HypnoFanfics

Interdit aux moins de 18 ans

In my veins

Série : Castle
Création : 25.01.2014 à 16h20
Auteur : Minefuji 
Statut : Terminée

« Une idée, qui me trottait dans la tête depuis un moment : et s'ils avaient fait ça il y a quatre ans... J'espère que ça vous plaira. » Minefuji 

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Chapitre quatre-vingt-onze

- Tu vas voir, il va adorer, annonça Castle qui hachait des légumes dans la cuisine.

- Ou elle! Tu parles toujours du bébé comme si c'était un garçon! dit Kate. C'est peut être une fille!

- Oui, mais techniquement on dit "le" bébé et puis je ne vais quand même pas l'appeler "ça"...

- D'accord... Tant que tu gardes en tête l'idée que nous aurons peut être une fille...

- Tu sais, j'ai bien réfléchi et de nos jours... Cosmo ça peut aussi convenir à une fille.

- Cosmo? Tu voudrais appeler notre fils Cosmo?

- Enfant! Je voudrais appeler notre enfant Cosmo!

- Qu'est ce qu'il t'a fait? Tu ne l'aimes pas, c'est ça?

- J'adore notre enfant! Ne vas pas lui mettre des idées tordues dans la tête!

- Excuse-moi, mais Cosmo...

- C'est un prénom de gagnant! Notre enfant sera un gagnant!

- Avec un prénom pareil, il finira névrosé!

- Tu as besoin de te faire à l'idée, c'est tout! Il te reste deux mois pour t'y faire...

- C'est tout vu! Pas question de l'appeler Cosmo!

- Je peux me montrer très convainquant! Dit-il en se penchant vers elle jusqu'à ce que leurs nez se frôlent.

- Je sais... Moi aussi... Répondit-elle en se penchant à son tour pour l'embrasser.

- Bonjour les enfants! Lança Martha depuis les escaliers.

- Mère! Prépare-toi à goûter à la plus délicieuse des omelettes ... Annonça Castle en se tournant vers elle... Avant de rejoindre le couvent!...?

Kate éclata de rire devant le bond en arrière que son mari venait de faire en apercevant le costume pour le moins surprenant, dont Martha était revêtue.

- Non, je fais des costumes pour mon cour de théâtre Shakespearien !  Alors, qu'en dites-vous? Demanda l'actrice en tournoyant sur elle même pour leur en montrer tous les aspects de sa tenue.

- C'est très réussi! Répondit Kate.

- Merci Darling!

- Je t'avais demandé de me faire un costume de E.T. pour Halloween et tu m'avais dit que tu ne savais pas coudre! Reprocha Castle.

- Détails! Esquiva Martha. Et puis tu avais 32 ans, je te le rappelle ! Mon chéri, un costume approprié est d’une importance capitale pour se connecter à son personnage !

- Lady McBeth, je présume ? Tenta l'écrivain.

- Desdemone ! Rectifia Martha déçue qu'il ne la reconnaisse pas!

- Oh oui, Desdemone, bien sûr !

Il recommença à couper son oignon. Alexis arriva le téléphone à l'oreille.

- Oui moi aussi. Non toi tu raccroches d’abord. Non non c’est à toi. C’est ton tour !

Les trois adultes la regardaient, amusés, elle raccrocha enfin le téléphone.

- Oh j’ai trop hâte d’être à Stanford, vivement le mois de janvier ! Dit la jeune fille toute excitée.

- Janvier, pourquoi ? Demanda Castle.

- Parce que je dois partir, à Stanford !

- Quoi ? S'écria Rick surpris.

- Elle est inscrite pour la session de ce printemps, tu te souviens ? Lui rappela Martha.

- Euh oui, enfin je… Bafouilla l'écrivain... comme tu n’en parlais plus depuis longtemps, je me disais…

- C’était pour éviter de voir ce regard à chaque fois que j’en parle, répondit Alexis. Tiens qu’est-ce que je disais !

- Quoi ? Non, non c’est une décision très importante qui nécessite de la réflexion. Réfléchis encore un peu ! plaida-t-il.

- C’est tout réfléchi! Assura Alexis. C’est une super université et en plus il y aura Ashley. Grâce à mes notes, je peux y aller dès le mois de janvier !

- Tu n’as pas envie de finir ton année avec tes amis tranquillement ? D’aller au bal de promo ? Hein, le bal de promo ? Insista l'écrivain.

Le téléphone d'Alexis sonna. Elle le reprit et lu le SMS qu'elle venait de recevoir. Un autre téléphone sonna. Kate décrocha.

- Attends! Ashley vient de me donner son mot de passe pour que je découvre ses cours en ligne ! Fit-elle en s'éloignant en sautillant.

Elle les laissa en plan et Castle resta figé un instant. Il s’essuya une larme.

- Oh non! Chéri tu pleures ? Soupira Martha.

- Ce sont les oignons !

Kate s'approcha et posa une main réconfortante sur son épaule. Se hissant sur la pointe des pieds, elle lui murmura à l'oreille:

- On a un meurtre. Ça te fera le plus grand bien.

- D'accord, allons-y... Marmonna-t-il.

- Et ce soir je t'apprendrai à faire un super costume d'E.T.!

- Sérieusement? Tu sais faire ça?

- J'ai quelques talents cachés.

- Trop cool! Et le bébé, on l'appellera Cosmo?

- Nan! Mais c'était bien tenté.

Lorsqu'ils arrivaient sur la scène de crime, ils discutaient encore de la réaction de Rick quant à l'annonce faite pas Alexis ce matin.

- J’admets que ce n’était pas seulement les oignons mais tu te rends compte, elle sera partie dans quelques mois, ma petite fille chérie !

-Ta petite fille a grandi Castle et elle va intégrer une prestigieuse université. Ce n’est pas ce que tu voulais ?

- Si, seulement je ne suis pas près !

- Et bien elle si. Vous n’êtes pas sur la même longueur d’onde, voilà le problème !

- Alors que dois-je faire ?

- La laisser partir ! Crois-moi si tu la retiens, ça ne fera qu’envenimer les choses !

- Facile à dire! Ton bébé à toi n'a pas encore coupé le cordon! Aïeuh!

- Notre bébé Castle! Et à moi aussi ça me fait de la peine de voir Alexis s'en aller pour l'université en janvier!

- Désolé... Mais toi, dit-il en s'adressant au ventre de Kate, sache qu'il est hors de question que tu grandisses aussi vite, tu m'entends?

- Arrête de lui balancer des trucs comme ça quand tu es énervé à cause d'Alexis!

- Quoi? Je peux bien en profiter tant qu'il écoute tout ce que je dis et qu'il me considère comme un dieu vivant.

- Ça va les chevilles?

Ils arrivèrent sur la scène de crime, et furent pris d’assaut par des journalistes.

- Lieutenant, lieutenant ! Qu’est-ce que vous pouvez nous dire sur cet homicide ?

- Aucun commentaire ! Rétorqua Beckett. Pardon !

-  S’il vous plait ! Insista le journaliste.

- Et bien, tout ça pour un meurtre dans une ruelle !

- Officier Hastings, c’est pourquoi tout ce cirque ? Demanda Beckett.

- Voyez par vous-même, lieutenant ! Répondit celle-ci en leur ouvrant le passage.

- Ouaaahhhhh! Sursauta Castle en découvrant le cadavre coupé en deux.

- Ouais, il est pas mal ce coup là ! Admit Esposito.

- Alors il s’est fait…commença Beckett en se portant la main devant la bouche avant de se précipiter au fond de la ruelle pour y rendre son petit déjeuner.

- Quelle conscience professionnelle, rigola Esposito, elle est allée vomir loin de la scène de crime!

- Eh bien Beckett, on ne supporte plus la vue des cadavres, la taquina le latino alors qu'elle revenait.

- J'aimerais vous y voir, la défendit Castle. Vous n'êtes pas enceinte de sept mois!
Ça va Kate?

- Ouais... Je crois... Alors... La victime a été...

- Coupée en deux en plein milieu, termina la légiste, en commençant par le sommet du crâne et en finissant par ses…

- Oh zziiiiiiii… ! L'interrompit l'écrivain.

- Ce type a été coupé en deux, alors il n’a plus à se soucier de ses bijoux de famille! Rétorqua la légiste.

- Vous ne vous doutez pas des sentiments profonds qu’un homme voue à ses bijoux de famille ! Répliqua Castle devant le regarde amusé de Lanie.

- Il s’est servi d’une guillotine ? Demanda Kate qui avait un peu de mal à se concentrer pour analyser la scène de crime.

- D’une épée ! La pointe s’est brisée en passant à travers le corps. Les éclaboussures de sang indiquent qu’avant de passer le fil de son épée, le tueur lui a tranché la main !

-  La lame, n’est tranchante que d’un seul côté, remarqua Castle, c’est donc un sabre ! Tuer de cette façon, ça fait très «Trône de fer» !

- Ça fait plutôt penser à un meurtre rituel, commenta Beckett. Esposito je veux que tous les passants soient pris en photo au cas où le tueur serait revenu !

- Ça roule ! Au fait la victime s’appelle Tyler Faris ! Ajouta Esposito tandis que Castle regardait la main coupée. Il était sorti de prison, il y a un an pour agression sexuelle!

- On a des témoins ? Demanda Beckett.

- Oui, la femme qu’il tentait d’agresser. Une certaine Marie Marcado !

 La jeune femme leur donna son témoignage, mais ne pût décrire le tueur, ce qui étonna beaucoup la détective.

- Je suis sûre qu’elle ne nous dit pas tout !

- Conan le barbare lui a sauvé la vie, elle ne veut pas le voir menottes aux poignets. Ou plutôt enchainé à la roue de la douleur ! Expliqua l'écrivain.

- Oui mais elle a vu le tueur. Elle a peut-être peur pour sa vie ? Suggéra la détective.

- Elle pense sûrement que ce n’était pas à elle qu’il en voulait. Un récidiviste coupé en deux ça fait très œil pour œil, dent pour dent. Un peu la justice qu’appliquerait l’inspecteur Harry avec un sabre !

- Qui se serait trouvé là, pile quand Faris allait commettre une agression ? Une coïncidence plus ou moins troublante !

- Hum !

- Le tueur devait déjà le surveiller dans le bar !

- Avec un sabre ?

- Touché ! Allons interroger les proches !


La victime était un violeur récidiviste et la liste de ses ennemis ne tenait pas sur le petit carnet de Beckett. Le crime en lui même avait déjà éveillé la curiosité de Rick, mais lorsque l'un des suspects avec lequel Farris s'était disputé quelques jours auparavant leur donna une vidéo sur laquelle on apercevait le tueur, il jubila.
En effet, les images de vidéo surveillance montraient que l'agresseur portait un costume de super-héros.
Cette nouvelle, qui amusait Castle au plus haut point agaçait Gates au moins autant, ce qui ne réchauffa pas les relations entre elle et l'écrivain.
Il parvint cependant à lui clouer le bec en lui démontrant qu'avec ses théories farfelues il parvenait à trouver des pistes sérieuses. Ainsi, après avoir démontré que le suspect collectionnait les comics, ils allèrent jusqu'à une boutique de comics très prisée des fans du genre.

- A ta place, je ferais moins le malin avec Gates, le temps qu’elle se dégèle ! Conseilla Kate.

- Mais j’ai bien l’intention de faire fondre capitaine banquise en résolvant cette affaire !

- Ah oui, et bien bonne chance !

- Oh ! Oh, tu sens? … le doux parfum des pages imprimées. Comicadia est proche. Cet endroit est incontournable pour tout amateur de comics. C’est le Vatican pour un Catholique, la Mecque pour un Musulman, le courant pour un saumon…

- J’ai acheté mon tout premier Comics ici à 14ans, «Sin City, j’ai tué pour elle» ! Sourit Beckett.

- Trop cool ! Attends, attends ! Dit-il en l'arrêtant. Si tu pouvais être un personnage de comics, tu serais lequel ?

- «Elektra» !

- Oh une tueuse sans pitié qui se méfie de ses émotions !

- C’est pas pour ça. C’est pour ses aptitudes acquises auprès des ninjas !

- Ha !

- Et toi?  «Iron Man», «Spiderman» ? Non je sais «Bavard-man» !

-  J’aimerais être l’industriel milliardaire, Bruce Wayne alias «Batman». Un beau ténébreux qui a les jouets les plus cool du monde !

- Superficiel mais cohérent ! Admit la détective.

Elle s'apprêtait à le suivre quand une décharge électrique dans le ventre la fit grimacer de douleur.

- Ça va? Demanda l'écrivain qui était revenu sur ses pas.

- Oui... Ça va, souffla-t-elle...

- Ça n'en a pas l'air...

- Notre enfant doit être au moins aussi curieux que son papa... J'ai l'impression qu'il touche à tout...

- Attends... Dit-il en posant la main sur son ventre.

- Wah! Admira Kate tandis que le bébé venait se blottir contre la main de son père. Comment tu fais ça?

- Je suis celui qui murmure à l'oreille des bébés, sourit-il.

- ...

- Ok... C'est notre petit rituel, expliqua-t-il devant le regard interrogateur de Kate. Quand tu dors, je viens me caler dans ton dos et je pose ma main sur ton ventre en racontant des histoires au bébé. Et ça fait quelques jours qu'il fait ça, j'adore!

- C'est... Génial... Dit la détective. Un peu flippant de constater que vous vous amusez sans moi alors qu'il est encore dans mon ventre, mais... c'est génial...

- Et toi? Tu n'as pas de petits trucs avec le bébé?

- Oh si!

- Quoi donc?

- Je te montrerai ce soir.

- Cool!

Après plusieurs avoir suivi plusieurs pistes infructueuses, chacun rentra chez soi prendre un peu de repos.
- C’est comme ça que tu comptes impressionner Gates ? En lisant un comics ? Demanda Kate en trouvant son mari plongé dans la lecture des « aventures de Lame Solitaire ».

- Crois-moi, je suis sur le point de résoudre ce mystère grâce à cette hypothèse. C’est mon sens de l’araignée qui me le dit !

- Ne parle pas de ton sens d’araignée à Gates, c’est un conseil.

- Cette bande dessinée est vraiment très bien ! Tu devrais la lire… Alors, comment s’est passé ton rendez-vous ?

- Bien…

- Tu es sûre que je ne peux pas venir à ces réunions que tu as avec tes copines ? Après tout je suis le père, je suis concerné !

- Ce sont des réunions entre filles, Castle ! Aucun mec n’y est admis.

- Mais Lanie n’est même pas enceinte ! Qu’est ce qu’elle y connaît en bébés ?

- Tu vas arrêter de faire l’enfant ? J’ai dit que c’était réservé aux filles !

- Dans ce cas, je vais en organiser avec Esposito et Ryan, bouda l’écrivain.

Kate éclata de rire.

- Qu’est ce que j’ai dit de si drôle ?

- Rien, j’imaginais juste la tête d’Esposito, quand tu le lui proposerais, il va avoir une attaque !

- Mhm… Peut-être que si je lui dis qu’il y aura de la bière et des stripteaseuses ça passera mieux… Hé ! Sursauta-t-il en recevant un des coussins du canapé dans la figure.

- Tu es marié, Castle, pas de stripteaseuses si je ne suis pas là !

- Moi qui t’avais sorti ma collection de BD pour que tu te détendes…

- Fais voir ? demanda Beckett intriguée.

- C’est  le premier numéro des «Avengers» ! S’émerveilla-t-elle en prenant un des livres qui trônaient sur la table basse.

- Tiens ! J’ai préparé du pop corn !  De quoi passer une bonne soirée.

- Merci, tu es un amour. Et, regarde, dit-elle en posant quelques popcorns sur son ventre.

Elle appuya légèrement à l’endroit où elle venait de poser les confiseries et soudain celles-ci sautèrent de quelques centimètres.

- Wah ! C’est Little Caskett qui fait ça ?

- Oui, tu vois, on s’amuse bien aussi tous les deux.

- Vas-y recommence, je vais essayer de le gober!

 




Minefuji  (04.06.2014 à 19:35)

Chapitre quatre-vingt-douze.

Castle lisait toujours le comics de «Lame Solitaire», Kate s'était assoupie la tête posée sur les genoux de son écrivain. Alexis arriva et croisa les bras sur sa poitrine.

- Pour un œil non exercé, ça peut ressembler à une grande personne qui lit des comics mais en réalité…expliqua-t-il.

- J’ai beaucoup réfléchi et tu devrais être content pour moi ! Le coupa la jeune fille.

- Je le suis… je le suis mais tu vas me manquer, c’est tout !

- A moi aussi mais c’est ce que je veux !

- Parle-moi de ton cursus, demanda-t-il tandis qu'elle s'asseyait près de lui. Quels cours tu envisages de suivre en Janvier ?

- Heu, introduction aux statistiques, théorie micro-économique, l’économie du moyen orient islamique !

- Ashley n’est pas en économie ? Tu as choisi ses cours ?

- On passera plus de temps ensemble comme ça. Pourquoi ça t’embête ?

- Comme le dit «Spiderman» : Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités. Tout le monde n’a pas la chance d’étudier dans cette université, c’est ton avenir qui importe, tes propres rêves, ce que toi tu souhaites !

- Mais c’est ce que je souhaite !

- Non, c’est ce qu’Ashley souhaite !

- C’était même pas son idée, c’était la mienne ! Protesta-t-elle en se levant.

- Tu ne peux pas décider tout en fonction de lui. Imagine si jamais vous vous séparez !

Alexis s'énerva, ce qui réveilla Beckett.

- On ne va pas se séparer. Pourquoi tu ne veux pas que j’y aille ?

Kate se leva du canapé et se dirigea vers la cuisine sans dire un mot. Elle ne voulait surtout pas se mettre entre Castle et sa fille et encore moins prendre parti pour l’un ou pour l’autre.

- Ce n’est… j’aimerais que tu ne fasses pas des choix qui vont contre ton intérêt ! Plaida l’écrivain.

- Pourquoi faudrait toujours penser à son intérêt ? Pourquoi je ne pourrais pas faire ce dont j’ai envie une fois de temps en temps ? Est-ce que tu t’en prives toi ? Cria-t-elle en quittant la pièce.

Castle se prit la tête dans les mains, Kate lui caressa doucement le dos et déposa une part de tarte aux pommes sur la table.

- Wahhh, elle ne t'a pas loupé... constata-t-elle. Tiens, prends une part de tarte.

- Tu étais aussi compliquée toi à son âge?

- Rebel-Becks en a fait voir à ses parents, si c'est ce que tu veux savoir. Mais au final, je ne m'en suis pas trop mal sortie et mon père a survécu...

- Je devrais peut-être avoir une discussion avec lui… Il devrait pouvoir me donner quelques conseils…

- Des tas, si tu veux mon avis, sourit Beckett. Je lui en ai fait voir de toutes les couleurs. En fait, à chaque fois qu’il pensait que quelque chose n’était pas bon pour moi et qu’il voulait m’en dissuader, ça me donnait encore plus envie de le faire.

Le regard de Castle se posa sur le comics. On y voyait un homme couché à terre avec un «L» sur le derrière.

- Quoi? Demanda-t-elle devant son air intrigué

. - Regarde ces planches, on voit un truand qui sort d’un entrepôt, «Lame Solitaire» s’élance et le marque d’un «L» sur la fesse droite. Ça ne te rappelle pas quelqu’un ?

- Tony le boucher !

- Regarde la date de parution. Elle est postérieure à sa mésaventure avec «Lame Solitaire». Ces planches représentent son agression. A part Tony, la seule personne qui était les lieux c’était notre justicier !

- Alors ce que tu dis…

- C’est que notre meurtrier est forcément l’auteur de ses planches, Sean Elt !

- Dès demain on lancera une recherche sur lui. En attendant... Dit Kate en se levant du canapé un peu comme elle pouvait, allons-nous coucher.

          Après une courte nuit agitée par des cauchemars, dans lesquels des fous furieux en costumes de super-héros assassinaient le capitaine Montgomery et lui coupaient la main au sabre, Beckett avala le peu que son estomac le lui permettait et fila au poste, non sans avoir laissé un mot pour prévenir Castle.

Ce dernier arriva au poste une heure et demie plus tard et la trouva au téléphone.

- D'accord merci! Dit-elle en raccrochant.

- Bonjour! Tu es tombée du lit ce matin? Demanda l'écrivain en déposant un gobelet  sur le bureau de Kate.

- On peut dire ça, répondit-elle évasive. On a fait des recherches et Sean Elt n’existe pas!  Son nom est un pseudo ! Elle attrapa un feutre et fit une croix à côté du nom sur le tableau blanc.

