HypnoFanfics

Interdit aux moins de 18 ans

In my veins

Série : Castle
Création : 25.01.2014 à 16h20
Auteur : Minefuji 
Statut : Terminée

« Une idée, qui me trottait dans la tête depuis un moment : et s'ils avaient fait ça il y a quatre ans... J'espère que ça vous plaira. » Minefuji 

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Chapitre trente et un:


- Et bien ça m’a l’air parfait, oui accepte le contrat, merci ! A toi aussi ! Fit Castle en raccrochant son téléphone avant de rejoindre Beckett, qui sortait de la salle de repos.

- Salut! Sourit Beckett une tasse de café à la main.

- Salut! Demande-moi pourquoi je suis là! Commença-t-il avec son air de gamin le matin de Noël.

- Pourquoi tu es là, alors que tu devais profiter du fait que je n'aie pas d'affaire en cours pour écrire? Gina va encore te harceler et tu sais que j'ai horreur que la sonnerie du téléphone nous dérange en pleine séance de câlins!

- Oui... Euh... J'écrirai après notre séance... S'excusa-t-il. Bref! C’était Paula, mon agent, elle avait quelque chose d’énorme à m’annoncer, à propos de mon roman « Vague de chaleur » ! Tu veux savoir ?

- Si je te dis non, tu me le diras quand même, de toute façon, soupira-t-elle en rejoignant son bureau.

- Je te donne un indice, les journaux vont bientôt titrer, « Castle répand sa vague de chaleur au cinéma dans une super production Hollywoodienne » !

- On va tirer un film de ton livre ! S'étonna-t-elle.

- Tu seras bientôt immortalisée sur grand écran ! Sourit-il en claquant des doigts.

- Heu, Nikki Hard va être immortalisée sur grand écran, pas moi! Contra-t-elle gênée.

- Peut-être mais le fait que c’est toi qui m’inspire sera très médiatisé ! Tu te vois incarnéepar quelle actrice ?

- Non, vous rigolez, Nikki Hard au cinéma, je te l’avais dit oui ou non ! S'exclama Ryan en arrivant avec son comparse.

- Ouaahhh, bravo ! Fit Esposito admiratif.

- Merci ! Sourit Castle. Je suis content ! Tu vois, il y en a qui se réjouissent.

- J'suis contente pour toi, Castle, fit-elle en levant les yeux aux ciel.

- Elle est grincheuse ce soir, elle n'a pas eu son goûter, faites pas attention, dit-il en aparté aux garçons.

- Vous voyez qui pour le lieutenant Raley, James McAvoy ? Demanda Ryan tout sourire.

Le téléphone de Beckett sonna, elle décrocha en roulant de nouveau des yeux.

- Pour moi je verrais plutôt Javier Bardem ! Suggéra Esposito.

- Beckett ! Fit-elle en prenant le combiné.

- Et Ewan McGregor ! Ajouta Castle.

- J’aimerais signaler qu’un meurtre a été commis ! Fit une voix masculine au téléphone.

- Vous avez une adresse ? Demanda-t-elle en attrapant un stylo.

- Non, non, ce serait pas drôle ! Répondit la voix amusée.

 Beckett claqua des doigts en direction de Ryan, qui réagit instantanément et appela le service chargé de tracer les appels entrants.

- Bon d’accord, heu, vous êtes qui ? Reprit-elle.

- Ah, un fan ! Fit la voix.

- Parlez moi de ce meurtre, demanda-t-elle, pour continuer à le faire parler.

- Et bien, c’est moi le tueur et c’est tout ce que vous avez besoin de savoir ! Termina-t-il en raccrochant.

- On l'a ! Fit Ryan, en raccrochant. Entre la 42em et Lex !

- La gare de Grand Central ! Annonça Castle.

- Ok c’est parti ! Fit Beckett.

 Ils trouvèrent la victime, Alex Peterman, avocat spécialisé dans les préjudices corporels, dans une cabine téléphonique de la gare, le corps criblé de balles. Lanie était déjà sur place, occupée avec la police scientifique.
Beckett se dirigea vers elle, afin d'obtenir ses premières constatations. Une fois qu'elle eut terminé son rapport, Castle s'approcha de la légiste et lui demanda:

- Dans le film de Nikki Hard, vous voyez qu’elle comédienne pour votre rôle ?

- Halle Berry bien sûr ! Sourit-elle.

- Tu vois? Il y a des gens qui jouent le jeu. Alors qu’est-ce que je verrais pour toi, Angélina ? Non, Kate Beckett… Kate Beckinsale.

Elle roula des yeux et s'éloigna de lui.

- On vous appellerait les K-Beck ! Insista-t-il alors qu'elle ne l'écoutait déjà plus.


Les gars avaient réussi à obtenir un premier signalement du suspect, ils repartaient en quête d'autres témoins, quand Castle remarqua l'air intrigué de sa petite amie.

- Quoi?

- Il a appelé pour signaler son crime et à entendre sa voix, on aurait dit qu’il jubilait ! Expliqua-t-elle.

- C'est pas la première fois qu'on tombe sur un tordu, dit-il en haussant les épaules.

- Mouais... Mais celui là, il m'a l'air d'être pire que les autres, soupira-t-elle.


 *********************


- Sienna Miller! annonça Castle en entrant dans sa chambre où Beckett dormait encore à poings fermés.

- Castle! grogna-t-elle en jetant un œil au réveil, qui indiquait qu'il était bien trop tôt pour songer à se lever.

- Qu'est ce que tu en dis?

 - J'en dis que tu devrais apprendre que la nuit, c'est fait pour dormir ! Fit-elle grincheuse en enfouissant sa tête sous son oreiller.

- Mouais... Elle est sans doute un peu trop blonde, elle accepterait peut être de se teindre les cheveux...

- Je veux dormir! Râla-t-elle une fois de plus.

- Oh! Stana Katic, elle serait parfaite, tu ne trouves pas? S'écria-t-il en faisant un tel bond, que Beckett en tomba du lit.

Kate se releva en pestant.

- Pffff! Je n'en ai pas la moindre idée! Et je m'en moque! Par contre, je me vois bien dormir dans mon appartement la nuit prochaine, seule! Grogna-t-elle en se traînant jusqu'à la salle de bain, faisant une croix sur l'heure de sommeil qu'il lui restait.

- Est ce que je t'ai réveillée? S'étonna soudain Castle.

Elle lui jeta un regard meurtrier avant de quitter la pièce.

- Je te prépare du café! Lança-t-il en signe de trêve.



Une demi-heure plus tard, ils étaient dans la cuisine, Castle la harcelait toujours au sujet de l'actrice qui incarnerait Nikki.

- Tu pourrais jouer le jeu! Ne me dis pas que tu n'es pas un peu curieuse de savoir qui incarnera ton personnage!

- Pas du tout! Je me moque bien de savoir quelle actrice  incarnera Nikki Hard! Soupira-t-elle agacée.

- Salut, fit Alexis en arrivant à son tour, suivie de Martha. Vous vous êtes levés tôt !

- On a rendez-vous avec Lanie à la morgue ! expliqua-t-il en embrassant sa fille sur le front.

- Et ton père est devenu insomniaque, depuis que son roman va être adapté au cinéma, fit Kate en bâillant. 

- Alors qu’est-ce que vous êtes encore en train de comploter ? Demanda Castle à sa mère et à sa fille, pour changer de sujet.

- Ah… fit Martha mystérieuse.

- C’est bientôt mon anniversaire, vous savez ? Annonça-t-il, ce qui fit rire Martha.

- Tu devrais lui dire grand-mère, suggéra Alexis, parfois il donne de bon conseil !

- Comment ça parfois ? S'offusqua Castle.

- Tu as peut être raison, mais je te préviens pas de blague graveleuse, je ne suis pas d’humeur ! Avertit l'actrice.

- Je serais aussi sérieux qu’un mérou ! Promit-il.

- Chet souhaite que j’aille habiter avec lui ! Annonça l'actrice.

Castle la regarda sans savoir quoi dire, il avait bien une plaisanterie ou deux en tête, mais il avait promis d'être sage...

- Je lui ai dit que c’était un peu trop tôt, ça fait que quelque mois qu’ils sortent ensemble ! Dit aussitôt Alexis en voyant le mal qu'il avait à se retenir de plaisanter.

- Quand tu auras mon âge, tu verras que chaque minute compte, répondit Martha. Bref, j’ai fait une liste de pour et de contre et jusque-là… ce sont les pour qui l’emporte !

Castle prit la liste qu'elle lui tendait.

- Pour, il me fait me sentir jeune ! Commença-t-il sa lecture.

- Hum… Sourit Martha.

- Moi aussi, je te fais te sentir jeune, soupira tristement Alexis.

- Oh mon cœur !

- Contre, je ne veux pas vivre chez un autre homme ! Continua Castle surpris.

- Pas en tant qu’amant! Précisa Martha. Je veux dire qu’avec toi, je suis tranquille je t’ai éduqué, mais Chet si ça se trouve, il a de mauvaise habitude, ça j’en sais rien.

- Tout à fait, soupira Beckett, il pourrait être insomniaque dès qu'une grande nouvelle lui tomberait dessus!

Les trois Rodgers tournèrent la tête vers la détective qui avait visiblement du mal à se réveiller. Ils la regardèrent débarrasser son assiette et sa tasse telle un zombie, puis s'éloigner dans le salon, non sans se cogner dans les meubles.

- Mon pauvre, tu vas avoir du mal à la convaincre d'emménager apparemment, chuchota Martha.

- Vas-tu te taire?! S'énerva l'écrivain à voix basse. Je ne lui en ai pas encore parlé et visiblement ce n'est pas le moment!

- Si tu la laissais un peu dormir aussi, fit remarquer Alexis.

- En tout cas, quelle que soit ta décision, dit Castle en regardant sa mère, je serais d’accord avec toi, comme la fois ou tu as décidé d’aller vivre avec l’homme qui a volé toutes tes économies !

Il embrassa sa mère, puis sa fille, puis rejoignit Beckett, qui enfilait son manteau.


************************


- Cause de la mort, multiple blessure par balle, la toxicologie indique qu’il a bu un cocktail à base de Gin et de Vermouth, une heure avant de mourir. A part ça, il n’y a rien d’intéressant à dire à propos de ce corps ! Annonça la légiste.

- Alors, pourquoi tu voulais nous voir ? Demanda Beckett en réfrénant un bâillement.

- Tu devrais dormir la nuit, plaisanta Lanie.

- J'aimerais bien, grogna-t-elle en assassinant Castle du regard.

- Je suis désolé! Combien de fois devrai-je m'excuser?! Répondit-il agacé.

- Le corps n’est pas intéressant, expliqua Lanie en prenant sa loupe et en poussant Castle, pardon, mais les balles si ! Elles portent un signe distinctif !

- C’est quoi ? Le poinçon du fabricant ? Demanda Beckett intriguée.

- Non.

Beckett et Castle se penchèrent pour observer les balles à la loupe.

- On dirait que ça ressemble à des lettres, des lettres gravées, commença Castle en bougeant les balles. Elles forment un mot... le mot KINKI, comme le nom d’une héroïne de manga plutôt … perverse !

Beckett leva les yeux au ciel.

- Non, fit-elle en bougeant les balles à son tour, pour former un autre mot. Nikki... Nikki Hard ! C’est pour ça qu’il m’a appelée et qu’il a dit que c’était un fan. Il dédicace son meurtre à ton héroïne !

Castle perdit soudainement toute envie de plaisanter.


**********************


- Il sait que c’est un personnage de fiction ou il croit avoir affaire à une véritable personne ? Demanda le capitaine Montgomery une fois que Beckett lui eut tout expliqué.

- Il est clair qu’il est délirant mais étant donné que ce personnage a été inspiré par Beckett peut être qu’il confond les deux, expliqua Castle. On a montré aux Peterman le portrait-robot du suspect et ils ne l’ont pas reconnu !

Ils n'eurent pas le temps de se poser davantage de questions, le fan de Nikki rappela la détective.

- Beckett ! Fit-elle en prenant le téléphone.

-Nikki ! Vous avez eu la première partie de mon message ? Demanda la voix.

- Oui, je l’ai trouvée.

- Bon vous trouverez la seconde au manège de Central Park ! Annonça le fan d'une voix

Beckett blêmit.

 Ils trouvèrent effectivement un autre corps dans le manège de Central Parc. Une femme, tuée par balles. Beckett en eut la gorge nouée. La police scientifique investit les lieux et Lanie leur fit son premier rapport.

- Même mode opératoire, on lui a tiré dessus à plusieurs reprise avec un 45. Le côté gauche de la victime porte des traces de contusion, qui m’amène à penser qu’on lui a enfoncé l’arme dans les côtes, tout porte à croire que notre tueur est gaucher !

- On a extrait les balles du siège  où elle était assise ? Demanda Beckett.

- Et on y a gravé des lettres comme sur les premières, S.E.R.A., annonça Lanie.

- Il nous adresse un message, réfléchit Beckett à haute voix. Nikki sera…

- Quoi ? Paniqua soudain Castle. Nikki sera, quoi ?

- Merci Lanie !  Fit Beckett en s'éloignant.

- Je suppose que c’est officiel, on a affaire à un tueur en série ! Soupira Castle en la suivant.

- Je croyais qu’un tueur en série représentait une sorte de graal pour un auteur de roman policier ! S'étonna-t-elle.

- Ce serait le cas s'il ne faisait pas cette fixette sur mon héroïne, je me sens un peu responsable !

- Ah oui, alors les Beatles auraient dû se sentir responsable quand Charles Manson a tué à cause de leur chanson « Helter Skelter », ou bien Jodie Foster quand un fan a tiré sur Regan pour l’impressionné ! Demanda Kate pour le déculpabiliser.

- Mais si je n’avais pas créé Nikki Hard…

- Il aurait quand même tué. Il aurait juste trouvé une autre raison pour le faire ! Affirma-t-elle.

- En tout cas, tu ne vas nulle part sans moi!

- Castle! Tu ne vas pas commencer à me materner! Déjà que tu me suis partout!

Une ribambelle de SUV noirs arriva alors sur les lieux.

- Waow! Soit un OVNI vient d’atterrir de l’autre côté du parc… commença Castle.

- Soit le FBI vient nous annoncé que cette affaire relève de sa juridiction ! Termina Beckett.

- Peut-être qu’ils veulent juste faire un tour de manège avant que la queue soit trop longue ? Suggéra l'écrivain.

L'agent Shaw fit son apparition en donnant ses instructions, puis vint se poster devant Beckett.

- Nikki Hard, je présume? Commença-t-elle.

- C’est Beckett, lieutenant Beckett ! Répondit Kate légèrement agacée.

- Je sais tout sur vous grâce aux magazines féminins ! Sourit l'agent. Et voici votre pot de colle, le célèbre écrivain Richard Castle, Agent spécial Jordan Shaw !

- Jordan Shaw, celle qui a résolu l’affaire de l’étrangleur de la vallée d’Hudson en 1991 ? Demanda Castle impressionné.

- Je suis encore meilleure au jeu des 7 familles, Sourit-elle. Et maintenant allons voir le corps, puisqu’on a plus de secret l’un pour l’autre !

- Désolée agent, mais mon équipe a déjà sécurisé toute la zone, la police scientifique examine la scène de crime et nous interrogeons les témoins. C’est toujours un bonheur de voir la cavalerie arrivé mais le travail est déjà fait ! Expliqua Beckett en tentant de lui barrer le passage.

- Lieutenant, j’ai été envoyé par les Dieux de l’Olympe pour attraper le tueur, ce que je ferai avec ou sans votre aide, c’est clair ?

Beckett acquiesça silencieusement.

- Alors je peux voir le corps maintenant ? Continua Shaw.

- Ah j’adore, c’est sur on la garde pour le film ! S'excita Castle, tandis que Beckett levait les yeux au ciel.Vous me redites la phrase avec les Dieux de l’Olympe ! Ajouta-t-il en suivant l’agent Shaw et en sortant son calepin.

Ryan arriva au même moment, il avait trouvé le sac à main de la victime. Ils découvrirent une emprunte dessus et d'un simple clic sur son téléphone, l'agent Shaw l'envoya au labo.

- C’est génial, c’est un portable spécial ? Demanda Castle admiratif.

- C’est pour ça que je entrée au FBI Monsieur Castle, pour les jouets! Répondit l'agent Shaw en agitant son téléphone. J’ai hâte de voir ce corps !

- Je jetterais bien un coup d’œil sur… fit l'écrivain en s’avançant pour la rejoindre.

 La main de Beckett se posant sur son torse, lui barra le chemin, il recula d'un pas, étant donné le regard de sa muse, il valait mieux ne pas tenter le diable.

Mais ses bonnes résolutions s'envolèrent lorsque des agents du FBI installèrent leur QG dans la salle de réunion du commissariat.

- C’est quoi ? Une invasion ? Demanda-t-il ne sachant plus où poser les yeux.

- Ils installent leur centre d’opération ! Expliqua Beckett.

- Oh, carrément ! Fit-il excité.

- Dis-moi tout ce que tu sais sur cet agent, ordonna-t-elle en lui barrant le chemin.

- C’est la Beckett des fédéraux, c’est une pro, une grande pro. Elle a résolue l’affaire de l’étrangleur de la vallée de Hudson alors qu’elle venait d’avoir 25ans.

- C’était pas grâce à une amende pour excès de vitesse ?

- Ne me demande pas comment, mais elle avait compris que le tueur conduisait une coccinelle !

- Il y avait une fille dans le coffre, si je me souviens bien...

- Hum, hum et Jordan Shaw lui a sauvé la vie !

Il n'avait pas assez de ses deux yeux pour regarder tout l'attirail que le FBI installait.

- Tu es excité comme une puce, tu me fais quoi là ?

- Non, non mais c’est vrai que c’est impressionnant tout ce déploiement de…

- Attention ! Pardon ! Dit un agent en passant près d'eux.

- Bon, on va le voir ce centre d'opération? Demanda-t-il avec un air de gamin impatient le matin de Noël.

Bien que cela en coûte à Beckett de l'admettre, les gadgets du FBI leur avaient permis de trouver l'adresse du suspect.

- On attend les autres et on va le cueillir ! Annonça l'agent Shaw après avoir garé son SUV. Il fait quoi là ?

Beckett jeta un regard dans le rétroviseur.

- Il, euh... Il touche à tout ! Répondit-elle gênée.

- Des lunettes à vision infra-rouge! S'excita Castle.Ah, c’est pas le dernier model, celui-là ! Et si dans mon prochain livre, Nikki Hard croisait le fer avec une profileuse du FBI, très séduisante et parfaitement insensible. Ca s’appellerait « Des femmes de sang-froid »...

Le regard de tueuse de Beckett l'en dissuada.

- ... peut-être pas non ! Termina-t-il en déglutissant difficilement.

- Et vous couchez ensemble depuis combien de temps ? Demanda Shaw en souriant.

- Heu… On ne couche pas ensemble… Enfin... Euh.. ! Bafouilla-t-elle en rougissant gênée.

-  Je vois ça, oui, sourit l'agent Shaw.

- Non, elle a raison, on a dépassé le stade de la relation purement sexuelle, affirma Castle. Au fait, comment nous avez-vous grillés, il a fallu plus de temps aux autres.

- Je suis profileuse depuis longtemps, je n’ai pas l’habitude de me tromper !

- Bien joué, siffla Beckett.

********************


Le tueur les narguait, rien, pas même le matériel ultra sophistiqué du FBI, ne leur avait permis de l'appréhender, il avait toujours plusieurs coups d'avance sur eux.
Et peu de temps après, il avait de nouveau appelé Beckett, pour la provoquer.

- Allo !

- Nikki, vous étiez sensée m’arrêter. Je voulais que vous m’arrêtiez ! Cria la voix menaçante.

- Dites-moi où vous vous trouvez.

- Vous viendrez seule ?

- Oui, juste vous et moi, accepta-t-elle après avoir jeté un regard vers l'agent Shaw, qui acquiesça. On peut régler ça tous les deux ! Je peux vous aider si vous me faites confiance !

- J’aimerais savoir quelque chose ? Qu’est-ce que ça fait, de savoir qu’on s’est fait avoir en beauté ? Fit la voix moqueuse, exaspérant la détective.

Ils arrivèrent peu après dans le parking souterrain d'où le tueur avait appelé. Rapidement ils découvrirent une mare de sang et une chaussure de femme, dont le talon était cassé. Une femme avait été vraisemblablement été tuée et son assassin avait emporté son corps. Il changeait ses habitudes et en devenait plus imprévisible et plus dangereux.

- Mes hommes vont aller interroger toutes les personnes qui ont des cartes de stationnement ! Dit Beckett.

- Mon équipe le fait déjà et j’ai plus de personnel que vous. Votre capitaine a envoyé des hommes  à votre appartement, allez vous reposer chez vous ! Ordonna l'agent Shaw.

- Attendez… protesta la détective furibonde.

- On ne discute pas ! Vous ne servez à rien si vous êtes morte ! Répliqua fermement l'agent Shaw avant de partir.

Beckett s'éloigna à son tour dégoutée.

- Kate! L'appela Castle.

- Laisse-moi tranquille Castle! Répondit-elle en le repoussant fermement.


*********************


De retour au loft, Castle retrouva sa mère devant la télé, occupée à regarder un de ses anciens films.

- Bonsoir ! Soupira-t-il.

- Oh bonsoir ! Fit-elle en se retournant.

- T’es encore debout ?

- Oh, j’arrivais pas à dormir, trop de chose en tête, toutes ses décisions que je dois prendre !

- Tu regardes de vieilles vidéos? Un de tes mariages ? Demanda-t-il alors que Hulk détruisait tout sur son passage.

- Oh, oh, oh, oh! non tu veux rire? Rit-elle. Ce type est un nounours comparé à mes ex-maris !

Elle mît le film sur pause et se tourna vers lui.

- Alors il y a plus de pour que de contre ? Demanda-t-il finalement.

- Chéri, notre arrangement devait être temporaire, tu m’hébergeais jusque ce que je retombe sur mes pieds. C’était convenu ainsi ! Et puis quand Katherine s'installera ici, tu seras content de ne plus avoir ta mère dans les pattes!

- Ouais, soupira-t-il de nouveau. Chez les Rodgers, les femmes ont toujours suivie leur cœur !

Martha lui sourit et lui prit la main.

- Tu vas bien ? Demanda-t-elle.

- Cette affaire, c’est… sans cette histoire de roman…

- Quoi ? Qu’est-ce qu’il y a ? Tu ne vas pas t’arrêter d’écrire parce qu’un idiot à une araignée au plafond ?

- Non seulement… j’aurais jamais… je n’aurais jamais voulu la mettre en danger !

- Laisse-moi te dire une bonne chose sur Kate Beckett, cette fille sait se défendre. Elle n’a pas besoin de toi, je t’assure !

- Ouais... Elle n'a d'ailleurs pas voulu que je la raccompagne ce soir... J'ai un peu de mal à suivre.

- Depuis quand obéis-tu sans sourciller? Demanda Martha, faisant naître un sourire sur le visage de son fils.


*******************


22 heures. Beckett se dépêchait d'entrer dans son appartement, après avoir été gentiment expédiée chez elle, par la merveilleuse agent Shaw.

Elle fit le tour de son logement et en verrouilla soigneusement chaque fenêtre, en marmonnant divers noms d'oiseaux à l'encontre de son écrivain. Puis elle dirigea dans la cuisine pour réchauffer les plats qu'elle avait achetés en chemin.
Elle repensa à la tête de Castle quand elle avait refusé qu'il vienne avec elle.
Elle grimaça. Elle l'avait sans doute blessé, mais ça avait été plus fort qu'elle, elle ne supportait pas de se sentir dépossédée de son enquête, elle ne supportait pas d'avoir été renvoyée chez elle comme une petite fille et par dessus tout, elle n'avait pas supporté de ne plus être le centre de l'attention de Castle.


