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Jeunesse et protection des mineurs
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Série : Castle
Création : 25.01.2014 à 16h20
Auteur : Minefuji
Statut : Terminée
« Une idée, qui me trottait dans la tête depuis un moment : et s'ils avaient fait ça il y a quatre ans... J'espère que ça vous plaira. » Minefuji
Cette fanfic compte déjà 152 paragraphes
Chapitre soixante et onze
Castle et Beckett arrivaient au poste, l'effervescence avait envahi les lieux. Le temps pressait. Ils retrouvèrent Esposito, qui leur donna les derniers éléments en sa possession. Ils étaient allés à l'adresse de McCann et y avaient trouvé une famille Coréenne qui y vivait depuis quatre ans. Fallon avait fait une recherche sur Mac Cann et avait trouvé un héros de guerre, décoré à multiples reprises lors de ses six missions en Afghanistan.
- Six missions ? Répéta Beckett étonnée.
- Ouais, l’armée américaine manque de recrues ces derniers temps ! Expliqua Fallon.
- Ça n’a aucun sens, quel est le rapport entre un héros de guerre et un complot terroriste ? Demanda Castle.
- Ne me regardez pas, c’est votre théorie ! Répliqua Fallon.
- Est-ce qu’il y a une adresse dans son dossier ? Demanda Beckett.
- Arlington en Virginie, le véritable Kevin McCann est mort il y a deux ans dans un hôpital militaire suite à des complications dues à des blessures reçues au combat, annonça Fallon après une petite recherche. Il a été enterré au cimetière d’Arlington avec les honneurs !
- Donc ça veut dire que quelqu’un a usurpé son identité ! Conclut Beckett.
- Et ça peut être n’importe qui, y compris un agent étranger ! Soupira Fallon devant cette nouvelle impasse.
Fallon ordonna à un de ses agents d'entrer la photo dans tous les programmes de reconnaissance faciale du pays, ainsi qu'à Interpole. Un avis de recherche fut envoyé à tous les flics de la ville. Tout fut mis en œuvre afin de découvrir l'identité du fantôme, ce qui n'allait pas être évident étant donné le peu de temps dont ils disposaient.
- Pourquoi a-t-il volé l’identité de McCann ? Demanda soudain Castle.
- Je croyais qu’il écrivait des romans policiers ? Dit Fallon à Beckett.
- C’est le cas ! Bougonna l'écrivain.
- Et bien alors vous devriez savoir que parfois les personnes qui veulent échapper aux lois prennent le numéro de sécurité sociale d’un mort et s’en servent pour changer d’identité!
- Je suis au courant, grinça Castle. Je l’ai fait dans trois de mes livres. Ce que je veux dire c’est pourquoi est-ce celle de Kevin McCann qu'il a choisi de voler ?
- Parce que c’était pratique ! Rétorqua Fallon.
- Pourquoi ? En quoi était-ce pratique ? L’argent viré sur le compte d’Amir pour l’incriminer est parti d’une banque près d’une base militaire en Afghanistan. Et on sait que McCann a servi en Afghanistan, alors peut-être qu’il y a un lien !
- Quel genre de lien ? Demanda Fallon intrigué.
- J’en sais rien. Peut-être qu'en fait ce type ne s’est pas contenté de voler l’identité d’un mort au hasard, peut-être qu’il connaissait McCann, qu’il avait besoin de se faire passer pour lui ! Supposa Castle.
- Contactez le Pentagone, qu’ils nous sortent tout ce qu’ils ont sur McCann ! Ordonna Fallon à l'un de ses agent.
- Sa famille habitait New-York, c’est toujours le cas ? Demanda Castle.
- Ses parents sont morts mais il a une sœur dans le Queens ! Répondit Esposito.
Beckett et Castle rencontrèrent la sœur de McCann, qui identifia celui qui avait usurpé l'identité de son frère. Il s'agissait de Radford Hayes, qui était dans l’unité de Kevin et était son meilleur ami. Elle leur apprit que Radford était en colère contre la façon dont plus personne dans le pays ne s’intéressait à la guerre, comme si elle n’existait pas. Il était en colère contre tous les politiciens qui traitaient les soldats comme de vulgaires mouchoirs en papier qu’on peut jeter aux ordures après usage. Il pensait que les types de Washington faisaient plus d’effort pour leurs réélections que pour gagner cette guerre. Il disait que le pays avait peut-être besoin d’une bonne piqure de rappel pour ouvrir les yeux et que la prochaine fois que ça arriverait, peut-être que tout le monde comprendrait enfin.
Ils parvinrent à le localiser grâce à son téléphone portable et l'arrêtèrent peu après.
Beckett assista à l'interrogatoire de Radford Hayes par Fallon, pendant que Castle observait de l'autre côté de la vitre en compagnie de Ryan et Esposito. Fallon avait juré de le briser par n'importe quel moyen.
L'interrogatoire vira au cauchemar pour Beckett, lorsque Fallon perdit son sang froid devant l'arrogance et le mutisme de Hayes. L'homme était des forces spéciales, il était entrainé à ne jamais donner d'information, le briser prendrait trop de temps. Beckett dût sortir son arme et menacer de tirer, alors Fallon pressait la sienne contre la tête du suspect.
Après maintes sommations et l'arrivée d'Esposito et de Montgomery dans la salle, Fallon se résigna et rangea son arme dans son étui.
Castle suivit Beckett jusque dans la salle de repos, elle tentait de se servir un café, mais les tremblements de sa main l'en empêchaient.
- Laisse, je vais le faire, dit-il en venant à son secours.
- Merci, dit-elle dans un souffle.
Il lui caressa tendrement la joue, ce simple geste l'apaisa. Fallon arriva à son tour pour prendre un café lui aussi. Beckett et Castle le fusillèrent du regard.
- Il n’allait pas craquer, se justifia Fallon, si j’avais eu deux jours ou une semaine peut-être mais pas en trois heures... Il fallait qu’on le brise, j’ai vu une brèche, j’ai foncé !
- Oui sauf que vous avez violé ses droits ! Gronda Beckett.
- Vous n’imaginez pas le nombre d’avocats fédéraux qui prouveraient le contraire. Il n’a jamais été en réel danger. Avant d’entrer, j’avais enlevé les balles, mon arme n’était pas chargée !
- La mienne l’était ! Contra Beckett.
- Mais je savais que vous ne m’auriez pas tiré dessus ! Rétorqua Fallon en souriant.
- La prochaine fois ne soyez pas si sûr de vous ! Grogna-t-elle en le défiant du regard.
- Lieutenant je suis conscient que vous devez probablement me haïr. Vous en avez le droit ! Vous aussi d’ailleurs ! Ajouta-t-il à l'attention de Castle. Mais mon boulot ce n’est pas de me faire des amis, c’est d’empêcher ce genre de tragédie. Et étant donné que New-York est sur le point de subir une attaque terroriste et qu’on est pratiquement revenu à la case départ. Je vais avoir besoin de vous !
- A vos ordres ! Grinça Beckett.
- Ce type a pris des cours pour être aussi con ou c’est de naissance ? Demanda Castle.
- Ni l’un, ni l’autre ! Répondit Ryan qui arrivait. J’ai appelé un de mes potes au département de la défense. La femme de Fallon a été tuée le 11septembre, elle était en train de descendre les escaliers de la tour Nord. Ils étaient au téléphone quand c’est arrivé !
Castle et Beckett regardèrent Fallon dans la pièce d’à côté.
- Il a raison ! Soupira Beckett. Si on ne fait pas parler Radford, on est tous condamnés !
- Peut-être pas ! Lança Castle en rejoignant Fallon, Beckett et Ryan derrière lui.
- Renforcez la sécurité près des dix cibles les plus probables et demandez aux équipes de décontaminations de se tenir prête ! Ordonna Fallon à ses hommes.
- Où en est on avec les complices d’Amir et Jamal ? Demanda Castle.
- Comment ça les complices ? Répondit Fallon en se tournant vers lui.
- Et bien, on savait que c’était des leurres ! Dit Beckett.
- Vous ne vous rappelez pas ce qu’a dit Radford à propos de la bombe ? Continua Castle. Il a dit que nous allions trouver notre terroriste mais comme Amir et Jamal sont hors circuit…
- Ils vont essayer de piéger quelqu’un d’autre… termina Beckett.
- En rapport avec Amir et Jamal ! Comprit Fallon. Très bien localisez tous les contacts d’Amir et Jamal Alhabi, même les personnes qu’on avait écartées au début de l’enquête, du moment qu’ils sont originaires du moyen orient ! Nazihah, la femme d’Amir, elle est chez elle sous surveillance. Allez voir si elle coopère, elle vous fait confiance donc elle peut nous aider à réduire la liste ! Termina-t-il en s'adressant à Beckett.
- On y va !
Beckett et Castle se rendirent chez les Alhabi, ils trouvèrent l'agent de surveillance dans sa voiture, une balle dans la tête. Ils se précipitèrent dans la maison où ils découvrirent une lettre de Nazihah. Elle était devenue le nouveau leurre.
Le temps pressait, les secours s'organisaient dans l'éventualité de plus en plus probable d'une explosion. Ryan et Esposito furent chargés d'éplucher les vies de deux membres de l'unité de Radford qui avaient bizarrement disparu de la circulation dans les derniers jours. Fallon s'apprêtait à faire décoller les hélicoptères et d'envoyer tout le monde chercher une aiguille dans une botte de foin, quand Castle suggéra une autre solution en sortant de sa poche la carte de visite de Fariq Yousef. Fallon, désespéré, accepta et Castle appela Yousef.
Ce dernier arriva peu après et laissa entendre au cours de la conversation qu'ils eurent, que s'ils se rendaient à l'angle de la 158ème rue, ils ne perdraient pas leur temps.
Ils arrivèrent rapidement à l'endroit indiqué par Yousef et neutralisèrent les deux suspects.
Ils trouvèrent le bébé et le mirent en sécurité. Une caméra de surveillance se trouvait dans la camionnette, Nazihah la conduisait. Le compte à rebours indiquait 21 minutes.
- Maintenant tout repose sur Fallon ! Dit Beckett.
Castle se tourna pour voir Fallon discutant avec les suspects.
- Il est au courant qu’on entre dans la dernière ligne droite ? Demanda Castle.
- Il est au courant ! Affirma Beckett.
- Au sens propre du terme, genre si on ne négocie pas bien le virage, on est tous mort ? Insista Castle.
- Castle donne lui au moins une chance !
- Mais moi, je suis prêt à lui donner tout ce dont il a besoin. C’est l’horloge qui ne veut pas coopérer ! Grimaça l'écrivain.
- Alertez toutes les unités, la cible est une camionnette noire, je répète, une camionnette noire ! Cria Fallon dans son talkie walkie. Elle est partie pour Time Square, il y a dix minutes !
- Comment avez-vous fait ? s'étonna l'écrivain.
- J’ai menti, je leur ai dit que Radford avait passé un deal et les avait balancés. Je veux des barrages et des points de contrôle autour de Time Square ! Expliqua Fallon.
- Faites décoller les hélicos et trouvez moi cette camionnette ! Ordonna Fallon dans son talkie walkie.
- Elle est partie, il y a seulement dix minutes, dit Castle, on peut la rattraper avant qu’elle n'y arrive !
- Prenez Broadway ou Riverside, répondit Fallon.
- On prend Broadway ! Annonça Beckett.
Fallon monta dans sa voiture, tandis que Beckett et Castle montaient dans la celle du lieutenant et partirent en faisant crisser les pneus. Les hélicoptères décollèrent.
- Tu n’aurais pas dû prendre par Broadway ! Commença Castle.
- C’est le chemin le plus court pour Time Square !
- Oui mais ce n’est pas le plus rapide. Il fallait prendre par West…
- Castle s’il te plait, arrête de me dire comment je dois conduire ! Le coupa-t-elle.
- Je ne te dis pas comment tu dois conduire !
- Tu n’arrêtes pas de me dire comment je dois conduire !
- Son mari était chauffeur de taxi !
- Et alors ?
- Et alors ça bouchonne sur Broadway au niveau de la 70eme rue et elle doit savoir que le moyen le plus rapide, c’est de couper par la 11ème et de récupérer par la 48ème !
- Pourquoi pas la 46eme au lieu de la 48eme ?
- Parce qu’il y a des travaux sur la 46eme ! Tourne-là !
Elle s’exécuta au moment où la radio annonçait qu'un hélicoptères venait de repérer une camionnette noire sur Broadway au niveau de la 72 eme.
- Broadway ! Grogna Beckett.
- Euh…
- Je fais demi-tour !
- Non, non, non c’est pas la bonne camionnette !
- Comment tu peux le savoir ?
- Là! Là! regarde ! Là, là, là, là, là!
La camionnette noire était devant eux. Beckett lui jeta un regard intrigué, mit la sirène en marche et fonça.
- C’est elle ! S'écria Beckett en mettant le haut parleur. Garez-vous ! Nazihah, garez-vous !
La camionnette ne s'arrêta pas, Beckett accéléra. Dans le virage, Castle se retrouva collé à la vitre.
- Quand tout cela sera fini, tu me devras quelques massages! Grogna-t-il en se massant le cou.
- Si on s'en sort, tu auras un massage intégral! Assura-t-elle.
Beckett dépassa la camionnette et vint s'arrêter devant elle, obligeant Nazihah à s’arrêter.
Ils sortirent de la voiture et se précipitèrent vers la camionnette.
- S’il vous plait non ! Ils ont mon bébé ! Pleurait Nazihah.
- Non, Nazihah c’est nous qui avons votre fille ! Assura Beckett.
- Beckett ! appela Castle à l'arrière du fourgon.
- Elle va bien, ne vous inquiétez pas…
Castle lui fit signe de la tête, elle le rejoignit et découvrit la bombe, dont le compte à rebours se rapprochait dangereusement du zéro. Elle attrapa son talkie Walkie et appela le central.
- Unité 29 à central, on a trouvé la bombe, à l’angle de la 55eme et de la 11eme!
- Bien reçu unité 29, les démineurs sont en route, ils seront là dans trois minutes !
- Central ça veut dire qu’ils arriveront 2minutes trop tard ! Répondit Beckett terrifiée.
- Restez en ligne, unité 29 !
- Fallon !
- Dites-moi que vous savez comment désamorcer une bombe, supplia Beckett.
- 1 minute ! Annonça Castle en panique.
- Où êtes-vous ?
- 55eme et 11ème!
- Non, il faut que je la voie, vous pouvez m’envoyer une photo? Demanda Fallon.
- Oui quittez pas !
Elle prit deux photos avec son téléphone.
- Je vous envoie deux photos !
- 45 secondes ! S'écria Castle!
- Vous les avez reçus ? Demanda Beckett.
- Oui c’est bon, le fichier est en train de s’ouvrir !
Beckett regarda la bombe, les secondes s'égrenaient inéluctablement.
- Fallon ? Insista-t-elle.
- Une seconde !
- 30 secondes ! Paniqua Castle.
- Fallon ?
- Je vois rien du tout sur les photos ! Je suis désolé ! Je suis vraiment désolé ! Déplora Fallon.
Le compteur affichait quinze secondes. Castle se tourna vers Beckett.
- Castle !
Il lui prit la main et la regarda droit dans les yeux, elle eut un léger sourire. Le compte à rebours filait. Trois... Deux... Castle la serra contre lui et dans un acte désespéré attrapa tous les fils et les arracha dans un geste rageur. Instinctivement, ils se recroquevillèrent attendant l'explosion qui ne vint pas.
Doucement, ils se redressèrent et regardèrent la bombe. Le compteur était éteint, la bombe était désamorcée.
Castle prit une grande inspiration, Beckett le regarda surprise, il lâcha les fils, incrédule.
- Castle! S'écria-t-elle heureuse avant de se jeter à son cou et de couvrir son visage de baisers.
Ils s'embrassaient encore passionnément lorsque la cavalerie arriva toutes sirènes hurlantes. Ils se séparèrent à regrets et accueillirent les arrivants. Une fois que les démineurs et le FBI eurent recueilli leurs dépositions, ils furent autorisés à retourner au poste.
Les gars et le capitaine les attendaient dans l'une des salles de réunion avec des bières bien fraîches.
- Content de vous revoir vous deux! Lança le capitaine.
- Merci chef! Tout ça, c'est grâce à Castle. Sans lui, nous ne serions plus de ce monde, assura Beckett.
- Et si vous nous racontiez tout ça, suggéra Ryan en leur tendant une bière à chacun.
- D'accord, commença Castle en s'installant sur une chaise. Alors, nous nous apprêtions à négocier le nombre de personnes qu'on allait inviter...
- Wow! Wow! L'arrêta Esposito, on demandait ça à Beckett, on n'a pas envie d'y passer la nuit.
Beckett pouffa, tandis que Castle se renfrognait.
- T'en fais pas Castle, tu pourras nous raconter ça en moins de trois cents pages dans ton prochain best seller! Assura Beckett.
- Et vous n'oublierez pas de souligner l'importance d'Ootcha dans cette histoire, fit le latino.
- Je ne sais pas, après ce que vous venez de me faire, je crois bien que Ryley s'attirera tous les honneurs des bros!
- Alors, cette bombe!? Rappela Ryan en s'amusant de la tête de son partenaire.
- On n'en menait pas large, assura Beckett, quand on l'a trouvée, il restait moins de deux minutes avant l'explosion. J'ai appelé le central, pour faire venir les démineurs, mais il leur fallait trois minutes pour arriver. J'ai appelé Fallon et le temps que je lui envoie des photos de la bombe, il restait tout juste une poignée de secondes sur la minuterie. Tout ce qu'il a pu nous dire, c'était qu'il était désolé...
- Alors Castle s'est décidé à jouer les héros, continua le capitaine, qui avait déjà eu droit à un résumé par téléphone.
-J’aurais voulu que vous soyez là pour voir sa tête, c’était énorme, il s’est figé, il m’a regardée, il a attrapé tous les fils en même temps et il les a arrachés ! Expliqua Beckett en mimant le geste de son écrivain provoquant l'hilarité générale.
- Tous les fils ? Répéta Ryan.