- Ou un nom de plume, comme disent les écrivains. Bien qu’aucun d’entre nous ne choisirait Sean Elt. Une minute… c’est une anagramme. Change l’ordre des lettres et tu obtiens…

- STAN LEE, le génial créateur de super héros ! Annonça triomphalement Beckett après s'être exécutée.

- Oh crois-moi, ce n’est pas Stan Lee, sourit Castle. Ce n’est même pas Sean Elt !

Ils interrogèrent de nouveau la mère de la victime, qui leur donna le signalement d'un homme barbu portant une carte verte en plastique avec sa photo, qu'elle avait aperçu discutant avec son fils. Cette information fit tilt chez Rick et Kate qui s'écrièrent en même temps: "le journaliste sur la scène de crime!"

                                                                 ******************

- Vraiment, le meurtrier est un auteur ? S'étonna Gates.

- Même les auteurs peuvent être des hommes d’action ! Répliqua Castle.

- Ça reste à voir Monsieur Castle, dit Gates au grand désespoir de Rick. Alors c’est un journaliste comme Peter Parker ?

- Non en fait Peter Parker est un photographe ! Rectifia Beckett.

- Notre homme serait plus proche de Clark Kent et il est modeste, tout comme je l’avais deviné ! Se vanta Castle.

Il regretta immédiatement ses paroles devant le regard assassin de Gates. Beckett sourit.

- Lieutenant, je vais prévenir le maire que le meurtrier est sous les verrous. Obtenez des aveux cette fois !

- Ah vos ordres ! Gates s'éloigna.

- Tu avais raison, tu l’as dégelée ! Ajouta-t-elle à l'attention de son époux.

-Hmm !

- Allez fais pas cette tête-là, tu me plais à moi, c'est le principal, le consola-t-elle.

- Mais c'est à elle que je veux plaire! Gémit Castle tel un enfant trop gâté.  

Ce fut au tour de Kate de le fusiller du regard.

- Ça n'est pas ce que je voulais dire, bafouilla-t-il.

- Trop tard!

- Excuse-moi! Je ... Elle me déteste et ça m'embête... Toi c'est pas grave... Enfin... Non, je ne voulais pas dire ça non plus... Mais toi c'est normal, on est mariés... Euh... On couche ensemble... ARFF! ... Elle... Euh... Pourquoi tu ne dis rien?

- J'adore te voir t'emmêler les pinceaux quand tu dis des bêtises.

- Ne vas pas croire que... Quoi? Tu... Tu me fais marcher?

Elle lui adressa un sourire et se dirigea vers la salle d’interrogatoire.

- Allez viens! On va interroger notre suspect.

- Je me suis fait avoir comme un bleu, soupira-t-il. Mais c'était mérité... L'interrogatoire se termina avec les aveux du journaliste, ce qui aurait été une bonne nouvelle si Beckett et Castle n'avaient pas été persuadés de son innocence.

- Vous êtes sûr que c’est pas lui ? Demanda Ryan.

- Oui Faris a eu la main coupé avant d’être tué et Paul ne le savait pas ! Expliqua la détective.

- Bah alors pourquoi il a avoué ? S'étonna Esposito.

- Parce que Paul  protège le véritable tueur. Paul est l’auteur, tandis que «Lame Solitaire» est le sujet du comics. Ils forment un tandem, un peu comme toi et moi. Je suis Paul et la super héroïne, c’est toi ! Expliqua l'écrivain.

- Alors je suis du genre à faire des moulinets, le sabre à la main, la nuit?

- Ca dépend, en petite tenue ?

- Dans tes rêves !

- Regarde ma vie, mes rêves deviennent réalité, sourit-il.

Suivant ce nouvel éclairage dans leur enquête, ils finirent par mettre la main sur le véritable Lame Solitaire. Ils tombèrent des nues lorsqu'ils découvrirent que l'officier Hastings se cachait derrière ce masque.

Beckett mena l'interrogatoire de cette dernière qui lui avoua son admiration pour elle. Bien qu'au début cela la rendait mal à l'aise, Kate finit par la croire.

- Elle n’a pas tué Tyler Faris ! Annonça Beckett en sortant de la salle d'interrogatoire.

- Comment le sais-tu ? Demanda Rick.

- est tout !

- Bon alors si ce n’est pas elle, ni Chad Hockney, ça veut dire que nous recherchons un troisième «Lame Solitaire» ou bien un imposteur !

- C’est ça, alors supposons que notre tueur n’est pas le véritable «Lame Solitaire». Cela signifierait qu’il a porté le costume de ce super héros uniquement pour ne pas être identifié ! Réfléchit Kate en observant le tableau blanc.

- Oui, pour être absolument sûr de lui faire porter le chapeau ! Approuva l'écrivain.

- Et Tyler Faris était la victime idéale !

- Puisqu’il rentrait dans cette ruelle à heure fixe et qu’il amènerait son propre témoin!

- Donc peut-être que notre tueur est un criminel qui voulait se débarrasser de «Lame Solitaire» ! Conclut Beckett.

- Un criminel qui voulait à la fois se venger de lui et… de Tyler Faris !

- Ce qui implique qu’il avait connaissance de ses habitudes !

- Qu’il savait manier les armes blanches !

- Et qu’il nous a parlé de «Lame Solitaire» le premier! Ajouta la détective.

Ils réussirent facilement à coincer Valtini qui vaincu, finit par réclamer un avocat.  L'officier Hastings fut libéré, elle remercia Beckett et rejoignit Paul Whittaker, qui l’attendait au bout de l’allée.

- Eh bien, voilà une affaire classée et un dangereux truand hors d’état de nuire. C’est de l’excellent travail ! Commenta Castle qui se tenait près du capitaine Gates.

- Je suis d’accord. Cette équipe fait effectivement de l’excellent travail ! Approuva cette dernière.

- Merci capitaine, ça me touche ! Sourit l'écrivain.

- Cette équipe de policiers ! Précisa-t-elle à Castle qui en perdit son sourire. Cette équipe de bons policiers Monsieur Castle ! Elle interpella Beckett.

- Lieutenant en ce qui concerne l’officier Hastings, elle n’a pas obtempéré à votre ordre dans la ruelle. Alors pour quelle raison vous ne la mettez pas sous les verrous?  

- Euh, je…

- Parce qu'étant donné le nombre de personnes qui portent ce costume, on ne peut pas prouver que c’était bien elle dans la ruelle et qu’elle était derrière ce masque !

- C’est exact, chef ! Castle dévisagea le capitaine étonné.

- C’est un excellent élément, très prometteur, mais si «Lame Solitaire» devait un jour réapparaitre, ce serait gênant !

- Je ne crois pas qu’il réapparaitra de sitôt chef ! répondit la détective.

- Plus jamais j’espère ! Souhaita Gates en partant.

- Soit elle vient de s’offrir un cœur…

- Soit elle a seulement peur de la réaction de la presse si elle apprenait que «Lame Solitaire» était l’un des nôtres ! Termina Kate.

Le bip de l'ascenseur retentit, ils regardèrent Ann Hastings et Paul qui montaient dedans.

- Un créateur et sa muse ensemble pour combattre le crime. Tout comme nous ! Paul et Ann s’embrassèrent au moment où les porte de refermaient. Beckett se tourna vers son mari, son regard en disait long sur ce à quoi elle pensait.

- À quoi penses-tu? Demanda-t-il innocemment.

- Tu te souviens du débarras qu'il y a par là-bas?

- Si je m'en souviens?! Un grand moment Caskett! Sourit-il.

- Je vais devoir aller y chercher quelque chose... Attends deux minutes après mon départ et vas-y à ton tour, lui murmura-t-elle.

                                                           ^^^^^^^^^^^^^

Blottie dans les bras de Rick, les jambes enroulées autour de sa taille, Kate reprenait doucement son souffle.

- Wahhh... Je ne pensais pas qu'on referait ça un jour au poste, souffla-t-il.

- Je ne pouvais pas attendre...

- J'ai remarqué, oui. Merci les hormones!

 - Ça t'a plu quand même?

- C'était grandiose, comme toujours...

- Oui... Comme toujours... Sourit-elle. C'est marrant, mais je ne me rappelais pas qu'il était aussi étroit ce débarras...

- C'est parce que la dernière fois, tu prenais deux fois moins de place... Aieuh!

- Ça va pas de dire des trucs pareils!

- Mais quoi?! C'est vrai, non?

- Il y a des fois, où il faut savoir mentir à sa femme!

- D'accord, d'accord... On rembobine jusqu'au moment où tu dis : "C'est marrant, mais je ne me rappelais pas qu'il était aussi étroit ce débarras..." Et là... Je réponds... Euh... Ils ont dû mettre une cloison pour en faire deux pièces, parce qu'ils avaient besoin d'une annexe pour la salle des archives! Manque de budget... C'est mieux comme ça?

- Oui... Peu crédible, mais c'est mieux... Ouh!!

- Qu'est-ce qu'il y a?

- Un sacré coup de pied...

- On devrait rentrer... Little Caskett doit avoir envie que sa maman s'allonge un peu et prenne du repos...

- D'accord...

                     De retour au loft, ils furent accueillis pas Martha en costume de théâtre. Alexis assise à la table les remarqua à peine, trop absorbée par ses pensées.

- Oh ! Oh ! bonsoir mère !

- Bonsoir Martha!

- Oh ! Alors ? Demanda l'actrice en faisant de grands gestes théâtraux.

-  Falstaff ? Proposa Castle.

- Non, c’est le Roi Lear ! Répondit Martha déçue.

- Oh… -  Oh… j’ai du boulot ! Se lamenta-t-elle en décrochant sa fausse barbe et en partant.

- Installe-toi dans le canapé, dit-il à Kate. Je t'apporte une tisane.

- Je peux me la faire moi-même, répliqua Beckett.

- Tu dois te ménager! C'était le deal! Tu continues à travailler le plus longtemps possible, à condition qu'une fois à la maison tu te laisses dorloter.

- D'accord... Abdiqua la détective qui finalement ne demandait qu'une chose: s'allonger sur le canapé. Il l'aida à enlever ses chaussures et l'installa sur le canapé.

- Qu’est-ce que tu fais ? Demanda-t-il à Alexis qui pianotait sur son clavier d’ordinateur.

- Euh je chatais avec Ashley mais, on vient juste de finir !

Castle mit de l'eau à chauffer et  vint s’assoir en face d’elle.

- Chérie, même quand tu n’étais encore qu’une enfant, ton sérieux m’impressionnait. Je crois que je me suis habitué à te considérer comme quelqu’un de raisonnable et de mature. Parfois même plus que moi, commença-t-il.

- Parfois ? Sourit l'adolescente.

- Bien joué ! Bref ce que je veux dire c’est que tu possèdes d’autre facette, impulsive, romantique et tu n’as pas à les nier !

- T’avais raison. Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités. J’ai toujours fait en sorte de faire ce qu’on me demandait de faire mais l’université c’est bien l’endroit où on peut enfin réaliser ses rêves, suivre sa passion. Alors je vais choisir mes cours en fonction de ce que je veux. Je sais pas encore exactement quoi, mais en tout cas, ce ne sera pas économie !

- Et même si tu suis un cursus différent du sien, vous pourrez vous voir autant de fois que vous le voudrez ! Se réjouit l'écrivain.

- Je sais. Surtout si on emménage ensemble ! Sourit-elle.

 Castle,  sous le choc, se figea. Kate, qui avait entendu leur conversation, s'approcha de lui.

- C’est le bug... Grimaça Alexis.

- Je sais... Ne t'en fais pas, je m'en occupe, répondit Kate en l'emmenant s'asseoir dans le canapé.

Elle revint terminer de préparer la tisane et la lui rapporta.

- Tiens, bois ça,  ça va te détendre...

- Mon bébé...

- Je sais...

- Elle ne peut pas emménager avec un garçon! C'est pas possible...

- Tu n'y peux rien Castle. Mon père a tout fait pour me dissuader d'emménager avec mon petit copain quand j'avais l'âge d'Alexis et ça n'a fait que me motiver pour le faire.

- Ça n'est pas parce que tu étais rebelle et insupportable, que ma fille doit suivre ton exemple, grogna-t-il. Tu n'es pas sa mère!

- ...

Trop absorbé par ses pensées, il ne réalisa la nullité de ses paroles et la réaction de Kate, qu'en entendant la porte du loft claquer.

- Là, mon vieux, t'as loupé une belle occasion de te taire, se rabroua-t-il en se précipitant à son tour hors du loft. 


Minefuji  (06.06.2014 à 18:55)

Chapitre quatre-vingt-treize

Le cœur battant la chamade, Rick arriva en bas de son immeuble et demanda au concierge s'il avait vu madame Castle. Celui-ci lui répondit qu'il avait effectivement vu passer Kate et qu'il s'était étonné qu'elle ne le salue pas alors qu'elle le faisait toujours.
Il se maudit une fois de plus et se rua hors du bâtiment. La nuit commençait à tomber, la fraîcheur de la température lui rappela qu'ils étaient en octobre et que Kate était sortie sans son manteau.
Il regarda alentours. Aucune trace d'elle. Elle avait sans doute pris un taxi. Il se maudit une fois de plus et rebroussa chemin. Il allait devoir attendre qu'elle se calme et qu'elle l'appelle. Ces heures d'attente et d'angoisse serait son impitoyable châtiment. Il allait ouvrir la porte de son immeuble, quand un reniflement venant de la ruelle attenante attira son attention.
Il se dirigea en suivant son ouïe et trouva Kate en larmes, assise au milieu d'un tas de carton.

- Kate! Qu’est-ce que ...?

- J'ai oublié mes chaussures et mon sac à main. Je n’avais pas un sou pour prendre un taxi. Je n'arrive même pas à faire un esclandre digne de ce nom! Chouina-t-elle.

- Ton effet était parfait, la rassura-t-il heureux de la retrouver si vite.

- C'est vrai? Tu ne dis pas ça pour me faire plaisir?

- Vrai de vrai! J'ai vraiment flippé! Assura-t-il.

- J'en ai marre des hormones! Bougonna-t-elle. J'en ai assez de sortir de mes gonds pour rien!

- Tu étais tout à fait en droit de sortir de tes gonds! Répliqua-t-il. C'est moi qui ai été nul!

- C'est vrai, renifla-t-elle. Tu as été nul.

- Et je le regrette, si tu savais comme je le regrette. Ça m'a...

- …Échappé?

- Oui... Enfin... Non...Mais... Avec Alexis, je...

- Je sais que tu as une relation particulière avec ta fille et je n'ai pas l'intention de me mettre entre vous! Je ne l'ai jamais fait en trois ans ! Je n'ai jamais voulu l'éloigner de toi! Je voulais seulement te soutenir! Je voulais simplement faire partie de la famille! Sanglota-t-elle.

- Je n'ai aucune excuse, soupira l'écrivain. Tu es parfaitement en droit de m'en vouloir... Et bien sûr que tu fais partie de la famille! Tu es devenue tellement importante pour nous, que loft nous a paru désert et sans vie, quand tu as été blessée.

- Mais tu ne veux pas qu'Alexis me prenne comme modèle! Comment tu peux dire ça et me dire que tu m'aimes et que tu m'admires?!

- Je serais fier qu'Alexis te ressemble! Tu es forte, pugnace, tu es une femme extraordinaire...

- Mais quoi?

- Mais j'ai toujours peur de te perdre et je ne crois pas que je supporterais de voir Alexis prendre elle aussi autant de risques.

- Castle, tu ne peux pas l'empêcher de faire ses choix et de vivre sa vie!

- Je sais. Tu as raison... Il faut que je m'y fasse...  Et je te promets de faire attention à ce que je dirais désormais!

- Merci, murmura-t-elle en frissonnant.

Il regretta d’être sorti sans sa veste, il aurait pu la lui donner. Il décida qu’il était temps qu’ils rentrent.

- Always, sourit-il en l'aidant à se relever. Alors, tu me pardonnes?

- Mhmm... D'accord... Mais tu mérites d'avoir un gage...

- Tout ce que tu voudras! ... Enfin... Euh... Je crois...

- Il faut vraiment que tu apprennes à tourner ta langue sept fois dans ta bouche avant de parler!

- Tu as raison, reconnut-il docilement.

- Alors, pour t'apprendre à prendre le temps de la réflexion, tu devras rester muet jusqu'à ce que je t'appelle par ton prénom.

- C'est un châtiment adapté. Je suis d'accord.

- T'as plutôt intérêt à être d'accord, ce n’est pas comme si tu avais le choix! Répliqua-t-elle.

- Tu as raison, je n'ai pas le choix, sourit-il. Allons ! Rentrons avant d'attraper froid.

- N'oublie pas que tu dois te taire.

- Mhm-Mhm.

Ils rentrèrent chez eux et s’installèrent dans le canapé blottis l’un contre l’autre et emmitouflés dans une couverture devant une rediffusion de Matrix.

Le lendemain matin, Martha arriva avec le courrier, tandis que Rick et Kate prenaient leur petit déjeuner.

- Oh... C'est le dernier numéro de SkyMall, grimaça-t-elle. Tu t'es abonné à ce truc? Ça ne te suffisait pas de le lire dans l'avion?

Castle bondit de sa chaise et lui prit le magazine des mains en faisant de grands gestes.

- Qu'est ce qu'il te prend? Demanda l'actrice.

- C'est son châtiment pour apprendre à réfléchir avant de parler. Il n'a plus le droit de dire un mot, tant que je ne dis pas son prénom, expliqua Kate.

- Ingénieux! Sourit l'actrice. Surtout ne le libère pas trop vite, je veux savourer ce moment!

- Mhm! Protesta Castle.

- Quoi? Je suis ravie de ne pas t'entendre vanter les nouvelles inventions de ce magazine! Rétorqua Martha. Franchement, quel est l'intérêt d'une télécommande ouvre-bouteille...

- Qu'est ce qu'il y a? demanda Kate alors que Martha se figeait devant la lettre qu'elle tenait.

- Une lettre de Stanford... Ça doit être la réponse à la demande d'admission anticipée d'Alexis.

- Oh! Toi, tu vas avoir du mal à rester muet, dit Beckett en regardant son mari.

Il acquiesça et s'appuya contre le bar.

- Oh, chéri. Tu vas bien? Demanda Martha.

Il hocha doucement la tête et fit quelques gestes en montrant le ventre de Kate.

- Il va bien, traduisit Kate. C'est seulement que tout devient si réel. Il trouve qu'elle a grandi trop vite.

- Eh tu t'attendais à quoi? Qu'elle vive ici pour toujours?

Il acquiesça de la tête, puis désigna sa mère en secouant la tête négativement.


Martha fit une grimace.

- Même muet tu arrive à me sortir des vacheries!

Alexis arriva au même moment.

- C'est le courrier? Demanda-t-elle hésitante et pleine d'espoir.

- Il y a une lettre de Stanford pour toi, annonça Martha.

Alexis courut vers elle et saisit la lettre. Excitée comme une puce, elle déchira l'enveloppe et lut la lettre. Les adultes l'observaient heureux et curieux, mais déchantèrent lorsque son visage se décomposa.

- Eh bien, ma chérie? Demanda Martha.

- Je suis refusée, souffla Alexis incrédule et choquée.

- Quoi?! S'écria Castle oubliant sa promesse de silence.

Kate, concernée par la déception d’Alexis,  ne le remarqua même pas.

- Oh ma chérie, je suis désolée, soupira Martha.

- J'avais déjà choisi tous mes cours! Protesta Alexis en relisant la lettre comme si son contenu pouvait changer. J’avais même acheté des tee-shirts!

Les trois autres ne sachant quoi dire pour la consoler restèrent muets.


Kate reçut un appel pour une nouvelle affaire. Castle et elle quittèrent le loft alors qu'Alexis était au téléphone avec le service des admissions de Stanford pour leur expliquer qu'ils avaient fait une erreur.
Rick marchait vers la scène de crime en gesticulant.

 - Je sais que tu la trouves parfaite, dit Kate. Et ce n'est pas ce refus qui change quoique ce soit à ses qualités! Beaucoup de gens très bien n'ont pas été admis à Stanford. Et puis hier encore, tu ne voulais pas qu'elle y aille!

- Mhm-mhm! Mhm! Marmonna-t-il en la désignant du doigt.

- J'y ai été admise il y a longtemps! Aujourd'hui je serais refusée, répondit-elle. Quoi qu'il en soit, mets ton ego meurtri de côté. Je suis sûr qu'elle est anéantie. Tu n'auras qu'à lui parler tout à l'heure.

- Mhm?

- Je lèverai la punition le temps qu'il faudra.

Il lui fit une légère révérence, louant sa grande générosité, elle leva les yeux au ciel et continua son chemin.

Ils tournèrent dans une ruelle et passèrent sous la bande jaune de la scène de crime. Lanie était déjà là, examinant une mare de sang.

- Où est le corps? Demanda Beckett.

- C'est une excellente question, répondit la légiste.

