HypnoFanfics

Interdit aux moins de 18 ans

Elle est à moi

Série : Castle
Création : 07.07.2014 à 19h49
Auteur : JAusten 
Statut : Terminée

« Au cours de la saison 6 (avant le season final qui m'a laissé quelque peu pantoise), pour le reste je vous laisse découvrir » JAusten 

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Prologue

New-York, Washington Park

De l'air. Elle était là, éperdue au milieu de la foule new-yorkaise. De l'air. Elle voulait de l'air. Mais au milieu de cette foule oppressante, sa tête ne faisait que lui tourner un peu plus. De l'air. Elle leva la tête en quête d'un quelconque souffle mais son mètre cinquante l'empêchait d'atteindre la moindre zone d'air. Elle tourna brusquement dans un parc. Elle bouscula une vieille dame au passage mais elle n'eut pas la force d'ouvrir la bouche pour s'excuser. De l'air. Elle eut droit à un « les jeunes d'aujourd'hui, je vous jure... » auquel elle ne répondit même pas. Elle tourna à droite puis à gauche et encore à droite avant de s'enfoncer derrière un parterre de fleurs. Elle se laissa tomber au pied d'un chêne. Elle ramena ses jambes à sa poitrine avant de les serrer fort contre elle. Elle posa sa tête sur ses genoux et essaya de calmer sa respiration. Elle sentit deux larmes glisser sur ses joues telle une brûlure avant de tomber sur ses lèvres. D'un revers brusque de la main, elle les chassa. Elle ne comprenait pas sa propre réaction. Elle fuyait. Une fois de plus. Fuir quoi ? Le chaos de sa vie, oui, elle plaidait coupable. Elle ferma les yeux et prit une grande inspiration. Elle se concentra sur le chant des oiseaux pour essayer d'oublier. Elle voulait faire le vide dans sa tête mais les images défilaient inlassablement derrière ses paupières closes. Elle n'arrivait pas à oublier. Elle ne pourrait jamais oublier. Depuis qu'elle était partie à la fac, loin de New-York, elle reprenait peu à peu goût à la vie. Stanford était sa deuxième chance et elle le savait. Cela faisait un an qu'elle était partie, elle était revenue il y a deux semaines de cela pour les vacances d'été. Comment... ? Comment cela avait-il pu se produire ? Un sanglot se coinça dans le fond de sa gorge et elle en eut le souffle coupé. De l'air. Tu fuis, lui murmura une petite voix dans sa tête. De l'air. Elle avait besoin d'air.

New-York, Université de New-York

Il venait d'en finir avec la petite. Cela avait été plus facile qu'il ne l'aurait cru. Un sourire perfide se dessina sur ses lèvres tordus quand il imagina la tête du père à son réveil. Une lueur libidineuse alluma son regard alors qu'il pensait à elle. Il attendait son appel. Il était sûr qu'elle allait l’appeler. Il avait fait tout ça pour elle. Juste pour elle. Il prit son téléphone pour le placer en évidence sur son lit. En attendant, il sortit son livre d'économie. Demain, il y avait rattrapage.


JAusten  (07.07.2014 à 20:09)

Chapitre Un

Loft de Castle

Kate s'étirait doucement dans son lit quand elle entendit un grognement dans son dos. Castle. Elle se retourna et sourit quand elle se retrouva nez à nez avec son fiancé. Quand il dormait, il avait ce même air paisible qu'ont les enfants. Elle caressa doucement le contour de ses lèvres. Elle adorait retracer leur courbure. Elle descendit ensuite le long de sa joue et enfin sur son torse où elle dessina des arabesques. Il ne bougeait pas mais elle savait qu'il était réveillé, sa respiration n'était plus aussi régulière qu'il y a quelques minutes. Elle s'était réveillée il y a une heure déjà mais elle était restée au lit pour se délecter de la douceur des rayons du soleil sur son corps nu. Sa main était descendue sur le ventre de Castle quand il daigna ouvrir les yeux. Elle sourit de nouveau alors qu'elle plongeait ses yeux dans ceux encore fatigués de son fiancé.

« -Hey toi. Tu es réveillée depuis longtemps ?

-Depuis une heure. »

Il se retourna pour regarder l'heure et marmonna quelque chose comme quoi il fallait être fou pour se réveiller aussi tôt alors qu'on était en congé. Elle ne put s'empêcher d'éclater de rire. Il était toujours grognon quand il n'avait pas assez dormi.

« -Ne te moque pas, maugréa-t-il.

-Je ne moque pas.

-Ah non ? Dit-il en haussant un sourcil.

-J'apprécie seulement le fait de me réveiller auprès de toi, tu es tellement romantique au petit matin, le taquina-t-elle. 

Une fois de plus, il marmonna dans sa barbe.

« -Arrête d'être aussi grognon et embrasse-moi, le coupa-t-elle dans son monologue incompréhensible.

-Oh et en quel honneur ?

-Parce qu'il faut une raison maintenant ?

-Hum.... »

Il fit mine de réfléchir en prenant un air sérieux qui arracha un nouveau sourire à Kate.

« -Arrête de faire l'idiot, dit-elle en lui donnant une tape sur le torse.

-Je ne fais pas l'idiot, je réfléchis à ce que je gagne dans cette histoire de baiser.

-Castle, dit-elle en faisant mine d'être agacer.

-Tu as raison, je n'ai besoin d'aucune raison pour embrasser ma jolie fiancée à son réveil. »

Et sur ce, il se pencha vers elle et l'embrassa. Si au début, ce ne fut qu'un effleurement de lèvres, l'un comme l'autre ressentirent le besoin d'avoir plus. On n'entendait plus que le bruissement de leurs lèvres se dévorant avec passion quand un bruit de vaisselle cassée résonna dans la cuisine.

« Mère ! Grommela Castle en se détachant de Kate à regret. 

Kate pouffa alors qu'elle s'enroulait dans le drap pour soupirer de plaisir. Castle, lui, se leva et commençait à s'approcher de la porte quand Kate se racla la gorge. Elle balaya de son regard le corps de son fiancé avec un sourire mutin au coin des lèvres. Elle le regarda s'agiter avec son boxer et chercher son tee-shirt puis son peignoir avant d'enfin sortir de la chambre. A peine sorti de celle-ci, les agitations de sa mère lui donnèrent tout de suite le tournis.

« -Mère, qu'est-ce que tu as encore fait ?

-Oh chéri ! Je t'ai réveillé ?

-Bien sûr que non, si j'étais encore dans ma chambre, c'était pour faire du tricot, répondit-il ironiquement.

-Ne sois pas si cynique, chérie, tu aurais très bien pu te cacher dans le placard avec Katherine. »

Rick grimaça à l'allusion de sa mère alors qu'il entendit du bruit derrière lui. Il vit Kate s'approcher, un air interrogateur sur le visage. Il lui fit un signe de la tête signifiant qu'il lui expliquerait plus tard.

« -Bon mère, tu n'as toujours pas répondu à ma question...

-Oh ce n'est rien, ce n'est qu'une assiette. Dans la hâte, je l'ai échappée.

-Dans la hâte ? Renchérit-il, tu es pressée ?

-Je dois être à mon école assez tôt aujourd'hui.

-Ah oui ? Et pourquoi ?

-Tu es de la police ?

-Et bien, en fait, je...

-Cesse donc ! Katherine est lieutenant, tu n'es qu'un écrivain mon cher !

-Qu'un écrivain ?

-Mets ton égo de côté et aide-nous à ramasser les éclats, s'il te plaît. »

Dans son interrogatoire matinal, il n'avait pas fait attention à Kate qui s'était approchée de Martha pour l'aider à nettoyer les débris de l'assiette. Il fit alors le tour du comptoir pour tendre la poubelle aux deux femmes. A peine, les débris ramassés que Martha avait claqué la porte du loft. Rick se remit à bougonner alors que Kate leur servait deux tasses de café.

« -Tiens, bois-ça et arrête d'être aussi grognon.

-Je suis toujours grognon quand je n'ai pas assez dormi et que ma mère me cache quelque chose.

-Ta mère est une grande fille, Castle, elle a le droit de faire ce qu'elle veut. Et puis, si je me souviens bien, hier soir, tu ne te plaignais pas de ne pas dormir, dit-elle une lueur coquine dans le regard. »

Il rit avant de l'enlacer et de déposer un baiser dans ses cheveux. Alors que Kate finissait sa tasse de café, Rick lui demanda ce qu'elle voulait faire de sa journée. Kate avait pris son week-end suite à une semaine difficile. Et puis, elle lui avait confié avoir envie de mettre en forme leur mariage. Elle en avait assez de régler deux-trois choses par ci et deux-trois choses par là. Elle voulait que leur mariage prenne forme dans leurs têtes. Hier soir, alors qu'il était en train de la rendre folle en l'embrassant dans le creux de son cou avant de lui faire l'amour, elle lui avait avoué en avoir assez d'attendre. Elle voulait devenir sa femme. Cette révélation ne fit qu'accentuer la passion dont il était déjà possédé.

« -On pourrait aller à Coney Island ? Suggéra-t-elle.

-Bonne idée mais on s'arrêtera pour faire du manège hein ? »

Elle éclate de rire devant son air suppliant.

« -Oui, mon chéri, on ira faire du manège.

-Génial parce que la dernière fois, tu n'avais pas voulu.

-Je préfère me promener sur la plage main dans la main avec toi, c'est un crime ?

