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Série : Castle
Création : 14.04.2014 à 19h07
Auteur : judy1
Statut : Terminée
« Suite de "Délire ou réalité. » judy1
Cette fanfic compte déjà 20 paragraphes
Chapitre 11 :
-« Vous êtes entrés chez lui ? » reprocha Beckett en apprenant que les gars s’y étaient risqué sans mandat.
-« Tu aurais fait pareil ! » se défendit l’inspecteur avec ironie.
-« Oui et Gates m’aurait passé un savon ! » dit-elle d’une voix sévère. « Et ? Vous avez trouvez des choses intéressantes au moins ? » se reprit-elle plus doucement.
Les garçons échangèrent un regard complice. Ils la connaissaient tellement bien qu’ils savaient qu’elle serait là pour les couvrir.
-« La certitude que Weston et Malot ne font qu’un. » répondit Ryan avec fierté en montrant un cadre photo qu’il avait décrochée du mur.
-« On en a profité pour faire une petite recherche sur le web. Alors c’est avec certitude que je te présente Terrence Malot, à 18 ans. Son petit frère Sean, sa sœur Inès et leurs parents.
-« Karen William fouinait partout. Si elle suspectait le professeur Weston de ne pas être celui qu’il prétend, il est possible qu’elle se soit introduite chez lui pour en savoir un peu plus. Et là elle serait tombée sur cette photo. Une simple recherche sur le Web te renseigne illico. »
-« Encore faut-il qu’elle ait le nom de Malot. » fit remarquer à juste titre Beckett.
Ryan enleva la photo du cadre et tourna le verso vers Kate, où elle pouvait lire l’inscription « Famille Malot. Carlin, 1986 »
-« Tellement prévisible…Bien joué les gars. » soupira-t-elle.
-« Jenny aussi marque toutes les photos ! »
-« Tu voulais ta preuve. La voilà. Merci John, beau travail. » fit un Castle tout souriant en revenant vers l’équipe.
Le gamin repartit en jetant un regard suspect vers l’équipe de Beckett. Il n’avait rien compris de ce qu’il faisait là et de ce qu’on lui demandait, puisque de toute évidence ils avaient toutes les photos qu’ils voulaient.
-« Il est doué ce petit. Bon, il lui a fallu du temps, les traits son hésitants… Mais il a fournis plusieurs portraits possibles de Terrence Malot à partir d’une vieille photo. Celui-là ressemble assez à Weston. Vous ne trouvez pas ? »
Kate masqua son sourire. Elle ne pouvait pas nier que la ressemblance était évidente, mais l’envie de faire marcher Castle l’emporta.
-« Celui-là ressemble à mon voisin de palier. » affirma-t-elle en prenant un autre croquis. « Mais je ne vais peut-être pas débarquer chez lui avec une équipe du FBI pour autant ! »
-« Quoi ? » s’emporta Castle en regardant Ryan se retenir de rire.
-« Tes portraits me font penser à mon cousin Charles… Il avait un don, lui aussi, pour vieillir les personnages sur les photos. »
Pour prouver ce qu’il avançait, Ryan photocopia la vieille photo de Terrence Malot et prit un feutre noir. Il ajouta une petite barbe mal rasée, des lunettes. Força quelques rides sur le front et au bord des yeux.
-« Aujourd’hui, sur sa photo de mariage mon père ressemble plus à ce qu’il est actuellement qu’à ce qu’il était il y a 35 ans ! Voilà le résultat… » fit-il en montrant son croquis a lui.
-« Ouais… bon, ce gamin n’est peut-être pas si doué que ça tout compte fait. » bouda Castle en lançant le dessin de John sur le bureau de Beckett.
Esposito et Beckett se retenaient de rire : le dessin fait à la va-vite par Ryan ressemblait beaucoup plus à Weston que celui fourni par le jeune dessinateur.
-« Super… C’est ton cousin qu’on aurait dû appeler pour occuper Castle ! Bon, la récréation est terminée… » sermonna Kate avec le sourire. « Trouvez-moi tout ce que vous pourrez sur Lionel Weston. Je veux tout savoir de ses habitudes et l’endroit où il pourrait se planquer. Castle et moi on retourne au lycée. On lui trouvera peut-être des amis en interrogeant ses collègues. »
Pendant le trajet Castle lisait des articles sur le web à propos de la famille Malot. Kate le regardait du coin de l’œil tout en maudissant cette affaire.
-« Ça te tuerait de reconnaitre que j’ai raison ? » fit-il, exaspéré, en ouvrant sa portière.
-« Non, mais ça vous donnerait encore plus de raison de vous venter. » répondit-elle du tac au tac avec un petit sourire moqueur.
En arrivant au lycée, Beckett et Castle commencèrent par parler au directeur. Celui-ci avoua avoir été impressionné par les références de Weston et l’avoir engagé sans vérifier l’exactitude de son CV, chose qu’il ne vérifiait jamais. L’homme préférait s’en remettre à ses impressions plutôt qu’à quelques ouï-dire.
Les entretiens avec deux autres professeurs n’apportèrent pas grands choses, mise à part que Lionel Weston était un homme réservé, qu’il faisait son petit effet auprès des femmes mais sans pour autant avoir jamais eu de relation de longue durée. C’était un prof médiocre mais curieusement les élèves l’adoraient, ce qui faisait de lui l’homme le plus populaire du lycée.
Une enseignante retint leur attention un peu plus longuement. Elle admit avoir eu une liaison avec Lionel Weston. Mais ce côté mystérieux, qui l’avait d’abord attiré, avait fini par les séparer. Ne jamais obtenir de réponses à aucune de ses questions, ne connaitre aucun de ses amis d’enfance et ne lui connaitre aucune famille avaient fait éclater leur relation. Elle avoua avoir mis fin à leur histoire 3 mois plus tôt.
Son téléphone sonna. Elle regarda brièvement le numéro affiché avant de rejeter l’appel, visiblement embarrassée. Castle avait eu le temps de regarder, lui aussi, l’écran du portable et n’attendait plus qu’une seule chose : le départ de cette femme.
N’obtenant rien de plus utile, Beckett la laissa rejoindre ses élèves à la sonnerie annonçant le début d’une nouvelle heure de cours.
-« Tu me prêtes ton portable ? »
-« Vous avez oublié le vôtre. » fit Kate en lui tendant son téléphone.
-« Je voulais juste vérifier le nombre de photos de tes ex que tu gardes en souvenir. » fit-il en ouvrant la galerie photos. « Parce que garder la photo de son ex en image de fond d’écran, après 3 mois de rupture, ça me semble exagéré… Ou typiquement féminin, je voulais juste vérifier lequel des deux. » expliqua-t-il avec des yeux brillants de fierté.
Kate reprit l’appareil de ses mains en le maudissant. Trop tard, Castle s’était déjà reconnu sur plusieurs clichés.
-« Rendez-moi ça, j’ai un appel à donner. » fit-elle assez sèchement.
Kate appela Ryan, au 12th et lui demanda de vérifier l’adresse de Sophia Keys, la femme qu’ils venaient d’interroger.
-« Pourquoi ne pas le lui demander directement ? » souffla Castle alors que Beckett attendait la réponse de l’inspecteur.
-« Parce que si elle tient encore suffisamment à son ex pour garder sa photo après trois mois de séparation, je vous parie tout ce que vous voulez qu’elle en lui refuserait pas un endroits sûr pour se cacher. »
-« Et si on pariait un baiser ? » nargua-t-il avec un large sourire.
-« Pariez ce que vous voulez, je suis certaine de mon coup. » fit elle en raccrochant après avoir remercié Ryan. « Et e serait dommage qu’elle prévienne son ami avant qu’on arrive. »
-« Tu n’appelles pas de renforts ? » s’étonna-t-il après 20 minutes, constatant qu’ils s’approchaient de l’adresse indiquée par l’inspecteur et qu’elle n’avait toujours pas contacté ni le central, ni le reste de l’équipe.
-« Pourquoi faire ? S’il n’est pas là vous gagnez votre baiser et si j’ai raison… »
-« On a de gros ennuis… » souffla-t-il.
-« Vous ne le croyez plus innocent ? » se moqua-t-elle avec ironie.
-« Pour le meurtre d’il y a 25 ans, si… Pour ce qui est de la journaliste… Je n’en sais trop rien à vrai dire… »
-« Très bien. » fit-elle, sûre d’elle en arrêtant le moteur de la voiture. « Vous n’avez qu’à rester là si vous avez peur. »
Chapitre 12 :
Kate s’avançait de la maison d’un pas sûr, sans se préoccuper de savoir si Castle la suivait ou s’il avait opté pour la sécurité : rester dans la voiture. Elle ne voulait pas se retourner pour vérifier, inconsciemment elle devait se dire que tant qu’elle le pensait en sécurité, il ne pouvait pas en être autrement.
-« La porte d’entrée est de l’autre côté ! »
La remarque de Castle la fit sursauter. Elle se retourna en le fusillant du regard.
-« Je croyais que vous étiez dans la voiture ! »
-« Et te laisser t’amuser toute seule ? Tu plaisantes. » s’amusa-t-il. « Euh… Tu es certaine de ce que tu fais ? » demanda-t-il en la voyant tourner lentement la poignée de la porte de derrière.
Kate mit un doigt sur sa bouche et lui répondit en chuchotant.
-« Il y a deux personnes dans le salon… Je les ai aperçus en jetant un coup d’œil à la fenêtre. S’il se planque chez sa copine, tu crois vraiment qu’il va m’ouvrir la porte et me laisser entrer pour répondre bien sagement à mes questions ? »
Rick se contenta de la suivre en silence. Ils se faufilèrent entre les meubles, restant collés le plus possible aux murs afin d’assurer l’effet de surprise.
-« Vous n’êtes pas un homme facile à trouver Monsieur Terrence Malot ! » lança Beckett en pointant l’homme sur le divan avec son arme.
Terrence jouait à la Playstation avec un jeune garçon. La gamin, surprit, regarda tour à tour Beckett et celui qu’il appelait Lionel avant de se focaliser sur l’arme de Kate.
