu'elle continuerait ses investigations sur place. Elle s'apprêtait à prendre l'ascenseur perdue dans ses pensées, quand elle tomba nez à nez avec la future mariée.
- Des nouvelles de Mike ? Demanda Kyra.
- Heu..! Non on suit une piste pour l'instant... Répondit Beckett surprise.
. - Ah... au fait votre robe est magnifique! Commença la détective au bout de quelques instants pour briser la glace.
- Oh! Merci beaucoup, ... C'est Kate ? C'est ça ?
- ...oui.
- J'ai l'impression de vous connaître un peu ! Vous savez, à cause de la dédicace de Niki Hard, je lis encore tous ses romans...
- La plupart de ce qu'il y a dans ce bouquin n'est que le fruit de l'imagination débordante de Castle! Mentit la détective gênée en repensant à la page 105.
- C'est drôle que vous l'appeliez comme ça "Castle" ! Quand je l'ai rencontré c'était juste Rick! Il venait de sortir son premier best seller.....Vous savez imagination débordante ou pas, il ne dédicace ses livres qu'aux personnes à qui il tient vraiment.
Mince, elle était très sympathique, difficile de la détester dans ces conditions et pourtant la façon dont Castle la regardait était comme un coup de poignard dans le cœur de la détective
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- Elle aurait voulu acheter de la drogue du violeur? S'exclama Beckett incrédule après avoir reçu le compte rendu des gars.
- Oui! Pourquoi une femme droguerait un homme pour profiter de lui c'est totalement, absurde! y'a beaucoup plus simple !... Il suffit de demander! Fit remarquer Castle.
- Je sais oui, soupira Beckett.
Castle marqua une légère pause, qu'est ce que c'était que ce sarcasme?
- Ça va?
- Ça va très bien, oui! Ah la mère de la mariée est là-bas!
- Bonjour Sheila! Commença Castle tout sourire.
- ...Richard? Quand tout va mal vous êtes forcément dans les parages!
- Lieutenant Beckett je vous présente Sheila Blain, la mère de la mariée! Alors, on dirait que finalement je n'ai pas fini clochard, ni prof dans une fac de province minable!
- Encore un peu de patience!... Grinça la mégère.
- Nos conversations m'ont manquées ! Sheila a toujours détesté les artistes fauchés, vous devez adorer Greg, il vient d'une famille aisée n'est ce pas ?
- Cela n'a jamais été une question d'argent Richard! Mais de personnalité et vous l'auriez compris si vous en aviez une! Répondit Sheila en s'éloignant.
- Waouh! Tu imagines si ça avait marché avec Kyra tu passerais les fêtes avec Sheila! Commenta Beckett.
- Ha ! Grimaça l'écrivain en frissonnant à cette idée.
Kate sourit devant les clowneries de Rick.
- Au moins tu retrouves le sourire! Constata-t-il.
- Quoi?
- Tu crois que je n'ai pas remarqué ton air bougon depuis tout à l’heure?
- Tu as remarqué ça, hein ? Moi, il y a autre chose que j’ai remarqué…
- De quoi tu parles ?
Le téléphone de la détective retentit avant qu'elle n'ait eu le temps de répondre.
- Beckett! D'accord on arrive, ...ils pensent avoir retrouvé Mike! Viens!
Le fameux Mike retrouvé, l'enquête avança quelque peu. Castle laissa les enquêteurs faire leur travail et s'éclipsa. Cette affaire lui avait ramené son passé en pleine figure. Un passé qu'il pensait avoir oublié, mais il se trompait.
Il retrouva Kyra dans la salle de réception, visiblement, elle se cachait et mangeait un peu de gâteau.
- Je ne voulais pas gaspiller! expliqua-t-elle. Comment tu m'as trouvée?
- Je me suis demandé: quel était le seul endroit au monde où personne ne penserait venir te chercher?
- À un mariage!
- À ton mariage, précisa-t-il.
- Et ou est...?
- Greg?
- oui!
- Il règle certaines choses, il est très doué pour ça! Je me demande un truc? S’il n'y a plus de mariage? Ça redevient un gâteau comme les autres ? Demanda-t-elle en lui coupant une part.
- Hé bien ça reste une pièce montée avec des fleurs partout dans une belle salle...
- Hhummmm! Si tout c'était passé comme prévu, aujourd'hui je serais sûrement en train de virevolter dans les bras de mon mari au moment où on parle!
- Est ce que tu te rappelles notre dernière danse?
- C'était sous l'horloge de grand central station!
- Tu allais à l'aéroport parce que tu avais un avion pour Londres...
- Normalement tu devais me rejoindre...
- Tu m'as dit que tu avais besoin d'un peu d'air...
- Je ne voulais pas dire pour toujours !
- …
Cette phrase perturba l'écrivain, ainsi il avait encore tout compris de travers... Où en seraient-ils aujourd'hui s'il avait eu le courage de la rejoindre? Peut être qu'elle l'aurait épousé, peut être qu'ils auraient une famille ensemble aujourd'hui? Et il passerait les fêtes avec Sheila lui rappela une petite voix intérieure qui ressemblait étrangement à celle de Kate.
- Alors toi t'es déjà passé par tout ça? Demanda Kyra en le ramenant sur terre.
- 2 fois!
- Et avec chaque femme tu as cru que c'était pour de bon?
- En tout cas je pensais prendre la bonne décision à chaque fois!
- Mais au final tu avais tord! Je me trompe ? Certains penseraient que ce qui est arrive aujourd'hui est un signe!
- Le meurtre?
- Et toi !
Leurs regards s'étaient accrochés et ils continuaient leur conversation en silence. Beckett arriva à ce moment là et se figea devant se spectacle. C'était effectivement flippant... Elle pensait être la seule avec qui cela se produisait. Elle voulait faire demi-tour, rentrer au commissariat, fuir l'évidence... C'était ce qu'aurait fait l'ancienne Beckett, celle qui aimait garder un pied en dehors de ses relations amoureuses. Mais là, elle ne voulait pas partir sans tenter sa chance, elle ne s'avouerait pas vaincue si facilement!
- Castle?... On est sur le point de partir, alors, vous voulez que l'on vous dépose ? Demanda-t-elle en tâchant d'avoir l'air le plus naturel possible.
- Je crois que je devrais monter, tout le monde doit me chercher! Dit Kyra avant de quitter la pièce.
- Gâteau ? Proposa-t-il à la détective.
- Non merci! Pas faim, répondit Kate concernée par la tristesse qu'elle devinait aisément chez lui.
Il déposa son assiette et la suivit. Dans l’ascenseur, aucun des deux ne dit un mot durant plusieurs minutes.
-... On s'est rencontré à la fac et on est resté ensemble presque 3ans! Expliqua-t-il finalement.
- Je ne t'ai rien demandé...
- Peut être pas à voix haute mais tu l'as pensé très fort!
- Parfois j'ai l'impression d'être un Jedi! Sourit-elle....Elle n'a rien à voir tes ex femmes!
- Ça veut dire quoi ça ?
- Elle est vraie! Je croyais que tu n'aimais pas ça ! Dure séparation?
- Tout ça c'est du passé !
- Vraiment?
Il tourna la tête vers elle, étonné.
- Je vois bien que la revoir te chamboule, expliqua-t-elle.
- Non... ça ne me chamboule pas...
- Castle ! Je le sais quand tu me mens ! Tu peux me le dire que tu as toujours des sentiments pour elle. ça ferait certainement moins mal que ce mensonge.
- …
- Alors... Je te dépose chez toi? Proposa-t-elle.
- Non…Merci, fit-il en glissant ses mains dans ses poches, j’ai besoin de prendre un peu l’air.
- Comme tu veux... En tout cas, si tu as besoin de parler... Sache que tu peux m'appeler quand tu veux, fit-elle avant de quitter la pièce à son tour.
Chapitre vingt-quatre :
Le lendemain matin, Beckett arriva à la morgue, après une nuit courte et torturée.
- Salut! Tu voulais me voir? Demanda-t-elle à Lanie.
- Oui j'ai analysé les abrasions dans le dos de Sophie et figures toi, que j'y ai trouvé des traces de métal!
- Quel genre de métal?
- J’n’en ai aucune idée, mais je viens d'envoyer un échantillon au laboratoire du FBI pour qu'ils essayent de les identifier pour nous et on devrait avoir les résultats demain.
- Si je trouve l'objet qui a pu faire ça, est ce que tu pourras me le confirmer?
- Sans le moindre doute!
- Très bien! Autre chose ?
- À toi de me le dire!
- Quoi?
- Arrête de faire semblant l'amour perdu de Castle!
- Qu'est ce que tu veux que je te dise?
- Continue comme ça et je vais te coller une baffe! Vous travaillez côte à côte tous les jours, dans un de ses bouquins, il a écrit une scène érotique avec toi, qui m'a quasiment fait grimpé aux rideaux, et soit dit en passant, je comprends que tu ne puisses plus t'en passer! Et maintenant que la petite mariée éplorée débarque ne me dis pas que t'es pas un peu jalouse? Et ne nie pas, tes traits tirés attestent que tu as passé une très mauvaise nuit !
- Que veux-tu que j'y fasse? S'il veut retourner vers elle, je ne pourrais pas l'en empêcher! Soupira Beckett.
- Tu pourrais lui parler! Te battre, lui dire que tu tiens à lui!
- J'ai déjà fait tout ça!
- ...
- Ferme la bouche, on dirait un poisson hors de l'eau.
- T'en as de bonnes toi! Tu me balances des bombes atomiques sans prévenir!
- Lanie!
- Alors, qu'est ce que tu lui as dit exactement?
- Que j'étais amoureuse de lui.
Nouveau silence, Lanie assimilait l'information.
- Et qu'est ce qu'il a répondu? Réussit-elle à demander finalement.
- Rien.
- QUOI???!!! Il a un grain?!
- Je lui ai interdit de le faire!
- C'est toi qui ne tourne pas rond! Qu'est ce qu'il t'a pris?
- Je ne voulais pas d'un "moi aussi", je lui ai dit de trouver un autre moment, pour le faire.
- Et c'était quand?
- Il y a trois mois.
- ... Et il n'a pas trouvé l'occasion de le faire depuis? Il est nul!
- Je lui ai demandé de ne pas me le dire après l'amour non plus...
- '...'
- Lanie!
- Vous en êtes encore à vous sauter dessus dès que vous n'êtes que tous les deux?
La détective rougit violemment.
- Je ne sais pas si je dois te féliciter ou te baffer! Sérieusement Kate?!
- Oh boucle-la! Fit Kate excédée en quittant la morgue sous le regard amusé de la légiste.
- Bon, s'ils en sont là, c'est que cette histoire d'amour perdu n'est pas si grave, n'est ce pas? Fit la légiste à l'oreille du cadavre.
~~~~~~~~~~~~~~~
- Il est très doué pour les scènes torrides! Dit Esposito.
- Hummm!
- Vous n'êtes pas sensés faire des recherches tous les deux?
- Bah! C'est ce qu'on fait! Fit remarquer le latino.
- Mais sur la mariée, depuis hier matin, je n'arrêtais pas de me ire que j'avais déjà entendu ce nom la quelque part, et tout à coup je me suis rappelé la dédicace dans le 2ème bouquin de Castle! "Une rose pour l'éternité " pour Kyra Blain tu fais briller les étoiles!!! Ajouta l’irlandais.
- Quand je ne suis pas là vous vous crêpez le chignon pour savoir lequel des Jonas Brother est le plus cool? Demanda Beckett.
- Non.
- Mais le plus cool c'est Nick, fit Esposito en aparté.
- Entièrement d'accord, répliqua l'irlandais. Et le plus talentueux c'est Kevin
- Oh oui !
Elle se tourna vers le murder-board et s'écria soudain:
- La carte magnétique!
Au même instant, Castle sortit de l'ascenseur en courant en criant:
- La carte magnétique de Mike!
- D'après le registre de l'hôtel quelqu'un est rentré dans la chambre avec la carte magnétique de Mike à deux heures du matin la nuit du meurtre! Commença Beckett.
- Sauf que Mike était enfermé dans un placard complètement dans les vapes a cause des rouffies! Continua Castle en arrivant à leur hauteur.
- Alors qui est entré dans la chambre de Mike? Termina Beckett un petit sourire sur les lèvres, heureuse du retour de Castle.
La piste de la carte magnétique, les avait conduits à suspecter le futur marié, ce qui avait rendu Castle plutôt hargneux à son encontre. Il défendait son amour de jeunesse et n'était pas prêt à accepter que le soupirant ne soit pas irréprochable. L'interrogatoire avait d'ailleurs tourné à la querelle d'égos, si bien que Beckett dût envoyer Castle rejoindre les gars sous un faux prétexte.
~~~~~~~~~~~~~~~
- Du calme Castle! S'il est coupable, on le coincera, fit Ryan tandis que l'écrivain tournait en rond devant lui.
- j'n' en reviens pas que Beckett m'ait viré de la salle d'interrogatoire!
- Sérieusement!? Vous étiez sur le point de lui sauter à la gorge! Confirma Esposito en arrivant à son tour...
- Quoi?!
- C'est à se demander si vous ne souhaiteriez pas qu'il soit coupable pour pouvoir consoler la jolie mariée, fit le latino.
- …
~~~~~~~~~~~~~~~
Une fois l'interrogatoire terminé, Greg quitta le commissariat et Beckett se dirigea vers lui.
- Je n'arrive pas à croire que tu l'aies quand même relâché, bougonna Castle.
