Entrez dans la grande bibliothèque d'Hypnoweb. De très nombreuses fanfics vous attendent. Bonne lecture ! - Inscris-toi gratuitement et surfe sans pub !
Série : Castle
Création : 07.04.2014 à 19h45
Auteur : judy1
Statut : Terminée
« Petit retour en arrière par rapport à la série. A vous de devinez où ça commence. » judy1
Cette fanfic compte déjà 6 paragraphes
Dire ou réalité ?
Chapitre 1 :
-« Comment va Castle ? » s’inquiéta Esposito dès que Beckett s’assit à son bureau.
Il n’était que 8 heures du matin, mais le regard fatigué et le teint pâle du Lieutenant lui assurait, à lui et à Ryan, qu’une fois de plus elle avait passé la nuit à veiller sur l’auteur.
-« Rien de nouveau. » soupira Kate en remerciant Ryan du regard pour le café qu’il venait de déposer sur son bureau. « Les médecins ne comprennent toujours pas : les radios, les scanners… Tout est normal. Ils ne comprennent pas pourquoi il ne se réveille pas. C’est comme s’il ne VOULAIT pas se réveiller. »
-« Martha et Alexis ? Ça va ? »
-« Martha fait ce qu’elle peut pour ne pas s’effondrer… Mais c’est de plus en plus difficile. Quant à Alexis, soit elle m’ignore soit je lui sers de punching-ball, verbalement bien sûr. » expliqua Kate pour rassurer ses collègues. Alexis lui en voulait mais elle n’était pas encore devenue complètement folle. « Étant donné que par ma faute son père est dans le coma depuis près de 6 mois, je ne suis pas certaine de pouvoir le lui reprocher. » l’inspectrice soupira une fois de plus, but une gorgé de café tout en regarda la chaise désespérément vide de Castle. « Et l’affaire ? » se reprit-elle pour chasser ses larmes. « Du nouveau ? »
-« Hey… » s’approcha Esposito pour la réconforter. « Ce n’est pas TA faute. Ce n’est pas toi qui as appuyé sur la détente. »
-« La balle était pour moi, alors c’est tout comme. » coupa Beckett. « Vous me dites ce que vous avez trouvé depuis hier ou je dois deviner toute seule ? » commença-t-elle à perdre patience.
A l’hôpital :
-« Monsieur Castle ? Monsieur Castle, vous m’entendez ? » insista une infirmière en voyant les yeux grands ouverts de l’homme.
Il essaya de parler mais aucun son ne sortit de sa bouche.
« Je vais chercher un médecin. » fit-elle en sortant de la chambre.
Un docteur arriva tout de suite et passa plus de deux heures avec le patient. Rick avait retrouvé la parole, mais il était très faible et des plus confus.
Martha et Alexis, prévenues par l’une des infirmières, arrivèrent alors que le docteur sortait de sa chambre.
-« C’est vrai ? Il est réveillé ? Comment va-t-il ? » Alexis était surexcitée, depuis le temps qu’elle attendait ça.
-« Oui jeune fille. » assura l’homme en blouse blanche. « Il est réveillé. Il semble désorienté et ses propos n’ont pas beaucoup de sens… Mais il va falloir attendre encore quelques jours avant de savoir où il en est exactement. » prévint-il avant de les laisser entrer.
-« Confus à quel point ? »
-« Ça rentrera dans l’ordre ?? »
-« A quel point ? Vous jugerez par vous-même. Pour ce qui est de rentrer dans l’ordre, comme je viens de vous le dire, on va le laisser se reposer au moins 24, voire même 48 heures pour qu’ils prennent ses repères avant de le confronter progressivement à la réalité. Je vous demanderais donc, pour aujourd’hui du moins, de ne pas le stresser en le contrariant. Faites-lui sentir que vous êtes heureuses de le retrouver et profiter de cet instant. Pour l’instant, c’est ce qui va l’aider le plus. » assura le médecin avec un petit sourire avant de quitter les deux femmes.
-« Qu’est-ce qu’il veut dire ? » s’inquiéta Alexis, peu rassurée.
-« Viens Chérie, on va voir ton père. » répondit Martha en se forçant à sourire.
Alexis se précipita dans les bras de son père et se mit à pleurer, la tête contre son torse. Martha se retient difficilement, mais les larmes coulèrent sur sa joue.
-« Hey, tout va bien Pumpkin. » assura Castle en caressant les cheveux de sa fille. « Où est Kate ? »
Alexis releva la tête, regardant son père avec incompréhension. Martha sécha une larme et vint s’asseoir de l’autre côté du lit.
-« Un problème avec Kate ? »
-« Non, non mon chéri. Elle va bien. » le rassura Martha en posa sa main sur l’avant-bras de son fils pour l’apaiser. « Tu pourrais me dire quel est ton dernier souvenir avec elle ? » demanda-t-elle prudemment.
-« On faisait notre liste. »
-« Votre liste ? » répéta Alexis.
-« Votre liste de quoi Richard ? »
-« Des invités pour le mariage. » répondit Castle avec évidence. « Mais qu’est-ce qu’il se passe ? » demanda-t-il en voyant les deux rouquines échanger des regards aussi curieux.
-« Rien Richard, je suis certaine que Kate viendra te rendre visite… Un peu plus tard. »
Castle ne comprenait pas la raison qui l’empêchait d’être présente en ce moment, mais il connaissait suffisamment bien sa mère pour savoir qu’elle serait incapable de lui mentir si quelque chose de grave lui était arrivé. Il n’insista donc pas et reporta son attention sur Alexis.
-« Alors ? Comment ça se passe à Columbia ? Tu as repris les cours hein ? Tu n’es plus avec Pi ? »
-« Pi ? »
Le regard de sa grand-mère la remit tout de suite en place : jouer le jeu, ne pas le contredire.
