HypnoFanfics

Interdit aux moins de 18 ans

Elle est à moi

Série : Castle
Création : 07.07.2014 à 19h49
Auteur : JAusten 
Statut : Terminée

« Au cours de la saison 6 (avant le season final qui m'a laissé quelque peu pantoise), pour le reste je vous laisse découvrir » JAusten 

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Chapitre Trente

 

Poste de Police du 12th

 

Kate, un léger sourire aux lèvres, ne se lassait pas d'observer cette scène attendrissante qui se déroulait sous ses yeux.

 

« -Laissons-les, dit-elle au bout de quelques minutes de silence.

-Vraiment ? S'assura Castle.

-Il est déjà tard et je crois que l'on ne pourra rien faire de plus cette nuit, dit Beckett en se dirigeant vers son bureau.

-Je reste cette nuit, fit Ryan.

-Tu n'es pas obligé, lui répondit sa supérieure, on a des patrouilles à tous les coins de rue et je ne crois pas que c’est cette nuit que nous le trouverons.

-Je préfère rester quand même, si jamais il commet la moindre erreur, il vaut mieux que je sois là. Je vous appelle s'il y a du nouveau.

-D'accord. Merci Ryan. »

 

Il fit un hochement de tête alors que Kate enfilait sa veste et amenait Castle à sa suite.

 

« -Et Alice ? Osa-t-il alors qu'ils attendaient l'ascenseur.

-Je n'ai pas envie de plus la bousculer aujourd'hui et un agent va veiller sur elle et son père cette nuit.

-Ils retournent chez eux ?

-Non, non, Gates s'est arrangée pour leur obtenir une chambredans un hôtel jusqu'à la fin de l'enquête. Cela leur laisse le temps de se retourner, sourit-elle.

-Je rêve ou ma fiancée est pressée de rentrer à la maison ce soir ?

-Hum peut-être, dit-elle, toujours souriante.

-J'aime ton sourire. Il m'avait manqué ces deux derniers jours.

-Je suis désolée, Rick.

-Je suis juste heureux qu'il soit revenu, je ne demandais pas d'excuses.

-Je sais, répondit-elle en rentrant à sa suite dans l'ascenseur pour venir se blottir tout contre lui. »

 

Loft de Castle

 

Quand ils entrèrent, Martha et Alexis étaient en train de se chamailler si bien qu'elles ne les entendirent pas.

 

« -Non, Grand-Mère, tu ne peux décemment pas les inviter ! Papa a dit seulement les proches ! S'exclama Alexis ce qui fit sursauter Castle ce que ne manqua pas de remarquer Kate.

-Mais enfin ! Ils sont proches ! Ce sont mes potentiels prétendants !

-Mère ? Dit alors Castle pour couper court à cette conversation.

-Papa ne sera pas d'accord, rajouta Alexis sans que ni l'une ni l'autre n'ait entendu la remarque de Rick.

-Avec quoi tu ne seras pas d'accord ? Chuchota Kate, intriguée.

-Mère ! Alexis ! Dit-il cette fois-ci plus fort. »

 

Elles se tournèrent alors dans un synchronisme troublant et prirent le même air ahuri en apercevant Kate. Celle-ci ne put s'empêcher de vérifier si quelque chose clochait dans sa tenue ou sa coiffure. Pur réflexe.

 

« -Quelque chose ne va pas ? S'enquit-elle.

-Non, Katherine, tu es parfaite, comme toujours, lui assura Martha avec sa bonne humeur habituelle.

-Alors pourquoi me regardez-vous ainsi ?

-Parce qu'on ne s'attendait pas à vous voir si tôt, enchaîna naturellement Martha.

-Il n'est pas si tôt que cela, répondit Kate en enlevant finalement sa veste. »

 

Rick était resté, stupéfait, sans bouger dans le hall de l'entrée. Il ne savait vraiment pas comment il allait se sortir de ce pétrin.

 

« -Un problème, Castle ? Demanda Kate innocemment. »

 

Elle sait, ne put s'empêcher de penser Castle.

 

« -Euh non... non... Je...

-Oui tu quoi ? Questionna Beckett en se rapprochant légèrement de lui, un fin sourire dessiné sur les lèvres.

-Ben je... Tu m'embrouilles avec ton regard là ! Dit-il enfin clairement en s'éloignant d'elle.

-Mais oui, je t'embrouille ! Tu ne sais surtout pas quoi inventer pour que je ne découvre pas ce que tu manigances ! Qu'est-ce que tu me caches ? Cela fait deux jours qu'il se passe des choses étranges...

-Je ne te cache rien enfin, tu te fais des idées.

-Tu te rappelles que tu parles à un flic, n'est-ce pas ?

-Et bien tu te trompes sur ce coup-là ! Rétorqua-t-il. »

 

Martha et Alexis pouffèrent dans leur dos ce qui attira l'attention de Kate.

 

« -Alexis ? Demanda-t-elle gentiment.

-Oui ?

-Avec quoi ton père ne sera pas d'accord ?

-Grand-mère avait dans l'idée d'inviter quelques proches au loft après la représentation de sa pièce. J'ai trouvé que c'était une bonne idée mais tu connais Grand-Mère, elle veut toujours en faire des tonnes. La liste des invités s'allonge de minute en minute, répondit-elle naturellement. »

 

Si naturellement que Castle en eut un frisson dans le dos. Sa fille était une menteuse hors-pair, devait-il s'en inquiéter ? Elle ne pouvait pas lui mentir, se dit-il, sa fille était parfaite. Il repensa alors aux nombreuses fois où il avait menti à sa propre mère au même âge. Il frissonna de nouveau. Tout ce qu'il ne savait pas ne pouvait pas le tuer.

 

« -Tu ne m'en avais pas parlé, Rick, dit-elle en se tournant vers lui.

-Oh euh j'avais oublié. Et puis, tu avais la tête à autre chose ces derniers jours.

-C'est vrai, concéda-t-elle, je te laisse le bénéfice du doute, fit-elle suspicieuse, les yeux légèrement plissés.

-Bon ! Et si on mangeait ? Déclara-t-il enfin en bougeant de l'entrée.

-J'ai préparé à manger avec Grand-Mère, dit Alexis.

-Avec Grand-Mère ? Reprit Rick.

-Elle a seulement surveillé la cuisson pendant que je prenais ma douche.

-Seulement ? Tiqua Martha.

-Et tout n'a pas cramé ? Rajouta Castle.

-Non, rit Alexis, tout est parfait ! J'ai vérifié, goûté et certifié.

-Bon, allons manger alors ! »

 

Hôtel South Bay, New-York

 

Elle était allongée sur le lit près de la fenêtre. Les étoiles arrivaient à percer en ce soir clair. Elle se prit à croire que l'une d'entre elle venait de s'allumer. Une étoile nommée Anna. Elle n'arrivait pas à dormir. Devant ses yeux défilaient ces moments passés avec Adam. Avant-hier, elle y voyait quelque chose de réconfortant mais aujourd'hui, elle n'y voyait que des moments volés au prix de la vie des deux femmes les plus importantes de sa vie. Son père était dans le lit à côté du sien. Elle savait qu'il ne dormait pas, lui non plus. Elle ne savait pas ce qui lui avait pris, quand désorientée, elle s'était lovée dans ses bras. Elle ne lui avait pas pardonné, loin de là, mais elle avait eu besoin de lui. Besoin de cette chaleur réconfortante que seuls les bras d'un parent sont capables de nous donner.Peut-être que le Lieutenant Beckett avait raison, peut-être qu'elle aurait besoin de lui pour se reconstruire. Pour recommencer à vivre. Recommencer à vivre. Elle le souhaitait ardemment. Retrouver un semblant de goût pour une existence chamarrée, et non plus cet ersatz fade et insipide. Laisser derrière elle, les journées douloureuses et interminables. Mais c'était compliqué, elle qui vivotait pathétiquement depuis tellement d'années. Il fallait que la mort de sa mère et de sa sœur soient vengées pour qu'elle puisse remettre la marche avant et apprendre à vivre avec ce passé. Elle avait envie d'aller elle-même à la recherche d'Adam. Elle voulait tellement lui faire payer ces années de souffrance, ce manque que personne ne comblerait jamais. Quand elle y pensait, la colère bouillait dans ses veines. Elle avait envie d'ouvrir la fenêtre, de hurler tant sa douleur que sa rage. Elle ne savait comment sortir ce ressentiment de son corps, comment évacuer cette haine qui s'était emparée d'elle. Elle eut un hoquet.

 

« -Alice ? Souffla son père, ça va ?

-Je ne veux pas devenir comme toi, répondit-elle, froidement. »

 

Il eut mal mais il l'avait mérité.

 

« -J'ai cette colère en moi et je... je ne veux pas qu'elle ressorte sur les mauvaises personnes.

-Tu n'es et ne seras jamais comme moi. Tu ressembles à ta mère.

-Je te déteste, Papa. Je te déteste tellement de lui avoir fait ça.

-Je sais, encaissa-t-il.

-Je ne sais même pas si j'arriverai à te pardonner. Je... »

 

Il encaissa une fois de plus. Il l'avait mérité. Il le savait mais cela faisait mal. Ça faisait tellement mal.

 

« -Je te demande pas de me pardonner, je te l'interdis même. Ce que j'ai fait à ta mère, c'est...

-Dégueulasse ? Ignoble ? Proposa-t-elle.

-Oui. C'est tout ça et bien plus. Mais je veux que tu me laisses faire partie de ta vie.

-Il va falloir que tu me laisses du temps. Beaucoup de temps.

-Tu ne dis pas non, c'est déjà ça. »

 

Elle se tourna de nouveau vers la fenêtre en remontant la couverture sur elle avant de nouveau porter son regard sur cette voie lactée qui s'étendait devant elle. Elle, terre à terre, qui ne croyait en rien, se mit à espérer que sa mère et Anna étaient quelque part. Dans un ailleurs mais quelque part.

 


JAusten  (27.09.2014 à 17:51)

Chapitre Trente-et-Un

 

Parc de l'Université de New-York

 

Il était presque minuit et il avait froid. Le beau temps avait beau être revenu, les nuits de printemps ne sont pas les plus chaudes de l'année. Il avait décidé de revenir ici pour passer la nuit. Il avait remarqué que les patrouilles ne se concentraient plus ici ; ils avaient dû conclure qu'il était bel et bien parti. Il était revenu roder autour du commissariat à la tombée du jour et il avait vu Alice et son père sortir de la bâtisse, escortés d'un homme en uniforme. Ils étaient montés dans une voiture et étaient partis il ne savait où. Il n'avait pu les suivre, il n'avait pas de voiture. Il était alors revenu ici. Il savait que le parc était calme la nuit. Quelques étudiants éméchés, y traînaient parfois, tentant tant bien que mal de rentrer chez eux. Combien de fois, il avait retrouvé des étudiants dormant, dans le couloir, à même le sol, en sortant de chez lui pour aller en cours les lendemains de soirées étudiantes. Il savait qu'il y avait aussi quelques groupes qui se retrouvaient pour discuter, jouer de la musique. Il lui arrivait d'ouvrir la fenêtre, parfois, pour les entendre jouer de la guitare ou bien de l'accordéon encore. Il s'endormait au son des vies normales que menaient les autres étudiants de son âge. Mais ce soir, le parc était désert. Il avait entendu quelques éclats de rire mais ils avaient été brefs et furtifs. C'est comme si le monde avait cessé de tourner, ce soir, pour que lui puisse se cacher en toute impunité, de ses crimes. Une nuit à la belle étoile, peut-être sa dernière. Il savait qu'il ne pourrait pas courir la ville éternellement. S'il n'arrivait pas à prendre Alice dans les prochaines vingt-quatre heures, ils finiraient par le retrouver ou quelqu'un, dans la rue, le reconnaîtrait et le dénoncerait. Il pourrait s'enfuir mais sans Alice, la vie n'avait aucune importance. Et s'il était réaliste quelques minutes, que pourrait-il faire une fois sorti de New-York ? Il n'avait que vingt ans. Et aujourd'hui, à vingt ans, on n'est pas vraiment encore adulte. Certains le sont peut-être mais lui ne l'était pas. Il se sentait désemparé face à la vie. Hormis son obsession pour Alice, il n'avait rien. Aucun diplôme. Il ne savait même pas se servir de ses mains. Il était bon à rien. C'est pour cela qu'il avait besoin d'Alice. Il avait besoin d'elle pour se sentir vivant. Pour être quelqu'un. Son toucher l'électrisait et c'était comme un choc qui le ramenait à la vie. Elle était son électrochoc. Sa raison d'être. Tout simplement. Alors il était là, dans ce parc, à désespérément se frotter les mains pour se réchauffer en attendant les premières lueurs du jour. Minuit dix. La nuit allait être longue.

