HypnoFanfics

Interdit aux moins de 18 ans

Elle est à moi

Série : Castle
Création : 07.07.2014 à 19h49
Auteur : JAusten 
Statut : Terminée

« Au cours de la saison 6 (avant le season final qui m'a laissé quelque peu pantoise), pour le reste je vous laisse découvrir » JAusten 

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Chapitre Dix

 

Loft de Castle

 

Quand Kate rentra, elle surprit Castle et Martha dans une grande discussion. Ils ne l'avaient pas encore vu, elle posa alors ses chaussures et rejoignit la cuisine pour se servir une tasse de café que Castle venait sûrement de préparer. Elle déposa également les beignets qu'elle s'était arrêtée acheter en chemin.

 

« -Je veux que ce soit prêt mercredi, mère, geignit-il. »

 

Mercredi ? S'étonna Kate silencieusement. Qu'est-ce qu'il y avait mercredi ? Il ne lui avait parlé de rien.

 

« -Je sais, chéri, laisse-moi le temps, je vais y arriver. Et puis, Alexis est là pour m'aider maintenant.

-Qu'est-ce qu'il y a mercredi ? Demanda-t-elle, signalant ainsi sa présence.

-Oh Kate ! Dit Castle, soudain mal à l'aise. »

 

Université de New-York

 

Il commençait à psychoter. Elle ne l'avait toujours pas rappelé. Il tournait en rond dans sa chambre d'étudiant depuis environ une heure. Il n'avait quasiment pas dormi de la nuit. Ça aurait dû marché !Il ne savait plus quoi faire. Il n'avait pas beaucoup dormi mais il avait rêvé d'elle. Ils faisaient l'amour. Elle haletait contre son corps alors qu'il s'enfonçait au plus profond d'elle. C'était ça qu'il voulait. C'était tellement bon. Il avait sucé ses seins jusqu'à satiété. Il l'avait goûté. Elle avait le même goût que dans ses souvenirs. Il avait embrassé sa bouche pulpeuse. Il l'avait mordu et il avait bu son sang. Ses pensées lubriques le faisait tellement souffrir. Il s'était réveillé plus excité que jamais mais sans elle pour le soulager, il avait eu mal. Il poussa un cri de rage. Et ces foutus rattrapages ! Son père le tuerait s'il n'avait pas son année. Déjà qu'il avait eu droit au sermon quant aux sacrifices que sa mère et lui faisaient pour qu'il puisse aller à la fac. Mais la fac ne l'intéressait plus. Il n'avait pas été assez bon pour être accepter à Stanford alors il s'était rabattu sur l'université de New-York puisque son père refusait catégoriquement qu'il tente sa chance en tant que tatoueur, c'était ça son truc pourtant... Il n'aimait pas cette fac. Il n'aimait pas l'économie. Une seule chose l'obsédait. Et c'était elle.

 

Loft de Castle

 

Alexis débarqua à ce moment-là et brisa l'atmosphère étrange qui venait de s'installer depuis que Castle s'était aperçu de la présence de Kate.

 

« -Oh chouette des beignets ! S'exclama Alexis, je peux en prendre ?

-Bien sûr, je les ai ramené pour ça, lui répondit Kate.

-Merci Kate ! Ouah tu as pris mes préférés, dit-elle en sortant un beignet à la framboise du paquet, et les préférés de Papa aussi ! »

 

Elle sortit un beignet au chocolat et l'agita dans la direction de son père. Kate haussa un sourcil ne comprenant pas la réaction de son fiancé.

 

« -Il y a un truc qui ne va pas, Castle ? Tu me caches quelque chose ?

-Pourquoi je te cacherai quelque chose ? Répondit-il innocemment.

-Je ne sais pas, à toi de me le dire. Qu'est-ce qu'il y a mercredi ?

-La première représentation de ma nouvelle pièce de théâtre, intervint Martha et sauvant son fils par la même occasion, mais j'ai quelques soucis sur la mise en scène. »

 

Kate secoua la tête ne comprenant pas le rapport avec son fiancé. Martha fixa son fils et dit sur le ton du reproche :

 

« -Il a hâte que j'enlève les décors de son bureau...

-Oh d'accord !

-C'est pour ça que je passe beaucoup de temps au téléphone, j'ai envie que la mise en scène soit parfaite. »

 

Kate se tourna vers Castle.

 

« -Tu avais oublié que la représentation de ta mère était mercredi n'est-ce pas ? Sourit-elle.

-Ah.. Euh... Ben oui, bafouilla Castle.

-Et dire que tu l'as accusé de te cacher des choses, rit-elle, tu devrais avoir honte. »

 

Il baissa la tête. Il avait eu chaud. S'il voulait que la surprise soit réussie, il allait falloir qu'il soit plus discret. Il n'allait pas tout gâcher maintenant alors que cela faisait plus de quinze jours qu'il tenait le secret.

 

« -Aller Castle, ce n'est pas si grave, le rassura Kate en lui tendant un beignet.

-Mais oui, Papa, tu sais bien que Grand-mère n'est pas rancunière ! Ajouta Alexis.

-Si tu me laisses ta carte de crédit, je pourrai peut-être te pardonner... Laissa échapper sournoisement Martha.

-Sangsue, marmonna Castle. »

 

Ils prirent ensuite leur petit-déjeuner joyeusement. Castle et Beckett savaient qu'ils auraient besoin d'accumuler cette bonne humeur pour tenir le reste de cette journée qui s'annonçait encore difficile.

 

Voiture de Beckett

 

« -Au fait, dit Castle, ça s'est bien passé ce matin avec Alice ?

-Oui, elle avait juste besoin d'être rassurée.

-Pourquoi elle t'a appelé toi ?

-Je ne sais pas. Peut-être parce qu'elle n'a personne d'autre. Elle n'a presque pas de famille. Selon les recherches d'Esposito, ses quatre grands-parents sont morts. Elle a bien une tante mais elle vit au Canada.

-Elle n'a pas d'amis ?

-Selon ses relevés téléphoniques, aucun ici. Les seules personnes à qui elle envoie des messages sont Lindsay et Benjamin. Parfois son père mais rarement.

-Elle n'a pas voulu le voir ?

-Je ne lui ai pas demandé mais je crois qu'il est préférable qu'elle se calme avant. Elle va le tenir comme responsable de ce qui est arrivé à Anna.

-Il est peut-être un mauvais père mais il n'est pas le tueur.

-Nous ne pouvons pas encore en être sûr, j'attends que Lanie m'envoie les résultats de son taux d'alcoolémie mais, effectivement, je ne pense pas qu'il ait tué Anna. Il l'aimait beaucoup. Peut-être même plus qu'Alice. Alice est renfermée, c'est dur de créer des liens avec elle alors qu'Anna était plus libérée, plus joviale.

-Ce qui rend son meurtre encore plus horrible.

-Ouais...

-Tu t'en sors bien avec Alice, tu sais.

-Je la comprends, c'est plus facile.

-N'empêche... Tu as vraiment bien réagis avec elle sur le toit hier. »

 

Il laissa passer un moment.

 

« -Quand nos enfants seront adolescents, ce sera toi qui les gérera, lança-t-il taquin ce qui eut pour effet de la faire rire. »


JAusten  (18.07.2014 à 20:40)

Chapitre Onze

 

Poste de Police du 12th

 

Quand Castle et Beckett arrivèrent au poste, les Bros étaient déjà au travail. Ryan visionnait les vidéos de surveillance de la banque qui se trouvait dans la rue adjacente à celle où habitait les Bennett. Il essayait de repérer une personne au comportement étrange au moment du meurtre d'Anna. Esposito, lui, s'était plongé dans le passé de la famille pour se renseigner sur les éventuels événements qui aurait pu entraîner la mort d'Anna. Kate soupira. Ils n'avaient aucune piste.

 

« -Alors les gars ? Lança Kate pleine d'espoir.

-Rien, absolument rien, répondit Esposito, la famille Bennett n'avait presque pas d'amis pour ne pas dire aucun et pour la famille, à part cette tante dont je vous avais déjà parlé, rien. Je n'ai rien trouvé qui pourrait avoir un lien avec le meurtre d'Anna.

-Et toi, Ryan ?

-Je n'ai pas encore fini mais je ne crois pas que je vais trouver quelque chose...

-Okay, Castle et moi, on va passer à l'hôpital pour voir Alice, peut-être qu'elle pourra nous en dire plus. Ensuite, on ira interroger la petite Ashley Miller, elle pourra peut-être nous donner quelque chose. Espo, va voir Lanie, elle m'a envoyé un message ce matin. Elle a trouvé quelque chose.

-Ça marche. »

 

Lenox Hill Hospital

 

Kate entra doucement dans la chambre d'Alice. Elle ne voulait pas lui faire peur. Elle était face à la fenêtre, le regard perdu dans le champ de buildings qui s'étendait devant elle.

 

« -Alice ? Chuchota presque Beckett.

-Re-bonjour lieutenant Beckett.

-Tu vas mieux ?

-Est-ce que je me suis calmée ? Oui. Pour un temps du moins.

-Tu ne m'as pas dit ce qui s'était passé cette nuit.

-Je me suis endormie mais je n'ai pas arrêté de faire des cauchemars. Je n'arrêtai pas de voir Anna.

-Tu as mieux dormi ensuite ?

-Un peu mieux. Merci d'être restée.

-Je te l'ai déjà dit, ce n'est rien. »

 

Alice hocha la tête avant de perdre de nouveau son regard à travers la fenêtre.

 

« -Oh tiens, dit Kate en fouillant dans sa poche, je t'ai ramené ton téléphone.

-Merci beaucoup. »

 

Elle aperçut l'ombre d'un sourire sur son visage quand elle prit son téléphone en main. Castle avait raison, elle avait fait le plus dur. D'ailleurs, Castle...

 

« -Mon partenaire est à l'extérieur de la chambre. Ça te dérange si je le fais entrer ?

-Pourquoi ?

-Je sais que ça va être difficile mais il faut que nous te posions quelques questions.

-Je préférerai que ce soit vous. Seule.

-D'accord, répondit Kate tout en envoyant un message à Castle, lui demandant de patienter dehors.

-Est-ce que tu te sens prête ?

-Non mais je veux qu'on retrouve celui qui a fait à Anna alors allez-y.

-Assieds-toi, Alice, conseilla Beckett.

-Pourquoi ? Je suis bien debout. »

 

Il y avait de la provocation dans son ton. Kate connaissait cela. C'était une façon d'exprimer sa colère et son ressentiment. C'était sa manière de se prouver qu'elle existait malgré l'horreur de ce qui venait de lui arriver. Elle avait réagit de la même façon après la mort de sa mère, provoquant quiconque osait lui donner un conseil ou l'aider.

 

« -Parce que ça va être dur et que tu seras mieux assise, ne se laissa pas démonter Kate.

-D'accord, se résigna-t-elle. »

 

Alice s'assit sur le bord du lit, triturant machinalement son portable. Elle ne cessait de clipser et de déclipser la coque de son portable.

 

« -Commençons par le début, dit Kate, tu es sortie du travail à quelle heure ?