-« Euh… Non. Je ne suis plus avec… Pi. Columbia c’est… Euh… génial. »
Alexis préféra ne pas en dire plus. Elle n’avait jamais mis les pieds dans cette université et avait peur de se trahir en racontant n’importe quoi. Elle enchaîna donc sur des sujets bien plus banals avant d’écouter son père raconter ses derniers ‘souvenirs’.
Une heure plus tard Alexis et Martha quittèrent la chambre sur ordre du médecin pour le laisser se reposer.
-« C’est complètement dingue… Il n’a aucun souvenir de ce qui s’est réellement passé ? » souffla Alexis, sous le choc.
-« Il se croit en 2014, en plein préparatif de mariage… » compléta Martha en craignant la réaction de son fils en reprenant contact avec la réalité.
Alexis retourna en cours, laissant soin à sa grand-mère d’apprendre la nouvelle à Beckett.
C’est avec beaucoup d’appréhension que Martha arriva au 12th. En la voyant arriver, les yeux rougis, Ryan et Esposito improvisèrent une petite pause pour laisser les deux femmes seules.
-« Martha ? » Rien qu’en voyant ses yeux rougis Kate craignait déjà le pire. « Qu’est-ce qu’il se passe ? Comment va Castle ? » demanda-t-elle, la gorge nouée.
-« Il est réveillé. »
Kate soupira en fermant les yeux, remerciant silencieusement le ciel pour ce miracle.
« Mais… »
Kate rouvrit les yeux, attendant la suite qui n’annonçait rien de bon.
-« Quoi ?? » souffla-t-elle sans même s’en rendre compte.
-« Il délire… » Martha inspira un bon coup avant de se lancer. « Il est persuadé que vous êtes ensemble depuis près de 2 ans et prépare votre mariage. »
-« QUOI ? » hurla-t-elle en ouvrant de grands yeux.
-« Les médecins disent que c’est provisoire… Il va retrouver ses marques et se rendre compte que tout ça ne vient que de son imagination. Mais en attendant… »
-« J’imagine que je dois rester loin, ne pas le déstabiliser d’avantage. » dit-elle en prenant conscience de ce que Martha venait lui demander.
-« Oui. Il ne faut pas trop le contrarier, qu’il ne se referme pas sur lui… Tout en l’aidant à faire le tri dans ce qu’il croit se souvenir. »
-« Je comprends… » soupira Kate à contrecœur. « Étant donné que je suis au centre de ses divagations, je suis plutôt mal placé pour l’aider. » admit-elle.
Les deux femmes restèrent un moment à discuter avant que Martha ne remercie Beckett pour sa compréhension en lui assurant des nouvelles à chaque amélioration.
Beckett regarda la rouquine quitter le service, laissant échapper une larme malgré elle.
-« Alors ? » fit Esposito pour interrompre les pensées de Kate.
-« Il est réveillé…Il divague complètement, mais il est réveillé. »
-« Tu ne vas pas le voir ? »
-« Non. » répondit-elle en refoulant une marée de larmes. « Les médecins doivent lui remettre les pieds sur terre avant. » expliqua-t-elle brièvement.
-« Bah il y a du boulot ! » plaisanta-t-il.
Malgré les circonstances, cette petite remarque arracha un léger sourire à Kate. Mais c’est le cœur gros qu’elle se remit au travail.
Chapitre 2 :
Rick était assis dans son lit, il fixait la TV allumée sans trop enregistrer ce que le journaliste racontait. 3 semaines déjà que les médecins l’avaient amené dans cette chambre plus confortable, 3 semaines qu’il se battait avec lui-même pour retrouver sa motricité et sa force. Le combat était difficile et inégal, mais il lui arrivait de gagner quelques batailles. Son corps semblait bien plus raisonnable que son cœur, que sa tête. Il n’arrivait toujours pas à croire qu’il avait pu inventer plus de deux années de sa vie. Au début il avait cru à une mauvaise blague, mais après 3 semaines il ne savait plus où il en était ni ce qui était réel.
-« Bonjour Papa, je t’ai amené de la lecture et … »
Alexis le regardait avec tristesse… A quoi bon continuer à insister : il n’écoutait pas de toute façon. La jeune fille était au bout du rouleau et ne savait plus quoi faire, ni vers qui se tourner pour crier « A l’aide. ».
« Ton sandwich est sur la table. J’ai pris un café comme tu l’aimes aussi… Je crois que je n’ai rien oublié. » continua-t-elle quand même en déposant ses achats et embrassant son père.
-« Merci. »
Un simple petit mot… Et pourtant Alexis le dévisagea. Elle n’avait plus entendu le son de sa voix depuis plus de 15 jours, depuis qu’un médecin avait haussé la voix en voulant lui faire reprendre la raison.
En croisant le regard de sa fille, Castle venait soudain de se rendre compte de ce qu’il lui infligeait. Elle avait l’air épuisée et jamais il n’avait vu autant de tristesse dans les yeux de son petit ange. Il la laissa s’installer tout en restant silencieux, se promettant que les choses devaient changer. Lorsque le portable d’Alexis sonna (pour annoncer qu’il était temps qu’elle aille en cours), il la regarda quitter sa chambre, attendit quelques minutes qu’elle quitte l’étage et sonna pour appeler une infirmière.
-« Monsieur Castle ? » fit une voix douce en ouvrant la porte.
L’auteur n’avait jamais appelé personne, il n’avait jamais rien demandé depuis qu’il était dans ce service.
-« Je voudrais voir un médecin. Un gentille hein. » précisa-t-il « Pas ce … Larry. »
-« Le Docteur Larry est en repos… Je vais voir qui je peux trouver. »
-« Bonjour Monsieur Castle. » fit le médecin en entrant dans la chambre. « Je suis le Docteur Parker… »
-« Je veux sortir ! » annonça Castle d’une voix claire et monocorde.
Surpris, le médecin le dévisagea tout en formulant une dizaine de phrases dans sa tête avant de trouver une formulation correcte et pas trop brutale pour s’exprimer.