 

Hôtel South Bay , New-York

 

Son père avait fini par s'endormir mais elle, elle n'y arrivait pas. Le visage d'Adam la hantait. C'est comme si elle sentait encore ses mains se frayer un passage sur son corps, titiller tous ses points sensibles qu'il avait appris à connaître. Elle frissonna. Un frisson d'horreur. Comment avait-elle pu apprécier ses caresses, la douceur des mots qu'il lui glissait à l'oreille ? Comment avait-elle pu se jeter dans ses bras après la mort d'Anna ? Les larmes s'étaient de nouveau frayé un chemin le long de ses joues. Elle avait couché avec l'assassin de sa sœur. Elle voulait être réconfortée et le seul endroit qu'elle avait trouvé était les bras de ce... de ce... Elle suffoquait. De nouveau, elle avait ce besoin irrépressible d'air. Elle ouvrit la fenêtre et l'air glacé lui coupa la respiration. Elle se mit à trembler. Nouvelle crise. Un son rauque et guttural s'échappa de sa gorge.

 

« -Papa, murmura-t-elle, presque inaudible. »

 

Sa tête lui tournait, le manque d'air commençait à se faire ressentir. Ses muscles se ramollissaient. Ses jambes flageolaient alors qu'elle se tenait près de la fenêtre. Trop près. De l'air. Elle voulait de l'air.

 

« -Papa, tenta-t-elle de nouveau mais de manière toujours aussi imperceptible. »

 

La pièce commençait à tourner autour d'elle. Elle avait envie de crier, de reprendre cet air qu'elle n'arrivait à pas inspirer mais rien n'y faisait. Elle était tenaillée par l'angoisse, la tristesse et le remord. Surtout le remord. Elle croisa son regard dans le miroir derrière le lit d'en face. C'était un grand miroir orné de multiples ornements dorés. Cela lui rappela le château qu'elle avait visité avec sa mère il y longtemps déjà. Sa mère. Elle essaya de nouveau de prendre de l'air. Elle détourna son regard du miroir, elle ne pouvait plus se regarder en face. Elle se dégoûtait. Sa tête lui tournait encore plus. Elle ne contrôlait plus rien. De l'air. Elle voulait de l'air. Elle essaya de retourner à son lit mais elle s'écroula dans un bruit fracassant.

 

Loft de Castle

 

L'ambiance avait été joviale tout au long de la soirée. Martha n'avait cessé de vanter les mérites de sa nouvelle pièce. Elle avait fait réserver à Kate sa soirée du mercredi. Beckett lui avait assuré qu'elle serait là, qu'elle n'oublierait pas comme un certain écrivain l'avait fait. Rick avait alors, vainement, essayé de se défendre. Mais à trois femmes contre un seul homme, la bataille était vite remportée. Il avait alors ronchonné toute la soirée comme à l'accoutumée parce que c'était injuste et que les femmes étaient toutes des sorcières. Martha, Alexis et Kate avaient, bien entendu, ri à ses dépens.

 

Dans le cocon confiné de leur chambre, elle savait qu'elle pouvait obtenir de lui tout ce qu'elle voulait. Elle n'était pas dupe, il lui cachait quelque chose et elle finirait savoir ce que c'était. Ce soir, il ne lui résisterait pas. Elle avait enfilé sa nuisette bleu nuit, celle à laquelle il ne résistait jamais. Il chantonnait en toute inconscience de ce qui l'attendait. Il sortit de la salle de bain simplement vêtu d'un caleçon. Il souriait et se dandinait légèrement tout en continuant de chantonner mais il se stoppa net quand il croisa le regard de Kate. Elle était tout simplement éblouissante.

 

« -Ouah ! Qu'est-ce que j'ai fait pour mériter cela? S'exclama-t-il, tout joyeux.

-Mais rien, j'avais juste envie de te faire plaisir et de me faire plaisir par la même occasion, susurra-t-elle d'une voix plus que sensuelle. »

 

Il se précipita alors dans le lit mais dans sa hâte, il trébucha sur les coussins en trop que Kate avait poussés sur le sol. Kate ne put s'empêcher de rire.

 

« -Il n'y a pas mieux comme tue l'amour ! Rit-elle.

-Ne te moque pas, je me suis fait mal, bouda-t-il en s'asseyant sur le bord du lit et en se frottant le coude.

-Oh pauvre chou ! Tu voudrais que je te réconforte ? Demanda-t-elle d'une voix plus douce mais calculée.

-Oui, ce serait bien, répondit-il d'une voix toujours renfrognée. »

 

Elle se plaça derrière lui, enroula ses bras autour de son cou et le serra contre lui.

 

« -Dis-moi, dit-elle de sa plus belle voix suave, où as-tu mal mon chéri ?

-Là, répondit-il de sa voix de petit garçon en montrant son coude. »

 

Elle le força à s'allonger et monta à califourchon sur lui et enferma ses poignets dans l'étau de ses mains. Le regard de Castle se noircit alors instantanément d'un désir certain. Elle se pencha sur lui. Leurs souffles se mêlèrent et les cheveux de Beckett lui tombèrent sur le visage. Il ferma les yeux, anticipa ce qui allait sepasseret ne put empêcher un frisson de lui parcourir l'échine. Mais rien ne vint.

 

« -J'ai besoin d'un bisou magique, murmura-t-il avec le peu de contenance qu'il avait encore.

-Comme ça ? Demanda-t-elle en déposant un léger baiser sur ses lèvres.

-Non, bougonna-t-il, tu es une meilleure infirmière d'habitude. »

 

Elle se pencha alors pour l'embrasser pleinement, leurs langues se joignant et se rejoignant dans une bataille sans fin. Elle retraça ensuite les contours de sa mâchoire avant de s'éloigner. Elle savait que si elle se laissait aller, elle céderait à son corps et ses désirs. Et elle ne le voulait pas. Pas encore du moins. Il grogna quand elle s'éloigna de lui.

 

« -Encore, souffla-t-il, j'ai encore mal. »

 

Elle enfouit alors sa tête dans son cou sans relâcher la pression de ses mains sur ses poignets. Elle l'embrassa, le mordilla jusqu'à ce qu'il gémisse. Ça y est, il était à sa merci. Elle commença à bouger légèrement sur son bassin et elle le sentit réagir aussitôt. Un sourire étira ses lèvres.

 

-Dis-moi Castle, qu'est-ce que tu me caches ? Demanda-t-elle alors qu'elle traçait une ligne de baiser brûlants dans le creux de sa clavicule.

-Je... Je... Rien du tout, réussit-il à articuler.

-Ne me mens pas, Rick, dit-elle en le mordant. »

 

Il laissa échapper un cri entre la douleur et le gémissement. Il essayait de revenir à des idées claires mais elle était tellement douée pour lui faire perdre tous ses moyens. Et ces mouvements sur son bassin... Elle allait le tuer !

 

« -Je sais que tu me caches quelque chose, continua-t-elle en mordillant maintenant le lobe de son oreille.

-Non... Laisse-toi... Laisse-toi surprendre... haletait-il sous ses caresses.

-Aller, dis-moi, insistait-elle de sa voix suave et sexy.

-Ce sera la plus belle surprise de ta vie alors laisse-moi faire pour une fois, réussit-il à dire dans un éclair de lucidité avant qu'elle n'obtienne ce qu'elle voulait. »

 

Elle grogna et se redressa. Castle profita du relâchement de sa vigilance pour reprendre le dessus. À son tour, il emprisonna ses poignets dans ses mains mais il ne résista pas à la tentation qu'elle était. Ses lèvres entrouvertes étaient à damner. Il l'embrassa et elle se laissa faire, vaincue.

 

« -Ce sera magique, tu verras, dit-il alors qu'il infligeait à son cou les mêmes tortures qu'elle lui avait fait subir quelques minutes auparavant. »

 

Elle grogna comme pour protester mais prise à son propre jeu, cela ressembla plus à un gémissement. Il descendit dangereusement à la naissance de sa poitrine, embrassant, goûtant, suçant, mordillant le moindre centimètre de peau que laissait voir sa nuisette.

 

« -T'as gagné pour cette fois, souffla-t-elle, pour cette fois, ne put-elle s'empêcher de rajouter. »

 

Il sourit contre la peau de sa poitrine avant de venir s'emparer de ses lèvres. Et c'est contre sa bouche, qu'elle lui intima de lui faire l'amour.

 

Hôtel South Bay, New-York

 

Colin Bennett se réveilla en sursaut.

 

« -Alice ? Demanda-t-il en tournant la tête vers son lit où elle n'était plus. »

 

Il se leva et chercha sa fille des yeux en tournant sur lui-même. Il fit le tour du lit de sa fille avant de la trouver, à même le sol, inconsciente.

 

« -Alice ! S'écria-t-il, Alice ! »

 

Il se mit à secouer le corps inerte de sa fille mais sans conséquence, ses yeux restaient désespérément fermés. Il tâta son pouls dans un élan de lucidité. Il en trouva un, faible mais perceptible. Il l'allongea sur le côté, caressa ses cheveux rapidement avant de se lever et d'appeler à l'aide.


JAusten  (02.10.2014 à 18:45)

Chapitre Trente Deux

 

Lenox Hill Hospital, New-York

 

Il était épuisé, il avait passé la nuit à veiller sa fille. Les médecins lui avaient dit qu'il pouvait rentrer, qu'il ne pourrait rien faire de plus pour elle mais il n'avait pu se résoudre à la laisser seule. Cela aurait été comme l'abandonner. Encore. Et il ne pouvait plus se le permettre. Alice avait repris connaissance quelques minutes après son arrivée à l'hôpital mais elle était dans un tel état d'agitation que les médecins lui avait administréun tranquillisant pour qu'elle dorme toute la nuit. Les médecins l'avait rassuré, elle irait mieux le lendemain au réveil. Ce n'était qu'une grosse crise d'angoisse. Mais il se demandait comment elle pourrait aller mieux à son réveil. Sa sœur venait de mourir. Et sa mère lui manquait toujours atrocement. Il avait alors rapproché le fauteuil du lit de sa fille et avait pris sa main dans la sienne. Sa main était si froide. Il se rappela alors le jour où il était entré dans cette morgue pour identifier sa femme. Il avait eu le même geste. Sa main était aussi froide que celle d'Alice aujourd'hui. Alice était le portrait de sa mère. Depuis le tout premier jour. Mais, avec le temps, elle s'était différenciée de sa mère. Elle avait pris du caractère. Un sale caractère, ne put-il s'empêcher de penser. La petite fille timide qu'elle avait été avait progressivement laissé place à une adolescente revêche. On ne peut pas dire qu'elle avait été de ces adolescentes rebelles mais elle s'était forgée ses opinions sur lui, sur leur famille et sur la vie. Sa fille n'avait jamais été dupe.

 

« -Je suis tellement désolé, Alice. Pour tout, souffla-t-il. »

 

Quelqu'un frappa à la porte ce qui le fit sursauter. Il se tourna et vit apparaître un jeune homme qu'il ne connaissait pas. Il ne semblait pas non plus appartenir au corps médical.

 

« -Bonjour Monsieur, dit-il poliment, je suis un ami d'Alice, Benjamin.

-Entre, répondit Monsieur Bennett, comment tu as su qu'elle était ici ?

-J'ai été au poste de police dont Alice m'avait parlé et on m'a dit qu'elle était ici. Comment va-t-elle ?

-Pas très bien mais elle devrait bientôt se réveiller. »

 

Benjamin s'approcha et caressa tendrement la joue de sa fille. Ce n'était pas seulement un ami, constata Colin.

