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Série : Castle
Création : 14.04.2014 à 19h07
Auteur : judy1
Statut : Terminée
« Suite de "Délire ou réalité. » judy1
Cette fanfic compte déjà 20 paragraphes
Une aide (pas toujours) appréciée.
Suite de Délire ou réalité.
Chapitre 1 :
Cela faisait déjà deux mois que Castle s’était réveillé. Grâces aux visites quotidiennes de Kate qui reboutaient son moral, ses progrès étaient incroyables, si bien que les médecins l’avaient laissé rentrer chez lui.
Mais une semaine seulement après ce retour au loft, Alexis arriva au 12th terriblement inquiète.
-« Alexis ? Qu’est-ce qui se passe ? Où est ton père ? »
-« Pas loin… Je peux te parler deux minutes, j’ai un petit souci. » confia-t-elle à Kate en regardant partout autour d’elle, craignant certainement la réaction du Capitaine si elle la trouvait ici.
-« Bien sûr. Je t’écoute. »
-« Voilà. » fit-elle mal à l’aise. « J’avais organisé un week-end avec des amies et grand-mère est vraiment surchargée avec les dernières représentations, le spectacle… »
-« Alexis ! » reprit Kate pour qu’elle en vienne au fait.
-« Papa à fait fuir toutes les garde-malades. »
-« Vous savez les filles, je suis un grand garçon, je peux rester seul deux jours entiers. » fit remarquer Rick dont le bâton de la sucette dépassait de la bouche, lui donnant encore plus l’air d’un gamin insolent.
Kate se pinça les lèvres pour ne pas lui rire au nez alors que la rouquinne se tourna vers lui, un regard menaçant.
-« Dois-je raconter à tes amis comment tu t’es retrouvé coincé dans la baignoire ? »
-« C’était trop embarrassant… »
-« Super alors je vais juste raconter la fois où tu as fait exploser des ballons au chocolat ! Il a fallu l’après-midi pour nettoyer la cuisine… »
-« Ce n’est peut-être pas nécessaire non plus. Ça semblait si facile à réaliser selon les présentatrices TV. » dit-il à voix basse en s’asseyant sagement sur son fauteuil alors que les regards amusés des trois inspecteurs le dévisageaient.
-« C’est bon Alexis. Vas t’amuser, je garderais un œil sur lui et si ça ne suffit pas, je pourrais toujours le menotter à son fauteuil. »
-« Merci Kate. » fait la jeune fille qui venait de retrouver le sourire.
-« Si tu veux jouer avec les menottes, je ne suis pas contre… Mais on pourrait trouver un endroit un peu plus intime… Chez moi ? »
-« Castle ! » sermonna Kate en le fusillant du regard.
-« Ok, chez toi ! J’adore les accessoires, ça pimentent un peu le jeu. »
-« Génial, je vais prendre une matraque aussi, je verrais ce que ça m’inspire ! » fit Kate en levant les yeux au ciel et soupirant.
Ryan et Esposito étaient morts de rire. Rien de mieux que le retour de l’auteur pour détendre l’atmosphère.
-« Sur quoi on enquête ? » demanda Castle, préférant en revenir au travail plutôt que d’entrainer sa coéquipière sur une pente glissante.
-« ON ? » reprit Kate en le dévisageant.
-« Une journaliste trouvée dans un parc. »
-« Pas d’impact de balle, pas de trace de lutte, aucune trace de quoi que ce soit en fait et pas de drogue non plus…Vas-y, comment est-elle morte ? » nargua Esposito.
-« Merci les gars… Vous ne m’aidez pas là. J’ai dit à Alexis que je veillais sur lui, elle va me tuer … »
-« Respire Kate… Alexis n’en saura rien. » assura-t-il d’un regard taquin. « Un coup de foudre ? Morte de peur après avoir vu un revenant ? »
-« Génial… » soupira Kate alors que l’auteur s’intéressait déjà aux clichés de la scène de crime.
-« C’est quoi les traces là ? Du sang ? Attendez une seconde, je croyais qu’il n’y avait aucune trace ! »
-« Du sang Sherlock ! » se moqua ouvertement Kate avec un sourire diabolique. « On vous ferait vraiment croire n’importe quoi. Elle a reçu une balle en pleine tête. »
-« Comme une exécution ? Qui en voulait à Miss Lane ? La CIA, la Maffia Russe ? Oh je sais… »
Les trois inspecteurs le dévisageaient, mi agacés, mi amusés.
« Quoi ? » s’interrompit-il tout seul en voyant leurs regards.
-« C’est bon de te retrouver mec. » fit Esposito en lui donnant une tape amicale dans le dos.
-« Elle écrivait un article sur ces élèves ‘fantômes’ qui passent les examens pour leurs petits camarades, contre payement bien sûr ! »
-« Ça n’empêche pas qu’elle ait pu découvrir l’identité d’un agent secret infiltré pour une mission… »
-« Dans un lycée ? » protesta Kate en le foudroyant.
-« Mouais… C’est peut-être toute une famille d’espions qu’elle voulait dénoncer. »
-« Je n’aurais pas dû t’offrir le DVD des ‘Indestructibles’ ! » souffla Kate en levant les yeux au ciel.
-« Je t’avais dit de prendre ‘Clochette’ » plaisanta Esposito.
-« Pour qu’il se casse une jambe en essayant la poudre de fée ! »
Les trois inspecteurs explosèrent de rire au détriment de l’auteur qui le prit tout de même avec humour.
-« Monsieur Castle je suppose ! » reprocha une voix forte.
-« Euh… Oui… » balbutia-t-il en tendant la main vers la femme d’une cinquantaine d’années.
-« Je vous rappelle qu’un consultant est sensé AIDER les inspecteurs dans leurs enquêtes. Pas les divertir avec des histoires à dormir debout. »
-« Message reçu. » fit Castle, peu assuré, en attendant toujours que l’autre personne lui serre la main.
-« Alors au boulot ! » ordonna la Capitaine en retournant à son bureau.
-« Le Capitaine Gates ? » demanda Castle en regardant sa main, comme s’il allait trouver la réponse à « pourquoi n’a-t-elle pas serré ma main ? »
-« Le Capitaine Gates. » assura Ryan.
-« Tu m’avais pas dit qu’elle était un peu sympa ? »
-« Elle l’est. Avec ceux qui travaillent ! » s’amusa Kate avec son sourire moqueur.
Chapitre 2:
-« Bon, concentrons-nous sur l’affaire ! » se dégrogna Castle en regardant vers le bureau de la Capitaine. « Qui vous dit qu’elle enquêtait réellement sur cette histoire d’étudiants au savoir infaillible ? »
-« Son rédacteur en chef à qui elle avait déjà rendu un brouillon de son article le mois dernier. » répondit Kate d’un air blasé.
-« Et le disque dur de son PC qui nous donne accès à ses notes. » compléta Esposito en faisant le malin.
Kate, très fière de ses inspecteurs attendait la réaction de Castle suite à cette déception : ce n’était qu’une affaire ‘banale’.
-« Ma version était plus drôle ! » bouda-t-il.
-« Désolée de vous décevoir Castle… Pas de petit homme vert et pas de complot diabolique pour ton retour. »
-« Je peux voir l’article de votre journaliste ? » dit-il en espérant tout de même y voir un indice que les autres n’aurais pas vu. Après tout, autant se rendre utile puisqu’il était là.
Ryan lui tendit deux feuilles A4 écrit dans une police des plus banales. Ce qui le désespéra encore plus. Les 3 enquêteurs continuèrent à échanger leurs informations et à émettre leurs hypothèses tout en observant le tableau blanc sur lequel il n’y avait que de très vagues informations. Castle, lui, ne les écoutait plus. Il était déjà subjugué par cet article. Il avait pris une feuille vierge sur le bloc note de Kate et y gribouillait quelques petit détails qui le dérangeaient.
-« Euh… »
Rick venait de se lever de sa chaise et se planta entre Beckett et Ryan, levant l’index, comme pour demander l’autorisation de parler.
-« Oui Castle ! » fit enfin Kate après avoir réussi à l’ignorer pendant presqu’une minute entière.
-« Rien ne vous a semblé bizarre dans cet article ? »
-« Bizarre comme quoi ? Le fait qu’il ait réussi à vous tenir calme 5 minutes par exemple ? » se moqua encore une fois Kate.
Il avait l’impression qu’elle était remontée contre lui aujourd’hui, au vu du nombre de pics qu’elle lui lançait. Pourtant, étrangement ça lui faisait ni chaud ni froid. Le fait est que si elle lui avait répondu autrement il ne serait pas vraiment senti à l’aise. Cette relation aussi complice qu’étrange lui avait manqué certainement autant qu’à elle.