-Il était huit heures. J'ai fait un détour par Greenwich Village avant de rentrer à la maison.

-Où est-ce que tu es allée ?

-Je suis passée à la pâtisserie, The Magniola Bakery. Ils font des cupcakes à tomber. Ceux au chocolat sont les préférés d'Anna, j'avais envie de lui faire plaisir. La veille, elle avait subtilement glisser une allusion à ces cupakes au cours d'une conversation, sourit-elle, elle faisait toujours ça quand elle voulait quelque chose.

-Elle était intelligente pour son âge, glissa Kate.

-Oui, très. Elle voulait toujours que je lui conseille des livres. Elle dévore tellement de bouquins, c'est impressionnant.

-Quelles étaient ses préférés ? Se renseigna Kate.

-Les Harry Potter, sourit-elle franchement, je les adore aussi. C'est ma mère qui me les avait acheté. Je m'en rappelle comme si c'était hier, j'avais huit ans quand elle m'a acheté le premier. J'ai grandi avec. Anna les a dévorée en à peine un mois et demi. Je ne voulais pas qu'elle lise les derniers tout de suite parce que je trouvais que ce n'était pas adapté à son âge mais elle n'en a fait qu'à sa tête.

-Que lisait-elle ces derniers temps ?

-Le Royaume de la Rivière de Katherine Paterson. Elle avait toujours un livre dans les mains, elle était tellement curieuse...

-Ta sœur était exceptionnelle, Alice, n'en doute jamais.

-Mais alors pourquoi ? »

 

Les larmes lui montèrent de nouveau aux yeux. Kate lui prenait sa main quand I follow rivers de Likke Li résonna ce qui les fit sursauter toutes les deux.

 

« -Mon portable, bafouilla Alice. »

 

Elle rejeta l'appel après avoir vu l'identité de l'appelant et essuya ses larmes.

 

« -Anna adorait cette chanson. Elle se mettait toujours à danser quand mon téléphone sonnait. J'trouvais ça tellement adorable. »

 

Elle hoqueta avant de ramener ses jambes à sa poitrine. Ce n'était pas la première fois que Kate la voyait faire cela. C'était sa façon de se protéger. Alice tremblait légèrement.

 

« -Tu veux qu'on arrête ? demanda gentiment Kate.

-Non, je veux en finir.

-Qu'est-ce que tu as fait en sortant de la pâtisserie ?

-Je suis rentrée directement à l'appartement. J'ai vu le mot sur la porte alors je me suis dépêchée de rentrer, j'étais inquiète. Je suis allée dans sa chambre mais elle n'y était pas. Au départ, j'ai cru qu'elle était quand même partie à l'école parce que son pyjama était en boule sur son lit. Elle restait toujours en pyjama quand elle était malade, d'habitude. Ensuite, je suis allée vérifier dans le salon... Mais... mais quand je suis arrivée... quand je suis arrivée...

-Prends ton temps, Alice, l'apaisa Kate.

-Elle était là, renifla-t-elle, quand je l'ai vu, je suis directement sortie de la pièce. Je... »

 

Elle éclata en sanglots et se tapa la tête contre ses genoux. Kate hésita mais lui frictionna doucement le dos.

 

« -Il y avait du sang et...

-C'est bon, Alice. Ne me décris pas ta sœur, je l'ai vu.

-Comment on peut faire ça à une petite fille hein ? Lui demanda-t-elle entre ressentiment et anéantissement.

-Je ne sais pas, Alice, je ne sais pas.

-De toute façon, tout ça c'est de sa faute ! Cracha-t-elle en relevant vivement la tête.

-La faute de qui ?

-C'est lui qui l'a tué !

-Qui Alice ?

 

Morgue, New-York

 

« -Hey Chica ! Lança joyeusement Esposito en entrant dans la morgue.

-Javier, répondit-elle sur un ton suggestif, le sourire aux lèvres. »

 

Et ils éclatèrent de rire tant leur attitude ressemblait à celle de deux ados lors de leurs premiers émois. Mais Esposito redevint vite sérieux quand il vit le corps de la petite fille sur la table d'autopsie.

 

« -Son père est venue la voir ce matin après son travail, le renseigna Lanie.

-Il est retourné au travail ce matin ?!

-Oui, il m'a dit que c'était pour ne pas penser. »

 

Ils laissèrent passer quelques minutes, leurs regards fixés sur Anna, avant qu'Esposito ne reprenne la parole.

 

« -Alors tu as trouvé quelque chose qui pourrait nous aider ?

-J'ai trouvé où l'encre de tatouage a été achetée.

-Et ?

-Dans une boutique de Lower East Side, je vous enverrai l'adresse par message.

-D'accord, tu as du nouveau pour le père ?

-Oui, il avait 3,8 grammes dans le sang. À se demander comment il n'est pas tomber dans le coma. C'est clair qu'il n'a rien entendu.

-Faut être inconscient pour être dans un tel état alors qu'une gamine de sept ans se trouve dans la pièce d'à côté.

-Mais ce n'est pas tout... ajouta Lanie. »

 


JAusten  (19.07.2014 à 18:15)

Chapitre Douze

 

Université de New-York

 

Il était en colère. Vraiment en colère. Il avait rallumé son téléphone en sortant de l'épreuve et elle ne l'avait toujours pas rappelé. Il avait alors essayé de l'appeler, il pourrait toujours prétexter vouloir prendre de ses nouvelles. Mais elle n'avait pas répondu. Pire que ça, elle avait rejeté son appel. Il tremblait tellement la colère et le manque prenait possession de son corps. Ils auraient dû le faire hier soir. Elle aurait dû le rappeler, elle aurait pleurer et il lui aurait fait l'amour pour lui faire oublier. C'est comme cela que ça avait marché après la mort de sa mère. Il lança un violent coup de pied dans un caillou. Il avait envie de hurler de frustration. Son bas-ventre était de plus en plus douloureux. Il fallait qu'elle vienne. Il avait attendu un an mais il ne pouvait attendre plus longtemps. Un an. Un an à ne penser qu'à elle jour et nuit. Un an. Mais maintenant qu'il était proche du but, il ne pouvait plus attendre. Il lâcha un grognement primal alors qu'il rejoignait enfin sa chambre. Pendant tout le long de son partiel, il avait pensé à la douceur de sa peau, à ses tétons dressés juste pour lui, au goût sucré de ses lèvres et à son parfum enivrant. Il avait presque rendu feuille blanche, il ne passerait pas en deuxième année et son père allait le tuer. Et tout c'était de sa faute à elle. Il envoya valser tout ce qu'il avait sur son bureau dans un énième grognement de rage.

 

Lenox Hill Hospital

 

« -Mon père, lâcha-t-elle sur un ton venimeux.

-Alice, ce n'est pas ton père.

-Peut-être pas directement, non mais c'est lui qui l'a tué. Comment elle pu se faire tuer alors qu'il était dans la pièce d'à côté ?!! S'écria-t-elle.

-Ton père était saoul.

-Pour changer...

-Je crois que ton père aimait beaucoup Anna.

-Ouais, ria-t-elle sarcastiquement, il l'aimait, il en était fier mais dès qu'il s'agissait de s'en occuper, il n'y avait plus personne. C'est toujours Maman qui s'est occupée de nous. Mais quand elle est morte, Anna n'avait que quatre ans alors c'est moi qui ait du m'en occuper. Pas ce soûlard qu'on appelle mon père.

-Tu as déjà essayer d'aider ton père à s'en sortir ? Demanda Kate.

-Non. Il ne mérite pas mon aide, il a trop fait souffrir ma mère.

-Tu l'aimais beaucoup ta mère, constata Kate espérant ainsi la faire parler du soir de sa mort.

-Elle était géniale, sourit-elle. Ma mère c'était quelqu'un d’exceptionnel mais elle a été malchanceuse en amour.

-Tu sais pourquoi ta mère a retiré sa plainte il y a quelques années ?

-Elle avait porté plainte ? S'étonna Alice.

-Tu n'étais pas au courant ?

-Non... je ne comprends pas pourquoi elle a retiré sa plainte...

-Elle aimait ton père.

-Malheureusement !

-Alice ? Tu pourrai me parler du soir de la mort de ta mère ?

-Qu'est-ce que la mort de ma mère vient foutre là-dedans, c'est d'Anna dont il s'agit ! Hurla-t-elle en se levant du lit. »

 

Alice se plaça devant la fenêtre. Pour ne pas la brusquer, c'était raté.

 

« -Je suis désolée, souffla Kate, je ne voulais pas te faire de mal.

-Je veux qu'on parle d'Anna.

-Très bien. Est-ce qu'Anna t'avait parler de certaines personnes à qui elle parlait ? Qui l'embêtait ?

-Anna passait beaucoup de temps chez Ashley Miller. Elle m'avait confié avoir un amoureux mais elle n'a jamais voulu me dire qui c'était. Elle m'avait seulement dit qu'il était plus grand qu'elle.

-Tu penses que c'est quelqu'un de l'école ?

-Je ne sais pas. Anna était très secrète sur ce petit garçon. Apparemment, personne ne devait savoir qu'ils étaient amoureux, c'est lui qui avait dit ça.

-Tu n'as aucune idée de qui cela pourrait être ?

-Non mais demandez à Ashley, elle doit être au courant. C'est sa meilleure amie.

-Je le ferai.

-J'aimerai rester un peu seule maintenant, dit Alice.

-D'accord. Il est possible que, plus tard, j'ai d'autres questions à te poser.

-Vous savez où me trouvez, répondit-elle sur un ton sec. »

 

Kate n'avait pas envie de la laisser seule. A cet instant précis, Alice n'était que colère. Elle aurait voulu l'aider, lui dire que ça passait avec le temps mais qui était-elle réellement pour lui dire cela ? Elle n'était que la flic en charge de l'enquête. Elle n'était ni de sa famille et encore moins sa mère. Mais pourquoi ressentait-elle ce besoin qu'Alice aille mieux ? Pourquoi son cœur se serrait quand elle voyait toute cette tristesse dans son regard ? Elle savait que s'attacher aux victimes n'étaient pas recommander mais devant cette jeune fille, elle ne pouvait s'en empêcher. Au fond, Alice n'était encore qu'une gamine qui avait besoin seulement d'être protéger...

 

Beckett soupira et commença à prendre la direction de la sortie quand Alice l’interpella.

 

« -Retrouvez qui a fait ça à ma sœur, lieutenant Beckett.

-Je te le promets, ne put s'empêcher d'affirmer Kate. »

 

Alice se tourna de nouveau vers la fenêtre et ne prononça plus un mot. Elle rejoignit alors Castle dans le couloir.

 

Morgue, New-York

 

« -J'ai trouvé des traces de somnifères dans le sang de Colin Bennett, dit Lanie.

-Tu crois que le tueur en aurait dilué dans l'alcool du père ?

-C'est effectivement ce que je crois. J'ai vérifié si son médecin lui en avait prescrit mais je n'ai rien trouvé.

-Le tueur connaissait la famille. Il était au courant que le père buvait et il savait qu'avec un somnifère, il pourrait faire ce qu'il voudrait d'Anna sans qu'il ne se rende compte de rien.