- Je n'ai pas assez de preuve pour pouvoir le garder, expliqua la détective.
- Ne me dis pas que tu crois à son histoire on dirait un cliché d'un vieux porno.
- Tout juste, et si tu étais le meurtrier, tu inventerais une histoire aussi bidon toi?
- Et alors ce type est un homme d'affaire ! Ce n’est pas un écrivain! Et cela ne prouve pas qu'il soit innocent!
- Je n'ai jamais dit ça! Et c'est toujours notre suspect n°1! Mais je ne suis pas prête à le condamner pour le meurtre autant que toi apparemment!
- C'est pour ça que tu m'as fait sortir tout à l'heure?
- Je savais que j'en apprendrais plus en étant seule, et tu es trop impliqué pour t’en rendre compte! Dit-elle en enfilant son manteau.
- Trop impliqué avec elle ? C'est ça? Demanda-t-il alors qu’elle se dirigeait vers la sortie.
- C'est ça ! Et je le sais parce que si ça n'était pas le cas tu serais en train d'imaginer tous les scénarios possibles dans lesquels ce serait Kyra la meurtrière!
- Non ça c'est impossible! Contra-t-il.
- Tu vois? Une fois encore ce n'est pas ce que Richard Castle dirait! Dit-elle en se tournant vers lui. Richard Castle aurait déjà une hypothèse sur ce qui s'est passé la nuit précédent les noces, comment Kyra n'arrivant pas à trouver le sommeil serait descendue pour rejoindre Greg et aurait vu Sophie sortir de sa chambre et comment en une fraction de seconde, Kyra serait devenue folle en imaginant que son fiancé l'avait trompée la veille de leur mariage alors elle aurait suivit Sophie dans sa chambre pour s'expliquer avec elle, mais ça aurait mal tourné !... Pour finir par un meurtre!
- Ça ne serait pas plutôt toi qui aimerais que Kyra soit la meurtrière? Tu es jalouse d'elle! Claqua-t-il avec colère.
Une gifle ou un coup de poing dans le ventre, en tout cas, ça faisait mal. Kate encaissa sans broncher, en apparence tout du moins. Il regretta ses paroles dès qu’elles franchirent la barrière de ses lèvres.
- Castle tu dois à tout prix l'éviter jusqu'à ce cette enquête soit terminée, dit-elle d'une voix blanche.
- Beckett... Je...
- Rentre chez toi, il est tard.
Elle s'éloigna de lui sans se retourner, il n'eut pas le courage de la suivre pour s'excuser. Il ne pouvait pas imaginer Kyra en meurtrière, c'était au delà de ses forces. Il jeta un dernier coup d'œil en direction de sa muse, qui semblait désormais porter le poids du monde sur ses épaules. Il se passa une main sur le visage d'un geste rageur et quitta le 12ème prescinct.
~~~~~~~~~~~~~~~~~
Un peu plus tard, Martha le trouva dans sa bibliothèque, il feuilletait un vieux carnet et tenait la photo de Kyra dans ses mains.
- Richard Castle! Je peux savoir ce que vous êtes en train de faire? Demanda-t-elle inquiète.
- Rien du tout!
- Elle est sur le point de se marier avec un autre homme!
- Ce n'est qu'une photo! Ne dramatise pas!
- Détrompe-toi! C'est du poison!
- Mère... Soupira-t-il.
- Qu'est ce qu'il te prend? Je pensais que tu étais avec Beckett! Que tu l’aimais !
- Ça n'a rien à voir avec Beckett!
- Ça n'est pas l'impression que ça donne!
Le téléphone de Castle sonna, le délivrant de cette séance de sermon parental.
- Castle!
- Les mariages ressemblent à ça ?
- Kyra!
- Ma demoiselle d'honneur s'est faite assassiner, c’est peut être mon fiancé le meurtrier ! Et toi tu débarques!
- C'est normal d'être déboussolée après tout ça!
- Est ce que tu veux bien qu'on se rejoigne quelque part? Demanda-t-elle la voix tremblante sous l’émotion.
- Je ne suis pas certain que ce soit une bonne idée!
- S'il te plaît Rick! Il faut que je sorte de cet hôtel, j'ai l'impression d'étouffer ! Et surtout je risque de commettre un crime si jamais ma mère, me fait une remarque encore une fois!
- Je vois très bien de quoi tu veux parler! Répondit-il en jetant un regard à sa mère. Rendez-vous sur le toit.
- Tu veux dire notre toit? Demanda Kyra.
- Oui.
- C'est parfait! Merci!
- Bravo ! J'espère que tu sais ce que tu fais trésor!
- Ouais...Et moi donc! Soupira-t-il en pensant au regard voilé de tristesse de Beckett.
~~~~~~~~~~~~~~~~~~
Il retrouva Kyra sur le toit en question quelques temps plus tard.
- Comment tu savais que la porte serait encore ouverte après toutes ces années?
- Certaines choses ne changent jamais! Répondit-il nostalgique.
- On a passé tellement de temps sur ce toit cet été là ! Tu venais me rejoindre ici, dès que je sortais de cours, un panier rempli de nourriture dans une main et dans l'autre main ton carnet...
- Moi je passais des heures à écrire et toi tu faisais semblant de réviser!
- Je ne faisais pas semblant Rick!
- Ah ! Oui?
- D'accord c'est vrai mais c'était parce que je ne pouvais pas m'empêcher de t'embrasser!
- Est ce que Greg sait que tu es ici?
- Il m'a raconté pour Sophie dans sa chambre et il m'a aussi avoué qu'avant de me rencontrer, il avait eu une petite histoire avec elle!... Il était désolé de ne pas me l'avoir dit...
- Tu crois qu'il est sincère?
- …
- Écoute je n'ai pas envie de te voir souffrir Kyra...
- Trop tard! Soupira-t-elle.
Castle la pris dans ses bras.
- Tu m'as manqué Rick! Mais avant de te voir hier, je n'avais pas réalisé à quel point!
- Toi aussi tu m'as manquée... Répondit-il.
Doucement, elle l’attira à elle et se hissa sur la pointe des pieds, pour venir poser ses lèvres sur les siennes. Il se laissa entrainer dans ce baiser plein de nostalgie. Une vague de souvenirs merveilleux submergea l’écrivain, ainsi qu’une autre déferlante remplie de culpabilité. Il rompit vivement le baiser, comme s’il l’avait brûlé.
- Je suis désolé, murmura-t-il.
~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
Lorsqu'il s'approcha du bureau de sa muse, le lendemain matin, Castle était dans ses petits souliers. Il déposa les cafés qu’il avait apportés sur le bureau, comme une offrande en signe de trêve.
- Qu'est ce que je t'avais dit ? Lança-t-elle sans tourner la tête vers lui.
- Quoi? Fit-il d'un air innocent.
- Arrête-moi si je me trompe, mais il me semble avoir été suffisamment claire non?
- Heu! Oui! Répondit-il penaud.
- Tu ne peux pas imaginer à quel point tu m'énerves à chaque fois que tu n'en fais qu'à ta tête et que tu passes ton temps à toucher et à tripoter tout ce qui bouge...
- Non, non personne n'a tripoté quoi que ce soit!!
- Vraiment? Et comment tu expliques ça ? Demanda-t-elle en reculant son siège pour montrer que ses pieds ne touchaient pas terre.
- Quoi!? Fit-il surpris.
- Ne fais pas semblant je t'ai dit un million de fois de ne pas jouer avec ma chaise! Râla la détective.
- Tu as raison ! Oui! Je suis désolé!... Et! Ça ne se produira plus! Soupira l'écrivain soulagé.
- …
- J'ai vu Kyra hier soir! Avoua-t-il enfin.
Beckett sourit, heureuse qu'il ne lui mente pas.
- Je sais !
- Quoi?
Beckett lui montra un dossier de photos de lui et Kyra sur le toit.
- Tu m'as placé sous surveillance ! Dit-il abasourdi.
- Mais non pas toi ! Kyra!
- Et pourquoi tu l'aurais placée sous surveillance?
- Elle fait partie des suspects!
- Oh ! Non ! Non ! Non ! Non! Si c'est vraiment Kyra la meurtrière ce n'est rien d'autre qu'un crime passionnel isolé! Alors la faire surveiller après coups ne serait qu'une perte d'argent pour la police et on sait très bien que tu ne ferais jamais ça!
- Je devais m'assurer que tu n'allais pas faire quelque chose de stupide ! Mais c'est plus fort que toi!
- Arrête ! On s'est juste embrassés, il ne s'est rien passé d'autre!
- Pour l'instant! Il ne s'est rien passé d'autre mais je te connais! S'énerva Beckett en se dirigeant vers une salle de repos.
- Apparemment tu ne me connais pas si bien que ça! Fit-il en la suivant.
- Ose me dire que tu ne ressens plus rien pour elle!
Elle entra dans la salle de repos, il la suivit encore, conscient qu'il fallait réagir et vite.
Il ferma la porte derrière lui, elle se retourna en entendant le cliquetis du verrou.
- Laisse-moi Castle, soupira-t-elle sans se retourner.
Ses yeux lui piquaient, mais elle luttait, elle ne pleurerait pas !
- Excuse-moi... Je ne pensais pas que cette histoire te perturbais autant...
- C'est toi qu'elle perturbe! Moi je vais très bien!
- Tu te rappelles ta promesse de me dire quand ça n'irait pas?
- Je ne pensais pas que tu aimais une autre femme à l'époque...
- Puisque je te dis qu'on s'est juste embrassés!
- Tu sais bien qu'il y a plus que ça!
- Non! Il n'y a rien de plus! Je t'assure!
- Arrête de te mentir!
- Kate...
- Ne t'en fais pas... Je comprends... Elle est belle, sympathique...
- Arrête ça! Mais enfin de quoi as-tu peur?
- De te perdre! murmura-t-elle vaincue les larmes aux yeux. Je n’ai vraiment pas envie de te perdre ! Mais…Écoute... Si tu l’aimes, va la rejoindre, sois heureux… Je comprendrais… Tout ce que je veux, c’est te savoir heureux finalement.
Il la regarda un instant, que dire après une telle déclaration ? Rien ne pouvait le rendre plus heureux, à part peut être la fois où elle avait avoué être amoureuse. Il sourit. Elle était tellement étonnante, craquante, avec sa frimousse qui se fronçait lorsqu’elle cherchait des indices, son sourire capable d’illuminer une journée d’hiver…
Il l’obligea doucement à relever les yeux vers lui et plongea son regard dans le sien.
- Tu ne me perdras pas, assura-t-il.
Elle fronça les sourcils, le faisant fondre un peu plus, il aurait voulu l’embrasser, lui faire l’amour là sur le champ. Mais c’était impossible, ils étaient au poste, ce qui finalement n’était pas une mauvaise chose, il allait lui parler franchement.
- J’ai aimé Kyra, commença-t-il, je l’ai aimée tellement fort que je ne me pensais pas capable d’aimer une autre femme aussi fort… Jusqu’à ce que mon regard se pose sur toi… Tu es incroyable Kate, tu illumines ma vie par ta simple présence, tu es devenue mon oxygène, je n’imagine plus ma vie sans toi ! Kyra est mon passé, un passé merveilleux, important… Un passé dont je ne parvenais pas à me détacher… Mais toi… Toi, tu es mon avenir !
Elle l’écouta attentivement, au fur et à mesure qu’il parlait, il lui semblait qu’elle respirait mieux. Ses yeux lui piquèrent à nouveau, mais elle ne pleurerait pas, pas aujourd’hui. Elle se jeta à son cou, posa ses lèvres contre les siennes et sa langue vint danser avec celle de son écrivain. Rick fut celui qui reprit ses esprits le premier et mit fin au baiser.
- On continuera ça ce soir, expliqua-t-il devant le regard interrogateur de sa muse. On est au poste, je te rappelle.
Elle rougit violemment, comment avait-elle pu se comporter comme une adolescente sur son lieu de travail ? Il rit en suivant le cheminement de ses réflexions.
- Et si on allait traquer un meurtrier ? proposa-t-il le sourire aux lèvres.
- Allons-y ! fit-elle non sans serrer une dernière fois sa main dans la sienne.
Leurs querelles oubliées, Castle et Beckett reprirent leur enquête efficacement et démasquèrent l’oncle de Greg, qui avait voulu saborder le mariage de son neveu pour cacher le fait qu’il avait dilapidé le fond de placement dont il avait la tutelle.
Rick discuta une dernière fois en tête à tête avec Kyra, réhabilitant ainsi totalement son fiancé.
- Le plan de Teddy aurait pu marcher mais il n'avait pas prévu un petit détail!... Greg! C'est quelqu'un de bien Kyra! C'est même un homme d'honneur!...et il t'aime...
- Je sais et je l'aime moi aussi... Mais Ça ne veut pas dire pour autant que de temps en temps je n'aurais pas une petite pensée pour toi…
- J'y compte bien!
- Et toi ? … Avec le lieutenant Beckett ?
- Je l’aime, reconnut-il. Je ne pensais plus ça possible… Après toi, je pensais avoir perdu la femme de ma vie, mais…
- Mais il se trouve que ce n’était pas moi, c’est elle, n’est ce pas ?
- Comment le sais-tu ?
- Je lis tes livres, je vois bien comment tu la décris, tout l’amour que tu y mets… Et quand tu la regardes, le monde n’existe plus pour toi.
- Elle est extraordinaire…
Elle sourit, heureuse de le savoir heureux.