- Tu veux dire qu'il n'y a pas de corps?

- Non, juste beaucoup de sang. Il est impossible que la personne qui l'a perdu ait survécu.

La détective examina à son tour la scène de crime, tandis que Castle trépignait.

- Alors? Pas de folle théorie? S'étonna Lanie en se tournant vers lui.

- Il n'a pas le droit de parler, annonça Beckett un grand sourire aux lèvres.

- Ah bon ?

- Il doit apprendre à réfléchir avant de parler !

- Ouh! Ça doit bouillonner là-dedans, rigola la légiste en désignant la tête de l'écrivain.

Il mima un zombie. Beckett secoua la tête.

- En tout cas, il y a des traces qui indiquent que le corps à été déplacé, indiqua Lanie.

Ryan arriva et leur annonça que des témoins avaient vu une camionnette blanche banalisée prendre la fuite juste après sept heures. Les caméras de surveillance les aideraient certainement à retrouver sa trace. Castle désigna deux empreintes de tailles différentes. Visiblement les tueurs portaient des chaussons stériles.

Leur meilleur indice était l'empreinte laissée par une mallette dans le sang. Ce qui était très mince. Gates, qui semblait ravie du mutisme soudain de l’écrivain, ne se gêna d'ailleurs pas pour le leur faire remarquer.
Mener une enquête sans cadavre, ni identité de la victime n’était pas chose aisée. Cependant, grâce aux maigres indices relevés sur la scène de crime, ils parvinrent à retrouver la société à qui appartenait le van. Ils découvrirent qu’il s’agissait d’une société de cryogénie avec laquelle la victime avait passé un contrat. Ce qui provoqua un bras de fer entre les services de police et les avocats de ladite société pour récupérer le corps du défunt. Ils trouvèrent un compromis en lui coupant la tête, que la société fut autorisée à garder.

Castle, après avoir plusieurs fois manqué de s’étouffer à force de s’empêcher de parler, finit par écrire tout ce qui lui passait par la tête sur un petit calepin. Kate finit par le lui confisquer, trouvant qu’il redevenait trop bavard. Elle le lui rendait de temps en temps quand elle voulait vraiment avoir son avis.

Ils finirent par découvrir, après avoir suivi plusieurs pistes infructueuses, que l’assassin était la femme du défunt. Elle l’avait tué car elle le savait condamné par une tumeur au cerveau et qu’elle voulait préserver leur vie future.

De retour chez eux, Castle fut autorisé à parler afin de réconforter sa fille et de l’aider à encaisser le choc du refus. Alexis finirait par relever la tête, il n’en doutait pas.

Il rejoignit Kate dans leur chambre.

- Cette expérience la fera grandir, dit Kate pour le rassurer. Ma mère disait que la vie ne nous impose rien qu’on ne puisse encaisser. J’ai longtemps cru qu’elle se trompait, mais finalement…

- …

- Ne me regarde pas comme ça ! Je n’ai pas encore décidé de te délivrer de ta punition. J’aime assez te voir te contenir comme si tu risquais d’imploser.

Il s’empara de ses lèvres et l’entraîna dans un baiser passionné qui la laissa pantelante. Doucement, il l’allongea sur le lit et la déshabilla délicatement, parsemant son corps de baisers brûlants. Il prit tout son temps et fit monter son désir patiemment. Il s’amusa de sentir les mains de sa femme fouiller sa chevelure, signe de son impatience qui montait. Sans tenir compte de ses mouvements capricieux qui réclamaient plus, ni de ses soupirs d’agacement, il continua ses caresses et ses baisers sur chacun de ses points sensibles. Elle se mordait les lèvres, ce qui en disait long sur le combat intérieur entre ses sens et sa raison. Et puis finalement, elle explosa :

- Bon sang Rick, t’as gagné ! Fais-moi l’amour, je n’en peux plus !

Il eut son petit sourire de vainqueur et s’exécuta avec application.

- Tes désirs sont des ordres, ma chérie.  

 

 


Minefuji  (07.06.2014 à 22:43)

Chapitre quatre-vingt-quatorze

- Je le savais! C'est un garçon!

- Quoi? N'importe quoi!

- Ne nie pas l'évidence! On a une preuve!

- Ah oui ? Et où ça?

- Là! Regarde! En plus il est plutôt gâté par la nature! Comme son père.

- Mais non! C'est le cordon!

- Ceci est un pénis! Madame Castle!

- C'est le cordon, monsieur Castle! Depuis quand es-tu un expert en échographie?

- Depuis quand est-ce que toi tu l'es?

- Ok. Demandons à Lanie! Elle a dû avoir des cours là-dessus, elle!

- Bon... D'accord, admettons que ce soit le cordon! Il est quand même drôlement gâté!

- T'es bête!

Ils passaient à peine la porte du loft, que Martha et Alexis se précipitaient vers eux.

- Alors? Comment va le bébé? Demanda Martha.

- Il va très bien, sourit Kate. Il paraît qu'il est déjà bien grand pour son âge.

- Et c'est un garçon! Annonça fièrement l'écrivain.

- Je pensais que vous ne vouliez pas savoir le sexe du bébé, s'étonna Alexis.

- J'ai promis de ne pas demander! Mais j'ai des yeux pour voir et ça, c'est un pénis! Dit fièrement Castle en leur montrant la photo de l'échographie.

- C'est le cordon! Contra une nouvelle fois Beckett.

- Pourquoi tu ne veux pas que ce soit un garçon? Demanda Castle.

- Je ne dis pas que ce n'est pas un garçon! Je dis seulement que ce que tu prends pour un pénis, c'est le cordon ombilical!

- Je crois que Kate a raison, dit Martha en plissant les yeux et en tournant la photographie dans tous les sens.

- Tu ne sais même pas tenir la photo correctement, répliqua Castle en la lui remettant à l'endroit.

- En tout cas, j'aurais du temps pour m'en occuper, soupira Alexis.

- Ne t'en fais pas, je suis certaine que tu trouveras de quoi t'occuper en attendant ton entrée à l'université, la réconforta Kate.

- J'avais tout planifié pour y aller en janvier, répondit Alexis. J'ai déjà validé mon année de terminale!

- Tu n'as qu'à choisir d'autres activités, prends des responsabilités, les universités réputées aiment ça, suggéra Kate.

- Tu as raison... Merci Kate...

- De rien Alexis, tu verras, tu finiras par te dire que tout ça n'était pas une si mauvaise chose, finalement.

- Je suis certain que tu trouveras de quoi t'occuper, ajouta Rick. En attendant, je propose que nous dînions, car une certaine personne a besoin de repos.

- C'est vrai que tu as l'air fatigué Kate, remarqua Martha.

- Elle n'a pas que l'air, elle a aussi la chanson, expliqua Rick. Sa tension est un peu trop basse, même pour une femme enceinte! Pas la peine de soupirer madame Castle! Tu dînes et au lit. Une bonne nuit de repos te fera du bien.

Si seulement c'était si simple, songea la détective qui aurait donné cher pour pouvoir dormir d'un sommeil sans rêve.


                                            ******************

Le téléphone de Kate sonna aux aurores, les appelant, Castle et elle sur une nouvelle scène de crime. Ils arrivèrent peu après, sur le chantier de construction où des ouvriers avaient trouvé la victime.

- Je tuerais pour un latté sans sucre avec deux doses de sirop de vanille, soupira-t-elle en se crispant légèrement.

Il ne manqua pas sa grimace de douleur.

- Le bébé? Demanda-t-il.

- Non, ça va. C'est la cicatrice qui tire encore parfois.

- Ta prochaine séance de Kiné est pour demain, non?

- Oui... C'est ça...

Ils passèrent le cordon de sécurité et arrivèrent près du corps.

- Wow! Qui aurait dit que le manteau en ciment serait à la mode cet automne, lança l'écrivain.

- Je vais devoir casser le béton au burin avant de pouvoir l'autopsier, mais il est clair qu'elle a été abattue, expliqua Lanie à son amie qui avait déjà mis son radar à indices en marche. Au fait! Et cette échographie?

- C'est un beau garçon! Comme son père! Annonça fièrement Castle.

- Ne l'écoute pas, Lanie. Ce qu'il croit avoir vu, c'est seulement le cordon, grogna Beckett.

- Elle est grincheuse parce qu'elle a dû se coucher avec les poules hier soir, expliqua discrètement Castle.

- Elle devrait peut-être lever le pied, si elle est si fatiguée...

- C'est ce que le doc a suggéré, mais elle est plus têtue qu'une mule.

La victime, Jane Herzfeld, étudiante d'une vingtaine d'années, avait été exécutée de deux balles dans la tête. L'enquête leur révéla rapidement qu'elle avait annulé tous ses rendez-vous. Ils suspectèrent d'abord son ex petit ami, mais les résultats de la balistique firent l'effet d'une bombe sur les membres de l'équipe de Beckett. L'arme utilisée pour tuer la jeune femme était celle que le triple tueur avait volée à Ryan lors de leur précédente confrontation...

Bouleversé, Ryan se montra déterminé à retrouver son ennemi et à faire payer le meurtre de Jane. Castle voulut réconforter son ami mais se fit sèchement rabrouer.
Bien que Kate ait tenté de le rassurer en lui expliquant qu'il s'agissait de "trucs de flics" il se sentit mis à l'écart et se confia à sa mère. Lui aussi voulait attraper Tyson, lui aussi se sentait plus que concerné par cette affaire.

- Ce n'est pas à toi d'attraper un tueur en série, lui répondit Martha.

- Parce que je ne suis pas flic... J'aime faire semblant que je suis le partenaire de Beckett et que je suis l'un d'entre eux, mais des jours comme aujourd'hui, je me rends compte ... que je ne fais que jouer la comédie.

Martha secoua la tête.

- Cette comédie a contribué une fois à sauver la ville de New York, si mes souvenirs sont bons!

Castle hocha la tête. Pour lui, ce n'était pas suffisant.

- Sois présent pour tes amis. Reste à leurs côtés. Travaille avec eux. C'est déjà suffisant. Fais-moi confiance. Et puis, tu es bien plus que le partenaire de Beckett... Tu es son mari et le père de son enfant. C'est tout ce qui importe pour elle.

Elle leva son verre de vin comme pour porter un toast.

- D'ailleurs, où est-elle? Elle n'est pas sensée se reposer?

- Encore une de ses réunions entre copines. Je crois que je devrais en toucher deux mots à Lanie.

- Elle a le cœur à s'amuser malgré cette enquête? S'étonna Martha.

- Tu as raison... C'est bizarre... Répondit-il en fronçant les sourcils.

- Elles n'ont peut être pas eu le temps de décommander leurs amies...

- Sans doute...

Il lui donna un sourire forcé et souleva son verre pour prendre une gorgée, encore perdu dans ses pensées.
Kate arriva peu après.

- Ta réunion entre copines s'est bien passée? Demanda Castle alors qu'elle enlevait ses chaussures.

- Euh... Oui...

- J'imagine que cette histoire avec l'arme de Ryan a dû plomber l'ambiance...

- Un peu... Oui... D'ailleurs, je suis fatiguée, je vais me doucher et me mettre au lit.

Elle l'embrassa rapidement sur les lèvres et quitta la pièce. Il la regarda d'un air suspicieux.

La suite de l'enquête mit l'équipe sur la piste de Clifford Lee, un puissant mafieux chinois. La victime avait été contrainte par un policier des stups à l'espionner malgré le danger que cela représentait pour elle. Castle décida de suivre les conseils de sa mère et étudia les archives de la prison où Tyson avait été incarcéré, afin de trouver une personne avec qui il aurait pu faire semblant de tisser des liens.

Alors que Beckett et les gars suivaient les indices à la recherche du mystérieux amant de la victime jusque tard dans la soirée, en vain, Castle, aidé par Martha et Alexis, trouva l'identité de l'assassin.

- Je sais qui est le tueur! Annonça-t-il en rejoignant Kate et les gars le lendemain matin.

- On vient d'avoir une mauvaise nouvelle, alors pas d'hypothèses, Castle. Donne-nous un nom! Bougonna Beckett.

- Eh bien, je dois commencer par le commencement...

- Le nom de ce type! Le coupa-t-elle.

- Wah... Toi, tu n'as pas eu ton goûter!

- Castle!

- Ok. Jin Hai Li Chang.

- D'accord, l'histoire complète, soupira Beckett.

- Merci. J'ai compris tard dans la nuit...

- Tard dans la nuit? S'étonna Ryan. Tu n'as pas une femme enceinte à la maison, dont tu devrais prendre soin au lieu de fouiner dans des dossiers de prisonniers?

- Encore faudrait-il que ma petite femme ne se sente pas obligée de porter toute la misère du monde sur ses épaules et ne décide de passer la nuit au poste pour aider son équipier irlandais dans la tourmente.

- Beckett, t'as pas fait ça? Demanda Ryan.

- Ça n'a servi à rien de toute façon, soupira Beckett.

- J'ai donc compris tard dans la nuit que le triple tueur ne donnerait jamais l'arme d'un policier à un ami. Une telle arme serait pour lui un cadeau empoisonné, mais il donnerait à un ennemi.

- Donc ...?

-Donc... J'ai étudié tous les incidents répertoriés impliquant Jerry Tyson pendant ses quatre années à Sing Sing et un rapport en particulier est sorti du lot. Tyson s'est battu avec un type dans la cour et a fini à l'infirmerie avec une fracture de la mâchoire. Ce type se nomme...?  Jin Hai Li Chang. Annonça l'écrivain en sortant une photo de son carton. Ça vous rappelle qui?

- C'est Phillip, le fils aîné de Clifford Lee, répondit Ryan étonné.

- Apparemment, Papa Clifford a changé les noms de la famille au grand complet en arrivant aux États Unis, mais il ne l'a pas fait de manière officielle, c'est pour ça que j'ai mis du temps à faire le lien. Quand Phillip a été arrêté en 2008, ils l'ont emprisonné  sous son nom chinois.

- Mais ... Phillip et Tyson étaient des ennemis. Pourquoi Phillip aurait accepté le pistolet? Demanda Ryan.

- Ils ont fini par faire copain-copain,  répondit l'écrivain.

- Ça arrive parfois, accorda Beckett.

- Pas avec Jerry Tyson. Ce gars-là n'a pas d'amis. C'est un psychopathe. Il a mis un plan au point afin de lui nuire, expliqua Castle.

- Tyson a refilé à Phillip mon flingue en espérant qu'il allait s'en servir?

Castle hocha la tête.

-Et quand Phillip a découvert que Jane était une taupe, c'est ce qu'il a fait, continua Beckett.

- En réalité, son mobile a peut-être été un peu plus personnel que ça, annonça Esposito en arrivant. J'ai du nouveau sur l'inhalateur que nous avons trouvé dans le sac de Jane. C'est inhalateur a été délivré à un Ling Chang Mi, mieux connu sous le nom de Ben Lee.

- Jane quittait la ville avec Ben? S'étonna Beckett.

-  Alors bien qu'au départ tout les oppose, la  prof et son élève tombent amoureux, comme Roméo et Juliette, dit Castle.

- Eh bien, Jane craquait pour les mauvais garçons, apparemment, fit Beckett songeuse.

- Oui, mais quand vous êtes dans un gang, c'est pour la vie, on ne peut pas en partir,  rappela Ryan.

- Donc, comme dans Roméo et Juliette, quelqu'un est mort, dit Esposito. Phillip a découvert qu'ils avaient prévu de partir pour Phoenix, alors il a tué Jane pour garder  son petit frère à la maison.

- Oui, c'est une bonne théorie, les gars, mais il nous manque quelque chose : des preuves, un témoin oculaire?  Un petit truc pour rendre ce dossier solide, répliqua Beckett en digne fille d'avocate.

Ryan décida de s'en charger, il interrogea une nouvelle fois à l'ex petit ami de Jane, qui accepta de témoigner contre Philipp. Malheureusement, tout cela était trop mince et l'avocat de Philipp Lee les contra facilement, ce qui énerva le capitaine.

Les gars décidèrent de tenter leur chance en allant voir Ben Lee. Ce que Beckett leur reprocha dès qu'ils le lui en parlèrent. Cependant leur plan réussit et Ben les rejoignit au poste.
Ils mirent au point un stratagème afin d'obtenir les aveux de Philipp. Leur plan fonctionna, Philipp fut arrêté et Ben fut officiellement tué au cours de l'assaut, ce qui lui garantissait une nouvelle vie loin de sa famille.

Kate retrouva Castle assis seul sur les marches.

- Bon, Lee veut de 15 à 25 ans avec libération sur parole dans 10 ans, en échange de la nouvelle identité de Tyson. Je dois aller négocier avec le procureur. C'est peut-être notre chance d'arrêter le triple tueur, Castle.

- Non, c'est une arnaque, répondit l'écrivain. Jerry Tyson a donné cette arme à Phillip Lee en sachant qu'il allait s'en servir et il savait également qu'on finirait par arrêter Philipp.

- Peut-être bien et après?

- Donc rien de ce que Tyson a dit Phillip ne peut être vrai. Offrir à Phillip un accord pour une mauvaise information ... c'est encore une victoire pour Jerry Tyson.

- Tu es sûr?

- Sûr et certain. Jane Herzfeld mérite justice. La perpétuité pour Phillip Lee. Aucun accord.

Il se leva et se retourna vers elle.

- Nous coincerons le triple tueur, promit-il. Et on fera ça bien.

Elle lui sourit.

- Incroyable, Castle. Ça y est, tu penses comme un vrai flic.

- Mhm! Merci dit-il en lui rendant son sourire. Et maintenant, laisse-moi penser comme un mari attentif, il est l'heure de rentrer vous reposer, madame Castle.

- Mais, qui va ranger tous les documents de l'enquête? Et la petite fête?

- Il me semble que je me suis montré patient jusque là, mais tu vas me faire le plaisir de rentrer à la maison et de te reposer, parce que sinon, je vais me fâcher! Regarde-toi tu tiens à peine debout!

Les yeux de Kate s'humidifièrent, une nouvelle crise de larmes se préparait, fichues hormones.

- Hé! Ne le prends pas comme ça! Je ne voulais pas te faire de la peine, paniqua l'écrivain tandis qu'elle commençait à renifler dangereusement.

- C'est pas ça! Je... Je ne voulais pas que tu t'inquiètes... Et finalement... Tu t'inquiètes quand même...

- Qu'est ce que tu as? Paniqua-t-il de plus belle. Tu es malade? C'est le bébé?

- Non! Non! Tout va bien, le bébé est en pleine forme! S'empressa-t-elle de le rassurer.

- Alors quoi?

- Je... J'ai des insomnies ces derniers temps... Avoua-t-elle évasive. C'est pour ça que je suis fatiguée.

- Quoi? Ça fait longtemps? Il faut en parler à un médecin!

- Lanie m'a conseillé de l'homéopathie et quelques tisanes.

- Et ça marche?

- Plus ou moins... Ça dépend des jours... Mais je t'assure que ça va!

- D'accord... Je te fais confiance... Alors, on rentre? On n'a qu'à dire aux gars de passer au loft pour la petite fête de fin d'enquête...

- D'accord... Rentrons...

- Oh, et... Quand tu as des insomnies... N'hésite pas à me réveiller, je me chargerai de t'aider à passer le temps... Agréablement...

- Mhmm! C'est une proposition tentante...

- N'hésite pas à en profiter, il n'y a pas de date de péremption!

Elle se cala contre lui et ensemble, ils quittèrent le poste.


Minefuji  (10.06.2014 à 18:00)

Chapitre quatre-vingt-quinze


Rick écrivait sur son ordinateur portable. Il était plutôt content de lui, il avait bien avancé dans la rédaction de son futur roman.

- Babe, lança Kate en arrivant.

Il est leva un doigt mais ne la regarda pas.

- Une seconde. Je suis sur le point de faire tomber un gars du pont de Brooklyn.

Elle fit le tour de son bureau pour lire son histoire.

- Oh, je suis sûr que ... Carter Damien aurait aimé un sursis.

- Trop tard. Il vient de faire un plat, annonça-t-il. Maintenant ... Comment puis-je t'aider? Au fait, comment va Jim?

-... Il ... va bien... J'ai reçu un appel d'Esposito. Il y a eu un meurtre au musée d'art moderne, tu veux venir ou tu préfères rester ici pour écrire?

- Plutôt me jeter du pont de Brooklyn que de te laisser seule sur une enquête dans ton état.

- Qu'est ce qu'il a mon état? Je suis enceinte, pas malade.

- Enceinte de près de huit mois, il serait peu être temps que tu songes à arrêter le travail, tu ne vois même plus tes pieds!

- Les indices ne sont pas sur mes pieds et la plupart du temps je suis assise à mon bureau, alors...

- J'ai compris... Allons-y!