- Eh bien je me suis dit que dans le tas, il devait y avoir le bon ! Répliqua Castle en souriant.
- Vous savez le maire va vous donner une médaille, annonça Montgomery. J’ai pas eu le cœur de lui dire que vous y êtes allé au pif !
- Merci ! Fit Castle en buvant une gorgée.
- Le capitaine a raison, dit Esposito, vous ne savez pas la chance que vous avez !
- En fait… je crois que si ! Répondit Castle en croisant le regard de Beckett qui lui souriait.
- En tous cas, assura Beckett, pas la peine de m'appeler durant les trois prochains jours, même en cas de meurtre!
- Non?! Tu as pris trois jours de congé?! S'étonna Castle. Mais qu'avez-vous fait de ma fiancée?!
- Ah non, Castle! Reprit le capitaine, c'est à vous que cette question s'adresse: "Mais qu'avez vous fait du lieutenant Beckett?!"
- Fais gaffe à ce que tu vas répondre, intervint Beckett avant que Castle n'ait le temps de parler, parce que je suis bien capable de les passer seule, ces trois jours de congé.
- Ok! Joker! Répondit l'écrivain alors que les rires fusaient de nouveau.
Fallon frappant à la porte de la salle et entra, il demanda à parler à Castle et Beckett, qui le suivirent docilement hors de la pièce.
Il leur annonça que Radford et ses complices seraient inculpés pour complot terroriste ayant pour but de frapper le sol américain, mais que grâce à eux deux, ils ne seraient pas inculpés des meurtres de milliers de New-Yorkais innocents.
- On a fait que notre boulot, assura Beckett, enfin moi j’ai fait mon boulot, lui, je ne sais pas ce qu’il a fait !
- Hey, s'offusqua Castle, mais c’est vrai !
- Écoutez, ce que je fais, ce n’est pas ce que je suis, mais les situations extrêmes nécessitent des méthodes extrêmes. J’espère que vous comprenez ? Se justifia Fallon.
- Disons seulement que ce fut un plaisir, répondit Beckett, mais qu’on aimerait si possible ne pas le renouveler !
- Ça me va ! Dit Fallon avant de partir.
- Et si jamais ça devait de reproduire, lança Castle, vous pourriez m’envoyer un SMS? ... Un code entre nous, du genre « fuyez » !
Il se tourna vers Beckett qui le regardait en souriant.
- Quelle journée d’enfer ? dit-il.
- Quelle journée d’enfer ! Approuva-t-elle.
- Tu sais... Il serait peut-être temps… qu'on rentre… chez nous…
- Oui... On devrait s'arrêter chez Hung en chemin et faire le plein de plats à emporter, ajouta-t-elle en s'approchant de lui.
- On appellerait ma mère et Alexis pour les rassurer...
- ... Et leur dire de ne rentrer que demain matin...
- Mhmmm! Coquine... Aurais-tu des idées derrière la tête?
- Des projets Castle, des projets!
- Alors rentrons vite à la maison!
*****************
Ils étaient rentrés rapidement et s'étaient installés confortablement dans le canapé, savourant le bonheur simple d'être en vie.
- Tu sais, finalement Fallon n'était pas si mal, commença Castle.
- Est ce que ça veut dire qu'on va devoir l'inviter au mariage? S'inquiéta Beckett.
- À ce propos qu'en est-il de nos listes?
- Castle, on ne peut pas inviter autant de monde!
- Alors qu'est ce qu'on fait?
- On doit d'abord se demander pourquoi on organise ce mariage... Répliqua Beckett. Est ce pour ne pas froisser des centaines de personnes ou pour nous?
- Pour nous! Assura Castle.
- Dans ce cas, prenons une minute et écrivons les noms des personnes qui doivent absolument et obligatoirement être là pour qu'on soit heureux!
- Une minute? C'est pas beaucoup de temps! Et si on oubliait quelqu'un?
- C'est qu'il n'aurait pas dû être invité, répondit-elle logiquement.
- Okay! Faisons-le!
- Okay!
Ils attrapèrent chacun un bloc de papier et un stylo.
- Prête?
- Prête!
- C'est parti! Annonça Castle en regardant sa montre.
Ils griffonnèrent quelque chose et s'arrêtèrent.
- ...
- Tu as arrêté d'écrire...
- Toi aussi...
Ils retournèrent chacun leur feuille, chacun y avait écrit un seul mot: "toi". Il se sourirent et s'embrassèrent tendrement.
- Je vais quand même devoir inviter ma mère et Alexis...
- Oui et mon père et Tante Theresa!
Il nota les noms.
- Et Esposito, Ryan et Jenny!
- Lanie!
- Et le groupe de Poker!
- Et Maddie!
- Et le capitaine Montgomery!
- Et la famille du capitaine Montgomery!
- Et Bunny!
- Et la carotte de Bunny! Sourit-elle, alors qu'il se jetait sur elle pour l'embrasser.
La liste resta en suspend, l'attention de ses auteurs ayant brusquement été accaparée par d'autres centres d'intérêt...
Chapitre soixante-douze
Castle sortait de la salle de bain, il jeta un œil vers le lit, Beckett dormait à poings fermés. Elle était plutôt fatiguée ces derniers temps et le capitaine l'avait autorisée à prendre sa matinée.
Il sortit de sa chambre et s'étonna d'entendre de la musique. Il s'avança et regarda vers la cuisine, Martha portait des gants de caoutchouc et s'agitait en rythme entre le réfrigérateur et le bar. Il avança vers elle, elle lui lança un citron.
- Je sais que tu n'es pas en train de préparer le petit déjeuner. Alors, c'est quoi toute cette agitation? Demanda Castle en découvrant sa mère qui s'activait dans la cuisine.
- Nettoyage de printemps!
- Oh! C'est pas possible, je n'aurais jamais imaginé que tu savais te servir d'une éponge !
- Oh! Je sais ce que c'est que de faire le ménage, n'exagérons rien! Assura Martha. Enfin... je sais ça que c'est que de superviser le ménage!
- Et qu'est ce qui est à l'origine de cette nouvelle passion pour la vie domestique?
- Et bien... Mon école d'art dramatique n'ouvre pas avant le mois prochain, Alexis a je ne sais combien d'examens à réviser et mon déjeuner a été annulée...
- Oh!
- Alors il faut que je m'occupe ou il faudra que je me trouve un souffre douleur! Allez hop, hors de mon chemin!
- Pardon, dit-il en s'écartant. Oh! En parlant de souffre! Bonjour lieutenant Beckett!
- Oh Katherine! Tu as une tête à faire peur!
- Tu aurais peut-être dû rester couchée, dit Castle grimaçant.
- Meurtre... Grommela-t-elle en se saisissant de la tasse de café que Rick lui tendait.
- Si tu veux mon avis, c'est un bouillon de poule que tu aurais dû lui préparer, remarqua Martha.
- Je vais appeler les gars, il vaut peut être mieux que tu restes ici...
- Non... Je vais prendre un cachet, ça va passer.
- Comme tu voudras, soupira Castle qui savait que toute tentative de la dissuader d’aller travailler serait vaine. En tout cas, c'est moi qui conduis, tu as l'adresse?
- 1777 sur la vingt et unième rue.
- Tu as dis 1777 sur la vingt et unième rue? Répéta Martha.
- Oui, il y a eu un meurtre là-bas, expliqua Beckett à qui le café avait un peu éclairci les idées.
- Oh, je connais bien, ce sont les studios Gemstar Studios, où je tournais les épisodes de Temptation Lane!
- Le Soap dans lequel tu jouais? Dit Castle.
- J'espère que ce n'est pas quelqu'un que je connais... Je devrais peut être vous accompagner, jubila Martha à l'idée de trouver une occupation plus passionnante que le ménage.
- C'est le lieu d'un crime, Mère, laisse faire les professionnels, fit Castle d'un air satisfait.
Kate roula des yeux, attrapa son manteau et quitta le loft.
- Richard, tu n'es pas plus professionnel en véritables meurtres que je ne le suis en ordinateurs! Le reprit Martha.
- Je t'envoie les mises à jour, promit l'écrivain.
- Tu devrais te dépêcher, parce que Katherine est déjà partie!
- J'avais oublié à quel point elle pouvait être susceptible quand elle était enrhumée! Dit-il en se précipitant hors du loft.
************
La victime, Sarah Cutler, était la chef des scénaristes, ce qui choqua légèrement Castle, pourquoi voudrait-on tuer un auteur? Ce qui avait fait sourire Beckett qui n’avait pu s’empêcher de le taquiner en lui disant qu’elle avait ressenti cette envie à de nombreuses reprises..
L'ambiance Soap-opéra convenait parfaitement à l'imagination fertile de Castle, qui imagina que la scénariste avait trouvé le complot du Billionnaire Grec Mikos, inventeur d’une machine à brouiller le climat capable de plonger la terre entière dans une nouvelle ère glacière.
- Qu'est ce que tu as? Demanda Beckett en approchant de Lanie.
- Toi, qu'est ce que tu as? Demanda la légiste.
- Rien.
- Elle n'est pas en forme, répondit Castle. Là, elle a une tête à peu près présentable, mais au réveil, j'ai cru voir un zomb... AAAAOUTCH! ... Mais apparemment elle a encore suffisamment de force pour me briser deux côtes!
- Mêle-toi de tes affaires, grogna Beckett. Alors, qu'est ce que tu as?
- La victime a eu la colonne sectionnée, l'hémorragie interne que ça a provoqué dans ses poumons a entraîné la mort. Selon une première estimation, je dirais que ça s'est passé entre dix-neuf et vingt-trois heures.
- Et on sait d'où vient l'arme? S’enquit Beckett.
- C'est la hache pour les pompiers, l'équipe pense que c'est peut-être symbolique, expliqua à son tour Esposito.
- Symbolique? Répéta Castle intrigué.
- Quand Miss Cutler a commencé sur cette série, la première chose qu'elle a faite à été de tuer l'un des personnages principaux avec une hache. Ça a boosté l'audience, mais certains fans n'étaient pas contents, répondit le latino.
- C'est le moins qu'on puisse dire! Intervint Lanie. Ça faisait plus de trente ans qu'Ashley Conrad régnait sur le petit monde de Temptation Lane et tout à coup on la zigouille à la hache! BLAM!
- Lanie! Grinça Beckett en se massant les tempes.
- Compris! Mais, toi, tu n'échapperas pas à un petit Check up tout à l'heure! D'après les relevés effectués par nos experts, le meurtre a eu lieu ici. Le tueur a bien pris soin d'effacer les traces de sang et l'a mise dans le placard.
- Ce qui veut dire qu'il connaissait l'existence de ce placard, par conséquent, il serait logique que le tueur travaille ici, sourit Castle fier de voir sa petite théorie se confirmer.
Ryan arriva à son tour, il venait d'interroger les membres de la sécurité et ses premières constatations révélaient de grandes lacunes dans ce domaine.
- Oh, donc il est possible que quelqu'un de parfaitement étranger au plateau ait pu entrer, conclut Beckett ravie de pouvoir contrer la théorie de son écrivain.
Pendant que les gars prenaient les dépositions des acteurs de la scène, Castle et Beckett interrogèrent le mari de la victime et firent la connaissance de l'extravagante mère de cette dernière, qui ne se gêna pas pour les menacer d'un procès s'ils ne trouvaient pas qui avait tué sa fille.
Cette enquête fut l’occasion pour Castle de découvrir un aspect de la personnalité de sa fiancée qu’il ne connaissait pas : Beckett connaissait l'univers des Soaps, il le lui fit remarquer dès qu'il en eut l'occasion.
- Je comprends qu'elle soit bouleversée, mais de là à nous menacer de nous faire un procès, lança Castle.
- Quand on est en deuil on a tous notre propre façon de réagir, dit Beckett, si tu savais toutes les horreurs que j’ai balancées à mon entourage…
- Ou c'est une mère éplorée ou c'est une opportuniste qui avait remis le grappin sur sa fille uniquement parce qu'elle a besoin d'une greffe de cœur et que Sarah était la seule donneuse compatible!
- Oui, bien sûr, dans Temptation Lane, mais pas dans la vraie vie...
- Euh au fait... Ce pseudo FoxCanlover, Joseph Fox et Angela Cannon, comment tu connais leurs noms?
- Un de nos hommes m'a briefée.
- Oh! Et les coupleurs? Cette catégorie de fan...
- Castle, ça m'arrive de lire!
- Cool.
Ils trouvèrent l'assistante de Sarah, qui leur dévoila l'identité de FoxCanlover , Carrie Edwards. Ils l’interpelèrent et l’emmenèrent dans la salle d’interrogatoire. Celle-ci présentait un bon profil de tueuse, malheureusement son interrogatoire révéla qu'elle avait un solide alibi.
**************
Beckett se préparait un café dans la salle de repos, tandis que Castle réfléchissait à voix haute.
- Je n'imagine pas cette fille brandir une hache... Et encore moins ... quitter ses parents...
- Quoi ? Une fan qui commet un meurtre ce n'est pas assez savoureux? Sourit Beckett.
-Tu sais, quand tu dis savoureux, il me vient de ces images...
- Castle! J'ai une tête à faire peur et je parle du nez!
- Même en zombie tu es sexy, sourit-il en s'approchant un peu plus d'elle.
- Castle, focus!
- D'accord...
- Sur notre suspecte!
- Oh! Là, c'est la douche froide! Frissonna l’écrivain à la pensée de Carrie Edwards.
- Tu as remarqué jusqu'où va son obsession? Elle n'a pas de recul face à ces couples fictifs. Elle s'inquiète de savoir si Angela va se remettre avec Alfonso, si Marguerite ne va pas avoir un cancer à force d'en avoir peur...
- Oh je rêve!
- Quoi?
- Tu regardes Temptation Lane!
- Quoi? Bien sûr que non! Répondit-elle en fuyant la pièce.
- Personne n'a dit quoique ce soi... Sur Marguerite et sa peur du cancer! Dit-il en lui barrant la porte. Tu connais le monde des blogueurs, tu savais ce qu'était un FoxCan! Tu es une fan! La plus mordue, la plus assidue des fans!
- Okay! C'est bon! Peut être que je l'ai regardé une fois ou deux... Quand mon fiancé est pris d'une frénésie d'écriture...Admit-elle en se dirigeant vers son bureau.
- Mais, c'est si exquisément pas toi!
- Dit celui qui tout à l'heure jubilait des complots d'Alliance et trahison...
- Mais ça n'a rien à voir, moi, si je regarde ça, c'est pour mes recherches...
- Des recherches? Sur quoi? Demanda Esposito en arrivant.
- Sur rien! Répondirent-ils de concert, Beckett lançant un regard signifiant " Dis lui et je te tue" à son fiancé.
Après un bref regard interrogateur, Esposito leur rapporta ses dernières découvertes. Les soupçons se portèrent alors sur le mari et sa maîtresse, l'actrice Mandy Branson. Castle et Beckett retournèrent donc aux studios.
- Ça ne peut pas être le mari, affirma Castle.
- Pourquoi? Il a un mobile.
- Ouais, mais un mariage qui bat de l'aile... Tuer pour de l'argent? C'est trop...
- Ordinaire, termina Beckett.
- On doit se concentrer sur Mandy Bronson. La star briseuse de ménage qui avait une liaison torride avec le mari de la victime. En plus, elle a quitté précipitamment leur nid d'amour après avoir reçu un e mail de Sarah juste avant le meurtre.
- Oui, mais on n'a aucune preuve que cet e-mail ait existé. Peut être que Vince l'a inventé... Cela dit, tu as raison, on a deux ou trois petites explications à demander à Mandy Branson, répliqua Beckett.
- Esplanie !
- Quoi?
- Lanie et Esposito. Comme FoxCan. On peut les appeler Esplanie, ce qui est parfait, parce qu'ils sont toujours en train d'expliquer les choses!
- Ah oui? Et nous, on est quoi? Demanda Beckett amusée.
- Nous, on est Rikate...
Elle grimaça.
- Non, on est Katic... tenta-t-il de nouveau.
Elle grimaça encore, guère plus convaincue.
- Caskett! Annonça-t-il triomphalement, tandis que Beckett approuvait. J'en connais qui vont porter le chapeau! Oh Mère!
- Oh chéris! Fit Martha en les rejoignant.
- Martha! Quelle surprise, fit Beckett.
- Oh oui! Une surprise... Surprenante, commenta Castle. Qu'est ce que tu fais là?
- Eh bien, je viens faire mon deuil!
- Mais tu ne connaissais même pas la victime! Fit remarquer l’écrivain.
- Chéri! Cette tragédie pèse à tous ceux qui un jour ont fait partie de ce Soap... Et je crois que je vais pouvoir être utile, dit-elle à l'attention de Beckett. Je peux vous servir d'agent infiltré et obtenir des infos sur ce qui se passe réellement ici... Oh-ho-ho! Lance Hastings! On ne pouvait pas rêver mieux pour commencer!
- Tu le connais? S'étonna Castle.
- C'était mon amoureux il y a trente ans! À l'écran! Et en dehors.
Beckett sourit.
- Après mon mariage avec lui, enfin... Avec son personnage, Joseph Fox, j'ai été kidnappée, enterrée vivante, enfermée avec des ours et kidnappée encore et retenue en otage dans les égouts de Paris, énuméra l'actrice.
- Vous êtes restée dans la série longtemps? Demanda Beckett.
- Trois semaines! À moi de jouer. Excusez-moi, dit Martha en réajustant ses atouts de séduction avant de s'éloigner.
- Il semblerait que ma mère vienne de réinventer le mot " infiltré", constata Castle.
***************
Ils découvrirent que Sarah voulait tuer le personnage interprété par Mandy Branson, ils interpellèrent donc Mandy et l’emmenèrent au poste. Castle rejoignit Esposito dans la salle d'observation, tandis que Beckett s'apprêtait à interroger la suspecte.
- Castle! Je sais qu'elle est suspectée de meurtre, mais vous devez admettre que c'est une bombe! Lança Esposito qui ne pouvait lâcher Mandy du regard.