-« Je suis désolé Monsieur, mais vous n’êtes pas encore prêt pour rentrer chez vous. Vous devez… »
-« J’aimerais prendre l’air. » Rick releva la tête, suppliant le médecin du regard. « J’aimerais aller au parc, prendre un taxi et aller moi-même m’acheter un journal, me balader dans les rues. »
-« Je comprends. » acquiesça le médecin en comprenant que cet homme voulait juste un peu de liberté. « Je dois en discuter avec le chef du service avant de vous répondre… Je ne peux rien vous promettre pour l’instant. » fut-il obligé de répondre malgré son envie de lui tendre des béquilles et de l’accompagner lui-même pour cette petite virée.
-« J’attendrais… » soupira Castle. « Je peux être très patient des fois. » se força-t-il à répondre.
Deux heures plus tard un infirmier en civil et le psychologue du service poussèrent la porte de la chambre.
-« Votre carrosse Monsieur Castle ! » annonçait l’infirmier en montrant la chaise roulante.
-« Je ne suis pas si impotent que ça. Et arrêter de m’appeler Monsieur Castle. C’est Richard, ou Rick ou… Castle. »
-« Ce sont les conditions pour venir avec nous Mons…Rick. » se rattrapa le psychologue.
-« Et où allez-vous ? »
-« Où vous voudrez. » lui sourit l’infirmier, heureux de voir l’un de ses auteurs préférés reprendre goût à la vie.
L’infirmier et le psychologue aidèrent Rick à monter dans le taxi. L’auteur donna l’adresse d’un petit parc où il avait l’habitude d’aller avant de se faire tirer dessus. Une fois arrivé, l’infirmier aida Rick à redescendre du taxi et à s’installer sur le fauteuil roulant.
-« Je sais marcher… Ce n’était pas nécessaire. » rouspéta-t-il une fois de plus.
-« Vous savez, je ne remets pas vos progrès en question, loin de là, mais faire les exercices avec les kinés et marcher dans des graviers, ce n’est pas vraiment tout à fait pareil. » fit remarquer le psychologue en essayant de parler avec tact.
Rick soupira alors que l’infirmier, lui, se contenta de répondre que c’était sur ordre des médecins.
-« Et le psy, c’est aussi sur ordre des médecins ? » ironisa-t-il en regardant l’autre homme qui avançait deux pas devant eux.
L’infirmier éclata de rire.
-« John n’est pas le psy le plus cool qui soit, mais il était libre pour nous accompagner. » dit-il à voix basse.
Rick regardait le psy s’asseoir sur un banc. L’infirmier poussa le fauteuil pour le rejoindre.
-« On échange nos place ? » demanda soudain John pour répondre au regard d’envie de Rick.
-« Avec plaisir. » fit-il en se redressant.
Assis sur le banc il discutait avec l’infirmier. Ce jeune homme était adorable et Rick se dit qu’il avait de la chance d’être tombé sur lui pour cette sortie. Il ne pouvait pas savoir que ce jeune homme s’était porté volontaire même si ça signifiait pour lui quelques heures supplémentaires étant donné qu’il avait fini son service. Et John, assis dans le fauteuil roulant, draguait 2 jeunes femmes qui faisaient leur jogging en se faisant passer pour un pauvre malheureux.
Rick se sentait bien. Heureux d’être là, il avait presque oublié Kate, cet amour qui n’existait pas. Le petit vent de fraîcheur arrivait même à lui faire oublier les douleurs dues au 6 mois de coma. Il riait, plaisantait avec les deux hommes qui l’accompagnaient.
-« J’aime bien le vendeur de ce kiosque là-bas ? »
-« On peut y aller si vous voulez. »
John échangea à nouveau sa place avec l’auteur.
Rick et le vendeur parlèrent pendant une demi-heure et l’auteur acheta toute une pile de revue et journaux en tout genre.
-« Vous refaites le stock de la salle de repos ? » plaisanta le psychologue en les voyant revenir.
-« Qu’est-ce que vous allez faire de tout ça ? Vous cherchez un article en particulier ? »
-« Non. Je voulais juste voir la date. »
12 Décembre 2011 ! « Au moins je n’ai pas encore loupé la visite du père Noël. Non, il a été tué. Richard… Tu n’es vraiment qu’un abruti. » pensa-t-il.
Il se mit à rire de lui-même mais préféra garder ses réflexions pour lui seul. Il n’avait pas vraiment envie de se retrouver dans le service psychiatrie.
-« Vous aviez besoin d’en acheter autant pour ça ? » s’étonna l’infirmier.
-« Oui, je crois que j’en avais besoin. Et pour répondre à ta première question, je ne sais pas ce que je vais en faire. »
Les trois hommes explosèrent de rire.
De retour dans sa chambre, Rick se sentait bien. Il avait la certitude que ce qu’il vivait maintenant était réel et qu’il devait se reprendre en main. Mais comment faire ? Comment discerner le vrai du faux dans ses souvenirs ? Et où pouvait bien être Kate ?
Chapitre 3 :
Neuf heures du matin et Rick émergeait seulement. Sa promenade de la veille l’avait épuisée. A moins que ce ne soit à cause du traitement qu’il avait enfin accepté de prendre.
Pas de sandwich, ni de café sur la table, pas de petits mots : Alexis n’était pas venue ce matin. Mais comment lui en vouloir, il était tellement insupportable ces derniers jours qu’elle avait dû jeter l’éponge.
Alors qu’il s’apprêtait à prendre les médicaments laissés pas l’infirmière, la porte s’ouvrit d’un coup et une rouquine à laquelle il ne s’attendait pas entra comme une tornade.
-« Tu ne comptes quand même pas faire ça ? » demanda-t-elle en déposant un baiser sur ses lèvres.
Rick regarda les pilules dans sa main. Il ne s’agissait que de vitamines, d’antidépresseurs et de ses prescriptions habituelles contre l’hypertension.
-« Chaton… Je sais que tu vas mal… Mais ce n’est pas la solution. »
Rick reposa les pilules sur le plateau. Il pourrait toujours les prendre plus tard.