                                        ~~~~~~~~~~~~~~~

Une vingtaine de minutes plus tard, Castle se tenait  devant une œuvre d'art, composée d'un tas de téléviseurs, certains étaient des miroirs, d'autres étaient des photos, certains étaient reliés à un appareil qui jouait une vidéo du spectateur, et d'autres, enfin, étaient seulement des cadres vides. Il ne savait pas vraiment quoi en penser. Kate se dirigea vers lui.

- Prêt pour le  gros plan, Castle?

- Non, j'essaye seulement d'en comprendre le sens caché. S'agit-il du progrès de la technologie, de notre propension au narcissisme, ou encore un lot de téléviseurs en trop?

- Eh bien, il faut p’t'être pas trop cogiter. Parfois, c'est juste ... De l'art...

- Eh bien, détective Castle, quel ..... Sens de la distance! Laisse-moi deviner. Histoire de l'art à l'université?

Elle sourit.

-  Non, ce qui se rapprochait le plus d'un cours sur l'art dans mon cursus, ça a été mes séances de pose comme modèle.

Elle se tourna vers la scène du crime, il la suivit.

- Attends ... Tu as posé ...?

- Nue comme un ver!

- Bon sang, certains artistes sont des veinards!

- Allez viens, rit-elle. Le corps est par là.

Lorsqu'ils arrivèrent, la victime, M. Hayes, était encore empalée sur une œuvre en hommage à la statue de la Liberté. Ce dernier avait été tué entre 22h et 22h20, soit au moment de l'autre crime de la soirée: le vol d'une sculpture représentant la « main du capitalisme ».
Alors qu'ils échafaudaient une première théorie avec les premières constatations qu'ils avaient faites, l'enquêtrice de la compagnie d'assurances du musée, Serena Kaye, vint les éblouir, enfin surtout Castle, avec sa propre théorie sur le mode opératoire du voleur. Elle leur proposa son aide en tant que consultante, étant donné leur objectif commun, mais Kate déclina poliment la proposition.
Poussée par son écrivain de mari, elle demanda quand même à Ryan de vérifier la théorie de Serena.

De retour à la douzième.

- Donc, pour des raisons inconnues, Hayes pensait que quelqu'un pourrait voler la main du capitalisme. Nous ne savons pas pourquoi, mais il va vérifier et finit par le payer de sa vie, résuma Castle en regardant des photos de la scène du crime.

- Ouais, sauf qu'il s'avère que ce n'est pas ce que la vidéo de sécurité montre, dit Beckett en raccrochant le téléphone.

- Qu'est ce qu'elle montre?

- La main intacte, bien sagement à sa place. Le voleur a utilisé le signal de la caméra et l'a truquée avec une boucle préenregistrée. Il n'y a pas de vidéo, mais la scientifique a trouvé ce qu'ils pensent être le gel pour cheveux, annonça Beckett.

- Du gel pour cheveux? Où ont-ils trouvé cela?

- Dans le conduit d'aération.

-  Dans le conduit d'aération! Exactement ce que Serena ...

- C'est un coup de chance.

- C'est pareil pour la théorie de la zone de chargement, dit Ryan en arrivant.

-  Que veux-tu dire?

-  Deux des traiteurs se rappellent avoir vu une fourgonnette Astro bleue garée là, la même couleur que les camionnettes de restauration, mais sans le logo de l'entreprise.

- Et si...

- A-t-on une description de la personne dans la camionnette? S'enquit Beckett.

-  Non, mais j'ai lancé un avis de recherche.

Ils furent interrompus par le capitaine Gates  ouvrant sa porte.

- Beckett!

Elle retourna dans son bureau, en fermant la porte.

- Oh, génial, qu'est ce qui va nous tomber dessus?

- La ferme! Marmonna Beckett.

Elle prit une inspiration comme un condamné qui monte à l'échafaud et se dirigea vers le bureau de Gates. Elle y retrouva Serena Kaye.

- Détective, je crois que vous avez rencontré Serena Kaye, commença Gates.

- Comment ça va? Sourit la blonde.

- Qu'est-ce que vous faites ... Là?

Gates se déplaça pour fermer la porte.

- Mademoiselle Kaye m'a soumis une proposition des plus alléchantes, énonça la capitaine.

- Oui, je suis au courant de sa proposition, marmonna Beckett.

- Et je la trouve intéressante contrairement à vous.

- Capitaine Gates, je... Commença Beckett.

- L'expertise de mademoiselle Kaye ne serait pas de trop dans cette affaire.

-  Chef, je préfère travailler avec mon équipe, contra instantanément Beckett.

- Une équipe qui comprend le touche à tout qui n'a aucune expertise hors mis faire des traits d'esprit? Serena nous sera précieuse, ce n'est pas le cas de tout le monde! Attaqua la capitaine.

- Je suis impatiente de travailler avec vous, sourit Serena en lui tendant la main.

Kate regarda sa main tendue et plissa les yeux avant d'afficher un sourire forcé de lui serrer la main.
Bien que totalement agaçante, du point de vue de la détective, Serena se montra fort utile, notamment en reconnaissant la patte d'un voleur professionnel, mondialement connu sous le nom de Falco, dans le système utilisé pour brouiller le système de sécurité du musée.
Elle se proposa d'aller à la pêche aux infos pour eux dans le milieu des cambrioleurs, mais refusa que Beckett la suive, étant donné que les personnes qu'elle allait rencontrer ne parleraient jamais en présence d'un flic.

- Où vas-tu? Demanda Kate en voyant Castle se lever pour suivre Serena.

- Euh ... Je ne suis pas un flic donc ...

- Tu n'es pas flic quand ça t'arrange, grogna Beckett!

- C'est pour ça qu'on se complète si bien, sourit-il.

- Très bien, fais ce que tu veux, soupira-t-elle.

- Elle est avec nous? Interrogea Esposito surpris de ce à quoi il venait d'assister.

- Appelons Interpol, dit Beckett pour changer de sujet. Je veux savoir tout ce que nous pouvons sur Falco.


Castle et Serena se rendirent dans un bar malfamé, mais aux dires de la blonde, bien informé. Ils y rencontrèrent un homme à qui ils demandèrent si quelqu'un essayait de revendre des diamants purs  depuis la veille au soir et obtinrent un signalement.
Serena en profita également pour faire un peu de charme à l'écrivain, qui, flatté,  ne révéla rien de la réalité de son mariage avec Beckett. Après tout, il ne faisait rien de mal.

Pendant ce temps, Beckett et les gars continuaient leur enquête. Esposito avait reçu les renseignements sur Falco. Apparemment, tuer n'était pas dans ses habitudes, d'ailleurs il ne volait pas pour lui même, la plupart du temps.
Kate choisit donc de chercher la personne qui aurait pu commanditer le vol de la main.
Joy McHugh, la propriétaire de l'œuvre s'empressa d'en accuser son mari, avec qui elle était en plein divorce.
Le mari s'en défendit en disant qu'il faisait semblant de tenir à l'œuvre qu'il trouvait en réalité affreuse, en espérant que pour la garder son ex-femme lui laisserait le vignoble.
Ils retrouvèrent ensuite Castle et Serena, qui pensaient savoir avec qui Falco travaillait.

- Eh bien, avec qui travaillait-il? Demanda Beckett agacée.

- Le directeur du musée. Brian Hayes, annonça l'écrivain.

- Notre victime?

-  Un homme correspondant à la description de Hayes a rencontré le contact de Serena il y a quelques jours posant des questions sur les diamants.

-  Donc Hayes était sur le vol? Il doit avoir embauché Falco pour voler la main, en déduisit Ryan.

- Oui, seulement Falco a décidé de la garder, continua Castle.

- Donc, il a assassiné Hayes, finit Serena.

- Si Hayes était le commanditaire, il pourrait nous conduire à Falco, dit Beckett. Ryan, jetons un coup d'œil à ses finances.

- Comme d'habitude.

- Ouais, affirma Beckett.

- Ouais fit Ryan en s'éloignant.

- Je vais travailler sur certaines de mes autres sources, voir si nous pouvons obtenir une info sur lui, annonça Serena.

-  Ooh! Une autre balade dans endroit malfamé de Manhattan? S'excita Castle. Laissez-moi vous accompagner.

À ses mots, Beckett se raidit.

- Désolée. Pas besoin d'aide sur celui-ci. Je vais passer des coups de téléphone, des trucs ennuyeux. Mais je vous contacterai plus tard?

Beckett se retourna et s'en alla incrédule en roulant des yeux.

- Appelez-moi à tout moment, répondit-il en la regardant partir.

Il se tourna ensuite vers Beckett qui avait disparu.

                                      ********************

Le lendemain matin, Rick prenait son petit déjeuner avec sa mère et lui racontait ses aventures comme un gamin surexcité.

-  Vraiment? Une enquêtrice d'assurance, s'étonna Martha.

-  Une enquêtrice d'assurance sexy. Je pense qu'elle ferait un grand personnage pour mon prochain livre, précisa-t-il.

- Mon chéri, tu te souviens que tu es marié?

- Quoi? Je ne vais pas la draguer! Je la trouve juste... impressionnante...

-  Comment est-elle?

                                        @@@@@@@@@@@

Pendant ce temps, Beckett tournait en rond dans le cabinet du docteur Burke en pestant.

- Elle est têtue, bornée, arrogante et en plus elle croit tout savoir.

- Mais son travail, elle le fait bien? Demanda le docteur.

- Eh bien, Castle en est persuadé, bredouilla-t-elle.

- Et ça vous embête?

- Oui, bien sûr cela me dérange!

- Pourquoi?

- Parce que Castle est mon mari! Il est censé être...

Elle se calma et s'assit sur le bras du fauteuil, atterrée la puérilité de sa réaction.

- Il est censé être quoi?

-  Mon partenaire!  Je veux dire, il est censé être dans mon équipe. Il n'est pas censé être se laisser émoustiller par le premier jupon venu...

                                   @@@@@@@@@@@@

-  Émoustillé? Comme tu y vas! Intrigué serait plus juste.

- Et Katherine, qu'en dit-elle?

-  Kate? Bah elle n'en dit rien, pourquoi trouverait-elle quelque chose à y redire?

- Tu en es sûr?

- Eh bien oui! Bien sûr que j'en suis sûr!

- Alors pourquoi elle n'est pas ici à prendre son petit déjeuner avec toi?

- Parce qu'elle me cache quelque chose, marmonna-t-il.

- Comment ça?

- Elle voit quelqu'un...

- Qu'est ce qui te laisse penser une idiotie pareille?

- Elle m'a dit avoir vu Jim l'autre jour...

- Et alors, c'est normal, non?

- Sauf que Jim m'a appelé entre temps pour avoir de ses nouvelles! Elle n'est pas allée le voir! C'est comme ces soirées entre filles! Lanie a passé la soirée avec Esposito la dernière fois qu'elle était sensée être avec Kate!

- Et tu en as parlé à Katherine? Il y a peut être une explication toute simple...

- Toute simple? C'est comme ça que Meredith tentait de me cacher sa liaison!

- Une liaison!? Non, mais tu connais Katherine? Elle n'a rien à voir avec Meredith! Et puis elle est enceinte jusqu'aux yeux! Elle a du mal à enfiler ses chaussures toute seule! Non, crois-moi, avoir une liaison c'est bien la dernière chose qu'elle doit avoir en tête!

- Alors pourquoi me ment-elle sur ses mystérieux rendez-vous? Elle devrait m'en parler! Ce n’est pas à moi de lui demander ce qu’il se passe ! C'est à elle de venir m'en parler!

- Alors tu as choisi de la punir?

- Non! Je ne la punis pas! ... Je la punis?

- Pourquoi tu ne lui en parles pas franchement?

- C'est ... compliqué.


                            @@@@@@@@@@@

- Qu'est ce qui est compliqué?

- Vous savez très bien pourquoi! Rétorqua Kate excédée.

- Vous ne m'en avez pas assez dit pour que je le sache.

Elle baissa la tête réfléchissant à ce qu'elle pouvait dire.

- De quoi avez-vous peur exactement? Insista le docteur Burke.

- Il n'a accepté de laisser tomber l'affaire de ma fusillade que parce que je lui ai menti en lui disant que j'allais bien... Cette enquête... Tous ceux qui y ont touchée sont morts... J'ai peur qu'il s'emporte et qu'il se jette à corps perdu à la recherche du tireur!

- Pourquoi ferait-il cela?

- Parce que c'est ce que j'ai fait... Et qu'au moment où j'ai voulu m'en éloigner il était trop tard... J'ai eu de la chance, je devrais être morte... Je ne supporterais pas de le perdre.

                                        ********************

Rick rejoignit Kate à la douzième un peu plus tard.

- Bonjour.

- Salut, répondit-elle hésitante. Je pensais que tu étais avec Serena.

- Non, elle a eu une réunion avec ses patrons ce matin.

-  Oh, tu l'as déjà vue ce matin?

- Pas du tout, elle m'a envoyé un SMS. C'est toi que j'aurais aimé voir ce matin!

-  Ah bon? J'aurais cru que tu serais flatté parce qu'il est assez évident qu'elle est tombée sous ton charme, alors ... Et puis c'est un personnage intéressant...

- Ah oui?

- Mmhmm.

- C'est vrai que je la verrais bien dans un de mes romans...

Ils furent interrompus par Esposito qui leur annonça que la camionnette avait été retrouvée et qu'il y avait des traces de gel à l'intérieur. Ryan arriva à son tour pour leur dire que Hayes avait été ruiné par la maladie de sa mère, ce qui pourrait expliquer son implication dans le vol. Bien que Falco sache couvrir ses traces, ils parvinrent à connaître le restaurant où Hayes et Falco étaient entrés en contact. Une fois là-bas, ils interrogèrent une serveuse, qui se souvenait de la victime et de la personne qui l'accompagnait.

- Vous pouvez nous donner le signalement de son invitée?

- Euh, elle était plutôt grande, blonde, très séduisante.

Beckett et Castle échangèrent un regard.

- Quoi? C'est avec une femme qu'il était?

- Euh... Oui... La trentaine, mais encore sexy.

Castle sortit son téléphone.

- Euh... Attendez une minute. Est ce que ce serait cette femme?

Il retourna son téléphone pour le montrer à la serveuse.

- Oui, c'est elle.

Il retourna son téléphone afin que Beckett puisse voir une photo de lui et Serena.

-  C'est Serena.

Son air était pincé, moins à l'idée que leur consultante soit leur suspect que par le fait que Castle ait des photos de lui avec une autre femme.

- Elle est notre voleur, ajouta-t-elle en s'éloignant de lui.

- Kate! Ce n’est pas ce que tu crois!

- Tu as sa photo! Grogna la détective sans s'arrêter.

- Mais...

- Laisse tomber... On reparlera de ça plus tard. J'ai une voleuse à arrêter! Claqua-t-elle avant de marmonner qu'elle lui arracherait les yeux d'abord.

Ils retournèrent au poste et expliquèrent la situation aux gars.

- Hey, je viens d'avoir l'agence d'assurance. Devinez ce que Serena a fait avant de  travailler pour eux! Dit Ryan.

- Assistante maternelle? Proposa l'écrivain.

L'irlandais secoua la tête.

- voleuse d'œuvres d'art, répliqua Esposito.

- Une voleuse présumée d'œuvre d'art, rectifia Ryan.

- Peu importe.

- Soupçonné de plusieurs  vols entre  2001 et 2006 aux musées du Prado, de Florence, de Houston, mais les preuves ont toujours fait défaut.

- Et elle travaille pour une assurance? S'étonna Beckett.

- Il y a environ cinq ans, elle a décidé de mettre son expérience à leur service.  Même leur a même donné des conseils en sécurité.

-  Laisse-moi deviner. Et elle a du leur dire « faisons équipe », continua Beckett.

-  Eh bien, au moins, elle est constante, fit remarquer l'écrivain.

- Et nostalgique. Elle a repris ses vieilles habitudes, constata Beckett.

- Seulement maintenant, elle a ajouté le meurtre, dit Ryan.

- Elle a su comment le voleur s'y été pris, puisque c'était elle, la voleuse!

- Et après, elle nous a orientés vers le mythique Falco, termina Esposito.

- Elle m'a bien eu, marmonna l'écrivain.

- C'est pas grave, Castle. Tu n'es pas le seul, dit Beckett tandis que Gates apparaissait à la porte de son bureau.

- Elle est dans le coup? Demanda le capitaine.

- Euh ... On n'en est pas sûrs à 100%, chef, mais les preuves le suggèrent...

- Je la veux sous les verrous dans les vingt-quatre heures, détective, ordonna Gates.

- Nous n'avons pas de preuves...

- Débrouillez-vous, il n'est pas question que le service des homicides soit humilié sous ma direction!

- Oui, chef.

Gates leur lança un dernier regard avant de retourner dans son bureau en claquant la porte.

-Alors, où est-elle maintenant? Demanda Kate.

- À son hôtel, annonça Rick.

Elle s'arrêta et se tourna vers lui, en le fusillant du regard. Il déglutit difficilement mais fut heureux de constater que tout ça ne la laissait pas indifférente.

- Elle m'a invité à boire un verre, expliqua-t-il.

-  Alors elle ne cherche pas à quitter la ville? S'étonna Esposito, tandis que Rick se désignait d'un air qui voulait dire qu'aucune femme ne renoncerait à un rendez-vous avec lui.

- Eh bien on a un tout petit temps d'avance sur elle, reprit Beckett en faisant mine de n’avoir rien vu. On va le mettre à profit, elle ne sait pas qu'on est après elle. On va donc lui tendre un piège.

- Un piège de quel genre? Demanda Ryan.

- Simple, expliqua-t-elle. Castle l'invite à dîner.


Minefuji  (11.06.2014 à 17:43)

Chapitre quatre-vingt-seize

- Eh bien on a un tout petit temps d'avance sur elle, reprit Beckett. On va le mettre à profit, elle ne sait pas qu'on est après elle. On va donc lui tendre un piège.

- Un piège de quel genre? Demanda Ryan.

- Simple, expliqua-t-elle. Castle l'invite à dîner.

- Quoi?

- C'est ce que tu voulais, non? Tout ce que tu as à faire, c'est la tenir éloignée de sa chambre. Tu l'emmènes dîner au restaurant de l'hôtel. C'est tout. Tu lui fais passer un bon moment. Et pendant que tu l'occupes, on entre dans sa chambre.

- Et qu'est ce que je dois faire? J'essaie de la prendre en défaut? La faire avouer?

- Non, fais diversion. Sors des blagues, des banalités, bavasse comme s'habitue... La chose essentielle, c'est qu'elle ne rentre pas dans sa chambre pendant qu'on la fouille.

- …

- Alors, c'est dans tes cordes, Castle? Prêt à la charmer pendant une heure?

Il rit, mais son sourire s'effaça bien vite.

Le plan de Kate fonctionna à merveille, Rick garda Serena loin de sa chambre. Kate fouilla la chambre méthodiquement, elle ne voulait pas la rater. Il fut surpris quand Serena lui avoua être une voleuse, ils passèrent d’ailleurs la plus grande partie du dîner à parler de sa carrière de voleuse.
Mais cela se corsa lorsque Serena suggéra de prendre le dessert, auquel Rick semblait particulièrement tenir, dans sa chambre. Il envoya donc un SMS qui disait "sortez" à Beckett et suivit Serena.

Au même moment, Kate lisait les e-mails de sur la tablette de la blonde. Quelque chose attira son attention et elle se retourna vers Esposito, laissant son téléphone sur le bureau. Elle ne vit pas l'avertissement  de Castle.

- Je crois que j'ai trouvé quelque chose, annonça-t-elle. C'est un message entre Serena et tout un tas de recéleurs. Devine qui essaie de revendre des diamants purs?

Esposito fouillait sa valise. Il découvrit un double fond contenant du matériel.

- Je crois que j'ai trouvé quelque chose, aussi, dit-il en sortant un appareil de la valise. Ses outils de travail... Dont un interrupteur à signal inductif.

Beckett eut un petit sourire et une lueur étrange s’alluma dans son regard.
Serena guidait  Castle vers sa chambre. Il reçut un SMS de Beckett qu'il lut discrètement. " On sort, retiens-la."

- C'est ici, annonça Serena.


Comme ils se rapprochaient, Rick aperçut la porte qui commençait à s'ouvrir. Il fallait agir vite. Il attrapa Serena par le bras et la plaqua contre le mur pour l'embrasser après avoir jeté un dernier coup d'œil à la porte. Beckett sortit et se figea.

- Hey! Cria la détective. Ôtez-vos lèvres de celles de mon mari!

- Qu'est-ce? Votre mari?! S'étonna la blonde en se tournant vers Rick qui affichait un sourire gêné.

- Que faites-vous ici? Demanda Serena.