 

« -Je vais te laisser avec elle, j'ai besoin d'un... il s'interrompit. »

 

Il se frotta les tempes. Il avait besoin d'un verre. Ses mains tremblaient, il était en manque mais il devait tenir.

 

« -D'un café, se reprit-il, tu veux quelque chose ?

-Non merci, sourit Benjamin. »

 

Colin hocha la tête et sortit de la chambre. Benjamin s'assit alors à la place du père d'Alice et lui prit à son tour la main.

 

« -Hey Alice ! C'est moi, Benjamin, je suis arrivé tôt ce matin... et je ne repartirai pas sans toi. »

 

Il déposa un baiser à l'intérieur de la paume de sa main.

 

« -Tu m'as manqué tu sais. Stanford sans toi n'est plus pareil. »

 

Il soupira. Il ne savait pas si elle l'entendait mais il était si heureux d'être, enfin, près d'elle.

 

« -Aller, Alice, réveille-toi, chuchota-t-il. »

 

Mais elle restait inanimée. Avec son teint blafard, il aurait presque pu la comparer à une poupée de porcelaine. Les mêmes qui peuplaient ledessus des armoires de sa grand-mère, pensa-t-il. Mais Alice ne pouvait être l'une d'entre elles, ces poupées avaient terrorisé plus d'une de ses nuit passées chez sa grand-mère. Il frissonna et, sa main toujours dans celle d'Alice, il crut la sentir sursauter. Mais ses yeux étaient toujours clos et elle était toujours aussi immobile.

 

« -Tu n'es pas obligée de te réveiller tout de suite, Alice, mais je reste près de toi, quoi qu'il arrive. »

 

Il se leva, déposa un baiser à la commissure de ses lèvres et se rassit confortablement dans le fauteuil en sortant un bouquin de son sac. Sa lecture ne fut pas constructive, il ne pouvait s'empêcher de jeter des coups d’œil à cette jeune fille dont il était tombé amoureux avant d'avoir eu le temps de le réaliser.

 

Loft de Castle

 

Quand Kate se réveilla, Rick n'était plus dans le lit, comme la veille. Elle sentait déjà la douce odeur de café lui envahir les narines. Elle s'étira. Le lit était grand et presque austère sans Rick. Elle se sentait bien ce matin, probablement était-ce dû à la nuit qu'ils avaient passée... même si elle n'avait pas réussi à savoir ce qu'il mijotait derrière son dos. Il voulait qu'elle se laisse aller mais ce n'était pas si facile quand on est une adepte du contrôle. Et ce qui l'agaçait d'autant plus, c'est qu'elle n'avait vraiment aucune idée de ce qu'il lui réservait. Elle se redressa dans le lit et se rendit compte qu'il était déjà six heures et quart.

 

Dans la cuisine, Castle s'était affairé à faire des pancakes alors que sa mère et sa fille étaient accoudées au bar.

 

« -Papa, tu m'accordes ma soirée ? Demanda Alexis.

-Pourquoi ? S'enquit-il aussitôt.

-J'aimerai aller voir des amis et tout est presque prêt pour...

-Chut ! S'exclama-t-il en regardant autour de lui à l’affût.

-Quoi ? Demandèrent de concert Alexis et Martha.

-Kate se doute de quelque chose alors il ne faut pas parler de vous savez quoi ici ou du moins quand elle là.

-Kate dort, Papa.

-On ne sait jamais, dit-il circonspect, elle a des oreilles bioniques parfois.

-Des oreilles bioniques ? Releva sa fille, le sourcil levé.

-Tu es surtout parano, répondit Martha en prenant un pancake sur la pile.

-On n'en parle pas ! Dit-il catégorique, pas question de tout gâcher maintenant.

-Comme tu voudras mais est-ce que je peux sortir ce soir ?

-Tu me demandes l'autorisation ? S'étonna Castle.

-Je ne te demande rien du tout, je veux seulement être sûre que tu n'auras pas besoin de moi.

-Non, tout est en place, tu peux aller t'amuser.

-Super, merci Papa.

-Et tu vas faire quoi ? Demanda-t-il l'air de rien.

-Je ne crois que cela te regarde, répondit Alexis en souriant, mais ne t'inquiètespas, je serai rentrée tôt.

-Oh, je demandais ça comme ça, tu fais ce que tu veux, rétorqua-t-il, faussement détaché.

-Mh, sourit Alexis. »

Elle se leva, déposa un baiser sur la joue de sa grand-mère et puis un sur celle de son père.

 

« -Je t'aime Papa, dit-elle, je vais travailler, à ce soir, continua-t-elle en s'élançant vers la porte.

-Bonne journée, ma chérie, répondit son père. »

 

Il déposa le dernier pancake sur l'assiette avant de déclarer :

 

« -Il y a trop de cachotteries dans cette famille, je n'aime pas ça.

-Ta fille est assez grande pour sortir sans te faire de compte rendu.

-Mouais...

-Aller c'est de son âge ! Le réconforta Martha.

-Elle pourrait quand même me dire où elle va, je ne l'ai jamais empêchéde faire ce qu'elle voulait. »

 

Martha se racla la gorge.

 

« -Pi ne compte pas ! Au final, elle a fait ce qu'elle voulait quand même, râla-t-il.

-Et oui, les enfants ne font pas toujours ce que l'on voudrait ce qu'ils fassent. Suffit de te regarder, dit-elle d'humeur taquine. »

 

Il marmonna quelque chose d'incompréhensible alors qu'il remplissait sa deuxième tasse de la journée.

 

Kate fit alors son entrée dans la cuisine. Elle salua Martha et embrassa Rick sous le regard attendri de Martha avant de prendre la tasse que lui tendait son fiancé.

 

« -Qu'est-ce qu'il a ? demanda Kate à Martha.

-Il n'aime pas que sa fille lui cache des choses, répondit alors Martha.

-Mère ! Protesta Rick.

-Il est bien placé pour critiquer, lâcha Kate. »

 

Castle soupira.

 

« -Kate, je... »

 

Mais il fut interrompu par la sonnerie du téléphone de Beckett.

 

« -Beckett ! Oui... Comment va-t-elle ?... Très bien, j'arrive. »

 

Elle raccrocha, vida sa tasse et lança :

 

« -Aller au boulot, Castle !

-Mais... et le petit-déjeuner ?

-Plus tard, Castle, cria-t-elle de l'entrée, manteau déjà enfilé. »


JAusten  (22.10.2014 à 20:23)

Chapitre Trente Trois

 

Lenox Hill Hospital

 

Quand Kate et Castle arrivèrent dans le dédale de couloirs de l'hôpital, l'écrivain râlait encore de ne pas avoir pu finir son petit-déjeuner. Kate levait les yeux au ciel de temps à autre mais tous deux cessèrent leurs disputes futiles quand ils croisèrent le chemin de Colin Bennett à la machine à café. Il grimaçait à chaque gorgée. Il avait sans doute besoin de quelque chose de plus fort, pensa Beckett. Il avait des cernes, le teint pâle et ses mains tremblaient. Il n'avait pas dormi et il était en manque.

 

« -Lieutenant Beckett, dit-il poliment quand il l'aperçue. »

 

Elle lui offrit un sourire rassurant.

 

« -Comment va Alice ?

-Crise d'angoisse mais elle va bien. On attend qu'elle se réveille. Un de ses amis est avec elle dans la chambre.

-D'accord. Je vais aller voir si elle est réveillée, on a besoin d'elle pour coincer le meurtrier d'Anna.

-Allez-y doucement... Je ne voudrais pas qu'elle...

-Ne vous en faîtes pas, je ne la brusquerai pas, sourit Beckett.

-D'accord. »

 

Kate frappa deux coups à la porte avant de l'ouvrir. Elle découvrit un tableau charmant en entrant dans la chambre. Alice avait presque le visage détendu, les yeux dans ceux du jeune garçon qui se tenait près d'elle.

 

« -Bonjour, dit Beckett, doucement pour ne pas les effrayer. »

 

Le garçon s'éloigna presque instantanément. Kate crut même le voir rougir.

 

« -Je vais vous laisser, annonça alors Benjamin, je reviens dès que vous avez fini, dit-il dans un sourire à Alice.

-J'ai hâte, répondit-elle d'une voix pâteuse. »

 

Il déposa un baiser sur son front avant de s'éloigner du lit.

 

« -Allez-y doucement, ça ne fait que deux minutes qu'elle a ouvert les yeux, souffla Benjamin en passant à côté de Beckett.

-Je te le promets, répondit-elle, rassurante. »

 

Beckett s'assit, à son tour, dans le fauteuil près du lit d'Alice. Cette dernière passa une main sur son visage et se redressa un peu dans le lit.

 

« -Tu as fait une belle frayeur à ton père.

-Ouais, je... je sais pas trop ce qui s'est passé. C'était comme un surplus d'émotions, j'ai pas réussi à les gérer.

-Et personne ne t'en veux. Ton père t'a veillé toute la nuit.

-Il aurait pas dû, répondit-elle en se frottant les yeux.

-Pourquoi dis-tu cela ?

-Il va avoir envie de boire. Et je le déteste quand il a bu.

-Il est en train de boire un café tu sais. Il fait des efforts pour toi.

-C'est trop tard, c'est avant qu'il fallait les faire.

-Il n'est jamais trop tard, Alice. Il faut juste que tu gardes espoir.

-J'sais pas si j'en suis capable.

-Ne te sous-estimes pas, tu es plus forte que tu ne le crois, sourit Beckett. »

 

Alice passa une nouvelle fois sa main sur le visage.

 

« -Je dois avoir une tête d'enfer, dit-elle dans un grognement.

-Oui, avoua Beckett dans un sourire, mais visiblement ça n'a pas l'air de déranger ce garçon.

-Benjamin, sourit-elle, il est génial. Même quand...

-Oui ? »

 

Des larmes se glissèrent aux coins de ses yeux.

 

« -J'ai revu Adam après la mort d'Anna. Je...

-Qu'est-ce qui s'est passé ?

-Il m'a emmené chez lui. Il m'a beaucoup aidé quand ma mère est morte. C'était le seul moment où je me sentais vivante, où je ne me sentais pas totalement abattue. Avec lui, je n'avais pas besoin d'être forte.

-Vous vous êtes séparés quand ?

-Un peu avant la fin du lycée. Quand j'ai appris que je pourraisentrer à Stanford, j'ai mis toutes les chances de mon côté pour y arriver. Et je ne l'aimais pas, c'était juste ma manière de dire stop.

-Et il l'a bien pris ?

-Il était... il était déçu mais il a accepté.

-Vous avez eu des contacts après cela ?

-Non... Aucun jusqu'à il y quelques jours...

-D'accord, qu'est-ce que tu as fait chez lui ?

-J'ai couché avec lui, avoua-t-elle dans un sanglot, je voulais pas mais je l'ai fait quand même. J'ai voulu qu'il arrête mais je l'ai laissé faire.

-Pourquoi ?

-J'sais pas mais j'voulais pas, j'voulais pas....

-Calme-toi, c'est fini, Alice. On va le retrouver et on va le faire payer, d'accord ? Pour tout ! »

 

Elle essuya ses larmes et essaya de se redonner contenance.

 

« -Est-ce que tu pourrais me dire les lieux que fréquentait Adam ?

-Les choses ont changé, je ne sais pas. Il passait beaucoup de temps chez ses parents. Ils... ils sont au courant ?

-Non, ils n'ont pas encore été prévenus. Ils étaient injoignables hier et n'étaient pas chez eux non plus. J'essaierai de les trouver dans la journée.

-Ouais, murmura-t-elle presque absente.

-Quels lieux aviez-vous l'habitude de fréquenter au lycée ?

-On errait dans les rues, dans les parcs. On n'avait pas d'endroit précis. Sauf... euh...

-Oui ? La poussa Beckett.

-Il m'emmenait souvent dans un restaurant.

-Tu aurais l'adresse ?

-Oui, oui.

-Il est peut-être repassé par là-bas. Pas d'autres endroits ?