Pestant contre son manque de maturité, elle s'installa dans son canapé avec le dossier de l'enquête et son repas. Soudain, du bruit derrière la porte la mit en alerte. Sans bruit, elle se leva, attrapa son arme dans le meuble près de l'entrée et ouvrit la porte en pointant son arme sur l'intrus.

- AHHHHH!!!!!

- Castle… mais qu’est-ce que tu fais là ?

- Heu, du vin ? Proposa-t-il en montrant la bouteille qu'il apportait.


********************


- Que sont devenus les hommes censés assurer ta sécurité ? Demanda-t-il en servant deux verres. J’ai vu personne à côté !

- Je les ai renvoyés quand je suis arrivée !

- Quoi?!

- Quoi ? Les fenêtres sont fermées, la porte est fermée, je suis armée !

Castle secoua la tête en signe de désapprobation et servit l'autre verre.

- Donc notre tueur a tué les autres victimes à l’endroit où on a retrouvé leurs corps. Pourquoi il n’a pas laissé cette fille dans le parking ? Demanda-t-elle le nez toujours plongé dans son dossier.

- Il change les règles, il s’amuse !

- Ou alors cette victime est spéciale ! Non, merci ! Fit-elle lorsque Castle lui tendit un verre de vin.

- Non, non, non, l’agent Shaw t'a dit de décompresser, alors, on décompresse. On ne dit pas non à un bordeaux millésimé !

- Oh, alors si l’agent spécial Jordan Shaw l’a dit ! Dit-elle sarcastique.

- Ça veut dire quoi ça ?

- Rien, mais je vois bien comment tu bois ses paroles. Comment tu admires son matériel dernier cri, ses gadgets ultras modernes ! Mon petit tableau blanc doit te paraitre ridicule comparé à cet arsenal?

- Tu es jalouse ?

- Je ne suis pas jalouse ! Je suis embarrassée quand tu te conduis comme un gamin de 10 ans devant sa matrice de données  « Oh qu’est-ce que ça recoupe vite les informations agent Shaw, s’il vous plait j’en veux encore » !

- Tu es ridicule ! Jubila-t-il.

- Et pour couronner le tout, tu élabores des théories avec elle !

- Et alors ?

- Alors c’est avec moi que tu es sensé les élaborer. Tu fais partie de mon équipe !

- Je croyais que l’on était dans la même équipe ?

- Bien sûr seulement je… si tu as une intuition, il vaut mieux m’en parler d’abord !

- Bien, c’est noté ! Maintenant bois ! Tu dois te détendre!

- Merci… mais... je suis… fatiguée, j'ai besoin d’aller dormir ! On se voit demain?

- Oh mais il n’est pas question que je parte. J’assure ta protection !

- Tu penses faire fuir le tueur avec tes traits d’esprit ?

- Il y a un psychopathe qui tue et qui te menace à cause de moi. Je ne te laisserai pas seule une minute ! Protesta-t-il.

- Très bien, je suis trop fatiguée pour me disputer ! Soupira-t-elle.

Il se leva, vint se placer derrière elle et posa ses mains sur ses épaules.

- Tu es toute nouée, constata-t-il. Tu as clairement besoin d'un massage spécial!

- Serait-ce une proposition, monsieur l'écrivain? Sourit-elle.

- C'est plus qu'une proposition, répondit-il en fondant sur ses lèvres.

Elle passa ses bras autour de son cou en souriant et vint enrouler ses jambes autour de son bassin.

- Je ne suis l'écrivain que d'une seule muse, sourit-il en l'enserrant de ses bras.

- Je reconnais que j'étais un peu jalouse...

- Un peu seulement? Excuse-moi, mais...

- La ferme Castle! Fit-elle en l'embrassant avec fougue.

- Reçu cinq sur cinq ! Répondit-il en la portant dans la chambre.


******************


Leur petit déjeuner en tête à tête fut perturbé par la découverte du corps sur le paillasson de Beckett.
Les gars ne se génèrent pas pour les taquiner gentiment en les découvrant en tenues légères.

- La nuit fut agitée Castle? Sourit Ryan devant la tête ébouriffée de l'écrivain.

- Beckett avait besoin de décompresser, ricana Esposito.

- Eh! oh!



 - Alors il parait que vous faisiez des pancakes en petites tenues quand le corps vous est tombé dessus ? Ricana Lanie lorsqu'ils arrivèrent à la morgue.

- On va en entendre parler pendant un bout de temps, grogna Beckett.

- Au moins tu as passé une bonne soirée, commenta la légiste devant le sourire en coin de Kate.

- Qu’est-ce que tu as ?

- Des lettres qu’il a gravées ! B, R, U… énonça Lanie.

- Brûlée ! Nikki sera brûlée ! Termina la détective.

- C’est rassurant ! Grimaça Castle.

- Les empreintes de la victime ne sont pas fichées, tu as de quoi nous permette de l’identifier ? Demanda la détective.

- Et bien, j’ai trouvée du formaldéhyde sur elle…

- Ça vient du tueur, il en a laissé sur les autres corps…commenta Beckett.

- Attends pas des traces, elle en a partout, sous les ongles, dans les cheveux, c’est un fluide d’embaumement. J’ai aussi trouvée des traces d’argile, de polyuréthane et de sang d’animal. Je ne sais pas qui elle est, mais je connais son métier ! Expliqua la légiste.

- Elle est taxidermiste ! Firent Castle et Beckett de concert, les yeux dans les yeux.

- Trop mignon, comment vous l’avez dit en même temps ! Rigola Lanie.


Ils reprirent l'enquête, forts de cette nouvelle information et remontèrent la piste jusqu'à un certain Ben Conrad. Les agents du FBI menèrent l'assaut, laissant l'écrivain et sa muse à l'extérieur. Après un dernier appel provocateur à la détective, le suspect se suicida, bouclant ainsi toute cette affaire.

- C'est terminé, soupira Beckett de retour au poste.

- La fin d'une enquête épuisante nerveusement, ajouta Castle.

Il mourait d'envie de la serrer dans ses bras, mais dût se contenter de ses doigts s'emmêlant aux siens.

- On rentre ensemble? Alexis m'attend.

- Il faut que je remplisse la paperasse...

- D'accord... Répondit-il légèrement déçu.

- Écoute, je termine vite la paperasse, avec tous ces agents du FBI, ça devrait aller vite, puis je passerai chez moi pour me changer et prendre quelques affaires et ensuite, je te rejoindrai chez toi...

- Ça me semble être un bon programme, sourit-il. Je peux avoir une copie du dossier? Histoire de ne pas trop m'ennuyer...

- Ça marche.

*********************


Quelque chose clochait toutes les pièces du puzzle s'emboîtaient parfaitement, mais quelque chose gênait Castle.
Il finit par trouver ce qui clochait grâce à une conversation avec sa mère et sa fille.
Ils n'avaient pas arrêté le bon tueur, Ben Conrad n'était qu'un leurre.

- Il nous a piégés. Il nous a conduit jusqu’à Ben. Il veut nous faire croire que c’est fini. Il veut qu’on baisse notre garde, ce qu’il veut c’est faire un coup de théâtre. Nikki sera brûlée ! Beckett ! S'affola-t-il soudain.

- Oh non ! Fit Martha inquiète.

Castle se leva, prit le téléphone et composa un numéro.

- Montgomery a renvoyé la sécurité, elle est toute seule ! Paniqua-t-il. Elle ne répond pas !

Il tendit le téléphone à sa mère et se précipita vers la porte.

- Appelle le poste, dis leur d’aller chez elle, vite. Dis leur qu’on a eu tort que le tueur est toujours en vie.



- Allez Beckett, réponds ! Insistait-il en sortant du taxi Mais allez réponds !

Beckett sous la douche, entendit enfin son téléphone, prit une serviette et sortit de la douche. Elle attrapa le combiné en levant les yeux au ciel.

- Je te manque tant que ça Castle ? Je t'ai dit que j'arrivais! Laisse-moi le temps de me préparer!

- C’était pas Ben Conrad, c’est pas lui le tueur. Hurla Castle en courant aussi vite qu'il le pouvait. Le tueur est toujours en vie. Le tueur est toujours en vie !

Un bip retentit dans l'appartement de Beckett, qui tourna la tête dans sa direction.

" Au revoir Nikki ! Au revoir Nikki !" Fit la voix du tueur.


Castle arriva en face de l'appartement de Beckett, juste à temps pour assister à son explosion. Son cœur rata plusieurs battements. C'était un cauchemar, ça ne pouvait pas être vrai! Ça ne devait pas être vrai.

- Beckett!


Minefuji  (25.02.2014 à 17:56)

Chapitre trente-deux

Tous les badauds regardaient médusés l'appartement en flammes. Rick se précipita vers le bâtiment. Il grimpa les marchés quatre à quatre, ne voulant pas croire à ce qu'il venait de se passer.

- Kate, réponds-moi ! Kate ! Hurla-t-il avant de défoncer la porte. Kate ?

Il avança dans l’appartement en regardant de tous côtés.

- Kate ?

Il entendit tousser à trois reprises.

- Kate ? Répéta-t-il en se dirigeant vers la salle de bain, d'où provenait le bruit.

La main de Kate émergea de la baignoire. Elle toussa de nouveau.

- Bon sang, Kate ! Tu es vivante ! Dit-il en se précipitant vers elle. Oh et tu es nue!

- Castle, c'est pas le moment de te rincer l'œil, grogna-t-elle.

- Ton appart vient d’exploser et il encore en train de cramer alors, c’est peut-être pas le moment de râler !

- T'as raison, donne-moi une serviette !

- Euh... Toutes tes serviettes sont en feu!

- Alors passe-moi mon peignoir !

- Ton peignoir… Grimaça-t-il en le découvrant en feu également. Dis, tu n’aurais pas des vêtements ignifugés ? Oh bon sang! Bunny! Il doit être dans un sale état et ses copains aussi.

- Castle ! S’impatienta Beckett.

- Désolé ! Je viens de perdre un ami très cher! C’est dur !

- Donne-moi ta veste ! Il faut qu'on sorte d'ici.

Il l'aida à enfiler sa veste et à sortir de la baignoire. Il la serra dans ses bras, comme pour s'assurer qu'il ne rêvait pas, qu'elle était bien vivante. Elle laissa échapper un petit cri de douleur.

- Désolé! Je ne voulais pas te faire de mal.

- Ça va Castle, souffla-t-elle.

- Tu es sûre? Ça va?

- Oui, ça va !... J’ai sauté dans la baignoire quand ça a explosé... !

- Tu peux marcher ?

- Euh… oui je suis juste un peu sonnée ! Grimaça-t-elle.

- D’accord ! Viens ! Vas-y doucement !

- Oui...

- Doucement, tu n'as pas trop mal ?

- Oh à mon avis c’est rien comparé à toi ! Ça doit te brûler de l’intérieur !

- Quoi donc ?

- De devoir attendre aussi longtemps avant de me raconter comment tu as défoncé la porte...

- Tu veux la version longue ou la version courte ?

 Il l'aida à quitter l'appartement, une fois en bas des pompiers la prirent en charge.

- Faites attention! Avertit-il. Elle joue les dures, mais elle doit avoir bien mal.

- Castle! Fit-elle en roulant des yeux.

- Ne vous en faites pas, on va bien s'occuper d'elle, sourit le pompier.

- Euh... Pas trop bien quand même, protesta l'écrivain qui trouvait le pompier un peu trop mignon. Pas la peine de lui faire ce sourire Colgate!

- Castle! Soupira Beckett. Viens avec si tu y tiens, mais laisse-les me soigner qu'on en finisse!

- Elle râle, c'est qu'elle va bien, dit-il à l'attention du pompier qui souriait toujours.

L'agent Shaw arriva peu de temps après.

- Beckett, comment ça va ?

- Je vais bien !

- Elle ne sent plus la douleur parce qu'ils l'ont shootée aux antalgiques, rectifia Castle, mais elle va avoir de ces hématomes!

- Castle, je te dis que ça va!

- Qu’avez-vous remarqué en rentrant ? Demanda l'agent Shaw.

- La porte était toujours verrouillée et les fenêtres étaient fermées. Rien n’avait l’air d’avoir été déplacé mais j’en suis pas sûre, je n’ai pas fait attention parce que je pensais que l’enquête était close ! Souffla Beckett.

- Non mais on continue sans vous ! Dit l'agent Shaw d'un ton ferme.

- Pardon? S'offusqua Beckett en se redressant.

- Je suis désolée, je n’ai pas le choix !

- Kate, c'est peut être mieux comme ça, tenta l'écrivain.

- Attendez ! C’est mon appartement qui vient d’exploser, d’accord ! C’est ma vie et c’est mon enquête !

- Kate, on devrait rentrer et laisser le FBI régler ça tout seul, insista Castle.

- Comme vous voulez ! Mais selon mes règles, vous faites ce que je vous dis, quand je vous le dis et comme je vous le dis ! Et pour commencer vous serez protégée 24h/24h ! Énonça l'agent Shaw.

- D’accord ! Accepta Beckett.

- Il y a du vent ici ou c'est moi qui me fais des idées, demanda l'écrivain.

- Très bien ! Termina Jordan Shaw.

- C'est ça, faites comme ça vous chante, grinça Castle. Que vais-je bien pouvoir faire de mon invisibilité?

- Les pompiers ont terminé, vous pouvez y aller ! Vint annoncer le Capitaine Montgomery.

- Merci chef, j'y vais.

- Oh! Je sais!  Je vais aller à Quantico essayer tous leurs super gadgets! Ou mieux! Je vais aller au Pentagone! Tous les dossiers secrets doivent y être rassemblés, l’extra-terrestre de Roswel, le mystère de la zone 51, le trésor des templiers, Bigfoot, peut être même qu'ils ont localisé l'arche d'alliance!!!!

- Castle! Tu vas arrêter de dire n'importe quoi! Soupira Beckett.

- Ah? Déjà fini? C'est nul un super pouvoir aussi éphémère!

La police scientifique passait l'appartement de Beckett au peigne fin. Kate ramassa précautionneusement le collier avec la bague de sa mère dans les décombres.

- Quelqu’un a trouvé la montre de mon père ? Demanda-t-elle.

- Elle n’est pas dans l’entrée ! annonça Castle. Et je suis désolé de te l'annoncer, mais notre cher ami n'a pas survécu...

- Quel ami? Demanda Esposito d'un air suspicieux.

- Personne! Dit Beckett en fusillant Castle du regard.

- En tout cas, il n’y a pas trop de dégât dans la chambre, mais faudra laver tous vos vêtements, enfin ce qui sont encore mettables, parce qu’ils sentent le cramé ! annonça Esposito.

- A votre avis mon assurance va couvrir les frais de pressing ? Demanda Beckett résignée.

L'agent Shaw trouva l'origine de l'explosion, vraisemblablement un tout petit objet à base de cyclonite.

- Comment vous avez deviné? Demanda Jordan à Beckett.

- C’n’est pas moi, c'est Castle, sourit-elle en regardant son écrivain.

- Oh! Euh et bien notre présumé tueur, Ben Conrad, s’est tiré dessus avec la main droite, pourtant l’homme que le lieutenant Beckett et moi-même avons vu par la fenêtre tenait son arme de la main gauche et le coup de feu est parti dès qu’il est parti du champ alors je ne vois pas comment il aurait pu faire pour changer de main aussi rapidement. Le vrai tueur a mis une balle dans la tête de Ben Conrad, et a placé l’arme dans sa main pour faire croire à un suicide !

- On était derrière la porte et on a entendu le coup de feu. Il n’avait aucun moyen de sortir de l’appartement. Alors si Ben Conrad ne s’est pas suicidé…

- C’est que le tueur était dans l’appartement tout ce temps ! Conclut Beckett.

- Comment on a pu le manquer ? Demanda l'agent Shaw.

- C’est ce qu’on va essayer de découvrir ! Annonça Castle.

 Ils trouvèrent effectivement la planque du tueur dans l'appartement de Ben Conrad, avec à l'intérieur toute une panoplie pour se faire passer pour ce dernier. Le pauvre homme avait été séquestré pendant que le véritable assassin mettait tout en place, pour en faire le coupable idéal.

- Le tueur est un caméléon, il change d’identité afin de se rapprocher de ses victimes et au moment où il devient Ben Conrad, il devient invisible jusqu’à ce qu’il en décide autrement ! Conclut la profileuse.

- Et quand on débarque ici, on trouve exactement ce à quoi on s’attendait, notre suspect vient de ce suicider et l’affaire est classée ! Ajouta l'écrivain.

- Sauf que le vrai tueur était juste là. Planqué dans cette petite pièce secrète pendant tout ce temps et on est passé à côté ! Fit Beckett amère, dont le portable se mît à sonner.

- Je vais faire venir les gars du labo pour voir ce qu’ils peuvent trouver ! Dit Jordan en s'éloignant.

- Beckett ! Dit la détective en décrochant.

- Vous étiez sensée mourir ! S'énerva la voix du fan.

- Je suis vraiment navré de vous décevoir !

- C’était censé être terminé Nikki, c’était censé s’arrêter là, mais maintenant je vais être obligé de continuer! Cria-t-il.

Une femme cria, puis trois coups de feu retentirent, faisant sursauter Beckett.


***************


Le corps fut facilement retrouvé, le tueur ayant utilisé et laissé sur place le portable de la victime, une femme abattue en rentrant du boulot. Ils trouvèrent des balles, mais aucune lettre n'y était gravée, le tueur n'avait plus de plan à mettre en œuvre.

- Parce que j’ai survécu ! Dit Kate la gorge serrée par l’émotion.

- Vous ne devez pas vous sentir coupable ! Affirma l'agent Shaw. D’où il sait que vous êtes en vie?

Le caméléon s'était glissé sur chaque scène de crime. Déguisé en policier, il avait été photographié à plusieurs reprises, mais il n'était identifiable sur aucune des photos.

- Le même policier sur une trentaine de photos et pas une seul ou on voie bien son visage, c’est tout sauf une coïncidence !

- Il savait ou était l’appareil photo ! Dit Castle.

- Il connait nos méthodes !

- Esposito et Ryan vont interroger les flics en uniforme pour essayer d’avoir une description, annonça Beckett.

- Ça ne nous fera pas avancer, dit Castle. Le dernier Portrait-robot nous a conduits à Ben Conrad!

- Très bien, tu as peut-être une meilleure idée Castle, parce que là je suis à court, et si on ne l’attrape pas très vite il va encore tuer ! S'énerva Beckett.

- Ne vous impliquez pas trop ! Tempéra l'agent Shaw.

- Ça c’est facile à dire, c’est mon appartement qu’il a fait sauter alors désolée mais je suis très impliquée ! Grogna la détective.


**********************

Après d’âpres négociations, Castle avait réussi à entraîner sa muse jusqu'à son loft, histoire de lui changer un peu les idées.


- Castle! Il y a un tueur que je dois attraper là dehors! Je n’ai pas le temps pour faire une pause!

- Ma très chère détective, tu m'as un jour désigné comme garde-fou, alors si je décide que tu dois faire une pause, manger un morceau ou prendre une douche, tu dois m'obéir!

- Une heure pas plus!

- Va pour une heure, sourit-il en ouvrant la porte du loft, conscient que c'était là le maximum de concession dont elle était capable.

- Il est là! Bondit Alexis.

- Salut ma princesse !

- Papa ça va ? Demanda-t-elle en se jetant dans ses bras.

- Oh, oh, oui je vais bien chérie. T’inquiète pas, ça va !

- Kate! Ça va? Demanda la jeune fille en serrant la détective dans ses bras.

- Je vais bien, Alexis, grimaça la détective. Serre pas trop fort quand même!

- Ah! Tu vois que tu as mal! Tu devrais reprendre un cachet.

Kate roula des yeux agacée.

- Fais attention, ça va devenir un tic, plaisanta l'écrivain.

- C’est un vrai miracle que vous ayez survécu à un truc pareil ! Observa Martha. Où étiez-vous quand la bombe a explosé ?

- J'étais chez moi, mais j'ai eu le temps de sauter dans la baignoire. C’est la porte de la salle de bain et la baignoire en fonte qui m'ont sauvée ! Expliqua Beckett.

- Oh, ouf ! Fit l'actrice en serrant Beckett dans ses bras, qui grimaça une fois de plus.

- Tu devrais aller prendre une douche, conseilla Castle, ça te ferait du bien.

- Oui, j'y vais.

- Pourquoi cette personne veut tuer le lieutenant Beckett ? Demanda Alexis lorsque Kate fut partie.

- Hum, jusqu’à présent on avait qu’une théorie mais maintenant on en sait un peu plus et on a un plan d’attaque.

- Est-ce que tu crois qu’il peut s’en prendre à toi ?

- Non, t’inquiète pas tu vas m’avoir sur le dos pendant encore très longtemps !la rassura-t-il.

- Je déménagerais plus tard il vaut mieux que je reste ici avec Alexis ! Dit Martha.

- Non ce n’est pas la peine, le capitaine Montgomery a placé un homme pour surveiller l’immeuble mais on doit quand même être vigilant ! Hummm! Fit-il en sentant son pull. Il faut que j’aille me changer Beckett va vouloir retourner  les aider et il est hors de question que je la laisse à nouveau seule.

- Tu vois, tout va bien chérie ! Sourit Martha en serrant Alexis dans ses bras.


******************


Ils décidèrent de considérer Ben Conrad comme la première victime du tueur et cette stratégie s'avéra efficace, quelques heures plus tard, grâce à leur enquête sur la vie de Conrad et aux outils ultrasophistiqués du FBI, ils pénétraient dans l'appartement du tueur.

- Il n’est pas là ! Annonça un agent après avoir inspecté chaque pièce.

Le mur et le plafond étaient recouverts de centaines de feuilles, d'articles et de photos sur Beckett. Le sang de Beckett se glaça.

- C’n’était pas un coup d’essai ! Dit-elle dans un souffle.

- Je lui ai dédicacé mon livre, « Pour Scott, écrit ce que tu connais », constata Castle en désignant son roman.

-Scott, vous vous en rappelez ? Demanda Jordan.

- Non, mais j’en ai signé des centaines ! Répondit-il en prenant un livre sur le canapé.

- C’est son manifeste ?

- Non c’est son manuscrit ! Expliqua Castle.

- « La mort de Nikki » ! Lut Beckett par dessus son épaule.

- « Nikki examina les quatre balles, elle remarqua qu’une lettre était gravée sur chacune d’entre elle. Une fois mise dans le bon ordre, elles formaient son prénom »…

- Un bouquin ! Pesta Beckett. Toutes ces horreurs pour un foutu bouquin !

- Il racontait ses crimes bien avant la sortie de Nikki Hard. « Terreur Nocturne ». Ça parle des meurtres de plusieurs prostitués à Seattle, fit Jordan Shaw en prenant un autre manuscrit.

- Je me rappelle très bien cette affaire, dit l'écrivain. Je croyais que vous aviez arrêté le tueur!

- On ne l’a pas vraiment arrêté, puisqu’on l’a retrouvé mort. Il s’était pendu ! Expliqua Jordan.

- Une victime maquillée en tueur, comme Conrad !

- Il s’est jamais fait attraper pour tous ses meurtres alors pourquoi les coucher sur papier ? Pourquoi prendre un tel risque ? S'étonna Beckett dont la logique à toute épreuve amusa l’écrivain.

- Sûrement parce que l’écriture est un des symptômes de sa psychose, expliqua l'agent Shaw. C’est un peu comme s’il gardait un trophée, en transposant les faits en fiction, il immortalise son œuvre et en même temps, il prend ses distances avec les meurtres, jusqu’à ce que débarque Nikki Hard. Un personnage sur mesure pour sa psychose, mi-réalité, mi-fiction, exactement comme lui. Enfin un adversaire à sa taille.

Ils décidèrent de quitter l'appartement et de le surveiller, afin de cueillir le suspect lorsqu'il reviendrait. Castle et Beckett s'installèrent avec l'agent Shaw dans le fourgon de planque du FBI.

- Incroyable, tout y est, admira Castle en lisant le manuscrit du tueur, les lettres gravés sur les balles, les petits appels téléphoniques, les codes sauf que là c’est Nikki Hard qui mène l’enquête et elle a toujours un coup de retard.

