HypnoFanfics

Interdit aux moins de 18 ans

In my veins

Série : Castle
Création : 25.01.2014 à 16h20
Auteur : Minefuji 
Statut : Terminée

« Une idée, qui me trottait dans la tête depuis un moment : et s'ils avaient fait ça il y a quatre ans... J'espère que ça vous plaira. » Minefuji 

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Chapitre soixante et un:

 

Toujours allongé dans son lit, Rick bougea la main. Rien. Il soupira et se leva. Il arriva dans la cuisine, embrassa sa mère et sa fille, avant de se servir un café.

- Vous avez vu Kate? Demanda-t-il étonné de ne pas la voir.

- Dans sa chambre, indiqua Alexis. Elle est allée courir ce matin et en rentrant, elle m'a dit qu'elle allait faire quelques exercices.

- Ah, oui, c'est vrai... Ils organisent un petit tournoi de Kick boxing au commissariat, la semaine prochaine. Je ne vois pas pourquoi elle s'entraîne autant, elle va encore tous les ratatiner!

- C'est une perfectionniste, c'est pour ça qu'elle gagne, sourit Alexis.

- Peut-être, mais à ce rythme-là, je vais épouser le Terminator! Soupira Castle. Je vais suggérer au capitaine d'organiser un tournoi de strip poker la prochaine fois, comme ça, la phase d'entraînement sera plus marrante.

- Elle devrait avoir bientôt terminé, on a prévu d'aller faire les boutiques pour sa robe, dit Martha.

- Oh, vous m'abandonnez!

- On te laisse un après-midi entier pour écrire, tu devrais être content, répondit Alexis en l'embrassant sur la joue.

- Et comme Beckett a enfin un samedi libre pour faire du shoping pour le mariage, je ne peux même pas souhaiter qu'un petit meurtre vienne me soustraire à mes obligations, bougonna-t-il.

- C'est pas parce que Gina ne peut plus te harceler, que ton nouvel éditeur sera plus conciliant, répliqua sagement Alexis. Au boulot!

***********

Dans sa chambre, Beckett faisait des tractions, quand son téléphone sonna. Elle décrocha et vint s'asseoir dans son fauteuil, près de la fenêtre.

- Beckett!

- Lieutenant Beckett?

- Oui.

- John Raglan à l’appareil. J’étais chargé de l’enquête sur le meurtre de votre mère il y a 12 ans.

Elle se figea et dut faire preuve de self contrôle, pour rester calme.

- Je me souviens de vous lieutenant Raglan.

- Ecoutez, il faut qu’on se voit Lieutenant pour parler du meurtre de votre mère. Vous ne savez pas tout. Il y a un café à l’angle de la 4ème avenue et de Main Street rendez-vous dans une heure. Venez seule, je ne veux voir aucun flic.

Il raccrocha, elle fixa le téléphone et le reposa sur son socle, la main légèrement tremblante. Au bout de quelques minutes, elle sortit de sa réflexion et se rendit dans la cuisine.

- Hé! Regardez qui a décidé de venir se joindre au club des flemmards du samedi matin! Salut Beauté! Tu veux une guimauvelette?! Lança joyeusement Castle.

- ...

- Kate? Ça va? S'inquiéta-t-il devant son air préoccupé.

- Katherine, qu'est-ce que tu as, on croirait que tu as vu un fantôme, remarqua Martha.

- John Raglan vient de m'appeler, répondit-elle dans un souffle.

Alexis et Martha la dévisagèrent sans comprendre, Rick vint la prendre dans ses bras. Elle se meula contre lui et se sentit tout de suite mieux, lui seul savait l'apaiser ainsi.

Elle leur expliqua qui était ce Raglan et ce qu’il avait dit au téléphone. Castle proposa de l'accompagner, elle sembla hésiter un instant avant d'accepter. Elle ne se sentait pas capable d'affronter cette entrevue seule.

 

Lorsqu'ils arrivèrent au café, Raglan était déjà là. Beckett sentit son estomac se nouer en l'apercevant.

- C’est lui, annonça-t-elle.

Ils s’installèrent face à lui.

- J’avais pourtant été assez clair je vous ai dit que je ne voulais voir aucun flic, rappela ce dernier.

- C’est pas un flic, répliqua sèchement Beckett.

- Alors je peux savoir qui c’est ?

- Quelqu’un en qui j’ai confiance.

Castle ne la lâchait pas du regard. Elle était tendue, sans doute était-ce à cause de la perspective d'en apprendre davantage sur la mort de sa mère. La serveuse vint resservir un café à Raglan, qui la remercia poliment.

 - Dites-moi ce que je ne sais pas à propos du meurtre de ma mère, demanda Beckett, ne voulant pas perdre de temps.

- Vous avez remarqué que tout le monde boit son café dans des gobelets en carton de nos jours ou alors dans des thermos en plastique qu’ils emmènent au boulot ? Mais ça n’a rien à voir avec la façon dont la céramique vous réchauffe les mains...C’est bizarre je me suis mis à faire attention à plein de petits détails … Expliqua Raglan, nostalgique... Le docteur a pris son air le plus grave pour me l’annoncer : un lymphome. Il me reste 6 mois.

- Désolée de l’apprendre, répondit Beckett.

Castle ne douta pas de la sincérité de cette réponse, Kate était capable d'éprouver de l'empathie même pour les crapules. Il en ressentit une immense fierté.

- Chaque année pendant la période des fêtes, ils repassent un chant de Noël à la télé quoi qu’il arrive. Quand j’étais gosse je me rappelle que Jacob Marley me foutait une peur bleue avec la chaine, qu’il a autour du coup et qu’il est obligé de porter dans l’autre monde.

- Je porte la chaîne que j’ai forgée pendant ma vie, continua Castle.

- C’est moi qui l’ai faite anneau par anneau. Tout au long de ma carrière j’ai caché un tas de péchés derrière ma plaque et aujourd’hui je dois les porter mais celui qui concerne celui du meurtre de votre mère pèse une tonne.

- Pourquoi ? Parce que vous l’avez mis sur le compte d’un problème de gang alors que vous saviez que ce n’était pas vrai, fit Beckett sur un ton de reproche.

- J’ai fait ce qu’on m’a dit de faire, se défendit Raglan.

- Pfff, soupira Beckett en secouant la tête par dégoût.

- Et j’ai gardé le secret… parce que j’avais la trouille y a à peu près un an, il y a eu une prise d’otage dans votre poste et vous avez abattu un tueur à gages qui s’appelait Dick Coonan... Eh bien à l’époque, ça a fait beaucoup de bruit et ça n’a pas plus à certaines personnes, expliqua Raglan.

- Qui a engagé Coonan pour tuer ma mère ? S'agaça Beckett.

- Il faut vous replacer dans le contexte, répondit l'ancien policier. Toute cette histoire a commencé il y a environ 19 ans, à l’époque je ne savais même pas qui était Johanna Beckett. Il y a 19 ans j’ai commis une énorme erreur et les dominos se sont mis à tomber les uns après les autres, l’un d’eux était votre mère.

Il y eut un coup de feu, la tasse de raglan explosa. Beckett se jeta au sol, entraînant Castle avec elle et sortit son arme.

- Tout le monde à terre ! Mettez-vous à terre tout de suite ne restez pas près des fenêtres! Eloignez-vous des fenêtres! Hurla Beckett.

- Tu es blessée ? Demanda Castle en écartant la veste de sa fiancée, qui avait du sang sur le pull.

- Non ça va c’est pas mon sang, dit-elle aux aguets.

Castle se tourna vers Raglan, et appuya ses mains sur sa blessure.

- Unité 29 à central! Coup de feu à l’angle de la 4eme avenue et de Main Street envoyez moi des renforts et une ambulance, lança Beckett dans son talkie-walkie.

- Central à unité 29 : répétez on a été coupé, unité 29 répétez, central à unité 29, on a été coupé, répétez, Central à unité 29, répondez, unité 29, vous me recevez ?

- Castle ?

L'écrivain secoua la tête négativement : Raglan était mort.

- Unité 29 à central il ne s’agit plus d’un simple coup de feu mais d’un meurtre, soupira Beckett.

Les secours arrivèrent rapidement et le capitaine Montgomery également. Dire qu'il n'était pas ravi était un euphémisme.

 - Vous imaginez la conférence de presse qu’il va falloir que je donne pour expliquer qu’un flic à la retraite a été abattu devant l‘un de mes lieutenant? Je parie que vous n’aviez même pas de renfort!

- Ecoutez chef, commença Beckett.

- C’était nous les renforts capitaine, intervint Ryan.

- Oui, en fait on était juste en face quand c’est arrivé, ajouta Esposito.

Beckett leur sourit, ils étaient vraiment des amis fidèles.

- Ouais c’est ça! Grogna Montgomery, qui n'était pas dupe. Qu’est-ce que je vais faire de vous ?

- Je ne sais pas, chef, soupira-t-elle... Je comprendrais si vous me retirez l'enquête. Je suis trop impliquée, soupira-t-elle.

- Bien sûr, que vous êtes trop impliquée, ça crève les yeux! Vous êtes en train de vous demander ce que Raglan allait vous dire au lieu de vous demander comment vous allez faire pour arrêter son assassin.

- Capitaine, ce qui est sûr, c'est que Raglan a été tué parce qu’il allait me donner des infos à propos du meurtre de ma mère et personne ne connait ce dossier mieux que moi, affirma Beckett.

- Et moi je vous connais trop vous allez vous éparpiller en courant dans tous les sens pour avoir les réponses que vous cherchez tant alors je vous préviens suivez les indices et n’allez pas dans la mauvaise direction vous m’avez bien compris ?

- Oui monsieur c’est très clair.

Elle retourna dans le café, où la scientifique faisait ses relevés. Ils définirent l'origine du coup de feu et Esposito se chargea de boucler le bâtiment d'où il était parti. Elle demanda à Ryan d'interroger les voisins de Raglan, le tueur l'avait certainement suivi depuis son domicile.

 

- Ça va Castle? Demanda-t-elle en se tournant vers l'écrivain qui sortait des toilettes.

- Oui, je crois que j’ai réussi à me nettoyer les mains.

- C’est différent quand ça arrive devant nos yeux, on est assez près pur voir la lumière s’éteindre, soupira-t-elle. Je suis désolée de t'avoir entraîné là-dedans.

- Si tu étais venue seule à ce rendez-vous, je t'en aurais énormément voulu! Quand j’ai vu le sang sur ton pull, j’ai cru que c’était toi qui avais été touchée.

- Il va falloir que j’aille au poste ; je te dépose à la maison en passant ?

- C’est hors de question.

- D’accord.

*************

Elle aurait dû l'éloigner de tout ça, cette affaire était bien trop dangereuse, mais elle n'en eut pas le courage. Elle avait trop besoin de sa présence à ses côtés. Castle l'observait. Elle était bouleversée, encore une fois la piste qui aurait pu la mener au meurtrier de sa mère, venait de se refermer devant elle. Il comprenait sa frustration.

- Bon j’ai vérifié tout le 4ème étage, aucune empreinte, aucune douille, aucun témoin, mais il y a une bonne nouvelle : l’immeuble est surveillé. On ne peut entrer et sortir que par le hall et personne ne peut y accéder sans une carte magnétique.

- Donc le tireur avait une carte, conclut Castle.

- Ouais. Ils nous envoient la liste de tous les employés, ainsi que les images des vidéo-surveillances de ce matin, répliqua Esposito.

- Alors voilà, commença Ryan en arrivant, j’ai interrogé tous ses voisins, et j’ai appris que Raglan était veuf. J’ai pas réussi à trouver de parents proches. Le concierge m’a dit qu’il ne recevait pas beaucoup de visite à part un de ses potes qui passait de temps de temps voir un match des yankees. Il s’appelle Garry McCallister. Il était dans la même promo que Raglan à l’académie de police.

- Trouvez-moi ce McCallister et demandez-lui de passer je veux lui parler, répondit Beckett.

- Je m’en charge, dit Esposito.

- Il y a environ 19 ans … réfléchit Beckett à voix haute,

- Oui de quoi ? Demanda Castle.

- Raglan nous a dit que cette histoire avait commencé il y a environ19 ans, expliqua-t-elle. Ma mère est morte il y a 12 ans. Alors ça n’a absolument aucun sens.

- ...

Diable, il avait tellement envie de la prendre dans ses bras, à cet instant, de s'assurer que tout allait bien, mais ils étaient au poste.

- Tu vas bien? Se contenta-t-il de demander.

- Oui, je vais bien Castle.

Il se contenta de cette réponse, sachant très bien qu'il n'aurait pas plus. Elle venait de voir Raglan mourir devant elle, alors qu'il s'apprêtait à lui donner des réponses. Il était évident qu'elle n'allait pas sauter de joie.

Il remarqua tout de même ses petits gestes de nervosité, la main qu'elle passa dans ses cheveux, le soupir qu'elle laissa échapper devant le tableau blanc et son léger piétinement devant celui-ci.

McCallister arriva peu après et Beckett le reçut dans la salle de repos. La mort de Raglan l'avait touché.

- J’ai sacrifié mes plus belles années, le pire mariage, à cette satanée ville. Je pensais que ça allait s’arrêter là, mais apparemment, elle n’en a jamais assez. Il a aussi fallu qu’elle bouffe mon meilleur ami, regretta-t-il.

- Quand l’avez-vous vu pour la dernière fois ? Demanda Beckett.

- Il y a une semaine ; il m’a dit qu’il était mourant.

- Il vous a dit autre chose ?

- Vous trouvez que ça ne suffit pas ?répondit-il. Il y a un truc que je pige pas. John était déjà à la retraite quand vous avez débuté alors il voulait quoi ?

- Raglan me donnait un coup de main dans une affaire non résolu sur laquelle je travaillais, et je pense qu’on l'a tué pour le faire taire, expliqua Beckett. Raglan avait l’air de penser que cette affaire était liée à quelque chose qu’il avait fait il y a 19 ans. Dans quoi il trempait à l’époque?

- Dans quoi il trempait ? Répéta MacCallister un peu choqué de cette accusation. John Raglan était loin d’être un saint. New York était bien différent à cette époque et je peux vous garantir qu’il ne fallait pas avoir peur de se salir les mains. Aujourd’hui vous bossez à Disneyland, alors si vous voulez lancer une campagne « mea culpa » sur le passé, faudra pas compter sur moi.

 - Si vous croyez que je suis là pour salir sa mémoire, vous vous trompez, répondit calmement Beckett. La seule chose qui m’intéresse c’est de boucler son assassin.

- Je lui avais pourtant dit de ne rien faire avec ce gars, soupira-t-il.

- Avec qui ?

- Vulcan Simmons.

- Vulcan Simmons ? Répéta Castle.

- Un des plus gros trafiquant de drogue de New York, expliqua Beckett.

- John adorait jouait aux courses et il y a 19 ou 20 ans il a traversé ce que l’on appelle une période de poisse. Il cherchait du fric comme un dingue.

- Et il l’a trouvé d’un coup ? Demanda Castle.

- Ouais, il l’a trouvé. Il y avait une rumeur, selon laquelle il était devenu coursier pour Simmons. Il parait qu’il livrait la drogue dans sa voiture de patrouille. A l’époque Raglan était à la criminelle. Il y est resté pendant 4 ans et je sais que Simmons a fait tuer beaucoup de monde. Alors, si c’était mon enquête, j’irai cherche du côté de Vulcan Simmons, suggéra MacCallister.

 

************

 

- Agressions, tentatives de meurtres, extorsions, possessions et vente de stupéfiants, intimidation de témoins, et ensuite il s’est volatilise y a plus rien depuis des années, énuméra Beckett de retour à son bureau.

- Ça veut dire quoi que ce type a trouvé la foi ? Plaisanta Castle.

- Qu’il est plus malin, il nage en eaux profondes, expliqua Esposito.

- Il en a fait du chemin depuis Washington Heights, fit remarquer Ryan.

- Attends, quoi ? T’as dit Washington Heights ? L'arrêta Beckett.

- A l’époque, il dirigeait le trafic de drogue à Washington Heights, expliqua l'irlandais qui avait commencé sa carrière aux stups.

- Ça ne peut pas être une coïncidence! Réfléchit Beckett à voix haute. Ma mère avait mis sur pieds une campagne avec quelques-uns de ses collègues, ils avaient appelé ça « Récupérons notre quartier » c’était pour essayer de débarrasser les rues des dealers à Washington Heights.

 - Vu les activités de Simmons dans le quartier, cette campagne lui aurait coûté chère. Le tueur à gage, Coonan, on sait qu’il était dans la drogue. Alors c’est peut-être comme ça que Simmons l’a rencontré, suggéra Ryan.

- Donc Simmons engage Coonan pour tous les tuer, y compris votre mère, et paie son vieil ami Raglan pour qu’il mette les meurtres sur le compte d’un problème de gangs afin que personne ne puisse le soupçonner de les avoir commandités, continua Castle.

- Jusqu’à ce que Raglan menace de révéler ce qu’il sait sur les meurtres et c’est pour ça que Simmons l’a fait taire, termina Beckett.

- On l’aura ramené avant le déjeuner, annonça Esposito en quittant la pièce.

Sans un mot, Beckett sortit le dossier du meurtre de sa mère, ses mains tremblaient légèrement. Elle se retourna vers le tableau blanc silencieusement. Castle savait qu'elle se préparait pour l'interrogatoire de Simmons. Elle était forte et consciencieuse, mais cette affaire la mettait à fleur de peau.

 *************

- Ça a bien changé depuis la dernière fois que je suis venu, sourit Simmons. Vous deviez avoir 16 ans, probablement en train de bécoter un ado boutonneux dans la voiture de son père, en vous demandant si vous alliez franchir le pas.

- Eh, ça suffit avertit Castle.

- Oh, il en pince pour vous. Il se prend pour un chevalier servant, s'amusa Simmons.

- Quels étaient vos liens avec le sergent Raglan ? Demanda Beckett en ignorant ses provocations.

- Raglan ? Raglan, Raglan, Raglan, un ripou pas vrai ? Qui n’a jamais misé sur le bon cheval de toute sa vie. Eh bien Lieutenant, nos liens, comme vous dites, sont sous le coup de la prescription depuis un sacre bout de temps déjà.

- Il n’y a aucune prescription en ce qui concerne un meurtre Monsieur Simmons, rétorqua calmement Beckett.

- Voilà comment démarre ce que l’on appelle la confrontation initiale : pendant cette phase de l’interrogatoire, l’enquêteur va tenter d’envahir l’espace personnel du suspect dans le but de le déstabiliser. Vous voulez envahir mon espace personnel ? Demanda-t-il en regardant Castle.

- Monsieur Simmons regardez-moi, ordonna Beckett.

Il se retourna vers Beckett.

- Il y a 12 ans, Johanna Beckett a mené une campagne nommée « Récupérons notre quartier » à Washington Heights, lança-t-elle.

- Ca a dû vous mettre sacrément en pétard! dit Castle.

- Et voilà ce que l’on appelle le développement : présenter le crime du point de vue du suspect.

- Johanna Beckett a été assassiné, ainsi que deux de ses collègues, trois contrats exécutés par un professionnel qui agissait sous vos ordres ; et les affaires ont été enterrées par John Raglan, votre toutou à la criminelle, continua Beckett.

Elle ouvrit le dossier qu'elle tenait et lui montra une photo de sa mère.

- Regardez son visage, et osez me dire que vous ne vous souvenez pas d’elle, dit-elle en lui lançant un regard noir.

- Vous savez Lieutenant Beckett, je crois que je me souviens d’elle : elle pissait le sang dans une ruelle déserte, au milieu des ordures comme elle.

- Faites attention monsieur Simmons, l'avertit-elle.

- Une petite salope de bourge des beaux quartiers, en safari dans Washington Heights. Quelqu’un aurait dû la prévenir qu’il ne faut jamais nourrir ou taquiner les animaux sauvages, si ça avait été le cas, elle ne se serait peut-être pas fait dévorer. Et d’après ce qu’on m’a dit, elle était vraiment goûtue.

Beckett se jeta sur Simmons et le plaqua violemment contre le miroir de la salle d’interrogatoire qui se fissura de partout.

- Non Beckett! Lança Castle.

- Reste où tu es Castle! Grogna-t-elle sans lâcher Simmons.

- Souvenez-vous de votre ancienne vie Vulcan. Savourez-la… Parce que je vais vous en priver dans très peu de temps, menaça-t-elle en le regardant droit dans les yeux.

Esposito et Ryan accoururent dans la pièce.

- Lâchez-le!

- Beckett ça suffit!

- Lieutenant lâchez-le!

Beckett le lâcha à regret et sortit sous les rires de Simmons. Castle lui lança un regard noir.

- Vous en voulez un peu vous aussi ? Approchez! Lança-t-il à l'écrivain.

Castle s’avança vers lui.

- Ça suffit, reculez, ordonna Esposito.

 

Montgomery était furieux, il appela Beckett dans son bureau et commença son sermon.

- Maintenant je suis obligé de libérer ce salopard à cause de vous.

- Capitaine, vous l’avez entendu comme moi, il a pratiquement avoué le meurtre, protesta Beckett.

- Ce type s’amuse avec vous et vous l’avez laissé vous déstabiliser comme une débutante! On n’a rien qui le relie au meurtre de Raglan ou à celui de votre mère. Je vous retire l’enquête.

- ...

Elle ne protesta pas. Montgomery s'en étonna un peu. Sa relation avec Castle l'avait changée. Ou alors elle avait mûri.

- Allez... maintenant rentrez chez vous, dit-il en se radoucissant.

Beckett sortit du bureau du capitaine, prit sa veste et s’en alla.

- Kate ? S'étonna Castle avant de partir à sa suite.

Montgomery se tourna vers les gars et les chargea de l'affaire John Raglan.

- Heu… Capitaine, ne prenez pas ça pour un acte d’insubordination, commença Esposito.

- Mais, si ça vous gêne pas, on préfère décliner l’offre, termina Ryan.

- Il y a écrit quoi sur ma plaque ? Demanda Montgomery agacé.

- Capitaine... Soupira Esposito.

- Alors ça veut dire que vous allez vous bougez le cul et me résoudre le meurtre de Raglan, avant que je vous envoie à la circulation!

- Oui chef, Grognèrent les bros.

- Vous voulez aidez Beckett ? Trouvez le tireur et résolvez-moi cette affaire.

 

**********

Castle n'avait pas pu rattraper Beckett. Malgré ses talons de 10 centimètres, elle filait comme une fusée, qu'est-ce que ça devait être avec une paire de basket!

Installé sur le canapé, il buvait un whisky.

- Et si ça avait été toi ? Demanda Martha.

- Je ne savais pas que tu étais là.

- J’ai entendu parler du meurtre aux infos. Tu te rends compte que ça aurait pu être toi ?

- Oui, mais ce n’était pas moi, et je vais bien.

- Richard on n’est pas dans un de tes romans. Tu ne sais pas comment ça finit. Dis-toi que tu as eu de la chance aujourd’hui.

- Arrête mère, tu dramatises. D’ailleurs, je peux savoir ce qui te prend ?

- Non mais comment oses tu me demander une chose pareille ? S’énerva Martha. Pense à tout l’amour que tu as pour Alexis, et dis-toi que c’est comme ça que je t’aime. Alors quand je m’inquiète pour toi, ne t’avises plus jamais de me demander ce qui me prends. Toute ta vie, tu as toujours réussi à t’en sortir grâce à ton esprit et ton charme, sans oublier une bonne dose de talent. Mais on vit dans un monde cruel et sans pitié, dans lequel ton charme ne pourra rien contre une balle.

- Je suis désolé, Mère, je ne voulais pas te faire peur, mais j'étais avec Kate. Je me sens en sécurité avec elle.

- Et où est-elle?

- Aucune idée. Cette histoire la bouleverse toujours autant. Montgomery lui a retiré l'enquête après qu'elle ait essayé d'encastrer un suspect deux fois plus grand qu’elle, dans un mur. Elle n'a même pas protesté.

- Tu devrais essayer de la retrouver, suggéra Martha.

- Elle va se calmer, ne t'en fais pas. Cette enquête sur le meurtre de sa mère, c'est la raison qui la pousse à faire ce métier. Elle est frustrée d'en être écartée, mais elle va se calmer.

- En es-tu sûr?

- Que veux-tu dire?

- Je veux dire que cette affaire, aujourd'hui, aurait pu lui coûter la personne la plus chère à son cœur et que c'est ça qui a causé cet énervement et cette peur incontrôlée.

- Elle a eu peur pour moi?

- Tu n'as jamais remarqué la façon dont elle te regarde? Le sourire qui illumine son visage dès qu'elle te voit le matin en se levant ou le soir en passant cette porte? Katherine t'aime plus qu'elle même et surtout beaucoup plus que l'idée de résoudre un jour le meurtre de sa mère!

- Je ne voyais pas ça comme ça…Où peut-elle être ?

- Ça... Peut-être chez son père…

- Ou chez Lanie…

 


Minefuji  (31.03.2014 à 19:03)

Chapitre soixante-deux.

Ryan et Esposito visionnaient les enregistrements des caméras de surveillance de l'immeuble d'où l'assassin de Raglan avait tiré. Ils étaient ennuyés pour Beckett et voulaient à tout prix trouver une piste.

Une bousculade qui était loin d'être anodine attira leur attention.

- Il vient de lui piquer sa carte, donc on ne pourra pas l’identifier grâce à l’empreinte magnétique, regretta Esposito.

- Attends une seconde, il ne porte pas de gants, remarqua Ryan.

- Oui, mais tu vois bien qu’il n’a rien touché!

- Mais si, elle. On peut relever des empreintes sur les morts, alors pourquoi pas sur les vivants ? Sourit fièrement Ryan.

- Elle s’est sûrement lavée à l’heure qu’il est!

- Pas forcement, on est samedi, et on est en début d’après-midi, répondit Ryan en se levant.