- Entièrement d'accord! Approuva Castle. D'ailleurs, elle a eu une relation avec le mari de Sarah, celle-ci l'a découvert, et a décidé de tuer son personnage. Pas très original, en somme.
- C’n’est pas à la hauteur de Chiquitas.
- Comme dans bananas? Interrogea Castle.
- Non, comme dans télénovelas. Je regardais ça avec ma grand-mère, quand j'étais petit. Je me souviens d'un épisode où Gabrielle découvre que sa jumelle diabolique se faisait passer pour elle et couchait avec son mari! En fait elle a un trouble dissociatif de l'identité.
- On pourrait dire ça de n’importe quel adultère, remarqua Castle.
- Oh ! Vieux ! Faut pas plaisanter avec ça, ça peut être dangereux !
Esposito perdit l'attention de Castle lorsque Beckett entra dans la salle d'interrogatoire. Professionnelle, Beckett faisait un travail parfait, comme à son habitude, mais il remarqua les perles de sueur sur son front et son air fatigué. Si ça continuait comme ça, il allait devoir intervenir.
Ils continuèrent l’enquête, vérifiant les dires de Mandy auprès du réalisateur, Peter Connelly et rencontrant une jeune serveuse que Sarah connaissait. Celle-ci, bouleversée d’apprendre la mort de Sarah et ainsi la perte de sa grande chance de percer dans le milieu des écrivains, accepta de leur parler lorsque Castle lui promit de lire son texte et de le soumettre à sa maison d’édition. Une nouvelle piste se révéla : la mère de Mandy n’était pas sa vraie mère et Sarah l’avait découvert. Ils interrogèrent donc la fausse mère, qui elle aussi avait un alibi solide et les lança sur une énième piste : l’amant de Sarah, qu’ils découvrirent grâce aux diamants qu’il lui avait offerts. Ils arrêtèrent Lance Hastings de manière rocambolesque alors qu’il répétait une scène de meurtre avec Martha et se retrouvèrent de nouveau à la case départ lorsqu’il s’avéra qu’il avait lui aussi un solide alibi.
************
La journée avait été longue et riche en rebondissements et pauvre en preuves tangibles.
- Okay, on a trouvé le memo que Sarah a signé pour laisser partir Lance pour son film, soupira Beckett.
- Il ne mentait pas alors. Ma mère ne va pas oublier ça de sitôt !
- Oh, Castle, elle va sans doute penser que c’était gentil de ta part de t’inquiéter pour elle.
- C’est de Martha Rogers, dont on parle. J’ai ruiné son « moment » ! Non, ça va me coûter cher !
- Sarah a dit à Lance que quelqu’un l’avait trahie, qui c’était à ton avis?
- Peut-être la femme qui ferait passer ma mère pour une sainte, suggéra Castle.
- Oui, mais Sarah avait déjà écarté Gloria de sa vie. Peut-être… Peut-être que c’était son mari infidèle…
- Sauf que Lance a rencontré Sarah après Mandy Branson et Sarah a par la suite montré qu’elle voulait sauver son couple…
- Oui, mais ça ne veut pas dire qu’elle n’avait plus de doutes…
- Non, tu as raison, mais il a un alibi… Tout le monde a un alibi dans cette histoire… dit Castle.
- Ouais, mais quelqu’un n’en a pas et nous devons le trouver, soupira Beckett en se massant les tempes.
Castle posa une main sur son front et secoua la tête.
- Les gars vont s'en charger, l'enquête est terminée pour toi.
- Castle! Grogna-t-elle.
- Ne discutez pas lieutenant, dit le capitaine en arrivant accompagné de Lanie.
- Oh c'est pas vrai! Fit Beckett en levant les yeux au ciel.
- Je t'avais dit que tu ne t'en sortirais pas sans un petit Check up! Dit la légiste en l'entraînant à l'infirmerie.
Lorsque Lanie revint vingt minutes plus tard, Castle s'inquiéta de ne pas voir Beckett.
- Où est Kate?
- Allongée sur le lit de l'infirmerie, elle a quelques vertiges.
- Quelques vertiges?! Qu'est ce qu'elle a? Elle m'avait dit que c'était juste un rhume!
- Une bonne grippe, oui! Elle va devoir rester au chaud pendant au moins une semaine! Répliqua la légiste.
- Je peux la ramener chez à la maison?
- Vous le devez! Tenez, voici une ordonnance, je passerai la voir demain.
- Merci Lanie!
Il s'empressa de rejoindre sa fiancée, tandis que les gars se chargeaient de la suite de l'enquête.
- Hey! Comment tu te sens? Demanda-t-il en s'approchant d'elle.
- Tu ne devrais pas t'approcher, la grippe c'est contagieux...
- Si je devais l'attraper, vu le temps passé collé à toi, je suis déjà contaminé...
- Pffff...
- Hé! La grippe ça arrive! Même aux super-héros!
- ...
- Vois le bon côté des choses...
Elle lui jeta un regard interrogateur.
- Tu vas te faire chouchouter!
- Chouchouter?
- Absolument, alors, de quoi as-tu envie?
- D’un câlin…
- Alors rentrons, je vais te préparer un bon potage et on va s’enrouler dans une couette et se vautrer sur le canapé pour le reste de la soirée.
- Chouette programme… sourit-elle.
Castle l’aida à enfiler son manteau et la ramena chez eux.
Ils furent accueillis par Martha et Alexis, qui l’aidèrent à installer Beckett confortablement dans le canapé. Puis l’actrice indiqua à son fils comment il allait se faire pardonner d’avoir ruiné son moment.
- La robe ? demanda Castle en ouvrant le magazine à la page indiquée.
- Mh-mh ! Et les chaussures. Oh! Et le sac à main.
- Castle, fit la voix de Beckett depuis le canapé. Qu’est ce que c’est?
- Oh, c’est le script de la serveuse de tout à l’heure. Tu m’as obligé à lui dire que je le lirais… Et j’ai accepté dans un moment de faiblesse !
- C’est vraiment bon, tu sais!
- Tu l’as lu ? Malgré ton mal de tête ?
- Le programme télé est pittoyable…
- Super, c’est ce que je lui dirais…
- Tu vas le lire surtout ! Tu as promis !
- Okay, bougonna-t-il.
- Mais avant, tu vas coincer le meurtrier grâce à elle ! Sourit Beckett.
*************
Accompagné des gars, Castle se rendit aux studios et avec la complicité de l’équipe de tournage et des acteurs, il piégea l’assistante de Sarah, qui n’avait pas supporté que son plagiat soit découvert.
L’enquête bouclée, Castle retourna auprès de sa fiancée qui se morfondait dans son lit.
- Je t’ai ramené un cadeau, dit-il en lui tendant un paquet.
- Oh Castle ! C’est si gentil de ta part ! Sourit-elle. Qu’est ce que tu as ? Tu fais une drôle de tête, tu as la grippe ?
- Non… Je viens de trouver ma mère flirtant dans le canapé avec Lance Hastings, il va me falloir une thérapie pour m’enlever cette image de la tête, répondit-il en frissonnant.
- Oh, pauvre chéri, dit-elle compatissante en ouvrant son paquet. Une photo dédicacée de l’équipe de Temptation Lane ! Où as-tu eu ça ?
- Je connais plein de gens qui connaissent plein de gens… Je t’ai amené des DVD aussi. Pas tous, bien sûr, tu savais qu’ils en étaient à l’épisode 6839 ?
- La série passe depuis un moment, admit-elle.
Il la regarda avec insistance, elle sourit.
- Okay, commença-t-elle, j’avais neuf ans, quand on a du m’enlever les amygdales. J’étais très malheureuse, alors ma mère a pris des jours de congé pour rester avec moi. On s’est pelotonnées dans le canapé devant la télé, et on a regardé des épisodes de Temptation Lane. Alors depuis, quand je regarde un épisode, je repense à ma mère et ça me fait me sentir bien et en sécurité.
- …
- Vas-y, lâche-toi, tu peux te moquer.
- J’ai pas envie de me moquer, je suis content d’avoir appris une nouvelle facette de toi.
Elle se pelotonna contre lui.
- Je te proposerais bien une petite séance dans le canapé avec un potage, mais je ne suis pas sûr que ma mère et Lance aient quitté le salon…
- C’est pas grave, Castle tu n’as qu’à me raconter une de tes histoires…
- Nikki et Rook ?
- Oui, j’adore ces deux là.
- Okay, alors, imagine la situation, le corps d’une jeune femme à l’agonie est balancé devant l’entrée d’un hôpital. Elle est défigurée, c’est comme si un animal féroce lui avait déchiqueté la moitié du visage, mais après analyses, il s’avère que ses blessures ont été infligées par un animal non encore répertorié…
Beckett souriait quand elle s'endormit dans les bras de Rick, bercée par une histoire de Bigfoot tenant compagnie à un évadé de prison.
Chapitre soixante-treize
- On pourrait aller dans un endroit relaxant. Pour se détendre, tu ne crois pas? Suggéra Castle en posant une assiette de fruits joliment décorée devant Kate.
- Avant de penser à la lune de miel, on ne devrait pas chercher une date pour le mariage d'abord?
- Non. Parce qu'on ne sait même pas quand tu auras des jours de congé. En plus, planifier la lune de miel, nous aidera à choisir une date.
Elle lui jeta un regard interrogateur.
- Je suis curieuse d'entendre tes arguments.
- Tu n'as pas envie d'aller en Thaïlande pendant la Mousson, n'est ce pas? Ou en Nouvelle Zélande en plein hiver? Non. Tu choisis l'endroit où tu veux aller, la meilleure période pour y aller et Boom! Tu trouves la date.
- On a déjà décidé de se marier au printemps, donc ta méthode ne sers plus à rien! Et puis... La Nouvelle Zélande?! Castle, tu veux utiliser notre lune de miel pour visiter la Terre du milieu?!
- Je suis partant si tu l'es! Dit-il en frappant dans ses mains.
- J'espérais quelque chose de plus romantique et moins... Hobbitesque...
- Pourquoi tout le monde est persuadé que l'un ne va pas sans l'autre?
- Et ça devrait être un endroit qu'aucun de nous a déjà visité.
- D'accord. Un endroit parfait pour nous et seulement nous!
- Comme Barcelone.
- C'est là-bas que j'ai emmené Meredith.
- D'accord... Hummm... Les Galapagos. J'ai toujours rêvé d'y aller.
- Gina.
- Sérieusement?
- Ouais. C'était une étape de notre lune de miel.
- Bon. Les Alpes Suisses. Il paraît que c'est à couper le souffle.
- Ça l'est!
- Non!
- Si. Meredith et moi y passions nos vacances d'hiver.
- Tu sais quoi? Je crois qu'on aurait plus vite fait, si tu faisais une liste des endroits de la Terre où tu n'as jamais passé de vacances, de lunes de miel ou encore épousé une de tes ex.
- Ça ne devrait pas être trop difficile, termina Castle en levant son verre de jus d'orange.
- Tant mieux! Allez, il est temps que je file, moi! À plus tard, dit-elle en l'embrassant avant de quitter le loft.
Martha investit la cuisine peu après et entreprit de préparer des shoot hies.
- Bahhhh! T'essaies m'empoisonner? Y a quoi là-dedans? Grogna Rick en reposant le verre que Martha venait de lui servir.
- Tout ce dont tu as besoin pour vivre en bonne santé plus longtemps ! Sourit Martha en levant son verre tandis que Rick retirait une feuille de sa bouche.
- Pourquoi vivre plus longtemps si c'est pour avaler ça? Grimaça l'écrivain.
- Ah! Quel délice, dit Martha en en prenant une gorgée sous l'œil inquiet de son fils.
- Beurk...
- J'en ai préparé un spécial pour Katherine,
- Tu veux l'achever?! Elle vient seulement de se remettre de sa grippe! Et de toute façon, elle est déjà au poste.
- Oh... Fit l'actrice d'un air déçu.
- Tu la connais, une semaine enfermée, c'est déjà trop pour elle, répliqua-t-il.
- Et tu ne l'as pas accompagnée?
- Paperasse, expliqua-t-il.
- Bonjour! Lança Alexis en arrivant.
- Bonjour chérie! Répondit joyeusement Martha.
- Hey!? Pourquoi tu n'es pas à l'école? Demanda Castle.
- C'est une journée pédagogique!
- Oh! Parfait! Regarde ce qui passe au cinéma Angélica! Planète interdite, avec Leslie Nielsen avant sa phase comique! Tu le regardais en boucle à une époque, tu viens avec moi?
- Je peux pas, je suis désolée, je passe la journée à Greenwich, répondit-elle en prenant une gorgée de la boisson de sa grand-mère. Mm! Délicieux! Au revoir papa, au revoir grand-mère!
- Merci! Sourit Martha.
- Bye, fit Castle étonné en regardant sa fille partir.
- T'as vu ça? Alexis vient de me mentir!
- Pas du tout, elle adore mes cocktails de fruits au petit déjeuner!
- Je ne parle pas de ça, je parle de ses projets aujourd'hui, elle a froncé le nez, elle fait toujours ça quand elle ment.
- Je t'en prie chéri, on n'est pas au championnat du monde de Poker!
- Il se passe un truc, je suis prêt à le parier. Et toi, mère, ça te dis un petit ciné?
- Je ne peux pas trésor, il faut que j'aille voir mon entrepreneur au studio.
- Alors je vais aller manger du pop corn et des bonbons tout seul...
Son téléphone sonna.
- Sauf bien sûr, si j'ai autre chose à faire, sourit-il en voyant la photo de sa fiancée s'afficher. Pour Richard Castle, faites étoile!
*********
- Tu ne pouvais déjà plus te passer de moi? Demanda l'écrivain en rejoignant sa fiancée.
- Il faut croire, sourit-elle.
- Pourquoi y a-t-il tous ces journalistes dehors? Demanda-t-il en lui tendant un gobelet de café.
- À cause de l'identité de la victime! Joe McUsic.
- Qui?
- Le juré numéro sept dans l'affaire Lila Addison.
- L'affaire Addison? Sérieusement, qu'est ce qu'il s'est passé?
- Il est mort pendant la plaidoirie du procureur. Lanie pense qu'il a été assassiné.
- L'héritière des Addison est assassinée et pendant le procès de l'assassin présumé, un des membres du jury est assassiné lui aussi, on dirait un roman de John Grisham!
- Qu'est ce que tu fais? Demanda-t-elle alors qu'il pianotait sur son téléphone.
- J'envoie un message à mes potes de poker pour leur dire que j'ai la priorité sur cette histoire!
- J'aurais la priorité pour le lire?
- Peut-être, si tu sais te montrer persuasive...
Ils entrèrent dans la salle d'autopsie de Lanie, qui confirma l'empoisonnement au cyanure.
- Du cyanure? Alors ça c'est fantastique! Jubila l'écrivain.
- ...
- Enfin... Pas pour le juré, ajouta-t-il devant le regard de la légiste.
- Le corps ne présente aucune marque de piqûre, donc le cyanure a été ingéré.
- C'est une étrange façon de tuer quelqu'un, remarqua Beckett.
- Pas pour les nazis ou les dictateurs, observa l'écrivain.
- Comment l'a-t-il ingéré?
- Les tâches brunes dans sa bouche, indiquent qu'il a bu du café récemment. Peut être que le cyanure était dedans, supposa Lanie.
- Il est mort combien de temps après l'avoir ingéré?
- Pas plus de quinze minutes. Selon la greffière, monsieur McUsic est arrivé à 8h37 et est mort vers 9h13.
- Quinze minutes. Ça veut dire qu'il a été empoisonné au tribunal.
- Mm-hmm, approuva Castle. Et à qui profite la mort du juré?
- À l'accusé, répondit Beckett.
- On est d'accord.
L'accusé, Otis Williams semblait ne faire aucun doute et le fait que la mort du juré induise l'annulation du procès, le rendait encore plus coupable aux yeux de tout le monde. La pression médiatique ainsi que celle du Procureur, un ami du capitaine, obligeaient Beckett et son équipe à réunir rapidement des preuves pour régler cette affaire. Tout semblait se dérouler parfaitement, jusqu'à ce que plusieurs incohérences ne viennent perturber cette enquête un peu trop facile.
- Hmm, fit Castle en vérifiant son portable.
- "Hmm," quoi?
- Alexis a dit qu'elle passerait la journée à Greenwich, mais en fait, elle est à Williamsburg.
-Comment sais-tu qu'elle est à Williamsburg?
- Le GPS de son portable, expliqua-t-il tout sourire.
- Tu as tracé son téléphone?!
- Ouais, je viens de télécharger une super application! Je peux voir où elle se trouve à tout moment!
- Elle est au courant que tu fais ça? L'interrogea Beckett d'un air outré.
Il éclata de rire.
- Tu plaisantes? Non, elle me tuerait, dit-il.
- Et ça serait parfaitement justifié!
- Je suis son père. S'il se passait quelque chose, ... Je dois le savoir! Beaucoup de parents fouillent les tiroirs ou l'ordi de leur enfant...c'est beaucoup moins intrusif, affirma-t-il en montrant son téléphone.
- Je n'arrive pas à croire que tu aies fait ça!
- Quoi?! Je te signale qu'elle m'a menti!
- Elle a peut être simplement changé ses plans! Tu n'as pas à agir avec elle de cette manière!
- Je suis son père, je suis le seul apte à décider de ce qui est bon pour elle!
- Ce que je voulais dire, c'est qu'Alexis est une jeune fille extra, dont n'importe quel père rêverait et toi, tu la traites comme si elle était un criminel récidiviste!
- Tu ne sais pas ce que c'est que d'élever une ado! Tout peut très vite basculer à son âge!
- Castle! Alexis a la tête sur les épaules! Tu dois lui faire confiance!
- Laisse tomber. Tu n'y connais rien! Tu ne peux pas comprendre! Bougonna-t-il.
- Ça, c'est sûr, je ne comprends pas, répondit-elle d'un air pincé.
Le téléphone de Kate sonna, elle prit l'appel soulagée de mettre fin à cette conversation.
