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Où que tu sois, je te retrouverai.

Série : Castle
Création : 04.07.2014 à 19h53
Auteur : judy1 
Statut : Terminée

« suite de la saison 6... Selon mon imagination hein... :p Je ne fais, malheureusement, pas partie des privilégiés qui le connaissent personnellement. » judy1 

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Où que tu sois, je te trouverais.

Chapitre 1 :

 

Deux semaines déjà que Castle avait tragiquement perdu la vie. 15 jours que Kate pleurait toutes les larmes de son corps en faisant de son mieux pour ne pas sombrer plus bas encore. Martha et Alexis, elles aussi, faisaient de leur mieux pour faire face à la situation. Ce n’était évident pour personne et c’est probablement pour cette raison que quand elle franchit les portes de l’ascenseur du 12th les regards se fixèrent sur elle avant de se détourner, par gêne. Les conversations s’arrêtèrent sur son passage. Mais ça n’empêcha pas le Lieutenant Beckett de prendre place à son bureau.

-« Kate ? » fit Lanie, surprise en sortant du bureau du Capitaine Gates. « Qu’est-ce que tu fais là ? »

-« Je bosse. Et toi ? »

-« Je ne crois pas que ce soit une bonne idée… Tu devrais… »

-« Rester chez moi à pleurer… Je pense avoir épuisé mon stock de larmes. » soupira Kate en parlant plus sèchement qu’elle ne l’aurait voulu.

-« Comme tu veux ! » répondit Lanie en dévisageant les lieutenants Ryan et Esposito l’air de dire « Au moindre problème, vous m’appelez. » avant de repartir vers la morgue.

-« Ryan ? Esposito ? Dans mon bureau. Immédiatement. » aboya Gates en sortant de son bureau.

Kate s’avança, prête à subir elle aussi les foudres du Capitaine.

« Beckett ? Mais qu’est-ce que vous faites ici ? »

-« Bah… Je viens travailler. Et vu que vous appelez mon équipe… »

-« Vous étiez là la semaine dernière ? Vous êtes, vous aussi, responsable du bordel qu’ils ont fichu dans l’affaire Tomasson. »

-« Non Capitaine. » répondit-elle en adressant un regard interrogateur à ses coéquipiers. « Mais avec tout le respect que je vous dois, il s’agit de… »

-« Avec tout le respect que je vous dois. » répéta Gates avec ironie. « Vous n’avez pas la moindre idée de l’affaire dont je parle. Cet entretien ne vous regarde pas. Vous voulez vous rendre utile ? Concentrez-vous sur l’affaire en cours. » répondit la Capitaine avec un excès d’autorité que tout le service lui connaissait.

Ryan et Esposito suivirent donc la Capitaine dans son bureau, échangeant un regard d’incompréhension pendant qu’elle prenait soin de fermer la porte en vérifiant que Kate ne tentait pas de suivre la conversation à distance.

-« Euh… Capitaine, c’est l’équipe de John qui s’est chargé de l’affaire Tomasson. » fit remarquer Ryan en restant debout face au bureau de sa supérieure.

-« Celle de Greg en fait, je sais. Je voulais me débarrasser de Beckett. Alors asseyez-vous et tirer la tronche, comme si je vous passais un savon mémorable. » ordonna-t-elle en fronçant les yeux et les pointant du doigt.

Aucun doute, cette femme était douée pour la comédie.

-« Bien chef. » bredouillèrent les deux inspecteurs en s’asseyant.

-« Qu’est-ce qu’elle a encore fait ? »

-« Elle a encore harcelé le Capitaine Herrià propos de l’accident ? »

-« Cette femme vient de perdre l’homme qu’elle aimait et à moins d’avoir perdu tout contact avec la réalité, je doute que la thèse du malaise cardiaque et du mauvais entretient des freins soit une conclusion acceptable pour elle. »

-« A moi aussi ça me semble étrange. » avoua Ryan.

-« Castle n’était pas du genre à laisser n’importe qui entretenir ses voitures … Et s’il avait eu un problème cardiaque, Beckett aurait déjà eu sa peau depuis longtemps. »

-« C’est pour ça que j’ai demandé à Lanie de jeter un œil sur le rapport d’autopsie et que je vous charge de réétudier l’affaire. »

Les deux inspecteurs se regardèrent. Ils comprenaient maintenant que Kate ne devait pas assister à cet entretien et que tout cela devrait, bien évidemment, se faire sans qu’elle n’en sache rien.

-« Je n’arrive pas à croire qu’on ait les autorisations pour étudier cette affaire. »

-« Je m’en occupe… »

-« Oh… ça veut dire qu’on ne les a pas encore ça ! » s’amusa Esposito avec une petite grimace.

-« Il vous reste 4h avant que mon supérieur me colle un blâme pour avoir désobéit à un ordre. Alors trouvez ce qui cloche pour le faire changer d’avis. » se contenta de répondre Gates avec un petit sourire en coin, mais sur le ton d’un ordre.

-« Et nous qui pensions qu’il n’y avait que Beckett pour dépasser les bornes. En fait, vous êtes … »

-« Je vous déconseille de dire pire ! » prévient la capitaine avec humour.

Rien qu’à voir leur tête la Capitaine sut tout de suite que c’est ce terme qu’ils allaient employer, ce qui la fit sourire.

-« Avant que vous ne quittiez mon bureau, je vais vous confier un secret. » elle s’approcha doucement d’eux, le regard menaçant. « Si la qualité d’un Capitaine se mesurait au nombre de règles qu’il a pu enfreindre avant d’en arriver à ce poste, sachez Messieurs que dans quelques années, quand le Lieutenant Beckett aura fini d’enfreindre toutes les lois de ce pays, elle fera certainement un aussi bon Capitaine que je peux l’être. » avoua-t-elle avec un regard malicieux. « Maintenant dehors… »

-« En plus modeste peut-être. » taquina Esposito à voix basse.

-« Wah… Qui l’eut cru. »

 

-« Alors ? Verdict ? » demanda Kate en les voyant se rasseoir à leur chaise.

-« Pas mal d’heure sup’ en perspective. » affirma Esposito en restant vague.

-« Un coup de mains ? »

-« Non… Pas la peine. » assura Ryan en planquant le rapport que la Capitaine venait de leur remettre. « Ça va aller… Juste quelques témoignages mal retranscrits. »

-« Sans parler de son orthographe… C’est à pleurer. » compléta Esposito pour le charrier.

-« Je me retrouve toute seule pour celui-là alors. » soupira-t-elle en regardant le tableau blanc.

-« Ce n’est que pour quelques jours… Ou quelques heures. »

Ryan donna un coup de pieds à son collègue pour le faire taire avant de se lever et donner un petit briefing à Kate sur l’affaire en court. Comme ils n’avaient pas le sens de l’organisation de Beckett, peu de chose était affichées. La conversation fut rapide : L’affaire était des plus simple. Une femme, trois hommes et une grosse dose de jalousie. Les gars pensaient déjà connaître l’identité du meurtrier, mais ce détail ne fut pas révélé. Combien de temps mettrait-elle pour se rendre compte de la supercherie ?


judy1  (04.07.2014 à 19:53)

Chapitre 2 :

 

Le jour même, 12 heures 30. Kate avait prévenu Gates qu’elle avait plusieurs personnes à interroger en dehors du poste. La voie était donc libre pour débattre de l’affaire Castle avant que le procureur ordonne de clore le dossier et de l’enterrer profondément.

-« Je suis convoquée dans le bureau du grand chef dans moins d’une heure. Qu’est-ce que vous avez ? » s’informa Gates en s’approchant des inspecteurs Ryan et Esposito.

-« Un retrait d’argent…. »

-« Un mécanicien qui m’a faxé le détail du dernier entretient de la voiture de Richard Castle. »

-« Je doute que ça puisse suffire mais expliquez toujours. » fit-elle en prenant un siège et s’installant en face d’eux. « Un retrait d’argent ? Important ? »

-« 300.000 $. Environ une heure après que la dépanneuse ait embarqué la voiture de Castle. »

-« Ça pourrait être un membre de la famille Castle. Pour faire face aux dépenses le temps que les comptes soient bloqués. C’est en général la procédure des banques en cas de décès. »

-« Kate était sous le choc, incapable de penser à quoi que ce soit. »

-« Je ne l’avais jamais vue dans cet état. » confessa Esposito, encore marqué par cette vision.

-« Ça se comprend. Martha ? Alexis ? Ou leur avocat, avec une procuration peut-être ? »

-« Non… Le retrait a été fait par virement. L’agence qui a accepté le transfert n’était pas encore au courant du décès de Castle et une personne au téléphone a insisté pour que la transaction soit rapide. Elle a été faite dans l’heure qui a suivi. Bien avant que le décès ne soit rendu officiel. Et pour répondre à votre question, l’avocat n’a pas de procuration. Quand à Martha, elle dispose de fonds propres en cas de coup dur. Alexis n’aurait pas pensé se servir. »

-« Personnellement… Pour avoir aperçu le montant de ses comptes, si j’avais voulu me servir avant l’état je ne me serais pas contenté de 300.000 $. » affirma Esposito.

-« Bon à savoir… Vous êtes un arnaqueur. »

-« Ça serait Castle qui aurait fait ce retrait depuis l’au-delà ? » ironisa Ryan.

-« Pourquoi pas ?Rien que pour m’ennuyer,  je suis certaine qu’il en serait capable. » plaisanta-t-elle.

Cette façon de penser de Castle aurait pu paraître déplacée, surtout après sa mort. Mais l’ensemble des inspecteurs du 12th semblait avoir passé une sorte d’accord implicite entre eux : à chaque fois qu’ils parlaient de leur ‘partenaire’, il le faisait avec humour et respect. Une sorte d’hommage pour ce consultant exceptionnel.

 « Plus sérieusement, qui aurait-pu voler cet argent ? Et pourquoi ? Trouvez-moi ces 300.000 $ et on aura peut-être notre assassin. »

-« J’ai essayé, mais la somme a été transférée sur un compte offshore. Autant chercher une aiguille dans une botte de foin. »

-« Le garagiste ? » demanda-t-elle en se tournant vers Esposito.