-« J’ai relevé quelques incohérences… Des choses qui paraissent tout à fait erronées ici mais qui en fait n’ont rien avoir avec ce soit disant trafic sur lequel elle enquêtait. »
Les trois inspecteurs le regardaient avec attention, attendant ses explications. Il prit le marqueur et nota ses découvertes au tableau, tout en expliquant son raisonnement.
-« Elle parle du directeur en poste depuis mai1987. Ensuite elle évoque une période de relâches, de manquements à répétition et cite ce T Malot. »
-« Et ? En quoi est-ce bizarre ? » demanda Beckett en omettant de préciser qu’aucun élève répondant au nom de Malot n’était inscrit dans l’établissement.
-« Le principal en fonction l’est depuis… Une éternité. Bien avant mai 87. Ensuite, ce lycée est l’un des plus réputé de la ville : de quoi parle-t-elle en évoquant les termes ‘relâche’ et ‘manquements à répétition’ ? Et ce T Malot ? Je paris ma Ferrari qu’il ne figure même pas parmi les étudiants. » affirma-t-il avec certitude.
-« Elle s’est peut-être simplement gouré sur la date ! Personne n’a dit que c’était une bonne journaliste. » suggéra Esposito.
-« T Malot est peut-être un nom d’emprunt… Un genre de pseudonyme pour ne pas avoir trop de problème avec la personne visée. »
-« Quand on ne veut pas de problème, on ne s’engage pas dans le journalisme ! » fit-il remarquer avec insolence. « Et pourquoi terminer son article par : ‘Je sais qui tu es, où tu te caches. Le masque va bientôt tomber… »
-« Bon. » coupa Kate d’un ton assez sec. « Vous nous avez fait perdre assez de temps, alors soit vous nous expliquez tout ça de manière cohérente, soit vous me rendez mon marqueur. » Kate avait déjà fait un geste pour le lui reprendre des mains, mais Castle leva le bras pour l’en empêcher. Ce qui lui valut un regard foudroyant.
-« Sérieusement ? Vous ne vous souvenez pas de l’affaire Malot ? » demanda-t-il en dévisageant les 3 inspecteurs tout en rendant son marqueur à Beckett.
-« Tu te souviens que si cette affaire remonte à moins de trois ans, tu es le seul à savoir de quoi tu parles. » ironisa Kate avec son petit sourire moqueur.
Dans un premier temps il se contenta de répondre par un petit sourire poli tout en cherchant ses mots.
-« Non, non, non… Cette histoire remonte à plus de 25 ans et est tout à fait réelle. Vous ne vous souvenez vraiment pas ? Bon, ok… Ryan lui au moins à l’excuse de ne même pas être né. »
Ryan fit la moue devant cette petite blague qui eut au moins le mérite de faire sourire Beckett.
Esposito s’assit sur le coin du bureau de Kate en sachant que les explications allaient être longues. Kate soupira et parti se servir une tasse de café. Seul Ryan était enthousiaste au récit de l’auteur.
-« Qu’est-ce que j’ai loupé ? » demanda Kate en revenant deux minutes plus tard avec sa tasse de café.
-« Pas grand-chose d’intéressant ! » lui répondit Esposito en soupirant.
-« Comme je le disais il y a deux minutes, ce gamin a été reconnu coupable de meurtre avec préméditation et a été condamné à 207 ans de prison dans l’établissement le plus sévère de son conté. »
-« De qui il parle ? » demanda discrètement Kate.
-« Terrence Malot… Mais demande lui de recommencer depuis le début, je t’assure que ça pourrait presque faire un bon roman. » dit le latino en retournant à son bureau.
-« Puisqu’il a été condamné à la prison à vie, on doit savoir où le trouver ! Et le rapport avec mon affaire de trafic scolaire ? Et avec la journaliste ? »
-« Tu n’as rien écouté hein ? » demanda Castle.
-« J’avoue… mais ne vous croyez pas obligé de … »
-« Ce n’est pas grave, je fais un résumé… »
Beckett se laissa tomber sur sa chaise, se rappelant soudain pour quelles raisons elle détestait que Castle traine dans ses pieds à longueur de journée.
Chapitre 3:
-« Qui est Terrence Malot ? » capitula Beckett alors que le regard suppliant de Castle était rivé sur elle.
-« Je savais que ça t’intéresserait. » fit-il triomphant en se redressant sur sa chaise. « Terrence Malot était un simple adolescent comme tous les autres… »
-« A la seule exception qu’il a été condamné pour meurtre… Le rapport avec MON affaire ? »
-« J’y arrive, j’y arrive… Laisse-moi te raconter le début et je te promets que tu comprendras. »
-« C’est mal partit… » soupira-t-elle en sirotant son café.
Rick se contenta de sourire sans tenir compte de cette remarque et poursuivit comme si de rien n’était.
-« Il avait 19 ans à l’époque des faits. Il était nul en sport, ses résultats scolaires étaient plutôt médiocres et la seule chose qui l’intéressait était l’anatomie de sa voisine, Mollie Anderson. Elle avait déjà porté plainte contre lui à plusieurs reprises pour voyeurisme. Elle avait même obtenue une injonction d’éloignement, obligeant ainsi la famille Malot à trouver un domicile à plus de 500 mètres de la jeune femme. »
-« Ils auraient pu quitter la ville, tout simplement. » coupa Kate pour qui cette histoire n’avait aucun intérêt.
-« Ils ne pouvaient pas. Samuel Malot, le père, était le seul médecin valable de cette petite ville du Nevada. »
-« Le Nevada ?? Mais c’est à l’autre bout du pays ! Ecoutez Castle, j’adore vos petites histoires mais là, j’ai vraiment du boulot. »
-« Tu perdras moins de temps si tu m’écoute. » assura-t-il.
Excédée, Kate reposa assez violemment le dossier qu’elle venait de prendre.
-« Alors voila : avec toutes ces accusation de voyeurisme contre lui, le petit Malot est devenu un pestiféré. Le mouton noir de la famille. Le 23 mai il y a une grande fête. Ne me demande pas de quoi il s’agit, je n’en sais rien du tout. Un truc folklorique qui réunit tous les habitants de ce bled paumé. »
-« Tous sauf Terrence Malot je présume… »
-« Bien vu. Et mademoiselle Anderson n’y était pas non plus. Elle n’était pas originaire de la région, elle s’y était juste installée depuis quelques années. » ajouta-t-il pour répondre au regard de Beckett. « La maison de Mollie Anderson a pris feu. Un incendie criminel selon le responsable des services d’incendie. Mollie est morte, brûlée et tous les regards se sont porté vers la seule personne à ne pas avoir participé à la petite fête. »
-« Pourquoi les pompiers ne sont pas intervenus plus vite ? Et il y avait forcément d’autres personnes que ce Terrence à ne pas participer aux festivités ! »
-« La résidence d’Anderson était en retrait de la ville. Quand la fumée à commencer à se voir les pompiers ont tout de suite réagit, mais le temps qu’ils arrivent, il n’y avait plus rien à faire. »
-« Et je suppose que personne n’a rien vu ! Alors pourquoi accuser le fils Malot ? »
-« Non, la maison la plus proche était celle que les Malot ont dû abandonner suite à l’injonction d’éloignement et… Encore non, personne n’a rien vu. Le petit Terrence n’avait personne pour témoigner qu’il était resté bien sagement chez lui. Par contre, des centaines de personnes ont témoigné des menaces qu’il proférait depuis que sa famille avait dû quitter la maison familiale. »
-« Et ça a suffi à le condamner ? »
-« Oui, ça et l’incompétence de son avocat. »
-« Ok. Un pauvre gamin se voit accuser de meurtre et purge une peine depuis maintenant … plus de 25 ans ! » elle fit semblant de réfléchir une seconde. « Tu m’explique le rapport avec MON affaire ! »
-« Il ne purge aucune peine. »
Le regard de Kate se fixa sur lui.
-« Le fourgon qui assurait le transfert de plusieurs prisonniers s’est fait attaquer… Le chauffeur a fait semblant d’être mort pour échapper au massacre, les trois gardiens se sont fait descendre… Tout ça pour rien parce qu’en fait les responsable se sont fait chopper… Mais Terrence Malot n’a jamais été retrouvé. »
-« Tu veux dire que ce type est en cavale depuis 25 ans et que personne ne le recherche ? »
-« Les recherches ont été abandonnées quand le corps a été retrouvé dans la forêt avoisinante, déchiqueté par les bêtes sauvages. » fut-il forcé d’avouer à voix basse.