Lanie leur apprit que le cyanure avait été placé dans une capsule de médicament que la victime prenait parce qu'elle était atteinte d'un lupus. Joe s'était empoisonné sans le savoir en prenant ses médicaments et le fait que le cyanure ait été contenu dans une capsule allongeait le temps entre le moment de l'ingestion et la mort. L'empoisonnement avait eut lieu en dehors du tribunal, ce qui signifiait que le tueur n'était peut être même pas entré dans le tribunal et que le mobile n'avait peut être même rien à voir avec le procès.
- Nous venons d'apprendre trois choses importantes, conclut Castle alors que Beckett levait les yeux aux ciel. Primo, le tueur est diabolique. Pour laisser quelqu'un s'empoisonner tout seul... il faut vraiment être un pervers. Secondo, le tueur connaissait Joe ou tout du moins ses habitudes. Et tertio, le tueur est une femme.
- Pffff! Tu n'y connais rien! Souffla-t-elle en roulant des yeux.
- D'après les statistiques, les empoisonnements sont presque toujours perpétrés par le beau sexe.
- Oui, mais tu oublies un détail très important, Castle.
- éclaire-moi.
- Notre tueur avait accès aux médicaments de Joe. Et on sait que Joe ne les avait pas sur lui. Donc, on peut en déduire que notre tueur avait accès à...
- ... Son appartement!
- Bingo! Eh oui! Parfois je comprends certains trucs! Fit Beckett en quittant la morgue. À plus tard Lanie!
- Castle! Appela la légiste.
- Oui?
- Qu'est ce que vous avez fait?
- Euh... Rien...
- Vous êtes sûr?
- Oui, pourquoi?
- Parce que vous avez intérêt à trouver avant que Beckett ne vous casse les jambes!
- Oh! Non... C'est la pression médiatique qui la met un peu à cran, c'est tout, répondit-il en jetant un œil à son téléphone.
La journée se termina avec de nouvelles incohérences qui apparaissaient dans l'enquête. La victime avait payé la greffière pour être dans le panel pour le choix des
Jurés et ils n'avaient aucune idée de la raison pour laquelle il avait fait ça. Ils en restèrent là pour la journée et rentrèrent au loft.
***************
Beckett voyait bien que Castle était préoccupé par le mensonge de sa fille, mais étant donné la réaction qu'il avait eue plus tôt dans la journée lorsqu'elle avait voulu lui en parler, elle décida de le laisser ruminer seul. Il finirait bien par se calmer.
Alexis le trouva donc seul dans le salon avec son ordinateur portable.
- Salut Papa! T'écris?
- Ouais. T'as passé une bonne journée à Greenwich village?
- Ouais.
- Tu es allée ailleurs?
- Euh... Non, en fait je suis restée là-bas.
- Vraiment? Pourtant, New York est une grande ville... Avec plusieurs quartiers...
- Je sais, mais je suis restée à Manhattan.
- Donc, tu n'es pas allée ... Euh... À Brooklyn? Il paraît que c'est très sympa Williamsburg...
- Comment t'es au courant?
- Par un de mes amis. Il y était et il t'a vue...
- Quel ami?
- Un ami proche J.J. Adams.
- T'as froncé le nez. Tu fais toujours ça quand tu mens!
- Pas du tout!
- Alors c'est qui ce JJ Adams?
- Un de mes amis!
- Attends! JJ Adams c'est le nom du personnage de Leslie Nielsen name dans la Planète interdite! Alors arrête de mentir! Comment t'as su où j'étais? Est ce que tu m'as fait suivre? Tu surveilles peut être ma carte de métro? Ou alors ma carte de crédit... Mon portable... Me dis pas que tu as mis un traceur dans mon portable!
- Il ne s'agit pas de ce que j'ai fait. Il s'agit de ce que toi, tu as fait! Tu m'as menti!
- Dixit le père qui viole les droits civils de sa fille!
- Techniquement, il n'y a qu'un gouvernement qui peut violer le...
- Tu suis le moindre de mes mouvements en temps réel?
- Je ne suis pas tous tes mouvements!
- Bienvenue dans 1984 de George Orwell avec mon père en Big Brother!
- Ce n'est pas...
- C'est quoi la prochaine étape? Une puce dans ma tête?!
- Oui, si c'est le seul moyen afin que tu arrêtes d'avoir des secrets pour moi!
- Si ce que je fais t'intéresse tant que ça, tu n'as qu'à demander un rapport à ton téléphone portable. Je suis sûre qu'il y a une application pour ça! Cria-t-elle avant de monter les escaliers.
Il la regarda disparaître et retourna s'assoir dans le canapé en se prenant la tête entre les mains. Il ne saurait dire combien de temps il était resté comme ça, à ruminer sa dispute avec Alexis et toutes les idées les plus tordues que son imagination débordante avait trouvées pour expliquer ses mensonges.
Dans le silence de la pièce, un léger bruit de clenche qu'on abaisse se fit entendre, suivi d'un bruissement léger de tissu. Il ne bougea pas, jusqu'à ce qu'il sente des doigts fins jouer avec ses cheveux.
- Qu'est ce que tu fais là?
- Comme je n'entendais plus de cris depuis un moment... Et tu ne venais pas... Alors je suis venue voir s'il ne fallait pas te ramasser à la petite cuillère.
- Elle m'a menti... Et là, elle m'en veut à mort, parce que j'ai voulu veiller sur elle!
- Tu dois reconnaître que tu l'as bien cherché, Castle! N'importe quel père rêverait d'avoir une fille comme la tienne et toi, tu l'as traitée comme une criminelle récidiviste!
- Peut être que C'en est une! Je ne sais toujours pas pourquoi elle m'a menti pour Williamsburg!
- Et tu ne le sauras probablement jamais! À moins que tu aies prévu de la torturer!
- C'est ma fille! Tu ne...
- Je t'arrêtes tout de suite! Je sais que je n'ai pas d'enfant, mais je sais ce que c'est que de tenir à quelqu'un et d'avoir peur de le perdre! Dit-elle sèchement.
- ...
- Je ne suis pas la mère d'Alexis, je n'ai pas l'intention de te dire comment l'élever, tu débrouilles très bien depuis qu'elle est toute petite... Mais j'aimerais juste faire partie de la famille... Que tu ne prennes pas mes conseils pour des attaques!
- Tu as raison... J'ai mal réagi avec toi, excuse-moi s'il te plaît.
- Ça va... Tu étais inquiet...
- Franchement, c'est si grave ce que j'ai fait?
- C'est pas une question de fond, c'est une question de forme! Tu as trahi sa confiance!
- Ouais... Je sais... Qu'est ce que je dois faire?
- Regagne-la! Tu as déjà trahi ma confiance et tu as réussi à la regagner.
- C'est vrai.
- T'en fais pas, Alexis a la tête sur les épaules, même si elle a des secrets pour toi, ça ne veut pas dire qu'elle fait n'importe quoi!
- Facile à dire, tu verras un jour!
- Eh bien j'essaierai de faire confiance à notre enfant comme mes parents m'ont fait confiance. Tout ce qu'on peut faire pour son enfant, c'est l'élever en lui donnant beaucoup d'amour et en l'armant le mieux possible pour affronter la vie et quand il s'émancipe, lui faire confiance et être là pour lui.
- Tu feras une mère fantastique.
- Oh ça, je ne sais pas... Avoir une mère flic, c'est pas évident.
- Mais avoir une mère super héros, c'est le rêve de n'importe quel enfant.
- Castle, fit-elle en levant les yeux au ciel.
- Notre enfant, hein?
- Bah... À moins que tu n'en veuilles pas d'autre, si un jour j'ai un enfant, tu en seras grandement responsable!
- Oh! Et bien afin d'être parfaitement prêts pour le jour où nous déciderons de donner la vie à un adorable petit Caskett, on ferait bien d'aller s'entraîner...
- Mm-Mmm! J'aime quand un projet est parfaitement préparé, sourit-elle en l'entraînant dans la chambre.
+++++++++++++
Le lendemain, Kate partit seule pour le poste, Rick préférant avoir un tête à tête avec sa fille avant de quitter le loft.
Pendant que le père et la fille avaient une conversation plus posée et apaisée que celle de la veille, Beckett et les gars avançaient dans l'enquête en interrogeant le premier concerné par cette affaire: l'accusé.
Rick arriva peu après et la rejoignit à son bureau.
- Alors, ton entrevue avec Alexis s'est bien passée? Demanda Beckett.
- Parfois, il vaut mieux ne pas savoir, soupira-t-il.
- Ne m'en parle pas, répliqua-t-elle.
- Mais nous sommes réconciliés, donc ça va. Et l'enquête?
- Quelqu'un d'autre que Lila et Otis a utilisé la voiture, donc on a fait relever les empruntes sur la commande su siège et on a trouvé d'autres empruntes.
- Celles de quelqu'un qu'on connait?
- Ouaip! Regarde.
Ils prit le document que Kate lui tendait et le parcourut rapidement des yeux.
- Non!
- Sacré rebondissement, n'est ce pas?
Le petit frère de Joe, acculé par les preuves que Beckett et Castle lui présentaient, passa aux aveux. Il servait de chauffeur à Lila et à son frère, lorsqu'ils voulaient se ravitailler en drogue. Le soir du meurtre, le frère de Lila fanfaronnait une arme à la main jusqu'à ce qu'ils roulent sur un nid de poule et que le coup parte accidentellement. Joe avait envoyé les preuves de cet accident au procureur qui avait lâchement choisi de les cacher.
Le capitaine Montgomery intervint auprès de son ami le procureur afin qu'il se rende et rétablisse la vérité dans cette affaire. Otis serait libéré, le frère de Lila serait accusé des meurtres de Joe et de sa sœur. L'affaire était bouclée.
- Tu n'es pas trop fatigué, j'espère, demanda Beckett à son fiancé.
- Non, ça va. Pourquoi? Tu veux une nouvelle séance d'entraînement?
- Plus tard dans la soirée, peut-être. Avant ça, je t'emmène à l'Angélica!
- Le cinéma?
- Ils repassent un classique, la planète interdite, je me suis dit que tu devais être fan.
- C'est une histoire de robot? Demanda naïvement Castle.
- Quoi? Tu ne connais pas ce film?
- Oh tu sais, moi... Je suis plutôt Star Wars ou Matrix...
- C'est la planète interdite qui les a inspirés! Il faut absolument que tu le voies! Tu vas voir, il est génial, jubila Beckett.
- Je pourrais avoir des bonbons et du popcorn?
- Bien sûr!
- Et après, tu m'invites à prendre un hamburger aussi?
- Là tu abuses.
- Ok.
- Je plaisantes, bien sûr qu'on ira prendre un hamburger.
*************
Deux heures plus tard, ils sortirent du cinéma, bras dessus bras dessous.
- Tu exagères Castle!
- Quoi?! Mais tu avais dit que tu ne voulais plus de popcorn!
- Tu avais déjà vu le film!
- Oh! ...
- Pourquoi tu ne me l'as pas dit?!
- Tu semblais tellement contente de me le faire découvrir...
- C'était pas une raison pour me mentir, on serait quand même allés le voir.
- Mais tu étais si contente à l'idée de faire quelque chose que je n'avais jamais faite et tu étais tellement déçue à l'idée de ne pas trouver un endroit où aucun de nous n'était allé.
- Qu'est ce qu'il reste?
- L'Albanie et la Finlande.
- Sérieux? C'est tout ce qu'il reste?
- J'ai beaucoup voyagé. Mais je suis sûr qu'on peut trouver un autre endroit!
- En tout cas, je vote pour un endroit plus chaud!
- C'est pas une mauvaise idée...
- Tu sais quoi?
- Non... Quoi?
- Parfois, j'aurais juste envie qu'on s'enfuie et qu'on se marie comme ça, sans chichis, sans planification...
- Ça ne serait peut être pas une mauvaise idée...
- Allons manger ce hamburger, j'entends ton ventre qui grogne.
Chapitre soixante quatorze
Assises sur les tabourets de la cuisine, Martha et Alexis écoutaient Rick qui leur lisait un passage du premier livre de son protégé.
- Quand il vit la silhouette sombre s'approcher, il se redressa pour mieux voir, tout en sachant qu'il se dirigeait vers son sort lugubre.
- Ohhhh... Fit Martha Admirative.
- Waow! Ajouta Alexis.
- Saisissant, n'est ce pas? Sourit Castle. Oh et écoutez ça! À mon mentor, Richard Castle, qui m'a conseillé et soutenu et sans qui ce livre n'aurait jamais vu le jour...
- Tout ce que tu as fait, c'est donner à Alex Conrad ton avis sur son manuscrit avant de l'envoyer à ton éditeur. C'est lui et lui seul l'auteur de ce livre... Rétorqua Martha.
- Mhm! Ça c'est ta version. Dans la mienne, j'ai réussi au fil du temps à entretenir les braises de son talent et à les transformer en un vrai feu de forêt!
La modestie de Rick amusa sa fille.
- Il vient en ville et souhaiterait passer du temps avec moi. Il veut en savoir plus sur ma manière de procéder, ajouta-t-il.
- Et par procéder tu parles de ta procrastination jusqu'à la dernière seconde? Demanda Martha.
- Pour finir par écrire dans une immense panique et en avalant des litres de café! Termina Alexis.
- C'est bien ça?
- Non... Pas vraiment! Bougonna l'écrivain. Comment j'arrive à trouver une authenticité en faisant certaines enquêtes sur le terrain avec la police de New York. Alors j'ai demandé à Alex de me retrouver au poste, demain dans la journée.
- Katherine sera sûrement enchantée, commenta l'actrice.
- Je suis sûr que ça ne la gênera pas.
- Tu lui as encore rien dit? S'étonna Alexis.
- Je suis sûr qu'elle sera vraiment ravie de l'accueillir.
La porte d'entrée s'ouvrit à ce moment-là.
- Bonsoir! Lança Beckett les bras chargés de cartons depizza.
- Hey! Tu en as mis du temps pour rentrer! Tu as appelé pour dire que tu quittais le poste il y a une heure! Répondit Castle en venant la débarrasser de ses boîtes.
- J'ai également dit que je passais prendre le dîner! Pizzas ce soir, ça vous dit?
- Quelle bonne idée! S'exclama Martha! Enfin... Sauf si elles viennent de cette pizzeria où a eu lieu votre affaire l'autre jour....
- Non, ça ne vient pas de chez Nick l'authentique, sourit Beckett.
- Ça vaut mieux, parce que comme l'a fait remarquer le capitaine l'autre jour, il y a des corps étrangers dans son four... Plaisanta Castle.
- Elles ne viennent pas non plus de chez le fantastique Nick l'authentique, ils sont fermés à cause de leur petit trafic sur le thème des films noirs... Expliqua Beckett. On dirait que la guerre des pizzerias du nom de Nick est terminée.
- Alors ça vient de chez Nick le fantastique? Demanda Alexis.
- Mais pas authentique! Compléta Martha.
- Non, en fait, ça vient de chez Stefano! Annonça Beckett.
- Waow! Tu as fait tout ce chemin pour une pizza?! S'étonna Alexis.
- Vous méritez ce qu'il y a de meilleur!
- Pas n'importe quelle pizza! Saucisse et basilic fraîchement coupé... Admira Rick en ouvrant la boîte. C'est toi la meilleure.
- Dépêchons-nous de les manger, avant que ça ne soit froid.
Ils s'installèrent autour de la table.
- Tu devrais quand même lui en parler avant, souffla Alexis à l'oreille de son père.
- Parler de quoi? Demanda Beckett.
- Euh... Du fait que j'ai invité Alex Conrad à me suivre au poste demain.
- Pardon?!
- Je pensais que tu serais ravie de l'accueillir!
- Ravie?! Pourquoi j'en serais ravie?
- Euh... Ben... Euh... Okay, je suis désolé. Mais bon, c'est un écrivain, en quoi est-ce que ça serait un problème?
- Oh, je ne sais pas, tout dépend du niveau de ressemblance qu'il a avec son mentor...
- Alors, c'est oui?
- ...
- C'est non?
- D'accord, mais uniquement au poste, il n'ira pas sur le terrain et n'aura pas accès à la salle d'interrogatoire!
- Ça va de soit! Il ne fait pas partie de la maison!
- Toi non plus! Lui rappela Martha.
- Kate, tu vas t'en sortir avec deux écrivains à surveiller? Demanda Alexis.
- C'est ton père qu'Alex Conrad va suivre, donc on peut dire que ça me fera quelques vacances.
- Eh!
- Ça pourrait même être amusant de le voir faire du babysitting, ajouta Kate.
Ils furent réveillés au petit matin, par le portable de Beckett. Zack Lindsey, un futur nageur olympique, avait été retrouvé mort dans la piscine où il s'entraînait.
Ils commencèrent donc leur enquête, plongeant dans le milieu du sport de haut niveau et des rivalités cachées derrière l'amitié et l'esprit d'équipe.
Les premiers éléments de l'enquête les menèrent vers une rupture mal acceptée, l'ex petite amie devenant la suspecte parfaite, jusqu'au moment où ils trouvèrent des stéroïdes dans l'appartement de la victime.
Alex Conrad arriva au poste comme convenu, mais Castle déchanta rapidement lorsque son protégé montra un trop grand intérêt pour Beckett.
- Alex! Viens que je te présente le lieutenant Beckett. Lieutenant Beckett, voici Alex Conrad, mon protégé.
- Ravie de vous rencontrer, dit Beckett en lui serrant lamain.
- Moi aussi, j'en suis ravi. J'ai déjà lu "vague de chaleur" et "Nikki à nu" tellement de fois que j'ai l'impression de vous connaître, répondit Conrad. L'intelligence aiguë, la beauté assumée.
- ... Oh euh... Merci...Alors qu'est ce que vous disiez à propos des Stéroïdes?
- Oh... Rien! Je regardais ce tableau et j'ai remarqué que le gars qui s'était fait tuer était pris entre deux mondes. Alors si je devais écrire cette histoire, les stéroïdes ne seraient qu'une diversion et le meurtrier serait finalement l'un de ses anciens potes!
- ...
- Enfin je sais pas... Reprit Conrad. Je dis ça comme ça! Je débute!
- Oh Alex, t'en fais pas, le consola Castle. Il faut des années d'expérience...