-Non, c'est romantique, répondit-il en l'embrassant tendrement. »

Ils étaient en train de se chamailler sur le chemin à prendre pour y aller quand le téléphone de Kate sonna. Elle répondit et ne prononça seulement des mots qui empêchaient Rick de savoir de quoi il s'agissait. Mais il ne pouvait être question que de quelque chose qui allait gâcher leur week-end en amoureux s'il se fiait à la tête de Kate. Quand elle eut raccroché et soupiré, Castle lui lança un regard interrogateur.

« -C'était Esposito. Il y a eu un meurtre. »


JAusten  (08.07.2014 à 19:53)

Chapitre Deux

(je ne pense pas qu'il y ait réellement matière à choquer, les descriptions sont succinctes, mais âmes sensibles s'abstenir)

 

Voiture de Beckett

 

Castle et Beckett roulaient en silence. Beckett était plus que concentrée sur la route et Castle, perdu dans le paysage des immeubles qui se succédaient. Esposito n'avait pas dit grand chose mais une petite fille de sept ans avait été sauvagement assassinée. Les enquêtes sur les assassinats d'enfants étaient toujours plus délicates que les autres. L'indignation et la terreur s'emparaient rapidement des parents de la ville et c'est pour cela qu'ils avaient préféré appeler Beckett. D'autant plus, que le meurtre avait été d'une rare violence selon les propos d'Esposito. Castle était retourné, les cas d'enfants étaient toujours difficiles pour lui. Kate lui avait proposé de rester au loft mais il avait tenu à être présent à ses côtés. Il adorait les enfants et qu'importe le physique de l'enfant assassiné, il ne pouvait s'empêcher de voir le visage enfantin de sa fille. Il revoyait son regard pétillant de malice alors qu'elle s'apprêtait à faire une bêtise. Il se rappelait la berçant alors qu'elle venait de faire un cauchemar. Il avait toujours trouvé magnifique la naïveté craintive qui caractérisait les enfants. Il ne put s'empêcher de frissonner en pensant à cette pauvre petite fille.

 

« Ça va ? Demanda Kate doucement.

-Ouais, tu sais...

-Oui, je sais, répondit-elle simplement. »

 

Il posa sa main sur son genou alors qu'elle lui envoyait un sourire encourageant. Le contact de Kate l'apaisa. Depuis qu'ils étaient ensembles, il avait remarquer que la toucher le calmait toujours et c'était d'autant plus vrai depuis qu'elle avait accepté de devenir sa femme. Quelques minutes plus tard, ils débouchèrent dans une rue adjacente à la rue principale. Ils montèrent à l'étage indiqué dans le message d'Esposito toujours aussi silencieusement. Kate frôla la main de Rick tant pour lui donner du courage que pour s'en donner à elle-même. Ils saluèrent l'agent placé à l'entrée de l'appartement avant de s'y engouffrer. L'ambiance pesante les accabla tout de suite. Ryan parlait avec un homme en pleure alors que Esposito se tenait debout près du corps tandis que Lanie était penchée dessus. Kate s'approcha et eut un haut le cœur en apercevant le corps de la petite fille. Son visage commençait de bleuir, elle avait du recevoir des coups. Elle était couverte de sang, on distinguait les multiples coups de couteau. On aurait dit une poupée désarticulée.

 

« -Salut, dit Kate.

-Salut Kate, Castle, répondit Lanie.

-Alors qu'est-ce qu'on a ?

-Elle s'appelle Anna Bennett, elle a sept ans et elle vit ici avec son père, commença Esposito.

-Comment elle a été... commença Beckett.

-Je crois que c'est le coup à l'abdomen qui lui a été fatal mais j'en saurai plus à l'autopsie. A premier vu d’œil, je dirai qu'elle a été torturée mais là encore, je pourrai t'en dire plus après l'autopsie. Ce que je peux certifier, c'est qu'elle a été tuée aux alentours de 8 heures ce matin.

-Merci Lanie. »

 

Elle s'éloigna du corps afin de pouvoir s'adresser à Esposito sans que son regard se pose sans cesse sur la petite fille.

 

« -Alors ?

-Pas d'effraction. Le père, Colin Bennett, était là mais n'a rien entendu.

-Quoi ?! S'indigna Castle, mais comment c'est possible ?! »

 

Esposito fit un mouvement de tête en direction d'au moins deux dizaines de cadavres de bouteille d'alcool.

« Quand même, c'était sa petite fille...

-Et la mère ? Enchaîna Beckett.

-Karen, morte, il y a trois ans. Le voisinage a toujours soupçonné le mari mais il avait un alibi. Elle avait porter plainte l'année précédente pour coups et violence contre son mari mais par la suite, elle l'avait retirée. Alice était à l'appartement le soir où sa mère est morte mais elle n'a rien pu dire ce qui s'était passé, elle était en état de choc. Elle refusait catégoriquement de parler de cette soirée-là.

-Ça peut se comprendre, souffla Beckett.

-On sait juste qu'elle était au téléphone lors de l'accident, ce qui l'a écarté des suspects.

-Elle était présente aujourd'hui ? Se renseigna Castle.

-Non et personne ne sait où elle est. Les voisins nous ont dit qu'elle était revenue il y a quinze jours de Stanford où elle étudie. Elle n'était pas revenue de l'année selon leur dire.

-Ils ont vu quelqu'un d'étranger entrer ? Continua Beckett.

-Non, personne. Et personne n'a rien entendu ce qui semble louche... Une petite fille qui se fait torturer, ce n'est pas vraiment discret...

-Il y avait des problèmes dans la famille en ce moment ? Le père battait Anna ?

-La voisine, qui a l'air de bien connaître la famille, nous a dit que depuis la mort de sa femme, Colin s'était repris et s'occupait bien d'Anna. Elle dit que la petite fille était toujours polie et joyeuse.

-Le stéréotype de la petite fille heureuse quoi, conclut Castle.

-Ouais, on peut dire ça...

-Et pour l'arme du crime ?

-On pense à un couteau de cuisine mais on n'a rien retrouvé ici. J'ai fait relever les empruntes, on verra ce que ça donne.

-Okay, Castle et moi, on va parler au père. Essaye d'en savoir plus sur Anna... »

 

Ryan laissa le père sur le divan pour rejoindre Castle et Beckett.

 

« -Je n'ai rien pu en tirer. Il est incapable de dire quelque chose de cohérent, déclara Ryan en s'approchant d'eux.

-On va essayer de lui parler. Essaye de retrouver la grande sœur d'Anna, peut-être qu'elle pourra nous en dire d'avantage.

-Ça marche. »

 

Beckett s'approcha doucement du père d'Anna. Il semblait vraiment anéanti, c'est ce qui frappa Kate en premier lieu. Elle s'assit sur le divan à ses côtés alors que Castle se plaça debout, derrière elle.

 

« -Bonjour, Monsieur Bennett. Je suis le lieutenant Kate Beckett et voici Richard Castle, j'aimerai vous poser quelques questions.

-J'ai déjà tout dit à l'autre inspecteur, hoqueta-t-il.

-Parfois, il est nécessaire de recommencer. Vous pourriez avoir omis de parler d'un détail qui vous semble insignifiant mais qui peut s'avérer déterminant. »

 

Il renifla et Castle lui tendit gentiment une boîte de mouchoirs trouvée sur la table du salon. Il en prit un et se moucha bruyamment.

 

« -Anna, c'était une petite fille pleine de vie, vous savez. Tout le monde l'adorait. Elle avait plein d'amis à l'école. Je ne comprends pas... Pourquoi on lui a fait ça, lieutenant ?

-C'est ce que je vais essayer de découvrir, Monsieur Bennett. Votre fille devait-elle allée à l'école aujourd'hui ?

-Oui, c'est la fin de l'année mais le mois de juin est celui qu'Anna préfère. Ils peuvent amener des jeux et faire un peu ce qu'ils veulent.

-Anna va à l'école à pied ?

-Non... Le matin, c'est la mère d'Ahsley Miller qui la dépose, Jane j'crois.

-A quelle heure vous rentrez du travail ?

-Vers 6h.

-Anna dormait ?

-Je suppose, j'ai pas vérifié. J'étais crevé et j'avais aucune raison de croire qu'elle était pas dans son lit.

-Est-ce que vous aviez bu, Mr Bennett ?

-Quoi ?! Vous insinuez que c'est de ma faute si Anna a été... a été... »

 

Il éclata une fois de plus en sanglot.

 

« -Je ne dis rien de tel, Monsieur. J'essaie de comprendre ce qui a bien pu se passer.

-J'avais peut-être bu quelques verres. Ça m'aide à tenir. »

 

Kate avait déjà entendu ça quelque part. Elle chasse bien vite ses mauvais souvenirs avant de poser une nouvelle question.

 

« -Donc Anna aurait très bien ne plus être là quand vous êtes rentrés ?

-C'est possible...

-Est-ce que vous savez où est votre fille aînée ?

-Nan, Alice travaille mais j'sais pas où...

-Si jamais elle vous contacte, vous pourriez me rappeler, lui demanda-t-elle en lui tendant son numéro. »

 

Au même moment, Université de New-York

 

Un téléphone sonna. Un sourire satisfait naquit sur le visage du jeune homme dépravé.

 

« -Allô ?

-Salut, c'est moi. Je sais que ça fait longtemps... mais j'ai besoin de toi.

-T'es où ?


