HypnoFanfics

Interdit aux moins de 18 ans

In my veins

Série : Castle
Création : 25.01.2014 à 16h20
Auteur : Minefuji 
Statut : Terminée

« Une idée, qui me trottait dans la tête depuis un moment : et s'ils avaient fait ça il y a quatre ans... J'espère que ça vous plaira. » Minefuji 

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Attention, chapitre classé S chez Marlowe! ^^

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Chapitre quatre-vingt un

L'hélicoptère les déposa peu de temps après sur le toit d'un hôtel grand luxe.
Rick descendit le premier et tendit la main à sa muse pour l'aider à descendre.
- L'hélicoptère était vraiment nécessaire? Cria-t-elle pour se faire entendre malgré le bruit de l'engin.
- Bien sûr! N'oublie pas que nous devons rester discrets! Sourit l'écrivain.
- Le Plaza et un hélicoptère, c'est ta définition du mot discret?
- Bien sûr! Si je m'étais mis à agir comme tout le monde, c'est là que les gens auraient eu des doutes! Et puis, le personnel de cet hôtel est on ne peut plus discret. Allez-viens, entrons, tu grelottes!

La suite choisie par Castle était la plus luxueuse qui soit. Kate s'avança lentement, n'ayant pas assez de ses deux yeux pour tout regarder. Elle se retourna vers son époux, qui était occupé avec le concierge, qu'il semblait très bien connaître. Se pouvait-il que Castle connaisse tous les concierges des hôtels grand luxe des États-Unis? Cela n'aurait rien d'étonnant venant de sa part. Elle sourit et continua sa visite des lieux en attendant Castle.
- Je vous fais monter cela tout de suite monsieur, annonça le concierge.
- Merci Jérôme... Vous êtes parfait.
Rick retrouva sa femme devant la salle de bain grand luxe.
- Hey... Murmura-t-il en l'embrassant dans le cou.
- Hey... Sourit-elle en penchant la tête pour lui faciliter l'accès. J'ai rêvé ou tu as demandé au service d'étage de venir nous déranger dans quelques minutes?
- Je leur ai demandé des fraises et du champagne.
- Tu n'as pas assez mangé ce soir?
- J'adore te voir déguster des fraises, tu fais ça tellement sensuellement... Mais si tu ne veux pas, j'appelle Jérôme et je décommande tout de suite!
- Non! Non! J'ai bien envie de ces fraises, maintenant que tu en as parlé.
- Ah, tu vois! Je devance même tes envies!
- Moi aussi, je suis capable de devancer tes envies, dit-elle d'un air coquin.
- Ne devance pas trop ou le garçon d'étage arrivera à un très mauvais moment!
- Alors quoi? Tu veux jouer au Scrabble? Marmonna Beckett.
- Euh... J'ai oublié le jeu à la maison! Mais je croyais que tu en avais assez de ce jeu... Tu... En as vraiment assez... Et je ferai mieux de me taire, bafouilla-t-il devant son regard noir.
Elle pouffa.
- Ah! Castle... C'est tellement facile de te faire perdre tes moyens.
- Tu es la seule à avoir ce super pouvoir sur moi, marmonna-t-il.
- Allez, aide-moi à enlever ça, je vais prendre une douche, demanda-t-elle en se tournant.
- Tu as décidé de me torturer?
- Fallait pas commander au service d'étage, on devrait déjà être tout nus en ce moment!
Il obéit, ne voulant pas argumenter, sa chérie devenait grincheuse quand la fatigue la prenait. Il fit glisser la fermeture dans le dos de Kate et la robe tomba à ses pieds.
- Waow...
- Eh bien Castle, on perd ses mots?
- C'est que... Waow... Bredouilla-t-il en la faisant tourner sur elle même.
Il caressa du bout des doigts le tissu fin de son soutien gorge.
- C'est super ... soyeux... Dit-il en déglutissant difficilement.
Il s'agenouilla doucement tandis que ses doigts caressaient la peau douce de son ventre musclé.
- ...
- Ça te plaît? Chuchota-t-elle en faisant courir sa main dans ses cheveux pour les ébouriffer.
- Si ça me plaît?! Salut mon copain! Sourit-il en caressant le petit lapin. Où as-tu trouvé ça?
- C'est une création spéciale, tu aurais vu la tête de la vendeuse quand j'ai fait ma demande...
- Tu m'étonnes! C'est pas tous les jours qu'on doit lui demander de mettre Bunny sur de la lingerie de luxe!
Délicatement, il fit glisser le sous vêtement le long de ses jambes, non sans parsemer son chemin de baisers, attisant le désir de sa belle. Quand elle se retrouva nue devant lui, il la prit dans ses bras et la porta jusque dans la salle de bain.
- Ça n'est pas la porte de la maison que tu dois me faire passer dans tes bras?
- Je te ferai passer toutes les portes qu'on trouvera de cette façon.
Il la posa délicatement sur le sol, elle entra dans la douche.
- Hé bah dis donc! Même la douche semble tout droit sortir d'un musée! Souffla-t-elle admirative en faisant couler l'eau.

Il regarda rêveusement les gouttes d'eau tomber et s'écouler le long de son corps, tout en elle était sensuel.
- Tu viens Ricky? Demanda-t-elle d'un air aguicheur.
Il détacha son nœud papillon et fit voler ses chaussures à l'autre bout de la pièce. On toqua à la porte au même moment.
- Pourquoi a-t-il fallu que tu commandes au service d'étage? Grommela-t-il en se fustigeant.
Il se dépêcha d'aller ouvrir et revint dans la salle de bain en moins de cinq minutes.
Il était à peine en caleçon, la chemise ouverte quand la main de Kate le happa et l'entraîna sous la douche.
- Hé bien! Quelle impatience, madame Castle, s'amusa-t-il. Tu sais que cette chemise vaut une fortune! Et je ne parle pas du caleçon...
- Il ne fallait pas m'allumer en me déshabillant, monsieur Castle!
Leurs regards se croisèrent, son désir assombrissait le regard de Kate. Elle avait ce don de le faire frémir d'un seul regard. Il se plaqua contre elle et l'embrassa ardemment. Elle peina à lui enlever la chemise qui lui collait à la peau à cause de l'eau, il rit en lui disant que ça lui apprendrait à être trop impatiente. Elle grogna, tira un peu plus fort et parvint enfin à la lui retirer et le regarda d'un air victorieux.
Il se jeta sur ses lèvres et lui fit l'amour passionnément.

*******************

Rick attrapa deux coupes et commença à servir le champagne.
- Pas de champagne pour moi, merci, annonça Kate en prenant une fraise bien rouge.
- Pas de champagne?
- Nan.
- Mais tu n'as bu que de l'eau aujourd'hui!
- C'est bon l'eau.
- Quand il n'y a rien d'autre, oui. Qu'est ce qu'il t'arrive?
- Rien.
- Tu préférerais du vin, peut-être?
- Non, merci, ça va.
- Tu es malade? Tu as eu d'autres malaises?
- Non! Écoute, je vais bien! Je n'ai pas envie de boire d'alcool, c'est tout!
- Kate!
- Quoi?
- Lâche le morceau!
- Pffff... D'accord. Je ne voulais rien te dire, parce que c'est notre mariage et dois-je te le rappeler, notre nuit de noces et que je ne voulais pas t'inquiéter inutilement.
- Kate!
- J'ai assez souvent des vertiges depuis quelques temps, c'est sans doute la fatigue ou un manque de magnésium... En tout cas, ça n'est pas grave! Mais j'évite de boire de l'alcool le temps que tout revienne dans l'ordre...
Il attrapa son sac et en sortit des vêtements.
- Qu'est ce que tu fais?
- Je m'habille! Et tu devrais en faire autant, on va voir un médecin.
- Castle, il est cinq heures du matin!
- Et bien, on ira aux urgences!
- On ne va pas aux urgences pour quelques vertiges!
- C'est nouveau? Tu es médecin?
- Non, mais je sais que je vais bien!
- Excuse-moi, mais tu n'es pas la mieux placée pour dire ça, étant donné que tu ne prends pas soin de toi!
- Et notre lune de miel? On doit être à l'aéroport dans à peine deux heures!
- On prendra le prochain vol!
- Tu le prends comme ça?
- Oui, je le prends comme ça!
- Bien!
- Bien!
Elle attrapa son sac, choisit une tenue confortable, enleva son peignoir et l'enfila rapidement.
- Qu'est ce que tu fais? Demanda-t-il en la voyant fouiller dans son portefeuille.
- Je vais à l'aéroport!
- Quoi?
- Si tu as envie de gâcher ta lune de miel en allant faire des examens inutiles à l'hôpital, vas-y, ne te gène pas, mais moi, je vais à l'aéroport! Répliqua-t-elle en agitant les billets d'avion sous son nez.
- Mais c'est toi qui doit te faire examiner!
- T'auras qu'à leur faire une description des symptômes! Tu sais très bien faire ça, tu es écrivain.
- Tu sais que tu es une sacrée enquiquineuse dans ton genre?
- On me l'a déjà dit, grommela-t-elle en posant la main sur la poignée de la porte.
- Attends! La rattrapa-t-il par le poignet.
- Quoi? Tu veux me forcer à y aller? Je suis majeure, je te rappelle! Et j'ai un flingue, alors bon courage.
- Tu as pris ton arme pour notre nuit de noces?
- Non... Souffla-t-elle incapable de lui mentir, mais je fais du kick boxing!
- J'ai compris... Soupira-t-il.
- T'as compris quoi?
- Je ne te forcerai pas à aller à l'hôpital... Laisse-moi me préparer et on ira à l'aéroport.
Elle sourit et l'embrassa sur les lèvres.
- Ne te réjouis pas trop vite! Si tes vertiges ne se passent pas rapidement avec du repos, je t'emmène voir un médecin là-bas!
- C'est où là-bas?
- Je te l'aurais bien dit, mais vu que tu m'as énervé, tu devras attendre qu'on soit à l'aéroport pour le savoir, rétorqua-t-il en lui reprenant les billets des mains.
Elle se jeta sur lui pour tenter de les récupérer, provoquant une bataille de chatouilles, qui dégénéra rapidement en un jeu entre adultes consentants.

 


Minefuji  (30.04.2014 à 18:26)

Chapitre quatre-vingt-deux:

Rick s'étira et se tourna vers sa femme, qui dormait paisiblement contre son épaule, enfin. Elle avait du mal à dormir en dehors de son lit et avait résisté au sommeil pendant presque tout le temps de vol.

Les signaux leur demandant d'attacher leurs ceintures s'allumèrent, ils allaient bientôt atterrir. Il décida donc à regrets de la réveiller. Doucement, il lui caressa la joue, elle sourit, s'étira et ouvrit enfin les yeux.

- Mhmm?

- Tu dois attacher ta ceinture, on amorce la descente.

- Déjà?

- Ça passe plus vite quand on dort, n'est ce pas?

- J'ai dormi pendant combien de temps?

- Environ deux heures.

- J'ai faim, tu crois qu'ils peuvent m'apporter un plateau repas?

- On va atterrir, ils n'apporteront rien du tout! Et puis dans les avions, ça n'a de repas que le nom, crois-moi!

- Mais, j'ai faim, moi!

- On trouvera bien quelque chose à grignoter à l'aéroport, il n'y en a plus pour très longtemps.

- Pffff... Facile à dire, tu as eu ton plateau repas, toi!

- Tiens, dit-il en sortant un petit sandwich de sa poche. Tu ne diras pas que je ne t'avais pas prévenue, c'est infect! Elle s'empara du petit pain, y mordit à belles dents et grimaça.

- Mais qu'est ce qu'ils mettent là-dedans?

- Ça doit être expérimental...

Elle déposa le petit pain dans le sac en papier qu'elle trouva dans le filet du siège de devant et s'adossa de nouveau sur son fauteuil.

- Je dois avoir la figure toute chiffonnée.

- Tu es parfaite.

- Tu dis ça parce que tu es mon mari!

- Je reconnais être un peu partial.

- Mince, il va falloir que je trouve quelqu'un dont le jugement sera impartial. Le Stewart, là-bas! Il fera l'affaire, dit-elle en levant la main.

- D'accord, d'accord! Tu es toute chiffonnée! Répondit-il précipitamment.

- C'est vrai?

- Oui.

- Merci mon chéri! Dit-elle en l'embrassant tendrement.

Rick fronça les sourcils, pas certain d'avoir compris ce qu'il se passait dans la tête de sa petite femme.

-Hé! Où vas-tu?

- Aux toilettes, il faut que je me débarbouille!

- Mais on doit attacher nos ceintures!

- Ça va, j'ai de la marge!

Il l'attrapa par le poignet et l'attira sur son siège.

- Tu vas arrêter de me faire tourner bourrique? Reste assise.

- C'est agaçant, hein?

- Quoi donc?

- D'avoir dans les pattes quelqu'un qui n'en fait qu'à sa tête, sourit-elle.

- Ça ne doit pas être si terrible que ça, étant donné que tu m'as épousé...

- Touchée.

                                  *******************

       Après avoir récupéré leurs bagages, ils prirent le bateau qui devait les emmener vers l'île privée qui serait la leur pour les trois semaines à venir. Lors de la traversée, Kate s'installa sur le pont, tandis que Rick discutait avec le pilote. Quand il rejoignit sa femme, il remarqua immédiatement son teint verdâtre.

- Hey! Ça va?

Kate haussa les épaules tout en se concentrant sur son estomac vide et ses nausées grandissantes.

- J'ignorais que tu avais le mal de mer...

- Moi aussi, marmonna-t-elle en levant les yeux vers Rick, mouvement qu'elle regretta aussitôt, car son estomac se tordit d’un coup. Elle porta une main devant sa bouche, ferma les yeux et respira doucement. Rick lui massa doucement le dos pour la réconforter.

- Tu es plus pâle que ton siège...

Il reçut un grognement pour toute réponse. Heureusement les côtes de l’île s’approchèrent rapidement ce qui la réjouit, elle allait enfin pouvoir sortir de ce rafiot. Elle fut la première à descendre sur le ponton et apprécia les bienfaits de se retrouver enfin sur la terre ferme.

- Alors, tu te sens mieux? Demanda Rick en la rejoignant.

- Une balade sur la plage et ce sera de l'histoire ancienne, répondit-elle en lui prenant la main.

- Alors, dans ce cas, madame Castle... Fit-il en lui offrant son bras, qu'elle attrapa dans un magnifique sourire.

La villa qui leur était réservée alliait luxe et simplicité. Le personnel qui leur était attribué était d'une discrétion totale. Ils avaient un majordome qui s'occuperait de tout pour eux, ainsi ils auraient tout le confort et l'intimité dont ils pourraient rêver. Kate fit le tour du propriétaire, pendant que Rick discutait avec le Majordome. Il la retrouva pieds nus, sur la plage, face à l'océan. Il vint se coller contre son dos et entoura sa taille avec ses bras.

- Trois semaines dans ce paradis! Ça va être génial! Se réjouit-elle.

- Ça te plaît?

- Oui, beaucoup.

- On a finalement réussi à le trouver cet endroit rien qu'à nous, sourit-il.

Elle se retourna et enroula ses bras autour de son cou. Elle posa ses lèvres contre les siennes et rapidement son baiser devint exigeant. Il la souleva et la porta dans la villa, jusqu'à leur chambre. Il passa ses mains dans son dos, qu'il caressa tendrement, sachant qu'elle adorait ça. Elle déboutonna sa chemise patiemment d'abord, puis les derniers boutons firent les frais de son impatience grandissante et volèrent à travers la pièce. Les mains de Rick glissèrent sur ses fesses parfaites. Elle s'attaqua à la boucle de sa ceinture tout en parsemant le torse de son mari de ses baisers ardents. Elle déboutonna son pantalon et le fit glisser jusqu'au sol, ravie de constater l'évidence du désir de son époux.

- Eh bien monsieur l'écrivain, il me semble que vous êtes un peu à l'étroit, s´amusa-t-elle.

Cette petite plaisanterie sortit Rick de ses rêveries, il trouva anormal d'être le moins vêtu des deux dans cette histoire. Il mit ses mains sur la taille de sa femme et la fit tomber sur le matelas. Elle lâcha un petit cri, surprise,  ce qui arrêta Rick qui craignait de lui avoir fait mal, mais ses pupilles dilatées par le désir le rassurèrent et ravivèrent sa fougue. Il l'embrassa passionnément, avant de plonger dans son cou qu'il savait particulièrement sensible. Son râle de plaisir le rendit fou. Il remonta son tee-shirt et le fit passer par dessus sa tête, dévoilant son ventre parfait, quoique un peu moins plat qu'avant, conséquence de son appétit vorace.

- Castle! Grogna-t-elle alors qu'il s'était arrêté pour la contempler rêveusement. Arrête de rêvasser et termine ce que tu as commencé!

Il sourit devant l'impatience de Kate et la débarrassa de son pantalon. Il dût, être un peu trop lent, parce qu'elle termina son action. Il se redressa et l'embrassa de nouveau, tandis qu'elle collait son bassin contre le sien. Ils se débarrassèrent mutuellement de leurs sous-vêtements après un bref clin d'œil au petit lapin et s'unirent sans plus attendre.