- Il va être déçu, sourit Beckett.

- Castle, vous n’avez pas entendu quand j’ai dit DSRT ? demanda Jordan.

- Si mais j’ai rien compris !

- Alors pour que vous vous couchiez moins bête ce soir, ça veut dire « Dégagez sans rien toucher» !

- DSRT, c’est génial ! Fit Castle en prenant des notes. Dégagez sans rien toucher !

- Il est toujours comme ça ? demanda l'agent Shaw à Beckett.

- Castle a le degré de concentration d’un Labrador ! Sourit Beckett amusée.

- Et la loyauté, sa façon de vous suivre partout. Si je devais dresser votre profil, je dirais que ce partenariat plutôt original, vous convient très bien.

L’agent fédéral sourit en voyant Beckett rougir.

Jordan Shaw repéra finalement le suspect sur le toit d'un immeuble.

- C’est lui ! Annonça-t-elle. A toutes les unités soyez en alerte, on a un contact visuel. Le suspect est sur le toit de l’immeuble du croisement Sud-est entre Bedford et Downing.

Le suspect repéra le mouvement dans la rue et quitta le toit.

- Il nous a grillés! On est grillé, à toutes les unités, intervenez ! Ordonna Jordan Shaw en sortant du camion.

- Restez là Beckett, c’est vous la cible, ajouta-t-elle à l'attention de Beckett qui s'était levée pour la suivre.

- Ça te fait quoi d’être à ma place ? demanda Castle alors que Shaw venait de fermer porte au nez de Beckett.

La détective leva une fois de plus les yeux au ciel.

- Allez détends-toi, tu vas finir par avoir un ulcère.

- Comment il est arrivé là ? Demanda Beckett en apercevant le suspect sur les écrans. Il a dû passer par les toits, il va leur échapper !

Elle prit son arme et partit à sa poursuite en refermant violemment sur le nez de Castle qui râla.

Sa course poursuite se solda par un demi-échec : le suspect avait réussi à filer, mais les caméras de surveillance du métro avaient permis de l'identifier. Scott Dunn, enfant adopté, plusieurs séjours en maison de correction, trois ans dans un hôpital psychiatrique et une condamnation pour incendie volontaire, bref un parfait psychopathe.

- Mes hommes vont aller voir les membres de sa famille au cas où il essaierait de les contacter, dit Beckett en suivant l'agent Shaw.

- Vous dégagez ! Ordonna celle-ci excédée en se tournant vers Beckett.

- Je vous demande pardon?

- Vous m'avez désobéi!

- Grâce à moi, on l’a identifié ! Protesta la détective.

- Je ne bosse qu’avec des gens en qui j’ai confiance.

- Attendez une seconde !

- Désolée lieutenant, vous n’êtes plus sur l’enquête, fit l'agent Shaw d'un ton sans appel.


****************


- Le FBI a les pleins pouvoirs Beckett, je ne peux rien faire ! Regretta le capitaine dont Beckett avait assailli le bureau en furie.

- Capitaine c’est mon enquête. Le tueur en a après moi, que ça vous plaise ou non, je suis déjà en première ligne, protesta Beckett énervée.

- Vous avez fait le plus dur, vous êtes remontée jusqu’à lui, alors ils ont gelés tous ses comptes bancaires, les transports du pays sont en alerte, sa photo est dans tous les journaux, il est acculé.

- Et vous, vous m’avez appris la chose suivante, quand un animal est acculé, c’est à ce moment qu’il est le plus imprévisible !

- Oui et c’est aussi à ce moment-là qu’il fait des erreurs…

- Je…

- Alors croyez-moi, on va l’avoir. Et de toute façon vous êtes épuisée donc vous devez rentrer chez vous pour vous reposer.

- Vous oubliez que j’ai plus de chez moi ! S'écria Beckett hors d'elle.

- Bien sûr que si ! Contra Castle. C’est un immeuble surveillé, tu y seras avec des gens qui tiennent à toi et tu y passes déjà la moitié de ton temps. Et détail important, il y aura des fédéraux devant la porte !

- Merci Castle, mais je ne peux pas !

- Tu peux et tu vas le faire ! Ordonna-t-il. Et pas la peine de faire les gros yeux, c'est moi l'adulte responsable là pour une fois!

- Ok... Soupira-t-elle.

- Elle a dit oui! Triompha-t-il. Elle a reconnu que je suis le plus adulte! Youhou !

Il entama une petite danse que le regard noir de Beckett stoppa instantanément.

- ... Et tout vient de se remettre brutalement en place, dit-il en avalant difficilement sa salive.

- Allez vous reposer lieutenant, sourit le capitaine. Vous avez fait du bon boulot.


*************


De retour au loft, Castle servit deux tasses de café décaféiné, qu'ils sirotèrent à la table du salon.

- J’n’aurais jamais imaginé me retrouver sans enquête et sans domicile, tout ça dans la même journée, soupira Beckett.

- Je sais que je suis plutôt un rebelle dans mon genre mais tu as eu raison de lui courir après, dit Castle.

- Peut-être mais l’agent Shaw a eu raison de me retirer l’enquête. J’aurais pris la même décision à sa place. Je suis beaucoup trop impliquée, reconnut-elle.

- Après tout ce qui vient de se passer, je suis sûr que tu regrettes notre partenariat...

- Non pas du tout, je regrette ton caractère de gamin mais c’est tout, rit-elle. Et toi? Est-ce que tu regrettes d’avoir écrit vague de chaleur ?

- A mon avis Nikki Hard ou pas, ce type aurait quand même commis des meurtres jusqu’à ce qu’une personne plus maligne que lui le mette hors d’état de nuire, dit-il  heureux de la voir enfin sourire.  Je parle bien évidement de l’agent Shaw.

Elle roula des yeux, lui envoya une serviette en plein visage et se leva.

- Où vas-tu?

- Appeler mon père, il faut que je lui demande de préparer ma chambre de jeune fille, je vais en avoir besoin en attendant de retrouver un appartement, expliqua-t-elle.

- À ce propos... Commença l'écrivain. Ça fait un moment que ça me trotte dans la tête, mais je n'arrivais pas à trouver le bon moment... Et... Enfin bref... Tiens.

- Une clé?

- La clé du loft... Ta clé du loft, précisa-t-il.

- C'est gentil Castle, mais il ne faut pas te sentir obligé... C'est pas parce que mon appartement à explosé que...

- Qu'est ce que tu n'as pas compris quand j'ai dit "Ça fait un moment que ça me trotte dans la tête, mais je n'arrivais pas à trouver le bon moment"?

- Tu voulais que je vienne habiter ici? Pourquoi tu ne me l'as pas demandé avant?

- Je n'ai jamais trouvé le bon moment...

- Sans doute parce que c'était encore trop tôt pour toi ! Non, c'est gentil Castle, mais je vais entamer les démarches avec mon assurance et commencer à chercher un nouvel appartement...

- Tu sais que tu es une vraie bourrique? S’agaça l’écrivain.

- Si tu voulais vraiment que j'habite ici, tu l'aurais proposé avant!

- Quoi?! Je vais devoir attendre de trouver un autre bon moment pour te le proposer à nouveau? Tu ne trouves pas ça compliqué?

- Mais...

- Écoute, et si on faisait comme ça: tu n'as plus d'appartement, donc tu t'installes ici pour une durée indéterminée et si par hasard tu trouves un autre appartement et qu'à ce moment là, tu en as toujours envie, tu pourras le prendre, je ne t'en empêcherai pas!

Elle prit le temps de réfléchir à cette proposition, inspira longuement et répondit.

- Ok, mais si toi tu as envie que je parte, il faudra que tu le dises, je ne veux pas que tu aies de regret!

- Promis, je te mettrai dehors, si tu deviens insupportable, sourit-il.

Elle regarda la clé qu'elle tenait toujours dans sa main, puis jeta un regard circulaire dans la pièce.

- Si tu veux, on pourra trouver des meubles qui te plaisent et refaire un peu la déco, proposa-t-il, histoire que tu te sentes chez toi!

- Non... Euh... Je ne veux pas chambouler ton loft.

- D'accord, répondit-il en remarquant la gêne de sa petite amie. Il y a une chambre d'amis, si tu veux, je te la donne, tu en fais ce que tu veux, tu la décores comme tu l'entends, ça sera ta pièce à toi.

- Je pourrais en faire ce que je veux?

- Ce que tu veux! ... À part ta chambre à coucher... J'aime trop sentir tes pieds gelés contre mes mollets la nuit!

Elle se leva et vint passer ses bras autour de son cou, faisant mine de l'étrangler.

- Je t'aime Castle, dit elle en déposant un doux baiser sur sa joue.

- Je suis irrésistible.

Elle se lova dans ses bras et pour la première fois depuis le début de cette enquête  s'autorisa à vraiment lâcher prise.

- Tu es fatiguée ? Lui demanda-t-il alors qu'elle baillait.

- Oui, assez...

- Alors au lit lieutenant Beckett, annonça-t-il en se levant pour la porter jusqu'à sa chambre.





Minefuji  (26.02.2014 à 19:15)

Suite à une réclamation de certains lecteurs, je vous certifie qu'aucun animal n'a été blessé, torturé ou tué durant l'écriture de ce chapitre. ( OK, je reconnais avoir un peu grignoté un chocolat en forme d'éléphant.)

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Chapitre trente-trois

- Un chapeau... Oui, c'est ça! Un chapeau melon! Et celui-là? Mhm... La bat-mobile, joli!... Voyons voir... Tourne-toi un peu.

- Castle! Je suis fatiguée!

- Un dernier! Fais voir ton dos! Waow! Bunny! T'es revenu mon vieux copain!

- Castle! Qu'est ce que tu fais?

- Je prends une photo, c'est pas tous les jours qu'on vois un hématome en forme de lapin!

- Ça va? Tu t'es bien amusé? T'étais sensé me mettre de la crème!

- Mais c'est ce que je fais! Tiens, c'est fini!

- Merci Castle, dit-elle en enfilant le tee-shirt que son amant lui avait prêté.

Elle l'embrassa sur les lèvres et après un sourire, se pelotonna contre lui. Il ne lui fallut pas plus de dix secondes pour s'endormir, tant sa journée avait été épuisante. Il remonta les draps sur elle et déposa un baiser sur son front.

- Bonne nuit, Kate.


********************


Martha fut accueillie au loft par une merveilleuse odeur de cuisine, elle tourna son regard vers la cuisine et découvrit Beckett qui préparait un petit déjeuner gargantuesque.

- Martha ! Bonjour!

- Oh, Kate ! Comment allez-vous?

- Euh, ça va… Une bonne nuit de sommeil et c'est la pleine forme.

- Alors, Richard vous a enfin demandé de venir vous installer ici?

- Enfin?

- Ça fait des semaines qu'il nous a réunies, Alexis et moi, pour savoir ce que nous en pensions! Mais apparemment, il n'osait pas vous en parler...

- Ça faisait des semaines qu'il projetait de me le demander? Sourit la détective.

- Oh oui! Il n'a pas arrêté de nous en parler! Alors, maintenant que c'est chose faite, soyez la bienvenue, trésor.

- Merci Martha.

 - Oh, j’espère que j’ai pas rêvé mais en me réveillant j’ai senti une odeur de café et de bacon, dit Castle en arrivant en se frottant les yeux.

Il embrassa sa mère, puis sa petite amie.

- Tu as vu? Elle cuisine ! Fit Martha en levant le pouce.

- Hum, hum ! On a du mal à l'imaginer, quand on se souvient de la pyramide de boîtes et les aliments suspects qui trainaient dans son frigo!

- Ah! Ah! Très drôle, Castle. Je tiens ça de ma mère, c’était un vrai cordon bleu et tous les dimanches j’avais droit à un brunch, expliqua Beckett en lui tapant sur les doigts pour l'empêcher de se piquer un morceau de bacon. C’était toujours le même cérémonial, des pancakes, une omelette, une montagne de gaufres.

- Ouaahhhh! Moi, tous les dimanches matins ma mère me demandait une poche de glace et de l’aspirine, sourit-il.

- Ne l’écoutez surtout pas, ça a du se produire deux fois, grand maximum, protesta Martha.

Alexis vint les rejoindre et ils s'installèrent à table en discutant gaiement.

- Alors Kate, que vas-tu faire de ta journée, maintenant que tu es au repos forcé? Demanda Alexis en se servant dans le plat de gaufres.

- Et bien, je crois que je vais emmener l'un des apollons d'en bas de l'immeuble en ballade, il faut que je retourne à mon appartement pour trier ce que je peux récupérer et puis il va falloir que je fasse un peu de shopping, je n'ai plus de vêtements...

- Eh Oh! L'un des apollons? T'es sérieuse? Releva Castle. Je sers à quoi moi?

- Désolée Ricky, mais c'est un ordre du FBI! Plains-toi auprès de Jordan, si t'es pas content, le taquina-t-elle.

- Elle t'a bien eu Trésor, rit Martha.

Son téléphone sonna, elle s'éloigna pour répondre loin des éclats de rire des deux rouquines.

-Beckett?... D'accord, on arrive...

- Papa, fais-lui un peu confiance, dit Alexis.

- Mais je lui fais confiance! C'est en tous ces beaux gosses bodybuildés que je n'...

Il s'arrêta en voyant l'air grave de Beckett qui revenait vers eux.

- C’était l’agent Avery, Jordan a disparue hier soir !


 *******************


Ils retrouvèrent la voiture de Jordan dans une ruelle. L'agent Shaw avait tenté sa chance, mais n'avait pu empêcher Scott Dunn de l'enlever. Ils relevaient les indices, quand le téléphone de Beckett sonna une fois de plus.

- Beckett !

- Vous savez ce qu’on dit Nikki, l’amitié c’est sacré. Votre copine doit beaucoup-vous manquer, s'amusa la voix de Dunn.

- Où est-elle ?

- En vie… pour l’instant !

- Si vous lui faites quoi que ce soit, je vous jure… menaça la détective.

- Tout ça ne dépendra que de vous et vous le savez, c’est votre histoire Nikki pas la sienne et elle ce n’est qu’une figurante. L’affrontement final ne peut se faire qu’entre vous en moi. Venez au terminal des ferrys à Battery Park, ce soir à minuit et venez seule ou elle mourra !

- Comment je peux être sûr qu’elle est toujours en vie ?

- Je vous envoie un mail !

De retour au poste, ils regardèrent la vidéo envoyée par Dunn. Shaw y apparaissait ligotée à une chaise avec Dunn la menaçant de son arme.

- Ce taré dit que c’est votre histoire mais je vais pas rester là sans rien faire ! Grogna l'agent Avery en se tournant vers Beckett.

- C’est pas mon histoire, c’est celle de Scott et si l’agent Shaw était là, elle dirait la même chose ! S'emporta Beckett.

- Tu sais très bien que c’est un piège ! Dit Castle.

- Et je sais que si j’y vais pas, il la tuera ! Répondit-elle.

- Mais si vous y allez, vous mourrez toutes les deux ! fit Montgomery.

- Il faut qu’on lui tombe dessus avant l’échange, conclut Avery.

Le mail et le matériel du FBI, leur permit de rapidement remonter la piste de Dunn. Ainsi, rapidement, l'agent Avery et son armée d'agents du FBI débarqua au 1756 sur la 48eme avenue.

 Beckett et Castle restèrent en retrait dans le camion d’intervention, tandis qu'Avery et ses hommes se positionnaient de façon à appréhender le suspect lorsqu'il se rendrait au rendez-vous qu'il avait donné à Beckett.

- On a tout faux ! Soupira Castle.

- Comment ça ? Demanda-t-elle.

- Comme dans Star Wars, quand le Faucon Millénium s’échappe de l’étoile de la mort, c’est trop facile! Le petit morceau de fenêtre mal occulté, le message enregistré pile au passage du métro... Il voulait qu’on le trouve. Tu te rappelles comment tout était parfait avec Conrad ? Je sais pas comment il s’est débrouillé mais il n’est pas dans cette immeuble !

- Et tu te fondes sur quoi ?

- Je sais pas comment je le sais, mais en tout cas…

- En tout cas quoi ?

-...

- Castle je te connais depuis assez longtemps pour savoir que tes théories les plus dingue peuvent parfois s’avérer, alors si tu as une bonne raison de penser qu’il n’est pas dans cet immeuble, tu dois me la donner et tout de suite !

- Je le sais parce que, si c’était moi, c’est pas comme ça que je l’écrirais !

- Ca se passerait comment dans ta version ?

- Le tueur nous fait croire qu’on l'a trouvé pour nous attirer ici. Il laisse le FBI entrer dans l’immeuble sauf qu’il n’est pas à l’intérieur.

- Et ou est-il ?

- Il est pas très loin, il est planqué et il observe tout. Il a un plan, il s’est exactement ce qu’il va se passer. Si c’était moi, j’attendrais que toute l’équipe d’intervention soit en position à l’intérieur et je ferais sauter l’immeuble !

- D’où il les observe à ton avis ?

- Hum, je sais pas trop, mais il veut prouver qu’il est plus malin que nous, alors il doit être tout près et hors de porter de l’explosion !

- Castle si c’était toi, tu te serais mis où pour les observer ?

- Quoi qu’il arrive je ne me serais pas mis dans le même bâtiment. Je les aurais observés d’en face !

- Viens ! Lança-t-elle déterminée.

Ils se rendirent dans l'immeuble d'en face, Beckett tendit son arme de secours à Castle.

- Tu veux que je te la tienne pendant que tu refais ton lacet ? S'étonna-t-il.

- Non, je veux que tu sois armé au cas où ! On y va !

Ils avancèrent dans l’immeuble sans bruit. Beckett aperçut l’agent Shaw, bâillonnée  et attachée. Shaw lui fit signe de la tête, pour lui dire que Dunn était à sa gauche.

- Je suis presque triste que tout ça finisse, la nargua Dunn. Vous savez je m’attendais vraiment à mieux de votre part. J’avais tellement entendu parler de l’agent Shaw !

- Il est à la fenêtre, murmura Beckett à Castle. Je vais essayer de l’attirer vers moi, quand je l’aurais éloigné, libère l’agent Shaw et appelle à l’aide... Castle je peux compter que sur toi, alors allons-y !

Castle partit à droite sans bruit. Beckett sortit  de sa planque l’arme braquée sur Dunn.

- Je croyais que c’était après moi que vous en aviez ? Lança-t-elle.

- Nikki, Vous êtes venue ! Se réjouit Dunn.

- Mettez vos mains en évidence ou je vous jure que je vous descends !

Il posa ses jumelles sur une caisse.

- Désolé mais c’est pas comme ça que ça va se passer Nikki. C’est vous qui allez baisser votre arme  immédiatement, sinon je vous jure que je fais exploser les dix kilos de Cyclonite que j’ai placé dans le bâtiment d’en face. Réduisant en poussière l’agent Avery et toute son équipe. Allez-y Nikki, tirez, mais faudra me tuer sur le coup parce qu’autrement j’aurais le temps d’appuyer sur le bouton. Vous voulez vraiment tenter votre chance ?

- Il n’y a plus personne dans le bâtiment. Ils ont fait semblant d’y aller pour que je puisse vous piéger ! Annonça Beckett.

- Vous mentez ! S'énerva Dunn, le doigt sur le détonateur.

- Réfléchissez Scott, pourquoi ils seraient là-bas, si je savais qu’en fait vous étiez ici? Admettez-le, j’ai gagné ! Nikki Hard vous a battu !

- Non ! Hurla-t-il en jetant le détonateur sur elle.

Shaw l'empêcha de récupérer son arme, il s'enfuit, Beckett tira, mais le manqua et partit à sa poursuite. Castle se précipita pour libérer Jordan.

- Où est mon équipe ? Demanda-t-elle.

- Dans l’immeuble dans face, vous savez celui où il y a les dix kilos de Cyclonite ! Répondit Castle en la détachant.

- Elle l’a bluffé?

- Elle l’a profilé ! Répondit fièrement l'écrivain.

- Vous occupez pas de moi, allez l’aider ! Allez-y c’est bon, c’est bon ! Allez-y ! Fit Jordan.

- Scott ! Laissez tomber ! Criait Beckett. Personne n’est obligé de mourir !

Soudain Dunn sortit de sa cachette et lui sauta dessus, elle se défendit, mais Dunn lui arracha l'arme des mains et la jeta à terre.

- C’est comme ça que toutes mes histoires finissent, par la mort de quelqu’un jubila-t-il en pointant son arme vers elle.

- Non ! Hurla Castle en tirant.

L'arme de Dunn lui sauta des mains, il tenta de la récupérer, mais Shaw arriva  à temps pour l'en empêcher. Elle laissa Beckett lui passer les menottes.

- C’est votre affaire alors je vous le laisse !

- C’est pas terminé Nikki ! Menaça Dunn.

- C’est pas Nikki, c’est Kate Beckett ! Vous avez le doit de garder le silence alors je vous conseil de la fermer ! Merci ! Ajouta-t-elle à l'adresse de Shaw.

- Merci à vous ! Répondit celle-ci en emmenant le psychopathe.

- Sacré tir Castle ! Admira Beckett.

-  Et bien pour être honnête, je visais la tête !

Elle sourit et vint se blottir dans ses bras, ce n'était pas très professionnel, mais elle ne pouvait s'en empêcher. Lui seul pouvait calmer les battements de son cœur.

- Il ne t'a pas ménagée, tu vas encore avoir des bleus.

- Castle...

- Oui, je sais.


L'équipe du FBI remballait son matériel, au grand désespoir des gars, qui l'auraient bien gardé un peu plus longtemps.

- Beckett, vous pensez que si vous en toucher un mot au capitaine, il pourrait nous avoir un tableau tactile ? Demanda Ryan.

- Bien sûr et si je m’y prends bien, il pourrait même nous avoir une Bat mobile ! Rit-elle.

- Avec plaisir ! Dit Esposito.

- Ce serait cool ! Ajouta Ryan.

- Notre tableau est largement suffisant ! sourit Beckett.

- Oui pour l’âge de pierre ! Bougonna le latino.

Elle retrouva l'agent Shaw près de son bureau.

-  Agent Shaw !

- Je voulais vous laisser un mot. Scott Dunn est en route pour la prison et je suis sûre qu’il appréciera de passer le reste de ses jours dans un quartier de haute sécurité avec les pires criminels de l’état.

- En tout cas, il aura eu son quart d’heure de gloire. C’est ce qu’il cherchait depuis le début ! Conclut Beckett.

- Ouais, mais c’est pas comme ça qu’il l’avait écrit !

- Grâce à vous, j’ai appris beaucoup de chose dans cette affaire. Je tenais à vous le dire ! sourit la détective.

- Vous savez, c’est vous qui avez fait le plus dur. Entre nous ce qui m’a le plus impressionnée, c’est que vous soyez venue me chercher avec Castle !

- Certaines personnes, pourraient trouver ça stupide !

- Vous avez pris une décision rapide en utilisant les seules ressources dont vous disposiez, donc je dirais que c’est héroïque et quelque part, c’est même poétique. Scott Dunn a fini pas affronter Nikki Hard et si on réfléchit bien, Nikki Hard c’est un mélange entre Beckett et Castle ! Il tient à vous, sourit l'agent Shaw.

- Et je tiens énormément à lui... Mais ne lui dites pas que je vous l'ai dit, il deviendrait insupportable.

L'agent fédéral sourit et la quitta, elle croisa Castle et lui tendit la main.

- Castle merci pour votre aide.  Le lieutenant Beckett a beaucoup de chance d’avoir quelqu’un comme vous dans son équipe !

-  Si vous pouviez lui passer un petit coup de fil de temps en temps pour le lui rappeler !

- Je crois que ça ne sera pas nécessaire, répondit-elle sur le ton de la confidence.

 Il sourit et vint s’asseoir sur sa chaise près du bureau de Beckett, où il déposa un paquet.

- Un cadeau ? Qu’est-ce que c’est ? demanda-t-elle surprise.

- Ouvre-le !

- Oh, la montre de mon père, merci !

- Je t'en prie ! Je l’ai trouvée dans les débris et je l’ai faite réparer ! J’ai une bonne nouvelle !