JAusten  (09.07.2014 à 19:42)

Chapitre Trois

(pour les plus jeunes, évitez le paragraphe Université de New-York, rien de bien méchant mais préfère prévenir)

 

Poste de Police du 12th

 

Castle et Beckett rentrèrent au poste dans le même silence qu'à l'allée. Ce n'est que dans l'ascenseur que Castle sortit de sa léthargie. Il se plaça derrière Kate, enroula ses bras autour d'elle et posa la tête sur son épaule.

 

« -Castle, protesta Beckett en douceur.

-Je sais... pas ici. J'ai juste besoin d'un peu de courage. »

 

Elle se laissa alors aller et se cala contre son torse le temps de quelques secondes. Lorsque le « ding » de l'ascenseur retentit, ils étaient tous les deux côte à côte.

 

Lorsqu'ils arrivèrent au bureau de Beckett, Esposito était en train d'écrire sur le tableau blanc où trônait, au centre, la photo d'Anna Bennett. Castle ne put s'empêcher d'avoir un pincement au cœur quand il croisa le regard de la petite fille sur la photo. Elle arborait ce regard plein de fierté et de défi. Le même qu'Alexis, ne peut s'abstenir de penser Castle.

 

« -Tu as du nouveau ? Demanda Beckett à Esposito.

-J'ai parlé à la maîtresse d'Anna. Elle nous a confirmé ce que nous avait dit le père, c'était une petite fille appréciée, elle avait plein d'amis. Mme Stevenson, la maîtresse, a tenu a rajouté qu'Anna était très intelligente, la meilleure de sa classe. Selon elle, c'est grâce à sa grande sœur. Anna parlait beaucoup d'elle. Apparemment, elles se parlaient beaucoup au téléphone et par Skype. Elles tenaient énormément l'une à l'autre.

-Alors pourquoi n'est-elle pas venue à l'appartement ? Demanda Beckett, pensive. »

 

Après quelques minutes de silence, yeux fixés sur le tableau blanc, Beckett relança.

 

« -Tu as réussi à joindre cette Mme Miller ?

-Non, elle ne répond pas au téléphone. »

 

Tous les trois se perdirent de nouveau dans leurs pensées tout en gardant leurs regards fixés sur l'image souriante de la petite fille quand Ryan fit irruption dans la pièce.

 

-Yo Bro, fit Esposito.

-Des nouvelles d'Alice ? Questionna Beckett presque simultanément.

-Je perds sa trace à partir de 9h. Elle a effectivement trouvé un job dans une supérette. J'ai eu son patron qui m'a dit l'avoir vu quitté le magasin à 8h.

-Et ensuite ?

-Je sais qu'elle a utilisé sa carte de crédit dans Greenwish Village à 9h et depuis, plus rien.

-Logiquement, elle aurait dû rentrer chez elle, dit Beckett

-Mais elle n'y est pas... Contra Esposito.

-Qu'est-ce que tu as trouvé d'autre sur elle, Ryan ?

-Elle a dix-neuf ans. Elle étudie la littérature à Stanford, elle vient d'être accepter en deuxième année avec mention. J’appellerai l'université pour en savoir plus.

-Okay, continue de creuser sur Alice et toi Espo, fouille dans les affaires du père. Je ne pense pas qu'il ait fait du mal à sa fille mais il y a quelque chose qui me dérange chez cet homme. Dès que quelqu'un a des nouvelles d'Alice, je veux être tenue au courant dans la minute. »

 

Esposito et Ryan partirent tous les deux accomplirent la tâche donnée par leur supérieure alors que Beckett fronçait les sourcils. Castle comprit presque aussitôt.

 

« -Tu ne crois quand même pas que le tueur s'est servi d'Anna pour atteindre Alice ?

-Je ne sais pas... Mais on ne peut pas écarter la possibilité. Anna a été tuée vers 8h et Alice n'est jamais arrivée chez elle.

-Elle est en danger ?

-On va attendre que Ryan revienne pour en savoir plus.

-Je sais, lieutenant, pas de conclusion hâtive.

-C'est que tu deviendrais presque raisonnable, dit-elle dans une œillade.

-Ah ah ah !

-Cesse de faire l'enfant et allons trouver cette Jane Miller. Elle pourra peut-être nous en dire plus sur ce qui s'est passé... »

 

Université de New-York

 

Il se jeta sur son lit un immense sourire aux lèvres. Il l'avait tenu dans ses bras. Oh pas longtemps, juste quelques secondes. Elle s'était jetée à son coup quand elle l'avait aperçu. Elle pleurait. Elle pleurait beaucoup. Elle était encore plus belle que dans ses souvenirs. Elle avait grandi et son corps avait pris des formes. Des formes irrésistibles. Il l'avait toujours trouvé attirante mais en cet instant précis, elle était à se damner. Il avait plongé son regard dans ses yeux noyés de larmes et il sut. Il avait pris la bonne décision. Il avait essuyé ses larmes du pouce et à son contact, une chaleur intense s'était emparé de son corps. Ils s'étaient assis tous les deux sous un vieux chêne et elle s'était mise à parler. Elle avait beaucoup parlé. Peut-être un peu trop. Il n'aimait pas les filles qui parlaient trop. Mais il ne l'avait pas écouté. Il s'était contenté de l'observer. Il remarqua qu'elle avait un grain de beauté sur sa mâchoire. Elle ne l'avait pas la dernière fois. Il eut envie de le lécher. Il ne put s’empêcher de laisser glisser son regard à la naissance de ses seins. Il s'imaginait déjà les prenant à pleine paume, les embrassant, les suçant... Il eut un frisson d’excitation alors que son bas-ventre se faisait douloureux. Il avait alors chassé ses pensées lubriques pour se concentrer sur ce qu'elle lui disait. Elle était réellement anéantie ce qui l'agaça. Cela prendrait peut-être plus de temps qu'il ne croyait. Il n'avait pas envie d'attendre. Il la voulait. Maintenant.

 

Quelque part dans les rues de New-York

 

Elle marchait depuis elle ne savait combien de temps. Elle ne voulait pas rentrer chez elle. Elle ne pourrait plus jamais y retourner. Mais elle ne savait pas où aller. Elle n'avait pas oser lui demander de rester avec elle. Il était déjà si gentil d'être venu alors qu'elle avait coupé brusquement les ponts avec lui après son départ pour Stanford. Elle avait voulu se couper de New-York et de ses mauvais souvenirs. Elle allait beaucoup mieux depuis qu'elle étudiait à Stanford, elle avait donné un but à sa vie. Elle avait décidé de revenir passer ses trois mois de vacances ici et à peine arrivée... ça. Oui ça. Elle ne pouvait appeler autrement ce qu'il venait de se passer. Elle était rentrer pour elle. Parce qu'elle lui manquait. Parce qu'avec ses frasques enfantines, elle lui redonnait toujours le sourire. Sa petite sœur était sa lueur d'espoir dans ce monde qu'elle ne comprenait plus depuis longtemps. Alors comment cela avait-il pu se produire ? Était-il possible que des gens capables de faire des ignominies pareilles puissent exister ? Une étrange sensation s'empara de ses veines et lui redonna une énergie qu'elle n'avait plus. La colère... avant d'éclater en sanglots, une fois encore.  


JAusten  (10.07.2014 à 19:44)

Chapitre Quatre

 

Appartement de Mme Miller

 

Mme Miller avait laissé entrer Castle et Beckett avant de s'excuser deux minutes. Elle était sous le choc de la nouvelle. Elle revint quelques minutes plus tard, un mouchoir à la main et les yeux rougis. Kate lui sourit comme pour lui assurer qu'elle pouvait prendre son temps.

 

« -Ça va aller Mme Miller ?

-Comment je vais pouvoir annoncer une chose pareille à Ashley ? Sanglota-t-elle. Elle sont meilleures amies depuis la maternelle. »

 

Elle se tamponna les yeux avec son mouchoir et releva la tête pour regarder Castle et Beckett.

 

« -Vous avez des questions à me poser ? Demanda-t-elle enfin.

-Seulement si vous pouvez y répondre. Nous avons tout notre temps, la rassura Kate.

-Non, c'est bon allez-y. Je préférerai en finir au plus vite.

-C'est vous qui vous occupez d'emmener Anna à l'école ?

-Oui tous les matins. Vous savez, le père d'Anna boit beaucoup et il est fréquent qu'il oublie d'emmener la petite à l'école. Avant, c'était Alice qui s'en chargeait mais quand elle est partie à la fac, elle m'a demandé si je pouvais le faire. C'est une bonne gamine.

-Vous êtes donc passer chez les Bennett ce matin.

-Oui comme d'habitude mais quand je suis arrivée devant la porte, il y avait un mot scotché dessus. J'ai cru que c'était l'écriture de Monsieur Bennett.

-Qu'est-ce qu'il y avait écrit dessus ?

-Ashley a absolument tenu à le lire, sourit-elle, elle est tellement fière de me montrer ses progrès. Elle est dyslexique, rajouta-t-elle. Anna l'aidait beaucoup.... sa voix mourut.

-Prenez votre temps, dit Kate d'une voix douce.

-Il était noté qu'elle était malade et qu'elle ne viendrait pas à l'école aujourd'hui. Si j'avais su... Je serais rentrée dans l'appartement pour vérifier qu'elle allait bien mais comme il n'y avait aucun bruit, je me suis dit qu'elle devait dormir et que ce n'était pas la peine de la réveiller. Ce n'était pas la première fois que l'on procédait comme cela, Anna disait à son père qu'elle était malade et il écrivait un petit mot sur la porte.