                                         *************

Le séjour se passait agréablement, depuis une dizaine de jours, entre ballades et moments d'intimité. Rick terminait de préparer les enveloppes des cartes postales qu'ils avaient prévues de déposer dans une boîte aux lettres durant leur ballade dans l'après-midi. Kate revint de la cuisine une assiette de fruits à la main. Elle n'était vêtue que d'un bikini. Elle vint s'installer au côté de Rick.

- Tu as décidé d'arrêter de faire attention à ta ligne, maintenant qu'on est mariés? La taquina-t-il.

- Tu surveilles ce que je mange?

- C'est pas difficile, tu as toujours faim!

- Tu trouves?

- Oui et d'ailleurs ça commence à se voir, sourit-il en désignant son petit ventre.

- Pourtant la balance me dit le contraire...

- Ouais ouais, on dit ça...

- Quoi? Tu m'aimerais moins si je prenais du poids?

- C'est évident.

Il reçu un oreiller dans la figure.

- Hé! Qu'est ce qu'il te prend?

- Je te remets les idées en place!

- Quoi? Tu sais bien que je te taquinais.

- Il y a toujours une part de vérité derrière les plaisanteries!

- Okay, et toi, tu m'aimerais moins si je prenais du poids?

- Bien sûr que non!

- Ah oui? Comment en être sûr?

- Mon cher mari, il me semble que je t'aime chaque jour un peu plus depuis qu'on se connait et pourtant...

Cette fois, ce fut elle qui reçu un coussin dans la figure.

- Ouah! Monsieur Castle est susceptible! Rit-elle en lui assénant un nouveau coup d'oreiller.

- Je vais t'apprendre à respecter ton mari, Femme! Répliqua-t-il en s'armant d'un coussin.

S'en suivit une bataille de polochons digne des deux gamins attardés qu'ils étaient.

Les plumes commençaient à voler dans la pièce et leurs rires résonnaient. Rick fit une erreur en voulant prendre l'avantage dans cette bataille. Dans sa précipitation, il trébucha et Kate en profita pour lui sauter dessus et le mettre au sol.

- Ah ! Ah! Ça n'est pas aujourd'hui que tu me battras à ce petit jeu, mon cher Ricky, triompha-t-elle.

- Argghhhh, tu m'as fait mal!

- Sérieux? Oh! Excuse-moi Babe... Fais voir! S'inquiéta-t-elle.

Elle baissa sa garde, il en profita pour la basculer sur le sol et l'attaquer avec son arme fatale: les chatouilles.

- Non, pas les chatouilles! Rick! C'est déloyal! Cria-t-elle en se tortillant pour lui échapper.

- Tous les coups sont permis dans ce genre de bagarre, fanfaronna-t-il.

- Si tu le dis, rit-elle en l'attaquant sous la ceinture.

- Ahhhhh!!!! Kate! ... C'est... MHhmm...

- Tu es fichu mon cher et tendre...

- Ahhhh! C'est déloyal! Arrête-ça! ... Ou plutôt.... Nooonnnn...ou... Plutôt... T'arrête pas...

- Castle... Ferme la... Rit-elle en s'emparant de ses lèvres.

^o^!^o^! ^o^!^o^! ^o^!^o^! ^o^!^o^!

Tendrement blottie contre Rick, Kate savourait le bien être que les caresses qu'il lui faisait dans le dos lui procurait.

- Il va falloir qu'on pense à sortir du lit, murmura-t-il.

- Mhmmm...

- Tu t'endors?

- Non... Mais il vaudrait mieux qu'on quitte le lit...

Il se leva et la prit par la main. Elle grimaça.

- Hé! Qu'est ce que tu as?

- Rien...

- Menteuse! C'est ton poignet? Wow! Il est gonflé!

- ...

- Tu t'es fais mal pendant la bataille de polochon?

- C'est pas grave, ça va passer!

- Non, non! Madame Castle! Nous allons consulter, je veux être sûr qu'il n'est pas cassé.

Elle soupira puis acquiesça, discuter était peine perdue.

                                   ******************

- Ça fait deux heures qu'on attend, grogna-t-elle.

- Ils s'occupent des cas graves en premier, c'est normal!

- On devrait partir, je n'ai plus mal! Ça n'était pas si grave, finalement.

- L'infirmière t'as donné un antidouleur, c'est normal que tu n'aies plus mal!

- Mais regarde, c'est déjà moins gonflé, insista-t-elle.

- Il est toujours plus gros que l'autre!

- Mais c'est en bonne voie, allez, rentrons! Si on se dépêche, on être au bateau avant la nuit.

- J'ai dit non.

- D'accord, alors je boude. Grève de sexe pendant une semaine!

- Paroles! Paroles! Rigola-t-il.

- Madame Castle? Demanda un aide-soignant.

- Oui, c'est moi.

- Nous allons vous emmener en salle de radio. Avant ça, je dois vous demandez qui vous n'êtes pas enceinte.

- Quoi? Non! Affirma-t-elle.

- Vous en êtes certaine? Parce que la radio est dangereuse pour le fœtus!

- ... Elle regarda Rick qui semblait aussi troublé qu'elle.

- Vous n'en êtes pas certaine?

- Euh... Et bien... Euh...

- Si vous voulez, on peut faire les examens afin de vérifier, suggéra l'aide soignant.

                                   **************

Les larmes aux yeux, Rick regardait l'image en noir et blanc du petit être qui grandissait en elle. Kate fixait l'écran sans un mot.

- Toutes mes félicitations, sourit l'échographe.

- Ben mince alors, souffla Rick. Comment il a réussi à se frayer un chemin celui-là?

- Tu veux que je te fasse un dessin, le taquina Kate.

- Je croyais que tu prenais la pilule!

- C'est le cas!

- Vous savez, la pilule n'est pas fiable à 100%, expliqua l'échographe.

- De quand date le début?

- Je dirais dix semaines environ.

- Dix semaines?! Ça fait deux mois passés! S'étrangla Kate.

- Ça correspond au moment où tu as eu la grippe... Enfin juste après... Tu étais plutôt dans les vaps à cette époque là et je n'ai pas pensé à ta pilule...

- Je vais vous laisser, annonça l'échographe. Quelqu'un va venir pour votre poignet.

- Merci, répondirent les Castle.

- Hé bien! Souffla Rick.

- Je sais... Ça surprend...

- Tu n'es pas contente?

- ...

- Kate?

- Si... C'est... Un peu tôt, non?

- Ça n'est plus vraiment à l'ordre du jour de toute façon, répondit-il.

- Oui, tu as raison. Ils sortirent de l'hôpital deux heures plus tard. Castle jetait quelques coups d'œil furtifs à sa femme, qui ne pipait mot. Ils reprirent le bateau, elle s'installa à l'avant et son regard se perdit dans la contemplation de l'océan. Rick s'enferma à son tour dans le silence, angoissé à l'idée que cet enfant ne soit finalement pas désiré par sa mère. Le spectre de Meredith vint le hanter. Il avait élevé Alexis seul et n'avait pas du tout envie de renouveler l'expérience.

Arrivés à leur logement, Rick se dirigea vers la cuisine et commença à préparer le dîner, toujours silencieux. Kate s'était installée sur la terrasse. Ce silence rendait Rick complètement fou, il venait de découvrir une facette de sa femme qui ne lui plaisait pas du tout. Il servit les assiettes, mais n'eut pas le cœur de s'installer à table. Le claquement de la porte fit sursauter Beckett, qui sortit de sa transe.

- Castle? Elle jeta un regard par la fenêtre et vit la silhouette de Castle qui s'éloignait d'une démarche énervée.

- C'est pas vrai! Bravo Kate! Tu as réussi à tout gâcher! Mon pauvre bébé, il va falloir être patient avec une mère pareille, pesta-t-elle. Elle sortit précipitamment et courut pour le rattraper.

- Castle! Attends! Castle! Il se retourna.

- Laisse-moi! J'ai besoin de prendre un peu l'air! Grogna-t-il

- Pourquoi tu es fâché?

- Pourquoi? Tu oses me demander pourquoi? Tu ne veux pas de notre enfant!

- Quoi?! Je n'ai jamais dit une chose pareille!

- Tu trouves que c'est trop tôt et tu n'as pas décroché un mot depuis qu'on nous l'a annoncé!

- Et tu en déduis que je ne veux pas de cet enfant?! Tu ne t'es pas dit que peut être je crevais de trouille tout simplement? Et si je n'étais pas à la hauteur? Ça fait deux mois qu'il grandit en moi et je n'ai rien remarqué! Quelle genre de mère ne remarque même pas qu'elle est enceinte?

- ...

- J'aurais dû ressentir quelque chose! J'aurais dû le savoir au plus profond de moi! Cria-t-elle.

- Mais ça ne fonctionne pas comme ça! Aucune femme n'a ce genre de pouvoir! Elles ont du retard et font un test! Et de nombreuses femmes ne s'en rendent pas compte tout de suite, surtout dans le cadre d'une grossesse inopinée!

- ... Ah oui? S'étonna-Kate.

- Bien sûr! Mais qu'est ce que tu t'imaginais? Qu'il y avait une espèce de sonnette qui s'allumait dans la tête des femmes pour leur annoncer qu'elles étaient enceinte?

- ... - Wah ! Tu n'as pas fréquenté beaucoup de femmes enceintes, toi!

- Non... Et toi, qu'est ce que tu t'imaginais?

- ... Il baissa la tête, honteux d'avoir douté d'elle.

-  Castle!

- Ok... Quand Alexis était petite, Meredith n'était pas vraiment là... Alors, j'ai dû assumer tout seul. Et... Quand tu as dit que c'était trop tôt... que tu t'es murée dans le silence...

- Ah, d'accord... je vois. Tu as pensé que...

-  Ouais, acquiesça-t-il.

- Me refermer sur moi quand je me sens déstabilisée, c'est une mauvaise habitude que j'ai prise... Mais sois certain d'une chose, en aucun cas je te laisserai élever seul notre enfant, affirma-t-elle. Il sourit, la prit dans ses bras et l'embrassa.

. - Donc... Tu es heureuse? Demanda-t-il en s'écartant légèrement.

-  Oui. Terrifiée... Mais heureuse.

Il la serra contre lui, soulagé.

-  Tu seras une merveilleuse mère! Sois en certaine.

- En tout cas, cet enfant a déjà la chance d'avoir un père formidable.

- Et incroyablement sexy!

- C'est vrai, approuva-t-elle. Et adorablement modeste!

Ils reprirent le chemin de leur logement

. - Mince, la porte est fermée! Remarqua-t-il. Tu as les clés?

- Je croyais que tu les avais prises!

- Je croyais que tu resterais à l'intérieur!

- Il n'y a plus qu'à aller réveiller le concierge...

-  Ou attraper les couvertures qui sont sur la terrasse et aller s'allonger sur la plage...

- Tu veux dormir à la belle étoile?

- Il fait bon! Et puis ça sera marrant.

- D'accord, mais va quand même demander la clé au concierge.

- Pourquoi?

- Parce que je meurs de faim et que nos assiettes sont à l'intérieur!

- Eh bien maintenant, on sait d'où vient cet appétit décuplé que tu as!

- Et le petit ventre aussi.

Il posa son regard sur son ventre et timidement vint poser sa main dessus. Elle le rejoignit et sourit. C'était sans doute un peu tôt, mais cette nouvelle vie qui s'annonçait les rendait heureux.


Minefuji  (23.05.2014 à 19:21)

Chapitre quatre-vingt-trois.

Alexis et Martha prenaient tranquillement leur petit déjeuner en tête à tête. La plus jeune relisait ses notes de cours, tandis que sa grand-mère annotait le script qu'elle voulait faire travailler à ses élèves.
La porte du loft s'ouvrit alors et le calme qui y régnait s'évanouit.

- N'importe quoi! S'emportait Beckett en entrant.

- Ah la mauvaise foi féminine! Soupira Rick.

- J'ai gagné, le mien serait arrivé le premier si tu n'avais pas fait tomber cette branche sur son parcours.

- L'arbitre a décidé que les aléas naturels faisaient partie du jeu, ton gecko a perdu !

- Parce que tu as triché !

- Pas du tout, la branche est tombée toute seule !

- De ta main ! Tu la tenais !

- Papa! Kate! S'écria Alexis. Alors? Comment était votre petit coin de paradis?

- C'était merveilleux, sourit Kate en l'embrassant. Enfin, à part la fois où ton père a mis le feu à mon paréo.

- J'ai pris la première chose qui me tombait sous la main, c'était la panique! Se justifia Rick.

- Quelle idée, aussi de faire un si grand bûcher !

- On ne fait pas une danse tribale autour d'un barbecue!

- Eh bien on devrait, quand on s'appelle Richard Castle et qu'on n'est pas un indigène! C'était mon paréo préféré!

- Je t'en offrirai d'autres, encore plus beaux.

- Et je le portais quand tu me l'as pris!

- Vous avez passé trois semaines à vous chamailler ? Demanda Alexis.

- Non, la rassura Kate, ton père est seulement un peu mauvais joueur quand il perd…

- Enfin, ça dépend à quel jeu, sourit l’écrivain en repensant à leurs soirées strip-poker. On n'a pas vu le temps passer !

- Oh! Darling! Qu'as-tu au poignet? Demanda Martha en remarquant l’attelle de sa belle-fille.

- Rien, ne vous en faites pas!

- Une belle entorse, ce n'est pas rien, contra Castle.

- Comment t'es-tu fais ça? Demanda Alexis.

- Euh... Bah...

- Ah d'accord! S'amusa Martha.

Beckett rougit jusqu'aux oreilles ce qui fit rire les deux rouquines.

- Oh! Je constate que le loft est toujours intact, dit Rick afin de détourner l'attention. C'est bien, vous avez été sage.

- Pour qui nous prends-tu, bien sûr que nous sommes sages! Rétorqua Martha faussement outrée.

- Le petit déjeuner est prêt, si vous avez faim, annonça Alexis.

- Merci chérie, fit Rick en servant un verre de jus d'orange à Kate.

- Il y a du café tout frais aussi, dit Martha en lui en servant une tasse.

- Oh... Non merci, Martha. Je vais me contenter de mon jus d'orange.

- Qu'est ce qu'il se passe? Tu es malade? D'habitude tu en prends toujours.

- Il faut lutter contre la routine, expliqua Castle en venant au secours de sa femme. D'ailleurs, je vais me faire un chocolat chaud! Tu en veux un Kate?

- Euh... Oui... Pourquoi pas, soupira-t-elle.

- Vous, vous nous cachez quelque chose, commença Alexis suspicieuse.

- Nous? Non! Jamais! Répliqua Rick en versant le lait dans une casserole.

- Excusez-moi, fit Kate en s'enfuyant de la pièce.

- Envie pressante, expliqua Rick sous le regard interrogateur des deux rouquines.

- Dis plutôt que l'odeur du lait lui a soulevé le cœur, sourit Martha.

- Meuh non!

- Richard! Lâche le morceau!

- Le morceau? Répéta Alexis... Non?!

- ... Okay ça va! Kate est enceinte, annonça Rick vaincu pas les regards inquisiteurs des deux rouquines.

- Wahou! C'est génial! Depuis quand? Se réjouit Alexis.

- Un peu plus de deux mois, on l'a découvert suite à sa blessure au poignet.

- C'est une grande nouvelle! Lança Martha. Félicitations!

Kate revint à ce moment là et comprit à l'agitation ambiante que Castle n'avait pas pu garder le secret.

- C'est un secret! On voudrait attendre encore un peu avant de l'annoncer aux autres, dit-elle alors que Martha et Alexis se précipitaient sur elle pour la féliciter.

- Bien sûr! Répondit Martha, votre secret est bien gardé avec nous.

- La famille s'agrandit déjà, c'est génial, sourit Alexis.

- Oui, c'est génial, approuva Castle. Et Little Caskett  est déjà très attendu.

- Little Caskett? Reprit Alexis.

- Oui, un mélange de Castle et Beckett! Ça fonctionne très bien que ce soit une fille ou un garçon! J'avais pensé à Little Bunny ou ma p´tite carotte, mais...

- Pourquoi Bunny? Demanda Alexis.

- Et qu'est ce que c'est que cette histoire de carotte? Ajouta Martha.

- Tu vois? Trop de questions!

Kate leva les yeux au ciel, Rick aurait très bien pu se contenter de Little Caskett, ce surnom lui allait très bien pas besoin d'éventer leurs petits secrets.

- Et toi, Alexis, quoi de neuf? Demanda Kate pour changer de sujet.

- Ashley a été accepté à Stanford.

- C'est génial! Se réjouit Kate.

- Il ne voulait pas y aller à cause de la distance qu'il y aurait entre nous. J'ai voulu rompre pour le forcer à y aller...

- Oh... Chérie, souffla Castle compatissant.

- Ça va! On s'est mis d'accord, il accepte d'aller à Stanford et moi je vais faire une demande d'inscription anticipée, si tout va bien, j'irais là-bas en janvier.

- Quoi?

- Fais pas cette tête là papa! J'irai à l'université avec un peu d'avance, c'est tout.

- Quoi?...

- Ah, c'est le bug, constata Martha.

- Quoi?... Répéta Rick en se ratatinant un peu plus.

- Ça se passera très bien papa!

- Mais tu ne peux pas faire ça! Gémit l'écrivain paniqué à l'idée de voir sa petite fille quitter le nid avant l'heure.

- Allez, Castle, c'est encore loin janvier, le réconforta Kate.

- Et puis à ce moment là tu seras très occupé, ajouta Alexis.