-« Les lieutenants qui nous ont précédés n’ont pas été tendre avec lui. Ils l’ont carrément suspecté de meurtre par négligence. Le pauvre gars nous a sorti le listing de toutes les dernières réparations effectuées, de toutes les pièces changées avec leur numéro de série et leur provenance. »

-« J’aimerais avoir un garagiste aussi consciencieux. » soupira Gates en pensant à la prise de tête qu’avait été son dernier rendez-vous avec le sien. « J’avoue que tout ça est curieux… Vous n’avez vraiment rien trouvé d’autre ? »

-« Le shérif Brady aurait aimé nous aider, mais son supérieur a tout fait pour qu’il reste loin de l’affaire étant donné ses relations avec Castle et Beckett. Il ne voulait pas que Kate vienne corrompe l’enquête. »

-« Je crois que ce que je peux vous aider à ré-ouvrir l’enquête. » annonça triomphalement Lanie.

-« Docteur Parish ? »

-« Le légiste des Hampton s’est contenté des empreintes dentaires pour déterminer l’identité de Castle. »

-« Pourquoi aller plus loin si elles correspondent. » ironisa Esposito en pensant aux négligences de leurs services de police.

-« Parce qu’on me l’a demandé. » répondit-elle du tac au tac avec assurance. « Vous vous souvenez de l’anniversaire que Kate lui avait organisé il y a 2 ans ? »

-« Castle s’était bousillé le genou au ski et était encore plus insupportable que d’habitude ! »

-« Je crois que je n’oublierais  jamais la tête de ... »

-« Docteur Parish. Venez en au fait, je suis pressée. » rappela Gates avec autorité.

-« Justement. Il s’est cassé le genou ! Et même si ça s’est plutôt bien réparé pour un homme de son âge, ce genre de blessure reste toujours visible. C’est comme cette cicatrice sur le front. Il s’est fait tabasser par un groupe d’ados vers 12 ans. Oui j’ai fouillé dans son dossier médical et oui Beckett trouvera ça certainement moins sexy quand elle saura qu’il n’y avait que des filles dans ce groupe. Toujours est-il que son crâne en a gardé la marque lui aussi. Comme une petite fêlure sans gravité. » 

-« Une fêlure au crane. » ne put s’empêcher de se moquer Gates. « Voilà expliquerait bien des choses. Mais je ne suis pas certaine de comprendre. »

-« Le corps a déjà été inhumé, alors j’ai dû me contenter des photos, mais je vous assure que le corps qui a été ressorti de la voiture avait ses deux genoux intacts et aucune fêlure à l’endroit de la cicatrice de Castle. »

-« Ce n’est pas Castle ? » souffla Esposito, plein d’espoir.

-« Si ce n’est pas Monsieur Castle, alors qui est-ce ? Et où est-il ? »

-« Mais ça donnerait un sens au retrait d’argent. C’est bel et bien Castle qui s’est servi sur son compte. »

-« Et pourquoi choisirait-il le jour de son mariage avec Beckett pour disparaître, petit malin ? » se moqua Esposito.

-« Il ne voulait peut-être pas se marier ! »

Ryan, Esposito et Lanie lancèrent des regards menaçant à la capitaine.

-« C’était de l’humour… Continuez Dr Parish. »

-« Ça va peut-être vous aidé de savoir que la victime présentait de multiples lésions à la jambe gauche. En tant que médecin je dirais que c’est le genre de blessures pour lesquels on utilise des vis et des broches afin consolider le tout. D’ailleurs on en voit une-là. » affirma-t-elle fièrement en sortant une radio. 

-« Pourquoi ça ne figure pas dans le rapport du légiste ? » intervint Gates, soucieuse.

-« Parce qu’il n y a pas eu d’autopsie ? » suggéra Ryan. 

-« La police était déjà convaincue qu’il s’agissait de Castle. Le corps était trop brûlé pour l’identifier mais les pompiers ont maîtrisé le feu à temps,  les os sont presque intacts. Si le légiste avait fait son boulot il aurait remarqué ces détails. »

-« Et ben voilà qui devrait être suffisant pour recouvrir l’enquête. » 

Gates prit le rapport de Lanie, le bloc-notes illisible de Ryan et partit, confiante, défier son supérieur.

-« Il y a un hic. »

Esposito et Lanie se tournèrent vers Ryan.

« La seule façon de savoir qui était dans cette voiture, c’est de récupérer une vis ou la broche dans la jambe de ce type et de rechercher le numéro de série. »

-« Et pour ça il faut déterrer le corps…. » soupira Lanie. « Et bah je vous souhaite bonne chance. »

 

Un peu plus loin dans les couloirs, c’est une Lanie embarrassée qui croisa une Kate en mode furax. Lanie essaya bien de la calmer, mais quand vint la question de savoir ce qu’elle faisait là (elle qui ne quittait sa morgue que très rarement), les réponses évasives de la légiste énervèrent encore un peu plus l’inspectrice qui repartit vers le criminelle encore plus furieuse.


judy1  (05.07.2014 à 17:14)

Chapitre 3 :

 

-« Vous me prenez pour une cruche ou vous avez perdu la vue ? » lança-t-elle aux bros, furieuse, en se tenant droite comme un ‘I’ devant Ryan et Esposito.

Les deux inspecteurs échangèrent un regard incertain. Certes l’affaire était facile, mais comment pouvait-elle l’avoir résolue aussi vite ?

-« Trois gars qui se disputent une garce. Il ne vous est pas venu à l’esprit qu’il y en avait deux de trop ou vous vous fichez de moi ? »

-« J’ai misé sur le prof de gym… » assura Esposito.

-« N’importe quoi ! La victime faisait deux fois sa taille, il se serait fait étaler en moins de deux. Je te dis que c’est le barman. »

-« On n’avait aucune preuve de toute façon, mais c’est forcément l’un des deux. On allait fouiller un peu plus dans leur vie mais Gates nous est tombé dessus. »

Kate fronça les sourcils et fini par une grimace de dégoût.

-« Je comprends que Ryan manque de sommeil à cause de Sarah-Grace, mais c’est quoi ton excuse à toi ? Vous êtes aussi nul l’un que l’autre. » leur lança-t-elle en retournant à son bureau.

C’est à ce moment-là que plusieurs agents en uniforme amenèrent Cassie Steven (la garce, selon Beckett), Lucas Andrew (le barman) et Thomas Fisher (le prof de gym). Tous les trois menottés et emmené dans des salles différentes.

-« Qu’est-ce qu’on a loupé ? » demandèrent les garçons en venant se planter devant le bureau de Kate qui préparait ses interrogatoires.

-« Les preuves… De toute évidence. » répondit-elle ce ton sec qui était devenu habituel depuis plus de 10 jours.

-« Alors explique nous. » fit Esposito en s’asseyant sur le fauteuil qui était celui de Castle.

Beckett aurait voulu le fusiller du regard, mais à chaque fois qu’elle tournait la tête vers ce fauteuil ses yeux se remplissaient de larmes. Pourtant, c’était elle qui avait été le rechercher dans la réserve à son retour. Les gars avaient pensé bien faire en le faisant disparaître, mais Kate n’était visiblement pas prête à s’en séparer.

-« Juste pour qu’on se couche moins bête ce soir. » insista Ryan, la faisant sortir de ses pensées.

-« Cassie Steven s’est servi de ses deux amants pour se débarrasser de son fiancé un peu trop envahissant à son gout. »

-« T’es sérieuse ? »

-« Non… Je les ai juste fait venir pour une visite guidé des locaux ! » ironisa-t-elle.

-« Comment tu as trouvé ça ? »

-« Chacun des deux amants pensait être le seul et unique. En concurrence avec un homme soi-disant tyrannique et violent. Ce qui, compte tenu des rapports médicaux de la victime, devait juste être l’inverse.  Grace à la voisine du petit appart loué par Cassie Steven pour ses rencontres extra-conjugales, je sais que les deux hommes passaient à tour de rôle. Ils ne se sont jamais rencontrés. Elle y avait gardé la recette du cocktail amélioré servit par son barman personnel et comme j’ai pu placer le prof de gym sur les lieux du crime 10 minutes avant la découverte du corps, je suppose qu’il était là pour terminer le travail. Une équipe fouille son appart pour trouver des vêtements imbibé de sang. »

-« Wah… Et tout ça en une matinée ! » laissa échapper Ryan, admiratif.

-« Et vous ? Vous en êtes où ? »

-« Euh…. » bafouilla Ryan en regardant vers son PC qui affichait toujours les transferts bancaires vers l’étranger.

-« On avance. » mentit Esposito.

-« C’est bizarre parce que je viens de croiser Greg… Il ne comprend pas très bien ce qu’IL pourrait avoir loupé avec l’affaire Tomasson ! »

Elle laissa volontairement un blanc, le temps pour les deux inspecteurs de trouver une autre excuse bidon pour lui avoir refilé une enquête quasi terminée.

« Vous m’expliquez où  ça aussi je dois le deviner toute seule ? »

-« Top secret. »

Kate menaça Esposito du regard. Elle les connaissait par cœur et savaient qu’ils mijotaient un truc louche.

-« Ok… Comme vous voudrez. De toute façon je le saurai. Vous finirez bien par me demander mon aide. » se moqua-t-elle ouvertement en les chassant.

-« Ryan, Esposito. Dans mon bureau. Tout de suite. » ordonna la Capitaine d’un ton sec.

Beckett se contenta de sourire. Elle aurait aimé s’interposer et prendre leur défense pour assouplir Gates, mais puisqu’ils s’entêtaient à ne pas vouloir de son aide, elle jubilait en imaginant le savon qui les attendait. Même si elle n’en connaissait pas les raison, de toute évidence Gates n’était pas d’humeur à plaisanter.

 

-« Alors ? » demandèrent-ils d’une seule voix.

