HypnoFanfics

Le corbeau et le renard

Série : Castle
Création : 14.03.2014 à 18h32
Auteur : balvert 
Statut : Terminée

« Parfois on aimerait mieux que certaines choses de son passé restent enfouies à jamais... » balvert 

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Chapitre 11

Elle fouilla dans la poche de sa veste et s’empara de son téléphone. Elle sourit en découvrant la photo de son interlocuteur.

« Hey !

- Hey !

- Comment s’est passée ta journée ?

- Rien de bien excitant, autographes, autographes, « oh je suis votre plus grande fan », autographes…

- Tu devrais leur signaler que la place de fan numéro un est déjà attribuée !

- Ah oui ? C’est vrai ? C'est qui ?

- Oh non c’est pas vrai… soupira la jeune femme.

- Quoi ? Qu’est-ce que j’ai dis ?

- C’est pas toi Castle. Mais l’ascenseur est en panne…

- Oh ! Je croyais que ça ne te faisait jamais peur de faire un peu d’exercice ?

- Peut-être, mais pas lorsque je n’ai dormi que huit heures en trois jours, et que je ne rêve que d’une chose : mon lit !

- Et si je te proposais de consacrer les prochaines heures à te décontracter ? On dirait que tu en as bien besoin !

- Castle, tu es à l’autre bout du pays ! fit Kate, pourtant définitivement pour cette délicieuse idée.

- Tu vas voir, le téléphone c’est magique, répondit-il malicieusement. Tu es où là ?

- Dans le couloir, j’arrive devant la porte.

- D’accord, alors glisse tes clefs dans la serrure et ferme les yeux.

- Castle, à quoi tu joues ?

- Laisse-toi faire pour une fois ! protesta l’écrivain.

- Ok… soupira la jeune femme en entrant dans le loft les yeux clos. 

- Alors imaginons que tu viens de passer une dure et longue journée, et que tu rentres épuisée du boulot.

- Ca va, ça ne va pas me demander un très gros effort, répliqua-t-elle en étouffant un bâillement.

- Tu rentrerais donc, et me surprendrais dans la cuisine. Tu sens les odeurs de saumon et de gâteau au chocolat ?

- Hmm…

- Je mettrai le plus grand soin à te préparer un petit dîner en tête à tête. J’achèverai la décoration de la table, où trônerait un beau bouquet de roses. J’aurai revêtu le tablier « monsieur muscle » que tu m’as offert et me dandinerai tout en chantant faux. Toi tu resterais sur le pas de la porte, profitant du spectacle pour mâter sans gène mon postérieur.

- Quoi ?? Mais je… protesta la jeune femme.

- Ne mens pas, je t’ai déjà vu le faire ! Et puis qui pourrait te blâmer de ne pas pouvoir résister à un tel corps de rêve…

- Ca va les chevilles ?

- Chut, tu casses mon histoire là !

- Oups, désolée…

- Alors, je disais, tu resterais à l’entrée pour m’observer. Et puis sentant ta présence je me retournerai, et je surprendrai ton regard noirci de désir. Ne pouvant résister, je viendrai te rejoindre, mais m’arrêterai à quelques millimètres de toi, laissant nos souffles se mêler, et la chaleur envahir nos corps. Et tu me sauterai dessus, m’attirant dans un baiser qui nous ferait gémir tous deux de plaisir. »

 

Kate frissonna. Il avait l’art et la manière de lui faire de l’effet, même lorsque des centaines de kilomètres les séparaient. Pourtant elle aurait juré sentir les douces odeurs des plats qui mijotaient dans la cuisine, entendre des petits pas discrets se rapprocher, et puis sentir son souffle chaud sur sa peau… Soudain elle ouvrit grand les yeux et un large sourire envahit son visage. Elle se jeta littéralement à son cou, et s’empara avidement de ses lèvres dans un langoureux baiser qui les firent gémir de plaisir. Elle le sentit sourire contre sa bouche, mais n’eut même pas la force de le réprimander. Ok, il avait eu raison, mais il lui avait terriblement manqué ! Et vu ses mains qui se faisaient plus que baladeuses, il en était de même pour lui. Elle commençait à s’attaquer aux boutons de sa chemise lorsque l’écrivain la stoppa délicatement. 

« Ce n’est pas que je n’ai pas envie de passer directement au dessert, mais j’ai vraiment cuisiné, fit-il en souriant devant l’impatience manifeste de sa fiancée. Et puis je commence à avoir très faim avec le décalage horaire, alors si tu veux que je sois en forme…

- Oh, oui, désolée… » répondit-elle en rougissant

 

Il ne put s’empêcher de la trouver plus qu’adorable et lui piqua un dernier baiser avant de lui prendre la main et de la conduire jusqu’à la table qu’il avait dressée pour l’occasion. Il alla vérifier l’état des plats qu’il avait abandonné pour se cacher dans le bureau, puis revint avec une bouteille de vin, et servit sa muse. Elle était radieuse, et toute trace de fatigue semblait s’être évaporée. Il sourit, ravi de son petit effet. Ils dégustèrent les bons petits mets qu’il avait préparé, les yeux dans les yeux, main dans la main, comme s’ils avaient besoin d’un contact physique pour s’assurer que tout ça n’était pas un rêve. Il lui raconta sa tournée, elle lui exposa l’enquête, il lui détailla certaines rencontres, elle lui expliqua les pistes et les embûches qu’ils rencontraient.

 

Et ce n’est pas encore cette nuit là qu’ils rattrapèrent leurs heures de sommeil en retard…


balvert  (25.03.2014 à 20:41)

Chapitre 12

Kate émergea doucement, entrouvrit les yeux et soupira en voyant l’heure. Beaucoup trop tôt ! Elle sourit cependant en sentant le poids de son corps nu contre le sien, et vint se blottir un peu plus contre lui. Elle stoppa net en le sentant bouger. Mais le bruit régulier de sa respiration lui indiqua qu’il n’avait pas quitté les bras de Morphée. Elle se redressa légèrement, pour mieux pouvoir l’observer. Il était tellement craquant lorsqu’il dormait ! Elle ne put résister à l’envie de remettre sa mèche rebelle en place, puis sa main caressa tendrement sa joue avant de reprendre sa place sur son torse. Elle déposa un doux baiser à la commissure de ses lèvres, puis reposa sa tête sur sa poitrine. Bercée par les battements de son coeur, elle ne tarda pas à se rendormir.

 

La sonnerie stridente du réveil la tira du semi-sommeil dans lequel elle avait replongé. Elle sorti un bras de la douce chaleur de la couette et éteignit le perturbateur. Un gémissement de désapprobation se fit entendre dans son dos. Elle sourit en voyant son fiancé cacher sa tête dans les oreillers. Mais comprenant que sa nuit était bel et bien terminée, il finit par se tourner vers elle, les yeux endormis et les cheveux en bataille.

« Hey, fit-il la voix plus rauque que d’habitude.

- Hey.

- Bien dormis ?

- J’avais un bon oreiller, répondit-elle dans un sourire espiègle. 

- Alors je ne suis qu’un oreiller ? s’offusqua-t-il.

- Tu sais bien que tu es bien plus gros bêta. Merci pour cette soirée, et cette nuit… magique.

- Je te l’avais dis que tu m’avais manquée », rétorqua-t-il avant de l’embrasser tendrement. D’un habile coup de hanches il se trouva rapidement au-dessus d’elle et en profita pour approfondir son baiser. Alors que ses caresses se faisaient plus précises, Kate le repoussa gentiment :

- Je n’ai rien contre le fait d’enchainer un quatrième tour, mais je dois aller au poste…

- C’est vraiment obligé ?