- Tu aurais pu enquêter sur un autre meurtre, un autre jour, dans un autre mariage, mais il a fallu que ce soit le mien! Il faut croire qu’on avait besoin de se libérer l’un de l’autre...
- Comme ça on n’aura aucun regret! Sois heureuse, Kyra.
- Merci Rick! Sois heureux toi aussi.
Kyra embrassa Castle sur la joue, puis se dirigea vers le bureau de Kate qui faisait semblant de lire un dossier.
- Il est tout à vous! Dit-elle tout sourire.
Beckett la regarda partir, puis jeta un œil vers Castle en souriant.
Ils furent invités à la cérémonie de mariage de Greg et Kyra quelques jours plus tard et tout se passa parfaitement bien cette fois-ci.
Lorsque la mariée, respectant la tradition, jeta son bouquet et que Beckett le rattrapa, Rick éclata de rire.
- Tu sais ce que ça présage ? demanda-t-il à son oreille.
Elle le regarda interdite, les yeux écarquillés et la bouche ouverte, elle avait l’air tellement abasourdie, qu’il crut bon d’ajouter :
- Une chose à la fois, je sais… Je veux ne pas te mettre la pression…
- Non ! Je… Je n’ai pas la pression ! C’est juste que je suis étonnée que tu envisages de te remarier un jour…
- Ce que je n’envisage plus, c’est le divorce !
- La troisième fois, ce sera la bonne ! Sourit-elle en posant ses lèvres sur les siennes.
Attention, ce chapitre comporte une petite scène coquine, vous savez ce qu'il vous reste à faire...
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Chapitre vingt-cinq
C'était un de ces moments entre le sommeil et la conscience, le moment où vous vous éveillez, juste avant le réveil complet. Ce moment où vous n'avez pas tout à fait conscience du monde réel, vous êtes entre deux mondes, vous n'êtes pas sûr de vouloir quitter le monde des rêves pour rejoindre la réalité. Le rêve de Castle était merveilleux, il était très tentant d'y demeurer encore un peu, mais quelque chose de bien réel l'attirait encore plus. Une main fine et douce était posée sur son torse et le caressait doucement et cette merveilleuse odeur de cerise...
Kate ne bougeait pas, heureuse d'entendre les battements du cœur de son écrivain contre son oreille.
- Tu es réveillée ? murmura-t-il.
- Mhmm, bonjour, souffla-t-elle à moitié endormie, en posant paresseusement ses lèvres sur le torse de Rick.
- Bonjour, répondit-il, en lui caressant doucement le dos.
- Ça fait longtemps que tu es réveillé?
- Pas trop, non. Comment vas-tu?
- Un peu courbaturée, murmura-t-elle, et toi?
- Pareil, sourit-il en repensant à leur nuit. Que dirais-tu d'un bon bain chaud ?
- Ça me paraît idyllique, répondit la détective...
Le téléphone de Beckett sonna au même moment.
- Arff... Adieu bain chaud, soupira l'écrivain tandis qu'elle prenait l'appel, parfaitement réveillée.
- Au boulot Castle! On a un meurtre! Lança Beckett en raccrochant.
- Le meurtre de ma séance de massages dans la baignoire, oui, soupira l'écrivain.
- T'en fais pas Castle, on la fera plus tard.
- Erreur! Une occasion manquée ne se rattrape jamais, Bunny me manque! Geignit l'écrivain.
- Tu rigoles?! Tu as joué avec il y a tout juste cinq heures! Allez, au boulot!
- Ouais ouais...
Leur nouvelle affaire les conduisit dans le milieu des westies, la victime, Jack Coonan était une recrue de la mafia irlandaise bien connue des services de police.
La première théorie de Castle, impliquant un Nina tueur, fut rapidement écartée et Beckett l'emmena rendre visite au frère de la victime, un certain Dick Coonan. Beckett lui parla sans détour, sans minimiser les souffrances de son frère, ce qui impressionna une fois de plus Castle.
- Tu es incroyable, tu sais ? Tu aurais très bien pu lui cacher la réalité des souffrances de son frère, dit Castle alors qu’ils se dirigeaient vers la Victoria de Beckett.
- S’il y a bien une chose dont je n’avais pas besoin quand ma mère est morte, c’est qu’on essaye de me préserver en me mentant.
- Savoir qu’elle avait beaucoup souffert n’a pas dû t’aider à surmonter ta peine, quand même !
- On ne surmonte pas ce genre de peine, on apprend à vivre avec, c’est tout. Par contre, j’ai eu besoin de tout savoir, même si c’était difficile à entendre, soupira-t-elle émue.
- Excuse-moi, je ne voulais pas faire ressurgir tout ça.
- Ça fait partie de moi, tu as le droit de savoir.
- J’aime bien faire partie de toi, lança-t-il en riant.
- Tu ne peux pas t’empêcher de dire des bêtises, rit-elle à son tour.
- Ça fait partie de moi ! Alors, où allons-nous ?
- Faire un tour chez les Westies ! Va falloir avoir l’air viril !
Cette petite visite chez le big-boss des Westies valut à Castle l'une des pires expériences gastronomiques de sa vie.
- Tiens, ça devrait te soulager, fit Beckett en tendant une tasse à son écrivain, qui se tenait le ventre à deux mains et dont le teint était encore très verdâtre.
- Qu'est ce que ça a de viril d'avaler ce genre de trucs sans sourciller? Gémit-il.
- Quelle idée aussi d'ingurgiter une seule des choses servies dans ce bar? Tu ne pouvais pas simplement rester debout sans rien dire ?
- Tu m'as dit d'avoir l'air viril! Et il m’avait provoqué ! Protesta l’écrivain.
- Non mais t’as quel âge ? Neuf ans ? Viril ne voulait pas dire kamikaze! Ecoute, tu devrais peut- être rentrer chez toi et appeler le médecin...
- Ça va aller... Ton breuvage a l'air efficace, qu'est ce tu as mis dedans?
- Tout ce qui pourrait neutraliser l'acidité de ce que tu as mangé...
- J'ignorais que tu avais des connaissances en chimie...
- En cuisine! Pas en chimie, mais c'est un peu pareil, non? Sourit-elle.
- Sans doute... En tout cas, c'est gentil de prendre soin de moi comme ça.
- J'ai bien l'intention de te garder en pleine forme, tu m'as promis un moment de détente dans le bain ce soir...
- Et tu l'auras, c'est promis!
- En attendant, je vais aller interroger ce Mendoza que les Westies passaient à tabac, tu n’as qu’à rester sur ce canapé, histoire de récupérer un peu, dit-elle en posant sa main douce et tiède sur le front de son écrivain.
- J’aime bien quand tu es aux p’tits soins pour moi, sourit-il alors qu’elle lui adressait un clin d’œil avant de quitter la pièce.
********************
Un peu plus tard dans la journée, alors que Beckett amenait une arme à la morgue afin que Lanie fasse la comparaison avec les blessures de la victime, Castle fut surpris de l'attitude de la légiste. Elle d'habitude si attentive et concentrée, semblait distante et préoccupée. Elle regarda à peine l’arme trouvée dans le véhicule de Mendoza et réfuta d’emblée son éventuelle implication dans le meurtre de Coonan, dont le meurtrier était beaucoup plus grand. Castle avait tenté de l’interroger lorsque Beckett avait reçu un appel, en vain, la légiste s’était murée dans le silence.
Ils quittèrent la morgue suite à l’appel reçu par la détective. Castle jeta tout de même un dernier coup d'œil suspicieux à la légiste avant de partir.
L'enquête avança assez bien ce jour-là, ils découvrirent que la victime voulait être le témoin protégé du FBI, et détenait apparemment de très bonnes informations, restait à savoir lesquelles et sur qui? Une nouvelle visite dans le bar de Rourke, éclaira l'enquête sous un jour nouveau, il s'agissait désormais de retrouver un narquo-trafiquant suffisamment puissant et violent pour effrayer autant les possibles témoins.
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- Alors Castle, tu te sens mieux ? demanda Beckett en attrapant son manteau.
- Oui, pourquoi ?
- Parce que tu m’as promis un bon bain chaud et que depuis ce matin, j’attends avec impatience le moment où tu tiendras ta promesse, sourit-elle.
- Chez moi ou chez toi ?
- J’ai envie d’un tête à tête ce soir…
- Je passe prendre le repas, je serai chez toi dans une demi-heure ! A moins que tu n’aies pris le temps de remplir ton réfrigérateur ?
- …
- Thaï ?
- Ça me semble parfait !
Ils dînèrent les yeux dans les yeux, Beckett était détendue et plaisanta tout le long du repas. Rick la dévorait du regard, son regard rieur, son sourire éclatant, son rire mélodieux, tout en elle le faisait chavirer. Il n’avait plus faim, il ne désirait que la toucher, la sentir, caresser sa peau douce, sentir sa chaleur…
- Je t’aime Kate, lâcha-t-il soudain.
Elle s’arrêta de parler et se figea soudain. Sa fourchette tombant dans son assiette, fut le seul bruit du moment.
- Kate ? Ça va ? Demanda l’écrivain devant le mutisme de sa muse.
- Euh… Oui…
- Qu’est ce qu’il t’arrive ?
Elle se leva brusquement et vint poser ses lèvres sur les siennes, s’installant en amazone sur ses genoux. Il l’enlaça tendrement de ses bras et se sentit envahi par un sentiment de plénitude.
- Je t’aime aussi, souffla-t-elle entre deux baisers…
- C’est moi qui l’ai dit le premier, sourit-il en la serrant davantage, tu devras trouver un autre moment.
Rapidement, elle se retrouva avec une jambe nue relevée sur son épaule et le jean autour de la cheville, tandis que les doigts de Rick fouillaient sa petite culotte. Il adorait la sentir se cramponner à lui sous l’effet de ses caresses, sentir son souffle chaud contre son cou, l’entendre soupirer d’aise et finalement lui demander de lui faire l’amour encore et encore.
Elle adorait laisser ses mains vagabonder dans sa chevelure, sentir son désir grandir contre son bassin et l’entendre murmurer son prénom de sa voix rendue rauque par l’impatience.
Plus rien n’existait en dehors de cette pièce, de cette étreinte, de cet instant. Rien ne pouvait les atteindre, ils étaient ensemble.
Et pourtant, le lendemain, le si merveilleux sourire de Kate s’effaça.
Chapitre vingt-six :
L'image du visage de Kate se décomposant à mesure que le docteur Murray, que Lanie avait contacté, lui exposait les faits, hantait l'esprit de Castle. Il avait pu voir la douleur se dessiner graduellement dans son regard, tandis que les informations lui parvenaient et se répandaient en elle, comme un poison mortel. Il aurait voulu la prendre dans ses bras à cet instant, lui assurer qu'il était là et que tout irait bien.
Elle avait commencé par diriger sa colère contre Lanie, qui avait encaissé sans broncher, mais lui avait quand même expliqué au passage qu'elle avait attendue d'être certaine étant donné que cette affaire la mettait à fleur de peau.
Montgomery avait également tenté de la réconforter, en vain, elle avait quitté le poste les larmes aux yeux, sans un regard pour quiconque. Castle avait tenté de l'appeler, elle ne s'était pas retournée. Et depuis, il n’avait plus aucune nouvelle d’elle.
Cela faisait plusieurs heures maintenant, qu’il tournait en rond dans son salon et rien de ce que sa mère ou sa fille pouvait dire ne l'aidait à se calmer.
- Papa, laisse-lui le temps de gérer ça...
- Ça fait des années qu'elle essaye de se tenir à l’écart de cette affaire et voilà qu’elle ressurgit, ça a de quoi la perturber, dit Martha.
- J’aurais cru qu’elle se serait tournée vers moi ! Elle est sensée se tourner vers moi ! Bon sang ! Je croyais que ce que nous vivons était important !
- Richard arrête-ça tout de suite ! avertit Martha. Ne mêle pas votre histoire à cette affaire !
- Et pourquoi pas ? Je suis sensé être là pour elle ! Pour la soutenir !
- Et tu devras le faire, accorda Martha, mais seulement quand elle viendra vers toi !
- Je suis sensé faire quoi en attendant ?
- Attendre, justement, répondit sagement Martha.
- Tu as raison, soupira-t-il... Mais si tu l'avais vue... Elle était heureuse, on était bien mais au fur et à mesure des explications du docteur Murray, j'ai vu son visage se décomposer. J'aurais voulu la prendre dans mes bras, la réconforter, mais elle s'est complètement fermée. Elle est partie! Ça fait des heures qu'elle a disparu !
On frappa à la porte d’entrée, Castle alla ouvrir, Beckett était-là.
- Bon sang Kate ! s’écria-t-il en la serrant dans ses bras.
- Castle… Tu m’étouffes…
- Pardon ! J’étais si inquiet !
- Excuse-moi, je ne voulais pas t’inquiéter, fit-elle désolée.
- Je t’en prie, entre !
- Merci !
Martha s’approcha et la prit dans ses bras à son tour.
- Essayez de tenir le coup !
- Merci Martha !
- Il y a des restes dans le réfrigérateur, dit-elle en prenant Alexis par la main pour l’emmener avec elle vers l’étage. En cas de besoin, on est là-haut !
- Tu veux manger un morceau ? demanda Rick.
- Non… Pas faim !
- Tu devrais manger un peu quand même…
- Je suis allée voir mon père, avoua-t-elle dans un souffle.
- Je ne t’ … Oh ! Ton père ?