-« Alors il a été retrouvé tout compte fait. » en conclu Kate. « Des analyses ont dues être faites, non ? »
-« Oui et elles ont prouvées que l’ADN retrouvé sur les restes était celui de Malot. »
-« Alors pourquoi vous me cassez les pieds avec cette histoires ? » explosa enfin Kate.
-« La société qui a réalisé les tests a été condamnée quelques années plus tard pour manque de professionnalisme. Il se trouve que certaines analyses n’ont jamais été réalisées et que les résultats fournis ont juste été piochés au hasard. »
Kate semblait perplexe, hésitant encore à croire qu’une histoire aussi insensée puisse être réelle.
« Il y a des tas de sites et de forums qui parlent de cette affaire. Des chasseurs de primes sont à la recherche de Terrence Malot depuis 87 ! » expliquait-il surexcité.
-« Le fait que ce soit sur Internet et que des idiots cherchent un type enterré depuis 25 ans ne prouve pas que ce soit vrai ! » trancha Kate en se levant.
Ryan et Esposito étaient restés sans rien dire, se contentant d’admirer le duel en pariant sur celui qui l’emporterait.
-« Puisque vous n’avez plus rien à faire, prouvez à Castle qu’il se goure : trouvez-moi tout ce que vous pouvez sur l’affaire Malot ! »
Esposito tendit un billet vers la main de Ryan en soupirant.
-« Je n’arrive pas à croire qu’elle ait gobé un truc pareil ! »
-« Je te l’avais dit ! Castle est de retour. » nargua Ryan en contemplant le visage d’Ulysse Grant sur le billet vert.
-« Vous venez Castle ? »
-« Dans le Nevada ? »
Kate soupira en levant les yeux au ciel.
-« Au lycée. On va faire notre job : interroger les dernières personnes à avoir parlé avec la victime. Celle de MON affaire. »
-« Je suis sûr que j’ai raison… Tu verras Kate, tu finiras pas admettre que je suis génial. » balbutia-t-il en la suivant, quelques pas derrière elle.
Chapitre 4 :
Castle et Beckett arrivèrent enfin au lycée Jefferson. Castle avait continué à lui casser les pieds avec cette histoire jusqu’au moment où elle s’était sauvagement arrêté à un feu rouge en lui affirmant que s’il ouvrait encore la bouche, elle l’éjectait. Voiture en marche, ou pas ! Avait-elle précisé. Castle avait passé les 10 minutes suivantes la bouche fermée, se contentant de quelques regards sur le côté, ce qui énervait tout autant sa partenaire.
-« Qui on vient voir au juste ? » osa-t-il demander en descendant de la voiture.
-« Un certain Lars Jiang. »
-« Et pourquoi ne l’avez-vous pas interrogé plus tôt ? »
-« Parce que Lars Jiang ignorait hier soir encore que Mademoiselle Karen William est décédée. »
-« Je croyais qu’elle était morte depuis deux jours ? Il faisait quoi tout ce temps ? D’habitude les nouvelles circulent vite dans ce genre d’endroit. »
-« Et si on allait lui demander, petit malin ! » fit-elle en accélérant le pas pour accoster un garçon avec une blouse à écussons. « Lars Jiang ? Lieutenant Beckett N.Y.P.D. Vous avez deux minutes ? »
Elle n’attendit pas la réponse et l’entraina doucement, un peu en retrait des autres groupes d’étudiants. Le jeune homme regardait l’inspectrice avec crainte.
-« Si c’est pour les 500 $ du club de tennis, le président est au courant. Je rembourserais… »
Kate est Rick le regardèrent avec attention, se retenant de rire pour l’un et se disant que parfois c’était trop facile, pour l’autre.
-« Non Monsieur Jiang. Ce n’est pas pour ça que nous sommes là. » coupa Kate pour s’assurer qu’il ne dise rien qu’il pourrait regretter devant un Lieutenant de police. « Nous sommes là pour parler de Karen William. »
-« Qui ? »
-« La journaliste. » précisa Castle.
-« Ah oui… Euh… On avait rendez-vous hier soir mais elle n’est pas venue. J’ai essayé de la joindre et c’est un de vos collègue qui m’a dit que vous passeriez me voir. Elle a des problèmes ? »
-« Plus maintenant ! » laissa échapper Rick.
-« Quoi ? » fit-il en accusant le coup. « Elle est… La femme du parc, c’est elle ? » demanda-t-il en pointant le dit parc de l’autre côté de la rue.
-« Oui. » soupira Kate. « Où étiez-vous ces deux derniers jours ? »
-« Chez mon oncle, dans le Vermont…Lui et ma tante peuvent confirmer… Vous croyez que… »
-« Non Monsieur Jiang. Pour l’instant je ne crois rien du tout. Je cherche. »
-« On trouvait juste étrange que vous ayez son numéro de portable mais que vous ignoriez les rumeurs. »
-« Je suis rentré hier en début de soirée. » continua-t-il de se justifier, tout penaud.
-« Vous la connaissiez bien ? »
-« Pas vraiment, non. Elle faisait un article sur les tricheurs et interrogeait un peu tout le monde. Elle fouinait beaucoup. »
-« Mais tout le monde n’avait pas son numéro ! » fit remarquer Castle avec un petit sourire.
-« Ok… J’ai bossé un peu pour elle. Elle posait les questions et une fois qu’elle obtenait les réponses que les autres voulaient bien lui donner elle s’en allait. Moi je trainais dans le coin pour recueillir les infos qu’elle n’étaient pas sensé entendre. »
-« Et elle en était où dans cet article ? »
-« Elle l’a abandonné. » répondit-il, surpris que la police ne le sache pas déjà.
-« Je vous demande pardon ? »
-« Oui, c’était il y a 4 ou 5 jours déjà. Elle a donné la liste des étudiants profitant un peu trop des ‘amis invisibles’ et les portraits robots de ceux qui passent les examens. Ce n’est plus qu’une question de temps avant que ce petit trafic ne s’effondre. »
-« Alors pourquoi elle trainait toujours par ici ? »
-« Elle était sur un autre sujet. Elle disait que c’était bien plus gros et que tout le monde allait entendre parler d’elle. »
-« C’est étrange que son éditeur attende toujours l’article sur les tricheries si elle avait autre chose en vue ! »
-« Je ne pense pas qu’elle l’ai mis au courant, elle avait peur de se planter. Au pire elle écrivait un truc vite fait pour le premier sujet. »
-« Et vous saviez de quoi il s’agissait ? »
-« Non. Elle ne s’est pas confiée à moi. Mais le soir avant mon départ je venais apporter un justificatif à la secrétaire et je l’ai vu assise au bureau du secrétariat, devant le PC. »
Kate le fixait avec son regard interrogateur, cherchant à en savoir plus.
« Je ne sais pas ce qu’elle cherchait. Elle m’a juste dit que la secrétaire ne reviendrait pas avant un moment et m’a fait comprendre que je n’avais rien vu. Elle a vérifié sur sa tablette qu’elle avait bien reçu le fichier qu’elle venait de s’envoyer et est repartie. »
-« Et le rendez-vous d’hier soir. Qu’est-ce qu’elle vous voulait ? »
-« Je n’en sais rien… J’ai reçu le texto il y a trois jours. J’ai pensé qu’elle voulait m’expliquer sa découverte. »
Kate le remercia et le laissa partie.
-« Quelque chose me dit qu’on va aller rendre une petite visite à la secrétaire et vérifier l’historique des mails sortant ! »
-« Perdu Monsieur le petit écrivain. »
Rick la dévisagea. Il était pourtant sûr de son coup.
-« Il a parlé de tablette. »
-« Et ? »
-« On ignorait qu’elle en avait une et on ne l’a pas retrouvé chez elle. Il faut dire qu’on ne l’a pas cherché non plus. »
-« Et tu penses que ça ira plus vite de retourner son appart plutôt que de rendre une visite à la gentille secrétaire. »
-« Crois-moi, la secrétaire n’a rien de gentille et deuxièmement, si elle a pris soin de cacher cette tablette c’est que son contenu est forcément plus intéressant que celui de son PC qui trainait en évidence dans son salon. »
-« Ta logique se tient ! » assura Castle en remontant dans la voiture.
Chapitre 5 :
Plus d’une heure déjà que Kate et Rick fouillaient le domicile de Karen William.
