HypnoFanfics

Interdit aux moins de 18 ans

In my veins

Série : Castle
Création : 25.01.2014 à 16h20
Auteur : Minefuji 
Statut : Terminée

« Une idée, qui me trottait dans la tête depuis un moment : et s'ils avaient fait ça il y a quatre ans... J'espère que ça vous plaira. » Minefuji 

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Chapitre quarante et un :

Cette lenteur la rendait folle, il prenait un malin plaisir à l’agacer. N’en pouvant plus de cette douce torture, elle le fit basculer sur le dos et s’installa à califourchon sur lui. S’accrochant à ses épaules, elle rythma leur ébat.

- Tu vas me tuer, murmura-t-il dans un souffle.

- Quoi ? Tu n’en peux déjà plus ? répliqua-t-elle mutine.

- Tu vas voir, ce que tu vas voir ! Annonça-t-il piqué au vif.

Il ouvrit son tiroir, fouilla à l’intérieur et en sortit un foulard noir.

- Tu me laisses te bander les yeux ? Demanda-t-il.

Elle le regarda légèrement surprise, puis hocha la tête timidement. Sans un mot, il passa derrière elle et lui plaça le foulard sur les yeux. Il s’éloigna un peu d’elle, la laissant s’habituer à ses nouvelles sensations.

Elle se sentait légèrement déstabilisée, son rythme cardiaque s'était un peu accéléré. Tous ses sens étaient en éveil. Cette sensation était grisante. Elle savait qu'il la regardait, mais ne savait pas où était pos son regard...

Il restait sans rien faire, elle sentait pourtant sa présence près d’elle. Puis, elle sentit son corps s’approcher d’elle. Son souffle chaud, contre sa peau la fit frémir. Elle voulut le toucher, mais il l’esquiva, lui refusant tout contact. Son ouïe ainsi aiguisée, elle percevait mieux les sons. Elle entendait sa respiration. Elle voulut parler, mais il l’en empêcha en posant un doigt sur sa bouche.

Doucement, il vint effleurer sa peau du bout des lèvres, son cou, son épaule, le creux de ses seins… Elle se cambra légèrement, à la recherche d’un rapprochement. Le sentir sans le voir, la mettait dans tous ses états. Son corps la frôlait, elle pouvait sentir son désir grandir, l’obscurité décuplait ses sensations.  Elle commençait  à s’impatienter.

- Rick…

Sa voix était éraillée, elle ne maîtrisait plus son impatience, elle bascula son bassin vers lui. Il répondit à son invitation et revint en elle. Chaque coup de rein de son amant lui procurait une décharge dans tout le ventre.

Ce petit jeu avait sérieusement entamé la résistance de l’écrivain, qui jouit presqu’instantanément. Il s’excusa encore et encore, vexé et honteux. Elle se blottit dans ses bras, lui murmurant des paroles réconfortantes et pleines d’amour. Il se nicha contre celle qu’il aimait, la seule personne devant laquelle il osait se montrer vulnérable.

- Rick…

- Mhm ?

-ça sent le brûlé, tu ne trouves pas ?

- Merde ! Le repas ! s’écria-t-il en se précipitant vers la cuisine.

Kate se rhabilla rapidement, ramassa le caleçon de Rick et le rejoignit.

- Alors ?

- On a frôlé la catastrophe, mais le pire est évité, pas besoin d’appeler les pompiers. Par contre, je ne sais pas combien de temps on va devoir aérer pour faire partir cette odeur et cette fumée !

- Tu devrais enfiler ton caleçon avant de t’approcher de la fenêtre, dit-elle en lui bloquant le passage. Bunny ne voudrait pas que tout le quartier admire sa carotte.

- Merci !… Sa carotte ?! C’est pas un peu réducteur ? Bougonna-t-il.

- Elle est très bien ta carotte, parfaite pour Bunny ! Et tu sais à quel point il en est gourmand.

- Tu es insatiable!

- Oui, et tu adores ça!

Il sourit et après avoir rapidement réparé les dégâts, il emmena Kate manger à l’extérieur.

******************

Le téléphone sonnait depuis un bon moment, quand Martha arriva dans le salon, où elle trouva son fils tranquillement installé dans le canapé.

- Oh tu n’as toujours pas répondu à Gina ? 

- Non et tu la connais, elle est tenace !

- Tu ne pourras pas la fuir toute ta vie trésor. Laisse-moi faire, je vais lui parler ! Répondit-elle en s’approchant du téléphone.

- Oh, oh non ! Ahh, non, non, non, non, non… tu, tu, tu, tu, tu… !

- D’accord !

La sonnerie s’arrêta.

- Tu ne pourras pas l’éviter indéfiniment !

- Je sais, mais tu sais combien j’aime remettre à plus tard…

- Pas tout, apparemment ! Tu m’expliques comment tu as fait pour laisser brûler ton dîner au point de devoir aérer toute la nuit et jeter la poêle et le faitout ?

- Euh… Tu ne veux pas savoir, crois-moi ! A part ça, dis-moi ! Qui dit chapeau d’été hors du placard, dit petite apparition dans les Hamptons ?

- Hélas cette année tu vas devoir te passer de ta mère, étant donné que c’est moi qui ai été choisie!

- Oh fantastique !

- Ah, ah !

- Ah je suis fier de toi !

- Merci, oh ce n’est pas le plus beau rôle de ma carrière, mais j’adore les tournées d’été. Et toi ça va aller ?

- Pourquoi ça n’irait pas ?

- Je ne serai pas là de toutes les vacances, Alexis non plus alors…

- Non, ce n’est pas un problème, Kate passera son week-end et ses congés avec moi et après, on rentrera. Je pourrai finir mon roman !

- A la bonne heure ! Tachez tout de même de ne pas mettre le feu à la maison !

- On ne mangera que des crudités ! Et Chet, il va rester tout seul ?

- Oh ça peut pas lui faire de mal, je ne veux surtout pas qu’il pense que je lui appartiens et que je serai toujours à ses côtés !

Alexis arriva et vint s’installer dans le canapé avec un garçon.

- Oh tout le monde est là ! Génial ! fit Alexis surprise.

- Tu t’attendais à être toute seule ? Demanda son père d’un air soupçonneux.

- Non mais tu es rentré tôt aujourd’hui, répliqua-t-elle. Je vous présente Carter, il va aussi faire la session d’été à Princeton !

- Ah je vois !

- Ravie de te rencontrer Carter ! fit Martha en lui tendant la main.

- Enchanté madame !

- Euh Carter, tu m’attends dans la cuisine ! Demanda Alexis au jeune homme qui s’éloigna. Je l’ai connu sur le site internet de Princeton et comme il habite, pas loin on a sauté sur l’occasion !

- Pardon ? Tilta Castle.

- On a voulu faire connaissance avant d’arriver sur place, d’autant que nos chambres sont collées l’une à l’autre ! Précisa Alexis en s’éloignant pour retrouver Carter.

Castle cracha le café qu’il venait d’avaler, sous le regard amusé de Martha.

- A ton avis quel âge a-t-il ? Demanda l’écrivain.

 - Il est assez grand pour faire ce que tu faisais quand tu avais son âge ! Assura l’actrice.

- C’est justement ce qui me fait peur ! Je vais demander à Beckett de m’aider à le butter, Lanie pourra nous aider à nous débarrasser du corps.

**********************

Au 12ème Prescinct, Beckett grignotait quelques cookies envoyés par son amie Madison, tout en étudiant le dossier de l’affaire en cours, quand son téléphone sonna.

- Beckett! Annonça-t-elle en décrochant.

- Lieutenant Beckett! Ravie de vous entendre enfin! Richard m'a tellement parlé de vous!

- À qui ai-je l'honneur? Grimaça Beckett en reconnaissant la voix de la harpie qui la prenait pour la femme de ménage.

- Oh! Oui, pardon! Je suis Gina Cowell l'éditrice de Richard.

- Ah... Oui... Que puis-je pour vous, madame Cowell?

- Je voudrais parler à Richard. Ce garnement m'évite parce qu'il est en retard sur l'ébauche de son manuscrit...

" Garnement"? Elle savait qu'elle parlait d'un adulte là? Bien qu'agacée par le ton dégoulinant de son interlocutrice, Beckett écouta poliment jusqu'au bout, enfin presque. Elle attrapa un cookie sur son bureau et commença à le grignoter distraitement.

- ... Donc, si vous pouviez lui demander de me rappeler, afin de me dire où il en est dans l'écriture de "Nikki à nu".

Beckett manqua de s'étouffer en entendant le titre du nouveau roman de son petit ami. Elle toussa plusieurs fois en se frappant la poitrine et attrapa sa bouteille d'eau, pour en prendre une gorgée.

À l'autre bout du fil, Gina continuait son monologue, comme si de rien était.

- Euh… Oui…

- Merci beaucoup ! Minauda Gina avant de raccrocher.

Beckett roula des yeux en soupirant. Comment Rick avait-il pu l’épouser ? Elle attrapa sa veste et s’apprêtait à partir, quand Castle arriva tout sourire.

-  J’espère que ce n’est pas moi qui te fais fuir !

- Oh non, pas du tout. J’allais t’appeler justement. On a réussi à avoir quelqu’un de chez « Espion d’un jour », les patrons nous attendent dans leurs locaux. Ah et ton ex-femme a appelé, elle dit que tu l’évites parce que tu es en retard sur l’ébauche de ton manuscrit de…  « Nikki à nu » ! C’est un titre accrocheur. Quand comptais-tu m’en parler ?

- Et bien, bredouilla-t-il le regard fuyant, j’attendais le moment idéal mais en fait il ne s’est jamais présenté !

- Elle est encore nue sur la couverture, n’est-ce pas ? demanda-t-elle d’un air réprobateur.

- Oui, si on veut !

- Génial ! Personne ne va se moquer de moi ! déclara-t-elle en tournant les talons.

- Oh, ça c’est fait ! Souffla Castle soulagé.

 

Ils firent une petite visite chez Espion d’un jour, découvrirent le véritable nom de la victime et purent enfin rencontrer sa famille.

De retour devant le tableau blanc avec Castle, Kate réfléchissait.

- A une époque, quand un type faisait sa petite crise de la quarantaine, il s’achetait un Cabriolet, il changeait de petite amie ou il sautait en parachute ! Dit-elle.

- Les coups de feu dans le parc, le pognon dans sa voiture. Je me demande ce qu’il a fait d’autre pour s’éclater, ajouta l’écrivain.

-  Maintenant qu’on a le nom de la victime, Esposito va vérifier ses finances et peut-être qu’on trouvera un truc qui n’a rien à faire là !

- Et en parlant de truc qui n’a rien à faire là ! Chuchota-t-il en voyant Demming arriver.

- Encore lui ? Non, mais il a l’esprit vraiment très, très, lent, ce garçon ! Soupira Beckett.

- Ohhh ! Demming ! Fit Castle d’un ton un peu trop enjoué.

- Salut… Castle ! Beckett, je peux vous parler ?

Beckett se leva et l’accompagna sous le regard de l’écrivain, qui s’efforça de ne pas être jaloux.

Au bout de quelques minutes, Demming ressorti la tête basse et Beckett s’approcha de Castle le regard noir. L’écrivain déglutit difficilement, il allait passer un mauvais quart d’heure.

- Castle ! Je peux savoir pourquoi tu as dit à Demming de tenter sa chance avec moi ?

- Oups ! Et ben euh… En fait… Euh… Bah…

Elle sourit.

- Tu sais que tu es mignon, quand tu es mal à l’aise ?

- Oh ! Et tu as envie de moi ?

- Castle ! On est au poste là !

- Ah Ah ! Comme si ce genre de détail t’arrêtait !

- N'empêche que la prochaine fois qu'un gars te demande s'il peut tenter sa chance avec moi, j'aimerais assez, que tu lui répondes non!

-Oh ne t'en fais pas, le prochain qui veut te draguer devant moi, je l'atomise!

****************

La piste de la mallette et des euros, les amena à arrêter des Ukrainiens à la recherche de papiers d’identité, seulement, ils n’étaient pas les horribles mafieux escomptés, loin de là.

- Ouais c’est bien des Ukrainien, mais des étudiants, annonça Esposito en sortant de la salle d’interrogatoire. Comme dans leur pays à leur âge ils ont le droit de boire, il leur fallait des faux papiers d’identité et ils ont entendu parler d’Hugo dans leur session d’été par un de leur pote !

- Comment ça une session d’été ? Tiqua l’écrivain.

- Ouais, la fac d’Hudson à un programme d’échange d’étudiant. Pourquoi ?

- Pour rien ! répondit Castle soucieux.

- Enfin bref. Aucun d’entre eux n’a de berline noire et vu qu’ils étaient partis faire la fête quand Roger a livré les papiers, je doute que notre tueur soit parmi eux !

Beckett soupira et se dirigea vers le tableau blanc.

- Tu penses vraiment qu’il était suivit ? Demanda Castle.

-  Il appelle à 23h30 et il rappelle juste avant de se faire tuer. Sa voiture se fait emboutir, donc il s’enfuit en courant dans le parc. Pour moi, il essayait d’échapper à quelqu’un. Mais à qui ?

- J’aurais adoré te donner un coup de main pour fouiller toutes les berlines noires de la ville mais j’ai une partie de poker ce soir. A plus tard ! dit-il en partant.

- D’accord !

******************

- Un meurtre en plein milieu d’un jeu d’espion. Personne ne sait ce qui s’est passé. J’adore cette histoire ! Fit Cannel.

- Et la fausse piste des Ukrainien, c’était génial ! Ajouta Connelly.

- On a trouvé des explications pour l’argent, les gadgets, la mallette, mais il y a un truc qu’on n’arrive pas à trouver. C’est le mobile ! Dit Castle.

- C’est peut-être parce que vous ne cherchez pas au bon endroit ! Suggéra Patterson.

- Et toi Patterson, tu chercherais où ? Demanda Castle.

- Si c’était moi qui avais écrit ça, le meurtre n’aurait absolument rien à voir avec le jeu d’espion. Si ce n’est qu’il a donné au tueur l’opportunité d’agir !