- Je crains que oui… Mais je me ferai pardonner ce soir », ajouta-t-elle en se levant, se déhanchant plus que nécessaire pour rejoindre la salle de bain.

 

Lorsqu’elle arriva au poste, elle se dirigea directement vers la salle de repos, et se servit une tasse de café. Son écrivain lui en avait préparée une au loft, avec un petit coeur de mousse comme il en avait pris l’habitude depuis près de deux ans, mais elle aimait commencer sa journée accompagnée par son breuvage favori. Elle venait à peine de s’assoir à son bureau lorsqu’Esposito arriva.
« Yo Beckett ! Comment va Castle ?, lança-t-il, heureux de son effet lorsqu’il vit la jeune femme manquer de s’étouffer.

- Com…

- C’est la première fois depuis trois semaines que tu arrives aussi tard, et puis à encore croire la petite marque sur ton cou, la nuit a été plutôt agitée. Alors soit tu le trompes, soit il est revenu. Il n’est pas là ?

- Il avait besoin de récupérer du décalage horaire, et il voulait voir sa mère et sa fille. Ta copine sera là pour déjeuner, répondit-elle, ne pouvant pas s’empêcher de passer sa main dans son cou à la recherche de la trace traître qui lui avait échappée ce matin.

- Sa tournée a été annulée ?

- Non, il a réussi à obtenir deux jours de pause, il repart lundi matin. Bon et sinon tu as bossé un peu ou tu t’es contenté de guetter les derniers potins ?

- En épluchant les comptes de Frank Walsh, j’ai découvert l’existence de ceci, fit-il en lui tendant un document.

- Une cabane ?

- A Coney Island. Walsh l’a héritée de son père. Et d’après les factures il y va régulièrement depuis trois ans.

- Ok, super, je vais aller y jeter un coup d’oeil, on y trouvera peut-être quelque chose d’intéressant. Ryan n’est pas là ? s’enquit-elle en balayant la pièce du regard.

- SI !! hurla-t-il en arrivant en courant, tout essoufflé.

- Panne de réveil Bro ? se moqua l’hispanique.

- Sarah Grace a dû dormir deux heures… Quand est-ce qu’elle fera ses nuits ?!

- Courage Ryan, fit Beckett en lui tapotant amicalement l’épaule et en récupérant sa veste.

- Tu es sûre de vouloir y aller seule ?

- Je suis une grande fille Espo, je devrais m’en sortir. Et puis ce n’est qu’une cabane au bord de mer ! »

 

Kate se gara et descendit de sa Crown Victoria. La cabane de Walsh était cachée derrière les arbres, mais quelques branches astucieusement élaguées offraient une vue imprenable sur l’océan. Par précaution elle sortit son arme de son holster, et se dirigea vers l’entrée, les sens en alerte. Elle posa la main sur la clenche, et fronça les sourcils en constatant que la porte n’était pas verrouillée. Elle fit rapidement le tour des pièces et sécurisa l’habitation. Tout semblait en ordre, et vu la poussière qui jonchait les meubles, personne n’était venu ici depuis plusieurs semaines. Elle fouilla méticuleusement chaque recoin, à la recherche du moindre indice utile. Elle commençait à sérieusement perdre espoir lorsqu’elle marcha sur une latte qui se souleva. Une cachette secrète, tu aurais dû venir avec moi Rick. Elle souleva la planche de bois, qui cachait un espace juste assez grand pour abriter un petit carnet de cuir noir. Elle le saisit délicatement entre ses mains gantées, puis le feuilleta. Après quelques instants, elle comprit enfin de quoi il en retournait. Il semblerait que Frank Walsh y ait consigné tous les détails relatifs à ses différentes enquêtes, ainsi que ses ressentis sur les divers suspects. Et d’après ce qu’on pouvait y lire, sa soeur avait raison de dire qu’il souhaitait vraiment que ces jeunes s’en sortent. Elle glissa le carnet dans un sac de preuve, et allait rebrousser chemin lorsqu’elle remarqua une fissure dans le parquet. En s’approchant, elle trouva une nouvelle latte branlante, la souleva, et découvrit une tablette tactile. Elle voulut la déverrouiller, mais il lui fallait un code. Tory saurait certainement découvrir ce qu’elle cachait.

Elle venait de mettre le contact lorsque la sonnerie de son téléphone retentit dans l’habitacle de la voiture.


balvert  (27.03.2014 à 20:53)

Chapitre 13

Le bruit des clefs dans la serrure le fit sursauter. Il jaillit d’un bond et rattrapa de justesse son ordinateur portable avant qu’il ne s’explose en milles morceaux sur le sol du salon. Il se tourna vers l’importun, mais sourit en la voyant.

« Richard ! Tu n’es pas au poste ?

- Moi aussi je suis ravie de te voir mère ! J’avais besoin de dormir un peu, le décalage horaire m’a tué, et puis je voulais passer un peu de temps avec Alexis et toi aussi.

- Oh, donc tout s’est bien passé avec Katherine ? fit l’actrice soulagée.

- Oui, elle avait l’air contente, répondit l’écrivain dans un grand sourire. Et toi ta soirée ?

- Cette pièce était d’un ennui ! Heureusement que j’avais un charmant voisin, yeux émeraudes, les cheveux légèrement grisonnants…

- Ok, stop, je ne veux pas en savoir plus !

- Ben quoi, ce n’est pas parce que mon fils fait des galipettes avec sa fiancée que je n’ai pas le droit de m’amuser un peu !

- Tu n’étais pas censée dormir chez Alexis ? fit-il en rougissant un peu.

- Oh, ne t’en fais pas pour elle, elle s’est bien amusée elle-aussi.

- Qu… Quoi ???

- Soirée pyjama ! Entre filles ! Tu ne marches pas toi, tu coures !, se moqua la rouquine.

- Mais c’est tout à fait à ça que je pensais, marmonna-t-il. Elle est où d’ailleurs ?

- Sûrement à la bibliothèque, mais je suis sûre que si tu l’appelles, elle se mettra pas longtemps à arriver. »

Castle se jeta sur son téléphone et composa le numéro de sa petite fille. Elle était venu l’accueillir à l’aéroport la veille avec sa mère, mais il éprouvait une soudaine envie de la serrer dans ses bras. Son bébé lui avait terriblement manqué durant ces trois semaines. Il sourit en se souvenant de l’état d’excitation dans lequel elle était lorsqu’il avait évoqué l’idée de faire une surprise à Kate. Durant le trajet jusqu’au loft, entre deux anecdotes, ils avaient mis au point les détails de son plan. Elle l’avait même aidé à élaborer les menus et à faire les courses. Il avait remarqué que sa muse et sa fille s’étaient rapprochées ces derniers temps, et même s’il n’avait pas tout suivit, ça lui faisait chaud au coeur.

Une petite demi-heure plus tard une tornade rousse pénétra dans le loft, et après avoir embrassé sa grand-mère, elle assaillit son père de questions :

« Alors, raconte ! Comment ça s’est passé ?

- Bien je crois …

- Comment elle a réagit ?

- Elle était plutôt surprise ! répondit-il, préférant passer sous silence la partie où elle se jetait à son cou.

- Et tu t’y es prit comment finalement ?

- Tu avais raison, les pétales de roses depuis l’entrée de l’immeuble jusqu’au loft, c’était peut-être un peu trop…

- Tu as entendu ça grand-mère ? Pour une fois mon père a écouté ce qu’on lui disait !

- Ah, ah, moque-toi, bouda l’écrivain.

- Bon, alors, tu as fait comment ?

- Tu le saurais si tu arrêtais de m’interrompre toutes les cinq minutes !