***************

Beckett n'était pas chez son père, ni chez Lanie. Castle allait rentrer au loft, lorsqu'une intuition guida ses pas. Il aperçut sa frêle silhouette et soupira de soulagement. Elle n'avait rien fait de stupide ou d'inconscient sous le coup de la colère. Il repensa aux paroles de sa mère et se dit que sous ses airs farfelus, Martha Rodgers était une psychologue plutôt douée.

Il resta en retrait sans bouger quelques instants, se contentant de l'observer. Cela faisait plusieurs mois, qu'il ne l'avait pas vue avec les épaules ainsi voûtées. Il remarqua le mouvement saccadé de ses épaules. La voir pleurer ainsi, lui déchira le cœur. Il s'avança et sans un mot, déposa sa veste sur ses épaules.

- Salut Castle, murmura-t-elle en essuyant ses larmes.

- Salut… Tu vas attraper froid. Ça fait longtemps que tu es là? Demanda-t-il en regardant la pierre gravée au nom de Johanna Beckett.

- Je suis venue ici directement et apparemment, je n'ai pas vu l'heure passer...

- Ça fait deux heures que je te cherche.

- Je suis désolée, Rick. Je ne voulais pas te causer du souci.

- T'en fais pas pour ça... Je comprends que ça doit être difficile pour toi. Montgomery t'a retiré cette enquête, qui te tenait tellement à cœur...

Elle se tourna vers lui et lui prit la main.

- Non! Montgomery a eu raison de me retirer cette enquête ! Je suis d’accord avec lui !

- …

- Babe… Depuis qu'il y a eu ce coup de feu, ce matin, je ne pense qu'à une chose : si ça avait été toi que cette balle avait touché, je ne m'en serais jamais remise! Montgomery a bien fait de me retirer l'affaire Raglan, je suis trop impliquée! Je pourrais commettre des erreurs et si l'une d'elle avait pour conséquence que tu sois blessé, ou pire,  je m'en voudrais toute ma vie. Alors... Je laisse tomber.

- Tu laisses tomber? Mais et ta mère? Et la justice pour elle?

- Elle comprendrait...

- Kate... Je te connais. Je sais à quel point tu recherches la justice pour elle et je ne veux pas que tu y renonces à cause de moi. Tu as eu peur et je le comprends, mais je ne veux pas que tu te lèves un matin en te disant que tu aurais dû mener cette enquête à son terme et que tu m'en veuilles à cause de ça.

- Jamais je ne t'en voudrais pour ça.

- Non, tu t'en voudras à toi et ça, je ne le veux pas non plus.

- ...

- Tu sais, je pensais à un truc en venant ici, dit-il sans attendre sa réponse. Tous les meilleurs flics que ce soit l’inspecteur Harry, Cobra ou le type de police académie qui fait le bruit de l’hélicoptère, ils ont tous une chose en commun.

- L’acolyte courageux ?

- Ça, et le fait qu’ils sont encore meilleurs quand on leur a retiré l’enquête.

- ...

- Montgomery nous a retiré l’enquête sur le meurtre de Raglan, mais il n’a rien dit à propos de l’enquête concernant le meurtre de ta mère. Alors voilà mon plan : je retourne au poste avec un chapeau pour ne pas qu’on me reconnaisse. Montgomery prend une pause-café toutes les heures à et quart, donc j’en profite pour récupérer en douce le dossier de ta mère, tu m’attends à  l’entrée sud…

Beckett sourit.

- Quoi ?

- Il faut que je te montre un truc, viens, dit-elle en se levant et en lui tendant la main.

Il la lui prit et ils rentrèrent au loft main dans la main. Elle l'emmena dans sa chambre et déplaça la commode près de la fenêtre, derrière laquelle, elle avait placé tous les éléments qu’elle possédait sur le meurtre de sa mère.

- Parfois j’oublie que tu vis avec ça tous les jours, murmura-t-il. Tu as commencé quand ?

- Cet été quand tu étais dans les Hamptons et que j'étais coincée ici.

- Et tu as avancé ?

- Eh bien, à part ma mère, il y a eu aussi Diane Cavanaugh et Jennifer Stewart, des assistantes juridiques qui l’aidaient de temps en temps, et la quatrième victime était Scott Murray un documentaliste de la cour de justice. Jusqu’à aujourd’hui, je me suis toujours fondée sur la théorie selon laquelle on les avait éliminés à cause d’une de leurs affaires en cours. Ma mère est venue retirer un dossier au tribunal juste avant de se faire tuer, et ce dossier a disparu.

- Ta mère avait surement des papiers personnels, peut être un agenda, un truc qui pourrait nous dire sur quoi elle travaillait avant de mourir ?

- J’ai déjà vérifié tout ça il y a 9 ans et j’ai rien trouvé du tout.

- Oui, mais depuis il s’est passé un tas de choses. Tu as peut-être loupé un truc ? suggéra Castle.

 

Pendant ce temps, Ryan et Esposito écoutaient les histoires sans intérêt de la jeune femme qui avait été bousculée, en attendant que le gars du labo parvienne à trouver une emprunte sur elle. Ce fut avec soulagement, qu'ils entendirent le technicien leur annoncer qu'il avait trouvé une emprunte.

- Je crois qu’on a une empreinte, annonça le scientifique.

- Merci, souffla Esposito soulagé.

- Ah, eh ben heureusement que j’ai fait la grasse mat!

 

*****************

- Y a rien dans son agenda, soupira Beckett, en tout cas rien d’exploitable. Elle était la seule à pouvoir le déchiffrer. Mon père et moi on n’a jamais rien compris.

Castle regardait des photos.

- Oh, tu étais trop mignonne. C’est ta mère qui l’a prise ?

- Oui, environ 3 semaines avant de mourir.

- Quoi ? Je ne vais pas te voir en action ? Gémit Castle en faisant défiler les photos devant lui.

- Oh tu ne rates rien Castle, c’était pitoyable.

Castle regarda une planche de négatifs.

- Hum…

- Quoi ?

- Heu…Il y a 24 négatifs sur cette planches seulement, il n’y a que 20 photos.

Ils regardèrent les négatifs à la lumière de la fenêtre.

- Qu’est-ce que c’est ?

- J’en sais rien ; une rue déserte.

Ils visionnèrent les négatifs sur l’ordinateur.

- Castle, c’est l’endroit où ma mère a été assassinée. Je ne comprends pas, ces photos ont été développées une semaine avant qu’elle se fasse tuer.

- Pour quelle raison aurait-elle pris des photos de cette ruelle ?

- J’en ai aucune idée. J’ai toujours pensé que c’était un endroit propice à une agression, une petite ruelle, sans passage et obscure…

- Mais, si ce n’était pas un hasard, peut-être qu’on l’a tuée parce qu’elle enquêtait sur un évènement passé, qui s’était déroulé dans cette ruelle, suggéra l’écrivain.

- Il va falloir que j’aille faire un tour aux archives, mais le capitaine Montgomery ne me laissera même pas entrer au poste.

- J’y vais, annonça-t-il en se dirigeant vers la porte.

 

Pendant ce temps, au poste, Ryan et Esposito venaient de mettre un nom sur l'assassin de Raglan.

- Hal Lockwood, lut Ryan, homme blanc, trente-deux ans, pas de casier judiciaire. Le pire truc qu’a fait ce type c’est une infraction au code de la route, et l’information la plus vieille date de 2 ans.

- C’est surement une fausse identité, dit Esposito.

- Ah! Sa carte de crédit est active, remarqua l'irlandais. Lockwood vient de s’installer dans une chambre d’hôtel  en centre-ville.

Ils se rendirent dans la chambre d'hôtel, Lockwood n'était pas là.

- RAS… Annonça Ryan. On dirait qu’on vient de le louper.

- Ryan regarde ça, il surveille Beckett, dit Esposito en montrant des photos de Kate.

Ils avertirent le capitaine, qui se rendit au loft pour avertir Beckett.

*********************

- Ryan et Esposito ont localisé votre tueur dans une chambre d’hôtel du centre-ville il vous surveillait depuis de meurtre de Raglan et je vous garantis que ce n’est pas un allumé de la gâchette fan de « l’attrape cœur ». Ce type est un professionnel entrainé et grassement payé peut-être même qu’il fait partie d’une équipe, annonça Montgomery.

- Il faut prévenir Castle capitaine, répondit Beckett.

- Il est au courant. Je l’ai chopé dans les toilettes du poste, il était en train de lire de vieux rapports. Vous voulez me parler de ça ?

- Vous y tenez vraiment ? Demanda-t-elle.

-  Je vais vous placer sous protection, mais vous devez rester chez vous.

- Si ce tueur en a après moi, l’endroit où je serai le plus en sécurité, c’est le poste alors laissez-moi revenir bosser Capitaine, laissez-moi reprendre l’enquête.

- Non, je suis désolé, il n’en est pas question.

Castle rentra quelques temps après le départ de Montgomery. Beckett lui ouvrit son arme à la main.

- Tu as parlé à Montgomery ? Demanda-t-il.

- Oui.

- Castle, j’ai besoin que tu fasses quelque chose pour moi.

- Je t’écoute.

- Laisse tomber cette affaire.

- Oublie ça. La peur n’existe pas dans ce dojo.

- Castle, ça n’est pas ton combat !  J’ai accepté les risques quand j’ai pris ma plaque. Pas toi.

- Oh, que si c’est mon combat !  Tu vas devenir ma femme, ton combat, c’est mon combat !

- Et si je n’avais plus envie de me battre ? Demanda Beckett.

- Il te surveille! Tu penses vraiment qu'il va te laisser le choix? On doit l’empêcher de nous nuire ! Qu’est ce que tu veux ? Attendre qu’il te descende quand tu iras prendre un café au Starbuck ? Et si je suis avec toi ? Et si Alexis ou ma mère sont avec toi à ce moment là ?

- Tu as raison, souffla-t-elle. Je ne peux pas vous faire courir un tel risque. Je vais quitter le loft le temps que ça se calme… Ryan et Esposito sont sur cette affaire, ils mettront la main sur ce Lockwood et à ce moment-là, je reviendrai.

- Il n’est pas question que ce type dirige notre vie ! Ta place est ici et pas ailleurs ! Gronda Castle. Ecoute, peut être que je n’ai pas de plaque, c’est vrai, sauf celle en chocolat qu’Alexis m’a offerte pour mon anniversaire. Mais sache une chose, que ça te plaise ou non, ton acolyte courageux, c’est moi, et je ne te laisserai pas affronter ça seule !

- L’acolyte courageux finit toujours par se faire descendre, contra Beckett.

- Alors, équipier ! Et ton mari, bientôt. Tu fais partie de ma vie et je ne laisserai personne t’éloigner de moi !

- D’accord… Qu’est ce que tu as ? Soupira Beckett.

Il sourit, heureux de l’avoir convaincue de se battre.

- Tu te rappelles ce que Raglan a dit à propos du fait que tout avait commencé il y a environ 19 ans ?

- Oui.

- Eh bien, avant celui de ta mère, il y a eu un autre meurtre dans cette ruelle. A l’époque, c’était l’entrée des artistes d’un certain club nommé « les fils de Palerme ». C’était un repaire de la mafia.

- Je ne savais pas que c’était un club.

- Il a été fermé des années avant le meurtre de ta mère, juste après la mort d’un agent du FBI, Bob Armen, qui s’est fait assassiné dans cette même ruelle.

- L’agent Armen bossait sous couverture et avait infiltré la mafia.

- Un de ses nouveaux potes l’a sûrement démasqué et ils ont ressorti la bonne vieille méthode.

-  L’exécution sommaire.

-  La police de New York a arrêté un mafieux pour le meurtre de l’agent Armen ; un type nommé Joe Pulgatti. Il a plaidé coupable et devinez qui a mené l’arrestation ?

- L’officier John Raglan.

- Ta mère était bien avocate ? Est-ce qu’elle a déjà parlé du meurtre d’Armen ou de la condamnation de Pulgatti ?

- Non, mais il y a forcément un lien quelque part, répondit Beckett.

- Je parie que Pulgatti pourrait nous éclairer

*****************

Pendant que Ryan et Esposito suivaient la piste des anxiolytiques trouvés chez Lockwood, Castle et Beckett se rendirent en prison pour rencontrer Pulgatti.

- J’ai pas tué Bobby Armen, Répondit ce dernier.

-  Pourquoi avoir plaidé coupable ? Demanda Castle.

- Parce que j’aime pas les aiguilles.

- Le lieutenant Raglan affirme que vous étiez dans la ruelle à l’heure précise du meurtre, dit Beckett.

- Oui, j’étais dans la ruelle avec Bobby, j’ai même été le seul témoin de son meurtre, mais ce n’était pas un  contrat, c’était juste un kidnapping qui a mal tourné, expliqua Pulgatti. Trois types cagoulés sont sortis brusquement d’une camionnette et ils se sont jetés sur moi. Ils voulaient m’emmener faire un tour en ville. Bobby a essayé de m’aider en s’emparant de leur flingue. Résultat, c’est lui qui a pris une balle.

- Les types venaient d’une famille rivale ? Interrogea Castle.

- Non, impossible. Il y avait une trêve à l’époque, on s’était tous unis pour lutter contre une équipe de kidnappeurs professionnels qui ciblaient des membres des cinq familles. Ecoutez, j’étais dans cette ruelle avec Bobby, mais personne d’autre ne pouvait le savoir. C’était une impasse, cette ruelle, et les seules autres personnes présentes quand Bobby s’est fait tirer dessus sont justement ceux qui l’ont tué. Alors dites-moi un truc Lieutenant, comment Raglan pouvait savoir que j’y étais?

- Vous dites que Raglan était un des kidnappeurs ? fit Castle pour s’assurer d’avoir bien compris l’accusation.

- Monsieur Pulgatti,  connaissez-vous une avocate du nom de Johanna Beckett ? Demanda Beckett. Elle a été assassinée dans cette même ruelle environ sept ans après votre incarcération.

- Vous êtes son portrait craché, sourit-il. Quand vous êtes entrée, j’ai eu l’impression de voir un fantôme. Vue la façon dont elle parlait de vous, je ne suis pas surpris que vous soyez devenue flic. Vous savez Lieutenant, j’ai envoyé des lettres à tous les avocats que j’ai pu trouver, et votre mère a été la seule personne à m’avoir répondu, la seule à avoir accepté de me donner une chance. Elle se foutait de savoir que j’étais un mafieux.

- Y a que la vérité qui l’intéressait, acquiesça Beckett.

- Oui. Elle est venue me voir, elle m’a dit qu’elle allait étudier mon dossier. Peu de temps après, j’ai appris sa mort. Vous faites pas tuer vous aussi en cherchant la vérité. Croyez-moi sur paroles. Rien n’est plus dangereux qu’un assassin avec une plaque.

Beckett tourna la tête vers Castle, elle semblait lui demander s’il était toujours d’accord pour la suivre dans son combat, car il était évident qu’elle allait se lancer dans la bataille. Il lui sourit doucement, essayant de cacher l’angoisse qui venait de naitre en lui. Comment combattre l’ennemi, s’il venait de l’intérieur ? Il se fit la promesse de ne pas la laisser seule un instant, espérant secrètement que cela pourrait la protéger du danger.

 

Ils se rendirent au poste, pour avertir Montgomery de leurs découvertes.

- On reviendra plus tard sur le fait que vous m’avez désobéi. Pour l’instant, contentez-vous de me dire ce que vous avez trouvé, fit celui-ci.

-  Voilà ce qu’on a appris. Il y a 19 ans, Raglan et au moins deux autres flics s’amusaient à kidnapper des mafieux pour demander des rançons, et les choses ont dégénéré quand ils ont essayé d’enlever Jo Pulgatti, expliqua Beckett.

- Ils ont tué un agent du FBI sous couverture, nommé Bob Armen, et pour sauver leur peau, ils ont collé le meurtre sur le dos de Pulgatti, ajouta Castle.

- Sept ans plus tard, continua Beckett,  ma mère et quelques-uns de ses collègues ont commencé à monter un dossier d’appel pour Pulgatti. Les flics impliqués, savaient que si le dossier était rouvert, ils finiraient tous par tomber, alors ils ont engagé Dick Coonan pour tous les tuer un par un.

- Et John Raglan a attribué tous ces meurtres à des problèmes de gangs, termina Montgomery.

-  Personne n’aurait jamais dû être au courant, dit Castle, mais comme Raglan se savait mourant, il a voulu apaiser sa conscience, et ils l’ont tué pour le faire taire.

- Pulgatti nous a dit qu’il y avait trois kidnappeurs dans la camionnette, alors ça veut dire qu’il en reste encore deux dans la nature, expliqua Beckett.

- Et on sait déjà que l’un d’eux était son vieux pote de l’académie, Gary McCallister, affirma Ryan.

- Comment vous le savez ? Demanda le capitaine.

- Je suis allé aux archives, répondit Esposito et j’ai sorti les transcriptions du central. Il y avait une autre unité présente quand Raglan a arrêté Pulgatti ; un patrouilleur solo, l’officier Garry McCallister.

 - Ramenez-moi ce fils de pute, grogna Montgomery.

 **************

Beckett se tenait face à McCallister, dans la salle d’interrogatoire, elle le regardait dans les yeux, en se demandant comment ce genre de gars avait pu être flic. Comment avec ses copains les ripoux, il avait pu mettre un contrat sur la tête de sa mère, uniquement parce qu’elle faisait son travail avec conviction.

- Vulcan Simmons n’avait rien à voir dans cette histoire, mais comme vous étiez flic, vous saviez que son profil collait parfaitement. Donc vous nous l’avez balancé pour vous couvrir, alors qu’en vérité, avec Raglan, vous étiez mouillés jusqu’au cou dans les meurtres et les kidnappings.

- Aujourd’hui, c’est facile pour vous de me juger, mais vous n’étiez pas là, répondit-il. On a fait ce qu’on pensait être nécessaire.

- Et vous ne l’avez pas pris à la légère, reprocha-t-elle.

- Kidnappings, dissimulation, énuméra Castle.

- Vous avez tué un agent fédéral et incriminé Pulgatti.

- Vous voulez que je vous parle de Joe Pulgatti ? Se défendit McCallister. Et de tous ceux qu’il envoyait à l’hôpital ou au fond du fleuve, les pieds dans le béton ? Lui et ses potes les mafieux ont pompé New York pendant des décennies, mais ils étaient intouchables parce que ces types arrosaient la moitié de la ville. Alors j’en ai rien à foutre de ce que vous pensez, et je n’ai pas honte, parce que nous au moins, on a essayé de faire quelque chose pour les stopper. C’était pas beau à voir et c’était pas légal, mais c’était juste.

- Kidnapper des gens pour demander des rançons c’est juste ? Demanda Castle.

- On appelait ça la désincarcération, avoua-t-il. Ouais, c’est vrai, on les enlevait dans la rue, on les amenait à l’abri des regards et on les rouait de coups ; on les faisait flipper au moins pour un temps, mais on ne pouvait pas les garder éternellement. Alors on fixait des cautions, et je peux vous dire qu’elles étaient très élevées, parce que si ces bâtards voulaient retourner dans la rue, ils allaient devoir payer le prix fort.

-  Quand ma mère a monté le dossier d’appel de Pulgatti, vous avez eu peur qu’elle découvre la vérité, alors vous avez engagé Dick Coonan pour la tuer, accusa Beckett.

- Non.

- Et quand Raglan a eu sa prise de conscience, vous l’avez fait tuer lui aussi, ajouta Castle.

- Non, j’ai absolument rien à voir avec tout ça, c’était pas moi, ça vient de quelqu’un d’autre.

- Son nom ? Ordonna Beckett.

- Quelqu’un que vous ne pourrez jamais atteindre.

-  Son nom ? répéta-t-elle avec insistance.

 -  Vous n’avez pas l’air de saisir Lieutenant. Vous avez réveillé le dragon, et il est beaucoup plus gros que tout ce que vous pouvez imaginer… Je ne dirai plus un mot, je veux un avocat, annonça McCallister avant de se murer dans le silence.

 

Il était évident que McCallister avait peur de quelqu’un et que celui-ci n’était pas un flic.

Ryan et Esposito, qui avait suivit la piste de l’anxiolytique trouvé chez Lockwood leur expliquèrent que le dealer qui les avait fournies les avait vendues à une certaine Jollen Ambers.  Je crois qu’on a une piste. Ils  découvrirent deux femmes correspondant au signalement de la suspecte, dans le fichier des permis de conduire. L’équipe se sépara en deux groupes pour aller interroger les deux femmes.

Beckett et Castle découvrirent le cadavre de la jeune femme et alors qu’ils appelaient les gars pour les avertir, ceux-ci se firent attaquer et kidnapper par Lockwood et ses hommes.

 


Minefuji  (02.04.2014 à 09:13)

Attention! Comme promis, ce chapitre comporte un passage coquin!  Prévoyez une boisson bien fraîche! ^^

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Chapitre soixante-trois

 

Beckett était au téléphone avec le capitaine, afin d'en apprendre davantage sur ce qui était arrivé aux gars,

- Qu’est-ce qu’on a ?

- C’était une grenade assourdissante, expliqua le capitaine. Lockwood les a surement kidnappés. Les seules choses qu’on a trouvées sur place ce sont leurs téléphones.

- Il s’est débarrassé de leurs portables pour pas qu’on puisse les localiser, râla-t-elle.

- Il a peut-être fait la même chose avec celui de Jollen puisqu’on n’arrive pas à le trouver, supposa Castle.

- Son portable nous aurait conduits à lui étant donné qu’elle a déjà dû l’appelé.

- Il y a forcément une facture de téléphone portable quelque part, dit Castle en commençant à chercher.

Il fallait faire vite, la vie des gars en dépendait.

**********

- Avant tout je tiens à vous féliciter, annonça Lockwood. Je ne sais pas comment vous m’avez trouvé, mais je fais ça depuis un certain temps et personne n’est jamais remonté aussi près de moi. Mon problème, c’est que votre enquête est allée beaucoup plus loin que ce à quoi je m’attendais. Donc, pour terminer mon boulot, j’ai besoin de savoir  exactement tout ce que vous savez sur moi et sur mon employeur… Les gars… Ecoutez… J’ai énormément de respect pour vous. Alors ce que je vais faire, c’est vous proposez un marché. Vu qu’on est entre pros, si vous me dites tout ce que j’ai besoin de savoir, sans me faire perdre de temps, je vous mets une balle dans le crane et on en parle plus. Dans le cas contraire, si vous vous foutez de ma gueule, je vous promets, qu’avant la fin de la nuit, c’est vous qui me supplierez de vous buter.

- Je pense qu’on va prendre le plan B, répondit Esposito.

- Ouais. On préfère vraiment se foutre de ta gueule, provoqua Ryan.

Ryan se retrouva la tête plongée dans une baignoire d’eau remplie de glaçons, sous le regard impuissant d'Esposito.

*************

- Son numéro de compte ? Demanda Castle.

- 58 92 639 11 99.

- D’accord, si on trouve le nom de jeune fille de sa mère, ils nous enverront le mot de passe.

- Sortez-moi tout ce que vous pouvez sur Jollen Granger et commencez par le nom de jeune fille de sa mère, ordonna Beckett dans son téléphone.

- On va les retrouver, affirma Castle pour la rassurer.

- Il le faut Castle! C'est à cause de moi s'ils sont là-dedans!

- Sors-toi cette idée de la tête! Tu n'es pas responsable de tout ça! Répliqua Castle d'un air sévère.

Elle lui sourit tendrement.

- Merci, Castle… D’être mon garde-fou.

- Que ferais-tu sans moi ?

***********

- Espèce de rigolo, lança Ryan alors que son tortionnaire lui sortait la tête de l'eau, j’ai passé douze ans dans une école privée catholique. Ils nous faisaient ça quand on parlait en classe.

Un homme lui replongea la tête dans l’eau glacée.

- T’es un homme mort Lockwood, grogna Esposito.

- Au début, ils veulent toujours jouer les braves, murmura Lockwood à l'oreille d'Esposito, et après, ils me supplient de les tuer. Cette eau est glacée et une fois qu’elle arrivera à ses poumons, il souffrira comme jamais, tout en restant conscient, et on arrêtera uniquement quand il m’aura dit exactement tout ce que les flics savent à mon sujet.

************

- C’est surement l’un des derniers numéros qu’elle a appelé, supposa Castle devant l'ordinateur.

- Ça y est, je l’ai, il est là. Alors 91 75 55 01 76, il faut le localiser.

- Castle t’es le meilleur, se félicita l'écrivain en se levant pour suivre Beckett, qui était déjà dehors.

 

Ils se garèrent non loin de l’entrepôt.  Beckett prit sa lunette à vision nocturne pour analyser la situation. Un  garde se tenait devant l'entrée.

- Dès que le SWAT approchera, ce type va les repérer et il préviendra Lockwood… Donc, si on appelle la cavalerie, Ryan et Esposito sont morts… Toute idée stupide est la bienvenue.

- Ça tombe bien, justement j’en ai une, annonça Castle.

Ils sortirent de la voiture en riant et en titubant, comme s'ils avaient trop bu et se dirigèrent vers l’entrepôt. Le garde suspicieux, s’approcha d’eux.

- Il marche pas Castle, constata Beckett dans un murmure.

Elle s'apprêtait à prendre son arme, quand Castle lui attrapa le bras et posa une main sur son visage et plaqua ses lèvres contre les siennes. Elle s'écarta de lui et l'interrogea du regard. Sa réflexion ne dura pas, le danger était immédiat et s'il y avait bien une chose que sa relation avec Castle lui avait apprise, c'était que souvent, ses idées saugrenues étaient efficaces et en mesure de leur sauver la vie.

Sans plus attendre, elle se colla à lui et s'empara de ses lèvres, il sourit, quand sa Beckett se décidait à passer à l'action, elle ne faisait pas semblant. Docilement, il la laissa prendre la direction des opérations et savoura ce baiser comme il se devait. Elle commença à jouer avec sa bouche, lui mordillant la lèvre inférieure, puis sa langue entra dans la danse. Il entrouvrît légèrement la bouche et leurs langues se mêlèrent. Elle l'embrassait comme si sa vie en dépendait, ce qui était d'ailleurs le cas et laissa échapper quelques gémissements de satisfaction. Le temps sembla suspendre son vol, ce baiser, qui devait bien être le dix millionième entre eux avait la saveur et l'intensité d'un tout premier baiser.