- Tout en sachant que le jeu allait justement brouiller les pistes ! Appuya Connelly.

- Et c’est exactement ce qui c’est passé, fit Cannel. Ecoute Rick, on peut inventer toute les histoires qu’on veut dans nos romans, il y a que trois raison de commettre un meurtre, l’amour, le pognon et vouloir cacher un autre crime !

- Cannell a raison, moi si j’étais toi, je m’intéresserais pas au jeu d’espion mais à la victime !

- Et moi si j’étais toi, je passerais plus de temps à écrire plutôt qu’à trainer avec ta copine la fliquette. Franchement Rick, un seul petit bouquin par an ! Reprocha Patterson.

- C’est un peu court jeune homme ! Enfonça Cannel.

- Cette fille, moi j’appelle ça une distraction ! Je n’appelle pas ça une muse !

- Mais vous allez vous mêler de vos affaires, oui ?! Beckett n’y est pour rien ! C’est juste moi, qui n’écris pas suffisamment.

- Alors, mets-toi un peu au vert ! Suggéra Patterson. Isole-toi le temps de te mettre à jour dans ton travail !

- Oui, c’est vrai, vous avez raison…

 **************

Lorsque Beckett rentra en fin de soirée, elle trouva Castle perdu dans ses pensées sur le canapé.

- Qu’est ce qu’il y a qui ne va pas? Demanda-t-elle inquiète.

Il inspira longuement et se lança, ça n’allait pas être facile.

- J’ai eu Gina au téléphone.

- Ah…

- Il faut vraiment que je travaille sur mon roman ! J’ai pris énormément de retard, alors… Je m’étais dit qu’on devrait peut-être faire une pause !

- Une pause ? Répéta-t-elle paniquée.

- Dans les enquêtes ! S’empressa-t-il de préciser. Il faut vraiment que je bosse, alors je ne vais plus venir au poste pendant un petit moment... Et avec Alexis à Princeton et ma mère en tournée pourquoi ne pas en profiter pour m’isoler un petit moment dans les Hamptons !

- Tu ne veux plus que je vienne passer le week-end avec toi ?

- Non ! Non ! Bien sûr que non ! C’est notre week-end et j’ai hâte d’y être ! Seulement… Je ne rentrerai pas avec toi… Je vais y rester quelques temps…

- Et combien de temps ? Demanda-t-elle soulagée.

- Oh tout l’été minimum. Alors c’est notre dernière enquête !

L’air attristé de sa muse lui fit mal au cœur.

- Hey !

 - T’en fais pas. Je comprends, tu seras mieux là-bas, pour écrire… Et puis, je vais prendre des congés et je viendrai te rejoindre, enfin, si tu veux bien !

- Si tu ne le faisais pas, je serai triste, affirma-t-il en l’embrassant tendrement.

******************

Beckett réfléchissait devant le tableau blanc, assise sur son bureau, quand Castle arriva avec leurs cafés dans les mains.

- Bonjour !

- Bonjour ! Heu… Tu aurais dû me réveiller ! Dit-il en lui tendant son café.

- Tu dormais si bien !

- J’ai bien réfléchit et peut-être qu’on ne cherche pas au bon endroit ? Peut-être que le meurtre n’a absolument rien à voir avec le jeu. Si ce n’est qu’il a donné au tueur l’opportunité d’agir !

 -  Alors ça, c’est vraiment dingue parce que c’est exactement ce à quoi j’ai pensé en me réveillant ce matin. J’ai ouvert les yeux et je me suis dit qu’on était peut-être tellement resté bloqué sur le jeu qu’on en avait oublié le principal !

- La victime ! Termina Castle.

- Exact ! Alors regarde ça, dit-il en prenant un dossier sur le bureau. On n’a rien trouvé de suspect dans ses finances mais on s’est aussi intéressé à son associé Lee Copley et figure-toi qu’il a été déclaré en faillite personnel, il y a deux mois. Il a perdu gros sur des placements immobiliers ! Et si Roger meurt sa moitié des parts de la boite revient à Copley !

- Il y en a pour un demi-million de dollars ! Fit remarquer Beckett.

- La femme de Roger nous a dit que les seuls à savoir qu’il était à New-York c’était elle et Copley !

- Et devinez ce que conduit Monsieur Copley ?

- Une berline noire ! Termina Castle.

***************

Grâce à cette nouvelle piste, leur enquête se termina rapidement, révélant des mobiles classiques : amour et trahison.

- Alors Roger était vraiment suivi cette nuit-là ? Demanda le capitaine Montgomery.

- Quand le mari d’Andréa à découvert qu’elle avait une liaison. Il s’est pris pour un espion lui aussi. Il a traqué l’amant de sa femme et il l’a tué ! Expliqua Beckett.

- Deux liaisons, un mariage sans amour, c’est triste qu’un homme soit mort parce que les personnes impliqués n’ont pas eu le courage d’avoué leurs sentiments !

- Oui c’est triste !

Castle arriva près d’eux.

- Je dois y aller. J’amène Alexis à Princeton mais je reviendrais à temps pour la petite sauterie qu’Esposito et Ryan organisent pour moi !

- A tout à l’heure sourit Beckett.

- D’accord ! A toute à l’heure ! Au fait, j’espère que ta valise est prête !

- Elle l’est, je t’ai vu la préparer il y a trois jours ! J’ai quand même du rajouter des vêtements, tu espérais vraiment que je passe tout le week-end en maillot de bain ?

- Même avec moins que ça ! Affirma-t-il en lui piquant un baiser sur les lèvres avant de partir.

****************

Castle attendait devant la porte d’entrée, avec une valise. Alexis descendit les escaliers avec deux autres valises.

 - Tu ne vas pas laisser un seul truc à la maison ? demanda Castle.

- Si toi ! Assura-t-elle. Tu es sûr que ça va aller, ce sera la première fois que tu restes seul aussi longtemps ?

- Normalement c’est moi qui est censé dire ça fillette et pour ta gouverne, je vais pas rester seul très longtemps !

- Quoi ? Kate va passer l’été avec toi ? Demanda-t-elle ravie.

- Elle va venir pendant ses congés !

- Et bien on dirait que je vais pas être la seule à m’éclater cet été ! Sourit-elle alors que Castle lâchait la valise et la regardait atterré. Je rigolais, je rigolais, c’était pour rigoler. Je te jure !

- C’était pas drôle ! Râla-t-il. Il n’y a vraiment que toi que ça fait rire !

  ****************

La salle de débriefing avait été préparée par les gars pour la petite fête en l’honneur de Castle. Tout le monde était là, seule Beckett manquait à l’appel.

- C’était vraiment très émouvant. Beaucoup de larmes ont coulé. Euh, pas celle d’Alexis, seulement les miennes !  Expliquait Castle.

- Je dois vous dire un truc. Vous allez nous manquer ! Dit Esposito.

- Vous aussi vous aller me manquer !

- Vous n’allez pas reprendre le percolateur ? S’enquit Ryan.

- Jamais j’oserais vous faire une chose pareille !

- Je tiens à dire que le café de la morgue est vraiment dégueu ! annonça Lanie.

- J’espère que votre départ ne va pas faire chuter notre taux de réussite ! Plaisanta Montgomery.

- Haaa ! Oh regardez qui s’accorde une petite pause ! Fit Castle alors que Beckett entrait en souriant dans la salle.

- Tu vois que je ne pense pas qu’au boulot Castle ! dit-elle en ouvrant une bière.

- Tu parles, madame dors avec son arme de service sous son oreiller ! Annonça Lanie

- Je sais ! Sourit l’écrivain.

- Et si tu savais où je cache mes menottes… Provoqua Beckett en regardant son amie.

- Oh mais qu’est-ce qu’il t’arrive toi ? Demanda la légiste. C’est ton week-end en amoureux qui te fait cet effet là ?

- Ah ! Ah ! En tout cas, j’ai fini ma paperasse ! Je suis officiellement en week-end !

Un policier arriva au même instant.

- Monsieur Castle, il y a quelqu’un qui veut vous voir.

- Je suis quelqu’un de très demandé, plaisanta l’écrivain en quittant la pièce.

- Alors Beckett, saurez-vous revenir au boulot lundi matin ?

- Il le faudra bien, sinon Castle ne finira jamais son livre.

- Hé ! Regardez ! C’est pas l’ex femme de Castle ? Fit Ryan en regardant par la fenêtre donnant sur le couloir.

- Si… Fit Beckett en fronçant les sourcils. Qu’est ce qu’elle veut encore celle-là ?

 

- Gina ? Qu’est ce que tu fais ici ? S’étonna Castle.

- Je viens te chercher,  Richard, t’es prêt ?

- Pardon ?

- Tu ne crois quand même pas que je vais te laisser partir tout seul dans les Hamptons !

- Castle ? Demanda Beckett en arrivant à son tour.

- Euh Beckett, tu te souviens de mon ex-femme, Gina? Annonça l’écrivain.

- Ex-femme et éditrice ! Précisa Gina.

- Oui … Euh, on s’est eu au téléphone l’autre jour ! Répondit Beckett en fronçant les sourcils. Vous avez enfin réussi à l’attraper ?

- Oh, oui! parfois c’est un vrai petit garnement et je n’ai pas compris pourquoi il m’évitait, je ne mors pas ? Enfin pas beaucoup ! Fit-elle. Bon on devrait peut-être y aller, sinon on risque d’avoir des embouteillages !

- Aller où ? Demanda Beckett.

- Dans les Hamptons ! Expliqua Gina en attrapant le bras de Rick. Rick m’a dit qu’il allait y passer l’été, alors, j’y vais aussi, comme ça je serais là pour m’assurer qu’il finisse son bouquin !

- Pardon ?!! S’exclama Rick. T’as décidé ça comme ça ?

- Allons Richard, ce n’est pas comme ci on ne l’avait pas déjà fait !

Beckett n’en revenait pas, comment osait-elle faire un truc pareil ? Elle voulait répliquer, la remettre à sa place, mais Rick était là et c’était à lui de réagir.

- Gina ! Je suis désolé, mais je dois te rappeler que nous avons divorcé et que tu ne peux plus t’imposer chez moi comme ça !

- Oh, je t’en prie, Rick, on peut bien passer nos vacances ensemble, puisque nous sommes tous les deux célibataires.

- Je ne suis plus célibataire ! Je ne pars pas seul dans les Hamptons !

- Première nouvelle ! Et qui est ta mystérieuse petite amie ?

- Je viens de te la présenter, dit-il en se tournant vers Beckett.

Gina encaissa la nouvelle et son sourire se crispa.

- Alors comme ça vous êtes la cause du retard de Rick dans son écriture ? Vous avez décidé de ruiner sa carrière ?

- Gina ! Avertit Castle.

- Allons Rick ! Tu n’es pas sérieux ? Une simple flic ! Tu es tombé bien bas !

- Gina ! Tonna Rick, attirant les regards vers eux. Je t’enverrai mon travail de façon régulière cet été, pour le reste, désolé, mais tu n’as plus ton mot à dire.

Il se tourna vers Beckett et lui tendit le bras.

- Tu viens chérie, on ferait bien de se dépêcher avant d’être coincés dans les bouchons.

Beckett sourit et lui attrapa le bras. Ils se tournèrent vers leurs amis, à qui ils adressèrent un petit signe amical, puis se dirigèrent vers la sortie.

- Castle ! On se voit se voit à la rentrée ? Cria Ryan.

- On se voit à la rentrée ! Affirma l’écrivain.

- Bon week-end ! Lança Lanie sur un ton coquin.

L’équipe les regarda partir en souriant, tandis que Gina fulminait.


Minefuji  (07.03.2014 à 17:09)

Le chapitre qui suit contient des passages coquins... Vous connaissez le refrain. ^^

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Chapitre quarante-deux.

Le soleil déclinait doucement, alors que la voiture de Castle arrivait dans les Hamptons. Confortablement installée sur le siège passager, Kate s’émerveillait du paysage qui se déroulait sous ses yeux.  Rick gara la voiture devant la maison et vint ouvrir la portière de la jeune femme.

- Et nous y voilà !

- Oh mon dieu Castle ! Wah…! Dit-elle en regardant tout autour. Alors ! Tu es riche, c’est bien ça ?

- Pas autant que James Patterson, mais j’ai pas à me plaindre! … Viens, je te fais visiter.

Il l’emmena faire le tour du propriétaire, agrémentant  chacune de ses explications d’une anecdote. Plus ils avançaient dans la visite, plus un étrange sentiment s’emparait d’elle.

- Après avoir fini de rénover la cuisine, j’avais juré que c’était terminé, continua l’écrivain en arrivant dans le salon, mais ma décoratrice m’a appelé en disant que je devais rénover le salon, donc je l’ai fait aussi… ça a conduit à refaire le premier étage et ensuite le sous-sol…

- …

Il s’apprêtait à sortir dans le jardin, quand il se rendit compte, qu’elle ne le suivait plus.

- Tu viens ?

- Oui…

- Et voilà à présent mon endroit préféré ! Annonça-t-il en arrivant face à l’immensité bleue. Le bruit de l’océan, une intimité totale ! Oh, cette sérénité ! La piscine est de ce côté ! Beaucoup de gens la trouvent magique… Il y a… Est- ce que tout va bien ?

- Oui… C’est… spectaculaire, Castle ! Souffla-t-elle.

- Et… c’est un problème ?

- C’est juste que je ne peux pas m’empêcher de me demander combien… d’autres filles ont eu droit à cette visite…

- D’accord… Je ne vais pas nier le fait, que j’ai amené d’autres femmes ici… Mais… Elles n’étaient pas toi…

Ils plongèrent leurs regards l’un dans l’autre, il lui tendit la main. Elle la lui prit et sourit.

- Tu veux qu’on fasse quelques longueurs dans la piscine ? Proposa-t-elle.

Ils repartirent à l’intérieur, le temps de se changer et revinrent rapidement près de la piscine.

- Je suis sûr que tu vas trouver la piscine agréable, mais si tu veux, je peux augmenter la température ou… Je pourrais juste arrêter de parler… Tu as oublié ton maillot ?!Demanda-t-il en souriant alors qu’elle venait de faire tomber son peignoir.