- Je lui ai parlé de ce qu’il s’était passé aujourd’hui…
- Ah… Tu sais, je suis vraiment prêt à faire ce que tu veux, y compris rien du tout. Si c’est ce que tu veux !
- Dix ans, Castle. Dix ans depuis que qu’on a trouvé cet inspecteur qui nous attendait devant chez nous. Ça fait dix ans qu’on a passé le cordon de sécurité pour remonter l’allée. Chaque fois que je passe un de ces rubans jaunes, je pense à cette nuit-là !
- C’est ce qui fait de toi un bon flic justement !
- Peut-être que je l’ai laissée tomber...
- Tu devais te préserver... Tu sais pourquoi j’ai choisi de m’inspirer de toi pour Nikki Hard ?
- Non… Si on n’avait pas couché ensemble dès la fin de cette enquête, je me serais dit que c’était pour arriver à tes fins, mais… Alors, pourquoi ?
- Tu es forte !
Elle sourit, il avait l'art de trouver les mots pour l'amuser et la réconforter.
- Et si j’échouais de nouveau ? Je ne veux pas sombrer de nouveau, souffla-t-elle en se lovant dans les bras de Rick.
- Tu n’es pas seule cette fois. Je suis là et je t’épaulerai, assura-t-il.
Il était là, en effet, il n’avait qu’à la prendre dans ses bras, pour la rasséréner. Elle sourit et le regarda dans les yeux.
- Je veux trouver l’assassin de ma mère Castle !
- Et bien on doit faire parler Johnny Vong !
- Alors allons le faire parler !
******************
Johnny Vong ne fut pas très difficile à convaincre de parler, il craignait vraiment celui pour qui il travaillait, Dick Coonan, le propre frère de la victime.
Ce dernier accepta de livrer le tueur à gage qu’il avait employé contre sa libération. Seulement le plan minutieusement mis en place par Beckett tourna au fiasco et pour cause ! Ledit tueur à gage était un leurre, le véritable assassin était Coonan en personne, il s’était joué d’eux et son plan machiavélique avait bien failli fonctionner. Sans la présence d’esprit de Beckett, il aurait été libéré avec les félicitations de la police de New York.
Elle l’avait démasqué juste à temps, mais il avait réussi à prendre Castle en otage. Elle avait dû l’abattre pour sauver son amant, détruisant ainsi ses chances de trouver ceux qui l’avaient engagé pour assassiner Johanna.
Beckett s’acharnait à pratiquer un massage cardiaque sur Coonan de façon désespérée. Personne n’osait intervenir pour lui faire comprendre qu’il fallait arrêter.
- Allez ! Cinq ! Respirez ! Six, sept, huit, neuf, dix ! Restez avec moi ! Deux, trois, respirez ! Restez avec moi ! Je vous en prie ! Restez avec moi ! Deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit !
Castle posa une main sur son épaule, elle arrêta le massage cardiaque en pleurs et tourna son regard vers lui, puis se blottit contre lui. Ce qui étonna grandement l'écrivain, une telle marque d’affection en plein milieu du poste rempli de policiers, avait-elle encore toute sa tête?
- Tout le monde nous voit, chuchota-t-il.
- J’men fiche, murmura-t-elle.
Elle entendait le cœur de Rick battre et cette douce mélodie était tout ce qui comptait pour elle. Elle frissonna à l’idée de ce qu’il se serait produit si elle avait réagi ne serait-ce qu’avec une seconde de retard.
- C’est fini, Kate…
Elle inspira une grande bouffée d’oxygène.
- Tu n’as rien ? demanda-t-elle.
- Quoi ? Non. Non, je vais bien. Tu m’as sauvé la vie !
- Beckett, vous devriez rentrer chez vous, dit le capitaine Montgomery un peu plus tard.
- Chef, il faut rédiger le rapport d’incident, soupira-t-elle.
- Et vous avez besoin de repos, lieutenant ! Rentrez avec Castle, passez une soirée tranquille et revenez demain. Je m’occupe du rapport.
- Merci chef.
- De rien ! Prenez soin d’elle Castle !
- Pardon ? fit l’écrivain surpris.
- Vous croyez que je n’ai pas remarqué votre petit manège ? Ce que je viens de voir ce soir, n’a fait que confirmer mes soupçons !
- Chef ! Je… Commença Beckett affolée.
- Pas de soucis les jeunes ! Profitez ! Mais restez professionnels au poste !
Ils sourirent en rougissant légèrement.
- Merci chef.
- Allez ! Du vent ! Ne revenez pas avant demain !
*********************
Rick n’avait pas dû beaucoup insister pour l’emmener au loft, elle ne voulait pas rester seule à broyer du noir. Martha avait animé la soirée avec ses histoires, Rick avait mit les petits plats dans les grands et Alexis avait rapporté tous les potins de son lycée. Kate leur en était extrêmement reconnaissante, même si elle était restée plutôt silencieuse et avait à peine touché à son assiette.
Ils avaient ensuite décidé de se faire une soirée DVD, durant laquelle Beckett s’était endormie contre le torse de Rick, bercée par les battements de son cœur.
- Tu devrais aller l’allonger dans ton lit, suggéra Martha en constatant la position inconfortable dans laquelle elle était.
- Vue la façon dont-elle s’agrippe à ma chemise, je crois que ça va être difficile…
- Dans ce cas va te coucher, la journée a été éprouvante pour toi aussi.
- Tu as raison.
*****************
Ce fut la sensation de froid, qui le réveilla le lendemain matin. Il se leva immédiatement et courut dans le salon, où il trouva sa mère, qui sirotait son café.
- Bonjour trésor ! Tu vas bien ?
- Euh… Oui… répondit-il en regardant de tous les côtés.
- Kate dort encore ?
- Tu ne l’as pas vue ?
- Non, pourquoi ?
- Elle n’est plus là ! dit-il en regardant dans le placard de l’entrée. Elle est partie, son manteau et ses chaussures ne sont plus là !
- Calme-toi, elle a peut être été appelée au poste.
- Pourquoi ne m’a-t-elle pas réveillé dans ce cas ?
- Elle s’est peut-être dit que tu avais besoin de repos.
- Ou qu’elle ne voulait plus me voir, parce qu’à cause de moi elle vient de perdre sa seule occasion de résoudre le meurtre de sa mère…
- Arrête de dire n’importe quoi, vu comment elle s’agrippait à toi hier, elle n’est pas prête à te laisser tomber, crois-moi.
- Peut-être qu’elle a réfléchi, peut-être qu’elle m’en veut maintenant…
La porte du loft s’ouvrit au même instant et Beckett apparue les bras chargés de paquets.
- Castle tu vas finir par réussir à m’étouffer, dit-elle alors qu’il s’était jeté sur elle, pour la serrer dans ses bras.
- Où étais-tu ? demanda-t-il d’une voix encore troublée par la panique.
- Je n’arrivais plus à dormir, alors je suis passée chez moi pour me changer et je suis allée faire un footing dans le parc. En revenant, je suis passée prendre des viennoiseries pour le petit déjeuner, enfin, ça c’était avant que tu ne les écrases en me serrant dans tes bras.
- Désolé.
- C’est moi qui le suis, j’aurais dû te laisser un mot.
- N’en parlons plus, viens t’installer, je te prépare un café.
- Merci Castle.
Elle faisait bonne figure, mais ne souriait toujours pas. Quelque chose clochait. Devait-il lancer le sujet ou attendre qu’elle se confie à lui ? Il décida d’attendre et de lui faire confiance.
Ils préparèrent la table pour le petit déjeuner et installèrent les viennoiseries écrasées sur la table, elles n’avaient plus le bel aspect qu’elles arboraient dans la vitrine, mais leur saveur resterait inchangée.
- Bonjour tout le monde ! Fit Alexis en arrivant à son tour. Wah ! Des viennoiseries !
- Beckett les a ramenées de son footing, répondit Martha.
- Merci Kate, fit Alexis en l’embrassant. Papa, ne la laisse pas filer, tu as trouvé la perle rare !
- Mais je n’en n’ai pas l’intention ! Sourit Castle en embrassant le front de sa muse.
- Bon ! Il est grand temps que j'aille me préparer pour aller bosser, moi, fit Beckett en l’embrassant à son tour. Tu viens avec moi ou tu me rejoindras plus tard ?
- Je te rejoindrai, il faut que je passe quelques coups de fil pour le boulot ou mon éditrice fera de ma vie un enfer !
- Ok, à tout à l’heure alors !
*****************
Rick arriva quelques heures plus tard, Beckett lisait un rapport à son bureau. Il s’approcha avec un sac.
- Hey !
- Hey ! C’est le rapport post-incident de Montgomery, expliqua-t-elle. Tu apparais comme Steven Seagal !
- D’accord c’est flatteur ou insultant ? demanda-t-il en grimaçant.
- Un peu des deux !
- Je ne savais pas ce qui te ferait plaisir alors… commença-t-il en sortant des plats au fur et à mesure, J’ai pris des sushi, et de l’italien, un peu de Thaï. Tiens, j’ai même pris des Hot Dog !
- C’était pas ta faute Castle !
- J’ai dépassé les bornes. Je suis vraiment désolé et je pense qu’il faut que j’abandonne. Je dois arrêter de te suivre partout, si je ne m’en étais pas mêlé…
- Non arrête ! Sans toi, je n’aurais pas découvert qui a tué ma mère il y a dix ans ! Bientôt je trouverai les salopards qui ont engagé Coonan. Ce jour-là j’espère bien que tu seras présent !
- Tu ne m’en veux pas ? S’étonna-t-il.
- Qu’est ce qui te fait penser une chose pareille ?
- Ce matin… J’ai cru que tu étais partie et je ne pouvais pas m’empêcher de penser que tu avais raison de m’en vouloir… J’ai tout gâché.
- J’ai fait un cauchemar !
- Tu … Quoi ?
- Cette nuit, j’ai fait un affreux cauchemar ! C’était horrible ! Je n’arrivais plus à fermer les yeux sans y repenser, c’est pour ça que je me suis levée et que je suis partie courir ! Je ne voulais pas te réveiller à force de me retourner dans le lit.
- C’est pour ça que tu as cet air triste ?
- C’est rien… Ça va passer, ne t’en fais pas. En tout cas, je t’interdis de penser que tout ce qui est arrivé était de ta faute !…
- ...
- Si tu répètes ce que je m’apprête à dire, je tirerai sur toi aussi , mais en fin de compte je me suis habituée à tes pitreries et surtout à ta présence. J’ai besoin de toi… Tu m’as redonné goût à la vie Castle ! Et en ce qui concerne notre petit partenariat professionnel, j’ai un boulot difficile et quand tu es dans mes pattes, c’est… c’est plus marrant !
Ils se regardèrent dans les yeux quelques instants.
- Je ne dirais rien, crois-moi ! Sourit-il.
Elle lui tendit des baguettes et ensemble, ils entamèrent leur pique nique en tête à tête.
Chapitre vingt-six
Une marre de sang, la lumière qui s'éteignait doucement dans son regard bleu, elle pleurait, le suppliait de rester avec elle, elle s'acharnait à lui faire un massage cardiaque. Les muscles de ses bras lui faisaient mal tellement elle se démenait pour le garder en vie. Sa tête bascula doucement, c'était terminé. Un hurlement déchira le silence.
- ´s qui ´s passe? Marmonna la voix de Castle.
- ...
Le bruit de respiration saccadée près de lui l'inquiéta, il ouvrit les yeux. Désorientée et haletante, Kate était assise et peinait à retrouver son souffle.
- Kate? Ça va?
- Oui... Euh... Rendors-toi.
- Tu as encore fait ce cauchemar?
- Oui... Ça va, c'est passé.
- C'est ça! Allez viens là, dit-il en ouvrant ses bras.
Elle se meula contre lui et ce simple contact l'apaisa. Elle colla une nouvelle fois son oreille contre son torse. Elle avait pris cette habitude depuis la mort de Coonan, ce qui n'avait pas échappé à Castle.
- Tu le fais souvent ce cauchemar ? Demanda-t-il.
- Non, pas trop…
- Qu’est ce que tu appelles pas trop ? On a passé huit nuits ensemble depuis cette histoire et tu l’as fait quatre fois ! Ça t’arrive aussi quand tu es seule ?
- Parfois…
- Tu ne veux toujours pas en parler?
- ...
- Kate! Ça fait deux semaines! Et tu fais encore ce cauchemar !
- Excuse-moi, murmura-t-elle.
- Ne t'excuse pas! Dis-moi plutôt ce qui ne va pas!
- Je n'arrive pas à m'enlever cette image de la tête... Le sang sur mes mains...Expliqua-t-elle en s’asseyant.
- Il n'y a pas des psys dans la police pour ce genre de chose? Demanda-t-il en se redressant à son tour. Quand vous abattez un suspect...
- Si... Mais ce n’est pas ça le problème.
- Tu fais des cauchemars dans lesquels tu revis la mort de Coonan et ça n’est pas le problème ? Il va falloir que tu m’éclaires, parce que là, je ne te suis pas.
- J’ai déjà eu à abattre des suspects dans ma carrière, ça ne me faisait pas faire de cauchemars, soupira-t-elle.
- Mais ils n’étaient pas liés au meurtre de ta mère… Par ma faute, tu as perdu ta seule piste pour retrouver les commanditaires et même si tu dis que tu ne m’en veux pas, inconsciemment tu regrettes ce qu’il s’est passé, dit-il d’un air accablé.