Le garde se laissa berner par ce spectacle, sourit et rebroussa chemin. Vive comme l'éclair, Beckett rompit le baiser et, dans un mouvement digne d'un karatéka,  assena un violent coup avec sa lunette dans la tête du garde, qui s'écroula.

- Waow, bafouilla Castle, c’était époustouflant!

Beckett se retourna vers lui.

- Heu… La façon dont tu l’as mis KO, c’était vraiment…

- Ah oui? Moi j'aurais plutôt dit ça de notre baiser! Répondit-elle en souriant. Enfin bref… Allons-y!

Il relâcha la respiration qu'il avait retenue, s'efforça de retrouver sa concentration et la suivit.

- En tout cas, garde cet état d'esprit pour quand on sera de retour à la maison! Chuchota-t-il.

- À la maison, ça sera plus torride encore, lui souffla-t-elle en armant son glock. Reste en retrait, surtout!

Il ne répondit rien, mais se promit de ne rien faire de stupide. Il tenait à elle et avait bien compris que sa sécurité à lui, était ce à quoi elle tenait le plus.

 

- D’accord! S'écria Esposito, qui n'en pouvait plus de voir Ryan souffrir.

- Non, ne dis rien du tout à ce tocard! Lança Ryan.

- Désolé mon pote, répliqua Esposito, mais je ne peux pas voir ça. Ecoute-moi. C’est trop tard… Les flics sont déjà au courant de tout… pour ta mère et moi.

Les bros éclatèrent de rire.

- Mets-lui une balle dans la rotule, ordonna Lockwood en désignant Ryan.

- Non, non, non, faites pas ça, non! Hurla Esposito.

L'homme de main de Lockwood s'apprêta à tirer, un coup de feu éclata, il tomba au sol, abattu. Beckett tira encore plusieurs fois, les malfrats répliquèrent, sans la toucher. Elle, en revanche, les abattit comme à la fête foraine, Castle s'amusa à imaginer la tête des forains devant une pareille cliente. Elle se cacha derrière un chariot élévateur, Castle toujours invisible pour Lockwood, vint se poster derrière lui. Le tueur à gage mit Beckett en joue, son sang ne fit qu'un tour, il se jeta sur lui et le roua de coups de poings en pleine figure, lui éclatant le nez.

- Ça va ? Demanda Beckett.

- Hein? Sursauta Castle, sortant de sa transe. On ne peut mieux!

 

Ils appelèrent la cavalerie, qui débarqua rapidement. Un ambulancier prit Castle en charge, pendant que Beckett faisait son rapport au capitaine. Elle le rejoignit peu après dans l'ambulance. Il défaisait son bandage, trop serré à son goût.

- Alors Chuck Norris!? Lui sourit-elle.

-  Aaaah!

- Comment va ta main ?

- Heu, c’est douloureux, répondit-il en grimaçant.

Tendrement, elle lui prit la main et lui refit le bandage.

- Tu es douée! Tu aurais fait un excellent médecin!

- Oh non! Avocate, comme ma mère, c'était la voie que j'avais choisie. Je rêvais de devenir la première femme présidente de la cour suprême.

- Quoique tu fasses, tu es la meilleure, sourit-il. Mais je ne sais pas si mes romans de Nikki Hard se vendraient aussi bien si j'en avais fait la présidente de la cour suprême.

- Ça, on ne le saura jamais...

- Et Ryan et Esposito ?

- Une légère hypothermie et une blessure d’orgueil. Laquelle guérira en premier ?... En tout cas, merci… De m’avoir protégée.

- Always, sourit-il.

Elle l'embrassa tendrement.

- Allez viens, rentrons chez nous.

- Pour information, il n'y a que ma main qui est hors service! Précisa-t-il.

- J'espère bien!

**************

Martha et Alexis les attendaient dans le canapé du salon et se précipitèrent vers eux dès que le bruit de la clé dans la serrure se fit entendre.

Ils eurent l'impression qu'une tornade venait de les emporter.

- Oh Katherine! Comment te sens-tu chérie? Demanda Martha.

- Ça va, Martha! Ne vous en faites pas! Lockwood est derrière les barreaux, expliqua-t-elle.

- Alors c'est fini? S'enquit Alexis.

- Pour l'instant, mais il ne faut pas que nous baissions la garde, répondit Beckett. J'irai voir Lockwood chaque semaine, jusqu'à ce qu'il me donne le nom du commanditaire du meurtre de ma mère.

- Oh... Soupira Alexis d'un air déçu.

- Ne t'en fais pas, Alexis, ça ne m'empêchera pas de vivre et de préparer le mariage! Assura Kate. Toujours partante pour une expédition dans les magasins de mariage?

- Évidemment!

- Alors samedi prochain, il est hors de question qu'un meurtre m'empêche de faire cette virée dans Manhattan!

- Parfait! Lança Martha. En attendant, j'ai pensé à commander le repas, alors à table!

Ils dînèrent joyeusement tous les quatre, puis chacun partit se coucher.

 

Rick entra dans la chambre où il trouva Kate devant la fenêtre. Il s'approcha d'elle sans bruit, mais elle sut qu'il était derrière elle.

- Il a commencé à neiger, dit-elle. Étant donné le froid qu'il fait dehors, ça va sûrement tenir au sol.

- Chouette, on pourra rester sous la couette, sourit-il en l'embrassant dans le cou.

- Les meurtriers ne s'arrêtent pas de tuer parce qu'il neige! Je devrai quand même aller au boulot.

- Tant pis je ferai une bataille de boules de neige avec les gamins du quartier, répondit-il.

- Il est déjà tard, remarqua Beckett.

- Alors ne perdons pas de temps.

Il posa ses mains autour de sa taille, elle frissonna quand il les glissa sous sa nuisette.

- Tes mains sont gelées...

- Désolé, dit-il en les retirant soudainement.

- Non, laisse-les!

Leurs lèvres se caressèrent tendrement.

- Tu as encore mangé de la chantilly au flacon, sourit-elle.

- Oups, je suis démasqué. Tu veux que j'aille me brosser les dents?

- Non, tu feras ça après. J'aime bien tes lèvres à la chantilly! Et puis ça fait trop longtemps que j'attends qu'on reprenne là où on a laissé notre baiser sous couverture!

Il reposa ses lèvres contre les siennes, leurs corps se pressèrent l'un contre l'autre.

Kate s'empressa de déboutonner fiévreusement la chemise de son fiancé. Il fit glisser les bretelles de sa nuisette, qui  tomba à leurs pieds et fut rapidement rejointe par la chemise de Rick.

Il plaqua le dos nu de Kate contre la vitre froide de la fenêtre et embrassa son cou dénudé. Elle gémit de plaisir tout en s'attaquant à la ceinture de son pantalon, qui glissa lui aussi rapidement jusqu'au sol.

Ils échangèrent un regard plein d'amour, puis la passion les reprit.  Elle se jeta à son cou et l'embrassa, leurs langues se retrouvèrent et reprirent leur danse. Il la saisit sous les fesses et elle enroula ses jambes autour de sa taille sans rompre le baiser. S'accrochant à lui comme si sa vie en dépendait, elle laissa sa main courir dans ses cheveux, griffant sa nuque sous l'effet de la passion que déclenchaient ses caresses.

Rick vint l'allonger sur le lit, prit quelques secondes pour admirer sa beauté, puis l'embrassa avec passion. Ses baisers déclenchèrent un brasier en elle, elle se cambra et il en profita pour dégrafer son soutien gorge, qui s'envola pour rejoindre le reste de leurs vêtements.

 Il descendit le long de son ventre musclé et atteignit rapidement l’élastique de son dernier vêtement. Il l'attrapa entre ses dents et fit glisser le tissu à l'effigie de son lapin préféré le long de ses jambes interminables. Elle se fit impatiente et le ramena rapidement à elle. Il l'embrassa fougueusement et entra un doigt en elle, déclenchant une décharge électrique qui secoua son corps. Elle ne pût retenir ses soupirs alors qu'il la taquinait du bout des doigts. Il ne se lassait jamais de ce spectacle, elle était tellement magnifique là, la bouche entrouverte et gémissante. D'un mouvement félin, elle se libéra de son emprise et le fit basculer sur le dos. Elle lui ôta son caleçon et s'installa au dessus de lui, sans le toucher ou presque. Ses cheveux ondulés tombaient tous en cascade du même côté de son visage. Elle se pencha sur lui, l'embrassa et mordilla ses lèvres. Elle bougea légèrement, suffisamment pour le rendre fou, elle adorait lire son désir brûler dans son regard et l'assombrir. Il murmura son prénom dans un souffle, elle sourit, il était à bout. D'un mouvement habile et agile, elle s'unit à lui et entama un lent mouvement du bassin.

Il ne tenait déjà plus et la saisit par les hanches pour accélérer le rythme de leur danse. Elle bascula la tête en arrière, laissant échapper quelques cris étouffés. Elle était tellement magnifique les joues rosies par l'effort et les lèvres gonflées par les baisers. Il calma le rythme et remonta ses mains qui courrurent un moment sur sa poitrine, puis remontèrent jusqu'à sa bouche. Gourmande, elle suça le doigt qu'il posa sur ses lèvres. Il se redressa et entoura son corps de ses bras puissants. Elle se lova contre lui, sans cesser ses ondulations du bassin. Elle lui mordit l'épaule sous la violence de l'orgasme qui les frappa.

Leurs coeurs battaient la chamade, leurs respirations se faisaient erratiques, tandis que la sueur perlait de chaque pore de leurs peaux.

Au dehors, la neige recouvrait lentement les rues de son manteau de froideur, au dedans,  la passion les brûlait.

 


Minefuji  (02.04.2014 à 19:14)

Chapitre soixante-quatre:

La neige recouvrait les rues de New York, les rendant très glissantes. Heureusement, la plupart des commerçants avait fait balayer leurs trottoirs

- Allez! On en fait encore un!

- On ne pourrait pas plutôt faire une pause? Ça fait trois heures qu'on fait les boutiques, j'ai faim! Soupira Beckett.

- Arrête de bougonner! On doit trouver ta robe! Râla Lanie.

- Et on doit mourir de faim pour ça? Je vous signale que c'est vous qui avez trouvé quelque chose à redire sur chacune des robes que j'ai essayé! Maugréa Kate. La première était très bien!

- Tu plaisantes chérie?! Intervint Martha, sa couleur ne convenait pas à ton teint!

- Une robe blanche, c'est une robe blanche, non? Marmonna la détective.

- Si on t'écoutait, tu te marierais en jeans et en chemise à carreaux! Reprocha Lanie.

- Mais avec des talons hauts! Intervint Alexis en souriant.

- On est toujours classe avec des escarpins, affirma Beckett.

- Désolée, ma grande, mais le style bûcheron n'est pas acceptable pour ton mariage, même avec des talons aiguilles! Rétorqua la légiste.

- De toute façon, la seule chose qui est importante pour papa, c'est que tu sois présente le jour J.

- Merci Alexis, sourit Beckett. On peut faire une pause, alors?

- Ok, t'as gagné, grogna Lanie, mais on repartira à la chasse dès que le repas sera fini!

- Tout ce que tu veux, du moment que je me remplisse l'estomac et que j'aie ma dose de chocolat! Dit joyeusement Beckett, dont le portable se mît à sonner.

- Oh non! Soupira Alexis.

- C'est ton père, la rassura Kate. Pas de soucis. Salut toi!

- Hey! Je viens aux nouvelles, comment ça se passe?

- J'ai essayé des tas de robes très jolies, mais aucune ne convenait à mes critiques vestimentaires, donc je suis encore bredouille.

- N'oublie pas que vous avez carte blanche! Ne regarde pas à la dépense.

- Bien sûr que je vais regarder! J'ai accepté que tu m'offres ma robe parce que tu n'arrêtais pas de me harceler pour ça, mais je n'ai pas l'intention de vider ton compte en banque!

- Pourquoi ne nous sommes nous pas rencontrés plus tôt? Soupira Castle.

- Comment avance ton chapitre?

- Doucement, mais sûrement.

-  Ne te tue pas à la tâche quand même!

- Tu me connais, je sais m'aménager des temps de pause, rigola l'écrivain.

- Ah! Je vais devoir te laisser, Lanie et ta mère s'impatientent.

- D'accord, à ce soir.

- À ce soir Castle.

 

Elles déjeunèrent dans une petite brasserie sympathique, au style rétro. Alexis avait allumé le Jukebox et étudiait avec intérêt la carte des desserts.

- Je vais me contenter d'un thé pour terminer, annonça Lanie.

- Je vais en prendre un moi aussi, répondit Martha, à la bergamote, ça sera parfait.

- Je vais être la seule à prendre un dessert? Râla Alexis.

- Non, tu ne seras pas la seule! Je vais en prendre un moi aussi, dit Beckett en se penchant par dessus l'épaule de la jeune fille pour lire la carte. Je vais prendre un crumble aux fruits rouges avec un supplément de chantilly!

- N'oublie pas que tu dois rentrer dans ta robe, rappela Lanie.

- Ne vous en faites pas pour ça, Lanie. Katherine a la chance de pouvoir manger comme un ogre sans prendre un gramme! Sourit Martha. On se demande où elle met tout ce qu'elle avale.

- C'est elle qui mange et papa qui prend les kilos! Rit Alexis.

- C'est vrai que j'ai remarqué un début de brioche sur ce cher écrivain, plaisanta Lanie.

Le serveur arriva avec les desserts et les posa devant Kate et Alexis.

- Depuis quand tu mates Castle comme ça, toi?! demanda Beckett en fronçant les sourcils.

- Tu es fiancée à un homme public, très chère! Ricana Lanie.

- Ses romans sont publics! Lui, c'est chasse gardée! Riposta la détective.

- Qu’est ce qu’elle est possessive! S'amusa la légiste. Mais arrête de manger autant!

- Je ferai trois kilomètres de plus demain matin, répondit Kate en savourant son crumble.

 

Elles terminèrent le repas et reprirent leur séance de shopping.  Au fur et à mesure des essayages, le calme de Kate n'était plus qu'un lointain souvenir. Martha, Alexis et Lanie n'étaient jamais d'accord et trouvaient toujours quelque chose à redire.

Alors que ses trois accompagnatrices s'affairaient dans les rayons pour choisir la prochaine robe qu'elle devrait essayer, Kate s'éclipsa et s'installa dans un fauteuil. Elle sortit son portable et lança un appel.

- Hey! Comment ça se passe?

- C'est atroce, j'en peux plus, viens m'enlever s’il te plait! Tu m’attends derrière le magasin, je me faufile discrètement et on s’enfuit loin de New York ! Gémit-elle.

- C'est si pénible que ça?

- Elles veulent trouver la robe parfaite, je dois en être à la cinquantième robe que j'essaye!

- Et il n'y en a pas une qui te plaît à toi? Dis leur ce que toi tu veux!

- Il y en a beaucoup qui me plaisent, Rick! Et personnellement, la seule chose que je désire, c'est attraper la première robe qui vient et t'épouser!

- Tu veux que je te sorte de là?

- S'il te plaît, Babe, viens me chercher, filons à Vegas et marions-nous en jean et en baskets.

- Ok. Ne t'en fais pas, je vais t'arranger ça!

- Merci Rick! Je te revaudrai ça!

- Ne fais pas des promesses en l'air!

- Tant que ça reste dans la légalité, je te promets de te rendre la pareille, rectifia Beckett en souriant.

 

Sa petite pause fut bientôt interrompue par le retour de Martha, Lanie et Alexis, qui lui tendirent trois nouvelles robes à essayer.

La première faisait trop meringue, selon Lanie. La seconde faisait trop vieux jeu au goût d'Alexis et la troisième avait bien trop de froufrous au goût de Martha.

Beckett s'apprêtait à tout envoyer balader, lorsqu'une femme d'une cinquantaine d'années, entra dans la boutique. Elle était d'une élégance rare et semblait être le genre de femme à qui tout souriait. Elle s'approcha de Beckett.

- Mademoiselle Beckett?

- Oui?

- Moira MacKenzie! J'ai une livraison spéciale pour vous! Annonça-t-elle en claquant des doigts en direction de deux jeunes hommes, qui arrivèrent en portant un énorme paquet.

- Qu'est ce que c'est? Demanda Alexis.

- Il n'y a qu'une chose à faire pour le savoir! Ouvre vite ce paquet! Dit Lanie en regardant Kate.

La jeune femme ouvrit le paquet, les trois autres eurent le souffle coupé. Délicatement, Kate sortit la robe de soie blanche, finement brodée.

- Essaie-la vite! Lança Martha impatiente.

 

Kate attrapa précautionneusement la robe et se dirigea vers une cabine d'essayage, se demandant pourquoi les employés du magasin ne réagissaient pas à l'arrivée plus que remarquée d'une concurrente dans leur boutique. Martha, Alexis et Lanie trépignaient d'impatience. Au bout de dix minutes, elles n'en pouvaient déjà plus d'attendre.

- Kate! Tu te décides à sortir ou je vais devoir venir te chercher moi-même ? Demanda Lanie en secouant le rideau de la cabine.

- Katherine, ça va? Tu as besoin d'aide? S'enquit Martha à son tour.

- J'arrive, murmura Kate en prenant une grande inspiration.

Elle tira le rideau et sortit timidement de la cabine sous les regards émerveillés des trois autres. Elle s'avança jusqu'au miroir.

- On croirait voir une déesse grecque! Dit Alexis.

- Cette robe est parfaite, approuva Lanie.

- Eh bien je crois qu'on a enfin trouvé la perle rare, sourit Martha.

 

La robe semblait faite pour Kate, longue, simple, classique, sans excès de dentelle ni froufrou, mais d'un extrême raffinement. Elle était à n'en pas douter, la création d'un grand couturier.

Kate souriait en se regardant dans le miroir, cette robe était faite pour elle, cela ne faisait aucun doute. Elle aperçut derrière ses compagnes derrière elle, trois femmes qui avaient pris une place importante dans sa vie, sa meilleure amie et la mère et la fille de Rick. Son regard se voila légèrement, une personne manquait. Celle qui plus que toute autre personne aurait dû être là...

Martha remarqua le malaise que sa future belle fille tentait de cacher. Tendrement, elle vint caresser ses cheveux d'un geste très maternel.

- Tu feras une mariée magnifique, chérie. C'est exactement le genre de robe qu'une mère voudrait pour sa fille! Ta maman serait extrêmement fière de toi... Je sais bien que ça n'a pas la même valeur pour toi... Mais... Je suis extrêmement fière de toi.

Les larmes, que Kate avait eu tant de mal à contenir, dévalèrent ses les joues à l'entente des mots de l'actrice.

- Détrompez-vous, Martha, c'est très important pour moi, dit-elle d'une voix étouffée par l'émotion.

Martha cligna plusieurs fois des yeux, émue elle aussi. Ses larmes coulèrent à leur tour, elle prit sa belle fille dans ses bras et l'étreignit comme une mère étreint son enfant.

- Moi aussi, je suis extrêmement fière de toi, Kate, dirent en chœur Lanie et Alexis en se joignant au câlin collectif.

Une fois ce moment d'émotion passé, elles se reprirent et se tournèrent vers Moira Mackenzie, qui souriait.

- Je crois que vous avez fait mouche, dit Martha. Cette robe est celle que nous cherchions!

- Alors c'est parfait. Je vais noter les retouches à faire, même si apparemment, il n'y en a pas beaucoup et ensuite, je vous appellerai pour le dernier essayage et la livraison.

- Attendez, on n'a même pas parlé du prix de cette merveille! Rappela Beckett.

- Il n'y a pas à vous en faire, tout est déjà réglé! Annonça Moira alors que des employés du magasin s'affairaient autour de Beckett.

- Cette boutique vous appartient? Réalisa la détective.

- Je suis styliste, cette boutique est l'une de mes boutiques à Manhattan, expliqua Moira.

- C’est pour cela que votre nom me disait quelque chose ! s’écria Alexis. Vous êtes très en vogue auprès des stars !

- Bon! On n'a plus qu'à trouver les accessoires et les chaussures! Annonça Lanie.

- Il faut des escarpins parfaits pour aller avec cette robe parfaite ! Approuva Martha.

Kate roula des yeux, alors que les trois femmes étaient déjà prêtes à repartir à la chasse au trésor.

- Je chausse du 40, chuchota-t-elle à l'attention de Moira. Je vous fais confiance!

- Pas de problème, mademoiselle Beckett, je vous trouverai les chaussures parfaites pour votre grand jour!

- Merci!

 

******************

Elles rentrèrent épuisées au loft, deux heures plus tard. Prévoyant, Rick avait mis les petits plats dans les grands et les accueillit royalement. Martha couvrait Kate d’attentions, cette expédition semblait les avoir encore rapprochées. Lanie déclina leur invitation à dîner, ils la soupçonnèrent d’avoir un rendez-vous avec un certain lieutenant et bien que l’envie de la taquiner la démangea, Kate se contenta de sourire et s’abstint de tout commentaire. Ils dînèrent donc à quatre, en famille.

 Lorsqu'ils se retrouvèrent en tête à tête, Kate vint se blottir dans les bras de Rick.

- Merci.

- De quoi?

- Pour la robe, grâce à cette Moira que tu as envoyée, on a trouvé la robe qui a mis tout le monde d'accord.

- Oh! Ce fut un plaisir.

- À ce propos, tu l'as vue? La robe, je veux dire…

- Absolument pas! Il paraît que c’est un mauvais présage.

- Alors comment as-tu fait? Demanda Kate, curieuse.

- J'ai envoyé ta photo à Moira, j'ai décrit la femme que tu es et elle a fait le reste.

- Eh bien! Elle a réussi là où on échouait depuis ce matin!

- Je sais, c'est une experte dans son domaine!

- En tout cas, maintenant, j'ai ma robe! Et toi, tu en es où?

- Oh, tu sais... Moi, un rien m'habille, sourit-il.

- Alors, on n'a plus qu'à trouver l'endroit parfait...répondit-elle.

- L’endroit parfait, c’est celui où tu te trouves, sourit-il en l’embrassant sur le nez.

 


Minefuji  (05.04.2014 à 11:47)

Chapitre soixante-cinq:

 Beckett s'éveillait doucement, elle poussa un soupir de soulagement en constatant que pour une fois, elle n'avait pas été sortie du sommeil par un coup de téléphone aux aurores. Elle s'étira de tout son long et ouvrit brusquement les yeux en constatant qu'elle était seule dans le lit.

Elle balaya la chambre du regard et sourit en entendant un cliquetis familier. Elle quitta la chambre et se rendit dans le bureau de Castle. Il était installé dans le canapé et pianotait sur son ordinateur portable. Elle s'approcha doucement derrière lui et enroula ses bras autour de son cou, pour l'embrasser tendrement sur la joue.

- Salut toi!

- Salut ! Bien dormi? Demanda-t-il en attrapant sa main pour l’embrasser.

- Merveilleusement bien. Et toi? Tu es tombé du lit?

- Une inspiration soudaine! Quand l'idée arrive, il ne faut pas la laisser s'envoler. Tu vas au poste?

- Oui. Je serai bien restée à cocooner, mais j'ai de la paperasse à terminer. On déjeune ensemble?

- Évidemment! On se rejoint chez Remy's disons...vers midi?

- À tout à l'heure, alors! Dit-elle en lui piquant un baiser sur les lèvres avant de filer sous la douche.

- Appelle-moi s'il y a une nouvelle affaire! Tu sais que j'accueille la procrastination à bras ouverts! Cria-t-il après qu'elle eut disparu par la porte.

- D'accord!

 

****************

 

Quelques heures plus tard, Castle ouvrait le paquet qu'un coursier venait de lui livrer.

- Oh! Non! Tuez-moi tout de suite!

- Tu as reçu la facture de mon portable? Grimaça Alexis.

- Non, j'dois donner mon avis sur ces livres que publie mon éditeur... Attends, pourquoi est ce que tu me parles de la facture de ton portable?

- Pour rien! S'empressa de répondre l'adolescente.

- Oh! Encore des livres à commenter! Ne me dis pas que tu lis tous ces livres, ce n’est pas possible! Énonça Martha d'un ton blasé en se joignant à eux.

- Pas besoin! Répliqua Castle en posant le livre qu'il tenait contre son front, « plus de terreur tu meurs ». Richard Castle.

Il en prit un autre et refit le même geste:

- « Ce tueur est aux baignoires ce que le requin est aux océans ». Richard Castle.

-  Grand-mère! Il y a une lettre pour toi, annonça Alexis. Ça a l'air sérieux.

- Bachman et Sabasto? Oh. C'est le notaire de Chet. Il a probablement réussi à régler le problème d'homologation du...

- Tu es triste? Demanda Rick.

- Oh... Je ne m'y attendais pas, ce courrier m'a prise par surprise et...

- Tu crois qu'il t'a légué quelque chose? Demanda Alexis.

 - Non! Il n'y a aucune raison! ...Mais s'il ... Oh mon... Dit l'actrice en  jetant un regard au courrier avant d'étouffer un cri de surprise.

- Quoi? Un problème?

- C'est pas...

 

*****************

 

Kate appela Castle peu après, une nouvelle enquête se présentait à eux. Castle la remercia chaleureusement de le sortir de sa corvée de commentaires.

 - Un million de dollars?! Répéta la détective. Ta mère doit être ne doit pas en revenir! Elle a une idée de ce qu'elle va en faire ?

- Avec un peu de chance, s'acheter un appartement!

- Ouais, beaucoup de chance! On ne trouve pas grand chose pour un million à Manhattan!

- Wow, lança Castle en arrivant sur la scène de crime. Quel équipement! Entre la valeur de cet appartement et ce qu'il y a dedans, ce n’est pas un million que doit avoir le propriétaire, c'est au moins dix fois plus!