- Désolée…

- J’ai passé l’après-midi à préparer les plats et à dresser la table. Lorsque Esposito m’a prévenu qu’elle quittait le poste…

- Tu l’avais mis dans la confidence ?

- Vu ses horaires plus qu’aléatoires, j’avais besoin d’avoir une idée de l’heure de son arrivée si je ne voulais pas que ça tombe à l’eau. Et puis Ryan a sa fille, je ne pouvais pas le lui demander…

- Et alors, ensuite ?

- Je l’ai guettée, et lorsque je l’ai vue se garer, je me suis caché dans le bureau, et je l’ai appelée. Pour une fois la panne de l’ascenseur a été plutôt utile. Je lui ai demandé de rentrer en fermant les yeux et d’imaginer que j’étais là.

- Et je suis persuadée qu’elle t’a sauté dessus », fit la jeune femme, explosant de rire devant la gène de son père.

Malheureusement pour elle, les réjouissances furent de courte durée lorsqu’il se décida à la cuisiner à son tour sur ses activités de la veille. Il fut rassuré d’entendre qu’elles étaient entre amies, et qu’elles s’étaient contentées de discuter potins et de regarder la dernière comédie romantique à la mode en dégustant un immense saladier de pop-corn.

 

Lorsqu’il arriva au poste, il fut surpris de ne pas la trouver à son bureau. Il se dirigea vers la salle de repos, puis celle de conférence, mais ne la trouva pas. Il tomba enfin sur Esposito et Ryan :

« Eh les gars, vous n’avez pas vu Beckett ?

- Et sinon, bonjour non ? se moqua Ryan.

- Ou, merci beaucoup Bro’ pour hier soir, tu m’as sauvé la soirée !

- Euh, ouais, merci Bro, je te revaudrais ça.

- Je pense qu’un petit tour en Ferrari ne serait pas grand chose, à côté de la nuit magique que tu as passé grâce à moi, fit-il en lui lançant un regard lourd de sens.

- Je croyais que tu voulais des places pour la finale de la NBA ?

- J’ai dû rester tard… Je pense que les deux ça serait un dédommagement correct…

- Je savais bien que je n’aurai jamais dû te mettre dans la confidence, soupira Castle. Et sinon, vous sauriez où est Kate ?

- Elle est allée visiter la cabane de la victime.

- Seule ?!

- Tu la connais, elle n’a rien voulu entendre quand on lui a proposé de l’accompagner.

- Ca fait combien de temps qu’elle est partie ?

- Euh… Trois heures environ. Mais c’est à Coney Island, c’est normal.

- Relax Bro, elle ne devrait plus tarder, fit l’hispanique en voyant son ami s’agiter.

- Je… Je vais l’appeler pour être sûr. »

Il composa son numéro fébrilement, et attendit. A chaque sonnerie son coeur se serrait. Il manqua d’exploser lorsqu’il tomba sur sa messagerie.


balvert  (28.03.2014 à 18:48)

Chapitre 14

Castle s’empressa de raccrocher, puis recomposa son numéro d’une main tremblante. Ryan et Esposito, inquiets, guettaient sa moindre réaction. Il ne put retenir un soupir de soulagement lorsqu’elle décrocha enfin à la troisième sonnerie.

« Beckett.

- Kate ! Ca va ? Tu es où ???

- Euh, à Coney Island, chez la victime. Pourquoi ? Oh, attends, tu t’es inquiété ?

- Non ! Enfin… C’est que… J’ai appelé… Et toi… bredouilla-t-il.

- Je vais bien Castle, je viens de partir, je ne devrais plus tarder.

- Oh… euh… super, souffla l’écrivain.

- Préviens les Bros que j’ai du nouveau. Et le temps que j’arrive, essaye de ne pas alerter les trois-quarts de la ville », se moqua-t-elle gentiment.

Elle raccrocha et contempla les rues de New York d’un air absent. C’est vrai que d’aller seule à Coney Island n’avait peut-être pas été la décision la plus prudente qu’elle ait prise. Mais elle avait eu l’intention d’en profiter pour poursuivre ses investigations concernant le corbeau de Gates, et elle avait plutôt bien fait. Cette dernière l’avait appelée alors qu’elle quittait la cabane de Walsh. Contrairement aux premiers jeux de photos, celui-ci avait été développé dans un commerce. Son ami avait réussi à identifier la marque, grâce à quelques caractéristiques spécifiques, comme la qualité de papier utilisé ou le type d’encre. Malheureusement pour eux, la chaîne possédait plus d’une dizaine de boutiques rien qu’à New York. Mais pour la première fois depuis le début de l’enquête, Kate avait eu de la chance. Le patron de la seconde boutique qu’elle visitait se souvenait de lui. Il était venu peu avant la fermeture, et ne cessait de regarder la porte d’entrée durant l’impression des clichés. Il semblait vouloir cacher quelque chose, mais avait utilisé sa carte bleu pour régler. Après avoir fouillé dans ses registres, le commerçant lui avait enfin offert un nom : Zach Pearson.

Assise dans sa voiture, Kate réfléchissait. Tout ceci était étrange. Les trois premières fois, il semblait avoir fait preuve de beaucoup de sang froid en envoyant les clichés à Gates, prenant soin de ne laisser aucune trace. Mais il avait envoyé la dernière série à Jason, et avait commis de nombreuses erreurs en la faisant développer dans une boutique spécialisée. Pourquoi ? Elle soupira, ne comprenant décidément pas grand chose à ce qu’il se passait. Elle espérait que la Capitaine parviendrait à l’éclairer.

 

Lorsqu’elle arriva au poste, elle jeta un coup d’oeil au bureau de Gates, mais fut surprise de constater qu’il était vide. Puis elle se souvint qu’elle avait une réunion importante ce matin là. Elle allait donc devoir attendre avant de pouvoir lui communiquer les nouvelles informations… Elle trouva les gars dans la salle de repos, bavardant gaiement autour d’une tasse de café.

« Alors, c’est comme ça qu’on travaille, se moqua-t-elle.

- On t’attendait ! répondit Ryan.

- Ouais, on voulait savoir ce que tu avais trouvé avant de continuer, ajouta Esposito.

- La bonne excuse pour se la couler douce… fit-elle en les regardant sévèrement.

- Alors, la pèche a été bonne ? demanda Castle, soulagé de la voir.

- Peut-être. J’ai trouvé un carnet où Walsh semblait consigner de nombreux détails concernant ses enquêtes. Un élément nous a peut-être échappé dans ses rapports, peut-être qu’on trouvera quelque chose en l’épluchant. Il y avait également une tablette numérique, mais elle était verrouillée, je l’ai laissée à Tory, elle devrait nous en dire plus rapidement. Et vous du nouveau ?

- Non, rien du tout…

- Ok, allez déjeuner, on s’attaque au carnet ensuite. Tu viens Castle ?

- On va où ? 

- Tu verras », répondit-elle mystérieuse.

 

Elle se dirigea vers le coffre de sa voiture, où elle récupéra un petit panier. Lorsque son écrivain la questionna, elle se contenta de répondre qu’elle aussi avait le droit de le surprendre. Ils marchèrent quelques minutes puis s’installèrent sous un grand chêne de Central Park, « leur » chêne, celui où ils avaient pris leurs habitudes le dimanche après-midi lorsqu’elle n’était pas de permanence, à quelques mètres seulement de « leurs » balançoires. Elle déplia une grande nappe, et sorti les plats tout prêts qu’elle était passée récupérer juste avant de retourner au poste. Ils mangèrent tout en discutant de tout et de rien, puis Castle s’adossa à l’arbre, et Kate vint prendre place contre son torse. Ils restèrent un moment silencieux, observèrent le petit écureuil qui se faufilait habilement entre les jambes ou les roues des poussettes, afin de rejoindre la cime d’un arbre un peu plus loin, admirèrent tendrement la petite tête blonde qui se balançait gaiement, solidement accrochée aux bras de ses deux parents et frémirent en voyant le jeune homme tomber après avoir tenté une nouvelle figure sur son skateboard. Ils s’embrassaient de temps en temps, comme des adolescents, heureux d’être dans les bras l’un de l’autre. Puis Kate finit par rompre le silence :

« Martha et Alexis allaient bien ?