- Castle…
- Tu as le droit d’être furieuse contre moi, tu sais, je comprends ! Je suis furieux contre moi !
- Castle ! Répéta-t-elle plus fermement en posant une main sur sa joue pour le forcer à la regarder dans les yeux. Ça n’est pas Coonan que je n’arrive pas à sauver dans mes cauchemars !
- Kate, je sais que tu ne veux pas m’accabler, mais… Attends ? Quoi ?
- C’est toi qui meurs dans mes cauchemars, lâcha-t-elle tristement. Je ne voulais pas t’en parler, pour que tu ne t’inquiètes pas, mais apparemment cette histoire te tracasse encore, alors…
- Je meurs dans tes cauchemars ?
- Il s’en est fallu d’une fraction de seconde ! Il allait faire feu, quand j’ai tiré. Dans mes cauchemars, je tire toujours trop tard.
- Tu as peur que je meure ? répéta-t-il le sourire aux lèvres.
- C’est ridicule, je sais…
- Non ! Pas du tout !
- Tu crois que je n’ai pas vu ton sourire ? Il fait peut-être sombre, mais j’ai bien vu ton air moqueur !
- Heureux, Kate ! Heureux, pas moqueur.
- Tu es heureux que je rêve de ta mort ? Qu’est ce qui ne va pas chez toi ?
- Je suis heureux de constater que je compte à ce point pour toi.
- Tu es lent à la détente, mon cher écrivain, si tu ne t’en es pas encore rendu compte ! répliqua-t-elle en souriant légèrement.
- Tu as sans doute raison, mais j’ai tellement peur qu’un jour tu tombes sous le charme d’un pompier sauveur de mignons petits chiots, que savoir que tu as peur de me perdre, me rassure !
Elle passa les bras autour du cou de Rick et s’installa à califourchon sur lui en souriant.
- Et si tu arrêtais de dire n’importe quoi et que tu profitais du fait que nous soyons tous les deux réveillés et qu’il nous reste trois bonnes heures avant que le réveil ne se mette à sonner, pour me montrer à quel point tu tiens à moi ?
- Tu es lente à la détente, dis-moi ? Tu ne l’as pas encore compris après toutes les fois où je te l’ai montré ?
- J’aime bien que tu me le montres encore et encore.
- Gourmande va !
Il posa ses lèvres sur les siennes et l’entraîna dans un baiser langoureux. Chacun de ses baisers était un mot d’amour et chacune de ses caresses une déclaration.
Ils s’aimèrent passionnément et finirent par s’endormir blottis l’un contre l’autre.
********************
Quelques heures plus tard, Castle se rendit dans la cuisine, où il trouva sa mère et sa fille qui discutaient gaiement.
- Bonjour ! Chantonna-t-il en les embrassant.
- Beckett est là ? Demanda Alexis.
- Comment le sais-tu ? On est rentrés tard hier soir ! Tu aurais dû être endormie depuis longtemps!
- Tu n’es jamais d’aussi bonne humeur que quand elle est là, sourit-elle.
- Dis tout de suite que d’habitude je suis grincheux !
- Non, mais tu ne chantonne pas non plus !
- Je suis démasqué ! Le journal est arrivé ?
- Je ne sais pas, je ne m’en suis pas occupée, répondit Martha.
- Je m’en charge !
Il alla ramasser le journal sur le pas de la porte et en revint en sautillant.
- Ah ! Ah ! Ah oui ! Voilà qui est intéressant ! s’écria-t-il.
- Tu es obligé de parler si fort ? On essaye à peine de se réveiller ! Râla Martha.
- On peut savoir pourquoi tu sautes au plafond ? Soupira Alexis.
- La liste annuelle des dix célibataires les plus recherchés d’après le New York Ledger et devinez qui en fait partie ? Fanfaronna l’écrivain.
- qui ? S’enquit Alexis.
- Je ne sais pas, mais c’est sûrement le président du club des beaux gosses, dit-il en souriant.
- T’es classé en neuvième position ! T’étais pas en septième l’année dernière ? demanda Martha.
- Oui, merci de ne pas rater une occasion de me rappeler mes points faibles.
- oh mais ça c’est mon boulot ! Affirma-t-elle.
- Heureusement que mes amis ne lisent pas la presse écrite, dit Alexis.
- Pourquoi ça t’ennuierait ?
- J’en sais rien, c’est vrai que le rêve de chaque lycéenne est de voir son vieux père sacré mec le plus sexy de l’année.
- En tout cas d’après ce que je lis ton père ne serait plus sur le marché…Constata Martha.
- Quoi ?
- Tu n’as pas lu le baratin publicitaire ?
- Mhmh, fit Castle en secouant la tête négativement.
- La rumeur attribue à l’écrivain Richard Castle qui prétend toujours faire partie des cœurs à prendre, une histoire d’amour avec le lieutenant Kate Beckett…, lut l’actrice.
- Quoi ?!
- … dont il s’est inspiré pour créer l’héroïne de son tout dernier Best seller, Nikki Hard. L’an prochain, le célibataire numéro 9 pourrait fort bien ne plus figurer sur notre liste!
- Oh non ce n’est pas vrai, mais où t’as lu ça ? S’affola Castle.
- Attends laisse-moi voir ! Fit Alexis.
- J’n’ai fait aucun sous-entendu durant mon interview ! Se défendit-il.
- Kate ne va sûrement pas apprécier ! Fit remarquer Alexis.
- Peut être qu’elle ne le prendra pas au sérieux ?
- Comment toi un homme qui vit au milieu des femmes peut en savoir aussi peu sur nous ? Demanda Martha.
- Castle ! Fit la voix de Beckett depuis la chambre.
- Tu crois qu’elle sait ? Ou alors on a une affaire ?
- Prie pour le crime ! Conseilla l’actrice.
- Oui ?
- Espo vient d’appeler !
- Quelqu’un est mort ! Je suis sauvé ! Soupira l’écrivain.
- On a juste le temps de prendre un café et on décolle ! Tout va bien ? Demanda Kate devant les trois paires d’yeux posés sur elle.
- Oui ! Oui ! Je te sers ton café ! Assura Castle.
- Merci ! Oh ! Le journal est arrivé ! Dit-elle en s’en emparant.
- Qu’est ce que tu fais ? On va être en retard !
- Ça va ! Je regarde le résultat du match, ça ne prendra pas longtemps ! Je veux savoir qui a gagné.
- Ah ! C’est nous voyons ! Dit Castle précipitemment.
- Comment tu sais de quel match je parle ?
- Bah, c’est le grand match, non ?
Elle le regarda d’un air soupçonneux, puis Martha et Alexis.
- Ok, qu’est ce qu’il se passe ?
- Euh…
- Castle !
- Ne Te fâche pas !
- Dis-moi ce qu’il y a !
- Première page… soupira-t-il. Mais je t’assure que je n’y suis pour rien !
Elle attrapa le journal et regarda la première page.
- Hé ! Il y a une photo de toi ! Dit-elle en souriant, ça n’est pas la plus jolie !
- …
- … Une histoire d’amour avec le lieutenant Kate Beckett ? Lut-elle abasourdie.
- La rumeur attribue ! Je t’assure que je n’y suis pour rien ! se défendit Castle.
- …
- Kate ? Je t’en prie, dis quelque chose ! Tu es très fâchée ?
- Je ne peux pas dire que cet article me réjouisse, mais… non, je ne suis pas fâchée.
- C’est vrai ?
- Oui, c’est vrai ! Répondit-elle en l’embrassant. Et puis, finalement, ça n’est pas si mal…
- Pas si mal ?
- Ouais, comme ça, il y aura peut être moins de jolies filles qui te dragueront !
- Mhm ! Vu comme ça c’est tout bénef pour toi !
- N’en fais pas trop quand même! Allez ! Au boulot !
- C’est parti !
- Au fait, tu connais le restaurant le dragon ?
- Oui, c’est l’endroit parfait pour un dîner en tête à tête, très cher et pratiquement impossible d’y avoir une table sans avoir de relations. Pourquoi ?
- Parce que je t’y emmène ce soir ! Sois prêt pour huit heures ! annonça-t-elle en entortillant ses cheveux autour de son doigt.
Il la regarda silencieusement.
- Quoi ?
- Tu souris !
Chapitre vingt-sept
Debout devant son miroir, Rick tentait nerveusement de terminer de se préparer. Il tenait deux cravates devant lui, essayant de déterminer laquelle complèterait le mieux sa tenue. Alexis arriva à son tour.
- Ni l’une ni l’autre, dit-elle en attrapant une troisième cravate qu’elle posa devant lui.
- Mhm ! Toi t’as l’œil, admira-t-il…Chérie, je sais que ça doit pas être évident pour toi de me voir me faire beau, que les parents ne doivent pas avoir de vie, mais…
- Je me doute bien que tu fais avec Beckett des choses dont je ne parlerai jamais avec toi ! Et je vois bien que Beckett te rend heureux.
- Ça ne t’ennuie pas, que je sorte avec elle ?
- Pas du tout ! Pour une fois que tu sors avec quelqu’un qui n’est pas superficielle ! Je la trouve géniale, et je suis contente que tu aies trouvé quelqu’un pour veiller sur toi.
- Merci chérie.
- Et pour toi ? C’est quoi le souci ?
- Il n’y a pas de souci !
- J’te connais, je vois bien que quelque chose te tracasse…
- Non, ça va… C’est seulement que… Je me demande bien pourquoi Kate a décidé de m’emmener dans ce restaurant…
- Elle veut te faire plaisir…
- En dépensant une somme astronomique pour un dîner ?
La sonnerie retentit, annonçant l’arrivée de Beckett.
- Ça va bien se passer, assura Alexis.
- Ouais.
Il se rendit dans l’entrée et s’arrêta en la découvrant. Il la trouvait déjà magnifique en temps ordinaire, mais là… Elle portait une robe rouge merveilleusement moulante, des chaussures à talons et une pochette assorties. Ses cheveux relevés en un chignon bouclé lui donnaient un air de déesse grecque.
- Papa, reviens parmi nous ! Ricana Alexis.
- Euh… Oui… Bonsoir Kate, tu es sublime !
- Merci, tu n’es pas mal non plus, sourit-elle.
- …
Voilà qu’il était nerveux comme un collégien lors de son premier rendez-vous ! Pourvu que ça se termine mieux que la fois où il avait invité Cindy Lawman à aller au restaurant à l’âge de quatorze ans ! Il lui avait fallu plus d’un an pour trouver le courage de tenter à nouveau l’expérience !
- On devrait y aller ! dit Kate, elle aussi légèrement nerveuse.
- Ne nous attendez pas ! fit Castle à l’attention de sa mère et de sa fille.
- Passez une bonne soirée ! Sourit Alexis.
- Amusez-vous bien les enfants, lança Martha. Et ne vous en faites pas pour nous, on saura se débrouiller !
Dans le taxi qui les emmenait au restaurant, Castle engagea la conversation de façon un peu maladroite.
- Je ne t’imaginais pas aller au Dragon !
- Ah oui ? Et pourquoi moi, je n’irais pas Là-bas ?
- Eh ben… Euh… C’est… J’crois que je ferai mieux de me taire !
- Ouais… Il y a vraiment des fois où tu rates des occasions de te taire !
- Désolé.
Elle sourit et l’embrassa sur la joue.
- Tu es mignon, quand tu es embêté.
Le restaurant était sublime, chic et romantique.
- Et bien! Souffla-t-il en entrant. Je ne pensais pas que tu réussirais à avoir une table!
- Moi aussi j'ai des relations... A la direction de l’hygiène ! Expliqua-t-elle en souriant.
- Waow! Joli abus de pouvoir! Je suis impressionné! Admira-t-il.
Elle sourit de nouveau, fière d’elle. Un garçon vint les chercher pour les emmener à leur table. Ils venaient à peine de s’installer qu’une sublime femme vint les aborder.
- Rick Castle ! Quel heureux hasard !
- Amanda ?
- Alors, monsieur le célibataire numéro 9, on ne répond pas aux coups de fils de la célibataire numéro 3 ?
- Euh…
- En tout cas, le destin a décidé de se mettre de mon côté, sourit ladite Amanda.
- Bah… Euh…
- Alors, je peux espérer avoir votre réponse à mon invitation…
- Tiens donc ? Je suis curieuse de connaître cette réponse, fit la voix de Beckett.
- Oh ! Vous êtes en charmante compagnie, fit Amanda en semblant découvrir la présence de Beckett.
- Bonsoir, je suis le lieutenant Kate Beckett, annonça celle-ci d’un air légèrement agacé.
- Oh ! Vous êtes ce policier qu’il suit pour ses romans ? Enchantée ! Minauda-t-elle, avant de se tourner à nouveau vers Rick. Alors Rick, et si on disait demain soir, même endroit, même heure ?
- Je suis flatté, Amanda, bafouilla Castle, mais ça ne va pas être possible.
- Un autre soir alors ?
- Non, ça non plus, ça ne sera pas possible, déclina-t-il.
- Ah bon ? Et pourquoi ?
- Parce qu’il a une petite amie, grogna Kate en se rappelant au bon souvenir de la casse-pied.
- Une petite amie ? Qui ? S’étouffa cette dernière.
- Vous ne lisez pas les journaux ? Grinça la détective.
- Oh ! Fit Amanda en écarquillant les yeux.