- Dites plutôt cent fois plus, rétorqua Esposito près de qui ils arrivaient. La victime s'appelle Jay Hixton, il a gagné cent dix sept millions à la loterie de Floride, l'an dernier !

- Apparemment il a fait quelques folies dans les magasins! Erreur de débutant, constata Castle.

- C'est drôle, on dirait que ça sent le vécu, sourit Beckett.

- Mm-hmm! Il vous arrive un peu la même chose, quand vous écrivez votre premier best seller alors que vous êtes encore à l'université! Moi, j'ai tout dépensé en six mois! Heureusement que j'en ai écrit d'autres par la suite!

- Un seul coup de feu en pleine poitrine, expliqua Lanie lorsqu'ils arrivèrent près du cadavre. D'après les traces de lutte, il s'est battu avec son agresseur! Le coup de feu et parti et la balle à traversé le cœur entre vingt-trois heures et deux heures du matin!

- C'est un gros calibre! Trop gros pour le point d'entrée, nota Beckett. Ça n'est pas l'arme du crime! Certifia Beckett.

- Je t'avais dit que c'était ça qu'elle remarquerait en premier, dit Lanie en tendant la main vers Esposito, qui lui donna un billet. L'arme du crime est un pistolet automatique de neuf millimètres. La balle à traversé la victime et s'est logée dans la table de poker!

- Alors peut être que notre tueur à forcé Hixton à ouvrir son coffre fort, le 357 est caché à l'intérieur, Hixton le prend, ils se battent et c'est lui qui est tué.

- C'est le ticket gagnant, dit Esposito en montrant le cadre sur la porte du coffre. Difficile de croire que ce bout de papier vaut plus de cent millions!

- Que feriez-vous, si vous gagniez une telle somme? Demanda Castle.

- Facile! J'm'achète une Ferrari! Déclara Esposito.

- Ouais, j'en ai une... Ça n'a rien d'extraordinaire!

- Oui, mais ça roule vite! Rétorqua Esposito.

- Aussi vite que vous le permettent les embouteillages, acquiesça l’écrivain.

- Est ce qu'on sait combien il y avait d'argent? Demanda Beckett pour revenir à la raison de leur présence dans cet appartement.

- Cent mille dollars, annonça un homme très guindé en arrivant à leur hauteur.

- Voici Reginald Easley, C'est le domestique de monsieur Hixton, annonça Ryan pour faire les présentations.

- Domestique? Majordome, jeune homme! Et anglais de surcroît! Rectifia l'homme guindé. J'ai fait mes classes à Buckingham Palace!

- Il avait toujours autant d'argent dans son coffre? Interrogea Beckett.

- M. Hixton venait d'un milieu extrêmement modeste, il se sentait rassuré d'avoir des liquidités à portée de main, expliqua le majordome.

- Combien de personnes le savaient?

- Des douzaines! M. Hixton n'avait pas l'habitude de se cacher, il dépensait sans compter au vu et au su de tout le monde! Il ne craignait pas de laisser supposer qu'il possédait une fortune à son domicile!

- À New York, ça revient à inviter le premier venu à venir vous tuer, remarqua Castle.

 

Visiblement, cette fortune tombée du ciel avait tourné la tête de Jay Hixton. De retour au poste,  Castle fit un sondage auprès des gars et du capitaine pour savoir ce qu'ils feraient dans une pareille situation. Seule Beckett ne semblait pas avoir réfléchi à la question.

- Hey, Ryan. Qu'est ce que vous feriez si vous gagniez à la loterie? Lança Castle.

- J'achèterais un vignoble!

- Tu vois? Tout le monde y pense!

- Tout le monde pense à quoi? Demanda Montgomery.

- À ce qu'il ferait, s’il gagnait à la loterie!

- Un bateau de 20 mètres! Énorme! Avec un spinnaker et deux cannes à l'arrière et cap sur l'horizon! Jubila le capitaine.

- Ça fait rêver! Approuva Castle.

- Pendant que vous fantasmez sur la longueur de vos cannes à pêche, s'amusa Beckett, je vais interroger notre suspect.

 

Plus tard, Castle retrouva Beckett dans la salle de repos, il l'observait alors qu'elle se préparait un café.

- Quoi?

- Tu quitterais ce travail? Si tu gagnais à la loterie, tu arrêterais ta carrière de flic?

- Qu'est ce que je pourrais faire d'autre?

- Top model international, neurochirurgien, catcheuse!

- Oh, tu m'as démasquée, Castle, j'ai toujours rêvé de quitter la police pour devenir catcheuse!

- Pourquoi tu ne veux pas me le dire?

- Parce qu'il n'y a rien à dire! Je ne rêve pas de gagner un somme importante au loto !

- Mais tout le monde rêve d’une somme d’argent qui lui tomberait du ciel et changerait sa vie !

- Eh bien pas moi ! Je ne perds pas mon temps à attendre quelque chose qui n’arrivera pas !

- Allez! Tu dois bien avoir un rêve!

- Bien sûr que j'en ai un! Résoudre cette enquête, prendre un bon bain bien chaud et finir ma journée dans les bras de mon fiancé. Mais ça ne sera pas pour tout de suite, apparemment!

- Et tu ne rêves vraiment pas d’un clin d’œil du destin qui chamboulerait ta vie ?

- Alors ça, je l’ai déjà eu figure-toi !

- Ah oui ?

- Oui, un jour, une enquête m’est tombée dessus et je t’ai rencontré ! Ça a bouleversé ma vie !

- En bien, j’espère !

- En merveilleux ! Tu as enrichi ma vie !

Dans cette enquête, les suspects étaient nombreux visiblement monsieur Hixton n'avait pas fait que des heureux. Pendant que Beckett et les gars suivaient les différentes pistes qu'ils découvraient au fur et à mesure de leurs interrogatoires, Castle rentra au loft afin de remplir ses devoirs envers son éditeur. Martha rentra à son tour d'une expédition shopping, mais au lieu d'en être heureuse, elle était désespérée.  Elle ne pensait pas mériter cet héritage et décida de tout rendre.

 

Beckett appela Castle,  ils avaient trouvé la voiture des ex-détenus qu'ils recherchaient et allaient la surveiller dans l'espoir de retrouver ses propriétaires. Cette planque fut l'occasion de confidences dans les deux voitures de police, celle des bros et celle de Beckett et Castle.

- Un vignoble?! Lança Esposito d’un air consterné.

- Et alors? Jenny et moi on en a visité un pendant les vacances, grogna Ryan.

- Cent millions et toi tu deviens agriculteur?! Je trouve que cette fiancée n'a pas une bonne influence sur toi!

- Parlons de celle que Lanie a sur toi! Répliqua Ryan.

- Lanie?!  S’écria le latino.

- C'est bon, tout le monde est au courant pour vous deux! Soupira l’irlandais.

- Arrête ton cirque, ça sort d'où ça? Castle et Beckett le savent eux aussi?

- Hi! Hi! Hi! C'est même elle qui vous a grillés en premier!

- Pfff !

- Elle a eu de l’entrainement avec Castle, ils ont joué à cache-cache avec nous, pendant un moment !

 

***************

 

- D'après toi, l'argent ne nous change pas? Il ne fait qu'accentuer ce que nous sommes au fond de nous? Énonça Kate. Qu'est ce que ton succès a accentué chez toi?

- L'enfant que je suis resté, entre autre. Un peu comme Hixton, cet enfant qui nous pousse à vouloir toujours ce qu'il y a de mieux, tout ce qui brille, des jets privés, ce genre de choses... Mais la liberté est le seul luxe auquel je tienne vraiment. La liberté d'écrire, de voir ma fille grandir... De te suivre sur tes enquêtes... Cet argent me permet surtout... De vivre comme je l'entends!

- L'enfant a grandi.

- Oh! Pas tant que ça! Cette propriété sur la lune...

- Mmh-Mhm?

- ... Je ne l'ai achetée que le mois dernier!

Elle pouffa.

- Et toi, dis-moi? Que feras-tu?

- Tu veux dire que ferais-je?

- Non, que feras-tu? On va se marier, tu vas bénéficier de mon succès!

- Castle! S'énerva-t-elle.

- Quoi?! Qu'est ce que j'ai fait?

- T'épouser ne signifie pas pour moi gagner au loto! Je ne toucherai pas à ton argent!

- Mais...

- Arrête! On en a déjà parlé à de nombreuses reprises et il est hors de question que tu me donnes une carte de crédit ou que tu m'ouvres un compte!

- Mais enfin, puisque ça me fait plaisir!

- Je n'ai besoin de rien d'autre que ta présence à mes côtés!

Un gars suspect apparut devant eux, ils sortirent des voitures et retrouvèrent les types qu'ils cherchaient. Leur interrogatoire les mit sur la piste d'un dealer qui répondait au nom d’Oz et qui n'hésita pas à faire sauter la voiture des suspects. Apparemment ce gars était une vraie anguille et évitait soigneusement tout ce qui ressemblait de près ou de loin à un flic, ils allaient devoir ruser pour l’approcher.

- Bon! Castle! On va avoir besoin de ta voiture! Annonça Beckett.

Ils passèrent se changer au loft, où ils retrouvèrent Martha. Kate la serra tendrement dans ses bras.

- Rick m'a raconté ce qu'il vous arrivait. Comment ça va?

- Oh! J'ai connu mieux, soupira Martha.

- Alors, il paraît que vous avez rendu l'argent de votre héritage?

- Oh, j'ai bien essayé, mais les enfants de Chet n'en veulent pas, ils disent que leur père me vouait une véritable passion, alors ils veulent que je garde cet argent! Depuis j'y réfléchi et je ne sais toujours pas quoi en faire. Tout ce à quoi je peux penser me semble tellement... Égoïste et mesquin!

- Vous n'êtes pas obligée de voir les choses comme ça! Quelqu'un m'a dit un jour que l'argent ne nous changeait pas, qu'il ne faisait qu'accentuer notre personnalité... Vous teniez à Chet... Vous pourriez peut être, honorer sa mémoire d'une manière où d'une autre, suggéra Kate.

- Oh c'est une excellente idée, très généreuse! Merci! Vraiment! Merci beaucoup! Répondit Martha en retrouvant le sourire.

- Voilà! J'ai les clés! Annonça Castle qui n'avait rien perdu de la conversation entre Martha et Kate.

- Super! C'est moi qui conduis!

- Ah ! Ah ! Ah! Tu veux conduire? Je ne veux pas t'offenser, mais cette voiture coûte une fortune, c'est une sportive conçue pour des performances extrêmes, qui répond au moindre de vos mouvements, au moindre de vos...

Beckett roula des yeux et attrapa les clés pour couper court au discours de son fiancé.

Après une expédition dans les rues de New York, qui laissa Castle pantois, elle gara la voiture et lui rendit les clés.

- Pas mal! Je te la rends.

Ils entrèrent dans le club, Beckett se métamorphosa instantanément. Oublié le flic sérieux et coriace, elle était devenue une petite allumeuse qui ne cherchait que son plaisir. Elle se déhancha sur le rythme de la musique devant Castle, qui n'en revenait pas. Elle s'approcha de lui et lui murmura à l'oreille.

- Va nous chercher à boire et concentre-toi sur Oz.

Il relâcha la respiration qu'il avait bloquée et bredouilla:

- Euh... Oui... Oz...

Elle s'éloigna de lui, dans un déhanché provocateur et le rappela à l'ordre lorsque qu'elle constata qu'il n'avait pas bougé et matait ses fesses d'un air songeur.

- Euh... À boire... Oui! Tout de suite!

Elle repéra sa proie et s'avança vers lui d'un air aguicheur. Un des gardes du corps d'Oz tenta de lui barrer le chemin, mais son charme avait déjà opéré sur Oz, qui la laissa se joindre à lui. Elle n'eut aucun mal à le faire tomber dans son piège et alors qu'il lui tendait une dose de drogue, elle lui fit une clé de bras et le plaqua sur la table, avant d'asséner un violent coup de pied dans les noix du garde du corps qui tentait de l'en empêcher. Castle grimaça, compatissant et ne pût s'empêcher de lancer fièrement un : "c'est ma nana! " à l'attention des autres gars alentours.

- Castle! Fit-elle en tendant la main vers lui.

- Oh oui! Tiens! Répondit celui-ci en lui tendant un verre.

- Mais non! Les menottes!

 

L'interrogatoire d'Oz les remit sur la piste du majordome, qui bien que cela réjouisse Castle s'avéra encore une fois fausse. Ils apprirent tout de même que le billet gagnant avait été volé et entreprirent de retrouver son propriétaire à l'aide des numéros joués.

- Moi je joue les anniversaires de mes enfants, expliqua Montgomery.

- Moi, mes premières fois au lit et au combat, annonça Esposito.

- Et moi les siennes, ajouta Ryan sous le regard consterné de son collègue. Quoi? Bah oui, comme ça, on gagnera tous les deux!

- Beckett? Demanda Castle.

- Désolée, mais je ne joue pas!

- Eh bien imagine!

- Ça n'a aucune importance! Ces numéros ont été joués il y a un an, pourquoi le véritable gagnant ne s'est pas manifesté?

- Il n'est peut être plus en vie, suggéra le capitaine.

Ils remontèrent cette piste et trouvèrent que le voisin d'Hixton était le véritable gagnant et ainsi trouvèrent le véritable tueur, le beau fils drogué du voisin.

L’enquête bouclée, ils rentrèrent rapidement au loft, où ils trouvèrent Martha et Alexis qui épluchaient des petites annonces.

- Bonsoir mesdames!

- Salut!

- Oh! Tu achètes une propriété! Remarqua Castle.

- Grand-mère sait ce qu'elle va faire avec son héritage, tu vas voir, c'est parfait!

- Dis-moi tout!

- Je m'apprête à fonder l'école d'art dramatique Martha Rodgers! Annonça l’actrice.

- Oh! Admira Castle. Mais...tu ne voulais pas honorer la mémoire de Chet?

- C'est le cas! Mais...en fait, Chet m'a toujours poussée à mettre mon immense talent au service des autres!

- Alors, pourquoi ça ne s'appellerait pas l'école d'art dramatique Chet Pallaburn?

- Eh bien parce que c'est la coutume, quand tu ouvres une école, il faut lui donner le nom d'un grand professeur! Strasberg, Meisner, Adler, et aujourd'hui Rodgers! Oh, mais j'ai bien l'intention de commander un portrait de Chet, que je ferai mettre fasse à la porte d'entrée, de cette façon, ce qu'il m'a légué, sera immortel.

- Joli, admira Castle.

- Oh, Martha, c'est parfait, sourit Beckett.

- Ce qu'il t'a légué! Répéta Castle en se tournant vers sa fiancée.

- Quoi? Demanda celle-ci.

- Je fais fausse route depuis le départ avec toi! Tu n'es pas frivole et ce n'est pas en gagnant à la loterie que tu le deviendrais!

- Quoi? Répéta Beckett.

- Je sais ce que tu ferais!

- Alors, quelle serait cette décision d'ordre financier que je n'aurais jamais à prendre? Demanda Beckett.

- Tu rendrais hommage à ce que ta mère t'a légué! Expliqua-t-il avant de disparaître sous les regards médusé des trois femmes.

- Vous y comprenez quelque chose? Demanda Martha, tandis que Beckett esquissait un sourire.

 

Il revint vingt minutes plus tard.

- Voilà, annonça-t-il, j'ai parlé au doyen de son ancienne école de droit de mon intention de fonder une bourse du nom de Johanna Beckett. Cette bourse paierait les frais de scolarité de tous les étudiants qui se vouent à aider tous ceux que le système prive de voix. Ceux dont ta mère défendait la cause. Et si tu es d'accord, je voudrais organiser une collecte de fonds pour la financer.

- C'est très gentil, Castle, murmura-t-elle émue. Merci.

- On va commencer par inviter le maire et tous ceux qui ont soutenu sa campagne! Commença Castle surexcité.

- On pourrait commencer par préparer le dîner, non? Suggéra Martha.

- Vous savez que vous avez un mariage à organiser? Rappela Alexis. Avant de chercher un endroit pour votre collecte de fonds, vous ne devriez pas choisir le lieu du mariage?

- Tu as entièrement raison, Alexis! Répondit Kate. Alors, dans l'ordre, je vais commencer par commander le repas, parce que je meurs de faim!

- Moi aussi ! Lança Alexis. On commande italien ?

- Si tu veux !

Le repas arriva peu après et ils dînèrent  agréablement devant l’un des nombreux films de Martha, qui commentait en donnant quelques secrets de son jeu d’acteur et en leur livrant quelques anecdotes sur les autres acteurs du film. Rick savourait ce bonheur simple en famille, finalement, Beckett avait raison, la plus grande de ses richesses, il l’avait là, réunie autour de lui, dans son salon.

 


Minefuji  (06.04.2014 à 20:26)

Chapitre soixante-six

Beckett sortait de la salle de bain. Elle venait de prendre une douche et terminait de se sécher les cheveux. Elle s’amusait à essayer les différentes options de coiffure que ses cheveux longs lui offraient désormais. Lanie, Martha et Alexis lui avaient chacune donné leur avis à ce sujet et tout comme lors de leur expédition pour la robe, elles avaient des idées très différentes. Heureusement, elle avait un ami, qui tenait un salon de coiffure et qui avait accepté avec enthousiasme de faire avec elle des essais coiffures le samedi suivant.

Elle fut interrompue dans ses rêveries par la sonnerie de son portable et soupira avant de décrocher. Les meurtriers se fichaient pas mal de ses projets de mariage et ne respectaient toujours pas ses horaires de travail. Elle nota l’adresse que Ryan lui indiqua et lui promis de le rejoindre une vingtaine de minutes plus tard.

Elle retrouva Alexis et Martha dans la cuisine et s’étonna de l’absence de Rick.

- Il a reçu un appel d’un vieil ami, il a dit de ne pas l’attendre pour diner, expliqua Alexis.

- Tu nous quittes aussi ? demanda Martha en la voyant enfiler son manteau.

- Il y a eu un meurtre. Ne m’attendez pas non plus pour dîner, je suis désolée.

- Ne t’en fais pas, on comprend, répondit Alexis. On te laissera une part dans le réfrigérateur.

- Merci, vous êtes adorables, sourit Kate en les embrassant avant de quitter le loft.

*************

- Je dis simplement que la première saint Valentin que tu passes avec quelqu'un est importante! Expliquait Ryan à Esposito en arrivant sur la scène de crime.

- Ouais, mais Lanie s'en tape de ces trucs-là, répondit ce-dernier.

- Aucune femme ne s'en tape! Beckett, Castle et toi, vous avez des plans pour la Saint Valentin, n'est-ce-pas?

- On a un mariage à préparer et je suis flic! Alors dans le cas peu probable où on aurait quelques heures de libre lundi soir, on pourra peut-être aller dîner.

- Tu vois? Fit remarquer Esposito.

Elle attrapa son portable et composa le numéro de l'écrivain.

- Salut, Castle! C'est moi. Rappelle-moi s'il te plait.

- Oooh, Castle va être triste d'avoir manqué ce coup de fil! dit Esposito.

- Pourquoi?

- On est chez les riches, chez eux, les meurtres sont toujours très bizarres.

 

La victime était la propriétaire de la maison. Son mari, Damian Westlake, était sorti à dix-sept heures pour jouer au basket avec son voisin, Charles Hutley et avait retrouvé sa femme morte à son retour à dix-huit heures.

- Arme du crime? Demanda Beckett à la policière en uniforme, qui lui faisait part des premières constations.

Celle-ci lui montra la victime.

- Pistolet à clous, constata Beckett.

- Oui, il est là-bas.

- Vous voyez? Je vous le disais! Bizarre!

- La porte arrière était ouverte. Les agents ont trouvé ce qui ressemblait à un tag de gang sur le mur arrière. La peinture est fraîche, continua l'agent en uniforme.

- Je vais appeler l'antigang, pour voir si quelqu'un peut l'identifier. Annonça Esposito.

Ryan alla interroger le voisin.

- Les Westlakes ont un chien, donc si les voisins l'ont entendu aboyer, on pourra peut-être avoir une idée de l'heure du crime, supposa Beckett.

- On a interrogé les voisins! Personne n'a entendu le chien, répondit l'agent en uniforme. Le légiste a situé la mort entre seize heures trente et dix-huit heures.

- Seize heures trente, répéta Beckett, ça a pu se produire avant le départ du mari... Où est M. Westlake?

L'agent lui indiqua la direction à prendre pour trouver le mari.

- Merci!

- M. Westlake, je suis le lieutenant Kate... Castle? ... Mais qu'est-ce que tu fais ici?

- Damian Westlake est un vieil ami que j'ai connu à l'école. Il est au courant pour mes relations avec la police et il m'a appelé pour l'épauler...

- Tu aurais dû m'en informer immédiatement!

- Je viens juste d'arriver et j'ignorais que ce serait ton enquête! Se justifia l'écrivain.

- Maintenant que tu le sais, y-a-t-il le moindre élément que tu pourrais m'apprendre?

- Euh... Non, aucun, je n'avais jamais rencontré Vicky... Mais je peux déjà aller dire à Damian que le flic à qui on a confié cette enquête est le meilleur flic de la ville.

 

- Tout allait bien, quand je suis parti, répéta Damian. La dernière chose qu'elle m'ait dite, c'est amuse-toi bien chéri!

- M. Westlake, est ce que vous connaissez quelqu'un qui aurait pu vouloir du mal à Vicky?

- Non, tout le monde aimait Vicky!

- Quelqu'un a tagué votre façade arrière de votre maison, avez-vous remarqué quelqu'un de suspect?

- Non... Vicky n'aurait pas dû être là, elle est revenue plus tôt du boulot avec un mal de crâne.

- On va trouver celui qui a fait ça, ok? Je te le promets, assura Castle pour réconforter son ami.

- Qu'est-ce qu'elle faisait Comme travail?

- Décoratrice d'intérieur.

- Et vous?

- Damian est écrivain, répondit Castle.

- Des choses que je pourrais avoir lu?

- Non, je n'ai jamais été publié, répondit Damian.

- Combien de temps avez-vous été mariés?

- Cinq ans.

- Et tout allait bien entre vous?

- Woaw! Intervint Castle. Tu as vraiment besoin de demander ça?

- C'est bon, Ricky! Tempéra Damian. J'aimais énormément Vicky. Elle était toute ma vie!

- M. Westlake, je suis désolée, mais il faut que je vous pose des questions sur l'arme du crime.

- D'accord.

- Pourquoi tu as besoin de l'interroger à propos de l'arme du crime? Demanda Rick.

- Castle, grogna Beckett. Ce pistolet à clous est à vous?

- Non. On a fait quelques travaux de rénovation. Tous les outils appartiennent aux ouvriers.

L'interrogatoire de Beckett continua un moment, puis elle quitta la scène de crime, Castle sur ses talons. Sa démarche indiquait son agacement et cela n'échappa pas à l'écrivain. Il la connaissait suffisamment pour savoir qu'il était la cause de cet agacement.

- Hé! Pourquoi es-tu fâchée contre moi? Je prenais seulement soin de mon ami! Demanda Castle alors que Beckett quittait la scène de crime d'un pas rapide et énervé.

- Tu as défié mon autorité devant un suspect, Castle!

- Ah oui? Depuis quand Damian est-il suspect?

- Tout le monde l'est! C'est toujours comme ça que je bosse, tu le sais! Je ne veux pas que tu interfère dans cette enquête!

- Je ne le ferai pas! Crois-moi, c'est promis! Mais là, on a plein de vrais suspects, comme des ouvriers, ou des membres de gang bien méchants, alors concentrons-nous sur eux! Écoute, j'ai promis à Damian qu'on allait coincer l'assassin. Laisse-moi t'aider... S'il te plait!

- Oh! Castle! Cria Esposito en l'apercevant.

- Vous avez pu venir! Ajouta Ryan.

- Ouais.

- Alors, j'ai parlé à l'ami de Damian Westlake, Charles Hutley, expliqua Ryan. Il a dit qu'en découvrant le corps de sa femme, Damian était totalement paniqué, mais il a aussi dit que pendant leur petit match amical, Damian était assez tendu et agressif.

- Alors peut-être qu'il tue sa femme et va jouer avec son pote après, qu'il le blesse pour le ramener chez lui et s'établir un alibi, extrapola Esposito.

- Pour info, Vicky Westlake a eu une dispute avec l'un des ouvriers... Euh... Vendredi! Un ouvrier, qui, je ne fais que spéculer, a peut-être une certaine expérience des pistolets à clous, alors il faudrait peut-être commencer par suivre cette piste, avant de porter un jugement sur un homme innocent, intervint Castle.

- Et là, tu es sûr de ne pas interférer ? demanda Beckett agacée.

- Je soulève seulement un point en tentant de me montrer objectif!

Ils terminèrent leur enquête préliminaire, puis Beckett renvoya toute l'équipe après leur avoir donné rendez-vous à la première heure le lendemain. Castle, qui avait pris un taxi pour venir, rentra avec elle. Ils n'échangèrent aucun mot durant le trajet.

Finalement, n'en pouvant plus de ce silence, Rick se décida à briser la glace dans l'escalier qui les menait au loft.

- Écoute, je sais que tu m'en veux et je te présente mes excuses... On ne va pas se faire la tête toute la soirée, alors s'il te plait, dis-moi comment me faire pardonner!

- Ça va, Castle, je ne suis plus fâchée, répondit-elle incapable de le torturer davantage.

- Alors pourquoi tu ne me parles plus?

- Parce que je n'ai rien à dire.

- Parce que tu n'as rien à dire?! Répéta-t-il incrédule. Et moi qui planifiais déjà une séance de massage et un plan B pour te dérider!

- Tout compte fait, je suis extrêmement fâchée! Il va falloir la séance de massage et le plan B!

- Coquine, va! Sourit-il en l'embrassant passionnément.

***********

La sensation de vide et de manque réveilla Kate en pleine nuit. Castle n'était plus là. Elle attrapa sa chemise, qui trainait sur le sol, l'enfila et quitta la chambre, pour partir à la recherche de son écrivain. Elle le trouva debout devant la fenêtre de son bureau, elle vint se blottir contre lui.