- On ne peut mieux !

- Elles ont passé une bonne soirée hier ?

- Je crois oui.

- Tu ne trouves pas ça étrange que bizarrement, le soir où tu rentres, elles soient toutes les deux occupées, alors qu’elles se sont arrangées pendant trois semaines pour que je ne sois presque jamais seule ?

- Euh, une coïncidence peut-être ? tenta Castle.

- Je ne crois pas aux coïncidences. Je suis même sûre qu’elles ont participé activement à la surprise. Martha a aimé la pièce de théâtre que tu avais choisi ?

- Tu sais que tu devrais faire flic toi ? répondit l’écrivain, s’avouant vaincu.

- J’y penserai peut-être, je suis pas mal occupée en ce moment… fit-elle en souriant. Bon aller, au boulot !

- Et si j’ai pas envie ? demanda-t-il en la serrant un peu plus contre lui, l’empêchant de se lever.

- Je te rappelle que j’ai une arme.

- Tu n’oserais pas t’en servir contre ton fiancé, tu ne peux plus te passer de moi, rétorqua-t-il sûr de lui.

- Dans ce cas je crois que je vais rendre visite à la chambre d’ami ce soir.

- Tu… Bon, ok, on y va », soupira-t-il, persuadé qu’elle était capable de mettre sa menace à exécution.

 

Gates revint au poste en même temps qu’eux. Les jeunes femmes échangèrent un bref regard, puis chacune se mit au travail. Kate s’empara d’une des copies qui avait été faite du carnet de Frank Walsh et commençait sa lecture, lorsque la Capitaine l’appela. Elle se dirigea vers son bureau, après avoir répondu d’un hochement d’épaule aux trois regards interrogateurs. Elle referma la porte.

« Alors, vous avez du nouveau ? demanda la métisse.

- Zach Pearson.

- Oh mon Dieu ! fit-elle, développant des trésors d’ingéniosité pour tenter de rester impassible.

- Vous le connaissez ?

- Il se pourrait que je comprennes enfin ce qu’il se passe ici… Vous pourriez passer ce soir ?

- Sir … répondit la jeune femme en regardant son écrivain.

- Oh, oui, bien sûr, je comprends tout à fait. Vous m’avez déjà beaucoup aidé Lieutenant, merci !

- Oh, non mais je vais venir ! C’est juste que je n’ai pas envie de passer tout mon week-end à lui mentir…

- Je vois… Mais pourriez-vous attendre qu’on soit complètement sûr avant de tout lui raconter ? Je me chargerai moi-même des explications si vous le souhaitez…

- D’accord », finit-elle par dire après une brève hésitation.


balvert  (29.03.2014 à 18:41)

Chapitre 15

Il commençait à se faire tard, et Castle piétinait d’impatience. L’étude du carnet de Walsh n’avait pas donné grand chose, mais Beckett avait tenu à faire une seconde relecture. Il fut soulagé en la voyant enfin prendre sa veste et quitter le poste. En arrivant à la voiture, il marqua un temps d’arrêt, ne la voyant pas monter. Il fronça les sourcils devant son air soucieux :

« Kate ? Ca va ?

- Je ne vais pas rentrer avec toi.

- Pardon ? fit-il, le coeur s’emballant.

- Pas tout de suite ! répliqua-t-elle en mesurant la portée de ses mots. Je te rejoindrais au loft plus tard.

- Oh… Pourquoi ?

- Je ne peux pas t’expliquer pour le moment…

- Tu en fais des mystères, déclara-t-il suspicieux.

- Gates m’a demandé de lui rendre un service.

- C’est ça que vous mijotiez tout à l’heure ?

- Oui. Ecoute Babe, c’est assez compliqué, je ne peux pas t’en dire plus pour le moment

- Même en dehors du poste elle arrive à me pourrir la vie… marmonna l’écrivain.

- Je ne devrai pas en avoir pour très longtemps, je me ferai pardonner ! promis la jeune femme.

- Tu as intérêt d’être très persuasive, parce que là je t’en veux à mort… »

Kate sourit, puis poussa son fiancé contre la voiture. Elle s’avança lentement, très lentement, trop lentement peut-être au goût de son homme qui ne lâchait pas ses lèvres du regard, comme hypnotisé. Elle s’approcha au plus près veillant toutefois à ne pas le toucher, laissa leurs souffles se mêler, mais pivota au dernier moment pour lui murmurer d’une voix suave : « Je crois que j’ai quelques bons arguments… ». Puis elle monta dans la voiture, fière d’elle, laissant un Rick tout pantelant qui marmonna un « allumeuse » avant de monter à son tour. Elle le déposa devant le loft, puis prit la direction de l’appartement de sa chef.

 

« Entrez Beckett, je vous attendais. Vous voulez boire quelque chose ?

- Je veux bien un café merci.

- Comment va Castle ?

- Il était un peu déçu de voir ses plans pour la soirée annulés, mais il s’en remettra.»

Un troublant silence s’installa entre les deux femmes, aucune des deux ne sachant par où commencer. Après tout Gates n’était pas un témoin comme les autres, comment Kate était censée agir ? Devait-elle lui poser des questions ? Ou bien attendre ses confidences ? Elle finit par choisir une solution intermédiaire, et lança la conversation sur des banalités.

« Votre mari n’est pas présent ?

- Non, il est en déplacement pour son travail, il ne rentrera que la semaine prochaine. Il travaille dans le cyberterrorisme.

- Oh, il est de la maison ?!

- Et oui, je crains que la police soit une histoire de famille… Heureusement que Jason a choisit des études d’architectures !

- Oui, il devrait être plus tranquille, sourit la jeune femme.

- Mais ça ne l’empêche pas d’être menacé à cause de moi…  

- Ce n’est pas de votre faute !

- En partie si… Zach Pearson, murmura-t-elle pensive.

- Vous le connaissez ? demanda Kate pour la seconde fois de la journée.

- Pas personnellement non, mais j’ai bien connu son père, Jack Pearson. C’était mon partenaire.

- Oh, s’exclama la jeune femme surprise.

- Je venais tout juste de sortir de l’école de police lorsque j’ai atterri un peu par hasard à la brigade des Stups. L’ancien partenaire de Jack venait d’être muté, alors Frank lui ordonna de travailler avec moi. Je crois que je n’ai jamais connu quelqu’un d’aussi macho ! Etre une femme dans ce service n’était pas tous les jours évidents, mais travailler avec Jack était un véritable enfer ! Mais au fil des affaires, j’ai fait mes preuves, et il a fini par m’accepter. Une réelle complicité a commencé à nous unir. Pas comme pour Castle et vous, loin de là ! Jack était marié à Grace depuis cinq ans, et ils venaient d’avoir un enfant lorsque j’ai débarqué. Ils se connaissaient depuis le lycée, j’ai rarement vu un couple aussi uni, ils étaient adorables ! Je considérais plutôt Jack comme le grand frère que je n’ai jamais eu.

- Que s’est-il passé ? » demanda doucement Kate.