-« Meredith ? Mais qu’est-ce que tu fais ici ? »
-« Alexis m’a appelée… Elle s’inquiète pour toi et elle non plus ne va pas bien du tout. »
-« Alors c’est elle que tu devrais aller voir ! »
-« J’y ai été… Mais je déteste voir mon bébé dans cet état. Alors avant de repartir pour Los Angeles… »
-« Tu viens prendre de mes nouvelles. » sourit l’auteur.
-« Je ne viens pas te cajoler chaton… Je viens te sermonner pour qu’à ma prochaine visite je n’ai plus à sécher les larmes d’Alexis. Qu’est-ce qui se passe ? » demanda-t-elle en s’asseyant auprès de lui.
-« Rien. Je vais bien. »
-« Rick. » elle venait de prendre un air sérieux. Celui qu’elle n’utilisait que quand les choses étaient graves. « Alexis est en pleure à chaque fois que je l’ai au téléphone. Elle s’inquiète pour toi et ne sait plus quoi faire… Je sais que nous ne sommes plus mariés, mais je tiens toujours beaucoup à toi alors ne me joue pas la comédie, pas à moi ! Raconte. On dit que les gens dans le coma entendent ce qui se passe autour d’eux, c’est vrai ? ça à un rapport avec un truc que tu as entendu ? »
-« Plutôt avec ce que j’ai imaginé. » choisit-il de se livrer.
Après tout Meredith repartait le jour même, elle emporterait avec elle tous ses petits secrets, ils ne craignaient rien.
« J’étais avec Kate. On était heureux. Elle m’aimait. »
-« Oh chaton… » fit Meredith qui connaissait les sentiments de son ex-mari vis-à-vis de sa muse.
-« Ça fait mal de se réveiller… J’ai juste besoin de temps pour m’y faire. »
-« Richard… Écoute chéri. » Meredith se rapprocha de lui. « Ce n’était qu’un rêve. Bon, ok, le plus génial que tu ais fait… Mais il est temps de tourner la page. »
-« Plus facile à dire qu’à faire. » soupira-t-il.
-« Je n’ai pas dit que ça serait facile. Mais il est temps que tu arrêtes de t’apitoyer sur toi-même. Laisse cette histoire derrière toi, et accroche-toi au futur. »
-« Comment je fais pour m’accrocher, si je ne sais pas sur quoi je peux m’appuyer. »
-« La fusillade, l’enterrement de … Du capitaine. Tout ce qui te semble s’être passé après, tu oublies. »
Rick se mit à rire devant cette évidence.
-« Ouais… Je vais balayer 3 ans comme ça, juste en passant l’éponge. » soupira-t-il.
-« 6 mois Richard ! » reprit Meredith avec sérieux. « C’était il y a 6 mois, pas trois ans. »
Un silence pesant alourdie l’atmosphère.
« Tu as pensé aux personnes qui t’aiment ? »
Rick releva la tête. Bien sûr qu’il y avait pensé. Et cette question, venant de Meredith, le laissa sans voix.
« Tu as pensé à ce qu’avait été leur vie pendant ces 6 mois ? Tu t’es demandé ce qu’ils pouvaient ressentir en te voyant dans cet état ? Ta mère est à 2 doigts de devenir folle. Enfin, juste un peu plus, elle l’est déjà. Alexis… Elle est perdue. C’est toi son repère. De nous deux, c’est de toi dont elle a besoin. Et tes amis de la police, Kate ? »
-« Ryan et Espo sont venus. Mais dès que je parles de Kate ils changent de sujet…Elle n’est pas venue me voir une seule fois… En tout cas pas depuis que je suis réveillé. »
-« Moi je suis venue. Pas souvent » confessa-t-elle. « Je faisais comme aujourd’hui, je sautais dans un avion pour arriver vers 2 heures du mat. Passais la nuit à parler, soutenir et assurer à notre fille que tu finirais bien par te réveiller. Ensuite je venais t’embrasser et te menacer d’ouvrir les yeux avant de repartir, le soir même. » elle laissa un blanc, le temps pour Rick de réaliser qu’elle était vraiment venue à plusieurs reprises. « A chaque fois que je suis venue, elle était là elle aussi. »
Le regard de Rick changea, se chargea de larmes.
« Alexis va me détester si elle apprend que je te l’ai dit, mais elles se sont disputées… Non, en fait c’est Alexis qui se dispute. Kate ne fait que prendre les coups sans broncher. »
-« Mais pourquoi ? »
-« Parce que tu as pris cette balle à sa place. Parce qu’elle est malheureuse, qu’elle a peur de perdre son père. Parce que c’est parfois plus facile d’en vouloir à une personne rongée par la culpabilité que de s’en prendre au responsable ! »
-« Alors c’est pour ça qu’elle ne vient plus… Pas juste… A cause de mes délires. »
-« Il doit y avoir un peu des deux ! Mais si tu veux le savoir, ne fais pas l’idiot. Ne prend pas les mauvaises décisions. » Meredith jeta un œil vers les médicaments posés sur le plateau. « Si tu veux le savoir… Sors d’ici et va lui poser la question ! »
Meredith se releva, déposa un simple baiser sur les lèvres de son ex-mari et lui adressa une dernière requête.
-« Il est temps que je m’en aille. Je ne vais pas avoir le temps de repasser voir Alexis. De toute façon je m’aime pas la voir pleurer, la savoir aussi malheureuse est insupportable… Je reviendrais la voir quand tu auras tout arrangé. » elle lui sourit une dernière fois en soufflant un baiser à Rick et quitta la chambre.
Castle se mit à rire intérieurement. Meredith ne lui avait jamais parlé de cette façon, et sa dernière phrase, ça c’était tout elle.
Pourtant elle avait raison. Il passa la journée à réfléchir, à essayer de se souvenir des voix qu’il entendait. Mais il n’avait aucune idée du nombre de personnes qui avaient défilées dans sa chambre pour veiller sur lui, ou simplement pour prendre de ses nouvelles. Il n’avait aucune idée de ce que sa fille avait dû endurer, ni des larmes que sa mère avait versées.