- Justement, on aura besoin d'une baby-sitter! Marmonna-t-il.

- Tu auras grand-mère!

- Je veux retourner sur notre île ! C'est pas bien la vie réelle!

- Si ça peut te consoler, moi je serai toujours là en janvier, rigola Martha.

- Arrggghhhh! Ma mère vient de m'achever!

- Chameau! Rétorqua Martha en lui frappant la cuisse.

                                                       ***********************

Le lendemain, Kate arriva au poste où ses collègues l'accueillirent chaleureusement.

- Hé! Bonjour madame Castle! Sourit Ryan.

- Tu en as déjà assez de ton mari, la taquina Esposito.

- Il avait rendez-vous, Derreck Storm vient de sortir en roman graphique.

- Waow! On va en entendre parler pendant un moment, dit Ryan.

- Je ne te le fais pas dire! Mais au moins comme ça, il aura un autre sujet de conversation que notre lune de miel, répondit la détective. Alors, quoi de neuf depuis mon départ?

- Une enquête dans le milieu des reines de beauté, raconta Esposito. Miss Illinois a été retrouvée assassinée sur une barre métallique. On a résolu cette affaire en deux temps trois mouvements.

- Pauvre Castle, il va regretter d'avoir loupé ça!

- Je ne pense pas, étant donné que j'étais dans son lit, sourit Beckett.

- Oh! Madame Castle! Siffla Esposito, le mariage vous rend coquine!

- Allez! Fini les bavardages, au boulot les gars!

- Chassez le naturel... grinça Ryan.

- Je t'ai entendu Ryan!

Castle arriva une heure plus tard avec deux cafés et son roman graphique sous le bras. Il déposa un gobelet devant Kate et fut récompensé par le sourire qui éclaira son visage. Elle tiqua légèrement lorsqu'il lui annonça qu'il s'agissait d'un déca, se demandant si elle parviendrait à se passer de son latté à la vanille pendant encore six mois.

- Alors, ce roman graphique?

- Derreck Storm est le nouveau héros en vogue! À côté de lui Wolverine, Batman, Snoopy and notre bonne vieille copine Électra sont complètement dépassés, dit-il en lui montrant la maquette.
- Waow!

- Alors, madame Castle, on est fière son petit mari?

- Je n'ai pas besoin de ça pour être fière, mais oui, je suis impressionnée, c'est la gloire!

- Je t'en ai ramené un exemplaire, je te le dédicacerai si tu es sage!

- Mhmm! Une séance de dédicace privée, vivement ce soir!

Le téléphone de Beckett sonna, elle décrocha pendant que Rick s'avançait vers les gars pour se vanter.
- C'est cool, dit Esposito lorsque Rick eu fini son petit speech.

- Oh non! C'est fantastiquement cool! Rectifia Castle.

- Beckett, tout va bien? Demanda Ryan.

Castle se tourna vers elle. Elle avait blêmit et raccrochait le combiné de son téléphone d'une main tremblante.

- Kate? S'inquiéta Rick.

- Gary MacAllister est mort... Lockwood l'a tué...

- Lockwood? Il n'était pas à l'isolement?

- Il y a eu un ordre de transfert... Il est allé égorger MacAllister dans sa cellule dans l'heure qui a suivi...

Elle se prit la tête dans les mains un instant, se ressaisit et donna ses ordres au gars puis se dirigea vers la salle de repos son déca à la main.

- Mais qui l'a sorti de l'isolement au départ, demanda Castle qui l'avait suivie.

- J'ai demandé à Esposito de vérifier, mais il y a de fortes chances que ça ne soit pas dû au hasard.

- Je suis désolé, murmura-t-il.

- De quoi?

- Lockwood tue Raglan et ensuite, c'est le tour de McCallister, qui pouvait t'apporter des renseignements sur le meurtre de ta mère. Il t'enlève tout moyen d'en savoir plus.

- Au contraire, le diable vient de flancher et de me donner une nouvelle piste! Répondit-elle le sourire aux lèvres.

Elle retourna auprès des gars qui arrivaient et donna ses nouvelles instructions. Son air déterminé effraya Castle, cette affaire n'allait donc jamais les laisser en paix?
Il hésita un moment, se demandant s'il ne devrait pas prévenir le capitaine de son état. Montgomery n'hésiterait pas à la dessaisir de l'affaire, mais ça ne l'arrêterait pas et elle lui en voudrait à mort. Non. La meilleure solution était de se taire et de l'épauler. Il devait lui faire confiance, elle savait que sa vie était plus importante que le meurtre de sa mère.


Minefuji  (24.05.2014 à 18:53)

Chapitre quatre-vingt-quatre.

 

- On va où maintenant? Demanda Castle en suivant Beckett.

- À l'audience où Lockwood va comparaître! Dit Kate déterminée.

- Ce n'est pas le genre d'homme à se laisser intimider!

- Lockwood non. Mais peut être celui qui le tient en laisse.

 

À peine entrée dans la salle du tribunal où comparaissait le tueur à gage, elle se rendit d'un pas décidé auprès de Lockwood, Castle la regarda faire de loin désespérant de la voir enfin agir prudemment.

Elle le regarda droit dans les yeux et lui promit sans sourciller qu'elle retrouverait qui était derrière tout ça.

- Non, ma belle, sourit Lockwood. C'est lui qui va te retrouver... Et tu ne lui échapperas pas.

 

L'audience démarra. Elle rejoignit Castle et s'installa près de lui. Elle était tendue, il le remarqua tout de suite.

- Ça va?

- Je gère... Souffla-t-elle difficilement.

Il lui caressa le dos doucement, pour lui signifier qu'il était là pour elle. Elle lui répondit d'un léger sourire et se tourna de nouveau vers Lockwood. Elle tiqua en voyant les policiers s'installer derrière lui.

- Qu'est ce qu'il y a? Demanda-t-il en remarquant son trouble.

- ... Je sais pas...

Elle continua de les fixer en réfléchissant.

- Les boutons de leurs cols de leurs uniformes, remarqua-t-elle! Les nôtres sont cuivrés, pas gris!

 

Lockwood se tourna vers eux, donnant le signal, l'un d'eux lança deux grenades aveuglantes.

- Rick à terre! hurla Beckett.

 

Dans le chaos qui suivit, elle s'assura que Castle n'avait rien avant de les poursuivre jusqu'à l'extérieur du tribunal. Un hélicoptère les attendait et décolla instantanément. Elle tira dessus, mais ne put l'empêcher de fuir.

 Rick arriva peu après.

- Tu vas bien? Demanda-t-il.

- Oui... Soupira-t-elle.

- Allez viens, ne restons pas là...

- On doit rentrer au poste, murmura-t-elle.

- Je vais conduire.

Elle acquiesça silencieusement, démontrant qu'elle était chamboulée.

 

Les gars n'avaient pas chômé en les attendant. Ryan avait trouvé l'enregistrement du dernier appel de Lockwood depuis la prison. Esposito n'eut aucun mal à décoder le sens caché de cette discussion: son interlocuteur lui ordonnait de continuer la mission. La mission n'était pas McCallister, Lockwood était après quelqu'un d'autre

- Qui? Demanda Ryan.

- Moi, dit Beckett en déglutissant difficilement.

- Lockwood aurait pu vous tuer au tribunal, contra Montgomery. Vous n'êtes pas une menace, vous ne savez rien!

Elle aurait peut être pu croire son capitaine, si elle n'avait pas rencontré Lockwood au tribunal, mais ce-dernier avait était très clair, son patron la retrouverait et ça ne serait pas pour discuter de la pluie et du beau temps.

 Castle supposa qu'il s'agissait du troisième flic. Elle fut tentée de se laisser convaincre par cette théorie plus sécuritaire pour elle... mais une petite voix dans sa tête lui affirmait qu'elle était la cible. Devrait-elle en parler à Rick? Cette menace le rendrait fou d'inquiétude.

Montgomery décida tout de même de mettre Beckett sous protection, sans lui en parler.

Quelques heures plus tard, l'hélicoptère fut retrouvé grâce aux impacts des balles de Beckett, mais il avait été nettoyé au javel. Elle demanda l'enregistrement de la caméra de surveillance qu'elle avait aperçue en arrivant, puis ordonna à ses collègues de faire des recherches sur le propriétaire de l'hélicoptère.

- Ça va? Demanda Castle.

- Ouais. Rentrons chez nous Castle, murmura-t-elle. Je suis fatiguée.

- Tout ce que tu voudras.

                                                                                         *************

- Qu'est ce qu'il se passe? Demanda Martha alors que Kate passait le loft au peigne fin, vérifiant chaque fenêtre.

- L'affaire de sa mère... Soupira Castle. Le tueur à gages qu'elle avait arrêté s'est évadé.

- Oh mon dieu... Tu crois qu'il en a après elle?

- Je pense qu'il est à la recherche du troisième flic, mais elle n'est pas convaincue apparemment...

- Et si elle avait raison? Si ce malade s'en prenait à elle?

- Montgomery l'a mise sous protection.

- Et demain? Demanda la voix de Kate derrière lui.

Il se tourna vers elle.

- Et le jour d'après? Insista-t-elle.

-  Kate...

- Ne fais pas de promesse que tu ne pourras pas tenir, Castle.

- ...

Il s'avança vers elle et la prit dans ses bras. Elle se blottit contre son torse.

- D'accord... On pourrait partir... Laisse-moi t'emmener loin de tout ça... Laisse-moi t'emmener dans un endroit où tu seras en sécurité.

- Je ne serai plus jamais en sécurité... Soupira-t-elle. Pas tant que celui qui est derrière tout ça est en liberté.

- Alors trouvons-le...

 

                                                                        **********************

 

- La mère de Kate? Demanda Alexis en s'approchant de Rick qui étudiait une nouvelle fois son dossier.

- Oui.

- Je n'arrive pas à imaginer à quel point ça doit être dur... Faire en sorte d'obtenir justice pour toutes ces familles et ne pas pouvoir le faire pour elle...

- Dans mes livres, je fais en sorte que le bon soit récompensé et que les mauvais soient punis. Mais ça n'est pas aussi facile dans la vraie vie...

- Où est-elle?

- Elle dort, la journée a été difficile.

 On frappa à la porte.

- Jim? S'étonna Castle en ouvrant la porte.

- Bonsoir Richard.

- Je vous en prie entrez.

- Merci.

- Kate s'est endormie. Vous voulez que j'aille la réveiller?

- N'en faites rien! Répondit-il. Elle a besoin de repos. C'est vous que je suis venu voir.

- Moi?

Rick lui servit un verre et vint s'installer face à lui. Jim chercha ses mots un instant puis se lança.

- Vous faites du bien à ma Katie, Rick. Son regard s'illumine à chaque fois qu'elle parle de vous.

- Vraiment?

- Oui.

L'écrivain sourit en le voyant tergiverser avant de lui livrer ce qu'il avait sur le cœur. Beckett ressemblait à son père. Physiquement, elle était le portrait de sa mère, mais elle était aussi secrète que son père.

- Alors... Comment elle s'en sort? Demanda Jim.

- Difficile à dire, elle n'est pas du genre à se laisser flancher, vous savez.

- Je sais. Petite, elle ne voulait pas de lumière pour la nuit. Elle avait pourtant peur du noir... Mais c'était comme si elle voulait que ce soit sa peur qui baisse les yeux la première.

Castle rit en imaginant la petite Katie effrayée dans son lit, mais déterminée à vaincre sa peur. Il la reconnaissait bien là.

- Cet homme, qu'elle poursuit... À quel point est-il dangereux?

- C'est un tueur professionnel répondit Rick après s'être demandé jusqu'où il pouvait être franc.

- Et qu'est ce qui arrivera quand elle le trouvera? Demanda Jim inquiet. J'ai déjà perdu ma femme dans cette histoire... J'ai déjà perdu... Écoutez... Ça m'a pris des années mais j'ai réussi à faire le deuil de ma femme. Mais Katie? Elle ne m'écoutera pas. Et elle ne s'arrêtera pas... À moins que quelqu'un n'arrive à la convaincre que sa vie est plus importante que la mort de sa mère...

- ...

- Katie tient beaucoup à vous Richard... Et je sais que vous tenez à elle... Je vous en prie, ne la laissez pas se sacrifier...

- Je ne pense pas qu'elle fera une chose pareille, répliqua Castle. Je l'ai vue agir aujourd'hui et je ne pense pas qu'elle veuille foncer dans cette affaire tête baissée... Elle a changé vous savez...

- Puissiez-vous dire vrai...

 

                                                                                  ***************

 

 Beckett ne dormait plus depuis longtemps déjà, cette histoire la hantait. Sans bruit, elle se glissa hors du lit.

 - Hey... Fit la voix de Rick.

Elle se retourna pour constater que lui non plus ne dormait plus.

 - Hey...

- Tu ne dors déjà plus...

- Non. À dire vrai, j'ai très mal dormi, avoua-t-elle.

- Où vas-tu?

- Au poste.

- Je t'accompagne!

- Tu n'es pas obligé...

- Je ne dormais plus de toute façon, répliqua-t-il en se levant.

 - D'accord, acquiesça-t-elle certaine que tenter de le convaincre de rester couché serait inutile.

 

Cette enquête était plus que frustrante, dès qu'ils avançaient un peu, ils se retrouvaient dans une impasse.

Ils découvrirent le nom du gardien de prison qui avait falsifié l'ordre de transfert de Lockwood. Mais il était déjà mort lorsqu'ils arrivèrent chez lui.

Loin de s'avouer vaincue, Beckett lança de nouveau ses collègues sur la piste du troisième flic. Elle insista avec tant de véhémence, qu'ils acceptèrent de repasser en revue tous les dossiers qu'ils avaient déjà épluchés de fond en comble.

 

- Comment elle va? Demanda Ryan en observant de loin Beckett à son bureau plongée dans une pile de dossier.

- Elle s'est murée dans le silence et dans ses dossiers, soupira Castle. Au moins, elle est restée ici, elle est prudente, c'est déjà ça.

- Elle est en train de dérailler, constata Esposito.

- Non. Elle gère ça bien. Comme toujours.

- Et si on ne trouve rien? Se désola Ryan.

- Qui est Napolitano? Demanda Castle, qui refusait cette éventualité.

- Il a fait équipe avec Raglan quand il était aux Stups, mais c'est pas lui, il était au mariage de sa fille quand Bob Armen a été tué, répondit Ryan.

- Et il est où maintenant?

- Il est mort en 1993. Crise cardiaque, répondit Esposito. Pourquoi tu demandes ça?

-  Ce rapport dit qu'il a  assisté Raglan lors d'une arrestation, mais il a été modifié.

- Quoi? Sursauta Esposito.

- Comment vous le savez? Demanda Ryan.

- C'est la typographie, expliqua l'écrivain.

Il leur montra la différence liée à l'utilisation d'une machine plus récente sur le document. Il prit le document en photo et suivit les gars jusqu'au bureau du capitaine. Beckett les rejoignit là-bas.

 

Ils exposèrent leur découverte au Capitaine, qui ne décolérait pas. Il demanda aux gars de trouver le nom de la personne qui gérait le service des rapports. Les gars obéirent, mais Beckett resta dans le bureau, elle semblait hésiter.

 

- Quoi? Demanda le capitaine.

- Continue la mission? Lâcha-t-elle. Si Lockwood n'est pas après le troisième flic, alors qui est la cible?

- Je vous mets sous protection. Mes meilleurs hommes! Ces gars sont très forts! Répondit Montgomery.

- Assez pour arrêter Lockwood? Demanda-t-elle. Je les ai repérés hier soir! Si j'y suis parvenue, Lockwood le pourra aussi! Si je continue, ils me tueront...

- ...

- Je laisse tomber l'affaire.

- Vous... Quoi? S'étonna Montgomery.

- Je ne peux pas vivre comme ça, en attendant qu'il me trouve et me descende! J'arrête, je laisse tomber.

- Vous laissez tomber? Mais et la justice pour votre mère?

- J'ai perdu ma mère, parce qu'elle a touché à cette affaire. Je ne peux pas faire vivre ça à Castle.

- Kate? s'étonna l'écrivain.

- Rentrons chez nous Castle.

 

Elle vint se blottir contre lui, tremblante. Elle était terrorisée. Rick savait qu'elle ne tremblait pas pour elle, mais pour Little Caskett. Il l'embrassa dans les cheveux et remercia silencieusement cette grippe qui avait finalement fait apparaître la seule raison pour laquelle Kate Beckett préfèrerait la prudence à la justice pour sa mère.

 Ils rentrèrent chez eux sous la surveillance discrète des hommes de Montgomery.

 - Alors tu laisses vraiment tomber? Demanda Rick.

- Castle, tout le monde lié à cette affaire est mort. Tout le monde! D'abord ma mère et ses collègues, puis Raglan et maintenant McCallister. Et maintenant ils en ont après moi. J'ai trop à perdre dans cette histoire, j'ai déjà perdu ma mère, je ne perdrai pas un autre membre de ma famille.

- Si tu savais à quel point je suis fier de toi, sourit-il en l'embrassant.

- J'espère seulement que ça sera suffisant, soupira-t-elle.

- Je vais engager des gardes du corps.

- Comment pourrais-tu être certain de leur loyauté? Les personnes qui sont derrière tout ça ont le bras long.

 - ...

Que répondre à ça? Il savait qu'elle avait raison.