Castle regardait sa muse défendre son territoire, le sourire aux lèvres. L’importune se décomposait sous le regard de tueuse de Kate et finit par comprendre qu’il valait mieux pour elle, qu’elle fasse une croix sur le célibataire numéro 9 et passe son chemin.
- Bon ! fit Kate, on va enfin pouvoir se mettre à table !
- …
Rick avait le sourire jusqu’aux oreilles et la regardait sans rien dire.
- Quoi ?
- On t’a déjà dit que tu étais mignonne, quand tu étais en pétard ? Demanda-t-il. J’adore te voir en pétard !
- …
Elle le regarda en fronçant les sourcils.
- Sauf, quand c’est contre moi ! Ajouta-t-il rapidement.
Elle se détendit et sourit à son tour. Ils passèrent commande et se recentrèrent sur leur soirée en tête à tête.
- Vous pourriez nous amener une nouvelle corbeille de pain, demanda-t-elle au serveur en plein milieu du repas.
- Tout de suite madame, sourit celui-ci.
- Les portions sont vraiment minuscules ! expliqua-t-elle devant le regard interrogateur de celui-ci. C’est ce que je n’aime pas dans ce genre de restaurant.
- Pourquoi as-tu voulu venir ici, si tu n’aimes pas ça ?
- Euh…Si ! Si ! J’aime bien ! C’est juste que…
- Kate, je commence à te connaître, tu sais ! Et là, je lis sur ta jolie frimousse, que tu n’es pas à l’aise ici et apparemment les plats ne te nourrissent pas suffisamment !
- Ok ! Je voulais faire ça pour toi !
- Pour moi ?
- Je voulais t’inviter à dîner, mais… Heu… Rahh ! Je voulais un restaurant qui soit assez bien pour toi… Je sais que tu aimes ce genre d’endroits, expliqua-t-elle en désignant le faste de l’endroit.
- Tu sais que tu es que tu es marrante, dans ton genre, sourit-il.
- Marrante ? répéta-t-elle perdue.
- Je ne nie pas le fait que j’ai souvent dîné dans ce genre d’endroits, mais ça n’est pas le genre d’endroit que je préfère, assura-t-il.
- Ah non ?
- Non. Le genre d’endroit que j’aime, c’est celui où tu es à l’aise, où tu t’amuses et où tu es heureuse, Kate. Tu aurais aussi bien pu m’inviter à manger un hot dog dans Central parc !
- Ou un cheeseburger chez Remy ?
- J’adore les cheeseburger !
Elle sembla soulagée d’un poids énorme tout à coup et son sourire éclatant refleurit sur son visage.
- Voudrais-tu qu’on aille se manger un bon cheeseburger chez Remy ? Proposa-t-il.
- Quoi ? Maintenant ?
- Oui, maintenant ! Moi aussi je suis affamé, avec leurs portions ridicules !
Elle sembla réfléchir un moment, puis haussa les épaules.
- Oh ! Pourquoi pas !
Ils réglèrent l’addition, puis en parfait gentleman, Rick lui offrit le bras et ils quittèrent le restaurant.
*******************
- Au fait, tu ne m’as toujours pas dit pourquoi tu voulais m’emmener au restaurant, fit Rick en piquant une frite délicieusement banale dans son cornet.
- Je voulais t’offrir quelque chose, dit-elle après une légère hésitation.
- Un cadeau ? En quel honneur ?
- Parce que je t’aime, ça n’est pas suffisant comme raison ?
- …
- Tiens, dit-elle en lui tendant un petit écrin.
Emu, il s’en saisit et l’ouvrit.
- Une clé ?!
- C’est ta clé, expliqua-t-elle. Celle qui ouvre mon appartement.
- …
- C’est trop tôt peut-être, s’excusa-t-elle devant son silence.
- Non, c’est parfait, répondit-il en s’emparant de ses lèvres.
Chapitre vingt-neuf :
Le lieutenant Beckett sortait de sa voiture, elle leva les yeux vers le haut du bâtiment et sourit en voyant les lumières qui éclairaient le loft. L’idée de retrouver la joie et la bonne humeur du foyer de son écrivain après une longue journée, la rendait heureuse.
Castle avait quitté le poste dès que l’enquête avait été bouclée, mais elle avait dû s’occuper de la paperasse et les gars ne s’étaient pas gênés pour la taquiner gentiment à chaque fois qu’elle avait soupiré un peu trop fort.
- Katherine ! Quelle bonne surprise ! fit la voix de Martha derrière elle.
- Oh ! Bonsoir Martha ! Sourit-elle en se tournant vers l’actrice.
- Vous passez la soirée avec nous ?
- Oui, Rick va devoir passer quelques jours à écrire, alors, on a décidé de passer le plus de temps possible ensemble avant ça.
- C’est beau la jeunesse !
Le bruit du vase se fracassant sur le sol, lorsqu’elles pénétrèrent dans le loft, les fit sursauter.
- Qu’est ce qu’il se passe ici ? Demanda l’actrice en découvrant son fils et sa petite fille dans des tenues de baseball.
- Euh… Fit Rick avec son air de gamin.
- C’est de ma faute, s’excusa Alexis, comme papa n’a jamais connu son père, il n’a pas pu apprendre à jouer au baseball avec lui… Alors, je me suis dit qu’il aurait aimé faire du catch-ball avec moi, comme il aurait dû le faire étant petit…
- C’était une merveilleuse attention, Alexis, répondit Castle ! C’est moi qui suis beaucoup trop maladroit ! J’ai raté tous mes lancers et je n’en ai rattrapé aucun.
- Je ne vois pas pourquoi vous aviez besoin de réduire le loft à l’état de champ de bataille pour ça ! Bougonna Martha. Il ne vous est pas venu à l’esprit d’aller faire ça dehors ?
- On est pathétiques, je sais, rougit Alexis.
- Ça n’a rien de pathétique, sourit Kate en commençant à ramasser les dégâts.
- Non ? S’étonnèrent Rick et sa fille.
- Non. Mon père m’a appris le catch-ball, quand j’étais petite, on y jouait tous les dimanches, c’était un moment important pour moi. Alors, je comprends que vous en ayez éprouvé le besoin ! Si vous voulez, demain, on pourrait aller au parc et je vous montrerai comment on y joue.
- Tu es géniale, sourit Castle.
- En attendant les enfants, il va falloir ramasser tout ce bazar avant que quelqu’un se blesse en marchant sur un morceau de verre ! Commenta Martha.
*************
Le lendemain matin, dans Central Parc, Kate donnait à Rick et Alexis leur première leçon de Catch-ball. Elle ne semblait pas s’en être aperçue, mais elle venait de leur donner l’occasion de se créer leur premier souvenir à trois et cela, pour Castle n’avait pas de prix. Il se surprit à se réjouir de voir sa fille plaisanter avec Kate, lui qui d’ordinaire avait tellement de mal à laisser quelqu’un s’immiscer dans sa relation avec sa fille. Gina lui en avait d’ailleurs souvent fait le reproche. Mais avec Kate, tout semblait si naturel, il ne se sentait pas menacé, ce qui était un sentiment très nouveau pour lui.
- Là ! Tiens-toi comme ça et ne crispe pas ta main sur la balle. Pointe l’endroit que tu vises avec l’index de la main gauche… Avance ton pied gauche… expliquait Kate en posant ses mains sur les hanches de Rick.
- N’en profite pas quand même, la taquina-t-il.
- Tu aimerais bien que j’en profite, hein ? Sourit-elle, s’amusant de le voir frémir lorsque son souffle chaud atteignit son cou.
- Bon ! Vous vous décidez ou il faut que je vous laisse ? Râla Alexis à une dizaine de mètres d’eux, qui attendait le premier lancer de son père.
Ils sourirent, Kate se recula et Rick lança la balle en suivant scrupuleusement les instructions de sa muse. La balle s’envola et vint atterrir dans le gant d’Alexis.
- Bravo ! S’écria celle-ci.
- J’ai réussi ! S’étonna Rick en se tournant vers Kate. Tu es un excellent professeur !
- Essaye de la rattraper, maintenant ! Fit-elle. Ne quitte pas la balle du regard !
- Bien coach !
Alexis lança la balle, Rick recula de quelques pas sans la quitter du regard. Il tendit le bras, trébucha sur une pierre et tomba à la renverse, recevant la balle sur la tête.
- Rick ! S’affola Kate en se précipitant vers lui. Rick !
Il se tenait le visage en se hurlant de douleur. Kate tentait de voir l’étendue des dégâts, Alexis arrivait vers eux en courant.
- Castle ! Castle ! S’inquiétait toujours la détective.
Il s’arrêta de gesticuler et éclata de rire devant la mine déconfite de Kate.
- J’n’arrive pas à croire que tu aies avalé ça !
Le visage de Kate se décomposa.
- Mon grand-père est mort en recevant une balle en pleine tête, murmura-t-elle, les larmes aux yeux.
- Oh ! Déglutit-il difficilement. Kate… Je…
Cette fois ce fut au tour de Kate d’éclater de rire.
- J’n’arrive pas à croire que tu aies avalé ça !
- Et l’élève a dépassé le maître ! Soupira-t-il en l’embrassant.
- Euh… Il faut que je vous laisse ? Demanda Alexis tandis que leur baiser devenait torride.
- Non, sourit Kate en rompant leur baiser. C’est votre moment père-fille, c’est important ! Amusez-vous, je vais m’installer sur un banc et bouquiner.
Elle s’installa un peu plus loin et les observa s’amuser pendant une bonne heure. Elle aimait voir Castle se comporter en père, sa relation avec Alexis était vraiment extraordinaire. Elle était heureuse d’avoir découvert l’homme merveilleux qui se cachait derrière l’écrivain narcissique et égocentrique que tout le monde connaissait.
*****************
Quelques heures plus tard, Kate terminait son livre dans le canapé du loft, quand Rick vint s’asseoir près d’elle.
- Merci.
- Pourquoi ?
- Pour m’avoir appris à jouer au catch-ball avec ma fille, tu viens de combler une lacune de mon éducation.
- Tu pouvais très bien vivre sans savoir faire ça.
- C’était important pour Alexis… Alors, comme ça, toi et ton père, vous jouiez au baseball ?
- Ouaip, depuis que j’ai appris à marcher. Tu vois cette cicatrice ? demanda-t-elle en soulevant sa chevelure.
- Ah oui, tiens ? Je n’avais jamais remarqué…
- Ma première séance de catchball avec mon père, expliqua-t-elle, j’avais dix-huit mois. Ma mère était furax ! Elle a interdit à mon père de recommencer tant que je n’aurais pas acquis une coordination suffisante des membres. Donc tu vois, c’est pas plus mal que tu ne sois pas un mordu de baseball, ça aura éviter une cicatrice à ta fille.
- Je ne sais pas… Alexis a une cicatrice à l’arrière de la tête, un souvenir de notre première partie de lazer game…
- Ça doit être un truc de père, alors… sourit-elle.
- Sans doute… Sinon, j’espère que tu es en forme, parce que je t’emmène en ballade ce soir !
- En ballade ? Où ça ?
- Surprise ! Passe une tenue décontractée, c’est tout ce que je peux te dire.
***************
Le taxi les déposa deux heures plus tard devant le stade des Yankees.
- Tu m’emmènes au stade, Castle ? Sourit Kate étonnée.
- Attends de voir qui sera dans notre loge VIP, fit-il en embrassant tendrement sa main.
Le rouge aux joues et le sourire vissé sur les lèvres, Kate sentit monter son excitation. Elle ne savait pas ce que Rick lui préparait, mais elle savait de quoi il était capable.
Il la guida jusqu’à la loge qu’il avait réservée. Ils étaient idéalement situés, au dessus du banc des Yankees et pourraient voir tout ce qui se passerait sur le terrain. Elle n'allait rien manquer de tout le match.
- Tu viens souvent ici ? demanda-t-elle.
- Non, c'est la première fois que je viens voir un match de baseball, il faudra que tu m’éclaires sur les règles, parce que je ne suis pas très sûr d’avoir tout compris.
Les joueurs entrèrent sur le terrain et après un temps d’échauffement, le match commença enfin. Ils apprécièrent le spectacle en dégustant les hot-dogs que Rick avait achetés. Par moment, Kate se penchait vers lui et lui expliquait ce que les joueurs faisaient, elle en profitait aussi pour lui raconter quelques uns de ses souvenirs d’enfance, dans lesquels ses parents se chamaillaient à propos de la petite Kate, qui revenait régulièrement de ses entraînements couverte de bleus et d’ecchymoses, parce que des garçons plus âgés avaient voulu régenter l’équipe et qu’elle ne s’était pas laissée faire. Ils riaient tellement qu’ils ne faisaient plus attention au match.
Joe Torre en personne vint discuter avec eux à la fin du match et Kate repartit avec des autographes et des photos de lui et des joueurs de l’équipe.
- Merci, Rick ! J’ai passé une excellente soirée, grâce à toi, dit-elle en se levant.
- Et ce n’est pas fini !
- Pas fini ?
- Non, fit-il en sortant un petit paquet de sa poche. Tiens !
- Qu’est ce que c’est ?
- Ouvre-le !
Elle ouvrit le paquet et y découvrit une magnifique paire de boucles d’oreilles.
- C’est une création unique, pour une femme exceptionnelle, expliqua-t-il.
- Waow ! Elles sont superbes, souffla-t-elle. Et c’est en quel honneur ?
- Faut-il une raison pour offrir un cadeau à la femme qu’on aime ? Chaque jour tu illumines ma vie, je voulais que tu le saches.