Beckett était livide. Castle qui se tenait derrière Serena, essuya le rouge à lèvres de sa bouche.

- Je vous arrête pour vol! ... Et pour meurtre!

De retour au poste, Castle et Beckett se disputaient encore alors qu'ils arrivaient près de la salle d'interrogatoire où Serena se trouvait.

- Attends! Alors maintenant, tu penses que cette femme est parfaitement innocente? Gronda Kate.

-  Dans le cas contraire, pourquoi avouer son passé de voleuse?

- Pour que la pilule passe un petit peu mieux! Elle t'a livré juste une once de vérité, c'est tout!

- Je crois qu'elle n'y est pour rien!

- Tu penses avec autre chose que ta tête.

- C'était seulement un baiser! Un baiser de diversion! Ce n'est rien! Et puis, je ne faisais que ce tu m'avais demandé: la tenir occupée, afin que tu puisses tranquillement fouiller sa chambre.

- Oui! Justement! J'en ai eu un aperçu de tes baisers de diversion! C'est loin d'être rien! Et qu'est ce qu'on a trouvé dans sa chambre? Le matériel qui lui a permis de voler la main et des e-mails à un tas de recéleurs!

-  Je crois qu'on devrait lui laisser une chance d'expliquer.

- Comment ça on? Je ferais mieux de l'interroger sans toi! Asséna-t-elle avant de se diriger vers la porte.

- Oh! Je t'en prie...protesta-t-il.

- Je suis désolée, Castle. Mais compte tenu de tes propos et de ton comportement à l'hôtel, il est évident que tu t'es sérieusement compromis! Cria-t-elle en ouvrant la porte avec rage.

- Euh... Beckett... Intervint Ryan, qui venait d’arriver.

- Quoi?! Aboya-t-elle.

- Je vais interroger Serena. Gates voudrais que tu ailles te calmer en salle de repos...

- Quoi?! Mais pourquoi?!

- Elle ne voudrait pas que tu accouches devant la suspecte... Ou que tu lui arraches les yeux...

Beckett leva les yeux au ciel et s'éloigna furieuse. Rick se précipita derrière elle.

- Kate! Attends!

- Pas la peine de me suivre, Castle! Tu n'as qu'à rester ici pour soutenir ta petite copine!

- Mais arrête! Tu sais bien que c'est faux! Je voulais juste faire...

Elle entra dans la salle de repos et en claqua la porte au nez de Castle avant qu'il ait pu terminer sa phrase.

- ...  ce que tu avais demandé, enragea-t-il.

Il prit une seconde pour contenir sa frustration, puis, tournant le dos à la porte et il mine de l'étrangler. Il inspira légèrement et entra à son tour dans la pièce en tentant de contenir la rage qui le consumait.

- Ok. Tu es fâchée, c'est normal, je comprends.

- Pffff...

Elle haussa les épaules et se détourna.

- Je suis désolé si je t'ai fait de la peine, mais... Je crois qu'il faut qu'on parle, parce que moi aussi je suis fou de colère contre toi.

Elle se tourna vers lui, étonnée.

- C'est puéril, je sais... continua-t-il, mais je crois qu'en agissant de la sorte, je cherchais inconsciemment à te punir.

- À me punir?!

- Je sais que tu me caches quelque chose! Je sais que tu n'as pas vu ton père l'autre jour!

- ...

- Alors? Qu'est ce qu'il se passe? Demanda-t-il en sentant sa rage monter de nouveau en lui. Tu vois un autre homme?

- C'est pas ce que tu crois... Souffla-t-elle.

- Excuse-moi, mais ça y ressemble, fulmina-t-il en constatant qu'elle voulait encore esquiver la discussion.

- ...

- Je vois, constata-t-il amèrement en se dirigeant vers la porte.

- Attends! Rick!

Il s'arrêta mais ne se retourna pas.

- Il s'agit du docteur Burke... Avoua-t-elle la voix étranglée par l'émotion.

- Le docteur Burke? ... Le psychiatre que tu as vu avant de pouvoir reprendre le travail?

- Oui... Je reprends des séances avec lui depuis la fin de notre première enquête après la fusillade...

- C'est à cause de tes insomnies?

- Oui…

- Mais pourquoi tu ne m'en as pas parlé?

- Parce que tu t'inquiétais... Et...

- Et?

- Et je voulais que tu arrêtes d'enquêter sur la fusillade... J'avais peur que tu te fasses tuer toi aussi... Avoua-t-elle les yeux brillants à cause des larmes qu'elle retenait difficilement.

- Oh... Kate... Soupira-t-il en s'approchant d'elle pour la prendre dans ses bras.

Elle ne se fit pas prier pour s'y blottir.

- Tu aurais dû m'en parler avant! Je suis ton mari, celui vers qui tu es sensée te tourner quand ça ne va pas!

- Tu venais d'accepter de ne plus enquêter sur la fusillade... Je ne voulais pas que tu y replonges...

- Je te promets de ne plus toucher à ce dossier si ça t'effraie tant.

- Merci Castle, souffla-t-elle contre son torse.

- Always.

Ils restèrent blottis l'un contre l'autre un long moment, chacun savourant les bras de l'autre comme on apprécie de rentrer chez soi après de longues vacances.

Lorsqu'ils quittèrent la salle de repos, ils aperçurent Serena Kaye qui quittait la salle d'interrogatoire avec Ryan. Un silence gêné s’installa entre eux, chacun se remémorant la mésaventure de la soirée.

- Oh fait... Comme tu m'as menti pendant des semaines et que j'ai embrassé Serena pour faire diversion... On pourrait dire qu'on est quitte? Proposa Castle.

- Euh... Ouais, accepta Kate après une courte réflexion.

- Génial!

Serena avait un alibi pour le soir du meurtre, elle fut donc relâchée. Loin d'être rancunière, elle les aida à appréhender Falco et à l'interroger. William Holt alias Falco reconnut avoir été présent sur le lieu du crime et avoir aperçu une femme vêtue d'une robe noire qui se dirigeait vers la main du capitalisme.
Ils retournèrent au musée, afin de trouver comment cette femme en noir aurait pu s'enfuir avec la main sans se faire remarquer. Ce qui se révéla impossible. Castle eut alors une de ses illuminations soudaine et donna un grand coup de pied dans l'œuvre d'art aux téléviseurs, faisant ainsi sauter l'un des panneaux. Il avait raison. Le poing du capitalisme était à l'intérieur du caisson.
Le reste de l'enquête révéla que la voleuse et meurtrière n'était autre que Joy MacHugh, la propriétaire de l'œuvre, qui ne voulait surtout pas que son mari la garde à l'issue de leur divorce. Le plus désolant, étant que le mari en question détestait cette œuvre et n'en voulait même pas.


- Le mari a appelé à plusieurs reprises pour supplier qu'on l'appelle à témoigner contre elle, dit Beckett.

- Quand pourrais-je récupérer la main? Demanda Serena. C'est L'agence d'assurance qui le demande.

- Oh, eh bien c'est une preuve, mais une fois que l'affaire résolue, vous pourrez la récupérer, répondit Beckett.

- Je tiens à vous remercier. Je n'aurais pas pu le faire sans vous. Je suis vraiment reconnaissante, sourit Serena.

-  Cela veut-il dire que vous me donnez une part de vos honoraires?

- Je ne suis pas si reconnaissante.

- Eh bien, je euh ... Commença Beckett en apercevant Castle à la machine à espresso.  Je pense que nous en avons fini avec cette affaire…

- Oui, sourit Serena. J’espère que Castle et vous êtes réconciliés… Je ne savais pas que vous étiez mariés…

- Le savoir aurait changé quelque chose ? S’enquit la détective.

- Je ne vole jamais ce qui appartient à quelqu’un d’autre, sourit la blonde. Vous savez ? J’ai été très surprise que Rick m’appelle pour aller dîner…

- Ah oui ? Vous aviez pourtant l’air de bien vous entendre…

- On s’entendait bien… mais il était évident que son cœur était ailleurs. Il vous aime Kate.

- Je sais… Sourit la détective.

Rick arriva avec ses tasses fumantes, Serena leur dit au-revoir et quitta le poste.

- Ça va ? demanda Kate devant son air ennuyé.

- Mis à part que je suis ruiné ? demanda-t-il en sortant un papier de sa poche arrière. Le musée vient de m’envoyer la facture pour l’œuvre que j’ai cassée !

- Whoa!!! Siffla Beckett en jetant un œil au papier.

- Je sais! T’imagine ça ? Je les aide à retrouver la main et voilà comment ils me remercient !

- Je pense que le moins qu’une gentille épouse pourrait faire, c’est de t’offrir un bon  hamburger et une petite séance de massage coquin.

- Mhmm ! Bien tenté, mais tu as vu l’heure qu’il est ? On rentre et au lit ! Le hamburger attendra demain, répondit Castle.

- D’accord… dit-elle avec une moue de petite fille qui n’a pas eu son cadeau. Mais on peut quand même faire la séance de massage coquin ?

- Plutôt deux fois qu’une ! Sourit-il tandis qu’elle se calait contre lui pour prendre le chemin de la sortie.

- Tu sais… dit-elle en tournant la tête vers lui. Tu as raison, je n’aurais pas dû te cacher que je revoyais le docteur Burke… J’aurais dû te faire confiance. Je ne te cacherai plus rien, Castle, promit-elle.

- Merci, répondit-il d’un air  gêné en songeant à Smith.

- Qu’est ce qu’il y a ?

- Rien, éluda-t-il. C’est cette facture… Je pourrais mettre Alexis à l'université avec une telle somme.

- Même si elle fait médecine ! Approuva Kate.

- Heureusement que je suis riche.


Minefuji  (12.06.2014 à 21:08)

Chapitre quatre-vingt-dix-sept

 

- Tu vois, on aurait dû demander à savoir le sexe du bébé! On aurait su qu'elle couleur choisir!

- Et on serait tombés dans les clichés! Du rose pour une fille, du bleu pour un garçon! Les couleurs ne sont pas réservées à un genre, elles sont à tout le monde! Non, c'est bien mieux de ne pas savoir, comme ça, il ou elle aura une très jolie chambre avec toutes les couleurs qu'on veut.

- Tu as sans doute raison, répondit Castle un peu déçu qu'elle ait encore réussi à esquiver sa suggestion d´appeler l'obstétricien qui les suivait pour lui demander le sexe du bébé.

- Allons, Castle, tu sauras très bientôt si c'est une fille ou un  garçon, sourit-elle en venant se caler contre son dos comme elle pouvait.

- Mais c'est trop long! Gémit Rick.

- Tu devrais te réjouir que le bébé reste bien sagement au chaud! Et puis comme ça tu auras le temps de finir ta fresque! Très jolie vache, dis-donc, tu m'avais caché tes talents de dessinateur.

- C'est parce que c'est un lapin! Bougonna-t-il.

- ... Ah oui... Maintenant que tu le dis... On voit bien la petite queue de lapin... Mais alors... Ça...

- Ce sont ces oreilles! Et ce que tu prends pour sa queue, c'est sa tête... Je ne suis pas Van Gogh, mais quand même...

- Non... Tu serais plutôt Picasso, sourit-elle.

- Non mais, dis donc, femme! Tu vas avoir un peu de respect pour ton mari!

- Du respect... Ce n'est pas vraiment ce que j'avais en tête, répondit-elle coquine en  venant s'installer sur ses genoux.

- J'aime quand tu es irrespectueuse comme ça, sourit-il en se laissant emporter par un baiser torride.

- Papa, Kate! ... Oh! Pardon! S'écria Alexis en se retournant vivement.

- Non, reste Alexis! Il ne se passe rien ici qui soit un attentat à la pudeur! La rappela Kate.

- Ah ça! Étant donnée la taille du bedon d'une certaine personne, on ne peut pas dire que la proximité soit dangereuse! Approuva Rick. Aie!

- Tourne ta langue dans ta bouche avant de parler, la prochaine fois! Alors, Alexis, qu'est ce que tu voulais?

- Ça fait un moment que vous êtes dans la peinture, il est temps d'arrêter pour aujourd'hui. Je sais que vous avez pris de la peinture écologique, mais...

- Tu as raison, on va s'arrêter là pour aujourd'hui, répondit Rick.

- Parfait. Je prépare des plateaux repas. La revanche des Zombies III, ça vous dit?

- Euh... Tu es sûre? Avec les cauchemars de Kate, je ne suis pas certain que ce soit une bonne idée, demanda Castle.

- Ne me prends pas comme excuse, Castle! Ça ira très bien pour moi , à moins que tu aies peur?

- Pas du tout! Va pour La revanche des Zombies III, dit-il avec assurance.

- Alors je prépare ça et je vous attends au salon. Ah, au fait, c'est très réussi ce que vous avez fait de cette pièce!

- C'est vrai, ça te plaît?

- Oui, les couleurs sont extras et puis j'adore la vache! Dit Alexis avant de quitter la pièce alors que Rick regardait son dessin en inclinant la tête.

 

***************

 

Ils s'installèrent peu de temps après devant la télévision du salon, Rick prit place entre Kate et Alexis.

 

- Méfies-toi Kate, avertit Alexis, l'autre soir il s'est servi de moi comme bouclier humain!

- Et tu m'as lâchement abandonné pour aller sur Skype avec Ashley, bougonna Rick.

- Ne t'en fais pas, aujourd'hui, c'est lui qui va attendre sagement que je sois disponible, répondit Alexis.

- Très bonne idée, ce n'est pas parce qu'il vit une nouvelle expérience à Stanford, que toi tu vas attendre bien sagement son appel, sourit Kate. Vis tes propres expériences, ma chérie! C'est à ton âge, que je suis partie pendant un semestre à Kiev, inutile de te dire que mon petit ami de l'époque n'était pas ravi, mais je n'ai jamais regretté d'y être allée, même quand il a décidé de rompre.

- Oh un conseil de Rebel-Beck´s, profites-en bien, elle sait parfaitement vivre ses propres expériences, constata Castle. Et étant donné la femme extraordinaire qu'elle est devenue, elle ne s'est pas trompée. Personnellement, je suis bien content que son imbécile de petit ami ait rompu.

- J'ai compris le message, répliqua Alexis. Je ne vais pas m'arrêter de vivre ma vie, sous prétexte qu'Ashley est loin. Mais efface tout de suite ce sourire satisfait! Je ne vais pas rompre avec Ashley!

- Bon, on se le regarde ce film? Demanda Rick pour changer de sujet et ne pas risquer de se montrer trop enthousiaste.

- Tu es sûr que ça ne va pas trop t'effrayer? Se moqua la rouquine.

- Tu sais que ton père a courageusement enquêté dans une maison hantée, cette semaine, dit Kate. Il n'a presque pas eu la trouille des fantômes.

- Tu es allé dans une maison hantée sans Kate? S'étonna Alexis.

- Elle n'a plus le droit de quitter le poste depuis qu'elle a franchi le cap des huit mois, expliqua Rick, alors j'y suis allé avec Ryan.

- Tu l'as laissé aller là-bas avec le lieutenant Ryan?

- Et bien je me suis dit que Sami veillerait sur scoubidou, sourit Kate. Et on peut dire qu'ils se sont très bien débrouillés tous les deux. À part peut être avec les rats, ils ont frôlé la crise de panique.

- Ça me rappelle qu'il faut que je brûle la veste que je portais! Et tu me dois un massage, j'ai frôlé le tour de reins quand j'ai dû porter Ryan pour qu'il trouve cette pièce secrète qui a servi au tueur pour mettre son crime en salle, annonça Castle en se tournant vers Kate.

- Et pourquoi je te devrais un massage? S'étonna Kate.

- Parce que c'est toi, que j'aurais dû porter! Normalement j'aurais dû être là-bas avec toi.

- Hé! Dis-donc monsieur le profiteur! Si je suis coincée au poste, je te signale que tu en es grandement responsable!

- Touché.

- Et alors? Demanda Alexis, cette maison était vraiment hantée?

- Oui! Répondit Rick.

- Non! Affirma Kate en même temps.

- Tu n'y étais même pas! Contra l'écrivain.

- On a trouvé l'assassin, un être humain bien vivant et on n'a pas eu besoin de positronneur désintégrant pour l'arrêter!

- Tu n'y connais rien Spepticus Maximus, ça n'est même pas ça qu'ils utilisent!

- Ah oui? Et bien...

- Le film commence! Les coupa Alexis, stoppant ainsi leurs chamailleries.

 

Ils passèrent un agréable moment devant le film, Rick et Alexis sursautant régulièrement tandis que Kate grignotait son pop corn, impassible.

Une heure plus tard, elle dormait paisiblement contre le bras du canapé, malgré les cris effrayés de Rick et de sa fille.

 

************************

 

Le lendemain matin, les meubles de la chambre du bébé furent livrés. Après une première fanfaronnade, comme quoi le montage serait un jeu d'enfant et que Kate perdait son temps à lire entièrement et méthodiquement la notice car il aurait terminé avant qu'elle n'ait le temps de tout lire, Rick revint s'asseoir auprès de sa femme et l'aida à trier et compter les différents boulons et vis.

 

- Tu ne vas pas me dire qu'ils avaient besoin d'utiliser deux vis différentes pour ça! Regarde, il y a à peine cinq millimètres de différences, bougonna-t-il. Et dire que ces gars-là sortent de grandes écoles!

- Trompe-toi de cinq millimètres pour construire un avion et il s'écrase, répondit Kate avec sa logique implacable. Il faut de la précision pour être ingénieur.

- Oui, mais là, on parle d'un lit à barreaux, marmonna-t-il. Ce n'est pas de la précision, c'est du sadisme envers les futurs papas.

- Oui, et bien, moi, j'aimerais ne pas retrouver Little Caskett par terre parce que son papa aura eu la flemme de trier quelques vis, alors au boulot Castle!

- Mhm... Oh non! Même les tourillons ont des diamètres différents!

- Ah les enfants, cette chambre est vraiment très jolie, admira Martha en arrivant. Très bon choix de couleurs, le bébé va adorer. Et j'adore la fresque!

- C'est Rick qui l'a faite, dit Kate.

- Trésor, j'ignorais tes talents de dessinateur, tu pourrais m'aider à préparer les décors pour mon cours de théâtre.

- C'est pour ne pas avoir à le faire, que je ne t'en ai jamais parlé, grinça Rick.

- Et pourquoi as-tu choisi de dessiner une vache là?

- Parce que c'est un lapin! Bouda-t-il.

On sonna à la porte, Kate alla ouvrir.

 

- Les gars? S'étonna-t-elle en découvrant Ryan et Esposito.

- On est venu aider à monter les meubles de la chambre, c'est Lanie, qui nous envoie.

- Lanie?

- Elle a dit qu'avec Castle comme papa, ça risquait d'être toi qui allait devoir tout monter car, et je ne fais que la citer, " il est dégourdi comme un manche!". Or, elle voulait être certaine que tu te reposes, alors elle nous a envoyés à la rescousse.

Kate les amena à la chambre du bébé.

- Wah, c'est très joli, admira Esposito. J'aime beaucoup la vache!

- Arrête, tu vois bien que ce n'est pas une vache!

- Merci Ryan! Sourit Castle.

- De rien, mec, on voit bien que c'est un cheval! Répondit l'irlandais.

- Un lit, une table à langer, une armoire et un fauteuil à bascule, on devrait avoir fini dans une heure, annonça Esposito. Au boulot les gars! Beckett, tu peux aller te reposer, on s'occupe de tout!

 

Quatre heures plus tard, Kate vint leur prêter main forte et grâce à son tri méthodique du matériel, dont les gars s'étaient moqués en arrivant, ils terminèrent le montage rapidement. La chambre était prête.


Minefuji  (15.06.2014 à 20:41)

Chapitre quatre-vingt-dix-huit.

- Tu es sûre que ça va aller?

- Je suis enceinte, Castle, pas malade!

- Oui, mais si le bébé arrive?

- Il reste encore un mois! J'ai eu une visite chez l'obstétricien hier, mon col est long est fermé et le bébé est encore haut, alors, oui, je pense que tu peux accompagner ta mère à la banque, je me débrouillerai très bien au poste.

- Tu me promets de m'appeler en cas de besoin?

- Bien sûr! Allez, ta mère a besoin de ton soutien, vas-y! Je serai sage, c'est promis.

- Je te rejoins au poste dès que j'en ai fini avec ce rendez-vous.

- Et tu m'apporteras un chocolat frappuccino?

- Tes désirs sont des ordres.

- Alors à tout à l'heure! Dit-elle en lui piquant un baiser sur les lèvres avant de quitter le loft.

Une demi-heure plus tard, Castle accompagnait Martha à la banque pour que celle-ci obtienne un prêt. L'actrice, qui tenait à se débrouiller seule dans la réalisation de son projet d'école de théâtre, entendait obtenir un prêt en son nom et l'honorer seule.