Minefuji  (25.05.2014 à 18:59)

Chapitre quatre-vingt-cinq

 

Martha descendait les escaliers quand une délicieuse odeur de café vint lui chatouiller les narines. Elle descendit encore quelques marches et sourit en découvrant sa belle fille aux fourneaux.

- Katherine!

- Oh! Bonjour Martha! J'espère que je ne vous ai pas réveillée!

- Non, j'ai un cours qui commence dans une heure... Eh bien! Dit-elle admirative devant le petit déjeuner gargantuesque que Kate avait préparé. Cela fait combien de temps que tu es debout?

- Un moment... Je n'avais plus sommeil, bafouilla-t-elle gênée.

- Tes collègues vont l'attraper, la rassura Martha.

- Je l'espère... Café?

- Volontiers.

Kate en servit deux tasses.

- Je ne vais pas le boire, c'est juste pour l'odeur et pour me réchauffer les mains contre la céramique, expliqua Kate devant le regard interrogateur de sa belle-mère.

- Alors, que vas-tu faire? Demanda l'actrice.

- Je vais aller au poste.

- Quoi? Mais je croyais que...

- Je vais faire de la paperasse! La rassura-t-elle. Tant que Lockwood est dans la nature, c'est là-bas que je suis le plus en sécurité.

- Richard t'accompagne?

- J'ai demandé aux gars de venir me chercher. Rick dort et je préfère le laisser se reposer. Ça fait deux nuits que je l'empêche de dormir.

- Il s'inquiète et c'est normal.

- Je sais. J'ai laissé un mot sur sa table de chevet, pour qu'il ne s'inquiète pas...

- Il risque de ne pas être content !

Kate répondit avec un sourire contrit. Martha n’insista pas et détourna habilement  la conversation vers des sujets plus légers, tels que la météo ou le programme de son cours de théâtre.

 

Les gars arrivèrent peu après et Kate quitta le loft.

Esposito la regardait du coin de l'œil, il avait du mal à reconnaître son amie. Jamais elle n'aurait renoncé à cette affaire avant. Il savait qu'elle aimait Castle, mais il était loin de s'imaginer que c'était au point de laisser tomber l'affaire de sa mère.

Ils l'escortèrent jusqu'à son bureau, puis retournèrent à leurs recherches.

Le capitaine arriva peu après.

- Beckett? Qu'est ce que vous faites là?

- Mon boulot, chef. Je laisse tomber l'affaire, mais la paperasse ne va pas se faire toute seule!

- Et où est Castle?

- Il dort. Il ne disait rien, mais cette affaire l'angoisse. Il a passé la nuit à surveiller la rue. Il ne s'est endormi que sur le matin.

- Il tient à toi...

- Je sais. Et je tiens à lui aussi.

- J'ai remarqué... Tu es beaucoup plus souriante depuis qu'il est parmi nous. Il a une très bonne influence sur toi. Et je n'aurais jamais cru te voir un jour renoncer à cette affaire, ajouta-t-il. Cet homme fait des miracles!

- J'ai mis du temps à comprendre, mais... Ma mère n'aurait pas voulu que je risque ma vie dans cette histoire... Et puis... peut-être qu'un jour je découvrirai la vérité sans avoir à risquer ma vie pour ça.

- C'est vrai... approuva le capitaine avec philosophie. Nous parlons pour les morts. C'est ainsi. Ils n'ont plus que nous pour faire entendre leurs voix. Nous leur devons un engagement total. Mais nos vies ne leurs appartiennent pas.

- Castle ne pense pas que nous puissions un jour réussir dans cette affaire...

- Et il a raison ! J'ai passé la moitié de ma vie à porter ce badge. Et s'il y a une chose que j'ai apprise, c'est qu'il n'y a pas de victoires. Seulement des batailles. Et le mieux qu'il puisse arriver, c'est de trouver sa place. Et si vous êtes vraiment chanceux, de trouver quelqu'un pour être à vos côtés.

Il s'éloigna d'elle et se dirigea vers son bureau.

- Monsieur? Vous êtes sûre que ça va? Demanda Kate en remarquant son air nostalgique.

- Oui! J'ai quelques affaires difficiles à régler... C'est tout.

- Vous avez besoin d'aide?

- ... Non. Ça va aller...

 

Elle fronça les sourcils et regarda son patron entrer dans son bureau, elle ne l'avait jamais vu aussi tendu.

Elle fut interrompue dans ses réflexions par la sonnerie de son téléphone.

- Hey lover! Sourit-elle en décrochant. Bien dormi?

- Pourquoi tu ne m'as pas réveillé? Bougonna la voix de Castle.

- Je voulais que tu sois en forme...

- Qu'est ce que tu fais au poste?

- De la paperasse. Je suis en sécurité ici. Et vous aussi, puisque je ne suis plus au loft!

- C'est pour ça que tu es partie? Pour que nous soyons en sécurité?

- Castle, je suis la cible de Lockwood. Si je reste au loft, je vous mets en danger toi, Martha et Alexis. Et il est hors de question qu'il vous arrive quelque chose!

- Et toi? Et Little Caskett?

- On a une armée de flics pour nous protéger. On est en sécurité nous aussi.

- ...

- Castle?

- J'admire ton sang froid dans cette affaire…Oh! J'ai un double appel. Je te laisse à tout à l'heure!

- Oui, à tout à l'heure.

 

 

- Castle! Annonça-t-il en prenant son autre appel.

- C'est Montgomery.

- Capitaine! Du nouveau?

- Venez au hangar où on a retrouvé l'hélicoptère.

- Quoi? Vous avez du nouveau?

- Ça se pourrait bien. Soyez là-bas dans une heure.

- Euh… D’accord…

Le capitaine raccrocha, laissant l’écrivain avec ses interrogations.

 

Non loin de là, Ryan et Esposito étaient sur la piste de Mike Ianavich, le flic responsable du service des rapports à l'époque où celui qu'ils avaient trouvé la veille avait été modifié.

- Apparemment Ianavich n'est resté qu'un an à Miami. Il est revenu et a acheté un bar à Brooklyn, annonça Ryan à son collègue.

- Comment a-t-il fait pour s'acheter un bar avec une pension d'ancien flic? S'interrogea Esposito.

- Pourquoi on n'irait pas le lui demander? Suggéra Ryan.

- On ne lui en parle pas, dit Esposito en désignant Beckett. Elle est tranquille, il vaut mieux voir où ça nous mène avant de lui annoncer.

 

Ils quittèrent le poste discrètement. Beckett, absorbée par son travail, ne les remarqua pas.

 

Montgomery sortit de son bureau un peu après.

- Monsieur? Demanda-t-elle alors qu'il venait de s'arrêter près de son bureau.

- Beckett, je crois avoir une piste.

- Qu'est ce que vous avez trouvé?

- Allons au hangar où nous avons trouvé l'hélicoptère volé. Je t'expliquerai tout là-bas.

- Capitaine… Je ne pense pas que... J’ai lâché l’affaire… Vous devriez emmener les gars…

- Ils sont partis ! Tu es la seule qui connaisse aussi bien cette affaire ! Insista le capitaine.

- Mais je suis la cible de Lockwood ! J’ai promis à Castle de rester ici.

- Tu ne risqueras rien ! Personne ne saura que tu es avec moi. Et puis nous serons revenus dans quelques heures !

- ...D'accord… Je préviens Castle.

- Je l'ai appelé. Il nous rejoint là-bas.

 

Elle attrapa ses affaires et suivit le capitaine hors du poste.

 

                                                                ************

 

- Mike Ianavich, demanda Esposito en arrivant dans le bar de ce dernier.

- C'est moi.

- Détective Esposito. Voici le détective Ryan. Peut-on vous parler une minute?

- Bien sûr. Vous voulez un verre?

 

La discussion avec Ianavich ébranla sérieusement les gars. En effet l'ancien flic leur révéla l'identité du troisième flic, qui n'était autre que le capitaine Montgomery. Leur chef était un bleu à l'époque. Raglan et MacAllister le formaient. Esposito ne voulait pas y croire et en vint aux mains avec Ryan.

 

- Hey! Tu sais que c'est lui, cria Ryan en rattrapant son équipier. Montgomery est le troisième flic! C'est lui qui a falsifié les dossiers!

- Comment tu peux dire ça? Gronda Esposito. Comment peux-tu penser ça? C'est lui qui nous a amenés à la criminelle. Qu'est ce qu'on a? Une photo?

- Réfléchis! Pourquoi il voulait qu'on tue Lockwood? Parce qu'il nous aurait conduits jusqu'à lui! Il nous a menti! Depuis le début il nous ment! Insista Ryan.

 

Esposito ne voulait pas le croire, il se détourna pour s'en aller, mais Ryan l'attrapa par le bras. Il lui envoya une droite, Ryan esquiva. S'en suivit une bagarre jusqu'à ce que le latino plaque l'irlandais contre un mur le poing levé.

- Et bah vas-y qu'est ce que t'attends? Frappe! Cria Ryan.

Esposito baissa le poing, incapable de frapper son ami. Ryan avait raison et il le savait.

- Beckett! Dit soudain Ryan.

- Elle est avec lui! Paniqua le latino.

 

                                                               *****************

Beckett suivait le capitaine, la nuit tombait doucement.

- Qu'est ce qu'on a Capitaine? ... Chef? Répéta-t-elle devant le silence de ce dernier.

Elle s'arrêta et regarda autour d'elle. Si elle n'avait pas été avec Roy Montgomery, elle aurait pensé à un guet-apens.

Son téléphone sonna. Elle ouvrit le message envoyé par les gars et le lut." Le troisième flic, c'est Montgomery!"

Son cœur rata plusieurs battements. Elle recula de quelques pas et mit la main sur son arme. Le capitaine se retourna et comprit instantanément qu'elle savait.

L'incompréhension et la panique cédèrent la place au sang froid et à la détermination. Elle ne se laisserait pas descendre sans se défendre.

- Lâchez votre arme, monsieur! Ordonna-t-elle.

- Kate, je n'irai pas en prison pour ça. Je ne peux pas infliger ça aux miens!

- Pourquoi? Demanda-t-elle d’une voix glaciale.

- J'étais un bleu, quand c'est arrivé, Kate. MacAllister et Raglan étaient des héros pour moi. Je croyais en ce qu'on faisait. On allait enlever Pulgatti cette nuit là. Bob Armen n'était pas supposé être là. Armen a attrapé mon arme, c'est là que le coup est parti. Je ne savais même pas si c'était mon arme qui avait tiré, jusqu'à ce qu'Armen s'écroule. MacAllister m'a poussé dans le van. Je me souviens qu'il me disait " T'en fais pas fiston. C'est pas ta faute. Ça arrive tous les jours dans cette ville. "  McCallister et Raglan ont essayé d'oublier ça dans l'alcool, mais pas moi, Kate. J'ai fait tout mon possible pour devenir le meilleur flic possible. Et j'y suis arrivé. Et quand tu es arrivée à la douzième, j'ai cru que c'était Dieu, qui t'envoyait. J'ai cru qu'il me donnait une autre chance et que je pourrais te protéger comme j'aurais dû protéger ta mère.

- Avez-vous tué ma mère? Demanda Kate en le dévisageant comme s’il était un étranger.

- Non, c'est arrivé des années plus tard. Mais elle est morte à cause de ce qu'on avait fait cette nuit-là.

- Alors qui l'a tuée?

- Je ne sais pas comment, mais il a appris ce qu'on avait fait. Il aurait pu tous nous faire arrêter, au lieu de ça, il nous a demandé l'argent des rançons. Il a pris cet argent pour devenir ce qu'il est et Dieu me pardonne, mais c'est grâce à ça qu'il est devenu aussi puissant.

- Donnez-moi son nom. Vous me devez ça, Roy.

- Le savoir a tué ta mère!

- Vous avez rencontré ma mère?

- J'ai cru qu'elle y arriverait, j'ai cru pouvoir la protéger, mais j'ai échoué.

- Donnez-moi son nom! Gronda-t-elle.

- Non, Kate. Si je te le donnais, je te connais, tu irais te jeter tout droit dans la gueule du loup. Autant te tuer tout de suite.

- C'est pour ça que vous m'avez amenée ici? Pour me tuer?

- Non, je t'ai amenée ici pour les piéger.

- Je vous sers d'appât!? S'étrangla-t-elle d'effroi.

 La porte s'ouvrit et Castle apparut.

- Kate!

- Castle! Va-t-en ! C'est un piège! S'écria-t-elle affolée.

- Un piège!?

- Partez, ordonna Montgomery. Ils viennent pour la tuer, mais je les en empêcherai! Je vais mettre un terme à cette histoire!

- Non! Roy! Je ne vais pas vous laisser! S'entêta Beckett.

- Vous l'avez utilisée comme appât?! Gronda Castle qui venait de comprendre.

- Et ils sont tombés dans le piège. Il faut que vous partiez!

- Capitaine! Supplia Beckett.

- Ne discute pas! Castle emmenez-la maintenant! Je vous ai appelé pour ça!

- Capitaine, s'il vous plaît, écoutez-moi! Vous n'avez pas à faire ça!

- Kate! Pense au bébé!

- Le bébé?! Répéta Montgomery qui venait de comprendre avec horreur pourquoi Kate s'était protégée en renonçant à l'enquête de sa vie.

- Monsieur! Non, s'il vous plaît! Non! Monsieur! Je vous pardonne! Je vous pardonne! Supplia-t-elle en larmes.

- C'est mon choix, Kate. C'est là qu'est ma place!

- Non! Non!

- Castle!

- Non! Non, monsieur, s'il vous plait, écoutez-moi! Vous n'avez pas à faire ça!

La voiture de Lockwood approchait, Castle hésitait.

- Castle! Partez d'ici tout de suite!

- Vous n'avez pas à faire ça, monsieur...

Castle l'attrapa et l'emmena par la porte arrière. Elle suppliait son capitaine de ne pas se sacrifier.

La porte se referma derrière eux. Castle la serra fort et la suppliait de se taire. Elle ne se débattait pas, elle était anéantie.

Elle étouffa ses cris et ses larmes contre l'épaule de Castle. Il lui caressait les cheveux pour essayer de la calmer.

Il y eut plusieurs coups de feu, elle sursauta à chaque fois. Puis le silence. D'autres coups de feu encore, puis de nouveau le silence. Elle hoqueta lorsque retentit le dernier coup de feu, puis se précipita dans le hangar. Le capitaine gisait sur le sol. Elle s'agenouilla près de lui, mais il était trop tard.


Minefuji  (26.05.2014 à 19:54)

Chapitre quatre-vingt-six

Castle avait appelé les gars. Les lieux furent bientôt envahis par les équipes de la police. Le corps sans vie du capitaine fut examiné, ainsi que la scène de crime. Kate faisait sa déposition, un peu plus loin, Castle faisait la sienne.

Lanie s'approcha et remarqua la pâleur de son amie, qui commençait à tanguer dangereusement.

- Tout va bien, lieutenant Beckett? Demanda le détective qui prenait sa déposition, alors qu'elle ne répondait plus à ses questions de manière cohérente.

- Il faut l'allonger! Dit Lanie en arrivant près d'elle. Elle fait un malaise!

Castle se retourna et se précipita vers Kate, que Lanie emmenait à l'écart. Ils l'allongèrent sur la veste de Castle et peu à peu elle reprit quelques couleurs.

- Ça va Honey, tu reviens parmi nous? Demanda Lanie. Elle hocha la tête et fit mine de se relever.

- Reste allongée et prends le temps de respirer, lui dit Rick. Je te ramènerai à la maison dès que tu te sentiras un peu mieux.

- Elle fait souvent ce genre de malaises? Interrogea Lanie en remarquant le calme avec lequel Castle gérait la situation.

- C'est déjà arrivé, répondit-il.

- Et vous n'avez pas consulté?

- T'en fais pas Lanie, c'est rien... Dit Kate en se relevant doucement.

- Je sais bien qu'un malaise vagal c'est bénin, mais tu n'en faisais pas avant. Donc il y a une raison...

- Ça va Lanie, répéta Beckett. Il n'y a rien de grave.

- On va rentrer, annonça Rick. Nous viendrons au poste demain matin.

- Oh my god! C'est pas vrai! S'écria Lanie!

- Lanie! Ne dis pas un mot de plus! On en reparlera demain en tête à tête si tu veux, la coupa Kate, mais je t'en prie ne dis rien!

- D'accord, sourit doucement la légiste. Prends soin de toi, les gars s'occuperont de tout.

- Merci, Lanie.

- À demain Lanie, ajouta Castle en aidant sa femme à se lever.

Kate jeta un dernier regard plein de larmes vers le véhicule de la morgue, dans lequel les collègues de Lanie embarquaient le corps du capitaine, puis suivit Rick jusqu'à la voiture.

                                                                 *********************

Le regard dans le vague, Kate était perdue dans ses pensées. Rick s'approcha d'elle et lui tendit une tasse fumante, dont elle se saisit en le remerciant d'un léger sourire. On frappa à la porte. Rick alla ouvrir. Ryan et Esposito se tenaient devant la porte.

- Comment va-t-elle? Demanda Esposito.

- Aussi bien que possible, étant donné les circonstances, répondit Castle en s'écartant pour les laisser entrer.

Beckett s'était levée pour les accueillir.

- Je suis content que tu n'aies rien, souffla Esposito en la serrant dans ses bras.