-« On a gagné. Maintenant c’est à vous de jouer, et je ne crois pas que vous ayez la partie la plus facile. Pour exhumer le corps de Monsieur Castle, il nous faut une autorisation. »

-« Sauf qu’on sait que ce n’est pas Castle. »

-« Beckett va peter un câble… Elle ne voudra jamais. » soupira Esposito.

-« C’est justement pour lever cette incertitude qu’il nous faut le corps. Et le grand patron a été très stricte : soit on prouve que ce corps n’est pas celui de Castle, soit on classe l’affaire une bonne fois pour toute. »

Les deux inspecteurs soupirèrent.

« Mais le Lieutenant Beckett n’est pas obligé de la savoir. Du moins, pas tout de suite. Si je ne m’abuse, ils ne sont pas mariés. Donc c’est auprès de Madame Rodgers que vous devez aller chercher cette autorisation. » rectifia Gates avec un petit sourire de suffisance.

-« Sauf que Martha et Alexis sont très proches de Kate. A la seconde où Martha va comprendre ce qu’on lui demande, elle appellera Kate qui va nous descendre sur place. »

Gates se retint de rire car les circonstances n’étaient pas vraiment favorables à un fou-rire. Mais imaginer Kate Beckett, folle de rage, s’en prendre à ses fidèles inspecteurs était un tableau aussi drôle qu’inattendu.

« Faites-vous discret et débrouillez-vous pour que Martha coopère. »

-« Plus facile à dire qu’à faire… » soupira Esposito en quittant le bureau.

 

Kate passa le reste de la journée à interroger les trois suspects qu’elle avait fait arrêter. L’affaire était bouclée à 19 heures tappante.

Les gars, eux, passèrent les deux heures suivantes à quémander l’aide et la discrétion de Martha. Chacun savait que Kate ne se remettrait jamais de la mort de Rick. Martha non plus, probablement. Mais en tant que grand-mère et belle-mère, elle s’était donné la lourde tâche d’empêcher Kate et Alexis de couler sous le poids du chagrin.

Ensuite, Ryan et Esposito prirent leur temps pour rencontrer les employés chargés de ré-ouvrir la tombe de l’écrivain et s’assurèrent que ce serait fait dès les premières heures du jour, afin d’éviter que Beckett ait le temps de s’y opposer. Il n’était que 17 heures quand ils rentrèrent au bureau. Et l’heure suivante, qu’ils passèrent à éviter Beckett, fut très longue.


judy1  (06.07.2014 à 18:50)

Chapitre 4 :

 

En rentrant du travail, Kate fit son détour habituel pour se recueillir sur la tombe de celui qu’elle aimait. Elle passa une dizaine de minutes à pleurer, à se demander pourquoi lui ? Comment un accident aussi bête avait pu lui enlever l’homme de sa vie, après tout ce qu’ils avaient surmonté ? Elle finit par soupirer un bon coup, tentant de se convaincre que si elle était toujours en vie, c’était pour trouver le fin mot de cette histoire et obtenir justice pour lui. Elle le lui devait.

Elle rentra chez elle, seule. Écouta ses messages avec lassitude. Martha voulait juste prendre de ses nouvelles et l’inviter à déjeuner le lendemain. Elle sourit, remerciant intérieurement cette femme pour son courage et cette façon qu’elle avait de veiller sur elle. Le message suivant était de son père, la menaçant de débarquer au 12th si elle ne l’appelait pas. Kate répondit donc à Matha en lui envoyant un texto pour confirmer le déjeuner et ressortit pour se rendre chez son père, sachant que de toute façon une conversation téléphonique avec lui se terminerait par une invitation quelconque.

Le matin, son réveil sonna à 7 heures. Elle se leva péniblement. Mangea une tartine beurrée et but une tasse de café. Pas qu’elle avait faim, mais c’était les ordres de Lanie qui passait vérifier ses placards et ses poubelles une fois par semaine, à l’improviste bien sûr. Après ce petit déjeuner, comme tous les matins, elle retrouva Rick pour lui raconter sa nuit : trop courte, trop agitée de cauchemars et trop seule…

La présence de quelques voitures de police aux abords du cimetière l’intrigua. Une grue était déjà à l’ouvrage tout près de la tombe de Richard. Son cœur se serra, comme un 6ème sens qui la prévenait que cette journée ne serait pas de tout repos.

« Mais qu’est-ce qu’ils font ? » se demanda-t-elle à voix basse.

Plus elle s’approchait et plus elle avait l’impression que ces agents et ces ouvriers étaient autour de la tombe de Castle.

-« Mais qu’est-ce que vous faites ? » hurla-t-elle en réalisant que c’était bel et bien la tombe de son homme qu’ils saccageaient.

-« Notre boulot M’dame. » répondit un ouvrier. « Reculez s’il vous plaît. »

-« C’est la tombe de mon mari. Vous n’avez pas d’autorisation. » continua-t-elle de crier en forçant le passage.

-« Nos autorisations sont en règle Lieutenant Beckett. » intervint un officier que Kate reconnu.

Elle le dévisagea avant de prendre les papiers et d’en inspecter le contenu. Elle reconnu sans peine la signature de Martha et eut du mal à y croire. Pourquoi ne l’avait-elle pas prévenue ? Ensuite, en parcourant le document elle se rendit compte que l’ordre venait du Capitaine Gates. S’en était trop. Elle fulminait. Elle lança les documents vers l’agent en uniforme, détourna le regard du cercueil qui était lentement remonté et repartit.

Au 12th, Ryan et Esposito étaient dans leurs petits souliers. Leur collègue les avait avertis de la visite de Beckett. Ils savaient donc qu’une violente tornade s’apprêtait  envahir les bureaux.

-« C’est étonnant qu’elle ne soit pas encore arrivée. En général quand elle est furieuse elle va deux fois plus vite. » plaisanta Ryan tout en craignant l’arrivée de sa supérieure.

-« La voilà… Prêt à te faire virer ? » continua Esposito avec le même sentiment que son collègue mais se forçant à afficher un sourire trompeur.

Elle les dévisagea avec le regard qu’elle réservait d’ordinaire aux criminels en salle d’interrogatoire.

-« Vous deux, vous avez intérêt à avoir une bonne explication. » menaça-t-elle avant d’entrer dans le bureau de la Capitaine et d’en claquer la porte.

« Mais qu’est-ce qu’il vous prend ? Vous avez perdu la tête ? » se mit elle à hurler sur la chef du service.

-« Lieutenant Beckett. » fit Gates avec fermeté. « Je vous prierais de modérer vos propos. »

-« Vous avez fait exhumer le corps de Castle sans même m’en parler. »

-« Nous avions l’autorisation de Madame Rodgers. Je pensais que vous seriez soulagée de savoir que quelqu’un enquête vraiment. »

-« J’aurais été soulagé si vous m’aviez aidé à avoir accès au dossier il y 15 jours… J’aurais apprécié que vous m’aidiez à ce moment-là. Pas en le ressortant de sa tombe. »

Kate criait tellement fort que tout le service pouvait profiter du sermon que Gates se faisait passer.

-« De nouveau éléments viennent d’être apportés au dossier. S’ils s’avèrent qu’ils sont exacts, l’enquête reprendra. »

-« Et s’ils ne le sont pas ? »

-« Ils le sont… » affirma-t-elle en tentant de calmer l’inspectrice. « Je vous ai promis que je vous aiderais à découvrir ce qui s’est passé sur cette route et je ne crois pas une seconde à la théorie du malaise cardiaque. Vous voulez savoir ce qui est arrivé à Monsieur Castle ? » elle laissa un blanc de quelques secondes, le temps pour Beckett de répondre intérieurement à cette question. « Alors faites-nous confiance. »

-« Nous ? » 

-« Les lieutenants Esposito et Ryan sont les meilleurs de ce dép... »

-« Ryan et Esposito ? Vous avez poussé ma propre équipe à me trahir ? » 

-« Je peux comprendre que vous soyez furieuse, mais c’est un coup de main, pas une trahison. » 

-« Super ! » lança-t-elle sans baisser le ton pour autant. « Alors expliquez-moi. » Elle s’était assise, regardant Gates avec défis. « Qu’est ce qui se passe ? Qu’est-ce que vous cherchez sur ce qu’il reste de Castle. »  

Les larmes montèrent aux yeux de Kate. En prononçant ces mots la vision du corps calciné sur la table d’autopsie lui revenait en pleine face. Mais malgré cette vision d’horreur elle restait inflexible et attendait des explications. 

-« En examinant les cliche du légiste des Hamptons le Docteur Parish a rema... »

-« Lanie ? Alors elle aussi complote dans mon dos. J’aurais dû m’en douter. »

-« Elle aussi fait tout ce qu’elle peut pour vous aider. » reprit Gates en élevant la voix. L’entêtement de Beckett commençait sérieusement à l’agacer. « Comme je le disais le Docteur Parish a remarqué la présence de vis et de broches chirurgicales dans la jambe de la victime. »

-« Castle n’avait ni vis ni broche dans les jambes... » affirma Kate, toujours en mode furax.

-« Je sais. » assura Gates. « Mais pour identifier le corps on a besoin des numéros de série. » 

-« D’où l’exhumation. » soupira Kate. «  Mais si ce n’était pas Castle dans la voiture, où est-il ? » 

-« Je ne sais pas. Nous ne sommes sûrs de rien pour l’instant... Je ne voulais pas vous donner de faux espoirs et c’est pour cette raison que les lieutenants Ryan et Esposito ne devaient rien vous  dire. » 

-« Parce que vous pensiez que vous pouviez déterrer son corps sans que je ne le remarque ? » se remit-elle à hurler aussi vite.

-« Non. Mais je n’avais pas prévu que vous arriviez en plein travail des ouvriers et que vous remontiez aussi vite à moi. » 

-« J’espère pour vous que ce n’est pas Castle dans ce cercueil parce que dans le cas contraire, vous n’imaginez pas les ennuies que vous allez avoir. » menaça Kate, encore sous le choc.

Beckett se leva et sortit du bureau aussi « discrètement » qu’elle y était entrée. 

-« On que si... Je sais très bien à quoi m’attendre ! » soupira Gates en repensant aux menaces de son supérieur.