-Ouais, ce gars avait prévu son coup. Le meurtre d'Anna n'était pas une pulsion. Je ne comprends pas comment on peut prévoir de tuer une enfant de sept ans.

-Je ne sais pas non plus. Mais ce qui m'inquiète, c'est que je n'ai trouvé personne dans l'entourage de la famille qui serait capable de faire ça. On n'a rien.

-Peut-être que le meurtre n'a rien à voir avec la famille, c'était peut-être seulement une connaissance d'Anna. Une personne à qui elle aurait pu faire confiance et confier les problèmes de son père avec l'alcool, suggéra Lanie.

-D'accord mais qui ? Et pourquoi tuer Anna ?

-C'est toi le lieutenant !

-Ouais, fit Espo dubitatif.

-J'ai aussi trouvé ça dans la poche de son pantalon.

-Qu'est-ce que c'est ? Demanda-t-il en prenant le sachet que lui tendait Lanie.

-C'est une missive qui a été déchirée. Elle est vraiment dans un sale état, je pense que ça a dû passer à la machine à laver. Je ne sais pas si vous allez réussir à la reconstruire.

-On va réussir, on n'a pas le choix. Merci Lanie !

-A ton service, Javier ! »

 

Couloir du Lenox Hill Hospital

 

Quand Kate sortit de la chambre d'Alice, Castle était toujours assis sur la chaise sur laquelle elle l'avait laissé. Il jouait sur son téléphone et elle sourit devant ses mimiques. Il ne restait jamais stoïque quand il jouait aux jeux vidéos. Quand elle referma la porte, il leva les yeux dans sa direction.

 

« -Hey ! Lui lança-t-il.

-Hey, fit-elle d'une voix plus monocorde.

-Ça va ? S'inquiéta-t-il en s'approchant d'elle.

-Elle est si fragile. Elle s'est braquée quand j'ai évoqué sa mère.

-C'est normal, non ?

-Oui, oui...

-Kate ? Dit-il en glissant un doigt sous son menton.

-Je ne sais pas, souffla-t-elle, c'est tellement horrible ce qui est arrivé à Anna et Alice, elle... Il y a tellement de haine en elle. Je voudrais l'aider mais je ne sais pas comment faire.

-Laisse-lui du temps. Et toi, prends de la distance.

-Je n'y arrive pas. Pas cette fois.

-Tu t'identifies trop à elle. Tu n'es pas Alice et vice-versa.

-Je sais mais... Quand ma mère est morte, j'étais comme elle. En colère envers et contre tout. Et j'ai... J'ai fait des choses dont je ne suis pas fière, Castle.

-Mais, une fois de plus, Alice n'est pas toi. Alice a un lieutenant extraordinaire pour veiller sur elle. »

 

Kate sourit et se blottit dans ses bras. Il avait toujours le mot pour l'apaiser.

 

« -Merci Castle.

-Arrête de me remercier. Je suis là pour ça, chérie. »

 

Elle recula sa tête de son épaule pour l'embrasser.

 

« -Ne cesse jamais d'être toi alors, lui souffla-t-elle sur ses lèvres.

-Même quand je suis agaçant et que je n'en fais qu'à ma tête ?

-Surtout dans ces moments-là, sourit-elle.

-Je saurai te le rappeler, la taquina-t-il. »

 

Elle sourit une fois de plus et il ne put que fondre sur ses lèvres.


JAusten  (20.07.2014 à 20:43)

Chapitre Treize

 

Lenox Hill Hospital

 

Elle s'était rhabillée avec ses habits de la veille. Il faudrait qu'elle trouve des vêtements propres et qu'elle brûle ceux qu'elle portait. Elle ne pourrait plus jamais les porter sans les associer à cette funeste journée. Elle ne voulait pas rester ici une minute de plus. Elle n'aimait pas les hôpitaux. Elle n'avait mit les pieds à l'hôpital que deux fois dans sa vie avant aujourd'hui. La première fois, c'était pour la naissance de sa sœur. La seconde fois, elle avait accompagnée sa mère après que son père lui ait cassé le bras. Elle passa un coup de brosse dans ses longs cheveux. Elle prit peur quand elle vit son reflet dans le miroir. De grands cernes encerclaient ses yeux du même bleu que ceux de sa mère. Elle se détesta encore plus de lui ressembler autant. Elle étouffait de nouveau dans cette chambre. Elle ne se sentait pas à sa place. En même temps, elle ne savait plus où était sa place. Peut-être auprès de Benjamin... C'est grâce à son message qu'elle n'avait pas commis l'irréparable hier. Elle l'appréciait beaucoup. Il était vraiment gentil avec elle. Ils ne sortaient pas vraiment ensemble mais... Il l'avait embrassé la veille de son retour à New-York. Elle lui avait demandé d'attendre la rentrée. Elle voulait qu'il soit sûr de ses sentiments. Elle lui avait dit de profiter de cet été, de s'amuser et qu'ils se retrouveraient à la rentrée. Elle aurait aimé qu'il soit là. Elle pensait même à prendre un billet d'avion pour retourner à Stanford mais elle ne pouvait pas. Le lieutenant Beckett lui avait promis de retrouver le meurtrier de sa sœur. Mais elle ne pouvait pas rester. Elle avait tout de suite penser à lui. Elle lui avait alors envoyé un message lui expliquant son plan. Elle ne l'avait pas rappelé, elle n'avait pas envie de lui parler. Pas encore. Elle lui avait alors demandé de faire croire à l'agent qui se tenait devant sa porte qu'une femme se faisait agresser plus loin pour qu'il bouge de la porte et qu'elle puisse sortir. Ils se retrouveraient devant une boutique quelques rues plus loin. Elle n'était pas sûre que faire appelle à lui était une bonne idée. Une fois de plus, elle ne faisait que se servir de lui. Elle ne pouvait pas rentrer chez son père et elle ne pouvait pas retourner à Stanford tout de suite, il était son alternative. Elle s'assit sur son lit et répondit enfin au message de Benjamin. Elle lui dit qu'elle l’appellerait bientôt, elle avait encore besoin de temps. Elle le remercia et hésita longuement avant de finir son message par un « <3 ».

 

Appartement de Mme Miller

 

Mme Miller avait encore les yeux rouges ce matin quand elle ouvrit la porte à Castle et Beckett. Elle n'avait pas mis sa petite Ashley à l'école. La petite fille semblait choquée mais ne comprenait pas encore réellement qu'elle ne reverrait plus jamais sa meilleure amie. C'était toujours dur pour un enfant pour d'intégrer la notion de mort. C'était seulement un mot de vocabulaire comme les autres pour eux, le vrai sens leur était encore inaccessible. La mère d'Ashley avait toujours cru qu'elle pourrait apprendre à sa fille la valeur de ce mot quand, Rio, son chat mourrait. Elle guida les deux partenaires à la chambre de la petite fille qui jouait tranquillement aux Barbies. C'est tout naturellement que Castle s'assit près de la petite fille, prit Ken et entra dans le jeu qu'Ashley avait inventé. Beckett et Mme Miller restèrent dans l'encadrement de la porte.

 

« -Est-ce que je peux rester avec Ashley pendant que vous lui posez des questions, s'informa Mme Miller.

-Bien entendu.

-Allez-y doucement. Elle ne réalise pas encore, fit Mme Miller en posant un regard inquiet sur sa fille.

-Ne vous inquiétez pas, on ne donnera aucun détail à votre fille. Nous voulons seulement savoir si par hasard, elle aurait vu un changement chez son amie ou si elle sait quelque chose que les adultes de l'entourage d'Anna ignore.

-D'accord. »

 

Mme Miller alla alors s'asseoir derrière sa fille.

 

« -Ashley ?

-Oui ?

-Le Monsieur et la Madame voudrait te poser des questions sur Anna. Ils sont de la police.

-C'est vrai ? Demanda la petite fille, des étoiles plein les yeux, en lâchant sa Barbie.

-Oui, répondit Kate en sortant son badge qu'elle lui tendit.

-Ouah, j'en avais jamais vu en vrai, dit-elle en tournant le badge dans tous les sens.

-C'est cool hein, sourit Castle.

-Oh oui ! Et vous avez un pistolet ? Questionna Ashley en rendant le badge à Kate.

-Bien sûr qu'elle en a un, répondit Castle à la place de Kate, mais elle ne veut jamais le montrer sauf aux méchants.

-C'est pas drôle, bouda la petite fille.

-Je suis bien d'accord avec toi, dit-elle en lançant un regard malicieux à Kate.

-Ashley ? C'était toi la meilleure amie d'Anna ? Commença doucement Beckett.

-Bah oui ! Dit-elle sur le ton de l'évidence.

-Elle te racontait des secrets alors ?

-Plein !

-Elle t'a dit qui était son amoureux ?

-Oui mais j'ai pas le droit de le dire, se renfrogna-t-elle.

-Je sais et cela fait de toi une très bonne amie mais j'aimerai l'interroger comme je fais avec toi en ce moment.

-Pourquoi ?

-Pour savoir si Anna lui a dit des choses qui pourraient nous aider à savoir qui lui a fait du mal.

-Elle va pas être contente Anna si je dis son secret.

-On en a déjà parlé, ma puce, intervint Mme Miller, Anna est au ciel, elle ne t'en voudra pas. Elle sera même contente que tu dises à la police ce que tu sais.

-Elle est au paradis ? Demanda Ashley en tournant la tête vers sa mère.

-Oui, elle est au paradis.

-D'accord, je veux bien vous dire, finit par dire Ashley après avoir réfléchit.

-Il est plus grand qu'Anna, n'est-ce pas ? Tu sais en quelle classe il est ?

-Oui, il est grand son namoureux. Non, je sais pas.

-Il est bien dans votre école, n'est-ce pas ? »

 

Elle secoua la tête négativement. Beckett échangea un regard désemparé avec Castle.

 

« -Comment Anna le connaît alors ?

-Elle a dit qu'il venait la chercher à l'école le soir.

-Ce n'est pas son Papa qui venait la chercher ?

-Des fois, il oubliait.

-Ce n'est pas vous qui rameniez Anna de l'école, demanda Kate en levant la tête vers Mme Miller.

-Non... Ashley va chez son père après l'école. Nous sommes en procédure de divorce, précisa-t-elle, je récupère Ashley en rentrant du travail. C'est Mr Bennett qui est censé récupérer Anna.

-Tu sais depuis quand elle le voyait son amoureux ? Continua Beckett.

-Quatre semaines, fit-elle en montrant le chiffre sur ses petits doigts.

-Est-ce qu'Anna t'avait le dit de son amoureux ? Demanda alors Beckett à la petite fille.

-Elle a dit qu'il avait pas voulu lui dire. Anna a dit que c'était un agent secret.

-Mais Anna, elle l'appelait comment alors ?

-Elle l'appelait Tony comme dans SpieZ.

-Un dessin animé, murmura Castle pour Beckett.

-Est-ce qu'Anna le voyait beaucoup ?

-Bah quand son papa venait pas la chercher.

-Et tu n'en as parlé à personne ?

-Non, j'avais juré et craché.