- Merci Espo. Ryan, les larmes aux yeux, l'enlaça à son tour, puis chacun prit place autour de la table basse. Rick leur expliqua ce qui était arrivé dans le hangar. Le cœur lourd, ils se mirent d'accord sur ce qu'ils diraient à la femme du capitaine.

- Personne, en dehors de cette famille que nous formons, n'a besoin de savoir ce qu'il s'est réellement passé, expliqua Beckett. Pour tout le monde, Roy Montgomery est mort en héros. Nous le lui devons.

Cette promesse faite, ils se recueillirent un moment sur le souvenir de Roy Montgomery, avant que les gars ne rentrent chez eux.

                                             ********************

Rick dormit très mal cette nuit-là, mais ce n'était rien comparé à Kate, qui fit de nombreux cauchemars, hantée par l'image du corps sans vie du capitaine. Ils passèrent finir leurs dépositions au poste le lendemain matin, puis se rendirent chez Evelyn Montgomery, qui était anéantie. Lanie passa ensuite les voir au loft.

- Comment te sens-tu? Demanda la légiste devant l'air fatigué de son amie.

- À ton avis?

- Elle n'a quasiment pas dormi de la nuit, expliqua Castle. Mais elle n'a pas refait de malaise.

- Je m'en doutais, soupira Lanie. Tiens, je t'ai apporté ça, c'est de l'homéopathie, mais ça devrait t'aider un peu.

- Merci, Lanie.

- Mais je t'en prie. Alors, tu le sais depuis combien de temps?

- Depuis la lune de miel. Depuis mon entorse du poignet pour être exacte, répondit Kate.

- Et ça fait combien de temps?

- Presque deux mois et demi, rougit la détective. J'aurais dû le remarquer avant.

- Ça arrive souvent, tu sais. Surtout quand la grossesse n'était pas prévue.  Et si en plus tu n'étais pas malade...

- Tu vois? Se réjouit Castle.  Je te l'avais dit!

- Tu culpabilisais? Demanda Lanie d'un air consterné.

- Et pas qu'un peu! Renchérit l'écrivain.

- Ça ne m'étonne pas de toi!

- Oh ça va! Grogna Kate en roulant des yeux.

Lanie resta encore un peu avec eux, puis s'en alla pour les laisser se reposer quelques heures.

Le surlendemain, Kate revêtit son uniforme, Jim vint les rejoindre au loft, et tous se rendirent au cimetière pour l'enterrement du capitaine.

Le cimetière était noir de monde, nombreux étaient ceux qui voulaient rendre un dernier hommage au capitaine Montgomery. Des officiers, des policiers, des élus, des anonymes, tous étaient rassemblés en mémoire du capitaine.

Ryan, Esposito, Beckett et Castle suivaient le corbillard, puis portèrent le cercueil jusqu'à sa tombe d'une démarche lente. Castle n'était pas d'accord, mais avait dû capituler devant l'entêtement de sa femme, qui ne cessait de répéter qu'elle devait bien cela à son mentor. Les officiers firent une haie d'honneur et saluèrent le capitaine sur leur passage.

La famille du capitaine en pleurs, affrontait  cette épreuve avec dignité. il derrière ses lunettes noires, se tenant près à réagir en cas de nouveau malaise.
 
 Roy Montgomery m'a appris ce que signifiait être flic, commença Kate en prenant sur elle pour maîtriser les trémolos de sa voix. Il m'a appris que nous étions liés à nos choix, mais que nous étions plus qu'une somme d'erreurs. Le Capitaine Montgomery m'a dit un jour que pour nous, il n'y avait pas de victoire. Seulement des batailles. Et en fin de compte, ce qu'on pouvait espérer de mieux, c'était de trouver sa place. Et si on est vraiment chanceux, de trouver quelqu'un pour être à vos côtés.

Elle jeta un bref regard à son mari, avant de reprendre son discours.

- Notre Capitaine voudrait que nous restions dans la bataille... Et même si... S'il...

Elle bafouillait un peu. Elle avait chaud. Un bourdonnement s'installa dans ses oreilles. Elle cligna des yeux pour se reprendre, secoua légèrement la tête. Inutile, les signes étaient là. Castle remarqua qu'elle tanguait dangereusement, il allait se diriger vers elle, quand un étrange scintillement attira son attention. Il se répéta une seconde fois et à la troisième il comprit qu'il s'agissait de la lunette d'une arme à feu, dirigée droit vers Beckett. Son sang ne fit qu'un tour.

Elle luttait toujours contre son malaise et se penchait légèrement en avant, lorsque Rick se précipita sur elle en criant.

- Kate! Une brûlure intense, le poids de Rick sur elle et la douloureuse rencontre avec le sol... Sa tête résonnait, la douleur était intense et son malaise s'agrandit. Il y eut des cris, les gens se jetèrent au sol. Lanie regardait horrifiée son amie gisant au sol dans les bras de son mari.

- Lanie couche-toi! Cria Esposito en rattrapant Lanie qui voulait rejoindre son amie.

- Beckett est touchée! Beckett est touchée! Hurla Ryan.  

Rick se releva et remarqua instantanément le sang sur le gant blanc de sa femme. Les yeux agrandis pas la stupeur et la douleur, elle le regardait, lui demandait silencieusement des explications sur ce qu'il venait de lui arriver. Il passa une main derrière sa nuque, relevant légèrement sa tête.

- Kate, shhhhh... Kate... Reste avec moi, Kate. Ne me laisse pas. Reste avec moi, okay?

Elle se concentra autant qu'elle le put sur lui. La douleur était intense, lancinante, mais le pire c'était l'angoisse, la peur. Elle était effrayée, ça ne pouvait pas lui être arrivé pendant les funérailles du capitaine.

- Cas... Castle...

- Shhh... Garde tes forces...

- Le bébé...

- Les secours arrivent, reste avec moi, Okay?

Elle ne put retenir une larme de couler le long de sa joue avant de s'évanouir.

- Je t'aime Kate... Accroche-toi, chérie.

Lanie arriva auprès d'eux. Elle prit le pouls de son amie d'une main tremblante, puis compressa la plaie.

- Accroche-toi, Honey! Tu peux pas nous planter là! Dit Lanie d'un ton autoritaire.

Kate répondit dans un râle.

- C'est ça, bats-toi, ma belle! Tu es plus forte que ça! Sourit la légiste.

- Elle perd beaucoup de sang, paniquait Castle.

- Reste avec moi, Kate! Ne meurs pas! Répétait Lanie. Reste avec moi!

L'ambulance arriva et les secouristes la prirent en charge. Castle et Lanie l'accompagnèrent. Les cris et le bruit des machines résonnaient dans la tête de Rick, qui ne quittait pas Kate des yeux. Ça ne pouvait pas se terminer comme ça.

Il ne sut pas exactement comment ils étaient arrivés dans ce couloir d'hôpital, Lanie pleurant silencieusement lorsque les brancardiers disparurent derrière les doubles portes de la salle de traumatologie.

Les gars arrivèrent. Ils téléphonaient. Ils étaient énervés et parlaient sèchement à leurs interlocuteurs.

- Comment ça vous ne l'avez pas trouvé? Il y avait plus de deux cents flics là-bas! Râlait Esposito.

- Je veux des points de contrôle de sécurité à toutes les entrées et les sorties, ordonnait Ryan. S'il y a des caméras de surveillance dans les dix blocs de cet endroit, je veux les images sur mon bureau dans une heure!

- Non, il n'a pas tout simplement pu disparaître, grogna Esposito. Terminé. Et je veux les déclarations de tout le monde.

- Non, une heure! Répéta Ryan en raccrochant. Lanie, toujours en pleurs, se précipita dans les bras de Javier.

- Comment va-t-elle? Demanda-t-il.

- Ils sont en train de l'opérer...

- Et Castle?

- Il n'a pas dit un mot depuis le cimetière...

                                                                 ****************

Le docteur Davidson arriva en salle de Trauma.

- Qu'est-ce qu'on a?

- Femme de 31 ans, plaie par balle au thorax, expliqua l'infirmière. Elle est enceinte d'un peu plus de deux mois. Le chirurgien jura et posa deux doigts sur la carotide de Kate.

- La mère d'abord! On verra s'il s'accroche. J'ai un rythme! Elle respire. Mettons-la sur la table!

Le docteur Davidson sentit quelque chose agripper la manche de sa veste. Il baissa son regard vers sa patiente et découvrit deux émeraudes qui le fixaient. Elle se concentrait et rassemblait ses forces pour lui dire quelque chose. Désarmé par son regard, il se pencha vers elle pour l'entendre murmurer:

- Le bébé... Il faut... Sauver mon... Bébé...

- Je vous promets de faire tout mon possible, répondit-il touché par la détresse de cette maman. Elle esquissa un sourire et se détendit doucement.

- Amenez-moi un monitoring pour le fœtus! On va sauver deux patients aujourd'hui! Lança-t-il comme si cela suffisait à lui assurer le succès.

Dans le couloir, Castle sortit enfin de son mutisme.

- Et le tireur?

- Disparu, avoua Ryan après une légère hésitation.

- Comment a-t-il pu disparaître?

- Nous ne savons pas, mais il a laissé son arme derrière lui, soupira Ryan.

- C'est un Mark 11, fusil de sniper modifié, expliqua Esposito. Le préféré des forces spéciales.

Martha et Alexis arrivèrent et se précipitèrent vers Castle.

- Richard!

- Papa!

- Oh mon Dieu, comment va Katherine?

- Elle est au bloc...

- Où est Katie? Demanda Jim contenant difficilement sa colère. Où est ma fille?

- Ils l'opèrent, expliqua Lanie. On n'en sait pas plus.

- Tout ça c'est ma faute...lâcha Castle... Si je ne l'avais pas poussée à rouvrir le dossier sur le meurtre de sa mère...

- Richard Castle, arrête-ça tout de suite,  ça n'est pas toi qui lui a tiré dessus! Le sermonna Martha.

- J’ai mis sa vie en danger… se lamenta l’écrivain.

- Elle l'aurait ouvert tôt ou tard, ajouta Jim.

Rick leva les yeux vers lui incrédule.

-Katie est comme ça. C'est à cause du meurtre de Johanna qu'elle est entrée dans la police...

Les heures s'égrenèrent avec une lenteur terrifiante et dans un silence assourdissant. Finalement, à la nuit tombée, le docteur Davidson vint mettre fin à leur angoissante attente.

- M. Beckett? M. Castle?

- Oui? Répondirent aussitôt les deux hommes en se levant.

- Madame Castle est sortie de chirurgie.

- Comment va-t-elle? S'enquit Jim.

- Elle a eu de la chance... La balle a évité le cœur de peu.

- Elle faisait un malaise, quand le tir est parti, se rappela Rick. Ça lui arrive de temps en temps depuis qu'elle... est enceinte...

- Alors ce malaise lui a sauvé la vie, répondit le médecin.

- Elle va s'en tirer alors? Demanda Jim.

- Son état est sérieux, sa rémission prendra du temps, nous devrons la surveiller de très près, mais je pense qu'elle s'en sortira.

- Et pour le bébé? Demanda Rick horrifié à l'idée de devoir annoncer cette terrible nouvelle à Kate.

- Le bébé? Répéta Jim.

- Nous pensions vous l'annoncer... Mais cette histoire a tout chamboulé...

- Katie attend un bébé... Répéta Jim partagé entre l'angoisse et la joie.

- Il va bien, nous avons fait une échographie, il va parfaitement bien.

- Quand pourrons-nous la voir? Demanda Jim.

-  Eh bien, une fois que les infirmières l'auront installée dans une chambre, nous allons vous conduire à elle. Quant aux autres, vous devriez rentrer chez vous et vous reposer un peu.

Jim et Rick soufflèrent soulagés, Kate était en vie...

- Je ne sais pas pour toi, bro, mais la maison est le dernier endroit où je vais, annonça Esposito. Et ce jusqu'à ce que nous attrapions le fils de pute qui a fait ça.

- Je viens avec toi, répondit Ryan. Castle se tourna vers Martha et Alexis…

- Embrasse-la pour nous, demanda Martha. Ne t'inquiète pas, nous allons bien.

 


Minefuji  (27.05.2014 à 20:13)

Chapitre quatre-vingt-sept:

 

Lorsque Castle arriva au poste, le lendemain matin, Ryan et Esposito se précipitèrent vers lui.

- Castle?  Comment va Beckett?

- Son état a empiré?

- Rassurez-vous les gars, elle va bien! Enfin... Autant que possible. Elle ne s'est pas encore réveillée.

- Tu n'es pas resté avec elle? S'étonna Ryan.

- Je suis seulement passé au loft me changer et j'en profite pour venir vous voir pour savoir où en est l'enquête, avant d'y retourner.

- On en est nulle part, grogna Ryan. On a trouvé le fusil du sniper, pas d'empreinte. Le Labo cherche des traces d'ADN, mais...

- On peut suivre l'historique de l'arme?

- Le numéro de série correspond à une arme qui a été délivrée à un certain Martin Holst, un soldat des forces spéciales qui a été tué en mission il y a 7 ans. Son corps a été retrouvé dans une mission ultérieure, mais l'arme n'y était pas, expliqua Esposito.

- La brigade cynophile a passé les lieux au peigne fin, les chiens ont reniflé une odeur sur le côté ouest du cimetière, mis ils ont perdu la trace, ajouta Ryan.

- Dans cet océan de flics?! Pas un seul n’a aperçu le tireur? S'étonna Castle.

- Peut être que si! Assura Ryan. La moitié des gars à qui nous avons parlé se souvenait avoir vu un gardien s'abriter du tireur derrière un arbre. Mais, selon le personnel, aucun d'entre eux n'était dans le coin.

- Il a profité de la panique pour disparaitre, continua le latino.

- Si ce gars-là est un tueur à gage, il vole peut être vers Cuba maintenant, soupira Castle.

- Eh bien, nous irons à Cuba trouver ce salopard, grogna Esposito.

- Ça n'a tout simplement pas de sens, soupira Castle. C'était censé être terminé. Montgomery s'est sacrifié, en tuant Lockwood et tous ses gars, il a dit qu'il y mettait fin. Il a dit qu'il le faisait pour sa sécurité. Donc, si le plan était d'assurer sa sécurité, pourquoi diable viennent-ils encore après elle?

- Je ne sais pas, Bro. Dieu sait qui d'autre est impliqué, souffla Esposito.

- Mais on trouvera, assura Ryan.

- Retourne auprès d'elle, Bro, conseilla Esposito. Nous, on te tiendra au courant de l'évolution de l'enquête.

- Merci les gars...

                                      *********************************

 Quand Kate se réveilla, le bip des machines lui indiqua qu'elle n'était pas chez elle. Elle ouvrit les yeux pour découvrir le plafond et les murs blancs. Que faisait-elle là? Et depuis combien de temps?

Elle ferma les yeux pour se concentrer et l'horreur la frappa. Le cimetière, l'enterrement de Montgomery et cette douleur au thorax. On lui avait tiré dessus.

Elle fut prise de panique, la machine s'emballa, ce qui réveilla Jim, qui dormait près de là.

 - Hey! Katie, calme-toi, je suis là, tout va bien. Tu es à l'hôpital.

- Papa?... Souffla-t-elle. Et... Castle?

- Il va bien, ne t'inquiète pas!

- Le bébé?...

- Il va bien aussi... Calme-toi.

- Où est Rick?

- Il est passé au loft pour se changer, il ne va plus tarder... Allez calme-toi!

Des larmes se formèrent dans les yeux de sa fille, son cœur se serra de ne pouvoir la réconforter. Petite, c’était Johanna, qui d’un seul mot parvenait à sécher ses larmes et aujourd’hui encore, lorsqu’il parvenait à la réconforter, c’était avec les mots de sa femme.

 

                Castle arrivait près de la chambre de Kate, un énorme bouquet à la main. Il passa devant L.T. et un autre garde en uniforme qu'il salua rapidement. Il vérifia rapidement son allure avant d'entrer. Elle était réveillée.

- Eh bien, ce bracelet te va bien. Ce ne sont pas des diamants, mais...

Beckett regardait son père qui lui tenait le poignet. Elle aperçu Castle entrer et son visage s'éclaira. Elle était encore groggy et cela se reflétait dans sa voix, il la trouvait pourtant magnifique.

- Hey Lover !

Jim se tourna vers lui et le salua. Rick n’avait d’yeux que pour elle, tout comme elle n’avait d’yeux que pour lui. Jim se sentit de trop et décida de partir.

- Je vais prendre un café et un petit déjeuner à la cafétéria, je reviendrai après.

Elle acquiesça silencieusement. Il se leva de sa chaise et embrassa son front. Il sourit à son gendre en passant devant lui.

- Elle n'arrêtait pas de vous réclamer, chuchota-t-il. J'ai eu beaucoup de mal à la calmer.

Castle sourit et reporta son regard vers elle.

 

- Hey!

- Tu me dévisages... Je dois avoir ... vraiment une sale tête...

- Non... J´ai eu tellement peur de ne plus jamais te revoir...

Son regard devint brillant, elle savait ce qu'il avait enduré...

- J'ai entendu que tu ouvrais un magasin de fleurs, donc je pensais t'approvisionner, plaisanta-t-il en posant le vase sur la table.

Il était nerveux, il plaisantait à chaque fois dans ces cas là. Il prit le siège près de son lit et s'assit.