- Je sais… Rit-elle.

- Tu m'étonneras toujours!

Elle plongea dans la piscine ne refit surface qu'après une longue coulée. Elle fit quelques brasses, puis se retourna vers Rick.

- Alors? Demanda l'écrivain.

- Elle est géniale ! Tu devrais venir !

Il gagna les marches qui s’enfonçaient dans l’eau, plongea à son tour et nagea un peu, avant de la rejoindre pour la prendre dans ses bras. Elle passa les siens autour de son cou et embrassa ses lèvres.

- J'ai attendu ça tellement longtemps, soupira-t-il.

- Quoi? M'embrasser ou m'emmener dans ta piscine?

- Toi!

Elle sourit et l'embrassa de nouveau, il se laissa entraîner dans le ballet sensuel de leurs langues. Gémissante, elle s'accrocha à ses épaules, tandis que tout son corps était parcouru de frissons. Elle enroula ses jambes autour du bassin de son amant, remarquant au passage, qu'il avait les mêmes envies qu'elle.

- Tu as froid?

- Non...

- Pourtant tu frissonnes…

- Tu sais bien pourquoi... Répondit-elle aguicheuse.

Il sourit et fondit sur ses lèvres, pour l'entraîner dans un véritable brasier. C'était si bon. Elle glissa ses mains dans ses cheveux, elle adorait les ébouriffer. Les mains de Rick glissèrent sur ses hanches, elle se sentait perdre pied. Sans cesser de l'embrasser, il s'enfonça en elle. Ils commencèrent à bouger en rythme. Leurs gémissements se mêlant au clapotis de l'eau. Leur respirations étaient désordonnées, ils étaient impatients comme au premier jour, jamais ils ne seraient rassasiés l'un de l'autre. L'orgasme les frappa en même temps, les laissant essoufflés et pantelants.

**************

 Rick se retourna une nouvelle fois dans le lit. La douceur des draps ne cacha pas l'absence de Kate à ses côtés. Il regarda l'heure et se leva.

La maison était déserte. Il se rendit dans la cuisine et mit la cafetière en marche, avant de sortir sur la terrasse. Il fit quelques pas en direction de l'océan et sourit. Elle était là, sur la plage et faisait quelques étirements.

Il resta un petit moment sans rien dire, l'admirant discrètement. Soudain, elle se redressa et se tourna vers lui. Le sourire qui vint illuminer son visage la rendit encore plus belle, si cela était possible.

- Salut Castle! Tu es bien matinal! Constata-t-elle en arrivant vers lui.

- Tes pieds froids me manquaient! La taquina-t-il.

- C’est toi, qui viens te coller à mes pieds froids ! Eux ils restent bien sagement de leur côté du lit.

- Tu aimes avoir le dernier mot, hein ? Constata-t-il en l’embrassant.

- Avec toi, ça vaut mieux, je crois !

- Alors, tu es allée jusqu’où ?

- J’ai longé la plage jusqu’au port.

- Ça fait une sacrée trotte ! Tu es levée depuis quelle heure ?

- Je ne sais pas trop… Il devait être 6h30 à peu près…

- Tu dois avoir faim ! Il est presque 9 heures ! Allons prendre le petit déjeuner, ensuite j’irai faire quelques courses.

- Je viendrai avec toi !

- Vraiment ? Je croyais que tu détestais faire les courses !

- Oh c’est le cas, mais j’aime encore moins être loin de toi.

 

De retour dans la maison, Rick servit le petit déjeuner, pendant qu'elle filait sous la douche. Il sortit deux tasses et y versa le breuvage préféré de sa muse.

- Ça sent divinement bon !

Il se tourna vers Kate, qui se tenait sur le pas de la porte, son merveilleux sourire illuminant son sourire.

- Tu es divine dans cette tenue ! Admira-t-il. Tu devrais porter ça plus souvent!

- Malheureusement ce genre de petites robes n'est pas la tenue idéale pour attraper des tueurs! Sourit-elle en partant vers le frigo pour sortir le jus d'orange.

- Tu devrais essayer, ça pourrait les perturber suffisamment pour leur faire commettre une erreur...

Elle sourit et vint s'installer à ses côtés, attrapant une tartine et le pot de confiture.

- Alors? Tu as envie de faire quelque chose de spécial aujourd'hui? Demanda-t-il en croquant dans la tartine qu’elle lui tendait.

- Me balader sur la plage et lézarder au bord de la piscine, pourquoi?

- J'ai des vélos dans le garage, on pourrait faire un tour...

- Mhmmm! C'est une bonne idée... On pourrait faire ça... J’ai repéré une petite crique sympa tout à l’heure, on pourrait y aller et faire plein de bêtises

- Je vote pour les bêtises ! assura-t-il en l’embrassant dans le cou.

********************

Main dans la main, ils flânèrent dans les rues du village. Tout ce dont ils avaient besoin se trouvait à proximité de la place. Les gens saluaient l’écrivain chaleureusement et Kate semblait à l’aise avec ça, ce que Rick apprécia particulièrement : elle assumait pleinement leur relation.

Aussitôt rentrés, Kate s’empressa de tout ranger dans les placards en chantonnant. Au bout d’un moment, elle trouva le silence de Rick  et se tourna vers lui.

- Ça ne va pas Castle ?

- Si… ça va très bien, assura-t-il en souriant, avant de ranger les paquets qu’il tenait.

Elle fronça les sourcils, puis reprit son rangement en haussant les épaules. Il devait être un peu stressé avec son livre à terminer.

Ils sortirent les vélos du garage et après un rapide check up, ils partirent en balade.

La journée était ensoleillée. Le petit vent marin rafraichissait idéalement la température. Ils démarrèrent leur balade, Kate en tête. Elle se retourna et provoqua une petite course. Elle avait ce petit air mutin et frondeur qu’il aimait tant. Il accepta le défi et accéléra la cadence.

Ils slalomèrent entre les voitures et les passants avant d’atteindre un petit chemin entre les dunes. Ils arrivèrent enfin à la petite crique découverte par Beckett.

- C’est magnifique ! Souffla-t-elle devant le paysage.

Il déposa son vélo et vint encercler sa taille.

- Tu as raison… Je devrais me balader un peu plus souvent.

- Tu ne connaissais pas cet endroit ? S’étonna-t-elle.

- Non et étant donné l’état du chemin qu’on a emprunté, je pense que peu de gens le connaissent ! Soupira-t-il en regardant l’état de ses jambes.

- Tu t’es fait mal ? fit-elle en se baissant pour examiner ses écorchures. Comment t’es tu débrouillé pour te mettre dans un état pareil ?

- La vraie question est comment toi tu as fait pour ne pas avoir une seule égratignure ? fit-il remarquer alors qu’elle fouillait dans son sac à dos. Il y avait des ronces partout !

- Assieds-toi Castle, je vais désinfecter tout ça !

Elle nettoya consciencieusement ses plaies, sous le regard amoureux de l’écrivain.

- J’adore quand tu joues les infirmières, dit-il d’un air coquin…

- Ah oui ? Et y a-t-il d’autres endroits que je devrais examiner ?

- Eh bien… La selle n’était pas des plus confortables…

- Je vois… murmura-t-elle en faisant remonter ses mains vers le haut de son bermuda. Est-ce qu’un massage te soulagerait ?

- Tu es la meilleure des infirmières, répondit-il en retenant son souffle tandis qu’elle glissait ses mains dans son caleçon.

Ses lèvres se refermèrent sur son sexe, lui arrachant un râle de plaisir. Sa langue le mettait au supplice, elle savait exactement comment le rendre fou. Il l’arrêta au bord de la jouissance et la fit rouler sur le sol. Sans plus attendre, il s’empara de ses lèvres. Ses doigts glissèrent rapidement vers son entre-jambe, qu’il s'empressa de déshabiller d'un geste expert.  Il lui mordilla coquinement la lèvre, elle se cambra et soupira d’aise quand il la pénétra enfin. Encouragé par sa réaction, il entama un rythme soutenu jusqu’à ce que l’orgasme les terrasse enfin.

- Tu fais les meilleurs massages du monde, soupira-t-il en s’écroulant à ses côtés.

 


Minefuji  (08.03.2014 à 20:02)

Un tout petit chapitre ce soir, mais un peu coquin tout de même! Vous êtes prévenus, ce chapitre contient une scène susceptible de choquer les âmes sensibles.

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Chapitre quarante-trois:

La journée avait été longue et ennuyeuse, pour le lieutenant Beckett, qui ne rêvait que d’une chose, se prélasser dans un bon bain chaud.

Rentrer seule dans le loft de Castle soir après soir était étrange. Cet endroit, qui d’ordinaire était pour elle synonyme de vas et viens incessants et d’animations en tout genre, ressemblait désormais à son ancien appartement, un lieu d’un calme absolu.

Elle se rendit dans la cuisine, mit un plat à réchauffer dans le micro-onde et se rendit dans la salle de bain, afin de faire couler l’eau dans la baignoire.

Elle dîna rapidement avant de se préparer pour son bain. Elle s’y prélassa avec un livre de son auteur favori, puis termina la soirée devant la télévision.

Elle somnolait quand le téléphone sonna. Elle mit quelques secondes à réaliser d’où venait la sonnerie, puis se précipita dans le bureau et courut vers le téléphone.

- Ah enfin ! Tu dormais ?

- Castle?

- Ben oui… qui veux-tu que ce soit à cette heure ? demanda-t-il.

- Je ne sais pas, il est quelle heure ? fit-elle en étouffant un bâillement.

- Pas loin de 23 h. Toi, tu dormais. Excuse-moi chérie… Je n’avais pas réalisé l’heure qu’il était.

Elle retourna vers le canapé et éteignit la télévision.

- Oui, je me suis endormie devant la télévision. Tu étais en pleine inspiration créatrice pour ne pas m’avoir appelée avant ?

- Oui, Gina m’a encore appelé cet après-midi, elle me met la pression, je ne sais pas ce qu’il lui prend, d’habitude elle est moins agressive.

La vision de l’ex-femme de Castle écumant de rage revint à l’esprit de la détective, visiblement l’heure de la vengeance avait sonné.

-  Tu as une drôle de voix Rick, remarqua-t-elle légèrement crispée.

- C’est juste que… Enfin, comme tu ne répondais pas… Ça fait dix minutes que j’essaie de te joindre sur ton portable…

- Tu as cru que j’étais sortie ?

- Non.

- Qu’est-ce que tu as cru ?

- …

- Rick ?

- J’ai eu peur qu’il te soit arrivé quelque chose, murmura-t-il.

Elle éclata de rire.

- Au moins je te fais  rire ! Tiqua-t-il.

- Non, c’est pas ça, c’est juste que ça fait des jours que je me morfonds devant ma paperasse et que la seule chose qui risque de m’arriver, c’est de me couper avec une feuille ! dit-elle entre deux rires. On en a plaisanté avec les gars d’ailleurs !

- Ah, bah excuse-moi, mais je préfère que  tu n’aies rien d’autre à faire que de la paperasse ! Oh ! Ta demande de congés, elle en est où ?

- J’ai deux semaines à partir de vendredi soir !

- J’ai intérêt à écrire jour et nuit d’ici là, histoire d’avoir du temps à te consacrer !

- Ne t’en fais pas, tu pourras écrire quand je lézarderai au bord de la piscine !

- Je ne sais pas si j’arriverai à me consacrer si tu te prélasses en maillot de bain à quelques mètres de moi…

- Tu préfèrerais que j’aille chez mon père ?

- Surtout pas ! Je vais me gaver de caféine et travailler d’arrache-pied d’ici vendredi !

- Cool…

- Explique-moi dans quelle tenue es-tu ?

- Castle !

- S’il te plait ! Ça fait deux jours qu’on ne s’est pas vus ! Tu me manques trop ! Laisse-moi fantasmer…

-  Mon tee-shirt rose, celui que je mets pour dormir…

- Seulement ça ?

- J’ai une culotte, aussi…

- Tu es avec Bunny ?

- Oui… J’ai pris un bain en rentrant et je n’ai mit qu’un tee shirt et une culotte… Il fait trop chaud ici…

- Tu es toute en sueur alors ?

- Un peu, oui… Le bain m’avait détendue et rafraichie, alors quand je me suis installée devant la télé… Il ne m’a pas fallu longtemps pour sombrer… 

- Si j’étais là… Je te retirerais Bunny après l’avoir gentiment cajolé…

- Ah oui ? Et qu’est ce que tu ferais d’autres ?

- Je retirerais ton haut et j’embrasserais ta poitrine, je remonterais jusque dans ton cou et je glisserais vers ton épaule… Je ne me lasserais jamais de sentir ton parfum de cerise…

- Mmhmm, j’adore quand tu fais ça…

 - Je sais, j’imagine déjà tes mains ruinant ma coiffure, avant de descendre pour s’attaquer à ma ceinture…

- J’adore agripper tes fesses, elles sont tellement appétissantes…

-  C’est toi qui es appétissante ! Tes seins, ton ventre, tes cuisses, tout en toi m’aAAAAAAIIIIIEEEEEUUHHH ! BORDEL *%+~]M*%+~]M !!!!!

- Castle ? … Castle ?...

- *%+~]M*%+~]M !!!!!

- Castle qu’est ce qu’il se passe ?

- P… de fermeture éclair !!! Bon sang !!! Ça fait mal !!!

- Cas… Ne me dis pas que…

- Si ! Oh bon sang ! Bunny aura des carottes râpées ce week-end !  Gémit l’écrivain alors qu’une larme naissait au coin de son œil.

- Oh mon dieu Rick !…

- Excuse-moi chérie, mais je vais te laisser, il faut que je trouve la trousse à pharmacie. Bonne nuit !

- Bonne nuit Castle…

Elle reposa le téléphone sur son socle et frissonna. Décidément, être séparés ne leur réussisait vraiment pas !