- Ça va?

- Oui, ne t'en fais pas... Je ne dormais plus, je pensais à Damian...

- Il a l’air d’être important pour toi… Comment ça se fait que tu n’avais jamais rencontré sa femme ?

- Je suis devenu célèbre, je me suis marié, il s’est marié lui aussi… On s’est perdu de vue, emportés par le tourbillon de la vie, mais je pense souvent à lui, même si je n’ai jamais pris le temps de l’appeler…

- Lui non plus, n’a pas pris le temps de t’appeler, fit remarquer Beckett. Enfin… Jusqu’à ce qu’il ait des ennuis avec la police…

- Je t’en prie, ne commence pas…

Elle se tut, malgré l’envie qu’elle avait de le protéger d’une déception. Quelque chose clochait avec Damian Westlake, son instinct de flic le lui hurlait. Voir Castle défendre bec et ongles cet homme, qui ne lui inspirait pas confiance l’ennuyait. Elle connaissait son écrivain, elle connaissait la générosité sans borne dont il pouvait faire preuve envers les personnes qui s’intéressaient à lui. Il avait déjà souffert à cause de ça, elle ne voulait plus le voir souffrir. Mais comment protéger Castle contre lui-même ? Comment l’empêcher d’être lui ?

- Je retourne me coucher, se contenta-t-elle de dire en l’embrassant sur l’épaule. Tu viens ?

- Oui… Je te rejoins dans un instant…

**************

Le lendemain matin, ils suivirent la piste du charpentier viré par la victime. L'homme en question avait fait huit ans de prison pour attaque à main armée, ce qui réjouit Castle.

- Oh! Vois-je deux hommes lancés sur la piste brûlante du probable assassin? Demanda Castle en voyant que les gars partaient pour interpeler le charpentier.

Les gars se tournèrent vers lui en grimaçant, tandis que Beckett pouffait.

- Euh... Ça sonne plus salace que je ne voulais, s'excusa-t-il.

- On va le chercher, annonça Ryan.

- Très bien, acquiesça Beckett à son bureau.

- Tu vois? J'avais dit que ce n’était pas Damian.

- Je ne disais pas que c'était lui! Répliqua Beckett. En fait, je serais vraiment ravie si Morris était notre homme!

Malheureusement pour Castle, Morris le charpentier n'était pas l'assassin.

- L'alibi d'Hasberg... Tient la route, annonça Beckett en raccrochant le téléphone.

- Oh non, ce n’est pas sérieux! Soupira Castle.

- On vient de faire la liste de tous les bijoux et il y a bien la bague de fiançailles.

- Mais il y a d'autres empreintes sur l'arme! Tenta l’écrivain.

- Partielles, mais aucune ne figure dans nos fichiers d'empreintes.

- D'accord, alors c'est quoi notre nouvelle théorie? Quel est le nouveau suspect?

Beckett fit une moue pleine de sous-entendus.

- Oh je t'en prie! Pas Damian!

- Castle, les types qui pénètrent par effraction quelque part ont toujours leurs propres armes, les chiens aboient sur les étrangers et il faut savoir que plus de trente pourcents des meurtres de femmes sont commis par leurs gentils maris!

- Je le sais! Oublie les statistiques! Crois-moi, je te l'assure, Damian n'est pas capable de meurtre! Affirma Castle.

- Je peux dire ça pour peut-être trois personnes que j'ai croisées dans ma vie entière! Mais qu'est ce qui peut justifier cette confiance extrême, cette foi inébranlable que tu as en ce type?

- Quand j'avais quatorze ans, confia Castle, ma mère m'a envoyé à l’Edgewyck Académie. J'avais le mal du pays et je n'avais pas d'amis, alors, je me suis mis à écrire. Un jour, j'ai proposé une histoire au magazine littéraire. Damian Westlake en était l'éditeur.

- Et il l'a publié, continua Beckett.

- Mieux que ça! Il m'a appelé dans son bureau, m'a fait asseoir et m'a dit : " Ricky... Tu as un immense talent" ... Personne ne m'avait dit ce genre de choses avant ça. Damian m'a encouragé, il m'a critiqué, à chaque fois il m'obligeait à creuser encore plus. En fait, sans Damian Westlake, je serais avocat, escroc ou clown de rodéo, mais je ne serais pas écrivain! Sans lui, je ne serais pas moi.

Les craintes de Beckett se confirmaient, Damian Westlake avait donné à l’enfant abandonné qu’était Castle l’intérêt qu’il recherchait désespérément et là, il profitait de la confiance aveugle que son fiancé avait placée en lui, pour se sortir du pétrin dans lequel il était.

- Alors! Lança Esposito en arrivant, un dossier à la main. J'ai fait une recherche standard sur Damian Westlake. Il se trouve que Vicky est la deuxième de sa famille à avoir eu une mort violente.

- Vous voulez parler de son père? Euh... Oui... Quand Damian avait dix-neuf ans, son père s'est tué dans leur la maison de vacances des Westlake à Puerto Rico.

-Il ne s'est pas tué, Castle, il a été assassiné! Précisa Beckett qui lisait le dossier apporté par Esposito.

- Et vous ne nous l'avez pas dit, reprocha Esposito.

- Vous dire quoi? En quoi cette tragédie concernant la mort de père, il y a plus de vingt ans a le moindre rapport avec cette affaire?

- Oh ça c'est très simple! Répondit Beckett. Il semble que pour les flics chargés de cette enquête, Damian était le principal suspect!

 ************

 Esposito regardait Castle et Beckett se disputer à travers les vitres d'une des salles de repos.

- Castle, c'est une chose de t'occuper de ton ami et de veiller sur lui, mais c'est tout à fait une autre histoire de cacher des informations qui sont primordiales pour mon enquête! Cria Beckett.

- Je ne t'ai rien caché! J'ai jugé ça sans importance! Se défendit l'écrivain.

- Tu juges ça sans importance que Damian ait été suspect dans une précédente affaire criminelle?

- Je n'étais pas au courant qu'il avait été suspect! Rétorqua Castle en haussant le ton à son tour. Et vu qu'il n'a jamais été arrêté, et que l'affaire n'est toujours pas résolue, ces flics ont plein de théories et aucune preuve! Comme quelqu'un que je pourrais nommer là tout de suite!

- Tu sais, si c'était n'importe qui d'autre, tu me demanderais pourquoi je ne lui ai pas encore passé les menottes à ce type!

- Damian n'est pas n'importe qui! Et je peux te dire que tu te trompes sur ce coup-là!

 

Ryan rejoignit Esposito non loin de là.

- Qu'est-ce qu'il se passe? Demanda l'irlandais.

- Papa et maman se disputent. Répondit le latino.

- C'est qui qui gagne?

 

- Tu étais d'accord pour ne pas te mettre dans mes pattes! Rappela Beckett.

- Exact, mais je n'ai jamais accepté de laisser mon ami se faire accuser à tort!

- Castle! Tu es trop proche de cette affaire! Tu dois rentrer à la maison à présent et tout de suite! Cria Beckett.

Le regard qu'il posa sur elle fut glacial, elle le reçut comme une gifle. Elle pensait qu'il avait davantage confiance dans son jugement. Apparemment, elle se trompait. Elle le regarda quitter le poste sans un mot, puis s'approcha des gars, qui faisaient semblant de téléphoner.

 

- Oui, merci, Bill. J'apprécie, vraiment, fit Ryan.

- ... Dans environs cinq minutes, Calculait Esposito.

- Oui, aussi vite que possible! Dit Ryan en raccrochant.

- Okay! Termina Esposito en raccrochant.

- Allons chercher le dossier de l'affaire Phillip Westlake, Lança Beckett. Je veux savoir pourquoi aucune arrestation n'a été faite. Et l'ex-mari de Vicky Westlake, Simon Campbell, amenez-le-moi!

***********

Castle était retourné auprès de Damian. Il l'interrogea sur le meurtre de son père.

Damian lui résuma l'affaire en quelques phrases et lui expliqua qu'au moment des faits, il se trouvait à trois mille kilomètres de là, à l'université. Ils parlèrent des relations tendues de Damian avec son père, qui ne s'étaient pas arrangées avec la mort de sa mère. Castle évoqua aussi le fait que Damian ait hérité de la fortune de son père après son assassinat.

- Tu aurais dû m'en parler, Damian, Reprocha Castle. Je ne suis pas un flic, moi! Je suis ton ami!

- Tu as raison. Tu te souviens quand tu es arrivé à Edgewick?

- Oui, je m'en souviens.

- C'est moi qui ai dit à tout le monde de te donner une chance. J'aimerais la même chance maintenant, répondit Damian.

***********

Cette affaire devenait de plus en plus inconfortable, pour Beckett. Elle venait d'interroger l'ex-mari de Vicky et de nouveau les indices pointaient vers l'ami de Castle. Vicky semblait vouloir quitter Damian. En fin de journée, elle laissa Ryan et Esposito rentrer chez eux et continua ses recherches seule. Elle jeta un œil à son téléphone, il n’y avait aucun message de lui. Elle se rappela le regard qu’il lui avait jeté avant de quitter le poste et eut du mal à retenir ses larmes. Elle inspira un grand coup, serra les mâchoires et se dirigea vers le tableau blanc. Castle avait confiance en Damian et s'il y avait une seule preuve de son innocence, elle la trouverait.

~~~~~~~~~~~~

 

- Richard! S'étonna Martha en le trouvant dans le salon. Je pensais que tu étais parti de coucher il y a des heures!

- Je ne pouvais pas dormir.

- À cause de ta dispute avec Katherine? Ou bien parce qu'il est possible que ton vieil ami Damian ait commis un double meurtre?

- Les deux. Et merci de ne pas mettre de gants pour m’en parler!

- Où est Katherine?

- Au poste, je suppose. Elle n'a pas appelé et n'est toujours pas rentrée.

- Richard, je sais que c'est difficile…

- Non! Ne le dis pas. Je sais ce à quoi tu penses, parce que j'y pense moi-aussi. Quelles sont les chances que le père et la femme de Damian soient tous les deux assassinés dans des cambriolages qui ont mal tourné? Mais il n'a rien à voir avec ça!

- Alors, qu'en penses-tu? Demanda l’actrice.

- Je sais… Mais, s'il est coupable, je vais avoir besoin d'en être convaincu. Il ne doit pas y avoir de doute raisonnable. J'aurais besoin de preuves solides! Pas seulement des coïncidences et des spéculations!

- As-tu déjà vu Beckett se contenter de moins que ça?

- Non.

- Alors je pense que tu dois te rendre à l'évidence, chéri. Tu dois des excuses à Katherine. Surtout si tu veux rester sur cette affaire.

Il soupira. Il devait bien reconnaître que sa mère avait raison. Il devait des excuses à Beckett. Il décida d'attendre son retour dans le salon. Ce fut Alexis, qui le réveilla le lendemain matin, alors qu'elle se préparait à aller au lycée.

- Qu'est-ce que tu fais là? Demanda-t-elle.

- Hein? Euh... J'attendais Beckett... Et apparemment, elle n'est pas rentrée...

- Elle n'est pas rentrée? Qu'est-ce qu'il se passe?

- On s'est disputés... À propos d'une enquête. J'ai dit des choses que je n'aurais pas dû dire. Apparemment elle est très fâchée.

- Il y a peut-être une autre explication... Tu devrais la rejoindre et t'excuser.

- Oui... Tu as raison, chérie...

Il prit son petit déjeuner avec sa fille, puis se prépara pour se rendre au poste.

 


Minefuji  (09.04.2014 à 23:07)

Chapitre soixante-sept

 Beckett terminait de se coiffer, heureusement qu'elle avait toujours une tenue de rechange dans sa voiture et qu'il y avait des douches près de la salle de sport. Comment avait-elle pu passer la nuit au poste? Ce genre de chose ne lui était plus arrivé depuis longtemps. Son ventre gargouilla, elle soupira. Elle devrait se contenter de café et d'un ou deux biscuits qui trainaient dans le tiroir de son bureau pour ce matin. Elle pensa à Castle, comment allait-il réagir ? L’avait-il attendue ou était-il toujours fâché et donc soulagé qu’elle ne soit pas rentrée ? En tout cas, il n’avait pas appelé. Elle soupira une fois de plus et redescendit à l’étage de la douzième.

Quelques temps plus tard, Rick arriva au poste avec des cafés et un paquet. Il rencontra les gars devant le tableau blanc.

- Où est Beckett? Demanda-t-il.

- Devant la machine à café, indiqua Esposito.

- Elle a l'air crevé, ajouta Ryan. J'ai demandé au gardien à quelle heure elle était arrivée, il a dit qu'il ne l'a pas vue arriver.

- Elle a passé la nuit ici, répondit Castle en se sentant encore plus mal à l'aise d'avoir douté d'elle.

Il arriva dans la salle de repos et la trouva en train de se débattre avec la machine à café.

- Oh non! Rahhh! Pestait-elle alors que la machine échappait à son contrôle.

- Je peux t'aider? Demanda-t-il.

- Ça va, grogna-t-elle.

- Tu... Euh... Tu...

- Castle, ça va, je m'en sors, Okay? Répéta-t-elle agacée.

Elle retenta la manœuvre et échoua lamentablement.

- Qu'est-ce que tu fais là? Demanda-t-elle pour changer de sujet.

- Je venais voir comment tu allais... Je t'ai attendue hier soir...

Elle baissa la tête légèrement honteuse. Oserait-elle lui dire qu'elle avait lu et relu tous les éléments du dossier jusqu'à en avoir mal aux yeux et que finalement, elle s'était écroulée de fatigue sur son bureau?

Il eut un pincement au cœur, elle évitait son regard, visiblement toujours fâchée. Il n'aurait jamais dû douter d'elle. Elle ne cherchait que la vérité, elle ne vivait que pour ça et il l'avait accusée de ne pas faire son travail sérieusement.

- Je comprends, reprit-il, tu m'en veux et tu en as le droit. Quand j'ai dit à Damian que le meilleur flic de New York travaillait sur le meurtre de sa femme, je le pensais vraiment. Et je... Je suis désolé, d'avoir douté de toi... Je t'en prie, reviens à la maison...

- ... Tu penses que je suis fâchée au point de ne plus vouloir rentrer? S’étonna-t-elle.

- Bah... Tu n'es pas rentrée hier soir...

- Non! ... Je suis désolée... Je me suis endormie...

- Tu t'es endormie? Répéta-t-il étonné.

- Sur mon bureau... Je sais, c'est pathétique... Mais je n'ai pas vu le temps passer... Je me suis endormie sur mon bureau...et quand je me suis réveillée, c'était déjà le matin...

- ...Tu... Tu avais l'intention de rentrer?!

- Evidemment! ... Mais d'habitude, tu es là pour me rappeler qu'il est temps de rentrer... Ou tu m'appelles pour me le dire, quand je me laisse emporter par une enquête... Et là...

- ... J'étais si contrarié que je n'ai même pas appelé... Termina-t-il confus.

- Hey! Ce n’est pas grave! C'est ma faute! Je devrais réussir à comprendre quand je dois m'arrêter!

- C'est mon rôle à moi, répliqua-t-il en lui tendant un café et le paquet qu'il tenait. Je suis ton garde-fou! Depuis quand n'as-tu rien avalé?

- Oh Castle, tu lis dans mes pensées! S'écria-t-elle en mordant dans un croissant comme une affamée.

- Tu n'as même pas pris le temps de manger hier soir? Constata-t-il sur un ton de reproche.

- Hm...

- Ne mange pas si vite! Tu vas t'étouffer.

Elle s'installa à la table et prit le temps de manger calmement. Il la regardait en souriant. Elle, qui lui reprochait parfois son côté gamin, se comportait parfois comme une adolescente attardée. Lorsqu'elle eut mangé à sa faim, il reprit la parole.

- Encore une fois, je suis désolé... Si tu me laisses revenir, je te promets de faire de mon mieux pour me montrer objectif.

- Ça pourrait être un peu plus compliqué que prévu... Répondit-elle en grimaçant.

Elle l'emmena dans la salle de conférences et commença l'exposé de ce qu'elle avait trouvé avec les gars et qu'elle avait passé la nuit à lire et relire encore et encore.

Leur contrat prénuptial stipulait que Damian ne toucherait rien en cas de divorce, mais hériterait de tout en cas de mort de Vicky. Castle contra l'argument en rappelant que son ami était riche grâce à la somme qu'il avait reçue à la mort de son père. Ryan rappela que ce dernier avait été assassiné et ajouta que cet argent s'était envolé, Damian Westlake avait tout dépensé en faisant la cour à sa femme. Beckett lui montra alors les relevés de comptes des Westlake, qui indiquaient que c'était Vicky, qui payait toutes les factures. Enfin, Ryan donna le coup de grâce en exposant le fait que Damian dépensait désormais l'argent de sa femme en cigares cubains, très bons whiskys et places en loge. Ils en vinrent à l'hypothèse selon laquelle Vicky était peut-être fatiguée de l'entretenir et que peut être elle avait eu la même réaction que le père de Damian à son égard et avait menacé de lui couper les vivres.

- J'ai lu le dossier de l'affaire Philip Westlake, annonça Beckett. Les flics étaient sûrs que c'était lui et je crois qu'ils n'avaient pas tort!

- Eh bien moi je te dis qu'ils se trompaient! Tout comme toi! Rétorqua Castle agacé.

- Excuse-moi, mais là, tu te montres objectif ou tu t'efforces de ne pas te mettre dans mes pattes?! Râla Beckett.

- Je dis seulement que peut être nous pourrions élargir un peu la liste des suspects. Il y a certainement quelqu'un d'autre à qui nous pourrions nous intéresser.

Esposito acquiesça et relança la piste du gang et notamment l'un de ses membres: Omar Lincoln, le tag sur la façade arrière des Westlake portait sa signature.

- S'il vous plaît, dites-moi que c'est un sale type! Supplia l’écrivain.

- Il a pris deux ans pour braquage à main Armée.

- Hm?

- J'ai appelé la section graffiti, ajouta Esposito. Ils ont pisté notre gars et l'ont même localisé.

- Très bien! Alors on va l’arrêter, annonça Castle en bondissant.

Les gars jetèrent un regard à Beckett, qui soupira :

- Okay, allez-y!

- Merci!

 

Encore une fois, l'interrogatoire du nouveau suspect finit par pointer en direction de l'ami de Castle, qui n'en revenait pas du crédit qu'on accordait à ce voyou. Esposito lui répondit que le fleuriste avait confirmé l'histoire dudit voyou et que ça ne pouvait pas être lui.

- Omar dit qu'il a entendu les Westlake avoir une très grosse engueulade, annonça le latino à Beckett et Ryan, qui épluchaient des dossiers. Il dit qu'elle a parlé de divorce.

- Damian nous a dit que tout allait bien avec sa femme et que la dernière chose que Vicky lui avait dite c'était " amuse-toi bien chéri".

- Ils ont eu une dispute, plein de couples se disputent! Répondit Castle pour balayer cet argument. Nous-mêmes, on s'est disputés hier!

- Alors pourquoi Damian nous a menti? Demanda Beckett sans sourciller.

- Peut-être qu'il avait peur que vous le suspectiez de meurtre?

- Ou peut être bien qu'il avait peur que l'on puisse découvrir l'objet de cette dispute. Ce sont les relevés de sa carte de crédit, annonça Beckett en lui tendant un paquet de feuilles.

- On a déjà parlé de tout ça! Cigares, whisky, places en loges...

- Ce sont les relevés d'une autre carte, expliqua Ryan, qu'on a eu du mal à trouver parce que Damian payait ses factures depuis un compte parallèle, qu'il avait caché à Vicky.

- Et vus ses achats, je suis sûre qu'il avait plein d'autres secrets, ajouta Beckett. Il y a un fleuriste, une bijouterie dans un centre commercial et il louait une fois par semaine, une salle de jeu au club Varik.

- Il y a quoi là-bas, je ne connais pas, demanda Ryan.

- Des lits... Principalement... Répondit Castle, sous le regard intrigué des trois autres. Oui, j'étais membre...

- Alors, pourquoi Damian louerait un pieu, quand il a déjà une grande et belle maison? Demanda Ryan.

- Oh... Je ne sais pas... Il y a forcément une explication, soupira Castle en s'asseyant l'air perdu.

- Eh bien, allons voir si on peut la trouver, lança Beckett.

Ils découvrirent que Damian Westlake entretenait une relation avec l'hôtesse d'accueil du club et que Mme Westlake le savait. Elle avait d'ailleurs rencontré Callie, l'hôtesse pour la prévenir qu'elle s'apprêtait à quitter Damian et qu'après ça, il n'aurait plus d'argent. Elle pensait que Damian chercherait une autre femme pour l'entretenir.

Plus Callie parlait de la réaction de Damian et de ce que ce dernier lui avait caché après le meurtre de sa femme, plus Castle se sentait mal.

Beckett lui apporta un café, alors qu'il se tenait devant le tableau blanc, perdu dans ses pensées.

- Elle a un alibi, qui tient la route, expliqua-t-elle doucement. Elle était au boulot tout le mercredi jusqu'à dix-neuf heures et pour info, on amène Damian dans nos locaux,

- Écoute, peut-être bien que Damian est un séducteur, un paresseux et un mauvais mari...

- Peut-être bien? Reprit-elle d’un air entendu.

- Mais ça ne fait pas de lui un meurtrier! Et tu n'arrêtes pas de me regarder comme si j'étais dingue, seulement parce que je crois en lui, mais c'est parce que tu ne le connais pas !

- Et toi non plus, Castle. Le Damian que tu crois connaître n'existe pas. Tu l'as inventé, comme tu as inventé Derek Storm et comme tu as inventé Nikki Hard. C'est un personnage, dans une histoire que tu te racontais, quand tu étais un gamin de quatorze ans, avec le mal du pays. Il est peut-être temps de la laisser partir, maintenant.

Ils se levèrent et aperçurent Damian arriver, escorté par un policier.

- Tu peux suivre l'interrogatoire dans la pièce d'à côté. Il ne vaut mieux pas que tu sois là, annonça Beckett.

Il acquiesça d'un mouvement de tête et assista à l'interrogatoire et à l'arrestation de son ami, par la femme qu'il aimait. Il eut du mal à le supporter et quitta le poste, le cœur lourd.

 **************

Lorsque Martha rentra, elle le trouva étendu sur le canapé de son bureau, broyant du noir.

- Katherine n'est pas là?

- On ne s'est pas disputés... On n'est simplement pas du même avis...

- Je vois. Alexis n'est pas là?

- Oui, elle veut se lever tôt demain pour faire du shopping avant son cour de violon.

- C'est vrai, c'est sa première Saint Valentin avec Ashley, elle est un peu sous pression.

- Oh oui! Elle veut un cadeau qui dise "je t'aime" mais pas d'un cadeau qui dise " Je t'aime plus que la vie elle-même, je t'en prie ne me quitte pas ou j'en mourrais" !

- Oui, c'est pour ça que vous ne nous offrez que des chocolats ou des fleurs, dit Martha d'un air blasé.

- J'aimerais que mon choix soit si simple, soupira Castle. Je me rends compte que j'ai le choix de croire en deux choses horribles. Soit Damian est un assassin, soit Beckett a arrêté un homme innocent. Rien que d'y penser, ça me donne mal à la tête.

 

Ils entendirent la porte du loft s'ouvrir.

- Castle! Je suis rentrée! Annonça la voix de Beckett.

- Oublie ta tête et écoute ton cœur, conseilla Martha.

Il sourit à sa mère et se rendit dans le salon, où il trouva sa fiancée, les bras chargés d'un carton d'archives.

- Qu'est-ce que c'est que tout ça?

- Le dossier de l'affaire Philip Westlake. Je l'ai emprunté... Discrètement.

- Pourquoi l'as-tu amené ici?

- Tu me reproches de faire une fixation sur ton ami, parce qu'il y a cette ancienne affaire qui plane au-dessus de sa tête. J'ai épluché ce dossier la nuit dernière, et j'en suis arrivée à la même idée que les flics chargés du dossier. Alors, je me suis dit que peut être que toi, tu réussirais à me convaincre du contraire et que je verrais cette affaire autrement, après ça.

- Je croyais que tu n'avais aucune confiance en Damian.

- C'est le cas. C'est pourquoi je l'ai arrêté, mais tu lui fais confiance et j'ai confiance en toi. Alors...

Il se précipita vers elle et la serra si fort dans ses bras, qu'elle crut qu'elle allait étouffer.

- ... Rick... Tu m'étouffes!

- Oh! Pardon! Dit-il en desserrant son étreinte. Merci, Kate! Merci!

- T'emballe pas! Il va falloir me convaincre et ça ne va pas être facile!

- Alors au travail!

~~~~~~~~~~~~

- Oh... Chaque élément dans le dossier de cette affaire finit toujours par nous ramener à Damian, constata Castle dépité.

- Apparemment, les voisins ont vu un homme roder devant chez les Weslake le soir du meurtre, dit Beckett en étouffant un bâillement. Il y a son portrait-robot, mais ça n'a pas été concluant.

- Tu es épuisée, tu devrais aller te coucher, répondit Castle en prenant le portrait-robot qu'elle lui tendait. ...

- Quoi?

- Kate, je connais ce gars-là.

- C'est qui?

- Un gars qui était à l'école avec nous... C'était un gamin intelligent, mais c'était un vrai sociopathe et un voleur.

~~~~~~~~

Le lendemain, lorsque Castle se réveilla, Beckett était déjà partie. Elle lui téléphona peu après.

- Hey, tu aurais pu me réveiller, lui reprocha-t-il.

- Bonjour quand même!

- Oui... Euh bonjour, excuse-moi.

- Tu vas être content. On vient de relâcher Damian.

- Quoi? Mais pourquoi?!

- J'ai repensé à tout ce que tu m'avais dit à propos de ton ami et des papiers du divorce qu'elle lui a fait signer. J'ai eu une idée en me levant ce matin. On a trouvé la factrice qui a emporté l'enveloppe qui contenait ces papiers. Elle a vu Vicky en vie après avoir croisé Damian et son ami qui partaient pour jouer au basket.

- C'est vrai?! C'est génial!

- T'emballe pas! Il a peut être payé quelqu'un pour la tuer!

- Impossible!

- Castle!

- Ok, continue tes investigations, je vais rencontrer le flic chargé de l'enquête Philip Westlake!

- À tout à l'heure, Castle.

- Merci chérie.

- Ne me remercie pas, s'il est coupable, je le coffrerai.

- Ça va de soi!