-Il y a ce cinéma aussi... On y est allé une fois ensemble. C'est le cinéma sur la 20ème qui ne diffuse que des films déjà sortis. Ils ont repassé Moulin Rouge ! J'adore ce film, il m'y avait emmenée pour mon anniversaire. Mais sinon, on marchait sans but précis.

-D'accord, on va aller vérifier.

-Il faut que vous le retrouviez, supplia-t-elle presque.

-On va le retrouver, lui assura Beckett.

-Benjamin pourrait revenir ?

-Je vais le chercher, lui sourit Kate en se levant. »

 

Quand Beckett arriva près de la machine à café, Castle, Colin Bennett et Benjamin étaient assis en cercle autour d'une table. Bennett avait les yeux fixés sur Benjamin qui, mal à l'aise, se triturait les mains et détournait le regard. Mr Bennett posait le même regard sur Benjamin que celui que posait Castle sur les prétendants de sa fille. Tout n'était pas perdu pour cet homme, il aimait sa fille même s'il ne savait pas comment lui montrer. Castle, lui, était absorbé sur son téléphone, sûrement en train de pulvériser le score de « elle ne savait quel jeu ».

 

« -Votre fille va bien, Monsieur Bennett.

-Ce jeune homme me l'a dit, répondit-il, le visage plus serein qu'il y a encore quelques minutes.

-Elle demande à te voir d'ailleurs, Benjamin, lui dit-elle en se tournant vers lui.

-Oh je... il se tourna vers Bennett.

-Tu peux y aller, dis-lui que j'irai la voir quand vous aurez fini.

-Merci, dit-il en hochant la tête et en se levant. »

 

Il le regarda s'éloigner, le regard circonspect.

 

« -Ma fille me cache des choses, déclara-t-il.

-La mienne aussi, marmonna Castle sans détourner le regard de son téléphone.

-Aller Castle en route ! Quant à vous, Monsieur, restez dans l'hôpital où l'agent peut vous garder à l’œil. Nous vous tiendrons informé de l'avancée de l'enquête.

-Merci Lieutenant. »

 

Elle commençait à s'éloigner quand elle se rendit compte que Castle ne la suivait pas. Il n'avait pas bougé de la chaise alors que Monsieur Bennett s'était déjà éloigné. Il faisait toutes sortes de grimaces plus amusantes et ridicules les unes que les autres sans s'être rendu-compte que les personnes l'entourant ne l'entouraient justement plus.

 

« -Castle ?

-Hein ?

-Castle !

-Oh aller, Kate, laisse-moi finir la partie ! C'est bientôt fini, j'te l'jure !

-Castle, tu finiras plus tard !

-Mais j'ai battu mon record et si je continue, je vais battre ce morveux de Jimmy...

-Jimmy ? S'étonna-t-elle.

-Oui, c'est...

-Un ami virtuel, déduit-elle, bon, Castle, tu te dépêches !

-Mais... mais s'il te plaît euh...

-Il n'y a pas de s'il te plaît qui tienne ! Si tu tiens à rester, reste ! »

 

Elle montait dans l’ascenseur quand il traversa le couloir en courant pour qu'elle ne s'en aille pas sans lui.

 


JAusten  (25.10.2014 à 20:16)

Chapitre Trente-Quatre

 

Tribeca, New-York

 

En partant de l'hôpital, Beckett avait appelé Ryan pour savoir s'il avait eu des nouvelles d'Adam durant la nuit ; mais personne ne l'avait vu depuis le passage à tabac de son voisin. Elle avait alors, avec Castle, prit la direction de Tribeca où logeaient les parents du jeune homme. Elle espérait qu'il serait chez eux au vu de l'heure matinale. Esposito était déjà passé la veille sans succès.

 

« -Ouah sympa l'immeuble, siffla Castle.

-Dit celui qui vit dans un immeuble semblable.

-Celui-là est mieux. Il a un style plus contemporain... Peut-être devrais-je investir, fît-il pensif.

-Investir ? Mais pourquoi ?

-Je ne sais pas... Tu sais, par les temps qui courent, l'immobilier est une valeur plutôt sûre...

-Et depuis quand tu t'intéresses à l'économie ?

-Depuis qu'Alexis a pris « économie » en option le semestre dernier. Elle me parlait de choses que je ne comprenais pas alors j'ai fait quelques petites recherches. Je ne voulais pas avoir l'air idiot devant ma fille.

-Alexis ne t'a jamais considéré et ne te considéreras jamais comme un idiot.

-Ah ouais ? Et comment tu sais ça ? Demanda-t-il une pointe de fierté dans la voix.

-Ta fille t'admire, dit-elle dans un haussement d'épaule, même si tu es envahissant, agaçant et puéril.

-Et voilà, t'as tout gâché, bougonna-t-il. »

 

Appartement 352

 

Beckett frappa deux fois à la porte. Ils attendirent quelques secondes avant que quelqu'unnevienne ouvrir. Une femme, assez jeune, vint ouvrir.

 

« -Madame Green ?

-Oh non, fit-elle de sa voix fluette, je ne suis que la femme de ménage.

-Pardon, dit-alors Beckett, je suis le lieutenant Beckett de la police de New-York, est-ce que je pourrais parler à Monsieur ou Madame Green ?

-Ils sont encore dans leur chambre. Ils rentrent d'un voyage d'une semaine en Europe.

-Pourriez-vous aller les prévenir ? C'est important.

-Je vais voir ce que je peux faire. Entrez, ajouta-t-elle, avant de disparaître. »

 

Elle revint quelques minutes plus tard, les épaules rentrées et le visage fermé. Ses patrons ne devaient pas être des personnes tendres.

 

« -Monsieur et Madame Green vont vous recevoir, ils vous demandentseulement quelques minutes, le temps de se rendre présentables.

-Bien, merci mademoiselle...

-Graves. Aileen Graves, finit-elle.

-Vous travaillez ici depuis longtemps ? Demanda alors Beckett.

-Bientôt deux ans.

-Vous connaissez le fils des Green alors ?

-Oui. Adam.

-Vous vous entendez bien avec lui ?

-Adam est un garçon difficile. Il a été trop délaissé par ses parents, il est sec et froid la plupart du temps. Il fait semblant de ne pas me voir quand il entre dans une pièce. Une habitude que lui a enseignéeson père, dit-elle un peu plus bas, on ne mélange pas les torchons avec les serviettes, vous savez. »

Beckett lui sourit, compatissante.

 

« -Est-ce qu'Adam est revenu ici récemment ?

-La dernière fois que je l'ai vu ici, c'était pour le déjeuner de charité qu'a donnéson père il y a quinze jours. Je ne crois pas qu'il soit revenu depuis.

-Comment était-il la dernière fois que vous l'avez vu ?

-Normal, je dirais. Il était aussi fermé que d'habitude. Il n'a pas décroché un mot du repas. Son père était en colère qu'il n'ait pas validé son année universitaire. Ils se sont disputés un peu avant l'arrivée des premiers invités. Enfin, c'est surtout Monsieur qui a crié.

-Adam ne s'entend pas avec ses parents ? S'enquit alors Beckett.

-Pas vraiment... Son père tenait à ce qu'il fasse des études d'économie afin qu'il soit en mesure de prendre sa succession mais l'économie n'était pas le domaine de prédilection d'Adam. Il aime les tatouages, il voulait ouvrir sa propre boutique. Monsieur n'a pas voulu en entendre parler.

-Et Madame Green qu'en pensait-elle ?

-Madame ne se soucie guère d'Adam. Elle n'est que sa belle-mère, vous savez.

-Pourtant, officiellement, Adam est son fils, remarqua Beckett.

-Elle a adopté le fils de Monsieur deux ans après leur mariage. Adam n'était qu'un petit garçon à l'époque.

-Où estla mère d'Adam ?

-Elle est morte. Un cancer. Adam n'avait que trois ans. C'est un jeune homme triste, je pense que sa mère lui a toujours fait défaut. D'après ce que l'on dit, la première femme de Monsieur était bonne.

-Est-ce qu'Adam était violent ?

-Violent ? Non ! C'est un bon garçon ! Adam est seulement...

-Ça suffit ! L'interrompit la voix grave de Monsieur Green, Aileen, la table du petit-déjeuner ne va se dresser toute seule.

-Bien entendu, Monsieur, répondit-elle en s'inclinant légèrement. »

 

Aileen disparutdans la pièce d'à côté alors que Monsieur Green s'asseyait sur le divan, imitépar sa femme.

 

« -En quoi puis-je vous aider ? Demanda-t-il à Beckett d'un ton impersonnel et froid. »

 

Ils n'étaient clairement pas les bienvenus.

 

« -Je suis le lieutenant Beckett de la Criminelle et voici Monsieur Castle. Nous aimerions vous poser quelques questions sur votre fils, Adam.

-Adam ? Qu'a t-il fait ? Questionna-t-il sans avoir réellement l'air de s'en soucier.

-Vous n'avez pas regardéles informations ?

-Ma femme et moi sommes rentrés de voyage cette nuit, nous n'avons pas eu le temps pour ce genre de futilités. »

 

L'air supérieur que prenait Green commençaità taper sur les nerfs de Beckett.

 

« -Votre fils est recherché par la police. Pour meurtre. »

 

Madame Green ouvrit de grands yeux et mit une main devant sa bouche alors que son mari restait toujours aussi impassible.

 

« -Vous devez faire erreur. Mon fils est un bon à rien, il ne serait pas capable d'un tel acte.

-Je ne fais pas erreur, Monsieur, rétorqua Beckett d'un ton sec, il y a des preuves. Votre fils a tué une petite fille de sept ans et il est soupçonné d'avoir tué la mère de cette même petite fille, il y a quelques années.

-Ce... Ce n'est pas possible, dit-il d'un ton moins prétentieux.

-Je suis désolée, dit alors Beckett radoucie elle-aussi, j'aimeraisvous poser quelques questions.

-D'accord...

-Avez-vous déjà entendu parler de la famille Bennett ?

-Non. Est-ce une famille réputée ?

-Non, Monsieur. Mais votre fils a fréquenté leur fille aînée, Alice, quand il était au lycée. Et nous avons retrouvé des photos de la mère d'Alice dans sa chambre d'étudiant.

-Je... Je ne suis pas au courant de cela. Je n'ai jamais entendu parler de cette Alice ou bien même de sa mère.

-Il a essayé de t'en parler, une fois, dit doucement Madame Green.

-Vraiment ? S'étonna-t-il, presque énervé que sa femme prenne la parole.

-Oui. C'était au cours d'un repas, il a parlé d'une fille qu'il aimait bien mais tu lui as dit qu'il n'avait pas le temps de se consacrer à ce genre de futilités, qu'il aurait le temps de trouver une femme plus tard.

-Je ne m'en rappelle pas, dit-il simplement.

-Comment a réagi Adam ?

-Il n'a rien dit comme à son habitude, répondit Madame Green.

-Quand avez-vous vu votre fils pour la dernière fois ?

-C'était il y a deux semaines pour notre habituel gala de charité.

-Comment l'avez-vous trouvé ?

-Comme à son habitude, taciturne. Ce gamin n'a pas l'âme d'un battant.

-Peut-être avait-il seulement besoin d'attention et d'amour, glissa Castle resté silencieux jusque-là.

-Qu'entendez-vous par là, je vous prie ?

-Oh rien, fit-il ironique.

-Mon fils n'est pas capable de commettre un meurtre, Lieutenant, je vous assure.