 


Minefuji  (09.03.2014 à 22:32)

Chapitre quarante-quatre:

Après une longue et ennuyeuse semaine, Kate arrivait enfin dans les Hamptons, pour y passer deux semaines de repos avec son cher écrivain.
Les retrouvailles devaient être sages, étant donné les petits soucis encore récents de Rick, aussi décidèrent-ils de passer leur soirée dans un lieu public.
Ils choisirent un bar à la mode et s'installèrent confortablement l'un contre l'autre sur une banquette.
Le bar était plein à craquer et ils auraient pu passer inaperçus, si une hystérique en tenue fluo n'avait pas reconnu l'écrivain et hurlé son nom à travers tout.

- Monsieur Castle! Vous voulez bien signer su ma poitrine? Minauda-t-elle.

- Euh... Je suis désolé, mais je ne fais plus ce genre de choses...

- Oh!

Elle jeta un regard en biais vers Kate et ajouta.

- Ça sera pour dans quelques mois, alors!

- Dans quelques mois ? Répéta l’écrivain abasourdi.

- Quand votre petite aventure sera finie...

- Non... Euh... Bafouilla l'écrivain, sentant sa muse s'agiter près de lui.

- Si vous voulez, on peut aller discrètement aux toilettes, chuchota-t-elle.

- Ok, c'est bon! J'en ai assez entendu! Grogna Kate en se redressant. Soit vous nous laissez tranquilles, soit j'appelle le shérif!

- Le shérif? Couina-t-elle.

- La cellule de dégrisement, vous connaissez?

- Je ne suis pas saoule!

- Vous feriez bien de ne pas le crier trop fort, parce que rien qu'en voyant votre tenue, on se doute que vous n'en étiez pas à votre premier verre en la choisissant! Claqua la détective.

L'allumeuse battit en retraite, sous le regard amusé de Rick.

- J'adore te voir en colère! ... Enfin, pas contre moi!

Elle sourit et vint déposer un baiser sur ses lèvres. Le serveur vint rapidement prendre leurs commandes.

- Rick! Quel plaisir de te voir ici! S'écria une voix derrière eux.

Kate ferma les yeux pour gérer sa frustration, puis se tourna vers les intrus.

- John! Et Shawna! Fit Rick d'une voix enjouée en leur serrant la main! Kate, je te présente mes voisins, John et Shawna Whitemore! John est l'une des plus grosses fortunes de Manhattan. Les amis, je vous présente Kate Beckett!

- Beckett?... Votre nom me dit quelque chose... Réfléchit John. Vous êtes avocate?

- Non. Je suis flic! Répondit la détective légèrement agacée.

- Oh, oui! Vous êtes la fameuse Nikki Hard! S'exclama Shawna soudain excitée comme une puce.

- Ma femme est une grande fan, expliqua John.

- Je ne suis pas Nikki Hard, répondit Kate d'un air faussement enjoué.

- Installez-vous avec nous! Proposa Rick, vous allez avoir du mal à trouver une table de libre!

Les Whitemore acceptèrent volontiers l'invitation et prirent place face à Rick et Kate.

  Un peu plus loin, l'ambiance karaoké battait son plein. L'allumeuse habillée en fluo massacrait une chanson de Sting avec sa voix de crécelle.

- J'adore le karaoké, pas vous? Demanda Shawna. Je vais nous inscrire! Ça sera amusant!

- Non...euh... Tenta Kate pour l'arrêter, mais en vain, la voisine de Rick avait déjà disparu dans la foule.

- Ne vous fatiguez pas, soupira John. Shawna est impossible à arrêter quand elle a une idée en tête!

Kate roula des yeux et se renfonça dans le dossier de la banquette. Rick lui adressa un petit sourire contrit, espérant que tout ça ne lui retomberait pas dessus de retour à la maison.

Shawna revint quelques minutes plus tard.

- Je vous ai choisi Sinatra! Je sais que Rick l'aime beaucoup! Et vous Kate? Peut être auriez vous préféré Lady Gaga?

Et pourquoi, elle aurait préféré Lady Gaga? Parce qu'elle n'était qu'un simple flic? Décidément, cette soirée s'annonçait mémorable!

- J'aime beaucoup Sinatra, assura-t-elle en faisant un effort pour se maîtriser.

- Alors c'est parfait! Minauda Shawna.

Les chanteurs du dimanche défilèrent tour à  tour sur la scène, instaurant un bruit de fond plus ou moins agréable dans la salle. Cela ne semblait pas gêner Shawna, qui apparemment pouvait parler pour ne rien dire à longueur de temps. John et Rick ne semblaient pas s’en incommoder et participaient autant qu’ils le pouvaient à son monologue.

 Kate, quant à elle sirotait son verre distraitement, en se jurant de convenir d’un code avec Rick, afin que la prochaine fois qu’ils se trouveraient ainsi coincés dans une soirée abominable, ils puissent s’éclipser rapidement. Elle était donc occupée à réfléchir à ce fameux code, hochant machinalement la tête, lorsque le regard de Shawna se tournait vers elle. Elle poussa même la plaisanterie à agrémenter son mouvement de tête, d’un sourire concerné.

Leur tour de chant arriva finalement et la foule s’écarta pour les laisser passer. Ils montèrent sur le podium et le brouhaha diminua. Visiblement les talents de chanteur de Rick étaient reconnus, Kate avait entendu quelques murmures dans la foule et une bonne partie de la gente féminine s’attendait à ce qu’elle ruine le chant de leur idole. Elle eut une soudaine envie de rebrousser chemin et de fuir ce bar rempli de femmes hostiles à son égard.

Une légère pression de sa main sur la sienne et un regard aimant de son amant lui redonnèrent du courage, elle inspira et s’installa devant le micro. Les premières notes de Witchcraft retentirent, il n’était plus question de reculer. Rick démarra la chanson, sans lâcher Kate du regard, l’émeraude accrocha l’azur, plus rien n’existait alentours. Elle répondit à la phrase de Rick et une rumeur d’admiration résonna dans la foule. Kate chantait admirablement, le duo qu’elle formait avec l’écrivain était tout simplement  parfait.

La foule applaudit à tout rompre lorsqu’ils finirent leur chanson. La barre était haute et la voix de crécelle en jaune fluo n’oserait certainement pas repasser après ça ! Quoique…

La main fermement agrippée à celle de Rick et le rouge aux joues, Kate se laissa entraîner par lui jusqu’à leur table. Ils se figèrent en apercevant l’allumeuse du début de soirée en grande conversation avec les Whitemore. Ils semblaient même très bien s’entendre…

Ils s’approchèrent et Rick se racla la gorge pour signaler leur présence.

- Oh Monsieur Castle ! Vous étiez formidable ! Fit-elle mielleuse. Et votre amie… Quel talent ! Vous avez vraiment une voix exceptionnelle !

- Merci, marmonna Beckett.

- Ne soyez pas si modeste ! Votre duo était vraiment magique ! Tenez ! Je propose de lever nos verres à votre santé !

Bien qu’étonnés, Castle et Beckett se saisirent des verres qu’elle leur tendait et trinquèrent cordialement. Leur discussion reprit dans une bonne ambiance. Ils parlèrent durant un bon moment de tout et de rien. Les Whitemore et la crécelle riaient aux blagues de Rick, John leur faisait profiter de conseils juridiques gratuits et Shawna avait trouvé une sérieuse rivale dans l’art de parler pour ne rien dire, en la personne de Ruthie, la Crécelle.

 - Kate, tu es avec nous ? Demanda soudain Rick, la ramenant soudainement sur terre.

- …

- Tout va bien ? S’inquiéta Shawna, vous m’avez l’air très très verte !

- C’est vrai que tu es verte, grimaça Castle.

Elle ne répondit rien et se précipita hors de la salle à une vitesse avoisinant le record du cent mètres. Elle arriva dans les toilettes, se précipita vers une cuvette et y vomit ses trippes.

Elle y passa un bon quart d’heure et ne revint dans la salle qu’une fois certaine que la crise était passée. Elle titubait légèrement en approchant de la table et crut que son cœur s’était arrêté lorsqu’elle trouva Ruthie en train de chevaucher Castle qui secouait désespérément les mains pour se débarrasser d’elle.

Alors que la seconde d’avant, elle avait encore du mal à se tenir debout, le spectacle qui se jouait devant elle lui donna un regain d’énergie phénoménal. Elle attrapa la grognasse et la propulsa à l’autre bout de la pièce.

- Kate ! Je… ! Bafouillait l’écrivain.

- Je sais Rick ! C’est pas toi, que j’ai envie de tuer, assura-t-elle en envoyant un regard meurtrier à Ruthie.

Cette dernière peinait à se relever, lorsque Kate lui enfonça le talon dans la poitrine.

- Je ne veux plus jamais vous voir autour de mon petit ami ! Tonna la détective. Je ne serai pas si gentille la prochaine fois.

Ruthie déguerpit dès que Kate la libéra.

- Eh bien ! Quelle femme ! Admira John.

- C’est ma nana ! Sourit Castle extrêmement fier.

Beckett porta la main à son front et tituba de nouveau. Rick se précipita vers elle et la rattrapa juste avant qu’elle ne tombe.

- Tu as de la fièvre, constata-t-il en posant la main sur son front. Viens, je te ramène à la maison ! Tu peux marcher ?

- Je crois, répondit-elle en faisant trois pas avant de vaciller de nouveau.

- Pas la peine de jouer les wonder-women, je vais te porter sur mon dos.

- Castle, on est venus à pieds, il y a au moins trois kilomètres !

- Eh bien ! Ça me fera un peu d’exercice !

 

Ils marchaient depuis un petit moment, il était très tard, mais la nuit était suffisamment claire pour leur permettre de rentrer sans encombre.

- Ça va ? Je ne suis pas trop lourde ? Demanda-t-elle soudain.

- Pire qu’une vache, dit-il d’un ton blasé. AIEUHHHH !

- Ça t’apprendra à parler à une dame ! Claqua-t-elle en lâchant son oreille.

- Ok, ok ! Ce n’était pas drôle !

- Castle… Tu crois que Ruthie avait raison ? Nous deux ça sera fini dans quelques semaines ?

- En rentrant, j’appelle le médecin !

- Quoi ?! Pourquoi ? Sursauta-t-elle.

- Il faut vraiment que tu sois malade, pour sortir des idioties pareilles !

 


Minefuji  (10.03.2014 à 19:39)

Chapitre quarante cinq

De retour à la maison, Castle aida Kate à s'installer sur le canapé. Elle frissonnait et marmonnait des choses incompréhensibles. Rick attrapa son téléphone et composa un numéro.
Au bout de plusieurs sonneries, on décrocha.

- Castle, si c'est pour une plaisanterie ou une question pour un bouquin, je préférerais que tu attendes le lever du jour, grogna la voix familière.

- Non! Non! Non! Non! S'écria-t-il. Je sais qu'on est au beau milieu de la nuit, mais j'ai réellement besoin d'un médecin! Je t'en prie, vieux!

- Ok... Qu'est ce qu'il se passe?

- C'est mon amie, elle est tombée brusquement malade, elle est brûlante de fièvre et elle délire!

- J'arrive, laisse-moi dix minutes et je suis chez toi!

- Merci, Sam!

 Un puissant frisson secoua la colonne vertébrale de Kate. Son cœur battait très rapidement, et résonnait jusque dans ses tempes, elle avait l'impression qu'on jouait du tambour dans sa tête. Elle voulu se lever, mais ses jambes flageolèrent instantanément, l'obligeant à se rasseoir.

- Hey! Reste allongée, fit Castle en se précipitant vers elle. Qu'est ce que tu veux?

- ... Soif...

- Je vais te chercher de l'eau!

Il se précipita dans la cuisine et revint avec un verre d'eau, qu'elle avala d'un trait.

- Encore...

Il lui remplit son verre, elle l'avala aussi rapidement que le premier et en réclama un troisième.

- Tu vas avoir sacrément envie de faire pipi à cette allure, plaisanta-t-il.

- ... Saletés de mouches! Râla-t-elle en balançant ses mains dans tous les sens.

Rick fronça les sourcils, tout cela n'était pas normal. On sonna à la porte, il se précipita pour ouvrir.

- Ah! Sam! Si tu savais comme je suis content de te voir!

- C'est un peu pour ça que tu m'as appelé, non? Alors où est notre malade.

- Sur le canapé.

Sam examina Kate, pendant que Castle préparait la tisane que son ami lui avait demandée.

- Alors? Comment elle va? Demanda-t-il lorsque son ami eut fini.

- Elle est complètement stone.

- Stone?

- Elle est droguée!

- C'est impossible, Kate n'est pas une junkie!

- Alors on l'a droguée! Je vais lui faire une prise de sang, pour l'analyser.

- On l'a droguée? Quelle sorte de drogue?

- Il faut faire des analyses pour en être certain, mais des amphétamines, sans doute.

Il regarda sa muse, qui semblait vraiment très mal et se maudit.

- Ruthie! Marmonna-t-il.

- Quoi? Demanda Sam.

- Une fan complètement cinglée, qu'on a rencontrée ce soir, ce doit être elle, qui a mis quelque chose dans le verre de Kate! Oh bon sang, tout ça c'est de ma faute!

- C'est pas ta faute Castle... Chantonna Kate.

- Ah non? Demanda-t-il, alors qu’elle s’agrippait à son cou et s’attaquait aux boutons de sa chemise.

- Nop! C'est la faute... Des farfadets! Assura-t-elle en désignant un être imaginaire sur l'épaule de Rick.

- Tu sais que je devrais t’enregistrer ! remarqua Rick en l’empêchant de le déshabiller.

 - Ça y est, elle est en plein trip! Constata Sam.

- Hey ! Les farfadets attaquent le frigo ! Il faut les attraper ! Gronda Kate en attrapant la raquette de tennis de Rick.

-  Elle va être comme ça pendant combien de temps?

- Entre deux et sept heures, tout dépend de la dose, et après, il y aura la descente, pas facile non plus.

-  Eh bien! Elles commencent bien nos vacances! Soupira l’écrivain.

- Fais lui boire la tisane, il faut éviter qu'elle se déshydrate, conseilla le médecin.

Sam resta avec eux toute la nuit, pour surveiller Kate, qui après avoir déliré, chassé les farfadets jusque dans le grenier et pleuré toute la nuit, finit par s'endormir sur les coups de midi. Elle dormit jusqu'au lendemain en milieu d’après-midi.