-« Lieutenant Kate Beckett, N.Y.P.D. Lâcher la batte de base-ball si vous ne voulez pas que je vous explose la tête. » menaça-t-elle en faisant bien comprendre que la tentative de Terrence venait d’échouer.
-« OK… » fit-il en la levant doucement pour prouver qu’il voulait négocier avant de la jeter. « Laisser partir de gamin. Il ne sait rien. Il sèche juste les cours pour tester un nouveau jeu, ce n’est pas un crime ça que je sace ! »
Beckett le dévisagea et toisa l’adolescent de la tête aux pieds avant de faire « oui » de la tête.
Le jeune garçon ne se fit pas prier pour quitter la pièce. Mais entre la maison et la sienne, sa curiosité le força à revenir sur ces pas. Il activa la fonction caméra de son portable et enregistra la scène. Arrestation ou pas, ses camarades payeraient cher pour voir une vraie interpellation de police.
De leur côté, les gars venait de découvrir la relation compliquée entre le professeur Weston et sa collègue, Sophia Keys. Ryan se rappela alors le coup de fils de Beckett et tenta de la joindre. Il appela sur son portable, sur celui de Castle, et n’obtenant aucune réponse les deux inspecteurs se rendirent illico à l’adresse de cette femme. Beckett ne demandait jamais d’infos au hasard, soit elle avait trouvé une petite piste, soit un peu de renfort pourrait se révéler bien utile.
Chez Sophia Keys, tout se passait dans le calme. Terrence Malot avait lancé la batte de base-ball de manière à ce qu’elle arrive un peu plus loin que Beckett. Kate avait posé son arme sur la cheminée, juste à proximité de sa main. Elle voulait juste discuter avec lui, pour l’instant du moins, et au cas où ça chaufferait, elle pouvait toujours la reprendre ou utiliser l’arme attachée à sa cheville.
-« Nous savons que vous n’avez pas tué Mollie Anderson. Nous pouvons le prouver… Le rapport du légiste n’a même pas été pris en compte à l’époque, ni le témoignage de votre ami. »
-« Même mon avocat était contre moi. Mes parents ont fait ce qu’ils pouvaient mais j’ai quand même été condamné. Quand le fourgon c’est fait attaquer, j’ai pensé que c’était une chance de disparaitre, une chance pour mes parents de tourner la page. Personne ne voulait me croire à l’époque, dites-moi pourquoi aujourd’hui j’aurais dû faire confiance à la police. »
-«Parce que moi je vous crois. »
-« Vous arrivez 25 ans trop tard ! » ironisa-t-il.
-« Alors rendez-vous et je vous promets qu’on trouvera un arrangement pour… »
-« Vous croyez que j’ai tué Karen ! Je savais. Je savais que si vous remontiez jusqu’à moi vous penseriez que je l’ai fait… »
-« Si vous ne l’avez pas tué, pourquoi vous planquez-vous ? » demanda Castle avec évidence.
-« Parce qu’aux yeux de la police je suis toujours coupable pour le meurtre de Mollie. J’ai refait ma vie. Ça m’a pris du temps mais j’y suis arrivé. Je n’ai pas tué Karen. Vous vous gourez, comme ils se sont planté il y a 25 ans. Je ne retournerais pas en prison. »
-« OK… On se calme. » tempéra Kate pour éviter qu’il pense à prendre l’arme pour se défendre.
-« Elle voulait vous dénoncer… Vous avez fait ça pour vous défendre. C’était un accident ? » tenta Castle.
-« Mais vous êtes sourds ? Je ne l’aurais pas tuée… Elle savait que je n’étais pas Lionel Weston. Elle a dû venir fouiller chez moi et trouver le nom de Malot écrit quelque part. Elle savait qui j’étais et moi je savais pour l’article. Je lui ai fait comprendre que si elle voulait un bon sujet, elle devait creuser un peu l’affaire « Malot ». Le lendemain elle m’a recontacté. J’étais déjà prêt à disparaitre, à recommencer ma vie autre part, et cette femme vient me voir en me disant que je n’aurais jamais dû aller en prison, que le Maire de Carlin à fait de mon cas un exemple pour enrayer la délinquance, que le sheriff et beaucoup d’autres s’étaient tu pour ne pas avoir de problème. Alors pourquoi je l’aurais tué ? Elle m’offrait une porte de sortie. Pourvoir enfin reprendre mon nom, après toutes ces années… Revoir ma famille. »
-« Son histoire se tient… Et les recherches de Karen William allaient bien dans ce sens : l’innocenter. » glissa doucement Castle à l’oreille de Kate qui essayait de réfléchir.
-« Alors qui avait intérêt à la faire taire ? »
-« Je n’en ai aucune idée. Je me suis caché chez Sophia parce qu’elle aussi sait qui je suis. Elle l’a découvert peu après notre séparation. Elle sait que je ne suis pas un assassin et que je n’ai rien avoir dans tout ça. »
Le jeune garçon pensait avoir fait un flop, la discussion n’avait rien de sensationnelle et ça devenait même plutôt rasoir. Il était sur le point de couper la vidéo lorsqu’il vit sa voisine, Sophia Keys, ouvrir la porte d’entrée une arme à la main.
-« Je ne pense pas vous avoir invité à passer chez moi Lieutenant ! » lança-t-elle d’une voix froide en visant Castle et Beckett avec son calibre 38.
-« Vous avez omis de me dire que je pouvais trouver Lionel Weston dans votre salon ! »
-« Parce qu’il s’agit de Terrence Malot. Il me semble que Lionel Weston est dans Kentucky à en croire cette journaliste. Quoi qu’il en soit, vous auriez dû laisser tomber Lieutenant. »
Kate fit un geste pour récupérer son arme. Un coup de feu fut tiré.
L’adolescent dû stopper la caméra pour composer le 911 et demander du secours. C’est en état de choc qu’il reprit le cours de l’enregistrement.
Chapitre 13 :
La première balle avait touché Kate à la jambe mais ne l’avais pas arrêté pour autant. Elle tenta de prendre sa seconde arme en prétextant s’intéresser à la plaie, Sophia n’avait pas été dupe. Elle s’était approché et avait clouée Beckett au sol en lui donnant un violent coup dans le dos. Kate était tombée en se cognant la tête sur le rebord de la ta table basse.
Castle essaya de maitriser la femme, mais celle-ci étant ceinture noire de Kick Boxing, il se retrouva lui aussi au tapis.
Terrence était terrifiée par la violence de la scène. Il hurlait sur Sophia pour qu’elle arrête ce massacre, tenta de l’arrêter lui aussi, mais se prit une gifle.
Kate était sonnée, à la fois par la douleur ressentie à la jambe que par le choc avec le métal de la table. Son sang s’écoulait aussi bien par la cuisse que par le front.
Castle était à terre, tapis contre un mur, cherchant une échappatoire et priant pour que Kate se relève. Il avait beau être écrivain et avoir beaucoup d’imagination, ce qui lui passait pas la tête n’était pas très réjouissant.
La gamin caché dans l’autre pièce ne détachait pas son regard du salon, complètement horrifié par ce qu’il voyait, il ne cessait de penser « Mais qu’est-ce qu’ils foutent au 911… ça urge ici ! ». Il avait pensé à fuir pendant une seconde, mais se rendit vite à l’évidence que s’il bougeait, s’il faisait le moindre bruit, il était mort.
Dans une dernière tentative désespérée d’arrêter le massacre Terrence s’empara de l’arme que Kate avait posée sur le rebord de la cheminée. Il n’eut pas le temps de la pointer vers son amie qu’il se prit une belle dans l’épaule. Sophia s’approcha de lui et lui sourit au regard de haine qu’il lui lança.
-« J’ai fait ça pour toi mon chéri. Cette journaliste voulait te livrer… Il fallait bien la faire taire ! »
-« Elle voulait m’aider. » se rebella-t-il en serrant les dents.
-« Que tu es naïf. » dit-elle en souriant. « Et tu crois que ces deux-là aussi voulaient t’aider ? Je vais les achever en ensuite je te préparerais un bon petit dîner. »
Kate reprenait peu à peu conscience de ce qui se passait. Elle entendait ce qu’il se passait autour d’elle mais se sentait trop faible pour bouger, elle arrivait à peine à tenir les yeux ouverts. Elle frémit en voyant cette femme se retourner vers Castle, qui avait sorti son portable de sa poche et devait probablement appeler à l’aide.
-« Raccrocher Monsieur Castle, c’est fini. » ordonna-t-elle avec un sourire machiavélique. « A votre tour. Dites au-revoir à vos lecteurs si vous pouvez écrire plus vite que votre ombre. » se moqua-t-elle en s’apprêtant à appuyer sur la détente.
Voyant son partenaire en danger, les images se mirent à défiler à grande vitesse dans la tête de Beckett. Elle se souvint de la fusillade, des mois d’angoisse à attendre qu’il se réveille. Il était hors de question qu’elle revive ça. Dans un effort surhumain elle se releva. L’adrénaline l’aidant à supporter la douleur, elle se saisit de la batte de base-ball
-« Tu peux toujours rêver. » gémit Kate cogna Sophia dans le creux du genou de son adversaire.
Le coup n’avait pas été fort, juste de quoi la déstabiliser. Terrence tenta à nouveau de maitriser la femme. Castle se leva d’un bond, mais il était trop tard pour l’arrêter. Trois coups de feu successifs avaient déjà touché Kate, deux en pleine poitrine et un dans le bras.
Dehors, Esposito et Ryan arrivèrent en même temps que deux autres voitures de police et une ambulance. Lorsqu’ils entrèrent dans la maison, Sophia Keys était menottée et maintenue au sol par Terrence Malot, lequel était blanc comme un mort et tentait de minimiser les saignements de son bras.
Castle se tenait auprès de Kate, complètement perdu il avait repris espoir en entendant des sirènes approcher. Kate était étendue sur le sol. A en croire les traces de sang elle avait heurté le mur du fond de la pièce avant de s’écrouler sur le sol.
-« Kate ? » appelait Castle dans l’espoir d’entendre une réponse.