- C'est scandaleux, monsieur! S'écria Martha. Vous n'êtes rien d'autre qu'un usurier bien habillé.

- Mme Rodgers, je vous assure, c'est un taux d'intérêt très compétitif, affirma Davenport devant le soupir de la rouquine, compte tenu de vos antécédents financiers. Toutefois, si votre fils cosigne...

- Oui, s'empressa de répondre Castle sans hésiter, voulant à tout prix sortir de cette banque pour rejoindre Kate et mettre ainsi fin à l'heure d'ennui qu'il venait de supporter.

Il n'aimait pas savoir Kate seule au poste et même si elle lui avait promis d'y rester bien sagement, il ne pouvait s'empêcher de s'inquiéter pour elle. Et si le bébé arrivait plus tôt que prévu? Oh, bien sûr, l'obstétricien lui avait longuement expliqué que le bébé était apparemment très bien là où il était et qu'il n'avait pas du tout l'intention d'en sortir avant un bon moment, mais il ne pouvait s'empêcher de repenser à la naissance d'Alexis, qui elle avait décidé de pointer le bout de son nez avec trois semaines d'avance.

-  Non, non, non, non. C'est mon prêt, pas le sien, pour payer les réparations de mon école d'art dramatique, pas la sienne, rétorqua Martha butée.

- Laisse-moi cosigner le prêt ... Tenta de la raisonner Rick. Ou je pourrais te donner l'argent.

- Richard, Je suis une femme d'affaires maintenant. Je ne veux pas de ton argent, je ne veux pas de ta signature, dit Martha. Merci beaucoup.

Castle soupira.

- C'est une question de principe, appuya l'actrice en se tournant vers le banquier.

- Non, Mme Rodgers, c'est une question d'intérêts, dit le banquier.

-  Et je viens de perdre le mien, soupira Castle. Excusez-moi.

Il se leva et quitta le bureau, tirant son téléphone de sa poche, il composa un numéro.

Kate, assise à son bureau, sourit en sentant les coups que Little Caskett lui donnaient.

- Je vois que tu aimes autant la paperasse que ton papa, toi. J'ai compris, on va faire une pause.

Son téléphone sonna, elle décrocha et sourit en voyant qui l'appelait.

- Quand on parle du loup... Hey! Comment ça se passe à la banque?

- Dis-moi que tu as besoin de moi.

- J'ai besoin de toi.

- Vraiment? Il y a eu un meurtre? C'était sanglant?

- Non, pas de meurtre.

- C'est le bébé? Il arrive?

- Non, le bébé est encore au chaud pour un moment.

- Alors tu as été appelée par les fédéraux sur une affaire complexe?

- Tu sais bien que je suis obligée de rester ici! Et puis, pourquoi les fédéraux auraient besoin de l'aide d'un petit lieutenant de police, qui avancera bientôt plus vite en roulant sur elle même qu'en marchant?

- Parce que tu es la meilleure et que même enceinte de huit mois, tu restes super sexy.

- Qu'est ce que tu peux en dire, des bêtises!

- Bon, alors, tu as dit que tu avais besoin de moi, quel est ton problème?

- Je croule sous la paperasse! Tu peux venir m'aider, si tu veux.

- La seule chose pire que d'être ici est d'être au poste à faire de la paperasse, marmonna-t-il en s'appuyant sur une table, à regarder s'affairer les clients et les employés de la banque.

- Comment peux-tu être mon partenaire quand je cours après les méchants et me laisser en solo dès qu'il y a de la paperasse? Le taquina-t-elle.

La réplique de Kate l'amusa. Il vit entrer une femme vêtue de curieuse façon. Elle tenait apparemment quelque chose sous son manteau.

- Oh! Oh, fit-il intrigué.

- Qu'est-ce qu'il y a?

Il tourna la tête et vit d'autres personnes en tenues de médecin.

- Je pense que cette banque est sur le point d'être attaquée, annonça-t-il.

-  Vraiment? Tu t'ennuies à ce point là? Sourit Kate. Viens au poste, je trouverai bien un moyen de te distraire entre deux dossiers.

Rick se déplaça lentement à la recherche d'un meilleur point de vue.

- Il y a un homme et une femme, vêtus de tenues médicales, et ils ont des bosses suspectes sous leurs vestes.

Il se tourna vers Martha et Davenport. Un autre homme portant la même tenue que les autres entra.

- Castle, je pense ton imagination débordante te joue des tours.

Le dernier homme à être entré dans la banque se retourna et mit un verrou sur la porte avant de se retourner, en tenant un grand pistolet.

- Tout le monde s'allonge sur le sol! Hurla une voix dans la banque.

Beckett sursauta en entendant la demande par téléphone. Son sourire disparut complètement.

- Ce n'est pas mon imagination, chuchota Castle. Ce n'est certainement pas mon imagination.

Il glissa sur le sol, essayant de passer inaperçu. Tout le monde se dépêchait d'obéir aux exigences des voleurs, qui se déployaient pour monter la garde autour de la banque.
- Oh mon dieu! Fit Martha en s'approchant suivie de Davenport pour voir ce qu'il se passait.

Castle la repoussa dans le bureau du directeur pour la mettre à l'abris.

- Castle, qu'est ce qui se passe? Demanda Beckett.

Le chaos régnait dans la banque, les gens se faisaient bousculer sans ménagement par les voleurs.

- Rappelle-moi le nom de la banque, dit Beckett.

- On est à la Banque New Amsterdam and Trust sur Lex.

Beckett releva la tête vers les gars.

- Esposito, il y a un braquage en cours à la New Amsterdam and Trust au 1030 sur Lex. Appelez les renforts.

- 1030? Depuis quand c'est nous qui gérons les appels de vol de banque? S'étonna Ryan.

- Castle y est.

Les gars bondirent sur leurs téléphones et lancèrent la machine.

                                             ~~~~~~~~~~~~~

- Balancez vos Téléphones Portables maintenant! Hurla celui qui semblait être le chef.

Tout le monde se précipita pour jeter leurs téléphones vers le mur, à part Castle, qui était toujours en ligne avec Beckett. Un des otages l'aperçut, Castle lui fit signe de se taire.

- Je suis derrière un bureau avec ma mère. Je peux tout voir. Ils portent des tenues de médecin. L'un d'eux vide les tiroirs-caisses.

- Le directeur de la banque, ici! Ordonna celui qui se faisait appeler le docteur Huxtable.

-  Un autre est avec le directeur de la banque, décrivit Castle.

DR Huxtable arracha la clé de cou du directeur.

- Il lui prend une clé. Il va à l'arrière de la banque.

Beckett l'écoutait attentivement.

- Nous avons voitures de patrouille en route, lança Esposito.

- Castle, j'ai besoin que tu me répondes très précisément. Combien sont-ils?

Il regarda autour une fois de plus de vouloir donner des informations exactes.

- Ils sont trois.

Un homme pointa un pistolet derrière lui, il sursauta.

- En fait, ce serait plutôt quatre, dit-il en déglutissant difficilement.

- Donc, c'est toi le héros, avec qui je vais faire un exemple, constata le malfrat.

Castle  leva les mains. L'homme lui prit son téléphone.

- Désolé, votre ami ne peut pas parler maintenant.

Il s'apprêta à raccrocher le téléphone, mais la voix de Beckett l'interrompit.

- À votre place, je ne ferais pas du souci pour lui, mais plutôt pour vous.

L'homme reporta le cellulaire à son oreille.

- J'ai des équipes de police en chemin, annonça froidement Beckett.

- Vous êtes un flic? T'as appelé les flics? Demanda-t-il à Castle.

-  Non, je ... Bafouilla l'écrivain alors que l'homme pointait de nouveau son arme sur lui. Nous étions déjà sur la ligne quand vous êtes entrés.

- Écoutez-moi, dit Beckett. Jusqu'à présent, personne n'a été blessé et rien n'a été volé. Donc, si vous quittez la banque de la même façon que vous êtes venu, vous pouvez tout simplement disparaître.

- Tu vas me promettre de ne pas venir me chercher? Demanda l'homme.

- Je ne cherche pas, je chasse. Et croyez-moi, vous ne voulez pas de ça. Donc, partez maintenant et ce sera juste un petit article dans le journal.

Il considéra ses mots, puis Castle, qui se tenait toujours à genoux avec ses mains levées.

- Désolé chérie. Je préfère faire la une.

Il laissa tomber le téléphone de Castle et le piétina, mettant ainsi fin à l'appel.

- Allons-y! Lança Beckett à l'attention des gars.

- Tu devrais peut être rester là... Suggéra timidement Ryan.

- Tu plaisantes, j'espère? Grogna-t-elle en se précipitant vers l'ascenseur.

- On a intérêt à pas la lâcher d'une semelle, murmura Ryan à l'attention d'Esposito.

- Je sais. T'inquiète, Bro.

- Il faut que j'appelle Alexis, il ne faut pas qu'elle apprenne ça par la radio, dit Kate en prenant son portable.

- Elle risque de paniquer, répliqua Esposito.

- Pas autant que si je ne la préviens pas et qu'elle l'apprend par la radio ou la télé... Répondit Kate en portant son cellulaire à son oreille. Allo Alexis? Oui... Écoute chérie, j'ai besoin que tu restes calme... Il est arrivé quelque chose...

                               ~~~~~~~~~~~~~

Lorsqu'ils arrivèrent devant la banque, Kate se rendit dans le fourgon de l'équipe d'intervention de la police. Elle leur expliqua tout ce qu'elle savait de la situation à l'intérieur de la banque et leur proposa son aide. Malheureusement, le chef de l'équipe d'intervention n'était pas très disposé à la laisser participer.

De son côté, Castle, dont le sang froid était parfait, analysait la situation et constatait plusieurs anomalies dans le mode de fonctionnement des braqueurs.


- Qu'avez-vous découvert? Demanda Ryan alors que Kate arrivait vers eux.

- Que nos services ne sont pas nécessaires, soupira-t-elle.

- C'est peut être pas plus mal, tenta Esposito. Tu devrais rester tranquillement à l'écart, tout ce stress n'est pas bon pour le bébé.

- Parce que tu crois que je stresserai moins en ne faisant rien? S’écria-t-elle. C’est mon mari qui est là-dedans ! Tu crois sérieusement que le mieux à faire pour mon bébé, c’est de rester à l’écart, les bras croisés pendant que son père et sa grand-mère sont menacés par une bande de braqueurs ?

Les bros hochèrent la tête silencieusement, tandis qu’elle se tournait de nouveau vers la banque.

- Espo, tu as encore des copains dans les services d’urgence ? demanda-t-elle soudain.

- Bien sûr.

- Bon. Je veux savoir ce qu'ils savent, savoir s’il y a eu d'autres vols avec le même Mode Opératoire. Plus nous en saurons sur ces gars-là, plus nous aurons de moyens de pression.

- Kate !

Beckett se retourna et vit Alexis qui se précipitait vers elle.

- Alexis !

- Tu as des nouvelles ?

- Pas encore, mais je te promets de tout faire pour les sortir de là, dit Kate en prenant la jeune fille dans ses bras. Mais il faut que tu gardes ton calme, s’affoler ne les aidera pas.

- D’accord. Et toi ? Tu vas bien ?

- Je vais bien, ne t’en fais pas, assura Beckett avec tout le self control dont elle était capable.

- Détective Beckett! Le capitaine Peterson aimerait vous parler, lança un policier de la brigade d’intervention derrière elle.


Elle se tourna, confuse et suivit le policier.

- Ne la laissez pas se mettre en danger, murmura Alexis en se tournant vers les bros.

- Ne t’en fais pas, on veille sur elle, la rassura Ryan.

- Ouais, on va sortir ta famille de là et vous en rirez ce soir, ajouta Esposito.

 


Minefuji  (18.06.2014 à 19:18)

Chapitre Quatre-vingt-dix-neuf

 Beckett entra dans le camion de la brigade d'intervention en se demandant pourquoi Peterson, qui s'était empressé de la virer de l'enquête, la rappelait aussi vite. Elle n'avait pourtant encore rien fait de répréhensible... À moins que sous ses airs de balourd insensible, il ait développé le don de lire dans les pensées... "Ferme ton esprit, humain" fit une petite voix dans sa tête. Elle la secoua vigoureusement, Rick lui manquait tellement qu'elle en venait à émettre des théories farfelues...

- Dites-moi. À quoi pensiez-vous? Demanda le chef de la brigade d'intervention lorsque Kate entra.

-  Je voulais juste aider, monsieur, bredouilla-t-elle.

Il se tourna vers elle.

- En charmant le preneur d'otages?

Elle ne s'attendait pas à cela et bafouilla:

-  Je vous demande pardon?

-  On a établi le contact, mais avant que je puisse lui dire deux mots, il a dit et je cite: «Je ne parlerai qu'à la dame lieutenant, celle avec cette belle voix sensuelle." Ouais. Vous vouliez en être? Eh bien, vous êtes!

Kate le dévisagea, toujours choquée.

- Non, monsieur, je n'ai pas reçu de formation pour les négociations dans les prises d'otages, bafouilla Beckett, dont la tension venait de monter d'un cran.

- Eh bien, je n'ai pas le temps de vous donner un séminaire, alors pensez comme ça: Vous faites le contraire de ce que votre formation à la criminelle vous dit, d'accord? Donc, ne criez pas, ne le menacez en aucune façon. Il faut tout faire pour qu'il  reste calme.

Elle hésita un instant.

- Détective, vous vous en sentez capable?

Elle était toujours morte de peur à l'idée de commettre une erreur, qui pourrait coûter la vie à Castle, Martha ou n'importe quel otage, mais elle avait pris sa décision, elle ferait tout son possible pour les sortir de là.

- Oui. Oui, absolument, répondit-elle en enlevant sa veste et en s'installant du mieux que son énorme ventre le lui permettait.

- Maintenant, il est important de le faire parler le plus possible. Tant qu'il est occupé à parler, il ne l'est pas à torturer les otages, expliqua-t-il alors qu’elle s’équipait d’un casque.

- Très bien, articula-t-elle d'une voix qu'elle espérait la plus sûre possible.

- D'accord? Demanda le chef de la brigade.

- Mmh-mmh.

Elle était nerveuse. C'était sans doute l'une des missions les importantes de sa vie. Elle ferma les yeux, elle pensa à Castle, à son sourire rassurant quelles que soient les circonstances. Cette pensée lui donna le courage nécessaire pour lancer l'appel.

Dans la banque, le téléphone sonna. Le preneur d'otage décrocha. Castle jeta un œil vers lui.

- Qui est-ce?

- C'est détective Kate Beckett. J´ai cru comprendre que vous vouliez ne parler qu'à moi.

- Ouais, je n'aime pas que l'autre gars.

- Ouais, moi non plus.

Elle jeta un regard à Peterson, qui haussa les sourcils. Elle étouffa le micro du téléphone avec sa main et chuchota:

- Vous avez dit de créer un lien.

Il haussa les épaules et elle retourna à son appel téléphonique.

- Alors, quel est votre nom?

- Vous pouvez m'appeler Trapper.

- Ah. Un fan de Mash. C'est bien.  Alors, comment ça va? Je peux vous aider peut être?

- Oh Kate, Kate, Kate. Vous suivez les instructions de cet idiot, n'est-ce pas?

Elle regarda Peterson.

- Qu'est-ce qu'il vous a dit? De faire en sorte que je reste calme? Créer des liens? Obtenir des informations? Voilà comment ça va fonctionner: vous me mentez, je tue les otages. Vous vous foutez de ma gueule, je tue les otages. Vous prenez d'assaut la banque, je tue les otages. Oh, et Kate? Dit Trapper en s'accroupissant devant Castle. Je vais commencer avec ton petit copain.

Il raccrocha et Beckett resta silencieuse, rongée par l'inquiétude.

- Eh bien, nous avons appris une chose, dit Peterson, le chef de la brigade d'intervention.

- Qu'est-ce que c'est? demanda Kate redoutant la réponse de Peterson.

- C'est pas un junkie  qui s'est réveillé ce matin et a décidé de braquer une banque. Il sait ce qu'il fait. Il connaît nos méthodes. Ce type est un pro.

Kate se demanda si c'était une bonne nouvelle. Craignant la réaction de Peterson si elle venait à lui suggérer comment faire son boulot, elle se promit de demander aux gars de chercher, s'il y avait eu des braquages similaires ces dernières années. Si ces gars étaient des pros, ils devaient avoir un Mode Opératoire et peut être même quelques principes moraux, tels que laisser les otages en vie. Elle se passa une main nerveuse sur le visage. La porte du véhicule s'ouvrit au même moment.

- Personne n'entre ici, sortez madame, ordonna Peterson.

- Lanie? S'étonna Beckett.

- Je suis le docteur Lanie Parish, je ne sais pas si vous avez remarqué, mais le lieutenant Beckett est enceinte, je suis chargée de veiller sur sa santé et celle de son bébé.

- Je vais bien, Lanie, souffla Kate.

- Ah oui? Et bien laisse-moi en juger par moi-même, mes instruments sont plus fiables que toi.

- Mais...

- Le capitaine Gates a ordonné aux gars de te ramener au poste si tu ne me laissais pas veiller sur ta santé.

- D'accord, soupira la détective en lui tendant le bras afin qu'elle lui prenne la tension.

                                                      ********************

Castle et Martha étaient assis avec le reste des otages. Castle surveillait de près les voleurs.

- Calme-toi, chéri, murmura Martha.

- Elle est là, dehors, Mère! Elle négocie avec les braqueurs! Je la connais, elle fera tout pour nous sortir de là sans se ménager!

- Elle n'a pas vraiment le choix, je te rappelle que c'est l'autre cinglé qui la réclame. Et puis, elle a la tête sur les épaules, elle sait qu'elle doit protéger le bébé...

- Je l'espère...

- C'est de votre faute, vous savez, dit l'un des otages avant de s'adresser à tous les autres. Il a appelé les flics. Je l'ai vu. Si ce n'était pas à cause de ce type, les voleurs de banque seraient déjà repartis et nous serions tous dehors.

-  Non, les flics seraient venus de toute façon. Les voleurs ont foiré leur coup. Ils ont pris les billets du dessous, contra une employée du guichet.

-  Ce qui déclenche automatiquement l'alarme silencieuse, d'accord? Ajouta Davenport, le directeur qui s'était occupé de Martha. Ça n'était la faute de personne.

Martha remarqua l'employée de la banque enceinte qui caressait son ventre et y vit un excellent prétexte pour changer de conversation.

- Simone, lut-elle sur son badge, vous en êtes à combien de semaines?

- 32 semaines.

- Ahh, ma belle fille en est à 34 semaines, sourit-elle.

- Et tout comme vous, elle devrait être loin de toute cette agitation, marmonna Castle.

- Retenir une femme enceinte en otage! Déplora une autre otage. Ils doivent vous laisser partir.

- Ils ne vont pas la laisser partir. Ils ne laisseront aucun d'entre nous. J'ai vu ça dans un film avant. Je sais comment ça se termine. On va tous mourir, se lamenta un homme, ce qui provoqua un murmure effrayé parmi les autres otages.

- Hey. Nous n'allons pas mourir, les rassura Castle. Nous allons bien. Je travaille avec la police et mes  partenaires vont nous sortir de là.

 Après avoir calmé les otages, Castle, toujours à l'affût du moindre indice et après une manœuvre inspirée de piège de cristal, finit par comprendre que le braquage n'était qu'une mise en scène pour cacher le véritable objectif des braqueurs, en l'occurrence le coffre-fort numéro 120.

                                                 *************************

- Monsieur, que voulez-vous que je fasse? Demanda Beckett dès que Lanie eut terminé.

-  Rien.

- Je vous demande pardon?

-  Ce n'est pas un meurtre, Lieutenant. Il ne s'agit pas d'aller de l'avant ou de suivre une piste pour trouver le prochain indice. Ici, parfois ne rien faire est la meilleure chose à faire. Laissez Trapper réfléchir et nous le rappellerons.

Frustrée, Beckett laissa échapper un soupir, auquel le bébé répondit avec un énorme coup de pied.

- Ça va? Demanda Lanie devant sa grimace de douleur.

- Oui, c'est juste un coup de pied, marmonna-t-elle.

- Viens prendre un peu l'air, il faut que tu te détendes au maximum.

- Facile à dire, grogna la détective avant de murmurer à l'attention de son ventre qu'elle caressait. Va falloir rester tranquille, mon bébé, on est sous haute surveillance, ta marraine ne va pas nous lâcher et au moindre faux-pas, elle va nous mettre sur la touche.

Beckett sourit en sentant une bosse venir se loger dans le creux de sa main et quitta le véhicule.

- Du nouveau? Demanda-t-elle en voyant Esposito s'avancer vers elle.