Chapitre 4 :
19 heures. Beckett aurait pu être tranquillement chez elle si les recherches pour une affaire ne l’avaient pas retenue tard au bureau. Son portable sonna et étant donné qu’elle attendait des résultats de Lanie, elle répondit en pensant à la légiste sans regarder le numéro affiché.
-« Dis-moi que tu as de bonnes nouvelles. »
A l’autre bout, l’interlocuteur ne savait plus quoi répondre.
-« Lanie ? »
-« Bonjour Kate. »
Un large sourire éclaira le visage de Kate, bien que ses yeux s’inondent de larmes.
-« Castle … » souffla-t-elle, émue
De nouveau un blanc s’installa. Aucun d’eux ne savait quoi dire.
-« Euh… Je te dérange peut-être ? »
-« Non, non Castle. Je ne m’attendais pas à vous entendre. » s’empressa-t-elle de le rassurer, de peur qu’il ne raccroche.
-« Beckett… Ryan vient de trouver une correspondance. »
Kate releva les yeux et maudit intérieurement ses coéquipiers pour être aussi efficaces. Dans sa chambre Rick soupira, se demandant si Esposito et Ryan avaient une sorte de 6ème sens pour arriver toujours au mauvais moment.
-« Je ne voulais pas te déranger. Je voulais juste entendre ta voix. »
Kate resta une seconde sans rien répondre, ni à Castle, ni à Esposito. Mais le temps qu’elle réagisse, elle se rendit compte que Rick venait de raccrocher. Elle soupira en déposant son portable, et questionna l’inspecteur du regard.
En voyant les larmes au fond des yeux de son amie, Esposito su tout de suite qu’il venait d’interrompre quelque chose et s’en voulu, mais c’était trop tard pour reculer. Le lieutenant Beckett attendait déjà la suite. Il déglutit et voulut s’excuser, mais Kate le pressa pour parler de cette découverte qui ne pouvait pas attendre.
-« Ryan vient de trouver le propriétaire du véhicule… Ça va t’intéresser. »
-« Il y a intérêt ! » soupira-t-elle en pensant à ce qu’ils venaient d’interrompre.
Bien que la découverte de Ryan se révéla vraiment importante, l’attention de Kate resta figée sur Castle et son coup de fils. Elle renvoya les inspecteurs chez eux avant qu’ils n’eurent le temps d’approfondir leurs recherches et envoya un texto à Martha pour lui demander l’autorisation de passer au loft.
Devant la porte de l’appartement, Kate frappa 3 petits coups. Martha vint lui ouvrir. Tout se passait comme à chaque fois que l’inspectrice venait… Tout, excepté la présence d’Alexis. Les deux femmes échangèrent un regard de surprise avant de se tourner vers Martha. Chacune des deux s’apprêtaient à quitter la pièce principale lorsque la voix de Martha les arrêta.
-« Stop ! » L’actrice les pointa du doigt. « Ça suffit vous deux. » Elle bougea ses bras et indiquait à présent le divan, faisant comprendre aux deux jeunes femmes qu’elles avaient plutôt intérêt à prendre place. « Maintenant que Richard va mieux, il est grand temps d’avoir une petite discussion. »
Alexis semblait hésiter, ce qui ne rassura pas Kate. Mais elles consentirent à s’asseoir au salon, chacune dans un fauteuil.
« Bien. » soupira Martha, fière d’avoir au moins réussi cette partie.
-« Il va vraiment mieux ? » demanda Kate avec inquiétude.
Martha lui fit signe que oui et le soulagement put se lire sur le visage de l’inspectrice.
« Il m’a appelé tout à l’heure. »
-« Pourquoi ? » sursauta Alexis. « Qu’est-ce qu’il vous voulait ? »
-« Je n’en sais rien… Espo est arrivé et…. »
-« Ouais… ça m’aurait étonné aussi que vous ayez un peu de temps à lui accorder. »
-« Alexis ! » sermonna Martha.
-« Je n’ai pas eu le temps de lui répondre. Il a entendu Esposito et a raccroché. »
-« Je ne comprends toujours pas ce que mon père peut bien vous trouver ! »
Une fois de plus Kate préféra ne pas répondre. Elle se leva sans regarder Alexis.
-« Je suis désolée de vous déranger. Je voulais juste savoir comment il allait. » soupira-t-elle en refoulant sa colère vis-à-vis d’Alexis.
-« Il ne parle plus de votre mariage, si c’est ce qui vous inquiète ! » lança Alexis avec une pointe de reproche.
-« Il s’accroche encore aux enquêtes, à ces histoires sans aucun sens… Même s’il sait que ce n’est pas réel. Il a accepté le fait qu’il n’y ait que de l’amitié entre vous. Il s’accroche…. Il remonte la pente. » compléta Martha pour la rassurer un peu.
-« Les enquêtes ? » interrogea Kate avec un expression mêlant crainte et surprise.
-« Par où commencer, il y en a tellement : le meurtre d’une présentatrice météo. Un meurtre à une convention de science-fiction. L’assassinat d’un juge de concours canin. »
-« Tu oublies le plus drôle ! » ironisa Martha. « Richard accusé de meurtre, la mort du père Noël… »
-« Il y avait aussi l’assassinat d’un producteur de X. Mon enlèvement et le retour de son père, un super espion, pour me ramener de Paris… »
Les deux rouquines s’arrêtèrent en voyant les yeux écarquillés et la bouche ouverte de Kate.
-« Oh mon Dieu… » soupira-t-elle en se laissant tomber sur le divan. « Il ne délirait pas… Enfin pas pour ça…. En fait si, mais pas tant que ça. »
Martha s’approcha d’elle et lui prit les mains.
-« De quoi tu parles ? »
-« Ces enquêtes… Elles sont réelles, enfin certaines. »
Alexis regarda Kate avec curiosité et s’assit dans un fauteuil pour écouter.