-Les preuves ne mentent pas, Monsieur, répliqua-t-elle. »


JAusten  (29.10.2014 à 18:19)

Chapitre Trente-Cinq

 

Quelque part dans les rues de New-York

 

Il avait froid. Si froid. La nuit avait été longue. Il avait vu les minutes s'écouler une à une. Il avait dû somnoler une demieheure car il ne se rappelait pas avoir vu passer quatre heures du matin. Il était fatigué. Il aurait aimé se blottir au fond de son lit, s'enrouler dans sa couette comme quand il était petit. Il se sentait vulnérable à cet instant précis. Toutes ses idées lubriques au sujet d'Alice avaient disparu. Seuls le froid et la faim le tenaillaient. Il savait que sa vie ne pourrait redevenir celle qu'elle avait été mais à ce moment-là, il aurait aimé pouvoir rentrer chez lui et tout oublier. Mais quand le visage souriant d'Alice s'affichait dans ses pensées, toutes traces de regrets disparaissaient. Il la désirait tellement qu'il ne pouvait regretter. Il aurait aimé qu'elle soit là, il se serait blotti dans la chaleur de ses bras. Il n'y avait qu'avec qu'elle qu'il ressentait cette plénitude. Quand il était avec elle, le monde extérieur ne comptait plus. Alors qu'il marchait dans les rues de New-York, il pensait à elle d'une manière douce, plus de cette façon bestiale qui l'animait la plupart du temps. Il n'était pas question de sexe ce matin, il était question de tendresse, de délicatesse. Il était comme un petit garçon perdu à la recherche de sa maman. Son foulard était toujours vissé sur sa tête et ses lunettes posées sur son nez mais il était moins sur ses gardes. Il était comme ivre. Il titubait presque, le manque de sommeil le rendait presque hébété. Il s'arrêta à un stand à l'entrée d'un parc et dépensa ses derniers dollars dans l'achat d'un beignet au chocolat. Il n'avait plus rien maintenant. Deux options s'offraient à lui. Soit, il attrapait Alice aujourd'hui soit c'est lui qui se faisait attraper. Mais dans les deux cas, il ne savait pas ce qu'il allait lui arriver. Il savait seulement une chose. Il avait besoin d'Alice.

 

Tribeca, Appartement 352, New-York

 

« -Les preuves ne mentent pas, Monsieur, répliqua Beckett.

-Pourquoi ? Demanda-t-il soudain désemparé.

-Il est fou amoureux d'Alice et nous pensons que c'est pour cette raison qu'il a commis ce meurtre. Il avait l'intention de profiter de la tristesse d'Alice pour se rapprocher d'elle.

-Mais c'est complètement tordu, constata Green.

-Il faut que vous nous aidiez à le retrouver. On pense qu'il a l'intention de s'en prendre à Alice.

-Mais pourquoi ? Demanda une nouvelle fois Green.

-Parce qu'il la veut pour lui seul. »

 

Il secoua la tête comme réalisant soudain que son fils n'était pas celui qu'il croyait. Jamais Green n'aurait imaginé son bon à rien de fils commettre un tel acte. Adam était solitaire et éternellement triste. Il ne l'avait plus vu sourire depuis la mort de sa mère. Il lui avait pourtant semblé qu'Amanda pourrait être une nouvelle mère pour lui mais sa nouvelle femme et son fils ne s'étaient jamais vraiment entendus.

 

« -Comment pouvons-nous vous aider ? Demanda alors Amanda qui voyait que son mari était en état de choc.

-Il faudrait nous donner les lieux que votre fils aimait fréquenter, le nom de ses amis, tout ce qui vous semblerait bon que nous sachions.

-Adam n'a jamais ramené d'amis ici et je ne l'ai jamais entendu parler de qui que ce soit non plus, répondit Amanda.

-Et que faisait-il quand il sortait ?

-Il nous disait simplement qu'il sortait, répondit alors Green sortant de sa léthargie, je lui donnais une heure à laquelle il devait rentrer et il sortait sans rien nous dire de plus.

-Et vous ne vous êtes jamais intéressé à ce qu'il pouvait faire ? Questionna Castle, sidéré.

-Non, il pouvait bien faire ce qu'il voulait du moment qu'il était rentré à l'heure pour le dîner. Vous devriez demander à Charles, notre chauffeur, peut-être pourra-t-il vous en dire plus.

-Bien Monsieur, dit Beckett, nous le ferons. Pourrions-nous aller dans la chambre de votre fils ? Peut-être que l'on pourra trouver des indices sur l'endroit où il se cache.

-Oui, Aileen va vous y conduire. Aileen !! hurla-t-il. »

 

La jeune femme arriva presque aussitôt, tête baissée.

 

« -Oui, Monsieur.

-Montre au Lieutenant et à Monsieur la chambre d'Adam, s'il te plaît.

-Bien Monsieur. Suivez-moi, fit-elle alors à l'intention de Beckett et de Castle. »

 

La chambre était tout au fond du couloir. Elle ne ressemblait en aucun cas à la chambre d'un adolescent. On aurait dit la chambre d'un petit garçon. Les murs étaient bleu pastel et une frise ornée d'avions faisait le tour de la chambre en hauteur. Au-dessus du lit, il y a un avait un immense dessin où plusieurs personnages de Disney se mêlaient. Aileen leur précisa que c'était l’œuvre de la mère d'Adam. C'est ce dernier qui lui avait confié cela un jour. La main d'Adam bébé était gravée dans l'argile, pendue au-dessus de la commode. Sur l'étagère au-dessus du bureau se trouvaient des chaussures de bébé. Les premières d'Adam sûrement. La mère d'Adam avait dû les laisser là avant de mourir, pensant qu'elles finiraient dans une boîte quand son petit garçon grandirait.

 

« -Adam n'a jamais ressenti le besoin de changer de chambre ? Demanda Kate à Aileen.

-Non. C'était son antre, il n'aimait pas qu'on y entre. Il a seulement demandéà son père de lui acheter des draps sobres. Jusqu'à ses quatorze ans, il a dormi dans des draps Mickey. C'est sa mère qui avait décoré sa chambre, je pense que c'était sa façon de la faire vivre encore.

-D'accord, merci Aileen.

-Appelez-moi quand vous aurez fini. »

 

Beckett et Castle se mirent alors à fouiller dans les tiroirs.

 

« -C'est étrange cette idée de vouloir garder sa chambre d'enfant. Quand Alexis a eu douze ans, elle a voulu que j'enlève le rose et les papillons des murs.

-Je crois qu'il a grandi tout seul et sans amour alors que sa mère l'aimait énormément. C'était sa manière de se sentir aimé. Regarde, lui dit-elle en lui tendant un cadre. »

 

Une jeune femme tenait à bout de bras le petit garçon qu'avait été Adam. Ils avaient l'air de tournoyer ensemble, le petit garçon riait aux éclats. Sur cette photo, rien ne présageait, que le petit garçon qu'il avait été, allait devenir un meurtrier.

 

« -Il y a beaucoup de photos de sa mère dans ses tiroirs, constata Beckett.

-Je crois que j'ai trouvé quelque chose, Beckett, dit Castle en ouvrant le double-fond d'un tiroir du bureau, viens-voir. »

 

Castle sortit tout un tas de photos et de documents noirsd'écriture.

 

« -On dirait des emplois du temps, supposa Castle, c'est celui d'Alice quand elle était en terminale. Il en a établi un pour sa mère et celui-ci semble plus récent. Ce sont les sorties d'école d'Anna et ses activités extra-scolaires. Il les a longuement observées, c'est flippant.

-Il y a des tonnes de photos. Il prépare son plan depuis un moment. Regarde les photos d'Anna, on voit qu'elle grandit. Cela fait au moins un an qu'il prépare ça, constata-t-elle.

-Tiens, lui dit-il. »

 

Adam avait soigneusement gardé toutes les notes du restaurant où il avait emmené Alice. Il avait noté le prénom d'Alice à côté de chaque plat qu'elle avait mangé. Il y avait aussi le ticket de cinéma où il avait emmené Alice « Dix-huit ans d'Alice, 29/01/13 » était inscrit au dos.

 

« -Il est littéralement obsédé par Alice, fit Castle, un frisson le parcourant.

-Il y a encore des photos de Karen Bennett posant pour l'objectif.

-Tu crois que c'est lui qui les a prises?

-Il faudra qu'on les montre à Monsieur Bennett et Alice, peut-être qu'il les a tout simplement volées, suggéra Beckett.

-Mh, fit-il sceptique.

-Allez, rapportonsça au poste pour examiner le tout plus en profondeur. Allons interroger le chauffeur de famille. »

 

Ils prièrent les parents d'Adam et Aileen de les prévenir si Adam venait à les joindre avant de descendre rejoindre le chauffeur qui les attendait.

 

Corner Bistro, New-York

 

L'endroit était cosy, authentique. Aussi loin que Ryan s'en souvienne, ce petit resto avait peuplé ses après-midi pluvieuses. Ses parents l'avaient d'abord emmené là avant que lui, à son tour, n’emmène sa première copine quand ilavait eu seize ans.

 

« -C'est là que j'ai emmené ma première copine, annonça-t-il fier à son coéquipier.

-Ici ? Dans un endroit purement américain ? Pourquoi pas dans un pub irlandais ? Se moqua gentiment Esposito.

-Cliché ! Rétorqua-t-il, faussement vexé. J'adore cet endroit ! Les tabourets en bois, le grand bar, les petites tables, la lumière tamisée et la musique.

-T'es trop sensible, bro.

-Ou alors c'est toi qui ne l'est pas assez, suggéra mesquinement Ryan, je me demande comment fait Lanie parfois, continua-t-il pour pousser son coéquipier à bout.

-Tu ne sais pas de quoi tu parles. Et puis, on n'est pas là pour parler petite amie mais pour le boulot. »

 

Ryan étouffa un rire alors qu'Esposito s'approchait du bar en marmonnant.

 

« -Bonjour, Lieutenants Esposito et Ryan de la police de New-York, fit-il au barman en montrant sa plaque.

-Bonjour, que puis-je pour vous ? Une bière ?

-Non merci, nous sommes en service.

-Dommage, je fais une des meilleures bières de la ville !

-T'en penses quoi monsieur j'amène ma première petite amie ici ? Demanda-t-il en se tournant vers Ryan qui lui lança un regard noir.

-Pardon ? Fit le barman perdu.

-En fait, Monsieur, nous sommes là pour une enquête.

-Une enquête ? Mais il ne se passe jamais rien ici, s'exclama-t-il, paniqué.

-Calmez-vous, nous ne sommes pas là pour vous, le rassura Ryan, nous aimerions savoir si vous avez vu récemment ce jeune homme, dit-il en lui montrant la photo d'Adam.

-Oui, oui ! Il vient souvent ici.

-Quand l'avez vu pour la dernière fois ? Se renseigna alors Esposito.

-Je l'ai vu passer plusieurs fois hier. Il se tenait devant et regardait les gens à l'intérieur. On aurait dit qu'il cherchait quelqu'un.

-Sûrement Alice, souffla Ryan.

-Vous rappelez-vous quelle heure il était la dernière fois qu'il est passé ? Enchaîna Esposito.

-C'était aux environs de sept heures hier soir, il me semble. C'était la troisième fois de la journée qu'il passait.

-L'endroit doit être important pour lui, nota Ryan, on va placer un agent en civil au bar si vous êtes d'accord.

-Bien sûr, tout ce que vous voudrez, acquiesça le barman. »


JAusten  (31.10.2014 à 18:23)

Chapitre Trente-Six

 

Tribeca, New-York

 

Après avoir interrogé les parents d'Adam, Castle et Beckett étaient descendus pour rejoindre le chauffeur de la famille qui les attendait.

 

« -Je ne conçois absolument ce qu'Adam a fait à cette pauvre petite fille mais j'ai presque pitié de lui, déclara Castle dans l’ascenseur.

-Il est facile de comprendre comment on devient un psychopathe quand on grandit sans amour, ne put qu’acquiescer Beckett.

-Il n'a eu personne pour lui montrer l'exemple. Il doit prendre le désir qu'il a pour Alice à ce qui rapproche le plus de l'amour. Il a dû oublier comment aimer.

-Ce qui fait de lui quelqu'un d'imprévisible. Il devient vraiment très urgent de le retrouver. Il pourrait se faire du mal comme en faire aux autres.

-Je ne peux pas m'empêcher d'avoir de la peine pour lui alors que quand je repense à la petite Anna, j'ai envie de l'attraper et de le faire payer.

-C'est ton côté Papa poule qui est tiraillé. Anna était une petite fille mais Adam n'est encore qu'un gamin également.

-Je n'aime pas cette sensation.

-Moi non plus, souffla-t-elle. »

 

Elle lui prit la main et elle la serra fort. Si un seul de ces mots ou de ces gestes était capable de lui redonner du courage, de la force, il en était de même pour lui. Il lui sourit, se pencha et l'embrassa furtivement avant de se redonner contenance quand les portes de l'ascenseur s'ouvrirent.