-« Rien dans la chambre, ni dans le bureau. »
-« Le salon est tout ce qu’il y a de plus banal… » soupira Castle en rejoignant Kate dans la cuisine « Franchement, ce n’est pas comme ça que je voyais l’appart d’une journaliste. »
-« Qu’est-ce que vous espériez ? Des journaux sérieux entassés dans tous les coins ? Des articles épinglés au mur en guise de papier peint ? Mais qu’est-ce qu’elle a bien pu faire de cette satanée tablette. » jurait Kate en ouvrant les placards de la cuisine.
-« Euh… » fit Castle qui venait de soulever le couvercle d’une boite en fer. « J’allais te proposer du café, mais je ne suis pas certain qu’elle ait de quoi satisfaire cette envie ! »
-« Castle ! » sermonna Kate en levant les yeux au ciel. « Nous ne sommes pas là pour… »
Elle venait de se retourner, pensant arracher les yeux de Castle, mais voyant le contenu de la boité étiquetée « café », elle avait plutôt envie de l’embrasser.
-« Même si on en trouve pas son petit gadget, on ne rentrera pas bredouille ! » dit-il en affichant un grand sourire en sortant les cartes mémoires de leur cachette.
En refermant les portes du placard Kate entendit un bruit sourd à l’intérieur de celui-ci, comme un livre qui aurait perdu l’équilibre.
-« Soit ta victime avait un sens de l’ordre très particulier… »
-« Soit on a enfin trouvé une piste. » termina Kate en sortant un vieux livre de cuisine dans le milieu de certaine pages avait été découpées pour y placer la mystérieuse tablette. « Mais dans quelle histoire s’était-elle embarquée ? »
-« Tu vas me détester, mais je dirais une chasse au fantôme ! » répondit Rick avec un large sourire.
-« Je vous déteste déjà ! » répondit-elle par mécanisme, juste pour le contrarier.
Au moment où elle se redit compte de ce qu’elle venait de lui dire, elle s’en voulut et tenta de rectifier ses paroles :
-« C’est pas ce que je voulais dire… »
-« Ne t’inquiète pas ! » sourit-il. « De toute façon je ne te crois pas. » assura-t-il.
La remarque de Kate aurait pu le blesser et lui faire vraiment mal si le souvenir de son « je t’aime » n’était pas encré profondément en lui.
Pour se rattraper Kate le laissa parler de l’affaire Malot et émettre ses petites théories farfelues durant tout le trajet. En arrivant au poste elle était à bout de nerfs.
-« J’en peux plus les gars. » affirma-t-elle en s’adressant à Ryan et Esposito dès sa sortie de l’ascenseur. « Dites à Castle que vous n’avez rien trouvé sur l’affaire Malot. »
-« On n’a rien trouvé sur l’affaire Malot ! » répétèrent-ils en même temps.
-« Sérieux ? » souffla Castle, sous le choc d’avoir pu se tromper.
-« Non… Mais Beckett à l’air de mauvaise humeur, alors on fait ce qu’elle dit ! » répondit Esposito avec un sourire moqueur.
-« Vous êtes encore pires que Castle ! » soupira Kate en se relevant à contrecœur de son fauteuil pour s’avancer vers ses coéquipiers. « OK, qu’est-ce que vous avez trouvé ? »
-« Castle avait raison sur un truc : Absolument rien ne prouvait que Terrence Malot ait été sur les lieux du crime et qu’il soit mêlé de près ou de loin au meurtre pour lequel il était accusé. »
-« Quelles étaient les preuves contre lui. »
-« Ils avaient l’habitude de trainer par là-bas malgré l’injonction. Il y avait ses empreintes sur le rebord de la fenêtre et à l’intérieur de la maison, enfin, ce qu’il en restait. »
-« Mais rien ne prouve qu’il les a laissé en mettant le feu ? »
-« Non… Rien du tout. Mais il passait son temps à la calomnier et la provoquer dès qu’ils se croisaient. »
-« Se croisaient ? Mais… l’injonction ? »
-« Qui peut respecter une injonction de 500 mètres dans une petite ville ? Qui peut savoir sur qui on peut tomber en sortant de l’épicerie ou en tournant au coin d’une rue ? »
-« On a demandé le rapport d’enquête de l’incendie, ils nous le faxent dès qu’ils le retrouvent. »
-« Dés qu’ils le retrouvent ? » demanda Kate pour confirmer qu’elle avait bien entendu.
-« C’était il y a 25 ans et le classement des archives ne sont pas au top apparemment là-bas. »
-« Super… Je voulais juste prouver à Castle qu’il faisait fausse route et je mets en évidences les lacunes de nos collègues ! Bon, ce n’est pas tout ça les gars mais on vous a ramené du boulot. »
-« Ah bon, on n’en avait plus ? » plaisanta Esposito pour faire gentiment remarqué à Beckett qu’ils n’avaient pas chômé pendant qu’elle et Castle se promenaient.
-« Qu’est-ce que vous nous ramenez ? » demanda Ryan en admirant la tablette dans les mains de Castle.
-« Lars Jiang l’aidait dans les recherches quand elle travaillait sur cette histoire de tricherie. Mais apparemment elle lui aurait affirmé être sur un tout autre sujet. Il nous a dit l’avoir surpris à fouiner dans le bureau de la secrétaire et repartir avec une tablette. »
-« Vous avez donc visité le secrétariat… »
-« Non… Beckett avait peur de la secrétaire. » s’amusa Castle.
Beckett soupira mais choisit de l’ignorer.
-« On n’avait pas trouvé de tablette chez elle… »
-« On ne l’a pas cherché non plus ! » précisa Ryan.
-« Justement. On y est retourné et après avoir cherché un peu… »
-« Un peu ? On a tout retourné. »
Beckett le fusilla du regard et il se tut.
-« Après avoir BIEN cherché. On a trouvé. »
Rick se racla la gorge.
-« Ok, c’est Castle qui a trouvé. » se reprit-elle à contrecœur.
Les inspecteurs riaient intérieurement de les retrouver aussi chamailleurs. Mais il valait mieux ne rien laisser paraitre pour ne pas réellement énerver Beckett.
-« Au boulot ! » ordonna-t-elle en vidant un petit sachet contenant 5 cartes mémoires sur le bureau d’Esposito pendant que Castle posait la tablette sous les yeux de Ryan.
-« Tu sais qu’il y a le service de la scientifique pour ça ? » rétorqua Ryan.
-« Ils sont déjà surchargé et je n’ai pas envie d’attendre 3 jours pour qu’un informaticien ait le temps de s’intéresse à ça… Alors au boulot. Si vraiment vous bloquer à cause d’un mot de passe, creusez-vous la tête pour passer outre. »
Esposito et Ryan échangèrent un regard en la laissant rejoindre son bureau.
-« Il est de retour depuis une matinée et elle nous colle déjà des devoirs par-dessus la tête… » se moqua Esposito.
-« Tu préfères sécher ses larmes ? » lui répondit tout aussi discrètement l’irlandais.
Ils stoppèrent leur commérage avec l’arrivée de Castle, servant un café à sa muse.
En voyant le café atterrir sur son bureau un sourire éclaira le visage de Kate, chose qui ne passa pas inaperçue. Ça faisait des mois que personne ne l’avait plus vu sourire.
Chapitre 6 :
Le reste de la journée passa à une vitesse incroyable. Les inspecteurs n’arrivèrent qu’à accéder à deux cartes mémoires. L’une contenant des informations sur la corruption d’un agent des contrôles fiscaux. Ce type avait fait la Une de la presse pendant deux semaines et croupissait déjà dans une cellule. L’autre contenait les informations sur l’ensemble des professeurs du lycée Jefferson dans lequel elle enquêtait. Impossible de savoir ce qu’elle cherchait au juste et si elle s’intéressait à une personne en particulier. Les autres étaient protégées par un mot de passe qu’aucun d’eux n’avait encore trouvé.
Kate avait réussi à avoir accès à la boite à message de la tablette et avait tout passé en revue. Le fichier que Karen s’était envoyé ne contenait que la liste des professeurs accompagné des CV de chacun. Rien de très extraordinaire vu qu’ils ne savaient pas ce qu’ils étaient sensé chercher.
Il était presque 18 heures et comme aucune nouvelle information ne venait à leur secours, Kate décréta que chacun pouvait rentrer chez lui.
Kate Ryan et Esposito étaient déjà à mi-chemin entre les bureaux et l’ascenseur lorsqu’ils se rendirent compte que Castle était resté assis sur sa chaise. Les deux inspecteurs se tournèrent vers Kate, lui faisant comprendre que c’était à elle d’intervenir.
-« Un problème Castle ? » lui lança-t-elle finalement, de là où elle était.
-« Aucun… A demain. » répondit-il avec un petit sourire tout en leur adressant un geste de la main.