Kate ouvrit faiblement les yeux.
-« Je vais bien. » murmura-t-elle en essayant de se relever.
Rassuré, Castle se tourna vers l’entrée, regardant les policiers embarquer Terrence Malot et Sophia Keys.
-« Je vais bien babe. » continua-t-elle.
Surprit de l’entendre l’appeler pas ce petit nom, il la regarda. Il aurait aimé lui sourire et déposer un baiser sur sa joue, mais c’est le regard paniqué qu’il hurla aux urgentistes de s’activer un peu. Kate venait de perdre connaissance.
Le gamin dans l’autre pièce avait été découvert par un agent effectuant le tour de la maison afin de sécuriser les lieux. Le jeune garçon était en état de choc et la seule chose qu’il fut capable de faire était de tendre son portable en marmonnant « regardez la vidéo. ». L’un des médecins l’ausculta et conseilla aux inspecteurs de veiller sur lui. Il n’avait rien de bien méchant et s’en remettrait très vite.
Le trajet en ambulance paru une éternité à Castle. Les ambulanciers s’affairaient autour de Beckett. Vérifiant son poux, sa respiration et évaluant la gravité de ses blessures. Il était coincé dans un coin, tenant la main de Kate en se demandant si elle avait éprouvé la même chose que lui, lorsque les rôles avaient été inversés ? Si tel était le cas il pouvait alors comprendre qu’elle ait été agacée de le voir revenir au 12th et qu’elle ait tout fait pour qu’il s’en aille.
En arrivant à l’hôpital, c’est le cœur lourd qu’il lâcha la main de Kate. Il avait tellement peur de ne plus jamais la revoir qu’il se surprit à essayer quelques larmes. Il pensa alors à Jim, comment allait réagir ce père qui avait déjà perdu la première femme de sa vie ? Il prit l’initiative de l’informer lui-même. Jim avait confiance en lui.
Cet appel fut le plus pénible et le plus douloureux qu’il ait jamais eu à passer. Jim s’était effondré lorsque Rick mit du temps à lui répondre sur le verdict préliminaire des médecins urgentistes.
Terrence Malot avait lui aussi été évacuer en ambulance. Il était en salle d’opération pour enlever la balle de son épaule et resterait à l’hôpital sous la surveillance d’un officier de police, jusqu’à ce qu’un juge prenne une décision sur son cas.
Au 12th c’était le chaos total. Entre l’affaire William et l’affaire Malot, les gars croulaient sous le travail, tout en devant faire abstraction de leurs craintes vis-à-vis de leur collègue et amie, transportée d’urgence dans l’hôpital le plus proche.
A peine s’étaient-ils installés en salle d’interrogatoire que Sophia Keys passa aux aveux. Elle avait tellement peur pour son petit ami qu’elle accepta de répondre à toutes les questions en échange d’un appel téléphonique à son ami. Les gars échangèrent un regard de surprise alors que de l’autre côté du miroir Gates sortait son portable pour appeler Esposito et donner son accord pour ce petit chantage.
Sophia avoua. Elle expliqua le meurtre de Karen William sans aucun remord, justifiant son acte par une sorte d’autodéfense. Elle était convaincue que le journaliste voulait nuire à Terrence en le livrant directement à la police. Peu importe ce que pouvait dire les inspecteurs elle n’en démordait pas.
Jim arriva aux urgences au pas de course. Il trouva rapidement l’auteur qui faisait les 100 pas dans le couloir en attendant qu’un médecin lui donne des nouvelles.
-« Que s’est-il passé ? Comment va ma Cathie ? »
Rick n’eut pas le temps de répondre qu’un médecin ouvrit une porte en criant le nom de Castle. Il sursauta, s’avança de quelques pas, incertain de ce qui l’attendait.
-« Je suis son père, le père de Katherine Beckett. »
-« Je ne peux rien vous dire pour l’instant. Désolé Monsieur Beckett. Monsieur Castle ? Suivez-moi s’il vous plait. » demanda l’homme en blouse blanche sur un ton qui ressemblait plus à un ordre.
Chapitre 14 :
Castle marchait vite derrière le médecin qui accélérait le pas dès que l’écrivain arrivait à sa hauteur. Rick avait beau poser ses questions il ne reçut aucune réponse, juste l’ordre d’accélérer le pas. Ils arrivèrent dans le quartier des blocs opératoires. Une infirmière les attendait, tendant blouse, gants, chausson et masque à l’écrivain dès qu’il passa la porte.
-« Dépêchez-vous ! » ordonna une infirmière en venant à leur rencontre.
Une fois prêt, il suivit à nouveau le médecin et entra dans la salle d’opération. Il y avait des médecins et des infirmières partout, parlant dans un jargon qu’il n’essayait pas de comprendre. Son regard était braqué sur Kate, les vêtements ensanglantés déchirés ou plus probablement découpés au ciseau.
-« J’ai fait ce que je pouvais… Je ne peux pas lui en administrer plus, elle ne tiendra pas le coup. » expliquait un homme en blouse bleue à celui qui devait-être le chirurgien.
-« Le voilà. » annonça triomphalement le médecin qui l’avait amené.
-« Monsieur Castle. Je suis l’anesthésiste. » se présenta brièvement l’homme en blouse bleue. « Je lui ai donné de quoi assommer un éléphant, mais elle lutte. Je ne peux rien faire de plus si elle ne se détend pas. Si je lui administre une autre dose, je ne suis pas certain de pouvoir la réveiller d’ici quelques heures. »
Rick prit alors sur lui pour regarder son visage. Il vit ses yeux s’entre-ouvrir, il la suspectait même d’essayer de se redresser.
-« Elle a une volonté et une force hors du commun, mais elle doit renoncer. »
Rick ne savait toujours pas ce qu’il faisait là. Pourquoi lui ?
Il eut la réponse lorsqu’il entendit le souffle de Kate murmurer son nom. Elle utilisait ses dernières forces pour lui. Il s’approcha doucement, lui prit la main et posa son visage près du sien.
-« Je suis là Kate. Tout va bien. Endors-toi, s’il te plait. Laisse les médecins faire leur travail. » supplia-t-il en passant une main dans ses cheveu.
Le « bip » du moniteur ralentit, ses constantes chutèrent d’un coup. Elle sombrait enfin dans ce sommeil artificiel.
-« Merci Monsieur Castle. » fit une infirmière en posant sa main sur son épaule. « Vous devez sortir maintenant. » dit-elle doucement.
Il acquiesça. Il ne pouvait rien faire d’autre de toute façon. Avant de quitter la salle il jeta un dernier regard vers Kate, priant pour revoir son sourire à nouveau.
Il se débarrassa de son masque et de son tablier et suivit une infirmière qui le raccompagna jusqu’à la salle d’attente où l’attendait un Jim des plus anxieux.
-« Qu’est-ce qui se passe ? Vous l’avez vue ? Comment elle est ? »
Rick baissa la tête. Il retira ses chaussons qu’il ne se souvenait même plus avoir mis et se laissa tomber sur une chaise.
-« Oui je l’ai vue. L’anesthésiste avait besoin de moi pour la calmer sans la mettre en danger en forçant les doses. Et je ne sais pas. » arriva-t-il à articuler avec peine.
-« C’est si grave que ça ? » fit Jim en se laissant tomber à son tour sur la chaise voisine de celle de Castle.
-« Elle a reçu une balle dans la jambe, une dans le bras. Les médecins avaient déchiré son chemisier. J’ai aperçus son gilet pare-balle donc je suppose que les deux autres balles ne l’ont pas atteint. »
-« 4 balles ? » souffla Jim, sous le choc. « Mon Dieu comment est-ce possible. »
-« Elle s’est également cogné à ta tête en tombant. Je pense qu’elle délirait déjà quand elle a essayé de se relever, chez Keys. »
-« Une commotion ? » fit Jim en versant quelques larmes. « Ne la garde pas près de toi. Je sais que tu aimais ta fille plus que tout, mais par pitié, laisse-la-moi encore un peu. » supplia l’homme en regardant le ciel, s’adressant à sa femme.
Plus de 4 heures passèrent avant qu’un médecin vienne à la rencontre de Jim.
-« Votre fille va s’en sortir. » affirma-t-il d’emblée pour le rassurer. « Le gilet pare-balle lui a certainement sauvé le vie. On a retiré une balle de sa cuisse et l’autre n’avait fait qu’effleurer son bras. Avec beaucoup de courage et de rééducation elle s’en remettra très bien. »
-« Et pour sa tête ? » demanda Castle avec sérieux.
-« On pense à une commotion plutôt sévère. Elle passe un IRM en ce moment. Ensuite on posera des électrodes sur sa tête afin de vérifier l’activité cérébrale. Elle risque d’être confuse pendant encore un long moment et de souffrir de maux de tête pendant plusieurs jours. Elle ne devrait pas en garder de séquelle. » continua-t-il de réconforter d’un ton sûr.
-« Merci Docteur. »
-« On peut la voir ? »
Le médecin sourit devant l’impatience de celui qui devait-être son petit ami alors que le père accusait le coup.
-« Bien sûr. Dès qu’elle reviendra de l’IRM une infirmière viendra vous chercher. Par contre, elle va rester quelques heures aux soins intensifs, alors ça ne sera qu’UNE personne et pour quelques minutes seulement. »
-« Merci… » souffla Castle en se remettant assis sur sa chaise et répondant aux questions de Jim sur les évènements.
Au 12th l’affaire William était réglée. Sophia Keys avait avoué, mais même si elle ne l’avait pas fait, les éléments à charge contre elle était indiscutables. Entre la vidéo de l’adolescent, son témoignage, celui que Castle devait passer faire et la comparaison de la balle retirée de la jambe de Kate et celle qui avait atteint Karen William sur le front, c’était sans appel possible. Même le meilleur avocat de la ville n’aurait rien pu faire.
Pour ce qui était de l’affaire Malot, c’était un peu plus compliqué. La police de New-York avait de quoi le disculper mais en mettant leur collègue du Nevada dans un sacré pétrin. Le chef de la police hésitait encore mais il n’eut pas le choix devant la pression que mis la famille de la journaliste.