- Non! C'est une bonne piste! Le coupa Beckett. On a aucune preuve que le meurtre ait quelque chose à voir avec les stéroïdes, on n'a fait que le supposer, on doit s'intéresser à Zack et à son ancienne bande de copains.
- Sérieusement? Ça vous aide un peu? Se réjouit Conrad.
- Oui, oui! Tout à fait!
- Oh, mais je suis prêt à parier que tu as un tas de questions, alors on devrait y aller, intervint Castle légèrement agacé.
-Hé, euh... Sans vouloir abuser... Demanda Alex alors que Castle s'éloignait déjà. Je me demandais si je pouvais vous poser quelques questions pour l'histoire que je prépare pour mon livre "sérieusement mort".
- Eh bien vous n'aurez qu'à m'appeler quand vous aurez fini tous les deux, accepta Beckett en lui tendant sa carte.
- Enfin si t'es d'accord, reprit Conrad en se tournant vers son mentor.
- Pourquoi ne serais-je pas d'accord? Grinça Castle.
- Très bien! Fit Beckett.
- Très bien! Répéta Conrad.
**************
- Ah non pas très bien! Pesta Castle en prenant une bouchée de son dessert. Après tout ce que j'ai fait pour lui, il débarque tranquillement et essaie de me voler Ma muse!
- Il abuse, répondit Alexis, c'est vrai. Un vol de muse, c'est combien? Dix ans dans une prison mythologique?
Martha pouffa.
- Oui, moquez vous! Allez y! Vous pouvez rire! Mais je sais maintenant ce qu'Oby One Kenobi a ressenti quand Dark Vador l'a trahi! Bougonna Castle.
- Oh...
- J'aurais dû le voir venir. Et chez mon éditeur, vous savez comment ils l'appellent?
- Non, répondit Martha.
- Alex Conrad? Proposa Alexis.
- Le futur Richard Castle! Lâcha Castle tragiquement.
- Oh...
- Ouais, je pensais que c'était un compliment, mais non! Il essaie de me remplacer.
- Arrête papa! Tu sais bien que Beckett n'a d'yeux que pour toi!
- Elle est allée le rejoindre tout sourire pour répondre à ses questions! Répliqua Castle.
- Et pourquoi à ton avis? Demanda Martha.
- Parce qu'elle est sous le charme!
- Parce que tu étais sous le charme! Rectifia Martha. Tu n'arrêtes pas de nous vanter les qualités de ce garçon, tu étais ravi de l'aider à se faire un nom dans le monde des auteurs de romans policiers, elle a simplement voulu te faire plaisir en l'aidant à son tour.
- ...
- Et puis tu ne penses pas que tu exagères un petit peu? Ajouta Alexis. Tu ne penses pas qu'Alex t'admire tellement qu'en passant du temps avec Beckett, il essaie de mieux te comprendre?
- ... Bon... Arrêtez de m'embrouiller avec vos paroles pleines de sens!
- Bonsoir! Fit la voix de Beckett en arrivant à son tour.
- Bonsoir Katherine! Lancèrent Alexis et Martha avant de s'éclipser pour les laisser en tête à tête.
- Comment s'est passée ton entrevue avec Conrad? Demanda Castle.
- Bien, on a parlé un peu de procédures!
- Oh rien de spécial, en somme.
- Je sais pas, il veut utiliser ça dans son prochain livre et la prochaine fois, il veut qu'on parle d'enquêtes.
- La prochaine fois?
- Oui, je lui ai dit que tu serais ravi de te joindre à nous, ajouta-t-elle, comme ça tu pourras lui expliquer comment toi tu abordes les affaires.
- Mhmm...
- Qu'est ce qui va pas?
- Rien, ça va...
- Castle! Je sais quand tu mens! Dit-elle. Et là, ça ne va pas!
- Mais si... C'est juste que...
- Juste que quoi?
- S'il veut une muse, il n'a qu'à s'en trouver une autre!
- Quoi? Tu es jaloux?
- C'est complètement...
- ...Vrai?
- ... Ouais... Je le reconnais! Je suis jaloux, voilà, je l'ai dit! Je veux t'avoir pour moi tout seul et savoir que tu passes du temps avec un autre écrivain, et bien ça me gène... Et si jamais tu trouves ça mesquin... Et bien tant pis.
- Je trouve ça plutôt charmant, sourit-elle.
- Ah oui?
- Oui, et tu n'as pas à t'en faire... Tout comme je suis la femme d'un seul homme, je suis la muse d'un seul écrivain.
- Ah oui?
- Oui, répondit-elle en l'embrassant tendrement.
- Alors pourquoi tu as accepté de lui répondre?
- Je croyais que ça te ferait plaisir, tu étais si content de l'aider, je ne pensais pas que tu pouvait être jaloux.
- J'étais content! ... Jusqu'à ce qu'il s'intéresse un peu trop à toi!
- Moi, je ne m'intéresse qu'à toi, affirma-t-elle en collant son bassin contre le sien.
- Wah, si tu savais ce que tu m'inspires... Souffla-t-il en l'embrassant dans le cou.
- Et qu'est ce que je t'inspire? Demanda-t-elle en basculant la tête en arrière pour lui faciliter l'accès.
- Pas un polar!
Il la souleva dans ses bras, elle enroula ses bras autour de son cou et se laissa emporter dans leur chambre en riant.
Le lendemain, ils bouclèrent l'enquête en arrêtant le mentor de Zack, qui avait eu peur que son dopage soit découvert lorsque Zack aurait dénoncé son entraîneur et avait assassiné son protéger. Alex Conrad se trouva d'autres mines d'informations sur le milieu de la police, Ryan et Esposito avaient en effet accepté de l'emmener faire un tour en prison et de lui expliquer métier.
- Alors... Un mec peut être une muse?demanda Esposito. C'est vrai? Je veux dire, c'est pas un peu bizarre?
- Non, c'est pas bizarre, assura Castle.
- Non! Renchérit Beckett.
- Okay! Les remercia Esposito avant de rejoindre Ryan et Conrad.
- C'est un peu bizarre, dit Castle en se tournant vers Beckett.
- Ouais.
- Merci.
- Always.
- Tu as de la paperasse à faire?
- Oui, mais ça peut attendre demain. Ça te dit une petite fugue en amoureux?
- Oh oui!
- Alors c'est parti! J'attrape mon sac et on y va.
********
Castle admirait la décoration plutôt sommaire, mais assez coquette du chalet, tandis que Beckett s'occupait d'ouvrir les arrivées d'eau et d'électricité.
- Voilà! On aura de l'eau chaude et de la lumière.
- C'est sympa ici, répondit-il. Complètement paumé et loin de tout, mais sympa.
- C'est la cabane de mon père. Le calme et la solitude garantis à seulement une heure de New York. Il vient souvent ici, quand il veut méditer et être seul.
- J'ignorais que ton père avait un côté ermite...
- Il a toujours aimé le calme et encore plus après la mort de ma mère...
- Et tu m'as emmené ici...?
- Parce que j'avais très envie de me retrouver en tête à tête avec toi... Dit-elle en enroulant ses bras autour du cou de son écrivain.
- On pouvait être en tête à tête au loft, ma mère et Alexis savent se montrer discrètes.
- Je sais... Mais ici, il n'y a pas d'antenne relais!
- Oh!
- Eh oui, donc, il peut bien y avoir des dizaines de meurtres cette nuit à Manhattan... Je ne le saurais qu'en arrivant au poste à une heure décente!
- J'aime quand tu te dévergondes!
- Et tu n'as encore rien vu, sourit-elle en défaisant malicieusement les boutons de la chemise de son écrivain.
Attention, ce chapitre comporte des scènes déconseillées aux mineurs ...
Chapitre soixante-quinze
Enroulée dans une couverture, Kate terminait de dresser les assiettes avec application. Celles que Rick lui préparait étaient toujours originales et amusantes, elle voulait que les siennes soient au moins jolies.
Elle jeta un œil vers son écrivain, qui s'activait près de la cheminée.
- Le feu prendra de toute façon, tu sais, pas besoin de faire une sculpture avec les bûchettes et les boules de papier, dit-elle en arrivant avec ses deux assiettes.
- Je sais, mais le spectacle n'en sera que plus joli!
- Si tu le dis...
Il fit craquer quelques allumettes et peu après, le feu crépita dans la cheminée.
- Et voilà! Triompha-t-il. Bientôt, tu pourras laisser tomber cette couverture.
- C'est toi, qui n'a pas voulu que je me rhabille!
Pour toute réponse, il joua des sourcils d'un air coquin. Elle lui répondit avec son plus beau sourire, qui le laissa rêveur. Elle déposa les assiettes entre eux, attrapa un morceau de poulet, le trempa dans la sauce et la porta à la bouche de son amant.
Il ne se fit pas prier, ouvrit la bouche et avala le morceau.
- Ça te plaît?
- C'est très bon... Mais dis-moi, comment ça se fait que tu aies trouvé ce poulet et ces crudités dans une cabane fermée depuis des mois?
- La glacière, dans le coffre de ma voiture!
- Tu avais prémédité cette escapade?!
- Un peu... J'ai toujours cette glacière dans mon coffre. Je l'ai remplie ce midi, pendant que tu déjeunais avec Alex Conrad.
- Tu ne déjeunais pas avec Lanie?
- Tu avais besoin de te retrouver avec lui.
- Tu es une sacrée menteuse!
Nouveau sourire craquant. Dans la minute qui suivit, elle se trouva nue dans ses bras, sa couverture gisant derrière elle.
- Castle, j'ai faim!
- Oui, moi aussi... Répondit-il tandis que ses mains empaumaient ses fesses diablement sexy.
- Rick... Tenta-t-elle de nouveau de manière bien moins convaincante entre deux gémissements de plaisir.
Doucement, il la fit basculer en arrière, la couchant sur le sol, elle l'accueillit fiévreusement, l'entourant de ses bras, plaquant son torse contre sa poitrine. Elle aimait le sentir contre elle et en elle. Ses mains s'agrippant dans son dos, ses jambes s'enroulant autour de sa taille, leurs souffles et leurs voix se mêlèrent et la jouissance les frappa en même temps.
- Ton feu est en train de s'éteindre, annonça-t-elle lorsqu'elle retrouva une respiration régulière.
- Ne t'en fais pas. Les braises sont bonnes, je vais vite le ranimer.
Il se leva, enfila son caleçon et sa chemise, puis s'approcha de la cheminée. Elle vint se blottir contre son dos.
- Je croyais que tu avais faim...
- C'est vrai, dit-elle en attrapant une tomate.
- Et voilà! Admire ce brasier!
- Tu es doué pour allumer des brasiers, sourit-elle.
Elle attrapa la bouteille de vin, prit deux verres et en servit un qu'elle lui tendit avant de se servir. Il s'installa sur la couverture, contre le canapé, elle enfila sa tunique et vint se blottir contre lui. Ils dînèrent tranquillement, dans cette position, savourant le bonheur d'être ensemble.
Elle déposa son assiette sur le sol, puis reposa la tête contre son épaule.
- Merci, dit-il en posant à son tour son assiette vide sur le sol.
- Pourquoi?
- Pour cette soirée, pour ce que tu as fait pour Alex, pour être toi, tout simplement.
- Tu n'as pas à me remercier, cette soirée me fait autant plaisir qu'à toi.
- Dans ce cas, profitons-en, sourit-il avant de l'embrasser.
*******************
Lorsque Rick se réveilla, le lendemain, la matinée était déjà bien entamée et la cabane semblait déserte. Il enfila rapidement ses vêtements et regarda autour de lui. La cafetière était pleine et allumée et des viennoiseries trônaient sur la table.
Un morceau de papier les accompagnait. Il le prit et le lut: " Je suis dehors. Viens me chercher quand tu sera réveillé."
Il enfila son manteau et sortit. Il n'eut aucun mal à la trouver, elle était assise sur un rocher, au bord de l'étang.
- Tu vas être en retard au poste, lui dit-il en venant se coller contre son dos.
Elle cala sa tête contre son épaule et sourit.
- J'ai prévenu le capitaine avant de partir, il ne nous attend pas avant demain. Mais j'ai promis de rentrer à New York dans la journée, afin d'être joignable.
- Tu es une sacrée cachotière!
- Il n'y a pas que toi, qui sait préparer les surprises, monsieur l'écrivain. Sourit-elle en lui prenant la main. Allez, viens, allons prendre ce petit déjeuner.
- Étant donné l'heure, ça va s'appeler un brunch!
- J'ai des œufs et du bacon dans ma glacière.
- Il va vraiment falloir que je t'épouse, toi!
- Ça fait déjà un moment que, pour moi, tu es mon mari.
- Dans ce cas... Dit-il en la prenant dans ses bras pour la porter jusqu'à la cabane. Madame Castle, allons prendre ce brunch!
**************
Ils rentrèrent au loft quelques heures plus tard, où ils furent accueillis par une Martha au faite de sa forme.
- Oh mes chéris! Vous voilà!
- Mère! On a l'impression que tu as une grande nouvelle à nous apprendre!
- Oh oui! Je vais faire votre journée!
- Tu as pensé à des arrangements pour les fleurs! Comprit l'écrivain.
- Je me suis creusé la tête, en essayant de reproduire ce qui fait l'essence de votre couple... Et ça donne... Le tunnel de l'amour, annonça-t-elle fièrement en enlevant la tenture qui recouvrait la photo de l'arrangement floral qu'elle avaichoisi.
Cette vision guimauvelesque de son mariage donna la nausée à Kate, qui agrippa le dos de la chemise de Rick.
- La mariée et le marié marchent vers l'autel sous une arche ornée de fleurs exotiques... Continua Martha sans remarquer les mines déconfites de son fils et de sa future belle fille. Ensuite, j'ai trouvé ça...
- Une photo géante...? S'étonna Rick.
- ... Entièrement faite de fleurs? Compléta Beckett.
- Oui, sauf que bien sûr, ce sera vous, précisa Martha. Réalisé méticuleusement par des artisans qualifiés.
- Juste...
- Mais attendez, il y a plus!
- Mère... Reprit Rick tandis que sa fiancée lui labourait le dos. J'apprécie ta passion et manifestement ta recherche appliquée... Mais... Euh... Je trouve ça un peu trop...
- Tu parles des dépenses?
- Euh... Je parle de... Tout..
- Richard, pourquoi rejettes-tu toutes mes idées pour votre cérémonie?
- Tu veux dire l'idée d'apporter une sculpture de glace géante de Nikki Hard ou celle d'engager la chorale des garçons de Vienne, à moins que ce ne soit celle d'avoir un Ange bleu volant au-dessus de nos tête?
- Richard, j'essaye juste d'apporter un peu d'apparat à votre mariage! Mais il semblerait que le seul rôle que tu veuilles que je joue soit celui d'invitée. Parfait! Je peux faire cela, assura Martha vexée avant de quitter la pièce
- Je lui ai juste demandé de regarder pour les fleurs et de rester simple, soupira Rick en se passant une main sur le visage. La connaissant, j'aurais dû m'y attendre!
- Elle veut faire bien, Castle... Répondit Kate. Elle veut faire partie de tout ça... Il faut qu'on trouve un rôle à sa mesure... Une espèce de... Projet-mariage...
- Oui, tu as raison... Mais pas quelque chose qu'elle puisse transformer en désastre complet!
- Finalement... J'ai peut être une idée...
- Ah oui?
- Oui, quelque chose qui serait tout à fait dans ses cordes!
Lorsque Kate eut fini ses explications, Rick resta admiratif.
- C'est une excellente idée! J'adore ça!
- C'est vrai?
- Évidemment! Tu es géniale!
- Alors, je peux en parler à ta mère?
- Elle va être aux anges!
Beckett l'embrassa rapidement et fila à l'étage rejoindre Martha, afin de lui soumettre son idée.
Le téléphone de Rick sonna à ce moment-là. Il aperçut le nom de son correspondant et s'en étonna.
- Hey! Capitaine! Vous avez confondu les numéros de téléphone, on dirait.
- ...
- Non? Eh bien, quel sérieux! Vous savez que vous parlez à Richard Castle, le rigolo qui est un peu trop souvent dans vos pattes?
- ...
- Oui, elle est ici. Elle a oublié de rallumer son téléphone? Vous voulez que je vous la passe?
- ...
- Oh...
- ...
- Oui... Je suis toujours là... Je... Suis un peu... Bouleversé... C'est tout...
- ...
- Vous savez que je ne pourrais pas l'empêcher de venir... Oui... Merci Capitaine...
Il monta à l'étage le cœur lourd à l'idée d'effacer le sourire de sa fiancée. La porte de la chambre de sa mère était entrouverte. Il pouvait entendre les rires de Kate et les éclats de voix surexcités de sa mère. Visiblement, le projet mariage plaisait à sa mère.
Kate l'aperçut et fronça les sourcils.
- Castle? Qu'est ce qu'il se passe?
- Le capitaine Montgomery vient de m'appeler.
- Qu'est ce qu'il y a? Tu as fait une bêtise?
- Oh, toi, tu as ta tête des mauvais jours, constata Martha.
- ...
- T'en fais pas, je vais lui parler, ça va s'arranger, ça ne peut pas être bien grave, sourit Kate en s'approchant de lui.
- Kate... Il s'est passé quelque chose...
Elle se figea, ses jambes tremblèrent légèrement.
- C'est Royce... Articula Rick difficilement. Il a été assassiné.
Elle encaissa sans rien dire et quitta la pièce. Rick la suivit après un regard à sa mère.
***********
Ils arrivèrent rapidement sur la scène de crime. Elle descendit de sa voiture, Rick ne la quittant pas d'une semelle. La vue du ruban jaune lui vrilla l'estomac.
- Où il est? Demanda-t-elle en apercevant le capitaine.
- Faites demi-tour Beckett et laissez-moi m'occuper de ça, répondit Montgomery.
- Monsieur, j'ai déjà vu des cadavres.
Il s'écarta et lui indiqua l'endroit d'un regard.
- Tu es sûre que c'est l'image que tu veux garder de lui?
- Castle, si c'était moi qui était allongée là, tu ferais demi-tour?
- ...