-Vous n'avez pas à vous en vouloir, Mme Miller, ce qui est arrivé n'est pas votre faute, l'apaisa Kate.

-J'aurai dû me rendre compte que ce n'était pas l'écriture de Mr Bennett....

-Je crois qu'il vaut mieux que vous ne soyez pas rentrer, intervint Castle, vous garderez l'image d'une Anna joyeuse. Vous n'avez aucun regret à avoir. »

 

Elle hocha la tête et essuya une nouvelle larme qui venait de couler.

 

« -Est-ce que vous avez vu quelque chose d'étrange dans l'immeuble des Bennett ce matin ? Une personne qui ne fasse pas partie du voisinage par exemple, enchaîna Beckett.

-Non... Non, tout était très calme.

-D'accord et est-ce que, par hasard, vous auriez des nouvelles d'Alice depuis ce matin ?

-Non. Est-ce qu'elle va bien ?

-Nous n'en savons rien, personne ne sait où elle est.

-Oh mon Dieu ! Vous croyez que elle aussi...

-Nous n'en savons rien, Madame.

-Je vais essayer de l'appeler sur son portable, déclara-t-elle en joignant le geste à la parole. »

Jane Miller fit trois tentative avant de laisser un bref message à Alice lui disant de la rappeler rapidement, c'était important.

 

Après avoir remercier Mme Miller pour son temps, Castle et Beckett sortirent de l'appartement pour se diriger vers la voiture de service de Kate.

 

« -C'est étrange que personne n'ait rien entendu dans l'immeuble, ni Mme Miller ni les voisins. Et je ne parle même pas du père... dit Castle en s'installant du côté passager.

-Ne le juge pas trop vite, Castle.

-Je ne peux pas comprendre comment un père ne peut pas entendre ça... C'était son bébé, il était censé la protéger et... Anna est morte dans le même appartement que lui.

-Tout le monde n'est pas un père comme toi, tu sais. Et puis, même si c'est un père négligeant, il aimait sa fille. La souffrance dans ses yeux n'était pas factice, fais-moi confiance.

-Je sais, j'étais là. Mais... Je ne comprends pas. Et qui gardait la petite la nuit quand Mr Bennett travaillait ?

-La voisine a dit à Espo qu'elle passait s'assurer que la petite avait manger et était au lit. C'est elle qui la fermait à clé dans l'appartement.

-On ne laisse pas sa petite fille de sept ans toute seule le soir. A cet âge-là, les enfants font encore des cauchemars.

-Comme je l'ai déjà dit, tous les pères ne sont pas comme toi.

-J'ai l'impression que tu le défends, dit-il en se tournant vers elle.

-Non... C'est juste que je sais que les gens sous l'emprise d'alcool ne sont pas forcément de mauvaises personnes.

-On l'a quand même soupçonné d'avoir tué sa femme, nota Castle.

-Il y a effectivement des zones d'ombre mais cela ne veut pas dire que tout est noir, conclut Beckett. »

 

Poste de Police du 12th

 

Quand ils arrivèrent au 12th, Esposito était en pleine conversation téléphonique et Ryan n'était pas encore revenu de ses investigations au sujet d'Alice. Castle se dirigea vers la salle de pause pour préparer des cafés pour lui et sa fiancée. Il avait besoin de se retrouver seul quelques minutes. Il restait totalement déphasé par l'attitude du père d'Anna. Kate le savait perturbé et c'est ce pourquoi, elle ne le suivit pas. Elle préféra le laisser se calmer et se concentrer sur ce que Esposito avait à lui dire une fois qu'il aurait raccroché.

 

« -Bon, le père est loin d'être un saint, déclara Esposito de but en blanc.

-Qu'est-ce que tu veux dire par là ?

-J'ai appelé le poste de police où Karen avait porté plainte. Ils m'ont envoyé les photos qu'ils avaient prise d'elle. Il est clair que Colin Bennett battait sa femme, dit-il en lui tendant les photos. »

 

Karen Bennett avait l’œil gauche au beurre noir et une énorme balafre sur la joue droite. Elle avait les traits tirés et le regard vide. Elle restait néanmoins une très belle femme, ses cheveux bruns faisaient ressortir le bleu de ses yeux et ses traits étaient fins et nettement dessinés.

 

« -Elle avait également deux côtes cassés, ajouta Espo.

-Pourquoi a-t-elle retiré sa plainte ?

-Ils ne savent pas vraiment. Malheureusement, elle faisait partie de ces femmes battues qui aiment leurs maris. Elle aurait dit que c'était une erreur, qu'il ne recommencerait plus, le scénario habituel quoi.

-Et sur sa mort, tu as trouvé plus de choses ?

-Elle serait morte d'une chute dans les escaliers. Tous les voisins ont pensé que c'était le mari qui lui avait porté le coup de trop mais il avait un alibi, il était au cinéma avec Anna le soir de la mort. Ils étaient allés voir Raiponce, on le voit distinctement sur les vidéos de surveillance accompagné de sa fille.

-Pourquoi il a été soupçonné alors ?

-Le corps de Karen était couvert de bleus et son épaule déboîté. Selon le médecin légiste, ce n'était pas dû à la chute dans les escaliers. Disons que Colin Bennett était le coupable idéal. Il est clair qu'il est coupable de violence conjugale et qu'il aurait dû payer pour cela mais franchement, je ne pense pas qu'il soit un assassin. Lanie lui a fait une prise de sang, son taux d'alcoolémie devrait corroborer ou non le fait qu'il n'ait rien entendu.

-Je ne pense pas non plus qu'il ait tué sa fille. Il était réellement bouleversé par sa mort.

-Qu'est-ce qu'on fait alors ? Questionna Esposito. »

 

Le téléphone de Kate répondit pour elle en signalant l'arrivée d'un nouveau message.


JAusten  (11.07.2014 à 19:19)

Chapitre Cinq

Salle de pause, poste de police du 12th

Castle s'apprêtait à sortir avec un café dans chaque main quand Kate fit irruption dans la pièce. Leurs mains se frôlèrent quand Kate lui prit la tasse des mains. Ce simple effleurement les électrisait à chaque fois. Mais c'était plus que ça, c'était une manière de dire « je suis là pour toi », une manière de se rassurer mutuellement.

« -Assieds-toi, chéri, dit-elle en s'asseyant elle-même.

-On ne devrait pas retourner voir Esposito ?

-On peut prendre cinq minutes de pause.

-Ouais, répondit-il en regardant sa tasse de café sans pour autant la boire.

-Bois, ça te fera du bien. »

Ils burent quelques gorgés en silence.

« -Rick, tu es sûr que tu ne veux pas rentrer ?

-Non, c'est bon, ça va.

-Tu sais, je comprendrai...

-Qu'est-ce que tu ferais sans ton courageux acolyte ? La coupa-t-il.

-Pas grand chose, sourit-elle, mais peut-être que je peux me passer de toi pour cette fois-ci.

-Je ne te laisserai pas seule, Kate, dit-il en prenant sa main dans la sienne par dessus la table, on est partenaire oui ou non ?

-Bien sûr que oui, son sourire s'élargissant un peu plus.

-Alors je serai toujours là, rajouta-t-il en serrant ses doigts. »

Sans se départir de son sourire, elle fixa leurs mains enlacées et un sentiment de bien-être l'envahit. Elle ne savait pas que l'amour pouvait faire cet effet jusqu'à lui. Elle n'avait jamais été aussi heureuse et amoureuse.

« -Je t'aime, déclara-t-elle. »

Il retrouva son sourire presque instantanément. Il la trouvait encore plus belle quand elle baissait sa garde, quand elle se laissait réellement aller avec lui. Et c'était le cas depuis qu'elle était devenue sa fiancée. Il avait hâte de l'épouser pour avoir la fierté de dire au monde entier que Kate Beckett était sa femme.

« -Je t'aime aussi, souffla-t-il. »

Ils se perdirent alors dans les yeux l'un de l'autre mais Kate détourna le regard quand elle croisa celui suspicieux de Gates derrière la vitre. Castle haussa un sourcil, interrogatif.

« -Gates, murmura-t-elle en faisant un mouvement de tête pour lui faire comprendre qu'elle était derrière lui. »

Il sourit et lui lâcha les mains. Kate se leva alors et vida sa tasse de café.

« -Je vais aller à la morgue voir Lanie, elle m'a envoyé un message. Mais je ne veux pas que tu viennes. Et écoutes-moi pour une fois, tu veux.

-D'accord, se résigna-t-il.

-Il ne vaut mieux pas que tu revois le corps d'Anna.

-Mais qu'est-ce que je fais pendant ce temps-là ?

-Appelles Alexis ! Je sais que tu en meures d'envie depuis ce matin. Et puis, tu en as réellement besoin.

-Même pas vrai, fit-il faussement vexé d'avoir été percé à jour. »

Elle éclata de rire en se dirigeant vers la sortie.

« -N'oublie pas de saluer Alexis de ma part, ajouta-t-elle avant de disparaître. »

New-York, morgue

Quand elle entra dans la pièce froide, elle ne put empêcher son regard de s'attarder sur le corps frêle de la petite fille. Lanie avait lavé la petite fille de son sang et elle distinguait maintenant plus facilement la Anna de la photo affichée sur le tableau blanc. Elle n'arrivait pas à imaginer que cette petite fille ne se réveillerait plus jamais.