 

La métisse se leva et marcha en rond dans son salon. Elle semblait en proie à d’intenses réflexions, à moins qu’elle n’essayait d’ordonner ses souvenirs. Elle triturait nerveusement ses mains et ses yeux regardaient dans le vide. Beckett fut gênée de la voir ainsi et lui proposa une porte de sortie :

« Vous n’êtes pas obligée d’en parler.

- Si, bien sûr que si ! Je savais qu’en vous appelant à l’aide je serais obligée de me confier tôt ou tard. Mais j’étais loin de me douter que ça concernerait cette partie-là de ma vie…

- Prenez votre temps. »

 

Gates finit par reprendre place dans le fauteuil qui faisait face à la jeune flic, soupira, puis prit la parole :

« Un jour, Jack a eu un tuyau par un de ses indics, concernant un des plus gros cartel de l’époque. Ca faisait des années qu’on essayait de les coincer, et cette information nous offrait une occasion en or. Seulement il nous fallait quelqu’un à l’intérieur, pour que tout soit parfait. N’ayant pas vraiment de famille à l’époque contrairement à la majorité des gars et étant un visage relativement peu connu du milieu, je me suis immédiatement portée volontaire. Seulement Jack n’était pas franchement d’accord, et après avoir essayé en vain de me faire changer d’avis, il a convaincu Frank de l’envoyer avec moi. Nous devions nous faire passer pour un jeune couple spécialisé dans la revente d’armes à feu. Après un rapide briefing et une courte formation, nous nous sommes infiltrés. Tout se passait bien, jusqu’au jour où… fit-elle la voix tremblante.

- Vous avez été doublés ? proposa Kate pour l’aider.

Gates hocha lentement la tête.

- Ca faisait une semaine qu’on avait réussi à entrer en contact avec le cartel. Nous avions organisé une rencontre pour le lendemain. Seulement l’indic de Jack nous avait balancé contre une grosse somme d’argent, mais nous n’en savions rien. L’une des plus grosses opérations de l’histoire des Stups a été mise sur pieds. L’échange devait avoir lieu dans un hangar sur les quais. Des dizaines de nos hommes prirent position. Jack et moi avons seulement eu le temps d’avancer de quelques mètres dans le bâtiments lorsqu’une fusillade éclata. 

Gates se balançait désormais imperceptiblement d’avant en arrière et fixait un point invisible derrière Kate. Ses yeux trahissaient son intense souffrance. Elle semblait revivre chaque instant de cette scène. Ca lui fit mal au coeur de la voir ainsi, mais Beckett n’osa pas l’interrompre.

- Tout s’est passé extrêmement vite. Je ne sais toujours pas comment je me suis retrouvée derrière ce container. Jack était à quelques mètres de moi. Il essayait de se mettre à l’abri lorsqu’il a reçu une balle en plein coeur, rapidement suivie d’une autre qui lui explosa le crâne. C’est comme si le temps venait de s’arrêter. Je n’entendais plus les claquements des balles, ni les hurlements de douleur ou de rage. J’étais comme paralysée. Je n’ai même pas réagi en sentant une main se poser sur mon épaule et me tirer vers l’arrière. C’était Frank. S’il n’était pas intervenu, je serai certainement dans cet entrepôt moi-aussi…

- Je suis désolée…

- J’ai été transportée à l’hôpital en état de choc, continua-t-elle sans l’entendre. A chaque fois que je fermais les yeux, je voyais son regard vitreux, que la vie quittait peu à peu. Je n’ai jamais pu retourner au poste. Toute mon enfance, mon père me rabâchait que ce qui ne nous tuait pas nous rendait plus fort. Alors j’ai décidé de tout quitter. Je suis allée à son enterrement, lui faire mes adieux, j’ai présenté mes condoléances à Grace et à son fils, et j’ai fais une croix sur cette partie de ma vie. Je n’ai jamais repris contact avec eux, ni ne suis retournée sur sa tombe. Mon père travaillait aux Affaires Internes. Une semaine après j’emménageais dans mon nouveau bureau. »

 

Un nouveau silence s’installa. Kate ne savait pas quoi dire devant la douleur de sa confidence. Et elle savait qu’il n’y avait rien à dire. N’importe quelle parole aurait de toute façon été trop fade. Elle admirait sa force de caractère. Il fallait beaucoup de courage pour réussir à rebondir aussi rapidement qu’elle l’avait fait. Gates se reprit, puis la regarda avec un sourire triste. 

« Vous pensez que les deux affaires sont liées ? demanda soudain Kate.

- J’étais la partenaire de son père, et Frank son chef, je ne crois pas aux coïncidences…

- Mais pourquoi maintenant ? Ce que vous me racontez a plus de vingt ans !

- Zach avait à peine deux ans à l’époque. Je ne sais pas ce que Grace lui a raconté, mais vous êtes mieux placée que quiconque pour comprendre l’importance de savoir ce qu’il s’est passé ce jour-là. Je suppose qu’il a dû mener son enquête. Vous avez du nouveau pour le meurtre de Frank ?

- Peut-être oui. Nous avons découvert l’existence d’une cabane qu’il avait hérité de son père. On y a découvert une tablette numérique, qui est en cours d’analyse. Et un petit carnet.

- Noir relié en cuir ?

- Euh oui… Vous en connaissiez l’existence ? fit Kate surprise.

- Frank le trimbalait partout avec lui ! On s’est souvent moqué de lui à ce sujet d’ailleurs. Il y consignait tous les détails et ses ressentis sur chaque affaire. Il pouvait être quelque fois parano, et il n’avait pas confiance, il disait que la salle des archives était bien trop facile à atteindre. Il a failli avoir raison un jour. Par chance on a réussi à arrêter le gamin juste avant qu’il ne mette le feu à la salle. Le lendemain, Jack et moi achetions notre propre carnet.

- Vous en aviez un vous aussi ?!

- Le mien était bleu. Ils n’étaient sûrement pas autant à jour que celui de Frank, mais nous essayions d’y consigner le maximum d’informations. J’ai mis le feu au mien en quittant les Stups. Je ne sais pas ce qu’est advenu de celui de Jack.

- C’est ça ! s’exclama la jeune femme. Peut-être que Jason a mis la main sur ce carnet récemment.

- Dans ce cas il a eu accès à tous les détails concernant la dernière enquête de son père.

- Mais pourquoi vous harceler et tuer Pearson ?

- Ca, c’est à vous de le découvrir Lieutenant… »


balvert  (30.03.2014 à 18:12)

Chapitre 16

Kate changea une nouvelle fois de position. Elle n’avait pas beaucoup fermé l’oeil de la nuit, et pour une fois pas uniquement à cause de son écrivain. Elle observa les chiffres lumineux de son radio-réveil. Il était trop tôt, mais elle savait qu’elle n’arriverait plus à dormir. Elle ne pouvait s’empêcher de s’inquiéter pour Gates. Elle l’avait forcée à rentrer profiter du reste de la soirée. Kate avait refusé, mais elle ne lui avait pas laissé le choix. Elle lui avait finalement promis de ne rien tenter de stupide, mais elle n’allait pas rester les bras croisés maintenant qu’elle connaissait l’identité de son corbeau. Beckett réussi à la convaincre de prévenir Karpowski, qui pourrait l’aider à le localiser. Gates accepta, à condition de le faire passer pour son propre suspect dans le meurtre de Walsh, elle trouverait bien un prétexte pour que Karpowski accepte. Kate tendit le bras pour consulter son téléphone, mais elle n’avait aucune nouvelle. Elle regarda à nouveau l’heure, et soupira. C’était étrange cette façon que le temps avait de sembler s’étendre à l’infini par moments, alors qu’à d’autres il filait sans prévenir… Elle se retourna vers Castle. Décidément, leur week-end en amoureux était définitivement tombé à l’eau. Elle s’extirpa doucement du lit, lui laissa un mot, et quitta le loft sans même prendre son café matinal.