Gates les avait informé des conclusions de l’affaire : leur fille avait été tué parce qu’elle tentait d’élucider une affaire vieille de 25 ans et faire un sorte qu’un innocent puisse reprendre le cours de sa vie. Un officier avait fait une bourde en leur parlant de la vidéo disculpant Terrence Malot. Du coup ils firent pression sur le gouverneur pour que l’affaire soit ré-ouverte en hommage à leur fille, pour que sa mort ne soit pas totalement inutile.
Les médias, alertés par les William, s’y mirent aux aussi. Il était inconcevable pour eux qu’une de leur collègue meure sans avoir pu obtenir justice pour la cause qu’elle voulait défendre. Le porte-parole de la police de la ville dû faire un communiqué et une partie de la vidéo servit de support visuel. La vidéo intégrale se retrouva sur le web en un rien de temps. Gates s’y était opposé et avait tenté de la faire retirer, mais le gouverneur trouvait que le courage du Lieutenant Beckett servait admirablement les services de l’ordre et qu’il serait injuste pour elle de la retirer.
Il est évident qu’avant le lendemain matin le tout New-York aurait déjà regardé cette vidéo amateur.
La famille William avait réussi à convaincre les Malot que leur fils était en vie et qu’ils devaient venir jusque New-York pour lui prouver qu’ils étaient prêts à se battre à ses côtés et enfin obtenir justice.
Gates tint parole envers Sophia Keys, elle eut le droit à passer un appel à son ex petit ami Terrence Malot. En entendant sa voix celui-ci lui raccrocha au nez avant même qu’elle ne puisse prononcer deux mots.
Chapitre 15 :
Le soir-même de la fusillade, Castle errait au 5ème étage de l’hôpital, tel un zombie. Il était épuisé, tant physiquement que nerveusement. Jim lui avait proposé sa place auprès de Kate mais il avait refusé, sentant que le père avait besoin de sentir la présence de sa fille, de la voir en vie pour y croire.
Kate avait été transférée du service de soins intensifs au 5 étages. Ce qui était très rassurant, toutefois les visites n’étaient plus autorisées vu l’heure tardive.
-« Monsieur ? » appela une infirmière en venant à sa rencontre. « Vous ne pouvez pas rester là, les visites sont terminées. »
-« Je sais. Désolé. Je vais rentrer. » bafouilla-t-il, complètement perdu.
-« Vous êtes Monsieur Castle ? »
Il la dévisagea. En temps normal il adorait être reconnu et flatté qu’on lui demande un autographe, mais là il n’était pas d’humeur.
-« Vous êtes avec la policière ? Celle qui a survécu 4 balles ? »
-« Vous savez comment elle va ? »
Elle lui sourit, regarda autour d’elle tout en réfléchissant à grande vitesse.
-« Je n’ai pas le droit de faire ça mais… Suivez-moi. »
Castle ne se fit pas prier. Lorsque la porte de la chambre s’ouvrit, il eut mal au cœur de voir Kate branchée aux machines. Les « bip » lents du moniteur assurant que son cœur ne s’affolait pas.
-« Elle dort paisiblement. Elle est sous morphine pour ne pas ressentir la douleur. » assura-t-elle avant de e placer derrière lui.
Kate n était reliée qu’a une pompe à morphine et d’autre médicaments diffusés au goute à goute et au moniteur surveillant son rythme cardiaque. Un masque à oxygène l’aidait à respirer.
Cette vision lui fit peur. Il recula d’un pas et heurta l’infirmière.
-« Ça aurait pu être bien pire vous savez.
-« Je sais... Mais c’est quand même dur de la voir comme ça. D’habitude j’ai droit à un grand sourire quand elle me voit arriver avec sa tasse de café. »
-« Vous avez oublié le café. » fit remarquer l’infirmière avec humour avant de repartir en prévenant qu’elle ne lui accordait que 2 minutes.
-« Ouais. » parvint à sourire Castle avec des yeux remplis de larmes. « Ça doit être ça. J’ai oublié le café de madame. » plaisanta-t-il en rapprochant la chaise du lit pour s’y asseoir.
Il la dévisagea. Chercha ses mots en se demandant par où commencer.
-« Pardon Kate. Je n’aurais pas dû t’embarquer dans cette histoire. »
Il caressa délicatement sa joue avec son index. « Tu aurais fini par comprendre toute seule... Mais si je ne t’avais pas harcelée avec cette fichue affaire Malot, tout ça ne serait jamais arrivé. Tu aurais respecté la procédure et personne n’aurait été blessé. Sauf qu’en arrêtant Terrence vous n’auriez pas le bon assassin. » ne put-il s’empêcher de penser à voix haute.
Il passa la main dans les cheveux de Kate avant de prendre sa main et la porter à sa bouche et l’embrasser.
« La prochaine fois, je te promets de rester dans la voiture... Une seconde » fit il après un moment de silence. « Je n’ai rien fait de mal pour une fois. La prochaine fois » rectifia-t-il « C’est toi que j’enferme dans la voiture pendant que j’appelle Espo et Ryan. Ils se chargeront bien du boulot sans toi. » plaisanta-t-il pour ne pas craquer, mais l’angoisse de la perdre revint au galop.
« Je t’aime Kate. Je ne sais pas si tu m’entends. Mais je t’aime et tu n’as pas intérêt à sombrer dans un coma de plusieurs mois pour t’imaginer des scènes torrides parce que ça c’est MON truc. Je t’aime Kate. Réveille-toi s’il te plait. » supplia-t-il.
-« Il lui est impossible de se réveiller avant demain. »
L’infirmière fit sursauter Castle.
« Les médicaments la maintiennent endormie pour lui évitera de souffrir, son corps a besoin de repos. Les médecins la réveilleront demain dans la matinée mais ça peut encore prendre plusieurs heures avant qu’elle n’émerge vraiment. Vous devriez rentrer chez vous et vous reposer. Il n y a que ça que vous puissiez faire ce soir. »
Rick rentra chez lui où il trouva Jim endormit sur le canapé, une photo de Kate enfant coincée entre sa tête et l’accoudoir. Il se souvint alors avoir appelé sa mère et lui avoir demandé de ne pas le laisser seul ce soir. Lui expliquant au passage qu’ en tant qu’ancien alcoolique aucun petit remontrant ne lui était autorisé.
Il récupéra la photo en prenant soin de ne pas la déchirer. Ses yeux s’humidifièrent à la vue de la fillette affichant son plus beau sourire.
-« Ce n’est pas votre faute. » marmonna l’homme en éclaircissant sa voix.
-« Vous avez du louper le communiqué de presse en début de soirée. Rassurez-vous, au moins vous n’avez pas vu la scène. »
-« Je l’ai vue. » assura-t-il en se redressant. « Votre fille m’a même montré la vidéo complète mise sur YouTube il y a quelques heures. »
-« Alexis est rentrée ? La vidéo sur YouTube ?? Là c’est sûr, votre fille va me tuer ! »
A sa grande surprise Jim éclata de rire.
-« Votre fille est rentrée après que votre mère l’ait appelée. Et c’est moi qui demande pour voir la scène au complet. Heureusement que je avais vu ma fille avant, parce que j’aurais fait une crise cardiaque en voyant cette femme tirer sur mon bébé. »
Rick ne put s’empêcher de sourire. Pour lui Kate était une femme. Extraordinairement forte, intelligente, belle et ... Compliquée. Entendre Jim l’appeler ‘son bébé’ lui donna une sacrée claque. Il n’osait imaginer quelle serait sa réaction s4il retrouvait son bébé à lui allongée sur un lit d’hôpital.
-« Pour ce qui est de sa réaction. » continua Jim en sortant Rick des penses les plus sombres. « Elle ne sera certainement pas ravie, mais je doute que vous tuer fasse partie de ses priorités vous concernant. Comment va-t-elle ? »
-« Comment savez-vous que j’étais toujours la bas. »
-« Parce que votre mère m’a presque obligé à utiliser votre salle de bain et qu’en passant à côté de votre bureau j’ai pu admirer votre fond d’écran de veille... »
Rick sourit en repensant à ce montage photos : Kate assise à son bureau, jouant avec son stylo et affichant de drôles de grimaces, signe de réflexion intense.
« Et parce que vous ne m’avez pas demande de ces nouvelles. Donc je suppose que les vôtres sont plus récentes que les miennes. »
-« Jolies déductions. Je sais maintenant de qui le Lieutenant Beckett tient sa logique implacable... L’infirmière que j’ai croisée dit qu’elle va bien. Les médecins la réveilleront dans la matinée. »
Les deux hommes continuèrent à parler de Kate, jusqu’à ce qu’Alexis redescende chercher un verre d’eau. La jeune fille serra son père dans ses bras, prit des nouvelles de Kate et rappela ensuite aux deux hommes qu’avec le caractère qu’elle avait, ils avaient intérêt à être en forme pour le réveil de Beckett.
Chapitre 16 :
Après 5 petites heures de sommeil Rick se réveilla en sursaut. Heureux de se retrouver dans son lit et non en face d’un médecin annonçant le décès de Kate.
Il prit son temps sous la douche, comme si les jets d’eau pouvaient emporter ses craintes en même temps que l’eau savonneuse.
En arrivant au salon, sa mère lui expliqua que Jim était sorti de bonne heure. Elle avait essayé de le retenir, mais avait juste obtenu de lui qu’il goute au petit déjeuné.
-« Oh le pauvre ! Tu as osé lui infligé ta cuisine. »
Martha fit une moue de désapprobation, mais ne fit aucun commentaire sur son sens de l’humour. L’auteur essaya d’occuper son esprit, mais il lui était impossible de ne pas penser à Kate. Il téléphona donc dans la chambre de Kate où, évidemment, c’est Jim qui répondit. Il prit de ses nouvelles et passa le reste de la matinée à tourner en rond.
Castle arriva près de Kate à 14 heures pile, juste dès le début des heures de visite. Jim avait repoussé la chaise plus loin pour placer le fauteuil à côté du lit. Il lisait un livre à sa fille, il s’agissait du livre philosophique qu’il conseillait à ses élevés du temps où il donnait cours.