« -Hey Lanie.

-Salut Kate. Où est ton ombre ?

-Je l'ai convaincu de ne pas venir. La mort d'Anna le touche beaucoup plus qu'il ne le laisse paraître. -C'est compréhensible, dit-elle en posant son regard sur la petite fille.

-Tu as du nouveau sur ce qui lui est arrivé ?

-Ouais... Et c'est vraiment pas du joli.

-Vas-y, de toute façon, il faut bien que je l'entende.

-Celui qui lui a fait ça est complètement taré. Elle a été droguée au GHB.

-Elle a été... violée ?

-Non... Non. Mais au vu des multiples bleus à l'intérieur de ses cuisses et sur sa poitrine, je dirai que le tueur a pris du plaisir à toucher cette petite fille. Elle a été maltraitée, il lui a cassé son avant-bras gauche et la cheville droite mais je ne suis pas sûre que ce soit de la torture à proprement dit.

-Comment ça ?

-Je pense qu'il l'a pris contre lui, qu'il l'a caressé, il l'a malmené pour en faire ce qu'il voulait mais son corps de petite fille n'a pas résisté.

-Pourquoi s'acharner autant sur son corps après cela alors ? Il y a tellement de coups de couteau.

-Dix-neuf pour être exact. »

Kate eut un haut le cœur. Elle porta la main à sa bouche et tenta de reprendre une respiration normale.

« -Ça va Kate ?

-Ouais, c'est juste... Je ne peux pas mettre de mot dessus.

-Je sais...

-Tu as autre chose ?

-Je n'ai trouvé aucune emprunte sur le corps mais je suis tombée sur ça. »

Elle tourna le corps de la petite fille et dans le creux de son dos, Kate vit une inscription « Elle est à moi ».

« -C'est un tatouage ?

-C'est de l'encre de tatouage en tout cas et c'est tout récent.

-On pourrait croire qu'il connaissait Anna... Mais pourquoi elle ? Pourquoi une petite fille de sept ans ?

-C'est ton boulot ça, lieutenant !

-C'est tellement morbide, murmura Kate.

-Tu es sûre que ça va ?

-Ouais, ouais, répondit-elle en se passant les mains sur le visage, tiens-moi au courant si tu trouves d'autres indices.

-Pas de soucis. Je n'ai pas encore eu le temps d'analyser l'échantillon de sang de Colin Bennett mais dès que j'ai les résultats, je t'envoie un message.

-Merci Lanie. »

Lanie regarda Kate s'éloigner, inquiète. Son amie était rarement touchée à ce point par les corps des victimes. Même si c'était triste à dire, elle en avait l'habitude. Lanie savait que c'était toujours plus dur avec les enfants. Quand on lui avait téléphoné le matin même pour lui annoncer qu'ils avaient retrouvé le corps d'une petite fille, elle avait senti une boule se former dans son estomac. Quand elle était arrivée sur les lieux du crime et qu'elle avait aperçu le corps d'Anna, elle s'était éclipsée quelques minutes pour vomir. Les enfants sont innocents, ils ne connaissent pas encore la dureté de la vie alors quand elle avait vu Anna, elle avait craqué. Personne n'avait le droit d'enlever l'innocence fragile des enfants. Mais en regardant Kate sortir de la morgue, elle sentit qu'il y avait quelque chose de plus grave. Elle ne saurait dire quoi et peut-être que Kate ne le pouvait pas encore non plus, mais il y avait quelque chose de différent cette fois.

Kate se sentit déjà un peu mieux quand elle sortit de la morgue. L'ambiance de la ville la rassura et lui permit de remplir de nouveau ses poumons d'air. Elle jeta un coup d'œil à son portable. Déjà 15h. Un message de Ryan. Il venait de rentrer au poste et avait des choses à lui dire. Elle passa prendre des sandwichs pour tout le monde sachant que personne n'aurait pris le temps de manger ce midi. Elle savait que personne n'aurait faim pour autant mais elle savait que sans nourriture, ils ne tiendraient pas le coup. C'est en refoulant sa nausée qu'elle entra dans le Subway au coin de la rue.


JAusten  (12.07.2014 à 18:38)

Chapitre Six

Université de New-York

Il jeta son bouquin d'économie dans un coin de la chambre. Il n'arrivait pas à réviser, ses pensées étaient fixées sur elle. Il alluma sa télévision, les infos devaient commencer à parler de la petite. Sur une chaîne d'information continue, il tomba sur un reportage qui parlait du meurtre d'une petite fille. En arrière plan, il vit le père de la gamine les yeux embués de larmes. Il partit alors dans un rire machiavélique. Il prit un malin plaisir à regarder le visage du vieil homme torturé. Il avait vieilli depuis la dernière fois. Il avait fait ça pour elle mais si cela permettait au vieux de souffrir, il ne pouvait que s'en réjouir. Il avait voulu les séparer. Il l'empêchait de sortir pour qu'elle ne vienne pas le rejoindre. A cause de lui, il avait passé des soirées entières à l'attendre sans qu'elle ne vienne jamais. Il l'avait dans la peau et quand il ne pouvait la voir, il devenait fou. Littéralement. Il était heureux que cet homme soit à son tour atteint de cette folie. Il le faisait souffrir autant qu'il l'avait fait souffrir en le privant de sa présence, de son corps, de tout ce qui faisait qu'elle était elle en fait. Il regarda son téléphone. Aucune nouvelle d'elle depuis qu'elle l'avait quitté. Il ne savait pas s'il aurait la patience d'attendre. Tout son corps la réclamait. L'intermède avec la petite avait calmé ses ardeurs mais... Anna n'était pas elle. La petite avait encore ce corps de petite fille et il n'avait pas pu aller au bout de ses intentions. La toucher n'était pas aussi grisant que la toucher elle. Il avait alors décidé d'en finir avec elle. Il était passé devant le divan où dormait le père une bouteille à la main avant de sortir de l'appartement, un sourire satisfait sur le visage.

Quelque part dans les rues de New-York

Elle marchait depuis ce matin à la recherche de ce fichu air qu'elle ne trouvait pas. Elle commençait d'avoir mal au pied. Elle était debout depuis quatre heures du matin et la fatigue commençait à se faire ressentir. Elle ne savait pas comment réagir. La dernière fois qu'on lui avait arraché une partie d'elle-même, elle s'était murée dans un silence assourdissant qui avait profondément blessé sa sœur. Mais aujourd'hui, il n'y avait plus personne à assourdir. Il n'y avait plus qu'elle. Il y avait bien son père mais ses relations avec lui étaient tendus. Elle était là au milieu de cette immense ville et elle ne savait que faire. Elle aurait voulu que sa mère soit là. Sa mère savait toujours quoi faire. Elle aurait voulu se blottir contre elle comme quand elle était petite. Elle aurait mis sa tête tout contre son cœur et elle se serait laisser bercer par les battements de son cœur. Sa mère aurait caressé ses cheveux et elle se serait sentie en sécurité au moins pour l'espace de quelques minutes. Mais voilà, sa mère n'était plus. Sa sœur n'était plus. Que lui restait-il exactement ? Son ambition mais elle n'était même pas sûre d'y arriver sans Anna. Si elle s'était battue après la mort de sa mère, c'était seulement pour Anna. Elle n'avait jamais eu beaucoup d'amis. Elle n'était pas le genre de fille que l'on appréciait sur les rangs de l'école. Elle était plutôt du genre timide. La fille du fond de la classe que personne ne voit. La fille dont les professeurs n'arrivent pas à se souvenir du nom. Arrivée au lycée, les choses avaient empiré. Au lycée, c'est la loi de la jungle, la loi du plus fort. Et elle avait rapidement coulé d'autant plus que sa mère était morte lors de sa première année. Il n'y avait eu que cet étrange garçon pour s'intéresser à elle. Il aurait fait n'importe quoi pour elle. Et elle en avait abusé, elle devait l'avouer. Elle avait tellement besoin de se sentir vivante... Elle s'était mise à sortir en douce le soir pour le rejoindre. Ils faisaient l'amour et il n'y a que comme ça qu'elle arrivait à se convaincre qu'elle était en vie. Son père avait essayé de l'en empêcher mais rien n'y avait fait. Pendant ses premières années de lycée, elle n'en avait fait qu'à sa tête. Et puis, ne pas obéir à son père lui donnait une sensation de puissance. Elle avait l'impression de se venger de toutes ces années de souffrance. Elle lui en voulait tellement d'avoir fait souffrir sa mère. Celle qu'elle considérait comme son héroïne, la femme forte en toute circonstance. Jamais elle ne s'était plainte des coups qu'il lui infligeait. Elle l'admirait plus que n'importe quelle autre personne au monde. Elle avait beau être sa mère, c'était plus que ça, elle était son tout. Quand elle était arrivée en dernière année de lycée et qu'on lui avait demandé de choisir la fac dans laquelle elle voulait étudier, elle avait été désemparée. Elle n'avait jamais imaginé avoir un avenir alors ses études, elle ne s'en était pas préoccupée. Elle fit alors plusieurs demandes dans plusieurs facs et quand Stanford avait répondu positivement, elle s'était donnée une seconde chance. Une seconde chance pour tout reconstruire. Sa petite voix intérieure lui avait alors souffler qu'elle fuyait une fois de plus. En étant à l'autre bout du pays, ce serait beaucoup moins difficile d'affronter la réalité de sa vie. Mais, pour une fois, elle n'écouta pas cette fichue voix et elle avait tenté sa chance. Elle avait alors découvert un tout autre monde. Un monde fait pour elle. Elle laissa tout derrière elle. Sauf sa sœur qu'elle emporta dans son cœur. Même ce garçon, elle l'oublia. Elle lui écrivit un dernier message pour lui dire que tout était fini, qu'elle tentait sa chance ailleurs. Par la suite, elle n'avait répondu à aucun de ses messages. Il finit par cesser. Et là voilà de retour à la case départ. De l'air. Elle avait besoin d'air.