- Elles étaient toutes là quand je me suis réveillée. Je pense qu'elles viennent du poste, pour la plupart. Je vais en entendre parler pendant un bout de temps.

- Oh, probablement!

Elle sourit. Il ne pouvait pas s'arrêter de la regarder.

- Mon père m'a montré la peluche d'Alexis et les DVD de Martha, c'est gentil de leur part.

- Mère t'a refilé les films de ses débuts de carrière, ne la remercie pas trop quand même, c'est son narcissisme qui a parlé.

- Tu as une mère formidable... Excentrique, sans doute, mais généreuse et formidable.

- Je sais... Mais ne le lui répète surtout pas!

Elle rit et grimaça instantanément sous la douleur. Il s'inquiéta aussitôt.

- Ça va Babe... Ne t'en fais pas...

- J'ai eu tellement peur!

- Je sais... Tu as essayé de me sauver...

- Ouais! Tu as vu ce plongeon? On se serait cru dans un film! Ton petit mari aurait pu faire une grande carrière! Tu serais fière!

- C'est Martha qui aurait été fière! Moi, je préfère l'écrivain!

- ... Enfin... J'aurais voulu me prendre la balle à ta place, j’ai raté mon coup.

- Je ne l'aurais pas supporté.

- Tu te souviens de la fusillade?

- C'était confus à mon réveil, mais je m'en souviens bien maintenant.

- On peut dire que tu m'as fait une de ces peurs! Heureusement, Little Caskett t'a sauvée.

Elle le regarda d'un air interrogateur.

- Ton malaise, expliqua-t-il. À cause de lui tu as bougé au moment où la balle allait te frapper, c'est pourquoi tu ne l'as pas reçue en plein cœur.

- Et...? S'inquiéta-t-elle.

- Le bébé va très bien, il patauge comme un bienheureux dans sa piscine privée. D'après les médecins, c'est tout juste s'il s'est aperçu de quelque chose. Enfin... Il va quand même finir par s'en rendre compte avec la nourriture qu'on sert habituellement dans cet endroit.

- Il m'a sauvé la vie...

- Et tu as sauvé la sienne...

Elle l'interrogea de nouveau du regard.

- Le chirurgien qui t'a opéré m'a dit que tu l'avais supplié de sauver le bébé. Habituellement, dans des cas comme le tien, on s'occupe de la maman en priorité, mais ta détresse l'a touché et ils ont surveillé le bébé de très près.

Elle soupira soulagée et ferma les yeux.

- C'est ça, dors, tu en as bien besoin, murmura-t-il avant de déposer ses lèvres sur son front.

 

                  La porte de la chambre s'ouvrit quelques temps après et Jim reparut deux cafés dans les mains.

- Elle dort ?

- Oui, elle va être somnolente pendant un moment encore.

- Votre présence l’apaise, remarqua Jim. Je ne parviens pas à la calmer comme vous le faites.

- Elle était calme, quand je suis arrivé.

- C’est Johanna. Quand elle est angoissée ou nerveuse, ce sont les paroles de Johanna qui la calment…pas les miennes. On se ressemble trop… Katie et moi ne sommes pas de grands bavards en ce qui concerne nos sentiments, il nous faut quelqu’un comme Johanna  pour soulager nos tourments. Vous lui ressemblez par certains côtés.

- Vraiment ? S’étonna l’écrivain.

- Vraiment.

- …

- Oh ! Tenez, Rick, dit Jim en lui tendant un gobelet fumant. Il est bien serré, de quoi vous aider à supporter la fatigue accumulée ces deux derniers jours.

- Deux jours!?... Répéta Beckett en ouvrant les yeux brusquement.

- C'est ce qu'on appelle une micro-sieste! Constata Castle en se tournant vers elle.

- J'ai dormi deux jours? répéta Kate.

- Tu devais être très fatiguée, sourit l'écrivain.

- Et pour le tireur?

- Les gars mènent l'enquête, assura Rick.

- Et s'il s'en prend encore à nous?

- Des policiers montent la garde et je veille au grain. Tu n'as pas à t'inquiéter, répondit Castle d'un ton qu'il voulait rassurant.

- Tu sais que je le sais quand tu mens?

- Dès que tu pourras quitter cet hôpital, nous partirons dans les Hamptons. Tu seras à l'abri là-bas. Tu n'as pas à t'inquiéter, on veille sur toi.

- Richard a raison, approuva Jim. Tu ne dois penser qu'à guérir rapidement.

 

                 Le médecin passa peu après et les rassura sur l'état de santé de Kate et du bébé.

Non seulement Little Caskett lui avait sauvé la vie, mais en plus, il n'avait absolument pas souffert de cette tentative d'assassinat, un vrai miracle.

Rassurée, Kate se rendormit rapidement sous les regards protecteurs de son mari et de son père.

Rick, quant à lui, se fit la promesse de retrouver le sniper, ainsi que le commanditaire. On ne s'en prenait pas à ses proches impunément.

 


Minefuji  (28.05.2014 à 18:57)

Chapitre quatre-vingt-huit :

- C'est aujourd'hui que Kate sort de l'hôpital ? Demanda Martha alors que Rick regardait  une nouvelle fois sa montre.

- Oui, je dois aller la chercher dans un peu moins d'une heure.

Martha caressa la joue de son fils d'un geste tendre.

- Tout va bien se passer.

- Tu crois? Ça fait déjà deux semaines que la fusillade a eu lieu et on n'a toujours aucune piste! Le sniper court toujours!

- Alors quoi? Tu veux la laisser enfermée là-bas pour qu'il ne lui arrive rien? Katherine est prudente, elle te l'a démontré à plusieurs reprises.

- Et on lui a quand même tiré dessus.

- Tu ne peux pas la mettre sous cloche. On ne vit pas sa vie enfermé dans du papier-bulle! Le danger est partout et on fait avec.

- Mais s'il lui arrivait quelque chose, je ... je...

- Je sais que tu l'aimes, Trésor. Alors profite! Ne gâche pas une seule seconde de ta précieuse vie à courir après des chimères. Sois heureux et vis ta vie! N'aie aucun regret.

- ...

- Tu devrais y aller, suggéra l'actrice. Elle sera heureuse que tu la sortes de là en avance.

Il se leva en souriant,  embrassa sa mère  pour lui dire au revoir et quitta le loft. Il arriva dans la chambre de Kate. Le médecin lui faisait ses dernières recommandations. Une petite pointe de jalousie s'insinua en lui, mais fut vite balayée par le sourire radieux qu'elle lui adressa lorsqu'elle l'aperçut. Il ne se lasserait jamais de voir son visage s'illuminer quand il arrivait près d'elle.

- Bonjour ! Tu es prête à partir ?

- Bonjour, Rick ! Oui, je t'attendais.

- Votre épouse avait du mal à tenir en place, expliqua le médecin. A croire qu’elle n’était pas bien en notre compagnie !

- Vous vous êtes parfaitement occupés de moi, mais désolée de vous l’annoncer, je n’ai pas l’intention de refaire un séjour dans votre établissement, répliqua la jeune femme.

Elle se leva de son lit et prit son sac que Rick s'empressa de lui prendre. Il passa son bras dans son dos, pour pouvoir la rattraper en cas de malaise et l'attira doucement contre lui.

- Rentrons chez nous, dit-il avant de remercier une nouvelle fois le médecin et de quitter la chambre avec elle.

Il l'escorta jusqu'au loft, où elle fut accueillie par Alexis et Martha, qui avaient mis les petits plats dans les grands. Rick ne la quitta que pour déposer son sac dans leur chambre. Jim les rejoignit bientôt et ils dînèrent joyeusement tous les cinq.  Le loft n'avait pas semblé aussi vivant depuis des semaines.
Alors que Martha, Jim et Alexis s'occupaient de faire la vaisselle et de ranger la cuisine, Rick installa Kate dans le canapé du salon.

- Ça va ? demanda-Rick en remarquant qu'elle étouffait un bâillement. Tu n'es pas trop fatiguée ?

- Ça ira, dit-elle en souriant.

- Tu veux quelque chose? Une tisane, peut-être?

Elle hocha la tête, il s'empressa de rejoindre la cuisine. Quand il revint la tasse, il la trouva endormie. Il posa la tasse sur la table basse et s'assit doucement à ses côtés.


- Oh! Elle s'est endormie, constata Martha en arrivant à son tour.

- Les médecins ont dit qu'elle se fatiguerait vite pendant encore quelques semaines. Je vais la mettre au lit, ça sera plus confortable.

- Tu devrais te coucher aussi, Trésor, tu es fatigué, suggéra l'actrice.

Il souhaita une bonne nuit à chacun, puis prit sa femme dans ses bras pour l'emmener dans leur chambre. Il déposa sur le lit, la déshabilla un peu et s'allongea à ses côtés, heureux.

Le lendemain, ils prirent la route pour les Hamptons où Kate passerait sa convalescence.

                                                                   *********************

Lorsqu'elle se réveilla, Kate fut déçue de constater qu'une fois de plus, la place de Rick était vide.


- Papa est encore parti, soupira-t-elle en caressant tendrement son ventre arrondi. Il croit que je ne sais pas ce qu'il fait...

Elle quitta la chambre, enfila une tenue de sport et sortit sur la terrasse pour faire ses exercices. Elle fut bientôt rejointe par son père, qui lui apportait son petit déjeuner sur un plateau.

- N'en fais pas trop quand même! Dit-il en posant le plateau sur la table.

- Je suis prudente, ne t'en fais pas, je connais parfaitement mes limites.

- Je n'en doute pas.

- Je vais rentrer à New York, annonça-t-elle en attrapant un croissant.

- Richard n'a pas dû être ravi de l'apprendre.

- Il ne le sait pas, je viens tout juste de prendre ma décision.

- Pourquoi?

- Il croit que je ne sais pas ce qu'il est en train de faire.

- Qu'est ce qu'il fait?

- Il continue l'enquête.

- Qu'est ce qui te fait croire ça?

- Il n'a jamais accepté autant de séances de dédicaces que ces derniers temps. C'est un prétexte pour se rendre à New York.

- Katie… commença Jim.

- Papa, je sais ce que tu penses, mais ne t’en fais pas, je serai prudente.

- Tu étais prudente et pourtant quelqu’un t’a tiré dessus.

- Je ne peux pas vivre cachée éternellement. Je ne toucherai plus à cette enquête tant que je n’aurai pas de piste sérieuse et à ce moment là, je te promets d’agir prudemment.

- Tout ce que je pourrais dire sera inutile, n’est ce pas ?

- Toi aussi tu dois retourner à ta vie à Manhattan… Et je dois raisonner Castle…


                                                 *********************

Quelques heures plus tard, dans une librairie de Manhattan, la séance de dédicaces pour " Heat rises".
Une file de fans, des jeunes femmes, pour la plupart, se pressait devant la porte en attendant d'avoir la chance de toucher quelques mots à leur auteur favori.

- Eh bien, cela fait de vous l'une de mes plus grandes fans, sourit Castle en tendant le livre qu'il venait de signer.

La femme rit avant de partir. Il continua machinalement sa séance de dédicaces, arborant un sourire de façade. Il n'avait qu'une hâte, en terminer avec ses devoirs d'écrivain pour pouvoir retourner à son enquête. Il n'avait que cela en tête, trouver qui menaçait sa femme et avait bien failli faire virer son existence au cauchemar. Kate ne savait pas qu'il menait cette enquête et il voulait que cela reste ainsi.

- Merci.

Une autre femme se plaça devant lui et lui tendit son livre. Nouveau sourire poli, nouvelles banalités.

- Je ne peux pas croire que je suis là devant vous! Jubila la jeune femme. Vous êtes mon auteur préféré.

- Merci d'être venue, sourit l'écrivain en lui rendant son livre.

Il signa livre après livre, mais le cœur n'y était pas. Toutes ses paroles étaient mécaniques, commerciales.  "Et votre nom est?", "Comment allez-vous?" "Vous vous appelez? " "À Qui dois-je le dédicacer ?" "Merci d'être venu." Bien sûr! " Merci à vous!"  " Pour qui?"

- Kate.

Il leva les yeux en reconnaissant la voix de sa femme.

- Ce roman est pour Kate, répéta-t-elle.

Il ne pouvait pas croire que Kate se tenait là devant lui. Il avait l'air contrarié. Il lui dédicaça son livre et reprit ses dédicaces.

La séance terminée, il quitta la librairie après avoir serré la main des employés.
Kate l'attendait patiemment. Il se dirigea vers elle.


- Qu'est ce que tu fais là?


- Tu me manquais.


- C'est dangereux, tu aurais dû rester dans les Hamptons, bougonna-t-il.


- Je ne peux pas rester à rien faire, alors que je sais ce que tu fais!


- Quoi? Dédicacer des livres? Ça fait partie de mon travail!


- Je sais ce que tu fais!


- ...


Il se détourna et s'éloigna d'elle.
- Castle, attends!

Il se retourna pour la regarder. Il était en colère.

- Tu devais rester dans les Hamptons avec ton père!

- Ecoute, je sais que tu es en colère...

- Oh, tu as sacrément raison, je suis en colère! Tu as pensé au bébé? Demanda-t-il en désignant son ventre arrondi. Je croyais que tu voulais le protéger?

- Pendant que toi tu viens à New York à la moindre occasion et que tu prends tous les risques en continuant l'enquête sans rien me dire? Gronda-t-elle à son tour.

- Tu... Comment?

- Eh oui! Je suis au courant de ce que tu fais en douce! Ne me regarde pas comme ça! Je suis flic, c'est mon boulot de savoir quand on me raconte des salades! Et oui, je suis en colère! Ce bébé aura aussi besoin de son père! Et moi, j'ai besoin de toi!

 - Tu as parlé aux gars…

 - Ils m’ont dit que tu suivais la piste de l’argent… Ils m’ont dit aussi qu’à chaque fois que tu étais venu à New York pour la promo de tes livres, tu t’étais rendu au poste pour poursuivre l’enquête, jusqu’à ce que le nouveau capitaine te vire.

 - Qu’est ce que je pouvais faire d’autre ? Il y a un malade qui te menace là dehors !

 - Tu aurais pu rester à mes côtés ! Etre prudent, comme tu me demandes de l’être !

- Je t'ai regardé mourir dans l'ambulance. Tu sais ce que ça fait? Cria-t-il. Tu sais ce que ça fait de voir la vie s'éteindre chez quelqu'un que tu aimes?

- Je sais ce que ça fait de perdre un proche! S’énerva-t-elle à son tour. Et je croyais que tu prendrais mes sentiments en compte avant de te jeter dans cette enquête et de prendre autant de risques!

Elle se retourna les yeux remplis de larmes et s'en alla. Il attendit une seconde, en se maudissant de l'avoir blessée, puis la suivit.

Il la retrouva assise sur une balançoire, feuilletant son livre. Il s'installa sur celle d'à côté.

- Je suis désolé, soupira-t-il. Je ne voulais pas te faire de la peine.

- C'est une jolie dédicace... Dit-elle pour changer de sujet.

- J'ai fait au mieux...

- Je retourne au poste demain, annonça-t-elle. Je ne retourne pas dans les Hamptons.

Il tourna vivement la tête vers elle, prêt à argumenter, mais comprit à son regard que c'était inutile.

- Je ne prendrai pas de risque avec Little Caskett, je serai très prudente et c'est ce que j'attends de toi aussi.

Il hocha la tête silencieusement. Elle posa une main sur sa cuisse.

- Je sais ce que tu ressens. Je ressens la même chose. Mais ta vie est trop précieuse pour que tu fonces là-dedans tête baissée. Ça n'en vaut pas la peine.

- Mais... Ils ont cherché à te tuer! Ils ont mis la vie du bébé en danger! Ils ont tué ta mère!

- Et nous les arrêterons! Mais pas maintenant, pas au prix de ta vie!

- ...

- La mort de ma mère m'avait profondément changée, continua-t-elle. J'avais construit un mur autour de moi afin de ne plus souffrir... Mais tu as débarqué dans ma vie et tu as détruit ce mur. Tu m'as redonné le goût à la vie. Et s'il devait t'arriver quelque chose, ça me détruirait totalement.

Il la regarda sans rien dire, il comprenait son point de vue, mais il ne pouvait pas laisser tomber alors qu’on en voulait à sa vie.

 - Nous les aurons un jour, promit-elle, mais en agissant prudemment.

 Il acquiesça d’un hochement de tête, elle sourit.

 - Enfin… Ce qui me chagrine un peu, c’est de devoir retourner au poste sans toi…

 - Comment ça ?

 - Eh bien, les gars m’ont dit que le capitaine Gates t’a renvoyé !

 - Je l’ai seulement laissée me virer parce que tu n’y étais pas ! Ca m'était complètement égal!

 - Oh ! Rit-elle devant son air de gamin sûr de lui.

- Elle va me reprendre, assura-t-il.

 


Minefuji  (29.05.2014 à 19:57)

Chapitre quatre-vingt-neuf

De retour dans les locaux de la douzième pour la première fois depuis trois mois, Beckett s'arrêta un instant avant de s'avancer vers son bureau. Elle jeta un regard à la bague de sa mère, puis caressa son ventre arrondi. Des applaudissements la sortirent de ses pensées, tous ses collègues lui manifestaient leur joie de la voir de retour. Elle les regarda et sourit. Ryan et Esposito la rejoignirent.