Évidement, il ne ferait pas demi tour, cela ne faisait aucun doute... Il frissonna à l'idée qu'un jour on puisse l'appeler pour lui annoncer son assassinat et réalisa que pour elle, il s'agissait de la deuxième fois.
- Je suis vraiment désolée, murmura Lanie devant le regard triste de Beckett. La détective détourna le regard un instant, inspira pour refouler ses larmes et rassembler son courage.
- Tu peux me dire ce qu'il s'est passé?
- On lui a tiré dans la cuisse... D'après la traînée de sang, il a rampé, donc, je suppose que la balle lui a brisé le fémur. Il a essayé de se cacher, mais... J'ai trouvé ça dans une de ses poches. Un billet d'avion. Il est arrivé de Los Angeles cet après-midi.
- Qu'est ce qu'il faisait à LA? Demanda Castle.
- Il est allé vivre là-bas après avoir perdu sa licence de chasseur de prime, sûrement pour essayer de prendre un nouveau départ, répondit Beckett le regard fixé sur le billet d'avion.
- Tu lui as parlé quand pour la dernière fois?
- ... Le soir où je l'ai arrêté... Lanie, est ce que je peux...?
- Oui, bien sûr, répondit la légiste en s'écartant pour rejoindre Castle.
Beckett s'agenouilla doucement près du corps de Royce et lui caressa doucement les cheveux en un au revoir silencieux. Elle se releva légèrement tremblante et s'éloigna.
- Euh... Kate! La rappela Lanie. Royce avait quelque chose d'autre dans sa poche... Une lettre à ton nom.
- Ça concerne l'enquête? Demanda Castle en l'accompagnant.
- Non...
Les gars les rejoignirent à ce moment là, ils avaient l'arme du crime. Une arme bon marché, sur laquelle on avait apparemment fixé un silencieux, ce qui avait permis au tueur de l'abattre en plein jour.
Le labo confirma l'utilisation d'un silencieux, mais celui-ci était loin d'être bon marché, ce qui signifiait que le tueur avait certainement suivi Royce depuis L.A., et qu'il avait voyagé avec le silencieux. Ils vérifièrent les identités de tous les passagers en provenance de L.A et finirent par trouver un passager qui avait utilisé le nom du personnage de De Niro dans Heat, Neal MacCauley. Le type était déjà reparti pour Los Angeles.
Devant le refus du capitaine de la laisser s'envoler pour Los Angeles sur une simple supposition, Beckett annonça qu'elle prenait des jours de congé lorsqu'il décida de confier l'affaire à quelqu'un d'autre.
Castle la suivit sans un mot, elle était tellement bouleversée qu'il savait que c'était inutile. Ils rentrèrent au loft et elle fila s'enfermer dans sa pièce sans un mot.
Il la suivit.
- Castle! S'il te plaît, c'était mon instructeur, et mon ami, j'ai vraiment besoin de me retrouver un peu seule... Pour l'instant.
Elle se tourna et vint se placer face à la fenêtre et ferma les yeux un instant. C'est alors qu'elle sentit son souffle dans son cou. Elle se tourna doucement et releva les yeux vers lui. Elle n'eut pas le courage de le repousser, elle était perdue et avait désespérément besoin de lui. Tendrement, il lui caressa la joue, puis s'empara de ses lèvres. Elle s'agrippa à lui et releva une jambe contre sa hanche.
Il caressa ses fesses et lui déboutonna le pantalon. Elle lui dévorait la bouche et ses mains s'activaient déjà pour dégrafer son pantalon. Tout était brusqué désormais, elle avait besoin de lui, pour se sentir en vie, pour lui faire oublier sa détresse. Il la souleva et la plaqua contre le mur.
- Fais-moi l'amour Rick... Supplia-t-elle.
Il s'unit à elle d'un mouvement de hanches et lui fit l'amour passionnément, jusqu'à l'épuisement.
Attention, ce chapitre comporte une scène réservée adultes avertis. ;)
Chapitre soixante-seize
Doucement, sans bruit, Beckett quitta le lit, puis la chambre, en veillant à ne pas réveiller son fiancé. Après une douche rapide, elle fila dans sa pièce et prépara un sac de voyage avant de redescendre à pas feutrés.
- Notre avion ne décolle que dans deux heures, on a le temps de prendre le petit déjeuner, fit une voix qu'elle ne connaissait que trop bien.
- Castle?! Qu'est ce que tu fais debout?
- Il est deux heures du matin, je sais, c'est bizarre.
- Castle, qu'est ce que tu cherches à faire?
- Eh bien le Studio me harcèle depuis plusieurs semaines, ils veulent que je passe sur le plateau du tournage de vague de chaleur. Imagine la surprise, quand j'ai vu que tu avais toi aussi pris un billet pour L.A.! D'ailleurs, j'ai pris la liberté de te surclasser, on voyagera côte à côte comme ça.
- Je ne peux pas t'impliquer dans ce que je m'apprête à faire.
- Je croyais que tu prenais des vacances.
- Castle. Que tu me suives comme mon ombre, quand nous sommes à New York, ce n'est plus un problème. Mais je ne suis pas un flic à L.A.! Je n'aurais pas la moindre autorité et aucun renfort!
- Je serai tes renforts. De plus, jouer au rebelle c'est une de mes spécialités.
- Contrairement à la subtilité? Je ne vais pas réussir à me débarrasser de toi, n'est ce pas?
- Pour le meilleur et pour le pire!
- D'accord, si on fait ça ensemble, tu dois me promettre que tu feras tout pour rester discret.
- Ça va de soi!
Après un rapide petit déjeuner et un long vol jusque L.A., ils prirent le chemin de leur hôtel à bord d'une magnifique décapotable rouge bien voyante.
- C'est ça que tu appelles rester discret? Grogna Beckett.
- À L.A., c'est la voiture la plus banale! Alors, où allons-nous d'abord?
- J'avais réservé une chambre d'hôtel sur Ventura Boulevard...
- C'est à une heure du centre ville! Ça ne va pas le faire, prenons plutôt le mien!
- Le tien? Je peux savoir quand tu as préparé tout ça?
- Au moment où tu préparais ta petite expédition, sourit-il. Et puis, je suis sûr que ton hôtel n'était pas aussi bien que la suite quatre étoiles que le Studio m'a réservée.
- Je te rappelle que je ne suis pas là pour les vacances.
- Moi non plus, mais ça n'empêche pas d'avoir quelques petits extras.
- Quelques extras?
- Ça donne envie, n'est ce pas? Allez, dépêchons-nous de boucler cette enquête.
Le concierge de l'hôtel les accueillit en grandes pompes et les amena à leur suite accompagné d'un garçon d'étage.
- Nous somme ravis de vous revoir, M. Castle. J'ai pris la liberté de vous préparer la suite selon vos goûts habituels.
- Merci...
- Et je vous ai réservé un massage en couple à dix-neuf heures, ajouta le concierge.
Beckett lui jeta un regard amusé.
- Il faudra bien qu'on se détende un peu, c'est une enquête difficile à de nombreux points de vue! Expliqua Rick avec un tel sérieux qu'elle ne pût s'empêcher de sourire. Ah! Rien que pour ça, ce massage est indispensable. Merci Maurice.
- Tu veux choisir notre chambre? Proposa Castle lorsque le personnel de l'hôtel fut parti.
- Nan, je veux commencer l'enquête.
- Déjà? Mais on n'a même pas encore commandé au room-service...
- Castle! J'suis pas la pour le room-service, j'suis là pour la justice! Dit-elle en quittant la suite.
- Waow! On vient tout juste d'arriver à Los Angeles et elle débite déjà des répliques de série B! ... Hou! Y a un truc dans l'air, jubila l'écrivain avant de la suivre.
Ils commencèrent par se rendre à l'adresse de Royce et s'étonnèrent de la taille de la propriété étant donné les petits problèmes financiers de l'ancien flic. Le propriétaire des lieux, qui hébergeait Royce depuis quelques temps, était en fait Gene Simmons, le mec bizarre des Kiss. Il leur expliqua que le nouveau boulot de Royce consistait à aider des gens qui avaient des problèmes et qu'il aidait une jeune actrice du nom de Violet Young.
Il passèrent ensuite sur le tournage de Vague de chaleur, où la jeune femme tournait une publicité. Ils y rencontrèrent les sosies de Ryan et Esposito, qui devaient jouer les rôles de Ootcha et Ryley, ce qui leur fit froid dans le dos.
Puis ils se rendirent chez Violet, qui ne s'était pas présentée au studio et qui n'était plus chez elle. Ils entrèrent par effraction, rassemblèrent tous les indices qu'ils pouvaient avant de se faire surprendre par la police de L.A. et le lieutenant Seeger.
Après une belle engueulade par téléphone de la part de Montgomery, ils quittèrent la maison de Violet.
- Montgomery pourrait vraiment te virer? Demanda Castle.
- Ouaip!
- Alors on rentre à New York?
- Oh que non!
Elle appela Ryan et lui demanda de retrouver Violet Young et Esposito lui envoya une photo du tueur qu'ils recherchaient, Russell Ganz. Les recherches de Castle les mena à l'homme sur qui Violet faisait des recherches.
Ils le rencontrèrent sur la plage et découvrirent avec lui que Violet l'avait piégé afin de voler tout un stock de balles expérimentales qui avaient le défaut de fondre. Ce qui était totalement inutile pour l'armée, mais d'un grand intérêt pour certaines personnes malintentionnées.
- Voilà le tableau, expliqua Castle de retour dans leur chambre d'hôtel. Une jeune actrice crédule, désireuse de se faire un nom, rencontre le cerveau de cette affaire dans un club. Il a besoin d'une jolie fille pour obtenir un code vocal. Il dit à Violet qu'il est un producteur, lui promet de la rendre célèbre, si elle l'aide à jouer un tour à un de ses amis...
- ... Et quand elle réalise qu'elle vient de commettre un crime, il est trop tard pour appeler les flics, alors elle contacte Royce, continua Beckett.
- Mais notre monsieur McCauley le découvre.
- Et Royce décide de changer les règles du jeu, il l'emmène à New York, pour jouer à domicile... Classique... C'est du Royce tout craché, sourit la détective.
- ...
- Si tu savais à quel point il m'impressionnait, quand je l'ai rencontré, confia-t-elle. J'étais littéralement suspendue à ses lèvres... Et ensuite, j'ai compris qu'il racontait n'importe quoi pour m'embrouiller... J'arrive pas à me faire à l'idée que je ne vais plus jamais le revoir...
- Tu sais ce que je me suis dit, quand je t'ai rencontré?
- Hmm?
- Que tu étais un mystère que je n'arriverai jamais à résoudre... Et même aujourd'hui, après tout ce temps passé avec toi... Je suis toujours aussi impressionné par ta force de caractère, ton courage... Et ton sex appeal.
Elle sourit.
-Tu n'es pas mal non plus Castle...
- Ah oui? Je me disais bien que je te faisais un peu d'effet...
- Tu sais ce que je me suis dit, quand je t'ai rencontré?
- Hmm?
- Que tu étais dangereux.
- Dangereux? Pas marrant ou incroyablement sexy?
- Non. Dangereux. Et je te détestais!
- Pourquoi? Je sais que je suis doué pour me mettre dans les ennuis, mais ça ne se lit quand même pas sur mon visage! Et puis de là à me détester!
- Tu t'es imposé dans ma vie! Tu as utilisé ton amitié avec le maire pour participer à mon enquête!
- Pourquoi tant de haine?
- Je te l'ai dit, tu étais dangereux. Dangereux pour moi!
Il se contenta de hausser les sourcils en attente d'explications.
- Quand ma mère est morte... Avoua-t-elle. ... J'ai vécu des moments très difficiles, mon monde s'est effondré et une partie de moi est morte avec elle. Petit à petit, j'ai remonté la pente... Royce m'y a aidée. Mais j'avais peur. J'avais peur de connaître à nouveau cette douleur. Alors, j'ai construit comme un mur autour de moi, je ne laissais personne le franchir. J'ai bien sûr eu des petits amis, mais en gardant toujours un pied en dehors... Et ça me convenait parfaitement. D'ailleurs, quand Sorenson m'a quittée pour entrer au FBI, j'ai eu la confirmation que je ne devais plus m'investir émotionnellement.
- Sorenson... Je n'aime pas trop ce type, finalement!
Elle rit devant son air grognon, il était tellement craquant.
- Toujours est-il, continua-t-elle, que quand je t'ai rencontré, j'avais trouvé un équilibre et j'étais heureuse, enfin j'en étais persuadée.
- Et en quoi étais-je dangereux pour toi, si tu me détestais? À moins que... Oh!
- Oui. Pathétique, hein?
- Je ne vois pas en quoi le fait d'être attirée par un charmant écrivain est pathétique! Après tout, je suis plutôt beau gosse!
- En tout cas, tu me faisais peur, parce que je savais que tu parviendrais à briser ma carapace et que je risquerai de souffrir si je te perdais... Avoua-t-elle en baissant les yeux.
Il prit son visage en coupe et l'embrassa tendrement.
- Tu ne me perdras pas.
- Tu n'en sais rien!
- Alors dis-toi que la peur que tu ressens à l'idée de me perdre, je la ressens à l'idée de te perdre. Et je te fais remarquer que de nous deux, celui qui a le métier le plus dangereux, c'est toi!
- Tu me suis partout!
- Mhm! Touché! Alors qu'est ce qu'on fait? On passe le temps qui nous est accordé à trembler?
- Mhm, j'aime quand tu me fais trembler...
- Tes désirs sont des ordres, répondit-il en l'attirant à lui pour un autre baiser beaucoup moins sage.
Elle glissa ses mains sous sa chemise et l'aida à la retirer. Il l'aida ensuite à retirer la sienne. Elle le fit basculer sur le dos et vint s'installer sur lui à califourchon, approchant ses mains de son pantalon, dont elle défit les boutons. Lentement, elle le fit descendre le long de ses jambes sans le lâcher des yeux. Déjà son caleçon était déformé par une belle bosse pleine de promesses.
Elle le désirait tellement, elle ne se lassait jamais. Elle le voulait toujours, à chaque instant. Un simple contact la faisait frissonner. Il sourit, d'un simple regard, elle était capable de le mettre dans un tel état d'excitation... Elle l'admira, mais ne le toucha pas, se contentant de l'effeuiller. Elle revint se blottir contre lui lorsque tous leurs vêtements furent au sol. Il l'encercla de ses bras, tandis qu'elle collait son bassin contre le sien, puis vint s'emparer de ses lèvres pour un baiser langoureux.
Ce fut elle qui s'unit à lui et mena la danse. Lentement d'abord, sans le lâcher du regard, la bouche entrouverte, elle se soulevait et se laissait redescendre sur lui. Un léger sourire se dessina sur ses lèvres, lorsque son amant posa ses mains sur ses fesses et les malaxa dans un signe d'impatience. Mais elle refusa d'accélérer, elle voulait que ça soit doux, elle voulait qu'il soit tendre... Il se laissa faire, docile, la dévorant du regard, heureux de voir ses joues rosir sous la passion et la chaleur.
Ce fut avec lenteur et douceur, qu'elle les amena à la jouissance, mais ce fut une jouissance puissante qui déferla sur eux.
Elle se meula contre lui, tremblante et déstabilisée. Il la serra contre lui et peu à peu la sentit se détendre.
- Je t'aime Castle, murmura-t-elle dans un souffle.
Il embrassa ses cheveux et la serra un peu plus contre lui.
Chapitre soixante dix-sept
Rick fut réveillé le lendemain matin par une délicieuse odeur de café, il s'étira lentement, jeta un regard à sa montre et soupira.
Il se décida à se lever au bout de quelques minutes et rejoignit le salon où il trouva sa fiancée en train de remplir un tableau blanc.
- Hé bien! Tu es tombée du lit ou quoi? Dit-il d'un ton endormi.
- Hey! Lança-t-elle tout sourire. Il y a du café et des viennoiseries. Il n'y a pas de guimauvelette, mais il y a quand même des œufs et du bacon.
- C'est parfait. Tu ne m'as pas répondu, tu t'es levée tôt?
- Non... Pas trop, répondit-elle évasive.
- Tu n'as pas dormi, hein?
- Pas vraiment... Mais je ne me suis pas levée tout de suite! Je suis restée couchée pendant presque toute la nuit!
Il éclata de rire à l'idée de tous les efforts qu'elle faisait pour ne pas l'inquiéter à son sujet.
- Où est-ce que tu as déniché ce murder board?
- J'ai appelé le concierge et dix minutes après … voilà!
- Ah, Maurice est incroyable, n'est ce pas? Je parie que si je lui demandais, il m'apporterait l'arche d'alliance.
- Tu n'aurais pas peur de l'ouvrir?
- Non. Elle n'est mortelle que pour les Nazis! C'est le plan de la Kelvin North America?
- Ouais, j'essaye de comprendre comment ils ont fait le casse. Kelvin a dit que la dernière fois qu'il y était allé, c'était à 11h40 mardi soir.
- Bien, ça doit être le moment où les voleurs se sont emparés des munitions hi-tech.
- Huit cents kilos environ. Et ils ont dû le transporter hors de l'entrepôt.
- Et le gardien de parking. Je me souviens l'avoir vu quand nous y sommes allés. Il est impossible qu'ils soient passés devant lui sans une aide de l'intérieur!
- Je suis d'accord. Alors j'ai appelé l'agence de sécurité et ils ont dit que le seul gardien de surveillance cette nuit là était un type nommé Reggie Walsh.
- Oh! Ça sent le complot! Répliqua l'écrivain.
- Il a demandé à être affecté ailleurs le lendemain.
On frappa à la porte.
- Tu attends quelqu'un? Demanda Beckett.
- Non.
Il se dirigea vers la porte.
- Hey, attends, attends, attends!
Elle fit rouler le tableau dans la chambre la plus proche, ferma la porte et fila s'installer sur le canapé du salon un verre à la main. Rick ouvrit la porte lorsqu'elle lui fit signe.
Le lieutenant Kyle SEEGER apparut.
- Détective Seeger, lança l'écrivain.
- M. Castle.
- Mais je vous en prie, entrez.