-« Vous ne rentrez pas chez vous ? »
-« Tu as entendu Alexis : Je n’ai pas le droit de rentrer seul… Il parait que je suis un danger pour moi-même, et ma cuisine. Tu as vu son regard, elle est plutôt autoritaire pour une fille de son âge ! Je plains l’homme qui l’épousera, elle est un peu trop… Comme toi. »
Ryan et Esposito pouffèrent de rire devant cette attitude de gamin insolent.
-« Et à quelle heure rentre-t-elle ? »
-« Dans 2 jours. » répondit Castle en affichant la tête d’un petit garçon perdu.
-« J’avais oublié ce ‘détail’. Mais Martha est là, non ? »
-« Elle a son spectacle à préparer, elle passe ses journées avec ses élèves et ses nuits… Je préfère ne pas savoir ! »
Kate se retient de rire devant les manières de cet homme qui refusait de voir sa mère autrement que comme une maman. Elle se retourna vers les gars en soupirant.
-« Très drôle… C’est bon les gars rentrez chez vous. Je me dévoue. »
-« Quel énorme sacrifice. » murmura Esposito en se retournant pour rejoindre l’ascenseur.
Il ne vit pas le regard de Kate le fusiller. Mais au fond d’elle elle savait qu’il avait raison : Une soirée seule avec Castle, chez lui… Cette idée était loin de lui déplaire.
Bien qu’elle avait du mal à lui refuser quoi que ce soit, Kate parvint quand même à éviter une sortie au restaurant, prétextant être fatiguée. Elle voulait juste être seule avec lui sans se retrouver en couverture des magazines people.
-« Installe toi, je prépare le diner ce soir. J’ai vu une supère petite recette à la PV l’autre jour ? »
-« C’était dans la même émission que le ballon en chocolat ? »
-« Euh… Oui, pourquoi. »
-« Parce que je n’ai pas envie de passer la soirée à nettoyer la cuisine. JE prépare le diner. » s’imposa Kate en lui prenant la salade des mains.
-« Si tu l’dis. » fit Castle en s’asseyant sur l’un des tabourets de la cuisine. « Je peux regarder au moins ? Qu’est-ce que tu nous prépare de bon ? »
-« Salade, pommes de terre et… euh, il reste du poulet visiblement. » répondit-elle après avoir inspecté le contenu du frigo.
Kate s’approcha de Rick et lui prit le paquet de biscuit des mains.
-« Vous n’aurez plus faim pour le diner… Et je vais en avoir besoin pour le dessert. »
-« Un dessert ? Mmmm… J’en ai de la chance. Alexis peut rester avec ses amies aussi longtemps qu’elle le veut. »
Kate prépara le diner et ordonna à Castle d’attendre le retour de Martha avant de commencer à manger, par simple politesse. Alors, en bon petit garçon, il attendit sagement en mettant un DVD dans le lecteur. Une fois le film terminé il regarda Kate avec amusement, les gargouillis de son ventre ne s’arrêtaient plus.
-« Vous avez gagné. On passe à table dans 5 minutes ! » capitula-t-elle en se levant d’un bond.
Rick soupira et la regarda s’éloigner de ses bras en soupirant : s’était-elle au moins rendu compte qu’elle avait passé la moitié du film blottie dans ses bras ?
Castle mit la table pendant que Kate réchauffait les plats et quelques minutes plus tard ils se retrouvèrent pour un diner en tête à tête. Castle aurait volontiers mis des bougies pour alléger un peu l’ambiance, mais il avait peur d’en faire trop et de la faire fuir.
-« Il est tard. » fit remarquer Kate en alors que le cadran de l’horloge affichait 23 heures 35. « Je devrais rentrer. »
-« Tu plaisante là ? » la rattrapa Rick en lui retirant le manteau des mains. « Il est hors de question que je te laisse rentrer seule chez toi aussi tard. »
-« Vous avez peur que ma voiture ne se transforme en citrouille ? » plaisanta-t-elle.
-« Tu te prends pour une princesse ? » se moqua-t-il en pensant que c’était la plus belle de toute. « Il y a des tas de gens peu fréquentables qui trainent dans les rues. »
-« Castle ! Je suis…. »
-« Flic ? Armée ? Entrainée au combat ? » termina-t-il sa phrase. « Je sais. Tu es la meilleure flic que je connaisse. Mais eux sont plus nombreux. Alors tu restes ici. »
Le ton sec et autoritaire contrastait avec l’attitude enfantine dont il avait fait preuve toute la journée. Kate ne protesta pas et accepta son invitation, qui ressemblait plus à un ordre à bien y réfléchir.
« Je te proposerais bien la chambre d’amis, mais mère y entrepose tous ses costumes… Je me demande bien à quoi ça lui sert d’avoir une école ! » annonça-t-il en revenant avec des couvertures et un oreiller. « Faits pas cette tête… Je te laisse mon lit ! »
-« Euh… étant donné que je m’incruste, il serait plus juste que JE dorme sur le canapé. » intervint-elle en s’appropriant le coussin.
-« Très bien… On risque d’être à l’étroit tous les deux sur le divan… Tant qu’à faire, il y a toujours le lit. » la nargua-t-il.
Elle rougit en esquissant un léger sourire avant de lui lancer l’oreiller à la figure.
-« Bonne nuit Castle. » dit-elle timidement en refermant la porte de la chambre.
Confortablement installée dans le lit de Rick, il ne lui manquait que le battement régulier du cœur de son petit chéri pour se sentir vraiment bien. Cependant, elle ne mit pas plus de 5 minutes avant de s’endormir.
Castle, lui, passa deux heures à se retourner dans tous les sens avant de trouver une position confortable et quand enfin il commençait à se laisser gagner par le sommeil, c’est Martha qui entra en chantonnant et allumant les lumières avant de se rendre compte que son fils, un regard noir et les cheveux en bataille, la menaçait de la faire mettre dehors.
Chapitre 7 :
La sonnerie du réveil de son portable la tira des bras de Morphée. Elle mit quelques secondes à se souvenir de l’endroit où elle était, mais pour une fois c’est sourire aux lèvres qu’elle se leva. Elle utilisa la salle de bain de Rick pour se débarbouiller et remit les habits de la veille en se disant qu’elle devait absolument faire un détour pour passer chez elle.
En sortant de la chambre elle s’attendait à voir son écrivain préféré au travail, assis à son bureau. Elle sourit à nouveau en se souvenant qu’il était loin d’être aussi travailleur qu’elle. En poussant la porte qui donnait vers le salon, son regard s’arrêta sur Castle dormant encore paisiblement sur le canapé, la couverture descendue jusqu’à ses genoux.
Elle s’approcha sans faire de bruit et s’accroupit devant lui pour le regarder dormir. Elle remonta lentement la couverture et resta une seconde avec la main en suspens. Elle tentait de lutter avec elle-même, mais la tentation était trop grande : sa main caressa son front tandis qu’elle déposait tendrement un baiser au coin de ses lèvres.
Ce n’est qu’en se relevant qu’elle stoppa net devant le regard amusé de Martha qui ne la lâchait plus des yeux.
-« Euh… Bonjour. J’ignorais que vous étiez là ! » balbutia-t-elle.
-« Je me doute. » répondit-elle, amusée de voir la jeune femme aussi mal à l’aise de s’être fait prendre. « Un café ? » proposa Martha pour la détendre un peu.
-« Merci. » sourit Kate en prenant la tasse qu’elle lui tendit.
-« Bien dormis ? » demanda l’actrice avec un sourire taquin.
-« Rick a passé la nuit sur le divan. » précisa Kate d’emblée pour ne pas qu’il y ait d’ambiguïté.
-« Je sais… Je l’ai réveillé à 2 heures en rentrant… A moins que vous l’ayez éjecté de sa chambre juste après… »
-« On a rien fait ! »
Martha explosa de rire. Autant Kate s’amusait à faire tourner Castle en bourrique autant Martha trouvait drôle la manière qu’avait l’inspectrice de rougir à chaque fois qu’elles parlaient de Richard.
Une fois de plus Kate se contenta de rougir et se réfugia dans sa tasse. Elle s’y serait glissée toute entière si cela avait été possible.
-« J’arrête de vous ennuyer. Par contre, loin de moi l’idée de vous dire ce que vous devez faire mais… Vous devriez essayer quand il est réveillé… »
Kate la regarda avec surprise.
-« Oh... Darling ! » elle leva les bras au ciel dans de grands gestes théâtraux. « Ça se voit comme le nez au milieu de la figure que vous l’aimez… Bon, je vais me préparer, l’après-midi va encore être surchargée. »
-« Moi aussi je devrais y aller… » fit Kate en regardant sa montre.