- Hey, Beckett. Que faites-vous ici? Demanda Ryan. Vous ne deviez pas être en congé encore une semaine?

- Ouais, mais j'ai fini par me lasser d'être constamment dorlotée, répondit-elle en déballant son sac.

- Oh, allez ça va. Pas la peine de vous chercher d'excuse, sourit Esposito. On sait bien qu'on vous manquait.

Elle secoua la tête en souriant.
 -Oh, ferme-la.

- Où est ton mari?

- Parti chercher du café, il ne devrait plus tarder.

- Quoi? Il vient ici? Mais le capitaine l'a viré.

- Tu sais bien que ce n'est pas ça qui va l'empêcher de n'en faire qu'à sa tête, sourit la détective.

- Ouais, mais Gates n'est pas Montgomery, rappela Ryan.

- Alors ... On en est où dans l'enquête? Demanda-t-elle.

- Nulle part, répondit Ryan embêté.

- Et pour le gardien?

- Ce gars est un fantôme. Nous avons vérifié les vidéos des caméras de surveillance, les plaques d'immatriculation ... rien n'a abouti.

- Nous avons trouvé de l'ADN sur l'arme, mais il n'y avait aucune correspondance dans le fichier... Ajouta Esposito.

- Castle ne vous a rien dit? Demanda Ryan.
- Pas vraiment... Il est très évasif à ce sujet...

- C'est bizarre. Pourquoi n'aurait-il pas ... pourquoi aurait-il caché ses infos?

- Pour me protéger.

- Oh!... Et comment... Ça va, toi?

- Je ne vais pas partir en vendetta, si c'est ce que tu veux savoir. J'ai d'autres priorités, répondit-elle. Alors, comment est le nouveau capitaine?

- Le Capitaine Victoria Gates, alias Iron Gates, intransigeante sur le règlement. expliqua Ryan. Elle vient des affaires internes.

 - Wow. Ça ne va pas la rendre populaire par ici, constata Beckett.

- Ouais, c'est comme si elle avait apporté sa méfiance envers les flics avec elle, répliqua l'irlandais.

- Eh bien, une chose est sûre. Elle n'est pas Montgomery, termina Esposito.

- Bon, je crois qu'il est temps que j'aille me présenter, annonça Beckett.

Elle frappa à la porte du bureau de son nouveau chef.

- Madame?

- Si ma mère vient par ici, vous lui donnerez du madame. Appelez-moi chef ou capitaine.

Beckett ferma la porte et s'avança vers le bureau du capitaine.

- Détective Kate Beckett, de retour et prête à travailler dès aujourd'hui.

Elle posa ses documents sur le bureau de Gates.

- Détective Beckett! Votre réputation vous précède! La plus jeune femme dans la police de New York à devenir lieutenant ! Vous m'avez battue de six semaines.

Cette phrase mit Beckett mal à l'aise.

- Je ne savais pas que des gens comptaient les points...

- Tout le monde compte les points, détective. Surtout en hauts lieux.
Beckett n'était pas certaine de se faire un jour à cette idée.

- Bien, on dirait que vous avez passé votre évaluation psychologique... Constata le capitaine. Alors bon retour parmi nous, lieutenant.

Elle prit le badge de Beckett dans le tiroir de son bureau et le lui tendit.

- Merci, répondit Beckett en prenant son badge. Et... Je vais aussi avoir besoin de mon arme.

- Pas tant que vous ne vous serez pas requalifiée.

- Je vous demande pardon?

- Vous étiez en incapacité pendant trois mois. Le règlement dit que vous ne récupèrerez pas votre arme avant  ce vous soyez requalifiée.

Beckett eut une moue exaspérée.

Lorsque Castle arriva au poste peu après avec ses cafés à la main, il chercha Kate du regard, mais ne la trouva pas.

- Tu l'as manquée de peu, annonça Esposito en le rejoignant.

- Où est-elle? Demanda Castle qui commençait déjà à paniquer.

- à la salle de tir, le capitaine Gates a exigé d'elle qu'elle se requalifie. Inutile de dire qu'elle était un peu en pétard.

- Ouh! Grimaça Castle.

- Monsieur Castle! Fit la voix glaciale du capitaine derrière lui. Il me semble vous avoir déjà dit que mon commissariat n'avait pas de place pour un écrivain...

- ... Amateur, qui veut jouer au flic, la coupa Rick. Oui, je sais, capitaine, je me souviens.

- Dans ce cas, que faites-vous ici?

- Vous le saurez dans... Euh... (Le téléphone de Gates sonna à ce moment là).. Maintenant !

Gates le fusilla du regard et alla décrocher. Lorsque Beckett revint dans son bureau, elle trouva Rick debout face au capitaine, qui avait une conversation téléphonique qu'elle semblait loin de trouver agréable. Rick lui fit un clin d'œil discret.

- Oui, monsieur le maire... Oui, monsieur, je comprends... Ok, je suis...

Gates reposa le combiné, surprise que le maire ait subitement mit fin à leur conversation.

- Vous vous croyez intelligent, monsieur Castle? Agir dans mon dos de la sorte?  Eh bien, laissez-moi vous dire que je n'apprécie pas. Et peu importe à quel point vos amis sont puissants, vous merdez sous mes ordres et je vous poursuivrai par tous les moyens légaux.  Suis-je assez claire?

Beckett sourit, soulagée que Rick soit autorisé à revenir, même si sa relation avec Gates commençait difficilement.

- Oui madame, répondit-il.

- Chef! Le reprit-elle.

- Chef, répéta-t-il docilement.

- Maintenant, sortez de mon bureau.

Castle ne se le fit pas dire deux fois et se précipita hors du bureau, non sans un petit sourire à sa femme.

- Et... détective?

- Oui ?

- Vous ou ... ce personnage que vous avez épousé...,  me mettez une nouvelle fois dans l'embarras et je vous brise en deux!

- Oui, chef! Maintenant ... euh, ... si cela ne vous dérange pas ...  J'aimerais avoir mon arme, répondit Beckett en déposant une feuille sur le bureau de sa supérieure.

Gates mit ses lunettes et ramassa le papier pour l'examiner. La silhouette du stand de tir été criblée des  impacts des balles de Beckett en plein dans le mille.  Elle ne put s'empêcher d'être impressionnée.

Kate rejoignit Rick et les gars.

- Lui sortir le grand jeu avec le maire? C'était aussi osé que de frapper une ruche avec une batte!

- Eh bien, ça a marché, n'est-ce pas? S'amusa Castle. En outre, c'était super de voir son visage se contracter comme ça.

Le téléphone de Ryan sonna.

- Ouais, Ryan. Ouais, qu'est-ce que tu as? Demanda-t-il en s'éloignant.

- Tiens, ton café, c’est du déca ! Commença Castle en tendant un gobelet à Kate. Euh... Pour l'arme... Tu es sûr que c'était nécessaire?

- Je ne participerai pas aux assauts ni aux poursuites, ne t'en fais pas, mais je dois pouvoir me protéger à tout moment.

- Mhm... Tu as raison.

- Hey, on a une affaire, lança Ryan. 18ème et Lex.

- Allez viens Castle, ça va te changer les idées, lança Beckett.

- Ouais...

Il aurait préféré continuer de fouiner dans l'affaire Johanna Beckett, mais décida de la suivre, il ne devait pas éveiller ses soupçons.

Ils entrèrent dans l'appartement de la victime,  Sonia Gilbert, une starlette locale, cible préférée des paparazzis avait été retrouvée tuée par balle dans son sommeil.
Beckett, qui n'avait pas perdu la main, mit son radar en marche et passa la pièce en revue.

- Hey! Honey! De retour parmi nous?! Se réjouit Lanie en apercevant son amie.

- Salut Lanie! Répondit Beckett en s'approchant. Comme tu vois.

- Tu as l'air en pleine forme.

- J'ai eu de bons infirmiers, assura-t-elle en jetant un œil à Castle. Alors... Qu'est ce qu'on a?

- ... Sonia Gilbert, 27 ans. C'est son appartement... On...

La légiste hésita, Beckett s'approcha du lit où gisait la victime. Elle porta une main tremblante à sa poitrine, mais se reprit aussitôt.

-  ... plaies par balles au thorax... constata-t-elle amèrement.

- La sœur de la victime l'a trouvée il y a une heure, expliqua l'officier Hastings. Elles  étaient censées aller faire du shopping aujourd'hui. Le système d'alarme a été activé vers environ 10 heures la nuit dernière, juste après que la victime et son petit ami ont été aperçus en train de  rentrer à la maison. Il n'a pas été désactivé avant 9 heures ce matin. Le petit ami a été vu quittant l'appartement juste après.

- Heure de la mort? Demanda Beckett.

- Entre 3 et 4 heures.

- Et ce petit ami, il a un nom?

- Dale Landers.

- Le batteur de Particules Equation, expliqua Ryan. Ils sortent ensemble depuis six mois. Je lis les magazines, et alors?

- Envoyez une unité à sa dernière adresse connue, et obtenez un avis de recherche, lança Beckett tandis qu'Esposito regardait son équipier de travers. Une fille connue assassinée, un batteur de heavy métal, elle devrait te plaire cette affaire, Castle. ... Castle? Hey! Est ce que ça va?

- Hein? Euh... Oui... C'est une affaire très simple, répondit-il en sortant de sa torpeur. On trouve le petit ami et l'affaire est réglée.

- Ah oui? Ça n'est pas un peu trop simple? Il a peut être été piégé par la CIA qui a découvert qu'il était un agent double. Ou peut être qu'il avait découvert la véritable identité des assassins de Kennedy.

- ...Mhm... Peut être...

- Ou alors, il a été tué par des extra-terrestres ressemblants à des criquets géants parce qu'il avait découvert qu'ils projetaient de piller toutes les récoltes mondiales.

- Quoi?! Mais qu'est ce que tu racontes?

- Bon retour parmi nous mon chéri!

 - Oh!

- Tu étais à des milliers de kilomètres de nous, il fallait bien que j'établisse quelques théories loufoques pour démarrer l'enquête.

- Message reçu! Heureusement que je suis là pour les théories loufoques, parce que les tiennes ne valent pas un clou! Aieuh! Cria-t-il alors qu'elle venait de lui cogner le bras. Pourquoi tant de violence?


          De retour au poste, ils commencèrent à remplir le tableau blanc avec les éléments qu'ils avaient, puis allèrent se servir une boisson. Les gars les rejoignirent dans la salle de repos.

- Où en êtes-vous avec le petit ami? Demanda Beckett.

- Il n'est pas chez lui et aucun de ses potes ne sait où il est, répondit Ryan.

- Et pour le mobile? Demanda Castle.

- Comme d'habitude. Ils étaient ensemble, elle a voulu le quitter, il n'a pas supporté...

- Cette affaire a l'air limpide, ajouta Esposito.

- Ryan! Esposito! Cria la voix de Gates.

Ils se dépêchèrent d'aller vers elle.

- Oui, nous étions juste ...On prenait un verre d'eau, bafouilla Esposito.

- Ouais, c'est que ce truc est cassé... Ajouta Ryan.

- En selle! Nous venons de recevoir un renseignement sur l'affaire. Quelqu’un  a repéré le petit ami de Sonia Gilbert dans le garage de répétition du groupe dans le Lower East Side.


Ils se précipitèrent, suivis par Castle et Beckett.

- Pas vous, Beckett! La rappela Gates.

- Chef!

- Pas d'arrestation dans votre état! Les gars se débrouilleront sans vous.

- Bien chef, maugréât la détective en retournant vers le tableau blanc.


        Les gars ramenèrent et interrogèrent le suspect. Beckett et Gates se trouvaient dans la salle d'observation.

- Mobile, occasion et possession de l'arme? On dirait que ce gars a un tiercé gagnant, constata Gates.

- Son compagnon de groupe, Mitch Yancey, a dit qu'il cherchait de l'argent pour quitter la ville, dit Beckett.

- Très bien. Appelez le bureau du procureur, pour leur dossier à charges et prévenez la famille.

- Mais...

- Quoi?

- Tout ça me paraît un peu trop facile, commença Beckett. Et si Dale disait vrai...

- Il faut savoir arrêter d'enquêter lieutenant! Nous tenons le coupable, arrêtons-le et penchons-nous sur une autre affaire.

Beckett hocha la tête en soupirant. Elle chercha Castle du regard, lui aurait sûrement eut foi en son instinct et aurait continué de chercher avec elle. Ne le trouvant pas, elle demanda à Velasquez, qui sortait de la salle de pause, si elle l'avait vu.

- Oui, j'ai vu Castle, répondit-elle. Il a quitté le poste peu de temps après que votre suspect ait été amené en salle d'interrogatoire.

Kate jura, attrapa sa veste et quitta le poste à son tour.
Elle retrouva Rick en rentrant au loft deux heures plus tard, il était dans son bureau, au milieu de rapports et de coupures de journaux. Sur son écran, des photos d'elle, de sa mère et des différents protagonistes de l'affaire étaient organisées à la manière d'un murder board.

- On avait dit qu'on règlerait cette affaire tous les deux lorsque le moment viendrait, dit-elle soudain en le faisant sursauter.

- Kate!

- Ça fait des heures que je te recherche, reprocha-t-elle.

- J'avais une personne à voir...

- Tu aurais pu me prévenir! Et comme tu ne l'as pas fait, je suppose que ça a un rapport avec le sniper.

- Je ne peux pas rester à rien faire pendant que ce gars te menace!

- Il ne s'est rien produit aujourd'hui! Peut être que le plan de Montgomery fonctionne...

- J'ai trouvé le dossier sur l'incendie de l'entrepôt où étaient stockés les fichiers de la banque utilisée pas Raglan, Montgomery et MacAllister. Regarde la date!

- Cet entrepôt a brûlé trois semaines après l'assassinat de ma mère, constata-t-elle.

- Cela ne peut pas être une coïncidence! Quelqu'un a détruit des preuves. Des preuves qui pourraient conduire aux assassins de ta maman.

- Mais l'enquêteur a conclu à un accident. Et il n'y a rien là qui suggère un incendie criminel!

- Peut-être que quelqu'un l'a modifié...

- Castle...

- Il y avait  un moyen facile de le découvrir. Il suffisait de demander à l'homme qui a écrit le rapport. Rod Halstead. Les gars m'ont envoyé son dossier... C'est lui que je suis allé voir.

Elle prit le dossier et le feuilleta.
- Et alors?

- Alors, il a confirmé que c'était un accident. Il s'est énervé quand j'ai sous-entendu le contraire.

- Tu as lu son dossier? Demanda-t-elle en le lui mettant sous le nez. Ce gars a l'air clean! Fit remarquer Beckett.

- Ce gars est impliqué!

- Il a plusieurs citations pour bravoure, félicitations du maire, il a littéralement sauvé des dizaines de personnes des bâtiments en feu. Il est difficile de croire qu'il ait fait quoique ce soit de louche! Argumenta Beckett.

- C'était aussi le cas de Montgomery! Nous avons déjà été surpris avant.

- Bon, euh ... Accorda-t-elle, il a déjà croisé quelqu'un d'autre dans ce cas? Montgomery, Raglan, McAllister?

- Non, soupira-t-il n'y a rien dans les fichiers... Pas au niveau professionnel... Peut être au niveau personnel?

- Mais on a passé leurs vies au peigne fin! On n'est pas tombé sur lui une seule fois, rétorqua calmement Beckett.

- Alors il a peut être saisi l'opportunité d'empocher une grosse somme d'argent...

- Rien dans ses finances n'indique un quelconque problème et étant donné son dossier, il est ...

- Étant donné son dossier?

- Je dis simplement qu'il n'est peut être pas notre gars... Et si l'incendie était bien un accident?

- Ce n'était pas un accident, gronda Castle. Je sais que ce n'était pas un accident.

- Tu ne peux pas savoir.

- Si je le peux. Parce que si c'était un accident, je n'ai nulle part pour commencer! S'énerva-t-il. Si c'était un accident, je n'ai rien. Le gars qui t'a tiré dessus est parti. Dick Coonan est mort, Hal Lockwood, est mort!  Montgomery est mort, ta mère ... tout le monde dans cette histoire est mort, Kate! Si c'était un accident, je n'ai rien pour te protéger!

Il s'arrêta soudain, elle comprenait son angoisse et son désespoir. Elle s'approcha de lui et le serra dans ses bras.

- Comment fais-tu pour être si calme? Murmura-t-il contre sa chevelure parfumée à la cerise.

- Tu te rappelles quand je t'ai dit que si je replongeais dans cette enquête, ça me détruirait...

- Mhm...

- Ne la laisse pas te détruire toi aussi...

Il ferma les yeux. Et se laissa envahir par la douceur des baisers qu'elle lui donnait dans le cou.  Il sentit les lèvres de la jeune femme se poser contre les siennes. Elle voulait qu'il lâche prise, elle avait raison, cette affaire était un poison, mais saurait-il être aussi raisonnable qu'elle?

- Rick...

Elle avait prononcé son prénom avec tant d'amour qu'il ne pût rester de marbre et lui rendit son baiser avec passion. Il recula jusqu'au canapé, l'entraînant avec lui. Elle se retrouva à califourchon sur ses genoux, ils ne cessaient de s'embrasser, fougueusement désormais. Les mains de Kate se perdirent dans les cheveux de  Rick, alors que celles de l'écrivain caressaient le dos de la jeune femme.
Ils s'effeuillèrent rapidement jusqu'à ce que son regard tombe sur la cicatrice due à la fusillade. Elle le sortit de ses pensées en lui caressant la joue.