La baie vitrée coulissa doucement, laissant sortir Kate, visiblement encore éprouvée par sa mésaventure.


- Hey! Regardez qui rejoint le monde des vivants! Sourit l’écrivain en l’apercevant.

- Salut...

- Comment te sens-tu?

- Mieux... Qu'est ce qu'il s'est passé?

- Mauvais trip!

- Mauvais trip? J'étais droguée?

- Oui, apparemment quelqu'un a mis de l'extasie dans ton verre, vendredi soir, expliqua-t-il.

- Ruthie...

- Certainement. Si je la trouve, je te promets de lui faire passer un mauvais quart d'heure!

- Certainement pas!

- Comment ça?

- Je l'aurais démolie avant!

- Ma Beckett est de retour! Fit-il en la prenant dans ses bras.


****************

Gina cowell arriva le surlendemain. Comme elle s’y attendait, elle trouva Rick complètement anéanti dans son canapé. Plusieurs bouteilles d’alcool vides jonchaient le sol, les meubles étaient renversés, les rideaux déchirés. Un capharnaüm sans nom régnait dans la pièce.

 - Oh Richard ! Soupira-t-elle compatissante. Que s’est-il passé ?

 - On s’est disputés… Elle est partie…

 Elle s’approcha de l’écrivain et prit place à ses côtés dans une position incitant à la confidence.

 - Ça va peut être s’arranger…

 - Non. Elle a été très claire ! Tout est fini, soupira-t-il.

 - Oh, chéri… C’est difficile, je sais, mais c’est mieux comme ça ! Cette fliquette n’était pas la bonne personne pour toi…

 - Pas la bonne personne ?

 - Vous venez de deux mondes si différents ! Ça ne pouvait pas marcher ! expliqua-t-elle.

 - Parce que mes précédents mariages avec des personnes de mon monde ont fonctionné ? grinça-t-il.

 - … Je reconnais ne pas y avoir mis suffisamment du mien, mais nous deux, ça marchait bien ! On n’aurait jamais dû baisser les bras si facilement !

 - Ecoute, Gina, je sais que tu essayes de me remonter le moral, mais ça n’est pas la peine… J’ai fait le bilan de ma vie et ma rupture avec Kate, m’a fait prendre conscience que ma vie est un désastre. Il faut que je prenne du recul, alors je vais arrêter Nikki Hard.

 - Tu vas lancer un nouveau personnage ?

 - Non, l’inspiration n’est pas là…

 - Tu veux reprendre Derreck Storm ?

 - Dois-je te rappeler que je l’ai tué ?

 - Tu ne serais pas le premier à faire une pirouette pour le ramener à la vie, tu pourrais faire une préquelle…

 - Non, je pense qu’il est temps pour moi d’arrêter.

 - Attends, tu ne vas pas tout plaquer pour cette bonne femme ? S’énerva Gina.

 - Je l’ai perdue à cause d’une fan hystérique ! Cette vie d’homme public me gâche l’existence, je ne veux plus de ça !

 - Mais c’est uniquement parce qu’elle n’était pas de ton monde ! Insista Gina. Elle n’était pas faite pour toi ! Si elle t’aimait vraiment, elle ne te reprocherait pas le fait qu’une de tes fans l’ait droguée !

 Rick la dévisagea, une lueur étrange brillait dans son regard, une lueur que l’éditrice ne sut déchiffrer.




Minefuji  (11.03.2014 à 20:46)

Chapitre quarante-six

Rick la dévisagea, une lueur étrange brillait dans son regard, une lueur que l’éditrice ne sut déchiffrer.

- Rick? Demanda-t-elle interloquée.

- Comment sais-tu qu'elle a été droguée?

- Tu as dû me le dire...

- Non, je ne te l'ai pas dit! J'en suis certain! Alors?

- Je ne sais pas, j'ai dit ça comme ça...

- On ne dit pas ce genre de choses comme ça! Mes fans peuvent être délurées, mais aucune n'avait encore fait ça! Tu étais dans le coup, il n'y a pas d'autre solution!

- Richard...

- N'essaie même pas d'inventer une histoire pour te sortir de là! Avertit-il. Ruthie a avoué, elle m'a expliqué que quelqu'un l'avait payée très cher pour droguer le verre de Kate... Et ton attitude vient de confirmer mes soupçons!

- Je l'ai fait pour toi! Si elle t'aimait sincèrement, elle ne t'aurait pas quitté! Tout ça n'était pas de ta faute, elle aurait dû le comprendre!

- Qu'est-ce qu'il t'a pris de faire une pareille chose ? La droguer ? Elle aurait pu y rester! Mais jusqu'où vas-tu aller avant de comprendre que je ne serai plus jamais avec toi ? Tonna-t-il au point de la faire sursauter.

- Deux petites pilules à peine ! Elle n’a jamais rien risqué ! Se défendit-elle.

- TU AS DE LA CHANCE QU’ELLE S’EN SOIT REMISE, PARCE QUE SINON CROIS-MOI, PERSONNE N’AURAIT PU RETROUVER TON CADAVRE !

Elle ne l'avait jamais vu aussi en colère. Elle aurait du mal à le récupérer. Elle s'y attendait, évidemment, mais pas à ce point là. Elle allait devoir ruser. Peut être le droguer et lui annoncer une grossesse histoire de lui forcer la main.

Du bruit derrière la baie vitrée attira son attention. Elle se tourna. Elle ouvrit la bouche, on aurait dit un poisson hors de l'eau. Elle regarda la personne qui se tenait près de la piscine, puis Castle et de nouveau recommence son va et vient de l'un à l'autre. Castle esquissa un sourire moqueur.

- Qu'est ça qu'elle fait là celle-là? Hurla-t-elle en se précipitant dehors. VOUS VOUS ÊTES FICHUS DE MOI!

- Oui, et c'était super drôle d'ailleurs, sourit Beckett.

- La prochaine fois que tu engages quelqu’un pour faire ton sale boulot, choisis quelqu’un de plus futé, conseilla Castle. Beckett est l’un des meilleurs flics de New York, dois-je te le rappeler ?

- Je n’ai pas eu de mal à retrouver sa trace, expliqua Beckett. Une fois remise de cet empoisonnement, je suis retournée dans ce bar et figurez-vous que cette Ruthie y est connue comme le loup blanc. J’ai donc facilement réussi à établir la liste des endroits qu’elle fréquente habituellement. Moins d’une heure après, je lui mettais la main dessus et en dix minutes à peine, elle se mettait à table !

- Après un coup pareil, ta carrière chez Black Pawn est finie ! Déclara l’écrivain.

- Tu crois pouvoir te servir de ça pour me faire virer ? Rigola l’éditrice. Vous n’avez aucune preuve ! Uniquement la parole d’une junkie !

«  Je l'ai fait pour toi! Si elle t'aimait sincèrement, elle ne t'aurait pas quitté! Tout ça n'était pas de ta faute, elle aurait dû le comprendre!

- Qu'est-ce qu'il t'a pris de faire une pareille chose ? La droguer ? Elle aurait pu y rester! Mais jusqu'où vas-tu aller avant de comprendre que je ne serais plus jamais avec toi ?

- Deux petites pilules à peine ! Elle n’a jamais rien risqué ! »


Gina ouvrit de grands yeux en entendant l’enregistrement de sa conversation. Elle se tourna vers Beckett, qui agitait un magnétophone sous son nez.

- Vous avez osé m’enregistrer !?

- Ne me dites pas que ça vous choque, vous n’êtes plus crédible en sainte nitouche, ricana Beckett.

- Vous …

- Gina, tu ferais bien de rentrer chez toi, dis l’écrivain.

- Qu’est ce que tu lui trouves à cette fille ? C’est une garce ! Elle te brisera le cœur ! Cracha-t-elle.

- Va-t-en, Gina et je veillerai à ce que tu aies un job dans la branche des livres de recettes dans leurs bureaux en Alaska, proposa galamment Rick.

Elle le regarda d’un œil mauvais, puis s’éloigna non sans bousculer Beckett au passage.

- Oh! Miss Cowell! La rappela Kate.

Gina se retourna et n’eut pas le temps de réaliser ce qu’il lui arrivait, que le poing de Kate s’écrasa violemment sur son nez. Le choc fut si fort, qu’elle bascula en arrière en atterrit dans la piscine.

- Ça, c’est pour m’avoir droguée ! Expliqua-t-elle en secouant sa main pour dissiper la douleur qui l’irradiait. Ah ! Ça défoule !

- J’adore quand tu fais ça, c’est vraiment super cool. On se serait cru dans fight club.

- Je te jouerai un autre film, ce soir, assura-t-elle en souriant d’un air coquin.

- Tu sais que je t’adore, toi !

Beckett tourna la tête vers la piscine, ou flottait le corps de Gina, le coup l’avait visiblement assommée.

- C’est pas vrai, elle n’en loupe pas une celle-là, grogna la détective en sautant dans la piscine pour la repêcher.

Castle l’aida à la sortir de l’eau. Kate lui assena une bonne gifle pour lui faire reprendre ses esprit et n’hésita pas à lui en mettre une seconde.

- Celle-là était superflue, non ? Pouffa l’écrivain.

- Superflue? Non ! C’était pour me défouler !

- T’as raison, je préfère que tu te défoules sur elle.

Gina toussa et cracha de l’eau pendant quelques minutes. Kate lui tendit une serviette.

- Tenez ! Et dépêchez vous de débarrasser le plancher. Je n’aurai peut être pas assez de mansuétude pour vous sauver la vie une seconde fois.

La blonde lui jeta un regard dans lequel on pouvait lire de la colère et de la crainte en même temps.

- Je te laisse le droit de demander ta mutation de ton propre chef, annonça Rick. Mais bien entendu, si tu ne l’as pas fait d’ici deux semaines, je m’en chargerai moi-même !

Gina quitta la maison, sans demander son reste.

- Je me demande comment j’ai pu l’épouser, soupira Castle en glissant son bras autour de la taille de sa muse.

- Eh bien… Je n’aurais jamais pensé à ça il y a une semaine, mais aujourd’hui, je pense qu’il est possible qu’elle t’ait drogué pour obtenir tes faveurs, énonça Beckett en se meulant contre lui.

Rick frissonna à cette idée.

- On va se balader ? Proposa Beckett.

- Où veux-tu aller ?

- Sur la plage ! J’ai besoin de calme et de tranquillité !

- Alors allons-y !

 

Ils rentrèrent pour passer des vêtements secs, Rick ferma la maison et lui prit la main. Lui aussi avait besoin de calme et de tranquillité. Le soleil était fort, mais une agréable petite brise rafraichissait l’air. Elle eut un léger frisson, Rick la serra davantage contre lui. Il l’embrassait sur les cheveux de temps en temps, dans le cou parfois et sur les lèvres le plus souvent. Ils étaient bien.

Ils longèrent la plage, parlant de tout et de rien. Il lui racontait quelques anecdotes de ses étés précédents avec Alexis et sa mère. Elle l’écoutait amoureusement, elle aimait toujours autant l’entendre raconter ses histoires.

Il lui raconta comment avec sa fille, ils avaient passé une journée entière à construire une immense cité fortifiée en sable, que l’océan et un violent orage avaient dévasté en à peine une heure le soir même. Il lui conta également les essais culinaires de sa mère pour les festivités du 4 juillet, les nuits à la belle étoile ruinées par les moustiques et bien évidemment les soirées mémorables à énerver les voisins avec d’énormes pétards illégaux parce que trop bruyants.

Elle se plut à imaginer les nouveaux souvenirs d’été qu’elle allait se construire avec lui désormais. Les siens remontant à plus de dix ans maintenant et devenaient un peu flous. Elle n’avait plus pris de véritables vacances depuis la mort de sa mère. Elle avait oublié à quel point c’était agréable.

Rick lui montra ses endroits favoris, ils s’amusèrent à patauger dans les vagues, reculant lorsqu’une déferlante plus puissante arrivait sur eux.  Ils finirent d’ailleurs par trébucher, à force de reculer à pleine vitesse. Rick l’attrapa par la taille et amorti sa chute en parfait gentleman. Allongée sur son torse, elle posa ses mains de chaque côté de son visage et l’embrassa tendrement. Il passa ses mains sous sa blouse et ouvrit la bouche afin de permettre à leurs langues de se retrouver.

Ils reprirent le chemin de la maison main dans la main dans le soleil couchant. Le regard de Kate fut attiré par quelque chose dans le sable. Elle se pencha pour le ramasser.

- Qu’est ce que c’est ?

- Un coquillage ! Il est beau, tu ne trouves pas ?

Il sourit. Kate Beckett, la policière qui défiait les truands, la grande sceptique par excellence, celle qui ne croyait ni en la magie, ni aux extraterrestres ou aux zombies, était capable de faire preuve d’innocence et de s’émerveiller comme une petite fille devant un simple coquillage trouvé sur la plage.

- J’en ai trouvé un autre, qui devrait te plaire, dit-il en ramassant un coquillage un peu plus loin.

Elle le gratifia de son plus beau sourire et l’embrassa tendrement. Ils terminèrent leur promenade en ramassant encore une bonne vingtaine de coquillages, qu’elle transporta en relevant sa blouse pour en faire un panier de fortune.

- Tu devrais carrément l’enlever, ça serait plus pratique, suggéra l’écrivain coquin.

- Tu pourras le faire toi-même, quand on sera à la maison. Il y a ton vieux voisin le vicelard qui fait le pied de grue au bout de son jardin, il serait trop content de se rincer l’œil, rit-elle en adressant un sourire au vieil homme.

- Pauvre homme, à 85 ans, tout ce qu’il lui reste, c’est le visuel ! fit Rick avec empathie.

 


Minefuji  (12.03.2014 à 17:19)

Chapitre quarante sept

Beckett avait repris le travail depuis plusieurs semaines. Lanie, en bonne copine, avait voulu lui tirer les vers du nez à propos de ses vacances avec Castle, mais Beckett ne se livrant pas, elle avait dû y renoncer.