-Est-ce que tu sais si Anna parlait à d'autres personnes ? Des gens un peu bizarres par exemple ?

-Non. De toute façon, tout le monde aimait Anna.

-Pourquoi ?

-Elle était gentille avec tout le monde. Elle est cool, Anna.

-Tu as de la chance d'être sa meilleure amie, alors.

-Oui. Je peux jouer aux Barbies maintenant ?

-Oui, ma puce, acquiesça sa mère en posant un baiser dans ses cheveux.

-Merci de ton aide, Ashley, dit Kate en se relevant imiter de Castle.

-Vous allez le mettre en prison celui qui a fait mal à Anna ?

-Oui, je vais le mettre en prison.

-D'accord. Parce que je l'aimais gros comme la terre moi, Anna. »

 

Castle lui sourit tristement en lui rendant son Ken avant de suivre Beckett et Mme Miller en dehors de la chambre.

 

« -Merci pour votre temps et celui de votre fille, dit Beckett en se dirigeant vers la sortie.

-J'espère qu'Ashley vous a été utile.

-Oui, beaucoup, sourit Kate rassurante.

-Retrouvez celui qui a fait ça, Lieutenant.

-Nous ferons de notre mieux, Madame, lui assura Kate.

-Prenez soin d'Alice également, j'ai appris qu'hier...

-Ne vous inquiétez pas, elle est entre de bonnes mains. Elle ne risque rien.

-Merci, Lieutenant. »

 

Quelque part dans les rues de New-York

 

Elle l'avait appelé ! Elle l'avait appelé ! Elle l'avait appelé ! Jubilait-il. Il filait à toute allure dans les rues de New-York. Elle lui avait demandé de l'aider à sortir de l'hôpital. Il ne fallait pas qu'il échoue. Il n'avait même pas chercher à comprendre ce qu'elle faisait là-bas. Il priait seulement pour qu'elle n'ait rien de casser sinon ils ne pourraient rien faire. Mon Dieu, qu'il avait hâte. Bientôt, elle serait sienne. Il ne pouvait en être autrement. La lueur libidineuse de son regard se ralluma alors qu'un sourire vicieux illuminait son visage.

 


JAusten  (21.07.2014 à 19:00)

Chapitre Quatorze

 

Voiture de Beckett

 

Ils n'avaient pas échangé un mot depuis qu'ils étaient sortis de chez les Miller.

 

« -Ça va ? Finit par demander Beckett.

-Je n'y comprends plus rien. On avait écarté la piste du prédateur sexuel mais cet homme qui vient la chercher à la sortie de l'école...

-Je sais, c'est étrange comme comportement. Mais on ne peut pas parler de prédateur sexuel, je crois plutôt qu'il cherchait à obtenir quelque chose d'Anna.

-Lanie a quand même retrouvé des traces d'attouchement sur son corps.

-Oui, ne put qu'approuver Kate, mais je ne sais pas... Il n'a pas été au bout, c'est comme si Anna ne lui suffisait pas. Il s'est débarrassé d'elle en la tuant, c'est comme ça que je le vois.

-D'accord mais qu'est-ce qu'il cherchait à obtenir d'une petite fille de sept ans ?

-Je ne sais pas...

-Faut quand même être taré pour en arriver là.. Il a quand même tué une enfant...

-Je ne dis pas le contraire, Castle.

-Je déteste cette affaire.

-Je sais, dit-elle en posant sa main sur sa jambe. »

 

Elle laissa passer quelques secondes avant de reposer sa main sur le volant.

 

« - J'ai reçu un message d'Esposito qui corrobore le fait que le tueur connaissait la famille d'Anna. Lanie a retrouvé des traces de somnifères dans le sang du père d'Anna. Avec l'alcool que Colin avait ingéré, il était sûr de pouvoir faire ce qu'il voulait de la petite.

-C'est tellement glauque, déglutit Castle.

-Tu sais, Rick, ma proposition de rester en dehors de cette enquête tiens toujours.

-Non, Kate, je te l'ai déjà dit. C'est toi et moi. Tu veilles sur moi et je veille sur toi, on reste ensemble.

-On va l'attraper. Il le faut. Pour Anna et pour Alice.

-Bien sûr qu'on va y arriver, on réussit toujours à faire des trucs dingues quand on est tous les deux, dit-il sur un ton plus léger et plus coquin.

-Oh ça tu l'as dit, répondit-elle en entrant dans son jeu ce qui les fit rire tous les deux. »

 

Quelque part dans les rues de New-York, devant une boutique

 

Son plan avait fonctionné à merveille. Il était arrivé affolé dans le couloir en hurlant qu'une femme se faisait agresser. L'agent lui avait demandé de le suivre pour lui montrer l'endroit exact. Il l'avait alors entraîné dans le couloir suffisamment loin de sa chambre pour qu'elle puisse sortir. Il avait ensuite montré du doigt un couloir et alors que l'agent se précipitait, il avait disparu. Il était fier de lui. Fier d'avoir réussi sa mission. Il savait qu'elle le récompenserait et cela l'excita d'avantage. Il l’apercevait déjà au loin. Elle avait le nez plongé dans un bouquin. Elle lisait trop à son goût. Quand elle lisait, elle était dans son monde et donc pas avec lui. C'est comme si elle n'était pas là et il ne supportait pas l'avoir près de lui sans pouvoir la toucher. C'était un supplice. Elle ne l'avait même pas vu. Orgueils et Préjugés. Encore. Il ne savait même plus le nombre de fois où elle avait lu ce bouquin. Surtout la fin lui avait-elle confié un jour. Elle disait qu'elle y ne pouvait renoncer à y croire. Elle ne pouvait renoncer de croire au grand amour, aux fins heureuses. Lui, il n'aimait pas les fins heureuses, ça n'existait pas. La vie n'était pas un conte de fée et elle devait le savoir mieux que n'importe qui. Mais ce qui l'énervait d'autant plus, c'est qu'il n'était sa fin heureuse. Il chasse vite ses pensées une fois arrivé à sa hauteur. Elle leva enfin les yeux de son livre pour lui adresser un sourire. Mais ce n'était pas ce sourire qu'il aimait tant, il n'était pas sincère, il n'atteignait pas ses yeux.

 

« -Salut, souffla-t-elle.

-Hey ! Ça va ?

-Évite de me poser la question dans les prochains jours, tu veux ?

-Tout ce que tu voudras.

-On bouge ?

-Tu veux aller où ?

-Chez toi ? »

 

Et il ne put s'empêcher de sourire. Cela faisait plus d'un an qu'il n'avait pas été aussi heureux. Son rythme cardiaque s'accéléra et il lui tendit la main. Elle la saisit dans un sourire et se laissa guider. Insouciante. Son cœur rata un battement quand sa petite main vint se loger dans la sienne. Sa peau était toujours aussi douce. Il avait hâte de pouvoir la toucher entièrement. Il ne put réprimer un frisson. Elle était sa perte. Et elle ne le savait même pas.

 

Poste de Police du 12th, salle de pause

 

Castle et Beckett avait ramené le déjeuner. D'un accord tacite, ils ne parlèrent pas de l'affaire durant toute la durée du repas. Ryan, assis à côté de Beckett, avait sortit son portable et lui montrait des photos de Sarah-Grace. Kate reconnut immédiatement l'étincelle de son regard. Castle avait la même quand il parlait d'Alexis. Elle ne put s'empêcher de se demander si cette étincelle brillerait dans son regard quand elle parlerait de son enfant. Elle jeta un regard à Castle inconsciemment. Oui, un jour cette étincelle brillerait dans son regard. Il ne pouvait en être autrement. Elle se concentrait de nouveau sur la petite Sarah-Grace quand le téléphone de Castle sonna. Elle le vit hésiter à décrocher.

 

« -Allô ? Hum... Oui, c'est ce que je vous ai demandé... Bien sûr... Je... C'est que, commença-t-il en regardant Kate de biais, écoutez le mieux, c'est que je vous rappelle plus tard, d'accord ?... Parfait ! »

 

Il rangea son téléphone tentant d'ignorer les regards insistants des trois autres. Les gars jouaient bien le jeu, pensa-t-il.

 

« -Castle, tu as quelque chose à me dire ? Demanda Kate.

-Non, pourquoi ?

-C'est marqué sur ta figure que tu me caches quelque chose.

-Loin de moi cette idée. Tu sais bien que je ne te cache jamais rien.

-Ouais... Je peux toujours attendre que tu dormes, dit-elle en haussant les sourcils, un sourire dans la voix. »

 

Castle bougonna tandis que Ryan et Esposito riaient en silence.

 

« -C'était encore des problèmes avec ma mère et ses fichus costumes...

-Menteur ! Quoi que tu me caches, je saurai ! Fit-elle dans un sourire moqueur. »

 

Il bougonna une fois de plus alors que le téléphone de Ryan annonçait l'arrivée d'un message.

 

« -Aller fin de la pause les gars, dit Kate en rejoignant son bureau, du nouveau ?

-Je suis retourné voir la maîtresse d'Anna avant le déjeuner. Je voulais savoir si, par hasard, elle serait au courant de cet amoureux dont vous a parlé Ashley.

-Et ? S'impatienta Beckett.

-Mme Stevenson a confirmé le fait qu'Anna serait partie plusieurs fois au cours des dernières semaines avec un garçon.

-Elle a pu le décrire ?

-Non, pas vraiment. Elle m'a dit qu'il était brun, environ le mètre soixante-quinze et qu'elle le pensait assez jeune du fait de la façon dont il était habillé ce qui ne veut pas dire grand chose au final...

-On n'a toujours rien sur lui, soupira Kate mordillant l'ongle de son pouce, le regard fixé sur le tableau blanc, Ryan ?

-J'ai regarder toutes les vidéos de surveillance proche de la rue des Bennett et comme je m'en doutais, je n'ai rien trouvé de probant.

-Comment ce mec a pu aborder la petite fille ? Anna ne fréquente aucun adulte en dehors de son père alors comment elle a rencontré ce mec ? Il doit forcément connaître la famille pour avoir pu aborder Anna ! S'énerva Beckett.

-On va le retrouver, Beckett, lui assura Esposito.

-Mais comment ?

-Avec Ryan, on va déchiffrer le mot retrouver que Lanie a trouvé dans la poche d'Anna. Avec Castle, allez à la boutique de tatouage. Peut-être qu'ils pourront vous en dire plus sur notre gars.

-Okay... Merci Espo... »

 

Elle prit sa veste et Castle la suivit en silence. Ce n'est qu'une fois à l'abri des regards, dans l’ascenseur, qu'il lui prit la main. Il dessina des cercles dans sa paume et elle posa sa tête sur son épaule.

 

« -Cette affaire me rend dingue, chuchota-t-elle.

-Je sais.

-Je voudrais faire tellement plus... Mais je ne sais pas par où commencer. On n'a rien, Castle.

-On va trouver. N'abandonne pas, d'accord ?

-Je n'abandonne rien, j'ai fait une promesse que je compte tenir.

-À Alice ?

-Oui...

-Tu vas tenir ta promesse, chérie. Et je t'y aiderai.