Lorsqu’elle arriva au poste, elle se dirigea directement vers le bureau de la Capitaine. Elle allait entrer lorsqu’elle vit qu’elle n’était pas seule.

« Beckett ? Que faites-vous là à cette heure-ci ?

- J’étais réveillée Sir, je pensais être plus utile en venant.

- T’es sympa de refiler le sale boulot aux collègues toi au fait, lui reprocha gentiment Karpowski.

- Désolée… Je te revaudrais ça !

- J’y comptes bien ! Mais tu tombes bien, on vient de le localiser.

- C’est vrai ?

- Il est dans un motel dans Brooklyn, apparemment il y crèche depuis quatre jours, on allait l’arrêter.

- Je peux me joindre à vous ?

- C’est ton suspect, tu comptes quand même pas nous laisser faire tout le boulot j’espère ! » rigola la jeune femme.

- Après un hochement de tête de Gates, Kate suivit les hommes de Karpowski.

 

Ils ne mirent pas longtemps à atteindre le motel de Pearson, les rues désertes à cette heure matinale facilitant la circulation. Après s’être renseignés à l’accueil, deux hommes se positionnèrent de manière à couper toute retraite du suspect, tandis que Beckett et Karpowski se rendaient au cinquième étage. Après un léger signe de tête, Kate ouvrit la porte grâce à la carte magnétique, et les deux femmes pénétrèrent dans la chambre. La pièce étant petite, elles ne tardèrent pas à le trouver, son corps déformant les couettes. Kate s’avança prudemment, arme au poing, puis souleva d’un geste brusque les couvertures, ce qui eut pour effet de réveiller Zach en sursaut.


Pearson fut conduit en salle d’interrogatoire. Kate eut juste le temps d’en sortir lorsqu’on lui tomba dessus.
« Euh, tu peux nous expliquer comment ça se fait qu’un certain Zach Pearson, qui apparemment s’avère être le suspect principal dans l’affaire Walsh, se retrouve enfermé dans cette salle ? demanda Esposito.

- Et surtout, comment est-ce qu’il est apparu ? renchérit l’irlandais.

- C’est qui ce mec ? ajouta l’écrivain.

- Les gars… commença Kate, déstabilisée.

- Messieurs Esposito, Ryan et Castle, dans mon bureau, immédiatement, tonna Gates. Venez aussi Beckett. »


Kate observa les visages des trois hommes peu à peu se déformer sous l’effet de la surprise.

« Attendez, deux secondes, fit Ryan. Si j’ai bien compris, depuis quelques semaines vous recevez des lettres anonymes contenant des photos de vous et de votre famille.

- C’est ça, acquiesça la métisse.

- Vous avez demandé de l’aide à Beckett, et vous avez découvert que Zach Pearson était votre corbeau.

- C’est ce qu’on a compris hier.

- Mais je ne vois pas le rapport avec le meurtre, s’exclama Castle.

- Il s’avère qu’il y a longtemps, j’ai travaillé avec le père de Zach, sous le commandement de Frank Walsh.

- Vous… Vous avez travaillé aux Stups ? fit l’écrivain suspect.

- Effectivement. Le père de Zach a été tué lors d’une opération, on pense qu’il a dû le découvrir récemment, et qu’il cherche à faire payer les responsables. Il ne vous reste plus qu’à prouver qu’il est derrière le meurtre de Frank. »

 

Beckett pénétra seule dans la salle d’interrogatoire, mais elle savait que les gars étaient derrière la vitre sans tain, prêts à boire chacune de ses paroles. Elle contempla le suspect. Il devait avoir une vingtaine d’années, brun, aux yeux bleus, de taille moyenne mais assez musclé. Il se dandinait sur sa chaise, visiblement peu à l’aise. Elle s’assit, puis ouvrit le dossier.

« Zach Pearson, je suis le Lieutenant Beckett, j’ai quelques questions à vous poser.

- Moi aussi j’en ai ! Je peux savoir ce que je fous ici ?

- Je suis persuadée que vous en avez une petite idée.

- Euh… Non, répondit-il, prit au dépourvue.

- Vraiment ? Reconnaissez-vous cet appareil photo ? On l’a retrouvé dans votre chambre.

- Ouais, c’est un ami qui me l’a prêté, j’en avais besoin pour un exposé.

- Et cet exposé portait sur l’espionnage et le harcèlement d’un Capitaine de police sans doute ?

- Quoi ?!

- Cessez votre petit jeu Zach, la dernière série de photos que vous avez envoyé se trouve encore sur la carte SD de l’appareil. Et puis nous avons vos empreintes, ce n’est qu’une question de temps avant que le labo nous envoie les résultats, bluffa Kate.

- Impossible, j’ai mis des gants !

- Donc vous reconnaissez être l’auteur de ces courriers ?

- Je veux un avocat, lança-t-il avant de s’enfoncer dans sa chaise.

- Et vous en aurez un. Avant ça, juste une dernière question. Pourquoi avoir tué Frank Walsh ?

- Pardon ?! s’exclama-t-il en se redressant d’un bond. Nan mais vous délirez complètement ! Ok, j’avoue pour les lettres anonymes, mais je n’ai jamais tué personne !

- Pourquoi est-ce que vous harceliez Victoria Gates ? A cause de la mort de votre père ?

Zach Pearson laissa échapper un long soupire lorsqu’il comprit qu’il venait de se faire avoir en beauté. Il réfléchit quelques instants, puis décida de passer à table, de toute façon il avait avoué, il n’avait plus rien à perdre.

- Il y a un mois environ, ma mère a tenu à faire un grand nettoyage de printemps dans la maison. Il y avait tout un tas de vieilles affaires au grenier, et il était grand temps de s’en débarrasser. En faisant du tri, je suis tombé sur un petit coffre en bois poussiéreux. Lorsque je l’ai ouvert, j’ai découvert un petit carnet noir et quelques photos. Mon père m’a écrit pas mal de petites histoires lorsque j’étais petit, j’ai donc tout de suite reconnu son écriture. J’ai gardé le carnet sans en parler à ma mère. Je l’ai lu le soir-même.

- Et lorsque vous avez compris pour quoi votre père était mort, vous avez pété un câble.

- Vous ne pouvez pas comprendre Lieutenant. Après tant d’année, je tenais entre les mains toutes les réponses que j’avais passé ma vie à chercher !

- Pourquoi harceler Gates ?

- Lorsque j’ai vu qu’il avait préféré cette femme à sa famille, j’ai pété les plombs. Un jour, je l’ai suivie. Je l’ai vue rire avec son mari et son fils. C’était injuste. A cause d’elle, je n’avais pas eu le droit moi à ce genre de moments privilégiés. Alors j’ai voulu faire de sa vie un enfer.

- Et Walsh là dedans ?

- Je vous jure que je n’y suis pour rien dans son meurtre. J’ai voulu aller le voir il y a quelques jours, et puis j’ai appris sa mort dans les journaux. J’ai pris peur. Je me suis réfugié dans ce motel pourri. Je ne pouvais pas imprimer les clichés de chez moi, alors je me suis rendue chez un professionnel. Et puis je les ai envoyé à son fils, histoire de faire pression sur elle une dernière fois. »

 

Kate pénétra dans la salle attenante à la salle d’interrogatoire. Gates fixait Zach, pensante. Castle se tourna vers elle :

« Ca ne colle pas !

- De quoi ?