- Mauvaises nouvelles.  Ils ne peuvent rien voir ni entendre à l'intérieur. Les caméras de la banque sont coupées et les murs sont trop épais pour percer de l'extérieur.

-  Alors qu'est ce qu'il se passera s’ils prennent d'assaut la banque?

 - Ils le feront à l'aveugle.

Il avait raison. Ces nouvelles n'étaient vraiment pas de bonnes nouvelles.

- Et d'après ton expérience, dans ce genre de scénario, quelles sont les chances de survie des otages? Demanda-t-elle en masquant au maximum son inquiétude.

Il ne répondit pas, mais elle comprit que ce n'était vraiment pas bon. Elle se rendit auprès d'Alexis.

- Qu'est ce qu'il se passe? Demanda la jeune fille.

- Rien. On leur laisse le temps de réfléchir et on les rappelle.

- Mais...  Ils ne devraient pas prendre la banque d'assaut pour les libérer? Trépigna Alexis.

- Surtout pas, ils risqueraient de les blesser...

- Mais...

- Je sais Alexis, je suis inquiète moi aussi, mais paniquer est la pire chose à faire.

- Ok, souffla la jeune fille en puisant en elle pour retrouver son calme. Et toi? Tu ne devrais pas rester en retrait, te calmer, le stress n'est pas bon pour toi.

- Ici ou là-bas, mon stress sera toujours présent. La meilleure chose à faire, c'est de les sortir de là très vite.

- Mais...

- Et Lanie et les gars me surveillent ne t'en fais pas pour moi, je ne pourrais rien faire de stupide même si je le voulais.

Alexis sourit devant la mine affichée par sa belle-mère, elle ressemblait tellement à son père dans ces cas-là.

                                                       *********************

- Capitaine, c'est lui, annonça un agent eu chef de la brigade d'intervention, qui fit signe à Kate.

- Rappelez-vous la stratégie!

- Ouais.

Kate prit le casque et prit la conversation.

- Hey. Comment ça va?

- Jusqu'ici tout va bien, répondit Trapper.

-  Ouais? Et comment vont les otages? Demanda-t-elle. Je suis assez préoccupée par l'employée de la banque enceinte, Simone. C'est une situation de grand stress, vous devriez la laisser sortir de là.

- Non, non, non, Kate. Vous devez donner avant de pouvoir recevoir.

- Bon, que voulez-vous?

-Un bus. Avec des vitres teintées, il va nous conduire avec mes partenaires et les otages à l'aéroport Teeterboro. Vous y préparerez un avion qui attendra pour nous emmener dans le pays de mon choix. Maintenant, vous faites cela, je vous donne la  femme en cloque. Une fois que nous arrivons au paradis, je libère le reste des otages. Et Kate? Vous avez trois heures.

Il termina l'appel et Kate se débarrassa du casque avec colère.

-  Bon, Monfriez, vous me trouvez un bus aux vitres teintées et vous le faites venir ici, ordonna Peterson.

- Attendez une minute, vous êtes en train de lui donner ce qu'il veut? S'étouffa Kate.

-  Bien sûr que non. La seule façon pour que ce gars quitte le bâtiment c'est avec les menottes ou les pieds devant dans un sac de la morgue. Mais s'il le faut, je peux utiliser ce bus pour attirer les voleurs dehors, les snipers pourront les avoir quand ils  sortiront.

L'agent Monfriez repéra un signal lumineux étrange sur les caméras.

- Qu'est-ce ...? Vous voyez cela?

- Ouais.

Kate se pencha vers l'écran.

- C'est du Morse, dit-elle.

Elle attrapa son carnet et y nota le message.

- SDB 1-2-0, encore et encore. Que pensez-vous que cela signifie? Demanda-t-elle.

- Euh, les initiales de quelqu'un? Un code? Ou même ... Le jour ... la banque ...

- Attendez, sauver ... euh, ça pourrait être, euh ... sa ... Salle! Salle des dépôts bancaires! Le  Coffre-fort numéro 120. C'est ça!

- Qu'est-ce qu'un coffre-fort à voir avec quoi que ce soit? Interrogea Petterson.

- Je ne sais pas, mais si Castle a pris la peine d'envoyer ce message, ça signifie quelque chose.

- Comment savez-vous que c'est lui?

- C'est lui, croyez-moi! Sourit-elle.

 

Le coffre appartenait à une vieille dame, dont la fille et le petit fils étaient morts quelques mois auparavant. Beckett envoya les gars chez elle, mais ils ne trouvèrent qu'un cadavre.

Pendant ce temps, dans la banque, l'un des otages sema la panique en faisant une crise d'épilepsie.

Castle fit de son mieux pour calmer tout le monde, tout en portant secours à l'otage malade.

Kate avait rejoint Alexis, qui était au bord de la crise de nerfs.

 - Calme-toi, chérie, je sais que ça n'est pas facile, mais il faut être patient. Je te promets de tout faire pour les sortir de là, répétait Kate d'une voix calme.

- Comment fais-tu pour rester aussi calme? Demanda la rouquine.

- Je n'ai pas le choix, répondit Kate en jetant un œil vers Lanie, qui n'était pas loin.

- Sois prudente, souffla Alexis. Je sais que tu fais tout ton possible pour eux, mais Lanie a raison, tu ne dois pas prendre de risque.

Kate prit la jeune fille dans ses bras, cherchant à lui apporter le réconfort dont elle avait besoin. Elle aurait aimé avoir le pouvoir de Rick, celui qu'ont les parents pour consoler et rassurer leurs enfants.

- Merci Kate, murmura Alexis.

L'agent Monfriez appela Beckett, qui demanda à Lanie de rester auprès d'Alexis et retourna au camion.

- Ne t'en fais pas, dit la légiste. Kate ne laissera rien arriver à ton père.

- Je sais. Mais elle ne pense pas à elle, elle gère, elle est forte pour eux et pour moi.

- Moi, je veille sur elle, ne t'en fais pas. Et les gars également. Kate, c'est un peu notre petite sœur à tous.

- Et elle va bien ?

- Pour l’instant, oui, elle va bien et le bébé aussi. Ne t’en fais pas, répéta Lanie, à la moindre alerte, je la mets sur la touche et je sais qu’elle se laissera faire.

- Merci Lanie, souffla Alexis en prenant son téléphone pour appeler Ashley.

                                                                   **************

- Beckett, annonça la détective en prenant l'appel de Trapper.

- Écoutez Kate, un des otages a fait une crise d'épilepsie et s'est évanoui, normalement, je m'en foutrais, mais ça commence à bouleverser les autres otages et je ne veux pas que quelqu'un essaie de jouer au héros, alors voilà le deal: vous allez envoyer quelqu'un pour le chercher et en échange de cette générosité, vous allez m'amener mon bus devant la porte dans vingt minutes.

Elle jeta un œil à Peterson, qui secoua la tête.

- Ça ne laisse pas assez de temps. Ce n’est pas suffisant!

- Ça l'est pour moi. Prenez l'otage maintenant et obtenez moi mon bus en 20 minutes ou je vais commencer à tuer les otages.

Trapper regarda Castle et raccrocha.

-  Combien de temps pour avoir  le bus?

 - 35 minutes.

-  Nous allons avoir à demander plus de temps, dit Peterson.

-  Il ne sera jamais d'accord avec ça, répondit Beckett.

- Alors, nous allons prendre la banque d'assaut.

-  Nous ne pouvons pas faire l'assaut de la banque. Nous ne savons pas où tout le monde est! Si nous allons là-bas, les otages vont se faire tuer!

- Écoutez, si nous voulons en sauver quelques uns, nous n'avons pas d'autre choix, dit Peterson en se détournant.

-  Peut-être que si.

Il s'arrêta.

- Nous pouvons utiliser cet otage malade à notre avantage. Au lieu d'envoyer un infirmier, nous envoyons à un flic avec une formation tactique. Ce flic informera le  SWAT pour attaquer la banque.

-  Et vous avez quelqu'un en tête, j'imagine? Supposa Peterson.

- Je…

- Je serai ce flic, l'interrompit Esposito.

- Qu’est ce que tu fais là ? Tu devrais être avec Ryan ! Demanda Beckett.

- C’est un grand garçon, il est parti avec Karpowski, répondit Esposito. On ne voulait pas te laisser sans surveillance. Je vais prendre la place du secouriste !

- Non! C'est dangereux, contra Beckett.

- Tu as fait ton boulot, Kate. Laisse-moi prendre le relais.

Elle baissa la tête et acquiesça silencieusement.

Peu après, Esposito, en tenue de secouriste, pénétra dans la banque. Il analysa et mémorisa la situation dans la banque. Castle en profita pour lui glisser un message lorsque l'un des preneurs d'otage lui ordonna d'aider à hisser le malade sur le brancard.

Beckett se précipita sur Esposito dès qu'il apparut à la porte de la banque.

- Castle va bien, la rassura-t-il immédiatement. Et sa mère également. Tiens.

- Qu'est ce que c'est?

- C'est Castle qui me l'a donné.

- Merci, répondit-elle en ouvrant le mot, tandis que les vrais infirmiers prenaient l'otage en charge.

Alexis s'était approchée d'elle.

- Ton père va bien, annonça Beckett, ta grand-mère également. Merde!

- Qu'est ce qu'il se passe? S'inquiéta la rouquine.

-  Alexis, j'ai besoin que tu ailles derrière la ligne jaune, maintenant. Emmène la là-bas Lanie, demanda Kate à son amie.

- Viens avec moi ! La supplia Alexis.

- J’arrive, je vais transmettre le message et je vous rejoins, assura Kate avant de s'éloigner rapidement.

- Kate! Cria la jeune fille en panique.

- Je te rejoins très vite Alexis, je t'en prie va là-bas, cria Kate à son tour.

Alexis obtempéra et tenta une nouvelle fois de joindre son petit ami.

                                                                 **************

- Il y a du C4 dans la banque? S’écria Peterson.

- Je ne vois pas pourquoi, répondit Beckett, mais si Castle dit qu’il y en a, c’est qu’il y en a.

- Eh bien, ça signifie qu’il est hors de question de la prendre d’assaut. Je ne vais pas envoyer mes hommes là-dedans si tout peut sauter. Nous allons devoir les attraper dans le bus.

- Le bus est encore 20 minutes d’ici, il va commencer à tuer les otages dans 5 minutes, rappela Beckett.

- Alors il nous faut gagner du temps.

Kate regarda Peterson s'éloigner et poussa un soupir, avant d’attraper le téléphone.

- Où est mon bus? Demanda Trapper.

- Il est en chemin, répondit Kate. Il sera là dans 20 minutes.

- Un otage sera mort dans 2 !

Elle entendit les otages qui murmurèrent d'effroi.

- Non, personne ne doit mourir, d'accord? Ça vient, c'est juste … il est coincé dans les embouteillages !

- Nous avions des règles, Kate. J'ai dit que je ne tuerai personne et vous avez dit que j’aurai un bus. J'ai rempli ma part du marché !

- Et je vais remplir la mienne, le bus arrive ! Grinça Kate.

- Je vous avais prévenus de ne pas vous foutre de ma gueule ! Maintenant que j'ai été clair sur les conséquences. Dois-je prouver à quel point je suis sérieux? S’énerva Trapper.

- Ok, je … je pense que nous avons tous les deux besoin de prendre une grande respiration et nous pouvons en parler ...

- J’en ai marre de parler ! hurla-t-il.

Il se tourna rapidement et pointa son arme vers Castle. Il tira.

- Qu'est ce que c'était? Paniqua Kate.

- Un coup de semonce, Kate, répondit Trapper qui venait de tirer sur un écran d’ordinateur. Le prochain sera pour tuer!

Il se dirigea vers Castle.

- Vous ne le touchez, espèce d’ordure! Cria Martha en se jetant sur lui.

-Hey! Hey, retenez-la! Demanda Castle affolé aux autres otages.

Il essaya de calmer Martha, mais le voir sous la menace d’une arme la rendait hystérique. Trapper colla le canon de son arme sur la gorge de Caste.

- Je vais faire des taches rouges sur la chemise de votre ami, Kate. J'ai mon pistolet sur sa gorge et je vais peindre un Jackson Pollock avec ses entrailles.

- Vous devez le calmer, murmura Peterson derrière Kate, qui ne l’écoutait pas.

- Écoutez-moi, espèce de dégénéré. Je ne contrôle pas le trafic, j’y peux rien s’il y a des embouteillages!  Alors vous allez devoir me donner 20 minutes ! ordonna-t-elle fermement.

- Il vous reste une minute, Kate!

- Non! Il m’en reste vingt ! Gronda-t-elle. Vous m'entendez? Vingt ! Parce que si vous appuyez sur la détente, je vais entrer dans cette banque et venir personnellement vous mettre une balle dans le crâne, promit-elle la rage au ventre.

Elle était très sérieuse. Trapper ne disait plus rien. Chacun attendait de voir comment cela allait finir. Castle ne bougeait  pas, l’arme de Trapper toujours sur la gorge. Il ne pensait qu’à Kate.

- C’est Bon, Kate. Vous avez 20 minutes, termina Trapper.

Il retira son pistolet de la gorge de Castle.

- Ta petite amie, c’est une sacrée tigresse, admira Trapper.

- Ouais, et bien, elle n'est pas ma petite amie.

- Elle trop libérée pour toi? S’étonna Trapper

- C’est ma femme ! Elle est enceinte et j’espère pour vous qu’il n’arrivera rien au bébé qu’elle porte, répondit Castle tandis que Trapper ricanait.

L’écrivain ne le quittait pas du regard. Cette histoire n’était pas logique. Bien que provoquer un type armé ne soit pas la meilleure idée qui soit, il ne put s’empêcher de lui faire savoir qu’il savait que lui et ses comparses ne faisaient pas cela pour l’argent,  que cette histoire de bus n’était qu’un leurre et que le véritable objet de leur « visite » dans cet établissement était le contenu du Box numéro 120. Trapper l’écoutait sans rien dire. Il semblait admiratif de l’intelligence de Castle.

- Alors ? Demanda  finalement Castle. Pourquoi du C4 ? Et qu'allez-vous faire de nous?

- J’t’aime bien toi ! Rit Trapper. C'est pourquoi je te tuerai en dernier !

Martha, qui était morte de peur, étouffa difficilement un cri.

- Trapper ! Nous sommes prêts à partir, annonça le docteur Huxtable.

- Très bien ! Tout le monde debout ! Ordonna Trapper. Allons ... Debout ! Debout ! Debout ! Debout !

Tout le monde se leva inquiet.

- Qu'allez-vous faire de nous? Redemanda Castle.

- Tu es intelligent ! Je suis sûr que tu vas comprendre tout seul, ricana Trapper.

 

                                          ******************

- Nous avons encore 18 minutes, annonça Peterson après avoir félicité Beckett pour sa façon de négocier. Je veux que chacun soit en position. Le SWAT peut attendre le bus ici sur la 49e. Ils pourront l'attaquer charger là. Je veux snipers ici, ici, et ici. Obtenez romain sur la corne.

Chacun s’affairait pour organiser l’intervention, seule Beckett restait silencieuse. Quelque chose la dérangeait. Comme l’aurait dit Castle, tout cela était trop facile.

- Pourquoi ne pas demander quelque chose? Pensa-t-elle à voix haute.

- Quoi…? Fit Peterson en se tournant vers elle.

-  Monsieur, il m'a donné 20 minutes et il n'a rien demandé en retour. S'il voulait garder le contrôle, il aurait demandé quelque chose. Je veux dire, tout cela est trop facile.

- Savourez la victoire, lieutenant.

-  Non, monsieur. Quelque chose se passe, nous ne nous posons tout simplement pas les bonnes questions. Je veux dire, pourquoi auraient-ils apporté du C4 pour un vol de banque? Qu'est-ce que l'assassinat d'Agnès Fields a à voir avec tout cela? Demanda Beckett préoccupée, tandis qu'un agent appelait Peterson.

Elle les regarda s’agiter et s’organiser, sûrs d’avoir raison. Elle était sûre qu’ils faisaient fausse route. La clé de cette énigme résidait dans le meurtre d’Agnès Fields. Elle attrapa son téléphone et composa le numéro de Ryan. Il fallait faire vite !

                                                               **************

- Le seul parent encore en vie d'Agnes, c'est un ex-gendre. On lui a laissé un message, mais il n'a pas encore répondu, expliquait Ryan.

Kate était en train de lui donner ses instructions, quand le camion fut secoué par une explosion. Elle se figea, faisant instantanément le lien avec le C4. Refusant de croire à la perte de sa famille, elle se déplaça lentement et ouvrit la porte du camion. Il y avait de la poussière en suspension et des débris partout. Elle resta un instant sans bouger, horrifiée par le spectacle, puis se rua vers la banque aussi vite que son gros ventre le lui permettait. Quelques agents tentèrent de l'arrêter, en vain, elle les envoya au sol en moins de temps qu'il ne fallait pour le dire.

Esposito, qui la suivait de près l'interpela.

- Beckett! Prends au moins le temps de sortir ton arme et de suivre la procédure!

 Elle ralentit et sortit son arme et sa lampe torche sans un mot. La banque était ravagée, elle y entra avec l'équipe du SWAT.

- Castle! Castle! Criait-elle en dirigeant le faisceau de sa lampe torche de tous côtés.

Elle continua son avancée, Esposito sur ses talons.

- Castle! Cria-t-elle une fois de plus.

- Beckett!

Sa voix sonnait comme la plus merveilleuse des mélodies qu’elle n’avait jamais entendue. Elle soupira de soulagement, il était en vie. Elle se dirigea au son de sa voix et trouva tous les otages en sécurité dans la salle des coffres.

- Ils sont là! Lança-t-elle en ouvrant la porte pour se précipiter vers son écrivain.

Elle prit le visage de son homme dans ses mains, lui offrant le plus beaux des sourires, avant de le couvrir de baisers. Il riait, heureux de la retrouver et de pouvoir à nouveau savourer ses baisers.

- Je vous l’avais dit! Hein! Lança-t-il aux autres otages.

 Elle tira un couteau de sa veste et coupa les liens de Castle. Elle ne pouvait pas arrêter le regarder,  elle en oubliait-même le reste des otages.

- Comment vas-tu?

- Je vais bien, la rassura-t-il.

Elle enroula ses bras autour de son cou et se blotti contre lui.

- J’ai cru que je t’avais perdu, souffla-t-elle contre son oreille.

- Jamais, sourit-il en la serrant à son tour.

- Il n'est pas le seul ici, tu sais Trésor ? Les interrompit Martha.

- Oh ! Désolée Martha, s’excusa-t-elle en s’empressant de la libérer de ses liens.

- Tu n’as pas pu t’empêcher, Mère, hein ? Bougonna Castle.

Martha sourit.

- Comment allez-vous? Demanda Kate.

- Bien, mais j’aurais bien besoin d’un remontant !

- Sortons d’ici, dit Kate en se relevant avec l’aide de Castle.

- Oui, on va aller faire un tour à l’hôpital, annonça Rick.

- Tu es blessé ? S’inquiéta Kate.

- Non, mais nous devons nous assurer que tu vas bien et le bébé aussi !

- Nous allons bien, le rassura Kate.

- Mais nous allons faire un check-up pour en être sûrs !

- Lanie m’a surveillée de très près ! Je vais bien et Little Caskett aussi !

Au ton qu’elle avait employé, il comprit qu’il était inutile de discuter et se laissa entraîner vers la sortie.

Peterson arriva et leur annonça que les voleurs étaient morts dans l'explosion. Apparemment, le C4 faisait partie de la stratégie de sortie. Ils devait faire un trou qui déboucherait sur une station de métro abandonnée en-dessous de la banque. Malheureusement pour eux, ils avaient déclenché l'explosion avant de s'être mis à l'abri et furent tués. Castle trouva cela très louche, car le C4 étant un explosif très stable, l'explosion accidentelle n'était pas crédible.

Les otages quittèrent la banque. Castle et Martha aidant la caissière enceinte, tandis que Beckett, qui avait encore une fois répété qu'elle allait parfaitement bien, rejoignait les gars afin de boucler cette affaire au plus vite.

Alexis se précipita vers son père pour le serrer dans ses bras. Martha se joignit bientôt à leur étreinte.

Kate résuma les éléments de l'enquête avec les gars. Une vieille dame avait été tuée pour un coffre-fort auquel son mari mort accédait chaque mois. C'était absurde. Il y avait quelque chose qui leur échappait. Ryan avait découvert qu'il restait un seul parent de la vieille dame encore en vie : un ex gendre du nom de Ron Brandt. Esposito reconnut l'otage épileptique des que Ryan montra la photo du gendre.

Beckett appela immédiatement l'hôpital, mais l'homme était déjà parti. C'était lui le véritable cerveau de cette affaire.