 


judy1  (07.07.2014 à 19:42)

Chapitre 5 :

 

Flash-back. Environ15 jours plus tôt.

Mission accomplie : Rick était en route pour les Hamptons où la femme de sa vie l’attendait. Il venait juste de l’avoir au téléphone. Elle lui avait dit : « je t’aime ». Quelques mots des plus banals pour un couple et pourtant, jamais il ne se lasserait de les entendre. Il attendait ce moment depuis si longtemps qu’il était l’homme le plus heureux du monde. 

Pourtant, son 6ème sens lui disait que c’était trop beau, quelque chose clochait. C’est à ce moment-là qu’un 4x4 noir apparut dans le rétroviseur. Son premier réflexe fut d’accélérer mais en vain. L’autre véhicule était déjà à sa hauteur. La porte coulissante s’ouvrit et deux hommes armés firent feu. Rick pilla sur les freins et le temps qu’il réalise qu’il était sain et sauf, les deux types l’avaient déjà traîné hors de sa voiture. Il sentit une aiguille dans son cou et en l’espace des quelques secondes tout devint flou. Une troisième personne approcha. C’était une femme. Il n’arrivait pas à distinguer les traits de son visage mais sa voix la trahissait, il n’arrivait même pas à savoir s’il la connaissait. Tout semblait se passer à grande vitesse mais Rick n’était pas en état d’enregistrer quoi que ce soit. Il entendit des éclats de voix entre les trois ravisseurs, un coup de feu fut tiré et une mare de sang s’écoula sur la route. Une fois de plus, il fut surpris de ne pas ressentir de douleur et de ne pas s’écrouler sur le sol. Il était toujours en vie, et pourtant incapable de résister plus longtemps, il perdit connaissance.

Il ne sut pas combien de temps il resta inconscient, mais lorsqu’il ré ouvrit les yeux il était couché sur un matelas miteux, une femme le fixant, attendant visiblement qu’il revienne à lui.

-« C’était plus agréable avec Beckett. » marmonna-t-il d’une voix pâteuse après avoir regardé partout autour de lui.

-« Je n’en doute pas. Mais votre fiancée est disons… Déjà fort occupée en ce moment. » répondit la femme avec un sourire malsain.

Rick avait beau fouiller dans sa mémoire, il n’avait aucune idée de qui elle pouvait bien être.

-« Qu’est-ce que vous voulez ? De l’argent ? C’est pour ça que je suis ici ?

-« Ohhh. » jubila-t-elle. « Vous être vraiment trop mignon vous… Alors c’est vrai que vous êtes généreux. » continua-t-elle de se moquer. « Puisque vous insister. » elle fit glisser un portable jusqu’à lui. « 300.000 $. » elle lui donna le numéro de compte sur lequel l’argent devait être versé et le prévint que dans son propre intérêt la somme devait être disponible en moins d’une heure.

-« Dans ce cas je vais avoir besoin de passer quelques coups de fils. »

-« Vous me prenez pour une idiote ? »

-« Non. Mais il faudra plusieurs jours pour que la banque fasse virer une telle somme. Si vous la voulez aujourd’hui, il va falloir insister et trouver une personne à charmer au sein des banquiers. »

La femme partit et revint 20 minutes plus tard avec un portable des plus basiques.

-« Soyez convainquant. » ordonna-t-elle en le menaçant de son pistolet.

Une fois qu’il raccrocha, assez fier de lui, en affirmant que la charmante dame avec laquelle il venait de s’entretenir s’arrangeait pour que tout soit fait le plus rapidement possible, la femme baissa son arme, lui adressa un petit sourire et ordonna à son complice de garder un œil sur lui avant leur ‘déménagement’.

-« Où est votre petit copain ? » demanda-t-il à son nouveau compagnon.

-« Dans votre voiture. » lui répondit-il avec un petit sourire qui ne se voulait pas très rassurant.

Le type resta longtemps à jouer avec un petit couteau suisse et un bâton de bois, refusant de répondre aux questions de Rick et lui lançant des regards menaçants à chaque fois qu’il insistait un peu trop. Il avait bien pensé jouer au héros en tentant de fausser compagnie à son gardien, mais comme il faisait deux fois sa taille, qu’il semblait maîtriser son petit joujou (le petit couteau) et qu’un calibre 35 était visible à sa ceinture, il préféra rester à attendre la suite. La rançon était payée, il était confiant sur sa libération.

La femme revient avec un plateau repas et renvoya le gars en lui annonçant que la paye était arrivée, sous-entendant qu’elle n’avait plus besoin de ses services.

-« C’est gentil de me nourrir avant de me libérer… Sympa comme après-midi, mais j’avais autre chose plus fun de prévus vous savez. »

-« Je sais. » affirma-t-elle en riant. « Vos projets attendront. Enfin, si vous pouvez les remettre à plus tard ? Parfois, à force d’attendre, il est trop tard. »

-« Qu’est-ce que vous voulez dire ? » s’inquiéta-t-il entre deux fourchettes de ragoût. Un doute l’envahis. Avait-il eut tort de se jeter sur ce plateau ? Mais il mourrait de faim. L’heure du dîner devait déjà être passée depuis belle lurette. Dans cette pièce sombre et humide, il n’avait aucun moyen de le savoir.

Il posa encore beaucoup de questions mais n’obtint plus aucune réponse. Il venait juste de terminer son assiette quand il fût pris de vertiges et qu’après avoir essayé de se débattre il perdit à nouveau connaissance.

Quand il se réveilla il n’avait aucune idée de où il était et du laps de temps qui s’était écoulé. Il était dans une sorte d’entrepôt, fermement attaché sur une vieille chaise. Quand il comprit que ce n’était pas n’importe quelle chaise, mais une chaise électrique, il flippa et se débattit dans tous les sens.

Il reçut une décharge.

-« Juste un avertissement. » annonça la femme. « Ça peut-être bien pire si vous ne coopérez pas. »

-« Qu’est-ce que vous voulez ? Je vous ai payé. »

-« Oh… Vous croyiez que c’était pour votre libération ? » demanda-t-elle innocemment. « Quelle méprise. C’est vous qui avez suggérer de me donner de l’argent. Et j’avoue que ça tombait bien puisque j’avais quelques ‘associés’ à payer. »

Elle se mit à rire.

« Vous avez-vous-même payé vos ravisseurs et le légiste qui a ‘gentiment’ accepté de faire votre autopsie. »

-« Mon autopsie ? Mais je ne suis pas mort… Enfin, pas encore. »

-« Ah bon ? » elle déplia le journal et lui montra la première page. « Pourtant vous faites la Une. Et vous remarquerez que ce n’est pas un magazine à scandale pour une fois. » se moqua-t-elle.

-« Mais comment c’est possible ? Non, c’est un cauchemar. Kate n’y croira jamais… Elle vous tuera quand elle vous trouvera. »

La femme se mit à rire de plus belle.

-« Quand elle me trouvera ? » elle n’en pouvait plus de rire. « Mais encore faudrait-il qu’elle me cherche. Vous êtes mort Monsieur Castle et personne ne viendra vous aider, pas cette fois. »

-« Qu’est-ce que vous voulez ? »

-« Que Beckett souffre. Qu’elle se rende compte de ce que c’est que de perdre l’homme qu’on aime. »

-« Elle doit déjà en avoir une petite idée. Mais elle ne vous aidera jamais. Quoi que vous lui demandiez. »

-« Si je la contactais aujourd’hui… Elle serait furieuse contre moi et elle serait probablement même capable de vous retrouver. Mais d’ici deux ou trois semaines, quand elle sera complètement anéantie et qu’elle commencera seulement à reprendre pieds. Je me demande ce qu’elle sera prête à céder pour vous récupérer. »

-« Vous êtes folle. Vous êtes complètement folle. » hurla Castle

La femme cessa de rire et appuya sur un bouton.

Rick hurla, de douleur cette fois. La décharge était bien plus longue et bien plus forte que la précédente.

-« D’ici à ce que Beckett soit prête à m’aider, vous devriez maîtriser vos propos. » sa voix était sérieuse et ferme cette fois. « Sauf si vous voulez rester sur cette chaise les trois prochaines semaines. »

Elle quitta le local en sifflotant, heureuse que tout se déroule comme elle le voulait.

 


judy1  (08.07.2014 à 19:36)

Chapitre 6 :

 

Beckett sortait de la salle de conférence. Les gars juste derrière elle ne faisaient pas les fiers. Elle leur avait passé un sacré savon pour avoir osé enquêter dans son dos. Pour avoir osé demander à Martha la permission d’exhumer le corps de ‘Castle’ et, en prime, l’avoir forcée à lui mentir par omission. Elle avait conscience que, même si elle ne l’avait jamais vu craquer, les yeux rougis de l’actrice ne trompaient personne. La disparition de Rick laissait un vide immense pour les trois femmes.

-« Qu’est-ce que c’est ? » demanda-t-elle à un agent qui passait par là.

-« Le livreur vient de partir. Il a juste demandé où se trouvait votre bureau. » répondit-il, gêné de ne pas en savoir plus.

Un colis l’attendait sur son bureau. Ce n’était qu’une simple boite en carton fermée avec du ruban adhésif. Il n’y avait aucun nom, aucune indication sur la boite. Ce détail intrigua Kate qui préféra s’équiper d’une paire de gant pour l’ouvrir.

-« Tu veux qu’on appelle les démineurs ? » fit Ryan.

-« Pas besoin. » assura-t-elle. « Quand on veut piéger quelqu’un, on indique le nom d’un destinataire. Juste pour s’assurer que ce soit la bonne personne qui ouvre le paquet. De toute façon, je n’ai plus rien à perdre ! » soupira-t-elle.

Elle en ressortit une montre qu’elle manipula précautionneusement, et une lettre lui donnant rendez-vous au coin de la rue dans 5 minutes.

Elle serra la montre dans sa main, comme pour s’assurer qu’elle était bien réelle. Elle ferma les yeux, une larme s’en échappa.

-« Tout va bien ? » s’inquiéta Esposito.