 

Le chauffeur de la famille les attendait dans le hall de l'immeuble comme son patron le lui avait précisé.

 

« -Bonjour Madame, Monsieur,dit-il poliment en les voyant arriver.

-Bonjour Monsieur...

-Doyle, finit le chauffeur, chauffeur attitré de la famille Green.

-On est là pour vous parler...

-De Monsieur Adam, coupa-t-il Beckett à nouveau, je sais. Comment puis-je vous aider?

-Nous aimerions savoir où vous aviez l'habitude de conduire Adam ?

-Monsieur Adam ne me demandait jamais de le déposer à un endroit précis. Il me demandait seulement de le déposer au coin d'une rue, il faisait le reste à pied. Il demandait ensuite que je vienne le chercher à un autre coin de rue. Monsieur était assez énigmatique en ce qui concernait ses sorties. Je crois qu'il avait peur que je dise ce qu'il faisait à son père.

-Donc vous n'avez absolument aucune idée de ce que pouvait faire Adam quand vous le déposiez en ville ?

-Non, aucune idée, désolé.

-Vous ne lui avez jamais demandé ?

-J'ai essayé. Il m'a répondu que cela ne me regardait pas, que j'étais payé pour conduire et non pour poser des questions. Je n'aimais pas quand il prenait les airs de son père, il ressemble tellement à sa mère. Sa mère biologique je veux dire.

-Vous avez connu la mère d'Adam.

-Oui, je travaille pour Monsieur Green depuis vingt-deux ans alors effectivement, j'ai connu Madame. Une femme bonne et généreuse qui aimait son fils par-dessus tout. Elle nous a quitté bien trop tôt.

-Je suis désolée, dit Beckett, merci pour votre temps.

-C'est moi qui suis désolé de ne pas avoir pu vous être d'une grande aide. Je n'arrive pas à croire qu'Adam ait...

-Je suis désolée, répéta Beckett, mais il a vraiment commis un meurtre et cela ne peut rester impuni ne serait-ce que pour la famille de la petite fille assassinée.

-Je comprends, dit-il attristé, je vous souhaite une bonne journée.

- A vous également, répondit Beckett qui prenait la direction de la sortie de l'immeuble. »

 

Ils n'étaient pas plus avancés que ce matin sur la position d'Adam. Ils en savaient seulement plus sur la façon dont il avait vécu. Ils comprenaient maintenant aisément comment il avait pu devenir ce qu'il était devenu. Ils ne le cautionnaient pas ni ne le pardonnaient mais ils comprenaient. Un enfant ne pouvait grandir sans amour sans en subir les conséquences. Mais Beckett avait promis à Alice qu'elle attraperait Adam et elle le ferait, comme elle l'avait précisé au chauffeur, elle ne pouvait pas laisser ce meurtre impuni. Anna aurait mérité de vivre encore de belles années. Ce n'était pas de sa faute si un jeune homme en manque d'amour avait jeté son dévolu sur sa grande sœur. Beckett espérait que Ryan et Espo avaient eu plus de chance de leur côté.

 

Un bar quelconque, New-York

 

Il avait toujours aussi froid. Il n'arrivait pas à se réchauffer. Le soleil brillait mais il avait l'impression que la chaleur des rayons ne l'atteignait pas. Il avait alors aperçu que des gens s'amassaient dans un bar. En s'approchant, il avait compris que le bar diffusait la finale de base-ball d'une équipe junior locale. Il s'était alors faufilé au milieu des supporters et des curieux qui se groupaient autour de l'écran de télévision. Le barman ne l'avait même pas aperçu ce qui lui permit de ne pas payer de consommation. Les cris de joie et la chaleur humaine créée par la foule le réchauffèrentun peu. Mais il était si épuisé qu'il n'arrivait pas à totalement se réchauffer. Ses mains et ses pieds restaient désespérément froids. Il pensait à Alice et àsa peau. Alice avait toujours la peau chaude. Elle n'était pas de ces filles frileuses, elle avait toujours chaud. Il aurait adoré se blottir dans la chaleur rassurante de ses bras. Il aurait logé sa tête au creux de son cou et ses cheveux seraient venus lui chatouiller le haut du crâne. Il adorait cette sensation après l'amour, cela lui rappelait quand il se blottissait dans les bras de sa mère quand il n'était qu'un petit garçon. Mais il savait que cette époque étaitcomplètement révolue. Sa mère était morte. Alice devait savoir maintenant. Elle devait savoir que c'était lui qui avait tué Anna. Elle allait lui en vouloir à mort, il le savait, pourtant il voulait la revoir. Mais il ne savait pas comment faire. La police la surveillait en permanence. Il ne savait pas comment l'atteindre. Il était perdu, il se sentait ridicule, là,blotti au milieu d'inconnus pour trouver un peu de chaleur. Il ferma les yeux un instant. Le temps de reprendre pied, sa tête lui tournait, le manque de sommeil le rendait ivre. Mais c'est aussi à cet instant que l'équipe locale pritdel'avance et qu'une frénésie s'empara de la foule. Tous hurlaient leur joie et se bousculaient. Mais, lui, ne tint pas le choc. Ses jambes cédèrent sous son poids alors que son voisin de devant lui mettait un coup de coude amical. Dans sa chute, son voile s'affaissa sur ses épaules alors que ses lunettes tombèrent au sol. Il les chercha à tâtons mais en vain. Au milieu des pieds qui dansaient de bonheur, elles partirent loin de lui. Sa fatigue lui faisait tout voir au ralenti. Il avait l'impression que, là assis sur le sol, la terre allait céder sous son poids et qu'il allait être englouti. Mais au contraire, l'homme à sa droite se rendit compte de sa chute et le releva.

 

« -Alors gamin, on ne tient plus sur ses jambes ?! Demanda-t-il en lui donnant une claque amicale dans le dos. »

 

Il eut un haut le cœur. Il essayait de remonter son foulard sur sa tête quand, lors de la coupure publicité, un flash infopassa à la télévision. On parlait de lui, on parlait du meurtre d'Anna, on parlait de sa fuite. Il paniqua. Il baissa la tête et essayait tant bien que mal de remonter le foulard sur sa tête mais il n'arrivait pas à remonter ses bras au-dessusde sa tête, il était coincé entre deux grands hommes. Il tenta alors de sortir du bar sans succès. Il était piégé. Il croisa le regard du gars qui l'avait relevé. Les yeux du gars s'écarquillèrent. Il était piégé.

 

« -C'est lui ! Il est là ! C'est l'assassin de la gamine ! Beugla-t-il aux autres. »

 

Adam vit une armée de monstres se jeter sur lui et perdit connaissance.

 

Poste de Police du 12th

 

Castle et Beckett rentrèrent au poste en fin de matinée avec tous les documents qu'ils avaient trouvésdans la chambre d'Adam, chez ses parents. Ils les déposèrent sur le bureau de Beckett avant de les éplucher en attendant le retour des Bros. Il y avait beaucoup de photo. Adam les avait toutes soigneusement annotées. À chaque activité de l'emploi du temps d'Alice, d'Anna ou même de Karen, il y avait une photo qui allait avec. Il avait réussi à reconstituer la vie des trois femmes de la famille Bennett. Mais ce qui leur manquait, c'était le lien entre Adam et Karen. Il avait consigné tout son plan pour approcher Anna. Il devait commencer de l'aborder à la sortie de l'école mais il se doutait que la petite ne le laisserait pas l'approcher comme ça. Anna était intelligente. Il avait alors prévu de commencer à lui parler d'Alice pour gagner sa confiance. Cette confiance lui permettrait de lui soutirer les informations dont il avait besoin. Anna était intelligente mais son jeune âge lui donnait encore une grande naïveté. Il devait lui faire croire qu'il s'appelait Tony comme l'espion de son dessin animé préféré. Il voulait qu'Anna ait l'impression qu'elle était une espionne, elle aussi. Il voulait qu'elle lui donne tout ce qu'il voulait savoir sans qu'elle ne se rende compte de rien. Pour Anna, tout cela devait être une sorte de mission secrète. Et son plan se terminait, bien évidemment, par le meurtre d'Anna. Il avait longtemps hésité sur le comment de son meurtre. Il avait alors pensé à son père qui, ivre, comme tous les jours, ne se rendrait compte de rien. Il voulait lui faire porter le chapeau. Il avait alors prévu de demander à Anna de le laisser entrer un matin. Il inventerait un mensonge en conséquence pour qu'elle croit toujours à cette histoire d'agent secret. On aime bien les histoires d'agent secret quand on est enfant, avait-il ajouté dans ses notes. Il avait alors pu tuer la petite sans que Monsieur Bennett, ivre mort, ne s'aperçoive de rien. Il voulait se venger d'avoir empêché Alice de sortir aussi souvent qu'elle voulait quand ils se fréquentaient. Ensuite, il finirait par la touche finale, le tatouage. Le Elle est à moi symboliserait la phrase du Duc de son film préféré Moulin Rouge, quand à la fin, il croit posséder Satine. Alice serait à lui comme Satine était au Duc. Et il terminait ainsi « Ivre de douleur, elle se jettera dans mes bras comme à la mort de sa mère ».

 

« -J'en ai des frissons dans le dos, murmura Castle, ce gamin est vraiment tordu. Il avait tout prévu de A à Z.

-Pas de A à Z, Castle, il ne précise pas ce qu'il advient d'Alice. Que se passe-t-il quand le désir retombe ? Une fois l'interdit bravé, il n'y a plus autant d'attrait, n'est-ce pas ?

-Il n'arrivera rien à Alice, Kate, elle est sous protection et nous allons retrouver Adam. »

 

Esposito et Ryan débarquèrent à ce moment-là, essoufflés.

 

« -Il a été retrouvé, Beckett ! Dit Ryan entre deux respirations.

-Ils l'amènent au poste, finit Espo. »


JAusten  (02.11.2014 à 18:04)

Chapitre Trente-Sept

 

Poste de Police du 12th

 

Adam Green avait fait une entrée fracassante dans le poste du 12th. Un soulagement s'était échappé de la bouche de tous les flics qui avaient cherché sans relâche ce gamin depuis que les preuves l'avaientdésigné comme coupable. La petite Anna venait d'obtenir justice. Beckett avait appelé Monsieur Bennett qui s'était effondré à l'autre bout de fil. C'était la fin d'un cauchemar même si le bout du tunnel n'était pas encore tout à fait là. Esposito, lui, s'était chargé de prévenir les parents d'Adam qui s'étaient tout de suite mis en route avec l'avocat de la famille. Adam avait été placé en salle d'interrogatoire où un médecin était venu l'examiner. En plus du manque de sommeil, il souffrait d'une sévère déshydratation.

 

Il était maintenant assis, immobile, les mains attachées, le regard dans le vague et sa perfusion dans le bras. Il n'avait pas dit un seul mot depuis qu'ils l'avaient ramené. Kate l'observait derrière la vitre.

 

« -Tu vas pouvoir rendre justice à Alice, dit doucement Castle.

-Oui, sourit-elle, elle va pouvoir commencer à se reconstruire.

-Tiens, dit-il en lui tendant une tasse fumante, pour te donner du courage avant d'aller l'interroger.

-Merci, répondit-elle dans un nouveau sourire. »

 

Une fois sa tasse ingurgitée, elle entra dans la salle d'interrogatoire, Castle sur les talons.

 

« -Bonjour Adam, dit-elle, je suis le lieutenant Beckett. Tu sais pourquoi tu es là, n'est-ce pas ? »

 

Il resta stoïque, le regard fixé sur un point imaginaire situé dans le haut de la pièce derrière Castle et Beckett.

 

« -Tu ne veux pas me parler ? Bien. On n'a pas besoin que tu parles, Adam, on a toutes les preuves suffisantes pour t'inculper. »

 

Adam ne bougea pas d'un cil.

 

« -Tu te rends compte de ce que tu as fait, Adam ? Tu as tué une petite fille. La petite de sœur d'Alice. »

 

Il cligna des yeux à l'entente du nom d'Alice.