-« Bonjour. » dit-il doucement en reprenant la chaise.
-« Bonjour Richard. Vous avez réussi à dormir ? »
-« Oui. » fit il sans pour autant parler de son cauchemar ni des somnifères. . « Et vous ? »
-« J’ai l’habitude de me lever tôt. Merci pour votre accueil. »
-« C’est normal. Désolé pour vous ayez été obligé de manger un petit déjeuné préparé par ma mère ! Comment va Kate ? »
-« C’est votre fille qui a préparé mon petit déjeuné avant de partir en cours. Elle a trouvé une occupation à Martha pour l’éloigner de la cuisine. » expliqua-t-il en esquissant un sourire. « Les médecins ont augmenté la dose de morphine et stoppé le Propofol. D’après eux, ça ne dépend plus que d’elle maintenant. »
Deux heures passèrent. Deux longues heures pendant lesquelles Lanie appela 5 fois, les Bros envoyèrent des tas de SMS à Castle et Gates se permit même de s’éloigner de son poste de Capitaine pour venir en personne prendre des nouvelles de son meilleur Lieutenant.
Rick et Jim avaient épuisé un grand nombre de sujet de conversation. Les mots croisés du journal était terminés. Castle avait laissé tomber le jeu de 7 erreurs : comme toujours, la dernière était la plus difficile à trouver.
Un fou-rire éclata. Les deux hommes se tournèrent vers Kate, la regardant sans comprendre.
-« Kate ? »
-« Katie ? »
Elle les dévisagea en fronçant les sourcils, comme si elle essayait de se souvenir de leur nom.
-« Katie, comment te sens …. »
Jim n’eut pas le temps de terminer sa phrase qu’une collision entre plusieurs voitures fut montrée à la télévision. Le bruit fit paniquer Kate qui se mit à hurler :
-« Non… Non, non, non…. Je ne veux pas. Lâchez-moi. » ordonna-t-elle à son père qui voulait juste la rassurer en la prenant dans ses bras.
Jim fit deux pas en arrière, horrifié. Jamais sa fille ne lui avait parlé sur ce ton. Elle continuait de se débattre, essayant de se lever et parlant à une personne invisible pour eux.
Rick commença par éteindre la télévision en s’approchant doucement de Kate, pour ne pas l’effrayer d’avantage. Il réussit à poser sa main sur la sienne, mais elle la retira aussi vite et voulut s’écarter de lui. Sa blessure à la jambe la rappela à l’ordre et elle se mit à hurler de douleur. S’en était trop pour Jim, il sortit de la chambre. Il ne supportait pas voir sa fille dans cet état, l’entendre hurler de douleur était insoutenable.
Il sortit de la chambre, reprit ses esprits dans le couloir avant de partit à la recherche d’une infirmière.
Pendant ce temps-là, dans la chambre, Rick prit la tête de Kate entre ses mains. La forçant à le regarder dans les yeux.
-« Je sais que tu as peur, mais tu n’as plus rien à craindre. C’est fini Kate, tout va bien maintenant. »
Elle regarda partout autour d’elle, sans réaliser pour autant l’endroit où elle se trouvait. Elle regarda Castle et articula quelques paroles complètement inaudibles, ou justes insensées. Profitant de cette accalmie, Rick s’assit à côté d’elle. Elle se laissa glisser dans ses bras, tremblant de la tête aux pieds.
-« Elle a arraché la perfusion en se débâtant. » annonça Rick à l’infirmière qui venait d’entrer.
Elle fit une moue, imaginant la douleur supplémentaire que la jeune femme s’infligeait avant de sourire en l’admirant, calmée, dans les bras de Castle.
-« Je vais chercher ce qu’il faut pour arranger ça. »
-« Excusez-moi, je n’avais pas la force… » soupira Jim en revenant, peu fière de lui.
-« Ne vous inquiétez pas. Si je voyais Alexis dans cet état je paniquerais certainement autant que vous. »
Rick laissa la place à l’infirmière pour qu’elle refasse la piqure et un pansement plus solide. Elle rassura Jim sur le fait que ce genre de réveil était fréquent. C’était plutôt bon signe : elle luttait pour revenir. Mais comme son cerveau avait été pas mal secoué, il cherchait juste de nouveaux repères.
Kate tendait la main vers Rick, le suppliant du regard pour qu’il reste auprès d’elle. C’est donc un peu mal à l’aise que Castle prit la place de Jim dans le fauteuil. Kate voulut bouger à nouveau pour se rapprocher de lui, mais c’était impossible.
-« Arrête, tu vas te faire mal. » lui assure-t-il en s’asseyant sur le bord du lit.
-« Je m’en fiche… » Soupira-t-elle en posant sa tête contre la poitrine de Rick. « Babe… ? »
-« Tu ne devrais rien dire que tu risquerais de regretter. » prévint Rick avec malice.
Jim les regarda, attendri. Aussi loin qu’il pouvait se souvenir, jamais il n’avait vu sa fille se blottir aussi tendrement dans les bras dans hommes.
-« Je ne voulais pas… » balbutia Kate.
-« Te retrouver coincée ici ? Je me doute un peu. »
-« Je t’aime Rick. » souffla-t-elle, suffisamment fort pour que même Jim puisse entendre.
Rick la regarda avec étonnement alors que Jim masquait difficilement son fou-rire.
-« Et ben c’est pas trop tôt ! Elle aura quand même fini par vous le dire. »
-« J’aurais préféré qu’elle soit… Un peu moins dans le cirage ! » affirma-t-il avec une grimace de gamin insatisfait.
-« En tout cas, ça va lui être bien plus difficile de le nier à présent. » se moqua Jim avec tendresse.
Rick continua à expliquer à Jim comment il avait calmé sa fille et sans qu’ils ne s’en rendent compte Kate se rendormit paisiblement. Rassurés, l’un comme l’autre, par l’état de santé de Kate l’ambiance se détendit petit à petit.
Lanie termina sa journée avec deux heures d’avance et se rendit illico au chevet de Kate. Elle fut déçue de la voir toujours endormie mais rit aux éclats lorsque Rick lui raconta qu’il avait dû aller jusqu’en salle d’opération pour la calmer et qu’à son réveil, une fois de plus il avait dû user de son charme pour la maitriser.
-« Si elle ose encore prétendre que vous n’êtes que collègues, je crois que je la fait rester une semaine de plus ici, juste pour que tu puisses jouer le garde-malade un peu plus longtemps. »
-« C’est peut-être pas la peine de punir les infirmières… » laissa échapper Rick avec humour.
Jim ne put s’empêcher de sourire. Il connaissait suffisamment bien Lanie pour savoir qu’entre les deux filles, c’était taquineries en permanence. Et vu que l’auteur ne l’avait guère quitté depuis la veille, il se doutait bien que les sentiments de sa fille étaient réciproques.
-« Si elle vous entendait… »
-« Elle se réveillerait et nous menacerait de mort ! » ironisa Castle en la regardant dormir paisiblement.
Lanie repartit une heure plus tard. Ryan et Esposito arrivèrent un peu avant 19 heures. Kate n’était toujours pas réveillée, alors ils se contentèrent d’informer Jim et Rick sur la manière dont l’affaire s’était clôturée : Sophia Keys avait tout avouée et passerait de longues années derrière les barreaux (elle n’en ressortirait jamais en fait) et l’affaire Terrence Malot avait repris son cours. Les deux inspecteurs étaient chargés de récolter tous les éléments de la police du Nevada et de tout analyser avec un regard neuf. Lorsqu’ils repartirent Rick proposa à Jim d’aller lui chercher un café et de quoi diner.
A plus de 22 heures, c’est l’infirmière de la nuit qui leur fit comprendre qu’ils ne pouvaient pas passer la nuit-là. Jim embrassa sa fille et Rick reposa la main de Kate qui était toujours dans la sienne.
Les pulsations de Kate commencèrent à s’affoler, signe d’agitation. Castle n’eut pas d’autre choix que de passer la nuit à côté d’elle, assis sur le fauteuil, la tête contre le bras de Kate. Plus au moins la même position adoptée par Kate plusieurs mois avant lui.
Chapitre 17 :
Le lendemain matin Jim arriva vers 10 heures. Les nuits précédentes avaient été courtes, le besoin de récupérer s’était fait sentir. Voir Castle attendre dans le couloir lui fit peur. Il s’avança au pas de course, le teint pâle.
-« L’infirmière fait ses soins. » expliqua Rick pour le calmer aussitôt.
-« Merci. » soupira le père, rassuré. « Vous pouvez rentrer chez vous et vous reposer si vous voulez, la nuit n’a pas dû être agréable. »
Rick était épuisé mais n’avait aucune envie de rater le réveil de sa belle. Il consentit tout de même à rentrer chez lui prendre une douche, des vêtements propres et un petit déjeuné.
Après le départ de l’infirmière Jim embrassa sa fille, s’assit dans le fauteuil et reprit sa lecture.
-« Papa… »
Fit Kate après une petite demi-heure. La voix était faible.
-« Katie ! Comment … »
-« Je déteste cette histoire. » marmonna-t-elle.
-« Je sais. J’espérais bien que ça te réveillerais. » sourit-il en passant la main dans les cheveux de sa fille.
« Comment te sens-tu ? »
-« J’ai mal à la tête. Au bras, à la jambe, au dos… J’ai mal partout ! Qu’est-ce qui s’est passé ? Où suis-je ? »
-« A l’hôpital. Une interpellation qui a mal tournée. »
Elle fronçait les yeux, se forçant à se souvenir. Au bout d’une dizaine de secondes ses yeux s’écarquillèrent. Ignorant la douleur elle se redressa d’un geste brusque, essayant de se lever.
-« Castle ? Où est Castle ? »
-« Katie ! » sermonna son père en essayant de la maintenir coucher.