-« Un rendez-vous avec un fantôme. » marmonna-t-elle, ne sachant pas si elle devait se réjouir ou se méfier.

-« On t’accompagne ? » bondit Ryan en prenant sa veste.

-« Pas question… on n’a pas le temps de prévoir un plan de surveillance. On ne sait même pas à qui on a affaire. Vous restez là. J’arrive. » ordonna-t-elle en quittant le service.

Il est évident que les gars se précipitèrent vers la cage d’escaliers dès que Beckett disparut dans l’ascenseur, mais étant donné qu’elle avait emporté la lettre avec elle, aucun des deux inspecteurs ne savaient où avait lieu exactement le rendez-vous.

Kate patienta deux minutes à l’endroit indiqué. Il y avait beaucoup de passage à cette heure-là et elle ne savait même pas qui elle devait attendre.

Un taxi s’arrêta. La vitre convoyeur se baissa.

-« Lieutenant Beckett ? » fit le chauffeur.

Elle regarda autour d’elle, regrettant soudain d’avoir écarté les agents Ryan et Esposito.

« Votre amie ne vous attendra pas indéfiniment. Vous montez ? »

-« J’arrive. » fit-elle, peu assurée, en ouvrant la porte du taxi.

Durant le trajet elle se rassura en caressant son pistolet et vérifiant à plusieurs reprises que sa seconde arme était bien attachée à sa cheville.

Le taxi s’arrêta devant un parc bondé de monde. Le chauffeur lui demanda de descendre en précisant que la course était déjà payée. Il ajouta encore que son amie portait une veste bleue.

-« Une veste bleue…Voilà qui va beaucoup m’aider ! » soupira Kate en dévisageant les gens autour d’elle.

Après s’être promenée au hasard pendant quelques minutes elle se fit aborder par un jeune joggeur.

-« La femme sur le banc là-bas m’a donné 20 $ pour que je vous demande de la rejoindre. » dit-il en montrant et le billet et le banc en question.

Kate se contenta de lui sourire pour toute réponse et s’avança vers sa nouvelle « amie ».

-« Vous en avez mis du temps… Vous me devez 20 $ ! »

Beckett ne chercha même pas à comprendre ni à protester. Elle sortit un billet de sa poche et le donna à la femme. C’est à ce moment-là qu’elle réalisa qu’entre le chapeau, le foulard et les lunettes de soleil, elle serait incapable de dresser un portrait-robot de cette femme. Elle préféra garder cette remarque pour elle et s’assit sur le banc.

-« Vous auriez pu venir au poste, on aurait gagné du temps ! » répondit Kate avec un ton de reproche.

-« Je pourrais aussi vous révéler l’identité du corps que vous avez fait sortir de terre, mai sça serait tellement moins drôle. » continua la femme sur un ton d’amusement.

Le regard de Beckett changea. Elle cherchait à imaginer le visage de son interlocutrice sous ce déguisement, mais à moins de lui sauter dessus, c’était impossible.

-« Vous savez que je suis en service ? Je pourrais vous arrêter et vous emmener au poste pour vous forcer à vous expliquer. »

-« Faites donc… Mais comme vous n’avez rien contre moi, vous savez que vous devrez me libérer en moins d’une heure. »

-« Qu’est-ce que vous voulez ? »

-« Vous m’avez devancé en exhumant ce corps, je ne vous en pensais pas capable. Mais j’accepte cette défaite ; je suppose que je vous dois une petite récompense. » elle lui tendit un portable, un petit sourire narquois sur son visage. 

-« Castle…. » souffla Kate.

Ses émotions de femmes prirent le dessus sur ses instincts de flics. Au lieu de sauter au cou de cette femme et de la menotter en un clin d’œil, elle resta figée devant cet écran.

-« … Kate ? »

La voix de Rick la fit sortir de son mutisme. Il semblait si affaiblit, si pâle.

-« Castle ? Mais qu’est-ce qui se passe ? Où est tu ? »

Rick se tordit et hurla de douleur. Kate reporta son regard vers la femme qui lui montra un petit boîtier.

-« Mauvaise question. » se moqua-t-elle. « C’est ma façon à moi de vous tenir au courant. » continua-t-elle de se moquer en explosant de rire.

Elle reporta son regard sur l’écran et c’est à ce moment-là qu’elle réalisa que Castle était attaché sur une chaise électrique. La douleur semblait passée, il accusait le coup, se demandant probablement ce que cette femme attendait pour l’achever.

Kate se sentait mal. Des nausées l’envahirent, en plus de ce sentiment d’impuissance et de culpabilité. En larmes, Kate se jeta sur elle, sortit son arme et tenta de la maîtriser. Mais son adversaire avait envisagé ce cas de figure et se mit à crier de toutes ses forces. Lorsque des gens virent l’arme de Kate, beaucoup se mirent paniquer, ce qui interpella une patrouille de police faisant sa ronde.

Dans ce chaos qu’elle venait de crée, Kate se retrouva immobilisée et plaquée contre le sol en quelques secondes. Le temps qu’elle explique qu’elle faisait partie de la ‘maison’ et que ses collègues trouvent sa carte, la femme avait filée après avoir récupéré son portable tombé sur le sol.

 


judy1  (09.07.2014 à 18:56)

Chapitre 7 :

 

Les visites de Martha au 12th n’annonçaient jamais rien de bon, alors quand elle se présenta devant le bureau des gars en demandant où était Katherine, ils furent embarrassés de ne rien trouver à lui répondre.

-« Elle sait pour la tombe, hein ? » finit-elle par demander, bien qu’elle connaisse déjà la réponse.

-« Elle est arrivée quand les ouvriers remontaient le cercueil. »

Ryan donna un coup de coude à son collègue. Comment pouvait-il parler ainsi devant la mère de Rick ?

-« Mon Dieu… La pauvre. » soupira Martha, la voix rauque en pensant à son fils. « Ça a dû être horrible ! Je comprends qu’elle ne soit pas venue à notre déjeuner, elle doit être furieuse de ne pas avoir été prévenue. »

-« Ce n’est pas à vous qu’elle en veut pour ça. » rassura aussitôt Esposito pour se faire pardonner de sa bourde.

-« Alors où est-elle ? » demanda la rouquine en regardant partout autour d’elle, espérant probablement la voir arriver avec une surcharge conséquente de dossiers à terminer.

-« Elle est sortie juste après avoir reçu un paquet… On n’en sait pas plus ! » s’excusa Ryan

-« Qu’est-ce qu’il y avait dans le paquet ? »

-« Une montre et un message lui donnant rendez-vous au coin de la rue. »

-« On a essayé de la suivre, mais le temps qu’on arrive elle montait dans un taxi. » compléta Esposito pour expliquer le fait qu’aucun d’eux ne sache où était précisément Kate Beckett.

Martha était paniquée. Elle savait que Kate était fragile et menaçait de disjoncter pour un rien. Elle avait déjà perdu un fils et avait peur de la perdre sa belle-fille. Elle harcelait les deux inspecteurs de questions auxquelles ils étaient incapables de répondre.

Martha, dans un état de panique total, ne se rendait même pas compte de l’embarras des deux hommes. Ils furent presque soulagés de voir enfin le Lieutenant Beckett sortir de l'ascenseur.

-« Vous auriez dû me suivre ! » s’en prit-elle à ses deux coéquipiers sans remarquer la présence de Martha, tellement elle était contrariée.

-« Ce n’est pas faute d’avoir essayé. » fit Ryan avec un léger sourire.

-« Fallait demander au chauffeur du taxi de nous attendre ! » répondit Esposito avec son air de petit malin.

-« Le livreur ? Vous avez quelque chose sur lui ? » continua-t-elle de demander sans tenir compte de leurs remarques, sachant pertinemment qu’elle n’avait donné aucun ordre précis avant de partir.

-« Avec sa veste de livreur il est passé sans signer de registre à la réception. Mais grâce aux caméras de surveillance de l’entrée on a le nom de la boite, ils sont toujours écrit en grand sur leur camionnette. »

-« Super… » elle resta à les figer, attendant la suite.

Matha était médusée devant cette femme qu’elle avait du mal à reconnaitre. Elle savait qu’elle avait du caractère et que c’était une spécialiste pour commander son équipe, mais jamais elle ne l’avait vu aussi exigeante envers quelqu’un d’autre qu’elle-même.

-« N.Y.Mail… Une petite entreprise de livraison qui vient d’ouvrir. »

-« Et… ? »

-« On a un peu harcelé la réceptionniste et le gérant jusqu’à ce qu’il nous faxe la liste de leurs employés et toutes les livraisons d’aujourd’hui. »

-« Ton nom ne figure nulle part, ni même l’adresse du 12th. »

-« Et aucun de leur membre du personnel ne correspond au type qui est venu livrer le colis. »

Les deux inspecteurs s’expliquaient à tour de rôle, complétant les informations de l’autre. Le regard de Kate, passant de l’un à l’autre, prouvait son habitude face à cette complicité.

-« Wah… Ils viennent juste de commencer et c’est déjà le bordel dans leur paperasse ! » se contenta-t-elle de répliquer, visiblement encore plus contrariée.

-« Non, je ne crois pas… » intervint Ryan. « Comme on n’avait rien qui puisse te contenter et rien d’autre à faire, on a aussi demandé les relevés kilométriques de leurs véhicules avec le planning des livreurs. »

-« Vous avez trouvé un truc important ou vous me racontez juste votre journée ? » s’impatienta Kate sous le regard estomaqué de Martha.

-« On a trouvé. » souffla Ryan, espérant qu’elle finisse enfin par se calmer. « Ils n’ont que 3 camionnettes alors ça a été rapide à vérifier… Mais celle-ci. » il montra la copie d’une page remplie de gribouillis faits au bic et accompagnés de ratures et dessins en tous genres. « Entre le livreur qui a terminé sa tournée à 10 heures et celui qui a commencé la sienne à 12 heures, il y avait 8 km de différence ! »

-« Ce qui équivaut à un aller-retour d’ici à leurs locaux ! » compléta Esposito pour être certain qu’elle comprenne bien.