-T'as intérêt, répondit-elle en l'embrassant. »


JAusten  (22.07.2014 à 16:28)

Chapitre Quinze

(les plus jeunes, passez votre chemin)

 

Boutique de tatouage de Lower East Side

 

Castle n'aimait pas les boutiques de tatouage. Cela était récent. Sa fille, en entrant à la fac, avait commencé à s'intéresser au tatouage. Elle en voulait un petit, disait-elle. Elle voulait quelque chose qui la représente et qui l'accompagne tout au long de sa vie. Il avait failli s'étouffer quand elle le lui avait annoncer. Il avait essayer de la convaincre, en douceur, de ne pas le faire. Il ne voulait pas que la peau de sa (parfaite) petite fille soit souillée par un dessin quel qu'il soit. Mais il devait avouer que s'il n'aimait pas l'idée d'un tatouage sur sa fille, il adorait celui de Kate. Il adorait y promener ses lèvres lorsqu'ils faisaient l'amour.

 

« -Bonjour, je suis le Lieutenant Beckett, annonça-t-elle en montrant sa plaque.

-Qui est-ce qui m'a balancé ? Demanda-t-il sur la défensive.

-Vous balancez ? S'étonna Castle.

-Oh... vous n'êtes pas là pour...

-Pour quoi ? Continua Beckett inquisitrice.

-Et bien... Il est possible qu'on ait trouvé une substance allergène dans mon encre de tatouage. Une meuf de la semaine dernière est venue se plaindre mais j'ai rien fait, moi...

-Euh d'accord, répondit Beckett, on va faire comme si je n'avais rien entendu si vous acceptez de m'aider.

-Vous voulez un tatouage ? Interrogea-t-il tout joyeux.

-Non merci, un seul me suffit.

-Ah... Qu'est-ce que vous voulez alors ?

-Nous sommes ici au sujet du meurtre de la petite Anna Bennett.

-Ah ouais, j'en ai entendu parler, dit-il sur un ton nonchalant ce qui agaça Castle.

-La petite fille a été tatouée avec de l'encre acheté ici.

-Hé minute ! J'ai rien fait moi, j'ai pas tué c'te gamine ! Se braqua-t-il.

-Je ne vous accuse pas, j'ai besoin de savoir qui a acheté de l'encre chez vous ces derniers jours.

-J'en sais rien, je d'mande pas une carte d'identité aux clients...

-Vous ne tenez pas de registre ? Demanda Beckett en tentant de rester calme.

-Bah c'est que... J'en avais un mais je l'ai égaré...

-Ben tiens, ne put s'empêcher de dire Castle, sarcastique.

-Et une caméra de surveillance ? Continua Beckett de plus en plus agacée.

-Bah non plus... Ça coûte cher ces machins-là...

-Écoutez-moi bien, dit Beckett sur un ton ferme en posant son poing sur le comptoir, une petite fille de sept ans a été assassinée alors vous allez faire un effort et me dire ce dont vous vous souvenez ! Et tout de suite !

-Okay... Okay... J'vends pas beaucoup d'encre de tatouage. Ces deux dernières semaines, j'en ai vendu trois.

-Vous vous souvenez à qui vous les avez vendu ?

-La première était magnifique, dit-il penseur, une femme d'une trentaine d'année, blonde aux yeux noisettes. Une bombe, j'vous assure !

-Mais on vous croit, assura Beckett excédée.

-Le deuxième, c'était un mec. Une vingtaine d'année. Un gars normal quoi. J'sais pas quoi dire moi.

-Et le troisième ?

-Une femme. Pareil, assez belle, blonde. Elle était déjà tatouée sur la plupart des parties du corps.

-D'accord et vous ne pouvez rien nous dire sur le deuxième client, le jeune homme ?

-Bah c'était un gars comme les autres alors j'ai pas fait attention.

-Faîtes un effort ! S'écria Beckett.

-D'accord, d'accord, vous pourriez dire à vot' copine de s'calmer hein... dit-il en se tournant vers Castle.

-Si je peux vous donnez un conseil, vous feriez mieux de lui répondre, lui conseilla Castle.

-Okay, okay... Euh... Il avait un tatouage sur le bras gauche, pas fait ici mais il était pas mal, je dois l'avouer.

-Qu'est-ce que c'était ?

-Un loup, symbole du maître et du sexe.

-Vous vous souvenez d'autres détails ?

-Il avait l'air un peu agité.

-Vous vous souvenez quel jour il est venu ?

-C'était jeudi dernier, j'crois, dit-il après quelques secondes.

-Rien d'autre ? Le poussa une dernière fois Beckett.

-Non, j'vous dis, c'était un mec comme les autres.

-Okay. Merci pour votre temps, le remercia Beckett.

-Pas de soucis ! Vous savez que vous êtes carrément bonne ? »

 

Beckett leva les yeux au ciel et ne prit même pas la peine de répondre. Elle se dirigeait vers la sortie quand Castle se tourna vers le vendeur en lui glissant :

 

« -Elle l'est... Une vraie tigresse au lit ! »

 

Castle ne put s'empêcher de sourire fièrement quand il l'entendit déglutir. Il se dépêcha de rejoindre Beckett. Elle était assez énervée comme ça.

 

Université de New-York

 

Il était vautré sur son lit. Il n'avait jamais été aussi excité de sa vie. En rentrant, elle lui avait demandé la permission de prendre une douche. Il avait aussitôt accepté mais l'imaginer nue dans la pièce juste à côté, le rendait fou. Il se retenait de ne pas la rejoindre. L'eau avait cessé de couler depuis quelques minutes quand elle sortit seulement vêtue d'une serviette. Il s'arrêta momentanément de respirer.

 

« -Est-ce que tu aurais des vêtements à me prêter ? Lui demanda-t-elle, inconsciente de l'effet qu'elle avait sur lui.

-Euh... Ouais, ouais, se reprit-il. »

 

Il se leva et détourna le regard de la goutte d'eau qui ruisselait le long de son cou pour aller s'écraser dans le creux de ses seins. Il eut envie de la lécher. Il sortit un vieux jogging qui lui était trop petit et un tee-shirt de son armoire avant de lui tendre.

 

« -Tiens, lui tendit-il, ça devrait t'aller.

-Merci, sourit-elle. »

 

Elle se tournait pour retourner à la salle de bain quand il la suivit comme hypnotisé. Elle s'arrêta brusquement et il ne s'en rendit pas compte, ils rentrèrent en collision et elle ne put que constater son érection contre ses fesses. Elle ne put réprimer un frisson.

 

« -Oh euh désolé, marmonna-t-il mal à l'aise.

-Pas grave, dit-elle en se retournant et en plongeant ses yeux dans les siens. »

 

Il avait le regard noir de désir. Et elle ne put s'empêcher d'être flattée. Elle n'avait aucune intention en venant ici mais son regard réveillait en elle une envie qu'elle ne soupçonnait pas. Elle se rappela leurs nuits après la mort de sa mère. Se sentir vivante. Elle voulait se sentir vivante. Aujourd'hui, c'était le même besoin qu'elle ressentait. Alors elle ne réfléchit plus et s'avança vers lui, ses yeux toujours dans les siens. Lui ne bougeait pas, il était obnubilé par son corps. Elle posa sa main sur son érection et il sursauta.

 

« -Ne fais pas ton timide, susurra-t-elle sensuellement, je sais que tu en as envie.

-Tu n'imagines même pas, répondit-il. »

 

Elle lui mordit violemment la lèvre alors que sans plus de préliminaires, il lui arrachait sa serviette et posait ses mains sur seins tendus de désir. Il malaxa longuement ses seins tout en continuant à l'embrasser fougueusement. Il était déjà en transe. Elle décrocha la braguette de son jean pour prendre son sexe en main. Un sourire tordu se dessina sur son visage. Il avait envi de hurler. Il se sentait revivre. Il touchait toutes les parties de son corps qui lui était accessible. Il lui fit un suçon dans le coup alors qu'elle le projetait contre le lit. Elle monta sur ses hanches tout en le débarrassant de son tee-shirt. Il eut un grognement animal quand il sentit la chaleur de son sexe contre le sien. Sa respiration était chaotique. Elle le surplombait mais ses seins vinrent bientôt s'écraser sur son torse alors qu'elle se penchait pour l'embrasser. Il la voulait. Plus rien d'autre que son besoin primal n'avait d'importance. Il avait besoin qu'elle le soulage de cette douleur. Il ondulait du bassin mais elle semblait vouloir faire durer le plaisir. Il prit alors les choses en main. Il la saisit par les bras pour la renverser sous lui. Elle était totalement offerte à lui. Elle avait les yeux fermés et elle se laissait faire. Il s'enfonça alors au plus profond d'elle d'un coup de rein violent qui la fit crier. Il ne chercha même pas à savoir s'il lui avait fait mal ou non. Il continua ses coups de reins se délectant d'être enfin dans sa chaleur moite. Il n'y avait qu'avec elle qu'il ressentait cela. Il n'y avait qu'avec elle... Elle ne bougea pas pendant toute la durée de l'acte. Elle avait les bras écartés sur le lit alors qu'il s'agitait comme en fou en elle. Elle jouit bientôt alors que sa tête lui tournait. Elle était mal, elle voulait qu'il arrête mais lui n'avait pas jouit et s'acharnait toujours en elle. Elle regrettait, elle n'était plus cette fille d'il y a un an, elle n'avait pas besoin de s'envoyer en l'air pour se sentir vivante. Elle avait beaucoup plus aujourd'hui. Elle ferma les yeux et tandis qu'il s'enfonçait violemment en elle, elle perdit connaissance. Il ne s'en rendit même pas compte. Il cria son plaisir alors qu'enfin la jouissance l'atteignait aussi.

 

« -Tu es à moi, cria-t-il entre ses dents. »

 

Il s'affaissa sur son corps et resta encore un peu dans sa chaleur moite. Dieu que c'était bon ! Il se retira d'elle quelques minutes plus tard et se coucha à côté d'elle. Il était repus. Il embrassa encore ses lèvres rosies de leurs baisers tout en s'endormant, inconscient de la détresse qui s'était emparée d'elle.


JAusten  (23.07.2014 à 19:00)

Chapitre Seize

 

Poste de Police du 12th

 

Quand Castle et Beckett sortirent de l’ascenseur, ils virent Ryan et Esposito en pleine conversation plus ou moins sérieuse.

 

« -C'est pas juste !

-C'est juste la loi du plus fort, Bro ! Répondit Espsito.

-C'est déjà toi qui avait fini le dernier beignet la dernière fois.

-Je sais mais comme j'ai été les chercher, c'est plus juste que ce soit moi qui finisse le dernier.

-Pff n'importe quoi !

-Et puis d'abord, j'ai été plus rapide, je l'ai gagné à la loyal.

-Menteur ! Tu as attendu que j'ai le regard ailleurs que sur les beignets pour te jeter dessus ! »

 

Castle ricana alors que Beckett sembla blasée de l'attitude des deux compères.

 

« -Ils ont l'air ridicule, n'est-ce pas ? Dit-il à Beckett.