- Laquelle ?

- L’agent Avery m’a dit comment faire pour se procurer les même 4X4 que le FBI, sans toutes les armes qui vont avec mais j’y ajouterais mes petits gadgets, Dit-il en se levant pour suivre Beckett qui levait les yeux au ciel. Et je ferais marquer «Ecrivain» sur la vitre arrière. Même Esposito et Ryan n’ont pas une voiture aussi pourrie que la tienne. Des fois j’ai honte de faire monter des criminels à l’intérieur et je sais pas comment est ton siège mais le mien me fait un de ces mal de dos…

 ******************

De retour au loft, Castle retrouva sa mère et sa fille, qui mangeaient des plats chinois dans la cuisine.

- Oh Richard ! Tu arrives à temps, j’ai préparé le diner ! Annonça Martha en levant une boite.

- Salut Papa,sourit Alexis.

- Salut !

- Mère, qu’est-ce que tu fais ici ?

- Et bien on mange trésors. Tu sais ce que font toutes les familles deux fois par jours ! Au fait où est Katherine, ne me dis pas qu'elle a changé d'avis.

- Elle avait quelques courses à faire, elle arrivera un peu plus tard. Alors un problème avec Chet ? Demanda-t-il en prenant une bière dans le réfrigérateur.

- Je n’ai jamais dit j’allais vivre enchaînée à cet homme jour et nuit. De plus Martha Rogers est une femme mystérieuse alors afin de préserver ma réputation, je vais devoir partager mon temps en conséquence !

- Comme une double nationalité ! Expliqua Alexis.

- Exactement, chérie ! Et de toute façon ça ne fera qu’améliorer ma relation avec Chet, alors si je suis obligée de prendre quelques repas par semaine ici et de venir y faire toute ma lessive, je vais devoir faire avec. Je n’ai pas vraiment d’autre choix on dirait !

- C’est un bon compromis ! Affirma Alexis.

- Oui !

- J’espère que tu dormiras bien dans les sièges de cinéma que j’ai fait mettre dans ta chambre. Oh t’inquiète pas, ils s’inclinent ! Oh et évite de fourrer ce genre d'idées dans la tête de Beckett, je veux qu'elle vive ici à temps plein!

- Oh, oui !  Acquiesça Martha.

Beckett rentra une heure plus tard, les bras chargés de paquets.

- Et bien! Tu as dévalisé le magasin ou quoi? Constata Castle.

- C'était ça, ou demain, j'allais au boulot nue comme un ver!

- Allons ranger tout ça alors! Je t'ai préparé de la place dans la penderie, annonça-t-il.

- Oh! C'est gentil Castle, vraiment adorable, sourit-elle. Au fait, comme ça sera bientôt ton anniversaire, je t'ai ramené un cadeau.

- Un cadeau!? Sourit-il en attrapant le paquet qu'elle lui tendait. Oh... Un boxer Titi! Euh... Comment dire...

- Attends, ça, c'est un cadeau pour moi! Ton cadeau, tu dois le déballer, expliqua-t-elle en se désignant avec un sourire coquin.

Il sourit à son tour et se jeta sur elle, les propulsant dans le lit dans un éclat de rire.
Il s'empressa de déboutonner la chemise de sa muse, ainsi que son pantalon, qui vola à travers la pièce, et découvrit un petit lapin familier.

- Oh! Bunny! Je pensais bien ne plus jamais te revoir, vieux frère! Dit-il en attrapant le tissu entre ses dents.

Il était tellement content, qu'il ne maîtrisa pas ses gestes et un craquement sinistre coupa l'euphorie du moment.

- Mince! Bunny! Souffla-t-il avec son air de gamin pris en faute.

- T'en fais pas Castle, j'en ai acheté deux douzaines, fit Beckett en éclatant de rire.


Minefuji  (27.02.2014 à 19:18)

Petit avertissement pour vous prévenir que ce chapitre contient un (petit ?) passage coquin (comment ça encore ? Je vais arrêter alors). ^^ Bref, vous savez ce qu’il vous reste à faire. Et, au passage, je vous certifie qu'aucun animal (ni aucune effigie d’un certain petit lapin) n'a été blessé, torturé ou tué durant l'écriture de ce chapitre. 

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Chapitre trente quatre.

Équipée d'un imperméable vert et de lunettes de protection, Alexis explosait des tomates à coups de marteau dans la cuisine, sur une grande cible dessinée au sol sur un plastique blanc.

- Dimension de l’impact initial, 36 cm, nota-t-elle.

- J’peux savoir ce que t’es en train de fabriquer ? Demanda Castle.

- On doit faire un exposé sur les applications concrètes de la science alors j’ai choisi d’étudier la médecine légale et plus particulièrement le phénomène des éclaboussures, expliqua Alexis.

- Oh !

- Un problème ?demanda la rouquine.

- Eh bien ! Jusqu’à présent, tous tes exposés on les faisait ensemble. Tu t’souviens du super volcan ? Et t’as pas oublié le robot péteur ?

- Oh non ! J’suis désolée, papa. J’avais hâte de m’y mettre et comme tu n’étais pas là, j’ai commencé...

- J’peux quand même t’aider à finir, tu vas tomber à court de tomates apparemment, je vais t'en chercher.

- Non... Euh...Attends !

La porte de loft s'ouvrit au même moment et Beckett apparut avec un énorme paquet.

- Voilà! Trois kilos de tomates! Lança-t-elle. Elles étaient invendables, le commerçant me les a données!

- T'es géniale Kate! Sourit Alexis.

- Tu fais tes expériences avec Kate? Dit Castle déçu.

- Oui... Euh... Il y a un problème Castle? Demanda Kate étonnée par la réaction de l’écrivain.

- Non, pas de problème, bougonna Castle.

- Papa, tu peux faire l'expérience avec nous! Fit Alexis, qui connaissait bien son père.

- Quoi? C'est parce que j'aidais Alexis? S'étonna Beckett.

- Non pas du tout...

- Bien sûr que si! Castle, je le sais quand tu me mens, rétorqua la détective.

Le téléphone de Kate sonna, elle décrocha.

- Beckett!

- ....

- Ok, j'arrive!

Elle raccrocha et se tourna vers Alexis.

- Il y a eu un meurtre, il faut que j'y aille, s'excusa Beckett. Je suis désolée Alexis.

- Pas de problème, je vais terminer seule, merci pour les tomates, sourit la jeune fille.

- De rien. Ton père va rester pour t'aider! Annonça Beckett en quittant le loft.

- Quoi? Beckett! L'appela-t-il vainement.

- T'as pas été très cool sur ce coup là, fit remarquer Alexis.

- Tu crois qu'elle m'en veut beaucoup? S’inquiéta Castle.

- J'sais pas... Allez, viens m'aider, dit-elle en explosant une autre tomate. 32 cm, contusion sévère!

*******************

Castle aida Alexis à terminer son expérience, mais il avait l’esprit préoccupé.

- Papa ! Fais attention, j’ai failli t’écraser les doigts !

- Oh ! Désolé !

- Et si tu t’occupais de noter les résultats, tu ne devrais pas te blesser trop gravement avec un stylo.

- Euh… Tu disais ?

- Ça sert à rien de faire semblant, va la rejoindre !

- Pas possible, je n’ai pas l’adresse.

- Alors appelle-la !

- Si elle est fâchée, elle m’en voudra encore plus de la déranger !

- Je suis certaine qu’elle n’est pas fâchée.

- Gina l’était ! Quand je réagissais comme ça, elle ne voulait plus me parler pendant des jours !

- Kate n’est pas Gina !

- Je sais ça, soupira l’écrivain.

- Alors arrête de psychoter et détends-toi !

 

Beckett revint quelques heures plus tard, le loft était plongé dans le noir, chacun de ses habitants étant déjà couché. Elle ouvrit le réfrigérateur où elle trouva un sandwich dans lequel un petit drapeau en forme de cœur était planté.

Elle sourit et s'en saisit. Elle se servit ensuite un verre d'eau et s'installa au bar. Une fois son repas terminé, elle se rendit dans la salle de bain, prit une douche rapide et se changea pour la nuit. Rick dormait profondément, elle se glissa doucement sous les draps, histoire de le pas le réveiller.
Elle sursauta lorsque deux bras puissants l'encerclèrent et la plaquèrent contre le matelas. Les lèvres de Rick s'emparèrent des siennes. Il profita de son ascendant physique sur elle pour approfondir son baiser. Leurs langues se trouvèrent et dansèrent dans un rythme frénétique. Il la déshabilla dans des gestes précipités et brusques, elle glissa ses mains dans les cheveux de son amant, savourant chacune de ses caresses. L'instant d'après, il s'enfonçait en elle dans un râle de plaisir. Leur étreinte fut intense, fougueuse et d'une jouissance fabuleuse.

- Waow... Eh bien Castle! Parvint-elle à articuler difficilement, à bout de souffle.

- J'suis désolé, marmonna-t-il le nez enfoui dans son cou.

- De quoi? Demanda-t-elle en se dégageant de son étreinte.

Rick se redressa à son tour, l'air désolé et ennuyé.

- Qu'est ce qu'il se passe? Insista-t-elle.

- Bah... Euh... Pour tout à l'heure... Tu aidais gentiment Alexis ... Et je l'ai mal pris... Je suis désolé si je t'ai blessée...

- Ah... Ça?! Soupira la détective soulagée! Ça va Castle! Je ne suis pas blessée!

- T'es pas blessée?

- Non!

- Mais... Tu es partie seule sur la scène de crime!

- Castle! Je pensais que tu voulais passer du temps avec Alexis! Tu avais l'air si ennuyé de ne pas avoir pu l'aider à faire son devoir!

- ... C'est... C'est vrai? S'étonna Castle. Tu t'es éclipsée pour que j’aie un moment avec Alexis?

- Oui, je sais que tu as une relation très privilégiée et fusionnelle avec elle, je voulais seulement vous laisser votre moment à vous! Sourit Kate en lui caressant la joue.

- ...

- Castle? Ça va?

- Tu es vraiment quelqu'un d'extraordinaire, dit-il en fondant de nouveau sur ses lèvres.

Il la souleva pour l'aider à s'installer à califourchon sur lui. Elle vint s'empaler sur lui, dans un gémissement de jouissance, s’accrocha à ses épaules et donna le rythme de leur ébat. Ce fut plus lent, plus doux, mais tout aussi jouissif. Elle en eut les larmes aux yeux.

- Ça va? Demanda-t-il alors qu'elle demeurait silencieusement blottie contre lui.

- Mhm.

- Tu pleures?

- Ça va... Ne t’en fais pas.

- Kate, qu'est ce qu'il y a? Paniqua-t-il.

- J'suis heureuse, c'est tout.

- Et tu pleures ?

- Ça m’arrive, parfois...

Il se contenta de la serrer davantage dans ses bras, sans rien dire. Bientôt, il sentit sa respiration ralentir, signe qu'elle s'était endormie.

**************


Le lendemain matin, Kate lui exposa les premières constatations de sa nouvelle affaire devant une tasse de café.

- Écrasé par une gargouille?! Et tu ne m'a pas appelé?!

- Tu étais très occupé! Bref, la victime est Will Médina, conservateur adjoint du muséum d’histoire naturelle de New-York. Il avait un rendez-vous avec un certain CT deux heures avant sa mort dans un immeuble de bureaux. Ryan et Esposito devaient y faire un tour.

- Peut-être qu’on devrait aller faire un petit tour au musée. Un d’ses collègues pourrait savoir pourquoi on lui en voulait au point de lui balancer une gargouille sur la tête, proposa Castle.
- C’est l’raisonnement d’un flic ou d’un gamin qui a envie d‘aller au musée ? Sourit-elle amusée.

- Y a des squelettes de dinosaures !

- Allons-y ! Rit-elle.

**************


- Waouh ! J’adore cet endroit ! S'extasia l'écrivain dans la salle des dinosaures. Quand Alexis était p’tite, on venait ici tous les dimanches. On pouvait y rester pendant des heures. On ne s’ennuyait jamais ! On s’prenait pour des chasseurs en Afrique ou bien des archéologues en Chine.

- Tu sais Castle, parfois j’en arrive presque à oublier que tu es capable de faire preuve d’innocence, sourit Beckett.

- Ouais ! Et c’est un super endroit pour draguer de la poulette…

- … et tu finis toujours pas tout gâcher !

Alors que Beckett recevait les témoignages des collègues de Médina dans la salle de la momie, Castle attrapa un chapeau accroché au mur et s'amusa à jouer les Indiana Jones. Il s’approcha du tombeau du roi maya, le caressa du bout des doigts. Il découvrit un fil, qu'il suivit jusqu'à une télécommande. Il l'actionna, ouvrant ainsi le couvercle du tombeau, qui se souleva.

- Qu’est-ce que vous faites ? S'écria l'employée du musée en rabaissant le couvercle du tombeau. Cette momie a presque mille cinq cents ans ! L’exposer à un environnement dont l’air n’est pas filtré pourrait s’avérer catastrophique.

- J’suis vraiment désolé, je ne voulais pas… Bredouilla Castle.

***************


« Quiconque posera les yeux sur le visage du roi maya, sera terrassé par sa colère», Beckett et les gars avaient profité de cette inscription à l'entrée du tombeau pour s'amuser un peu aux dépens de Castle.

- Vous avez trouvé la p’tite amie ? Demanda Esposito.

- Personne au musée n’a pu nous confirmer qu’il avait bien une petite amie et le deuxième jeu d’empreintes trouvé dans son appartement n’apparaît nulle part dans nos fichiers, soupira Beckett. On n’tombe que sur des impasses dans cette affaire.

- Mmmm ! Vous savez pourquoi ? Demanda Ryan.

- Pourquoi ?

- Parce que Castle est maudit, expliqua Esposito.

- Oahh !

- Tu étais obligée d’en parler ? Râla Castle.

- Oui ! Je leur ai tout dit, confirma Beckett.

- Eh bien ! Vous serez tous ravis d’apprendre que je ne crois pas aux malédictions, fanfaronna l'écrivain.

- Vous êtes sérieux ? Demanda Esposito. Un jour j’ai vu un reportage à la télé. Après avoir découvert la tombe de Toutankhamon, certaines personnes sont mortes dans d’étranges circonstances.

- Il y a une explication pour ça, rétorqua Castle. On a prouvé depuis que c’était à cause des toxines qui avaient été libérées à l’ouverture du sarcophage.

- Tu as bien dit que la momie sentait bizarre? fit Remarquer Beckett.

- Oui, c’est vrai mais ce n’est pas parce que…

- … et vous avez posé les yeux sur le visage de la momie ? Rajouta Ryan.

-  Il n’y a aucune malédiction, d’accord ? Assura Castle en accrochant un papier sur le tableau. Aïe ! Me suis coupé.

- Mmm !

- C’est ça ! C’est la malédiction qui m’a infligé cette coupure?

- Ça commence petit et c’est l’escalade, soupira Ryan.

- Ouais ! Ma grand-mère disait toujours : « La mala suerte viene de tres en tres ». Le malheur arrive toujours par trois, ajouta Esposito.

- Comme avec les célébrités, elles meurent toujours par trois, enfonça Beckett.

- J’ai l’impression d’être au Moyen-âge ici.

Quelques temps après, lorsque Castle voulut s’asseoir sur sa chaise habituelle, celle-ci se brisa sous son poids et il tomba lourdement sur les fesses.

- Ooooh ! Gémit-il.

- Ça va? Demanda Ryan en le regardant se relever en grimaçant et en se tenant les fesses.

- Oui ! Oui, c’était juste une vieille chaise.

- Oui, oui ! Continuez à vous voiler la face ! Dit l'irlandais.

Leur petit plan machiavélique se termina par l'explosion de la machine à café du poste. Les trois comparses trouvèrent Castle accroupi sous un jet de vapeur.

- Qu’est-ce qu'il s’est passé ? Demanda Beckett.

- J’en sais rien, bafouilla Castle. J’voulais simplement me faire un café et la machine a commencé à trembler, et là tout à coup, elle a explosé.

- Ça aurait pu vous tuer, remarqua Ryan.

- Je l’sais ! Acquiesça Castle.

Beckett, Ryan et Esposito se mirent à rire.

- Aaah ! Vraiment très drôle ! D’accord, c’est super marrant ! Et vous m’avez bien eu, ouais !

- Je m’appelle Castle et je ne crois pas aux malédictions, l'imita Esposito.

- Vous avez appelé la brigade de déminage pour la piéger ? Demanda Castle.

- Aucun risque mais beaucoup de bruit, sourit Beckett.

- Et pour la chaise ?

- Oh ! J’ai retiré deux petites vis et j’ai laissé la gravité faire le reste. Bon, je vais ranger mes affaires en rentrer, moi.

- C’n’est pas à moi de nettoyer d’accord ? … Euh c’est moi qui vais nettoyer.


 ***********


- Ahhhh! Tu ne peux pas y aller un peu moins fort? Se plaignit Castle allongé sur le tapis alors que Beckett lui massait le bas du dos.

- Oh allez Castle, un peu de courage, tu te sentiras mieux après.

- Évidemment que j'me sentirai mieux quand tu arrêteras de me torturer!!!

- Ça t'apprendra à toucher à tout! Dit Beckett.

- J’trouve ça vraiment cruel, reprocha Alexis.

- Oh ! Mais j’m’en doutais depuis l’début, affirma Castle. Et j'aurais ma revanche!

- Bien sûr trésor ! fit Martha.

- Mmm ! Il y a certains mystères que la science ne peut pas expliquer. Comme Stonehenge et… le déjà vu, énonça Alexis.

- Certaines malédictions existent comme la pièce écossaise, ajouta Martha.

-Argghhhh!  Rahhh ! C’est reparti! Il n’existe pas plus superstitieux qu’un acteur.

- Ça…

- La pièce écossaise? Demanda Alexis. Quoi ? Tu veux parler de Macbeth ?

- Non, ma chérie ! Son nom ne doit jamais être prononcé.

- Macbeth !

- Non, non ! Protesta Martha en crachant au sol. Quiconque transgressera cette règle, se verra frapper par la poisse. Non ! Je suis très sérieuse. Moi aussi j’étais comme vous. Je n’y croyais pas à l’époque. Alors ça m’a échappé pendant un cours de théâtre au lycée. Eh bien, pendant les deux jours qui ont suivi, tout est allé de travers. Lady Macbeth s’est tordu la cheville, les trois sorcières ont attrapé une pneumonie. Alors le metteur en scène est venu me voir et m’a dit quoi faire. J’ai du courir un certain temps autour du théâtre dans le sens des aiguilles d’une montre et frapper à la porte jusqu’à ce qu’on m’ouvre.

- Voilà! C'est fini! Comment tu te sens? Demanda Beckett.

- Wow! Fit Castle en se relevant, j'ai plus mal! Comment tu fais?

- Kick Boxing, il fallait bien que je répare mes adversaires, sinon je ne pouvais plus m'entraîner!

- Tu leur diras désormais de se trouver un Ostéopathe, pas question que tu tripotes les fesses d'un autre!

- Le bas du dos!

- Ouais, bah c'est trop près des fesses, bougonna-t-il.

- Il n'y a qu'une seule paire de fesses dont je veux m'occuper Castle, sourit-elle en l'embrassant.

- Hé! Vous savez qu'on est toujours là? Demanda Alexis.

- Vous avez une chambre pour ça! Ajouta Martha.

- Ne vous inquiétez pas, il ne se passera rien, sourit Beckett, Castle est maudit!

- Hé! Oh!


Minefuji  (28.02.2014 à 17:48)

Attention, ce chapitre contient un  passage que les plus jeunes ne devraient pas lire. Vous savez ce qu’il vous reste à faire. En outre, je vous certifie qu'aucun animal (ni aucune effigie d’un certain petit lapin) n'a été blessé, bla bla bla… durant l'écriture de ce chapitre. 

Chapitre trente cinq.

Le lendemain, ils poursuivirent leur enquête et, suivant la piste du trafic de drogue, allèrent appréhender un suspect.

- Allez, on y va Castle!

- J’peux conduire ?

- Tu plaisantes ou quoi ? Tu es maudit!

 Devant l'entrepôt où ils pensaient trouver le suspect, ils firent une dernière mise au point avant l'assaut.

- J’ai posté deux hommes à l’arrière au cas où notre Gus essaierait de s’échapper, annonça Esposito.

- Castle, tu es sûr de vouloir venir ? Avec cette histoire de malédiction, ça peut être dangereux, demanda Beckett moqueuse.

- Ca va aller ! Merci, grogna l’écrivain.

- D’accord. Prêts ?

Ils entrèrent.

-  Police de New-York !

- Norton Grimes, police ! Montrez-moi vos mains, ordonna Beckett.

Ils n'eurent pour toute réponse que les grognements d’un chien.

- Gentil le chien ! Fit Castle. Gentil ! Aïe ! Ah, il m’a eu !

- Castle, courez ! Hurla Ryan.

L'écrivain sortit en courant poursuivi par un chien et monta sur le toit de la voiture, le pantalon arraché.

- Non ! Non ! Gentil le chien ! Gentil ! Descends ! D’accord ! Du calme ! Calme-toi ! Allez, couché ! Chut !

*****************


- J’aurais pu me faire tuer ! Gémissait Castle, de retour au poste.

- Mais tu es vivant. Ecoute, à force d’enfoncer des portes, il y a forcément un moment un jour où on tombe sur un chien, répliqua Beckett amusée.

- Oui, mais ce n’est pas arrivé n’importe quel jour. C’est arrivé le lendemain de ma petite rencontre avec la momie, fit-il remarquer.

- C’est vrai, je reconnais que le timing est un peu troublant mais je te promets qu’il n’y a aucune malédiction, sourit-elle en décrochant son portable qui sonnait. Beckett... Salut... C’est Lanie... Une seconde... D’accord. Et ça veut dire quoi ?

- Quoi? Demanda Castle alors que Beckett jetait un œil vers lui.

- T’en es sûre? Demanda Beckett sans prêter attention à Castle.

- Quoi?

- Merci.

- Quoi? Elle a dit quoi?

- Rien.

- Non, non ! Ce n’était pas rien ça !

- D’accord ! Très bien ! Le labo a identifié la substance sur la gargouille. C’est un mélange de nitrate de sodium, d’oxyde de fer, de fibres de chanvre décomposées et de tissus humains anciens.

- Tu as dit quoi en dernier ?

- Tissus humains anciens.

- Du tissu momifié. Comme de la peau de momie.

- Ça veut dire qu’à un moment ou à un autre, notre tueur s’est retrouvé en contact avec la momie. Ce qui a provoqué le transfert de la substance sur ses vêtements. Tout ça, avant d’aller tuer Medina, expliqua Beckett.

- Il y a une autre possibilité. La momie est sortie de sa tombe et elle me cherche partout dans New-York pour se venger. Je plaisante… ajouta-t-il devant le regard se Beckett. En quelque sorte...

- J’pense à un truc. Si Medina passait effectivement de la cocaïne pour Grimes dans les sarcophages, alors Grimes a très bien pu être exposé à la substance quand il est venu récupérer la drogue, dit-elle.

Une policière passa derrière Castle en sifflant. Il réajusta le pan de son pantalon gêné.

 - Ça te dérange de continuer toute seule sur ce coup-là, le temps que j’aille changer de pantalon?

- Ca ira. Ne t'en fais pas. Hé! Castle ? Fais gaffe à la momie.

- Hilarant! Tu ne perds rien pour attendre! Bougonna-t-il en cachant la fesse qu’elle reluquait sans gêne.

******************


- Le chien, c’était la cerise sur la gâteau, riait Esposito non loin de là.

- Ouais, c’était un genre de petit bonus, ajouta Ryan.

-  On ne plaisante pas avec une malédiction, avertit Montgomery. On ne fait pas les marioles. Vous vous imaginez les problèmes que j’aurais eus si Castle s’était fait croquer ?

- Capitaine, ne me dites pas que vous croyez à ces histoires ?