-« Ils se sont fait piquer une camionnette ? Et je suppose que personne n’a rien vu ? »

-« Emprunté. » rectifia Ryan avec un sourire crispé. « Et non, personne n’a rien vu. Mais ils nous envoient leurs bandes des caméras de surveillances. Étant donné que ça s’est passé aujourd’hui, leur livreur ne devrait plus tarder. Ils nous laissent même le véhicule pour que la scientifique l’examine. Pour prouver leur bonne foi. »

-« Espérons que leur livreur soit aussi efficace que leur ‘emprunteur’ » ironisa-t-elle en se retournant. « Martha ? » s’étonna-t-elle de la trouver au poste.

-« On devait déjeuner ensemble. Je m’inquiétais de ne pas te voir venir. » dit-elle mi embarrassée, mi inquiète de l’attitude de sa belle-fille. « Je suis désolée de ne pas te l’avoir dit. Je ne voulais pas te parler de ça au téléphone ni te laisser ce genre de message sur ton répondeur. » compléta-t-elle en parlant bien entendu de la tombe de Richard. « Je savais que tu serais contrariée… ça n’a pas été de gaieté de cœur que j’ai accepté de signer les documents et… Ne m’en veux pas. »

Kate lui prit les mains pour la rassurer. Les traits de son visage s’étaient adoucis d’un coup.

-« Ne vous inquiétez pas Martha, ce n’est pas à VOUS que j’en veux pour ce coup en traitre. » fit-elle en lançant un regard vers ses coéquipiers.

-« Et s’ils avaient raison. Si Richard était en vie. »

-« Il l’est. » assura Kate en soupirant. « Du moins pour l’instant… »

Les trois visages se tournèrent vers elle.

-« Vous l’avez vu ? » souffla Martha, pleine d’espoir.

-« C’était vraiment lui ton rendez-vous ? Qu’est-ce qui se passe ? » Demandèrent les gars.

-« Oui je l’ai vu. Mais non, ce n’était pas lui mon rendez-vous. »

Elle fit asseoir Martha, de peur qu’elle ne fasse un malaise. Bien que l’ainée de la famille Castle faisait de son mieux pour ne rien laisser paraitre, Kate savait qu’elle était aussi fragile qu’elle.

« Un taxi m’attendait au coin de la rue. Le chauffeur avait ordre de me déposer devant un parc. La personne qui m’attendait était une femme. Je dirais la quarantaine. Cheveux bruns, plutôt courts, ou coiffé en chignon. » quelques secondes de pause s’installèrent, le temps pour Kate de rassembler ses souvenirs.  

« Non ! En fait je n’en sais rien du tout » soupira-t-elle en s’asseyant. « Elle portait un chapeau, des lunettes de soleil, un foulard et des habits tout ce qu’il y avait de plus classiques. Je ne sais pas qui elle est, ni ce qu’elle veut. Mais j’ai vu Castle via une application de son portable. Elle le retient prisonnier et n’hésite pas à se servir de la torture pour le maintenir sous contrôle. »

-« Mais qu’est-ce qu’elle espère ? »

Kate baissa la tête et déglutit, honteuse de son comportement peu professionnel.

« En entendant Rick hurler de douleur, j’ai perdu mon sang froid. » avoua-t-elle. « Une patrouille du 5ème est intervenue en voyant mon arme. Le temps que j’explique que je faisais partie de la maison, elle avait filée. »

-« La 5ème ? »

-« Vous étiez obligé d’aller aussi loin pour papoter ? » plaisanta Esposito.

-« Visiblement oui. » soupira Kate. « Je suppose que je devais être en dehors de mon terrain d’action pour être certaine que je ne puisse rien tenter contre elle. Toujours est-il que je l’ai laissé filer. »

-« Tu n’as pas à t’en vouloir Katherine. Ce n’est pas ta faute… »

-« Si une personne retenait Lanie et la faisait souffrir, moi aussi je déraillerais en me sentant impuissant. »

Ryan lui lança un regard incendiaire. Espérait-il vraiment qu’une telle phrase puisse l’aider à tenir le coup.

-« J’aurais dû réagir en flic : refermer cette application et utiliser le portable pour m’appeler. Au moins on aurait un numéro à localiser. »

-« Elle s’en serait débarrassé et on en serait quand même au même point. » temporisa Ryan pour lui interdire de culpabiliser.

-« Te retrouver nez à nez avec un homme que tu croyais mort, c’est normal que tu sois déstabilisée. »

-« Merci Ryan, mais je suis flic ! J’aurais dû… »

-« Tu es humaine Katherine. » la stoppa Martha avant qu’elle ne continue à se jetter la pierre pour être revenue sans Rick et sans aucune piste à fouiller.

Martha arriva à convaincre Kate que rien de tout ça n’était de sa faute et parvint même à l’arracher à son travail.

Avant de partir, Kate donna un signalement un peu plus complet de la femme à ses deux coéquipiers, ainsi que le nom du parc et leur demanda de vérifier avec les caméras de signalisation.

-« Tu crois qu’elle se souvient qu’on n’a aucun droit dans le Bronx ? »

-« Et bah on va quand même essayer ! » répondit Esposito en décrochant son téléphone pour demander l’aide de leurs coéquipiers du 5ème. »

 


judy1  (11.07.2014 à 19:59)

Chapitre 8 :

 

Kate passa une partie de l’après-midi avec Martha. Elles commencèrent par parler de ce rendez-vous improvisé avec le kidnappeur de Richard. Ensuite, Kate tenta de la rassurer en lui assurant qu’il était en vie, qu’elle avait pu échanger quelques mots avec lui. Elle avait cependant gardé pour elle le fait qu’il ait perdu au moins 5 kilos, qu’il paraissait plus vieux de quelques années encore et le pire : qu’il était assis sur une chaise électrique.

Elle rentra au bureau juste avant 18 heures et bien qu’il aurait été l’heure pour les gars de rentrer chez eux, ils étaient toujours là à discuter avec Tory, qu’ils avaient fait venir de la scientifique.

-« On a visionné toutes les bandes de vidéo-surveillance des alentours du parc et aucune trace de cette femme au chapeau démesuré. » annonça Ryan.

-« Le 5ème nous a bien aidé. Ils ont envoyé une patrouille fouiller les poubelles du parc, mais aucune trace du chapeau, ni du foulard. »

-« Bien essayé les gars. Merci. »

-« Je peux vous poser une question ? » intervient Tory.

Kate la regarda sans comprendre ce qu’elle pouvait bien avoir à demander.

-« De quel type de portable s’agissait-il ? »

-« Le genre tout à fait banal. Le style de smartphone qu’on trouve, pas trop cher, dans toutes les boutiques. » répondit Kate sans trop savoir où elle voulait en venir.

Tory fit la moue. Elle avait pensé étudier la liste des clients s’étant offert un truc hyper sophistiqué et tout dernier cri. Raté.

 « Je ne vous ai pas tout dis tout à l’heure. Je ne voulais pas alarmer Martha, mais quand j’ai vu Castle, il était assis sur … Sur une chaise électrique. »

-« Ça explique que tu ne te sois pas étendu sur le genre de torture infligée par cette folle. »

-« Une minute. » intervint à nouveau la spécialiste de la scientifique. « Un complice à activé la chaise ou… »

-« Non. C’est elle qui la fait, en appuyant sur une sorte de télécommande. »

-« Elle voulait que tu saches que c’est elle qui tire les ficelles. » en conclu Ryan avec toute logique.

-« C’est génial ça par contre. » s’enthousiasma Tory avec une voix enjouée.

Les regards furieux des 3 inspecteurs se braquèrent aussitôt sur elle, Beckett était à deux doigts de lui sauter au cou et la raccorder à une prise de courant pour lui montrer l’effet que ça pouvait faire.

« Pas que Castle se fasse électrocuter… » se reprit-elle aussi vite en se rendant compte que son explosion de joie avait peut-être été mal interprétée. « Mais peu importe ce qu’elle voulait prouver, elle fait des erreurs. » affirma Tory tout en cherchant le modèle de télécommande en dans les les bases de données. « Une télécommande comme celle-là ? »

-« Oui. » fit Kate en regardant la scientifique avec soupçon. « C’est une bonne nouvelle ? »

-« Oui et non… »

-« C’est oui ou c’est non ? » demanda Esposito qui aimait que les choses soient claires.

-« Disons que la mauvaise nouvelle c’est qu’on peut se procurer ce petit joujou un peu partout et qu’en le trafiquant ça peut servir à un peu près n’importe quoi. »

-« Et la bonne nouvelle. » demanda Ryan, priant intérieurement pour qu’il y en ait une.

-« Ces petits appareils ont un champ d’action de 250 mètres maximum. »

-« 250 mètres ! » souffla Kate. « Alors il était juste à côté de moi et je l’ai laissé tomber. »

-« Tu ne l’a pas laissé tomber Kate. » la reprit Esposito avec compassion. « Tu ne pouvais pas savoir. »

-« Mouais… En attendant, je ne sais toujours pas ce qu’elle me veut. Pourquoi Castle ? Pourquoi le jour de notre mariage ? »

-« Tu poseras les questions à cette cinglée la prochaine fois qu’elle te fixera rendez-vous ! »

-« Ce que j’aimerais, c’est lui mettre une balle entre les deux yeux ! »

-« Je doute que ça vous aide à retrouver votre petit écrivain. » lança Gates avec un trait d’humour.

Gates n’eut pas le temps de préciser le but de sa venue que Kate reçu un message de Lanie, lui envoyant le numéro de série retrouvé sur l’une des broches du cadavre. L’inspectrice sortit en trombe de la salle de conférence et lança déjà une recherche pour en trouver le nom du propriétaire.