~~~~~~

Beckett suivit la piste des bijoux de Vicky et confronta de nouveau Damian, qui lui montra l'ensemble des diamants de sa femme qu'il avait faits remplacer par des faux, en vue de ne pas retrouver sans un sou après leur divorce.

Les gars arrivèrent également à la conclusion que Damian n'était peut-être pas coupable de meurtre. Coupable de vol, certainement, mais pas de meurtre. L'ex-mari de Vicky était ruiné et la mort de Vicky lui aurait permis de récupérer la maison et de retomber sur ses pattes financièrement.

Kate arrivait devant l'ascenseur, quand les portes de celui-ci s'ouvrirent, laissant apparaître Castle.

- En fait... J'espérais bien te trouver ici, bredouilla-t-il.

- J'étais justement en train de t'appeler, répondit-elle en souriant.

Il fit quelques pas vers elle.

- Ça y est, je crois savoir qui est le tueur, dirent-ils en même temps.

Ils échangèrent un long regard sans dire un mot, simplement heureux de se retrouver. Ils interrogèrent l'ex-mari et l'employée de Vicky et cette dernière finit par avouer le meurtre.

Castle se rendit ensuite chez Damian, à qui il annonça avoir résolu l'affaire de son père. Il lui expliqua comment il était remonté jusqu'à Michael Rutherford et que ce dernier était passé aux aveux. Rutherford avait conservé les preuves qui incriminaient Damian en tant que commanditaire du meurtre de son père.

Le cœur lourd, Castle regarda les policiers arrêter son ami.

 

Beckett l'attendait non loin de là.

- Montrez-moi un héros et je vous écrirai une tragédie, dit-elle en citant F. Scott Fitzgerald.

- Alors, c'est sûrement Ernest Hemingway, qui a dit " Bon sang, j'ai bien besoin d'un verre"! Répondit Castle.

- Alors on y va! C'est ma tournée!

- C'est la Saint Valentin!

- Je sais, j'ai réservé une table dans un bon restaurant, sourit-elle. Ça va?

- Ça va très bien, assura-t-il.

Elle lui donna un petit coup d'épaule.

- Menteur!

- Aieuh!

- J'ai un cadeau qui devrait te remonter le moral.

- C'est vrai? C'est quoi?

- Un sabre laser.

- Sérieusement?

- Nan.

- Wow, t'es dure!

- Rentrons, tu n'auras qu'à l'ouvrir pendant que je me préparerais pour notre dîner.

- Mais moi, je n’ai rien pour toi !

- Quoi ?!

- Ah ! Ah ! Je t’ai eue !

- Gamin !

- Gamine !

- Au fait, j’attends un massage intégral et un plan B chaque soir de la semaine si tu veux que je te pardonne !

- Accordé, j’ai été nul, je le reconnais, dit-il d’un air penaud.

- Mais ta «période de rédemption » ne commencera que demain, précisa-t-elle.

- Ah bon ? Pourquoi ?

- Parce que ce soir, c’est moi qui pilote la soirée ! Le programme de ce soir, c’est «  Comment redonner le moral à son fiancé qui a eu une dure journée » !

- Ça fait rêver !

- Crois-moi Castle, ça ne sera pas du rêve, ce soir, il n’y en a que pour moi !

- Ça ne devrait pas plutôt être que pour moi ? Reprit-il amusé.

- Nan ! Ce soir, il n’y en a que pour moi, parce que je vais te réconforter, en t’emmenant dans un délicieux restaurant, en te massant intégralement et avec amour, puis en te faisant l’amour passionnément ! Expliqua-t-elle en s’approchant de lui pour l’embrasser tendrement.

- Wahh… et Wahh encore, soupira-t-il entre deux baisers.

 

 

 


Minefuji  (10.04.2014 à 19:29)

Chapitre soixante-huit:

Le soleil était levé depuis des heures. Ses rayons filtraient à travers les rideaux, baignant la pièce dans une douce et agréable lumière. Rick pénétra dans la pièce un plateau dans les mains. L'odeur du café envahit la pièce. Il la regarda en souriant. Elle dormait en travers du lit, une jambe au-dessus des couvertures, serrant l'oreiller de son fiancé contre elle. Elle avait l'air si bien là, qu'il eut des remords à l'idée de la réveiller. Pour une fois qu'elle n'était pas levée aux aurores!
Il posa le plateau sur la table de chevet et se retourna vers elle, lorsqu'elle laissa échapper un merveilleux soupir de contentement.
- Hey...
- Hey, marmotte! Bien dormi?
- Mmhmm... Marmotte?... Quelle heure est-il?
- Presque onze heures! Tu as fais le tour du cadran!
- Onze heures?! Bondit-elle. Tu aurais dû me réveiller plus tôt! On devait préparer nos faire-part!
- Ne t'en fais pas, j'ai fait une pré sélection! Je n'avais pas le cœur de te réveiller, tu dormais si bien que la marque des draps est imprimée sur ta joue!
Elle se frotta vigoureusement la joue.
-  Merci, dit-elle en attrapant la tasse fumante qu'il lui tendait.
Elle sourit en découvrant le cœur tracé avec la mousse à la surface de son café.

Une fois son café avalé, Kate fila dans la cuisine pour se servir une assiette de fruits, tandis que Castle disposait les différents modèles de faire-part qu'il avait sélectionnés.
- C'est le paradis! Clama-t-elle depuis la cuisine.
- Quoi donc? Passer la journée avec ton futur mari?
Elle passa devant lui et vint s'installer dans le canapé à ses côtés.
- Non, non. Pas ça...
- Pas ça? S'étonna Castle en levant le regard vers elle.
- Non, je veux dire, pas seulement ça! Il est onze heures et demie! Je me prélasse tranquillement dans le canapé en pyjama! Pas d'obligations, ni d'interrogatoire, pas de paperasse! Seulement préparer tranquillement notre mariage.
- Maintenant que tu y as goûté, peut-être que tu prendras des jours de congé plus souvent! Alors, qu'est ce que tu penses de celui là? Demanda-t-il en montrant un premier modèle.
- ... Mhm... Non, ça fait trop froufrou!
- Je suis d'accord! Et celui-là? Trop austère, non?
Il continua à faire défiler les modèles, jusqu'à ce qu'elle l'arrête.
- Oh! J'aime bien celui-là, pas toi?
- Mhm... Mouais... Je ne le sens pas trop... Même si tu pourrais peut être me convaincre...
- Je te parie que je le peux, répondit-elle en plongeant son regard dans le sien.
- Ouais, mais tu vas devoir travailler dur pour y arriver!
- Oui, je peux le faire! Parce que s'il y a une chose dont nous avons absolument besoin... C'est d'une bonne police d'écriture, répondit-elle en l'attrapant par la main pour l'entraîner vers la chambre.
Le téléphone de Beckett sonna au même moment, Rick leva les yeux au ciel.
- Et voilà le pire timing de tous les temps!
Elle rit et décrocha son téléphone.
- Beckett!
- ...
- On sera là dans vingt minutes, répondit-elle avant de raccrocher. On a un meurtre qui nous attend, Castle.
- Les meurtriers se liguent contre nous! Soupira-t-il.
- On se rattrapera ce soir, dit-elle en l'embrassant avant de filer sous la douche.
- J'y compte bien! Ça fait une semaine que tu rentres tard et épuisée, j’ai l’impression d’être fiancé à un fantôme.

******************


Un taxi désossé près d'un entrepôt. En arrivant sur les lieux, personne ne se doutait que cette affaire allait être aussi dangereuse et stressante.

- C’est quoi ce taxi désossé ? Demanda Beckett à Esposito en arrivant sur la scène de crime.
- Le type de la sécurité s’est posé la même question et puis il a trouvé le corps ! Répondit le latino.
- Qui est notre victime ? Demanda-t-elle encore.
- Amir Alhabi, le chauffeur du taxi !
- Contacte la brigade des vols de véhicules et fait rechercher les pièces détachées qui ont disparu ! dit Beckett.
- C’est déjà fait ! Annonça Esposito tandis qu'ils entraient dans l'entrepôt.
- La victime avait de l’argent sur elle ? Continua Beckett.
- Ni sur lui, ni dans le taxi, tout indique qu’on l’a tué pour son argent et les pièces de sa voiture, affirma le latino.
- Non pas du tout mon bébé ! Rétorqua Lanie qui complétait un dossier.
- Euh ! Commença Castle surpris.
- Tu viens de l’appeler « mon bébé » ! Chuchota Beckett à l'oreille de son amie.
- Oh, sérieux ? Demanda celle-ci.
- C’est gênant ! Chuchota Castle à son tour.
- Tu as trouvé quelque chose d’inhabituel ?
- Et bien à première vue, l’heure du décès peut faire croire à un vol, il a été tué à 23h15 !
- Quelle précision, c’est très impressionnant ! Admira Castle.
- Sa montre c’est cassée quand il est tombé ! Expliqua Lanie.
- Fallait pas le dire, ça gâche la magie !
- La cause du décès peut aussi faire croire à un vol, reprit Lanie, une balle de 9 millimètres dans la tête mais il y a un truc qui colle pas, ses doigts ont été brisés un par un !
- Les chauffeurs de taxi planquent parfois leur argent, on l’a peut-être torturé pour lui faire avouer  sa cachette ! Supposa l'écrivain.
- Je veux savoir d’où il venait et quel était son dernier client avant de finir dans cet entrepôt! Ordonna Beckett avant de quitter la scène de crime.


~~~~~~~~~~~~~~~


La victime, Amir Alhabi, était un modèle d’immigration réussie. Arrivé en provenance de Syrie sept ans auparavant, il avait été naturalisé en juin de l'année précédente. Il était propriétaire de son véhicule et de sa licence avec son cousin, Jamal.
Ils retracèrent le trajet d'Amir avant sa mort, grâce au service de suivi par satellite auquel il s’était  abonné, ce qui lui permettait de perdre moins de temps dans les bouchons et de savoir où il pouvait trouver des clients.
Il avait roulé jusqu’à Washington Heights, s'était arrêté sans couper le moteur devant le 1600 sur St Nicolas Avenue pendant six minutes et ensuite il était allé à l’entrepôt.
Washington Heights étant un endroit plutôt dangereux en pleine nuit, Castle supposa qu'il se serait fait braquer et que quelqu'un l'avait obligé à aller à l’entrepôt. Ils trouvèrent également un nombre mystérieux dans l'application bloc note du téléphone de la victime. Après avoir interrogé la famille de la victime et les chauffeurs à qui Amir louait sa licence de taxi, ils revinrent devant le tableau blanc, pour faire le point.
Plus ils avançaient dans leur enquête, plus cette affaire devenait étrange. Ils découvrirent que des caméras avaient été installées dans le taxi, mais aucun des proches du chauffeur ne semblait être au courant de cela.

Ils rentrèrent au loft et discutèrent de l'affaire avec Alexis, jusqu'à ce que Martha les rejoigne et change le sujet de la conversation.
- Trésor, demanda-t-elle à Alexis, est-ce que tu as parlé à ton père de notre petit voyage entre filles?
- Pas encore !
- Mais qu’est-ce que tu attends pour le faire ? J’ai réussi à nous avoir deux places, et qu'il soit bien précisé,  quasiment introuvable, pour l’oasis de sérénité ! Expliqua-t-elle à son fils.
- C’est fantastique ! S'exclama-t-il. Qu’est-ce que c’est ?
- T’en a jamais entendu parler ?
- C’est une retraite spirituelle ! Expliqua Alexis.
- Oh et elle est nichée dans les Catskills, précisa Martha. C’est un sanctuaire, un lieu propice à la réflexion afin d’être en contact avec son « moi » profond !
- Et dans ton cas, tu es sur que ce n’est pas dangereux ? Plaisanta l'écrivain.
- Grand-mère veut se débarrasser de son égo pour donner des cours de théâtre !
- Oui et qui de mieux qu’Alexis pour m’accompagner dans cette aventure? Nous dormirons dans des Yourtes de luxe, nous aurons des cours de méditation, de Yoga, tout ça à partir de demain soir. Enfin évidemment si tu es d’accord ?

Alexis regarda son père avec insistance, articulant silencieusement les mots : Contrôle de physique !
- Oh et bien je suppose que… Commença Castle...L’exercice physique… Et en parlant de physique, tu n’as pas un contrôle de physique lundi ?

Martha se retourna vers Alexis, étonnée.
- Ah bah oui, c’est vrai, j’avais complètement oublié. C’est lundi matin et je n’ai pas révisé. C’est coef huit pour mon examen final !
- Ohhh ! Soupira Martha déçue.
- Coefficient huit ! Appuya Castle.
- « Carpe Diem », cueille le jour présent. Oh j’aurais dû enseigner ça à mon fils. Tant pis ma chérie, une autre fois peut-être. On dirait qu’il va falloir que je trouve mon « moi » profond toute seule. Déclama l'actrice en partant vers les escaliers. C’est dans mes cordes.
-  Meilleur… papa… du monde ! Chuchota Castle en insistant sur chaque mot.
Alexis lui sourit.
- Kate n'est pas rentrée avec toi?
- Si, elle est dans le bureau, elle écrit sa liste d'invités.
- Oh! Je vois. Et la tienne? Elle avance?
- Beaucoup trop! Je me suis arrêté quand j’ai entamé la dixième page !
Beckett arriva à ce moment là, dans la pièce.
- Alors? Comment ça se passe? Demanda Castle.
- Euh... Eh bien... Ce mariage risque de ne pas être si intime que ça... souffla-t-elle.
- Sérieusement? Tu en es à combien?
- Une bonne centaine de noms... Et la tienne?
- J'en ai trois cents de plus!
- 400?!! S'écria Beckett.
- Je suis quelqu'un de connu dans le monde entier! Plus ou moins, ajouta-t-il, devant le regard dubitatif de sa fiancée. Ce n'est qu'un premier jet, il faut y apporter des corrections.
- ...
Elle souffla de nouveau longuement en prenant la liste de Castle et en lui tendant la sienne.
- Rappelle-toi, cette correction doit être brutale, impitoyable! Précisa Castle.
- Okay, tu as vraiment besoin d'inviter tous ces écrivains? Tu ne les rencontres que très rarement ... Et puis tu sembles oublier que Connely disait que je perturbais ta carrière d'écrivain! Je crois qu'on a notre premier éliminé.
- Je dois l'inviter, parce que s'il découvre que j'ai invité Kellermann... Et je dois inviter Kellermann parce que j'invite Wes Craven et Stephen King...
- Mais il faut bien commencer quelque part...
- Et je sais par où commencer! Tante Theresa? Après ce qu'elle a mis sur Facebook?
- Elle l'a retiré.
- Alors, qu'est ce qu'on va faire? Demanda Castle.
- Si ça peut vous rassurer, ma liste à moi se résume à un nom: Ashley, sourit Alexis.
- Raisonnable, comme toujours, constata Castle.
- Oh Katherine! Bonsoir! Dit Martha en descendant les escaliers.
- Bonsoir, Martha, sourit Beckett.
- Eh bien voilà quelqu'un de neutre! Quelqu'un qui est née pour être brutale et impitoyable! Lança l'écrivain.
- Merci! Sourit l'actrice. Oh! Vous travaillez encore sur cette liste?
- Que dirais-tu de te joindre à nous? Proposa Castle.
- Oh! Oui! Je vais chercher ma liste! Répondit-elle. Je n'avais aucune idée du nombre de personnes que je voulais inviter, jusqu'à ce que je les mette par écrit!
Les visages de Beckett et Castle se décomposèrent, tandis qu'Alexis partit dans un fou rire nerveux.
- On ne va pas s'en sortir, gémit Beckett.
- Ouais... Il va nous falloir un très très grand train... Tiqua Castle.
- Un train?
- Ouais! Ça ne serait pas génial de se marier sur le cyclone?
- Le grand huit de Cosney Island?
- Imagine la métaphore, même si elle ne serait pas tout à fait exacte... Un homme et une femme, fiancés, traversant les hauts et les bas de la vie...
- Castle, je t'aime, mais je ne vais pas t'épouser en haut d'une tour, ni dans l'espace, ni à bord d'un grand huit!
- Je parie que le Docteur Seuss s'est marié dans un endroit fun, lui, marmonna Castle.
- Oui! Le living room de sa femme, répondit-elle.
- Voilà! On peut se mettre au travail! Lança Martha en descendant de nouveau les escaliers.
Ils passèrent la soirée entière à écouter Martha expliquer pourquoi chacun de ses invités était indispensable et finirent par se coucher exténués et dépités.

***************

Le lendemain matin, au poste, Castle sirotait son café près du bureau de Beckett, en compagnie de Ryan et Esposito.
- Je ne sais pas ce que je ne donnerais pas pour avoir un moment en tête à tête avec ma fiancée pour préparer notre mariage, bougonna Castle.
- Qu'est ce qui vous en empêche? Demanda Ryan.
- Hier, ma fiancée avait un jour de congé et nous nous apprêtions à négocier le choix de la police d'écriture pour notre faire-part, quand cette enquête nous est tombée dessus!
- Eh oui, restrictions budgétaires, on manque d'effectifs, répliqua l'irlandais compatissant.
- Et hier soir, nous devions établir la liste des invités, une sacrée négociation se profilait à nouveau... Et c'est ma mère, qui s'est jointe à nous et ne nous a plus quittés.
- Qu'est-ce que vous entendez par négociation exactement? Demanda Esposito en fronçant les sourcils.
- Eh bien... Vous savez... Ce qu'une femme est prête à faire pour obtenir ce qu'elle veut de son homme...
- Castle! Qu'est ce que tu racontes encore comme bêtises? Grogna Beckett en lui prenant son café des mains.
- J'aimerais bien avoir des bêtises à raconter à propos de nos négociations...
- On en est où avec les caméras ? Demanda Beckett au capitaine, qui arrivait.
- On sait qu’elles ont été installées par un pro, la scientifique étudie les numéros de série pour trouver d’où elles peuvent provenir. Un taxi sous vidéo surveillance et son chauffeur qui se promène avec autant d’argent, ça ne sent pas bon, expliqua Montgomery.
- Et en parlant de ça, ça sent pas bon non plus du côté de ses finances. Ce type croulait sous les factures de frais médicaux et puis il y a cinq jours regardez ce qui est arrivé ! Intervint Esposito en lui tendant un dossier.
Beckett y jeta un œil.
- Son compte en banque a été crédité de dix milles dollars !
- Ça fait beaucoup d’argent pour un chauffeur de taxi fauché ! Commenta Castle.
- Regardez, dit Esposito qui était retourné devant son ordinateur, je viens de trouver un truc bizarre. Je me suis connecté sur le GPS d’Amir pour étudier ses déplacements le jour où il a été tué, à 16h07 il a pris un client, à l’angle de la15ème et de l’avenue des Amériques, qui a payé sa course en liquide !
- Qui a-t-il de bizarre là-dedans ? Demanda Castle.
- Le trajet a duré vingt-sept minutes et Amir l’a déposé exactement là où il l’avait pris, alors qui peut s’amuser à payer trente dollars pour tourner en rond ? Répliqua le latino.
- Une personne qui veut parler à Amir ! Termina Beckett.
- Vérifiez les caméras de circulation pour tenter d’identifier le passager ! Ordonna le capitaine.
- Tout de suite capitaine ! Répondit Esposito.


Ils remontèrent la piste de la personne qui avait installé les caméras dans le taxi. Celle-ci leur rapporta les paroles d'Amir, il avait fait ça pour une question de sécurité. Grâce aux recherches d'Esposito, ils retrouvèrent le mystérieux passager d'Amir, Fariq Yusef, un suspect qui malheureusement disposait d'une immunité diplomatique et que Beckett dût laisser filer à contre cœur.
Cette affaire semblait prendre une ampleur qui les dépassait. Cela se confirma, lorsque Castle et Beckett se trouvèrent face au garde-meuble dans lequel Amir s’était rendu.

 - Meurtre, intrigue politique, transfert d’argent et maintenant un mystérieux garde meuble, jubila Castle en se dirigeant vers le box C412 du garde-meuble. Oh cette enquête est trop cool !
Ils arrivèrent devant le box, Beckett fouilla dans son sac.
- Attends, comment vas-tu l’ouvrir? Demanda-t-il soudain.
- Et bien, si tout le reste échoue… annonça-t-elle en prenant une pose sensuelle avec une grosse pince coupante dans les mains.
- Pour des raisons impossibles à expliquer, je trouve ça extrêmement sexy ! Sourit-il avec un regard coquin.
- Ou alors… reprit-elle en posant la pince et en cherchant dans sa poche,  j’ai pris les clés d’Amir aux pièces à convictions, donc avec un peu de chance… l’une d’elle ouvrira ce cadenas.
- Quelle idée de génie ! 'Admira-t-il alors qu'elle réussissait à ouvrir le cadenas. A ton avis, il y a quoi dedans ?
- Aucune idée, il est peut être vide comme l’était le coffre d’Al Capone ! Dit-elle.
- Oh non, imagine tous les trucs incroyables qu’on peut trouver dans un endroit pareil, si ça se trouve il y a « L’arche d’alliance, docteur Jones ». Suggéra-t-il en écartant les bras et en prenant l'accent allemand.
Beckett leva les yeux au ciel, et sans plus attendre, ouvrit la porte, braquant le faisceau de sa lampe sur une caisse.
- L’arche d’alliance aussi était dans une caisse ! Commenta l'écrivain.
Ils entrèrent, Castle ouvrit la caisse, dans laquelle ils découvrirent des armes et des explosifs.
- Oh, oh !
Beckett s'avança, toucha les explosifs.
- Des pains de plastique !
Un bip d'alerte retentit, elle regarda le détecteur à sa taille et jura.
- Castle ! Sors de là ! Hurla-t-elle.
- Quoi ?
- Sors de là, dehors ! Répéta-t-elle paniquée.
- Quoi ? S'inquiéta Castle en courant vers la sortie. Je ne comprends pas !
- Castle éloigne-toi de cette porte, dégage ! Cria de nouveau Beckett en fermant la porte du box et en sortant son téléphone.
- Qu’est ce qui se passe Kate ?
- Lieutenant Kate Beckett, plaque numéro 0334, je viens d’être exposée à un niveau élevé de radiations, expliqua-t-elle au téléphone sous le regard perdu de Castle. On a besoin d’une équipe de décontamination de toute urgence !
Cette enquête devenait beaucoup moins marrante tout à coup.

************

Une sonnerie retentissait de manière continue, augmentant le stress de Castle qui se débattait, alors que deux hommes vêtus de combinaisons antiradiations le faisaient entrer dans un bunker.

- Non, non, non attendez ! Cria-t-il alors que les deux hommes repartaient après l'avoir enfermé. Revenez, dites-moi au moins à quel point c’est grave !
Castle se retourna et vit Beckett qui n'en menait pas large non plus.

Il regardait ce qu'il se passait à l'extérieur, à travers une petite fenêtre, depuis un bon moment, quand il brisa le silence du bunker.

 - Les équipes de décontamination ne restent jamais plus d’une minute dans le bâtiment !

- C’est peut-être juste leur protocole standard ! Suggéra-t-elle.
Il referma la fermeture éclair de la fenêtre.
- Oui c’est peut-être juste parce que c’est trop dangereux. Marmonna-t-il en la rejoignant. Est-ce qu’il y a une échelle de radiation sur ton détecteur ? Un genre de graduation qui irait de la simple radio à la visite privée de Tchernobyl ?
- Niveau maximum... Annonça-t-elle ennuyée.
- Oh… Eh bien... Ce n'était pas ce que j'avais en tête, quand je réclamais un moment en tête à tête avec ma fiancée, soupira-t-il.


*************

Pendant ce temps, le commissariat avait été envahi par des équipes du FBI.

- Capitaine Montgomery je suppose, dit un agent en serrant la main du capitaine. Je me présente Mark Fallon, sécurité intérieur. On m’a envoyé ici pour servir d’agent de liaison, il parait que vous avez un problème ?

Montgomery lui exposa tous les éléments de l'enquête en leur possession.
- Amir Alhabi ne devait pas agir seul ! Déclara Fallon après avoir écouté attentivement le capitaine. Où en est-on avec sa femme et son cousin ?
- Elle arrive et d’après un voisin, Jamal est sorti boire un verre, on essaie de le trouver, expliqua Montgomery.
- Il faut découvrir si Amir gardait ce matériel radioactif pour lui ou pour quelqu’un d’autre mais c’est sûrement pour ça qu’il est mort donc vérifiez ses appels et comparez les à la liste des terroristes présumés ! Ordonna Fallon.
- Nous l’avons déjà fait ! Répondit le capitaine. Excusez-moi ?
- Oui !
- Pour que les choses soient claires, est-ce que vous prenez le relais ?
- C’est votre enquête. Je ne suis ici que pour vous apporter mon aide !
- Capitaine, on vient de recevoir le dossier d’immigration d’Amir Alhabi, annonça Esposito en arrivant,  il a obtenu un diplôme d’ingénieur en génie électrique à Damas !
- Sur quoi bossait-il en Syrie ? Se demanda Fallon.
- J’ai la réponse, dit Ryan en les rejoignant à son tour,  je viens de raccrocher avec le département d’état, ils ont interrogé Amir quand il est arrivé dans le pays et il a travaillé pour le programme nucléaire Syrien !
- Le programme nucléaire ? répéta le capitaine estomaqué.
- Ouais, acquiesça Ryan.
- D’accord, là je prends le relais !

**************

- C’est une bombe, il y a une bombe atomique dans ce garde meuble ! répétait Castle en faisant les cents pas.
- Castle on ne sait pas si c’est une bombe !
- Oui, on le saura quand elle explosera dans la nano seconde qui précèdera notre désintégration!
Il regarda Beckett, elle faisait beaucoup d'efforts pour ne rien laisser paraître, mais il était évident qu'elle avait peur.
- Désolé, mets ça sur le compte de l’écrivain qui imagine toujours le pire des scénarios, s'excusa-t-il en s'asseyant près d'elle.
-Est-ce qu’on peut parler d’autre chose ?
-Oui !... Euh... Voyons le bon côté des choses, on aura le mariage intime qu’on espérait, puisque personne ne viendra!
- Je suis désolée, Castle, soupira-t-elle.
- De quoi? Rien de tout ça n'est de ta faute.
- Si tu ne me suivais pas sur mes enquêtes, tu n'aurais pas été exposé aux radiations.
- Non, je serais en train de me ronger les sangs à l'extérieur de se bunker à me demander si tu vas bien! Je suis heureux d'être avec toi, pour pouvoir te réconforter.
- ...
- À quoi tu penses?
- À Martha et Alexis, je ne pense pas qu'elles verront les choses de la même façon...
- Elles t'adorent et je suis certain que si elles l'apprennent, elles seront heureuses que nous soyons tous les deux, assura l'écrivain.
- Ou elles m’en voudront de t'avoir entraîné là-dedans...
- Oh ne crois pas ça! Elles me connaissent et savent très bien que tu n'as pas ton mot à dire là-dedans. Non, crois-moi, le sermon, c'est moi qui vais l'avoir, quand elles verront ta mine déconfite, elles vont me reprocher de t'avoir causé du souci.
- Alors, je m'efforcerai de sourire quand je les verrai, répondit Beckett.

Un agent entra dans le bunker.
- Vous pouvez y aller ! Annonça-t-il.
- Euh, euh quoi? Vraiment ? Bredouilla l'écrivain.
- Et pour les radiations ? S'enquit Beckett.
- On a retrouvé des résidus de Cobalt 60 dans le garde meuble mais dans des proportions inoffensives, expliqua l'agent.

Beckett se leva, soulagée et piqua un baiser sur les lèvres de son fiancé.
- Euh…
- Ouff !! Sourit-elle en lui prenant la main pour l'entraîner en trottinant vers la sortie.

- Lieutenant Beckett, Castle, on est content que vous soyez sains et saufs ! Dit Montgomery en s'avançant vers eux.
- Merci monsieur nous aussi, mais je ne comprends pas, est-ce que c’était une fausse alerte ? Demanda Beckett.
- Pas exactement, si vous vous sentez d’attaque, on aurait besoin de vous au poste et je vous brieferai sur la route !
- Et en ce qui concerne les traces de Cobalt 60, on sait d’où ça peut venir ? Demanda Castle.
- On pense qu’il devait y avoir une deuxième caisse qui contenait une quantité beaucoup plus importante de Cobalt 60? Expliqua le capitaine. On a trouvé des câbles et des connecteurs, ce qui nous amène à croire que la caisse était remplie d’explosif !
- Une bombe ? Demanda Beckett.
- Une bombe sale ! Acquiesça le capitaine.
- Quoi?! Et maintenant elle est où? Interrogea Beckett effrayée.
- C’est ce qu’on essaie de découvrir ! Répondit le capitaine.

- Castle, je voudrais que tu fasses quelque chose pour moi, annonça Beckett en l'entraînant à l'écart.
- Tout ce que tu veux.
- Rentre à la maison, boucle ta valise et pars loin d'ici avec Martha et Alexis.
- Négatif, c'est hors de question!
- Castle, ne commence pas! Je t'en prie!
- Je ne commence rien! Il est tout simplement hors de question que je t'abandonne!
- Castle! J'ai accepté les risques, quand j'ai pris ma plaque, pas toi! Et il n'est pas question que j'accepte qu'Alexis perde son père et Martha son fils!
- Mais...
- Castle, s'il te plaît va-t-en! Fais ça pour moi!


Minefuji  (13.04.2014 à 17:39)

Chapitre soixante-neuf:

Suivant les instructions de Beckett, Castle retourna au loft, où il retrouva sa mère et sa fille dans la cuisine.

- Salut papa ! Tu rentres tard !

- Et je retourne au poste, je suis juste passé pour me changer !

- Bon et bien vous pouvez dire Adieu à mon égo, je pars pour l’oasis mais sans Alexis et ce grâce à toi ! Déplora Martha en enfilant son manteau.

- Et bien justement, j’ai changé d’avis ! Annonça Castle.

- Tu as changé d’avis ? Répéta Martha incrédule.

- Sérieux ? Grimaça Alexis.

- Oui, expliqua-t-il, je crois que c’est important que vous passiez du temps toutes les deux !

- Oh… tu viens de me redonner foi en toi ! Applaudit l'actrice.

- Papa, t’oublie nom contrôle de physique, je ne peux pas y aller ! Contra Alexis.

- Mais si tu peux, affirma-t-il. Tu réviseras là-bas !

- Mais je... je... j’ai même pas fait ma valise et je…bafouilla Alexis qui n'y comprenait plus rien.

- Chérie, tout est fourni, tu n’as pas besoin de valise, répondit Martha. Oh! On va tellement s’amuser, allez viens prends un sac !

- Vas-y, je suis persuadé que ça te fera du bien, dit Castle en se forçant à sourire.

Alexis le dévisagea, comprenant qu'il se passait quelque chose de grave. Elle monta les escaliers à contre cœur. Castle la regarda disparaitre à l’étage, le cœur lourd, mais il savait où était sa place.

****************

Castle rejoignit le commissariat peu après, Montgomery avait réuni toutes ses troupes.

- Etant donné la nature de l’affaire, je vous rappelle qu’il est interdit d’en parler à qui que ce soit, même à votre famille. Nous ne pouvons pas nous permettre un mouvement de panique, l’agent Fallon va prendre le relais !

- Merci capitaine, répondit Fallon, bon alors voilà ce qu’on sait: Amir Alhabi a fabriqué une bombe dans le garde meuble C412, une bombe sale qui doit exploser en dispersant du Cobalt 60 hautement radioactif … mais cette bombe a disparue…

- J’ai prévenu Jenny que je serais un peu en retard et j’ai essayé de la convaincre d’aller voir sa mère ! Dit Ryan en aparté à Castle et Esposito

- Ouais, j’ai fait pareil avec Lanie, ça n’a pas marché, elle déteste sa mère, répliqua Esposito.

Castle croisa le regard de Beckett, elle n'était pas contente. Son cœur se serra, il aurait aimé pouvoir lui dire de quitter la ville, de partir loin de New York et du danger, mais c'était elle la flic, c'était elle, qui avait voulu l'éloigner. Au loin, la voix de Fallon résonnait à ses oreilles.

- … Interrogez tous les employés de la société qui loue ces box et visionnez la vidéo surveillance. Vous connaissez la règle, si on trouve celui qui a déplacé la bombe, on trouvera la bombe… au boulot.

 

Tous se dispersèrent, Castle rejoignit Beckett qui s'apprêtait à lui faire des reproches.

- Monsieur Castle ! Lança Fallon en lui serrant la main. Je vous remercie pour l’aide que vous avez apporté sur cette affaire, néanmoins je refuse de mettre des civils en première ligne !

Beckett sourit.

- C’est bizarre, j’ai l’impression d’être promu et viré en même temps ! Commenta l'écrivain.

- Sauf que vous ne travaillez pas ici. C’est pour votre sécurité ! Rétorqua l'agent.

- C’est mon ami le gouverneur qui va être déçu d’apprendre ça ! Bluffa Castle en sortant son téléphone pour composer un numéro.

Beckett roula des yeux, agacée.

-Très bien, soupira Fallon, mais essayez de vous faire tout petit. Lieutenant Beckett suivez-moi !

Kate se leva et suivit Fallon, non sans avoir fusillé Castle du regard auparavant.

- Il n’a pas confiance en moi ! Murmura Castle à Montgomery.

- Ni en qui que ce soit d’autre, déformation professionnelle, répondit ce dernier. Mais vous devriez plutôt vous inquiéter de votre fiancée, le prochain tête à tête devrait être plutôt houleux!

Castle acquiesça silencieusement, il savait très bien que Beckett lui en voudrait, mais il aimait à penser aussi que sa présence auprès d’elle la rassurerait un peu. Et puis qui sait ? peut-être pourrait-il la protéger.

Fallon emmena Beckett pour interroger la veuve du chauffeur de taxi. Il lui demanda de l'avertir s'il y allait un peu trop fort, ce qu'elle eut à faire, bien entendu : l'agent interrogea la jeune femme très brutalement, la menaçant de lui arracher son bébé.

A la fin de l'interrogatoire, Beckett regardait Nazihah quitter la salle d'interrogatoire en pleurs. Comment l'agent Fallon pouvait-il se comporter de la sorte?!

- Vous croyez toujours qu'elle est sincère? Demanda Fallon alors que Beckett venait de se lever. Je veux avoir votre opinion ! Elle était sincère ? Vous croyez toujours qu’elle est sincère?

- Oui ! Claqua sèchement Beckett avant de se radoucir. Cependant, je dois garder à l’esprit qu’elle a aussi très bien pu nous mentir !

- Pendant qu’elle était là, j’ai lancé une opération de sécurité nationale, expliqua l'agent Fallon. Sa maison est sur écoute et elle sera surveillée vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Alors si elle a quelque chose à se reprocher, on le découvrira, mais il était important qu’elle soit convaincue que je la crois. Vous avez été parfaite, maintenant elle vous considère comme une alliée, plus tard ça pourrait nous être utile. Merci d’avoir joué le jeu Beckett !

Beckett le fusilla du regard alors qu’il quittait la pièce, puis se passa la main sur le visage, elle détestait être manipulée de la sorte.

 

Pendant ce temps, Castle était avec les gars, il voulait se rendre utile.

- Les dix milles dollars sont arrivés sur le compte d’Amir par virement ! Constata-t-il.

- Ça veut dire qu’on va pouvoir les tracer, répliqua Ryan, prenez les numéros de compte et de transaction et entrez les dans la base de données des transferts de fonds.

Castle obtempéra, l'ordinateur émit un bip.

- Ah! Je viens de recevoir les images de la vidéo surveillance du box C412, annonça Ryan, les dernières quarante-huit heures. Avec un peu de chance, on va repérer quelqu’un.

- Un terroriste islamiste, c’est peu probable ! Commenta Castle.

- Il y a un précédent ! Lança Esposito.

- Justement ça a déjà été fait ! Rappela Castle.

- Donc ça peut être renouvelé, intervint Ryan.

- Alors là ils peuvent s’accrocher ! Grogna Esposito.

L’ordinateur de Castle afficha les données.

- Mais peut-être qu’on se trompe, suggéra Castle, les dix milles dollars ont été virés d’une banque de Dearborn dans le Michigan, de la part d’un certain John Smith !

- Le nom le plus commun en Amérique donc il est sûrement bidon ! Dit Esposito.

- Et il y a une forte communauté du moyen orient à Dearborn ! Ajouta l'irlandais.

- Quatre minutes avant d’être viré sur le compte d’Amir, l’argent venait d’arriver du compte d’un autre John Smith de la « Texas Southern Bank » , lut le latino.

- Celui qui a fait les virements a fait exprès de passer par plusieurs banques pour brouiller les pistes !

- Et bien il a raté son coup puisque j’arrive à les remonter ! constata Castle.

- Je parie que la femme d’Amir pourrait nous aider, j’espère que Fallon va la lui jouer à la Jack Bauer ! Dit Esposito.

- Elle n’est peut-être pas au courant ! Rétorqua Ryan.

- Ils vivaient ensemble, tu pourrais être un terroriste sans que Jenny soit au courant? Demanda le latino.

 