-Oh pas plus que toi répondant au tatoueur... Répondit Kate joueuse.

-Oh... euh... tu as entendu ? Dit-il gêné.

-Hum... dit-elle seulement un grand sourire aux lèvres.

-Je... Hum... C'est juste que... »

 

Mais elle n'écoutait déjà plus, s'avançant vers les gars.

 

« -On ne vous dérange pas trop ? Demanda-t-elle mi-sérieuse, mi-amusée.

-Beckett ! S'exclama Ryan surpris.

-Je règle juste un petit problème avec Ryan, rien de grave, assura Espo.

-Et vous n'avez pas l'impression de vous conduire comme des gosses ? Demanda Beckett.

-Pas le moins du monde, sourit Esposito. »

 

Beckett secoua la tête comme pour paraître exaspérée mais un sourire se dessina subtilement sur ses lèvres.

 

« -Alors Beckett ? T'as du nouveau avec le tatouage ? Changea de sujet Esposito.

-Pas grand chose. Un des clients correspond au signalement. Il aurait un tatouage de loup sur le bras gauche. Le type de la boutique a l'air d'être un sacré numéro !

-Il était surtout obnubilé par ta plastique, laissa échapper Castle ce qui lui valut un regard noir de la part de sa fiancée.

-Et vous, du nouveau ? Demanda Beckett.

-On a réussi à reconstituer le papier retrouvé dans la poche d'Anna. On vient de l'envoyer à la scientifique pour qu'il compare l'écriture avec le mot retrouvé sur la porte des Bennett. On sera fixé sur le prétendu amoureux comme ça, déclara Ryan.

-D'accord et que disait le message ?

-C'est clairement un message de l'amoureux et probablement du tueur. Écoutez « Rejoins-moi à la sortie de l'école demain soir. On ira manger une glace ensemble et tu me donneras ce que je t'ai demandé. N'oublie pas que personne ne doit être au courant. Même pas Alice. C'est notre secret. Tony. »

-Alice ? S'étonna Beckett, mais oui bien sûr ! Pourquoi je n'y ai pas pensé avant !

-Euh... tu veux bien partager ? Lui demanda Castle.

-Quoi de mieux que de se rapprocher de la petite sœur pour en savoir plus sur la grande sœur !

-Tu crois que le tueur va s'en prendre à Alice ?

-Sinon pourquoi se rapprocher d'Anna ? Rétorqua Beckett.

-Pourquoi tuer la petite ? Relança Castle au tac au tac.

-Il n'en avait plus besoin. Je ne sais pas, peut-être que le tueur avait peur qu'Anna parle à sa sœur...

-Qu'est-ce que ce taré veut à Alice ? Continua Castle.

-J'en sais rien mais on va renforcer sa protection. J'appelle tout de suite l'agent qui la surveille, cria presque Beckett. »

 

Elle allait prendre son téléphone quand celui-ci la devança en sonnant.

 

« -Beckett ! Répondit-elle vivement, quoi ?! Mais comment c'est possible ?! Vous étiez censé la surveiller ! Merde ! Jura-t-elle en raccrochant. »

 

À peine avait-elle raccroché qu'elle composait déjà un nouveau numéro.

 

« -Aller répond, répond ! »

 

Mais personne ne répondit. Elle jeta son téléphone sur son bureau avant de se passer la main sur le visage. Castle se rapprocha d'elle mais il s'arrêta net quand il se rappela où ils se trouvaient.

 

« -Beckett ? Dit prudemment Esposito.

-Alice n'est plus à l'hôpital.

-Je vais essayer de la localiser avec son téléphone, s'activa aussitôt Ryan.

-Pas la peine, je viens de l'appeler. Son téléphone est éteint.

-On va la retrouver, Kate, lui dit Castle.

-Comment ? C'est elle qui est partie de l'hôpital. Il y a eut une fausse alerte d'agression et elle a profité de l'agitation pour s'échapper. Elle est dans la nature alors qu'un tueur est à ses trousses. Cette gamine va me rendre dingue !

-Avec Espo, on retourne à Washington Park, peut-être qu'elle a décidé d'y retourner.

-Ça m'étonnerait mais vous pouvez toujours aller vérifier, soupira-t-elle, avec Castle, on retourne sur le toit. Et si jamais elle rallume son portable...

-Tu seras la première au courant ! Finit Ryan.

-Okay ! Aller on y va ! »

 

Université de New-York

 

Quand elle reprit connaissance, elle avait horriblement mal à la tête. Il dormait à côté d'elle, un sourire satisfait sur le visage. Il ne s'était même pas aperçu de sa perte de connaissance. Elle regarda l'heure, elle était restée dans les vapes près d'une heure et demie. La fin d'après-midi était déjà bien entamée. Elle était mal. Elle se sentait sale. Elle se leva précautionneusement du lit tant pour ne pas le réveiller que pour ne pas s'évanouir de nouveau. Elle avait la nausée, tout tournait autour d'elle. Elle retourna à la salle de bain. Elle se passa de l'eau sur le visage avant de s'habiller avec les habits qu'il lui avait prêté. Elle prit son téléphone qu'elle avait soigneusement éteint. Elle ne voulait pas qu'on la retrouve. Pas tout de suite. Elle voulait être seule. Encore peu. Elle était perdue. Elle faisait n'importe quoi. La mort de sa mère ne lui avait même pas servi de leçon, elle recommençait à faire n'importe quoi. Mais comment survivre à sa propre vie ? Anna était toute sa vie. Elle était la raison pour laquelle elle se levait le matin, la raison pour laquelle elle se battait contre elle-même chaque jour de sa misérable vie. Qui est-ce qui la guiderait maintenant ? Elle vivait à des centaines de kilomètres d'Anna mais elle était sa lueur d'espoir, celle en qui éclairait son chemin sans même le savoir. Elle essuya d'un geste brusque les larmes qui avait débordé avant de prendre le reste de ses affaires ne laissant derrière elle que ses fringues qu'elle ne porterait plus jamais. C'est en fermant la porte qu'elle le réveilla.

 

Sur un toit de New-York

 

Beckett avait espéré. Elle avait espéré sincèrement qu'elle soit là. Mais quand elle avait ouvert la porte qui menait au toit, elle n'avait reçu que le vent en pleine figure. Elle s'était approchée du bord pour surplomber New-York de son regard. Alice était là, en bas, quelque part, probablement inconsciente du danger qui la guettait. Et elle ne pouvait rien faire. Castle s'approcha derrière elle et glissa ses mains sur son ventre pour la serrer contre lui.

 

« -On va la retrouver, lui dit-il en déposant un baiser derrière son oreille.

-J'aimerai tellement que tu ais raison.

-J'ai raison. Ce n'est pas toi qui a dit que tu n'abandonnais rien ?

-Si...

-Elle n'est peut-être même pas avec le tueur.

-Je sais mais s'il la retrouve avant nous...

-Ce n'est même pas envisageable. Une petite fille est morte ce qui est déjà bien trop ! Alice ne mourra pas ! Allez, Kate, il faut que tu y crois !

-C'est toi qui croit à beaucoup de choses dans notre couple, sourit-elle enfin.

-Je croyais que tu croyais dans les choses rationnelles ? De toute manière, je te prouverai un jour que les lutins du placards existent réellement. Sinon comment expliques-tu que mes chaussettes disparaissent tout le temps.

-Je pourrai te proposer plein d'explication, commença-t-elle.

-Elles ne sont pas valables, la coupa-t-elle.

-Vraiment ?

-Oui, vraiment, rit-il. »

 

Elle soupira, son regard se perdant une fois de plus dans l'immensité de New-York.

 

« -Comment tu fais ça ? Lui demanda-t-elle.

-Comment je fais quoi ? Rétorqua-t-il.

-Me réconforter en racontant n'importe quoi.

-Je ne sais pas, je te connais. Je sais que même si tu fais semblant d'être exaspérée quand je raconte n'importe quoi, tu aimes ça.

-Je ne fais pas toujours semblant.

-Menteuse ! »

 

Elle ria.

 

« -Je te connais, c'est tout, reprit-il, et je t'aime.

-Je t'aime aussi, lui répondit-elle en frottant sa joue sur son épaule. »


JAusten  (24.07.2014 à 19:17)

Chapitre Dix-Sept

Appartement des Bennett

Castle avait eu l'idée de venir vérifier si par le plus grand des hasards, Alice aurait pu revenir chez son père. Même si Beckett en doutait fortement, elle se dit que peut-être celui-ci pourrait leur donner des renseignement sur les lieux où aurait pu aller Alice.

« -Lieutenant Beckett ? S'étonna Mr Bennett en ouvrant la porte, vous avez retrouvés celui qui a... qui a... ma petite fille ?

-Pas encore. Mais nous y travaillons. Mais pour l'instant, c'est pour votre fille aînée que je suis inquiète. -Alice ? Un agent est venu me prévenir hier qu'elle était à l'hôpital.

-Et vous n'êtes pas aller la voir ? Ne put s'empêcher de demander Castle plein de ressentiments envers cet homme.

-Non... Vous savez... Alice ne m'aime pas beaucoup.

-Il serait peut-être temps d'essayer de vous rapprocher de votre fille, vous ne croyez pas ? Demanda Beckett, elle est perdue et elle a besoin d'un père pour la soutenir.

-J'ai jamais su m'y prendre avec Alice. C'était une fille à maman. Déjà quand elle était bébé, elle ne s'arrêtait de pleurer que quand elle était dans les bras de sa mère. Cette gosse ne m'a jamais aimé. »

Il baissa les yeux comme soudain pris de remords.

« -Nous avons besoin de votre aide, Monsieur, reprit Beckett, Alice a quitté l'hôpital et il est urgent que nous la retrouvions.

-Pourquoi ? Si elle a quitté l'hôpital, c'est qu'elle va mieux.

-Nous soupçonnons le tueur de vouloir s'en prendre à Alice. Nous pensons qu'il a utilisé Anna pour atteindre sa grande sœur.

-Quoi ?! S'étrangla-t-il. Anna serait morte à cause...

-Non ! L'interrompit Beckett, ce n'est pas à cause d'Alice. Ce détraqué a décidé de détruire votre famille mais ce n'est en aucun cas la faute de votre fille aînée. Mais il est capital que nous retrouvions Alice. Vous ne sauriez pas où elle pourrait être allée ?

-Non, je ne vois pas...

-Faîtes un effort, insista Beckett, est-ce qu'elle aurait une amie de lycée chez qui elle aurait pu aller par exemple ?

-Alice n'était le genre de fille à avoir des amies. Elle ne fréquentait que cet étrange garçon. Je lui avais interdit mais elle n'en faisait qu'à sa tête après la mort de sa mère...

-Vous auriez son nom ?

-Elle a jamais voulu me le dire. Je sais qu'ils étaient dans le même lycée mais pas dans la même classe...

-D'accord, c'est mince mais nous allons chercher de ce côté-là... Est-ce qu'il y aurait des endroits qu'elle affectionne particulièrement ?

-Je... Je ne sais pas... Elle passait beaucoup sur la tombe de sa mère quand elle était au lycée.