-« Laissez-là faire… » ordonna la Capitaine en refermant la porte au nez de Ryan qui voulait certainement l’aider. « J’ai entendu votre petite conférence et je crois que j’ai une idée pour démarrer des recherches. »

 

 

Quelque part à la limite de Manhattan et du Bronx :

Rick était toujours assis sur cette maudite chaise. Il ne comprenait rien à ce qui se passait. Visiblement sa libération ne dépendait pas d’une quelconque somme d’argent mais d’un chantage bien plus profond. Il n’avait aucune idée du temps qui s’était écoulé entre le moment où il s’était fait enlever et maintenant. Il était souvent pris de vertiges et de pertes de consciences dues à l’injection de produits anesthésiants. Les repas étaient forts espacés et cette sensation de faim et de soif omniprésente le désorientaient complètement. Ses vêtements étaient crasseux et une odeur nauséabonde s’en échappait, sans parler du fait qu’à présent ils étaient bien deux tailles trop larges.

La porte de la pièce s’ouvrit enfin. Mais était-ce vraiment une bonne nouvelle ?

-« Je t’avais dit de ne pas jouer au plus malin… Je vais être forcée de te punir maintenant. » annonça-t-elle avec un petit sourire de satisfaction en sortant la télécommande de sa poche.

Elle appuya sur le bouton, le relâcha, appuya à nouveau. Rick hurlait, se tordait de douleur en essayant tant bien que mal de défaire les liens le maintenant assis sur cette chaise.

-« Depuis le temps, tu devrais savoir que ça ne sert à rien. » ricana-t-elle.

Le supplice continua pour Castle, jusqu’à ce que son corps n’en puisse plus et qu’il perde connaissance, ce qui fit exploser de rire la femme.

-« Quel imbécile ! » s’exclama-t-elle en lançant la télécommande sur une petite table. « Tu n’as pas le droit de crever, tu m’entends ? » fit-elle en s’approchant doucement de lui. « J’ai encore besoin de toi… Et si toi et ta petite copine vous êtes sages, il se pourrait que je vous laisse discuter une dernière fois avant d’en finir. » se moqua-t-elle en desserrant les liens. Lorsque plus rien ne le retint sur la chaise, Castle s’écroula la tête la première sur le sol.

Elle le prit par les bras et le traîna dans la pièce d’à côté où elle lui remit les entraves qui, solidement scellées dans le mur, empêchait Richard de lui fausser compagnie.

Quatre heures plus tard Rick ouvrit les yeux. Sa gorge sèche et son estomac creux avaient fini par le réveiller. Incapable de se mettre debout, il rampa jusqu’à l’assiette déposée à même le sol. Comme un vulgaire animal affamé il se jeta sur le gobelet d’eau et l’espèce de ragoût sans saveur dont il avait fini par s’habituer. Il savait qu’il n’aurait rien d’autre avant un bon moment et qu’il aurait été plus judicieux de ne boire que la moitié du verre, mais sa soif l’emporta et il vida le récipient d’une traite.

Il comata encore un peu. Mi conscient, mi délirant, essayant de se souvenir des derniers événements et de tout remettre dans l’ordre. Le visage de Kate lui revint alors subitement devant les yeux. Il versa une larme sans même s’en rendre compte. Elle semblait surprise de le voir mais pas choquée qu’il soit en vie. La savait-elle depuis longtemps ? Où en était-elle dans son enquête pour le retrouver ? 


judy1  (21.07.2014 à 19:32)

Chapitre 9 :

 

Kate était auprès de Lanie depuis plusieurs minutes déjà, mais la légiste n’avait pas eu l’occasion de parler de sa découverte. En croisant le regard de son amie, Kate fondit en larmes. Le besoin de se confier prit le dessus sur le reste.

-« 250 mètres Lanie ! » répéta Kate pour la troisième fois, essayant d’intégrer cet élément. « Il était juste à côté de moi et je suis revenue sans lui.. »

-« Kate… » souffla la légiste d’une voix qui se voulait rassurante. « Premièrement, tu ne pouvais pas le savoir et deuxièmement, arrête ça tout de suite. »

Lanie laissa le temps à son amie de digérer cet ordre.

« Elle te manipule, elle est en train de te rendre dingue. C’est ce qu’elle veut : te faire culpabiliser au maximum. Personne ne sait qui est cette femme ni ce qu’elle te veut, mais ce n’est pas comme ça que tu ramèneras ton petit Castle. »

Kate se prit la tête entre les mains, le temps de souffler et reprendre ses esprits. Autant Lanie pouvait être douée pour savoir écouter et réconforter dans les moments difficiles, autant elle était efficace pour remettre les choses en ordre.

-« Tu as raison… » finit-elle par admettre, d’une voix sûre. « Tu sais qui c’est ? »

Le numéro de série donné pas Lanie était incomplètes. Il faudrait donc un peu plus de temps que prévus pour retrouver le propriétaire des vis chirurgicales.

-« Ça c’est votre job, pas le mien. »

-« Si tu ne le savais pas, tu aurais envoyé ce numéro de série à Espo. Mais comme je te connais bien, tu l’as déjà identifié. Pas la peine de nier, je sais que j’ai raison. Alors qui est-ce ? » insista-t-elle en regardant vers le corps étendu sur une table d’autopsie et recouvert d’un drap.

-« Lui ? Simon Cowell. » s’amusa-t-elle avec son sens de l’humour particulier. « Mais si tu parles du corps qui squattait la tombe du grand Richard Castle… »

-« Lanie ! »

-« Ok. Euh… Tu es assises alors, reste-y. »

-« Tant que ce n’est pas Castle. » fit-elle en se relevant, comme pour défier Lanie. « Je m’en fiche complètement. Alors dis-moi qui est ce type. »

-«  Rogan… O'Leary. » répondit Lanie avec un certain malaise en surveillant les réactions de Kate.

-« Quoi ? » abasourdie, elle se remit assise, cherchant à comprendre comment son ex-mari avait pu se trouver dans la voiture de Rick. « Tu en est sûre ? Comment tu as su … ? »

-« Je suis passée au 12th avant… Enfin, disons que c’était au moment où les gars enquêtaient sur lui. Je n’avais pas vraiment prêté attention à ce qu’ils se racontaient, mais en examinant les os certaines choses me sont revenues en mémoire. J’ai fait une comparaison avec son dossier médical… Et tout y est : y compris les numéros de séries complèts des broches. » expliqua-t-elle en déposant un dossier entre elles deux.

Machinalement, Kate ouvrit le dossier, regarda le nom du « patient », lu quelques lignes et laissa finalement tomber après les deux premiers paragraphes bourrés de termes médicaux auxquels elle ne comprenait rien.

-« J’ai déjà suffisamment mal au crâne comme ça. » dit-elle en refermant le dossier et le faisant glisser vers Lanie. « Mais les empreintes dentaires correspondaient à celles de Castle ! Je ne comprends rien Lanie. Comment le légiste des Hamptons a pu faire une telle erreur ? »

-« Je n’en sais rien ma chérie. » répondit la légiste avec compassion. « J’ai refait cette analyse et j’ai également obtenu le nom de Castle. Mais on sait que ce n’est pas lui. »

-« Son dossier dentaire a été piraté ? C’est possible ça ? »

-« Le système n’est pas infaillible et les hackers de plus en plus performants. »

-« Je suppose que je devrais voir ça avec Ryan et Tory ! » soupira Kate en se disant que même Lanie avait ses limites en matière de compétences. « Merci Lanie. » fit-elle, encore en soupirant. « Merci pour tout. » termina-t-elle en se relevant et quittant la morgue, complètement assommée par la nouvelle et par les questions qui se bousculaient dans sa tête.

 

-« Vous nous espionniez ? » lança Tory avec humour à la Capitaine Gates.

-« Je suis la Capitaine de ce service. C’est mon job de vous espionner. »

-« Alors chef ? On ratisse la zone ? »

-« Non, c’est trop dangereux pour Castle. Au moment où cette femme se rendra compte que la police passe les lieux au peigne fin, c’est Castle qui en payera les frais. Non… Il ne faut surtout pas qu’elle sache qu’on est à ses trousses. »

-« On la laisse gagner du terrain ? Mais comment on fait, nous ? »

-« Premièrement, on va laisser le Lieutenant patauger. » ordonna-t-elle en effaçant le moindre sourire de son visage. Ses traits étaient tirés, son visage des plus sérieux.

-« Beckett est en plein cauchemar, vous pensez que c’est … »

-« Le Lieutenant Beckett et mon meilleur agent ! Sans vouloir vous blesser. Mais cette femme a trouvé la faille. » expliqua-t-elle en regardant la photo de Richard. « Vous connaissez Beckett encore mieux que moi et vous savez qu’elle est incontrôlable quand l’affaire la touche un peu trop. »

-« Il n’y a que Castle qui sache la raisonner. » fit remarquer Ryan avec une certaine nostalgie.

-« Et c’est précisément parce qu’il n’est pas là qu’on est dans la panade ! »

-« Laissez-la mener son enquête, il faut qu’elle participe. Mais que les choses soient claires : c’est MOI le chef. C’est MOI qui prends les décisions et c’est à MOI que vous rendrez vos comptes. Est-ce que c’est suffisamment clair ? »

-« Parce que vous croyez qu’elle ne s’en rendra pas compte ? »

-« Cette femme, qui qu’elle soit, est en train de mettre en place un chantage. Je ne sais pas encore ce qu’elle veut, mais je suis certaine que quand Beckett le saura elle foncera droit dans la gueule du loup. »

-« Et vous nous demandez de rester les bras croisés à admirer le spectacle. » s’emporta Esposito, pensant à la détresse de sa meilleure amie. « Avec tout le respect que je vous dois, vous pouvez toujours courir. »

Un petit sourire de satisfaction s’afficha sur le visage de Gates.

-« Ce que je vous demande Lieutenant Esposito, c’est de retrouver Monsieur Castle AVANT que Beckett ne déraille complètement. »

-« Ça ne nous dits pas par où on commence, si on n’a rien ! »

-« Et si on ne peut pas faire un petit tour de repérage dans le Bronx ! »

-« La chaise électrique… Ce n’est pas comme si on pouvait s’en procurer une à tous les coins de rue. »

-« C’est facile à fabriquer. » fit remarquer Tory.

-« Oui, mais c’est plutôt compliqué et envahissant. » répondit Ryan du tac au tac.