~~~~~~~~~

- Les dix milles dollars qu’Amir a reçus ont transité par six banques mais le premier virement venait… d’Afghanistan, dit Castle en regardant Esposito.

- Oh… quelqu’un est venu au C412, annonça Ryan rapidement rejoint par Castle et Esposito. Six heures avant Beckett et vous.

Ils regardèrent la vidéo en vitesse accélérée jusqu’à ce qu’ils voient un homme déplacer une grosse caisse.

- Et bah voilà la caisse qu’on recherche ! dit Esposito.

- Et elle a l’air de peser son poids ! Ajouta Ryan.

- C’est à cause du blindage en plomb ! Expliqua Castle. C’est le cousin d’Amir, Jamal ! Et il a la bombe !

 

~~~~~~~~~~

 

Fallon lançait une chasse à l'homme en montrant un portrait de Jamal à tous les policiers du commissariat.

 

- Jamal Alhabi, il a fait fabriquer une bombe sale par son cousin Amir et ensuite il l’a tué. Il y a de forte chance pour que ça soit le chef de la cellule terroriste, il y a un peu moins de douze heures, Jamal a disparu… avec la bombe. Ça veut dire qu’il va avoir besoin au minimum d’une camionnette ou d’un gros 4x4. Jamal a une société de transport donc il faut contrôler tous ses camions, vérifiez les images des caméras de circulation, étudiez ses finances. Nous vivons ici, nos familles, nos proches, nos voisins alors je n’ai pas besoin de vous rappeler quels sont les enjeux. Trouvons-le !

- Je peux te parler une seconde ? Demanda Castle en s'approchant de Beckett.

Elle le regarda dans les yeux, il put lire de la colère dans son regard. Il venait de provoquer la confrontation redoutée.

- Oui !

Elle l'entraîna dans une salle de repos.

- Qu'est-ce que tu fais ici? Gronda-t-elle. Tu avais promis!

- J'avais promis de partir! Pas de ne pas revenir, se défendit-il.

- Castle! Tu sais ce qui est en jeu ici! Tu dois partir!

- Pas sans toi! Gronda-t-il à son tour.

Elle soupira, les larmes aux yeux.

- Tu es si stupide, parfois...

- Je sais, c'est pour ça que tu m'aimes, sourit-il.

- Ouais... Tu as de la chance que je t'aime, soupira-t-elle.

- Que penses-tu de Fallon? Demanda Castle.

- Professionnellement il est malin, motivé, instinctif et humainement c’est un gros con !

- Un gros con à l’esprit ouvert ?

- Non, pourquoi ?

- La clé de toute bonne fiction c’est l’authenticité, expliqua Castle. Il faut que n’importe quel lecteur puisse croire que c’est réel, les écrivains le savent et c’est pour ça qu’ils bossent à fond sur les détails. Jamal et Amir en tant que terroristes, les détails ont été bâclés !

- Oui mais pas les preuves Castle, on a une vidéo où on voit Jamal déplacer une bombe sale ! Répliqua Beckett.

- Pourquoi il n’était pas nerveux ? Pourquoi il ne transpirait pas à chaque fois qu’il rencontrait un petit obstacle ? Jamal possède une société de transport, peut-être qu’il ignore ce qu’il y a dans la caisse et qu’on la seulement engagé pour la déplacer !

- Ou peut-être que c’est juste un terroriste !

- Rien n’indique une chose pareille, contra Castle, que ce soit pour lui ou pour Amir!

- Et pour les dix milles dollars qu’Amir a reçu et dont vous avez pu remonter la trace jusqu’en Afghanistan ?

- Ils sont partis d’une banque près de la base de Bagram, fréquentée essentiellement par des militaires. Alors pourquoi un terroriste irait choisir une banque pareille pour ce virement ? Demanda l'écrivain.

- Castle, la clé qu’on a utilisée pour ouvrir le garde meuble était sur le trousseau d’Amir.

- Son assassin a pu la mettre dessus, tous les petits cailloux qu’on a trouvés nous ont conduit à Jamal et Amir. Tu ne t'es pas dit qu’ils avaient pu être mis là pour nous ?

- Castle !

- Je suis persuadé qu’il se trame quelque chose là-dessous !

- D’accord qu’est-ce que tu veux qu’on fasse ?

- Qu’on aille parler à la seule personne qui a une opinion différente sur Amir… mais j’ai besoin de ton aide !

 

Pendant que Castle partait discrètement rencontrer Fariq Yousef, Beckett restait au commissariat et suivait les instructions de Fallon, qui suivait la piste de Jamal et des camions qu'il avait achetés deux mois auparavant. La liste des employés de Jamal semblait confirmer son hypothèse, neuf hommes du Moyen Orient, qu'ils allaient traquer et interroger. Ils lancèrent également une alerte pour retrouver le camion avec lequel Jamal avait disparu quelques heures auparavant.

La discussion de Castle avec Yousef lui apprit une information capitale: Amir ignorait d'où venaient les dix mille dollars crédités sur son compte. Il avait été piégé. Il retourna au commissariat, où il retrouva Beckett.

- Tu te rends compte de ce que ça implique ? Demanda Castle.

- Si Amir n’était pas au courant pour l’argent, ça veut dire qu’il n’a pas été payé pour fabriquer cette bombe ! Répondit Beckett avant de tomber nez à nez avec Fallon.

- J’aurais besoin de vous parler, à tous les deux ! Annonça-t-il en se dirigeant vers le bureau de Montgomery.

- On est mal ! Chuchota Beckett.

- Prête pour l’échafaud ? Chuchota-t-il alors qu’ils se dirigeaient vers le bureau.

- Je couvre toujours mes arrières, alors vous imaginez ma surprise quand j’ai découvert que l’un des nôtres avait bu un café au lait avec l’un des suspects de l’enquête en cour. J’ai fait surveiller Fariq Yousef ! Expliqua l'agent du FBI.

-Si vous me laissez-vous expliquer je suis sûr… Commença Castle.

- Je vous ai dit de vous faire discret et au lieu de ça vous êtes allé parler à un diplomate étranger. Si les Syriens sont impliqués vous imaginez ce que vous avez fait?

- Jamal et Amir ne sont pas des terroristes, vous vous trompez de cible agent Fallon, protesta Castle.

- Est-ce que vous avez une idée le nombre de lois que vous avez violées ? Je devrais vous faire arrêter ! Gronda Fallon.

- Monsieur, je crois que ce que Castle essai … intervint Beckett.

- Est-ce que vous étiez au courant lieutenant Beckett? L'interrompit l'agent.

- Oui je l’étais !

- Alors là je suis vraiment déçu… soupira Fallon. Pour des raisons de sécurité nationale, je me vois dans l’obligation de vous démettre tous les deux de cette enquête !

- Monsieur, intervint Montgomery, Beckett est mon meilleur élément, Castle est une vraie plaie mais ses intuitions sont toujours pertinentes !

- Ce n’est plus à vous d’en juger, capitaine. Des agents vont vous escorter hors du bâtiment ! Oh Castle ! Rappela Fallon alors que Beckett et Castle quittaient le poste, le gouverneur, il ne sait pas qui vous êtes !

 

************

- Je suis désolé, marmonna Castle une fois hors du bâtiment.

- Tu n'as rien fait de mal, Castle. Tu as trouvé une nouvelle piste. Amir et Jamal ne sont pas des terroristes, le réconforta Beckett.

- Une chose est sûre, on ne le mettra pas sur la liste des invités, affirma Castle.

- Ouais, confirma Beckett.

- Qu'est ce qu'on fait maintenant? On retourne à notre liste d'invités? Grimaça Castle. Fallon va nous faire surveiller.

- Je suis mise à pied, Castle. Il n'a pas de moyens à dépenser ni de temps à perdre à me faire surveiller. Alors, on rentre au loft et on désobéit encore plus. Quitte à mourir dans l'explosion de New York, autant que ce soit en tentant de trouver la bombe...

- J'adore quand tu parles comme ça, Rebel beck’s, sourit-il.

Ils rentrèrent au loft, Castle brancha son téléphone sur son vidéo projecteur, dans le bureau.

- Au moins Martha et Alexis sont loin d'ici, constata Beckett.

- Oui, je leur ai fait quitter la ville.

- Elles savent pourquoi ?

- Bien sûr que non.

- Tu aurais dû partir avec elles.

- On a déjà discuté de ça, grogna Castle.

- ...

- Ça ne veut pas dire que je vais mourir! Rassura Castle en remarquant l'angoisse de sa fiancée. Dis-toi seulement que la peur que tu as de me perdre, je la ressens à ton égard.

- ...

Elle se contenta de hocher la tête, incapable d'argumenter davantage.

- Ne t'en fais pas, on va se sortir de là ensemble. À deux, nous sommes imbattables, ajouta-t-il en lui prenant la main.

Ils s'installèrent devant le tableau blanc improvisé par Castle.

- C’est sûrement la première fois qu’un rideau de douche servira de tableau d’enquête, annonça-t-il en éteignant les lumières. J'ai pris une petite photo avant que les agents de Fallon nous jettent dehors, et là-dedans, j’ai tous les déplacements effectués par le taxi d’Amir. C’est un peu comme si on était au poste!

- Oui, mise à part l’odeur ! Approuva Beckett.

- Merci !

- C’est pas parce qu’Amir est innocent que Jamal l’est aussi, commença-t-elle.

- Si ! Parce que sa culpabilité repose uniquement sur celle d’Amir, sans ça Jamal n’est qu’un type qui a déplacé une caisse, en gros tout nous ramène à Amir. Alors ce qu’il faut qu’on fasse c’est élucider son meurtre !

Pendant que Fallon et les membres de la douzième suivaient la fausse piste du terrorisme, dont tous les éléments à charge semblaient apparaître comme par magie, Castle exposait sa théorie à sa fiancée, qui abondait désormais dans son sens.

- Voilà ma théorie, Amir entend parler d’un complot terroriste, il installe des caméras pour avoir des preuves mais il se fait repérer et ils lui mettent une balle !

- Ça veut dire qu’un de ses clients est impliqué, un de ses passagers réguliers !

- Oui, il a dû parler du garde meuble et c’est comme ça qu’Amir a pu noter C4121652 !

- Pourquoi un passager irait parler du garde meuble devant Amir, surtout s’il voulait lui faire porter le chapeau ? Demanda Beckett avec sa logique implacable.

- A moins qu’on soit complètement à côté de la plaque, répondit Castle. Tu as raison, un passager ne parlerait pas ouvertement des détails d’un complot terroriste mais un chauffeur peut-être, dans la voiture à un de ses complices, tout seul au téléphone. Peut-être qu'en fait Amir soupçonnait un autre chauffeur, voilà la dernière tournée de Kevin McCann, ça date d’un jour avant le meurtre d’Amir et regarde ça, il s’est arrêté à côté du garde meuble où on a trouvé le cobalt 60.

- C’est un chauffeur de Taxi, il a probablement déposé un client et de toute façon son alibi tient la route, fit remarquer Beckett.

- Et dans la même journée, il s’est arrêté à cent mètres de l’entrepôt ou le corps d’Amir a été trouvé. Les deux derniers endroits où Amir est allé sont présents sur le parcours de McCann, ça ne peut pas être une coïncidence. Il faut au moins qu’on aille voir pourquoi cet entrepôt a l’air si populaire ! Lança Castle.

 

S'ils avaient su dans quoi ils s'embarquaient, ils auraient opté pour une autre tenue vestimentaire. Ils attrapèrent leurs vestes et quittèrent le loft en laissant tout en plan.

 

Pendant que Montgomery et son équipe localisaient le fourgon et mettaient la main sur un camion vide, Malheureusement pour eux, le camion, Beckett et Castle arrivaient à l’entrepôt.

- Ça a l’air vide ! constata-t-elle.

- On est pile à l’endroit où s’est garé McCann !

Ils sortirent de voiture et entrèrent dans l’entrepôt, où ils découvrirent un van blanc. Beckett sortit son arme. Ils avancèrent vers lui et ouvrirent les portes arrières. La bombe était là, son compte à rebours marquait 13h21min45s. Les secondes défilaient. L’alarme radiation de Beckett se déclencha. Quelqu’un arriva derrière eux et tira des coups de feu. Ils se mirent à couvert sur le côté d’un container, Beckett riposta. Un autre homme arriva de l’autre côté et tira à son tour. Ils étaient piégés.

- Castle la porte ! Lança Beckett. Faut qu’on se tire ! Prêts ?... Allez !

Beckett couvrit Castle qui entra dans le conteneur, puis le suivit. Elle se posta devant la porte, attendant fermement les assaillants, mais au lieu d’attaquer, ils se contentèrent de fermer la porte.

- Quoi ? s’écria-t-elle en se jetant sur la porte pour tenter de l’ouvrir, en vain.

Castle regarda autour de lui, ils se trouvaient dans un container frigorifique. Il aperçut quelque chose au fond, il alla voir de quoi il s’agissait.

- Beckett ! C’est Jamal ! dit-il en retournant un corps congelé. Tu crois que Fallon sait qu’il court après un macchabé ?

- Non et tant qu’on est là, il ne sera pas au courant ! répondit-elle en cherchant une sortie.

- Tu crois qu’ils vont revenir ?

- Pourquoi ils feraient ça ?

- Pour Jamal, expliqua l’écrivain, sinon pourquoi ils auraient congelé son cadavre ? Ceux qui sont derrière tout ça voulaient préserver son corps pour une raison bien précise et je pense qu’ils veulent que Jamal soit dans la camionnette avec la bombe, comme ça quand la bombe explosera…

- On trouvera son ADN sur le lieu du crime et tout le monde pensera que c’est un terroriste ! Termina Beckett.

- Exact et du coup les vrais terroristes ne seront jamais inquiétés !

- Et donc la question qu’on doit se poser c’est pourquoi ? Pourquoi ils veulent faire ça ? Compléta Beckett qui cherchait toujours une issue.

- C’est pas là-dedans qu’on va le découvrir !

- Castle si tu pouvais éviter de débiter des évidences ! dit-elle en sortant son téléphone et cherchant le réseau. Tu as trouvé quelque chose ?

- Non, non, il n’y a pas de thermostat ni de boitier de boitier de contrôle, ils doivent être à l’extérieur !

- Toujours pas de réseau sur ton portable ?

- Euh … non, ah attends ! Attends…Non. Et toi ?

- Non ! Soupira-t-elle en rangeant son téléphone.

- A ton avis, il fait combien là-dedans ? demanda-t-il en grelotant.

- Je ne suis pas une experte en météo mais à vue de nez, je dirais qu’on est bien en dessous de zéro ! annonça-t-elle en fermant son manteau et mettant sa capuche.

- Tu crois qu’on va pouvoir tenir combien de temps ?

- Deux petites heures, tout au plus ! Estima-t-elle en le regardant d’un air désolé.

- C’est bien ce que je me disais !

Beckett se jeta sur la porte du conteneur.

- Oh, oh, oh, arrête ! Cette porte est en acier ça servira pas à grand-chose de cogner dessus !

- Castle personne ne sait qu’on est ici et personne ne nous recherche. Donc on va mourir de froid si on n’arrive pas à sortir de cet endroit !

- Oui mais il y a peut-être une autre sortie ! D’accord c’est bon j’arrive. A trois ? Proposa-t-il après avoir jeté un dernier regard circulaire dans la pièce.

- Oui, un…

- Deux…

- Trois !

Ils se ruèrent sur la porte en même temps, en vain. Ils retentèrent l’expérience plusieurs fois, jusqu’à ce qu’ils se résignent.

- Décidément, quand je disais que je voulais avoir un peu d’intimité avec toi, j’aurais dû préciser « dans un endroit dégagé de tout danger de mort » soupira l’écrivain.

Elle tenta de nouveau de défoncer la porte, la sueur qui perlait sur son front se transformait immédiatement en glace.

- Ça craint Castle !

- Oui, je suis assez d’accord !

- Bon ! Pousse-toi de là ! Conseilla-t-elle en sortant son pistolet et s’éloignant de la porte.

- Qu’est-ce que tu vas faire ?

- Reste derrière moi !

Elle visa la porte avec son arme et tira quatre balles qui rebondirent sur les cloisons du container.

- Oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh, oh! S’écria-t-il. Tu essayes de nous tuer plus vite ?

- Tu as une meilleure idée ? demanda-t-elle.

- Et bah, s’ils reviennent il faudrait peut-être garder quelques balles ! suggéra-t-il.

- Castle si tu as la moindre lueur d’espoir, n’hésite pas à m’en faire profiter !

- J’aurais aimé en avoir une ! Souffla-t-il.

Elle le regarda tristement et vint se pelotonner contre lui.

- Cessons de nous agiter, on ne fait que se refroidir plus vite, murmura-t-elle.

Il resserra son étreinte autour d’elle, se maudissant d’avoir eu la stupide idée de se rendre seuls dans cet entrepôt.

- Tu n’as pas à t’en vouloir, Castle, répondit-elle comme si elle avait entendu ses pensées. Tu avais raison… On a trouvé la bombe.

- A cause de moi, tu te trouves coincée ici, sans personne pour nous rechercher.

- Sans toi, je serais encore à suivre les ordres de Fallon et la bombe exploserait à coup sûr dans quelques heures. Grâce à toi, il me reste l’espoir d’arriver à empêcher ce désastre.

 - Quel dommage que je ne sois pas MacGyver, soupira-t-il.

 

 


Minefuji  (14.04.2014 à 20:30)

Ce chapitre comporte une séance  de soins médicaux classée SSSSSSSSS sur l'échelle de Marlowe. Bref, c'est pas pour les mineurs ( comme une grande partie de cette histoire finalement)

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Chapitre soixante-dix:

Alexis et Martha arrivaient au loft.

- Je te répète qu’on n’était pas obligées de revenir. J’allais très bien ! Dit Alexis en ouvrant la porte.

- Tu allais très bien, répéta Martha. Oh, chérie je pouvais sentir ton angoisse monter à mesure qu’on s’éloignait de Manhattan. Et pour info une retraite spirituelle est censée être un moment spirituel, alors que là on nageait dans le stress. C’est pas grave on fera ça une autre fois, quand tu n’auras pas un examen qui t’attend après le week-end. Oh j’aurais pu te faire un brillant mot d’excuse, à l’époque j’en écrivais des sublimes pour ton père.  Accident de cirque, appartement… en feu, une soirée cinéma ?

- J’en sais rien, il a laissé le projecteur allumé mais…  il est pas là ! Répondit Alexis en jetant un œil dans le bureau. Et Kate non plus.

- Ils sont peut-être sortis, enfin tu vois ce que je…

- Oui, oui mais papa appelle toujours quand il sort ou il laisse un mot derrière lui ! Et Kate... Son enquête avait l'air plutôt complexe, d'habitude, elle reste au poste, quand c'est comme ça!

-  Ouais, sauf que, on devait être absente donc ton père n’a pas jugé nécessaire de le faire. Et puis, il est sans doute passé prendre Katherine au poste, pour l'emmener se changer les idées. Il est très tard trésor, allons dormir, on leur demandera des comptes demain.

Alexis eut une petite moue résignée.

**************

- Ça n’a absolument aucun sens ! Marmonna Ryan en regardant l'un des employés de Jamal avec son avocat.

- De quoi tu parles ? Demanda Esposito.

- Ces types bossent pour la société de transport de Jamal et ils sont tous originaire du moyen orient, mais la plupart d’entre eux sont américains, nés aux Etats-Unis et mis à part quelques contraventions tous leurs casiers sont vierges !

- C’est peut-être pour ça qu’on les a recrutés ! Suggéra le latino.

- Je croirais entendre Fallon, marmonna l'irlandais, peut-être que Castle avait raison, peut-être qu’il y a autre chose la dessous !

Son téléphone sonna, il décrocha.

- Ryan ! ... Alexis? Répondit-il surpris.

- ...

- Non... Euh Beckett a dû rentrer chez vous avec ton père.

- ...

- Ils sont peut être allés se changer les idées, ils en avaient bien besoin.

Après avoir raccroché, Ryan semblait soucieux, il répéta à Esposito sa conversation avec Alexis Castle et celui-ci acquiesça, cette histoire était louche.