- Wow. Jolie suite! Ça vaut le coup de voyager avec un auteur de bestseller, Hmm?
Castle grimaça, mais Kate le calma d'un regard. Il aperçut la photo de RUSSELL GANZ sur le sol. Kate avait dû la faire tomber dans sa précipitation pour cacher son tableau blanc.
- Seeger, si vous êtes ici pour nous conduire à l'aéroport, on n'a pas fini nos bagages, dit Kate en le regardant droit dans les yeux.
- Je suis ici parce qu'un rapport est arrivé sur mon bureau, à propos d'un casse à la Kelvin North America.
Castle poussa discrètement du pied la photo de Ganz derrière le canapé.
- Vos noms se trouvaient un peu partout dans ce rapport, continua Seeger. Alors, dites-moi, qu'est ce qu'un vol de munitions hi-tech a à voir avec votre enquête pour meurtre?
- Nous n'enquêtons plus sur un meurtre, vous vous souvenez? Répondit Beckett. On nous a retiré l'affaire.
- On va vraiment jouer à ça? Demanda Seeger.
- Écoutez, on ne sait rien de plus que vous sur cette affaire, rétorqua Beckett en se levant pour se diriger vers la porte et l'ouvrir dans une invitation explicite à quitter la pièce.
- Mais si on apprend quelque chose sur le chemin de l'aéroport, on ne manquera pas de vous le faire savoir, ajouta Castle.
- Faites donc ça, grommela Seeger en quittant la pièce. Détective.
- Au revoir.
- Tu es sûre que ce soit une bonne idée de ne rien lui dire? Demanda l'écrivain. Il pourrait nous être utile.
- Castle, la seule chose qui intéresse Seeger, c'est le cambriolage, pas le meurtre de Royce. Ce qu'on a à faire, c'est interroger le gardien Reggie Walsh.
- Oui, mais comment? Tu n'es pas un flic ici, tu te souviens?
- Reggie n'a pas besoin de le savoir, répliqua-t-elle.
- Ooh.
Avec l'aide de l'équipe de tournage de Vague de chaleur, ils interrogèrent le gardien, qui avoua avoir été payé pour aller fumer une cigarette à minuit et que s'il l'avait accepté c'était parce qu'il n'avait pas eu le choix. Il confirma également l'identité de Ganz et de son complice.
Ils retrouvèrent bientôt la trace de Ganz avec l'aide précieuse de Maurice, le concierge.
Ganz se trouvait au bord de la piscine de l'hôtel Eastway. Apparemment, il aimait mener ses affaires entouré de jolies femmes.
- d'accord, alors si Ganz fait des affaires près de la piscine, il essaye certainement de trouver un acheteur pour ces balles. Si j'arrive à le relier à ces balles, je prouverai qu'il a tué Royce.
- Ça me paraît être le bon moment pour appeler Seeger, tu ne crois pas? Suggéra Castle.
- Je crois que j'ai une meilleure idée...
Elle lui exposa son idée sur le chemin qui les menait à la piscine de l'hôtel Eastway.
- Je vais finir par croire que ma mère a une drôle d'influence sur toi, remarqua-t-il.
- Elle se serait sûrement beaucoup amusée sur cette affaire, mais nous n'aurions pas été suffisamment discrets.
- D'ailleurs, tu as vu? Je suis super discret!
- MhmmMhmm! Je t'offrirai une glace tout à l'heure.
- À la vanille?
- Je pensais à un glaçon, mais si tu préfère à la vanille... Sourit-elle en s'éloignant. Va prendre un cocktail au bar.
- Laisse-moi une minute, il faut que je me calme...
Rick s'installa au bar près de la piscine. Il sirotait tranquillement un cocktail fruité, lorsqu'une sirène à la silhouette qu'il connaissait bien sortit de l'eau à la manière d'une James Bond girl. Il fut tellement surpris qu'il en recracha un peu de son cocktail. Nombre des regards alentours étaient attirés par le show que donnait Beckett en sortant de l'eau. Ganz mordit à l'hameçon. Qui pourrait le lui reprocher, la façon dont elle nouait son paréo autour de ses hanches avait suffit à faire monter la température d'un où deux degrés.
Pendant que Ganz discutait avec elle, Castle alla fouiner dans les affaires du malfrat. Beckett le remarqua et grilla sa couverture pour retenir Ganz qui s'apprêtait à retourner à sa table.
- Bon sang Castle, marmonna-t-elle furieuse.
Elle le retrouva derrière un gros buisson et le frappa sur le bras.
- Ow!
- J'essayais de l'empêcher de te surprendre, alors j'ai été un peu trop empressée et il m'a... Il a dit que j'étais une débutante, Castle! Mais qu'est ce que tu fichais?
- J'ai vu son téléphone dans la tente. J'ai pensé que ça valait le coup!
- Tu as pris son téléphone?
- Non! Non! J'ai pris une photo de la liste de ses derniers appels.
- Quoi?! Fais voir!
- Ne me frappe pas.
Elle se jeta sur lui et lui donna un baiser enfiévré avant de lui prendre son téléphone des mains.
- ... Wah...
- Ça va Castle?
- Comment tu arrives à me donner un tel baiser et à retourner à ta concentration comme si de rien était?
- ... Bon... Allons-y!
- Appeler Seeger?
Elle le regarda sans un mot, semblant réfléchir, puis acquiesça.
De retour à leur hôtel, ils appelèrent Seeger, qui bien que n'appréciant pas du tout le fait qu'ils aient joué les justiciers en solo, accepta finalement leur aide pour la boucler.
Ils localisèrent le portable du complice de Ganz à New York et furent étonnés d'entendre Esposito leur répondre quand ils l'appelèrent. Ce dernier se montra suffisamment convaincant pour que le complice de Ganz leur donne l'heure et le lieu de rendez-vous pour la vente des munitions.
Ils arrêtèrent les malfrats au lieu dit, mais Ganz manquait à l'appel. Beckett le repéra parmi les badauds et se mît en chasse. S'en suivit une course poursuite effrénée, qui se solda par une balle dans la cuisse pour Ganz sous un ponton.
Beckett s'approcha de lui, l'arme au poing et le regard déterminé.
- Je savais que vous étiez un flic, grimaça Ganz.
- Je suis le détective Kate Beckett de la police de New York. Michael Royce était mon ami. Vous l'avez abattu et vous l'avez laissé dans une allée comme un vulgaire détritus.
- Il a dit que l'enfer allait s'abattre sur moi. Je n'aurais jamais pu imaginer que l'enfer puisse avoir un tel visage.
Elle posa son doigt sur la gâchette, bouillonnant de rage. Ça serait tellement facile de lui mettre une balle dans la tête et d'en finir avec lui tout comme il l'avait fait avec Royce. Un sourire se dessina sur ses lèvres lorsqu'elle prit sa décision.
- Kate! Cria la voix de Rick.
Doucement, elle baissa son arme.
-Russell Ganz, vous êtes en état d'arrestation pour le meurtre de Michael Royce, annonça-t-elle avant de lui jeter un dernier regard alors que les hommes de Seeger arrivaient auprès d'eux.
Elle se détourna et rejoignit Castle pour se blottir dans ses bras.
- Ça va? Demanda-t-il.
- Ouais...
Dans un geste protecteur, il l'entoura de ses bras. Elle était tremblante et son cœur battait la chamade.
- C'est fini, chuchota-t-il.
- Oui... C'est fini.
Sa respiration se calma légèrement, il sentit sa chemise devenir humide et lui caressa doucement le dos silencieusement.
- Castle...
- Oui?
- Promets-moi...
- Quoi donc?
- Promets, c'est tout...
- Ok. Je te promets tout ce que tu veux.
- Merci.
Elle s'éloigna légèrement de lui et lui prit la main pour l'entraîner loin de tout ça.
- Rentrons.
- Tu ne dois pas faire ta déposition à Seeger?
- Il sait où est notre hôtel... Il n'aura qu'à y passer, je suis fatiguée.
- C'est vrai que tu es toute pâle! Tu es sûre que ça va?
- Oui... Enfin... Je crois...
- Hé! Oh! Reste avec moi! Kate!
Il ne put que la rattraper et l'allonger sur le sable. Elle s'était évanouie.
- Kate! Hé! Kate! Hé! Envoyez-moi le médecin! Ganz peut bien attendre! Cria-t-il.
Le médecin arriva rapidement.
- Qu'est ce qu'il s'est passé? Demanda celui-ci en commençant à l'ausculter.
- Je ne sais pas! Elle est devenue toute pâle et a fait un malaise.
- Elle est suivie pour une maladie?
- Non! Non! Elle est en parfaite santé!
- Il s'est passé quelque chose de particulier ces derniers temps?
- L'homme blessé que la police vient d'arrêter... Il a tué un de ses amis il y a deux jours.
- C'est sans doute une chute de tension, la pression qui se relâche...
Beckett grogna en revenant à elle. Castle soupira soulagé.
- Castle?...
- Ne bougez pas, vous venez de faire un malaise... Conseilla le médecin. Votre tension remonte doucement.
- Arrête de bouger, râla Castle en l'empêchant de se relever.
- Mais je vais bien!
- Excuse-moi, mais tu viens de faire un malaise! Donc non, tu ne vas pas super bien. Et puis laisse faire le doc!
Elle cessa de se débattre de mauvaise grâce et regarda le médecin d'un air mécontent.
- Ça n'a pas l'air bien méchant, sourit-il. Vous allez rester calme un petit moment et vous pourrez rentrer chez vous.
- Ok, souffla-t-elle.
- Mais si ce genre de malaise se reproduit, vous devrez consulter un médecin.
- D'accord.
- Nous prendrons rendez-vous dès demain, dit l'écrivain.
- Castle! C'est uniquement en cas de récidive! Gronda-t-elle.
- Elle va mieux! Constata-t-il, ce qui fit sourire le médecin.
- Essayez de vous asseoir, et si ça va, dans cinq minutes, vous pourrez vous lever et si ça va toujours à ce moment-là, et bien vous pourrez rentrer. Je vais terminer les soins du blessé, appelez-moi si ça ne va pas.
- D'accord. Merci docteur! Répondirent-ils en chœur.
Après un instant de silence, Castle reprit la parole.
- Ça va?
- Oui, ça va... Désolée de t'avoir effrayé.
- Bah... Il y a eu plus de peur que de mal. Et puis, comme l'a dit le doc, tu as relâché la pression... Tu as eu ta dose d'émotions ces derniers jours, tu as perdu ton rock, celui qui t'a aidé à surmonter la mort de ta mère...
- Non... J'ai perdu un ami très cher, mais mon rock est toujours là, sourit-elle en lui caressant la joue.
- Je suis devenu ton rock?
- Tu es mon rock depuis la mort de ma mère.
- Tu ne me connaissais pas à l'époque!
- J'avais tes livres... C'est grâce à eux, si j'ai su surmonter la perte de ma mère.
- Sérieusement?
- Absolument! Allez, viens, rentrons.
- Attends... Tu étais prête à aller jusqu'où? Avec Ganz?
- Il y a trois ans, je pense que j'aurais pu le tuer...
Chapitre soixante-dix-huit
Il faisait déjà grand jour quand Kate se réveilla. Une délicieuse odeur de café lui chatouilla les narines. Elle se tourna paresseusement dans le lit et ouvrit les yeux, Rick était déjà levé. Elle entendit sa voix depuis le salon, apparemment, il était au téléphone. Elle s'assit doucement sur le lit et après s'être assurée qu'aucun malaise ne risquait de lui tomber dessus, elle se leva pour le rejoindre. Elle l'aperçut debout près du canapé, seulement vêtu d'une serviette autour de la taille. Elle rougit des pensées érotiques qui l'assaillirent à cette simple vision.
- Non, ne t'inquiète pas... Dit Rick à son interlocuteur.
- ...
- Elle dort encore. Toute cette histoire l'a chamboulée.
- ...
- Nous allons rester ici quelques jours, je pense...
- ...
- Je n'y manquerai pas. À plus tard.
Il raccrocha et se tourna vers elle.
- Hey! Voilà ma marmotte préférée! Bien dormi?
- Désolée...
- De quoi? Ça m'arrive souvent de dormir jusqu'à midi.Comment te sens-tu?
- Bien.
- Tu as faim?
- Je meurs de faim!
- Parfait, viens par ici, on a du pain et du café, je vais appeler le room service pour compléter le brunch. Des envies particulières? À part un énorme plateau de fruits?
- Non, c'est parfait, sourit-elle en s'installant sur la chaise qu'il venait de tirer pour elle.
Maurice arriva peu après avec la commande de Castle. Kate piocha dans le plateau avec gourmandise.
- Alors comme ça, tu as l'intention de rester ici quelques jours? Demanda-t-elle.
- Autant profiter de tes vacances, non? Répondit-il en lui tendant une tartine beurrée.
- Je pensais en profiter autrement...
- Sérieusement? Demanda-t-il devant son air mutin.
- Pourquoi pas? J'ai déjà mes congés.
- Tu n'es pas trop fatiguée? Et ton malaise...
- Pas de malaise ce matin et cette très longue nuit de sommeil m'a requinquée.
- D'accord, mais profitons de l'hôtel encore aujourd'hui, on partira demain.
- Alors profitons de cette journée à L.A.
Une fois leur déjeuner avalé, ils se préparèrent pour sortir. Kate opta pour une robe légère et confortable, tandis que Castle choisit un pantacourt et chemise hawaïenne.
- Alors comment me trouves-tu?
- Mhmm, le look Magnum te va plutôt bien...
- Je suis mieux que Magnum, non?
- Oui, je ne suis pas fan de la moustache.
Ils se promenèrent sur la plage en se tenant par la taille. Il lui racontait des anecdotes sur les lieux qu'il connaissait bien et même sur d'autres qu'il découvrait. Elle l'écoutait en silence, elle adorait l'entendre raconter des histoires. Elle n'était pas dupe, elle savait très bien que dans la plupart de ses récits épiques, il n'y avait rien de vrai, ou presque, mais elle le laissait faire, savourant l'instant présent.
Il se montrait attentif au moindre signe de fatigue de sa fiancée, persuadé qu'elle préférerait souffrir en silence plutôt que de mettre fin à cette balade.
Ils s'installèrent à la terrasse d'un café et commandèrent une énorme glace nappée de chocolat fondu et de chantilly qu'ils dégustèrent ensemble.
Il attrapa sa main, lui caressant doucement les doigts.
- Tu es sûre de toi?
- Je n'ai jamais été aussi sûre de quelque chose.
- Alors lançons la machine! Dit-il en prenant son téléphone. Allo, Mère?
- ...
- Oui, oui, nous allons bien... Prépare la lessive, je répète, prépare la lessive.
- ...
- Non, mais tu exagères! C'est le code!
- ...
- Non! C'est une opération secrète, il faut un code!
- ...
- Si c'est utile! Oh et puis je ne te demande pas de critiquer mon code! Je te demande d'exécuter l'opération qui lui correspond!
- ...
- Lorsque le coucou chantera dans le nid de la cigogne.
- ...
- Non, mais tu le fais exprès ou quoi? On avait pourtant tout mis au point l'autre jour.
- ...
- Si tu avais noté la signification des codes secrets, ils n'auraient plus rien eu de secret!
Kate éclata de rire.
- ...
- Non, ça c'était lorsque l'aigle repère sa proie...
- ...
- Le coucou! Pas la pie!
- ...
- Oh! Après-demain! Le code voulait dire après-demain! Si jamais notre couverture est grillée, ça sera de ta faute! Bon, alors, tu penses que tu seras prête?
- ...
- Quand le coucou chantera dans le nid de la cigogne.
- ...
- Après-demain! Non, mais... Ça ira? Parfait! Tu es la meilleure, enfin quand tu ne t'emmêles pas avec les codes...
- ...
- Non mes codes ne sont pas stupides!
- ...
- C'est là tout l'intérêt du code, on ne doit pas deviner ce qu'ils signifient!
- ...
- Oui, moi aussi, à bientôt, mère.
Il raccrocha et leva les yeux vers Kate qui était pliée en deux tellement elle riait.
- Ah, bah au moins ça te fait rire
- Tu ne voudrais pas que j'en pleure
- J'avais passé une heure avec ma mère pour établir ces codes!
- Quelle idée aussi! Tu as l'art de tout compliquer
- Je ne complique rien du tout! Une opération secrète doit rester secrète
- Si tu le dis... Et si on rentrait?
- Tu es fatiguée?
- Non, mais j'ai bien envie d'un massage en couple et d'une petite séance dans le Jacuzzi.
- Mhmm, allons-y, alors!
****************
- Je peux savoir ce qu'il se passe? Grogna Esposito en arrivant dans la salle de conférence du 12ème Prescinct.
- Je n'en sais pas plus que toi, répondit Ryan.
- Tu crois que Beckett a merdé? Que le capitaine veut nous taper sur les doigts parce qu'on l'a aidée?
- S'il avait dû le faire, il l'aurait fait il y a deux jours... Enfin... Je crois...
- Ouais, mais Beckett n'est toujours pas rentrée... Ça sent pas bon.
- Messieurs! Lança Montgomery en arrivant dans la salle de conférence.
- Capitaine! Répondirent les gars d'une même voix.
- Nous partons pour une opération sous couverture.
- Une mission?
- Oui, classée top secret, ne me demandez pas de quoi il s'agit, je ne suis pas autorisé à vous révéler quoi que ce soit.
- C'est Castle qui va être déçu, siffla Ryan.
- Vous trouverez ici vos tenues, vous aurez dix minutes pour les enfiler. Ensuite, vous devrez aller chercher les témoins de notre affaire et vous les escorterez jusqu'à cette adresse. Des questions?
- Il s'agit de témoins sous protection?
- Oui, c'est tout à fait ça.
- En tout cas, pour une fois le département ne s'est pas fichu de nous, tu as vu ces costards? Lança Esposito à son collègue.
- Ouais, mais c'est moi le plus classe dans un costard cravate, sourit l'irlandais.
- Dans tes rêves, vieux!
******************
Esposito arriva à l'adresse indiquée peu après. Il frappa à la porte de l'appartement qui s'ouvrit peu après.