Martha était au milieu des escaliers et Kate s’apprêtait à quitter le loft quand elles se retournèrent vers le salon où Rick dormait comme un bébé.
-« Je vous l’amènerais tout à l’heure. Quand il n’a pas ses heures de sommeil il est insupportable ! » lança Martha en souriant.
-« Vous devriez le laisser dormir d’avantage tous les jours alors. » se moqua Kate en refermant la porte d’entrée derrière elle.
Kate passa chez elle pour se changer et arriva au bureau juste après les garçons.
-« Où est Castle ? »
-« Chez lui, il dort. »
-« Tu l’as laissé seul ? »
-« Je te parie qu’il est ligoté et bâillonné sur une chaise ! » s’amusa Esposito avec un grand sourire.
-« ça m’a traversé l’esprit… Mais Martha était là. » souligna-t-elle tout aussi amusé qu’eux. « Alors ? Du nouveau avec les cartes mémoires ? »
-« On vient d’arriver. On s’y remet tout de suite. »
Les gars épluchèrent tout ce qu’ils savaient de leur victime pour trouver les mots de passe de ces clés, tout était passé en revue : noms des ex petits amis, numéro de téléphone de proches, date d’anniversaire de son neveu… Et malgré ça, ils étaient toujours au point mort.
De son côté Kate visitait les sites auquel Karen William avait eu accès la semaine avant sa mort. Elle dû se résoudre au fait que Castle ait peut-être bien flairé une piste en parlant de l’affaire Malot. D’après les derniers mails, Karen était même parvenue à entrer en contact avec une ancienne connaissance de Terrence Malot. C’est à ce moment-là qu’elle bondit de sa chaise en se souvenant que sa victime revenait juste d’un petit week-end dans le Nevada.
Kate délaissa provisoirement la tablette de la journaliste pour s’intéresser d’un peu plus près à son compte en banque. Ses retraits du week-end précédent sa mort plus précisément.
-« Bingo ! » s’écria Esposito.
-« Beckett va te tuer… » souffla Ryan à l’oreille de son coéquipier en voyant le mot de passe griffonné sur un brouillon.
-« Oh… J’arrive bien alors ! » s’exclama un Castle tout frais et souriant en déposant un café fumant sur le bureau de son lieutenant préférée.
-« Vous êtes sûr d’avoir la permission de votre maman pour être ici ? » lança Kate, moqueuse.
-« Bonjour à toi aussi. Bien dormis ? Mon lit était assez confortable ? »
Les regards des garçons se braquèrent sur Beckett qui se défendit aussitôt en affirmant que d’une part Castle avait dormi dans le divan et que d’autre part, ça ne les regardait absolument pas.
« Pour ce qui est de ma mère, elle a donné l’adresse du poste au chauffeur en soulignant qu’il aurait de grave ennuis avec la police s’il me déposait autre part que devant le 12th. »
Les trois inspecteurs explosèrent de rire.
-« J’ai dû ruser pour aller te chercher ton café, alors apprécie le. »
-« Mais j’apprécie. » pensa-t-elle à voix haute, malgré elle. « Bon, alors, ce mot de passe… C’était quoi finalement ? »
-« Affaire Malot »
-« Je viens d’essayer avec Carlin Nevada et ça débloqué une seconde carte. » affirma Ryan, tout fier.
Beckett, soupira et déglutit tout en jetant un coup d’œil vers Castle.
Assis sur sa chaise, le regard fier, l’auteur attendait un simple petit ‘merci’ de la part de Kate. Mais au fond de lui il savait qu’il risquait d’attendre longtemps.
-« OK … C’était peut-être une bonne piste. » capitula-t-elle, agacée en ordonnant aux inspecteurs de lire chaque document en prenant des notes.
Chapitre 8 :
Trois heures plus tard l’équipe de Beckett était réunie dans la salle de conférence afin d’expliquer les découvertes de chacun et de confronter leurs idées.
-« Elle avait regroupé tous les articles de presses de 87 et les passages les plus importants étaient surlignés. Comme le fait que l’autopsie de Mollie Anderson aurait prouvé que l’incendie n’était pas la cause de la mort… Mais de toute façon elle est arrivé trop tard, le procès était déjà fini. » commença Esposito.
-« Y en a-t-il seulement eu un ? » fit remarquer Castle en sifflotant.
Kate soupira. Castle était mauvais gagnant et elle détestait le voir se pavaner. Elle évitait de le regarder, car même comme ça, elle le trouvait craquant et elle ne voulait surtout pas qu’un sourire la trahisse.
-« De quoi est-elle morte alors ? »
-« Une balle dans la tête. » répondit Esposito sans la moindre hésitation.
-« C’est bizarre, ça me rappelle vaguement quelque chose ! » continuait de siffloter Castle.
-« Autre chose d’important ? »
-« Rien que Castle ne sache déjà ! » fit remarquer le latino avec humour. « Le feu a été déclenché pour masquer l’impact de balle et faire porter le chapeau à une personne qui serait en colère contre elle. Il faut reconnaitre que Terrence Malot faisait le coupable idéel. »
-« Ryan… ? »
-« J’ai trouvé les rapports de police et ceux du légiste que j’ai déjà faxé à Lanie. Sinon, je t’assure que le petit Terrence savait y faire côté vandalisme : Il avait déjà été accusé d’avoir fait exploser un pot de peinture dans son salon, d’avoir muré les portes et le plus drôle : barbouiller les fenêtres de confiture … Tu veux d’autres idées pour tes voisins Castle, il y en a encore plein. »
-« Merci Ryan, ça suffira. Castle à bien asse d’idées à lui tout seul pour s’attirer des ennuis ! »
L’auteur fit la moue mais Kate avait raison. Pour ça aussi il était champion. Il fit mine de rien et s’imposa avant que Kate ne prenne la parole.
-« Comme vous étiez occupé, j’ai jeté un œil à la liste des professeurs et je crois que j’ai trouvé pourquoi elle s’intéressait à l’affaire Malot. »
-« Sérieusement ? » demanda Kate qui ne comprenait toujours pas comment cette journaliste avait pu trouver un homme recherché par des chasseurs de têtes professionnel.
-« Elle avait attribué à chaque professeur le, voire les, diplômes obtenus ainsi que leurs postes précédents. Je trouve plutôt étrange qu’un homme avec une qualification en histoire, en littérature et en psychologie se retrouve prof de philo. »
-« Qu’est-ce que tu as contre les profs de philo ? » rétorqua aussi sec Kate, déjà prête à défendre l’honneur de son père.
-« Rien. » bafouilla-t-il. « J’ai pris soin de vérifier ses références… » ajouta-t-il avec malice. « Ça va peut-être te surprendre, mais il n’y a pas de lycée Jamestown dans l’Utah. Ni de collège Rockefeller dans le Missouri ? »
-« Tu n’as jamais gonflé tes références ? »
-« J’oubliais le plus drôle… Le seul professeur Lionel Weston, diplômé de Harvard en Littérature, recensé par le registre de l’éducation, est retraité depuis 10 ans et a enseigné dans le Kentucky tout au long de sa carrière. »
-« Wah… » laissa échapper Kate en imaginant le travail que ces découvertes avait dû lui donner.
-« Alors qui est le professeur Lionel Weston qui donne cours au lycée Jefferson ? » demanda Castle en sortant le listing des enseignants de l’établissement.
-« Beau travail ! » admit-elle avec un léger sourire qu’elle essayait de masquer.
-« Et toi, qu’est-ce que tu as fait de ta journée ? » lui demanda discrètement Esposito, histoire de lui faire remarquer que Rick s’était vraiment démené sur ce coup-là.
Kate le dévisagea tout d’abord en se demandant de quel droit il lui parlait comme ça. Ensuite elle réagit avec humour et afficha un petit sourire de satisfaction.
-« En examinant les transactions de son compte en banque j’ai réalisé qu’elle avait passé le week-end à Carlin, au Nevada. »
-« La ville d’où est originaire Terrence Malot ? »
La question était sortie toute seule de la bouche de Castle et quand il réalisa qu’il revenait encore une fois sur cette affaire, il se mit les mains devant le visage, comme pour se protéger d’éventuels coups de Beckett, ce qui la fit sourire.