Elle l’embrassa et se blottit contre lui.
- Tu vas me manquer, soupira-t-elle.
- Toi aussi, tu vas me manquer ! J’écrirai le plus vite possible, c’est promis ! Mais si je n’envoie pas les cinq chapitres que j’ai de retard sur le planning avant la fin de la semaine prochaine, Gina va faire de ma vie un véritable enfer !
- Alors je serai patiente, je n'ai pas envie de voir débarquer ton ex-femme, sourit-elle.
***************
Dimanche, cinq heures trente et déjà réveillée. Kate poussa un soupir las et se leva. Quand Rick ne passait pas la nuit avec elle, elle ne parvenait pas à dormir plus longtemps. Elle en était presque à souhaiter d'avoir une garde de nuit ou un meurtre à résoudre les soirs où Castle s’isolait pour écrire et là, elle en aurait pour une semaine, il allait falloir qu’elle s’occupe. Lanie serait peut-être disponible pour une sortie entre filles…
Elle enfila ses vêtements de sport et quitta son appartement pour aller courir. Le soleil se levait doucement et la température était plus que clémente pour cette fin d’hiver, le temps idéal pour un petit footing dans Central Parc. Elle fit quelques exercices de mise en jambe, puis s’élança sur le chemin de terre. Concentrée sur sa course, elle ne remarqua pas tout de suite l’homme qui courait derrière elle. Regardant droit devant elle, calant sa respiration sur sa foulée, elle laissa son esprit divaguer.
Un sourire se dessina sur son visage, elle n’en revenait pas d’avoir passé une partie de la soirée en compagnie de Joe Torre et des joueurs des Yankees, la veille. Elle avait pu lui montrer qu’elle savait aligner plus de deux mots sans bafouiller, parce qu’il avait dû la prendre pour une gourde, quand elle l’avait rencontré sur sa dernière enquête… Elle avait été tellement impressionnée de le rencontrer qu’elle en avait perdu toute son assurance. Elle avait passé une heure au téléphone avec son père, lorsqu’elle était rentrée chez elle, ce soir-là, pour lui raconter sa brève rencontre avec la star du baseball.
Arrivée à un croisement, Beckett prit le chemin le moins fréquenté, pour ne pas être gênée dans sa course. L’homme la suivait toujours, elle finit par le remarquer, le bruit de ses pas se rapprochant un peu trop. Elle fit mine de s’arrêter pour refaire son lacet, attendant que l’homme la dépasse, pour reprendre sa course. Mais il ne la dépassa pas, au contraire, il ralentit et s’approcha d’elle, sortant un couteau de sa poche. D’un geste vif, Beckett lui assena un coup de pied retourné digne de Bruce Lee, projetant l’homme au sol. Elle ne lui laissa pas le temps de comprendre ce qu’il lui arrivait et se jeta sur lui afin de le maîtriser. L’homme tenta de se défendre et lui donna quelques coups, qu’elle lui rendit sans chercher à maîtriser sa force. Finalement il se figea, lorsqu’il sentit la lame de son couteau contre sa gorge.
- Lieutenant Kate Beckett ! Vous êtes en état d’arrestation pour agression ! Vous avez le droit de garder le silence, tout ce que vous direz sera retenu contre vous !
Elle le releva en lui faisant une clé de bras, pour le maintenir en respect, puis l’entraîna à l’extérieur du parc, où elle trouva un policier en uniforme, qui menotta l’homme et les emmena au commissariat.
C’est ainsi que Beckett passa une bonne partie de son dimanche matin au poste. L’homme s’avéra être un dangereux prédateur sexuel, dont l’ADN correspondait à plusieurs agressions récentes et fut immédiatement placé derrière les barreaux.
Elle, qui quelques heures auparavant, rêvait qu’une affaire lui tombe dessus afin de tromper son ennui, ne désirait qu’une chose : rentrer chez elle. Etre l’enquêteur chargé de l’enquête était une chose, en être la victime, en était une autre !
- Est-ce que je peux faire rapidement ma déposition et rentrer chez moi ? demanda-t-elle au lieutenant chargé de l’affaire.
- Un médecin va d’abord vous examiner, répondit-il.
- Un médecin ? Ça va, c’était juste une tentative d’agression ! Pas un viol !
- Votre bras, répondit le lieutenant en désignant la manche de son sweater déchirée et maculée de sang.
Elle regarda son bras et découvrit qu’il saignait assez abondamment.
- Qu’est ce que …
- Vous ne vous êtes pas rendue compte qu’il vous a blessée ? demanda le médecin qui venait d’arriver près d’elle et commençait à examiner sa plaie.
- Pas à ce point, non ! J’ai bien senti que quelque chose me piquait un peu, mais…
- C’était la lame de son couteau, expliqua-t-il en souriant. Heureusement, la plaie n’est pas trop profonde, mais je vais quand même devoir vous faire quelques points de suture.
- Comment ça se fait que je n’ai presque rien senti ?
- L’adrénaline ! Mais rassurez-vous, dès qu’elle aura disparu de votre organisme, la douleur fera son apparition.
Beckett se laissa soigner et fit sa déposition. Le capitaine Montgomery, prévenu de l’affaire arriva au moment où elle s’apprêtait à quitter le poste.
- Chef !? Ça n’était pas la peine de vous déranger ! Commença-t-elle lorsqu’elle le vit arriver.
- Beckett, vous êtes un excellent lieutenant, mais vous n’êtes pas encore à mon poste, donc laissez-moi seul juge de ce que j’ai à faire ! Dit-il d’un ton sans appel.
- Désolée, Chef, marmonna-t-elle en baissant la tête.
Il sourit et se calma devant sa mine déconfite.
- Ça va, lieutenant, je suis content de constater que vous allez plutôt bien. Et félicitations pour ce coup de filet ! Beau travail !
- Merci chef !
- Votre ordonnance, Lieutenant ! Annonça le médecin en lui tendant un papier. Il faudra changer le pansement deux fois par jour et vous pourrez faire enlever les fils dans quelques jours, et évitez de trop solliciter votre bras durant les trois prochains jours.
- Merci docteur, dit-elle en prenant la feuille.
- Mettez-lui trois jours d’arrêt de travail pendant que vous y êtes, suggéra la capitaine.
- QUOI ?!! S’offusqua Beckett.
- Docteur, je ne peux garantir que le lieutenant Beckett restera sagement à faire de la paperasse pendant trois jours, donc trois jours d’arrêt de travail l’obligeront à rester sagement chez elle.
Beckett rentra chez elle, non sans avoir fusillé du regard son patron au préalable.
Elle ouvrit la porte de son appartement avec un soulagement évident. La matinée avait été dure et elle ne souhaitait qu'une chose : une douche !
Elle protégea soigneusement son pansement, et fila sous la douche. Une fois sortie et rhabillée, elle s'assit dans son canapé en soupirant. Castle devait travailler sur son roman, elle ne pouvait donc pas le déranger et voilà qu’elle était coincée chez elle pour trois jours ! L’horreur complète !
Son estomac se rappela à son bon souvenir dans un bruit caractéristique. Elle se leva et se traîna jusqu’à son réfrigérateur. Vide. Elle jeta un œil dans les placards, vides également.
- Pfff, j’suis vraiment désespérante à ce niveau là!
Un bruit de clés dans la serrure attira son attention, elle se retourna et son cœur fit un bond, lorsqu’elle vit Rick passer la porte, les bras chargés de paquets.
- Castle ?
- Le capitaine m’a prévenu de ce qu’il t’était arrivé ce matin, alors je suis venu jouer les infirmiers ! Expliqua-t-il en posant les paquets sur la table.
- Ça va ! C’est juste un petit bobo, fit-elle alors qu’il s’était approché pour examiner son bras.
- Tu vas devoir ménager ton bras, donc, je vais me charger de tout !
- Mais ton livre Castle!?
- Bah, Gina piquera une crise, mais j'ai l'habitude, sourit-il.
- Tu affronterais une crise de ton ex-femme pour moi Castle? sourit-elle touchée de cette attention.
- J'affronterais les pires monstres sur terre pour toi, sourit-il.
Il lui piqua un baiser sur les lèvres et retourna vers la table.
- Qu'est ce que c'est que tout ça? Demanda-t-elle alors qu’il ouvrait ses paquets.
- De quoi manger, je suppose que ton frigo et tes placards sont vides? Non?
- Oui, tu supposes bien.
- J’espère que tu as faim, parce que j’en ai pris pour un régiment !
- J’ai une faim de loup ! Sourit-elle.
- Donne-moi dix minutes et tout sera prêt !
Elle voulut l’aider à mettre la table, mais il refusa tout net, alors elle s’installa et le regarda s’affairer, pour tout préparer. Puis ils déjeunèrent en tête à tête.
- Alors, comment va ton bras?
- Ça va, j'en ai vu d'autres.
- En tout cas, je ne me risquerai pas à jouer à "devine qui c'est" avec toi.
- Ce type ne jouait pas à "devine qui c'est", mais tu as raison de te méfier, sourit-elle...Tu sais, tu peux retourner écrire ton roman, je pourrai me débrouiller toute seule.
- Si tu sollicites trop ton bras, tu risques de retarder ta guérison et prolonger ton repos forcé !
L’argument fit mouche.
- Ça m’embête de t’empêcher de travailler, soupira-t-elle.
- Je n’ai besoin que d’un ordinateur pour travailler, expliqua-t-il, je peux très bien le faire d’ici !
Elle sourit et accepta sa proposition, finalement, tout ce qui comptait, c’était qu’il soit près d’elle.
Si vous avez jeté un oeil à la saison 2, vous aurez remarqué que nous en sommes à l'épisode de "Maîtresse Venin". Chapitre donc plutôt coquin! ^^ Vous êtes prévenus ! Prenez vos précautions! ^^
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Chapitre trente
Kate fut réveillée par la sonnerie de son portable, elle s'étira langoureusement et attrapa l'appareil.
- Beckett ? Dit-elle en réfrénant un bâillement.
- Katherine! Fit la voix paniquée de Martha.
- Martha?! Que se passe-t-il ? Demanda-t-elle en quittant son lit pour rejoindre la pièce principale de son appartement.
- Je ne trouve pas Richard! Nous venons de rentrer avec Alexis, on était allé passer deux jours dans les Hamptons pour qu'il puisse écrire tranquillement, mais il n'est plus là! Et Gina vient d'appeler, elle n'arrive pas à le joindre, je crois qu'elle frise la crise de nerfs.
- Rassurez-vous Martha, il est ici! Répondit Kate en souriant à Rick, qui préparait des pancakes dans la cuisine en se déhanchant sur un air des Black eyed peas.
Il tourna la tête vers elle en fronçant les sourcils, tandis qu'elle articulait silencieusement : " C'est ta mère".
- Ah! Au moins on l'a retrouvé, soupira-t-elle. Passez-le moi, s'il vous plaît.
Elle tendit son téléphone à Rick qui en profita pour apprécier son pyjama : un simple tee shirt ample et une de ses fameuses culottes Bunny. Elle picora une des mûres qu'il avait préparées dans un bol et, sans attendre plus longtemps, fila sous la douche pour n'en ressortir que vingt minutes plus tard.
- Je te préférais dans ta tenue d'avant, bougonna-t-il en la voyant revenir vêtue d'un jean et d'une tunique.
- Désolée, mais tu es sensé travailler sur ton roman et ta concentration est meilleure quand je ne suis pas à demi nue devant toi.
- Aurais-tu peur de voir débarquer mon ex femme hystérique dans ton appartement? La taquina-t-il.
- J'ai surtout peur de ne pas avoir mon roman à lire pour l'été prochain, sourit-elle
- Je savais que tu étais une fan, rit-il en l'attrapant par les hanches avant de l'embrasser tendrement.
- Si tu savais! Rit-elle. Alors, tu as rassuré Martha?
- Je lui ai dit ce qu'il t'était arrivé et elle m'a assuré qu'elle se chargerait de Gina et que je devais prendre bien soin de toi.
- C'est adorable!
- C'est toi qui est adorable! Tu as charmé ma mère et ma fille. Et crois-moi pour ma mère, c'est un exploit, parce qu'il y a bien longtemps qu'elle a renoncé à s'attacher à mes petites amies.
Ils s'installèrent en tête à tête et dégustèrent leur petit déjeuner, puis Rick se remit au travail, tandis que Kate s'installait près de lui pour lire tranquillement.
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Trois jours plus tard, ils furent réveillés de très bonne heure par le portable de Kate.
- Une nouvelle affaire? Demanda la voix endormie de Castle.
- Oui, dans Central parc. Tu peux te rendormir, je viendrai déjeuner avec toi ce midi, répondit-elle en lui piquant un rapide baiser sur les lèvres.
- Tu veux rire? Je ne vais pas passer à côté d'une occasion de faire autre chose que d'écrire! Fit-il en sautant du lit.
- Tu es incorrigible!
- C'est pour ça que tu m'aimes, sourit-il.
- Malgré ça plutôt! Rit-elle.
*************
- La victime est une femme d'une bonne vingtaine d'années, leur expliqua Ryan lorsqu'ils arrivèrent. Pas de papiers sur elle, elle a été retrouvée accrochée à cette cage à poules.
- Est ce que c'est du miel? Demanda Castle en découvrant la substance gluante dont le corps était recouvert.
- D'après l'odeur, j'dirais du caramel, répondit Lanie. Mais, je vais le tester, pas le goûter!
- Du caramel sur tout le corps? S'étonna Beckett.