-Autre chose ? C'est important, Mr Bennett. Nous ne voudrions pas qu'il arrive quelque chose à votre fille.

-Elle passait beaucoup de temps dans les bibliothèques. Elle empruntait des livres qu'elle allait lire dans les parcs. Elle lit beaucoup, vous savez ?

-Oui, nous savons, sourit Beckett, réconfortante.

-Je sais que j'ai raté beaucoup de choses avec Alice mais ne laissez pas cet homme me l'enlever. Je sais que je n'étais pas un bon mari et encore moins un bon père mais Alice est une bonne gamine. Elle réussit ses études et je suis sûre qu'elle fera quelque chose de bien de sa vie...

-Je vais la retrouver, Mr Bennett. Personne ne fera de mal à votre fille, lui assura Beckett.

-Merci Lieutenant, répondit-il les larmes aux yeux. »

Voiture de Beckett

« -Il n'y a rien à faire, je n'aime pas cet homme, déclara Castle de but en blanc.

-Je sais qu'il paraît être un mauvais père mais je crois qu'il a essayé de se racheter après la mort de sa femme. Je n'excuse en rien le fait qu'il ait battu sa femme mais il ne méritait pas de perdre sa petite fille dans ses conditions.

-Je sais... Mais un père connaît tout de ses enfants et il n'est même pas capable de nous dire les endroits que fréquentaient sa fille quand elle vivait avec lui. Et pire encore, le nom du garçon qu'elle voyait... Si Alexis ne m'avait pas confié le nom des garçons avec qui elle sortait au lycée, j'aurai cherché à savoir leurs noms surtout qu'il l'a qualifié « d'étrange ».

-Je te l'ai déjà dit, Castle, tous les pères ne sont pas comme toi. Alexis a eu de la chance. Ce n'est pas le cas d'Alice et d'Anna mais ça ne veut pas dire que leur père ne les aime pas. Il y a des personnes qui ne savent pas d'instinct comment se comporter avec leurs enfants mais ça ne veut pas dire que Colin Bennett n'essayait pas de faire amende honorable.

-Ouais peut-être...

-J'espère qu'Alice lui donnera une seconde chance, reprit Beckett, je crois qu'ils peuvent s'entraider tous les deux. Il pourrait l'aider à accepter son passé et elle pourrait l'aider à se détacher de son alcoolisme.

-Tu crois vraiment que c'est possible ? Alice est tellement.... tu sais...

-Elle est en colère... Mais une fois la colère dépassée, qui sait ?

-Tu sais de quoi tu parles, n'est-ce pas ? Dit-il d'une voix douce et admirative.

-Le plus dur, c'est de dépasser sa colère, répondit-elle simplement. »

Ils se turent. Castle savait à quel point l'affaire la touchait. Alice n'était pas Kate mais leurs passés se rejoignaient et sa fiancée semblait déterminée à redonner espoir à cette gamine effarouchée. Il l'admirait. Elle ne voulait pas simplement résoudre le meurtre d'Anna, elle voulait donner une chance à Alice de pouvoir continuer sa vie. Et il l'admirait pour ça. Et pour tellement de choses encore.

« -Où est-ce qu'on va maintenant ? Demanda-t-il.

-Au cimetière où est enterrée sa mère. Peut-être qu'elle est allée se réfugier là-bas. Qu'importe l'âge qu'on a, parfois il est bon de se rassurer dans les bras de sa mère même si elle ne peut plus vous serrer contre elle. J'ai envoyé les gars à son ancien lycée pour se renseigner sur ce mystérieux garçon.

-Tu crois qu'ils vont trouver quelque chose ? Ça fait un an maintenant.

-Peut-être que quelqu'un se rappellera.

-Ne pas perdre espoir, sourit-il.

-C'est toi qui me le répète sans cesse, sourit-elle à son tour. »

Université de New-York

La porte qui se refermait l'avait réveillé. Il n'avait pas tout de suite réalisé que c'était elle qui était partie. Il se retourna tout naturellement du côté du lit où elle devait se trouver mais il ne trouva que du vide. Il se redressa d'un coup comprenant qu'elle venait de partir. Allait-elle seulement revenir ? Il fit le tour de l'appartement et ne trouva aucune de ses affaires hormis ses vêtements. Mais elle lui avait fait comprendre qu'elle ne voulait plus les mettre. Il sentit la colère s'infiltrer doucement dans ses veines. Comment cette fille qui pouvait lui faire tant de bien pouvait en même temps le mettre dans un état tel qu'il ne se reconnaissait pas lui-même. Il n'avait jamais été comme ça avant de la rencontrer. Il était un garçon ordinaire ayant de bonnes notes, des amis. Mais le jour où il avait croisé son regard lors de sa première année de lycée, tout avait changé. Il s'était mis dans l'idée de la conquérir mais elle ne laissait personne l'approcher. Elle était sauvage. Et cela ne fit que l'attirer d'avantage. Il aimait les défis et elle en était un à elle toute seule. Il s'était mis en tête de tout connaître d'elle. Il s'était même introduit chez elle. Cela avait été compliqué mais sa mère ne travaillait pas et il avait été facile de gagner sa confiance. Cela bien sûr, Alice ne le savait pas. Ce n'est qu'après la mort de sa mère, qu'elle avait commencer de lui parler. Elle était si fragile qu'elle s'était petit à petit laissée approcher. La première fois qu'ils avaient fait l'amour, c'était dans les toilettes du gymnase du lycée. Elle avait voulu sécher le sport et il s'était retrouvé là à faire l'amour comme des fous. Elle avait beaucoup pleuré après. Mais, lui, ne s'en était pas vraiment rendu compte. Il s'était senti vivant pour la première fois de sa vie. On lui avait dit qu'on n'oubliait jamais la fille avec qui on l'avait fait, la première fois et il avait su à l'instant précis qu'il ne pourrait jamais l'oublier. C'était la fille de sa vie. La fille qui le rendait vivant. Plus jamais, il ne pourrait se passer d'elle. Il se rhabilla dans la hâte et sortit de sa chambre. Il fallait qu'il la retrouve.


JAusten  (27.07.2014 à 19:29)

Chapitre Dix-huit

Quelque part dans les rues de New-York

Elle était si mal et si perdue. Tout tournait autour d'elle. Elle ne savait plus à quoi se raccrocher. Les larmes avaient commencer de couler pour ne plus jamais s'arrêter. Elle entra dans une cabine téléphonique, une des rares ayant survécu à l'invasion des téléphones portables. Elle composa un numéro qu'elle avait appris par cœur.

« -Allô ? Dit une voix masculine au bout de la troisième sonnerie. »

Mais elle ne put répondre que par un sanglot.

« -Alice ? La reconnut-il presque immédiatement, je suis contente de t'entendre.

-J'avais besoin de... Je ne sais pas... Je ne savais pas qui appeler. J'ai tellement mal, Benjamin.

-Je sais, Ali'. J'étais inquiet pour toi.

-Tu m'as sauvé, tu sais... chuchota-t-elle.

-De quoi ?

-J'étais prête à tout abandonner mais ton message...

-Ali', souffla-t-il, j'aimerai tellement être avec toi pour te prendre dans mes bras.

-J'aimerai que tu sois là aussi, hoqueta-t-elle.

-Je n'aime pas t'entendre pleurer et ne pas pouvoir sécher tes larmes. »

Il était si gentil que ses larmes redoublèrent d'intensité.

« -Benjamin ?

-Oui Ali' ?

-J'ai fait une grosse bêtise. »

Elle eut la nausée rien qu'en repensant à ce qu'elle avait fait. Comment avait-elle pu se donner à lui alors qu'un garçon extraordinaire avait bien voulu tomber amoureux de l'épave qu'elle était ?

« -Dis-moi Ali'...

-J'ai... J'ai...

-Quoi que tu ais fait, je ne t'en voudrais pas.

-Tu vas m'en vouloir, Ben, tu vas tellement m'en vouloir, j'en suis sûre, sanglota-t-elle.

-Non, je te le promets...

-Je t'avais parlé de ce garçon avec qui j'étais plus ou moins sortie...

-Cette espèce d'ordure qui se servait de toi pour se satisfaire ? Demanda-t-il, une pointe de dégoût dans la voix.

-Oui... lui, dit-elle d'une toute petite voix.

-Et bien ? La poussa-t-il.

-Je viens de coucher avec lui. Je voulais pas mais je l'ai fait. »

Elle n'entendit que le silence comme réponse.

« -Je voulais vraiment pas, Benjamin, pleura-t-elle, je sais pas pourquoi j'ai fait ça. J'en avais même pas envie. Je me suis même évanouie...

-Tu vas bien ? S'inquiéta-t-il aussitôt.

-Je ne sais pas, Ben.

-Il t'a amené aux urgences ?

-Il ne s'en est même pas rendu compte...

-Je vais le...

-Non, Ben, c'est de ma faute.

-Ali' tu es bouleversée, tu es perdue, tu as besoin de quelqu'un sur qui compter pas de ce rapace !

-Je suis tellement désolée...

-Je sais Ali' et je ne t'en veux pas.

-Je voudrais que tu sois là.

-Je serai bientôt là. Je prends un avion dès que possible pour New-York et dès que le tueur d'Anna est derrière les barreaux, je te ramène avec moi à Stanford.

-Tu n'es pas obligé de venir...

-Non, je ne le suis pas mais j'en ai envie. Je veux être là pour toi, Ali'.

-Je ne te mérite pas, renifla-t-elle.

-Arrête Ali', c'est toujours la même rengaine... »

Il se tut quelques secondes alors qu'elle étouffait un autre sanglot.

« -Est-ce que tu es seule ?

-Oui... Je ne sais pas où aller...

-Tu n'as personne chez qui te réfugier ?

-Non... Je n'ai personne ici... Et... Je ne veux pas aller chez mon père.

-Tu n'as aucun ami ?

-Non... Ben, tu es le seul ami que j'ai.

-Je serai bientôt là mais je ne veux pas que tu restes seule en attendant.

-Je ne serai pas seule, je serai avec Jane Austen. Et je te promets de ne rien faire de stupide.

-T'as intérêt !

-Merci Ben, j'me sens un tout petit mieux...

-Je serai toujours là pour toi. »

Elle raccrochant en souriant sincèrement ce qui ne lui était pas arrivée depuis la mort d'Anna.

Tombe de Karen Bennett

Beckett se tenait devant la tombe de la mère d'Alice mais celle n'y était pas. Elle soupira. Elle pouvait être n'importe où. Kate savait que si elle ne voulait pas qu'on la retrouve, on ne la retrouverait pas. Et ça l'agaça d'autant plus. Elle aurait voulu hurler sur Alice. C'était irresponsable d'agir de la sorte. Mais voilà, Alice n'était pas là.

« -Elle était là, dit Castle en s'agenouillant près de la tombe, regarde. »

Il lui tendit un pendentif qu'il avait trouvé enfoui dans la terre.

« -Il y avait un cœur de dessiné dans la terre autour du pendentif, je ne vois pas qui d'autre aurait pu faire cela. Il a plu la nuit dernière donc c'est forcément récent.

-On l'a loupé alors, constata Kate.