Dans une autre rue de New-York

Kate ne prit pas tout de suite la direction du poste. Elle avait besoin de marcher. Cette affaire la touchait beaucoup plus qu'elle ne l'aurait voulu. Depuis qu'elle était avec Castle, le mot « enfant » avait pris un nouveau sens pour elle. Elle n'avait jamais été une personne fana des bébés mais elle s'imaginait volontiers en train de tenir le bébé de Rick. Leur bébé. Néanmoins, elle ne se voyait pas encore devenir maman. Un bébé, oui, pourquoi pas mais plus tard. Mais voir le monde au travers des yeux de Rick l'obligeait à aborder cette affaire sous un autre angle. Elle ne voyait plus Anna comme une victime comme les autres mais comme une petite fille pleine de vie à qui on avait, violemment, arracher la vie. Et cela changeait beaucoup de choses. Sa relation avec Castle changeait beaucoup de choses. 

Poste de police du 12th

 

 

Quand elle sortit de l'ascenseur du poste de police, elle vit les gars en pleine partie de Chifoumi.

« -T'es sûr de vouloir le faire, Bro, s'assura Ryan.

-Je suis imbattable, qu'est-ce que je risque ? Certifia Castle.

-Quand même, si tu perds, tu devras arriver à la cérémonie de ton mariage avec une cravate ornée de petits pingouins tout mignons... On fait les choses en grand où on ne les fait pas, rajouta Espo.

-Puisque je vous dis que je ne risque rien ! »

Kate s'éloigna vers la salle de pause, le sourire aux lèvres. Elle trouva que, grâce à leurs gamineries toujours plus imaginatives les unes que les autres, ils avaient l'art et la manière de détendre une atmosphère pesante. Par contre, elle ne laisserait jamais les gars lui gâcher le plus beau jour de sa vie avec des paris stupides. Elle déposait les victuailles sur la table quand elle entendit un cri aigu. Son fiancé.

« -Ah ah ah ! Je vous l'avais dit que je vous mettrai la pâtée !

-Pff, râla Ryan, la chance du débutant...

-On la rejoue ! Négocia Esposito.

-Aha pas question ! Un pari est un pari et je l'ai gagné donc mes garçons d'honneur porteront tous deux des cravates avec des pingouins, comment tu dis Espo déjà ? Tout mimis ? Se moqua Castle.

-Ouais bah fait gaffe que les garçons d'honneur ne te fassent pas une crasse le jour du ton mariage, marmonna Esposito, vexé au plus au point de s'être fait battre par l'écrivain.

-Bon et si vous cessiez de vous chamailler ? Intervint Kate.

-Kate ! S'exclama Castle tout joyeux. »

Son visage s'illumina quand il l'aperçut. Elle aimait l'effet qu'elle lui faisait, il avait toujours cet air amoureux quand il la regardait. Et elle aimait ça. Elle le regarda avec tendresse en lui rendant son sourire.

« -Ton fiancé est un tricheur ! Grogna Esposito.

-Et toi, un mauvais perdant, renchérit Kate toujours souriante. »

Kate le laissa bougonner quelques secondes avant d'annoncer qu'elle avait rapporté à manger. Ils mangèrent dans l'ambiance bon enfant qu'avait amené le pari de Castle avec Esposito et Ryan. Une fois leur repas terminé, ils revinrent tous les quatre devant le tableau blanc. Ryan allait prendre la parole pour leur donner les résultats de ses recherches sur Alice quand Gates apparut dans leur dos.

« -Beckett dans mon bureau et maintenant ! »


JAusten  (13.07.2014 à 19:16)

Chapitre Sept

 

Poste de Police du 12th, bureau de Gates

 

Gates marchait de long en large quand Beckett la rejoignit dans son bureau. Elle avait revêtu son masque stricte mais Kate, qui commençait à la connaître, savait que ce n'était qu'une façade. Elle marcha pendant encore quelques secondes avant de s'arrêter et de regarder Kate.

 

« -Le maire vient de m'appeler.

-Et c'est une mauvaise chose ? Tenta prudemment Beckett.

-Le meurtre de la petite Bennett commence à faire la une des infos et vous savez comment les choses fonctionnent, n'est-ce pas ?

-La peur commence à naître dans l'esprit des parents.

-Oui... Mais c'est encore pire cette fois-ci. Le meurtre a été particulièrement violent... Elle... C'est une véritable frénésie qui s'empare de la ville.

-Comment ça ?

-Regardez par vous-même, lui dit-elle en tournant son écran d'ordinateur dans sa direction. »

 

Beckett vit défiler des images de l'immeuble des Bennett. Une foule s'était amassée devant et un brouhaha incessant résonnait. Kate cru comprendre qu'ils en voulaient au père de ne pas avoir su protéger sa petite fille. Elle vit les journalistes mettre le feu aux poudre en encourageant la masse de gens en colère. C'était tellement facile de manipuler des gens aveugler par la colère mais surtout par la peur, pensa Kate.

 

« -Le maire veut que le calme revienne dans sa ville, finit par lâcher Gates.

-On fait ce qu'on peut, Chef.

-C'est tellement atroce ce qu'on a fait à cette petite fille, dit-elle en posant son regard sur un cadre photo que Kate devinait être celui de ses enfants.

-Je sais.

-Vous croyez qu'un prédateur sexuel rode en ville ?

-Non. Je crois que le tueur cherche à obtenir quelque chose.

-Comment pouvez-vous dire cela ?

-Il a tatoué le corps d'Anna d'un « Elle est à moi ». Mais je ne suis pas sûre que ce soit adressé directement à Anna. Je ne saurais vous dire pourquoi mais... Une intuition.

-Et sa grande sœur ? Toujours pas de nouvelles ?

-Ryan allait justement me faire son débriefing

-Bien. Tenez-moi au courant. »

 

Le regard du capitaine tomba de nouveau sur le cadre photo.

 

« -On le retrouvera, Chef et on lui fera payer. »

 

Gates lui adressa un sourire triste.

 

« -Merci d'avoir écourté votre week-end, Kate, rajouta-t-elle avant de se plonger dans ses dossiers. »

 

Poste de Police du 12th, bureau de Beckett

 

« -Qu'est-ce que voulait Gates ? Demanda Esposito quand il vit sa supérieure revenir.

-Je crois qu'elle voulait surtout s'assurer qu'on retrouverait l'assassin d'Anna.

-Elle, aussi, est chamboulée, constata Ryan.

-Qui ne le serait pas ? Ce n'était qu'une petite fille innocente, dit Castle. »

 

Kate soupira avant de se redonner contenance. Ne pas se laisser abattre, se dit-elle.

 

« -Bon, Ryan, qu'est-ce que tu as trouvé sur Alice Bennett ?

-J'ai appelé l'université de Stanford mais ils n'ont pas pu me dire grand chose. Elle vit dans une chambre universitaire, le loyer est payé tous les mois et ses voisins n'ont rien à redire sur elle. Ils ne la croisaient presque jamais. Selon certains de ses professeurs à qui j'ai pu parler, elle parlait à très peu de gens. Elle s’asseyait toujours à côté de la même personne en amphi, une certaine Lindsay Moore. Selon d'autres, elle aurait un petit ami du nom de Benjamin Wheeler. Au final, c'est une personne très discrète mais excellente élève.

-Tu as trouvé d'autres choses ?

-J'ai été à la supérette pour interroger son patron. Il m'a confirmé qu'elle a pris son service à 5h et terminé à 8h comme tous les matins depuis une semaine. Il nous a dit qu'elle était souriante en partant.

-Elle n'était pas encore au courant, supposa Beckett.

-J'ai fait suivre son numéro de téléphone. Elle était à Washington Park en début d'après-midi mais je n'ai plus rien depuis, son portable doit être éteint. Je pense qu'on peut écarter le fait que le tueur s'en soit pris à elle quand elle est rentrée chez elle ce matin. Elle a dû rentrer et voir la... Castle ne put finir.

-Ouais, c'est plausible, répondit Espo.

-Elle doit être en état de choc, souffla Beckett. »

 

La même idée leur traversa l'esprit à tous les quatre. Alice n'était plus elle-même et s'ils ne la retrouvaient pas à temps... Ils n'osaient pas imaginer le pire mais ils étaient obligés d'y penser.

 

« -Il faut qu'on la retrouve, dit Ryan déterminé, je vais aller à Washington Park avec une patrouille, peut-être qu'elle y est encore. »

 

Il prit sa veste et partit aussitôt.

 

« -Espo, essaye d'appeler cette Lindsay et ce Benjamin, peut-être qu'elle a cherché à entrer en contact avec eux d'une quelconque manière. »

 

Il hocha la tête et s’exécuta.

 

« -Et nous, on fait quoi ? Demanda doucement Castle.

-On va envoyer des patrouilles sur les lieux qu'elle a fréquenté aujourd'hui et on va appeler les hôpitaux et les centres d'aide de la ville.