Il dirigeait une société qui fournissait des contacts militaires avec les forces opérationnelles spéciales du monde entier, ce qui lui avait permis d'engager une équipe de mercenaires pour la banque. Et afin d'éviter de laisser des témoins de ses méfaits, Ron avait truqué le C4 pour qu'il explose plus tôt.

Ils découvrirent qu'il avait organisé toute cette opération dans le but de retrouver son ex-femme et son fils, qui s'étaient faits passer pour morts afin de lui échapper.

 Beckett envoya la police d'Ithaqua à leur secours. Toute l'équipe de Beckett était autour de son bureau à attendre des nouvelles de l'enfant et de sa mère.

 - Allez ... Allez, marmonnait Beckett au téléphone.

 - Pourquoi est ce que c'est si long? Grinça Esposito.

 Castle était inquiet pour la famille d'Agnes, mais encore plus pour Kate et leur enfant. Tout ce stress n'était pas bon. Il se leva et vint se placer derrière elle. D'un geste tendre, il posa une main sur son ventre. Sans un mot, elle plaça la sienne au-dessus pour le rassurer.

 - Comment? ... D'accord. Merci! Dit Beckett en raccrochant. Ils les ont trouvés.

 Les gars levèrent les bras et crièrent leur joie et leur soulagement.

 - Tanya va avoir besoin de quelques points de suture, mais Connor va bien, annonça-t-elle.

 Castle sentit une bosse se former sous sa main et sourit. Tout le monde allait bien.

 - Allez, allons les chercher, lança Esposito en entraînant son collègue.

 - À Ithaca? Répliqua Ryan incrédule avant de le suivre en secouant la tête.

 Kate se laissa retomber sur sa chaise en soufflant pour se détendre.

 - Il est temps, madame Castle, de penser à vous, dit Rick en lui tendant la main.

 - Tu renonces à m'emmener aux urgences?

 - Cet enfant a apparemment des nerfs d'acier et a décider de me faire attendre jusqu'au bout! Ce n'est pas aujourd'hui qu'il va rencontrer son papa, soupira-t-il.

 - Et tu devrais en être ravi! Si la nature a prévu neuf mois, ce n'est pas par hasard!

 - Mmmhhhoui. Mais ça n'empêche que j'ai hâte de le voir pointer le bout de son nez! Et je crois savoir qu'il y a quelques techniques pour accélérer le travail, dont une, qui nécessite la participation active d'un mari dévoué, dit-il en jouant des sourcils.

 Elle éclata de rire et tendit la main pour qu'il l'aide à s'extraire de son siège.

 - On va au Old Haunt? Je connais le patron, suggéra-t-elle.

 Il fit mine d'estimer la proposition.

 - Non, rentrons plutôt, ma mère et Alexis nous attendent et puis... C'est plus près de notre chambre à coucher.

 Elle sourit et le suivit.

 -  Oh, et je n'ai pas eu l'occasion de te remercier correctement pour m'avoir sauvé la vie!

 -  C'est pas nécessaire, Castle. Nous sommes partenaires au travail comme dans la vie! C'est ce que les partenaires font!

 -  Oui, tu as raison... Certains d'entre nous plus que d'autres, bien sûr, sourit-il en appelant l'ascenseur.

 - Attends ... Qu'est-ce que ça veut dire?

 -  Seulement que c'est la 8ème fois que tu me sauves  la vie et j'ai sauvé la tienne 9 fois!

 -  Bon, tout d'abord, je ne peux même pas croire que tu tiennes le score. Et d'autre part, il n'y a aucun moyen que tu m'aies sauvé la vie plus que je n'ai la tienne. 9? Pitié! Répondit-elle devant son air taquin.

 - Ok, alors passons cela en revue! La première fois quand j'ai distrait le tireur fou avec la bouteille de champagne. Et oui, ça t'a sauvé la vie,tu l'as admis toi-même!  La deuxième fois.Le hum ... tueur en série qui a mis une bombe dans ta cuisine pendant que tu prenais une douche. J'ai eu à braver les flammes infernales pour te sortir de ta baignoire...

 

 


Minefuji  (08.07.2014 à 20:47)

 

Chapitre cent.

Le soleil brillait malgré le froid qui s'installait doucement sur la ville. Kate n'avait plus remis les pieds au poste depuis l'affaire du braquage. Gates lui avait ordonné de prendre son congé prénatal. Elle n'en avait rien dit, mais Kate en était ravie.
Elle se sentait fatiguée et trainer au loft entre le canapé et la cuisine, lui convenait parfaitement. Elle insisté pour que Castle continuât de rendre visite aux gars quotidiennement, histoire de pouvoir respirer un peu. Elle adorait son mari, mais le voir prévenir le moindre de ses désirs et la sur-couver à longueur de journée la rendait folle. Le capitaine Gates semblait l'avoir compris, car à son plus grand étonnement, elle avait autorisé Castle à continuer son travail de consultant auprès des gars.

Elle entendit du bruit à l’étage et sourit, Alexis était sortie de son lit et se préparait pour sortir. C’était bon de la savoir décidée à reprendre une vie sociale après quelques jours passés à broyer du noir.
Alexis s'était confiée à Kate à propos de sa rupture avec Ashley et la détective l'avait alors écoutée et réconfortée comme sa mère l'avait fait pour elle à une époque. La voir reprendre du poil de la bête était une bonne chose.

La détective jeta un regard à sa tasse et constata qu’elle était vide. Elle se leva pour se resservir une tisane et étouffa un juron en entendant le bruit trop familier d’un objet qui atterrit violemment sur le sol.

- Salut Kate! Qu'est ce que tu fais? Demanda Alexis qui venait d'arriver en bas des  escaliers et découvrait sa belle-mère pliée en deux près du canapé.

- J'ai fait tomber mon portable. Il a glissé sous le canapé et à cause de mon énorme ventre, je n'arrive pas à me plier suffisamment pour le rattraper.

- Laisse-moi faire!

- ...

- Tiens! Voilà!

- Merci!

- Où est papa? Il ne devrait pas rester auprès de toi? Le terme est prévu pour demain!

- Je l'ai expédié au poste contre la promesse de ne pas me séparer de mon téléphone. Il m'envoie des textos toutes les heures.

- Wah! Il arrive à tenir autant de temps entre deux SMS?

- C'est la règle! Une heure minimum sous peine d'avoir un gage!  Il me doit déjà une semaine de lever en pleine nuit quand le bébé sera là et trois couches de grosse commission, répondit Kate.

- Toi, tu ne perds pas le Nord, s'amusa Alexis.

- Ah! Ça va faire une heure... Bingo!  Voilà le texto. Je suis sûre qu'il a mis le chrono sur son téléphone.

- Ça ne fait aucun doute!

«  Salut Chérie,
Tu vas bien? Pas de contraction?
On a une nouvelle affaire! Le corps d'un homme a été retrouvé sur les docks. Je suis avec les gars, on va sur place!
JTM, Rick. »

Elle sourit en imaginant à quel point il devait être content d'avoir une nouvelle affaire et pianota à son tour.

«  Salut Babe,
RAS de mon côté, ta grosse baleine s'est échouée dans le canapé et compte bien y passer une bonne partie de la journée en compagnie de Nikki et Rook. Amuse-toi bien sur les docks et ne fais pas de bêtises!
Biz Kate. »

Elle posa son téléphone près d'elle, embrassa Alexis, qui partait rejoindre des amies et se plongea dans sa lecture, jusqu'à ce que son téléphone vibra à nouveau.

«  Trop cool! La victime est Sam Siegel, il était le copropriétaire d'un célèbre casino d'Atlantic City. Il n'a apparemment pas tiré les bonnes cartes. ^^
C'est toujours calme de ton côté? »

« Je t'ai promis de t'appeler dès qu'il se passerait quelque chose. Passe le bonjour à Lanie de ma part. »

Elle suivait l’enquête grâce à lui, ses textos rythmaient sa journée.

«  Apparemment Siegel venait à New York pour rendre visite à son ex-femme pour la gestion d'un bien immobilier, quand il a été tué par balles. Gates a demandé aux gars de se rendre à Atlantic City pour recueillir des informations sur Siegel et ses fréquentations. Je peux y aller avec eux, dis? Je peux? »

« Je suis sûre que si je localisais ton portable, je le trouverais déjà en route pour Atlantic City. Soyez sage quand même. »

«  Touché. »

Elle rit en lisant sa réponse, elle le connaissait bien son gamin de mari et imaginait aisément sa mine réjouie dans la voiture des gars.

«  Je le crois pas! Ryan a choisi le petit frère de Jenny comme témoin! Il n'a pas encore de poil au menton! Son enterrement de vie de garçon va se faire avec de la grenadine, des marshmallows et une rediffusion de Blairwitch! »

«  Tu n'avais pas choisi Ryan comme témoin, toi non plus! Ça n'est pas grave. »

«  Ça va nous obliger à organiser un EVGCE! Heureusement, je suis doué pour ça! »

«  Un quoi? »

«  Un Enterrement de Vie de Garçon en Cours d'Enquête. Ça va être amusant! »

Elle reposa son téléphone, heureuse de constater qu'il s'amusait bien et reprit sa lecture. Il devait vraiment beaucoup s'amuser, puisqu'elle ne reçu aucun texto pendant plusieurs heures et put dormir tranquillement tout son saoul.
Quand elle se réveilla, l'après-midi touchait à sa fin, elle se leva et décida de se préparer un encas. Elle jeta un œil à son portable avant de le reposer près de son assiette de fruits. Aucune nouvelle de Castle. Il devait bien s'amuser. Devait-elle le déranger pour lui annoncer qu'elle ressentait quelques contractions? Elle chronométra le temps entre elles et décida qu'il était encore bien trop tôt pour s'affoler. Suivant les conseils de la sage-femme qui lui avait donné ses cours de préparation à l'accouchement, elle alla se faire couler un bon bain.
Une heure plus tard, Alexis rentra au loft.

- Kate?

- ... Salut ... Alexis... Répondit celle-ci en équilibre instable sur un énorme ballon.

- Qu'est ce qu'il se passe? Tu as des contractions?

- Le travail a commencé, je crois, souffla longuement Kate.

- Quoi?! Mais où est Papa? Il faut qu'on aille à l'hôpital!

- Du calme, chérie, la sage femme nous a dit de rester le plus longtemps possible à la maison, une première naissance, ça peut être long...

- Et Papa?

- Il est à Atlantic City, j'ai essayé de le joindre, mais apparemment il est très occupé...

- Je l'appelle... C'est son répondeur... Oui! Papa! Il fait que tu rentres maintenant! Le bébé arrive! Cria Alexis avant de raccrocher.

Elle se tourna ensuite vers sa belle-mère, qui grimaçait fortement.

- Kate! Ça va?

- ... T'en fais pas, je gère... Fiouhhh! Elle était pas mal celle là.

- J'appelle un taxi, annonça Alexis, tandis que Kate se tordait une nouvelle fois.

Kate sentit son ventre se tendre, elle était nauséeuse. Soudain la tension se relâcha et une sensation de chaleur se répandit le long de ses jambes. Elle baissa le regard et découvrit avec stupeur l'inondation du sol à ses pieds. Elle attrapa son portable et appuya sur la photo de Castle.

- ...

- Réponds! Gronda-t-elle.

- Bonjour! Vous êtes bien sur le répondeur de Richard Castle, bla bla bla... Vous connaissez le refrain... Merci de laisser un message après le bip!

- Bon sang Rick, j'espère que tu écouteras ce message à temps... Je file à ... L'hôpital... Le bébé arrive... Sois prudent sur la route...

Alexis l'aida à se lever et à quitter le loft.

                                                           ******************

- Tu penses vraiment que ton plan va marcher?

- Évidemment! Personne ne peut nous reconnaître comme ça! À part pour lui, répondit Castle en désignant Esposito.

- Quoi? Elvis ne peut être bronzé? Je suis Elvez dit ce-dernier en se pavanant.

- Eh Castle, tu oublies ton téléphone, lança Ryan en désignant le banc derrière eux.

- Oups! Merci, vieux. Oh! Tiens, il est éteint!

- Plus de batterie?

- Non, je l'ai rechargé avant de partir ce matin... Ah! La batterie est mal enclenchée... Elle a dû se détacher quand je l'ai fait tomber tout à l'heure... Voilà! Je le rallume... Oh la la!

- Comment ça oh la la?

- J'ai dix appels en absence et cinq messages!

- Oh la la... Firent les bros en chœur tandis que Castle écoutait sa messagerie.

- Le bébé arrive! Bon sang! Le bébé arrive! Paniqua Castle.

- Je t'appelle un taxi! Dit Ryan.

- Tu as intérêt à être très généreux avec le chauffeur, si tu veux arriver à temps, conseilla Esposito.

- J'appelle Alexis, elle est avec Kate...

                                                     ****************

- Madame! Cessez de vous agiter! Nous devons aller en salle d'accouchement!

- Je n'irais nulle part tant que mon mari ne sera pas là! Gronda Kate en s'agrippant à tout ce qu'elle pouvait.

- Malheureusement, ce n'est pas vous qui décidez...

- Ça n'est pas un bébé même pas encore né qui va faire sa loi! Je n'accoucherai pas tant que son père ne sera pas là, c'est clair?

- Madame... Soyez raisonnable...

- J'en ai marre d'être raisonnable!

- Kate!

- Alexis, tu as eu ton père?

- À l'instant! Il arrive!

- Parfait, pourrions-nous y aller maintenant madame?

- Mon mari arrive, nous allons l'attendre!

- Madame! Vous êtes la seule à vouloir l'attendre, dit la sage femme alors que Kate grimaçait à cause d'une nouvelle contraction.

- Il n'est pas question que j'ai mon bébé sans son père! Je serrerai les cuisses autant qu'il le faudra!

- Emmenons-la! Lança la sage femme aux brancardiers tandis que Kate se tordait une nouvelle fois.

- Castle si tu n'arrives pas tout de suite, je te casse les deux jambes, grogna Kate en s'agrippant une nouvelle fois à la première chose qui lui passait sous la main.

Une sonnerie continue retentit dans le couloir.

- On le perd! Cria un urgentiste en se penchant sur le patient qu'il transportait.

- Préparez le défibrilateur! 200 joules! Vite!

- Attendez messieurs! Calmez-vous! Ma patiente à arraché les capteurs de votre patient! Les arrêta le brancardier.

- Mais où est le papa?! S'écria la sage-femme.

- Je suis là! C'est moi le papa! Cria une voix derrière eux.

- Rick... Souffla Kate en souriant.

- Enfin! On va peut-être pouvoir y aller? Soupira la sage femme.

Castle s'approcha et embrassa sa femme.

- Qu'est ce que c'est que cette coiffure? S'étonna-t-elle.

- Oh... Euh... Quand j'ai eu ton appel, je m'apprêtais à mener une enquête sous couverture...

- Déguisé en Elvis? Tu plaisantes?

- Euh... Bah... Euh... Non... Je suis sérieux.

Une nouvelle contraction la fit se tordre de douleur à nouveau. Le brancardier pressa le pas et les emmena en salle d'accouchement.

                                  *******************

Martha tournait en rond dans la salle d'attente. Alexis arriva et lui tendit un gobelet.

- Tiens, tu devrais t'asseoir, ça ne fait que vingt minutes qu'ils sont en salle d'accouchement, ça risque d'être un peu long...

- Merci ma chérie, tu as raison, sourit Martha.

- J'ai appelé le père de Kate, il arrivera bientôt.

- Comme toujours, tu penses à tout. C'est étonnant que Kate ait réagi ainsi... ça ne lui ressemble pas de faire des caprices…

- Elle l'a fait pour papa... Elle savait qu'il tenait à être présent et elle ne voulait pas que la naissance de leur bébé soit ternie par des regrets de papa.

- Quelle idée aussi d'aller jouer au policier à Atlantic City à la veille du terme, aussi.

- Tu connais papa! Il perd toute notion de bon sens quand une occasion de réaliser un de ses rêves de gosse se présente à lui.

- Je crois qu'il ne grandira jamais totalement...

Une porte s'ouvrit au bout du couloir et la tête de Castle coiffée d'une charlotte apparut.

- C'est une fille!

- Wahh! S'écria Alexis.

- Ça a été plutôt rapide, dis-moi! Ajouta Martha.

- Elle est déjà comme sa mère, quand elle a décidé quelque chose, ça ne traine pas!

- Et comment vont-elles? Demanda Alexis.

- Bien! Très bien! Bon... J'y retourne!

- Oui! Embrasse-les pour nous!

- Ça sera fait!

                             *******************

Les traits tirés mais l'air radieux, Kate admirait sa fille. Elle était adossée contre le torse de Rick, qui savourait ce moment de grand bonheur silencieusement.

- Pas trop déçu? Demanda Kate brisant la quiétude du moment.

- Tu veux rire? Elle est parfaite!

- Mais tu voulais un garçon...

- Ça c'est ce qu'on dit quand on a déjà une fille, avant de croiser le regard de son enfant pour la première fois... Rassure-toi, je suis un homme comblé!

- Tu vas te sentir un peu seul au milieu de toutes ces filles...

- J'ai l'habitude et puis comme je vais régulièrement au poste, je ne suis pas en manque de testostérone!

Le bébé bailla et grimaça, provoquant le rire attendri de ses parents.

- Elle te ressemble déjà beaucoup, constata Rick.

- Vraiment?

- Oui, je n'ai jamais fait de telles grimaces! Aïeuhh!

- Tu es impossible!

- Tu es une tortionnaire!

- Alors... Comment on va l'appeler?

- J'aime bien Little Caskett, moi!

- Et pourquoi pas le bébé pendant que tu y es?

La petite émit un grognement en fronçant le nez.

- Ok! Je redeviens sérieux! Mademoiselle semble avoir le caractère de sa mère! Il va falloir que je lui apprenne le sens de l'humour!

- C'est bien d'être sérieux! On ne peut pas se comporter comme un gamin de neuf ans dans un magasin de jouets à longueur de journée. Alors, tu as une idée?

- Cosmo?

- Arrête de dire des bêtises!

- T'es marrante, toi! Je n'avais que des prénoms de garçon en tête! Mais tu as peut être une idée, toi?

- Mhmm... J'aime bien Andréa...

- Qu'est ce que tu en dis? Andréa.

La petite s'étira et cala sa tête contre sa mère d'un air satisfait.

- Ça a l'air de lui plaire, sourit Castle.

On toqua doucement à la porte et la tête d'Alexis apparut dans l'embrasure.

- On peut venir?

- Bien sûr! Approchez! Sourit Beckett.

Alexis et Martha entrèrent et félicitèrent les heureux parents avant de se tourner vers la petite.

- Nous vous présentons Andréa, sourit Castle.

- Salut Andréa! Je suis ta grande sœur Alexis.

- Tu veux la prendre?

- Avec plaisir! Viens là Trésor!

- Vous avez bien travaillé les enfants, elle est magnifique, dit Martha.

Jim passa peu après, admirer sa petite fille et féliciter les heureux parents. Puis ce fut au tour de Lanie et des gars, dès qu'ils eurent bouclé leur affaire.

- Au fait Castle, annonça Ryan. Ton idée de se déguiser en Elvis pour retourner dans le casino n'était pas une bonne idée!

- Ouais, on s'est fait jeter comme des malpropres, ajouta Esposito. C'est Gates qui a du venir nous prêter main forte pour résoudre cette affaire.

- Que voulez-vous les gars, n'est pas Elvis qui veut! Et puis ça vous prouve que je suis indispensable.

- On a résolu cette affaire sans toi, vieux! Rappela Ryan.

- Vous avez eu besoin de Gates!

- C'est pas bientôt fini, oui? Les gronda Lanie.

Les garçons cessèrent instantanément leurs chamailleries, ce qui fit bien rire Kate.

- Tu as vu ça ma jolie? Elle a de l'autorité ta marraine.

- Et tu n'as encore jamais vu ta mère à l'œuvre, dit Lanie. Elle les pétrifie sur place d'un seul regard!

- Avec une telle maman et une marraine pareille, ta fille va être une vraie terreur, dit Ryan.

- Comme ça je n'aurais pas besoin de buter ses éventuels petits copains qui abuseraient, répondit Castle. Elle le fera elle-même.

- Parfaitement, je lui apprendrai à manier le scalpel, rit Lanie.

- Et moi je lui enseignerai le kick boxing, ajouta Kate.

- Moi qui croyais que les petites filles jouaient à la dînette et à la poupée, dit Esposito.

- Ça c'est uniquement pour ne pas effrayer les garçons et leur laisser croire qu'elles sont fragiles, répondit Kate en souriant tendrement à son enfant.

 


Minefuji  (09.07.2014 à 21:48)

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