- Je vais vous donner un conseil d’ami. O n’doit jamais faire les malins avec les choses que l’on ne comprend pas. Ma première année à la Criminelle. D’accord ? Mon équipier balance un suspect à travers la vitre d’un p’tit tabac. La proprio est furax. Elle sort en hurlant et elle menace de nous j’ter un sort si on ne répare pas nous-mêmes ce qu’on a cassé. Et on lui répond direct : adressez-vous à la mairie. Mon équipier est mort deux heures plus tard. Crise cardiaque.

- Vous croyez qu’c’était à cause du sort ?

- Non, ce type mangeait du bacon à chaque repas. Ça devait arriver ! Mais, le lendemain matin, j’y suis allé, j’ai réparé la vitre. Vous savez pourquoi ?

- Parce qu’on n’doit jamais faire les malins avec des choses qu’on n’comprend pas, répondirent les gars de concert.

- Bien. Gardez ça bien en tête.

****************

Après avoir vérifié l’intégrité de son fessier et changé de pantalon, Castle s’installa à son bureau en réfléchissant à la fragilité de la vie humaine. Cette histoire de malédiction l’inquiétait. Que deviendrait sa fille chérie s’il lui arrivait quelque chose ? Il était en pleine réflexion, lorsque sa mère arriva près de lui.

- Trésor ! Qu’est-ce que tu fais à la maison ?

- J’affronte ma mort. Toute cette histoire de malédiction m’a fait réfléchir. Alors si jamais il m’arrivait quelque chose, tu veillerais sur Alexis, n’est-ce pas ?

- Bien sûr, chéri !

- Mieux que la façon dont tu as veillé sur moi ?

- J’t’en prie ! Je trouve que tu t’en es très bien sorti. Ecoute, cette malédiction n’a aucune chance d’être réelle. D’accord ! Enfin presqu’aucune. Et tu le sais parfaitement.

- Peut-être. Mais pour quel genre de père je passerais si je ne mettais pas toutes les chances de mon côté pour rester en vie encore longtemps ?

-  Eh bien dans ce cas, on a plus qu’à se débrouiller pour trouver un moyen de rompre le sort. Comme quand j’ai du courir autour du théâtre dans le sens des aiguilles d’une montre. Et à mon avis, au musée, ils savent comment faire.

- Tu fais preuve de plus en plus de sagesse avec l’âge.

- Oh ! Tu n’perds rien pour attendre. Ingrat.

 

Fort de ce conseil, il se précipita au musée, espérant y trouver la solution à son épineux problème de malédiction. Malheureusement, personne ne fut en mesure de lui dire comment rompre le sort. Il y fut bientôt rejoint par Beckett et les gars, qui venaient faire des relevés sur la momie.

- Castle, qu’est-ce que tu fais ici ? Demanda Beckett en arrivant au musée.

- Rien du tout. Je t'attendais.

-  Lieutenant ? Vous aussi vous êtes là pour savoir comment on peut rompre un sort?

- Non ! Je suis là pour faire la connaissance d’une momie, répondit-elle en souriant devant l’air gêné de son écrivain.

- Vous êtes toujours maudit, c’est ça ? Demanda Ryan.

- Dites-vous qu’si vous mourez, les ventes de vos bouquins vont exploser, fit remarquer Esposito.

- Génial ! Et à part ça, je peux savoir de quelle momie Beckett parlait ?

- Celle que Medina essayait de vendre selon Grimes.

- Je veux tout savoir. Dans les moindres détails.

- Avant d’enterrer leurs morts, commença Ryan, certaines cultures les embaum…

- Non, non ! Le chapitre de la momie.

Malgré leurs réticences, les employés du musée consentirent à ouvrir le sarcophage afin que Beckett y fasse un relevé pour la scientifique.

- C’n’est pas vrai ! Elle est plus là ! S'étonna le Dr Raynes.

- Je n’dis pas que je crois à la malédiction, mais elle est où la momie ? Demanda Castle affolé.


La Scientifique procéda à des tests sur tous les sarcophages sans trouver aucune trace de drogue. Et la seule momie qui manquait à l’appel était l’esclave numéro six.

- Si ce n’est pas une histoire de drogue, pourquoi cette momie a disparu ? Demanda Beckett.

- Peut-être que Grimes disait vrai et que Medina a vraiment essayé de la vendre, suggéra Castle.

- Et comme Grimes n’en voulait plus, il l’aurait vendue à quelqu’un d’autre ?

- Sauf qu’un employé du musée jure l’avoir vue dans le sarcophage le lendemain de la mort de Medina, assura Esposito.

- Alors il n’y a qu’une seule explication.

- Pitié ! Ne me dis pas qu’elle te cherche partout dans les rues de New-York pour se venger.

- Oh ! En tout cas, je t'aurais prévenue.

- Cet endroit est gigantesque. Il y a plus de 30 millions d’objets entreposés en bas, remarqua Ryan. La brigade canine va arriver mais j’pense qu’on a autant de chance de trouver cette momie que de trouver l’arche perdue.

- Si elle est toujours dans l’musée, soupira Castle.

- Demandez à la Scientifique d’examiner le sarcophage et d’y relever toutes les empreintes. La personne qui a volé cette momie a forcément laissé des traces, dit Beckett.

- C’est une catastrophe ! Une publicité désastreuse ! Il ne faut surtout pas que la presse entende parler de ça, dit Ruppert Bentley.

- Je te parie dix dollars que c’est lui qui appellera les journalistes dès qu’on sera partis, lança Castle. Tu crois qu’il aurait pu organiser tout ça uniquement pour faire un gros coup de pub autour de l’expo ?

- Comme commettre un meurtre pour vendre plus d’entrées ? Non ! On n’est pas dans Scooby-Doo et je ne suis pas Vera, contra Beckett.

- Vera ? Tu rigoles. Toi, tu es Daphné. Sexy, futée mais pas trop intello avec une  mini-jupe et des jambes interminables.

-  Stop.

- Oui.

- Tout de suite.

- D’accord.

*********************


Alors que Castle répondait à un appel de sa mère, dans l'ascenseur du commissariat, celui-ci eut quelques avaries, qui lui causèrent une belle frayeur.

- Non, il ne sait pas comment faire pour rompre le sort mais ne t’en fais pas, ça va. Je n’suis plus inquiet. C’est vrai que j’ai un peu paniqué mais comme tu l’as si bien dit tout à l’heure, il n’y a presque aucune chance pour que cette malédiction aboutisse.

L’ascenseur s’arrêta brusquement.

- Oh ! C’est bizarre, l’ascenseur vient de se bloquer. Mère ? Demanda-t-il alors que la communication venait d'être interrompue. D’accord. Aucune raison de paniquer... Enfin ! Un peu quand même... Y’a quelqu’un ?... Je ne suis pas maudit. Il n’y a aucune malédiction. Ca n’existe pas les malédictions... D’accord ! Je fais quoi si l’ascenseur tombe ? Ah oui ! Je pense qu’il faut sauter, j’ai vu ça dans un reportage. Non ! Il faut se mettre à plat ventre!

- Castle !? Qu’est-ce que tu fais ? Demanda Beckett en le découvrant couché sur le ventre quand les portes s'ouvrirent,

- C’était bloqué. La lumière… C’était tout noir et le truc il a fait… Et après l’machin il bougeait comme ça ! Et ensuite j’ai cru que l’ascenseur allait tomber. J’espère que c’est pas toi parce que ce n’est pas drôle! Bafouilla-t-il en sortant.

- Non, c’est pas moi!  Je ne suis pas aussi cruelle. L’ascenseur est plus tout jeune. Demandez à la maintenance de s’en occuper et que personne ne l’utilise pour l’moment. Ca va, Castle ?

- Oui. Non. Si. J’ferais peut-être mieux d’aller me passer un peu d’eau sur le visage avant… d’aller vomir... J'peux avoir un câlin?

Elle sourit et l'enserra tendrement dans ses bras.

- Castle! N'en profite pas! Dit-elle alors que la main de l'écrivain descendait vers le bas de son dos.

- Dis, s'il devait m’arriver quelque chose... Promets-moi de veiller sur Alexis. Elle a beaucoup de respect pour toi et si un de ses p’tits copains dérape, tu pourras le buter.

- Arrête, il ne va rien t'arriver.

- Mais si jamais c’était le cas ?

- D’accord.

- Il faudra aussi te débarrasser de ma collection de pornos dans l’placard avant qu’elle la trouve.

- Vous n’inquiétez pas Castle ! Je m’dévouerai pour ça, sourit Esposito en arrivant près d'eux.


 Une fois l'enquête bouclée, Beckett persuada leur premier suspect, monsieur Cawa Te de coopérer en disant à Castle comment rompre le sort. Ainsi, après avoir fait pipi sur ses mains en tournant sur lui-même à cloche-pied et les avoir laissées sécher à l’air libre avant de les laver. Castle rentra au loft tout guilleret.


- Toi, t’as l’air de bonne humeur, constata Alexis qui tenait des tomates.

- Ca y est, c’est officiel, je n’suis plus maudit.

- Et comment t’as fait ça ?

- T’as pas intérêt à savoir. Mais je n’ai pas arrêté de tenter le diable en rentrant.

- T’as traversé au rouge ?

- Oui et je suis passé sous une échelle. Bien, que fais-tu subir à ces pauvres tomates, cette fois ? Tu les taillades ou tu les poignardes ?

- Je les coupe pour faire une salade. Tu m’aides ? Proposa-t-elle en lui tendant son couteau.

- Avec plaisir.

- J’pensais à un truc. Ca t’dirait qu’on fasse une petite visite au musée ce week-end? Ca fait longtemps.

- Heu ! Ouais ! C’est pas mal aussi le zoo.

- Va pour le zoo.

- Merci.

Il commença à trancher une tomate et se coupa.

- Quelle est la différence entre maudit et maladroit ?

- J’t’apporte un pansement.

- Prends-en deux.

Beckett rentra peu après.

- Salut vous deux !

- Salut Kate ! Tu vas être ravie d’apprendre que papa n’est plus maudit, annonça Alexis.

La détective jeta un regard vers son amant en grimaçant.

- En tout cas ça marche ! assura-t-il en dressant la table.

- Oh, mais je n’en doute pas !

- Merci pour ton aide, dit-il en l’embrassant tendrement.

- Always, sourit-elle. En tout cas, j’espère que ça te servira de leçon et que tu arrêteras de toucher à tout !

- Oh ça devrait le calmer ! fit Alexis. Pendant au moins deux semaines !

- Hé ! Oh ! S’offusqua-t-il.

- Ose dire le contraire! Menaça la rouquine. Tu as oublié la fois où tu as plongé la dinde dans la friteuse ! Ça ne t’a pas empêché de faire un barbecue dans le salon un mois après !

- Il a fait ça ? S’étonna Kate en écarquillant les yeux.

- Le chef des pompiers l’a sermonné pendant une heure et l’a obligé à suivre les interventions de sa caserne pendant trois mois !

- Ouais c’était super cool ! Je me suis servi de lui comme modèle pour un de mes personnages d’ailleurs ! Jubila l’écrivain à l’évocation de ce souvenir. J’ai même eu le droit d’allumer la sirène !

- Me regarde pas comme ça ! Je ne te laisserai quand même pas allumer ma sirène pour aller plus vite dans les embouteillages ! répondit Kate à son regard réprobateur.

Ils dînèrent tous les trois et passèrent ensuite la soirée tous les trois à discuter devant un DVD, avant d'aller se coucher.

******************


- Tu sais, c'est très gentil à toi d'accepter de t'occuper d'Alexis s'il m'arrivait malheur, dit Castle en sortant de la salle de bain.

- Mais tu n'es plus maudit, Castle, donc ça va aller, sourit-elle.

- Oui, ça va aller, fit-il en la prenant dans ses bras. D'ailleurs, mademoiselle, à ce propos, il va falloir que je me venge...

- Tu n'arriveras pas à me faire croire que je suis maudite, Castle.

- Alors tu vas devoir te faire pardonner...

- Oh,,, pour ça, je devrais pouvoir me débrouiller, sourit-elle d'un air coquin en posant ses mains sur les fesses de Rick.

- Ah oui? Ça va pas être facile...

- ¨Pourquoi ? T’as encore mal ? C’est vrai qu’il ne t’a pas loupé ce chien. Tu as des marques ? Fais voir !

- Nan ! J’ai pas de marque !

- Ça aurait dommage qu’un si joli fessier soit abimé, sourit-elle, en l’empaumant.

- Tu ne m’auras pas si facilement ! Dit fièrement l’écrivain.

- C’n’est pas ce que me dit une certaine partie de ton anatomie, sourit-elle en faisant glisser son caleçon.

- Un peu de calme soldat ! L’ennemie essaie de nous déstabiliser, dit l’écrivain en baissant la tête.

- Pas la peine de résister Castle, tu es déjà à ma merci, annonça-t-elle en s’agenouillant devant lui.

Elle lui jeta un regard coquin, puis écarta les lèvres, pour le prendre délicatement en bouche.

- Trahi par son meilleur soldat, bredouilla-t-il en glissant ses mains dans les cheveux de sa petite amie.

Fière d’elle et de ses caresses, elle le fit basculer sur le lit et vint s’installer sur lui, en déposant des baisers brûlants sur chaque parcelle de son ventre et de son torse. Il vint poser ses mains sur les fesses de sa petite amie, agrippant l’élastique de sa culotte.

- Attends! Dit-elle en repoussant ses mains.

- Qu'est ce qu'il y a?

- Tu n'es peut être plus maudit, mais Bunny l'est à coup sûr! Expliqua-t-elle en enlevant sa culotte.

- Tu crois que je dois lui faire pipi dessus et le faire tourner autour de mon doigt pour le faire sécher?

- Arghh! Castle! Tu as le chic pour casser l'ambiance! Frissonna Beckett.

- Désolé.


Minefuji  (01.03.2014 à 20:47)

Chapitre trente-six.

Castle avait été invité dans une émission de télévision afin de faire la promotion de son livre. Il avait réalisé l'exercice avec facilité, se sentant comme un poisson dans l'eau dès que des caméras se trouvaient aux alentours.

Malheureusement, le présentateur mourut peu après l'émission. Convaincu qu'il s'agissait là d'un meurtre, Castle avait réussi à convaincre Beckett de demander à Lanie de rechercher des preuves de l'assassinat contre cash, séance de SPA et massage.
Il s'avéra qu'il s'agissait bien d'un meurtre et l'enquête fut lancée.

Dans le même temps, Castle reçut un appel de l'actrice qui avait également participé à l'émission, ce qui agaça Beckett. Elle ne se gêna d'ailleurs pas pour lui en faire part, lorsque l'écrivain lui demanda comment elle avait trouvé sa prestation télévisée.

- Alors? Comment tu m'as trouvé?

- Finalement la télé ça grossit beaucoup... ton égo...  Grimaça la détective.

- N'importe quoi!

- Et c'était quoi tout ce cinéma avec Élie Monroe? Attaqua-t-elle sans préambule.

- Quel cinéma? Elle admire mon travail! rétorqua l'écrivain.

- Et elle avait besoin de t'inviter au restaurant pour te le dire?

- Bobby Mann est mort! Elle est bouleversée!

- Oui et elle veut que tu la bouleverses! Fit Beckett sarcastique.

- Wah! Tu es jalouse!

- Évidemment que je suis jalouse! Tu es mon petit ami!

- Mais je n'ai pas le droit de le dire à la télé! S'offusqua l'écrivain. J'étais bien obligé de dire que j'étais célibataire!

- Et tu pouvais aussi décliner son invitation!

- Euh...

- Tu vois? Tu pourrais réfléchir avant de parler de temps en temps!

- Mais si  les journalistes me voient aller au restaurant avec elle, ils ne me harcèleront plus pour savoir qui est ma petite amie! expliqua-t-il fièrement.

- Ah parce qu'ils te harcèlent maintenant?

- ... Non... Mais... Arrghhhh! Tu sais que tu es compliquée!

- Moi compliquée? Je ne vois pas ce qu'il y a de compliqué à vouloir être la seule, rétorqua Beckett.

- Arrête! Il ne va rien se passer! Fit-il en levant les yeux au ciel.

- N'en soit pas si sûr! Elle est prête à tout pour avoir le rôle de Nikki Hard, dit-elle insidieusement.

- Ah parce qu'elle m'invite pour me soudoyer?

- Oui, pour quoi d'autre?

- Parce que je suis séduisant!

- Ah tu vois qu'elle veut te mettre le grappin dessus! Répliqua Beckett victorieuse.

- ARRRGGHHHH! Mais tu vas arrêter tes trucs Jedi avec moi!

- Avoue que ça flatte ton égo! Ça fait trop longtemps que tu es avec moi? T'en as assez?

- Absolument pas! Et ce n'est pas parce que je vais dîner avec Élie Monroe que je vais te tromper!

- Je le sais bien!

- Alors? Où est le problème?

- Il n'y a pas de problème, soupira-t-elle. Va à ton rendez-vous.

- Hé! Si ça te dérange autant je n'y vais pas!

- Non... Je... Vas-y!

- Tu es sûre?

- Oui, je suis sûre, dit-elle en réajustant sa cravate.

- Kate... s'inquiéta-t-il devant sa frimousse déconfite.

- Il faut que j'y aille, dit-elle en regardant sa montre.

- Quoi? Où ça? ... Kate!

Le bruit de la porte qui claque fut la seule réponse qu'il reçut.


*****************


- Ah! Tiens, il y avait longtemps que tu n'étais pas venue faire les cent pas devant moi, ricana Lanie en voyant débarquer son amie.

- ...

- Alors qu'est ce qu'il se passe?

- Rien... Enfin... Il faut juste que je me change les idées ce soir! bougonna Beckett.

- Et pourquoi tu dois te changer les idées? Soupira Lanie. D'habitude on se prévoit nos soirées entre copines plusieurs jours à l'avance! Là, c'est un peu tard pour réserver le SPA!

- On peut bien se faire une petite soirée à l'improviste de temps en temps, non?

- Là, tu m'inquiètes! Qu'est ce qu'a fait Castle?

- Comment tu sais que c'est Castle?

- C'est toujours Castle !

- Il a rendez-vous au restaurant!... Avec Élie Monroe, souffla la détective en se laissant tomber dans la montagne de coussins posés sur le canapé de son amie.

- Oh! ... Je vois!

- Pourquoi est ce qu'il fait ça? Je ne lui suffis plus? Interrogea la détective, visiblement très nerveuse.

- Ça fait un an que vous êtes ensemble et il y a toujours autant de tension sexuelle entre vous, alors je ne pense pas qu'il veuille te tromper.

- Je sais, c'est pas lui, qui m'inquiète. C'est elle! Elle a l'air de vouloir le rôle de Nikki Hard.

- Je croyais qu'ils avaient pensé à Stana Katic.

- Elle a obtenu un des rôles principaux dans une série policière, elle n'est pas disponible.

- Pourquoi tu ne lui as pas dit que ça t'ennuyait?

- Parce que je ne veux pas être le genre de petite amie qui dit à son copain ce qu'il a le droit de faire ou non! C'était à lui de refuser tout seul! Mais non, monsieur aime bien avoir les femmes qui lui courent après!

- C'que tu peux être compliquée! Soupira Lanie.


**************


Pendant ce temps, le rendez-vous de Castle était venu le chercher au loft.

- Surprise ! Lança Élie Monroe en montrant une bouteille de champagne.

-  Euuh, vous, qu’, qu’, qu’est-ce … ce n’est pas au restaurant qu’on avait rendez-vous?

- Je sais mais c’est tellement plus romantique comme ça. Vous moi, quelques huîtres!

- Oh vous avez des huitres dans votre sac !

- Faisons-nous plaisir. J’ai aussi des fraises nappé de chocolat ! Dit-elle en entrant dans l’appartement et s’avançant vers la cuisine en se déhanchant.

- Euh... Euh, je, je… croyais que vous étiez anéantie par la mort de Bobby Mann! S'étonna-t-il en fermant la porte résigné.

- Je le suis! Et c'est pour ça que j'ai envie de me sentir en vie! Oh! Rick! Un homme tel que vous, avec une telle empathie, doit comprendre ça!

- Euh...

- Alors! J'aurais bien besoin du réconfort de vos bras, minauda-t-elle en s'approchant de lui.

Il recula nerveusement.

 - Il vaudrait mieux mettre le dessert au frais, avant qu'il ne fonde! Dit-il en s'esquivant.

- Il y a autre chose que j'ai bien envie de faire fondre, répondit-elle en se jetant sur lui, déclenchant la touche d'appel du téléphone de l'écrivain par inadvertance.

- Ah, ah, oh, là ! Oh, là ! Mais qu’est-ce que… ! Et si nous parlions juste une seconde ! De Bobby Mann, par exemple...

- Sa mort était une tragédie! Célébrons la vie! S'écria-t-elle en s'emparant de ses lèvres.


*****************


- Allons, ma belle, crois-moi, il faut te détendre, sinon, c'est l'ulcère assuré! Conseilla Lanie.

- Oui, tu as raison...

 Le téléphone de Kate sonna au même instant.

- C'est Castle! Dit-elle tout sourire en apercevant la photo qui venait de s'afficher sur son appareil. Hé Castle! Ça va?

 - Qu’est-ce que vous faites ? Ohhhh ! Oh, oh, non, non, ne fait pas ça, non !

Il y eut un bruit de vaisselle qui casse.

- Castle ? Appela Beckett.

-  Ohhh!

La communication coupa.

- Mais !

La détective attrapa sa veste et se précipita hors de l'appartement de sa meilleure amie.

- Kate! Qu'est ce qu'il se passe? Hurla Lanie en suivant son amie.

Et soudain, il y eut un grand fracas.


******************


- Alors le personnage de Di Caprio a vraiment tué sa femme? Demanda Alexis à Martha alors qu'elles s'approchaient de la porte du loft.

- Ne me demande pas ça à moi, je ne suis pas sûre d'avoir vraiment compris le film! D'ailleurs je crois que j'ai dormi pendant vingt bonnes minutes, répondit Martha en ouvrant la porte du loft.

Elles se figèrent en découvrant Castle chemise ouverte qui se protégeait des assauts d'Élie Monroe en essayant de grimper sur le bar.

- Papa?!

- Richard!

L'intervention des deux rouquines eut pour effet de faire fuir Élie Monroe.

- Merci! Vous m'avez sauvé la vie! Souffla Castle en descendant du bar.

- Mais enfin, Richard, qu'est ce qu'il t'a pris? Je croyais que tu étais bien avec Katherine!?

- Et je pensais qu'Elie Monroe avait seulement besoin de parler! Protesta Castle. Tu penses bien que je ne ferais pas ça à Beckett!

- Tu as eu de la chance que nous soyons arrivées, tu imagines si ça avait été Katherine?

- D'ailleurs, où est-elle? Demanda Alexis.

Le téléphone de Castle sonna.

- Ah bah tiens! C'est elle! Kate!

- ...

- Lanie? S’étonna-t-il... Qu'est ce qu'il se passe?

- ...

- À l'hôpital?! J'arrive tout de suite.

Il raccrocha et attrapa sa veste.

- Richard, qu'est ce qu'il se passe? Demanda Martha.

- Je ne sais pas, apparemment Kate s'est blessée! Elle est à l'hôpital!

- On vient avec toi!


*************


Ils retrouvèrent Lanie, qui les accueillit dans le hall des urgences.

- Qu'est ce qu'elle a?! Comment elle va? Où est-elle?! S'affola Castle.

- Du calme, Castle! Elle va bien! Le rassura Lanie.

- Bien?! Pourquoi elle est à l'hôpital, alors?

- Elle est tombée.

- Tombée?

- Tu l'as appelée et je ne sais pas pourquoi, mais elle est partie de chez moi comme une furie. Elle a trébuché à cause de ses talons et est tombée dans l'escalier.

- Elle est tombée dans l'escalier?!

- Ça va, assura Lanie, ils lui font des radios de contrôle, mais apparemment ça va, elle s'est fait une entorse et son égo en a pris un coup, mais ça va.

- Tu dis que je l'ai appelée?! S'étonna l'écrivain.