-Tu crois qu'elle va faire une bêtise ?

-Elle a déjà perdu sa mère. Elle vient de perdre sa sœur dans des circonstances atroces, je crois qu'elle est perdue. Elle ne va plus savoir quoi faire. »

 

Rick vit que Kate était bouleversée. Il aurait aimé la prendre dans ses bras mais il savait que ce n'était pas raisonnable au milieu du poste. Elle n'aurait pas apprécié. Il s'approcha alors suffisamment d'elle pour qu'elle sente sa chaleur corporel. Quand elle le sentit près d'elle, elle leva la tête et lui sourit.

 

« -On va la retrouver, Kate. Elle ne peut pas abandonner.

-Je l'espère. Je l'espère vraiment. »

 

Sur un toit d'immeuble, New-York

 

Elle n'avait pas rendue les clés de la porte menant au toit de l'immeuble dans lequel elle avait vécu avant la mort de sa mère. Ils avaient déménagé le mois suivant le drame. Elle ne pouvait plus dormir dans cet appartement où tout lui rappelait inlassablement sa mère. Elle avait rendu les clés de l'appartement mais pas celle du toit, le propriétaire ne s'en était même pas rendu compte. Elle savait que quand les enfants venaient se retrouver en bas de l'immeuble dans la fin d'après-midi, ils ne fermaient pas la porte correctement pour pouvoir entrer et sortir à leur guise. Elle avait attendu qu'un enfant sorte pour s'engouffrer dans la chaleur moite de la cage d'escalier. Elle avait presque couru jusqu'en haut. Depuis qu'elle avait douze ans, elle venait ici quand elle allait mal et qu'elle ne savait plus quoi faire. Elle se tenait debout face à New-York. Le vent agitait ses cheveux et elle pouvait enfin respirer. Les larmes avaient recommencer de couler presque naturellement. Elle ne savait pas si c'était à cause du vent qui fouettait son visage ou à cause de cette tristesse profonde ancrée dans son cœur. Peut-être un peu des deux. Elle ne pouvait pas vivre avec cela. Survivre à sa mère avait déjà été une épreuve mais survivre à sa sœur lui semblait impossible. Depuis qu'elle était entrée dans l'appartement ce matin et qu'elle avait trouvé sa sœur, la boule qui s'était logée au fond de son ventre ne voulait pas la quitter. Elle ne la quitterait probablement plus jamais. Elle se mit à pleurer vraiment. La vraie crise de larmes. Elle hurlait, agitait les bras contre du vent et tapait du pied. Elle avait mal. Tellement mal. Elle pouvait de nouveau respirer mais un sentiment de culpabilité l'assaillit. Anna ne pouvait plus respirer. Un cri s'étrangla dans sa gorge alors que cette constatation s'imposait à elle comme une réalité. Elle ne pouvait pas concevoir un monde où Anna n'existait pas. Elle ralluma son téléphone comme en attente d'un message qui pourrait la sauver. Mais rien. Juste une alerte « batterie faible » et la photo de sa sœur en arrière plan. Elle s'approcha du bord sur lequel elle s'assit. Elle balança ses jambes un moment sans vraiment se rendre compte de ce qu'elle faisait. Elle voulait juste que ça s'arrête. Seulement que ça s'arrête...

 

Puis deux vibrations. Un nouveau message s'affichait sur l'écran de son téléphone.


JAusten  (14.07.2014 à 20:31)

Chapitre Huit

 

Poste de Police du 12th

 

Un téléphone sonna.

 

« -Je sais où elle est, Beckett ! Articula Ryan essoufflé, elle a rallumé son téléphone, je t'envoie l'adresse. »

 

Voiture de Beckett

 

Elle roulait vite. Très vite.

 

« -Aller, aller, aller, murmurai sans cesse Kate. »

 

Castle ne disait rien. Il regardait sa fiancée. Elle avait les mains serrées sur le volant. Elle ne voulait pas perdre Alice. Castle savait que malgré elle, Kate s’identifiait à cette jeune fille. Alice avait le même âge que Kate quand elle avait perdu sa mère. Il nota mentalement qu'il devra faire attention à elle dans les prochains jours. Pas qu'il ait peur qu'elle replonge, non, ça il savait que ça n'arriverait pas. Après tout, elle avait décidé de rendre justice aux autres avant de pouvoir se rendre justice à elle-même. Enfin... Ils le faisaient ensemble. Quoi qu'elle fasse, Kate l'incluait toujours dans ses projets à présent. Il ne voulait seulement pas qu'elle se fasse du mal à vouloir à tout prix sauver cette jeune fille. Surtout qu'il était déjà peut-être trop tard...

 

Sur un toi d'immeuble, New-York

 

« La police m'a appelée. Pourquoi tu ne m'as pas appelé ? Appelle-moi, je serai là pour toi. Tu me manques. »

 

Elle se laisse alors glisser, les yeux de nouveau remplis de larmes.

 

« -Nooon ! Hurle une femme derrière elle, Alice ne fais pas ça ! »

 

Elle ne le fera pas. Quelqu'un tient à elle et elle ne peut pas le faire souffrir autant qu'elle souffre. Ce serait égoïste.

 

Kate était sortie de la voiture en courant sans même prendre la peine de refermer sa portière. Elle avait semé Castle dans les escaliers et se tenait maintenant derrière Alice.

 

« - Éloigne-toi du bord, d'accord ? »

 

Mais Alice ne bougeait pas. Ses muscles lui semblaient atrophiés. Elle ne pouvait plus bouger.

 

« -Ça va aller maintenant mais écarte-toi du bord, s'il te plaît.

-Non, murmura-t-elle. »

 

Elle vacille un peu.

 

« -Ça va aller, Alice, souffla Kate en s'approchant prudemment.

-Non, cria-t-elle, non ! Comment pouvez-vous dire que ça va aller, pleure-t-elle sans retenu, ça ne peut pas aller. Ma petite sœur est morte.

-Je sais que c'est dur, dit Kate en s'approchant toujours plus.

-Non, non ! Vous ne savez rien !

-Si je sais, Alice, dit-elle d'un ton plus ferme pour la convaincre.

-Anna, souffla-t-elle en s'effondrant à nouveau.

-Je te promets que je vais coincer celui qui a fait ta sœur.

-Ça ne la ramènera pas.

-Non, ne put qu'acquiescer Kate, mais tu sauras. Et fais-moi confiance, tu ne peux pas vivre sans savoir.

-J'ai mal, geignit-elle.

-Je sais, répondit Beckett maintenant juste derrière elle. »

 

Elle pose doucement ses mains sur les épaules d'Alice avant de la faire reculer. Alice se retourne et loge sa tête dans le creux de son coup. Kate se mit à lui caresser ses cheveux machinalement.

 

« -Je suis désolée. Je suis désolée, répétai Alice.

-Tu n'as pas à l'être, dit Kate en la serrant contre elle. »

 

Lenox Hill Hospital, New-York

 

Kate sortit de la chambre pour rejoindre Castle qui était restée assis sur une chaise dans le couloir.

 

« -Comment va-t-elle ? Demanda-t-il.

-Mal, murmura-t-elle en se blottissant contre lui, elle est en état de choc. Les médecins lui ont donné de quoi dormir. J'ai demandé à un agent de venir la surveiller cette nuit, on reviendra demain matin.

-Elle va s'en sortir, dit-il en lui frictionnant tendrement le dos, tu l'as sauvée.

-Merci, chuchota-elle.

-De quoi ? S'étonna-t-il, je n'ai rien fait.

-Tu m'as soutenu silencieusement.

-Tu avais besoin de faire ça seule. J'étais juste là pour veiller sur toi.

-Alors merci de veiller sur moi. »

 

Après quelques minutes dans les bras l'un de l'autre, Kate s'écarta et noua ses doigts aux siens.

 

« -Aller viens rentrons. Nous ne pourrons rien faire de plus pour Alice ce soir. Ni pour Anna d'ailleurs. »

 

Loft de Castle

 

Quand ils ouvrirent la place du loft, ils virent Martha, au téléphone, en train de s'agiter.

 

« -Non, non, j'ai dit non. J'ai dit que je voulais que ce soit près pour mercredi, pas jeudi !... Non ! Je ne changerai pas d'avis ! Raccrocha-t-elle vivement. »

 

Castle regardait sa mère un air suspicieux sur le visage.

 

« -Qu'y a-t-il mère ?

-Oh les enfants ! Je ne vous avais pas vu rentrer.

-Tu éludes encore mes questions, mère.

-Et moi, il me semble t'avoir déjà dit que tu n'étais pas de la police. J'ai des soucis avec l'école mais rien qui ne soit irréparable. »

 

Castle fronça les sourcils en la regardant s'éloigner.

 

« -Elle me ment, lâcha Castle.

-Laisse-la tranquille, tu veux. Si ta mère ne te dit rien, c'est que tu n'as rien besoin de savoir.

-J'aime pas ne pas savoir, grogna-t-il ce qui fait éclater de rire sa fiancée.

-Oh ça je sais mais fais-lui confiance, Rick. »

 

Il bougonna encore quelques minutes avant de rejoindre Kate qui préparait leur dîner dans la cuisine. Les tagliatelles au saumon venaient tout juste de finir de cuire quand Alexis fit son entrer dans le loft. Castle rayonna en apercevant sa fille. Il se précipita pour la serrer dans ses bras.