-« Où est-il ? Il n’est pas blessé hein ?? Papa répond-moi ! »
-« Katherine Beckett ! » fit-il d’une voix autoritaire. « Je t’assure que Richard va bien. Il va revenir d’une minute à l’autre. Alors par pitié, tu m’as fait assez peur comme ça. Maintenant tu te calme et tu restes tranquille. »
Certainement plus à cause de la douleur que par le sermon de son père, elle se recoucha en rouspétant, lui demandant de lire autre chose que ‘Comme lire un livre’.
-« Je n’ai rien contre Mortimer Adler, mais ce n’est pas… »
-« Ton auteur préféré… » se moqua gentiment Jim avec un sourire coquin.
Kate leva les yeux au ciel, comme pour dire « N’importe quoi. ». Comme pour changer de sujet elle examina sa jambe et ses bras.
-« Tu as eu de la chance. » fit remarquer son père d’une voix grave.
Kate allait lui lancer un truc pour lui répondre, mais quand elle vit les larmes au fond de ses yeux elle se dit que ce n’était probablement pas le moment de dire qu’il exagérait.
-« Comment je m’en sors ? » osa-t-elle à peine demander.
-« Tu t’en remettras. Enfin, si tu as fini de délirer. » s’amusa Jim.
-« QUOI ? Oh ma tête ! » se plaignit-elle en ayant haussé la voix.
-« Il va vraiment falloir que tu restes calme. » continua-t-il en sachant que c’était mission impossible pour sa fille. « Une balle dans la jambe, un dans le bras, deux dans le gilet par balles et une commotion. C’est assez pour que tu restes tranquille ? »
-« Oh… Quand même. » grimaça Kate. « Et les délires ? » demanda-t-elle avec crainte. « A quel point ? »
-« Disons… Que l’anesthésiste se souviendra longtemps de toi. »
-« Qu’est-ce que je lui ai fait ? » demanda-t-elle en se tenant la tête, comme si les ‘marteau piqueurs’ pouvaient s’arrêter.
-« Ils ont dû aller chercher Richard pour te calmer. »
-« Oh non… Il va s’imaginer…. »
-« Il est le seul à avoir su te calmer hier, quand tu t’es réveillée en délirant. Tu as passé la journée dans ses bras à l’appeler Babe. »
-« Oh mon Dieu… Qu’est-ce que j’ai fait ! »
-« Tu subconscient à prit le dessus pour une fois. » sourit Jim en voyant sa fille se torturer. « Il a passé la nuit à côté de toi pour t’éviter toute angoisse. Il mérite bien une petite explication. »
Au grand soulagement de Kate une infirmière entra, appelée par la sonnette de la chambre.
-« Vous voilà réveillée. » sourit-elle en entendant le son de sa voix de manière cohérente. « Je vais prendre vos paramètres puisque je suis là. Je préviendrais le médecin ensuite. »
Elle commença son travail avec professionnalisme tout en discutant de tout et de rien.
-« Votre ami est parti ? Dommage, il me devait un café. »
Beckett ne comprit pas la plaisanterie ni l’allusion à leur pari de la veille au soir. Elle se raidit d’un coup, montant tout de suite sur ses grands chevaux. Son rythme cardiaque, affiché par le moniteur, suffisait à lui seul pour jouer les détecteurs de mensonges.
-« Détendez-vous, je n’arrive pas à prendre votre tension. »
-« Si vous vouliez qu’elle coopéré, il ne fallait pas draguer son petit ami. » lança Lanie en entrant dans la chambre.
-« Castle fait ce qu’il veut avec qui il veut. Je m’en fiche. »
-« Vous ne devriez pas vous énerver, vous aller avoir mal à la tête. Je suis désolée, j’ignorais que c’était votre petit mai. »
-« Ma tête va très bien. Et ce n’est pas mon petit ami. » affirma-t-elle en haussant la voix une fois de plus.
-« Tu sais que ça se voit quand tu mens, n’est-ce pas ? » demanda Lanie d’un air amusé.
-« Désolée, je n’arrive pas prendre sa tension. » déclara forfait l’infirmière qui avait hâte de pouvoir sortir de la chambre, tellement elle était mal à l’aise.
-« Je le ferais tout à l’heure, je suis médecin. » précisa Lanie en demandant à l’infirmière de laisser son matériel sur place. « Mais si elle est suffisamment en forme pour nier l’évidence et s’en prendre aux autres, à mon avis elle va très bien. » assura la légiste avec humour.
Kate foudroya Lanie du regard ce qui amusa Jim.
L’infirmière sortit de la chambre et tomba nez à nez avec Castle qui, du coup, n’osait plus entrer, de peur de lui aussi subir les foudres de Kate.
-« Vous devriez entrer, il parait que vous avez le don pour la calmer. »
En entendant la phrase de l’infirmière, Kate se passa la main sur la figure.
-« Oh non, il ne manquait plus que ça… » souffla-t-elle.
-« Tu crains qu’il ait entendu ta dernière phrase ? »
-« Ou qu’il se soit déjà habitué aux petits mots doux ? »
-« Très drôle… Merci Lanie. »
-« On va vous laisser discuter. » affirma Jim dès que Castle passa le pas de la porte, mal à l’aise.
-« Je reviendrais prendre ta tension tout à l’heure… Sauf si vous êtes occupés a faire des folies. »
Kate leva les yeux au ciel et fini par rire elle-même de la situation embarrassante. Rick n’avait pas l’air plus fier qu’elle, ce qui la rassura un peu.
Chapitre 18 :
-« Hey… » se contenta de dire Kate, trop gênée à la fois par ce qu’elle venait de dire, par son attitude de la veille ou encore même par celle de la semaine précédente.
-« Hey. » lui répondit Rick avant de faire quelques pas en avant. « Comment te sens-tu ? »
-« Bien. »
Les bips du moniteur indiquaient tout autre chose, ce qui fit sourire Castle.
-« Ce n’est pas beau de mentir Lieutenant. » se moqua Rick en approchant du lit. « Heureusement que tu n’es pas reliée à ce machin pendant que tu mènes tes interrogatoires. » fit-il remarquer avec humour.
Kate sourit. Elle ne pouvait s’empêcher de le déshabiller du regard.
-« Je suis contente que tu n’aies rien. Je ne me souviens pas de grand-chose mais, ça a dû être assez violent. »
-« Je te ferais voir la vidéo quand tu auras moins mal la tête. »
-« La vidéo ? Quelle vidéo ? »
-« Euh… » bafouilla Castle qui aurait aimé appuyer sur ‘delete’ et revenir une phrase en arrière. « Le gamin, celui que tu as laissé partir… Il a filmé la scène. »
-« Quel petit con… Mais l’enregistrement est au poste, hein ? » insista-t-elle étant donné que la réponse tardait.
-« Oui et non. »
Rick essayait de tourner autour du pot, mais constatant que son rythme cardiaque s’agitait et que le mal de tête ne tarderait pas, il répondit plus clairement. Quitte à se faire hurler dessus, bien qu’il n’y soit pour rien et que ça n’arrangerait rien au mal de tête.
-« Ryan s’est contenté de faire une copie pour lui rendre son portable. Le porte-parole de la police a dû faire un communiqué de presse parce que la famille William s’est liguée avec les Malot pour faire éclater la vérité. Enfin bref, ils se sont servis d’une partie de la vidéo comme support visuel… Et … Un peu plus tard dans la nuit le gamin a mis la vidéo complète sur le Web. »
-« QUOI ? » elle se laissa retomber sur le dossier du lit en se tenant la tête.
-« Imagine que mon père voit ça ? »
-« Il la vue… C’est Alexis qui le lui a montré. »
-« Pourquoi elle a fait ça ? Elle voulait le tuer ? »
-« Non, au contraire. » il soupira. Lui aussi avait été furieux contre sa fille sur le moment quand il l’apprit. « Ta réaction la scotchée. Elle a été bluffée par ton courage, ta force…Cette manière de me protéger. Elle ne voulait pas lui faire de mal, elle n’a pas réalisé que pour un père, voir sa fille se faire tirer dessus allait être un vrai cauchemar. Elle n’a pas vu les choses comme ça. Elle voulait te porter honneur. »
-« Je vais avoir dû mal à lui faire croire que ce n’était une journée ordinaire pour un flic… » grimaça-t-elle.
-« Ça dépend ! Tu tiens à ce qu’il t’appelle toutes les heures ? »
Kate se mit à rire. Elle savait que son père s’inquiétait déjà en temps normal et que cette vidéo n’allait rien arranger.
-« Je te demande pardon, j’aurais dû… »
-« Non, tu ne pouvais pas savoir. Et c’est à moi de m’excuser. »
-« Pour hier ? » demanda Castle avec appréhension.
Se souvenait-elle de quelques brides des évènements ? Se souvenait-elle de s’être blottie dans ses bras, de tous les petits mots doux ?
-« Je devrais peut-être… Mais je ne me souviens plus de rien. Mon dernier souvenir remonte à… » elle réfléchit. « Le salon de Keys. Le coup de feu… La balle dans la jambe, moi qui essaye de me saisir de ma seconde arme, puis… Plus rien. »
-« Alors tu ne te souviens même pas de ton acte d’héroïsme ? »
-« Si tu parles du coup derrière le genou… Juste quelques petits fragments de souvenirs, mais rien de plus… Je me souviens surtout avoir eu peur. » son regard était plongé dans le vide, lointain, craintif, comme si elle revivait les évènements. « Tu étais assis contre le mur, elle pointait une arme et euh… »
-« Tout va bien Kate. » la rassura Castle en la faisant taire.
Des larmes coulait de ses yeux et était apeurée.
« Si tu en revenais aux excuses ? » demanda-t-il malicieusement, priant pour que ça n’ait plus rien avoir avec la fusillade.
-« J’ai été injuste avec toi, voire même cruelle. » elle prit une grande inspiration pour se donner du courage. « La vérité… C’est que je ne voulais pas que tu … Que tu reviennes au 12th. » dit-elle, honteuse de devoir le lui avouer.
Elle lui prit la main, de peur qu’il ne s’en aille. Elle cherchait ses mots et avait du mal à poursuivre.