- Ton téléphone a dû se déclencher tout seul, suggéra Martha sur un ton de reproche.

- Oh Bon sang! Paniqua Castle à l'idée de ce que Kate aurait pu avoir entendu.

- Vous êtes là pour mademoiselle Beckett? Demanda un médecin en arrivant près d'eux.

- Comment va-t-elle?

- Une belle entorse et une blessure d'orgueil, mais à part ça, ça va. On va tout de même la garder en observation cette nuit, à cause du choc à la tête.

- On peut la voir?

- Bien sûr!  Elle est dans un box. Je vous y emmène.

- On va t'attendre ici, annonça Martha, je crois que vous avez besoin de parler.

- Merci.


Il arriva dans le box et la trouva allongée sur son côté, légèrement recroquevillée sur elle même. Il fit le tour du lit et vint s'asseoir sur la chaise qui jouxtait son lit.

- Hey! Murmura-t-il.

- ...

- Je ne sais pas ce que tu as entendu, mais je t'assure qu'il ne s'est rien passé!

- ...

- Tu avais raison, elle voulait me sauter dessus, mais je t'assure que j'ai tout fait pour lui échapper et qu'il ne s'est absolument rien passé!

- ...

- Oh je t'en prie, réponds-moi! J'ai compris la leçon! Je te promets que je t'écouterai dorénavant!

Sans dire un mot, elle désigna la poche de l'écrivain.

- Quoi? Mon calepin? Tu veux que je mette ma promesse par écrit? Tu es un requin en affaire! Remarqua-t-il en sortant son carnet et son stylo.

Elle les attrapa et griffonna quelques mots, puis les lui rendit. Castle la regarda d'un air étonné, puis lut le message.

- " Je me suis fait une grosse coupure dans la bouche, j'ai un mal de chien à parler, alors arrête de flipper, je ne suis pas fâchée." ... Sérieux?

Elle acquiesça de la tête.

- Oh ma pauvre! Je te plains de tout cœur! ... Mais alors, je vais avoir la paix royale pendant quelques jours! La femme parfaite! Aaoutch! Tu peux toujours cogner! Message reçu!

Elle grimaça sous la douleur.

- Ne bouge pas, t'as quand même fait une sacrée chute! Dit-il en caressant doucement son front. Waow! T'as une de ces bosses! Digne de Bugs Bunny!

Ses yeux se fermèrent à plusieurs reprises.

- Les médicaments t'assomment. Dors, ne t'en fais pas, je reste là, sourit-il en déposant un baiser sur son front.

Elle sourit et se laissa doucement glisser dans les bras de Morphée.



               Une furieuse envie de faire pipi la réveilla plusieurs heures plus tard. Elle jeta un regard vers Castle, qui dormait à poings fermés dans le fauteuil défoncé que les infirmières lui avaient dégoté.
Elle se leva et se dirigea en sautillant tant bien que mal vers la lumière qui provenait de l'extérieur du box. Elle passa la tête à l'extérieur, aperçut le symbole indiquant les toilettes, resserra la blouse d'hôpital qu'elle portait et reprit son sautillement. Lorsqu'elle eut terminé sa petite affaire, elle se lava les mains et s'observa dans le miroir. Mise à part l'énorme bosse qui trônait sur la gauche de son front, elle s'en tirait plutôt bien. Aucune marque sur le visage, un début d'hématome sur l'épaule qui avait percuté le mur, mais qui se cacherait facilement sous un tee-shirt...
Elle reprit le chemin de son box à cloche-pied et tomba nez à nez avec Rick.

- Tu aurais dû me réveiller!

- ...

- C'est vrai, tu ne parles plus...

Il la prit dans ses bras et la porta jusqu'à son lit. Elle resserra son étreinte, l'empêchant de la lâcher.

- En tout cas, tu sais parfaitement te faire comprendre, sourit-il en prenant place à ses côtés dans le lit.

Quelques heures plus tard, Kate sortit de l'hôpital avec deux semaines d'arrêt de travail. Martha et Alexis les avaient accueillis dans un vacarme digne d’un poulailler. Elles avaient préparé un petit festin et les invitèrent rapidement à passer à table.

- Ne t’en fais pas, Kate, on a préparé que des aliments faciles à avaler, rassura Alexis.

- Ce n’était pas la peine de vous priver pour moi, répondit Kate, j’aurais pu être la seule à manger de la soupe.

 - Oh ! Vous parlez Trésor ?! S’étonna Martha.

- Un peu…

- Oui, et bien ne présume pas de tes forces ! Lui reprocha Rick en l’aidant à s’installer à table.

Le repas se passa agréablement, jusqu’à ce que plusieurs bâillements de la détective ne trahissent son état de fatigue et que Rick ne l’oblige à faire la sieste.

 








Minefuji  (02.03.2014 à 18:03)

Chapitre trente sept

Cela faisait dix jours, que Kate avait fait sa chute dans les escaliers, Martha était sortie rejoindre Chet, Alexis était en cours et Rick était allé rendre visite aux gars et au capitaine au poste. Beckett se retrouvait donc seule au loft, non pas que tout le monde l'ait abandonnée, Martha et Rick seraient volontiers restés avec elle! Mais elle avait lourdement insisté pour qu'ils sortent et vaquent à leurs activités. Elle n'en pouvait plus de les avoir constamment autour d'elle, prévenant le moindre de ses désirs.
Elle passa donc une bonne partie de sa journée à ruminer sa situation, elle était une femme d'action, elle avait besoin que ça bouge, aussi se retrouver coincée à la maison n'était pas ce qu'elle préférait.

Elle profita quand même de ce moment sans baby-sitter, pour faire un peu d'exercice dans sa chambre. Elle l'avait décorée à sa guise et y avait installé son univers: ses livres favoris, sa guitare et une barre de tractions.
Elle avait commencé ses exercices depuis une demi-heure, quand le téléphone sonna. Elle soupira et alla décrocher à contrecœur.

- Allô.

- Richard Castle, je vous prie.

Allons bon! Qu'est ce c'était que cette énergumène impolie qui ne prenait même pas la peine de se présenter?

- Bonjour, à qui ai-je l'honneur?

- Oh pitié Lucia, cessez ce petit jeu et passez-moi Richard.

De mieux en mieux, elle la prenait pour la femme de ménage!

- Je suis désolée, mais Richard n'est pas là, je peux prendre un message, peut-être?

- Non, merci, je vais le joindre sur son portable, fit la voix en raccrochant.

- Qu'est ce que c'était que cette greluche? Bougonna Kate en regardant le téléphone.

Elle reposa l'appareil sur son socle en haussant les épaules, pas la peine de se prendre la tête avec ça. Elle retourna donc à ses tractions. Rick rentra peu après et Alexis après lui, aussi oublia-t-elle rapidement cet appel téléphonique.

******************

Cinq heures cinquante-sept.
Adossée contre la tête de lit, Beckett menait un duel de regards avec le lion qui trônait dans le cadre face au lit. Il était vraiment flippant, c’était comme s'il voulait la dévorer toute crue, mais elle ne baisserait pas les yeux et s'évertuait à lui adresser son regard de tueuse.

Cinq heures cinquante-huit.
Elle se décala légèrement sur la droite. Le regard du félin semblait la suivre. Comment Rick pouvait-il ronfler comme un bienheureux avec un tableau pareil dans sa chambre?! Elle grimaça légèrement et se concentra de nouveau sur son regard en fronçant davantage les sourcils, si c'était possible.

Cinq heures cinquante-neuf.
Légère feinte à gauche, non, il ne la lâchait pas du regard. Elle se promit de trouver à qui elle devait une reproduction aussi criante de vérité et de lui demander expressément d'ajouter la mention " ne convient pas à la décoration d'une chambre à coucher" sur l'étiquette de description du produit.

Enfin, la petite aiguille du réveil atteignit le six.
Elle sauta en bas du lit, constatant au passage que sa cheville était bien rétablie et quitta la chambre, non sans avoir, avant cela, tiré la langue au lion provocateur. Après une douche rapide, et un petit déjeuner pris sur le pouce, elle était enfin prête à quitter le loft. Après deux semaines de repos forcé, son côté hyperactif avait pris le dessus. Elle avait désespérément besoin d'action.
 

Rick s'en était d'ailleurs bien rendu compte et la veille, et, las de la voir tourner en rond, il l'avait entraînée dans un footing de plusieurs kilomètres. Il en était revenu épuisé et cela lui avait valu une excellente nuit de sommeil, à tel point qu'il n'avait pas été réveillé par les nombreux mouvements de Beckett dans le lit.

Son premier jour au poste depuis son accident d'escalier, enfin! Elle avait pratiquement bondi hors de l'ascenseur tellement elle était impatiente. Malheureusement, aucun meurtre n'avait été signalé et l'étage de la criminelle était encore désert.
Incapable de rester tranquillement à son bureau pour étudier les derniers dossiers résolus par son équipe, elle se rendit à la salle de sport, changea de tenue et commença à s'entraîner sur le sac de sable. À leur arrivée, Ryan et Esposito firent les frais de son trop plein d'énergie.



- Salut! Fit Castle en arrivant quelques heures plus tard avec ses gobelets de chez Starbuck.

- Dis donc Castle! Qu'est ce que vous lui avez donné à manger à Beckett? Bougonna Ryan en se massant l'épaule.

- Ouh! Elle vous en a fait baver, hein? Grimaça l'écrivain.

- Baver?! Elle vient de rétamer la moitié de la criminelle avant d'accepter de lever le pied.

- Elle a eu un peu de mal à rester tranquille pendant deux semaines, reconnut Castle.

- Salut Castle! Pas trop mal aux mollets? Demanda Beckett en arrivant.

- Lui aussi vous l'avez démoli? Demanda Ryan. Mais qu'est ce qu'il y avait dans vos antidouleurs?

- Ça va, Ryan, notre combat n'a pas duré une minute!

- Parce que j'ai jeté l'éponge avant que vous ne me déboîtiez l'épaule!

- Mais quelle chochotte! Siffla Esposito.

- Qu'est ce qu'il y a Esposito? Tu veux qu'on remette ça? Sourit Beckett.

- Sans façon!

La journée de reprise de Beckett fut longue et ennuyeuse, pas de meurtre, uniquement de la paperasse. Rick l’avait d’ailleurs rapidement abandonnée, tant qu’à ne rien faire, autant essayer d’avancer dans l’écriture de son roman, avant que Gina ne débarque chez lui en furie pour l’obliger à écrire sous la menace.

Beckett repassa par la salle de sport, en fin de journée. Même si elle n’avait plus aucun partenaire d’entrainement, elle pourrait au moins utiliser le sac de sport pour se défouler.

Elle se démenait depuis une bonne heure, lorsqu'un policier qu'elle ne connaissait pas vint s'entraîner. Elle ne prêta pas attention à lui, mais lui la remarqua. Après avoir vainement tenté d'attirer son regard en faisant une démonstration de ses aptitudes physiques, il changea de stratégie et vint lui parler.

- Ce serait mieux si votre sac de sable était stable, provoqua-t-il en passant près d’elle.

- Vous voulez le tenir? Proposa-t-elle.

- Pourquoi pas?

- D'accord.

- Ok.

Elle frappa plusieurs fois et avec une telle force, qu’il eut du mal à maintenir le sac en place.

- Joli coup! Admira-t-il.

Elle sourit et se remit en position pour recommencer, quand son téléphone sonna.

- Merci, dit-elle avant d’aller répondre.

- A votre service !

- Beckett !

Enfin une nouvelle enquête ! Elle aurait presque remercié le tueur ! Elle appela Castle aussitôt pour le prévenir.

- Bonsoir lieutenant Beckett, répondit-il charmeur.

- On a un meurtre ! Tu veux venir ou tu veux continuer à écrire ? annonça-t-elle excitée comme une puce.

- Hé ! Oh ! Du calme ! Qui êtes-vous ? Et qu’avez-vous fait de ma petite amie ?

- Je t’envoie l’adresse par sms ! dit-elle avant de raccrocher.

- Qu’est ce qu’il se passe ? demanda Martha devant son air étonné.

- Bah… Je ne sais pas… Beckett a appelé pour un meurtre et on aurait dit une gamine le matin de Noël !... Avec un cadavre sous le sapin !

- Oh non, soupira Martha, je pensais que ça serait elle qui déteindrait sur toi et pas l’inverse !

- Ne t’en fais pas grand-mère, Kate est seulement restée trop longtemps à ne rien faire, sourit Alexis, elle a seulement besoin d’action !

******************

Castle et Beckett enquêtaient sur l'assassinat d'un ancien voleur, électrocuté avec la batterie de sa voiture. La détective était tellement accaparée par son enquête et le bonheur d’avoir enfin quelque chose à faire, qu’elle ne remarqua pas le trouble de Castle lorsqu’un lieutenant du service des cambriolages vint l’aider sur cette affaire.

- J'ai eu le service des cambriolages, ils ont enregistré un vol avec effraction à l'épargne mutuelle de Manhattan avant-hier, annonça Beckett en rejoignant ses collègues à leurs bureaux.

- Un casse, reprit Esposito, ça correspond à son profil.

- Ils ne nous ont pas donné de détails? Demanda Castle.

- Non, mais l'un d'eux va venir nous en parler.

- Ça doit être moi, fit l'inconnu de la salle de sport en arrivant.

- Ah ! Ah ! Ah! Comment ça va vieux frère? Tu ne m’as pas dit que tu étais muté? Fit Esposito en lui tombant dans les bras.

- J'étais en plein emménagement.

- J'vous présente un pote à moi, Tommy Demming, un des meilleurs flics de la 54ème, expliqua Esposito. Tommy, j'te présente le lieutenant Ryan, mon coéquipier, Richard Castle...

- Ah oui, l'écrivain! Dit Demming en lui serrant la main.

- Et le lieutenant Beckett.

- On se connait, je crois… Répondit Demming éveillant ainsi la curiosité de l’écrivain.

- Oui, salut! Sourit Beckett.

- Ravi... Alors Paul Finch, un de nos rares clients sur New York à pouvoir monter un coup pareil, expliqua Demming.

- Comment ça? Fit la détective.

- Il a creusé un tunnel jusqu'à la salle des coffres, on l'a ouvert à la perceuse, puis filé en ne laissant pour seul indice qu'un parfum pour homme.

- Et vous pensez que Finch a pu faire ça tout seul? Demanda Beckett.

- Non, c'est le boulot de deux hommes, au moins!

Rick tiqua lorsqu'elle répondit un peu trop vivement lorsqu'il lui proposa d'interroger le propriétaire du coffre volé.

- Et moi, J'fais quoi? Demanda-t-il.

- Comme d'habitude, tu regardes! Répondit Beckett.

L’ambiance était électrique à la 12ème.  L'enquête avait mis Esposito à fleur de peau, le cambriolage visant l’un des hommes de Victor Racine, un parrain de la mafia, qui avait fait tuer son ancien partenaire. Demming agaçait Castle au plus haut point, tant Beckett semblait sur la même longueur d’ondes. Il était évident qu’elle l’intéressait. Même Lanie en avait eu vent.

- Alors, il parait que tu as fait main basse sur un beau lieutenant du service des cambriolages ? Demanda-t-elle à Beckett lorsqu’elles se retrouvèrent un peu seules.

- Qui ? Demming ? Grimaça Beckett. Non, on bosse ensemble, c’est tout.

- Ah oui ?

- Evidemment oui ! Je suis avec Castle ! T’as oublié ?

- Non ! Je me suis fait un paquet de fric grâce à vous ! Rigola la légiste.

- Tu as parié sur nous ?! Fit Beckett atterrée.

- Tout le monde a parié sur vous !

- Bravo ! C’est du joli mademoiselle Parish ! T’as intérêt à m’inviter à dîner pour te faire pardonner !

- On peut dire que tu ne perds pas l’nord, toi !

******************

Bien que voir le lieutenant Demming tourner autour de sa petite amie énervât beaucoup Castle, celui-ci réagit de la façon la plus stupide possible, lorsque Demming lui donna l’occasion de mettre les choses au clair.

- Castle... J'peux vous poser une question? Demanda Demming, alors que Beckett venait de quitter la pièce. Est ce que Beckett et vous vous êtes... Enfin... J'veux dire... Il y a quelque chose entre vous?...

- Entre elle et moi? Répéta-t-il surpris.

- Ouais!

- Non!

- Dites le moi franchement si je suis hors jeu! Insista Demming.

- Non, la balle est dans votre camp! Assura Castle en se giflant mentalement dès que cette phrase avait franchi ses lèvres.

- Génial! Ok! ... Génial! Sourit Demming en quittant la pièce à son tour.

Mais quel imbécile! Qu'est ce qu'il venait de faire là? Bien sûr qu'il y avait quelque chose entre elle et lui! Bien sûr qu'il était hors jeu! Non mais des fois, il mériterait des baffes!

- Richard Castle, il y a vraiment des moments où c’est à se demander ce que tu as dans le ciboulot, marmonna-t-il.

- Castle ! Tu viens ? demanda Beckett en le rejoignant. Alexis nous attend pour dîner !

- J’arrive !

- Tout va bien ?

- Oui pourquoi ?

- Parce que tu fais ta drôle de tête !

- Quelle drôle de tête ? J’ai pas une drôle de tête ! J’ai une drôle de tête ?

- Oui ! Tu as ta drôle de tête! Celle que tu fais quand tu répètes la même chose trois fois de suite, parce que tu as dit ou fait quelque chose de stupide !

- Ah cette tête là !

- Alors ?

- Alors quoi ?

- Tu as fais quelque chose de stupide ?

- Euh… Non !

- Sûr ?

- Sûr !

- Tu sais que je finirai par le savoir ?

- Oui, oui, je sais !

- Ok. Allez, on rentre à la maison !

******************

Elle essaya de le cuisiner de nouveau, mais bien évidemment, il évita soigneusement d’avouer sa boulette à Beckett. Cependant, il fut ravi, lorsqu’il s’avéra que le charmant lieutenant Demming était suspect dans le meurtre de Finch. Afin de le confondre, Beckett décida de l’occuper pendant que Castle et les gars fouillaient dans ses affaires.

Il n’avait pas fallu insister pour que Demming accepte un entraînement au close-combat avec la détective, ce qui énerva passablement l’écrivain.

 
- Ça fait longtemps pour moi... Avertit Demming alors qu’il se tenait face à elle sur le tatami.

- J'vais essayer d'être gentille... Sourit Beckett.

- Ouais ouais... C'est ça!

Elle engagea le combat et le mit rapidement à terre.

- J'y vais pas trop fort? Demanda-t-elle en lui tendant la main pour l’aider à se relever.

- Nan… Nan... Mais au début... J'suis toujours un peu lent!....Sourit-il en lui faisant une prise qui l’envoya au tapis. Mais j'commence à trouver mon rythme maintenant! Toujours aucune piste, pour Thornton ?

- Aucune!

- Comment Esposito prend tout ça?

- À votre avis? … Son coéquipier trimballe son porte clé fétiche alors qu'il a menti torturé et tué un homme! Demanda-t-elle en lui assénant une violente série de coups de pieds et de coups de poings.

- Ah ouais? J'avais le même!... répondit-il la projetant au sol. Mais je l'ai perdu il y a plusieurs années.... Allez venez!

- Okay! Répondit-elle en lui faisant un balayage en règle.

- Faut que je vous avoue un truc, je ne sais pas combien de temps je vais pouvoir tenir! Reconnut-il à bout de souffle.

- Il paraît que ça aide, de penser à autre chose... Au base-ball par exemple! Conseilla-t-elle sans pour autant diminuer la cadence.

- Alors qu'est ce qui vous éclate dans la vie? À part la castagne, je veux dire!

- Oh moi, j'suis une pantouflarde!.... En fait... La veille de notre rencontre, j'ai lu un bouquin tranquillement chez moi! Annonça-t-elle en continuant le combat.

- Sans blague?

- Et vous alors, dites moi...

- Que je vous dise ce qui m'éclate dans la vie? Ou ce que j'ai fait la veille de notre rencontre?... Sérieusement... Demandez-moi carrément si j'ai un alibi pour le meurtre de Finch! Demanda-t-il alors qu’il l’avait plaquée au sol.

- Ah ah ah...

Elle éclata de rire et l’attaqua par surprise, le projeta au sol et l’immobilisa par une clé de bras.

- D'accord!... Alors où étiez-vous? Demanda-t-elle alors qu’il gémissait de douleur.

Malheureusement pour Castle, Demming avait vraiment tout du chevalier blanc et s’entendait un peu trop bien avec sa petite amie. Il les avait d’ailleurs surpris en train de plaisanter lorsque l’enquête avait été bouclée.


- Maintenant que j'ai prouvé ma bonne fois... On s'entraîne quand vous voulez! Disait Demming.

- Ah oui...

- Mais je ne vous laisserai pas gagner cette fois!

- Quoi? N'importe quoi? Vous croyez que je vais gober ça! S’offusqua Beckett. J'ai cru que vous alliez y rester!

C’est ainsi que Martha trouva son fils en train de bougonner dans son canapé.

- Oh ! Toi, tu as ta tête des mauvais jours !

- Mhmm.

- Allons bon, qu’est ce qu’il se passe ?

- Rien !

- Ne me dis pas que tu as réussi à te fâcher avec Katherine !

La porte s’ouvrit au même moment et Beckett entra les bras chargés de paquets.

- Bonsoir ! Chantonna-t-elle, je m’suis arrêtée chez Hung pour prendre le dîner !

Martha la regarda interloquée.

- Qu’est ce qu’il vous arrive ? Demanda Kate en remarquant leurs têtes.

- J’aimerais bien le savoir, répliqua l’actrice.

- Rick est toujours patraque ?

- Quoi ? S’étonna l’écrivain.

- Tu crois que je n’ai pas vu que tu n’étais pas dans ton assiette ? fit-elle en posant la main sur son front. T’as pas l’air d’avoir de fièvre. Repose-toi un peu, je vais prendre une douche avant le dîner.

- Bon ! Tu m’expliques ? Demanda Martha lorsque Beckett eut disparu. Parce que visiblement Katherine ne sait même pas ce que tu lui reproches !

- Rien ! Je ne lui reproche rien ! C’est à moi que j’en veux ! Soupira l'écrivain.


Minefuji  (03.03.2014 à 19:04)

Chapitre trente-huit

Kate se laissait retomber sur le dos avec un sourire de satisfaction.

- Bon sang ! J’adore les réveils comme ça !

Rick vint se coller à elle en souriant, elle se lova contre lui.

- Même endormie, tu es trop tentante, murmura-t-il.

 - Tu as l’air d’aller mieux !

- J’avais dû manger un truc qui ne passait pas, mentit-il en l’embrassant dans le cou.

- J’vais nous faire du café, annonça-t-elle en piquant un baiser sur ses lèvres.

- On pourrait rester au lit ! Grogna-t-il.

- Tu pourrais rester au lit, mon cher écrivain ! Contra-t-elle. Je dois travailler pour vivre moi ! Et si je ne me dépêche pas, je vais être en retard au poste !

- Non ! Non ! Tu penses bien que je ne vais pas te laisser y aller toute seule, qui te servirait ton café ? Répondit Castle en se précipitant hors du lit.

Il était hors de question qu’il laisse ce Demming tourner autour de sa Beckett ! Il n’avait qu’à arriver avant, elle était à lui !

**************

Une nouvelle enquête leur tomba rapidement dessus, un célèbre chef cuisinier, Balthazar Wolf, avait été  assassiné dans la cuisine d'un nouveau restaurant à la mode, dont la propriétaire s’avéra être une vieille amie de lycée de Beckett.

- Madison?!

- Beck?! Qu'est ce que tu fais ici?

- Je suis de la brigade criminelle! Je m'occupe de cette affaire! Expliqua la détective.

- Oh c'est vrai? T'es sérieuse?

- Oui!

Elles s’embrassèrent chaleureusement, sous le regard intrigué de l’écrivain.

- C'est dingue! Sourit Beckett.

- Mais qu'elle manière vraiment affreuse de reprendre contact, soupira Madison.