 

« -Ma chérie, on ne t'attendait pas.

-J'avais envie de vous voir et il va falloir t'y faire Papa, je passe l'été ici, je te rappelle.

-Je croyais que tu partais avec des amies.

-Oui, début septembre mais cet été, je travaille. Tu as oublié ?

-Non, j'ai juste la tête ailleurs. Je suis content que tu sois là.

-Moi aussi, Papa. »

 

Quand son père la lâcha, elle alla serrer Kate dans ses bras pour la saluer.

 

Ils dînèrent tous en famille dans la bonne humeur. Martha finit par se joindre à eux une fois ses coups de téléphone réglés. Castle et Beckett passèrent une bonne soirée, loin de l'horreur qui avait agité leur journée. Kate les regarda un par un alors qu'Alexis racontait à son père comment elle avait réussi à convaincre son patron de lui donner ses samedis. Martha était fière de sa petite fille « une parfaite comédienne ! ». Elle sourit quand elle rencontra le regard d'Alexis. Elle était vraiment heureuse de faire partie de cette famille. Elle avait enfin trouvé sa place. Rick, assis à côté d'elle, avait pris sa main dans la sienne et commençait de jouer avec ses doigts sans vraiment s'en rendre compte, elle soupira d'aise. C'était ça le bonheur.


JAusten  (15.07.2014 à 18:48)

Chapitre Neuf

(les plus jeunes, passez votre chemin ^^)

 

Loft de Castle

 

« -Tu avais l'air distraite lors du dîner, dit Castle en se faufilant sous la couette, ça va ?

-Oui, sourit-elle, je pensais juste à la chance que j'avais de vous avoir dans ma vie.

-C'est moi qui ait de la chance de t'avoir dans la mienne, renchérit-il en ouvrant les bras pour qu'elle vienne se blottir contre lui. »

 

Ils restèrent ainsi pendant un long moment sans échanger un mot, profitant simplement de la présence de l'autre avant que Castle n'éteignit la lumière. Mais il n'avait pas envie de dormir, son esprit ne cessait de penser à Anna ce qui n'échappa pas à Kate.

 

« -Tu n'es pas fatigué ? lui demanda-t-elle.

-Je n'arrête pas de penser à Anna.

-Ne ramène pas les enquêtes à la maison, je te l'ai déjà dit.

-Je ne le fais pas exprès. Dès que je ferme les yeux, je vois son visage.

-Chéri...

-Ne me fais pas la morale, s'il te plaît. Tu penses à Alice depuis toute à l'heure.

-Comment tu peux savoir ça toi ?

-Connexion, rit-il.

-Elle me touche, Rick.

-Je sais.

-Je ressens le besoin qu'elle s'en sorte.

-Elle va s'en sortir. Elle a fait le plus dur, elle a décidé de se battre.

-Tu crois ? S'assura-t-elle en levant les yeux vers lui.

-J'en suis sûr, dit-il en déposant un baiser sur ses lèvres. »

 

Elle se blottit de nouveau contre lui en lui caressant le torse.

 

« -Rick ?

-Oui ?

-Tu sais ce que je t'ai dit hier...

-Oui ?

-J'aimerai vraiment qu'on le fasse.

-Tu deviendras ma femme, Kate, sois patiente.

-Je ne veux plus l'être. On a assez perdu de temps comme ça. Je suis heureuse mais je veux juste que cela soit officiel.

-J'ai hâte également mais on n'organise pas un mariage en cinq minutes, Kate.

-Je sais, soupira-t-elle. »

 

Il s'écarta d'elle pour la regarder en face.

 

« -Moi aussi, j'aimerai faire de toi ma femme immédiatement mais soyons un peu patient et le jour où on se mariera, Kate, tout n'en sera que plus beau. Et rien ne viendra gâcher cela, je te le promets. Mais en attendant... »

 

Il l'embrassa les yeux ancrés dans les siens. Le baiser s'embrasa très vite. C'était toujours comme ça entre eux. Le désir naissait dans l'étincelle du regard de l'autre. Il l'allongea en dessous de lui et commença à lui caresser les flancs avant de remonter à sa poitrine. Il la caressait doucement par dessus le tissu de sa nuisette alors qu'un léger souffle saccadé s'échappait de sa bouche. Elle était offerte à lui. Il lui enleva sa nuisette pour toucher sa peau. Elle ferma les yeux. Son toucher la brûlait et cela ne fit qu'attiser son désir. Il déposa une série de baisers humides le long de sa mâchoire jusqu'à sa poitrine. Il prit ses seins dans sa bouche. Elle gémit. Elle lui enleva son tee-shirt dans la hâte, elle avait besoin de sentir sa peau contre la sienne. Un soupire d'apaisement lui échappa quand la peau de son fiancé se colla à la sienne. Elle jeta sa tête en arrière alors qu'il lui dévorait le coup. Il descendit ensuite dans le creux de son épaule, un cri lui échappa. Elle adorait quand il l'embrassait à cet endroit. Ses mains se perdirent dans ses cheveux pour mieux ramener sa bouche contre la sienne. Leurs langues entamèrent un long balai alors que Rick la rapprocha encore plus de lui si c'était possible. Il laissa sa mains faîte caresse descendre le long de son ventre jusqu'à atteindre ses cuisses. Kate frissonna. Il sourit et frotta son nez contre le sien alors que sa bouche cherchait la sienne. Elle le voulait et il le savait. Elle devenait toujours impatiente quand ils faisaient l'amour.

 

« -Dis-le mon amour, souffla-t-il contre ses lèvres.

-Viens, Rick. Fais-moi l'amour, trembla-t-elle contre lui. »

 

Il accéda alors à sa requête et ils entamèrent ensemble une série de va-et-vient frénétique. Leurs respirations étaient chaotiques mais synchrones. Elle se mordit la lèvre et il grogna tandis que leur désir atteignait son paroxysme. Ils avaient le même sourire satisfait quand ils retombèrent sur les oreillers. Kate vint se lover dans ses bras presque aussitôt. Il déposa un baiser dans ses cheveux avant de s'endormir repus et heureux.

 

Loft de Castle, dans la nuit

 

C'est son téléphone en train de sonner qui la délogea des bras de Castle.

 

« -Beckett, marmonna-t-elle encore endormie, oui ? D'accord, j'arrive tout de suite. »

 

Elle essaya de se lever sans faire de bruit du lit dans lequel, Castle semblait encore dormir.

 

« -Vas où ? Demanda-t-il d'une voix pâteuse.

-A l'hôpital. Alice fait une crise et elle me réclame.

-Quel heure ?

-Cinq heures moins dix. Rendors-toi, chéri. Je serai là pour le petit-déjeuner.

-Promis ?

-Oui, fit-elle en lui caressant doucement la joue.

-T'aime, marmotta-t-il.

-Je t'aime aussi, répondit-elle mais il s'était déjà rendormi. »

 

Lenox Hill Hospital, New-York

 

Elle arriva à l'hôpital quarante minutes plus tard. L'agent posté à l'entrer de la chambre d'Alice lui fit signe d'entrer. Alice était prostrée dans un coin de sa chambre. Elle avait les jambes entre ses bras et sa tête reposait sur ses genoux. Elle releva brusquement la tête quand elle entendit le bruit de la porte.

 

« -Ce n'est que moi, Alice, murmura-t-elle. Ça va ? »

 

Elle haussa les épaules.

 

« -Il paraît que tu voulais me voir ?

-Je suis désolée... Je... Je ne voulais pas vous réveiller mais ils veulent encore me droguer avec leurs médicaments. Je ne veux pas être amorphe. Je ne... Je ne savais pas qui appeler.

-C'est pas grave, Alice, tu as bien fait. Si je t'ai donné mon numéro, c'est pour les cas comme ceux-là, dit-elle en s'asseyant en tailleur près de la jeune fille.

-Est-ce que je pourrai avoir mon téléphone ?

-La police doit l'inspecter, c'est la procédure mais je te le ramènerai après.

-Je n'ai rien fait ! Je n'ai pas... Anna...

-Je sais que ce n'est pas toi mais on est obligé de faire ça. »

 

Elle soupira.

 

« -J'ai un message auquel il faut que je réponde, rajouta-t-elle.

-Je te le ramènerai demain matin, promis.

-Merci.

-Tu veux bien retourner te coucher un peu ?

-Je n'ai pas sommeil.

-Je suis sûre que si, essaye de retourner te coucher. »

 

Kate lui tendit sa main pour l'aider à se relever. Alice se recoucha et Kate s'assit sur le bord de son lit.

 

« -Est-ce que vous pourriez rester à côté de moi jusqu'à ce que je m'endorme ?

-Bien sûr. »

 

Kate resta près d'une heure auprès d'Alice avant qu'elle s'endorme aux premières lueurs du jour. Beckett ne partit pas, tout de suite, une fois la jeune fille endormie. Elle la regarda dormir. Ses traits s'étaient détendus. Quand elle dormait, elle redevenait une jeune fille de dix-neuf ans. Alice ressemblait beaucoup à sa mère. Elle lui caressa doucement les cheveux avant de s'en aller. Elle se promit de tout faire pour retrouver celui qui avait bien pu détruire cette jeune fille en tuant une petite fille innocente. Elle ne put s'empêcher de frissonner en repensant au corps d'Anna. Elle prit le temps de lui laisser un mot à Alice pour lui dire qu'elle reviendrait dans la matinée.

 


JAusten  (17.07.2014 à 19:10)

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