-« Exactement Castle ! » lui sourit-elle. « J’ai passé deux heures au téléphone avec la responsable de l’auberge dans laquelle elle avait logé. J’ai appris qu’elle s’intéressait de très près à la famille Malot. Elle a parlé à sa sœur, alors j’ai essayé de la joindre mais rien qu’en entendant « Lieutenant de Police » elle m’a raccroché au nez. »
-« Tu ne peux pas vraiment lui en vouloir ! »
-« Mais je ne lui en veut pas. J’ai contacté le meilleur ami de Terrence à l’époque où il a été arrêté. Il m’a répété ce qu’il avait dit à Karen William : à savoir qu’il était avec Terrence le soir de l’incendie. Ils se sont quitté 20 minutes avant que les fumées alertent les habitants. »
-« Il n’a pas mis le feu ! » laissa échapper Castle en pensant qu’un gamin innocent avait été accusé.
-« Même s’il l’avait mis, je vous rappelle qu’elle est morte d’une balle dans la tête. » fit remarquer Ryan.
-« Alors qui a mis le feu ? »
-« Une seule affaire à la fois Castle. » sermona Kate. « Je vous rappelle qu’on enquête sur le meurtre d’une journaliste : Karen William, qui elle-même venait probablement de découvrir l’identité actuelle de Terrence Malot. Enfin, je suppose ! »
-« Tu penses qu’il a tué la journaliste ? »
-« C’est son ébauche d’article qui vous a mis sur la voie, non ? Il disait bien qu’elle savait où il était et qu’elle allait tout révéler. »
-« Mais il était innocent. Pourquoi la tuer, elle pouvait le prouver ! » fit remarquer Castle.
-« Je déteste cette affaire. Retour à la case départ. Qui a lu l’article ? Qui savait sous quel nom se cache Malot ? Qui a tué cette journaliste ? Et où est Terrence Malot ? »
-« Je ne vous ai pas vraiment aidé avec cette affaire. » marmonna Castle.
Beckett le foudroya du regard.
-« Nous aider ? Vous avez foutu encore plus de bordel que d’habitude. » elle se laissa tomber sur sa chaise.
Castle n’avait pas bougé, il était debout devant le tableau, incertain de savoir si sa place était vraiment là. S’il avait vraiment raison de s’acharner.
-« Pardon Castle. » fit Kate en se relevant. « C’est l’affaire qui m’énerve. Je n’y comprends rien… Ce n’est pas comme si c’était votre faute. Puis vous avez peut-être découvert le mobil. » admit-elle avec un sourire gêné, espérant se faire pardonner.
-« Beckett. » fit elle sèchement en répondant au téléphone.
-« Oh je reconnais cette voix si agréable. Je parie que mes découvertes vont t’intéresser. »
-« On arrive tout de suite. »
Elle raccrocha et se retourna vers Castle.
-« Lanie à des choses pour nous. »
-« Pourvu qu’elle ne m’aide pas à mettre le bordel… Sinon je ne donne pas chère de ma peau. » balbutia-t-il en passant à côté du bureau d’Esposito.
Chapitre 9 :
-« Dis-moi que tu as de bonnes nouvelles ? »
-« Bonjour Kate. J’adore te voir de si bonne humeur. »
-« Elle n’est pas d’humeur à plaisanter. » souffla Castle, pas très discrètement.
Les deux femmes lui jetèrent un regard incendiaire auquel il répondit en baissant les yeux et se faisant tout petit.
-« Première chose… En me basant sur les photos prises sur place et le rapport du légiste, je peux t’affirmer bien des choses sur cette affaire. La première c’est que ta victime… »
-« Ce n’est pas MA victime. » protesta Kate.
-« N’est pas Mollie Anderson. » continua Lanie avec un grand sourire.
-« Quoi ? » firent Castle et Beckett dans un synchronisme parfais.
-« Vous êtes flippants ! » fit-elle remarquer en les regardant tous les deux. « La personne retrouvée dans la maison incendié est un homme. »
-« Vous en êtes sûr ? »
Lanie plissa les yeux.
-« Croyez-moi Castle, même quand il est en piteux état je peux différencier le corps d’un homme de celui d’une femme. En plus celui-là n’était pas vraiment carbonisé, il reste même pas mal de tissus en bon état. En fait il se trouvait certainement dans la seule pièce qui n’a pas complètement brûlée. »
-« Pourtant si je tuais une personne en lui tirant une balle dans la tête, » Beckett se tourna vers Castle « je placerais le corps au centre de l’incendie. Ça parait logique. »
-« Sauf si tu veux que tout le monde pense que c’est toi… Dans ce cas tu places le corps à l’opposé, de manière à ce que les spécialistes puissent noter que tu as tenté de fuir mais que prise au piège par la fumée tu n’as pas pu t’en sortir. Une fin tragique Lieutenant. » raconta Castle sans se rendre compte du regard noir de Beckett.
-« Je ne voudrais pas ajouter de l’huile sur le feu, mais la version de Castle est plus logique. »
-« Jolie jeu de mots ! » souffla Castle avec un petit clin d’œil pour la légiste.
Kate soupira en levant les yeux au ciel.
-« Je crois que je vais aller faire un petit tour… Elle va finir par me tuer si je continue à avoir raison. »
Lanie pouffa de rire en regardant son amie tandis que Kate foudroya Castle une fois de plus.
-« QUOI ? » s’emporta Kate face à Lanie qui la dévisageait avec amusement.
-« Je te donne de quoi identifier ta victime si tu m’explique. »
-« Ce n’est toujours pas MA victime, et que je t’explique QUOI au juste ? »
-« La raison pour laquelle Castle fuit devant ton regard par exemple. Qu’est-ce que tu lui as encore fait ? »
-« Il m’énerve. » répondit-elle durement.
-« Et depuis quand ? Ne me dis pas surtout pas depuis le début parce que personne n’y croit. »
Lanie était décidé à ne pas lâcher prise et Kate le savait. Elle soupira et s’assit sur le tabouret devant la table de légiste.
-« Si j’en crois ce que Javier m’a raconté, il a été super sur cette affaire. »
-« Il est génial… Une seconde. Tu as parlé à Espo ? Je croyais que vous n’étiez plus ensemble ? »
-« Non, mais ça ne nous empêche pas de nous voir de temps en temps. Et là c’est de toi dont on parlait en l’occurrence. Si il est si génial, où est le problème ? Pourquoi tu te comportes comme une vraie furie avec lui ? »
-« Parce que je veux qu’il s’en aille. » soupira Kate.
Lanie la regarda perplexe. Elle avait d’abord pensé lui faire ses gros yeux pour que Kate arrête de jouer ce petit jeu avec elle, mais visiblement elle était sérieuse.
-« Et pourquoi tu ne veux plus d’un super coéquipier qui résout même les affaires les moins compréhensibles ? »
-« Il est écrivain Lamie, pas flic. Ce n’est pas un coéquipier, juste un consultant un peu trop collant. »
-« Ça ne t’a jamais beaucoup dérangé… Qu’est-ce qui a changé ? »
-« C’est trop dangereux… Il pourrait être blessé. Encore. » soupira Kate.
Lanie prit un autre tabouret et s’assit devant elle.
-« Tu n’y étais pour rien Kate… Et puis il va bien. »
Kate roula les yeux et soupira à nouveau.
-« Et s’il n’avait pas autant de chance la prochaine fois ? Tout le monde dit que ce n’est pas ma faute, pourtant il a pris cette balle pour moi. Je n’ai rien pu faire pour empêcher que ça n’arrive. »
-« Personne n’a rien pu faire Kate. C’était un enterrement. Il y avait des flics partout, et PERSONNE n’a pu empêcher que ça arrive. »
Lanie lui prit les mains pour la rassurer.
-« D’un côté j’aimerais qu’il s’en aille parce que c’est trop dangereux. Il n’est pas flic et n’a aucune raison de prendre tous ces risques. »
-« Mais d’un autre côté… Tu le trouve trop craquant et tu adores qu’il passe ses journées à te dévisager. » ne put s’empêcher de plaisanter Lanie.
Kate sourit en rougissant.
-« C’est vrai qu’il est pas mal… »
-« PAS MAL ?? » s’étouffa Lanie. « Tu passes ton temps à le déshabiller du regard. Oh Kate, tu ne pensais quand même pas que personne ne s’en rendait compte. »
-« Si ! »
-« Si tu le renvois ton taux de réussite va chuter… »
-« Je sais. J’adore sa manière de raisonner… Et c’est vrai qu’il est trop craquant. » avoua-t-elle en souriant à son amie. « Tu n’as pas intérêt à répéter ça ! » menaça-t-elle en se reprenant son sérieux.
-« Mais à qui veux-tu que je le dise ? Je ne pense pas que tes histoires de cœur passionnent Monsieur Hartfiel. » souligna Lanie en regardant vers les tiroirs de la morgue.