- Je vais bien... C'est du passé...

- ...

Elle se releva soudain et ôta son pantalon de manière sensuelle, dévoilant le petit lapin sur son sous-vêtement.

- Regarde, ton copain n'attend que toi, dit-elle provocatrice.

Le déhanché de la jeune femme eut l'effet qu'elle escomptait et un sourire se dessina sur les lèvres de l'écrivain, qui l'attira à lui dans un geste impatient. Elle se retrouva de nouveau assise sur lui et rit en le dévorant du regard. Il partit à l'assaut de son cou.

- Rick... Soupira-t-elle d'aise.

- Tu es magnifique...

La respiration de Kate se fit plus rapide quand il atteignit un point particulièrement sensible. Elle le sentit sourire contre son cou, alors qu’elle s'évertuait à fouiller la chevelure de son amant. Dans un grognement, il la prit  par la taille, la fit pivoter et l’allongea sur le canapé. Il s'allongea sur elle, et prit le temps de l'admirer. Il remarqua la petite lueur d'impatience dans les yeux de Kate. La patience n'était pas ce qui la définissait le mieux dans l'intimité. Elle était la fougue, la passion, mais certainement pas la tempérance.

– Je t'aime Rick, lui dit-elle en lui caressant la nuque.

Il l’embrassa avec toute la douceur dont il pouvait encore faire preuve, alors que son désir le consumait. Il embrassa chaque parcelle de son corps, s'attardant sur sa cicatrice, puis descendit vers le sud, agrippant l'élastique de sa culotte, qu'il fit glisser le long de ses jambes.
Elle cria son plaisir lorsque ses baisers se firent dans des endroits plus intimes.
Il ne se lasserait sans doute jamais de cette musique. Il la vénérait lorsqu'il la mettait dans cet état. Ses joues rosies de plaisir, son souffle saccadé, son regard noir de désir.
Elle criait son prénom sous les assauts de sa langue experte. Ses doigts vinrent à leur tour masser son intimité. Elle ondula du bassin, tremblante de plaisir. Il appuya ses caresses, libérant son orgasme. Son corps s'arqua, elle rejeta sa tête en arrière vaincue. Il la regardait amoureusement tandis qu'elle reprenait peu à peu pied, souriant béatement.
Elle l'attrapa par la nuque et le fit basculer afin de lui rendre le plaisir qu'il venait de lui procurer. Ce fut rapidement au tour de l'écrivain de murmurer sa jouissance et de supplier.
Elle lui sourit et l'avala comme une gourmandise. Il suffoqua.

-  Arrête ! Viens, lui dit-il en la prenant doucement dans ses bras.

– Déjà? Le taquina-t-elle avec malice.

- Tu auras ma mort sur la conscience, souffla-t-il.

- Seulement ta petite mort, rectifia-t-elle avant de l'embrasser avec passion.

Ils grognèrent tandis que leurs intimités se rencontraient. Elle s'unit à lui d'un mouvement agile et s'immobilisa un instant avant d'entamer un mouvement du bassin en soupirant de plaisir.

Blottis l'un contre l'autre, Rick écoutait la respiration régulière de sa femme. Elle jouait de ses doigts sur son torse, dessinant des arabesques, puis quelques cœurs avant de reprendre ses arabesques. Soudain ses doigts se crispèrent et elle laissa échapper un petit cri de surprise.

- Qu'est ce qu'il se passe? S'inquiéta-t-il.

- C'est le bébé! Il vient de me donner un de ces coups!

- C'est vrai? Où?

- Là! Dit-elle en lui prenant la main pour la poser sur son ventre. Là! Il a recommencé! Tu as senti?

- Si j'ai senti?! Mais tu lui as donné des cours de Kick boxing ma parole? Hey! Salut Little Caskett! Se réjouit-il. C'est papa! Désolé si on t'a réveillé, mais que veux-tu, ta maman est folle de mon corps.

- Ne lui raconte pas n'importe quoi! Le reprit Kate.

- Ah, ça va être l'heure du goûter! Ta maman devient grincheuse quand elle a faim.

Ils se chamaillèrent joyeusement encore un peu, avant de se rhabiller et de se rendre dans la cuisine, où Rick s'appliqua à lui préparer un encas digne d'une reine, tout en racontant des bêtises. Kate aimait le voir ainsi et espérait parvenir à l'éloigner de cette enquête. Rick, quant à lui savourait ces moments avec elle. Il n'avait jamais connu cela avant. Jamais il n'avait pu être proche d'Alexis lorsque Meredith était enceinte, comme il l'était de Kate et de Little Caskett.

Ce bonheur, il devait le protéger. Il ne laisserait personne leur faire du mal.


Minefuji  (31.05.2014 à 18:39)

Chapitre quatre-vingt-dix

Lorsque Martha rentra au loft, une délicieuse odeur lui chatouilla les narines. Elle trouva Kate qui dressait la table.

- Bonsoir Darling! Comment te sens-tu?

- Très bien Martha! Votre journée fut agréable?

- Pas de catastrophe, c'est déjà ça! Quelle bonne odeur!

- J'ai préparé de la soupe à l'oignon et une tarte salée.

- Laisse-moi deviner, aux champignons?

- Oui. Comment vous le savez? S'étonna Kate.

- L'intuition féminine, sourit Martha. Richard est là?

- Dans son bureau, il a dit qu'il voulait être un peu seul pour écrire...

- Mais tu n'y crois pas, termina l'actrice en voyant l'air contrarié de sa belle-fille

- Mhm-Mhm, fit Kate en hochant la tête d'un air contrarié.

- Je vais aller lui parler si tu veux.

- Il devrait arriver, Alexis est allée lui dire que le dîner était prêt.

- Il a dit qu'il venait dans cinq minutes, annonça Alexis en arrivant près d'elles.

- Installons-nous alors, lança Kate. Je meurs de faim!

- Ce bébé est un ogre! Plaisanta Martha, je ne t'ai jamais connu un tel appétit.


                  Castle griffonnait sur des papiers, cherchant encore à comprendre l'affaire de Johanna Beckett. Il n'arrivait pas à s'arrêter, l'angoisse de perdre Kate et le bébé était trop forte. Il savait que Kate avait raison, qu'ils n'avaient aucune piste sérieuse, mais il ne pouvait pas s'arrêter.

- Tu nous as manqué au dîner ce soir, fit la voix d'Alexis ce qui le sortit de ses pensées.

- Ouais, je sais. Je suis désolé. Je travaillais.

- Sur l'affaire de la mère de Kate! Tu avais dit que tu arrêterais! Tu avais dit que tu viendrais manger! Reprocha Alexis.

- Vous avez terminé?

- On t'a attendu plus d'une demi-heure!

- Oh...

- Ouais... Il y a des restes dans le réfrigérateur si tu as faim.

- Kate est fâchée?

- Attristée je dirais. Elle n'a rien mangé et est allée se coucher.

Rick grimaça et se leva pour aller se faire pardonner. Son téléphone sonna au même moment. Il attrapa le combiné et répondit en soupirant.

- Allô ?

- M. Castle, dit une voix d'homme.

- Ouais.

- Je suis un ami de Roy Montgomery. Je vous appelle au sujet du lieutenant Beckett. Nous devons parler.

Rick se redressa soudain, son intérêt éveillé.

- Que voulez-vous ?

                    Lorsque Martha entra dans le bureau de son fils, elle comprit tout de suite qu'il s'était produit quelque chose. Rick lui raconta le coup de fil qu’il venait de recevoir.

-  Tu as une idée de qui il était? Demanda-t-elle.

- Seulement que c'est un ami de Montgomery. Il a dit qu'il avait une dette envers lui.  Montgomery lui a envoyé des fichiers, des fichiers qui, si jamais ils venaient à être rendus publics, pourraient nuire à certaines personnes très puissantes. Il utilisait ces fichiers pour protéger la famille de Montgomery.  Il protégeait également Kate avec cet accord.

- Mais ils lui ont tiré dessus quand même!

- Il n'a reçu les fichiers qu'après la fusillade. Il dit qu'elle est en sécurité maintenant, à une condition. Elle ne peut pas continuer cette enquête.

- Mais c'est toi qui continue là! Répliqua l'actrice en désignant l'écran derrière lui.

- Ouais... Si je continue, il ne pourra pas garantir sa sécurité.

- Et cet homme, tu le crois?

- Ouais... Je le crois.

- Alors tu vas arrêter?

- Oui.

- Alors qu'est ce qui t'embête?

- Si Kate a arrêté, c'est pour le bébé. Elle ne veut pas qu'il lui arrive quelque chose... Mais quand il sera né? Qu'est ce qui dit qu'elle ne reprendra pas l'enquête?  Et Smith a été clair... Si elle creuse, ils la tueront.

- Tu dois lui dire.

- Pour qu'elle pense avoir une piste? Si je lui dis elle va mettre des œillères et foncer tout droit dans la ligne de mire! Je ne peux pas laisser cela se produire.

- Tu n'arriveras pas à la changer, Richard.

- Elle ne doit pas savoir! Elle se tient à l'écart et c'est très bien comme ça.

- Pour combien de temps?

- Je ne vais pas la perdre à nouveau, assura-t-il fermement.

Martha soupira en le regardant partir.

Il trouva Kate endormie quand il arriva dans leur chambre. Il vint se blottir contre son dos et posa une main sur son ventre.

- Hey! Salut toi, sourit-il alors qu'une petite bosse vint se former sous sa main. Ne réveille pas ta maman... Ne t'en fais pas, je vais arrêter de l'inquiéter avec cette enquête.

Il ne s'en aperçut pas, mais un léger sourire se dessina sur le visage de Kate.


                Le lendemain, Kate fit comme si rien ne s'était passé. Elle dévora avec gourmandise le petit déjeuner que Rick lui avait préparé, puis ils partirent ensemble pour le poste.
Rick la regardait de loin, parler avec la famille de Sonia. Les gars arrivèrent près de lui.

- Hey. Il y a du nouveau? Demanda-t-il.

- Selon le procureur on a fait d'une affaire facile un cas impossible à juger, expliqua Ryan.

- Ouais, ta tendre épouse a semé le doute dans l'esprit du super flic ici présent, qui a continuer à creuser...

- Et?

- Et la scientifique a trouvé les traces de résidus de barbituriques dans les verres de vodka, ce qui signifie Dale et Sonia ont tous deux été drogués quand ils sont arrivés à l'appartement.

- Eh bien, ça pourrait être le petit ami... non? Je veux dire, il aurait voulu en mettre dans son verre à elle... Et, il en a mis aussi dans son verre... Ce qui n'a aucun sens... Réfléchi Castle à haute voix.

- Quelle autre explication y a-t-il ? Demanda Ryan. Il n'y avait personne d'autre dans l'appartement et selon le système de sécurité personne n'est entré ou sorti de l'appartement entre 22 heures et 9 heures du matin.

- Ce qui signifie que le petit ami doit être le tireur, termina Esposito.

Ryan hocha la tête, Beckett les rejoignit.

- A moins que ... Commença-t-elle.

- À moins que quoi? Demandèrent les trois hommes de concert.

- Le tueur soit resté là-bas pendant tout ce temps.


Ils revinrent sur le lieu du crime avec leur nouvelle théorie. Castle s'empressa de raconter l'histoire telle qu'ils la supposaient désormais. Kate le regarda s'agiter comme un enfant le matin de Noël et souriait. Il était de retour.

- Quand ils reviennent chez eux, ils pensent qu'ils sont seuls. Pendant qu'ils ne sont pas dans la pièce, le tueur s'y faufile,  il piège leurs verres et retourne se cacher et là il...

- Ou elle, fit remarquer Beckett.

- Attend qu'ils perdent connaissance.

- c'est flippant, commenta Ryan.

Castle eut une idée et se dirigea vers le lit regarda dessous.

- Et puis quelques heures plus tard, il sort à nouveau de sa cachette, attrape un oreiller et BAM, continua Beckett, et il…

- Ou elle ! reprit l'écrivain.

- ... Efface ses empreintes sur l'arme et la met dans la main de Dale! Ajouta la détective.

- Et Dale se réveille, il panique, il s'enfuit et notre meurtrier passe tout son temps, expliqua Rick en contournant le lit pour aller de l'autre côté, après son affreux crime à attendre la découverte du corps, comme ça il pourra enfin...

- Ou elle.

- … s’échapper. Messieurs, voulez-vous?

Rick fit signe aux gars de l'aider à soulever le sommier.

- La tache de sang sous le matelas a coulé sur la moquette, il n'y a pas de sang au milieu, constata l'écrivain. Votre torche?

Il éclaira le cadre du lit avec la torche, des traces de doigts apparurent.

- Vous voyez?

- Ah! Des empreintes, dit Ryan.

- Quelqu'un était ici, conclut Castle.

- Et il a trouvé une cachette mortelle, termina Beckett.

Les trois hommes levèrent la tête vers elle, surpris par son mauvais jeu de mots. Elle sourit.

                   La base de données leur révéla que l'empreinte était celle de Mitch Yancey, le copain de Dale. Les gars filèrent l'arrêter, Beckett étant obligée de rester sagement au poste.

- Tuer une fille et rester cacher sous son lit pendant des heures... Il faut vraiment être une belle ordure pour faire ça, soupira Kate.

- Et bien en fait, c'est assez malin. Tu commets un meurtre et tu fais porter le chapeau à un innocent en même temps, dit Castle.

- Et tu t’en sors parce que la police est déjà certaine d'avoir le meurtrier...  personne ne se lance à tes trousses...

Mitch arrêté, ils expliquèrent à Gates le fin mot de cette affaire, tandis que Kate parlait à la famille de Sonia. Le capitaine donna ses instructions et Rick rejoignait sa femme.

- Alors, comment te sens-tu? Demanda-t-elle.

- Je comprends pourquoi tu as choisi ce travail... Ça aide un peu... On se sent utile.

Elle lui sourit.

- On résoudra cette affaire également, assura-t-elle. On va les trouver et on va les faire payer. Mais pas tout de suite.

- D'accord.

- Vraiment?

- Vraiment!

- Alors rentrons chez nous, Castle. C'est moi qui cuisine ce soir!

- Euh... Je pensais qu'on pourrait passer chez Rémy's... On prendrait de quoi dîner tous les quatre...

- Je peux cuisiner! Ça me fait plaisir, tu sais. Et puis le frigo est plein!

- Je sais, mais j'en ai marre des champignons...

- Quoi?

- Tu ne cuisines que ça en ce moment! Je ne peux plus voir ces fichus champignons en peinture!

- C'est pas vrai!

- Hier soir, tarte aux champignons et chèvre frais, avant hier soir, duo de champignons de Paris et Cèpes, ce week-end, estouffade de Lotte aux champignons, risotto aux champignons, crêpes aux champignons, farfalles aux morilles, pleurotes, girolles et chanterelles! Tu nous les as tous faits en à peine une semaine et je suis prêt à parier qu'au menu de ce soir, tu avais prévu des champignons, me trompe-je?

- Touchée... Des truffes...

- Ce n'est pas un enfant que tu portes, mais un schtroumpf!

- Les schtroumpfs vivent dans des champignons, ils mangent de la salsepareille et des baies schtroumphantes, contra-t-elle.

- Oui et bien, moi, je n'en peux plus de tous ces champignons!

- Ok, allons chez Remy's.


Martha et Alexis furent ravies de les voir arriver avec autre chose que des champignons pour le dîner.

- Vous auriez pu me le dire, bougonna Beckett, je croyais que vous aimiez mes plats!

- Et ils étaient succulents! Répliqua Martha.

- Il faut reconnaître que tu as une imagination culinaire débordante, on n'a pas mangé deux fois la même chose, même les sortes de champignons étaient variées! Admira Alexis.

- Les fantaisies de la grossesse, ajouta Castle. On ne te fait pas de reproche, on a seulement besoin d’une pause au niveau des champignons !

Ils se mirent à table, savourant le fait de ne pas avoir de champignons dans leur assiette. Beckett avait tout de même choisi pour elle un friand aux légumes et aux champignons, ce qui provoqua un fou rire général.
 


                Quelques jours plus tard, dans le cabinet du Dr Carter Burke.
Kate était assise dans le canapé, les jambes repliées contre sa poitrine. Être là était difficile pour elle, mais elle était persuadée que c'était nécessaire.

- Vous êtes probablement surpris de me revoir ici, commença-t-elle. La plupart des policiers ne reviennent pas quand ils ont réussi leur évaluation.

- Tout le monde est différent, répondit le thérapeute.

- Ouais.

- Qu'est-ce qui vous tracasse?

Elle ne répondit pas immédiatement.

- Je ne sais même pas par où commencer.

- Eh bien, pourquoi ne pas commencer par le début? Avec la fusillade, par exemple?

-J'ai menti...

- À quel propos?

- Je ne gère pas... Je fais semblant... Pour Castle... Et pour le bébé... Mais chaque nuit je revis la fusillade, chaque nuit j'entends Castle et Lanie me supplier de rester en vie... Et chaque jour, je tremble de peur que le tireur soit là, quelque part à m’attendre…


Minefuji  (01.06.2014 à 18:26)

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