Beckett fit les présentations :

- Madison Keller, voici le romancier Richard Castle!

- Enchantée.

- Oui, moi aussi, appelez moi Rick. Comment vous êtes vous rencontrées?

- À l'école, on était dans la même classe au lycée. J'n'en reviens pas que la pire des rebelles du groupe bosse dans la police maintenant! Remarqua Madison, éveillant ainsi l’intérêt de Rick.

- J'vais avoir besoin d'informations sur tout le personnel, expliqua Beckett en ignorant les gloussements de son amant.

- J't'en prie Beck, tu crois qu'un de mes employés a fait ça?

- Il n'y a pas eu effraction, ça veut dire que le tueur connaissait le chef, ou qu'il avait les clés. Il me faut l'alibi de tout le monde, toi y compris... Désolée...

- C'est normal... Euh... Je comprends...J'étais à une fête jusqu'à la fin de la nuit, plein de gens m'ont vue la bas.

- Tu sais si Wolf avait des ennemis, si une personne lui voulait du mal?

- C'était l'super méchant que les gens aimaient détester! ... J'étais juge, c'est comme ça qu'on s'est rencontrés... Sérieusement?...T'as jamais vu la guerre des cuisines?

- Euh... Non, jamais... Je n’ai pas tellement le temps de regarder la télé...

- C'était pourtant toi qui passait des heures à regarder sauver par le gong à une époque.

- Oh... C'est vrai ça? Jubila Castle. Y a-t-il autre chose qu'elle passait des heures à faire?

- Castle! C'est une scène de crime ici, pas un lieu où tu fais tes recherches de romancier!

- Vous me le direz?! Murmura Castle à Madison.

- Il n'y avait pas un truc inhabituel chez Wolf ces temps ci? Rien du tout? Demanda Beckett après avoir lancé un regard noir à Castle.

- Si! Une chose! Wolf bossait d'habitude non stop, on n'arrivait pas à l'faire sortir de la cuisine...mais ces dernières semaines, il partait sur les coups de 15 heures et revenait vers 17 heures pour la mise en place. Il disait que c'était personnel.

Madison était partie chercher l’adresse des proches de la victime, lorsque Beckett en profita pour mettre les choses au point avec Castle.

- Non mais tu vas arrêter un peu ! Sourit Beckett.

- Quoi ? C'était une copine de lycée?! Ce qui fait qu'elle connaissait sûrement tous tes petits secrets...

- Creuse autant que tu veux, Castle, mes secrets sont bien gardés avec elle.

- Tu en es sûre?

- Peu importe ce qu'elle sait sur moi, parce que moi je sais encore bien pire à propos d’elle! À cette époque là, on était toute une bande, et on s'éclatait.

- Et c'est quoi, s'éclater?

- Et bien, si tu ne le sais pas encore, je pense qu'il est trop tard pour te l'apprendre.

- La personne à contacter, c'est David Nicolaides !

 

Ils rentrèrent au poste et reprirent leur enquête dans la bonne humeur. Jusqu’à ce que Beckett ne reçoive un mystérieux appel auquel elle répondit en souriant un peu trop.

- Beckett !

- …

- Oui, d’accord ! Quand ?

- …

- Demain soir ? C’est parfait !... Oui, pas de problème !

Demming, sans doute ! C’était normal, après tout, il lui avait laissé entendre qu’elle était libre ! Mais elle… Comment pouvait-elle ne pas lui dire qu’elle avait quelqu’un dans sa vie ? Elle avait pourtant l’air d’être heureuse avec lui ! Elle vivait avec lui ! Bon d’accord, c’était parce que son appartement avait explosé et elle n’avait pas caché son désir d’en trouver un autre… Mais elle n’en parlait plus… Elle avait même décoré sa chambre, on ne repeignait pas une pièce si c’était pour déménager au bout de quelques semaines !

Il était encore à ruminer ses pensées, lorsqu’ils retournèrent interroger Madison à propos d’une femme qui avait apparemment une liaison avec la victime.

- C'est Sandra, elle vient avec son mari tous les samedis, expliqua-t-elle en regardant la photo que Beckett lui avait montrée.

- Elle est mariée? Demanda la détective. Domingo, lui, nous a parlé d'une relation intime...

- Bon sang, ce serait une violation de nombreux codes sanitaires! Souligna l’écrivain.

- Tu ne connais pas son nom de famille ? Demanda Beckett non sans lui avoir envoyé un regard bien noir.

- Non, mais cette information doit être notée quelque part... soupira Madison.

- Comment tu te sens? Demanda Beckett qui avait remarqué le trouble de son amie.

- J'suis bouleversée, et je n’ai pas le temps de pleurer en fait. Wolf était un ami et que ça me plaise ou non, je dois trouver qui peut remplacer mon chef, je ne sais toujours pas qui a commandé le gâteau que Wolf préparait et j'ai un gros gala de charité demain soir, chez Rocco Di Spirito, si je n'y vais pas, les gens finiront par penser que comme Wolf est mort, mon restaurant l'est aussi... Tu devrais venir avec moi, j'aurai un peu de soutien moral et on pourrait reparler du bon vieux temps!

- Oh! Je... J'voudrais bien, mais j'suis prise! Regretta Beckett, ravivant ainsi la colère de Rick.

- T'es prise? Regretta Madison.

- Moi, en revanche, je suis totalement disponible, pour un peu de soutien moral et je meurs d'envie d'aller chez Rocco Di Spirito! Annonça Castle sous le regard atterré de Beckett.

- Un charmant conteur! Sourit Madison. C'est ce que le médecin m'a conseillé! Merci Rick!

- Sauf si c'est un problème... Dit Castle en regardant sa muse.

- Non! ... Non... Il n'y a pas de problème! Bafouilla-t-elle un peu perdue.

Pas de problème ? Mais bien sûr qu’il y avait un problème ! Qu’est ce qu’il lui prenait ? Proposer à son amie de l’accompagner au restaurant alors qu’ils vivaient ensemble ?! Le dîner avec Elie Monroe ne lui avait-il pas servi de leçon ? Ou alors il était pathologiquement incapable de refuser une invitation à dîner de la part d’une jolie fille ?  

*****************

- Qu’est ce qu’il t’a pris de proposer à Madison de l’accompagner à son gala ? Demanda Beckett dans la voiture.

- C’est ton amie ! Elle a besoin de réconfort ! Et comme tu seras prise demain soir… Je fais d’une pierre deux coups ! J’aiderai ton amie et je ne m’ennuierai pas !

- …

Elle fronça les sourcils, légèrement décontenancée.

- C’est ton amie ! Pas une actrice prête à tout pour avoir un rôle, tu n’as pas à t’inquiéter !

- Mais je ne m’inquiète pas !  répondit-elle en déglutissant. Non… Je… Je suis surprise, c’est tout…

Un peu qu’elle était surprise, elle n’arrivait pas du tout à comprendre l’attitude de son écrivain. C’était comme si il essayait de la provoquer. Comme si elle avait fait quelque chose de mal ! Mais elle n’arrivait pas à savoir quoi.


***************

Le lendemain,  Rick s’amusait à geler divers aliments avec de l’azote liquide dans la cuisine du loft, tandis que Martha le regardait d’un air désespéré.


- Sortir avec une vieille amie de Katherine! C'est vraiment une erreur!

- Je pense que ça ne dérange pas Beckett... répondit distraitement Castle.

- Chéri! Soupira Martha consternée par tant de naïveté.

- Tu me passes une pomme?!

- Mais enfin, qu’est ce qu’il t’a pris ?

- Beckett a un rendez-vous ce soir !

- Un rendez-vous ? Avec qui ? Et puis si elle t’en a parlé, c’est qu’il n’y a rien à craindre !

- Justement ! Elle ne m’en a pas parlé ! J’ai surpris la fin d’une conversation téléphonique ! A mon avis c’est ce Demming ! Quel sale petit mielleux celui-là !

- Ne t’inquiète pas papa, tu es irrésistible ! assura Alexis en arrivant au même instant.

- Ouais, n’empêche que ce Demming est taillé comme Ken ! Soupira Castle.

- Mais Kate n’est pas une poupée Barbie ! Contra Alexis. Et puis elle est folle de toi et totalement engagée dans votre relation !

- Ah ! Tiqua Martha ! Je ne dirais pas totalement engagée !

- Grand-mère !

- Bah quoi ? Je ne vois pas de bague à son doigt ! Donc techniquement, elle est libre comme l’air !

- Merci mère, pour tout le réconfort que tu m’apportes ! Grinça l’écrivain. Et si on changeait de sujet ? Alexis, comment ça avance tes préparatifs pour ton Week-end ?

- Arrête de froncer les sourcils Alexis, ou ton père va te figer comme ça! Fit Martha devant la grimace de sa petite fille.

- Il n'en aura pas besoin, je viens de voir que je dois étudier des coupes au microscope, pour mon examen de chimie! Je ne peux pas emporter un microscope dans les Hamptons! Soupira la jeune fille.

- Tu veux annuler ton week-end entre amies? Demanda Castle.

- Si je reste, je vais regretter la plage avec les filles et si je vais à la plage, je vais regretter de ne pas réviser!

- Ne me regarde pas comme ça ! répondit Martha. Moi, j'aime bien penser qu'on peut tout avoir! Si tu hésites à ce point là, alors fais les deux!

- Ou alors, proposa Rick, d'ici ce week-end, je trouverai un moyen de faire des prouesses avec ce Thermos d'azote liquide! Pour qu'il devienne une vraie machine météo, je ferai pleuvoir,  tes amies devront annuler leur voyage,  tu n'auras pas à choisir et après on sera les maîtres du monde! Ah ! Ah ! MOUAHAHAHAHA!

- Ça ne m’aide pas! Soupira Alexis.

- Mais ça défoule!

- Tu ne devrais pas te préparer pour ton dîner? Demanda Martha.

- Tu ne devrais pas être avec Chet? Répliqua-t-il en prenant sa montre… Oh... Si je pense que je devrais...

Sa montre lui glissa des mains et atterrit dans le bol d’azote liquide.

-Oh!... J'ai figé le temps !

******************


Beckett sortait des toilettes, lorsqu'elle tomba nez à nez avec son amie de lycée.

- Maddy?!

- Oh Salut!

- Tu es... Ravissante !

- J'voulais vous offrir ça! Expliqua Maddy en lui tendant un panier rempli de douceurs. C'est ma façon de tous vous remercier de tout ce que vous faites.

- Oh... On ne fait que notre boulot... Mais on est toujours contents d'avoir des... cookies! J'adore ce genre de cookies!

- Ah! Super! … Beck... Tu t'souviens quand on était dingues du même mec?

- Ouais... Brent Edwards... C'était un vrai canon! Sourit Beckett au souvenir du jeune homme.

- Oui... Tu t'souviens également de ce qu'il s'est passé en dernière année? Ajouta Madison.

- Oui... Pourquoi?

- Ce dîner, avec Rick... Si vous êtes tous les deux... Parce que je ne voudrais pas que l'histoire se répète encore une fois...

- Castle?... Oui... Euh... Oui... On est ensemble! Mais je t'en prie, ne le répète pas à tout New York! Je ne tiens pas à faire la une de la presse people ou à avoir une horde de journalistes collés à mes talons !

- Mais alors?... Ce dîner...

- T'en fais pas. Je ne sais pas ce qu’il a en ce moment, mais… Il est bizarre… Enfin ! Passez une bonne soirée!

- Tu es sûre ?

- Oui ! Tu as besoin de compagnie et Rick saura te distraire ! Assura la détective.

*****************


Rick et Madison étaient attablés, lorsque Rocco Di Spirito vint les saluer.

 - Madison ! J'suis vraiment désolé! Wolf était un ami, commença le chef.

- Merci Rocco! Répondit-elle. Je te présente Richard Castle!

- J'devrais vous mettre une bonne raclée! Tonna-t-il soudain juste avant de se mettre à rire, soulageant ainsi l’écrivain. Pourquoi avoir tué Derrick Storm?! J'adorais, mais cette Nikki Hard aussi est géniale!

- Fondée sur mon amie Kate Beckett! Précisa Madison. Je devrais te la présenter, vous devriez bien vous entendre!

- Avec plaisir, si elle est aussi intéressante que le personnage du roman... répondit Rocco. J'suis déjà sous le charme.

- Ah! Ah ! Grimaça Castle.

- Un fabuleux chef! Sourit Madison.

- Vous... Vous trouvez que c'est le genre de Beckett, ce type? Demanda Castle.

- Ben euh… Beck n'a pas de genre très précis... Elle est sortie avec le guitariste d'un groupe de rock, un étudiant en médecine et un français qui était d'une famille noble, ça j'en suis sûre... Avec qui elle est maintenant?

- Oh... Personne... Il y a juste une type quelconque qui lui tourne autour, je ne crois pas que ça ira loin... répondit vaguement l’écrivain.

- C'est vrai? Ce n’est pas ce qu'elle m'a dit! Contra Madison.

- Et qu'est ce qu'elle vous a dit? S’inquiéta Castle.

- Que c'était du sérieux!

- Du sérieux ?

- Du très sérieux ! En fait… Je crois ne l’avoir jamais vue aussi accro à quelqu’un !

*******************

Lorsqu’il rentra de son dîner, Castle trouva Beckett profondément endormie. Il n’osa pas la réveiller et se coucha à ses côtés.  Il soupira lorsqu’instinctivement elle vint se blottir contre lui.

- Je n’arrive pas à imaginer ma vie sans toi, murmura-t-il. S’il faut que je fasse du sport pour avoir la carrure de Demming, je le ferai, mais je t’en prie, ne me quitte pas !

 

Lorsqu’il se réveilla le lendemain, elle était déjà partie. Il soupira et se prépara pour la rejoindre au plus vite.

- Bonjour ! dit-il en arrivant deux cafés à la main, près du bureau d’Esposito. Beckett n’est pas là ?

- Elle va revenir, Demming avait quelque chose à lui demander, répondit Ryan.

- Demming… grogna l’écrivain.

- Salut Castle ! Lança Beckett en s’emparant de son café.

- Demming n’était pas venu avec du café ? demanda Esposito.

- Si, mais celui-ci est mon café ! répliqua Beckett en désignant son gobelet.

- Tu sais que ça me réchauffe le cœur, quand tu dis des trucs comme ça, sourit Castle.

- Hé ! Castle ! On est là ! Avertit Esposito, alors que Rick dévorait sa muse du regard.

- Oups, fit Castle en haussant les épaules.

- Que voulait Demming ? Demanda Ryan.

- Oh… M’inviter à dîner ! Quel pot de colle ! répondit-elle en se tournant vers le tableau blanc pour se remettre au travail.

- Tu n’as pas déjà dîné avec lui hier ? Provoqua l’écrivain.

- Bien sûr que non ! Où vas-tu chercher des idées pareilles ? Dit Kate en se tournant vers lui complètement abasourdie.

- Bah… Euh… Enfin… Tu avais des projets…Alors…

Les gars, sentant le vent tourner, prétextèrent une urgence de dernière minute pour s’éclipser.

- TU AS CRU QUE JE SORTAIS AVEC DEMMING ?!!!! S’écria-t-elle alors qu’elle venait de comprendre l’attitude de son petit ami. C’EST POUR ÇA QUE TU ES SORTI AVEC MADISON ! TU VOULAIS TE VENGER !

- Me venger… euh… Non… Euh… Enfin… Si… Peut-être… Bredouilla l’écrivain en reculant sous les assauts de Beckett, qui lui enfonçait l’index dans la poitrine.

- COMMENT AS-TU PU CROIRE UNE CHOSE PAREILLE ? EST-CE QU’A UN MOMENT ? J’AI FAIT QUELQUE CHOSE QUI AURAIT PU TE LAISSER CROIRE QUE J’ETAIS CAPABLE D’UNE CHOSE PAREILLE ?

- Non… Euh… Non, tu as raison… Ta colère est légitime…

- UN PEU QU’ELLE EST LEGITIME ! NON MAIS…

- Qu’est ce qu’il se passe ici ? Demanda le capitaine Montgomery en sortant de son bureau.

- Rien chef ! Castle a encore photographié ma scène de crime ! Mentit Beckett en levant les yeux au ciel.

- Vous n’avez pas encore compris que vous risquiez de vous faire arracher la tête en faisant ça ? demanda Montgomery à l’écrivain.

- Je sais, mais ce cas était trop cool, fit Castle penaud.

- Et bien tachez de vous en souvenir la prochaine fois, Castle, parce que sinon, ami du maire ou pas, je vous priverai de scènes de crime.

- Oui, Capitaine…

Il soupira lorsque le capitaine regagna son bureau et se retourna vers Beckett, juste à temps pour la voir monter dans l’ascenseur. Il se pressa pour la rejoindre et dut se jeter entre les portes pour l’empêcher de partir sans lui.

- Tu aurais pu m’attendre ! Grogna-t-il en se massant l’épaule.

- Pourquoi ? Tu veux surveiller mes faits et gestes, maintenant ? Claqua-t-elle furieuse.

- Ok. Je reconnais que je ne l’ai pas volée celle là !

Elle ne répondit pas et se concentra sur l’enquête en cours. Tout s’accéléra, lorsqu’ils découvrirent que deux semaines avant sa mort, Wolf avait rompu avec sa maîtresse, vendu ses parts du restaurant familial, payé ses dettes parce qu'il voulait changer de vie et demander en mariage une femme dont il était secrètement amoureux. Ils découvrirent également que la femme à qui le cuisinier destinait cette bague, n’était autre que la fiancée de son meilleur ami et que celui-ci avait fini par l’assassiner.

- On rentre ensemble? Demanda-t-il doucement en approchant du bureau de sa muse.

- Rentre tout seul, Castle, je vais finir ma paperasse.

- Je peux attendre…

- Pas la peine, j’en ai pour un bon moment encore ! Et puis, j’ai prévu de passer voir quelqu’un après.

- Quelqu’un ?...

Il avait aussitôt pensé à Demming, mais le regard noir de sa petite amie le dissuada de prononcer ce nom. Elle était très fâchée et il devait reconnaître qu’elle en avait parfaitement le droit.

- Madison ! Je vais prendre un verre avec Madison ! Précisa-t-elle bien qu’elle ait été un instant tentée de le laisser psychoter toute la soirée.

- Oh ! Mais tu n’as pas de compte à me rendre ! répondit-il soulagé et honteux.

- Bah tiens ! Grogna la détective.

******************

Castle rentra donc seul et dépité ce soir-là.

- Oh ! Oh ! Toi, tu as fait une bêtise ! Remarqua Martha.

- Où est Kate ? Demanda Alexis.

- Elle avait de la paperasse à finir, soupira Castle.

- Ça aurait pu attendre demain, dit Martha. Alors, pourquoi n’est-elle pas rentrée ?

- J’ai sous-entendu qu’elle était allée diner au restaurant avec Demming hier soir !

- Papa ! Je t’avais dit qu’elle n’en avait rien à faire de lui ! Elle a passé sa soirée avec moi à m’aider à préparer mon examen de chimie ! Grâce à elle, je vais pouvoir aller avec mes copines dans les Hamptons ce week-end !

- C’était toi le mystérieux coup de fil qu’elle a reçu ? Pourquoi tu ne me l’as pas dit ?

- Parce que ce n’était pas moi ! Je lui avais parlé de mon dilemme l’autre jour et elle m’a dit que ses cours de chimie remontaient un peu trop pour pouvoir m’aider efficacement, mais qu’elle verrait ce qu’elle pouvait faire. Le coup de fil, c’était Lanie, qui a accepté de venir nous aider ! On a passé une super soirée et je suis prête pour mon examen de lundi grâce à elles !

- Mais quel imbécile je fais !

- Ah ça, tu l’as dit ! Répondirent en chœur sa mère et sa fille.

 


Minefuji  (04.03.2014 à 18:44)

Chapitre trente-neuf.

La soirée était déjà bien entamée et Beckett n’était toujours pas rentrée. Fatiguée de voir son père regarder la pendule toutes les trois secondes, Alexis avait proposé de relire les derniers chapitres qu’il avait écrits, histoire de lui changer les idées.

- Son hurlement déchira l'air et vint s'éteindre dans une oreille à jamais sourde à tous les bruits... T'as écrit ça? Demanda Alexis.

- Quoi tu trouves ça exagéré? Demanda-t-il.

- Hm! Tu devrais au moins savoir qu'il n'y a pas d'accent circonflexe sur le i de vint depuis l'temps. T'as jamais pensé à t'équiper d'un correcteur d'orthographe? Fit-elle en griffonnant quelques annotations sur le texte.

- J'en ai un! Il a des cheveux longs et roux, il en sait beaucoup pour son âge et il est sur le point de dire à son père ce qu'il pense du dernier chapitre de son livre.

- J'ai adoré! Surtout le passage où Nikki et Rook se trouvent dans le porte avion! Génial!

- N'en dis pas plus, tu vas finir par me gêner! Sourit l’écrivain.

- J'ai quand même une petite critique à faire à propos de ce lieutenant qui s'occupe des cambriolages...

- Shlemming? Qu'est ce qu'il y a?

- Bah… Je ne sais pas trop... C'est un peu le balourd de service, non? Observa la rouquine. Et il a l'air de sortir de nulle part...

- Bah... C'est un peu le cas, non?

- Supprime-le! Dit Alexis d’un ton ferme.

- Si c'était aussi facile... Soupira Castle en rayant le nom de Shlemming.

- T’en fais pas, papa, elle va rentrer, assura-t-elle devant son air triste.

- Elle était vraiment fâchée, elle n’a même pas sourit à ma blague sur les pains au chocolats !

- Papa ! On ne règle pas ses problèmes avec une blague !

- J’y peux rien si ça fait partie de mes automatismes de survie !

- Là, tu n’échapperas pas à une bonne séance de plates excuses ! répliqua Alexis en l’embrassant sur le front. Allez ! Bonne nuit papa !

- Bonne nuit chérie…

Il suivit sa fille du regard, alors qu’elle montait les escaliers, puis se rendit dans son bureau. Quite à ne pas dormir, autant travailler un peu.

*****************

Beckett quittait le restaurant de son amie Madison, de meilleure humeur. Prendre un verre avec Maddy lui avait permis de se changer les idées, en se remémorant leurs années lycée. Mais elle ne se sentait pas prête à rentrer au loft. Elle avait besoin de réfléchir.  Elle ne prit aucun taxi, ni aucun bus pour rentrer, elle préférait marcher.

 La nuit était tombée depuis longtemps et la pénombre avait envahit les ruelles. Elle s’évertua donc à rester sur les artères principales, dans lesquelles il y avait encore des passants. Elle ne prit pas le chemin le plus direct. Elle savait qu’elle devrait rentrer chez elle, s’expliquer avec Rick, mais elle ne parvenait pas à s’y résigner, elle était toujours fâchée.

Dans son errance, elle réfléchissait à la situation dans laquelle elle se trouvait. Comment avait-il pu penser ça d’elle ? Comment avait-il pu imaginer un seul instant qu’elle pouvait vivre avec lui, lui faire l’amour aussi passionnément et sortir avec un autre ?

C’était sans doute très puéril, mais l’imaginer au loft à l’attendre, lui apportait un certain réconfort. C’était sa punition pour son manque de confiance en elle, l’attente... Et elle n’avait pas envie d’abréger ses souffrances de sitôt.

D’accord il avait souffert dans ses précédentes relations. D’accord beaucoup de femmes avaient profité de lui et la plupart de celles qui venaient minauder devant lui le faisaient avec beaucoup d’arrières pensées. Il se protégeait, pour ne plus souffrir… Mais en se protégeant, il s’empêchait de vivre et ainsi, il l'empêchait aussi de vivre et elle ne méritait pas ça… Il les empêchait de vivre.

Elle ne faisait pas attention à ce qu’il se passait autour d’elle. Elle bouscula un passant, bafouilla quelques excuses en reculant. Il bougonna. Elle arriva près d’un parc et aperçut des balançoires. Elle s’installa sur l’une d’elles. Le regard dans le vague, elle se laissa emporter par ses souvenirs… Leur rencontre… leurs disputes, leurs plaisanteries, leurs enquêtes, leurs ébats… Ses craintes… Elle pensait avoir réussi à les vaincre, elle pensait que lui aussi avait vaincu les siennes, elle s’était visiblement trompée.