- Zach en tueur ! D’après ce que tu m’as dis, le meurtre a été commis avec beaucoup de sang froid, avec un MO digne d'un pro ! Or Zach est totalement dominé par ses émotions !

- Il a quand même réussi à envoyer trois jeux de photos sans laisser d’indices.

- Parce qu’il avait eu le temps de prendre du recul pour les préparer. Mais regarde les erreurs qu’il a fait la dernière fois, lorsqu’il a appris le meurtre de Walsh.

- Quelque chose nous échappe…" fit Kate en fronçant les sourcils.


balvert  (31.03.2014 à 21:02)

Chapitre 17

« Je n’en reviens pas que tu ne m’en aies pas parlé ! lança Castle, profitant d’être enfin seul avec sa fiancée dans la salle de repos.

- Castle… commença Kate, troublée par l’air sérieux de l’écrivain.

- Tu te rends compte de ce que tu m’as caché ?

- J’avais promis…

- Nan mais sérieusement, Gates qui se fait harceler c’est tout simplement énorme comme histoire ! 

Kate fut surprise, puis elle sourit, soulagée, devant l’air gamin de son homme. Elle secoua lentement la tête, décidément il ne changerait jamais… Et tant mieux, ça faisait partie de son charme ! Mais elle était obligée de le sermonner, au moins pour la forme :

- Castle ! Je ne suis pas persuadée que tu rigolerais autant si tu avais un corbeau à tes trousses ! 

- Pas faux… N’empêche, ce mec est un héros pour avoir osé s’en prendre à Iron !

- Accumuler les infractions à la loi, je n’appelle pas ça être un héros…

- T’es pas marrante quand tu t’y mets tu sais ? grimaça Rick.

- J’ai une enquête à résoudre, et pour le moment on a rien, alors je ne suis pas vraiment d’humeur… répondit-elle en regagnant son bureau.

- Je peux peut-être faire quelque chose pour vous, s’exclama Tory en passant la tête au travers de la porte de la salle de conférence. J’ai réussi à entrer dans la tablette de Walsh. Elle contenait tout un tas de fichiers, mais il y avait un dossier qu’il consultait très régulièrement. J’y ai trouvé ceci.

Ils lurent attentivement les documents qu’elle présentait, un sourire se formant peu à peu sur leurs visages.

- Je crois qu’on vient de trouver notre tueur ! », affirma Castle.

 


« Prenez votre temps, il faut que vous soyez parfaitement sûre de vous.

- Il avait le visage masqué, je ne suis pas persuadée que je vais vous être d’une grande aide Lieutenant.

- On peut toujours tenter. »

Kate était avec Hannah Walsh dans la petite salle attenante à la salle d’interrogatoire. De l’autre côté de la vitre, six hommes, de morphologie similaire, se tenaient face à eux, portant un petit carton sur lequel était inscrit un numéro. Elle observait la jeune femme, guettant la moindre de ses réactions devant les visages de ces hommes. Elle commençait à penser que cette idée n’était peut-être pas aussi bonne qu’elle l’avait pensée lorsqu’Hannah demanda :

- C’est possible qu’ils s’approchent ? J’aimerai voir leurs yeux.

- Oui, bien sûr", répondit-elle avant d’enclencher le micro et d’ordonner aux suspects d’avancer de quelques pas.

Hannah mit deux longues minutes à détailler chaque paire d’yeux, puis elle prit la parole d’une voix assurée :

« Le numéro 5.

- Vous êtes sûre ?

- Je n’ai jamais pu oublier ce regard Lieutenant, c’est lui. »

 


Kate pénétra dans la salle d’interrogatoire, où l’attendait le « numéro 5 » flanqué de ses deux avocats. Elle se présenta poliment, puis débuta ses questions :

« Est-ce que vous connaissez cet homme ? fit-elle en avançant une photographie vers lui.

- C’est une blague ?

- Je crains que non…

- Vos collègues sont déjà venus me voir il y a quelque jour pour m’accuser de son meurtre. La police de New York n’a donc rien d’autre à faire que de faire perdre leur temps aux honnêtes gens lorsqu’elle n’a pas de suspect ?

- Détrompez-vous, nous avons un suspect, très sérieux même.

- C’est vrai ? Tant mieux pour vous. Maintenant vous m’excuserez mais j’ai d’autres choses à faire !

- Je crois que vous feriez mieux de rester assis, j’ai pas mal de questions à vous poser Monsieur Brown.

- Attendez … Vous n’êtes tout de même pas en train d’insinuer que je suis pour quelque chose dans ce meurtre ?

- Si, c’est parfaitement ce que je suis en train de faire ! rétorqua Kate, sûre d’elle.

- Lieutenant Beckett, dois-je vous rappeler que mon client a un alibi pour la nuit du meurtre ?

- Ce n’est pas la peine, nous avons déjà vérifié. Connaissez-vous cette femme ? continua-t-elle, montrant une nouvelle photo.

- Euh non, je ne pense pas …

- C’est étrange, parce qu’elle vous a reconnu.

- Oh vous savez Lieutenant, j’ai un visage que peu de gens peuvent oublier, surtout les femmes, répondit-il dans un sourire charmeur qui lui donna envie de vomir.

- Surtout pour une femme que vous avez violée …

- Lieutenant, je ne sais pas à quoi vous jouez, mais méfiez-vous de vos insinuations ! protesta l’un des costards-cravates.

- Ne vous en faites pas pour moi, j’ai des preuves de ce que j’avance. Il y a trois ans, vous avez violé cette jeune femme, Hannah Walsh, la soeur de ma victime. Mais, coup de chance, Frank Walsh a été obligé de démissionner quelques jours après les faits, à cause de vos accusations de violence policière.

- Comme je l’ai dis à vos collègues, je ne suis pas responsable des coups de folie d’un flicaillon !

- Bizarrement, l’enquête a été classée deux semaines seulement après les faits, faute de preuve concluante. Et, encore plus étrange, les analyses ADN ont mystérieusement disparues du rapport du légiste…

- Lieutenant, vos insinuations sont insupportables. Mon client a été blanchi pour cette histoire, alors si vous continuez avec vos questions, vous pouvez considérer cet entretient comme terminé.

- Il n’a pas été blanchi, il n’y a pas eu enquête, nuance. Vous pensiez être sorti d’affaire, que cette histoire était derrière vous. Seulement un soir ce « flicaillon » comme vous dites est venu vous voir, affirmant qu’il avait des preuves et qu’il allait vous coincer.

- De quoi vous parlez ?

- On a retrouvé ces documents sur sa tablette numérique. D’après vos relevés téléphoniques, vous avez appelé un taxi quelques minutes après l’agression. Le chauffeur se souvient vous avoir pris en charge à quelques rues du lieu du crime.

- Au bout de trois ans il se souvient, il a bonne mémoire, railla Brown.

- Non, au bout de cinq jours. Walsh a un enregistrement sonore de son témoignage.

- Monsieur Walsh n’était plus policier à l’époque, vous avez conscience que ces preuves sont irrecevables j’espère ?

- Celles-ci et celles plus récentes de l’achat de chloroforme et autres détails incriminant oui. Mais pas celle-là, répondit Kate en leur tendant une feuille de papier.

- Pouvons-nous savoir de quoi il s’agit ? demanda l’un des avocats, alors que son client avait perdu de sa superbe.