- Vous avez du nouveau ? Demanda Fallon.

- Jusqu’à présent, ils prétendent tous ne rien connaitre des activités de Jamal, ne pas savoir où il se trouve et ceux qui ont demandé un avocat nous accusent de profilage racial, exposa le capitaine.

- Ils n’ont pas tort ! Soupira Fallon.

- Tout va bien ?

- Comparée à une arme nucléaire, une bombe sale est un engin explosif plutôt rustique, son but est d’instaurer la peur au sein de la population. La majorité des dégâts immédiats viendra de l’explosion conventionnelle qui va créer une zone de mortalité !

- Comme à Oklahoma City ! Répondit Montgomery.

- Sauf que cette fois, ça ne s’arrêtera pas là, les radiations vont s’étendre sur plusieurs kilomètres carrés, créant ainsi la zone mortelle secondaire, les personnes non traités pour un empoisonnement par les radiations mourront en moins d’une semaine, expliqua l'agent du FBI. Mais ce qui rend cette attaque si terrifiante c’est ce qu’on appelle la zone mortelle extérieure. Dans cette zone tout le monde parait en bonne santé, mais un jour les cancers apparaissent, les bébés, les enfants, les adultes et à chaque nouveau cas toute la ville se précipitera dans les hôpitaux et tout le système sera paralysé comme si on faisait face à une nouvelle attaque. Si on ne peut pas trouver la bombe, on peut peut-être trouver la cible. Rappeler tous vos hommes, je veux la liste de tous les évènements qui se tiendront en ville dans les quarante-huit heures, tous les lieux pouvant accueillir  un grand nombre de personne !

- On est à New-York, il y en a des centaines chaque jour alors il faut trouver un moyen d’affiner la recherche ! Demanda le capitaine.

- Concentrez-vous sur les aspects politiques ou gouvernementaux, est-ce qu’il y a des rencontres sportives ? Quel est le programme de l’ONU ? Peut-être qu’ils ont choisi une date pour une raison bien précise !

- Monsieur on peut vous parler en privé? Demanda Ryan en arrivant près d'eux.

- Excusez-nous !

Ils suivirent le capitaine dans son bureau.

- Qu’est-ce qui se passe ? Demanda ce-dernier.

- Je viens de raccrocher avec la fille de Castle. Apparemment, lui et Beckett ne sont  pas rentrés de la nuit et ils ne répondent pas sur leurs portables !

- Et alors ?

- Ils ont été virés de l’enquête en cours, pourquoi ils ne sont pas chez eux ?

- Et comment je le saurais, ils sont peut être allés relâcher la pression!

- Beckett aussi est injoignable ! Ajouta Esposito.

- Les connaissant, on s’est dit que peut-être… supposa Ryan.

- Ecoutez capitaine, coupa Esposito trépignant d'impatience, on pense qu’ils pourraient avoir suivi une piste !

- Vous êtes conscients qu’une cellule terroriste est sans doute sur le point de frapper notre pays et faire des milliers de morts ?

- Oui monsieur, mais… Vous connaissez Castle, il ne sait pas s'arrêter...

- Qu’est-ce que vous attendez de moi ? Que je les fasse rechercher parce qu’il ne répondent pas sur leurs téléphones? Peut-être qu’ils sont tout simplement allés dîner dans un bon restaurant!

- Capitaine !

- J’apprécie votre inquiétude et je suis persuadé qu’ils l’apprécieraient aussi mais ce sont des adultes et en plus de ça on doit trouver un terroriste !

- Oui monsieur ! Répondirent les gars en quittant la pièce.

- Tu crois qu'ils sont en train de s'amuser quelque part, toi? Demanda Ryan.

- Nan, je crois qu'ils sont encore en train de se fourrer dans les ennuis jusqu'au cou!

- Je vais essayer de tracer la voiture de Beckett, histoire de voir si on se trompe...

- Bonne idée, et s'ils font un truc stupide, ça a un rapport avec l'enquête, je vais demander aux voitures de patrouille d'aller jeter un œil dans les endroits en rapport avec l'enquête, répondit Esposito.

- Bonne idée.

************

Beckett et Castle s'étaient assis par terre, blottis l’un contre l’autre, incapables de bouger.

- Castle… Tu es là ? Murmura Beckett.

- Oui, oui, je suis juste là… juste là ! Répondit-il en grelottant.

- Je ne sens plus rien du tout !

Sa respiration devenait difficile, Castle resserra son étreinte, comme si ce simple geste pouvait la protéger.

- Ça va aller... On va s'en sortir...

- Oh… j’ai toujours cru que j’allais mourir en me prenant une balle...J’aurais jamais imaginé mourir congelée !

- Hey, on n’est pas encore morts ! Répondit-il en la serrant plus fort contre lui.

- J’aimerais tant qu’on soit dans un de tes romans pour que tu puisses réécrire la fin!  Dit-elle en grelottant.

- Ouais... Moi aussi, soupira-t-il. Je… je suis vraiment …désolé !

- De quoi ?

- De… de… de… et bien d’être moi… Grelotta-t-il.

- Oh… non... Ne sois pas désolé... Si je suis encore en vie...c'est... Grâce à toi...

- Je suis... incontrôlable .... Je t'ai entraînée là-dedans...Si on n’était pas venu seul...on aurait…

- Shuttttttt…

- On... aurait…

- Castle... Shhh... d’accord?… Tu avais raison !

- Oui...

- On a trouvé la bombe... On est juste arrivé trop tard, c’est tout !

Elle respirait de plus en plus difficilement. Elle se lova un peu plus contre lui.

- Castle ?

- Oui?

- Merci d'être là...murmura-t-elle en effleurant son menton du bout des doigts.

- Always... Répondit-il en resserrant son étreinte.

- Te rencontrer... a été la plus belle chose...qui me soit... Arrivée...murmura-t-elle dans un souffle avant de sombrer dans l'inconscience.

- Hey, Kate ! Reste… avec moi ! Kate ! Dit-il en grelotant Reste … avec moi !

Il posa sa tête contre la sienne sans cesser de lui parler, se maudissant d'être aussi entêté face à un mystère.

Comme par miracle, la  porte du container finit par s'ouvrir quelques temps plus tard... Castle entrouvrit un œil, incapable de bouger.

- Beckett... Marmonnait-il en la serrant contre lui. Beckett...

- On va s'occuper d'elle, Monsieur. Laissez-nous faire, lui disait l'un des médecins en tentant de lui faire relâcher son étreinte.

- J'ai un pouls! Annonça le soignant qui tenait le poignet de Beckett.

Cette simple phrase agit comme un interrupteur sur Castle, qui rassuré, relâcha la pression de ses bras et s'autorisa à sombrer dans l'inconscience.

****************

Une sirène d'ambulance retentit, Beckett se réveilla en sursaut.

- Castle! Cria-t-elle.

- Doucement! Dit l'ambulancier en tentant de l'empêcher de se lever.

- Castle, répéta-t-elle désorientée. Où est Castle?

- Calmez-vous, lieutenant! Vous ne devez pas vous agiter!

- Où est Castle?! Insista-t-elle.

- Il va bien, rassurez-vous! Et vous aussi, annonça un médecin urgentiste en montant dans l'ambulance. On va l'amener près de vous.

- Qui...?

- Je suis le docteur Josh Davidson, répondit-il. Vous êtes en train de vous remettre d’une hypothermie modérée. Vous allez vous sentir vaseuse un petit moment mais avec ce qu’on vous a donné et en restant au chaud ça devrait aller mieux !

- Combien de temps je suis restée dans les vapes ? Demanda-t-elle.

-  Vous étiez déjà dans les vapes quand nous sommes arrivés il y a à peu près une heure ! expliqua le médecin.

- La bombe !

- Les policiers fouillent l'entrepôt. Restez tranquille, une hypothermie modérée c'est tout de même un peu sérieux.

- Vous n'êtes pas proctologue?

- Euh... Non... Je suis chirurgien cardiaque...Répondit-il surpris.

- Je le savais... Murmura-t-elle un léger sourire aux lèvres.

- Mais qu'est ce que vous lui avez donné? Demanda Davidson à l'ambulancier. Elle délire!

- Je ne délire pas, rit-elle.

- On a de la compagnie pour la dame, annoncèrent deux ambulanciers qui soutenaient Castle emmitouflé dans une couverture.

- Castle! Se réjouit Beckett de son plus beau sourire.

- Je m'endors une petite heure et je te retrouve à faire les yeux doux aux secouristes, reprocha l'écrivain.

- T'en fais pas, Babe, c'est toi l'homme de mes pensées. T'as vu? Il n'est pas proctologue, ni urologue! Dit-elle avant d'éclater de rire.

- Qu'est ce que vous avez mis dans sa perfusion? Demanda Castle.

- Le docteur! Il s'appelle Josh Davidson! Pouffa-t-elle.

- Sérieusement? Répliqua-t-il en éclatant de rire à son tour.

- C'est les nerfs, dit l'ambulancier. Ils craquent.

 - Castle, répéta-t-elle, viens me réchauffer, j'ai si froid.

-attendez, je vais vous retirer la perfusion, dit le docteur à Beckett. Ça va faire mal... Voilà, essayez de vous redresser, tout doucement.

Castle vint s'installer auprès d'elle et l'enroula avec lui dans sa couverture.

- Et vous conduisez une mobylette? Demanda l'écrivain au médecin.

- Une moto, Castle, rectifia Beckett.

- D'accord, une moto... Mais tu reconnaîtras que « docteur mobylette », ça sonne mieux!

- Ça sonne ringard, oui!

Le docteur Davidson les regarda d'un air perdu, puis quitta l'ambulance.

- Comment vont-ils? Lui demanda Esposito qui arrivait.

- Ils se remettent de leurs émotions, je crois. Ils rient et se chamaillent comme des gamins, répondit le médecin.

- C’est qu’ils vont bien, répondit Esposito rassuré.

- Hé! Espo! Vous en êtes où pour la bombe? Cria Beckett en l'apercevant.

- On a fouillé tout l’entrepôt, répondit le latino, y a rien !

- Comment vous nous avez trouvé ? Demanda Castle.

- Alexis était inquiète parce que vous n’êtes pas rentrés !

- Alexis!? Mais elle n’était pas censée être en ville! Répliqua Castle affolé.

- Apparemment, elle est de retour. On pensait que vous étiez au restaurant avec Beckett, jusqu'à ce qu'Alexis rappelle, quelques minutes plus tard. Martha n'avait pas trouvé votre arme de service... Qui irait au restaurant avec son fiancé avec son arme de service?

- On s’est dit que vous étiez sûrement en train de faire un truc stupide et contraire aux ordres de Fallon, expliqua Ryan en arrivant à son tour, alors on a envoyé des patrouilles à tous les endroits en rapport avec l’enquête. Ils ont trouvés la voiture de Beckett, on a fouillé la zone et on a aperçu la lumière du container !

- Pour une fois, je suis ravi d’être aussi stupide et prévisible, commenta l'écrivain. Vous nous avez sorti de là, merci !

Ryan acquiesça et sourit en voyant Beckett se pelotonner contre son fiancé.

 - Comment te sens-tu? lui demanda-t-il.

- J'ai très froid, mais depuis que tu es là, ça va mieux.

Il l'embrassa tendrement.

 

Fallon marchait aux côtés de Montgomery, la scientifique avait confirmé une irradiation résiduelle élevé ainsi que la présence de Semtex à usage militaire, nul doute que la bombe avait bien séjourné dans cet entrepôt.

- Je vais demander à mes hommes de visionner les images de toutes les caméras de surveillance de la zone ! Annonça le capitaine.

- Très bien, tenez-moi au courant ! Répondit Fallon.

- Beckett ! Salua le capitaine en la voyant descendre de l'ambulance en compagnie de Castle.

- Monsieur ! Répondit-elle.

- Dites-moi une chose vous deux, commença Fallon, vous êtes toujours aussi têtus et insubordonnés?!

- Seulement quand il s’agit de sauver le monde ! Assura Castle en souriant.

- Vous m’auriez plus impressionné si vous aviez réussi ! Comment vous avez su où chercher !

- Les caméras cachées dans le taxi d’Amir, expliqua Beckett. On pense qu’il les a mises pour espionner un de ses chauffeurs, Kevin McCann !

- On a étudié les trajets de McCann, on a découvert qu’il était allé au garde meuble de Washington Heights, l’endroit d’où est partie la bombe et aussi à cet entrepôt bien avant la mort d’Amir ! Continua Castle.

- McCann est venu ici avant Amir ? S'étonna Fallon.

- Amir surveillait McCann pour savoir ce qu’il trafiquait, mais il s’est fait prendre et ils l’on tué, expliqua Beckett.

- Et étant donné que leur faux coupable était mort, on pense qu’ils se sont rabattus sur son cousin Jamal comme bouc émissaire, c’est pour ça qu’ils le conservaient dans la glace ! Compléta Castle.

- Ça veut dire qu’il nous reste un peu moins de dix heures. Très bien je vais faire installer des barrages mais elle doit être déjà en ville !

- Ecoutez, reprit Beckett, je sais que toutes les preuves désignent Amir et Jamal mais il se passe quelque chose de plus grave et Kevin McCann est impliqué la dedans !

- Entendu ! Dit Esposito avant de raccrocher son téléphone pour s'adresser aux autres. Ecoutez ça, c’était la compagnie de taxi, McCann devait bosser ce soir mais il ne s’est pas pointé et il ne répond pas au téléphone !

- Vous avez son adresse ? Demanda Fallon.

- Oui, répondit Ryan en lisant son carnet, celle d’un appartement sur Jérôme Avenue dans le Bronx !

- Très bien rassemblez une équipe et allez me le chercher, ordonna Fallon.

- Agent Fallon, intervint Beckett, compte tenu des circonstances nous voudrions avoir la possibilité de réintégrer l’enquête en cour !

- Allez prendre une douche, la journée va être longue ! Répondit l'agent du FBI.

****************

De retour au loft, Beckett et Castle furent accueillis par Martha et Alexis au comble de l'inquiétude.

 

- Oh Richard, trésor, est-ce que ça va ? Demanda Martha. Et toi Katherine?

- Tu te sers de cette couverture ? Demanda Castle en grelottant.

- Oui mais ce n’est pas grave, je vous la donne volontiers, viens ici mon pauvre bébé et toi, ma chérie ! Mais regardez-vous vous êtes frigorifiés ! Répondit Martha en leur plaçant la couverture sur les épaules.

- Oh, merci ! Souffla-t-il tandis que Beckett se collait contre lui.

- Vous avez l’air de revenir d’entre les morts ! Constata Martha en s’asseyant avec eux sur le canapé.

- Si on vous propose la cryogénisation, surtout dites non ! Assura Castle.

- Je savais que tu n’aurais pas coupé ton portable sans m’envoyer un message ! Sourit Alexis.

- C’est en rapport avec le chauffeur de taxi ? S'enquit Martha.

- Ecoutez, je vais vous demander de faire quelque chose pour moi, mais vous ne devez pas poser de question ! ... Je veux que vous alliez dans les Hamptons et que vous y restiez tout le Week-end !

- Richard qu’est ce qui se passe ? Demanda Martha inquiète.

- Ça… c’est une question ! Il pourrait se produire… un évènement et le fait de rester en ville pourrait devenir très dangereux ! Tu fais quoi là ? Demanda-t-il en voyant sa fille prendre son téléphone.

- J’appelle Ashley !

- Non, non, non, non tu ne peux pas. Tu ne dois en parler à personne, d’accord? À personne. Si tu le dis à Ashley, il le dira à ses parents qui appelleront tous les gens qu’ils aiment et … un mouvement de panique rendrait beaucoup plus compliqué toutes mesures de prévention.

- Papa, c’est mon petit ami !

- Je sais !

- C’n’est pas juste, tu ne peux pas…

- La justice n’a rien à voir là-dedans ! Ne discutez pas et allez-y ! Tout de suite !

- Trésor, vous venez avec nous ? Demanda Martha.

- Je dois rester ici, c’est mon devoir, répondit Kate d’un air gêné en regardant Rick.

- Ne me regarde pas comme ça! On en a déjà discuté.

Beckett roula des yeux, même devant sa mère et se fille, il refusait l'idée de se mettre à l'abri avec elles. Elle se leva sans un mot et se dirigea vers la salle de bain.

- Je vous rejoins dès que je peux ! Assura Castle les larmes aux yeux. Mais vous, vous devez y aller ! Tout de suite !

- Très bien, on y va ! Répondit Martha en se levant. Viens chérie !

- Prends soin de toi et de Kate, dit Alexis en l'embrassant.

- Comme toujours, répondit-il tristement.

Il regarda sa mère et sa fille quitter le loft, puis rejoignit Beckett dans la salle de bain. Elle était déjà sous la douche. Il se déshabilla et aperçut Bunny dans le panier à linge.

- Mon pauvre vieux, tu en as encore vu de belles, soupira-t-il.

- Castle ? fit la voix de Beckett étouffée par le bruit de la douche. Qu’est ce que tu fais ?

- Je viens te réchauffer, tu devras être en pleine possession de tes moyens si tu retournes au poste !

- Dépêche-toi alors !

Il entra sous le jet d’eau chaude, il eut l’impression d’être brûlé. Il lui fallut quelques secondes pour s’y habituer.  Sans un mot, Beckett vint se meuler contre lui et déposa des baisers dans son cou puis sur son torse. Il la laissa faire, savourant chacune de ses caresses. Doucement, avec une lenteur toute calculée, elle s’agenouilla devant lui, traçant un chemin vers le sud avec ses baisers. Il lâcha un gémissement de plaisir, quand elle effleura son sexe du bout des lèvres. Elle attrapa le gel douche et entreprit de le savonner. Ses gestes étaient précis, ses mains expertes et sa bouche… Elle connaissait chacun de ses points faibles. Lentement elle se releva et son regard vint happer l’océan de celui de Rick.

- Toi, tu sais exactement comment faire monter la température, dit-il d’une voix rendue rauque par le désir.

- Ça veut dire que tu n’as plus froid ? demanda-t-elle d’un air  coquin.

 - Je vais beaucoup mieux, sourit-il et toi ?

- J’ai encore un peu froid là, répondit-elle en tendant son cou.

Il l’embrassa passionnément dans le cou, tandis qu’elle désignait le creux de ses seins.

- … Et là…

Il s’appliqua à réchauffer chacun des endroits qu’elle désignait, de son nombril jusqu’à son aine et l’intérieur de ses cuisses.  L’eau ruisselait sur eux depuis de longues minutes, quand Castle posa ses mains sous ses fesses et la souleva pour la plaquer contre la paroi de la douche.  Il l’embrassa avec passion avant  d’entrer en elle, déclenchant un feulement de plaisir.

********

Tendrement enlacés sous la couette, ils reprenaient doucement leurs esprits.

- Tu es réchauffée ? Demanda l’écrivain en l’embrassant tendrement.

- Oui, et pas qu’un peu ! Sourit-elle. Tu me rappelles comment on a atterri ici ?

- Euh… Je ne sais plus trop, dans le feu de l’action, je suppose.

- … Il va falloir qu’on y retourne, soupira-t-elle.

- Je sais…

- Ça va ?

- … Oui, oui ça va, oui ! répondit-il doucement. … Fallon ne t’intrigue pas ?

- Fallon ?

-  Comment fait-il pour vivre ce genre de chose tous les jours ? J’ai dit à Alexis et à ma mère de quitter la ville. Je ne leur ai pas dit pourquoi mais elles savaient. Quand Alexis a voulu prévenir son petit ami, je le lui ai interdit et j’ai eu l’impression d’être un monstre. Alors j’imagine que ça doit être un véritable enfer de ressentir ça en permanence !

- Je me demande combien de fois des évènements pareils ont pu arriver depuis le 11septembre sans qu’on soit au courant …

Elle regarda l’heure affichée par le réveil, leur pause de deux heures prenait fin.

- Prêt pour arrêter des méchants ? demanda-t-elle en se redressant.

- Prêt ! Débarrassons-nous vite de cette affaire, que l’on puisse retourner à nos négociations pour la liste de nos invités.

 

 


Minefuji  (16.04.2014 à 19:10)

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