« Je veux dire… J’ai mené ses enquêtes. Probablement pas comme Castle se les est imaginées… Oh non… Alors tout est de ma faute. » Kate se prit le visage entre les mains.
-« Mais comment papa pourrait savoir sur quoi vous enquêtiez ? »
Martha regarda Kate avec angoisse, l’air de dire « il est temps d’avouer ».
-« J’ai été le voir. » admit Kate pour répondre à Alexis. « J’ai passé des nuits, des après-midi entières à ses côtés. Je ne savais pas trop quoi lui dire, alors je lui parlais de mes enquêtes. Je lui demandais son avis, comme s’il pouvait me répondre. J’imaginais ses réponses, ses réactions. » elle se mordit les lèvres, craignant une explosion d’Alexis.
-« Vous avez vraiment passé tout ce temps avec lui ? » fit Alexis, perdue.
-« Je suis désolée Alexis… Je t’assure que j’aurais encore préféré prendre cette balle plutôt que de devoir vivre ses 6 derniers mois en priant pour qu’un type génial ne meure pas à ma place. »
- « Alors vous ne vous en fichiez pas qu’il soit dans cet état ? »
-« Bien sûr que non je ne m’en fiche pas. Il m’a sauvé la vie, et certainement bien plus d’une fois… Comment je pourrais m’en moquer ? »
-« C’est pour ça que je vous en voulais… Vous ne m’avez jamais demandé comment il allait, vous n’aviez pas l’air de vous inquiéter de son état… Ni même de grand-mère ni de moi ! » soupira Alexis, honteuse de ne réaliser que maintenant son erreur.
-« Je trouvais indélicat de te poser directement la question, parce que c’était de ma faute. Je demandais de vos nouvelles à ta grand-mère Je m’inquiétais pour ton père en parlant aux infirmières ou au médecin quand je le croisais. Le fait de ne pas avoir eu le courage de te parler ne veut pas dire que je m’en fiche. »
-« Et pour ce qui est de VOTRE histoire... Ça aussi il l’a rêvé, ou … »
Martha et Alexis regardèrent la plus jeune avec étonnement.
-« Je lui ai pris la main, j’ai déposé quelques baisers sur sa joue, ses lèvres. » ajoute-t-elle à voix basse. « Je lui ai peut-être fait quelques caresses. »
-« Des caresses ? » coupa Alexis en ouvrant de grands yeux.
Kate leva sa main et caressa la joue de Martha avec une infinie tendresse.
-« CE genre de caresse. Je n’aurais jamais fait plus ! » se défendit Kate en rougissant malgré tout.
-« Avec ce genre d’attention, pas étonnant qu’il ait imaginé préparer le mariage du siècle. » ajouta Martha pour détendre l’atmosphère.
-« Je suis désolée… Je ne pensais pas que ça le perturberais. J’ignorais qu’il m’entendait, je n’ai jamais voulu le… »
-« Ce n’est pas votre faute ! » céda Alexis à la surprise générale.
-« Vous n’y êtes pour rien si Richard à un peu trop d’imagination. Il a dû enregistrer tout ce que vous disiez, tout ce qui se passait autour de lui et c’est convaincu qu’il était parmi nous… » soupira Martha.
Chapitre 5 :
Alexis venait de passer le début de la soirée auprès de son père, lui répétant encore qu’elle s’inquiétait pour lui et qu’il n’avait plus intérêt à déconner avec les médicaments.
-« J’ignore ce que ta mère a bien pu te raconter, mais je vais bien. »
-« mouais...» fit Alexis avec une moue qui signifiait le contraire. Elle posa plusieurs billets de 1$ sur la table de nuit. « Pour le café. »
Castle leva un sourcil et la regarda avec curiosité.
-« Si les médecins me gavent de calments je doute que je sois autorisé à prendre autant de caféine. » ironisa-t-il
-« Je n’ai pas dit que c’était pour toi. » se moqua Alexis. « Avec grand-mère, on t’a trouvé une baby-sitter. »
-« Mais puisque je vous dit que je vais bien. Je suis dans un hôpital, entouré de médecins et d’infirmières. Qu’est-ce que vous voulez qu’il m’arrive ? »
-« Rien ! Justement. » répondit Alexis avec fermeté. « Elle arrive.» annonça-t-elle en entendant les bruits caractéristiques de talons se rapprocher «Sois sage ! »
La porte s’ouvrit doucement. Castle se cacha derrière un magazine.
-« Je ne joue pas aux échecs, ni au cartes et je déteste qu’on me fasse la lecture ! » annonça-t-il en râlant tel un gamin de 5 ans qu’on vient de contrarier.
-« Wah... » laissa échapper Kate en regardant Alexis d’un air complice. « Si je vous dis que j’apporte le diner, vous arrêtez de râler ? »
-« Beckett ? »
Au lieu de poser son magazine il pencha la tête sur le côté pour s’assurer de l’identité de sa baby-sitter, ce qui déclencha le fou rire des deux femmes.
« Tu arrives un peu tard pour le diner ! » ajouta-t-il en jetant un œil envieux au sachet qu’elle apportait.
-« Comme si vous aviez mangé votre salade de crabe au cèleri. »
-« Un point pour toi. Vous êtes de mèches toutes les deux ? Meredith disait que vous...»
-« Maman raconte souvent n’importe quoi. Tu devrais le savoir. Bon je vous laisse. A demain papa. Kate. » Alexis embrassa son père et se contenta d’un geste de la main pour Beckett.
Certes elles s’entendaient mieux mais ce n’était pas le grand amour pour autant.
-« C’est toi qui a cuisiné ? » demanda Rick en sortant un récipient du sachet, lisant le message écrit à l’indélébile sur le couvercle.
-« Jenny ! »
-« ça explique :’Bon appétit mon amour.’ »
Kate explosa de rire, ses joues légèrement rosées.