Cependant, plus les semaines passaient et moins Beckett souriait, aussi décida-t-elle de changer de tactique.

 Le téléphone du lieutenant Esposito vibra sur sa table de chevet, mettant fin à sa nuit.

- Docteur Parish… grogna-t-il. Aurait-on un nouveau cadavre sur les bras ? Si c’est oui, je peux savoir pourquoi vous n’appelez pas Ryan de temps en temps ?

- Je suis moins sensible à sa voix, rit-elle. Bon Je ne vous réveille pas ?

- Bien sûr que si ! Il est sept heures et on est samedi !

- Oui, et il est temps d’avoir une réunion de crise !

Il s’assit sur son lit d’un bond. Jamais le docteur Parrish ne parlait de crise, alors il devait se passer quelque chose qui la dépassait ! Il redouta la suite de son appel.

- Rendez-vous dans une heure au centre commercial.

 Crise ? Centre commercial ?

 - Vous vous moquez de moi, là ? Je ne vais pas faire une virée shopping parce que vous n’avez pas trouvé de copine pour vous accompagner !

 - ça permettrait de se changer les idées !

- Demandez à Beckett !

- C’est elle, le sujet de la réunion de crise ! Je ne peux pas l’appeler !

- Qu’est ce qu’il se passe avec Beckett ?

- Je vous le dirai devant un bon petit dej !

Il grogna légèrement et raccrocha. Il se traîna jusque sous la douche, Beckett comptait beaucoup pour lui, au point de sacrifier une grasse mat du samedi matin pour aller au centre commercial. Bon, le docteur Parrish ne lui déplaisait pas, donc il ferait peut être d’une pierre deux coups.

Il la retrouva sur le lieu de rendez-vous, elle trépignait d’impatience.

- Alors, qu’est ce qu’il se passe ? Demanda-t-il en profitant pour lui faire la bise.

- Commençons par s'acheter un thé et un croissant ! A moins que vous ne préfériez un baggel !  Prenez ce qui vous fait plaisir ! C’est ma tournée !

Wah! Apparemment, il n’était pas question d’oser la contredire, elle semblait si énervée, qu’il commençait à avoir  peur.

 Ils se rendirent dans un café et commandèrent un petit déjeuner.

 - Alors…

- Promettez-moi de ne pas faire de bêtise !

- Vous me faites peur là ! Pourquoi est ce que je ferais une bêtise ?

Elle inspira un grand coup, puis expira. Elle aurait pu faire carrière dans le théâtre !

- Je crois que Castle a plaqué Beckett !

- Hein ?

 - Je vous assure ! Elle est partie vivre dans l’appartement de son père !

La nouvelle fit l’effet d’une bombe pour le latino. Comment Castle avait pu faire une chose pareille ? Il en parla à Ryan, qui eut bien du mal à y croire également.

Ils décidèrent de mener leur petite enquête, et après avoir suivi Beckett plusieurs soirs de suite, ils durent se rendre à l’évidence, il y avait de l’eau dans le gaz chez les Caskett.

*************************

Totalement concentré, le lieutenant Ryan tentait de faire tenir un œuf debout, lorsque celui-ci lui glissa des mains et vint s'écraser aux pieds de Beckett, qui passait par là.

- Vous essayez de remettre en cause la loi universelle de la gravitation? Demanda-t-elle intriguée.

- Non, seulement c'est l'équinoxe d'automne, aujourd'hui, expliqua l'irlandais.

- Et c'est le seul jour de l'année où un œuf peut tenir debout, d'après le grand sorcier Ryan, ajouta Esposito d'un air blasé.

- Vous n'avez pas de travail? Demanda Beckett.

- Nan, fit le latino en se replongeant dans sa revue.

- Pas vraiment, dit Ryan.

Elle leur balança une pile de dossiers sur leur bureau.

- Hm ! Ça tombe bien ! Tenez !  Et cette histoire d'œuf qui peut tenir debout, c'est ce qu'on appelle une légende urbaine! Dit-elle en rejoignant son bureau.

- Faux! J'ai vu Castle le faire l'année dernière! Assura Ryan.

Beckett se figea légèrement. Esposito frappa l'arrière du crâne de son collègue.

- Tu le fais exprès, ou quoi? Grogna-t-il.

Il quitta son bureau et s'approcha de celui de Beckett.

- Toujours aucune nouvelle?

- Non.

- Vous devriez peut-être l'appeler... Suggéra Ryan.

- Il a dit qu'il reviendrait parmi nous en automne et on est en automne! Donc j’imagine qu’il a des choses plus intéressantes à faire…, répliqua-t-elle d'un air fâché.

- Ou peut-être qu’il n’est pas rentré des Hamptons parce qu’il a pas fini son bouquin.

Le téléphone sonna, Beckett attrapa le combiné pleine d’espoir.

- Beckett !... Oui, soupira-t-elle déçue.

Les gars s’éloignèrent en grommelant, visiblement déçus également.

***************************

Une nouvelle affaire les appelant, ils se rendirent peu après sur la scène de crime.

- Ohh ! C’est pas vous qui parliez de la loi universelle de la gravitation ? Demanda Ryan en voyant le cadavre de la victime défenestrée accroché à l’auvent d’une librairie. !

- Quelqu’un a peut être cru qu’elle pouvait voler, après tout, c’est l’équinoxe d’automne, n’est ce pas Ryan ?

Lanie et Esposito faisaient un rapide résumé des premières constatations, quand Ryan aperçut Castle dans la boutique.

Ils se retournèrent tous les trois et finirent par se rendre compte qu’il s’agissait d’une publicité pour sa venue prochaine et la sortie de son livre.

- Donc il a fini son bouquin, constata Ryan.

- C’est sympa de sa part de nous avoir envoyé un exemplaire, fit Lanie grincheuse.

- Et apparemment il est rentré, ajouta Ryan.

- Même pas un coup de fil, renchérit Esposito sur un ton de reproche.

- Arrêtez de pleurer votre ex petite copine, les gars, je vous signale qu’on a un meurtre sur les bras, dit Beckett pour clore le sujet.

L’analyse de la scène de crime et les premiers témoignages, les conduisirent dans un appartement, où ils eurent la surprise de tomber nez à nez avec Castle, penché au dessus du corps d’une nouvelle victime, une arme à la main. Après une arrestation quelque peu chaotique, Castle se retrouva face à Beckett dans une salle d’interrogatoire.

- Quelque chose a changé, vous  avez refait la déco ? demanda Castle.

- Avez-cous été informé de vos droits, monsieur Castle? Demanda-t-elle en s’asseyant face à lui.

- Quoi tu es sérieuse? Tu ne me demandes pas comment s’est passé mon été ?

- Tu es en état d’arrestation pour meurtre!

- Je croyais que le coup des menottes c’était pour rigoler ! Tu as bonne mine, ajouta-t-il charmeur.

- Toi aussi Castle…

- Ah ouais ?

- La mine d’un tueur !

- Pourquoi tu m’en veux à ce point ?

- J’en sais rien, peut être parce que je t'ai trouvé une arme à la main penché sur un cadavre ?

- Oui, mais comme je te l’ai dit, elle était déjà morte quand je suis arrivé.

- Pourquoi tu n’as pas appelé dans ce cas?

- Eh bien en fait… J’allais le faire, seulement… vous avez débarqué, donc ça n’était plus nécessaire.

- Vraiment ? Et je peux savoir pourquoi on t'a trouvé dans l’appartement de notre victime ?

- Parce qu’elle m’avait appelé!

- Oh ! Donc, tu entretenais une relation mademoiselle Santori, si je comprends bien… fit-elle en prenant des notes.

- Je n’appellerais pas ça une relation, je lui ai seulement acheté quelques sculptures.

- Est-ce que vous couchiez avec elle ? Demanda-t-elle en coupant court à son argumentaire.

- Quel est le rapport avec le meurtre ?

- Le mobile!

- Ah! Non, je n’ai jamais couché avec cette femme!

- Vous en êtes sûr ? C’était une belle femme !

- Je suis déjà avec quelqu’un !

- Avec qui ?

- C’est un nouveau rouge à lèvres ?

- Castle !

- Tu le sais très bien !

- Comment le saurais-je ? On ne s’est pas vus depuis deux mois ! Tu as pu avoir des dizaines de conquêtes entre temps.

De l’autre côté du miroir, le capitaine et les gars étaient en pleine réflexion.

- Comment a-t-on pu passer de la vision de deux amoureux quittant le poste main dans la main en juin dernier, à cette espèce de règlement de compte à Ok Corral ?

- Sais pas ! marmonna Ryan. Quand elle est revenue de vacances, ça semblait aller pas mal, mais elle n’a rien voulu raconter, même pas à Lanie !

- Et puis les semaines ont passé, sans qu’elle parvienne à joindre Castle… ajouta Esposito.

- On n’osait même plus lui parler de Castle ! Maugréa l’irlandais. Pourtant, on aurait bien aimé la taquiner un peu !

Les résultats du labo arrivèrent bientôt et Beckett libéra Castle, qui fut bien obligé de rentrer chez lui.


Minefuji  (13.03.2014 à 23:08)

Chapitre quarante huit

 De retour au loft, Castle retrouva sa mère et sa fille qui riaient devant une vidéo de pingouins. Après un interrogatoire en règle, il préféra battre en retraite et se rendre sur la première scène de crime.

Il soudoya le flic qui gardait la scène de crime, avec des viennoiseries et du café, puis se mit en quête d’indices, lui permettant de faire avancer l’enquête et ainsi regagner sa place dans l’équipe.

 

Pendant ce temps, Beckett regardait la chaise de Castle, l’esprit ailleurs. Esposito fit glisser sa chaise jusqu’à elle.

- Moi, à votre place, j’l’aurais gardé un peu au frais, pour me venger…

Elle sourit.

- Nan, ça aurait été cruel. Je ne pouvais pas imposer Castle aux autres détenus.

Ryan arriva à son tour en faisant le pitre avec sa chaise. Il lui expliqua où il en était dans ses investigations. Beckett les regarda et sourit, ils cherchaient à la réconforter, ils étaient vraiment adorables.

Elle reprit du poil de la bête et leur donna ses instructions, puis alla rejoindre Lanie à la morgue.

******************

- Hey! Fit Beckett en entrant dans la salle d'autopsie.

- Hey! J'ai entendu dire que tu avais fait une drôle d'arrestation ce matin! Tu veux en parler? Demanda la légiste.

- Non!

- Continue comme ça et c'est l'ulcère assuré!

- Lanie!

- Allez! Tu l'avais sous la main! Pourquoi n'avoir rien tenté pour le récupérer?

- Tu vas me dire pourquoi tu m'as appelé?

Lanie soupira et consentit à retourner sur le sujet de l'affaire. Elle lui indiqua que les deux victimes portaient chacune un tatouage, visiblement faits par le même tatoueur et que Chloé Whitman portait le numéro 227 sur la main.

Après une dernière tentative pour la faire parler, Lanie laissa son amie quitter la morgue et envoya un SMS au détective Esposito.

 " Surveillez bien Beckett, toute cette histoire la perturbe plus qu'elle ne veut le montrer. Docteur Parish."

*********************

Les appels téléphoniques des deux victimes, amenèrent les détectives sur la piste d'un gars qui s'occupait des distributeurs automatiques. Ils se rendirent donc chez ce Todd McCutchen, où ils tombèrent une nouvelle fois nez à nez avec Castle, près du cadavre de McCutchen.

Beckett lui aurait bien passé les menottes une seconde fois, mais le gars était mort depuis longtemps, donc l'écrivain n'y était pour rien.

- Pourquoi toi, tu ne m'écoutes pas? S'énerva Beckett.

- Écoute, j'essayais juste d'aider!  C'est pas un crime!

- Je n'ai pas besoin d'aide! Comment es-tu arrivé ici?

- Eh bien, j'ai suivi une piste, comme toi! répondit-il fièrement.

- Ah oui? Tu as épluché les relevés téléphoniques des victimes pour trouver un lien?

- Non... Pas vraiment...

- Alors quoi?

Il se contenta de sourire fièrement, ce qui agaça Beckett, qui lui tordît l'oreille.

- AHHHHH! Ok! J'ai appuyé sur bis!!! J'ai appuyé sur bis!!!

- Tu as appuyé sur bis? Répéta Beckett.

- Oui, sur le téléphone de Maya.

 Elle le repoussa légèrement et se tourna vers ses collègues, pour leur donner ses instructions. Castle proposa son aide sur l’affaire

- Castle, écoute, je suis désolée pour ton amie, sincèrement, mais ça veut pas dire pour autant que tu aies le droit de débarquer et faire comme si de rien était ! Tu aurais pu revenir avant cette enquête, mais tu ne l’as pas fait, alors soyons réalistes, la seule raison pour laquelle on s’est revus, c’est que tu étais au mauvais endroit, au mauvais moment.

- Tu sais ce que c’est vraiment cette enquête ? C’est un signe !

- Un signe ?

- Ouais, un signe du destin, les forces de l’Univers veulent nous faire comprendre que nous devons résoudre cette enquête ensemble ! Tu ne vas pas lutter contre les forces de l’Univers ?

- Tu ne me laisseras pas tranquille, quoique je te dise, n’est ce pas ? Soupira-t-elle.

- on ne joue pas avec le destin ! Sourit-il.

-Très bien, d’accord ! Je te laisse uniquement assister à cette affaire, mais il faudra faire tout ce que je dirai, quand je le dirai ! Et tu dois me promettre de ne plus enquêter de ton côté !

- Je te le promets ! Je ne te décevrai pas ! répondit-il heureux.

- J’ai des doutes !

- Et ils sont justifiés !

***************

Le lendemain, Castle arriva avec deux cafés à la main. Il en posa un sur le bureau de Beckett, qui esquissa un sourire. Le lien entre les victimes était encore un mystère, pour eux. Castle suggéra qu’ils aient pu être des agents de la CIA qu’on a voulu éliminer pour trahison.

- La CIA revient souvent avec toi !

- Ouais, mais les lois de la probabilité finiront par me donner raison !