 

« -Elle est très mal, tu sais, dit-elle espérant ainsi le faire réagir d'avantage, elle est en colère contre toi. »

 

Il secoua la tête de droite à gauche.

 

« -Oh si, Adam. Très en colère. Elle veut que tu payes pour ce que tu as fait à sa sœur... et à sa mère aussi, n'est-ce pas ? »

 

Il se raidit imperceptiblement.

 

« -Dis-moi, Adam, je comprends le pourquoi du meurtre d'Anna mais Karen... ? Que vient-elle faire dans l'équation ? »

 

Il baissa le regard.

 

« -Pourquoi tuer la mère d'Alice ? Tu voulais qu'elle souffre autant que toi à la mort de ta propre mère ? Tu voulais qu'elle comprenne ta douleur. Dis-moi, je ne comprends pas... »

 

Il essaya de se libérer les mains.

 

« -Tu es en colère ? Et bien, cries ! Dis-moi pourquoi ! Comment as-tu connu Karen Bennett ? Qu’est-ce qu'elle t'a fait pour que tu la tues ? »

 

Ses narines frémirent mais il ne répondit rien. Il sursauta seulement quand des cris se firent entendre derrière la porte.

 

« -Où est-il ?! Où est cette espèce de... ! Je vais le tuer ! Hurla-t-elle en ouvrant la porte.

-Alice, souffla Adam, à mi-chemin entre la crainte et l'admiration.

-Désolé, on n'a pas pu la retenir, lieutenant, dit un agent.

-Elle tenait absolument à venir ici, ajouta Benjamin. »

 

Beckett se leva et s'approcha d'Alice.

 

« -Il faut que tu sortes, Alice.

-Il doit payer. Je vais le faire payer! Cria-t-elle à nouveau.

-Non, pas comme ça, Alice et tu le sais.

-Je te hais ! Cracha-t-elle à la figure d'Adam alors que Beckett la retenait.

-Viens, dit Benjamin d'une voix douce en nouant ses doigts à ceux d'Alice, laisse les faire leur boulot. »

 

Alice se laisse tirer hors de la salle d'interrogatoire alors qu'Adam avait le regard fixé sur les doigts entrelacés d'Alice avec ce garçon.

 

« -Qui c'est ? Demanda-t-il en regardant enfin Beckett.

-Le jeune homme ? Son copain, si j'ai bien compris, dit-elle nonchalamment.

-Allez lui dire qu'elle a couché avec moi, répondit-il, provocateur.

-Il le sait.

-Vous mentez !

-Non, Adam, je ne me mens pas, répondit-elle, toujours aussi calme.

-Je veux parler à Alice.

-Non, Adam, tu ne peux pas.

-Je veux lui parler, répéta-t-il.

-Et la réponse est toujours non. Dis-moi plutôt pourquoi tu as tué sa mère ?

-Je veux lui parler, se borna-t-il à répéter.

-Bien ! Fit-elle agacée. »

 

Elle sortit de la salle d'interrogatoire, un Castle interloqué à sa suite.

 

« -Tu ne vas pas lelaisser lui parler quand même ? S'empressa-t-il de demander une fois la porte refermée.

-Non. Je ne lui donnerai pas ce qu'il veut. Il veut Alice, il doit comprendre qu'il ne l'aura pas.

-Mais je veux lui parler, fit une voix derrière eux. »

 

Alice se tenait debout, appuyée contre Benjamin. Elle n'était guère moins pâle que ce matin.

 

« -Tu ne devrais pas être là, Alice, dit Beckett en les conduisant dans la salle de repos. »

 

Benjamin fit asseoir Alice sur un fauteuil alors qu'elle ne tenait plus sur ses jambes.

 

« -Tu devrais être à l'hôpital, reprit Beckett.

-C'est ce que je me borne à lui dire, renchérit Benjamin, ce qui lui valut une tape de la part d'Alice.

-Je ne peux pas rester à l'hôpital alors qu'il est là. Je dois lui parler, je dois comprendre pourquoi.

-Tu ne peux pas lui parler, répéta Beckett.

-Pourquoi ? S'exclama Alice.

-Parce que ce serait lui donner ce qu'il veut.

-Mais on s'en fout si je comprends au final.

-Alice, tu finiras par comprendre, laisse-moi faire mon boulot, laisse-moi le faire craquer.

-J'ai besoin de cet affrontement.

-Alice... soupira Beckett.

-Je peux lui faire dire la vérité, je le sais. Il me dira tout à moi.

-Il ne dira rien à personne, fit un homme en costume en entrant dans la pièce.

-L'avocat d'Adam Green, présenta Gates qui se trouvait derrière lui.

-Monsieur Green ne dira plus rien sans ma présence. Où puis-je le voir ? Enchaîna l'avocat.

-Agent Culen, veuillez conduire Monsieur Jeeves auprès deson client, dit alors Gates.

-Oui chef. »

 

Une fois l'avocat sortit, Alice se leva.

 

« -Vous n'allez pas le laisser faire quand même ! S'indigna-t-elle, c'est votre coupable !

-Adam Green a droit un avocat, Alice, c'est la loi, dit Beckett.

-Et bien la loi est nulle ! Il devrait crever pour ce qu'il a fait.

-Tu ne pense pas ce que tu dis, intervint la voix de Gates, on ne doit pas souhaiter la mort de gens qu'importe le mal qu'ils ont fait.

-Pourquoi existe-t-il la peine de mort alors ? Demanda Alice, plus calme. »

 

Elle se rassit auprès de Benjamin. L'autorité naturelle de Gates l'avait refroidi dans sa colère noire. La furie qu'elle avait été dans les précédentes minutes s'était tue et avait baissé le regard.

 

« -Ce n'est pas pareil, c'est la justice qui le décide. Toi, en tant que victime,tu ne peux pas vouloir la mort de ton bourreau. Et puis, si tu réfléchis bien, jeune fille, il souffrira plus en croupissant en prison qu'en mourant demain. N'est-ce pas ?

-Vous avez raison, je suis désolée.

-Ne le sois pas, la rassura Gates, ta colère est légitime mais apprends à la contrôler. »

 

Alice hocha la tête avant de se laisser aller dans les bras de Benjamin.

 

« -Beckett, les parents d'Adam Green sont arrivés en même temps que leur l'avocat, annonça alors la capitaine à l'intention de son lieutenant.

-Je vais aller les voir avec Castle, dit-elle alors en se levant.

-Quant à toi, jeune fille, reprit Gates en fixant Alice, ton père va venir te rejoindre et je te prierai de ne pas bouger de cette pièce. L'agent Culen, quand il reviendra, restera avec vous trois. »

 

Alice et Benjamin hochèrent la tête dans un synchronisme parfait. Gates avait cette autorité qui faisait qu'on obéissait sans poser de questions. Seul Castle était encore assez téméraire pour oser se frotter au capitaine Gates.


JAusten  (03.11.2014 à 19:59)

Chapitre Trente-Huit

Salle annexe, poste de Police du 12th

Castle et Beckett étaient allés rejoindre les parents d'Adam Green qui les attendaient, angoissés, dans une autre salle.

« -Que va-t-il arriver à notre fils ? Demanda immédiatement Monsieur Green. »

Il avait beaucoup moins d'assurance que ce matin. Il n'était plus cet homme puissant et ingrat qu'il avait été quand il les avait accueillis dans sa demeure. Il était un père qui se rendait enfin compte de la gravité des actes de son fils.

« -Votre fils devra répondre aux conséquences de ses actes, répondit simplement Beckett sans s'étendre d'avantage.

-Adam va aller en prison, n'est-ce pas ? Demanda Amanda, pragmatique.

-Oui, Madame, ne put qu’acquiescer Beckett.

-Mais peut-être qu'on peut plaider la folie ? Il a perdu sa mère quand il était petit... tenta Monsieur Green.

-Adam a détruit une famille, annonça doucement Kate, ce n'est pas anodin. On ne s'en sort pas comme ça.

-Mais c'est mon fils, le rôle d'un père est de protéger son fils.

-Il est trop tard, je crois, laissa échapper Castle.

-Je sais que je n'ai pas été un très bon père pour Adam, Monsieur, mais ce gamin a toujours refusé de me parler. Il ne jurait que par sa mère.

-Personne ne vous tient responsable de ce qu'est devenu votre fils, assura Beckett, mais il faut que vous vous fassiez à l'idée qu'il ne va pas s'en tirer cette fois.

-Est-ce qu'on pourrait le voir ? Demanda Monsieur Green.

-Pas tout de suite, Monsieur, mais vous pourrez le voir, le rassura Beckett.

-On va attendre ici, annonça alors Amanda qui voyait que son mari perdait contenance.

-On va vous laisser, un agent viendra vous prévenir quand vous pourrez voir Adam, déclara alors Beckett en se levant. »

Salle d'interrogatoire, poste de police du 12th

Adam était toujours droit comme un « i » quand Beckett entra de nouveau dans la salle d'interrogatoire. Castle n'était pas venu avec elle, prétextant un oubli sur la maquette de son prochain livre. Il lui avait menti, une fois de plus. Mais pour l'instant, elle devait rendre justice. Maître Jeeves était penché dans la direction d'Adam mais celui-ci semblait toujours plongé dans son mutisme.

« -Avez-vous fini, maître ? Demanda Beckett.

-Mon client ne répondra plus à aucune question.

-Vraiment ? Lança le lieutenant.

-À moins qu'on lui permette un entretien avec Alice Bennett.

-Vraiment ? Rit presque Kate. Vous croyez vraiment que je vais laisser votre client parler à une potentielle victime ?

-Monsieur Green vous dira tout ce que vous voudrez savoir une fois qu'il aura parlé avec Mademoiselle Bennett.

-C'est vrai, Adam ? Demanda Beckett en le regardant droit dans les yeux.

-Vous n'êtes pas obligé de répondre, Monsieur, elle a sa réponse.

-Arrêter ! Hurla Adam, sortez ! Je ne veux pas d'avocat ! Je ne veux rien qui vienne de cette famille maudite ! Sortez !

-Monsieur, vous ne devriez pas...

-Taisez-vous ! Sortez ! Le coupa Adam.

-Bien, comme vous voudrez. Faîtes-moi appeler s'il désire me parler, fit-il à l'intention de Beckett.

-Je n'y manquerai pas. »

Elle attendit que l'avocat soit sorti avant de demander à nouveau.

« -À nous deux ! Dis-moi ce que tu sais sur Karen Bennett.

-C'est la mère d'Alice.

-Est-ce que tu l'as déjà vu ?

-Oui.

-En quelles circonstances ?

-Sur le téléphone d'Alice. Elle m'avait montré des photos de sa mère.

-Tu mens ! Cria-t-elle en tapant sa main sur la table. »

Adam restait stoïque.

« -En quelles circonstances as-tu rencontré Karen Bennett ?

-Je veux voir Alice.

-Et je t'ai déjà dit que ce n'était pas possible !

-Je veux voir Alice.

-Tu peux le répéter autant de fois que tu le voudras, je ne te donnerai pas l'occasion de lui faire encore plus de mal.

-Je vous dirai ce que vous voudrez mais je veux voir Alice.

-Tu l'as vu toute à l'heure, répondit-elle alors.

-Non, je veux lui parler.

-Et qui te dit qu'elle a envie de te parler ?

-Elle veut savoir, dit-il de son sourire tordu et lubrique, elle est comme vous.

-Tu n'as qu'à tout me dire, je lui transmettrai.

-Je veux parler à Alice, répéta-t-il une fois de plus. »

Quelqu'un frappa derrière la vitre.

« -Réfléchis bien, Adam, ajouta-t-elle avant de sortir de la salle. »

Alice était derrière la vitre.

« -Alice ? Mais qu'est-ce que tu fais là ? Gates ne t'avait pas dit rester dans la salle de pause ?

-Si... Mais mon père a voulu jouer au papa poule, il a voulu parler à Benjamin seul à seul.

-Et tu en as profité pour venir ici, conclut-elle.

-Laissez-moi lui parler, il vous dira ce que vous voulez savoir s'il me parle.

-Je ne peux pas, Alice.

-Mais pourquoi ? Demanda-t-elle sur le ton de la supplication.

-Je n'ai pas le droit de faire ça.