« Alors comme ça tu piques le déjeuner de tes collègues ? »
-« Ryan te l’offre. Il n’a toujours pas osé avouer à Jenny qu’il déteste son pain de viande. » elle lui prit le ravier des mains. « Je vais le faire réchauffer, je reviens dans deux minutes. »
Quelques minutes plus tard, Rick savourait son petit plat fait maison. Beckett le dévorait du regard, heureuse de le voir éveillé, d’être à ses côtés.
-« Tu en veux ? » demanda-t-il soudain en pensant que ce regard d’envie était pour le pain de viande.
-« Non merci… J’ai déjà eu l’occasion de gouter à la cuisine de Jenny… Je te le laisse. » grimaça-t-elle.
-« Oh… ça sous-entend que si j’avais eu des repas potables ses dernières semaines je trouverais ça infecte. »
-« Infecte est un mot un peu fort. » explosa-t-elle de rire. « Disons que ça reste mangeable. »
-« Ça a l’air d’aller avec Alexis. Meredith qui disait que c’était la guerre. »
-« Euh…. Ça va mieux. »
-« Tu as sorti un mouchoir blanc de ta poche ? »
-« Martha nous a forcé à rester dans la même pièce et entamer une discussion. »
-« J’adore ma mère… Ne va pas lui répéter hein. »
Kate sourit sans pour autant détacher son regard de lui.
-« Comment tu t’es retrouvé baby-sitter ? Tu es punie ? Josh risque de ne pas apprécier. »
-« Non, je ne suis pas punie. » éclata-t-elle de rire. « Et Josh n’a plus vraiment son mot à dire sur la manière dont j’occupe mon temps. »
-« Vous avez rompus ? Pas à cause de mes délires quand même. »
-« Non, depuis… Bien avant que tu ne te réveilles. Tu n’y es pour rien. » mentit Kate en refoulant ses sentiments. « J’ai été désignée comme baby-sitter parce que quand tu étais dans le coma, je venais tous les jours… En douce. Alexis était furieuse contre moi. »
-« Et comme à mon réveil je délirais, tu as eu peur que je te saute dessus ! »
-« Non, mais ce n’est pas si loin que ça. Comme tu délirais à propos de… Nous… Euh, je me suis dit qu’il serait mieux que je reste en retrait, le temps que tu remettes de l’ordre dans tes idées. »
-« Et récemment ma fille t’as donné la permission de venir me voir ? »
-« Disons qu’on a vraiment discuté… Et que je me suis aperçu que tu ne délirais pas tant que tout le monde le croit. »
-« Ça veut dire que je peux reprendre les préparatifs du mariage ? » plaisanta-t-il pour la mettre à l’aise.
-« Castle… J’étais sérieuse ! » le reprit-elle. « Je parlais de toutes ses histoires de meurtres et de courses aux grands-méchants. »
Rick reposa les couverts dans le plat vide et l’écarta. Il se mit face à Kate et voulu la regarder dans les yeux, mais elle baissait la tête.
« Je suis désolée. Je ne voulais pas te rendre dingue. Je ne savais même pas que tu m’écoutais vraiment. »
-« Bah pour une fois que j’écoute… » ironisa-t-il. « Comment ça a commencé ? »
-« Je venais pour te voir mais je ne savais pas quoi te dire, alors au lieu de rester dans ce silence pesant, je te racontais ma journée… Les enquêtes. Je te demandais ton aide, comme si nous étions au poste… Je ne voulais pas te perturber. Je suis sincèrement désolée. »
-« J’aimerais que tu arrêtes de t’excuser… » fit Castle d’un air des plus sérieux. « Tu ne pouvais pas savoir. Et puis c’est plutôt flatteur. » annonça-t-il en reprenant son air de gamin. « Tu es venu me voir TOUS les jours et je t’ai suffisamment manqué pour que tu me demande mon avis sur les enquête. Je suis vraiment LE MEILLEUR des partenaires. »
-« Pas le plus modeste, ça c’est sûr ! » se moqua-t-elle.
Un petit blanc s’installa entre eux.
« Tu veux que je m’en aille ? »
-« Non… Pourquoi ? Puis tu ne peux pas partir, tu es de corvée baby-sitting ! »
Elle sourit en baissant la tête pour ne pas rougir.
-« Parce que… Je t’ai fait passer pour fou… Tu pourrais m’en vouloir ! »
-« Je ne t’en veux pas… C’était gentil de ta part de veiller sur moi. Mais du coup, j’ai des tas de questions à te poser. »
Elle releva la tête et le dévisagea avec surprise.
-« Tu es bien payée au moins pour sacrifier ta soirée à jouer les garde-malade ? »
Kate jeta un rapide coup d’œil vers les billets laissés par Alexis.
-« A vu de nez je dirais entre 5 et 10 $ »
Ils se mirent à rire tous les deux.
-« Alors raconte-moi, comment j’ai pu être accusé de meurtre ? »
Chapitre 6 :
-« Vous ne vous êtes pas fait arrêter pour meurtre. » assura Kate certaine de ce qu’elle avançait.
-« Tu m’as menotté et jeté en prison. »
-« Je crois que je me souviendrais d’un truc pareil. Racontez-moi votre version. Qui avez-vous tué ? »
-« Je ne me souviens plus de son nom. » fit il après y avoir réfléchi. « Mais c’était une femme. Mes empruntes étaient chez elle. Tout comme des bijoux que j’étais sensé lui avoir offerts. »
-« Et le mobile ? »
-« Euh... Je ne voulais pas que tu découvres une autre liaison. On était déjà ensemble depuis plusieurs semaines. »
-« Vous vous souvenez qu’on n’est pas ensemble, n’est-ce pas ? »
Elle attendit un signe de la tête de l’auteur avant de poursuivre.