« J’ai eu peur que tu ne te réveille jamais… Je ne voulais plus que tu sois blessé. Pas à cause de moi. C’est trop dangereux. »
Il s’assit sur la chaise. Il touchait enfin au but : elle commençait à avouer.
-« Je suis touché que tu t’inquiètes pour moi. Mais je suis un grand garçon ! Et j’ai le meilleur garde du corps de la ville. La preuve c’est que cette femme braquait une arme vers moi, me menaçait de me tuer, et je n’ai pas une seule égratignure.
Kate sourit, flattée du compliment de l’auteur. Il lui caressa l’avant-bras et se permit même de passer une main dans ses cheveux.
-« Tu m’as fait peur. Et je crois que je peux comprendre ta réaction. » il la regardait droit dans les yeux et semblait plus sérieux que jamais. « Si je pouvais, je crois que je ferais comme ton père : je suppliais Gates de te virer et te convaincrais que tu serais très bien en secrétaire. »
Kate le fusilla du regard.
-« Mon père ne demanderais jamais une telle chose à Gates ! »
-« Non. Il t’aime trop pour ça. Mais si tu veux, je t’engage comme secrétaire personnelle. »
-« Tu n’as pas besoin d’une secrétaire ! » lui rappela-t-elle en levant les yeux au ciel
-« Tu n’avais pas besoin de coéquipier non plus. »
Ils se mirent à rire tous les deux.
-« Je dois reconnaître que tu es un excellent partenaire pourtant. »
Rick ouvrit de grands yeux. Était-il en train de rêver ? Si c’était le cas il ne voulait surtout pas être réveillé.
« Et même si j’ai peur qu’il ne t’arrive quoi que ce soit, j’aurais dû mal à me passer de toi. » avoua-t-elle en rougissant.
-« Tu es sûr que ta tête va mieux ? Tu répèterais ça devant les gars ? »
-« Tu peux toujours courir. Et oui, ma tête va très bien. Enfin je crois... »
-« Ça ne pouvait pas durer … » fit-il en affichant sa tête de gamin. « Tout compte fais je vais regretter la journée d’hier. C’était pas mal que tu te blottisses dans mes bras, et t’entendre me dire des tas de mots gentils. D’ailleurs, à ce propos : Babe ? Je ne l’avais dit à personne ! Alors je ne l’ai pas rêvé ça non plus ? »
Prise au piège, Kate rougit de plus belle.
« J’adore cette petite machine. » dit-il remarquer en parlant des variations des battements de son cœur, mis en évidence par le moniteur. « Tu ne peux pas me mentir. »
-« Ok, j’avoue. Je t’appelais souvent babe pendant ton coma. »
-« Et hier…Et encore avant-hier. » fanfaronna-t-il.
-« J’avais pris un coup sur la tête ! » rappela-t-elle en se voulant sérieuse.
-« Alors il va encore te falloir un coup sur la tête pour t’entendre me dire que tu m’aime. »
-« Quoi… » souffla-t-elle, sous le choc. « Je t’ai dit ça ? »
-« Oui. Tu peux toujours le nier, mais ce n’est pas la première fois que je l’entends. »
Il avait posé sa tête sur la main et la regardait dans les yeux. Ou du moins essayait, car son regard était fuyant.
Castle se mit assis sur le lit et continua à la regarder.
-« Je ne te demande pas de me le redire, ni même d’accepter une quelconque sortie. Je te demande juste de te laisser aller pour une fois. Si tu n’es pas prête, j’attendrais.
Il l’avait prise dans ses bras et elle s’était laissé faire. Pleurant silencieusement sur son épaule. Elle avait eu peur de le perdre. A deux reprises. Elle avait agi par instinct en le délivrant des griffes de Keys, ça lui avait valu 3 balles de plus. Elle n’en pouvait plus de mentir. Elle ne pouvait plus attendre.
La tête blottie dans son cou, elle y déposa un baiser. Rick s’écarta doucement pour la regarder dans les yeux. Elle se servit de son bras valide pour caresser ses cheveux et fini par déposer un baiser sur ses lèvres.
Chapitre 19 :
-« Comment ça, ce n’était pas la première fois que tu l’entendais ? » réalisa-t-elle soudain.
-« Je me souviens de la balle moi aussi, de la douleur, des cris et de toi. » il caressa son visage et la regardait dans les yeux. « Je t’ai entendu de me le dire en me suppliant de ne pas te quitter. » Castle laissa un blanc de quelques secondes avant de poursuivre. « Pourquoi ? Il y a d’autre fois dont je devrais me souvenir ? » demanda-t-il malicieusement.
Kate rougie.
-« Ça se pourrait ! »
-« Je me suis accroché à ton ‘je t’aime’ et jusqu’à maintenant je pensais que c’était à cause de lui que j’avais imaginé notre relation. »
-« Et qu’est-ce qui te fais croire que ce n’est pas le cas ? »
-« Hier. » se contenta-t-il de répondre en souriant.
Elle fronça les sourcils.
« Ta manière de te blottir dans les bras, de ne te sentir rassurée qu’à mes côtés. Sans parler de tous ces petits mots doux dont je ne me lassais pas. J’y aurais encore droit maintenant que tu es réveillée ?»
Kate était visiblement mal à l’aise, percée à jour dans ses sentiments qu’elle n’était pas sûre d’être prête à affronter. Rick chercha un moyen de détendre l’atmosphère, il ne voulait surtout pas qu’elle se sente prise au piège.
« J’en viendrais presque à me demander si toutes ces scènes torrides étaient vraiment le fruit de MON imagination ! » taquina-t-il.
Les battements de son cœur commencèrent à s’affoler. Castle voulait qu’elle se détente mais jamais il n’aurait pu imaginer un tel scenario.
-« Non… » fit-il après avoir regardé le moniteur, surpris et amusé.
-« Je déteste ce truc. » rugit-elle en retirant la pince de son index.
Un bip strident et continu se mit alors à sonner.
-« J’en connais une qui va se faire gronder par l’infirmière. » taquina-t-il.
-« Je m’en fiche. Je vais bien. »
-« Alors comme ça tu préfères encore te faire gronder plutôt que d’avouer que tu passes ton temps à fantasmer sur moi ? »
Trois infirmières étaient entrées précipitamment dans la chambre au moment où Castle lançait cette phrase. Deux d'entre-elles firent demi-tour en pouffant de rire tandis que la troisième s’avança maladroitement. Elle éteignit le moniteur, tira sur le fil pour récupérer la petite pince et la mit en évidence sur la machine.
-« Euh… Je reviendrais plus tard. » assura-t-elle en se retenant de rire.
Castle lui aussi avait du mal à tenir son sérieux. Beckett se mordait l’intérieur de la joue pour ne pas exploser.
-« Avoue que c’est drôle. Tu as le chic pour mettre les infirmières à l’aise ! » continua-t-il de se moquer. « Alors ? Tu avoues ? Quelles histoires as-tu pu me raconter ? Celle du… »
-« Aucune Monsieur l’écrivain. » assura-t-elle avec un sourire narquois. « Je me suis contenté d’y penser… Mais je les ai gardées pour moi. »
-« On pourrait peut-être comparer nos copies un de ces jours ! » lança-t-il en voulant la voir exploser à nouveau.
Il n’attendait pas vraiment de réponse. Un haussement de sourcils, un soupir, … Mais à sa grande surprise Kate semblait réfléchir à une réponse acceptables.
-« Quand je pourrais bouger… Pourquoi pas ? » affirma-t-elle enfin.
Surprit, Rick lâcha le verre de jus qu’il venait de se servir et la fixa d’un air ahuri.
-« C’est pas gentil de me faire marcher… »
Kate fit pas mal d’efforts et un nombre incroyable de grimaces pour arriver à se redresser sur son lit et atteindre la position assise.
-« Kate, tu ne devrais pas bouger… » fit-il en s’approchant immédiatement, posant son jus à verre à la vas-vite sur la table de nuit.
Il était à quelques centimètres d’elle, voulant la raisonner.
-« Approche ! » ordonna-t-elle doucement en lui attrapant le col de la chemise de sa main valide, ne lui laissant pas vraiment le choix de refuser.
Elle approcha ses lèvres, voulant bien plus qu’un petit bisou cette fois. Rick se laissa faire, choisissant de profiter de l’occasion et préférant attendre quelques secondes pour l’explication. Le baiser devint très vite passionné. Rick y mit fin, avant d’avoir envie d’aller plus loin (Ce qui n’aurait été guère raisonnable vu l’endroit et l’état de Beckett.).
Kate le regarda avec appréhension, craignant un mouvement de recul de sa part.
-« Ton cœur va exploser. » dit-il en reprenant sa respiration. Son cœur à lui battant probablement aussi fort de celui de Kate. « Je l’entend battre jusqu’ici… A moins que ce soit le mien ! »
-« Je m’en fiche… J’en veux encore. » fit-elle en l’attirant à nouveau contre lui.
Les baisers ne s’arrêtèrent plus. Chacun profitait enfin des bras de l’autre.
-« On peut entrer ? » firent les voix d’Alexis et Jim en passant juste la tête par la porte.
-« Bien sûr. » Firent Kate et Rick en même temps, se séparant à contrecœur
-« Lanie est partie ? » s’étonna Castle. « Et sa tension ? »
Kate le foudroya du regard, ce qui fit exploser de rire Alexis et Jim.
-« Je crois qu’elle va bien papa. Mais si tu as peur qu’elle ne fasse une rechute, tu peux toujours continuer ton bouche-à-bouche » lui glissa-t-elle à l’oreille pour ne pas embarrasser Kate.
Rick ne répondit pas mais le regard qu’il lança à sa fille était digne de ceux de Kate.
-« Je suis désolée d’avoir montré la vidéo à votre père. » s’excusa Alexis. « Je ne pensais pas à mal… C’est juste que… Je n’avais jamais imaginé que vous pourriez mettre votre vie en danger pour mon père. Ça m’a vraiment impressionnée. Enfin, j’aurais eu la trouille de ma vie si j’avais vu ces images sans avoir eu de vos nouvelles. »
-« Il a l’air de s’en être remis » sourit Kate qui n’avaient pas l’intention de sermonner la jeune fille. « Puis, si ça peut vous rassurer, ce n’est pas tous les jours comme ça. »
-« Encore heureux ! » soupira Castle.