-« Précisément. » ajouta Gates avec un grand sourire. « Vous avez tout compris Lieutenant. »

-« Il est toujours là-bas et elle ne compte pas bouger. » s’exclama-t-il, surexcité.

-« Non, et je pense qu’elle a envie que Kate s’y précipite pour qu’elle puisse ensuite la faire culpabiliser de devoir torturer Richard. »

-« Torture physique pour Castle et torture psychologique pour Beckett. Mais qu’est-ce qu’elle veut ? »

-« Je n’en sais rien. Il va falloir la laisser s’approcher à nouveau de Kate pour le savoir. »

-« Elle doit bien penser qu’on la cherche, qu’on fait tout ce qu’on peut pour retrouver Castle. »

-« Si c’est ce qu’elle pense, elle a dû remarquer les patrouilles dans le parc cet après-midi. Elle doit s’attendre à ce que les environs grouillent d’officiers. Elle risque d’être déçue si ce n’est pas le cas. Et n’aura pas d’autre choix que de contacter à nouveau le Lieutenant Beckett. »

-« Alors c’est ça votre plan ? Ne rien faire et attendre qu’elle se manifeste ? »

-« Ne rien faire de trop visible et la LAISSER CROIRE qu’on s’en fiche ! Nuance messieurs. » les calma-t-elle aussitôt en se rendant compte qu’elle était à deux doigts de provoquer une rébellion.

-« Enquêter en restant dans l’ombre ? »

-« Mais enquêtez sur quoi ? On n’a rien ! » répéta Esposito, exaspéré de ne rien comprendre.

-« Une chaise électrique, messieurs, ça doit certainement consommer un peu plus qu’un aspirateur ! » ironisa Gates.

-« Une recherche sur les surconsommations électrique ! » rétorqua Tory en pensant à voix haute.

-« Mais ça va prendre des semaines pour les compagnies d’électricité s’en rende compte. »

-« Mm Mmmm » fit Tory en se raclant la gorge.

Les deux inspecteurs se tournèrent aussitôt vers elle. « Une surconsommation occasionnelle sur un circuit électrique entraîne forcément une baisse de tension pour d’autres. » affirma-t-elle fièrement.

-« Enfin quelqu’un qui suit… » félicita Gates en lui lançant un regard approbateur.

-« Et qu’est-ce qu’on fait quand on remarque une baisse de tension ? » interrogea Gates.

-« On contacte le fournisseur… » répondirent les deux inspecteurs en même temps.

-« Et ben voilà… Vous avez trouvé par où commencer : Esposito ? Faites un relevé des endroits de cette zone où il serait possible de retenir une personne sans éveiller les soupçons. Ryan ? Contacter les fournisseurs d’électricité et vérifier toutes les plaintes de baisses de tension. Dans une ville aussi peuplée, ça serait bien notre veine que personne n’ait pensé à se plaindre ! »

Esposito sortit son portable de sa poche.

-« C’est Lanie. » affirma-t-il en ouvrant le message. « Et merde ! » jura-t-il.

Gates et Ryan se tournèrent vers lui, inquiets pour Kate.

« Elle a identifié notre victime. Rogan O'Leary. »

-« L’ex-mari de Beckett ? »

-« Je l’avais presque oublié celui-là ! » fit remarquer Gates en revenant vers eux. « Vous ne trouvez pas bizarre que personne n’ait jamais remarqué que Beckett était mariée ? Ça aurait dû poser problème au FBI pourtant : engager un agent dont le mari à un casier aussi pesant … Et pourtant, personne n’a rien vu. Creusez cette piste également. »

-« Et qu’est-ce qu’on dit à Beckett ? » demanda Ryan en la voyant sortir de l’ascenseur.

-« Pas un mot sur les compagnies électrique. » Gates semblait réfléchit à la manière d’intégrer Kate dans l’enquête sans pour autant dévoiler son jeu. « Faites là bosser sur son EX, ça l’occupera. »


judy1  (22.07.2014 à 19:54)

Chapitre 10

 

« Rogan O'Leary. » pensait Kate, assise devant l’écran de son PC, sans le voir pour autant. « Qu’est-ce qu’il vient faire dans cette histoire ? Comment son corps s’est retrouvé dans la voiture de Rick ? »

-« Mais qu’est-ce qu’il vient faire là-dedans ? »

Elle venait de formuler cette question à haute voix, et visiblement bien fort puisque tout le monde s’était retourné vers elle.

-« Tout va bien… » s’excusa-t-elle avec embarras à tous ses visages qui la fixaient.

Tous se remirent au travail. Sauf Esposito et Ryan qui continuèrent de dévisager leur partenaire. Elle se leva de sa chaise et s’approcha de leur bureau.

-« OK, j’ai été marié avec ce gars. Et pendant bien trop longtemps. Comment ça se fait que je ne l’ai pas su plus tôt ? Je suis flic, j’ai même été engagé au FBI ? Personne n’a jamais rien vu ? »

Les deux garçons continuèrent à la fixer.

-« Quoi ? » demanda-t-elle plus durement qu’elle ne le voulait.

-« C’est justement ça qui cloche. » répondit Ryan avec un léger sourire. « Personne n’a rien vu ! »

-« Pourtant au FBI ils sont supers pour trouver ce genre de truc…  Non ? »

-« Si. » admit-elle.

Une idée dû lui traverser l’esprit car son visage changea du tout au tout.

-« Et si je n’avais pas été mariée avec lui. »

-« On croirait entendre Castle ! »

Les mots avaient échappés à Esposito qui se prit un coup de pied de la part de Ryan et un regard foudroyant de Beckett qui préféra continuer en ignorant cette remarque.

-« Tory vient de me confirmer que le PC du dentiste avait été piraté… Alors pourquoi pas les registres de l’état civil ? »

-« Parce que c’est un peu plus complexe que d’entrer dans un cabinet dentaire, assurer à la secrétaire être le neveu du boss et venir faire un petit peu de ‘nettoyage’ sur le disque dur ! »

-« Je me doute. Mais c’est possible ? »

-« Il faut être super balaise pour faire un truc pareil. » assura Ryan.

-« Si un petit malin est déjà parvenu à pirater les données du Pentagone, le registre des mariages doit être un jeu d’enfant ! »

-« Mais même si c’était vrai, je doute fort qu’une personne te le confirme. »

-« Si… Je sais qui aller voir pour faire pression. » affirma-t-elle, sûre d’elle.

-« Je ne suis pas certain que le Sénateur Braken soit disposé à coopérer. » lança Esposito avec ironie.

-« Le Maire suffira. »

-« Attend ! » protesta Ryan en essayant de la retenir. « Tu ne peux pas débarquer comme ça dans son bureau et … »

Elle le regarda droit dans les yeux, avec ce regard glacial et déterminé qui aurait fait peur à n’importe qui.

-« Je te rappelle qu’on parle de Castle là ! Alors SI, je peux ! » répondit-elle froidement en délivrant son bras de l’emprise de Ryan.

Médusés, les Bros furent incapables de réagir. Ils la regardèrent quitter l’étage en silence avant de soupirer un bon coup.

-« Je ne sais même pas ce qui est préférable : que les registres aient été piratés ? Ou ce pauvre type se soit trouvé au mauvais endroit au mauvais moment ? »

-« Imagine qu’on ne le sache jamais ! » lança Ryan avec une pointe de détresse. « Imagine qu’on ne retrouve pas Castle, ou qu’on le retrouve trop tard ! »

Esposito le fixa, incrédule. Des images de Beckett sombrant de plus en plus se mirent à défiler devant ses yeux.

-« Penses pas à ça et remets toi au travail ! » répondit-il sèchement pour chasser ses visions d’apocalypse. « Tu avances ? »

-« Les gens se plaignent de tout et n’importe quoi de nos jours, les listes sont longues, crois moi. Et toi ? »

-« Cette femme sait ce qu’elle fait. Elle doit planifier son coup depuis des mois. La zone autour du parc regorge d’immeubles vides et de bâtiments en construction. Sans parler de l’East River.  C’est possible de trimbaler une chaise électrique sur un vieux paquebot et de se servir du courant de la marina ? » »

-« je crois que j’ai un truc. » s’exclama Ryan qui n’avait pas cessé de lire tout en écoutant son partenaire d’une oreille. « Une école d’infirmières. »

-« Jenny ne va peut-être pas apprécier que tu t’intéresses aux jeunes infirmières ! » se moqua le latino, vexé de ne toujours pas avoir de réponse.

-« Je suis sérieux mec. Le directeur de l’école a explosé quand le technicien envoyé par la compagnie d’électricité lui a répondu qu’il ne comprenait pas d’où ces coupures pouvaient bien venir ! »

-« De grosses coupures ? » demanda Esposito avec crainte.

-« Non, d’après le rapport elles ne durent jamais très longtemps. Une dizaine de minutes tout au plus. Mais très souvent, et depuis presque trois semaines ! »

-« Ça colle avec la disparition de Castle, en supposant que cette folle ait testé son matos avant de s’en servir. » réfléchit-il à haute voix. « Elle est où cette école ? »

-« Sur la 41 st. » répondit Ryan en lançant la page MAPS des environs.

-« A 200 mètres du parc. » souffla Esposito en regardant la page.

-« Ouais, mais regarde. Ce sont tous des blocs d’appartements. Je me vois mal sonner à toutes les portes et demander si les coupures de courants les dérangent. »

-« Par contre, il y a pas mal de petits hôtels dans le coin… »

-« Ce n’est pas la moment de faire la sieste ! » protesta Ryan.

-« Je sais… Mais en quelques coups de fils on peut peut-être délimiter une zone avec un peu plus de précision. »

-« T’as de bonnes idées quand tu veux. » bondit l’irlandais en composant le numéro du ‘Quality Inn’. « Je sais, c’est le plus éloigné du parc mais on arrivera peut-être à délimité les réseaux les plus perturbés. »

-« J’ai rien dit. » se défendit Esposito. « Je prends ceux de l’autre côté du pont. » affirma-t-il en pointant la carte sur l’écran.


judy1  (23.07.2014 à 20:04)

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