-Si ça se trouve, elle n'est pas bien loin.

-Elle n'est plus là depuis longtemps.

-Comment tu peux le savoir ? Le cimetière est assez grand.

-Elle n'a dû faire que passer. Si elle ne veut pas qu'on la retrouve, elle savait qu'il ne fallait pas s'attarder ici.

-Mais elle est venue quand même...

-C'est bon de se réfugier auprès de sa mère parfois. »

Kate avait baissé le regard. Castle vit une larme couler le long de sa joue.

« -Oh Kate, dit-il en la prenant dans ses bras.

-Je sais que je devrais pas craquer, qu'elle ne devrait pas me toucher autant mais sa colère...

-Toucherait n'importe qui, finit Rick, ce n'est encore qu'une gamine et tout ce que l'on veut, c'est la protéger. C'est humain, Kate.

-Et s'il la retrouve avant nous ?

-On la retrouvera. Et même s'il la retrouve, elle ne se laissera pas faire. C'est une teigneuse cette gamine !

-C'est juste un appel à l'aide.

-Je sais mais sa colère lui permettra de se défendre. Personne ne sait ce dont un homme est capable par colère et désespoir. »

Kate ne put s'empêcher de penser à lui avec sa fille. Lors de son enlèvement, aveugler par la colère et la tristesse de la perte de sa fille, il s'était révélé redoutable et effroyable. Elle ne put s'empêcher de frissonner en repensant aux cris de cet homme alors qu'elle avait laissé Castle seul avec lui.

« -Tu as froid, demanda aussitôt Castle.

-Non, non... Je suis seulement fatiguée. -Rentrons au poste, peut-être que les gars pourront nous donner quelque chose. »

Il lui prit la main et la guida loin de ce cimetière qui lui rappelait tant à elle qu'à lui des souvenirs qu'ils préféreraient oublier. C'est dans un cimetière qu'il avait failli perdre la femme de sa vie.

Poste de Police du 12th

Ryan et Esposito étaient tous les deux de retour quand ils rentrèrent au poste. Ils étaient également tous les deux au téléphone. C'est dans un étrange synchronisme qu'ils raccrochèrent pour regarder Castle et Beckett.

« -Du nouveau ? Demanda Kate. -Non, répondit Ryan, elle n'est pas à Washington Park. On vient d'envoyer des agents dans les lieux qu'elle a l'habitude de fréquenter.

-Mais elle est intelligente, elle n'ira pas, ajouta Esposito. »

Kate soupira pour la énième fois de la journée.

« -On n'a rien...

-C'était trop tard pour appeler le lycée au sujet de ce garçon mais je m'en occupe dès la première heure demain matin, assura Ryan.

-En attendant, rentre te reposer Beckett, dit Esposito.

-Hors de question ! Je ne rentrerai pas tant que je ne serai pas où est Alice.

-Soit raisonnable Kate, tu t'es levée tôt ce matin... Rétorqua Castle.

-Je ne l'abandonnerai pas !

-Ce n'est pas l'abandonner que de te reposer. Comment veux-tu être efficace si tu ne tiens plus debout ? continua Castle.

-Je passerai la nuit au poste si cela peut te rassurer, rajouta Esposito, s'il y a le moindre signe de vie d'Alice, je t'appelle. »

Castle vit dans ses yeux le combat intérieur qu'elle se livrait.

« -Aller Kate, sois raisonnable, la poussa Castle. -D'accord, marmonna-t-elle à contre cœur, mais tu m'appelles Espo ! -Oui, tu as ma parole ! »


JAusten  (04.08.2014 à 20:00)

Chapitre Dix-Neuf



Loft de Castle



Quand Castle et Beckett rentrèrent au loft, plus personne n'était debout. Il était plus de minuit. Ils avaient passé leur fin d'après-midi et leur soirée à chercher Alice. En vain. Beckett était à bout de nerf et Castle le savait. Elle retirait sa veste quand il déclara :



« -Je vais te faire couler un bain comme ça tu te prélasseras pendant que je nous préparerai un truc vite fait à manger.

-Hum... »



Quand Kate revint de son bain, Rick vit que ses traits étaient légèrement plus détendus. Il avait préparé des sandwichs améliorés. Il était tard et ils n'avaient plus vraiment faim mais ils savaient qu'ils avaient besoin de manger. Elle s'assit négligemment aux cotés de Castle et commença de manger mais elle déchiquetait plus son sandwich qu'elle ne le mangeait.



« -Kate, soupira Castle.

-Je sais ce que tu vas dire, Castle, le coupa-t-elle.

-Et tu sais que j'ai raison.

-Mais Alice, elle...

-Tu n'as pas à te sentir coupable de te reposer, Kate. Esposito t'a dit qu'il t’appellerait s'il trouvait quelque chose et tu sais qu'il le fera alors arrête maintenant.

-Tu ne comprends pas, c'est tellement étrange ce que je ressens pour cette fille...

-Ce n'était pas étrange, tu as toujours été compatissante avec les victimes et tu as le droit d'être touché.

-Elle me fait penser à moi.

-Je sais, chérie.

-J'étais si en colère quand ma mère est morte. J'en voulais à la terre entière parce que je ne connaissais pas le coupable. Je la comprends et j'ai tellement envie de l'aider mais...

-On va y arriver ! On y arrive toujours. »



Elle laissa tomber sa tête contre son épaule.



« -Tu es fatiguée, on ferait mieux d'aller se coucher.

-Hum.

-Vas-y, je range et je te rejoins. »



Elle se leva nonchalamment. Elle était vraiment fatiguée. Castle la regarda s'éloigner. Il aurait tellement aimer pouvoir faire plus que ce qu'il faisait actuellement. Il détestait la voir comme ça. Il rangea dans le lave-vaisselle leurs assiettes sales et consulta son téléphone. Sa mère lui avait envoyé un message « ta mère a fait du bon boulot, tu as intérêt à gracieusement la remercier ». Il sourit. Il espérait sincèrement que cette affaire serait réglée d'ici là sinon tout tomberait à l'eau. Il s'était démené pour faire ce cadeau à Kate. C'est elle qui lui avait confié ses envies et il s'était mis en tête de les réaliser. De toute façon, il aurait fait n'importe quoi pour elle. Mais il voulait que cette fois-ci, tout soit parfait. Il en avait assez de tous ces beaux moments interrompus. Il voulait lui faire ce cadeau mais pour cela, il fallait qu'Alice montre le bout de son nez.



Quand il arriva dans la chambre, Kate était déjà glissée sous la couette. Il alla à la salle de bain et quand il revint, elle avait les yeux fermés mais il savait qu'elle ne dormait pas. Sa respiration la trahissait.



« -Tu sais que je t'entends réfléchir d'ici, souffla-t-il.

-Tu ne sais pas à quoi je pense, répondit-elle sur un ton qu'elle voulait mutin. »



Il sourit à ses efforts pour paraître plus détendue. Mais elle ne le trompait plus depuis bien longtemps. Il décida néanmoins de rentrer dans son jeu.



« -Et à quoi tu penses ma douce fiancée ?

-Si tu savais... »



Il sauta sur le lit tel un gamin et commença de la chatouiller.



« -Tu vas avouer, déesse tentatrice. »



Elle ria aux éclats et il se délecta de son rire cristallin. Quand elle riait, il avait l'impression que c'était le bonheur a l'état pur qui résonnait. Elle reprenait son souffle alors qu'elle se blottissait contre lui.



« -Tu sais toujours comment me redonner le sourire.

-Je suis là pour ça, chérie.

-Je suis contente de devenir ta femme, marmonna-t-elle contre son coup, sa voix emplie de sommeil.

-Je suis content que tu ais accepté de devenir ma femme, souffla-t-il. »



Elle se blottit encore plus contre lui. Il la serra dans ses bras et déposa un baiser sur le haut de sa tête.



« -Je t'aime, dit-il alors qu'elle s'était endormie, je t'aime tellement. »



Quelque part dans New-York



Elle avait erré dans les rues de New-York pendant tout l'après-midi. Elle marchait, sans but, tel un fantôme errant. Elle ne reprenait conscience seulement quand elle apercevait les flics qui rodaient. Elle ne savait pas exactement qui la cherchait et qui ne la cherchait pas mais elle préférait être prudente. Elle ne voulait pas qu'on la retrouve. Elle avait encore besoin d'être seule. Parler à Benjamin lui avait fait du bien mais ce n'était pas suffisant. Il y avait ce trou béant dans son cœur et elle ne savait pas comment le combler. Elle ne le comblerait jamais. La place de sa sœur resterait vacante à tout jamais. Anna était irremplaçable. Tout comme sa mère. Elle était retournée à Central Park, dans ce petit coin, où sa mère, il y a sept ans, lui avait annoncé qu'elle allait être grande sœur. Elle s'en rappelait comme si c'était hier. Elle avait onze ans à l'époque. Sa mère avait placé une couverture sur l'herbe et elle s'était assise à côté d'elle. Elle n'avait pas voulu que sa mère la prenne dans ses bras. Elle disait qu'elle était grande maintenant, elle ne voulait plus de câlin en public. Elle avait peur que ses amies la surprenne. C'était l'époque où elle avait encore des amies. Elle savait que sa mère avait été affectée par son choix mais elle l'avait respecté. Elle se rattrapait le soir, sa mère venait dans son lit et elle se blottissait dans ses bras. Elles passaient de longs moments à parler. Elle lui confiait ses problèmes de petite fille et avec ses mots de Maman, elle trouvait toujours des solutions. Après la naissance d'Anna, elles se blottissaient toutes les trois dans son li et quand Anna s'endormait, elle parlait alors de nouveau de ses problèmes qui s'étaient transformé en problèmes d'adolescentes. Mais quand elle avait eu quinze ans, elle avait commencé à vouloir prendre de l'indépendance et s'était éloignée de sa mère. Elle ne lui avait même pas raconté la première fois qu'elle avait embrassé un garçon. Il s'appelait Sam, c'était quelques mois avant sa mort. Aujourd'hui, elle regrettait beaucoup ces moments manqués. Toutes ces soirées qu'elle avait passé seule dans son lit alors qu'elle entendait sa mère éclaté de rire aux propos d'Anna. Elle aurait voulu pouvoir se projeter dans le futur mais les deux personnes qu'elle aimait le plus étaient mortes. Bel et bien ancré dans son passé. Elle s'était effondrée plusieurs fois en sanglots dans la journée devant le regard étonné des passants. Mais aucun ne s'était arrêté pour lui demander ce qui n'allait pas. Chacun sa bulle, chacun sa souffrance. Il était maintenant plus de 23h et elle s'était réfugiée dans une auberge de jeunesse de Brooklyn. Il lui restait un peu d'argent liquide et elle l'avait utilisé pour rester encore seule cette nuit. Elle savait qu'elle ne pourrait plus se cacher longtemps. Elle savait que demain elle devrait affronter la réalité. Mais cette nuit, elle voulait être en tête à tête avec son chagrin. Elle s'était alors allongée sur le matelas et avait pleuré en silence. Il ne fallait pas déranger les voisins.


JAusten  (14.08.2014 à 17:21)

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