-Et vous êtes vraiment du genre à respecter les règles ? La provoqua Alice. »

Kate soupira. Non, elle n'était pas du genre à respecter les règles. Elle était du genre à rendre la justice.

« -Si je te laisse entrer là-dedans, tu sauras te contrôler ?

-Je veux juste des réponses, rien de plus.

-Rien de plus ? Releva Beckett, sceptique.

-Rien de plus, assura Alice, je vous le promets.

-Tu as cinq minutes et je reste derrière la vitre.

-Très bien, dit-elle en hochant la tête, merci. Merci beaucoup.

-Ne fais rien qui pourrait me faire regretter ce geste.

-Promis, dit-elle dans un sourire. »

Alice commença à s'éloigner.

« -Alice ? L'interpella Beckett.

-Oui ?

-Ne fais surtout rien que tu pourrais regretter toi. »

Elle se pinça les lèvres avant de hocher la tête de nouveau.

Alice s'arrêta devant la salle d'interrogatoire. Elle tremblait légèrement. C'était le moment. Son moment. Des larmes lui montèrent aux yeux mais elle les chassa d'un revers de la main. Elle ne voulait pas qu'Adam voit le mal qu'il lui avait fait. Elle avait envie que ce soit qui lui souffre. Elle voulait tellement lui faire payer le mal qu'il avait fait à sa famille. Elle prit une grande inspiration mais l'air rentrait par bribes. Elle serra les poings très forts pour contrôler ses tremblements. Ses ongles s'enfoncèrent dans ses paumes mais la peur était toujours là. Cette fichue boule dans le creux de son ventre. Cette fichue boule d'angoisse qui ne la quittait presque jamais sauf... sauf quand elle était avec Anna. La joie de sa petite sœur était contagieuse. Elle l'avait toujours été. Le sourire de sa sœur avait le pouvoir d'illuminer une pièce entière. Son regard encore empli d’innocence redonnait espoir au plus réticent des sceptiques. Anna était le bonheur incarné. Tout simplement. La peur disparut alors peu à peu de ses prunelles et laissa place à une étrange détermination.

Elle ouvrit la porte dans un grand fracas.


JAusten  (08.11.2014 à 18:01)

Chapitre Trente-Neuf

Salle d'interrogatoire, poste de police du 12th

Alice ouvrit la porte dans un grand fracas. Adam sursauta.

« -A... Alice ? Bégaya-t-il, surpris.

-Paraît que tu veux me parler, dit-elle d'un ton égal en refermant la porte.

-Oui... il faut que tu saches.

-Que je sache quoi ? Lança-t-elle, sèche. Comment tu as tué ma petite sœur hein ?

-Je voulais pas...

-Menteur ! S'écria-t-elle. Si tu veux me parler, il va falloir que tu sois honnête avec moi, Adam. Je ne veux plus de mensonges, ajouta-t-elle plus calmement.

-D'a... d'accord.

-Pourquoi ? Pourquoi Anna ?

-Elle est la personne la plus importante de ta vie.

-Bien vu, rit-elle amèrement, alors pourquoi ?

-Je voulais qu'elle me dise tout ce qu'il y avait à savoir sur toi. Tu es partie...

-Je suis partie faire mes études. Et toi, tu m'as dit que c'était une belle opportunité, que je devais la saisir. Tu as dit que tu comprenais ! Cria-t-elle.

-J'ai menti, avoua-t-il.

-Pourquoi tu ne m'as pas écrit si tu voulais tant de mes nouvelles ? Demanda-t-elle, sarcastique.

-Parce que je savais que tu ne me répondraispas, dit-il. »

Alice se pinça les lèvres. Il avait raison.

« -Je ne t'ai jamais aimé, dit-elle dans l'unique but de le blesser.

-Tu mens, rétorqua-t-il en secouant la tête.

-Non, je ne me mens pas, assura-t-elle, je t'ai utilisé.

-Je ne te crois pas.

-Comme tu veux. Alors continue ton histoire.

-Anna m'a dit tout ce que je voulais savoir sur toi. Mais je ne voulais pas qu'elle soit entre nous deux.

-Comment ça ?

-Quand on se voyait, tu rentrais toujours tôt parce que tu ne voulais pas louper le coucher d'Anna.

-C'était ma petite sœur ! Elle avait besoin de moi ! Répondit-elle en appuyant chaque mot.

-Je ne voulais pas qu'elle soit entre toiet moi, répéta-t-il, je voulais que tu sois à moi. À moi tout seul. Je savais que tu viendrais me voir si Anna n'était plus là. Alors...

-Alors ? Lança-t-elle, contrôlant de moins en moins sa colère.

-Alors je l'ai tuée. Elle m'avait dit que tu étais rentrée alors je suis venu un matin et je l'ai... »

Alice hoqueta, le souffle coupé.

« -Elle portait sa chemise de nuit rose avec les fleurs. Elle m'a souri. Elle croyait qu'on allait en mission secrète. J'ai vérifié que ton père était bien bourré comme tous les matins. J'ai pris un couteau dans la cuisine et je suis allédans sa chambre. Elle dormait encore alors je l'ai réveillée et... Et je l'ai tuée, dit-il avec sang-froid. »

Les larmes avaient commencéà couler sur les joues d'Alice. Elle était totalement paralysée.

« -Elle n'a pas crié, ajouta-t-il, elle a seulement murmuré ton prénom avant de mourir. »

Alice se laissa tomber au sol. Elle serra ses jambes dans ses bras tout en se balançant d'avant en arrière. Elle essayait de se bercer.

« -Après je l'ai tatouée. Tu sais, je t'avais dit que j'étais doué, continua-t-il, une pointe de fierté dans la voix alors qu'Alice avait perdu pied. J'ai écrit Elle est à moi comme le duc le dit dans Moulin Rouge ! »

Alice était au bord d'une seconde crise d'angoisse. La vérité fait plus de mal que de bien finalement, se dit-elle alors que ses poumons se battaient pour inspirer un peu d'air.

« -Je t'aime, Alice. Tu es à moi.

-... »

Elle se releva, vacilla et appela Kate dans un souffle.

Endroit Secret, New-York

« -Mère ! S'exclama Castle, qu'y a-t-il ? Sais-tu que nous sommes en pleine enquête ?

-Regarde et tais-toi ! Interrompit-elle ainsi toute forme de jérémiades. »

Castle tourna son regard vers la salle et un sourire prit alors tout naturellement place sur ses lèvres. Tout était simple, comme il l'avait souhaité. Il ne voulait rien de compliqué. Il voulait que ce soit entre eux et leurs familles, amis. Il ne voulait pas de tout ce tintamarre qu'ils préparaient avec Kate depuis des mois. Cela ne leur ressemblait pas et il l'avait compris quand Kate lui avait confié son envie de se marier tout de suite. Elle avait raison, pourquoi attendre ? Un énorme buffet avait été dressé. Il n'attendait plus que la nourriture orne son dessus.Quelques tables rondes avaient été placées autour de la salle. Elles étaient couvertesd'une nappe taupe. Les chaises étaient toutes de blanc vêtues alors que le dossier était enveloppé d'un tissu vert clair.

« -On mettra des bouquets sur chaque table. C'est Alexis qui les a choisisquand vous étiez chez le fleuriste, ajouta Martha.

-C'est magnifique, mère.

-Tu trouves ? S'étonna-t-elle.

-Bien sûr, tu en doutais ?

-Je ne sais pas, tu n'es jamais d'accord avec mes idées d'ordinaire.

-Je savais que je pouvais compter sur toi... pour cela du moins, ne put-il s'empêcher d'ajouter.

-Merci, chéri ! J'en suis flattée.

-Et puis, je savais qu'Alexis te sauverais la mise, continua-t-il.

-C'est bon, Richard, j'ai compris. N'en rajoute pas.

-Merci mère, finit-il par dire sincèrement, merci beaucoup.

-Tu veux voir le toit ? Demanda-t-elle alors.

-Non, souffla-t-il, je veux avoir une part de surprise aussi. Et puis, c'est Alexis qui s'en est occupé, je peux avoir confiance.

-Tu ne peux pas t'en empêcher hein ?

-Non, désolé, mère ! Mais merci pour tout ce que tu as fait.

-De rien, chéri. Tu le mérites. Et Katherine aussi. »

Il sourit alors que son regard se perdait de nouveau sur la salle.

« -Tu es prêt pour le grand jour, chéri ?

-J'appréhende un peu. J'espère seulement que ça plaira à Kate. Elle n'aime pas vraiment ne pas contrôler les choses.

-Mais elle veut se marier, chéri. Et une fois la surprise passée, elle sera heureuse. Elle veut ce mariage autant que toi.

-Je sais. C'est juste que je veux que tout soit parfait pour elle. Alors, évidemment, j'ai peur de sa réaction.

-Katherine sera aussi heureuse que toi, tu verras.

-Je l'espère, mère, je l'espère. »

Martha sourit. Son fils ne s'était jamais autant soucié du bonheur de sa future femme que de ses deux ex-femmes. Oh bien sûr, il les avait aimées profondément mais pas de cet amour qui le liait à Kate aujourd'hui. Cet amour était indescriptible tant il était fort. C'était l'amour que tout le monde aimerait connaître au moins une fois dans sa vie. Martha était heureuse que son fils et Katherine se soient trouvés. Elle enroula son bras autour de celui de son fils afin de le rassurer et de le balader au travers des tables tout en lui montrant tous les détails qui feraient la différence selon elle.

Salle d'interrogatoire, poste de police du 12th

Kate accourut aussitôt qu'elle avait vu Alice se recroqueviller sur elle-même. Elle ne voulait pas qu'Adam la voit comme ça parce qu'il aurait gagné. Il voulait qu'elle souffre. Il avait besoin de sa souffrance pour en tirer profit. Elle entra, aida Alice à se relever sans même jeter un regard à Adam. Aussitôt qu'elles furent sorties, Benjamin accourut pour glisser son bras sous celui d'Alice. Ainsi soutenue, elle se laissa porter jusqu'à la salle de pause où son père, les traits tirés, inquiets, attendait.

« -Alice ? Tu es sûre que ça va ? Demanda-t-il quand elle fut assise dans le fauteuil.

-Tu étais bourré, répondit-elle.

-Alice, reprocha Kate dans un souffle.

-Tu étais bourré, répéta-t-elle.

-Oui, admit son père.

-Si tu... commença-t-elle des trémolos dans la voix.

-Je sais, dit-il, elle ne serait pas morte. C'est comme si je l'avais tué, confessa-t-il, des trémolos dans la voix.

-Pourquoi ? Demanda-t-elle. Anna t'aimait. Elle t'admirait alors pourquoi ? Pourquoi tu ne l'as pas protégée?

-Je suis désolé, dit-il les larmes aux yeux. »

Alice regardait droit devant elle, les yeux dans le vide. Ce que venait de lui direAdamne l'avait pas du tout rassérénée. Elle pensait que savoir apaiserait sa peine mais c'était l'inverse. Elle se raviva et piqua son cœur en plein centre. Elle avait mal. Terriblement mal. Seuls les doigts de Benjamin noués aux siens lui rappelaient qu'elle était là, dans cette fichue salle, dans cette foutue vie. Ce n'était pas un cauchemar.

« -J'ai mal, dit-elle. »

Benjamin serra ses doigts encore plus forts et caressa le dos de sa main avec son pouce pour essayer de l'apaiser.

« -J'ai mal aussi, répondit aussi son père, j'aurai mal toute ma vie parce que je n'ai pas été foutud'aider ma petite fille.

-Je sais pas si je vais y arriver.

-Arriver à quoi, chérie ? Demanda-t-il alors. »

Elle frissonna et Benjamin le sentit. Il lâcha ses doigts et passa son bras autour de ses épaules pour la rapprocher de lui. Son père ne l'avait plus appelé « chérie » depuis son enfance.

« -À vivre de nouveau. Elle était mon oxygène... »

Elle se tourna alors vers son père, une larme roulant le long de sa joue.

« -Papa ? Comment fait-on pour vivre sans air ? Demanda-t-elle, aussi sérieuse que tétanisée. »


JAusten  (09.11.2014 à 18:17)

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