-« J’espère bien… » se fit entendre Jim. « Mais dorénavant tu ne pourras plus me reprocher de m’inquiéter et de débarquer chez toi sans prévenir quand je n’ai pas de tes nouvelles. Enfin, je penserais à frapper avant d’utiliser ma clé. Je n’ai pas envie de surprendre… Ce que je ne devrais pas voir. » taquina-t-il en faisant rougir sa fille.
Chapitre 20 :
Alexis ne resta pas longtemps. Elle était surtout passée pour remercier Kate de s’être interposée entre son père et l’arme à feu. Et aussi voir d’elle-même où en était la relation entre Kate et son père. Elle avait vaguement surpris une conversation entre son père et sa grand-mère, et elle voulait en avoir le cœur net. Elle était ravie d’en avoir eu la confirmation. Cependant, après une petite demi-heure de visite elle s’éclipsa.
-« Tu devrais aller la voir. » glissa doucement Kate à l’attention de Rick.
-« Ça n’a pas eu l’air de la choquer de te voir dans mes bras. »
-« Je ne crois pas que ça va choquer grand monde ! Par contre, elle t’as vu en situation dangereuse et vu que tu es ici depuis … plusieurs jours. Je crois que vous devriez en parler. Au moins pour t’assurer qu’elle va vraiment bien. »
-« Elle en a parlé avec Mère… Mais tu as raison. »
Il partit donc rejoindre Alexis, laissant les Beckett père et fille en tête à tête.
-« Rassure-moi. » demanda Jim en prenant place à côté de sa fille. « Tu ne vas pas faire marche arrière hein ? »
Elle fit non de la tête, gardant pour elle le fait qu’elle avait déjà envie qu’il revienne.
-« Bien. » soupira-t-il, content de la réponse. « Parce que je craignais de ne jamais devenir grand-père. »
-« Tu ne l’es pas encore ! » fit-elle très justement remarquer en levant un sourcil.
-« Vu que tu es en train de penser à ses bras et à ses baisers… Je suppose qu’il suffit de vous laisser seuls quelques soirées. »
La tête de Kate dû virer du blanc ou rouge vif, car son père explosa de rire.
« Rassure toi, ce n’est pas marquer sur ton front. C’est juste que je te connais. Bon, j’exagère peut-être pour le ‘quelques soirées’, mais tu vas me faire des petits enfants hein ? »
-« Je te laisserais garder Castle de temps en temps, ça sera tout comme ! » plaisanta-t-elle.
-« Qu’est-ce qu’il se passe avec Castle ? » demanda Esposito en ouvrant la porte.
-« Rien. »
-« Où est-il ? » demanda Ryan en regardant autour de lui. »
-« Je ne sais pas. Il n’était pas avec vous ? » demanda-t-elle, l’air de rien.
Les deux garçons échangèrent un regard d’incompréhension. Ils pensaient que l’auteur serait auprès d’elle et étant donné ce que Lanie leur avait dit, ils s’attendaient même à les voir dans les bras l’un de l’autre.
Jim ne dit rien. Il se contenta d’observer la scène. Mais lui aussi était perdu. Sa fille se moquait-elle de ses amis ou avait-elle envie de faire de sa relation avec Castle le secret du siècle ?
Les gars changèrent de sujet et dévièrent sur l’affaire Malot. Terrence allait avoir droit à un vrai procès. Mais étant donné toutes les preuves qui l’innocentaient, il était déjà considéré comme libre. Ils parlèrent ensuite de Gates et de tout le bruit qu’elle faisait pour que la vidéo soit retirée de YouTube. Ça amusait le chef de la police de soutenir le jeune garçon, juste pour voir la Capitaine s’agiter dans tous les sens. Mais il avait affirmé au gars, en douce, qu’il suffirait que ce soit le Lieutenant Beckett qui le demande pour que ce soit fait aussitôt.
Lanie avait été rappelée sur une scène de crime. Mais une fois l’examen préliminaire terminée, elle s’était arrangée avec Perlmutter afin de pouvoir retourner rapidement au chevet de son amie. En entrant, elle ne prit même pas le temps de saluer les gars. Elle passa la chambre en revue avant de s’indigner.
-« Où est Castle ? »
-« J’en sais rien. Partit boire son café avec l’infirmière je suppose. » mentit Kate à nouveau.
Jim se sentait de moins en moins à l’aise.
-« Tu te fiche de moi ? » haussa-t-elle le ton.
-« Il est arrivé au moment où je disais que j’en avais rien à faire de lui... Qu’est-ce que tu voulais qu’il se passe d’autre ? »
-« J’en sais rien moi ! Que vous agissiez comme des adultes pour une fois. » Reprocha-t-elle, toujours très contrariée.
Kate avait du mal à tenir son sérieux et l’entrée de Martha et Rick n’arrangea pas les choses. Heureusement, Lanie et les gars se focalisèrent sur l’auteur et le sourire radieux de Kate passa inaperçu pour eux. Elle fit un clin d’œil à Rick, lui demandant silencieusement de jouer le jeu.
-« Tu es le gars le plus idiot que je connaisse ! » s’emporta Lanie en donnant une petite tape sur l’épaule de Castle.
-« Même après Espo ? » demanda Castle avec un brin d’humour.
-« Vous mériteriez une bonne paire de claques tous les deux. Mais qu’est-ce que vous attendez ? »
-« Et tu crois que ça ira mieux ? » fit Castle en la dévisageant.
-« Je vais te tuer. » menaça la légiste avec son regard perçant.
-« Super... En plus tu passes déjà aux aveux. » ironisa-t-il avec un sourire moqueur. « Je peux m’asseoir ? » demanda-t-il pour que Ryan et Espo lui laisse un peu de place sur l’appui de fenêtre.
Les gars le regardèrent désespérément. Faisant NON de la tête.
-« La place est prise.» asura Esposito, le regard mauvais.
-« Madame Rodgers. » invita Ryan.
-« De vrais Gentlemans dans la police. Tes amis sont bien plus courtois que toi. » S’amusa l’actrice en en rajoutant une couche.
Jim ne disait rien. Il admirait le spectacle et la facilité déconcertante avec laquelle sa fille se jouait de ses amis. La complicité entre Castle est Beckett était impressionnante.
Rick se retrouva debout au milieu de la pièce, sous le regard sévère d’Esposito et Ryan. Kate explosa de rire. Elle se bougea tant bien que mal pour faire une place sur son lit et tapota le matelas pour lui faire signe de venir. Castle ne se fit pas prier pour la rejoindre.
-« Alors il drague les infirmières et a droit à ton lit ? » interrogea Lanie, le regard suspicieux.
-« Il était avec Alexis. » répondit Kate en levant les yeux au ciel. « Au fait. » elle se retourna vers Castle. « C’est quoi cette histoire de café avec la petite blonde ? »
-« Et voilà… » Soupira Esposito.
-« C’est repartit pour une crise de jalousie ! »
Kate foudroya les deux inspecteurs du regard, sous le regard amusée de Martha et Jim.
-« Elle a passé la journée d’hier à me dire que tu étais incapable de mentir ou jouer la comédie pendant ton délire et que par conséquent tu devais vraiment beaucoup m’aimer. Il n’y avait pas de pari… Ni de tasse de café. »
Tout le monde explosa de rire, sauf Kate qui soupirait en maudissant encore plus les infirmières.
-« Tu veux dire que je me suis fait avoir ? »
-« Et en beauté. » admira Jim qui n’en pouvait plus de rire.
-« Maintenant Qu4ils sont ensemble, tu crois qu’on aura encore droit à leur petite parabe au bureau. »
Tous les regards se braquèrent sur les gars. Jim dorait les visites des coéquipiers de sa fille. Il ne la connaissait pas en tant que « chef » et apprenait de tas de petites choses.
-« Quand elle l’envoie balader sechement mais qu’elle le dévore des yeux dès qu’il a le dos tourné ? » demanda Esposito avec un air innocent qui lui allait très mal.
-« Et qu’il revient tout penaud avec une tasse de café, pour se faire pardonner… »
-« Rien que de sentir l’odeur du café envahir l’étage son visage rayonne ! » continua de se moquer le latino.
-« Vous n’avez rien d’autre à faire de vos journée que de nous espionner ? » s’imposa Kate afin de ne pas voir tous ses petits secrets se faire révéler.
-« On a une Boss plutôt sympa. »
-« Elle se tape la paperasse et nous… on a beaucoup de temps libre ! »
-« Plus maintenant. » prévint-elle avec un sérieux qui fit rire Jim, Martha et Castle.
-« Ensemble, ensemble… On n’a toujours pas eu de preuve ! »
-« Tu auras ta soirée entre filles où je te raconterais tout ! » nargua Kate en volant un baiser à Castle.
-« Moi aussi j’ai le droit de leur raconter ? » demanda-t-il tout penaud en regardant vers les gars.
-« On ne veut rien savoir ! » dirent-ils en chœur.
Jim fut le premier à partir. Rassuré par l’état de santé de sa fille, il préféra les laisser entre ‘jeunes’. Martha le rejoignit la sortie de l’hôpital. Ayant bien besoin de décompresser il l’invita à diner. Ryan reçu un appel de Jenny qui le rappela à l’ordre. Lanie et Esposito s’éclipsèrent discrètement : Beckett ne décollait plus des bras de Castle et ils avaient un peu l’impression d’être de trop.
-« Tu te rends compte que tu as presque mis Lanie à la porte ? » fit remarquer Castle une fois qu’il put respirer.
-« Elle m’a assez reproché de ne pas te sauter dessus. » plaisanta-t-elle.
Les deux amoureux passèrent leur première soirée en tête à tête. La première d’une très longue série. Et même les rappels à l’ordre des infirmières n’arrivèrent pas à chasser Castle. Elles finirent par capituler et proposer un oreiller et une couverture à l’écrivain qui passa la nuit dans les bras de Kate.