Comment cet homme pouvait l’’émouvoir à ce point, comment pouvait-il se montrer aussi doux, aussi attentionné et l’instant d’après, agir comme le dernier des idiots ? L’amour rend idiot… Elle sourit lorsque cette phrase résonna dans sa tête. Cela faisait un moment, que cette petite voix n’était pas venue trotter dans son esprit… Une petite voix, tellement semblable à celle de sa mère… Adolescente, elle s’énervait à chaque fois que Johanna lui faisait un de ses sermons, dont elle avait le secret, à chaque fois qu’elle avait fait une bêtise. Aujourd’hui, elle donnerait tout ce qu’elle avait, pour l’entendre encore une fois, pour pouvoir lui demander conseil.

Elle se rappela une de ses bêtises d’adolescente en pleine rébellion. Elle avait quatorze ans et était amoureuse d’un mauvais garçon…Bilan : des cours séchés, une des pires humiliations de sa vie, avec un séjour au poste et la pire des colères de son père à affronter. Elle se souvint à quel point elle s’était sentie mal à l’époque.

Sa mère avait été merveilleuse, elle avait calmé son père. Elle avait réconforté sa fille sans jamais la blâmer ou lui faire de reproche. Kate lui avait d’ailleurs demandé plus tard pourquoi elle avait été aussi tolérante et aimante avec elle, alors qu’elle avait dû être extrêmement déçue.

Johanna lui avait répondu par un proverbe chinois, qu’elle n’avait jamais oublié depuis : « Aime-moi quand je le mérite le moins, car c’est alors que j’en ai le plus besoin ». Et c’était vrai, ce dont elle avait eut le plus besoin à cet instant-là, était l'amour incondtionnel de sa mère.

Le visage de Rick avec son air de gamin perdu lui apparut soudain devant les yeux. Lui aussi devait se sentir mal. Il avait mal réagi, parce qu’il l’aimait et s’était senti trahi…

Elle ne pouvait pas le laisser comme ça, elle ne pouvait pas lui refuser ce que lui avait fait pour elle, l’aimer malgré ses erreurs et ses doutes…Il était en plein doute, en pleine confusion, elle devait le rassurer.

Elle s'était alors levée et avait sifflé un taxi dans lequel elle était montée rapidement. Elle allait se battre pour lui, comme lui s’était battu pour la convaincre de sortir de sa coquille. Elle arriva en bas de l’immeuble et, après un dernier regard vers la fenêtre éclairée, elle passa la porte d'entrée, prête à affronter la discussion.

******************

- Kate… où es-tu ? Marmonnait Rick en tournant dans son bureau, comme un lion en cage.

Ça ne pouvait pas s’arrêter comme ça ! Tout ça à cause d’un bellâtre qui lui tournait autour ! Non, tout ça à cause de lui. C’était lui et non Demming, qui avait mal agi. Comment avait-il pu douter d’elle ? Tout ça lui paraissait tellement stupide, maintenant ! Il avait été jaloux et sa jalousie l’avait rendu crétin.

Il sortit son téléphone portable et composa le numéro de Beckett. L’image qui s’afficha lui fit mal. Kate, souriante, merveilleuse et totalement amoureuse de lui. Le regard qu’elle posait sur lui était tellement plein d’amour, cet amour était tellement évident, maintenant qu’il craignait de l’avoir perdu.

 Il appuya sur « appeler » et tomba directement sur sa messagerie. Elle avait éteint son téléphone.

- Kate… rentre s’il te plait. Il fait nuit maintenant, soupira-t-il en se prenant la tête entre les mains.  Tu as du te calmer. Je le suis là. J’ai juste besoin de te voir, de savoir que tu vas bien. Que tu n’es plus fâchée. Je suis le dernier des idiots !

Il avait envie de hurler son nom, ce qui serait totalement inutile, elle ne reviendrait pas plus vite. Il s’approcha de la fenêtre, et prononça son nom, comme une prière.

- Kate !  Kate ! Kate !

- Oui ?

Il sursauta, avant de courir la prendre dans ses bras. Elle le serra à son tour dans ses bras, heureuse d'être de retour à la maison.

- Excuse-moi, je ne voulais pas t’effrayer, j’avais besoin de réfléchir… murmura-t-elle.

- De réfléchir ? Répéta-t-il en s’écartant vivement d’elle.

- A la meilleure façon de te rassurer ! Ajouta-t-elle immédiatement. Ecoute, je ne sais pas pourquoi tu as pensé que Demming m’intéressait…

- … Tu avais l’air de tellement bien t’entendre avec lui ! Tu t’entrainais avec lui !

-  C’est un collègue ! Il est sympa ! Je me suis comportée avec lui comme je le fais avec Ryan ou Esposito !

- …

- Tu veux être mon partenaire de close combat ?

- Quoi ?!

- Si tu réagis comme ça à chaque fois que je m’entraîne avec un homme, il va bien falloir que tu t’y colles !

- Tu pourrais t’entraîner avec des femmes !

- Et comment je ferai pour maîtriser des suspects masculins, si je ne m’entraîne pas avec des hommes ?

- Touché !

Il la serra de nouveau dans ses bras, comme pour s'assurer qu'elle ne partirait pas.

- Castle! Dit-elle alors que les mains de l’écrivain partaient déjà en vadrouille.

- ... Mhm?!

- Il faut qu'on parle!

- Mais on vient de le faire! Répondit-il avec le ton d’un gamin à qui on dit de patienter avant de prendre le dessert.

- Non! Tu sais bien que ce n'est pas suffisant.

- Écoute, je suis désolé de ne pas t'avoir fait confiance!

- Ce ne sont pas des excuses, que je veux!

- Non?... Qu'est ce que tu veux alors?!

- Des réponses! Une discussion!

- Ok. Qu'est ce que tu veux savoir?

- Pourquoi as-tu cru que je voulais me mettre avec Demming?! Qu'est ce que j'ai fait pour que tu imagines ça?!

 

- Bah... Euh... Rien... Tu n'as rien fait... Conclut-il après avoir réfléchi.

- Alors qu'est ce qu'il y a?

- ... en fait... C'est quelque chose que tu n'as pas fait...

- Ce que je n'ai pas fait? S’étonna la détective qui ne s’attendait pas à ça.

- Oui... Euh... J'ai l'impression que tu veux garder un pied au dehors de notre relation...

- Qu'est ce qui te fait penser ça?

- Quand tu as emménagé ici, tu as dit que ça serait provisoire... Tu as refusé que je te paye tes nouvelles affaires, tu insistes même pour payer ta part des factures!

- Quoi? Tu voudrais être mon Suggar Daddy? Demanda-t-elle de plus en plus étonnée.

- Non... Enfin... J'ai largement les moyens de faire tourner cette maison! Je ne comprends pas pourquoi tu t'obstines à...

- À ne pas vouloir profiter de ta générosité? Écoute Castle, je ne suis pas avec toi pour ton argent ! J'ai toujours su m'assumer et j'en suis fière! Je ne voulais pas te blesser, mais c'est important pour moi!

- Et pour l'appartement?

- Je croyais que tu me le proposais parce que mon appartement avait explosé! Je ne voulais surtout pas que tu te sentes obligé de m'accueillir chez toi!

- Mais je voulais que tu t'installes ici! J'y pensais depuis des semaines!

- Je sais... Ta mère me l'a confirmé le lendemain. Je m’en suis voulu d’avoir réagi comme ça… Tout aurait été plus simple si Scott Dunn n’avait pas fait exploser mon appartement…

- Alors ça veut dire...

- Ça veut dire que je n'ai même pas mis un pied dans une agence immobilière! Assura-t-elle. Je n'ai pas envie de quitter le loft! Enfin... Sauf si tu me le demandes, bien sûr... Ou si tu continues à inviter des jolies filles au restaurant!

Il ne répondit pas à la provocation, mais elle remarqua qu'il fronçait  les sourcils et baissait les yeux, honteux. Elle sourit.

- Il va falloir que tu acceptes de me faire confiance, monsieur Castle!

Elle se meula contre lui et l'embrassa dans le cou, lui murmurant qu'elle, elle lui faisait confiance.

- Tu as peur de me perdre?!

- Évidemment que j'ai peur de te perdre, Kate! Répliqua-t-il vivement. Tu ne l’as pas encore remarqué ?

- Tu ne l’as jamais dit…

- J’oubliais que j’avais affaire à la détective la plus futée de New York, qui n’arrive pourtant pas à voir l’évidence quand ça concerne sa vie sentimentale !

- Dis donc ! J’ai fini par accepter ce qu’il se passait entre nous !

- Après que j’ai hissé la grand voile et sorti une bonne cinquantaine d’esclaves pour ramer avec moi ! fit-il remarquer. Kate ! Ce que j'éprouve pour toi! C'est tellement fort que ça m'effraie parfois! Tu es si merveilleuse, si extraordinaire!

- Castle! Je ne suis pas Nikki Hard! Je ne suis pas parfaite! Il faut que tu arrêtes de me placer sur un piédestal!

- Nikki Hard n'est pas parfaite, elle a un fichu caractère et est un peu garce! Signala-t-il.

Elle éclata de rire.

- Ok, alors, il faut que tu cesses de penser que tu n'es pas assez bien pour moi, parce que tu es exactement celui qu'il me fallait!  Déclara-t-elle en s’approchant pour l’embrasser.

- Vraiment?

- Vraiment!

- Je suis mieux que Demming?

- Je n'ai même pas songé une seconde à regarder Demming de cette façon!

- Mieux que Sorenson?!

- Mille fois mieux que Sorenson!

- Mieux que ...

- Castle! Boucle-la! Et montre-moi plutôt comment tu comptes te faire pardonner! Ordonna-t-elle en l'embrassant.

- Ok, accroche-toi bien Bunny! Ça va secouer!

- Des promesses! Toujours des promesses!

- Tu vas voir si ce ne sont que des promesses en l'air! Répliqua-t-il en la hissant sur son épaule, pour l'emmener dans la chambre.


Minefuji  (05.03.2014 à 20:10)

Attention, ce chapitre contient un passage plutôt coquin! Prenez vos dispositions!^^ Je précise qu'aucune effigie de lapin n'a été torturée, ni abîmée, ect... 

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Chapitre quarante:

Le téléphone sonnait depuis un bon moment, lorsque Martha, excédée arriva dans le bureau de son fils, qui regardait un bon vieux film en noir et blanc.

- Tu ne comptes pas décrocher?

- Non ! Et toi non plus, d’ailleurs ! Fit-il en levant la main pour la stopper alors qu'elle s'avançait pour le faire.

- Ah, ah et peut-on savoir de qui tu te caches ?

- Gina !

- Oh! tu as oublié la pension alimentaire ?

- Non cette fois ce n’est pas mon ex-femme mais mon éditrice qui veut me parler. Je devais lui rendre la première ébauche de mon nouveau manuscrit hier. Le problème c’est que je ne l’ai pas terminé !

- Comment ça se fait ?

- Pas envie d’écrire et en plus de ça, je crois que je ne suis pas tout à fait satisfait de l’évolution de mes personnages !

- Dis plutôt qu'avec Katherine vous avez passé un peu trop de temps à faire des bêtises ! Au fait, où est-elle?

- Au poste! Comme d'habitude! Mais il n’y a pas d’enquête, alors je reste ici, je lui ai promis d’être sage et d’essayer d’avancer dans mon travail, tant qu’il n’y aura pas d’affaire.

- Ah ! Et ta paranoïa avec ce lieutenant du service des cambriolages ?

- Oubliée ! J’ai parlé avec Kate et tout va pour le mieux, ce Demming n’avait aucune chance face à mon charme naturel !

- A la bonne heure ! Sourit Martha. Alors, Katherine va venir dans les Hamptons avec nous, cette année ?

- Je ne le lui ai pas encore proposé, mais j’ai bien l’intention de le faire ! Et toi alors ? Je peux savoir ce que tu fais ici, je croyais que tu devais passer une audition ce soir ?

- Tout juste, je suis venue chercher mon chemisier porte bonheur !

- Ahhh, je suis prise ! Ca y est, j’y suis ! Hurla Alexis en arrivant telle une tornade.

- Oh chérie !

- Oh t’es prise, ça y est, t’y est ! Répéta Castle en sa fille. Même si je ne sais pas du tout de quoi tu parles !

- La session d’été de Princeton ouverte aux Lycéens ! Expliqua la jeune fille.

- Je croyais que tu étais sur la liste d’attente!

- Quelqu’un a annulé, mais on doit payer le plus vite possible parce que ça commence ce week-end ! répliqua la jeune fille excitée comme une puce.

- Comment ça ce week-end ? Tiqua l’écrivain.

- Je sais qu’on devait le passer ensemble mais…

- Chérie tu ne peux pas me faire ça ! C’est le mémorial Day. On le passe chaque année dans les Hamptons pour fêter le début de l’été, c’est une tradition familiale. J’ai acheté tes feux d’artifice préférés, ceux qui sont illégaux parce qu’ils font trop de bruit ! gémit Castle.

- Papa, c’est Princeton !

- Tu vas rater un super week-end, tout ça pour une session d’été dans une des meilleures facs du pays ! Bougonna-t-il.

- Je sais bien que je te déçois énormément ! Mais je pensais que tu inviterais Kate! Ça vous ferait un week-end en amoureux !

- Je pensais que nous y irions tous ensemble! Répondit-il déçu en prenant le dossier d’inscription que lui tendait Alexis.

-  Bon il y a plein de formulaires, alors t’as qu’à les signer et moi je les remplirai pour toi plus tard !

Elle n’attendit pas sa réponse et fit mine de s’en aller.

- Hop, hop, hop, hop, hop, hop… Une minute. Il doit y avoir une erreur, il y a écrit que les dortoirs sont mixtes ? L’arrêta son père.

- Bah, oui c’est une fac !

- Non, non, non, non ce n’est pas une fac, c’est une session d’été ouverte aux lycéens, dans une fac et si j’en crois ceci, la moitié des élèves de ton bâtiment seront des garçons du même âge que toi!

- Papa t’as aucun souci à te faire, il y a un surveillant majeur pour chaque étage !

- Donc vous serez surveillés par quelqu’un qui aura l’âge légal pour acheter de l’alcool ! Riposta-t-il de plus en plus inquiet.

-  Trésor ne soit pas si rigide, intervint Martha. Rappelle-toi le voyage que tu as fait en Italie. A l’époque tu étais encore plus jeune qu’Alexis !

- Et si tu avais eu la moindre idée de ce qui c’est passé quand j’étais en Europe. Tu ne m’aurais plus jamais laissé quitter la maison ! Dit-il.

- Et bien parfois, moins on en sait, mieux on se porte ! répliqua l’actrice.

Le téléphone de Rick sonna, il regarda l'identité de son correspondant et sourit.

- Ah, Beckett !

- Tu as un roman à terminer ! Lui rappela Martha.

- Hum, hum !  Ici Castle ! Salut ma chérie! Je te manquais tant que ça ? … Il y a eu un meurtre et ce sont les ordres du patron ?! Tu sais que tu as un sacré sens de l’humour !

***************

Il la rejoignit dans Central Par cet l’accompagna vers la scène de crime. Il profita du trajet pour lui expliquer ses tracas avec Alexis.

- C’est devenu une tradition, les feux de camp, les marshmallow grillés, les histoires de fantôme, les grasses matinées. On fait ça depuis qu’elle a 5ans ! Se lamentait-il.

- Ça a l’air génial, elle se rend pas compte de la chance qu’elle a ! Acquiesça la détective.

- Ouais, d’ailleurs, je voulais que tu nous y accompagnes ! Dis-moi que tu vas venir ! Ça sera l'occasion pour nous de passer notre premier vrai week-end romantique!  On est face à l’océan, il y a une piscine privée. Tu pourrais bronzer toute la journée, si tu veux!

- Ouah, Castle ! Tu as vraiment envie que je fasse plein de bêtises avec toi dans la piscine!

- Il y a une bonne vingtaine d'endroits là-bas, où on peut faire plein de bêtises! Tu pourras même nager entièrement nue, si tu es mal à l'aise en maillot de bain !

- Ne me tente pas Castle! Répondit-elle amusée.

Ils rejoignirent Esposito, qui leur présenta la victime : Shawn Caldwell, un homme blanc tué de plusieurs balles dans la poitrine. Le mobile n’était pas le vol, puisqu’ils avaient retrouvé sa montre, son portefeuille et du liquide ! Le tueur avait d’ailleurs pris le temps de faire le ménage derrière lui, puisqu’ils ne retrouvèrent aucune douille, ce qui impliquait un sacré sans froid et donc un assassin très bien entraîné. Castle ne se gêna d’ailleurs pas pour émettre la thèse d’’une implication de la CIA.

De retour au commissariat, Beckett planchait sur leur nouvelle affaire, lorsque Castle arriva et déposa une photo de la plage sur son bureau.

-  On est en face l’océan. Je ne t’ai pas menti et je te garantis qu’il n’y a rien de plus beau au monde ! 

Le regard soucieux de Beckett l’intrigua.

- Un problème ?

- J’ai essayée le registre du commerce, notre base de données, j’ai même cherché  sur internet et c’est comme si ses gens n’existaient pas ! Expliqua-t-elle.

- Qui ?

- Fastwater Global Services !

- Oh, je te l’avais dit, c’est une couverture de la CIA! Répondit-il nonchalamment, ce qui exaspéra Beckett. Enfin ils n’ont peut-être pas envie de faire de la publicité…

- Oui, bien sûr, c’est ce que je me suis dit. Donc j’ai vérifié leur adresse, 1747 Ouest sur la 43ème  rue. C’est en plein milieu de l’Hudson River. Alors j’ai revérifié le contenu de son portefeuille et j’ai découvert que sa carte d’identité, sa carte de salle de sport, sa carte d’assurance et même sa carte de crédit, étaient bidon. Elles sont toutes fausses !

- Et pour son nom ?

- Il y a une demi-douzaine de Shawn Caldwell dans la région et aucun ne correspond !

- Ses empreintes digitales ?

-  Pas dans le fichier !

Les gars revinrent de leur enquête de voisinage et personne n’avait vu ou entendu quoique ce soit, pas même les clochards qui dormaient à environ 200mètres de là, ce qui signifiait que le tueur avait utilisé un silencieux. Tout cela ressemblait de plus en plus à du travail de professionnel.

Leur enquête piétinait un peu, mais la découverte de la voiture de Caldwell relança l’enquête. Ils y trouvèrent une arme de guerre, cinq mille euros et un stylo contenant un message qui s’autodétruisit dès la fin de sa lecture. Castle jubila, la victime était un espion !

Castle et Beckett prirent donc la place de la victime et se rendirent au point de rendez-vous.

- Tu ne trouves pas ça un peu étrange ? Demanda Beckett alors qu’ils attendaient l’arrivée du contact de Caldwell.

- Quoi ?

- La clandestinité, les rendez-vous secrets, les phrases codées. Moi je trouve ça un peu vieux jeu. Pourquoi se rencontrer face à face quand on peut envoyer un mail crypté ?

- Parce que parfois il faut se déconnecter du réseau ! A ce propos en parlant de déconnecter, tu ne m’as pas répondu pour ce week-end ! On va s’éclater !

- Il me tarde d’y être, sourit-elle en l’aguichant du regard.

Le contact arriva mais il démasqua rapidement Castle, aussi Beckett dut-elle intervenir et l’arrêter. Plus leur enquête avançait, plus ils se demandaient dans quoi ils s’étaient fourrés, jusqu’à ce que Castle réalise que cette histoire n’était qu’un jeu, sauf que le meurtre, lui était bien réel.

****************

De retour au loft, Castle s’attelait à préparer le dîner, quand le téléphone sonna.

- Oh non ! Soupira-t-il.

Il n’eut pas le temps de réagir, que Beckett avait déjà décroché.

- Résidence de Richard Castle !

- Je voudrais parler à Richard !

Beckett fronça les sourcils, encore cette pimbêche malpolie.

- Bonsoir ! Castle … Oui… Euh…Il est sorti, mentit-elle à la demande de Rick, qui lui faisait de grands gestes affolés.

- Lucia, je vous en prie, soupira la voix au téléphone, vous ne savez pas mentir !

- Mais je ne…

- Laissez tomber, je vais l’appeler sur son portable.

La communication fut coupée et Beckett adressa à Rick un regard noir, lui intimant de lui expliquer ce qu’il se passait.

- C’était Gina ! J’ai du retard dans mon travail, expliqua-t-il.

- C’était ton ex femme ? Pourquoi est-ce qu’elle me prend pour la femme de ménage ?

- Bah… Euh… Je n’en sais rien… Elle n’est pas du genre à s’intéresser au petit personnel…

- Au petit personnel ? Mais c’est une perle, celle là ! En tout cas, tu aurais pu lui dire que je vivais avec toi !

- Tu ne voulais pas que j’en parle !

- Ok… Et bien, je te donne le feu vert ! Tu pourras lui dire !

- J’adore quand tu es énervée, je te trouve super mignonne !

- …

- Enfin ! Pas contre moi ! ajouta-t-il devant son regard noir.

- Castle, qu’est qu’il te prend ? Demanda-t-elle en reculant, alors qu’il s’approchait d’elle.

- Tu le sais très bien, marmonna-t-il.

Oh que oui, elle le savait ! Il avait ce regard ! Celui de Linus ! Celui qui disait qu’il allait la dévorer toute crue !

- Castle ! Le diner !

- On s’en fiche ! rétorqua-t-il en se précipitant sur elle.

- Allons au moins dans la chambre ! Ta fille ou ta mère pourraient… ar…ri… ver… Oh ! Castle !

Cette proximité, son souffle, sa douceur, elle n’en pouvait plus. Elle avait retenu sa respiration dès qu’elle l’avait senti s’approcher, il avait un tel magnétisme ! Sans la toucher, d’un seul regard, il la mettait dans tous ses états. Il s'approcha encore d'elle et passa une main dans ses cheveux. La proximité de son corps la rendait folle.

- Viens, lui murmura-t-il en lui prenant une main et en l’entraînant vers la chambre.

Il la coucha sur le dos, lui chuchota combien il la trouvait belle. Elle sentit le rouge lui monter aux joues, sa voix, l’émotion qu’il faisait passer, elle en était tellement émue. Doucement, avec une infinie délicatesse, il la déshabilla, embrassant chaque parcelle de sa peau, qu’il dénudait. Délicatement, il embrassa son petit lapin fétiche et fit glisser le morceau de tissu le long de ses jambes. Elle ferma les yeux. Elle sentit ses doigts venir caresser sa poitrine, et bascula la tête.

Il vint l’embrasser dans le cou, aspirant sa peau délicate.

- Bordel Rick ! Tu veux me faire un suçon ?

- Du calme, laisse-toi porter par l’ambiance…

- C’est pas toi qui va devoir porter des cols roulés en plein mois de mai ! Bougonna-t-elle.

- Ok ! J’arrête le suçon… Mais tu sais que tu es vraiment pénible, parfois !

Ses mains descendirent le long de son ventre, la faisant frissonner de plaisir.

Il lui embrassa les cuisses, lui arrachant de petits cris de plaisir, alors que ses doigts s’introduisaient en elle. Chacun de ses gestes lui procurait un sursaut de bonheur immédiat. Il accéléra et elle murmura son nom. Elle balança son bassin, accompagnant ses mouvements, sentant l’orgasme monter, elle se cambra plus et le supplia de ne pas s’arrêter. Il sourit et arrêta ses caresses, elle grogna de frustration, mais bien vite, il vint déposer un baiser appuyé et passionné sur ses lèvres, alors que d’un très lent mouvement du bassin, il s’introduisait doucement en elle. Il allait et venait avec lenteur, à l’écoute de leurs plaisirs respectifs. Elle croisa ses jambes autour de sa taille, accroissant leurs sensations et leur jouissance. 


Minefuji  (06.03.2014 à 17:35)

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