« Je crois que je vois de quelle affaire vous parlez. Le suspect était un auteur de ce qu’on appelle des fan fics. Ce genre de récit ou l’auteur s’amuse avec des personnages de séries TV. »
-« Je connais le principe... Et les personnages de films ou de romans peuvent aussi en être la cible. Je ne comprends pas que des gens gaspillent leur temps à ce genre de choses ! »
-« Certains le gaspille bien à inventer des personnages en copiant leur entourage ! » nargua-t-elle en parlant de Nikki Heat. « Enfin bref, l’écrivain en herbe ne connaissait même pas la victime. »
-« C’était un piège de l’un de ses ennemis pour le faire tomber. Il a piraté son PC, son portable, allant même jusqu’à écrire une histoire relatant le crime dans les moindre détails. »
-« Ouais... En résumé c’est à peu près ça. » Elle sourit en l’imaginant coincé derrière des barreaux, clamant son innocence.
-« J’imagine qu’Alexis n’a pas été enlevée, séquestrée à Paris et délivrée par mon père espion. »
Kate se retint d’exploser de rire et le regarda amusée.
-« Sara El-Masri et une de ses amies ont été enlevées et emmenées à Paris. La fille des El-Masri a été libérée contre rançon et l’autre fille, c’est un peu plus ... »
-« En rapport avec les espions ? »
Kate soupira en levant les yeux au ciel.
-« Je n’en sais trop rien. Elle venait d’une famille classique. Son père s’est envolé pour Paris afin de la retrouver... Et les rapports officiels restent très vagues sur la manière dont ils sont arrivés à l’embrassade des États unis. »
-« Je suis sûr que c’est une histoire d’espionnage. Si j’avais été là je te l’aurais prouvé. » continua-t-il de s’entêter.
-« Maiiiiis ouiiii .... »
-« Et le corps retrouvait dans ma piscine lors d’un séjour en amoureux dans les Hamptons ? »
-«On n’a JAMAIS fait de séjour en amoureux dans les Hamptons. Si vous parlez de cette affaire avec le couple de collègues qui passaient un week end incognito à NY, le corps a été retrouvé dans leur JACUZZI et tout ça pour un trafic de drogue. » expliqua-t-elle amusée de l’imagination de l’auteur.
-« Ok. Tu vas trouver une solution moins drôle à chacune de mes histoires hein ? »
-« Il y a de grande chance. »
-« On ne s’est jamais retrouvé menottés dans une cave, prêt à servir de petit déjeune à un tigre ? »
-« J’étais avec Espo. Ryan et Gates nous ont sortis de là. »
-« Je n’ai pas été pris en otage fans cette banque qui a explosée. »
-« Ça c’était votre mère... Pas vous. »
-« Mais j’étais avec… C’est moi qui t’ai prévenu pour le C4, en me servant de bracelet de ma mère pour faire un message en morse. »
-« Votrea mère y a pensé toute seule ! C’est vraiment une femme étonnante. »
-« Je vois... Je suis juste le plus grand des mythomanes ! » fit-il avec sa tête de gamin contrarie. «Et ma surprise d’anniversaire ? »
-« Votre anniversaire est dans 4 mois, Castle ! »
-« Alors te ne m’as pas fait croire que mon voisin tuait sa femme...» soupira-t-il presque déçu.
-« Si, ça je l’ai imaginé. » plaida-t-elle coupable en riant, stupéfaite qu’il puisse se souvenir d’autant de choses.
-« Mais ce n’était pas pour moi ! »
-« Si. » s’amusa-t-elle.
-« Je suis perdu ! » lança-t-il d’un air perplexe.
Kate explosa de rire et se pinça les lèvres : le faire tourner en rond était décidément bien amusant.
-« C’était le mois dernier. Une affaire m’avait retenu tard au bureau. Je suis arrivée vers 2h. La TV était allumée et il diffusait une vieille version de ‘fenêtre sur cour’. C’est moi qui délirais ce soir-là : je vous ai juste dit que pour votre anniversaire, si vous étiez chez vous et dans une meilleure forme, je serais capable de vous faire ce genre de blague stupide. »
-« Et c’était grandiose. Je t’assure que j’y ai cru. Encore une dernière chose : nous. »
-« Il n y a pas de nous... »
-« Alors tous ces petits moments de douceur, toutes ces scènes hots, c’est vous qui me les avez chuchotés ou.... ? » demanda-t-il d’un air coquin.
-« Votre imagination Castle ! » mentit Kate en pensant à toutes les nuits qu’elle avait passée assise sur ce fauteuil, la tête posée contre son cœur pour l’entendre battre. Au quelques fois ou elle s’était permise de se coucher près de lui après une journée particulièrement difficile. Aux caresses sur son visage, aux baisers volés.
Non... Cette partie la non plus il ne l’avait pas complètement imaginée. Seulement Kate n’était pas encore prête à le lui avouer.
Castle ne put cacher sa déception. Mais s’il voulait une réponse sincère il aurait probablement dû lui parler de son dernier souvenir, un de ceux dont il ne pouvait pas douter : Kate penchée au-dessus de lui, en larmes, l’implorant de tenir bon en lui répétant encore et encore qu’elle l’aimait.
Mais il ne voulait pas la faire fuir. Il ne voulait pas gâcher ce moment. Elle était là, auprès de lui et c’est tout ce qui comptait à ses yeux.
Ils continuèrent à comparer leurs versions des enquêtes dont se souvenait Castle et l’écrivain demanda son portable, improvisant le début du prochain Nikki Heat dont il fit la lecture à haute voix pour sa lectrice préférée.
Malgré les 3 cafés bus depuis son arrivée en début de soirée, Kate s’endormi avant même la fin du second chapitre, la tête posée contre le torse de l’écrivain. Il s’écarta légèrement et resta un instant à la regarder en caressant doucement son visage.
-« Tu m’appelais Babe. Tu me disais que tu m’aimais, et sans y être obligé. Si je n’ai pas rêvé pour les enquêtes, je suis certain que pour ça non plus… Je sais que tu finiras par avouer. » murmura-t-il doucement en sachant que son subconscient enregistrerait ses paroles.
Avant de s’endormir il appela une infirmière et demanda une couverture supplémentaire pour son amie.
Fin…
*** Cet EV comporte une suite, intitulé «Une aide (pas toujours) appréciée».***