- J’avais oublié à quel point ton aide était précieuse ! Fit-elle légèrement sarcastique.

- Ah oui, j’parie que je trouverai le lien entre les victimes avant toi ! Provoqua-t-il.

- Je tiens le pari ! Mais si c’est moi qui gagne, tu dois me promettre de partir et de ne plus jamais te mêler de mes enquêtes, est ce que c’est clair ?

- ça marche ! Mais si c’est moi qui gagne, tu dois promettre de me reprendre !

- Marché conclu.

- Et si c’est eux qui trouvent en premier ? demanda-t-il en désignant les gars qui les espionnaient un peu plus loin.

- … Nan ! firent-ils de concert.

- De quoi vous parlez ? Demanda Ryan.

- Castle vient de s’excuser de ne pas avoir téléphoné, répliqua Beckett devant le regard incrédule de Castle.

 

L’enquête reprit donc son cours, avec la participation de Castle, comme si de rien n’était. Le lendemain, ils trouvèrent le lien entre les victimes, un club de burlesque, auquel ils appartenaient tous les trois. Beckett laissa Castle trouver le lien entre les victimes, ils arrêtèrent les coupables, se sauvant mutuellement la vie. Castle pouvait réintégrer l’équipe.

 *****************

- Elle l’a repris sur l’enquête ? Demanda Lanie abasourdie.

- Absolument! Fit Esposito aussi étonné qu’elle.

- Je n’y comprends rien ! Elle semblait folle de lui ! Leur rupture aurait dû la mettre en colère ! La Beckett que je connais n’aurait jamais accepté de retravailler avec lui après un coup pareil ! Bougonna Lanie.

- Ou alors, elle est passée  à autre chose, suggéra Ryan.

- Qu’est ce que tu veux dire ? Demanda Esposito.

- En partant du poste, ce soir, elle a fait tomber ce papier, expliqua l’irlandais en montrant une photo sur son téléphone.

- Tu  l’as pris en photo ?! S’exclama Lanie.

- Quoi ça te choque ?

- Un peu, mais… Allez, fais voir ! « Josh Davidson… 19 heures chez Remy’s. » lut-elle. C’est qui ce Josh ?

- J’ai fait une petite recherche, et j’ai trouvé un médecin plutôt beau gosse qui travaille pas loin d’ici, fit l’irlandais en sortant une photo.

- Wah ! Jubila Lanie !

- Chirurgien cardiaque, s’il vous plait !

- Eh ! Oh ! Qu’est ce qu’elle fiche, là Beckett ? Râla Esposito.

- T’as raison ! L’heure est grave ! Se ravisa Lanie.

- Il nous faut un plan d’action, ajouta Ryan.

- D’accord ! Esposito, tu vas te mettre en planque devant chez Remy’s et tu surveilles l'arrivée de Beckett et son mystérieux rendez-vous. Ryan, tu avertis le capitaine et moi, je file chercher Castle, Lança Lanie. On se retrouve tous chez Remy’s à 19 heures ! On va enfermer Beckett et Castle jusqu’à ce qu’ils nous expliquent ce qu’il se passe.

- Pourquoi on a besoin du capitaine ? interrogea Ryan.

- Il pourra impressionner le Davidson et le faire fuir, expliqua-t-elle. Et si ça ne marche pas, il feindra une crise cardiaque.

- Pourquoi c’est toi qui décide du plan ? Demanda Esposito.

- T’as une meilleure idée ?

- Euh…Non…

- Bien ! Alors, on fait comme ça ! Beckett et Castle vont voir ce qui arrive, quand on bousille une belle histoire pour une broutille.

 


Minefuji  (14.03.2014 à 19:16)

Chapitre quarante neuf

Castle s'apprêtait à sortir, quand on sonna avec insistance à la porte du loft. Il alla ouvrir et tomba nez à nez avec Lanie.

- Docteur Parish! Quelle surprise! Sourit-il.

- Castle! Il faut que vous veniez avec moi, il y a urgence!

- Urgence?! Si vous voulez parler d'un cadavre, je suis désolé, mais il attendra la fin de mon rendez-vous.

- Je peux très bien m'occuper des cadavres toute seule! Répliqua-t-elle. Non il s'agit de Beckett! Elle va faire une bêtise!

- Une bêtise?! Non, Beckett ne ferait jamais ça!

- Je ne vous parle pas de suicide! Je vous parle de se jeter dans les bras d'un bellâtre, qu'elle n'aime pas uniquement pour vous oublier!

- Pour m'oublier?

- Écoutez, Castle, je ne sais pas ce qu'il s'est passé entre vous, mais vous n'avez pas le droit de la laisser tomber comme ça! Vous avez débarqué dans sa vie, vous lui avez rendu le sourire et là vous la jetez comme une vieille chaussette ? Mais qu’est ce qui ne va pas chez vous ?

- Je fais quand même ce que je veux de ma vie, non? Maintenant, excusez-moi, mais j'ai un rendez-vous important! Répliqua-t-il en enfilant la veste de son smoking.

- Votre rendez-vous attendra! Vous devez empêcher Beckett de sortir avec ce docteur! C'est de votre faute si elle fait n'importe quoi!

- Il s’agit d’un docteur, pas d’un tueur en série, tout de même !

- Elle vous aime, Castle et vous aussi, sinon vous ne seriez pas revenu au poste ! Alors venez et vous paierez le taxi, bien entendu!

-  Quoi ?! Mais pourquoi je ferai ça?

- Parce que tout ça, c'est de votre faute!

- Ok, je vous suis... Soupira Castle.

 

*******************

Ils retrouvèrent Esposito, qui planquait devant le restaurant et furent bientôt rejoints par Ryan et le capitaine.

- Je ne sais pas ce que je fais ici, fit ce dernier. Mon cœur est en parfait état!

- Vous êtes notre botte secrète, répondit Lanie! Alors Javier, tu as vu notre cible?

Cette remarque fit sourire Castle, le docteur Parish semblait adorer son rôle d'agent secret.

- Beckett est arrivée, elle était drôlement bien habillée, la grande classe! Je suis désolé de vous le dire, mais je crois que le doc a déjà pas mal d'avance, ça ne va pas être facile de lui faire changer d'avis.

Ils se tournèrent vers Castle et le regardèrent avec compassion.

- Tu as vu arriver le suspect? Demanda Ryan.

- Non, pas très ponctuel le gars! Affirma Esposito. Les médecins peuvent vraiment tout se permettre!

- Eh!

- Oh pas vous docteur Parish, je parle des médecins qui s'occupent des vivants!

- Bon! Entrons, fit Ryan. On va profiter de ce retard, pour lui remettre la cervelle à l'endroit!

Ils entrèrent dans le restaurant. Ne trouvant pas Beckett, ils se renseignèrent auprès de l'un des serveurs.

- Oh! Vous faites partie des invités du repas de fiançailles de mademoiselle Beckett?! Venez, ça se passe dans l'autre salle!

- Des fiançailles?! Dites-moi que c'est un cauchemar?! S'écria Lanie.

Les gars donnèrent chacun une tape amicale dans le dos de Castle, qui avait blêmi.

Ils suivirent tout de même le serveur dans l'autre salle, Lanie refusant de s'avouer vaincue.

Beckett discutait avec son père, Martha et Alexis étaient là également. Elle tourna la tête vers eux et arriva en souriant. Jamais elle n'avait paru aussi heureuse.

- Ah! Vous voilà enfin! Lança-t-elle en les embrassant tour à tour avant de réajuster le nœud papillon de Castle. Qu'est ce que tu as fichu? Il est complètement de travers! Tu es donc incapable de t'habiller sans nous?

- C’n’est pas de ma faute, si le docteur Parish ne m'a pas laissé le temps de finir de m'habiller! Se défendit-il. Apparemment, il y avait urgence! Tu allais faire la plus grosse bêtise de ta vie.

Beckett et Castle s'embrassèrent tendrement.

- OH! EH! STOP! PAUSE! TEMPS MORT! S'écria la légiste. ON PEUT SAVOIR CE QUE C'EST QUE CETTE HISTOIRE?!

- Ouais, on aimerait bien savoir! Ajoutèrent les bros et le capitaine.

- Ah?! C'est très simple, répondit Castle. On va se marier!

- '...'

- Il va falloir que vous vous expliquiez, les enfants, sourit Martha, parce qu'ils n'ont pas l'air de comprendre.

- Ah... Oui! Tout a commencé, il y a un peu plus de deux mois... Commença Beckett.

- On venait de piéger Gina! Ajouta Castle. Et je dois dire que ça nous avait beaucoup amusés...

 

**********************

Un peu plus de deux mois plus tôt...

Il faisait un temps superbe. L’affaire Gina terminée, Castle et Beckett pouvaient enfin profiter de leurs vacances en tête à tête. Ce matin-là, en revenant de son footing matinal sur la plage, Beckett avait eu la surprise de trouver Rick, qui l’attendait avec un panier de pique-nique dans le salon.

- On n’avait pas prévu de faire un pique-nique, s’étonna-t-elle en lui piquant un baiser sur les lèvres.

- On ne prévient pas, quand on prévoit une surprise, sourit-il. Si tu n’en n’a pas envie, on peut très bien pique-niquer dans le salon.

- Laisse-moi juste le temps de prendre une douche et je te suis. J’adore l’idée du pique-nique surprise !

Une demi-heure plus tard, ils partaient main dans la main. Ils se rendirent au port, où le bateau que l’écrivain avait loué les attendait. Ils firent escale dans une petite crique. Rick coupa le moteur, ancra le bateau et vint rejoindre sa muse, qui lézardait à l’avant du bateau.

- J’ignorais que tu avais des talents de navigateur, admira-t-elle.

- J’ai fait des recherches, pour un bouquin…

- L’histoire des ex-amants qui se débarrassent du nouveau mari encombrant dans le Pacifique ?

- Au beau milieu des requins ! Une vraie boucherie ! Le crime aurait été parfait, si des pêcheurs n’avaient pas retrouvé sa Rolex dans le ventre d’un espadon ! Tu es incollable sur mes romans !

- Je suis fan du genre, oui.

- Je suis sûre que tu n’es pas aussi calée sur les romans de Patterson !

- C’est vrai.

Elle retourna à la contemplation du paysage.

- Kate…

- Oui ? Demanda-t-elle en fronçant les sourcils devant l’air soudainement sérieux de son écrivain.

- J’ai essayé de trouver la meilleure façon de te le demander, j’ai retourné le problème dans tous les sens, en vain…

Elle se crispa en entendant le mot « problème », qu’est ce qu’il se passait ? Elle avait pourtant l’impression qu’il était aussi heureux qu’elle l’était.

- Rick, qu’est ce qu’il se passe ? demanda-t-elle devant sont air tendu.

- Je… C’est peut être trop tôt pour toi… Et je comprendrais si tu préférais attendre, mais… Voilà, je me lance, bafouilla-t-il en s’agenouillant devant elle et en brandissant une bague. Katherine Houghton Beckett, veux-tu m’épouser ?

- …

- Kate ? Je t’en prie, réponds-moi, que je puisse me relever, avant d’avoir une crampe, dit-il devant le silence prolongé de sa muse.

Elle inspira un grand coup et lui prit les mains pour l’aider à se relever.

- Avant ça, je veux que tu me promettes une chose, annonça-t-elle.

- Je ferai tout pour te rendre heureuse, affirma-t-il. Je te serai fidèle, je ne passerai pas toutes mes soirées à jouer au poker avec mes copains écrivains, je…

- Tu as plutôt intérêt, parce que j’ai un flingue, sourit-elle, ne l’oublie pas ! Non… ce que je te demande, c’est… Même si ce n’est que d’une seule journée… Je veux que tu vives plus longtemps que moi… Je ne veux plus jamais être seule.

- Je ferai tout mon possible pour ça, j’espère que tu le sais…

Elle s’accrocha à son cou et l’embrassa fougueusement.

- Alors c’est oui ? demanda-t-il.

- Bien sûr que c’est oui ! Richard Edgar Castle Rodgers, Je vais t’épouser !

- Alexandre !

- Quoi ?

- Mon deuxième prénom ! J’ai pris comme deuxième prénom Edgar, quand j’ai changé mon nom en Castle pour écrire. Mais mon vrai nom, c’est Richard Alexandre Rodgers.

- Tu as d’autres choses à m’annoncer avant que je te donne ma réponse définitive ?

- Heu… Non… Je crois que tu connais l’essentiel, répondit-il après réflexion.

- Dans ce cas, Richard Edgar Alexandre Rogers Castle, oui, je veux t’épouser !

Il s’empressa de lui passer la bague au doigt en souriant.

- Il est énorme ! remarqua-t-elle devant le diamant qui scintillait au soleil.

- C’est que tu as des doigts remarquablement fins, répondit-il.

Elle se jeta à son cou pour l’embrasser une nouvelle fois. Surpris par sa fougue, il bascula en arrière et l’entraina dans sa chute. Ils passèrent par-dessus bord et refirent surface en riant.

- Eh bien ! Quelle fougue ! Future madame Castle !

- Tais-toi et embrasse-moi, répliqua-t-elle en s’emparant de ses lèvres.

Le baiser dégénéra bien vite en quelque chose de beaucoup plus coquin et si les poissons avaient pu parler, ils auraient pu en faire un récit torride.

^^ ^^ ^^ ^^

De retour sur le pont du bateau, Castle étala la couverture qu’il avait emmenée pour le pique-nique.

- Il va falloir l’annoncer, commença-t-il en lui tendant une assiette pleine de ses mets préférés.

- Lanie et les gars vont me faire tourner bourrique, fit-elle en roulant des yeux.

- Tu crois ?

- Je reprends le boulot dans une semaine, tu vas rester ici pour terminer ton livre…On va devoir attendre que tu rentres pour le leur dire, ils vont vouloir tout savoir sur nos vacances ! Ils ne vont pas arrêter, ce sont de vraies commères !

- On pourrait leur jouer un tour, suggéra Castle.

- Quel genre de tour ?

- Bah… Je ne sais pas… leur faire croire qu’on a rompu… Ils n’oseraient pas te harceler… Ils seraient même au petit soin, pour toi.