- La prochaine fois que vous engagez un tueur à gages, évitez de le faire par mail, même crypté. Vous vous êtes cru rusé Brown, mais on finit toujours par payer ce qu’on a fait ! »

 

Lorsqu’il sortit de la salle, ce fut menottes aux poings, encadrés de deux policiers. Alors qu’il attendait que les portes de l’ascenseur s’ouvrent, Esposito le héla :

« Hey Brown ! Maintenant tu sais que je perds rarement les défis qu’on me lance … »


balvert  (01.04.2014 à 21:25)

Chapitre 18

« Alors voilà, tout ceci est réellement terminé… »

Kate était passée dans le bureau de la Capitaine avant de rentrer au loft. Elle contempla la métisse qui était assise derrière son bureau, ses lunettes soigneusement pliées sur une pile de dossiers en cours, ses bras reposant sur les accoudoirs de son fauteuil, mais surtout son regard. Malgré la fatigue qu’elle y discernait sans problème, en plus du soulagement qu’elle ressentait, elle entrevoyait l’étincelle qu’elle avait perdu ses derniers jours. Iron Gates était de retour. Mais elle savait qu’après cette affaire, plus rien ne serait comme avant entre elles.

« J’ai du mal à croire que ça y’est, le cauchemar est fini, avoua Gates.

- Vous allez enfin pouvoir reprendre une vie normale.

- Jason devrait rentrer demain, et mon mari a pu se libérer plus tôt, on devrait se retrouver en famille rapidement.

- Ca va vous faire du bien !

- C’est sûr… soupira-t-elle épuisée.

- Que comptez-vous faire pour Zach Pearson ?

- C’est un gamin paumé, qui a toujours dû se débrouiller par lui-même et qui a longtemps vécu hanté par ses fantômes. Je crois qu’il est temps que quelqu’un lui tende la main.

- Vous avez raison, sourit la jeune femme.

- Et puis je crois que vous lui avez fait assez peur lors de l’interrogatoire pour qu’il se tienne à carreaux jusqu’à la fin de sa vie !

- A ce point ?

Les deux jeunes femmes éclatèrent de rire, peut-être grâce aux mots échangés, sûrement à cause de la pression qui retombait enfin. Elles étaient presqu’au bord des larmes lorsqu’elles parvinrent enfin à se calmer.

- Un jour, je vous avez dis que j’espérez que vous ressentirez la même loyauté envers moi que celle qui vous unissez à Montgomery, reprit Gates, sérieuse.

- Je m’en souviens.

- Je crois que vous me l’avez démontrée, et de biens des manières ces derniers jours.

- Vous auriez fait pareil pour chacun d’entre nous.

- Vous avez couru des risques, caché des choses à vos proches, vous avez même dû renoncer à votre week-end avec votre fiancé, uniquement pour m’aider.

- J’essaye de toujours tenir mes promesses, répondit-elle simplement.

- Je ne sais pas comment vous remercier pour tout ce que vous avez fait…

- Je crois que j’ai une petite idée, répondit Kate dans un grand sourire.

 

***


La sonnerie de son téléphone résonna dans la cabine de l’ascenseur, le faisant sursauter. Il s’en saisit, et décrocha machinalement :

« Castle.

- Je déteins sur toi on dirait…

- Oh, Kate ! répondit-il, un large sourire illuminant son visage.

- Je te dérange ?

- Pas du tout, j’arrivais à l’hôtel.

- Tu as passé une bonne journée ?

- E-pui-san-te, fit-il en étouffant un bâillement.

- Trop de lectrices ne pouvant résister à tes charmes ?

- Que veux-tu, je n’y peux rien…

-  Mon pauvre, je te plains, je n’imagine pas quel calvaire ce doit être !

- C’est ça, moque-toi !

- Moi ? Mais je n’oserais jamais voyons !

- Ah, double ah ! Et toi sinon ta journée ?

- Oh, la routine… On n’avait pas d’enquêtes alors j’ai bouclé mon rapport sur le meurtre de Frank Walsh.

- Il y a du nouveau pour Brown ?

- Vu le dossier solide qui a été constitué, même ses plus puissants amis ne devraient pas pouvoir l’empêcher de passer le restant de ses jours derrière les barreaux.

- Tant mieux ! répondit-il en étouffant un second bâillement.

- Tu m’as l’air bien fatigué ?!

- Le décalage horaire sûrement, je n’ai pas encore dû récupérer…

- Et si je passais mes prochaines heures à te détendre ?

- Kate, tu es à l’autre bout du pays !

- Et alors, tu as bien dis que le téléphone c’était magique !

- Parce que je savais que j’allais pouvoir te serrer dans mes bras peu de temps après…

- Fais ce que je te dis quand même !

- Bien chef !

- Alors, imaginons que tu rentres de ta journée de promo épuisé, et que tu n’aies envie que d’une chose, dormir.

- Jusque là je suis.

- Tu te débarrasserais donc de tes chaussures et de ta veste, puis te dirigerais vers la porte de ta chambre…

- Et ensuite ?

- Ouvre !

- Euh… Je crois que je vais devoir te laisser, une sublime créature à moitié nue repose sur mon lit.

- Ferme la bouche Castle, le réprimanda-t-elle, fière de son effet.

- C’est tout l’effet que ça te fait ce que je te raconte ?

- Tu ferais mieux de raccrocher et de la rejoindre immédiatement, avant que ta sublime créature ne prenne froid », grogna-t-elle.

Il ne lui en fallu pas plus pour se jeter littéralement sur le lit, l’emprisonner dans ses bras, et l’entraîner dans un langoureux baiser, qui leur fit perdre la tête à tous deux. Kate ne conserva pas longtemps la sublime nuisette noire et bleue achetée pour l’occasion, et ils passèrent une bonne partie de la nuit à se prouver leur amour.

 

Le lendemain matin, Kate fut surprise de se trouver dans un grand lit vide. Elle s’empara de la chemise de son écrivain qui avait atterri à l’autre bout de la chambre, puis se dirigea dans le petit salon sur la pointe des pieds. Elle sourit en le voyant pianoter fébrilement sur son ordinateur. Elle s’approcha doucement, puis l’enlaça, posant sa tête sur son épaule, et profitant au passage pour lire ce qu’il racontait. Mais il fut plus rapide, et referma son PC.

« Alors, on est curieuse Lieutenant ?

- Alors, on laisse sa fiancée se réveiller seule dans un lit froid ?

- Désolé, j’étais inspiré…

- Je vois ça, enfin j’ai peu entr'apercevoir ça …

- Et il va falloir que tu attendes encore un peu pour en savoir plus…

- C’est pas juste, je suis quand même ta muse !

- Ah ouais ? Je croyais que tu détestais quand je t’appelais comme ça ? la taquina-t-il.

- Peu importe, j’estime avoir un droit de regard !

- Mais tu l’auras ! Une fois que j’aurais terminé …

- Pff… souffla-t-elle.

Elle finirait bien par le faire céder, elle avait quelques moyens de persuasions en poche pour ça… Elle allait d’ailleurs entamer la phase A de son plan lorsqu’un morceau de papier sur la table basse portant l’écriture de son fiancée attira son attention.

- Qu’est-ce que c’est ?

- Oh, un poème français, je l’avais appris à l’école, cette affaire m’y a refait penser.

- Le corbeau et le renard, je l’ai étudié moi aussi ! Mais c’est quoi le rapport avec notre affaire ?

- Le corbeau c’est Zach Pearson, le renard c’est Michaël Brown. Seulement, ils n’avaient pas pris en compte un animal beaucoup plus rusé …

- Ah bon ?

- Toi !

- Ah parce que je suis un animal maintenant ? fit-elle en se jetant sur lui et le chatouillant de toutes part.

- Pomme, pomme ! » gémit-il sous les assauts de sa belle, se tordant dans tous les sens pour essayer de lui échapper. Il ne tarda pas cependant à inverser les positions, et un tout nouveau jeu commença…

FIN


balvert  (02.04.2014 à 22:02)

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