- Peut être un tueur friand de sucreries, suggéra Castle.
- Vue la tenue qu'elle porte, il est plutôt dans la catégorie des fétichistes sexuels, dit la détective.
- Le chocolat d'accord, éventuellement de la crème chantilly partout, mais le caramel... Grimaça la légiste, sous le regard médusé de l'écrivain. J'aime quand ça glisse, pas quand colle!
- Elle se rend compte qu'on l'entend? Demanda Castle à Ryan qui riait.
- Des menottes spéciales faites sur mesure, constata Beckett, qui observait le corps, ce qui éveilla instantanément l'intérêt de Rick. Notre tueur aimait les jeux en public.
- Comment fais-tu la différence avec toutes les autres menottes? Demanda-t-il en souriant.
- Le cuir est de première qualité, expliqua-t-elle, pleine fleur de mouton et elles ont été cousues à la main.
- Non, mais je veux dire comment toi, tu fais la différence?
Elle le regarda d'un air mystérieux, un petit sourire naissant sur son visage.
- Heure du décès?
Lanie donna ses explications et ses premières constatations.
- Un tout petit nombre de sex-shop vendent des articles sur mesure, prenez des photos et voyez si quelqu'un sait d'où elles viennent!
- Un tout petit nombre de sex-shop? Répéta Castle incrédule. D'accord, qu'est ce que tu ne me dis pas?
- Tellement de choses Castle, sourit-elle. Tellement de choses.
Cette enquête fut l'occasion pour Beckett de s'amuser aux dépends de son écrivain. Elle recommença d'ailleurs dès leur retour au poste, alors que Ryan et Esposito faisaient des recherches sur internet à propos du monde du bondage.
- Ohhhh! Non! Comment t'arrives à te mettre dans des positions pareilles? Demanda Ryan en penchant la tête sur le côté.
- J'en sais rien, mais tu devrais p´t'être essayer avec ta copine, répondit Espo dans la même position.
Castle les rejoignit en courant.
- Bah, j'suis même prêt à vous en payer un, ajouta le latino.
- Ohhhh! Comment on arrive à être dans cette position? Demanda Castle en se penchant comme les bros.
- Pffff, j'en sais rien, répondit Esposito.
- Ouais, c'est pas possible, confirma Ryan.
Beckett arriva à son tour et jeta un bref coup d'œil à l'écran.
- Si c'est possible, affirma-t-elle en s'asseyant sous les regards ahuris des trois hommes.
Castle lui rendit la pareille, lorsqu'ils se rendirent dans le sex-shop recherché.
- Tant qu'on est là, on devrait prendre quelque chose pour nous amuser... Ça, ça te plairait? Demanda-t-il en lui montrant un instrument étrange destiné à la fessée.
- Non, mais si tu ne te tais pas, je te mets ça tout de suite, sourit-elle en lui montrant une cagoule en cuir avec une fermeture éclair au niveau de la bouche.
- On en reparlera ce soir, promit-il, alors que le gérant arrivait.
Beckett ne se priva pas pour provoquer une nouvelle fois Rick, quelques heures plus tard, alors qu'ils allaient rencontrer la fameuse maîtresse Venin, dont la victime étudiait le comportement.
- Salut! J'm'appelle Kate! Et mon petit copain a été très vilain, il a besoin d'une bonne leçon, annonça-t-elle au téléphone, alors que Rick enfilait son manteau en se réjouissant à l'idée de faire un tour dans le milieu du SM.
- Oui c'est ça, continua-t-elle, il s'appelle Ricky!
- Qu'est ce que tu fais? Demanda-t-il en blêmissant.
- En fait, une de mes amies m'a recommandé Maîtresse Venin, continua-t-elle en s'écartant pour échapper à l'écrivain, qui s'approchait d'elle. Elle est libre aujourd'hui? ... 16 heures?
- Non!
- C'est parfait! Oui merci! Termina-t-elle triomphalement.
- Très drôle! Ça va c'est fini? Maintenant tu la rappelles!
- Hin Hin! Castle! Il n'y a rien de mieux pour arriver jusqu'à Venin sans dévoiler notre jeu! Expliqua-t-elle en se dirigeant vers la sortie.
Devant le silence de Castle, elle se retourna vers lui et lui asséna le coup de grâce.
- Qu'est ce qu'il se passe? Tu as peur d'un petit jeu de rôle peut être? Dit-elle avant de partir en ricanant.
- Tu fais bien de fuir, grogna-t-il avant de la suivre.
***********
- On dirait un cabinet d'avocat, fit Castle une fois sur place.
- Tu imaginais ça comment? Avec des roues de torture et des femmes en corset?
- Bah, oui...
- Dans une autre pièce, sourit-elle.
- Bienvenue dans la maison de la souffrance et de la torture, dit l'hôtesse d'accueil. Que puis-je faire pour vous?
- Tu réponds à la dame? Ordonna Beckett d'un ton sec qui fit sursauter Castle. Vous voyez ce que j'dois subir? Mon petit ami Ricky ici présent a rendez-vous à seize heures avec maîtresse Venin!
- Vous allez vous joindre à eux?
- Oh oui! J'ai vraiment hâte de le voir être puni!
- Maîtresse Venin sera ravie d'avoir du public, venez je vous prie, fit l'hôtesse en leur indiquant le chemin.
- Vous croyez qu'on peut le bâillonner? Demanda Kate, tandis que Rick les suivait de la démarche d'un condamné à mort.
- Hé! Mon mot de secours c'est pomme! Annonça-t-il
***************
L'enquête bouclée, Beckett et Castle quittèrent le poste ensemble. Le silence de l'écrivain interpela la détective, qui décida de mettre les pieds dans le plat, alors qu'ils se trouvaient dans l'ascenseur de son immeuble.
- Qu'est ce qu'il t'arrive?
- Rien, répondit-il en la fixant.
Son regard était hypnotique, envoûtant, elle en eut des frissons.
- Qu'est ce que tu fais?
- Tu n'aurais pas dû jouer... Murmura-t-il en s'approchant d'elle sans cesser de la fixer.
- Castle! Protesta-elle sans parvenir à paraître convaincante.
Elle sentit ses bras se refermer sur elle, son souffle dans son cou. Il descendit une de ses mains sur ses fesses, obligeant son bassin à se coller contre le sien. Il parvint à la glisser dans son pantalon, lui arrachant un léger gémissement.
- Tu sens comme ca sera intense? Sussura-t-il contre son oreille.
Il avait un tel magnétisme à cet instant-là. Comment parvenait-il encore à avoir ce pouvoir sur elle après tout ce temps? Comment faisait-il pour la transformer en pantin d'un simple regard, d'une simple phrase? Incapable de répondre, ni même de penser, ce fut à peine si elle s'aperçut que les portes de l'ascenseur venaient de s'ouvrir sur Madame Dobson, sa voisine nonagénaire.
- C'est beau la jeunesse, soupira la vieille dame le regard pétillant.
Kate redescendit brusquement sur terre et enfouit son visage devenu cramoisi contre le cou de son amant.
- Bonne soirée, madame Dobson, sourit Castle en passant son bras sous les jambes de sa muse, pour la soulever et l'emmener jusqu'à son appartement.
- Amusez-vous bien les jeunes! Whouh! S'amusa la vieille dame.
Kate tentait vainement de reprendre sa respiration, tandis qu'il ouvrait la porte. Mais, une fois à l'intérieur, Rick reprit son petit jeu. Elle se liquéfia instantanément.
Elle se retrouva plaquée au mur, clouée sur place par son bassin, alors qu’il lui maintenait les mains en dessus de la tête. Elle était incapable de descendre ses jambes, tant il la tenait serrée contre le mur froid. Il embrassa, suçota la peau de son cou, descendant rapidement dans son décolleté. Elle voulait qu'il l'embrasse, mais il ne semblait pas décidé à lui donner satisfaction.
Il approcha finalement son visage du sien, elle lui offrit sa bouche impatiente. Taquin, il sourit, passa un doigt sur ses lèvres et ordonna:
- Passe ta langue sur tes lèvres.
Elle obéit, Becks la rebelle, qui avait toujours détesté recevoir des ordres, obéit! Non mais qu'est ce qu'il lui arrivait?
Il en profita pour venir délicatement capturer sa langue, sans la quitter du regard, sa main se glissant dangereusement dans son pantalon, sous le tissu de sa culotte...
Une vague de chaleur l'envahit subitement, son cœur battant à tout rompre. Elle perdit toute notion du lieu, du moment, il n'y avait plus que lui, que cette main qui glissait entre ses fesses...
Il éloigna son visage pour mieux la regarder, posa un doigt contre ses lèvres qu'il caressa légèrement, elle approche de nouveau son visage, pour l'embrasser de nouveau, il recula le sien.
- À quoi tu joues? Râla-t-elle.
- Ce soir, c'est moi qui domine!
- Quoi?!
- C'est toi qui l'a cherché! Ose me dire que ça ne t'a pas effleuré l'esprit de jouer à ça, après tout les sous-entendus que tu m'as faits!
- ... Ça ne m'a pas effleuré l'esprit de jouer à ça! Provoqua-t-elle.
- Menteuse! Au fait c'est quoi ton mot de secours, jolie soumise?
- Sérieusement?
- Bizarre comme mot, c'est pas un peu trop long?
- Castle!
- Ça ne te plaît pas? Tu veux que j'arrête?
- ...
Il s'amusa devant sa mine refrognée, il était évident que ça lui plaisait.
Elle soupira. Il était si agaçant! Si elle le demandait, bien sûr qu'il arrêterait tout, mais elle n'en avait pas envie... Et il le savait le bougre!
- Laisse-toi aller, laisse-moi te faire découvrir des sensations nouvelles, souffla-t-il contre son cou.
Elle accepta d'un léger mouvement de tête, elle le laisserait faire... Enfin, elle essaierait. Il l'emporta vers la chambre et l'allongea sur le lit. Chassez le naturel, il revient au galop... D'un mouvement fluide, elle se retrouva à califourchon sur lui et défit son chemisier avant qu'il n'ait le temps de poser sa main dessus.
- Tu es pénible, tu sais? soupira-t-il.
- Ok! Je te laisse faire!
Il approcha ses mains de ses hanches, l'aida à retirer son pantalon et revint les poser de chaque côté de son bassin. Avant même qu'elle n'ait le temps de faire quoique ce soit, elle entendit sa culotte se déchirer.
- Désolé Bunny, sourit-il en brandissant son trophée.
- Le dominant n'est pas sensé se maîtriser? Le taquina-t-elle.
- Et la soumise est sensée se la boucler, contra-t-il en l'obligeant d'un geste à approcher son bassin de son visage.
Elle s'agrippa à la tête de lit, se laissant envahir par les douces sensations qu'il faisait naître en elle. Rapidement, elle fut au supplice et se déhancha pour lui échapper, mais sa prise était ferme, ne lui laissant aucune initiative.
- Lâche-moi Castle!
- Laisse-toi faire, ça sera encore meilleur.
- Tu veux ma mort ou quoi?
Elle se retrouva couchée sur le dos, il lui plaça les mains au dessus de la tête.
- Ne bouge pas!
Elle se mordilla les lèvres.
- Je t'ai dit de ne pas bouger! Tonna-t-il!
- Eh oh! S'offusqua-t-elle.
Il la fit taire en lui enfonçant un doigt dans la bouche, qu'elle engloutit comme une affamée.
Il récupéra finalement son doigt et l'utilisa pour dessiner un chemin en effleurant son menton, son cou, sa poitrine... Il descendit encore, s'amusa avec son nombril, elle n'en pouvait plus.
- Castle! Fit-elle en enfonçant ses doigts dans sa chevelure.
- Lâche-moi, râla-t-il.
- Arrête de me torturer!
- Tu sais que tu es insupportable en soumise?
- Parce que je n'en suis pas une! Asséna-t-elle en le retournant pour le plaquer sur le matelas.
Elle glissa ses mains dans son pantalon, le dégrafa rapidement et le fit descendre jusqu'à mi-cuisse.
- Kate... Gémit-il sous ses caresses et ses baisers... C'est pas du jeu!
- Quand on joue, c'est à deux, sourit-elle malicieuse, j'ai besoin de partager.
- T'as gagné, fais comme tu veux, soupira-t-il.
Un sourire victorieux se dessina sur le visage de sa douce. Elle se montra fougueuse, agile, gourmande, il fut adroit, tendre, vigoureux et sacrément inventif!
Entre eux pas de domination, uniquement de l'échange du partage, de la tendresse et un amour infini.
- Waouhhhh c’était trop bon, soupira-t-elle trempée de sueur et à bout de souffle.
- Tu es... extraordinaire... Dit-il à la recherche de son souffle.
Elle sourit et vint poser sa tête contre son torse, il l'entoura de ses bras en souriant à son tour. Il n'aurait jamais pensé pouvoir un jour aimer quelqu'un à ce point... La femme de sa vie, bornée, frondeuse, d'un sceptissisme maladif, un caractère de pittbull, courageuse, fragile sous ses airs de tueuse, généreuse et incroyablement sexy...
La respiration de sa belle s'était ralentie, elle s'était endormie. Il sourit de nouveau, resserra son étreinte et murmura:
- Je sais qu'après l'amour ça n'a pas la même valeur pour toi, mais je tiens quand même à te le dire, je t'aime Kate.
Un léger sourire se dessina sur les lèvres de la détective, pourtant déjà tombée dans les bras de Morphée.