- Il nous faut un super plan, parce qu’il ne faut pas oublier que c’est leur métier d’enquêter et de déceler les mensonges !

- Ok ! Voilà le plan, commença l’écrivain. Tu rentres de vacances, tu ne dis rien et tu prends un air triste quand Lanie prononce mon nom. Tu ne lui racontes rien, seulement que je ne t’ai toujours pas appelée et que tu n’arrives pas à me joindre.

- Elle va commencer à paniquer, disons au bout de deux à trois semaines, continua Beckett. Elle va appeler l’un des gars, je pencherai pour Esposito, elle m’a déjà parlé de son beau petit cul…

- Son beau petit cul ? Vous parlez de ça entre vous ?

- Si tu savais ce que je lui ai dit sur ton fessier, Castle, Sourit Beckett. Bref, elle appelle Espo et met les gars sur l’affaire. Ils vont me suivre, il faudra que je me méfie, j’irai dormir chez mon père…

- Quoi ? Mais je ne vais jamais tenir, si je ne te vois pas les week-ends ! Mon petit lapin va s’ennuyer !

- Je filerai par derrière avec ma Softail pour te rejoindre à l’hôtel, il faudra qu’on soit très prudents.

- Une liaison clandestine ! J’adore ! Et à l’automne, quand je serai de retour et que tu auras une affaire, tu m’enverras un SMS, pour me donner l’adresse de l’endroit où vous vous rendrez et là, vous tomberez sur moi !

- Génial, tu t’arrangeras pour faire quelque chose d’illégal et je te passerai les menottes…

- Tu veux que je vole le cheval d’un policier ?

- C’est l’automne, pas le printemps !

- Ça se fête aussi… Bref, on trouvera bien un moyen pour que je réintègre l’équipe, on n’aura qu’à faire un pari ! répondit l’écrivain.

- Et là, on leur assène le coup de grâce, tu as quelqu’un dans ta vie.

- Ils vont monter un plan pour nous rabibocher, parce que Lanie ne le supporteras pas !

- Un peu avant notre repas de fiançailles, Je laisserai trainer un nom et une heure de rendez-vous, Ryan ne pourra pas s’empêcher de fouiner.

- Il faudra qu’on crée un personnage pour ce mystérieux rendez-vous, annonça Rick. On fera une page Facebook à son nom, comme ça Ryan leur balancera tout. Ça va les affoler.

- Ils viendront au rendez-vous pour m’empêcher de faire une bêtise, assura Beckett. Et là Bam ! On leur annonce nos fiançailles et on fait la fête.

- Ok, alors pour ton nouveau copain, on prend un flic ?

- Non, ça serait trop compliqué, prenons un médecin.

- Un médecin ? Carrément ?

- Bah oui, pourquoi pas ? répondit Beckett en lui assénant un regard bien noir. Je ne suis pas assez bien pour un médecin peut-être ?

- Va pour un médecin ! Alors, un urologue…

- Pourquoi un urologue ?

- Tu préfères un proctologue ?

- Chirurgien cardiaque !

- D’accord, demain, je créerai la page d’un chirurgien cardiaque, nommé Humbert Davidson.

- Appelle le Josh, ça sonne mieux !

- Donc, tu sortiras avec le docteur Josh Davidson, chirurgien cardiaque passionné de mobylettes !

- Non, de moto, Castle ! De moto !

- Madame est exigeante !

*********************

- Un canular ! Tout  ça n’était qu’un canular ? Pesta Lanie.

- Du pur génie, sourit Castle fièrement !

- Et pourquoi vous avez cru que je fouinerai, bougonna Ryan.

- Bah... C'est ce que tu as fait, vieux, remarqua Esposito. Alors comme ça j'ai un beau p'tit cul, docteur Parish?

- Vous êtes de grands malades ! Grogna la légiste en rougissant violemment.

- Avouez que ça vous a amusé de nous espionner et de faire un plan pour nous rabibocher, fit Beckett.

- C’est vrai que c’était amusant, sourit le latino en adressant un clin d'oeil à Lanie.

- Et puis, on vous a organisé une super soirée, pour se faire pardonner, renchérit l'écrivain.

- Bon ! Et si on passait à table ? Suggéra Esposito. Avec vos histoires, je planque depuis deux heures devant le resto et j’ai une de ces faims !

Ils s’installèrent en riant et durent subir un interrogatoire en règle de la part de Lanie et des gars en guise de représailles pour leur petit jeu.


Minefuji  (15.03.2014 à 20:36)

Chapitre cinquante:

 Kate ouvrit la porte du loft et y pénétra les bras chargés de paquets. La journée n'avait pas été facile pour Martha et Rick, aussi avait elle décidé de faire une tournée de leurs restaurants de plats à emporter préférés, histoire de leur remonter le moral.

- Bonsoir Kate !

Elle se tourna vers la voix et saluait Alexis à son tour.

- Attends, je vais t'aider! Fit la jeune fille en se précipitant pour attraper quelques paquets. Qu'est ce que c'est que tout ça?

- Un stratagème anti déprime! Ta grand-mère est plutôt secouée par la mort et l'enterrement de Chet et ton père est angoissé à l'idée que je ne trouve jamais la magie, étant donné que je ne crois ni à la voyance, ni au père Noël ou bien encore aux elfes et aux farfadets et j'en passe.

- Oh! Je vois! Ça a été un moment difficile, pour lui, quand je lui ai annoncé que je ne croyait plus au père Noël, sourit la rouquine. D'ailleurs, je ne lui ai toujours pas avoué, pour la fée des dents. Elle est même passée quand on m'a enlevé les dents de sagesse l'année dernière!

Kate éclata de rire, elle imaginait aisément Alexis tentant de protéger son père en lui laissant la joie de glisser une pièce sous son oreiller et Rick s'amuser à jouer le rôle de la fée des dents.

- J'ai pris du thaï, du chinois, de l'italien, des cheeseburgers et du mexicain! Énuméra la détective en vidant les paquets. Et pour finir, une sélection des meilleures pâtisseries de chez François Payard Bakery!

- Waow! On en a au moins pour une semaine, avec tout ça!

- Le frigo est grand! Ça devrait aller! Sourit la détective. Alors où est Martha?

- Dans sa chambre, papa a essayé de lui remonter le moral, après l'enterrement, mais elle se sent toujours affreusement mal, parce qu'elle allait refuser sa demande en mariage, alors que ça le rendait tellement heureux...

- Au moins, elle l'a rendu très heureux pendant ses derniers moments.

- Oui, mais elle ne le voit pas comme ça...

Un silence accompagna cette dernière phrase, chacune cherchant ce qu'elle pourrait dire pour égayer celle qui d'ordinaire mettait de la vie dans cet appartement.

- Et ton père? Demanda Kate en réalisant soudain qu'il n'était pas venu l'accueillir comme il le faisait d'habitude.

- Dans son bureau! Il écrit! Cette histoire de voyante qui prédisait son propre meurtre l'a inspiré, apparemment, il y est depuis qu'il est rentré.

- On va mettre la table et puis on ira les chercher, proposa la détective.

- D'accord.

 

- Alors? Qu'as-tu de beau de prévu ce week-end ? Demanda Kate.

- Une virée entre copines! Et toi, des préparatifs ?

- Euh...

- Papa et toi vous allez bien commencer à préparer le mariage, non?

- On n'a même pas encore choisi une date! Non, on est plutôt en train de savourer nos fiançailles.

- Ne traînez pas trop quand même! Il paraît que les réservations pour les meilleures salles se font des mois à l'avance!

- Dis donc! Tu m'as l'air bien au courant, toi, sourit la détective.

- La sœur aînée de ma copine Mandy se marie dans trois mois, ils ont réservé la salle il y a deux ans!

- Tant que ça?!

- Oui!

Kate grimaça, elle ne s'était jamais imaginé que les préparatifs d'un mariage puissent prendre tant de temps que ça. Elle s'était naïvement imaginé qu'ils choisiraient une date et que tout s'enchaînerait facilement... Rick aurait pu le lui dire, tout de même, après tout, il s'était déjà marié deux fois!

- Kate? Ça va?

- Hein? Euh... Oui, oui! C'est juste que...

- Toi, tu n'as jamais passé un après-midi entre copines à imaginer ton mariage en lisant des catalogues sur le sujet!

- Bah... Non... Pas vraiment... Soupira la détective. Adolescente, j'étais plutôt rebelle et je m'évertuais à refuser de rentrer dans la norme... Et après la mort de ma mère...

- ... Tu as mis les rêves de côté et tu es rentrée de plein fouet dans la réalité, termina Alexis avec empathie.

- C'est ça... Mais on est là pour remonter le moral des troupes, alors pas question de verser dans le sentimentalisme, déclara Kate en changeant de sujet. Allons chercher ton père et ta grand-mère!

- C'est parti! Fit Alexis en se dirigeant vers le bureau, tandis que Kate montait à l'étage.

- Papa! Le dîner est servi, fit Alexis en entrant dans le bureau.

- Mhmm, répondit-il sans lever les yeux de son écran.

- Kate est rentrée avec de quoi nourrir un régiment, tu viens?

- Kate est rentrée?

- Oui, je viens de te le dire, elle a rapporté le dîner, ça serait bien, qu'on dine tous ensemble, pour une fois qu'on est là tous les quatre en même temps.

- Ça m'étonnerait que ta grand-mère dîne avec nous, elle n'a vraiment pas le moral...

- Kate est allée la chercher dans sa chambre, allons nous mettre à table.

- J'arrive, je termine mon chapitre, mon cœur.

- Papa, je sais très bien, que si je te laisse ici, tu vas te replonger dans ton histoire et complètement nous oublier!

- Quoi?! Jamais je n'ai fait ça!

- Si et tu le sais très bien, fit Alexis. Vingt dollars, que tu ne seras toujours pas avec nous dans un quart d'heure!

- Pari tenu!

Elle quitta la pièce. Martha et Kate descendaient les escaliers en discutant gaiement, apparemment, la détective avait réussi à trouver les mots justes, comme toujours. Son empathie était décidément son super pouvoir.

 

Rick pianotait toujours fébrilement sur son ordinateur, quand l'inspiration le prenait, rien ne pouvait le distraire, à part peut être une chose...

Kate s'approcha de lui par derrière et lui fit un câlin. Il sourit et attrapa sa main, qu'il embrassa tendrement.

- Tu dois vingt dollars à ta fille...

- Quoi?!

- Ça fait un quart d'heure que nous t'attendons pour dîner.

- Oh! Elle est très forte, sourit-il en posant son ordinateur sur le bureau, avant de faire pivoter sa chaise. Il attira Kate sur ses genoux, elle enroula ses bras autour de son cou et se lova contre lui.

- Pourquoi ça te chagrine autant? Demanda-t-elle.

- Quoi donc?

- Que je ne crois pas en toutes ces histoires de voyance ou de père Noël?

- Parce que... Si tu ne crois pas en la magie... Tu ne la trouveras jamais, dit-il d'un air désolé.

- Mais j'ai trouvé la magie! Contra-t-elle. Il y a cette chose complètement improbable, inexplicable, en laquelle je crois... Nous!

Elle posa ses lèvres sur les siennes, l'entraînant dans un baiser doux, tendre et plein d'amour.

- Les enfants! Fit la voix de Martha de l'autre côté de la porte. Vous vous amuserez plus tard! À table!

Ils se regardèrent et éclatèrent de rire, avant de rejoindre Martha et Alexis.

Le dîner fut très joyeux, Martha avait retrouvé toute sa théâtralité et Alexis racontait ses histoires de lycée. Les trois femmes semblaient s'entendre à merveille et Rick ne put que constater que la présence de Kate apportait de la magie dans leur foyer. Elle avait raison, pas besoin de croire aux fantômes, au père Noël et à la voyance pour trouver la magie. Kate avait trouvé la sienne, celle du quotidien et cela lui allait tellement bien!

Ils continuèrent la soirée en riant, avec un jeu de société que Kate avait rapporté et la terminèrent devant un DVD. Ce dernier eut raison de la résistance de Kate et d'Alexis, qui s'endormirent blotties contre Rick.

 

- Comment te sens-tu? Demanda-t-il à sa mère, profitant de ce moment en tête à tête avec elle.

- Je vais bien, sourit-elle. J'ai eu une discussion avec Katherine, qui m'a fait beaucoup de bien.

- Elle a un don pour ça... Elle devait déjà avoir cette qualité en elle, mais la mort de sa mère l'a accentuée.

- Richard...

- Oui?

- Je sais que je m'étais faite la promesse de ne plus m'attacher à tes conquêtes, parce que ça me brisait le cœur, quand tes histoires se terminaient... Mais...

- Tu t'es laissée envoûtée par son charme? Je sais... C'est une sorcière... Adorable, bien sûr, mais elle n'en est pas moins redoutable, avec ses pouvoirs magiques!

- Je l'aime beaucoup!

- Ne t'en fais pas mère, Kate, je ne la laisserai pas filer, je ne peux plus imaginer ma vie sans elle.

 

Martha sourit, se leva et embrassa son fils sur le front et lui souhaita une bonne nuit. Au prix de contorsions dignes d'un artiste du cirque du Soleil, Rick parvint à s'extirper des bras de sa fiancée et de sa fille et à se lever. Il porta la dernière jusque dans son lit et la borda, puis revint chercher la première pour la porter dans leur lit.

Lorsqu'il l'allongea et la débarrassa de son jean, pour qu'elle soit plus à l'aise, elle marmonna le prénom de la fille de la voyante, Penny, ainsi que son véritable deuxième prénom, Alexandre, puis elle se retourna sur son côté en souriant.

Apparemment, elle repensait à ce secret, que la jeune voyante avait tenu à lui dire et cela la rendait heureuse.

- Katherine Beckett, madame la reine des sceptiques seriez-vous en train de croire à l'une des inepties de cette pseudo voyante? Sourit-il en l'embrassant sur la tempe.

Il se changea rapidement, puis se glissa contre elle sous la couette, elle avait raison, la magie du quotidien n'était vraiment pas mal non plus.

 


Minefuji  (19.03.2014 à 18:18)

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