Kate explosa de rire en affirmant néanmoins que si un certain Lieutenant de son équipe venait la ramener sur ce sujet, elle aurait l’éternité pour discuter avec Monsieur Hartfiel.
-« Bon… Et mon indice maintenant ? » demanda Kate en tendant la main vers la légiste .
-« Tu ne perds pas le nord ! » soupira la légiste en allant chercher ses notes.
Elle tendis une photo à Kate.
-« Le victime de l’incendie était du groupe O-, ce qui déjà ne court pas les rues. Ensuite, en examinant les clichés du corps j’ai remarqué ce qui ressemblait à un tatouage. Demande à tes supers inspecteurs de lui redonner son aspect d’origine et avec un peu de chance, il sera dans les bases de données. »
-« C’est un tatouage ça ? »
-« Le feu l’a endommagé mais la scientifique vous le reconstituera sans trop de problème. »
-« Merci Lanie. » souffla Kate en prenant la photo.
-« Oh… Vas-y mollo avec Castle, parce qu’en ce moment c’est TOI sa principale menace. » s’amusa Lanie.
Dans le couloir, Castle avait pensé une minute laisser les deux filles discuter tranquillement, mais sa curiosité l’emporta. Il ne se sentait pas fière d’avoir espionne cette discussion à cœur ouvert, mais c’est sourire aux lèvres qu’il disparut en entendant Kate saluer Lanie.
Chapitre 10 :
-« Alors ? Ta discussion avec Lanie t’a beaucoup aidé ? » demanda Castle, appuyé contre le mur à coté de l’ascenseur, faisant semblant d’attendre l’inspectrice.
-« Elle a le chic pour embrouiller les choses. Vous êtes de mèche ou… ? »
Castle la regardait l’air de ne rien comprendre et effectivement, il se demandait si elle parlait de l’enquête ou de ce qu’il avait entendu à propos de lui.
-« Laissez tomber. » soupira Kate en se disant que Lanie avait raison. Elle devrait se calmer un peu avec lui. Après tout, ce n’était pas de sa faute si elle était incapable de lui avouer ses sentiments. « Le type de l’incendie avait un joli petit tatouage… » elle montra la photo.
Castle tourna la tête sur le côté pour essayer de distinguer quoi que ce soit, mais mis à part un truc cramé, il ne voyait pas grand-chose.
-« C’est ça que tu appelles un joli tatouage ? Attend de voir le mien ! »
Kate explosa de rire et le regarda, amusée.
-« Vous vous avez un tatouage ? » elle se mit à rire à nouveau. « Vous parlez de celui que vous avez sorti de l’emballage de votre chewing gum? » se moqua-t-elle.
-« Tu n’aimes pas ? Je le trouvais sympa moi ! » marmonna Castle en relevant légèrement le bas de sa chemise, montrant un chat ‘jonglant’ avec une seule balle. »
Kate leva les yeux au ciel et fit de son mieux pour masquer son sourire. Cet homme était vraiment le plus grand gamin qu’elle connaissait. Probablement l’une des choses qui, étrangement, le rendait encore plus irrésistible.
-« Castle te fait un Streap Tease ? » se moqua Esposito en les voyant sortir de l’ascenseur.
-« Tu es jaloux ? » répondit-elle du tac au tac. « Alors ? Quoi de neuf ? »
-« Le professeur Lionel Weston se fait porter pal depuis 4 jours ! » lança Esposito pour ne venir au fait.
-« Depuis qu’il a tué la journaliste quoi ! »
-« Castle ! Rien ne prouve qu’il ait tué cette femme et rien ne prouve qu’il soit réellement Terrence Malot. »
-« Tu es aveugle ou tu le fait exprès ? Elle enquêtait sur l’affaire Malot, ce professeur qui arrive de nulle part en empruntant un autre nom… »
-« Terrence Malot était un gamin complètement paumé avec des notes en dessous de la moyenne dans un peu près toutes les matières, alors je ne vois pas comment ce vilain petit canard pu devenir un professeur aussi respecté que Lionel Weston. Même si ce n’est pas son vrai nom. »
-« Je vais te le prouver… » défia-t-il Kate. « Tu vas être obligé d’admettre que j’ai raison. Que tu le veuille ou non. » continua Castle, énervé, en partant.
Kate soupira et se retourna pour faire face aux inspecteurs.
-« Et Lanie ? Qu’est-ce qu’elle t’a appris ? »
-« Non seulement elle confirme que l’impact de balle dans la tête de la victime. »
-« Ahhh… » soupira Ryan, fier de lui.
-« Mais le plus drôle, c’est que la victime n’est pas celle qu’on croit. »
Kate tendis la photo de ce qu’il restait de tatouage en expliquant que le corps était celui d’un homme.
-« On doit enquêter sur l’homme au tatouage ? » demanda Ryan, perdu.
-« Notre victime est Karen William. On se concentre sur cette affaire. Retrouvez-moi le professeur Weston. Peut-être qu’il sait quelque chose. »
-« Bien. » fit Esposito en consultant le registre des permis de conduire en espérant y trouver une adresse.
Castle était partis depuis plus d’une heure mais Beckett n’avait pas l’air de s’en inquiéter d’avantage. Les Bros étaient revenus bredouilles avec l’adresse du permis de conduire. Kate leur fit alors remarquer que les données recueillies par Kate William étaient peut-être plus récentes. Ils étaient donc repartis quelques minutes plus tard. Kate était seule à contempler son tableau blanc en essayant d’y comprendre quelque chose.
-« Un problème Lieutenant ? » demanda Gates en la voyant aussi peu enthousiaste.
-« C’était sensé être une affaire simple : Une journaliste qui se fait assassiner en face du lieu où elle menait son enquête pour un article. » soupira-t-elle
-« Et ? Où est le problème ? »
Kate soupira un grand coup.
-« Elle avait rendu une ébauche d’article pour que son Boss lui fiche la paix, mais elle travaillait sur un tout autre sujet. »
-« Et quel est ce sujet ? » demanda la Capitaine en essayant de rester patiente.
-« Un assassin en fuite ! Un meurtre non élucidé ! En fait je n’en sais trop rien, c’est une affaire qui date de plus de 20 ans. Qui s’en souvient à part Castle ! »
-« Je dirais l’assassin ! » affirma Gates avec autorité.
-« Qui a lu l’article ? »
Beckett la dévisagea, comme si elle venait de voir un fantôme.
-« Qu’est-ce que j’ai dit ? »
-« Il n’y a pas eu d’article. On sait tout ça parce qu’on a trouvé sa tablette, ses cartes mémoires… L’ébauche du précédent article, celui qui a mis Castle sur la voie, n’a été affichée que dans le lycée. »
C’est en répondant à Gates que Kate se rendit compte que dis de cette manière, les faits étaient tout à fait logiques. Les deux affaires étaient liées, mais elle avait dû mal à accepter que ce soit Castle qui ait trouvé ça.
-« Il ne vous reste plus qu’à trouver qui d’autre que Castle a pu comprendre le message et savoir sur quoi elle travaillait. » fit-t-elle avec une logique implacable avant de repartir.
Kate vit Castle revenir avec un jeune homme qu’elle ne connaissait pas. Elle préféra les laisser tranquille un moment, après tout elle avait la paix pendant ce temps-là. Mais elle profita de la première occasion pour s’approcher de l’inconnu pendant que Castle préparait le café.
Elle accepta la tasse que Rick lui tendit et les laissa continuer sans même s’intéresser au résultat déjà obtenus.
Les gars rentrèrent au poste et dévisagèrent Castle et son nouvel ami.
-« Qui c’est ? » demanda Esposito en pointant le plus jeune.
-« John. Il fait partie de l’équipe des dessinateurs. »
-« Il a fait venir un dessinateur ? » s’estomaqua Esposito.
-« Aucun d’eux n’a voulu se bouger pour Castle. Il a dû se contenter d’un stagiaire. » expliqua-t-elle avec un léger sourire.
-« Et ils font quoi ? »
-« J’en sait rien… Mais si ce gamin arrive à maintenir Castle tranquille pendant encore 10 minutes je lui fais moi-même un super rapport de stage. Et vous ? Qu’est-ce que vous avez d’intéressant ? »
-« Mise à part que Lionel Weston n’est pas chez lui, que sa boite aux lettres déborde et que les voisins ne l’ont pas vu depuis 5 jours ? Rien. Et toi ? »
-« Une discussion enrichissante avec Gates. » affirma-t-elle devant les regards surpris des deux inspecteurs. « Je pense que Castle à raison. » admit-elle en précisant qu’elle nierait l’avoir dit si ça arrivait aux oreilles du principal intéressé.