- Lanie?
- Ah! Mon chauffeur est arrivé, sourit la métisse. Wah! Ce costume te va à ravir!
- Pas autant que cette robe sur toi, on croirait que tu vas à un mariage. C'est toi le témoin?
- Évidemment! Elle me l'a demandé il y a des semaines déjà!
- Elle? Des semaines? Mais de quoi est ce que tu parles?
- De Kate et du mariage évidemment! Excuse-moi mon chéri, mais il y a des fois où tu es vraiment lent à la détente!
- Le mariage? Tu veux dire que...
- Évidemment! Tu croyais que c'était le département qui t'avait fourni ce costume? C'est de la super qualité!
- Qu'est ce que c'est que ce délire?!
- Un mariage sous couverture. Pour éviter les paparazzi! C'est super romantique!
- C'est surtout un grand délire typique de Castle! Et Beckett s'est laissée embarquer là dedans?
- Il paraît que c'est son idée!
- C'est pas vrai, elle va devenir plus Castle que Castle à cette allure!
- Elle est heureuse, c'est l'essentiel, non?
- Bien sûr...
- Allez viens mon escorte personnelle, si j'arrive en retard, Beckett va nous tuer!
Chapitre soixante-dix-neuf
Ryan arriva à l'adresse indiquée par le capitaine. Après avoir vérifié avec minutie que personne ne le surveillait, il frappa trois coups à la porte comme convenu.
- Alexis? Euh... J'ai dû me tromper d'adresse...
- Non, non! C'est bien ici! Je suis le témoin que vous devez escorter.
- Tu es le témoin? ... Qu'est ce que c'est que cette histoire?
- On n'est pas forcément témoin pour une affaire criminelle!
- Tu veux dire...?
- Hé oui, le mariage, c'est pour aujourd'hui, dépêchons-nous!
- Un mariage sous couverture... On aura tout vu...
- Dépêchons-nous, lieutenant Ryan. Mon père était si nerveux ce matin qu'il a mis un temps fou à retrouver son nœud papillon et pour cause, il l'avait rangé dans le réfrigérateur.
***********
- Papa, mais qu'est ce que tu fais?
- Il faut que je passe un coup de fil...
- Un coup de fil? Mais on est dans la voiture, je dois être à l'église dans moins de vingt minutes! Tu crois vraiment que c'est le moment? Et puis qu'est ce que c'est que ces fiches?
- Le script.
- Le script? Qu'est ce que c'est que cette histoire?
- Demande ça à ta belle-mère... Alors voyons... Allo? Martha?
- ...
- Oui... Euh... Le lapin est dans le panier... Je répète... Le lapin est dans le panier...
Kate roula des yeux, tandis que son père raccrochait son téléphone et indiquait au chauffeur de démarrer d'un air perplexe.
- Pose pas de question, marmonna-t-elle.
- Drôle de choix de voiture pour un mariage...
- On ne voulait pas se faire remarquer...
- Donc vous avez choisi des taxis aux vitres teintées.
- Il n'y a quasiment que ça dans les rues de New York, c'est super discret. Et c'est mieux que les SUV noirs du FBI, répondit-elle en souriant. Si j'avais écouté Castle, nous serions dans une sorte de Batmobile!
- En tout cas, Richard te rend heureuse, c'est tout ce qui compte pour moi.
- Merci papa.
Machinalement, elle attrapa la bague de sa mère et la caressa du bout des doigts.
- Ta mère serait heureuse pour toi.
- J'aimerais qu'elle soit là...
- Elle est là... À chaque fois qu'on pense à elle, elle est parmi nous.
Kate prit la main de son père et la serra, il lui sourit tendrement.
**************
Castle regardait sa montre nerveusement, les invités arrivaient peu à peu, le timing était respecté. Chacun avait un horaire bien précis, si trop de monde arrivait en même temps, cela aurait pu éveiller les soupçons.
- Monsieur Castle! Lança Ashley en arrivant près de lui.
- Oui?
- Nous avons des invités surprise.
- Des invités surprise?
- Oui, il semble qu'ils aient été ajoutés en dernière minute.
- Ils ont un code?
- Oui... Euh... J'aime la carotte, Caskett, Cheeseburger, Apple Apple et Bunny.
- Ah... Ce sont des pass VIP, laisse-les entrer.
- Oui monsieur.
- Richard!
- Mot de passe?
- Mais enfin, Richard, je suis ta mère!
- Tu peux être un paparazzi qui a pris l'apparence de ma mère... Alors, j'attends.
- Le lave linge est prêt à tourner...
- Désolé, mais ce n'est pas ça.
- Oh! Richard! Tu m'ennuies avec tes codes à la noix.
- Mes codes sont très bien! Et j'attends toujours le mot de passe!
- Papa! Grand-mère est arrivée?
- Son arrivée n'est toujours pas confirmée!
- Oh Alexis, il m'exaspère, s'il te plaît rappelle-moi le mot de passe!
- Le linge est dans le sèche-linge!
- Hé! On ne dévoile pas un code secret!
- Papa, c'est grand-mère!
- Ça on n'en sera jamais certain.
- En tout cas, j'ai besoin d'elle pour coordonner l'arrivée de la future madame Castle, donc je ferai avec!
- Toute leur formation undercover est à refaire, ma parole.
- Alors Castle, pas trop nerveux? Demanda la voix du capitaine Montgomery derrière lui.
- Capitaine! Ça va, je gère, mais je me demande comment vous faites pour superviser sereinement les missions Undercover, parce que franchement ce n'est pas une sinécure.
Montgomery pouffa et dire que Beckett allait épouser ce gamin de neuf ans!
- Castle, c'est un diamant pur que vous allez épouser, prenez soin d'elle et faites en sorte qu'elle continue de sourire comme ça tous les jours.
- Je m'y emploierai en tout cas. Merci Roy.
- De quoi?
- De m'avoir permis de la suivre, je sais bien que vous auriez pu me virer si vous l'aviez vraiment voulu.
- Grâce à vous, Beckett est un peu plus raisonnable et prudente, alors ce petit accord finalement c'est gagnant gagnant.
- Papa! Jim a envoyé un code à grand-mère, mais elle ne sait plus si ça veut dire qu'ils sont retardés par des embouteillages ou si ça signifie qu'ils arrivent maintenant.
- Quel était le message?
- Les carottes sont cuites.
- Oh bon sang! Ils sont là! Tout le monde à sa place!
- Tu me diras un jour pourquoi tu as choisi ces codes?
- Tu plaisantes? Beckett me tuerait!
- Je me disais aussi...
Chacun reprit la place qui lui était assignée, la musique démarra et tous les regards se tournèrent vers le début de l'allée centrale. Martha conduisit son fils près de l'autel, Alexis remonta l'allée derrière eux. Après un dernier baiser aux rouquines de sa vie, Rick tourna son regard pour voir arriver Lanie qui souriait.
- Elle est magnifique, lui chuchota-t-elle en passant près de lui.
Et c'est alors qu'elle fit son entrée. Merveilleuse, comme toujours, divine même. Elle jeta un regard légèrement angoissé à l'assistance, inspira et resserra son étreinte autour du bras de son père, qui lui glissa quelques mots à l'oreille. Son sourire s'agrandit. Il ne saurait sans doute jamais ce que Jim lui avait dit, sans doute quelques mots que seul un père sait trouver pour rassurer sa petite fille.
Elle prit une grande inspiration et commença à avancer. Autour d'elle, uniquement des regards amicaux et bienveillants. Son amie Maddison leva le pouce en souriant, quelques personnes qu'elle ne connaissait pas la prirent en photo en sautillant frénétiquement. Des fans sans doute. Le capitaine Montgomery lui souriait d'un air bienveillant, sa tante lui fit signe de relever la tête. Ryan et Jenny étaient émus aux larmes, tandis que Javier se moquait gentiment d'eux.
Et puis son regard fut happé par un regard océan dont elle était devenue dépendante. Son stress s'envola, plus rien ne pouvait la perturber, il était là.
Jim s'arrêta devant Rick et lui tendit la main de sa fille en lui demandant de prendre soin d'elle. Always fut la réponse de Rick.
Lanie, Martha et Alexis vinrent l'étreindre rapidement et le prêtre commença la cérémonie.
Rick et Kate ne se quittaient pas du regard, nul doute qu'ils n'entendirent pas grand chose des paroles du prêtre, qui dût d'ailleurs leur répéter les questions plusieurs fois tant ils étaient distraits. D'ailleurs, il n'eut même pas le temps de prononcer le fameux " vous pouvez embrasser la mariée" puisque celle-ci s'était déjà jetée sur les lèvres de son époux. Il se contenta donc d'un " Oh... Bah c'est déjà fait... Alors... Euh vous pouvez continuer."
Les invités applaudirent chaleureusement les nouveaux mariés, puis Martha reprit la parole.
- Mes chers amis, il est temps maintenant de lancer l'opération " De la Terre du Milieu au Mordor"... Oh bon sang je n'aurais jamais cru dire ça au mariage de mon fils. Bref... Que chacun rejoigne sa "communauté" pendant que les mariés embarqueront à bord du Faucon Millenium.
- Mais ça c'est dans Star Wars, fit remarquer Esposito.
- Cherche pas à comprendre, c'est un délire du marié, expliqua Lanie à son cavalier.
Chapitre quatre-vingts
La salle prévue pour la réception était joliment décorée mais sans chichis ni fanfreluches.
- Woaw! Mais c'est... Fit Lanie en arrivant dans la salle préparée pour la réception.
- ... C'est ici que Beckett est venue chercher Castle pour l'emmener au poste, continua Esposito.
- Alors c'est le lieu de leur première rencontre? Demanda Jenny. Comme c'est romantique.
- Oui. Je me souviens parfaitement de cette soirée-là, sourit Ryan, elle était super énervée quand elle est sortie de la salle d'interrogatoire.
- On la taquinait souvent, mais on n'a jamais réussi à la mettre en pétard à ce point là, ajouta Esposito.
- Il n'y a qu'un homme sur terre capable de la faire sortir de ses gonds et elle vient de l'épouser, rit Lanie.
- En parlant d'eux, où sont les jeunes mariés? Demanda Esposito.
- Partis faire des photos avec Jim, Martha et Alexis, répondit Lanie. Ils ne devraient plus tarder, ils ont dit qu'ils feraient des photos avec nous ici.
- Ils ont commencé à servir le vin d'honneur, allons boire tranquillement en les attendant, suggéra Ryan.
Les mariés et leur famille arrivèrent peu après et prirent le temps de saluer chacun des invités. Beckett rayonnait au bras de son époux, qui était comme d'habitude parfaitement à son aise.
Chacun s'installa peu à peu à sa table, tandis que les nouveaux mariés recevaient les félicitations de chacun.
Rick arriva à sa table, tira la chaise pour Kate qui s'installa, puis leva son verre.
- Chers invités, si vous le voulez bien, j'aimerais porter un toast à ma merveilleuse épouse, Kate.
Le silence se fit et tous les regards se tournèrent vers Kate, qui eut bien du mal à résister à l'envie de filer se cacher.
- Pas la peine de chercher une bonne planque, tu es cernée, sourit-il en reconnaissant les mimiques gênée de sa femme. Tout a commencé le jour où Harisson Tisdale, pris de folie, a tué sa sœur et encore deux autres personnes pour masquer son crime et faire porter le chapeau à un autre. Dans sa folie, il a eu la bonne idée d'imiter des crimes décrits dans mes romans, ce qui a fait rentrer cette merveilleuse jeune femme dans ma vie. Oh, bien sûr elle a essayé de nier l'attirance qu'il y avait entre nous, mais comme je suis irrésistible, elle a très vite commencé à me draguer.
Une légère tape sur ses fesses l'amena à rétablir la vérité.
- D'accord, moi non plus je ne pouvais plus me détacher d'elle et je l'ai draguée au moins autant qu'elle m'a dragué! Tout ça pour dire, ma chère Kate, tu as chamboulé ma vie et j'en suis heureux. Je cherchais un nouveau sens à ma vie et tu es arrivée. Tu m'as inspiré, tu m'as subjugué, tu m'as rendu meilleur et chaque jour passé à tes côtés est merveilleux. Je n'ai plus qu'un mot à te dire, désolés vous autres, mais c'est un langage codé entre nous, Always.
Kate se leva et embrassa son époux tendrement, tandis que les regards se braquaient sur elle dans l'attente de sa réponse.
Elle baissa les yeux, rougissante, puis se redressa pour plonger son regard dans celui de son mari. Elle y puisa le courage nécessaire pour oser prendre la parole.
- Je ne suis pas le genre de personne qui se livre beaucoup... Et ne rêvez pas, ça n'est pas aujourd'hui que je vais commencer... Je m'étais construit une tour d'ivoire, dans laquelle j'avais enfermé mon cœur et mes émotions... Et ça me convenait... Jusqu'au jour où tu as déboulé dans ma vie en bousculant tout sur ton passage... Je t'ai haï pour ça... Mais tu ne m'as pas laissée faire et je tenais à te dire que tu as bien fait, parce que grâce à toi je suis à nouveau heureuse. Always.
Rick se pencha vers elle et l'embrassa à son tour. Les discours d'Alexis, Lanie, Martha, Jim et du capitaine animèrent le repas, puis le D.J lança le bal avec la chanson "in my veins" choisie par les mariés.
- Chers invités, pendant que les mariés arrivent sur la piste pour ouvrir le bal sur leur chanson, je vais vous demander de les applaudir et plus vous les applaudirez longtemps, plus ils auront d'années de bonheur, alors je vous en prie, ne soyez pas avares d'applaudissements!
Au bout d'un très long moment, alors que personne ne semblait avoir trop mal aux mains pour songer à s'arrêter, Rick se tourna face à Kate.
- Et si on commençait à danser?
- On n'entend même pas la musique.
- A-t-on vraiment besoin de musique?
- Non...
Il posa une main dans le creux de ses reins et l'attira contre lui, puis il cala sa joue contre la sienne. Elle resserra sa prise autour de son cou et se meula contre lui. Peu à peu les invités commencèrent à investir la piste de danse et la musique envahit la pièce. Alexis se blottit contre Ashley qui s'écarta légèrement d'elle après avoir croisé le regard de Rick.
- Tu devrais les laisser un peu tranquilles, il ne font rien de mal, lui chuchota Beckett.
- Je sais, mais j'adore terroriser ce gamin, il est marrant quand il flippe.
- Papa! Grogna Alexis furieuse.
- Ta fille n'est pas de cet avis.
- Ok. J'arrête de les regarder.
- C'est ça. Embrasse-moi plutôt.
Obéissant, il posa ses lèvres contre les siennes et ne les quitta plus jusqu'à ce qu'on vienne les interrompre.
- Richard! Puis-je vous emprunter cette charmante jeune femme ?
Il se retourna vers l’importun pour découvrir Jim.
- D'accord, mais n'oubliez pas de me la rendre! plaisanta-t-il en se décalant d'elle.
Martha sauta sur l'occasion pour entraîner son fils et tournoyer avec lui.
- Tu fais une merveilleuse mariée, murmura Jim.
- Merci papa.
Un silence s’installa entre eux. Les silences avaient toujours été nombreux entre eux, les deux n'étant pas les plus grands bavards du monde lorsqu'il s'agissait de leurs sentiments. Mais cela leur convenait, ils n'avaient jamais vraiment eu besoin de se parler pour se comprendre. Dans leur famille, ça avait toujours été Johanna la grande bavarde.
- Richard tient vraiment beaucoup à toi... Dit Jim en brisant le silence entre eux.
- Et je tiens beaucoup à lui, sourit-elle.
- Sois heureuse ma chérie... Profite de chaque instant avec lui.
Elle se blottit contre son père, enfouissant son visage dans le creux de son cou, comme lorsqu'elle était petite fille.
Elle dansa encore un moment contre lui, avant d'être entraînée dans une nouvelle danse par le capitaine, puis chacun des gars.
- Tu n'as pas peur que les invitées VIP ne mettent le grappin sur ton écrivain? Demanda Esposito en montrant Castle qu'une jolie blonde dans une robe couleur banane faisait tournoyer dans tous les sens.
- Elles n'ont le droit qu'à une danse, après je le récupère, sourit Beckett.
- Oh, pour ça je te fais confiance, rigola le latino.
- En parlant d'elles, je me demande où elles ont trouvé leurs tenues, sourit Beckett alors qu'une autre jolie fan en robe vert fluo et au chapeau de paille attrapait l'écrivain pour avoir elle aussi son tour de piste.
Lanie parvint à mettre la main sur son amie lorsque celle-ci s'approchait de sa table pour se désaltérer.
- Alors, mariée depuis tout juste quelques heures et tu t'es déjà fait piquer ton mari?
- Avec qui il danse cette fois?
- Avec la miss à la robe rouge tomate bouffante. Elle ont perdu un pari ou quoi?
- J'aurais plutôt tendance à dire qu'elles l'ont gagné! Sourit Kate en avalant un grand verre d'eau.
- Qu'est ce que vous avez prévu pour la suite de la soirée? Demanda la légiste.
- C'est Castle qui pilote le reste de la soirée, donc tu ne sauras rien avant deux semaines, puisque nous partons demain matin
- Dans ce cas je veux un rapport complet à ton retour, je réserve la soirée qui suivra!
- Déjà en train d'essayer de faire en sorte que mon épouse quitte le domicile conjugal, docteur Parrish?
- Juste pour une soirée, vous n'aurez qu'à prévoir une de vos soirées poker pour l'occasion, répondit celle-ci.
- Alors, tu as enfin lâché tes fans Castle? Demanda Beckett.
- Miss Carotte s'est presque évanouie en tâtant les muscles saillants de mes bras et Bunny vient d'avoir sa danse, donc, je suis tout à toi.
- Miss Carotte va bien, j'espère!
- Ne t'en fais pas Esposito et ses copines sont aux petits soins.
- Je vais aller jeter un œil, grinça Lanie en s'éloignant.
Ils profitèrent encore de la fête pendant quelques heures, avant de dire au revoir à chacun et de rejoindre le toit de l'immeuble où un hélicoptère les attendait prêt à décoller.